Le prénom Louis Masculin

Origine :

Fête :

25 Août

Signification de Louis

Louis tire ses origines du prénom germanique Hlodowig. Louis a la capacité de rassurer ses proches. Réfléchi, il ne prend jamais une décision sans avoir pesé le pour et le contre. Papa poule, il a tendance à surprotéger ses enfants. Sous sa carapace d’homme insouciant se cache une personne sensible, généreuse et douce. Homme de principes, il ne tolère pas la trahison.
Parmi les Louis célèbres on peut citer Louis Aragon, poète et romancier de renom, Louis Vuitton, maroquinier, Louis de Funès, comédien, Louis Malle, cinéaste, Louis Pasteur, scientifique, Louis Armstrong, musicien, et Louis Prima, chanteur.

Personnalité de Louis

Malgré leur apparence sympathique, ils n'ont pas si bon caractère et se mettent facilement en colère. Ils sont généralement têtus. Honnêtes, travailleurs acharnés, ils sont pleins de bon sens. Affectueux, ils sont très pudiques avec leurs sentiments. Malicieux en affaires, ils sont assez près de leurs sous. Ils ont l'amour du travail bien fait et la promotion sociale n'est pas leur but, préférant s'épanouir en réalisant leur passion.

Provenance du prénom Louis

Histoire de Louis

Etymologie de Louis

Les Louis célèbres

  • Louis ABELLI( 1603 - 1691) : né en 1603, dans le Vexin français . Après avoir pris le bonnet de docteur en théologie, il fut d'abord curé de StJosse, à Paris , puis évêque de Rodez . Abelli, alors âgé de soixante ans, et ayant passé la plus grande partie de sa vie avec les gens de lettres, ne put trouver agréable le séjour de son évêché. Il s'en démit en 1664 , et revint à Paris s'établir clans la maison de StLazare, où il mourut le 4 octobre 1691. Les ouvrages d'Abelli sont en très - grand nombre. Le P. Nicéron en donne la liste dans le 41' vol. des Mémoires pour servir It l'histoire des hommes illustres de la république des lettres. Les principaux sont : 1. Medulla theologica , imprimée pour la première fois en 1650, et trèssouvent réimprimée; production pernicieuse selon les uns, estimable selon les autres, mais qui n'est plus lue de personne. C'est au titre de cet ouvrage que Boileau faisait allusion quand il appelait l'auteur le moelleux Abelli . Le prélat s'en plaignit hautement , et cita Boileau au tribunal de Dieu. Abelli avait composé cet ouvrage principalement pour réfuter un autre traité sous le même titre, par Amésius, puritain anglais , et pour établir des principes d'une morale moins sévère sur la probabilité et la pénitence . 2. Tradition de l'Église, touchant la dévotion des chrétiens envers la Ste. Vierge 1652, 1662, 1672. Bayle prétend que cet ouvrage fit plaisir aux protestants, qui s'en servirent pour l'opposer àl'Exposition de Bossuet. 3° La Vie du vénérable serviteur de Dieu, Vincent de Paul, 1664 Cette édition, quoique la première, est préférable à celles qui l'ont suivie , et dans lesquelles on a retranché plusieurs passages contre les jansénistes. Ces passages ayant déplu à quelques personnes , et ayant donné naissance à un écrit intitulé : Défense de hl. Vincent de Paul, contre le faux discours de sa vie, publié par JI Abelli, 1668 Abelli publia sa défense, à laquelle on fit une Réplique l'année suivante. La Vie de St. Vincent de Paul, par Collet, a fait oublier l'ouvrage d'Abelli. 4° La Couronne de l'année chrétienne, ou Méditations sur les plus importantes vérités de l'Évangile, formant d'abord 4 vol. et dont l'abbé Baudran a donné une nouvelle édition en 2 vol. La diction de cet ouvrage fait tort au fond. Il a été traduit en latin en 1732. 5° Un Traité des hérésies, Paris, 1661 6° Défense de la hiérarchie de l'Église et de l'autorité du pape, Paris, 1659 7° Considérations sur l'Éternité, 1 vol. 8° La Vie de St. Josse de Bretagne, Abbeville 9° D'autres écrits polémiques sur le jansénisme , qui annoncent que l'auteur était grand ennemi de PortRoyal. Le style d'Abelli est dur en latin, lâche et plat en français ; c'était d'ailleurs un homme rempli de toutes les vertus de son état
  • Louis ALEMAN( 1390 - 1450) : cardinal , né en 1390 , d'une famille noble du Bugey. Entré dans les ordres , il parvint par degrés à l'archevêché d'Arles. En 14'2, le pape Martin V l'envoya à Sienne pour diriger la translation du concile de Pavie dans cette ville ; peu après , Aleman fut chargé de réformer la police dans la Romagne. Louis III , roi de Naples et comte de Provence , avait un grand respect pour Aleman. Asa considération, il confirma les privilèges que la ville d'Arles avait obtenus sous les règnes précédents. Le pape l'honora , en 1426, de la dignité de cardinal, et le fit camerlingue de l'Église. Après la mort de Martin V, Aleman se brouilla avec le pape Eugène, au sujet du concile de Bâle que le cardinal présidait. Dans ce concile, Eugène fut déposé , et l'on élut à sa place Amédée VIII , duc de Savoie, qui prit le nom de Félix V. Eugène , de son côté, excommunia le cardinal, et le déclara indigne de posséder aucun rang dans l'Église; mais lorsque Félix eut cédé la tiare à Nicolas V, légitime succes- seur d'Eugène, le nouveau pape rendit à Aleman toutes ses dignités, et l'envoya , décoré du titre de légat, dans la basse Allemagne. A son retour, Aleman se retira dans son diocèse , où il s'occupa à rétablir la discipline dans le clergé , et à instruire le peuple. Il mourut à Salon , en 1450, à l'âge de 60 ans. En 1527, le pape Clément VII béatifia cet archevêque , dont le corps fut alors transporté dans la ville d'Arles
  • Louis ALPHONSE( 1743 - 1820) : pharmacien, naquit à lerdeaux, le 10 mars 1743, d'un pere qui le destina de bonne heure à la profession que luiméme exerçait, et l'envoya étudier à Paris sous les Rouelle et les Macquer. Revenu dans sa patrie, il y fut reçu au collége de pharmacie dont il devint le syndic, et SUCCeSSivement à la société de médecine , et par les UtèMeS causes il adopta avec en- de pertes, il se vit obligé de se retirer à Dax, où il se livra à l'agriculture. 11 revint à Bordeaux en 1799, et y rouvrit son officine qu'il a laissée à ses enfants, lorsqu'il est mort, le 2 février 1820. Son éloge, qui fut prononcé ler M. F. Lartigue, a été inséré dans le recueil de l'académie des sciences (le Bordeaux, année 1820. On a de L. Alphonse : 1° Analyse des sources différentes de ln cille de Bordeaux el de ses environs; 2' : Ut: moire sur monnaie de billon. a encore rédigé divers rapports ou projets sur sa profession et sur le nettoyage des rues de Bordeaux, qui ont été imprimés
  • Louis ADIMARI( 1644 - 1708) : poète satirique florentin , de la même famille que le précédent , naquit à Naples, le 3 septembre 1644 , de Zanobi, fils de Louis Adimari et de donna Allegra di Bivero 'fassis , dame espagnole, et fit ses études à l'université de Pise , où il eut pour maitre le célèbre Luca Terenzi. 11 parcourut dans sa jeunesse les différentes cours d'Italie , où il r se fit aimer par ses talents et par les rares qualités de son esprit. Adimari obtint du duc de Mantoue le titre - de marquis et de gentilhomme de sa chambre il fut membre de l'Académie florentine , de celles de la Crusca , des Arcades et de plusieurs autres. Il succéda au fameux Redi dans la chaire de langue toscane , à l'Académie de Florence ; il fut aussi professeur de science chevaleresque dans celle des nobles ; ses leçons y eurent beaucoup d'éclat; il savait les semer à propos de traits tirés de l'histoire ancienne et moderne qu'il possédait également. Elles n'ont point été imprimées, mais plusieurs bibliothèques de Florence lés possèdent en manuscrit. On a de lui un recueil en prose sur des sujets de piété : Prose Sacre , Florence , 1706, petit Tous ses autres ouvrages sont en vers : 1° des sonnets et autres pièces lyriques, entre autres un recueil d'odes ou canzoni, et de sonnets , consacré à Louis XIV, magnifiquement imprimé à Florence, en 1695: 2° Roberto , drame en musique ; le Gare dell' amore e dell' amicizia, comédie en prose composée pour une société particulière , et imprimée à Florence en 1679 pièce si rare qu'aucun historien de la littérature italienne n'en a parlé , pas même l'Allaci dans sa Dramaturgie; il Carciere di se medesimo; Amante di sua figlia, etc. ; 3° cinq satires qui sont le fondement le plus solide de sa réputation. Le style en est élégant , et quoique les vices y soient sévèrement repris , elles n'ont rien d'âcre ni de mordant, si ce n'est sur le chapitre des femmes. Il a fait contre elles une satire de 1,500 vers, principalement dirigée contre les femmes de théâtre ; mais la dernière l'est contre le sexe en général : elle n'a guère moins de 1,000 vers ; les deux vers qui la terminent peuvent donner l'idée du reste. Il en est jusqu'à trois, a dit au moins Boileau ; mais Adimari n'en connaît aucune. « S'il existe , ditil , quelque femme digne d'éloge , « tu ne la connais pas, ni moi non plus. » Tu non la vedi, ed io non la conoscp. On peut juger, par la longueur de ces deux pièces , que le défaut de l'auteur n'est pas le trop de concision ; celui de toutes ses satires est au contraire une excessive prolixité. Louis Adimari mourut à Florence le 22 juin 1708. 11 eut trois enfants : une fille mariée avant la mort du père , et deux garçons : Buonaccorso , qui mourut encore enfant , et dont il a déploré la perte dans un de ses sonnets, et Smeraldo , qui avait hérité d'une partie de ses talents poétiques, et qui fut académicien des Arcades
  • Louis ALAMANNI( 1495 - 1556) : célèbre poète italien , naquit à Florence, le 28 octobre 1495; sa famille était rune des plus nobles et des plus distinguées de cette ville. Son père était fort attaché au parti des Médicis , et luimême, après avoir fait d'excellentes études dans l'université de Florence jouit de la plus grande faveur auprès du cardinal Jules, qui gouvernait la république au nom du pape Léon X ; mais ayant éprouvé de sa part un trait de sévérité qu'il regarda comme injuste , il entra dans une conjuration qui se forma contre lui à la mort du pape. Elle fut découverte, et Alamanni forcé de s'enfuir à Venise, d'où il passa en Fiance pour plus de sûreté, lorsque le cardinal Jules eut été élu pape sous le nom de Clément VII. Les revers que ce pontife éprouva , en 1527, ayant donné à Florence l'occasion de s'affranchir, Alamanni y retourna et fut envoyé à Gènes, pour y protéger les intérêts de sa patrie. Dans ces temps difficiles, il se fit remarquer par sa sagesse et son désintéressement ; niais, malgré ses efforts et ceux de son parti, la cause de la liberté succomba. CharlesQuint passa en Italie, peu de temps après, pour terminer les affaires de Florence, et la soumettre entièrement au joug des Médicis. Après cette nouvelle révolution , Alarnanni , proscrit par le duc Alexandre , ,revint en France , où les bienfaits de François I" le fixèrent. Il y composa le plus grand nombre de ses ouvirages. Le roi avait pour lui tant d'estime, qu'il le choisit pour son ambassadeur auprès de CharlesQuint en 1544, après la paix de Crespi. Alamanni avait précédemment adressé à François le; un dialogue allégorique entre le coq et l'aigle , dans , lequel le coq appelait l'aigle oiseau de proie qui porte deux becs pour dévorer davantage : Aquila grifagna Che per più divorar due bocal porta Il ne croyait pas que cette pièce fût connue de l'empereur. Dans le discours d'apparat qu'il prononça devant lui à sa première audience, il commença plusieurs de ses périodes par le mot aquila. CharlesQuint , pour toute réponse , répéta tout haut ces vers : Aquila grifagna , etc. « Je parlais alors en « poète, répondit Alamanni sans se déconcerter; « maintenant , je parle en ambassadeur. J'étais digne contre le duc Alexandre, gendre de V. M « qui m'avait chassé de ma patrie ; je suis mainte-« nant libre de toute passion, et persuadé que V. M. « n'autorise aucune injustice. » Cette réponse plut beaucoup à l'empereur; et Alamanni en obtint tout ce qu'il était chargé de demander. Il ne fut pas moins en crédit sous Henri II , qui l'employa aussi dans plusieurs négociations. Suivant habituellement la cour, il était avec elle à Amboise, lorsqu'il fut attaqué d'une dyssenterie dont il mourut , le 18 avril 1556. Les principaux ouvrages qu'il a laissés sont 10 un recueil de poésies en 2 vol. , sous le titre Dans l'épltre dédicatoire placée en tète de ce recueil, l'auteur rend ainsi compte des raisons qui l'ont décidé à faire usage des vers scie; ou non rimés « On me klmera peut-être, ditil, d'avoir en> « ployé des vers sans rime, contre l'usage des meilleurs poètes de « notre langue; mais je répondrai que, dans des sujets qui dentan-« dent des interlocuteurs, comme l'églogue, la rime est tout à fait « déplacée, puisqu'elle donne au dialogue une affectation ridicule... « Dans les sujets plus élevés, la rime, qui tient plus de l'agréable et « da tendre que du majestueux, arrondit les phrases, apporte une « uniformité ennuyeuse, emprisonne, pour ainsi dire, la pensée, el « Tarn à la noblesse, à l'étendue et à la variété. » d' Opere Toscane, contenant des élégies, des églogues, des sonnets,'différentes fables imitées d'Ovide, douze satires, des silves, ou poésies mêlées, sur différents sujets, dans le genre de celles de Stace ; une tragédie d' Antigone, des hymnes qu'il divisa en trois parties , ballada , contraballata et stanza , à l'imitation des strophes , antistrophes et épodes des poètes grecs , etc. : ces oeuvres furent imprimées d'abord à Lyon , chez Gryphius, en 1532 et 1535 et on les réimprima surlechamp à Florence ; 2° la Coltivazione , en six livres et en vers libres , excellent poème didactique , et le fondement le plus solide de la renommée de l'auteur, Paris, Robert Étienne, 1546, petit réimprimé plusieurs fois avec des notes et avec les Abeilles de Rucellai ; 3° Girone il Cortese, Giron le Courtois, poème héroïque en vingtquatre chants, Paris, 1548 ; 4° la Avarchide, ou le Siège de Bourges , poème épique, aussi en vingtquatre chants, imprimé pour la première fois à Florence, chez les Junte, 1570 ; 5° Flora, comédie en cinq actes et en vers que les Italiens ap- pellent sdruccioli , Florence , 1556 et 1601 ; 6° cent vingtdeux épigrammes que l'on trouve dans - plusieurs éditions, à la fin de la Collivazione, et quelques autres pièces éparses dans plusieurs recueils. Les principales qualités de ces compositions trop nombreuses sont la facilité, la clarté et la pureté du style; mais elles manquent trop souvent d'élévation et de force. On peut être indifférent sur le plus grand nombre ; mais on ne devrait pas l'être en France sur la Coltivazione , ou le poème de l'Agri- culture , écrit et publié en France , rempli d'imita- tions élégantes des Géorgiques de Virgile , de traductions en beaux vers des meilleurs préceptes donnés en prose par Columelle, Varron , Pline et d'autres auteurs ; d'indications curieuses, de procédés d'agriculture particuliers à l'Italie , de descriptions aussi vraies que poétiques des beautés champêtres de l'Italie et de la France ; d'éloges du roi qui protégeait le poète , et du pays où il avait trouvé un asile , éloges mérités qui devraient intéresser tous les Français. Pour apprendre l'italien , on se borne le plus souvent à des ouvrages fort agréables , mais vides d'instructions. La Coltiva- zione d'Alamanni , et le charmant poème de Rucellaï sur les abeilles, devraient leur être préférés. Alamanni , marié deux fois, laissa de sa première femme deux fils, qui jouirent en France d'une fortune due aux talents et à la réputation de leur père : Baptiste fut aumônier de la reine Catherine de Médicis , ensuite conseiller du roi , abbé de Belleville, évêque de Bazas , puis de Màcon , et mourut en 4581; Nicolas fut chevalier de l'ordre de StMichel, capitaine des gardes du roi , et maitre du palais Deux autres Louis ALAMANNI, aussi florentins, se sont distingués dans les lettres. L'un était colonel au ser- vice de France , et fut , en 1591, consul de l'académie florentine : Salvino Salvini parle de lui dans ses Fastes consulaires, p. 324. L'autre était du même La Collivazione se trouve dans la Bibliotheca pochai italica, publiée par Buttura. Paris, 1832 temps et de la même académie ; c'était un littérateur instruit : il a laissé trois églogues latines insérées dans les Carmina illustrium Poetarum italorum , et une oraison funèbre qui se trouve dans le recueil des Prose florentine , vol. 4. Il était petitfils de Ludovic Alamanni, l'un des cinq frères du célèbre poète
  • Louis ALEAUME( 1525 - 1596) : en latin Alealmus, lieutenant général au bailliage et présidial d'Orléans, naquit à Verneuil en 1525 au sein d'une famille riche et considérée. Après avoir fait ses études en droit à Paris, il plaida plusieurs causes avec distinction. « 11 « eust été grand avocat, dit Loisel, s'il se fust assu-« jetty au barreau ; mais il estoit homme de livres et « de liberté, se contentant de son bien et de sa place « de substitut au parquet de messieurs les gens « du roy . » 11 se rendit recommandable, comme magistrat, par sa science et son intégrité, « et exerça « l'estat de lieutenant général d'Orléans avec beau-« coup d'honneur et de plaisir, s'adonnant aux bonnes « lettres et singulièrement à la poêsie latine dont il es-« toit trèsbon ouvrier. » Les pièces qu'il a composées en ce genre se trouvent dans le emier volume des De- lieiat poetarum gallorum, etc., collect. Ranutio Ghero , Francfort, 1609. Son fils, Gilles Aleaume, héritier de sa charge et de ses vertus , avait d'a- bord publié ces poésies en un volume devenu rare. Scévole de SteMarthe a donné une place dans ses éloges à Louis Aleaume. Il dit que tous les hommes lettrés lisent les vers de cet auteur ; et que, doué d'un génie heureux, il a su répandre de l' sur les matières les plus arides, et traité les sujets les plus ingrats avec une grande fécondité de verve. 11 déploya surtout ce genre de talent dans un long poême intitulé Obscura Claritas, que ses contemporains appelèrent une énigme, et dont le sujet Dialogue des advocals du parlement* de Paris, à la suite des Lettres sur la profession de l'avocat, par Camus, le édition, donnée par M. Dupin, t. 1, p.304. « Situai dignitatis et virtutis hceres.» I Jugements des savants, par Baillet, t. 5, p. 14. est le mot Ianterne. Loisel dit que « cette énigme se pourroit esgaler aux meilleurs poèmes latins qui « ayent été faicts de ce siècle . » Aleaume mourut en 1596, après avoir exercé pendant plus de vingt ans les fonctions de lieutenant général d'Orléans. Il avait épousé Marguerite Brulart , soeur du premier seigneur de Genlis
  • Louis ALHOY( 1755 - 1826) : né à Angers en 1755, professa les humanités dans divers colléges de la congrégation de l'Oratoire, à laquelle il appartenait. L'abbé Sicard ayant été proscrit au 18 fructidor , Alhoy le remplaça dans la direction de l' des sourdsmuets jusqu'en 1800. Il devint ensuite membre de la commission administrative I' C'est par erreur que quelques biographes, et entre autres Fa—>teins , placent la mie d'Alerin à l'année 1257. des hospices de Paris, et fut nommé, en 1815, pr du collège de StGerma Après avoir été pendant plusieurs années professeur de belleslettres au collége de Vendôme , il est mort à Paris en 1826. On a de lui : 1° Discours sur l'éducation des sourds- muets, Paris , 1800 2° Les Hospices , poëme , ibid., 1804 L'auteur a su tirer le parti le plus avantageux de ce sujet diffi- cile, qu'il se proposait de traiter dans toute son étendue. Son poême devait avoir quatre chants, niais le premier seulement a paru. On y trouve des détails intéressants et même exprimés avec verve et facilité. Le Moniteur du 22 fructidor an 12 en a donné une analyse. 30 Promenades poé- tiques dans les hospices et les hôpitaux de Paris, ibid., 1826
  • Louis ALIBAUD( 1810) : l'un des nombreux régicides qui ont attenté à la vie du chef de la dynastie d'Orléans, était né à Nîmes le 2 mai 1810. Sa famille, peu aisée, avait pu cependant lui faire donner quelque instruction. Il ne manquait d'ailleurs point 14 d'intelligence et montrait une certaine vivacité de caractère. Mais sa volonté suivait déjà les tendances vicieuses d'une mauvaise nature. Sa jeunesse trahit le malaise d'un esprit sans fixité et sans but. D'a- ' bord copiste à Nîmes, il entre comme novice dans la marine, quitte la mer après deux mois, et s'engage dans un régiment de ligne alors en garnison à Paris . La révolution de 1850 arriva ; les opinions républicaines d'Alibaud lui firent embrasser la cause du peuple : il abandonna son régiment ; cependant il ne prit aucune part aux combats des trois journées; « car , atil dit dans l'un de ses « interrogatoires, il avait le préjugé qu'il ne pou-« vait tirer contre ses anciens camarades. » Après l'établissement du nouvel ordre de choses, il rentra au service et devint moniteur de l'école régimentaire, puis _ fourrier dans un escadron de carabiniers en garnison à Strasbourg. Une altercation qu'il eut dans cette ville avec un particulier le fit transporter dans une compagnie du centre, sans toutefois qu'il perdit son grade. Il sortit de l'armée en , janvier 1854. L'année suivante, on le retrouve à Perpignan, dans la même activité maladive et toujours sans carrière. Il avait alors les yeux tournés vers l'Espagne, espérant prendre part à l'expédition que éditaient certains réfugiés étrangers contre le gouvernement de la reine. Il partit même pour Barcelone, y resta quelques semaines, et , voyant que ce projet n'aurait point de suites, il revint en France. S'il faut l'en croire, de sombres pensées fermentaient dans son esprit, et ce fut avec le plan bien arrêté de son crime qu'il arriva à Paris. Il a même déclaré, soit qu'il en fût ainsi, soit qu'il voulût, par ce moyen, donner plus de relief à son caractère, qu'il avait conçu ce projet dès 1852, lors de la sanglante affaire du cloître StMerry. « Depuis que le « roi mit Paris en état de siége, et qu'il voulut gouveiner au lieu de régner ; depuis que, le premier, « il a fait massacrer les citoyens dans les rues de « Lyon, au cloître StMerry, son règne est un règne « de sang , j'ai voulu frapper le roi. » Au sortir de l'Espagne, il n'était point encore décidé ; niais, après avoir passé la frontière, il s'était décidé irrévocablement. Ce fut le départ du duc d'Orléans pour l'Afrique qui le détermina à venir à Paris. « En ef-« fet, le roi mort, et le duc d'Orléans ne se trou-« vant pas à Paris, la révolution eùt été plus facile « qu'à toute autre époque. » C'était là sa pensée amener un bouleversement général , et sur les ruines de la dynastie élever la république. A mesure que le temps marchait, Alibaud descendait d'un degré dans la misère ; ses dernières ressources étaient à peu près épuisées. Il se présenta en qualité de commisvoyageur chez un marchand de cannes à fusil, promit de lui procurer la vente des objets de sa fabrique, reçut, à cette condition, quelques armes, qu'il rendit bientôt, à l'exception d'une seule qu'il prétendit lui avoir été volée dans un café, et dont il s'engagea à restituer le prix quand ses moyens le lui permettraient. Il avait l'instrument de son crime, et n'attendait plus que l'occasion d'en faire usage; il l'attendait avec impa- tience, la cherchait chaque jour, sans cesse en fac- tion pour voir sortir le roi des Tuileries et l'appro- cher. 11 ne put rester chez un marchand de vin dans la maison duquel il était entré pour tenir les livres, parce que ses occupations dans cette maison absorbaient la plus grande partie de son temps et ne lui laissaient plus le loisir de suivre le roi. Alors Alibaud affronta la misère la plus complète, sans chercher à s'y soustraire autrement que par le crime, au delà duquel son imagination égarée lui montrait l'aisance , la fortune peut-être , et une gloire qu'il pouvait envisager sans frémir. Il vécut un mois sans travail, du crédit qu'on voulut bien lui accorder ; il continuait à veiller avec assiduité autour des Tuileries. Dans la matinée du 25 juin 1856, il se trouva à l'entrée des Champs-Élysées, sur la route que parcourut le cortége royal en venant de Neuilly ; mais l'occasion ne lui sembla point favora- Ne : il différa jusqu'au soir. En effet, le roi, accom- pagné de la reine et de madame Adélaïde, reprenait la route de Neuilly ; la voiture entrait sous le guichet du pont Royal, lorsqu'un coup de feu partit d'un groupe de spectateurs ; mais le roi se trouvant, en ce moment même, incliné pour saluer le poste d'honneur, la balle passa audessus de sa tête et alla s'enfoncer dans le panneau de la voiture, un peu audessous de l'impériale. L'assassin fut immédiatement saisi et entraîné au poste de la garde nationale. On trouva sur lui un poignard dont il avait dessein de se frapper s'il en avait eu le temps. Il fut ensuite conduit à la Conciergerie, où le procureur général lui fit subir un premier interrogatoire. 11 témoigna le regret de n'avoir point réussi dans sa tentative. « J'étais malheureux, ditil ; le gouvernement est la « cause de mon malheur ; le roi en est le chef : voilà « pourquoi j'ai voulu le tuer. » Le soir même, une ordonnance royale saisit la cou des pairs de l'attentat. L'instruction du procès fut conduite avec une grande rapidité ; les individus qui avaient eu quelques rapports avec le coupable furent recherchés, interrogés, et on ne lui trouvait point de complices, bien qu'un certain Corbières, son ami, connu par l'exaltation de ses idées, parût avoir eu connaissance de ses projets , mais sans les approuver. Dans sa prison, Alibaud crut devoir rédiger une théorie de l'assassinat politique, prévoyant bien que la défense de son avocat se placerait sur un autre terrain. Il commença devant la cour la leciure de ce plaidoyer : il s'y posait fièrement en Romain, en Brutus ! La répulsion énergique, universelle, qu'il ne pouvait manquer de soulever en développant de pareils principes, l'empêcha de continuer ; la parole lui fut retirée. Il voulait remettre le manuscrit à son défenseur ; le président exigea qu'il fût déposé au greffe comme pièce du procès. Cependant, après tme réponse du procureurgénéral à la défense, Mibaud obtint l'autorisation de reprendre sa lecture, à la condition qu'il omettrait le passage consacré à l'apologie du régicide ; mais la suite de ce mémoire était tout entière inspirée par les mêmes doctrines, et la cour ne pouvait consentir à l'entendre. Elle entra immédiatement en délibération, et prononça la peine du parricide. L'attitude que le condamné avait prise dans les débats ne lui permettait pas d'user du droit de recours en gràce ; il repoussa les conseils qui lui furent adressés à ce sujet par les personnes qui l'approchèrent. Seulement, au nom de sa famille, son défenseur avait rédigé une demande en commutation de peine qui avait peu de chances de succès, et fut, en effet, rejetée. Le 9 juillet au soir, l'aumônier de la chambre des pairs se présenta au condamné et fut accueilli assez froidement. Néanmoins, suivant la version des principaux organes de la presse, contestée par un seul journal, /Miami consentit à se confesser. Le jour de l'exécution, de grand matin, l'aumônier était à ses côtés. Pendant la toilette funèbre, le condamné ne perdit point la fermeté qu'il avait jusqu'alors montrée. Ayant demandé à boire, il craignait, disaitil, qu'on n'eût glissé dans son verre quelque drogue narcotique, pour lui ôter l'apparence du courage : son confesseur le rassura. Alors Alibaud, se jetant dans les bras du pré-(te, lui recommanda, s'il passait dans le pays de ses parents, de leur déclarer qu'il mourait pour la liberté. « Oui, je meurs pour la république, ajou- « tatil ; je répète que je n'avais point de complices ; « je démens tbut ce que le procureur général a dé-« bité sur ma vie privée, nies habitudes et mes « moeurs; je suis aussi pur que Brutus et Sand! « comme eux, j'ai voulu la liberté de mon pays. » En présence de l'échafaud, pendant les préparatifs suprêmes, sa fermeté ne faiblit point. « Fautil « donc, ditil, tant de cérémonies pour conduire un « homme à l'échafaud? » Lorsqu'on lui ôta le voile noir, il répéta qu'il mourait pour la liberté, pour le peuple et pour l'extinction de la monarchie. Ce furent ses dernières paroles. Alibaud avait été poussé au crime par une nature pervertie et par de fausses notions politiques. Dans son orgueil, il avait ensuite élevé sur la théorie de l'assassinat un piédestal d'où il espérait attirer les regards; mais il ne put exciter qu'une profonde horreur, et ne parvint pas mènie à se faire accepter comme fanatique. — On peut consulter les journaux du temps, et l'Annuaire historique universel pour 1856
  • Louis ALLIER( 1766 - 1827) : numismate et antiquaire connu dans ses dernières années sous le surnom de HALITEROCHE, qu'il avait ajouté et qu'il unit par substituer à son propre nom, naquit à Lyon en 1766. Il n'était point issu d'une famille noble, comme on l'a dit dans les articles nécrologiques publiés depuis sa mort, mais de parents négociants. Son père et son frère périrent, en 1793, dans les mitraillades qui signalèrent les fureurs de Collot d'Herbois. Échappé à ce désastre, Allier vint se réfugier à Pa-- ris avec une de ses sœurs, mariée à Duplain, impri- meur et éditeur d'un journal d'opposition, lequel n'avait évité la mort à Lyon que pour la subir à Paris sur l'échafaud . Une autre soeur d'Al- lier avait épousé Boulouvard, ancien négociant d'Ar- les, partisan des idées républicaines et frère d'un député à l'assemblée constituante. Allier venait d'ob- tenir un emploi dans l'agence des hôpitaux mili- taires, à l'époque où Boulouvard devint chef du bureau des consulats au ministère des relations extérieures. Ce fut par les bons offices de son beaufrère qu'Allier fut nommé, le 3 février 1795, sousdirecteur de l'imprimerie française à Constantinople. Cette sinécure lui laissa le temps de se livrer â son goût pour l'archéologie, l'histoire naturelle et la bu. tanique. En mars 1797, sur la demande de l'ambas- sadeur Aubert du Bayet, il fut nommé directeur de la même imprimerie , avec un traitement de 5,00 francs, sans avoir plus de besogne. Il fit alors un voyage dans la Troade, l'Attique et les îles de l'Archipel, et commença sa collection de médailles. Informé de l'expédition d'Égypte par son beau-, frère, qui en avait donné le plan, et témoin du fâ- cheux effet qu'elle avait produit à Constantinople, il prévit une rupture et les malheurs qui allaient accabler les Français établis en Turquie. Alléguant la stagnation de l'imprimerie française pendant l'été, il sollicita un congé pour un second voyage scientifique dans les parties de l'Asie Mineure et les îles qu'il n'avait pu visiter l'année précédente ; et, l'ayant sans peine obtenu du chargé d'affaires Ruf- fin, il quitta Constantinople le 11 juin 1798, muni de lettres de recommandation pour les agents fran-çais dans toutes les rades et îles où il devait relâcher. Il s'embarqua sur un navire grec pour Candie, d'où il se rendit à Alexandrie ; il y trouva son neveu Boulouvard, qui était venu en Egypte avec l'armée française en qualité de secrétaire de l'exconsul Magalon. Après avoir exploré cette terre classique durant cinq mois, Allier revenait en France, lorsque le bâtiment qui le portait fut pris par une frégate russe à la hauteur de Céphalonie. Rebellé sur parole au bout de soixante jours, il ar- riva à Paris en juin 1799. Comme sa place avait été supprimée par cessation de relations avec la Turquie, il en sollicita une autre. Mais ce ne fut que le 16 septembre 1802 qu'il fut nommé au viceconsu- lat d'Héraclée, sur la mer Noire, créé en sa faveur, non pour protéger le commerce, dont il s'était toujours fort peu occupé, mais pour lui faciliter les moyens de se livrer aux recherches archéologiques et de compléter sa collection numismatique. Aussi étaitil encore à Constantinople au mois d'août 1803, et deux ans après il revint à Paris. Ce fut de là adressa à l'académie des inscriptions, en 1806, le dessin d'un mur de construction cyclopéenne qu'il avait trouvé dans l'île de Délos. Allier continua de toucher la moitié de son traitement à Paris jusqu'en 1813, où le viceconsulat d'Héraclée fut supprimé par raison d'économie. Il resta alors en disponibilité avec 1,800 francs d'indemnité annuelle, qui fut suspendue, lorsqu'en 1815 il partit avec M. Félix de Beaujour, qui venait d'être nominé consul général à Smyrne, et peu après inspectem général des consulats français au Levant . Ce fut par arrêté de M. de Beaujour, du 1" octobre 1816, qu'Allier fut envoyé pour gérer pendant quelques mois le viceconsulat de l'île de Cos ; et, en 1817, il Allier, dans cette mission, ne fut revétit d'aucun caractère, d'aucun titre officiel. Il parait mème que son expatriation fut occasionnée par une action peu honorable où l'entralna sa passion pour la numismatique et pour les pièces rares, et dont la découverte l'avait obligé de consentir à un échange qui, diton, répara avantageusement le préjudice qu'il avait causé au cabinet d'antiquités de la bibliothèque royale. Il a depuis expié sa faute. A—T. accompagna son ami dans son inspection des échelles du Levant. De retour à Paris, il reçut une légère indemnité, et fut reporté sur les états du ministère avec son traitement de 1.800 francs. Alors il s'occupa de classer et de décrire sa collection de médailles grecques, la plus belle qu'aucun particulier ait jamais formée. 1.1 se proposait de la publier, et 'dans ce but il en avait déjà fait graver quelques planches, lorsqu'il mourut à Paris, au mois de novembre 1827, à l'âge de 61 ans. Il légua, par son testament, au cabinet du roi, la tessère syrienne dont il avait précédemment donné la description, et une médaille en or de Persée, roi de Macédoine, regardée jusqu'ici comme twique. Il fonda en outre un prix de 400 francs pour l'ouvrage de numismatique publié chaque année et jugé le meilleur par l'académie des inscriptions. On a d'Allier quelques opuscules pleins d'érudition qu'il composa pour les sociétés littéraires dont il était membre : 1" Essai sur l'explication d'une tessère antique portant deux dates, et Conjectures sur l'ère de Bérythe, en Phé - nicie ; Paris, 1820 20 Notice sur la courti- sane Sapho, née à Erésos dans ide de Lesbos, lue à la société asiatique ; ibid., 1822 L'auteur en a donné luimême l'analyse dans la Biographie uni- verselle. liémoire sur une mé- daille- anecdote de Polémon 1, roi de Pont, inserc dans le recueil de la société d'émulation de Cambray, année 1825. Il en a été tiré des exemplaires à part. 4' Quelques articles de numismates, dans le dernier volume de la Biographie universelle. La Description du cabinet de médailles d'Altier a été Publiée par M. Dumersan, avec des notes archéoloiniques , Paris, 1829 16 pl. Diverses notices leu exactes sur ce numismate se trouvent dans le 411oniteur du 20 décembre 1827; dans la Revue en- cyclopédique, par M. Solange Bodin, t. 56, p. 857 et dans le Bulletin des sciences historiques, février 1828, par M. Champollion, qui la désavoue. Allier avait désiré que sa collection ne fût pas divisée et ne sortit pas de France : ses voeux n'ont été exaucés qu'en partie. Elle contenait plus de cinq mille pièces, dont trois cent vingtcinq en or, et il n'y en avait que vingt et une de fausses. On y trouvait une quarantaine de villes nouvelles pour la géographie numismatique. Elle a été vendue 80,000 francs à M. Rollin, changeur au PalaisRoyal, et la bibliothèque du roi en a acheté de lui pour environ 20,000 francs
  • Louis AMICO( 1757 - 1832) : comte de Castellalfero , né à Asti en 1757 , reçut sa première éducation à l'académie des nobles de Turin, et se consacra à l'étude de la diplomatie, qu'il alla finir à l'université de Goettingue. De retour en Piémont, il commença sa carrière diplomatique sous le roi VictorAmédée III, et fut envoyé ministre de Sardaigne à Naples , puis à Vienne. En 1798 , lors de l'occupation du Piémont par les Français , il se trouvait ministre en Prusse. Fort opposé aux nouveaux changements politiques, et trèsattaché à son souverain , Amico refusa de rentrer dans sa patrie jusqu'à ce qu'on l'eût menacé de confisquer ses biens et de le considérer comme émigré. Il revint alors en Piémont, s'attacha même à la nouvelle cour de la princesse Borghèse , et fut nommé son chambellan. En 1810 , il assista aux fêtes du mariage de Napoléon à Paris ; mais après la chute de celuici , en 1814 , il revint à l'ancienne cour, fut nommé ministre plénipotentiaire près du grandduc de Toscane, des cours de Lucques et de Parme. Doyen des diplomates, il termina sa carrière à Florence, le 17 mai 1852, et avec lui s'éteignit une des plus anciennes familles de ce pays
  • Louis ARCHON( 1645 - 1717) : né en 1645, à Riom, en Auvergne, où il mourut en 1717, fut licencié en Sorbonne, chapelain de Louis X1V, sacristain de la chapelle de Versailles et abbé de StGilbertNeufFontaines. On a de lui une Histoire ecclésiastique de la Chapelle des rois de France, 1704- 1711, 2 vol. Cette histoire ne va que jusqu'au règne de Louis XIII inclusivement. Un 5e volume devait contenir l'histoire de la chapelle royale sous Louis XIV. Les Mémoires de Trévoux firent l'éloge de ce livre, dont M. Oroux préparait, en 1771, une nouvelle édition
  • Louis ARDUINI( 1739 - 1833) : né à Padoue, en 1759, était fils d'un professeur d'économie rurale à l'université de cette.ville, et petitfils d'un professeur de botanique à la mémé université. L'amour des sciences agricoles lui fut inculqué des l'enfance, et il y lit de tels progrès, qu'à l'âge de vingt ans il mérita au concours la place de professeur suppléant à la chaire de son père. Son premier ouvrage fut la traduction d'un mémoire de M. Tc..ier, de l'Institut de France, sur la carie des blés. Il publia ensuite en italien les Éléments d'agriculture de ?Vallérius, traduction qu'il enrichit de notes pleines d'intérét. A la mort de son père, il fut nommé professeur titulaire, après avoir soutenu l'examen dans un concours public, selon les statuts de l'université de Padoue. Ce savant a composé plusieurs ouvrages remarquables : 1° sur l'Éducation des abeilles ; sur la Culture des plantes tinctoriales; y de l'Orge nue ; 4' du Chou de Laponie; 5° sur la Méthode de prévenir la maladie des blés ; 6° sur l'Application de la technologie à l'agriculture. En 1810, un prix ayant été proposé par Napoléon sur les moyens de remplacer le sucre de canne par quelque matière indigène, Arduini publia un écrit trèsintéressant sous ce titre : de l'Extraction du sucre de la plante nommée holcus- cafer, par l'aïeul de l'auteur, Jacques Arduini, qui a laissé un ouvrage remarquable sur les différentes espèces d'ho/ cus- sourghion connues en Italie. On voit dans ce traité que cette plante, qui produit publia ensuite, en italien, un ouvrage sur l'utilité de cette découverte. Louis Arduini est mort à Padoue, le 5 février 1855, dans sa quatrevingtquato•zième année. Il ('tait directeur du jardin d'agriculture (le l'université
  • Louis ARIOSTE( 1474 - 1533) : naquit à Reggio de Modène, le 8 septembre 1474, d'une famille noble, et d'un père qui, avant été attaché longtemps au due de Ferrare, Hercule I", et l'ayant servi dans divers emplois, fut fait par lui juge , « mais je m'élèverai si haut, par mon sujet et par « mon style, que j'ôterai à tout autre poète l'espérance « de me surpasser et même de m'égaler dans un « poème du même genre que le mien. » Cet auteur italien a peut-être mis dans la bouche de l'Arioste son propre jugement ; peut-être aussi ce grand poète, quoique doux et habituellement modeste, sentaitil cependant sa force, et ne craignaitil pas de parler ainsi dans un épanchement d'amitié. Ce qui est certain, c'est qu'il tint parole. Aucun poêle en effet ne l'a égalé dans ce genre d'épopée, où l'imagination a bien une autre carrière à fournir que dans l'épopée purement héroïque. Aucun n'a mêlé avec autant d'adresse le sérieux et le plaisant, le gracieux et le terrible, le sublime et le familier. Aucun n'a mené de front un aussi grand nombre de personnages et d'actions diverses, qui tous concourent au même Dut. Aucun n'a été plus poète dans son style, plus varié dans ses tableaux, plus riche dans ses descriptions, plus fidèle dans la peinture des caractères et des moeurs, plus vrai, plus animé, plus vivant. Pour lui préférer, pour lui comparer même un autre poète épique italien, qui dispute ou partage avec lui le premier rang, qu'aucun autre poète moderne ne peut ni leur disputer ni partager avec eux, il faut commencer par établir la supériorité du genre qu'a choisi le Tasse, sur celui que l'Arioste a préféré. Presque partout où l'on peut les comparer dans des sujets parallèles, ou semblables, il est rare que l'Homère de Ferrare n'ait pas l'avantage sur son rival. Les deux éditions les plus rares de ce poème sont : la première de Ferrare, 1516 où il n'est qu'en 40 chants, et la seconde, donnée aussi à Ferrare, par l'auteur, en 1552 où il est en 46 chants, et tel qu'il est toujours resté depuis. Cette dernière est cependant si incorrecte, que l'on assure que le chagrin qu'en eut l'Arioste contribua à lui donner la maladie dont il mourut. On distingue encore, parmi les éditions rares, celle des Alde, Venise, 1545 où sont les 5 chants détachés qui font suite au poème ; plusieurs des éditions de Valgrisi, à Venise, dont la première est de 1556; plusieurs de celles de Gabriel Giolito, aussi à Venise, dont la première est de 1549, et la dernière de 1560 ; mais plus encore celle de Franceschi, Venise, 1584 avec les arguments de Scipion Ammirato, les notes et les avertissements de Ruscelli, la Vie de l'Arioste, écrite par J.B. Pigna, et par le Garofalo, plusieurs autres pièces importantes et curieuses, et surtout les belles gravures de Girolamo Porro. Les exemplaires en sont trèschers, principalement ceux où la planche 54 ne manque pas. Dans le plus grand nombre des exemplaires, au lieu de la gravure du 54e chant, qui doit représenter la descente d'Astolphe aux enfers, et son ascension dans la lune, où il trouve St. Jean, et où il reprend la fiole du bon sens de son cousin Roland, et celle qui contenait le sien même, on a répété la gravure du chant précédent, une nouvelle traduction de Roland furieux, en un vol. grand magnifiquement illustré. Outre ce poème, qui est son premier titre de gloire, on a de l'Arioste : 1° sept satires , où la malice est sans amertume, et qui tiennent plus de l'urbanité d'Horace que de l'àcreté de Juvénal ; elles ont de plus le mérite d'offrir un grand nombre de faits utiles pour l'histoire de sa vie, et qui ne sont même pas inutiles pour celle de son temps. 2° Cinq comédies, la Cassaria, i Suppositi, la meilleure des siennes, il Negromante, la Lena et la Scolaslica; il commença cette dernière pour le mariage de madame Renée, fille du roi Louis XII, avec Hercule, fils du duc Alphonse ; niais il n'en fit que trois actes et trois scènes; le reste fut fait, après sa mort, par son frère Gabriel. Son fils Virginio la mit tout entière en prose, et la relit ensuite en vers ; aussi n'estelle pas regardée comme un ouvrage de l'Arioste, et les académiciens de la Crusca ne la citent pas. La versification de ses quatre autres comédies est élégante et facile ; mais il y emploie, du commencement à la fin, le vers sdrucciolo, glissant, qu'on devrait plutôt appeler sautillant , et qui se termine toujours par un dactyle ; cela produit une uniformité fatigante à la lecture, et qui doit l'être encore plus au théâtre. 5. Ses rime, ou poésies diverses, consistant en élégies, odes ou canzoni, sonnets, madrigaux, etc. 4° Ses poésies latines, en deux livres, imprimées (l'abord en 1555, à Venise, avec celles de Pigna et de Célio Calcagnini, et réimprimées ensuite dans presque toutes les éditions de ses oeuvres. 5° Un petit écrit en prose intitulé Erbolato, où il introduit un certain Antonio de Faenza, qui parle de la noblesse de l'homme et de l'art de la médecine, imprimé à Venise, par Niccolini, en 1545 avec le portrait de l'Arioste gravé en bois, réimprimé ensuite plusieurs fois dans ses œuvres. Ces divers ouvrages ont sans doute différents degrés de mérite ; mais on reconnait dans tous la même clarté d'idées, la même facilité de style, et, selon les sujets, ce don de plaire 1 ucette grâce dont naturel'avaitémin
  • Louis AUBERY : sieur du Maurier, fils de Benjamin Aubery, ambassadeur de France en Hollande, dans le 17e siècle, dut à cette circonstance l'avantage d'avoir pour précepteur Benjamin Priolo, qui était venu à Leyde afin de suivre les cours de Daniel Heinsius, de Grotius et des autres professeurs 1 qui rendaient l'université de cette ville si recommandable. Il passa une partie de sa jeunesse dans le Nord. Revenu en France, il espérait que les services de son père et la faveur du cardinal de Richelieu pourraient lui faire obtenir un emploi diplomatique ; il fut constamment trompé dans son attente. Las des grands, il se retira dans sa terre, pour mettre la dernière main aux mémoires dont il avait recueilli les matériaux dans ses voyages. Il avait publié précédemment l'Histoire de l'exécution de Cabrières et de Mérindol et d'autres lieux de Provence, particulièrement déduite dans le plaidoyer qu'en fit, l'an 1551, Jacques Aubery, lieutenant civil au Châtelet de Paris ; ensemble une Relation de ce qui se passa aux cinquante audiences de la cause de Mérindol, Paris, 1645 Ce titre indique suffisamment qu'Aubery du Maurier n'a pu être que l'éditeur de l'ouvrage, quoique plusieurs bibliographes le lui attribuent. Il y a joint plusieurs pièces assez intéressantes qui se rapportent aux mêmes événements. C'est en 1680 qu'il publia des Mémoires pour servir à l'histoire de Hollande et des autres Provinces- Unies, où l'on voit les causes des divisions qui sont depuis soixante ans en cette république et qui la menacent de ruine, au Maurier, Jacques Laboè, Paris Ces mémoires curent tant de succès, lorsqu'ils parurent, qu'il s'en lit plusieurs éditions en peu d'années. La manière de voir de l'auteur n'était pas propre à lui concilies' le suffrage du gouvernement des ProvincesUnies ; aussi ce livre futil sévèrement prohibé. L'auteur embrasse chaudement les opinions de son père, qui , lors de son ambassade en Hollande, avait été lié avec Grotius, et qui, dans cette affection, eut le bonheur d'être fidèle aux instructions de la cour de France. Ces instructions le chargeaient d'intercéder en faveur du grand pensionnaire Barneveldt, de Grotius et de Hoogerbetz, arrêtés par les ordres des états généraux , sous l'influence du prince d'Orange. L'histoire a écrit en caractères de sang que la médiation de la France ne fut point écoutée ! L'intérèt des mémoires d'Aubery du Maurier s'est peu affaibli. L'abbé Sépher en donna une nouvelle édition, en 1754, sous ce titre : Histoire de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, etc., 2 vol. On y trouve de plus que dans les mémoires originaux des notes inédites d'Auselot de la Houssaye. 11 y a des exemplaires où l'ancien titre est conservé. Louis Aubery mourut au Maurier, en 1687. Lenglet Dufresnoy dit qu'on l'a toujours regardé comme un auteur indépendant et désintéressé. M. Dorvaulx du Maurier, son petitfils, a publié en 1735 un ouvrage tiré des manuscrits qu'il avait laissés. Il est intitulé : Mémoires de Hambourg, de Lubeck et de Holstein, de Danemark, de Suède et de Pologne, Amsterdam Ils sont loin d'avoir obtenu le même succès que les premiers. Aubery avait entrepris d'écrire une histoire des dernières années de Louis XIII ; mais elle n'a point paru. 11 était en correspondance avec plusieurs hommes de mérite, entre autres avec Costar. Ancillon a publié sa vie dans les Mémoires concernant plusieurs modernes, p. 338-57. L—m—x. AUB
  • Louis BADJER : Le nom de cet ouvrier lyonnais rappelle un admirable trait de dévouement fraternel dont l'histoire doit consacrer le noble et tragique souvenir. Peu de jours après la prise de Lyon par les troupes de la république , une commission militaire fut établie pour juger tous ceux qui avaient pris part à l'insurrection. Louis liadjer apprend que son frère, qui se trouvait alors à l'hôpital par suite de blessures reçues en défendant la ville, est cité devant l'impitoyable tribunal. Trop certain du sort qui l'attend, Louis prend surlechamp la résolution sublime de donner sa vie PO ur son frère : il comparait à sa place, se laisse condamner à mort, et marche intrépidement au supplice
  • Louis BAIL : docteur de Sorbonne , curé de Montmartre, souspénitencier de Paris , était né à Abbeville, et mourut à Paris, en 1669. Ses ouvrages, peu lus aùjourd'hui, lui firent dans le temps une certaine réputation : 1° Summa conciliorum, Paris, 1615-50-59, 2 vol. ; 2° de triplici Examine ordinandor. confessor. et poenitentium, 1651 Sapientia loris prcedicans, 1666 40 Thee- logia a ffectiva, 1672, 2 vol. ; 5° de Betieficio crucis, 1655 Cet auteur affecte, dans tous ses ouvrages, de se montrer trèsfavorable à la morale peu sévère des nouveaux casuistes. M. de Marca, après avoir expulsé de PortRoyal les confesseurs qui dirigeaient ce célèbre monastère, en nomma Bail supérieur et directeur, lequel, après avoir toutes les religieuses, et suivi leur conduite pendant deux mois, rendit un témoignage honorable leur régularité, à leur docilité, et à leur orthodoxie ; ce qui n'était pas trèsconforme aux vues de ceux qui lui avaient fait donner commission délicate
  • Louis BAILLY( 1730 - 1808) : né à Bligny, près de Beaune, en 1750, fut successivement professeur de théologie à Dijon, pendant vingtcinq ans, chanoine de la ca- thédrale, principal du collége et promoteur général du diocèse. La révolution l'ayant obligé de s'expa-' trier, il se réfugia en Suisse, d'où étant revenu en France à l'époque du concordat, il refusa une place de grand vicaire,- et se consacra tout entier au service des pauvres, en qualité de desservant de l'hospice de Beaune. Il remplissait cet honorable et pénible ministère avec beaucoup d'édification, lorsque la mort l'enleva en 1808. Ses ouvrages sont Tract atus de vera religione, ad timon seminariorum, '2 y. 20 Tractalus de Ecclesia Christi, 4771 , 1776, Dijon, 1789, 2 vol . 30 Theologia dogmatica et moralis, 1'4 M, 8 vol. L'auteur en a donné une nouvelle édition adaptée à la discipline établie par le concordat, Lyon, 1804, 8 vol. i11-12. 4° Les Principes de la foi catholique, qu'il publia en Suisse, et qui furent vendus en peu de mois
  • Louis BALOCHI ou BALLOCO( 1766 - 1832) : né à Verceil, en 1766, étudia la jurisprudence clans le collège del Pozzo, fondé par l'archevêque de ce nom à Pise, et fut reçu docteur à l'université de cette ville en 1786. Mais son goût pour la poésie lui fit bientôt abandonner le barreau : il débuta dans cette nouvelle carrière par un poème intitulé : il Merito delle Donne, imprimé à Milan. Lors de la réunion du Piémont à la France, en 1802, Balloco vint à Paris ; il y fut attaché comme poète et chef de la scène au tliéàtre italien , où il donna plusieurs opéras de sa composition. Vivement affligé de la perte de sa femme, Balloco vivait depuis quelque temps dans la retraite, lorsqu'il fut frappé du choléra, et mourut à Paris, en avril 1852 . On a de lui : 1 ° il Merilo delle Donne, trad. du français de Legouvé, 1802 On trouve, à la suite de la traduction, plusieurs poésies de l'auteur. 2° I Virtuosi ambulanti, dramma giocoso in duo alti, Paris, 1807 5° Penelope, dramma serin in duo alti, Paris, 1815 4° La Prirnavera felice, publié en 1816, pour le mariage du duc de Berri. Cette composition dramatique eut quelque succès : le prince voulut connaître l'auteur et le complimenta. 5° Avec M. Soumet : le Siége de Corinthe, tragédie lyrique en 5 actes, Paris, 1816 6° Cantata per l'illustre nascita di sua altezza il dura di Bordeaux, Paris, 18',0 7° Avec M. Soumet : il Viaggio a Reims, dramma giocoso in un atto, composto per l'incoranazione di S. M. Carlo X, ital. et franç., Paris, 1825 80 Avec M. Jouy : Moïse, grand opéra en 4 actes, Paris, 1827 9° Roberto il Diavolo, imité de la pièce française intitulée Robert le Diable. 10° Paroles et musique de plusieurs romances, cavatines et cantates, dont une à quatre voix sur la mort de Cimarosa; cette ,dernière n'a pas été mise en musique
  • Louis AURELIO : né à Pérouse, se distingua dans la carrière des lettres, vers le commencement du 17° siècle. Entré de bonne heure chez les jésuites, il s'appliqua avec tant d'ardeur à la philosophie et à la théologie, qu'on fut obligé de le renvoyer chez son père pour rétablir sa santé, altérée par l'excès du travail. Après trois ans de repos, il s'adonna à la jurisprudence, et fut reçu docteur en droit, comme dans les deux autres facultés. 11 fut d'abord nommé bibliothécaire à Pérouse ; il alla ensuite à la cour de Vienne, en qualité d'auditeur du nonce apostolique ; à son retour, il fut fait chanoine de StJean de Latran, et mourut à Rome, en 1657. Cet auteur, qui joignait à l'étude des langues latine, grecque et allemande, une connaissance approfondie de l'histoire, était regardé, par le pape Urbain VIII, comme le premier historiographe de son temps. Ses principaux ouvrages sont : 1° Ristretto delle Storie del mondo di Orazio Torsellino, gesuita, col supplimento di Lod. Aurelio, traduttore de l'opera, Pérouse, 1625, puis Venise, 1655 Cette édition a été augmentée d'une seconde partie, jusqu'à l'an 1650, par Bernardo Oldoini, de Gènes. 2° Della Ribellione de' Boemi contra Matthia, e Ferdinando imperadore, Istoria, etc., Rome, 1625, et Milan, 1626 3° Annales Card. Baronii in epitomen redacti, Rome, 1656 , Paris, 1637, 2 vol. 4° Bzovii Continualio in epitomen redacta, Rome, 1641 La meilleure édition de ces deux abrégés est celle de Paris, 166i, 3 vol. petit L'abrégé de Baronius et celui de Bzovius ont été trad. en français par Charles Chaulmer, historiographe de France, Paris, 1664, en 6 vol. puis réimp. en 8 vol., avec un supplément, depuis l'an 1636 où finit Aurelio, jusqu'en 1661. Cette traduction forme, avec le supplément, 12 vol. petit Paris, 1673. On a encore de cet auteur des éloges et différents discours. Il écrivit en vers .atins, et traduisit lui même en italien deux tragédies, Pompée et Germanicus, qui n'ont jamais été imprimées
  • Louis ANICHINI( 1500) : graveur. Ayant quitté la ville de Ferrare, où il était né dans le 16' siècle, il vint à Venise, où il se livra entièrement à la gravure des médailles et à celle des pierres fines. Ses médailles représentant Henri II, roi de France, et II. le pape Paul II, sont fort estimées. MichelAnge en fut si content, qu'après les avoir considérées attentivement il dit (lue cet art avait atteint la perfection. Anichini mettait une telle précision et une telle finesse dans ses ouvrages, que même ceux de la plus petite dimension sont remplis de sentiment et d'âme ; on ignore l'époque de sa mort
  • Louis BARAGUEY D'HILLIERS( 1764 - 1812) : général français, né le 15 août 1764, à Paris, d'une famille noble, fit dans cette ville des itudesAui, sans être profondes, lui furent trèsutiles, parce qu'il les dirigea entièrement vers la carrière des armes, à laquelle dès lors on l'avait destiné. 11 entra comme souslieutenant dans le régiment d'Alsace en 1784, et il était lieutenant au même corps le 1er mai 1191 lorsqu'il donna sa démission , pour ne pas servir la cause de la révolution. Ayant bientôt changé d'opinion, il fut nommé capitaine dans un bataillon , qui ce jourlà même périrent sur Pécha- :, faud, accusées d'avoir conspiré dans la prison où tous étaient détenus, Baraguey d'Hilliers fut absous avec deux autres accusés. Un bonheur si rare et si donna lieu à beaucoup de conjectures, et l'on alla jusqu'à dire que le général Baraguey avait ra- cheté sa vie par des actes de faiblesse ; mais son ca- ractère connu et le courage qu'il a tant de fois déployé ne permettent guère d'ajouter foi à de S. pareilles assertions. Malgré cette sentence d'absolution, il fut envoyé de nouveau à la prison du Luxembourg comme noble et suspect, et il n'en sortit qu'après la chute de Robespierre. Remis en activité le 5 prairial an 5 , il fut employé à Paris, et concourut sous les ordres de Pichegru à Un des documents historiques manuscrits les plus curieux pour l'histoire de la convention nationale est celui que je possède, et qui a pour titre : Extrait du registre des audiences du tribunal criminel révolutionnaire.« Du 22 jour de messidor de l'an second « de la république une et indivisible. — Appert le tribunal avoir con- « damné à la peine de mort...» Suit la liste de quarantesix indivi- dus condamnés à mort ce jourlà, et l'on y trouve : « Louis BARA—« GUEV n'thwEns, àgé de trente ans, exgénéral de brigade à l'armée du « Rhin, né à Paris, y demeurant rue des tcouffes, . » Cet article a été ensuite barré sur la liste, uinsi que huit autres : ce qui prouve que les procès verbaux des jugements étaient dressés avant l'audience où ces jugements étaient rendus ! Les huit autres noms retirés et barrés sur la liste sont : J.B. Larchevéque Thibault, qui avait joué un rôle dans la première révolution de StDomingue ; deux planteurs ou habitais du Cap, un cultivateur américain, un capitaine de vaisseau, un horloger de Paris, un secrétaire de paix de la section du Muséum, et un juge militaire du tribunal criminel du premier arrondissement de l'armée des Ardennes. — Parmi les trentesept autres condamnés dont les noms ne sont point barrés sur l'extrait, et qui furent exécutés le même jour 22 messidor, on remarque Jacq.- Raoul CORA—DEUX , dit LA CHALOTAYE , ex- procureur général au ci- de- vant parlement de Rennes ; George - Marie LECLERC BUFFON fils, âgé de trente ans, etc. ; deux journalistes, P.- Cern. PARISEAU et AM. FOURNON ; six curés ou vicaires, des maréchaux de camp, des colo- nels, des nobles, un cuisinier, un chevalier de Igalte, des capitaines de vaisseau, des militaires de divers grades, un aboureur, des comtes, un homme de confiance, etc. — Cette pièce est ainsi terminée : Et avoir déclaréjeurs biens acquis à la république. V—VE. réduire le parti des démagogues du faubourg StAntoine, révoltés contre la convention nationale ; mais quelques mois plus tard il fut accusé d'avoir manqué de fermeté contre d'autres révoltés du parti contraire, de la section Lepelletier que l'on accusait de royalisme ce qui le fit encore une fois destituer. Réintégré dès le mois suivant, il fut employé dans l'ouest sous les ordres de Boche; puis à l'armée d'Italie , où il arriva vers la fin de la belle campagne de 1796. Le général en chef Bonaparte lui donna un commandement dans la Lombardie, et le chargea ensuite de s'emparer de Bergame , place de l'État vénitien qu'il lui importait d'occuper, mais que la neu- tralité semblait mettre à l'abri d'une pareille entre- , prise. Baraguey d'Hilliers usa dans cette occasion de beaucoup d'adresse , et voici comment Bonaparte rendit compte de cette expédition au directoire « Quoique l'occupation de Bergame ne soit pas une « opération militaire, il n'en a pas moins fallu des « talents et de la fermeté pour l'obtenir. Le général « Baraguey d'Hilliers que j'en avais chargé s'est par-« faitement conduit ; je vais lui donner le co mandement d'une brigade , et j'espère qu'aux « premières affaires il méritera sur le champ de ba-« taille le grade de général de division. » Chargé en effet bientôt après de conduire un corps d'armée dans le Tyrol, Baraguey d'Hilliers pénétra clans la vallée de l'Adige jusqu'aux gorges de la Brenta, où il se réunit à l'armée principale, après avoir fait 4,000 prisonniers ; et le grade de général de division lui fut donné .11 reçut peu de temps après du général en chef une preuve de confiance encore plus grande. L'adresse qu'il avait mise à s'emparer de Bergame fit avec raison penser à celuici qu'il ne se montrerait pas moins habile dans une opération de même nature, mais de beaucoup plus d'importance : c'était l'occupation de Venise dont il s'agissait également de s'emparer à la faveur des dissensions que le voisinage de l'armée française y avait fait naître, et des mouvements populaires que l'envoyé de France , Lallemant , et son secrétaire, Villetard, y avaient excités. Baraguey el'Hilliers se tint pendant quelques jours en observation avec sa troupe, attendant le résultat de toutes ces manceuvres et les ordres du général en chef, qui ne tardèrent pas à arriver. Dès le lendemain Venise fut au pouvoir des Français, et la plus ancienne des républiques avait cessé d'ètrel... Bonaparte ne fut pas moins satisfait de Baraguey d'Hilliers dans cette occasion qu'il ne l'avait été à la prise de Bergame; il lui donna le commandement de Venise; et ce général, établi dans l'une des plus riches maisons , déploya un faste jusqu'alors inconnu dans l'armée française. On voit dans l'historien Botta qu'après avoir dépouillé les Vénitiens de leur marine, de leurs monuments des • arts et de toutes leurs richesses, Baraguey d'Hilliers planta solennellement sur la place StMarc un arbre de la liberté ; et qu'il négociait en même temps pour les livrer à l'Autriche. Quand cette opération fut consommée, le général en chef lui donna un autre commandement. Baraguey se trouvait à Mantoue en février 1798, lors de l'insurrection qui éclata parmi les troupes de la garnison, ainsi qu'à Home , et il forma de cet événement, par une lettre confiden- tielle du 10 février, Bonaparte qui était alors à Paris• se disposant à partir pour l'Égypte. Le général Baraguey fut appelé à faire partie de cette expédition , et il s'embarqua dans le port de Gènes avec sa division pour se réunir devant Malte à la grande flotte que Bonaparte luimême conduisait à la conquête de l'Orient. On sait comment cette inexpugnable forteresse tomba dans les mains des Français , et l'on sait aussi tout ce qu'ils y trouvèrent de munitions et de richesses de toute espèce. Baraguey d'Hilliers fut chargé de porter à Paris la nouvelle de cette belle conquête avec une partie de ces richesses ; niais la frégate la Sensible , sur laquelle il s'était embar- qué, fut prise par les Anglais, et rien de la précieuse cargaison ne put arriver dans la capitale. On. conçoit tout le mécontentement que durent en éprou- ver les directeurs ; ils s'en prirent à Baraguey d'Hilliers ; sa destitution fut prononcée par un arrêté du 26 thermidor an 6 ; et lorsqu'il revint de captivité, peu de mois après, il fut traduit à un conseil de guerre pour la reddition de la frégate, dont il ne pouvait être responsable, puisqu'il n'en avait pas le commandement. Acquitté par un jugement, il fut néanmoins mis à la réforme niais dès l'année suivante il recouvra son activité. D'abord chef d'état major de l'armée du Rhin, il en commanda ensuite l'aile droite. Il sa trouvait. à Landau au commencement de 1800, lorsque le feu prit au magasin d'artillerie; et ce fut à son sangfroid et à son courage que la ville tout entière dut son salut. Il obtint ensuite quelques succès contre les Autrichiens dans les montagnes des Grisons. Après la paix de Lunéville, le gouvernement consulaire le fit inspecteur général d'infanterie ; et Napoléon, devenu empereur, le nomma grand officier de la Légion d'honneur et colonel général des dragons. Cependant on a remarqué qu'il ne jouissait point alors de toute la faveur qui semblait due à l'un des plus anciens généraux de l'armée fran- çaise, et surtout à l'un de ceux qui avaient fait les campagnes d'Italie. Napoléon le tint presque toujours éloigné de lui, et ne l'employa pas dans les occasions les plus importantes. Il lui donna le gouvernement de Venise en 1808, et ce fut en Italie, Puis en Hongrie, sous le viceroi Eugène , que Baraguey fit la campagne de 1809. Après la paix de Vienne, il fut chargé de réduire les insurgés du Tyrol qui refusaient de se soumettre, et qui combattirent avec tant de courage sous les ordres du fameux Hofer . Baraguey passa ensuite A l'armée d'Espagne, et le 3 niai 1811 il battit sous les murs de Figuières un corps espagnol commandé par CampoVerde. Appelé à la grande armée l'année suivante, il fut mis à la tète d'une division qui partit de Smolensk dans les premiers .jours de novembre 1812, pour se diriger vers Kalouga, audevant de l’empereur, lequel avait d'abord dû faire sa retraite dans cette direction , mais en avait changé par suite de la bataille de Malojaroslawitz. Ignorant tout à fait ce changement, Baraguey se trouva bientôt au milieu de plusieurs corps russes et une partie de sa division fut obligée de capituler. Napoléon, informé de cet événement au milieu des désastres (le la retraite, en fut vivement courroucé, et il traita Baraguey d'Hilliers avec une extrême rigueur ; il le suspendit de ses fonctions, et par un ordre du jour du 15 novembre, il lui prescrivit de se rendre en France aux arrêts, jusqu'à ce qu'une enquête eût été faite sur sa conduite dans l'affaire du 9. Le malheureux général, déjà tant de fois jugé et suspendu, conçut de ce dernier malheur un tel chagrin, qu'il tomba malade en route, et que, forcé de s'arrêter à Berlin, il mourut dans cette ville, vers la fin de décembre 1812. — Une de ses filles avait épousé le général Foy
  • Louis BARILLI( 1767) : chanteur de l'Opéra buffa, naquit à Modène vers .1767, ou dans le royaume de Naples vers 1764. Après avoir joué avec succès sur différents théâtres. de l'Italie, il était dans toute la force de son talent lorsqu'il fut engagé par l'Opéra italien de Paris, en 1805. 11 y débuta dans la salle de Louvois, le 19 août, par le rôle du comte Cosmo- poli, dans la Locandiera, de Farinelli ; il obtint le Tins brillant succès, ainsi que dans ses autres débuts, et Int dès lors regardé comme l'acteur le plus précieux de la troupe italienne, dont lui et sa femme devinrent les principaux soutiens. Sa manière était franche et naturelle, son jeu piquant et vrai, sa gaieté sans apprêt, sans grimaces et sans trivialité. Quelques soidisant connaisseurs prétendaient qu'il n'était pas grand musicien; mais ils étaient foru's de convenir que son chant avait beaucoup d'expres- sion, et que sa voix, l'une des plus fortes bassestailles qu'on ait entendues au théâtre, secondait merveilleusement sa verve comique. Succédant à Raffanelli et à Martinelli, il chantait mieux que le premier et jouait mieux que le second. Dans les rôles où il parut après eux, comme dans ceux qu'L créa sucessivement, Barilli soutint sa réputation, en déployant une grande variété de talents, et en donnant à chaque personnage un cachet original. 11 était inimitable surtout dans le Cantatrici villane, où il jouait le maitre de musique Bucéphale ; dans / a Prova d' un opera seria où il faisait rire jusqu'aux larmes, pendant le duo qu'il chantait à genoux ; dans les Due Gemelli, où la finesse de son jeu et la mobilité de ses traits imprimaient une physionomie particulière aux deux rôles dont il était chargé ; dans Bellaiosa des Prillosi amindanii, traduction des Comé- diens ambulants de Picard, mise en musique par Fioravanti ; dans gli Nemici generosi, où il chantait et jouait en excellent comédien l'air et la scène du duel; dans il Paz: 0 per la musica; dans les rôles de Bonario de la Capriciosa coi- sella ; d'Oronzo du Ma- trimonio segreto; de Gianicolo de la Griselda, etc. Barilli avait suivi avec sa femme le ThéàtreItalien, en 1808, de la salle de Louvois à celle de l'Odéon, où ils attirèrent la foule. Il en fut un des quatre administrateurs en 180), et en subit depuis toutes les chances sous diverses directions, dont la plus déplorable fut celle de madame Catalani à la salle Favart, de 1815 à 1818. La mort de madame Barilli, avec qui ce théàtre semblait être descendu au tombeau, fut pont son mari le prélude d'un enchaînement de malheurs. Elle lui avait laissé trois fils en bas àge; ils périrent tous les trois, en peu d'années, de la phthisie pulmonaire. Le dernier expira dans ses bras, vers la fin de 1825. Tant de coups portés à son coeur avaient altéré sa santé et affaibli ses moyens. 11 jouait plus rarement. Mais l'Opéra italien, revenu, en 1818, dans la salle Louvois, y avait repris son premier éclat ; Barilli en fut régisseur, depuis 1820, et y était logé. Ayant fait une chute, le 1" février 1824, il se cassa la jambe gauche. Des secours pro- digués à temps paraissaient avoir prévenu des sui- tes plus funestes de cet accident. 11 était en pleine convalescence; une représentation brillante avait été donnée, le 28 mars, à son bénéfice, et il devait faire sa rentrée au théâtre, dans un opéra de MM. Ba- lochi et Per, l'Ajo imbarrazzo . Le 25 mai il écrivait à madame Pasta, qui était à Londres, lorsque, saisi tout à coup par un étouffement, il expira sans pouvoir proférer un seul mot. Barilli n'était pas seulement bon chanteur et excellent bouffe ; il était homme probe, ad- ministrateur actif et intègre. Sa bienfaisance, sa gé- nérosité n'avaient point de bornes. Depuis plusieurs années, il consacrait une partie de ses appointements à payer les dettes d'une entreprise théâtrale dans laquelle il n'avait été qu'associé. Traversant en voiture le faubourg StGermain, au temps de sa prospérité, il fut témoin de la douleur d'une famille dont on vendait les meubles : il fallait 1,600 fr. pour les racheter ; Barilli les donna et disparut. Comme il n'avait rien à lui, il ne laissapas même de quoi subvenir à ses funérailles. Ses camarades y ont pourvu au moyen d'une souscription , et un tom- beau a été élevé à cet homme estimable, près de celui de sa femme, au cimetière de l'Est
  • Louis BARLES : médecin qui pratiquait son art à Marseille, sur la fin du 17° siècle, est connu par deux traductions de Régnier de Graaf sur les organes de la génération, qu'il enrichit des nouvelles connaissances de van Iloorne et de Vesling sur cette matière, et de plusieurs planches des Wamerdam : 1° Les Nouvelles Découvertes sur les organes des femmes serrant à la génération, Lyon, 1674 ; 2° les Nouvelles Découvertes sur les . organes des hommes servant à la génération, Lyon, 1675 Ils ont été réunis en une édition, à Lyon, 1680, 4 vol.
  • Louis BASSET DE LA MARELLE : avocat, membre de l'academie de Lyon, né dans cette fut pourvu, en 1762, de la place de premier avocat general au parlement 'de Dombes. Il obtint, en 1774, la charge de président au grand Conseil, qu'il oceupa jusqu'à la suppression de toutes les cours de justice. Il fut enfermé en 1795 avec sa femme el son fils, àgé de dixsept ans, dans la prion du Luxembourg. Traduits au tribunal révolutionnaire comme complices d'une conspiration tramée sous 11.11. verrous, ils furent, tous trois, condamnés à mort, le 19 messidor an 2 CI juillet 1794) . Basset de la re jonrlà Is tribunal rétroIntIonnaire jugea et condamna, dans une sente seanrr, rinquanteneuf virtones, et parmi s. e 'aient tø le vertueux abbe de Fénelon, fondateur de l'institution en faveur d... jeunes Savoure; Nicola!, exprewier president de la charnier des timides; le due de Gessres, cidevant pair de France le prince d'Ilenin, qualifie dans le jugement de rapiats. et aussi des ralti,ateurs, des magistrats, des prètres, des intrisdants dr pnatuce, avorabge des journalistes, des eoneeillers d'F.tat, des perliers des minuitssales. ar setier, ars m'ourla, des nrouriants, dea marins, un simple ',M'in,' de la S'alevine, et un Anglais etabit en trime, et ebt le crtale malt d'eh,. ne »eu le dament de tilt. Tous ces amites. dual s piapari te o'etaérai jamaisan, furent condamnes ramphres da prrr Duchesne , dr Itonsin, dr cluounetts et dr 11....ru, euense s'am voile estanitr par le learbrird Mes la priser) dl tuteenhosre fediIls fi`reasellt irms renfermes) lu ri> proweldmit du peuple, ri selammeal ke vareeres di ( omit* sa- lut ellsed eletree, 44 Rada, Mt, due loet Marelle a publié un écrit intitulé : la Différence du patriotisme national chez les Français et chez les Anglais, Lyon, 1762 ; réimprimé en 1766. Ce discours, lu à l'académie de Lyon, fut trèsgoûté lorsqu'il parut : un sentiment de nationalité lui procura ce succès, car l'ouvrage, loin d'étre un parallèle impartial, est presque entièrement consacré à établir la supériorité du patriotisme français sur le mème sentiment en Angleterre. Les faits historiques se plient trop souvent au système de Fauteur, dont le style n'est pas exempt d'incorrections et affecte quelquefois des formes de palais. On trouve d'ailleurs peu d'idées neuves dans cette production de l'orgueil national. L—MX
  • Louis BASTOUL( 1753 - 1801) : général français, né à Montolieu , en Languedoc , le 13 août 1753, fut d'abôtU ouvrier dans une manufacture, et s'engagea dans le régiment de Vivarais, infanterie, dès l'âge de vingt ans. 11 était parvenu au grade de sergent, lorsque ce corps fut licencié, en 1790, pour cause d'indiscipline. Bastoul se fixa alors à Béthune, et y lut nommé con> mandant de la garde nationale, puis chef du 2e bataillon des volontaires nationaux du département du PasdeCalais. Cette troupe faisait partie de la garnison de Lille, lorsque les Autrichiens vinrent l'assiéger dans le mois de septembre 1792. Bastoul y déploya beaucoup d'activité et de bravoure, et devint général de brigade. Employé dans ce grade aux ar- niées du Nord et de SambreetMeuse , il se fit encore remarquer en plusieurs occasions , notamment aux sièges dc Landrecies , du Quesnoy, au passage du Rhin en 1796, et aux batailles de Wurtzbourg, de Friedberg, de Salzbach , et surtout à celles de Neuwied, le 18 avril 1797, et de Landshut, en juillet 1800. Ce fut lui qui pénétra le premier dans cette ville avec sa brigade, après en avoir enfoncé la porte. Le courage qu'il montra dans cette occasion fut signalé dans le rapport officiel, et lui valut le grade de général de division. Il commandait en cette qualité à la mémorable bataille de Hohenlinden , sous Moreau, le 5 décembre de la même année, et il concourut puissamment à la victoire ; mais, atteint d'un boulet à la jambe, il fut transporté à Munich et y mourut des suites de cette blessure, le 5 janvier 1801, ayant obstinément refusé de se laisser amputer, parce qu'il voulait, disaitil , vivre ou mourir tout entier. C'était un homme sans éducation et sachant à peine lire; mais doué de beaucoup d'intelligence pour la guerre, et d'une bravoure à toute épreuve
  • Louis BAYLY : que certains biographes appellent par erreur BALLET, prélat anglais du ID siècle, né à Caermarthen, ville du pays de Galles, étudia à Oxford, et fut successivement ministre d'Evesham dans le comté de Worcester, vers l'an 1611, chapelain de Jacques 1", et évêque de Bang«, en 1616. Il jouissait d'une grande réputation comme prédicateur ; mais il est encore plus célèbre comme auteur d'un livre intitulé : la Pratique de piété, réimprimé pour la cinquanteneuvième fois en 1754 traduit en langue galloise, et, en 1655, en français. Ce livre jouissait en Angleterre d'une telle réputation, qu'un prédicateur se plaignit de ce que, parmi le peuple, il était généralement considéré comme une autorité égale à la Bible. On a cru découvrir dans cet ouvrage quelques principes de puritanisme, qui, singuliers sous la plume d'un évêque, ont fait soupçonner Bayly de n'en être pas réellement l'auteur ; niais ce soupçon parait dénué de fondement. On ignore pour quel motif ce prélat fut, le 15 juillet 1621, enfermé dans la prison nomtuée the Fleet, à moins que ce ne fût pour avoir eu peut-être quelque part aux représentations du parlement contre le mariage projeté du prince Charles avec l'infante d'Espagne : quoi qu'il en soit, il ne semble pas que sa détention ait été longue, ni que cette affaire ait eu pour lui aucune suite. ll mourut en 1652
  • Louis BECCADELLI( 1502) : littérateur italien du 16° siècle, naquit à Bologne, de parents nobles, le 27 janvier 1502. Après y avoir fait ses études, il s'appliqua pendant six ans à la jurisprudence; mais s'étant lié d'amitié avec le célèbre Jean della Casa, qui n'aimait que la poésie et les lettres, il se livra aux mêmes goûts, sans abandonner l'étude des lois. Il fut reçu docteur en 1535. Son mérite lui fit de pxissants amis, entre autres les cardinaux Bembo, Polos et Contarini. Le dernier surtout conçut pour lui tant d'amitié, qu'il le voulait pour compagnon dans tous ses voyages, et ne pouvait se passer de lui. Beccadelli voyagea aussi en 1539 avec le cardinal Polus,,lorsque celuici parcourut les cours de l'Europe pour chercher les moyens de ramener à l'Église le schismatique Henri VIII. Beccadelli vint avec lui à Carpentras, et ne manqua pas d'aller visiter la fontaine de Vaucluse et la Sorgue, petite rivière que les chants de Pétrarque ont rendue célèbre. Il retourna ensuite auprès du cardinal Contarini , et, après la mort de ce prélat, il s'attacha à plusieurs autres. Le pape Paul III lui confia l'éducation de son neveu Ranuce Farnèse ; et, quand ce pontife eut élevé ce jeune homme au cardinalat, en 1545, et qu'il l'eut nommé légat dans la Marche d'Ancône, ti lui donna Beccadelli pour guide , pour administrateur général et pour président de la province. La légation finie en 1549, Beccadelli obtint l'évêché de Ravello, dans le royaume de Naples ; mais les grands emplois auxquels il fut appelé l'empêchèrent toujours d'en prendre possession. Après la mort de Paul III, Jules 111 l'envoya en qualité de nonce apostolique à Venise ; la république en fut si contente , qu'elle demanda et obtint que sa nonciature fût prolongée pendant cinq ans. 11 fut ensuite nommé par le même pape vicaire général et juge ordinaire des églises, monastères et hôpitaux de Rome. En 1555, il alla, en qualité de légat, à la diète d'Ausbourg, et fut fait archevêque de Raguse le 17 septembre de la même année. Pie IV l'envoya , en 1561 , au concile de Trente, où il donna de nouvelles preuves de zèle, de prudence et de capacité. De là, il fut choisi par le grandduc de Toscane, Cosme I", pour diriger l'éducation du prince Ferdinand son fils. La faveur dont il jouit bientôt auprès du grandduc lui ayant donné l'espérance et presque la certitude d'ètre nommé à l'archevêché de Pise, il se démit de celtti de Raguse ; mais il s'éleva des obstacles à Home qui empêchèrent sa nomination, et il fallut qu'il se contentât de la riche prélature de Prato, qui lui fut conférée vers 1565. Il y mourut le 17 octobre 1572. On voit qu'il occupa dans les emplois ecclésiastiques une place aussi distinguée que dans la littérature. Il eut pour amis la plupart des hommes célèbres de ce grand siècle. Ses ouvrages imprimés se réduisent aux quatre vies de Pétraque, du cardinal Bembo, du tardinal Polus et du cardinal Gaspard Contarini. La première, imprimée dans le Petrareha ridivivus de Tomasini, l'a été ensuite dans plusieurs éditions de Pétrarque ; la seconde le fut dans le tome e des Vies des historiens et des orateurs de la république de Venise d'Apostolo Zeno, Venise, 1718, ; la troisième était écrite en italien connue les deux autres ; mais André Dudizio, ami de l'auteur, obtint de lui la permission de la traduire en latin, et elle ne fut d'abord publiée que dans cette langue, Venise, 1565 Ce n'est pas une simple traduction ; Dudizio avoue luimême qu'il a fait plusieurs additions à l'ouvrage de Beccadelli. Maucroix, chanoine de Reims, l'a traduite en français, et publiée à Paris, 1679, La vie du cardinal Poins, écrite en italien, a été enfin imprimée dans la 5° partie des lettres de ce cardinal, Brescia, 1757 La vie du cardinal Contarini n'a été imprimée qu'en 1746 à Brescia, par les soins du cardinal Quirini, avec une longue préface de l'éditeur et plu- sieurs additions. De ces quatre vies, celle de Pétrar- que est la plus estimée et la meilleure. Beccadelli avait composé beaucoup d'autres ouvrages. Mazzuchelli en compte jusqu'à vingttrois, qui sont restés manuscrits à Bologne, dans la bibliothèque de sa famille
  • Louis BIDET : maitre des eaux et forêts, mort à Reims, sa ville natale, le 12 mars 1762, a laissé un recueil manuscrit de matériaux importants pour l'histoire de sa patrie, 4 vol. « qui sont encore susceptibles, dit M. Anquetil , de nouveaux arrangements qui les ren- « draient trèsutiles à la ville. » Ces recueils ont été déposés à la bibliothèque de la ville de Reims par les héritiers de la famille Bidet. — Nicolas BIDET, frère du précédent, né vers 1709, officier dans la maison civile du roi, et membre de la société d'agriculture de Florence, mort à Reims, le 15 février 1782, a travaillé avec son frère au recueil précité. Il s'occupa de la culture des vignes, sur laquelle il publia un ouvrage intitulé : Traité de la nature el de la culture de la vigne, Paris, 1752, petit Il n'avait fait que développer l'usage observé dans les vignobles de Champagne, tant 'mir la culture des vignes qUe pour la manière de gou- verner les thiS. Mais il en donna ensuite une seconde édition fort augmentée, dans laquelle il traite de tous les principaux vignobles de la France, Pa- ris, 1759, 2 vol. 2., lig. Cette seconde édition fut revhe par DuhamelDumonceau
  • Louis BIGONI( 1712 - 1785) : poëte estimable oublié par l'abbé Lombardi dans sa Storia della Letteratura italiana, naquit à Brescia, le 29 juin 1712. Sa fortune lui permettait de se livrer à ses goûts studieux ; mais, content des suffrages de quelques amis, il n'aurait jamais recueilli les productions de sa muse élégante et facile, sans les encouragements qu'il reçut de Louis Ricci , poète luimème, et trèsbon critique. Trop modeste pour rechercher les honneurs littéraires, il fut cependant .élu membre de l'acadé- mie des: Agiati de Roveredo, sous le nom de Tessalo. Il mourut à Chiaii, petite ville du Brescian, le 10 avril 1785, à '72 ans. Outre une traduction en vers italiens du poème de Partit Virginis de Sannazar, Brescia, 1765 et celles des Statua. , de Brescia, ibid. , 1776 on lui doit un recueil de vers , ibid., 1765 W—
  • Louis BONACCIOLI : médecin de Ferrare de la fin 15e et du commencement du 16° siècle, n'est connu que par un ouvrage sur la génération, sous le titre d'Enneas muliebris sans indication de lieu ni d'année, mais que l'on croit imprimé vers 1480 ; il est moins remarquable par les faits qu'il contient que par quelques particularités indépendantes de la science. Il est dédié à une princesse de Ferrare, et est précédé d'une préface contenant des 'détails peu susceptibles d'être présentés à une femme. Les bibliographes ont indiqué comme des ouvrages particuliers de Bonaccioli des chapitres de ce traité, dont on a fait des volumes séparés, savoir :1' de uteri, partiurnque ejus Confectione, quonam usu etiam in absentibus venus citetur. Quid, quale , undeque prolificum semen ; 'Linde mens-( rua? etc. , Strasbourg, 1557 Bâle, 1566 U° De conceptionis indiciis, necnon maris fœmineique partus significatione. QUO utero gravidis accidunt, et eorum medicince. Prognostica causceque elfluxionum et abortuum. Proceritatis, improceritatisque partuum cause°, Strasbourg, 1538 Lyon, 1639, 1641, 1650, '1660 Amsterdam, 1665 On les trouve dans le recueil d'lsraél Spachius, sous leur véritable titre, Enneas muliebris. A une autre partie de cet ouvrage, imprimée séparément, sous ce titre : de foetus Formatione ad Lucretiam Ferrarioe ducissam, Leyde, 1639 on a joint le traité de Séverin Pineau, de virginatis Notis, Graviditale et Partu
  • Louis BERTHOUD : neveu et élève du précédent, fut, comme lui, horloger de la marine et membre de l'Institut. Héritier des talents (le son oncle, il a également reculé les limites de l'art. Ses montres marines, plus portatives que celles de Ferdinand Berthoud , sont entre les mains de tous les navigateurs. Les effets. produits par les changements de température s'y trouvent compensés si exactement, qu'elles conservent la mène régularité de mouvement dans toutes les saisons. Elles n'exigent par conséquent pas l'emploi des corrections qui compliquaient les calculs, et avaient en outre l'inconvénient d'ètre quelquefois incertaines. Louis Berthoud est auteur (le l'ouvrage suivant : Entretiens sur l'horlogerie à l'usage de la marine, Paris, 1812 11 est mort le 7 septembre 1815
  • Louis BERTRAND( 1731) : géomètre distingué, naquit à Genève, le 5 octobre 1751. Ses progrès dans les sciences exactes furent trèsrapides. A vingt et un ans il se présenta pour disputer la chaire que la retraite de Jallabert laissait vacante. Trembley, l'un de ses concurrents, lui fut préféré. Mais le jeune géomètre avait donné l'idée la plus avantageuse de ses talents, et il emporta l'estime de ses juges. Peu de temps après, il se rendit à Berlin, attiré par la réputation d'Euler. Ce grand homme l'admit au nombre de ses élèves, et bientôt s'en fit un ami. L'académie de Berlin s'associa Bertrand en 1754; il y lut, dans des séances publiques, des mémoires sur quelques problèmes de haute géométrie qui furent jugés dignes de paraître dans ses recueils. En quittant Berlin, où il laissait d'honorables souvenirs, Bertrand visita la Hollande, l'Angleterre, et revint à Genève, riche de nouvelles connaissances. Cette chaire, objet de son ambition, devint une seconde fois vacante en 1761; il se mit de nouveau sur les rangs et l'obtint. 11 la remplit pendant plus de trente ans avec un zèle infatigable et un succès qu'attestent le nombre et le mérite des élèves qu'il a formés. Lors de la révolution de Genève, il se démit de sa chaire ; et, retiré dans une vallée paisible de la Suisse, il chercha, par l'étude de la géologie, à se distraire des maux qui pesaient sur sa patrie. Il y revint en 1799, et consacra ses dernières années à perfectionner ses Eléments de géométrie, ouvrage devenu classique à Genève. Bertrand mourut le 15 mai 1812, à 81 ans. Outre plusieurs mémoires dans 24 le recueil de l'académie de Berlin, on a de lui : 1° de l'Instruction publique , Genève , 1774 2° Développements nouveaux de la partie élémentaire des malhématiques, prise dans toute son étendue, ibid., 1778, 2 vol. C'est dans cet ouvrage, le principal titre de Bertrand à l'estime de la postérité, que furent données, pour la première fois, la véritable délinition de la quantité angulaire et la démonstration rigoureuse de la théorie des parallèles, aujourd'hui généralement adoptées. 5° Renouvellements périodiques des continents terrestres, Hambourg, 1799 ; 2° édition, Genève, 1805 On y trouve plusieurs faits curieux et des observations intéressantes; mais on doit regretter que Bertrand, égaré par l'esprit de système, ait donné pour base à son ouvrage une théorie inadmissible. Il suppose le globe creux, et place au centre un noyau d'aimant qui se transporte au gré des comètes d'un pale à l'autre, en traînant avec lui le centre de gravité et la masse des mers, et noyant ainsi alternativement les deux hémisphères. M. Boissier, alors recteur de l'académie de Genève, a publié une notice sur Bertrand, dans la Bibliothèque britannique , t. 50, sciences et arts, p
  • Louis BOCCHERINI( 1740) : compositeur du mérite le plus distingué, génie aussi fécond qu'original, naquit à Lucques, le 14 janvier 1740. Son père, contrebassiste de la cathédrale , le fit entrer au séminaire, où il lit ses études et reçut les leçons de musique de l'abbé Vannucci, maître de chapelle de l'archevêché. Son goût le portait particulièrement vers l'étude , affirme que Haydn reçut souvent ses conseils; c'est encore une erreur : ces deux grands artistes ne se connurent que de réputation ; ils s'écrivirent en de trèsrares circonstances , se témoignèrent réciproquement la plus grande estime, et chacun d'eux put trouver à s'instruire dans les compositions de son émule : voilà ce qu'il fallait dire pour rester dans le vrai ; mais trop souvent l'on apporte une inconcevable négligence dans les notices artistiques qui des journaux passent dans des recueils plus sérieux et plus solides; de graves erreurs se propagent ainsi avec une déplorable facilité. Ce_ qui a pu faire croire que Haydn n'était venu qu'après Bocche, Fini , c'est que la musique de celui - ci parait en effet es ancienne par ses tournures, sOri système de modulation, la coupe des phrases et le caractère général des morceaux. Mais si la forme a vieilli, le fond a conservé un prix inestimable ; Boccherini est un des compositeurs les plus réellement originaux qui aient existé, et pourtant l'un des plus difficiles à imiter; sa manière est à la fois si simple et si gracieuse , il lance de temps en temps des idées si heureuses et en même temps si peu prévues, que dans tout un morceau l'on marche quelquefois de surprise en surprise ; ce n'est pas qu'il soit irrégulier, tout dans ses compositions est conforme aux règles de la bonne école ; mais il a une manière qui lui est propre de se conformer aux usages reçus , il a peu de véhémence, ou du moins son énergie ne se montre que rarement; il se complaît dans les idées douces, naïves , mélancoliques : c'est ce qui a donné lieu à cette pensée singulière que, si Dieu voulait parler en musique aux hommes, il se servirait de celle de Haydn, et que, s'il voulait en entendre, il choisirait celle de Boccherini. Au reste; Cette musique que l'on trouvait digne du ciel eut sur la terre un succès cligne de son mérite, et loti a calculé que les éditeurs gagnaient environ deux millions, tandis que le compositeur était dans la misère. Boccherini a dù contribuer notablement par ses ouvrages aux progrès du violoncelle, en mettant, comme il l'a fait, dans tous ses quintettes un violoncelle qui exécute trèsfréquemment la partie principale ; cette partie, qu'il écrivait pour luimême, offre souvent des difficultés auxquelles on n'était pas alors habitué. On peut diViser en six classes les compositions de Boccherini : 1° les symphonies; 2° les concerto et pièces concertantes pour divers instruments ; les sonates de clavecin avec ou sans accompagnement; 4° les duos et trios; 5° les quatuor et quintettes; 6° enfin la musique de chant; ces compositions forment un total d'environ soixante oeuvres. On ne connaît de toute sa musique de chant qu'un Stabat à deux voix, gravé au commencement du siècle ; on cite aussi des oratorio conservés en Italie et qui datent sans cloute de la jeunesse de l'auteur. On sait; en outre, que durant son séjour en Espagne il a écrit pour divers particuliers, et principalement pour le marquis de Beneventi , quantité de morceaux dont le nombre peut s'élever à huit cents. Mais de tous ses ouvrages; ceux qui ont eu le plus grand succès et qui seront toujours pour les artistes et les vrais connaisseurs un sujet d'étude et d'admiration, sont assurément les trios et les quintettes dans lesquels brillent de tout leur éclat les dons que l'auteur avait reçus de la nature, les graces de son aimable et féconde imagination: L'éditeur Janet a publié il y a une vingtaine d'années un choix d'oeuvres de Boccherini qui a été favorablement accueilli; il est formé de cinquantesept trios et quatrevingtquinze quintettes, dont douze jusqu'alors inédits étaient gravés pour la première fois
  • Louis BOCCADIFERRO( 1482 - 1545) : noble bolonais, né vers l'an 1482 , fut reçu docteur en philosophie et en médecine, obtint dans l'université de sa patrie une chaire de logique, et ensuite celle de philosophie en général. Ses leçons y attiraient un grand concours d'auditeurs, et étaient ordinairement suivies de's plus vifs applaudissements. 11 eut des élèves célèbres, entre attires , JulesCésar Scaliger, François Piccolomini et Benedetto Varchi. Le cardinal Piero Gonzaga, qui l'aimait, le conduisit , en 1522, à Home , où il enseigna pendant cinq ans la philosop?ie péripatéticienne dans le collège de la Sapience. Léon X et Clément VII eurent pour lui beaucoup d'estime. Sous ce dernier pape , quand Rome eut été saccagée par l'armée de l'Empereur, il alla reprendre à Bologne sa chaire de philosophie. Avec III fig. dessinées par Gravelot. Une belle édition du Decameron, est 'celle du professeur A. Cerutti, Paris, 1823, 5 vol. in 32. Biagioli a laissé manuscrit Doccacis con un comment istories et littersrio, publié en d vol. u I,IS de 15 feuilles. D—R—R. Cette traduction porte te titre de Contes. Une nouvelle édition en a été donnée sous le titre On a publié plusieurs fois les amures choisies de Boccace : Navette scelle dol Decamerone ail us» tilla ° inventa, colt' accents di prosodia, Avignon et Paris, 1850, 111-18.korefic 9cej. h, cd altre prose, publicate da A. Buttura, Paris, 1825 faisant partie de la Biblioteca di prose ilaliane DRR. . Il prit l'habit ecclésiastique, et les Gonzague lui donnèrent quelques bénéfices à Mantoue dans l'espoir de l'y attirer. Il reçut de CharlesQuint, ainsi que les autres professeurs de l'université de Bologne, les titres de chevalier et de comte palatin. Il mourut le 3 mai 1545, avec la réptitation du premier philosophe, ou du moins du premier professeur de philosophie de son temps. Il a laissé : in lib. 1 Physicoruin Aristotelis, Venise, 1558 1570 et 1615 ll avait composé des commentaires pareils sur le 2e, le 7° et le 8e livres du même ouvrage d'Aristote, mais ils sont restés inédits dans plusieurs bibliothèques. 2° In 4 libros Meteororum. Aristote- lis, Venise, 1565, 1565 et 1570 5. Lecliones in paria Naluralia Aristolelis , Venise, 1570 4. In 2 libros Aristotelis de Generatione cl Corruptione Commenlaria , Venise , 1571, lufol. 5* Commentaria in Ires libros Aristotelis de Anima, Venise, etc. — Jerôme BOCcAD1FEIIRO, jurisconsulte bolonais et neveu de Louis, né à Bologne, en 1552, y fut professeur en droit. Il jouissait d'une si grande réputation, qu'en 1598, dans les contestations qui s'élevèrent entre le cardinal Frédéric Borromée, archevêque de Milan, et les magistrats royaux de Bologne, il fut choisi par Clément VIII, avec le célèbre Pancirole, pour être juge de cette cause. Le collier d'or et la médaille qu'il reçut de ce pontife disent assez quel fut son jugement. Il mourut le I" mars 1625, et a laissé : 1. des Consultations , Bologne, 1615 ; 2° des Leçons sur toutes les matières ordinaires de droit civil, et quelques autres ouvrages de droit qui n'ont point été imprimés
  • Louis BOIVIN( 1649) : né le '20 mars 1649, à Montreuill'Argilé , dans l'ancien diocèse de Lisieux, reçut d'abord, dans la maison paternelle, les leçons d'un honnête ecclésiastique, qui, peu savant, mais fort modeste, eut la bonne foi de quitter l'éducation de son disciple, quand il crut n'avoir plus rien à lui apprendre. Le jeune Boivin alla terminer ses études aux jésuites de Rouen. Ensuite il vint à Paris, pour suivre, au collége du Plessis, le cours de philosophie de Cohade , célèbre professeur, que l'on avait surnommé le Philosophe subtil. Après sa philosophie, il se livra à l'étude de la théologie , de la jurisprudence et de la médecine , n'ayant pour aucune de res sciences de prédilection marquée, et faisant dans toutes des progrès égaux. Les belleslettres , qui semblaient l'occuper moins, lui plaisaient bien davantage. Il composait des milliers de vers français, et n'en parlait à personne. Un jour cependant, plus content de luimême qu'à l'ordinaire, il osa montrer à Chapelain une de ses productions poétiques. Chapelain, qui apparemment se connaissait mieux aux vers des autres qu'à ceux qu'il faisait luimême, remarqua dans la manière du jeune Boivin une telle absence de goût et de naturel , qu'il lui conseilla, sans ménagement , d'abandonner pour jamais la poésie française. Dans son désespoir, Boivin écrivit un discours , sous le titre bizarre de Flux de Mélancolie. On ne l'a point imprimé ; niais de Boze en a cité quelques passages , et entre autres cet endroit fort singulier ait Boivin se dépeint luimême : « Mon humeur, ditil, est sauvage et retirée, fort « approchante de celle de l'oiseau de Minerve; « franche jusqu'à la rusticité , fière jusqu'à l'indé« pendance; flottante et incertaine jusqu'à ne me « déterminer à quoi que ce soit, entreprenante jus« qu'à vouloir tout savoir et tout pratiquer ; pré« somptueuse jusqu'à faire vertu d'ambition ; caK chant si peu mes défauts que souvent j'en fais « vanité, et rarement m'imaginéje qu'ils n'aient pas quelque chose d'héroïque. » Tel était le caractère de Boivin à vingtquatre ans , et il ne se corrigea point. Quand sa réputation d'érudit consommé lui eut ouvert , en 1701, les portes de l'académie des inscriptions, il y porta un esprit dur, aigre, fàcheux; et vingt années (l'association suftirent à peine pour apprendre à ses confrères que, sous cette rude enveloppe, il cachait un coeur excellent, plein de candeur et de droiture. Ces dispositions insociables , ce défaut absolu de liant dans le caractère, le jetèrent dans une foule de procès ruineux. Il en eut un avec l'abbaye de la Trappe, pour une redevance de vingt, quatre sous , dont il voulait faire dégrever le petit fief de la Coypelière, qu'il avait acheté en Normandie. Ce procès, qu'il perdit , dura douze ans, et lui coûta 12,000 livres. A cette occasion, il dit fort spirituellement qu'il avait gagné son procès pendant douze ans, et ne l'avait perdu qu'un jour. Ses ouvrages imprimés se réduisent aux mémoires qu'il lut à l'académie des inscriptions , et qui ont paru dans les quatre premiers volumes de cette compagnie ; ils roulent presque tous sur des matières de chronologie , et offrent une érudition peu commune et une critique élevée. Il mourut le 22 avril 1724 , pigé de 75 ans. Sa mort interrompit l'impression de trois petits traités chronologiques en vers français, auxquels il voulait joindre l'Évangile, traduit également en vers. La perte d'un pareil ouvrage est fort peu importante ; mais on doit regretter qu'il n'ait pas terminé un travail sur Josèphe, dont il s'occupa pendant trente ans, et où l'on dit qu'il a déployé un savoir immense. Ses notes , fort nombreuses et fort étendues, sont écrites sur les marges d'un exemplaire de l'édition de 1544, que possède aujourd'hui la bibliothèque royale de Paris. L'éloge de Boivin a été composé par de Boze, et se trouve dans le 5' volume du recueil de l'académie, et dans le 2' volume de son histoire
  • Louis BOLLIOUD-MERMET( 1709 - 1793) : né à Lyon, le 15 février 1709, fut longtemps secrétaire de l'académie de cette ville, et mourut en 1793. Sa famille était distinguée dans la magistrature. BollioudMermet a surtout cultivé les lettres. On a de lui quelques ouvrages médiocres : 4. dè la Corruption du goût dans la musique française, 1745 ; 20 de la Bibliomanie , la Haye, 1761 ; 5° Discours sur l'Émulation, Paris, 1763 ; 4° Essai sur la Lecture, Lyon, 1765 : ces ouvrages sont anonymes ; Renovation des voeux littéraires, discours prononcé pour la cinquantaine de sa réception à l'académie de Lyon. Il a laissé en manuscrit une histoire de cette société littéraire
  • Louis BOLOGNINI( 1447 - 1508) : né à Bologne , en 1447, fut admis , dès l'âge de vingtdeux ans , parmi les jurisconsultes, enseigna le droit civil dans sa patrie, et ensuite dans l'université de Ferrare. De retour à Bologne, en 1470, il y fut nommé juge et spécialement chargé , quelques années après , de décider des causes auprès du pape Innocent VIII, qui était son parent. Bolognini reçut le titre de chevalier, et fut nommé conseiller du roi de France , Charles VIII, par un diplôme daté du 19 juin •494. 11 remplit le même emploi auprès du duc de Milan, Louis Sforce. Il fut juge et podestat à Florence, sénateur de Rome, et avocat consistorial, nommé par Alexandre VI, en 1499. Ce pape l'envoya en ambassade auprès du roi Louis XII. Après avoir rempli cette mission , il retournait de Rome dans sa patrie, lorsqu'il fut attaqué à Florence d'une maladie dont il mourut le 19 juillet •508. Son corps fut transporté à Bologne, et enterré dans l'église des dominicains , à laquelle il avait fait des donations considérables. Il avait surtout rebâti à ses frais la bibliothèque de ces religieux , et leur légua tous ses livres. Il fut , après Politien , un des premiers jurisconsultes qui entreprirent de corriger le texte des Pandectes ; il se servit , à cet effet , du travail de Politien luimême ; mais on prétend qu'il s'en servit mal , parce qu'il ignorait la langue grecque , et qu'il ne sut pas déchiffrer les abréviations dont le texte de Politien était rempli. 11 intitula son travail Emendationes juris civilis. Ces Emendationes , qu'il avait laissées manuscrites, furent publiées à Lyon, dans le Corpus legum, imprimé en 1516. Il donna luimême au public : Interpretaeiones nova in jus civile , Bologne, 1494 2° Interpretationes ad ormes ferme leges, Bologne, 1495 3° Epistolce decretales Gregorii IX suce integritati restitutoe, cuir notas, etc., Francfort, 1590. 4° Collectio ftorum in jus canonicum, Bologne, 1496 5° Concilia, Bologne , 1499 ; Lyon , 1556 , etc. 6° De Quatuor Singularitatibus in Gallia reperlis, mélange de prose et de vers adressé à Symphorien Champier, qui l'a inséré dans son livre de triplici Disciplina, Lyon , 1508 Ces quatre merveilles de la France , que Bolognini avait admirées pendant son ambassade auprès de Louis XII, sont : 1° la bibliothèque royale de Blois ; 2° l'heureux état du royaume ; 5° la ville de Lyon 4° celle de Blois. Ces deux dernières font chacune le sujet d'un petit poème : celui sur Lyon, Descriptio poetica Lugduni, cenlum versibus, se trouve aussi à la suite des Scorie, della città di Firenze , di Jacopo Nardi , Lyon, 1582 , in - 4'. Quelques auteurs disent qu'il avait écrit une Histoire des souverains pontifes; mais , si elle existe , elle n'a jamais été imprimée. — .Bole- gnini eut un fils nommé Barthélemy, qui fut aussi jurisconsulte , et qui cultiva les lettres. Il laissa, outre quelques ouvrages relatifs à sa profession, un abrégé des Métamorphoses d'Ovide : Epitome in P. Ovidii Nasonis libros 15 4letamorphoseon, versibus elegiacis , Bologne , 1492 réimprimé avec l'Epitome sapphica des mêmes Métamerphotes par Fr. Nigri , et les Disticha in Fabulas Metamorph. Ovid. par J. - F. Quintianus Stoa , Bâle, 1544
  • Louis BOURDALOUE( 1632) : jésuite, né à Bourges, le 20 août 1632, avait seize ans lorsqu'il entra dans la société dont il devait faire un jour un des plus beaux ornements. Il y acheva ses études, et ses maîtres , qui surent de bonne heure distinguer ses talents , lui confièrent successivement les chaires d'humanités , de rhétorique , de philosophie et de théologie morale. Ce ne fut qu'après avoir passé par ces différentes épreuves qu'il arriva au poste éminent qui lui était destiné, et qu'il fut jugé digne de monter dans la chaire évangélique. Pour se faire une juste idée des difficultés qu'il eut à vaincre et du talent qu'il y déploya, il faut se rappeler d'un côté la manière ridicule et le style ampoulé des prédicateurs de ce tempslà, et se figurer, de l'autre, le jeune Bourdaloue aux prises avec le mauvais goùt autant qu'avec les mauvaises habitudes de son siècle , combattant à la fois les passions, les vices, les faiblesses, les erreurs de l'humanité, et terrassant ses ennemis, tantôt avec les armes , c'est la meilleure et la plus recherchée ; l'autre en 1$ vol. ; c'est sur celleci qu'ont été faites les éditions de Rouen, de Toulouse et d'Amsterdam. En voici la distribution : 1. Deux Avents précités devant le roi, 1 vol. ; 2° Caréme, 3 vol. ou 4 vol. I 2 ; 5. Mystères, 2 vol. ; 4° Hies des saints, Vélures, Professions, Oraisons funèbres, 2 vol. 5° Dominicales, 3 vol. ; 6° Exhortations et instructions chrétiennes, vol. ; Retraite spirituelle, I vol. On peut y joindre les Pensées, en 2 et en 3 vol. ; ce sont . Sa vie a été écrite par madame de Pringy, Paris, 1705 L'abbé de la Porte a publié un Esprit de Bourdaloue, tiré de ses sermons ei de ses pensées, Paris, • 1702 . Les sermons du P. Bourdaloue ont été traduits en plusieurs langues, et sont dans toutes les bibliothèques de l'Europe. Les protestants n'hésient pas à le mettre à la tète de tous les prédicateurs français. « Certes, dit le Quintilien moderne, « ce n'est pas un mérite vulgaire que celui d'un re« cucul de serinons que l'on peut appeler un cours « complet de religion, tel que, bien lu et bien nié« dité, il Pitt suffire pour en donner une connais« sauce parfaite. C'est donc, pour les chrétiens de « toutes les sectes, une des meilleures lectures pos« sibles. Rien n'est plus attachant pour le fond des « choses, et la diction, sans les orner beaucoup, du « moins ne les dépare nullement. Elle est toujours na« tutelle, claire et correcte. Elle est peu animée, mais « sans vide, sans langueur, et relevée quelquefois par « des traits de force; quelquefois aussi, mais rarement, « elle approche trop du familier. Quant à la solidité « des preuves , rien n'est plus irrésistible. Il pro« met SallS cesse de démontrer ; mais c'est qu'il est « sùr Autre édition, Toulouse, 1818-19, 18 vol. autre édition re, ite et corrigée, et précédée d'un discours préliminaire sur la vie et les écrits de Bourdaloue, par Eug. Genoude, Paris, 1822 et atm. suiv.,16 vol. et 20 vol. ; antre édition, Lyon, 1825, 40 vol. ; autre édition, Besançon et Paris, 4823, t6 vol. autre édition, augmentée de notes critiques et historiques, Paris, 4825-24, 5 vol. ; édition stéréotype d'Herhan, Paris, 4824, 22 vol. Les sermons de Bourdaloue ont été compris dans la collection des Orateurs chrétiens donnée, en 1819, par le libraire Blaise. Enfin on a publié : Œuvres complètes de Bourdaloue, revues et collationnées sur l'édition de 4707, Paris, Lefèvre, 4835, 3 vol. grand 2 col., faisant aussi partie de la collection connue sous le nom de Panthéon littéraire. — Le P. Louis de Salim, jésuite, a traduit en latin les sermons de Bourdaloue, la Flèche, 1715-45, 3 vol. — « Antoine Serieys, connu par ses fréquentes super« cheries en littérature, dit M. Quérard dans la France littéraire. a « fait imprimer en 1812 un volume de sermons de Bourdaloue « qui sont apocryphes. » Cu—s et D—n—R. Le P. Bretonneau a donné les Pensées sur divers sujets de religion el de morale, Paris, 1733, 2 vol.
  • Louis BOURGUET( 1678) : né à Nîmes, le 24 avril 1678, était le fils d'un négociant riche et considéré que la révocation de l'édit de Nantes contraignit à s'expatrier avec toute sa famille, et qui alla établir une manufacture d'étoffes de soie à Zurich et dans Il a traduit du premier l'Éducation des princes destinés au trene, et du second la Botanique pour les femmes. D—R—R. Entre autres 1° Voeux et Conseils du vrai peuple français à l'assemblée nationaleLa Paix ! la paix ! la paix ! par un ami de son pays et de la paix, 1796 « L'auteur publia, la mente année, un second cri suris paix, » dit M. Quérard dans la France littéraire. 3° Quelques Notices sur les premières années de Bonaparte recueillies en anglais par un de ses condisciples, mises en français par le C. B., Paris, 1797 Bourgoing a eu part à la rédaction des Archives littéraires de l'Europe, à celle du Journal de Verdun, et à la traduction du Nouveau Traité de géographie de Busching. Enfin il a traduit librement de l'allemand la Vie du comte de Muninch, feldmaréchal au service de Russie, par Gér.Ant. de Halein. D—R—R. VI le pays des Grisons. Le fils, destiné par ses parents à suivre leur profession, fut entraîné par un penchant irrésistible dans la carrière des lettres. ll se sentit, dès le collége, un goût passionné pour l'archéologie, et il. dut à cette disposition ses succès dans l'étude du latin, du grec et de l'hébreu : ces langues étaient les clefs de la science qu'il voulait approfondir. Le même désir d'étendre et de perfectionner ses connaissances en ce genre le conduisit six fois, dans l'espace de vingt ans, en Italie. 11 recueillit dans chacun de ces voyages , dans laquelle il combat l'opinion d'un savant naturaliste sur ce sujet. 2. Lettres philosophiques sur la. formation des sels et des cristaux, et sur la génération organique des plantes et des animaux, à l'occasion de la pierre belemni te et de la pierre lenticulaire, avec un mémoire sur la théorie de la terre, Amsterdam, 1729 et 1762 L'auteur (lit que ce petit livre n'est que la préface et le résumé d'un plus grand ouvrage qu'il se proposait de publier. 11 y discute avec un grand savoir, et réfute en profond logicien et métaphysicien, les opinions et les systèmes philosophiques les plus accrédités, sur la matière, sur la formation et la génération des êtres; i! concilie avec une grande sagacité les opinions des plus célèbres philosophes modernes, et fait voit que la pression infinie de ré-, Cher de Malebranche, les mouvements conspirants de Leibnitz et l'attraction de Newton, sont le thème principe sous des noms différents. Il y énonce clairement plusieurs vérités essentielles de philosophie et d'histoire naturelle, dont on a depuis attribué la découverte à d'autres savants, qui en ont adopté les principes et généralisé l'application. 5° Traité des pétrifications, Paris, 1742 avec 60 planches contenant 441 figures : il y en a une nouvelle édition, Paris, 1778 Cet ouvrage, auquel P. Cartier a coopéré, fut dédié à Réaumur par Bourguet, qui était son ami. 4° Opuscules mathématiques, contenant de nouvelles théories pour la résolu; lion des équations de deux, trois et quatre degrés, etc., Leyde, 1794, in 8°. Ses autres ouvrages sont répandus dans le Tempe Helvetica, dans le Journal helvétique, ou Mercure suisse, dans les Mémoires de l'académie des sciences de Paris, et donnent une idée avantageuse de la sagacité, de l'esprit philosophique, de l'audition et de la variété des connais- sauces (le l'auteur: Il lut , depuis 172S jusqu'en 175 ;, le principal rédacteur de la Bibliothèque italique, 18 volumes recueil instructif et intéressant, qui a servi de modèle à plusieurs ouvrages du même genre. Enfin on sait que Bourguet avait forrué le projet d'une Histoire critique de l'origine des lettres, et recherché avec soin, pendant son séjour en Italie, en 1705, tous les manuscrits et tous les livres nécessaires à cette entreprise. Il ne parait pas qu'elle ait été terminée; du moins l'ouvrage n'a pas vu le jour, mais on en trouve le plan détaillé dans les lettres de Cuper. On lui doit la découverte de l'alphabet étrusque. Il aperçut, un des premiers, qu'il n'était autre chose qu'un trèsancien alphabet grec. Il ne fut pas aussi heureux dans l'explication Voulut donner de plusieurs inscriptions étrusques, mais il a la gloire d'avoir ouvert la voie, et l'abbé Lanzi, à qui nous devons le meilleur ouvrage sur les anciennes langues de l'Italie, convient que les travaux de Bourguet ont été fort utiles à cette branche de la littérature. L'académie de Berlin et celle de Cortone adoptèrent Bourguet, et le conseil de Neufehatel créa pour lui une chaire de philosophie et de mathématiques. Il s'était fixé dans cette ville après son mariage, et il y mourut le 51 décembre 1742, universellement estimé et regretté, selon le témoignage d'Osterwald. Sa mémoire était, diton, si précoce, qu'à trois ans, il savait tout l'historique de l'Ancien et du Nouveau Testament, et qu'il se souvint toute sa vie de la fameuse comète de 16S0 , quoiqu'il n'ait que deux ans quand elle parut.V S—L et D—P—s.
  • Louis BOUCHERAT( 1616 - 1699) : chancelier de France sous Louis XIV, naquit à Paris, le 20 août 1616, d'une famille de Champagne, connue par trois siècles de noblesse, illustrée par des charges et des alliances considérables. Il étudia le droit canonique sous le fameux Riche'', et fit sous lui une étude approfondie des libertés de l'Église gallicane. Lié avec les Séguier, les Lamoignon, les Jérôme Bignon, les Turenne ; alliant à une àmc pure un naturel heureux, des intentions droites, avec un air grave et majestueux, il s'éleva, par cinquante années de service, à la première dignité de la magistrature. Il fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, intendant de Guienne, de Languedoc, de Picardie, de Champagne, conseiller d'État, trois fois commissaire du roi aux états de Languedoc, et dix fois aux états de Bretagne. Colbert l'appela au conseil royal des finances établi en 1667, et, le 1" novembre 1685, il succéda au chancelier de France Letellier. Louis XIV lui annonça sa nomination par ces paroles mémorables : « La place de chancelier « est le prix de vos longs services; ce n'est pas une « grâce, c'est une récompense. Elle n'eût pas été « pour vous, si tout autre l'eût mieux méritée. » avait épousé Françoise de Loménie, dont il eut, tune fille, mariée à NicolasAuguste de Harlay. Letellier avait signé d'une main mourante la révocation de l'édit de Nantes ; Boucherat se trouva chargé d'en poursuivre la triste et funeste exécution. 11 voulait servir la religion ; il crut servir l'État, il se trompa ; mais c'était l'esprit du temps et l'erreur générale. L'orateur chargé de le louer après sa mort regrettait encore qu'il n'eût pas eu la gloire de dresser l'édit, et qu'il ne lui fût resté que celle d'avoir fait tomber tous les temples de l'hérésie. Au surplus, le chancelier était un homme trèsreligieux. Il avait pour armes un coq en champ d'azur : un grave magistrat de Mâcon, nommé Bauderon de Senecey, imagina de publier, en 1687, un volume intitulé : le Coq royal, ou le Blason mystérieux des armes de monseigneur Boucherai, chancelier de France : c'est un panégyrique trèssingulier des talents et des vertus du chancelier. L'auteur le compare sans cesse à un coq ; il en fait le coq de Louis XIV. Madame de Harlay, sa fille, est une poule blanche, et ses petits enfants sont de jeunes poussins. Ce livre, qui est rare, est remarquable par beaucoup d'originalité et d'érudition : Boucherat méritait un panégyriste moins ridiculement emphatique. Ses talents étaient plus solides que brillants, ses vues plus droites qu'élevées ; il avait tout pour commander l'estime, rien pour être admiré. Il fut un ministre sage, et non un grand ministre. La dernière année de sa vie fut une année de langueur, et une étude continuelle de la mort. Il avait confié au roi son projet de démission et de retraite ; mais il n'eut pas le temps de l'exécuter. Il mourut à Paris, le 2 septembre 1699, à l'àge de 85 ans. Un jésuite, le P. Chappuys, et un oratorien, le P. de la Roche, prononcèrent et firent imprimer son oraison funèbre ( Paris , 1700 , 11 semble résulter d'un passage de celle du P. de la Roche, que le chancelier avait traduit les psaumes de David en vers. On doit remarquer, comme un témoignage bien honorable de sa probité, que le chancelier Séguier, mort en 1672, l'avait choisi pour son exécuteur testamentaire, et qu'ayant été le confident de la conversion de Turenne, il fut aussi, en 1675, l'exécuteur de ses dernières volontés
  • Louis BOULLENOIS( 1680) : jurisconsulte, né à Paris, le 1 4 septembre 1680, eut pour précepteur Nicolas Magniez, auteur de l'excellent dictionnaire latin connu sous le nom de Novitius, et fit sous sa direction de fort bonnes études au collége de LouisleGrand. Trompé sur sa vocation, il entra d'abord au séminaire , t. 5, 4 809 ; 2° Mémoire sur une ancienne coutume des Français, écrit en 1779, ibid., 1810. recevoir. « En vous obligeant, ditil il son ami, je « n'ai pas prétendit vous ôter la seule satisfaction « qui vous reste. Votre bibliothèque m'appartient ; « conservezen l'usage, pour l'amour de moi. » Ce trait de générosité passa presque inaperçu. Quand une impératrice le renouvela en faveur de Diderot, la renommée n'eut pas assez de bouches pour proclamer un tel bienfait. Mais combien l'humble grandeur d'àme de Boullenois ne l'emportetelle pas sur l'ostentation de la souveraine ! Ayant eu le malheur de perdre sa femme, avec laquelle il avait vécu dans une parfaite union, il lui consacra un monument dans le choeur de l'église des Carmes, et composa une épitaphe en vers latins, dans laquelle il exprima le voeu d'erre inhumé dans le même tombeau : Jam cirais unus erit, quod fuit una taro. Ses deux fils remplirent en ce point ses dernières volontés, et firent élever aux auteurs de leurs jours un mausolée magnifique dont les ligures et les ornements furent sculptés à Home, par Poncet de Lyon. On en trouve une description dans les oires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres, t. 32, p. 271. Boullenois mourut le 23 décembre 1762. On a de lui : 1° Questions sur les démissions de biens, etc., Paris, 1727 et de 8i p. ; 2" Dissertations sur les questions qui naissent de la contrariété des lois et des coutumes, ibid., 1752 ; 3° Traité de la personnalité et de la rivalité des lois, coutumes ou statuts, ibid., 1766, 2 vol. C'est une nouvelle édition de l'ouvrage précédent, entièrement refondue et à laquelle l'auteur avait travaillé pendant trente années. Le Roi, avocat au parlement, soigna et dirigea cette publication. Le barreau l'accueillit avec la faveur que méritait l'importance du sujet, à une époque où la diversité, des lois et des coutumes rendait trèsdifficile la solution de toutes les questions qui se rattachaient à l'état des personnes et des biens régis par des statuts différents. Boullenois exprimait, dès ce temps, le voeu qu'une loi uniforme vint donner à tous la même existence civile. Les changements introduits dans notre législation ont fait perdre à l'ouvrage une partie de son intérêt ; néanmoins on peut le consulter encore avec fruit. Quoique les matières dont il traite fussent les plus embrouillées de l'ancien droit, l'auteur a su y répandre une telle clarté, qu'il n'existe peut-être pas de livre de jurisprudence ancienne, à l'exception de ceux de Pothier, où la discussion soit plus lumineuse et plus nette. Boullefois avait traduit et commenté une dissertation de Rodenburgh, de Jure quod oritur e statutorum diversitate. L'éditeur fit imprimer cette traduction et le texte latin avec le Traité de la personnalité et de la rivalité des lois, coutumes, etc., et y joignit un abrégé de la vie de l'auteur, par Boullenois de Villeneuve, son fils, qui ne croyait sans cloute pas, en l'écrivant, que ce tribut de la piété filiale subsisterait plus longtemps que le mausolée de l'église des Carmes, dont on avait d'ailleurs généralement blâmé le faste.
  • Louis BRION DE LA TOUR : ingénieur du. roi, a composé et publié un grand nombre d'ouvra- ges relatifs à la statistique, et surtout à la géographie. Sa vie , entièrement consacrée à l'étude des sciences, n'offre aucune particularité remarquable. En 1795, il obtint une pension du gouvernement, et mourut dans les premières années du 19' siècle. On a de lui : 10 Tableau périodique du monde, ou la Géographie raisonnée et critique, avec l'histoire de l'état de cette science dans tous les temps, Paris, 1765, grand avec cartes et plans. 2° Atlas général, civil et ecclésiastique, Paris, 1766 30 Errata de l'Atlas du sieur Latré, Paris, 1766 4° La France considérée sous tous les principaux points de vue qui forment le tableau géographique et politique de ce royaume , Paris, 1767 de 29 cartes. 50 Journal du inonde, ou Géographie historique, ornée de cartes analytiques et itinéraires, Paris, 1771 ouvrage publié sous le nom d'une société de gens de lettres. 6° Tablettes astronomiques , 044 Abrégé élémentaire de la sphère et des différents sys- tèmes de l'univers, Amsterdam et Paris, 1774, petit lig. 7. L'Atlas itinéraire portatif de l'Europe adapté , quant à la France , aux diligences et aux messageries royales , Paris , 1776, grand Cet atlas devait se composer de 60 cartes, mais il n'en a été publié que 56. 8° Atlas et tables élémentaires de géographie ancienne et moderne, Paris, 1787 9° Du Partage de la peau de l'ours , ou Lettre à l'auteur du Rêve politique sur le partage de l'empire ottoman, à l'auteur des Considérations sur la guerre actuelle des Turcs, brochure anonyme, Belgrade et Paris , 1788 100 Coup d'oeil général sur la France, Paris, 1789 11. Tableau dela popu- lation de la France , Paris, 1789 12. Résul- tats par approximation des nombreuses recherches de la population des généralités de la France, el des villes principales, etc., Paris, 1790 15° Voyage dans les départements de la France, enrichi de ta- bleaux géographiques et d'estampes, Paris , 1792 14° Description générale de l'Europe, de l'A- sic, de l'Afrique et de l'Amérique, précédée d'un dis- cours pour l'intelligence des sphères armillaires, Paris, 1795, grand Maclot a travaillé à cet ouvrage. 15° Description géographique de l'empire d'Allemagne, etc., Paris, 1796 avec 12 cartes. 16. Mappemonde philosophique et politique, Paris, 1800, grand 17. Atlas géographique et statis- tique de la France, divisée en 108 départements, pré- cédé d'un aperçu général de la France , Paris oblong, contenant 109 cartes enluminées. Brion de la Tour a eu part, comme dessinateur, au Voyage pittoresque dans les départemenls de la France de Lavallée , au Voyage dans la ci- devant Belgique et sur la rive gauche du Rhin de Breton de la Martinière , enfin au Voyage topographique et historique en Piémont par le mème
  • Louis BRION( 1782) : amiral de la Colombie, naquit à Curaçao, le 6 juillet 1782. Son père était un riche négociant du Brabant. Amené dans l'archipel des Antilles par les affaires de son commerce, il se fixa dans celle de, Curaçao, et y remplit les fonctions de conseiller d'État jusqu'à sa mort. Fort jeune encore, Louis fut envoyé en Hollande pour y faire ses études, puis placé chez un notaire. S'y plaisant peu, il ne tarda pas à s'enrôler dans les chasseurs à pied de hollande. La bravoure qu'il déploya lors de la descente des AngloRusses sur les côtes de la Hollande, en 1799, le lit remarquer. On lui offrit le grade d'officier. Mais, sur ces entrefaites, ses parents le rappelèrent à Curaçao : ils craignaient sans doute qu'il rie prît goût à l'état militaire. L'humeur de Louis Brion ne s'accommodait pas de l'existence sé- dentaire du marchand. Il voulut du moins unir à cette profession celle de l'homme de mer; et il sollicita de son père la permission de voyager, ce qui lui fut accordé à certaines conditions. Il alla d'abord aux ÉtatsUnis étudier la navigation. Là, bientôt, il reçut la nouvelle de la mort de son père, qui lui laissait une fortune considérable. Il acheta un vaisseau et parcourut divers pays. Ses premières spéculations furent couronnées d'un plein succès; et il revint, en 1804, à Curaçao s'établir comme négociant. L'année suivante fut signalée par l'entreprise du commo- dore Murray sur l'île hollandaise : mais Brion eut la gloire de la faire échouer. Près de 5,000 Anglais avaient débarqué dans l'est de l'île, près du fort 1 dit Caracas Bay Fort, et, maîtres d'une colline qui commandait le fort, ils y placèrent des pièces de grosse artillerie pour le détruire. Brion, qui se trouvait là par hasard, vint à franc étrier dans la capitale: il y fut joint par une centaine de jeunes gens et par quelques amis qui s'armèrent et le nommèrent leur général ; alors il marcha en toute hâte contre les Anglais, parvint au haut de la colline où ils s'étaient retranchés précipitamment, les en délogea, et s'empara de leurs canons qui , tournés aussitôt contre eux, leur firent éprouver de grandes pertes. De retour dans la capitale , Brion et ses amis furent accueillis avec de vives démonstrations de reconnaissance : on donna des fètes en leur honneur. Les intérêts commerciaux de Brion s'accommodant à merveille avec son goût pour les voyages, il visita, pendant les années suivantes, les côtes du Vénézuéla et de la Guaira; il se dirigea sur Caracas, où il lit un séjour assez long, et où il noua des relations avec un grand nombre de familles distinguées, entre autres avec celle de Montilla. Il se lia surcout d'amitié avec le fils aîné de cette famille Marino, dont plus tard il opéra la réconciliation avec Bolivar, et qui lui dut sa promotion au grade de colonel dans l'armée indépendante. Les événements de 1808, 1809 et 1810 occupèrent au plus haut degré l'attention de Brion. Dès 1810, il offrit ses services à la république de Caracas, et l'année suivante il fut nommé capi- taine de frégate, grade qu'il accepta sous la condition de n'être assujetti à aucun service régulier et de pouvoir agir à son gré sur son vaisseau, sans dépendre d'aucun chef. On a peu de détails sur ce qu'il lit à cette époque ; niais la courte durée de la première émancipation de Caracas ne lui laissa guère le temps de se rendre utile. 11 en fut de même pendant la seconde tentative d'indépendance. La campagne qui mit Caracas aux mains de Bolivar, en 1815, fut princi- paiement appuyée par les secours de la république de Carthagène, et 1814 termina sur ce point le triomphe du libérateur. Dès ce temps, Brion seconda de ses efforts et de son argent la cause des patriotes; niais c'est surtout à partir de 1816 qu'il se signala. C'est lui qui créa la nouvelle expédition dirigée contre les royalistes de Caracas. Bolivar à la Jamaïque reçut de lui des encouragements de toute nature, et surtout de l'argent qui lui était indispensable en ce moment. Il conduisit ce chef, alors fugitif, aux Cayes, où se trouvaient beaucoup d'autres réfugiés. Brion facilita les relations qui s'établirent entre eux, et aplanit les obstacles que les antécédents de l'exdictateur, et particulièrement sa coopération à l'arrestation de Mirande, mettaient à un prompt et entier rapprochement. Il contribua de même à faire reconnaître Bolivar capitaine général de Vénézuéla et de la NouvelleGrenade. Enfin ce fut grâce à lui, à sa fortune, à son crédit, à d'énormes sacrifices person- nels, que les expéditionnaires eurent une flotte ou flottille, des armes, des munitions, en un mot tout ce qui était nécessaire pour une entreprise de ce !nre. Brion s'était montré le grand bailleur de 1 mis des indépendants; et jusqu'alors ce fut l' ience décisive que lui donnait ce rôle qui valut à olivar celui de chef de l'expédition. Ce dernier, à ,tte époque, était, aux yeux de Brion, enthousiaste ! la cause de la liberté, un prodige de génie, de f cens patriotiques, de désintéressement, de confiance. Il fut bientôt obligé. de rabattre un peu de ctte opinion. Le premier but de l'expédition était C débloquer l'ile Marguerite , où Arismendi avait clevé l'étendard de l'indépendance et soutenu avec uccès la guerre contre l'élite des troupes de Morillo. .e Combat naval du 2 mai combla les voeux du parlote, et prouva que Brion savait commander et se mure : l'escadre espagnole fut complétement disJersée. La levée du sié:.„re mis un an auparavant levant le fort de Pampatar fut le résultat de cette ' victoire, où Bolivar ne lit pas preuve de courage personnel. L'expédition aborda ensuite à Carupano : Brion retourna dans les îles du vent et sous le vent, pour intercepter les communications entre les royalistes de la colonie et la métropole, et surtout pour arrèter les secours de toute espèce qui leur seraient expédiés, soit de l'Europe, soit des lies américaines soumises encore à la métropole. 11 était dans les pa- tan'es de BuenosAyres lorsqu'il rencontra Bolivar,que la Diane emmenait loin des côtes de Vénézuéla : lit apprit de sa bouche la déroute d'Ocumare, et sut en mème temps que l'armée expéditionnaire restait I pourtant dans le pays. il lui démontra que tout n'était pas perdu et qu'il fallait retourner à la tète de son armée. Bolivar suivit ses conseils ; niais on Isait que Piar et Marino refusèrent de laisser le com-'mandement à Bolivar, qui alors revint aux Cayes. 'Brion ne se découragea point : convaincu, quoique , Ba% ar ne fût plus son héros, que sa coopération était nécessaire aux succés des indépendants, et que de ',tous leurs chefs lui seul avait le moins de ces défauts qui ruinent les grandes entreprises, il n'omit rien pour apaiser ces susceptibilités ombrageuses. Au bout de deux mois, les uns furent ramenés par l'intérêt, les autres par l'argent, quelquesuns par l'espoir de commander dans un État séparé, plusieurs par la promesse d'un congrès. Marino, qui n'oubliait pas qu'un instant il avait été dictateur des provinces orientales de Vénézuéla, Piar, qui s'était emporté en outrages et en invectives, jusqu'au point de dire à Bolivar qu'il le méprisait parce qu'il ne payait pas de sa personne, consentirent à son rappel des Cayes, et le reconnurent de nouveau comme capitaine général de Caracas et de Vénézuéla, mais à la condition expresse que sa puissance serait toute militaire et qu'il assemblerait un congrès. Alors Brion alla chercher Bolivar, et il ramena aux insurgents une cargaison d'équipements, de munitions et d'armes dont les insurgés éprouvaient le plus pressant besoin. Bolivar, en débarquant à Barcelone, établit une espèce de con{,rrès. Dans ce fait, il faut reconnaître le résnItat des conseils et presque des exigences de Brion qui, s'étant porté garant de la conduite de Bolivar relativement à une assemblée nationale, n'a- yak dû rien négliger pour décider le général à rem- plir sa promesse. Personne mieux que lui d'ailleurs n'avait été à nième de savoir combien les chefs patriotes répugnaient à toute espèce de frein, d'obéissance, et avec quelle avidité ils saisiraient l'occasion de déclarer que la condition sine qua non du contrat avait été enfreinte par le principal contractant. On comprend aussi, sans rien diminuer de la noblesse du sacrifice que faisait Brion en consacrant sa fortune à la cause des Américains, que même il devait, dans l'intérét de son commerce, en souhaiter vivement le triomphe. Au reste, il parait qu'en répétant à Bolivar qu'il fallait au plus vite constituer cette représentation nationale, dépositaire de la souveraineté, il obéissait à une profonde conviction, et non à une nécessité politique. Brion était honnête homme avant tout; et son amour pour la liberté, s'il n'était accompagné de hautes lumières, était du moins s Tout le temps que dura la guerre contre les Espagnols, il se montra on ne peut plus utile, et lit de l'île Marguerite l'entrepôt et l'arsenal des indépendants. Guidée par lui, la flottille américaine la terreur à l'escadre espagnole, qui presque toujours évitait sa rencontre. Les prises mêmes que cette flottille lit sur l'escadre, et sur d'autres vaisseaux espagnols, contribuèrent puissamment à entretenir les ressourees. des indépendants, dont elles formaient alors le meilleur et le plus assuré revenu. Brion eut partà la conquête de la Guiane par Piar , conquète qui décida les opérations contre le Vénézuéla. Secondé par le capitaine français Debouville, il vint mouiller à l'embouchure de l'Orénoque, força le passage sous le feu terrible de l'escadre espagnole, lui détruisit trente bâtiments, en prit huit, et nettoya ainsi le fleuve, qui dès lors appartint aux indépen- dants. A cette nouvelle, le gouverneur d'Angostura, FitzGérald, quitta le fort Où il soutenait un siége depuis plusieurs mois ; et la Guiane tout entière suivit bientôt le sort de sa capitale. En 1820, tandis que Bolivar se laissait endormir par la diplomatie espagnole, Brion, qui venait de réconcilier le chef suprème et Montilla, conçut avec ce dernier la pensée de s'emparer de SteMarthe et de Carthagène. L'escadre, composée de treize vaisseaux, partit de Pampatar au mois de mars, montée par 1,200 soldats, la plupart Européens, munie de 5,000 mousquets, et de vivres pour six mois. Les premiers Pa s de NIontilla sur le continent furent marqués par des succès ; mais la mutinerie des troupes irlandaises d'Urdaneta, qui devait faire sa jonction avec lui, força bientôt le colonel vénézuélien à surseoir à son entreprise. Il la reprit au mois de juin : le 10 de CE mois, Brion était à l'ancre près de SteMarthe, il s'établissait dans la petite ville de Savanilla, répandait des proclamations, et se tenait à portée de seconder les opérations de ft1ontilla. Leur activité aurait été plus tôt couronnée de succès, s'ils eussent eu de l'artillerie de siége et les autres matériaux nécessaires à l'attaque des places fortes. Heureusement la haine du régime colonial et les discordes qui divisaient les Espagnols, amis les uns de l'absolutisme pur, les autres- de la constitution des cortes, diminuaient leurs forces : Brion en profita habilement. Enfin l'affaire de Fundacon, dans laquelle Montilla battit le brigadier Sanchez de Lima , ayant été suivie de la fuite du gouverneur Porras, qui crut ne pouvoir défendre SteMarthe, Brion et Montilla y entrèrent six jours après. Carthagène ne pouvait tarder à tomber entre leurs mains, lorsque l'armistice de novembre 1820 suspendit les hostilités. Ici se termine à peu près la carrière politique de Brion. Nous en avons retracé les faits capitaux. Le seul que nous avons omis est sa participation à la mort du général Aar. Que ce conquérant de la Guiane fût coupable ou non, la cause réelle de l'animosité de Brion contre lui fut l'antipathie de ce mulâtre pour Bolivar, et le refus qu'il lit de le laisser commander après sa fuite d'Ocumare. C'est en 1817 que Bolivar ordonna l'arrestation de Piar. Mais il hésitait à prendre contre ce rival de gloire un parti rigoureux : Brion le décida. On demandait qui présiderait la cour martiale destinée à le juger : « Si j'étais nommé président, , je n'accepterais que sous la condition « que la cour martiale condamnerait Piar à la peine « capitale. » 11 répéta ce propos sanguinaire le soir même, et plusieurs fois depuis il montra le même emportement. On conçoit qu'après de tels préliminaires les amis de Piar aient accusé le président d'avoir dirigé les débats dans un sens hostile, et qu'ils aient dit que l'exécution de ce général fut un assassinat. La part que Brion eut à cet événement est la seule tache que présente sa vie, et il l'a cruellement expiée. Lors de l'expédition de 1816, il avait été nommé amiral de la flotte vénézuélienne. En 1819, Arismendi , pendant l'absence de Bolivar, s'étant rendu maitre du gouvernement, et ayant renversé le président Léa, fit décréter que l'amiral Brion ne méritait plus la confiance de la république ; et son beaufrère, le commodore Foley, devint amiral à sa place. Il est vrai que bientôt Bolivar réintégra Brion, et même changea son titre en celui de com- mandant en chef des forces navales de la Colombie. Mais Bolivar luimême ne tarda pas à laisser percer de l'ingratitude. Déjà plus d'une fois il avait éludé , d'une manière presque railleuse, les récla- mations que Brion adressait au gouvernement véné- zuélien, à l'effet d'étre remboursé des avances considérables qu'indépendamment de ses dons, il avait faites pour la république. Ses avis fréquemment réitérés sur la convenance, sur la :nécessité d'une véritable assemblée nationale, son désir d'un gou- vernement représentatif qui ne fût point un leurre, son horreur pour la dictature, avaient refroidi à son :gard l'exdictateur Bolivar, qui ne lui pardonnait pas ses idées de modération et d'économie. Brion , pendant son séjour à Sanavilla, avait réduit les droits de la douane de 55 à 25 pour 100. Cette diminution , approuvée de tous les hommes éclairés attirait dans ces parages un grand nombre de vaisseaux étrangers, versait beaucoup d'argent dans la caisse de la douane , et activait singulièrement le commerce. Bolivar, en recevant avis de cette mesure, entra dans une violente colère, refusa d'en- tendre aucune explication, et fit publier au son des tambours qu'à partir de ce jourlà les tarifs seraient remis sur l'ancien pied. Brion, d'humeur altière ne pouvait endurer patiemment de tels procédés' Ces dégoûts, et le chagrin de voir Bolivar s'éloigne de plus en plus des idées républicaines, affaiblire sa constitution. Il devint malade au point dl obligé de quitter son escadre , et il se retira dan son île natale, au commencement de 1821, accabl de souffrances physiques et de peines d'esprit, d goûté de la vie, et si pauvre qu'il emprunta 1 doublons au capitaine de corsaire qui le transporta au lieu de sa destination. En vain les médecins lui prescrivirent un régime : désespérant de la liberté/IO quoique en apparence sa cause prospérât tous les jours, il lit usage de tout ce que prohibaient les ordonnances des docteurs, et mourut le 20 septembre 1821, dans sa 40' année. Comme les républicains de l'antiquité , ce négociant, si riche jadis, ne laissa pas même de quoi se faire enterrer: rendit plu- sieurs décrets pour honorer sa mémoire
  • Louis BROOMAN( 1527 - 1597) : naquit à Bruxelles , erl 1527, d'une de ces familles appelées autrefois patriciennes et qui formaient sept tribus ou lignages, auxquelles il fallait appartenir de près ou de loin, par les hommes ou les femmes, pour parvenir aux magistratures municipales. Quoique aveugle dès sa naissance, il ne laissa pas de parvenir aux grades de maitre èsarts et de licencié en droit, et ; Anvers, Henri Aertssens, 1662 de 198 p. J.F. W lems, qui appelle cet auteur Broomans , donne un extrait de l'héroïde de Phyllis à Démophoon, traduite également par Bilderdyk Sprokkelingen, Rotterdam, 1821 ), et recourt à Paquot pour la notice qu'on lit clans son curieux ouvrage sur la langue et la littérature des PaysBas, principalement en Belgique : Verhaudeling over de Nederduylsche Tael- en- Letterkunde, opzigletyk de Zugdelyke proventien der Nederlanden, Anvers, 1819-•824, 2 vol. • t 1, p
  • Louis BRASCHI-ONESTI( 1748) : duc, né à Césène en 1748, était fils d'une soeur de Pie VI, laquelle avait épousé le marquis Onesti, à qui ce pontife permit de prendre le nom de Braschi. Le jeune Braschi fut créé duc et marié à une trèsjolie personne de la famille Falconieri, et ses noces furent célébrées à Borne avec une pompe souveraine. Il fit bâtir un beau palais sur la place Navone. Doué d'une figure noble et d'un caractère affable, il faisait avec grâce et dignité les honneurs du palais pontifical. Il fut souvent adonné aux affaires du gouvernement, et les conseils.qu'il donnait étaient toujours dictés par la franchise et la droiture. En 1797, le 19 février, il fut un des signataires pour le pape du traité de Tolentino. Lors des événements de la révolution romaine, après la mort de Duphot, le peuple voulut incendier le palais du duc Braschi, mais la force armée s'y opposa. Néanmoins ses biens, ses terres, ses musées furent saisis et déclarés propriétés françaises par suite d'une confiscation qui n'avait ni motif, ni excuse. Il faut ajouter toutefois qu'il en conserva une Partie par la condescendance des commissaires français, qui trompèrent la tyrannie directoriale en faisant qualifier ces biens de propriété dotale de la duchesse Braschi. Après la mort de son oncle et l'élection de Pie VII, le duc Braschi revint à Borne, et le nouveau pontife lui rendit son emploi de pie- ntier commandant des gardes nobles. En1802, Bona- parte, premier consul, lui lit restituer une partie de ce qu'on lui avait enlevé. Lors de la réunion de l'État romain au vaste empire de Napoléon, le duc Braschi accepta la place de maire de cette capitale, et vint en cette qualité complimenter l'empereur à Paris. Alors il montra un grand dévoilement à la cause de Napoléon. Quand Pie VII, par une triste similitude avec son prédécesseur, eut été emmené captif en France, Braschi se rendit à Paris pour y défendre les intérêts de la ville de Rome. Son voyage fut utile à ses concitoyens. Les autorités françaises du gouvernement de Rome n'ont cessé de rendre jus- lice à sa probité, à son amour pour son pays, et d'ap- peler sur lui la bienveillance de Napoléon, en sollicitant son admission au sénat ; mais leurs efforts ne furent pas heureux. Après la réintégration de Pie VII sur le trône pontifical, Braschi vécut dans la retraite et mourut d'un accès de goutte en février 1818. — Romuald BRASCHIONE5T1, frère du précé- dent, né à Césène, le 10 juillet 1753, fut appelé au cardinalat le 18 décembre 1786 par son oncle Pie VI. Après avoir parcouru la judicature cléricale dans tous ses degrés, il devint archiprêtre de la basilique de StPierre, grandprieur, à Home, de l'ordre de Malte, secrétaire des brefs de Sa Sainteté, préfet de la Propagande, et protecteur d'une foule d'institutions pieuses, de communautés religieuses, de cités et d'établissements publics. En 1800, il fut chef de la faction des créatures de son oncle, et un de ceux qui contribuèrent en définitive à l'élection de Pic VII. Lors de la captivité de ce pontife, le cardinal Braschi fut persécuté comme les autres cardinaux, et il retourna à Rome avec Sa Sainteté. A cette époque il eut le bonheur de retrouver un trésor qu'il avait caché avant de partir. En 1815, lors de l' .de Murat, le cardinal Braschi suivit le pape Gènes et revint à la suite de Sa Sainteté après les cent jours. La santé du cardinal était déjà trèsmauvaise, et il ne survécut pas longtemps à ces nouvelles vicissitudes. Il est mort en 1820. Il s'était chargé de l'éducation du jeune Braschi son neveu, et continuait ainsi, après la mort du duc son frère aîné, cette tàche de tendre affection qu'il lui avait toujours manifestée pendant sa vie, et surtout dans les dernières années, où, malgré la différence de leurs positions politiques, il n'avait cessé de mettre à sa disposition toutes les ressources qui lui étaient restées de sa position passée
  • Louis BRAULT( 1782) : poêle lyrique et dramatique, d'une autre famille que le précédent, était né dans la Brie en 1782. Après avoir fait (l'excellentes études dans les lycées de Paris, il obtint un emploi dans les bureaux de l'administration des postes, et sut concilier les devoirs de cette place avec son goût pour la littérature. Un Recueil d'élégies, de can- tates, de romances, qu'il lit paraître en 1812, lui mérita les encouragements de la critique et des amis puissants. Nommé souspréfet à Forcalquier en 1819, il passa quelque temps après, avec le méme titre, dans l'arrondissement de la Châtre. Au renouvellement de la chambre, en 1825, le ministre de l'intérieur, M. de Corbière, ayant écrit une circulaire aux préfets et souspréfets, pour les inviter à diriger les élections dans le sens du gouvernement, Brault crut devoir donner sa démission, et revint à Paris, où il prit part à la rédaction du Constitution- nel, alors une des feuilles libérales les plus répandues. Quelque temps après, il rit recevoir au ThéiitreFrançais une tragédie dont le sujet était l'assassinat de Monaldeschi ; mais, déjà malade d'une affection de poitrine, il mourut avant que sa pièce pût ètre mise à l'étude, le 4 niai 1829, chargeant son ami M. Casimir Bonjour de veiller à la représentation de son drame. M. Alexandre Dumas, dont une tragédie sur le même sujet avait été reçue avant celle de Brault, lui ayant cédé son tour, Chris- lino de Suède fut représentée le 25 juin, avec un succès que l'on doit attribuer en partie à l'intérêt que jetait sur son ouvrage la mort prématurée de l'auteur. Indépendamment du recueil déjà cité, on a de Brault : 10 Ode sur le désastre de la frégate la Méduse, Paris, 1818 de 16 p.; 2° Poésies po-. litiques et morales, ibid., 1826 5. Ibrahim- Pacha à la contre- opposition, satire, ibid., 1827 de 106 p. C'est une ironie de 1,400 vers. On ne peut lui refuser du talent ; mais les sujets qu'il a traités l'ont forcé d'employer des expressions qui donnent à ses vers quelque chose de bizarre et d'antipoétique. W—s
  • Louis BRÉMOND D'ARS : né en Saintonge, d'une famille trèsancienne, puisqu'elle compte un troubadour parmi ses membres, prit de bonne heure le parti des armes et s'attacha d'abord à Louis det Luxembourg, comte de Ligny, cousin germain de Charles VIII, et devint plus tard le lieutenant de ce général. Ce fut dans les campagnes d'Italie de la fin du 15° siècle, et notamment à la journée de Fornoue, que le jeune Saintongeois fit connaître ce qu'on pouvait attendre de lui. Il eut pour élève Pierre du Terrail, le brave chevalier Bayart, dont le nom est connu de tous, tandis que celui de son maitre, tout aussi grand comme homme de guerre, est loin d'avoir la même célébrité. Quoi qu'il en soit, notons ici que sous Charles VIII, dans un temps de cessation d'hostilités, Louis d'Ars fut l'un des juges d'un tournoi donné à Aire et où figura Bayart presqu'au début de sa carrière. Mais ce fut surtout sous le règne de Louis XII que notre héros joua un rôle brillant. En 1499, il se distingua à la prise d'Alexandrie. Chargé ensuite de marcher sur Milan qui venait de se révolter contre la domination française, il traversa sans coup férir toute la Lombardie, renversant tout ce qui se présenta devant lui, et arriva au secours du chàteau de Milan, qui tenait toujours, bien qu'il ne fut défendu que par quarante hommes d'armes et trente archers. A Novare, d'Ars eut à résister de sa personne à Ludovic Sforce, et, dans cette rencontre, il se couvrit e gloire. Après avoir concouru à la conquête de eaples, le guerrier saintongeois prit la Pouille pour le théâtre de ses exploits. Dès 1502, il se distingua au siège de Canosa , prit Biseilles , et , après une charge de plus de six heures sur un corps de troupes qu'il mit en fuite , emporta d'assaut le château de cette ville, où il passa tout au lil de l'épée. Après avoir laissé là une bonne garnison, il porta ses pas ailleurs, car, dit Jean d'Autl?on, («l'Ars n'avait une heure de repos, mais « sans cesse gagnoit pays sur les ennemis, et à toute « rencontre les détroussoit. » A la funeste bataille de Cérignole, gagnée le 28 avril 13U3, par Gonzalve de Cordoue, il fut blessé et eut son cheval tué sous lui, en combattant au premier rang. Promptement rétabli de ses blessures et après l'affaire de Garigliam, Louis d'Ars fut victorieux dans un combat et releva les affaires de son parti. En effet, il se posa de nouveau connue maitre dans la province de Pouille, en prenant Andria et plusieurs autres villes. Vers ce temps, le comte de Ligny, qui s'était retiré de l'autre côté des monts, mourut à Lyon et laissa k capitaine d'Ans commandant nominal, comme il l'était de fait depuis longtemps, du corps de troupes qu'il était parvenu à réunir. Ce corps demeurait isolé, presque toutes les autres forces de la France ayant franchi les Alpes, et la position de Louis d'.1•s en devenait plus difficile. Néanmoins il se proposa de maintenir Louis XI I dans la possession de la ouille, et établit son quartier général à Venouse, d'où il sortait pour donner des secours aux villes et châteaux occupés par les siens, ou pour s'emparer ,, des points demeurés encore sous une domination ennemie. Enfin Brémont d'Ars fut assiégé par 14,000 hommes et résista. On lui notifia une trêve conclue entre les Français et les Espagnols ; à son expiration, l'attaque recommença, et ces derniers furent obligés de lever un siège qui menaçait de se prolonger encore. « Sans secours, avec peu de gens et cc sans argent, dit le chroniqueur déjà cité, Louis « d'Ars lit ce que grosse armée ne put pas, et demeura e le premier et le dernier en Pouille. » 11 n'y avait plus rien à faire dans cette province, et, en y demeurant, évidemment il aurait fallu succomber. Aussi d'Ars se détermina à quitter Venouse, s'embarqua avec ses compagnies, prit terre à Trani, ville appartenant aux Vénitiens, et vint débarquer dans la Marche d'Ancône. Le premier soin du guerrier français fut d'aller remercier Dieu à NotreDamedeLorette des dangers sans nombre auxquels il avait échappé. Puis il se rendit à Rome où le pape l'accueillit avec une grande distinction avec environ quatre cents des siens. D'Ars se dirigea ensuite sur Bologne, Parme et Plaisance, entendant partout les félicitations qu'on lui adressait sur son passage, en criant : France, Louis d'Ars ! Ce brave, arrivé à Pavie, y tomba malade et fut obligé de demeurer vingt jours dans cette ville. Ayant repris sa marche, 1,200 ennemis voulurent lui barrer le chemin à Felizzano ; mais criant aux siens qu'après avoir surmonté tant de dangers, ils ne devaient pas être arrétés par si peu : l'obstacle fut bientôt levé, et les opposants taillés en pièces. Arrivé cn Savoie, d'Ars reçut le meilleur accueil du duc Philibert, qui lit aussi fète à ses gens, et, parvenu enfin jusqu'à Louis X11, ce roi remercia le héros de la Pouille de services si ihultipliés et si marquants, et le garda, lui et ses officiers et soldats, sous ses ordonnances, comme on disait alors, c'est-àdire pour sa garde. D'A•s retourna encore en Italie avec Stuart d'Aubigny, en 1510, et il eut alors pour lieutenant le brave Bayart, à qui il iii,nt?a , dans une circonstance, une place à garder. Il se trouva aussi en 1511, avec ses compagnies, à la bataille de Ravenne. Si on n'a indiqué ici qu'une faible partie des engagements où le capitaine d'Ars se rencontra et même de ses brillants faits d'armes, on en a dit assez pour faire connaltre qu'il se couvrit réellement de gloire, dans les guerres d'Italie des 15° et 16 siècles
  • Louis BRUYÈRE( 1758 - 1831) : ingénieur, né le 19 mars1758 à Lyon, reçut dans cette ville une éducation solide, s'occupa de bonne heure d'architecture, et fut admis, en 1783, à l'école des ponts et chaussées dirigée pat le célèbre Péronnet. Employé plus tard au Mans, il y exécuta, pour l'embellissement de la ville, quelques travaux remarquables. Appelé, en 1799, comnie professeur à l'école des ponts et chaussées, il y créa de nouvelles méthodes d'enseignement et forma des élèves qmi ont acquis une grande célébrité. Il ajouta bientôt à ces fonctions celles d'ingénieur en chef; avec le Discours à l'Académie, la méme notice et les lames notes, édition conforme ii. la dernière publiée par la Bruyère, et augmentée d'une table analytique, ibid., Lefèvre, 1843, 1 vol. - Sous le titre de Choix de Moralistes français, on a réuni les Carac- tères de la Bruyère, la Sagesse de P. Charron, les Peinées de ut. Pascal, les Maximes de la Rochefoucauld. et les OEurres de Vauvenargues, dans 1 vol grand à 2 col., qui fait partie du Pan- théon littéraire. CHS. Les œuvres complètes de la Bruyère ont été publiées : Parle, 1822, 2 vol. : ; 2° avec celles de la Rochefoucauld et de Vauvenargues, ibid., 1818 ou 1820, 1 vol. iii-85; et ibid., 1825, 1 fort vol. avec 5 port. Cits Cette Défense, publiée en 1702, a été réimprimée en tète des éditions de ta Bruyère données par Coste, Amsterdan:, 1720, 3 vol et Paris, 1740, 2 vol. CHS. en 1804, de secrétaire adjoint, et, en 1805, de secrétaire du conseil général des ponts et chaussées. En 1808, il fut nommé inspecteur divisionnaire ad- joint ; en 1809, membre de la Légion d'honneur, et en 1810, maitre des requêtes. Chargé en cette qualité de la direction et de la surveillance des travaux publics de Paris, de la machine de Marly, de l'église de StDenis, etc., et de l'examen de tous les projets de construction, il cessa de faire partie de l'administration des ponts et chaussées. Ce fut lui qui rédigea les premiers plans du canal de StMaur, et la plupart des projets de routes et de canaux qui s'exécutèrent sous le règne de Napoléon. Déployant à la fois le génie d'un grand administrateur et celui d'un habile artiste , Bruyère lit exécuter ou com- mencer les cinq abattoirs, les marchés du Temple, StHonoré, de la Volaille, de StGerma et des Prouvaires, et surtout l'entrepôt général des vins, si remarquables par le caractère de grandeur et d'utilité qui les distingue de toutes les mesquines constructions du même genre qui les avaient précédés. 11 fut privé de cette place en 1814 ; mais, en 1846, il fut nommé inspecteur général des ponts et chaussées, membre du conseil et officier de la Lé- gion d'honneur. 11 conserva jusqu'en 1820 la direction des travaux de Paris. A cette époque, l'état de sa santé, gravement altérée par la goutte, l'obligea de donner sa démission. M. le ministre de Pinté- rieur Lainé refusa longtemps de l'accepter. En quit- tant la direction des travaux de Paris, le conseil municipal, sur la pfoposition de M. de Chabrol, préfet, lui accorda une pension viagère de 5,000 fr. M. Becquey, directeur général des ponts et chaussées, voulut toujours, malgré l'état de la santé de aruyère, le conserver en activité de service; et celuici continua de prendre part à l'examen des questions importantes et aux travaux des commissaires. Mis à la retraite par ordonnance du 15 octobre 1850, il mourut à Paris, le 51 décembre1851. On a de lui Éludes relatives à l'art des constructions, Paris, 1822 et années suiv. ouvrage publié en 12 livraisons, qui traitent chacune des différents travaux de l'architecte et de l'ingénieur. M. Navier a publié, dans les Annales des ponts el chaussées, une notice sur Bruyère qui a été imprimée séparément, Paris, 1855, broch. de 24 pages. M. Ad. Jullien en a également donné une dans le t. 52 de la Revue encyclopédique. A— T et M —D j.
  • Louis BUGLIO( 1606) : jésuite sicilien, missionnaire à la Chine, né à Palerme, le26 janvier 1606, entrait dans sa septième année, lorsqu'il fut reçu, avec dispense d'àge, chevalier de l'ordre de Malte ; mais sa piété naissante ne lui inspirant que du dégoût pour le monde, il entra chez les jésuites, en 1625, àgé,de dixsept ans. Après avoir achevé son noviciat, il fut envoyé au collége Romain, où il perfectionna ses études par l'exercice de l'enseignement jusqu'en 1654. Son goût l'appelait aux travaux de l'apostolat, et il obtint du Père général d'ètre destiné aux missions de l'Orient. Il se rendit à Lisbonne, où il s'embarqua pour les Indes, et arriva, en 1656, à Goa. De là, sa course devait se diriger vers le Japon; mais, ayant appris que la religion chrétienne venait encore d'être proscrite dans ces lies, et que tous les ports étaient rigoureusement fermés à ceux qui la prèchaient, il tourna ses vues vers les missions de la Chine, et prit la route de Macao, où il arriva en 1637. La Chine était alors livrée à l'anarchie et à tous‘ les désordres qu'entraîne un changement de dynastie. tes Tartares avaient commencé la conquête de cet empire. Des aventuriers chinois, à la tète de corps d'armée, s'é- laient emparés de quelques provinces qu'ils dévastaient. Les PP. Buglio et Magalhaens, en pénétrant à la Chine, tombèrent dans un de ces partis, dont le chef, appelé Tchang- hien- tchony, est devenu fa- meux dans l'histoire chinoise par les !lots de sang qu'il a fait couler. Les deux missionnaires ftirent condamnés à mort. Cependant un hasard, aussi heureux qu'inattendu, les fit échapper à ce premier danger. « Mais ils tombèrent bientôt dans un au-« tre, dit le P. Dorléans, qui a consigné ce fait dans son Histoire des deux Conquérants tartares; « car, ayant pris la résolution d'aller se présenter « au générai des Tartares, comme ils approchaient « de son camp, quelques troupes avancées, qui n'en-« tendaient pas leur langue, les ayant pris pour des « espions, les percèrent de flèches, et les laissèrent « tous deux pour morts. Le P. Buglio avait dans le « corps le fer d'un javelot, que ni lui ni son com-« pagnon ne pouvaient arracher, lorsque le P. de « Magalhaens trouva une sorte d'outil, dont il se « servit avec succès. Pendant que les deux religieux « étaient ainsi occupés à se soulager l'un l'autre, « leurs plaies étant déjà bandées, ils irent venir à « eux un autre escadron de Tartares. Le traitement « venaient de recevoir leur lit mal augurer de « celui qu on allait leur faire ; mais ils furent agréa-« blement surpris, quand le chef de la troupe, ayant « appris leur accident, et ayant bien deviné qui ils « étaient, les aborda civilement, leur témoigna le « déplaisir qu'il avait de leur aventure, et les fit « porter dans son camp. Il pourvut à tous leurs be-« soins et les vit tous les jours panser , jusqu'à ce « qu'étant enfin guéris, il les mena avec lui à Pé-« kin, où ils trouvèrent le P. Adam Schah, déjà « très en fineur auprès du jeune empereur Chun-« tehi. » Le P. Buglio ne tarda pas à se livrer à toute l'ardeur de son zèle pour la conversion des Chinois, et il y travailla pendant quarantecinq ans. La chrétienté de la province de Sétchuen fut longtemps celle à laquelle il donna tous ses soins. Après la mort de l'empereur Chuntchi, et pendant la minorité de son fils , tous les missionnaires, par ordre des quatre régents de l'empire, furent arretés, chargés de chaînes et exilés à Canton , à l'exception de trois, que leurs talents firent conserver à Pékin. Le P. Buglio fut de ce »ombre. Il eut part, avec les PP.Verbiest et Magalhaens, à la réformation du calendrier chinois, et ne contribua pas moins que ses collègues au rappel des missionnaires exilés, qui furent rétablis dans leurs églises, lorsque Khanghi, devenu majeur, eut pris les rênes du gouvernement. Le P. Buglio mourut à Pékin, le 7 octobre 1682, âgé de 77 ans. il parlait et écrivait le chinois avec une étonnante facilité, et il a publié en cette langue, pour le service des Missions, un trèsgrand nombre de petits ouvrages , indépendamment de quelques autres plus considérables, tels que les traductions chinoises du Missel et du Rituel romain, imprimées à Pékin, dans la résidence des missionnaires, un Abrégé de la Somme théologique de St, Thomas, un Recueil de décisions de cas de conscience, une Apologie de la religion chrétienne, etc. On croit qu'il a aussi laissé en manuscrit une version chinoise du Bréviaire ro- main. On trouve un éloge de Bugtio, par le P. Alberti, dans l'Histoire des Jésuites de Sicile
  • Louis BULTEAU( 1625) : né en 1623, à Boue'', d'une ancienne famille distinguée dans la magistratu•e, posséda, pendant quatorze ans, une charge de secrétaire du roi, dont il se délit en 1661, pour vivre entièrement séparé du inonde. Il se retira d'abord à l'a hka ye de J timides, et de là à S tG ermai adesPrés , où il se réduisit à la simple qu'alité de ce qu'on appelait commis clerc, et s'engagea par contrat civil, du e' mai 1672, à consacrer toute sa vie au service la religion, sous la condition de jouir de tous les privilèges des religieux, sans quitter l'habit ecclésiastique séculier, quoiqu'il ne fùt pas dans les ordres sacrés. C'est dans cet état qu'il mourut subitement d'une attaque- d'apoplexie, le 6 avril 1695. Bulteau s'était particulièrement appliqué à l'étude de l'histoire monastique. Il publia, en 1678 celle de l'Orient, sous le titre modeste d'Essai; il n'y date l'origine du monachisme que de St. Antoine, et prouve, que les anciens moines avaient des prêtres parmi eux, et des églises où ils se rassemblaient pour leurs prières communes : cette histoire est estimée il ne la conduit que jusqu'au e siècle. Il donna, en 1084-1691, l'Abrégé de l'histoire de Si. Benoit el des ? naines d'Occident, 2 vol. d'après les actes, chroniques et chartes. La mort le surprit comme il mettait la dernière main à l'Histoire du 10 siècle, du même ordre, qui est resté manuscrite, et qu'il estimait plus que tous ses autres ouvrages. Il avait traduit du latin 'de D. Quatrériiàire; eh 1668, là Dé- fense des droits de l'abbaye de SI- Germa des- Prés et, en 1689, les Dialogues de St. Grégoire le Grand avec une riraticlue intérèssante et de savantes notes. Les autres ouvrages de Bulteau sont des traductions de l'Introduction à la sagesse de JeatiLouis Vivès, 1670 ; et du Cura clericalis, 1670; la Défense des sentiments de _ brelan« sur l'usure, contre le ministre Gallirus, Paris, 1671, iii-12; le Faux Dépôt, pour réfuter ritielques erreurs populaires, touchant l'usure, Mons, 1674 ; réimprimé à Paris' en 1720, sous le titre de Traité deCharles BuLtEAu, son frère, mort doyen des secrétaires du roi en 1710, à 80 ans, est auteur d'un Traité de la préséànce des rois de France sur la rois d'Espagne, Paris, 1674 Dulteau a réuni dans cç livre toutes les prettves rapportées par Théodore Godefroi dans son Traité de la préséance, et il y a joint celles &Mt cet auteur n'avait point parlé, airisi qu'àfie réfiztatiOn de ce une Chiftlet avait avancé pour appuyer !les érétentions des rois d'Espagne. , Paris, Gabr. Martin, 1711, 2 Vol. 11 a domid àussi les Annales Trancici eX Gregorio l'uronensi, insérées dans l'édition des duvres de cet historien, Paris, 1699 Ces ainiales s'atendent depuis 458.itisqu'à l'an 591. On tredve à la suite les Aniidles laikici, tires par Bulteau de la chronique de Frédégaire . Ces annales sont connues sous le non' d'Anndles Bullet- lani.
  • Louis CAMOËNS( 1517) : le plus célèbre des poëtes portugais, naquit à Lisbonne en 1517. Son père était d'une famille noble, et sa mère de l'illustre maison de S. Il fit ses études à Coimbre. Les hommes qui dirigeaient l'éducation dans cette ville n'estimaient en littérature que l'imitation des anciens. Le génie de Camoëns était inspiré par l'histoire de son pays et les moeurs de son siècle; ses poésies lyriques surtout appartiennent, comme les oeuvres du Dante, de Pétrarque, de l'Arioste et du Tasse, à la littérature renouvelée par le christia- nisme et à l'esprit chevaleresque, plutôt qu'a la littérature purement classique : c'est pourquoi les partisans de cette dernière, trèsnombreux du temps de Camoëns, n'applaudirent point à ses premiers pas tlans la carrière. Après avoir fini ses étu- des, il revint à Lisbonne ; Catherine d'Attayde, dame du palais, lui inspira l'amour le_plus vif. Les passions ardentes sont souvent réunies aux ,grands talents naturels. La vie de Camoëns fut tour à tour consumée par ses sentiments et par son génie. 11 fut exilé à Santarem, à cause des querelles que lui attira son attachement pour Catherine. Là, dans sa retraite, il composa des poésies détachées qui expri- maient l'état de son âme, et l'on peut suivre le cours de son histoire par les différents genres d'impressions qui se peignent dans ses écrits. Désespéré de sa situation, il se lit soldat et servit dans la flotte que les Portugais envoyèrent contre les habitants de Maroc. Il composait des vers au milieu des batailles, et tour à tour les périls de la guerre ani- maient sa verve poétique, et la verve poétique exal- Lait son courage militaire. Il perdit l'oeil droit d'un coup de fusil devant Ceuta. De retour à Lisbonne, il espérait au moins que ses blessures seraient récompensées si son talent était méconnu; mais, quoiqu'il eût de doubles titres à la faveur de son gouvernement, il rencontra de grands obstacles. Les envieux ont souvent l'art de détruire un mérite par l'autre, au lieu de les relever tous deux d'un mutuel éclat. Camoëns, justement indigné de l'oubli dans lequel on le laissait, s'embarqua pour les Indes en 1553, et dit, comme Scipion, adieu à sa patrie, en protestant que ses cendres mêmes n'y seraient point déposées. Il arriva dans l'Inde, à Goa, l'un des établissements les plus célèbres des Portugais. Son imagination fut frappée par les exploits de ses compatriotes dans cette antique partie du monde, et, bien qu'il eût à se plaindre . Cette conscience de son talent est une belle chose, quand la postérité la confirme : autant la vanité sans fondement est misérable, autant est noble le sentiment qui vous garantit ce que vous êtes, malgré les efforts qu'on fait pour vous accabler. En débarquant' sur le rivage, il commenta, dans une de ses poésies lyriques, le fameux psaume des tilles de Sion en exil . Camoëns— se croyait déjà de retour dans son pays natal, lorsqu'il touchait le sol de l'Inde où les Portugais étaient établis : c'est ainsi que la patrie se compose des concitoyens, de la langue, de tout ce qui rappelle les lieux où nous retrouvons les souvenirs de notre enfance. Les habitants du Midi tiennent aux objets extérieurs, ceux du Nord aux habitudes ; mais tous les hommes, et surtout les poëtes bannis de la contrée qui les a vus naître, suspendent, comme les femmes de Sion, leur lyre aux saules de deuil qui bordent les rives étrangères. Camoëns, de retour à Goa, y fut persécuté par un nouveau viceroi et retenu en prison pour dettes. Cependant, quelques amis s'étant engagés pour lui, il put s'embarimer et revenir à Lisbonne en 1569, seize ans après avoir quitté l'Europe. Le roi Sébastien, à peine sorti de l'enfance, prit intérêt à Camoëns. Il accepta la dédicace de son poënie épique, et, prêt à commencer son expédition contre les Mores en Afrique, il sentit mieux qu'un autre le génie de ce poëte, qui aimait comme lui les périls quand ils pouvaient conduire à la gloire ; mais on eût dit que la fatalité qui poursuivait Camoëns renversait même sa patrie pour l'écraser sous de plus vastes ruines. Le roi Sébastien fut tué devant Maroc, à la bataille d'Alcaçar, en •1578. La famille royale s'éteignit avec lui, et le Portugal perdit son indépendance. Alors toutes ressources, comme toute espérance, furent perdues pour Camoëns. Sa pauvreté était telle que, pendant la nuit, un esclave qu'il avait ramené de l'Inde men- On dit que César sauva ainsi ses tablettes , en regagnant à la nagé ses vaisseaux auprès d'Alexandrie, diait dans les rues pour fournir à sa subsistance. Dans cet état, il composa encore des chants lyri- . Quinze ans après, un monument lui fut élevé . Ce court intervalle sépare le plus Lord Holland possède un exemplaire très- rare des oeuvres du Camoëns. On croit qu'il a appartenu à ce malheureux paie. Au bas de la première page est écrit le récit de sa mort, en vers espagnols, par un homme qui l'a vu mourir à Lisbonne. En voici la traduction « Quel aspect déplorable que celui d'un si grand génie « aussi mal récompensé ! Je le vis mourir à Lisbonne dans un hô-« pilai, n'ayant pas méfie un drap pour se couvrir, lui qui avait si « souvent triomphé dans les Indes orientales, et navigué si long-« temps sur mer à une distance de 4,500 lieues! Quel avis à CCUK tt qui consacreront à l'étude le jour et la nuit ! » !gaullien Cardoso , jésuite , professeur de belleslettres à EVOI'a, composa l'épitaphe suivante, qui fut gravée sur le tombeau de Camoëns : Naso elegis, Flaccus lyricis, epigrammate Marcus, Hic jacet ho o carmine Virgilius. Ense simul calamoque auxit tibi, Lyaia, farnam Unam nobilitant Mars et Apollo m'ilium. Castalium fontem tait rnodulamine ad Ind., Et Gangi ttlis obstupefecit aquas. Lysia mirata est, quand° aurea carrnina lucrum Ingenii, haud gazas, ex Oriente tulit. Sic bene de patria meruit, dum fulminat ense, At plue &am calamo bellica facto rcfert. Hune Itali, Galli, Ilispani wertere poetam, Quolibet hune vellet terra vocare suum. Vertere t,, quare nef., requabilis Est sibi par nemo, nemo secuudus ont. Le Tasse fit un sonnet à la gloire de Camoëns, quelque temps après la publication de la Lusiade, et avant celle de ta Jérusalem délivrée. Ce sonnet, qui honore également les deux grands poêles epiques dentatie et du Portugal, est adressé au héros de la Lusiade. Vasco de Gaula, et terminé par ces vers Et hor quella del colto, è buon' Luigi Tant oltrè stende il glorioso volo Che i tuot spalmati legni andar' men lunge. Und' à quelli, à cul s'alza il nostro polo, Et à chi fernik in contra i suoi vcstigi, Per lui del corso toc la fama aggiunge. Du Perron de Castera parle de la beauté de Camoëns avec une ridicule exagération ; il lui donne des cheveux blonds, des lèvres de corail, une bouche bien meublée, un teint blanc, relevé d'un ver- millon, etc. D'autres biographes disent au contraire que Camoëns était roux et borgne ; qu'il avait le front avancé, vaté, et un grand nez arrondi en globe par le bout. Indépendamment de la Lusiade, Camoëns composa un grand »ombre de poésies diverses, des sonnets, qui sont au nombre de soixantesix, des cançones, des serti- ciao, des odes , des élégies, des églogues, des stances, des redondi- lhas, des épigrammes, des satires, et deux comédies intitulées: les Amours de Philodéme et l'Amphylrion, imité de Plaute. Il y a beaucoup d'élévation dans quelquesunes de ses odes, et beaucoup de fiel dans ses satires. Un savant Portugais disait à l'abbé de Longuerue que l'auteur de la Lusiade avait inventé 2,000 mots, qui tous avaient été reçus . Les Portugais le regardent connue leur Virgile, leur Horace, leur Ovide et leur Martial. Les principales éditions de la Lusiade et des poésies diverses de Carnets sont : 1° Os Lusiadas, Lisbonne, 4547 20 Lusiadas comenIadas por Manuel de Faria y Souza, Madrid, 1639, 4 tom. en 2 vol. lig., édition estimée et recherchée. Ce fameux commentateur publia, eu 1640, un gros ,olume pour défendre son commentaire, et laissa en mourant huit antres volumes d'observations et de remarques sur les oeuvres ,--- cruel abandon des témoignages les plus éclatants 'enthousiasme ; mais dans ces quinze années, la 1 ort s'était placée comme médiatrice entre la ja- usie des contemporains et leur secrète justice. . 'édition la plus complète et la plus estimée de ses 1 oeuvres a paru à Lisbonne en 1779-80, sous ce titre : Obras de Luis de Camoens, principe dos poetas de Ilespanha, 4 tomes en 5 vol. ; seconde édition, ibid., 1782-85. Le tome 1", divisé en 2 parties, contient la vie de l'auteur et la Lusiade. Le dernier volume contient le théâtre et les ouvrages attribués au Camoëns . N. S. H. de Camoëns. 3° Obras do grande Luis de Cangiens, coin os Lusia- dus comenladas por Manoel Correa, Com os argumentos do hm Franco Barret°, escrila par Manne! de l'aria Severin, Lisbonne, 1720 Manuel Cornes, qui publia la premiere édition de son commentaire eu 1613, donne à Camoéns le titre de principe da poesia hercha. Cette édition est dediée à D. Rodrigo d'Acunlia, inquisiteur de Lisbonne. 40 Obras de Luis de Camoens, Paris, Didot, 1759, 5 vol. petit fig.; 5" Rimas divididas in sine parles, Lisbonne, 1594 ; deuxième édition, ibid., 1598 6° Rinme varias eomentailas par Manuel de Faria y Sonza, Lisbonne, 1685 La Lusiaile a été traduite en vers castillans par Luys Gomez de Tapia, avec des notes et des observations, Salamanque, 1580 • in otavas rimas, par Benito Caldera, Alcab, 1550 par Fleuri Garces,. Madrid, 1t91, io-4° ; en français et en prose, de la manière la plus fautive, par Duperron de Castera, avec une vie de Camoéns et des remarques, Paris, 1735 et 1768, 5 vol. ; par Laharpe, qui ne savait pas un mot de portugais , Paris, 1777, 2 vol. fig. ; en italien, par C.A. Paggi de Gènes, Lisbonne, 1659 : cette version est dediee au pape Alexandre VII : en anglais, par Rich. Faushaw, Londres, 1655, et par C.J. Miette, Oxford, 1776 etc. Un carme, nommé Thomas de Faria, evèque de Targa en Afrique, a traduit en hexamètres latins la Lusiade, qui tire son nom des Lusiades , ainsi nominés dans de vieilles et menteuses chroniques, de Lusus, allixseptième roi d'Espagne, ou de Lusus, lits ou compagnon du Bac-"chus indien. La traduction latine de D. Thome de Faria est inti- tulee : Lusiatlum libri deceni, Olyssipone, 4622 11 existe trois attires traductions latines qui sont restées manuscrites; l'une est de D. André Bogaô, la seconde d'Antonio Mendes, la troisième de Francisco de SantoAgostino Mendez. Ce tome a été commenté par Luis Gomez de Tapis, Manuel Correa, Pierre de Maris, -1615 Louis Silva de Britto et Manuel Faria de Souza: La vie de Canioéns a éte écrite par Pierre de Maris, Manuel de Faria et du ' erron de Castera. Vvs. Depuis les éditions et les travaux dont le Camails a été lob- et, et qui sont détaillés dans la note précédente, ce grand poéte n'a lampé en France ni d'éditeurs ni de traducteurs. Nous citerons 'd'abord os Lusiailas, poema epico, nova ediedo, correcla e dada a liia pur dom Jos.- Mar. de Sotiza- Bolhellu, Paris, Didot, 1817, *gr. papier vélin, orné de 40 belles graN tires. Cette édition magnifique, exécutée aux frais de M. de Souza, n'a pas été mise dans le commerce; elle a servi de type à deux autres trèsjolies éditions, la première publiée en 1819 chez F. Didot avec un portrait d'après le dessin de Gérard, la seconde donnée pan Aillaud en 4523 avec portrait. Les oeuvres de Camoéns, Obras, ont été éditées en 5 vol. papier vélin, sortis des presses de P. Didot, 4815. Cette jolie édition a été faite à Paris pour le compte de la veuve Bertrand et fils de Lisbonne; il n'en est resté en France qu'un petit nombre. Nous ne mentionnerons pas deux ou trois éditions ordinaires, mais toujours soignées, qui ont été faites de la Lu- siode. En Allemagne, il parut une édition assez correcte et assez bien faite, à Berlin, par les soins de C.D. Winterfeld, sans millésime; mais elle est de 1810. Nous connaissons une traduction italienne de la Lusiade publiée sous ce titre : I Lusiaili, recati in allant riais, da A. & ires- lani, Paris, imprimerie de Didot, 1826 Les traductions fran-çaises de Camoêns se sont multipliées depuis environ vingt VIS. Nous citerons d'abord celle de M. Millié, qui a paru sous ce titre les Lusiades, ou les Portugais, poème en 10 chants, avec des Ilotes, Paris, Didot, 1811, 2 vol. On peut dire que jusqu'alors une traduction du Camoéns manquait à la France; car qu'etaient la version du Duperron et celle de d'Hermilly, revue par Laharpe ? Millié a complétement réesi : élégante et rapide, sa traduction,
  • Louis CAPPEL( 1585 - 1722) : dit LE JEUNE, le plus célèbre des Cappel , frère cadet du précédent , naquit à Sedan, le 15 octobre 1585, alla faire ses études à Oxford, rentra en France, devint ministre, professeur d'hébreu et de théologie à Saumur, et remplit ces différents emplois avec distinction pendant tout Le cours de sa vie. 11 se rendit surtout célèbre par un nouveau système de critique sacrée, dont il jeta les fondements dans son Areanum puncluationis revelatum. Cet ouvrage éprouva les plus grandes contradictions de la part de ceux de la communion de l'auteur, au point qu'il fut obligé de l'envoyer à Erpenius , le fit imprimer à Leyde en 1621 Trois opinions partageaient les hébraïsants sur l'origine des points voyelles. Les uns la dataient de celle de la langue hébraïque même; les autres en attribuaient l'invention à Esdras. Le savant rabbin Elias Levita en avait fait honneur aux massol'êtes , existaient dans, le 6' siècle de l'ère chrétienne. C'est à ce dernier sentiment que s'attacha Cappel ; il allait même plus loin qu'Elias. Nonseulement il prouvait que les peints voyelles étaient inconnus avant les masscrrètes, mais encore que ces critiques avaient ponctué lés livres saints tans ètre guidés par des traditions authentiques , et que , par conséquent, la ponctuation du texte hébreu et une invention tout trumidne qu'on peut setteiettte à la critique. Il étaya son système de preuves si démonstratives qu'il a enfin prévalu parmi les plus doctes hébraïsants. Il avait envoyé son manuscrit à Buxtorf le père, qui en parut ébranlé; mais vingt ans après qu'il eut été imprimé, Buxtorf le lits, héritier des préventions de son père en faveur des points voyelles, l'attaqua vivement, et lit tous ses efforts pour rétablir l'antiquité de ces points. Il prétendit que c'était Esdras luimème qui les avait introduits dans le texte original, et qu'il fallait leur rendre l'antiquité et l'authenticité qu'Elias et Cappel leur avaient enlevées. Cappel prit la défense de son livre dans un écrit qui ne parut qu'après la mort des deux combattants, et qui lui a assuré un triomphe complet sur son adversaire. Le savant professeur de Saumur proposait en thème temps deux projets, l'un d'une grammaire hébraïque sans points voyelles, exécuté depuis par Masclef ; l'autre d'une réforme du texte original de la Bible par le moyen des anciennes versions , des paraphrases chaldaïques , des commentaires des juifs, de la collation des textes correspondants des divers livres de l'Ecriture , et de ceux de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce projet reçut un plus grand développement dans sa Critica sacra . ee nouvel ouvrage éprouva encore plus de contradictions dè la part des protestants que n'en avait éprouvé le premier ; elles ne purent (cire vaincues qu'au bout de dix ans par Jean Cappel, son fils aîné, prètre de l'Oratoire, qui, soutenu du crédit des PP. Morin, Petau et Mersenne, obtint enfin le privilége du roi, et en dirigea l'édition, qui parut en 1650 Cappel y prétendait que tous les exemplaires du texte hébreu, tel que nous l'avons aujourd'hui , sont postérieurs à la révision qui en fut faite par les massorètes , et qu'ils sont tous calqués sur l'unique exemplaire de BenAsser, qui s'était occupé pendant plusieurs années à corriger le texte et à en fixer le sens au moyen .des points nouvellement inventés. Il concluait de la que nos exemplaires sont trèsinférieurs aux anciennes versions , faites originairement sur ceux qui étaient antérieurs à la nouvelle critique des massorètes. C'est d'après ce système qu'il proposait le plan d'une Bible hébraïque corrigée et d'une version latine, plan qui a été exécuté au bout d'un siècle par le P. Houbigant de l'Oratoire. On a reproché à Cappel d'avoir trouvé entre les anciens interprètes et le texte hébreu des différences , ou qui n'existent pas réellement , ou (lui sont de peu d'importance; d'avoir fait dans ce texte des corrections qui ne valent pas mieux que les fautes qu'il y relève ; de n'avoir pas mis assez d'exactitude à recueillir les variantes. On ne lui contestait pas d'étre de beaucoup supérieur à Buxtorf dans la connaissance des règles de critique, niais on soutenait qu'il lui était quelquefois inférieur dans l'application de ces règles ; enfin, on disait qu'avant appris la langue hébraïque avant de s'exercer à la critique , il donnait trop de confiance aux rabbins qui lui avaient servi de maîtres ; que ses ouvrages auraient été plus parfaits s'il eût consulté davantage les manuscrits , si les grandes po- lyglottes de Paris et de Londres eussent été imprimées de son temps. Bootius l'accusa de s'être entendu avec le P. Morin pour ruiner le texte original de la Bible. Cappel n'eut pas de peine à prouver, dans sa lettre apologétique à Usserius, qu'il avait fortement attaqué le sentiment du docte oratorien ; mais qu'en considération du service que Morin lui avait rendu en procurant l'édition de son livre , il avait cru devoir retrancher cette partie qui ne fut pas perdue, puisqu'il l'imprima dans sa lettre. Nous nous sommes étendus sur ce point important de philologie , parce que Cappel doit être regardé comme le père de la véritable critique sacrée , et que ses ouvrages font époque dans cette partie. Ce savant homme mourut à Saumur, le 18 juin 1658. JacquesLouis Cappel , son fils et son successeur dans la chaire d'hébreu à Saumur, né dans la même ville en 1639, publia en 1689 à Amsterdam, ses commentaires sur l'Ancien Testament, à la suite desquels il mit l'Arcanum panetuationis , corrigé et augmenté , avec la défense de cet ouvrage qui n'avait pas encore vu le jour. Parmi les autres pièces que t'enferme cette collection , on distingue l'histoire de la famille des Cappel , à laquelle il faut ajouter le supplément qui se trouve dans le t. 5 des Singularités historiques de D. Linon ; un traité de l' Etat des âmes après la mort, où l'auteur soutient que celles des justes, aussi bien que celles des réprouvés , ne seront couronnées ou punies qu'après avoir repris leurs corps au jugement dernier ; qu'en attendant, les premières jouissent d'un doux repos qui plest altéré que par le pieux désir de la suprême béatitude , et que les dernières sont déchirées par le regret du passé et la frayeur de l'avenir ; de Veris et antiquis Ilebrœorum Lilleris , Amsterdam , 1645 , pour prouver, contre Buxtorf le fils, que les caractères hébreux d'à présent sont différents des anciens caractères dont les juifs se servaient avant la captivité de Babylone. On trouve dans le nième recueil, ou dans les Critiques sacrés, plusieurs autres pièces de ce savant homme, qui déposent toutes en Faveur de sa profonde érudition, de son bon goût pour une critique saine , dégagée des préventions vulgaire's, en tout ce qui ne concerne pas la controverse avec les catholiques. Indépendamment de ses traités de philologie sacrée, nous avons encore de lui, en latin , une histoire apostolique tirée des apôtres et des Epitres de St. Paul, précédée d'un abrégé de l' Histoire judaïque de Josèphe, Genève, 1634 des Thèses théologiques sur le juge des controverses, Saumur, 1635 ; deux écrits sur la Pâque de Notre Seigneur, dans les œuvres de Cloppenbourg , et Amsterdam, 1643 une chronologie sacrée à la tète de la Polyglotte d'Angleterre, et imprimée à part, Paris, 1655 Ce savant homme, quoique naturellement pacifique et porté, par caractère, à des voies de conciliation, était trèsattaché à son parti ; car, après avoir longtemps disputé contre son fils Jean, devenu catholique , et qui entra dans l'Oratoire , il le mit hors de sa maison. Il chercha, avec Amyrault et Laplace, ses collègues, à modifier la dureté des décrets de Dordrecht sur la grâce et la prédestination. Il eut un digne successeur dans son fils cadet JacquesLouis, qui, dès l'âge de dixneuf ans, possédait à fond la langue hébraïque. La révocation de l'édit de Nantes l'obligea de se réfugier en Angleterre , où, après avoir professé le latin dans une école , afin de se procurer des moyens d'existence, il mourut en 1722 , âgé de 85 ans. En lui link la famille des Cappel, qui, pendant deux cents ans, s'était. fait un nom illustre dans la magistrature et dans les lettres
  • Louis CAPPEL( 1534 - 1586) : dit l'ANctEN, et surnommé Moniambert, naquit à Paris, le 15 janvier 1554, fut régent d'humanités à seize ans au collège du cardi- nal Lemoine. Appelé à Bordeaux pour occuper une chaire de langue grecque, il y fréquenta les nouveaux réformés de cette ville, embrassa leurs dogmes et se rendit à Genève pour se fortifier dans la doctrine de Calvin. Ses parents voulaient qu'a l'exemple de ses ancétres il suivit la carriére du barreau ; On trouve dans les manuscrits de Dupuy un Arrêt contre les lathÉriens, en 1535, avec le plaidoyer de Jacques Cappel, advocat du roy. niais son goin et ses nouveaux engagements le déterminèrent pourfétude de la théologie. Il ne tarda pas à devenir un personnage important dans son parti. Les réformés de Paris le chargèrent de faire insérer dans les cahiers du bailliage de cette ville leur requête, tendante à obtenir des états d'Orléans le libre exercice de leur culte. Il échoua dans cette démarche, et n'en fut pas moins député aux États. Échappé à la StBarthélemy, il se retira à Sedan, fut envoyé en Allemagne pour solliciter les secours des princes protestants. Guillaume, prince d'Orange, l'appela, en 1575, à Leyde, pour être professeur de théologie dans la nouvelle université de cette ville. Étant depuis rentré en France, il fut quelque temps ministre dans les troupes protestantes, et finit par retourner à Sedan, où il exerça le ministère, professa la théologie, et mourut le 6 janvier 1586. Le P. Ni- ceron lui attribue quelques ouvrages qu'il croit n'avoir jamais été imprimés, si ce n'est la harangue inaugurale qu'il avait faite pour l'ouverture de l'université de Leyde, et qui se trouve imprimée à la tète des Athenœ Balavoe de Meursius, où l'on trouve aussi sa vie et son portrait. — Son frère, Guillaume CAPPEL, homme de lettres, docteur et professeur en médecine, mort en 1584, a publié les mémoires de du Bellay, traduit Machiavel en français, et composé divers autres ouvrages
  • Louis CARBONE( 1436) : orateur et poète latin, naquit à Ferrare en 1456, d'une famille originaire de Crémone Après avoir étudié la langue grecque sous Guarino de Vérone et sous Théodore Gaza, il fut nommé professent' d'éloquence et de poésie à l'université de Ferrare, à peine âgé de vingt ans. Le pape Pie II passant par cette ville en 1459, pour se rendre au congrès de Mantoue, Carbone fut choisi pour le haranguer. Pie fut si content de son discours, qu'il lui accorda le titre de comte palatin. Carbone alla passer quelques années à Bologne, et y donna, en diverses occasions, des preuves de ses talents pour l'éloquence. Revenu à Ferrare, il s'y maria, ce qui ne l'empêcha pas de suivre, en 1475, les princes d'Este, Sigismond et Albert, dans un voyage qu'ils tirent à Naples, et d'aller à Tome, à Florence et à Sienne, où il prononça plusieurs discours publics. 11 mourut de la peste vers 1485. Il avait composé plus de deux cents discours latins, et fait plus de 10,000 vers, comme il le dit luimême dans une harangue qu'il prononça en 1469 devant l'empereur Frédéric lit. La plupart de ses discours, dont aucun n'a été imprimé, sont des oraisons funèbres, ou furent prononcés pour des cérémonies de mariage. Ils contiennent souvent des particularités historiques ou peu connues. On en conservait plusieurs en manuscrit à Rome, dans la bibliothèque de SteMarie del Popolo. La publication en serait utile , même pour l'histoire. — Un autre CARBONE , poète napolitain dans le 16° siècle, a publié quelques poésies de peu d'importance
  • Louis CARRACHE( 1555) : peintre, appelé en Italie ' LUDOVIC° CARACCI , MI plutôt CARRACCI , naquit à Bologne en 1555. A quinze ans, il parut plus propre à broyer les couleurs qu'à savoir les employer avec discernement. Fontana, son maitre à Bologne, et le Tintoret, son maitre à Venise , l'engagèrent à re- noncer à la peinture. Ses camarades l'appelaient le boeuf, parce qu'il était lourd et lent dans ses tra- vaux. Cette len- leur n'était pas chez Louis l'effet Les plus beaux ouvrages de Louis sont à Bologne. Il excella dans les vues d'architecture et dans le dessin. En remarquant toutes les idées de Louis, que ses successeurs lui ont dérobées, on est tenté de dire de lui qu'il fut , comme Homère, parmi les Grecs, Tons ingeniorum. Louis était trèsprofond dans toutes les parties de la peinture; aussi aton pu emprunter de lui ce que l'on se sentait le plus de facilité à imiter. Ce maitre jouit longtemps de toute sa gloire, du moins pendant la vie de ses cou- sins, qui continuèrent de l'honorer et de le consulter. Annibal, avant de terminer la galerie Farnèse, voulut que Louis vint l'aider à y mettre la dernière main; mais celuici, mécontent de quelques procédés pleins de dureté qu'Annibal avait eus envers Augustin, ne voulut passer alors à Rome que deux semaines, et revint à Bologne. Il y mourut en 1619, dans un état voisin de la pauvreté, après avoir survécu dixsept ans à Augustin, et dix à Annibal. Le musée du Louvre a neuf tableaux de Louis, y compris les deux qui représentent les deux éléments, l'eau et la terre. On ne se lasse pas de voir celui qui offre la Vierge tenant de la main gauche l'Enfant Jésus, et de la droite, un livre. Sur la lin de sa vie, Louis ne fut plus aussi exact dans son dessin. Son Annonciation , belle fresque placée dans le choeur de SIPierre, église métropolitaine de Bologne, présente quelques incorrections. On les lui reprocha durement, et il les reconnut. Quelques auteurs assurent que le chagrin qu'il conçut de cette critique fut assez vif pour abréger ses jours. On lui a fait d'autres reproches relativement à sa couleur ; Mengs dit même qu'il ne fut pas coloriste; mais des connaisseurs attribuent l'état de dégradation où se trouvent beaucoup de tableaux de Louis à la pré. cipitation de ce maitre, qui n'attendait pas , pour commencer à peindre , que ses toiles fussent assez sèches. D'autres l'ont Name de n'avoir introduit que peu de personnages dans ses compositions, excepté dans ses batailles et clans les fresques, où il y a nécessairement une grande foule de peuple. Nous ne savons pas si ce prétendu défila, qu'on peut reprendre aussi chez Annibal , n'est pas plus souvent un mérite. Toutefois, il faut avouer que Louis eut le tort de ne pas s'attacher à l'étude de l'antique, étude qui pouvait s'accorder avec celle de la nature. Les amateurs recherchent la jolie gravure de M. Morglien , faite d'après Louis, et représentant une Madone avec son fils, de deux pouces de haut, sur un pouce et demi de large. L'original, de la même grandeur, se trouvait à Bologne, chez M. Gini. On croit que la ligure de la Vierge était celle de la signora Giacomazzi , beauté célèbre du temps. Dans une petite chapelle du couvent de StDominique à Bologne, entre le maitre autel et la sacristie, on voit le buste et le tombeau de Louis Carrache On se fera une idée juste des compositions de ce grand peintre en parcourant l'ouvrage intitulé :fi Llaustro. di San Michel. in Bosco, di Bologna , gravé d'après Louis, par Jacques Giovannini , et décrit par le chanoine comte Malvasia , Bologne, 1694 — Paul CARRACHE, frére de Louis, n'est rappelé dans l'histoire de la peinture que pour être jugé avec sévérité. Malvasia assure qu'il n'avait aucun génie, et qu'il ne savait qu'exécuter passablement les idées des autres. Probablement il a travaillé à beaucoup d'ouvrages de Louis et de ses cousins Augustin et Annibal ; mais il n'a jamais été nommé particulièrement avec honneur. On ne sait que trèspeu de chose sur les différentes circonstances de la vie de cet artiste
  • Louis CARRÉ( 1663) : géomètre français, né en 1663, dans un village de Brie, avait été d'abord des- tiné à l'état ecclésiastique ; mais son père, simple laboureur, ne put fournir à la dépense nécessaire pour achever ses études, et le jeune théologien serait retourné aux champs, si le P. Malebranche ne l'avait gardé auprès de lui pour lui servir de copiste. Carré ne tarda pas à se pénétrer de la métaphysique de son maitre, qui lui enseigna en même temps les principes des mathématiques. L'élève profita si bien, qu'en peu de temps, il se mit audessus du besoin en donnant des leçons de mathématiques et de philosophie. Dans cette dernière partie qu'il affectionnait le plus, il eut pour disciples beaucoup de femmes, parmi lesquelles se trouvaient des religieuses. Les réflexions que cette circonstance suggère à Fontenelle rendent curieux l'éloge trèscourt qu'il a fait de Carré. Ce savant fut reçu membre de l'académie des sciences en 1697, et mourut le 11 avril 1711. Le recueil de cette société contient de lui les mémoires suivants : Méthode pour la rectification des lignes courbes par les tangen- tes 1704);— Rectification de la cycloïde ; — Solution du problème proposé aux géomètres dans les Mémoires de Trévoux des mois de sep- tembre el octobre, 1701 ; — Rectification des caustiques par réflexion formée par le cercle, le cycle ordinaire et la parabole, etc. ; — Mé- thode pour la rectification des courbes ; — Examen d'une courbe formée par le moyen d'un cer- cle ;— Expériences physiques sur la réfrac- tion des balles de mousquet dans l'eau, el mir la ré- sistance de ce fluide ; — Expérience sur les tuyaux capillaires ; — Problème hydrostati- que ; —. des Lois du mouvement ;— Démonstrations simples et faciles de quelques propriétés qui regardent les pendules, etc. ; — de la Proportion que doivent avoir les cylindres pour former par leurs sons les accords de la musique ; — Expériences sur le ressort de l'airAbrégé de catoptrique, avec 2 pl. . Parmi les travaux que Louis Carré a fournis au Journal des Savants, on distingue : Abrégé d'un traité sur la théorie générale du son, sur les différents ac- cords de la musique, et sur le monocorde, lu dans 1 une séance de l'académie des sciences, mais qui n'a point été inséré dans les mémoires imprimés de cette société. L'abbé Bignon l'avait chargé de faire la description de tous les instruments de 'musique usités en France; mais sa mort prématurée ne lui permit pas d'achever ce travail. Le plus important de ses ouvrages est sa Méthode pour la mesure des surfaces, la dimension des solides, leurs centres de pesanteur, de percussion, d'oscillation, par l'appli- cation du calcul intégral, Paris, 1710 Quoique bien incomplet, mème pour l'époque où il parut, et renfermant plusieurs inexactitudes , cet ouvrage eut d'abord un assez grand succès; on ne le consulte plus aujourd'hui
  • Louis CARRELET( 1698 - 1781) : curé de Dijon, naquit en cette ville,. le 8 septembre 1698. Ayant embrassé la règle des jésuites, il fut chargé de la régence des basses classes et de l'éducation des enfants de M. de ChoiseulBeaupré, gentilhomme lorrain. 11 lit ensuite son cours de théologie à l'université de Pont-àMousson, et il y reçut le bonnet de docteur. L'affaiblLsement de sa santé Payant forcé de rompre ses engagements avec les jésuites, il vint à Paris, et le célèbre Languet, curé de StSulpice, s'empressa de l'attacher à l'administration de sa paroisse en le nommant son vicaire. Au bout de quelques années, Carrelet fut encore obligé d'abandonner ce poste ; et d'après le conseil des médecins, il revint en Beurgogne respirer l'air natal. Pourvu d'un canonicat de la cathédrale de Dijon, en 1751, année même de l'érection du siége épiscopal de cette ville, l'abbé Carrelet le permuta quelques mois après pour la cure de Notre - Dame. Il gouverna cette paroisse pendant près de cinquante ans avec un zèle admirable, et mourut le 16 mars 1781. On a de lui OEuvres spirituelles et pastorales, Dijon, 1767 et années suivantes, 7 vol. Dans cette pientière édition, faite avec le consentement, mais sans la participation de l'auteur, les matières sont mal distribuées. Carrelet en préparait une seconde dont le premier volume parut à Dijon, en 1780, et qui fut terminée par un de ses vicaires. Elle ne contient que 6 volumes, parce qu'on en a retranché plusieurs morceaux. La 5', mise dans un meilleur ordre, Paris, Belin, 1805,7 vol. est la plus complète.Les deux premiers volumes renferment les homélies ; le 5°, les instructions théologiques ; le /de, les discours sur les points les plus importants de la morale; le 5°, les discours sur les fètes et les céremonies remarquables de l'Église; le 6°, les panégyriques et les oraisons funèbres; et le 7e enfin, les discours sur plusieurs événements intéressants pour la religion. Une vie M. Quérard, dans la France imératre, a confondit Armand Carrel avec. M. A. Carel, chef de bataillon, chevalier de StLouis et de la Légion d'honneur, auteur d'un Dithyrambe sir le sacre de S. M. Choies X. WU avait fait attention S la differende de l'orthographe des deux noms, il n'aurait pas prêté i notre Carrel, qui ne fut jamais que sintslieutenant, une contradiction si déplorable dans sa conduite politique. de Carrelet est imprimée dans le 1" volume. — Barthélemy CARRELET DE BOZET , frère ainé du précédent, naquit à Dijon le 21 février 1695 . Il montra de bonne heure des talents distingués pour la chaire. Languet, alors évèque.de Soissons et frère du curé de StSulpice, le nomma son théologal en 1725. 11 prècha l'Avent en 1727, à la cour de Lorraine, et fut reçu la meme année à l'académie de Soissons. Barbier dit qu'il fut souvent chargé d'offrir, au nom de cette compagnie, le tribut littéraire que, d'après ses statuts, elle devait à l'Académie française. Mais on ne trouve qu'une pièce de vers avec son nom clans le recueil de l'académie , année 1729. Elle est intitulée Sentiments d'une dene pénitente. En 1730, i; prècha la Cène à Versailles. En 1755, il prononça le Panégyrique de Si. Louis en présence de l'Académie française. Il eut, l'année suivante, l'honneur de présenter au cardinal de Fleury son Ode à Louis le Grand sur la gloire de Louis XT' dans la guerre et dans la paix. Il prédit] le Carême en 1742, à la cour de Lorraine. L'abbé Carrelet, doyen du chapitre et vicaire général, mourut à Soissons, le 14 juin 1770. Son Eloge historique, lu dans une séance publique de l'académie de cette ville, a été imprimé en 1771
  • Louis CARRION( 1547) : né à Bruges vers 1547, d'un Espagnol et d'une Allemande, fit ses études à Louvain avec JusteLipse , dont il fut ensuite l'émule. Après avoir pris le grade de licencié en droit, il alla continuer ses études à Cologne, puis vint à Paris, où il se lia avec J. Dorat, Postel, Brisson, Pithou , J.A. Baïf, Demi Estienne, Josias Mercier, et autres doctes personnages du temps. Il lit tin voyage en Flandre, revint en France, et y donna, à Bourges, des leçons sur la jurisprudence ; il passa ensuite à Orléans, et retourna à Louvain, où il fut fait professeur extraordinaire en droit civil ; puis, la meme année , nommé à une chaire royale, qui l'obligeait d'expliquer som- mairement les Institutes do Justinien. Le 10 juin 1589, on lui donna la chaire de droit canon. Il était chanoine du premier rang de StPierre, à Louvain, chanoine de la cathédrale de StOmer, chanoine de StGermain de Mous: il résigna ce bénéfice en 1590. 11 avait, depuis 1587, la direction du collège de StYves, ou des bacheliers de droit; il se démit de cette place en 1595, et mourut à Louvain le 23 juin 1595. Il a donné des éditions de Valerius Flaccus, Anvers, 1565 1566 de quelque importance, à cause des leçons d'un bon manuscrit que possédait Carrion : les notes de Carrion ont été réimprimées dans l'édition de Valerius donnée par Burmann, etc.; de Salluste ; du traité de Cassiodore, de Orthogra- phia; de l'ouvrage de Censorinus , de Die natali, bonne édition qui a servi de base, pour le texte, à celle de Lindenbruch ; mais ce qui fait son principal mérite, c'est son édition des Nu iii attiques d'AlibiCelle, Paris, H. Estienne, 1585 Carrion avait promis des notes ; mais comme dans les huit mois qui suivirent l'impression d'AuluGelle, il n'avait encore donné des notes que pour sept feuilles et demie, Estienne fit paraître le texte en annonçant toutefois les notes sur le frontispice, connue devant paraître à part. H. Estienne et Carrion ayant tous les deux quitté Paris, l'impression des notes ne se continua pas, et ce qui est imprimé forme cent vingt pages. Ces notes ne vont que jusqu'au chapitre 2.5 du 1" livre; il est donc à croire qu'elles auraient formé un gros volume. Elles se trouvent dans quelques exemplaires à la suite d'AuluGefle. On doit encore à Carrion : 1° Antiquarum Lectionum Commenlarii Ires, in quibus varia scriptorum vcterum loca sup- plentur, corriguniar et illustrantur, Anvers, 1576 ; Francfort, 1604 ; 2° Emendationunt et Observationum libri duo, Paris, 1585 Ces deux ouvrages ont été réimprimés dans le t. 5° du Thesaurus eriticus de Jean Gruter. Enfin c'est Carlion qui a publié la première édition des voyages de Busbecq. Carrion est fort maltraité dans le Scaligerana secunda; il y est qualifié de plagiaire, et on va même jusqu'à y dire qu'il eut des goûts affreux
  • Louis CASTELVETRO( 1505) : célèbre critique italien, naquit à Modène, en 1505. Sa famille était noble et ancienne ; son éducation fut soignée. Il étudia successivement dans les uni versit és de Bologne, de Ferrare, de Padoue et de Sienne, et y fit admlrer ses progrès. Pour obéir à son père, il prit dans cette dernière université ses degrés dans la faculté de droit, et fut même reçu docteur. Il y fut aussi reçu de l'académie des hetronali, ce qui lui plut davantage. Sa mauvaise santé l'ayant forcé de retourner dans sa patrie, et d'interrompre pendant quelque temps ses études, il contribua trèsactivement à y ramener le goût des belleslettres, et fréquenta trèsassidûment l'académie qu'on venait d'y établir. La foi de cette académie tout entière étant devenue suspecte, elle fut obligée de signer, en 1542, un formulaire qui lui fut présenté par ordre du cardinal Contarini ; Castelvetro le signa comme les autres académiciens. En 1555, il eut, avec Annibal Caro, une querelle littéraire dont nous avons déjà parlé. Castelvetro critiqua trop sévèrement la canzone du Caro, Venue ail' ombra dei gran gig/i d'oro, d'abord, il est vrai, dans une lettre particulière, et qui n'était pas destinée à l'impression, mais ensuite publiquement, à plusieurs reprises, et avec une sorte et Venise, 1560 C'est l'écrit qui occasionna entre le critique et Fauteur critiqué une querelle si longue et si envenimée. On le trouve joint à l'apologie d'Annibal Caro, intitulée : Apolo- gia degli accademici di Banchi di Roma, etc., Parme, 1558 20 La Poetica d'Aristotile vol- garizzata e aposta per Lodovico Casielvetro, Vienne, 1570 Ce n'est pas seulement Dacier, traduc- teur et commentateur français de la Poétique d'Aris- tote, qu'il en faut croire sur cette traduction et sur ce commentaire italien, ni Alessandro Piceolomini , traducteur et commentateur italien du mème ouvrage : les critiques les plus savants et les plus désintéressés ont tous été du même avis sur l'abus que l'auteur y a fait de son érudition et de la sagacité de sou esprit, sur les so- phismes et les paralogismes où sa subtilité l'entraîne, sur la confusion d'objets, souvent étrangers au texte et aux principes d'Aristote , dont il surcharge son commentaire, et sur les critiques hasardées et souvent injustes auxquelles il se livre sans nécessité, quelquefois mème hors de propos. Le style d'ailleurs en est pénible et obscur, défaut que l'on peut reprocher à tout ce qu'il a écrit dans sa langue rianivelle. Cette édition de la Poétique d'Aristote coal. tenait quelques passages qui la tirent prohiber en Italie, ce qui la fait rechercher, et en rend les exemplaires assez rares et fort chers. Après la mort de I Castelvetro, l'on en fit une seconde édition, Bille, 1576 qui n'est pas non plus très- commune, et où les endroits suspects ont été retranchés: on a marqué par des astérisques la place qu'ils occupaient dans la première.Les curieux les réunissent, et, toutes , deux ensemble, elles sont d'un prix excessif. 5. Corre- zioni di alcune cose net dialago delle lingue del Varchi, ed ana Giunta al primo libro delle . prose di messer Pietro Bembo, dove si ragiona della ' volgar lingua, Bille, 1572 et Modène, 1575 sans nom d'auteur. On trouve les Corrections jointes à l'Ercolano du Varchi dans la bonne édi- tion de ce dernier, donnée par Comino , Padoue, 1744, 2 vol. ; et la Giunta aux Prose du Bembo, dans l'édition aussi trèsestimée de cet ouvrage, Naples, 1714, 2 vol. 4° Esaminazione sopra la rettorica a Gaio Erennio latta per Ludovic° Castelvetro, Modène, 1653 Ce sont les leçons qu'il avait données à Chiavenne , avant son voyage de Vienne. 5. Sposizione delle rime del Petrarca, ou plutôt : le Rime del Petrarea breve- mente sposie da Lodovico Castelvetro, Bâle, 1582 Ces notes, qu'il n'eut pas le temps d'achever, sont souvent piquantes par leur originalité, mais souvent aussi peu justes , et d'un rigorisme de critique qui n'est pas assez tempéré par le goût et le sentiment de la poésie. Ménage, au sujet de ces notes, a qualifié l'auteur de critique aocuratissimo ed aculis- simo. Il y en a une fort belle édition de Zatta, Venise , 1756 , 2 vol. , et quelques exemplaires avec plus de deux cents gravures. 6' Opere varia criliche di Lodovico Castavetro non piti stam- pato, colla vita dell' autore scritla da Lodovico An- tonio Muratori, Lione , 1727 Cette vie donne une idée trèsavantageuse du caractère, comme du savoir et des talents de Castelvetro. On reproche à Muratori trop de partialité, surtout relativement à la querelle avec Annibal Caro, auquel il n'épargne pas les plus odieuses imputations. Les oeuvres diverses recueillies dans ce volume sont des morceaux détachés de critique, et de simples notes sur différents sujets. 11 y en a sur des questions particulières de critique et de philologie , d'autres sur des passages de plusieurs auteurs, sur des églogues de Virgile, sur quelques endroits du poème du Daine, sur des comédies de Térence, et un trèsgrand nombre sur Platon et sur la traduction latine de Marsilio Ficino. Cellesci sont à la tin du volume, et en occupent environ 120 pages
  • Louis CERQUEIRA ou CERQUERRA( 1552 - 1614) : , évêque au Japon, naquit en 1552, à Alvito, en Portugal, entra dans l'ordre des jésuites à l'âge de quatorze ans, fut reçu docteur en théologie à l'université d'Evora, et désigné par ses supérieurs pour être chef de la mission que Philippe II envoyait au Japon. Il partit après avoir été sacré évêque, et arriva 1 devant Macao en 1595. 11 se tint caché avec ses compagnons pendant trois années, dans les environs de cette ville, parce qu'il craignait de tomber entre les mains du prince Taïcosania, ennemi déclaré des chrétiens ; mais dès que Cerqueira eut appris sa mort, il se rendit à Nangasacki , où les jésuites avaient une maison dont la direction lui fut remise. Il la conserva seize ans, et gouverna les chrétiens du Japon jusqu'à sa mort. Il était àgé de 62 ans lorsqu'il termina sa vie et son apostolat, le 45 février 1614. On a de lui : 1° de Morte gloriosa sex marlyrum qui anno 1604 in Japonia pro fide passi sunt, Rome, 1607 2° De Morte gloriosa Melchioris Bugundoni et Damiani , qui anno 1605 camdem ob causant occisi sunt. 5' Litterce ad Claudium. Aquavivam, generalent prcepositum, anno 1615. Ces lettres concernent l'état des missions au Japon. 4° » pitite casuum conscientise, traduit en langue japonaise et imprimé à Nangasacki 5° Manuale ad sacramenta Ecclesice ministranda, imprimé dans la même ville en 1605 : ces deux derniers ouvrages sont d'une excessive rareté en Europe, et il doit s'en trouver difficilement des exemplaires au Japon , depuis que les missionnaires en ont 'été chassés, et que l'exercice de la religion chrétienne y est défendu sous des peines sévères
  • Louis CERRETTI( 1738) : né le 1®T novembre 1738 , à Modène , d'un père distingué dans la profession de médecin, comptait parmi les parents ou alliés de sa mère plusieurs personnes illustrées dans la carrière des lettres. Entraîné par leur exemple autant que par son penchant naturel, il s'y livra tout entier dès sa jeunesse. Ses essais s'étaient ressentis de la piété que lui avaient inspirée les jésuites, chez lesquels il avait fait ses premières études : ce furent des sonnets à la louange de quelques saints , particulièrement vénérés chez eux ; mais bientôt , emporté par la fougue de la jeunesse , il prostitua sa muse aux sujets les plus licencieux, sans néanmoins renoncer tout à fait aux autres. L'université de Modène le prit d'abord pour secrétaire ; et à vingtcinq ans, il y occupa la chaire d'histoire romaine , puis celle d'éloquence. L'usage était alors de dicter des leçons, laconiquement disposées en préceptes généraux , et de les développer ensuite verbalement en manière de commentaires. Ccrretti excellait dans ce développement : on allait en foule pour l'entendre. Lors de la révolution que le nord de l'Italie subit en 1796, Cerretti en prit le parti avec ardeur, et le gouvernement de la naissante république Cisalpine le fit membre de la commission d'instruction publique , puis ambassadeur auprès du duc de Parme. On le choisit ensuite à Bologne pour directeur des études de la province. L'invasion des .Austroliusses, en 1799, le força de s'expatrier, et il se réfugia en France. A son retour en Italie, quoique depuis dix .années il eût renoncé à l'enseignement, il obtint, à la lin (le 1801, la chaire d'éloquençe de l'université de Pavie. Malgré son grand âge, il y parut encore capable d'une noble éloquence ; mais dans ses leçons, ce n'était plus le fécond et brillant professeur de Modène. L'empereur des Français lui donna la décoration de la Légion d'honneur.Plusieurs académies littéraires l'avaient admis au nombre de leurs membres, et il était devenu régent de l'université, lorsqu'il mourut, Agé de 69 ans, le 5 mars 1808. Les ennemis qu'il s'était suscités par la violence de son caractère, par son orgueil excessif, et par plusieurs satires et épigrammes pleines de fiel, prirent alors trop librement leur revanche. L'université de Pavie retentissait encore de son éloge que venait d'y prononcer solennellement le professeur Santo Fattori, lorsque Milan se vit inondé d'un pamphlet intitulé : Pensieri sopra la vita litieraria e civile di Luigi Cerrelli , ossia lettera di Gio. Butl. Dall' Ohio, Milan , 1808 de 151 p. , dans lequel , rendant publiques des pièces obscènes ou malignes qui n'étaient presque pas connues, et ne devaient point l'être , on décriait avec aigreur ses talents et même ses moeurs. On s'y prévalait surtout des négligences et des incorrections de quelques poésies, qui , au dire de ses amis , avaient été imprimées sans sa participation. Ce fut seulement en 1799, qu'un imprimeur de Pise parvint à former le premier recueil qui ait paru des poésies de Cerretti ; et cette édition, où manquent plusieurs pièces de celles qu'il estimait le plus, attestait qu'elle s'était faite sans l'intervention du po Ste. Il n'était pas même trèssoigneux d'en conserver les manuscrits; car, à sa mort , on n'a pas trouvé dans ses papiers deux de ses odes les plus chères , l'une Alla Posterilet, que depuis lors on a découverte dans le portefeuille d'un particulier; et l'autre, Conlro il Suicidio, qui parait irrévocablement perdue. Il réussit assez bien dans le genre lyrique, où il se proposa d'imiter la manière gracieuse et naturelle d'Horace ; mais il lui est arrivé quelquefois, dans sa prétention au langage naturel et gracieux , de trop amollir son style, et de nuire à la noblesse de la diction. Un juge d'une grande autorité en matière de goût , l'abbé I3ettinelli , avait qualifié Cerretti de Chiarissimo ingegno , trà pochi ercellente , dans son Risorgimento d'Italia, achevé en 1759, et publié en 1773. Cerretti n'était pas moins zélé que Bettinelli pour combattre les défauts qui, depuis les Marini, les Achillini, avaient banni le naturel de la plupart des ouvrages d'esprit; mais il craignait aussi , comme lui , qu'on ne tombât dans l'excès contraire , et que la raison, poussée trop loin , ne tarit les sources de l'invention poétique. Dès 1761 , il écrivait en ces termes au marquis don Charles Bentivoglio : « Si l'on peut dire que les Seicealisti « étaient hydropiques, on doit convenir aussi que « nous tombons en phtbisie. » L'un de ses élèves , l'abbé Pédroni , pour réparer le tort fait à sa mémoire par l'impression de quelques morceaux inconsidérément publiés à Pavie, après sa mort , sous le titre (le Alcune Parsie inedile di l.. Cerretli de 52 p., a donné un choix de ses oeuvres avouées par le goût et la décence. Ce nouveau recueil, dédié au comte Luosi, alors sénateur et ministre de la justice du royaume d'Italie, forme 2 vol. dont le premier est intitulé : Poesie scelle del caraliere L. Cerreti: ; et le second, qui se compose (les éloges oratoires de quelques hommes célèbres du dernier siècle , suivis du discours sur les Vicende del borin guslo , a pour titre : Prose scPlte del , etc. , flan , 1812. On a aussi publié ses huai uzioni di eloquenza, Milan, 1811, 2 vol. — Jean- Baptiste CERnErn, compatriote de Paul CERRETTI, a publié l'Histoire des monts de piété avec des réflexions sur ces établissements, dont une traduction n paru à Paris, en 1752
  • Louis CHANTEREAU LEFÈVRE( 1588 - 1658) : né à Paris, le 12 septembre 15S8, s'appliqua dès sa jeunesse à l'étudedu droit et de l'histoire, et parvint à mériter les faveurs de Louis XIII, qui le nomma successivement intendant des fortifications, puis des gabelles de Picardie, commissaire pour l'échange • la principauté de Sedan, e4 enfin intendant des cliés de Lorraine et de lie. Pendant son séjour Lorraine, il lit des recherches sur les différentes maisons qui ont possédé cette province, et mit au jour des Mémoires sur l'origine des maisons et du- chés de Lorraine et de Bar, 1642 il promettait une continuation de cet ouvrage en deux parties. On a encore de lui I' Question historique, si les provinces de l'ancien royaume de Lorraine doi- vent être appelées terres de l'Empire, Paris, 1641 ; 2° Discours historique concernant le mariage d' Ansbert et de elithilde, prétendue fille de Clo- taire I ou II, Paris., 1647 Chantereau mourut le ‘.›. juillet 1658. Son fils Denis publia, en 1662 son Traité des fiefs et de leur origine, avec les preuves. Il a laissé plusieurs autres ouvrages inédits, qui sont conservés 4 la bibliothèque royale, entre autres une Coutume de France, et une Chrono- logie universelle, en 5 vol. dont tous les éditeurs de Moréri ne se lassent pas d'annoncer la publication prochaine depuis •712. On trouve en tète de ce manuscrit une vie de l'auteur, composée par un de ses amis. Les éditeurs de Moréri disent aussi que Chantereau Lefèvre a donné quelques ouvrages sous le nom de Louvrier. Ws.
  • Louis CHARRIER DE LA ROCHE( 1738) : évèque de Versailles , naquit à Lyon , en 1158, d'une famille qui avait quatre cents ans de noblesse d'échevinage, et fut, dès l'àge de onze ans, pourvu d'un canonicat dans l'église d'Ainai , où l'on n'était admis qu'en faisant preuve de plusieurs quartiers de noblesse. Envoyé à Paris pour ses études théologiques, il y devint docteur de Sorbonne, et retourna dans sa patrie , 011 l'archevèque Montazet le nomma un de ses grands vicaires, et ensuite son official métropolitain , c'est-àdire président du tribunal auquel on appelait des jugements de l'officialité ordinaire et de celle des suliragants. L'abbé Charrier vaquait à ces diverses fonctions avec autant de zèle que de sagesse. Plein de l'esprit de son état, d s'adonnait eu outre aux fonctions communes du sacerdoce, telles que la confession et la prédication. En •771, à la mort du prévôt du chapitre , flt était en raine temps curé de la paroisse du mélne nom , Charrier Lut choisi pour le remplacer. Jouissant déjà d'une assez grande fortune et surtout du prieuré du BoisdelaSalle en Beaujolais , qui lui avait été conféré . Les instructions pastorales , et les autres écrits dont nous avons parlé , ne sont pas les seuls qui soient sortis de sa plume. On a encore de lui : Réfutation de l'Instruction contre la constitution civile du clergé, 1791 et d'autres brochures pour la défense de cette constitution civile, telles que : Questions sur les affaires présentes de l'Eglise de France, . 1792 8° ; 5° Lettre cl Naultrot sur la religion, .1791 ; Lettre circulaire aux curés de son diocèse contre les brefs du pape, 179 I ; 5. Lettre pas- torale aux fidèles de son diocèse , 1791 6" Quels sont les remèdes aux malheurs qui désolent la France? 1791 7° Examen des principes 11 avait attiré, des contrées méridionales, les soeurs dites de la Sagesse pour leur donner un établissement à Versailles, un autre à Montmorency, et il sollicita pour elles une maison à Paris, « qui pût veiller aux intéréts généraux de la congrégation, donner « l'hospitalité aux aletlfs qui seraient dee le cas de voyager à la « capitale, etc. 'mer sitr le g droits de la religion, la juridiction et le ré- gime de l'Eglise catholique , relativement à la con- stitution civile du clergé , Paris , 1792 , . L'abbé tiaston a réfuté plusieurs écrits de Charrier de la Roche
  • Louis CHASLES( 1754 - 1826) : conventionnel, naquit en 1754, à Chartres, où son père était menuisier. Après avoir achevé ses études avec succès, il embrassa l'é- tat ecclésiastique, remplit quelque temps les fonctions de précepteur des enfants du comte d'Estaing; et, à la mort du respectable abbé Leboucq, lui succéda dans la chaire de rhétorique au collége de sa ville natale. Un opuscule de Chasles, intitulé : Ti- mante, ou portrait fidèle de la plupart des écrivains du 18' siècle , ayant fait augurer qu'il serait un jour en état de contribuer à la défense des doc-1 trines religieuses, l'archevêque de Tours, M. de Conzié, le choisit pour son secrétaire et lui conféra,' peu de temps après, un canonicat de sa cathédrale. A l'époque de la révolution, il fut, avec son frère; depuis curé' à Chartres, le fondateur du Corresponi dant, journal rédigé dans des principes monarébiques; et il coopéra même, diton, à la rédaction de l'Ami du roi, par l'abbé Royou . Chasles était si •peu mesuré dans ses articles que M. de Conzié l'avertit plusieurs fois de modérer son zèle. Lorsque ce prélat fut forcé d'abandonner son siége, Chasles revint à Chartres, se hâta de prêter le serment, quoiqu'il eût pu s'en dispenser, puisqu'il n'était pas fonctionnaire, et fut nominé principal du collége de NogentleRotrou. Bientôt après, il se mit sur les rangs pour remplacer l'évêque de Chartres, M. de Lubersac ; niais, humilié d'avoir échoué dans ses démarches près des électeurs, il jeta le masque dont il s'était couvert jusqu'alors, et devint l'ennemi le plus implacable du clergé, ne cessant de déclamer Son nom est écrit Châles dans les tables du Moniteur. Chartres, 1785 Daus l' : innée littéraire, l'auteur de cet ouvrage est mal nommé Charles. Voy. le Moniteur du 17 janvier 1793, où Clausel reproche à Chasles d'avoir travai4 longlemps à la feuille de 'l'abbé Rayon. contre ses anctens confrères et de provoquer contre • eux des mesures de rigueur. Au mois de septenibt•e 1792, il fut élu député par le departement d'EureetLoir à la convention; et ayant cru devoir remercier les électeurs qui venaient de lui accorder leurs suffrages, il le lit par un discours si déplacé dans la bouette d'un pitre catholique, que tous ceux qui l'entendirent furent saisis d'horreur. A son arrivée à la convention, Chasles choisit sa place dans les rangs des démagogues les plus exaltés. Le 26 noxembre, des commissaires ayant rendu compte des troubles qui venaient d'éclater à Chartres, occasionés par la rareté des subsistances, Chasles dit que les fermiers des cidevant nobles étaient payés pour ne battre leurs grains qu'a la dernière extrémité. Le 3 déeentbre, il essaya de jeter des soupçons sur la nature des relations de Guadet avec la famille royale pendant la législature, et demanda qu'il ftit invité de quitter la présidence, lorsque la discussion s'ouvrirait sur les papiers trouvés aux Tuileries dans l'armoire de fer. Le 10, il appuya Marat, qui voulait ôter au roi la faculté de choisir ses conseils ; et qUelques jours après, il sé lit l'apologiste des mesures prises par la municipalité de Paris à l'égard des défenseurs du roi, et qui tendaient évidemment à les empècher de rommuniquer a?ec le royal accusé. Le 28, il se joignit à T'imita pour faire repousser l'intervention du roi d'Espagne en faveur de Louis X VI, et demanda que la convention ne traitât plus qu'avec les peuples. Lors de l'appel nominal sur la peine à infliger à l'infortuné monarque, Chasles s'exprima en ces ternies : « Je ne crains « pas de dire en face de la patrie, en présence de « l'image de Brutus, devant ma prOpre conscience, « que le moment où l'assemblée a écarté la proposi- « Lion de l'appel aux assemblées primaires m'a « paru un jour de triomphe pour la liberté et l'é- « galité, pour le salut de la republique. Quant à la « crainte de ce que vous appelez mal à propos les « puissances étrangères, je l'écarte par cette seule « pensée : c'est en présence de leurs armées que « vous avez décrété l'abolition de la royauté. Je « vote pour la peine de mort et pour l'exécution « dans le flus bref délai. » Le 15 mars, il lit décréter d'accusation le général d'Ilarambure. Le 24 avril, il accusa le général Berruyer d'afficher un luxe insolent, et témoigna sa surprise de voir le c‘idevant baron de Menou employé dans l'étatmajor de l'armée contre les insurgés de l'Ouest. Mais Gel- pineau, de retour d'une mission à cette armée, réfuta toutes ses imputations calomnieuses, et, faisant allusion au premier état de Chasles, lui dit que les cidevant pitres faisaient bien autant de mal que les cidevant nobles. Le 2 mai, il insista sur la nécessité d'adopter le maximum pour mettre un ternie à la cupidité des marchands de blé. Dans les séances qui précédèrent la journée du 51 mai, il se signala par son emportement contre les orateurs dévoués d'avance à la proseriptien, provoqua l'appel nominal contre le président lsnard, qu'il accusa de partialité, et sur ce qu'on l'invitait à se taire, se plaignit d'are opprime. Le 2 juin, il lit passer à l'ordre du jour sur une lettre de Marat qui déclarait que si sa présence était _un sujet de troubles, il s'abstiendrait de venir à l'assemblée jusqu'à ce que le calme y fût rétabli. Le 20 juillet, il proposa d'appliquer les lois sin les émigrés à tous les Français qui auraient des fonds à la banque de Londres. Bientôt il fut envoyé commissaire à l'aimée du Nord. Blessé d'un obus à la jambe, le 8 septembre, à la bataille d'Hondschoote, il se lit transporter à 14:ras pour y ètre soigné. Malgré l'invitation reent de revenir à Faris, il ne tarda pas à retourner à Lille réchauffer le patriotisme des habitants ; et il envoya, peu de jours après, au tribunal révolutionnaire, le Malheureux général Lamarliére. Dénoncé par plusieurs de ses collègues à la tribune et dans les comités comme avilissant par sa conduite crapuleuse le caractère de représentant, il fut invité de nouveau à rentrer à la convention mais il continua de s'excuser sur l'état de sa santé, qui ne lui permettait pas de supporter la voiture. Telle était l'opinion qu'on avait de lui, que Baffrou insistant, k 15 pluviôse , sur son rappel, ajouta : « S'il lui arrive de mourir en « chemin, sa mort couvrira bien des torts. » Les comités de salut ptiblic et de sûreté générale fuient chargés de toutes les dispositions pour son prompt retour. Chasles, voyant qu'il né pouvait plus différer, écrivit à la société des jacobins et à celle des cordeliers pour leur annoncer qu'il confondrait bientôt ses calomniateurs. Le '27 pluviôse , il plia la convention de fixer le jour où elle entendrait son rapport sur sa mission. Le lendemain il se rendit aux jacobins , et, après une violente diatribe contre les Lillois, il demanda son affiliation à la so- ciété, comme la plus douce récompense de son zèle pour la chose publique. Le 11 ventôse , il dénonça le journal que Guffroy publiait sous l'anagratnine de Rougiff, comme infecté du poison le plus aristocratique, et provoqua sa suppression. Enlin, le 15 ventôse , il lit sa rentrée à la convention, appuyé sur deux béquilles, et soutenu par les huissiers. 11 s'excusa, sur les souffrances que lui causait sa blessure, de n'avoir pas pt•ésenté plus tôt son rapport, , il vint à la société des jacobins se plaindre des persécutions que les patriotes éprouvaient dans toutes les grandes communes. « « est, ditil, des endroits où l'on ne craint pas d'ou- « trager la mémoire de l'immortel Marat. Dans « d'autres, l'aristocratie, non contente des chagrins « amers dont elle abreuve les patriotes, distribue de « l'argent pour parvenir à son but. » Mais les jacobins- avaient cessé de dominer la convention, et ses plaintes furent écartées par l'ordre du jour. Dans la discussion qui suivit le premier rapport sur les crimes de Carrier, Chasles demanda qu aucun représentant ne pût être accusé sans qu'on lui rit connaitre ses dénonciateurs, afin qu'il lui fût possible i'user de récrimination. Il avait essayé de continuer ‘1arat, en faisant paraitre un nouveau journal sous e titre de l'Ami du peuple ; mais, craignant la suite des dénonciations auxquelles cette feuille donnait lieu, il déclara que, depuis le seizième numéro, il n'avait plus aucune part à sa rédaction . Le 1" germinal an 5 , il demanda que la déclaration des droits de l'homme fût affichée dans la salle de la convention ; « et, ditil, pour que votre , Chasles, dénoncé par André Dumont, comme l'un des auteurs des troubles qui venaient d'éclater dans Pa- ris, fut arrêté sur la proposition de Bourdon et conduit au château de Ham. Amnistié Pal' la loi du 4 brumaire an 4 , il fut, en considération de son ancienne blessure, admis à l'hôtel des Invalides. Lors de la création des droits réunis, il obtint un débit de tabac à Paris sous le nom de sa femme. Pendant les cent jours, n'ayant point accepté de place ni signé l'acte additionnel, il ne fut point atteint par la loi qui bannissait les régides. Il mourut le 22 juin 18'26. Chasles a laissé manuscrits des Mémoires sur la révolution. Ws.
  • Louis CHASOT DE NANTIGNY( 1692 - 1755) : né au mois d'août 1692, à SaulxleDuc, en Bourgogne, vint de bonne heure à Paris, et s'y consacra à l'éducation de quelques jeunes seigneurs. Ces fonctions honorables augmentèrent son amour pour l'étude. Il s'adonna particulièrement à celle de l'histoire et aux pénibles recherches qu'exige la science des généalogies. Ses ouvrages sont recommandables par l'exactitude des détails, par une méthode claire et précise. C'est à lui qu'appartient toute la partie généalogique des suppléments de Moréri. Dans sa vieillesse, il devint aveugle, et mourut le 29 décembre 1755.0n a de lui 10 Tablettes géographiques, contenant un Abrégé des quatre parties du monde, un Dictionnaire géogra- phique, etc., Paris, 1725 2° Généalogies his- toriques des anciens patriarches, rois, empereurs et de toutes les maisons souveraines, jusqu'à présent, Paris, 1756-1738, 4 vol. : ce grand ouvrage n'est point achevé ; 3', Tablettes historiques, généa- Moni! etrr du 15 ventôse an 31,4 mars 1795). logiques et chronologiques, Paris, 1749-1757, 8 vol. ; 4° lubies généalogiques de la maison de France et de celles qui en sont sorties 4e : c'est un extrait de ses Généalogies historiques ; 5° Ta- blettes de Thémis, Paris, 1755, 2 vol. 6° Abré- gé de la généalogie des vicomtes de Lomagne, avec une dissertation sur la branche de Catulale, Paris, 1757
  • Louis COHORN( 1771) : général de brigade et baron de l'empire, né à Strasbourg, le 16 janvier 1771, entra comme volontaire, en 1783, clans un régiment de cavalerie dont son père était mestre de camp. Il passa souslieutenant au régiment , Cohorn sauva un bataillon de ligne et une compagnie de dragons près d'ètre enveloppés par l'ennemi. Nommé adjudant général le 40 aat de la menue année, il reçut le commandement de la ligne du Bhin, depuis Strasbourg, jusqu'à Neubrisach. Dans les années 1800 et 1801, ce lut lui qui dirigea l'avantgarde de la division Delmas. Il culbuta la cavalerie autrichienne à Moeskirch , et accourut avec un faible détachement au secours de la division Montrichard, qui, à l'affaire de Netsbourg , avait été repoussée et enfoncée par l'ennemi. 11 lit partie du camp de Bruges en 1801. Dès l'ouverture de la campagne de 1805, Coliorn attaqua, suivi de deux ordonnances à cheval, un peloton de chasseurs russes, en sabra une partie et contraignit les autres à se rendre. Il coupa la retraite à deux bataillons autrichiens à Lambach, et rendit plusieurs services importants à Austerlitz. Cité d'une manière particulière dans les rapports du maréchal Davoust, pour sa belle conduite à la bataille d'Auerstaedt, il reçut plusieurs blessures assez légères à celle d'léna; mais une balle qui l'atteignit au front dans un combat livré plus tard, près de Varsovie, le contraignit à se retirer et à prendre quelque repos. Il fut nommé général le 21 mars 1807, et chargé de la 3e brigade des grenadiers du maréchal Oudinot. A Friedland, une balle lui traversa la cuisse, ce qui ne l'empècha pas de faire la campagne d'Autriche, en 1807, sous les ordres du général Claparède. Cohorn déploya surtout la plus grande valeur à l'affaire d'Ebersberg, où, à la tète de sa brigade, il força le passage de la Traun, défendue par 50,000 Autrichiens. Il se trouva ensuite aux batailles d'Essling et de Wagram. Le 30 août de la meme année, Napoléon le créa commandant de l'ordre de la Légion d'honneur, et quelques mois après, comte de l'empire. En 1811, il partit pour l'Espagne; mais arrivé à Pampelune, sa santé, affaiblie par les fatigues et les blessures, le força de revenir en France , et de passer deux ans clans ses loyers. Cohorn se réunit en 1815 à la grande armée d'Allemagne, sous les ordres de Marmont. 11 prit part aux batailles de Lautzen et de Beautzen, et eut la cuisse emportée par un boulet dans la désastreuse retraite de Leipsick. Resté au pouvoir de l'ennemi, il supporta l'amputation avec fermeté, quoique avec répugnance, et mourut peu de jours après, le 29 octobre 1813, vivement regretté de ses compagnons d'armes, qui avaient admiré tant de fois son zèle et son intrépidité
  • Louis COLLADO : médecin qui vivait dans le 16e siècle. Il étudia et prit des grades dans l'univer-. sité de Valence, et il cultiva l'anatomie, tandis que ,'‘?alesio, comme praticien, jouissait de la plus grande I faveur à Madrid. Sa haute réputation dans cette science le lit appeler en cette ville, où il devait être membre du conseil de santé du roi; niais l'esprit (l'indépendance, si ordinaire chez ceux qui eultivent les sciences et les lettres, le détermina à ne point changer sa liberté pour l'esclavage; il ',refera une vie tranquille au Sein de l'académie, aux jouissances de la cour. Les ouvrages sortis de sa plume sont 10 In Guleni librum de ossibus Commenlarius, Valence, 1555 Il s'y dit étre le premier qui ait découvert l'étrier dans la caisse du tympan. 2° Ex Hippocralis et Galeni nionumenlis lsagoge adla- eiendam medicinam, ibid., 4561, iii-8.. 5° De Indi- cationibw liber unus, ibid., 1572 P—R—L
  • Louis COLLOREDO : capucin de Vérone, se fit remarquer en 1797 à la tète des furieux qui massacrèrent, jusque dans les hôpitaux, des soldats malades de la république française. Au milieu de ces horreurs, on le vit haranguer la populace, et l'ex- citer par ses discours à exterminer tout ce qui portait le nom français. Arrèté après la réduction de cette ville, et traduit devant une commission min - taire, il fut condamné au _dernier supplice et exécuté surlechamp. Il affronta la mort avec un grand courage, et étonna ses juges par sa fermeté autant que par sa présence d'esprit. Après les événements de 1814, les capucins de Vérone lui élevèrent dans leur église un monument qui rappelle sa conduite et sa condamnation. Botta a inséré dans son His- toire d'Italie un discours trèsremarquable, prononcé par ce moine fanatique, et attribué sans fondement au fameux prédicateur Turchi, alors évèque de Parme
  • Louis CHÉRON( 1660 - 1723) : peintre et graveur, frère d'Élisabet?Sophie, naquit à Paris en 1660 ; lit, avec le secours de sa soeur, un voyage en Italie , où il étudia les chefsd'ecuvre (le Raphaël et de JulesRomain ; mais s'il approcha du caractère de dessin de ces grands maîtres , il en était fort loin sous le rapport des gràces et n'éli?e du coloris. Les principaux tableaux que nous avons de lui sont : Hérodiade tenant la tète de St. Jean ; le Prophète Agabus devant St. Paul, qu'on voyait à NotreDame, et une Visitation qu'il 11% ait faite pour le maitre autel des jacobins de !a rue StJacques. Les estampes de Chéron sont d'une assez bonne manière, mais elles sont froides et manquent généralement d'effet. Obligé (le passer en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes, il y fut bien accueilli, et mourut à Londres, en 17'2:5
  • Louis CHOQUET : poête français du 16e siècle, n'est connu que par un ouvrage que nous avons de lui, et qui est extrêmement rare, puisqu'il n'a été imprimé qu'une seule fois; c'est un mystère : l'Apocalypse de St. Jean Zébédée , où sont corn- prises les. visions et révélations qu'icelui St. Jean eut en l'isle de Pathmos, Paris, 1541 à la suite des Actes des apôtres. Daverdier s'est trompé en attribuant le Mystère des Actes des apôtres et celui de l'Apocalypse au même auteur. Le premier est des frères Griban , et, ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'un critique aussi habile que Bayle soit tombé dans la même erreur. Le mystère composé par Choquet lia représenté, lors de son impression, à l'hôtel de flandre, A Paris, par les confrères de la Passion. Ce poême contient environ 9.000 vers ; on en trouve l'analyse dans l'Histoire du Théâtre- Français, t. 3. Bayle en a cité plusieurs passages dans son artiele CIIOQUET. La Monnoie dit que cet auteur était prêtre. On ne sait aucune des particularités de sa vie
  • Louis CHORIS( 1795) : , peintre et voyageur russe, né le 22 mars 1795, d'une famille allemande, à Jekateri»oslav, fut envoyé ait gymnase de Kharkov, où il montra d'heureuses dispositions pour le dessin. Ses premiers essais fixèrent l'attention, et Marshall de Biberstein l'emmena avec tell dans un voyage qu'il fit au Caucase, en 1815. Choris, s'étant ensuite ,perfectionné dans son art à StPétersbourg„ fut choisi pour faire partie, comme peintre, de l'expédition autour du inonde entreprise par le brick le Rurick, que le comte de Bomanzov, chancelier de l'empire, équipait à ses frais. Le bàtirnent était commandé par Otton de Kotzebue, lieutenant de vaisseau de la marine impériale. 11 fit voile de Cronstadt, le 30 juillet 1815, et fut de retour le 5,août 1818. Choris vint à Paris l'année suivante, et y reçut un accueil distingué des savants et des artistes. Il travailla assidennent (lins l'atelier de M. Gérard pour acquérir plus d'habileté, et apprit la pratique (le la lithographie, afin de n'être paF obligé de recourir à l'aide d'autrui pour publier le matériaux qu'il avait recueillis dans son voyage, Dominé par la passion de parcourir les pays lointains, et voulant tirer parti de son talent tout en courant le monde, il quitta la France, en 1827, avec le projet de visiter le Mexique et d'autres contrées de l'Amérique. Il emportait tout ce qui était nécessaire pour l'exécution de son plan, et il avait obtenu du gouvernement son passage sur une frégate qui, après avoir visité les petites Antilles, attérit à la Havane. De là, Choris gagna la NouvelleOrléans, oit l'on essaya vainement de le retenir pendant quelque temps. Débarqué à la VéraCruz, le 19 mars 1828, il se mit en route le 22 pour la capitale ; il devait partir la veille avec un Anglais nominé Denderson, niais il aima mieux aller en compagnie d'un tuiede- cin italien qu'il avait rencontré i la Louisiane. Art'ive à un détour entre Puente National et Plan del Choris, frappé d'un coup (le sabre et atteint 'd'une balle, resta mort sur la place. Henderson, que l'on avait rejoint, blessé d'une balle au bras, d'une autre à la poitrine et d'une troisième à la cuisse, mourut à Xalappa. Le corps de Choris, trouvé le lendemain, fut transporté dans cette ville, où on l'enterra honorablement. Ces détails, qui diffèrent de ceux qu'on lit clans une biographie allemande, sont extraits des lettres écrites du Mexique, et d'une dépêche du médecin italien, lequel se saisit des effets de l'infortuné Choris, « parce que, ditil, comme je « ne suis pas riche, je dois les garder moimême. Et il ajoute que, si la famille à laquelle il devait écrire ne les réclamait lias, il ferait du bien aux pauvres pour le salut de I'Mne du défunt ; niais il eut soin de dire auparavant qu'il se regardait comme le premier pauvre. On a de Choris : 1° Voyage pittoresque autour du monde, accompagné de descriptions de mammifères, par M. le baron Cuvier, et d'observations sur les crânes humains, par M. le docteur Gall, Paris, 1820 avec fig. et cartes. Le Rurick visita successivement Ténériffe , l'île SteCatherine, sur la côte du Brésil, Talcahuanha, sur celle du Chili ; l'île de Pâques, l'archipel Dangereux, les îles Penrhyn , le groupe de Radack, le Kamtchatka, le détroit de Behring ; il entra dans l'océan Glacial, où un golfe qu'on découvrit sur la côte d'Amérique reçut le nom de Kotzebue. Revenu dans le grand Océan, le Rurick relâcha dans la baie (le StLaurent, sur la côte du pays (les Tchoukichis, à l'extrémité nordest de l'Asie ; ensuite il alla consécutivement à Ounalachka, la plus grande des îles Aleoutiennes, à PuertoSanFrancisco en Californie, aux îles Sandwich, aux groupes de Romanzov et aux îles Radack ; revint à Ounalachka, cingla au nord jusqu'à l'île StLaurent, près du détroit (le Behring; repassa par Ounalachka, les Sandwich, le groupe ?omanzov et Radack ; lit un court séjour à Guahan dans l'archipel (les Mariannes, et à Manille; traversa les détroits de Banca et de la Sonde, et essaya inutilement de jeter l'ancre sur la racle de SteHélène. Choris donne une relation abrégée du voyage, et présente ses remarques sur les pays qu'il a vus. Son livre a (l'alitant plus d'intérét, que la relation de Kotzebue n'a pas été traduite en français. Il ne dessine pas avec une grande pureté, mais ce défaut est compensé par la vérité des figures ; ce ne sont pas, comme dans les planches des voyages publiés autrefois, (les images inexactes, et dans lesquelles on ne pouvait louer que le burin de l'artiste; cette méthode vicieuse, qui n'a cessé qu'à la publication du Voyage aux terres australes de Baudin, n'a pas été suivie par Choris ; il peint les différents peuples tels qu'ils se sont offerts à ses yeux. Ses paysages ne sont pas moins fidèlement représentés. 2° Vues et Paysages des régions équinoxiales, recueillis dans un voyage autour du monde, avec une introduction et un texte explicatif, Paris, 1826 fig. coloriées. L'ouvrage précédent n'avait pas épuisé les matériaux du portefeuille de Choris. il a voulu dans celuici faire connaître par des dessins caractéristiques, avec la végétation et les animaux, les divers pays qu'il avait visités. Il réclame l'indulgence du public, qu'il prie de ne pas juger avec trop de sévérité ces nouveaux essais. Ce ne sont effectivement en grande partie que des esquisses ; on voit que l'auteur n'y a pas mis la derniève main : il a tenu à ne rien changer à sa première idée. Choris a fourni les dessins des ligures de plusieurs plantes de l'ouvrage de Marshall de Biberstein. intitulé : Icones plantai- sac Russice rariorum. Il avait publié le prospectus d'un ouvrage qui devait offrir le recueil des tétes des différents peuples du globe : ce projet est resté sans exécution. Le nom de cet infortuné voyageur avait été donné à une île du golfe de Kotzebue ; on ne sait par quel motif il fut effacé de la carte qui accompagne la relation publiée par ce capitaine
  • Louis CIVOLI ou CIGOLI( 1559 - 1613) : s'appelait CARDI,- et était né en 1559, au chateau de Cigoli en Toscane. Quoiqu'il fût élève d'Alexandre Allori, il a toujours copié les ouvrages de MichelAnge, du Corrège, d'André del Sarto, du Pontorme et du Barroche; consultait cependant Santi di Tito, qui tenait à Flo.si rence un rang distingué parmi les peintres. Civoli voyagea dans toute la Lombardie, et y lit des études assidues; il travailla ensuite pour le grandduc de Toscane, qui fut si content de ses ouvrages qu'il l'honora d'une chaîne d'or, et l'envoya à Rome continuer ses études et faire un tableau pour l'église de StPierre. Il fit, en concurrence avec Barrocci et MichelAnge de Caravage , un Ecce homo fort supérieur aux tableaux des autees maitres. A son retour à Florence, il fut chargé des principaux ouvrages qui s'y trouvèrent à faire. Il fit connaitre son goiit pour l'architecture dans plusieurs tètes publiques, et dans les décorations de théâtre faites à l'occasion du mariage de Marie de Médicis avec Henri IV. Le piédestal et la statue de ce monarque , que l'on voyait avant la révolution sur le PontNeuf, à Paris, ont été faits sur ses dessins. Civoli fut toujours malheureux , envié , persécuté , et souvent mai récompensé. La facilité de son pinceau et son génie fécond furent les seules armes qu'il employa contre ses ennemis. Le Martyre de Si. Etienne passe pour le plus bel ouvrage de cet artiste; ce fut ce tableau qui fit appeler Civoli Corrége florentin. Paul V lui donna un bref pour le faire recevoir chevalier servant dans l'ordre de Malte ; il reçut cet lionDM à Borne, au lit de la mort, en 161:5, âgé de 54 ans. Jean Biliverti, son élève, a achevé plusieurs de ses tableaux
  • Louis CORRÉA : historien espagnol, servait dans l'armée qui s'empara du royaume de Navarre, et écrivit l'histoire de cette conquête, qui fut imprimée à Tolède, sous le titre suivant : Conquista del reino de Navarra, 1513 — CORRÉA , historien portugais, a écrit une Historia da India, ouvrage important par les détails donne sur les premières découvertes des navigateurs de sa nation. On le conserve en manuscrit, en 4 vol. dans plusieurs bibliothèques. — CORRÉA DE ARAUYO , qui vivait dans le 17° siècle, est auteur d'un traité sur l'orgue, imprimé à Alcala ; il a pour titre : Mus. ica practica y theorica de organo, Alcala, 1626 CORRÉA , né en 1712, d'une famille noble, à Scalapa, bourg de Portugal, entra dans l'institut des jésuites en 1729, et fut envoyé aux Indes occidentales. Il professa, dans le Brésil, la philosophie à Fernambuco, et la théologie à StSalvador. Après l'attentat commis contre le roi de Portugal en 1758, Corréa fut m'?té avec tous ses confrères , transporté à Lisbonne, et déporté à Rome où il mourut en 1789. On a sa vie écrite en latin en 1789 Elle contient des notes curieuses sur les événements qui amenèrent la suppression des jésuites. — Plusieurs autres ecclésiastiques portugais du même nom ont publié divers ouvrages ascétiques
  • Louis COTTE( 1740) : un des plus laborieux physiciens du 18° siècle, né à Laon le 20 octobre 1740, com- mença ses études au collége de l'Oratoire de Soissons et les termina dans la maison que cet ordre religieux possédait à Montmorency. Dès 1758, il était entré dans l'institution de l'Oratoire qui l'envoya successivement comme préfet au collége Juilly, et comme professeur de philosophie, puis de théologie à Montmorency. Trèspeu de temps après avoir reçu les ordres, il devint vicaire , ensuite curé de Montmorency. En 1780, il joignit à ces fonctions celles de supérieur de la maison de l'Oratoire à Montmorency. Un canoni- cat à Laon lui fit quitter cette résidence en 1784; mais la Révolution supprima les chanoines en même temps que l'évêché de Laon. Cotte fut heureux de se voir élu, par ses anciens paroissiens, curé de Montmorency, et il en remplit de nouveau les fonc- tions. Quelques années après , il fut nommé conservateuradjoint de la bibliothèque de SteGeneviève, et il ne quitta ce nouveau poste qu'en 1802, pour se retirer à Montmorency. L'Académie des sciences l'avait nommé, en 1769, son corres- pondant, et en 1803 la première classe de l'institut lui renouvela ce titre. Il était encore associé ou correspondant de dixneuf autres sociétés savantes nationales ou étrangères, parmi lesquelles nous distinguerons les sociétés d'agriculture et de mé- decine de Paris. Ces titres, avec celui de membre de la commission administrative de l'hôpital civil de Montmorency, étaient les seuls qu'il eût accep- tés. Il ne sollicita jamais la moindre faveur; il ne voyait point le monde. Sa bibliothèque était son séjour habituel : quelques savants et les pauvres, sur lesquels il répandait ses aumônes, étaient seuls admis à troubler sa solitude. En revanche il entretenait, en France et à l'étranger, une volumineuse correspondance avec les hommes livrés à l'étude des sciences auxquelles il avait voué sa vie. ILe gouvernement, instruit de ses efforts, le seconda de sa bienveillance et de sa protection. Le P. Cotte mourut le 4 octobre 1815, à Montmorency. Si la postérité ne peut le compter parmi les hommes de génie qui ont reculé les bornes de la science, il serait injuste pourtant de contester à cet infatigable observateur les services qu'il a rendus, et quelques vues neuves dont on lui est redevable et qu'on pourrait presque qualifier de découvertes. Nous ne parlons pas de la découverte des eaux d'Enghien dont on fit grand bruit dans le temps, et auxquelles notre jeune oratorien attribua des vertus qu'elles ne possèdent pas . Mais ce qu'on ne saurait nier, c'est que pendant cinquante ans, Cotte eut la constance de suivre des observations météorologiques trèsdélicates, trèsdétaillées, répétées de trois à quatre fois par jour, et que son immense correspondance le mettait en état de comparer avec ce qui se passait en même temps sur d'autres points. Par cette suite de recherches systématiques, il rendit indubitable le retour périodique de certaines dispositions atmosphériques, et il a fixé certaines périodes avec tous les caractères d'une haute probabilité. Telles sont entre autres celle qui occasionne la variation séculaire de l'aiguille aimantée ainsi que ses variations annuelle, mensuelle, diurne, la période lunaire de dixneuf ans qui ramène constamment la même température, et des périodes plus petites qui n'embrassent que quatre, que huit, que neuf ans. Le P. Cotte a confirmé la variation diurne du baromètre indiquée par van Swinden, et a mis sur la voie d'une loi des grandes périodes de vicissitudes atmosphériques qui ramènent les mêmes vents . Quelle que soit l'idée que l'on se fasse sur l'infaillibilité de ces résultats, en nos climats si capricieux et si variables, toujours estil qu'il sont susceptibles de devenir trèsutiles à l'agronomie, ne fûtce que comme pronostics. Visant toujours à l'utilité pratique ainsi qu'au bien-être du plus grand nombre, le P. Cotte roulut surtout tirer de ses observations météorolo- gigues des inductions à l'usage des agriculteurs et ides médecins. Cette vue ingénieuse, qui passe sur- Il lechamp, de l'observation théorique du phéno- mène pur et simple à celle des effets que le phénomène produit sur les deux mondes de l'organisation, sur les plantes et sur les animaux, n'est point restée stérile pour Cotte, dont les travaux à cet égard méritent d'être médités par les physiologistes.. Il s'occupa aussi de diverses questions agronomiques : il répéta les expériences faites sur le chaulage des blés par Duhamel dans le Gâtinais, et par Tessier dans la Beauce ; il en fit luimême sur la végétation du blé, soit dans diverses espèces de terre, soit dans des mélanges de substances minérales, et les compara avec celles de Tillet, aux environs de Paris; il suivit, sur l'invitation de Rosier, la culture comparée de vingtcinq espèces de vignes; enfui il s'occupa de l'éducation des abeilles. Les résultats de ses observations se trouvent épars dans une foule de mémoires, d'opuscules, d'articles et de traités élémentaires à l'usage de la jeunesse. Nous ne pouvons en offrir ici qu'un tableau trèsabrégé. Ce sont : 1° Traité de Météo- rologie, Paris, 1774 2° Mémoire sur / a topo- graphie médicale de Montmorency et de ses environs, Paris, 1781 Ce mémoire mérita it l'auteur le prix d'encouragement pour la itopographie mé- dicale proposé par la société royale de médecine, qui le fit publier pour servir de modèle aux travaux I de ce genre. 3° Méthode que l'on peut suivre dans la rédaction des observations météorologiques pour établir la température moyenne de chaque mois et de chaque année, Paris, 1781 publiée par la société royale de médecine. 4°. Description d'un nouvel hygromètre comparable inventé pal. Buissart, avec le détail des principes de construction, ibid., 1787 50 Leçons élémentaires d'histoire natu- relle par demandes et par réponses à l'usage des en- l'anis, Paris, 1787 . 6° Leçons élémentaires d'histoire naturelle à l'usage des jeunes gens, Paris, 1787 7° Manuel d'histoire naturelle, on Tableaux systématiques des trois règnes, pour servir de suite aux Leçons élémentaires, ibid., 1787 8° Mé- moires sur la météorologie, pour servir de suite et de supplément au Traité de météorologie, Paris, 1788, 2 vol; Un troisième volume inédit est en la possession de M. L.F. Lemaistre, neveu de Cotte. 9° Leçons élémentaires de physique, d'astro- nomie et de météorologie, Paris, 1788 réimprimées pour la quatrième fois, Paris, 1819 sous le titre de Leçons élémentaires de physique, d'hydrostatique, d'astronomie et de météorologie ; 100 Vues sur la ? nanière d'exécuter le projet d'une mesure universelle, ib., 1790 11° Mémoire sur la comparaison des opérations relatives à la mesure de la longueur du pendule simple à secondes, et à celle d'un arc du méridien jour obtenir une mesure universelle, ibid., 1790 12° Leçons élémentaires d'agriculture, ibid., 1790 Ca- téchisme ca l'usage des habitants de la campagne, sur les dangers auxquels leur santé et leur vie sont exposées et sur les moyens de les prévenir et d'y re- médier, ibid., 4795 14° Leçons élémentaires sur le choix et la conservation des grains, sur les opérations de la meunerie, de la boulangerie, etc., ibid., 1795 1,50 Leçons d'histoire naturelle sur les moeurs et l'industrie des animaux, ibid., 1799, 2 vol. reproduit, en 1819, sous les ti- tics de Beautés de l'histoire naturelle des animaux, et de Beautés de l'histoire naturelle de Buffon, ou Leçons sur les mœurs et sur l'industrie des animaux, 2 vol. 74 planches ; 16° Notice des grands hivers dont il est parlé dans l'histoire, et des gran- des inondations de la Seine, Paris, 1800 17° Vocabulaire portal i des mécaniques, ibid.,1801 18° Recherches relatives à l'influence des con- stitutions lunaires, boréales et australes, sur la température et les variations de l'atmosphère, ibid., 1801 19° Mémoire sur la période lunaire de dix- neuf ans, etc., ibid., 1805 Extrait des mémoires envoyés au concours pour le prix proposé par la société d'agriculture du département de la Seine, en l'an 19, sur l'éducation des abeilles, rédi- lié par Cotte, l'un des commissaires nommés par la société, Paris, 1813 21° Cinquantetrois arti- cles dans la collection du Journal dephysique, quinze dans le Journal général de France de l'abbé de Fontenay, puis une trentaine dans le Journal des savants , une foule d'autres dans la Connaissance des temps, dans les collections des sociétés de médecine et d'agriculture et celle de la société d'histoire naturelle de Paris; enfin, dans le Recueil des savants étrangers annexé aux Mémoires de l'Académie des sciences : 1° Mémoire sur une nouvelle eau minérale sulfureuse découverte dans la vallée de Montmorency en 1766, ; 2° Mémoire sur la météorologie qui contient l'extrait des observations météorologiques faites à Paris pen- dant dix ans depuis le 4" janvier 1763 jusqu'au 31 décembre 1172, par M. Messier, de l'Académie des sciences, avec une méthode pour analyser ces sortes d'observations . Les Mémoires de l'Institut, section des sciences mathématiques et, physiques, contiennent de lui: 3° Observations mé- téorologiques faites à Montmorency pendant l'an 5 de la république ; 4° Année moyenne con- clue des observations météorologiques faites à Paris pendant trente- trois ans , par M. Messier et pendant vingt- neuf ans par Cotte; 22° Les Tables 1' du Journal de physique; 2° du recueil de l'Académie des sciences avant 1792; 30 du recueil de la société d'agriculture; 4° du recueil des éphémérides astronomiques de Lalande; 23° Des notes pour l'édition du Theatre d'agri- culture d'Olivier de Serres, publiée par la société d'agriculture de Paris; 24° Divers articles dans le Cours d'agriculture de Rozier; 25° Table des mala- dies qui concourent avec les variations successives de l'atmosphère
  • Louis CONTARINI : doge de Venise, de la mème famille que les précédents, succéda le 26 août 1676 à Nicolas Sagredo. Un frère de ce dernier Dès le commencement du siège , qu'on pourrait renie faire remonter à 1045, la France et d'autres puissances de l'Europe avaient envoyé des secours aux assiégés. Le 22 juin 1668, le marquis de MontbrunStAndré, l'un des meilleurs capitaines de son temps, était arrivé à Candie avec une troupe de volontaires français, et fut chargé du commandement sous le provediteur Morosini. il resta jusqu'a la lin de ce siége, l'un des plus fameux dont l'histoire moderne fasse mention, et une partie de ses compatriotes embattirent pendant plus d'un an avec les Vénitiens. D—z—s. Trois semaines après le traité, la garnison et la population, à l'exception de trois pretres, d'une femme et de trois juifs, avaient abandonné la tille, et le 27 septembre au matin, Achtnet Kinprili reçut dans un plat d'argent, sur la briiehe de StAndré, les quatrevingttrois etes de la ville, des forts et des editices publics. tuait d'Ami obtenu lep murfrage4 des (i1e. teurs ponr le dogat. Nais ce choix ayant déplu an peuple rasgemblé mur la place, et son apparition s'étant manifesté par les cris forcenés de rolemo, nous n'en voulons point, le grand conseil, craignant les suites des excès auxquels il pourrait se porter, prit le parti de considérer l'élection comme non avenue. On procéda à une nouvelle, et le choix tomba sur Louis Contarini. Il mourut le 15 janvier 1684, sans que rien de remarquable eût été fait sous son règne ; il eut pour successeur MarcAntoine Giustiniani
  • Louis COQUELET( 1676 - 1754) : né à Péronne, en 1676, mort le '26 mars 1754. Il a donné au public les facéties dont voici les titres : 1° Éloge de la goutte, Paris, 1727 2° Éloge de quelque clise dédié à quel- qu'un, avec une préface chantante, ibid., 1740, brochure 2. édition, augmentée de l'Apologie des brochures, ibid., et mate année. 5° Éloge de rien dédié à personne, avec une postface, Y édition, 1750 Ces deux derniers ouvrages ont été réunis et réimprimés par les soins de Mercier de Compiègne, ibid., el95, 1795 Ils font partie d'un petit vol. imprimé sous le titre , 5 vol.
  • Louis CORNARO( 1467) : naquit à Venise en 1467. Appartenant à une famille distinguée, et possesseur d'une grande fortune, il mena, pendant sa jeunesse, une vie fort dissipée, et se livra sans réserve à la fougue de ses passions. Cette conduite imprudente eut des suites d'autant phis funestes que Cornaro avait reçu de la nature un tempérament trèsfaible. Sa santé devint de jour enjour plus chancelante; il fut en proie à des maladies fréquentes, longues et douloureuses. En sain les médecins lui conseillerentils de suivre un régime exact, en vain lui représentèrentils la modération en tout genre comme l'unique moyen de guérison; Cornaro fut sourd à leurs sages avis. Cependant l'état déplorahIe auquelil se trouvaréduit à l'âge de quarante ans le rendit plus docile. Menacé d'une mort prochaine, il résolut de mettre tout en œuvre pour éloigner ce Ce sont des dialogues relises tenus à A solo entre six je.unes gens des tieux sexes sur la nature de l'amour. 'Voyez 1•Fmn0 Pietro; ilanS lequel un a omis de bill: connaître là liaion ;nec Catherine Cornu) l'ori .ine de ces dialogue, terme funeste; il passa tout à coup de l'intemps,:s rance à une excessive sobriété ; il restreignit sa nourriture à douze onces d'aliments solides et quatorze one& de vin par jour. Ce changement, quoique subit, eut les plus heureux résultats; Cornaro fut luimême surpris de la rapidité avec laquelle sa santé, jusqu'alors languissante, se rétablit. Dans l'espace de quelques mois, il fut délivré de tous les maux qui rasaient tourmenté; aussi demeuratil fidèle à ce régime sévère. Il fit plus; du moment où il eut réglé la dose de ses aliments, il étudia et choisit ceux que son estomac digérait le mieux. Non content d'avoir surmonté les appétits de la chair, Cornaro résolut de se réformer au moral comme au physique, et, soit que son syStème ner- Veux n'étant plus surexcité par l'usage peu modéré de vins généreux, d'une nourriture trop chaude et trop substantielle, perdit de son impressionnabilité, soit qu'une résolution forte lui donnai un entier empire sur luimême, il réussit à dompter. son caractère comme il avait dompté son estomac. Naturellement morose, haineux, irascible, il com- battit ces odieux penchants avec tant de persévérance et de succès, qu'il devint en quelque sorte un modèle de patience et d'aménité. Désormais, libre de souffrances, inaccessible aux cruelles atte du chagrin, consacrant la plus grande partie de son temps aux beauxarts oui à d'autres occupations agréables, il parcourut une carrière extrêmement longue, et mourut à Padoue, presque centenaire, le 26 avril 1566 . L'opuscule. dans lequel il trace le plan de conduite auquel il dut ces précieux avantages est écrit d'un style sim- ple, même lâche, et parfois trivial. Malgré ces défauts, il reçut le plus favorable accueil , et devint pour ainsi dire classique. Cette mince production fut trèssouVent réimprimée ; on en lit de nombreuses versions et des imitations : quelquesuns re brégèrent, d'autres la surchargèrent de notes et de commentaires. Elle se compose de quatre parties, que l'auteurrédigea successivement depuis l'âge de quatrevingttroisans jtisqu'à celui de quatrevingtquinze. La première est intitulée Traitai° della vita sobria; la seconde, Compendio della vita so- bria; la troisième, ilmorevole esortazione , nella , etc., Paris, 1647 par M. D*** , avec. ce titre: Conseils pour vivre longtemps, Paris, 1701 par M. D. L. B. naudière) : de la Sobriété et de ses Avantages, Paris, 1701 ; en anglais: Discnurscs on a sober end temperate lire. Londres, 1725,1765, 1798, ete.; eu allemand, par Luilovici, Leipsick, 1707 etc. L'Anti- Cornaro, publié à Paris en 1702 contient des remarques critiques sur la sévérité du régime adopté par le noble vénitien: mais ces remarques sont tout à fait oiseuses. En effet, il est certain que si Cornaro jouit d'une longue et heureuse vieillesse, il en fui redevable à son extrême sobriété d'ailleurs il observe judicieusement que le vaine régime ne convient pas à tous les tempéraments, et que la nouniture doit étre appropriée aux futces digestives de restomae de chaque individu. Cornaro a aussi composé un opuscule, auquel une grande importance, intitulé : Tratiato arque, Padoue , 1560 il y indique les v de maintenir eu bon état les lagunes de Venise
  • Louis COSSIN( 1633 - 1682) : graveur , naquit à Troyes vers 1633, fut nommé d'abord Coquin ou Cauqu in , ensuite Cossin ou Cossinus. Il a gravé un grand nombre de portraits, mais tout porte à croire qu'il avait pratiqué la peinture avant de prendre le burin ; il est certain du moins que celui de Louis XIII, qu'il a gravé de grandeur naturelle, est d'après le portrait qu'il avait peint du même prince. Quelquesunes des belles compositions de C. Lebrn, un beau morceau de J.B. Champagne, l'École d'Athènes de Raphaël, ont tom à tour exercé son burin patient et laborieux ; mais, parmi les différents ouvrages de Cossin, les portraits qu'il a gravés Illiont la seule chose que les amateurs conservent encore dans leurs portefeuilles, les ouvrages de Lebrun, Champagne et Raphaël ayant été gravés depuis par des artistes plus habiles. Il motulit à Paris en 1682
  • Louis COSTA( 1784 - 1835) : né en 1784, à Castetuovo di Seri\ ia en Piémont, commença ses études au collége des Bénédictins de cette ville, et alla les achever à l'université de Turin, où il reçut le doctorat en droit ci v il et canonique; mais il abandonna bientôt la jurisprudence pour se livrer à l'étude de la paléographie et de la diplomatique sous la direc- tion de Vernazza, consenateur de la bibliothèque royale, qui lui donna une place dans cet établissement. Plus tard Costa hérita de la précieuse bibliothèque do jurisconsulte Bruno, dont il a' ait épousé lia fille. En 1814, le. mi de Sardaigne étant rentré à Turin, Costa fut employé à la secrétairerie d'Ètat pour les affaires de l'intérieur, puis agrégé au collége de jurisprudence de l'université; et en 1815, il fut envo? é à Paris pour réclamer les manuscrits, liv res et tableaux qu'on y avait transportés lors de l'invasion. Il mourut à Turin, en septembre. 183. On a de lui : 1° Chartarium Dertonense et Cronica di Turtone, Turin, 1814,2 vol. Bossi a inséré, en 1815, un extrait de cet ouvrage dans le tome du Magasin encyclopédique. 2° Rime del Bandello, Turin, 1816, in44°. Ce sont des poésies inédites de Bandello, dédiées à Marguerite de France, fille de François Ier, et tirées d'un manuscrit de la bibliothèque ro ale de Turin. 3° Papa Ciccio, almanach anecdotique. Costa était chargé de la rédaction de l'Almanach royal, et le gouvernement sarde l'avait nommé membre de la commission di storia patria. Outre la littérature il cultivait l'art du dessin ; sur l'invitation de Vernazza, il eut la patience de calquer et de graver à l'eauforte cinq pages du précieux manuscrit d'Atone, de Imitatione Christi, qui porte le nom de l'abbé Gets.en ; mais ce trav ail n'a pas répondu à l'attente des bibliographes. Le dessin de Costa fut remis au comte Galeano Napioni, et les planches à M. Gence, qui tous deux out publié des dissertations sur l'auteur de l'Imitation
  • Louis COULON( 1605) : ecclésiastique français, né à Poitiers en 1605, entra dans l'ordre des jésuites en 1620, quitta cette société, s'occupa principalement de géographie et d'histoire, et mourut sur la tin de 1 664. On a de lui : 1° Lexicon Homericum, sets accurata vocabulorum omnium, quce in Homero continentur explanatio, Paris, 1643 Pendant qu'il était jésuite, il avait déjà publié pour l'usage des écoles un fragment d'Homère, avec une version interlinéaire et des notes. e Les Rivières de France, ou Description géographique et histori- que du cours et du débordement des rivières de France, avec le dénombrement des villes, ponts et passages, Paris, 1644, 2 vol. L'auteur ne se borne pas à décrire le cours des rivières, il donne aussi des notices sur les villes et les divers lieux qu'elles parcourent. Le style de ce livre est quelquefois ampoulé et métaphysique jusqu'au ridi- cule. L'auteur convient que l'ouvrage de Papire Masson, sur le même sujet, lui a été trèsutile; mais on lui doit la justice de dire que le sien est Plus méthodique. Coulon commence sa descrip- lion par l'Aa, qui se jette dans la mer près de Gravelines, et qui formait alors la limite de la France au Nord, puis il suit les côtes jusqu'à l'extrémité méridionale. 11 propose d'unir l'Océan à la Médi- terranée en creusant un canal qui, partant de Nar- bonne, irait par Carcassonne joindre la Garonne. Après avoir fini de parler des courants d'eau qui ont leur embouchure dans la Méditerranée, il traite de toutes les rivières de la Flandre, puis du Rhin . et de ses affluents. L'ouvrage de Coulon peut encore être utile, quoique l'auteur soit singulièrement crédule. 3° Voyage de France, de Flandre et de Savoie; 4° Fidèle conducteur pour le voyage de France; 5° Fidèle Conducteur pour le voyage d'Es- pagne; 6° Fidèle Conducteur pour le voyage d'An- gleterre; 7° Fidèle Conducteur pour le voyage d'Al- lemagne. Tous ces ou \ rages, qui ont été imprimés à Paris, 1654 sont ordinairement réunis en un volume. Coulon en avait, diton, publié une première édition sous ce titre : L'Ulysse français, ou Voyage de France, de Flandre et de Savoie, Paris, Clousier, 1643 c'est au moins ce que dit Fontette dans le tome 4 de la Bibliothèque histori- que de la France; mais dans le tome Ier du même ouvrage, on voit que cet Ulysse français est une traduction de l'Ulysse Gallico- Belgicus de Golnitz. On doit encore à Coulon plusieurs compilations historiques moins estimées que ses travaux géographiques : une Histoire des Juifs, tirée de Josè phe et d'Hégésippe ; une Histoire des papes, tirée de Platine et de ses continuateurs; une Histoire universelle, traduite du P. Tursellin; l'Histoire de la Chine, traduite du P. Semedo ; une édition du Voyage de Vincent Leblanc, etc.
  • Louis COUSIN( 1627) : président en la cour des mon !laies, naquit à Paris le 12 août 1627. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, Il étudia la théologie, et se fit recevoir bachelier. Il s'adonna ensuite à la jurisprudence, fut avocat, et se distingua dans cette. carrière. En 1659, il acheta une charge de prési- dent à la cour des monnaies, fut nommé censeur, et, en 1697, obtint une place à l'Académie fran-çaise. C'était un homme d'une grande instruction, d'une probité et d'une douceur sans égales, d'une justesse d'esprit admirable. On a trèssouvent répété qu'en sa qualité de censeur, il approuva le Télémaque, comme fidèlement traduit du grec : mais l'édition de ce livre, de 1699, n'a pas été achevée; elle n'a que 208 pages, et point d'approbation du censeur. Tant que Louis XIV vécut, il ne se fit en. France aucune autre édition de ce livre avec appro- bation et privilége; dans la 1" édition qu'on y en fit, l'approbation est signée De Sacy; enfin, cette édition est de 1717, et le président Cousin était mort le 26 février n07. On a de lui : I° Histoire de Constantinople, depuis le règne de l'ancien Justin jusqu'à la fin de l'empire , 1672, 8 vol. ou 1684, 8 vol. dont les 6° et 7° ont chacun deux parties. C'est une traduction des pr auteurs de l'Histoire Byzantine, Procope, Agathias, Ménandre, Théophylacte Simocatte, Nicéphore, Léon le Grammairien, Nicéphore Brenne, Anne Comnène, Nicétas, Pachymère, Cantacuzène et Ducas. « Cette populace d'historiens, à l'excep- U lion d'un trèspetit nombre, dit d'Alembert, mana que nonseulement de philosophie et de critique, « mais de génie, de goût et de style. Il était cepen- « dant utile de faire connaître les insipides compi- « Iations de cette histoire, qui offre un spectacle « digne de quelque attention, par le contraste de « superstitions et de crimes, d'atrocités et d'inep « tics qu'il présente à chaque page. o 2° Histoire de l'Eglise, I 675-76, 4 volumes ou 1686, 5 volu- mes : le I" est divisé en deux parties, dont la conde contient la Vie de Constantin. C'est une tra- duction d'Eusèbe de Césarée, de Socrate, de Sozo- mène, de Théodoret, d'Evagre, de l'abrégé de Phi- lostorge par Photius, de l'abrégé de Théodore par Nicéphore Calliste. « Cette traduction, comme les « précédentes et les suivantes, est, dit le P. Nicé- e Fon, nette, élégante et fidèle. s On a cependant reproché au traducteur d'avoir retranché plusieurs passages assez importants. Dans de savantes préfaces, il examine les sentiments et le caractère des historiens qu'il traduit, et ne 'dissimule pas leurs fautes. 3° Histoire romaine, écrite par Xiphilin, par Zonare et par Zozime, 1678 ou 1686, 2 vol. C'est une traduction de ces trois auteurs. 30 Histoire de l'empire d'Occident, 1683, 2 vol I 2, rares. 11 n'existe pas d'édition Cousin se proposait de traduire les historiens de l'empire d'Occident. Les deux seuls volumes qu'il a publiés contiennent la Vie de Charlemagne par Eginard ; les Annales d'Eginard; la Vie de Louis le Débon- naire, par Thégan ; autre Vie du même, par l'Astronome ; Histoire des di prend s des fils de Louis le Débonnaire, par Nitard ; Annales de St. Bertin; Let- tre de Louis II, empereur d'Occident, à Basile, em- pereur d'Orient, relative au titre d'empereur des Romains que prenaient ces deux princes ; l'Histoire de l'Empire, et des autres Etats de l'Europe, jusqu'en 964, par Luitprand ; l'Ambassade du même à Constantinople; et l'Histoire de Saxe par Witi- kind. C'était dans un des volumes de l'Histoire de l'Empire d'Occident que devait entrer la traduction de l'ouvrage de Ch. Caraffa : Commentaria de Ger- mania sacra restaurata, traduction restée manuscrite. 5° Discours d'Eusèbe de Césarée, touchant les miracles attribués à Apollonius de Tyane, 1684 ; 60 Discours de Clément Alexandrin pour exhorter les païens à embrasser la religion chré- tienne, 1684 ; 70 les Principes et les règles de la vie chrétienne, traduit du latin du cardinal Bona, 1675 : la 4° édition est de 1693; 8° Histoire de plusieurs saints de la maison de Tonnerre et de Clermont, 1698 . Ce ne sont pas, au reste, les seuls ou- visages de piété dont il se soit occupé. On a l'Exer- cice spirituel contenant la manière d'employer toutes les heures du jour au service de Dieu, par J. C. P., fait pour et de l'ordre de madame la chan- celière Séguier, revu, corrigé et augmenté par MM. Cousin, Pélissvn et autres, 1719 L'abbé de la Roque ayant cessé, à la fin de 1686, le Jour- nal des Savants, Cousin entreprit de le continuer après une interruption de plus de dix mois, et le continua en effet depuis le 19 novembre 1687 jusqu'à la fin de 1701. « Jamais, dit d'Alembert, il « n'oublia que, dans ses extraits, il était rapporteur « et non juge. 11 était plus attentif à déterrer dans « le fumier la perle qui s'y cachait, qu'à remuer « fastidieusement un monceau de décombres pour • en écraser le malheureux qui avait eu la sottise « de les rassembler. » Cependant l'amourpropre de quelques écrivains et de leurs amis fut encore plus chatouilleux que le journaliste n'était modéré. On alla jusqu'à reprocher à Cousin de n'avoir pas le double talent de Tiraqueau, qui faisait tous les ans et un livre et un enfant . Ménage aussi plaisanta Cousin sur son impuissance, par une épigramme qu'on trouve dans les dernières éditions du Menagiana. Ces deux auteurs, qui avaient été amis, se brouillèrent; et, lorsque Mé- nage mourut, le président fit son éloge, pour toute réponse à ses invectives. L'éloge de d'Herbelot, qu'on trouve à la tête de la Bibliothèque orientale, et l'Eloge de Valois, à la tète du Valesiana, sont du président Cousin, et extraits du Journal des Sa- vants. Ce laborieux traducteur ne se contenta pas d'avoir été utile aux lettres pendant sa vie, il vou- lut l'être encore après sa mort. légua sa biblio- thèque à l'abbaye de StVictor, avec un fonds de 20,000 livres pour l'augmenter, et fonda six bourses à l'université de Paris. On attribue au président Cousin la Morale de Confucius , Amsterdam , 1688, 2 vol. et Lettre sur la morale de Confucius, Paris, 1688.
  • Louis COUSIN-DESPRÉAUX( 1743 - 1818) : né à Dieppe en 1743, est auteur de divers écrits estimés 1° His- foire de la Grèce, 16 vol. C'est la plus com- plète qui existe, et la plupart des critiques lui ont donné des éloges. 2' Leçons de la nature. Cet ouvrage, en 4 volumes 2, plus étendu et plus précis que les Considérations de Sturm, qui lui en avaient donné l'idée, est à sa 5° édition, sans parler d'une contrefaçon qui a été imprimée à Genève. La 1" édition livrée au public parut sous le voile de l'anonyme, Paris, 1802. Cous a laissé manuscrit un ouvrage important, fruit des plus profondes études, qu'il se proposait de publier sous le titre de l'Histoire méditée, où la Morale des- États, Pouvant former 8 vol. 11 était membre de plusieurs académies, et associé correspondant de l'Institut. Il parut avec distinction à l'assemblée provinciale de Illiimandie en 11S9, et remplit durant plusieurs années les fonctions d'échevin de sa ville natale. Dans les derniers temps de sa vie , il s'occupait de recueillir les docmAents sur les pèches, le nouveau port et le canal projeté de Dieppe à Paris. Ses opi- nions religieuses et politiques, fort éloignées de celles de la Révollition, lui avaient fait adopter,dès les premières années de nos troubles , le parti de viwe dans la retraite, au sein d'une famille digne de toute son affection. L'historiographe Moreau, Barruel, Bérault de Bercastel, l'abbé Gérard et d'au- tres savants, entretenaient avec lui une correspondance littéraire. Cous mourut à Dieppe, le 3 octobre 1818, manifestant des sentiments de piété trèssincères
  • Louis CRÉSOL( 1568 - 1634) : du diocèse de Tréguier, né en 1568, entra dans la société des jésuites à l'âge de vingt ans, et remplit successivement avec distinction des chaires d'humanités, de philosophie et de théologie. Nourri de la lecture des bons auteurs, et écrivant en latin avec pureté et élégance, il fut appelé à Rome par son général pourexercer auprès de lui les fonctions de secrétaire qu'il remplit pendant quinze ans, et mourut le 1 i novembre 1634. Alegambe le peint comme un homme plein de savoir, de politesse et d'aménité ; on reconnaît tous ces traits en lisant ses ouvrages. Les principaux sont : 1° Theatrumveterum rhetorum, Paris, 1620 ; 2° Vacationes autumnales, seu de perfeeta oratoris actione et pronunriat ione, ibid., 1620 3° Mystagogus, seu de sarrorum hominum disciplina, ibid., 1629 et 1638, 2 ? ol. Anthologia sacra, seu selectis piorum hominum virtutibus, ibid., 1632 et 1638, 3 vol. Daniel Parent et Morhof, quoique protestants, donnent de grands éloges au P. Crésol, surtout à son Thédtre des anciens rhéteurs. Cet ouvrage trèsinstructif a été inséré dans le tome 10 du Thesaur. antiquit. gray. de Gronovius
  • Louis DEBONNAIRE : né à RamerupsurAube, fut prêtre, docteur de Sorbonne, et entra dans la congrégation de l'Oratoire, qu'il quitta dans la suite. 11 prit vivement parti contre les jansénistes dans les démêlés qui troublèrent l'Église de son • temps, et publia sur ce snjet, aujourd'hui peu une foule de brochures. S'étant trouvé dans une position *assez critique, il eut recours à un vieux seigneur, qui le prit auprès de lui en qualité d'aumônier. Ses fonctions, dit Grosley,ressemblaient assez à celles de l'aumônier du comte de Grammont. Debonnaire mourut subitement dans le jardin du Luxembourg le 28 juin 1752. Ses connaissances étaient étendues et variées; mais son imagination ardente l'entraîna souvent au delà des bornes de la modération. On a de lui, entre autres écrits : Essai du nouveau Conte de nia mère l'Oye, les Enluminures du jeu de la con- stitution, 1722 fig.; 2Chansons sur l'air des Pendus à l'encontre des gensinistres 30 Parallèle de la morale des jésuites et de celle des païens, Troyes, Lefèvre, 1726 : l'imprimeur fut mis 4 la Bastille ; 4° Examen critique, physique et théologique des convulsions, 1733 3 part.; 5° Semaines évangéliques, Paris, 1735 2 vol., 6° Imitation de J.- C., avec des ré- flexions, 1725 avec fig. dessinées et gravées par le traducteur; 7° Leçons de la sagesse sur les chlauts des hommes, 1737 3 vol.; 8° Traité historique et polémique de la fin du monde, de la venue d'Élie et du retour des juifs, 1737 2 vol., en société avec Boidot ; 9° Esprit des lois quintessencié, 175 I 4 vol. : cette quintes sence, forte de raisonnement, dit Grosley, n'est pas assez mesurée dans les expressions; le la Re- ligion chrétienne méditée dans ses maximes, 1743. 6 vol., augmentée par le P. Jard; 11° Règle des devoirs que la nature inspire à tous les hom- mes, 1758 4 vol. Il a donné une nouvelle édition des Remarques d'Arnauld sur les erreurs de l'ancienne nouveauté de l'Écriture Sainte de Charpy de Ste- Croix, avec une préface et des notes, Paris, 17:35,. On trouve une courte notice sur Debonnaire dans les Œuvres récemment publiées de Grosley
  • Louis DELAUNAY( 1740) : minéralogiste, était né, vers 1740, dans les PaysBas. Ayant achevé ses études, il se lit recevoir avocat à la cour de Bruxelles, et employa ses loisirs à la culture des sciences. En 1770, il obtint l'accessit à l'Académie de cette ville pour un mémoire sur les défrichements ; et, en 1776, il fut admis dans cette compagnie dont il enrichit lesrecueils d'un assez grand nombre de dissertations intéressantes. 11 fut nommé, en 1784, greffier du conseil des domaines et finances des PaysBas. L'Académie de Zélande lui expédia la mème année des lettres d'associé. Delaunay vivait en 1805; on ignore la date de sa mort. L'ancien Recueil de l'Académie de Bruxelles contient de ce savant minéralogiste les mémoires suivants: t. 2. Sur l'origine des fossiles accidentels des provinces belgiques, précédé d'un discours sur la théorie de la terre ; il en existe des exemplaires tirés à part, Bruxelles, 1779 Etranger à tout esprit de système, Delaunay ne s'occupa qu'à recueillir des faits et àles constater. Dans son discours sur la théorie de la terre, il établit par diverses preu- ves, que la surface actuelle du globe ne date pas d'une époque aussi éloignée que le pensaient alors les géologues. On peut donc le regarder comme un des précurseurs de Cuvier, dont il semble avoir pressenti quelquesunes des idées. T. 3. Sur rori- chalque des anciens, précédé de quelques observations sur le Lapis iErOSUS de Pline . Par le Lapis iErostis, Pline entendait le cuivre ; niais Delaunay prouve que c'est la calamine. T. 4. Sur la substance connue des anciens sous le nom de pierre sarcophage, ou pierre d'Asso. Suivant Pline., cette pierre a la propriété de dé- truire promptement les corps. Delaunay prouve que les modernes ne l'ont pas connue ; mais il ne se flatte pas d'être à cet égard plus avancé que les autres naturalistes. T. 5. Sur les cristallisations d'eau, ou les cristaux de glace. Sur quelques subs- tances minérales cristallisées par retrait. Distribu- tion systématique des productions du règne animal. Les autres ouvrages de Delaunay sont : 1° Mémoire sur cette double question : La pratique des enclos adoptée en Angleterre estelle avantageuse au défrichement? Quel est en général le moyen le plus prompt et le plus efficace de fertiliser les terres nouvellement défrichées? Bruxelles, 1770 Ce mémoire obtint l'accessit .Celui du P. Hinknlium, bénédictin, fut couronné. 20 Lettre sur la tourmaline du Tyrol, par :1Iiiller, traduite de l'allemand avec des notes du traducteur, Bruxelles, 1779 On la retrouve dans le Journal de physique de l'abbé Rozier, t. 15, p. 182. 3° Essai sur l'his- toire naturelle des roches, Pétersbourg , 1786 Cet ouvrage avait obtenu le premier accessit de l'Académie impériale de Russie. L'auteur en donna la même année une seconde édition, Bruxelles augmentée de son Exposé systématique des terres et des pierres, et de quelques notes. 4° Mi- néralogie des anciens, ou Exposé des substances du règne minéral connues dans l'antiquité, Bruxelles, 1803, 2 vol. Ce curieux ouvrage avait été traduit en allemand sur le manuscrit de l'auteur et publié par OEchy, Prague, 1797. Delaunay y a rassemblé toutes les observations sur Théophraste, Pline, et les auteurs grecs ou latins qui ont parlé des pierres et des métaux
  • Louis DELISLE : frère des précédents, prit le nom de / a Croyère, qui était celui de sa mère. Il culliN a l'astronomie aNec succès, fuit reçut à l'Académie des sciences, et accompagna son frère en Russie. 11 Nisita les côtes de la mer glaciale, la Laponie et le gouvernement d'Arkhangel, pour fixer d'une manière précise la position astronomique des points les plus importants. Il parcourut ensuite la Sibérie, se rendit au Kamtchatka, et s'embarqua en 1741 sur l'un des bâtiments tle l'escadre commandée par le capitaine Bering , pour aller en déci)u? elle. Épuisé de fatigue, il fut obligé de re%enir au port d'ANatcita, où il mourut le 22 octobre de la même année. On a de lui : l° Recherches du mouvement propre des étoiles fixes, par des observations d'Arcturus, faites par Picard et comparées avec de pareilles observations faites ou Luxembourg ; 2° des Observa- tions astronomiques . 1Ia1aissu. beaucoup de notes manuscrites réunies à celles de son frère au dépôt de la marine
  • Louis DENIS : géographe français, mort vers la fin du 18' siècle, était d'abord graveur, et ob- tint ensuite le titre de géographe du duc de Berry . Ses nombreux ouvrages sont moins remarquables par l'exactitude et la beauté de l'exécution, que par la forme ingénieuse et commode qu'il a su leur donner. Nous n'indiquerons ici que les principaux: 1° Plan topographique et rai- sonné de Paris, en 42 petites feuilles, 1758 de 128 pages, tout gravé, volume portatif d'un format plus commode que les plans d'une grande feuille repliée, qui sont embarrassants à ouvrir, et faciles à déchirer; 2° Cartes de France, 1761, 7 feuilles dont chacune offre la France entière, considérée sous un rapport particulier; l'une offre la France commerciale, une autre la France minéralogique, d'après Guettard, etc.; 3° Analyse . de la France, ou Recueil de petites cartes des pro- daces, avec une explication par demandes et ré- ponses, 1764 ; 4° Géographie des darnes, ou Almanach géographique et historique, en 55 cartes; 1764; 5° Empire des Solipses, 1764, 2, obi. C'est un petit atlas du gouvernement des jésuites, en 41 petites cartes. 6° Mappemonde physique, poli- tique et mathématique, 3 feuilles d'Atlas, 1764. L'auteur y a joint une Explication en 23 pages , accompagnée de 6 petites cartes. Les 3 premières offrent la mappemonde ou le globe terrestre, d'abord couvert d'eau jusqu'à la hauteur d'environ 1,200 toises et ne laissant voir que les sommités des montagnes les plus élevées, puis successivement l'inondation est supposée n'être que de 800 et de 400 toises ; la 3' carte suppose l'Océan desséché jusqu'à 300 toises audessous du niveau actuel; la 6e offre la carte physique et le profil de la Manche, d'après Buache, dont Denis adopte trop généralement les hypothèses . Ce petit ouvrage est curieux, mais on avait alors trop peu de mesures barométriques de montagnes, pour le faire avec exactitude. L'auteur promettait de donner dans le même genre chacune des quatre parties du monde : il y a ajouté, en 1761, 4 autres petites cartes, offrant les bassins de . A. B- T. la Sibérie, de la mer Caspienne, de l'Indostan, et de l'Euphrate. 70 Pouillé historique et topogra- phique du diocèse de Paris, 1767 de 34 p., tout gravé. Ouvrage important pour l'histoire .du moyen âge ; les cartes sont d'un grand détail, et. le texte offre les noms anciens et la date de l'érec- tion de chaque paroisse. 8° Itinéraire historique et géographique des grandes routes de France, 1768Guide royal, ou Dictionnaire topographi- que des grandesroutes de France, 1774, 2 vol. de 668 p., tout gravé. Le 4 cartes, qui n'ont que la moitié de la largeur de la page, sont coloriées et trèsproprement exécutées. 10° Itinéraire porta- tif d'un arrondissement de trente à quarante lieues de la ville de Paris, 177, 2 vol. ; 11° Le conducteur français, Paris, f 776 et aimées suivan, tes Chaque cahier offre une route d'environ 30 lieues. La carte, réduite d'après celles de Cassini, et •N érifiée sur le local, donne avec la plus grande précision, tout le détail du terrain jusqu'à 2 lieues à droite et à gauche du chemin; la des- I cription, de 40 à 50 pages, a été partout faite sur les lieux, et entre dans les plus minutieux détails. Ce grand ouvrage, le plus important de tous ceux de l'auteur, n'a pas été achevé. Le 52° numéro qui donne la route de Dijon à Châlons, a paru en 1785. 11 reste donc à faire plus des deux tiers de la France, car ces 52 numéros, qu'on relie quelquefois en 8 otr9 volumes, ne comprennent que la route de Lyon au Havre par Autun et Paris, et tont ce qui est au nord et à l'est jusqu'à Calais, Mon, Metz, Strasbourg, Bâle et Genève. Quoipie les changements survenus depuis aient beaucoup diminué l'utilité de cet ou\ rage, ainsi que des précédents, il are, sur tous ceux qui ont paru depuis, l'a N antage d'un plus grand détail, et la facilité de ne porter à la fois que le cahier de la route qu'on a à parcourir
  • Louis DAMOURS : né à Angers, rut avocat au conseil, et mourut à Paris le 16 novembre 1788. On a de lui : 1° Conférences sur l'ordonnance con- cernant les donations, avec le droit romain, 1753 2° Exposition abrégée des lois, avec des ob- servations sur les usages des pays de Bresse. Bugey, etc., 1761 3° Mémoire pour l'entière aboli tion de la servitude en France, 1765 I.; 40 Ré ponse pour le procureur du pays des gens des trois. états de Provence au mémoire du Languedoc, inti- hué : Examen des nouveaux écrits de la Provence sur la propriété du Rhdne; 5° Lettres de miladi***, sur l'influence que les femmes pourraient avoir sur l'éducation des hommes, 1781, 2 vol. ; 6° Let tres de Ninon de Lenclos au marquis de Sévigné, 4752, 2 vol. : c'est le premier et le plus connu des ouvrages de Damours ; ce sont, en général, des dissertations métaphysiques, et il fallait autre chose pour faire croire qu'elles étaient de la femme célèbre sous le nom de laquelle on les donnait. Elles ont eu du succès, et plusieurs éditions. La meilleure fut donnée en 1806, avec des notes, par M. G. des 11. , et un inconnu désigné par les initiales A. L. On a ajouté dans cette dernière édition des pièces de Ninon on qui lui sont relatives ; mais qui, par cela même, sont étrangères à Damour
  • Louis DESBANS :
  • Louis DESBIEFS :
  • Louis DESBOIS de Rochefort :
  • Louis DESMASURES( 1523) : en latin Masurius, poète, né à Tournay 'ers 4523. Ses heureuses dispositions l'ayant fait connaître du cardinal Jean de Lorraine, cc prélat, qui aimait les lettres, l'encouragea à cultive) ses talents, et le prit pour son secrétaire. Ce fut à son imitation que Desmasures entreprit la traduction de l'Enéide. Lorsqu'il en eut achevé le premiee livre, il le communiqua à son protecteur, qui, par un zèle peu réfléchi, en lit lecture à Fran-çois 1, en présence de plusieurs courtisans. Les défauts de cette ébauche exposèrent Desmasures à de piquantes railleries. 11 se plaignit avec toute la sensibilité d'un poète, et toute l'amertume d'un homme vivement blessé. Cependant, il ne laissa pas de continuer son entreprise ; mais la mort du cardinal, arri\ ée en 1550, l'ayant privé de son seul appui, il se trouva en butte aux horreurs de la misère, et aux persécutions que lui avait attirées son penchant pour la réforme. 11 fit un voyage à Rome, dans l'espoir d'y trouver un nouveau protecteur, et il ne fut point trompé. Le cardinal du Bellay l'engagea à terminer son travail sur Virgile, et le présenta à la duchesse de Lorraine, qui lui donna, près de son fils, le même emploi qu'il avait eu près du cardinal. De retour en Lorraine, il se maria, et commença à fréquenter secrètement les assemblées des réformés. Une scène d'éclat, occa- sionnée par quelques disputes entre les callinistes et les catholiques, ayant. eu lieu à StNicolas, où s'était retiré Desmasures, le duc donna des ordres pour en faire arrêter les auteurs. Il se sauva alors à DeuxPonts, y fit profession ouverte du calvinisme, et revint quelques années après à Metz, oit il remplit les fonctions de pasteur; de Metz il passa. à Marie, en la même qualité, et de là à Strasqn•g, où l'on croit qu'il mourut vers 1580. Desasures avait été lié avec les plus beaux esprits son temps. Salignae, Ramus, Bèze, Rabelais, 'rent au nombre de ses amis. Sa traduction de Enéide est celui de ses ouvrages qui lui a fait le us de réputation. La lecture aujourd'hui n'en est is supportable ; on peut porter le même jugement · ses autres poésies françaises. Ses vers latins . nt meilleurs, quoiqu'ils ne méritent pas les éloges n'en ont faits ses contemporains. Ou a de Desiasures : œuvres poétiques, en français, conte- ant des odes, sonnets, épigrammes, et la traducon de 20 psaumes, Lyon, De Tournes,1555, u'e. 2° la Guerre cruelle entre le roy blanc et le maure, traduit du latin de Jérosme Vida, Paris, Incent Sertenas, 1556 3° Chant pastoral or le parlement de France et la bien- venue en Loraine, de monseigneur Charles, duc de Lorraine, t de madame Claude de France, son épouse. Lyon 559, petit ; 4° Les 12 livres des Enéides de traduits en vers français, Lyon, De Touries, 1560 Cette édition est la plus belle, les tuivantes sont peu recherchées. 5° David combat- dot, David triomphant, David fugitif, tragédies , saintes, Paris, RobertEstienne, 1565 ; 2' Genève, François Perrin, 1566 ·i non comme le dit Duverdier. Cette édition untient de plus que la précédente : Bergerie Spi-- i l celle , et une Eglogue spirituelle; e édition, sans nom de ville , 1583 11 existe deux autres édition des tragédies seules vec la Jephté de Buchanan, traduite par Florent Chrétien, Paris, Mamert Palisson, 1587, 1593, Duverdier lui attribue encore une tragédie de Josias, imprimée à Genève Cette pièce Ja eu une 2° édition en 1583 mais l'auteur y est nommé 'fesser Philone. Les poésies latines de Desmasures ont été imprimées à Lyon, en 1551 et à Bâle, en 1574 Son poème, en 14 ivres, sur les guerres de religion, l'a été séparément à Bàle, en 15179 ; il est intitulé : Borboniades, sive de Bello civili ob Religionis causain in Gallia gest°. Les continuateurs de la Bibliothèque historique de France n'ont point connu Desmasm'eS sous son nom latinisé, ils n'ont pas su non plus que le poème que nous venons de citer avait été imprimé, puisqu'ils se contentent de dire qu'on le conserve à la bibliothèque de Genève
  • Louis DESPLACES( 1682 - 1739) : né à Paris en 1682, est un des bons graveurs français. 11 était habile dessinateut, et sa manière de gras er, sans être comparable à celle de Gérard Aud•an, était savante et moelleuse. Ses portraits de mademoiselle Duclos et de Titon du Tillet ne sont pas dans le genre du burin proprement dit; trais ils sont faits avec beaucoup de sentiment et de précision. Desplaces a gravé un nombre de sujets d'histoire assez estimés, parmi lesquels on distingue la Guérison des Paralgt igues, Astyanax arraché d'entre les bras de sa mère, Vénus faisant forger des armes pour Énée, et St. Bruno en prière, d'après Jouvenet; le Triomphe de Vespasien et de Titus, d'après Jules Romain ; la Sagesse compagne d'Hercule, d'après Paul Véronèse ; Orphée obtenant de Pluton le retour d'Euridice, d'après Rubens; Vénus sur les eaux, l' Amour réfugié chez Anacréon, et Hercule rendant Alceste à Adi1iète, d'après Coypel ; le Feu et l'Eau , d'après Boullongne, et surtout le morceau de la galerie de Versailles, appelé le Faste des puissances voisines de la France, d'après Lebrun. Desplaces, trèslaborieux et d'un faire facile, a encore gravé beaucoup d'autres estampes, d'après Vanloo, l'arrocel, le Calabruis, Carle .laratte, le Tintoret, Luc Jo.rdans, Cazes, Lancret, Watteau, le Sueur, etc. Son burin est ferme sans du treté.11 s'entendait parfaitement à rendre le mouvement des muscles, à. faire sentir la tête des os; aussi étaitil plus•assidu à fréquenter l'école du modèle que les écoliers euxmêmes. 11 mourut à Paris en 1739
  • Louis DESPRÉS : plus connu sous le nom latin de Prateus, remplit longtemps avec distinction la chaire de professeur de rhétorique au collége du cardinal Lemoine, dans l'université de Paris. Il fut chargé de donner les éditions de Juvénal, de Perse et d'Horace, qui font partie de la collection Ad usum Delphini. Le Jucenal et le Perse, réunis en I volume, ont paru pour la première fois en 1684 11 s'en est fait quelques réhnpressions, parmi lesquelles on distingue celle de Londres. L'Horace est de 1691 ; il a été réimprimé à Amsterdam en 1695, format et à Londres, au moins une vingtaine de fois. 11 est à remarquer qu'en France on fait assez peu de cas de la plupart des éditions Ad usum, et qu'elles n'y sont guère recherchées que par ceux qui en forment la collection; tandis que les Italiens, et les Anglais surtout, leur accordent une grande estime, les emploient dans les établissements d'éducation, et en font de nombreuses réimpresàions
  • Louis DEUX-PONTS : comte palatin, fils d'Alexandre, adopta la religion protestante et la fit recevoir dans ses États. Il avait épousé Elisabeth, tille de Guillaume landgrave de HesseCassel, et mourut en I '532.— Son fils 'WOLFGANG lui succéda. Ce prince reçut de %la générosité de l'électeur pa- latin, OthonHenri, la principauté de Neubourg et de Sulzbach. 11 était trèszélé pour la religion protestante, sans se mêler néanmoins des guerres religieuses d'Allemagne ; mais il conduisit une armée en France pour secourir les protestants de ce pays, et il mourut pendant cette expédition. 11 eut plusieurs fils de sa femme, Anne de liesse ; / 'PhilippeLoiii,; commença la branche de Noubourg, i Charles fut la tige de celle de Birkenfeld, et Jean . le Vieux forma une nouvelle branche de DeuxPonts
  • Louis DOUVRIER : gentilhomme languedocien, s'était fait, vers le 17e siècle, une espèce de réputation par la vivacité de son esprit, par son é:11. C'est à Douvrier que l'on attribue la célèbre devise nec pluribus impar, au- dessus d'un soleil, emblème favori de Louis X1V. Louis Douvrier mourut à Paris, au mois de janvier de l'année 16e). Comme il traduisait en latin son nom par Opera- rius, Camusat et d'autres écrivains l'ont confondu avec Jacques de Loeuvre, son contem- porain, savant latiniste, auquel on doit la belle édition de Plaute, in usum Delphini, publiée sous ce titre : Matai Comœdice viginti , et fragmenta; terpretatione et notis illustravii Jaeobus Operarius , Paris, 1679, 2 vol. Cette édition passe pour une des plus 1ares de cette collection
  • Louis DOISSIN( 1721) : jésuite français, né en Amérique en 1121, annonça de bonne heure un talent distingué pour la poésie latine, et on ne peut douter qu'il ne se fût placé à côté des Rapin, des Vanière, des Commire, si une mort prématurée ne l'eût enle- vé aux lettres, le 21 septembre 1753, à l'âge de 32 ans. On a de lui : 1° In Natals bus Burgundice ducis ecloga, 1751; 20 Galliœ ob restitutam delphinovaletudinem, 4752. On trouve ces deux pièces dans les recueils publiés parles professeurs du collée de Louis le Grand; 30 Sculptura, carmen, Paris, 1752 réirriprimé en 1757, avec une traduction française attribuée au P. Doissin luimême; 4° Scalptura , carmen, Paris, 1153 On y a joint une traduction française par un des confrères de l'auteur. Ces deux 'poèmes ont été insérés dans un volume qui fait suite aux Poemata didasculica, Paris, 1813 . La publication du poème sur la sculpture lit connaitre le P. Doissin d'une manière trèsavantageuse. On lui reprocha cependant d'être un peu prolixe, et de n'avoir pas mis assez de méthode dans la distribution de son plan ; mais ces défauts, que la jeunesse de l'auteur rendait excusables, sont rachetés par les qualités les plus brillantes. C'est surtout dans les descriptions qu'il montre toute l'étendue de son talent ; il possède aussi l'art de rendre avec noblesse et précision les détails mécaniques pour lesquels la langue latine même n'offre à la poésie que des termes équiva- lents. Quelques critiques ont comparé, sous ce dernier rapport seulement, le P. Doissin à Virgile. Le poème sur la gravure présentait plus de Clifficul- tés dans l'exécution, en ce que le sujet avait plusieurs points de ressemblance av cc le premier, sans prêter à beaucoup près à des développements aussi agréables. Cet ouvrage , en ajoutant à l'idée que l'auteur avait fait concevoir de ses talents, rendit sa perte plus douloureuse. On y trouve la même verve, la même fécondité que dans le poème sur la sculpture, et le plan en est mieux conçu. Si donc il n'est pas aussi généralement connut et estimé., on ne doit l'attribuer qu'au choix du sujet, moins intéressant
  • Louis DOLCE : rima, etc., ibid., 1572 tratto d'un' Odissea d'Orner°, con la battaglia dei topi e delle rafle catiata da On2ero eridotta in ottava rima, ibid., 1773 Primaleone figliuolo di Palmerino , Venise, Sessa, 4562, 1593, 1597 Le prime imee- se del Conte Orlando, cctnti vinti cinque, Venise, Giorno, 1572 et ibid., Bassaglia, 1784 Il primo libro di Sacripante paladin°, canti dieci, Venise, 1536 poème resté imparfait. 4° ThéIre; huit tragédies; Giocasta, Medea, Didone, Agamemnone, Thiesle, Hecuba, et Marianna, imprimées d'abord séparément et réimprimées ensemble, Venise, Giolito, 1560 ; ibid., Farri, 1566 comédies : il Mare°, il Ragazzo, il Capitan°, la Fabrizia, il Ruffian°, aussi réimprimées séparément et ensemble,Venise,Giolito, 1560 5° Histoire : Vita di Carlo V, imperatore, Venise, Giolito, 1561 et 1367 Vita di Ferdi- nand° I, imperatore, ibid., 1566 6° Écrits sur la langue italienne : Os;; ervazioni sulla lingua vol- gare divise in quattro parti, Venise, Giolito, 1550 réimprimées, plusieurs fois par le même ; l'édition la plus correcte est celle de 1562 Modi affigurati e voci scelte cd eleganti della volgar lingua, etc., Venise, Sessa, 4564 7° Ouvrages divers : Dialogo piacevole, nel pale Pietro Aretino parla in difesa de' male avventurati ma- riti, Venise, 1542 petit \ ultime extrêmement rare. Dialogo della istituzione delle donne, Venise, Giolito, 1547, 1553 libri tre degli ammaes- tramenti delle donne, Venise, 1622 ; Dialoqo della Pittura intitolato l'Aretino, Venise, 1557 réimprimé avec une traduction fran-çaise, Florence, 1558, 1735 Dialogo net quale si ragiona det modo di accrescer la memoria, Venise, Sessa, 1552 Dialogo de' Colon, ibid., 1563 lmprese nobili ed ingegnose di diversi principi, con le dichiarazioni in versi e con le figure, Venise, 1578 quelques satires ou Capitoli satiriques, imprimés avec ceux de l'Arétin et de Sansovino, etc
  • Louis DOMENICHI : savant littérateur italien du 16e siècle, était fils d'un notaire de Plaisance. Son père, considéré dans son état, voulait le lui faire embrasser. II le fit étudier en droit et même recevoir docteur; mais le jeune Domenichi n'obéit qu'avec une extrême répugnance ; et dès qu'il fut libre, il quitta l'étude i des i lois, pour se livrer entièrement à celle des lettres. Il abandonna, en 1543, Plaisance pour Venise, voyagea ensuite dans différents États d'Italie, et toujours pauvre, comme il le dit dans son dialogue i de la Fortune i, fut exposé à beaucoup de peines, de maladies et de dangers. Il était à Florence à la fin de 1547, et data de cette ville l'épître dédicatoire de sa traduction de Paul Diacre, publiée à Venise en 1548 Il eut vers ce même temps à Florence une .fâcheuse affaire dont on ignore le véritable sujet. On dit qu'il fut arrêté par ordre de l'inquisition, interrogé, mis à la torture, et quoiqu'il n'eût rien avoué, condamné à une prison perpétuelle. Le duc de Florence, Cosme I", lui accorda sa liberté, sur les instances de l'historien Paul Joue, évêque de Nocera. Tiraboschi révoque en doute cette affaire ; il croit parait plutôt relative à un coup de foudre religieux auquel il aurait échappé qu'à une persécution politique. « Lé vase, ditil, est là pour la « vie humaine, et les fleurs pour les vertus et les « i grâces i qui sont des dons du ciel. Dieu a voulu ; et l'on voit dans ce même dialogue qu'il reçut alors i de i ce duc le plus gracieux accueil. De retour à Florence, il y vécut encore plusieurs années sous la protection de Cosme 1er, fort bien traité, et même entretenu à sa cour, mais sans que le duc lui eût assuré un sort. C'est encore ce qu'il nous apprend dans son dialogue i de la Fortune i, imprimé avec ses autres dialogues, à Venise, 1562 Il mourut à Pise en 1564. On ignore à quelle époque avait été frappée pour lui une seconde médaille qu'Apostolo Zeno, dans ses notes sur Fontanini, a citée comme la première. Elle offre pour empreinte, au revers, la figure en pied de Milon de Crotone, portant avec effort un taureau sur ses épaules, et pour légende ces deux mots latins : i Majus parabo i. Ou y a cru voir l'annonce d'un ouvrage plus considérable que les traductions et les éditions dont il s'était occupé jusqu'alors, et peut-être, ajoutaiton, celle de l'histoire de Florence que le duc l'avait chargé de continuer, aprèsla mort du Varchi. Apostolo Zeno adopte cette conjecture avec une légèreté qui doit surprendre dans un critique aussi exact, car Varchi ne mourut que le 18 décembre 1565, et survécut conséquemment de plus d'un an au Domenichi. Le plus grand nombre des ouvrages de ce dernier sont des traductions Celles qui méritent le plus d'être connues, outre celles de Plutarque et de Paul Diacre dont nous avons parlé, sont : i I Fatti de' Greci, di Senofonte i, - i isette libri di Senofonte della i impresa i di Ciro i, Venise,Giolito,1541,1548, 1558, etc. ; - i Polibio historio green i, etc'., ibid., 2 vol. 1545, 1553, réimprimé plusieurs fois. - i E i- i toria naturole di C. Plinio secundo i, ibid.., 1561, 1562 réimprimé, ibid. - i Severino BoPzio de' Conforti filosofici i, Florence, Torrentino, 1550 ; Venise, Giolito, 1562 - i istorie del suo tempo di Paolo Giovio i, Florence, Torrentino, Ire partie, 1531, 20 1553 les deux parties i ensem i- file, 1558, ibid. - i Le Vite di Lem X e di Adria- no VI pontefci, e del cardinale Pompeo Colonna, del inedesi mo Paolo Giouio i, Florence, Torrentino, I 549 11 traduisit aussi les vies des douze Visconti et des Sforce ducs de Milan ; i de i Gonsalve de Cordoue, de d'Avalos marquis de Pescaire, et les éloges des guerriers illustres du même auteur, auquel il témoignait ainsi sa reconnaissance du service qu'il lui avait rendu auprès de Cosme I". Ses autres principaux ouvrages sont : 1° i lstoria de' detti e fatti notabili di diversi peincipi ed nomini priva'i libri didici i, Venise, Giolito, 1556 et sous le nouveau titre de i Storia varia i, augmentée de 2 livres, ibid., 1564 ; 2° La i voblltit del donne i, Venise, Giolito, 1549 3° i La Donna di Corte, discorso i, Lucques,- 1564 4° i Face: ie, Motti e burle di diLersi per i,, i one i, Florence, 1348, Venise, 1550, Florence, 1562, etc. et avec des additions de Thomas Porcacchi, Venise, 1568 11 y en a une 'Vieille traduction française sous ce titre : i les facéties et mots subtilz, d'aucuns excellents esprits i, Lyon, 1574 Une note de l'abbé Mercier de StLéger, écrite à la marge d'un exemplaire de la i Bibliotheca italiana i de Haym, qui en contient un grand nombre d'autres , porte en cet endroit : i Une édition française et italienne de Lyon i, Robert Granjon, 1559 ; 5° les dialogues de Domenichi, dont nous avons cité cidessus l'édition, sont au nombre de huit : i d i* i Amor i°, i de' Rimedj d'Aurore. dell' iiiinor aterno, della Fortuna , della vera No- lia, dell' Imprese, della Corte i, et i della Stampa i. Ce dernier offre un exemple de plagiat fort extraordinaire ; il est pris tout entier des i Marini i, ouvrage du foui, imprimé dix ans auparavant ; ce sont les mêmes interlocuteurs; ils disent les mêmes choses, et dans les mêmes termes, depuis le commencement jusqu'à la fin. L'audace d'un pareil vol fait à un ennemi, de son vivant, a déjà de quoi surprendre ; niais ce n'est pas tout; dans ce dialogue, entièrement dérobé au Doni, le Domenichi osa insérer trois violentes invectives contre le Doni luimême, dans l'une desquelles, pour comble d'audace, il lui reproche Quoi? ses plagiats. Enfin, ce qui ajoute à cette anecdote littéraire une bizarrerie de plus, c'est que le Doni, qui avait auparavant écrit contre le Domenichi avec beaucoup de véhémence, ne se plaignit point, ne récrimina point, et ne se donna point, sur son ennemi, le facile avantage de dénoncer publiquement un plagiat aussi effronté. Ce n'est pas le seul que le Domenichi se soit permis. Sa tragédie de i J'rogne i, Florence, Giunti, 1561 n'estsue traduction d'une tragédie latine du Vénitien Grégoire Corral.° ; l'original était peu connu, et il n'avoue point au public qu'il ne lui en donnait qu'une copie. Les deux premiers livres des i Dits i et i faits notables i, cidessus, sont aussi une simple traduction de l'ouvrage d'Antoine Panormita : i Dictorum et factorum Alphonsi regis i. Sa comédie des i due Corligione, Florence i, 1563, Venise, 1567 est traduite des i Bacchides i de Plaute. On a encore de lui i l'Orlando innamorato, du i Bojardo, i riformato i, c'est-àdire retouché tout entier, quant au style, Venise, 1545 et les poésies ou i Rime i de différents ,poètes, recueillies et publiées successivement à Venise de 1545 à 1550, en 3 ou 4 volumes
  • Louis DOMAIRON( 1745) : né à Béziers, le 25 août 1745, fit ses études au collége des jésuites dans sa ville natale. Les succès qu'il avait obtenus comme élève, engagèrent ses maitms à l'attirer dans leur société. Il entra donc au noviciat à Tonlonse ; mais les jésuites ayant été renvoyés de France, Domairon fut appelé à Montauban pour faire une éducation particulière. Après l'avoir achevée il se rendit à Paris, auprès de quelquesuns de ses amis, gens de lettres, et travailla dès lors au Journal des Beaux- Arts. Ce fut alors, aussi, qu'il composa ses premiers ouvrages. Vers 1778, il fut nommé professeur à l'école royale militaire, et ne cessa de l'être qu'à la suppression de cet établissement. Pendant la révolution, il se condamna à une honorable obscurité. Lors du rétablissement du collége de Dieppe, les autorités de cette ville prièrent Domairon d'accep-/ter la chaire de professeur de belleslettres, et la ;place de principal. 11 y avait à peine un an qu'il était à Dieppe, lorsqu'il fut nominé membre de la commission des livres classiques, puis inspecteur de l'instruction publique. 11 est mort à Paris, le 16 jan-'Nier 1807. On a de lui : 1° le Libertin devenu ver- tueux, ou Mémoires du comte d' Auligny, Londres et Paris, 1777, 2 vol. ; 2° Recueil historique et chronologique de faits mémorables, pour servir à l'histoire générale de la marine et à celle des décou- vertes, Paris, 177'7, ibid., 1781, 2 vol. 3° Principes généraux des belles- lettres, Paris, 1785, 2 vol. ibid., 1802, 3 vol. ibid., 1815, 3 vol. C'est de cet ouvrage que sont extraits : La Poétique française, Paris, 1805, et ibid., 1814 I 2 ; et la Rhétorique française, Paris, 1805, 1812, 1844, 1816, 1821, 1826 4. Atlas moderne pqr- Cati f, composé de 28 cartes; nouvelle édition, aug- mentée des Éléments de géographie, Paris, 1786 an 10 ; 5. le Voyageur français ou la Con- naissance de l'ancien et du nouveau monde , I. 25 à 42. C'est l'abbé de Laporte qui' est auteur des 24 premiers volumes; 0. Les Rudiments de l'histoire, Paris, 1801; ibid., 1804, ibid., 4823, 3 vol
  • Louis DONI D'ATTICHI : De Vifa P. Berulli cardinalis, congregationis Oratorii in Gallia fundatoris, Paris, 1649 6° ldea perfecti proesulis in vita B. Nicol. Albergati cardinalis, Aubin, 1656 7° Flores historia sacra collrgii cardinalium, Paris, 1660, 2 vol. ouvrage regardé comme le plus complet qui ait paru sur cette matière. On prétend que le roi lui ayant demandé pourquoi dans cet ouvrage il avait dit si peu de chose du cardinal de Riche- lieu, d'Attrichi ui répondit : « Sire, si ravaisivoulu « en dire davantage , je l'aurais peint de cou-« leurs trop noires. » On se contentera d'affirmer que cette historiette ne mérite aucune espèce de créance. 8° Collectio auctorum qui S.. Sciiptune aut divinomm of ficiorum in vulgarem linguam iranslationes , damnarunt , Paris , 1661 9° Oraison funèbre du roi Henri IV. Ce discours, prononcé en 1615 à Avignon, est remarquable en ce que c'est le premier sermon prêché en langue française dans la Provence; jusqu'alors on n'y avait prêché qu'en latin
  • Louis DORIGNY( 1654) : fils du précédent, peintre et graveur, naquit à Paris en 1654. Ayant perdu son père fort jeune, il se forma dans l'atelier de le Brun, où il lit des progrès rapides, et se vit en état de mettre an prix à nige de dixsept; niais n'ayant obtenu que le second, il en conçut un tel dépit qu'il' refusa la médaille, et entreprit le voyage de Rome à ses dépens. Après quatre années d'études dans cette capitale des arts, il exécuta pour le maîtreautel des feuillants de Foligno un tableau de Vierge qui lui réussit, et bd procura beaucoup d'autres ouvrages, qui étendirent sa réputation. Ayant passé ensuite à Venise, il séjourna dix ans dans cette ville, qu'il quittapour aller se fixer à Vérone, fuyant la hauteur et le luxe des nobles Vénitiens. Curieux de revoir son pays natal, il fit un voyage à Paris en 1704; peut-être se seraitil fixé dans cette ville, surtout s'il y avait été mieux accueilli ; mais s'étant présenté à l'Académie, d'après les conseils d'un grand nombre de ses amis, il éprouva un refus, causé par les intrigues de Julestiardouin Mansard, qui se rappelait l'estampe satirique que le père de Dorigny avait faite contre son oncle. Ce désagrément et quelques autres qu'il éprouva relativement à ses ouvrages le déterminèrent, au bout d'un an, à retourner en lia.- lie. Appelé à Vienne en hl I , pour décorer le pa- lais du prince Eugène, il l'orna de divers morceaux qui sont estimés. La ville de Prague possède aussi plusieurs de ses productions. L'ouvrage qui fait le plus d'honneur à Dorigny est sans contredit la coupole qu'il a peinte à fresque dans la cathédrale de la ville de Trente; l'ordonnance et l'exécution de cette grande composition 1(Ii font également honneur. Cet artiste avait beaucoup d'imagination, les grandes machines ne l'effrayaient pas, il entendait trèsbien les raccourcis, il avait un style élevé; le génie, la correction, la couleur ne lui manquaient pas; peut-être cependant lui eûton désiré un caractère un peu plus prononcé, ainsi que plus d'agréments et de grâces. 11 a gravé à l'eauforte différents sujets, entre autres la Des- cente des Sarrasins au port d'Ostie, d'après Raphaël. Dorigny parvint à une extrême vieillesse, puisqu'il vécut jusqu'en 1742. 11 avait épousé la fille d'un orfévre de Venise, qui lui donna plusieurs enfants, dont aucun ne suivit la carrière de son père
  • Louis DORLÉANS( 1542 - 1629) : avocat, l'un des plus fougueux partisans de la ligue, né en 1542, à Orléans, suivant l'abbé Goujet, mais à Paris, suivant d'au- tics biographes. Une raison qui peut faire pencher pour ce dernier sentiment, c'est qu'il prend luimême le titre de Parisien. Il fit ses études sous Jean Dorat, et prit ensuite ses degrés en droit. Son début au barreau eut peu de succès. 11 se livra alors à la poésie, dont son maître lui avait inspiré le goût, et publia quelques vers médiocres, même polir le temps. Cependant, comme il s'annonçait pour l'ennemi déclaré des protestants, il eut bientôt une réputation dans le parti opposé. Quelques autres ouvrages écrits avec plus d'emportement encore achevèrent de le faire connaitre ; et lorsque les ligueurs entrent poussé l'audace jusqu'à arrêter les membres du parlement restés fidèles à la cause du roi, Dorléans fut choisi pour remplir la place d'avocat général. Il servit le parti qui l'avait élevé avec un zèle excessif, et parla avec une difficile à caractériser, à ces états dont la Satyre Ménippée contient une peinture si vraie et en même temps si plaisante. Mais enfin, touché de l'é- tat misérable où la ville de Paris était réduite , il osa, le premier, reprocher au duc de Mayenne , son manque de foi , et parler de la nécessité de traiter de la paix. Cet acte de coui: rage fut sans effet, et Dorléans recommença à faire paraître des libelles, qui, tous, tendaient à éloigner les Français de la soumission envers Henri IV. Lorsque ce prince eut solennellement prononcé son abjuration, Dorléans, qui en prévoyait la suite, crut pouvoirl'empêcher en publiant le Banquet du comte d'Arête, ouvrage si odieux, qu'il fut désapprouvé des ligueurs eux- mêmes, dans lequel il s'efforce de prouver que l'abjuration du roi n'était qu'un acte de politique, et que son entrée dans Paris entrainerait l'anéantissement de la religion catholique. Cependant la capitale ouvrit ses portes à Henri, et Dorléans fut du nombre des ligueurs qui prirent la fuite pour éviter le supplice. Il se retira à Anvers, où il fit réimprimer son dernier libelle. Au bout de neuf ans d'exil, il obtint son pardon, et il lui fut permis de revenir à Paris; mais quelques propos séditieux le firent arrêter, et il fut enfermé à la Conciergerie, où il demeura trois mois. Henri IV, informé de sa détention, le fit relâcher. « C'est un « méchant, dit ce prince, mais il est revenu sur la « foi de mon passeport, je ne veux point qu'il soit « maltraité. On ne doit pas plus lui vouloir de mal « et à ses semblables qu'à des furieux quand ils « frappent, ou à des insensés quand ils se promè- , unum ex sociis pro hœretica perlidia Turonensibus, Paris, Fed. Mord, et Lyon, Buysson, 1593 2 éditions. Dans ce libelle il nomme Henri IV, fcetiduni satance stercus . 8° Plaidoyer des gens du Roy sur la cassation d'un prétendu arrèt donné au prétendu parlement de Cheons en 1592, Paris, Mu-, sier, 1593 9° Le Banquet et après- dinée du comte d'Aréte, où il se traite de la dissimulation du roi de Navarre et des m'ut s de ses partisans, Paris, I 1594 rare et recherché ; l'édition d'Anvers, sous la même rubrique, est imprimée avec des caractères plus petits, et le frontispice porte le nom (le l'auteur. 10° Remerchneat au roi, Paris, 1601 Il le publia après sa sortie de prison. Il° Les Ouvertures du parlement. Paris, 1607 Cette k'dition fut saisie par ordre de l'avocat général Sc-_ guier, Paris, 1612 lien existe d'autres on y trouve quelques anecdotes curieuses. 12° La Plante humaine sur le trépas du roi Henri le Grand, où il se traite du rapport des hommes avec les plan- tes, etc., Paris, 1612; Lyon, 1632 rare et re-- cherché. 13° Une édition de Tacite, avec un commentaire latin, Paris, 1622 Les notes de Dorléans sont peu estimées ; cependant Colomiés en faisait cas. Falconet, dans ses notes sur la Bi- bliothèque française de Lacroix du Maine, parle d'une traduction française de Tacite par Dorléans, et ajoute qu'elle ne vaut rien. C'est sans doute une. erreur, mais il était à propos de la relever. On at- tribue encore à Dorléans : Copie de trois lettres ca- ( lioliques, du droit de prendre les armes et de recon- naitre son roi légitime, Orléans, 1589 des notes sur Sénèque; un Traité de la loyauté des an- ciens Français; et enfin des quatrains moraux. Ce dernier ouvrage a été imprimé à Paris en 1631 Collet en cite une édition de 162:t Ws.
  • Louis DOUCIN : jésuite, né à Vernon, en Normandie, s'est rendu célèbre pat quelques ouvrages, et plus encore par la part extrêmement active qu'il prit dans les affaires du jansénisme et de la bulle Unigenitus, de laquelle il se montra un défenseur zélé. Les jansénistes lui imputent d'avoir fait partie de ce que, dans le temps, on appelait la Cabale des . Yormands, composée principalement des l'1'. le Tellier, Lallemand et Daniel. On lui attribua et presque tous les dictionnaires historiques lui attribuent encore mat à propos le fameux Pro- blème ecclé, iastique Les véritables ouvrages du P. Doucin sont : I° Mémorial abrégé louchant l'é- tat et les progrés du jansénisme en Hollande. Ce livre, que l'abbé Racine qualifie de libelle, fut composé en 1697,1orsque le P. Doucin vint à La Haye avec M. Verjus, comte de Creci, envoyé par la France pour se joindre aux plénipotentiaes qui traitaient de la paix à Riswick. Ce Mémorial, traduit en plusieurs langues, fut répandu avec profusion, et servit, suivant le même abbé Racine, de fondement à l'affaire suscitée à M. Codde, archevêque de Sebaste et vicaire apostolique en Hollande, à la suite de laquelle ce prélat fut suspendu de ses fonctions par Clément Xl. 2° Histoire du Nestorianisme, 4 vol. oltvrage intéressant et curieux, Les bibliographes ne sont pas d'accord sur le N'éritable auteur de ce pamphlet. Foy. h ce sujet 'article que Barbier, dans soit Examen critique des Dictionnaires, a cousacrê au P. Doucin. lorins, en quoi consistaient ses erreurs, et oit tout ce qui concerne cette hérésie est discuté d'une manière fort judicieuse. A la tète du volume se trouve, pour servir de préface, une dissertation qui a pour titre : de la Divinité de Jésus- Christ, combat- tue par Nestorius , et prouvée par St. Cyrille. 3° Histoire de l'Origénisme, 1 vol. de laquelle il y a une édition en 1 volume 12, Paris, Nicolas Le Clerc, 1700. L'ouvrage est divisé en :; \ res, et suivi d'un Éclaircissement sur ce que les anciens ont dit de la condamnation d'Origène dans le : 1e concile œcuménique. Cette histoire, qui n'est pas moins celle d'Origène que de l'origénisme, pleine de recherches savantes et d'anecdotes cu- rieuses, est bien écrite. L'auteur a su y rattacher une grande quantité, de faits qui en rendent la lecture égaletnent agréable et instructive. 4° Beaucoup d'écrits et de mémoires relatifs aux affaires du temps. Le P. Doucin occupa dans son ordre di-\ ers emplois, et fut envoyé à Rome à l'occasion du jansénisme. Il mourut à Orléans, en 126. LT,
  • Louis DOULCET( 1716 - 1766) : fils de Louis Doulcet, bâtonnier de l'ordre des avocats, naquit à Paris en 1716, et fit ses études au collége des Jésuites, d'où il sortit pour se consacrer au barreau. Une:mémoire que la multitude des lois et des coutumes ne pouvait étonnes', une logique profonde, une éloquence enfin d'autant plus puissante, qu'il ne l'employait qu'à défendre de justes causes, lui méritèrent, jeune encore, le titre de savant jurisconsulte et d'orateur célèbre. Contemporain de l'illustre Gerbier, auquel il pouvait seul être comparé, il fut chéri et redouté par ce brillant adversaire, qui lui fut toujours opposé dans les causes fameuses du temps. Un coup de sang l'enleva à l'âge de 49 ans, le 17 janvier 1766, et ne lui permit pas d'achever un grand rirr otmage de jurisprudence qu'il avait entrepris. Le jour de sa mort, le parlement suspendit toutes ses audiences. — Son fils aîné, August Jean- Louis DOULCET, sans posséder un aussi rare talent que son père, exerça cependant la même profession avec distinction, et fut contemporain, ami et digne émule des Ha.rdoin et des Debonnières : il mourut à Paris à la suite d'une longue maladie, en 1805, âgé de I 55 ans
  • Louis DUGUERNIER( 1500) : l'un des premiers arliStes qui ont cultivé la peinture avec succès en France, était né vers le milieu du 16e siècle ; les époques précisesde sa naissance et de sa mort sont incertaines. Duguernier s'est rendu célèbre dans la miniature ; ses portraits, souvent réduits jusqu'à la plus petite proportion d'une bague, conservaient la plus parfaite ressemblance ; il peignait ordinafrement sur vélin, et pointillait sans faire usage du blanc; il peignit les portraits des personnages les plus distingnésde'son temps. Le duc de Guise, avant de partirpour Rome,luicommanda les figures d'un livre de prières, où Duguernier représenta les phis jolies femmes de la cour sous l'emblème des saintes. On sait que la peinture en miniature sur vélin fut longtemps pratiquée en France, ainsi que l'usage d'en enrichir les heures, bréviaires et autres livres de piété. Duguernier a fait dans ce genre des ou - vrages qui n'ont point été surpassés. Cet artiste, né protestant, laissa plusieurs enfants qui suis irent, comme lui, la carrière des arts. Alexandre l'aillé, se trou a, à la fondation de l'Académie de peinture, être un des anciens ; mais il se vit contraint, à la 1-évocation de l'édit de Nantes, d'aller porter sa vieillesse et les 1estes de son industrie dans mi pays étranger. Les ouvrages de cet artiste ne soit pas moins recherchés que ceux de son père. Ses portraits se.vendent un prix considérable ; il est -?.rai de dire I u'ils ont conservé un éclat qui leur donne une valeur toujours_ nouvelle. Alexandre lluguernier eut trois fils qui suivirent la même carrière. Le premier fut le meilleur peintre en émail de son temps; il avait un talent particulier pour saisir la ressem- Ces Mémoires, écrits en latin, ont pour titre Nicole Chore- rii Viennensi, dversarinrum de vita el rebus libri lies; Os ont éte puliliês à Grenoble .1ettre de madame de Sévigné du 2b juillet 1672. Mance; il savait donner à ses couleurs- un éclat dont les peintres en émail qui l'avaient précédé avaient ignoré le secret, et que le seul Petitot eut le talent de donner après lui à ses ouvrages. D uguernier s'attacha à surpasser toutes les peintures en émail qui avaient été faites avant lui, et il eut le talent d'y réussir. Né le 14 avril 16.14, il mourut le 16 janvier 1659. L'un de ses frères promettait déjà de marcher glorieusement sur ses traces quand il fuit enlevé aux arts à la fleur de son àge ; ses portraits en miniature a‘ aient déjà fait l'admiration de ses contemporains ; l'antre peignait le paysage avec succés, il mourut en 4656
  • Louis DULAURENS( 1589) : prêtre de l'Oratoire, naquit à, Montpellier en 1589, et fut ministre de l'Église réformée de cette ville. Après avoir abjuré le calvinisme et reçu le sacerdoce, il se rendit à Paris, où il se fit une réputation par son talent pour la chaire. Le cardinal de Richelieu le logea dans son palais pour l'employer à son grand projet de la réunion des protestants; il le chargea de dresser sur les points contestés uti cours de controverse qui pût servir de base aux conférences que cette Eminence se proposait d'établir à ce sujet. Dulaurens demanda pour ad joints un docteur de Sorbonne, un jésuite, et un père de l'Oratoire. Sa proposition n'ayant point été goûtée, il resta seul chargé de ce travail. Il réussit cependant à faire adopter, dans les conférences, la méthode des protestants, qui ne reconnaissent que l'autorité de l'Ecriture sainte à l'exclusion de la tradition, afin de les combattre plus avantageusement par leurs propres armes. 11 fit encore renoncer Richelieu aux voies de séduction, dont il lui représenta tous les inconvénients ; mais la mort du cardinal fit évanouir ces projets. Dulaurens entra, en 1649, dans la congrégation de l'Oratoire, et se fixa dans la maison de StHonoré, où il forma une liaison particulière avec Richard Simon, son commensal. Ils s'exerçaient, deux fois par semaine, à traiter en forme de conférences les matières de controverse, le P. Simon faisant le ministre contre Dulaurens, qui jouait le rôle de docteur catholique. Toujours occupé de son plan de réunion, il fit de nouvelles tentatives auprès du cardinal Mazarin pour l'engager à reprendre ce projet ; mais le cardinal, absorbé par les affaires politiques, mit peu d'importance à cette proposition. On conservait au moment de la révolution, dans le secrétariat de l'Oratoire, un Mémoire manuscrit, de trente pages oit le père Dulaurens avait développé tout le plan des conférences qui devaient avoir lieu si le projet eût été adopté. C'est un écrit curieux, rempli de vues sages et judicieuses. Dulaurens vivait dans une profonde retraite, partageant son temps entre la prière et l'élude. Devenu presque aveugle, sur la fin de ses jours, on le trouvait quelquefois à genoux devant la Bible, adorant et méditant les vérités qu'il ne pouvait plus lire. C'est dans cet état qu'il mourut le 1" juillet 1671 Richard Simon, accoutumé à déprécier le savoir de tous ceux qui couraient la même carrière que lui, n'accorde à Dulaurens qu'une connaissance médiocre du grec et de l'hébreu. D'autres documents en donnent une idée plus avantageuse. Le clergé de France lui avait fait une pension de 800 fr., en reconnaissance de son zèle et de ses travaux pour la conversion des protestants. Ses ouvrages, quoique surpassés depuis par ceux des Bossuet, des Arnauld et des Nicole, font honneur à sa sagacité et à son savoir sur toutes les questions de controverse agitées de son temps. En voici la liste : 1° Réponse au livre de Pierre du Moulin, intitulé : Opposition de la parole de Dieu à la doctrine de l'Église romaine, Paris, l 625, in•8° ; 2° Dispute touchant le schisme et la séparation que Luther et Calvin ont faite de l'Église romaine, Paris, 1655 Cet ouvrage était le fruit des conférences qui se tenaient aux GrandsAugustins de Paris, entre les plus habiles théologiens de la capitale, sous la présidence de Harlay, archevêque de Rouen, et dans lesquelles Dulaurens était chargé de faire le rapport des endroits les plus remarquables de StCyprien. Dans cette dispute, qui eut lieu par écrit, l'auteur ne mettait rien sur le papier avant de l'avoir communiqué à Mestrezat, son antagoniste, afin de ne rien donner au public dont ce ministre ne convînt. L'épître dédicatoire au clergé de France est un excellent discours sur le schisme, écrit d'un style pur, et plus châtié que celui de l'ouvrage. 3° Le Triomphe de l'Église romaine contre ceux de la religion prétendue réformée, par six démonstrations qui font voir clairement combien il est impossible de se sauver dans leur communion, dédié à MM. les ministres de Charenton, Paris, 1667 4° Trente journées de retraite en mémoire et à l'honneur de trente années de la vie cachée de N.- S. Jésus- Christ, touchant les diverses misères de l'homme, Paris, 1649 : cette édition est magnifique. 5° Quotre Sermons pour le vendredi saint, etc., Paris, 1651 ; 6° huit Sermons sur l'Eucharistie, etc., 1662, même format. Les sermons du P. Dulaurens et ses livres de dévotion offrent plus de cette imagination qui parle à l'esprit que de l'onction qui va au coeur. On leur préfère, pour le mérite oratoire, son Oraison funèbre du maréchal de Toyras, imprimée à la fin de [histoire de ce maréchal, par Baudier. Outre le manuscrit dont nous avons parlé, la bibliothèque de StHonoré en renfermait plusieurs autres du même auteur
  • Louis DULON( 1769 - 1826) : célèbre joueur de flûte, na- quit à OraniembourgsurleHavel, en Prusse, le I 1, août 1769, d'une famille originaire de la Bour- gogne, qui fut obligée de quitter la France par suite de la révocation de l'édit de Nantes. Il mani- festa, dès ses premières années, d'heureuses dispositions pour la musique, et apprit rapidement à jouer de la flûte et du clavecin.. l'âge de huit ans, il eut le malheur d'être affecté d'une inflam- mation aux deux yeux, et le malheur encore plus grand d'être confié au traitement d'un oculiste ignorant, qui, en peu de jours, lui fit perdre en- tièrement la vue. Privé de l'espoir de jamais la recouvrer, il résolut de consacrer sa vie à l'art que, jusqu'alors, il avait seulement cultivé pour son agrément. La flûte devint son instrument favori, et, grâce à un travail opiniâtre, il s'en rendit bien- tôt maitre au point de surpasser tous ses rivaux. Depuis sa treizième année, il séjourna tour à tour dans les principales ? ales de l'Europe, où il se fit entendre, et recueillit les suffrages dus à son grand talent. Dulon avait en effet perfectionné la flûte et cela seulement par sa méthode d'en jouer, et sans y apporter aucune modification matérielle. Par son jeu disparaissaient les nombreux défauts de cet instrument, tels que sons flasques, notes plus ou moins impures, voilées, criardes, etc., car toutes les intonations de Dulon, étaiept pures, claires, et fermes, L'art avec lequel il savait pas- ser d'une note à une autre, à travers une infinité de nuances intermédiaires , prouvait quelles nouvelles ressources il avait découvertes dans son ins- trument. C'est surtout dans les mouvements rapi- des que son talent brillait de tout son éclat. Là, les passages en octaves détachées, le staccato, les coulés, les doubles et triples coups de langue avec lesquels il parcourait l'instrument d'un bot it à, l'au- ' tre, produisaient u n effet magique sur son audi- . toise. Dulon ne se borna pas au simple rôle d'exé- entant; il a composé un grand nombre de pièces pour la flûte, parmi lesquelles on distingue plusieurs concertos avec accompagnement d'orchestre. Vers 1796, le directeur d'une école primnirc à Dresde, 'Wolke, inventa pour lui un alphabet en relief et mobile, à l'aide duquel il parvint à écrire une autobiographie, qui eut l'honneur d'être publiée par Wieland . En 1823, s'établit à Wurtzbourg, où il momifie 7 juillet 1826
  • Louis DUMAS( 1676 - 1744) : fils naturel de JeanLouis de Montcalm, seigneur de SIVaran et de Candiac, et d'une veuve de condition du Rouergue, naquit à Nîmes, en 1676, et mourut près de Paris, le 19 janvier 1744. 11 était licencié en droit, mais il négligea l'étude de la jurisprudence pour celle de la philosophie et des sciences exactes. 11 fut encouragé par le P. Mallebranche, avec qui, trèsjeune encore, il eut des liaisons intimes. La théorie de la musique et l'invention du bureau typographique exercèrent principalement ses talents. On lui doit 1° l'Art de composer toutes sortes de musique, sans étre obligé de connattre le ton ni le mode, 1711 in—P; 2° les Mémoires d'Écosse sous la reine Ma- rie Stuart, traduits de l'anglais de Crawfurd, 1716, oit rage inédit dont l'auteur avait donné le manuscrit au marquis d'Aubaïs ; 30 la Bibliothèque des Enfants, ou les premiers Éléments des Lettres 1733, 3 parties ; 4° l'Art de la Musique, en- seigné et pratiqué par la méthode du bureau typo- graphique, établie sur une seule clef, sur un seul ton et sur un seul signe de mesure, Paris, sans date oblong d'environ 450 pages, tout gravé ; 5° l'Art de la Musique enseigné sans trans- position, 1758 . La Bibliothèque des en- fants fut composée pour faciliter à ceux de la famille royale l'usage du bureau typographique. Ce bureau est une ingénieuse imitation des procédés de l'imprimerie pour la composition, appliquée à l'art de familiariser les enfants de l'âge le plus tendre avec les signes du langage et de l'écriture, de les accoutumer à en former des mots, à en décOmposer l'assemblage, et de leur apprendre, avant même qu'ils puissent manier une plume, et en se jouant, l'orthographe et les premiers éléments de la grammaire. Cette utile découverte ne mérite Pourtant pas, comme l'a prétendu un savant aca- démicien, d'être mise en parallèle, par sou importance, avec celle de la boussole, de l'imprimerie et du thermomètre ; mais on ne peut nier qu'elle ne présente de grands avantages. Dumas fit luimême l'essai de sa méthode sur le jeune Candiac . La douleur que ressentit Dumas de la mort prématurée de cet enfant, fit craindre pour sa raison et pour ses jours. Les secours de Boindet le sauvèrent : il les lui prodigua avec tout l'empresse- ment de l'amitié la plus tendre et la plus géné- reuse. Le caractère estimable de Dumas, non moins que son mérite littéraire, lui avait fait beaucoup d'autres amis, quoiqu'il vécût fort retiré. Il passa les dernières années de sa vie auprès de madame de Yaujour, chez laquelle il mourut, laissant 40,000 francs au marquis de Montcalm, son élève, tué depuis au siége de Québec. Boindin grava sur sa tombe : Heu, lugete, pueri, puellœque, Et quibus vos liberavit mei hodus, Debitas auetori fundite laerymas
  • Louis DUMAY : publiciste du lIe siècle, né en France, ou d'une famille française établie à l'étranger, voyagea dans sa jeunesse, et passa même en Amérique. A son retour il se fixa en Allemagne, et fut successivement secrétaire de l'électeur de Mayence, et conseiller du duc de Wartemberg. prenait les titres de seigneur des Sallètes et de chevalier de StMichel. On peut juger, par la manière dont il parle de la cour de Rome et des ordresreli- gieux, que s'il n'avait pas embrassé ouvertement le parti des réformés, il partageait du moins leurs opinions sur les points essentiels Sur la fin de sa vie il professa la langue française au collége de Tubingne, et mourut en cette Nille le 22 septemlwe 1681. On a de lui : 10 Etat de l'Empire, ou Abrégé du droit public d'Allemagne, Paris, 1659 ; traduit en anglais, Londres, 1676 Ce livre est essez bon, dil Prosper Marchaud, pour le temps où il a été fait, niais on est fàché d'y trouver des puérilités. 2' Discours histo- riques et politiques sur la guerre de Ilungrie, Mont-))éliard, 1665 3° Une traduction de l'ouvrage latin d'Ascagne Centorio de Gli Hortensii, historien Milanais. Elle a pour titre : Histoire de la guerre de Transylvanie et de Hongrie entre Léopold I" et Ma- homet IV, Amsterdam, 1680, 2 sol. iii-12; 4° L'A- vocat condamné, ou Réfutation du traité que le sieur Auberi a fait des prétentions du roi de France sur l'Empire, 1669 Cet ouvrage est écrit avec méthode, et il y a de la solidité dans les rai- sonnements. 5° La Science des princes, ou Considé- rations sur les coups d'État, par Natta, avec des Réflexions historiques, morales, chrétiennes et po- litiques, 1673 ; 1752, 3 vol. C'est l'on-\Tag,e qui a fait le plus d'honneur à Dumay, et il ['Joui longtemps d'une trèsgrande estime. Cependant le style n'en est point agréable, et l'orthographe bizarre qu'il a employée en rend la lec- ture difficile, Enfin, en voulant relever les erreurs de Nandé, il en a commis d'railres en assez grand nombre. Marchand eu indique plusieurs dans son dictionnaire . 6° Le Pru- dent Voyageur, ou Description politique de tous les Etats du monde, Genève, 1681, 2 vol. 2 ;7'des Réflexions sur la Balance politique de Boccalini, insérées dans l'édition de cet on \ rage, Castellana, 1678 ; 8° Tabuke quatuordecilie frnealogirœ, auetiores, emendatiores
  • Louis DUPRÉ D'AULNAY( 1670 - 1758) : né à Paris vers 1670, après avoir rempli les fonctions de commissaire des guerres, fut nommé directeur généralde l'administration des vivres, et mourut en 1758. Il joignait à des connaissances très étendues en administration, un esprit agréable et cultivé; il aimait les sciences, et se plaisait à en suivre les progrès; il avait été décoré de l'ordre de Christ de Portugal, et était membre des académies de Ch1lons et d'Arras. Le Traité des subsistances milita; res, Paris, 17116, .2 parties en 1 volume est son principal ouvrage; c'est le résultat de plus de trente années d'expériences , de soins , d'application ; aussi, pendant longtemps, on n'a rien eu de meilleur et de plus complet dans cette partie. On a encore de Dupré : 1° Dis, ettation sur la cause physique i/ e l'électricité, Paris, 1746 ; 2° Réception du docteur llecquel aux enfers, La Haye , 1748 ; 3° Re; flexionl sur la transfusion du sang, Paris, 1749 40 11 rent/ Ires du faux chevalier de Warwick, Londres (Paris , 1752 On lui attribue encore des Lettres sur la génération des ani- ma ? IX
  • Louis DUPUY( 1709) : secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belleslettres, naquit dans le Bugey le 23 novembre 1709, d'une des plus anciennes familles de ce pays, mais qui avait perdu ses titres, et ceux même de ses biens patrimoniaux, pendant les guerres civiles de la ligue. Quoique Perlé de douze enfants, le jeune Dupuy fut destiné par son père à l'état Vcelésiastique. Il lit avec un succès distingué ses études au collège de Lyon ; et lorsque l'époque des études théologiques fut arrivée, il eut la gloire de voir les deux séminaires se disputer un sujet déjà célèbre : il se décida pour celui des jésuites, sur l'offre que lui fit le supérieur de cette maison, de lui remettre la moitié de la pension pour acheter des livres. A vingtsix ans, il vint à Paris au séminaire des TrenteTrois, où il fut successivement maître de conférences, bibliothécaire et second supérieur. Il lui fallait, pour entrer dans les ordres, les dispenses nécessaires quand l'on passe d'un diocèse dans un autre; il les demanda à l'archevêque de Lyon, qui motiva son refus positif sur le désir de conserver pour son diocèse un sujet tel que Dupuy. Cette circonstance le détermina à renoncer pour toujours à l'état ecclésiastique. Rendu tout entier aux sciences et aux belleslettres, il chercha à se rapprocher des hommes qui les cultivaient avec le plus de distinction. 11 fut accueilli et goûté de l'académicien Fourmont,qui jouissait alors d'une grande réputation, et dont la maison était le rendezvous des gens , et y prononça, suivant l'usage, l'éloge de plusieurs de ses confrères. Parmi ses productions mathématiques, on distingue des Observations sur les infiniment petits et les principes maophy signes de la 9éométrie ; une édition ; mais ce sujet a été mieux traité depuis par Peyrard, dans son Miroir ardent, Paris, 1807 La collection de l'Académie renferme également de Dupuy plusieurs mémoires intéressants ; nous citerons seulement les suivants : sur l'Etat de la Monnaie romaine; — sur la Valent. du denier d'argent au temps de Charlemagne; -- lnanière dont les anciens allumaient le Jeu sacré dans leurs temples ; - sur les voyelles de la langue hébraïque el des langues orientales q2ii ont une liaison intime ai- cc elle, etc
  • Louis DURAMEAU( 1733 - 1796) : né à Paris en 1733, et mort à Versailles le 1 septembre 1796, fut professeur à l'Académie de peinture, peintre de la chambre et du cabinet du roi , et garde des tableaux de la couronne. Son tableau de réception à l'Académie est au plafond de la galerie d'Apollon , au Musée du Louvre ; il représente l'Eté. Durameau cultiva la peinture historique avec succès pendant une grande partie du dernier siècle ; il entendait bien la composition pittoresque, et quoique ses tableaux ne soient pas exempts du mauvais goût qui semblait égarer alors nos meilleurs artistes , ils méritent d'être cités encore de nos jours ; ceux qui représentent la Continence de Bayard , et un pa, sage de l'Histoire de St Louis, étaient placés, avant la révolution, dans la chapelle de l'Ecole militaire et sont regardés comme les meilleurs ouvrages (le Durameau. Levasseur a gravé deux compositions de ce peintre : Herminie sous les armes de Clorinde, et le retour de Bélisaire dans sa f treille. Les tableaux que Durameau a peints dans sa vieillesse sont si loin du mérite (le ses. nitres ouvrages, qu'ils semblent être d'une autre main ; le coloris en est sale, sans vérité ; il est aussi crû de ton que les couleurs sur la palette, avant leur mélange
  • Louis DURET( 1527) : l'un des plus célèbres médecins de son temps, naquit en 1527 à Bagé, petite ville de la Bresse, qui appartenait alors au duc de Savoie, et il eut pour père Jean Duret, gentilhomme et seigneur de Montanet eu Piémont. Il quitta de bonne heure la maison paternelle, tombée dans la pauvreté par suite de procès, et vint à Paris, où il s'adonna avec ardeur à l'étude des langues anciennes sous la direction des savants professeurs qui occupaient alors les chaires du collège royal. Ses rapides progrès le firent bientôt connaître , et il donna la première preuve de ses talents en formant, l'éducation d'Achille de Harlay , qui avait été confiée à ses soins. Duret, s'étant décidé, vers de dixneuf ans, à embrasser la médecine, prit pour patron l'habile et savant Houllier. Elevé,'en 1552, au grade de docteur, il commen-ça presque aussitôt, à l'exemple de son maître, de Fernel, de Sylvius et autres hommes célèbres d'alors , à professer la médecine , sans que la pratique la plus étendue et la plus assujettissante fôt jamais pour lui un obstacle ou un prétexte qui le détournât des pénibles fonctions de l'enseignement. E sut trouver le temps nécessaire pour se livrer tout à la fois aux devoirs de professeur du collège royal , qu'il remplit pendant dixhuit ans ; aux obligations que lui imposait sa charge à la cour, en qualité de médecin ordinaire des rois Charles IX et Henri III ; à une pratique sans bornes , et enfin à l'éducation de ses enfants. Enseigner, prodiguer ses soins aux malades, méditer Hippocrate, commenter les ouvrages de son martre Houllier, et confier au papier le fruit de son expérience et de ses méditations , telles étaient les occupations de' Duret. Une vie aussi active et atesi laborieuse porta une atteinte profonde à son tempérament , et avança ses jours, en déterminant une maladie de langueur. Il avait prévu et même annoncé sa fin , qui arriva le 22 janvier 1586, à l'âge de 59 ans. Henri III l'aimait particulièrement, et avait pour lui une estime dont il lui donna les preuves les plus signalées : « Si j'avais un fils, lui disait souvent ce « prince, je le confierais à vos soins. » Lorsque Duret maria sa. fille , nonseulement le roi honora de sa présence la cérémonie religieuse et le repas de noces , mais encore il fit présent à la jeune mariée d'une valeur de plus de 40,000 livres en vaisselle d'or et d'argent , et gratifia le père d'une pension de 400 écus d'or, reversible sur ses enfants jusqu'à la mort du dernier. Duret assistait à tous les repas de son souverain, ce qui a fait croire qu'il était son premier médecin ; et cette erreur, commise par Antoine Teissier , a été copiée par le P. Nicéron , par l'abbé Pernety, et par l'abbé Goujet [ list. d colt. roq. ), Duret avait une mémoire prodigieuse ; il savait par cœur toutes les oeuvres 3 d'Hippocrate, et aimait à rapprocher ses observations de celles de ce prince de la médecine, pour lequel il professait une vénération sing,uhère, comme l'atteste la nature même des écrits qu'il nous a laissés et qui sont au nombre de trois : en voici les titres : 1 Adversaria in . lac. _ Hollerii libr. de 111orbisinternis, Paris, 1567 Duret a étendu ici la doctrine de son maitre et y a ajouté ses propres observations ce commentaire, vrai traité de pathologie est terminé par une série de théorèmes, espèces d'aphorismes, qui n'ont pas toujours le mérite d'être fondés sur l'expérience , et dont plusieurs même se ressentent manifestement des théories erronées qui régnaient dans le 16e siècle. 2° Interpretationes et Enarrationes in magni Hippocratis coacas prœnotiones , gr.lat. , Paris, 1588 , etc. ; Strasbourg , 1633 ; Genève , 1665 ; Leyde , 1737 excellente édition; Lyon, 1784 C'est leplus considérable et le plus important des ouvrages de Duret , qui y consacra trente années de sa vie : il a été publié par les soins de Jean Duret, son lits, qui y mit la dernière main et le dédia à Henri III. Cette production consiste d'abord en une version, qui exprime plutôt le sens que les paroles mêmes d'Hippocrate, puis en un commentaire étendu où l'auteur rétablit des passages entiers du texte grec, éclaircit ceux qui sont obscurs ou déuteux, et s'efforce de concilier les plus difficiles et qui paraissent le moins d'accord; travail d'autant plus ingrat, qu'il s'applique à un écrit que ses nombreuses imperfections ont fait regarder par la plupart des hellénistes et des praticiens savants, tels que Galien, Foès, Mercuriali, etc., comme apogryphe et postérieur au vieillard de Cos, quoiqu'en plusieurs endroits il porte évidemment le cachet hippocratique. Rappelons toutefois, pour mon- trer l'importance de ce commentaire, que Frédéric Hofmann en conseillait la lecture à ses disciples, et que Boerhaave disait que c'était un « livre inestimable, dans lequel Hippocrate est « en quelque sorte expliqué par un second Hip- « pocrate. » 3° M mayni Hippocratis librum de Ilurnoribus purgandis etc. , Commenta- ü , editi a Petto Girardet, gr. • lat. , Paris, 1631 iterum recensait Juans Godofredus Günz, Leipsick, 1745 Ce dernier écrit de Duret, qui, comme le précédent, n'a été publié qu'après sa mort, est une bonne paraphrase de plusieurs des livres d'Hippocrate qui sont rangés dans la classe des illégitimes. Passionné pour tout ce qui portait le caractère de la médecine de Cos, l'auteur semble avoir pris à tache de la faire admirer jusque dans ses productions les moins parfaites, ou celles que l'on regarde avec raison comme données par les disciples d'Hippocrate après sa mort, ou par des copistes peu fidèles. Outre ces ouvrages, Duret avait fait un commentaire sur les six premières stctions des aphorismes d'Hippocrate; mais cet écrit es perdu. Considéré sous le rapport littéraire Duret est remarquable par un style constamment pur et fidèle aux règles de la langue latine, qu'il parlait aussi avec une rare facilité; il possédait si parfaitement le grec, qu'il a corrigé un grand nombre de passages d'Hippocrate mal entendus des traducteurs, ou tronqués par de maladroits copistes : l'arabe même ne lui était point étranger; il lisait Avicenne dans sa langue naturelle. Si nous l'envisageons connue praticien, nous voyons en lui un des plus fidèles observateurs de la nature, un médecin qui, profondément nourri de la doctrine d'Hippocrate, savait connue le divin vieillard de Cos, prévoir et attendre les crises, était ennemi de la pol? - pharmacie des Arabes, et aussi éloigné de l'aveugle empirisme que des vaines subtilités qui dominaient de son temps dans les écoles. Il re-=' pétait souvent ce mot, qui devrait être présent à la mémoire de tout médecinphilosophe : Bona est inter iitedicos opinionum dissensio, pessil ma volantatum. Quoique l'astrologie fût for4 en vogue dansle siècle de Duret , il sut se ga-4 rantir de la contagion , et ne croyait pas plus aux rêveries des astrologues, qu'aux amulettes, aux pratiques superstitieuses, aux années climactériques, etc. Enfin, en voulant seulement marcher sur les traces d'Houllier son maître, on peut dire qu'il l'a laissé bien loin derrière lui. L'E- . loge de Dure', par J .B.L. Chomel , a été couronné par la Faculté de mé,deeine de Paris
  • Louis DUTENS( 1730) : né à Tours, le 15 janvier 1730, de parents protestants, \ int à Paris en 1748 , et : composa une tragédie , qu'il présenta au comédien Lanoue , en le priant de la faire recevoir au théâtre. Lanoue lut la pièce et la rendit au jeune auteur , en lui conseillant .d'y travailler encore quelques mois. Irrité de ces conseils, l'auteur va à Orléans, y fait jouer sa pièce, qui est couverte d'applaudissements; mais bientôt le poète Suite du Journal des observations physi- ques , mathématiques et botaniques , faites sur les côtes orientales de l' Amérique méridionale et dans un < i> autre voyage fait à la Nouvelle- Espagne et aux lies de l'Amérique , Paris , 1725 IP. Ces deux ouvrages, ornés de cartes et d'un grand nombre de planches, ne sont pas écrits avec beaucoup d'a- grément; mais ils contiennent un fond d'instruction solide sur tous les objets qui y sont traités. On y trouve aussi d'autres particularités intéressantes. Il est assez singulier que l'auteur termine son second volume du journal au milieu de son séjour à Ylo, sur la côte du Pérou, et qu'il renvoie la suite de son récit à l'ouvrage qu'il annonce devoir publier plus tard. On voit par le titre que la relation de son premier voyage ne vient qu'après celle du second. Quoique les astronomes pensent que plusieurs des observations faites par Feuillée eussent pu étre plus précises, on peut dire avec vérité que c'est un des voyageurs qui a le plus contribué à l'avancement de l'astronomie, de la géographie et mème des différentes parties de l'histoire naturelle. Il avait l'enthousiasme des sciences. Les veilles, les fatigues, les périls de tout genre, les dangers de la navigation, tout cela disparaissait à ses yeux, pourvu que ses travaux pussent contribuer au perfectionnement des sciences auxquelles il avait voué sa vie. C'était un homme d'un caractère doux et simple, tel qu'il convient à un vrai philosophe et à un ecclésiastique; aussi aton lieu d'être surpris de l'aigreur avec laquelle dans la préface de la suite de son journal il s'exprime sur le compte de Frezier , qui avait comme lui visité la côte de l'Amérique méridionale le long du grand Océan. Il ne se contente pas de le critiquer, il le traite avec un mépris qui annonce un ressentiment profond. Frezier ne se tint pas pour battu et lui répondit vertement . Le journal de Feuillée et sa suite sont terminés par une sorte d'ouvrage séparé intitulé < i> Histoire des plantes médicinales qui sont le plus d'u- sage aux royaumes du Pérou et du Chili , composée sur les lieux par l'ordre du roi, en 1709 , 1710 < i> et 1711. Ces descriptions des plantes sont faites avec l'exactitude que comportait l'état de la botanique à cette époque, et leurs vertus médicales sont exposées d'après l'usage que l'on en fait dans les cantons où elles croissent. Les figures de ces plantes , dont la plupart étaient nouvelles , sont dessinées avec délicatesse et avec assez d'exactitude, car leur inspection fait aisément reconnaître celles que l'on < i> a aujourd'hui l'habitude de voir dans les jardins et que Feuillée désigne par des noms différents de ceux que les botanistes leur ont ensuite donnés. On distingue entre autres < i> lefuchsia et le < i> datura grandiflora , si remarquables < i> par leurs belles fleurs. Les < i> cent planches de botanique de l'ouvrage de Feuillée ont été publiées de nouveau avec leur description , traduite en allemand par G. L. Huth , Nuremberg, 1756 et 1757, 9 vol. Pour reconnattre les services que Feuillée avait rendus à la botanique, on a donné le nom de < i> Fevillea à un genre de plantes de la famille des < i> cucurbitacées : il renferme des végétaux grimpants qui croissent dans les Antilles et qui sont compris sous la dénomination générale de < i> lianes
  • Louis FIGON( 1745 - 1824) : prêtre , né le 9 février 1745 aux Pennes , près de Marseille , acheva ses études à Paris au séminaire des Missions et se fit agréger ensuite à la congrégation de StLazare. Il fut chargé par ses supérieurs de professer la théologie au séminaire d'Arles , puis à Marseille , où il se trouvait en 1791. Le refus de prêter serment l'obligea de se réfugier en Italie; et pendant tout le temps que dura son exil l'abbé Figon habita presque constamment Nice, où il passait pour un bon prédicateur. Il se hâta de rentrer en France dès qu'il le put sans danger et contribua beaucoup à rétablir à Marseille l'exercice public du culte catholique. Il y desservit l'église des Missions jusqu'à l'époque du concordat en 1802 , qu'il fut nominé curé d'Aubagne. Au rétablissement de la congrégation de St- Lazare, en 1816 , il obtint la permission de rester dans sa paroisse, et il y mourut le 9 juillet 1824 , laissant la réputation d'un ecclésiastique pieux et instruit. On ne conne de lui qu'un opuscule : l'Encyclique de Benoît XIV , VIX PERVENIT, expliqUée par les tribunaux de Borne, Marseille, 1822 , brochure dans laquelle il démontre que cette bulle n'est point contraire au prêt à intérét , comme le soutiennent des théolo- giens trop sévères
  • Louis FIACCHI( 1734 - 1825) : pote et critique distingué, naquit en 1754 à Mugello dans la Toscane. Après avoir terminé ses études, il embrassa l'état ecclésiastique et professa plusieurs années la philosophie dans un collége. En quittant l'enseignement, il obtint un canonicat et mit à profit les loisirs de sa nouvelle position pour cultiver la littérature. Ses utiles travaux sur la langue toscane lui ouvrirent les portes de l'Académie de la Crusca, dont il fut un des membres les plus laborieux. H mourut à Florence le 26 mai 182,5. Outre un grand nombre d'articles dans les journaux littéraires, il a publié dans la Collezione d'opuscoli scientifici, etc. , des observations sur les Cene de Grazzini, t. 6 ; la Leçon de Giacomini sur le sonnet de Pétrarque : La gola, 11 il sonno e le oziose plume, t. 19, et des pièces inédites de Rucellai, précédées de recherches sur la vie de l'auteur, t. 21. Il a d'après un manuscrit donné dans la Collezione d' ° place inediti , Florence 1807, la Dissertation de Benoît Varchi sur le verbe, ses modifications et ses inflexions. On lui doit des éditions trèsestimées de l'ancienne version du traité de Cicéron Dell' amicizia, 1809 de la Dafné de Rinuccini , 1810 ; d'un & cita di rime entiche, 1812 et des comédies de Cecchi : Le maschere e ilsainaritano, 1818 Enfin on a de Fiacchi Dichiarazione di molli proverbi , detti e parole , 1820 Cet ouvrage avait paru l'année précédente dans le volume des Actes de l'Académie de la Crusca. La nouvelle édi- tion est augmentée des passages des Comédies iné- dites de Cecchi , contenant des mots et des pro- verbes omis dans les vocabulaires ; 2 Osservazioni sel Decamerone di Boccacio , con due lezione dette Accademia , etc., 1821 Ces remarques, les ,unes purement grammaticales, les autres his- toriques , se rapportent à l'édition du Decamerone publiée en 1812 par Michel Colombo ; Fayote, 4807, : il existe quelques exemplaires 1820 Ces deux éditions, citées par M. Gamba dans la Serie dei testi, renferment cent fables et quarante sonnets sur des sujets rustiques. Ces sonnets, au jugement de l'habile critique, sont autant de chefsd'oeuvre, et les fables, pour le naturel et la pureté du style, sont dignes de l'âge d'or de la littérature italienne ; 40 Poesie pastorali e rush- cati, Milan, 1808, grand Ce recueil n'est pas moins estimé que le précédent. Tous deux assignent à Fiacchi un rang trèsdistingué parmi les pones modernes de l'Italie
  • Louis FLANGINI( 1733 - 1804) : patriarche de Venise et cardinal , mort en cette ville vers la fin de février 1804, y était né en juillet 1735. Après avoir dans sa jeunesse cultivé les sciences, et particulièrement la philologie , après s'être encore exercé dans l'éloquence , il fut successivement juge dans le conseil des Quarante , avogader, censeur, sénateur, conseiller, correcteur extraordinaire, donnant dans tous ces emplois des preuves de son habileté, comme aussi de son zèle pour le bien de sa patrie. Clément XIV le fit passer du service de la république vénitienne à celui de la cour de Rome. Nominé par ce pontife auditeur du tribunal de la rote, il y montra un grand savoir en jurisprudence et beaucoup d'intégrité dans l'administration de la justice. Ce pape l'éleva à la prélature , et Pie VI le fit cardinal en 1789. Comme il se rendait de plus en plus utile , les honneurs vinrent s'accumuler sur sa tète. L'empereur le fit en 1801 patriarche de Venise, primat de la Dalmatie , comte du StEmpire et conseiller intime actuel d'Etat, en lui conférant la grand'croix de l'ordre de St-Étienne de Hongrie. Les monuments qu'il a laissés de son talent littéraire, sans lui procurer la gloire d'un prosateur et d'un poète fort distingué, méritent cependant d'être lus. Ce sont Annotazioni alla corona poetica di Querino pasinio in iode della republica di Venezia , sous son nom de l'Académie des pasteurs d'Arcadie , Aga- miro Pelopideo , Venise, 1750; 2° sous le méme nom , Rime di Bernard Capello, con annotazioni 2 tomes, Bergame, 1750 ; 3° Orazione per l'esalta- mento ( lel doga Mario Foscarini , Venise, 1762; Iko Lettera patriarcale sur son installation dans le patriarcat; 5° Apologia di Socrate, serina da Pla- tone , traduction du grec , insérée dans le cours raisonné de littérature grecque de l'abbé Cesarotti; 6° Argonautica de Apollonio Rodio , traduction en vers , avec des notes , Rome , 1781 2 vol
  • Louis FOGLIANI( 1500) : en latin Folie/ nus, musicien, né à Modène dans le 16e siècle, lit d'excellentes études et se servit des connaissances qu'il avait acquises dans les langues pour comparer les ouvrages des anciens relatifs à la musique, et en déduire de nouvelles hypothèses. On voit par une lettre que lui écrivait Pierre Arétin, le 30 novembre 1537, qu'il avait le projet de traduire en italien les ouvrages , jésuite, né en 1543 dans la Valteline, embrassa la vie religieuse à l'àge de seize ans et fut envoyé à Rome pour y terminer le cours de ses études. 11 se fit bientôt remarquer de ses confrères par sa piété et son zèle dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Son humilité, était si grande, qu'il fallut un ordre exprès de ses supérieurs pour le déterminer à recevoir la prêtrise. Après avoir rempli les devoirs de son état, il se livrait dans l'intérieur de la maison aux travaux les plus pénibles et les plus vils. Les austérités qu'il pratiquait étaient effrayantes. il portait continuellement un cilice, et chaque jour il se déchirait le corps à coups de fouet. H passait la plus grande partie des nuits à genoux , en prières; et souvent il se refusait le peu de nourriture dont il avait besoin. Il avait une dévotion particulière envers la SteTrinité ; et, chaque année , il en célébrait la fête par un redoublement de jeûnes et d'actes de pénitence. Ce saint religieux mourut en 1609 d'une fièvre maligne , qui l'enleva au bout de trois jours. Le P. Sotwel assure que le coeur du P. Fogliani fut trouvé marqué de trois taches blanches, qui se réunissaient en un seul point. On conservait dans la bibliothèque des jésuites à Rome les nombreux ouvrages du P. Fogliani , parmi lesquels on cite un Traité , littérateur, né à Bormio dans la Valteline , au 16e siècle, professa la rhétorique à Reggio avec une grande réputation. On a de lui : Epistolarunz libri V, Milan , 1579 Cette édition étant défigurée par un grand nombre de fautes d'impression , l'auteur en publia une nouvelle, Venise, 1587 à laquelle il ajouta douze Harangues prononcées dans des occasions d'éclat. Tiraboschi parle avec éloge des harangues de Fogliani , et Gonze recommande la lecture de ses lettres, tant pour la beauté du style que pour l'intérêt des matières qui y sont bien discutées. - FOGLIANI , jurisconsulte , né à Modène en 1630, remplit pendant plusieurs années la place de juge et ensuite celle de lieutenant à Reggio, où il mourut le 9 mars 1680 , à l'Age de- tiO ans. C'était un homme instruit, aimant les lettres et les cultivant avec succès. Outre des poésies éparses dans différents recueils, on connatt de lui les deux opuscules suivants : 1. In obitum S. principis Ahnerici Estensis et card. Julii Mazarini elegia , Reggio , 1661 Saggio delle glorie del S. Alfons° IV, ducs di Modena, orazione , ibid., 1663
  • Louis FONTENETTES( 1612 - 1661) : docteur en médeeine né en 1612 dans le Berri , mourut à Poitiers au mois d'octobre 1661. 11 joignit à une grande habileté comme praticien, de vastes connaissances théoriques. Sa mémoire était prodigieuse et ornée des productions des meilleurs poiles. Il cultivait les belleslettres et surtout la poésie française. On a de lui une traduction en vers français des Aphorismes d'Hippocrate intitulée : Hippocrate dépaysé ou Version paraphrasée de ses Aphorismes, Paris, 1654 Cet ouvrage est, comme on le sent bien, d'une poésie assez médiocre, et le texte n'est pas toujours rendu avec une scrupuleuse fidélité. Cependant on y remarque des vers assez heureux. Il nous reste encore de Fontenettes une Anatomie des fautes contenues en la réponse au Discours des maladies populaires de 1652, Poitiers, 1653, — FONTENETTES , 'médecin de Poitiers, a publié Dissertation sur une fille de Grenoble, qui depuis quatre ans ne boit ni ne mange, 1737
  • Louis FRETON( 1578) : seigneur de Servas, probablement à Calvisson vers 1578 , prit le parti des armes et signala son courage dans un grand nombre d'occasions , en Hollande , en Italie et en France, sous le duc de Rohan, qui l'avait fait son maréchal de camp. II s'était précédemment attaché aux ducs de Châtillon et de Lesdiguières, et avait été employé par eux dans des négociations et dans des intrigues, où il montra toujours autant d'intelligence que d'activité. Il a laissé , sous le titre de Commentaires , des mémoires assez curieux de toutes les entreprises militaires et de toutes les affaires auxquelles il prit part, depuis 1600 jusqu'en 1620. Cet ouvrage, ignoré pendant plus de cent trente ans , fut publié il y a un siècle dans le recueil de Pièces fugitives pour servir à l'Histoire de France de Menant et Aubais. Freton vécut cinq ans encore après l'époque où finissent ses Commentaires, constamment occupé des intérêts des protestants , ou les défendant à main armée. Il pétarda et prit Sommières dans la nuit du 5 au 6 juillet 1625; mais attaqué à son tour dans la place, et forcé de se retirer avec précipitation , il fut blessé dans cette rencontre et alla mourir à Lezan, le 29 du mois d'août suivant
  • Louis FRIANT( 1758) : général français, né à Morlincourt, en Lorraine, le 28 septembre 1758, entra dans les gardes françaises comme simple soldat le 9 février •781. Des manières polies et un extérieur avantageux lui eurent bientôt gagné la faveur de ses chefs. Au bout de six m'ois , il fut nominé caporal des grenadiers, ce qui alors était un avancement rapide. Peu de temps après il fut sousofficier instructeur du dépôt des gardes, et conserva ce grade pendant sept ans ; mais n'ayant aucun espoir d'avancement, il quitta en 1787 une carrière où la porte était fermée pour les roturiers. La révolution l'y fit bientôt rentrer ; il en embrassa la cause avec beaucoup d'ardeur, et fut admis dans les troupes dites du centre, qui firent le service de la capitale après la suppression des gardes françaises. Il passa bientôt dans un bataillon de volontaires nationaux , où il fut nominé adjudantmajor, puis lieutenantcolonel. 11 conduisit cette troupe en Champagne, puis à l'armée des Ardennes, et se distingua à la bataille de Kayserslauterni aux combats des lignes de %Wissembourg et au déblocus de Landau , où il fut blessé. A peine guéri de sa blessure, il combattit à Arlon, sous les ordres de Jourdan, puis à Charleroi et à Fleurus. Ce fut surtout à l'estime de Championnet qu'il dut d'ètre élevé au grade de général de brigade . Il passa en cette, qualité sous les ordres de Kléber , qui lui confia le commandement d'une division. Après la prise de Maestricht , où il se fit de nouveau remarquer, Priant se réunit au corps du général Ilatry, destiné à relever les troupes de l'armée de Rh , sous les murs de Luxembourg. La part qu'il eut à la reddition de cette place lui valut le gouvernement de la province de ce nom. et du comté de Chimay.- S'étant cru obligé d'eniployer des mesures sévères pour la rentrée des contributions, il fut dénoncé au gouvernement comme ayant outrepassé ses pouvoirs; il invoqua le témoignage des députés Garreau et Joubert, et le Directoire lui rendit son emploi. Alors Friant quitta le commandement de Luxembourg, et fut employé au siége d'Ehrenbreitstein, sous les ordres de Marceau. Ce siége ayant été suspendu, il fut chargé d'occuper les gorges de Braubach et de protéger la retraite des troupes qui avaient été repoussées devant Mayence, dans le mois d'octobre 1795. L'année suivante, Friant commanda une brigade dans le corps d'urinée que Bernadotte conduisit en Italie. La bataille du Tagliamento, la prise de Gradisca et la défense de Fiume lui offrirent de nouvelles occasions de signaler son courage. Admirateur enthousiaste de Bonaparte, il s'embarqua pour l'Égypte en 1798 , et fut employé, sous Desaix, à l'expédition de la haute Égypte. Il donna des preuves de valeur à Sédi- man , où les Français, découragés, n'osaient retourner à la charge ; à Samanhout, où l'ennemi laissa le champ de bataille coùvert de morts ; à Abotimana et à Souhama , où des hordes nombreuses d'Arabes et de Mameluks furent précipitées dans le Nil. Le général en chef demanda alors pour lui au Directoire le grade de général de division ; et aussitôt après le départ de Bonaparte , Kléber employa Friant en cette qualité, et lui donna le commandement de la haute Égypte. Ce fut dans cette seconde période de l'expédition que Friant se fit surtout remarquer. Il eut beaucoup de part à la mémorable victoire d'Héliopolis, puis à la prise de Belbeys , comme à celle de Boulac et du Caire. Ces deux opérations étaient à peine terminées, qu'une flotte anglaise parut devant Alexandrie. Friant sortit de la place et arrêta quelque temps l'ennemi ; mais l'infériorité de ses forces l'obligea de se renfermer dans la ville, où il fut assiégé par les troupes ottomanes et anglaises réunies. Après six mois d'un siége meurtrier, il fallut enfin capituler. Friant revint alors en France ; le premier consul le nomma inspecteur général d'infanterie , et le fit comte à l'époque du couronnement. Employé à la grande armée , il eut quatre chevaux tués sous lui à la bataille d'Austerlitz et y fut blessé. L'empereur le nomma , pour le prix de cet exploit, grand cordon de la Légion d'honneur. Le 14 octobre 1806 , Friant se fit encore remarquer à la bataille d'Iéna, puis dans la campagne de 1709 contre l'Autriche , notamment à Tann, le 19 avril. Soutenu par le général StIlilaire, il fit six cents prisonniers. Devenu en 1811 commandant des grenadiers de la garde impériale, ce fut en cette qualité qu'il fit la campagne de Russie en 1812. Il combattit avec distinction à Smolensk, le 17 août, et plus encore le 7 septembre, à la bataille de la Moskowa , où il fut grièvement blessé à la principale attaque que forma la droite, sous les ordres de Davout. En 1815 il commanda la 4e division de la jeune garde, organisée à Mayence ; et, le 30 novembre, il se distingua encore à la bataille de Hanau. Il prit part ensuite à la plupart des opérations de la campagne de 1814, surtout à la bataille (le ChampAubert. Il adhéra, dans le mois d'avril , la déchéance de Bonaparte, et fut nominé par le roi , le 2 juin, chevalier de StLouis, puis commandant des grenadiers royaux, qui furent envoyés en garnison à Metz. Après l'invasion du 20 mars, il fut créé pair par Bonaparte, et combattit à Waterloo , où il fut encore grièvement blessé. Au. mois de novembre 4815 , il partit comme témoin dans le procès de Ney , et déclara qu'il n'avait eu avec le maréchal aucune relation. Admis à la retraite vers cette époque , il vécut dans sa terre de Gaillonet, près Meulan ; et c'est là qu'il mourut, le 29 juillet 1829
  • Louis FROLAND : avocat au parlement de Rouen , vint s'établir à Paris, où il plaida pour le fameux Law, qui lui donna , pour les honoraires d'une cause, cent mille francs en billets de banque. Il publia un excellent mémoire de son père, avocat de la plus haute réputation à Rouen, sur le tiers et danger, auquel il ajouta de bonnes notes. Retiré vers 1735, à sa terre des Portes en Normandie, il s'occupa dans sa retraite d'un grand ouvrage intitulé : Mémoires historiques et de juris- prudence du parlement de Normandie , etc. Il y suit l'ordre chronologique , soit pour l'histoire, soit pour la jurisprudence. Il a laissé en manuscrit de judicieuses corrections pour une nouvelle édition du Commentaire de Henri Basnage. Ses ouvrages imprimés sont : 1° 4Jémoires concernant le comté- pairie d'Eu, et ses usages prétendus locaux , Paris, 1722 2. Mémoire sur la prohibition d'évoquer les décrets d'immeubles situés en Norman- die, Paris, 1 7, 1729, in4"; 5. Recueil d'arrêts de règlements et autres arrêts notables du parlement de Normandie, Paris, 1722, 1729 10 Mémoire sur la nature et la qualité des statuts, Paris, 1729, 2 vol. Froland mourut en 1716.
  • Louis FROES( 1528) : jésuite et missionnaire portugais, naquit dans la ville de Deja en 15t8.fi suivit le I'. Barge° dans son voyage aux Indes en 154.8. Arrivé à Goa , il y continua ses études au collége de la société; mais il fut obligé de les pour aller à NIalaca, où il demeura une année, occupé aux travaux de la mission. Il revint ensuite à Goa, et ayant été ordonni prêtre, il partit, accompagné d'un seul de sec confrères, et après une navigation aussi longue que périlleuse, aborda au Japon en 1565. Il se tint d'abord quelque temps dans un petit village , pour s'instruire des coutumes et apprendre la langue eh t pays. Le ehangement d'air et la mauvaise nourriture le rendirent malade , et il n'était pas encore guéri lorsqu'après avoir catéchisé et baptisé quelques infidèles à Omura, il se mit en route pour Méaco, ville capitale du Japon. Dans la crainte d'are reconnu , il suivait le jour des chemins écartés et passait la nuit dans des grottes. Dès qu'il fut arrivé à Méaco, il s'occupa de l'objet de sa mission et chercha, par tous les moyens gpii étaient en lui, à répandre les lumières de la foi. Mais les bonzes, envieux de la faveur dont il jouissait près du monarque , lui suscitèrent toutes sortes de traverses et le firent envoyer dans la ville de Saeay, mi il convertit un grand nombre d'idolàtres. Ayant obtenu en 154i9 la permission de retourner à Méaco, il y fut reçu favorablement par l'empereur Nabunanga, maitre tic dixhuit couronnes, qu'il devait à sa valeur et à ses talents militaires. Il disputa , en présence tlu monarque, contre le bonze Negiojo Xanira et confondit sa vaine éloquence. laes intrigues du bonze, qui jouissait d'une certaine réputation parmi le peuple, ne purent parvenir à faire chasser le P. Frocs de la capitale, et il ne s'en éloigna pour lors à Evora, Roffie et Venise , et qu'on trouve dans le livre intitulé Carias do Japon et China ; 2. Relaçaon da em- baxada do rei da China, Relation de l'ambassade du roi de Chine à Tayrosamet, empereur du Japon dans l'année 1596, et des grands événements qui eurent lieu avant cette ambassade; traduite en italien par le P. Mereati, Rome, 1599, ill-8'; m c'est par ces lettres quo l'Europe a eu Je 4 premières no. tions de la terre du leço et de ses habitants. bans celle du 15 février Mb, il parle d'un grand pays situé nu nord du Japon, et habité par dru sauvage» fort velus, qui viennent trafiquer avec les Japonais. ‘‘ Les lezi, nation tartare, tjoutetil ‘‘ dans une lettre de ran MS, viennent du continent pour corn- . meute avec les Japonais à Maternel. Ctli leu ëont trèsbat- bures, de couleur brune et 46velus. n 5" Historica relatio de gloriosa morte XXVI cruel- fixorum pro Christo in Japonia, die !.` i februarii anni 1597 , sub Tayeosama rege, Mayence , 1599 traduite en italien par le P. Spitili , Rome, 1599, et en français par le P. Bordes, Paris, 1604 4" Historia do Japon , en trois parties : dans la première, il est parlé du climat et de la latitude, des mœurs, qualités, etc., et de l'origine du Japon ; dans la deuxième partie , l'auteur rend compte de ses missions, et la troisième traite de la conversion du roi de Bungo et de la vie de ce monarque. Ce livre, qui coûta à Frocs six ans d'un travail assidu et dans lequel il écrivait souvent dix heures par jour, est aussi recommandable par le style que par les notices curieuses et exactes qu'il contient. Il parait que ce grand ouvrage est demeuré manuscrit. Alegambe et Sotwel n'en parlent que vaguement et semblent croire que ce n'est autre chose que la collection des Lettres, au nombre de plus de cinquante, indiquées au n" 1
  • Louis FUET( 1681) : l'un des meilleurs canonistes (lu ItP siècle, naquit à Orléans en 1681. Sa famille, 'peu favorisée des biens de la fortune, ne put 1 longtemps lui donner cette première éducation convenable aux talents qu'il devait faire valoir. Le jeune Filet balançait sur le genre de vie !m'il adopterait, quand, pour le fixer, ses amis lui donnèrent le sage conseil d'apprendre les éléments de la langue latine. Sa jeunesse avancée, car il touchait à sa vingtième année, ne l'épouvanta pas. Il se mit sous la direction d'Ambroise Pacori, à qui le cardinal de Coislin , évèque d'Orléans, avait confié la direction de ses écoles ecclésiastiques de MeungsurLoire. Dès les premiers mois, Pacori jugea, d'après les rapides progrès de son élève, qu'une vive lumière avait été trop d'an- i nées sous le boisseau. Il en prit un soin padieu- lier. A la tin de ses humanités, Filet voulait en- trer dans la maison des PP. de l'Oratoire de la rue StHonoré. Le P. Baugin , son compatriote, qui lui connaissait plus de penchant à l'érudition qu'à l'éloquence , lui conseilla d'entrer chez les bénédictins , comme moyen (le contenter son amour pour l'étude, déjà devenu sa passion dominante. En 1709, Filet entra au noviciat de l'abbaye de Vendôme , qu'il quitta quelques mois après, non par inconstance, niais pour céder aux larmes de son père, qui , dans un àge avancé, ne voyait d'autre moyen pour ses nombreux enfants que les talents que Louis Filet pouvait faire valoir. Un court séjour dans la ville d'Angers détermina ses dispositions en faveur de l'étude du droit canon. Après avoir pris ses degrés, il cédait aux conseils de l'évéque d'Angers, en se décidant pour l'état bi ecclésiastique. L'évèque d'Orléans, Fleuriau d'Armenonville, prompt à rejeter quiconque se pro- I nonçait contre la bulle Unigenitus, non content ' de lui refuser un démissoire, ne voulut pas mème : lui donner un certificat de bonnes vie et moeurs, quoique la seule plainte qu'il articulàt vivement contre le prosélyte de l'évoque d'Angers fût qu'il i^ lisait l'Augustinus de Jansénius. Fuet, forcé (l'a- 0, bandonner une carrière où dès le début il ren- contrait des persécutions, se fit recevoir avocat au parlement de Paris, le 20 juillet 1716. Il s'acquit danssa profession la réputation la mieux méritéans doute qu'il serait devenu le conseil général u clergé de France , s'il n'eût pris trop chaudement parti dans les querelles théologiques qui tuvisaient alors la France. Ses consultations en faveur des appelants lirent gronder sur lui quelques orages que ses protecteurs ne tardèrent pas à dissiper. On lui permit de travailler paisiblement au grand ouvrage qu'il préparait sur la jurisprudence ecclésiastique, lorsqu'en 1737 il se vit obligé de suspendre ses travaux à raison d'une maladie à laquelle il n'échappa que pour tomber dans une mélancolie profonde , qui l'enleva le 4 septembre 1759. Son article biographique serait sans doute plus étendu , si les Mémoires manuscrits qu'il a laissés sur les principaux événements de sa vie ne se fussent perdus. On peut le louer d'avoir été le bienfaiteur et l'ami de sa famille. Louis Fuet a publié : 10 Mémoire sur l'injustice de l'excommunication dont on menace les appelants, Paris, I712, 1719; 20 Traité des matières bénéficia- les, Paris, 172I, I 723 , P; 50 Mémoires et con- sultations relatilsaux dignités collégiales de St- Pierre de l'Isle, 1726. C'est sur ces Mémoires que fut rédigé le Recueil de jurisprudence canonique, par Rousseau de Lacombe , Paris, 171S-115i
  • Louis FUZELIER( 1672) : né à Paris, vers 1672, travailla pour tous les théâtres de la capitale. Il donna à l'Opéra, les Amours déguisés, Arion, les Ages, les Fêtes grecques et romaines, la Reine des Péris, les Amours des dieux, les Amours des déesses , les Indes galantes, l'Ecole des amours , le Carnaval du Parnasse, les Amours de Tempé , Phaétuse , Jupiter et Europe : au théâtre Français, Momus fabuliste, les Amusements de l'automne, les Amazones modernes, les Animaux raisonnables, et le Procés des sens ; au théâtre Italien , l'Amour maître de langues , le Mai , la Méridienne, la Mode , la Rupture du carnaval , le Faucon , Mélusine , hercule filant , Arlequin Persée , le Vieux monde , les Noces de Gamache , le Serdean des t/ u , la Parodie , les Saturnales, les Débris des Saturnales , Amadis le Cadet, Momus exilé, et la Bague magique ; enfin , à l'OpéraComique, et ménie aux marionnettes de la foire, tantôt seul, tantôt en société, avec Lesage , d'Orneval , etc., un grand nombre 2). Cela n'est pat, rigoureusement exact il n'existe aucun ouvr,4:,. imprimé en entier avec les caractères du Psautier; mais caractères ont servi pour les premières lignes dans quelque ouvrages, et entre autres pour le Commentaire de Turrecremata sur le Psautier, 1474, etc. carreau de ma chambre , c'est que je serai oc« cupé à quelque chose de sérieux , il ne faudra « pas m'importuner. » Un jour ce pauvre homme montant chez Fuzelier , le vit effectivement le nez contre terre : « Notre maitre, « ditil aux voisins, travaille sérieusement. » Fuzelier était mort. AG—R
  • Louis GALLOCHE( 1670 - 1761) : peintre français, né en 1670, mort en 9761, fut élève de Louis Boullongne, et enseigna au célèbre Lemoyne les premiers principes de la peinture. Ses tableaux ont été longtemps considérés comme des ouvrages (l'un ordre supérieur : ils ont un peu perdu depuis; et Galloche, parvenu à un àge trèsavancé, a eu le malheur de survivre à sa gloire. Les artistes cependant montrent encore de l'estime pour ses productions, notamment pour sa Translation des reliques de St- Augustin, qui ornait autrefois l'église des PetitsPères, et qui est vraiment un ouvrage distingué. En général ses compositions ont le mérite d'une ordonnance sage , d'un coloris soutenu et d'une belle entente du clairobscur. Aussi la plupart des peintres en vogue qui l'ont fait oublier sous le règne de Louis XV ontils été loin de l'égaler aux yeux des véritables connaisseurs. Il n'a pas du moins contribué, comme les Natoire, les ( le Troy, les Boucher, à la décadence de l'école française, si sensible dans le dernier siècle. Les meilleurs ouvrages de Galloche, après le tableau que nous venons de citer, sont : la Résurrection de Lazare; le Départ de St- Paul de Milet pour Jérusalem ; l'Institution des Enfants trouvés; Hercule et Alceste; la Samaritaine et la Guérison du possédé. Quelquesuns de ces tableaux sont encore placés clans les églises de Paris. 11 traita le sujet d'Hercule et Alceste pour sa réception à l'Académie royale de peinture. Galloche avait voyagé en Italie , et en avait rapporté un grand nombre d'Études, dont il tira un parti trèsavantageux dans la plupart de ses compositions. Il est aisé de voir en effet qu'il s'est principalement attaché à copier la manière des peintres célèbres. Si c'était un moyen assez sin. de ne point s'égarer, ce n'était pas du moins celui de se placer au rang des modèles. Ce peintre estimable avait obtenu du roi un logement au Louvre et une pension. ll mourut recteur et chancelier de l'Académie
  • Louis GALVANI( 1737) : médecin et physicien célèbre d'Italie, naquit à Bologne le 9 septembre 1737. Il montra de bonne heure un zèle fervent pour la religion catholique, dont il ne cessa jamais d'observer les préceptes les plus minutieux. Il conçut mème le projet de s'ensevelir dans un dere, mais on parvint heureusement à l'en détourner ; et sans abandonner ses élucubrations théologiques, il consacra pourtant la majeure partie de ses veilles à l'étude des sciences exactes. 11 choisit pour profession la médecine, et cultiva de prédilection l'anatomie et la physiologie humaine et comparée. En 1769. il soutint avec distinction une thèse sur les os et fut créé professeur d'anatomie à l'univer- sité. Il parlait avec correction et facilité; mais ses expressions n'étaient point embellies par le charme II n'avait jamais voulu faire le commerce du gérotle, auquel d'autres gouverneurs s'étaient enrichis. de l'éloquence. Galvani exerça constamment avec beaucoup d'habileté la chirurgie et l'art des accouchements. L'année 1790 fut la plus douloureuse de sa vie; il perdit son épouse Lucie Galeazzi, qui depuis trente ans faisait son bonheur : cette perte, dont il fut inconsolable, fut l'avantcoureur de nouvelles infortunes. La république Cisalpine exigea de tous les employés un serment que Galvani refusa de prêter. Qui pourrait le blâmer, s'écrie M. Alibert, d'avoir suivi la voix de sa conscience, de cette voix intérieure et sacrée qui prescrit seule les devoirs, et qui a précédé toutes les lois humaines? Qui pourrait ne pas le louer de lui avoir sacrifié avec une résignation exemplaire tous les émoluments attachés à la place qu'il occupait? Ce savant professeur avait d'ailleurs des idées particulières sur ces engagements si solennels et si religieux dont on n'a que trop souvent abusé pour affermir les lois des empires : il pensait avec raison qu'ils ne conviennent qu'aux nations incapables de les violer. Dépouillé de ses dignités et de son emploi , presque réduit à l'indigence , Galvani se retira chez son frère Jacques : bientôt après il tomba dans un état de marasme et de langueur dont les soins aussi éclairés que généreux des docteurs Uttini et Cingari ne purent arrêter les progrès. Par égard pour sa grande célébrité , le gouvernement cisalpin décréta que malgré son obstination il serait rétabli dans sa chaire : inutile faveur! Tant de coups portés à sa sensibilité étaient irrémédiables; elle arriva enfin cette mort, qu'il avait tant désirée, le 4 décembre 1798. C'est dans les mémoires de l'Institut des sciences de Bologne que sont consignés les travaux peu nombreux , mais (l'une haute importance , qui ont immortalisé le nom de Galvani. 1. De renibus algue ureteribus volatilium. L'auteur décrit avec une exactitude scrupuleuse les reins des oiseaux, renfermés dans l'intérieur de leur abdomen, situés le long de la colonne vertébrale, et appropriés chez eux comme chez les quadrupèdes à la sécrétion de l'urine ; ces viscères éprouvent une multitude de variations dans les diverses espèces de volatiles. La description des vaisseaux émulgents, des nerfs rénaux et des uretères, tracée avec le même soin, contient divers faits curieux, dont plusieurs avaient alors le mérite de la nouveauté. 2. De volatilium mire. Depuis trois ans Galvani étudiait l'organe de l'ouïe, et préparait un grand ouvrage sur cette matière, lorsque l'illustre Scarpa fit paraltre ses Observations sur la fenétre ronde. L'académicien de Bologne dut voir avec étonnement dans cette monographie la plupart des faits qu'il avait annoncés dans les séances particulières de l'Institut, et qu'il croyait lui appartenir en propre : il renonça au projet qu'il avait conçu, et se borna à consigner dans une courte esquisse les remarques qui ne se trouvaient point dans le livre de Scarpa. Il donne des détails assez intéressants sur la corde du tympan, sur le labyrinthe membraneux, sur les vastes canaux demicirculaires, et sur l'osselet unique qui , au moyen de son corps et de ses appendices, remplit facilement les fonctions des trois osselets qu'on rencontre chez les mammifères. 3. De viribus eleetricitatis in motu musculari commentarius, publié en 1791 dans le tome 7 des Mémoires de l'Institut : cet opuscule a été réimprimé isolément, et quoi qu'il remplisse à peine 55 pages, il portera le nom de Galvani à la postérité la plus reculée. Ce n'est point ici le lieu d'offrir un tableau complet de ce phénomène singulier qui, sous le nom de galvanisme, a déjà enfanté des milliers de volumes; mais il ne sera pas superflu de rappeler son origine, due au hasard comme celle de tant d'autres découvertes. L'épouse de Galvani prenait (les bouillons de grenouilles pour le rétablissement (le sa faible santé; son mari, qui l'aimait avec passion , s'occupait luimême du soin de les lui préparer. On avait posé sur une table où se trouvait une machine électrique , quelques unes (le ces grenouilles écorchées ; l'un des aides qui coopéraient aux expériences approcha sans y penser, la pointe d'un scalpel des nerfs cruraux de l'un de ces animaux : aussitôt tous les muscles des membres parurent agités de fortes convulsions. Madame Galvani était présente : pleine (l'esprit et de sagacité, elle fut frappée de la nouveauté du phénomène; elle crut s'apercevoir qu'il concourait avec le dégagement de l'étincelle électrique transportée de joie , elle courut en avertir son mari, qui s'empressa de vérifier un fait aussi extraordinaire. Ayant approché en conséquence une seconde fois la pointe du scalpel des nerfs cruraux de la grenouille , pendant qu'on tirait une étincelle de la machine électrique, les contractions recommencèrent : elles pouvaient néanmoins ètre attribuées au simple contact (lu scalpel , qui servait de stimulus plutôt qu'au dégagement (le l'étincelle. Pour éclaircir ce doute, Galvani toucha les mêmes nerfs sur d'autres grenouilles, tandis que la machine électrique était en repos, et alors les contractions n'eurent pas lieu l'expérience, souvent répétée , fut constamment suivie d'un résultat analogue. Pour peu qu'on inédite maintenant sur cette première expérience, il est facile de se convaincre qu'elle n'a rien qui doive surprendre un observateur attentif, et qu'elle trouve aisément son explication dans les lois ordinaires de l'influence électrique , comme l'ont d'ailleurs irrévocablement démontré Pfaff, Creve, Ackermann , et surtout Alexandre Volta. Mais Galvani était occupé d'une autre idée , ce qui fut un bien pour les progrès ultérieurs de cette partie de la science. Il multiplia et varia considérablement les essais dont il crut pouvoir conclure que tous les animaux sont doués d'une électricité particulière , inhérente à leur économie , beaucoup plus abondamment répandue dans le système nerveux, sécrétée par le cerveau, et distribuée par les nerfs aux différentes parties du corps. Les réservoirs principaux de l'électricité animale sont les muscles; chaque fibre représente, pour ainsi dire, une petite bouteille de Leyde , dont les nerfs sont les conducteurs : le fluide électrique est puisé et attiré de l'intérieur des muscles dans les nerfs, et passe ensuite de ces nerfs à la surface extérieure des muscles; de façon qu'à chaque décharge de cette bouteille électrique musculaire, répond une contraction. Cette théorie ingénieuse est une pure hypothèse, un simple jeu d'esprit. Les applications du galvanisme à la pathologie et à la thérapeutique, exaltées d'abord avec un enthousiasme ridicule, sont tombées dans un discrédit complet. Toutefois, quand on ne l'emploierait que pour s'assurer si la mort est apparente ou réelle, cet usage suffirait pour établir l'importance de ce nouveau moyen. Des détails plus étendus et plus circonstanciés seraient ici horsd'oeuvre : il faut les chercher dans le Manuel du galvanisme , par Joseph !nul , Paris, let, 4 vol. et dans l'Histoire du Galvanisme, par Pierre Sue, Paris, 1803, 4 vol. L'éloge de Galvani, par le docteur JeanLouis Alibert, doit ètre signalé comme un excellent modèle : composé de 166 pages il sert d'introduction au quatrième volume des Mémoires de la société médicale d'émulation ; quelques exemplaires ont été imprimés à part
  • Louis GALVEZ DE MONTALVO( 1549 - 1610) : célèbre pote espagnol , naquit à Guadalaxara , en novembre 1549. Il fut reçu docteur en droit et en théolo- gie à l'université d'Alcala. En 1575, il fit un voyage en Italie, où ayant bientôt appris la langue du pays, il se livra entièrement à la lecture des meilleurs ouvrages d'imagination, tant en prose qu'en vers. Cette lecture, tout en formant son goût, développa ses talents pour la poésie. Quelques mois après son retour en Espagne, il publia le Pastor de Filida, Madrid, 1589., 1590 et 1600, qu'il avait commencé à Naples. Richesse d'imagination, délicatesse de sentiments, pureté et élégance du style, sont les qualités qui dist guent ce livre, écrit en prose et mèlé de vers, qui mit Galvez sur la meme ligne que Montemayor et Gil Polo, auteurs d'un ouvrage du même genre, la Diana enamorada, etc. Montalvo les surpassa même du côté des vers, pleins d'harmonie et d'images aussi neuves que vraies. Son second ou- vrage , poëme en huit chants et en octaves, inti- tulé las Lagrimas de San Pedro , Madrid , 1587 traduit de l'italien de Ludovico Tansillo, lui fit beaucoup d'honneur. Lopez de Vega , dant son Laurel de JlpolO , fait beaucoup d'éloges de Galvez; et Cervan tes luimême semble en faire un grand cas dans son Don Quichotte : tandis que le curé livre impitoyablement aux flammes tous les livres de son compatriote, les considérant comme la cause de l'étrange manie de ce dernier, il épargne et garde soigneu- sement le Pastor de Filida et les Larmes de St- Pierre. Malgré tous les éloges de ses contempo- • rains, Galvez , ayant atteint l'âge de quarantecinq ans sans avoir pu obtenir la moindre faveur de la cour, se dégoûta et de la poésie et de la profession d'avocat qu'il avait exercée , et se fit religieux dans l'ordre de StJérôme. Peu de temps après avoir prononcé ses voeux, il passa en Sicile, et mourut à Palerme en 1610. Il avait traduit en octaves espagnoles la Jérusalem du Tasse. On assure que cet ouvrage posthume a été imprimé à Naples
  • Louis GARON( 1580 - 1635) : auteur de quelques ouvrages dans le genre plaisant qui sont recherchés des curieux , était sans doute un des descendants de François Garon, philologue ou grammairien dont on connaît un Vocabulaire en cinq langues, latin, italien, français, espagnol et allemand , Lyon , 1542 Louis naquit vers 1580 à Genève, où sa famille s'était réfugiée pour cause de religion. Â. dixhuit ans il fut pourvu de la place de lecteur de l'église d'Oullins, village près de Lyon , où, depuis l'édit de Nantes, les protestants exer-çaient librement leur culte. En 1600 il était à Lyon , correcteur dans une imprimerie et niaitre de langues. Il rentra dans le sein de l'Église romaine en 1609; et s'il n'eùt pas été chargé de famille, il se serait enseveli dans un cloître, moins peut-étre par dévotion que pour avoir plus de loisir de se livrer à ses goùts littéraires. On conjecture qu'il mourut vers 1655. De ses ouvrages , les plus connus sont : 4° le Colloque de trois suppdts du seigneur de la Coquille , où le - char trionlant de monseigneur le Darifin est représenté par plusieurs personnages , figures, emblèmes et énigmes, Lyon , par les suppôts de , 16'10 2" la Lyre sacrée de St- Bernard sur la passion de Jésus- Christ , Lyon , 1611 5° le Parterre divin des fleurettes d'oraisons , traduit de l'italien de JeanMarie de Staccani, ibid. , 1619 4. La sage folie , fontaine d'allégresse, mère des plaisirs , reine des belles humeurs, etc. traduit de l'italien d'Ant.Marie Spelte , ibid. , 1628, 2 tom. Rouen, 165, même format. L'auteur italien rappelle dans sa préface que de graves écrivains ont fait l'éloge de la fièvre, de la goutte, de la peste, de la mort, et témoigne sa surprise qu'aucun d'eux n'ait encore fait celui de la folie. Comment pouvaitil oublier le fameux ouvrage d'Érasme qui porte ce titre? Le traducteur français ne s'est pas borné à reproduire l'original italien , il y a joint plusieurs traits tirés de bons et célèbres auteurs, des vers de Ronsard, de du Bartas, de Gamon, etc. 5. Le Chasse- ennuy, ou l'honnête entretien des bonnes compagnies, ibid., 1 628 ; Paris, 1641 ; Rouen, 1652 trois édi- tions également recherchées. C'est un recueil de contes et d'anecdotes plaisantes , parmi lesquels on en trouve dont la bonne compagnie ne s'ac- commoderait guère aujourd'hui. Garou assure que plusieurs faits qu'il rapporte se sont passés à Lyon de son temps, et il en parle comme témoin ocu- laire. On a profité, pour compléter cet article, de la Notice sur Garon , publiée par M. Péricaud dans le Recueil littéraire de Lyon pour 1837
  • Louis GARZI( 1638 - 1721) : peintre italien , né à Pistoie, en Toscane, en 1638. Après avoir étudié les premiers principes de son art chez un peintre, nommé Salomon Boccali , il se perfectionna sous André Sacchi, qui était aussi le maitre de Cade Maratte. Une louable émulation s'établit entre les deux élèves; Sacchi les affectionnait également, parce qu'ils semblaient devoir lui faire également honneur. En effet, quoique Carle Maratte ait acquis dans la suite plus de célébrité que son condisciple, nos artistes ne savent aujourd'hui auquel des deux ils doivent donner la préférence. Il y a une analogie remarquable entre la manière de ces dignes émules. Leurs dessins surtout se ressemblent tellement qu'il faut avoir le goût trèsexercé pour en faire la distinction. Appelé à Naples, où il devait entreprendre de nombreux ouvrages, Garzi y peignit la voûte de l'église de SainteCatherine , et se hàta de revenir à Rome, où il ne cessa plus d'être employé. Les peintures qui ornent l'église des Stigmates sont considérées comme son chefd'oeuvre ; on remarque qu'il avait plus de quatrevingts ans quand il les commença. Les jeunes artistes se moquaient par avance de ce qu'ils appelaient sa folle présomption , et ils s'apprêtaient à le tourner en ridicule. Informé de la défaveur que ces étourdis cherchaient à répandre sur les productions de sa vieillesse , il redoubla de soins pour ne laisser aucune prise à la critique , et les efforts qu'il fit à cette occasion lui coûtèrent la vie. Il fut vivement regretté par le pape Clément XI , qui , malgré les basses manoeuvres des envieux , n'avait jamais cessé d'honorer et d'employer ses talents. Garzi a réussi dans presque tous les genres de peinture. Il avait de l'invention et de l'esprit.. Son dessin était pur , sa touche moelleuse et facile, son coloris léger et gracieux ; il excellait à pe les groupes d'enfants, les figures de Vierge; et il entendait aussi bien la perspective que l'architecture. Il est mort en 1721
  • Louis GAUFFIER( 1761 - 1801) : peintre français, né à la Rochelle en 1 761 , étudia les premiers principes de son art sous l'académicien Taraval. Ses progrès furent extrêmement rapides; il remporta le premier prix de peinture en 1781., et ce fut son tableau de lia Cananéenne qui lui mérita cet honneur. Couilles dut être d'autant plus flatté du suffrage de ses juges, qu'il avait eu cette fois pour concurrent le jeune et célèbre Drouais . Envoyé à Rouie par le gouvernement, il y composa plusieurs ouvrages dignes de sa réputation. Son tableau d'Alexandre mettant son cachet sur la bouche diphestion le fit recevoir à l'Académie royale de peinture, en qualité d'agréé. Malheureusement la carrière de cet artiste ne fut pas aussi longue que brillante. Il mourut à Florence le 20 octobre 1801 , à peine àgé de 40 ans. Sa Auteur d'un autre tableau de la Cananéenne, que les artistes regardent comme un chefd'oeuvre et que l'on voit an Musée du Louvre. sant qt avait toujours été faible et chancelante, ne lui avait jamais permis d'entreprendre de trèsgrandes compositions; mais il est aisé de juger, en voyant ses tableaux de chevalet , que s'il n'avait pas été enlevé aux arts à la fleur de l'àge, nous le compterions aujourd'hui au nombre des maiires de l'école française. Les productions les plus remarquables de I. Gaultier, après celles que nous venons de rappeler, sont : les Dames romaines fai, ant don de leurs bijoux au sénat, dans un temps de calamité publique ; le Sacrifice de Magné ; les Troix anges apparaissant Abraham; Jacob et Rachel ; Achille reconnu Jar Ulysse ; les Dames romaines exhortant t'étole à fléchir la u?• de Coriolan ; la Vierge servie par les anges, etc. Ce n'est point la vigueur du dessin qui caractérise principalement le talent de ce peintre. Sa maniere est plus pure, plus fine, plus gracieuse qu'énergique. Peu d'artistes ont montré autant de goùt. Gaufrier n'était pas seulement un bon peintre d'histoire; ses fonds de tableaux prouvent qu'il excellait dans le paysage. Il y a méme lieu de croire qu'il était fait pour s'élever dans ce genre fort audessus de ses rivaux. —Pauline Chàtillon , son épouse et son élève, avait aussi beaucoup, de talent. On a d'elle plusieurs tableaux pleins de délicatesse, qui ont été gravés en Angleterre par t3artolozzi. Cette dame avait étudié d'abord sous ce n'élue Drouais que nous avons nommé plus haut , et dont Cataner s'était montré le digne émule. Elle mourut à Florence en 1,- 01 , environ trois mois avant son mari, qui, déjà souffrant et mélancolique, ne put résister au chagrin de l'avoir perdue
  • Louis GAUFRIDI ou GOFFRIDI : curé de l'église collégiale des Acoules , dans la ville de Marseille, et brûlé connue sorcie• en 1611, était né à Beauvezer, près la ville de Calmars, aux montagnes de Provence, diocèse de Senez. 11 avait été élevé par un oncle curé. Ayant luimime embrassé l'état ecclésiastique, d'où semblaient devoir le repousser ses inclinations corrompues, il donna dans des travers et des désordres que d'abord il sut cacher, tuais qui ensuite occasionnèrent un scandale épouvantable , consommèrent sa perte, et le firent périr par Ir plus horrible des supplices. Doué de talents et d'une tournure d'esprit agréable, qui lui faisait présenter sous un jour plaisant les choses les plus simples , il s'était lait admettre dans les meilleures sociétés de la ville. Quelquesuns disent que, curieux de livres de magie, à force d'en lire , il se persuada ou feignit d'Ore persuadé qu'il était sorcier, et que le diable lui avait donné le pouvoir d'inspirer à sa volonté de l'amour aux femmes, pour lesquelles il avait plus de goût que son état ne le permettait : il assurait que pour cela il lui suffisait de souffler sur elles. On assure qu'il souilla beaucoup. Reçu dans l'intimité d'une famille ancienne et trèsconsidérée I, Bouche, historien de Provence, Pape elle datif, ed de Marseille , il abusa de sa confiance ; et s'étant fait le confesseur d'une jeune personne de seize ans, nommée Madeleine de Mandols , il parvint à la séduire et à lui persuader de se laisser initier dans les mystères de sa prétendue magie. Revenue à elle néanmoins et agitée de remords, elle se retira dans un couvent d'Ursulines et y prit k 'oile. Gaufridi, voulant à tout prix recouvrer cette victime de ses honteux désordres et la compagne de ses mystérieuses folies, fit croire aux religieuses qu'une légion de diables s'était déjà emparée ou allait s'em?arer de leur monastère. Cette menace donna lieu , de la part de ces filles simples, à mille extravagances qui percèrent dans le public , et donnèrent occasion à la justice de s'en 'rider. Le parlement d'Aix informa. Madeleine, dans son interrogatoire , se prétendit possédée par le démon Asmodée. Tantôt elle louait Gaufridi ; d'autres fois elle l'accusait des choses les plus abominables. Luitnéme , soit que la crainte lui eût aliéné l'esprit, soit qu'en effet il se fût persuadé qu'il était sorcier, avoua un commerce avec les diables, parla du sabbat, et convint , ce qu'il y avait alors (le gens judicieux ne crurent point à la sorcellerie de Gaufridi. Voici commuent Bouche, docteur en théologie et auteur contemporain, parle de cet événement. « J'ai, ditil, vu (r brùler en mes plus jeunes ans ce personnage a dans la ville d'.Aix , cette menu année 1611 ; mais a qu'il fût sorcier ou magicien, et que les filles dont « il est parlé dans son histoire fussent véritable« men I possédées, les plus clairvoyants de ce temps ,, et de celui où je vis estiment que c'est une ima posture. » Le mérite auteur rapporte que la demoiselle Madeleine, ayant eu 1653, quarantedeux ans après l'exécution du jugement , reparu et été accusée de beaucoup de niaiseries qu'on lui avait suscitées en la ville de Marseille, et pour cela remise en la conciergerie... ; enquise par lui et priée de dire la vérité... elle répondit a qu'on a avait cru fort légèrement, et qu'en ce qui avait été écrit à cet égard il n'y avait que des Mu« sions. » Bouche cite d'autres témoignages d'une assez grande autorité ; desquels il résulte que (? Le P. Michaëlis , dominicain , avait en vain exorcisé la demoiselle de Mandols à la SteBaume ; il publia à cette occa- sion son elislotie de la posessLon et conversion d'une peninie sédnife par au magicien, etc. , Paris et Douai, 1613, i 4-8°. Louis Gaufridi n'était nullement magicien. Enfin, le parlement, mieux informé alors, renvoya la demoiselle Madeleine absoute : mais , parce que le peuple s'imaginait « que toutes sortes de mal« heurs, maladies, grêle ou tempêtes, lui devaient « arriver si cette femme retournait librement « dans le monde, le parlement la remit entre les « mains de ses parents et alliés , pour la garder « secrètement, et qu'elle ne retournât plus con- a verser parmi le peuple. » Depuis ce temps, peu de procès ont été intentés pour le même crime; et Louis XIV, en 1672 , rendit un édit qui défendait à tous les tribunaux de son royaume d'admettre les simples accusations de sorcellerie. Ceux qu'on a dits sorciers et qui depuis ce temps ont été condamnés, le furent, non simplement comme sorciers , mais comme profanateurs ou empoisonneurs
  • Louis GIRY( 1595 - 1665) : avocat, né à Paris en 159'5, aimait les lettres et employait à relire les ouvrages des anciens le temps qu'il n'était pas obligé de donner aux affaires de son cabinet. Des manières polies , une conversation agréable et enfin la conformité des goùts l'avaient lié avec la plupart des beaux esprits qui s'assemblaient toutes les semaines chez Conrart. Ces réunions, comme on sait , donnèrent naissance à l'Académie française; mais Giry cessa d'y assister, et il fallut une invitation du cardinal de Richelieu pour l'engager à y reparaître, sa modestie lui persuadant qu'il n'était pas digne de l'honneur qu'on voulait lui faire. Il fut nommé avocat général près des chambres d'amortissement et des francs- fiefs, et il en remplit les fonctions avec autant de zèle que d'intégrité. Le cardinal Mazarin , qui le regardait comme un homme d'un esprit solide et judicieux, l'avait admis dans son conseil privé. Il mourut à Paris en 1665, à 70 ans; et Boyer lui succéda à l'Académie française. On a de Giry un grand nombre de traductions qui eurent du succès dans Je temps, mais qui ont été surpassées. Il a traduit du grec : Isocrate, de la louange d'Hélène, Paris, 1640 ; l' Apologie de Socrate et le Criton de Platon , ibid. , 1643 ; du latin : la Quatrième Catilinaire de Cicéron et son Dialogue des orateurs illustres , Paris, 1652 ; Des causes de la cor ruption de l'éloquence, dialogue attribué à Tacite, précédé d'une belle et savante préface de Godeau, caché sous le nom de Philandre , Paris, 1630 l'Histoire sacrée de Sulpice Sévère , Paris, 1652 ; Godeau ne trouvait pas cette traduction inférieure à l'original pour la pureté du style; l' Apologétique de Tertullien, 1656 et son Traité de la résurrection de la chair, j 661 : « Tertullien , disait Vaugelas, s'étonne « que, par les charmes de notre éloquence, on « ait su transformer ses rochers et ses épines en « des jardins délicieux; » les Épîtres choisies de StAugustin, Paris, 1655-1658, 5 vol. et les deux premiers livres de la Cité de Dieu, ibid. 1665 et 1667 , 2 vol. « cette traduction , dit « Baillet, manque d'exactitude en plusieurs en-« droits; » trois Harangues sur la démolition de l'autel de lati' ictoire par Symmaque et StAmbroise, Paris, 1659 et enfin de l'italien : la Pierre de touche politique de Bocealini , ibid. , 1624 . Ws.
  • Louis GODIN( 1704 - 1760) : membre de l'Académie royale des sciences, né à Paris le '28 février 1704 , fit ses premières études avec succès, et , après avoir terminé sa philosophie , s'appliqua entièrement à l'astronomie, malgré les remontrances de son père, qui aurait désiré lui voir embrasser une profession plus lucrative. 11 se mit sous la direction du célébre Jos.Nicol. Delisle, et ses progrès, sous cet habile maitre, furent si remarquables , que l'Académie lui ouvrit ses portes en 1725 : il était alors àgé de vingt et un ans; et, dès l'année suivante, il lut dans une séance publique des observations sur l'aurore boréale dont l'apparition effrayait un grand nombre de personnes. L'explication qu'il donna de ce phénomène était fausse; mais elle n'en contribua pas moins à rassurer le public. Fontenelle avait laissé imparfaite l'histoire de l'Académie avant son renouvellement ; Godin fut chargé de la terminer , et il se montra digne de la confiance qu'on lui avait accordée. La question de la figure de la terre, qui s'éleva parmi les savants, fixa son attention; et ce fut sur son rapport que le ministère résolut d'envoyer des astronomes à l'équateur et au pôle , pour déterminer la mesure de la terre d'une maniere précise. . Il fut choisi avec Bouguer et la Condamine pour aller au Pérou; mais , avant d'entreprendre ce voyage , il se rendit à Londres pour prendre les instructions de Halley. Enfin , il partit de la Rochelle le 16 mai 1735, et, après avoir séjourné quelques mois à StDomingue , il arriva à Quito , où les académiciens commencèrent leurs observations. Lorsqu'elles furent terminées, le viceroi de Lima refusa de les laisser partir, à moins que Godin ne consentit à enseigner quelque temps les mathématiques dans cette ville. Il fut témoin de l'affreux tremblement de terre qui détruisit en 1746 la plus grande partie de Lima; et il indiqua, pour sa reconstruction, des procédés qui rendirent les maisons moins susceptibles , en pareil cas , d'ac cidents fâcheux. Ce ne fut qu'en 1751 qu'il lui fut permis de revoir enfin sa patrie : mais pendant sou absence on avait nommé à sa place d'académicien pensionnaire , et il se vit obligé de repartir presque aussitôt pour l'Espagne, où on lui offrait la direction de l'école des gardesmarines, à Cadix. Cette ville fut e'branlée parle tremblement de terre qui détruisit Lisbonne en1755 ; et Godin eut la plus grande part aux mesures qu'on prit pour diminuer le danger et réparer le dépt causé par ce terrible phénomène. On eût dit, ajoute Fouchy, que la Providence le conduisait, comme par la nain , partout où ses talents pouvaient être utiles. Il fit tin voyage à Paris en 1756, et eut le plaisir de se voir rétablir dans sa place d'académicien pensionnaire. 11 retourna encore une fois à Cadix, pour y régler ses affaires; mais il tomba malade presqu'en y arrivant : le chagrin qu'il eut de la perte de sa fille acheva d'épuiser ses forces, et il mourut lell septembre1760, d'une attaque d'apoplexie , sans avoir pu goûter la consolation de revenir se fixer dans sa patrie , à laquelle il était toujours resté attaché. Godin était lié de la plus étroite amitié avec Mairan et Fouchy, qui prononça son éloge. 11 était membre des sociétés royales de Londres, de Berlin et de Stockholm. Outre plusieurs mémoires épars dans le recueil de l'Académie des sciences , on a de lui : 1° l'histoireie cette savante compagnie depuis 1680 à 1699 , 11 vol. 4° ; 2. la Table alphabétique des matières contenues dans l'Histoire de l'académie, depuis son établissement jusqu'en 1730, 4 vol. ; 5. un Appendix aux tables astronomiques de Lahire , dans l'édition de 1727 4° la Connaissance des temps , années 1730, 1731, 1732 et 1733. 5. II a aussi eu part au Recueil des machines approuvées par l'Académie des sciences, publié par Gallon, 6 vol. Il travaillait, lorsqu'il mourut, à un cours de mathématiques à l'usage de ses élèves. On peut consulter, pour plus de détails, son Lloge , par Fouchy, dans l'Histoire de l'Académie , I 760. W—s,
  • Louis GOMEZ( 1484 - 1545) : célèbre jurisconsulte espagnol , né à Orihuela en 1481., embrassa l'état ecclésiastique, passa à Botne , fixa depuis lors son domicile dans cette capitale, et sut se concilier l'estime de Léon X et d'Adrien, son successeur, qui l'employèrent dans des missions importantes. Il occupa avec honneur les principaux emplois dans la chancellerie de Rome , et Paul III le nomma évèque de Fano, où il mourut le 22 mai 1545, regretté autant pour sa piété que pour sa bienfaisance. Ce digne prélat a laissé plusieurs ouvrages de théologie et de jurisprudence ; parmi ces derniers le plus remarquable est celui qui a pour titre : Variarurn resottitionum juris civilis communis. Ce livre a eu quinze éditions, dont les meilleures sont celle de Francfort, 1579 avec les notes de SoarezRibera ; et celle de Lyon, 1755
  • Louis GOMEZ-FERREIRA( 1680 - 1741) : minéralogiste por- tugais , naquit à StPedro de Rates, dans la province du Minho, en 1680. 11 étudia la médecine et la chirurgie à Lisbonne , où il exerça pendant quelques années cette dernière profession. Mais ayant beaucoup de goût pour la minéralogie , il s'y appliqua exclusivement, et fit de tels progrès dans cette science , qu'en 1720 il fut nommé et directeur des mines de l'Amérique portugaise , où il demeura vingt ans. Il y introduisit de nouveaux procédés aussi faciles qu'économiques pour l'exploitation des mines. Ayant formé en .1 Amérique plusieurs élèves , des raisons de santé l'obligèrent de retourner à Lisbonne, où il mou- I rut en 1741. Il a laissé : Erario minerai dividido en dace tratados , Lisbonne 1735 Cet ourage, qu'on estime encore et le plus complet qui eût paru jusqu'alors , peut étre consulté avec fruit, malgré les progrès qu'a faits de nos jours la science minéralogique
  • Louis GOLLUT( 1500) : historien , né dans le 16e siècle à Pesmes, petite ville du comté de Bourgogne, fit ses études à l'université de Dôle, alors trèsflorissante. Il trouva un protecteur plein de zèle dans Claude de la Baume, son condisciple, qui l'emmena avec lui en Italie, où il demeura plusieurs années. De retour dans sa patrie, il prit ses degrés en droit, et commença à exercer la profession d'avocat. En 1570 le roi d'Espagne Philippe II ayant créé dans l'université de Dôle une chaire de littérature latine, Colla en fut pourvu le premier, et la remplit avec beaucoup de distinction jusqu'à sa mort, arrivée en 1595. Il était alors âgé d'environ 60 ans. On a de lui :1. Gymnasii Dolani grammatica latina, Lyon , 1572 Il dédia cette grammaire à Cl. de la Baume, alors archevêque de Besançon. 2. Paroles mémorables de quel- ques grands personnages, entre lesquelles sont plu sieurs mots joyeux et rustiques , Pôle, 4589 Ce petit ouvrage est devenu trèsrare. 3° Les Mémoires historiques de la république séquanoise et des princes de la Franche- Comté de Bourgogne, ibid., 1592 Les exemplaires avec les titre de Dijon, 1647, ne durèrent des premiers que par le changement de frontispice . Cet ouvrage , dit M. Grappin , est excellent pour la connaissance o des événements qui regardent la province ; et « l'on Kun même, en ce qui concerne les événe-,, ments liés à l'histoire générale , mettre Gollut de cipauté de Monaco , lorsqu'une seconde attaque d'apoplexie l'enleva subitement le 14 janvier 1835. On a de lui : 10 Adresse et rapport sur l'af- faire du 9. 7 au 28 novembre 1812, qu'a eue la le division du 9. corps de la grande armée au passage de la & résina, 1815 ; 2. Lettre sur le compte rendu par plusieurs historiens de la campagne de Russie et par le 9. 9. bulletin, de l'affaire du 27 au 28 novembre 1812, 1817 3. Explication sur le chapitre 7 du II° livre de l'Histoire de Napoléon et de la grande armée, par le comte de Ségur, et sur la réfutation du général Gourgaud, Paris, 1826 Partouneaux réclama encore très- vivement dans les journaux et dans ses divers écrits contre les assertions de l'ouvrage intitulé Victoires et Con- quêtes, qui, copiant les bulletins ou rapports ofliciels, avait rendu un compte inexact des opérations de la Bérésina , jusqu'à faire entendre que ce brave général avait abandonné son poste, M D j.
  • Louis PASINI : professeur de philosophie et de médecine à l'université de Padoue, au 16' siècle, était un grand praticien. Sa réputation dans tout l'état de Venise était telle que de tous les côtés on l'appelait; mais il n'aimait pas à quitter Padoue, et il fallut un ordre du doge pour le déterminer à se transporter auprès du duc d'Urbin , qui commandait l'armée de la république. Le médecin se prit d'amitié pour son malade et ne le quitta qu'à sa mort. Pasini revint alors à Padoue reprendre sa chaire. 11 était grand amateur d'antiquités et avait un fort beau cabinet. 11 mourut le 22 août 1557. On a de lui : De pestilentia Patavina anni 1555 , Padoue , 1556 2° Liber in quo de thermis Patavinis ac quibusdant balneis halite tractatur . —PAsiNi , médecin à Vérone à la fin du 16e siècle, est auteur des Annotazioni ed emendazioni nella traduzione d'Andrea Matthioli de' cinque libri della materia nzedici'nale di Diuscoride , Bergame, 1591 et 1608, Voyez la Verona illustrata, t. 2, p
  • Louis PATOUILLET( 1699) : jésuite, né à Dijon le 31 mars 1699, étudia dans cette ville sous le P. Ondin, et entra dans la société, où, suivant l'usage , il fut d'abord employé dans l'enseignement. Il résida quelque temps à Laon , prêcha devant le roi Stanislas à Nancy, et fut appelé ensuite à Paris, où il demeurait dans la maison professe. Ses premiers essais furent des poésies diverses sur le mariage du roi en 1725 , et un polme latin sur la convalescence du même prince en 1729. Depuis il s'occupa de matières plus sérieuses; il fut un des principaux rédacteurs du Supplément aux nouvelles ecclésiastiques, que les jésuites opposèrent à la gazette janséniste, et qui parut de 1734 à 1748 , dans le même format. que les Nouvelles. On lui attribue plusieurs écrits anonymes sur les affaires du temps, tels que l'Apologie de Cartouche, ou le Scélérat justifié par la grâce du père Quesnel, 1733 ; — les Progrès du jansénisme , par frère Lacroix , Quiloa, 1743 ; — deux Lettres à un évêque sur le livre du P. Norbert , 1745 ; — une Lettre sur l'Art de vérifier les dates, 1730 ; l'histoire du pélagianisme , 1767, 2 vol. ; les En- tretiens d'Anselme et d'Isidore sur les affaires du temps , 1756, deux parties — une Lettre d'un ecclésiastique à l'éditeur des OEuvres d'Arnauld, 1759 etc. Chargé de continuer le recueil des Lettres édifiantes après la mort de Duhalde, en 1743 , Patouillet publia le 9.7e recueil de ces lettres en 1749, et le 28e en 1758. Il avait préparé le tome 31, qui fut mis au jour par un de ses confrères; et il fit encore paraître en 1776 les tomes 33 et 34. C'est de lui qu'est la 2e édition de la Bibliothèque janséniste, im- . J'avoue que je n'ai rien trouvé d'exIraragant dans la Fie de Pélage, mais bien une histoire assez exacte des erreurs de ce chef de secte, et une assez juste appréciation de l'esprit de ses partisans. Goujet était trop attaché à un parti contre lequel Patouillet s'était déclaré , pour que son jugement sur ce jésuite ne soit pas un peu suspect. primée en 1752 sous le titre . Patouillet a sans doute composé plusieurs des brochures qui parurent, soit sur les refus (le sacrements, soit pour la défense de sa société lors des arrêts du parlement contre elle; mais nous ne saurions déterminer avec certitude quels sont ceux de ses écrits qui lui appartiennent. Il fut employé par M. de Beaumont , archevêque de Paris, dans les querelles que ce prélat eut à soutenir avec les parlements; c'est sans doute ce qui lui attira l'ordre de quitter Paris en 1756. Il demeura quelque temps chez M. de la Motte, évêque d'Amiens, et depuis chez M. Bauyn, évêque d'Uzès, l'un et l'autre trèsattachés aux jésuites. Dans ses dernières années il s'était retiré à Avignon, et il y mourut en 1779. On trouve un jugement trèshonorable sur lui dans le tome 6 de l'édition des Lettres édifiantes, donnée par le P. Querbeuf en 1780 et 1781. On lui a reproché de n'avoir pas conservé assez de critique et de mesure ; mais ses adversaires ne lui en avaient guère donné l'exemple ils parlaient de lui avec beaucoup de mépris dans leurs ouvrages; et Voltaire a joint quelquefois le nom de Patouillet à ceux des écrivains qu'il voue au ridicule dans sa correspondance et dans ses Facéties. 11 lui attribue un mandement publié en faveur des jésuites par M. de Montillet, archevêque d'Auch ; cette attribution n'est pas suffisamment justifiée ; mais on est fondé à croire en général quo Patouillet fut chargé , par plusieurs évêques, de rédiger des écrits sur les querelles de ce tempslà ; et cette* marque de confiance n'a rien qui ne lui fasse honneur
  • Louis PAVISSICH( 1800 - 1859) : littérateur dalmate, né à Maearska vers 1800, mort à Zara en 1859. Après avoir enseigné l'italien à l'académie des langues orientales de Vienne, il fut nommé en 1853 général des écoles primaires et usuelles de la Dalmatie. Il a écrit en allemand, serbe, latin et italien. Voici ses écrits : 1° traduction italienne de la Mort de Sorrate, par M. de Lamartine, Padoue, 1849; 2* traduction italienne de la Mort de Denis , 4fe, arrheréque de Paris, par .1m. René, Vienne, 1850; :1" Récits historiques de la peste de Mararska en 1815, Vienne, 1851 en italien et serbe); h° Biografla del generale Mastotrirh, ibid., 1852; 5° /* na notre in Vatican°, rarme in sriolti, ibid., i854; 6' traduction italienne des Derniers jours de la révolution hongroise, écrits en allemand, par F. Szylaghy, Modène, 1852; 7" Dictionnaire de conrersation de porhe ! en allemand), par F. Bozzi , 7' et 8' éditions soignées par Pavlssich, Vienne, 1850 et 1852; 8° Carmen Wintn, adressé à l'archevêv éque de Césarée, Aristarche Maria, Vienne, 1852. Un de ses ancêtres, Dominique Paissirh, natif de Varbagno, dans I'lle de Lesina, et prêtre de l'Oratoire de StPhilippe Neri , avait publié et traduit, de 1740 à 1750, à Venise, en serbe, divers traités de théologie et d'histoire ecclésiastique. Un autre, Marc Parissirh, de Spalatro, avait, en 1760, publié dans la 'hème langue la Vie de St- Bernardin de Sienne
  • Louis PENICHER : antiquaire, était maître en pharmacie à Paris à la fin du 17e siècle. Nommé syndic de la communauté des apothicaires , il publia pendant son exercice une pharmacopée plus complète et dans un meilleur ordre que les précédentes, sous ce titre Collectanea pharmaceutica , seu Apparatus ad novam pharmacopeam, Paris, 1695 On lui doit encore P Traité des embaumements selon les anciens et les modernes, ibid. , 1699 Cet opuscule est rare et recherché. 2. Dissertation sur la livre de médecine, ibid., 1704 de 34 pages. La livre des médecins était de douze onces, quatre de moins que celle des marchands. Dans ce petit écrit. qui renferme bien des remarques curieuses , Penicher se propose de montrer tous les inconvénients qui résultent de cette différence. On en trouve une bonne analyse dans les Mémoires de Trévoux, 1704, t. 5, et dans le Journal des savants, 1705. L'auteur était un savant honnête , aussi modeste que laborieux
  • Louis PETREY( 1580 - 1638) : sieur de Champvans, né à Vesoul en 1580, fut reçu en 1618 conseiller au parlement de Dole, et se distingua dans l'exercice de ses fonctions par ses talents et par sa fermeté. Nommé en 1636 l'un des commissaires chargés de s'opposer à l'entrée des Français dans le comté de Bourgogne, et craignant que le prince de Condé n'ouvrit la campagne par le siège de Gray, il se rendit dans cette ville qu'il mit en état de défense . Il enleva aux Fran-çais plusieurs châteaux sur les bords de la Saône, et parvint à détruire la forge de Drambon, qui leur fournissait les projectiles pour le siège de Dole. Il alla joindre ensuite l'armée que le duc de Lorraine amenait au secours de la province, et la conduisit sur Dole au moment où les Fran-çais, désespérant de s'emparer de cette ville, commençaient à opérer leur retraite. Petrey, persuadé qu'on doit faire un pont d'or à l'ennemi qui se retire, empêcha le duc de Lorraine d'inquiéter le prince de Condé dans sa marche; niais, tourmenté du désir de revoir sa famille, il s'éloigna du camp pendant la nuit suivi de quelques serviteurs dévoués, et arriva sous les remparts de Dole avant le jour ; mais comme elle n'a pas été réimprimée, elle est beaucoup plus rare. C'est page 6Q que Petrey,spour les détails qu'il croit inutile de transcrire, renvoie à la Bourgogne délivrée de Girardot de Beauchemin
  • Louis PFIFFER ou PFYFFER( 1530 - 1594) : colonel suisse, était né en 1530 à Lucerne, d'une famille patri- cienne qui a produit un grand nombre de bons officiers. Il entra fort jeune au service de France, et fut employé en 1553 dans un régiment des- tiné à protéger la neutralité du comté de Bourgogne. Ce corps ayant été licencié la méme année, Pfiffer revint à Lucerne , et peu après il succéda à son père dans la place de sénateur. Nommé en 155.5bailli d'Entlibuch , il leva dans son district une compagnie, et rejoignit l'armée française en Piémont, où il se signala aux siéges de Volpiano et de MonteCavallo ; il fut ensuite envoyé en Picardie, où les Espagnols obtenaient de grands avantages, et il servit contre eux jusqu'à la paix de CateauCambrésis. Le capitaine Pfiffer fut rappelé en France à l'époque où écla- tèrent les premiers troubles religieux : son colonel ayant été tué à la bataille de Dreux, il fut désigné pour le remplacer, sur la présentation des autres officiers, et assista aux siéges d'Orléans et du Havre de Grâce. II commandait en 1567 un corps de 6,000 Suisses. Informé que le jeune roi Charles IX était à Meaux , menacé par les protestants qui avaient le projet de s'emparer de sa personne, il se rendit à marche forcée devant cette ville, entra au conseil, y parla avec beaucoup d'énergie , et fit adopter l'avis de confier le monarque à ses fidèles alliés. Sa fermeté et ses bonnes dispositions assurèrent la retraite de Charles IX, qui rentra dans Paris sans accident, et répéta souvent que « sans ses bons compères les Suisses, sa vie et sa liberté étaient en grand branle » . Pfiffer se trouva encore à la bataille de Jarnac , au siège de Châtellerault , et en 15'69 à la bataille de Moncontour, où il se couvrit de gloire. Le roi le créa chevalier de ses ordres, et lui permit de porter trois fleurs de lis dans son écusson. A la paix, Pfiffer se retira dans sa ville natale, dont il fut nonuné avoyer en 1570. 11 fut député en 1578, par la confédération, à la diète de Bade, et envoyé à Turin pour renouveler l'alliance des cantons avec le duc de Savoie. Quatre ans après, une semblable mission le conduisit en France; et il eut l'honnte de haranguer le roi au nom de la députation helvétique. Le duc de Guise lui ayant persuadé que la Ligue n'avait d'autre but que le maintien de la religion catholique , Pfiffer en devint dès 1585 l'un des plus fermes appuis, et détermina plusieurs fois les cantons catholiques à fournir des troupes. Son crédit dans les assemblées générales était si grand , qu'il leur faisait adopter toutes ses propositions ; ce qui lui avait valu le surnom de Roi des Suisses. Pfiffer mourut à Lucerne le 16 mars 1594, emportant l'estime générale. On trouvera des détails sur ce brave capitaine dans l'Histoire des officiers suisses par l'abbé Girard, t. 2, p
  • Louis PHILIPON DE LA MADELAINE( 1734 - 1818) : né à Lyon au mois d'octobre 1734, est mort à Paris le 19 avril 1818. Cadet de famille, il fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique ; mais ayant refusé de s'engager dans les ordres, il se rendit à Besançon pour y fréquenter les écoles de droit et se préparer à suivre la carrière de la magistrature. Un mariage avantageux le fixa dans cette ville. Peu de temps après, un édit supprima la chambre des comptes de Dole, et la rétablit dans la capitale de la FrancheComté sous le nom de bureau des finances. Il fut alors pourvu de la charge d'avocat du roi près de cette cour ; et il en exerça les fonctions jusqu'en 1786, époque à laquelle des amis puissants le firent nommer des finances de monseigneur le comte d'Artois. Dépouillé de ce dernier emploi par la révolution , et frappé d'un mandat d'arrêt après le 10 août 1792, il n'échappa aux proscriptions qu'en rentrant dans l'obscurité. Enfin, demeuré sans fortune, il fut compris parmi les gens de lettres secourus par la convention , et obtint la place de bibliothécaire du ministère de l'intérieur. Ses paisibles fonctions lui laissèrent des loisirs qu'il sut consacrer aux muses ; et leur faveur le dédommagea des rigueurs du sort. Il était des académies de Lyon et de Besançon. Les ouvrages qu'il a donnés au public sont : P plusieurs petites pièces jouées sur le théâtre du. Vaudeville : le Dédit mal gardé ; Catinat à St= Gratien; Maitre Adant, menuisier à Nevers; Carlin débutant à Bergame; Gentil Bernard; les Troubadours; Chaulieu à Fontenay; le Caveau. La première de ces pièces a été faite en société avec M. Léger, la seconde avec M. Thésigny, les deux dernières avec le vicomte de Ségur, les autres avec M. le Prevost d'Iraq. 2° Un recueil de chansons dont il y a eu quatre éditions : la première avait pour titre les Jeux d'un enfant du Vaudeville; la seconde, l'Elève d'Epicure, 1 vol. Paris, Favre, an 11 ; la troisième , l'Elive d'Epicure, 1 vol. Paris, Hubert et compagnie, sans indication d'année. On remarque dans ce recueil 'deux jolis contes en vers, le Paraphernal et la Restriction mentale; la quatrième édition est intitulée simplement Choix des chansons de M. Philipon de la Madelaine, I vol. , Paris, Capelle et Renaud, 1810; celleci contient un plus grand nombre de chansons, mais les contes ne s'y trouvent point. La grâce, la correction, une gaieté toujours décente, un certain art d'exprimer par de riantes images les pensées mélancoliques , voilà les caractères distinctifs du talent de l'auteur. 3° Discours sur cette question : Le désir de perpétuer sons nom et ses actions dans la mémoire des hommes est- il conforme à la nature et à la raison? ; 40 Discours sur la nécessite et les moyens de supprimer les peines capitales, 1770 traduit en allemand , Bâle, 1786, 8°; 5° Mémoire sur les moyens d'indemniser un accusé Un décret du 3 janvier 1795 lui accorda un secours de deux mille livres. reconnu innocent, 178'2 6° Vues patrioti ques sur l'éducation du peuple, tant des villes que de la campagne, 1 vol. Lyon , BruysetPonthus, 1783. Le comte de Yalbelle avait fondé un prix de douze cents francs à distribuer par l'Académie française à l'ouvrage le plus utile qui aurait paru dans l'année : les Vues patriotiques sur l'éducation, du peuple ,concoururent, et l'Ami des enfants de Berquin l'emporta d'une voix seulement. 7. Discours sur les moyens de perfectionner l'éducation des collèges en France, 1785 c'est peut-être le même ouvrage que le traité intitulé De l'éducation des collèges, Londres , 1784 de 200 pages, dont le Journal des savants donne une analyse détaillée, mai 1788 , p. 185 ; Agricol Viala, ou le Jeune héros de la Durance, fait historique et patriotique, an 2 Cet ouvrage est un sacrifice fait aux terribles circonstances dans lesquelles il fut écrit. 9° Géographie élémentaire de la France, an 3 ; 1801 ; 10° Manuel et nouveau guide du promeneur aux Tuileries, 1806 ; IP Des homonymes français , 1 vol. in - 8° ; 3° édition , Paris, Ferra jeune , 1817. Les exemples sont choisis avec goût dans nos meilleurs auteurs, et l'agrément des citations dédommage de l'aridité du sujet. 12° Manuel épistolaire, 1 vol. 7' édition , Paris, Ferra jeune, 1820. C'est une compilation faite par un homme d'esprit : elle est propre à former la jeunesse au style épistolaire; et lorsqu'elle parut, on l'adopta pour les lycées. 13° Graninzaie des gens du monde, 2° édit., Paris, 1807
  • Louis PISANI( 1665 - 1741) : doge de Venise, naquit dans cette ville vers 1665 d'une ancienne famille qui avait déjà fourni à la république plusieurs hommes illustres . Elu en 1735 en remplacement de Charles Ruzzini , mort au mois de janvier, il arriva à la dignité suprême au milieu des conjonctures les plus difficiles et lorsque la république commençait à marcher vers sa ruine. Les prétentions exagérées de la Turquie, les dispositions peu bienveillantes de quelques puissances italiennes, les différends avec la France et l'Autriche au sujet des dommages éprouvés pendant la guerre et surtout le rapide déclin du commerce, tels étaient les pr symptômes de la décadence vénitienne à cette époque. Les ports de Trieste et d'Ancône ayant été déclarés libres par les souverains respectifs de ces villes , le sénat crut paralyser les conséquences de ces dispositions en statuant que Venise aussi serait un port franc. A cette occasion il fut établi une magistrature composée de sept membres, cinq patriciens et deux simples citoyens, auxquels on donna le nom de Savi al commercio. Ce conseil fut chargé de régler la franchise du port de Venise avec les modifications et restrictions qu'exigeait l'intérêt de l'Etat. Mais l'effet ne répondit pas aux espérances, et bientôt le commerce éprouva de nouvelles entraves. La foire que le pape Clément XII avait établie à Sinigaglia , dans le duché d'Urbin , ayant acquis en peu de temps une grande importance, la république alarmée défendit à ses sujets de s'y rendre. Le pape usa de représailles en interdisant toute relation commerciale entre ses Etats et ceux de Venise. Ces prohibitions réciproques, après avoir duré quelques années, furent levées sous le pontificat de Benoît XIV. Tandis que le sénat s'effor-çait, mais en vain, de relever son commerce et sollicitait avec aussi peu de succès le payement des sommes considérables qui étaient dues à la république par les cours de Versailles et de Vienne, la situation se compliqua encore par un différend survenu en 1741 avec la Porte Ottomane. Le pacha qui commandait sur la frontière prétendit avoir à se plaindre des Vénitiens, et les ministres du sultan, sans vouloir admettre aucune des explications qu'on s'empressait d'offrir sur tous les points allégués, parlèrent de faire entrer 25,000 hommes dans la Dalmatie, à moins que la république ne réparât tout le dommage, évalué par le pacha à huit cent mille sequins. Il fallut négocier, non sur la nature des faits, mais sur le chiffre, et l'on se félicita qu'il fût réduit à cent soixante mille sequins. Ainsi le gouvernement vénitien livrait le secret de sa faiblesse en cédant aux prétentions absurdes d'une puissance qui n'avait déjà plus ellemême que le souvenir de sa splendeur. Cette même année, 17“, le doge Pisani mourut et il eut pour successeur Pierre Grimani. - PISAN', dernier ambassadeur de Venise auprès de Louis XVI, était de la même famille. Il montra beaucoup de zèle et de dévouement à ce prince dans les périls auxquels l'exposèrent les premiers désordres de la révolution
  • Louis POINSINET DE SIVRY( 1733) : né à Versailles le 20 février 1733, était fils d'un huissier du cabinet du duc d'Orléans . Après avoir terminé ses études avec distinction au collège de la Marche, il publia un recueil de poésies dont le succès décida sa vocation pour les lettres. Peu de temps après, il fit paraître une traduction en vers d'Anacréon, Bion et Nloschus qui aurait suffi pour assurer sa réputation , s'il se fût attaché davantage à rendre le caractère de ses modèles. A vingtsix ans, il fit représenter Briséis , tragédie dans laquelle il avait eu l'art de réunir les scènes les plus brillantes de l'Iliade. Les représentations, qui n'avaient pas cessé d'attirer la foule, en furent interrompues par un accident arrivé à Lekain , qui se démit le pied ; mais cette pièce fut reprise depuis avec succès, et elle est restée au théâtre. La tragédie d'Ajax, qui suivit de près celle de Brisis, fut trouvée trèsinférieure; le plan en est entièrement romanesque et la versification trop faible pour racheter aux yeux des connaisseurs les défauts de l'intrigue. La scène de la dispute des armes d'Achille, imitée d'Ovide, quoique trèsbelle, ne put garantir cette pièce de la mauvaise humeur du parterre. Poinsinet éprouva le plus vif chagrin d'une chute à laquelle il était loin de s'at- Il) Poinsinet de Sivry était le cousin, et non pas le frère de l'auteur de la comédie du Cercle, comme l'ont dit quelques biographes. tendre. Sans renoncer à travailler pour le théâtre , il ne voulut plus s'exposer aux rigueurs du parterre, et il crut devoir expliquer ses motifs dans une espèce de factum intitulé Appel au petit nombre, ou le Procès de la multitude. Ce n'était pas le premier écrivain qui s'était avisé de chercher querelle au public, et sans recourir, comme il l'a fait, aux anciens, il aurait pu s'appuyer des exemples de Duclos, .1.J. Rousseau , etc.; mais les auteurs dramatiques s'étaient toujours ' contentés d'appeler Du parterre en tumulte au parterre attentif; et Poinsinet se trompait en soutenant qu'un lecteur est meilleur juge d'une pièce de théâtre que le public assemblé pour l'entendre. Obligé par son peu de fortune de chercher une ressource dans ses talents , il se mit aux gages des libraires et s'exerça sur toutes sortes de sujets : romans, histoire, morale, traductions, journaux, grammaire générale, antiquités, tout fut de son ressort. La rapidité avec laquelle il travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille ne lui permit pas toujours de soigner ses compositions, et malgré les éloges de Palissot, son beaufrère, il eut bientôt la douleur de voir baisser sa réputation. En cherchant à s'étourdir sur les embarras de sa position, il eut le malheur de contracter la funeste habitude des liqueurs fortes, et il cessa d'être admis dans la bonne compagnie , dont il avait oublié jusqu'au langage. Dans un âge avancé, il revint à son goût pour le théâtre, et fit imprimer en 1789 Caton d'Utique, tragédie tellement inférieure aux deux premières qu'elle n'aurait jamais pu se soutenir sur la scène, si l'auteur eût tenté de l'y faire paraître. La révolution , dont il avait embrassé les principes avec chaleur, le priva de la pension qu il recevait de la maison d'Orléans. Il fut compris dans le nombre des gens de lettres à qui la convention accorda des secours, et mourut oublié, à Paris, le 11 mars 1804. Poinsinet était membre de l'académie de Nancy. Il a réuni dans un petit volume , Londres , 1759 , intitulé 7'héiitre et œurres direrses de Sirry, ses meilleurs ouvrages de poésie et les seuls qui doivent sauver son nom de l'oubli ; ce sont Briséis , Ajax, avec l'Appel au petit t'ombre, qui sert de préface A la fin on trouve le catalogue des principaux ouvrages de Louis; parmi ceux qui i étaient manuscrits, on remarque une traduction en vers des quatre premiers chants de l'Iliade, et une traduction de Plaute qui devait former 10 volumes; Poinsinet y réclame le Commen- taire sur Racine, livré à M. Luneau de Boisjermain pour lui servir de matériaux pour son édition de Racine. à cette pièce ; Aglaé , comédie en un acte, et la traduction en vers d'Anacréon , Sapho, Moschus , Bion , Tyrtée , etc. . Indépendamment des ouvrages qu'on vient de citer et outre un assez grand nombre d'articles insérés dans le Journal étranger , le Nécrologe des hommes célèbres et la Bibliothèque des romans, on a de Poinsinet : 1° les Egléides , poésies amoureuses , Paris , 1754, in - 8.; 2° l'Emulation, poëtne, 1756 3° le Faux dervis, opéracomique en un acte, 1757 4° la Berlue, 1759, petit ; 5° Pygmalion, comédie, 1760 6° les Philosophes de bois, comédie en un acte et en vers, 1760 7° Cassandre, parodie du Père de famille, 1761, iii-8° ; 8° Traité de la politique privée, tiré de Tacite et de divers auteurs, Amsterdam , 1768 9' Traité des causes physiques et morales du rire, relativement à l'art de l'exciter, ibid. , 1768 ; 10° Ori- gine des premières sociétés, des peuples, des sciences, 'des arts et des idiomes anciens et modernes, 1769, Poinsinet se propose de prouver dans cet ouvrage que les sociétés doivent leur origine à la connaissance des divers usages du feu : l'ancienne Celtique étant, selon lui, la première contrée où l'usage du feu a été connu , il en conclut qu'elle a été la première habitée, et que les Celtes uriens, en se multipliant, ont envoyé des colonies dans tout le reste de la terre. Ce système , qu'il appuie d'un grand appareil d'érudition , n'en est pas plus solide : c'est l'opposé de celui de Boulanger, qui trouvait partout des traditions diluviennes ; Poinsinet n'en trouve partout que d'uriennes. 1 P Pha. sma, ou l'Apparition , histoire grecque, contenant les aventures de Nocelès , fils de Thémistocle, Paris, 177'2 ; H° le Fragment du quatre- vingt- onzième livre de l'histoire de Tite- Live , tiré d'un manuscrit de la bibliothèque du Vatican, traduit en français, Paris, 1773 ; 13^ His- toire naturelle de Pline, traduite en francais , accompagnée de notes critiques, Paris, 1771-1782, 12 vol. Malesherbes, dès 1750, avait engagé plusieurs savants à s'occuper de la traduction de cet important ouvrage. D'après son invitation, la Nauze en traduisit les sept premiers livres ; Jault, professeur de syriaque au collége royal, et Querlon traduisirent les suivants. Poinsinet convient qu'il a beaucoup profité de leur travail pour perfectionner le sien , qui cependant n'a pas rempli l'attente des savants . 14° Nouvelles recherches sur la science des médailles, inscriptions et hiéroglyphes antiques, Maëstricht, 1778 avec 6 planches. Cet il) Cette traduction d'Anacréon, dit encore Palissot, est incontestablement la meilleure qui existe. Mais quand Palissot en parlait ainsi, celle de M. ch StVictor n'avait point encore paru. . Enfin, dans le dernier chapitre , il a rassemblé divers alphabets anciens, qu'il croit trèsutiles pour aider à lire toutes sortes de caractères. 150 Thédtre d'Aristophane , traduit en français, partie en vers , partie en prose , avec les fragments de Ménandre et de Philémon, Paris, 1784, 4 vol. Cette traduction est assez esti- mée . L'auteur a fait précéder chaque pièce d'une préface, et l'a accompagnée de notes philologiques et historiques qui prouvent beaucoup de connaissance de la langue et des usages des Grecs ; mais on peut lui reprocher d'avoir partagé les préventions d'Aristophane contre Socrate, au point de représenter ce dernier comme un homme dangereux , qui méritait la peine à laquelle il fut condamné . 16° Caton d'Utique, tragédie, avec une épître à la patrie, un avantpropos sur la mort de Caton, etc., ibid., 1789 17° Manuel poétique de l'ado- lescence républicaine, Paris, Lepetit , an 3, 2 vol. ; 18° Abrégé d'histoire romaine, en vers français, avec des notes, ibid. , $803 19° Précis de l'histoire d'Angleterre (d'après Hume, en vers techniques, ibid., 1804 On lui doit aussi une édition latine d'Horace, avec un commentaire français , Paris , Didot , 1778
  • Louis POINSOT( 1777 - 1859) : un des mathématiciens fran-çais les plus distingués, né le 3 janvier 1777 à Paris, où il mourut le 5 décembre 1859, sortit en 1796 de l'école polytechnique comme ingénieur des ponts et chaussées. Plus tard, il devint professeur de mathématiques au lycée Bonaparte, ensuite professeur examinateur de sortie et mem- bre du conseil de perfectionnement de l'école polytechnique. En 1823, il fut appelé au sein de l'Académie des sciences, en remplacement de Lagrange. Sous le gouvernement de juillet, qui, le Il Elle fat assez recherchée, parce que c'était la seule complète. Mais on préfère généralement la traduction d'Aristophane, par Bruiter , le neveu dit célèbre éditeur de Tacite ft: 0y. BROTnit1 , qui fait partie des nouvelles éditions du iheitre des G, ces , du P. Brumoy. Cependant on ne peut se dissimuler quo le nouveau traducteur a beaucoup profité du travail do son devancier. _ 6 mai 1846 , l'avait nommé grand officier de la Légion d'honneur, il fit, pendant de longues années, partie du conseil supérieur de l'instruction publique. Ecarté un instant par le gouvernement de 1848 , Poinsot fut compris dans la première promotion du nouveau sénat, le 26 janvier 1852. Esprit philosophique supérieur , Poinsot a introduit dans la science de nouvelles méthodes d' en même temps qu'il a simplifié les anciennes ; ses travaux sont en outre exposés avec une grande lucidité et une rare élégance. Voici la série de ses ouvrages : 10 Eléments de statique , Ir° édit. , Paris , 1803 ; 2° édit., 1811 ; 6° édit., 483! avec 4 planches; 9° édit., 1848. Cet ouvrage classique et dont Fourier a relevé toute l'importance dans son Rapport général sur les pro- grès des sciences mathématiques, est fondé sur la théorie des couples, théorie propre à Poinsot. Ce dernier a incorporé aux éditions, à partir de la II°, les quatre mémoires suivants, qui avaient paru dans le Journal de l'école polytechnique et ailleurs. Ce sont : 20 Sur la composition des moments et des aires ; 3° Sur la théorie générale de l'équilibre et du mouvement des systèmes . Dans ce mémoire, l'auteur tend à effacer de la mécanique analytique le principe des vitesses virtuelles. 4° Sur le système du monde, mémoire présenté d'abord à l'Académie des sciences, le 22 mars 1823. Poinsot y donne une théorie exacte de ce plan invariable des aires, qui reste immobile dans le ciel malgré les changements dans le mouvement et la position mutuelle des corps célestes. L'auteur y montre que la position de ce plan ne dépend pas seulement des aires que les planètes décrivent autour du soleil par leur mouvement de révolution dans leurs orbites, comme le veut Laplace, mais qu'elle dépend encore d'autres aires décrites , auxquelles on n'avait pas fait attention jusqu'alors. Ce sont , d'après lui , celles qui viennent des révolutions particulières des satellites autour de leurs planètes principales et celles qui naissent de la rotation de tous les corps et du soleil luimême , chacun autour de leur axe. C'est le plan déterminé pour la composition de toutes ces aires simultanées, qui seul est invariable et constitue ce que l'auteur nomme l'équa- teur du système des mondes. 5° Second mémoire sur la composition des moments en mécanique . Voilà les quatre mémoires, incorporés aux éditions plus récentes de la Statique : 6° Mémoire sur la géométrie de situation . L'auteur y donne les propriétés de quelques nouvelles figures découvertes par lui, savoir, les polygones étoilés et certains polyèdres réguliers. 7° Recherches sur l'algèbre et la théorie des nom- bres ; 8° Mémoire sur l'application de l'algèbre à la théorie des nombres et à la recherche des racines primitives . L'auteur y fait d'abord connaître la méthode trouvée par le mathématicien de Goettingue , Gauss , pour résoudre l'équation trinome; il explique ensuite une nouvelle théorie qu'il appelle théorie de l'ordre, et conclut par l'axiome que l'expression algébrique des racines imaginaires de l'unité était la représentation analytique d'une classe de nombres entiers, dont la loi était jusqu'alors entièrement inconnue. 9° Recherches sur l'ana- lyse des sections angulaires, Paris, !Mn Po y complète les formules d'Euler et Lagrange. 10° De la résolution des équations numériques de tous les degrés, comme introduction à fa troisième édition du traité posthume ainsi intitulé de Lagrange, dont Poinsot était l'éditeur, Paris, 1828 ; H° Mémoires sur les cimes circulaires rou- lants , 1833 ; 12° Théorie nouvelle de la rotation des corps, Paris, 183,, in - ; 13° Re- cherches sur les principes fondamentaux de la théorie des nombres, Paris, 1845 Elle contient l'exposé d'une méthode purement géométrique, applicable à la résolution des questions les plus complexes de la mécanique. D'autres mémoires sur l'algèbre, la géométrie et le calcul différentiel se trouvent dans le volume 3 de la Correspondance sur l'école polytechnique , dans le Bulletin universel des sciences, etc
  • Louis PORTIEZ de l'Oise : de l'Oiae , il en sortit en 1798 . et fut réélu pour deux ans par les électeurs du département de la Seine. Bonaparte en fit ensuite un des membres de son tribunat. Après la dissolution de ce corps, Portiez devint professeur et directeur des écoles de droit de Paris, place beaucoup audessus de ses talents et de son instruction ; mais il avait su faire parler de lui dans le public et dans les journaux, qui avaient alors sine grande influence, en faisant prôner un Code
  • Louis POTIER DE GESVRES : frère puîné de Blancmesnil' obtint en 1567 une charge de se- crétaire des finances, et en 1578 celle de secré- taire du conseil. 11 donna tant de preuves de fidélité à Henri III qu'après la journée des barricades , ce prince se l'attacha plus particulièrement et l'employa dans les affaires les plus importantes. Potier fit échouer par sa fermeté les projets des ligueurs sur les villes de Meaux et de Senlis ; il suivit le roi aux états de Blois, et fut chargé de l'examen des pièces trouvées chez le duc de Guise et chez son frère. Nommé secrétaire d'Etat au mois de janvier 1589 , il reçut l'ordre d'accompagner le duc de Nevers , qui devait commander une armée en Poitou, et il contribua beaucoup à réconcilier son maitre avec le roi de Navarre. Potier fut trèsutile à Henri IV pendant tout le temps que durèrent les troubles de la Ligue ; il traita depuis avec le duc de Mercœur pour la reddition des places fortes de la Bretagne et fut désigné avec quelques magistrats pour instruire le procès du maréchal de Biron. Il se démit de la charge de secrétaire d'Etat en faveur de son fils, dont la mort prématurée l'obligea de reprendre ses fonctions. Il obtint encore la permission de transmettre sa charge à l'un de ses neveux, auquel il eut le chagrin de survivre , et passa ses derniers jours dans la retraite, où il mourut le '25 mars 1630, dans un âge avancé
  • Louis PRELLER( 1809 - 1861) : archéologue allemand, à Hambourg le 15 septembre 1809 , mort le 21 juin 1861 à Weimar. Fils d'un commerçant aisé , il reçut sa première éducation d'abord au Johantzeum de sa ville natale , puis au Catharineum de Lubeck. Il fit ensuite des études de philologie classique et de philosophie à l'université de Leipsick , où il eut pour principal professeur Godefroi Hermann , ensuite à Berlin sous Boeckl? et Schleiermacher. 11 les acheva à Goettingue, où le spirituel Otfried Müller donna la dernière touche à ses idées. Après avoir pris ses grades , il s'établit comme priva dotent à l'université de Kiel. En 1838 il fut appelé à Dorpat comme professeur titulaire de philologie classique, en même temps que comme conservateur des manuscrits de la bibliothèque académique et comme directeur du séminaire philologique. Après une activité de quatre ans à cette université, il se trouva impliqué dans une lutte avec le gouvernement russe, qui alors essaya de restreindre les priviléges de Dorpat dans le sens de la russification. Cette lutte amena la démission d'un certain nombre de professeurs, entre autres de Preller. Ce dernier profita de ses loisirs pour faire , de 1802 à 1844, un voyage en Italie, au retour duquel il s'établit à Iéna. Il y devint, en 1846 , titulaire d'une chaire qu'il abandonna cependant l'année suivante pour accepter la place de bibliothécaire à Weimar. C'est en remplissant ces fonctions que la mort l'a surpris en 1861. En 1852 il avait encore entrepris un voyage archéologique avec Goettling et Hettner dans la Grèce et l'Asie Mineure , voyage qui vint encore modidifier ses idées. Elevé sous les yeux de Boeckh, Otfried Müller et Hermann, chefs des principales écoles philologiques de l'Allemagne , Preller, en combinant leurs idées , a fondé une nouvelle théorie de l'ancienne mythologie , théorie éclectique à laquelle il mèle une bonne dose de philosophie. Il a en outre éclairci divers points de la géographie ancienne. Tous ces ouvrages sont marqués au coin de la perfection, et se dist par un style trèscoulant. En sa qualité de bibliothécaire de Weimar, il s'est enfin occupé aussi de l'histoire littéraire et religieuse de SaxeWeitnar. Outre divers articles dans l'encyclopédie d'Ersch et Grutier, voici le titre de ses ouvrages : 1° De , Eschyli Persis, thèse de doctorat, Goettingue, 1832 2. Sur Démeter et Perséphone , Hambourg, 1837; 3° Polemonis Periegetce fragmenta; accedit de Polemonis vite, algue de historia et « rte periegetarum conimentatio , Lipsiw , 1838 8° ; 4° Historia philosophie grœcce antique , Berlin, 1838; 2. édition, 1857; 5° Nouai° de codice manuscripto Hamburgensi, continens Homeri Odysseam cum scholiis nunc primum editis , Dorpat, 1839, ; 6° Questiones de historia grammaticoe hyzantinœ adjecto inedito manuscripto Hambergensi, Dorpat, 1840 ; 7° De lotis aliquot Pausaniœ, cum additamentis Polenionis , ibid. , 1840 8° De Hellanico Lesbio historico, ibid . , 1840 ; 9° De via sacra Eleusinia I; 10° De Praxiphane peripatetico inter antiquissimos grammaticos ? lobai, ibid. , 1842 11. Sur l'importance de la nier Noire pour le commerce et les autres relations du monde ancien, ibid., 1842; 12° Sur les régions et quartiers de la ville de Rome; Iéna, 1846; 13° E. O. de Madai. Pages en souvenir de lui pour ses amis , Leipsick, 1850. Cet ouvrage contient l'histoire de ses relations avec ses collègues à Dorpat, et leur lutte commune contre l'administration russe. 14. OEuvres posthumes de Georges Spalatin, promoteur de la réforme en Saxe, Iéna, 1850 et 1854; ouvrage auquel se rattachent les autres publications sur la Saxe littéraire et religieuse. Nous citons enfin comme des ouvrages hors ligne : 15° Histoire de la mythologie grecque, Berlin, 1854 et 1855, 2 vol.; 2e édition 1860; 16° J'Ilythologie romaine, ibid. , 1858, 2 vol. , ouvrage dédié à l'université d'Iéna pour l'anniversaire de la troisième fête séculaire
  • Louis PUISSANT( 1769) : habile mathématicien fran-çais, naquit Je 12 septembre 1769 à la ferme de la Gastellerie, près du Châtelet, en Champagne. Il était encore en bas âge quand il eut le mal-. heur de perdre et son père et sa mère , petits cultivateurs qui ne lui laissèrent en quelque sorte aucune fortune ; mais il rencontra un protecteur dans le receveur de ChâteauThierry, Fournier du Pont, qui avait eu avec ses parents des relations intimes et qui le recueillit. Son éducation fut peu coûteuse et peu longue ; il resta deux ou trois années dans un petit pensionnat à ChâteauThierry, puis alla s'initier au latin près d'un vénérable curé des environs. On comptait alors le faire entrer un peu phis tôt, un peu plus tard, au petit séminaire ; mais de trèsbonne heure Puissant laissa percer une autre vocation, et., dès J'âge de treize ans, il fut placé chez un notaire arpenteur de ChâteauThierry. Nonseulement il s'y rompit en peu de temps à la pratique des calculs usuels, mais ses dispositions pour les mathématiques se révélèrent à lui, et il sentit plus vivement le besoin de connaître la science par principes. Animé par le désir d'y parvenir, il réussit à se procurer quelques ouvrages élémentaires, mais il lui fallut renoncer à se faire enseigner par un maître, et il étudia tout seul, bien que ses progrès ne fussent point assez marqués pour lui permettre de se suffire à luimême et qu'il eût encore, au bout de quatre aie, des inquiétudes sur sonavenir, inquiétudes qui influèrent fortement sur son humeur et lui laissèrent toujours une teinte de mélancolie. 66 L'ingénieur des ponts et. chaussées d'Agen, Lomet, remarqua son aptitude, le prit en amitié , et, se chargeant de lui donner les moyens d'instruction auxquels le jeune homme aspirait, il l'attacha aux opérations géodésiques et autres qui formaient l'objet de ses fonctions. Puissant, dans cette nouvelle position , non- seulement put se perfectionner par une pratique plus élevée, plus compliquée et plus variée, qui le familiarisait avec les meilleurs instruments et les meilleurs procédés ; il put aussi lire et méditer les ouvrages scientifiques de la bibliothèque de son patron. Après quatre ans •ainsi passés , il était véritablement fort habile en mathématiques, et Lomet se plaisait à reconnaître que son second en savait. plus que lui. Cependant la révolution était venue, et toutes les existences étaient remises en question. Lomet se vit obligé de quitter le service civil pour entrer dans les cadres militaires, et Puissant, ne pouvant guère faire autrement que de suivre son exemple, prit parti de même à l'armée des PyrénéesOrientales et ohtint une commission d'ingénieur géographe qui l'attachait à l'étatmajor. Quatre à cinq ans s'écoulèrent ainsi pour lui et, comme on sait, les années les plus critiques de la révolution. Quand en 1795 la paix de Baie eut fait poser les armes entre la république française et l'Espagne, il fut appelé au dépôt de la guerre, et quelque temps il suivit le cours d'analyse transcendante de Lagrange et de Fourier, après quoi il concourut pour une place de professeur de mathématiques à l'école centrale de LotetGaronne. Ses efforts furent couronnés de succès, et avant la fin de cette mème année 1795 Agen le voyait dans la chaire qu'il avait ambitionnée. Sa position lui laissait des loisirs. Il s'empressa de prouver aux géomètres par un premier ouvrage qu'il les consacrait à l'étude , et c'est ainsi que parurent ses Propositions de géométrie résolues et démontrées par l'analyse algébrique, connues depuis sous le titre de Géométrie de Puissant. Cet essai le classa de prime abord au nombre des hommes les plus habitués aux formules et aux procédés de la trigonométrie; et lorsqu'en 1802 les écoles centrales cessèrent d'exister, nonseulement il fut placé derechef au bureau de la guerre, mais encore il fut envoyé à l'île d'Elbe pour lever la carte de cette nouvelle dépendance de la république française, afin de la rattacher au continent et à la Corse , et pour en dessiner différentes vues. Il s'acquitta de cette mission à son honneur, et en s'y livrant il approfondit les théories d'astronomie et de géodésie, hases de ses opérations, et prépara d'importants matériaux pour ces deux sciences. De l'île d'Elbe il passa la mème année à Milan pour y travailler à la triangulation de la république cisalpine. Des rapports avantageux faits sur la manière dont il effectua sa double tache lui valurent, en 1803, le grade de chef d'escadron au corps des ingé- nieurs géographes, avec la permission de retourner en France. Mais l'organisation de ce corps n'étant encore rien moins que définitive, c'est en vain qu'il souhaita une position à Paris même; il fallut qu'il se contentat de la chaire de mathématiques à l'école militaire de Fontainebleau . Enfin, au bout de cinq ans, il put revenir dans la capitale. Le corps des ingénieurs géographes avait été reconstitué militairement ; il y rentra , toujours avec l'épaulette de chef d'escadron, et fut nommé professeur de géodésie et chef des études à l'école d'application de ce corps, fonctions qu'il exerça plus de vingt années, soit avec ce grade, soit avec celui de lieutenantcolonel. 11 y rendit des services essentiels en coopérant à la formation de ce grand nombre d'hommes spéciaux pour la géodésie que la France montre avec orgueil aux étrangers ; et tout en vaquant à ces travaux d'obligation. il ne cessa de faire d'utiles publications, soit en rééditant des livres qu'il mettait au niveau des connaissances du jour, soit en communiquant au public ses propres recherches ou en rédigeant des traités méthodiques et complets de la science. Depuis longtemps ces divers ouvrages avaient préparé son entrée à l'Académie des sciences, lorsque le 3 novembre 1828 il y fut appelé pour succéder à Laplace, et bientôt il devint membre et secrétaire du comité du dépôt de la guerre et de la commission royale de la nouvelle carte de France. Sa vie depuis ce moment rie présente d'autre incident que le débat qu'il souleva. en 1836, à propos de la mesure de l'arc du méridien entre Paris et Formentera , en annonçant qu'elle présentait une inexactitude d'environ cent toises. Malgré la résistance de l'éloquent secrétaire de l'Académie, c'est à Puissant que demeura l'avantage. Cet habile géomètre mourut le 11 janvier 1843. Il était chevalier de StLouis et officier de la Légion d'honneur. ll fut remplacé à l'Académie par M. Lainé et au bureau de la carte de France par M. Corabœuf, avec lequel il avait fait quelques travaux. Puissant avait l'humeur un peu taciturne et mélancolique, et il n'était pas difficile de reconnaître en lui l'homme incessamment préoccupé de calculs et de mesures. Mais il était la loyauté, la probité même. Il détestait le charlatanisme. On doit avouer qu'il ne brillait pas par la parole et qu'il n'affichait pas des prétentions encyclopédiques. C'était dans toute la force du ternie une spécialité réunissant tous les avantages et toutes les imperfections des spécialités. On a de lui : 1° Traité de géodésie, ou Exposition ( les méthodes Trigonométriques et astronomiques relatives soit à ra mesure de la terre, soit à la rol! ferlion des caneras des cartes et des plans topographiques, Paris, 1805 2e édit. , 1819, it vol. 13 pl. Cet ouvrage, qui fut reçu dès son apparition avec un applaudissement universel et qui obtint une mention honorable dans le rapport sur les prix décennaux, est demeuré le ma-
  • Louis PULCI( 1432) : frère des précédents, était né a Florence le 15 aoiit 1432 Ses ancêtres avaient mérité leur longue illustration par des services publics. Tout ce que nous savons de lui , c'est que Laurent de Médicis l'admettait dans sa familiarité, et qu'on ne sépare guère son nom de celui des hommes les plus remarquables de cette cour lettrée. et surtout du nom de Politien, dont l'amitié est un de ses titres de gloire. La vie toute littéraire de Pulci n'a eu d'autres événements que ses ouvrages; et ce qui le recommande surtout à la postérité, c'est d'avoir été le créateur de l'épopée badine des modernes et d'avoir annoncé l'Arioste. L'Italie du 15e siècle n'était pas mûre pour la poésie épique. Cent ans plutôt, Boccace avait consacré l'octave, cette forme si heureuse qu'il avait empruntée à nos troubadours, et naturalisée le premier en Italie à chanter les aventures romanesques de personnages imaginaires de l'antiquité. Luc Pulci , le deuxième frère de Louis, avait suivi cet exemple en rapprochant des temps modernes l'action de sou poème. Des versificateurs, dent les noms ne nous sont pas même parvenus avec les poèmes obscurs qu'ils nous ont laissés , avaient lu dans nos vieilles chroniques romanes l'histoire seniifabuleuse de Charlemagne et de Roland ; et ces misérables rhapsodes du moyen àge avaient rimé pour le peuple des carrefours ces récits plus qu'extraordinaires , traduits en langue vulgaire avant eux, et qu'ils ornaient de prières quelquefois consacrées par l'Eglise, mais qui n'étaient le plus souvent que des voeux pour euxmêmes ou pour leurs auditeurs dont la générosité ne leur était point indifférente. Ces essais informes étaient sérieux, ainsi que ceux de Boccace ; mais rien de tout cela ne ressemblait à l'épopée. Laurent de Médicis, qui luimême ne dédaignait pas de composer des chansons pour le carnaval, trouva plaisant de parodier en quelque sorte ces poèmes populaires et de faire rire des souvenirs vraiment nuovo d'Auto,.. la Spagna, Ancroja regirta. épiques qu'ils avaient célébrés ; cette idée sourit la gaieté bouffonne de Pulci, et la muse italienne fut dotée d'un nouveau genre de poésie . Ces faits rapprochés nous expliquent tout le dessein de son poème, qui a été l'objet d'une si vive controverse entre les critiques italiens. Sans admettre et sans repousser l'opinion de Gravina, qui a cru que Pulci avait voulu vouer au ridicule toutes les inventions chevaleresques de son temps et qui en fait ainsi le Cervantes de l'Italie , nous n'hésiterons pas à prononcer avec lui et avec Ginguené que le ilorgante . 11aggiore ne peut avoir été dans l'intention de l'auteur qu'une débauche ; ces sortes de prières étaient , comme nous l'avons dit , des formes convenues qui avaient presque perdu leur solennité en passant dans la bouche de ceux qui chantaient l'Ancroja et fluor° d'Antona sur les places publiques; et Pulci ne se les est permises que pour contrefaire et ridiculiser ces muses mendiantes du IV siècle. C'est peut-ètre dans le même but qu'il se joue ordinairement dans ses fictions de toutes les connaissances géographiques ; car le vingtcinquième chant du . 1/ oryante offre sur l'existence des antipodes le passage le plus remarquable peut-être qu'on puisse citer avant la découverte de l'Amérique . Du reste, on ne peut nier que Pulci sans doute entraîné par son sujet, ne soit vraiment poète dans ses derniers chants, et c'est pour ainsi dire une bizarrerie de plus; on a cité surtout dans le vingtseptième la mort de Baudouin de Mayence et celle de Roland, si touchante et si chevaleresque. Cependant le Morgante est peu lu de nos jours, si ce n'est par les philologues qui y recherchent les finesses natives , les anciens toues de la langue toscane, et cette foule d'idiotismes qui ont fait citer les écrits de Pulci comme classiques par l'académie della Crusca. Les puristes lui ont à peine reproché quelques incorrections dans les désinences des verbes, et tous ont loué la perfection de ce style qui a été cité comme modèle par Machiavel. Ce style est à peu près le seul mérite des poésies fugitives de Pulci , et en particulier de ses sonnets contre Natte° Franco. Ce poète florentin , l'un de ses meilleurs amis, était comme lui dans la familiarité de Médicis. Ils imaginèrent, pour amuser leur Mécène, de se déchirer tour à tour dans des sonnets qu'ils lisaient à la table du maître. Laurent était magnifique, mais il n'était pas grand ; il encouragea cette émulation d'injures et de cynisme qui exclut toute dignité de caractère, et à laquelle nous devons plus de cent quarante sonnets , la plupart écrits sans la moindre décence et dans le genre pro% erbial et décousu de Burchien°. On doit à Pulci la justice de dire qu'ils ne sont pas tous de lui. Quoi qu'il en soit, plusieurs furent prohibés comme impies, et l'auteur lit amende honorable en publiant successivement le Credo, itt- 4°, et sa confession à la SteVierge , poème en tercets , suivi de quelques poésies in Le premier chant commence par l'in prificip;oerar verbe. ni, le quatrième par le Gloria in entiers, le dixième par Te Deum jamiliimus, etc. ,2l Les développementm théolrgiques que Pulci a mis dant la bouche du démon Astaroth, dans ce vingtcinquième chant , ont fait dire à Cri scimbeni , sur l'autorité du Tasse , qu'il avait été eo,, posé par Marsile Ficin . le chef des néoplatoniciens de Florence. Cette preu,e est insuffisante. pieuses , Florence, 1597 On a encore de lui la Frottola, pièce citée dans le Dictionnaire della Crusca; — une nouvelle, imprimée à Flo- rence , et qui se retrouve dans le recueil de Doni ; — des lettres à Laurent le Magnifique, souvent réimprimées; — et la liecada Dicomano, pâle contre-épreuve de la Nencia da Barberino, de Laurent de Médicis, à qui la Beca est faussement attribuée dans une édition de 1568. On ne sait point la date de la mort de Pulci ; on la place communément en 1487. Ginguené, qui saisit avec tant d'empressement l'occasion de mettre les productions italiennes en opposition avec le caractère public des auteurs, a imprimé que Louis Pulci était chanoine; les biographes nationaux nous apprennent au contraire qu'il était marié et qu'il eut deux fils qui sont restés inconnus. Les meilleures éditions du lloryante sont celles de Venise, 1494, 15115, 1574 Florence , 1732 et Paris, 1768 , 3 vol. Gravina regarde avec raison ce poème, et quelquesuns des sonnets de Pulci, comme les premiers monuments du genre de poésie auquel Demi a laissé son nom
  • Louis QUESNEL( 1770) : général français , né à Paris vers 1770, était fils d'un charron de la cour qui jouissait de quelque fortune et qui fut ruiné par la révolution. Il reçut une brillante éducation, et comme beaucoup de jeunes gens de la capitale, il se livra à une grande dissipation. S'étant fait comédien, il joua d'abord au théâtre Molière, puis au ThéâtreFrançais, où il se lia intimement avec Talma , ce qui fut pour lui une assez bonne recommandation lorsqu'il se décida à entrer dans la carrière des armes. Il servit d'abord dans la garde impériale, oit il devint adjudantcommandant , et fit avec distinction les guerres d'Espagne sous les maréchaux Soult et Suchet. Nommé maréchal de camp, il passa en 181i à la grande armée et fut fait prisonnier dans la retraite de Russie. Conduit dans l'Ukraine, il y resta jusqu'à la paix générale en 18n. Rendu alors à sa patrie par la générosité de l'empereur Alexandre, comme le furent tous les autres prisonniers, il revint à Paris, où il trouva toute sa famille transportée de joie par le retour des Bourbons, ce qui le contraria singulièrement, circonvenu comme il l'était par la plupart de ses camarades, restés fort attachés à Napoléon et conspirant ouvertement pour son retour. Entraîné dans leurs réunions, Quesnel prit d'abord part à leurs projets et fut initié dans leurs secrets. Cependant ayant été présenté à Louis XVIII, qui l'accueillit fort bien et lui donna la croix de StLouis, on le vit changer complètement d'opinion. Il assista néanmoins quelques jours après à l'une des réunions qui se tenaient alors à StLeu, chez la reine Hortense, et y fut pressé de boire à la santé de l'empereur Napoléon. Il s'y refusa avec beaucoup de fermeté, disant qu'il venait de prêter serment au roi et qu'il voulait lui être fidèle. Les chefs de la conspiration qui étaient présents, craignant alors que leurs secrets ne fussent dévoilés, résolurent, prétendon, de l'immoler au besoin de leur sûreté, et un peu plus tard , Quesnel, passant pendant la nuit sur le pont des Arts, fut assommé et jeté dans la rivière. On retrouva son cadavre huit jours après aux filets de StCloud, et il fut démontré que ce n'était pas pour le voler qu'on l'avait assassiné, puisqu'il avait encore sur lui une assez forte somme, avec sa montre, plusieurs bijoux, et que quarante mille francs étaient restés dans son appartement. C'était un homme plein d'honneur et de courage , qui ne pouvait manquer d'illustrer encore une carrière déjà trèsbrillante. — Un autre général QUESNEL , né à StGermain en 1765 , a été confondu avec le précédent par plusieurs biographes, quoiqu'il n'eût avec lui aucun lien de parenté. Ce dernier servit aussi dans la garde impériale , et, comme son homonyme, fut employé en Espagne, puis en Italie , où il commanda une division sous le prince Eugène aux batailles de Caldiero et du Mincio. Il contribua dans celleci à la défaite des Napolitains du roi Joachim. Ce général mourut en avril 1819
  • Louis RACINE( 1692) : RACINE , le second fils du poëte le plus parfait dont s'honore la scène française, s'est montré digne de cette illustre origine. Il naquit à Paris le 6 novembre 1692. Son père se plut à former son enfance, et, peu de temps avant sa mort, le recommanda aux soins de Rollin , alors I principal du collége de Beauvais. Il fut dirigé I dans ses études par cet habile maître et par Mé- senguy, dont ifs conseils le fortifiaient dans les principes de sagesse et de piété qu'il avait puisés dans sa famille. Le jeune Racine faisait des vers à l'insu de sa mère, prévenue contre la poésie; Boileau, qu'il consulta sur ses premiers essais, voulut le détourner du commerce des Muses. , « Depuis que le monde est monde, lui ditil, on : « n'a point vu de grand poëte fils d'un grand « poète ; et d'ailleurs vous devez savoir mieux « que personne à quelle fortune cette gloire peut « conduire. » Mais les remontrances furent inutiles. Au sortir du collége, il étudia le droit et se fit recevoir avocat. Ne se sentant aucun goût pour cette profession , il prit l'habit ecclésiastique et passa quelque temps comme pensionnaire dans la congrégation de l'Oratoire. Pendant trois ans qu'il habita la maison de NotreDame des Vertus, il composa le poème de la Gr- dee. Les lectures qu'il en fit à quelques personnes révélèrent son talent pour les vers, et on l'engagea de s'appliquer à la tragédie. Peut-être, ditil, me seraisje laissé séduire et auraisje eu la témérité de vouloir approcher du théàtre , si des amis plus sincères ne m'en eussent détourné en me représentant les grandes difficultés du poème dramatique . Le chancelier d'Aguesseau le pressa de venir partager son exil de Fresnes ; Racine passa dans cette agréable retraite les moments qu'il regardait comme les plus heureux de sa vie, et ne revint à Paris qu'avec son illustre protecteur. Sa réputation et la mémoire de son père lui firent ouvrir, en 1719, les portes de l'Académie des inscriptions ; et, peu de temps après, ses amis l'engagèrent à se mettre sur les rangs pour une place vacante à l'Académie française. L'ancien évèque de Fréjus traversa I son élection. Il manda Racine et lui promit une place plus utile que celle d'académicien, à laquelle il devait renoncer pour le moment. Racine, dont la fortune déjà trèsmédiocre, se trouvait réduite à moitié par le système , se soumit aux volontés du prélat et partit en 1722 pour Marseille, avec le titre d'inspecteur général des fermes en Provence. Il passa succes- Racine se sentait poussé malgré lui dans la carrière que son père a rendue si difficile. tg La gloire d'être poêle tragique, ti ditil, m'a tenté. Je me sentais capable de faire comme un o autre de ces pièces qui ne demandent pas un grand effort de u génie, et qui cependant, à cause de leur nouveauté, rapportent u à l'auteur beaucoup d'applaudissements dans quelques repréu sentations , avec des émoluments ; mais je n'en voulais faire «4 que d'excellentes mon ambition fut mon salut. Ayant toujours 4/ devant les yeux PCEdipe de Sophocle, et Alhalie, je n'eus jamais la hardiesse de cotnmencer une scène. u sivement à Salins, à Moulins, à Lyon, et enfin à Soissons, où il demeura quinze ans, et où il se fit recevoir, à la table de marbre , maître particulier des eaux et forêts du duché de Valois. Tout en remplissant avec zèle des occupations si peu conformes à ses goûts , il trouvait encore le loisir de cultiver les lettres; et, presque chaque année, il payait son tribut à l'Académie des par quelques mémoires qu'il venait y lire, et qui sont insérés dans le Recueil de cette société savante, tomes 7 à 15. Ce fut au milieu de ces divers emplois qu'il composa presque tous ses ouvrages ; et , tandis que les récompenses et les encouragements étaient prodigués à des talents médiocres, l'auteur du poème de la Religion languissait oublié dans le fond d'une province. Pendant son séjour à Lyon , Racine avait épousé mademoiselle Presle, fille d'un secrétaire du roi cette union, d'ailleurs assortie, assura sa fortune ; et après avoir été vingtquatre ans commis de finance , jamais financier, il demanda sa retraite et revint à Paris, avec la résolution de consacrer le reste de sa vie aux lettres. Les nouvelles éditions qu'il publia de ses ouvrages accrurent bientôt sa réputation. En 1750 , il se mit une deuxième fois sur les rangs pour une place à l'Académie française ; mais il se retira, dans la crainte d'être encore exclus par la cour, comme soupçonné de jansénisme. Admirateur de Milton, il avait appris l'anglais pour faire passer dans notre langue les beautés du Paradis perdu. Il venait d'en terminer la traduction , quand il reçut l'affreuse nouvelle de la mort de son fils unique , jeune homme de la plus grande espérance. Cet infortuné se trouvait sur la chaussée de Cadix et fut entraîné par les flots, lors de l'inondation causée par le tremblement de terre qui détruisit Lisbonne et se fit ressentir jusque dans l'Amérique . Ce coup terrible plongea Racine dans le désespoir, et peu s'en fallut qu'il n'y succombât. Il vendit sa bibliothèque et une collection d'estampes qu'il avait pris plaisir à former : renonçant pour jamais à l'étude, il ne conserva que les livres qui pouvaient entretenir en lui le goût de l'autre vie, après laquelle il soupirait. La seule distraction qu'il se permit fut la culture des fleurs, dans un petit jardin qu'il avait loué au faubourg St- Denis. Il y recevait quelquefois ses anciens amis, dont la conversation avait le pouvoir de suspendre ses douleurs. Ce fut dans cette humble retraite qu'il accueillit Delille, qui déssait lui soumettre sa traduction des Géorgiques u Je le trouvai, dit « Delille, dans un cabinet, au fond du jardin, « seul avec son chien, qu'• paraissait aimer ex- « trèmement. Il me répéta plusieurs fois combien « mon entreprise lui paraissait audacieuse. Je Ce déplorable événement founit à Lcfranc de Pompignan le sujet de stances trèstouchantes et Lebrun a consacré la iné. moire du fils de Louis Racine, son uni, dans les dernières strophes de sa belle ode sur les causes ,)hysicetes des tremblements de tcrrc. « lis avec une grande limidité une trentaine « de vers ; il m'arrête et me dit : Nonseule- « ment je ne vous détourne pas le votre projet, « mais je vous exhorte à le poursuivre. — J'ai « senti peu de plaisirs aussi vifs dans ma vie. « Cette entrevue, cette retraite modeste, ce ca- « billet, où ma jeune imagination croyait voir « rassemblées la piété tendre, la poésie chaste « et religieuse ; la philosophie sans faste , la pa- « ternité malheureuse mais résignée, enfin le « reste vénérable d'une illustre famille prête à « s'éteindre faute d'héritiers, niais dont le nom « ne mourra jamais, m'ont laissé une impres- « sion forte et durable. » Delille n'est pas le seul poète dont racine ait encouragé les essais; Lebrun s'honorait d'avoir reçu de lui les premières leçons de l'art des vers . Quelques atteintes d'apoplexie l'avertirent de sa tin prochaine, à laquelle il se prépara en chrétien ; et la mort le frappa, sans le surprendre, le 29 janvier 1763. Racine était d'un caractère simple et vrai, sans jalousie comme sans malice, bon et obligeant, et sincèrement modeste. On sait qu'il se fit peindre, les oeuvres de son- père à la main, et le regard fixé sur ce vers de Phèdre Et moi , fils inconnu d'un si glorieux père. Il était membre des académies de Lyon , de Marseille, d'Angers et de Toulouse. Son Eloge, par Lebeau , est inséré dans le tome 31 du Recueil de l'Académie des inscriptions. C'est la source où l'on a puisé principalement pour la rédaction de cet article, qu'on terminera par l'indication de ses ouvrages. 1° La Greice, poème, 1722 Racine nous apprend que ce fut la lecture du poème de StProsper , qui lui donna l'idée de traiter en vers français une question agitée depuis si longtemps; mais que son but n'était pas de réveiller le souvenir d'une discussion encore récente, qu'il faudrait, ditil , oublier. Néan- moins, malgré l'impartialité et la bonne foi qu'il crut y mettre, les traces de l'école de PortRoyal y percent trop visiblement , et l'ouvrage lui fit quelques ennemis dans le clergé . On y aperçoit, dit Laharpe, le même caractère d'élé- iD On sait que Voltaire lui adressa une pièce qui commence ainsi Cher Racine , j'ai lu , dans tes vers didactiques De ton Jansénius les cl,gmes fanatiques ; Et qui se termine par ce vers Et soyons des chrétiens, et non pas des docteurs. On peut voir dans le Dictionnaire des livres jansénistes, t. 3, p. 251-29, l'examen des passages de ce paume qui prêtent le plus à la censure. t2) Racine raconte : il s'en est fait un grand nombre d'éditions , et il a été traduit en vers anglais , en vers allemands, deux fois en vers italiens , et plusieurs fois en vers latins, notamment par Etienne Bréard , et par l'abbé Revers . 3^ Des Odes, tirées des livres saints : on y trouve de l'élégance et du nombre, s'il n'y a pas toujours de l'éléva- tion et de la force. ho Des Epitres sur l'homnte , adressées au chevalier de Ramsay; sur l'àme des bêtes, etc. ; et des poésies variées, parmi lesquelles on distingue l'Ode SUT l'harmonie, où le précepte et l'exemple sont joints heureusement, dit Laharpe , qui l'a insérée tout entière dans le tome 13 du Cours de littérature. 5. Réflexions sur la poésie, 2 vol. Elles sont le fruit d'une critique sage et éclairée. L'auteur avait étudié les anciens en poètQ et en érudit : cet ouvrage peut être consulté avec profit par les jeunes littérateurs. 6. Mémoires sur la Vie de J. Rancie, On distingue dans le nombre celle de Paris, 1742, granœl suivie du poëine de l, Grtice. Les dernières éditions offrent des changements assez consid,;rables, surtout dans les notes. L'auteur y joignit quelques épitres , et la Prière de Cléanthe efl?. ce soin ) qu'il regart:ait comme plus chrétienne que la Pr, ere untverselie de Pot, , bien qu'elle tilt l'ouvrage d'un païen. avec ses lettres et celles de Boileau , '2 vol. C'est un monument de la piété filiale, et un morceau de biographie du pl us grand in térét ; mais il n'est pas toujours exact . 70 Remarques sur les tragédies de Racine, avec un Traité de la poésie dramatique ancienne et mo- derne, Paris, 1752, 3 vol. Elles sont précédées d'une lettre de Lefranc de Pompignan à l'auteur, pour l'engager à publier cet ouvrage. Les notes sur le style sont le plus souvent justes, mais généralement superficielles, quoiqu'on s'aperçoive, ajoute Laharpe, qu'il est bien plus au fait de la versification que du théâtre. 8° Le Paradis perdu de Milton , traduit en français, avec les notes et remarques d'Addison , et un discours sur le poëme épique, ibid., 1755, 3 vol. Cette traduction est plus exacte , niais moins agréable que celle de Dupré de StMaur, qu'elle n'a point fait oublier. Elle a obtenu plus de succès dans la patrie de Milton , et les Anglais s'en servent assez communément pour étudier la langue française. On a publié , sous le nom de Louis Racine, en 1784, des pièces fugitives, que sa veuve et ses amis ont désavouées hautement. Les oeuvres de cet auteur ont été recueillies en 1747, en i75, 6 vol., petit mais la seule édition complète est celle qu'a publiée M. Lenormant, Paris, 1808 , 6 vol. précédée de l'Eloge de l'auteur par Lebeau . On peut encore consulter une Notice sur cet écrivain par Palissot, dans le Nécrologe des hommes célèbres de France, pour l'année 1766; et l'A- brégé de sa vie, dans la Galerie française. Son portrait gravé plusieurs fois d'après Aved, fait partie du Recueil d'Odieuvre
  • Louis RANIERI-BISCIA( 1744 - 1826) : poète et antiquaire italien , naquit le 97 décembre 1744 dans une villa que son père possédait à Salto, près de Dovadola , en Toscane. Appartenant à une famille riche et noble, il reçut de bonne heure une éducation brillante, et fut envoyé au collège de Faenza , où il se fit remarquer par la précocité de son esprit et•on assiduité au travail. Malheureusement la faiblesse de sa santé l'obligea d' ses études et de rentrer sous le toit paternel. Désormais livré à luimême, il sut se passer de maitre , approfondit les classiques latins , étudia la philosophie , l'histoire , et s'occupa surtout d'archéologie. La poésie eut pour lui des .attraits, et il publia un élégant petit poënle sur la Culture de l'anis, qui lui valut d'être admis dans l'académie des Géorgophiles de Florence et dans celle des Arcades de Rome, Où il fut inscrit sous le nom d'Afneio Laurisseo. Quelques opuscules sur les antiquités augmentèrent sa réputation au point que plusieurs cardinaux le pressèrent vivement d'aller se fixer dans ia capitale du monde chrétien ; mais il résista à toutes leurs offres. Plus tard cependant, il accepta un emploi, et fut successivement podesta de Meldola , puis gouverneur de Forli , et , sous la domination française , intendant des cultes dans la haute Romagne. Atteint dans ses dernières années d'une maladie cruelle, il mourut le 96 janvier 1896. On lui éleva un tombeau pour lequel le professeur JeanBaptiste Zannoni composa une inscription latine. Telle était l'aversion de Ranieri pour les amusements que dans tout le cours de sa vie il n'était allé qu'une seule fois au spectacle. Ayant épousé une petitenièce du cardinal Biscia , il en avait uni le nom au sien. De neuf enfants qu'il en avait eus , trois seulement lui survécurent , deux filles et un garçon, qui s'est fait une réputation comme oriedtaliste. Outre un grand nombre d'ouvrages restés manuscrits, RanieriBiscia a laissé : 1. Sulla coltivazione dell' Rnice , poërne en deux chants et en vers libres, dont les Ephémérides littéraires de Rome de 1773 parlèrent avec éloge. Une seconde édition , plus correcte que la précédente et enrichie de nouvelles notes , a été publiée à Florence en 1828. On y trouve en tète une notice sur l'auteur. 2° Dissertazione in cui ci & mains ehe in Salto gia distretto Forlirense ara ce imper, dedicato n Giens, cd a Giunta., apportenevae aali antichi popoli del fiasco Galliano detti per sopranome Aquinati ; 3Disseriasione filolofiro- crttle. 4 fia lerdella ertiee di Geses- Christo, con nitro tee dirett. a serrire di appendin aile le:: ioni di Giuseppe Arerani * sala passion. di Nostro- Signare
  • Louis RELLSTAB( 1795 - 1861) : littérateur allemand , né le 13 avril 1795 à Berlin, où il mourut en 1861. Après avoir fini ses études , il s'enrôla dans l'ar-'née libératrice de l'Allemagne de 1813-1815. De 1817 à 1821 , il était professeur d'histoire et de mathématiques à l'école militaire de Berlin. A cette dernière époque, il quitta le service du gouvernement et s'adonna à la littérature et au journalisme. En 1826, il devint rédacteur du Journal de Voss. Il collabora en même temps à d'autres journaux et revues, surtout à des revues théàtrales. Pendant près de vingt ans, il s'y chargea de la critique musicale. Il y soutint la lutte la plus acharnée contre Spontini , directeur de l'Opéra royal de Berlin, et ses vives invectives contre lui valurent à Rellstab, en 1827, six semaines de prison. Pendant quelque temps , il se dégoûta du métier, fit des voyages en France. en Italie et jusqu'en Algérie. Il revint en 1831 et recommença la même manoeuvre. En 1842, ses insinuations à l'endroit de madame Henriette Sonntag , la belle cantatrice, qui s'étendirent jusqu'à des membres de la famille royale , lui attirèrent encore deux mois de prison. Depuis ce temps, Rellstab fila plus doux. Il s'occupa aussi de préférence de romans historiques. Cependant cet esprit .à pointes, qu'on nomme en Allemagne l'esprit berlinois , ne lui fait jamais défaut. Tous ses ouvrages ont d'abord paru séparément. Il avait publié vers 1835 un ouvrage sous le titre de Promenades musicales, qui plus tard fut incorporé à ses oeuvres complètes. Parmi ses romans historiques, on cite principalement : Alger et Paris en 1830, Berlin, 1830, 3 vol. puis l'An 1812, Leipsick, 1834; 4e édit., 1854, 4 vol. Dans le genre dramatique, Rellstab appartient à l'école de Goethe, mais en rapetissant un peu les caractères. Ses principaux drames sont : les Vénitiens, Eugène Aram et François de Sickingen. Ses OEuvres complètes parurent en 12 volumes, Leipsick, 1843-1844; la 2' édition, en 8 volumes, 1846 à 18!8; puis en 9.4 volumes en 1860. Dans cette dernière édition , les quatre premiers volumes sont occupés par le roman de l'An 181'2; levolume 5 par les Légendes et contes romantiques; le volume 6 par les Nouvelles artistiques; les volumes 7 et 8 par les Nouvelles; le volume 9 par un Choix de tableaux de voyage; le volume 10 par les Mélanges; le volume 11 par les Ouvrages dramatiques; le volume 12 par les Poésies lyri- ques ; les volumes 13 et 14 par Alger et Paris en 1830; les volumes 15 à 18 par les Contes; le volume 19 par les - Of: terres dramatiques; le volume 20 par les Critiques musicales ; les volumes 21-24 par les Mélanges, Jardin et forét. Dans cette édition, nous devons constater qu'on n'a pas encore reçu le dernier roman de l'auteur, intitulé Trois ans entre trente, P. édit., 1860; 2. édit., 1861, 5 vol
  • Louis RENAUD( 1690 - 1771) : né à Lyon zer I 690, était dominicain , docteur de Sorbonne, prédicatetir du roi; il avait été grand vicaire de Beauvais et est mort le 20 juin 1771. On a de lui : 1° titi discours latin, prononcé à Beativais à l'ocCsion de l'exaltation du pape I3enoît XIII, en 1724; 2° Oraison funèbre du tnaréchal de Villeroi , prononcée dans l'église de la Charité, à Lyon, le 15 septembre 1730, et imprimée dans là Descrip- tion de la pompe funèbre de l. le maréchal de Ville- roi, Lyon, 1730 ; 3° Oraison funèbre du duc d'Orléans , Paris, 1752 Les sermons du P. Renaud eurent un grand succès quand il les débita ; mais ils n'ont point été imprimés , et Fautent a conservé la réputation de grand prédicateur, que l'impression fait perdre le plus souvent
  • Louis REYNIER DE BRIANÇON( 1598 - 1670) : poëte provençal, né à Aix, 1598, de LouisAntoine Brian-çon seigneur de Reynier . Il était avocat. Il se distingua devant le parlement d'Aix , par une belle plaidoirie. Reynier avait un esprit observateur, 'En et porté à la raillerie. Son caractère ouvert et social le faisait rechercher. 11 fut lié avec tous les hommes de talent de son époque. Galaup de Chastenil et Gassendi parlent de lui trèsavantageusement. Le célèbre Peyresc le prit pour compagnon dans un voyage à Nîmes. Ses vers provençaux furent appréciés dans cette ville. On ne connaît de Reynier que son petit poëme l'ut de Paulet, ou Lou crébo- couar d'un paysan à la mouart dé soun aï. Ce poëme fut imprimé d'abord dans un recueil intitulé /ou Jardin deis masos Prouvençalos , 1665 . Cette pièce se fait distinguer par un comique de bon aloi, un naturel charmant et une bonne et joyeuse verve . Elle a été réimprimée plusieurs fois séparément. Il en existe une édition d'Aix de 1732 fi y en a deux de Marseille sans date, la première 6?) et la seconde Nous en avons une quatrième sous les yeux, sans lieu et sans date pp. 30. Voici son titre exact : Lou crébo- couer d'un paysan sur la mouert dé soun ay, émé la soufranço et la miseri dei fourças que' soun en galero. Dans cette brochurine on trouve, : Suite dei régrets dé Paulet , sur la vivenço dé sa mouyé à soun ay, et La souffrant° et la miseri deis fourças qué soun en qaléro , divisados en , est auteur de l'ouvrage suivant Corrections raisonnées des fautes de lan- gage et de prononciation qui se commettent même au sein de la bonne société, dans la Provence et quelques autres provinces du Midi, Marseille, 1829 p
  • Louis RICCI( 1742) : économiste italien, né en 1742 dans le duché de Modène étudia dans cette ville, se fit recevoir avocat et entra dans la carrière des emplois administratifs. Il en remplit plusieurs avec honneur et fut fait chevalier par le duc François III. Nommé membre d'une commission pour la réforme des établissements de bienfaisance de Modène, il fut chargé de rédiger le rapport, et il le dédia au duc Hercule III. Son livre fut imprimé en 1787, sous ce titre : Riforma dee istituti pii della città di Modena. L'auteur dit M. Pecchio dans son Histoire de l'économie pu- blique en Italie , recherche l'origine, les progrès et les effets de tout établissement de bienfaisance, et examinant les vices et les besoins des différentes classes de pauvres, il démontre que ces établissements sont inefficaces, si l'on ne s'applique d'abord à relever le caractère moral du peuple. Les principes posés par Ricci ont beaucoup d'affinité avec ceux que développa, onze ans plus tard , en 1798, le célèbre Malthus dans son ouvrage sur la population ouvrière, qui rencontra d'abord une opposition _ . presque générale et qui place aujourd'hui l'auteur parmi les plus grands hommes de cette époque. Lorsque la révolution français.e se fut propagée au delà des Alpes , Ricci en adopta les principes et se fit assez connaître parmi les républicains enthousiastes pour être nommé en 1797 un des directeurs de la république cispadane, dont, comme on sait, l'existence fut très-éphémère. Ricci y avait été appelé au ministère des finances; mais il s'en démit peu de temps après et mourut en 1799. — Ricci , compositeur italien, né à Naples vers 1801, fit de bonnes études au collége musical de cette capitale, et en 1828, il fit jouer un opéra, l'impre- sario in ungustie, qui fut assez bien accueilli ; l'année suivante, il fit représenter à Rome l'Or- fanello di Ginevra, dont le succès fut éclatant. 11 composa ensuite, de concert avec son frère Frédéric, quelques opéras auxquels le public se montra peu sensible. Cette froideur décida Louis à recommencer à travailler seul, et il ne s'en trouva pas plus mal. En 1831, il fit jouer à Venise Un duello sotto Richelieu; en 1832, on représenta à Milan Chiara di Rosenberg. Il était directeur du théâtre de Trieste au moment de sa mort, arrivée en 1860
  • Louis RICCOBONI( 1674) : célèbre comédien et littérateur, né à Modène en 1671i, ou, selon d'autres, en 1677 , s'enrôla fort jeune dans une troupe d'acteurs ambulants, et montra des talents remarquables dans l'emploi des amoureux ou Lelio , nom sous lequel Riccoboni fut longtemps connu. Devenu chef d'une troupe à l'âge de vingtdeux ans, il conçut le projet de réformer le théâtre en Italie et d'en bannir les farces ignobles ou monstrueuses qui le déshonoraient. 11 fut encouragé dans ce dessein par tous les vrais amateurs, et fit représenter avec succès à Venise et dans les principales villes de la Lombardie les meilleures tragédies du théâtre italien. 11 voulut ensuite substituer aux farces , qui conservaient le privilège d'attirer la foule, de véritables comédies, et commença par faire jouer Mzzio, en latin Matlius . La nouvelle troupe italienne, qui s'associa bientôt le fameux Dominique i.voy. . ce nom), fut mise en possession de la salle de l'hôtel de Bourgogne. Riccoboni, toujours occupé de son projet Je réformer le théâtre, voulut y faire représenter des comédies régulières; mais il s'aperçut bientôt qu'en France comme en Italie le public préférait des farces amusantes à des pièces mieux conduites , mais ennuyeuses. Riccoboni, trèsgoûté comme acteur, surtout dans les rôles passionnés, contribua beaucoup à soutenir son théâtre par une foule de divertissements, de parodies et de petits actes, qu'il composait en société avec Dominique. En 1729, il retourna en Italie, où il était appelé par le duc de Parme, qui lui donna l'intendance des menusplaisirs, avec la charge d'inspecteur des théâtres établis dans ses Etats. Ce prince étant mort en 1731, Riccoboni revint à Paris; mais, dégoûté de son état par un motif de religion , il demanda sa retraite, qu'il obtint avec une pension, et consacra le reste de sa vie à la culture des lettres. C'était un homme aimable, de moeurs pures et trèspieux. Il mourut à Paris le 5 décembre 1753. Outre les traductions en prose de Manlius et de Britannicus , et en vers, d'Andromaque, on a de lui : I.° Nouveau théâtre italien, Paris, 1718, 2 vol. C'est le recueil des comédies qu'il avait composées dans sa jeunesse et qui furent jouées depuis son arrivée à Paris. 2° Dell' arte representiva , capitoli sei Londres , 17'28 Ce poëme , peu remarquable sous le rapport de l'invention et de la facture des vers, contient d'excellents préceptes. 3° Histoire du théâtre italien depuis la décadence de la comédie latine, avec un Catalogue des tragédies et comédies italiennes im- primées depuis l'an 1500 jusqu'à 1660, etc., Paris, 1728-1731, 2 vol. Cet ouvrage est trèssuperficiel. Le deuxième volume contient une lettre de 1.B. Rousseau, avec la réponse de Riccoboni, et l'analyse des principales tragédies et comédies italiennes, dont l'auteur, dans la première partie, n'avait rapporté que les titres. L'Histoire du théâtre italien a été vivement critiquée par l'abbé Desfontaines, dans la Lettre d'un comédien français, 1728 qu'il composa, diton, pour faire plaisir à Baron et qui lui valut ses entrées . 4° Observations sur la comédie et sur le génie de Molière, ibid., 1736 C'est une critique des spectacles, que l'auteur regardait comme dangereux pour les moeurs. 5° Pensées sur la déclamation, 1737 6° Ré- flexions et critiques sur les diFrents théâtres de l'Europe, arec des pensées sur la déclamation, ibid., 1738 7° De la réformation du théâtre, ibid., 1743 réimprimé en 1767, avec l'Essai de Bussonier sur les moyens de rendre. la comédie utile aux moeurs. Riccoboni déclare dans sa préface qu'au lieu de réformer le théâtre, il vaudrait mieux le supprimer ; mais que, puisque cette mesure ne pourrait être adoptée sans de graves inconvénients dans les grandes villes, il faut veiller à ce qu'on ne représente que des pièces morales. Il bannissait du théâtre la danse et toutes les pièces dont l'amour forme l'intérêt, telles que le Cid, Rodogune, Phèdre, etc
  • Louis RICCOMANNI( 1741) : agronome italien, naquit le IO septembre 1741 à Sabine, dont son père était gouverneur. Après avoir commencé ses études dans cette ville, il les continua à Recanati et à Ripatransone. Destiné par sa famille à l'état ecclésiastique, le jeune Louis s'occupa quelque temps de la théologie, mais il y renonça bientôt et alla étudier le droit à Camerino. Sur ces entrefaites, son père étant mort, il fut obligé de se rendre à SanGenisio , dans la marche d'Ancône, sa patrie originaire, afin de mettre ordre à des affaires de famille. Là il voulut continuer l'his- toire de cette ville , commencée et déjà en partie publiée par le défunt, mais il ne s'acquitta point de cette tâche, et il n'y avait pas deux ans qu'il était à SanGenisio, lorsqu'il le quitta , en 1766, pour aller se fixer à Rome. Il y reprit ses études de droit et se fit recevoir avocat. Il devint ensuite auditeur d'un prélat et bibliothécaire du cardinal Salviati. Riccomanni s'occupa simultanément de littérature, de poésie, d'archéologie, d'économie publique et surtout d'agronomie. Ce fut lui qui suggéra l'idée de fonder à Montecchio une société agricole, la première qui ait existé dans les Etats pontificaux. Il fut membre d'un grand nombre d'académies, parmi lesquelles nous citerons la société agricole de Turin et celle des Géorgo- philes de Florence. Il mourut le 7 avril 1788 d'un coup d'apoplexie qui le frappa en voiture comme il se rendait à Bracciano. Ses ouvrages sont : 1° Commentaire de Vespasien de Florence sur la rie de Fr. Filelfo, tiré d'un manuscrit et illustré de notes, Rome, 1775 ; Journal d'agri- culture et de commerce, dédié au souverain pontife Pie 11, Ronie, 1776; 3° Journal d'agriculture, ou Diario economico, Rome, 1777, 2 vol. ; 4° Appert- dix ad deeisiones sacrce roue romance coram R. P. D. Ansaldo de Ansaldis ejusdem S. R. audi- tore et postea derano, prodit sub auspiciis Ent. oc Bey. D. Card. Gregorii Salviati opera et studio Aloysii Riccomanni, qui argumenta, summaria et indices addidit , Rome , 1779 ; 5' Journal des arts et du commerce, avec cette épigraphe : Hoc opus, hoc studium parvi properamus et ampli, Si patrice volumus, si nobis virere cari, Macerata , 1780; 6° Rerum naturalium Mordis Matit* prope urbern descriptio societati georgirce Trefensi exhibita a Petro Schillingio museo Zeladiano et Kircheriano prcefecto, Aloysio Riccontanni et Joanne Calisto Be- nigni, Rome, 1782; 7° Senatusconsultum nzunicipii Terracinensis pro adlectione Aloysii Braschi Onesti, Pi; sonoris in ordinem patriciorunt, elabo- t'atm ab A. Riccontanni, additis nonhullis annota- tionibus, 1782 ; 8° Lettre de M. A. L. R..., membre correspondant de l'académie royale des Géorgophiles de Florence, 'ét. c., à M. Romulus Grimaldi, président de la société agricole de Mon- tecchio , sur la pépinil, re de plantes choisies établie à Villeneuve, près de Chambéry, avec le catalogue raisonné de ces plantes, Rome, 1785. Outre ces ouvrages, Ricconianni a laissé inédits plusieurs mémoires importants sur l'agriculture et sur d'autres sujets
  • Louis ROBERT( 1779 - 1832) : poëte allemand, né en 1779 à Berlin, y fut un des disciples de Fichte, professeur de philosophie; cependant après ses études il s'adonna entièrement à la poésie et au théâtre, sans toutefois conquérir un des premiers rangs dans ces parties de la littérature. A l'exception d'un service trèscourt qu'il fit en 1813, en qualité d'attaché d'ambassade d'une petite cour de l'Allemagne méridionale, il mena une vie tout à fait indépendante et passa son temps entre les voyages et la composition. Ses travaux dramatiques sont une imitation des. Précieuses ridicules de Molière, sous le titre des Ultracivi- Usés; puis une comédie, Aveugle et boiteux. Ces pièces ne paraissent pas s'être maintenues au répertoire. Après les guerres de l'Allemagne contre Napoléon, Robert publia une suite de pièces de vers politiques sous le titre des G'onzbats du temps, 1817; plus tard il donna ses Promenade.; politiques dans Berlin, dédiées au poëte Tieck. Robert mourut en 1832
  • Louis ROLANDO( 1773) : célèbre anatomiste italien, naquit à Turin le 16 juin 1773 d'une famille considérée, Ayant perdu son père dès l'âge le plus tendre , il fut confié à un de ses oncles maternels, l'abbé Mattei, qui prit soin de sa première éducation. Après avoir fait son cours de collége d'une manière brillante, il étudia la médecine à l'université de Turin et s'appliqua surtout à l'anatomie, que professait alors Cigna, savant distingué, qui remarqua Rolando parmi 11 en exi,te deux réimpressions faites à Venise en 1544 et 1552 ' tous ses élèves et lui voua une affection particulière. Les études médicales n'absorbaient pas tellement Rolando qu'il ne s'occupât encore d'autres travaux ; ainsi l'histoire naturelle et surtout la zoologie attirèrent particulièrement son attention , comme le prouvent deux opuscules qu'il publia sur cette matière. Agrégé, en 1802, au collége de médecine, il avait pris pour sujet de sa thèse la structure ou les fonctions des poumons dans toutes les classes des animaux , et il traita en même temps de la maladie la plus terrible de ces organes, c'est-àdire de la phthisie. La première partie de sa dissertation montrait déjà combien il était versé dans l'anatomie humaine et comparée et dans la zoologie ; la seconde fut si goûtée du professeur Brera qu'il l'inséra textuellement dans le tome 10 de son Sylloge opusculorum selectorum ad prarim medicam spectantium. Comme on a pu le voir par la date de l'agrégation de Rolando, il n'avait pas suivi le roi VictorEmmanuel dans sa retraite en Sardaigne lors de l'occupation française du Piémont, ainsi que des biographes l'ont avancé. Le fait est que ce prince, conseillé par Audibert, son premier médecin, qui avait pu apprécier le talent et le savoir de Rolando, l'invita à se rendre dans cette fle et le nomma, le 5 novembre 1804, professeur de médecine pratique à l'université de Sassari. Rolando se mit en route ; mais, arrivé à Florence, il ne put aller plus loin , parce que la fièvre jaune , qui s'était déclarée à Livourne, avait fait interrompre toute communication entre cette ville et la Sardaigne. Ce séjour forcé ne fut pas perdu pour la science, et peut-être Rolando le prolongeatil à dessein, tant la capitale de ia Toscane a d'attraits pour le savant et l'artiste , soit par les moyens d'instruction qu'elle présente, soit par la quantité d'hommes éminents en tout genre qu'elle produit et renferme. Nonseulement Rolando se lia avec les médecins les plus distingués, entre autres Fontana et Mascagni ; mais il se livra encore à l'étude du dessin et de la gravure, voulant se passer d'une main étrangère lorsqu'il aurait besoin d'esquisser des figures. Après avoir publié un ouvrage intitulé Sur les causes dont dépend la vie dans les ètres organisés, Rolando partit enfin de Florence, en 1807, et alla prendre possession de sa chaire à Sassari. Là, il fut en outre chargé du protomédicat ; mais ce double emploi ne ralentit en rien son ardeur pour les recherches scientifiques, et, dès 1809, il fit imprimer l'Essai sur la vraie structure du cerveau de l'homme et des animaux, et sur les fonctions du système nerveux, qu'il dédia au roi VictorEmmanuel. Cet ouvrage présentait des observations et des idées entièrement neuves, qui furent plus tard émises, en partie du moins, par des anatomistes français, sans qu'on puisse les accuser de plagiat, la difficulté des relations entre la Sardaigne et le continent ayant empêché que le nom de Rolando se répandit en dehors de Ille. Quoi qu'il en soit, le droit de priorité ne saurait être contesté au savant piémontais. Audibert, étant tombé malade, Lit venir à Cagliari son protégé, qui le remplaça momentanément dans sa charge à la cour, le soigna avec tout le dévouement d'un fils et fut assez heureux pour le rendre à la santé. En 48i4, Rolando revint à Turin, en même temps que la famille royale , et fut nommé successivement professeur d'anatomie à l'université et à l'école des beaux - arts , conseiller du protomédicat membre de la junte provinciale pour la vaccine. de l'académie royale des sciences, et de plusieurs autres sociétés savantes de l'Italie et de l'étranger. Enfin , après avoir soigné le roi VictorEmmanuel dans sa dernière maladie, il devint premier médecin de sa veuve, MarieThérèse d'Autriche. Rolando trouvait le temps de mener de front l'exercice de ces nombreux emplois et la composition de nouveaux écrits. Outre différentes dissertations insérées dans les Mémoires de l'académie des sciences de Turin et autres recueils, il publia plusieurs ouvrages importants et fonda , pieu 4824, avec le docteur Martini, son confrère à l'université. une revue intitulée Dictionnaire périodique de médecine, où il consigna de nouvelles observations anatomiques et de nombreuses études physiologiques sur le système nerveux et l'organogénie. La réputation qu'il s'était faite en France et en Angleterre et sans doute aussi le désir de revendiquer les découvertes dont on semblait lui contester la priorité l'engagèrent à visiter ces deux pays. Il s'arrèta à Paris , à Londres et reçut partout l'accueil que son talent et ses travaux lui méritaient. Plus tard, il fit un autre voyage à Florence, où l'envoya le conseil de l'instruction publique , pour se procurer une collection de préparations anatomiques en cire analogue à celle que possède un musée de cette capitale. Quoique sujet à une fièvre intermittente qui, depuis six ans, l'assaillait d'accès irréguliers, Rolando se mit en route dans l'été de 1830 et remplit sa mission avec tout le zèle et l'intelligence qu'on attendait de lui. Ce voyage sembla d'abord avoir amélioré sa santé ; mais à peine revenu à Turin, se sentant de nouveau incommodé, il se mit au lit en janvier et ne le quitta plus jusqu'au jour de sa mort, le '20 avril 1831. Rolando avait publié : 1. Observations anatomiques sur la structure du Sphinx nesii et autres insectes , avec deux planches contenant onze figures qui représentent les organes de la génération , le nerf optique de ces insectes, et le sac dorsal, qui chez eux tient lieu de coeur. Ces Observations sont écrites en français. 2° Sur les causes d'où dépend la vie dans lestires organisés , Florence, 1807 ; 3° Essai sur la véritable structure du cerveau de l'homme et des animaux et sur les fonctions du système nerveux , Sassari, 1809. Cet ouvrage, où l'on trouve pour la première fois une description satisfaisante du cerveau , ne formait d'abord qu'un petit volume; il fut considérablement augmenté dans la seconde édition , donnée à Turin en 1828, 2 vol. 4° Humani corporis , fabricce et functionum analysis adumbrata, Turin , 1817 ; 5° Ale'rnoire sur la plèvre et sut• le péritoine , dans les Mémoires de l'académie de Turin, année 18i8, t. `..:, p. 215; 6° Anatome physiologica, Turin, 1819 C'est un traité d'anatomie et de physiologie à l'usage des écoles. Son principal mérite est la clarté et la précision. Il n'offre des idées nouvelles que sur quelques points du système nerveux , et encore ces idées n'y sontelles qu'indiquées ; l'auteur les développa dans des écrits spéciaux. L'Anatolie physiologica a été traduite en français par le docteur Meloni Baile. 7° Réflexions et expériences touchant la respiration , Turin , 1821 ; 8° Description d'un animal appartenant à la classe des Echinodermes . L'espèce que Rolando décrit ici n'avait pas encore été observée et fut trouvée par lui dans la mer de Sardaigne, près de l'île d'Asinara. Il lui donna le nom de Bonellia en l'honneur de Bonelli , son confrère à l'académie et professeur de zoologie à l'université de Turin. 9. Inductions physiologiques et pathologiques sur les di/ férentes espèces d'excitabilités et d'excitements , sur l'irritation et les puissances excitantes, débilitantes et irritantes, Turin , 4821 Cet ouvrage, le moins remarquable qu'ait laissé Rolando , a été cependant traduit en français par MM. A.J.L. Jourdain et J.G. Rousseau, avec des notes et une introduction , dans laquelle la doctrine médicale italienne est mise en parallèle avec la doctrine physiologique française, Paris, 1822 40" Recherches anatomiques sur la moelle allongée , Mémoires cités, année 1823, t. 29. Les figures qui y sont jointes sont exécutées avec tant de soin et de précision que Desmoulins les reproduisit dans son Anatomie des systèmes nerveux des animaux à vertèbres. I 4. Observations sur le cervelet , ibid. , p. I 63. Dans ce mémoire, Rolando fut le premier à constater que le cervelet sert au mouvement des membres ; proposition générale dont M. Flourens a plus tard fixé les limites. 12° Nécroscopie d'Anne Garbero, malade d'asitie , Turin, 1828. La jeune fille dont il est ici question était de Raconix ; elle resta pendant trentedeux mois et onze jours sans prendre aucune espèce de nourriture, ce qui faisait crier de toutes parts au miracle , au point qu'on allait dans sa maison comme en pèlerinage. Rolando, commis par l'autorité pour examiner la jeune fille, et plus tard pour en faire l'autopsie, décrivit dans son rapport les singulières altérations organiques qu'il rencontra et expliqua ce phénomène d'une abstinence complète aussi longue par l'augmen- talion de l'absorption pulmonaire et cutanée, jointe à la suppression des sécrétions et exhalations de tout genre. 13" De la structure des hémisphères cérébraux . Ce mémoire , lu dans la séance de l'académie des sciences de Turin, le 18 janvier 1829, ne fut inséré dans les Mémoires qu'en 1831 ; il en fut tiré à part un certain nombre d'exemplaires de 45 pages avec dix planches, toutes dessinées par l'auteur, selon son habitude. Cet ousrrage peut être considéré comme une addition à l'Essai sur la structure du cerveau. 14s Du pas- sage des fluides à l'état de solides organiques, ou formation des tissus végétaux et anima. ux des vaisseaux et du coeur . Plusieurs savants ont écrit la vie de Rolando et analysé ses ouvrages ; nous citerons, entre autres, Martini et M. Bellingeri, tous deux professeurs de médecine à l'université de Turin. Ce dernier, chargé d'écrire l'éloge académique d'usage , le prononça dans la séance de l'académie des sciences du 93 décembre 1832 et l'inséra, deux ans après, dans les Mémoires de la même société
  • Louis ROSS( 1806 - 1859) : archéologue allemand, né en 1806 dans le domaine de Horst, en Holstein, mort à Halle le 6 août 1859. Après avoir étudié à Kiel , Copenhague, Leipsick et Munich , il alla voyager, en 1831, en Grèce. S'étant vite familia- risé avec la langue, il fut, en 1833, nommé conservateur d'antiquités au Péloponnèse, puis professeur d'archéologie à l'université d'Athènes en 1837. Pendant les vacances Ross fit de fréquents voyages, surtout dans les îles de la mer Egée, et dans l'un d'eux il accompagna le roi Othon. Les récits de ces voyages sont trèsintéressants, nonseulement pour la connaissance de la Grèce antique, mais aussi pour l'état actuel de ce pays. En 1844, lors de la démission forcée des professeurs d'Athènes d'origine allemande , Ross revint en Allemagne. Il fut chargé de la chaire de littérature ancienne à Halle. Dans les dernières années de sa vie, il fut forcé de suspendre ses leçons, à la suite d'infirmités qui le brisèrent au point que, dans un accès de fièvre chaude, if se donna luimême la mort dans un bain. Il a publié successivement : 1° Inscriptiones graym ine- dite, 1" fascicule, Nauplie, 1834 ° faseic., Athènes, 1842; 3' et suiv., Berlin, 1845 2° l'Acropole d'Athènes, d'après les fouilles les plus récentes , Berlin, -1839 ; 3° Voyage dans les iles grecques de la mer Egée, Stuttgard et Tubingue, leS*3 premiers volumes, 1840-1842, le V, Halle, 1852 40 Manuel de l'archéologie de l'art , Athènes, 1841 ; 5° Sur les voyages et les routes en Grèce, Berlin , 1841 ; 6° les Dèntes de l'Attique , d'après les inscriptions , Halle , 1846 70 Hellenica, ou Archives pour les mémoires ar- chéologiques, philologiques et épigraphiques, Halle, 1846, 2 vol.; 8° Voyages en Grèce en compagnie du roi Othon , exécutés surtout pour la topographie et l'histoire , Halle , 1848- 1851 , 'vol. 90 l'Asie Mineure et l'Allemagne, ibid 1850 ; 100 Epistola epigraphica ad Augustum Boeckhium, ibid., 1851 ; 11° Voyages dans lite de G'os, à Halicarnasse , puis dans les îles de Rhodes et de Chypre, ibid., 1852 ; 12° le Theseum et le temple de Mars à Athènes, ibid., 1852 avec planches ; 13° le Pnyx et le Pelasgicon à Athènes, ibid., 1853 avec planches; ces deux derniers écrits sont des traités de contro - verse archéologique contre Goettling , Preller, Muller et autres. Dans 140 Italiques et Grecs : les Romains ont- ils parlé sanscrit ou grec? Lettres à un ami, ibid., 1858 Ross rejette entière- ment les idées critiques de Wolf, Niebuhr, Otfried Muller, Mommsen et Curtius, qu'il traite tous de ravageurs de la science archéologique et linguistique. En même temps, il se moque des indianistes qui ont établi les rapports entre le sanscrit et les langues classiques de l'Europe. Faisant ainsi abstraction de toutes les recherches modernes, il ne voit dans les diverses tribus italiennes, les Osques, Muses, Etrusques, Sabins, Iapyges, etc., que les descendants plus ou moins altérés de colonies grecques, tribus qui toutes n'auraient parlé qu'un grec plus ou moins modifié. Sauf quelques dizaines de mots celtiques et ibériens, tout, selon Ross, est grec dans la langue romaine; même les mots regardés comme étant de source égyptienne, etc., sont, au contraire, des mots d'origine grecque. Cet écrit est un arsenal de savoir qui a attiré l'attention générale. 15° En 1850, Ross avait encore fondé avec Schwetschke une Revue nzensuelle générale de lit- térature, qu'il dirigea jusqu'à sa mort. Après sa mort parurent : 1 6. Mémoires archéologiques, Halle, 2 vol., 1861 et 1862. — Ross , frère cadet du précédent, peintre paysagiste, né en 1817, à Altekoppel, en Holstein, mourut le 5 fé. vrier 1858 à Munich. Il est connu principalement par ses belles images de la Grèce et de l'Italie. Il a ensuite gravé les planches pour les traités archéologiques de son frère sur les contrées helléniques
  • Louis ROUX : prètre champenois, fut député de la HauteMarne à la convention nationale, en 1792, et y vota la mort de Louis XVI en ces termes.: « Un tyran disait qu'il voudrait que le « peuple romain n'eût qu'une tète pour l'abattre « d'un seul coup : Louis Capet a, autant qu'il « était en lui , exécuté cet atroce désir. Je vote « pour la mort. Vengeur d'un peuple libre, je « n'aurai qu'un regret à former, c'est que le « même coup ne puisse frapper tous les tyrans. » Sur le second appel , il dit : « Je veux supporter « seul toute la responsabilité; je dis NON. » Roux, attaché longtemps aux principes révolutionnaires, travailla beaucoup dans les comités, surtout dans celui de constitution , et se porta même le défenseur du comité de salut public. Il se signala aussi par son zèle contre la religion, dans le département des Ardennes et notamment à Sédan. A l'époque du 31 mai, il fit décréter les articles constitutionnels comme le seul moyen de salut public. Le 15 septembre , il fit destituer et arrêter LecouteulxLanoraye et deux autres administrateurs de l'Oise , comme s'opposant aux réquisitions de grains. Il fut envoyé peu de temps après dans ce département pour faire exécuter les lois sur les subsistances. Sa mission s'étant étendue au département des Ardennes , il parut vouloir entraver les opérations de son collègue Massieu, et fut tour à tour dénoncé et applaudi aux Jacobins pour sa conduite à Sedan., dans le courant de 179!». Le 9 thermidor mit un ternie à ni Le quartier du jardin du Roi. leurs débats. Roux, parvenu aux comités de gouvernement, voulut se venger de Massieu et de ses partisans. 11 fit décréter celuici d'arrestation, après le ler prairial , et traduire les autres an tribunal criminel des Ardennes, où ils furent condamnés à mort. Il changea ensuite de conduite avec les circonstances et se réunit aux anciens montagnards dès qu'il vit que les sectionnaires de Paris voulaient aller au delà du but tracé par les thermidoriens. Après le 13 vendémiaire , il fut nommé membre de la commission des Cinq , créée pour présenter des moyens de salut public, et lit même plusieurs rapports en son nom ; mais Thibaudeau ayant fait anéantir cette nouvelle institution , Roux passa au conseil des CinqCents et S')7 montra constamment dévoué aux intérêts du directoire. 11 en sortit le 20 mars 1797 et fut ensuite employé au ministère de l'intérieur en qualité de souschef. La destitution de Quinette entraîna la sienne; il fut quelque temps sans place, passa enfin à la commission des émigrés et de là aux archives du ministère de la police, d'où il fut encore renvoyé après la démission de Fouché. Il vécut longtemps ignoré dans la capitale; mais, ayant reparu, en 1815, au champ de mai, il se trouva ensuite compris dans la loi contre les régicides et quitta la France en 1816. Il est mort à Iluy, le 2 septembre 1817, après avoir rétracté ses erreurs et s'être réconcilié avec l'Eglise. Il s'était marié pendant la révolution roy. l'Ami de la religion et du roi, t. 17, p
  • Louis SALLENTIN( 1746 - 1830) : né à PontSteMaxence, le 17 janvier 1746, était le curé d'un village du Beauvoisis à l'époque de la révolution. Après avoir prêté tous les serments exigés des ecclésiastiques par les lois de la révolution, il éprouva en 1793 quelques persécutions et fut obligé de cesser entièrement ses fonctions. Venu alors à Paris, il s'occupa de diverses compilations littéraires et fut ensuite employé dans les bureaux de la Gazette de France, Sous le gouvernement impérial et dans les premières années de la restauration , il signait ce journal comme éditeur responsable, et il conserva cet emploi jusqu'en 1820. S'étant, à cette époque, retiré dans son département, il y mourut vers 1830. Sallentin a publié l'improvisateur français, 1804-1806, 21 vol. actuellement oubliés ; mais cet Improvisateur n'improvise point et se contente de donner, à la suite d'un mot quelconque, une anecdote ou une réflexion dont ce mot est l'objet, et qu'il copie ou que sa mémoire lui fournit
  • Louis SAPPA DE' MILANESI INVIZIATI GORRETA( 1745) : fils aîné du précédent, naquit en 17. D'abord officier dans le régiment de Casai , il voyagea en Italie, en France et fut présenté à Versailles par le fameux comte d'Aranda à Louis XV et à ses sœurs. Il fut, comme son père, réformateur des études et, en 1791, nommé gentilhomme honoraire de la chambre. En 1830, il reçut la grand'croix de StMaurice et StLazare et, en 1833, devint chef de province de cet ordre. avait été trois fois syndicmaire dans sa patrie. Fort instruit dans les mathématiques et surtout dans la mécanique, il cultiva aussi la botanique. Il jouit de l'estime de toutes les classes et de tous les partis dans les phases et les vicissitudes si fréquentes de cette époque et finit ses jours le 16 mai 1837. Il s'était marié en 1783 avec une demoiselle Grimaldi soeur de celui qui, en 1814, fut gouverneur du prince de Carignan, depuis roi de Sardaigne. En lui s'éteignit la famille Sappa , qui si longtemps avait tenu un rang distingué dans l'Etat. — SAPPA DE' MILANES1 , frère du précédent, fut aumô- nier du roi et plus tard prince évêque d'Acqui; il se distingua par son zèle évangélique. 11 mourut en 1835, dans un âge avancé
  • Louis SCHNÉEGANS( 1813 - 1858) : jurisconsulte et littérateur français, en 181:3 à Strasbourg, où il mourut le 1" avril 1858. Après avoir étudié le droit dans sa ville natale et fréquenté quelques universités et bibliothèques de l'Allemagne , il devint, en 1842, archiviste à Strasbourg. Un moment il avait été question qu'une chaire de droit ecclésiastique serait créée pour lui auprès de la faculté de théologie protestante. Ses écrits ont de l'importance pour l'histoire de l'Alsace. En voici les titres : 1. Vues générales sur l'enseignement du droit ecclésiastique protestant en France, Strasbourg, 1840 ; 2' Du serment, comme servant de preuve des obligations conventionnelles et du payement, ibid., 1841 3° les Flagellants, surtout leur grande procession à Strasbourg dans l'an de la peste de 1349, ibid., 1841; traduit librement en allemand par C. Tischendorf, Leipsick , 1842 ; 4° Notice sur Closener et Tu; inger de Koenigshoren et leurs chroniques allemandes de Strasbourg , ibid. , 18i2 ; 5° l'Eglise de St- Thomas à Strasbourg et ses monuments, ibid., 1844 , etc
  • Louis SAVOT( 1579 - 1640) : médecin et numismate, naquit vers 1579 à Saulieu, de parents d'une condition médiocre. Après avoir terminé ses premières études avec succès, il vint à Paris, où il se fit recevoir licencié dans la faculté de médecine, en 1610. Quoiqu'il n'eût pas pris le doctorat, il fut pourvu d'une charge de médecin du roi. Entratné par son gotit pour les sciences, il abandonna l'exercice de son art et se rendit habile dans l'architecture, la minéralogie et la numismatique. Malgré ses talents, il vécut pauvre et mourut vers 1640 dans la maison de Moreau le médecin, son ami, qui lui avait donné un asile. C'était, dit Blondel, un homme respectable par sa vertu, dont l'air était simple, bas et mélancolique. on a , avec des notes et des corrections, et un avertissement sur la vie de Savot. On sait que Vitruve dit qu'il est indispensable à un architecte d'avoir quelques connaissances en médecine. Savot en conclut qu'il ne peut pas y avoir de meilleurs architectes que les médecins. Son livre renferme d'ailleurs d'utiles observations et des conseils nécessaires aux personnes qui veulent bàtir. Dans la première édition, Savot donne le prix des matériaux et de la main diceuvre à l'époque où il écrivait, ainsi que l'indication des ouvrages d'architecture qu'il regardait comme les meilleurs. 4° Discours sur le sujet du colosse du grand roi Henri posé sur le milieu du pont Neuf , iii-8° de 24 pages. Cet opuscule est fort rare. Blondel ne l'avait jamais vu, et le P. Niceron et inséré dans le 7'hesaur. antiquit. Romanar. , t. 10. Patrice Junius a donné l'Abrégé de l'ouvrage de Savot, publié par Hearne dans l'Appendice à la Collectanea historia de .1. Leland, t. 5, p. 269-282. Cet ouvrage est divisé en quatre parties. Dans la première, l'auteur recherche si les médaines étaient des monnaies. La deuxième traite des différentes matières employées par les anciens pour fabriquer des médailles ; la troisième, de leur poids et de leur valeur primitive ; et la ilguatrième, de leur prix actuel et des diverses Causes qui peuvent le faire varier. L'ouvrage est terminé par une suite de médailles grecques et romaines, tirée des ouvrages des principaux numismates. Sallo , dans son Journal des Savants roy. SALLo), accuse assez à tort Ch. Patin d'avoir puisé dans l'ouvrage de Savot tout ce qu'il y a amide bon dans son Introduction à l'histoire
  • Louis SCAPINELLI( 1585 - 1634) : philologue et pokite italien, naquit à Modène , en 1585, prisé de l'organe de la vue. La nature, qui lui avait refusé le sens le plus actif pour le développement des idées, le dédommagea de cette privatifin en le douant d'un jugement sain et d'une heureuse mémoire; et c'est avec ces avantages qu'il put , faire des progrès dans les études auxquelles il ' se livra. Son instruction fit bientM oublier son infirmité; et le duc de Modène n'hésita pas à charger un aveugle de l'éducation de son en tant. Ce fut, en partie, par les bons offices d, ce prince qu'il fut nommé, en 1609, professeur d'éloquence à l'université de Bologne, peu de jours après y avoir été décoré du bonnet de docteur. Il v resta jusqu'à l'année 1617, époqu, à laquelle, irrité d'un refus qu'il axait éprouve il res int à Modène, où il obtint provisoirement la chaire de belleslettres, qu'il garda jusqu'à l'année 1.62 t. Appelé à l'université de Pise. il brilla sur ce nouveau théâtre et y justifia les regrets que son départ devait faire naltre lorsque le mauvais état de sa santé le força de quitter cette ville . Ce 1 fut vers ce temps que l'université de Bologne, voulant réparer son injustice, combla les vœux de Scapinelli en l'élevant à la place de premier professeur d'éloquence, qu'il regardait . comme le but de sa carrière littéraire, et que le 1 éâèbre Sigonius avait atteint avant lui. Il ne jouit pas longtemps de son triomphe. Il mourut subitement, à Modène, le 3 janvier 1631. Scapinelli doit être placé au nombre de ces hommes extraordinaires qui, renversant les barrières dont la nature les avait entourés , parviennent, par un chemin mystérieux, à l'acquisition de connaissances qui sembleraient inaccessibles pour un être imparfait. Vivant à une époque où la Pureté du style s'était perdue par l'abus de l'esprit, les subtilités et les faux brillants des Sei- centisti, il sut se tenir à l'abri de la plupart de I ces défauts; et s'il ne réussit pas à s'en préserver entièrement, c'est qu'il est presque impossible . de rester tout à fait étranger au caractère de son siècle et de ses contemporains. Ses ouvrages, recueillis pour la première fois, en 1801, sous le titre d'Opere del dottore Lodoriro Scapinelli , contiennent ses poésies italiennes et latines, quelques morceaux eu prose et quinze dissertations sur TiteLive , précédées d'un discours et d'une préface sur cet auteur. Scapinelli s'était aussi exercé sur llorace, Justin, Sénèque, et particulièrement sur Virgile , dont il avait expliqué une partie de l'Enéide. L'éditeur de ses écrits réservait ces notes pour un troisième volume, qui n'a pas été publié. La mémoire de cet auteur a été consacrée par l'académie des indefessi de Bologne, dans un recueil qui parut , l'année méme où il mourut, sous le titre de Cœnotaphium tudorici Scapinelli, etc., Bologne et par le P. Poz-. zetti, qui en prononça l'éloge dans l'université de Modène, le 25 novembre 1794. Ce dernier a été réimprimé en tête de l'édition de Parme. On croit que c'est notre aveugle que Tassoni , à l'imitation du Démodocus de l'Odyssée , a introduit dans son poëme héroïcomique pour àe nter la fable d'Endymion. Ce qu'. donne quelre poids à cette conjecture, c'est que, dans la première édition de la Seerhia rapita , on lit (chant 8, st. 45, Seapinel, au lieu le Sc qinel, qui lui a été substitué dans les nom- largs réimpressions de ce poi;me
  • Louis SCÈVOLA( 1770 - 1819) : littérateur, né à Brescia en 1770, devint, à l'âge de dixsept ans, professeur de rhétorique dans les écoles publiques de sa patrie. Il le fut jusqu'en 1797, époque des changements politiques arrivés en Italie. Pendant les neuf mois qui s'écoulèrent entre la chute de la république de Venise et les agrandissements donnés à la Cisalpine, les Brescians, livrés à euxmêmes, prirent le titre fastueux de Peuple souverain. Ce fut alors qu'on destina une partie des revenus monastiques à l'établissement des écoles normales et à l'organisation d'un comité d'instruction publique, dont Scévola fut nommé secrétaire. Il mit beaucoup de zèle dans l'exercice de ces fonctions et rendit un grand service à la ville en empêchant la dispersion des livres appartenant aux bibliothèques des couvents supprimés. Au milieu de ces soins, il trouva le temps de composer une tragédie intitulée la Mort de Socrate. Le succès de cette pièce, jouée en même temps à Brescia et à Milan , commença la réputation de l'auteur, qui fut élu secrétaire de l'Athénée de sa ville natale. Les rapports dans lesquels il rendit compte des travaux annuels de cette académie furent accueillis avec faveur; et il faut avouer qu'ils sont rédigés avec beaucoup de talent et de goilt. En 1807, Scévola fut nommé sous- bibliothécaire à Bologne. Plein d'ardeur pour la cause de la révolution, il donna un libre essor à ses sentiments. Lorsque Murat envahit les légations à la tête d'une armée, en 1815, il lui présenta quelques jeunes Brescians ' pour concourir à son entreprise ; mais la mal-, heureuse issue de cette levée de boucliers en-, traina la perte de tous ceux qui l'avaient encou-' ragée ; et Scévola fut destitué de sa place et même renvoyé de Bologne. Réfugié à Milan, il y fonda une espèce de cercle littéraire dans lequel il espérait trouver une honorable ressource dans le malheur. Atteint d'une maladie de consomption qui avait fait d'effrayants progrès depuis son arrivée dans cette ville, il voulut que son mdc,In essayât sur lui un remède nouvellement découvert, afin, ditil, d'être encore de quelque utilité à ses semblables. Victime de ce généreux dévouement, il expira dans le courant de l'an 1819. Parmi ses tragédies, la plus estimée est celle de Socrate. Cette pièce, publiée à Milan en 1804, obtint le prix , qui reprocha, entre autres choses, à l'auteur une imitation trop servile de Pepoli. Scévola était entré dans la carrière ecclésiastique sans vocation ; et ses passions étaient trop fougueuses pour un ministre des autels. Ses tragédies , imprimées ensemble à Milan en 1815 sont la Morte di Socrate ; Annibale in Bitinia ; — Saffo ; Erode ; Aristodemo ; Giulietta e Bonze°
  • Louis SCHIAVONETTI( 1765) : graveur, né à Bassano en 1765, était l'aîné des huit enfants d'un papetier de cette ville. Il montra dès ses plus tendres années un penchant décidé pour le dessin, dans lequel la médiocrité de son premier maître ne l'empêcha pas de faire des progrès. Employé l'établissement calcographique fondé récemment à Bassano par le comte Remondini , il se forma sous Bartolozzi et Volpato, qu'il se proposa pour modèles et dont il devait égaler la renommée. Son premier ouvrage fut une copie de l'Hector de Cipriani , gravé par Bartolozzi, et que les yeux même de cet artiste ne surent pas dist de l'estampe originale. Cet essai lui gagna l'estime de Bartolozzi, qui l'engagea de le suivre à Londres, où Schiavonetti vécut avec son maître dans la plus grande intimité. Parmi une foule d'ouvrages qu'il a exécutés, on remarque 1° la Mater dolorosa, d'après Van Dyck ; 2° le Portrait de ce peintre sous les traits de Pâris ; 3° le Carton de Pise, de Michel- Ange ; Juliette et Roméo, sujet tiré de Shakspeare; 5° quatre estampes représentant l'Histoire de la dernière année de Louis XII, d'après Bénazeck ; 6° l'Apothéose de cet infortuné monarque ; 7° la Naissance de Jésus- Christ, tableau connu sous le nom de la Nuit du Corrège ; 8° le Fils du doge Foscari, priant son père de faire révoquer l'arrêt qui le bannit à perpétuité de Venise ; 9° le Pélerinage de Canterbury, gravé à l'eauforte, d'après Stothard ; 10° le Débarquement des Anglais en Egypte, le 8 mars 1801, d'après Loutherbourg ; 11• le Corps de Tippou Saib reconnu par sa famille, d'après Singleton. Cette estampe, l'une des plus belles de Schiavonetti, fait partie d'une collection de quatre gravures atives à 'l'histoire de cette malheureuse famille 911ftieone. Les trois autres ont été exécutées par Cardon et par un frère de Schiavonetti. t e Une suite d'eauxfortes, d'après Blake, pour un poème anglais intitulé le Tombeau , Londres, 1813 L'éditeur de cet ouvrage y a inséré l'éloge de Schiavonett i, mort à Bromptou le 16 juin 1810. On regrette qu'il n'ait pas eu le temps d'achever la Chasse au cerf, d'après la magnifique composition de West, représentant Alexandre Ill, roi d'Ecosse, sauvé des attaques de cet animal par Colin FitzGerald. — Schiavonetti possédait la force du dessin , l'harmonie des lignes, l'union des tons, et savait donner à ses ouvrages cet éclat et ce mouvement qui tient plus aux libres inspirations d'un peintre qu'au burin d'un graveur
  • Louis SCHUBART( 1766 - 1812) : fils du précédent, né en 1766, suivit une carrière plus sérieuse que celle de son père : il fut un homme grave, un fonc- tionnaire prussien ; il devint conseiller de légation et mourut en 1812. Il s'occupa surtout de traduire des poëtes anglais, pour lesquels il avait une prédilection spéciale ; il s'exerça sur les Sai- sons de Thompson , sur l'Othello de Shakspeare et sur l'Ossian 0.) II existe des traductions anglaises et françaises de ce morceau que Sclitsbart a intitulé Rhapsodie lyrique; suais l'éclat et rharmonie de l'original disparaissent dans ces versions. Voy. la Revue britannique, mai 1852. I . . au jour par MacPherson . 'mit au jour la fin de l'Autobiographie de son e , dont il publia également, en 1806 , les , 'es sur l'esthétique de la musique. Voy. l'article cédent
  • Louis SEMENTINI( 1777) : fils du précédent, né à Naples en 1777, fut, comme son père, l'un des plus habiles chirurgiens de son pays. Il professa la médecine à Naples avec un grand succès, et on lui doit divers ouvrages estimés. Nous citerons seulement : 1° Istituzioni di chimica teoricopratica, Naples, 1803, vol. ; 2° Memoria sui) ' uso medico del mariait) di calte, ibid., 1807 ; 3° glemoria sul preteso fenomeno dell' 1809 ; 4° Memoria copra un nuovo methodo da estarre il potassio ed il sodio, 1810 5° Trattato elementare di chi- mica filosolica, ibid., 1813, 2 vol. iii-8° ; 6° Pensieri esperimenti sè fenomeni della bacchetta divinaloria, ibid., 1811 7° Memoria snll' uso interno della pietra infernale, ibid., 1819 ; 8° Istituzione teorico- pratica di chimie« Iilosofica, 4 vol. 8°, etc. — Nous ignorons l'époque de la mort de Louis Sementini
  • Louis SERGARDI( 1660) : ou, comme il s'appelait lui même, Quintes Sectanus , fut un des meilleurs poètes latins de son temps. Né à Sienne en 1660, il fut élevé sous les yeux de ses parents, qui n'épargnèrent rien pour cultiver ses dispositions. Ses maîtres, quoique éclairés, n'étaient cependant pas exempts du mauvais goût qui régnait alors dans les écoles. En communiquant à leur élève plus de préjugés que de savoir, ils lui imposèrent la tâche de recommencer son éducation. Envoyé à Rome pour y apprendre la jurisprudence, il se sentit entraîné vers la poésie, qui devint son occupation favorite. Il fit une lecture assidue des classiques latins, et s'attacha de préférence aux poëtes satiriques, qu'il tâchait d'imiter. Admis à la familiarité du prince Chigi, il le suivit dans sa maison de campagne à la Riccia , où se rassemblait une société nombreuse de seigneurs romains. Sergardi examina de près les manières des grands, et il peignit leurs travers dans une satire assez amère. A son retour à Rome, il fréquenta une réunion de savants qui avait lieu dans le collége de la Propagande, pour conférer sur la théologie, l'histoire sacrée et les droits du saintsiège. N'étant qu'initié dans les études ecclésiastiques, il s'y livra avec opinià•treté, pour ne pas se montrer audessous de ses confrères. Il 'voulut être en théologie ce qu'il avait été en littérature , le réformateur des systèmes qu'il trouvait établis ; et se déclara contre les scolastiques et les casuistes, qu'il n'épargna ni dans ses discours, ni dans ses correspondances. Il composa même, sans oser le publier, un ouvrage intitulé De veteruni philosophie. Sergardi , prôné et recherché partout, reçut l'invitation de se rendre en Toscane pour occuper une place honorable à la cour du grandduc. Préférant la liberté aux honneurs, il aima mieux vivre chez le cardinal Ottoboni, qu'il regardait comme son ami. A la mort d'Innocent XI, il fut chargé de porter la parole devant le sacré collége pour l'exhorter, selon l'usage, à l'élection du nouveau pontife. Le choix tomba sur son protecteur, qui prit le lions d'Alexandre VII!, et qui l'employa dans quelques négociations difficiles. Ce fut par l'ordre de ce pape qu'il entra en correspondance avec le P. Noël Alexandre pour l'engager à purger sOn Histoire ecclésiastique des erreurs qui lui avaient mérité les rigueurs de la censure. Ce service lui aurait valu de bonnes récompenses, si Alexandre VIII ne fùt pas mort à cette époque. Sergardi prononça l'oraison funèbre de ce pontife; et, privé d'un tel appui, il se voua à l'étude, ne conservant d'autre ambition que de briller parmi ses rivaux. Reçu de la société des Arcadiens , il lui fut impossible d'y vivre sans querelles, quoiqu'il n'y eût pas manqué d'admirateurs. Ses vers, applaudis par la multitude, trouvèrent un intraitable censeur dans Gravina. Leurs discussions devinrent si animées, qu'un jour ils en vinrent aux mains, à la table d'un ami chez lequel l'un d'eux s'était exprimé sans mesure sur le mérite de ses collègues, et même sur des matières plus graves. Ce premier combat fut le signal d'une guerre de plume, où l'avantage devait rester au plus spirituel. Sergardi, se cachant sous le nom de Sectamis, composa une satire dans laquelle il reprochait à un certain Phi/ odème d'être le corrupteur de la religion et des moeurs. Ces vers excitèrent le rire des hommes les plus austères ; Gravina riposta par des verrines et des ïambes; mais peu exercé à la satire, il dissimula l'outrage, et n'y répondit plus que par le mépris. Un autre critique accusa Sergardi de s'être servi de locutions barbares et d'avoir violé les règles de la syntaxe et de la prosodie. Ces observations, qui n'étaient pas sans fondement, n'affaiblirent pas l'effet des satires ; et le triomphe du poète resta complet. On douta quelque temps de l'authenticité de ces pièces de vers, et l'on prétendit eu ôter l'honneur à Sergardi, qui s'était montré inférieur dans quelques autres ouvrages. En effet, rien n'est à comparer à ses satires originales, où le mérite du style est rehaussé par la finesse des traits et la richesse des images. Fabroni a éclairci ces doutes par des preuves si positives, qu'il n'est désormais plus permis de les partager. Les satires de Sergardi parurent pour la première fois au nombre de quatorze ; elles furent ensuite portées jusqu'à dixhuit. Parmi les quatre dernières, il y en a une sur la mort de Clément XI qui mériterait d'être désignée sous un autre titre, puisqu'elle n'offre que l'éloge de ce pontife. Décoré du titre de monseigneur, ce poète fut nommé préfet de la basilique vaticane, dont il se plut à orner le vestibule. Non content d'avoir élevé la statue équestre de Charlemagne sous les portiques, et pavé de larges dalles la place de StPierre, il voulut entourer de petites colonnes l'obélisque qui en occupe le centre. Cette innovation ne parut pas heureuse, et elle exposa celui qui l'avait or- Iidonnée à, un grand nombre de plaisanteries. Ser- r gardi , qui avait abusé du droit de médire des ,, autres, ne put supporter qu'on tournât contre lui l'arme du ridicule. Dégoûté du séjour de Rome, il alla se réfugier à Spolète, où il mourut de tt. chagrin le 7 novembre 1726. Ses ouvrages sont : 1. Quinti Sertani satyre in Philodemum , 1694 Cette édition, qui est la ' première des satires de Sergardi, n'en contient que quatorze. En 1696 et 1698, on en vit paraître deux autres, augmentées chacune de deux nouvelles satires. L'édition d'Amsterdam , 1700. en 2 volumes se compose des huit premières, que P.A. Maffei , sous le nom d'Antonanius, a enrichies de notes et d'ob- servations. 2° Satire di Settano tradotte in terza rima, Zurich , 1760 Cette traduction, donnée par l'auteur luimême, ne contient que dixsept satires et un dialogue sous le titre de la Conrersazione delle donne di Roma. 3° ° ratio pro eligendo summo pontifice post . obitum Innocentii XI, home, 1689 ; %° Ora; ione re'- ilata in Campidoglio per l'accademia dell' arti liberali, ibid., I 703 , t}" ; 5° Distinta relazione della grau sala della cancellaria apoxtolica, ibid., 1719 ; 6° Discorso sopra il nuovo ornato della Grien di San Pietro, ibid., 1723 70 Rela: ione della statua equestre di Carlo Magne', eretta nel portico raticano, Sienne , 172:i 8° Satyrœ, argumentis, srholiis, enarrationibus il- lustrat?, Lucques. 1783, 4 vol. Cette édition, due aux soins du P. Giannelli , et la plus complète des oeuvres de Sergardi, contient les satires originales, plusieurs pièces de poésie la- tire et italienne, les différents discours, une .I partie de sa correspondance avec Mabillon, sur , des objets de littérature et de religion. Il existe deux autres traductions italiennes de ces satires, outre celle que nous avons citée ; l'une est inti- tulée le Satire di Quinto Satan°, traduite da Sesto Settimio, ad istanza di , Pise, 1820, 2 vol. . On trouvera d'autres renseignements sur Sergardi dans une notice placée en tète de l'édition de Lucques, dans Fabroni , Vite halorum, t. 10, p. 68, et dans les Elogi di uomini illustri, du même, t. 2, p
  • Louis SERIO( 1730 - 1799) : né à Naples vers 1730, fut , selon Ginguené, un des improvisateurs les plus distingués de l'Italie. Après avoir fait ses études de droit, il exerça la profession d'avocat et ne se fit pas moins admirer au barreau par son éloquence que dans les salons par la facilité et l'entrain de ses improvisations poétiques. S'étant rendu à Rome au moment même où la célèbre Corilla Olympica remplissait la ville sainte de sa renommée, Serio ne craignit pas de concourir avec elle pour la couronne poétique. Vaincu dans la lutte, il prétendit que sa rivale devait son triomphe moins à son talent qu'à la protection de quelques cardinaux. Cette injuste accusation, dans laquelle de puissants personnages étaient mis en cause, attira de graves désagréments à l'avocat napolitain , et il se vit bientôt forcé de rentrer dans sa patrie. C'était l'époque où les sociétés secrètes commençaient à travailler l'Italie. Serio se jeta avec ardeur parmi les conspirateurs et manifesta partout ses idées libérales. Appelé fort souvent à défendre les délinquants politiques, il apportait dans ses plaidoiries une liberté de penser qui faillit plusieurs fois le faire passer du banc de la défense à celui des accusés. De telles sympathies durent lui faire saluer avec transport l'arrivée de l'armée française, et il contribua de tout son pouvoir à l'installation de la république parthénopéenne . Plus tard, Serio prit rang comme volontaire dans r le corps de troupes que la république expirante envoya, sous les ordres de Wirtz, à la rencontre de l'armée royaliste , et il tomba en combattant vaillamment, le 13 juin 1799
  • Louis SERVIN : d'une famille honorable du Vendomois, était fort jeune lorsque, après la dispersion du parlement par la faction des Seize, en 1589, Henri IV le fit avocat général de la portion qui siégeait alors à Tours. Ce prince faisait quelque difficulté de lui accorder cette place, parce qu'on Hist. abr. de la Mur. rom., t, 2, p. 394. lui avait rapporté que Servin n'était pas bien sage ; mais Defaye, qui la quittait, dit au monarque que, puisque son Etat avait été perdu par les sages, il fallait que les fous le rétablissent. Servin porta dans cette charge une fermeté inv un attachement inviolable, mais raisonné, pour la personne du souverain, et un zèle vraiment patriotique, qu'il scella de sa mort, en expirant, en 1626, aux pieds de Louis XIII, dans le moment même où il faisait de fortes remontrances à ce prince au sujet de quelques édits bursaux qu'il avait apportés pour les faire enregistrer dans son lit de justice. Bouguier, conseiller de la grand'chambre , présent à cette scène tragique , en consacra la mémoire dans ces deux vers latins : Servinum una dies pro libertate loquentem Fidji, et oppressa pro liberlale cadentem. Sa grande réputation, fondée sur des talents réels et sur ses vastes connaissances, l'avait mis en commerce de lettres avec la plupart des savants de l'Europe. Il fut l'ardent défenseur des libertés de l'Eglise gallicane. Il en donna surtout des preuves dans sa remontrance du 26 novembre 1610, contre la doctrine de Bellarmin sur le temporel des rois , et dans son plaidoyer du 6 avril 1613, sur la distinction des deux puissances. On a de lui : 1° Actions notables et plaidoyers accompagnés de quelques autres pièces curieuses. Cet ouvrage instructif, mais d'une érudition trop prolixe, suivant le goût du temps, fut censuré par la Sorbonne en 1604, ce qui n'empêcha pas d'en donner de nouvelles éditions en 1631 et 1640 2° Vindiciœ secundung libertatern ecclesie gallicance, et defensio regii status, etc., en faveur de Henri IV, Tours, 1590; Genève , 1593 et dans le troisième tome de Goldast; 3° Pro libertate status et reipublicœ Venetorum, 1606. La république de Venise lui députa un gentilhomme pour le remercier et lui offrir une chaîne d'or, qu'il refusa. Dans sa jeunesse, il avait cultivé la poésie latine et fran-çaise; mais ses productions en ce genre n'ont point été imprimées, non plus que sa traduction latine de Denys le Périégète. On trouve dans un recueil de pièces sur les jésuites son plaidoyer fait, en 1611, contre ces pères . Parmi les articles qu'il propose de leur faire signer, on remarque ce paradoxe, « que les con- « fesseurs doivent révéler aux magistrats les « conjurations contre le roi et contre l'Etat ». Servin n'avait qu'un fils, dont Pasquier trace le portrait dans une de ses lettres. « Ce jeune « homme était un prodige en vivacité d'esprit, « facile compréhension, admirable mémoire, agi- « lité de corps, souplesse de membres et aptitude « à toutes sortes de sciences et exercices , arts, « métiers et fonctions, et cependant inutile à « toutes choses bonnes et honnêtes.... Il avait « toutes les langues à commandement comme la « naturelle, jusqu'au grec et à l'hébreu. Il sa-« vait beaucoup de théologie , de philosophie, « de physique et mathématiques ; prêchait au « mieux, tantôt comme les catholiques, tantôt « comme les huguenots ; disait fort bien la « messe, » etc. Mais il n'avait nulle religion; « il était déloyal, cauteleux, menteur, sangui- « naire, làche , poltron , pipeur, ivrogne, gour- « mand, friand , berlandier, putassier, rufian et « mettant tout son soin à employer son esprit « au mal. Il mourut à Londres, d'un mal pesti- « lentiel, dans une taverne, à demi ivre, jurant « et blasphémant le saint nom de Dieu
  • Louis SETTALA( 1552) : né à Milan en 1552, y fit ses premières études et alla dès l'àge de quatorze ans suivre un cours de philosophie à Pavie, où il soutint , deux ans après , une thèse en présence de StCharles Borromée et d'un grand concours d'auditeurs; qu'il remplit d'admiration par ses réponses. On le destinait au barreau, où ses aïeux s'étaient distingués ; mais il préféra l'étude de la médecine , et à vingt et un ans il obtint la place de premier lecteur de médecine pratique à Pavie. Deux ans après, l'archevêque Borromée, l'ayant appelé à Milan, le nomma professeur de médecine pratique et archiàtre du duché. Quelques années plus tard, Philippe III, roi d'Espagne, le choisit pour son historiographe; mais Settala refusa cet honneur. Dans le même temps, l'électeur de Bavière lui proposa de venir à Ingolstadt en qualité de directeur de l'université, tandis que la ville de Bologne le demandait pour ses écoles, le grandduc pour la faculté de Pise et le sénat vénitien pour celle de Padoue; mais, trèsattaché à son pays, il n'accepta aucune de ces offres et contracta à Milan un mariage qui fut heureux et qui lui donna sept fils et deux filles. En 1628, la peste s'étant déclarée dans cette ville et y faisant des ravages effroyables, plusieurs médecins l'abandonnèrent. Settala, resté à son poste, prodigua ses soins à ses malheureux concitoyens. Ce fut lui qui engagea StCharles Borromée à faire construire, hors de la porte llinza, un magnifique lazaret, qui sert actuellement de caserne, et il y établit les pestiférés, qu'il allait visiter tous les jours avec le saint prélat. Il fut luimême atteint de cette maladie, et il en guérit; mais, frappé d'apoplexie avec paralysie de la langue et de tout le côté gauche, il ne mena plus qu'une vie languissante pendant cinq ans : il mourut le 12 septembre 1633. Settala fut constamment attaché à la doctrine d'Hippocrate, dont il ne cessait d'étudier les ouvrages. 11 sut, par une observation mùre et approfondie, se prémunir contre les préjugés qui régnaient dans les écoles. Les pensées répandues dans ses écrits sont pleines de justesse et de préceptes excellents. 11 ne craint point de contredire ouvertement l'opinion des écoles toutes les fois qu'elle ne s'accorde pas avec l'expérience. 11 proscrit le vin et donne les indications de la saignée dans les fièvres quartes. Settala a publié un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on remarque celui qui est intitulé De nœvis , dans lequel il prétend que ces signes, répandus comme par hasard sur diverses parties du corps , conservent cependant un certain ordre , qu'il explique par les lois de l'astrologie. Par exemple, si quelqu'un a un seing au front , il doit en avoir un autre au dos ou à ]a poitrine. Si ce signe est au milieu du front, il doit ètre aussi au milieu de ces deux parties. S'il est au haut de ce premier, il en aura un autre au cou ; il en est de mème pour les positions à droite ou à gauche. Une envie au coin de l'oeil en annonce une autre à l'aisselle du mème côté; celle qui est placée sur le sein en dénote une semblable placée au bas du pubis, etc. Cette idée bizarre et dépourvue de toute vérité a néanmoins été répétée par Th. Bonnet , dans sa Médecine septentrionale , t. ler, p. 317. Les ouvrages de Settala sont : 1° In librunt Hippocratis de acre, aquis et locis commentarii quinque, Cologne, 1590 ; Francfort, 1645, ;2° La . 4ristotelis problemata commentaria, Francfort, 1607, 2 tom. ; Lyon, 1632 ; 3° De nervis liber, Milan, 1605 ; Padoue, 1628, 1651 ; -4° Animadversionum et eautionum ntedicarunt libri septem, Milan , 1614 Strasbourg, 1625 Padoue, 1638 ; 5° le même ouvrage, avec deux livres de plus ajoutés, Milan, 1639 ; Padoue, 1630 ; 6° ces neuf livres revus par Périus , imprimés à Dordrecht, 1650 et à Padoue, 1632 et 1659, avec les notes de J. Rhodius. Cet ouvrage est le fruit de quarante ans de pratique ; il est plein d'excellentes observations et de recherches thérapeutiques trèsintéressantes. 7° De margariiis judicium , Milan, 1618 ; 8° De peste et pesti feris aectibus libri quinque, Milan, 1622 ; 9. Analyticarum et amimasticarum dissertationuni libri duo, ibid. , 1626 ; 10° De morbis e. v mucronata cartilagine erenientibus liber , Milan , 1628 ; 11° Compendio di chirurgia, ibid., 1646 ; 12° De ratione instituendoe et guhernandoe familice libri quinque, Milan, 1626, i11-8°. Ces deux derniers furent publiés par Salvatore Settala, fils de l'auteur et médecin comme lui
  • Louis SILVY( 1760) : théologien français, naquit à Paris le 27 novembre 1760, d'une famille de magistrature, vouée aux traditions jansénistes. Son père, conseiller du roi et auditeur à la chambre des comptes, le plaça sous la direction de dom Deforis, bénédictin des BlancsManteaux, savant laborieux régulier, mais enclin aux idées nouvelles. Quand même Silvy n'aurait pas puisé à la maison paternelle les idées jansénistes dont il devint si chaud partisan, le commerce du bénédictin vénéré eût suffi pour y porter son éme ardente. Il prit , sous la conduite de dom Deforis, des sentiments chrétiens, reçut une éducation austère et une instruction remarquable sous le rapport des connaissances religieuses. Il aida même son maître pour l'édition systématique des oeuvres de Bossuet, que Lequeux avait commencée. Peut-être dutil à l'exemple et aux leçons de dom Deforis de ne pas donner dans les Les usages antiques, expliqués par Silvestri, sont au nombre de plus de cent soixante et dix ; les Indice, trèsbien faits, en donnent la nomenclature, e'c. principes et dans les erreurs de la révolution, où ses idées jansénistes devaient pourtant naturellement et logiquement l'entratner. Il fut tout à fait opposé à l'Eglise constitutionnelle. Au surplus, les changements arrivés dans l'Etat le privèrent de sa charge. Dès lors Silvy, comme il le fit toujours depuis, consacra son temps à l'étude de la religion et aux oeuvres de la charité. Il était secondé et devancé dans cette pratique de la bienfaisance même par sa femme , qui l'autorisa à vendre tous ses bijoux pour soulager les pauvres. Cette femme, qu'il avait épousée avant le temps de la terreur, était RosalieThérèse Boudet, d'une famille bourgeoise , engagée aussi dans la magistrature et également dans les opinions jansénistes. Beaucoup plus jeune que lui, elle mourut en 1809, à peine âgée de trentedeux ans. Membre et secrétaire de la fabrique de NotreDaine des BlancsManteaux, Silvy était en même temps commissaire des pauvres; il se livrait aussi à . Silvy protesta énergiquement contre les nouvelles éditions des oeuvres de Voltaire et de Rousseau et au sujet du nouveau fronton de l'ancienne église SteGeneviève. Mais ce qui souleva surtout son indignation fut le rétablissement des jésuites en France. 11 mit tout en oeuvre pour offrir aux yeux de la génération actuelle lesecouleurs dont on les peignait jadis. Silvy fut une des premières et des principales dupes du thaumaturge Martin ; il le reçut chez lui, et, voyant l'oeuvre de Dieu dans les prétendues révélations de cet homme , il se donna le mérite de les publier; peu s'en fallut, à cette occasion, qu'il n'encourût la peine de la prison en police correctionnelle, où il avait été traduit. Bien entendu qu'en publiant les révélations de Martin, Silvy chercha encore à servir son parti de prédilection, au moins d'une manière indirecte, et l'on put soupçonner que le jansénisme était le mobile de cette oeuvre. Ce genre avait d'ailleurs une sorte d'attrait pour Silvy, et son oeuvre la plus volumineuse, celle qu'il a intitulée Extraits des discours de piété et donnée en cinq volumes, n'est que le fruit des improvisations d'une dévote Silvy est resté persuadé jusqu'à la fin du surnaturel des communications dont se flattait Martin, et il nous dit un jour À PortRoyal que cet homme avait fait comme Jeanne d'Arc et avait dépassé sa mission. Martin sentit plus tard le tort que ferait à son affaire cette alliance avec les jansénistes, et osa nier qu'il etlt eu des rapports avec eux. Martin faisait une .s,eriion contraire à ta vérité , car Silvy a dit d l'auteur de cet article que Martin avait lugé chez lui. fanatiques. Héroïquement généreux dans ses actes de charité, Silvy, le jour mémo où, en l'année 1821, il perdit sa mère presque centenaire, disposa par testament, en faveur des pauvres, d'une portion notable de la fortune qu'elle lui laissait. Peu après, il se désista de l'usufruit des biens de sa femme. Nous voulons signaler aussi dans Silvy une disposition trop rare et trop louable pour n être pas connue. Il portait la délicatesse de conscience jusqu'à rechercher l'origine des biens qui lui étaient échus par succes- , dans la crainte qu'ils ne fussent pas tous des fruits de justice, et tâchait de réparer par des dons et des offrandes les fautes dont certains membres de sa famille avaient pu, suivant lui, se charger devant Dieu dans des circonstances à lui connues. 11 eut notamment la pensée de faire quelques legs à la paroisse de StEustache, où trois de ses parents s'étaient succédé comme curés, craignant, disaitil, qu'il n'y eût, dans cette succession à une même charge ecclésiastique de trois hommes d'une même famille et du même nom, quelque chose de contraire aux règles canoniques. Il avait à coeur une chose qui , étant réalisée, lui fut fort agréable, ainsi qu'à tout. le parti. En 1826, il devint locataire des ruines de l'abbaye de PortRoyal des Champs ; peu de temps après , il s'empressa d'acquérir cette propriété et quelques dépendances. En 1829, il fonda une école de garçons en la paroisse StLambert et la donna aux frères dits de StAntoine. Il lit la même chose en 1835, à Magny, commune sur laquelle se trouvent situées les ruines de PortRoyal. Dans ces deux localités, il établit aussi des écoles distinctes pour les jeunes tilles. 11 ne borna pas là ses oeuvres de bienfaisance ; il concourut à payer la pension de quelques enfants pauvres et orphelins, secourut des vieillards et aida à orner les églises. Silvy, à PortRoyal, réunissait près de lui, matin et soir, les ouvriers et les domestiques qu'il employait et faisait avec eux la prière et des lectures de piété. Il leur prêchait aussi la nécessité pour les chrétiens de toutes les classes de cesser les travaux manuels les dimanches et fêtes. 11 passait la belle saison à son cher PortRoyal et y avait commencé des travaux de réparation et d'assainissement. Pour perpétuer le souvenir topographique de l'église de l'abbaye, dont au reste il existe plusieurs gravures , il fit construire un oratoire à la place qu'avaient occupée l'autel pr et le choeur du chapelain. Dans cet oratoire simple et modeste, on voit le portrait du grand Àrnault et des vers à sa louange, etc. ; le choeur des religieuses et les subdivisions de la nef en bascôtés sont tracés par des peupliers plantés en ordre . Ces lieux, ravivés par Silvy, étaient et Depuis que ceci est écrit, les frères de St- Antoine, dits aussi tabourins , héritiers de PortRoyal , que Silvy avait cédé moyennant un viager, ont fait transporter ailleurs les tableaux de l'oratoire et restaurer largement la maison de Silvy. Le duc de
  • Louis SIMOND( 1767 - 1831) : voyageur français, né en 1767, quitta la France vers 1792, passa aux EtatsUnis et visita diverses contrées de l'Amérique septentrionale. Il alla plus tard dans la GrandeBretagne, rentra dans sa patrie au commencement de la restauration, et publia son Voyage en Angleterre, dont il présenta un exemplaire à Louis XVIII, en 1817. Quoique les événements de la révolution lui eussent fait éprouver des pertes, il était encore dans hin état de fortune qui lui permit de satisfaire son goût pour les voyages. De 4817 à 1819, il parcourut avec sa · famille la Suisse et l'Italie, notant sur ses tablettes ce qu'il voyait ou apprenait de curieux. Toutefois, ce ne fut qu'après plusieurs années qu'il donna les relations complètes de ces deux excursions. Dans les derniers temps de sa vie, Simond se retira à Genève, et mourut en cette ville, au mois de juillet 1831. On a de lui 1° Voyage d'un Français en Angleterre, pendant les années 1810 et 1811, avec des observations sur l'état politique et nierai , les arts et la littérature de ce pays, et sur les mœurs et les usages des habitants, Paris, 1816, 2 vol. 2° édition, corrigée et augmentée, Paris, 1817, 2 vol. avec 15 planches et 13 vignettes. La première édition était anonyme. Malgré quelques inexactitudes reprochées à l'auteur, son ouvrage fut accueilli favorablement et lui mérita même des éloges. Le public était alors avide de renseignements sur l'Angleterre, dont une longue guerre avait interrompu les communications avec la France. 2° Voyage en Suisse fait dans les années 18i7, 1818, 1819, suivi d'un Essai historique sur les moeurs et coutumes de l'Helvétie ancienne et moderne, dans lequel se trouvent retracés les événements de nos jours avec les causes qui les ont amenés, Paris, 1822, 1823, 2 vol. fig. 3. Voyage en Italie et en Sicile , Paris , 1827, 2 vol. 2° édition, 18'28. Ces deux voyages, comme le précédent, obtinrent un succès mérité. L'auteur s'est moins attaché aux descriptions topographiques qu'à l'état social des pays qu'il a explorés. Leurs constitutions, l'économie publique, l'administration judiciaire ont particulièrement fixé son attention ; il raisonne avec beaucoup de franchise sur ces différentes matières, et relève sans ménagement les abus et les vices qu'il croit apercevoir. Il est vrai qu'à l'époque où ses relations furent publiées, les dont il parle avaient déjà subi quelques modifications, et que de plus grandes encore ont eu lieu depuis ; mais ses remarques restent comme des documents qui peuvent servir à constater les progrès de la civilisation. Le Voyage en Italie et en Sicile parait écrit avec plus de précipitation que le Voyage en Suisse, et cependant il a été imprimé plus tard. Bien que l'auteur cultivât luimême la peinture en amateur distingué, les jugements qu'il porte sur les monuments, sur les chefsd'oeuvre artistiques de la Péninsule ne seraient pas toujours sanctionnés par les hommes compétents. Plusieurs faits historiques y sont racontés d'une manière inexacte et mal appréciés ; des erreurs de dates annulent quelquefois les conséquences qu'il prétend tirer de leur rapprochement. Malgré ces défauts, de fréquentes incorrections de style et une certaine teinte de philosophisme, les voyages de Simond se recommandent par des observations judicieuses, des aperçus ingénieux, entremêlés d'anecdotes intéressantes. On y trouve à la fois de l'instruction et de l'agrément
  • Louis SPOHR( 1784 - 1859) : célèbre compositeur de musique, fils d'un médecin, naquit à Brunswick le 5 août 178s. 11 annonça de bonne heure les dispositions qu'il avait pour la musique. Son premier maître dans cet art fut le violoniste Maurer. Ses études faites, il entra dans la musique de chambre du duc de Brunswick ; puis il accompagna son autre maître, Eck, dans un voyage en Russie, dont le duc faisait les frais. A partir de 180&, il visita, pour le perfectionnement de son art, l'Allemagne, l'Italie et la France. Dès lors aussi il devint célèbre par son talent sur le violon ; mais il ne s'en tint pas à la perfection de l'exécution, il écrivit pour cet instrument des compositions qui sont considérées comme des chefsd'oeuvre du genre. Devenu chef d'orchestre de la cour de Gotha, il continua d'éorire, nonseulement pour le violon, mais pour d'autres instruments, tels que la clarinette, la harpe. une foule de morceaux, sonates, concertos, ouvertures. Vinrent ensuite le Jugement dernier et les opéras intitulés Alruna, le Duel des amoureux . En 4813, Spohr devint maître de chapelle à Vienne et se fit particulièrement remarquer lors du congrès qui se tint dans cette capitale. Il y fit exécuter son opéra de Faust et sa grande cantate intitulée Das befreite Deutschland . En 1817, il prit la direction du théâtre de Francfort; il écrivit alors sa pièce de prédilection, Zémire et Azor , qui eut en effet un grand succès de pathétique et d'émotion. Appelé, en 1819, à Londres par la société philharmonique, il composa pour elle une symphonie qui eut une grande vogue. Revenu en Allemagne, Spohr habita quelque temps la ville de Dresde, d'où il passa à Cassel en qualité de maitre de la chapelle ducale. Il ne cessa pas alors de se livrer à la composition musicale, surtout à la musique de théâtre, dans laquelle il finit par se surpasser. Parmi les opéras qu'il composa durant cette période, Jessonda, joué en 1823, est considéré comme une des meilleures oeuvres lyriques. Son Esprit des montagnes , qu'il donna plus tard , puis les Croisés et Pietro d'Albano ne le cèdent en rien à ses compositions précédentes. Cependant, aux yeux de quelques connaisseurs, la dernière de ces pièces serait le chefd'oeuvre de Spohr. Quant aux Croisés, cet opéra se fait surtout remarquer par les intentions dramatiques du compositeur, ce dont jusquelà on ne s'était pas assez occupé. Au surplus, la musique sacrée réussit particulièrement à Spohr. Il suffit de citer son oratorio la Fin du monde , sa Dernière heure du Sauveur , enfin sa Ruine de Babylone . n avait écrit la dernière de ces oeuvres pour une grande solennité musicale; exécutée en Angleterre avec un rare succès. Spolir était membre correspondant de l'Institut de France. Il mourut le 2 octobre 1859
  • Louis SURUGUE( 1686 - 1762) : graveur, élève de B. Picart, naquit à Paris, en 1686 ; il se montra habile dans son art, et il a interprété principalement avec intelligence Watteau et Pater; il fut reçu à l'académie royale de peinture, le 30 juillet 1735, sur les Portraits gravés de Christophe, d'après Drouais et de Boulogne père, d'après Mathieu, dont la chalcographie du Louvre possède les planches; nous citerons au nombre de ses ouvrages, le Portrait de madame de Mouchy, d'après un pastel de Coypel , et d'après le même maitre, la Descente d'Enée aux enfers ; la Mort chidonis, d'après Boucher ; Amour de la chasse et l'Amour du vin, d'après Jeaurat; Vénus allaitant un amour nouveau- né, d'après un dessin de Rubens ; le Désir de plaire et le Plaisir de l'été, d'après Pater; les Amusenzents de la rie privée ; la Médita- tion ; Un lendemain de noce flamande, d'après Chardin; enfin, d'après Téniers, une Fileuse fla- mande , des Divertissements hollandais ; David Teniers faisant dire la bonne aventure à sa femme. Surugue mourut à GrandVaux, près Savigny, le 6 octobre 1762. — Basan a consacré une courte notice à ce graveur, en tète du catalogue de sa vente . SuauGuE , fils et élève du précédent, a imité la manière de son père; il avait été reçu à l'académie, le 29 juillet 1747, sur les Portraits gravés de Guillain, d'après Coypel et de Frémin, d'après de Latour, qui se trouvent tous deux à la chalcographie du Louvre; Surugue fils mourut à Paris, le 9.9 avril 177'2
  • Louis TANSILLO( 1510) : poète italien , né vers l'année 1510, à Venosa, d'une ancienne famille originaire de Noie , s'attacha au sort de la mai- son de Tolède et servit avec distinction sous les ordres de don Garcia, fils de don Pèdre, viceroi de Naples. Poète et soldat, il employa ses premières années à l'étude et à la guerre, ce qui l'empêcha de se livrer avec beaucoup d'assiduité à la composition de ses ouvrages, dont la perfec- lion est moins le résultat du travail que le fruit spontané d'un talent richement doté par la nature. Dans le dialogue ictitulé 11 Gonzaga, le Tasse place cet écrivain au nombre des meilleurs poètes de son temps, et l'on ne peut que sou- 11) Mio padre a Nota, iv a Venosa nacqui. scrire à un pareil suffrage ; mais il n'en est pas de même de ceux qui prétendent élever Tansilio audessus de Pétrarque. Que dire aussi de Sti- gliani , qui soutient que son compatriote a été volé par Marini, à qui il a inspiré les plus beaux conceiti ? La première traduction de Tansillo fut un poème, qui , tout en blessant les mœurs, jeta les fondements de la réputation littéraire de l'auteur. Cette liberté ou plutôt cette lirence de parler qu'a une certaine époque de l'année les Romains aceordaient à leurs esclaves, et qui a fourni à Horace l'une de ses plus belles satires , était jadis autorisée pendant les vendanges à Nota , non loin du berceau des Atellanes. Alors toute distinction d'âge, de sexe, de rang s'en- eait, et le dernier des paysans se permettait ;l'adresser aux passants les traits les plus mor- dants et les plus licencieux. Ce fut pour solenni- ser ces orgies que le poète composa le Fendem- miatore , où, sous le voile d'une allégorie piquante, il alarme la pudeur, sans lui porter ouvertement des atteintes. Ce poème, écrit dans l'automne de 1534 , parut cette année rnéme, malgré la défense qui en avait été faite à celui qui était chargé d'en garder le manuscrit. Cette imprudemie eut des suites fâcheuses pour l'auteur, dont l'existence était d'ailleurs fort agréable. En 1539, il suivit don Garcia en Sicile, où l'on préparait des fêtes pour célébrer le mariage de &ha Antonia Cardona avec ce seigneur espagnol. Tansillo augmenta l'éclat' de cette pompe par un intermède , représenté avec une magnificence extraordinaire à Messine. Le théAtre fut dressé sur deux galeres jointes ensemble par une plate- forme, amarrées prés du rivage et toutes pavoi- sées de drapeaux. La description de ce spectacle nous a été conservée par un historien contem- porain . dont le récit a induit en erreur Fon- tanini, qui, n'ayant jamais vu cette pièce, a imaginé que c'était une pastorale intitulée Tircis, et que l'on devait regarder comme le premier essai de ce genre en Italie; mais le savant A postolo Zeno a prouvé d'une manière péremptoire que ce poème, que l'on croyait perdu et dont il possédait un exemplaire, n'était autre chose qu'un a long dialogue dramatique o, à peu près comme la Cetaria d'Epicure. En 1551, Tansillo fit partie de l'expédition que CharlesQuint dirigeait contre Tunis, et il combattit à côté de don Garcia de Tolède, sous les murs de l'ancienne ville d'Aphro- disiurn , qui fut emportée d'assaut. En s'associant aux exploits de son protecteur, il ne laissait échapper aucune occasion de l'amuser et de le distraire, ce qui faisait dire à ce prince 'qu'il avait à son service un Homère et un Achille réunis dans la même personne. Tansillo reconnut Il) Venne il Marini, e colla sua garbala ronchetta, gli carp tutti i 8110i migliori concelli. LETTERE , p. 118. Maurolico. Rerum Sicanaruni compendium. Dans le Mie- cellanea de Baluze, t. 2, p. 337, Voy. ses Notes sur Fontaninl, t. 1..r, p. 409. cette faveur par l'honorable mention qu'il fit de son Mécène dans plusieurs endroits de ses ouvrages. Ce poète, d'un caractère doux et de moeurs irréprochables , ne put se soustraire aux rigueurs de l'inquisition, qui mit tous ses vers à l'index. Le seul ouvrage qui méritât cette rigueur était le Vendemmiatore, qu'il tâcha de se faire pardonner par un nouveau poème intitulé le Lagrime de San Pietro, dont le sujet indique assez le but. Cette composition, d'un cadre trop vaste pour être rempli , fut précédée par une canzone adressée à Paul IV , et dans laquelle le poëte implorait son pardon par le plus sincère repentir. L'effet de cette pièce surpassa l'attente de l'auteur, qui eut la satisfaction de voir son nom disparattre entièrement de la réimpression de l'index. où l'on aurait pu sans injustire laisser le Vendemmieore. Les poèmes de Tansillo les plus estimés sont : Il Podere et la Balia . Dans le premier, il donne des pour le choix et l'entretien d'une maison de campagne, et dans l'autre, il recommande aux mères de nourrir ellesmêmes leurs enfants. Ces deux ouvrages, remarquables par la correction du style et par la beauté des détails, restèrent longtemps ignorés après la mort de l'auteur, sur la date de laquelle on a beaucoup disputé. Tandis . On s'était généralement attaché à l'opinion du premier, soutenue par le témoignage d'Ammirato, qui, dans ses Opuscoli, raconte avoir laissé, en 1569, Tansillo vieux et malade à Gaëte, y exerçant les fonctions de gouverneur ; mais ces calculs ont été redressés par Tafuri , qui a prouvé que ce poète mourut à Teano, dans le royaume de Naples, le 1er décembre 1568. On voit encore son tombeau dans l'église de l'Annonciade de la même ville. Contemporain de Bembo, de Casa, de l'Arioste, d'Annibal Caro, des deux Tasse, Tansillo ne le cède peut-être à aucun des écrivains de ce grand siècle par la grâce du style, l'harmonie des vers, le choix des expressions. Ses ouvrages sont 10 Il Vendemmiatore, Naples, 1534 ; 1538 Venise, 1549 Ce poème, qui n'a que cent quatrevingttrois octaves, a été quelquefois réimprimé sous le titre suivant : Stanze di coltura sopra gli orti delle donne , 1537 Il existe des Si dans cette pièce on ne trouvait pas les vers suivants t La Providence Due nomi, i/ Polo cl Ptero, ln le congiunge, L'un con le fasce, redire, col diadema. 569, semble n'avoir pu prendre aucune part ni à la condamnation ni à l'absolution de Tansillo, dont les ouvrages furent mis à l'index par un decret du 30 décembre 1559. Voy. Scrillori Napolelani, t. 3, part. 2, p. 297. éditions où les vers de Tansillo sont confondus avec d'autres poèmes. parmi lesquels celui qui est intitulé Stanze in Iode della J'enta, attribué mal à propos au même auteur. Le Vendemmiatore a été traduit en français, par Grainville, Paris, 1792 et dédié aux jeunes fillettes qui comptent leur seizième printemps , avec cette épigraphe. tirée de la . 11é1romanie La mère es prescrira la lecture à sa fille. La seconde version est intitulée le Jardin d'amour, ou le Vendangeur, ibid., an 6 , in 12, lig., avec le texte, appartient à Mercier , qui, répondant d'avance aux reproches qu'on eût pu lui adresser. cite l'exemple de StAugustin, « qui édifiait l'Eglise et scandalisait « fort sa bonne mère ». D'ailleurs il a cru nécessaire de se charger de ce travail , dans un moment où « le Capitole renaissait des cendres du Va-« 'Iran o . 2^ Le Lagrime di San Pietro, Vico, Cacchi, 1585 Les quarantedeux premières stances de ce long poëme, qui n'a pas moins de quinze chants, parurent à Venise, 1560 et furent attribuées au cardinal Pucci ; mais cette production, d'un mérite inégal, appartient à Tansillo, qui y avait employé vingtquatre ans, sans pouvoir la terminer. L'édition de 1585 est trèsfautive. On lui préfère celle de Venise, 1606 con gli argomenti e le allegorie di Lucrezia Mari- nella , cd un discorso in fine di Tommaso Costo; imité en français par Malherbe, Paris, 1587, 1588 traduit en espagnol par le P. Da- mien Alvarez, Naples, 1613 3^ 1 due Pel- legrini, Naples, Scorrigio, 1631 trèsrare. C'est la pièce qui a fait passer Tansillo pour l' du drame pastoral. Crescimbeni, Fontafini et quelques autres l'ont désignée arbitrairement sous le titre de Tircis. 4^ Sonetti e Canzoni, Bologne, 1711 ; 5° la Balia, poemetto con annotazioni di Gio. / Int°. Ranza , Verceil , 1767, poëme en trois chants et en tercets; trad. en vers anglais par W. Roscoe , Dublin, 1800 3* édit., avec le texte et une notice sur Tansillo; 6° Il Podere , Turin, 1769 Venise , 1770 , in - 8°, poème en trois chants et en tercets ; 7° Capitolo in Iode del tin gersi i capelli , Naples, 1820 Ce petit poème, adressé à Simon Porzio, a été publié par le marquis Villarosa, à l'occasion d'un mariage. 8° Deux recueils, dont l'un intitulé Opere, Venise, 1738 et l'autre, Poesie, Londres , 1782 C'est le premier qui est le plus complet. Outre les ouvrages dont on vient de rendre compte, il existe trois comédies qui portent le nom de Tansillo, savoir : 1° Il So- fisia, comedia bellissinia, Vicence, 1601 C'est le Filosofo de l'Arétin. 9.° Il Carallerizzo, comedia inyegnosa , ibid., 1601 et 1608 C'est le ilarescalco de l'Arétin. 3° 11 Pinto, « me- dia legyiadra , ibid., 1601 C'est l'Ipocrito de l'Arétin. Ces trois pièces ont été réimprimées ensemble, ibid., 1610 C'est un certain Jacques Doroneti qui est l'auteur de cette fraude, dont on ne s'est aperçu que tard, par la précaution que cet éditeur avait prise de supprimer les passages les plus libres de l'Arétin et de changer, avec les titres, les noms des acteurs et le commencement des prologues. Voyez Nicodemo , Addizionni al Toppi, p. 159; — Niceron , t. 18, p. 319 ; — Giornale de' Men: fi d'Italia, t. p
  • Louis TEGOBORSKI( 1793) : économiste russe , d'origine polonaise, naquit à Varsovie en 1793. Les places qu'il occupa dans l'administration de la Pologne, lui donnèrent une connaissance des faits et des affaires qui contribuèrent à le ranger parmi les économistes les plus éclairés de son pays. Employé d'abord à la cour supérieure des comptes, puis à la chambre des domaines, il devint auditeur au conseil d'Etat en 1818, maître des requêtes en 1822, enfin consul général de Russie à Dantzig, en 1828. En 1834, il fut chargé, en qualité de plénipotentiaire du czar, de régler à Paris des liquidations avec le gouvernement français. Ayant reçu ensuite une mission également spéciale pour l'Autriche, Tegoborski séjourna dans ce pays, en qualité de plénipotentiaire, de 1835 à 1847. Ce long séjour lui permit d'étudier de .près l'organisation de l'enseignement et des finances de cet empire. De là quelques- uns de ses ouvrages : i° De l'instruction publique en Autriche, par un diplomate étranger, Paris. 1841 ; 2° Des finances et du crédit public de l'Autriche , Paris, 1843, 2 vol. 3° Coup d'œil sur le commerce de l'Autriche, Vienne, 1844, vol. . Devenu membre du conseil de l'empire de Russie en 1848, Tegoborski fit paraître, quelques années plus tard, sous le titre d'Etudes sur les forces productives de la Russie, Paris, 1852-1855, 4 vol. un ouvrage que l'on peut considérer comme un des plus complets qui aient été publiés sur les ressources encore si peu connues de ce grand empire. Les Etudes sont divisées en deux parties : la première' consacrée aux forces et produits territoriaux, ,dans lesquels l'auteur comprend la population ; la seconde assez étrangement intitulée Des forces productives intellectuelles, que Tegoborski fait consister dans l'agriculture, l' et le commerce. En même temps qu'il étudie et passe en revue chacune des branches qui constituent le système économique de l'empire, il les rapproche soigneusement des branches analogues ou correspondantes de production, des autres Etats européens. En ce qui concerne la Russie en particulier, on trouve dans ce livre, dédié à l'empereur et par cela même plus qu'optimiste, des renseignements néanmoins utiles et parfois curieux sur l'économie intérieure et extérieure du pays. C'est ainsi qu'on y voit, ce qui ne se rencontre guère qu'en Russie, que l'industrie des campagnes y a précédé celle des villes. D'ancienne date, il s'y est rencontré des villages populeux où tous les paysans , sans exception, exerçaient exclusivement telle ou telle industrie, une particularité qui ne peut s'expliquer que par la constitution ou la formation primitive de cet empire, composé de tant d'éléments divers. L'auteur de ces Etudes est mort en 1857
  • Louis TESTELIN( 1614 - 1655) : peintregraveur, naquit à Paris, en 1614 suivant Mariette, en 1615 suivant d'Argenville. Son père, Gilles Testelin, peintre du roi Louis XIII lui donna les premières leçons de son art, puis le fit entrer dans l'atelier de S. Vouet. Les heureuses dispositions du jeune artiste le firent rechercher de bonne heure par les peintres alors en réputation. En 1644, Ph. de Champagne se l'adjoignit pour achever les pe des bains de la reine mère dans le palais Cardinal. La même année, Lebrun se l'associait pour travailler à quelques tableaux et à l'ornementation de l'église des religieuses du ValdeGràce. Au mois d'août 1645, il épousa Marie Picart, l'une des filles de l'orfèvre de ce nom, et n'en eut pas d'enfants. En 1616, le fermier général Bordier lui confiait l'exécution du plafond de sa maison du Raincy, représentant l'Histoire de Proserpine; Guignard et Bacco étaient chargés des ornements. Nous ne décrirons pas toutes les grisailles qu'il a peintes au palais de Fontainebleau, à l'hôtel d'Avaux, rue StAvoye; dans un des pavillons de la place Royale occupé par la princesse de Guéménée, et bien d'autres résidences importantes ; nous constaterons seulement queTestelin a excellé dans ce genre. Il fut, le fer février 1618, l'un des quatorze fondateurs de l'académie royale de peinture et de sculpture de Paris, et y devint professeur le 2 juillet 1650, faisant ses cours dans une maison de la rue des DeuxBoules, près de la rue du ChevalierduGuet, premier siége de l'illustre compagnie. La corporation des orfèvres lui commanda deux des mays qu'elle offrait chaque année à la SteVierge, dans l'église de NotreDame, le premier représentant la Résurrection de de l'amende â laquelle il avait été condamné, la veuve Tabithe , par St- Pierre , à la sollicitation de ses disciples, est conservé au musée de Rouen ; le second , dépeignait la Flagellation de St- Paul et de St- Silas, mais on ignore ce qu'il est devenu; il en existe une description imprimée dont voici le titre : Explication du tableau posé le premier jour de mai 1655 devant Notre- Dame de 4 pages. Le dernier ouvrage de L. Testelin fut un tableau allégorique à la gloire des peintres : Le temps secondé par la prudence et l'amour de la vertu dissipe les nuages de l'ignorance pour découvrir la vérité , comme morceau de réception à l'académie le 4 janvier 1665 ; on peut le voir dans nos galeries historiques de Versailles. RobertDumesnil a décrit les pièces gravées par L. Testelin. — Cet artiste a été en outre gravé par : J. Boulanger, Landry, Gasnière, Mariette, L. Ferdinand, G. Audran, Humbelot, S. Bernard, Le Juge. — Guillet de SaintGeorges a consacré à cet artiste intéressant une Notice, imprimée dans les Mémoires inédits sur les artistes français , Paris, 1854 ; on peut aussi consulter l'ilbeeedario de Mariette, t. 5, p. 289-292. - TESTELIN , frère puîné du précédent, pe d'histoire et de portrait, naquit, à Paris, en 1615 suivant les uns, en 1616 suivant d'autres ; élève de Vouet, il fut comme son frère l'un des quatorze fondateurs de l'académie de peinture le ter février 1648 ; il fut dès le 2 juillet 1650 nommé secrétaire de cette compagnie, enfin, professeur le 7 octobre 1656. Louis XIV lui conféra le titre de son premier peintre et le logea aux Gobelins. On conne peu des oeuvres d'H. Testelin. Son morceau de réception à l'académie avait été le Portrait de Louis XIV séant en son lit de justice , le Portrait de ce prince à l'âge de douze ans; le Portrait du chancelier Séguier ; le Portrait du bibliothécaire Pierre Carcauy , gravé par G. Edelinck. On voit en outre de cet artiste dans les galeries de Versailles, la Prise de Mile , le Passage du Rhin , enfin la Reddition de la citadelle de Cambrai, exécutée par Mauzaisse , d'après une esquisse de H. Testelin , faite sur l'original de Van der Meulen. Henri Testelin épousa , en mars 1656, Anne Loisel dont il eut plusieurs enfants. Le 10 août 1681, l'artiste fut dépossédé de ses titres et de ses fonctions comme hérétique, mais il ne voulut pas abjurer et préféra s'expatrier; il se réfugia en Hollande et mourut à la Haye, le 17 avril 1695. Nous terminerons en disant qu'on doit à Testelin comme écrivain : Sentiments des plus habiles peintres sur la pratique de la peinture et sculpture , mis en tables de préceptes, avec plusieurs discours académiques et conférences tenues en présence tic M. Colbert , etc. , par Henri Testelin, peintre du roi, professeur et secrétaire de l'académie royale de peinture et sculpture. Paris, chez l'auteur, 1680 Il en a paru une seconde édition , en 1696, chez la veuve Cramoisy ; au dire de RobertDumesnil, les gravures qui ornent cet ouvrage seraient de H. Testelin. — Quant aux Mémoires pour servir à l'histoire de l'académie de peinture, depuis 1648 jusqu'en 1664, publiés d'après un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal, en 1853 , par M. A. de Montaiglon, qui les attribue à Testelin , contrairement à l'opinion de M. Paul Lacroix , qui a inséré dans la Revue universelle des arts un autre texte qu'il présente comme l'original, nous croyons sage d'en laisser la rédaction à Jean Itou , qui s'en serait chargé à la prière de notre artiste, et avec les notes qu'il lui avait abandonnées dans ce but. — On doit consulter sur la famille Testelin, l'excellente étude que lui ont consacrée MM. Haag, dans la France protestante, Paris, 1859, t
  • Louis THÉOBALD : né à Sittingburn dans le comté de Kent, en Angleterre, étudia la jurisprudence, qu'il quitta pour s'adonner aux lettres. Ayant publié. dans le commencement du 18• siècle. différents ouvrages de critique et de poésie, il s'est fait particulièrement connaître par ses Mitio!is de Shakspeare, par son travail sur ce poète et par les vives discussions dans lesquelles il fut engagé avec Pope. Ce dernier avait donné, en 179..5. une édition de Shakspeare, en 7 volumes L'année suivante Théobald fit parritre Shakspeare restored. Dans la préface , il relève sans ménagement les fautes dont était remplie, selon lui, l'édition précédente. Pope s'en vengea d'une manière sanglante, par sa Dunciade ou Poème contre les sots, sur le frontispice duquel on voit un âne qui porte sur son dos les ouvrages de dix auteurs, parmi lesquels Théobald figure au premier rang. Cependant il supprima le nom de Théohald dans les éditions suivantes, pour y substituer celui de ColleyCibber, poète comédien, qui avait osé lancer quelques traits satiriques contre une comédie à laquelle Pope avait eu part. Le Shakspeare restored a été imprimé de nouveau sous ce titre : OEuvres de Shakspeare, collationnées et rorrigées sur les plus anciennes copies, arec des notes pour l'intelligence du texte, par I,. Théobald, Londres, 1762, 7 vol. et 3° édition, 1767. Dans la préface l'éditeur donne des notices intéressantes sur Shakspeare, sur ses ouvrages et sur les différentes éditions que l'on en avait publiées. Il avoue que ce poète ne peut pas être appelé classique, mais il fait voir qu'il avait dans la littérature ancienne plus de connaissances qu'on ne lui en attribue ordinairement. Selon Théobald, les acteurs exerçaient une espèce de monopole sur les pièces de Shakspeare qu'ils étaient chargés de représenter au théàtre, et ils n'en communiquaient que difficilement des copies, qui souvent étaient trèsinfidèles. Aussi les premières éditions avaient été trèsinexactes. Théobald puisa dans des sources plus pures, et par ses soins, ses recherches, il était parvenu à donner une édition plus correcte
  • Louis THIROUX DE CROSNE( 1736 - 1794) : fils de la précédente , né à Paris le III juillet 1736, fut successivement avocat du roi au Châtelet, conseiller au parlement et maitre des requêtes. C'est en cette dernière qualité qu'il eut, à l'âge de vingtsept ans , la première occasion de se faire remarquer, ayant été choisi par le chancelier Maupeou pour la révision du fameux arrêt que le parlement de Toulouse avait rendu contre la famille Calas. « Le 7 mars 1763, tout le conseil « d'Etat assemblé à Versailles , les ministres d'Etat y assistant, le chancelier y présidant, « M. de Crosne rapporta l'affaire avec l'impar- « tialité d'un juge, l'exactitude d'un homme par- « faitement instruit et l'éloquence simple et vraie « d'un orateur homme d'Etat, la seule qui con- « vienne dans une telle assemblée. » Nommé adjoint à l'intendance de Rouen , en 1767, .puis intendant en exercice, quelques mois après, Thiroux de Crosne porta dans cette place des lumières, du zèle et de l'activité. La Normandie et en particulier la ville de Rouen lui durent différents établissements utiles. Ce magistrat et sa femme, née la Michodière, étaient extrêmement aimés à Rouen, où ils avaient réussi à calmer les haines entre l'ancien parlement et le parlement Maupeou. Les manières trèssimples , bourgeoises même de madame de Crosne, plaisaient infiniment au com- merce de toutes les classes. Thiroux de Crosne fut appelé, en 1775, à l'intendance de Lorraine ; mais il garda celle de Normandie jusqu'au 30 juillet 1785, époque où il devint lieutenant général de police. Il porta dans cette grande administration, si difficile et si délicate, les mêmes bonnes intentions, les mêmes moyens. Paris lui est redevable de la destruction du cimetière des Innocents, situé au centre de la capitale, et dans lequel, depuis Philippe le Bel, on enterrait plus de trois ,mille cadavres par an. Il s'en exhalait des vapeurs méphitiques tellement actives qu'elles corrompaient les aliments liquides dans les maisons voisines et empoisonnaient l'atmosphère, en raison du peu de profondeur des fosses et de l'obligation où l'on était de déloger les ossements à mesure qu'il fallait faire place pour de nouvelles sépultures. Ces ossements étaient déposés ensuite dans des soubassements , tout autour d'une vaste enceinte, derrière des grilles de fer, où l'on voyait entassés les restes de plusieurs millions d'hommes. Thiroux de Crosne rendit un service signalé en exécutant, avec courage et promptitude, ce qu'avaient empêché jusqu'alors des préjugés de plus d'une espèce et la crainte du danger qui pouvait résulter d'un remuement général ; il fit ce que n'avaient pu faire les récla- mations publiques, les arrêts du parlement de Paris et le voeu de tant de magistrats. Des sommes considérables étaient indispensables pour venir à bout de cette grande opération ; le lieutenant de police les trouva dans des fonds que le gouvernement laissait à sa disposition et dont il ne devait pas rendre compte. Il obtint du clergé la destruction d'une église qui faisait partie du cimetière. Le travail entrepris en 1786, au milieu du charnier, par ordre de Thiroux de Crosne et avec les conseils des meilleurs chimistes de Paris, fit le plus grand honneur à tous ceux qui y prirent part. Le médecin Thouret fut un des commissaires nommés pour y présider. Il y avait nécessité d'enlever tout ce qui existait de corps ou de débris de corps, jusqu'à la profondeur de huit à dix pieds, et d'en faire ensuite la translation. On peut lire à ce sujet la description énergique et pittoresque tra- cée par Mercier, dans son Tableau de Paris. L'exécution de cette grande entreprise était confiée principalement aux soins, à la vigilance et au talent des architectes Legrand et Molinos. Nul désordre, nul accident ne troublèrent l'accomplissement d'un projet si digne d'éloges . Du reste , Thiroux de Crosne fut jugé au total comme étant audessous de sa place. Il avait la représentation convenable pour un homme qui occupe un poste élevé : il était d'une grande noblesse, d'une délicatesse extrême dans tous ses procédés. Ayant acquis de bonne heure ce que l'on appelle de l'instruction , il entendait trèsbien tous les auteurs anciens ; mais des manies, des tics et souvent des questions qui paraissaient niaises à l'excès, dans sa bouche, prêtaient chez lui au ridicule. Dans sa jeunesse, il avait été cependant fort goûté de la société du duc de Choiseul ; il était resté ami intime de la duchesse de Civrac, de sa fille, la marquise de Donnissan, et de madame de Lescure, depuis marquise de la Rochejaquelein. En tout. ses relations habituelles étaient dans les plus hauts rangs de la cour et de la ville. Eu 1789, il remit au maire Bailly les fonctions de sa place. i Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort, le 28 avril 1794, et exécuté le même jour. On le conduisit à l'échafaud en mème temps que le lieutenant civil Angran d'Alleray, le ministre de la guerre la Tour du Pin, le comte d'Estaing, etc. Dans ce moment [Hème, il eut pour madame la marquise de Donnissan , qui était restée sa créancière par suite de leurs rapports d'amitié, le procédé le plus délicat et 'sans que cette dame en eût alors connaissance. I Huit ans après sa mort, le conseil municipal de Rouen ordonna que le nom de Crosne, effacé pendant la révolution, serait restitué à la rue qui le portait précédemment
  • Louis THOMASSIN( 1619) : prètre de l'oratoire, issu d'une ancienne famille originaire de Bourgogne, qui était venue en Provence avec le roi René, naquit à Aix, le 28 août 1619, d'un père avocat général à la cour des comptes. Après avoir fait ses études au collége de Marseille , il entra trèsjeune dans la congrégation de "oratoire ; y enseigna les belleslettres dans différents colléges , et la philosophie à Pézénas, où il adopta la méthode platonicienne, comme plus propre que toute autre à le disposer à l'enseignement de la théologie. Il professa pendant six ans cette dernière science à Saumur, en faisant concourir ensemble l'étude et la méthode des Pères à celle des scolastiques, et avec un réel succès. Appelé, en 1654, au séminaire de StMagloire à Paris. Thomassin y enseigna pendant douze ans la théologie positive, et y lit des conférences sur [histoire et la discipline ecclésiastique, dans le goût de celles que StCharles Borromée avait établie, à Milan ; elles attirèrent un grand concours d'auditeurs. Jusqu'à son arrivée à StMagloire, le P. Thomassin s'était montré partisan des doctrines reçues à PortRoyal ; dans son nouveau poste , il déserta ce parti , sans néanmoins passer dans le parti opposé. Naturellement pacifique, il chercha à concilier les deux écoles, en prenant dans chacune d'elles ce qui lui semblait le plus propre à les rapprocher l'une de l'autre. C'est dans cette vue qu'il composa, en 1667, ses dissertations latines, au nombre de dixsept, sur les conciles ; niais à peine quelques exemplaire, en eurentils paru dans le public, qu'elles causèrent une grande rumeur. Inutilement l'auteur y mit trentesix cartons exigés par les censeurs. les plaintes n'en continuèrent pas moins avec encore plus d'éclat. On voulut même rendre toute la congrégation responsable de la doctrine d'un de ses membres. Le régent fut obligé d'en arrèter la circulation , d'après les représentations du parlement, et le P. Sénault d'adresser une lettre apologétique à l'archevêque de Paris, pour prévenir l'effet de la dénonciation qui devait en être faite à l'assemblée du clergé de 1670, dont ce prélat était président. Les reproches faits à cet ouvrage étaient d'enseigner qu'au pape seul appartient le droit de convoquer les conciles généraux ; que ces conciles ne sont pas nécessaires ; que le pontife souverain a une autorité supérieure à celle des conciles en matière de discipline seulement, restriction qui déplut fort aux Romains; qu'on ne doit jamais agiter la question de [infaillibilité du pape, mais s'en tenir à dire qu'il est plus grand que luimême quand il est joint au concile, et le concile plus petit que luimême quand il est séparé du pape. Ces dissertations devaient avoir trois volumes ; les deux derniers n'ont jamais été imprimés. Thomassin ne réussit pas mieux dans ses Mémoires sur la grdre , où il entreprenait de concilier toutes les opinions sur cette matière délicate. Il v rejette la science moyenne des molinistes et la prMétermination physique des thomistes, et fait consister l'efficacité de la gràce dans l'efficacité de plusieurs secours, dont chacun n'a rien d'infaillible, mais qui , se succédant rapidement les uns aux autres, produisent leur effet par leur ensemble, et prennent leur source dans la prédestination gratuite. Le chancelier Séguier, craignant que cet ouvrage ne ressuscitai les querelles récemment assoupies par la paix de Clément IX , en empêcha l'impression ; mais comme il en avait couru quelques copies manuscrites, il parut à Louvain, en 1668, 3 vol. sans la participation de l'auteur. Ce ne fut qu'en 1682 qu'il put, sous les auspices de M. de Ilarlay, en donner une seconde édition, 2 tomes reliés souvent en un volume ; elle porte son nom et est revêtue du privilége du roi , et considérablement augmentée. Le P. de SteMarthe, général de l'oratoire, appréhendant que le système exposé dans cet ouvrage et le bruit qu'il faisait dans le monde ne nuisissent au séminaire de StMagloire, engagea Thomassin à se retirer dans la maison de l'institution , où il aurait plus de loisir pour se livrer à la composition des autres ouvrages qu'il méditait. C'est effectivement pendant les seize ans de son séjour dans celte retraite qu'il composa la plupart de ceux dont nous allons parler. Le plus considérable, celui auquel il doit sa réputation, est l'Ancienne et 'murette discipline de l'Eglise, etc., 3 vol. qui eut deux éditions consécutives, en 1678 et 1679 ; elles eurent le plus rapide débit. Le pape Innocent ail en fut si satisfait qu'il voulut attirer l'auteur à Rome, où il se proposait de l'élever à la dignité de cardinal , et où le cardinal Casanate lui destinait une place de sousbibliothécaire du Vatican. Mais l'humilité du P. Thomassin et le refus que lit le roi de priver son royaume d'un savant de ce mérite firent échouer ce projet. Quoique les Romains ne goûtassent pas quelquesunes de ses opinions, surtout celle où il donnait une date assez récente aux droits du pape sur [érection des évêchés, ils désirèrent néanmoins qu'on en fit une traduction latine, afin de le rendre d'une utilité générale. Thomassin s'en chargea, à l'invitation du cardinal Cibo; et l'on assure qu'elle ne lui coûta que dix- huit mois de travail. Elle parut en 1688, dans le même nombre de volumes que les éditions fran-çaises, mais avec des changements assez considérables dans celles- ci, les matières étaient distribuées selon l'ordre des temps, de sorte que, sur chaque sujet, ou était obligé de consulter les trois volumes, ce qui en rendait l'usage très- commode; dans cellelà, il les rangea suivant leur ordre naturel, sans aucune interruption, et l'enrichit d'ailleurs de plusieurs corrections et additions. C'est sur cette édition latine que le P. Bougerel a rédigé la dernière des éditions françaises, qu'il publia en 1725, dans le mème nombre de volumes. L'éditeur a changé quelques termes qui étaient devenus hors d'usage ; il a coupé plusieurs phrases qui fatiguaient par leur excessive longueur. Il a mis des tables trèsutiles à la fin de chaque volume, et il a ajouté à cette édition la Vie de l'auteur. Le P. Mansi en a publié une quatrième, en 1728, à Venise, dédiée au cardinal Alberoni, 4. vol. D'Ilericourt en a donné un excellent abrégé en un volume Celui du P. Loriot n'est qu'un entrait de ce que ce grand ouvrage contient sur la morale. ll fut suivi de ses Dogmes théologiques , 1680.1684 et 1689, 3 vol. pour servir de suite à ceux du P. Pétai]. Le savant jésuite avait traité les matières plus en historien qu'en théologien, au lieu que l'oratorien s'attache principalement au fond des mystères. Nicole, dont le jugement rie saurait être suspect quand il s'agit du P. Thomassin, ne pouvait cesser d'admirer son étonnante pénétration, surtout dans le premier volume qui traite du Verbe incarné, et où il a rassemblé tout ce que les SS. Pères ont dit de plus sublime sur cette matière. Les mémes qualités se font remarquer dans le second , qui a pour objet Dieu et ses attributs. Il y expose de la manière la plus heureuse toute la doctrine des platoniciens sur cette matière. Le troisième contient des prolégomènes théologiques et Je traité de la Trinite. Le P. Thomassin se distrayait de l'immense travail qu'exigeaient tant de savants ouvrages par des traités historiques et dogmatiques sur divers points de discipline et de morale, sur la manière d'étudier et d'enseigner les lettres humaines, la poésie, l'histoire, la philosophie, la grammaire. les langues; ils furent suivis d'autres traités sur diverses parties de doctrine et de liturgie, tels que les jeûnes, l'office divin , le négoce et l'usure, l'usage des biens temporels, l'unité de l'Eglise , la vérité et le mensonge. Tous ces ouvrages respirent le même esprit que les premiers, et offrent la même érudition. Il en avait composé un sur l'homicide et le larcin, qui est resté manuscrit, ainsi que ses Conférences sur l'histoire eetlésiastique. Le P. Thomassin avait fait une étude particulière de l'hébreu ; il s'était persuadé que toutes les langues avaient leur racine dans la langue hébraïque, et par conséquent qu'elles en avaient toutes tiré leur origine. Ce système ne fit pas fortune ; mais son travail suppose des recherches immenses et une patience infinie. Il l'épuisa au point qu'il devint incapable d'aucune application, et fut obligé de renoncer à toute espèce d'étude. Ce fut le P. Bordes, qui lui servait de secrétaire, qui se chargea d'en diriger l'impression, en le faisant précéder de la Vie de l'auteur. L'ouvrage fut imprimé en 1697, à l'imprimerie royale, en un volume sous ce titre : Glossarium unirersale hebrascurn. La préface, qui est de plus de cent pages, appartient au P. Thomassin, quoique le P. Bougerel t'attribue au P. Bordes et à M. Barat. Le P. Thomassin, privé, les derniers temps de sa vie, de ses facultés mentales et mème de la parole, languit pendant trois ans dans cet état et termina sa carrière au séminaire de St.Magloire, le Vs décembre 1695. Sa mémoire était prodigieuse, mais il rie méditait pas assez ses ouvrages ; on peut cependant les regarder comme d'excellents répertoires. Son grand défaut est d'avoir cherché à concilier toutes les opinions. Il fermait d'abord un plan, puis ramassait de tous côtés des matériaux pour le mettre à exécution. Le dernier de ses ouvrages qui ont été rendus publics est un Traité dogmatique et historique des édits et autres moyens dont on s'est servi pour établir et maintenir l'anisé dans l'Eylise, 2 vol. 4°, suivi d'un troisième composé par le P. Bordes, éditeur de ce traité, et qui a aussi composé les préfaces des deux premiers, Paris, 1703. Cet ouvrage fut entrepris à l'occasion de la révocation de l'édit de Nantes. Thomassin y établit que l'édit de Louis XIV, à ce sujet, est bien moins dur que les lois des codes théodosien et justinien, qui ont cependant été approuvées par les Pères de l'Eglise les plus pieux et les plus humains. Le P. Bordes s'attache à réfuter l'histoire monstrueuse de l'édit de Nantes publiée par Benoît, et d'autres écrits séditieux des calvinistes. Il restait de ce savant homme, en manuscrit, dans la bibliothèque de St- Magtoire • outre ses Conférences sur l'histoire ecclésiastique , des Remarques sur les con- ciles, a vol. ; - d'autres Remarques sur les décrétales de Grégoire Li'; — un Traité des libertés de l'Rglise gallicane ; — des Remarques sur plusieurs ouvrages de St- Augustin , en particulier sur ses Confessions. —Son cousin THOMASSIN , né à Manosque, en 1613, mort dans la même ville, en 1692, fut de l'oratoire pendant plusieurs années, et se fit une réputation par ses talents pour la chaire et pour la poésie. On a de lui le Chrétien désabusé du monde , en vers. 1688 - des Paraphrases, également en vers, sur Job, sur le livre de Tobie, sur le Psaume quatre. vingt. douzième. Il eut beaucoup de part aux statuts du diocèse de Sisteron , dont son neveu était évêque, et il fonda et dota le séminaire de Manosque
  • Louis THOMASSIN( 1600) : ingénieur du roi , né à Paris, vers la fin du 17° siècle, était l'allié du célèbre Mignard. On ne connaît .ni le lieu ni la date de sa mort ; seulement on peut croire qu'il mourut en Bourgogne, où il était employé au commencement du 18° siècle. On a de lui : I. Traité des fortifications, 3 vol. , dédié au duc d'Orléans, qui donna à l'auteur une gratification de six cents francs. Le troisième volume contient un ouvrage attribué à Vauban. 2° Lettres sur les canaux proposés pour former la jonction des mers par la Bourgogne , écrites à une personne de la première qualité, Dijon, 1726 ; 2° édition, 1727 La personne de la première qualité à qui ces lettres sont adressées doit être le duc d'Orléans. 3° Nouveaux Mémoires contre le projet et l'examen de la jonction de la Saône à la Seine par Dijon, dans lesquels on démontre l'impossibilité de cette entreprise, Dijon, 1733. avec carte ; 4° Lettre, il) C'est du diminutif Thomassino qu'a été fait le nom de Thomassin. en forme de dissertation , sur la découverte de la colonne de Cussy et sur d'autres sujets d'antiquités de Bourgogne, 1725 2° édition, corrigée et augmentée, 1726 5° Dissertation sur les tombeaux de Quarre- les- Tombes ; 6° Histoire des antiquités d'Autun ; 7° Observations sur les qua, messes de Flandre, etc
  • Louis TIECK( 1773) : célèbre poète et polygraphe allemand, naquit à Berlin, le 31 mai 1773. Son père, simple artisan, lui fit cependant donner une éducatibn soignée. En 1782, il entra au gymnase de Werder, que dirigeait Gedicke, et où s'annonça son goût pour la poésie. Ses progrès continuèrent à l'école de Reichard. En 1792, les études de Louis prirent plus de développement ; il passa successivement de l'université de Halle à celles de Goettingue et d'Erlangen. Ainsi préparé, il revint dans sa ville natale en 1795. C'est de cette année que datent ses premières publications. Ils fournirent , lui et sa soeur Sophie, qui partageait ses goûts littéraires, des articles au Recueil de Musceus et de Muller. C'était à l'époque où l'école de Gottsched , servilement imitatrice de la littérature française, i,régnait encore. Tieck ne s'affranchit point tout d'abord de cette servitude ; mais bientôt paru - 'rent des récits puisés dans son propre fond , entre autres : les Deux Jours les plus notables de la rie de Siegniann ; Abdallah ; enfin tUilliam Lowell. Mais ces menues productions ne donnaient oint la mesure du talent du jeune littérateur. Il0; i 'ouvrage intitulé Peler Lebrecht, ou Histoire sans rentures, ouvrit la série des productions qui ont placé l'auteur au premier rang des littérateurs de son temps. Le début a quelque chose d'imprévu. Il s'adresse au lecteur et, pour l'allécher et l'empêcher de s'impatienter et de mettre de côté cette historiette, le narrateur commence son récit de fa manière la plus dramatique : « La tempête faisait e rage dans l'antique castel de Wallenstein ; une « nuit profonde s'étendait sur la plaine et d'épais « nuages couraient au firmament, lorsque Charles « de Wallenstein. monté sur son cheval noir, « galopa loin du château. Soudain, au coin de la « forêt , sou coursier se dresse, un cliquetis se « fait entendre et, du plus profond du bois, ap-« parait une ombre fantastique... » Le moyen , après un récit introduit de la sorte, de le laisser là? Sûr de son fait, Tieck poursuit, et nul lecteur allemand , amateur de spectres et de légendes, n'a eu garde de l'abandonner sur le chemin. L'oeuvre eut des lecteurs et du succès. Elle sentait, par un esprit assez vif, les bonnes études et , par une certaine naïveté, la bonhomie germanique. Un peu plus tard , Tieck fit suivre cette histoire de Pierre Lebrecht , d'une série de Contes populaires du même; après quoi l'auteur rentra dans la réalité, en prenant femme. Il épousa la fille du pasteur Alberti de Hambourg. Rendu à ses travaux , Tieck donna au public un conte nouveau , Eckard le blond; puis le . 1Ionde renrersé , 1799. Enfin , il entra avec éclat dans le domaine de la critique par lesSept Femmes de Barbe- Bleue et le Chat bote, complété par la Vie et la Mort du petit chaperon rouge, tragédie, et par le Prince Zerbino , ou Voyafie à la recherche du bon goût, comédie, 1796 -1798. On peut considérer !ensuite comme se rattachant à la même idée esthétique les Pèlerinages , de Franz Sternbald, publiés vers la mème époque. C'est à propos de cet ouvrage que Henri Heine, dans son livre intitulé l'Allemagne, dit que Louis Tieck a offert, « en « modèle à suivre aux artistes à venir, les com- « mencements rudes et naïfs de l'art ». Alors aussi apparaît dans ses productions l'idée catholique à laquelle il se convertit par le fait, sinon ostensiblement. Il venait de se lier avec Guillaume de Schlegel , et travaillait à Dresde à l'Almanach des Muses, que publiait ce littérateur en renom , dont les idées , ainsi que celles de son frère, ne furent pas sans influence sur l'auteur des Sept Femmes de Barbe- Bleue. Or, on sait que les deux frères ne tenaient pas moins au catholicisme qu'à la résurrection, à laquelle ils con- trihuèrent si largement, d'une littérature propre à l'Allemagne, et dont l'étude du moyen âge leur parut être la réalisation. Henri Heine rend assez plaisamment compte de cette révolution littéraire, qui, s'accordant avec les événements politiques, eut un long retentissement en Allemagne. En effet. en présence des commotions provoquées par la révolution française , il s'agissait , aux yeux des novateurs, d'opposer à la France envahissante et victorieuse l'antique Germanie, une Germanie une et fière de ses titres et de sa généalogie. Le Goetz de Berliehingen de Goethe avait ouvert la voie ; les Schlegel , Tieck et Uhland s'y engagèrent avec un incroyable enthousiasme. Et l'on en veut presque à l'esprit mordant de Henri Heine de tourner en ridicule tout ce mouvement respectable et national à son origine. « Notre poésie est vieille, disaient les frères « Schlegel ; notre muse est une femme décré-« pire avec une quenouille nos sentiments sont « effeuillés, notre imagination desséchée, morte. « Il faut rafraîchir cette terre aride ; il faut y « chercher avec patience les sources ombragées « de la naïve et simple poésie du moyen âge ; là « ruissellera pour nous l'eau de Jouvence. n Mais on en but immodérément , et l'eau de Jouvence ne ramena pas seulement les poëtes à la jeunesse, mais à l'enfance. En parlant de sa tragédie de Ste- Geneviève, publiée par Tieck en 1799, madame de Staël ellemême, quoique liée avec les amis de l'auteur, les Schlegel , mais douée d'un sens critique trop judicieux pour prendre le change, dit qu'il semblait curieux de voir un personnage débuter dans un drame par un monologue qui commence ainsi : « Je suis StBoniface ; je viens « vous dire... n En effet, c'est le grand apôtre de l'Allemagne que l'on voit et que l'on entend débuter de la sorte, à la manière du Choeur antique, lequel, comme on sait, donnait presque toujours le scenario de la pièce. Ainsi fait le saint que Tieck met en scène. « Je suis le vaillant « Boniface qui jadis des rives britanniques portait « aux Germains, en leurs forêts, la parole du « Christ. « Puis Boniface route ses saintes prouesses, et, s'adressant au public : « Vous allez ouïr « et voir un drame : devant VOUS va apparaître « le drame de la vie et du trépas de SteGene- « viève. n Et le saint raconte comme quoi cette pieuse pastourelle vivait au temps de Karl le Grand , alors que Karl Martel , le martel des en- nemis du Christ, se disposait à frapper les musul- mans. Le glorieux apôtre narre à cette occasion l'iovasion des infidèles ; comme quoi ils sont entrés en Espagne et menacent la Gaule : « Charles a fait appel à tous seigneurs et che- · valiers de se rallier à l'étendard de l'empire. « La chose est sûre, la nouvelle en étant venue « à Trèves où vit et régne Siegrif, le brave guer- « rier. » (On voit en effet s'avancer dans le lointain ce digne chevalier, « armé en guerre, continue
  • Louis TOCQUÉ( 1696 - 1772) : peintre de portraits, naquit à Paris en 1696. Son père, peintre d'architecture, le destina à la même carrière. Resté orphelin à l'âge de dix ans, le jeune Louis fut recueilli par Nattier, qui lui lit faire des copies de portraits que l'on doit aux plus grands maîtres en ce genre. C'est ainsi qu'il acquit une manière belle, large, et qu'il par\ int à donner à ses copies la même perfection que les originaux. Adonné aux plaisirs, il se défit de ses copies pour s'y lis rer plus facilement et négligea pendant quelque temps ses études. Mais la réflexion l'ayant éclairé, il reprit ses travaux avec plus d'assiduité que jamais et fit servir le produit de son travail à soutenir deux meurs et un frère que son père eu mourant avait laissés comme lui sans fortune. Sa réputation s'étendit bientôt, il acquit de la vogue et fut estimé des plus habiles artistes de son temps. 11 fut reçu membre de l'Académie le 30 janvier 1734, sur les portraits de Galloche et Lemoine aîné (tous deux à l'école des BeauxArts:. Il fut en 1760 appelé eu Russie par l'impératrice pour faire quelques portraits dont il fut généreusenient payé. A son retour il parcourut plusieurs des cours du Nord, laissant de ses Ouvrages partout, et il fut reçu membre de toutes les académies d'Europe. Il avait épousé la fille de Nattier son maître, et lorsqu'il eut terminé ses voyages, il abandonna entièrement la peinture pour jouir tranquillement de la fortune que sep ouvrages lui avaient procurée. 11 mourut à Paris, aux galeries du Louvre, le 10 février 1772. Le dessin de Tocqué est correct , sa tourbe légère , sa couleur agréable , sans avoir une Brande vigueur; il excellait surtout à rendre le brillant des étoffes d'or et d'argent, ainsi que le chatoiement des satins à fleurs et des broderies. Larmessin, J.C. Teucher, Dupuis, Schmidt, Ciithelin, • gaulé ont gravé d'après cet artiste. — Le Lou% re possède de Tocqué les portraits de Marie Leczinska, de Louis de France, fils de Louis XV, de madame de GrafTigny. et l'on trouve un grand nombre de ses oeuvres dans nos galeries nationales de Versailles. — Cathelin a gravé son portrait, d'après J.M. Nattier, et il est conservé à la chalcographie du Louvre. P—E et B
  • Louis TORELLI( 1609 - 1683) : biographe, né à Bologne, en 1609, et conduit dans le cloître par des chagrins domestiques, apprit la théologie dans un couvent de StJacques et parcourut la double carrière de renseignement et de la prédication. Appelé successivement dans les principales villes de l'Italie, élevé par ses confrères aux dignités les plus éminentes, il sut trouver le temps de composer tin ouvrage immense sur l'histoire de son ordre. Epuisé de fatigues, sans jamais chercher le repos, il continua ses recherches , même dans l'état de cécité où il fut plongé pendant les dernières années de sa vie, et mourut à Bologne, le 14 janvier 1683. Ses ouvrages sont : 1° Ristretto delle vile degli uomini e delle donne illustri dell' ordine ilgostiniano, diriso in sei centurie, Bologne, 1647 ; 2° la Vita di S7 Liborio, vescovo Cenomatense, ibid. ; 3° Secoli Agostiniani orvero storia generale dell' ordine di sant' Agostino, ces- coco d'Ippona , diviso in 13 secoli, ibid., 1659i686, 8 vol. Le dernier volume est posthume. 4° La Vita di Fra Alfons° d'Osorio , traduit de l'espagnol du P. Marquez, ibid.. 1661. Voy. Fantuzzi , Scrittori bolognesi , t. 8, p
  • Louis TRAVENOL( 1710 - 1780) : littérateur, né à Paris vers 1710. Toujours prêt sur toutes les questions qui pouvaient attirer les regards du public, Travenol ne manqua aucune occasion de le flatter dans ses passions et ses goûts. Ses écrits, publiés au gré des circonstances, échappent à l'analyse. En voici les titres dans l'ordre chronologique de leur publication : f0 Catéchisme des francs- maçons, dédié au beau sexe. Jérusalem et Limoges, 1740, petit publié sous le pseudonyme de Léonard Gabanon. Cet ouvrage a obtenu d'autres éditions sous les titres suivants : la Désolation des entrepreneurs modernes du temple de Jérusalem , ou le nouveau Catéchisme des francs- maçons, etc., 1744, petit in- I : le Noure. au Catéchisme, etc., l'an 5i40 de- Puis le déluge. etc., 1742. 2. 2° 1. oliairiana, OU Pages amphigouriques de P.M. Arouet de Voltaire, publié par Travenol et Manoury, Paris, 1748 ; 30 Epitre'chagrine du chevalier Pote- pou à la Babiole contre le bon qotit, ou Apologie de Sémiramis, tragédie de M. de Voltaire, 1748 ; 4° Histoire du théâtre de l'Opéra en France depuis son établissement 7. 11equête en vers d'un auteur de l'Opéra au prirelt des marehands, 1758 8° les Entrepreneurs entrepris, ou Complainte d'un musicien opprimé par ses ramarodes , en vers et en prose, 1748 9' Eirennts salutaires aux cirées voluptueux et aux dévots trop économes, Paris, Dufour, 1766 10° OEurres mêlées du sieur *", ouvrage en vers et en prose, Amsterdam , 1775 11° Lettre critique de 11. 1. le cheralier de "" à l'auteur du Catéchisme des francs- ' maçons, arec un brevet de calotte accordé en faveur de tous les zélés membres de leur société, à l'étoile flamboyante, etc.. sans date ni nom d'imprimeur. Louis Travenol a encore publié un grand nombre d'articles de journaux et recueils lifté- raires. il mourut à Paris vers 1780, sans avoir fait partie, que nous sachions, d'aucune académie ni société littéraire
  • Louis TRISTAN : grand prévôt de Louis XI, fut le plus cruel agent de celui de nos rois qui s'est montré le plus inexorable. Né dans les premières années du 15. siècle, il embrassa dès sa plus tendre jeunesse la carrière des armes, et fit avec quelque distinction , contre les Anglais, les guerres de Charles Vil. Dunois le créa chevalier sur la brèche de Fronsac. où il était monté à l'assaut avec 49 gentilshommes, le 29 juin 1451. r Tristan fit ensuite la guerre sous Louis XI, et il fut remarqué de ce monarque qui l'attacha bientôt à sa personne et le nomma grand prévôt de son hôtel. Ce fut dans ce terrible emploi que Tristan devint l'instrument de toutes les persécutions et de tous les sanguinaires caprices de sou souverain. Ce prince le menait partout à sa suite; il l'appelait son compère, et il l'admettait dans sa familiarité la plus intime. D'un mot ou d'un geste , il lui faisait exécuter les ordres les plus cruels , et souvent des erreurs - funestes ne se réparèrent qu'en immolant de nouvelles victimes. Le roi lui ayant un jour ordonné de mettre à mort un officier qui lui avait déplu , il se trompa en faisant périr un malheureux prêtre que Louis XI aimait beaucoup ; et . lorsque le monarque lui dit le lendemain que ' l'homme dont il avait ordonné la mort venait d'être rencontré galoppant sur la route d'Arras —« Je puis vous assurer, lui répondit Tristan, que s'il a été rencontré, ce ne peut cotre que sur le chemin de Rouen ; car dès hier je l'ai fait « jeter à la rivière, dans un sac. » Ce genre de supplice était celui que Tristan employait le plus souvent ; et lorsque les exécuteurs de ses ordres sanguinaires traversaient la foule, ils criaient ; Laissez passer la justice du roi. Quelques historiens ont dit qu'il fit périr ainsi plus de quatre mille personnes. Cet homme féroce mourut dans un Age avancé, laissant à son fils Pierre Tristanl'Ermite, de grands biens, entre autres la principauté de Mortagne, en Gascogne, qui passa dans la maison de Matignon et plus tard dans celle de du PlessisRichelieu
  • Louis TRISTAN( 1586 - 1640) : peintre , né à Tolède en 1586, fut élève de Dominique Théotocopulos, surnommé le Grec. 11 sut avec un discernement bien rare dans un Age aussi tendre acquérir les brillantes qualités et éviter les défauts de son maitre, qui, loin d'être jaloux de son talent, se plut à le cultiver et à lui confier les ouvrages qu'il ne pouvait faire luimême. Ayant été chargé de peindre pour les hiéronymites de la Sesta , une Cène que son maître avait refusée, il l'exécuta à la satisfaction de la communauté; mais le prix de deux cents ducats qu'il en demandait ayant paru excessif, elle fit des représentations au maître, appuyées particulièrement sur la jeunesse de l'artiste. Le Grec ayant examiné le tableau, prit un bAton et, le levant sur Tristan, il l'accabla de reproches et l'appela le déshonneur de la peinture : les pères cherchèrent à le calmer en disant que Tristan n'avait agi ainsi que faute de discernement et qu'ils s'en rapportaient à sa décision. « En effet, répondit le Grec, cet enfant ne sait ce qu'il fait. Son tableau vaut cinq cents ducats : si vous les lui refusez. « je garde l'ouvrage, et je payerai de mon ar- gent. s Les moines lui payèrent cette somme. Tristan n'avait que trente ans lorsqu'il peignit les célèbres tableaux du grand autel d'Yepes : en 1619, il fit le portrait du cardinal de Sandoval, archevèque de Tolède, ainsi que plusieurs autres excellents ouvrages, tant publics que particuliers. Ses deux chefsd'oeuvre sont peut-être le Moïse frappunt le rocher, et Jésus au milieu des docteurs de la loi, que l'on conserve à Madrid. On cite encore la Trinité, qu'il peignit en 1626, et dont les figures sont de grandeur naturelle. Toutes ses productions se distinguent par un dessin pur et correct, par un coloris frais et gracieux, par une composition claire et pleine de vie, enfin par toutes les qualités d'un grand peintre ; mais ce qui doit mettre le sceau à sa réputation, c'est que Velasquez le préféra pour maitre à tous les artistes qui de son temps florissaient en Europe. Tristan mourut à Tolède en 1640
  • Louis TRONSON( 1622 - 1700) : supérieur de la congréga- Le tion de StSulpice, né à Paris le 17 janvier 16, !' était fils de Claude de Sève et de Louis Tronson, seigneur du Coudray, conseiller d'Etat en 1641. Louis XIII le tint sur les fonts baptismaux. Après avoir terminé ses études au collège de Navarre, il fut reçu licencié en droit canonique et ordonné n prêtre en 1647. Conseiller et aumônier ordinaire du roi en 1648, il entra en 1656 dans la congrégation de StSulpice. 11 y fut nommé directeur de la solitude de Vaugirard , puis du séminaire de StSulpice et devint supérieur général en 1676. — Tronson parlait et écrivait avec une facilité et une onction qu'il tenait de l'étude profonde de l'Ecriture sainte, de l'histoire de l'Eglise et des Pères. Il était également versé dans la théologie scolastique positive et morale. Son expérience dans les voies spirituelles, sa profonde connaissance du cœur humain , sa sagesse dans la direction des âmes lui donnaient une grande autorité. Fénelon et M. de Colbert, archevêque de Rouen, élevés au séminaire sous sa direction, lui conservaient le plus tendre atta-, chement. M. des Marais, évêque de Chartres, I, ' Guy de Sève, son parent, évêque d'Arras, le car- dînai le Camus le consultaient souvent; Bossuet luimême et M. de Noailles l'associèrent aux conférences d'1ssy sur le quiétisme . Le cardinal de Bausset dans son histoire de Fénelon parle de sa sagesse et de ses lumières dans cette Il iii célèbre controverse. Tronson maintint dans sa ' Livre 3, fable 8. 11 peut également avoir pris ce sujet dans le Passe- temps de messire François le Poulchre, 2. édition, Paris, 1593, p. 83, ou feuille L, p. 6 . Ces sources étaient plus à la portée du bon homme que les fables latines de Nicolas Gerbe! et autres, indiquées par les commentateurs. 121 Ce conte existe aussi en prose dans le Moyen de parvenir, de Béroalde de Verville, imprimé pour la première fois vers le commencement du 17. siècle, chap. 16, tit. Thèse, et en vers dans une satire du livre 3 de:Jean Vauquelin de la Fresnaye. Voy. ses Œuvres poétiques, Caen, Charles Macé, 1612 congrégation l'esprit de fidélité au saintsiége. — Les docteurs de StSulpice combattirent les doctrines jansénistes et s'abstinrent de signer les quatre articles en 1682. — Parmi les personnes d'un haut rang dirigées par Tronson, on remarquait la duchesse de Guise, nièce de Louis XIII, les ducs de Beauvilliers, de Chevreuse, de Charost, de Navailles, de Mortemart; M. de Colbert ' et son fils le marquis de la Seignelai. Il n'usait, du reste, de son influence que pour défendre les intérêts religieux. Il refusa plusieurs fois l'épiscopat et répondit à Louis XIV : « Qu'il servirait moins utilement l'Eglise dans le gouvernement d'un diocèse, qu'en travaillant au séminaire à former de bons prêtres et même de saints « évêques. » — Tronson envoya plusieurs missionnaires en Vivarais et en Orient, établit sa congrégation dans les séminaires de Bourges, d'Autun, de Tulle, d'Angers et mourut au séminaire de StSulpice le 9.6 février 1700. Fénelon écrivant à Clément XI disait à ce pape : « Je me glorifie d'avoir été nourri par M. Tronson des paroles de la foi , d'avoir été formé par ses soins à la vie cléricale, d'avoir crti à l'ombre « de ses ailes; certes, il n'y eut personne, si je e, ne me trompe, qui lui fùt supérieur par l'amour de la discipline, l'habileté, la prudence, la piété et enfin pour son discernement à juger les hommes. » — Sous Tronson les statuts de la congrégation furent définitivement arrêtés . 11 en avait extrait le règlement des supérieurs et directeurs des séminaires de province . Sa correspondance conservée àStSulpice forme 14 volumes — Il laissa plusieurs ouvrages : I° Forma cleri ou Recueil sur les mœurs des ecclésiastiques, d'abord en 3 volumes Paris, 1669, puis achevé après la mort de l'auteur et publié en 1727 On en a donné une nouvelle édition en 1824, 3 vol. 20 Lettres spirituelles de M. Olier, Paris, 1672 30 7'raité des saints ordres. Extrait des manuscrits de M. Olier et enrichi par Tronson de nombreuses citations de l'Ecriture sainte et des Pères, Paris, 1685 4° Ses Examens particuliers à l'usage des séminaires, Lyon, 1690, souvent réimprimés et dernièrement par MM. de St- Sulpice, Poitiers, 1831 50 Traité de l'obéissance, Paris, 1822 6° Manuel du séminariste, ou Entretiens sur la manière de sanc- tifier ses principales actions, avec quelques autres opuscules, Paris, 189.3, 2 vol. 7° la Retraite ecclésiastique, suivie de méditations sur l'humilité, Paris, 1823 ; 8° Entretiens et méditations ecclésiastiques, Paris, 189.6 9°/ 11éditations sur la rie de N. S., composées pour M. de la Seignelai et publiées par l'abbé Migne dans l'édition des oeuvres complètes de Tronson., Paris, 1857, 2 vol. grand — La congréga- tion de StSulpice a fait paraître une notice sur Tronson dans l'introduction à la vie de M. Emery, Paris, 1861, 2 vol. — Tronson parle sou- vent dans sa correspondance de son frère l'abbé de StAntoine, sulpicien aussi 'vertueux que distingué, de ses deux soeurs religieuses, de sa mère devenue supérieure des tilles de la Vierge, communauté fondée sous l'inspiration de l'abbé Olier. Ses autres frères se distinguèrent au parlement, à l'armée et au service de la maison du roi
  • Louis TROYA D'ASSIGNY : prêtre appelant, du diocèse de Grenoble , vint à Paris , où il exerça le ministère dans l'hôpital de la Salpêtrière. On le soupçonna, avec quelque fondement, de travailler aux Nouvelles ecclésiastiques , quand cette feuille commença de paraître. 11 fut arrêté au mois d'octobre 1728 et mis à la Bastille ; mais on lui rendit la liberté au mois de mai suivant. Depuis , l'abbé Troya resta caché dans Paris et s'occupa de la composition de brochures sur les disputes du temps. Ces écrits, qui parurent tous anonymes, sont 10 Dénonciation faite à tous les évêques de France par le corps des pasteurs ou autres ecclésiastiques du second ordre, des jésuites et de leurs doctrines, 1727 , 4.; 2° Catéchisme historique et dogmatique sur les contestations qui divisent l'Église, de concert avec l'abbé Fourguevaux, 1729 successivement augmenté et réimprimé. L'édition de 1752 est en 5 volumes 3° Discours de S. Grégoire de Na- zianze contre Julien l'apostat, 1735 4. Dis- cours de St- Grégoire de Nazianze sur l'excellence du sacerdoce, 1747, 2 vol. ; 5° Fin du chré- tien, ou Traité dogmatique et moral sur le petit nombre des élus, 3 parties, 1751 , 3 vol. C'est, dit Barbier, une refonte, avec augmentation de la Science du salut, ouvrage d'Olivier Debors des Doires, dit d'Amelincourt. 6° La Vraie doctrine de l'Église au sujet des « bus qui se sont introduits dans son sein, 1751 , 2 vol. C'est la même chose que la Suite du Catéchisme historique et dogmatique ; et l'ouvrage parut sous ces deux titres. 7° Traité dogmatique et moral de l'espérance chrétienne, 1753 et 1755,2 vol. ; 8* St- Augustin * ware l'incrédulité, avec le plan de la religion, 1754, 2 vol. Cet ouvrage est tiré de la Cité de Dieu de StAugustin. 90 Disser- tation sur le caractère essentiel à toute loi de l'Église en matière de doctrine, 1755 On croit l'abbé Troya auteur d'autres écrits sur les mêmes matières. 11 mourut en octobre 1772
  • Louis TUBÉRON : abbé d'une maison religieuse en Dalmatie, dans le 1G' siècle, a écrit des Commentaires ou Recueils d'événements contemporains de 1490 à 1522, qui furent publiés à Francfort, en 1603, et ensuite à Vienne, en 1746, dans les Scriptores rerum hungarityartem, t. 2, p. 107 à 308, sous ce titre : Ludorici beronis, Mamaia, abbatis , Commentariorum de rebus suo tetiapore, ninsirum ab anno Christi 1490 fugue ad annum I ti22 , in Pannonie et finitimit regionibus geotia, libri xi. Dans l'exorde, l'auteur annonce qu'il s'est proposé d'écrire ce qui s'est passé de son temps en Hongrie depuis la mort du roi Matthias Corvin. Son style est clair, pur, quelquefois élégant ; il n'a point les défauts d'affectation que l'on reproche à Thurocz et à Bonfini, L'édition de Francfort est pleine de fautes; on les a corrigées dans celle de Vienne, qui a été soignée par Bélius père et fils. Quelques biographes avaient insinué que Tubéron pouvait bien n'être qu'un nom supposé sous lequel se serait caché le véritable auteur, afin de pouvoir écrire avec plus de liberté. Pray a réfuté cette opinion d'une manière incontestable, en s'appuyant sur deux documents manuscrits qu'il avait découverts dans la bibliothèque des jésuites de Presbourg. Le premier est une lettre autographe de Tubéron, qui, vers l'an 159.3, adressant son ouvrage à l'archevêque de Kolocza. le recommande à la protection de ce prélat. Le titre de sa lettre porte : Ludovicue Tubero, Dalmate abbas , Gregorio Frangepani Colocencium pontijiei. Le second document est le manuscrit autographe de Tubéron, qui se trouvait en 1570, à Raguse, entre les mains de Benessa agent du roi Jean Zapolya II, qui en prit une copie et l'envoya à son maitre avec une lettre intéressante par les détails qu'elle contient
  • Louis TURREAU DE LINIÈRES( 1760) : cousin ger-,' main du précédent, naquit vers 1760, à Orbec en Normandie, où son père, fils d'un huissier de Ravières dans l'ancienne élection de ,Tonnerre, exerçait les fonctions de receveur des consignations et des domaines. On prétend que Turreau , trèsjeune encore, s'enfuit de la maison paternelle, emportant une partie de la caisse; mais ne 1 voulant laisser peser aucun soupçon sur le caissier, il s'accusa de cette soustraction dans une lettre à son père. Cet argent fut bientôt dissipé, et le jeune Turreau se vit forcé d'entrer dans un régiment, d'où une de ses tantes le tira en achetant son congé. N'osant se représenter chez son père, il demanda un asile à cette tante qui habitait Ravières, et s'y trouvait encore lorsque la révolution éclata. La mère de Davout , déjà veuve de son premier mari, tué à la chasse par accident, habitait aussi ce village avec ses quatre enfants, et quoiqu'elle vécût dans la médiocrité, elle était dans l'aisance par comparaison avec Turreau, qui n'avait rien. Il chercha à inspirer de l'affection à madame Davout et parvint à l'épouser, le 31 août 1789. On conçoit qu'il dut embrasser avec ardeur les principes de la révolution. Nommé en 1790 administrateur du département de l'Yonne, il fut chargé d'aller à Dijon pour établir la distinction des divers intérêts qui, précédemment communs à tout le duché de Bourgogne, devenaient propres à chacun des départements formés de cette province. De retour à Auxerre, en septembre 1791, il fut nommé député suppléant à l'assemblée législative; mais il n'y fut point appelé. Il siégea au directoire du département, dont la présidence avait été déférée à Lepelletier de StFargeau, qui sortait de l'assemblée constituante. Turreau se lia bientôt intimement avec le président, ainsi qu'avec le peintre Gautherot , lié avec StFargeau, et comme lui, l'un des membres les plus chauds de la société des Jacobins. Cette liaison contribua beaucoup à le faire nommer député à la convention avec Lepelletier, Maure, Bourbotte, etc. Dès le 28 novembre 1792 , il se prononça contre les Girondins. Le ministre de l'intérieur Roland, ayant en vue le parti de la Montagne, avait signalé, dans une lettre à la convention, les vitateurs de Paris. Turreau demanda qu'il fût tenu de les nommer ; et comme le ministre ajoutait qu'on avait eu le projet de tirer le canon d'a- larme Le canon d'alarme, dit Turreau , c'est C' la lettre de Roland. » I/ vota la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis, et lors de la délibération sur la question de l'appel au peuple, il apostropha Louvet et Buzot, et désignant toujours le parti girondin : « Je déclare que nous sommes ici sous une majorité oppressive. » s'opposa, le 19 janvier 1793, à ce que la convention acceptât la démission de Manuel. Le général Stengel, né sujet de l'électeur palatin , avait demandé à ne pas être employé en présence des troupes de ce prince; Turreau proposa à la convention de le destituer, alléguant qu'elle ne devait pas laisser plus longtemps un homme qui se qualifiait de sujet commander à des hommes libres. On prétend que, frappé de l'assassinat de Lepelletier, et craignant peut-être le même sort, ce fut lui qui demanda vers cette époque une mission dans le département de l'Yonne. Il y fut envoyé avec Garnier . Il parut avec faste à Noyers, Tonnerre et Ravières; y professa les doctrines qui avaient cours alors et remplaça par les Jacobins ce qu'il y avait encore d'hommes modérés dans les autorités. De retour à Paris, à la fin de mai, il se plaça à la tète des Montagnards les plus exaltés du côté gauche. Dans une des luttes orageuses qui précédèrent la fameuse journée du 31 mai, il se plaignit de ce qu'on refusait la parole à Robespierre, et menaça hautement la Gironde, en disant : Il faut résister à l'oppression; nous résisterons à l'oppression! Le 2 juin 1793 , Lanjuinais reprochant à la convention de se laisser dominer par la commune de Paris et par un comité directorial, Turreau lui adressa ces paroles : s Tu as donc juré de perdre la république par tes déclamations et par tes « calomnies ? » Vers la fin de ce mois , envoyé en mission auprès de Farinée de l'Ouest ou de la Vendée, il y partagea pendant plusieurs mois les opérations de Bourbotte, de Carrier, de Ilentz, de Prieur de la Marne, etc. , et fut un des auteurs du système d'extermination adopté d'abord vis-àvis de ce malheureux pays ; ses rapports à la convention témoignent de la violence de ses actes. On peut lire spécialement ceux dans lesquels il rend compte des affaires de Saumur, du Mans, de la prise de Noirmoutiers. Le général Danican, dont il fut à la vérité le dénonciateur, rapporte dans ses Mémoires, qu'il fit brûler un faubourg de Saumur sans aucune nécessité, l'armée vendéenne étant alors à plus de dix lieues, et il assure en outre avoir conservé un ordre, signé de la main de Turreau, de tuer les malades dans leurs lits, à Laval. Les massacres de Noirmoutiers, où il avait fait exterminer nonseulement les troupes vendéennes qui demandaient quartier, mais encore la presque totalité des habitants, firent pousser contre Turreau et Bour- botte des cris accusateurs jusqu'au sein de la convention. Ils furent défendus par Carrier; et la convention, sur ses instances, leur accorda un congé pour se remettre de leurs fatigues. Turreau alla passer ce temps à Ravières, portant en écharpe son bras droit, qu'il avait, disaitil, lassé à force de sabrer les royalistes. On eroit que ce fut vers la même époque que, s'étant épris de la fille d'un chirurgien de Versailles, il fit prononcer le divorce entre madame Davout et lui, sans toutefois se brouiller avec elle ; car il lui présenta cette deuxième femme dans un autre voyage. De retour à la convention, dans le mois de juin 1791, Turreati signala certains tribunaux criminels des départements 'comme protégeant les aristocrates et persécutant les patriotes. Nommé secrétaire, en 1791 , après la chute de Robespierre , il se prononça contre les terroristes, et oubliant ses propres actes , il se déclara d'autant plus 'vivement contre les va Le 2 août, s'opposant à la motion de Fréron • pour la mise en accusation de FouquierTinville, il lit décréter son arrestation et sa traduction immédiate au tribunal révolutionnaire. Par un décret du 6 août, la convention avait ordonné de mettre en jugement devant ce tribunal six membres du comité révolutionnaire de Saumur. Turreau fit rapporter ce décret, en alléguant qu'ils avaient été la terreur de l'aristocratie catho- lique et royale. Le 11 août il fit entrer, en qualité de juge , dans la composition du nouveau tribunal révolutionnaire le chirurgien Forestier , de Ravières, qui l'avait servi dans les assemblées électorales, pour le faire arriver à l'administration du département et à la convention. Peu de temps après, la société populaire d'Auxerre ayant envoyé à la convention une adresse dans laquelle elle s'élevait contre les attributions de police des agents nationaux de districts , Turreau traita ces agents de premiers ministres de CapetRobespierre; et il ajouta que ce « théocrate ambitieux, en n'appe-« lant dans l'arrêté qui les avait institués aucune surveillance sur les prêtres, avait signalé de ,‹ cette manière sa tendre complaisance pour ces derniers ». Il parla encore dans la discussion sur la nouvelle organisation des comités révolutionnaires, et se plaignit de ce qu'elle attaquait les principes de l'égalité. En septembre 179k, il fut nommé commissaire près l'armée d'Italie, et y fit célébrer, le 21 janvier 1795, l'anniversaire de la mort du roi. En même temps il écrivit à la convention pour se disculper de sa complicité dans les actes révolutionnaires de son cousin le général Terreau de Garambouville. Rentré dans cette assemblée, il s'opposa avec véhémence, le 3 septembre 1795, au rappel du général Montesquiou, disant que bientôt il n'y aurait pas un émigré qui ne demandât à rentrer en France, en alléguant le prétexte de s'y faire juger, et il mit dans son opposition une telle violence, qu'un député s'écria Turrcau tient ici la place de

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