Le prénom Lazare Masculin

Origine :

Fête :

23 Février

Signification de Lazare

Lazare est un prénom masculin relativement rare actuellement. Il a pourtant connu un grand succès dans les années 1900 et 1910.
Les grandes lignes de leur personnalité sont notamment la douceur, la réserve et la solitude. Ils ont le sens de la solidarité et se montrent serviables et indispensables en société.
Les dérivés de Lazare sont Lary, Lazarus, Eliezer et Lazzaro. La France compterait plus de 1 249 Lazare dont la moyenne d’âge est de 45 ans. À partir des années 1940, la réputation de ce prénom a beaucoup régressé et n’a cessé de diminuer jusque dans les années 2000. Lazare est également utilisé comme patronyme chez plus de 1 104 Français et figure dans l’encyclopédie des noms de famille.

Personnalité de Lazare

Ils sont volontaires, courageux et font preuve d'une grande persévérence pour atteindre le but qu'ils se sont fixé. Ce sont des perfectionnistes. De tempérament calme, ils prennent le temps de la réflexion avant l'action. Accueillants, bavards, ils recherchent les contacts. Ce sont des hommes qui réussissent grâce à leur flair et qui ont le sens des affaires et de l'argent. Ils sont anxieux et se réfugient dans une intense activité.

Provenance du prénom Lazare

Histoire de Lazare

Etymologie de Lazare

Les Lazare célèbres

  • Lazare BUONAMICI( 1479) : né à Bassano, en I41,9, d'une famille trèspauvre, eut le bonheur de trouver un protecteur dans fun des amis de son père, et fut envoyé à l'université de Padoue. 11 ne tarda pas à se faire remarquer par les progrès qu'il fit dans les langues latine et grecque, et particulièrement dans la philosophie, qui lui fut enseignée par le célare Pomponace. Ce savant avait une si haute estime pour son élève, qu'il lui demandait souvent l'explication des passages douteux qui se trouvaient dans Aristote. Buonamici ne s'appliqua pas avec moins de succès à l'étude des mathématiques, de l'astrologie, de la musique. Au sortir de ses études il fut appelé à Bologne pour faire l'éducation de plusieurs jeunes gens de la famille Campeggi. En 1523, il passa de cette ville à Rome , où il lit un cours do belleslettres au collége della Sapienza. 11 se trouva au siège, de Borne en 1527 , et fut obligé d'abandonner tous ses travaux et ses livres pour se boustraire à la férocité des vainqueurs. Trois ans après il obtint la chaire d'éloquence grecque et latine dans l'université de Padoue. La manière distinguée dont il la remplit accrut sa réputation à un tel point que l'université de Bologne, Clément VII, le granddue Cosme I", lui firent des propositions pour se l'attacher. Le cardinal Sadolet voulait l'em- mener à Carpentras, et le cardinal Stanislas Osio le conduire avec lui en Pologne; Ferdinand, roi de Hongrie, lui fit les offres les plus brillantes pour l'engager à venir professer dans ses États ; mais les égards et la considération dont il jouissait à Padoue, et une pension que lui faisait le sénat de Venise, suffisaient à son ambition, et il refusa constamment de s'exposer aux dangers des déplacements. Il mourut à Padoue, le II février 1532, ;le de 73 ans. Tous ses élèves se firent honneur prouve que l'auteur de ce traité est François BUONAIIICI, médecin florentin, qui a composé aussi : de Aliment° Florence, 1603; et Discorsi poetici in difesa d'Aristotile, Florence, 1597
  • Lazare CALVI( 1502) : peintre, né à Gènes en 1502, fils d'Augustin Calvi, qui fut le premier dans cette ville à substituer les fonds peints aux fonds d'or, étudia l'art sous son père, jusqu'à ce qu'il eût vu la belle manière de Périn del Vaga, dont il voulut être élève, quoique déjà âgé de vingtcinq ans. Périn del Vaga s'attacha tellement à Lazare, qu'il lui dessillait les cartons de ses ouvrages et l'encourageait à accepter les commissions les plus difficiles. Lazare, de concert avec son frère Pantaléon, orna de belles fresques le palais d'Antoine Doria, la façade d'une « Calvet n'a jamais eu grande confiance aux remèdes, qu'il « redoute, ni aux médecins, qu'il respecte ; et il conseille fortement « à la postérité, d'après son exemple, de recourir plutôt à la nature « qu'a » maison sur la place Pinelli, et deux salles du palais de Grimaldi, prés de l'église de StFrançois. Sa réputation s'étant répandue en Italie, il fut appelé successivement à Monaco et à Naples. Il obtint dans cette dernière ville la permission d'ajouter une tête de More à ses armes. Au milieu de ses succès, cet artiste montrait un caractère ambitieux et porté à l'envie. Il aurait voulu être le premier de sa profes- sion. Il entendait avec douleur les éloges qu'on pouvait donner aux autres maîtres. Cette dangereuse et cruelle maladie le porta à empoisonner un jeune artiste nommé Jacques gargone, dont il était jaloux. Bientôt Calvi, s'étant vu préférer le Bergamasque et Luc Cambiaso pour des ouvrages qu'ordonnait le Prince Doria, abandonna la peinture, et s'appliqua d'abord à la nautique, ensuite à l'escrime : il réussit particulièrement dans cet exercice, et prit alors l'habitude de porter sous son vêtement une jaque de mailles. Cette précaution singulière lui fut utile un jour qu'un assassin lui donna un coup de stylet. Lazare continua de négliger la peinture pendant vingt ans ; mais, irréfléchi et bizarre , il se livra de nouveau à l'étude de cet art, et continua de pe jusqu'à quatrevingtcinq ans, toujours avec une certaine sécheresse. Il ne fit plus ensuite rien autre chose de mémorable que de vivre jusqu'à 105 ans. Son frère Pantaléon était mort en 1595, en laissant , quatre enfants , qui furent aussi peintres comme leur père et leur oncle. L'aîné , Marc- Antoine, s'é- leva seul jusqu'à la médiocrité. 11 excella dans l'art de connaître la main des meilleurs maîtres, art dif- ficile, et pour lequel on ne fait pas assez d'études. Le second, Aurèle , devint un pete assez distingué. Les deux derniers, Benaii et Félix, tombèrent dans un état d'infirmité, qui les fit renoncer à la pe
  • Lazare CATTANEO( 1560 - 1640) : jésuite et missionnaire italien, naquit d'une famille noble de Sarzane, sur la côte de Gènes , en 1560. A l'âge de vingt et un ans, il entra chez les jésuites à Rome, et ayant obtenu, après de longues et vives instances, la liberté de se consacrer aux travaux des missions, il s'embarqua pour les Indes en 1588. La ville de Goa obtint les prémices de son zèle , et il alla l'exercer ensuite pendant deux ans sur la côte de la Pêcherie. De là, des ordres supérieurs l'appelèrent à la Chine, où il devint l'utile coopérateur du célèbre P. Ricci, le premier qui porta la foi chrétienne dans cet empire. Il l'accompagna dans son voyage à Pékin, où ce religieux fut trèsbien accueilli par l'empereur, qui lui permit de se fixer à la Chine. Le P. Cattaneo partagea le zèle et tous les travaux de cet homme apostolique , pour l'établissement des missions dans les différentes provinces. On appela de Macao de nouveaux missionnaires , el des résidences leur furent préparées dans les villes les plus considérables. Ce premier établissement des jésuites essuya une foule d'obstacles et de contradictions ; les plus redoutables pour eux furent les insinuations perfides de quelques Européens qui étaient leurs ennemis. Ceuxci eurent l'air de s'ouvrir confitlemment à quelques Chinois de Macao et de Canton ; ils leur dirent que les jésuites étaient des hommes ambitieux, qui, sous prétexte d'annoncer la religion chrétienne, ne tendaient à rien moins qu'à s'emparer de l'empire. Ils leur firent malignement observer la situation géographique des lieux et des villes où ils avaient établi leurs résidences depuis Canton jusqu'à Pékin. Ils assurèrent qu'une flotte hollandaise , qui paraissait depuis quelque temps sur les côtes de la Chine , n'y était arrivée que pour favoriser leur entreprise ; que le gouverneur de Macao devait les appuyer de toutes les troupes portugaises qui étaient sous ses ordres , auxquelles devaient se joindre encore celles qu'on attendait du Japon, où l'on savait que les disciples des jésuites étaient puissants et trèsnombreux. Enfin ils déclarèrent savoir que le P. Cattaneo était celui sur la tète duquel ces religieux conquérants se proposaient de placer la couronne impériale, et que tel était le motif de tant de courses et de voyages que ce père faisait à la cour et dans les provinces. Ces révélations parurent si importantes aux Chinois qui en furent les dépositaires, qu'ils se hâtèrent d'en instruire Js magis- VE.E. trats supérieurs de Canton. Ceuxci, toujours craintifs et soupçonneux à l'excès pour tout ce qui tient aux affaires d'Etat, conçurent de vives alarmes à la nouvelle de cette conspiration. Toute la ville de Canton fut dans le trouble et l'agitation, et l'on y prit autant de mesures de sûreté, que si les flottes hollandaises et japonaises eussent déjà menacé les côtes. Ces mèmes brtiits se répandirent dans toutes les provinces voisines, et y excitèrent une égale fermentation ; déjà même on y annonçait que le P. Ricci avait été exécuté à Pékin. Malheureusement un jésuite chinois , nommé François Martinès , passait à Canton dans cette circonstance pour se rendre à Macao. Quelque soin qu'il eût pris de se cacher, il fut decouvert , saisi , jeté dans une prison , et condamné au supplice d'une bastonnade si violente, qu'il expira sous les coups. La conspiration des missionnaires était un roman trop absurde pour qu'il pût se maintenir. L'imposture se dissipa bientôt d'ellemême , et les Chinois furent les premiers à rougir de leurs ridicules terreurs. Le P. Cattaneo continua pendant quarantesix ans l'exercice des pénibles fonctions de missionnaire à la Chine. Cassé de vieillesse et usé par les travaux, il passa les deux dernières années de sa vie privé de l'usage de tous ses membres, assis jour et nuit dans un fauteuil, et mourut à Hangtchéou en 16•0, âgé de 80 ans. 11 a écrit en chinois plusieurs ouvrages destinés à l'instruction de ses néophytes ; un seul, sous le titre de la Contrition ou de la douleur des péchés, a été imprimé
  • Lazare HOCHE( 1768) : général français, ne dut qu'à luimème son élévation , et sous ce rapport fut un des hommes les plus étonnants de la révolution française. Il naquit le 24 février 1768 à Montreuil, près Versailles, d'un garde du chenil de Louis XV, et entra, à quatorze ans, comme palefrenier surnuméraire aux écuries du roi. Resté presque aussitôt sans ressources par la perte de ses parents, il ne trouva quelques secours qu'auprès d'une tante, fruitière à Versailles, qui de temps en temps lui donnait de l'argent pour acheter des livres ; le jeune homme les dévorait. Porté par son inclination à l'art militaire , il s'engagea , à seize ans, dans le régiment des gardes françaises. On le vit dès lors monter des gardes, et se livrer à toute espèce de travaux pendant le jour, afin de pouvoir se former du fruit de ses peines une petite bibliothèque , au milieu de laquelle il passait une partie des nuits, sans négliger toutefois l'exercice des armes, auquel le rendaient trèspropre sa belle stature et sa vigueur naturelle. S'étant battu en duel , en décembre 1788, dans les carrières de Montmartre, avec un caporal , il reçut au visage un coup de sabre , dont la cicatrice, qu'il conserva toute sa vie, faisait ressortir davantage son air martial. L'année suivante il fut entrainé par son ardeur dans la défection des gardes françaises, qui , se mêlant au peuple de Paris, donnèrent à la révolution l'appui de la force armée. Il fut Cependant distingué par la Fayette parmi les défenseurs du clAteau de Versailles dans les journées des 5 et 6 octobre. Hoche passa ensuite dans la garde soldée de la capitale, dont on forma quatre régiments; il fit partie du quatrième, et s'étant fait remarquer par sa bonne tenue et par son instruction , il parvint rapidement au grade d'adjudant sousollicier. En 1792 il obtint du ministre Servan le brevet de lieutenant dans le régiment de liouergue. 11 étudia dès lors avec beaucoup de soin la tactique militaire, se distingua au siège de Thionville, et passa ensuite dans la division de Leveneur, . Il fut d'abord conduit à Paris , dans la prison des Carmes, puis transféré à la Conciergerie , d'où il eût monté à l'échafaud sans la révolution du 9 thermidor . Hoche recouvra sa liberté aussitôt après la chute de ses persécuteurs. 11 avait employé le temps de sa captivité à s'instruire, travaillant avec une nouvelle ardeur, et faisant durant ce court espace de grands progrès dans l'étude des lettres et dans l'art de la guerre. 11 parvint aussi à maltriser son caractère impétueux; il devint réservé, taciturne, et choisit luimine cette devise : Des choses et non des mots . La convention l'ayant appelé au commandement de l'armée des côtes de Brest , il s'y prépara à combattre les royalistes de l'Ouest, dont les forces étaient encore redoutables. Ce fut dans cette guerre qu'il déploya les talents du guerrier et de l'homme d'ilat. Successeur de tant de généraux par lesquels cette guerre civile n'avait fait que s'aigrir et s'étendre , il jugea que c'était à l'adresse plutôt qu'à la force qu'il appartenait de la terminer. Ses proclamations aux royalistes furent modérées. Alliant la fermeté à la douceur, il employa contre eux des moyens conciliateurs, avant même que la convention eùt songé à pacifier ces contrées ; niais son commandement était encore trop borné pour qu'il pût y exercer une influence décisive. Deux autres armées étaient employées contre les royalistes, et Hoche, subor- donné aux délégués de la convention , comman- dait la plus faible. Toutefois il se hâte de réprimer les désordres, et de rétablir la discipline. Il substitue au système des cantonnements celui des camps retranchés. Ces innovations et la justesse de ses vues décident le comité de salut public à le porter au commandement des deux armées réunies des côtes de 13rest et de Cherbourg, qui occupaient le pays depuis la Somme jusqu'à la Loire. Hoche , après avoir conféré avec divers chefs royalistes, et préparé la première pacification, La correspondance 'du général Mermet, alors simple officier et aide de camp de Hoche, nous apprend qu'à son arrivée à Nice, sans même se donner le temps de se débotter, son général se lit apporter la carte de la haute Italie ; et après avoir passé près d'une heure à l'étudier : 44 C'est de l'autre côté de ces mon-« fagnes ditil en montrant la chaîne des Alpes, que se trouve 44 le véritable champ de bataille où la question doit se vider avec 44 l'Autriche. 44 C'était comme le premier présage de cette cam- pagne d'Italie que devait concevoir et exécuter bientôt après un autre capitaine du même âge que Hoche. Voici l'un de ses préceptes militaires 44 La réflexion doit préparer et la foudre doit exécuter, n ne trouva dans les délégués conventionnels que des mitres absolus , dont les opérations contra- dictoires le jetaient dans une continuelle indécision. Il s'éleva contre les conditions de la paix, qu'il considérait comme impolitiques, et péné- trant les projets des royalistes , il demanda contre eux des mesures vigoureuses ; mais les délégués ne virent en lui qu'un ambitieux qui cherchait à dominer par la guerre; il fut au moment d'être rappelé. Cependant le comité de salut public sentit qu'il avait encore besoin de Hoche. La guerre s'étant rallumée comme celuici l'avait prévu, il mit ses troupes en mouvement, et par des dispositions énergiques , déconcerta les plans des royalistes de Bretagne. Au moment de la descente d'un corps d'émigrés à Quiberon ; il conserva seul, au milieu du trouble général , le sangfroid qui .maltrise les événements. Il réunit avec une grande rapidité ses cantonnements épars, et voyant les royalistes stationnaires, il emporta la position d'Auray, et les enferma dans la pres- qu'île. Le 16 juillet il repoussa l'attaque du comte d'Ilervilly . Des transfuges étant venus dans la nuit du 21 lui proposer de s'emparer du fort Penthièvre par surprise , il assemble un conseil de guerre , et dit aux officiers qui regardaient l'assaut comme téméraire : Que sont « les règles de l'art dans cette circonstance? Il « nous faut de l'audace ; l'armée manque de tout; ,< l'insurrection s'étend ; si on hésite , je ne ré-« ponds plus de mes troupes. » Le fort Penthièvre est enlevé l'épée à la main, et les royalistes, acculés à la mer, sont forcés de parlementer. Hoche, dans les pourparlers, avait refusé à M. de Sombreuil de permettre le rembarquement des royalistes; mais d'autres généraux avaient promis qu'on épargnerait tout ce qui mettrait bas les armes. Prenant d'abord la défense des chouans prisonniers, Hoche écrivit au comité de salut public qu'il serait cruel et impolitique de songer à détruire six à sept mille familles entralnées à Quiberon. Quant aux émigrés, il fut d'avis de ne sacrifier que les chefs ; c'était aussi le voeu de son armée. Sans y avoir égard , la convention ordonna le supplice général. Hoche, indigné, remit le commandement du Morbihan au général Lemoine , et se porta avec le reste de ses troupes vers SaintMalo. Le gouvernement directorial ayant été établi peu de temps après, Hoche fut chargé de réduire Charette et toute la Vendée. Le vainqueur de Quiberon venait d'y passer avec 14,000 hommes. Vers la fin de décembre le directoire lui conféra le commandement des trois armées de l'Ouest, réunies sous le nom d'armée de l'Océan. Hoche, investi de pouvoirs illimités , assujettit tous les départements de l'Ouest à l'état de siége et à la .police militaire. Aucun général, depuis la révolution, n'avait eu autant de puissance dans l'intérieur. Hoche s'empara de tous les points militaires de la Vendée; il rassura les habitants des campagnes par le maintien de la discipline; il ménagea et flatta les prêtres, affaiblit et désunit les royalistes, employant contre eux avec beaucoup d'art les colonnes mobiles, qui, ne tramant a leur suite ni bagages, ni canons, achevèrent de soumettre les insurgés , en empruntant pour les vaincre leur propre tactique ; mais il eut à lutter contre l'envie et contre son propre parti. Une puissante et sourde intrigue fut à la veille de lui arracher le commandement. Je puis braver les boulets, écrivitil au direc-« toire , niais non l'intrigue ; je demande à me « retirer, et vous prie de me nommer prompte-« ment un successeur. » Le directoire maintint son général , qui n'espérait dompter la Vendée que lorsqu'il aurait Charette en son pouvoir. Il mit tout en oeuvre pour s'emparer de cet intrépide chef; il l'isola d'abord de Stofflet; ce dernier, ayant voulu reprendre les armes, fut pris et fusillé. Charette eut bientôt le mème sort, et dès lors la Vendée fut éteinte. Hoche s'empressa d'affranchir ce pays du joug militaire , et voulant mériter le titre de pacificateur, il y établit le régime consti- tutionnel. Tournant ensuite ses regards vers l'Anjou et la Bretagne, il 'passa la Loire avec 15,000 hommes d'élite , et employant les mèmes moyens qui avaient assuré ses succès sur la rive gauche, il séduisit les uns, désarma les autres, expulsa les émigrés, et pacifia en même temps l'Anjou, le Maine, la Bretagne et la Normandie. Le 15 juillet 1796, un décret déclara que lui et son armée avaient bien mérité de la patrie. floche avait conçu le grand dessein de porter au sein de l'Angleterre la guerre civile , que son gouvernement alimentait en France, et de lui arracher l'Irlande. Ce fut au milieu de ces nouveaux projets que , déjà menacé du poison , il se vit sur le point de périr assassiné. Le 17 octobre le nommé Guillaumot tira sur lui, à la sortie du spectacle de Rennes , un pistolet chargé de plusieurs balles; le coup, mal assuré, trompa l'espoir 4e l'assassin. Au milieu du trouble occasionné par cette tentative, Hoche conserva seul sa sérénité , et vint au secours de l'indigente et malheureuse famille de Guillaumot ; mais ni le fer, ni le poison , ne pou- vaient intimider son àme altière. A Brest , il presse l'expédition d'Irlande, surmonte une multitude d'obstacles, apaise l'insubordination des troupes de terre et de mer, et le 15 décembre met à la voile avec une armée expéditionnaire. Il trompe d'abord la vigilance de la flotte anglaise ; mais, séparé de son escadre par la tempète , il arrive seul sur les côtes d'Irlande, et n'y trouve plus ni sa flotte , ni ses soldats. Sans lui les chefs de l'escadre n'avaient rien osé entreprendre . Hoche, le désespoir dans l'àine, se vit contraint de regagner les ports de France : il n'y aborda qu'après avoir échappé comme par miracle aux croiseurs anglais et aux plus affreuses tempêtes. L'expédition avait été préparée et exécutée dans le plus grand secret. Le gouvernement anglais avoua n'en avoir eu aucune connaissance; et Pitt en caractérisa l'audacieuse témérité en disant , pour se justifier, que le général qui l'avait conçue s'était mis sous la protection des tempêtes. Les efforts que firent les Irlandais pour se soustraire à la domination anglaise attestent que dans cette circonstance ce fut plutôt le gouver- nement anglais qui fut protégé par les tempêtes. Hoche, à son retour à Paris , reçut du directoire exécutif le commandement en chef de l'armée de SambreetMeuse , la plus belle qu'ait jamais eue la république française; elle était de 80,000 hom- mes, et abondamment pourvue. Il ouvrit la campagne de 1797 par le hardi passage du Rhin , en présence de l'ennemi, et gagna successivement sur le général Werneck les batailles de Neuwied, d'Ukerath , d'Altenkirken et de Diedorff, pous- sant encore l'ennemi à Kleinnister, et s'emparant de Wetzlar au moment où Werneck le croyait encore très-éloigné. L'armée autrichienne , forcée dans toutes ses positions, avait perdu 8,000 pri- sonniers et trente pièces de canon. Hoche la poursuivait avec une incroyable activité. En quatre jours, il avait fait faire trentecinq lieues à son armée, et il avait été victorieux dans trois batailles et dans cinq combats Rien ne pouvait plus s'op- poser à sa marche triomphante au sein des États héréditaires. Il ne fut arrèté à Giessen, sur les bords de la NiOda , que par la nouvelle inopinée de l'armistice conclu entre l'archiduc Charles et Bonaparte. Hoche posa aussitôt les armes , s'arrè- tant luiméme au milieu de ses triomphes. La fin de la guerre étrangère sembla donner une nou- velle activité aux dissensions intérieures. line lutte s'était engagée entre le directoire et les conseils, c'est-àdire entre les révolutionnaires et les partisans secrets de la monarchie. Hoche, qui n'avait point abjuré les principes de la révolution, avait souvent témoigné néanmoins son éloignement pour ses excès et son horreur pour l'anarchie. 11 jugeait depuis longtemps que la France avait besoin d'un gouvernement capable de comprimer les factions, et de trouver sa sécurité future dans la stabilité ; mais soit qu'il craignit une contre- révolution complète, soit qu'il lui parût plus facile de ramener l'ordre par ceux qui avaient l'autorité en main qu'avec l'aide du corps législatif, il pencha pour le pouvoir exécutif dans sa lutte contre les conseils, qui étaient dirigés d'ailleurs par Pichegru , l'ancien favori de SaintJust et son ennemi personnel. Le directoire forma le projet de donner un grand pouvoir à Hoche , en le chargeant de soumettre un parti redoutable. Lorsque les directeurs eurent réclamé son appui, on l'entendit dire : Je vaincrai les « ennemis de la république, et quand j'aurai sauvé « ma patrie , je briserai mon épée. » Ayant ac- cepté la direction du mouvement que méditait le directoire , il fit filer vers Paris quelques corps de son armée ; ce qui lui attira des dénonciations violentes de la part des conseils. Le général WHlot demanda formellement la mise en accusation de Hoche; mais déjà le directoire , >qui on avait inspiré des alarmes sur la docilité (le ce général, et effrayé surtout des clameurs dont retentissaient les conseils, faisait rétrograder les troupes, et prétendait qu'elles étaient destinées à une expédition maritime. Indigné de Ja. faiblesse ou de la versatilité du directoire, Hoche publia plusieurs lettres pour établir qu'il n'avait agi que sur les ordres du gouvernement; il provoqua luimême l'examen de sa conduite, et sa mise en jugement. On sait aujourd'hui qu'il fut écarté par l'influence du parti du général Bonaparte, qui, ne voyant en lui qu'un rival redoutable pret à se rendre maitre du gouvernement et à le gagner de vitesse, fit déférer à Augereau la commission de renverser le parti des conseils. Hoche , abreuvé de dégoûts, se retira à Wetzlar, où il reprit le commandement de son armée ; tout à coup il fut atteint de douleurs violentes, cracha le sang, perdit la voix , et consumé d'un feu que rien ne pouvait éteindre, il (lit à ses amis : Suisje donc vêtu (le la robe cm-« poisonnée de Nessus:' » Le 15 septembre 1797, il cessa de vivre : sa mort fut généralement attribuée au poison. L'ouverture du cadavre fit en effet découvrir des traces d'une mort violente. On l'honora de deux pompes funèbres, l'une vers le Rhin , l'autre à Paris. Un monument à sa gloire fut élevé à Weissenthurn. Ses restes furent d'abord transportés de Wetzlar à Coblentz ; partout les commandants autrichiens rendirent à son convoi les plus grands honneurs; ses cendres furent mêlées ensuite à celles de filaceau à Pétersberg. Mais ce fut à Paris, au Champ de Mars que par l'ordre du directoire on décerna à ce général les obsèques les plus magnifiques. De toutes les cérémonies renouvelées des anciens, ce fut celle où l'on imita le plus heureusement les pompes grecques et romaines. Le parti républicain parut donner à la mémoire de Hoche de véritables regrets. Né soldat, général en chef à vingtquatre ans, Hoche, en cinq années, parcourut une carrière pleine de gloire; c'était un (le ces hommes dont parle Montesquieu , qui dans les temps de révolution se font jour à travers la foule , et sont portés au premier rang par leur supériorité naturelle. Fier et ambitieux comme César, il fut souvent comme lui grand et généreux. Sa mort soudaine, en facilitant la grandeur de Bonaparte, changea les destinées de la France. Sa vie a été écrite en deux volumes par Bousselin les réimpressions, en un volume , ne contiennent pas la correspondance de Hoche. Plus récemment, M. Il. Doucine a donné une Histoire de Hoche, Paris,18,1 I et M. Bergounioux un Essai sur la vie de floche, Paris, 1852 qui est estimé
  • Lazare MESZAROS( 1796 - 1858) : général hongrois , né à 13* le 20 février 1796, d'une ancienne et noble famille. Il perdit son père, jeune encore, et fut élevé par son oncle maternel. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il renonça à une carrière pour laquelle il ne se sentait aucune vocation, et étudia la jurisprudence. Il avait déjà commencé ses cours de droit à Pesth, quand éclata la guerre en second, et chef d'escadron en premier en 1834, major en 1837 et colonel d'un régiment de hussards en 1844. Ce régiment était la propriété du maréchal Radetzky, qui eut alors l'occasion de le connaître et de l'apprécier. Tout en s'acquittant de ses fonctions d'officier, Meszaros cultivait avec succès la littérature magyare, et fut élu membre honoraire de l'académie hongroise en 1844. Quand après la révolution de mars 1848, le comte Batthyanyi forma un ministère exclusivement hongrois , il confia le portefeuille de la guerre à Meszaros, alors en garnison en Italie. Celuici refusa d'abord, alléguant son insuffisance; mais, sur une lettre autographe de l'empereur du 7 mai , qui l'engageait formellement à prendre ce poste, il se résolut à l'accepter. 11 arriva en Hongrie à la fin de mai , se mit activement au travail, cherchant il concilier ses nouveaux devoirs avec les sympathies qui l'attachaient à l'Autriche. Le désaccord ayant définitivement éclaté entre les magyars et le gouvernement de Vienne, Meszaros crut de vnir SP ranger ein eAté snn naYs Soc fondanros inspiraient cependant de la méfiance aux révolutionnaires ; il avait refusé d'unir la cause des Hongrois à celle des Italiens et combattu l'adoption d'un drapeau national. Il s'occupa toutefois énergiquement de l'organisation de l'armée hongroise. Plus administrateur que général, il ne réussit pas à repousser les Impériaux du sud de la Hongrie , et s'étant ensuite porté au nord , il subit en janvier 1849 , à Kaschau, une défaite complète dans un engagement avec le corps chez lady Langdale , bellemère d'un autre émigré hongrois, le comte Teleki, et mourut dans cette localité le 16 novembre 1858. Meszaros était nonseulement un officier de grand mérite, mais un orateur fort éloquent et un humaniste exercé ; il a fait paraître dans sa langue natale un grand nombre d'ouvrages d'économie politique et agricole et de littérature
  • Lazare MEYSSONIER( 1602 - 1672) : médecin , né en 1602 à Mâcon, de parents protestants, fut reçu docteur à Montpellier, et s'établit à Lyon, où il acquit une réputation très-étendue par la pratique de son art. 11 négligea cependant la véritable médecine pour s'adonner à l'astrologie judiciaire, composa des horoscopes , et publia un almanach intitulé le Bon hernzite, rempli de prédictions presque toujours démenties par l'événement , et qui n'en eut pas moins de vogue. Ses confrères se réunirent pour demander la suppression de l'almanach , et l'obtinrent , mais non sans peine. Meyssonier était rentré dès 1648 dans le sein de l'Eglise catholique , et avait fait connaître les motifs de sa conversion. Resté veuf et sans enfants , il obtint un canonicat de l'église StNizier, , à Lyon, et mourut vers 1672. Outre quelques ouvrages ascétiques oubliés depuis longtemps et une traduction de la Magie naturelle de Porta , on connaît de ce médecin : 1° 0Enologie, ou les Merveilleux lets du vin, ou la Manière de guérir avec le vin seul, Lyon , 1636 2° De abditis epidem. iœ . Breviarium medicum, etc. , ibid., 1664 12° les Aphorismes d'Hippocrate, traduits en franfois , avec un mélange de paraphrases et d'éclaircissements és lieux plus obscurs , et la clef de cette doctrine parle moyen de la circulation du sang, etc., Lyon, 1668 ou 1684 Il dédia ce livre à Vallot , fameux médecin, son ami depuis quarante ans et qui l'avait vivement engagé à se fixer à Paris. Meyssonier assure qu'il a fait cette traduction n'ayant trait qu'à l'original grec ; mais il est certain qu'il s'est beaucoup aidé de la version latine de Focs. Les notes renferment bien des choses de l'invention de Meyssonier. 13° La belle Magie, ou Science de l'esprit, contenant les fondements des subtilités et des plus curieuses et secrètes connaissances de ce temps, Lyon, 1669 fig. « Ce livre, ditil, a pour but de rendre l'homme heureux en le conduisant par la magie, c'est-àdire par une sérieuse méditation , à une claire connaissance de toutes choses audessus des cieux , dans les cieux et dans les éléments , et ce qui en est composé jusqu'au centre de la terre. » Puis il ajoute : « Par ces éléments, il est « incomparablement plus facile d'acquérir , en « trois années , la science universelle , que par le · grand et petit art de Raimond Lulle. » Enfin, il assure qu'il a rendu dans six mois des jeunes gens capables d'obtenir les honneurs supérieurs du doctorat, et de guérir les maladies les plus cachées. Il prenait alors parmi ses titres celui de professeur de la science de l'esprit, qui enseigna aux mages, par une étoile, comme il fallait aller adorer JésusChrist et lui offrir leurs trésors. Le portrait de Meyssonier a été gravé à l'eauforte et en bois Dans le dernier il est représenté à genoux devant une image de la Vierge
  • Lazare PAPI( 1763 - 1834) : voyageur et historien italien, naquit à Pontito, village sur la frontière du diocèse de Pistoie, en 1763, et étudia successivement à Lucques et à Pise. En 1792, il partit pour les Indes avec un de ses amis, prit du service chez un des princes indigènes et devint un des officiers de son armée. Il lit la guerre contre TippooSaheb et s'y distingua. Il était absent depuis dix ans, lorsque l'amour de la patrie lui fit abandonner cette contrée; il effectua son retour par la mer Rouge, l'Egypte et la Grèce, recueillant partout une riche moisson d'observations. Rentré en Italie, il y occupa des emplois honorables sous les différents gouvernements qui se succédèrent, entre autres celui de censeur du lycée de Lucques, pendant le règne d'Elisa Baciouchi, soeur de Napoléon. Maintenu dans cet emploi par l'ancienne reine d'Etrurie MarieLouise , il fut nommé bibliothécaire de la ville en 1815, puis choisi par le duc CharlesLouis pour précepteur de son fils, le prince FerdinandCharles. Papi est mort à Lucques à la fin de décembre 1834. Parmi ses ouvrages, nous citerons P Lettres sur les Indes orientales, remplies de notes précieuses; 2° une traduction du Paradis perdu de Milton, la meilleure que possède l'Italie. Elle a eu plusieurs éditions ; la quatrième fut publiée à Lucques en 1829, 2 vol. avec une Vie de Milton et les discours d'Addison. 3° Une traduction du poème d'Armstrong sur Flirt de conserver la santé; 40 une traduction du Manuel d'Epictète, réimprimée à Lucques en 1829 50 une Histoire de la révolution française depuis la mort de Louis XVI jusqu'à la restauration , avec diverses poésies faites en l'honneur de l'illustre défunt
  • Lazare RIVIÈRE( 1589 - 1655) : naquit en 1589, à Montpellier, où il .étudia la médecine : soit faute de progrès, soit légèreté de conduite, il ne put être admis au doctorat quand il se présenta en 1610, et fut renvoyé, pour obtenir ce grade, à l'année 1 suivanto. Malgré cela, ii obtint en 1622, dans la même faoulté, une chaire 'qu'il occupaltionora-- blement pendant trentetrois ans. Il mourut en 1655. Astruc a cherrhé à le déprécier; niais Haller, dans sa Bibliothèque de médecine pratique. 3 analysé les 'écrits de Rivière avëc le soin qu'ils méritaient, et il a porté sur plusieurs , Lyon, 1663, 1679 'et 1698, in fol.; Venise, 166i, 1680, 1700 et 1713 ; Francfortsurle- Mein, 1669 et 1674 Genève, 1728 et 1737 enfin, Lyon, 4738 avec un beau portrait
  • Lazare SÉBASTIANI : peintre, né à Venise, fut élève de Carpaccio et non son fils, comme Vasari l'avance par erreur. C'est lui qui fut chargé par les chevaliers de l'ordre de StJean de Jérusalem de peindre dans l'avantsalle de leur maison, où est déposé le morceau de la vraie croix qui leur fut donné en 1369, le moment où le chevalier Philippe Nazeri apporte à Venise cette sainte relique. On voit aussi dans l'église de StSauveur un tableau consacré à la Vierge et placé à droite , en entrant dans la sacristie. Ce tableau est divisé en cinq compartiments. Celui du milieu représente StAugustin entouré d'un grand nombre de religieux à genoux et le bréviaire à la main; dans celui du haut, on voit le Christ mort soutenu par des anges. Il existe dans l'église des religieuses du Corpus Domini un tableau représentant SteVénérande assise dans la gloire céleste auprès de JésusChrist. De chaque côté sont plusieurs figures de saintes et un ange qui joue du luth; le fond est enrichi de fabriques d'un excellent style. Cet artiste a encore exécuté pour l'église de StAntoine un tableau d'autel représentant une NotreDame de Pitié et deux autres petits tableaux, dans l'un desquels il a peint StAnastase et dans l'autre StRoch
  • Lazare SPALLANZANI( 1729) : naturaliste, naquit le 12 janvier 1729, à Scandiano, petite ville du Modénèse , qui avait déjà donné le Boïardo à la poésie et Vallisnieri à la physique. 11 commença son éducation sous les yeux de ses parents, et à l'âge de quinze ans, il fut envoyé à Reggio. où il apprit la rhétorique et la philosophie. Les jésuites qui lui enseignèrent les belleslettres, et les dominicains, qui entendirent parler de ses progrès, voulurent se l'attacher ; niais le jeune élève sut résister à leurs sollicitations et se rendit à Bologne pour profiter des leçons de Bianconi et de Laure Bassi, cette femme étonnante, dont le savoir avait fait oublier le sexe . Par suite de l'usage qui destinait les enfants à !a profession de leurs pères, Spallanzani fréquenta les cours de droit pour entrer dans le barreau. Il allait être reçu docteur, lorsqu'a la demande de Vailisnieri, il obtint de pouvoir suivre sa vocation, qui l'appelait à l'étude de la nature. Quand il eut embrassé l'état ecclésiastique, il continua d'étudier les langues savantes et les mathématiques. En 1754 , l'université de Reggio le choisit pour remplir la chaire de logique, de métaphysique et de littérature grecque. Les travaux qu'il fut obligé d'entreprendre sur Homère lui révélèrent un grand nombre d'erreurs de Satvini, que l'on considérait alors en Italie comme le meilleur traducteur de ce poète. Spallanzani, clins l'agréable retraite de Montefalrone , où il était allé passer quelques jours de vacances, fit part au comte Algarotti du résultat de ses recherches, et il amusa le savant florentin d'avoir altéré le sens. terni le coloris et affaibli l'énergie de l'original. Il fondait ces reproches sur des analyses trèssavantes du texte et sur l'étymologie des mots, dont il cherchait à rétablir le sens. Pendatit son séjour à Reggio. il fit des excursions dans une partie des Apennins et reconnut la position du lac Ventasso, dont il sonda la profondeur. Il exposa aussi ses idées sur l'origine des sources et rappela à cette occasion l'hypothèse de Descartes. qui supposait que les eaux de la mer s'avancent par des canaux secrets jusque dans le centre des montagnes, pour y subir une sorte de distillation sous l'action puissante des feux souterrains. En 1760, l'abbé Spallanzani , ne voulant pas s'éloigner de sa famille, préféra les offres de l'université de Modène aux invitations de celles de Coïmbre , de Parme, de ' Césène, et les mêmes considérations l'engagèrent, quelques années plus tard . à refuser les propositions avantageuses qui lui furent adressées au nom de l'académie de StPétershourg. Plus occupé de ses études que de sa fortune, il fit paraître une dissertation sur la théorie des ricochets, pour prouver que le rejaillissement de la pierre doit être moins attribué à la réacti?Pn du liquide frappé qu'au changement de direction imprimé au mobile, lorsqu'il rebondit sur l'eau en vertu de la première impulsion. Spallanzani, égaré par son propre paralogisme, confondait l'effet avec la cause, et il n'avait d'ailleurs pas f assez médité sur la propriété élastique des fluides. I il était alors plus particulièrement occupé des phénomènes de la physique animale, dont il annonça quelques découvertes dans un prospectus publié en 1768. L'histoire des animaux à sang froid offre peu de faits aussi remarquables que la reproduction des membres coupés. En esquissant le plan d'un grand travail sur une recherche aussi ténébreuse, le professeur de Modène confirma les régénérations multipliées du polype, du ver de terre, et la réparation de la queue, des pattes et des mâchoires enlevées à la salamandre aquatique. Spallanzani avait aussi avancé que l'escargot reproduisait sa tète, et quoique Presciani ait rigoureusement prouvé que l'organe cérébral n'avait jamais été compris dans les amputations opérées par le savant modenais, on ne peut regarder sans étonnement cette régénération partielle d'un membre pourvu d'un appareil organique trèscompliqué . La physiologie de Haller vint engager Spallanzani dans les mystères de la circulation du sang. Continuateur des expériences de Malpighi et du physiologiste de Berne, il employa dans ses observations l'appareil de Lyonnet, trèssupérieur aux microscopes ordinaires. Parmi ses autres avantages , le plus réel est de pouvoir contempler le mouvement du sang à la lumière réfléchie , qui l'emporte sur la réfractée, en ce qu'elle n'altère point la couleur des objets. On est d'ailleurs maître de suivre le système vasculaire dans tout son trajet , sans le déplacer de sa disposition naturelle, ni le tendre par un procédé barbare, comme dans la méthode de Lieberkuhn . Avant Spallanzani, le cours du sang n'avait été observé que dans le mésentère ; il l'a suivi dans le tube intestinal , dans le foie, la rate, le ventricule, l'organe pulmonaire, etc. Il a examiné les progrès de la circulalion à mesure que les canaux artériels et veineux se développent, que le coeur augmente d'énergie, que l'animal prend de l'accroissement. Il a aussi calculé les vicissitudes de la circulation languissante , la cause de la pulsation des artères des animaux à sang froid. Il s'est trompé pourtant en supposant que le mouvement circulatoire du sang était indépendant de la contraction des artères. D'après la remarque des plus profonds anatomistes et de Barthez surtout , le tissu fibreux de ces vaisseaux acquiert plus de solidité et de consistance à mesure qu'ils s'éloignent du centre de la circulation, qui est le coeur ; comme si la nature, en augmentant la force contractile de leurs pa- rois, eût voulu balancer les pertes de mouvement causées par les obstacles que le sang rencontre sur son passage. La publication de cet ouvrage accrut la célébrité de l'auteur, qui fut invité à Il Voici de quelle manière en parle Voltaire dans une de ses lettres à Spallanzani ,mars l776i « Je croyais avoir coupé des « têtes à quelques limaçons et que ces têtes étaient revenues. Des « gens plus adroits que moi m'ont assuré que je n'avais coupé « que les visages, dont la peau seule avait eté reproduite. C'est u toujours beaucoup qu'un visage renaisse. Tagliacozzi ne repro.- « duisait que des nez. n occuper la place de professeur d'histoire naturelle à Pavie. En arrivant dans cette université, il prit pour texte de ses leçons la Contemplation de la nature de Charles Bonnet, dont il développait les idées , confirmait les théories et remplissait les lacunes. Il traduisit cet ouvrage en italien et y ajouta une préface, dans laquelle il signalait les faits les plus importants de l'économie animale et végétale. Obligé d'exposer le système de ce naturaliste sur la génération des corps organisés, il sentit la nécessité de se livrer à de nouvelles recherches. Dans le premier volume de ses Opuscules de physique, qui parut en 1776, il exposa ses hypothèses sur les animalcules infusoires. Buffon ne voyait en eux ni forme constante ni organisation déterminée : il leur contestait les attributs de l'animalité et les appelait molécules organiques, ne les admettant que comme les bases constituantes des corps. Il ressuscita sans s'en douter les forces plastiques de la nature, en supposant ces corpuscules mus et travaillés dans l'intérieur de certains moules par une puissance occulte, mais éternelle. Un Anglais appuie fortement ce brillant rêve il l'environne d'un appareil éblouissant d'expériences microscopiques , il substitue au mot vague et insignifiant de moule intérieur celui de force régé- tatrice , et il n'hésite pas à lui rapporter tous les phénomènes des fonctions de l'économie ani- male. Mécontent des remarques de Spallanzani, qui renversaient les bases de son système, Need- hain le traita sans ménagement dans les notes ajoutées à une traduction française des Recher- ches sur les animaux microscopiques. Le naturaliste de Pavie démontra , par de nouvelles expériences, que les animalcules infusoires sont produits par des germes, et qu'il y en a qui bravent les froids les plus aigus et la chaleur la plus élevée. Il traite à cette occasion de l'influence du froid sur les animaux , et il prouve que l'engourdissement léthargique de quelques espèces, pendant l'hiver. ne dépend point, comme on l'avait supposé, de l'impression que le sang peut en recevoir. Dans le second volume, il relève plusieurs erreurs de Leeuwenhoeck voy. ce nom) sur les animalcules spermatiques , réfute Linné, qui les regardait comme des parties salines, et Buffon, qui les a confondus avec ceux d'infusion. Il descend ensuite dans les plus grands détails sur le rottfère et le tardigrade, ces colosses du monde microseopique, singuliers par leur forme, par leur organisation, mais plus singuliers encore par la faculté qu'ils ont de recouvrer la vie après une suspension totale de tous ses actes visibles pendant plusieurs années. Le gouvernement venait de placer Spallanzani à la tète du cabinet d'histoire naturelle de Pavie, en lui accordant une somme annuelle destinée aux achats qu'il jugerait convenable pour l'augmenter. 11 commença par négocier l'acquisition de la collection de vers de Goetze , et il entreprit ensuite différents voyages pour compléter les échantillons des trois règnes, entassés dans le musée sans ordre et sans discernement. En 1779, il parcourut la Suisse et vint à Genève, où il passa un mois dans la société de ses amis Treitibley, Bonnet, Saussure et Sériebier. Il retourna en Italie par le StGothard, après être allé à Berne rendre hommage aux cendres de Haller. Obligé d'expliquer à ses élèves le Mécanisme de /a digestion, il répéta les expériences de Réaumur sur les oiseaux gallinacés, et il établit que les sucs gastriques sont l'agent direct et immédiat de la digestion; qu'ils n'agissent ni par fermentation ni par putréfaction, mais qu'ils opèrent sur les aliments une véritable dissolution de leurs principes constituants. Alin de mieux éclaircir la théorie de cette fonction, tourmenta ses propres organes et se dévoua courageusement à une multitude d'essais qui auraient pu porter atteinte à sa vie. il osa introduire dans son estomac divers aliments enveloppés dans des sacs de toile ; il avala jusqu'à des tubes remplis de substances qui furent digérées salis le secours d'aucune trituration exercée par les muscles de l'estomac. Il eut mème recours à des ûligestions artificielles , faites dans des verres. sur table, en m'étant les aliments 'aches avec le suc gastrique qu'il tirait du ventricule des animaux. Ces expériences furent attaquées par Hunter, qui eut le tort d'affecter un trop grand mépris pour le professeur de Pavie. Celuici se vengea en relevant avec amertume les erreurs de son antagoniste, qui aurait dû se borner à lui reprocher l'oubli total qu'il faisait de l'action nerveuse sur rceuvre de la digestion. Les anciens nous ont laissé à peine des conjectures sur l'acte auquel est attachée la propagation des espèces. Harvey, Malpighi, Graaf, Vallisnieri n'avaient soulevé qu'un coin du voile dont la nature s'est enveloppée. Les résultats obtenus par Haller étaient beaucoup plus satisfaisants; mais une partie de ses opinions n'avait pas été approuvée des sa - vants. Spalianzain embrassa la défense de la préexistence des germes. Il crut avoir prouvé celle des têtards dans les grenouilles, les crapauds et les salamandres avant leur fécondation. Lacépède s'éleva contre cette assertion et soutint que les globules visqueux que pond la grenouille sont de véritables oeufs, formés par des membranes si fines et si transparentes que l'on peut apercevoir tous les mouvements de l'embryon. En 1792 la société philornatique de Paris nomma une commission pour constater les expériences de Spallanzani, dont les hypothèses ne furent point confirmées . Il avait encore opéré des fécondations artificielles sur les grenouilles et mème sur une chienne, expériences qui l'exposèrent aux railleries des oisifs, mais qui pourraient bien avoir un jour des résul- tats importants. Frappé des analogies qu'il avait si souvent remarquées entre les animaux et les végétaux, il étendit ses recherches sur tout le règne organique : il montra la graine dans les fleurs avala l'émission de leur poussière fécondante, et par une anatomie trèsdélicate, il mit sous les yeux du lecteur la silique, les graines avec les lobes et la plantule du sparlium junceum en fleur; il les suivit dans leur développement, avant et après la fécondation, et il ne fut plus permis de douter que la graine et ses enveloppes n'existassent longtemps avant l'épanouissement des boutoirs et par conséquent hien avant qu'elles fussent fécondées. Spallanzani profita des féries académiques de 1781 pour faire un voyage, dont l'accroissement du musée de Pavie était le but principal. li côtoya les bords de la Méditerranée depuis Marseille jusqu'à Livourne, et il ajouta une foule de faits curieux à l'histoire des mollusques, des alcyons, des millépores, des madrés. pores, des gorgones, des corallines. Il isicha aussi d'expliquer la lumière nocturne de la nier, qu'il considère comme l'effet de la phosphorescence d'une infinité d'animalcules qui nagent sur la surface des ondes. Il revint à Pavie avec une immense récolte de poissons, de crustacés, de lestatés, qu'il déposa dans le cabinet dont il avait la direction. Les années suivantes, il visita les rôles de l'Istrie et les montagnes des Apennins, où il fut témoin des orages terribles et de la vapeur singulière qui ont rendu l'année 1783 si mémorable dans les annales de la météorologie. A la mort de Vallisnieri, l'université de Padoue offrit la chaire dhistoire naturelle à Spallanzani, en lui promettant des honoraires plus considé- rables que ceux dont il jouissait à Pavie. L'arehiduc Ferdinand, qui gouvernait alors la Lombardie, doubla la pension du professeur et lui accorda la permission d'accompagner à Constantinople le chevalier Zuliatii, qui venait d'être nommé baile de la république de Venise. Spallanzani s'embarqua le 22 août 1785, et pendant la traversée, il fit plusieurs observations sur les productions marines, sur le choc de la torpille, sur les trombes de mer, sur les fossiles de l'lle de Cerigo et sur d'autres faits géologiques des lies de la nier Ionienne et de l'Archipel. Arrivé le 11 octobre dans la capitale de l'empire ottoman, il se livra à l'examen des phénomènes physiques et moraux d'un pays si différent de relui qu'il venait de quitter. Il parcourut les ' bords des deux mers, gravit des collines voisines, alla aux Iles de Calki et des Princes, où il découvrit des mines de cuivre et de fer, et descendit dans la plaine de Troie, pour visiter les lieux célébrés par le chantre d'Achille. Après un séjour de onze mois, il chargea sur un vaisseau les productions de tout genre qu'il avait ramassées, et il affronta les périls des provinces musulmanes pour explorer un pays si peu connu sous le rapport de l'histoire naturelle. Il s'arrèta neuf jours à Bucharest, dans le palais du célèbre et infortuné Mauroyéni, hospodar de Valachie. Ce prince lui fit l'accueil le plus gracieux et lui fournit des chevaux et une escorte pour parcourir sans danger toute l'étendue de ses Etats. Spallanzani passa par Hermanstadt et séjourna quelque temps en Hongrie, afin de reconnaître les nombreuses mines de ce royaume. Joseph 11 le reçut à Vienne avec la plus grande distinction. On l'accusait alors d'avoir soustrait quelques morceaux rares du cabinet de Pavie ; mais l'Empereur refusa de croire que celui qui n'était occupé que d'enrichir cette belle collection en fût devenu le spoliateur. L'innocence de Spallanzani fut proclamée par un édit impérial , et le savant professeur, après une absence de vingt et un mois, revint à Pavie, où il fit une entrée presque triomphale. Plus il travaillait à compléter le musée , plus il y apercevait de lacunes. Les produits volcaniques surtout y étaient sans suite, sans intérêt et muets pour l'instruction. Voulant combler ce vide, il prit la résolution de se transporter sur les lieux où les feux des volcans déploient depuis des siècles leur désolante énergie. Il partit pour Naples dans l'été de 1788, impatient de visiter le Vésuve et désirant être témoin de quelque forte éruption. Sa curiosité ne tarda pas à être satisfaite. Les flancs du volcan s'ouvrent, et ils répandent des torrents de lave sur les campagnes voisines. Spallanzani s'achemine à la lueur des flammes pour voir de près cette affreuse catastrophe. Il s'embarque ensuite pour la Sicile, escalade les sommets de l'Etna et termine sa course aux fies Eoliennes , que Dolomieu avait déjà visitées. Les volcans et les minéraux ne sont pas les seuls objets qui le frappent; il embrasse d'un coup d'œil toutes les productions de ces contrées, étudie les moeurs et les usages des habitants, calcule leur population, examine leur commerce, leur agriculture, leur industrie. Il s'approche de Scylla et de Charybde et traverse, sur un frêle bateau, les flots écumants qui mugissent autour de ces deux écueils célèbres par tant de naufrages et rendus plus redoutables encore par l'imagination des poétes. C'est ainsi qu'a l'âge de soixante ans il recueillit cette foule d'anecdotes qui remplissent ses Voyages, dans lesquels il a su lier la littérature ancienne avec l'histoire naturelle, et les récits de Virgile, de Diodore, de Strabon avec ses propres observations. Cet ouvrage est terminé par des recherches intéressantes sur les hirondelles, dont il fait connaître les moeurs, le vol et les migrations. Il discute aussi le fameux problème de leur engourdissement pendant l'hiver et prouve que des froids artificiels beaucoup plus rigoureux que ceux de nos climats ne parviennent jamais a mettre ces oiseaux dans un état léthargique. En 1791, il adressa une lettre à l'abbé Fortis sur l'hydroscope Permet, qui l'avait séduit d'abord par ses jongleries. Mais, doué d'un esprit juste et d'un œil observateur, il ne tarda pas à rester con-
  • Lazare CARNOT : politicien
  • Lazare de Baïf : diplomate et humaniste français
  • Lazare Hippolyte Carnot : homme politique français, deuxième fils du précédent Immanuel Lazarus Fuchs, mathématicien allemand
  • Lazare Louis Hoche : général français
  • Lazare Nicolas Carnot : général, homme politique et savant français, surnommé l'Organisateur de la victoire

Lazare année par année

Signe astrologique de Lazare

Couleur de Lazare

Pierre précieuse de Lazare

Chiffre de Lazare

Métal de Lazare