Le prénom Jules Masculin

Origine :

Fête :

12 Avril

Signification de Jules

Les Jules sont connus pour leur sens du devoir. Ils ne fuient jamais leurs responsabilités et font tout ce qui est en leur pouvoir pour honorer leur parole. Ils sont connus pour être d’infatigables travailleurs. Ils ne baissent pas facilement les bras même s’ils font face à des problèmes de taille. Grâce à leur persévérance, ils parviennent toujours à venir à bout des obstacles qu’ils rencontrent. Têtus, il arrive qu’ils s’acharnent sur des projets qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir mener à terme. Le prénom « Jules » est célébré le 12 avril en l’honneur du pape Jules 1er. Il est également porté par de nombreuses personnalités notamment l’illustre Jules César, général et empereur, Jules Verne, écrivain, Jules Isaac, historien, et Jules Ferry, politicien.

Personnalité de Jules

Ce sont des réalistes qui ont les pieds sur terre et qui ne changent pas facilement d'opinion. Têtus, ils sont aussi boudeurs et coléreux, mais ils ont le coeur sur la main. Ils aiment la compétition et doivent gagner coûte que coûte. Intelligents, travailleurs, chanceux, ils ont tous les atouts pour réussir. Ils aiment prendre la défense des plus faibles et combattre l'injustice énergiquement. Ce sont aussi de bons vivants.

Provenance du prénom Jules

Histoire de Jules

Etymologie de Jules

Les Jules célèbres

  • Jules AGOSTI : de Reggio , mort très - jeune en 1704. On a , Cianippe , 1701), et un oratorio des Larmes de Marie pendant la passion de Jésus- Christ. Apostolo Zeno, après avoir lu le premier acte ( le Cianippe, en a loué le style dans une de ses lettres, et a témoigné le plus grand regret de la mort prématurée de l'auteur
  • Jules ALBERONI( 1664 - 1752) : cardinal et ministre d'État, était fils d'un jardinier. Il naquit le 30 mars 1664, à Firuenzola, village du Parmesan, reçut l'éducation nécessaire pour entrer dans l'état ecclésiastique, et commença par être clercsonneur à la cathédrale de Plaisance. Sa fortune rapide a donné lieu à des anecdotes apocryphes, recueillies sans examen par quelques biographes, et que nous ne réfuterons que par un récit plus exact. Doué d'une rare intelligence, Alberoni devint, en peu de temps, chanoine de Parme, chapelain et favori du comte de Roncovieri, évêque de StDonnin. Lorsque le duc de Parme envoya ce prélat auprès du due de Vendôme, commandant en Italie les armées françaises, Alberoni l'accompagna, et fut admis auprès du général fran-çais, qui goûta son esprit vif et enjoué, devint sort protecteur, l'emmena en France et à l'armée d'Es- pagne, où il le chargea de commissions secrètes pour Philippe V, auquel il le fit connaî tre avantageusement. Après la mort du duc de Vendôme , Alberoni revint en France, et ce fut à Paris que le duc de Parme, son souverain, lui adressa l'ordre de se rendre à Madrid, pour y résider comme son agent politique. La célèbre princesse des TJrsins était alors toutepuissante par ses intrigues ; Alberoni forma le projet de la supplanter et de gouverner l'Espagne à sa place. Ce fut dans ce but qu'il négocia, à l'insu de la favorite, le mariage de Philippe V avec Elisabeth Farnèse, héritière de Parme. Ses mesures furent si bien combinées, que la princesse des Ursins n'apprit qu'avec toute la cour l'événement qui allait renverser tout son crédit. Alberoni sut exciter avec tant d'adresse la jalousie de la nouvelle reine contre la favorite, qu'il la fit exiler ; il obtint toute la confiance d'Elisabeth, et fut nommé, successivement, premier ministre, cardinal et grand du royaume. Arbitre de l'Espagne , il entreprit, dès 1715, de lui rendre son ancien éclat ; se montrant digne de son élévation, il rétablit l'autorité du roi, réforma les abus, créa une marine, organisa l'armée espagnole comme celle de France, et, enfin, rendit ce royaume plus puissant qu'il ne l'avait été depuis Philippe H. Il s'occupa ensuite à réaliser les vastes plans qu'il avait conçus pour rendre à l'Espagne tout ce qu'elle avait perdu en Italie, à commencer par la Sardaigne et la Sicile ; et, trompant les puissances de l'Europe, et nommément le pape, sur le but de ses armements, il chercha d'abord, par des négociations secrètes avec les princes d'Italie , à ruiner, dans cette contrée , la puissance de l'Autriche ; mais, contrarié par le duc d'Orléans, régent de France, il vit avec douleur ce prince renoncer à l'alliance de l'Espagne, pour s'unir à l'Angleterre. La quadruple union , sourdement préparée entre ces deux puissances, la Hollande et l'Empire, ne changea point ses résolutions; il se contenta de couvrir ses projets d'un voile impénétrable, et de méditer en silence les moyens dont il pourrait se servir pour se venger à la fois du régent et du roi d'Angleterre. Bientôt il lève hardiment le masque, attaque l'Empereur, lui enlève la Sardaigne, envahit la Sicile, et fait triompher de nouveau la marine espagnole; ces succès encourageant son ambition, il rejette les ouvertures que l'ambassadeur anglais Stanhope vient lui faire à Madrid. Mais la fortune ne seconda pas ses vastes desseins : la flotte anglaise, aux ordres de l'amiral Byng, détruisit l'escadre espagnole à la hauteur de Syracuse. Alberoni, loin d'être abattu par ce désastre, travailla avec une nouvelle ardeur à rassembler d'autres armées de terre et de mer, sans s'effrayer de la difficulté de soutenir la guerre contt e lest trois plus grandes puissances de l'Europe. Ses plans, conduits habilement et avec beaucoup de secret, tendirent dès lors à opposer une coalition à celle qui venait de se former contre l'Espagne, et à unir cette puissance avec la Russie, la Suède et la Porte Ottomane. Déjà il avait contribué au rapprochement de Pierre le Grand et de Charles XII, si obstinés dans leur haine ; déjà le prince Ragotski , encouragé par l'or et les promesses du cardinal, se préparait à exciter une guerre civile en Hongrie avec le secours des Turcs; et enfin une conspiration audacieuse, fomentée en France par ordre d'Alberoni et conduite par Cellamare, n'attendait plus que les derniers ordres de Madrid pour renverser le duc d'Orléans et déférer la couronne à Philippe V, lorsque le secret fut révélé au cardinal Dubois. Le régent s'unit alors encore plus étroitement au roi d'Angleterre, et déclara la guerre à l'Espagne, en 1719, après avoir exposé, dans un manifeste, les du cardinal italien. Alberoni ne fut point effrayé de ces attaques personnelles, ni de la mort inopinée de Charles XII, qui lui faisait perdre l'espérance d'une utile diversion. Résolu de soutenir une lutte inégale, il brava la quadruple alliance, et suivit avec courage le projet de détrôner Georges Pr, et d'exciter une guerre civile en France. Mais une tentative que fit le Prétendant en Angleterre échoua ; une armée française, après avoir franchi les Pyrénées, s'empara de StSébastien et de Fontarabie; Alberoni marcha, avec Philippe V, à la défense des frontières, moins pour repousser les Français par la force des armes, que dans l'espoir de les entrainer à une défection contre leurs chefs : ses tentatives furent sans succès. Tandis que la constance de Philippe était ébranlée par tant de pertes arrivées coup sur coup, et par la crainte de voir l'ennemi pénétrer jusqu'au coeur de l'Espagne, il fit inutilement des propositions de paix : le renvoi d'Alberoni fut la première condition imposée par l'Angleterre et la France. La reine, à l'instigation de Laura, sa nourrice, gagnée par le régent, abandonna le ministre, qui reçut, le 5 décembre 1719, l'ordre de sortir dans vingtquatre heures de Madrid, et dans quinze jours du royaume. Livré, par l'ingratitude de son roi, à toute la haine que lui avaient vouée les puissances de l'Europe, Alberoni ne savait pas où se retirer. Borne, refuge ordinaire des princes de l'Église, ne lui offrait pas mème un asile assuré. Il n'était pas encore au delà des Pyrénées, qu'on attaqua sa voiture ; un de ses domestiques fut tué, et luimème, pour échapper à une bande d'assassins apostés, fut obligé de se travestir et de continuer son voyage à pied. On prétend que la cour d'Espagne s'aperçut qu'Alberoni emportait le testament par lequel Charles II avait institué Philippe V héritier de la monarchie, et qu'il fallut user de violence pour obliger le ministre disgracié à rendre ce titre précieux, dont il aurait pu se servir pour gagner la confiance de l'Autriche. Il traversa le midi de la France, escorté par un officier chargé de le surveiller, et d'empècher qu'on lui rendit aucun honneur. Arrivé aux frontières de Gènes, il erra (l'abord sous un nom supposé, n'osant s'exposer au ressentiment de Clément XI, qu'il avait trompé, pour obtenir de lui le chapeau de cardinal, et qui menaçait de lui faire son procès. Fatigué d'une vie si pénible, Alberoni hasarda de fixer sa résidence à Sestri di Levante, dans le territoire de Gènes; mais il y fut bientôt arrèté, à la sollicitation du pape et de Philippe V, qui se joignit à ses persécuteurs. Cette ligue des potentats de l'Europe contre le fils d'un paysan obscur est bien digne de remarque, et elle a beaucoup con, ibué à la renommée et à la gloire d'Alberoni. honteux d'avoir violé le droit des gens à son égard, les Génois lui rendirent la liberté, et la mort du pape Clément mit enfin un terme à cette longue persécution. Il ne quitta sa retraite que pour se rendre au conclave, après la mort de Clément XI. Innocent XIII le fit juger légalement ; le libertinage de sa vie privée fut au nombre des accusations qu'on fit peser sur lui ; il fut condamné à quatre années de réclusion dans un couvent ; mais sa peine fut réduite à une année, qu'il passa dans la maison des jésuites; enfin, il fut entièrement absous, dans un consistoire du 20 décembre 17Z, rétabli dans tous les droits de sa dignité de rardinal, et il reparut de nouveau sur la scène politique. Nommé légat du saintsiége dans la *Romagne, en 1758, il y apporta cet esprit inquiet et remuant auquel il avait dù sa fortune et ses malheurs. Ce fut pendant cette légation qu'il forma l'entreprise de réunir aux États du pape la petite république de StMarin, entreprise qui réussit d'abord, et eut ensuite le mème sort que tous les projets gigantesques qui avaient occupé Alberoni pendant son ministère; ce qui lit dire à Benoit XIV : ci Alberoni ressemble à « un gourmand qui, après avoir bien (line, aurait « envie d'un morceau de pain bis. s Telles furent néanmoins les vicissitudes de la fortune de cet homme extraordinaire, et l'admiration que son génie excita, que, dans plus d'une élection, il ne lui manqua que peu de voix pour parvenir au trône pontifical. Il mourut le 26 juin 1752, à 87 ans, avec la réputation d'un ministre plus intrigant que politique, aussi ambitieux que Richelieu, aussi souple que Mazarin, mais plus imprévoyant et moins profond que l'un et l'autre. Tel est du moins le jugement qu'en ont porté la plupart des écrivains français, soit qu'ils n'aient jugé que d'après les événements, soit que la prévention les ait rendus injustes à l'égard d'un ministre qui s'était montré ennemi de la France. Mais, si l'on considère qu'Alberoni rendit en peu d'années à la monarchie espagnole une grande partie de son ancien éclat ; qu'au milieu rame de la multitude et de l'étendue de ses desseins, son génie, qui embrassait tous les genres d'administration, établit des règlement, favorables à l'agriculture, aux arts, au commerce ; qu'il n'oublia rien pour inspirer aux Espagnols l'activité et l'amour du travail, tandis qu'il s'efforçait de rétablir au dehors leur ancienne réputation de valeur ; si l'on considère enfin que la fortune le trahit, et qu'il ne dut le renversement de ses projets qu'à l'indiscrétion d'un de ses agents, on doit convenir qu'il ne lui manqua, pour se placer à côté des Ximenez et des Richelieu, que le succès qui justifie tout, et qui dépend plus souvent du hasard que des combinaisons du génie. Le Testament politique, publié sous son nom, après sa mort, comme traduit de l'italien, ne lui appartient pas ; cet écrit est de Durey de Morsen ; Maubert de Gouvest n'en est que l'éditeur. J. Rousset a écrit la Vie d'Alberoni depuis sa naissance jusqu'au commencement de l'an- née 1719; 1719 L'ouvrage est anonyme, et annoncé comme traduit de l'espagnol
  • Jules ALEXANDRINI DE NEUSTAIN( 1500 - 1590) : né à Trente , dans le 16e siècle , successivement médecin des empereurs CharlesQuint , Ferdinand I" et ° Maximilien II. Ce dernier, prince valétudinaire, le combla de bienfaits et de grands honneurs , et lui 1 permit même de les transmettre à ses enfants, quoiqu'ils ne fussent pas légitimes. Alexandrini mourut dans sa patrie, vers 1590, à l'âge de 84 ans. Ses ou-à 'grages, écrits tantôt en vers , tantôt en prose, sont, pour la plupart, des commentaires de Galien. 11 a laissé de plus un ouvrage sur l'hygiène : Salubrim, Isive de Sanitate tuenda libri triginta tres, Colonice, 1573 ; un autre, sur l'éducation des enfants : Pcedotrophia, Tiguri, 1559 en vers ; un autre, sur la philosophie de la médecine : de Medicina et Melk° Dialogus, Tiguri, 1559 ; enfin des commentaires sur les livres des Esprits animaux d'Actuarius , et son Methodus medendi , Venise, 45:i4 Dans tous ces écrits, Alexandrini fait lipreuve d'un bon esprit, et, le premier, il indique le rapport interne qui existe entre les mouvements eude l'àmc et l'organisation du corps
  • Jules BALLINO : avocat et littérateur vénitien, qui Ilorissait après la moitié du 16e siècle, et qui vivait encore en I 59'2 , a laissé des traductions italiennes, assez estimées, de plusieurs ouvrages grecs : 1° Vita di Mosè composta da Filone ebreo , Venise, 1560 2° Trattato di Plutarco dell' Amor de' genitori verso i figliuoli, Venise, 1564 5. la « Morale Filosofia brevemente descritta per due filosofi, Epittelo stoico e Aristotile peripatetico, Venise , 1564-1565 ; Rome , 1689 : le traité cidessus est réimprimé dans cette édition ; 40 Trattato d'Aristotile della Virlu e de' Vizii, Venise, 1'565 , 5. le Prediche del gran , arcivescovo di Cesarea , etc., Venise, 1566 6° 11 a aussi publié la première partie d'un ouvrage intitulé : Disegni delle pitt illustri Cilla e Fortezze del mondo, con zona bret'e istoria delle origini ed accidenti loro, Venise, 1560, Ce volume ne contient que cinquante villes ; les dessins gravés sont médiocres, et les notes sèches et insignifiantes. Il est à croire que le peu de succès qu'obtint cette première partie détourna Ballinot de continuer l'ouvrage
  • Jules BARTOLOCCI( 1613 - 1687) : savant religieux italien de l'ordre de StBernard, naquit en 1615, à Celano, dans l'Abruzze, passa la plus grande partie de sa vie à professer la langue hébraïque et rabbinique au collége de la Sapience à Rome, fut attaché en cette qualité à la bibliothèque du Vatican, devint abbé de StBernard, et mourut d'apoplexie, le 1 er novembre 1687. Bartolocci est connu par sa Bibliotheca magna rabbinica, etc., Rome, 1675-93, 4 vol. dont les trois premiers parurent de son vivant, et le 4', resté imparfait, fut continué par son disciple Imbonati, qui, pour perfectionner le plan de son maitre, publia en 1694 un 5e volume sous le titre de Bibliotheca lalino- hebraica , etc. L'ouvrage de Bartolocci lui avait coûté vingtcinq ans de travail Il offre le recueil le plus complet qu'on ait en extraits de livres des rabbins, tant manuscrits qu'imprimés ; mais il pèche par défaut de critique, et même de jugement; car l'auteur s'y arrête à réfuter sérieusement une infinité de rêveries juives dont l'absurdité est palpable, tandis qu'il passe légèrement sur des choses qui auraient mérité un examen approfondi. Cependant l'ouvrage est recherché, parce qu'on y trouve bien des notices curieuses qui ne sont point ailleurs. Ce qu'il contient de bon aurait pu être renfermé dans un seul volume. J.Ch. Wolf en a beaucoup profité pour sa Bibliotheca hebrœa. Bartolocci a composé encore un commentaire sur le livre de Tobie
  • Jules BELLI : de Capo d'Istria, secrétaire du cardinal de Dietriclistein , en Moravie , a publié : 1° Hernies politicus, sive de peregrinatoria prudentia libri Ires, Francfort , 1608 On lui attribue aussi des commentaires en 12 livres sur la guerre qui eut lieu de son temps en Allemagne , intitulés : Laurea Austriaca. Ce titre seul annonce que le reproche qu'on lui a fait d'avoir montré de la partialité pour l'Empereur n'était pas injuste ; niais d'autres pensent que cet ouvrage est de Nicolas Belli, et la traduction allemande porte le nom de ce dernier. — Nous citerons encore deux personnages de cc nom, l'un écrivain politique, l'autre orateur, que l'on a confondus sous le nom de Nicolas Bello. Nicolas BELLI, l'écrivain politique, dont on ignore la patrie, vivait vers le commencement du 17e siècle. On a de lui : 1° une traduction latine de la Piazza universale, de Garzoni, sous le titre de Emporium universale, Francfort, 1614 ; Dissertations cm de statu imperiorum, regnorum, etc., t. 4, Cologne, 1610 et Francfort , 1615 — Nicolas BELLI , l'orateur, était de Mazzara , en Sicile, et d'un ordre religieux de prètres hospitaliers ; il vivait dans la seconde moitié du 17° siècle. 11 prêcha avec un grand succès pendant le carème, dans la cathédrale de Palerme, et dans plusieurs autres endroits. Il fut supérieur clans différentes maisons de son ordre, et spécialement à Boute, oit il fut aussi de la congrégation de l'index. On a de lui deux volumes de panégyriques , le 1" imprimé à Rome , 1669 , le 2', ibid., 1672
  • Jules BONASONI( 1400 - 1564) : peintre et graveur à l'eauforte et au burin, né à Bologne à la lin du 15° siècle, mourut à Rome vers 1564. 11 fut élève, pour la pe de Laurent Sabbatini, et pour la gravure, il chercha à imiter la manière de MarcAntoine Raimondi, et y réussit assez bien. Cet artiste a gravé d'après Itaphaél, MichelAnge, Jules Romain et autres maitres les plus célèbres. Il a exécuté beaucoup de sujets d'après ses compositions. Il est connu aussi sous le nom de Jules Bolognèse. P—E,
  • Jules BONNAFOX DE MALET : qui a joui de quelque célébrité à Paris , où il est mort le 29 novembre 1817, et a publié : 1° Traité sur la nature et le traitement de la phthisie pulmonaire, Paris, 1805 ; 2° Mémoire sur le croup, Paris, 1812
  • Jules CAMILLO( 1479) : surnommé Delminio, d'une ville de Dalmatie, dont sa famille était originaire, naquit dans le Frioul vers 1479. Après avoir terminé ses études, il enseigna la logique à Bologne avec quelque réputation. Il vint ensuite en France, où il présenta à François 1" un meuble divisé en un grand nombre de tiroirs, chacun desquels renfermait une règle de l'éloquence, avec les passages de Cicéron, de Quintilien et des autres rhéteurs qui y avaient rapport. François ler loua cette invention plus bizarre qu'utile, et qui prouvait plus de patience que de goût, l'exhorta à continuer ce travail, et lui donna 500 ducats pour l'y engager. Camillo, diton, était plus versé dans les langues orientales que dans la langue grecque, et avait plus étudié les prétendues sciences cabalistiques qu'il ne convient à un homme raisonnable. Il ne manquait cependant pas de talent. Le Ghilini assure que ses productions en vers et en prose peuvent aller de pair avec celles des plus fameux écrivains. Le Crescimbeni n'en parle pas si avantageusement, et il prétend que Camillo était plus propre à enseigner les préceptes de l'art d'écrire qu'à les mettre luimine en pratique. Ses oeuvres, en prose et en vers, recueillies par Thomas Porcacchi, ont été imprimées à Venise, 1552, 1579, 1581 et 1584 ; mais ce volume ne renferme pas tous les écrits de Camillo. On cite encore de lui : jo Due Trattati : l'uno delle materie che possono venir sotto lo aile dell' eloquente; tro della imitazione, Venise, 1514 ; 2. le Idee overo forme della orazione da Ermogene consi- derate e ridotte in lingua italiana, Udine, 1594 50 Ariificio dello scrivere, e giudicare le ben scritte orazioni, Venise, 1602 P ; 40 Modo di ben mare, e del compor le orazioni, etc., Venise, 1608, in 4° ; 50 Idea del theatro, Florence, 1550 Les poésies latines de Camillo se trouvent dans les Delicioe Poetarum ltalorum. Il mourut vers 1550, âgé de 71 ans
  • Jules CAPITOLIN : historien romain des 5e et 4° siècles de J.C., est l'un des écrivains de l'histoire auguste. Jules Capitolin a laissé les vies d'Antonin le Pieux, de MarcAntonin le philosophe , de Lucius Vérus, de Pertinax , d'Albin, de Macrin, des deux Maxime, de Maximin le Jeune, des trois Gordien, de Maxime et Balbin, qui sont imprimées avec les œuvres de Spartien. Les autres vies qu'avait composées Capitolin ne sont pas venues jusqu'à nous. La plupart des écrits de Capitolin sout dédiés à Dioclétien et à Constantin. J.G. Muller a publié : Dissertatio de Julio Capitolina, Altorf, 1689 Balthasar Bonifacio, dans ses additions au Judicium de historicis qui res Roman. seripserunt, blàme Charles Sigonio d'avoir reproché trop durement à Capitolin l'incorrection de son style, et les détails dans lesquels il entre : « C'est, ditil, être juste envers un écrivain qui mérite notre recon-« naissance; car il est quelquefoisutile de connaître « les détails, surtout lorsqu'il s'agit de grands « hommes, dont les moindres discours ou les par-« ticularités de leur vie privée sont toujours dignes « d'ètre conservés. » Il a été traduit en français, ainsi que les autres auteurs de l'histoire auguste, par G. de Moulines. Corneille CAPITOLIN, auteur du 3" siècle, dont nous n'avons aucun écrit, est cité par Trébellius Pollion, dans sa Vie d'Odenat, qui fait partie de ses Trente Tyrans. A
  • Jules CARPIONI( 1611 - 1674) : peintre et graveur, né à Venise en 1611. Les leçons de son maitre, Alexandre Varotari, dit le Padouan, lui firent faire des progrès sensibles dans la peinture, surtout dans le genre des bacchanales, des danses, et autres sujets de caprice, dans lequel il réussit beaucoup mieux que tous ceux qui l'avaient précédé. Après avoir parcouru les principales villes d'Italie, où il laissa un grand nombre de ses productions, recherchées et estimées des amateurs, il se fixa à Vérone, où il mourut en 1674. 11 a gravé à l'eauforte plusieurs sujets de sa composition, entre autres, Jésus- Christ au jardin des Olives, et un Repos en Egypte
  • Jules CASSERIO : médecin, né à Plaisance, d'une famille obscure, vint à Padoue pour y chercher des moyens de subsistance, et fut d'abord domestique de Fabricio d'Aquapendente, qui , lui ayant reconnu d'heureuses dispositions, l'instruisit dans son art, et le lit recevoir docteur en médecine et en chirurgie à l'université de Padoue. Il s'acquit de la réputation, et mérita d'étre nommé, en 1609, par le sénat de Venise, à la place de professeur en chirurgie, que Fabricio était obligé de quitter à cause de son grand àge. 11 mourut à Padoue, en 1616, âgé de 60 ans. On lui doit : 1. de Vocis ditusque Organis , historia anatornica, Ferrare et Venise, 1600 avec 33 planches. Des deux traités dont cet ouvrage se compose, le premier, relatif aux organes de la voix, a été réimprimé seul à Ferrare, en 1601 Outre la description exacte du larynx, on y trouve des détails sur l'opération de la bronchotomie, que l'auteur nomme laryngotomie. Le second traité offre la comparaison des organes de Fouie dans l'homme adulte, le ftetus humain et plusieurs animaux. 2. Pentœstheseion, hoc est de quinque sensibus liber, organorum fa- bricam, actionem et usina continens, Venise, 1609, 4627 ; Francfort, 1609, 1610, 1612 ibid., 1652 Il y en a aussi une édition de 1622, sous ce titre : Nova Anatomie, coniinens ac- curalam organorum sensilium, tant humanorum, quant animalium brutorum, et delineationem figuris 17ines novo, nec ontehac vises, Venise, 1627 Francfort, 1652 et 1656 Amsterdam, 1645, ; en allemand, 1707 Ces planches, qu'on a trouvées après la mort de l'auteur, dit Carrère, ont été publiées par Daniel Bucretius, qui en a joint quelquesunes de lui, et y a ajouté des explications. Les os, les muscles, les nerfs, les viscères on font le sujet, Il y en a quelquesunes que l'auteur a prises ou imitées de Coiter d'Ingrassias, de Valverda, de Vesale, d'Eustachi, de Pineau, ete. 4' Tabula3 de formata feu, Amsterdam, 1645 Ces planches sont assez estimées; on n'y trouve pas cependant les parties qui appartiennent exclusivement au talus, comme le thymus, le canal artériel, le trou ovale. On doit à Casserio la découverte du muscle externe du marteau, situé à l'intérieur de l'oreille. Le muscle connu sous le nom de perforé de Casserius, et qui appartient au bras, avait déjà été décrit par Fallope. On trouve une notice sur la vie et les ouvrages de Casserio dans le Bibliographiœ anatomicce Speci- men de Jacques Douglas, Londres, 17 IZi et Leyde, 1754
  • Jules CASSIEN : hérésiarque du 2° siècle, chef, ou du moins principal apôtre des docétistes. On ne sait pas précisément l'époque de sa naissance ni celle de sa mort ; mais le docteur Cave prouve qu'il dogmat;sait vers 174. Comme la plupart des hérétiques de ce tempslà, il avait puisé sa doctrine dans la philosophie de Platon. Il enseignait que du Dieu suprème était émanée une intelligence parfaite, qui, s'étant révélée aux hommes, telle avait communiqué des moyens de salut niais comme il ne pouvait concevoir que l'intelligence divine se fùt unie à une portion de matière, et eilt participé à toutes les infirmités de la nature humaine, il imagina qu'elle no s'était unie qu'à composé mixte d'une. substance céleste, et de tout ce qu'il y a de plus subtil dans la matière; de sorte que le fils de Dieu n'avait pris que les apparences d'un corps humain. Quoique Cassien rejetât l'Ancien Testament, comme ne le croyant pas l'ouvrage ' de Dieu, il ne laissait pas de prendre avantage des fréquentes apparitions d'anges dont il est fait mention dans le Pentateuque. Il tirait également parti des divers endroits du Nouveau Testament où il est dit que JésusChrist se rendait invisible, qu'il mardiait sur les eaux, et pénétrait à travers des portes fermées, pour en conclure qu'il n'avait point un corps réel. Ce système, qui faisait disparaître le scandale et la folie de la croix,_ et qui paraissait assez assorti aux transformations que les juifs croyaient apercevoir dans leur histoire, et aux métamorphoses que les païens trouvaient dans leurs fables religieuses, fit des progrès en Asie parmi les savants et parmi les grands. Cassien avait composé des commentaires où il soutenait que la philosophie des Hébreux était plus ancienne que celle de tous les autres philosophes, et un traité sur la Con- tinence, où il condamnait l'usage du mariage. Ses disciples y ajoutèrent de faux actes, pour les Substi- tuer à l'histoire des évangélistes et des autres écrits apostoliques
  • Jules CHIFFLET( 1610) : fils aîné de Jean- Jacques, né à Besançon, vers 1610, fut envoyé an collége de Louvain , où il eut pour maitre Henri Dupuis. De retour en FrancheComté , il se fit recevoir docteur en droit à l'université de Dôle , et quelque temps après il obtint un canonicat à la cathédrale de Besançon. Philippe 1V le nomma, en 1618, chancelier de l'ordre de la Toison d'or, et , en récompense du zèle qu'il avait montré dans cette place, il lui donna l'abbaye de Balerne , après la mort de son oncle Philippe. Jules Chifflet fut nommé, en 1658, conseillerclerc au parlement de Dôle , et mourut en cette ville, le 8 juillet 1676, âgé de 66 ans. On lui doit : 1° Histoire du bon chevalier Jacques de Lalain, Bruxelles, 1634 L'auteur de cette histoire est George Châtelain. Jules Chifflet la fit imprimer sur un manuscrit qui se trouvait dans la bibliothèque de son père, et l'enrichit d'une préface qui contient des particularités curieuses sur Châtelain. 2° Voyage de don Ferdinand, cardinal infant, depuis Madrid à Bruxelles , traduit en français , de l'espagnol de don Diego Haedo y Gallart , Anvers , 1635 30 Audomarum obsessum et liberatum, Anvers, 1640 C'est une relation du siège de St Opter par les Français , en 1658. 4° Crux Andreana victrix sett de cilice Burgundica , coelitus in Ariensi obsidione visa, Anvers, 1642 Chifflet assure, dans cet ouvrage, qu'en 164•, pendant le siège d'Air, on vit dans le ciel une croix de StAndré , placée audessus d'une croix française , et que ce miracle releva le courage des assiégés qui repoussèrent l'ennemi. 5° Traité de la maison de Rye, fi ' tes Marques d'h6n- lieur de la maison de l'assis, Anvers, 16-15 7° A ula sacra principum Belgii, Anvers, 1650 C'est l'histoire de la SteChapelle des ducs de Flandre. 8° Advis de droit sur la nomination de l'archevêché de Besançon, en faveur de Sa Majesté, Dôle, 1665 9° Breviarium ordinis Velleris aurei, Anvers , 1652 réimprimé dans la Jurisprudentia heroica de Chrystin , chancelier de Brabant, Bruxelles , 1668 il ne faut pas confondre cette histoire de la Toison d'or avec le Blason dcs chevaliers de cet ordre fameux, donné par J.J. Clri fflet
  • Jules FULIGATTI( 1549 - 1633) : jésuite italien, né à Cesène vers l'an 1549. Après avoir parcouru la carrière de l'enseignement, il se voua à la prédication et à la direction des aines, entremélant ses occupations de travaux relatifs aux sciences. Étant, à l'àge . - Jacques FULIGATTI , jésuite, né à Rome, entra dans la société en 1595, et courut la carrière de la chaire. Après avoir préché dans la plupan des villes d'Italie , il revint à Rome , et y mourut le 13 novembre 1653 , après avoir composé plusieurs ouvrages en italien et en' latin. On a de lui : 10 Vita di Roberto Bellarmin° cardinale , Rome, 1624 Cette vie fut traduite en latin et publiée avec des augmentations par Silvestre Petra- 1 Sancta, Liége , 1626, in4". Pierre Morin a donné de cette même vie une traduction française imprimée à Paris , 1625 e La vie de Pierre Canisius, jésuite, aussi en italien, Rome, 1649 3. la Vie de Bernardin Reatino , Viterbe, 1744 4. la Vie de Ste- Élisabeth , reine de Portugal; 50 line édition des Lettres de Bellarmin; 6° Compendio della vita di S. Francesco Xaverio , Rome , 1637
  • Jules GABRIELLI( 1748) : cardinal , évé juillet. 1748, d'une famille ' princière , était un homme d'opinions fermes et généreuses. Au moment où le pape Pie VII se vit enlever le cardinal Joseph Doria, son pro, secrétaire d'État que le général Miollis renvoya à Gènes, sous prétexte que la famille de ce ordinal était originaire de cette ville, il imuma pour le remplacer le cardinal Gabrielli. Cette nomination eut lieu le 27 mars. Le jour même de son entrée en fonctions il écrivit aux ministres étrangers résidant à Rome, à propos de l'ordre d'exil prononcé contre quatorze cardinaux : Le Saint-« père ne peut plus ignorer qu'on veut nonsen-« 'ment détruire sa souveraineté temporelle c, « qui fut pour Rome le temps subversif des pr « cipes les plus saints. Jamais ancun prince sécu- « lier qui protée la religion catholique n'est allé « jusqu'à obliger les cardinaux à rentrer dans leur « propre pays, sous prétexte els sont sujets de ,, Le 11 avril , le cardinal annonce à M. Lefebvre, chargé d'affaires de France, que le SaintPère a changé la cocarde de ses troupes, et que le gouvernement pontifical agit ainsi pour prouver qu'il ne reconnalt plus pour sienne celle que portait sa troupe incorporée à une armée étrangère. Le EI avril, le cardinal, dont toutes les paroles étaient aussi nobles que prophétiques, s'adresse au méme M. Lefebvre « Le SaintPère ne se règle pas sur des considéa rations humaines, mais sur sa conscience; ses « devoirs et sa conscience l'ont empêché de cou-'t sentir à la fédération ; ils l'empêchent même de a consentir à la ligue offensive et défensive qui ne diffère guère de la fédération que par le nom, « puisque de sa nature elle n'excepte aucun prince , ce cardinal fut conduit en France; il n'assista pas au mariage religieux de Napoléon, et conformément à l'avis de Fouché, qui proposa de priver des insignes de la pourpre les cardinaux qu'on n'avait pas vus à la chapelle du Louvre, Cabrielli fut envoyé à Saumur. 11 s'y fit remarquer par une modération de conduite qui porta les autorités à lui rendre cette relégation douce et paisible. Quanti Napoléon permit au pape, en 1815, d'appeler auprès de liii, pour loger dans le château de Fontainebleau , les cardinaux qu'il voudrait voir le plus près de sa personne, Cabrielli s'y rendit avec les cardinaux Mattei , di Pietro, l'acca et Consalvi. Là il eut occasion de rendre de nouveaux services an SaintPère, et il fut un de ceux qui donnèrent les conseils les plus courageux. De retour à Rome , il obtint pour le mari de sa nièce , le fidèle baron Ancajani, la place importante de castellano, commandant du château StAnge , et il avait des chances pour la papauté, lorsqu'il mourut en 1822, hautement regretté du sacré collége, des prélats de la cour roumaine et des étrangers qui avaient pu connaltre et apprécier ses rares et nobles qualités
  • Jules GUIDI : né à Calvi en Corse, d'une famille trèsdistinguée de cette ville , avait étudié la science des lois à l'université de Padoue en 1584. Après avoir mérité par son érudition les éloges de ses savants professeurs, il étonna tous les habitants instruits de cette ville par sa mémoire extraordinaire , qui lui permettait de réciter de suite et avec ordre des milliers de noms tirés de toutes les langues connues. MarcAntoine Muret, l'un des plus illustres latinistes de son temps, à qui l'on racontait ce fait qui tient du prodige, manifesta le désir de voir Guidi , pour s'assurer par luiméme de la réalité de ce singulier phénomène ; en conséquence il lit venir le jeune Corse chez lui , l'enferma dans sa chambre avec quelques nobles Vénitiens, et lui demanda s'il était prêt à leur donner la preuve du miracle qui faisait le sujet de- l'admiration générale. Sur sa réponse affirmative, il dicta à un des assistants un nombre infini de noms; ensuite il dit à Guidi qu'il se contenterait bien d'en entendre réciter seulement la moitié, pour ètre convaincu qu'il n'avait pas été induit en erreur. A peine eutil fini de parler, que le jeune Corse se mit à répéter tous les noms écrits sous la dictée de Muret ; il le fit d'abord dans l'ordre qu'on avait suivi; ensuite il recommença en partant du dernier , et proposa même de les réciter encore tous- en partant du nom .que quelqu'une des personnes présentes lui aurait Cette scène frappa d'étonnement tous les assistants. Au reste , l'antiquité et les ,temps modernes nous offrent des exemples d'une mémoire prodigieuse. Sénèque le père dit avoir répété deux mille noms dans le même ordre qu'il les avait entendu prononcer une seule fois. On peut citer aussi Pic de la Mirandole , le cardinal Duperron , etc. L'abbé Cancellieri a publié un opuscule sur les hommes doués d'une grande mémoire. Guidi mourut fort jeune dans sa ville natale; et dans la confrérie à laquelle il appartenait, on lit encore aujourd'hui, au jour des Morts, son nom placé en tète du tableau , où l'on trouve écrit Giulio Guidi della gran memoria
  • Jules MALMIGNATI( 1500) : poëte italien, né vers la fin du 16e siècle, à Le'ndinara , ville de la Polé- sine de Rovigo , d'une famille noble , est rest. Dans le 16e chant, l'enchanteur Merlin annonce « qu'il naîtra un « jour un poète qui chantera la conquête et les « exploits du roi de France, et qui , au son liai- Barthélemy Malmignati fut député deux fois par la magni- fique ville de Lendinara, pour féliciter MarcAntoine Trevisano et François Veniero sur leur élection à la place de doge. Ses deux discours ont été imprimés à Venise , 1554 'sous le titre de la Ligue, ou Henri le Grand.) VilWon a publié une curieuse Notice sur cet ourage dans le Magasin encyclopédique, 5e aimée, t. 1", p
  • Jules MASCARON( 1634) : né à Marseillo en 163% était fils d'un habile avocat dont on a quelques ous rages, entre autres des Discours qui lui tirent dans le temps une grande réputation, et une Vie de coriolan en 1 vol. Jules entra en ifeiv dans l'Oratoire. (?ù il se distingua par son goût et son talent pour les belleslettres, qu'il professa d'une manière 1r.,,brillante dans plusieurs collèges. Il débuta en 166:3. à Angers, dans la carrière de la prt4lication , et parut l'année suivante. à Saumur, avec tant d'éclat , qu'il fallut dre,ser des échafauds dans l'église pour contenir l'affluence des auditeurs. Catholiques et protestants , tous accouraient en foule pour l'entendre. 1,e savant Tannegui le Fèvre, l'un de ses plus assidus auditeurs, écris ait à son ami Boherel : « Hien de plus éloquent que ce jeune orateur; « tout son extérieur répond au ministère qu'il « exerce. Ses discours sont écrits avec élégance; l'expression en est propre, le récit clair , les « ornements de bon goût : il instruit , il plan. il « louche. La fleur de notre jeunesse protestante « s'y porte en foule. Je nie fais gloire d'y assis- « ter sans le moindre déguisement , non pas « comme quelquesuns des nôtres qui , affligés « de ses succès. n'y vont que la tète cachée sous « le manteau. Malheur aux prédicateurs qui « viendront après lui » Plusieurs grandes villes. Aix, Marseille , Nantes, voulurent l'entendre; et partout il eut le inclue succès. Les principales églises (le la capitale se disputèrent Tay antage (le le posséder. La cour le demanda pour l'avent (le 1666 ; et l'on y fut si satisfait de ses sermons, (pilon le retint pour le carême de l'année sui- ante. LZsqu'au sortir de cette station . il alla jprendre congé du roi : « C'est moi , mon père , « lui dit le monarque , qui vous dois des compli- ents. Vos sermons m'ont charmé ; vous avez ait la chose du monde la plus difficile , qui est .« de contenter une cour aussi délicate. » A réoque où Louis XIV, esclave de ses passions, onnait de grands scandales , Mascaron , prèchatit devant lui sur la parole de Dieu , le premier dimanche du carême de 1669, ne craignit point de rappeler la mission du prophète Nathan, chargé de la part du Seigneur d'aller annoncer à David la punition de son adultère; et il accom' pagna ce trait de ces paroles que StBernard adressait aux princes : u Si le respect que j'ai « pour vous ne me permet de dire la vérité que « sous des enveloppes , il faut que vous ayez "« plus de pénétration que je n'ai de hardiesse, « et que vous entendiez plus que je ne vous dis, « et qu'en ne vous parlant pas plus clairement, « je ne laisse pas de vous dire ce que vous ne « voudriez pas qu'on vous dît. Si , avec toutes « ces précautions et tous ces ménagements, la C' vérité ne peut vous plaire, craignez qu'elle ne « vous soit ôtée et que JésusChrist ne venge sa ,( parole méprisée. » Les courtisans ayant cherché à envenimer ce trait de hardiesse devant le roi, Louis XIV leur ferma la bouche en leur disant : « Le prédicateur a fait son devoir, c'est à nous à « faire le nôtre. » Lorsque Mascaron se présenta :levant lui , ce prince, loin de témoigner le moinire ressentiment, le remercia de l'intérêt qu'il grenait à son salut, lui recommanda d'avoir touours le même zèle à prêcher la vérité, et de 'aider par ses prières à obtenir de Dieu la vie' ',oire sur ses passions. « On ne sait, dit le P. La ( Rue, en rapportant ce trait , ce qu'on doit le plus admirer ici, de la droiture du roi ou de celle de son prédicateur à qui l'on appliqua ces paroles du prophète : Loquebar de testimoniis luis in eonspectu regum , et non confundebar. » , ouis XIV l'ayant chargé l'année suivante de 'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre et de elle du duc de Beaufort, le maître des cérémories fit observer à Sa Majesté que les deux serices n'étant qu'à deux jours d'intervalle l'un de autre, l'orateur pourrait bien être embarrassé. - C'est le P. Mascaron , dit le roi , il saura bien s'en tirer. » Ses talents et ses travaux furent écompensés en 1671 par l'évêché de Tulle. Il ut allier les devoirs de l'épiscopat avec les foncions du ministère de la prédication, remplissant 's premiers par des instructions éloquentes , de -équentes visites et de sages statuts synodaux , t les dernières par des stations de carême à oulouse, à Bordeaux, à Versailles. L'oraison fuébre de Turenne , regardée comme son chef-"oeuvre, mit, en 1675, le dernier sceau à sa réutation. Personne n'avait plus de droit que ascaron de faire l'éloge de ce héros. Il avait aucoup contribué à sa conversion. Turenne lui demandait souvent des copies de ses sermons, les lisait avec attention , et disait franchement aux ministres de la réforme qu'il y avait puisé la véritable idée de la morale évangélique. Transféré, en 1679, à l'évêché d'Agen, où l'on comptait trente mille calvinistes, il sut les attirer par son éloquence, les gagner par sa douceur, par ses manières polies et affables, les convaincre par la force de ses raisons. Il se montrait partout à la tète des missions, encourageant ses collaborateurs. par son exemple, réprimant par sa prudence le zèle indiscret de quglques religieux dont les discours auraientpu aliéner les esprits et donner une fausse idée de la religion catholi- que. Ce fut par de tels procédés qu'il parvint à faire rentrer dans le bercail le plus grand nombre des brebis égarées. Il remplit, encore des stations d'avent et de carême à la cour en 1683 , 84 et 94. Ce fut à la fin de cette dernière année que Louis XIV lui fit ce compliment : Il n'y a («lue votre éloquence qui ne vieillit point. » Mascaron termina l'année suivante sa carrière oratoire par le discours d'ouverture de l'assemblée du clergé , où il eut pour auditeurs le roi et la reine d'Angleterre. Depuis ce temps, il se consacra entièrement au soin du diocèse, où il mourut le 16 novembre 1703. Les pauvres , qu'il avait toujours traités comme ses enfants, furent ses héritiers et le regrettèrent comme leur père. Il avait conservé dans l'épiscopat la simplicité et la frugalité de son premier état. La ville d'Agen lui dut plusieurs établissements utiles. Il avait été ordonné prêtre par M. de Lavardin , évêque du Mans, qui , par une singulière bizarrerie, déclara à l'article de la mort qu'il n'avait jamais eu intention d'ordonner aucun prêtre. Mascaron, par un scrupule fondé sur le partage des théologiens de son temps au sujet de l'intention nécessaire dans le ministre pour la validité des sacrements, fut un de ceux qui se firent réordonner. Le P. Bordes, son.ancien confrère, publia en 1701 le recueil de ses Oraisons funèbres, au nombre de cinq , précédées de la Vie de l'auteur. On regrette qu'il n'y ait pas joint le discours imprimé que liascaron avait prêché à l'ouverture de l'assemblée du clergé , et qu'il n'ait pas fait usage des changements considérables que l'auteur avait écrits de sa main sur l'exemplaire de l'Oraison funèbre d'Anne d'Autriche que possédait M. Bocguillon. Mascaron dut en partie la grande réputation qu'il eut de son vivant aux qualités extérieures de l'orateur, dont la nature l'avait doué. Sa prestance était majestueuse, le son de sa voix agréable; ses gestes étaient naturels et bien réglés. Il joignit à cela un fonds d'instruction peu commun. Cependant il avait conservé beaucoup du mauvais goût qui avait infecté si longtemps l'éloquence de la chaire. On trouve chez lui des idées alambiquées, des hyperboles outrées, des rapprochements bizarres , un fatigant mélange de métaphysique , de mysticité et d'enflure. « Mais, dit Laharpe, il se surpassa dans l'Oraison « funèbre de Turenne, soit que le sujet eût « exalté son génie, soit qu'il eût profité des pro- « grès que faisait le bon goût sous les auspices « de Bossuet et de Fléchier. Il eut la gloire de « lutter contre ce dernier, et même sans désa- « vantage. Fléchier est plus pur, plus égal, plus « touchant; Mascaron garde encore quelques « traces de recherche et d'enflure. Mais d'abord « elles sont bien plus légères et moins fréquen« tes ; surtout elles sont couvertes par de grandes « beautés , et il l'emporte sur Fléchier par la « force , la rapidité, les mouvements. Il faut « ajouter à la louange de Mascaron que , s'il a · trop cité les anciens, il les connaît assez bien « pour les imiter, et même les traduire quelque- « fois avec assez de bonheur. Il a surtout profité « de quelques passages de Cicéron et de Tacite. « On peut en dire autant de Bossuet et de Flé- « chier , chez qui l'on remarque souvent avec « plaisir des traces de l'étude de l'antiquité. » On a réuni dans un recueil les Oraisons funèbres de Bossuet, Fléchie?. et Mascaron, Paris , 1738, 3 vol. ; et sous le titre d'OEuvres de Mascaron, Paris, 1828 ; précédé d'une Notice biographique. — Pierre- Antoine MASCARON est l'auteur d'une lie et des dernières paroles de Sénèque, Paris, 1659
  • Jules MAZARIN( 1602) : fils de Pierre Mazarini , noble sicilien, naquit le n juillet 1602 à Rome , selon quelquesuns, mais plus probablement à Piscina dans l'Abbruzze. Il fit ses études dans la capitale du monde chrétien et passa en Espagne, à l'àge de dixsept ans , avec l'abbé, depuis cardinal , Jérôme Colonne. Pendant trois ans, il suivit dans ce royaume les cours de droit aux universités d'Alcala et de Salamanque. Il était de retour à Rome quand les jésuites, dans une fête qu'ils célébraient à l'occasion de la canoni- sation de leur fondateur , voulurent faire représenter une tragédie. La vie du nouveau saint fournit le sujet de la pièce. Mazarin, élève des jésuites , fut choisi pour remplir le rôle de Loyola , et il y réussit parfaitement. Bientôt il abandonna la jurisprudence pour embrasser la carrière militaire, et il fut envoyé en 16'25, avec le grade de capitaine, dans la Valteline, où le pape avait une armée. Il commença dès lors à déployer son talent pour la négociation. Les généraux de Sa Sainteté, Conti et Bagni, l'envoyèrent successivement auprès du duc de Feria , général des Espagnols, et auprès du mar- quis de Cceuvres , qui commandait les troupes françaises. L'adresse avec laquelle il remplit ces missions lui mérita les éloges de ses chefs. Cette guerre ayant cessé, il revint à Rome, où il reprit l'étude de la jurisprudence jusqu'à la guerre de la succession des duchés de Mantoue et de Montferrat, qui le lit rentrer dans la carrière diplomatique, pour la- quelle il était véritablement né. Deux concur- rents réclamaient l'héritage du duc de Mantoue. Le due de Nevers, qui y avait le plus de droit, était soutenu par la cour de France , où il s'était fixé ; le duc de Guastalla , son compétiteur, obtint l'appui de l'empereur, du roi d'Espagne et du duc de Savoie. Le pape , voulant prévenir une guerre dont l'Italie allait être le théàtre, envoya le cardinal Sacchetti à Turin pour agir en faveur du duc de Nevers , et Mazarin, qui était attaché à ce prélat , partit de Rome avec lui le jour même où il avait pris le bonnet de docteur en droit. Ses talents furent bientôt appréciés par le cardinal , qui se reposa sur lui de tout le soin de la négociation. On eut peu d'égards à la médiation du pape , et la guerre commença. Louis XIII, en personne, força le pas de Suze , ce qui contraignit le duc de Savoie de traiter avec lui et de se séparer des Espagnols. Sacchetti revint à Rome , laissant à Mazarin le titre d' al Lee lettres de naturalisation données à Mazarin , en 1639, portent etait ne à Rome, Itrnonce et le pouvoir de maintenir le traité et d'achever la paix. Le cardinal Barberini , neveu r du pape , envoyé par son oncle en qualité de légat en Piémont, accorda à Mazarin la même confiance que Sacchetti. On vit alors un homme âgé de moins de trente ans , avec un titre de peu d'importance, s'entremettre avec les di- verses puissances, traiter au nom des unes et des autres et les amener à la paix. Il fit pour cela plusieurs voyages , dont l'un fut la source de sa fortune. Ce fut à Lyon qu'il vit Louis XIII et qu'il eut avec Richelieu un long entretien. Le cardinal conçut de lui la plus haute opinion , et sentant le besoin pour la France d'avoir en Italie un homme habile et dévoué, il parvint à gagner le jeune diplomate , qui depuis ce temps se montra ouvertement favorable aux intérêts de la France. 11 revint en Italie sans que sa mission eût eu aucun succés, et la guerre continua ; mais le duc de Savoie, VictorAmédée, étant mort , son Ris donna toute sa confiance à lIazarin, et celuici reprit aussitôt l'oeuvre de la paix avec une nouvelle ardeur. Les Espagnols assiégeaient Casai , et les Français voulaient secourir la place: il agit auprès des chefs des deux armées et les fit consentir à une trêve de six seruines. Ce temps expiré, il demanda une pro- longation que les Français refusèrent en mar- chant au combat . Alors Mazarin leur proposa un traité, auquel ils mirent les conditions les plus dures. Pour les engager à se relâcher, il leur expose l'état formidable de Far- ' mée espagnole; mais ne pouvant les persuader, il passe dans cette dernière armée, rapporte aux Ilihefs les conditions des Français , et, se servant encore du même moyen, il leur parle de la supé- riorité des Français et de leur ardent désir de combattre. Cette fois il réussit, et le général espagnol consentit à tout. Aussitôt Mazarin pousse son cheval à toute bride entre les deux armées, et, sans être effrayé des balles qui sifflaient autour de lui , il crie en agitant son chapeau : paix! la paix ! Les soldats le repoussent en criant : Point de paix! Mais il va trouver le maréchal de Schomberg , qui accepte le traité et fait poser les armes à ses troupes. Cette paix fut confirmée l'année suivante par le traité de Che-- rasco que négocia Mazarin. Vers le nième temps, il fit avoir à la France la ville de Pignerol, en persuadant au duc de Savoie qu'il serait dédom- magé de ce sacrifice , et en trompant les Espa- gnols et les Impériaux , qui n'avaient évacué Casa! et Mantoue qu'à condition que la garnison française quitterait Pignerol. Elle n'en sortit point par une ruse de Mazarin , qui la fit cacher, et joua ainsi les commissaires de l'Espagne et de l'empereur, venus pour visiter la ville. Une telle conduite excita contre lui toute la haine des • , et reçut aussitôt un bénéfice et une charge de référendaire des deux signatures dans la chancellerie . Richelieu donna des instructions à l'ambassadeur de France à Rome afin d'obtenir pour Mazarin un emploi qui l'approchât de lui. En 163'i , celuici fut nommé vicelégat d'Avignon , et avant même qu'il eût quitté Rome pour se rendre à son poste, ses Voeux furent com- blés : il eut ordre de se rendre à la cour de France en qualité de nonce extraordinaire. Le but de cette mission était d'intercéder en faveur du duc de Lorraine, dépouillé de ses Etats par Louis XIII. Reçu avec la plus grande distinction par Richelieu , qui voulut le loger dans son palais , Mazarin ne négligea rien pour conserver les bonnes grâces du roi et de son ministre, et il y réussit tellement , que Louis XIII promit de le nommer au cardinalat s'il n'était pas prévenu par le pape. Les Espagnols avaient enlevé en 1635 l'électeur de Trèves , protégé par la France. Ce fut le prétexte d'une guerre qui dura vingtcinq ans. Mazarin , comme ministre de la cour de Rome, voulut s'occuper d'une affaire qui regardait un prélat ; mais les Espagnols se souvinrent de sa conduite à Pignerol , et leurs ii.trigues auprès du souverain pontife le firent rappeler à Avignon. Ils agirent même pour faire révoquer sa vicelégation ; mais il les prévint, et, craignant qu'on ne le laissât dans l'oubli à Avignon , il demanda son rappel et retourna en 1636 à Rome, où il soutint ouvertement les de la France. Ce fut lui que Richelieu chargea de demander à Urbain VIII le chapeau pour le fameux P. Joseph. La mort de ce capu- cin mit fin à la négociation. Richelieu, qui perdait un ami fidèle , un utile confident , résolut de le remplacer en s'attachant Mazarin , qui lui avait déjà donné tant de marques de dévouement, et il engagea Louis X111 à placer sur sa tète le chapeau de cardinal qui avait été donné au P. Joseph. Cette demande blessa Urbain VIII, qui, d'abord favorable à Mazarin, s'était laissé depuis influencer par ses nombreux ennemis. Mais Richelieu avait fait luinième la demande et il ne savait pas reculer. A dater de cette époque, Mazarin s'attacha irrévocablement à la France. Appelé par Richelieu , il quitta l'Italie au commencement de 1639 et se rendit auprès du cardinal. La guerre qui depuis tant d'années désolait l'Europe épuisait les puissances ; toutes désiraient la paix. Le roi de Danemarck , Christian IV , s'offrit comme médiateur entre elles ; . Ce ministre en mourant le recommanda vivement au roi , et , si Mazarin ne lui succéda pas dans son titre, il fut réellement le premier ministre de Louis XIII , puisqu'il eut la direction de toutes les affaires. Richelieu avait régné par la terreur ; Mazarin, n'étant pas d'un caractère à user de semblables moyens, aima mieux se faire des amis : ce fut à sa demande qu'on mit hors de la Bastille les maréchaux de Bassompierre, de Vitry et beaucoup d'autres victimes du dernier ministre. Il rappela plusieurs membres du parlement exilés et contribua beaucoup à la réconciliation du duc d'Orléans avec le roi. Cependant la santé de Louis XIII s'affaiblissait tous les jours et faisait prévoir sa mort prochaine. La cour , qu'agitait l'attente d'une régence, était divisée en deux partis , celui de la reine et celui de Monsieur. Louis XIII, qu'on avait toujours isolé de sa famille en lui inspirant contre elle des préventions que souvent elle avait justifiées, n'aimait et n'estimait pas plus sa femme que son frère. Il avait déclaré Monsieur incapable de la régence. Après la réconciliation des deux frères, les partisans du prince tentèrent de faire révoquer cette déclaration. Mazarin , détesté de la reine parce qu'il était une créature de Richelieu , avait embrassé la cause du duc d'Orléans, et, cherchant à adou- cir le roi à son égard , il travaillait avec ardeur à lui faire obtenir la régence ; mais il rencontra des obstacles insurmontables dans l'esprit de Louis XIII. Trop adroit pour soutenir longtemps un parti désespéré, il essaya de faire revenir la reine sur son compte en lui offrant ses services ; il fut reçu froidement. Néanmoins il agit pour elle auprès du roi , espérant bien s'en faire un mérite par la suite ; mais , comme il n'était pas assuré d'en tirer un grand avantage , il appuya le projet présenté au monarque par Cha- vignv, qui tendait à limiter l'autorité de la reine et dit duc d'Orléans en leur donnant un conseil de régence investi d'un grand pouvoir. Mazarin il fut nommé membre de ce conseil , avec le titre de ministre d'Etat, comme tous ceux qui en faisaient partie. Il fut distingué des autres en ce que , outre la présidence qui lui était donnée en l'abs. ence du duc d'Orléans et du prince de Condé , le roi mourant enjoignait à la reine de régler les affaires ecclésiastiques avec le conseil du seul cardinal. Deux jours après cette déclara- tion , le monarque accorda une nou- velle faveur à Mazarin en le choisissant pour tenir sur les fonts de baptême le Dauphin , depuis Louis XIV . Louis XIII termina le 14 mai 1643 sa triste existence. Mazarin , prévoyant bientôt que la reine attaquerait de toutes ses 'forces la déclaration du 19 avril, prit le parti de se démettre du pouvoir que lui avait donné le feu roi , et publia sa résolution de retourner à Rome ; mais, ne comptant l'accomplir qu'autant qu'il ne pourrait plus rester en France, il mit en jeu tous les res- sorts afin de se faire retenir. Ses amis représenté rent qu'il n'avait jamais montré contre la reine la haine de Richelieu ; que, d'ailleurs, il était avec Chavigny le seul dépositaire du secret de l'Etat. Ce dernier argument prévalut , et Anne d'Autri- che consentit à profiter au moins pour un temps des avis du cardinal. 'Mazarin. conservé par nécessité, eut le talent de se rendre agréable. La reine avait accordé toute sa confiance à l'évêque de Beauvais , Potier, son grand aumônier, doué des vertus de son état , mais incapable de porter le poids des affaires . Elle se vit bientôt obligée de l'éloigner. Mazarin avait beaucoup gagné dans l'esprit de cette princesse ; elle conçut le projet de lui donner la place de l'évêque de Beauvais. Naturellement indolente , elle trouvait dans le cardinal un ministre plein d'activité et de connaissances : d'ailleurs il était étranger, et elle se flattait de conserver toujours l'autorité, parce que son ministre n'aurait qu'elle pour appui. Le duc d'Orléans et le prince de Condé achevèrent de la décider. Mazarin s'était assuré les bonnes gràce, du premier de ces deux princes depuis qu'il lui Il était composé du duc d'Orléans , du prince de Condé. au cardinal Mazarin, du chancelier Séguier , des secrétaires d'Etat Bouthillîer et Chavigns. l2? Mademoiselle dit-, dans ses Mémoires, qu'elle fut marraine de Louis XIV, et que Monsieur en fut le parrain; niais ce fut quand ce prince reçut la confirmation. Cl Tous les conseillers de régence , à rexemple de Mazarin, offrirent à la reine leur démissiol, Elle aurait pu se dispenffl,: s'adresser au parlement pour se faire donner la régence pure ut simple. C'était reconnaître à ce corps tin droit qu'il n'avait pas, auquel il n'aurait point prétendu , parce qu'il ne l'avait exercé qu'une fois à la mort de Henri IV , et presque malgré lui; tait encourager des prétentions que par la suite on combattit, et justifier l'orgueil d'un corps qui s'appelait alors le tuteur des rois. On dit que la première démarche du vieil évêque dans son ministère fut de de ander aux Hollandai- de se convertir à la religion catholique, s'ils voulaient conserver l'amitié de la Franc, Voltaire rejette absolument cette anecdote, rapportée par Retz et la Châtre, sans autre intérêt que celui de la vérité. D'ailleurs, plusieurs autres actions avérées de l'évêque de Beauvais la ren dent trèscroyable. avait prouvé son dévouement à l'occasion de la régence , et il avait mis Condé dans ses intérêts en faisant donner le coMmandement des armées au duc d'Enghien, dont la jeunesse avait longtemps inspiré de la défiance à Louis XIII. La ji.reine, dont le pouvoir se trouva bientôt affermi, ne tarda pas à écarter ses anciens ennemis , que les circonstances l'avaient d'abord forcée de ménager. Les finances furent ôtées à Bouthillier et la charge de secrétaire d'Etat à Chavigny , son fils. Mazarin, ami de ce dernier, lui conserva une place dans le conseil , mais on croit qu'il ne fit 'pas de grands efforts pour désarmer à son égard la haine de la régente , parce qu'il crai- gnait ses talents et son habileté. Dans le même temps , l'ancien garde des sceaux, Chàteauneuf, emprisonné par Richelieu , fut mis en liberté. Mazarin redoutait ce personnage, soutenu par la faveur de la reine, qu'il devait à des persécutions endurées pour elle. Il réussit à lui faire ordonner de rester dans sa maison de Montrouge, sans rentrer dans Paris. Le cardinal devenait de plus en plus agréable à la reine par sa connaissance des affaires et par son activité , et il se faisait également aimer du public par les grâces qu'il répandait , par son adroite modestie et par sa politesse. Cependant l'évêque de Beauvais était encore à la cour; mais la reine lui avait retiré sa confiance : il ne lui restait que l'ombre de l'autorité et la honte de s'être montré incapable de la retenir . Mazarin , en remplaçant ce prélat, s'attira la haine du parti qui le dirigeait, ,iet de ceux qui, s'étant flattés ; mais, par sa hauteur et ses folles prétentions, il encourut la haine de la régente, du duc d'Orléans et du prince de Condé. Il se croyait trop sûr de son autorité pour s'apercevoir des progrès de Mazarin ; mais, quand il le vit prendre la place de l'évêque de Beauvais , il entreprit de le ren- _ verser, et se mit à la tète d'un parti que l'on ridiculisa en l'appelant la cabale des importants. Ce parti était composé, dit plaisamment le cardinal de Retz , de« cinq ou six esprits mélancoli- ques, qui avaient la mine de penser creux, qui « sont morts fous, et qui, dès ce tempslà , ne « paraissaient guère sages ». Il inspira cepen- rn 11 est difficile d'adopter l'opinion de Voltaire , qu'il est trèsvraisemblable que Mazarin était ministre désigné dans l'esprit de la reine, du vivant même de Louis XIII. La haine , d'Anne d'Autriche pour les créatures de Richelieu , les intrigues de Mazarin pour se faire conserver, sont consignées dans tous I, avait cru à son retour gouverner la reine comme autrefois. Elle trouva la cour toute changée : Anne lui montra de l'amitié; mais toute sa confiance était pour Mazarin. Celuici chercha d'abord à se mettrq bien avec la duchesse ; il lui accorda une infinité de grâces ; mais il fut obligé de la refuser bientôt, car elle était insatiable, et favorisait les ennemis du cardinal et surtout Châteauneuf, son amant. Madame de Chevreuse , irritée , se joignit à Beaufort et partagea sa disgrâce. On dut voir alors quel était le crédit du cardinal et son empire sur l'esprit de la reine, puisqu'il avait décidé cette princesse à lui sacrifier un prince, une ancienne favorite et un homme qui avait souffert pour elle. Il ne restait plus à la cour que l'évèque de Beauvais qui pût donner quelque inquiétude à Mazarin : ce n'était, il est vrai, qu'un fantôme ; cependant il voulut s'en débarrasser et le fit renvoyer dans son diocèse. Dès lors , il fut toutpuissant , et la reine le déclara premier ministre . Mazarin, revêtu par Louis XIII d'une grande autorité, avait embrassé tous les plans de Richelieu : lorsque la régente l'eut appelé au pouvoir , il reprit l'exécution de ces grands desseins. La guerre commencée contre la maison d'Autriche continua malgré les négociations entamées sous Richelieu luimême. Les premiers jours d'une régence dont les Espagnols avaient cru pouvoir profiter avaient été marqués par d'éclatants succès. Le bonheur des armes fran-çaises ne fut altéré que par de légers échecs , en 1643 et 1641. La France fut respectée au dehors ; au dedans , tout fut bientôt tranquille : la confiance entière accordée à Mazarin fit taire toutes les prétentions , et l'intérêt, autant que l'amour de la paix , réunissant tous les partis, les rapprocha insensiblement de l'autorité royale et de celui qui en était le dépositaire. Mazarin , dont la politique avait toujours été de se faire des amis , répandit les grâces avec une profusion dont on sentit plus tard les inconvénients : alors il suffisait de demander . Cette conduite contribua beaucoup à affermir Mazarin dans le pou- Il en fit les fonctions le reste de sa vie, à quelques interruptions près; mais il n'en reçut jamais les lettres patentes. Richelieu les avait eues. Un homme de beaucoup d'esprit disait qu'il n'y avait plus que ces quatre mots dans la langue française ; la reine est si bonne. On accorda, diton it un importun un impôt sur les N'oir : les grands, abaissés et persécutés par Richelieu. trouvaient Un ministre qui remplaçait la rigueur par les bienfaits; le parlement, opprimé sous le règne précédent, reçut aui Les ambassadeurs protestants traitèrent à Osnalyrilck.
  • Jules MICHEL( 1790 - 1838) : né à Caen en 1790, fit ses premières études au lycée de cette ville, où il s'appliqua particulièrement à l'étude des mathématiques. Admis à l'école polytechnique à la suite d'un brillant examen, il en sortit en 1809 pour passer à l'école d'application du génie et de l'artillerie, à Metz, avec le grade de lieutenant en second d'artillerie de marine, arme qu'il avait choisie dès son entrée à l'école polytechnique. il se distingua aux batailles de Lutzen et de Bautzen. Dès le début de la campagne de 1813, Michel, qui n'avait que vingttrois ans, fut nommé capitaine. Dans une affaire où il se trou% a isolé du reste du régiment, il soutint seul avec sa compagnie le feu d'un bataillon prussien, et ne làclia prise qu'après avoir perdu beaucoup de monde et sur l'ordre formel de son général , le comte Bonnet, qui , témoin de son intrépidité, le mit à l'ordre de la division; le lendemain , la croix de la Légion d'honneur brillait sur sa poitrine. La paix le rendit à ses études favorites. Il fut appelé à diriger successivement la fonderie de Nevers et les arsenaux de la Guadeloupe et de Lorient. Les améliorations qu'il introduisit dans le service de ces établissements prouvèrent l'étendue et la solidité de ses connaissances. Parvenu au grade de lieutenantcolonel et décoré de la croix d'officier de la Légion d'honneur, Michel remplissait au port de Lorient les fonctions de directeur d'artillerie, quand une mort prématurée l'enleva lei avril 1838. On a de lui 1. le Mémorial de l'artilleur marin , rédigé suivant l'ordre alphabétique dles matières, Paris , 1828 Puisé aux sources les plus sûres, cet ouvrage renfermait dans un même volume tous les renseignements nécessaires au service de l'artillerie de la marine. Si les progrès. de la science l'ont rendu insuffisant, on ne petit s'empêcher de reconnaître que lors de sa publication il était à son niveau. 2. Observations sur le corps royal de l'artillerie de marine, insérées dans les Annales maritimes de 1835. A la suite de cet opuscule, où l'auteur démontre la nécessité de conserver l'artillerie de marine, alors menacée tout au moins de réduction, on trouve la réponse qu'y fit M. Rocquemaurel, lieutenant de vaisseau. Dans cette réponse, intitulée Considérations sur la question de l'artillerie navale, en réponse à une brochure publiée par JI. J. Michel, etc., M. Rocquemaurel reconnait que l'artillerie de marine est nécessaire et même indispensable pour l'armement des colonies et des batteries de côtes, pour la conservation du matériel et les travaux des ports, ainsi que pour fournir un contingent dans les expéditions navales qui auraient. pour but d'attaquer une position et de s'y établir; qu'enfin sa fusion avec le corps des officiers de vaisseau ne servirait qu'à dissimuler sous le même uniforme les spécialités bien distinctes qui les séparent
  • Jules NEGRI( 1648 - 1720) : biographe , né à Ferrare en 1648, entra dans la société des Jésuites, et, chargé de professer les humanités dans un collège de la basse Romagne, il y passa la plus grande partie de sa vie. Il employa ses loisirs à rassembler des notes sur les écrivains florentins des cinq derniers siècles, et mourut à Ferrare le 21 septembre 1720 , avant d'avoir mis la dernière main à son travail. Les confrères du P. Negri le publièrent sous ce titre : Istoria deyli scrittori fiorentini, Fer-. rare, 1722 ; ce volume contient de courtes notices sur environ deux mille auteurs , avec la liste de leurs productions, tant imprimées que manuscrites. Cette compilation fourmille de fautes de tout genre , dont la négligence des éditeurs a encore augmenté le nombre , au lieu de le diminuer. Tiraboschi et les autres critiques italiens en ont signalé les plus graves. Le savant Apostolo Zeno , dans une lettre à Campo Sampiero' , porte le jugement le plus défavorable sur l'ouvrage de Negri ; cependant il est encore recherché des amateurs de l'histoire littéraire, parce qu'il n'y en a pas de meilleur sur le même sujet. On trouvera quelques détails sur la vie et le caractère de Negri dans une Lettre de Baruffaldi, insérée au tome 34 du Giornale de' letterati. dItalie
  • Jules NIGRONI( 1553 - 1625) : *né à Gènes en 1553, entra datas la compagnie de Jésus à l'àge de dixhuit ans. Après avoir enseigné avec distinction la rhétorique, la philosophie et la theologie, il fut successivement préfet des études au *Mégi. de Milan, recteur des colléges de Vérone, de Crémone et de Gènes, supérieur de la maison professe de Gènes, puis trois fois de celle de Milan, où il mourut le 17 janvier 1625. On a de lui f• Odin discours en l'honneur du B. Charles, cardinal Borromée : l'un prononces à Milan le 3 novembre 1602; l'autre prononce a Gènes devant le sénat. 2- Sur la unanime de bien engranger ! 'fiai, Milan. 1610, isi-4•. Cet écrit et les deux discours qui précèdent sont en italien. 3. Oraiiones XXI , Mi- lan, 1608 ; 1layence, 1610 4' Reger cutanumitti Societatis Jrsu , commentariù curettei, illustrais,. Milan, 1613, 1616; Cologne, 1617 t• ; Dissertatio subeetira de raliga retentir, , 1621 , C'est mie troisième édi- tion revue par l'auteur. on ) trouve des détails curieux sur la chaussure que les anciens appelaient raliga et d'où l'empereur Caïus prit son surnom de Caligula. Vers la n'élue époque, Denon Itakiuin, recteur du cullege de Troyes, avait publie a Paris une dissertation analogue intitulée Calmis uvhqwu et wy, ticw. l: e's deux ? ptIsetlits furent renais et imprimés ensemble plusit, un fob, notamment à Amsterdam , 1667 et à Leipst•li 1733: 3. 6• Meut latin mordis de librorum amatorsorum lerlivae juniortbau wax, me ritanda, Milan, 1622; Cologne, 1630 7. Tractatus ascetici , Cologne , 1621 Ces traités, au nombre de dixsept, avaient d'abord paru séparément. 8° Ilistorica dissertatio de S. Ignatio, Societatis Jesufundatore, et B. Cajetano Thiene , institutore ordinis clericorum regularium , ouvrage posthume, Cologne, 1630 Naples, 1631. Sous l'anagramme de Livius Noringius , Iulius Nigroni avait publié : Dissertatio de Aula et Aulicismi fuga , réimprimé à Milan, 1626, et sous le pseudonyme de Pantin Lundi Les emblèmes de l'académie parthénienne du collège romain de la Société de Jésus, avec une explication, en italien, dont Southwell cite une édition de Rome, 1691 Nigroni laissa en manuscrit : De mendicitate domorunt professarum Societatis Jesu
  • Jules OTTONELLI( 1550 - 1620) : littérateur italien , né en 1550, dans les environs de Fano , reçut le grade de docteur en droit à l'université de Ferrare, et s'attacha ensuite au duc de Modène, Alphonse II, qui le chargea de plusieurs négociations importantes. Revenu dans son pays , il y mourut le 3 août 1620. Entre autres écrits , on a de lui : 1° Dis- corso sopra l'abuso del dire sua Santità, sua Maestà , sua Altezza , senza nominare il Papa , l' Imperadore, il Principe; con le difese della Gerasalemme liberata dalle opposizioni degli accademici della Crusca, Ferrare, 1586 C'est un des nombreux ouvrages polémiques que fit naître la publication du chefd'oeuvre du Tasse. Léonard . 2" Annotazioni di Alessandro Tassoni sopra il Vocabolario degli accademici della Crusca, Venise, 1698 Ces annotations, publiées par Apost. Zeno comme étant d'Alexandre Tassoni, qui s'était occupé aussi d'un semblable travail , ont encore été attribuées à Jacques Grandi , auquel avait appartenu le manuscrit ; mais elles sont incontestablement de Jules Ottonelli , ainsi que l'a reconnu Muratori , dans la vie de Tassoni. — OTTONELLI , jésuite italien , neveu du précédent , naquit à Fanano en 1584, et entra dans la compagnie de Jésus, à Rome, en 160:..). Après avoir parcouru la carrière de l'enseignement , suivant l'usage de l' il fut recteur des colléges de Recanati et de Fermo. Mais la plus grande partie de sa vie se passa à Florence , où il partageait son temps entre les fonctions du ministère et la composition d'ouvrages utiles et pieux , dont quelquesuns portent le nom emprunté de Domenico Lelonati. Les principaux s'ont : 1" lilemoriale a gli spettatori delle teatali oscenità, Florence, 1640; 2' Della cristiana moderazione del teatro , Florence , 1646 et 1652, 4 vol. 3° Floriferium de multi- plici conversationuni genere ex sancta Scriptura, SS . PP., etc., collectum, Florence , 1652; 4° Trattato della pittura e scultura, uso ed abuso loro, composto de un teologo e da unpittore, Florence, 1652. Le théologien est le père Ottonelli , et Pierre 13erettini di Cortona est le peintre. 5° Magister° spirituale per gli esercizi di S. lgnazio, Florence, 1669. Quelques bibliographes attribuent au P. Ottonelli, un ouvrage estimé, intitulé Didascalie, cioè dot- trissa coniica, imprimé à Florence en 1658 et 1661, sous le nom de Jérôme Bartolommei , auquel peut-ètre il n'a fait que contribuer. La Biblioteca modenese de Tiraboscbi contient une notice sur la vie d'Ottonelli et donne la nomenclature de ses ouvrages, vol. 3, p. 363. Ce pieux jésuite mourut le 14 mars 1670, figé de 86 ans
  • Jules PACE ou PACIO( 1550) : en latin Pacius a Beriga , jurisconsulte distingué, né à Vicence en 1550, avait composé un traité d'arithmétique à l'âge de treize ans. 11 fit des progrès rapides dans l'étude des langues, particulièrement du grec et de l'hébreu, et se créa un fonds trèsvarié de connaissances avec le secours de la théorie de Raimond Lulle. il commençait à exer- cer la profession d'avocat dans sa patrie , lorsqu'il fut déféré à l'évêque comme un propagateur de livres hétérodoxes; et il s'enfuit à Genève pour se soustraire à l'animadversion du prélat. L'enseignement devint son moyen de subsistance. 11 épousa une Lucquoise, réfugiée comme lui, et en eut jusqu'à dix enfants. Des embarras de finances forcèrent la petite république genevoise de suspendre le traitement des professeurs qu'elle employait. Pace s'éloigna. Retenu pendant dix années à Heidelberg par une chaire qu'il occupa dans l'université de cette ville, il y soutint par de nouvelles productions la réputation que déjà lui avaient assurée de nombreux ouvrages. Il alla ensuite professer à Sedan, sur l'invitation du duc de Bouillon ; mais, attaché au protestantisme , il craignit pour sa sûreté au milieu des troubles civils, et se rendit à Nîmes , qu'il quitta pour remplir une chaire de droit civil à Montpellier. Il eut pour élève et pour pensionnaire le célèbre Peiresc ; et une étroite amitié se forma entre eux. Peiresc fit de vains efforts pour le ramener à la religion romaine et le déterminer à se fixer à Aix. En 1616, Pace, cédant à des conditions avantageuses, vint s'établir à Valence, et quatre ans après il y prononça son abjuration. Des sollicitations parties de Leyde , de Pise et de Padoue, se croisèrent pour l'arracher à sa nouvelle destination. Louis X111, voulant contrebalancer ces captations étrangères, le nomma conseiller honoraire au parlement de Grenoble, et augmenta ses appointements d'une pension de six cents écus. Pace laissa sa famille à Valence comme gage de son retour, et partit pour Padoue avec un désir trèsvif d'y faire au moins ses preuves. 11 était accompagné de Jacques , son quatrième fils; et tous deux ils prirent rang parmi les professeurs. La possession d'une chaire fixa Jacques à Padoue ; mais son père était revenu à Valence en 1621 , après avoir reçu le collier de StMarc par décret du sénat de Venise, en récompense de son livre De jure maris Adriatici. Pace mourut dans l'exercice de ses fonctions, en 1635. Parmi ses nombreux ouvrages nous indiquerons : 10 des versions latines de quelques traités d'Aristote , traduites en français par ltbier Ilobier, Paris, 1619 , citées comme des modèles par le savant Huet ; 9De arte Lul- liana, ou Précis de la méthode de Lulle ; 30 OEconomia juris ; 4° De contractibus traetatus ses ; 5° Commentarius in titulum Codicis de rebus creditis, seu de obligationibus pur l'C contrahun- fur; 6° De juris methodo lihri duo; 7. Legum con- ciliatarum Centuriœ x , Lyon , 1643; Cologne, 1661 C'est à peu près le seul des écrits de Pacio que l'on recherche encore. 11 s'y montre en général ami de la clarté, mais plus subtil que judicieux. La série de ses ouvrages, , mais qu'il y a conservé l'ancienne traduction de Joach. Périon , retouchée par N. Grouchy pour l'Orpauttm , et celle do J. Argyropure pour les deux autres ouvrages. Cette édition de 1597, inconnue à Niceron , A Senebier et au P. de SantaMaria, est complète, twoi qu'en dise Chaufepié, qui trouve peu vraisemblable que tout Aristote puisse ètre content' en deux VOillMeS ce savant ignorait que ces deux vulumes ont chacun plus de 1,500 pages d'un caractère trèsserré. donnée par Niceron, t. 39, se compose de vingtneuf articles. Le P. AngeGabriel di SantaMaria, en indique jusqu'à trentetrois dans sa Biblio- thèque des auteurs tieentins . F—T
  • Jules PARÉ : ministre de la république au temps de la terreur, était fils d'un charpentier de la Champagne. Il ne reçut qu'une éducation incomplète, et, dès les premiers temps de la révolution, fut l'ami et le confident du fameux Danton, son compatriote , dont il avait été le maitre clerc lorsque ce futur ministre de la justice conduisait au barreau de Paris un cabinet (l'avocat. Paré dut prendre là une part trèsactive aux premiers mouvements révolutionnaires; mais, se tenant au second rang et n'agissant que par les ordres et l'impulsion du maitre , il fut d'abord peu remarqué et ne remplit que les fonctions subalternes de commissaire, puis celles de secrétaire au con- seil exécutif, où plus tard il s'est vanté d'avoir rendu de grands services , notamment à l'abbé Barthélemy, dont ses amis, Ou peut-être luimême, ont publié avec beaucoup (l'ostentation une lettre de reconnaissance. Ce ne fut qu'après le triomphe de la Montagne, au 31 mai 1793, qu'il remplaça Garat au ministère de l'intérieur. C'était une bien terrible époque , et Paré n'était certainement ni par son caractère , ni par son savoir, au niveau de pareilles circonstances. A peine eutil touché le portefeuille, que Hébert et Vincent le dénon- cèrent au club des cordeliers comme un nouveau Roland, ce qui était une trèsgrave et trèspérilleuse accusation. Paré s'effaça de son mieux et parvint à se maintenir encore quelques jours; mais, après la mort de Danton, Couthon le poursuivit aux jacobins, accusant son compatriote Rousselin de colporter ses écrits en faveur de la faction qui venait d'ètre vaincue. Alors il fallut céder la place, et Paré fut assez adroit ou assez heureux pour pouvoir se retirer sans bruit et sans autre inculpation. Au reste, il avait pensé à l'avenir et s'était amassé une fortune assez ample pour le temps. Il se retira à la campagne et on ne le revit plus que sous le directoire, où ses anciens amis, revenus au pouvoir, le nommèrent commissaire près le département de la Seine. Ayant bientôt reconnu que son repos pouvait encore être troublé dans de telles fônctions , il les abandonna et se fit nommer l'un des admi- nistrateurs des hôpitaux militaires. Il conserva longtemps cet emploi aussi peu dangereux que lucratif, et lorsqu'il le perdit par suite d'une nouvelle organisation sous le gouvernement impérial , il se retira dans une modeste habitation en Champagne , où il vécut paisiblement jusqu'au mois d'août 1819, époque de sa mort, dont les journaux parlèrent à peine
  • Jules PLANAT : ancien officier d'artillerie de la garde impériale, entra en 189.0 au service de IllohammedAly, pacha d'Egypte, devint chef d'étatmajor et l'un des instituteurs de l'école militaire fondée par le pacha. En 1824 il fit la campagne de la haute Egypte contre les rebelles, et dressa une carte itinéraire des opérations de cette guerre. Il visita Taïf, puis la Mecque, et reconnut l'exactitude du plan de la mosquée donné par AlyBey ; mais celui de la ville lui parait avoir été levé à la vue et sans instruments : il en donne un autre fait par les deux ingénieurs de l'armée égyptienne. Revenu en France vers 188, Planat mourut à Paris en 18'29, au moment où l'on imprimait son ouvrage intitulé Histoire de la régénération de l'E- gypte. Lettres écrites du Caire à M. le comte Alexandre de !, aborde, Paris et Genève, 1830, 1 vol. avec carte
  • Jules POGGIANI( 1522 - 1568) : littérateur, né en 152'2 à Suna , diocèse de Novare, sur le lac Majeur , s'appliqua dès sa plus tendre jeunesse à l'étude et fit les progrès les plus rapides dans la langue grecque. A son arrivée à Rouie, où sa réputation l'avait précédé, il fut chargé de l'éducation du jeune Robert de Nobili, que le pape Jules III, son oncle, lit cardinal à treize ans et qui mourut à dixsept. Il fut ensuite attaché comme secrétaire à différents prélats et enfin au cardinal Ch. Borromée , dont il mérita la confiance. Poggiani remplit les fonctions de secrétaire de la congrégation nommée par le souverain pontife pour expliquer la doctrine du concile de Trente. 11 suivit le cardinal Borromée à Milan et mourut en cette ville d'une fièvre ardente, le 5 novembre 1568, à l'âge de 46 ans, au moment où le pape Pie Y venait de le rappeler pour le mettre à la tète du secrétariat des brefs. Poggiani revit et corrigea le texte du Catéchisme appelé communément ad Parochos , rédigé par plusieurs savants théologiens du concile de Trente . C'est à lui qu'on doit l'édition du Bréviaire publié sous le nom du pape Pie V, Rome, 1568, , rare. 11 a mis en latin les Actes du premier concile de Milan. Outre la traduction, plus élégante que fidèle, du traité de StChrysostome, De virgini- tale Rome , P. Manuce, 156e, il a laissé celle , Rome, 1756-1762, 4 vol. avec un grand nombre de notes . L'éditeur a fait précéder le premier volume d'une lettre de Graziani au cardinal Commendon , qui contient des détails sur la vie de Poggiani. Parmi ses discours , tous remarquables par l'élégance et la Pureté du style, on distingue l'Oraison funèbre du pape Marcel H, celle de François, duc de Guise, tué par Poltrot devant Orléans, et une Harangue prononcée par Poggiani devant les cardinaux assemblés après la mort de Pie IV pour l'élection de son successeur
  • Jules PONTEDERA( 1688 - 1757) : botaniste italien, naquit à Vicence en 1688. Son oncle, grand amateur de botanique, lui inspira le goùt de cette science et lui laissa en mourant un jardin des plantes. 11 étudia la médecine et l'anatomie à Padoue sous le célèbre Morgagni et fit en même temps de si grands progrès dans la littérature ancienne, qu'ayant concouru pour les sujets de prix proposés par l'Académie des inscriptions à Paris, il fut couronné trois fois. Après avoir pris ses degrés de docteur en médecine, il fit des excursions de botanique dans l'Italie cisalpine et rapporta de ses voyages deux cent soixantedouze plantes non encore observées. En 1719 sa réputation était déjà si bien établie, qu'on lui offrit la direction du jardin des plantes et la chaire de botanique à l'université de Padoue et l'on porta successivement son salaire de deux cents à quatorze cents florins. 11 est vrai qu'il mettait un grand zèle dans l'enseignement et qu'il enrichissait sans cesse le jardin. Il avait un procédé pour conserver si bien les plantes qu'il pouvait en hiver même les montrer à ses élèves sous leurs formes et avec leurs couleurs naturelles. Il disséquait trèshabilement les tiges, les fleurs et les graines. Cependant, antagoniste du système sexuel de Linné, il s'en tenait aux genres établis par Tournefort. Il cultivait luimême beaucoup de plantes dans sa terre de Lonigo , où il avait plus de soixantedix variétés de céréales. 11 y mourut le 3 septembre 1757, ne laissant qu'une tille de son mariage avec la fille du marquis Poleni. Les ouvrages qu'il a publiés ont presque tous rapport à la botanique. Ce sont : P Compendium tabula- rum botanicarum, in quo plante.272 ab eo in Italia nuper detectœ recensentur, Padoue, 1718. Pontedera prend à la tète de cet ouvrage le surnom de Pisan , parce que sa famille était originaire de Pise. L'ouvrage est terminé par une lettre au botaniste anglais Gherard. 2° Anthologia, sire de jloris notera libri 3, plurimis inventis, observatio- nibusque ac ends tabulis ornati, Padoue, 17O; 30 Antiquitatum latinarum grœcarumque enarra- tiones, prœnpue ad veteris anni rationem affluentes, epistolis 68 comprehensœ, Padoue, 1740 ; Epis- Iole oc diseertationes ; opus posthumum in duos tomos distributum, proefatione et nous auctum Jos.- Ant. Bonato, Padoue, 1791, 2 vol. A la tète de ce recueil posthume de lettres familières et de dissertations sur la botanique, l'agriculture, la philosophie et l'érudition classique, l'éditeur a placé la notice consacrée par Fabroni à Pontedera dans le douzième volume de ses Uitee ltalorum. On trouve deux lettres de celuici sur le jardin des plantes de Padoue dans l'Histoire du gymnase de cette ville par Papadopoli, Venise, 1726 : d'au- tres lettres sur diverses plantes dans le Catalogue des plantes du jardin de Pise, par Tilli, Florence, 1727 ; des observations de botanique dans les Nouvelles de la république des lettres, année 1751 une dissertation sur l'astronomie de Manilius et sur l'année céleste dans l'édition faite à Padoue, 1743, de l'Astronomicon ; liard enfin Note et emendationes 'carie in Catonem, Varro- nem , etc., ainsi que Epistolœ Ires ad auctores Rei rusticoe pertinentes, dans l'édition que Gesner donna en 1735 des Scriptores Bei rustice veteres Pontedera avait eu l'intention de publier une édition de ces auteurs, et il avait fait colla- tionner à cet effet les divers textes par Lagomar- sini, professeur à Florence. Ce travail est conservé à la bibliothèque du collège romain. Pontedera a laissé beaucoup d'ouvrages manuscrits dont Fabroni a donné le catalogue; il s'y trouve une histoire du jardin botanique de Padoue. LiiiRé lui a consacré le genre Pontederia, de la famille des narcisses, qui comprend des plantes des deux Indes
  • Jules SCHNORR VON KAROLSFELD( 1794) : peintre allemand , naquit à Leipsick le 26 mars 1794. Son père, Mans Schnorr, morten 1840, était un peintre qui n'était pas dépourvu de mérite et qui exerça les fonctions de directeur de l'académie des arts à Leipsick. Il donna à son fils les premières notions de son art, tout en désirant lui voir adopter une autre profession ; mais le jeune élève montra de trèsbonne heure des dispositions si remarquables et un tel dévouement à la pe que sa famille rie voulut pas contrarier une vocation aussi décidée. A l'âge de seize ans, il entra comme élève à l'académie de peinture de Vienne , et il s'y distingua, quoique les règles étroites et pédantesques qui dominaient dans cet établissement, fussent le contraire de ce qui pouvait tendre au développement d'un talent spontané et original. heureusement il put se rendre bientôt à Rome, et il s'attacha immédiatement au groupe d'artistes qui, réunis autour de Cornélius et d'Overbeck, dirigèrent l'art dans une voie nouvelle. Schnorr fut bientôt remarqué comme étant un des premiers de cette école. Son tableau des Noces de Cana provoqua une admiration générale, et il fut choisi, avec Cornélius et Overbeck, pour les travaux qu'un opulent protecteur des beaux- arts faisait exécuter à la villa Massimi. Il s'agissait de faire revivre les procédés de la fresque, de les appliquer à une série de compositions dont les sujets seraient puisés dans les trois plus illustres poëtes de l'Italie : Dante, Arioste et Tasse. Schnorr reçut pour sa part les épisodes empruntés au Roland furieux, et ses dessins furent trèsapplaudis. Parmi les productions qu'il exécuta aussi à Rome, en s'inspirant presque toujours de la Bible, on distingue Jacob et Rachel, la Madone avec l'Enfant Jésus, Ruth dons le champ de Boo» et. la Fuite en Egypte. Pendant son séjour dans la capitale du monde chrétien, il gagna l'amitié de Niebuhr, de Humboldt et de Bunsen; ce dernier le présenta à un Mécène des plus généreux, au prince héréditaire de Bavière, Louis, devenu roi un peu plus tard, et dont l'idée fixe fut d'embellir Munich et d'en faire un magnifique musée. Schnorr fut un des artistes qui furent invités à concourir à cette oeuvre. Etabli en 1825 dans la capitale de la Bavière, il fut nommé en 1827 professeur de pointure historique à l'académie des beauxarts. Le premier des importants travaux qui lui fut confié fut d'orner les grands appartements du nouveau palais en y exécutant une série de fresques dont les sujets étaient puisés dans les lieus chants nationaux des Nibelungen. Avant d'avoir pu terminer cette oeuvre gigantesque, il dut l' pour obéir aux volontés un peu capricieuses de son royal patron, en décorant de pe d'une grande dimension trois salles d'un autre palais, salles qui reçurent les noms de Charlemagne, de Rodolphe de Habsbourg et de Frédéric Barberousse, et où étaient retracés des traits de l'histoire de ces illustres personnages. Ces divers travaux occupèrent Schnorr pendant plus de dix ans. Il fit tous les dessins, prépara les cartons et exécuta quelquesunes des porli, les plus importantes de l'ensemble de l'ceu, mais des élèves , sous sa direction , y travaillèr beaucoup. Ces peintures à l'encaustique off, un aspect imposant; on y reconnaît une nation abondante et vigoureuse et une immense habileté technique. On a pu leur reprocher ainsi quelque exagération , de l'énergie superflue, parfois une simplicité poussée jusqu'à l'excès, et de temps en temps un coloris outré; mais, après tout, ce n'en est pas moins une des belles productions de l'art moderne. Après avoir termine ces scènes historiques, Schnorr revint aux Nil» lungen et décora cinq vastes salles de coulpe lions à fresque offrant des scènes de cette épopée qui est à peu près inconnue en France , qua? qu'elle ait été traduite en notre langue. Ces 1» vaux , exécutés d'une façon plus large et pl* chaleureuse que ceux qui les avaient précédèn, sont peut-être, de toutes les oeuvres d'art qui embellissent Munich , celles qui ont conquis le plus de popularité. Ses grandes occupations n'empêchèrent point cet artiste de produire d'autres tableaux et d'exécuter des dessins destinés à accompagner diverses publications. Fatigué peut• être du séjour de Munich, il accepta en 1846 les propositions du gouvernement saxon, qui lui offrait de le nommer directeur de la galerie de tableaux de Dresde et professeur à l'académie des beauxarts. Il se rendit dans cette capitale, et il continua d'y travailler avec activité jusqu'à sa mort, survenue le 13 avril 1858. Plusieurs des productions de Schnorr ont été gravées. La Bible es; tableaux , série de gravures sur bois exécutées d'après ses dessins, a fort contribué à le faire connaître en Angleterre, où cet ouvrage a été reproduit. On y remarque beaucoup de mouvement, de là vie, de la variété, parfois aussi de l'exagération dans l'action et dans l'expression. Schnorr a également fourni les dessins destinés à illustrer une édition des Nibelungen publiée en 1843; mais son talent ne ... montre pas avec avantage dans des composi-`ons d'une dimension fort restreinte. — Un était, re sile a î iétl dn ee Julesencore, r' e l', olli rait SccolinNn°aIrtie né té) a en n un I78t a9-, leau , destiné à Ull maitreautel , représentant 'te- Cécile, par un Faust et par quelques autres productions qui paraissaient promettre un artiste tort distingué; niais il ne répondit pas aux espérances qu'il avait données. Il s'établit à Vienne, se consacra surtout au portrait et à la peinture de genre et mourut dans l'obscurité
  • Jules STROZZI( 1583 - 1660) : poète italien, à Venise, en 1583 , fils naturel d'un noble florentin, s'exerça d'abord dans la poésie; mais ses essais ne furent point heureux. En 1608, il se rendit à Rome où il devint le fondateur d'une académie, qui, sous le nom des Ordinati, devait balancer le crédit de celle des Umoristi, auxquels il ne pardonnait pas de faire peu de cas de ses vers. Les nouveaux académiciens, qui avaient obtenu du cardinal Deti la permission de se rassembler dans son palais, eurent un début si favorable qu'ils donnèrent pour un moment à leurs rivaux lieu de craindre d'en rester éclipsés. Un certain Tronsarelli, nom presque inconnu aujourd'hui , mais qui passait alors pour le plus grand poète dramatique de l'Italie, attirait surtout beaucoup de monde à ces réunions , que les Aldobrandini protégeaient , et où les musiciens venaient souvent dissiper l'ennui causé par les poètes. Mais cette vogue ne dura pas longtemps : le cardinal se lassa du train que l'on faisait dans sa maison; et Strozzi, parvenu, on ne sait pas comment, à la place de protono- taire apostolique, négligea ses confrères, qui ne tardèrent pas à se disperser. Après un assez long séjour à Rome, il prit la résolution de retourner à Venise, où , entraîné par sa passion pour la musique, il forma une société philharmonique , à la tète de laquelle on vit briller sa fille adoptive Barbe, l'une des plus fortes musiciennes de son temps. Il s'amusait aussi à composer des drames, dans lesquels il déployait une imagination sans frein. Il trouvait moyen d'y faire entrer des devises, des jeux de mots, des anagrammes, qui sillonnaient la scène en lettres de feu. Ces jongleries enle- vaient tous les suffrages et donnèrent une telle célébrité à l'auteur, qu'une de ses pièces fut jouée avec un grand luxe de décorations devant la cour de Louis XIV, l'aminée même qu'il fallait des protecteurs à Corneille pour y faire admirer Rodogune. Strozzi, qui s'était aussi essayé dans l'époi)ée, avait enfanté un long poème, en vingtquatre chants, sur la fondation de Venise, en se flattant de l'emporter sur Marini, dont il partageait tous les défauts, sans en avoir ni l'originalité, ni la verve. Le peu de succès de cette tentative lui fit songer à se frayer une nouvelle route. et ce fut alors qu'il s'attacha définitivement au théàtre. 11 mourut à Venise, en 1660. Ses ouvrages sont : 1* Eseguie latte in Roma a Ferdi- nando J, gran dura di Toscane , Rome , 1609 ; 2° Erotilla, tragedia, Venise, 1615 3. Esequie faite in Venezia a Cosimo II, gran dura di Tosrana, ibid., 1621 , in - fol. , fig. ; 4° 11 Na- tale d'Amore , anarronismo, ibid. , 16'22 5° L'Eruditissime osserrazioni sopra le cerimonie ecelesiastiche della settitnana sauta , ibid. , 1623 ; 6° Venezia edifirata, poema eroico, con gli argomenti di Francesco Cortesi, ibid..162.4 fig., avec le portrait de l'auteur; 7° 11 Barbarigo, ocrer lamico sollerato, potina eroico, ibid., 1626 et lig., ouvrage en 5 chants; 8° La Pro. serpina rapita, anatopismo, ibid., 1630. 90 Lettera sopra il solenne possesso preso dal car- dinal Cornaro, patriarca di t'enexia, ibid., 163'2 ; 10° Delia, n la Sera sposa del sole, dram- ma, ibid . , 4639 ; 11° La finta pazza , Achille in Sciro, Plaisance, 1641 réim- (v II en reste un recueil intitulé Veglie de' xionori ocendentiei Vense 1638 Il s..rait ditflciledirnaeinerquel,1ne chose de plus ridicule que les trava,ix de cette académie. Le P. l'Prr:inte poy ce nom , qui n était le membr, le plus illustre, répondant un jour à I invitation iie la présidente, lit le récit de ses aventure, amoureuses et dévoila i disqu, ti ru. li da 'more alla presenza d' usa Venere. Veglia Terza, p. 22. primé sous le titre suivant : Fest, teatrali per la linta pazza, Paris, 16&5 fig. Le célèbre Torelli dirigea le jeu des machines, lorsque ce draine fut donné à la salle du Petit- Bourbon; 12° La tinta sari«, dramma , Venise, 1643 13° Ro; aoto e Remo, dramm, ibid., 1645, 1; ; - R. 1. 1 noz. e di Peleo e di Teti, romtnedia, 165 avec la traduction française
  • Jules TRENTO( 1732 - 1813) : littérateur, né en 1732, à Panenzo dans l'Istrie, fit ses premières études à Trévise et apprit la médecine à Padoue. Il renonça ensuite à cette profession et, après avoir occupé une chaire de belleslettres dans sa patrie, il s'établit à Trévise, où il dirigea les travaux d'une imprimerie. Il est mort dans cette ville en 1813. Ses ouvrages sont : 1° La Sarcotea, o la grimerazione della carne, trad. de latin en vers italiens, Trévise, 1 769 ; 2. Osserva- zion filosofieh copra i ginochi astuzia, ibid., 178$ 3° Dix serinons critiques dans le genre de ceux de Gozzi, un Traité sur la comédie, une traduction italienne de Salluste en 2 volumes et celle d'un poème latin de Franzoza sur les Cérémonies nuptiales des anciens. Voy. Bernardi , Elogio funebre di Trento , Venise , 1815
  • Jules BERRY : acteur
  • Jules BONNOT : Gangster
  • Jules César : général et homme d'État romain
  • Jules DASSIN : réalisateur "Topkapi"
  • Jules DUMONT D'URVILLE : Navigateur
  • Jules Dupré : peintre français
  • Jules FERRY : politicien
  • Jules GREVY : Président
  • Jules GUESDE : politicien
  • Jules Hardouin-Mansart : architecte français
  • Jules HUOT DE GONCOURT : écrivain
  • Jules LADOUMEGUE : athlète
  • Jules Laforgue : poète français
  • Jules Massenet : compositeur français
  • Jules Mazarin : cardinal et homme politique français d'origine italienne
  • Jules Michelet : historien et écrivain français
  • Jules MOCH : politicien
  • Jules RAIMU : acteur
  • Jules Renard : écrivain français
  • Jules Romain : peintre et architecte italien
  • Jules ROMAINS : écrivain
  • Jules Supervielle : poète et romancier français
  • Jules VALLÈS : journaliste
  • Jules Verne( 1828) : écrivain français

Jules année par année

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