Le prénom Laurent Masculin

Origine :

Fête :

10 Août

Signification de Laurent

Laurent est un prénom masculin très en vogue dans les années 1970 avant de perdre du terrain les années suivantes. Il s’agit d’un prénom classique mais très peu attribué actuellement.
Les grandes lignes de leur caractère sont notamment la finesse, la délicatesse et le charme. De nature souriante, les Laurent sont des êtres sociables, sympathiques et parfois blagueurs. Ils sont sensibles et introvertis.
Nombre de personnalités ont porté ce prénom dont Laurent Voulzy (chanteur) et Laurent Fabius (homme politique). Il s’agit aussi d’un prénom très prisé des familles royales avec Laurent de Médicis dit le Magnifique ou encore Laurent de Belgique.

Personnalité de Laurent

Ils respirent la bonne humeur et la joie de vivre. Il est rare de les voir de mauvaise humeur. Leur gentillesse et leur amabilité naturelles les rendent assez influençables. Serviables, généreux, travailleurs, actifs, ils ne ménagent pas leur peine pour réussir ce qu'ils ont entrepris. Possessifs, ils ont l'esprit de clan. Leur morale est faite de bon sens et ils sont souvent l'homme d'un seul amour.

Provenance du prénom Laurent

Histoire de Laurent

Etymologie de Laurent

Les Laurent célèbres

  • Laurent ABSTEMIUS : né à Macerata, s'appelait BEviLAcQuA,et, selon l'usage de ce temps , latinisa sou nom. Ce savant critique, auteur d'un Recueil de fables latines , en prose , tlorissait au commencement du 16° siècle. Le duc d'L7rbin, Guido Ubaldo, le lit son bibliothécaire et le nomma professeur public de belleslettres. Les deux ouvrages qui l'ont rendu célèbre sont : 1° Libri duo de quibusdam locis obscuris , Venise, sans date Le premierJivre, qui est en dialogue, traite de plusieurs passages du poème d'Ovide in Ibis , qui avaient été mal expliqués , et d'une erreur commise par ValèreMaxime sur un point d'histoire; le second roule presque uniquement sur l'orthographe et la manière dont on doit , malgré l'usage contraire, écrire certains mots latins. Ce sont quelques notes et observations tirées de cet ouvrage, que Gruter a insérées dans son Thesaurus criticus, t. 1", p. 878 et suiv., publié à Francfort, en 1602 avec ce titre fastueux : Lampas, sive Fax artium liberalium. Hecatomythium, site centum fabulai ex grœco in lalinum versa,. Ces fables parurent, pour la première fois, avec trente fables d'Ésope, traduites en latin par Laurent N'alla , Venise, 1495 ainsi que dans le recueil intitulé : 11Iy1lrologia oesopica, grec et latin , Francfort, 1610 Celles d'Abstemius n'étaient pas toutes, à beaucoup près, traduites du grec ; la plupart mime étaient de son invention , ou tirées d'auteurs inconnus. 11 y en ajouta depuis cent autres, Hegatomythium secundum, imprimées d'abord à Venise, 1499 réimprimées ensuite avec les cent premières , à Francfort, à la suite d'une traduction de toutes les fables d'Ésope, par divers auteurs, 1520 avec des gravures sur bois; ibid. en 1580, et en 1610 et plusieurs autres fois ; Lyon, 1544 Il est à observer que dans la date de la première édition du second Ilecathomythium, il y a une faute qu'on aperçoit facilement ; elle porte : Venetiis, per Joannem de Cercla de Tridino , MCCCXCIX, au lieu de MCCCC, etc. Le jésuite Desbillons reproche à l'auteur de ces fables des plaisanteries et des indécences indignes d'un honnête homme , et les dictionnaires historiques répètent, les uns après les autres, qu'Abstemius n'y épargne pas le clergé. Il est cependant vrai que, sur deux cents fables, il n'y en a que trois ou quatre qui puissent mériter ces reproches, entre autres la quatrième du second livre, qui a pour titre : de Sacerdote qui quinque vestales prœgnantes fecerat. Quoi qu'il en soit, ces fables sont inscrites à Rome sur l'index des livres défendus. On trouve une préface d'Abstemius en tète de l'édition d'Aurelius Victor, faite à Venise en 1505 , et à Bile en 1550 On conserve à Rome , dans la bibliothèque Barberine , un manuscrit contenant un grand travail qu'il avait entrepris sur la géographie
  • Laurent ALTICOZZI( 1689 - 1777) : illustre famille de Cortone, y naquit le 25 mars 1689. Il entra chez les jésuites en 1706 , et mourut en 1777, à Rome, où il avait demeuré plusieurs années. Il joignait à de vastes connaissances beaucoup de piété , des moeurs douces, et une conversation vive et agréable. Son i?rincipal ouvrage est une Somme de St. Augustin, Borne, 1761, 6 vol. : il a su y placer à propos l'histoire de la vie , des intrigues et des condamnations des partisans de l'hérésie de Pélage , le tout appuyé sur les témoignages des anciens écrivains ecclésiastiques les plus accrédités. Il est aussi Fauteur de différentes dissertations, sur les anciens et les nou- veaux Manichéens; sur les mensonges et les erreurs d'Isaac Beausobre , dans son Histoire critique des Manichéens et du Manichéisme , et d'autres produc- tions remplies d'un zèle trèsardent contre les matérialistes et les philosophes du siècle
  • Laurent BAKE : poète hollandais de la fin du 17e siècle, issu d'une (les familles les plus distinguées d'Amsterdam, était seigneur de Wulverhorst, et neveu du célèbre poète et historien Noost. Son ouvrage le plus remarquable est un Recueil de saints cantiques, Amsterdam , 1682 et 1621 ; on en admire encore aujourd'hui la grâce et le ton vraiment poétique. Balte était membre de la société littéraire, trèscélèbre dàns le temps, qui avait pris pour devise : fit magni voluisse set est. 11 est mort en 1714. Van den Broek a publié ses Mélanges poétiques, qui sont aussi fort estimés, Amsterdam, 1757
  • Laurent BALSAMO et non pas BALZAMO : poète sicilien, né à Palerme, y florissait au commencement du 17' siècle. On a de lui, dans la langue de son pays, des canzoni sacre et des octaves, insérées dans les Muse Siciliane, Palerme, 1653 On l'a mal à propos confondu avec l'un des deux jésuites nommés Ignace BALsAmo, dont l'un était de Messine, où il mourut, en .1659, et n'a fait d'autres vers qu'une canzone, intitulée : Lettera di Nostra Signora alla ci t tà di Messina, Messine, 1655 et un recueil de poésies pieuses, sur le martyre de St Placide : Martirio de' Sana Placido e compagni, canzone e rime, Messine, 1653 — L'autre jésuite, Ignace BALSAMO, nommé aussi BALSAMONE, était de la Pouille, où il naquit en 1543, et remplit, pendant plus de trentecinq ans en France, les premiers emplois de son ordre. 11 mourut à Limoges le 2 octobre 1618 ; il a publié en français une Instruction sur la perfection religieuse et sur la vraie mé- Il composa, pendant plus de vingt ans, des libretti pour ce théàtre, et n'eut pas toujours à se louer de sa fortune. Il écrivait « J'ignore le sort- futur de la baraque. On assure « cependant que Paer sera le directeur de la musique. Pour mol, je « ne sais ce que je deviendrai. Je ne bouge pas, et je m'en rapporte, « comme maitre Jacques, à la destinée. J'ai été, avanthier, spectateur « de l'affreux désastre de l'Odéon : eu deux heures, tout a été brûlé, « excepté les murs, etc. » V—VE• 11 écrivait, pendant la première invasion de sa maladie : « Madame Vestris m'a invité en votre nom... Ma conscience m'or-« donne de renoncer à votre aimable invitation. Ma belle voisine a « peur de mon ombre, et il est tout simple que vous redoutiez ma « personne Savezvous qu'elle a défendu l'entrée chez elle, même à « une carte de visite à laquelle pourraient être attachés des mias-« mes pestilentiels !... Ma fille est venue à Paris, et je n'ai pu la « voir, etc. » Il a laissé plusieurs poésies manuscrites, entre autres : Malinconia, poemetto; Parigi, eanzme, etc. V—vE. cq, thode de prier et de méditer, ouvrage qui fut ensuite traduit en latin, et imprimé à Cologne, 1611 et 1612
  • Laurent ANISSON : imprimeur à Lyon, et échevin en 1670, est le premier de son nom qui se soit distingue dans la librairie. C'est de ses presses qu'est sortie la Bibliotheca maxima veterum Martini et antiquorum scriptorumn, Lyon, 1677, e vol. Phil. Despont fut Éditeur de cette importante collection, à laquelle on joint : Apparatus ad Bibliothecam max. Patrum, de Lenourry, Paris, 1705-15, 2 vol. ; 2° Index Bibliot? ecce max. Patrum, de Simon de SteCroix, Gènes, 1707 — Jean ANISSON son fils , fut aussi imprimeur à Lyon, et se chargea de l'impression du Glossarium ad scriptores media; et infime grœeitatis, de du Cange, 1688, 2 vol. ouvrage que les libraires de Paris refusaient d'imprimer. « Ce glossaire, dit « Pernetti, eut pour premier correcteur Jacques « Spon, et pour dernier, le P. Colonia , jésuite, qui « avoue que J. Anisson y travaillait et entendait fort « bien le grec. » J. Anisson eut en 1691 la direction de l'imprimerie royale, qu'il remit en 1705 à Claude Rigaud, son beaufrère ; il devint député de la ville de Lyon à la chambre du commerce à Paris, et en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en novembre 1721 — Jacques ANISSON, frère de Jean, fut aussi libraire, échevin en 1711, et mourut en 1714.— Louis- Laurent ANissoN, fils de Jacques, obtint, en 1725, la direction de l'imprimerie royale, que Claude Rigaud, son oncle, ne pouvait plus exercer à cause de sa mauvaise santé. LouisLaurent mourut en 1761, sans postérité. — Jacques ANIS—SON, frère de LouisLaurent, lui fut adjoint en 1755, et obtint sa survivance. Il remplit avec distinction la même carrière que ses prédécesseurs, et mourut en 1788
  • Laurent ANTICO( 1600) : en latin Antiquus, grammairien qui vivait au commencement du 17e siècle, était de Lentino, en Sicile II était prêtre, et enseigna la grammaire dans le séminaire de Padoue. Il a laissé : 1 de Eloquentia cornpendiarii libri ires, Venise, 1594 et ensuite Padoue, '1618 ; 2° de Institutione grammaticce Commentarii Ires, Padoue, 1601 Fabricius avertit qu'Élie Putscbius , dans ses Grammaticoe latime Auctores antiqui , et Joseph Quesnel , dans son Calalogus bibliothecce nuance, ont confondu cet Antico, ou Antiquus, avec les anciens grammairiens
  • Laurent AZZOLINI : né à Fermo, d'une famille noble, fut un des poètes italiens les plus célèbres du 17° siècle ; il était neveu du cardinal Décius Azzolini, dit le vieux, et oncle de l'autre cardinal du même nom, qui est l'objet de l'article précédent. Il embrassa comme eux la carrière ecclésiastique, et ne tarda pas à s'y distinguer, car la poésie ne lui fit jamais négliger les devoirs de son état. Urbain VIll le nomma son secrétaire et le fit conseiller d'État. Le talent et le zèle qu'il déploya dans ces deux places engagèrent le pontife à lui donner, en I 659, l'évêché de Ripa Transona, et celui de Narni, en 1652. Laurent Azzolini était sur le point d'être élevé au cardinalat, quand une mort prématurée l'enleva, au mois de novembre , religieux théatin, mort à ;:orrento près de Naples, en 1655, s'est distingué comme prédicateur, et a laissé quelques ouvrages de morale et de piété. G—É.ray mourut, comme on vient de le voir, bien peu d'années avant cette restauration qu'il n'avait cessé d'appeler de tous ses vœux et de tous ses efforts. 11 est permis de regretter qu'il ne lui ait pas été donné de vivre lors de ce grand événement. Tout porte à croire qu'il aurait exercé dans les conseils du roi une influence heureuse pour l'un et pour l'autre. Ce qui s'est passé depuis ne peut qu'ajouter à ces regrets
  • Laurent BANCK : né à Norkoping, vint eu 1641 à Franeeker, pour y étudier la jurisprudence. Il se concilia tellement l'estime et la faveur des curateurs de l'université de cette ville, qu'en 1617 ils le nommèrent professeur extraordinaire de droit. Il exerça cette place jusqu'à Sa mort, arrivée le 13 oc- DA LN tobre 1662. On a de lui : 1° Roma triumphans, seu Inauguatio Innocentii X, cum appendice de quarumdam cccremoniarum papalium origine, Franecker, 16.15 Cet ouvrage a été réimprimé dans la même N i lle en 1656. Bayle, qui n'a connu que cette se, conde édition, parait croire qu'elle était la première. 2° De Tyrannide papi in reges et principes christianos Diascepsis, Franecker, 1619 Ce mot . diascepsis, qui signifie examen , considération, réflexion, a été pris pour un nom de ville par un biographe, ou plutôt par son imprimeur. ?° Commentarii de Privilegiis militum, juisconsultorum, studiosorum, mercatorum, mulierum. Ce sont cinq dissertations séparées, imprimées à Franecker, les quatre premières en 1649, la cinquième en 1651. 4° De Bancci ruptoribus , Franecker, 1650 5° Taxa S. Cancellario apostolicoe, notis illustrata, Franecker, 1651 Band: dit dans sa préface qu'il a consulté les différentes éditions de ce livre, et que J.B. Sibon, moine bernardin et lecteur du collége romain, lui en a communiqué 4 Rome un exemplaire manuscrit. 6° Dissert. de jure et privilegiisnobilium, Franecker, 1652 7° De Duellis, Franecker, 1658 8° Bizarrie politiche, etc., ibid., 1658 C'est un ouvrage satirique sur lequel on peut consulter Niceron, t. 41, p. 584. 9° Dissenatio de structura et ruptura aurece bulle Caroli IV, Franecker, 1661 etc
  • Laurent BEGER( 1653 - 1710) : naquit à Heidelberg, le 19 avril 1655 , d'un tanneur. Par complaisance pocason père, il étudia la théologie ; niais, à la mort de celuici, il se livra à l'étude du droit. En 1677, n'étant encore àgé que de vingtquatre ans, il fut choisi par CharlesLouis, électeur palatin, pour ètre bibliothécaire et garde des antiquités du cabinet de ce prince. 11 occupa ce double emploi jusqu'en 1685. Alors Frédéric - Guillaume , électeur de Brandebourg, s'attacha Beger, et lui donna le titre de conseiller. Reger mourut à Berlin, le 21 avril 1705, à 52 ans. Sous le nom de Daphnoeus Anita- vins, Beger publia en allemand des Considéra- tions- sur le Mariage Cet ouvrage, où il autorise la polygamie, fut composé pour plaire à l'électeur CharlesLouis, qui, n'aimant plus sa remue, était devenu amoureux de la baronne de Degenfeld. •En cela il suivait l'exemple de Luther,qui avait permis au landgrave de liesse d'épouser deux femmes. Dans la suite, Reger, pour se justifier dans l'esprit du prince Charles, lils de l'électeur, lit de son livre une réfutation qui n'a pas paru. Ses autres ouvrages sont : 4° Thesaurus ex thesauro Palatin selectus, Heidelberg, 1685 lig.; 2. Observai- joncs in n u- mimant quœdam antiqua , 1691 ; 5 Spicile- gium antiquitatis, Cologne, 1692 4° The- saurus Brandenburgicus seleclus , ibid., 1696 continué en 1699, et augmenté , en 1701, d'ira 5' volume ; 5° Meleagrides et iEtolia, etc., -1696 6° Cranae, insula Laconica, etc., 1696 7° Contemplatio gemmarum quartimdam, etc., 1697 10; Belluni et Excidium Trojanum, ex antiqui- intim reliquiis, fabula quam R. Fabrettus edidit M'ara delinealum, Berlin, 1699 9' Requin et Imperalorum romar. Numismata, 1700, i 100 de Nummis Craensium serpentiferis, etc., 1702 I 1° Cotloquium de tribus primis Thesauri antiq. Grec. voluminibus, 1702; 12° Lucerne ve- terum sepulchrales d iconirce, etc., 1702. C'est une édition trèsaugmentée de l'ouvrage de Bartoli et de Bellori ; 15' Numismaia pontif. Roman., aliorumque rariora, 1705 14° Hercules eihnicorum ex rariis antiquitatum reliquiis delineatus, 1705 fig. Beger fut membre de la société de Berlin dès la formation de cette compagnie
  • Laurent BELLINI( 1643 - 1704) : médecin de Florence, a joui de la plus grande réputation comme chef de la secte iatromathématicienne, c'est-àdire de celle qui voulut soumettre la médecine aux lois rigoureuses et précises de la mécanique et des mathématiques. Il naquit à Florence, le 3 septembre 1613, Leur exemple l'engagea peut-être, ou du moins l'autorisa à joindre aux études abstraites la culture de la poésie et des lettres. Son génie le portait presque également aux unes et aux autres. Dès l'àge de dixneuf ans il publia, dans une dissertation écrite en latin très-élégant, sa découverte sur la structure des reins et sur leur usage. Un an après, c'est-àdire en 1663, il fut nommé professeur de médecine théorique à Pise, et ensuite d'anatomie dans la même université. Le grandduc se plaisait à l'entendre et assistait souvent à ses démonstrations anatomiques. Ayant rempli honorablement cette chaire pendant trente ans, Bellini obtint une pension de retraite, et fut appelé à Florence, où il eut la confiance de toute la cour. Il fut nommé premier médecin du grandduc Cosme 111. Le docteur Lancisi, qui l'était du pape Clément XI, fit aussi donner à Bellini le titre de premier consultant pour les cas relatifs à la santé de ce pontife. Il mourut à Florence, le 8 janvier 1704. Cet anatomiste, qui était en mène temps médecin, mathématicien, mécanicien, philosophe et poête, s'est surtout illustré par ses découvertes anatomiques ; elles l'ont placé parmi les savants au premier rang, qui est celui des inventeurs. Ses talents poétiques lui donnent aussi une place distinguée sur le Parnasse italien. Si la médecine est de toutes les sciences celle qui offre le plus de versatilité clans ses théories, c'est qu'elle a souvent méconnu que ses principes doivent autant différer de ceux des autres sciences que se distinguent les faits dont elle s'occupe : elle a pour but l'étude de l'homme, être vivant, pénétré d'une force différente des autres forces générales de la matière, et qui est le mobile de tous les actes qu'on lui voit produire. Elle doit donc avant tout reconnaître l'influence de cette force vitale par laquelle l'homme contrebalance toutes les directions que suivent les autres corps qui appartiennent à la nature morte , et loin de recourir aux principes qui président aux mouvements de ceuxci, en faire la base exclusive de sa philosophie. C'est ce qu'avait fait Hippocrate, ce qui est aujourd'hui bien établi, mais qui, dans ce long intervalle, ne fut que trop souvent méconnu. La médecine alors, oubliant qu'elle avait une existence indépendante et réelle, tour à tour adopta les philosophies des autres sciences sur des rapports qui ne pouvaient être qu'accessoires, et que d'autres rapports aussi peu fondamentaux venaient bientôt faire oublier. Elle a suivi les progrès de la philosophie en général, et les directions de chaque science en particulier, jusqu'au moment où elle est enfin revenue à ses principes propres , et c'est une de ces directions fausses et passagères que lui imprima Bellini. Si l'on se reporte à l'époque où vécut ce médecin, peut-être penseraton qu'il n'est pas chef de secte, et que l'esprit de son siècle influa sur le ; sien. Descartes venait de substituer sa philosophie toute mécanique à celle d'Aristote , et Newton ' de trouver dans les mathématiques de grands moyens d'arriver à des vérités ; tous les esprits étaient portés à suivre de pareils errements, et la médecine, vague encore, puisqu'elle n'était pas revenue à ses propres règles, devait surtout s'y montrer docile. cran Helmont , à la vérité, au renouvellement des lettres en Europe, avait bien rappelé, par son archée, à quelquesuns des dogmes du vitalisme d'Hippocrate et des Grecs ; mais l'école arabe, à laquelle van Helmont même appartenait sous le rapport chimique, faisait dominer alors dans la science les théories chimiques. L'influence de Descartes et de Newton détermina un autre mode d'application, celui des sciences alors dominantes, la mécanique et les mathématiques. Borelli, maitre de Bellini, le premier le fit relativement aux divers modes de locomotion de l'homme et des animaux., mais ce fut Bellini qui donna au système sa complète extension ; il considéra tout à fait le corps de l'homme comme un assemblage de rouages unis en vertu des lois de la mécanique et de l'hydraulique; les fonctions en santé, en maladie, les modifications imprimées par les médicaments dans des vues de guérison, pouvaient dès lors être calculées, rapportées à des formules précises, et exprimées en chiffres ; et cette forme, qui supporte une sorte de sévérité, de rigueur dans les raisonnements, en imposa sur le danger de l'erreur qui résultait de cette fausse direction. En effet, par elle on méconnaissait cette force de vie sans laquelle il n'y a point de médecine, et l'on voulait calculer les effets qui montrent sa divinité d'avec les forces de la nature morte, d'après les lois mêmes de cellesci, ce qui était absurde. Bellini est le principal auteur de cette fausse manière de philosopher, qui a eu de nombreux partisans, dont les ouvrages sont tout hérissés de calculs, et qui s'est conservée dans les écoles longtemps après le siècle de Boêrhaave , lorsque la médecine enfin renonça à tous ces stériles emprunts, et chercha dans ellemème ses lois. On en retrouve l'empreinte dans tous ses ouvrages, dont voici la. liste : 1. de Structura renum Observatio anatomica,- 1 Flornce, 1662 ; Strasbourg, 1664 ; avec le Ju4 dicium de usai renum de Borelli, Amsterdam, 1665. , avec les Exempla monstrosorum renum ex medicorum celebrium scriptis de Gérard Blasius , Padoue, 1666 ; Leyde, 1752 2. Gustus Organum novissime deprehensum, Bologne, 1665 ; Leyde, 1711, 1726 ; avec les Exercitationes anatomiece de structura et vsu renum, et les Exempla mons Cet ouvrage a été inséré dans la Bibliotheen analondea . C. Et AN et G ?
  • Laurent BELVISOTTI( 1686) : dit le vénérable Père Ignace, capucin, naquit en 1686, dans la ville de Santia, célèbre par la magnifique église qu'y fit bâtir en 597 la reine Théolinde, en honneur de Ste. Agathe. Laurent Belvisotti lit ses études au séminaire de Verceil, et il fut ensuite nommé chanoine au chapitre de sa patrie, avec l'obligation d'y faire la classe de rhétorique et de belleslettres. Entraîné par tous ses goûts à la vie du cloître, il entra, en 1716, dans l'ordre de StFrançois, ou des capucins réformés , et se rendit célèbre par son talent pour la chaire, et surtout par ses vertus et l'austérité de ses moeurs. Le P. Belvisotti mourut en 1770, dans le couvent de StFrançois à Turin. En 1780, le corps municipal de cette ville adressa une supplique, recommandée par le roi Victor Amédée au pape Pie VI, pour la canonisation de ce vénérable capucin, et, par un décret de 1792, ce procès de béatification fut commencé. Parmi les pièces de ce procès, on remarque les suivantes : I. celui qui veut vivre en paix doit ouir, voir et se taire; 2° du persiflage naissent les inimitiés ; 3° ne soyez, en célébrant la messe, ni trop lent, ni trop prompt, etc
  • Laurent BÉRAUD( 1703) : né à Lyon, le 5 mars 1705, entra chez les jésuites, professa les humanités à Vienne et à Avignon, les mathématiques et la phi. losophie à Aix. Il fut appelé à Lyon, en 1740, pour y ètre en même temps professeur de mathématiques, directeur de l'observatoire et garde du médailler. L'académie de tette ville le reçut la même année eu qualité d'astronome. Parmi le grand nombre d'observations qu'il a consignées dans les mémoires de cette académie, on distingue celle du passage de Mercure sur le soleil, le 6 osai 1755, pendant lequel Béraud C'est par erreur que la première édition de la Biographie universelle , et tous lus dictionnaires qui l'ont copiée, attribuent encore à Bérardier de Datant Principes de la foi sur le gouvernement de l'Église, en opposition à lu constitution civile du clergé, ou Réfutation de l'opinion de M. Camus, Paris, 4791 Ce livre, qui fut réimprimé quatorze fois en moins de six mois, est de l'abbé Louis de Bérardier, né à Quimper, et mort à Paris, en 1792. Quelques éditions portent le titre de : Vrais Principes de la constitution du clergé. On doit. aussi à l'abbé Bérardier : l'Église con- stitutionnelle confondue par elle- même, Paris, 4795 ou- vrage fait en commun avec Blondin. CH—s. montra, autour de cette planète, l'anneau lumineux que tous les astronomes avaient cherché inutilement dix ans auparavant. Il détermina alors l'inclinaison de Mercure , son diamètre , et son noeud descendant. 11 se trouva, dans tous ses résultats, parfaitement d'accord avec de Lalande, qui avait fait, à Paris, les mêmes observations ; et avec le grand Cassini, qui avait suivi autrefois de semblables passages. La méridienne du collège de Lyon lui coûta dix ans de travail. Comme physicien, il a déposé, dans les mémoires de la même académie, des dissertations sur la végétation, sur l'évaporation des liquides et l'ascension des vapeurs, des recherches savantes sur la lumière, une théorie physique de la rotation de la terre, de l'inclinaison de son axe, etc. En s'occupant des observations météorologiques, il observa que la différence dans le calibre des tubes du thermomètre en apportait dans les effets de la dilatation. 11 proposa, pour remédier à cet inconvénient, de construire les thermomètres de manière que les surfaces fussent en raison des masses. Ce fut le sujet de trois mémoires, lus en1747 à l'académie de Lyon. Il voulut expliquer comment la plupart des matières métalliques, réduites sous une forme terreuse par la calcination, ont plus de poids que la matière dont cette espèce de poussière est formée. Il soutint d'abord, contre Boyle, que la matière du feu est incapable de produire cette augmentation de poids ; il réfuta ceux qui avaient recours à l'air, et crut trouver cette cause dans les corps étrangers que l'air soutient, et que l'action du feu oblige de s'unir aux métaux en fusion. Son mémoire fut couronné à l'académie de Bordeaux, en 1747. La physique et la géométrie s'y prêtent un mutuel appui. En 1748, il obtint une nouvelle couronne à la même académie, sur la question, neuve alors, de savoir s'il y a quelque rapport entre le magnétisme et l'électricité. 11 était pour l'affirmative, et assigna une même matière pour cause de l'un et de l'autre. En 1760, il remporta un troisième prix à la même académie, par une dissertation touchant les influences de la lune sur la végétation et sur l'économie animale. Celle d'Angers avait couronné, en 1749, un de ses mémoires sur cette question : « Pourquoi les corps élec« triques par euxmêmes ne reçoivent pas l'électricité « par communication. » Le P. Béraud était correspondant de l'académie des sciences de Paris; plusieurs de ses mémoires se trouvent dans !a partie des savants étrangers. Comme antiquaire, il enrichit ceux de l'acadéniie de Lyon de plusieurs dissertations savantes, qui, à la justesse de la critique, joignent des connaissances assez étendues. En 1764, il communiqua à la même académie un mémoire sur l'éclipse annulaire du 1" avril de cette année, dans lequel, en distinguant l'éclipse annulaire astronomique de l'éclipse annulaire optique, il donna une idée nette de la première, annonça dans quelles circonstances elle doit arriver, et prouva que l'anneau qu'on observe dans la seconde est uniquement produit par la matière fluide qui environne son globe, et non par la lumière zodiacale à laquelle Cassini avait eu recours en I 706. La destruction de sa société obligea le P. Béraud de s'expatrier, parce que la délicatesse de sa conscience ne lui permit pas de prêter le serment qu'on exigeait. De retour dans sa patrie, il y mena une vie fort retirée. La profonde impression qu'avaient faite sur lui les événements par lesquels il s'était vu arraché à son état le portait à éloigner ses pas, à détourner ses regards du gymnase clans lequel il avait professé, et le détourna d'accepter les offres pressantes de celui qui l'y avait remplacé, pour y venir reprendre le cours de ses utiles travaux. Il persista dans cet état de douleur et de regrets jusqu'à sa mort, arrivée le 26 juin 1777. On estimait ses connaissances, on respectait sa vertu. Il était communicatif, d'un caractère doux et égal. Sa conduite comme ses discours exprimaient la candeur de son âme. Quoique la plupart des ouvrages du P. Béraud soient aujourd'hui peu consultés, et qu'ils aient médiocrement contribué au progrès des sciences, il mérite néanmoins de conserver une place parmi les savants les plus estimables. Montucla, Lalande et Bossu ont été ses disciples. Le P. Lefèvre de l'Oratoire, son successeur à l'observatoire de Lyon, prononça son éloge à l'académie de cette ville. Ce discours, bien écrit et plein de sentiment, a été imprimé à Lyon, 1780
  • Laurent BEYERLINCK( 1578 - 1627) : d'une famille originaire de BergopZooni, naquit au mois d'as ril 1578, à Anvers, où son père était apothicaire. Après avoir fait sa rhétorique chez les jésuites, il alla étudier la philosophie à Louvain. A peine avaitil pris l'habit ecclésiastique pour étudier en théologie dans cette université, qu'on le lit professeur en poésie et en rhétorique au colléga de Vaulx . Il eut, peu de temps après, la cure de Hérent, près Louvain, et professa la phi- losophie dans une maison de chanoines réguliers, peu éloignée de sa paroisse. Après avoir été coadjuteur de l'archiprêtre du doyenné de Louvain, il fut appelé, en 1605, à Anvers, pour avoir la direction du séminaire, et eut ensuite un canonicat gradué dans la cathédrale, l'archiprètré du district, puis celui de la ville d'Anvers, où il mourut le 22 juin 1627. On a de lui : 1° Apophthegmata christianorum, Anvers, 1608 2. Biblia sacra variarunt translationum, 5 vol. Anvers, 1616. 3° Prompluarium morale super evangelia communia, et particularia quaedant feslorum totius anni, 3 parties plusieurs fois imprimées. 4° Magnum Theatrum vita) humance, Conrad Lycostliènes avait laissé les maté- riaux de cet ouvrage ; Théodore Swinger les rangea, y joignit ce que ses lectures lui fournirent, et en donna trois éditions. Jacques Swinger fils y fit des ad, . 00 Plusieurs autres ou• vrages, dont on trouve la liste dans la Bibliotheca Belgiea de Foppens, et dans les Jlémoires pour servir l'histoire littéraire des dix- sept provinces des Pays- Bas, etc.
  • Laurent BLUMENTROST : naquit à Moscou, où son père était premier médecin du czar Alexis' Michaélowitz. Il étudia la médecine à Paris, et retourna en 1717 à StPétersbourg, où il apporta le cabinet anatomique de Ruyt, que Pierre le Grand avait acheté sur sa proposition. Après la mort d'Areskin, l'empereur le nomma son premier médecin ou archiàtre, et président du département médical de l'empire. Ce fut lui qui traça le plan de l'académie des sciences que Pierre le Grand fonda dans sa nouvelle résidence, dont il le nomma président. Blumentrost remplit cette place depuis le jour de l'inauguration de l'académie jusqu'à l'avénement au trône de l'impératrice Anne, en 1730. Cette princesse le congédia avec une pension, et lui donna le titre de conseiller d'État. Quand il s'agit, en 1755, de fonder une université à Moscou, il fut question de nommer Blumentrost orateur en chef de cet établissement ; mais il mourut le 27 mars de la même année. Quoiqu'il n'ait pas publié d'ouvrages scientifiques, il a exercé une grande influence sur la marche et le développement des sciences physiques en Russie. Ce fut lui qui, en 1719, fit envoyer par Pierre le Grand le docteur Messerschmidt en Sibérie, pour y examiner les productions naturelles, principalement sous le rapport de leur utilité dans l'art de guérir. 11 a composé plusieurs mémoires sur les eaux thermales et sur d'autres objets relatifs à l'hygiène en Russie, mais qui sont restés manuscrits
  • Laurent BLONDEL( 1671 - 1740) : né à Paris, en 1671 mort à Évreux, le 25 juillet 1740, possédait une vaste connaissance des livres de toute espèce, des liturgies , des règles monastiques , et se faisait un plaisir de communiquer ses lumières et ses recherches à ceux qui travaillaient sur ces matières. Ses recueils ont surtout été trèsutiles à ceux qui ont composé des histoires de PortRoyaldesChamps. Il fournit d'abondants matériaux à Thiers, ciné de Chamrond , dirigea pendant dixsept ans l'imprimerie de Desprez, et pu blia chez cet imprimeur, en 1722, une Vie des Saints, en 1 vol. qui eut plusieurs éditions. On trouve à la lin de cet ouvrage les vies de diverses personnes éminentes en piété. Blondel est encore auteur de quelques livres de spiritualité : 1° Idée de la perfection chrétienne, Paris, '1723 Epi- tres et Evangiles des dimanches, des fêles, etc., avec de courtes explications, réflexions et pratiques, ibid., 1736 11 a donné une nouvelle édition des Vies des Saints de Goujet, Mésenguy et Roussel , et une autre de la Solitude, par Haillon . Il s'était occupé, pendant plusieurs années, de l'éducation de la jeunesse, à Chaillot. — Pierre- Jacques BLONDEL, proche parent du précédent, mort le 50 août 1750, à Paris , où il était né en 1674, se fit connaître par des relations trèsbien rédigées des séances des assemblées publiques de, l'académie des belleslettres et de l'académie des sciences, avec un précis inté- ressant des pièces lues dans ces assemblées. On les trouve dans les Mémoires de Trévoux, depuis 1702 jusqu'en le1710 , et elles sont continuées dans les Nouvelles de la république des lettres, t. 29 et suivants. On a encore de lui quelques autres écrits, dont le principal est intitulé : les Vérités de la re- ligion enseignées par principes, Paris, 1705 Le Mémoire sur les vexations qu'exercent les librai- tes el imprimeurs de Paris, publiés vers 1720 est attribué à Laurent Blondel par quelques bibliographes, et entre autres par M. Quérard . Blondel avait formé une académie, moitié sérieuse , moitié burlesque, dont les mémoires , restés manuscrits , et qu'il avait rédigés luimême , se ressentent trop de l'un et de l'autre genre. Les sérieux sont trop sérieux ; les burlesques outrepassent les bornes de la plaisanterie , sur des objets respectables
  • Laurent BORDELON( 1653 - 1730) : docteur en théologie, et auteur dramatique, né à Bourges en 1655, mort à Paris, le 6 avril 1750, chez le président de Lubert, dont il avait été précepteur. Bordelon Avec Bordeaux qui na la bouche fresche. Huit pour le Varlet, dix pour la Chambrière. mode ; le 6°, celui des Malades en belle humeur ; les 7° et 8°, celui de Lettres curieuses ; les 9° et 10°, ce-1, lui d'Histoire critique des personnes les plus remarquables de tous les siècles ; les 11e et 12', celui de Lettres curieuses de M. B*** , Amsterdam , 1699. 9° Cent Questions et Réponses sur différents sujets , 2 vol. 1704. 10° La Langue, 2 vol. sans date . 11° Mitai, ou Aventures in- croyables, et toutefois et caetera, 1708 On trouve à la suite les Scènes du clam et du corom, et des grands et des petits. 12° La véritable Religion cherchée et trouvée, Paris, 1708 13° voyage forcé de Bécafort, 1709 14° Les Imaginations extravagantes de M. Oufle, 1710 et 1753, 4 part. eu 2 vol. réimprimé dans le t. 36 de la Collection des Voyages imaginaires, mais avec des suppressions. L'édition donnée à part, est extraite de cette édition. L'auteur représente dans cet ouvrage un homme à qui la lecture des démonograplies a fait perdre la tète ; son style est malheureusement diffus et ennuyeux. 15° Gongam, ou l'Homme prodigieux transporté dans l'air, sur la terre et sous les eaux, 1711 réimprimé en 1715, 2 vol. 16° Les Coudées franches, augmentées d'une mandragore pour garantir de la pauvreté, 1713 On trouve à la suite quelques scènes françaises. 17° Les Cheminées de Paris. 18° Le Supplément de Tasse- Roussi- Friou- Titave, 1713 I2. 19° Histoire des tours de maitre Gonin, 1715 et 1714, 2 vol. fig. 20° Almanach terrestre-. 210 La Cotterie des anti- façonniers. 22° La belle Éducation 23° Dialogue des virants, 1717 ouvrage supprimé dans le temps, et par cela seul recherché encore aujourd'hui. Il renferme quelques anecdotes littéraires. Bordelon y donne la listé des ouvrages dont nous venons de parler. 24° Les Caractères de l'amitié, 1702, m-12. 25° Nouveautés dédiées à gens de différents états, depuis la charrue jusqu'au sceptre, 1724, 2 vol. ouvrage anonyme, que Mercier de StLéger donne, sans hésiter, à Bordelon. 26° Le Livre sans nom, 1695 ouvrage que Bordelon luimême ne mettait pas audessus de l'Arliquiniana de Cotolendi. 27° Arlequin comédien aux Champs- Elysées, 1694 dans lequel on trouve la Baguette, comédie. 28° Molière comédien aux Champs- Elysées, nouvelle composée d'une comédie intitulée : la Loterie de Scapin, 1695 29° Poisson comédien aux Champs- Elysées, nouvelle où l'on voit les plus céhlres orateurs représenter Misogine, ou la Comédie sans femme, 1710 30° Monsieur de Mortentrousse, comédie en un acte et en prose, 1725 On attribue encore au même auteur l'Esprit de Gui- Patin, 1709 que d'autres croient de Lancelot, et les Aventures de"" '', ou les Effets sur- prenants de la sympathie, 1715 et 1714, 5 vol. 2, que Lenglet Dufresnoy dit être de Marivaux. Borde- Ion disait fort naïvement de luimême : « Je sais que « je suis un mauvais auteur, mais du moins je suis « honnête homme » ; et il l'était en effet
  • Laurent BOUCHEL( 1559 - 1629) : en latin BOCHELUS , ce qui l'a fait nommer Bochel par quelques biographes, avocat , né à Crespy en 1559 , exerça pendant cinquante ans sa profession au parlement de Paris, avec une grande distinction. Dans sa jeunesse, il s'était appliqué à l'étude de l'histoire , et il a laissé en manuscrit celle du. Valoir. Il a publié d'autres ouvrages qui prouvent de l'érudition , mais ses compilations de droit sont les seules qui aient joui longtemps d'une estime méritée. Ses ennemis lui suscitèrent des affaires fâcheuses , et eurent le crédit de le faire enfermer à la Bastille. Il en sortit au bout de quelques mois , par la protection de le Jay, son ami particulier, premier président au parlement. Bouche! mourut le 29 avril 1629, âgé de 70 ans. Ceux de ses ouvrages qui méritent encore quelque attention , sont : 1° Decretorum Ecclesiœ gallicane° ex conciliis, slalutis synodalibus, libri 8, Paris , 1609 et •621 2. Somme béné/ iciale, 1628, réimprimée en 1689 , Paris , 2 vol. sous le titre de Bibliothèque canonique, par les soins de Cl. Blondeau, (lui en a retouché le vieux style, et l'a augmentée de plus d'un tiers. Bouchel , au jugement de plusieurs critiques , est un des meilleurs canonistes français. 3. Bibliothèque ou Trésor du Droit français. On dit qu'elle fut composée dans les prisons du Châtelet, où l'auteur était retenu par ses créanciers : elle fut réimprimée avec les augmentations de Jean Beschefer, Paris , 1671 , 3 vol. ; cette édition est la plus estimée. 4° La Justice criminelle de France, signalée des exemples les plus mémorables, depuis l'établissement de celte monarchie jusqu'à présent, Paris, 162:? 5. Recueils des statuts et règlements des libraires et imprimeurs de Paris, Paris, 1620 La communauté des imprimeurs et libraires avait été établie en 1618. On a encore de lui des Notes sur les coutumes du Valois et du bailliage de Senlis , imprimées en 1651, et des journaux historiques estimables par leur exactitude : on les conserve manuscrits dans la bibliothèque royale. — Arnold BOUCHEL , mort en 1641, à Utrecht, sa patrie, était aussi jurisconsulte. a publié : 1 o Descriptio urbis Ultrajectinoe una cum fabula geogr., Louvain, 1605 ; 2. Historia Ultrajectina, 'Utrecht, 1643 tirée principalement de l'Histoire des évêques d'Utrecht par Furnerius, qu'il revit sur les anciens manuscrits, et à laquelle il ajouta de longues notes et des commentaires très' estimés
  • Laurent BUONINCONTRO( 1411) : né le 23 février 1411, à SanMiniato, dans la Toscane, d'une ancienne et illustre famille, s'adonna de bonne heure à l'étude des mathématiques, de l'astronomie, et, selon le goût de son temps, à l'astrologie : il cultiva aussi la poésie et l'histoire. Il n'avait que vingt ans, lorsqu'un de ses oncles ayant été député secrètement à l'empereur Sigismond, qui était alors en Italie, pour tâcher d'obtenir de lui qu'il affranchit SanMiniato de l'autorité des Florentins, fut dénoncé et banni. Buonincontro fut exilé et tous ses biens confisqués, comme ceux de son oncle et de ses compatriotes, qui avaient eu part au même projet. Il se retira (l'abord à Pise , et prit ensuite du service dans les troupes de François Sforze, qui, depuis, fut duç de Milan. Il se trouva, en 1456, au combat de Montefiascone, et y reçut uue blessure dont la guérison fut longue et difficile. 11 abandonna alors la Carrière militaire, se rendit à Rome en 1450, passa à Naples en 1456, et y reçut l'accueil le plus favorable du roi Alphonse I", qui lui permit d'enseigner publiquement l'astronomie de Manilius. 11 eut bientôt un grand nombre d'auditeurs et d'élèves, parmi lesquels on distinguait le célèbre Pontanus. Après un long exil, et sans doute à la sollicitation d'Alphonse, Budninc,ontro fut rappelé, en 1474, par ses concitoyens, et rétabli dans tous ses droits. Revenu à Florence, il reprit ses leçons sur Manilius avec un grand concours d'auditeurs. Il fut ensuite attaché à Constance Sforze, seigneur de Pesaro, auprès duquel il resta depuis 1480 jusqu'en 1489, époque où il alla s'établir à Rome. Il n'y a rien de certain sur la date de sa mort. L'opinion de Tiraboschi, fondée sur des recherches trèsexactes, est qu'il mourut dans l'une des deux premières années du 16e siècle. Les ouvrages de Buonincontro peuvent se diviser en trois classes, mathématique ou astronomie, histoire et poésie : 1° Commentarius in C. Manilii As- tronomicon, Bologne, 1474 ; Rome, Florence, 1484, même format, et souvent réimprimé depuis. o Tractatus astrologicus electionum, Nuremberg, 1559 5° Rerum naturalium et divinarum, etc., lib. 5, Bide, 1540 Cet ouvrage, qui traite de Dieu, des anges, des démons, puis des planètes, de leurs mouvements, de leur influence, est extrême- ment rare ; on le conserve même précieusement en _ manuscrit, et il s'en trouve un dans la bibliothèque royale de Paris, n° 8342. Il fut imprimé à Bàle en 1540 il est divisé en 5 livres, et contient La description de quelques éclipses. 4° Fastorum lib. 1, Hâle, 1540, poSme fait à l'imitation de celui (l'Ovide. 5° Annales ab anno 1360 usque ad annum 1458, inséré dans le 21° volume des Seriptores Ital. de Muratori. 60 De Ortu regum Neapolitanolion, etc. Cette histoire, qui finit à l'année 1 AM a. été publiée par le docteur Lami, sous le titre « Ms- toria Simla, dans les t. 5, 6 et 7, des Delicia3 eru- ditorum, Florence, 1750-1740
  • Laurent BUREAU( 1400) : né au 15° siècle à Dijon, ou, suivant quelques biographes, à Liernais près de Saulieu, entra comme profès au couvent des carmes de Dijon, et ftit reçu docteur en théologie de l'université de Paris. Il devint ensuite provincial de Narbonne, évoque de Sisteron, en 1494, aumônier et confesseur de Charles VIII, de Louis XII et de la reine Anne de Bretagne. Prédicateur d'une grande distinction, il se signala par son zèle contre les innovations religieuses. A la demande de Louis XII, le pape Alexandre VI le chargea en 1501 d'aller avec Thomas Pascal examiner l'hérésie des Vaudois habi- tant les montagnes du Dauphiné, et il fit sur les pr cipes de cette secte un rapport au parlement de Greno- ble. Ses prédications éloquentes et persuasives ramenèrent les Vaudois à la croyance de l'Église, il obtint d'eux un Credo sur toutes les propositions de foi contestées et rapporta au chancelier toutes les procédures qui avaient été faites. Cet évêque mourut à Blois, le 5 juillet 1404 ; sa mort fut attribuée à un em- poisonnement. Bureau a composé sur le prophète Elie un poème latin intitulél' Fféliade. On lui attribue aussi un ouvrage sur les hommes illustres de l'ordre des cannes
  • Laurent CALCAGNO : en latin CALCANEIS, né à Bresse , en Italie, florissait dans le 13° siècle ; il mourut en 1478. II fut un des plus célèbres ju- risconsultes de son temps, et s'occupa aussi beaucoup de théologie. Il composa divers ouvrages : 1° de Commendatione studiorum ; 2° dc Septem Pecratis mortalibus ; 3. de Conceptione Sonate Maria,; 40 Concilia, etc. On peut consulter sur ce personnage Tri thème, de Script. certes., et Léandre Albert, Descript. Ital
  • Laurent CARS( 1703) : fils de JeanFrançois Cars, graveur de thèses à Paris, naquit à Lyon en 1703. Étant venu à Paris fort jeune, il y lit ses études. Son père , qui le destinait à la peinture, le plaça chez Christophe, membre de l'académie, et ensuite dans l'école de Lemoyne. Malgré ses succès dans ce genre, son goût naturel pour la gravure le détermina à se livrer à la pratique de cet art. Ce fut sous la conduite de Lemoyne, et d'après ses tableaux, qu'il se forma. La réputation du graveur suivant toujours celle du peintre qu'il traduit, Cars , qui s'était consacré entièrement à ce maître, dut nécessairement partager le discrédit dans lequel il est tombé. Quoi qu'il en soit, Laurent Cars peut être regardé, après Gérard Audran , comme le plus habile graveur dans le grand genre ; son Hercule el Omphale, son Allégorie sur la fécondité de la reine, la Thèse de Ventadour, sont des chefsd'oeuvre ; le moelleux du pinceau, l'empâtement de la couleur, la finesse de la touche, y sont rendus avec une vérité, un sentiment rares. Ayant obtenu dans sa jeunesse une première médaille à l'académie de StLuc, et plusieurs années s'étant écoulées sans qu'on en distribuât aucune , cette académie , pour s'acquitter, décida que tous ceux qui avaient gagné la première médaille concourraient ensemble. Cars demeura encore vainqueur dans cette nouvelle lutte. Reçu à l'académie royale de peinture, etc., en 1753, il parvint au grade de conseiller de cette compagnie en 1757. Il mourut en 1771, regretté autant par ses qualités morales et l'agrément de son esprit, que par ses talents. Parmi ses nombreux élèves, an distingue Beauvarlet, J.J. Flipart, StAubin, Claude Jardinier, etc
  • Laurent CHADERTON( 1536) : professeur à Cambridge, est du petit nombre des gens de lettres qui ont poussé leur carrière au delà d'un siècle. Né à Oldham, dans le comté de Lancastre, le 14 septembre 1556, de parents catholiques, il embrassa la communion anglicane pendant son cours d'études à Cambridge, fut promu aux ordres, et se livra avec succès à la prédication et à l'enseignement de la théologie. 11 savait le grec, l'hébreu, le français, l'espagnol et l'italien , ce qui le lit choisir pour plusieurs éducations particulières, desquelles il s'acquitta avec distinction. Walter Midmaï, son ancien ami et compagnon d'études , étant devenu chancelier de l'échiquier, voulut fonder à Cambridge un nouveau 0) Cet ouvrage de Chacon a été imprimé par les soins de Fran- çoisDenis Camusat, sous ce titre: A. Ciaeonii Bibliotheca, libres et scriplores fere cunelos, ab initio mundi ad annum 4583, ordine alphabelico complectens, Paris, 1731 L'éditeur y ajouta ses notes; mals le livre eut peu d'acheteurs. JeanGaspard Arkstée et H. Merkus, libraires de Hollande, en ayant acheté dans une vente publique un grand nombre d'exemplaires, déchirèrent les quatre ou cinq premiers feuillets, y mirent un nouveau titre et one préface par C. Kappius, pour faire croire que c'était une nouvelle edition. La Bibliothèque de Chacun ne comprend que les quatre premières lettres de l'alphabet et une partie de la cinquième; le dernier mot est Epimenide. collége qui fùt comme un séminaire de bons prédicateurs, mais sous la condition expresse que Chaderton en serait le recteur. Celuici, auquel on offrait en nième temps une place beaucoup plus lucrative, n'hésita pas à préférer l'avantage de l'instruction publique à son intérèt particulier; il refusa la riche prébende, et fut le premier recteur du collège Emma- nuel à Cambridge, en 1584. Il en exerça les fonctions jusqu'à l'âge de quatrevingtdixsept ans, fut alors nommé professeur émérite , et vécut encore huit ans, consacrant son temps à la société de ses amis et à la culture des arbres de son jardin.11conserva jusqu'à la lin l'usage de ses sens et de sa mémoire, et mourut dans sa 105e année, en novembre, 1640, laissant en manuscrit plusieurs ouvrages théo- logiques, et notamment une critique de Baronius, dont on trouve des copies dans plusieurs bibliothè- ques d'Angleterre. Le seul de ses ouvrages qu'on ait imprimé est un traité de Justilicatione corans Deo, et fidei justificantis perseverantia non intercisa. Ce livre fut publié avec d'autres écrits par Antoine Thysius , professeur en théologie à Leyde. La vie de Chaderton, écrite en latin par Guill. Dillingham, a été imprimée à la suite de celle d'Ussérius, Cambridge, 1700
  • Laurent CHIFFLET( 1598 - 1658) : jésuite, troisième frère de JeanJacques, naquit à Besançon, en e98. Il se trouvait à Dôle pendant le siège de cette ville par le prince de Condé , en 1636. Son zèle et sa piété ingénieuse ne contribuèrent pas peu à soutenir le courage des habitants. Boyvin, qui a écrit l'histoire de ce siège , lui donne les plus grands éloges. Le P. Chifflet a composé un grand nombre d'ouvrages ascétiques, en français et en latin, souvent réimprimés dans le 17' siècle , et même , pour la plupart, traduits en espagnol et en italien , mais oubliés aujourd'hui. 11 avait fait une étude particulière de la langue française, et il en a composé une grammaire, attribuée par erreur à son fière PierreFrançois. Elle fut imprimée , pour la première fois , par les soins de quelquesuns de ses confrères, sous le titre d'Essai d'une parfaite grammaire de la langue française, à Anvers, en 1659 Allemand, dans ses Observations sur la langue française , dit que cette grammaire est au rang des bonnes. L'abbé Desfontaines dit, au contraire, qu'elle est excessivement mauvaise, ce qui est trop sévère; car elle a été utile dans un temps où il n'en existait pas de bonnes , et , si elle a été abandonnée depuis , c'est que nous en avons de meilleures. Laurent Chifflet a eu part à la révision du Dictionnaire de Calepin , en huit langues, dont il y a cu plusieurs éditions en '2 vol. mais qui n'est plus d'aucun usage. 11 mourut dans le couvent de son ordre, à Anvers , le 9 juillet 1658
  • Laurent CORVINUS( 1495 - 1527) : né en 1495 à Neumarck, en Silésie, fut professeur à Breslau, à Schweidnitz et à Cracovie, secrétaire municipal de Thorn et ensuite de Breslau, où il contribua à introduire la religion protestante. 11 y mourut le 25 juillet 1527. On a de lui en latin, non pas des notes sur les Tables géographiques de Ptolémée, comme le disent quelques biographes, mais une géographie imprimée plusieurs fois séparément , et qui a paru à la suite de celle de Dominique Niger, sous ce titre : Geographia ostendens omnes regiones terne habita- biles, diversa hominum genera , etc. , Bâle, 1557 Ce n'est guère qu'un abrégé de celles qui Les garnitures, en argent, furent arrachées, et les livres déchires ou brûlés en grande partie. Le reste, oublié dans une tour, y était encore enfoui un siècle après, quand Busbecq parvint à en racheter un petit nombre, qui ornent encore la bibliothèque impériale de Vienne. On en voyait quelquesuns dans celle de Wolfenbutte'. Il y en a trois en France : le premier, qui se trouve à la bibliothèque nationale , est intitulé : Divi Hieronymi breviarium in psalnios David. Le titre de ce superbe manuscrit est écrit en capitales d'or, sur un fond d'azur, avec des devises de Corvin ; la bordure du premier feuillet représenté, avec beaucoup de figures et d'emblèmes, les armes de ce prince, supportées par quatre anges. Le manuscrit est trèsnettement écrit, en lettres rondes, à longues lignes, sur un vélin d'une finesse et d'une beauté extraordinaires. On lit au 570. feuillet, à la fin, en capitales rouges : Sinnibaldus exscripsit Florentiœ, a. 1488, pro Matillid regs Ungliarice. Le second, qui se trouve également à la bibliothèque nationale , contient, 1. Tractatus Pauli Santini, Owen- sis, de re militari, avec des ligures représentant des hommes armés, des instruments et des machines de guerre ; 20 quatre traités en italien. On trouve en tète une note en français,qui apprend comment M. Girardin, ambassadeur de France près de la Porte ottomane, avait réussi, en 4688, à tirer ce manuscrit de la bibli4- thèque du sérail pour l'envoyer au ministre Louvois. Les Turcs avaient raclé partout ce qui était en or, dans les armes et dans les figures. Le troisième, contenant une partie des Annales et de l'Histoire de Tacite, a été employé pour l'édition (le cet auteur donnée à Leipzig , en Mt, par Obertin. Il appartenait alors à M. le général Dorsuer. existaient déjà, mais le style en est agréable, rempli d'images et de citations des passages des poètes latins, répandues peut-être avec moins de goût que de profusion; il y a joint les différentes pièces de vers qu'il avait faites sur Breslau, Neumarck et la Silésie. On y trouve sur Cracovie une ode en latin que Pistorius a insérée dans la Collection des auteurs polonais, Bâle, 1582, t. 1". Nous avons aussi de Cor%jun s : 1° Elegantiarumoratoriarumhortulus, Spire, 1612 2° Carminum structura
  • Laurent COZZA( 1654 - 1729) : né en 1654, à. Bolsena, dio- cèse de Montefiascone, perdit son père et sa mère dans son enfance. Ses parents se chargèrent alors de son éducation, dirigée suivant ses goûts, qui lui firent prendre à l'âge de quinze ans l'habit des frères mineurs observantins à Orviete. Il y étudia la philosophie et la théologie. 11 alla enseigner la première dans leur couvent de Naples en 1676, et ensuite la seconde dans celui de Viterbe et de Rome. Ildevint inêmc supérieur du couvent de Viterbe, et le cardinal Urbain Sacchetti, alors évêque de cette ville, le choisit pour son théologien et pourison confesseur. Élu défi- niteur de la province romaine de son ordre, où il occupa les postes les plus éminents, il en fut enfin nommé ministre général. En 1713, il eut une grande part à la réunion du patriarche grec d'Alexandrie avec l'Église romaine. Chéri des personnages les plus illustres, et estimé d'une manière toute spéciale par les souverains pontifes sous lesquels il vécut, il fut promu au cardinalat par Be- noît X111, 1e 9 décembre 1726. 11 remplit avec distinction la présidence de diverses congrégations pontificales. Lorsqu'il mourut, le 18 janvier 1729, le pape Benoît XIII voulut assister à ses obsèques qui furent céHbrées avec une grande solennité. Son ancien ami Alexandre Falconieri lui fit une trèslongue épitaphe dans l'église de StBarthélerni in Isola de la ville de Rome, où il avaitété inhumé. Ses ouvrages, tous imprimés dans la même ville, , avant sa promotion au cardinalat, sont : 10 Vin-( liche Areopagiticoe, 2 vol. ; 2° Commentaria histo- rico- dogrnatica ad librum De hœresibus S. Augus- ' tini ;, 3. Dubia selecta de confessario sollicitante; 40 Historico- polernica schismati- Grcecorum, 4 vol.; 50 De jejuniotractatus dogmaticosmoralis
  • Laurent CRASSO : auteur italien du fie siècle, qui ne manqua ni de savoir ni de talent, mais dont les vers et la prose se sentent du mauvais goût de son temps, était Napolitain. Le Toppi lui donne le titre de baron et la qualité de docteur. On ne connaît aucun détail de sa N ie. Ses principaux ouvrages sont : 1° Epistole heroichei Venise, Baba, 1655 Ce sont des épitres dans le genre de celles d'Ovide, genre, dans lequel Crasse) avait été précédé en italien par Bruni . , Les héros et les héroïnes qui sont censés écrire, sont les uns anciens, les autres modernes. C'est Talestris à Alexandre le Grand ; Lucrèce au Sénat romain; Bélisaire à Justinien, et même Adam à live; c'est aussi Alexandre Sévère à Héliogabale : Platon à Aristote; Judith à la rifle de Bêthulie, et Charles Stuart ( i Henriette- Ma1 ie de Bourbon, etc. Chaque épitre est précédée d'une dédicace particu- bière et d'une gravure. 2° Elogj d'huomini lette- ' rati, part. 1. et 2. Venise, Combi et la Noù, 16i6, 1 2 vol L'article de chacun des hommes de lettres est précédé de son portrait, fort mal gravé, i, et suivi de quelques pièces de vers latins et italiens à sa louange, et de la liste de ses ouvrages, tant imprimés que manuscrits. Le libraird sénitien, dans sa dédicace à André Contarini, procurateur Ide StMarc, dit que la plume de l'auteur est une aile entière du Zéphire qui fait naitre de toutes parts les couleurs du printemps; et malheureuse- ment l'auteur luimême écrit quelquefois de ce style. Cependant son ouvrage, quoique plein de fautes. n'est pas sans utilité. 3° Historia de' pneu i yreci e di que' che'n yreca lingua han poetato, scruta da Lorenzo Crasso barone di Pianura, Naples, I Bulifon, 1678 Bernard de Cristofano nous instruit, dans un Avis au lecteur, que l'auteur, en composant cet ouvrage, était tourmenté de la goutte au point qu'il avait peine à tenir sa plume. On voit aussi dans cet avis que l'auteur était riche de patrimoine, et qu'au milieu des travaux de la profession des lois, il s'était livré, dans sa célèbre bibliothèque, à la composition de cet ouvrage, pour suppléer à ce que ceux du Giraldi, de Patrizi et de Vossius, sur la même matière, avaient d' et d'incomplet. L'ouvrae de Crasso est fort incomplet luimême. Lamonnoye, dans ses notes sur Baillet, reproche à l'auteur d'avoir entrepris les vies des poaes grecs sans savoir le grec, et il cite à ce sujet trois épigrammes, l'une grecque,l'autre latine, la troisième française. qui ne sont pas excellentes, quoiqu'elles soient sans doute de Lamonnoye luimême, qui en faisait de fort bonnes. I° Eloyj di capitani illustri, Venise, 1683 it° partie, qui n'a point été suivie d'une seconde. L'auteur succomba sans doute à ses infirmités avant de pouvoir achever cet ouvrage
  • Laurent DELVAUX( 1695 - 1778) : sculpteur, né à Gand en 1695, fit nn séjour de plusieurs années à Rome, revint dans sa patrie, et mourut à Nivelle le 21 février 1778. L'Hercule placé au pied du grand escalier du palais des archiducs à Bruxelles,le David et les autres statues qu'on voyait dans la chapelle le la cour, et surtout la chaire de la cathédrale de 1,and, et celle de l'église du chapitre de Nivelle lui Assignent un rang parmi les artistès distingués du f ,t, siècle. Son ciseau avait cependant plus de force que de gràre, et les détails dans ses ousrages ne satisfont pas toujours autant que l'ensemble. Del- vaux reçut divers témoignages de la bienveillance des papes Renon XlIl et Benoît XIV, de Charles VI, de l'impératrice MarieThérèse, et plus particulièrement du prince Charles de Lorraine, gonv erneur général des PaysBas, qui se plaisait à N isiter ses ateliers
  • Laurent DESMOULINS( 1400 - 1525) : né dans le diocèse de Chartres, au 15' siècle, était p•èt•e, ce qui ne l'empêcha pas de déclamer avec beaucoup de force contre les désordres des ecclésiastiques, leur débauche et leur avarice, dans un ouvrage en rime, intitulé : le Catholicon ( les mal advisés, autrement dit : le Cymetière des malheureux. L'auteur suppose qu'un personnage, nommé Entendement, lui apparaît dans un songe, et lui ordonne d'écrire ce N'erra Altas des hommes de toutes les conditions passent sous ses yeux, accusant leurs fautes axec des signes d'un repentir non équivoque, mais trop tardif. On voit que l'invention de cet MB rage tient de l'esprit du siècle où il a été composé ; style ne s'en ressent pas moins ; mais au travers de mots et d'expressions grossières, de peintures qui choquent également le goût et l'honnêtoté„ on est surpris de trou cr des ligures adroitement employées, des images digues d'un siècle et d'un po'éte plus éclairés. Ce pomme, si cet ouvrage en mérite le nom, fut imprimé à Lyon, en 1512, à Paris, en 1513, et enfin à Lyon en 1534 l'édition de 1511 ,citée par quelques bibliographes, est imaginaire. Celle de 1512 fut trouvée si incorrecte par l'auteur luimème, qu'il se décida à eu donner tune nouvelle peu de temps après. Desmoulins est encore auteur d'une Epitaphe de la reine Anne de II- retape, épouse de Loues XII, Paris, sans date On conjecture que cet auteur est mort vers 1525
  • Laurent DRELINCOURT( 1626 - 1680) : né à Paris, en 1626; ministre à La Rochelle et ensuite à Niort, mérita la réputation d'un bon prédicateur et d'un savant théologien. 11 avait fait une étude approfondie de . la langue française, et il passait pour en connaitre si bien les beautés et les finesses, que Conrart, l'un des premiers membres de l'académie, le consultait fréquemment : on assure même qu'il avait composé un recueil précieux d'observations grammaticales, qui est resté manuscrit. Il perdit la vue en 1680, et mourut six mois après, dans sa 55e année. On a de lui des sermons et 4 livres de sonnets chrétiens. Les sonnets ont eu plusieurs éditions. La 6e, sukant Bayle, est d'Amsterdam, 1693; celle de 1723 contient de plus que les précédentes la traduction en vers des sept psaumes pénitentiaux. Dans cette dernière édition, par une inadvertance inconcevable, l'ouvrage est attribué sur le frontispice à Charles Drelincourt. — 1)REL1NCOURT (Henrfi, frère du précédent, avocat , puis ministre à Gien et à Fontainebleau, a composé des sermons
  • Laurent DUGAS( 1670) : magistrat et littérateur, né à Lyon le 10 septembre 1670, était fils de Louis Dugas, seigneur de Bois St Just , et de Claudine Botta de la Barmondière. 11 avait à peine atteint sa vingtsixième année lorsqu'il fut nommé conseiller au présidial de Lyon ; deux ans après il en obtint la présidence qui lui fut conseil' ée en 1705, lors de la réunion de ce tribunal à la cour des monnaies, créée l'année précédente. Consacrant aux lettres les loisirs que lui laissaient les devoirs de sa charge, il fut, en 1700, un des sept fondateurs de l'Académie de Lyon. Cette compagnie, après avoir tenu successivement ses assemblées dans les salons de plusieurs de ses membres, les tint, en ·711, dans le cabinet de Lament Dugas , et c'est probablement par son entremise qu'elle fut autorisée, en 1726, à siéger dans l'une des salles de l'hôtel de. ville. 11 était alors prévôt des marchands; appelé, en 1724, à remplir ces Nichots, Anecdotes littéraires du 48esiècle, rapporte comme une circonstance singulière que, par une espèce de represaille, Défense du Peuple anglais, par Milton, fut imprimée avec lescaracteres typographiques de Dugard pis Dugardianis). Louis Dugas avait été echevin en 169, et prevût des mar- Les six autres étaient Camille Falconnet, Brossette, De Serres, Puget, les pères Fellun et de StBonnet, jésuites. honorables fonctions, il les exerça jusqu'en 1'729. En quittant cette place, il prononça un discours qui a été imprimé, et dans lequef on remarque le passage suivant • « Convaincu de l'importance et « des difficultés de la place qui m'était offerte, ef- « frayé par un fatal enchaînement de circonstances « redoutables, intimement pénétré de ma propre « insuffisance, ce n'est que l'obéissance à des or- « Ires réitérés qui m'a soumis à porter un fardeau « trop audessus de mes forces. Mes craintes n'é- « laient que trop bien fondées : une subsistance « peu assurée et ruineuse, un vide immense à « remplir, une cessation presque générale de trac. On sait que Boileau avait donné à Brossette sol buste nt marbre exécuté par N. de Lacollonge ; il est à présumer que le distiqiic avait été fait pour être mis 3.0 bas de ce buste, qui existe encore dans la biblio- thèque de la ville de Lyon. En 1705, Dugas passa quelques mois à Paris, il alla deux fois à Auteuil voir l'auteur du Lutrin. On trouve quelques notes sur une de ces visites dans la lettre de Despréaux à Brossette du 20 novembre 1705 : « 11 n'y a point, « lui disaitil, de jeune homme, dans mon esprit, « audessus de M. Dugas; je le trouve également « poli, spirituel, savant » . Dugas mourut le 8 mars 1748.-11 avait eu, de son premier mariage avec Marguerite Croppet, un fils, Pierre DUGAS, né le I t juillet 1701, qui fut aussi de l'Académie de Lyon, président de la cour des monnaies et prévôt des marchands en 1750 et 1751. Pendant qu'il remplissait ces, dernières fonctions, Pierre Dugas sut, à l'exemple de son père, exciter la charité des Lyonnais en faveur des ouvriers qu'une cessation de travail, occasionnée par la rareté et le haut prix des soies, avaient réduits à la plus affreuse détresse. Cet estimable citoyen mourut le 28 avril 1757. 11 avait fait à. l'Académie de Lyon un assez grand nombre de lectures en prose et en vers, qui sont mentionnées dans les proces - verbaux de cette compagnie. Toutes ses lectures sont restées inédi- tes, à l'exception de l'extrait d'un mémoire com- posé en 1755, et dans lequel il essaie d'établir que St. Ambroise est né à Lyon. Cet opuscule a été inséré dans le tome 3 des Archives du Rhdne, pages 140-146. Voy. Hernetti, Lyonnais dignes dc mé- moire. t. 4, p. 83, t. 2, p. 335, et les Mélanges de M. Bréghot du Lut, p
  • Laurent DUHAN( 1656 - 1726) : docteur de Sorbonne, né à artres, vers 1656, professa pendant près de trente s la philosophie au collége du Plessis. Il devint isuite grand vicaire de résèque d'Autun, et obtint ' fin canonicat de l'église de Chartres, qu'il résigna à son frère pour revenir à Paris, oii il sollicita vainement d'être employé comme bibliothécaire. 11 se borna alors à redemander un canonicat, et on lui en accorda un à Verdun. Il mourut subitement en cette ville, en 1126, àgé d'environ '70 ans. Mihail est auteur d'un ouvrage longtemps en réputation dans les écoles, intitulé : Ph ilosophus in u! ionique partem, Paris, 1694 2. Les iditions en ont été trèsmultipliées. Mihail eut avec Dagoumer des diseussions qui tuent mitre de part et dl II ..'au.re les .)1*(- clauses actuellement oubliées. W—s. ,
  • Laurent DURAND( 1629 - 1708) : né à Moules, près Toulon, en 1629, mort à La Ciotat, près Toulon, en 1708, fut aumônier des religieuses Bernardines de La Ciotat et du BonPasteur de Toulon. On a de lui : les Contigu, s de l'âme dévote, divisés en 12 livres, Marseille, 1693 . divisés ' Cet ouvrage a fait dire que Durand était plus „pieux que poète. Les femmes du peuple savent par coeur ces cantiques. Le plus célèbre, qui ,passe pour le chefd'oeuvre de l'auteur, est ,. connu sous le nom de Cantique, ( le Joseph , et mmence par ces mots : Permettez qu'ovcc franchise Je vous dise, etc. Dans les - nnombrables réimpressions des cantiques de Durand , on en trouve quelquesuns (lui ne sont pas de lui. On attribue au P. Surin, jésuite, le cantique intitulé : le Désert de la foi. Durand a laissé en manuscrit des Maximes chrétiennes avec des réflexions morales sur la passion de Jésus.- Christ, tirées des Saints Pères et de la Vie des Solitaire,
  • Laurent ECHARD( 1671 - 1730) : historien anglais, né en 1671, à Barshani, près de Beccles, dans le comté de Suffolk, était fils d'un ecclésiastique, et proche parent de Jean Eachard voit. EACIIARD). Après avoir achevé ses études à Cambridge, il entra aussi dans les ordres. Il publia, en 4699 Histoire romaine, depuiÈ la fondation de Rome, jusqu'à l'établissement de l'empire par Auguste. Il continua ensuite cette histoire jusqu'à Constantin ; l'ouvrage entier a été réimprimé en 1707, en 3 ou 5 volumes et est assez estjiné. Daniel de la Roque et Guyot Desfontaines en ont donné, une traduction française, Paris , 1728-1742 , en 16 volumes et Avignon,1802, 12 vol. y compris la continuation , jusqu'à la prise de Constantinople, qui parut en 10 volumes en 1736. Son 11 istoire générale ecclésiastique, depuis la naissance du Christ, jusqu'à l'établissement du christianisme sous Constantin, publiée en 1702 fut tre, bien accueillie des protestants, et fut imprimée pour la 6° fois en 1712 , en 2 volumes Cet ouvrage valut quelques bénéfices à son auteur, mais il a été bien surpassé par celui de Mosheim , sur le même sujet. En 1707, Echard publia son Histoire d'Anqleterre, depuis l'invasion de Joies- César, jusqu'à la fia du règne . t11 ne ht n'il aujourd'hui cette histoire d'Angle- que devait aisément faire oublier l'ou. ' bien supérieur de Hume. On a aussi de Echard une Histoire de la révolution do illaume 111, en 1 volume des traducis, on assez mauvais style, de quelques reniés de Plaute et de Térence ; un Recueil de : rimes et Discours moraux et théologiques, s des ouvrages de l'archevêque Tillotson 19 et Interprète du Gazettier ou du , uvelliste, publié en français sous le titre de . E.charti , depui% Imigtempe valétudi- re, allait prendre les eaux de Searhnrnugh, l'espérance de se rétablir, lorsqu'il mourut voiture, le 16 août 1730
  • Laurent FABRICIUS( 1555 - 1629) : professeur d'hébreu à l'université de Wittenberg, naquit à Dantzig en 1555 , d'un négociant de cette ville. Voué aux lettres dès son enfance par ses parents, il fit ses premières études dans le collége de Dantzig, parcourut ensuite les universités de Francfort, de Wittenberg, de Leipsick, de Iéna, de Tubingen et de Strasbourg. 11 resta assez longtemps dans cette dernière ville, s'y fortifia dans la langue hébraïque, et étant revenu à Wittenberg en 1587, il y fut reçu maître en philosophie. Etant ensuite retourné à Iéna, il y ouvrit une école. Ses connaissances en philosophie , en théologie et en hébreu le firent élire professeur d'hébreu dans l'université de Wittenberg en 1593 , et il occupa cette chaire jusqu'à sa mort, arrivée le 21 avril 1629. On a de ce savant : 1. De schemhamphorasch usu et abuse apud Judœos , Wittenberg , '1596 2° t'artitiones codicis hebrœi, ibid. , 1640 , 1626 et 1671 Cet ouvrage , fort estimé J—s.
  • Laurent EUSDEN : ecclésiastique et poëte anglais du 18. siècle, élevé à Cambridge , était assez peu connu dans le monde littéraire , lorsque, ayant adressé un épithalame au duc de Newcastle, grand chambellan , sur son mariage avec lady Ilenriette Godolphin , ce seigneur le tit nommer, en 1718, à la place de pode lauréat. Malheureusement pour lui , il succédait à un homme dont le génie supérieur faisait ressortir davantage la faiblesse de ses talents; et cette circonstance fut un prétexte que prirent les peines les plus distingués de cette époque , opposés d'ailleurs au gouvernement par leurs principes politiques, pour faire pleuvoir les épigrammes et les satires sur le protecteur et le protégé. Pope était à la tète < i> cies ennemis d'Eusden, et l'a fait figurer dans la < i> Dunciade. 1.e duc de Buckingham, dans son peine de la < i> Session des poiles , dit : Eusden s'élança f, en criant: Qui aura le laurier , si ce n'est moi a véritable lauréat, à qui le roi l'a donné ? Apol-« Ion fit des excuses , lui accorda sa demande, mais jura que c'était la première fois qu'il en-(, tendait prononcer son nom. » Après avoir eu longtemps une conduite sage et régulière , il se livra à un goût immodéré du vin et des liqueurs < i> fortes, et abrutit par là ses facultés morales et Il mourut en 1750 , dans sa cure de Coningeby, au comté de Lincoln. On s'accorde à le regarder au moins comme un assez bon versificateur. Ses < i> meilleures pièces < i> de poésie se trouvent dans le Recueil de Nichols. 11 a laissé en manuscrit une traduction des Œuvres du Tasse , avec une Vie de ce pone ; mais cet ouvrage ne parait Pas avoir été imprimé
  • Laurent FORER( 1580 - 1659) : jésuite suisse et fameux controversiste, né à Lucerne en 1580, entra chez les jésuites à l'âge de vingtcinq ans et commença, suivant l'usage, par enseigner les humanités dans les colléges de cet institut. Après avoir fait ses quatre voeux et reçu l'ordre de prttrise , il fut chargé de professer la philosophie, la théologie et la controverse. Ennemi redoutable des nouvelles doctrines et plein de feu , il se dévoua à les combattre et poursuivit les sectaires avec une activité infatigable. Il devint chancelier de l'université de Dillingen , fut recteur du c011ége de Lucerne et enfin confesseur de l'évêque d'Augsbourg. Il mourut d'une attaque d'apoplexie , à Ratisbonne, le 7 janvier 1659, âgé d'environ 79 ans. 11 est auteur d'un grand nombre (l'ouvrages, la plupart de controverse. Le catalogue qu'en donne Sotwel , bibliographe de la société , en porte le nombre à quarantequatre , les uns en latin, les autres en allemand. Voici les principaux : 1. Symbolum catho- w ateeMsmue ai parttchos, Pnine , 1383 trèssonvent réimprimé et connu aussi sous le hom de Catéchisme ro- main. L'érudition, l'exactitude et la précision s'y trouvent réunies à l'éléganee et à la ptieeté da style qui est telle gin: quelqttes auteurs en_ ont fait honneur à Paul Manuce; mais le P. Lagomarsini a prouvé que c'est le savant Jules Poggiani qui à reVII et poli le Style de ce catéchisme. licum, lutheranum, calvinianum, cutri apostolico col- laissez, Dillingen, 1622, 2' Patrocinium roto- rum contra prœdicantem Tubingensem, ibid., 1625 C'est une défense des voeux monastiques. 5', Lutherus thaumaturgus, ibid. 4 Gramma- tiens Proteus , arcanorum Societatis Jesu Dedalus dedolatus, et genuino suo vultu reprœsentatus : ac- cessit auctarium animadversionum in Gasparis Sciop- pii eeelesiasticam astrologiam, Ingolstadt , 1636, i0-8.. 5. Anti- Melander adversus Philoxenum Me- landrum auctorem Flayeliijesuitici. C'est Scioppius, ennemi juré des jésuites, qui s'était caché sous le nom de Mélander. La réponse de Forer est en allemand et parut à Munich en 1633. Forer passa ainsi sa vie à attaquer et à se défendre. Parmi les articles lancés contre lui, deux portent le titre Anti- Forer. Le premier est de JeanUlric Pre- gitzer, pasteur protestant et professeur de théologie h Tuhingen ; son livre est dirigé contre le Patrocinium votoram, et il y attaque les voeux mo- nastiques. L'autre Anti- Forer est de Pierre Ha- berkorn , professeur de théologie à Giessen et prédicateur du landgrave de liesse; cet ouvrage parut en 1651; il roule sur des questions proposées par le P. Forer aux protestants, sur la nature de la réformation, l'état de l'Église avant Luther, etc: Outre ces nombreux ouvrages polémiques et d'autres encore, demeurés manuscrits, dont la Bibliothèque historique de la Suisse donne le détail d'après la Lucerna litterata de J.A.F. de Balthasar, on a du P. Forer des Observations sur les eaux thermales de Pfeffers, traduites du latin en allemand , Augsbourg, 1612 fig., dont Ilaller parle avec éloge
  • Laurent FRANÇOIS( 1698 - 1782) : I.tuas‘/), Mire, 0v le membe? 169e a Artutbod, bourg de f ramelte4,0ftité, rentra d'abord dans la congrégation de StLazare. Il en sortit quelques années après, à raison de la faiblesse de sa santé, et se fixa à Paris , où il fit quelques éducations particulières. Il se consacra ensuite à la défense de la religion et publia successivement plusieurs ouvrages dont sa modestie l'empêcha de se déclarer l'auteur. Ce savant et laborieux ecclésiastique mourut à Paris le 21 février 1782, dans un àge trèsavancé. On a (le lui : Lettre sur le pouvoir des démons , , citée dans la France littéraire d'Hébrail ; Preuves de la religion de Jé- sus- Christ, contre les spinosistes et les déistes, Paris, 1751 , 4 vol. ; 5° Défense de la religion cluétienne , i?id., 1755, 2 vol. C'est une suite de l'ouvrage précédent ; l'un et l'autre sont remarquables par la méthode rigoureuse que l'autelir a suivie dans l'exposition des faits et dans la discussion des preuves qui en établissent la vérité; le style n'en est pas élégant, mais il ne manque ni de chaleur ni de clarté. 4. Examen du Catéchisme de l'honnète homme, ou Dialogue entre un caloyer et un homme de Lien, ibid., 1761 ; 5. Réponse aux dilficultés proposées contre la religion chrétienne par J.- J. Rousseau dans l'lmilc et le Contrat social, ibid., 1765 ; 6. Examen des faits qui servent de fondement à la religion chrétienne ; précédé d'un court Traité contre les athées , les matérialistes et les fatalistes , ibid., 1767, 5 vol. Ouvrage écrit avec beaucoup de solidité. 7° Observations sur la Philosophie de l'histoire et sur le Dictionnaire philosophique , , avec des réponses à plusieurs difficultés; ibid., 1770, 2 vol. 11 a laissé en manuscrit la Réfutation du Système de la nature et du Livre des trois imposteurs. C'est par erreur qu'on lui a attribué la Géographie connue sous le nom de mademoiselle Crozat, à qui elle est dédiée, Paris,1705,1729 Cette géographie, qui a été souvent réimprimée , est de A. le François, curé de Gentilly près Paris, ami de Dèlisle, écrivain sur lequel on n'a pu se procurer d'autres renseignements
  • Laurent GALINDES DE CARAVAJAL( 1472) : jurisconsulte et historien espagnol, naquit à Placentia dans l'Estrémadure, en 1472. Il obtint le grade de docteur à Salamanque, où il occupa pendant plusieurs années la première chaire de droit. Galindes était également reconnu pour un des plus habiles jurisconsultes de l'Espagne et pour un homme d'une vaste érudition : aussi Ferdinand le Catholique l'appela à sa cour, et le nomma membre de son conseil d'État, dont bientôt Gahuttes obtint la présidence. Après le court règne de Philippe d'Autriche, il fut le premier qui , attendu l'état d'incapacité de la reine Jeanne, veuve de Philippe , insista dans le conseil sur la néces- mité de remettre les rènes du gouvernement de Castille entre les mains habiles de Ferdinand. Son avis fut suivi par tous les conseillers et par la principale noblesse du royaume. Galindes avait l'honneur de travailler plusieurs heures du jour avec son souverain , dont il mérita constamment la confiance. Ferdinand étant mort en 1516, Galindes se retira de la cour, malgré les instances que fit le cardinal Ximénès pour l'y retenir, et mourut à Burgos en 1532. On a de lui Adiciones , supplément aux hommes illustres de Perez Gusman , avec une histoire assez estimée de Jean II, roi de Castille, Valladolid , 1517 On conserve dans la bibliothèque royale de Madrid deux ouvrages manuscrits du même auteur, savoir : une histoire des événements arrivés après la mort de Ferdinand V , et des notes trèssavantes sur l'histoire d'Espagne. Ces deux ouvrages ont fourni beaucoup de lumières aux écrivains qui lui ont succédé
  • Laurent GAMBARA : poëte latin moderne, né à Brescia, dans l'État de Venise, d'une famille distinguée et qui donna à l'Église plusieurs cardinaux, florissait dans le 16° siècle. Il s'attacha au cardinal Farnèse, fit partie de sa maison et demeura longtemps à Rome avec lui. Il habita aussi Padoue ; enfin quelques hendécasyllabes, que lui adressa Antoine Flaminius, nous apprennent qu'il fit un voyage en Allemagne. Il était lié d'une amitié étroite avec Basile Zanchi, lequel ainsi que lui cultivait les muses latines. Paul Manuce parle avec éloge de Gambara et de ses ouvrages. Il est également loué par Lilio Grégorio Giraldi , quoique ce savant, regardé comme un des hommes les plus éclairés d'Italie, fùt en général assez peu favorablement disposé à l'égard des petes brescians. Antoine Muret au contraire met Gambara au nombre des mauvais petes, et marque l'humiliant mépris qu'il faisait de ses vers en inscrivant à la tête de l'exemplaire qu'il en avait un distique ignoble et grossier , qui peut-ètre :fait plus de tort au goùt de son auteur qu'il ne flétrit celui qui en est l'objet. Quelle qu'ait été la cause de l'humeur de Muret contre Gambara , et quoique quelques modernes aient adopté son opinion , le cardinal Quirini observe, ce nous semble assez ju- dicieusement, qu'elle peut difficilement prévaloir sur celle de Paul Manuce, dont Muret reconnaissait les lumières, et auquel luimème soumettait ses ouvrages. Cette remarque acquiert une nouvelle autorité d'un sufli.age qui ne laisse pas d'avoir du poids, celui de Juste Lipse, reconnu pour un bon critique , et qui parle avantageusement de Laurent Gambara. Parmi les ouvrages ; Gambara décrit tout ce qu'elle a de remarquable ; 4° Expositi, les Ex- posés , peme ainsi intitulé parce qu'on y suppose que les deux personnages dont il est question, Leucé et Daphnis, iisont restés exposés dans lite de Lesbos : c'est une sorte d'imitation de Daphnis et Chloé de Longus, mais fort audessous de son modèle ; 50 Gigantomachia, ou combat des géants; 6° Anguis ; le pete y déplore la mort de JeanFrançois de Gambara et de son fils Nlafrée. 7° Des élégies, des églogues , des épigrammes et d'autres pièces de vers, les unes religieuses, les autres profanes. Gambara condamna ces dernières au feu, quoiqu'elles formassent plus de dix mille vers, en regrettant le temps qu'il y avait perdu. Il fit plus, il composa un Traité des moyens de perfectionner la poésie, et de la rendre plus utile en la consacrant à la religion et à des sujets moraux ; il s'attache à y prouver que ce bel art ne perdrait rien , en renonçant aux fables païennes, et qu'il lui resterait encore un champ assez vaste 41 pour étaler toutes ses magnificences , et une infinité de sujets assez féconds sur lesquels le génie pourrait s'exercer . Selon Baillet, ce Traite aurait été imprimé à Rome l'année mène de la mort de l'auteur, arrivée en 1586, à l'âge de 90 ans. Il y a trois éditions des OEuvres de Gam- bora; deux de Rome en 1581 et 1586, et une de Bâle en 1555, où les vers de Laurent Gambara sont réunis avec ceux de sou ami Basile Zanchi. La Gigantomachie manque dans les deux éditions de Rome, et ne se trouve que dans celle de Bâle; et le peine intitulé Anguis n'est dans aucune des trois ; mais il fut imprimé à part à Venise. Il y a eu dans la famille Gainbara d'autres personnages qui ont joui d'assez de célébrité, soit dans les négo- ciations et la politique, scia dans les lettres, pour mériter qu'on en fasse mention. — GAMBARA , cardinal, nonce en Portugal sous Léon X , et en Angleterre sous Clément VII, puis évoque de Tortone, décoré de la pourpre romaine en 1533, al On en peut voir les plans et la description dans l'architecture de Nignole , édition de Davi/en Antoine Possevin, dans sa Poétique, parle d'un traité du même genre, qu'il composa, ditil , à la prière de Laurent Gambara. Estce celui dent il est ici question! Le cardinal Quirini Specinten, etc. , part. 2 , p. 276 ) , pense que non , et étaye son opinion du silence des auteurs de la Biblio'hèque des ter"- vains jésuites, qui, à l'article Antoine Possevin, ne font nulle mention de ce traité, quoiqu'ils parlent de quelques autres ouvrages de Possevin, imprimés sous un autre nom que le sien. exerça successivement les légations de Bologne, et de Parme et de Plaisance. La maison Farnèe lui dut de se voir en possession de ces deux États. Il mourut le 14 février 1549 avec la réputation d'un habile politique et d'un ami des lettres et , comte de Prat'alboino, cultiva la poésie ; il est auteur de plusieurs pièces de vers imprimées parmi celles de François Spinula. — GAMBARA , cardinal, fils du précédent, naquit à Brescia le 15 janvier 1535 , et exerça divers emplois impor- tants sous le pape Jules III et sous Pie IV, qui l'éleva au cardinalat. Il fut pourvu par Pie V de l'évèché de Viterbe , et mourut à Rome le 5 mai 1587, âgé de 54 ans, après avoir rendu de grands services à la maison d'Autriche. On trouve dans le Recueil de poésies diverses, donné par Jérome Ruscelli , plusieurs pièces de vers composées par ce cardinal
  • Laurent GARCIN( 1734) : littérateur sur lequel nous avons peu de renseignements, et dont nous ignorons la date de la mort, était né vers 1731, à Neufchatel. On a de lui : 1° un peine sur le pou- voir de l'éloquence, inséré dans l'Année littéraire, 1757, t. 4, avec une lettre adressée par l'auteur à Fréron ; 2. La Ruillière , épltre à M'sr", Paris , 1760 3° Traité du mélodrame, ou Réflexions sur la musique dramatique, ibid., 1772 Grimm, clans sa Correspondance , année 1786 , 5e partie , parle de cet ouvrage avec éloge. 4. Discours sur les romans, et sur le choix des amis, traduits du latin du P. Porée , et insérés dans le Choix littéraire de Vernes , et dans le Choix des anciens Mercures. On doit encore à Larcin la publication d'un recueil intitulé : Odes sacrées ou les Psaumes de David en vers français , traduction nouvelle , par divers auteurs , avec un discours préliminaire, Amsterdam, 1764
  • Laurent GHIBERTI( 1380) : habile sculpteur , fils d'Uguccione , dit par abréviation Cione , naquit à Florence, non en 1380, comme le dit Vasari,. mais en 1378, suivant les pièces originales rapportées par 13aldinucci. Sa famille , illustrée dès le 13e siècle , dans le gouvernement de Florence, par diverses fonctions publiques, s'était appliquée aux arts plusieurs générations avant lui, et particulièrement à l'orfévrerie , genre où les Florentins avaient acquis à cette époque une grande célébrité. Le jeune Ghiberti apprit le dessin, l'art de modeler et celui de fondre les métaux d'un orfévre nommé Bariduccio, mari de sa mère en secondes noces, lequel appartenait à une école de sculpture qui remontait à Andrea Ugolini , dit André de Pise. On croit qu'il reçut ensuite des leçons de peinture de Starnina. La peste, qui affligea son pays à la fin du 44e siècle , l'ayant obligé de s'en éloigner, il peignait en l'an 1401 une fresque à Rimini , dans un palais du prince Pandolfo Malatesta , lorsque les prieurs de la confrérie des marchands de Florence ouvrirent le concours proposé pour l'exécution d'une des portes de bronze qui décorent encore aujourd'hui le baptistère de StJean. Il s'agissait nonseulement de surpasser André de Pise, auteur d'une de ces trois portes, terminée en 1339 ou 1340, mais encore , ce qui était plus difficile , de l'emporter sur les plus habiles artistes vivants. Ghiberti , âgé de vingtdeux ans, vint se présenter. Ce concours, digne de servir d'exemple aux administrateurs qui désirent véritablement obtenir des chefsd'oeuvre, mérite d'être connu dans toutes ses circonstances. Entre les rnaltres venus des différentes parties de l'Italie , sept des plus renommés furent particulièrement choisis pour concourir, savoir : Jacobo della Quercia, natif de Sienne ; Nicco/ o d'Arezzo , élève de ce Jacob° ; Simone da Colle, surnommé de' Bronzi , à cause de son habileté à couler et à ciseler le bronze; Francesco di Valdambrina ; Fi- lippo Brunelleschi ; Donatello, génie précoce, qui, à peine àgé de dixhuit ans, avait déjà fixé l'attention publique; et Ghiberti luimême. Chacun de ces artistes reçut une indemnité pour le travail d'une année , ainsi que pour ses déboursés , et s'obligea à présenter, au terme d'un an , un panneau en bronze doré où serait sculpté en basrelief le sacrifice d'Isaac. L'année étant expirée, on nomma trentequatre experts parmi les sculp- teurs, les peintres et les orfévres, soit de Flo- rence, soit du dehors , qu'une nouvelle proclamation avait appelés à cette intéressante solennité. Il fut réglé qu'ils prononceraient leur jugement en public , devant les modèles soumis à l'opinion générale , et que chacun d'eux donnerait à haute voix les motifs de sa détermination. Les ouvrages de Brunelleschi, de Donatello et de Ghiberti ayant attiré tous les regards, sont mis d'abord audessus des autres ; mais bientôt, frappés de la supériorité de leur jeune rival, Brunelleschi et Donatello, se retirant à l'écart, s'interrogent réciproquement, et tous deux sont assez justes pour se confesser vaincus, et assez grands pour déclarer publiquement leur opinion. Ce jugement fut confirmé au milieu des applaudissements de l'assemblée. Les prieurs des marchands , en donnant la palme à Ghiberti , l'invitèrent à n'épargner ni le temps ni la dépense pour produire un ouvrage.digne de lui et de la république; et ils méritèrent par cette sage conduite que le génie de la sculpture enfan- tât pour eux ces belles portes que MichelAnge jugeait dignes d'orner l'entrée du Paradis. Celle dont Ghiberti fut alors chargé , et à laquelle il travailla pendant vingt et un ans, entierement semblable pour les proportions à celle d'André de Pise , est de même divisée en vingt panneaux, renfermant autant de basreliefs dont les sujets sont tirés du Nouveau Testament, et ornée dans les angles de bustes figurant des prophètes et des sibylles. Elle fut posée le 23 avril 1424, à l'une des entrées latérales ; et en 14'28 , les prieurs chargèrent Ghiberti d'en exécuter une autre encore plus riche pour remplacer, à l'entrée principale , celle d'André de Pise , qui fut transportée de l'autre côté. Ghiberti se surpassa luiinème dans ce nouveau travail , qui l'occupa dixhuit ou vingt ans. M. Cicognara veut que la première porte ait été terminée en. 1414, et cette dernière en 1424. Feroux Dag court croit au contraire que la seconde ne fut posée qu'en 1456. Nous ne saurions adopter ni l'une ni l'autre opinion. Le second monument, commencé.vers 14'28, fut vraisemblablement consacré vers l'an 1446, puisque, d'une part , suivant les preuves authentiques rapportées par Baldinucei , Ghiberti y travaillait encore au mois de mai de l'an 1445, et que, de l'autre part, on ne saurait étendre beaucoup plus loin les quarante années environ que cet écrivain donne, ainsi que Vasari , à la durée de l'ensemble du travail
  • Laurent GIUSTINIANI : patriarche de Venise.
  • Laurent GOUVION SAINT-CYR( 1764) : maréchal de France, né à Toul le 13 avril 1764, de parents obscurs et sans fortune , fut cependant élevé avec quelque soin. Se sentant du goût pour 'les arts et ne voulant pas entrer dans la carrière des armes , alors fermée pour ce qu'on appelait la roture, il apprit à dessiner et trouva bientôt dans le faible talent qu'il y acquit, et qui plus tard devait lui ètre si utile, des moyens d'existence qui iflanquaient à sa famille. A peine sorti de ses études, il donna luimème des leçons de dessin, et quelques dames de Metz et de Toul se SGLIVC-- naient encore naguère de lui avoir donné des cachets. Ce fut le goût des arts et le besoin de se faire un état qui le conduisirent en 178'2 à Rome et en Sicile, où il étudia les monuments sans faire de progrès remarquables. Revenu en France en 1784, il se rendit à Paris et y travailla dans l'atelier du peintre Brenet. Cherchant à se procurer par d'autres moyens les ressources que son art ne pouvait lui offrir, il se lia avec des comédiens, et se croyant quelque vocation pour le théâtre , il commença à jouer dans des sociétés d'amateurs, qui furent envoyés aux frontières. Il y fut aussitôt nommé capitaine , et c'est en cette qualité qu'il fit sa première campagne sous Custine. Après la retraite de Mayence, sa bonne mine l'ayant fait remarquer, il fut appelé à l'étatmajor général, où il servit comme officier d'ordonnance et où il rendit quelques services par son esprit d'observation et le talent, alors fort rare parmi les officiers , de lever un plan et de dessiner des vues et des positions. On le nomma 1 adjoint aux adjudants géneraux , et c'est dans cet emploi subalterne qu'il vit se succéder rapidement dans le commandement les généraux Custine , Beauharnais, Landremout, Carlin et tant d'autres qu'entrainait le torrent de la révolution. Presque seul il resta immuable dans ses fonctions d'adjoint, obligé souvent de remplacer dans le commandement ceux que l'échafaud ou le fer de l'ennemi en éloignait chaque jour, et de peur de subir Io même sort, n'osant pas accepter les grades qui lui étaient offerts. Il faut avoir vu ces temps déplorables pour les comprendre; et souvent il nous arrive à nousmèmes, qui en avons été les témoins, de ne pouvoir y croire. Gouvion raconte que les commissaires de la convention convoquèrent un jour à Landau tous les chefs de l'armée , qu'ils les reçurent dans une des maisons de la grande place sur laquelle l'instru- ment de mort était en permanence, comme cela se disait , et qu'ils eurent le soin de laisser les croisées ouvertes , afin qu'aucun membre du conseil ne pût se soustraire un instant à cette horrible vue. Ce fut sous de tels auspices que SaintCyr se vit successivement contraint d'accepter le titre d'adjudant général, puis celui de géÉral de brigade , et enfin de général de division. Comme le nom seul de Lafayette était alors un motif de suspicion , tiouvion avait cru se tirer d'affaire en disant au représentant Ilentz , qui voulait le faire général : « Je suis parent de t;ouvion , ami de . C'est en cette qualité qu'il eut part à toutes les opérations de l'arillée du Rhin , aux combats des lignes de Weissembourg, de Mayence , aux invasions du Palatinat et de l'Alsace , aux combats de Nothweiler, de Kaiserslautern , au débloquement de Landau , au passage du Rhin , à Neresheint , et surtout à la défense de Kehl, etc. Dans ses mémoires Gouvion a décrit toutes ces opérations avec autant de clarté que d'exactitude. Toujours assez impartial quand il ne parle pas de lui, et peu disposé à la flatterie, il dit tout ce qu'il pense, et signale toutes les fautes , méme lorsqu'elles ont été commises par ceux que l'on a considér's comme ses meilleurs amis. De ce nombre étaient Marceau , Kléber et surtout Desaix ; il les loue franchement lorsque leurs exploits semblent le mériter ; mals il les blâme plus souvent et avec plus de franchise encore, lorsqu'il pense le contraire. Les portraits qu'il fait de Hoche, de Carlin et de quelques autres sont fort piquants , et ceux de Pichegru et de Moreau sont encore moins flattés ; mais oui voit trop dans ces derniers l'attachement invariable de l'auteur à la cause révolutionnaire et sa haine pour tous ceux qu'il peut accuser de s'en ètrc séparés. Par les 'Iléales motifs il ne rend pas toujours assez de justice à la valeur de la petite arinie du prince de eondé, qu'il eut souvent à combattre, notamment à Nothweiler, à Biberach, et dans toute cette fameuse retraite de Bavière en 1706, qui a fondé la réputation de Moreau, niais où Gouvion trouve cependant que ce général iit de grandes fautes. C'est dans ce .temps qu'apparut sur l'horizon de l'Europe le météore qui, dès le premier jour, entraina et domina tous les événements. Au moment où Moreau se portait au coeur de l'Allemagne , à la tète d'une nombreuse armée, et lorsque Jourdan envahissait cette contrée d'un autre côté avec une arillée plus nombreuse encore, Bonaparte fit sa pretaière irruption en Lombardie. Gouvion , fidèle à son plan de donner peu de développements aux récits des faits qui ne se sont pas passés sous ses yeux immédiatement, s'étend peu sur les opérations de l'armée d'Italie mais il établit avec une extrême sagacité que les combinaisons qui dirigèrent alors les armées de la république furent également fautives et contraires à tous les principes de la stratégie. De cette immense ligne qui menaçait l'Autriche depuis l'Adriatique jusqu'au Zuiderzée , c'était surtout le centre qui devait agir, et c'est de là évidemment que devaient partir les coups décisifs. C'était Moreau qui commandait ce centre, et avec les moyens qui furent d'abord mis sa disposition, il pouvait en une semaine, et par une seule victoire, être aux portes de Vienne et y dicter la paix ; mais dans ce cas Bonaparte n'eût pas luimême signé cette paix à Léoben ; il fût resté au second rang, et Moreau eût joué le premier rôle... Gouvion fait trèsbien comprendre que ce général en était incapable , et personne n'a été plus que lui en position de l'apprécier. Il ne cessa pas d'être un de ses lieutenants dans ces mémorables campagnes de 1796 et 1797, et il le seconda trèsbien alors. C'est plus tard seulement que le vainqueur d'Hohenlinden eut à se plaindre de lui. Plus lié dès le commencement avec Desaix , Gouvion se montra cependant aussi trop souvent son rival de gloire et d'ambition. D'un caractère tout à fait opposé, ces deux généraux, toujours placés à côté l'un de l'autre aux armées du Rhin et de la Moselle, marchèrent au même but avec le même succès, mais par des moyens tout à fait différents. Desaix était un homme de plaines, conduisant hardiment les grandes charges de cavalerie ; Gouvion un homme de montagnes, méthodique , lent, maniant habilement les deux armes les plus importantes, l'infanterie et l'artillerie, niais ne sachant pas se servir de chevaux. Aucun général n'a connu mieux que lui toutes les positions, toutes les gorges et les défilés des Vosges et de la Souabe; personne n'a mieux su tout le parti qu'on pouvait en tirer pour l'attaque et pour la défense. Desaix était moins prévoyant, moins observateur, mais plus véhément, plus ardent pour se jeter au milieu des bataillons ennemis, pour y porter l'effroi et les mettre en fuite. C'est ce qui a fait dire à Moreau qu'avec Desaix il était sùr de gagnes. des batailles, niais qu'avec Gouvion il ne craignait pas d'en perdre. Cet éloge également flatteur pour tous les deux les caractérise fort bien , et l'on doit en conciore que leur chef les appréciait, les estimait parfaitement l'un et l'autre ; d'ailleurs il leur rendit cette justice dans toutes les occasions. On a dit qu'ils ne s'en montrèrent pas fort reconnaissants : ce qu'il y a de sùr, c'est que Gouvion , homme froid et peu communicatif, ne fut jamais affectueux ; que, dans toutes les disgrâces que Moreau essuya plus tard, il ne lui témoigna pas le même zèle que la plupart de ses autres compagnons d'armes , et que dans ses écrits historiques il l'a peu ménagé. Après la révolution du 18 fructidor , qui fit perdre à Moreau le commandement de l'armée , SaintCyr resta dans la même position, et il eut même plus (le crédit et d'influence auprès de floche , qui en mourant le désigna pour son successeur. Mais le directoire n'en pensa pas ainsi. D'ailleurs la paix de CainpoFormio, qui suivit de près , porta toute l'attention sur la guerre contre l'Angleterre et sur le vain projet de descente qui fut annoncé avec tant d'éclat. Gouvion fut un instant désigné pour en faire partie ; mais il reçut bientôt une mission plus réelle et plus importante : le directoire le nomma général en chef de l'armée de Rome, où la faiblesse de Berthier et les exactions de Masséna avaient fait éclater dàns l'armée française une sédition sans exemple , et qui fut près de s'étendre à tous les corps disséminés dans la
  • Laurent GRAVIER( 1637 - 1717) : antiquaire , né à Marseille en 1657, s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à la recherche des médailles et des anciens monu- ments, et parvint de cette manière à former un cabinet trèscurieux. Il était lié avec les archéologues les plus instruits de son temps, et plusieurs d'entre eux lui ont dédié différentes dissertations ; il en avait composé luimème sur des points intéressants de l'histoire de Provence; mais sa modestie le détourna toujours de les donner au public, et l'on soupçonne qu'il les supprima peu de temps avant sa mort, car on n'en trouva point de copie dans son cabinet. Il avait été l'un des fondateurs de l'Académie de Marseille, et la rigidité de ses principes empècha quelquefois cette compagnie de couronner des pièces de vers où l'on trouvait moins de respect pour les moeurs que de talent poétique. Gravier mourut à Marzeille le 9 janvier 1717, à l'âge d'environ 60 ans, laissant un fils qui a joui aussi de la réputation d'un homme instruit et laborieux. On trouve un éloge de Laurent Gravier à la suite d'une dissertation de M. Terrin, d'Arles, sur le dieu Crepitus. dont la figure était en original dans le cabinet de M. Gravier, à qui la dissertation est dédiée. Elle est insérée dans les Mémoires de littérature du P. Desmolets, Voyez aussi l'Histoire des hommes illustres de la Provence, t. 1 , p
  • Laurent GUAZZESI( 1708 - 1764) : littérateur toscan , né le 26 janvier 1708 d'une famille distinguée d'Arezzo, s'est fait une réputation étendue par des écrits qui joignent au mérite d'un style pur et élégant, celui d'une érudition trèsvariée. Persuadé que la culture des lettres n'est point incompatible avec des fonctions publiques, il accepta différents emplois, entre autres celui d'intendant des canaux de l'arrondissement de Pise; il mourut en cette ville le 10 septembre 1764. Ses services lui avaient mérité le titre de commandeur de l'ordre de St-Étienne : il était membre de l'Académie des Arcadiens , de l'Académie étrusque et de la société coloinbaire de Florence. On a de lui : 1° une tra duction en vers de l'Aulularia de Plaute , sous ce titre : Il vecchio avaro , Florence, 1747, 1750 et 1763 Il publia cette traduction sous le nom de Lisienbo Cristoniano , qu'il avait pris en entrant à l'Académie des Arcadiens ; elle est trèsestimée : l'édition de 1763 est ornée d'une préface, dans laquelle, après avoir fait la critique des farces qu'on représentait sur les théàtres d'Italie, il rappelle à ses compatriotes que la comédie doit ètre la peinture des moeurs , et il les invite à revenir à l'étude et à l'imitation des anciens. 2° Lettera critica ad fini. Cocchi intorno ad alcuni fatti della guerra gallica cisalpina , seguiti tanna di Roma 529, Arezzo, 1752 30 Osser- vazioni storiche intorno ad alcuni fatti di Annibale ibid., 1752 4. Dell' antico dominio del vescovo di Arezzo in Cortona, Pise , 1760 Cette dissertation engagea Philippe Angellieri Alticezzi à faire de nouvelles recherches pour éclaircir ce point , et il en publia le résultat sous ce titre : Risposta apologetica al libro del Antico dominio , di Guazzesi, etc., Livourne, 1763-1765, 2 parties ; 50 Dissertazione solen gli anji- teatri toscani, dans le tome ler du Choix des dis- sertations de l'Académie de Cortone; Supplément, dans la Raccatit du P. Calogerà, t. 20. On a encore de Guazzesi des Dissertations sur la position géographique de différentes villes anciennes, sur la défaite de Totila, etc., insérées dans le Diario italico et dans les Opuscoli scientifici de Calogerà , et des traductions de quelques tragédies fran-çaises. Le recueil de ses ouvrages a été publié à Pise, 1766, 4 vol
  • Laurent GUYARD( 1723) : statuaire, né en 1723 à Chaumont , en Bassigny, annonça de bonne heure d'heureuses dispositions pour les arts. A l'âge de neuf à dix ans, ses parents, peu favorisés de la fortune , le placèrent chez un maréchal ferrant. Ce fut là que commencèrent ses premiers essais. Un jour qu'à l'aide d'un charbon de la forge il avait tracé sur le mur l'ombre d'un cheval retenu dans le travail , Voltaire et madame Duchâtelet, venant à passer, virent cette esquisse et encouragèrent l'auteur par des éloges : Guyard, dans l'enthousiasme, supplia son père de le mettre à portée de suivre son penchant naturel. Ayant été confié aux soins de ',allier, peintre, qui demeurait à Chaumont , il fit eu peu de temps de rapides progrès; mais préférant la sculpture à la peinture , il changea de maitre et entra chez un sculpteur en ornements , nominé Landsmann , élève de Bou•hardon père. Les succès qu'il obtint dans cette nouvelle carrière le déterminèrent à venir à Paris, où , muni d'une recommandation de Bouchardon pour son fils , déjà célèbre, il fut admis par ce dernier au nombre de ses élèves. Quoique contrarié par l'infortune, et obligé pour subsister de se livrer souvent à des travaux qui retardaient ses progrès , notre jeune artiste parvint cependant , en 1750, à remporter le grand prix de sculpture. Jaloux de connaître à fond les formes et surtout l'anatomie du cheval , l'une des parties essentielles de l'art du statuaire, il profita du séjour de trois ans que les élèves pensionnaires faisaient à Paris avant leur voyage à Rome, pour se livrer à cette étude particulière , et l'on peut dire qu'il y acquit de grandes connaissances. C'était à Ver, sailles, dans les écuries de la cour, qu'il avait établi son atelier, et à l'époque où la ville de Paris, désirant élever une statue équestre à la gloire de Louis XV, avait choisi Bouchardon pour son exécution. Quoiqu'il n'eût point la prétention de lutter contre son maitre, Guyard ne put résister à l'envie de s'exercer sur ce sujet : il y réussit au point que son modèle fut exposé dans la grande galerie le jour de la StLouis. Le roi, l'ayant aperçu en passant , s'était arrêté pour le louer, et fit même l'observation que la figure était campée sur le cheval avec beaucoup de grâce. Il n'en fallut pas davantage pour que les courtisans criassent au miracle , et trouvassent le projet de l'élève bien supérieur à celui du maitre. Madame de Pompadour, alors toutepuissante , résolut mème d'engager le roi à charger Guyard de l'exécution de ce monument. Cependant la justice ayant repris ses droits , et Guyard ayant concouru luimème à la faire rendre à son maitre, Bouchardon continua son travail ; mais il en garda toujours une sorte de rancune contre sôn élève, rancune qui devint souvent préjudiciable à ce dernier. M. de Marigny, qui avait été le prôneur le plus ardent de Guyard , devint aussi , à ce sujet, un de ses plus violents persécuteurs , et le contraignit après une vive opposition , à détruire son propre modèle. Mais les fragments en ayant été, diton , recueillis et réunis par les amis de l'auteur, le modèle fut moulé et courut tout Paris. Menacé de perdre sa pension., Guyard vint à bout, à l'aide de ses protecteurs , de conjurer l'orage , et partit pour Rome. Mais à l'expiration de* ses quatre années, il n'obtint pas la permission de revoir sa patrie, et vécut en Italie comme dans une espèce d'exil. Chargé par M. Bouret, fermier général et amateur des arts , de copier plusieurs statues antiques, telles que l'Apollon du Belvédère, le Gladiateur, l'Amour et Psyché , les honoraires qu'il en attendait se trouvèrent confiés à des mains infidèles : ce contretemps le réduisit à un tel dénùment, qu'il ne se nourrit pendant plusieurs jours que de quelques grappes de raisin que l'un de ses élèves lui apportait de la campagne. S'étant livré alors au désespoir, il résolut de se laisser mourir de faim. Une femme qu'il aimait, instruite de son dessein , vint à propos le consoler et lui prodiguer des secours qui le mirent à portée mème de revoir sa patrie. De retour à Paris en 1767, le premier soin qui l'occupa fut l'exécution d'une figure, pour se faire agréer à l'Académie; il choisit pour son sujet le dieu Mars en repos. Quoiqu'il y eût beaucoup de mérite dans cette figure, l'Académie la refusa. M. de Marigny n'avait point oublié que Guyard avait osé lui tenir tète, à une époque où cet artiste lui était entièrement subordonné. Pigalle et quelques autres de ses confrères ne l'aimaient pas : ces raisons étaient plus que suffisantes pour qu'on le traita avec sévérité. Indigné de ce refus, Guyard écrivit une diatribe contre ses juges, et se ferma ainsi pour toujours les portes de l'Académie. Cependant il avait encore des amis à Paris, ainsi que de nombreux partisans. M. de Choiseul, le cardinal de Bernis , M. de la Rochefoucauld, archevéque de Rouen, madame Geoffrin , ne cessèrent point de lui donner des marques d'estime et d'intérèt. Vers cette époque , le grand Frédéric le fit solliciter de venir à Berlin. Dans le mème temps, Ferdinand, duc de Parme, qui connaissait ses talents par tin groupe d'Énée et d'Anchise, dont il avait fait l'acquisition , l'invita à venir se fixer dans ses ,États : la beauté du climat déter- mina Guyard en faveur de cette contrée. Ce prince, ami des arts, s'empressa de dédommager l'artiste des injustices qu'il avait éprouvées en France; il le combla d'honneurs, et le chargea mème à différentes époques de négociations importantes avec la cour de Rome. Ce fut à peu près dans le'mème temps que les académies de Bologne , de Padoue et de Parme s'empressèrent de l'admettre dans leur sein. 11 vivait paisiblement depuis environ douze ans dans cette honorable retraite , lorsque l'abbé de Clairvaux résolut d'élever dans son abbaye lin monument à StBernard, et sollicita Guyard d'en entreprendre l'exécution. S'étant rendu à Clairvaux en 178'2, avec la permission du duc de Parme, il y passa une année entière à composer un modèle en petit : la conception ne lui fit pas moins d'honneur que l'exécution. De retour en Italie, il travailla pendant plusieurs années avec une ardeur peu commune : déjà plusieurs des figures de son grand monument étaient finies et transportées à Clairvaux, lorsqu'en 1788 la mort le surprit à Carrare, où il avait établi son atelier. Entre autres ouvrages que l'on connalt de fuyard, on distingue le modèle du mausolée de la princesse de Gotha , qu'il fit à Paris avant son départ pour Parme. En général, le caractère du talent de cet artiste est le sentiment et l'expression , plutôt que la correction et la pureté des contours : sa manière tient un peu de celle de Puget. Il travaillait comme lui le marbre avec une grande facilité. Sensible, désintéressé, noble dans ses procédés, généreux jusqu'à la prodigalité , Guyard était fier et mème irascible , et ne mettait pas toujours dans la discussion cette modération qui annonce un homme maitre de luimème et un caractère conciliant. Enthousiaste des arts, plein de verve , il avait une tournure d'esprit originale et piquante. 11 existe une Notice assez étendue sur cet artiste , par M. Varney, imprimée à Chaumont en 1806, et qui a été lue à la société des sciences et arts de la HauteMarne
  • Laurent HALENIUS( 1654 - 1722) : archidiacre de Saderala, en Suède, né l'an 1654, mort l'an 1722, est pr connu par une Concordance suédoise, hébraïque et grecque du Nouveau Testament, imprimée à Stockholm de 1734 à 174e, en 2 volumes Jacq. Lelong donne une notice trèsavantageuse de cet ouvrage dans sa Bibliotheca sacra. C'est le seul de ce genre qui ait paru en Suède. — Un autre Suédois , du nom d'HALENius , docteur en théologie et évèque de Skara , mort en 1767, a donné une traduction latine du traité de Moïse Maimonides, de Aliscellis, 1727
  • Laurent HAMMARSKOLD( 1785 - 1827) : littérateur suédois, né le 7 avril 1785, à Tuna, dans Ille de Smiilen, fut, après une éducation élémentaire négligée, envoyé à l'université d'lipsala. Il fut attaché à la bibliothèque royale et devint secrétaire de la société des imprimeurs à Stockholm : il y vécut pendant plusieurs années dans une heureuse indépendance , mais ayant voulu établir luimême une imprimerie, il perdit une partie de sa fortune ; il fut alors obligé de trouver dans la littérature des moyens d'existence, et il fit preuve d'une fertilité jusquelà inconnue en Suède. H a écrit sur des sujets trèsnombreux et trèsdivers, mais ses ouvrages trahissent l'insuffisance de sa première éducation et une légèreté souvent fâcheuse. Nous citerons seulement les plus remarquables : 1. Observations historico- critiques sur les belles- lettres en Suède, StocLhohn, 1818- 1819, '2 vol., qui sont peut-être ce qu'il a fait de mieux, et 2. son Histoire abrégée de laphilosophie, Stockholm, 18254827, 4 vol. On doit principalement lui savoir gré de la publication des œuvres Posthumes de plusieurs écrivains distingués ainsi il a édité les Poésies de Stiernhielm et celles de Stagnelius, Stockholm, 18'2448.-26, 3 vol. Hammarskiiid est mort le15 octobre 1827
  • Laurent HEISTER( 1683 - 1758) : l'un des médecins les plus remarquables par l'étendue et la variété de ses talents, le nombre et l'importance de ses ouvrages, naquit à Francfort le 21 septembre 1683, et mourut à Helmstadt, le 18 avril 1758. Dès l'àge le plus tendre, il montra tant d'esprit, et de si heureuses dispositions à cultiver par l'étude les dons qu'il avait reçus de la nature , que son père , qui n'était qu'un pauvre aubergiste , fit les sacrifices nécessaires pour le mettre au collége. Les progrès du jeune Ileister furent rapides; il se dist surtout dans la poésie et dans la peinture mais les succès qu'il obtenait ne le séduisirent point, et à dixhuit ans il se rendit à l'université de Giessen , alin d'y étudier la médecine. Après avoir suivi pendant quatre ans les savantes leçons de bloeller pour la médecine , et de Bartholde pour l'anatomie, Heister se rendit à Lèyde, puis à Amsterdam, où il se livra aux travaux anatomiques, sous Ruysch, et aux opérations chirurgicales à l'école de Rau. 11 devint bientôt l'ami de ces deux célèbres professeurs, qui , ayant apprécié son mérite , ne négligèrent rien pour compléter son instruction : c'est dans ce dessein qu'ils lui procurèrent une place de chirurgienmajor au service de l'armée alliée , alors en Brabant. A la fin de la campagne, le désir de suivre les leçons de Boerhaave et d'Albinus l'attira à Leyde. Enfin, en 1708, lIeister, qui s'était lié d'amitié avec Almeloveen, professeur à la faculté de médecine de Harderwick, cédant aux instances de son ami, l'accompagna dans cette ville et y prit le bonnet de docteur. Sa dissertation inaugurale, intitulée De tunica oculi choroïdea, est un ouvrage important, qui lui fit un grand honneur comme écrivain et comme anatomiste. Dès lors Ruysch qui affeetionnait singulièrement le nouveau docteur, voulut qu'il se fixât auprès de lui, à Amsterdam, pour y enseigner l'anatomie et la chirurgie. Ileister aima mieux retourner à l'armée, où les hôpitaux mili- taires . 80 De optima cancrorum mammaruen ertirpandi ratione , 1720 I. ; 90 De anatomes subtilioris utilitate , prœsertim in chirurgia, Ilelmstadt, 170 Ce livre est un de ceux de l'auteur qu'on lira toujours avec ititérét, puisqu'il fait connattre les avantages de l'anatomie et les fautes dans lesquelles peut tomber le chirurgien qui ne possède qu'imparfaitement cette science. 10. De medicamentis Germanice indigenis secientibus, lielmstadt, 1730 Cet ouvrage, composé avec soin , a été traduit en français . Il mérite d'ètre consulté. 11. Ob- serv. med. miscellanec e, Helinstadt , 1750 On y lit des faits de pratique intéressants. 12. Compendium medicorum. L'auteur termine cet écrit par un catalogue des meilleurs ouvrages de médecine , Ilelmstadt, 1756 Ce livre utile a eu de nombreuses éditions. 13' De medicinœ mechanicce prcestantia, ibid., 1758 C'est une critique judicieuse de la doctrine de Stahl. 14o ln- stitutiones chirurgicoe, Amsterdam , 1 739 , 2 vol. avec lig., traduites en français, Avignon ,1770, 2 vol. ou 1 vol. Heister qui avait professé et pratiqué la chirurgie avec un grand succès, composa cet ouvrage avec ceux de ses prédécesseurs, et au moyen de ses propres découvertes. C'est un monument historique qui présente l'état de la science à l'époque où il fut publié : rien d'aussi complet , d'aussi exact n'avait paru depuis Fabrice d'Aquapendente et Paré. Le livre d'Heister, réimprimé souvent, et traduit en diverses langues, a été, pendant plus de soixante ans, le seul traité général que possédât la chirurgie moderne. Aujourd'hui il est remplacé par des ouvrages plus complets : d'ailleurs, Sénac en a donne une traduction française, Paris, 1735 qui a été augmentée par le savant Goulin , Paris, 1753, 3 vol. et F. Devaux en a donné un abrégé en français, Paris, 1724, 1739 quoique utile encore à consulter, les immenses progrès que l'art a faits rendent l'usage des Institutions d'Ileister insuffisant et même inutile aux élèves. Les savants ne l'étudieront point sans avantage dans beaucoup de cas. 150 De lithotomite Celsiauce prcestantia et usu, Ilelmstadt, 1745 L'auteur avait donné beaucoup de soins à l'histoire de l'opération de la taille : son livre offre un intérêt d'érudition , qui l'a fait traduire en français, Paris, 1751 16. Systema generale plantarum ex fructificatione, cui adnectuntur regulte de nominibus plantarum à celeb. Lifinceo longe di- versœ Ilelnistadt, 1748. Cet ouvrage fut le dernier que publia Ileister, déjà d'un àge avancé il mourut dix ans après , à soixantequinze ans. Ce médecin fut véritablement un grand homme; il avait des connaissances universelles , et fut ainsi qu'Ilippocrate, Galien et Paul d'Égine, grand médecin et habile chirurgien ; sous ce dernier rapport, il a beaucoup contribué aux progrès de son art; l'anatomie lui est aussi fort redevable. — Éhe Frédéric HEISTEIt, son fils, naquit à Altorf en 1715, et mourut à Leyde en 1740. Il paraissait destiné, par ses talents, à devenir l'émule de son père, qui eut la douleur de lui survivre. Il s'était exercé, en 1753, à traduire en latin l'ouvrage anglais de Douglas , sur le péritoine. Nous avons (le lui un ouvrage intéressant, intitulé : ilpologia pro medicis atheismi accusatis, Amsterdam , 1756. Quelques critiques ont attribué cet ouvrage à son père; niais Ilaller le lui restitue
  • Laurent HUMPHREY( 1527 - 1590) : laborieux écrivain anglais, né , vers 15f, à NewportPaguell , dans le comté de Buckingham. étudia à Cambridge, puis à Oxford , et fit ensuite un voyage à Zurich , d'où il rapporta en Angleterre une partie des opinions de Zwingle. Il fut nommé, en 1560, professeur de théologie à Oxford, président du collée de la Madelène l'année suivante, et doyen de Gloucester en 1570. Il fut transféré, en 1580, au doyenné de Winchester, et il aurait été élevé probablement à l'épiscopat sans ses principes religieux, qui le faisaient appeler par quelquesuns l'un des porte-étendards des nonconformistes. 11 mourut en février 1590 , père de douze enfants et auteur des ouvrages suivants : 1. Epistola de grœcis lilieris, et Homeri lectione et imitatione, imprimée à la tète de la Cornucopia d'Adrien Junius, Bâle, 1558 ; e De religionis conserratione et reforrnatione, deque primatu regum. Bâle, 1Z.)'5'9; 3. De ralione interpretandi auctores. Bâle, 1559; 4° Optimates , sire de nobilitate . ejusque antiqua origine, etc. , Bâle, 15,i0; 5. Joannis Juelli Angli, epi. copi Stirisburienfis, rites et mors , ejnique rerce doctrince defensio, etc., Londres, 1573 ; 6° des sermons, des harangues et quelques écrits de controverse contre Campian et autres écrivains catholiques. On lui reproche d'avoir adopté aveuglément bien des calomnies contre l'Église romaine
  • Laurent JOUBERT( 1529 - 1583) : savant médecin du 16e siècle, naquit à+Valence en Dauphiné, le 16 décembre 1529. 11 était le dixième de vingt enfants qu'eut son père, le chevalier Jean Joubert. Après avoir fait de bonnes études dans sa ville natale, Laurent se rendit à Montpellier, où il fut promu au docto- rat en 1558. Durant les trois années qu'il passa dans cette ville, à deux reprises différentes, il logea chez Rondelet, son maitre, qui, charmé des succès d'un élève aussi distingué, lui accorda toute son amitié , et ne négligea rien pour l'attacher spécialement à l'illustre école de Montpellier. Joubert répondit parfaitement à cé témoignage de bienveillance. Il fut d'abord choisi pour professer en l'absence d'Honoré Castellan, qui venait d'être nominé premier médecin de la reine Catherine de Médicis, femme de Henri II. La manière distinguée dont Joubert s'acquitta de ses fonctions lui valut l'avantage de succéder à Rondelet dans sa chaire, en 1566, et dans la dignité de chancelier de l'université en 1574. Mandé à Paris en 1579 par Henri III, pour remédier à la stérilité de Louise de Lorraine, femme de ce prince, Joubert entreprit cette sorte de cure, mais sans succès. 11 revint à , Montpellier avec le titre de médecin ordinaire du roi, et continua d'y exercer honorablement sa profession. Se trouvant un jour sur la route de Toulouse à Montpellier, il fut attaqué à Lombez d'une maladie violente, qui l'emporta le 21 octo- bre 1i83, à Page de 54 ans. Les divers écrits de Joubert prouvent un esprit orné de beaucoup de connaissances , et dégagé des préjugés de son siècle. 10 Paradoxa medica, Lyon , 1566 Ce livre, malgré son titre, contient des vérités qui suscitèrent à son auteur plusieurs controverses avec des médecins contemporains. 9.° De peste, quartana et paralysi, ibid., 1567 le Traité de la peste a aussi paru en, français , 1581 , 1 vol. Joubert y décrit avec beaucoup de soin l'é- pidémie pestilentielle qui régna en 1564 dans le midi de la France. 3' De afectibus pilorum et cutis, prœser:im capitis , et de cephatalgia; De offectibus juterais parlium thoracis, Genève, 1572 ; Lyon, 1577 1578 4. Traité du Ris, contenant son essence, ses causes et merveilleux effets, Paris, 15•79 Dans ce curieux traité, divisé en trois livres, Joubert donne des explications physiolo- giques du ris, qui pouvaient suffire de son temps, mais qui aujourd'hui sont inadmissibles. Quant à ses effets , souvent favorables et quelquefois factieux, il les décrit avec justesse, et surtout avec une naïveté qui provoque fréquemment l'expression du signe joyeux qui fait la matière de son ouvrage. Il y expose en détail les différentes es- , pèces de ris, en s'étayant d'une saine érudition, et termine par proposer une série de problèmes, dont la solution plus ou moins instructive est ton- , jours assaisonnée d'une douce galté . 50 Medi- ' 10 L'ouvrage est terminé par un Dialogue eur la cacographie einœ prartiar libri tres, Lyon, 4577 6. Phar- maropcea a Joanne Paulo Sangmaistero edita, ibid., 1•79 7. Traité des arcbusades, ibid., 1581 3. édition. L'auteur adopte judicieusement. la doctrine d'Ambr. Paré, sur la nature et le trai- tement des plaies d'armes à feu. 8. Guidonis Cauliaco chirurgia magna, Lyon, 1580 1585 traduite en français avec les notes d'Isaac Joubert, fils de Laurent : à cette traduction qui a été réimprimée huit ou neuf fois et , Laurent a ajouté "interprétation de tous les anciens mots employés par Gui de Chauliac, et Isaac la ligure des instruments de chirurgie qui étaient le plus en usage de son temps. 9. Traité des eaux, Paris, 1603 ; 10° Erreurs populaires au fait de la médecine et régime de santé, Bordeaux, 1570 Paris, 1580, 1587 Rouen ,1601 Lyon, 1608 traduit en latin, d'abord par IsaacJoubert, Paris, 1579 ensuite parJean Bourgeois, Anvers, 1600 en italien par I Lucchi, Florence, 1592 L'édition de Rouen est eecherehée, parce qu'elle contient l'Épitre dédicatoire à la reine, d'un style assez hardi, sur la génération et ses suites. Cet ouvrage, dans lequel Joubert démasque le charlatanisme et attaque hardiment les préjugés de son siècle, eut un prodigieux succès, puisqu'il fut imprimé dix fois dans le court espace de six mois; mais aussi valutil à son auteur une foule de tracasseries, et même une sorte de persécution , qui ne cessa que lorsque Marguerite de Navarre rendit un éclatant hommage à la vérité, en prenant sous sa protection Joubert et son livre. Le recueil des divers ouvrages de ce judicieux médecin, écrits en latin, a été imprimé SOUS le titre d'Operum latinorum tomus primus et serundus , Lyon , 1582 Francfort, 1599, 1645, 1668 : on y trouve une Vie de Rondelet, un Traité des urines, des Dissertations et des Controverses sur différents sujets, un livre sur les gymnases et les genres d'exercices célèbres chez les anciens, etc. J.L.V. Broussonnet a publié une notice sur Joubert, Montpellier, sans date et P.J. Amoreux une autre, Montpellier, 1814
  • Laurent LANGE : voyageur du 18e siècle, était né à Stockholm. Il entra au service de Russie comme lieutenant dans le corps du génie. Pierre fer l'employait, en 1715, à surveiller la construction du palais de Péterhof, qu'il faisait bàtir sur les bords du golfe de Finlande, lorsque le prince Gagarin, gouverneur de Sibérie, communiqua au czar des dépèches de Kbanglli , empereur de la Chine, qui demandait qu'on lui envoyàt un médecin habile avec des remèdes. Thomas Garwin , médecin anglais, établi à StPétersbourg, s'offrit pour aller à Pékin. En même temps, Pierre, qui voulait orner de curiosités de la Chine quelques appartements de son nouveau palais , donna ordre à Lange de partir avec le médecin , et il le revoit de la qualité d'agent. Ou partit le 18 août 1705. On prit la route de Toboisk, d'lr- XXIII. koutsk, et du grand désert de Kola. Le G novembre 1716 , on passa la grande muraille ; et le 12, Lange et le médecin fut présentés à Khang,-11i, dans un palais à trois lieues de Pékin. Ils furent accompagnés à- l'audience par les pires Stumpf et Parennin, qui leur serraient d'interprètes. Ils firent . 3° Journal du sieur Lange contenant ses négociations à la cour de la Chine en 1721. et 17Z2, Leyde, 1726, 1 vol. iu-12, avec des remar- ques de l'éditeur; il se trouve aussi dans le tome 8 22 ( les Voyages au Nord. 4. Journal du voyage d'une caravane de Kiakhla à Pékin, fait en 1727 et 1728, sous la conduite de L. Lange; 5. Journal du voyage d'une caravane de Tzouroukhaïtou par la Alongolie it Pékin , fait en 1736 sous la conduite de Lange, conseiller de chancellerie, et du commissaire Firsof Ces deux morceaux ont été publiés par Pallas dans le tome 2 de ses Nouveaux Essais sur le Nord il les a enrichis de ses notes. Le dernier est écrit par une personne employée dans la caravane. Pallas en avait obtenu le manuscrit russe à Selinginsk : il l'abrégea en le traduisant. Ces journaux sont, comme le premier, remplis de minuties; mais le récit des difficultés que les Chinois élevaient sans cesse , fait bien connattre l'esprit de cette nation; et quelques particularités sur les routes que Lange a suivies, fournissent des lumières sur la géographie de ces contrées lointaines et peu fréquentées
  • Laurent LAUTARD( 1763) : de la mème famille que le précédent, naquit à Marseille , en 1763, de JeanPierre Lautard , négociant de cette eine, mort à Patras, pendant la peste qui désola l'Achaïe en 1777. Laurent, alors Agé de quatorze ans, suitait à Marseille les cours du collége de l'Oratoire. Il fit ses études classiques avec succès, et ayant atteiet l'Age mûr, il montrait avec orgueil line petite bibliothèque composée de livres, prix des luttes littéraires dont il était sorti va Malgré son goût décidé pour les lettres, il embrassa la profession commerciale et s'y fit remarquer par la sûreté de son jugement. Arrété pendant la révolution, il fut détenu dans les prisons de SteCiaire, et n'en sortit qu'à la chute du gouvernement de le terreur. Laurent ',mitard recueillit les débris de sa forture et se retira dans un coin de terre, a cieux lieues de N'arsenic. C'est là que, loin du tumulte du monde, il se livra avec ardeur à l'étude des lettres , oubliant le passé et n'attendant rien de l'avenir. Laurent Lautard ne se montra que tresrarement en ville; il ne s'y rendait que pour assister aux séances de l'académie marseillaise. Outre un granit nombre de rapports dont il donna lecture au sein de la compagnie dont il était membre, il publia, en 1812, un mémoire sur le séjour à iI, rseihle de Charles IlS, roi d'Espagne. et, en 1822, un travail statistique et d'économie politique, sur le com- merce de Marseille. Mais, parmi ses productions littéraires, ;I faut surtout signaler ses ! te/ misses historiques, ou Marseille depuis 1789 jusqu'à 1815, ouvrage remarquable par le style et par la manière dont il a exposé les événements de la révolution. Ce fut sa dernière publication. Ag é de 88 ans, exempt d'infirmités , il fut brusquement frappé (l'apoplexie le ler décembre 1849. Le lendemain, il rendait le dernier soupir dans les bras de ses enfants
  • Laurent LEBRUN( 1607 - 1663) : jésuite, né à Nantes en 1607, mort à Paris, dans la maison professe des jésuites, le fer septembre 1663, s'adonna particulièrement à la poésie latine. S'il n'eut pas le bon esprit de prendre Virgile pour modèle, il affecta du moins de l'imiter dans la plupart de ses plans et mème dans ses titres, intitulant ses ouvrages d'une manière analogue à ceux du prince des poéles latins. Son Virgile chrétien consiste , comme le véritable Virgile, en églogues, en géorgiques et en un poënie épique. Ce dernier, ayant pour titre l'Ignaciade, comprend en douze livres le pèlerinage de StIgnace à Jérusalem, et la fondation de la société à Paris. Lebrun a traité, dans ses Géorgiques, de la culture de l'!tme ; et ses Eglogues sont également consacrées à des sujets pieux. Son Ovide chrétien est dans le ménie goût. Les Héroïdes sont des lettres mystiques, les Fastes, les six jours de la création; les Tristes, les lamentations de Jérémie, auxquelles il a réuni les sien- lues sur la mort de l'archevêque de Tours, Ber- trand d'Eschaux ; un peine sur l'amour de Dieu remplace celui de l'Art d'aimer; enfin l'histoire de quelques conversions tient lieu des Métamor- phoses. Les autres productions du P. Lebrun sont : les Sept Psaumes pénitentiaux, ou David pénitent; les Vêpres de la Vierge, en vers; un Recueil d'épi- grammes; un peine intitulé la Franciade , et quatre Héroïdes qui font la seconde partie de la Franciade; De Ponto, ou De la barbarie des peuples du Canada ; l'Eloquence poétique, ou les Préceptes de l'art poétique autorisés par des exemples, Paris, 1655 Ce traité, composé en latin, est ac- compagné d'un autre écrit sur le même sujet, qui a pour titre : Figures poétiques, ou lieux com- muns de l'éloquence poétique. Tous ces ouvrages, pour la plupart oubliés, prouvent plutôt la facilité de leur auteur que son talent. — LEDRUN . jésuite, né en 1674, professa les belles- lettres avec distinction dans les colléges de son ordre. On a de lui un Dictionnaire universel, fran- çais- latin 4°, qui fut loué dans le temps et qui mérite de l'are encore. La dernière édition en a été donnée à Rouen
  • Laurent LECOINTRE : conventionnel , était marchand de toile à Versailles lors de la réunion des états généraux. A peine avaientils commencé leurs délibérations, qu'il embrassa le système démagogique avec une véhémence extrême : l'influence que ce marchand avait sur la population de Versailles ne contribua pas peu à corrompre l'esprit public dans une ville que tant d'intérêts devaient attacher à ses rois. Lors du fameux serment du jeu de Paume , il se forma dans Paris une société patriotique, qui prit le nom de cet événement Lecointre s'y lit recevoir , et on le voyait tous les jours assister à ses séances et retourner ensuite à Versailles pour y propager les doctrines de cette société, qui fut peu remarquée ; quoique fréquentée par des hommes qui ont joué depuis de grands rôles, elle peut être considérée comme le précurseur du club des jacobins , auquel elle se réunit après une courte existence. A l'époque de la formation de la garde nationale de Versailles, Lecointre en fut nommé commandant en second , sous le comte d'Estaing. Il fut le premier dénonciateur du malheureux repas des gardes du corps, qui servit de prétexte aux attentats des 5 et 6 octobre 1789 , et il épouvanta par ses déclamations le comte d'Estaing luimême, qui ne lit rien pour réprimer la populace. La municipalité effrayée eut la faiblesse de se dissoudre ellemême , laissant à Lecointre le soin de prendre, pour arrêter le désordre, les mesures qu'il jugerait convenables : tuais au lieu de calmer les fu reurs du peuple, il lui fit distribuer des armes, donner des munitions, et excita à la révolte le régiment de Flandre, qu'on avait fait venir à Versailles pour empêcher les émeutes dont la cherté des subsistances était le prétexte Ce régiment se débanda ; les gardes du corps avaient reçu l'ordre de ne pas repousser la force par la force, lorsqu'ils le pouvaient encore avec succès, au moins dans la soirée du i : trois d'effirc eux furent assassinés le lendemain , et d'autres forfaits furent commis. Depuis cette époque, Lccointre s'enfonça de plus en plus dans le chaos révolutionnaire, où il ne cessa de se débattre avec une violence que , pour l'intérêt de sa mémoire, on doit regarder comme une véritable folie. Il s'était fait surtout une manie des dénonciations. Personne, peut-être, depuis 1789 jusqu'à la dissolution du directoire, n'a plus dénoncé que lui. Lors de la formation des autorités de 1791, il devint président du département de SeineetOise, et fut député à l'assemblée législative par ce département. En décembre 1791 , il dénonça , comme ennemie de là révolution , l'ancienne municipalité de Versailles. En 1 791 et 1792, il dénonça le ministre de la guerre Duportail , et ne cessa de déclamer contre les officiers de l'ancienne armée, contre le ministre Narbonne, et contre plusieurs particuliers qu'il fit traduire à la haute cour d'Orléans : il dénonça aussi Théobald Dillon , et au moment même où l'assemblée décernait des honneurs à la mémoire de ce général C von. DILLON), il proposa de mettre hors la loi tous les prêtres qui refuseraient de prêter serment à la constitution civile du clergé. Il ne fut pas question de lui, au moins publiquement , lors de la révolution du 40 août ; mais il fut envoyé le 12 dans le département de la SeineInférieure, pour en faire adopter les principes et les résultats : cette mission eut assez peu de succès. Député à cette époque par son département à la convention nationale, on l'y vit s'acharner contre la famille royale. Le 15 décembre 1792, il demanda que le roi ne pût communiquer qu'avec ses enfants , et , mais à justifier cet assassinat dans l'esprit 8 août ; elle fut discutée pendant trois jours et déclarée calomnieuse : l'auteur se vit obligé de quitter le bureau des secrétaires qu'il occupait, et les Jacobins l'exclurent de leur club. Lorsque cette dénonciation, alors prématurée, fut reprise en mars 1795, on vit, par une singularité bizarre, l,ecointre se ranger parmi les défenseurs de ceux qu'il avait dénoncés. Avant cette dernière épopie, il n'avait cessé de s'opposer à la restitution des biens des condamnés et au retour des proscrits du 31 niai, qu'il accusa de royalisme mème après leur rentrée dans la convention. Ses fureurs eurent enfin un terme : il fut décrété d'arrestation le 5 avril 1795, comme ayant pris part au rassemblement séditieux qui venait d'avoir lieu; puis décrété d'accusation le 21 mai suivant , comme l'un des moteurs de la seconde révolte suscitée par les in émes personnages : il fut ensuite amnistié. On vit une multitude d'alriches signées de lui couvrir vies murs de la capitale et de Versailles au moment des élections; il espérait que cette manoeuvre lui ferait obtenir des suffrages : il se trompa , et fut constamment repoussé. Lorsque la constitution consulaire fut présentée à l'acceptation , il fut le seul des habitants de Versailles qui inscrivit non. et il signa. Dlomentanément exilé, il revint à Versailles, et mourut à Guignes, le 4 août 1805, dans un âge avancé. Il avait dissipé sa fortune en folks dépenses pour la révolution, lors de ses plus déplorables excès, et jusqu'à donner, aton dit, des repas somptueux aux juges et aux jurés des tribunaux révolutionnaires, qui venaient s'égayer à sa table sur les jugements atroces qu'ils avaient rendus ou qu'ils se proposaient de rendre. On a de Lecointre :I" les Crimes de sept membres des anciens comités de salut public et de stireté générale, ou Dénonciation formelle de la convention nationale coutre Billaud- Varennes , Barère , Collot- d'Herbois, radier, Vouland , Amal. et David, an 3 Dulaure a publié un Supplément aux crimes des anciens comités du gouvernement , etc. 2° Les Abus illimités, avec des réflexions sur l'état présent de la république, 1795 ; 3" Laurent Lecointee au peuple souverain , an 2 Il y répond victorieusement à des reproches ridicules que lui avaient adressés BillaudVarennes et Bourdon. 4° Conjuration formée dés le 6 prairial par neuf représentants du peuple contre Max. Robespierre pour l'imMoler en plein sénat, an 2 les neuf conjurés désignés et nommés par Lecointre étaient Lecointre, Fréron, Barras, Cour lois, Garnier de l'Aube, Rovère, Thirion, Tallien et Guffroy
  • Laurent LITTA( 1756) : issu d'une famille noble, naquit à Milan le 23 février 1756. Il étudia au collége Clémentin, à Rome, où les espérances qu'il avait fait concevoir furent justifiées par ses succès. Ayant choisi la carrière ecclésiastique , il fut reçu, en 1782, parmi les protonotaires apostoliques, puis parmi les ponents de la consulte. Dans ces dernières fonctions , il montra tant de maturité, que Pie VI lui confia des fonctions plus importantes. Ce pontife le nomma archevêque de Thèbes in partibus , et nonce en Pologne. Le 24 mars 1794, Litta arriva à Varsovie, et vit éclater cette révolution terrible qui a coûté tant de sang à la Pologne. La prudence, le courage, la juste mesure dont il donna des preuves dans ces circonstances difficiles lui concilièrent l'estime générale. Scharzenski , évêque de Cham, venait d'être condamné à mort : Litta plaida sa cause devant le général Kosciuzko, et eut le bonheur de le sauver. Il n'eût pas été moins heureux, sans cloute, pour les évèques de %Vilna et de Livonie, s'il eût été prévenu plus tôt de leur triste situation. Après trois ans d'exercice dans ces honorables niais pénibles fonctions, Litta passa de Varsovie à Moscou, en avril 1797, chargé par Pie VI d'assister comme ambassadeur extraordinaire au couronnement de Paul Fr. 11 passa, en la même qualité, à StPétersbourg, où il pourvut aux besoins des catholiques de Russie, en obtenant le maintien de six vastes diocèses du rite latin et de truis du rite grec. A la mort de Pie VI, il se ren- I dit , par mer, à Venise , pour le conclave où fut élu Pie VII. Ce pape le fit trésorier général , et Litta remplit encore ces fonctions difficiles avec un zèle et une intégrité qui lui méritèrent de nouveaux honneurs. Il fut proclamé cardinalprétre., du titre de StePudentienne, le 28 septembre 1801; il avait été réservé in petto le 23 février lb précédent. En 1808, il eut, ainsi que les cardinaux qui n'étaient pas de l'État de l'Église , ordre de quitter Rame, et il fut conduit à Milan par la force armée. On le fit venir en France en 1809, et là, plus d'une fois, dans des audiences publiques, Napoléon l'interpella avec cette brusque véhémence dont il s'était fait une habitude. On sait que les cardinaux qui n'assistèrent pas au mariage de MarieLouise, en 1810, furent tous disgraciés, et que Litta, l'un d'eux , fut exilé à StQuentin , où il trouva dans sa piété et dans l'étude un charme et une compensation à ce qu'il avait perdu. Quand, en 9814, Pie VII fut rétabli sur son siége, Litta , rentré à Rome, fut, de préfet de l'Index qu'il était déjà, nominé préfet de la Propagande, à laquelle il contribua à rendre son ancien éclat. Le 26 septembre de la même année, il fut mis au nombre des cardinaux-évêques et nommé au siége de Sabine ; quatre ans après, il quitta la préfecture de la Propagande et fut nommé cardinalvicaire , c'est-àdire vicaire général du diocèse de Rome, fonction importante qu'il sut remplir encore avec une exactitude rigoureuse. Au printemps de l'année leo, il voulut faire la visite de son diocèse de Sabine, et parvenu dans une contrée montueuse et de difficile accès, il lui fut impossible de faire usage de sa voiture; mais, n'écoutant que son zèle, il voulut voir les habitants de ce pays âpre et sauvage. Il monta à cheval et essuya une forte pluie qui lui donna la fièvre. On ne trouva pour lui d'autre asile que la cabane d'une pauvre femme, où on le mit au lit. Il y mourut le mai, après deux ou trois jours d'une fluxion de poitrine. Son corps fut transporté à Rome avec de grands honneurs, et déposé dans l'église de StJean et de StPaul ira illonte- Celio. On (lit que pendant son séjour à StQuentin, où un service funèbre fut célébré après sa mort , le cardinal Litta avait entrepris une traduction italienne de l'Iliade, et que ceux à qui il en avait communiqué des fragments en portaient le jugement le plus favorable. Il a laissé un volume intitulé Lettres sur les quatre articles dits du clergé de France, nouvelle édition , avec des notes, Paris, 1826. Cette édition est la quatrième et dans le format Donnée par les rédacteurs du Mémorial catholique, elle dut les notes savantes dont elle est enrichie à la Mennais, diton. Les éditions précédentes étaient dans le format et la première imprimée avec la date , volontairement fautive, de 1809, l'avait été sans le consentement de l'auteur et avec un titre un peu différent. Cet ouvrage savant et modéré est fort estimé en Italie. L'édition de 1826 est précédée d'une notice sur Litta , pour laquelle on parait avoir puisé à une notice plus ample donnée par l'Ami de la religion
  • Laurent LOLI( 1612 - 1691) : peintre et graveur à l'eauforte, naquit à Bologne en 1612, et fut élève du Guide , dont il était le disciple chéri. Cette prédilection lui fit donner le surnom de Lorenzino del signor Guido Reni. Loli fréquenta aussi l'école de Sirani , et les tableaux qu'il a exécutés pour les églises de Bologne décèlent un heureux imitateur de ces deux maîtres. Il cultiva avec beaucoup de succès la gravure à l'eauforte, et se fit remarquer dans cet art par une pointe légère et spirituelle. C'est d'après les compositions du Guide, de JeanAndré Sirani , et d'après les siennes propres, qu'il s'est particulièrement exercé. Le nombre des eauxfortes de Loli, décrites dans le Catalogue raisonné de Bartsch, est de vingtsept pièces. Huber et Rost, dans le Manuel des amateurs de l'art, rapportent les pièces les plus remarquables de l'oeuvre de ce maître ; on se bornera à signaler les suivantes comme les plus belles et les plus rares : 1. la Fuite en Egypte , d'après le Guide , estampe gravée depuis au burin, d'une manière supérieure, par F. de Poilly ; 2. Persée délivrant Androméde , estampe d'après Sirani ; 3° trois Bacchanales d'enfants, d'après ses propres compositions ; &. enfin , l'Assomption de la Fierge, d'après Sirani, pièce rare que l'on peut regarder comme le chefd'oeuvre de Loli. Cet artiste mourut le 5 avril 1691
  • Laurent LORENZINI( 1652 - 1721) : né à Florence en 1652, reçut dans sa jeunesse des leçons de géométrie et de mathématiques du célèbre Viviani . Il occupait un emploi à la cour de Cosme III, grandduc de Toscane , lorsque des dissensions entre ce prince et sa femme, Mar- guerite d'Orléans, déterminèrent la grandeduchesse à se retirer en France. Cependant, par l'entremise de Lorenzini , le prince héréditaire Ferdinand entretenait avec sa mère une corres- pondance qui demeura longtemps secrète, mais qui fut enfin découv erte. En butte au ressentiment de Cosme 111, le malheureux confident fut enfermé en 1681 dans la forteresse de Volterra. Pour se distraire, il demanda des ouvrages de mathématiques ; mais le gouverneur de la prison, ayant remarqué dans ceux qu'on apporta des signes algébriques , des figures géométriques, s'imagina que c'étaient des livres de magie, et nonseulement il ne les lui donna pas, il lui lit encore de sévères réprimandes. Force fut donc au pauvre Lorenzini de s'en passer. Ainsi réduit à ses propres méditations et au souvenir de ses premières études, il ne laissa pas de composer sur les sections coniques un ouvrage en 12 livres, qui lui coûta onze ans de travail, et qui , au ju- gement du célèbre Wolff et des Acta erudit lips., ann. 1723 , est supérieur à ce qu'avaient écrit sur la même ma- tière Apollonius de Perge et , son com- mentateur. Rehdu enfin à la liberté, après une captivité de vingt ans, Lorenzini trouva tout changé dans l'enseignement des mathématiques. La science avait marché pendant ce long intervalle les méthodes , le langage même , tout était nouveau, et les savants écrits publiés par Leibniz , Newton, les Bernouilli rendaient le sien un peu suranné ; il renonça donc à le faire imprimer, mais il n'en continua pas moins de se livrer avec ardeur à ses études favorites durant les vingt années qu'il vécut encore. Il mourut à Florence en 1721. On a de Lorenzini : Exercita- tio geometrica, in qua agitur de dimensione omnium conicarum sectionum , eurvœ parabolicœ , etc., Florence , 1721 publié par le P. Rolli , religieux célestin. Il a laissé inédits 1° De sectioni- bus ronicis et rylindris et earumdem solidis libri 12. C'est l'ouvrage qu'il composa dans sa prison. 2° Exercitationes V geometricœ; 3° Solutiones va- riorum problematum, etc. Ces manuscrits furent déposés, après la mort de l'auteur , dans la bibliothèque Magliabecchiana , à Florence. — Etienne LORENZINI , frère du précédent , dont il partagea la disgrâce et la captivité, jouit d'une certaine réputation comme médecin et natura- liste. Il est auteur d'un bon ouvrage sur les tor- pilles, intitulé Osservazioni intorno aile torpedini, Florence , 1678 LoitEmnsi , poëte italien, naquit en 1680 à Rome, où son père était attaché à la maison de la reine Christine, qui , après avoir abdiqué la couronne de Suède et embrassé le catholicisme, avait fixé sa résidence dans la capitale du monde chrétien. Il entra d'abord comme novice dans la compagnie de Jésus, mais il en sortit bientôt pour suivre la carrière de la jurisprudence, étudia aussi les sciences naturelles, et cultiva surtout avec prédilection la littérature et la poésie, auxquelles il doit sa célébrité. Les succès qu'il obtint lui mé- ritèrent l'estime de hauts personnages, entre autres du pape Clément XII, et le mirent en relation avec les savants et les hommes de lettres ; mais son caractère caustique, quelques satires et épigrammes qu'il publia contre ses antagonistes, notamment contre Cocchi , qu'il accusait d'être son plagiaire, lui attirèrent des désagréments. Il fut admis en 1705 à l'académie des Arcades , dont il devint custode ou président en 1728 , après la mort de Crescimbeni , qui l'avait fondée ; Lorenzini forma aussi, dans d'autres villes des Etats romains, cinq réunions académiques appelées Colonies arcadiennes, où l'on jouait les comédies de Plaute et de Térence en latin. Les dépenses que de telles entreprises exigeaient tarirent plus d'une fois ses ressources pécuniaires , et il serait tombé dans une profonde détresse si le cardinal Borghèse ne fùt venu à son secours. Ce généreux protecteur lui donna un logement dans son palais , à Rome, et c'est là que Lorenzini mourut, le 14 juin 1743. Il a été surnommé le Michel- Ange des poëtes italiens , à cause de l'énergie de son style, qui ne manque d'ailleurs ni de pureté ni d'élégance. Ses principaux ouvrages sont : 1° Vie du B. Alexis Falco- nieri , Rome 1719 ; 2' Vie de la B . Julienne Fal- conieri , Rome, 1737. Ces deux écrits sont en italien. 3° Le Chardon, dialo- gues , etc., sur les Tables anatomiques de Barthé- lemi Eustachi , aussi en italien, Leyde, 1728 ; 4° des Poésies italiennes, imprimées à Milan, à Venise, à Florence , à Naples, etc., et insérées dans beaucoup de recueils littéraires; 5" des Poésies latines , dans les Mémoires de l'académie des Arcades ; 6° des Drames sacrés en latin, publiés séparément à Rome. Fabroni, dans ses Vite ltalorum , a donné des notices étendues sur la vie et les ouvrages des deux Lorenzini, le géomètre et le poKe
  • Laurent LOTTO( 1400) : peintre italien des premiers temps de la renaissance de l'art, naquit vers la lin du 15. siècle dans le Bergamasque, et alla étudier la peinture à Venise, dans les écoles de Bellini et du Giorgione. Condisciple du vieux Palme, il resta toujours son compagnon et son ami. Comme ses tableaux ont cette gracieuse distribution de lumière qu'on admire dans Léonard de Vinci, quelques biographes prétendent, non sans vraisemblance, qu'il avait aussi fréquenté son académie. L'opinion publique lui décerna de son temps un des premiers rangs parmi les peintres de l'école vénitienne. Ce fut à Bergame, où il était revenu en 1513 , qu'il fit la plupart de ses tableaux. Dans sa vieillesse, en 1560, il alla peindre à Lorette des sujets sacrés dans la célèbre chapelle de la sainte Vierge, et il mourut dans cette ville, laissant un nom illustre dans la peinture et un long souvenir de ses vertus. Nous avons vu de lui dans une galerie particulière de Milan un trèsbeau tableau qui porte la date de 1515 , et représente, à trois quarts de stature naturelle, Augustin de la Torre, fameux médecin de Bergame. On a ouvert dans le commencement de ce siècle le tombeau d'Augustin , mort à 81 ans en 1535, et l'on a trouvé son cadavre intact, seulement desséché, et vêtu de la même manière qu'il l'est dans ce portrait. Le musée du Louvre possédait un tableau de Lotto représentant la Femme adultère amenée devant fesus- Clirist
  • Laurent MAIOLO ou MAGGIOLI : d'Asti, exerçait avec un grand succès la médecine à Gènes , où il mourut en 1501, après avoir été professeur à Padoue, Pavie et Ferrare. Plusieurs grands hommes et même des princes célèbres par leur savoir l'honoraient de leur amitié, entre autres Jean Pico, comte de la Mirandola, et Albert, sei- gneur de Carpi, qui assistèrent à ses leçons, suivant Augustin Giustiniani , qui, dans ses Annali di Genora, p. 257, dit: E mori qaest' anno 1501! Lorenzo Magie, medico e filosofo eccellente, rame che avesse letto più anni nei principalistudj in Padoa, Paria e Ferrara : e il Gioan Pic° conte della Illirandolla, e Alberto signor di Carpi, l'hauts° arta° in pregio , e sono stati auditori delle sue lettioni : c lia lassato ; et de conrersione proposition uni serandam peripa teticos , Venise, Alde, 1597 ; 2° De gradibus niedicinarum, Venise, apud Ortarianum Scotum, 1497 et à la suite de l'Arerrois, quoestio in librum priorum, imprimé la même année à Venise, aux frais d'André d'Asola
  • Laurent MARESCOT : chanoine de la cathédrale de Genève, né à Annecy, composa dans cette dernière ville un recueil de poésies latines imprimées à Paris en 1584. MARESCOT cent) est l'auteur d'un petit poème italien intitulé Nelle nozze reali della maesla di Fladislao re di Polonia e di Svezia, e di Luigia Maria Gonzaga , prinripessa dz Mantora e di Hivers , ode dl Vincenzio Mariscotio, — ManEseur , docteur en médecine, auteur d'un Compendium totius medicint e, imprimé à Francfort, 1584 — MARESCOT fit imprimer à Paris en 1563 une dissertation de philosophie sous ce titre : De ideis et unitersis , ex Platonis et Ari. stotelis sententia , a Michaele Mareseoto lexoviensi — MARESCOT composèrent le livre intitulé Ars rhetoricoe, imprimé à Bologne en 1570 — Un médecin du nom de MARESCOT prit part aux événements suscités par la supercherie de la fille Marthe Brossier, qui se prétendait possédée du démon, et publia à Paris en 1599 un volume curieux intitulé Discours véritable sur le fait de Marthe Brossier
  • Laurent MASCHERONI( 1750) : mathématicien , né à Bergame en 1750, s'appliqua d'abord à la culture des lettres avec beaucoup de succès , et , nommé à l'âge de dixhuit ans, professeur d'humanités au collège de sa ville natale, se fit con,naitre avantageusement par un discours poétique sur la fausse éloquence de la chaire . Il fut pourvu ensuite de la chaire de langue grecque a l'uni' versité de Pavie. il avait vingtsept ans lorsqu'un livre de mathématiques lui étant tombé par hasard sous la main, il le lut avec avidité et conçut une telle passion pour cette science qu'il renonça , pour s'y appliquer , à toutes les autres études. Ses progrès furent trèsrapides, et il obtint bientôt la chaire de géométrie du collège Mariano de Bergame. Mascheroni avait embrassé l'état ecclésiastique ; niais il ne s'en montra pas moins partisan des changements que l'arrivée des Français occasionna dans le système politique de l'Italie. Élu député au corps législatif de la répuI blique cisalpine , il fut quelque temps après en voyé à Paris pour y travailler à la rédaction du système des poids et mesures. Il se fit aimer de tous les savants par la douceur et la modestie, compagne ordinaire des vrais talents. Une trop grande application dérangea sa santé, et il fut enlevé aux sciences le 30 juillet 1800. Il avait reçu la veille sa nomination à la Consulta de Milan : ayant à signer deux lettres de remerciment, il ne put en signer qu'une d'une main défaillante. Lalande a publié une courte Notice sur cet habile géomètre dans le Magasin encyclopédique, 6' année, t. 2, p. 416, et dans le Journal de Paris de l'an 8 , p. n96. M. Carette a donné également une Notice biographique sur Mascheroui , 189.8 8'. Son Éloge, par le marquis Ferd. Landi , est dans les illemorie della Soc. italiana, t. 2, p. xxxviii. On a de Mascheroni : 1° Sulle curre cite serrono a delineare le ore ineguali degli antichi nelle superficie plane, Bergame, 1784 ; 2° Nouvelles Recherches sur l'équilibre des routes . Bergame, 1785 , 141 pages, avec 13 planches, ouvrage profond , où , à l'aide du calcul intégral et des différences du second ordre, l'auteur essaye d'aller plus loin sur cette matière que ne l'avaient fait Bossut et Lorgna dans les mémoires qu'ils avaient publiés en 1774 , 1779 et 1882 ; 3° des vers italiens adressés à la comtesse Grismondi , aussi célèbre par son esprit que par sa beauté, ibid., 1786, 6 pages ; 4° Geomet ria del compasso, etc., Milan, 1795 traduit en français par M. Carette, officier du génie, Paris, 1798 ; 9." édition, 1828 Jusqu'alors on avait employé la règle et le compas pour la résolution des problèmes de la géométrie plane; mais l'ingénieux professeur, en abandonnant l'emploi du premier instrument, a trouvé le sujet d'un grand nombre de problèmes piquants , qu'il résout avec beaucoup d'élégance, sans autre secours que le compas . Quoique plusieurs des procédés de Mascheroni ne soient pas d'une exactitude mathématique , ils donnent une approxiniation plus que suffisante pour la pratique dans des cas où n'arrive qu'à peine la géométrie du second degré, et quelquesuns de ses problèmes ont pu, au premier moment, embarrasser les plus habiles géomètres . 5" Des Notes sur le Traité du calcul digérentiel, par Euler.; 6° In morte Borde, viri celebcrrimi, elegia, Paris, Didot, 1799 de 4 pages. Voyez l'analyse qu'en a donnée M. Marron dans le Magasin encyclopédique, 4' année, t. 6, p. 487. 7° Son poème intitulé Invite) di Dei a Lesbia ne lui fait pas moins d'honneur que sa Géométrie du compas. Il y décrit avec autant de précision que de facilité les objets curieux de l'amphithéâtre de physique et du cabinet d'histoire naturelle de l'université de Pavie . Mascheroni a laissé en manuscrit Revue encycl., 1819, t. 4 , p. 160. plusieurs mémoires, entre autres un sur la pyramidométrie, sujet dont l'illustre Lagrange s'était occupé avant lui, mais qu'il envisage sous une face nouvelle. 11 avait aussi eu part aux expériences faites à Bologne pour prouver le mouvement de la terre par la chute des corps
  • Laurent MÉDICIS( 1448 - 1492) : le 1" janvier 1448 , succéda en 1469 à son père Pierre dans le gouvernement de la république florentine. Cosme l'Ancien son aïeul , et Pierre son père, avaient également pris soin de le former pour les lettres et pour les affaires ; ils l'avaient entouré , ainsi que Julien son frère , né cinq ans après lui, des maîtres les plus distingués, des plus grands littérateurs et des premiers philosophes du siècle. Gentile d'Urbin , Christophe Landini Argyropule et Marcile Ficin furent ses instituteurs ; Politien et Pic de la Mirandole ses Con-.disciples; et Laurent, qui s'attacha comme eux à l'étude de là philosophie platonicienne et de la littérature grecque et latine , mérita aussi de se faire un nom par la poésie italienne, dans laquelle il montra une grâce et une facilité qui paraissaient refusées à son siècle. Il entreprit plusieurs voyages pour observer les moeurs et les lois des peuples étrangers , et pour obtenir l'amitié ou juger le caractère des princes qui pouvaient avoir des rapports avec sa république. il visita en 1466 la cour du pape Paul II ; ensuite il parcourut les Etats de Bologne , Venise , Ferrare et Milan. Peu de temps après , il rendit visite au roi Ferdinand de Naples , et les relations qu'il forma dans ces divers voyages ne lui furent pas inutiles dans la suite. Le juin 1469 , il épousa Clarice , fille de Jacob Orsini , un des plus puissants barons de Rome. C'est la maison que les Français nomment des Ursins. A la mort de son père, Laurent n'était âgé que de vingt et un ans, et la jalousie excitée contre sa famille , la faiblesse de Pierre et les vices de ses amis pouvaient faire craindre la chute d'un jeune homme appelé à gouverner un peuple turbulent et des nobles ambitieux ; mais dès les premiers jours de son administration , il assura son empire sur tous les coeurs par le pouvoir entraînant de son éloquence , la noblesse , la franchise et le charme de ses manières , et la générosité sans bornes qui lui attira le surnom de Magnifique. Ses ennemis, par une entreprise mal concertée sur Prato, affermirent encore plus son pouvoir. Dès lors la liberté de Florence se perdit doucement et sans résistance. Cosme avait été entouré d'hommes d'Etat qui l'égalaient en talents et en ambition, et qu'il devait conduire à ses vues par la persuasion et l'adresse ; mais depuis longtemps il n'y avait plus de carrière ouverte à Florence pour les caractères indépendants, et après la mort ou l'exil des anciens chefs de la république , il ne s'en était plus présenté pour marcher sur leurs traces. Laurent ne rencontrait personne qui essayât de s'opposer à ses volontés , et la corruption générale des moeurs, fruit d'un vain luxe et d'une paix oisive , favorisait encore le pouvoir des Médicis. Cette corruption fut augmentée par le séjour que Galéas Sforce , duc de Milan, vint faire à Florence en 1471 avec sa femme et toute sa cour. Laurent déploya pour les recevoir toute sa magnificence ; les fêtes auxquelles le peuple fut invité, mais bien plus encore le mauvais exemple des princes , eurent sur les Florentins l'influence la plus funeste. La révolte de Volterra , en V72, donna occasion à Laurent de Médicis de déployer aussi ses talents militaires. Il reprit cette ville avec l'aide du comte d'Urbin ; mais il ne put la préserver du pillage de ses propres soldats , en sorte que cette victoire fut une plaie pour la république. Cependant Sixte IV, qui siégeait alors sur le trône pontifical , n'avait point pardonné aux Médicis la protection qu'ils avaient accordée contre lui aux Vitelli , seigneurs de Città de Castello ; il chercha de toutes parts à leur susciter des ennemis , et en effet il engagea le roi Ferdinand de Naples à s'allier avec lui contre eux. L'Italie entière parut bientôt divisée en deux ligues : d'une part Florence , Venise et le duc de :‘Iilan ; deJ'autre le pape , le roi de Naples, le comte d'Urbin , les Siennois et plusieurs seigneurs de la Romagne. Parmi ceuxci , l'ennemi le plus acharné des Mé- dicis était le neveu du pape, Jérôme Riario , à qui son oncle avait acheté la souveraineté d'Imola. La guerre n'avait point encore éclaté ; mais le pape ne laissait échapper aucu: e occa- sion de nuire aux Médicis. Il choisit François Sal- viati pour archevêque de Pise , parce qu'il le re- connut pour l'ennemi le plus ardent de Laurent. Il combla de faveurs les Pazzi , famille riche et puissante de Florence , qui avait éprouvé plusieurs injustices par le crédit de Laurent, et dont le chef, François , ne pouvant supporter le joug imposé à sa patrie, vivait presque toujours à Rome. Ce qui restait encore d'amis de la liberté et tous les citoyens jaloux du pouvoir usurpé par les Médicis s'étaient réunis aux Pazzi et aux Salviati. Ceuxci encouragèrent tous les mécon- tents à délivrer la république de la tyrannie des deux frères Médicis ; mais cette conjuration ayant éclaté dans l'église cathédrale de Florence le 26 avril 1478 , pendant la célébration de la messe , Julien seul fut tué , tandis que Laurent , légèrement blessé , eut le temps de tirer son poignard et de désarmer son adver- saire avec une présence d'esprit admirable. Les Pazzi et l'archevêque furent mis à mort ; un grand nombre de leurs associés périrent avec eux , et Bernard Bandini , qui , après avoir tué Julien , avait réussi à s'enfuir à Constantinople, fut renvoyé à Laurent par Mahomet II, et exécuté à son tour le -29 décembre 1479. Le roi de Naples et ses alliés , voyant que les conjurés n'avaient pu parvenir à se défaire des deux Mé- dicis, recoururent aux armes. Sixte 1V fit avancer son armée du côté de Pérouse , en même temps qu'il frappa la république et son chef d'une sentence d'excommunication pour avoir fait pendre un archevêque. Les Vénitiens refusèrent des sr ' cours à Laurent de Médicis ; la maison Some occupée par des troubles domestiques et par la révolte de Gènes, ne put point lui donner d'assistance. Les troupes florentines , commandée› par Robert Malatesti , défirent celles de l'Eglise près du lac de Pérouse en 1479 ; mais bientôt après , le duc Alfonse de Calabre remporta une grande victoire sur les Florentins à Poggibonzi et répandit l'alarme à Florence. Laurent de Médicis , ne voyant pas d'autre moyen pour sar ver son autorité et l'indépendance de la république , prit le parti d'aller luimême à Naples pour essayer si , par son éloquence, il pourrait · détacher Ferrmand du pape et l'amener à une Ile paix séparée. Il partit secrètement de Florence au mois de décembre 1479 et se rendit auprès 111 du roi de Naples, quoique ce prince cruel et perfide pût d'autant moins inspirer de confiance gb qu'il venait de violer toutes les lois de l'hospitalité en faisant périr Jacob Piccinino, qu'il avait appelé à sa cour. Ilrfais Laurent acquit sur lui une telle influence par la noblesse de ses manières , la profondeur de son esprit et son éloquence persuasive, qu'en trois mois il changea entièrement ses dispositions et ses alliances , et qu'il repartit pour la Toscane assuré de son amitié. Une négociation aussi hardie et aussi habile 'm'aurait pas néanmoins sauvé Florence, parce que le duc de Calabre , qui était en Toscane, voulait pousser ses avantages , et que le pape et les Vénitiens cherchaient à ébranler de nouveau Ferdinand ; mais l'attaque imprévue des Turcs lui s'emparèrent d'Otrante en 1480 , rappela de côté les armes de toute l'Italie , et la peur qu'en ressentit Sixte IV le fit consentir à la paix. , e pontife qui , en 1484 , succéda à Sixte IV, fut olus favorable à la maison de Médicis; ce fut JeanBaptiste Cibo, qui prit le nonm d'Innocent VIII. Laurent mit à profit l'opinion avantageuse que pape entretenait de lui, et, tout en arrêtant ;es projets contre le royaume de Naples, il sut si )ien se concilier son estime qu'il obtint de lui la Yaveur, jusqu'alors inouïe, de décorer son second ils Jean de la dignité de cardinal, lorsqu'il n'ait encore àgé que de treize ans. C'est ce fils lui , élevé ensuite au pontificat, porta le nom de ,éon X, et qui , suivant les glorieuses traces de ;es ancêtres, a donné son nom à l'époque la )lus brillante de la littérature italienne. Dans le même temps , Laurent de Médicis élevait dans sa naison son neveu Jules , fils naturel de son frère çulien, qui devait à son tour porter la tiare sous e noin de Clément VII , mais dont le règne futeste devait être marqué par le sac de Rome et mar la subversion des libertés florentines. Le reste le l'administration de Laurent de Médicis ne fut mlus signalé par aucun grand événement; mais a haute sagesse de ce citoyen de Florence le fit .egarder comme l'arbitre de l'Italie et le conseil les rois. Aucun homme n'avait encore reçu plus le marques de la considération universelle; au-= ne la méritait mieux par la multiplicité de es talents. Sa carrière politique avait été brilante ; ses progrès dans la littérature et la philoophie confondaient ceux qui , consacrant tout eur temps à l'étude , ne pouvaient encore rateindre. Son goût pour les arts l'avait entouré l'une école nombreuse de peintres et de sculp- cors , au service desquels il abandonna ses jarlins près de StMarc, qu'il consacrait à l'étude le l'antique. Il y avait rassemblé tout ce qu'il vait pu recueillir de monuments des arts, et est là que se formèrent Michel Ange Granacci t Torregiani. Le premier habita quatre ans le palais de Médicis et fut constamment admis à sa table. Laurent, par ses poésies , rappela dans la langue italienne l'élégance et la grâce qu'elle .;oniblait perdre depuis un siècle. Quelquesunes 00 ses pièces religieuses paraîtront peut-être trop enthousiastes, quelques pièces badines trop licencieuses; mais dans toutes on reconnaît le talent d'un grand poète, et cet homme d'Etat serait encore placé au premier rang s'il n'avait été que littérateur. Laurent de Médicis eut trois fils et quatre filles : Pierre II , né le 15 février 1471; Jean , né le 11 décembre 1475 , et Julien , né en 1478. De ses quatre filles , il maria l'aînée , Madeleine, à François Cibo, fils du pape Innocent VIII ; Lucrèce à Jacob Salviati , et Contel;ina à Pierre Ridolfi. La quatrième, Louise, était promise à son parent Jean de Médicis , mais ellb mourut avant le mariage. Ange Politien , le plus célèbre littérateur de ce siècle, avait été spécialement chargé de l'éducation de ces enfants. Leur mère, Clarisse Orsini , était morte au mois d'août 1488. Pendant les dernières animées de sa vie , Laurent de Médicis fut souvent censuré avec beaucoup de sévérité sur ses mœurs , son luxe ou son pouvoir usurpé, P ar Jérôme Savonarola , moine républicain , qui s'efforçait de rendre à Florence sa pureté de meurs et sa liberté antique. Si Laurent , d'après les exhortations du moine, ne changea point de conduite, du moins il ne punit jamais la har- diesse de ses discours. Il l'appela même auprès de lui dans les derniers moments de sa vie et re- çut sa bénédiction. Ce fut au printemps de l'année 1492 que Laurent fut atteint d'une maladie qui devait ètre mortelle . et qui parait avoir été une suite de la goutte héréditaire dans sa famille. Il s'était fait transporter à sa maison de campagne de Carreggi , et c'est là qu'il mourut, le 8 avril 1492 , entre les bras de Politien et de Pic de la Mirandole, ses deux plus chers amis. La taille et les traits de Laurent de Médicis indiquaient en lui plus de force que d'élégance ; sa 'il. L'abbé Serassi a donné une édition plus complète des Poesie del magnifie° Lorenzo de' Medici , Bergame , 1763 et l'on a publié ses Poesie scelle, Londres, 1801 , 2 part. iii- 4°. La Vie de Laurent de Médicis, écrite en latin par Valori , a été traduite en français par l'abbé Goujet , Paris, 1761 L'ouvrage de Fabroni , publié sous ce titre : Laurentii Medicis Magnifici vita , Pise, 178& , 62 vol . est trèssupérieur au premier ; mais il a été surpassé par la Vie de Laurent de Médicis , publiée en anglais par W. Roscoe , et traduite en français par M. Thu- rot, 1799 , 2 vol. M. Petitot a donné Lau- rent de Médicis, tragédie, 1799
  • Laurent MÉHUS : l'un des plus savants philologues du 18e siècle , était né à Florence d'une famille honnête. Après avoir terminé ses études, il embrassa l'état ecclésiastique et fut attaché à la garde de la bibliothèque Laurentienne. Quoiqu'il se soit borné à la tâche moins brillante qu'utile d'éditeur , l'abbé Méhus s'est fait une réputation très-étendue. Il était en correspondance avec la plupart des savants de l'Europe et membre de l'académie étrusque de Cortone. On lui doit d'excellentes éditions des Lettres de Léon. Bruni d'Arezzo et de Colluccio Salutati , Florence, 1741 ; — de l'Itinéraire de Cyriaque d'Ancône, ibid., 1742, iii-8°; — des Lettres de Léon. Dati , ibid. , 1743 ; — du livre de Barth. Fazio De vins illustribus , ibid. , 1745 , in4° ; — de celui de Ben. Colluccio De diseordiis Floren- tinorum, ibid . , 1747 — du Specimen his- toria? litterariœ Florentinœ , par Giann. Manetti , Stratonice , Mélidere , Héléna. Dans ce genre, qui a principalement contribué à établir sa réputation, /es conoaisseurs ont trouvé son style moins âpre que celui de son maitre , et son chant plus large et plus doux. Son talent savait d'ailleurs se plier au genre comique et gracieux, et il l'a prouvé avec succès dans l' halo, dans Une Folie , etc. On n'a même pas oublié cet air charmant et de la plus aimable fraîcheur, le Papillon léger, qui a survécu à l'opéra du Jeune sage et le vieux fou. Dès la création du Conservatoire de musique, en 1795, jusqu'à sa suppression, en 1815, Méhul y avait été l'un des trois inspecteurs de l'enseignement ; il fut alors nommé surintendant de la musique de la chapelle du roi, et professeur de composition à l'école royale de musique. Membre de l'Institut en 1796, et de l'Acadé- mie des beauxarts en 1816, il était aussi chevalier de la Légion d'honneur. Ses premiers essais furent une Ode sacrée de J.B. Rousseau, qu'il fit exécuter au concert spirituel en 1783, un Duo de Zorastre , chanté à la société des enfants d'Apollon en 1786. Il composa sous la direction de Gluck : Psyche , de Voisenon ; Anacréon, du GentilBernard , et Lausus el Lydie, qui n'ont point été représentés. Ses autres ouvrages dramatiques sont au nombre de quarante. A Otpéra Hipsypile , reçu en 1787, et non représenté ; Cora et Alonso, 1791 ; Horatius Coclès, 1793 ; Arminius, Scrpion, Tancrède et Clorinde, reçus en 1794, 95 et 96, et non représentés ; Adrien, reçu en 1792 , joué en 1799; Amphion, ou les Amazones, 1811; l'Oriflamme, avec MM. Paêr, Kreutzer et Berton, 1811; il a arrangé la musique des ballets du Jugement de Péris, 1793; de la Dansomanie 1800 , et de Persée et Andromède, 1810. Au ThéâtreFrançais les choeurs de deux tragédies de Chénier, Timoléon, 1794; et Œdipe- Roi, reçu en 1804 , et non représenté. Aux théâtres de l'OpéraComique, Favart et Feydeau Euphrosine , 1790 ; Stra- tonice , 1792 ; le Jeune sage et le vieux Jou , 1793 ; Mélidore el Phrosine, 1794; Doria et la Caverne, 1795; le Pont de Lodi 1797; le Jeune Henri et Ariodant, 1799; Bien, 1800; Epicure, 1800, avec M. Cherubini; l'/ralo, 1801 ;jUne Folie, Johanna , le Trésor, ou le Danger d'écouler aux portes, 1802; Helena, l'Heu- reux malgré lui, 1803; Baiser et Quittance, avec MM. Kreutzer, Berton et Nicolo, 1804; les Deux aveugles de Tolède , Gabrielle d'Estrée, 1806; nhat, 1506; Josiph, 1807 ; le Prince Trouba- eur, 1813 ; la Journée aux aventure , lt316. Il a laissé manuscrits les Hussites, ou le Siége de Naumbourg ; et Sésostris. Il a lu deux rapports à l'Institut, sur Ceint futur de la musique en France et sur les travaux des élèves du conservatoire à Rome. A T. lii Cet éloge, ecrit par un littérateur qui n'était pas musicien, contient plusieurs faits et jugements erronés qui sont ensuite reproduits ailleurs. Sur Méhul on consultera plus utilement les Biographies spéciales, notamment celle de M. Fétis, et l'article que lui a consacré l'auteur de cette note dans l'Encyclppédie des gens du monde, t. 17, p. 497. On a publié récemment une trèsintéressante brochure, intitulée Souvenirs du théâtre. Méhul, ta vie et ses ouvres, par P.A. Vieillard , Paris, 1K9. ; peut-être n'estelle pas entièrement exempte de partialité , mais qui n'excuserait l'amitié d'être parfois un peu partiale ! J .A L. ibid., 1747 ; — de la Vie de Laurent de Médicis, par Nie. Valori, Florence, 1749 ; — de la Vie et des opuscules de Ser Lapo da Castiglionchio, Bologne, 1753 ; — et enfin du recueil des Lettres d'Ambroise le Camaldule et des savants de son temps, ibid., 1759, 2 vol. Toutes ces éditions, sur lesquelles on peut consulter les différents articles de la Biographie, Où elles ont été déjà citées et appréciées, sont enrichies de bonnes préfaces et de notices pleines d'intérêt. La Vie d'Ambroise le Camaldule est un précis trèsbien fait de l'histoire littéraire de Florence jusqu'à l'année 1440. Ce morceau seul suffit pour justifier tous les éloges que l'abbé MéliuS a reçus de ses compatriotes. L'édition augmentée qu'il avait promise de la Bibliotheca latina medii . - On croit qu'il était de la mème famille que Livio Mélius , peintre et calligraphe, né vers l'an 1630 dans la petite ville d'Oude- narde, en Flandre, qui fut élève de Pietre de Cortone, et qui a gravé à l'eauforte d'après Raphaël Vanni et Stefanino della Bella. Il mourut à Florence en 1791
  • Laurent MELART( 1578) : historiographe, né en 1578 à Huy, dans la principauté de Liége , mérita l'estime de ses compatriotes par ses talents et sa probité , et parvint plusieurs fois , par leurs suffrages, à des places municipales. Nommé bourgmestre il s'appliqua à recueillir et à mettre en ordre toutes les pièces relatives à cette ville , et publia la Chronologie ( les comtes et évêques de Liége, avec l'histoire ( lu château et de la ville d' Huy, Liége , 1641 Cet ouvrage est peu connu, parce qu'il est écrit en flamand et si rempli d'expressions surannées qu'on ne peut bien l'entendre sans un glossaire ; mais on assure qu'il ne manque pas de critique et qu'il contient des recherches exactes et intéressantes
  • Laurent MOLIN( 1657 - 1729) : professeur et archidiacre à Upsal , né en 1657, mort le 19 septembre 1729, était un théologien estimable, un philologue trèssavant , et en même temps un homme d'État souvent consulté. On a de lui : P Disputatio de clavibus veterum, 4684, dissertation pleine de recherches savantes . insérée dans le Thesaurus antiquitatum de Sallengre , 3e partie , p. 789- 844; 2° Disput. de origine lucorum, 1688 ; 3° Dis- put. de pietate heroïca, 1692 ; 4° Poi'nte en grec, adressé à l'archevêque Benzelius , 1678 ; 5° une édition portative de la Bible en suédois, qu'on appelle en Suède la Bible de Nolin , et qu'il lit imprimer à ses frais, à l'usage des voyageurs et des étudiants , Stockholm , 1720 On trouve l'Eloge de Molin dans les Acta liner. Sucei( e de 1724
  • Laurent MESME : connu sous le faux nom de Mathurin Neuré, était fils d'un gargotier de Loudun, suivant Chevreau , qui avait fait ses premières études avec lui. La misère, plutôt qu'une véritable vocation, le conduisit chez les chartreux de Bordeaux , d'où il sortit au bout de plusieurs années de profession, ayant toujours eu depuis une attention particulière à déguiser son nom, sa naissance, son état, sa patrie, de peur que son apostasie ne parvint à la connaissance du public. Gassendi le plaça, vers 1642, chez M. de Champigny, intendant de Provence, en qualité de précepteur de ses enfants. C'est pendant le séjour qu'il fit dans la capitale de cette province qu'il publia une invective contre la procession de la tète du StSacrement Querela ad Gassendum de paruni ehristianis Prorincialium suorum ritibus ; minimunzque sacris eorunz nzoribus , ex occasions ludicrorunt pue ilquce Sextiis in solemnitate corp. Christi ridicule celebrantur, 1645 et Mesme fut ensuite chargé de l'éducation des deux fils de madame de Longueville. Cette princesse, forcée par le dérangement de ses affaires, de retrancher une partie de la pension qu'elle lui avait faite, se vit exposée à une satire de la part de Neuré ; mais tous les exemplaires furent saisis chez l'imprimeur avant qu'elle eût été divulguée. Il était lié avec Morin et Gassendi ; il prit part à leur dispute, et abusa de la confiance du premier pour le diffamer. Il publia à ce sujet deux Lettres françaises, et fournit à Bernier la plupart des anecdotes scandaleuses dont celui- ci a rempli l' Anatomia et le Favilla ridiculi Abris, où Morin est cruellement déchiré. Neuré mourut en 1677 ; il avait des connaissances en mathématiques, en astronomie , et dans l'histoire naturelle : mais il ne nous reste de lui, outre les ouvrages cidessus, qu'une longue Lettre latine, parmi celles de Gassendi , et quelques Poésies latines, le tout écrit sans goût et d'un style guindé
  • Laurent NORRMAN( 1654 - 1703) : évêque de Goteborg, fut un des hommes les plus savants que la Suède ait produits. 11 naquit en 1654, et fit ses premières études au collége de Strengnès ; il se rendit ensuite à l'université d'Upsal et à plusieurs universités d'Allemagne. Le désir qu'il avait de connaître à fond la littérature orientale l'engagea à faire un séjour à Hambourg auprès du savant orientaliste Edzardi. Il enseigna dans son pays, tant à Upsal qu'à Lund , le grec , la théologie, la logique, la métaphysique. 11 fut nommé à l'évêché de Goteborg en 1703 , et mourut la' mêmg. année. Versé dans toutes les parties des connaissances humaines, Norrman l'était surtout dans les littératures orientale, grecque et latine, dans l'histoire et dans la philologie. Il n'a point publié de grand ouvrage, mais beaucoup de savantes dissertations, des vers latins et grecs, et des éditions de plusieurs classiques grecs et latins. Il avait rassemblé les matériaux d'un dictionnaire grec, que la mort l'empêcha de mettre en ordre. Olaüs Rudbeck disait que l'oraison funèbre de Norrman devait consister en ces mots : Ciceronem vidimus, audivimus, amisimus
  • Laurent OKEN( 1779 - 1851) : un des plus célèbres naturalistes allemands de l'école dite des Philosophes de la nature , naquit à Bohlsbach , près d'Ortenau , dans la Souabe, le 2 août 1779. Son nom de famille était Ockenfuss; mais il l'abrégea plus tard. Il étudia d'abord à Wurzbourg , ensuite à Goett gue , où il resta jusqu'en 1807 , donnant des leçons particulières. En 1807, il fut appelé à Iéna pour y remplir la place de professeur de médecine; les cours qu'il fit sur la physiologie, sur l'anatomie comparée, sur les principes généraux de 1.1iistoire naturelle, eurent beaucoup de succès. En 181, il obtint la chaire de professeur ordinaire d'histoire naturelle. Dans l'automne de 1816 il entreprit la publication de liais, journal qui était une espèce d'encyclopédie, mais où les sciences naturelles tenaient cependant le plus de place, et qui a exercé une grande influence sur la marche de ces sciences. A cette époque, le grandduché de Weimar, dans lequel est laville de Iéna , jouissait d'une liberté de la presse incon- nue dans le reste de l'Allemagne, et le directeur de l'his recevait de tout côté des réclamations, des critiques qu'on désirait porter à la connaissance du public. Cette feuille acquit ainsi la vogue, mais elle provoqua bien des colères. Après avoir mis Oken dans l'alternative de renoncer à sa chaire ou à la direction de l'his , le grandduc interdit cette publication, qui fut transportée à Rudolstadt , elle exista jusqu'en 1848. En 188, Oken avait été appelé à l'université de Munich , dont la création était toute récente , et il professa l'histoire naturelle. Quelques tracasseries le déterminèrent à se rendre à Zurich , où venait aussi de se fonder une université, et c'est dans cette ville qu'il mourut, le 11 août 1851. A l'époque où Oken commença à se livrer à l'étude des sciences naturelles, les spéculations de la philosophie transcendante dominaient en Allemagne : Kant, Fichte et Schelling occupaient tous les esprits. Ce dernier avait cherché à appliquer aux faits que présente le inonde organique les principes de la métaphysique ; Oken entra avec ardeur dans cette voie ; il voulut exposer les lois d'un système général de philosophie naturelle embrassant tous les êtres et tous les éléments. Son premier ouvrage, publié en 1802, était intitulé Elements de philosophie naturelle, et the'orie des sens servant de base à la , classification des animaux. En 1805 il fit paraître un écrit Sur la génération ; c'est là que fut émise pour la première fois l'idée que tous les animaux sont formés de tubercules ou de cellules. En 1806 parurent les Mélanges d'anatomie comparée et de physiologie; on y distingua des recherches neuves et trèsimportantes sur l'origine des intes- tins dans la vésicule ombilicale. En 1807, if publia un Mémoire sur la signification des os du crâne, où se trouve pour la première fois publiée une grande idée que le poee Goethe avait déjà entrevue, mais non mise au jour, et que Duméril concevait en France , mais sous une forme moins complète , à la même époque qu'Oken en Allemagne. Cette idée , qu'il a plus complètement développée depuis, est celle que la tête est composée de vertèbres modifiées, vertèbres dont le nombre est, suivant lui , de quatre. D'autres auteurs, comme on sait, n'en ont admis que trois , d'autres en ont admis jus- qu'à sept ; mais l'idée ellemême d'Oken , succes- sivement développée par Ulrich , Bojanus , Bla ville , Meckel , GeoffroyStHilaire , Carus , a fini par être trèsgénéralement acceptée. En 1809 Oken mit au jour ses Eléments de philosophie na- turelle, qui ont été réimprimés plusieurs fois et traduits en anglais. S'élevant aux vues d'ensemble les plus larges , l'auteur propose, d'après ses théories philosophiques , une classification „ nouvelle des éléments , des minéraux , des végétaux et des animaux. Chaque groupe d'animaux et de végétaux était caractérisé par le dévelop- i pement qu'y acquiert un des systèmes organi- ques ; en sorte que les séries botaniques et zoologiques sont déterminées par les divers degré› de l'évolution organique. Ces idées abstraites, accueillies avec faveuv dans la Germanie, et qui n'ont jamais cessé d'y être défendues et mises en pratique , ont été trèslentes à se répandre dans le reste de l'Europe. Oken développa ses théories dans les Eléments d'histoire naturelle, qui parurent en trois volumes à Leipsick , de 1813 à 1827; mais qui , offrant une nomenclature nouvelle , éveillèrent peu de sympathies. On doit encore à Oken une Esquisse de son Système d'a- natomie, de physiologie et d'histoire naturelle, publiée à Paris, par l'auteur, en langue française , et une Histoire naturelle pour toutes les classes de lecteurs, Stuttgard , 1833-18&5, 13 vol. in 8', quoique moins abstraite que la plu part de ses autres ouvrages, l'est cependant trop encore pour avoir pu obtenir une grande popularité. Enfin, outre tous ces ouvrages , une foule de mémoires de ce savant remplissent l'his, qu'il dirigea pendant trente ans : la publication de cet important recueil , véritable répertoire de la science allemande pendant une longue époque marquée par de nombreux progrès , doit être comptée au nombre des principaux services rendus par Okea. Ce fut lui aussi qui provoqua, en 1829., la première réunion du congrès des naturalistes, qui a constamment continué de s'assembler depuis. Les lecteurs français qui , étrangers à la langue allemande , voudront s'initier aux vues d'Oken , pourront consulter , outre l'Esquisse du système d'anatomie, de physiologie et d'histoire naturelle, publiée par l'auteur luimême , un aperçu des idées de ce penseur dû à M. Emile Jacquemin , et il a paru en 1836 , sous le titre de Oken, Système de la philosophie de la nature, un autre résumé inséré par M. Magdeleine de StAgi dans le volume par lequel il a cherché à com- piéter le cours de Cuvier sur l'histoire des sciences ; et un autre , avec la discussion des vues d'Oken, dans l'Histoire des sciences de l'or- ganisation, par Blainville et l'abbé Maupied. Oken est le seul auteur vivant auquel ces deux savants éminents ont cru devoir donner place dans leur galerie historique et scientifique. Avant ces deux résumés publiés en France , un pasteur genevois , M. Choisy, en avait publié un autre dans un discours sur les Doctrines exclusives en philosophie rationnelle , Genève , • 1818, in - 8°. — Oken , qu'on doit rattacher à l'école de Schelling , le père, avec Kieltneyer, de la Philosophie allemande de la nature , a eu des disciples nombreux et parfois trop fervents, en sorte qu'il est presque vrai de dire qu'il eut le malheur de faire école ; on outra les idées qu'il avait émises, on parla de la nature avec une emphase mystique , on s'efforça d'être obscur, on tomba dans l'extravagance , et les principes d'Oken furent frappés de discrédit. Quoiqu'il ait parfois pu encourir des critiques méritées , soit pour le fond de ses idées trop systématiques , soit pour la forme dont il les revêtait , il faut reconnaître qu'Oken était un penseur aussi profond et aussi ingénieux que hardi ; qu'il a ouvert à l'étude de la nature des voies nouvelles; qu'il a pressenti des vérités dont plusieurs ont déjà pris une place importante dans la science et dont d'autres pourront bien y prendre rang à leur tour. Des hommes illustres, tels que Carus , GeoffroyStHi- taire Blainville et Owen , lui doivent beaucoup et ont proclamé la justesse de plusieurs de ses aperçus. Blainville , dans ses cours , a considéré Oken comme marquant une époque dans la science. La mémoire d'Oken est restée justernen( chère aux naturalistes allemanM. Ils avaient fait frapper eu i son honneur. dé sciu , une belle médaille dont le revers est orné d'emblèmes égyptiens qui rappellent à la fois / sis et ses travaux, et autour de laquelle on lit : Ordines cor- porum organis oequavit ; scrutatores naturce C071S0- ( 1*( 161
  • Laurent ORSINI : seigneur de Ceri, nominé souvent Renzo de Ceri, général italien aul6e siècle, était cousin du précédent. Il s'engagea comme lui à la solde des Vénitiens pendant la guerre de la ligue de Cambrai, et le premier il forma un corps d'infanterie italienne en état de résister aux redoutables bataillons des Suisses et des Espagnols. 11 signala sa valeur au siée de Bergame, qu'il soutint en 1514 contre Prosper Colonna et Raimond de Carclone. Il accusa Bar- thélemy d'Alviano de l'avoir sacrifié dans cette occasion, et, ne pouvant plus servir avec ce général, qui s'était déjà montré l'ennemi du comte de Pitighano, il passa en 1515 à la solde de Léon X, et fut employé à la conquête du duché d'Urbin. Après la mort de Léon X, Laurent de Ceri 's'engagea au service de François le', et fit pour ce monarque une guerre de partisan en Italie. Il se distingua dans la défense de Marseille contre le connétable de Bourbon et ensuite dans celle de Rome contre l'armée que ce redou, table ennemi de son roi avait formée. Laurent de Ceri n'avait pour défendre Clément VII qu'une troupe pusillanime de bourgeois , auxquels il ne put inspirer son courage. Lorsque la ville fut prise, il se retira vers Barlette, où il soutint encore longtemps le parti des Français. Il mourut à la chasse le 20 janvier 1536 d'une chute de cheval
  • Laurent PADILLA( 1500 - 1607) : chroniqueur espagnol. était né à Antequera au commencement du 16e siècle ; il embrassa l'état ecclésiastique, et fut élevé à la dignité d'archidiacre de Renda, dans le diocèse de Malaga. Ses talents le tirent connaitre de l'empereur CharlesQuint, qui le nomma son historiographe. Il s'appliqua avec beaucoup de zèle à la recherche des antiquités civiles et ecclésiastiques de l'Espagne, et mourut vers 1540. Il a publié : Catalogo de los santos de Espaiia, Tolède, 1538 LengletDufresnoy lui attribue encore un recueil intitulé las Anti- quedades de Espaita, Valladolid, 1669 ; mais cette date est suspecte. Laurent Padilla eut pour successeur dans la charge d'historiographe Florian d'Ocampo , que l'on accuse de s'ètre emparé du travail de son devancier . Padilla a laissé divers ouvrages inédits : Geografia de Espaita, Nobiliario i images de Espalia, Catalogo de los arzobispos de Toledo, etc. PAD1LLA f,François), neveu du précédent, embrassa aussi l'état ecclésiastique ; il professa la théologie à l'université de Séville avec beaucoup de distinction, et obtint un canonicat de Malaga, où il mourut le 15 mai 1607 à l'àge de 80 ans. On cite de lui : 1° Conciliorum omniut, z index, chronographia seu epitome , Madrid , 1587 2° Historia ecclesiastica de Espaita , hasta el anno 100 de Christo, Malaga, 1605,2 vol
  • Laurent PATAROLO( 1674 - 1727) : littérateur et botaniste, naquit en 1671s , à Venise , d'une de ces anciennes familles bourgeoises qui participaient au gouvernement et aux dignités de la république. Après avoir terminé ses cours de philosophie au collège de Murano, il résolut de consacrer sa vie à la 'culture des lettres. Renonçant aux emplois qu'il aurait pu facilement obtenir, iÏ vécut dans la retraite et acquit, par l'étude assidue des auteurs classiques, le talent, devenu déjà trèsrare à cette époque, d'écrire en latin avec autant de pureté que d'élégance. Il devait à sa vie active et sobre une santé robuste ; niais ses forces s'affaiblirent insensiblement , et il mourut de phthisie le 25 septembre 1727, à 53 ans. Il fut inhumé dans l'église SteMarthe à Venise. Son médaillier et son cabinet d'histoire tiaturelle, acquis par Tommaso de' Obizzi, ont passé par héritage à l'archiduc Ferdinand , duc de Modène et oncle de l'empereur d'Autriche François II. On a de Patarolo les ouvrages suivants : 1° Series Augustorum Augustarum, Coesarum et tyrannorum omnium, cum eorumdent imagittibus, Venise, 1701 ; 2° Panegyricoe orationes veterum oratorunt cum notis , numismatibus et italica interpretatione, ibid., 1708 ; 1719, même format. C'est la seule traduction italienne que l'on ait des anciens panéglristes. Elle est citée avec éloge par Apost. Zeno et le P. Pa itoni . 3° Bombyrunt libri Ires, Ce poënie sur les vers à soie est, de l'avis des critiques, trèssupérieur à celui de Vida. 4° Quintiliani declantationes clan analysi et adnotatiunculis, et in easdem antilogia ; 5° des vers sur différents sujets, et des lettres parmi lesquelles on distingue celle que Patarolo écrivit à Valisnieri sur la Cantharide de lis. Ses OEurres ont été recueillies par Della Luste, Venise, 1743, 2 vol. précédées de la lie de l'auteur, écrite avec élégance et exactitude. On trouve quelques détails sur Patarolo dans les Scrittori Feneziani du P. Moschini
  • Laurent PETRI ou PETERSON( 1499) : premier archevêque protestant d'Upsal , naquit en 1i99 dans la ville d'Oerebro, où son père était forgeron. Il lit ses études à l'université de Wittemberg sous les yeux de Luther; et étant revenu en Suède, il y répandit les principes du réformateur. Gustave Vasa se servit de son talent et de son zèle pour établir le luthéranisme, et le mit à la tète du nouveau clergé. Petri fut intronisé, en qualité d'archevêque d'Upsal, par l'évêque de Vesteras, que le roi avait fait consacrer quelques années avant à Rome, en sorte que la succession apostolique et canonique ne fut point interrompue. L'archevêque fut chargé ensuite de publier une traduction de la Bible, qu'il fit de concert avec son frère et quelques autres théologiens. Envoyé pour une négociation importante en Russie, il eut une conférence sur la religion, en présence du czar, avec le patriarche de l'Eglise russe; mais cette conférence ne put avoir aucun résultat . Laurent Petri conserva toujours la confiance de Gustave, qui lui fit même épouser une demoiselle alliée à la famille Vasa. Outre sa traduction de la Bible, il publia plusieurs ouvrages de théologie, et mourut en 1573. Voyez la Vie des trois réformateurs suédois, Anderson, Olaus et Laurent Peterson, par J.Ad. Schinmeier, Lubeck , 1783 en allemand
  • Laurent PIONOTTI( 1739) : le plus célèbre des fabulistes italiens, naquit en 1739 à Figline, petite ville entre Florence et Arezzo. Son père, ruiné par des spéculations malheureuses, vint s'établir avec sa famille à Castello et mourut de chagrin peu de temps après, laissant quatre enfants en bas âge et une veuve désolée. Un oncle de Pignotti , riche et sans enfants, consentit à se charger de son éducation, et, après lui avoir fait faire ses premières études, le fit entrer au séminaire d'Arezzo, en lui donnant le conseil de se préparer à embrasser l'état ecclésiastique. Ses progrès dans les langues anciennes lui méritèrent bientôt l'affection de ses maîtres, qui, loin de combattre le penchant qu'il montrait pour la poésie, l'engagèrent à s'y livrer. L'évêque d'Arezzo, informé des talents précoces du jeune Pignotti , voulut le retenir au séminaire en lui offrant la chaire de rhétorique; mais ne se sentant aucune disposition pour l'état que son oncle lui avait indiqué comme sa seule ressource, il s'excusa d'accepter les 'offres du prélat. Cet oncle, qui ne cherchait qu'un prétexte pour se débarrasser de l'intéressant orphelin, lui ferma sa porte en lui déclarant que dès ce moment il cessait de pourvoir à son entretien , et Pignotti se serait trouvé dans le plus grand embarras si Ant. P. Banci, son cousin, après l'avoir recueilli chez lui , ne lui eùt avancé généreusement la somme dont il avait besoin pour aller continuer ses études à l'université de Pise. 11 y étudia pendant quatre ans la médecine, la physique, la chimie et l'histoire naturelle et reçut en 1763 le laurier doctoral des mains de l'archevêque, archichancelier de l'université, qui lui donna en même temps des marques de sa bienveillance particulière. De Pise il se rendit à Florence pour y pratiquer son art et suivit pendant quelque temps les cours de clinique du grand hôpital. Pignotti, malgré tous les obstacles, n'avait pas cessé de cultiver la poésie : c'était son seul délassement ; et il eut le plaisir de voir ses premiers essais accueillis par l'académie de la Crusca. Peu après il eut le bodheur de guérir d'une maladie nerveuse le jeune marquis Viale, de Gènes, abandonné de tous les médecins , et cette cure remarquable commença sa réputation. Ce marquis avait pris beaucoup d'amitié pour son médecin : il le pressa de l'accompagner à Gènes, afin de le présenter à sa famille, et il ne négligea rien pour l'y retenir. Dans le même temps Pignotti reçut de l'ambassadeur français à Gènes des propositions honorables pour se fixer à Paris ; mais il ne se laissa point éblouir et revint à Florence, où ses talents et sa réputation lui avaient déjà fait de nombreux amis. Son excessive sensibilité lui faisait regretter d'avoir pris un état qui l'obligeait à vivre auprès des malades : il renonça sans peine à la pratique de la médecine pour accepter la chaire de physique à l'académie que le grandduc Léopold venait de fonder à Florence pour la jeune noblesse. En 1774 il fut nommé professeur de physique à l'université de Pise, où sa réputation attira de toutes parts une foule d'élèves. Sans autre but que de leur faciliter l'intelligence des matières qui faisaient l'objet de ses cours, il les admettait chez lui à des leçons particulières dans lesquelles il mettait les principes de la science à la portée des intelligences les plus vulgaires. Satisfait de son sort, il partageait tous ses instants entre ses devoirs, la culture des lettres et la société de quelques amis. Dormant peu, il donnait à l'étude une partie de la nuit et tout le jour ; mais le soir il allait dans les cercles, dont il faisait le charme par la fécondité de son esprit. Quelquefois, inspiré par la circonstance, il s'abandonnait à son talent pour la poésie et improvisait en s'accompagnant sur la mandoline des couplets faciles et gracieux qui cachaient quelque utile leçon. Obligeant par caractère, il était toujourg empressé de rendre service, surtout à ses confrères, avec qui jamais il n'eut le mo démêlé, ou à ses élèves, qu'il aimait comme ses enfants. Sa conversation roulait sur les procédés des arts et sur les préceptes de l'ancienne philosophie, dont il était un grand admirateur mais il évitait avec soin d'aborder les questions de.politique ou de traiter des sujets qui auraient pu blesser les assistants. Il ne redoutait cependant pas la discussion, et il avait la repartie trèsvive. Un jour le sénateur Gianni s'étant permis de dire que l'université de Pise recevait souvent des ânes docteurs : « Caligula , lui répondit Pi-« gnotti, a bien fait son cheval sénateur. » Après vingtsept ans d'exercice, Pignotti fut dispensé, en 180'2, de continuer ses leçons et conserva la totalité de son traitement avec le titre de conseiller de l'université. Promu au grade honorable d'historiographe royal , il fut nommé conseiller du souverain pour ce qui concernait l'instruction publique ; et en 1807 il parvint à la première dignité littéraire de la Toscane, celle d'auditeur de la royale université de Pise. L'invasion de la Toscane par les Français ne changea rien à la posilion de ce vieillard respectable. Mais l'affai - blissement de sa santé lui ayant fait désirer de quitter une place qu'il jugeait audessus de ses forces, il conserva le titre de recteur honoraire. Depuis longtemps Pignotti se plaignait de sentir s'éteindre son feu poétique, qu'il cherchait vainement à ranimer par l'usage fréquent du cafo Une attaque d'apoplexie nen euse qu'il essuya dans le palais des princes Corsini, qui l'honoraient de leur amitié, le priva de la mémoire ; et après avoir langui quelque temps, il mourut le 5 août 1812. Physicien , naturaliste, poëte, littérateur, historien antiquaire, Pignotti est l'un des hommes les plus distingués que l'Halle ait produits dans le siècle dernier : mais c'est surtout comme poëte et comme fabuliste qu'il est connu des étrangers. Les critiques italiens conviennent euxmêmes que Pignotti est resté fort audessous d notre inimitable la Fontaine : il n'a ni sa grâce, Hi son abondance, ni sa fécondité; mais son style est toujours simple et naturel , ses sujets sont bien choisis et présentés d'une manière fort agréable. En composant ses fables, Pignotti n'avait eu d'autre but que celui de se délasser de travaux plus sérieux , et il ne songeait pas à les faire imprimer : mais quelquesuns de ses confrères de l'académie de Florence les ayant publiées à son insu en 1779, le succès qu'obtint ce Recueil le décida à en donner luimême une édi- tion augmentée, Pise, 1782. Depuis il s'en est fait un grand nombre d'éditions. et c'est un des ouvrages qu'on réimprime le plus souvent en Italie. Les Poésies de Pignotti ont été recueillies à Florence, 1812-13, 6 vol. ; Pise, 6 vol. Outre les Fables, qui sont le plus beau titre de cet écrivain, on y distingue plusieurs Odes pleines d'un véritable enthousiasme poétique l'Ombre de Pope, le Tombeau de Shak. speare et un poétne à la mémoire de Robert Manners; enfin la Treccia douais, poëme en dix chants, imprimé en 1808, que les 'Italiens comparent à la Boucle de cheveux enlevée de Pope dont il est imité. On a encore de Pignotti : P Congetture meteorologiche ; ce mémoire a été inséré dans les Novelle lettera- rie de Lastri, Pise, 1780 ; 2° Osservazioni sullo stile del illetastasio e sul dramma l'Ezio ; dans les Osservaz. di vari letterati sopra i drammi di Me- tastasio, 1785, t. 2 ; 3° les Eloges de Tavanti, de l'astronome Perelli, de Ranuzzi ; 4° des Lettres sur les classiques latins dans les Mémoires de l'aeadémie italienne , 1808 ; 5. Storia della Toscana silo al principato, con diversi saqgj sulle scienze, lettere e arti, Pise, 1813, 9 vol. et 10 vol. grand La seconde édition, après la rentrée (lu grandduc dans ses Etats, éprouva plusieurs corrections et fut imprimée à Livourne, 1820, 5 vol. petit Il travaillait à cet ouvrage depuis vingt ans. A l'exemple de Voltaire dans le Siècle de Louis XIV, il a renvoyé à des chapitres particuliers les points qu'il n'aurait pas pu développer sans nuire à la narration historique : c'est ainsi qu'il a traité à part de l'origine de la langue italienne , de la renaissance des lettres et des arts , du commerce des Toscans , de l'état des sciences à la fin du 15° siècle , de l'art de la guerre dans le BasEmpire , de la conduite des barbares dans la guerre, etc. Le premier volume, orné du portrait de l'auteur, est précédé d'une bonne Notice historique sur sa vie et ses ouvra- ges. On peut aussi consulter l'Elogio storico- filo- sotie° de Laur. Pignotti, par Aldobrandi Paolini, son élève, Pise, 1817 de 229 p.; et son Eloge par Ant. Benci , dans l'Antologia, juin 1821
  • Laurent PIONOTTI( 1739) : le plus célèbre des fabulistes italiens, naquit en 1739 à Figline, petite ville entre Florence et Arezzo. Son père, ruiné par des spéculations malheureuses, vint s'établir avec sa famille à Castello et mourut de chagrin peu de temps après, laissant quatre enfants en bas âge et une veuve désolée. Un oncle de Pignotti , riche et sans enfants, consentit à se charger de son éducation, et, après lui avoir fait faire ses premières études, le fit entrer au séminaire d'Arezzo, en lui donnant le conseil de se préparer à embrasser l'état ecclésiastique. Ses progrès dans les langues anciennes lui méritèrent bientôt l'affection de ses maîtres, qui, loin de combattre le penchant qu'il montrait pour la poésie, l'engagèrent à s'y livrer. L'évêque d'Arezzo, informé des talents précoces du jeune Pignotti , voulut le retenir au séminaire en lui offrant la chaire de rhétorique; mais ne se sentant aucune disposition pour l'état que son oncle lui avait indiqué comme sa seule ressource, il s'excusa d'accepter les 'offres du prélat. Cet oncle, qui ne cherchait qu'un prétexte pour se débarrasser de l'intéressant orphelin, lui ferma sa porte en lui déclarant que dès ce moment il cessait de pourvoir à son entretien , et Pignotti se serait trouvé dans le plus grand embarras si Ant. P. Banci, son cousin, après l'avoir recueilli chez lui , ne lui eùt avancé généreusement la somme dont il avait besoin pour aller continuer ses études à l'université de Pise. 11 y étudia pendant quatre ans la médecine, la physique, la chimie et l'histoire naturelle et reçut en 1763 le laurier doctoral des mains de l'archevêque, archichancelier de l'université, qui lui donna en même temps des marques de sa bienveillance particulière. De Pise il se rendit à Florence pour y pratiquer son art et suivit pendant quelque temps les cours de clinique du grand hôpital. Pignotti, malgré tous les obstacles, n'avait pas cessé de cultiver la poésie : c'était son seul délassement ; et il eut le plaisir de voir ses premiers essais accueillis par l'académie de la Crusca. Peu après il eut le bodheur de guérir d'une maladie nerveuse le jeune marquis Viale, de Gènes, abandonné de tous les médecins , et cette cure remarquable commença sa réputation. Ce marquis avait pris beaucoup d'amitié pour son médecin : il le pressa de l'accompagner à Gènes, afin de le présenter à sa famille, et il ne négligea rien pour l'y retenir. Dans le même temps Pignotti reçut de l'ambassadeur français à Gènes des propositions honorables pour se fixer à Paris ; mais il ne se laissa point éblouir et revint à Florence, où ses talents et sa réputation lui avaient déjà fait de nombreux amis. Son excessive sensibilité lui faisait regretter d'avoir pris un état qui l'obligeait à vivre auprès des malades : il renonça sans peine à la pratique de la médecine pour accepter la chaire de physique à l'académie que le grandduc Léopold venait de fonder à Florence pour la jeune noblesse. En 1774 il fut nommé professeur de physique à l'université de Pise, où sa réputation attira de toutes parts une foule d'élèves. Sans autre but que de leur faciliter l'intelligence des matières qui faisaient l'objet de ses cours, il les admettait chez lui à des leçons particulières dans lesquelles il mettait les principes de la science à la portée des intelligences les plus vulgaires. Satisfait de son sort, il partageait tous ses instants entre ses devoirs, la culture des lettres et la société de quelques amis. Dormant peu, il donnait à l'étude une partie de la nuit et tout le jour ; mais le soir il allait dans les cercles, dont il faisait le charme par la fécondité de son esprit. Quelquefois, inspiré par la circonstance, il s'abandonnait à son talent pour la poésie et improvisait en s'accompagnant sur la mandoline des couplets faciles et gracieux qui cachaient quelque utile leçon. Obligeant par caractère, il était toujourg empressé de rendre service, surtout à ses confrères, avec qui jamais il n'eut le mo démêlé, ou à ses élèves, qu'il aimait comme ses enfants. Sa conversation roulait sur les procédés des arts et sur les préceptes de l'ancienne philosophie, dont il était un grand admirateur mais il évitait avec soin d'aborder les questions de.politique ou de traiter des sujets qui auraient pu blesser les assistants. Il ne redoutait cependant pas la discussion, et il avait la repartie trèsvive. Un jour le sénateur Gianni s'étant permis de dire que l'université de Pise recevait souvent des ânes docteurs : « Caligula , lui répondit Pi-« gnotti, a bien fait son cheval sénateur. » Après vingtsept ans d'exercice, Pignotti fut dispensé, en 180'2, de continuer ses leçons et conserva la totalité de son traitement avec le titre de conseiller de l'université. Promu au grade honorable d'historiographe royal , il fut nommé conseiller du souverain pour ce qui concernait l'instruction publique ; et en 1807 il parvint à la première dignité littéraire de la Toscane, celle d'auditeur de la royale université de Pise. L'invasion de la Toscane par les Français ne changea rien à la posilion de ce vieillard respectable. Mais l'affai - blissement de sa santé lui ayant fait désirer de quitter une place qu'il jugeait audessus de ses forces, il conserva le titre de recteur honoraire. Depuis longtemps Pignotti se plaignait de sentir s'éteindre son feu poétique, qu'il cherchait vainement à ranimer par l'usage fréquent du cafo Une attaque d'apoplexie nen euse qu'il essuya dans le palais des princes Corsini, qui l'honoraient de leur amitié, le priva de la mémoire ; et après avoir langui quelque temps, il mourut le 5 août 1812. Physicien , naturaliste, poëte, littérateur, historien antiquaire, Pignotti est l'un des hommes les plus distingués que l'Halle ait produits dans le siècle dernier : mais c'est surtout comme poëte et comme fabuliste qu'il est connu des étrangers. Les critiques italiens conviennent euxmêmes que Pignotti est resté fort audessous d notre inimitable la Fontaine : il n'a ni sa grâce, Hi son abondance, ni sa fécondité; mais son style est toujours simple et naturel , ses sujets sont bien choisis et présentés d'une manière fort agréable. En composant ses fables, Pignotti n'avait eu d'autre but que celui de se délasser de travaux plus sérieux , et il ne songeait pas à les faire imprimer : mais quelquesuns de ses confrères de l'académie de Florence les ayant publiées à son insu en 1779, le succès qu'obtint ce Recueil le décida à en donner luimême une édi- tion augmentée, Pise, 1782. Depuis il s'en est fait un grand nombre d'éditions. et c'est un des ouvrages qu'on réimprime le plus souvent en Italie. Les Poésies de Pignotti ont été recueillies à Florence, 1812-13, 6 vol. ; Pise, 6 vol. Outre les Fables, qui sont le plus beau titre de cet écrivain, on y distingue plusieurs Odes pleines d'un véritable enthousiasme poétique l'Ombre de Pope, le Tombeau de Shak. speare et un poétne à la mémoire de Robert Manners; enfin la Treccia douais, poëme en dix chants, imprimé en 1808, que les 'Italiens comparent à la Boucle de cheveux enlevée de Pope dont il est imité. On a encore de Pignotti : P Congetture meteorologiche ; ce mémoire a été inséré dans les Novelle lettera- rie de Lastri, Pise, 1780 ; 2° Osservazioni sullo stile del illetastasio e sul dramma l'Ezio ; dans les Osservaz. di vari letterati sopra i drammi di Me- tastasio, 1785, t. 2 ; 3° les Eloges de Tavanti, de l'astronome Perelli, de Ranuzzi ; 4° des Lettres sur les classiques latins dans les Mémoires de l'aeadémie italienne , 1808 ; 5. Storia della Toscana silo al principato, con diversi saqgj sulle scienze, lettere e arti, Pise, 1813, 9 vol. et 10 vol. grand La seconde édition, après la rentrée (lu grandduc dans ses Etats, éprouva plusieurs corrections et fut imprimée à Livourne, 1820, 5 vol. petit Il travaillait à cet ouvrage depuis vingt ans. A l'exemple de Voltaire dans le Siècle de Louis XIV, il a renvoyé à des chapitres particuliers les points qu'il n'aurait pas pu développer sans nuire à la narration historique : c'est ainsi qu'il a traité à part de l'origine de la langue italienne , de la renaissance des lettres et des arts , du commerce des Toscans , de l'état des sciences à la fin du 15° siècle , de l'art de la guerre dans le BasEmpire , de la conduite des barbares dans la guerre, etc. Le premier volume, orné du portrait de l'auteur, est précédé d'une bonne Notice historique sur sa vie et ses ouvra- ges. On peut aussi consulter l'Elogio storico- filo- sotie° de Laur. Pignotti, par Aldobrandi Paolini, son élève, Pise, 1817 de 229 p.; et son Eloge par Ant. Benci , dans l'Antologia, juin 1821
  • Laurent PIGNORIA( 1571 - 1631) : antiquaire , né en .1571 à Padoue, fit ses humanités et sa philosophie sous les jésuites de cette ville, et, pour obéir à son père, fréquenta pendant quatre ans les cours de jurisprudence civile et canonique. L'évêque de Padoue, Marc Cornaro, le prit ensuite pour secrétaire et lui persuada d'embrasser l'état ecclé- siastique. 11 accompagna ce prélat en 1605 à Rome et il y passa deux années, occupé de l'examen des antiquités, visitant les bibliothèques et les musées et ne négligeant aucun moyen d'acquérir de nouvelles connaissances. A son retour à Padoue, il fut chargé de la direction de différentes maisons religieuses et enfin nommé curé de la paroisse StLaurent. Il continuait de consacrer ses loisirs à l'étude de l'antiquité, et les ouvrages qu'il publia étendirent bientôt au loin sa réputation. On lui offrit la chaire de belleslettres de l'académie de Pise; mais il la refusa, malgré les instances du célèbre Galilée. Le cardinal F. Barberin le rit pourvoir en 1630 d'un canonicat de la cathédrale de Trévise en le dispensant de la résidence ; mais Pignoria ne jouit pas longtemps de cette faveur. 11 mourut à Padoue d'une maladie épidémique, le 13 juin 1631, et fut enterré sous le portique de l'église StLaurent, où le sénateur Dominique Molino, son ami, lui fit élever un tombeau décoré d'une épitaphe. Pignoria était l'un des principaux ornements de l'académie des Ricovrati; il avait une correspon- dance suivie avec les hommes les plus savants de son temps. Il possédait une collection précieuse d'objets d'art, d'antiquités et de manuscrits grecs et latins, dont Tomasini a donné la liste à la suite de son Eloge de Pignoria. Indépendamment des Notes sur les Emblèmes d'Alciat, la Jérusalem déli- vrée du Tasse , les Images des dieux de Vincent Cartari , Histoire d'Albert Mussato et de quelques Opuscules dont on trouvera les titres dans le tome 21 des Mémoires de Niceron , on a de ce savant antiquaire : 1. Vetustissintœ tabulce œneœ hieroglyphicis , hoc est , sacris fEgyptioruni litteris cœlatœ accurata explicatio , etc., Venise, 1605 Cette curieuse dissertation a été réimprimée sous ce titre : Characteres œgyptii, hoc est, sacro- rurn quibus , Egyptii utuntur simulacrorum delineatio et explicatio , Francfort , 1608 Cette édition, ornée d'estampes gravées par Théod. de Bry, est recherchée des arriateurs. Le même ouvrage a reparu de nouveau sous ce troisième titre : Mensa lsiaca , qua sacrorum apud rEgyptios ratio et simulacra subjectis tabulis œneis simul exhibentur et e. rplicantur, Amsterdam, 1669 Le précieux monument connu sous le nom de table Isiaque avait déjà été publié par En. Vico . C'est une table de bronze de cinq pieds de long sur trois de largeur, dont le fond est recouvert d'un émail ou d'un vernis noir sur lequel on a tracé des figures dont les contours sont marqués par des filets d'argent incrustés. Cette table fut achetée en 1525 après le sac de Rome par un serrurier qui la vendit au cardinal Bembo : de son cabinet, elle passa dans celui du duc de Mantoue, d'où elle disparut en 1630 lors de la prise de cette ville par les troupes impériales. On ignora ce qu'elle était devenue pendant plus d'un siècle ; elle fut enfin retrouvée dans le cabinet du roi de Sardaigne à Turin, sans qu'on ait jamais pu savoir de quelle façon elle y était parvenue. La conquête du Piémont l'avait amenée à Paris, où on l'a vue au cabinet des ' antiques pendant plusieurs années; mais elle a I été rendue au roi de Sardaigne en 1815. La table Isiaque a été l'objet de l'examen des plus célèbres antiquaires. Après Vico et Pignoria , les P. Kircher et Montfaucon, Jablonski et Caylus en ont donné des explications. Celle de Piinoria , qui n'y voit que la représentation des cérémonies d'un sacrifice d'après le rite égyptien, est la plus simple et peut-ètre la plus vraisemblable. 2° Ma- gna Deum mains Idoeoe et Attidis initia ex vetustis monumentis nuper Tornaci Nerviorunt erutis, Paris, 1623, in4°. C'est la description d'anciens monuments découverts dans les environs de Tournai; elle a été réimprimée avec des additions, Venise, 1624, in4.; insérée dIns l'édition de 1669 de l'ouvrage précédent et traduite en latin par Haver- camp dans le tome 7 du Thesaur. antiquit. grec. 3° De servis et eorum apud veteres ministeriis com- mentarius. L'auteur avait adressé cet ouvrage à Marc Velser, qui le fit imprimer à Augsbourg en 1613 Il a été réimprimé à Padoue en 1656 et Amsterdam, 1674 Ce traité, quoique écrit avec diffusion , est regardé comme l'un des meilleurs de ce genre. 4° Le origini di Padova, ibid., 169.5 fig., et dans le tome 6 du Thesaur. antiquitat. Italie. Cet ouvrage est plein d'érudition et de saine critique. Pignoria ayant prouvé que Julius Paulus, célèbre jurisconsulte, n'était point né à Padoue, mais à Rome, les raisons qu'il avait données à l'appui de son sentiment furent attaquées par le P. Ange Portenari, religieux augustin ; et cette querelle produisit de part et d'autre quelques écrits dont on trouve les titres dans les Notes d'Apostolo Zeno sur la Bibliothèque de Fontanini , t. , p. 133. 5° L'Antenore mer dichiarazione e illustrazione dcl sepolcro di questo fondatore di Padoca, ibid., 1625 fig. Il y combat l'opinion commune qui attribuait à ce héros troyen, regardé comme le fondateur de Padoue, un tombeau trouvé dans cette ville et qui n'est que du moyen âge. 6° 3I cella elogiorum, adclamationum, adlocutionum, con- clamationum, epitaphiorum et inscriptionum, ibid., 1626 4.; 7° La vita di sauta Giustina, rergine e protomartire Padovana , ibid., 1626 8. Symbolf, rum epistolicorum liber, in quo nonnulla ex antiquitatis juris civilis et historie peint depro-; menhir et illustrantur, etc., ibid., 1628 ou 1629 ; 90 Antiquissimee picturoe que Rome visitur, de ritu nuptiaruni, types explicatus , ibid 1630 et dans le tome 1er du Thcsaur. antiquitatum Italie; 10° Strenœ varice nor- antique On trouve plusieurs Lettres de Pignoria dans la Raccolta di lettere inedite, Venise, 1744. On peut consulter, pour plus de détails, l'Eloge de Pignoria par Tomasini dans le tome 2 des Eloyia illustr. virorum et dans l'édition de 1669 de la Meuse Isiaca, les Mémoires de Niceron et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Laurent PIGNORIA( 1571 - 1631) : antiquaire , né en .1571 à Padoue, fit ses humanités et sa philosophie sous les jésuites de cette ville, et, pour obéir à son père, fréquenta pendant quatre ans les cours de jurisprudence civile et canonique. L'évêque de Padoue, Marc Cornaro, le prit ensuite pour secrétaire et lui persuada d'embrasser l'état ecclé- siastique. 11 accompagna ce prélat en 1605 à Rome et il y passa deux années, occupé de l'examen des antiquités, visitant les bibliothèques et les musées et ne négligeant aucun moyen d'acquérir de nouvelles connaissances. A son retour à Padoue, il fut chargé de la direction de différentes maisons religieuses et enfin nommé curé de la paroisse StLaurent. Il continuait de consacrer ses loisirs à l'étude de l'antiquité, et les ouvrages qu'il publia étendirent bientôt au loin sa réputation. On lui offrit la chaire de belleslettres de l'académie de Pise; mais il la refusa, malgré les instances du célèbre Galilée. Le cardinal F. Barberin le rit pourvoir en 1630 d'un canonicat de la cathédrale de Trévise en le dispensant de la résidence ; mais Pignoria ne jouit pas longtemps de cette faveur. 11 mourut à Padoue d'une maladie épidémique, le 13 juin 1631, et fut enterré sous le portique de l'église StLaurent, où le sénateur Dominique Molino, son ami, lui fit élever un tombeau décoré d'une épitaphe. Pignoria était l'un des principaux ornements de l'académie des Ricovrati; il avait une correspon- dance suivie avec les hommes les plus savants de son temps. Il possédait une collection précieuse d'objets d'art, d'antiquités et de manuscrits grecs et latins, dont Tomasini a donné la liste à la suite de son Eloge de Pignoria. Indépendamment des Notes sur les Emblèmes d'Alciat, la Jérusalem déli- vrée du Tasse , les Images des dieux de Vincent Cartari , Histoire d'Albert Mussato et de quelques Opuscules dont on trouvera les titres dans le tome 21 des Mémoires de Niceron , on a de ce savant antiquaire : 1. Vetustissintœ tabulce œneœ hieroglyphicis , hoc est , sacris fEgyptioruni litteris cœlatœ accurata explicatio , etc., Venise, 1605 Cette curieuse dissertation a été réimprimée sous ce titre : Characteres œgyptii, hoc est, sacro- rurn quibus , Egyptii utuntur simulacrorum delineatio et explicatio , Francfort , 1608 Cette édition, ornée d'estampes gravées par Théod. de Bry, est recherchée des arriateurs. Le même ouvrage a reparu de nouveau sous ce troisième titre : Mensa lsiaca , qua sacrorum apud rEgyptios ratio et simulacra subjectis tabulis œneis simul exhibentur et e. rplicantur, Amsterdam, 1669 Le précieux monument connu sous le nom de table Isiaque avait déjà été publié par En. Vico . C'est une table de bronze de cinq pieds de long sur trois de largeur, dont le fond est recouvert d'un émail ou d'un vernis noir sur lequel on a tracé des figures dont les contours sont marqués par des filets d'argent incrustés. Cette table fut achetée en 1525 après le sac de Rome par un serrurier qui la vendit au cardinal Bembo : de son cabinet, elle passa dans celui du duc de Mantoue, d'où elle disparut en 1630 lors de la prise de cette ville par les troupes impériales. On ignora ce qu'elle était devenue pendant plus d'un siècle ; elle fut enfin retrouvée dans le cabinet du roi de Sardaigne à Turin, sans qu'on ait jamais pu savoir de quelle façon elle y était parvenue. La conquête du Piémont l'avait amenée à Paris, où on l'a vue au cabinet des ' antiques pendant plusieurs années; mais elle a I été rendue au roi de Sardaigne en 1815. La table Isiaque a été l'objet de l'examen des plus célèbres antiquaires. Après Vico et Pignoria , les P. Kircher et Montfaucon, Jablonski et Caylus en ont donné des explications. Celle de Piinoria , qui n'y voit que la représentation des cérémonies d'un sacrifice d'après le rite égyptien, est la plus simple et peut-ètre la plus vraisemblable. 2° Ma- gna Deum mains Idoeoe et Attidis initia ex vetustis monumentis nuper Tornaci Nerviorunt erutis, Paris, 1623, in4°. C'est la description d'anciens monuments découverts dans les environs de Tournai; elle a été réimprimée avec des additions, Venise, 1624, in4.; insérée dIns l'édition de 1669 de l'ouvrage précédent et traduite en latin par Haver- camp dans le tome 7 du Thesaur. antiquit. grec. 3° De servis et eorum apud veteres ministeriis com- mentarius. L'auteur avait adressé cet ouvrage à Marc Velser, qui le fit imprimer à Augsbourg en 1613 Il a été réimprimé à Padoue en 1656 et Amsterdam, 1674 Ce traité, quoique écrit avec diffusion , est regardé comme l'un des meilleurs de ce genre. 4° Le origini di Padova, ibid., 169.5 fig., et dans le tome 6 du Thesaur. antiquitat. Italie. Cet ouvrage est plein d'érudition et de saine critique. Pignoria ayant prouvé que Julius Paulus, célèbre jurisconsulte, n'était point né à Padoue, mais à Rome, les raisons qu'il avait données à l'appui de son sentiment furent attaquées par le P. Ange Portenari, religieux augustin ; et cette querelle produisit de part et d'autre quelques écrits dont on trouve les titres dans les Notes d'Apostolo Zeno sur la Bibliothèque de Fontanini , t. , p. 133. 5° L'Antenore mer dichiarazione e illustrazione dcl sepolcro di questo fondatore di Padoca, ibid., 1625 fig. Il y combat l'opinion commune qui attribuait à ce héros troyen, regardé comme le fondateur de Padoue, un tombeau trouvé dans cette ville et qui n'est que du moyen âge. 6° 3I cella elogiorum, adclamationum, adlocutionum, con- clamationum, epitaphiorum et inscriptionum, ibid., 1626 4.; 7° La vita di sauta Giustina, rergine e protomartire Padovana , ibid., 1626 8. Symbolf, rum epistolicorum liber, in quo nonnulla ex antiquitatis juris civilis et historie peint depro-; menhir et illustrantur, etc., ibid., 1628 ou 1629 ; 90 Antiquissimee picturoe que Rome visitur, de ritu nuptiaruni, types explicatus , ibid 1630 et dans le tome 1er du Thcsaur. antiquitatum Italie; 10° Strenœ varice nor- antique On trouve plusieurs Lettres de Pignoria dans la Raccolta di lettere inedite, Venise, 1744. On peut consulter, pour plus de détails, l'Eloge de Pignoria par Tomasini dans le tome 2 des Eloyia illustr. virorum et dans l'édition de 1669 de la Meuse Isiaca, les Mémoires de Niceron et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Laurent PILLADE ou PILLART( 1400) : poete latin, était né vers la fin du 15' siècle près de Pont-àMousson, d'une famille pauvre et obscure. A l'âge de dix ans il perdit son père; mais comme il annonçait déjà des dispositions pour les lettres, quelques personnes charitables se chargèrent de les cultiver. Ses études terminées, il embrassa l'état ecclésiastique , et fut promu à la cure de Corcieux, dans les Vosges, dont il fut dans la suite un des bienfaiteurs. Pillade nous apprend que sa jeunesse avait été trèsdissipée, et que depuis il ne s'était pas toujours acquitté de ses devoirs avec une grande exactitude; mais confiant dans la bonté divine, il en espérait le pardon de ses fautes. Ses talents l'ayant fait connaître du duc de Lorraine, Antoine , ce prince lui procura un canonicat du chapitre de StDié. Dans les loisirs que lui laissait sa nouvelle dignité, Pillade composa un poënie sur la guerre des peuples d'Alsace, terminée par la victoire que le bon duc Antoine avait remportée en 1525. Ce poëmt, intitulé Rusticiados libri sex, fut publié d'abord à Metz, 1548 édition trèsrare. Dom Calmet l'a réimprimé à la suite de sa Bibliothèque de Lorraine, avec des notes sur les passages les plus obscurs. Il a été traduit en français par Brayé , avocat de Nancy, dont la version se trouve dans un volume qui a pour titre Amusements consistant en la guerre d'Antoine, duc de Lorraine , contre les rustauds, etc., Nancy, 4733 C'est moins comme ouvrage littéraire que comme document historique que le poëme de Pillade mérite l'attention des curieux. On voyait le portrait de l'auteur, trèsbien fait, sur un des vitraux de l'église de Corcieux
  • Laurent POTIER DES LAURIÈRES : curé de Périgné , né au Mans, adressa au ministre de l'intérieur, au sénat, à l'Institut, etc., un ouvrage bizarre pour lequel il réclamait cent c mille francs de récompense, intitulé Non- relie découverte qui embrasse toute la géométrie et I. qui va reculer les bornes de l'esprit humain, ou Identité géométrique du cercle et du carré, etc., 1'1804 Comme on voit, il croyait avoir trouvé la solution impossible du problème de la quadrature du cercle; mais de telles prétentions rn eurent peu de succès auprès des autorités et du I' public, et Potier des Laurières est aujourd'hui complètement oublié, ainsi que ses découvertes et tout ce qu'il a publié, savoir : P Nouvelle dé- couverte sur le mouvement continuel des mers, sur la pureté de leurs eaux, sur le retard des ma- rées, etc., 1798Nouvelle découverte, ou l'Identité géométrique du cercle et du cané, 9 quadrature du cercle, etc. Paris, 180li 8'; :30 Nouvelle découverte sur le flux et le reflux des mers, Paris, 1806 Potier des Laurières mourut vers 1810
  • Laurent RECEVEUR : religieux de l'ordre des Minimes, fut du nombre de ceux qui accompagnèrent la Pérouse dans son funeste voyage de découvertes. Le P. Receveur, physicien et botaniste, périt à la baie de Botanique ainsi que dix- huit autres, notamment les frères de la Borde, qui furent massacrés par les naturels du pays. La Pérouse fit graver, à l'endroit où sun corps fut enterré, l'inscription suivante Hic jneet L. RECEVEUR e FF. Minintil, Gallie encercle,: physicus, i, i eircumnapigalione mundi; Duce DE L, PEROUSE. 1.1.111 Mil die 17 februarii asno 1788. . C'était un savant trèsdistingué et qui ivait déjà réuni d'immenses matériaux , lesquels malheureusement ne seront jamais publiés
  • Laurent RHODOMANN( 1546 - 1606) : l'un des restaura- teurs de la langue grecque en Allemagne, naquit en 1546, à Sassawerf, dans le comté d'llohenstein , de parents peu favorisés de la fortune. Dès son enfance , il montra des dispositions si remarquables que le comte de Stolberg se chargea de son éducation. H passa six ans au gymnase d'llfeld, où il fit de grands progrès dans les langues anciennes, sous Michel Neander ; et il se rendit ensuite à Rostock, où il suivit les leçons de David Chytrée , savant helléniste. Obligé de prendre un état, il entra dans la carrière de l'enseignement ; et, après avoir régenté long- temps ou dirigé de petites écoles, il fut nommé successivement professeur de grec à l'académie d'Iéna et professeur d'histoire à celle de %Vittemberg. Pendant son rectorat, il tomba malade et mourut le 8 janvier 1606. Rhodomann était fort laid , et, si l'on en croit Scaliger, ses manières avaient quelque chose de rustique; mais il joignait à beaucoup d'érudition une modestie rare et d'autres belles qualités. Personne ne l'égalait dans sa facilité à composer des vers grecs. Outre des traductions latines fort estimées, de Quintus Calaber , et des Fragments de l'Histoire de Memnon, tirés de la Bibliothèque de Photius et de Diodore de Sicile , on a de Rhodomann un grand nombre de poëmes grecs et latins, dont on trouvera les titres dans le tome 42 des Mémoires de Niceron. On peut consulter, pour de plus grands détails, la Vie de Rhodomann, en latin, par Ch.H. Lang, corecteur du gymnase de Lubeck, ibid., 1741 de 382 pages, et son Eloge par Volborth, tingue, 1776 en allemand
  • Laurent RICCI( 1703) : général des jésuites, né à Florence , le 9 septembre 1703, d'une famille distinguée de cette ville, entra de bonne heure dans la société et y remplit divers emplois. Il exerça le ministère à Rome , s'appliquant à la prédication et à la direction des consciences; et il continua même ce genre de travail lorsqu'il eut été nommé à une chaire de théologie dans le collége romain. Sa prudence et son zèle firent jeter les yeux sur lui, pour gouverner la société, après la mort du P. Centurione , qui en était général ; et Ricci fut élu en sa place , le 21 mai 1758. Il refusa d'abord cette charge et ne se rendit qu'aux instances de ses confrères. Les circonstances &aient difficiles pour les jésuites; ils avaient des ennemis dans plusieurs cours. L'orage éclata d'abord en Portugal , où quelques membres de la compagnie furent accusés d'avoir trempé dans un complot contre la vie du roi . On saisit ce prétexte; et tous les jésuites furent bannis du royaume, et transportés dans l'Etat pontifical, où Ricci pourvut à leurs besoins. Bientôt la proscription s'étendit à d'autres Etats. En France , le parlement de Paris donna le signal et rendit contre les jésuites des arrêts foudroyants; ils furent bannis deux fois du royaume. L'Espagne, Naples, Parme suivirent cet exemple. En vain Ricci s'efforça de conjurer la tempête par quelques mémoires et par des démarches; en vain Clément X111 écrivit aux princes en faveur de la société, la confirma par une bulle expresse et protesta contre les arrêts des parlements. Les esprits étaient tellement irrités que toutes les démarches du pontife n'aboutirent qu'à une rupture avec les cours. Clément XIII mourut dans ces circonstances. Les couronnes travaillèrent vivement à élire un pape qui reit entrer dans leurs vues; et le cardinal Ganganelli fut porté au saintsiège. L'Espagne agit aussitôt auprès de lui pour obtenir la suppression des jésuites, et les autres cours de la maison de Bourbon se joignirent à elle. Pendant plusieurs années, les ministres de ces puissances pressèrent le pontife à ce sujet; on trouve des révélations assez curieuses sur ces démarches, dans le Journal de correspondance et de voyages , de l'abbé Clément, 1802, 3 vol. De son côté, Ricci présenta différents mémoires à Sa Sainteté; niais i! ne put conjurer l'orage; et Clément XIV ne crut pas pouvoir refuser aux puissances une mesure qu'elles réclamaient avec tant d'instance. L'Espagne surtout y mettait une vivacité extrême ; et l'on voit par les Mémoires historiques (11 Voyez deux articles sur les causes de la suppression des jésuites, dans ( 'Ami de la religion, t. 17, P. 211 et 273. ? liet , iltijosophiqueis de epurgoing? „quelle .exerçait .qsj neoLe,qt.,. de. 49n?ifyatiqu'. Le papugigil4 1 1 1.1VelIT.IlireP y SA, S ,§qPneeiPqçoul t, yi,.liori , e i mi. .g. ne q „1 InoiS .suivalit, l'Wq . n9q149.r11-19tMe e • PiQ4gç d 1110419 p}m, , qqn.du4 a;ti, 'A tim..S4-1,ge ,, , oà. 4re,sta psqu au pontificat surv , ani. Pie 1 axait ordonné 'son élargissement, lorsque le prisonnier mourut le 22 novembre 1775. Il signa, peu de temps avant sa mort , une déclaration qui fut rendue publique d'après son désir. Il y protestait, 1° que la compagnie de Jésus n'avait donné aucun lieu à sa suppression , et qu'il le déclarait en qualité de supérieur bien instruit de tout ce qui s'y était passé; 20 qu'en son particulier, il ne croyait pas avoir mérité l'emprisonnement et les rigueurs dont il avait été l'objet; 3° enfin, „ qu'il pardonnait sincèrement aux auteurs de ces procédés. Il y a une Vie de Ricri, par Caraccioli, la Haye, 1776. : cet écrit superficiel n'est qu'une compilation des gazettes du temps; il rend cependant justice aux qualités de Ricci, à son courage dans la disgrâce, et à son attachement pour son corps. Il a été plusieurs fois réim- primé
  • Laurent RIDOLFI : homme d'Etat florentin . jouit au 15° siècle d'un grand crédit dans sa république. Ce fut lui qui la sauva en 1425 en dé- Nicolas Ridley, évêque de Rochester, pois de Londres, apostat sous Henri VIII, et brûlé à Oxford, en 1556, à l'avénement de la reine Marie, On a de lui quelques ouvrages de controverse théologique. terminant les Vénitiens à s'unir à elle pour repousser le duc de Milan. Les Florentins avaient éprouvé en peu de mois six défaites consécutives, et les Vénitiens, témoins de leur ruine, ne songeaient point encore que la balance de l'Italie allait être pour jamais renversée. Laurent Ridolfi, introduit dans leur sénat, s'écria : « Seigneurs, « vos lenteurs ont déjà rendu Philippe Visconti, « duc de Milan, maître de Gènes; en nous sacri- « liant, vous allez le rendre roi d'Italie ; mais, « à notre tour, s'il faut nous soumettre à lui, « nous voulons le faire empereur. » Le sénat, frappé de cette courte harangue, sentit enfin ce qu'il devait faire pour la liberté de l'Italie, et le duc de Milan fut arrêté dans le cours de ses usurpations
  • Laurent ROOKE( 1623) : astronome et géomètre anglais, né en 1623 à Deptford , dans le comté de Kent, reçut sa première instruction à l'école d'Eton et acheva ses études dans les deux universités d'Angleterre. Etant à celle d'Oxford, il y fut nommé adjoint de Seth Ward , professeur d'astronomie du collège Wadham. En 1652, il obtint la chaire d'astronomie du collége Gresham et justifia ce choix nonseulement par les leçons qu'il prononça , mais aussi par quelques écrits qu'il mit au jour sur cette science, l'objet constant de sa prédilection. Cependant il lui fut permis, en 1657, d'échanger sa chaire contre celle de géométrie , à laquelle était attaché un logement plus commode, où il pouvait réunir, à la suite de ses leçons, ces amis de la science qui, en 1660, formèrent le premier noyau de la société royale de Londres. Les réunions savantes du collège de Gresham furent interrompues, en 1658, dans ces jours déplorables où les temples des Muses étaient transformés en casernes. Rooke ne vécut pas assez pour voir sa société constituée par une charte royale, mais il contribua beaucoup à en régulariser l'institution. Il mourut le 27 juin 1662, à l'âge de 40 ans, dans la nuit même qu'il avait attendue depuis plusieurs années pour terminer de curieuses observations sur les satellites de Jupiter. On a fait l'éloge de son savoir, de sa modestie et de son désintéressement. 11 a laissé : 1° Obserrationes irt conzetam qui, mense decembri anno 1652, apparuit; imprimé dans les leçons sur les comètes du docteur Seth Ward ; 2° Direction pour les ancrions qui vont aux Indes , dans les Transactions philosophiques de 1665 ; 3° Manière d'observer les éclipses de lune, ibid., février 1666; ! 1° Discours concernant l'observation des éclipses des satellites de Jupiter, dans l'Histoire de la société royale , p. 183 ; 5° Description d'une expérience faite avec de l'huile dans un long tube, lue à la société royale le 23 avril 1662. 11 résulte de cette expérience que l'huile descend quand le soleil luit et monte lorsqu'il est obscurci par les nuages. Vôyez les Vies des professeurs du collége de Gresham
  • Laurent SPIRITO( 1436) : poëte italien, dont le véritable nom était Gualtieri, naquit à Pérouse, vers l'année 1436. D'après une note placée à la fin d'un manuscrit que l'on croit autographe, cet auteur aurait été maire de la ville de Tolentino, où il acheva, en 1472, une copie de son poême intitulé Altro Marte. Il s'était trouvé exposé à de graves persécutions dans sa jeunesse; et, en 1457, la municipalité de Pérouse l'avait condamné à une année de prison et à une forte amende, pour avoir manqué de respect envers les prédicateurs en plein vent . Quelquesuns de ses écrits sont restés inédits, entre autres : // lamento di Perugia essendo soggiogata, poême en seize chants et en tercets, dont M. Vermiglioni a rendu un compte détaillé dans sa Bibliogrqficl storicoPc- ru9ina, Pérouse, 1823 p. 147. Les ouvrages imprimés de Spirit° sont : 1° Il lihro chianiato ALTRO MARTE , della vita e gesti del po- tenti capitano Nicolo Picinino, Vicence, 1&89 très- rare. Haym et quelques autres bibliographes se sont trompés eu le croyant sorti des presses de Venise. C'est aussi un poëme cent et un chants, in terza rima, pour célébrer la vie et les exploits de Braccio di Montone, et de Nicolas, François et Jacques Piccinino, les plus fameux condottieri de leur siècle. Le titre en est probablement tiré d'une médaille frappée lit l'honneur d'un de ces guerriers, avec cette : Nicolas. Picininus. Vicecomes. Marchio. Capitaneus. Max. Ac. MARS. ALTER. , Si ce n'est plutôt le titre du livre qui a fourni la légende à la médaille. Cet ouvrage, qui n'est pas sans niérite, a échappé aux recherches minutieuses'de Tiraboschi et par conséquent de Ginguené , vu son goût pour les vieux peines épiques ita- liens, n'aurait pas manqué „le donner l'analyse de celui de Spirit°. 5.s° Sorte composite, Brixa „1488 C'est un livre qui contient des réponses en tercets, pour servir à un jeu de dés dans le genre de L'Oracle, et trèsusité dans les anciennes Veglie italiennes, réimprimées sous le titre de Libro de la ventura ; Venise, 1544 trad. en français par An - thitus Faure; sous ce titre : le Livre de passe- temps de la Fortune, 1628 fig. , plusieurs fois réimprimé avec de: changements et sans le nom du traducteur. Le P. Menestrier en parle dans son ouvrage de la Philosophie desimages énigmatiques, Lyon, 1694 , p. 401. 3. De spiritualibus ascensionibus , imprimé dans le couvent de Monserrat, en catalogue, par Luschner . Foy. Ca - ballero, De prima typographice Hispance „ fig.; 50 Sonetti, Ravenne, 1819 extraits au nombre de douze d'un Canzoniere inédit, dont il existe des copies dans les bibliothèques publiques de Pérouse et de Classe. Ce sont les professeurs du gymnase de Ravenne qui ont fait publier ces sonnets à l'occasion d'un mariage. Pour les différentes éditions de ces divers ouvrages de Spirit°, Voy. . le Manuel du libraire, aux mots Esprit et Spirito
  • Laurent STERNE( 1713) : célèbre écrivain anglais, naquit à Clonmel dans le sud de l'Irlande, le 24 novembre 1713, de Roger Sterne, lieutenant dans le régiment de Handaside, lequel était petitfils de Richard Sterne, mort en 1683, archevêque d'York. Cette famille, assez ancienne, originaire du comté de Suffolk, et dont une des branches s'établit dans le comté de Nottingham, avait pour armes un chevron d'or entre trois croix fleurdelisées de sable, et pour cimier ce sansonnet que la plume de notre auteur a immortalisé dans son Voyage sentimental. Le jour même de la naissance de Sterne, son père fut réformé avec plusieurs autres officiers; dépourvu de fortune et chargé de famille, il éprouva divers malheurs que Sterne a racontés dans une courte notice écrite sur luimême, peu de temps avant sa mort, pour sa fille Lydia. Il fait connaître dans cette notice deux anecdotes remarquables. A l'âge de sept ans, tandis qu'il était à Wicklow en Irlande, il tomba dans une roue de moulin en mouvement, et échappa, comme par miracle, sans se faire aucun mal. « Cet événement, ditil , paraît incroyable, « mais il est bien connu dans cette partie de « l'Irlande ; les habitants des environs vinrent « me voir par centaines. » L'autre anecdote est relative à sa jeunesse, lorsqu'il se trouvait en pension à Halifax, en 1731. « Le plafond de « l'école de mon maitre, ditil , venait d'être « reblanchi, l'échelle était restée appuyée contre « le mur. Un jour, je m'avisai, par malheur, d'y « monter, et j'écrivis en grandes lettres capitales · LAU. STERNE; le précepteur me fouetta vigou- « reusement pour ce fait; mais mon maitre fut « trèsaffecté et dit devant moi que ce nom ne « serait jamais effacé, car, ajoutatil, c'est celui « d'un enfant de génie et qui parviendra un jour, « Cet éloge me lit oublier entièrement le châti-« ment que j'avais reçu. » Au sortir de cette école. Sterne trouva un appui dans un de ses cousins et fut envoyé par lui à l'université de Cambridge, au collége de Jésus. Il y entra en 1733 et obtint le grade de maitre ès arts en 1740. Jacques Sterne, son oncle, prébendier de Durham et d'York, se fit ensuite le patron et le protecteur de sa jeunesse. L'ayant décidé à se consacrer à l'état ecclésiastique, il lui procura le bénéfice de Sutton. Ce fut alors que Sterne alla demeurer à York ; ce fut aussi dans cette ville qu'il se maria, en 1741 , à une demoiselle dont il était devenu amoureux , et à laquelle il fit la cour pendant deux ans. On a imprimé, dans le recueil de sa correspondance, quatre lettres qu'il lui écrivit pendant cet intervalle ; et ce sont celles qu'on lit avec le plus de plaisir, parce qu'elles sont empreintes de cette sensibilité exquise et douce dont la vive expression forme un des plus grands charmes des écrits de Sterne. Il est singulier que ni lui, ni aucun de ses biographes ne nous ait indiqué le nom de sa femme. Dans l'intitulé de ses lettres, elle n'est désignée que par une initiale Miss L. Cependant sa famille avait de l'influence, et Sterne nous apprend que ce fut par elle qu'il obtint le bénéfice de de Stillington. « Je résidai « pendant vingt ans, ditil, à Sutton, remplissant « les devoirs de mes deux places. J'avais alors « une trèsbonne santé. Les livres, la peinture , « la musique et la chasse étaient mes amuse- « ments. » Pendant son séjour dans le comté d'York. Sterne tirait la plus grande partie de ses livres de la bibliothèque du château de Skeltons, habité par son parent et son ami intime John Hall Stevenson, auteur de la collection spirituelle et licencieuse intitulée Crazy tales, Sterne se brouilla cependant avec son oncle, whig ardent et zélé partisan de la maison de Hanovre. Cet On peut voir un échantillon du talent de Sterne pour le dessin dans leepoëmes de Woodhul, 1572 oncle, entraîné par la violence de ses opinions, s'était engagé dans beaucoup de controverses, surtout avec le docteur Richard Burton . qu'il fit arrêter pour crime de haute trahison pendant les événements de 1745 son neveu ayant refusé de le seconder en écrivant dans les journaux, il devint, depuis cette époque, son plus cruel ennemi. Dans une de ses lettres, Sterne se plaint de s'être sacrifié pour un ingrat, et d'avoir trop longtemps travaillé pour autrui. On a conjecturé qu'il faisait par là allusion aux services que, par sa plume, il avait pu rendre à son oncle. Il est certain du moins qu'en 1759, il n'avait encore fait imprimer que deux sermons, qui n'avaient pu le tirer de l'obscurité ; mais en 1760, il se rendit à Londres et surprit en quelque sorte le monde littéraire par la publication de deux volumes de Tristram Shandy. L'origina- lité de cette production , l'espèce de tourment qu'elle faisait éprouver aux lecteurs pour en deviner le but. pour découvrir le sens de certains passages qui n'en avaient aucun, la gaieté folle et souvent licencieuse qui semblait maîtriser l'auteur, les pages d'un pathétique vrai. et d'une philosophie profonde qu'on y rencontrait, la s des caractères qui s'y trouvaient tracés, Je ridicule versé sur des hommes que la gravité de leurs feiletions aurait dei faire respecter; tout concourut pour donner à ce livre un succès extraordinaire : mais en même temps ce succès provoqua la sévérité de la critique et l'animosité des membres du clergé, qui trouvaient, avec raison, que l'auteur ne respectait pas assez sa robe. Loin de s'effrayer de ce déchaînement contre sa personne, Sterne s'en félicite dans ses lettres, parce qu'il lui donnait plus de célébrité. Il était aussi peu sensible au reproche d'écrivain licencieux. On voit qu'il avait même formé le plan de s'en moquer. « Crébillon le fils, écrivait- « il à un de ses amis, a fait avec moi une con-; ne voyezvous pas qu'il montre par « intervalle, avec une parfaite innocence, ce « qu'on doit toujours cacher? » Cette excuse n'est guère admissible. Les gravelures de Sterne n'ont rien d'innocent; et la dame dont il a été fait mention aurait pu répondre que, si elle vou- lait produire son enfant devant un public nombreux, elle prendrait ses précautions pour qu'il ne pùt montrer ce qu'on doit cacher. Quoi qu'il en soit, Sterne ne crut pas blesser les conve- nances en publiant deux volumes de sermons, l'année d'après qu'il eut publié les deux premiers volumes de Tristrain Shandy. Les quatre volumes suivants de ce dernier ouvrage, imprimés en 1761 et 1762, n'eurent pas moins de succès que les premiers, mais le septième et le huitième, qui virent le jour en 1765, furent accueillis plus froidement, quoiqu'ils fussent supérieurs aux premiers. Le charme de la nouveauté était dissipé. Quatre nouveaux volumes de sermons parurent en 1766. Comme ceux des deux premiers volumes, ils se distinguent par un style facile, une morale pure et douce, présentée avec finesse et sans prétention, mais souvent entachée par des saillies peu dignes de la gravité du ministère évangélique. Enfin, en l'année 1767, on nuit en vente le neuvième et dernier volume de Tristram Shandy. Aussitôt après la publication des deux premiers volumes de cet ouvrage , lord Falconbridge avait conféré à l'auteur le presbytère de Coxwold , retraite bien douce. ditil dans sa notice, en comparaison de Sutton. Il fut forcé, dès cette époque, c'est-àdire en 1762, de faire un voyage sur le continent pour recouvrer sa santé. Il y a lieu de soupçonner que les excès du plaisir, plutôt que les travaux littéraires, avaient contribué à miner sa constitution naturellement délicate. C'est ce que semblent prouver une lettre au comte de S., en date du 1" mai 1767, et deux courts billets à une certaine madame H., en date du 12 octobre et du 15 novembre de la même année, qui font naître de fâcheux soupçons sur ses moeurs dans les derniers temps de sa vie. Ce qui les confirme encore, c'est son amour, si s exalté, pour Eliza Draper , cette beauté que Raynal a célébrée, dans son Histoire des deux Indes, par une apostrophe sublime selon les uns, ridicule selon les autres. Sterne avait emmené en France avec lui sa femme et sa fille. Il les laissa dans ce pays. Il continua seul sa route en Italie. C'est en visitant la France et l'Italie qu'il recueillit les matériaux de son floyage sen- timental, qui devait avoir quatre parties. Sa santé ayant décliné rapidement, il revint à Londres vers la fin de 1767 et publia la première partie de ce voyage,avait écrit pendant l'été, dans sa retraite favorite de Coxwold. Le Voyage sen- timental est incomparablement le meilleur des ouvrages de Sterne. C'est le seul qu'on réimprime trèssouvent, le seul qu'on aime à relire en entier. Sterne ne jouit pas longtemps du succès de cette nouvelle production. Son corps épuisé succomba à une courte maladie, le 18 mars 1768, à Londres, dans les appartements qu'il avait loués dans BondStreet. Il fut enterré, le `22 du même mois, dans le nouveau cimetière appartenant à la paroisse de StGeorge, HanoverSquare. Il était grand et maigre et avait toutes les apparences de la phthisiepulinonaire. Ses traits, où se manifestaient d'une manière particulière et prononcée les émotions sentimentales, avaient cependant cette ex-•pression fine, plaisante et moqueuse, qui indique un esprit vif, brillant et caustique. Sa conversation était animée et spirituelle; son caractère était jovial , mais capricieux et inégal ; conséquence naturelle d'un tempérament irritable et d'un mauvais état de santé habituel. Des personnes qui avaient connu Sterne ou ses amis ont prétendu qu'il n'éprouvait en aucune manière la sensibilité qui plaît tant dans ses écrits ; qu'il était naturellement égoïste. Ses lettres, qui répandent Un assez grand jour sur son caractère et sa vie privée, démentent en partie, mais non pas entièrement, ces assertions. Elles prouvent envers sa fille l'affection la plus tendre : elles prouvent aussi qu'il était bon et généreux pour sa femme; mais en même temps on aperçoit que s'il pourvoyait avec libéralité aux besoins pressants de l'une et de l'autre, il n'avait aucune prévoyance pour leur existence future ; qu'il ne s'imposait pour cela aucune privation. Aussi, avec un revenu considérable et des ouvrages qui lui valurent de fortes sommes, il ne laissa que des dettes. Son imagination était prompte, énergique, originale ; son coeur tendre et facile sympathisait vivement ; mais il avait une âme faible, variable, incapable de vertus fortes et de résolutions courageuses et constantes. Le célèbre auteur d' lvanhoe et de tant d'autres chefsd'oeuvre, ,Walter Scott, qui a publié des notices sur les Prornanciers, ses confrères, dans lesquelles il les loue presque tous avec une sorte d'effusion, se montre trèssévère envers Sterne. En s'appuyant sur un écrit du docteur Ferriar de Manchester intitulé Essai et éclaircissements sur les ouvrages de Sterne, où les preuves sont développées, Walter ,Scott va jusqu'à accuser de plagiat l'auteur de 1, Tristram Shandy. . « Il a, ditil, mis à contribution ' Rabelais, le baron de Fceneste , le Moyen de parvenir et le célèbre ouvrage du docteur Burton sur la mélancolie, dont le « prix, dit on, a doublé chez les libraires depuis « l'essai du docteur Ferriar. » Sterne, suivant Walter Scott, est un plagiaire éhonté ; mais en mème temps le critique ajoute qu'il choisit les matériaux de sa mosaïque avec tant d'art, et qu'il les arrange et les polit si bien, qu'on est presque toujours porté à lui pardonner son manque d'originalité en faveur du talent exquis qui donne une forme nouvelle à des matériaux empruntés. Il nous semble que dans un ouvrage d'imagination, cette forme nouvelle, lorsqu'elle est piquante et propre à plaire, est le principal mérite d'un auteur et lui donne des titres à l'originalité. Toutefois, dans une de ses précédentes pages, Walter Scott désapprouve cette forme, qu'il loue ici. « Les plus chauds partisans de « Sterne, ditil, doivent avouer que son style est « plein Tel est le jugement de Walter Scott sur Sterne. Il est vrai sous certains rapports; mais il n'est ni exact, ni juste, parce que la critique et peut-être aussi l'éloge y sont exagérés. Ce jugement nous parait tout à fait injuste si on l'applique au Voyage sentimental , la meilleure des productions ; toute l'histoire de Lafleur, qui n'est pas un personnage fantastique, mais réel, s'y trouve racontée. On apprend aussi de Davy que la marquise L., à laquelle Sterne fut redevable de son passeport, est la marquise de Lambert. L'ouvrage du docteur Ferriar donnerait , pour Tristram Shandy, , ce que Sterne a imité ou emprunté à ses devanciers; et ces rapprochements seraient à la fois curieux et instructifs. Un éditeur habile pourrait aussi enrichir cet ouvrage d'autres éclaircissements en consultant les écrits et les mémoires du temps. On sait, en effet, que la plupart des personnages de Tristram Shandy avaient leurs originaux dans la société d'alors. Sterne n'a pas laissé ignorer qu'il s'était peint luinième sous le nom d' Yorick, et l'on ne peut douter, selon Walter Scott, d'après les preuves qu'en donne le docteur Ferrier, que le docteur Slop, avec tous ses instruments d'accouchement, ne soit le même que le docteur Burton de York, qui publia, en 1751, un Traité sur l'art des sages- femmes . La plupart des écrits de Sterne sont connus en France par des traductions dans lesquelles le goût a dicté des changements que la différence du génie des deux langues et la délicatesse des lecteurs français rendaient nécessaires. I° La Fie et les opinions de Tristram Shandy; la plus jolie édition est celle de Casin , 1784 et 1785, vol. ; les deux premiers par M. Fres. nais et les deux autres par M. D.- L. B. ; 2° le Voyage eewimentai, traduit par Fresnais, de la même édition et dans le même format que le précédent la version de Pantin Crassous, 1803, 3 vol. contient aussi les lettres de Yorick Eliza ; 3° Nouveau voyage en France, dont la traduction est de M. D. L., avocat gésieral au parlement. C'est un extrait de la seconde partie du Tristram Shandy, où se trouve l'épisode souvent cité de l'Abbesse des Andouillettes. 4° Un Recueil de lettres en 3 volumes, imprimées à Londres, en 1776, et dédiées au célèbre Garrick, ami intime de Sterne. On en trouve un choit à la suite de l'ouvrage précédent ; et l'on en a extrait celles d' Forick à Eliza , dont la traduction fran-çaise est accompagnée d'une préface intéressante de l'abbé Raynal, qui avait déjà consacré des pages sympathiques à la mémoire de Sterne, dans le second volume de son Histoire philoso- phique, etc. 5° Des Serinons recueillis, au nombre de quarantequatre, par le zèle intéressé des imprimeurs, et réduits à seize par le goilt édaire du traducteur français de la seconde partie de Tristram Shandy. . Sterne disait que ses autres ouvreges n'étaient que les enfants de son esprit, mais que ses sermons étaient sortis tout brûlants de sun coeur. On le blàmà sévèrement de les avoir laissés paraître sous le nom ridicule d'Yorick, personnage bouffon que Shakspeare a introduit dans Hamlet. 6° Des Mélanges, imprimés à Londres depuis la mort de l'auteur. On a publié en Angleterre des lettres de Sterne, qui ont été traduites dans notre langue par GriffetLabaurne , I vol., 1789. L'authenticité de cette production 1803, 6 vol. Deux éditions des OEuvres complètes de Laurent Sterne, traduites en français, ont paru en 1818, 1 vol. ou 6 vol. La traduction de M. Moreau Christophe, 1828, grand 8°, est estimée; elle est accompagnée de notes historiques et littéraires. Une autre traduction, publiée à Paris, en 181U. grand est accompagnée d'illustrations dues au spirituel crayon de Tony Johannot ; elle est précédée d'un Essai sur la vie et les ouvrages de Sterne, par M. Jules Janin. — Les Anglais avaient d'ailleurs montré la voie de ces illustrations; une édition, datée de 1832, renferme de nombreuses eauxfortes, de George Craikshank; mais elles ont un caractère qui les range dans la classe des caricatures. Le Voyage sentimental a été traduit plusieurs fois, en 1841 et années suivantes, par M. L. de Wailly, avec la notice de Walter Scott et à la suite du Paradis perdu, de Milton, traduit par Pongerville, Paris, 1841. — Trislrarn Shandy a également été traduit plusieurs fois, par M. deWailly entre autres, Paris, 18U — Le travail de Ferriar. sur le Tristram Shandy, inséré d'abortl dans les Tran- sactions de la société littéraire de Manchester, et réimprimé plusieurs fois, 1812, 2 vol. petit est intéressant; il offre des recherches curieuses et piquantes qui établissent que Sterne a peu inventé; presque toutes ses saillies sont empruntées à de vieux auteurs anglais ou français , fort peu lus de son temps
  • Laurent SURIUS( 1522 - 1578) : écrivain ascétique et pr cipalefflit, connu, pari sa compilation des4ctes1 Saiu,la,première4a?ts,laquelle.on aper4ett, lpstraced'unpsainP critoique, nequit 7, en 1,46220 ,Suivant plupart ,des ,auteurs, 1 $e. parents,,avaiPiltPinbrassé .1a Worme de,tutherl, mais tiartzheiml , avec. lequel il se lia,d'itme étroite amitié. "'Devenus inséparables, ils renoncèrent au inonde pour se eunsacrer entièrement à Dieu; mais Canisius entra dans l'ordre naissant Ides Jésuites et Surius prit'lfflabit,de St,Brwio,, dans lel couvent, des chartreux de ..C4ogue, OU 04. Dès lors, il, partagea sa vie entre les devoW, que lui, sait sa .egle e léCulture, des et.trets., Do ué d' u tel ardeur iufatigahle, la mort le,surprit au milieu dges travaux , le23 'mai 1578: Surius avait beaucoup deisimpticité, de piété etde çandeur. Gest ainsi qu'en parle de Thou, doigt le,tétuoiguage n'est pas suspect. Mais .on doit, reprocher à,Surius d'avoir, dans l'excès de son zèle,, adoptes les fables les plus ,grossières sur les ehefs.deréfermés et applaudi aux massaces,de la'Snlarthélemy. Outre des traductions latines desiouvrages lhasc4tiques de Taulère,. de ._llusbrook, de Michel Ilefrlifig, Plus ,Çonng sous, le nom de. Sidoniies, évêque de Mersburg, ..de Florent de Harlem, de Henri Suson , on, lui doit : 1. Iloenilioe sire conciones prcestantissimorum eerlesiœ doctorum erangelia totius anni, Cologne, U469 Concilia omnia tunt generalia tune provincialia atque particuliaria, ibid., 1567, 4 vol. Il dédia cette collection auiroi d'Espagne Philippe Ili, qui donna l'ordre au due,d'Albe de fairq compter Le Prédicateur de l'amour de Dieu, ouvrage poslhume que l'abbé Ja Sansse- a publié?en 1799, à Paris. L'éditeur dit qu'il en a retouche Istyle,,et, qu'il n'a rien changé ei fond de l'ouvrage. 11 est'intitul QU'estions si, l'animer de Dieu, qui 'composent les deux premier, ivres ;le troisième est intituki Des difirentiAt- grOs pour s'életzr à un grand. Fmour pour . Dieu, suivis des Avis salutaires el sentiments affectueux, plis uChrétien en'oraiSôn, en forrne- d'Butretiens, le tout extrait des ouvrages du P. Surin. L'éditeur, trouvant qu'ils n'avaient ,pas assez d'onction, a placé à chaque' ChriPitre des' affections qui y sont relatives. T-11. 1:4 On n'a pas cru devoir allonger cet article de la liste de toutes les traluetions de Surius. On la trouvera dans les Mémoires de Niceron , t. 28„ et_ plus détaillée encore dans la 13iblioth. Colo- niensis du?. Hartzheim, p. 219-222. krAuteueMlUq ççreS lleins,,,com,ine uuelinelrqUe dei sa satisfaction. Elle depuis longtemps ouil bliée ; 3°, . Vie saii4 ; il en , reQgba le. sty?e, ,e en SLIP-1 prima plusuours qui, ppuvaietit,peter, aux ,critirî q ues deS !p.rotestantsJ, tl, eitirk4it, «4iiieurs , ce mee! cueil„ d'un, grand nornbre„ de Vies tirées des, manuscrits. !4.ucuu hAgiographe, ne l'avait !égalé, jusqu'a.lors pour l'exaptitude et la fidélitet, de ' toutes parts ou s'empressa, de lui fournir de, mouvgau0F,rua tériauxt, •..a prefilir tion fut prompt' 1 teuxetit épuisée.,,11)44,1qotina,,,dès 076, une se-, 4'irupèclia. ' d'Aller au delà idu- itroisiène yolurne„!Le P. MoT, sander„son vonfrère, 4 termina et!fy joignit uni septième, -,vol,urne ,opomposé de pièces inédites.. Malgré les,efforts,deumetestants pour décrier, le, recueil de Surius 1,),, il a été réimprimé plusieurs fpis. La meilleure; éditionj ose celle.,de Cologued , 1618, Ili\ ibeeleg!douze tomes !, , doti4 ii. !existe 4eu x„abrées 1, et ; mai, il n'avait pas les blents nécessaires pourlutteraNec avantage colitre.oet historien!. $on livre Wt, imbu, m.oittsÇontigué , par Thudden , t t, pa r l'envi Brewer, jusqu ?' f671) ;U est aujourd'hui compleement oublié, r- Le P. Ber- nardin SuRnis„recoilet, présidunt, du StSépulcre et,pominissaire 14e. la terre sainte, ès années 1444,, 105 > 1646, 1647, a, écrit son voyage en flamand elt.ensuite l'a traduit el français sous ce titre : le Pieux PaCritt ,, OU Voyage de Jérusalem, idivise, en trois litres, contenant le description topo- grnpliique de plusieurs royœune4, pays, villes, Rations étrangères, nommément des quatorze religions orien- tales, leurs m se plaint aussi des altérations que Surius a quelquefois faites aux Actes des saisis, pour en rendre la lecture plus édifiante. , 11.,ii n , en trois livres : lé Pèlerin voyageant, s.éjour a t, retournant. i \‘YTr.':
  • Laurent THURA( 1656 - 1731) : évêque et poëte danois, naquit en 1656 , dans l'île de Laaland, à Nakskov, petite ville où son père exerçait les fonctions du ministère pastoral. Après avoir fait de bonnes études à l'université de Copenhague, il fut pendant neuf ans recteur de l'école de Koége ou Kioge, et, en 1690, il partit, accompagné de quelques jeunes nobles, pour visiter les universités étrangères. Ce voyage dura cinq ans, pendant lesquels Laurent augmenta beaucoup la somme de ses connaissances , et s'acquit l'estime et l'amitié d'un grand nombre de savants, surtout en Angleterre et dans les PaysBas. De retour dans sa patrie, il desservit jusqu'en 1702 l'église hollandaise de Copenhague , puis fut nommé pasteur et en même temps préposite à Aarhuus dans le NordJutland. Enfin, en 1714, son souverain l'appela à l'évêché de Ribe ou Riben , qu'il gouverna jusqu'à sa mort, arrivée en 1731. 11 avait fait, en 1790, de sages règlements pour son école diocésaine, et, en 1721, à la sollicitation de ses nombreux amis, il s'était déterminé à publier, en un volume à Copenhague, la collection de ses poésies danoises, auxquelles il avait joint quelques poésies latines. Les unes et les autres furent bien accueillies. Il laissa en mourant une traduction de Pia desideria, du P. Hermann Hugo, qui doit avoir été imprimée, et une histoire de Jean de Rotsgaard, que le fils de celuici, le célèbre Frédéric de Rotsgaard , ami de Thura , s'empressa de donner au public. — THUR., , maître ès arts, fils aîné de Laurent, mort peu d'années après son père , avait été d'abord recteur de Kolding, et ensuite pasteur à Leirskon . Il composa des vers latins et danois et quelques opuscules en prose ; mais le principal titre d'Albert à la reconnaissance de ses compatriotes, c'est son application constante à l'étude de l'histoire littéraire du Danemarck. Il consigna le résultat de ses recherches à ce sujet dans les deux ouvrages suivants, que les travaux récents et plus complets de Nyerup et de ses collaborateurs n'ont pas fait entièrement oublier : le ldea historioe litterariœ Danorum, in dual partes divisa, etc., Hambourg, 17'n . Dans la préface, l'auteur nous apprend luimême q •, deux ans auparavant, il avait déjà publié tomme spécimen deux chapitres de cet ouvrage intéressant Copenhague, 1721. 4';. L'Idea, etc., terminée par d'amples index , dont le premier contient près de aorte cent huit Dom, , 2• Grag, nim 1).. iff ,. ,. raturai, J'estima Danorurn ereeditione rel similis 'dari.. rompit- atm. Altona , 1732, tn-8*. Ce livre, recherché et peu commun , est k complément iU précédent. Albert Thura avait deus frères, il'un servit avec distinction dans la marine ise, et l'autre fut officier supérieur d'infan- et intendant des bktiments du roi
  • Laurent TIEPOLO : doge de Venise, en 19.68, à la mort de Renier Zeno, fut le premier pour la nomination duquel on adopta la méthode bizarre et compliquée (lu tirage au sort et d'élection, qui a été pratiquée ensuite à Venise tant que la république a subsisté. Il mourut le 16 août 1275. Jacob Contarini lui succéda
  • Laurent TORRENTINO( 1500) : imprimeur florentin, né vers le commencement du 16e siècle, était probablement de Zwol, patrie d'Ilerman Touentinus, que l'on creit son parent. Il fut attiré à Florence par le duc Cosme, qui désirait. répandre dans le public les trésors littéraires rassemblés par ses ancêtres dans la bibliothèque des Médicis. Les presses de ce typographe , qui étaient établies dans une rue appelée il Garbo, ne furent en activité qu'en 1547. Negri et Ilaym se sont trompés en indiquant des éditions antérieures à cette époque. Torrentino, auquel le duc avait accordé l'exemption des gabelles, une gratification de cinq cents écus et le privilége de éndre exclusivement pendant douze ans chacun des ouvrages qu'il aurait imprimés, faillit être flétri par la main du bourreau. Arrêté dans la nuit du 28 décembre 1556, avec deux poignards sur lui, il fut condamné à trois coups de eorde et à une amende de vingt florins d'or; on lui fit grâce de l'estrapade ; mais , l'année suivante, il éprouva de nouvelles poursuites à cause d'une édition clandestine des commentaires de sleidan, nouvellement traduits en italien. 11 eut besoin de toute le protection des Médicis pour échapper à la rigueur des lois. En attendant , son nom s'était répandu dans toute l'Italie : éclipsant la réputation des Giunti et de Busdrago , célèbres typographes de Florence et de Lucques, Torrentino fut invité par EmmanuelPhilibert de Savoie à venir fonder une imprimerie en Piémont. Ce prince en avait adressé la demande au duc Cosme, qui ne refusa pas son consentement. Torrentino avait donné toutes les dispositions pour transporter une partie de son établissement à Mondovi, où il s'était fait précéder par son fils Léonard, lorsqu'il mourut en 1563. La série complète des ouvrages sortis des presses de Torrentino se compose de deux cent quarantequatre articles, dont on ne connaît que deux sans date et trois avec la rubrique de Pescia , où il s'était rendu en 1554 et 1555. En général , ses éditions sont plutôt belles que correctes , quoiqu'elles aient été surveillées par Arnold Harleim, savant hollandais, et par Louis Domenichi, l'un des littérateurs italiens les plus distingués de son temps. Les fils de ce typographe continuèrent à imprimer jusqu'à l'année 1570, en société avec Charles Pettinari et Bernard Fabroni. Parmi les publications les plus importantes de Torrentino, on doit citer les oeuvres de StClément d'Alexandrie, Florence, 1551, 3 vol. revus par Gentian Hervet; la première édition des Pandectes florentines, ibid., 1553 donnée par Torelli, et celle de l'histoire de Guichardin , ibid., 1561 Voy. Moreni, Annali della tipografia Fiorentina di Lorenzo Torrentino, Florence 1811 réimprimé, ibid., 1819 et Grassi, ilemoria sulla tipografia Monregalese, dans les Veglie dei pastori della Dora, Turin , 1801
  • Laurent TOURNEUR( 1762 - 1820) : marin français, naquit à StJean d'Angély, , en 1762. Son père, qui exerçait l'état de vitrier, le fit instruire pour le pilotage, et il fut embarqué, en 1776, sur un navire de commerce. Il entra dans la marine royale en qualité de pilotin sur le vaisseau le Pluton, commandé par le chevalier des Touches, qui ne tarda pas à reconnaître en lui un excellent homme de mer, Embarqué sur le St- Michel, qui faisait partie de l'escadre de Suffren, il fit les guerres de l'Inde et fut blessé dans un des co bats. Son vaisseau, après avoir parcouru les co- lonies d'Amérique, fit partie , en 1788, des escadres d'évolution. Ce fut seulement la révolution de 1789 qui put faire de Tourneur un officier. Employé en 1793 sur la frégate / Inconstance, il prit la part la plus active au combat que ce bâti- , ment livra près des débarquements de StDo- !flingue à 2 vaisseaux anglais. Blessé dangereu- sement dans cette rencontre, on eut peine à lui faire abandonner son poste. En 1791, il fut nommé lieutenant de vaisseau et passa sur la Concorde. Ce bâtiment ayant été attaqué par 3 vaisseaux ang!ai, sur les côtes d'Irlande, on parvint à le soustraire aux assaillants, à qui même on fit de fortes avaries. Passé sur l'Argonaute, en 1801 , il fit la campagne de StDomingue,- qui, comme on le sait, fut désastreuse. Tourneur ayant été nommé capitaine de frégate en i80, fut chargé du commandement d'une division de chaloupes canonnières. Ce fut avec une de ces embarcations qu'il eut la gloire de prendre, sur les côtes du Morbihan, la corvette anglaise le Venceslas. Dédaignant alors de visiter la malle du capitaine de la frégate, il lui fit donner seulement sa parole d'honneur qu'elle ne contenait aucuns fonds appartenant au gouvernement anglais. Cet officier commit un parjure, car il avait quatre cent mille francs de fonds de l'Etat dont s'emparèrent ceux qui furent chargés de le conduire à Paris. A la bataille de Trafalgar, Tourneur commandait l'Algésiras, qui prit une part glorieuse à cette mémorable affaire, et blessé grièvement, il n'en commanda pas moins la manoeuvre. Malgré le courage du chef et de l'équipage, le navire fut obligé de se rendre ; mais Tourneur, quoique mourant, organisa un coup de main, reprit son navire, en faisant prisonniers les Anglais qu'on avait mis à son bord , et conduisit l'Algésiras à Cadix. A son retour en France, on éleva ce brave officier au grade de capitaine de vaisseau, et en 1810 on lui donna le commandement du Magna- aime, vaisseau de haut bord. Il conserva ce commandement jusqu'en 181i. Alors ayant été employé par Louis XVIII, il écrivit au moment du débarquement de Napoléon pour offrir ses services au roi, qui fit peu d'usage de ces offres; ce qui ne fut pas moins nuisible à cet officier auprès de Napoléon qui refusa de l'employer. Cependant Regnaud de StJean d'Angély lui ayant dicté une lettre d'excuses, il fut rendu à sa position, qu'il „perdit encore au second retour des Bourbons. Orttant alors ailé dans les bureaux de la marine pour solliciter sa réintégration , on lui fit voir ses deux lettres, et l'on se moqua de lui. En illoréalité, ce marin, qui n'était point un homme politique, voulait servir la France et la servir sans s'inquiéter de ceux qui gouvernaient. fut bientôt replacé et employé en qualité de di-.... recteur du port de Rochefort, poste qu'il conIlitterva jusqu'au 21 février 1820 , époque de sa F—TE.
  • Laurent TRICOT : maître ès arts et de pension en l'université de Paris, mort dans cette ville, le 10 décembre 1778, s'est fait connaître par deux opuscules sur la grammaire latine : l'un est une Nouvelle Méthode, Paris, 1754 ; réimprimée plusieurs fois; l'autre est un Rudiment, Paris, 1756 ibid., 1776, 13. édition. Cet ouvrage est désigné dans les dictionnaires comme une Hisiair, d'Italie. Desessarts 'Siècles I, tleraires , t. 6, p . 274) dit que Trichet est cité, dans le P. Jacob, pour avoir formé à Bordeaux, sa patrie . une belle bibliothèque, qu'il légua au roi. Le P. Jacob dit seulement que M. de Fresne,, intendant de l'impris merie royale, a fait une bibliothèqueen cetteville de Bourdeaux, i< lieu de sa naissance, qu'il augmente tous les jours. n Mais il ne pouvait pas, en 1644, prévoir si de Fresnes la léguerait au roi, Elle a été vendue en détail, comme on le voit par le catalogue quo nous venons de citer. La plupart des ouvrages élémentaires dont on se servait alors dans les colléges ne remplissaient qu'imparfaitement les intentions des maîtres. Quelquefois les règles y étaient énoncées en latin , c'est-à dire dans la langue même qu'il s'agissait d'enseigner, ou bien en vers techniques aussi mal sonnants qu'inintelligibles. Tricot les exposa en français, en prose et avec clarté. C'était un homme trèsversé dans la lecture des auteurs et qui connaissait bien le génie de la langue latine. Les deux opuscules qu'il publia, son Rudiment surtout , eurent beaucoup de succès; ils ne furent pas sans utilité pour les gra qui écrivirent après lui et qui souvent n'ont été que ses copistes. Depuis longtemps, les ouvrages de grammaire de Tricot ont cessé de figurer dans la série des livres élémentaires. — L'abbé TRICOT, né à Paris, en 1734, devint chanoine de StQuentin et montra du talent pour la poésie et l'éloquence. On trouve dans l'Almanach des muses et dans d'autres recueils, notamment dans celui de la société nationale des NeufSoeurs, plusieurs pièces eu vers et en prose de cet auteur. Il périt sur l'échafaud révolutionnaire , à Paris, en 1794
  • Laurent TURQUOY : avocat au présidial d'Orléans, est auteur d'un ouvrage estimé et qui a pour titre l'Empire français, ou l'Histoire des evinquéfra des royaumes cf provins-1 dont il est rom- posé , arec les cartes généalogiques do la maisow royale, celles des princes et grands seigneurs gui I les ont possédées. Cet ouvrage , qui mérite d'être consulté, notamment pour les généalogies, fut imprimé à Orléans , en 1651, par les soins du fils de l'auteur. Laurent Turquoy mourut subitement à Orléans, en 164,8
  • Laurent VALLA( 1406) : l'un des premiers philologues du 15° siècle, et peut-être celui qui, avec le Pogge, contribua le plus au renouvellement des lettres antiques, naquit à Rome en 1406, Ses parents appartenaient à de bonnes familles de Plaisance, et son père, savant docteur en droit, était avocat consistorial auprès du saintsiége. Il le perdit à l'âge de treize ans: mais il lui restait, pour surveiller son éducation , un oncle , secrétaire apostolique, auquel il ne put succéder, et sa mère, qui jouissait d'une fortune honorable. De trèsborine heure il dut profiter des leçons de Léonard Bruni , sur la langue latine, puisqu'il se vante de l'avoir eu pour martre; ruais ce savant ne resta à Rome que jusqu'en 11115. Il étudia aussi la langue grecque ; à l'âge de trentesix ans il prenait encore des leçons particulières de Jean Aurispa ; mais bien qu'il ait rendu d'éminents services à son siècle par de nombreuses versions d'auteurs grecs, c'est surtout comme latiniste qu'il acquit une immense célébrité. Il faut observer quels étaient les besoins et les caractères de cette époque pour concevoir toute l'importance des travaux philologiques de Valla, ainsi que l'extravagance grossière des guerres de plume qui l'occupèrent toute sa vie, et qui ont produit cette multitude de diatribes dont ses oeuvres sont remplies. En 1431 , après avoir vainement sollicité, auprès du pape Martin V, l'emploi de secrétaire apostolique, qui lui fut refusé à cause de sa jeunesse , peut-être aussi par un premier effet de cette inimitié qui devint ensuite si violente entre le Pogge et lui , il se rendit à Plaisance pour y recueillir quelques biens de famille. Les débats orageux qui bientôt après s'élevèrent à Rome entre le nouveau pape Eugène 1V et les Colonne l'engagèrent à se transporter à Pavie : il y devint professeur d'éloquence, et compta parmi ses auditeurs Antoine Astesano, ou d'Asti, qui se dist par ses poésies latines , où il a consigné un souvenir de reconnaissance pour son maitre. A cette époque, Bartole enseignait le droit romain dans la même ville : le latin barbare des jurisconsultes offensait l'oreille de Valla, et il se permit de fréquentes plaisanteries contre le célèbre légiste : s'il faut en croire les invectives que le Pogge lança plus tard contre lui , les écoliers de Bartole, irrites par un pamphlet de Valla contre leur maître, voulurent se jeter sur lui, et l'auraient mis en pièces sans l'intervention d'Antoine de Palerme . Valla démentit ce fait en disant que l'affaire s'était réduite à une dispute entre Bartole et lui, ajoutant qu'au lieu de lui être utile, Antoine de Palerme s'était dès lors déclaré son ennemi. Quant au pamphlet, il nous a été conservé : c'est un des morceaux les plus piquants de l'auteur, à part les injures et la polémique sur le fond. Il y qualifie Bartole, Balde, Accurse, d'oies, qui ont succédé aux cygnes de la jurisprudence, tels que les Sulpitius, les Scazvola, les Paul, les Ulpien; ensuite il raconte avec beaucoup d'agrément une conversation qu'il eut avec un admirateur passionné de Bartole , qui exalte audessus des meilleurs ouvrages de Cicéron un traité du fameux jurisconsulte sur le blason : De insiyniis et arrois. Il passe ensuite à la réfutation des principes de l'ouvrage sur les figures, les couleurs, la position, etc., des armoiries. Cette critique , en forme de lettre au savant Candide Decembrio, est l'ouvrage d'une seule nuit. Ou la trouve dans les oeuvres de Valla et imprimée à part, Bâle, 1518 Mais ce premier combat n'était qu'un prélude à de plus animés. Au milieu d'une société encore à demi barbare, l'orgueil ,du savoir concentré entre quelques hommes ne connaissait aucune limite , et les fureurs de l'amourpropre irrité, aucun ménagement. Le bon goût et le sentiment des convenances sociales, qui ont depuis imposé plus de décence aux querelles littéraires, étaient à peu près inconnus. C'était beaucoup alors , et ce fut la gloire de Valla, d'y préparer les esprits par une intelligerue plus délicate des nuances d'une langue savante. 11 fallait d'abord polir la latinité . Peu de temps après le triomphe d'Alphonse, Valla partit de Naples et revint à Rome . Il sortait d'une cour ennemie des prétentions temporelles du StSiége : les conciles de Bâle et de Florence, qui venaient de finir, avaient ramené l'attention sur l'origine de ces prétentions : voulant en interroger les titres , il avait entrepris, dès 1440, un ouvrage trèsremarquable, qu'il intitula Declamatio de falso credita et mendia Constantini donatione. La prétendue donation de Rome faite aux papes par Constantin était alors hautement affirmée par les souverains pontifes, et le document apocryphe sur lequel on l'appuyait paraissait même étendre cette donation à toutes les provinces occidentales de l'empire : l'Italie, la Gaule, l'Espagne, la Germanie, la GrandeBretagne. Valla s'élève contre l'auteur obscur de cette absurde invention avec toute la véhémence qu'annonce son titre Deela-? natio, et toute l'âpreté de ses formes polémiques, le traitant d'imposteur, de scélérat, d'ignorant stupide, comme si c'eut été l'un de ses contemporains; mais aussi avec beaucoup de sens et une variété singulière dans les preuves qu'il accumule, sans oublier de relever, en passant, les locutions barbares que ce faussaire prête au grand Constantin. Ce qui est plus singulier encore pour l'époque, ce sont les maximes simples et fortes que l'auteur tire de l'Evangile sur l'empire spirituel et sur l'ambition sacerdotale, contre laquelle il semble vouloir exciter les empereurs d'Allemagne. C'en était plus qu'il ne fallait pour attirer sur lui la vengeance de la cour romaine. On sut qu'il venait de terminer cet ouvrage, dont il ne se cachait point, et pour lequel il ne déguisait pas sa prédilection : Quo zzihilnzagis oratoium scripsi, dit- il luimême dans une de ses lettres. Le pape et les cardinaux se réunirent pour procéder contre lui ; mais il en fut averti à temps, et s'enfuit déguisé vers Ostie, passa à Naples, puis à Barcelone, et revint à Naples pour la seconde fois. Là, malgré le bon accueil qu'il reçut d'Alphonse , sa hardiesse provoquante devait lui attirer de nouvelles tracasseries. 11 y avait alors un prédicateur trèssuivi à Naples, nominé Antoine de Bitonto, lequel prenait pour de l'éloquence l'habitude où il était de crier jusqu'à s'enrouer, suivant ce qu'en dit Valla ; ce dernier l'entendit, un jour de semaine sainte, enseigner à des enfants, dans une église, que le symbole des apôtres avait été composé par eux séparément, article par article; que Pierre ayant dit le premier : Credo in Deum patrem omnipotentem, André ajouta : Creatorem cœli et terra', et ainsi de suite pour les dix autres apôtres. Valla fut choqué de cette doctrine, qui , au reste, n'était pas tout à fait nouvelle. Il convint avec un de ses amis, alors présent à cette instruction, d'aller
  • Laurent WOLLIN( 1734 - 1818) : contreamiral suédois, naquit à Cimbritshamm , le 23 décembre 1734. Il commença ses études dans sa ville natale, et il les continua aux universités de Lund et d'Upsal. Désireux d'entrer dans la carrière maritime, il s'appliqua surtout aux sciences. Il y avait. peu de temps qu'il s'était engagé dans la marine, lorsqu'il dut faire partie d'une expédition dans la mer du Nord et dans la Méditerranée. Il se fit assez remarquer alors pour etre promu au grade de lieutenant. En 1760, il prit part à une autre expédition dans les mêmes parages et dirigée par l'amiral Trolle, qui lui confia le commandement d'un vaisseau. Revenu en Suède, Wollin devint lieutenant dans l'amirauté. En 1761. il prit une vaillante part au siège de Colberg. Major en 1766, il fut nommé lieutenantcolonel lors de la guerre entre la Suède et la Russie. C'était la récompense de sa valeureuse conduite à la bataille de Hogland. Commandant du !Aliment le Roertrison, le 26 juillet 1789, il eut à lutter contre la flotte ennemie. Il combattit avec la même bravoure, l'année suivante, à Revel, Cronstadt, Wiborg et Sveaborg. Il fut mémo fait prisonnier à cette dernière affaire. Les bol- tilités ayant enfin cessé, Wollin revint dans sa patrie. Il fut alors l'objet d'une nouvelle promotion et devint colonel. Enfin, en 1802, il fut élevé à la dignité de contreamiral. Wollin mourut le 29 novembre 1818. Cet officier général ne fut pas seulement un habile homme de guerre, il écrivit aussi d'importants ouvrages sur la science nautique. On a de lui : 1. un Traité sur la découverte de la direction des marais, ou la Vraie manière de trouver, pendant la course, par un triple sondage aux dierents lieux et temps, sur la même marque , la direction et la place des ma- rées ; 2. De lu farce et de l'et du vent sur les voiles, leurs proportions, leurs situations et leur structure pour produire une bonne course, et sur ce qui contribue surtout à la plus haute perfection des vaisseaux de guerre, montés d'après une rifle fixe. L. RL.
  • Laurent WOMOCK( 1612 - 1685) : prélat anglican, né à Norfolk en 1612, était fils de Laurent Womock, recteur de Lopham et de Fersfield . dans ce comté. En 1629, il fut admis en qualité de pensionnaire au collège de Corpus- Christi , dans l'université de Cambridge, et , au mois d'octobre suivant, élu boursier de la fondation de sir Nicolas Bacon. Il prit le degré de bachelier ès arts en 1632, fut ordonné diacre le 1 septembre 1634 et promu au grade de maitre ès arts en 1639. En 1642, il succéda à son père dans le rectorat de Lopham, mais il en fut expulsé par le comité de recherches de Norfolk à l'examen qui se fit alors de ceux des ministres que, dans les principes révolutionnaires , on appelait scan- daleux, parce qu'ils ne les partageaient pas. Il fut même emprisonné quelque temps après, à cause de ses opinions religieuses et de son attachetnent au roi Charles l. A la restauration, en 1660, et lorsque Charles II fut monté sur le trône, Womock fut à la fois nommé à l'ardudiaconat de Suffolk et à une prébende d'Ely. Deux ans après, il fut présenté au rectorat d'Horningsheath , dans le comté de Suffolk, et, en 1663, à celui de Botford, dans le même comté. Enfin, mais trop tard et sur la fin de sa vie , il fut nommé à l'évèché de StDavid ; nomination qui, vu le peu de temps qu'il eut à jouir de ce bénéfice, loin d' ètre avantageuse à sa famille, lui fut préjudiciable. Il mourut le 12 mars 1685 , âgé de 73 ans, et fut inhumé près des restes de sa fille unique, dans l'aile sud de l'église de SteMarguerite à Westminster. Sur un pilier voisin on lit une inscription consacrée à sa mémoire. Homme d'esprit et de savoir, aimant les li,res et possesseur d'une nombreuse et belle bibliothèque, Womock se distinguait par un attachement inviolable à la constitution religieuse et civile de son pays ; incapable de capituler avec les principes, et cordialement opposé à ceux des nonconformistes, il prit une part fort active aux controverses de son temps, et il s'y était fait la réputation d'un redoutable antagoniste. Outre ses sermons, il a publié plusieurs écrits dans le genre polémique. Les principaux sont 1° Beaten oyle for the lamps of the Sanctuary, c'est àdire Huile préparée pour les lampes du sanctuaire, en défense de la liturgie, Londres; 1641, ; 2° Examination of Tilenus, etc., Londres, 1658, itt- 8.; 3° drcana dogmatunz anti- remonstrantium, 1659, contre Baxter, Hickman et les calvinistes ; The result of false principles, dialogues, 1661, in4°, sans nom d'auteur ; 5° Uniformity re- asserted, Défense de l'unifor- mité, 1661 ; 6. The solemn league and covenant arraigned and condenzned, c'est-àdire le Covenant cité en jugement et condamné. Londres, 1661 7. 'Two let- ters containing a farther justification of the church of England , ou 'Lettres contenant une nouvelle et dernière justification de l'Eglise d'Angleterre, Londres, 1682 ; 8. Sufragium protestantium, etc., 1683
  • Laurent ZAMORA( 1500 - 1614) : théologien espagnol . né vers le milieu du 16° siècle à Ocana , dans le diocèse de Tolède, se distingua par sa piété, sa science et son zèle pour la discipline. Il appartenait à l'ordre de Cîteaux, dont il devint visiteur, et en cette qualité il enlreprit avec succès la réforme de plusieurs monastères de la Catalogne. Il avait été chargé, pendant quelque temps, d'enseigner la philosophie ; il signala ensuite dans un grand nombre de sermons trèssuivis ses talents pour la prédication , et ne cessa de s'y livrer que dans un âge avancé. Il mourut, accablé d'infirmités , en 1614. Nicolas Antonio, qui célèbre pompeusement le savoir et l'éloquence de ce religieux , donne en détail les titres des diverses parties d'un grand ouvrage qu'il publia successivement sous ce titre général : Alonarquia mystica de la Iglesia hecha de Geroglyphicos sacados de humanas y divinas letras. La première partie de cet ouvrage, où sont répandues avec profusion les richesses de la littérature profane appliquée aux doctrines théologiques, traite Du chef visible et du chef' invisible de l'Eglise , et elle est précédée d'une Apologie des lettres humaines, Madrid, 1594 et 1 614 , ; Valence, 160i ; la deuxième De la chute de la nature humaine, Alcala , 1603; Madrid , 1611; la troisième Des mérites de la sainte Vierge, Barcelone, 1614; Madrid , 1617; les quatrième, cinquième et sixième De la conservation , de la constitution et des personnages les plus illustres de l'Eylise, Valence, 1606 ; Madrid, 609 ; Barcelone , 1 61 i , ; enfin la septième: Des armes défensives et offensives que Jésus- Christ a laissées à son Eglise , 2 vol. On a du même un poënie en vers héroïques intitulé La Saguntina, composé à l'époque de sa première jeunesse, Alcala , 1587 , et Madrid, 1 607 On peut consulter Nie. Antonio pour quelques autres ouvrages publiés par Laurent Zamora
  • Laurent ZELWEGER( 1710) : médecin et agronome, né vers 1710, dans le canton d'Appenzel, fut l'un des premiers membres de la société fondée vers le milieu du 18° siècle à Zurich pour travailler aux progrès de l'économie rurale et des sciences physiques. Il a publié dans le recueil de cette société Kurze Beschreibung der alcern- art, etc., courte description du mode de culture établi dans le canton d'Appenzel, t. 1 , p. 115; Versuch einiger, etc., recueil d'observations physiques et médicales, t. 2, p. 308. Ces deux mémoires, curieux et instructifs, prouvent des connaissances étendues et un grand zèle pour le bien public. Zelweger s'occupait d'une Description détaillée du canton d'Appenzel; mais il n'eut pas le loisir de mettre la dernière main à ce gràiid travail. Haller fils le cite avec éloge dans le Catalogue des auteurs qui ont traité de l'histoire naturelle de la Suisse. Voyez les Acta Helvetica Basileensia, t. 7 p
  • Laurent BAFFIE( 1958) : animateur
  • Laurent BIONDI : cycliste
  • Laurent BLANC : footballeur
  • Laurent BOYER : animateur
  • Laurent BROCHARD : cycliste
  • Laurent BROOMHEAD : Présentateur TV
  • Laurent CHALUMEAU : auteur
  • LAURENT DE BELGIQUE : Prince Héritier
  • Laurent de Medicis : dit "le Magnifique", seigneur de Florence, prince de la Renaissance, poète, protecteur des artistes, des savants, et fondateur de l'Académie laurentienne
  • Laurent Fabius : homme politique français
  • Laurent FIGNON( 1960) : cycliste
  • Laurent FOURNIER : footballeur
  • Laurent GARNIER : compositeur, DJ français
  • Laurent GERRA( 1967) : Humoriste
  • Laurent HEYNEMANN : réalisateur français "La vieille qui marchait dans la mer"
  • Laurent JALABERT : cycliste
  • Laurent MALLET : acteur
  • Laurent ROMEJKO : animateur TV
  • Laurent RUQUIER : TV
  • Laurent TERZIEFF : Comédien
  • Laurent VOULZY( 1948) : chanteur, compositeur français

Laurent année par année

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