Le prénom leonard Masculin

Origine :

Fête :

18 Novembre

Signification de leonard

Léonard de Vinci est sans doute le plus célèbre des Léonard. Il a particulièrement contribué à populariser ce prénom. Au XVe et XVIe siècle, Leonard faisait partie des C262prénoms les plus appréciés en Occident. De nos jours, il est toujours attribué, mais se fait plus discret qu’auparavant. Leonard est un homme responsable, sérieux et raisonnable. Il mesure chacun de ses gestes et de ses mots. Il fait très attention à ne pas offusquer les autres. Très intelligent, ce fin diplomate arrive facilement à apaiser les situations graves. Le prénom Leonard connait de nombreuses variantes dont : Léonarde, Leonarda, Leonardo, Lennart ou encore Leinhard. Quelques personnalités célèbres portent le prénom Leonard dont le peintre, inventeur, anatomiste et homme de lettres Léonard de Vinci, l’auteur-compositeur Leonard Cohen, le pianiste Leonard Bernstein ou encore le réalisateur Leonard Anderson.

Personnalité de leonard

Ordonnés, logiques, ils sont plutôt conformistes. Diplomates, patients, ils aiment expliquer et convaincre. Ce sont d'excellents pédagogues. Flegmatiques, méthodiques, précis, ils sont pourvus d'une forte personnalité. Très sociables et bavards, ils ont besoin d'un public et s'entourent toujours de nombreux amis. Ce sont de bons vivants qui pensent qu'il y a des choses plus sérieuses à faire que travailler.

Provenance du prénom leonard

Histoire de leonard

Etymologie de leonard

Les leonard célèbres

  • Léonard ALÉA : et non Léon, comme le dit M. Quérard ), né à Paris dans une famille de finan—ces , et mort en cette ville vers 1812 , a publié 1° l'Antidote de l'athéisme , ou Examen critique du Dictionnaire des athées Paris , imprimerie de la Décade , 1801 , sans nom d'auteur. 11 donna une seconde édition de cet ouvrage , refondue et augmentée considérablement , sous ce titre : /a Religion triomphant des attentats de l'impiété, dédiée à M. Portalis, conseiller d'État , avec cette épigraphe tirée de Cicéron : Interest reipublicce cognosci motos. 2 vol. Paris, Mous—sard et Maradan , 1802 , avec le nom de l'auteur. Cet ouvrage ainsi perfectionné est devenu par son objet, son opportunité et son exécution , un livre important et dont le succès a été complet. C'est la collection la plus utile que nous connaissions des sentiments des amis de la religion , et des aveux de ses adversaires. Le cardinal Gerdil en faisait grand cas ; Portalis , qui mettait sa conscience et son hontraite, même sur les arbres de l'Inde, dont on connaissait à peine les nouas. Là, comme dans toutes les autres parties de son ouvrage, il supplée à la stérilité de ses connaissances positives par une excessive érudition; ainsi l'histoire des chênes y est traitée avec la même étendue, la mène profusion de savoir que celle du coq. Il ne faut donc regarder chacun des articles que comme un répertoire des plus complets de tout ce qui a été écrit sur la matière ; et, sous ce point de vue, il peut avoir un certain degré d'utilité. Chaque objet décrit est accompagné d'une ligure en bois qui donne une idée assez exacte de son ensemble ou de son port, quoique exécutée grossièrement. Dans le nombre, il s'en trouve quelquesunes de champignons assez bonnes, et dont quelques espèces avaient été inconnues jusqu'alors. Ce volume a été réimprimé seul à Francfort en 4890, comme ayant été entièrement composé par Montalhan, et seulement disposé suivant la manière d'Aldrovande. Il est précédé d'une préface de Georges Franrus. — Montalban donne dans sa Bibliothèque botanique une liste nombreuse de traités particuliers sur les plantes composés par Aldro- vande, et qui sont restés inédits. Cependant, quelquesuns, par leurs titres, semblent faits pour exciter la curiosité; ainsi il y en a un sur les différences de formes que présentent les part ies principales des plantes, comme les feuilles et les fleurs. Il avait aussi composé un commentaire fort étendu sur Dioscoride, que Joachim Camerarius dit avoir vu. C'était le résumé des leçons qu'Aldrovande avait données pendant quarante années sur cet auteur grec. Il a laissé un Herbier en 16 vol. avec un catalogue fort étendu. On voit par cette énumération qu'Aldrovande consacra une partie de sa vie aux progrès de la science, et que s'il n'a pas mieux réussi, il faut s'en prendre à l'esprit de son temps, qui le dirigea plutôt vers l'érudition que vers l'observation de la nature. Son concitoyen Menti a récompensé ses efforts en consacrant à sa mémoire, sous le nom d'Aldrovatula, un genre de plantes remarquable; il ne comprend qu'une seule espèce: c'est une plante aquatique trèssingulière; elle se soutient à la surface de l'eau par des vésicules remplies d'air. Elle a été trouvée d'abord en Italie, dans les environs de Bologne, patrie d'Aldrovande, et ensuite aux Indes orientales. D—r—s fleur à favoriser le retour de l'ordre et de la religion , essentiellement liés l'un à l'autre , manifesta hautement sa satisfaction à l'auteur , et lui proposa vainement de le faire entrer dans le conseil d'Etat. Un fait qui n'est pas moins digne d'être remarqué, c'est que Sylvain Maréchal fut l'un des premiers à rendre hommage à la modération de son adversaire. 20 Réflexions contre le divorce, Paris , 1802 Aléa , diton , a laissé plusieurs manuscrits relatifs à la révolution française. — L'Eloye de l'abbé de l'Epée, et essai sur l'avantage du système des si- gnes méthodiques appliqué à l'instruction élémen- taire , traduit de l'espagnol , Bayonne , 1824 , est de J.M. Aléa , parent du précédent
  • Léonard ANTONELLI( 1730 - 1811) : cardinal de l'Église romaine, naquit en 1730 à Sinigaglia, dans le duché d'Urbin. Malgré ses talents et le crédit de son oncle, le cardinal Nicolas Antonelli, il ne parvint que fort tard aux dignités de l'Église ; et, ce qui est bien digne d'être remarqué, ce fut son opposition aux doctrines philosophiques qui retarda son avancement. Le zèle avec lequel il défendit les jésuites éloigna de lui Clément XIV, qui venait de prononcer leur abolition. Ce ne fut que sous le pontificat de Pie V 1 qu'Antonelli fut décoré de la pourpre. Nominé depuis évêque d'Ostie et de Velletri, il devint préfet de la congrégation de la Propagande et membre de la congrégation d'État. Dans cette dernière place, il montra des vues dignes d'un habile politique ; niais il donna souvent lieu, par sa fermeté, aux réclamations des novateurs et aux plaintes des hommes timides, qui auraient voulu que l'on combattit avec faiblesse les prétentions et les entreprises les plus audacieuses. Cependant il ouvrit, en 1791, au sacré collége, l'avis que les prètres français fussent autorisés à prèter le serment à la constitution civile du clergé que l'assemblée nationale venait de décréter. Gardien né des prérogatives de l'Église romaine, personne n'était moins disposé que lui à souffrir qu'on y portât la moindre atteinte ; mais il voyait, dans le refus du clergé français de se soumettre aux nouvelles lois, un motif pour le persécuter; et il craignait que l'éloignement des prêtres, et la cessation du culte pendant un temps qu'il était impossible de calculer, ne fissent en France un tort irréparable à la religion. Les vues de ce prélat dans Cette circonstance ont été travesties, par quelques jeunes publicistes, d'une manière qui fait peu d'honneur à leurs lumières et à leur impartialité. Plus tard, ses liaisons avec le fiscal Barbieri, qu'explique assez la charge qu'il occupait dans le gouvernement, le firent accuser de n'ètre pas étranger aux troubles qui éclatèrent à Rome, et dans lesquels le général français Duphot fut tué. Les événements qui suivirent prouvent que les instigateurs et les auteurs de ce mouvement n'étaient pas, comme on le répandit alors, les défenseurs du saintsiége, mais au contraire ceux qui ne demandaient qu'un prétexte pour le renverser . Doyen du sacré collége depuis 1797, Antonelli concourut à l'élection du pape Pie VII en 1800; et il accompagna ce pontife dans son voyage à Paris en 1804. Expulsé de Rome par les Français en 1808, il fut conduit à Spoleto, nuis à Sinigaglia, où il mourut presque subitement le 23 janvier 1811. La Lettre d'Antonelli aux évéques d'Irlande, publiée en Angleterre, et recueillie dans l'Ami de la religion , n° 457, suffirait pour prouver que ce prélat était bien éloigné d'avoir les opinions intolérantes que certains biographes lui attribuent dans un but trop facile à deviner. Pour achever de faire connaître cet illustre prélat, on doit ajouter que, malgré ses fonctions, il ne cessa jamais de cultiver les lettres. Sa réputation d'habile archéologue était si bien établie en France, qu'en '1785 il fut élu membre de l'académie des inscriptions, dans la classe des associés étrangers, où il remplaça le P. Pacciaudi. Possesseur d'une précieuse bibliothèque qu'il avait formée luimème, il en confia la direction au savant abbé Cancellieri , dont la touchante reconnaissance atteste qu'Antonelli joignait aux dons de l'esprit les qualités les plus propres à se faire armer
  • Léonard BARRÉ : né à Bordeaux, dut à ses rmalheurs quelque renommée dans sa patrie;et ensuite l'égarement complet de sa raison. Un incendie ayant consumé sa maison, en 1791, il pensa que ce désastre était l'ouvrage d'une main criminelle, et porta plainte au tribunal du district. Les poursuites n'ayant pas été faites avec la célérité qu'il désirait, il s'adressa au club des amis de la constitution, qui lui conseilla de porter ses réclamations devant le ministre de la justice. En adoptant ce parti , Barré publia un mémoire où le tribunal de Bordeaux était accusé de lenteur, sans doute en ternies peu convenables , car l'auteur fut surlechamp décrété de prise de corps. 11 dénonça cet acte sévère au club bordelais, et il en reçut une longue lettre dans laquelle perce une vive indignation contre le décret lancé : « Il nous ferait « presque douter, y estil dit, que la Bastille soit « renversée. » Et la lettre est,terminée par ces mots : « Souvenez - vous que vous trouverez en nous des « frères et des amis. » Elle est signée Grangeneuve, président ; Blondela, prêtre, secrétaire, etc. Barré s'était adressé en même temps au ministre de la justice Duport, qui lui répondit : « Vous demandez que je vous « fasse rendre l'existence civile que ce décret vous a « enlevé... Les voies de droit vous sont ouvertes... « Je vous renvoie, en conséquence, les pièces que « vous m'aviez remises, vous invitant seulement à « employer les moyens que la loi vous indique pour « faire anéantir le décret de prise de corps contre « lequel vous réclamez. » Le tribunal de Bordeaux avait été trop loin, le décret fut rapporté, et Barré recouvra son existence civile, niais non la raison, qu'avaient altérée l'incendie et la prise de corps. Il n'était pas entré dans une de ces démences qui nécessitent l'action des lois et la séquestration ; c'était une de ces aberrations morales qui ne jettent pas le trouble dans la société, et telles qu'on en voit se déclarer en si grand nombre à la suite des crises politiques et des révolutions. Léonard Barré composa, sous l'empire, un ouvrage intitulé : le Véritable Système de gouvernement du corps politique et d'économie générale, en deux volumes traitant, l'un, de la direction du pouvoir temporel ; l'autre, de la direction du pouvoir spirituel. Il fit imprimer un résumé de son système, et l'adressa , avec des épîtres, à l'empereur Napoléon et au pape Pie VII. Il envoya l'ouvrage entier et vingtcinq exemplaires du résumé au sénat conservateur ; et il écrivit à l'archevêque de Bordeaux que, depuis le triple envoi, son imagination n'avait cessé d'être tendue sur le même sujet. « Plusieurs « étincelles de lumière, disaitil, jaillissent sans cesse « de mon cerveau , et toutes tendent à corroborer « l'idée qu'il a enfantée. » Vers le même temps, il pria le maire de Bordeaux de mettre sous le cachet municipal un paquet de ces étincelles adressées au sénat, afin que les préposés des postes ne regardassent pas, écrivaitil, ce paquet comme renfermant les ouvrages de quelque fou : il ne n'agissait pas moins, dans cet envoi, que du salut de l'empire et de celui de l'univers. Barré ne tarda pas à venir se fixer à Paris. Les événements de 1814 et de 1815 donnèrent un nouvel ébranlement à son cerveau. Il composa une foule d'écrits, la plupart assez volumineux, sous le titre de Traits de lumière, qu'il adressa, les uns au pape, pour en faire ce que bon lui semblera ; les autres à l'empereur d'Autriche, président du congrès de Vienne , en quelque lieu qu'il soit. Ces traits de lumière n'étaient pas moins obscurs que ceux qu'il adressa à tous les francs- maçons de l'univers, dont il se disait le vrai frère et ami. En 1818, il écrivit encore à S. S. le pape Pie VII et à tous les grands maîtres de la franc- maçonnerie, principaux membres de la diplomatie. En 1819, il se mit en correspondance avec les ambassadeurs de Perse, d'Angleterre, d'Autriche, de Prusse et de Russie. 11 adressa divers écrits au prince de Metternicli et à la chambre des pairs. Mais, en 1821, il choisit des correspondants moins illustres, et, pendant trois ans, il ne fit part de ses traits de lumière qu'à un peintre en miniature, à un artiste vitrificateur, à M. Chevalier, opticien, à un naturaliste, même à une marchande, et à un marchand du PontNeuf qui vendait un jeu représentant les différentes échelles qu'il faut parcourir pour monter jusqu'au soleil. Il suffira, pour faire connaître ce qu'étaient les écrits de ce visionnaire, de dire qu'il les signait quelquefois ainsi : « LÉONARD qui n'est plus Barré, parce qu'il a fondu « la calotte d'airain qui tenait tous nos cerveaux en« clavés
  • Léonard BAUSCH : médecin allemand de Schweinfurt, en Bavière, a donné, au commencement du 17e siècle, des commentaires sur Hippocrate : Commentarii in libros Hippocratis de Lotis in homme; de AIedicamento purganie ; de Usu veratri ; de Meta, Madrid, 1694
  • Léonard BAULACRE( 1670 - 1761) : né à Genève, au mois d'octobre 1670, mourut en cette ville, en 1761, dans sa 91' année. Reçu ministre du saint Évangile en 1699, il fut présenté pour la place de précepteur du prince de Nassau , et obtint même, à cet égard, l'agrément du roi de Prusse, Guillaume ; mais quelques obstacles s'opposant à sa nomination, il ne voulut faire aucune démarche pour les lever. A la vie des cours, il préférait déjà une vie tranquille et retirée. L'étude était moins pour lui une occupation qu'un délassement ; les longs ouvrages l'effrayaient , aussi n'en atil publié que de peu d'étendue : ils suffirent pour lui mériter la réputation d'un homme trèssavant et d'un excellent critique. 11 a laissé un grand nombre de dissertations sur des sujets d'histoire, de théologie et de morale, dont on trouvera la liste dans le 5' volume de l'Histoire littéraire de Genève, p.58 à 46. Baulacre occupa pendant longtemps la place de bibliothécaire à Genève
  • Léonard BERTAUT( 1600 - 1662) : historien, naquit à Autun , au commencement du 17' siècle, de parents qui lui inspirèrent avec le goût de l'étude l'amour des vertus chrétiennes. Ayant embrassé la règle des minimes, il consacra ses loisirs à rechercher dans les archives des monastères tous les documents relatifs à l'histoire de Bourgogne. Il s'occupait de les publier lorsqu'il mourut à Chàlons, le 12 mai 1662. Déjà il avait été l'historien de sa ville natale, en publiant la très- ancienne et très- auguste Ville d'Autun couronnée de joie, d'honneur et de félicité, par la pro- motion de monseigneur Louis Boni d'Allichi , dam son siège épiscopal, Chàlons, 1655 On trouve dans cet ouvrage quelques recherches sur les antiquités et l'origine d'une des plus vieilles cités des Gaules ; mais l'érudition hors de propos qui le surcharge , les allégories et les louanges fastidieuses dont il est semé le rendent peu propre à être consulté. Bertaut lit paraître ensuite l'Illustre Orbandale , ou l'Histoire ancienne et moderne de la ville el cité de 01, prétend que les auteurs de la Nouvelle Gaule chrétienne, t. 4, p. 890, donnent entièrement ce livre à Pierre Cusset. Il est vrai que, dans le passage indiqué, on cite l'Histoire de Chdlons, par Cusset ; mais les savants éditeuPs ne disent pas qu'il en fût le seul auteur. Ceci, d'ailleurs, s'explique naturellement : l'ouvrage avait paru sous le voile de l'anonyme. Cusset signa l'épître dédicatoire à M. Perrault, président de la chambre des comptes, et rien dans cette longue dédicace ne donne lieu de croire qu'un autre que lui eût mis la main à l'Histoire de Chdlons. On a donc pu ignorer. Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, in—fol., p. 463. alors que le P. Bertaut en était le principal auteur. C'est ici le lieu de rappeler une singulière bévue d'Ellies Dupin, qui prit le mot Orbandale pour un nom d'auteur
  • Léonard BERTIPAGLIA ou BERTAPALIA : chirurgien distingué du 15e siècle, né à Padoue, se fit remarquer par sa hardiesse dans l'exercice de la chirurgie, malgré son ignorance dans l'anatomie, peu cultivée alors, et quoiqu'il n'eût disséqué que deux cadavres, chose qu'il cite mème comme extraordinaire ; du reste, entèté de l'astrologie, de la magie, d'après les préjugés de son temps. Son ouvrage, fait dans les principes de l'école arabe, a paru à Venise 1490, sous le titre de Chirurgia , seu Recollectce super quartum canonem Avicennce, Venise, 1519 avec les ouvrages de Gui de Chauliac, Roland et Roger. Il se retrouve dans la collection (le Venise, 1546 sous cet autre titre : de Apostematibus , de Vulneribus, de Ulceribusde ./ Egritudinibus nervorum et ossium. On dit qu'il mourut en 1460
  • Léonard BOTAL : ou plutôt BOTALLI, médecin des rois Charles IX et Henri I11, était , mais peut-être parce qu'il a rappelé sur elle l'attention, ou qu'au moins, en s'occupant de la saignée, il a donné plus de notions qu'on n'en avait alors sur les organes qui contiennent le sang. Ce qu'il y a de sûr, c'est que, quoique Botal ait beaucoup exagéré l'usage de la saignée dans son ouvrage de Curatione per sanguinis missionem liber ; de ineidendce velue, cutis searificandoe et hirudinuns affligendarum Modo, Lyon , 1577, 1580 Anvers, 1585 Lyon, 1655 on trouve dans cet ouvrage, et dans plusieurs autres, des preuves d'un fort bon esprit, et le germe de plusieurs des vérités que l'art a depuis consacrées. Par exemple, dans son livre de curandis Vulneribus selopetorum, Lyon, 1560 ; Venise, 1566, 1597 Francfort, 1575 Anvers, 1585 avec les ouvrages d'Alphonse Ferri et de J.F. Rota, sur le même sujet, en allemand, Nuremberg, 1676 Botal combat la fausse opinion que les plaies d'armes à feu sont Vénéneuses ; il y blâme l'usage des tentes et du tamponnement dans les pansements, etc. Ses autres ouvrages, Liber de luis vencrece eurandoe Ratione, Paris, 1565 Commentarioli duo, aller de , nedici, alter, de cegroti munere, Lyon, 1565 avec les pièces suivantes : Admonitio fungi strangulatorii; de catarrhis Commentarius ; de Lue venerea ; de Vulneribus selopelorum, ne sont pas non plus sans intérêt. J. van Hoorne les a tous réunis, avec des notes, sous le titre d' Opera omnia medica et chirurgica, Leyde, 1660
  • Léonard BRAMER( 1596) : peintre, né à Delft, en 1596. A l'àge de dixhuit ans, il se rendit à Rome, en passant par Paris. Plusieurs tableaux qu'il peignit, tant en grand qu'en petit, pour le duc de Parme, lui acquirent de la réputation; il la soutint par ceux qu'il exécuta à Venise, Florence, Mantoue, Naples et Padoue. Selon Descamps, on distingue parmi les ouvrages que Bramer a faits en Italie, une Résurrection de Lazare et St- Pierre reniant Jésus- Christ, remarquables surtout par l'expression et le coloris. Il excellait à peindre des vases d'or, d'argent, etc. De retour dans son pays, il s'établit à Delft, et y travailla beaucoup, surtout en petit. La plupart de ses tableaux de cette espèce sont peints sur cuivre, et représentent des nuits, des incendies, des cavernes, des souterrains éclairés par des flambeaux. Le poête Smids fit en vers l'éloge d'un tableau où Bramer avait représenté Pyrame et Thisbé. Quelques biographes, et Descamps luimême, ont présumé, d'après la force et la vérité de la couleur de Bramer, qu'il avait été élève de Rembrandt. C'est une erreur : Rembrandt, né en 1606, ne peut être le maitre de Bramer, plus àgé que lui de dix ans, et qui, comme on 'vient de le dire, étant parti jeune pour l'Italie, y avait longtemps séjourné. De Fontenai est plus fondé à croire que Bramer dut plutôt sa manière à l'étude du Bassan et de la fameuse Nuit du Corrége ; mais ne vautil pas encore mieux penser que Bramer, doué d'heureuses dispositions, devint habile en étudiant simplement la nature, le meilleur de tous les maitres ? On ignore en quelle année ce peintre mourut. Le musée du Louvre ne possède aucun de ses ouvrages. — De Fontenai fait encore mention d'un BRAMER ou PRAMER , peintre (le Conversations , né en llollande, et qui vivait vers la fin du 17° siècle, mais dont les biographes des peintres des PaysBas n'ont point parlé, D—T
  • Léonard BRUNI( 1369) : écrivain célèbre en Italie, et l'un des principaux restaurateurs des lettres grecques et latines au 15° siècle, naquit l'an 1569 à Arezzo en Toscane; c'est ce qui le fait appeler assez communément LÉONARD ARÉTIN OU D'AREZZO. Il lit ses premières études dans 8a patrie. Rien n'annonçait en lui des dispositions particulières, lorsqu'ayant été fait prisonnier par les Français avec son père, et renfermé dans le chateau de Quarata, un portrait de Pétrarque, qui se trouva dans sa chambre, et qu'il regardait souvent, frappa son imagination, et alluma en lui cet amour des lettres qui ne s'éteignit plus. Il se rendit à Florence, où les plus habiles maîtres de littérature, de philosophie et de droit l'eurent parmi leurs disciples, et le distinguèrent pour ses progrès. Il quitta ensuite pendant deux ans toutes ces études pour se livrer entièrement à celle du grec, sous Emmanuel Chrysoboras. Le Pogge, qui était son ami, lui procura, en 1405, une place de secrétaire apostolique auprès d'Innocent VII. Ce pape, en le voyant, le trouva trop jeune et le lui dit ; mais il le soumit à des épreuves dont ce jeune homme se tira mieux que des concurrents plus àgés, et alors Bruni obtint la préférence. Il exerça cet emploi sous Grégoire XII, Alexandre V et Jean XXIII. En 1410, la république de Florence l'ayant nommé son chancelier, il se rendit à son poste, y renonça quelques mois après, reprit son service auprès du pape, et, quoiqu'il eût abandonné l'état ecclésiastique et se fût marié en 1412, il resta attaché à Jean XXIII, jusqu'au moment où celui- ci fut déposé dans le concile de Constance. Léonard, qui l'y avait accompagné, s'enfuit à pied, et n'ayant, pendant trois jours, d'autre nourriture que de mauvais fruits. Arrivé à Florence, il y reprit, en 1415, les études qu'il avait interrompues depuis plusieurs années. 11 y composa, entre autres ouvrages, une histoire de Florence dont la république le récompensa par le titre de citoyen ; elle y joignit mène quelques revenus transmissibles à ses enfants. Alors il se fixa entièrement à Florence, où était la famille de sa femme. On lui offrit de nouveau la place de chancelier après l'avoir refusée pendant quelque temps, il l'accepta enfin. C'était en lie, et il la conserva jusqu'à sa mort : il eût mème été gonfalonier s'il eût vécu davantage. Le respect que ses concitoyens avaient pour lui était partagé par les étrangers. Tous ceux qui passaient à Florence le visitaient ; on assure méme qu'un Espagnol, qui l'alla voir de la part du roi, se mit à genoux devant lui, et ne se releva qu'après les plus vives instances. Son carac- tère plein de dignité, de bonté, de gravité, lui at- tirait ces hommages, plus encore que sa renommée littéraire et son profond savoir. Il mourut subite-, nient à Florence, le 9 mars 144-1. Son oraison funè- bre fut prononcée solennellement à ses funérailles dans l'église de SantaCroce; l'orateur, Giannozzo Manetti, par décret de la seigneurie, le couronna de laurier. Son histoire de Florence fut placée sur sa poitrine, et le sculpteur Bernardino llosselino fut chargé de lui élever en marbre un tombeau qui subsiste encore. Arezzo, sa patrie, voulut rivaliser avec Florence, et décréta qu'il serait fait à son illustre citoyen des obsèques dont la dépense fut lixée à 40 florins d'or. Léonard Arétin laissa un grand nombre d'ouvrages : les plus estimés sont ses traductions du grec et ses ouvrages historiques : ses discours oratoires le sont beaucoup moins, sa latinité n'ayant pas l'élégance nécessaire à ce genre de composition. Le catalogue de ses œuvres imprimées, donné par Mazzuchelli, monte à vingtsix articles, et celui des œuvres inédites à plus de cinquante. Nous nous bornerons à citer les principaux ouvrages imprimés : I° de Bello Italie° adversus Gothos gesto libri A, Foligno, 1470 ; Venise, 1171 et réimprimé avec l'histoire de Procope et d'autres relatives à la guerre des Goths, Bàle, 1531, fol. ; Paris, 1551 etc. Cette histoire n'est, en grande partie, qu'une traduction de Procope, que Bruni eut le tort de ne point nommer dans sa préface, et dont on assura nième, de son temps, qu'il avait cru posséder le seul et unique manuscrit. 2. De Temporibus suis libri 2, Venise, 1475 et 1485 Florence, 1488 insérée dans le t. 19 des Scriptores Rerum Italie. 5° De Bello Pu- nie° libri 2, etc., Ir° édition, sans nom de ville, 1490 ; réimprimée à Brescia, 1498 Paris, 1512, lu-4°, etc. 4. Historiarum Florenti- narunt libri 12, neCnOn commentarius renon suo tempore in Bahia gestarum, etc. , Strasbourg, 1610 5° Le Vite di Dante e del Petrarca, Pérouse, 1671 ; Florence, 1672 ; souvent réimprim. avec les œuvres du Dante et de Cette histoire de Florence a été traduite en Italien par 'Donat Aceiajuoli, sous ce litre Historia del popolo Fiorentino da messer Lionardo Aretino , in latino, et tradotta in lingue toscana, Venise, 1473 et réimprim. plusieurs fois depuis. Cns. Pétrarque. 6° Vita di Cicerone, Parme, 1604, ouvrage posthume publié par Louis Lamberti, et dont Bodoni lit deux éditions dans la rame année., l'une grand et l'autre petit 7° Des traductions latines de plusieurs vies de Plutarque, de; Politiques et des Economiques d'Aristote, des deux harangues d'Eschine et de Démesthène pro Co- rolla, etc. 8. Des lettres latines : Epistularum fa- miliarium libri 8, dont le recueil est ce qu'il y a de plus précieux parmi ses ouvrages; elles le sont surtout par les renseignements qu'elles fournissent sur l'histoire littéraire du 1.7 siècle. La première édition parut en 1472 sans nom de lieu, niais on croit que ce fut à Brescia ; il en a été fait plusieurs autres en différents temps; la meilleure et la plus complète de toutes est celle que le savant abbé Mélius a donnée à Florence, 1731, 2 vol. précédée
  • Léonard CHAPPELOW( 1683 - 1768) : orientaliste anglais, naquit en 1685, finit ses études au collége StJean de Cambridge, où il prit ses degrés en 1712, devint, en 1717, membre du collége lors de l'exclusion de Tomkinson comme nonconformiste, et en 1720, successeur du savant Simon Ockley dans la chaire de langue arabe. Il en remplit les fonctions près d'un demisiècle, à la grande satisfaction des jeunes adeptes, et mourut le 14 janvier 1768. JI avait brigué, en 1755, la maitrise du collège StJean qu'il fut sur le point dlempor!er. Ses ouvrages sont : 1° une édition du de Legibus Ilebrceorum ritualibus de Spencer, Cambridge, '1727, 2 vol avec beaucoup d'ad- ditions et de rectifications laissées par Spencer mêmeen notes, qui furent remises par son légataire Tenison à l'université de Cambridge et par celleci à Chappelow. 20 Elementa linguce arabicce , Cambridge, 1730, tirés surtout d'Erpenius. 5° Commen- taire sur le livre de Job , Cambridge, 1752, 2 vol. Ce travail curieux annonce autant de critique littéraire que d'érudition. Si l'idée de ChappeIon, sur Job, qu'il croit avoir luimême composé sur ses malheurs un poi;me dont l'ouvrage hébreu ne serait qu'une imitation plus ou moins habilement encadrée dans un récit , est trop hardie , personne du moins ne nie que ses opinions et ses remarques ne soient justes et spirituelles. 4. traduction en vers anglais du Voyageur d'AlouIsmaïl Tograï. Ce poême arabe avait déjà été rendu en latin par Pocock et publié en .1661, avec la version latine et des notes qui se retrouvent dans l'édition de Chappelow avec des notes supplémentaires écrites pals luimême pour l'éclaircissement du texte. Les vers anglais de l'orientaliste traducteur sont ïambiques et calqués sur les mètres arabes. 5. Une réimpression des Six assem- blées, publiées en arabe et en latin par Schultens, 1767 Aux notes données par ce premier éditeur sur ce piquant recueil de prose et de poésie, extrait du grand ouvrage de Hariri, Chappelow en a joint d'entièrement nouvelles qui ne déparent point les anciennes
  • Léonard CORONA( 1561) : peintre de l'école vénitienne, né en 1561 à Murano, voulut devenir rival de Palma, et se vit aidé dans cette louable entreprise par le Vittoria, architecte et sculpteur assez renommé de ce temps, qui lui composait des modèles en tem cuite,- pour lui faire trouver de beaux développements de clairobscur. Avec ce secours, il peignit une Annonciation trèsestimée. Dans un arbre tableau, il déploya une fermeté et une noblesse qui étonnent et qui rappellent le Titien : cependant Corona se rapproche plus souvent du Tintoret, sinon dans le coloris, au moins dans quelques autres parties. Il composa un Crucifiement tellement ressemblant à un de ceux du Tintoret, que Ridolfi a de la peine à défendre Corona du soupçon de plagiat. Cet artiste étudiait les gravures des Flamands, surtout pour le paysage. Il mourut en 1605, laissant pour principal élève Balthazar d'Anna, Flamand de naissance, qui, en terminant les tableaux de son maître, resta en arrière pour le choix des formes, mais le surpassa pour la force et la vérité du clairobscur
  • Léonard COZZANDO( 1620 - 1702) : savant religieux italien, naquit en 1620 à Rovato, gros bourg du Bressan, et entra à l'âge de douze ans dans l'ordre des ser- vites. Doué d'une rare pénétration et d'un grand. amour de l'étude, il fut bientôt jugé digne d'ensei- gner la philosophie à Vérone, à Vicence et en d'autres villes. 11 devint ensuite professeur de théo- logie et régent du collège de StAlexandre, à Bres- cia, d'où, après sept ans d'exercice de ses deux emplois, il fut appelé à remplir successivement diverses charges de son ordre. Les travaux de ces différentes places ne l'empêchèrent point de s'occuper de littérature. Dès l'âge de vingtcinq ans, il avait publié plusieurs opuscules académiques sous le titre de Corsi di penna, ce qui lui valut d'être agrégé à l'Académie des Erranti. La réputation qu'ili'était acquise le fit appeler à Rome pour le chapitre général des servites, et si son âge n'eût , pas été trop avancé, il y aurait été nommé général. 11 revint dans sa patrie,habiter le couvent que les servîtes avaient au sommet délicieux d'une pe- tite montagne, nommée Monte- Orfano. Là, quoique très-âgé, il travailla à plusieurs ouvrages, dont la plupart furent alors imprimés, et publia un supplément à sa Libraria Bresciana osisia catalogo de- gli seri t t ori Bresciani, ouvrage déjà publié treize ans auparavant. Il mourut le 7 février 1702, laissant plusieurs productions manuscrites, dont une seule a vu le jour, soixantedeux ans après sa mort, savoirl'opuscule De plagiariis, que Lazzaroni de Venise mit en 1740 dans ses Miscellanea di varie ope- relie, tome 2. On voit, par ce qu'il dit de luimême dans la première édition de sa Libraria Bresciana, et dans son Ristretto storico di Brescia, qu'il fut en butte à la jalousie et à la malignité de ses confrères, et qu'il regrettait de n'avoir pas la fortune nécessaire pour faire imprimer ce qu'il avait écrit. Nous avons de lui : 1° Corsi di penna, Brescia, 1645 ; 2° Ristretto dei prelati della sua religione, Brescia, 1673 ; 3° Vite del P. Paolo Cigone, e del P. Ottavio Pantagato, docte servile de Brescia, qui avait été professeur de théologie en l'université de Paris : Cozzando le nommait la Fenice degli inge- gni ; 4° De magisterio antiquorum Philosophorum, Cologne, 1682 et Genève, 1684 ouvrage ',médiocre; 50 Libraria Bresciana, Brescia, 1682, réimprimée avec le supplément dans la même ville, en1694 : cet ouvrage donne une courte notice de trois cent dixhuit écrivains de la province de Brescia, et le supplément en comprend deux cent quatoirze, classés dans l'ordre alphabé- tique de leurs prénoms ; 6° Vago e curioso ristretto profano e sagro dell' historia Bresciana, Brescia, 1694 : la première partie, contenant l'histoire profane, est divisée en soixantequatorzechapites, dont le dernier seulement offre un précis de l'his- toire et des révolutions de cette province jusqu'à l'an 1516 ; les soixantecinq chapitres précédents offrent le détail des personnages remarquables auxquels ce pays a donné le jour, classés suivant leurs qualités ou professions; 7' Vita di Gio. Fran- cesco Quinzano Stoa, Brescia, 1694. — Donat COL- ZANDO, parent du précédent, né en 1570 et mort en 1627, fut avocat à Brescia, et a laissé : Alcune annotazioni sopra Bartolomeo Bertazzolo, De clou- sulis testamentorum, Venise, 1593 42° Sulla misura dell' acque correnti, Brescia, 1593
  • Léonard DIGGES : savant géomètre anglais du 10' siècle , né d'une famille ancienne, à Baillai"), dans le comté de Kent, mort vers l'année 1574. Ou a de lui les ouvrages suivants : 1° Tectonicuni, l'on démontre en peu de mots la manière de mesurer exactement et de supputer promptenzent Io grondeur 8 de toutes sortes de terres, places, bois de charpente, pierres, les hauteurs, etc., 1556, i0-4° ; augmenté et réimprimé par Th. Digges, son fils, en 159. 11 en a paru une 3° édition en 1647 2° Panto- metria , en 3 livres. C'est un traité de géométrie pratique , qui n'a été publié qu'après la mort de l'auteur, par les soins de son fils, en 1591 30 Pronostication perpétuelle et d'un usage certain, ou Règles choisies pour juger du temps par le soleil. la lune et les étoiles, etc., 1555, 1556 et 1564 réimprimée avec des corrections et additions
  • Léonard DONATO : de Léonard Donato a été écrite en latin par André Morosini, Venise, 1623 - DONAT° , fut doge de Venise en 1618, après Jean Bembo et avant Antoine Il mourut après un règne de trois semaines, sans avoir rien fait de remarquable
  • Léonard EULER( 1707) : l'un des plus illustres géomètres du 18. siècle , était doué d'une fécondité dont les fastes de la science n'offrent aucun autre exemple ; et, < i> sous ce rapport , il mérite incontestablement la première place parmi eux. Né à Bâle l& ii avril 1707, de Paul Euler, nommé pasteur de Riechen en 1708 , Léonard n'eut d'abord d'autre instituteur que son père , qui lui enseigna de bonne heure les éléments des mathématiques. Paul Euler les avait étudiées luiméme sous Jacques Bernoulli ; et son fils, qu'il envoya terminer ses études à l'université de Bàle, s'y montra digne d'obtenir les leçons de Jean Bernoulli, et l'amitié de Daniel et de Nicolas Bernoulli, déjà les émules de leur père. Celui d'Euler voulut lui faire quitter les mathématiques pour la théologie, mais enfin il consentit à le laisser entrer dans la carrière qu'il devait parcourir avec un si grand honneur. A dixneuf a ns, il obtint l'accessit du prix proposé par l'académie des sciences , sur la màture des vaisseaux. Bouguer, qui remporta < i> ce prix, était un géomètre déjà Ces actes , ainsi que les dépouilles de la sainte , existent dans l'église de SteMarie , à Barcelone. formé, professait dans un port de mer, et possédait sur la question à résoudre des connaissances spéciales que le jeune Bàlois ne pouvait réunir au méme degré. Lorsque Catherine Ire voulut achever la fondation de l'académie de StPétersbourg, commencée par Pierre le Grand , Daniel et Nicolas Bernoulli furent au nombre des savants qu'elle y appela , et s'empressèrent de procurer à leur jeune ami une place d'adjoint dans la méme académie. Nicolas Bernoulli succomba sous la rigueur du climat ; Daniel retourna bientôt après dans sa patrie, et son titre de professeur fut donné à Euler, qui multiplia ses travaux au point de paraître remplir en quelque sorte à lui seul, dans les mathématiques, la tache d'une académie en- tière. On peut dire , sans exagération , qu'il com- posa plus de la moitié des mémoires de ce genre dans les quarantesix volumes que l'acadé- mie de StPétersbourg publia depuis 1727 jusqu'en 1783 ; et en mourant il a laissé environ cent mémoires inédits, que la mème académie a insérés successivement dans les volumes qu'elle fait paraître chaque année. Outre cette masse immense d'écrits, il composa des ouvrages séparés , trèsimportants par leur sujet, considérables en étendue; il enrichit encore beaucoup le Recueil de l'académie de Berlin, pendant les vingtcinq années qu'il passa dans cette ville ; il donna quelques mémoires à l'académie des sciences de Paris, dont il remporta ou partagea dix prix; il ne dédaigna pas les sociétés savantes moins illustres ; enfin , il faut l'évidence du fait pour se persuader que tant de travaux ne sont dus qu'à un seul homme , qui passa les dixsept dernières années de sa vie dans la cécité. On sent assez, par ce qu'on vient de lire, qu'il est impossible , dans un article de dictionnaire, de passer en revue les principaux écrits d'Euler; nous ne pouvons qu'indiquer les caractères généraux qui distinguent ses prcductions de celles de ses contemporains, et les époques qu'elles marquent dans la science. Successeur immédiat de < i> Bernoulli, et continuant ainsi < i> l'école de Leib- nitz , il s'attacha surtout à perfectionner la science du calcul , en écartant de plus en plus les considérations de pure géométrie , que les disciples de Newton appelaient le plus souvent à leur secours. Le premier , il offrit l'exemple de ces longues déductions, où les conditions du problème étant d'abord exprimées à l'aide des symboles algébriques , c'est le calcul seul qui développe et surmonte toute la difficulté; niais pour en tirer ce parti , il faut le manier avec adresse , il faut en bien connaître les formes , en remarquer et en retenir toutes les circonstances, afin d'en pressentir tous les résultats. Euler a fait preuve, à cetégard, d'une éminente sagacité et d'un génie aussi profond qu'inventif. S'il était permis de mettre en parallèle deux hommes qui se sont illustrés dans des genres trèsdifférents, on dirait avec raison que, par son étonnante fécondité et sa facilité pour le travail , Euler doit occuper dans les mathéma- tiques la place que tient Voltaire dans les belleslettres. Celuici ne laissait échapper aucune des pensées , aucun des traits d'esprit qui s'offraient sous sa plume ; celuilà ne perdait pas un seul des calculs qu'il essayait dans toutes les recherches qu'il entreprenait sur les sujets les plus variés. De simples exemples proposés pour montrer l'usage des méthodes qu'il avait inventées ont encore aujourd'hui un mérite qui les rend préférables à tous ceux qu'on pourrait choisir. Doué de pareilles facultés, il dut influer puissamment sur la science; et, en effet, il lui fit prendre une face nouvelle. Il étendit considérablement la théorie des suites, et créa le calcul algébrique des fonctions circulaires. L'analyse indéterminée et la théorie des nombres, qui, depuis Diophante, n'avaient été cultivées avec quelque succès que par Bachet de Meziriac et Fermat , lui doivent de nombreux accroissements; et le premier il de'montra des théorèmes dont Fermat n'avait donné que l'énoncé. 11 traita entièrement la mécanique par l'analyse; et en augmentant ainsi l'étendue de cette science, il perfectionna beaucoup le calcul différentiel et le calcul intégral , dont il publia ensuite un cours complet, bien supérieur aux ouvrages qu'on possédait alors sur cette matière. Son premier écrit sur la màture et plus encore son séjour à StPé- tersbourg le déterminèrent sans doute à appliquer les mathématiques à la construction et à la manœuvre des vaisseaux. La découverte des équations qui expriment rigoureusement les conditions du mouvement des fluides , faite par d'Alembert , rappela l'attention d'Euler sur un nouveau genre de calcul qui s'était offert à lui douze ou quinze ans auparavant , et dont il n'avait pas d'abord senti toute l'importance; c'est le calcul intégral aux différentielles partielles. A ce sujet les historiens des travaux de d'Alembert et d'Euler ont commis deux erreurs opposées; Condorcet adjugeait sans restriction à d'Alembert la découverte du calcul dont nous venons de parler; et M. Fuss, disciple d'Euler, en rendant compte des travaux de son maitre sur la théorie des fluides, ne fait aucune mention de . Euler s'empressa d'étudier ce calcul , de l'expliquer dans Ses ouvrages , < i> et jam« < i> is le génie ne reçut < i> et ne rendit un plus bel hommage . Les questions importantes sur le système du monde, que Newton avait laissées à résoudre à ses successeurs , furent l'objet constant des travaux d'Euler, et lui méritèrent la plus grande partie des couronnes qu'il obtint dans les concours académiques. Un traité fort étendu sur la dioptrique a été le fruit de ses recherches sur les moyens de perfectionner les lunettes, sujet dans lequel pour se distinguer il lui aurait suffi de la part qu'il eut à l'invention , l'élégance continuelle de ses calculs , la netteté de ses vues, la pureté de son style, s'il est permis d'appliquer cette expression à la langue des mathématiques, que de titres pour disputer la première place! Laissons à d'antres l'honneur ou la tàche de prononcer, et revenons à l'exposition des écrits d'Euler. Le genre d'esprit qu'il a montré en physique explique ce qu'il a fait en philosophie; car il s'en est un peu occupé. Il a voulu démontrer en forme < i> l'immaté- rialité de l'elme, défendre la < i> révélation contre les esprits forts. Atil mieux réussi que ses devanciers? Ce n'est pas ici le lieu d'entreprendre cet examen. Dans ses < i> Lettres â une princesse d'Alle- magne , il rend sensible par Ces lettres , écrites dans un français bien peu correct , et ne renfermant qu'une physique et une métaphysique surannées , tout le mécanisme de la formation des syllogismes; il attaque le système des monades et de l'harmonie préétablie de Leibnitz; mais on ne voit pas, dans ces différentes discussions, qu'il ait, fait attention aux écrits des philosophes du 18., siècle qui ont revendiqué avec tant de zèle et de succès les droits de la raison < i> contre l'empire < i> des préjugés; on ne peut pas même le disculper de préventions injustes à leur égard; car il semble que c'est à cette opposition de sentiments qu'il faut attribuer ses torts réels avec , dont celuici eut le bon esprit et la générosité de ne pas se venger ; il ne cessa même de rappeler tout le mérite de son rival à Frédéric II, qui , peu instruit dans les mathématiques, les regardait à peu près comme inutiles lorsqu'elles étaient poussées au delà de leurs applications journalières; et, par cette raison, n'appréciait pas comme il l'aurait dû l'avantage de posséder Euler dans son académie. L'opinion de d'Alembert , qui parlait à la fois la langue des belleslettres et celle . Le noble procédé d'Euler, par rapport à Lagrange , fait ressortir davantage ces torts , mais les preuves en subsistent dans les < i> Mémoires de l'Académie de Berlin , années 17€, p. 213; 1763, p. 240; 1750, p. 412, et dans les < i> Souvenirs d'un citoyen, par Forrney, t. 2, p. 46. La correspondance de d'A- lembert avec le roi de Prusse est pleine des témoignages de l'es- time la mieux sentie pour Euler : voyez surtout p. 22 du tome 17 des < i> OEuvres de d'Alembert. En général, Euler citait peu et ce qui est bien remarquable , la première fois qu'il applique le principe de la < i> moindre action , il ne fait pas la plus légère mention de Maupertuis. < i> Voy. l'Additamentum , t. 1, à la lin du < i> Methodus inveniendi lineas curvas. historiens; mais il y a lieu de croire que depuis il avait négligé du moins tout ce qui ne se rappor- tait point aux sciences. Portant partout son goùt exclusif pour les mathématiques, un vers de Virgile lui suggéra l'idée d'une machine qu'il s'empressa de calculer. n Il était plein de vivacité; il ,C avait des saillies perpétuelles , et aimait la plaisanterie; mais je ne sache pas, dit Formey , qu'il ait jamais fait cas d'aucun a ouvrage , qui , l'enlevant au travers des flammes, lui conserva quelques années dont il fit encore un usage digne de sa ré-. putation ; ses manuscrits furent sauvés, et le gou- vernement le dédommagea de la perte de sa maison et de ses effets. En 1776 , ayant perdu sa première femme, qui l'avait rendu père de treize enfants , dont il ne lui en restait plus que cinq, il épousa sa bellesoeur ; il vivait alors au milieu d'une famille nombreuse et de disciples qui lui prodiguaient les témoignages les plus touchants d'attachement et d'admiration : de trentehuit petitsenfants , vingtsix vivaient encore à l'époque de son décès ; mais il venait de perdre deux filles mariées. Sa mort fut subite ; le 7 septembre 1783, « il cessa de calculer et de vivre. » Mot qui caractérise toute l'existence d'Euler, « un de ces hotu-« mes , » ajoute Condorcet , « dont le génie fut « également capable des plus grands efforts et du « travail le plus continu ; qui multiplia ses pro-« ductions au delà de ce qu'on eût dû attendre « , et dans le < i> Dictionnaire de Hensel. Les ouvrages qu'Euler a publiés séparément sont lo < i> Dissertatio physica de Sono , Bâle , 1727 < i> i"; 2" * < i> Akchanica, sire mottis scientia, analytice ex- posita , St- Pétersboung , 1756, 9. volumes 50 < i> Einleitung in die Arithmelik , < i> ibid. , < i>'1738 , volumes en allemand et en russe; 4" < i> Tenffimen noue theorim Music, ibid. 1743 avec une suite ; 8" < i> Nette Grundsœtze , etc. , ibid. , 1745 avec 8 planches. Les Commentaires ; 9. < i> Opus cula rani argumenti , ibid. , 1746-51 , 3 volumes i11-40; 100 < i> Nonce et correetoe tabukc ad loca Luncc < i> computanda , ibid., 1746, ; 11° < i> Tabulee astro- < i> nomicœ Solis et Lime , ibid. ; 12. < i> Gedanken etc. , ibid. 130 < i> Rellung der Gottlichen Offenbarung , etc. , < i> ibid., 1717 traduit en français et réimprimé en 1805 ; nouvelle édition, Mont- pellier, 4825 ; * < i> Introductio in analy- < i> sin infinitorum, Lausanne, 1748 , 2 volumes fig. , réimprimés à Lyon , en 1796; traduits en allemand par Michelsen, Berlin , 1788-91 , 5 volu- mes Le Fr volume a été traduit en français par Pezzi , Strasbourg , 1786 le 2e, d'une manière médiocre par M. liramp, 1786, 2 volumes petit et l'ouvrage entier par M. Labey, Paris, 1798 , avec des notes ; < i> Scientia ? tandis sen < i> tractatus de COnStruendis ac diiigendis ? minibus , StPétersbourg , 1749 , < i> 2 volumes fig. ; 16" < i> Tlieoria mottés luzue, Berlin , 1753 ; 17" < i> Dis- sertatio de principio actionis, zeiia mn exa- mine objectionum cl. pr Les ouvrages marqués d'un * sont les plus importants. 2 / 17651 fig., réimprimée avec , et de nouveau en 181.2, d'après la première édition , et avec des notes de M. Labey ; traduites en allemand , 1. par Engel et Lodern , Leipsick, 1769-71 ; 2° d'après l'édition de Condorcet, par Kries, ibid. , 1792-94, 3 volumes en.anglais , par Hunter, Londres , 1795 , 2 volumes 23.* < i> Anleitung zur Algebra , StPétersbourg, 1770 traduit en russe, ibid., 1772; en hollandais, Amsterdam, 1773; en français, par Jean Bernoulli, avec additions de Lagrange, Lyon, 1770; ibid., 1774 ; réhnprimé en 1788, avec des corrections, à StPétersbourg ; id. Lyon , Bruyset , an 3 ; id. Paris, 1807, avec des notes de M. Garnier. Les additions de Lagrange ont été refondues dans l'édition allemande donnée par Gruson , Berlin 1796-97, 2 volumes ; 2P < i> Dioptrica , StPétersbourg , 1767-71 , 5 volumes ; 25.* < i> Theoria niobium & < i> lice noya methodo pertractata, ibid., < i>1772, < i> 4.; < i> 26. Nom Tabulœ lunares , ibid. 27° < i> Théorie complète de la cons/ < i> rue- fion et de le manoeu- < i> vre des vaisseaux , ibid. , 1775 traduit en russe par Glolowin , ibid., 1778 ; M. de Ktratio en a donné une édition retouchée ,pour le style , Paris , 1776, 1 volume ; < i> Eclaireis- sements sur les établissements publics en faveur tant des mures que des ', loris , titre assez singulièrement énoncé (l'un ouvrage concernant les caisses d'épargnes, avec des tables calculées par M. Fuss, sous la direction d'Euler ;29. < i> Opuscula enalytica, StPétersbourg , 1783-85, 2 volumes
  • Léonard FIBONACCI : mathématicien de Pise, vivait au commencement derie siècle. Étant encore enfant, il fut conduit par son père en Barbarie ; il y étudia tout ce que l'on y savait sur les sciences , revint dans sa patrie , et fut le premier qui introduisit en Italie l'usage des chiffres que nous nommons arabes et que lui appelle indiens. Il a composé un Traité d arithmétique , que l'on conserve en manuscrit dans la bibliothèque Maglia- becchiana, et dont l'abbé Zaccaria et le docteur Targioni ont donné des extraits dans leurs ouvrages. Ce traité est intitulé : Incipit liber abaci compositus a Leonardo filio Bonacci Pisano in anno 1202. Targioni, dans son extrait, nous a fait connaître plusieurs propositions relatives aux monnaies et aux mesures usitées en Italie dans les 12° et 13e siècles. Il rapporte en outre une dissertation sur l'origine de notre arithmétique, dans laquelle on voit que Fibonacci , tout en admettant que les Arabes empruntèrent des Indiens leurs caractères arithmétiques et leur système de numération , cite cependant plusieurs ouvrages latins du 11e siècle dans lesquels se trouvent des chiffres arabes, qui , en se rapprochant par leur forme de ceux dont nous faisons usage , ressemblent aussi à de petites lettres grecques que l'on aurait un peu altérées. Fibonacci infère de là que les caractères qui nous ont été transmis par les Arabes pourraient bien nous venir des Grecs plutôt que des Indiens. Cette opinion a été soutenue depuis par plusieurs savants. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner jusqu'à quel point elle est fondée, mais il est aisé de voir que la plupart de ceux qui ont traité cette question n'ont pas connu l'ouvrage de Fibonacci. On conserve encore dans la bibliothèque Magliabecchiana un autre ouvrage manuscrit de Fibonacci Pratira Geographioe ; il a été écrit en 1220, et Targioni en a aussi donné un extrait
  • Léonard FIORAVANTI : médecin , chirurgien et alchimiste du 16. siècle , naquit à Bologne. En 1548 il se rendit à Palerme, où il exerça sa profession pendant deux années ; alors il s'embarqua sur une flotte espagnole pour l'Afrique , revint à Naples en 1555, alla ensuite à Home , puis à Venise. De retour à Bologne, il y fut proclamé docteur, comte et chevalier, titres auxquels il attachait une grande importance et dont il n'oubliait jamais de se décorer. Avec des talents médiocres et une extrême jactance , Fioravanti s'acquit une réputation brillante et la conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 4 septembre 1588. On retrouve dans ses écrits, qui sont assez nombreux, la forfanterie qu'il mettait dans ses discours ; chaque page offre les traces d'une vanité ridicule. L'auteur raconte avec emphase tantôt l'histoire d'une opération regardée jusqu'à lui comme impossible , tantôt la guérison d'une maladie désespérée. Il se vante d'avoir recollé des nez complétement arrachés, d'avoir excisé des rates, réuni des plaies énormes au moyen de la suture ; il prodigue sans pudeur des éloges fastueux à son baume, à son élixir, à ses poudres, à ses arcanes; en un mot, sa conduite fut celle d'un empirique et presque d'un charlatan. Toutefois ses ouvrages furent accueillis plus favorablement que ne l'auraient été ceux d'un observateur judicieux , d'un praticien mo- deste. 10 Lo specchio di scienza universale libri tre Venise , Valgrisi , 1564 ibid., 1592, 1609; traduit en latin, Francfort, 462h en fran-çais , par Gabriel Chappuis , 1584 2. Del regqimento della peste , Venise , 1565 ; ibid. 1571 , 1594, 16'26; traduit en allemand, Francfort, 1639 5" Li capricci medicinali, Venise, 1568 ibid. , 1582 , 1665. 4 Il tesoro della vita mana, Venise, 1570 ibid., 1582, 1620. 50 Il compendio dei secreti razionali intorno alla medicina, chirurgia ed akhimia , Venise , 1571 ibid., 1666; Turin, 1580 ; traduit en allemand , Darmstadt, 1624 , in - 80. 6. La jisica , divisa in quattro libri , Venise , 15'82 , in - ; ibid. , 1605, 1629; traduit en allemand, Francfort, 1648 7. La cirugia , distinta in tre libri, con una giunta di secreti nuovi, Venise , 1582 , ; ibid. , 1595 , 1679. Ce livre est, au jugement de Haller, une rapsodie informe qui n'a guère de chirurgi- cal que le titre
  • Léonard FUCHS( 1501 - 1566) : célèbre médecin et botaniste allemand , naquit en MM à Wembdingen en Bavière. Bien que privé de son père à l'àge de cinq ans, son éducation ne fut point négligée : sa mère cultiva les heureuses dispositions qu'il avait reçues de la nature; et les progrès de l'enfant furent tellement rapides, qu'il fut cré, bachelier à l'université d'Effila avant d'avoir atteint sa quatorzième année. De retour à Wembdingen, il donna pendant dixhuit mois des leçons de langue latine et de littérature; et le jeune instituteur eut constamment un grand nombre d'écoliers. Loin d'are enorgueilli d'un pareil succès, il sentit qu'il avait luimeme besoin de s'instruire encore; et il se rendit à Ingolstadt, où il fut reçu maitre ès arts i en 11. Séduit par l'éloquence de Luther, entraîné par la force de ses arguments, il adopta sans réserve et pour toujours la doctrine de ce hardi réformateur. Passionné pour l'histoire naturelle , et jaloux ; en français, Lyon, 1515 lig. ; ibit1,15à8, fig.; Rennes, 1675 par Guillaume Gueroult , Paris,I518 lig.; par Eloi Magnan, Paris, 459 fig.; en espagnol, par Jean Jarava, Anvers, 1557 , lig. Indépendamment de ces productions majeures, Fuchs a co Le kruidbon tle Dadoenii n'eg luimème qu'une ver,ion hollandaise augmentée dc l'ouvrage dc Fuchs . XV, posé divers opuscules : il a réduit les principaux points de la médecine en tableaux synoptiques, Bàle , 1558 il a traduit en latin et commenté plusieurs traités d'Hippocrate et de Galien, entre autres, les Aphorismes et le sixième livre des Épidémiques; il a également donné une version latine enrichie de notes du fameux Dispensaire de Nicolas Myrepsus. 11 a souvent trempé sa plume dans le fiel pour combattre les opinions et repousser les attaques de ses nombreux adversaires. Un des plus acharnés fut Jean Cornarius, qui lança contre lui la virulente diatribe : Vulpecula exco- riait . Fuchs lui répliqua par son Cornarius fierais, BAle, 4535 Il ne traita pas avec beaucoup plus de ménagement ses con- frères Sébastien Dumont, Guillaume Dupuy, „Jérémie Drivère , Jean Brettschneider , Gau t hier lierman Ryff et le libraire Chrétien Egenolf . Il s'agit maintenant d'apprécier le mérite de Fuchs; et certes on doit lui assigner un tics premiers rangs parmi les restaurateurs de l'art de guérir en Europe. S'il a porté trop loin la haine contre les Arabes, il a du moins fixé l'attention sur les écrits des Grecs, qui sont en effet la source la plus pure de la vraie médecine. Il a donné des préceptes judicieux sur les purgatifs et sur la manière de les administrer ; il a recommandé l'usage des bains dans diverses maladies, et notamment dans les affections fébriles; il a signalé les caractères distinctifs de la lèpre des Grecs et de celle des Arabes. 11 a fait voir que la syphilis était mie maladie récente, apportée en 1495 du nouveau inonde sur notre continent, et qu'on avait tort de la confondre avec diverses altérations cutanées décrites par les anciens. Considéré comme naturaliste et surtout comme botaniste, Fuchs tient une place encore plus distinguée : il a répandu une vive lumière sur la science des végétaux. Il s'attacha principalement à faire connaltre avec exactitude ceux dont se sert la thérapeutique; et ses planches, bien que dessinées au simple trait, sont généralement trèsfidèles. Il fait voir qu'on a mal connu et mal comparé les plantes et leurs produits mentionnés par Théophraste , Dioscoride, Hippocrate et Galien. Il esquisse l'histoire littéraire, naturelle et médicale de l'aloès, de la rhubarbe, de la casse , de la manne, de l'aigremoine, de la centaurée, de l'aconit, de la ciguë, du ladanum, du mézéréon, du sangdragon , des cubèbes, de la bourrache, du sucre. C'est lui qui a débrouillé en quelque sorte la description , auparavant si confuse, de la digitale pourprée, et lui a imposé le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Plumier a consacré à la mémoire de cet illustre botaniste, sous le titre de fuchsia, un genre de plantes de la famille des myrtes, analogue au grenadier, et dont presque toutes les espèces, originaires du nouveau inonde, se dist par l'élégance de leur feuillage et la beauté de leurs fleurs écarlates. Le professeur de littérature Georges Ilizler a publié : Oratio de vita et 55 Pnoribus Leonhardi Fuchsii , Tubingue, 1566 C.
  • Léonard FRULLANI( 1756) : né en 1756, à StJeanallaVena en Toscane, reçut sa première éducation sous la direction de l'abbé Jules, son oncle paternel. S'étant rendu à Pise, il y étudia le droit, prit le grade de docteur et fit son stage près de l'auditeur Vernaecini. Ayant quelque difficulté à parler, il ne put suivre le barreau; mais, profondément versé dans la science des lois, il obtint beaucoup de succès par ses consultations. Lorsque l'archiduc Léopold , grandduc de Toscane , fut appelé, en 1788, à succéder à son frère l'empereur Joseph II, il chargea Frullani de rédiger jacte d'abdication de la couronne grandducale n faveur de son fils Ferdinand HI. Ce prince, Hi connaissait la capacité de Frullani, le nomma en 1794 auditeur au tribunal de Livourne pour la direction de la justice commerciale. Après le départ du gouverneur Seratti, il fut chargé pendant plusieurs mois du gouvernement politique de cette ville, jusqu'à l'arrivée du général Spannocchi; et en 1796, lorsque l'armée française, sous les ordres de Bonaparte, eut envahi tout le littoral , Frullani fut nommé auditeur du gouverneur, et rendit alOrs de grands services au commerce et à la banque. En 1798 , il pourvut aux exigen- ces de là flotte napolitaine, et l'année suivante il maintint la tranquillité pendant l'occupation de cette ville yar les Français, qui ne l'évacuèrent qu'au mois, de jnillet , après la bataille de la Trébia , livrée par Souwarow. L'ingratitude de ses concitoyens détermina Frullani à se retirer à Florence, où il fut nommé, en 1800, directeur intime des finances. Bientôt la bataille de Marengo ayant de nouveau rendu les Français mitres de la Toscane, il émigra à Home, où il resta jusqu'à la paix de Lunéville , qui appela l'infant don Louis de Parme au trône d'Étrurie. Sous ce nouveau roi, Prullani fut président de la consulta et conseiller intime de finances et de guerre. Lorsqu'en 1808 l'Étrurie, c'est-àdire la Toscane, fut réunie à l'empire français , il remplit les l'onctions de président à la cour criminelle de Florence; mais cette place répugnait iuson coeur, parce qu'elle le forçait de prononcer fréquemment, d'apr les lois françaises, des condamnations à mort dans un pays où l'application de cette peine était trèsrare , et méme sans l' au jury, qui ne fut pas accordée aux départements au delà des Alpes. Aussi Frullani acceptatil avec empressement la présidence de la cour prévôtale instituée pour juger en appel les ;M'aires de confiscation et de contrebande. Ênlin il fut accueilli avec bonté, en 1815,, par son ancien souverain le grandduc Ferdinand III, que le traité de Vienne venait de réintégrer dans ses États. Ce prince le chargea de projets de lois organiques et le nomma directeur des finances et de la dépositerie. Frullani mourut à iorenée le 15 juin 189.1 Il était membre de l'Académie de la Crusca. — ÈRULLANI , mathéinaticien , fils du précédent, naquit en 1795 à Livourne, où son père remplissait les fonctions d'auditeur ; il fut amené fort jeune à Florence, lorsque son père y vint occuper la place de président de la consulta. Doué des dispositions les plus rares, il se plaisait, dès l'àge de huit ans, dans la société des savants et des artistes , qu'il étonnait par la sagacité de ses questions et la force de ses raisonnements. Il fut initié dans les (1' Le grandduc de Toscane Léopold, par un édit du 30 novembre 1780, avait aboli la peine de mort ; mais il fut malgré lai foreé de la rétablir par une loi du 30 juin 1790, dispoSition confirmée par 1 édit du 30 août 1795, sciences mathématiques par le professeur Pieraccioli , qui avait reçu l'hOspitalité dans la maison de Frullani. Ses premières études terininées, il vint à l'Athénée de Pise, Où il eut pour maltres le mathéinaticien Paoli et le physicien Ceibi, sons lesquels il fit de grands progrès. Le gouvernement français ayant créé dans cette ville , en 1808, une école normale sur les mémes bases que celle de Paris, Frtillahi y fut admis, et , à l'àge de dixsept ans , devint répétiteur de mathématiques. Il avait retrouvé dans cet établissement Cerbi, gni en était directeur, et Pieraccioli, sousdirecteur. En 1815, après le retour du granddue de Toscane Ferdinand III , Frullaril obtint une chaire de matliéniathlties à l'université de Pise, en remplacement de Paoli, appélé à la direction de l'instruction publicpie, et l'année suivante il fut &bilis à la ,Société italienne (les quaeante, pour es recherchés sur les séries et l'intégration dés équations de dierents degrés. Membre de la cOmmksion chargée par Fetidinand de proposer les moyens tic répartir l'impôt stir des bases plus équitables, il s'acquitta de cette Liche avec une telle capacité, que le grandduc le nOinina direc- teur général de la conservation du cadastre et dit bureati des petits et chatissées Il dut alag re- noncer à l'enseignement pour venir habiter Flo- rence; et il v Mourut le 25 muai 1831 n'Infini était chevalier des ordres du Mérite et de St-Étienne. Outre quelques manuscrits sur le cadastre, oh a de lui cinq Mémoires Sur des 'litesfions de mathéhiatiques dans le hecueil de la Société italienne , t. 18, 19 et O. Md ROSini, professetir à l'université de Pise , atitétie de là J1lo- naca et d'autres écrits, a publié dioge Finilaui , son collègue et Son ami, PiSe, 1835, C—G—v et W—s.
  • Léonard GAY-VERNON( 1748 - 1822) : né à StLéonard dans le Limousin en 1748, d'une famille trèshonorable et qui mème se prétendait noble , embrassa dès sa jeunesse l'état ecclésiastique et se trouvait curé de Compreignac près de Limoges au moment où éclata la révolution. 11 en adopta les principes avec beaucoup d'ardeur et fut le premier de la contrée qui substitua dans les prières de l'Église le i Domine, salvam fac gentem au Domine, s i« i lvum fac regem i. Tant de patriotisme le fit élire, en 1791, évoque constitutionnel de la HauteVienne, puis député du même département à l'assemblée législative, où sa première proposition fut à l'appui de son collègue l'évOque du Cher, Torné, qui avait demandé que l'on défendit aux ecclésiastiques de porter hors de l'exercice du saint ministère les signes de l'habit religieux. Cette motion fut décrétée après une assez courte discussion. Alors on vit tous les ecclésiastiques de l'assemblée se découvrir et mettre leurs calottes dans leurs poches au milieu des applaudissements et surtout des éclats de rire des spectateurs, à qui cette scène grotesque parut fort divertissante. Après avoir ôté sa calotte, GayVernon détacha sa croix pectorale et vint la déposer sur le bureau des secrétaires, disant qu'il ne porterait désormais qu'une croix de bois : mais il ne porta plus ni croix de bois ni croix d'or, puisqu'il renonça bientôt publiquement à la dignité épiscopale. Élu de nouveau député à la convention par le mène département, GayVernon s'exprima en ces termes dans le procès du roi : « Louis a mérité la a mort, je vote pour la mort. » 11 s'opposa ensuite à l'appel au peuple et se prononça contre tout sursis à l'exécution. Dans la crise du 51 tuai, il se montra l'un des ennemis les plus prononcés du parti girondin , et dénonça plusieurs députés de son département comme ayant professé des opinions contraires à la révolution. Le 7 novembre 1795, lors de l'apostasie de Gobel et des autres constitutionnels au dedans et au dehors de l'assemblée, GayVernon écrivit à la Convention une lettre où il déclarait qu'il avait i soupiré après le moment actuel el. qu'il obéissait à la voix de la raison, de la philosophie et de la liberté i. On a dit qu'il écrivit dans son département des lettres contre la religion. Depuis ce temps, siégeant toujours à la crête de la montagne, il parut rarement à la tribune jusqu'à la chute de Robespierre ; et même alors il ne renonça point encore à l'exagération de ses opinions , car il essaya de défendre Carrier, nonseulement au club des Jacobins, mais dans l'assemblée ; et assez longtemps après cette époque , devenu membre du conseil des cinqcents par la réélection des deux tiers des conventionnels, il persista dans son système et attaqua avec la plus grande violence les députés frappés par la révolution du 18 fructidor. On l'entendit repousser avec dureté une pétition de madame Paradis, qui implorait l'indulgence de l'assemblée en faveur de son mari compris dans la proscription. 11 fut ensuite le rapporteur d'un projet contre la classe entière des cidevant, nobles : « C'est, « ditil, dans la notoriété publique et dans une « suite non interrompue de conspirations de leur a part, pour relever le trône et accabler la nation, « que la commission a puisé les motifs du projet « qu'elle présente et qui les exclut de toutes « fonctions publiques jusqu'à quatre ans après la « paix générale. » Ce projet qui eût éconduit beaucoup de généraux et de grands personnages, entre autres le i directeur i Barras, fut ajourné indéfiniment. GayVernon sortit du conseil en 1798 : il fut nominé consul à Tripoli, ne s'y rendit pas, et alla remplir la place de secrétaire du consulat révolutionnaire momentanément établi à Rome, place qu'avait occupée avant lui un piètre nommé Bassal. Cependant il ne se comporta pas dans ces fonctions au gré du directoire, i qui i empêcha son admission au conseil des cinqcents, où il venait d'ètre réélu par le parti des anarchistes, en lui appliquant les dispositions de la loi du 22 floréal, et le déclara ensuite déchu du titre de citoyen français, comme étant devenu romain en exerçant les fonctions de secrétaire du consulat de la nouvelle république. GayVernon réclama avec succès contre la sévérité du directoire lors de la décomposition ; il abdiqua la dignité romaine pour redevenir Français et fut nommé par le nouveau directoire commissaire général près l'administration départementale de la Somme. A cette époque, quelques personnes pieuses d'Abbeville ayant cru pouvoir rendre un hommage public à la mémoire de Pie VI, le commissaire GayVernon i écrivit ainsi sur ce i fait aux municipaux de cette ville : « Il est donc bien constant a que l'acte le plus incroyable, le plus absurde, a le plus contrerévolutionnaire et le plus inimo« rai, vient d'avoir lieu dans l'enceinte de vos a murs. Quoi! on a dressé un catafalque devant a un autel, célébré une fête funèbre en mémoire a de l'assassin de Bassville, de Duphot et de tant ti de Français ! Cet impie qu'on nomme Pie VI et que Boille même avilie méprisait, s'est ligué avec « les barbares du Nord et de l'Orient, c'est-àdire a avec ce qu'il appelait le schisme, l'hérésie et le « paganisme pour réasservir le monde, le plonger « dans les ténèbres de l'ignorance et anéantir « toutes les i idées libérales i. Cet impie qu'entouCt raient tous les vices personnifiés et qu'une cra,, pule honteuse déshonorait, a couvert notre 'C patrie de sang et de carnage. Il a fait prêcher « au nom , avec lequel on l'a quelquefois confondu, était aussi curé ; il abjura également ce caractère en 1793 et se maria
  • Léonard GIUSTINIANI( 1388) : frère cadet du B. pa-! triarche Laurent, naquit à Venise vers 1388 d'une famille patricienne. Il fut disciple du célèbre Guarino de Vérone, et après s'ètre perfectionné dans les Lingues anciennes sous la direction de cet habile maitre, il alla faire son cours de philosophie à Padoue . Admis bientôt dans les conseils de la république, il eut plusieurs fois l'occasion de porter la parole au nom du sénat, et il s'en acquitta toujours avec le plus grand succès. En 1418 il prononça l'oraison funèbre du grand amiral Charles Zéno. Lors du passage de l'empereur Jean Paléologue à Venise en 1.07 , il eut l'honneur de le complimenter ; et l'on assure que ce Prince témoigna sa surprise de la facilité et de l'éléganceavec lesquelles Léonard parlait la langue grecque. Dans les loisirs que lui laissaient ses diverses fonctions, il cultivait la littérature et la poésie. Il composa d'abord un grand nombre de chansons et d'épigrammes, qui doivent se ressentir de la licence des moeurs à cette époque en Italie et surtout à Venise. Par les conseils de son On doit reprocher à Papadopoli de ne l'avoir pas nommé dans son Historia Gymnasii patavini , parmi les éleves dist sortis de cette école. Et non pas en 1423, comme Tiraboschi le dit pur inadvertance dans sa S'aria delta letteratura italiana. frère, il cessa de s'exercer dans un genre peu convenable pour un magistrat, et il consacra son talent poétique à . Léonard aimait les livresavec passion, et possédait une des plus belles biblio- thèques de son temps. On sait qu'il refusa de rendre à Fr. Philelphe une caisse contenant des manuscrits précieux, qu'il lui avait adressée de Constantinople . Le P. Agostini , l'un des biographes de Léonard, s'est efforcé de justifier la conduite qu'il tint dans cette occasion ; mais elle est inexcusable. On a de lui : 1. Oratio habita in funere Garai Zeni ; elle est imprimée dans les Orationes de son fils Bernard ; dans la Colleen° scriptor, des PP. Durand et Martène, t. 3, p. 743, et dans les Scriptor. re- rum italicar., de Muratori , t. 19, p. 573 ; Epis- tolce , avec celles de Bernard, dans le Recueil qu'on vient de citer ; 5. Vita S. confes* soris Nicolaï, coq- nominati magni ac Myrensis , antistitis admirandi, ex grœco in lat. translata. Cette vie, traduite de Siméon Métaphraste, a été publiée dans les Vite sanctorum de Surins, au 6 décembre. 4. Les Vies de Cinna et de Lucullus , traduites du grec de Plutarque. On lui attribue encore celles de Phocion et de Caton d'Utique, imprimées sous le nom de Lapo Birago . 50 Canz; oni e strambotti d'amore, Venise, 1482, 1486 ; 6. Devotissime e son- tissime Lande , 1475 ; Venise, 1483, mème format. Haymen cite dans la Riblio- theca italiana une édition Venise, 1517, sous le titre d'Opere poetiche , qui contient outre les lande une vie de JésusChrist. Il est peu de Raccolte du 15e siècle et des premières années du 16e siècle qui ne contiennent quelques lande de Léonard. On conserve dans diverses bibliothèques d'Italie un grand nombre de pièces inédites de ce pone. Crescimbeni en a publié une comme essai dans la Storia della volgar poesia, t. 3, p. 247. C'est une canzonetta à la louange de la SteVierge. Le P. Agostini a donné dans les Scrittori veneziani une notice sur Léonard , exacte et trèsdétaillée
  • Léonard GRIFFI( 1437 - 1485) : en latin GRIFFUS OU GU-. PHIUS, archevèque de Bénévent et l'un des mea- leurs poètes du 15e siècle , naquit en 1437 à Milan, d'une famille patricienne. Il s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude du droit; mais il ne laissait pas de suivre son inclination pour la poésie latine, et avant l'âge de vingt ans il avait composé de petites pièces qui, par la grâce et la facilité, rappellent le pete de Sulmone , auquel ses amis le comparaient. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut honoré de divers emplois dans sa patrie. Sur sa réputation , le pape Sixte IV le fit venir à Rome en 1478, le nomma son secrétaire , et lui donna l'évêché de Gubio , d'où il fut en 1482 transféré sur le siége de Bénévent. Ce prélat mourut à Rome en 1485, à l'âge de 48 ans, et fut inhumé dans l'église de StLibérat , qu'il avait fait ériger ou reconstruire, et dans laquelle on voit son épitaphe rapportée par l'Argellati dans les Scriptor. nzediolan., 2e partie, col. 710. Son Oraison funèbre fut prononcée par Poniponio Leto. Cette pièce n'a point été imprimée , mais la bibliothèque du Vatican en possède une copie. Ami des principaux littérateurs de son temps, 6)1111 fut lié particulièrement avec François Philelphe, dont on a plusieurs lettres qui lui sont adressées. Les Poésies de Griffi, restées inédites, sont conservées à Milan , dans la bibliothèque Ambrosienne . Muratori en a tiré : Conjlictus aquilani quo Braccius Perusinus profligalas est libellas, pour l'insérer dans le tome '25 des Scriptor. reruin italicar. Ce peine en vers hexamètres est, de l'avis de tous les critiques, pour l'élégance et l'harmonie , égal aux compositions les plus estimées de la même épéeque
  • Léonard LEO : célèbre compositeur italien, l'un des chefs de l'école napolitaine , naquit , non à Naples, comme disent presque tous les biographes, mais dans la Pouille , à SanVitodegliSchiavi , village de la province d'Otrante , non loin de Lecce . Son nom véritable était De- Leo, et des renseignements pris sur les lieux prouvent que sa naissance a eu lieu en 1694 et non en 1701, comme le supposait Piccinni . On ignore quelle était la profession de ses parents, qui, en tout cas, appartenaient à la classe inférieure ; on ne sait pas non plus quelles circonstances l'amenèrent à Naples, mais il s'y trouvait dans sa première adolescence , puisque nous le voyons en. trer de bonne heure au conservatoire de la PietàdeiTurchini. Après avoir étudié les éléments de la grammaire et de la musique sous des maîtres inconnus, il reçut des leçons du premier , dont M. Fetis a mal à propos adopté l'opinion, lui donne pour maitre Octave Pitoni, qui, selon cet écrivain, aurait de mètne instruit complétement, istrui completamente, Durante et Feo. Une pareille hypothèse ne parait point soutenable : de pauvres jeunes gens, élevés par charité dans des établissements de fondation pieuse, ne sont point à même de voyager et ne connaissent d'autres maîtres que ceux qu'on leur donne. Ce qui a pu faire nal tre cette supposition , c'est que plus tard, en 1732, Leo, àgé de trente- six ans, se rendant à Venise pour mettre en musique et monter le Catone de Métastase , put , en passant par Rome , visiter Pitoni , alors âgé de soixantetreize ans , et recevoir quelques conseils de sa longue expérience : mais la politesse et la juste déférence d'un jeune compositeur déjà illustre vis-àvis d'un des plus illustres doyens de l'art n'autorise point à dire qu'il ait pris ses le-çons. Il faut s'en tenir à croire que Leo put voir Pitoni et en recevoir des avis utiles, même après ceux des maltres napolitains. Une autre opinion, beaucoup plus répandue et qui pourtant n'est pas mieux fondée, donne pour maître à notre compositeur le célèbre Alexandre Scarlatti , qui dès 1689 enseignait à Naples et formait d'excellents élèves ; mais c'était au conservatoire de Loreto qu'il appartenait et non à celui de la Pietà, et jamais les élèves n'allaient d'un conservatoire à l'autre. Si donc Leo fut élève de Scarlatti , ce fut uniquement dans le mème sens que le furent tous les admirables compositeurs napolitains du 18 siècle auxquels il avait ouvert la voie. Quoi qu'il en soit, aussitôt ses études terminées, Leo devint second maître du conservatoire de la Pietà. En 1716, il entra comme organiste à la chapelle Palatine, où Scarlatti remplissait les fonctions de maître, et fut plus tard son successeur. C'est sans doute une des raisons qui ont fait croire qu'il avait été son élève. Il conserva cette place jusqu'à sa mort. Il devint aussi premier maître au conservatoire de StOnuphre, où il compta parmi ses élèves Trajetta et Piccinni. Cet établissement ayant été réuni à celui de la Pietà, Leo resta chargé de l'enseignement supérieur de la musique et y forma quantité d'élèves. Son emploi à la chapelle lui procura la protection du viceroi et de la vicereine, en sorte qu'il eut de fréquentes occasions de faire preuve de ses grands talents en composition , qui se manifestèrent d'abord dans des cantates et des sérénades composées pour des fêtes de cour, puis dans des opéras et intermèdes écrits pour les théàtres de Naples, de 1719 à 1741, au nombre de vingt et un pour le moins, et dans d'autres villes d'Italie, au nombre de quinze. On trouve la liste de leurs titres dans les Memorie dei compositori di musicci di Napoli écrits par Joseph Sigismondi et publiés par Villarosa . Leo fut appelé à la cour de Turin pour y écrire la musique . • sacrée que dans la musique de théAtre, Lee, a Composé quantité de messes , psaumes et mo- tets pour l'usage de la chapelle Palatine de Napies et pour d'autres églises. On a plus particulièrement remarqué la messe qu'il écrivit en 1745 pour StJaeques des Espagnols. Parmi plusieurs oratorios, celui de S.- Elena al Calvario, composé en 1733, sur la demande du viceroi de Naples, comte de Ilavrac, a conservé de la réputation. Leo a, de plus, écrit, pour l'usage des élèves des conservatoires où il enseignait, six livres de solfèges, savoir deux pour voix de soprano, deux pour voix de contralto (et deux pour voix de basse; enfin un autre livre de solféges en duo pour soprano et contralto. 11. est encore auteur de Principj di musica et de deux livres de partiments ou basses chiffrées pour s'exercer à l'étude de l'accompagnement, et de deux livres de fugues pour orgue. On lui doit aussi quelques pièces pour plusieurs instruments et quelques sonates de clavecin. Leo n'était pas seulement organiste et claveciniste, il jouait encore le violoncelle, et a composé pour cet instrument six pièces originales à l'usage du duc de Maddaloni , chef de l'une de ces grandes familles qui , à Naples, ont si constamment pro- tégé et encouragé les arts. On est loin de possé- der une liste complète des travaux de ce grand musicien, l'un des plus laborieux qui aient existé. Il passait fort souvent les nuits au travail et mou- rut littéralement la plume à la main, frappé d'a- poplexie foudroyante, dans le moment même où il écrivait un air boutre pour l'opéra intitulé la Finta Fraseatana. On le trouva le matin la tète appuyée sur son clavecin ; tout secours fut inutile , la vie l'avait complétement abandonné. Ce funeste événement eut lieu à la tin de 17i3, et causa une vive sensation dans la ville qui était depuis longtemps le principal thatre de ses succès. Leo avait un tempérament plein de feu, la taille peu élevée, mais l'oeil vif, le teint brun, avec un air sérieux qui n'excluait pas la politesse. Toujours disposé à écrire et toujours heureusement inspiré, il ne dissimulait pas l'estime qu'il faisait de ses propres ouvrages , niais ne témoignait jamais de mépris pour ceux de ses confrères; il s'acquit ainsi l'estime et la bienveillance de tous et fut sincèrement et généralement regretté. Le principal caractère (les compositions de Leo est l'élévation de la pensée et la noblesse du style : ces hautes qualités se distinguent dans tout ce qu'il a écrit , même dans ses simples le-çons de solfége , qu'il composait pour les jeunes élèves et pour ainsi (lire sans y penser. Ou croit que Leo est le premier qui ait employé au théatre
  • Léonard LESSIUS( 1554) : célèbre jésuite, naquit à Brechtan , ancien bourg du Brabant, le lee octobre lei54, d'une famille distinguée. Dès l'âge le plus tendre, il manifesta une telle piété, que ses condisciples lui donnèrent le nom de Peophéte. Il avait un goût si décidé pour l'étude, qu'il oubliait souvent l'heure du repas, qu'il se privait du sommeil nécessaire, et que, pour ne pas perdre de temps, il réchauffait à la hâte ses mains engourdies à la lumière de la lampe. Devenu orphelin a six ans, il se vit obligé d'interrompre ses études, et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que son tuteur lui permit de les reprendre. Ayant obtenu une bourse au collége d'Arras, à Louvain, Lessius y fit ses cours avec le plus grand éclat, et fut proclamé prince des philosophes. A l'âge de dixsept ans, il entra dans la compagnie de Jésus le 23 juin 157'2. Deux ans après il alla professer la philosophie à Douai. En 1578, les troubles re- ligieux qui désolèrent les PaysBas l'ayant contraint de voyager incognito pour se soustraire à la fureur des réformés, il contracta dans une auberge une douloureuse infirmité qui ne l'ahan- ma point le reste de ses joins. Les troubles paisèrent enfin, et Lessius revint à son poste. rès qu'il eut professé pendant sept ans la phiophie à Douai, il fut ordonné prêtre et il parpour Rome, où il fit deux ans de théologie is les PP. Augustin Giustiniani et François arez. En 1585 il se rendit à Louvain, comme • fesseur de théologie. Six Propositions extraites ses cahiers, et renfermant tout le fond de sa ctrine sur l'Écriture sainte, la prédestination la grâce, furent amèrement censurées, ainsi e quelques Propositions d'Hamélius, par les iiversités de Louvain et de Douai, eu 1587 et 88, commue étant contraires à la doctrine de Thomas, et sentant le semipélagianisme. te V, qui occupait alors le saintsiége, voulant évenir les suites d'une pareille dissension, or- nna à son nonce dans les PaysBas de se trans- rter à Louvain et d'imposer silence aux deux iritis. Le nonce défendit, par un bref du 10 juilt 1588, de traiter des matières de la grâce, sous me d'excommunication , et n'imprima aucune de aux Propositions de Lessius. Les théolo- ens de Louvain, croyant avoir été condamnés Irce qu'ils n'avaient pas obtenu gain de cause, sistèrent ; les jésuites répondirent aux censeurs Lessius, et firent déclarer pour le système de ur confrère les universités de Mayence, de Trè- .s, d'Ingolstadt et de Louvain en 1613. On peut sir le détail de ces discussions dans le chap. 14, 3, de la Défense de la foi, etc., par Habert, évè- ne de Vabre, et dans les Réponses d'Arnauld, 16 et 17. Lessius avait assisté à la sixième conrégation générale de son ordre; il assista enire à la septième, qui se tint à Rome. Il mourut Louvain le 15 janvier 1623, et fut généralement gretté. Chacun voulut avoir quelque chose de i, par la bonne opinion qu'on avait de ses ver-1s. On se disputa ses cheveux, ses ongles et les oies dont il s'était servi pour écrire ses admirables uvrages. Il fut enterré devant le maitreautel de église du collége de Louvain, où il avait pro-.ssé pendant trentehuit ans avec tant d'éclat. 1 avait rempli avec honneur la charge de visieur et celle de définiteur de la société dans sa rovince. Ses confrères les plus éclairés se fai- aient un devoir d'agir d'après ses conseils. Le )ape voulut le faire grand pénitencier, et, ,près sa mort, Urbain VIII rendit à son mérite e plus éclatant témoignage. L'Imago primi sce- uli Soc. Jesu en fait un éloge pompeux, et rapoorte qu'il s'opérait par son interces-,ion un grand nombre de miracles. Mais aucun écrivain n'en a parlé avec plus d'emphase que l'auteur du livre De vita et moribus R. P. Leonardi Lessii, réimprimé à Paris, 1644 Ses pr ouvrages ont été réunis en 2 volumes Anvers, 1625 et 1630; Paris, 1655. On en trouve le détail dans Sotwel; nous indiquerons seulement ; 10 De justifia et jure actionum borna- narum, eceterisque virtutibus cardinalibus, libri qua- tuor, , réimprimé sept fois. Les éditions d'Anvers, 1621 , et de Lyon, 1653 , sont les meilleures : plusieurs Propositions sur le vol, l'homicide, le régicide, l'adultère, le mensonge, l'usure, le contrat moliatra, etc., extraites de ce livre, ont été signalées dans les Provinciales, et censurées par les facultés de théologie, les évêques de France et les souverains pontifes. 2. Dissertatio de montibus pietatis, imprimée à Paris et à Lyon ; l'édition de 1630, dans cette dernière ville, est la plus estimée. 30 Appendix de lieito usu œquivo- eationum, et mentalium restrietionum, contre Jean Bares. Ces trois articles forment le premier volume des oeuvres de Lessius. 4. De gracia ejicaci, decretis divinis libertate arbitrii et prœscientia Dei conditionali disputatio apologetica. Quoique Lessius soit un de ceux qui outrent le moins l'efficace de la grâce, il la reconnalt dans le fond, dit Bossuet. 5. De prœdestinatione et reprobatione ange- torum et hominum, item de prœdestinatione Christi disputationes 2. StFrançois de Sales écrivait à Lessius, à l'occasion de ce traité : a J'ai vu, dans a la bibliothèque du collége de Lyon, votre Traité e, de la prédestination : il est vrai que je n'ai fait que le parcourir à la hâte et assez légèrement ; a cependant je n'ai pas laissé de remarquer que votre paternité était de cette opinion si an- cienne, si consolante et si autorisée par le a témoignage même des Écritures prises dans a leur sens naturel, savoir : que Dieu prédestine les hommes à la gloire en conséquence de leurs « mérites prévus; ce qui a été pour moi le sujet d'une grande joie, ayant toujours regardé cette ‹, doctrine comme la plus conforme à la miséria corde de Dieu et à sa grâce, comme la plus C' approchante de la vérité, et comme la plus propre à nous porter à aimer Dieu, ainsi que je l'ai insinué dans mon petit livre de l'Amour C, de Dieu . u 6. Quce fides et religio sit capes- senda, consultatio ; cum appendice, qua qucestionibus quibusd6m vice ipsam consultationem spectant, res- pondetur, , Anvers, 1610. Cet ouvrage, selon StFrançois de Sales, est moins celui de Lessius que celui de l'Ange du grandconseil. Nous en avons deux traductions françaises: celle de Martin Christophe et celle de Drouet de Maupertuy. 7. Hygiasticon sen de vera ratione valetudinis bonœ et vitce , unct cum sensuum, judicii et memoriœ integritate, ad ex- trernam seneetutem conservandœ Anvers, 1613 et 1614 avec le Traité intitulé Luigi Cornaro, o vero Discorsi della vita sobria, traduit en latin par Lessius. Sébastien Hardy les traduisit en français l'un et l'autre, sous ce titre : le vrai Régime de vivre pour la conservation du corps et de l'dme , Paris, 1646 La 13onnodière les en- Cette lettre, datée d'Annecy, 26 août 1613, est écrite en latin. L'original en a été conservé au collége d'Anvers, jusqu'en 1773. L'authenticité en ayant été révoquée en doute , les Bollandistes en firent graver, en 1729, un Fac- simile que nous avons eu sous les yeux, et d'après lequel Feller en a donné le texte dans son Dictionnaire historique. richit de notes et les reproduisit en français avec ce titre : De la sobriété et de ses avantages , Paris, 1701 Lessius, encore à la fleur de son Age , ayant été condamné par les médecins à n'avoir pas deux ans à vivre, étudia luimème les principes de l'hygiène, fut frappé de l'exemple de Cornaro, résolut de l'imiter, et s'en trouva si bien qu'il traduisit son livre en y joignant le résultat de sa propre expérience, à laquelle il dut une prolongation , mais supprimé jusqu'à présent pour de bonnes raisons. Le catalogue des ouvrages de Lessius qui n'ont point été imprimés se trouve dans Sotwel et dans la Vie de ce jésuite, p. 42 et suivantes. Il est aisé de voir que Lessius savait trèsbien le grec, l'histoire, le droit canon, le droit civil , les mathématiques et la médecine. Juste Lipse reconnaît et célèbre en lui ces divers talents dans de beaux vers rapportés par Sotwel et par Foppens
  • Léonard LOREDANO : doge de Venise, succéda le 3 octobre 1501 à Augustin Barbarigo, et mourut le 22 juin 1521, âgé de 90 ans. Son règne comprend toutes les guerres qui furent la conséquence de la ligue de Cambrai, et les temps les plus désastreux pour la république de Venise. On loue beaucoup la prudence qu'il montra dans des circonstances aussi difficiles ; mais la nomi- nation de ce doge et l'institution des inquisiteurs d'Etat furent contemporaines , la souveraineté dès cette époque passa tout entière à ce tribunal redoutable et au conseil des Dix, et les dotks ne furent plus chargés que d'une vaine représentation. Antoine Grimani fut le successeur de Loredano. — Pierre LOREDANO , doge de Venise, fut élu au mois de novembre 1567, pour succé- der à Jérôme Priuli ; il était alors âgé de quatrevingtsix ans; on ne l'avait point mis sur la list des candidats , ni sur celle des électeurs ; mais les suffrages ayant été constamment partagés pendant treize scrutins , l'impatience des élec- Leurs les réunit en faveur de ce vieillard , qui ne pouvait pas occuper longtemps le trône ducal. Il mourut en effet le 5 mai 1570, au moment où la guerre allait éclater contre les Turcs pour la possession de 111e de Cypre. On lui donna pour successeur Louis Mocenigo. — François LOREDANO succéda en 1752 à P. Grimani , et occupa dix ans le trône, à une époque où l'histoire de la république vénitienne ne présente aucun événement remarquable. Il eut M. Foscarini pour successeur en 1762.
  • Léonard MEISTER( 1741 - 1811) : cousin du précédent, laborieux écrivain suisse, né le 12 novembre 1741 à Nefftenbach , où son père exerçait les fonctions du ministère évangélique, fut nommé en 1773 professeur d'histoire et de morale à l'école des arts de Zurich. En 1795 , il obtint la cure de la prébende de StJacques dans la mème ville, et successivement celle , 1766 ; 2° Mémoires pour l'histoire des arts et métiers , des moeurs et des usages , Zurich, 1774 ; 3° Mémoires pour l'histoire de la langue et de la littérature allemandes, Heidelberg, 1780, 2 parties Une première édition sans nom d'auteur avait déjà paru en 1777, sous la rubrique de Londres. 4' Les Hommes célèbres de l'Helvétie, la plus célèbre des compilations de Meister. On la consulte encore avec fruit, principalement sur les premières époques de la littérature allemande ; Zurich, 1781-178'2, 3 vol. C'est un texte pour accompagner la collection de portraits gravés par Pfenninger. Fasi y ajouta un quatrième volume dans l'édition de 1799-1800. 5° Les Illustres Zuricois Btile, 1782 , 2 vol. ; 6° Petits voyages dans quelques cantons de la Suisse, ibid., 1782 ; 7° Caractères des poiles allemands, par ordre chronologique , avec portraits de Pfenninger, Zurich, 1785-1793, 3 vol. ; 8° Histoire de Zurich depuis sa fondation jusqu'à la fin du 16' siècle, ibid., 1786 ; 9° Abrégé du droit public helvétique, StGall , 1786 ; 10° Dictionnaire historique, géographique et statistique de la Suisse, Ulm , 1796 , 2 vol. 11° Quels changements a subis la langue allemande depuis Charlemagne, et qu'a- t- elle gagné ou perdu en force et en expression? mémoire qui a concouru pour le prix proposé par l'académie électorale palatine de Manheim en 1784 ; 12° Notice de deux anciens manuscrits du 15' siècle, concernant Nic. de Flue, et sur quelques éditions de Thom, de Kempis ; 13° Histoire de la révolution helvétique, depuis 1789 jusqu'au 24 août 1798 , insérée dans l'Almanach helvétique , et réimprimée en 1803 ; 14° Histoire helvétique pendant les deux derniers siècles , ou depuis César jusqu'à Bonaparte , StGall , 1801-1803 , 3 vol. 15° Meisteriana , ou Sur le monde, les hommes, l'art, le goût et la litérature, St- Gall, 1811 de 478 pages
  • Léonard MONTALTO : doge de Gènes , appartenant à une famille illustre de l'ordre populaire. C'était un illustre jurisconsulte, ami de Simon Boccanegra , premier doge de Gènes. Après la mort de ce dernier, il demeura en 1363 chef du parti gibelin. Pendant vingt ans, Montalto combattit pour la première place avec les chefs de trois autres familles également plébéiennes et également puissantes , les Adorni , les Fregosi et les Guarci. Il l'emporta enfin le 6 avril 1383, il fut nommé doge de Gènes ; mais, moins d'une année après, une maladie le mit au tombeau. — Antoine DE MONTALTO prit ensuite la direction du parti qui s'était attaché à sa famille; il n'avait encore que vingt - trois ans lorsqu'en 1393 il fut placé une première fois sur le trône ducal. Il joignait à une bravoure brillante une modération et une clémence rares chez un chef de parti; mais il avait à lutter contre plusieurs rivaux redoutables , parmi lesquels Antoniotto Adorno était le plus distingué. Il put à peine garder son poste une année ; il le recouvra en 1394, mais pour moins de temps encore. Gènes ayant ensuite été livrée par Adorno au roi de France Charles VI, Montalto fit de vains efforts pour lui rendre la liberté. La république s'affranchit ensuite en 1411 sans son entremise, et elle ne rendit point à Montalto la dignité dont il avait été rev étu S
  • Léonard MULLER : général français, était avant la révolution officier dans un régiment d'infanterie allemande au service de France. Ayant embrassé la cause de la révolution, il devint rapidement colonel, puis, à la fin de 1793, fut chargé de commander en chef l'armée des Pyrénées occidentales à la place de Villot , qui venait d'être suspendu de ses fonctions et emprisonné par ordre de la Convention. Cette armée, peu nombreuse parce qu'elle avait fourni des renforts à celle de la Vendée, se trouvait en présence de forces ennemies supérieures. Les Espagnols avaient passé le Bidassoa et menaçaient Bayonne. Dans cette position difficile, Muller montra une grande énergie et de l'Habileté. Secondé dans ses opérations par les généraux Lespinasse, Frégeville et Moncey, il reprit bientôt l'offensive et obtint des succès importants, à la suite desquels Fontarabie tomba au pouvoir des Français ; StSébastien et d'autres places éprouvèrent le même sort. Après cette campagne, Muller quitta le commandement de l'armée et fut remplacé par Moncey . Plus tard , il fit partie du bureau militaire établi près le directoire. Chargé én 1799 de l'organisation de l'armée du Rhin, il la commanda provisoirement, en remplacement de Bernadotte, appelé au ministère de la guerre. A peine entré en campagne, il reçut l'ordre de se diriger sur Philipsbourg et d'en former le siége, diversion qui eut des résultats immenses, car l'archiduc Charles, alors en Suisse, se porta luimême vers le BasRhin avec une grande partie de ses troupes, tandis que Masséna battait les Russes à Zurich. Ce mouvement mécontenta beaucoup le généralissime Souwarow, et fut une des principales causes de rupture entre l'Autriche et la Russie. Après le 18 brumaire, Bonaparte donna à Muller le commandement de la 12° division militaire à Nantes. 11 s'y conduisit avec sagesse et modération à l'époque où les esprits des habitants, que la guerre civile agitait encore, pouvaient ètre facilement aigris par une sévérité intempestive. II fut ensuite nominé inspecteur d'infanterie dans les 12e, 21c et :12e divisions militaires, prit part aux campagnes de l'empire, et eut successivement plusieurs commandements dans l'intérieur. Il mourut en 1813. — MULLER , né à SarreLouis le 30 janvier 1764, entra en 1783 dans la maréchaussée, où il resta quatre ans, passa ensuite dans le 1" régiment de cavalerie, puis dans la garde soldée de Paris. Il partit le 5 septembre 1792 avec le bataillon de la ButtedesMoulins, et il était déjà général de division le 30 septembre de l'année suivante. Après avoir eu part aux batailles de Jemmapes, de Nerwinde et au siége de Valenciennes, il passa à farinée de l'Ouest et se distingua dans plusieurs rencontres, notamment aux affaires de Saumur, de Martigné , de Chollet et de Coron. Il fut, à cette dernière rencontre, renversé de cheval et foulé aux pieds par un régiment de cavalerie qui le laissa pour mort au milieu de l'ennemi. Ramassé par hasard sur le champ de bataille, il se rétablit et servit ensuite à l'armée du Nord, puis à celle d'Italie. Nommé en 1802 commandant à SarreLouis, il conserva cet emploi jusqu'à l'empire, époque à laquelle ses principes ultrarévolutionnaires le firent réformer. Il mourut vers 1812
  • Léonard NOGAROLA : gentilhomme de Vicence, était, sinon frère, comme dit Maffei, t. de la Verona, du moins assez proche parent de la précédente. Dans sa jeunesse, il embrassa la profession des armes et se maria; devenu veuf, il prit l'habit ecclésiastique et fut nommé protonotaire du saintsiége. On assure que le pape Sixte IV, en considération de ses talents, se proposait de le nommer cardinal. On a de Léonard 1° Officiunt et missa Immaculatœ Conceptionis B . Virginis, Rome , Udalr. Gallus, 1477, grand Ce volume est trèsrare. 2° De mundi tete, nitrite, Bologne, 1481, fol. ; Vicence, 1486 , même format; 3° Liber de beatitudine, Vicence, 1485 Il a laissé manuscrits un traité De iinmortalitate anime, dont on conserve une copie à la bibliothèque Laurentienne de Florence, et un autre, De rerum qualitatibus, adressé à l'académie de Padoue. Voyez pour des détails les Scrittori di Vicenza du P. Angiol.Gabr. di Santa Maria, t. 3, p
  • Léonard PARADIS( 1763 - 1830) : né à Moulins en 1763, était vicaire de StRoch à Paris, lorsqu'il fut nommé pour succéder à son frère JeanBaptiste , dans la cure de NotreDame de BonneNouvelle ; il n'administra pas longtemps cette paroisse, car il mourut en 1831. On a de lui : 1° une Oraison funèbre de Louis Sn prononcée en l'église de StRoch, le 9.1 janvier 1815 2. De l'obéissance due au pape con- formément aux paroles de Jésus- thrist et à la tra- dition de l'Eglise de Fronce, ou Réfutation d'un écrit intitulé Adresse aux deux chambres, ou Pensezy bien , Paris, 1815 de 48 pages. L'écrit dont il s'agit était de l'abbé Vinson
  • Léonard PHILARAS( 1500) : savant Grec du 17' siècle, dont le nom a été défiguré par ses contemporains, qui l'ont appelé Villeré, Villaré, ret , etc. , naquit à Athènes vers la fin du 16' siècle d'une famille noble, et vint faire ses études à Rome. Son savoir lui acquit bientôt une grande renommée; et il mérita surtout l'estime des savants par ses connaissances dans les lettres grecques, ayant fait une étude particulière des conciles et des monuments de la primitive Eglise. Le duc de Mantoue , Charles de Gonzague, l'employa en diverses occasions comme son envoyé auprès des papes Grégoire XV et Urbain VIII. Il fut connu du cardinal de Richelieu, qui le donna au duc de Parme, Edouard Farnèse un tel suffrage efface tout autre éloge. Il résida successiveinent à Venise et à Paris, comme chargé on en lit deux adressées à Philaras elles sont remplies de témoignages de la plus haute estime. Ce fut sans doute à la réputation qu'il avait laissée à Venise qu'il fut redevable du choix que le sénat fit de lui pour la place de garde de la bibliothèque de StMarc ; mais il ne put profiter de cette faveur ; il mourut avant d'avoir exercé ces fonctions à Paris, en 1673 , de l'opération de la taille. On lui doit 1° une traduction en grec vulgaire et en latin du traité italien de la doctrine chrétienne par Bellarmin ; elle a paru sous ce titre : Doctrines christiana grœco vulgari idiomate alias tractat a, nunc zero litteris latinis mandata per L. U. A theniensem , greclatin, Paris, 1633. Ce livre est dédié au cardinal de Richelieu. 2° Un opuscule de 9. 11 pages intitulé Ode in immaculatant coneeptionent Deiparoe cuni aliis quibusdam epigrammatibus, etc., Paris, 1641 On n'en connaît à Paris qu'un seul exemplaire qui se trouve à la bibliothèque Mazarine. Cette ode avait été couronnée par l'académie de Rouen; elle parut avec une dédicace adressée à François de Harlay, archevèque de cette ville; elle a été imprimée de nouveau dans le dernier Recueil de l'académie de Rouen , publié en 1784 par M. l'abbé de Lurienne . On conserve encore de lui à la bibliothèque de Paris une copie de l'Anthologie appelée inédite. Toutes ces copies sont tirées , comme on sait , du manusçrit palatin aujourd'hui à la bibliothèque du Vatican. Celle de Philaras est plus ample que plusieurs autres copies connues; elle est de sa main , ce qui n'empêche pas qu'elle n'offre beaucoup de fautes : l'ordre de l'original n'y est pas suivi. Malgré ces défauts, elle peut ètre utile par les nouvelles leçons qu'elle présente. A la suite, on trouve quelques pièces grecques de l'auteur. Son portrait fut gravé de son temps à Paris
  • Léonard PISTOIA : peintre , ainsi nommé du lieu de sa naissance et dont on ignore le véritable nom, fut élève de François Penni et employé avec son maître dans les travaux que Raphaël faisait exécuter au Vatican, ce qui a donné lieu à plusieurs historiens, notamment à Baglione et au Taja , de dire qu'il avait été l'élève de ce grand peintre. Il répondit dignement aux leçons de son maître. Dans un tableau qui orne la chapelle des chanoines de Lucques et qui lui est attribué, on lit la souscription : Leonardi Gratia Pistoriensis, tandis que dans un autre, qui se trouve à la cathédrale de Volterra , on lit simplement : Opus Leonardi Pistoriensis , an. 1561 ; d'où l'on peut conclure que le nom de Pistoïa était Grazia ou que ce sont deux artistes différents. Quoi qu'il en soit, le premier de ces tableaux, qui représente une Annonciation, est digne de Raphaël. On n'a rien conservé de Léonard dans sa patrie ; mais il existe à CasalGuidi, dans le diocèse de Pistoie , une de ses compositions représentant St- Pierre et d'autres saints qui couronnent le trône de la Vierge. Lorsque Penni se rendit à Naples, il y emmena Pistoia et l'y laissa, lorsqu'il mourut, à la tète de son école. Celuici s'établit dans cette ville et s'y fit une grande réputation par la manière dont il peignit le portrait. Ses ouvrages se distinguent par un excellent ton de couleur ; ils sont plus faibles sous le rapport du dessin. Parmi ses élèves, on cite François Caria. — Gerino DA PfSTOIA, élève du Pérugin, florissait en 1529. Ses peintures sont remarquables par le soin avec lequel elles sont exécutées; mais elles manquent de vie et de chaleur, et l'effort s'y fait trop sentir. Il avait peint pour les religieuses de StPierre le Majeur, à Pistoie, un tableau qui est aujourd'hui placé dans la galerie de Florence. On en voit encore quelquesuns à CitàSanSepolcro. Il avait été à Rome , où le Pinturicchio employa son talent. — Le frère Paul DE PISTOIA compagnon et disciple de Bartolomeo della Porta, fut un des plus heureux imitateurs de ce maître habile, et sa patrie, pour consacrer sa mémoire, a fait frapper une médaille en son honneur. Lorsque Frà Bartolomeo mourut, le frère Paul hérita des nombreuses études de ce dernier, et c'est d'après les dessins dont il se trouvait possesseur qu'il exécuta plusieurs des tableaux dont la ville de Pistoie lui confia l'exécution. C'est à lui qu'est dù le tableau qui orne le maîtreautel de l'église paroissiale de StPaul. Après sa mort, les dessins dont il avait hérité passèrent dans la galerie de Florence
  • Léonard PLUKENET( 1642) : médecin et botaniste anglais, naquit en 1642. Il est également étonnant et regrettable que presque toutes les circonstances principales de sa vie soient ignorées, comme nous l'avons remarqué pour ses compatriotes Johnson, Parkinson et Petiver. Ses préfapees et les notes de ses ouvrages contiennent quelques détails sur ses relations scientifiques, etc.; mais on n'en trouve que de trèsinsignifiants sur ,sa personne. Il fut le successeur de Monson dans Fia direction du jardin royal d'Hamptoncourt, avec le titre de professeur- royal de botanique. i,Son premier ouvrage, le Phytographia, composé de quatre parties, parut : la Ir° et la 2e partie en 1691, mais séparément, pl. 1-120; la 3e en 1692, pl. 121-250; la 4. en 1696, pl. 251-328 Londres. Les gravures en sont passables sous le rapport de l'exécution, et sont utiles, quoique plusieurs dessins ne soient pas très- exacts, que d'autres n'offrent qu'une des parties de la plante sans détails, et que presque tous soient dans de petites proportions. — L'Almages- tum botanieum, sive Phytographice Plucnetiante- onomasticon, etc., fut publié en 169G, Londres, 1 vol. 402 pages, avec un portrait de l'auteur à l'etge de quarantehuit ans. Le titre annonce six mille plantes, dont cinq cents sont nouvelles. L'Alenagestunt, rédigé par ordre alphabétique, donne la phrase spécifique de chaque plante , accompagnée souvent de la synonymie des auteurs modernes, et renvoie à la planche correspondante du Phytographia quand il y en a une. Mais les observations critiques y sont rares, et il est totalement dépourvu d'idées générales. C'est cet ouvrage que l'auteur, à la fin de sa préface, qualifie de grand et de magnifique s'il en est, ajoutant qu'il est attendu avec impatience par les botanistes, et qu'il est indispensable ; et cependant il avait sous les yeux les écrits des grands maîtres de cette époque. — Almagesti botaniei Mantissa , etc., est le titre de son troi- sième ouvrage, 1 vol. Londres, 1700, 192 pages. Le Mantissa est une espèce de supplément de l'Almagestunt, contenant, selon le titre, plus de mille plantes nouvelles, avec l'indication de la place où chacune d'elles doit être intercalée dans ce dernier livre. — Enfin, Plukenet publia en 1705 son Antaltheum botanicum, 1 vol. 214 pages, Londres, avec plus de six cents gravures. Ces trois ouvrages renferment les planches 329-454, faisant suite à celles du Phytographia. Le dernier, qui donne la description spécifique de plus de douze cents espèces nouvelles, doit étre regardé comme un deuxième supplément, et nous ne pourrions que répéter sur lui, comme sur le Mantissa, le jugement que nous avons porté sur l'Almagestum. Ces quatre ouvrages réunis comprennent une plus grande quantité de plantes qu'il n'en avait encore été publié par aucun auteur, et plus de 2,700 figures; ils obtinrent beaucoup de vogue lors de leur publication; ils sont encore recherchés, et peuvent être consultés avec fruit. Quelques auteurs parlent d'une édition des ouvrages de Plukenet publiée en 1720. Ce ne sont que des exemplaires des anciennes éditions auxquelles on a mis de nouveaux titres. Celle de 1769, formant 6 tomes en volumes, augmentée de quelques planches qui manquaient dans plusieurs exemplaires de la quatrième partie du Phytographia, est surtout préférable à cause des tables qui y ont été ajoutées ; il est bon d'y joindre aussi l'Index Linneea- nus ; on y trouve plusieurs notes tirées des manuscrits de Plukenet. Nous avons déjà vu un exemple de la vanité de ce botaniste. Ses différentes préfaces sont empreintes du même défaut. Dans celle de l'Almagestum, il parle du zèle qui le dévore ; de là l'anagramme à peu près exacte de son nom : pene nullus sic ar- deo. Il se compare à une lumière ; et le dessin qui est, avec son portrait, en tète du Phy- tographia le représente assis à une table, travaillant à la lueur d'un flambeau, et porte pour légende : Aliis inserviendo consumor. C'est probablement cette estime outrée de luimême qui lui fit critiquer d'abord avec peu de ménagement, puis avec beaucoup d'aigreur, les écrits de Sloane et Petiver, par lesquels il ne paraît pas avoir été provoqué. Ces taches dans le caractère de Plukenet et les défauts de ses livres ne doivent Pas empêcher de reconnaître les services qu'il a rendus, et les sacrifices dont ils ont été accompagnés. Tous ses ouvrages ont été imprimés, et les planches gravées à ses frais, sauf un secours peu considérable qu'il reçut de quelquesuns de ses protecteurs et amis pour la publication de l'Aina/ theion. il parle avec reconnaissance et avec éloge de ceux auxquels il a eu des obligations l'évêque Compton , Courten , Petiver, Sherard , Cunningham , Uvedale, etc. Enfin nous rendrons justice aux sentiments religieux de cet auteur, qui ne parle jamais de la magnificence de la nature sans payer un tribut d'hommages à la Divinité. On ignore l'année précise de la mort de Plukenet; mais elle doit peu s'éloigner de 1710. Son herbier fut acquis par Sloane , du cabinet duquel il a passé au muséum britannique . Plukenet dit qu'il était composé de huit mille espèces; depuis 1691 jusqu'à sa mort, le nombre en avait sans doute été fort augmenté par les cadeaux des nombreux savants et voyageurs avec lesquels il était en relation. Cette collection est précieuse, comme contenant les types des descriptions de Plukenet. Sa vie a été écrite dans le ( yclopccdia de Rees , par sir J.E. Smith , président de la société l néenne, dans la bibliothèque duquel étaient conservés les manuscrits et dessins originaux de Plukenet. Plumier a consacré à ce botaniste le genre plukenetia, de la famille des euphorbiacées
  • Léonard PYCKE( 1781 - 1842) : né en 1781 à Meulebeke, village de la châtellenie de Courtrai , en Flandre , fit ses premières études au collège de Mol, dans la Campine , et acheva à Bruxelles son cours de droit, qu'il avait commencé à Paris. En 1808, il s'établit à Courtrai comme avocat et ne tarda pas à s'y faire une nombreuse clientèle. fut aussi mêlé aux affaires publiques, et après la création du royaume des PaysBas, il devint membre des états généraux. Pycke, qui portait en lui le véritable type du caractère flamand, y montra une franchise et une fermeté qui furent pour lui une source de disgràces et de persécutions, subies avec calme et dignité. Sa nomination de maire de Courtrai , nom qu'on échangea bientôt en celui de bourgmestre, remonte au 25 juillet 1817 et fut comme le signal d'une suite de tracasseries. Une dénonciation anonyme contre une partie de la régence fut faite au gouvernement , et l'on envoya Pycke devant la cour d'assises de Bruges , comme prévenu d'un délit prévu par l'article 175 du code pénal, L'ar- rét de renvoi portait qu'il y avait des charges suffisantes pour établir que « Léonard Pycke « avait fourni des briques pour la reconstruction « de la halle et la construction de deux aubettes « dans la ville de Coudrai », et ce dans le temps où il était bourgmestre de la ville et, « comme « tel , chargé d'en ordonnancer le payement ou « de faire la liquidation ». Emprisonné au mois de juin 1822, il choisit pour défenseurs deux avocats avec lesquels il était lié depuis longtemps. On employa d'abord les moyens de cassation contre l'arrêt rendu par la chambre de mise en accusation, et, de concert avec deux coopérateurs, Pycke publia ses moyens dans une brochure se sontelles établies « dans les provinces des PaysBas? Quels étaient « les droits. privilèges et attributions de ces cor- « porations? Par quels moyens pouvaiton y être « reçu et en devenir membre effectif? » En 1827 , ce mémoire fut, ainsi que le précédent, récompensé par la médaille d'or. Ces deux écrits se trouvent dans les Recueils de l'académie royale de Bruxelles, qui avait proposé pour le concours de 1833 une question sur les attributions politiques dont jouissaient les anciens états de ces provinces, sous le triple rapport de la souverai- neté, de la législature et de l'administration publique et provinciale. Cette question, quoique ayant un véritable intérèt local, dut être retirée, et Pycke, qui avait proposé de la retirer, qui d'ailleurs , en qualité de membre de l'académie et de juge du concours, ne pouvait y participer, prit l'engagement de la traiter dans un travail spécial. Deux ans après , cette composition était déjà trèsavancée; Pycke exposa à ses collègues le plan qu'il comptait suivre dans l'exécution ; mais l'affaiblissement de sa santé et la perte progressive de ses facultés intellectuelles ne lui permirent pas de l'achever. Il mourut à Courtrai le 8 février 1842. M. A. Quételet et M. l'abbé Van der Putte lui ont consacré des notices , l'un dans l'Annuaire de l'académie de Bruxelles, l'autre dans les Annales de la société d'émulation de la Flandre occidentale
  • Léonard RACLE( 1736 - 1791) : architecte , né le 30 novembre 1736 à Dijon, montra, dès son enfance, im goût décidé pour lès arts du dessin , et fut admis, fort jeune, à travailler dans le cabinet de Moutin de StAndré, ingénieur de la province de Bourgogne, qui lui enseigna les principes de l'architecture. Doué d'une grande vivacité d'esprit et de beaucoup de pénétration , il acquit, presque sans maitre , des connaissances très-étendues dans les mathématiques et dans les différentes branches de la physique. Ses talents le firent connaître de Voltaire, qui le choisit pour Son architecte et le chargea des travaux qu'il avait entrepris à Ferney. Les éloges et la recommandation de Voltaire lui méritèrent la faveur du duc de Choiseul , et le premier ministre Racle à donner les plans de la ville et du port de Versoix , dont diverses circonstances empêchèrent l'exécution.Racle obtint, en 1786, on 'prix qui lui fut décerné par l'académie de Tou- louse, pour un mémoire sur la construction d'un pont de fer ou de bois, d'une seule arche de quatre cent cinquante pieds d'ouverture. A cette époque, l'impératrice Catherine lui fit des propositions trèsavantageuses pour l'attirer en Russie ; mais il préféra rester pauvre dans son pays, auquel il avait l'espoir d'ètre encore longtemps utile. Il dirigeait alors les travaux du canal de PontdeVaux, qui joint la Reissouze à la Saône ; et il profita de cette occasion pour appliquer la théorie qu'il avait développée dans son 'mémoire couronné par l'académie de Toulouse, 'en laissant construire, sur le canal., un pont de fer, le premier qu'on ait vu en France, mais qui, malheureusement, n'a subsisté que peu d'années. Il avait établi près de Versoix, et ensuite à PontdeVaux , une manufacture de faïence , d'où sont sortis un grand nombre de beaux ouvrages que la révolution a détruits. C'est à Racle qu'on doit le secret de cette espèce d'enduit que Voltaire 'nommait argile- marbre, parce qu'il en a le poli et la dureté. Il en a revêtu, au château de Ferney, la chambre dite du coeur, où il construisit le monument qui renferme le coeur de Voltaire. Racle fut nommé membre de la première admibistration centrale du département de l'Ain : il s'occupait avec ardeur de divers projets utiles à te pays, quand une mort prématurée, causée par l'excès du travail, l'enleva, le 8 janvier 1791, 'à PontdeVaux. On a de lui : Reexions sur le tours de la rivière de l'Ain et les moyens de le fixer, Bourg, 4790 de 41 pages : c'est le seul opuscule qu'il ait fait imprimer ; mais il a Laissé beaucoup de manuscrits , parmi lesquels on cite : Projet pour mettre, pendant la paix, les vaisseaux de ligne à l'abri de l'intempérie des saisons. — Un mémoire sur la terre cuite. — Des projets pour régulariser le cours du Rhône. Le projet d'un pont en fer sur la Saône ou le Rhône, à Lyon , — Des mémoires sur les propriétés de la cycloïde, honorés des suffrages de Bailly et de Lombard, savant professeur d'artillerie . Racle était , depuis 1785, membre de la société d'émulation de Bourg en Bresse . C. N. Amanton, a publié en 1810 une Notice biographique sur Léonard Racle, Dijon de 17 pages; et Chardon de la Rochette en a inséré , dans le Magasin encyclopédique , un extrait fort étendu , qu'il a reproduit dans le troisième volume de ses Mélanges philologiques, WS.
  • Léonard RAUWOLF : naturaliste et voyageur, né à Augsbourg, étudia la médecine, et en 1560 il fit un voyage en Italie et en France afin d'y connaître les botanistes les plus célèbres de cette époque, et fut élève de Rondelet. Il obtint le grade de docteur à Valence, en Dauphiné, parcourut ensuite la Suisse et plusieurs parties de l'Allemagne , puis revint dans sa patrie où il rapporta une grande quantité de plantes et de graines de végétaux rares qu'il cultiva dans son jardin. Il les distribuait aux amateurs et contribua ainsi à répandre plusieurs plantes peu connues. Le magistrat d'Augsbourg, reconnaissant son mérite, le nomma médecin de la ville. Cette marque de faveur ne put empècher Rauwolf de céder à son inclination, qui le portait à voyager pour trouver des plantes nouvelles. Muni de la , permission du sénat, il partit en 1573 pour le Levant. Son but principal était d'y étudier les végétaux dont les anciens ont parlé. Ce fut à Marseille qu'il s'embarqua. Arrivé à Tripoli de Syrie, il alla par Alep jusque sur les bords de l'Euphrate. Il les suivit, passa par Racka et Ana, examina ce qui reste des ruines de Babylone et poussa jusqu'à Bagdad. Il traversa ensuite l'an- cienne Assyrie et le pays des Kourdes. Au corn- mencemeni de 1575, il se trouvait à l‘Iossoul sur le Tigre. Il visita la Mésopotamie et retourna par Orfa vers Alep et Tripoli. Le mont Liban était trop près de lui pour qu'il ne se hâtât pas de le gravir. De là il voyagea dans la Judée, vit Jérusalem et les lieux saints, revint à Tripoli, profita d'un navire qui allait à Venise et fut de retour dans sa patrie en février 1576. Il y obtint la place de médecin de l'hôpital des pestiférés, la remplit durant plusieurs années avec l'approbation générale, et cependant fut obligé, ainsi que plusieurs de ses compatriotes, de quitter la ville en 1588, parce qu'il ne voulut pas abjurer la religion réformée pour le catholicisme. Bieiftôt les Etats d'Autriche l'appelèrent à Lintz comme médecin de la ville ; probablement son caractère ne put lui permettre d'y vivre tranquille, puisque, malgré son âge avancé, il suivit les troupes autrichiennes qui allaient en Hongrie. Epuisé par les fatigues, il termina sa carrière en septembre 1596 dans la ferteresse de Hatvan, située sur le Zagiva , au comtat de Hevech. On a de Rauwolf, , en allemand : Relation d'un voyage fait dans les pays de l'Orient, notamment en Syrie, Ju- dée , Arabie , Mésopotamie , Babylonie , Assyrie, Augsbourg, 1581 ; Francfort, 158'2 ; Lavingen , 1583, augmentée d'une quatrième partie qui porte un titre séparé : elle renferme la des- cription des plantes curieuses qu'il avait obser- vées en Orient ; Rauwolf y joignit quarantedeux figures en bois. Ce livre fut traduit en hollandais de 398 pages, et dans le tome 9 de la collection de vander Aa. Une version anglaise fut publiée par Nic. Staphorst, 1696 revue par J. Ray et réimprimée en 1738. On parle aussi d'une version latine qui n'a pas été impri- mée ; peut-être ne comprenaitelle que la quatrième partie, qui intéressait les botanistes. La relation de Rauwolf peut être consultée avec fruit par les géographes, à cause des renseigne- ments précieux qu'elle offre sur les villes et sur leurs environs, sur la direction des chaînes des montagnes et du cours des fleuves. Un mérite qui lui est particulier et qui le distingue de ses contemporains est l'attention qu'il donne au commerce, aux arts et aux métiers, aux mœurs et aux coutumes des habitants. Il est un des premiers qui ait parlé de l'usage de boire du café n) Cette date est donnée positivement par le médecin Tob. Cober, qui le soigna dans sa dernière maladie une notice sur ce voyageur
  • Léonard SALVIATI( 1540) : philblogue italien, de la même famille qUe les précédents, naquit à Florence en 1540. Confié aux soins de Ben Varcbi , il fit de tels progrès qu'à vingtsix ans on le crut digne de présider l'académie florentine, dont il devint l'interprète et l'appui. C'est la voix de Salviati qu'on entendit aux funérailles de Yarchi, au couronnement et à la tnort de Côme Pt, grandduc de Toscane. Nommé chevalier de l'ordre militaire de StEtienne, il en prononça l'éloge dans un chapitre général, tenu à Pise en 1571, et présidé par le grandduc luimême. Ces différents travaux acquirent à Salviati la réputation d'oratetir : il ne méritait que celle de discoureur. Il avait trouvé moyen de composer cinq discours ou lezioni sur un sonnet de Pétrarque, et de parler trois jours de suite sut les vertus de don Garzia de Médicis, dont la vie s'était éteinte à l'âge de quatorze ans. Les premières corrections faites au Décaméron de Boccace n'ayant satisfait ni les casuistes ni les philologues, une seconde correction fut résolue: et ce fut au chevalier Salviati qu'elle fut confiée par le grandduc Fran-çois F. Son édition, publiée en 1582, à Venise, reparut à Florence la même année. Trois autres éditions furent exécutées d'après la sienne, à un petit intervalle les unes des autres. Toutefois, ce travail est une tache au nom de Salviati : les licences qu'il se donna sans nécessité dans cette correction, les changements, les suppressions, les additions qu'il se permit ; les noms de pays, de villes et de personnes changés arbitrairement, les phrases altérées, tronquées et interpolées, sans que le respect pour les bonnes moeurs commandât atrune de ces violations, voilà ce que des auteurs graves reprochent à l'audacieux reviseur. Un second travail, fait à l'occasion du premier, fut plus utile pour la langue et plus glorieux pour Salviati, ce sont ses Arrertimenti della lingua, dans lesquels il tire du Décaméron toutes les principales règles de l'art , contre lequel il fit se prononcer l'académie de la Crusca , qui ne faisait que de nette. L'académie répara depuis son injustice ; Salviati ne vécut pas assez pour reconnattre la sienne. Il eut le malheur d'y persister dans deux nouveaux éCrits, publiés, l'un, sous le faux nom de Charles Fioretti da Verni° , et l'autre, sous son nom académique d' Infarinato. Ce dernier écrit, dédié au duc Alphonse, fut composé à Ferrare, où Salviati , toujours pauvre, était allé dans l'espérance d'un établissement avantageux. Les voies lui étaient préparées depuis longtemps par le secrétaire du duc et par le po'éte Guarini, l'auteur du Pasto,- fido. L'oraison funèbre du cardinal Louis d'Este, que Salviati mit au jour à Florence , décida le succès de leurs bons offices. Alphonse l'appela auprès de lui avec un traitement honorable. L'éloge funèbre d'un autre prince de la maison d'Este. qu'il prononça dans l'académie de Ferrare , dut augmenter son crédit et devait assurer sa fortune. 11 saisissait toutes les occasions pour acquérir les bonnes grâces du duc et la faveur des nobles ferrarais : c'est peut-être dans ce but qu'il se mit à défendre et à exalter l'Arioste, leur compatriote, et à censurer et à déprimer le Tasse , prisonnier, malade, et qu'il savait bien avoir des ennemis dans cette même cour qu'il immortalisait par ses vers. Salviati n'obtint pas cependant tous les avantages qu'il s'était promis ; après être resté quelques mois à Ferrare, il revint à Florence, où il fut atteint d'une maladie que le chagrin rendit mortelle. Il languit pendant un an, dont il passa les derniers mois dans un couvent de camaldules , où un religieux , son intime ami, l'avait fait transporter. 11 y mourut au mois de septembre 1589, avant d'avoir vu terminer la rédaction du grand vocabulaire dont il avait été l'un des premiers et plus zélés collaborateurs. Ses ouvrages sont 10 Orazione nella morte di don Garzia de Medici , Florence , 1562 ; 2' Orazione ? relia quale si demostra la forentina Javelle ed j jiorentini au- ton i essere a lutte le altre lingue, cd a tutti gli altri scrittori di grau lingua superiori , etc., ibid., 1564 ; un titre qui ne manquait pas d'outrecuidance. 3. De dialogki d'amicizia libro primo, ibid., 1564 Ce premier livre devait être suivi de nouveaux dialogues , que l'auteur n'eut pas le temps de composer. 4° Orazione cella morte di Illiehelaqnolo Buonarroti , ibid., 1564 rare ; frirazione funerale delle lodi di Benedettd I'arelzi, ibid. , 1565 ; 6° Il Granchio, con gl' intermedii di Bernardo de' Nerli , ibid., 1566 C'est une comédie en vers, ainsi appelée du nom d'un valet intrigant. Elle fut représentée à Florence, , et 2e volume, Florence, 1586 Ils furent réimprimés à Naples en 171, par les soins de Laurent Ciccarelli. 11° Lasca, dialogo, etc. , Florence , 1584 rare. Cet ouvrage ne porte pas le nom de l'auteur, mais il est généralement attribué à Salviati. 12' Dell' kfarinato accadentico della Crusca : ris- posta ail' apologia di T. Tasso, ibid. , 1585 ; 13° Orazione funerale delle lodi di Pier Vettori , ibid., 1585 ; 14° Considerazioni di Carlo Fioretti, sopra ad ah- une dispute dietro alla Gerusalemme, etc., ibid., M86 On croit assez généralement que, solis le nom de Fioretti , s'était caché Salviati , son véritable auteur. 15° Orazione delle lodi di donno Alfons° d'Este, Ferrare, 1587, ih-4°. Elle fut prononcée devant l'académie de Ferrare. 16" Lo' Afarinato second°, risposta al libro di COntillo Pellegrini, etc., Florence, 1588 17° La Spina, Ferrare, 159'2 Cette comédie en prosè, dont Urie U) On trouve à la fin de ce volume douze versions différentes de la 9' Novelle de Boccace, en divers patois ou dialectes d'Italie, outre l'original toscan. jeune fille ainsi nommée est l'héroïne, fut publiée après la mort de l'auteur, par les soins de JeanBaptiste Olgiati. Le Granchio , la Spina et le dialogue de 1' Amicizia , furent réimprimés ensemble à Florence en 1606 Les quatorze premières Orazioni de Salviati, parmi lesquelles se trouve celle que l'auteur composa pour l'ordre de StEtienne, furent réunies par Razzi en un seul volume , et réimprimées à Florence en ·575 , Dans un avertissement ajouté à cette édition, l'imprimeur Junte prenait l'engagement, qu'il ne tint pas, de donner bientôt une édition soignée de la traduction italienne de la Poétique d'Aristote, à laquelle Salviati avait employé quatorze ans de travail. Une partie de ce manuscrit, d'après les renseignements donnés par l'abbé Follini, premier bibliothécaire de la Nagliaberhiana, parait s'ètre égarée. Voyez son mémoire inséré dans les Actes de l'académie italienne, t. 1", part. 2. A la fin de la traduction des Annales de Tacite, par Georges Dati , on lit un discours de Salviati sur ce problème historique Pourquoi fut- il facile à Rome de derenir libre et lui ft- il impos- sibie de recourrer la libertt, quand elle l'eut perdue? Poggiali avait rassemblé un volume des poésies inédites du mème auteur, qu'il se proposait de publier et dont il a donné quelques essais dans le tome p. 349 de la Serie de' testi di lingua stampati, etc. On trouvera des renseignements sur la vie et les ouvrages de Salviati dans l'Ora- zione récitée à l'occasion de sa mort par Pier Francesco Cambi, Florence, 1590 dans les Notizie dell accademia Fiorentina : Salvini Fasti consolari ; Negri Storia degli scrittori Fio- rentini ; Elogj degli uomini illustri Toscani ; Serassi Vita di Torquato Tasso , etc
  • Léonard TARGA( 1730 - 1815) : médecin, né à Vérone en 1730, fit ses études à l'université de Padoue, où il eut pour maitre Morgagni. Il y remplit quelque temps une chaire, que le mauvais état de sa santé l'obligea de quitter. Le même motif lui fit ensuite refuser une autre place semblable à l'université de Pavie. 11 prépara une nouvelle édition de Celse , dont if épura le texte et qu'il enrichit de notes. Ce travail et l'augmentation d'une collection de médailles. pour lesquelles il était trèspassionné, l'occupèrent pendant toute sa vie, qu'il termina le 28 février 1815. On a de lui : Celsi opera , ex recognitione Leonardi Targe e , Padoue, Comino, 1769, 2 vol. in4.; — le même, suivi d'un Lexicon ce/ sien, Vérone, 1810, 2 vol. édition plus ample, mais moins correcte que la précédente, qui a seni texte aux éditeurs de Hollande, Leyde, 1785 avec les dissertations de Bianco
  • Léonard THURNEISSER( 1531 - 1596) : né à Bâle, le 6 août 1531 , fils d'un orfévre, apprit en même temps le métier de son père et celui de graveur. Placé chez un médecin , il y prit du goût pour la chimie et l'histoire naturelle , et il se fortifia dans ce goût par les écrits de Paracelse. Des écarts de jeunesse lui firent quitter Bàle , quelque temps après un mariage qu'il avait conclu à l'âge de seize ans. Il établit à Tareuz , dans la vallée du haut Inn , une fabrique de soufre qui n'eut point de succès et voyagea ensuite en Allemagne, en France et en Angleterre. Après avoir servi dans l'armée du margrave de Brandebourg, il entra au service de l'archiduc Ferdinand, frère de l'empereur Maximilien II, qui lui confia, en 1558, l'administration des mines du Tyrol. Après douze ans de travaux dans cette place, où il acquit de grandes richesses, Thurneisser entreprit de nouveaux voyages, parcourut l'Ecosse et les fies Orcades , où il examina les mines de plomb; ensuite l'Espagne et le Portugal, l'Ethiopie, l'Egypte, l'Arabie, la Syrie, la terre sainte, le Levant. l'Italie et enfin la Hongrie. Dans toutes ces courses, il s'était beaucoup occupé de médecine. A son retour , il reprit l'administration des mines, mais avec moins de succès que la première fois. En 1569 , il revint en Allemagne pour soigner l'édition de divers ouvrages, tels que le Illicrocosmus, l'Archidoxia, l'Urodocima, tic., qui devaient révéler de grands secrets d'alchimie et de médecine. L'évêque de Munster et, peu après, l'électeur de Brandebourg le prirent à leur service. Ce dernier le nomma son médecin en 1571 et le combla de faveurs. Pendant plusieurs années, Thurneisser joua un grand rôle à Berlin , où il établit un laboratoire de chimie, une fonderie de caractères et une imprimerie destinée exclusivement à l'impression de ses œuvres; enfin il y fut à la fois médecin , chimiste, alchimiste, magicien, libraire , auteur et homme de cour. Il se fit surtout une grande réputation par la publication d'un alphabet polyglotte en trentedeux langues d'Europe et en soixantetrois langues des autres parties du monde. Enfin il prêtait sur gages à trèsgros intérêts, faisait des horoscopes et publiait un calendrier astrologique qui avait un succès extraordinaire. Il vécut ainsi de la manière la plus brillante; mais, s'étant rendu, en 1578, à Bàle, il vit que nul n'est prophète dans son pays, car il fut reçu trèsfroidement par ses compatriotes. Cependant il s'y maria pour la troisième fois ; mais ce mariage fut malheureux. Etant retourné à Berlin, Turneisser se sépara de sa nouvelle épouse et eut avec elle un procès scandaleux, qui lui coûta fort cher. Alors tomba de plus en plus le prestige dont il était environné. Se voyant, en 1582, complétement ruiné et discrédité, il quitta la Prusse furtivement et se rendit en Italie. Ce fut à Rome qu'en présence du cardinal, depuis grandduc, François de Médicis, il trempa dans une certaine huile la moitié d'un clou qui paraissait tout de fer et le retira changé en or pour la partie trempée. Cette expérience fit grand bruit; cependant elle ne put rendre à Thurneisser le crédit dont il avait joui en Allemagne. En 1591, il se rendit à Cologne , où il mourut le 9 juillet 1596, Cet homme avait beaucoup de rapports avec Paracelse par ses principes, son caractère et sa manière de vivre, et sa philosophie mystique rappelle celle de cet auteur. 11 était trèslaborieux , doué d'une mémoire prodigieuse et possédait des connaissances variées ; mais il était essentiellement menteur , débauché, fastueux ; enfin c'était un véritable charlatan. Le catalogue de ses nombreux ouvrages se trouve dans l'Admirabratio eruditorum Basileensium, par Herzog. Il avait préparé des travaux littéraires immenses, et dont il a à peine achevé la moitié. Nous citerons entre autres : P Onomasticon, Berlin, 1572.; 2° De frigidis et calidis aguis minealibus et metallicis, Francfort 1572 ; 3° Historia sive Descriptio plantarum omnium tam domesticaruen quam exoticarunt, avec fig., Berlin, 1578; 4° Onomasticon sive Interpretatio verborum in re metlica, germanice interpretata, Berlin, 1583 ; 5° Alchymia magna, ibid. , eod. ; 6° Fragment pour servir à l'histoire littéraire du Brandebourg, Berlin, 1783 . — THURNE1SSER , graveur, né à Bâle, le 15 juin 1636, y mourut le 17 février 1718. Pierre Aubry lui apprit l'art de la gravure, dans lequel il eut de grands succès. Il avait saisi la manière de Claude Melan, et il le surpassa sous quelques rapports. Son burin est plus ferme, plus brillant et plein d'art.11 travailla successivement à Lyon, à Bourg en Bresse, à Turin, à Vienne , à Augsbourg et à Bâle, où il était de retour en 1699. Le nombre de ses gravures est immense ; on en trouve quelquesunes dans l'Académie de Sandrart, notamment celles de Latone, de Laocoon et d'Antinoüs. — Son fils fut aussi graveur habile et eut part aux oeuvres de son père. Il mourut en 1730
  • Léonard USTERI( 1741 - 1789) : naquit à Zurich en 1741 et y mourut en 1789. Après avoir fait d'excellentes études dans sa ville natale, il embrassa l'état ecclésiastique, fit un séjour à Genève et voyagea en Italie et en France. Il mérita l'estime et l'amitié des savants les plus distingués. Winckelmann et Rousseau eurent avec lui un commerce épistolaire; et l'on trouve dans les collections de leurs lettres celles qu'ils lui ont adressées. De retour dans sa patrie, il devint professeur à Zurich et chanoine peu de temps avant sa mort. Les réformes des écoles et du gymnase, opérées en 1773, lui sont dues en grande partie. Il a publié les détails de leur Nouvelle organisation, Zurich, 1773, 1 vol. Après avoir achevé ce travail , ses regards se tournèrent vers l'instruction négligée du sexe, et il fonda une école spéciale destinée à son usage, qui devint bientôt le modèle d'un nombre considérable d'établissements pareils en Helvétie et en Allemagne. Ce fut pour les besoins des filles des artistes et des classes peu fortunées de la société que le plan de l'établissement avait été dressé; niais bientôt les familles aisées s'empressèrent d'en profiter. Les dons volontaires que l'estime dont jouissait le fondateur lui fit obtenir complétèrent le succès de son école. Ustéri en a donné cinq différents rapports au public, de 1777 à 1789. Bibliothécaire de la ville et membre de la société physique, il a rendu des services importants à l'une et à l'autre. Il soigna l'édition des volumes 3 et 4 du Catalogue de la Bibliothèque; et il prit une part essentielle aux encouragements de l'agriculture. Différentes Instructions, publiées au nom de la société, celles sur la culture des forêts, sur la plantation des haies, etc., ont été rédigées par lui. La jeunesse académique fit frapper une médaille à sa mémoire , avec cette légende : Auctoritas juncta co nzitati, et l'exergue : Usterio desideratiss. pietas juv. acad. Turic,, 1789
  • Léonard VAIRO : savant prélat italien , était natif de Bénévent et dut recevoir le jour entre 1530 et 15110. Il entra de bonne heure dans l'ordre de StBenoît, et, par des études opiniâtres, il acquit en effet la science profonde et consciencieuse du bénédictin. Il était de plus docteur en théologie. Enfin , il joignait à ces avantages solides celui d'une élocution en mème temps facile et brillante , et il se fit un renom comme prédicateur. Il en fut récompensé par un prieuré à Bénévent même, et plus tard, en 4587, par le siége épiscopal de Pouzzoles. C'est là qu'il mourut après avoir rempli ses fonctions de quinze à seize ans , entouré de la vénération et de l'affection de tous. On a de lui cinq sermons prononcés dans la chapelle papale et imprimés à Rome en 1579 Ils se recommandent surtout par l'élégance et par l'onction. du style. L'orateur a plus de ce charme qui persuade que de la véhémence qui entraîne; la dialectique , d'ailleurs, n'est pas absente, mais elle est claire et sobre. Ou doit encore à de Vairo un autre ouvrage d'un genre et d'un ordre tout différents, et dont aussi la destinée a été toute différente. C'est son De Fascino libri Ires, Paris, Chesneau , 1583 réimprimé six ans après par Alde le jeune, Venise, 189 ; traduit par Julien Baudot' d'Anvers , sous le titre de Trois livres des charmes , sortiléges et enchantements esquels , etc., Paris, 1 583 cités avec éloge par Thiers dans sou Traité des superstitions, et par Delrio dans plus d'un passage des Disquisitiones magicoe. C'est un livre curieux, plein de singularités, mais où jamais les singularités ne vont sans recherches sévères et solides, et où l'auteur ne se montre ni superstitieux ni fanatique. Le sujet pourtant était périlleux , nous ne disons pas à cause de la bizarre et trop priapesque amulette romaine dont Fascinus réveille à l' le souvenir, mais à cause de toutes les historiettes merveilleuses et des interprétations physiologiques hasardeuses dont l'idée de la fascination a été le point de départ
  • Léonard VEGNI( 1734) : architecte et inventeur italien, naquit à Chianciano, en octobre 17:)4. Il rit de bonnes études et manifesta de grandes dispositions pour les mathématiques, la numismafigne et pour les beaux arts eh général. Devenu propriétaire après la mort de siin père , qui était loin d'encourager ses goûts artistiques, d'Une pi irtion de terre située au lieu dit les Bains de St- Philippe, sur le mont Amiala, il sut tirer un remarquable et curieUx parti du tartre que déposaient lés eau*. Ayant en 'effet Observé que cette matière blanchâtre retenait l'exacte empreinte des arbres, branches et frdits sous lesquels elle venait à Se placer, Vegni itnaina que jetée en creux elle produirait le Même effet; et il songea à applitnier cette découverte à l'art plastique. La chose fit du bruit dans le monde artistique européen. Mais doué d'une humeur peu sédentaire, Vegni laissa StPhilippe pour aller étudier l'architecture de Lelli à Bologne. Il se prit ensuite dé goût Pour les larigueS, le grec, l'hébreu, lg français, enfin pour les antiquités et la science des chartes. Un Séjour de deux année S qu'il fit en Toscane lé ramena à la recherche des moyens de perfectionnement de là découverte qu'il avait faite. Des hommes illustres, des voyageurs de diverses nations, vinrent visiter Vegtii ; et ses tartres étaient expédiés dans les contrées les plus lointaines. Les académies les plus éclairées s'occuperent des tartres de StPhilippe; et Vegni reçut d'elles à cette occasion des diplômes approbatifs. Mais le goût de l'architecture le reprit. Il se disposait à publier les œuvres inédites de Palladius, quand la mort l'empêcha de donner suite à ce projet. Il fut frappé d'apoplexie en 1801. Vegni, n'avait pu se décider à se fixer quelque part d'une manière définitive, et il avait décliné les Offres bienveillantes de soUverains tels que Pie VI, Léopold le', Catherine li, qui tous voulaient l'attirer dans leurs Etats. Partageant néanmoins son temps entre ChianCiano et StPhilippe, il écrivit, pour divers Magasins et Revues, des articles agronorniques, philologiques et relatifs aux beauxarts. Il respectait les grands, mais se montrait peu soncieux de se soumettre au faste et à l'étiquette
  • Léonard WELSTED( 1689) : poëte anglais, né en 1689 dans la ville d'Abington , reçut les premiers éléments de l'éducation à l'école de Westminster. Un ouvrage anonyme intitulé les Caractères du temps , qui lui est faussement attribué par quelques biographes, le représente comme un enfant de la plus haute espérance, et assure que les deux universités d'Oxford et de Cambridge se disputaient l'honneur de l'avoir pour disciple. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il était encore à récole de Westminster lorsqu'il publia son p?ëine burlesque du Ailé aux pommes , chef d'oeuvre d'élégance et de plaisanterie, que l'on a attribué in Le P. Niceron, qui n'a pas deviné cette pet ue ruse, dit que cette pièce n'est point de ‘Velser , et qu'elle ne méritait guère d'être jointe à ses Œuvres. universellement au docteur King, et qui même a été inséré dans la collection de ses ouvrages. Welsted s'attacha au comte de Cidre et à quelques seigneurs qui lui tirent obtenir divers emplois, devint official de la Tour de Londres, et mourut revêtu de cet emploi en 1747. 11 avait composé un grand nombre d'opuscules qui, la plupart. furent imprimés séparément et après sa mort rouais en un volume iu-8°, 1787, avec une notice biographique écrite par Nichols. Les pièces les plus remarquables de ce recueil sont : 1° Le Pâté nus pommes; 2° une comédie intitulée le Libertin hypocrite, 1726 ; 3° le Génie, ode sur l'apoplexie du due de Marlborough. Steele en fit l'éloge dans le temps, et elle fut généralement si admirée, qu'on l'attribuait à Addison. 40 L'Hymne au. Créateur, élégie sur la mort de sa fille unique ; 501e Triumvirat, lettre en vers adressée de Bath à Célie, par Palémon. Ce morceau, que l'on considère à juste titre comme une satire contre Pope, attira sur Welsted des sarcasmes auxquels il ne pouvait rester insensible. C'est lui que l'auteur de la Dunciade caractérise en le comparant à de la vieille sans être mûre, plate sans être claire, aigre sans être forte, etc. 6' Des Contes érotiques; 7° diverses imitations et traductions de poètes anciens. Il avait fourni à Steele le prologue et l'épilogue des Amants généreux, et publié une bonne traduction du Traité du sublime, par Longiu. Quant à ses qualités comme lime, il est assez difficile de l'apprécier. On ne peut nier que sa versification ne soit facile, coulante et harmonieuse; niais , comme l'insinue l'auteur de la Dunciade, son harmonie dégénère en fadeur et sa douceur en faiblesse, On peut aussi lui reprocher d'avoir été trop près de la licence dans ses contes érotiques. Son premier ouvrage est sans contredit son chefd'oeuvre. On y voit de l'imagination, du feu, beaucoup d'esprit et d'originalité; en un mot , le germe d'un poète. Mais en sortant du collège, il se fit homme du monde bien plus qu'homme de lettres, et devint un adepte du plaisir au lieu d'être un adepte de la poésie. Les louanges excessives ou prématurées de ses amis contribuèrent aussi à le giiter, et il ne fit aucun effort pour s'élever d'un rang secondaire à celui auquel, après un début aussi brillant, pouvait aspirer un poète laborieux et sévère pour luimême. — Robert WELSTED, associé du collège de la Madeleine à Oxford, publia, conjointement avec Rich. West , une édition de Pindare, avec scolies, notes et traduction latine en vers lyriques de edorius, 1697 fol
  • Léonard XIMENÈS( 1716 - 1786) : célèbre géomètre et astronome, naquit le 27 décembre 1716, à Trapani, dans la Sicile, de parents nobles originaires d'Espagne. Dès sa plus tendre enfance, il montra des dispositions étonnantes pour l'étude et en mème temps un grand éloignement pour les vanités du monde. A quinze ans , il embrassa la règle de StIgnace ; mais, après avoir terminé son noviciat et professé quelque temps la rhétorique et la philosophie, il sollicita de ses supérieurs la permission de passer en Italie, où il devait trouver toutes les ressources nécessaires pour perfectionner ses connaissances et en acquérir de nouvelles. Chargé d'abord d'enseigner les belleslettres à Florence et à Sienne, il alla ensuite à Rome faire son cours de théologie au collège de la Sapience. Il venait de l'achever, lorsque le marquis Vinc. Riccardi , gentilhomme florentin, ayant demandé au provincial des jésuites un sujet pour enseigner les mathématiques à ses enfants, on lui accorda le P. Ximenès. Dans ce nouveau poste, il sut profiler de ses loisirs pour se livrer avec ardeur à l'étude des sciences , et aidé des conseils de quelquesuns de ses confrères, il fit de rapides progrès dans la géographie et les hautes mathématiques. Quelques opuscules, qu'il publia vers le même temps, l'ayant fait connattre de la manière la plus avantageuse, il obtint, avec le titre de mathématicien de l'Empereur, la chaire de géographie à l'académie de Florence. Les ravages causés par le débordement du Pô et du Reno, sujets continuels de contestations entre les divers Etats de la basse Italie, fournirent bientôt au P. Ximenès l'occasion de signaler ses talents pour l'hydraulique. Il fut choisi par l'Empereur pour régler les difficultés qui s'étaient élevées entre la Toscane et la république de Lucques, dont le commissaire était le P. Boscovich , et il s'acquitta de cette tâche avec tant de zèle, les moyens qu'il indiqua pour prévenir de nouveaux débordements furent jugés si supérieurs à tous ceux qu'on avait employés jusqu'alors, que depuis on n'agita dans l'Italie aucune question d'hydraulique sans la lui soumettre. Il n'est pas en Italie un seul Etat qui n'ait eu recours aux lumières du P. Ximenès et qui n'ait pu s'applaudir d'avoir suivi ses conseils. Il fut consulté par la cour de Rome sur les moyens de dessécher les marais Pontins et de régulariser le cours des Llleuves dans le Bolonais ; par les Vénitiens, au Ikujet des dégâts causés par la Brenta ; par les Lucquois, sur le lac Sextus ou Bientina ; par les Génois, sur des aqueducs à construire , des routes à percer et d'autres objets importants. Mais les travaux qu'il a fait exécuter en Toscane suffisent pour lui assurer une réputation immortelle. Il serait trop long de rappeler ici tous les plans et les projets dressés par le P. Ximenès, tous les travaux entrepris sous sa direction et achevés par les ordres du grandduc Léopold. Il suffira de citer le Va/ de la Chiusa, la Maremme de Sienne et la Route de Pistoie. Les obstacles sans nombre qu'il rencontra dans l'exécution de ces beaux ouvrages ne servirent qu'à montrer la puissance et le triomphe de l'art. Le seul pont de Sestajone, jeté sur des précipices horribles, entre des montagnes désertes, égale les plus superbes monuments des Grecs et des Romains. Quoique occupé presque sans relâche par les travaux dont on vient de parler, le P. Ximenès trouva cependant le loisir de faire une foule d'observations astronomiques importantes et de publier un grand nombre d'écrits trèsestimés. Il était fréquemment consulté par les savants ainsi que par les académies, qui s'étaient empressées de se l'associer, et telle était son activité presque incroyable qu'il ne laissa jamais aucune lettre sans réponse. Il consacra les traitements qu'il recevait de ses divers emplois et les revenus de son patrimoine à décorer la ville de Florence d'un des plus beaux monuments qu'elle possède pour les sciences. C'est l'observatoire de San Giorannino , fameux surtout par son grand cadran mural et par le gnomon de Paul Toscanelli , que le P. Ximenès y établit ; il y joignit une bibliothèque choisie et un grand nombre d'instruments de mathématiques. Enfin, après une vie dont le cours avait été rempli par la pratique des vertus chrétiennes et par l'exercice des plus nobles talents , il mourut d'apoplexie, à Florence, le 3 mai 1786, à l'âge de 70 ans. Par son testament, il fonda deux chaires, l'une d'astronomie et l'autre d'hydraulique, qui devaient être remplies' par deux religieux piaristes auxquels il léguait sa bibliothèque et son cabinet, sous la condition de les remettre aux jésuites s'ils étaient rétablis en Toscane. Il laissa tous ses manuscrits au sénateur J.B. Neill , qui possédait déjà ceux de Galilée et de plusieurs autres savants dont la Toscane s'honore à juste titre. Le P. Ximenès s'était composé une épitaphe Qui didici asirorumque vilas , undasque fluentes, Hoc cutis exiguus nunc j'avec in fun:. Parte tante» meliore mei super causa vocatus Gratulor alertai Numinis ore frui. A beaucoup d'értdition il jcii.gnait le talent de mettre ses découvertes à la portée des intelligences les plus vulgaires. Toujours clair, précis et méthodique, il parlait avec éloquence et captivait l'attention de ses auditeurs. Placé dans un poste important, il ne pouvait manquer d'envieux; mais il compta parmi ses amis les hommes les plus distingués de son temps. Son noble désintéressement , sa prodigieuse activité, la constance avec laquelle il poursuivit l'exécution des projets qu'il avait conçus pour l'utilité publique, lui assurent une place parmi les plus grands hommes de l'Italie au 18° siècle. Il était associé des Académies des sciences de Paris et de StPetersbourg et membre de celles de Vérone et de Sienne. Ses ouvrages sont : 1° Osserrazione dell' aurora boreale del di 3 febbrajo 1750, a cui s'aggiutine lo scioglimento d'un nuovo problema per calcolarne le distante, secondo l'ipotesi del Mayer, etc. Osservazione dell' aurora boréale compassa la noite del di 26 ayosto 1756. Ces deux observations ont été publiées dans la première décade des Symbol. litterar. de Gori. 2° Notizia de' tempi, de' principali fenomeni del cielo nuovamente calcolati, etc. , Florence, 1751 Cet ouvrage, fait sur le plan des éphémérides , a été continué pour les années 1752 et 1753. 3° Primi elementi della geometria pians , Venise, 1751 ; 4° Dissertazione meceanica di due stromenti cite posson service alla giusta stima del viaggio maritimo, e della velocità dell' acque et de' venti, Florence, 1752; 5° Dissertatio de marisNuove sperienze idrauliche faute ne' canali et ne' fiunti per verificarne le principali leggi e fenomeni dell' acque corenti, Sienne, 1780 Cet ouvrage est trèsestimé. 10° Bistetto dell' ossers'azione dell' ecclissi solare del di 17 octobre 1781, Rome de 8 pages, inséré dans le Journal des savants, mars 1782, p. 185 ; 11° Teoria e pratica delle resistenze de' solidi ne' logo attriti , Pise et Florence, 1782, 2 vol. 12° Raccolta di perizie ed opuscoli idraulici, etc., Florence, 1781i786, 2 vol. Ce grand ouvrage , enrichi d'un grand nombre de planches, devait former six volumes, dont le dernier aurait contenu un dictionnaire hydraulique; mais l'auteur n'a pas donné suite à ce projet. On trouve encore divers opuscules de Ximenès dans les journaux scientifiques et dans les mémoires des académies dont il était membre, principalement de Vérone et de Sienne. Les ouvrages que l'on peut consulter sur ce grand mathématicien sont : 1° son éloge, par l'abbé Louis Brenna, dans le Giornale di t. 54, p. 91 ; 2° un autre éloge, par Palcani, dans les Memorie della società ital. , Vérone, 1790; réimprimé séparément, Bologne, 1791 ; El nnov. dizion. istoriro, Bassano, 1796, et enfin le Supplem. Bibl. soc. Jesu
  • Léonard Bernstein : compositeur et chef d'orchestre américain
  • Léonard COHEN : chanteur canadien "Suzanne"
  • Léonard de Pise : mathématicien italien
  • Léonard de Vinci : peintre, architecte, sculpteur, ingénieur et théoricien italien mort près d'Amboise, France, en 1519
  • Léonard NIMOY : acteur

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