Le prénom John Masculin

Origine :

Fête :

27 Décembre

Signification de John

Le prénom John est inspiré de l’hébraïque Yehohanan. Dynamique, John a besoin d’être dans le feu de l’action pour s’épanouir. Travailleur acharné, il met beaucoup de professionnalisme et d’énergie dans son travail. Attaché aux valeurs familiales, la présence de ses proches lui donne le courage de surmonter les obstacles qui se dressent devant lui.
Parmi les John célèbres, on peut citer John Lennon, compositeur et écrivain. Il est surtout connu pour être le chanteur du groupe The Beatles. John est également un prénom célèbre dans la sphère politique. John Fitzgerald Kennedy est l’un des anciens présidents des Etats-Unis. Dans le monde du cinéma, on peut citer John Wayne et John Travolta, acteurs, et John Ford, réalisateur.

Personnalité de John

Intelligents, l'esprit toujours en éveil, très actifs, volontaires, ils épuisent leur entourage qui s'essouffle à vouloir les suivre. Obstinés, ils sont aussi sensibles, toujours en quête de tendresse et d'affection. Calmes, peu tolérants, car eux seuls détiennent la vérité, leur morale est exemplaire. Travailleurs, leur vie familiale est souvent perturbée par leur intense activité professionnelle. En amour, c'est de la passion et c'est pour la vie.

Provenance du prénom John

Histoire de John

Etymologie de John

Les John célèbres

  • John ANDRÉ : adjudant général dans l'armée anglaise, à l'époque de la guerre d'Amérique, fut victime de la perfidie du général Arnold, qui, feignant de trahir les Américains, avait demandé à ouvrir une correspondance secrète avec les Anglais. Le général en chef Clinton chargea André de suivre cette correspondance ; et, lorsque toutes les mesures furent prises pour l'exécution du projet d'Arnold, André vint le trouver à WestPoint, pour prendre avec lui les derniers arrangements ; mais, à son retour, il fut arrêté par trois soldats de milice, au mo ment où il se croyait hors des postes de l'armée américaine. On trouva sur lui le plan du fort (le WestPoint, avec des notes de la main d'Arnold sur l'état de la garnison et des fortifications de ce poste important, et sur les moyens de l'attaquer. Traduit aussitôt devant une commission militaire, André fut condamné à mort, comme espion, et exécuté le 2 octobre 1780. Un esprit fin, une imagination brillante, une élocution facile, un goût décidé pour les beauxarts, les formes les plus séduisantes, tout se réunissait pour rendre intéressant ce malheureux jeune homme. Après son arrèt de mort, il s'occupa moins de lui que de sa famille et du général Clinton, qu'il aimait tendrement. Le colonel Hamilton, aide de camp (le Washington, le consola dans ses derniers moments. Il mourut avec le plus grand courage. Les spectateurs fondaient en larmes, et cette catastrophe ne fit pas moins détester Arnold par les Anglais que par les Américains
  • John ABERCROMBIE : fils d'un jardinier des environs d'Édimbourg, annonça de bonne heure un goût presque exclusif pour les études qui se rattachaient à la profession de son père, et nonseulement acquit des connaissances étendues en botanique, mais montra un rare talent pour tirer un parti avantageux des divers terrains. Étant venu à Londres, et ayant eu occasion de déployer son habileté dans des jardins royaux, il fut sollicité de mettre ses idées sur le papier. Après avoir longtemps hésité, il lit imprimer, vers 1767, un manuscrit intitulé : Que chacun soit son propre jardinier, ou Almanach du jardinier, auquel Thomas Mawe, jardinier du duc de Leeds , mit son nom , afin de le recommander au public. L'accueil que reçut cet ouvrage, dont les éditions se multiplièrent , encouragea l'auteur à publier sous son nom un Dictionnaire universel de jardinage et de botanique Ce livre fut suivi de plusieurs autres, tels que l'Art de soigner les jardins fruitiers , Londres, 1779 ; Principes de la taille des arbres à fruits, 1783 Manière de hâter la maturité des fruits et des fleurs , 1781 le Jardin potager, etc. , ouvrages qui ont été traduits en plusieurs langues, bien que quelquesuns ne soient que des compilations. John Abercrombie mourut en 1806 , à 80 ans. Ses compatriotes reconnaissent que l'art des jardins doit beaucoup à ses travaux et à ses écrits
  • John ALEXANDER : jeune écrivain anglais doué de beaucoup d'esprit et riche d'instruction, mourut en 1765, à l'âge de 50 ans ; il exerça le ministère évangélique parmi les nonconformistes. L'ouvrage périodique intitulé lhe Library contient plusieurs morceaux de sa composition dans lesquels on trouve d'ingénieuses satires, entre autres une apologie ironique de la persécution , des essais sur la sottise, sur le sens commun, la misanthropie, l'étude de l'homme, l'inconduite des parents, le moderne métier d'auteur, le sort des écrits périodiques. On a publié après sa mort sa Paraphrase, avec des observations, du 15e chapitre de la première Épître aux Corinthiens ; et un Commentaire sur le 6e, le 7' et le 8e chapitre de l'Épître aux Romains, Londres, 1766 —Son frère, Benjamin ALEXANDER, médecin, mort en 1768, a traduit en anglais l'ouvrage de Morgagni, de Sedibus et Causis morborum, Londres, 1769, 3 vol.
  • John ADAMS( 1735 - 1826) : président des ÉtatsUnis d'Amérique. L'histoire l'a placé au nombre des premiers hommes d'État de son pays. Issu de l'une des premières familles qui fondèrent, en 1630, la colonie de MassachussetBey, il naquit à Braintrée , dans cette colonie, le 19 octobre 1755. Avant la révolution qui éleva son pays au rang des États indépendants, il exerçait la profession d'homme de loi , dans laquelle it il avait acquis une grande réputation. A l'époque des premiers troubles , il se signala comme le défenseur des droits de son pays, dans une belle dissertation sur les lois canoniques et féodales. Il soutint vivement le parti des colonies , et publia une Histoire de la querelle entre l'Amérique et la mère patrie , qui fut insérée dans la gazette de Boston , et produisit un grand effet sur l'esprit de ses concitoyens. Le bruit de ces écrits parvint jusqu'à Londres , où ils furent réunis en un corps d'ouvrage et imprimés en 1768. Le gouvernement anglais, juste appréciateur de ses talents, mais non pas de son caractère , essaya de le détacher de la cause nationale en lui offrant le poste lucratif d'avocat général près la cour de l'amirauté ; Adams refusa sans hésiter. Quoiqu'il fait l'un des principaux chefs de l'opposition qui se manifesta dans le Massachusset contre le gouvernement anglais , il combattit toujours les mesures violentes , et il défendit avec beaucoup d'éloquence , devant la cour criminelle de Boston , le capitaine Preston et ses soldats qui , dans l'émeute de cette ville du 5 mars 1770 , avaient tiré sur le peuple et tué plusieurs personnes. Preston fut acquitté , et le crédit d'Adams n'en souffrit qu'auprès de ceux qui ne voulaient pas voir que l'infraction des lois criminelles est le caractère à la fois le plus évident et le plus effrayant de l'anarchie et du despotisme populaire. Il fut élu au congrès en 1774 , et réélu en 1775. Adams fut un des premiers à s'apercevoir qu'une réconciliation franche et durable avec la mère patrie était devenue impossible. Il fit partie du congrès qui se réunit à Philadelphie en 177+, et prit part à la déclaration solennelle de droits et de principes qui appela le peuple à la résistance , et ferma au commerce anglais les ports de l'Amérique. Il se prononça fortement pour l'indépendance , et fut l'un des principaux promoteurs de la fameuse résolution du 4 juillet 1776, qui déclara les colonies d'Amérique États libres, souverains et indépendants. Lorsque les EtatsUnis, se trouvant pressés par les armes de l'Angleterre , tournèrent les yeux vers r Europe, en 1777, John Adams fut envoyé avec Francklin, près la cour de Versailles , pour négocier ce traité d'alliance et de commerce qui a si puissamment aidé à l'émancipation de l'Amérique. A son retour, les habitants de Massachusset invoquèrent ses lumières pour la formation d'un plan de gouvernement , et c'est à lui que cet État est principalement redevable de sa constitution. En 1780 , il vint à la Haye , revètu de tous les pouvoirs du congrès, et , peu de temps après, les EtatsUnis le nommèrent leur ministre plénipotentiaire près les états généraux des Provinces-1 nies. Son habileté contribua beaucoup à entraîner la Hollande dans la guerre contre la GrandeBretagne. 11 négocia et conclut un traité d'amitié et de commerce avec les états généraux, et obtint des emprunts qui furent d'un grand secours aux Américains. Il vint ensuite à Paris , où il fut un des négociateurs du traité de paix avec l'Angleterre , qui reconnut l'indépendance des EtatsUnis. C'est principalement à sa fermeté et à son adresse que les Américains doivent le droit qui leur a été accordé par ce traité de faire la pèche sur les bancs de TerreNeuve. Après la paix , il conseilla des mesures de modération envers les loyalistes : ce qui lui attira l'inimitié des républicains , qui commencèrent dès lors à le regarder comme un partisan de l'Angleterre. En 1785, il fut envoyé à Londres pour négocier un traité de commerce qu'il ne put conclure. Cependant , les circonstances où les EtatsUnis se trouvaient , et surtout la forme du gouvernement , donnaient des inquiétudes aux hommes prévoyants. En effet , quelle sécurité , ou quel espoir de stabilité pouvait inspirer un gouvernement qui était autorisé à déclarer la guerre , et ne pouvait se procurer les ,moyens de la faire que par le consentement de treize États indépendants ? Quelle confiance devait inspirer un État qui pouvait contracter des dettes, et n'avait de droits, pour se créer des fonds afin de les payer, que par la volonté de treize souverainetés distinctes ? Tous les bons esprits désiraient un changement qui donnàt plus de force au gouvernement central : John Adams, qui était encore en Europe , fut un des premiers à le proposer. Washington , Hamilton et d'autres hommes, qu'on appela dans la suite fédéralistes, se joignirent à lüi ; le changement eut lieu , et amena la constitution de 1788 ; Washington fut élu président, et John Adams viceprésident. Cette constitution eut de nombreux ennemis , auxquels on donna le nom de républicains , et à la tète desquels on plaçait Jefferson. Ils soupçonnaient lés fédéralistes de vouloir établir l'aristocratie , et peut-ètre métne la royauté. John Adams excitait particulièrement leurs craintes ; on connaissait son opinion sur la nécessité d'une balance entre les pouvoirs , et l'on supposait que la conséquence de cette opinion conduirait à des ordres distincts et héréditaires. On lui reprochait d'entretenir un état de maison semblable à celui d'un monarque. Les haines entre les deux partis s'envenimèrent davantage, lorsque la révolution commença en France, et que la guerre éclata entre cette puissance et la GrandeBretagne. Les fédéralistes voulaient garder la neutralité , et les républicains désiraient qu'on se déclarât pour la France. L'exaspération fut au comble , lorsque le gouvernement des EtatsUnis conclut un traité de commerce et de navigation avec l'Angleterre. Ce traité, qui donna de justes motifs de plainte au gouvernement français , aurait assuré aux républicains la supériorité, sans les excès auxquels on venait de se livrer en France , et sans la conduite impolitique des agents du Directoire exécutif en Amérique. John Adams seconda constamment l'administration dans toutes ces circonstances. 11 fut réélu viceprésident sous la seconde présidence de Washington. A la troisième élection , Washington avant déclaré son intention formelle de se retirer des affaires publiques , les républicains se crurent sûrs de la victoire , et se flattèrent de porter Jefferson à la première magistrature. Ils furent encore trompés dans leur attente , par le zèle irréfléchi de l'agent du gouvernement français qui, au moment des élections, écrivit au secrétaire d'Etat une lettre dans laquelle il reprochait au gouvernement des ÉtatUnis sa partialité pour l'Angleterre , et son ingratitude envers la France. Il semblait vouloir en appeler du gouvernement au peuple. Cette lettre fut imprimée le lendemain de sa date dans une gazette. Elle produisit un effet contraire à celui que son auteur s'était proposé. Tout le monde se mit en garde contre l'influence étrangère dans un moment si important. Beaucoup de républicains votèrent pour un fédéraliste ; Adams l'emporta sur Jefferson , et fut porté à la magistrature suprême , où il suivit le plan de conduite qu'il avait adopté depuis longtemps. Il le suivit peut-étre d'autant plus volontiers, qu'il était persuadé que le gouvernement républicain serait de courte durée en France. Pendant son administration , les contestations avec le Directoire furent trèsvives , et auraient fini par une rupture , sans la sagesse du gouvernement qui fut établi à l'époque du 18 brumaire. A la fin de la présidence de John Adams, Jefferson fut élu à sa place. Adams, devenu vieux, se On peut voir dans le t. 6 retira des affaires, et alla se reposer dé ses travàux dans sa maison de campagne, à Quincy. tl mourut à NewYork, le 4 juillet 1826, à l'âge de 91 ans, cinquante ans, jour pote jour, après la déclaration d'indépendance, et non point en 1803, combe il a été dit par erreur dans la première édition de la Biographie universelle, et dans plusieurs autres ouvrages qui ont ce) pié jusqu'à ses fautes. Au bruit des cloches qui célébraient ce mémorable anniversaire, il rassembla ses dernières forces et dit : « C'est le glorieux 4 juillet ! « que Dieu le bénisse , et vous bénisse tous ! Oui, « c'est un grand et glorieux jour ! » et il expira. John Adams a publié en anglais : Défende de ta eoneitulion et du gouvernement des ÉtalsUnis d'Àmérique, ou de la nécessité d'une balance dans les pouvoirs d'un gouvernement libre , avec cette épigraphe , tirée de Pope : « L'opposition de toute la nature tient toute « la nature en paix ; » Londres, 1 /87-88 , 2 vol. Ce livre est en forme de lettres. L'auteur en fit paraître une nouvelle édition entièrement refondue , sous le titre d'Histoire des principales républiques du inonde , Londres, 1794, 3 vol. L'ouvrage de John Adams a été traduit en français sur la première édition, avec des retranchements, par Leriget ; la traduction est enrichie de notes et observations par de Lacroix, professeur de droit public, Paris, 1792, 2 vol. Le principal but de l'auteur est de prouver que la démocratie pure est le pire de tous les gouvernements , et il en fournit des preuves nombreuses par des faits historiques. — On a quelquefois confondu John Adams avec M. John Quincy Adams, son fils, quia été , comme lui , président des ÉtatsUnis, de 1825 à 1828
  • John ADAMS( 1764 - 1829) : naquit en Angleterre , vers 1764. il servit dès son enfance dans la marine royale , et se trouva comme matelot à bord du Bounty, commandé par le capitaine Bligh, qui arriva à Otahiti au mois d'octobre 1788. Lorsque, l'année suivante , ce navire eut repris la mer, Adams souleva l'équipage contre Bligh, et força celuici et le peu d'hommes qui lui étaient restés fidèles à descendre dans la chaloupe et à prendre le large. Devenus mitres du Bounty, les révoltés cinglèrent vers l'île de Tobuai; mais ne pouvant établir des relations avec les habitants , ils revinrent à Otahiti. Adams , qui ne s'y croyait point à l'abri des recherches du gouvernement anglais, résolut d'aller habiter quelque île moins connue des Européens. Huit seulement de ses compagnons, avec leurs familles et quelques °tahitiens des deux sexes, s'embarquèrent avec lui pour ce nouveau voyage. Ils voulaient d'abord se rendre aux îles Marquises de Mendoza ; mais sur la proposition de l'un des Anglais , qui avait accompagné Carteret dans son voyage de 1767, ils se dirigèrent vers celle de Pitcairn; comme étant plus convenable à l'établissement qu'ils se proposaient de former. Le 25 janvier 1790, ils arrivèrent à leur destination , et , après avoir débarqué tout ce qui pouvait leur étre de quelque utilité , ils brûlèrent le navire. Adams choisit un emplacement propre à bâtir un village , et distribua le reste du terrain entre ses compatriotes. Les hommes de couleur ne recurrent rien , et furent réduits à l'esclavage. Les Anglais vivaient paisiblement, et les °tahitiens supportaient avec patience leur triste sort, jusqu'à ce que l'un des premiers, qui avait perdu sa femme par une mort subite, menaçât ses compagnons de les quitter s'ils ne lui en procuraient une autre. Les colons, jaloux de conserver cet homme qui était un habile armurier, lui donnèrent la femme d'un °tahitien , et dès alors les compatriotes de celuici méditèrent une vengeance sanglante. Un combat opiniâtre s'ensuivit , dans lequel plusieurs Anglais succombèrent. Cette inimitié dura jusqu'à la mort du dernier homme de couleur ; de sorte qu'en 1795, la population de Pile se trouva réduite à Adams, trois de ses compatriotes , dix femmes d'Otalliti et quelques enfants. L'un des trois Anglais , qui était parvenu à distiller de l'eaudevie de la racine du ti , perdit la raison à _force de boire, et se précipita du haut d'un rocher dans la mer. Un autre, qui voulut s'emparer de la femme de son compatriote, fut tué par le mari. Ainsi , en 1799 , il ne restait d'autres hommes à Pitcairn qu'Adams et un nominé Young. Les scènes terribles qui avaient eu lieu , et la perte de tous leurs amis, firent naître en eux de graves réflexions sur les devoirs qu'ils avaient à remplir envers la jeune génération. Dès lors ils commencèrent à célébrer régulièrement le service divin , à introduire dans les familles l'usage des prières du matin et du soir, à enseigner aux enfants à lire et à écrire. Young , qui n'était pas dépourvu d'instruction , et qui , dès 1795 , avait tenu un journal de tout ce qui s'était passé dams Pile, montra un grand zèle dans cette louable tâche. Lorsqu'il mourut , en 1801, Adams se trouva seul chargé de l'administration de la colonie. Dans l'éducation des enfants, dont dixneuf étaient alors âgés de sept à neuf ans, il fut secondé par les femmes otahitiennes, qui étaient d'un caractère trèsdoux et exécutaient ses ordres avec empressement. Be cette manière, la petite colonie prospéra, et ses habitants formèrent une société heureuse et bien organisée. Des bruits vagues de l'existence de cet établissement étaient déjà parvenus en Angleterre, lorsqu'une frégate de ce pays, le Breton, qui à son retour du Chili, en 1814, toucha à Pitcairn, rapporta sur cette île des renseignements plus certains. A cette époque, la population était de quarantehuit individus. Le commandant de la frégate proposa à Adams de le ramener en Angleterre , et lui fit espérer le pardon de son attentat sur le capitaine Bligh ; mais les habitants vinrent se prosterner devant celui qu'ils appelaient leur patriarche , et le conjurèrent , les larmes aux yeux, de ne pas los quitter. Dans son troisième voyage autour du monde , le capitaine Otto de Kotzebue trouva , à Otahiti , une femme indigène qui avait habité Pitcairn, et qui attendait impatiemment une occasion d'y retourner ; elle fit le plus grand éloge d'Adams , et disait, dans son enthousiasme , qu'il n'y avait homme vivant qui pût lui étre comparé. La mème femme avait été chargée par Adams de prier les missionnaires d'Otahiti de lui envoyer quelqu'un qui fût capable de le remplacer un jour. Le capitaine anglais Beechy visita Pitcairn en 1825. Adams, qui était alors âgé de soixante ans, et trèsvigoureux encore, vint à bord de son navire , le premier sur lequel il était monté depuis son arrivée dans l'île. Ce qu'il y vit lui causa une émotion qui s'accrut par l'accueil familier que lui firent des hommes qu'autrefois il avait été habitué à regarder comme ses supérieurs. Adams avait conservé le costumer l'allure et les gestes d'un matelot anglais. Les jeunes gens qui l'accompagnaient, au nombre de dix, avaient une taille svelte, une physionomie douce et des manières décentes. Le nombre des habitants s'élevait déjà à soixantesix, et parmi eux il ne se trouvait que deux nouveauxvenus. Depuis l'établissement de la colonie jusqu'à cette époque , on comptait 52 naissances et seulement 8 décès naturels. Comme la population s'augmentait d'une manière si rapide, Adams craignit que la partie labourable de l'île, qui comprenait seulement deux lieues carrées, ne devint insuffisante pour la nourrir, et il pria M, Beechy d'en instruire le gouvernement anglais. Sur ses instances et pour tranquilliser sa conscience, cet officier le maria, d'après le rit de l'Eglise anglicane, à une femme avec laquelle il avait vécu trèslongtemps, et qui était alors aveugle et alitée. Un missionnaire anglais, M, Buffet , qui vint à Pitcairn en 1828, fut si charmé de cette île, qu'il résolut de ne plus la quitter. Cet ecclésiastique accepta , outre les fonctions de pasteur, celles de maître d'école. Au service divin, Adams récitait les prières, et Buffet lisait à haute voix un sermon qu'il répétait , selon les circonstances, deux ou trois fois, afin de le mieux inculquer dans l'esprit de ses auditeurs. D'après une lettre écrite par Buffet au capitaine Beechy, Adams est mort, par suite d'une courte maladie, le 5 mai 1829, à l'àge de 65 ans. Sa femme ne lui a survécu que de quelques mois. Le portrait de cet homme extraordinaire se trouve dans le Voyage à la mer Pacifique et au détroit de Béring, par Beechy, Londres, 1851 Les événements à bord du Bounty, que nous avons rappelés dans le commencement de cet article, ont été décrits par I11. J. Barrow, dans un ouvrage intitulé : Histoire de la révolte et de la prise du navire de S. M. LE BOUNTY, Londres, 1852 M—A.
  • John AIKIN( 1747 - 1822) : médecin et littérateur anglais, né en 1747, à Kibworth, en Leicestershire, était fils d'un instituteur et ministre presbytérien. Destiné de bonne heure à l'art de guérir, il reçut d'abord les leçons d'un opérateur célèbre, C. White, de Manchester, qui lui procura la première occasion de se faire connaître, en insérant parmi ses Observations chirurgicales , un essai de son élève sur la ligature des artères. Aikin s'établit à Chester comme chirurgien : en 1771, il se réunit à sa famille, à Warrington, en Lancashire, et se maria l'année suivante. Une chaire de chimie et de physiologie lui fut donnée dans l'école que dirigeait son père; mais trouvant peu d'avantages à exercer sa profession, il alla prendre à Leyde un degré en médecine, et revint s'essayer dans un champ plus vaste, à Yarmouth, en Norfolk. Là sa clientèle s'étendit un peu. Il y forma uue société littéraire, et vécut heureux au milieu de ses livres et d'honorables amis, jusqu'au moment où le cri de liberté proféré en France commença à retentir dans les îles Britanniques. Aikin s'était déjà rendu suspect au gouvernement de son pays par l'ardeur qu'il avait mise à faire révoquer, en faveur de ses coreligionnaires, les actes de test et corporation, qui les excluaient des emplois publics. La notoriété de ses opinions, favorables aux idées appelées nouvelles, rendit moins tranquille son séjour à Yarmouth, et il crut devoir, en 1792, transférer sa résidence à Londres. Le cercle assez limité de sa clientèle lui avait laissé beaucoup de loisir pour s'adonner à la culture des lettres : sa plume s'exerçait alternativement sur la chimie, la biographie, la morale et l'art du chansonnier. Il avait publié un grand nombre de productions , recommandables surtout par l'utilité de leur objet, par leur tendance morale, par le naturel, la correction et l'agrément du style, lorsqu'on lui proposa la direction d'un nouvel ouvrage périodique, le Monthly Magazine, qui fut enrichi de ses écrits, depuis 1796 jusqu'en 1806. Il a été l'éditeur et le principal rédacteur d'une Biographie générale, en '10 volumes dont le premier parut en 1799 et le dernier en 1815. Les divers collaborateurs, Aikin, Entield, Nicholson, Thomas Morgan, William Johnston et autres, ont puisé leurs matériaux à de bonnes sources, et présenté les faits avec impartialité et simplicité. Leur ouvrage a fourni d'utiles documents aux auteurs — Pièces diverses en prose, conjointement avec sa sœur, miss Aikin , 1775 Cette dame a inséré aussi quelques morceaux dans les deux premiers volumes des Soirées au logis, ouvrage publié par son frère, de 1795 à 1795, en 6 volumes, et dont le succès se soutient toujours. il a été traduit en français, 6 vol. sur la 12e édition ; une 14' a paru en 1827, 4 vol. — Textes de Chimie; Manuel de chimie, trad. de Baumé.— Essai sur l'application de l'histoire naturelle à la poésieLe Calendrier de la nature — Traduction anglaise de Tacite : des Moeurs des Germains et Vie d'Agricola, 1815 avec carte. Aikin n'alla pas plus loin, dès qu'il sut que Murphy traduisait le lierne historien. — England delineated, 2 vol. système de géographie trèsestimé, imprimé plusieurs fois. — Poésies, 1 vol. — Lettres sur la poésie anglaise, adressées par Fauteur à une de ses nièces, 2° édition, 1807 — Esquisse du caractère et des services publics de John Hotrar, 1790, trad. en français par Lioulard — Lettres d'un père à son fils, sur divers sujets relatifs à la littérature et à la manière de se conduire dans le monde, 2 vol., 1793-1799, réimprimées en 1806. Ces lettres sont, de toutes les productions d'Aikin, celle que les Anglais estiment le plus. Une grande diversité de sujets intéressants y sont traités avec beaucoup de sens et de bonne foi. Le père exhorte son fils à ne pas trop craindre de se faire (les ennemis : c'est en effet souvent le partage de la vertu. On en trouve une analyse en français dans un des cahiers du Spectateur du Nord, qui contient aussi la traduction de quelques morceaux des Mélanges, notamment : Recherches sur le genre de malheurs qui excitent des sensations agréables.— Les Mémoires de Huet, trad. en anglais, avec des notes, 1810, 2 vol. — Essais littéraires, 181 I Vies de Selden et d' 1- sher, 1812 — Les Saisons, de Thomson, 1795 l'Essai sur l'homme, de Pope, 1796 ; les Poésies de Green, auteur du Spleen, 1796 les OEuvres poétiques de Goldsmith, 1796 ont été enrichies (l'essais critiques dus à J. Aikin. Ces introductions ont été reproduites, en 1829, dans l'édition des oeuvres choisies des pontes anglais. — Poésie vocale, ou Recueil de chansons, Londres, 1810 Aikin avait l'habitude d'écrire, à la tin de chaque année, des notes sur les événements historiques; c'est de ces matériaux qu'il co les Annales du règne de Georges III, ouvrage dont on a loué l'impartialité. On en a fait une nouvelle édition où le récit est prolongé jusqu'à la fin du règne. M. Eyriès en a publié une traduction française
  • John ARDERN : chirurgien anglais du 14e siècle, dont le docteur Freind a honorablement parlé dans son History of Physic, parait avoir été un des , premiers qui, dans son pays , pratiquèrent la chirurgie d'après des principes fixes. Il habita Newark, de 1349 à 1370; alors il se rendit à Londres, où sa réputation s'était déjà étendue. Ce fut un homme et un praticien habile, pour le temps où il vivait. Il a laissé, sur la médecine et la chirurgie, et particulièrement sur ce dernier art, un gros volume latin, dont il existe plusieurs manuscrits ; mais on .n'en a imprimé que le traité sur la Fistule à l'anus, traduit en anglais par John Read, en 1588. Sa pratique est surtout empirique, et se ressent de la superstition de son siècle ; cependant on trouve dans ses écrits des observations utiles, et on doit le placer parmi ceux qui ont rendu à leur profession des services réels. 11 abonde en ordonnances, dont plusieurs sont de sa propre invention, et qui furent ensuite reçues dans les pharmacopées. 11 inventa un instrument pour donner des lavements, opération pour laquelle il possédait un talent tout particulier, ont il tirait vanité
  • John BAILLIE( 1766 - 1823) : savant anglais, né à Inverness, en 1766, fut, dès sa première jeunesse, élevé dans l'art militaire, et partit en 1791 pour les Indes, où il entra au service de la compagnie. 11 s'occupa d'abord de l'étude des langues de l'Orient, et il y fit des progrès si rapides, que, en 1797, il fut chargé par le gouverneur général, sir John Shore, de traduire de l'arabe un gros volume de lois musulmanes, comprenant tout le code hnamea , dans son application aux matières civiles. Malheureusement un seul volume, contenantles lois commerciales, a vu le jour. Lors de la fondation du collége du fort William, Baillie fut nommé professeur d'arabe, de persan, de droit mahométan, et il remplit cette chaire avec distinction jusqu'en 1807, où il fut promu au grade de colonel, et envoyé en qualité de résident à la cour du nawabvizir d'Aoude. En 1801, il publia quelques tables destinées à faciliter ses cours de langues; et de 1802 à 1805, il donna l'édition des textes miginaux de cinq ouvrages les plus estimés, sur la grammaire arabe, savoir : Miel Ami!, Scherh Miel Amil, Misbah, Hedayet Alnahw et la Cafia d'Ebn- Hadjib. En 1815, Baillie fut nommé résident à Lachnau ; et, en 1818, il se retira du service de la compagnie des Indes pour retourner en Angleterre, où il arriva en 1825. Il fut nommé un des directeurs de la compagnie, et il en a rempli les fonctions avec bonneur jusqu'à sa mort, arrivée en 1825, à Londres
  • John ANSTIS( 1669 - 1744) : antiquaire héraldique dist était fils de John Anstis, seigneur de StNéot, en Cornouailles, où il naquit en 1669, et fut élevé à Oxford. Dans l'année 1702 et les deux suivantes, il représenta au parlement le bourg de St - Germain. Après avoir possédé d'autres places, il fut, en 1714. nommé à celle de roi d'armes, qu'il garda jusqu'à sa mort, arrivée en 1744. Il publia : 1' A Lelter concerning the honour of Earl- Marshal, 1706 ; 2° the Form of the installation of the Ganter, 1720 ' the Register of the most noble ordcr of the Garter, with a specimen of the lires of the knights, 172 /, 2 vol. ; 4° Observations introductory Io an historical essay on the knighthood of the Bath, 1725, Il laissa en manuscrit un grand nombre de collections sur la science héraldique, les antiquités, les histoires de familles , la topographie, etc. , et un ouvrage' presque fini sur les sceaux en Angleterre, qu'il avait intitulé : Aspilogia
  • John BACON( 1740 - 1799) : sculpteur anglais , né en 1 7iO, à Southwark, appelé bourg, mais qui n'est plus, de- puis longtemps, qu'une partie de l'immense ville de Londres, exerça pendant sa jeunesse le métier de peintre en porcelaine. Les statues qui se trouvaient dans la manufacture où il travaillait lui donnèretat l'idée de s'essayer à modeler. Comme il avait des dispositions pour la sculpture, il lit de tels progrès dans cet art, qu'en 1766, il obtint le prix de la société d'encouragement. 11 gagna encore le premier Prix qui ait été donné par l'académie royale, instituée au mois de décembre 1768 ; bientôt après, il fut élu membre de cette académie, et il mit à l'exposition annuelle de SommersetHouse une statue de Mars, qui lui fit beaucoup d'honneur. Il exécuta depuis, à Westminster, les monuments de lord Chatham, de lord Halifax et du major Pearson, et à Bristol, celui d'Élisa Draper; si connue par les lettres de Sterne. Le monument de lord Chatham, qui est un des plus grands ouvrages de Bacon, a essuyé bien des critiques, méritées pour la plupart, mais qui ne tombent pas toutes sur Bacon, puisque l'idée de ce monument n'est pas de lui, mais d'un auteur dramatique, sur le plan duquel il a travaillé ; aussi ne doiton pas être surpris d'y trouver la vaine prétention d'exprimer ce qu'il n'est pas donné à la sculpture de rendre. Bacon a montré l'ignorance de ce principe dans les compositions qui lui appartiennent entièrement, et où il règne le même abus de l'allégorie, la mème incohérence et la mème obscurité. Ses meilleurs ouvrages sont des figures isolées, et surtout celle de la Grande- Bretagne lançant la foudre, et un Enfant orphelin suppliant pour qu'on lui accorde un asile. Dans presque tous ses ouvrages, on remarque un style peu correct et dépourvu de noblesse, l'emploi le plus ridicule des costumes modernes, des draperies qui sont travaillées avec soin, mais qui manquent de gràce, et une absence totale de ce grandiose, qu'il eût peut-être acquis s'il eût reçu une éducation académique, et s'il eût étudié en Italie d'après l'antique. Toute son assiduité au travail ne put suppléer à ces deux avantages. La facilité de son ciseau, la griice, et même quelquefois l'expression de ses figures, font regretter qu'il en ait été privé. Bacon n'était pas étranger à la littérature : on a de lui des fables et des épitaphes, médiocres, il est vrai. 11 mourut en 1799, après avoir exécuté une trèsgrande quantité d'ouvrages répandus dans toute l'Angleterre. Sa vie phiques avec introduction et notes en français, Paris, 4834-1835. E; vol. M. Lorquet a donné une traduction nouvelle du No- rem Organum, Paris, 48140 ; et M. Francis lliattx une traduction française des oeuvres complètes. M. P. de Vauzelles a publié une Histoire de la vie el des ouvrages de Bacon, 1833, 2 vol, la-8° C. W-11. a été écrite par Richard Cecil, qui était comme lu' de la secte des méthodistes
  • John BASIRE : graveur anglais, dont l'ouvrage le plus connu est une trèsgrande estampe , faite en 1771, avec beaucoup de personnages représentant l'entrevue d'Henri VIII et de François I" à cheval, en juin 1520, dans le camp du Drap d'or, d'après le tableau qui se conserve au château de Windsor. On lui doit en outre plusieurs pièces d'après le Guerchin. — BASIRE, fils du précédent, né en 1769, fut graveur de la société royale et de celle des antiquaires de Londres. On cite surtout les gravures qu'il lit pour la première de ces sociétés, d'après les dessins de M. Benj. Carter. Il fut chargé, pendant plusieurs années, de graver les nombreuses planches qui accompagnent les rapports faits au parlement. 11 mourut le 13 mai 18:12, avec la réputation d'un artiste non moins estimable par sa loyauté et sa modestie que par ses talents
  • John BATES : compositeur de musique et organiste anglais , publia un ouvrage estimé sur l'harmonie, et fut choisi, en 1776, pour organiser et diriger à Londres le concert de musique ancienne. En 1784, il commença à conduire l'orchestre et à toucher l'orgue dans le concert an- nuel qui se donne pour la célébration de l'anniver- saure de Handel. On a de lui des sonates pour le clavecin et un opéra intitulé Pharnace. John BaLes mourut à Londres, en 1799. p_x
  • John BARRETT( 1753 - 1807) : savant anglais , né en 1753, fils d'un ecclésiastique, entra luimème dans l'Église, et devint membre du collége de la Trinité à Du- blin, bibliothécaire et professeur de langues orien- tales. Il était doué d'une mémoire prodigieuse ; et, donnant presque toutes ses heures à l'étude, il ac- quit une érudition étendue et profonde. La société n'avait aucun attrait pour lui, et il ne lui faisait au- cun sacrifice. Ses habits étaient sales et hors de mode, et ses manières étranges. On ne le voyait guère sortir de l'enceinte du collège que lorsqu'il était chargé de prêcher le carème, lorsqu'il allait toucher ses revenus à la banque; et s'il consentait à visiter un ami, c'était à condition qu'il n'y aurait pas de femmes. Le peu de dépense qu'il faisait lui avait permis d'amasser une fortune considérable, et la connaissance que l'on avait de son trésor faillit lui coûter la vie. Le concierge, qui le sauva dans cette occasion, fut dès lors son confident, et il ne l'oublia pas dans l'acte de ses volontés dernières. John Barrett mourut à 69 ans, le 15 novembre 1807, laissant par son testament près de 100,000 liv. sterl. destinées, suivant ses expressions, « à nourrir ceux « qui ont faim, et à vètir ceux qui sont nus. » On lui a reproché toutefois de n'avoir assigné que peu de chose à ses quatre nièces, qui étaient dans une situation peu aisée. On a de lui : 1. Recherches sur l'origine des constellations qui composent le zodia- que, et sur les usages auxquels elles furent destinées, 1800 ; 2° Essai sur la première partie de la vie de Swift, 1808 de 232 p. ; intéressant mor- ceau de biographie, qui a été inséré dans les der- nières éditions des oeuvres de cet homme célèbre. 3° Evangelium secundum Malthoeum, ex codice re- script° in bibliotheca collegii SS. Trinitatis fuœta Dublin.- Eaton- Stannard BARRETT, né en Irlande, suivit quelque temps la carrière du barreau et cul- tiva la littérature. 11 mourut des suites de la rupture d'un vaisseau sanguin', et n'ayant encore que 35 ans, le 20 mars 1820. On cite de lui : 1. la Comète, oeuvre burlesque, 1803 ; 2° Tous les Talents, poëme satirique, 1807, in 8 ; 3° la Femme, ou Aventures de Chérubin, poé5me , 1810 ; 4° l'Héroïne , 3 vol. 2° édition, 1814; roman plein d'esprit et de naturel, et qui a eu un grand succès
  • John BENBOW( 1630 - 1702) : amiral anglais, né vers 1650, descendait d'une ancienne famille du Shropshire, ruinée par son attachement à Charles I". Jeune encore, Benbow entra dans la marine marchande. En 1686 , commandant un vaisseau , et commerçant pour son propre compte dans la Méditerranée, il battit un pirate qui l'avait attaqué. La nouvelle de cette action brillante parvint à la cour d'Espagne, et, sur sa recommandation , Benbow fut promu par Jacques II au commandement d'un vaisseau de la marine royale. Sous le règne de Guillaume III, il fut fréquemment employé à des croisières dans la Manche, pour protéger le commerce anglais, et inquiéter celui des Français. Lors du bombardement de StMalo, en 1695, Benbow y prit part en qualité de commodore. Smollet rapporte que la machine infernale qu'il dirigea causa de grands ravages : c'était la seconde fois que l'on se servait de cette machine meurtrière, inventée par l'italien Jambelli au siège d'Anvers. Benbow fut ensuite chargé de bloquer Dunkerque, où Jean Bart se trouvait avec son escadre. Le défaut de coopération de l'amiral hollandais fut, selon les écrivains anglais, la cause de la sortie de Jean Bart. Quoi qu'il en soit, Benbow protégea avec assez de succès le commerce anglais, tandis que celui de la Hollande souffrait beaucoup de l'audace des marins français. A cette époque, l'une des moins glorieuses pour le pavillon britannique, Benbow, sans autre protecteur que son mérite et sa bravoure, ne perdit jamais la confiance de sa nation. En 1698, étant contreamiral, il mit à la voile avec une petite escadre pour les Indes occidentales, afin d'y protéger le commerce, et de surveiller les Espagnols, auxquels on soupçonnait des intentions hostiles. Il fut encore alors du petit nombre des officiers dont on ne se plaignit pas. A son retour, on le nomma viceamiral de l'escadre bleue, et il croisa devant Dunkerque, d'où on craignait qu'une armée d'invasion ne sortit. Peu de temps après, la guerre avec la France paraissant encore inévitable, on résolut d'envoyer une escadre aux Indes occidentales ; et, sur le refus de plusieurs officiers, le commandement en fut offert à Benbow, qui l'accepta, malgré la supériorité présumée des forces ennemies dans ces parages. Arrivé, en novembre 1701, à la Barbade, il rencontra une escadre française, commandée par Ducasse. Un enga ement terrible eut lieu et se prolongea pendant cinq jours. Vers la fin, Benbow eut la jambe cassée par un boulet ramé. A peine euton pansé sa blessure, qu'il se fit porter sur le tillac et continua de commander. Quoique sa flotte fût trèssupérieure à celle de l'ennemi, il fut làclieinent abandonné par le plus grand nombre de ses capitaines, qui même déclarèrent par écrit qu'il n'y avait plus rien à faire. La flotte française sortit donc sans désavantage de ce combat inégal, à la grande mortification de Benbow. Aussitôt qu'il fut arrivé à la Jamaïque, il lit juger, par un conseil de guerre, ses officiears, dont deux furent condamnés, et, à leur retour en Angleterre, fusillés. Benbow avait souffert l'amputation de sa jambe : cette affaire, en l'accablant de chagrin, accrut son mal ; il tomba en langueur, et mourut le 4 novembre 1702
  • John BENBOW : fils du précédent, fut destiné par son père à la profession de marin, et fit naufrage sur l'île de Madagascar. Il était alors quatrième contremaitre à bord du Degraue, vaisseau de la compagnie orientale, qui, revenant du Bengale, en 1701, échoua sur la côte de J)ladagascar. L'équipage fut fait prisonnier par le roi de cette partie de l'île, et conduit dans l'intérieur des terres où se trouvaient déjà quelques marins anglais avec les capitaines Drummont et Stewart. Comme ils désespéraient qu'on leur rendit volontairement la liberté, ils formèrent le projet audacieux de faire prisonnier le roi luimême, et de marcher vers la côte où ils se flattaient de trouver quelque vaisseau. Leur entreprise s'effectua; ils se rendirent maim.es du roi et de son fils, et, au nombre d'environ cinquante ou soixante, dont plus de la moitié n'avaient pas d'armes, ils se mirent en marche avec leurs otages, à la vue de plusieurs milliers de sujets du prince captif, mieux armés qu'eux. La crainte qu'avaient ces peuples que leur roi ne fût mis à mort les empêcha d'attaquer les Anglais. Ils se contentèrent de les suivre, et leur proposèrent de négocier pour la rançon de ce roi. Les Européens, malgré les vives remontrances de Benbow, le rendirent pour six fusils. Alors les noirs firent feu sur eux, et leur demandèrent leurs armes, en leur promettant de me pas les inquiéter. Benbow et un petit nombre d'autres furent les seuls qui eurent assez de raison pour ne pas consentir à une aussi étrange proposition : ils marchèrent tout armés vers le FortDauphin, y arrivèrent sans accident, et y restèrent plusieurs années avant de trouver l'occasion de s'embarquer. Enfin, un capitaine hollandais, en considération du père de Benbow, ramena ce marin en Angleterre. Ses compagnons y retournèrent aussi ; mais tous ceux qui s'étaient fiés à la parole des sauvages furent massacrés, à l'exception d'un mousse. Benbow avait composé une Description de la partie méridionale de Madagascar, qui fut brillée par accident en 1714. Robert Drury, ce même mousse dont on vient de parler, ayant vécu quatorze ans dans File, fournit des matériaux qui suppléèrent cette perte, et sur lesquels on composa un vol. que des critiques anglais regardent comme fort intéressant
  • John BERKLEY : auteur des Mémoires sur les négociations de Charles ler avec Cromwell el l'armée parlementaire, fut un cavalier zélé pour la cause royale, mais on ne connaît ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. On voit pourtant dans les écrits de son époque, et surtout dans ceux de Clarendon, qu'il prit à la guerre civile et aux intrigues de la cour de Charles Pr une part trèsactive. Brave officier, il se distingua sur les champs de bataille ; tantôt à la tête de petits corps isolés, tantôt dans l'armée de sir Ralph Hopton, il combattit longtemps dans les comtés de l'Ouest , et ne rendit la place d'Exeter, dont il était gouverneur, qu'après une capitulation honorable. La guerre ainsi terminée pour lui, il passa en France et se rendit à StGermain, où résidaient la reine d'Angleterre et le prince de Galles . Berkley n'avait jamais négligé auprès du roi, de la reine et des hommes puissants, aucune occasion d'avancer sa fortune et de se donner de l'importance. Il ne se montra pas courtisan moins empressé dans cette petite cour de StGermain. En 1647, il fut envoyé en Hollande par la reine et le prince de Galles porter leurs compliments de condolé.ance sur la mort du prince d'Orange. Après avoir rempli sa mission, il se hâta de se rendre à StGermain, où la reine le chargea de retourner en Angleterre pour essayer de nouer entre le roi et l'armée des négociations dont il a consigné les détails dans ses Mémoires. A l'en croire, ce fut sans sollicitations de sa part et presque à son insn qu'il se vit investi de cette mission. Clarendon atteste tout le contraire, et l'on peut l'en croire. Berkley parla beaucoup de ses relations avec les officiers parlementaires, des conseils ;qu'il leur avait donnés après la reddition d'Exeter, et de la con-. fiance qu'ils lui avaient témoignée. « II avait pré-« dit tout ce qui était arrivé depuis, et il était sûr « que s'il revoyait ces officiers, il en serait bien « venu, aurait sur eux assez de crédit pour les ra-« mener à la raison , et rendrait au roi les plus « grands services. La reine, ajoute Clarendon, crut « tout ce qu'il disait, et ceux qui ne le croyaient pas « furent fort aises qu'il partît pour en faire l'essai, « car le meilleur ami de sir John Berkley aimait « beaucoup à le voir éloigné . » Quoi qu'il en soit, Berkley se conduisit dans cette entreprise avec assez de bon sens et de courage. Ses Mémoires prouvent que, comme tant d'autres cavaliers, et surtout comme M. Ashburnham, qui lui fut donné pour second ou plutôt pour supérieur dans cette mission, il n'était pas dominé par les illusions et par les sottes répugnances des gens de coeur. « Il avait, dit « M. Guizot, appris dans les combats à estimer les « troupes parlementaires, et ne se vantait pas avec « une niaise insolence d'avoir toujours vécu en trop « bonne compagnie pour pouvoir se résoudre à « traiter avec des gens si mal élevés. Cependant la « légèreté du courtisan se retrouve dans l'excessive confiance que lui inspirèrent les promesses des of-« ficiers et surtout de Cromwell, confiance qui, au Histoire de la rébellion, etc., t. 7, p. 311 et suiv. de la collection des Mémoires sur la révolution d'Angleterre, par M. Guizot. « dire de Clarendon, provenait de sa présomption « et de son désir de se faire valoir. Il n'eût pu souf-« frir de laisser croire qu'il avait manqué de crédit « ou de clairvoyance, et voulait persuader, soit aux « autres, soit à luimême, que si ses négociations « n'avaient pas réussi, c'était uniquement parce que « le roi n'avait pas suivi ses conseils . » Après le mauvais succès de cette tentative, Berkley fut chargé d'aller en rendre compte à la reine. Depuis cette époque il séjourna sur le continent, uniquement occupé d'intrigues de cour, dont les détails se trouvent dans les mémoires de Clarendon , présentés de la manière la moins favorable à Berkley ; car tous deux étaient brouillés au sujet d'une charge que celuici sollicitait et qu'il n'obtint point. Il ne songeait rien moins qu'à se faire nommer gouverneur du duc d'York ; et il se donna ensuite beaucoup de mouvement pour marier ce prince à mademoiselle de Longueville. Après la restauration. Berkley fut élevé par Charles II à la pairie, mais il n'acquit aucune importance politique. Ses Mémoires, qui sont assez courts, remplissent 70 pages d'un des volumes de la collection de Mé- moires sur la révolution d'Angleterre publiée par M. Guizot, Paris et Rouen, 1824 et c'est à la piquante notice donnée par l'illustre traducteur sur Berkley que nous avons emprunté presque entièrement notre article
  • John BERRY( 1635 - 1691) : amiral anglais, naquit eti 1635, à Khoweston, dans le Devonshire, il navigua d'abord pour le commerce, et fut longtemps prisonnier en Espagne. 11 s'embargita vers 1661, comme maitre, sur le keeht te Swallow, se rendant aux Indes M. Quérard, dans la France liuèraire, citu les ouvraftes sui- 'unts du Berrnyer : in LeUrcs en réponse à un eectésias" tique de Province, au Sujet dé l'Histoire du peuple de Dieu, depuis la nais- sance de Jêsus- Christ, Paris, 1756 ; 2 Défease contre les ca- lomnies intitulées : Projet d'instruction pastorale , Avignon, 4755, 5 parties 5° Nouvelle Défense de l'histoire du Éeuple- de Dieu, depuis la naissance du Messie, de., pour servir de ré- ponse à deux libelles ; îss Lettre d'an thêologien à un de Ses amis au sujet de différents ée, its qui on! paru pour la défense de l'ou- vrage du P. Berruyer, Avignon, 1756 — Le P. Berruve,. à été l'éditeur dès sermons de Bretonneau et de ceux de Ségaud. DRR. occidentales, de conserve avec deux frégates qui périrent dans une tempète au milieu du golfe de la Floride. Le ketch se sauva en sacrifiant ses màts et son artillerie, et parvint à gagner Campêche, puis la Jamaïque, après avoir été pendant quatre mois le jouet des flots. Un corsaire de vingt canons et de soixante hommes d'équipage exerçait de grandes déprédations dans ces parages. Le Swallow, arme de huit caronades et monté, par quarante hommes seulement, reçut l'ordre de lui donner chasse, et l'atteignit sur la côtes de StDomingue. Le capitaine hésitait d'engager une lutte aussi inégale. Berry, qui en partant avait été nommé lieutenant, l'enferme dans sa chambre, prend le commandement, aux acclamations de l'équipage, enlève le corsaire à l'abordage et le traîne en triomphe à la Jamaïque. Traduit à une cour martiale, il fut acquitté avec honneur, et repartit pour l'Angleterre au moment où la guerre venait de recommencer entre cette puissance et la Hollande. Après une fructueuse croisière sur le sloop la Maria, il obtint le commandement du vaisseau la Coronation, et lit voile poiir les Indes occidentales. Arrivé à la Barbade, le gouverneur de cette île lui confia la direction d'une escadre qu'il improvisait avec des bittiments marchands pour secourir Nevis, menacée par les Français, déjà maîtres de StChristophe, d'Antigoa et de MontSerrat. Dans une notice sur Berry, écrite d'après des renseignements fournis par son frère, on lui attribue une importante victoire, qui ne nous parait autre que celle du 17 mars 1667, devant StChristophe, et dont l'honneur appartiendrait plutôt au chevalier Harlem], qui commandait en chef. Berry passa des Antilles dans la Manche et la Méditerranée. Il montait le vaisseau la Révolution au mémorable combat de SolsBay. Voyant le duc d'York enveloppé par plusieurs vaisseaux ennemis, il s'exposa au plus grand danger pour le dégager, et fut fait chevalier par Charles II en récompense de ce dévouement. Chargé , en 168'2 , de porter le duc en Écosse sur la frégate le Glocester, qui se perdit par la faute du pilote, ce prince lui dut une seconde fois la vie. Berry, le sabre à la main, contint l'équipage, lorsqu'il voulait se précipiter en tumulte dans l'embarcation qui venait de le recevoir, au risque de la faire chavirer. Choisi l'année suivante par lord Darmoni h pour ètre viceamiral de l'expédition qu'il dirigea sur Tanger, ce lord lui laissa le commandement en chef de l'escadre pendant le bombardement, et se mit, pour faire sauter les fortifications, à la tète des troupes de débarquement. En récompense du sangfroid et de l'habileté qu'il montra dans cette difficile expédition, Berry fut nommé intendant de la marine, et plus tard membre de la célèbre commission instituée par Jacques II, à laquelle la marine anglaise dut sa puissante organisation. La Hollande ayant de nouveau menacé les côtes d'Angleterre, unè flotte considérable fut réunie sous les ordres de lord Darmouth, qui choisit une seconde fois Berry pour son viceamiral. Après le débarquement du prince d'Orange, l'amiral ayant cru devoir quitter la flotte, l commandement en chef resta à Berry jusqu'au désarmement. Il dut à son mérite un grand crédit sous Guillaume III, et ne s'en servit que dans l'intérèt de la marine. Le viceamiral Berry mourut empoisonné, diton, le 14 février 1691, à l'âge de 56 ans
  • John BRINKLEY : La vie scientifique de Br s'étant passée presque tout entière à Dublin, on croit généralement que ce grand astronome était Irlandais; mais c'est une erreur : Brinkley naquit en Angleterre, et de parents anglais. Il fit ses études au Caïus college de Cambridge, où d'éclatants succès le signalèrent de bonne heure à l'attention des amis des sciences. Dans un concours pour la plus haute dignité universitaire qui puisse être accordée aux élèves, celle de senior wrangler, il l'emporta sur tous ses concurrents, au nombre desquels se trouvait Malthus, devenu depuis si célèbre par son grand ouvrage sur la population. Pourvu bientôt après d'un fellowship, Brinkley se livra avec ardeur à l'enseignement dans ce même Caïus college, dont il avait, connue élève, augmenté la renommée. En quittant Cambridge, il alla occuper à l'université de Dublin la chaire d'astronomie devenue vacante par la mort de Uscher. Les Archives de l'Observa- toire, les Mémoires de l'académie d'Irlande, les Transactions de la société royale de Londres ont recueilli les fruits précieux de son zèle infatigable. Dans chacun des écrits de Brinkley, on trouve l'his- torien fidèle, l'ami sincère de la vérité, l'observateur exact, le profond mathématicien. Egalement fiers du savoir et du caractère d'un tel collègue, les aca- démiciens irlandais le placèrent à leur tête, avec le titre de président perpétuel. Dans l'année 1827, le gouvernement luimême donna à Brinkley la plus haute marque de confiance, il le nomma évêque protestant de Clayne. Ce siége épiscopal, dont les revenus sont trèsconsidérables, avait déjà été occupé par un homme célèbre, par le métaphysicien Berkeley. On dut certainement regretter que Brinkley consentit à échanger, contre des biens périssables attachés à la dignité ecclésiastique, les découvertes scientifiques qui l'attendaient dans sa première carrière ; en tout cas, aucun de ceux qui le connaissaient ne lui fit l'injure de voir dans son acceptation autre chose qu'un acte de conscience. A partir du jour où il fut revêtu de l'épiscopat, l'homme dont toute la vie avait été consacrée jusquelà, à la contemplation du firmament, et à la solution des questions sublimes que recèlent les mouvements des astres, divorça complètement avec ces douces, avec ces entraînantes occupations , pour se livrer sans partage aux devoirs de sa charge nouvelle. Afin d'échapper sans doute à la tentation, l'exdirecteur de l'Observatoire royal d'Irlande, x Andrew's profes- sor d'astronomie de l'université, n'avait pas même dans son palais la plus modeste lunette. On doit la révélation de ce fait presque incroyable à l'indis- crétion d'une personne qui, s'étant trouvée chez l'é- vèque de Cloyne un jour d'éclipse de lune, eut le déplaisir, faute d'instruments, de ne pouvoir suivre la marche du phénomène qu'avec ses yeux. Brinkley mourut à Dublin, le 15 septembre 1855. Ses restes inanimés furent suivis avec le plus profond recueillement par toutes les personnes dévouées à l'étude que renfermait la capitale de l'Irlande, et son cer- , ueil fut déposé dans la chapelle de l'université. Le 1 atalogue bibliographique suivant fera suffisamment .pprécier l'astronome, le professeur, le géomètre. ' tiant à l'homme moral, on ne pourrait rien trout rer de plus significatif que ces simples paroles d'une ettre écrite par un des savants compatriotes de l'as- .ronome anglais au secrétaire perpétuel de l'acadé- mie des sciences de Paris : « Je ne pense pas que x jamais personne ait été plus universellement m- i a grené. J'ose affirmer que Brinkley n'avait pas un « seul ennemi. » Brinkley habitait cependant cette malheureuse Irlande, foyer de tant de passions ardentes, de tant de haines implacables, de tant de cruelles misères ! — Catalogue chronologique des mé- moires publiés par John Brinkley . — Démonstration générale du théorème de Cotes, déduite des seules propriétés du cercle. Les démonstrations du théorème de Cotes données par , Moivre Maclaurin, etc., reposaient sur les proprié- . tés de l'hyperbole et sur l'emploi de quantités imaginaires. Brinkley, comme le titre de son mémoire l'indique, a cru devoir essayer d'arriver au même théorème en ne faisant usage que des propriétés du cercle. Sa démonstration n'occupe que quatre pages. — Méthode qui conduit, quand cela est possible, à la valeur d'une variable en fonction de puissances entières d'une seconde variable et de quantités cons- tantes, les deux variables étant liées entre elles par des équations données. Doctrine générale du retour des suites, de la détermination approchée des racines des équations ordinaires et de la résolution en séries Ides équations différentielles. Le but de l'auteur est précisément celui qu'Arbogast se proposa dans son Calcul des dérivations. Les deux ouvrages ont été publiés à la même date ; ainsi aucune discussion de priorité ne pourrait s'élever; au surplus, si l'objet est le même, les procédés sont différents. Brinkley attache une importance toute parti-- culière aux théorèmes qu'il a trouvés pour détermi- ner les différentielles des divers ordres per mimait, c'est-àdire sans passer par la série des différentielles des ordres moins élevés. Pour rendre les avantages de sa méthode évidents, il s'applique à un grand nombre de problèmes déjà traités par d'autres géométries. — Sur les orbites que les corps décrivent quand ils éprouvent l'action d'une force centripète dont l'intensité varie suivant une puissance quelcon- que de la distance. Ce mémoire peut être considéré comme un trèsbon commentaire des 8° et 9' sections du ler livre des Principes. Brinkley y signale les erreurs que Frisi et Walmesley avaient commises en traitant la question si délicate du mouvement des apsides. Il ne fait pas encore usage de la notation leibnitienne des différentielles. — Sur la détermination d'un nombre indéfini de portions de sphère, dont les superficies et les volumes sont en même temps 'assignables algébriquement. Le célèbre problème que Viviani proposa en 1692 avait pour objet la détermination d'une certaine portion de la surface de la sphère, ou si l'on veut, d'une certaine étendue de voûte à forme sphérique, dont la superficie devait être exactement assignable. Dans un mémoire qui fait partie de la collection de Pétersbourg pour l'année 1769, Euler traita une seconde. question, celle de la voûte cubable. Bossut remarqua plus tard Le problème de Képleia pour:objet la détermination de la position elliptique d'une planète, d'après la connaissance de sa position moyenne et de l'excentricité de l'orbite. Ce problème n'est pas susceptible d'une solution rigou- reuse. La solution approchée est contenue dans une série que les géomètres ont poussée assez loin, et qui se déduit des équations fondamentales du mouvement elliptique. Avant que cette série eùt été trouvée, on arrivait au but par des méthodes indirectes, fort ingénieuses et plus ou moins exactes. Parmi ces méthodes, il faut distinguer d'abord celle de Képler luimême; ensuite les méthodes si célèbres de Seth Ward, de Bouillaud, de Mercator, lesquelles, à proprement parler, n'étaient pas de la loi des aires, mais se fondaient sur des hypothèses dont la faus- seté ne fut bien établie que par la découverte de la cause physique des mouvements célestes, car elles représentaient les anciennes observations des planètes, avec une précision vraiment remarquable. En ' suivant l'ordre des dates, on passe de Mercator aux deux procédés donnés par Newton dans l'immortel traité de Philosophie naturelle, et bientôt après à ceux de Jacques Cassini, de la Caille , de Thomas Simpson, de Mathew Stewart. Brinkley étudie ces diverses méthodes, les approfondit, les compare entre elles, en apprécie l'exactitude. Un ouvrage d'astronomie, dans lequel l'auteur parcourrait toutes les questions importantes avec le même soin, avec la même clarté, serait véritablement sans prix. — Théo- rime servant à trouver la surface d'un cylindre obli- que à base circulaire , suivi de sa démonstration géométrique. Le théorème élégant, donné et dé- montré par Brinkley dans ce mémoire, peut s'énon- cer ainsi : la surface d'un cylindre oblique à base circulaire, est égale à celle d'un rectangle dont un côté serait le diamètre de cette base, et l'autre côté, la circonférence d'une ellipse ayant pour axe la hau- teur verticale du cylindre et la longueur de ses arêtes. — Recherche du terme général d'une série qui est très- importante dans la méthode inverse des différences finies. L'auteur s'occupe des théorèmes sur les différences finies que Lagrange donna dans le volume de l'académie de Berlin, pour l'aimée 1772, et qui furent ensuite démontrés par Laplace. Ce beau mémoire n'est pas connu, peut-être, des géomètres du conti- nent, autant qu'il le mérite. On en trouve cependant quelques extraits dans le 5 volume du grand et excellent ouvrage de M. Lacroix : Sur la solution que Newton a donnée du problème qui consiste à trouver quelle relation doit exister entre la rési- stance et la gravité pour qu'un corps décrive une courbe donnée. La solution de ce problème, publiée dans la ire édition des Principes, était certainement inexacte ; niais les plus grand géomètres, les Nicolas Bernoulli, les Lagrange, etc., ne se sont pas accordés quand il a fallu dire en quoi consistait véritablement l'erreur de Newton. Indiquer nettement, sans ambiguité, la source de cette erreur, tel est le principal objet que Brinkley s'est proposé dans le mémoire dont on vient de lire le titre.— Recherches relatives au problème dans lequel on se propose de corriger les distances apparentes de la lune au soleil ou aux étoiles, des effets de la parallaxe et de la ré- fraction. Solution facile et concise de cette question. La recherche de la correction de la distance observée exige, suivant les cas, des attentions minutieuses dont les marins sont quelquefois embarrassés. Au contraire, le calcul direct de la distance réduite s'ef- fectue toujours de la même manière. Par ce motif, c'est le calcul direct que Brinkley se propose. Sa métlrode est simple et trèsexpéditive. — Mémoire concernant la parallaxe annuelle de certaines étoiles. Lu le 6 mars 1815, à l'académie de Dublin; impri- tué dans le 12° volume des Irish Transactions.) Douze mois d'observations conduisent Brinkley aux Parallaxes suivantes a de l'Aigle.... ......... Arcturus 4", I «. de la Lyre. 0,7 a du Cygne 0'',9 du Dragon passe au méridien une demiheure seulement avant la Lyre. La différence de l'auteur de ces deux étoiles n'est pas tout à fait de 15°. La cause , quelle qu'en fût la nature, qui rendrait les observations de la Lyre inexactes et donnerait à cette étoile une apparence de parallaxe, semblerait devoir produire le même effet sur / du Dragon ; or les observations que Brinkley a fuites de -1. du Dragon ne conduisent à aucune parallaxe appréciable. — Recherches analytiques sur les réfractions astrono- miques ; comparaison des tables qui en résultent arec les observations de quelques étoiles circumpolaires. Brinkley obtint l'équation dif- férentielle de la trajectoire du rayon lumineux telle que Laplace l'a donnée dans la Mécanique cé- leste , mais en partant seulement de la loi du sinue et sans recourir à la considération des attractions moléculaires à petites distances. Il trouva à cela, ditil , l'avantage de ne rien supposer sur la nature de la lumière. Cet avantage, fûtil réel, n'est pas de longue durée, car bientôt l'auteur introduit dans ses formules une expression K 2 — 1 à laquelle la force rétractive de l'air doit être proportionnelle ; or cetel expression n'a un sens que dans la théorie de l'émission. L'intégrale de Brinkley a une forme commode. Des deux parties qui la composent, la première donnerait la valeur de la réfraction si la terre était plane ; la seconde fait connaitre l'effet de la courbure des couches atmosphériques. On voit aussi aisément que jusqu'à 740 du zénith, cette dernière partie peut être négligée, et que l'autre est indépendante de la loi de la densité de l'air. Les erreurs des tables de réfraction du bureau des longitudes, d'après les observations de la Lyre faites par Brinkley à 87° 4'2' du zénith , varient entre -1- 18", 2 et — 1r, 4. — Sur les Observations faites au collége de la Trinité, àfDublin, avec un cercle de 8 pieds de diamè- tre, el qui semblent indiquer une parallaxe annuelle dans certaines étoiles. Brinkley trouve pour la parallaxe annuelle les résultats suivants : a de l'Aigle. . 2",7 Arcturus a. de la Lyre. . I",0 a du Cygne 1",e Ces résultats n'ont pas été généralement adoptés. On a supposé que les changements de température, pouvaient occasionner quelque déformation darne! l'instrument de Dublin. A cela ou à toute autre cause semblable, Brinkley fait une réponse qui semble démonstrative ; il montre que les observations de la Chèvre de En traitant séparément la question du déplacement des apsides de la lune, l'auteur espère rendre ce phénoméne plus facile à saisir qu'il ne l'est dans les théories générales qu'on a donnees du mouvement de notre satellite. Son but est aussi if d'arriver au résultat , sans rien emprunter ni à la forme préconçue des intégrales, ni aux observations. Pour faire apprécier nettement sa pensée, Brinkley cite un passage du liv. 7 de la Mécanique céleste, dont il est bien loin de nier l'exactitude, niais où il croit voir dans la forme une sorte de cercle vicieux. A l'occasion de ce mémoire dans lequel, pour le dire en passant, la notation de Leibnitz a entièrement remplacé enfin celle des fluxions, Brinkley reçut de l'académie royale d'Irlande la médaille de Conyng- ham. — Observations relatives à la forme des quan- tités constantes: arbitraires qu'on rencontre dans l'inté- gt'ation de certaines équations différentielles, comme aussi dans l'intégration de certaines équations aux différences finies. Les cas exceptionnels qu'offrent diverses intégrales, quand on donne certaines valeurs particulières aux constantes qu'elle renferment , mal excité les méditations des géomètres. Brinkley traite à son tour ce sujet , en s'appuyant sur des considérations qui lui semblent plus rigoureuses que celles dont Lagrange avait fait usage. — Sur la Parallaxe de cer- taines étoiles. Les observations faites à. Greenwich, par M. Pond , avec le Cercle mural de Thronghton , n'ayant pas con- ené, quant à la parallaxe, les résultats déduits clu grand cercle mobile de Dublin, Brinkley se livre, dans ce mémoire, à un examen minutieux de toutes les erreurs auxquelles les muraux exposent les astronomes. C'est pour le fond et pour la forme un modèle de discussion. Le mémoire renferme, en outre, de nouvelles déterminations de parallaxes basées sur l'ensemble des observations faites à Dublin, de 1808 à 1818. Brinkley trouve Pour la Lyre 0,66 Pour a du Cygne.... 0,78 Pour a de l'Aigle 2,53 Pour I du Dragon 0",00 . — Résultai des observations faites à l'observatoire du collége de la Trinité , à Dublin , pour déterminer l'obliquité de l'écliptique el le maximum de l'aberration de la lu- mière. D'après seize solstices d'été observés par MM. Oriani , Pond, Arago, Mat- thieu, et par luimême, l'auteur trouve., pour l'obli- quité moyenne de l'écliptique , A la date du I" janvier 1815 23.27'50",45 Les observations de Bradley, recalculées par M. Bessel, et rapportées Au ler janvier 1755, donnent 23.28'f 5,49 Diminution en 58 ans 25",04 Diminution annuelle 0",43 Les observations de distances zénithales faites en 1818 ont conduit Brinkley, pour le maximum d'aberrations, aux valeurs suivantes : a de Cassiopée 20",72 Polaire 90",63 GrandeOurse a 20",0.1 id. 21,20 id. E. 21,36 Id. 20",15 id. Moyenne 20,80 Les observations de Bradley, faites à Wanstead avec un secteur zénithal, On admet généralement que la valeur de la réfraction astronomique qu'éprouve la lumière venant des objets voisins de l'horizon est comprise entre la réfraction théorique calculée dans l'hypothè,se d'une température constante des couches de l'atmosphère, et celle que l'on obtient en partant de _la supposition d'un décroissement uniforme de densité. En rejetant la constance de la température , M. Bessel a cherché et trouvé la loi qu'il fallait lui substituer pour représenter les observations. Brinkley, à son tour, essaye d'arriver au même but par une modification La méthode de correction de Brinkley est une modification, ou, si on l'aime mieux, un perfectionnement de celle que Laplace a donnée dans la Mécanique céleste. — Dis- cussion des observations faites à Dublin, depuis le commencement de 1818, dans la vue de déterminer la parallaxe de certaines étoiles et la constante de l'aberration. L'auteur se montre si vivement contrarié du désaccord, d'ailleurs si petit, de ses observations avec celles de Greenwich, qu'il les multiplie , les groupe et les discute de toutes les manières possibles , avec l'espérance d'y trouver quelque erreur ; mais ses efforts ne font. jamais disparaître les petites parallaxes. Voici les résultats numériques de ce travail Colletante de l'aberration. parimax, Polaire 20 ,18 0,03 de la GrandeOurse 2e,16 + 0",05 7 2e,48 + 0,59 ... 20",29 0",33 20",93 0",c28 20,76 — 0,13 Arcturus. 20',04 + Pi de la PetiteOurse. 20",49 — 0,13 ct d'Ophiuchus 20,39 4,57 / du Dragon. 19",86 — 0,08 a de la Lyre 20,36 1",21 a de l'Aigle. 21,32 4,57 a du Cygne • 20,52 0,33 « N'estil pas curieux, dit l'auteur, si mes parallaxes sont une illusion , qu'il ne s'en soit présenté au-« enfle d'un peu grande avec le signe négatif; que « les distances zénithales, s'il y a erreur, aient ton- On trouve dans ce mémoire les éléments d'une comète observée à Valparaiso, par le capitaine Basil Hall. Cet astre, avant son passage au périhé- lie, avait déjà été aperçu en Europe. — De la Nu- tation solaire , déduite des observations des distan- ces polaires des étoiles. De cette détermination consi- dérée comme une confirmation des valeurs assignées aux parallaxes de certaines étoiles fixes. L'objet de ce mémoire est clairement indiqué dans ces quelques lignes traduites de l'auteur : « La nutation solaire, • « déduite de la théorie, est depuis longtemps appli- « quée par les astronomes à la correction des obser- vations dés distances polaires. Sa valeur est connue « dans d'étroites limites, et son maximum, pour les « distances polaires de toutes les étoiles , est d'envi-« Ton 0', 5. C'est moins , comme on voit, que les « quantités auxquelles je suis arrivé pou'? les paral-« laxes de certaines étoiles. Si donc je parviens à « déterminer la nutation solaire , il en résultera « que mes observations sont assez exactes pour être « employées à la détermination des plus petites « quantités. La nutation solaire passe, par toutes ses « valeurs, deux fois dans l'intervalle d'une année. « 11 semble donc impossible d'admettre qu'une « cause d'erreur qui altérerait mon instrument de « manière à donner des apparences de parallaxe à « des astres qui en seraient dépourvus , puisse con-.« duire à une détermination exacte de la nutation « solaire. » — Sur les Distances polaires des princi- pales étoiles fixes. M. Pond avait tiré de la comparaison de ses deux catalogues de 1813 et de 18'25 la conséquence que toutes les étoiles ont , plus ou moins, un mouvement dirigé vers le sud. Brinkley ne croyait pas à ce mouvement dans le mémoire dont je viens de transcrire le titre ; il combat les idées de M. Pond, soit d'après ses propres observations, soit en employant celles des sec- teurs zénithaux de Wanstead , de Sche- hallien , de Dunnose , du Mysore . — Remarques sur le parallaxe de cx. de la lyre. M. Pond avait déduit de la comparaison des observations de Greenwich avec celles de Dublin, la conséquence que les cercles nia- biles sont des instruments moins exacts que les cer- cles muraux. Brinkley soutient l'opinion contraire. — Résultat de l'application qui a été faite du colli- mateur flottant du capitaine Kater, au cercle astro- nomique de l'observatoire de Dublin. Dans ce mémoire, Brinkley se propose de prouver que l'instrument du capitaine kater est susceptible d'une beaucoup plus grande exactitude que les astronomes et les artistes n'ont semblé disposés à le croire. — Eléments d'astronomie, 1 vol. de 528 pages. La première édition est de 1813 ; la seconde, de 1819. Ces éléments sont le résumé des le-çons d'astronomie professées à l'université de Dublin, où Brinkley occupa pendant de longues années la chaire fondée par Andrew. On comprendra aisément que l'auteur n'a pas pu avoir la prétention de donner un traité complet en 528 p. qu'il a dû se borner à faire connaître l'esprit des méthodes ; que beaucoup de questions ont été nécessairement négligées ; mais tout ce que l'ouvrage renferme est remarquable par l'élégance et la clarté. A chaque ligne on retrouve l'astronome également au fait 'des calculs et des observations. Après avoir mentionné tant de travaux d'astronomie et de mathématiques, fautil dire encore , pour ajouter à la célébrité de l'évêque de Cloyne, qu'il s'était livré avec une prédilection toute particulière et de grands succès à l'étude de la botanique et de la législation? Brinkley fut dignement apprécié par la France. L'académie des sciences l'avait inscrit au nombre de ses correspondants
  • John BULL( 1563) : musicien anglais, né, vers 1565, dans le comté de Somerset, succéda, en 1591, à son maitre William Blitheman, organiste de la chapelle de la reine Élisabeth. Cinq ans après, cette pr le lit recevoir en qualité de professeur de musique au collége de Gresham, qu'il quitta, en 1607, pour devenir musicien de la chambre du roi, Jacques l". Telle fut la précoce réputation de Bull que l'université d'Oxford le reçut bachelier en 1586, et docteur en 1592. En 1615, il se rendit auprès de l'archiduc dans les PaysBas. On croit qu'il vint s'établir ensuite à Lubeck, où il publia plusieurs compositions. La dernière porte la date de 1622, qui est peut-ètre aussi celle de sa mort, arrivée à Lubeck ou à nambourg. Dans sa vie, publiée en 1740 par Marpourg, on trouve une liste de plus de deux cents compositions tant vocales qu'instrumen- tales, mais cette musique n'est bonne qu'à chatouil- ler les oreilles anglaises . Il y a près Pepusch lui attribuait l'amélioration de la fugue et du coutrepoint, et préférait ses ouvrages à ceux de Couperin, de Scarlatti, etc» vive le roi! Que, toujours glorieux, , Louis, victorieux, Voie à ses pieds ses ennemis Soumis. Grand Dieu, sauvez le roi ! Grand Dieu, vengez le roi ! Vive le roi i Lorsque George ler monta sur le trône d'Angleterre, le célèbre compositeur Haendel ajouta des variations à cette antienne, et les présenta luinième à la reine. C'est à tort que l'éditeur des Souvenirs de madame de Créqui prétend que Haendel s'est dédaté l'auteur de la musique du Gode sate the king, et que la plupart des Anglais soutiennent cette opinion
  • John BYNG : amiral, quatrième fils du précédent, entra fort jeune dans la carrière que son père avait si glorieusement parcourue. Son avancement fut rapide. Quelques succès l'élevèrent de bonne heure au grade d'amiral. L'histoire a né.gligé les actions de la vie de John Byng pour ne s'occuper que de l'événement malheureux qui la termina. Elle présentera l'àmiral John Byng à la postérité, comme une de ces victimes sanglantes que la politique croit pouvoir sacrifier à ce qu'elle appelle le salut de l'litat dans les temps difficiles, mais dont l'histoire revise les jugements pour l'instruction de la postérité. Vers le commencement de 1756, le geuvernement anglais, informé des préparatifs qui se faisaient dans les ports de France, effrayé du mouvement des troupes sur les côtes de la Manche, se vit menacé d'une invasion, et ne crut se rassurer qu'en appelant 12,000 hommes de troupes hessoises. A cette époque , l'Angleterre ne comptait plus sur l'énergie du peuple ; elle mettait toute sa confiance dans les subsides multipliés qu'elle payait aux puissances du Nord, C'était un ministère sans énergie, qui gouvernait une nation mercantile, uniquement occupée des progrès de son commerce . En mène temps qu'on entendait parler du mouvenient des troupes au delà de la Manche, des avis informèrent les ministres des préparatifs qui be faisaient dans le port de Toulon, du nombre des vaisseaux qu'on armait, et des troupes qu'on y rassemblait. Ils étaient trop occupés du salut de l'Angleterre et de l'Irlande pour donner une attention bien sérieuse aux établissements de la Méditerranée, quoiqu'ils y possédassent l'ile de Minorque, bien plus précieuse que Gibraltar pour assurer leur commerce dans le Levant. Cependant, pressés par les avis réitérés qu'ils recevaient des côtes de la Médi- terranée, ils se déterminèrent à ordonner un arme- ment insuffisant pour combattre les préparatifs qui se faisaient notoirement à Toulon. Dix vaisseaux furent équipés sous le commandement de l'amiral John Byng, plus connu alors par la gloire de son Pitt , fortement opposé aux tniltés des avait 3buudonneL llillibli/ft). Pèle que par la sienne propre. A cette escadre devaient se joindre trois autres vaisseaux et cinq frégates, avant son entrée dans la Méditerranée. Elle appareilla le 6 avril 1756 de la rade de SteHélène. Contrariée par les vents, elle arriva le 2 mai à Gibraltar, oit elle dut s'approvisionner d'eau et de vin, et réparer ses pompes. C'est là que l'amiral apprit qu'une escadre française, composée de douze vaisseaux de ligne, d'un nombre indéterminé de frégates, avec des vaisseaux de transport chargés de •9,000 hommes de troupes, était partie de la rade d'Hiéres le 10 avril ; que l'expédition avait été dirigée contre Minorque ; que le débarquement s'était opéré, et que les Français, maîtres de toute l'ile, étaient occupés au siége du fort StPhilippe. L'amiral assembla un conseil de guerre, et consulta les ingénieurs sur la possibilité de jeter des forces dans la place. Le major d'artillerie, le capitaine et l'ingénieur, qui avaient été employés aux fortifications de Minorque, déclarèrent unanimement qu'en suppo- sant que les Français eussent placé des batteries sur les deux côtés de l'entrée du port, précaution qu'on ne pouvait pas les soupçonner d'avoir négligée, il était impossible de réussir sans avoir fait auparavant taire les batteries, qui infailliblement couleraient à fond les vaisseaux de transport. 11 fut donc décidé qu'il ne fallait pas sacrifier à une espérance chimérique des forces qui, dans la circonstance, pouvaient ètre nécessaires à la conservation de Gibraltar. C'est dans ce moment, et le 4 mai, que l'amiral écri- vit à son gouvernement une lettre dictée par le désespoir. 11 ne dissimulait aucune des difficultés de sa position ; se plaignait d'avoir été envoyé trop tard, du mauvais état de plusieurs vaisseaux de sa flotte, de la pénurie où se trouvait Gibraltar des objets nécessaires au radoub des vaisseaux. 11 disait que jeter des secours dans la forteresse était une entreprise impraticable; mais que, dûton réussir, on ne ferait qu'augmenter le nombre des prisonniers, attendu qu'on ne pouvait espérer de faire lever le siége que par la coopération de troupes de terre assez fortes pour combattre les assiégeants. Ce langage trop libre, qui accusait le ministère de négligence et d'impéritie, ne fut pas tenu impunément. Tous ceux qui ont lu les pièces du procès ne peuvent disconvenir que le sort de Minorque était décidé au moment on la flotte anglaise mouilla dans la rade de Gibraltar, et que la tentative d'une bataille navale ne pouvait empècher la reddition du fort StPhilippe. Néanmoins l'amiral Byng, pour remplir sa mission, autant qu'il était en lui, appareilla le 8 niai. Le 19, il aperçut Pile de Minorque ; le pavillon anglais flottait encore sur le fort StPhilippe; l'on voyait aussi les flammes françaises sur la partie occidentale, et les bombes pleuvoir sur la citadelle. il s'empressa de dépéeher trois frégates, qui devaient tenter d'établir une chaîne de communication entre la flotte et la citadelle, reconnaitre l'entrée du port, faire parvenir au général Blakeney, qui comman- dait, une lettre qui l'informait de l'arrivée de l'escadre et du secours qu'elle lui apportait. Mais l'es-, cadre française, commandée par le marquis de la Gallissonnière, n'ayant pas tardé à paraltre mi sudest, et le vent de terre soufflant fortement, l'amiral Byng fut contraint de rappeler ses frégates avant qu'elles eussent pu reconnaltre l'entrée du port, et s'assurer si des batteries empêchaient l'approche de la citadelle. 11 était cinq heures du soir avant que l'amiral anglais eût pu former la ligne, et dist les mouvements des Français. Les deux escadres, chacune de leur côté, cherchaient à s'assurer du vent avant la nuit. Au point du jour suivant, le 20 mai , elles étaient encore hors de vue l'une de l'autre ; enfin elles s'aperçurent du haut des nuits , et manceuvrèrent'pour se rapprocher en ordre de bataille. Le marquis de la Gallissonnière avait pris le vent ; mais à l'approche du combat, vers deux heures de l'aprèsmidi, il tourna à l'ouest , de manière que l'escadre anglaise eut pour elle l'avantage du vent lorsque le combat commença. On comptait, du côté des Anglais , treize vaisseaux de ligne et cinq frégates. La flotte française n'était composée que de douze vaisseaux de ligne et de cinq frégates. Le combat s'engagea, et dura trois heures et demie ou quatre heures, sans que les deux flottes pussent s'entamer ; mais le vaisseau anglais l'Intrépide avait eu son nuit de beaupré emporté peu après le conimencement de l'action. Sa chute, l'ayant mis hors d'état de manoeuvrer pendant quelque temps, laissa un vide dans la seconde .division. Byng le fit remplacer par le Depford, le plus petit de la flotte, qu'il tenait en réserve. Il parait qu'il montra de l'hésitation , que le combat ne fut pas trèsanimé , soit parce que l'amiral anglais était frappe du mauvais état de quelquesuns de ses vaisseaux , et, comme il le dit dans sa défense, de leur infériorité relative, qui ne résulte pas toujours de la différence du nombre , soit parce que, dans le cas d'un combat ticsmeurtrier, il voyait d'avance l'avantage qu'aurait le marquis de la Gallissonnière , de pouvoir renouveler ses troupes et mettre à terre ses blessés; enfin , craignant que la flotte française ne formât une nouvelle ligne qui lui donmit l'avantage du vent, et voyant le vaisseau l'Intrépide en danger il'étre pris, Byng lit cesser le feu , et la victoire resta aux Français. Il parait que la flotte anglaise a va i t beaucoup plus soli Vert, et qu'indépendamment de la circonstance du voisinage do Minorque , flotte française était bien plus en état de recommencer le combat. Le jour suivant, les deux flottes étaient déjà hors de vue. L'amiral anglais recueillit l'Intrépide et le Chesterfield chargé de le conduire. Il tint un conseil de guerre , qui fut d'avis de ne pas renouveler une tentative qui n'avait aucune apparence de succès, L'examen qui fut fait de l'é- tat de la flotte démontra que trois des principaux vaisseaux étaient endommagés au point de ne pouvoir tenir la mer. Il n'y avait eu cependant que quarantecinq hommes tués et cent soixantedeux blessés ; mais c'est surtout dans les agrès que les vaisseaux anglais avaient beaucoup souffert. Le marquis de la Gallissonnière , qui n'avait aucun intérêt à le poursuivre , reprit sa station devant Malion , pendant que l'amiral Byng continua sa Mute vèrg Gibraltar. Dès que le gouvernement anglais eut reçu la nouvelle du mauvais succès de cette expédition , il chargea les amiraux nawke et Saunders de prendre le commandement de la flotte, et donna des ordres pour tradurre en état d'arrestation l'amiral Byng à l'hôpital de Greenwich. Le fort StPhilippe , qui avait une tranchée ouverte depuis le 10 mai , se rendit le 27 juin , à la suite d'une attaque générale. Cette conquête produisit chez les deux nations l'effet qu'on devait attendre de la différence de leur caractère : pendant que les Fran- çais faisaient éclater la joie la plus vive, les Anglais, humiliés dans ce qui fait l'objet chéri de leur orgueil, se livrèrent à une fureur qui approchait de la rage. Cette marine, sur laquelle ils se reposaient pour la défense de leurs foyers, s'était retirée devant une flotte française inférieure en apparence I La honte de cet événement aurait dû rejaillir tout entière sur des ministres inhabiles, qui s'étaient laissé frapper de la terreur panique d'une invasion dont le projet n'était que simulé, et qui, négligeant les avis réitérés qu'ils recevaient des grands préparatifs faits à Toulon, avaient envoyé dans la Méditerranée une flotte insuffisante, pendant que les ports d'Angleterre regorgeaient de vaisseaux. Aussi, après l'événement, les ministres se reprochaient ils mutuellement faiblesse de leurs déterminations. Il parait que les avis de Fox n'avaient pu prévaloir sur les terreurs paniques du duc de Newcastle et sur la présomption , 1759
  • John BYRON( 1723 - 1786) : commodore, né en Angleterre, le 8 novembre 1725, s'embarqua, à l'fige de dixsept ans, sur un des vaisseaux du lord Anson, destiné à faire le tour du monde, mais qui lit naufrage au nord du détroit de Magellan. Byron fut, avec quelquesuns de ses compagnons d'infortune , conduit I" r des Indiens au Chili ; il y resta jusqu'en 1744, qu'il s'embarqua sur un navire de StMalo, et arriva en Europe en 1715. En 1758, il commandait trois vaisseaux de ligne, et se distingua dans la guerre contre la France Le roi George Ill, voulant envoyer découvrir la partie de l'océan Atlantique située entre le cap de BonneEspérance et la pointe méridionale de l'Amérique, donna à Byron le coin rmandement de la frégate le Dauphin, Cet amiral partit de la rade des Dunes le 21 juin 1764, ayant sous ses ordres la frégate la Tamar, commandée Opar le capitaine Monat. Ces deux bàtiments abordè- rent à Madère et aux îles du cap Vert, de là vinrent mouiller dans la rivière de RioJaneiro, vis-àvis de la ville de ce nom. En partant de ce port, Byron visita la partie méridionale de l'océan Atlantique, et, après avoir cherché en vain les îles Pepys, il fit route pour aller faire de l'eau et du bois dans le port Famine, situé à peu près à la moitié du détroit de Magellan. Il vint ensuite visiter les îles Malouines, nommées Falkland par les Anglais. _Dès quo Byron eut fait la reconnaissance de ces îles, il rentra dans le détroit, et continua sa navigation jusqu'au grand Océan, connu plus généralement sous le nom de mer du Sud. Il rencontra, pendant cette seconde navigation qu'il fit dans le détroit, le vais- seau l'Aigle de StMalo , sur lequel Bougainville était venu faire de l'eau et du bois pour la nouvelle colonie qu'il était chargé de fonder aux îles Malouines. Byron se dirigea au nord en sor- tant du détroit de Magellan, sur Pile Masafuera il prit ensuite route à l'ouest, passa au nord de l'archipel Dangereux, situé à une petite distance dans l'est des lles de la Société, et y découvrit l'ile du Désappointement et les îles du loi George. Peu de temps après avoir dépassé les îles de la Société, sa route prit du nordouest, et il découvrit les îles du Danger et de Byron. Bientôt, après avoir traversé les Carolines, en passant près de l'île Tinian, où il rebella, il rentra dans la mer de Chine par le nord >de l'île Luçon. Byron fit alors route au sud, et vint à Batavia par le détroit de Banca, d'où il partit le ,to décembre 1765, et arriva en Angleterre le 9 niai e17.66. Quoique le voyage de Byron ne soit pàs ticsfertile en découvertes, il mérite cependant un rang honorable dans l'histoire des navigations autour du globe. C'est le premier que l'on trouve dans la collection d'llawkesvorth, intitulée : Histoire des voya- ges entrepris pour faire des découvertes dans l'hé- misphère nzéridional, et exécutés successivement par le commodore Byron, le capitaine 1lTallis, le capi- taine Cariera,. ci le capitaine Cook, dans son pre- mier voilage. On voit, par les noms des navigateurs qui ont suivi Byron, qu'il est le premier de cette époque mémorable où les peuples de l'Europe, cessant de faire des découvertes par amour du gain, n'avaient pour but principal que le progrès des sciences. Si Cook les a tous surpassés par l'habileté et l'importance des découvertes, le mérite des autres ne doit cependant pas être oublié, et particulièrement celui de Byron, qui leur avait tracé le chemin. 'n de ses officiers a publié la relation de son voyage en 1766 ; cette relation a été traduite en français par Suard , et imprimée sous cc titre Voyage autour du monde, fait par le vaisseau du roi le Dauphin commandé par le chef d'escadre Byron, etc., Paris, 1767 Il avait fait imprimer, en 1718 et 1768, la relation de son premier voyage ; elle a été traduite en français par Cantwell, Ms ce titre : Premfer rayage de 'litron, 4 14 nier du sud, complétant la Relation du voyage d'Anson, avec un extrait du second voyage de Byron autour du inonde, Paris, an '7 Il est mort à Londres, en 1786
  • John CAMPBELL : était le petitfils d'Ardubai Campbell, comte d'Argyle , lequel périt sur l'échafaud le 9 juillet 1685, victime du fa- natisme de Jacques II.— Le fils du comte d'Argyle, nommé comme lui Archibal Campbell, lord Loine, qui s'était converti à la foi catholique, reçut quelques faibles marques de la bonté de ce monarque, dont il supporta longtemps les caprices avec résignation ; mais, ne recevant en échange ni biens ni honneurs , et profondément sensible aux maux de sa famille, il se rendit en Hollande en 1688 11 faisait partie de la suite du prince d'Orange, lorsque celuici mit à la voile pour aller occuper le trône de son beaupère ; et il fut envoyé d'Exeter en Écosse pour veiller aux intérêts de Guillaume. Il fut ensuite envoyé par la convention à Londres, avec Dalrymphe et Montgommery, pour apporter à ce prince la couronne d'Ecosse et obtenir la confirmation des franchises du pays. A son retour, il fut réta- bli dans ses honneurs etdans ses biens par la conven- tion qui s'était transformée en parlement. Aussitôt le clan des Campbell releva la tète et ne montra pas plus de modération envers ses ennemis abattus que ceuxci n'en avait montré à son égard. Am Campbell, devenu par octroi royal due d'Argyle, commandant de la garde écossaise à cheval et un des lords de la chambre du trésor d'Écosse, mourut en 1704. — John C A M PB E LL , son fils, e duc d'Amie, né en 1678, fut destiné à la profession des armes. Son père lui procura d'abord un régiment à pied sous I le roi Guillaume, et sous 1A reine Anne il se distingua dans la guerre de la succession. En 1706, il signala sa valeur à la bataille de Ramillies, et, en 1708, il était à la tète de vingt bataillons à la bataille d'eudenarde. Enfin il seconda si bien le duc de Marlborough aux sièges de Lille et de Gand, et à la bataille de Malplaquet, qu'il fut décoré en .1710 de l'ordre de la Jarretière. Dans l'intervalle de ces campagnes, il ne laissa pas d'aller plusieurs fois à Édimbourg, où la reine l'avait nommé, en 1705, son commissaire près le parlement d'Écosse. Il y fut le principal moteur de l'affaire de l'union , ce qui lui fit perdre de sa popularité. En 1711, il fut en- voyé en Espagne comme ambassadeur extraordi- naire auprès de l'archiduc ; mais il trouva les af- faires de ce prince presque désespérées. Une fièvre qui le retint au lit, et la paix d'Utrecht qui se traita bientôt après, ne lui permirent pas d'y rien faire d'important. En 1712, il fut nommé commandant général des forces royales en Écosse ; mais il ne tarda pas à perdre la faveur des ministres , en se jetant dans le parti de l'opposition, et censurant ouvertement le traité d'Utrecht. 11 cherchait à regagner la faveur populaire, en se déclarant contre le bill qui assujettissait l'Écosse à la taxe du malt , et en travaillant à faire dissoudre l'acte d'union dont il avait été le plus ardent promoteur. Cette versatilité lui fit perdre plusieurs fois les charges qu'il tenait de la cour. Il rentra en faveur à l'avénement de George 1", et commanda en 1715 les troupes royales envoyées en Ecosse pour s'opposer au prétendant. Avec une armée trèsinférieure en nombre , mais mieux disciplinée, il arrêta à Dumblain les progrès du général Marr : les deux partis s'attribuèrent la victoire ; mais le duc d'Argyle, ayant reçu un renfort de dragons et de troupes hollandaises, força bientôt le prétendant à se rembarquer. Nommé pair de la GrandeBretagne en 1718, avec le titre de duc de Greenwich, il se signala en 1759 par son opposition à l'administration de Robert Walpole. Aprés que ce dernier eut été écarté du ministère, le duc d'Argyle fut de nouveau replacé, mais il ne jouit pas longtemps de ses succès : il mourut d'une attaque de paralysie en septembre 1743, et fut enterré à West- minster, où on lui éleva un monument. Pope et Thompson l'ont célébré dans leurs vers, et Macpherson, dans son Histoire d'Angleterre, parait s'étre plu à le déprécier. Élevé par le télèbre historien Cunningham, John Campbell fut un protecteur éclairé des lettres. C. M. P
  • John COLLINS : comédien et auteur anglais , mort en 1808, à Birming;liam, àgé de 70 ans, jouait avec succès la tragédie, la comédie et l'opéra. Il est auteur d'un ouvrage facétieux intitulé the Yorning Brush; niais sa réputation se fonde surtout sur des compositions lyriques, qu'il chantait luimême avec un talent, un naturel et une gaieté remarquables. Il était un des propriétaires du Birmingham Chro- vicie, ou Gazette de Birmingham, et mourut pos- sesseur d'une fortune assez considérable, qu'il dut à des lectures publiques dans le genre de celles de GeorgeAlexandre Stephens., si goûtées en Angleterre
  • John CLERCK( 1730) : célèbre tacticien naval, naquit Eldin en Ecosse , vers 1730. Son père était baron de l'échiquier et l'un des commissaires chargés de négocier l'union entre l'Ecosse et l'Angleterre. Destiné d'abord à la médecine, il lit ses premières études à l'université d'Edimbourg ; niais il renonça bientôt à ce projet, et séjourna longtemps à la cam- pagne, occupé de diriger une exploitation de mines de charbon de terre , ce qui lui donna l'occasion d'inventer des machines fort ingénieuses pour l'extraction et le transport de ce combustible. A la même époque une lecture attentive de la relation de quelques batailles navales lui donna l'idée d'une manoeuvre décisive. Il démontra qu'en attaquant des deux côtés à la fois la floue ennemie, d'après l'usage constamment suivi, on exposait les vaisseaux chargés de transmettre des ordres, ou de porter des secours à l'une des deux divisions, au feu de toute la ligne ennemie qui les désemparait infailliblement. Il proposa alors d'enfoncer le centre de cette même ligne et d'obtenir ainsi un avantage assuré. Ce plan fut communiqué à l'amiral Rodney , qui l'essaya , avec trop de succès pour les armes françaises , contre la flotte du comte de Grasse, le 12 avril 1782. « Le nom « de John Clerk, a dit Walter Scott, ne doit jamais « être prononcé par les Anglais qu'avec admiration « et respect , puisque, jusqu'à l'apparition de son « Essai, la manœuvre qui consiste à rompre la ligne « ennemie n'avait .pas encore été pratiquée d'après « 1111 principe régulier et défini, malgré tout ce que « les rivalités de profession ont pu alléguer de con-. » Ce qu'il y a de remarquable dans Clerk , c'est qu'ainsi que le général Jomiui, qui n'avait pas tait une seule campagne, ni assisté à une bataille lorsqu'il écrivit ses premiers traités des grandes opérations de la guerrè, le tacticien anglais n'avait pas kit un seul voyage L'amiral Nelson était passionné pour le traité de Clerk sur la tactique navale, et souvent dans ses loisirs il priait M. Scott. son chapelain, de lui lire quelque chose des Oies sauvaoes, avec la forme desquelles les vaisseaux ont de la ressemblance. . Il mourut en avril 1818 , figé de 66 ans
  • John DALTON : mathématicien, physicien, et chimiste célèbre, que ses admirateurs allèrent jusqu'à nommer le Newton de la chimie anglaise, naquit à Eaglesfield, près de Cockermouth, dans le comté de Cumberland. Toute la fortune de son père consistait dans une propriété territoriale plus que médiocre qu'il cultivait luimême, et qui avait peine à suffire aux besoins de sa famille. Le jeune John fut mis de bonne heure à l'école, et son père ne se trouva pas peu embarrassé quand le maitre de l'enfant, un pauvre quaker comme lui, vint lui déclarer qu'il n'avait plus rien à apprendre à son élève et que, par ses rares dispositions, celuici était en état de continuer avec distinction se études dans une grande université, Mais le père de John faisait plus de cas de la force physique que des développements de l'intelligence ; la modicité de son bien ne lui permettait pas d'ailleurs l'entretien dispendieux de son fils dans une université. Le jeune Dalton fut employé aux travaux des champs ; mais, pour ne pas oublier ce qu'il sa` ait, il obtint de son père de tenir une école pendant les longues soirées d'hiver, et, en effet, pendant deux hivers . Les congrès annuels de l'Asso ciation britannique contribuèrent, de leur côté, à répandre la renommée qui couronnait enfin la ?ieillesse de ce génie. Dalton assista aux congrès d'York, d'Oxford, de Cambridge, d'Édimbourg, de Dublin, et partout il fut accueilli comme une des illustrations de l'Angleterre. Ses amis de Man chester, de leur côté, souscrivirent une somme de 200 liv. sterl destinés à lui ériger une statue, et cette oeuvre fut confiée au talent du célèbre Chantrey. Étant allé à Londres pour donner à l'artiste les séances nécessaires à son oeuvre, il fut présenté au roi par lord Brougham en costume de docteur de l'université d'Oxford. Cet appareil, d'après ce qu'on rapporte, scandalisa les quakers, ses coreligionnaires. Dans sa 70e année Dalton sentit les premières atteintes de paralysie qui devaient l'emporter sept ans plus tard. Le 17 mai 1844 une attaq lie nouvelle le priva de l'usage de son bras droit, et le 29 juillet il s'éteignit « sans agonie, paisiblement, et comme tin enfant qui s'endort. » Manchester lui fit des funérailles magnitiques ; elle lui a fait élever un monument. Dalton était de petite taille, plutôt robuste qu'élégant; les Anglais affirment que son visage mait avec celui de Newton une ressemblance remarquable et que cette ressemblance, souvent mentionnée pendant sa vie, devint encore plus frappante lorsque la mort vint l'atteindre. Voici la liste des principaux ouvrages de ce savant illustre : 10 Obseroglions et Essais de météorologie, 1793 ; 2° Eléments de grammaire anglaise, 1801 ; 3° Système de chimie philosophique en deux parties 1808 et 1810. 11 a publié en outre un grand nombre d'articles et de mémoires intéressants dans le journal de Nicholson et le Phi losophical Magazine
  • John EVANS : littérateur anglais, élève de l'université d'Oxford , exerça les fonctions de l'enseignement à Bristol , où il est mort en avril 1852. On a de lui : 10 Voyage dans le nord du pays de Galles, en 1798 , et à d'autres époques, entrepris principalement pour faire des recherches botaniques dans ce pays alpestre , entremèlé d'observations sur les sites , l'agriculture , les manufactures , les coutumes , l'histoire et les antiquités, 1800 Ce volume, qui , comme le suivant , se compose de lettres adressées à un ami, est à la fois instructif et intéressant, et offre une morale pure et malle sévère. 20 Lettres écrites durant un voyage dans le sud du pays de Galles , en l'année 1803 , et en d'autres temps , 1804 , 3. La guerre n'est pas en contradiction avec le christianisme, discours, 1804 4° Considérations sur la doctrine de la né- cessité philosophique , relativement à sa tendance , 1807 5° Le Peseur , suite d'Essais , 1812 6° Ce qui reste de feu William Beed, . cle Thornbury, comprenant ses excursions en Irlande , sa correspondance , ses poésies , avec des Mémoires sur sa vie , 1816 , i n-8°. 70 Précis historique sur Bristol. — Un autre EVANS , magistrat à Manchester et juriste savant , mourut le 17 février 1825, après avoir donné au public: 10 Une sixième édition trèsaugmentée de l'ouvrage de Salked , intitulé : Cas jugés au banc du roi , Londres, 1795 , 3 volumes ° Essai sur l'action qui peut s'intenter pour prêt et livraison d'argent , sur les lois relatives aux assu- rances et sur celles qui régissent les lettres de change et billets, ibid., 1802 30 Tableau général des décisions de lord Mansfield dans les causes civiles, ibid., 1803 4. Traité de la loi sur les obligations et contrats , traduit du français de Pothier , ibid., 1806, 2 volumes 5° Lettres à sir Sam. Romilly , sur la révision des lois relatives à la banqueroute , ibid., 1810 6° Lettres sur les incapacités des catholiques et des autres non- con- formistes , ibid., 1813
  • John FORSTER( 1768 - 1843) : auteur d'Essais fort connus en Angleterre, né en 1768 dans le Yorkshire. Encore jeune , il attira l'attention d'un ministre anabaptiste, et grâce à sa protection il entra comme étudiant dans le collége des anabaptistes à Bristol. Après sa sortie de ce collége, il fut successivement placé, pendant une période de plusieurs années, dans différentes localités, dont la dernière fut Downend près de Bristol; mais la nature de son caractère ne s'adaptait pas à l'exercice régulier des fonctions pastorales, et il y renonça pour consacrer le reste de sa vie à des écrits littéraires. En 1805, il commença à publier ses Essais dans une série de lettres à ses amis sur ces différents sujets : Sur un homme qui écrit ses mémoires ; 2° Sur la décision du caractère; 3. Sur l'application de l'épithète romantique ; 4° Sur quelques- unes des causes pour lesquelles la religion évangélique a été rendue moins acceptable aux personnes d'un esprit cultivé. Ces opuscules ont été trèspopulaires et ont eu plusieurs &litions. Forster est mort en 1845
  • John GALE JONES( 1771 - 1838) : né en 1771 , exerçait à Londres, en 1789 , la profession de chirurgienapothicaire. La révolution française , qui commençait, causa en Angleterre une émotion profonde. De toutes parts il se forma des réunions où l'on remit publiquement en question les traditions et les lois du royaume, les principes mêmes de la constitution. John Gale sortit alors de son officine, fréquenta les clubs, y prit la parole, et s'y fit bientôt remarquer par la vivacité de ses opinions et les mouvements passionnés de son éloquence . Il devint un des membres influents d'une société célèbre , London corresponding so- ciety , qui siégeait aux environs du palais de Westminster, et de laquelle sont sortis d'autres hommes remarquables, entre autres sir Francis Burdett. Le voisinage de cette assemblée populaire, où s'agitaient librement les questions les plus redoutables , inquiéta plus d'une fois la chambre des communes. On imprima en 1794 les harangues de John Gale. Elles justifient malheureusement le mot de Fox , qui disait qu'un bon discours ne doit jamais être lu. L'action oratoire disparalt à l'impression; les incorrections de langage, le défaut de liaison entre les idées, s'y font mieux sentir. Où l'auditeur a été ému et convaincu , le lecteur doute et reste froid. Gale publia en 1796 le récit d'une tournée qu'il avait faite dans le comté de Kent pour y exciter un mouvement en faveur de la réforme parlementaire; il donna , en 1797, un Discours sur le carac- tère de Washington , et continua à occuper de temps en temps l'attention publique par ses discours et ses brochures, jusqu'en 1810, où il fut arrêté pour un placard séditieux et enfermé à Newgate , en même temps que sir Fr. Burdett était envoyé à la Tour. Sa captivité ne fut pas de longue durée ; mais il y a apparence qu'elle le rendit plus réservé , car, à partir de ce temps , il ne fit plus guère parler de lui. Il s'était retiré, dans sa vieillesse, à Somerstown , où il est mort le 4 avril 1838, presque oublié. Outre les ouvrages que nous avons indiqués, il avait publié , vers 1808, un poëme satirique, accompagnt . de notes, sur les membres de la société des Excentriques. S'il n'était pas un grand pone , tout porte à croire qu'il était doué de quelques- unes des facultés qui font les grands orateurs. Il avait, diton, l'élocution facile, une belle voix , l'accent et le geste. Ce n'est pas assez pour vivre comme orateur dans l'avenir , mais c'est assez pour remuer les contemporains et exercer quelquefois sur la destinée d'un pays une influence qu'on est forcé de reconnattre, même alors qu'on ne la comprend plus
  • John GALT : mérite une place honorable parmi les nombreux peintres de moeurs et les romanciers de détail que la littérature écossaise a produits dans ces derniers temps. Inférieur à Walter Emre suggillari jussit a puero mortuamque repent in strato , Greg. Tur., lib IV, n. 22. Scott pour la profondeur et la variété , moins vif et moins brillant que le professeur Wilson, ce Diderot de l'Angleterre moderne, il 'a quelque chose de la finesse précise de Duclos, et même quelques nuances de cette invention originale et saisissante qui caractérise le style de la Bruyère. En général une couleur locale trop prononcée règne sur ses oeuvres, dont la popularité a dù se restre dre dans un cercle assez étroit. Mais, après les noms écossais de Burns, Walter Scott et Wilson , on citera toujours le nom de John Galt. Négociant dans sa jeunesse, ensuite voyageur, puis biographe, historien et journaliste, il est né dans l'Ayrshire en 1779, et mort à Londres en 1839. Frappé de sinis- tres commerciaux , puis ayant essayé la carrière d'avocat avec peu de succès , il voyagea dans le Levant pendant les années 1809, 1810, 1811. La vérité pittoresque des tableaux et une certaine rapidité caustique assez commune chez les Écos- sais doués d'une intelligence supérieure, mais portée chez Galt au plus haut degré de finesse brillante, attirèrent l'attention sur les deux pre- miers ouvrages de Galt : sa Vie du cardinal Wolsey et ses Voyages dans le Levant. 11 écrivit ensuite, avec un succès toujours croissant, la Vie et les élu. des de Benjamin 17est . Circonstancier tous les traits d'un caractère et d'une existence complète, en marquer toutes les ombres et les lumières , était le talent spécial de Galt. Prenant conscience et possession (le ih publia ensuite plusieurs petits romans qui lui as. surent dans les annales littéraires de son pays uni rang original et distingué : le Prévdt , le Bien sub- stitué , le Membre du parlement , le Radical, et trois excellentes biographies, celles de Walter Scott, de Byron et de luimème. Que les vastes horizons et les grandes lignes fassent défaut à cet écrivain ingénieux , quelquefois microscopique; cela est incontestable; mais on ne peut, dans l'école litté- raire, parallèle à l'école de Wilkie, de Hogarth et de Meissonnier, , lui refuser une estime réelle, due aux qualités nationales et au génie analyti- que du caractère écossais
  • John GILLIES( 1747) : philologue écossais, né à Brechini , comté de Forfar, , en 1747 , fit ses études à l'université de Glasgow avec tant de succès que, n'ayant pas encore atteint l'âge de vingt ans, il fut jugé capable de remplacer le professeur de grec, forcé par ses infirmités à se retirer. Cepen- dant ne voulant pas suivre la carrière de renseignement public, Gillies donna bientôt après sa démission , et se rendit à Londres dans le but d'y travailler à des ouvrages scientifiques qu'il méditait. Pour mieux s'y préparer , il fit mème un voyage sur le continent. De retour à Londres, il reprit ses travaux avec beaucoup d'assiduité; mais les propositions du comte de Hopetoun, dans la famille duquel le savant Écossais avait été introduit, le déterminèrent en 1777 à servir de mentor au second fils de ce lord dans le voyage qu'il devait faire sur le continent,ce qui lui valut une pension viagère. Son élève étant mort pendant le voyage, Gillies revint en Angleterre, et consentit à exercer les mérnes fonctions auprès de deux fils plusjeunes du comte de Hopetoun. Ces deux élèves se sont distingués dans la suite par leurs services militaires, l'un sous le nom de général sir John Hope, et l'autre sous celui de sir Alexandre Hope. En 1784, Gillies revint avec ses élèves, et dès lors il prit les degrés de docteur en droit, et se livra à la composition de son histoire de la Grèce et de ses traductions du grec. 11 succéda au célèbre Ro- bertson, son compatriote et son ami, en qualité d'historiographe du roi pour l'Écosse ; charge purement nominale, et qui n'a produit aucun ouvrage historique de sa part. De bonne heure il éprouva des infirmités qui pourtant ne l'empèchèrent pas de travailler et d'atteindre à une vieillesse trèsavancée. Ce ne fut qu'en 1830 qu'il se retira du monde et alla s'établir à Clapham, où il mourut nonagénaire, le 15 février 1856. Gillies était membre de la société royale, de la société des antiquaires, et depuis que son histoire de la Grèce avait paru, il avait été admis dans un grand nombre de sociétés étrangères. Vôici la liste de ses ouvrages : 1" Harangues d'Isocrate et de Lysias, traduites en anglais, avec une notice sur la vie de ces orateurs et un discours sur l'histoire , les mœurs et le caractère des Grecs depuis la fin de la guerre du Péloponèse jusqu'à la bataille de Chéronée, Londres, '1778 2. Histoire de la Grèce ancienne, de ses colonies et de ses conquêtes, depuis les temps primitifs. jusqu'au partage de l'em- pire macédonien dans l'Orient, comprenant l'histoire de la philosophie, de la littérature et des beaux- arts, Londres, 1786, 2 vol. Bâle , 4790, 5 vol. Londres, '1792 et 1809, 5 vol. Cet ouvrage , trèsutile pour l'enseignement , eut un grand succès, et fut traduit en plusieurs langues la traduction française de Carra, Paris, 1787-1788, en 6 volumes laisse beaucoup à désirer* J.B.•J. Breton en a donné une autre traduction fran-çaise abrégée, Paris, 1805, 5 vol. et M. Ruelle l'a refondu dans son Histoire résumée des temps an- ciens, Paris, 1841, 2 vol. 50 Collection of an- cient and modern Gaelic poems and songs , Londres, 1786 ; Coup d'œil SU? ' le règne de Frédéric II, roi de Prusse, avec un parallèle entre ce roi et Philippe II de Macédoine, Londres, 1789 Pour ce coup d'oeil l'auteur ne parait avoir puisé que dans les oeuvres posthu- mes de Frédéric : c'est assez dire qu'il n'embrasse pas tout son sujet. Le parallèle a principalement pour but de comparer les principes de gouverne- ment des deux rois ancien et moderne. Il est à re- marquer que Frédéric II a luimine comparé le système de gouvernement de Philippe de Macé- doine, non pas précisément au sien , mais à celui qui a été pratiqué dans l'ancienne Reine et par la France de son temps. 5. Ethiques et politiques d'Aristote , comprenant la philosophie pratique, traduites du grec , avec des notes, l'histoire critique de sa vie et une nouvelle analyse de ses œuvres spéculatives, Londres , 1797 , 2 vol. 2e édition , 1804 , 2 vol. 6. Supplément à l'analyse des oeuvres spéculatives d'Aristote. Londres, 1804 70 Histoire du inonde depuis Alexandre jusqu'à Auguste, Londres, 1807-1810, 2 vol. Ce fut pour faire suite à son histoire de la 'Grèce que Gillies se détermina, vingt ans après la publication de ce premier ouvrage, à donner cette espèce de continuation qui fut loin d'avoir le méme succès. 8. Traduction de la Rhétorique n'Aristote en anglais, Londres, 1825
  • John GRAHAM( 1700 - 1844) : né vers la fin du 18e siècle, descendait d'un des membres d'un clan des frontières transporté en Irlande par le roi Jacques Il fut un des écrivains qui soutinrent le plus activement le parti orangiste en Irlande, et par conséquent l'un des adversaires les plus ardents de la foi catholique. Il était curé de Lifford dans le diocèse de Derry. Il est mort en 1844. Il a publié 1. Annales d'Irlande ecclésiastiques , civiles et mili- taires du 19 mars 1535 au 12 juillet 1691, 1819 ouvrage dédié aux protestants de la GrandeBretagne. Il se termine par un pamphlet intitulé Foi des catholiques. Ce pamphlet fut écrit en réponse à la publication faite en 1813 par MM. Berington et hitt, prétres catholiques, d'un volume intitulé Foi des catholiques confirmée et . attestée par les Pères des cinq premiers siècles de l'Eglise ; mais il ne fut publié qu'avec les Annales. 2. Dereiana c'est l'histoire du siége de Londonderry et de la c.léfense de Enneskillen en 1688 et 1689, accompagnée de poésies historiques et de notes blbliographiques , 1893 ; 3. la Vision de sir Har- court, 1823, poème historique, écrit à la demande de l'Eveniny- Herald de Dublin ; 4. Histoire d'Irlande depuis la levée du siége de Londonderry en J 669, jusqu'à la reddition de Linzerich en 4691 , 1839 ; 5° plusieurs articles insérés dans le Gentle- man's Magazine
  • John HALES( 1584 - 1656) : théologien anglican, naquit à Bath en 1584. Placé à l'université d'Oxford, il y fit des progrès rapides, et fut nommé professeur de langue grecque. 11 accompagna en 1618, en qualité de chapelain , sir Dudley Carleton , ambassadeur du roi Jacques à la Haye; ce qui lui donna les moyens d'assister au synode de Dort. 11 obtint en 1640 un canonicat à Windsor, dont il ne jouit que jusqu'au commencement de la guerre civile, en 1642 , qu'il fut renvoyé comme réfractaire du collége d'Eton, dont il était associé. 11 mourut à Eton dans une extréme misère, le 19 mai 1656, àgé de 72 ans. Les écrivains de tous les partis l'ont dépeint comme un homme d'un grand et excellent caractère, plein de savoir, d'esprit et de politesse. H avait des talents littéraires; niais il ne voulut presque rien publier luiméme de ses ouvrages. Ce ne fut qu'en 1659 qu'il en parut un recueil sons le titre de Reliques d'or de Jean Hales, à jamais mémorable etc. Ce recueil , réimprimé avec des additions en 1673, se compose de sermons, de lettres et de mélanges. Un nouveau recueil d'écrits de Hales parut en 1677, sous le titre de Traités divers, etc
  • John HAMPDEN( 1594 - 1643) : célèbre républicain anglais, né à Londres en 1594, était cousin germain de Cromwell, et originaire de Hampden dans le comté de Buckingham. Il étudia à Oxford et à l'école du Temple, et acquit une grande connaissance des lois. Il entra dans la chambre des communes en 1626; niais ce ne fut qu'en 1636 qu'il attira l'attention générale , en refusant de payer la taxe de mer demandée par Charles ler . Ce refus devint l'objet d'un procès qu'il eut à soutenir contre la couronne, devant la cour du banc du roi; procès où il se conduisit avec autant de dignité que de modération , et qui lui procura la plus grande popularité. Il le perdit; mais il fut dès ce moment un des hommes prépondérants dans le parlement. Son humanité , ses talents, son courage , son intégrité lui donnaient beaucoup de crédit: a Tous les yeux étaient fixés . En un mot , cc on peut , dit encore Claren-« don , lui appliquer ce qu'on a dit de Cinna, « qu'il avait un esprit pour tout inventer , une « langue pour tout persuader, et un bras pour « tout exécuter
  • John HARRISON( 1693) : un des élus habiles horlogers connus, naquit en 1693 à Foulhy, dans le comté d'York. Son père était charpentier , et lui fit apprendre son état. Le jeune Harrison se nielait aussi de menuiserie, d'ébénisterie commune, de raccommodages , etc. Il acquit , dans ces grossières occupations, la connaissance de la nature des bois, ainsi que le goùt de la mécanique et de l'horlogerie. Il habita longtemps la petite ville de Barrow, dans le comté de Lincoln, et finit par venir se fixer à Londres. Dès 1726, il avait fabriqué deux horloges à longs pendules, d'une telle perfection, que, placées en diverses parties de sa maison, elles ne différèrent entre elles que d'une seconde en un mois; et l'une de ces pendules, constamment comparée avec l'observation d'une étoile fixe, ne varia que d'une minute dans l'espace de dix ans. Vivant auprès d'un port de mer, Harrison avait été à mène d'étudier l'effet du roulis des vaisseaux sur les horloges. Il reconnut facilement que les poids ne pouvaient pas être conservés pour moteurs à ces instruments, et qu'il fallait leur substituer un ressort et un régulateur. Non content de cette substitution, et pour rendre absolument nulle l'action du roulis sur les oscillations du pendule , il imagina dela balanciers placés sur le même plan ,et se mouvant en sens contraire , chacun terminé , non par un contour circulaire, 'mais par deux boules : deux ressorts spiraux , cylindriques , en forme de tirebourre , étaient fixés sur chaque axe des balanciers; et ces g ressorts étaient susceptibles d'une plus ou moins 11- grande tension, suivant les diverses températures. La plus célèbre, la plus utile découverte d'llarrison, et qui doit éterniser son nom dans les fastes . Les pivots , dont les pointes portaient sur des diamants, roulaient dans des trous pratiqués dans des rubis: l'échappement était l'ancien échappement à roue de rencontre; les vibrations du ressort spiral étaient rendues isochrones par le moyen du clou cycloïde. Quatre ressorts étaient appliqués à cette montre; le grand, un plus petit , débandé et remonté huit fois dans une minute; un troisième , placé dans l'intérieur de la fusée, qui n'agissait que pendant le temps qu'on montait la montre, aGn qu'elle ne s'arrêtât pas durant cet intervalle; enfin, le spiral, adapté au balancier. En un mot, cette montre , vrai chefd'oeuvre de l'art, devait moins son étonnante régularité à des inventions nouvelles qu'à la justesse et à la perfection de la ma Elle frappait cinq battements par seconde, pouvait servir pendant trois ans sans être nettoyée, et n'avait aucun besoin d'être suspendue : on la plaçait horizontalement partout où l'on voulait. • Plein d'une juste confiance dans ses premiers succès , et fort de l'approbation de la société royale , Harrison se présente enfin , avec cette montre marine, au bureau des longitudes, pour demander l'épreuve de son instrument. Sa requête fut admise: il fut résolu que l'instrument serait essayé dans un voyage à la Jamaïque, et confié à William, fils du postulant. Six mois se passèrent en divers contretemps; enfin William s'embarqua à Portsmouth le 18 novembre 1761. La reconnaissance de l'île de Portland et celle de la Desirade, annoncées à l'avance par lui, prouvèrent à l'équipage la perfection de sa machine, qu'une différence de trente et une minutes sur la longitude avait fait trop promptement préjuger défectueuse. "William prit terre à PortRoyal, le 19 janvier suivant, après soixante et un jours de marche. Les observations faites le 26 sur la longitude de cette ville prouvèrent que la montre n'avait que cinq secondes 1/10 d'aberration; ce qui, en raison du temps du voyage déterminait la longitude a lin,: minute un quart Ares par degré., précision vingtquatre faix plusigrande que celle qu'exigeaient les conditions du prix proposé. 1,e; retour tri FITOlie ne fut pas moins favorable. Malgré Cf:4 preuves, on jugea que ce snyage n'était pas suffisant; partisan% Érisi Harrison reçut einq livres sterl. cf) fti frit un iiCeifr,pte. l'OUr rf:ndr‘, la )érification de; la nouvelle montre plus authentique, le duc de Nivernais, ambassadeur d': France, rut invité s faire venir de Paris dere Cl) I.M trois ne purent s'empl:cher, d'admirer le: gémie et la fécondité des ri:MOnrm d'Harrison. li;‘, mars 17 par le P. AVigrein , 17C; i Harrison avait déja donné, en anglais, un sur ici proreitéi a dessein de de,: ourrir tex lonyilades en mer, relatif à son garde- temps, Londres, I 765. Ce g a nieterril), avait, été récemment monnis aux observations de Mask.elyne; et l'astronome de Greenwieb avait passé les bornes de la critique, petit-étre m(rrie de la bonne foi, dans un nrsultat des obierra- tioni, de-, 1767. Harrison y répondit par des Remarie« sur un pamphlet, ett., pie le P. Pézenas a traduites et laie* a h suite de la huer; ption de lia mare, Ces divers écrits, au surplus , prouvent qu'autant Harrison était habile dans le, sciences mécaniques, autant l'art du style lui était étranger
  • John HOPKINS( 1675) : autre fils de l'évèque de Londonderry, né en 1675, consacra ses talents poétiques à chanter l'amour, et mourut aussi malheureusement que son frère. Ses ouvrages sont : 10 Les Triomphes de la paix Ou les Honneurs de Nassau, poème pindarique sur la conclusion de la paix entre les confédérés et la France, 1698; 2. la Victoire de la mort 011 la Chute de la beauté, vision pindarique , à l'occasion de la mort de lady Cutis, 1698 50 Amasia ou les Travaux des muses, collection de poèmes en 3 petits volumes, 1700. On trouve dans ce recueil une couleur sentimentale , plutôt qu'un vrai talent pour la poésie. Chacun des trois volumes est divisé en trois livres, et chaque livre est adressé à quelque beauté protectrice, notamment à la duchesse de Crafton. Le dernier livre est consacré à la mé- moire d'Amasia. L'auteur se déguise sous le nom de Sylvius
  • John HENDERSON( 1746 - 1785) : célèbre acteur anglais, né à Londres en 1746, était d'une famille originaire d'Écosse. Il fit d'abord des progrès si rapides dans le dessin , qu'il remporta le prix de la société des arts. La lecture de Shakspeare fit naître et décida son goùt pour le théâtre. Rebuté par Garrick et par Colman à cause de sa voix trop grole, il redoubla ses efforts, et parut avec succès en 1772 sur le théâtre de Bath. Ce ne fut qu'en 1777 qu'il fut admis aux théâtres de la capitale. Quelques années après, il attira une grande affluence aux spectacles de Haymarket, de DruryLane et de CoventGarden. Il ne cessa d'obtenir les plus grands applaudissements sur ce dernier théâtre jusqu'à sa mort , arrivée le 5 novembre 1785. 11 est l'auteur d'un trèspetit nombre de pièces de poésie ; mais ces essais font voir qu'il aurait pu faire davantage s'il s'était livré plus constamment à ce genre
  • John HENDERSON( 1757) : savant irlandais, qui, sans avoir publié aucun ouvrage , a cependant laissé une trèsgrande réputation littéraire, naquit en 175'7 à BelleGarance, près de Limerick. Il reçut sa première éducation parmi les méthodistes. A huit ans, il entendait le latin de manière à pouvoir l'enseigner à l'école de Kingswood; à douze ans, il professait le grec dans le collége de Trevecka, au pays de Galles. Le docteur Tuclier, frappé de son mérite précoce , l'envoya étudier à ses dépens à l'université d'Oxford. Son érudition tenait du prodige et s'étendait à tous les genres de connaissances, quoiqu'il se fût attaché avec plus de goût à la théologie , à la morale , à la chimie et à la médecine. Il y joignait un caractère essentiellement bon et généreux et un esprit singulier, que rendait plus piquant encore l'originalité de ses habitudes. Il passait une partie du jour à fumer et lisait en fumant ; c'étaient ses deux grandes jouissances. Ses vêtements étaient faits d'une manière qui lui était toute particulière. Il ne portait point de cravate, et , à l'âge de vingtquatre ans, il laissait flotter ses cheveux comme ceux d'un enfant de six ou sept ans. Ce qui devait surtout faire ressortir ce genre de ridicule, c'était une démarche grave et mesurée qui lui donnait l'air d'un homme affaibli par l'âge ou les maladies. Il se mettait ordinairement dans son lit au point du jour et se levait dans l'aprèsmidi. Souvent , avant de se coucher, après s'ètre déshabillé jusqu'à la ceinture, il se plaçait en face d'une pompe située près de sa chambre , et la faisait jouer sur la partie supérieure de son corps jusqu'à ce qu'elle fùt complétement inondée : il lâchait ensuite la pompe sur sa chemise , mettait la chemise sur lui et se couchait dans cet état ; c'est ce qu'il appelait prendre un excellent bain ' froid. On verra, à l'article de J. Howard, que ce célèbre philanthrope avait à peu près la meure habitude, que d'autres hommes n'essayeraient peut-ètre pas impunément de contracter. Nous allons rappor- ter une anecdote qui pourra donner une idée de la modération du caractère d'Henderson. Un étudiant d'un collége voisin du sien et qui se piquait d'être un grand logicien , l'attaqua un jour sur un sujet qu'il avait choisi luimême , mais qu'il ne connaissait probablement pas encore assez vaincu , et ne sachant que répondre , il n'imagina rien de plus convaincant que de lancer un verre rempli de vin au visage de son antagoniste. Henderson , sans se décontenancer, s'essuya tranquillement, et dit avec plus de calme encore à ce mauvais logicien : Ceci, monsieur, n'est « qu'une digression ; examinons maintenant votre « argument. » Cependant cette insulte grossière indigna tellement les assistants qu'ils mirent l'agresseur à la porte. Il avait une sorte d'éloquence froide et sentencieuse ; sa mémoire égalait celle qu'on a attribuée à Crichton et à Psalmanazar, et joignait de plus à sa richesse un ordre admirable. Il avait aussi un talent singulier pour imiter les dialectes des différents peuples et les accents des différentes personnes, et il aurait pu, diton, se donner avec assurance pour natif de tel pays qu'il aurait voulu. Henderson montrait beaucoup de sagacité dans les jugements qu'il portait sur le moral des hommes d'après leur physionomie ; c'était le genre de science dont il était le plus vain. On peut supposer, par tout ce qu'on rapporte de lui , qu'il avait beaucoup plus d'imagination et de mémoire que de jugement, surtout quand on sait qu'il croyait aux sciences occultes, et que sa bibliothèque était en partie composée de livres de magie et d'astrologie. On lui a reproché d'aimer un peu trop le vin ; ce penchant , son application continuelle , sa pipe et ses bains froids furent sans doute les causes éloignées de sa mort prématurée , arrivée à Oxford en 1788, dans la 32e année de son âge. 11 est fâcheux qu'on n'ait pu recueillir au moins des fragments des conversations d'Henderson ; on en attrait formé un livre intéressant et utile. Un de ses élèves lui exprimant un jour le regret de ce qu'il n'avait pas fait jouir le public des richesses de son esprit, Henderson répondit : « L'ignorance « fait plus d'écrivainsque la science ; un grand nom- « bre de prétentions à l'originalité doivent être regardées comme nulles, à moins que les auteurs « ne puissent convaincre leurs prédécesseurs de « plagiat. Il faut penser lentement et écrire tard
  • John HENLEY( 1691) : plus connu sous le nom de l'orateur Henley, , naquit en 1691 , à MeltonMoubray, , au comté de Leicester. Il acheva ses études à l'université de Cambridge, où il montra un esprit porté à la chicane, et la prétention de réformer entièrement le système de l'éducation académique. Appelé à diriger l'école de son pays natal , il la mit en réputation par sa méthode d'enseignement. Il entra ensuite dans les ordres; mais jaloux de déployer ses talents sur un grand théâtre , il abandonna sa cure et son école , et vint à Londres, déjà connu par un poëme sur Esther et par une Grammaire universelle, où il donnait les éléments de dix langues différentes. Il publia successivement la traduction des Lettres de Pline, de quelques ouvrages de Vertot, etc. : mais sa principale occupation était de précher; il se vantait d'avoir considérablement perfectionné l'élocution et l'action oratoire. La foule qui se piegigit à ses sermons était immense; ce qui fait dire à Pope : tilt break the banches, Henley with thy strain Wilde Kennet, gare and Gibson prcach in vain. Henley 1 d'attirer la foule par ton éloquence, tandis que Kennet, Hare et Gibson préchent dans le désert.) Mais son auditbire n'était guère composé d'abord que de gens des dernières classes du peuple : il ne se bornait pas à leur prêcher l'Évangile et la morale; ses sermons étaient en même temps des leçons .bonnes ou mauvaises sur les arts et métiers. Les dimanches, il parlait sur des matières théologiques ,' et les mercredis sur toutes les sciences. Il avait, diton, réussi à attirer un nombreux concours de cordonniers, en annonçant qu'il leur enseignerait à faire une paire de souliers en quelques minutes : sa méthode se réduisait à couper les tiges des bottes pour en faire des souliers. La mode amena cependant par la suite à son oratoire les meilleures sociétés de la capitale : il distribuait à ses souscripteurs, au lieu de billets d'entrée, des médailles représentant une étoile qui se lève au midi, avec cette devise : Ad summa, et de l'autre côté , Inveniam viam aut faciam. « Chaque auditeur paye un sou. »11 mourut en 1156. Ilenley était l'auteur anonyme d'un journal. hebdomadaire, intitulé le Docteur Hyp ; ce n'est qu'un tissu de galimathias , pour lequel il recevait de sir Robert Walpole cent livres sterling par an. On a aussi de lui des Mémoires sur luimême , où son amourpropre s'est mis à l'aise d'une manière assez originale. Il avait fait circuler à ce sujet, en octobre 1726, le billet suivant : 'C Ayant été menacé, par différentes lettres (C anonymes, de la publication d'une histoire dé.- taillée de ma vie et de mon caractère, si je ne a fermais pas mon oratoire, j'avertis ici ceux qui (C ont formé ce projet d'écrire ma vie, de se liciter, (C sans quoi ils auront perdu leur temps, car je «.l'écris moimame. » II promettait, dans un de ses avertissements, de donner « une vue générale t, du beau monde, dès le temps qui précéda le dé« luge de Noé jusqu'à l'an 1729. » Ilenley, avec toutes ces belles promesses, ne fut qu'un fou ou un charlatan. Il avait une voix forte, un langage abondant , un air magistral , et surtout une imperturbable impudence. Ayant été appelé à comparattre devant le conseil privé, comme on lui rappelait nombre d'expressions injurieuses qu'il avait appliquées à des personnes en place, il répondit hardiment : « Milord, il faut que je vive. » Le lord Chesterfield lui dit : Je ne vois aucune « espèce de raison pour cela , et j'en vois plu« sieurs contre. » Cela fit rire : Ilenley, irrité, observa que le mot était bon , mais qu'il avait été dit auparavant. Hogarth , dans deux de ses caricatures, et Pope , dans sa Dunciade, ont donné à ce burlesque orateur une célébrité digne de lui
  • John HEYDON( 1619) : auteur anglais né en 1619, a publié en 1661, à Londres, en un gros volume , un ouvrage intitulé Theomugia, ou le Temple de la sagesse , en trois parties , spirituelle, céleste et élémentaire , contenant les pouvoirs occultes, etc., par J. lIeydon, gentilhomme, serviteur de Dieu et secrétaire de la nature. C'est une des productions les plus bizarres qui soient sorties de la main des hommes
  • John HEYWOOD : un des plus anciens peines dramatiques anglais , naquit à Londres suivant les uns, et selon d'autres à NorthMims, près de StAlban , au comté de Hertford. 11 étudia à Oxford ; mais son caractère vif et enjoué ne pouvant s'accommoder à la discipline sévère de cette université , il en sortit de bonne heure, et vint résider dans son pays natal. 11 se lia avec plusieurs hommes d'esprit , notamment avec sir Thomas More , et fut successivement en faveur auprès de Henri VIII et de la reine Marie, qui , étant sur son lit de mort, s'amusait encore, diton, de ses saillies; mais sa bonne fortune finit avec la vie de cette princesse. Étant connu pour un zélé catholique , il jugea prudent de s'expatrier sous le règne d'Élisabeth. 11 mourut à Malines en 1565'. Heywood avait peu d'instruction solide , et il était plutôt versificateur que pone; mais il avait du talent pour la musique vocale et instrumentale , et possédait un talent plus important encore dans le siècle où il vivait, celui de diseur de bons mots . On a de lui des pièces de théâtre , un Dialogue en vers contenant tous les proverbes anglais; 500 Épigrammes; et un volume intitulé l'Araignée et le , Moucheron , parabole , 1556 Sur la première page de ce dernier ouvrage, qui n'a aujourd'hui d'autre mérite que d'ètre trèsrare, on trouve le portrait en pied de l'auteur, portant un poignard suspendu à sa ceinture. A la tète de chacun des 77 chapitres du livre, on voit également un portrait qui le représente, tantôt debout, tantôt assis devant un livre ouvert sut une table, près d'une fenètre tapissée de toilts d'araignée. — John Heywood eut deux fils, Ellis et Jasper, tous deux jésuites et hommes d'esprit. Le premier voyagea en France et en Italie, résida quelque temps à Florence sous la protection du cardinal Pole , et mourut à Louvain vers 1572. On a de lui un ouvrage italien intitulé Il Moro, Florence, 1556 Jasper Heywood, né à Londres en 1535 , prit l'habit de jésuite à Rome. Le pape Grégoire X111 l'envoya vers 1581 en Angleterre, où il fut nominé provincial. de son ordre. 11 mourut à Naples le 9 janvier 1598. Il a laissé la traduction de trois tragédies de Sénèque , et des Poésies et Devises diverses ; quelquesunes ont été insérées dans le Paradis des devises choisies , 1575
  • John HIGGINS ou HIGINS : ecclésiastique et instituteur anglais, qui vivait, dans un âge avancé, en 1602, était fort savant, et avait du talent pour la poésie, eu égard au temps où il florissait. On peut en juger par les morceaux qu'il a insérés dans la quatrième édition du recueil intitulé le Miroir , nouvellement corrigé, nais en ordre, et augmenté d'un grand nombre de noms propres, 1572 ; 3° le Nomenclateur d'Adrien Junius, traduit en anglais, en société avec Abraham Fleming, Londres, 1585
  • John HINCKLEY( 1617 - 1695) : théologien anglais, en 1617, dans le comté de Warwick, fut élevé dans les principes puritains, que les sermons du docteur Wentworth le persuadèrent d'abjurer; il fut vicaire de Colesbill, dans le comté de Berks, ensuite de Drayton , dans le comté de Leicester ; et enfin recteur de Northfield, dans le comté de Worcester. Il mourut le 15 avril 1695. On a de lui, entre autres ouvrages , un volume de sermons, publié en 1657 et Fasciculus litterarum, ou Lettres sur différents sujets, 1680 , membre de la société des antiquaires de Londres , avait un logement dans Gray's Inn , il vivait avec une parcimonie sordide qui le faisait tristement remarquer; tout à coup on fut étonné de ne plus le voir sortir comme à l'ordinaire, ce ne fut cependant qu'au bout de quelques semaines que les gens de la maison, ayant cru devoir pénétrer dans sa chambre au moyen d'une échelle, le trouvèrent mort dans son lit. Le jury chargé de constater ces sortes de cas rendit un verdict ainsi conçu Mort par la visita On croit que c'est la première édition de ce livre qui ait paru dans sa langue originale. Cependant il parait certain, malgré tout ce qu'a écrit Laugius contre l'édition de ce même livre donnée vers 1610 lou plutôt avant 1509) à Venise par Paganini de Brescia, que cette édition a réellement existé, et qu'il en est échappé quelques exemplaires aux recherches de ceux qui furent chargés par le pape de les faire tous brûler. Voyez la lettre du cardinal Quirini à Savius , rapportée par Argelati, à la lin du tome 2 de la Biblioth. Inctliolan. Voyez aussi la Biblioth. arab. de M. Schnurrer, ne 367, p. 403 de l'édition Le Catalogue de la foire de Leipsick annonçait en effet, en octobre 1692, une nouvelle édition de ce texte de l'Alcoran , avec une version latine des principaux chapitres, par Erpenius , Hinckelmann , etc.; mais cette édition n'a jamais paru . lion de Dieu. C'était en novembre 1814. On a de lui 1" Réponse du peuple â l'évèque de Lande, 1798 ; 2" Histoire de Rinaldo Rinaldini , traduite de l'allemand de Vulpius, 1800 , 3 vol. 3. Voyage en Portugal, d'après l'allemand de Linck , accompagné de notes , 1801 4. Voyages en Allemagne. d'après l'allemand de Fisher, 1802 5" His- toire de la chute de la république de Venise , d'après l'italien, 1808 6° l'Emancipation, poëlne, l84
  • John HOADLY( 1711 - 1776) : frère du précédent, naquit à Londres en 1711 , fut nôminé chancelier de W en 1735, et, étant entré dans les ordres, devint chapelain de la maison du prince de Galles, et ensuite de celle de la princesse douairière. Après avoir occupé divers bénéfices, il mourut le 16 mars 1776 , âgé de 64 ans. On ne parle point de ses sermons; mais on cite de lui plusieurs pièces de théâtre médiocres ; il avait mème de l'inclination pour l'état de comédien. On rappelle, dans une notice sur sa vie , l'anecdote suivante. Jouant un jour , avec Hogarth et Garrick, une pa- rouie de la scène du Jules César de Shakspeare , 1 où l'ombre apparaît à Brutus , Hogarth était chargé de représenter le spectre; mais sa mémoire était si ingrate que, bien que ce qu'il avait à dire se réduisit à quelques lignes, il ne put venir à bout de les apprendre par coeur. On lui suggéra, pour se tirer d'affaire , d'écrire son rôle en gros caractères sur le papier illuminé d'une lanterne qu'il devait avoir à la main en entrant en scène. Ou a conservé ce morceau d'écriture d'Hogarth , qu'il avait travaillé avec soin , les Anglais mettant un grand prix à tout ce qui est sorti du crayon de cet artiste célèbre. Les pièces de théâtre de John Hoadly sont : 1. Le contraste, comédie représentée en 1751 , mais non imprimée; 2. / a Ven- geance de l'amour , pastorale , 1757 ; 50 Phœbé, autre pastorale, 1748 ; 4. Jephté, oratorio, 1737; 5. la Force de la vérité, oratorio, 1764, , et quelques autres productions du inéme genre. 11 a publié le recueil des ouvrages théologiques de son père en 3 volumes et quelquesunes de ses poé- sies se retrouvent dans le recueil de Dodsley
  • John HOME( 1724 - 1808) : écrivain écossais, né en 172i, dans le comté de Roxburgh, mort près d'Édimbourg le 4 septembre 1808, occupa une cure dans l'Église d'Écosse, et s'y fit d'abord généralement estimer ; mais s'étant hasardé à faire représenter à Édimbourg-, en 1750, une tragédie qui eut du succès, dans un temps où l'esprit du puritanisme regardait comme un crime dans un ecclésiastique la lecture même d'une pièce de théâtre, il s'attira l'animadversion de ses confrères, et se vit obligé de résigner sa cure. Cette tragédie, intitulée Dou- glas, devint une arme de parti, et fut représentée à Londres sur le théâtre de CoventGarden en 1757 : c'est le meilleur ouvrage de Home . 11 en composa plusieurs autres, Agis, le Siége d'Aqui- lée, la Fatale découverte, etc., et Alonzo : on y trouve aussi du talent, mais elles n'eurent point de succès au théâtre. On a de lui, en outre, une Histoire de la rébellion de 1745-1746, publiée seulement en •80'2, ornée du portrait du prince Charles-Édouard Stuart; elle est écrite avec vigueur et remplie de faits curieux. home, qui passait pour tory, s'était montré zélé whig dans cette guerre, et, s'étant réuni à l'armée du général Cope, avait été fait prisonnier à Falkirk ; mais la victoire de Culloden lui rendit la liberté. Lord Bute lui procura une pension , et Home occupa quelques emplois. Avec une fortune trèsbornée, il trouva le moyen d'encourager puissamment les lettres. C'est aux frais de llome , de Robertson et de Blair que Macpherson parcourut les montagnes de l'Écosse pour y recueillir les poifines d'Ossian. • Macpherson n'oublia pas son On raconte qu'un Ecossais se trouvant au parterre de DruryLane pendant qu'on représentait Douglas, s'écria , dans la chaleur de son enthousiasme national , Où est maintenant votre Shakspeare » La ltlérope de Maffei est la véritable mère de Douglas , selon l'expression d'un critique anglais; on y trouve beaucoup de vers et plusieurs situations imités de l'Alzire , Voltaire. premier protecteur : il lui laissa en mourant deux mille livres sterling comme un témoignage de reconnaissance pour le bien qu'il en avait reçu dans sa jeunesse
  • John HORNE-TOOKE( 1736) : écrivain politique et philologue anglais , né à Londres en juin 1756 , était fils d'un Marchand de volaille, qui, ayant quelque aisance, fit soigner son éducation. litant encore à l'école de Westminster, ce jeune homme, qui fut ensuite si plein d'activité, portait la paresse jusqu'à faire composer ses devoirs de collége par d'autres écoliers. Il exerça d'abord les fonctions d'instituteur subalterne. Pour obéir au voeu de ses parents, il entra dans la carrière ecclésiastique, où il pouvait espérer un avancement rapide, élue la connaissance de ses opinions politiques vint arrèter. Pendant ses voyages avec un jeune homme dont l'éducation lui était confiée, il connut à Paris le patriote Wilkes, se lia intimement avec lui , et lui rendit par la suite de grands services , surtout quand celuici fut élu lordmaire ; ce qui n'empècha pas qu'ils ne se brouillassent lorsqu'en 1770 Horne s'aperçut que la société pour le maintien du bill des droits, de laquelle il a été regardé comme le fondateur, s'occupait trop exclusivement du payement des dettes de son ami. En 1771 il repoussa une attaque de l'auteur anonyme des Lettres de Junius par une réponse d'un style moins brillant sans doute que celui de son adversaire, mais qui ne lui cédait ni en énergie ni en vigueur de sarcasme. L'intrépide censeur du gouvernement en fut, diton, déconcerté; et l'opinion donna gain de cause à J. Horne. La guerre de l'Angleterre avec l'Amérique lui ouvrit un nouveau champ pour déployer son zèle et ses talents. On a dit qu'il faut bien croire aux passions dont on meurt; on doit croire aussi à la sincérité des opinions qu'on soutient au péril de sa liberté et même de sa vie. Horne regardait l'insurrection des colonies comme une résistance légale et constitutionnelle à l'oppression : aussi, à la nouvelle de l'affaire meurtrière de Lexington, il proposa et publia dans les journaux une souscription pour le soulagement de « ces Anglais qui, disait« il, préférant la mort à l'esclavage, ont été, par « cette seule raison , inhumainement massacrés « par les troupes du roi à Lexington. » En conséquence de cette démarche, plus que hardie, il fut jugé à Guildhall, plaida luimême sa cause , avec chaleur et talent, mais fut déclaré coupable, et emprisonné pour un an : toutefois sa conscience resta si tranquille, qu'il consacra les jours de sa détention à des travaux littéraires. Ce fut à l'occasion de quelques conjonctions et prépositions employées dans son acte d'accusation qu'il rédigea les réflexions savantes et ingénieuses qu'il avait faites sur la force et le sens de ces parties du discours : il les publia en 1778 dans une Lettre à M. Dunning sur les particules anglaises. Cet écrit a été loué par le docteur Johnson, quoique luimême n'y fût pas trèsbien traité. Ilorne quitta, vers ce temps, la carrière ecclésiastique, et entra dans la société d'InnerTemple pour y étudier la jurisprudence ; mais lorsqu'il se présenta pour être admis au barreau , il en fut repoussé sous le prétexte qu'il était encore ecclésiastique. Il retourna à la, politique , publia en 1780 un pamphlet contre l'administration de lord North, se livra à l'agriculture, mais sans succès, revint à Londres , écrivit pour la réforme parlementaire en se prononçant contre le droit de suffrage universel. Ayant rendu un service éminent à un riche propriétaire, M. Tooke, celuici l'institua son héritier conjointement avec son neveu, en lui prescrivant d'ajouter le nom de Tooke au sien. Ce fut à Purley, maison de campagne de Tooke, que Horne composa un ouvrage dont le premier volume parut en 1786 sous ce titre: EllEA ITTEPOENTA, or the Diversions of Purley. Ce volume fut réimprimé en 1798 , le deuxième parut en 1805. L'ouvrage, rédigé en forme de dialogue , est un des plus importants que l'on ait publiés de nos jours sur la grammaire générale ou philosophique ; et il mérite une analyse un peu détaillée, que nous donnerons à la fin de cet article. Au renouvellement de la chambre des communes en 1790, HorneTooke se présenta comme candidat pour la cité de Westminster, mais ne fut point élu. Ses principes connus et ses liaisons avec les démagogues anglais, qui peu de temps après semblèrent donner la main aux révolutionnaires de France , éveillèrent l'attention du gouvernement, qui le fit arrèter en 1794, et juger à OldBailey par une commission , comme accusé du crime de haute trahison. Sa santé était fort affaiblie ; mais son courage et son enjouement mème ne le quittèrent jamais. Telle était sa gaieté, qu'après avoir été acquitté aux acclamations du peuple, il dit à une personne de sa connaissance que si la chanson qui avait été produite au procès de If. Hardy l'avait été contre luimoine, il eùt été prèt ,à la chanter; car, ajoutaitil, comme il n'y avait point de trahison dans les paroles, il aurait mis par là le jury en état de déclarer s'il y en avait dans la musique. Le rapport de ce procès a été publié en volumes par le sténographe Gurney. HorneTooke fut sur le point d'être élu au parlement en 1796 pour Westminster. Malgré son aversion pour ce qu'on appelle en Angleterre les Bourgs pourris , il consentit, en 1801 , à représenter l'un des plus notés de ces bourgs, OldSarum, ou le vieux Salisbury; mais alors sa qualité d'ancien ecclésiastique lui fut objectée avec force comme un motif d'exclusion. Tout ce que son éloquence put gagner, c'est qu'il conserverait son siége pendant cette seule session. Un nouveau bill exclut alors pour l'avenir des élections tout individu admis dans les ordres sacrés. Conservant , malgré ses infirmités, toute la vivacité d'esprit et le talent du sarcasme ; enfin, que le latin fores, finis, est devenu le français fors, hors, hormis. Aussi les mots empruntés à la classe primitive, insensiblement plus ou moins tronqués et peut-être accouplés , pour en former des termes abrégeants , ne sauraient être précisément les mêmes chez tous les peuples, soit pour l'origine, soit pour le nombre. De là cette fluctuation dans la manière de les compter, de les classer et de les expliquer. Mais, demanderaton, où ce réformateur atil puisé ses preuves ? D'abord il n'en peut exister que d'un genre historique; ensuite ce n'est point à une étymologie aventureuse, mais à la sagacité d'un oeil philosophique, qu'il appartient dè les rassembler; aussi celles de l'auteur ne doivent se juger que dans leur filiation et leur ensemble. Peu importe même que celuici ait été également heureux dans chacune de ses dérivations , pourvu que nous ne puissions plus nous tromper sur la véritable route à suivre. Il semblerait en effet que celle du langage a été parcourue dans les deux sens contraires : car, si dans le cercle étroit de sons élémentaires que l'instinct physique a fournis à l'homme, son instinct rationnel sut construire un nombre suffisant de monosyllabes radicaux, et s'il parvint à modifier ceuxci, à les combiner en polysyllabes , en propositions simples et complexes; il ne s'en est pas moins vu contraint, depuis, à mutiler, à décomposer successivement une partie de son propre ouvrage, pour en faire servir encore les ruines à une jouissance mieux entendue de la masse en- tière. Au reste, notre ingénieux guide a tellement abusé de la forme du dialogue, il y a mêlé tant de politique nationale et de satire personnelle, que son ouvrage se prote bien moins à la traduction qu'à un résumé analytique. En attendant qu'un esprit impartial veuille se charger de ce travail , on pourra du moins examiner, dans le cours de langue française de M. Lemare, si la méthode historique n'est pas plus simple et plus franche que l'ancienne méthode des raisonnements abstraits, qui, à force de vouloir, dans toutes les relations possibles, substituer quelque idée générale à chaque mot indéclinable, finit par se perdre dans des sousdivisions trop multipliées et trop délicates
  • John HUGHES( 1677 - 1720) : pone anglais, né en 1677 à Marlborough , dans le Wiltshire , vint de bonne heure à Londres, où il étudia dans des écoles particulières , et montra beaucoup de goût pour la poésie et les arts de la musique et du dessin, qu'il ne cessa de cultiver en remplissant les fonctions de plusieurs places civiles. Son caractère, son esprit, et le succès de quelques poëlnes patriotiques, lui procurèrent l'amitié d'Addison, de Pope, de Congrève, du comte de Wharton, etc. La protection du chancelier Cowper le lit nommer, en 1717, secrétaire des justices de paix. Hughes continua , 1714 et 1723 avec des notes ; 2' la traduction des Vies des douze Césars, de Suétone, 1717 ; 3" Nouvelles, traduites de l'espagnol de Cervantes, et insérées dans la Collection choisie des nouvelles et historiettes, imprimées par Watts en 1729; 4°. Mélanges en vers et en prose, en un volume,1737, ouvrage posthume. — Un autre John fluGuEs, mais qui n'était point de la même famille, mort en 4710, est connut comme éditeur de l'ouvrage de StChrysostome sur le Sacerdoce, dont une seconde édition parut en 1712 à Cambridge, en grec et en latin, avec des notes, etc
  • John HUTCHINS( 1698 - 1773) : auteur anglais, né en 1698, à BradfordPéverel , dans le comté de Dorset , fut recteur de l'église de Waréham, où il mourut le 21 juin 1773. C'était un homme d'un esprit médiocre, mais trèslaborieux. Il a laissé l'Histoire et les antiquités du comté de Dorset; ouvrage qui parut l'année d'après sa mort, Londres, 1774 , 2 vol. et qui est assez estimé. On en a fait depuis une deuxième édition 4 considérablement augmentée, en quatre volumes, publiés successivement en 1796, 1803, etc., par Nichols.— Thomas IlurcmNs, géographe des EtatsUnis, mort à Pittsburg en 1789, a publié quelques ouvrages sur la topographie de la Virginie et des États voisins. 11 a aussi eu part à la composition du Gazetier américain de Morse
  • John HUTCHINSON( 1674 - 1814) : philosophe anglais, né en 1674, à Spennythorn, dans le comté d'York, reçut sa principale instruction d'un gentilhomme qui était en pension chez son père , et fut ensuite intendant de plusieurs personnages considérables, notamment du comte de Scarborough et du duc de Somerset. Entre 1702 et 1706, il parcourut, pour les affaires du duc, plusieurs parties de l'Angleterre et du pays de Galles, et publia le fruit de ces excursions sous le titre d'Observations faites par J. H., principalement en 1706. Son maître, devenu grand écuyer de George I.F, le fit intendant de ses écuries , espèce de sinécure, avec un traitement de 200 liv. sterl. Ilutchinson s'était beaucoup occupé d'histoire naturelle, et avait formé une superbe collection de fossiles qu'il confia, avec des notes, au docteur Woodward , médecin du duc. II accusa ensuite le docteur d'avoir voulu lui voler sa collection et ses notes, et résolut de mettre le public dans la confidence de ses griefs; c'est ce qu'il fit , en 1724, dans la première partie de ses Principes de Moise, où, de plus, l'histoire naturelle , membre de la société des antiquaires de Londres, auteur des Histoires des comtés de Northumberland, de Durham et de Cumberland , est mort le 7 avril 1814, âgé de 82 ans
  • John IRELAND : auteur anglais, né dans une ferme du Shropshire, fut destiné d'abord à la profession d'horloger, mais montra plus de goût et trouva plus de profit à trafiquer des productions des arts du dessin. Ses connaissances en divers genres le flairent en rapport avec plusieurs artistes et hommes de lettres. Marié fort jeune et d'un caractère généreux et libéral, il recevait à sa table des hommes distingués en plusieurs genres, et remplissait à leur égard ce rôle de Mécène qui ne convient qu'à des grands seigneurs ou bien aux favoris de Plutus. Parmi ses amis intimes figuraient surtout les peintres Mortimer et Gainsborough et l'acteur Henderson , dont il publia , en 1786, la Vie et les Lettres en 1 volume cet ouvrage fut froidement accueilli. Ireland avait rassemblé de trèsbonne heure tout ce qu'il avait pu se procurer des ouvrages d'Hogarth, dont il faisait une étude particulière. C'est en 1791 qu'il fit paraltre l'ouvrage intitulé Hogarth expliqué , en 2 volumes avec des gravures; ouvrage qui eut un tel succès que l'édition, qui était considérable, en fut épuisée en moins de trois mois; une deuxième édition fut imprimée peu de temps après. 00 y troeve une critique judicieuse et un grand nombre d'anecdotes intéressantes. Ireland a ajouté des inscriptions en vers aux gravures qui en manquaient. Son objet principal, dans cette espèce de commentaire , est de prouver le but moral des productions de ce peintre célèbre. Il donna ensuite au public un volume supplémentaire, compilé d'après les papiers d'Hogarth, et qui contient sa vie et son cours d'études, sa correspondance , ses querelles politiques, l'Analyse de la beauté, corrigée par l'auteur, avec des notes nouvelles, etc., etc., ornée de gravures. Ireland a publié une copie faite sur une gravure intéressante d'Hogarth , intitulée Tableau de l'enthousiasme . On a aussi de I lui un peme intitulé Émigrant, 1785 Il mourut près de Birmingham en février 1809, ou, selon Chalmers, en novembre 1808.— Samuel IRELAND , d'abord simple ouvrier tisserand à Spital'fields, fut poussé, par goût et par intérèt, à spéculer sur la passion des livres et estampes rares. Il se fit ensuite auteur, et se mit à rédiger des descriptions de villes et de contrées, qu'il accon' muait de gravures à l'aquarelle, le tout exécuté par lui. C'est ainsi qu'il publia : 1° Voyage pittoresque dans la Hollande, le Brabant et une partie de la France, fait dans l'automne de 1789, 1790, 2 vol. 2. Vues pittoresques sur la rivière de la Tamise, 1792, 2 vol. 5° Vues pittoresques sur la rivière Nedway , 1793 4. Éclaircissements graphiques d'Hogarth , 1791, 1799, 2 vol. 5n Vues pittoresques de la Severn et de l'Avon, rivières, etc.; 6° Histoire des cours de justice dans Londres et Westminster, 1800 Ces ouvrages, imprimés avec soin, furent bien reçus du public, quoique peu importants pour le fond.— Son fils, IV Ahuri IRELAND, auteur de plusieurs ouvrages, ayant, vers 1796, essayé de tromper le public anglais, en pré', sentant aux admirateurs de Shakspeare, comme productions et manuscrits de ce grand pone des écrits que luimème avait composés , le père eut le tort d'en soutenir l'authenticité, même après que la fraude eut été reconnue. Ce tort lui fut amèrement reproché; mais il ne le fut par personne plus que par luimème, puisqu'on prétend que le chagrin qu'il en ressentit avança sa mort, arrivée en juin'1800. Du reste, il soutint jusqu'au dernier moulent que son fils avait été le seul coupable dans cette affaire
  • John JACKSON( 1686) : théologien anglais, né à Lensey en 1686, succéda en 1710 à son père dans la cure de Rossington. Il commença à se faire con- naltre clans la controverse sur la doctrine de l'Ëcriture touchant la Trinité, par plusieurs traités où il prit la défensedu docteur Clarke, avec lequel il fut bientôt lié d'amitié comme il l'était d'opinion. Ayant quitté Rossington pour Leicester, il s'engagea dans de nouvelles controverses tant politiques que religieuses ; c'était en quelque sorte son élément. Ses principes hérétiques lui attirèrent plusieurs affronts : l'université de Cambridge lui refusa en 1718 le degré de maure ès arts qu'il avait sollicité. S'étant un jour préparé à prêcher en 1730 à StMartin de Leicester, le vicaire ordonna au sacristain de l'empêcher de momie en chaire. Il parait qu'il repoussait dans ces occasions la force par la force, et il sortait quelquefois victorieux du combat. Le sacrement de la communion lui ayant été refusé à Bath , il en appela au public dans un pamphlet publié en 1756. Enfin, après plusieurs guerres de plume, particulièrement une trèsanimée avec Warburion, il mourut le 12 mai 4763, ayant publié en 4752 le dernier et le plus considérable de ses ouvrages, les Antiquités chronologiques, en 5 volumes C'était un érudit, sans esprit et sans goût, intraitable dans la dispute, et malheureusement disputant presque toujours. On cite aussi parmi ses ouvrages ; 1. Novatiani opera , ad antiquiores edi, 1730 ; il y ajouta dans une deuxième édition un supplément contre Ant. Collins sur le même sujet. 3. Dissertation sur l'esprit et la matière, avec des remarques sur la Recherche de Baxter louchant la nature de rd? ne hunzaine. Quelques notes qu'il communiqua en 17b1 à JeanGilbert Cooper, lequel en fit usage dans sa ( fie de Socrate, attirèrent sur cc jeune auteur tout le ressentiment de Warburton. — John JACKSON, auteur anglais, mort en 1807, a publié un Voyage de l'Inde par terre, et quelques autres ouvrages.—Un Thomas JACKSON, docteur anglais au 17e siècle, est auteur d'ouvrages de théologie, entre autres d'une Explication estimée du Symbole
  • John JACKSON( 1778 - 1831) : célèbre peintre de portraits, unie en 477K h Lastingliain , 1%r14 village situé laps la partie septentrionale de l'Yorkshire, en ‘ngleterre. Fils d'un pauvre tailleur, et destiné ,; et de MISS V4'1•11011; les portraits en buste des artistes 'l'h. St?thard et John Flaxinann, ce tii•rnier surtout , dont Lawrence fut t0lleinent charmé qu'il 111% lement la nature, il saisissait avec une admirable facilité les traits caractéristiques de la physio,, noinie et les reproduisait avec un rare bonheur. u Il travaillait avec rapidité, et cependant ses ta« Meaux sont 'V111111111 précieux. Son coloris avait 4, du relief,
  • John HOWARD( 1726) : célèbre philanthrope anglais, né à Ilackney en 17'26, était fils d'un tapissier, et fut d'abord mis en apprentissage chez un épicier: mais son père étant mort en lui laissant à partager avec sa soeur une fortune indépendante, Howard renonça à une profession trop pénible pour sa frêle constitution, et fit un voyage en France et en Italie. A son retour, il éprouva de la part d'une femme veuve, chez laquelle il avait pris un logement, tant de prévenance et de soins, qu'il résolut de l'épouser, et l'épousa en effet en 1752, quoiqu'elle eût plus de vingt ans de plus que lui. Il parait qu'il était déjà. connu alors comme un homme instruit, puisqu'en 1755 la société royale de Londres l'admit au nombre de ses membres. Désirant de voir Lisbonne, après le terrible bouleversement que cette ville venait d'essuyer, il s'embarqua, en 1756, sur la frégate l'Hanovre; mais cette frégate ayant été capturée par un bâtiment français, il fut mis en prison , et y demeura quelque temps : ce furent, à ce qu'on croit, les désagréments qu'il souffrit pendant cette détention , qui éveillèrent sa pitié en faveur des malheureux prisonniers. 11 revint en Angleterre par l'Italie , se maria pour la seconde fois en 1758, et s'établit, vers 1765, à Cardington près de Bedford, où il fit beaucoup de bien aux pauvres, en leur procurant du travail, en leur faisant bâtir des cabanes, etc. Sa seconde femme était morte en couches d'un fils unique , dont l'éducation occupait une grande partie de son temps, mais qui ne profita point de ses instructions et dont l'esprit male se dérangea par la suite. Cet homme si sensible, si bienveillant pour des étrangers, était, diton, pour son fils comme pour luimême, d'une sévérité excessive, peu faite pour former un jeune coeur. Les fonctions de sheriff, qu'il exerça en 1775, donnèrent encore plus d'activité à sa compassion pour les malheureux qui gémissaient dans les prisons. 11 s'occupait autant de leurs moeurs que de leur santé corporelle. Il fut examiné, en 1774, devant la chambre des communes, relativement aux plans qu'il avait conçus à ce sujet, et en reçut des remerclments pour ses efforts. 11 visita successivement nonseulement les prisons de l'Angleterre, mais celles des pays étrangers ; il fit de 1775 à 1787 trois voyages en France, quatre en Allemagne, cinq en Hollande, deux en Italie , un en Espagne et en Portugal, dans les contrées septentrionales et en Turquie. Pendant son séjour à Vienne, l'empereur Joseph II exprima le désir de le voir : Howard se rendit auprès de S. M., mais s'excusa d'une manière polie de ne pas fléchir le genou , conformément à 'l'étiquette qui existait alors. L'empereur reçut son excuse , et supprima inème cette cérémonie par un édit, six semaines après le départ d'lloward. Ils eurent un entretien de plusieurs heures. Le philanthrope avoua au souverain que les hôpitaux de Vienne lui paraissaient mal administrés, et énonça surtout son opinion contre quelques donjons pratiqués dans les prisons de cette ville. Joseph Il lui dit « Quoi , monsieur, VOUS VOUS plaignez de mes donjons? Et en Angleterre, ne 1ùt trouver. 11 restait ainsi une demiheure, et se sentait, ditil, alors une vigueur extraordinaire. C'était probablement par l'effet de sa méthode d'endurcissement physique qu'il était capable de braver l'air contagieux des prisons qu'il visitait ; ce qui ne l'empêcha pas néanmoins d'être victime de son zèle. Son humanité s'étendait aux animaux. Il avait destiné, pour la retraite de ses chevaux invalides, un vaste terrain où ils trouvaient du foin et des abris contre le mauvais temps. Un voyageur, M. Pratt, auteur d'un ouvrage agréable intitulé Gleaninys, etc. , a vu à la fois une trentaine de ces quadrupèdes pensionnaires; il dit que l'hôpital de Chelsea n'était pas mieux administré. Il est inutile de s'appesantir ici sur l'utilité des travaux d'Howard , qui ont provoqué une réforme si essentielle dans l'organisation des prisons. L'Angleterre en a la première recueilli es fruits; et les nations étrangères en ont res;enti la douce influence. Voici les titres des ouvrages qu'il a publiés : 1. Etat des prisons en 9ngleterre et dans le pays de Galles, avec des ob.. rerrations préliminaires et un tableau de quelques nrico! is étrangères, 1777 trad. en français, 1788, 2 vol. ; 20 Supplément , Paris, 1796 M. John Field en a donné une autre également en anglais, Londres, 1850 et M. de la RochefoucauldLiancourt une en français, Beauvais, 1851 Howard était parent de M
  • John HOWE : né dans le comté de Nottingham, en Angleterre, est connu par quelques écrits littéraires , mais il est beaucoup plus célèbre comme politique, par ses talents et son courage intrépide. Représentant successivement le bourg de Circenster et le comté de Glocester dans les trois derniers parlements du roi Guillaume et dans les trois premiers de la reine Anne, il acquit une grande influence à la chambre des communes. C'est même sur les vives remontrances de Howe que la chambre accorda une demisolde aux officiers qui furent licenciés en 4699. La liberté avec laquelle il s'exprima , à l'occasion du traité de partage, fit dire au roi Guillaume que, si ce n'était l'inégalité de rang, il en demanderait satisfaction à son épée. Il avait 1 à sa terre de Stowell, dans le comté de Glocester. C'est lui qui par son zèle et ses efforts infatigables rétablit la compagnie des Indes orientales, qu'on regardait comme ruinée, sur un pied tel qu'elle n'a pas depuis cessé d'exister. Il a composé un Panégyrique du roi Guillaume, des chansons et autres poésies
  • John HOWE( 1630 - 1720) : théologien anglais , non conformiste , naquit en 1630, à Loughborough en Leicestershire , ville où son père était alors ministre. Celuici , expulsé de sa paroisse à cause de ses sentiments puritains , réfugié en Irlande , mais obligé ensuite de fuir devant la rébellion , alla s'établir dans le comté de Lancaster. C'est la que l'enfant reçut sa première instruction, continuée dans l'université de Cambridge, puis dans celle d'Oxford, où il fut agrégé au collége de la Madeleine. Vers 4652, il commença de se livrer à la prédication , reçut les ordres , et devint ministre de GreatTorrington en Devonshire. Deux ans après , il épousa la fille du ministre de Plymouth. Pendant un voyage à Londres , étant entré un jour comme simple auditeur dans la chapelle , 1674 3° le Temple virant, ou développement de cette pensée , que l'homme bon est le temple de Dieu, 167r ; 2e partie, 1702 ; 4° Il faut penser au lendemain ; 5° Recherche pacifique et modeste tou- chant la possibilité d'une Trinité dans la Divinité, Londres, 1694. Les opinions émises par lime furent vivement attaquées. 6° Des Sermons et quelques écrits de controverse, qui ont été recueillis avec ses autres ouvrages, précédés d'une notice biographique, par le docteur Calamy. On a publié en 1827 : Choix des ouvrages du rév. John Howe, par le docteur Wilson , Londres, 2 vol
  • John JERVIS( 1734) : comte de Saint- rincent, amiral anglais , naquit le 9 janvier 1734, à Meaford , comté de Stafford. Entré au service dès l'âge de dix ans, il navigua activement et fructueusement. Les expéditions dirigées en 1759 contre Québec, et en 1762 contre TerreNeuve, lui donnèrent "occasion de se distinguer. En 1772 il commandait l'Alarme , de 32 canons, le premier bâtiment de la marine anglaise qui fut doublé en cuivre. Passé sur le Foudroyant, de 84, il fit partie de la flotte de la Manche jusqu'en 1778 , captura la frégate française la , et se trouva au combat d'Ouessant, livré par le comte d'Orvilliers à l'amiral Keppel . Dans ce combat, dont l'honneur resta au pavillon français, Jervis seconda avec autant de valeur son amiral qu'il mit de loyauté à le justifier de l'accusation que lui intenta l'orgueil britannique de n'avoir pas vaincu. Il montait encore le Foudroyant lorsque, le 20 avril 1782, au moment où la guerre d'Amérique allait finir, il captura le vaisseau français le Pégase, de 74 canons, commandé par le chevalier de Cillart. Le récit emphatique de ce combat inégal prouve mieux que tous les raisonnements combien, à cette époque , la marine anglaise pouvait peu se flatter de la prépondérance à laquelle plus tard elle prétendit avec plus de raison. Jervis accompagna lord llowe chargé, en 1782, de secourir la forteresse de Gibraltar, et prit part au combat livré en dehors du détroit. Les élections de 1784 l'envoyèrent siéger au parlement, où son expérience des choses de la marine ne fut point perdue. Promu au grade de contreamiral en 1787, il fut investi en 4790 du commandement de l'escadre blanche. Au début de la longue lutte maritime entreprise par la république contre l'Angleterre, l'amiral Jervis fut chargé, de concert avec le général sir Charles Grey, d'aller s'emparer de nos établissements des Indes occidentales qui , excepté la Mar- tinique, dont la reddition eut lieu le 26 avril 1794, On trouvera de plus amples détails à ce sujet dans la préface de la traduction de Werihmr, publiée en 1104 par l'auteui de cet article. échappèrent à cette attaque imprévue. Nommé au commandement de l'escadre bleue, il succéda , en 1795, à l'amiral llotham, dans la Méditerranée. Jervis se porta ensuite avec seulement quinze vaisseaux , trois frégates et trois bâtiments légers contre la flotte espagnole aux ordres de Cordova , l'atteignit, le 14 février 1797, sous le cap StV et lui enleva quatre vaisseaux après un combat prolongé. Les deux chambres du parlement lui votèrent des remerelments , il fut créé comte de Saint- rincent, et reçut, avec la ehalne d'or, une pension de trois mille livres sterling qui, après sa mort , fut intégralement continuée à sa famille. La formidable émeute qui venait d'éclater dans la flotte de la Manche s'étendit à celle de la Méditerranée. L'amiral Jervisi;arvint à la contenir par sa vigilance et sa fermeté. Prévenu de la prochaine sortie de l'expédition que le gouvernement français préparait dans le plus grand mystère, et dont le but , en effet , demeura secret jusqu'à ce eût abordé la terre des pharaons , il déta- dia aussitôt Nelson dans la Méditerranée. On sait qu'après avoir passé à toucher la flotte française, qui lui resta cachée par un brouillard , Nelson vint lui livrer je désastreux combat du ler août 1798, au mouillage d'Aboukir. En 1800, Jervis prit le commandement de la flotte de la Manche. L'année suivante , appelé au poste éminent de premier lord de l'amirauté, il s'appliqua à extirper des abus qui trouvèrent des défenseurs intéressés, mais assez habiles pour rendre impopulaire son administration. Toutefois, l'amiral Jervis semble n'avoir quitté ce poste qu'en 1804, et pour faire place à lord Melville , intime ami de Pitt. En 1806, sous le ministère de Fox , il prit encore une fois le commandement de la flotte de la Manche. Il fut nommé général des soldats de marine en 1814; puis, l'année suivante, membre de la société royale. Enfin , le 19 juillet 1821 , jour ilu couronnement de George IV, il fut élevé à la dignité d'amiral de la flotte. Le comte de SaintVincent était d'une petite stature , mais d'un caractère imposant. Il mourut le 26 mars 18'23, dans sa 90e année
  • John JONES( 1575 - 1636) : savant bénédictin anglais, né à Londres en 1575, embrassa la religion catholique après avoir lu les écrits de controverse publiés de son temps, et passa en Espagne, où il entra dans l'ordre de StBenott : il vint ensuite à Douai , y fut nommé professeur d'hébreu et de théologie du collége de StWaast, devint prieur du monas- tère de la ville , et fut deux fois président de la congrégation anglaise de.son ordre. Étant revenu à Londres, il v mourut le 17 décembre 1636. On a de lui : 1 Sa: rra ars memoriie, ad Seripturas di- vinas in prompte habendas, etc., accommodata, Douai, 1623 2. Conciliatio locorum commu- nium lotius Scripturœ, ibid., 1625. 11 a été éditeur de la Biblia sacra . cum glossa interlineari, 6 vol. des Opera Blosii, et d'autres ouvrages
  • John JORTIN( 1698 - 1770) : théologien anglais, né à Londres le 23 octobre 1698, était fils (l'un protestant fran-çais, qui, chassé de la Bretagne par l'intolérance religieuse, devint gentilhomme (le la chambre du roi d'Angleterre, et secrétaire de plusieurs grands personnages, entre autres du lord Orford. Après avoir fait d'excellentes études à Cambridge , il fut employé à faire des extraits d'Eustathe pour les notes de la traduction (l'Homère de Pope , et publia, en 17'22, quelques peines latins, sous le titre (le Lusus poé: ici, qui furent bien reçus du public. Il occupa quelques petiies cures, et se fit de la réputation à Londres par ses sermons, malgré la médiocrité (le son élocution. Le comte de Burlington le désigna, en 1749, pour prononcer les leçons fondées par Robert Boyle. Il paraissait soupirer uniquement après une vie tranquille , humble et obscure, remplie par les fonctions du ministère et par la culture des lettres : mais son mérite ne pouvait rester longtemps ignoré ; plusieurs excellents ouvrages lui procurèrent des protecteurs. Osbaldiston , son ami, devenu évêque de Londres, le nomma son chapelain : il fut successivement prébendier de StPaul , ministre de Kensington , et archidiacre de Londres. Il mourut le 5 septembre 1770, à I'dge de 72 ans. Quoique triste en apparence, son caractère était naturellement enjoué : il en sortait cependant quelquefois, et s'aigrissait surtout lorsqu'on s'exprimait (levant lui avec peu de respect sur l'érudition et sur la science du critique,' dont il avait une trèshaute idée. On trouve des traces de cette disposition dans ses ouvrages, dont nous allons citer les plus importants i. Remarques sur les poêmes de Spenser, suivies de Remarques sur Milton, 1731 ; 2. Discours concernant la vérité de la religion chrétienne, 1746 ; 5. Observations mêlées sur des auteurs an- ciens et modernes, 1731, 2 vol. ouvrage qu'il composa avec Pearce, Masson, etc., traduit en latin, à Amsterdam, et continuépar d'Orville et Burman ; 40 Remarques sur l'histoire ecclésiastique, en 5 volumes publiés, le premier, en 1751,1e deuxième, en 1752, le troisième, en 1754, et les deux autres, après la mort de l'auteur, en 1773 5. Six Dissertations sur différents sujets , 1755 La sixième, sur l'état des morts , tel qu'il est décrit par Homère et par Virgile, et ayant pour but d'établir l'antiquité de la doctrine d'un état futur , lui attira une trèsrude attaque de la part de Warburton, auquel il ne répondit que par quelques mots pleins de modération. 6. Vie d' Frasme, 1758, 1 vol. sur le plan de la Vie d'Erasine insérée par Leclerc dans la Biblithèque choisie ; '7. Remarques sur les ouvrages d'Emme: avec un Appendix, 1760 C'est une suite de l'ouvrage précédent. On les a réimprimées en 1807, 2 vol. et M. A. Laycey en a donné un abrégé, en 1809, 1 vol. 8. Quatre volumes de Sermons. publiés par son fils en 1771, réimprimés en 1772, avec trois nouveaux volumes. Ils firent plus (l'effet à la lecture qu'ils n'en avaient produit en chaire ; ce qui n'arrive pas souvent. On a donné une nouvelle édition de ses oeuvres complètes. Le docteur Parr a fait un bel éloge du caractère et de l'esprit de Jortin
  • John KELLY( 1750 - 1809) : savant anglais, né en 1750, à Douglas, dans l'île de Man , s'appliqua particulièrement à l'étude de sa langue maternelle, qui est un dialecte de la langue. celtique. Dès l'âge de dixsept ans, sans aucun secours de livres ou de communications orales, il entreprit le premier d'écrire les règles grammaticales et de rédiger un dictionnaire de cette langue. Lè docteur Hildesley, alors évèque de Sodor et de Man, ayant fait exécuter, pour les naturels de l'île, une traduction en cet idiome de plusieurs livres religieux, notamment des saintes Écritures, chargea Kelly de reviser, coordonner et soigner l'impression des diverses parties de l'Ancien Ustament, qui avaient été traduites par plusieurs ecclésiastiques du pays. L'impression en fut terminée sous sa direction , en 1772. Kelly reçut les ordres sacrés en 1776 , fut mis d'abord à la tète d'une congrégation, devint, en 1779, gouverneur du marquis de Huntley, fils du duc de Gordon , fut ensuite vicaire d'Ardleigh , et enfin recteur de Copford près de Colchester. Il publia, en 1803, une Grammaire pratique de l'ancienne langue gallique, ou de File de Man, vulgairement appelée le Manks. Il avait beaucoup avancé l'impression d'un Dictionnaire triglotte des langues erse, irlandaise et manks, lorsque l'incendie de la maison (les imprimeurs Nichols eu anéantit les feuilles; et ce travail fut tout à fait abandonné. Kelly, attaqué du typhus, mourut le 12 novembre 1809
  • John KENDRICK : de Boston, fut le premier marin des ÉtatsUnis qui, s'élançant dans la carrière des grandes navigations, en rendit les préceptes familiers à ses compatriotes et les guida vers la côte nordouest d'Amérique, ainsi que dans les Iles du grand Océan, où ils ont fait en- suite un commerce si lucratif. Quoiqu'on lui re- proche quelques fautes, c'était un homme d'un talent supérieur, d'un bon jugement , d'un carac- tère courageux et entreprenant. Son premier voyage remarquable eut lieu, sous le patronage du congrès, au mois d'aoùt 1787. Pour en con- server le souvenir dans les pays qu'il devait vi- siter, on frappa des médailles qui représentaient ses deux navires , le troismâts la Columbia et le sloop le Washington. On lisait ces mots en exergue et sur le revers : Columbia and Washington : corn_ manded by J. Kendrick, pied at Boston, N. Ame- rica, for the pacifie Océan , by J. Barrell, S. Brown, , dans l'archipel_ des Sandwich , qui avait vu périr Cook , le plus grand navigateur de l'Angleterre, fut aussi le théâtre de la mort de Kendrick , l'un des plus grands navigateurs des ÉtatsUnis. Un commandant anglais ayant voulu tirer une salve en son honneur, un des canons se trouva chargé par mégarde d'un boulet et d'un paquet de mitrailles qui atteignirent le capitaine Kendrick et deux mousses, sur le gaillard d'arrière de son navire. Cet événement tragique eut lieu vers l'année 1800. On a donné le nom de Kendrick à une petite 11e située dans la partie occidentale du grand Océan, non loin des Mariannes
  • John KIDD( 1775 - 1851) : né à Westminster en 1775 , mort ' à Oxford le 17 septembre 1851 , professeur de chimie, a publié : 1" Éléments de minéralogie, 1809, 2 vol. 2' Essai géologique sur l'imperfection des preuves à l'appui d'une théorie de la terre, déductible soit de sa structure générale, soit des changements produits à sa surface par l'opéra- : ion des causes existantes • 1815 ,. 3. Introduction à 7171 cours d'anatomie comparative , pour éclairer la théologie naturelle de Pale- y, 824 4. Sur l'adaptation de la nature extérieure â la con- dition physique de l'homme , '1833 c'est un des traités du Bridgewater, et peut-ètre l'un des plus populaires de la série; 5. Observations sur la réforme médicale, 1841 ; 6° Nouvelles observations sur la reforme médicale, 4842; 7° divers écrits sur des matières philosophiques, sur la société de géologie, et divers articles dans les recueils scientifiques
  • John KING( 1559 - 1621) : savant évèque anglais, neveu de Robert King , premier évoque d'Oxford, naquit en 1559 à \Vornal, dans le comté de Buckingham. Il devint chapelain de la reine Élisabeth, archidiacre de Nottingham , doyen de ChristChurch, et enfin évoque de Londres en 1611. Distingué surtout par son éloquence, il prèeb,ait avec beaucoup de zèle et d'assiduité. Jacques II , faisant allusion au nom de Ming, qui en anglais signifie roi , l'appelait le roi des prédicateurs. Sa mort eut lieu en 1621. On a de lui des Sermons et des Leçons sur Jonas — KtNC , évèque de Chichester, était tils du préeedent, et naquit à Wornal en 1591. Successivement chapelain de Jacques ter et de Charles l'r, il fut élevé en 1641 sur le siège épiscopal , où la difficulté des temps l'exposa à la persécution. Réduit à se cacher pendant la guerre civile, il recouvra son évèché à la restauration , et mourut en 1669. Il semblait avoir hérité de son père le talent de la prédication. On a de lui des serinons imprimés à diverses époques, et quelques autres écrits : I° Exposition de l'Oraison dominicale, 1628 et 1634 2. les Psaumes de David, mis en vers, d'après la nouvelle traduction de la Bible, 1651 ; 5. Profond gémissement poussé aux funé- railles de l'incomparable et glorieux monarque Charles I", 1649 ; 4. Poêmes, élégies, paradoxes et sonnets, 1657 5. Divers poèMes latins et grecs, etc. — Son frère, John KING, orateur public de l'université d'Oxford , chanoine de Windsor et prébendier de StPaul , mourut en 1639, n'ayant publié que quelques opuscules
  • John KNOX : libraire, né en Écosse, jouissait d'une bonne réputation à Londres, où il demeurait dans le Strand; il consacra la fortune qu'il avait amassée dans cette profession à divers objets d'utilité publique, notamment à relever la pèche du hareng , et provoqua pour cet effet des souscriptions, afin d'établir des ports ou villages de pèche sur différents points des côtes orientales et septentrionales d'Écosse, qui en étaient dépourvues. Depuis 1764 jusqu'en 1775, il fit seize voyages dans ce royaume, et fut honorablement secondé par la société highlandaise formée à Londres, qui appréciait ses connaissances et son dévouement. Après son voyage dans les Ilébudes, il publia ses excursions patriotiques, sous le titre de : Tour through the Highlands of Scotland, 1785 trad. en français, 1790, 2 vol. On y remarque un zèle aussi ardent qu'éclairé pour tout ce, qui intéresse la prospérité de l'Écosse. L'amour qu'il portait à sa patrie ne s'était point borné à la publication de cet ouvrage. Il avait conçu le dessein de faire graver les sites les plus remarquables dt l'ancienne Calédonie, et les monuments des arts qu'elle possède encore. 11 devait y employer, le burin des meilleurs artistes de la capitale, quand la mort le surprit. Il mourut à Dalkeith en Écosse, le ler août 1791. — Jean KNOX , capitaine de vaisseau anglais , était né à Édimbourg. Il quitta le service et alla vivre à Daikeitti , où il mourut en 1790. Il avait fait la campagne du Canada, il en a rapporté les événements dans l'ouvrage suivant, en anglais : An his- torical accotait , etc. , Londres, 1769, 2 vol. On trouve dans ce livre des renseignements précieux pour l'histoire et la géographie
  • John LAMBERT : général anglais, célèbre dans les guerres civiles qui eurent lieu sous Charles 1", descendait d'une bonne famille, et suivait la carrière du barreau au commencement des troubles qui agitèrent ce règne. Indépendant par caractère et jaloux des faveurs qu'obtenaient les grands qui approchaient la cour, Lambert se déclara contre elle, et obtint bientôt un rang dans l'armée parlementaire. Il combattit comme colonel à la bataille de MarstonMoor, , et eut à celle de Naseby un commandement supérieur. Lorsque les Écossais, commandés par Hamilton, se joignirent au parti royaliste, Lambert fut opposé à Langdale et à Musgrave dans le nord, et obtint sur eux différents avantages. En 1649, le gouvernement républicain d'Angleterre, ayant pris quelque consistance, commença à sentir la nécessité de ne pas différer plus longtemps la nomination d'un lieutenant d'Irlande. Les presbytériens sollicitaient cet emploi pour Waller; les indépendants, dont Lambert était le favori , témoignaient hautement le désir qu'il en ,fùt revètu : mais Cromwell, qui aspirait secrètement à un commandement où il voyait tant de gloire et tant d'autorité à acquérir, eut l'adresse de s'y faire nommer comme malgré lui. Cromwell professait la plus grande estime pour le général Lambert, qui était regardé comme son second pour sa vigueur et ses talents militaires, et qui l'égalait par son ambition. Lambert servit sous Cromwell en Écosse, et remporta une victoire importante dans le Fife; et lorsque le jeune roi Charles fl fit une descente en Angleterre.,Lambert fut détaché• sur ses derrières avec un corps de cavalerie. La cause de la royauté ayant été tout à fait perdue par la bataille de Worcester, ce général fit la motion, dans le conseil des officiers, de ;'placer un protecteur à la tète de l'État; et cette dignité fut accordée à Cromwell. Cependant Lambert, qui avait l'ambition de succéder à Cromwell dans le protectorat, s'opposa fortement à ce que ce dernier reçût le titre de roi , prévoyant que le rétablissement du droit d'hérédité au trône dans sa famille en serait la conséquence : mais le bill passa, malgré son opposition , à une trèsgrande majorité, et la proposition en fut faite au protecteur, qui, après avoir longtemps hésité, la refusa. Cromwell ne pardonna pas à Lambert et à ses adhérents, qu'il regardait déjà comme ses ennemis : aussi, lorsque Ir le parlement eut été ajourné, le 20 janvier 1657, 'destitua ce général de toutes commissions, en accordant néanmoins une pension de deux mille livres sterling , pour l'intéresser à se bien comporter. Lambert, s'étant retiré à Wimbledon- 'blouse , sembla s'attacher uniquement à cultiver des fleurs. Mais, après la mort de Cromwell, il rentra dans la vie publique , et fut l'âme du parti des mécontents apposés au protectorat de Richard, parti qui s'assembla à Wallingfordhouse. Il obtint la confiance du rutnp- parlement, et fut chargé par lui du commandement de ses troupes, avec lesquelles il marcha contre sir George Booth, qui s'était emparé de Chester, pour Charles II. Booth ayant eu l'imprudence de sortir des murs de cette ville, et d'exposer en rase campagne ses soldats de nouvelle levée contre le corps discipliné de Lambert, fut bientôt mis en déroute, et toute son armée fut dispersée. Le parlement fit à cette occasion un présent de mille livres sterling à Lambert , pour acheter une bague. Bientôt après, les officiers, à l'instigation de ce général , signèrent une pétition pour demander que Fleetwood fùt nommé commandant en chef; Lambert, major général; Desborow, lieutenant général de la cavalerie, et Monk, major général de l'infanterie. Cette démarche fut jugée si dangereuse par le parlement, qu'il cassa de suite Lambert; mais celuici, qui avait bien pris ses mesures, fit dissoudre ce corps, après avoir fait observer à l'armée un jeûne solennel, et concentra l'autorité suprême dans le conseil des officiers, dont il était regardé comme le chef. Monk, qui Ise trouvait en Écosse à la tète d'une armée, et qui avait résolu de rétablir l'ancienne famille des Stuarts sur le trône , était l'unique rival de Lambert, lequel , ayant conçu des soupçons. sur ses desseins, s'avança contre lui à la tète d'un corps de troupes. Monk ayant traversé la Tweede, en janvier 1660, tandis que le parlement avait repris son autorité, Lambert fut abandonné par une grande partie de ses soldats, arrèté bientôt après et enfermé à la Tour. Il s'en échappa dans le mois d'avril suivant, et causa de vives craintes à Monk et à son conseil, qui redoutaient sa vigueur et sa grande popularité : mais avant qu'il eùt pu réunir un nombre considérable de ses anciens soldats, qui se rendaient en foule auprès de lui, il fut arrèté de nouveau auprès de Daventry par le colonel lngoldsby. Après la restauration, le procès de Vane et de Lambert fixa l'attention du public : quoiqu'ils n'eussent pas été du nombre des juges de Charles ler, ils avaient été nommément exceptés de l'amnistie générale, et mis en prison. Le premier parlement, ou plutôt la convention, avait prié le roi de suspendre leur exécution , s'ils étaient coupables; mais le nouveau parlement insista fortement sur la nécessité de les juger. Ils furent déclarés tous deux coupables de haute tràhison en Isa. Néanmoins Vane subit seul sa sentence; il fut sursis à celle du général Lambert, qui s'était comporté avec plus de modestie pendant le cours de son procès; il fut relégué pour la vie à l'lle de Guernesey, où il mourut trente ans après, totalement oublié , et ayant embrassé la religion catholique. 11 amusait ses loisirs dans sa retraite à cultiver et à peindre des fleurs, art qu'il avait appris de Baptiste Gaspars
  • John LANDEN( 1719) : mathématicien anglais, naquit Peakirk, près de Pèterboretigh, en 1719. Des u Ans tendre enfance, d montra de grandes diapo. .4ions pour les mathématiques. En CM, il ira-, aillait au JOkrIe41 dei drues . Dans I, tome 48 des Troie: admet philosopliqoes. l'investigation de quelques théorecries d'où nt plusieurs propriétés du cerele, et qui ient dans les fractions à décomposer les dénominateurs en facteurs plus empira, pour en faciliter l'intégration. Ce Mémoire avait été communiqué à la société royale de Londres par le satant Robert Simpson. En mis, Landen publia UPI volume intitulé ilathemotieol Locobratimos, titre qui annonçait que l'étude des mathématiques, qui a fait l'ocrupation de toute sa lie, remPlissait alors Mn heures de loisir. Ce livre renferme clivera traités relatifs à I» rectifleation des fourbes, à la sommation des séries, à plusieurs parties de la haute analyse. Dans k tome $1 des Troometioni philiaophilver, on trouve une Noa-- elle methode ; mor sommer go, rond hombre de 'lrtqg iaft, i i.e premier robante de l'Analyse der reaidos er/tors sur k calcul de La distinct de la terre an Weil, par Stewart), ai • signale l'erreur de Stewart sur la distance du soleil à la terre, erreur déjà reconnue en 1709 par Diwson. File provenait , comme l'a remarqué m. Chasles , non de la méthode en ellemime , niais de quelques quantités négligées à tort dans le but de la simplifier. Ainsi, Landen se trompe quand il prétend qu'il ne faut attendre la vraie solution du probleme ni de la méthode de Stewart, ni du principe sur lequel elle est fondée. Dans le tome 65 des Tragretetio«. Landen donna le théorème qu'il nad promis en Int, et qui consiste à trouver un arc hyperbolique égal à deux arcs elliptiques; ce qui 3 été depuis démontré plus simplement par Legendre , car les premiers inventeur; prennent rarement le chemin le plus court. Dans le tome 67 on trouve une nouvelle théorie du mouvement de rotation des corps auquels sont appliquées des forces propres à inruire et mouvement. L'auteur ignorait alors que d'Alembert avait traité ce sujet dans ses Opava'« inarArisiaei,mr. II le reprit donc, mais uns donner toutefois une solution' générale du probléme, laquelle consiste à déterminer les moureinents d'un corps de forme quelconque tournant librement autour d'un axe passant par son centre de gravité. Cet outrage est impriqe dans un volume de ileoviires publié en 1780 , et enrichi d'un Animiez contenant des théorèmes pour la détermination d'intégrales pluseompletes que celles qu'on avait déjà trouvées. En 1784, Landen fit dei améliorations à sa théorie du mou. ',ment .le rotation ; niais voyant que sa solution du probkme général différait de celle de d'Alembert, et ne pouvant pas découvrir en quoi péchait celleci , il n'osa point publier la sienne. Dans le courant de la menne année, s'étant procuré k volume des Measairea de l'Aeadeinte de Berlin , qui contient la solution du probleine par Leder, il lui reprocha d'etre fautive comme celle de d'Alembert. Convaincu alors que la sienne était exacte, il la fit paraltre dans le tome 75 des Trwartion,. Dans k turne 80. Wilhore, mathématicien distingué, prit la défense des dent géomitres , l'Allemand et le Français. Landen était sur k point de revoir sa solution, et de la développer pour la maire plus intelligible, lorsque l'ouvrage du père Frisi, Ce: urographie phritet di mathewbviire, etc., lui présenta une solution de son problenie, conforme 3UL calculs d'Euler et de d'Alembert. Toujours plus persuadé de la vérité de sa solution, il se décida à la défendre par écrit. Sa santé commençait à décliner, et depuis plusieurs années il était attaqué de la pierre. C'est pendants les intervalles de ses souffrances qu'il composa le second solume de ses Me... reg. qui renferme le probleme général sur k amusement ile rotation. Il vécut assez pour sehever ce volume, et en reçut un elemplaire la veille de sa mort, arrivée k 15 janvier 1790, à Itilton, pre.a de Peterborough Landen, fort au courant des découvertes des géortietres de son temps, Il MI y joindre les siennes, surtout dans la théorie de la mécanique. On peut le regarder comme le d'Alembert des Anglais
  • John LANDSEER( 1761 - 1852) : graveur et antiquaire anglais, né à Lincoln en 1761. Landseer, fils d'un joaillier, fut placé par son père chez William Byrne , célèbre graveur de paysages , et arriva promptement à acquérir un talent qui rendit son burin populaire dans sa patrie. On cite, parmi les meilleurs (le ses premiers ouvrages, les vignettes qu'il grava d'après les dessins de Loutherbourg, pour la Bible de Macklin et pour l'Histoire d'Angleterre de Bowyer. A ces premières productions, qui datent de 1795, en succédèrent un grand nombre d'autres. En 1795,Landseer attacha son nom à vingt paysages du sud de l'Écosse, exécutés sur les dessins de James Moore. La célébrité de Landseer lui valut , en 1806, le titre de professer de gravure à la Royal Institution. Il y fit, pendant une année, avec succès des leçons qui ont été imprimées depuis et jouissent encore d'une certaine réputation. L'auteur, épris de son art , s'efforce d'en relever , autant qu'il peut, l'importance; il définit la gravure, une sorte de sculpture exécutée par incision. La hauteur à laquelle il cherchait à porter la gravure lui faisait une place à côté des peintres et des sculpteurs. Et cette même année 1806, l'académie royale se l'adjoignit comme associé. Landseer ne se contenta pas de cet honneur : il réclama pour la gravure un rang égal à celui des arts dont elle reproduit les oeuvres, et demanda avec instance que les graveurs fussent compris dans l'académie. Cette proposition rencontra une vive résistance. Landseer la défendit dans des brochures , s'irritant de la voir repoussée ; Fallaire même fut portée devant une commission de la chambre des communes; mais la proposition n'y obtint pas plus de succès. Dégoûté dès lors d'un art auquel on refusait la justice qu'il lui croyait due, Landseer abandonna peu à peu son burin, et, à dater de cette époque, on ne cite plus de lui que les planches des Antiquités de Dacca. Il travailla à venger les graveurs de ce qu'il appelait les mépris de l'académie, en fondant une société pour l'encouragement de fa gravure, et une société chalcographique, en faveur desquelles il fit paraltre en 1810 quelques écrits. Puis il commença une revue périodique des beauxarts, dont il a paru deux volumes. Enfin il créa une feuille hebdomadaire, Me Probe , qui ne compta que six mois d'existence ; il n'y ménagea ni les critiques, ni les railleries contre les artistes qu'il avait pris en haine. Mal accueilli par le public artistique , Landseer se tourna vers l'archéologie. C'était le moment où les cylindres apportés de Babylone commençaient à attirer l'attention des antiquaires. ils excitaient surtout la curiosité chez les Anglais, toujours intéressés par ce qui peut éclairer l'histoire biblique. Landseer, dans un mémoire communiqué, en 1817, à la société des antiquaires de Londres et qui a paru dans le tome 18 de son recueil , soutint que ces pierres n'étaient pas des amulettes, mais qu'il y fallait voir les cachets des monarques babyloniens. En 1823, les études qu'il avait faites sur ces antiquités le conduisirent à publier un ouvrage intitulé Sabaean researches in a series essarts delivered al the Royal Institution of Great Britain, London , 1825 C'est tout un cours sur les antiquités de la Phénicie, de la Chaldée et de l'Égypte. En 183-4, Landseer donna au public un livre spirituel et instructif, intitulé A descriptive explanatory and critical catalogue of fi fty of the earliest pictures in national gallery. Landseer , qui avait atteint un âge trèsavancé et obtenu sous George III le titre de premier graveur du roi , mourut le 29 février 1852. Il a laissé trois filles et trois fils, dont deux se sont fait un nom dans les arts. Un beau portrait de Landseer a été exécuté par l'artiste Devis. A. My,
  • John LEMPRIÈRE( 1765 - 1824) : antiquaire et philologue anglais, né à Jersey en 1765. Lemprière fit ses premières études à l'école de Winchester; il passa ensuite au collége de Pembroke, puis à l'université , place qu'il occupa jusqu'à sa mort , arrivée le 1" février 182L. Lemprière s'est fait connaître par sa Bibliotheca classica , dont le succès fut trèsgrand en Angleterre. C'était un des meilleurs dictionnaires d'antiquités ilui eussent jusqu'alors paru. En 1808, le moine auteur publia une Biographie universelle , qui est moins estimée. M. Belot a donné une traduction française de la Bibliothèque classique. Lemprière a, de plus, imprimé des Sermons , tant en français qu'en anglais , qu'il avait prèchés à Jersey et en différentes villes de l'Angleterre
  • John LEKEUX( 1783 - 1846) : célèbre graveur d'architecture anglais, né à Londres le 4 juin 1785. Son père, fabricant de quincaillerie, le destinait à suivre sa profession et l'employa pendant deux ans dans sort magasin. Mais entraîné par une vocation décidée pour la gravure, dont il avait pris le goùt en voyant un de ses frères l'étudier, il se fit élève de James Bazire, graveur d'architecture en renom. Sous ce maitre habile, ses progrès furent rapides, et il ne tarda pas à le surpasser. 11 s'adonna sur_ tout à la gravure de l'architecture du moyen âge, qu'il porta à un degré de perfection que nul n'avait atteint avant lui. Ses oeuvres se trouvent consignées dans une foule de recueils architectoniques et archéologiques qui lui ont valu en grande partie leur succès. Nous citerons notamment : les Antiquités architectoniques, les Cathédrales , le Dictionnaire d'architecture de Britton les Antiquités de Normandie de Pugin, la Description de l'Abbaye de Westminster de Meale, les Hémorials d'Oxford. Lekeux est mort le 2 avril 1816, laissant un fils, J.H. Lekeux, qui marche sur ses traces
  • John LESLIE( 1766 - 1832) : célèbre physicien et géomètre, naquit en avril 1766, à Coates, dans le Fifeshire, et y mourut le 3 novembre 1832. Dans l'espace (l'une année , la mort moissonna trois Écossais d'un grand mérite, Walter Scott, Mackintosh et Leslie. Dès l'âge de douze ans, par ses travaux mathématiques, Leslie avait fixé l'attention de Playfair et de Stewart. Son premier ouvrage important, publié en 1793, 9 vol. est la traduction (le l'Histoire naturelle des oiseaux, par Buffon. Peu de temps après, il partit pour les ÉtatsUnis de l'Amérique, en qualité de gouverneur de l'un des enfants de la famille de Randolph ; et après son retour en Angleterre, il décida Th. Wedgwood à l'accompagner sur le continent. A cette époque, Leslie fit connaître son Thermomètre différentiel, dont on trouve la § description dans le Journal philosophique de Ni- cholson, pour l'année 1800. Les résultats des recherches auxquelles il fut conduit par cet instrument ont été publiés en 1804, dans l'Essai sur la nature et la propagation de la chaleur, ouvrage qui a mérité la médaille de Rumford. L'expérience montre que les rayons calorifiques qui s'élancent de la paroi plane un corps échauffé n'ont pas la même force ni la même intensité dans toutes les directions; que le maxi- mum correspond à l'émission perpendiculaire , et le minimum aux émissions parallèles à la surface. Entre ces deux positions extrêmes, comment s'opère l'affaiblissement du pouvoir émissif? Leslie chercha le premier la solution de ce problème. Il prouve que les intensités des rayons sortants sont proportionnelles aux sinus des angles que forment ces rayons avec la surface échauffée; mais les quantités sur lesquelles on avait dù expérimenter étaient trop faibles pour ne pas commander une extrême défiance. Fourier examine la question, et la résout sans avoir besoin de tenter aucune expérience nouvelle. Il est de fait que, dans tous les points d'un espace terminé par une enveloppe quelconque entretenue à une température constante , on doit éprouver une température constante aussi et précisément celle de l'enveloppe; eu sorte que si l'intensité des rayons calorifiques ne variait proportionnelle- § inent au sinus de l'angle tl'émission, la tempéra- § ure d'un corps situé dans l'enceinte dépendrait de la place qu'il occuperait; que la température vle l'eau bouillante ou celle du fer fondant, par exemple, existerait en certains points d'une enve- " trappe creuse de glace, ce qui, selon la remarque »d'Arago, est l'application la plus piquante de la Méthode de la reduction ci l'absurde, employée par les anciens mathématiciens pour démontrer les vérités abstraites de la géométrie. En 1819, Leslie remplaça Playfair dans la chaire de physique à Édimbourg. En 1821, il donna une seconde édition de son Geometrical analysis and geometry of curie unes, dont la première édition avait paru en 1800. Cet ouvrage a été reproduit en français, par Auguste Comte, à la suite du supplément à la Géométrie descriptive, par Hachette, 1818 La dernière et la plus intéressante des productions detLeslie est un Discours sur les sciences physiques et mathématiques dans le 18e siècle, annexé à la septième édition de l'Encyclopedia Britannica
  • John LEWIS( 1675 - 1746) : théologien anglican et antiquaire, né à Bristol en 1675, se livra d'abord à l'enseignement, et devint successivement ministre de plusieurs paroisses, où sa modération au milieu de la violence des partis exposa fréquemment son repos. Il était trèssavant et surtout trèslaborieux : outre ceux de ses ouvrages qui sont restés, il avait, diton, écrit plus de mille sermons, et:comme il pensait qu'un sermonnaire doit composer luimême ses discours, il ordonna à son exécuteur testamentaire de détruire tous les siens de peur de favoriser la paresse des antres prédicateurs. Il eut de vives controverses, particulièrement avec le docteur Calamy, qu'il avait accusé de mauvaise foi comme historien des nonconformistes. Lewis était depuis trente ans vicaire de Margate, lorsqu'il mourut le 16 janvier 1746. Voici les titres de ses principaux ouvrages 1. Catéchisme de l'Église, expliqué. 1700 rédigé pour l'usage des écoles de charité, à l'invitation de la société instituée pour propager la connaissance du christianisme, trèssouvent réimprimé; 2. Histoire de J. 1720 3. Histoire et antiquités de l'île de Thanet, dans le comté de Kent, 1723 et avec des additions, 1736 ; Histoire et antiquités de l'église abbatiale de Faversham; ri. le Nouveau Testament, traduit de la Vulgate latine, par J. Wicliffe, précédé d'une Histoire des différentes traductions de la Bible, 1731 ; réimprimé par M. Barber L'Histoire des traductions a été imprimée aussi sé parément, 1739 6° Vie de Caxton, 1737 7. Précis de la naissance et des progrès de l'anabaptisme, 1738, 8° Dissertation sur l'antiquité et l'usage des sceaux en Angleterre, 1740 ; 9. Vie de Reynold Porock, évêque de StAsaph et de Chichester, 1744 Lewis a laissé beaucoup de manuscrits qui ont été conservés
  • John LEYDEN( 1775) : poète et orientaliste anglais, né à Denham, en Écosse, vers 1775, se consacra de bonne heure à l'étude des langues orientales. Cette étude fallit un jour lui devenir funeste : pour s'y livrer plus à son aise, il se retirait dans une chapelle à demi ruinée , près d'un château appartenant à la famille des Douglas, dont la bibliothèque avait été mise à sa disposition. Les superstitieux Écossais, le voyant occupé incessamment à déchiffrer des livres tracés encaractères mystérieux, projetèrent de le brùler vif en qua- lité de sorcier, et ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à se tirer de leurs mains. Il obtint plus tard un emploi dans les Indes orientales , à Calcutta, où il résida quelques années. En 1811, les Anglais ayant dirigé une expédition contre Batavia, Leyden fut du nombre de ceux qui se rendirent devant cette ville. Étant entré imprudemment dans une bibliothèque qui avait été fermée longtemps, il y contracta une maladie qui en peu de jours le conduisit au tombeau. Nous connaissons de lui : 1° Minstrelsy, etc. , Édimh., 4802, 2 vol. 2e édit.,1812. Ouvrage publié de concert avec Walter Scott. 2° Account , etc. . L'ouvrage ne parut qu'après la mort de Leyden, vers 1817, continué par Hugli Murray. Il a été traduit en français et augmenté par M. Cuvillier, et publié par Arthus Bertrand, Paris, 1821, 4 vol et atlas. 3. Des Poésies ; 4° plusieurs Notices insérées dans les Mémoires de la société asiatique. Sir Stamford Raffles a publié, peu de temps après son retour à Londres, en 1822, un ouvrage posthume de Leyden , ayant pour titre : Annales des ifalais, auquel il a joint une introduction. Un volume de poésies de Leyden a été mis au jour en 1819 sous le titre de Poetical remains , avec une Notice sur sa vie par le R. James Norton
  • John LINGARD( 1769 - 1851) : célèbre historien anglais, né le 5 février 4769 , à Winchester, d'une ancienne famille anglaise demeurée fidèle à la religion catholique. Il alla étudier à Douai, en France, se destinant à embrasser l'état ecclésiastique. La révolution ayant éclaté, Lingard dut quitter la France; mais il voulut auparavant visiter Paris. Son air de séminariste le fit bientôt reconnaltre, et il se vit poursuivi dans les rues de la capitale par les cris: Le calottin à la lanterne ! Lingard effrayé prit la fuite. Dans sa course, détournant la tète pour voir si on le poursuivait encore , il s'aperçut qu'une femme de la halle était seule en tète de la troupe ; se précipitant alors par un passage qu'obstruaient des poteaux et que des jupons ne pouvaient facilement franchir , il échappa aux fureurs de la populace. On pense bien qu'il ne prolongea pas son séjour dans Paris, et il eut Mie de retourner en Angleterre. Il y acheva ses études théologiques et fut ordonné prêtre. Ses loisirs lui permirent de s'occuper de travaux historiques, et il conçut dès lors la pensée d'écrire l'histoire qui a fait sa réputation. Il se mit à l'oeuvre ; mais après plusieurs années de recherches, il s'aperçut Les divers écrits de Lingard touchant les principes religieux et politiques des catholiques obtinrent un grand succès chez ses coreligionnaires d'Angleterre; ils furent réunis en un volume et ont été plusieurs fois réimprimés. Lingard s'occupait aussi de l'enseignement religieux de ses ouailles; c'est ainsi qu'il publia des Instructions catéchétiques sur les doctrines et le culte de l'Eglise catholique , ouvrage qui a eu aussi plusieurs éditions. Lingard donna une version du Nouveau Testament que publia Dolman en 1836. Dans cette version , il s'écartait en beaucoup de points du sens adopté et consacré par l'Église catholique, tant il avait été frappé de l'inexactitude , et dont le succès lut considérable. Une seconde édition parut de 1823 à 1851, en 14 vol. Une cinquième, revue et corrigée par l'auteur, a été donnée en 1849 et 1850. L'ouvrage de Lingard fut traduit en allemand et en français. La traduction de MM. de lioujoux et A. Pichot a eu jusqu'à trois éditions: la troisième, revue et corrigée par Baxton, fut publiée de 1841 à 1841, sous la direction de Lingard luimême. M. Léon de Wailly en a donné aussi une traduction, à laquelle M. Théophile Lavallée a ajouté une continuation jusqu'à nos jours, Paris, 1343, 1844, 6 vol. Lingard s'attacha surtout à réfuter dans son Histoire plusieurs opinions de Hume , dont l'ouvrage avait été jusqu'alors considéré comme la meilleure histoire d'Angleterre . Il exposa les faits avec toute l'impartialité que lui permettaient ses croyances, et il montra dans son livre un vrai talent d'historien. Les anglicans euxmêmes lui rendirent justice. Hallam et Macaulay ont déclaré hautement que Peson livre est un des plus estimables et des plus complets qui existent sur l'histoire de la GrandeBretagne. Mais cette histoire est si étroitement liée aux questions religieuses, qu'un jugement réellement impartial est aussi difficile pour la plume d'un catholique que pour celle d'un protestant, et l'ouvrage de Lingard , presque toujours exact pour l'exposé matériel des faits, ne pouvait par ses tendances et ses jugements satisfaire tous les esprits. Le succès qu'obtint l'Histoire de Lingard appela sur lui l'attention du saintsiég,e. Léon XII eut même la pensée de lui donner le chapeau de cardinal. Lingard, qui s'était rendu à Rome , déclina cet honneur, et répondit au cardinal Litta, chargé de lui faire des ouvertures, qu'il n'avait d'autre désir que de retourner en Angleterre et de poursuivre ses travaux historiques. Il n'en fut pas moins présenté au pape , qui insista et lui dit qu'il avait l'intention de le mettre à la tète des missions catholiques en Angleterre; mais persistant dans son refus, Lingard répéta qu'il voulait avant tout achever son Histoire ; il ajouta qu'il ne trouverait pas d'ailleurs à Rome les facilités nécessaires pour la continuer, et qu'il n'avait pas la fortune indispensable pour soutenir le rang auquel on voulait l'élever. Léon XII n'insista pas ; il lui dit seulement qu'il le considérait comme cardinal in petto. Dépourvu en effet de toute ambition, Lingard, qui aurait pu aspirer aux plus hautes dignités ecclésiastiques, et jouer le rôle qu'a pris depuis le cardinal Wiseman , ne songea qu'a ses travaux littéraires, et ne consentit jamais à aliéner son indépendance. Pendant quarante ans il vécut modestement dans sa résidence de Iiornby , occupé des intérêts de ses coreligion. naires, faisant le bien et montrant une douce tolérance envers les hommes dont il ne partageait pas les opinions. Lingard fit paraître en supplément à son Histoire un Recueil de preuves et de justifications, qui a été aussi traduit en français en 1835. L'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut de France l'élut son correspondant, et il a publié dans le tome 1 er des mémoires de cette compagnie un travail intitulé En quelle année Anne Boleyn, depuis mariée â Henri VIII, quitta- t- elle la France? Lingard a aussi enrichi de notes l'Histoire d'Angleterre de Hume, continuée par Goldsmith et 'W. Jones. Il est mort le 13 juin 1851, et est enterré dans le cimetière du collége de StCuthbert, à Usham, près de Durham, établissement auquel il a légué sa bibliothèque
  • John LISTON( 1776) : acteur anglais, né à Londres en 1776, était fils d'un horloger. Il se fit d'abord instituteur dans une petite école de la capitale de l'Angleterre; mais son goût pour la scène était si prononcé, qu'il employait tous ses loisirs à jouer sur des théâtres d'amateurs, et de préférence la tragédie. Il finit par s'engager au théâtre du Strand , où Mathews remplissait avec succès ses premiers rôles. Liston figura plus d'une fois avec lui , surtout dans la tragédie de Richard III, où il faisait le personnage de Buckingham. Quoique ses débuts n'aient eu rien de bien brillant et que sa famille se montrât fort opposée à le voir embrasser la carrière dramatique, il n'en continua pas moins le métier d'acteur, et alla jouer au théâtre de Dublin et sur d'autres théâtres de province. Il fit la connaissance d'Etienne Kemble, qui dirigeait alors le théâtre (le Newcastle, (Lins le Northumberland. Engagé par lui, il obtint sur cette nouvelle scène la faveur du public, surtout dans les petites comédies, où il remplissait les rôles de vieux et de paysans. L'esprit et l'originalité de son jeu frappèrent beaucoup Charles liemble, qui s'était rendu à Newcastle. Ce grand acteur lui donna une lettre de recommandation Pour M. Colman , et il parvint de la sorte , dans l'été de 1805, à avoir un engagement sur le théâtre de Ilaymarket. Liston y réussit complétement, surtout dans le rôle de Zekiel Homespun : aussi le directeur du théâtre de CoventGarden s'empressatil de lui proposer de faire partie de sa troupe, et ii parut sur ce nouveau théâtre le 15 octobre suivant, dans la pièce intitulée le Chapitre des arcidents, où il remplissait le rôle de Jacob Gawkey. Liston resta à CoventGarden jusqu'en 1823, toujours en faveur auprès du public et jouant dans une foule de pièces. Ce théâtre étant passé aux mains d'un autre directeur, Liston accepta un engagement pour le théâtre de DruryLane, avec les riches émoluments de 40 livres par semaine. Il donna cependant encore quelques représentations à CoventGarden et à Ilaymarket. Cet acteur avait acquis une telle réputation , qu'il avait fini par se faire payer 60 livres par semaine; il donnait en outre des représentations dans les grandes villes de l'Angleterre , à Manchester, à Birming. ham , à Liverpool, etc. ; on se disputait les places pour l'entendre et on en proposait des prix incroyables. Plusieurs de ses représentations extraordinaires lui rapportèrent jusqu'à 350 livres. Liston mourut à Londres le 22 mars •184G, laissant une fortune considérable, sur laquelle il fit plusieurs legs importants. Craignant de perdre la faveur d'un public un peu inconstant, Liston s'était retiré à un âge où il pouvait encore se promettre des succès , et il avait évité de prendre un congé solennel du public
  • John LYNCH : colon de la Caroline du Sud , d'origine irlandaise, exerça au 17' siècle les fonc- tions de chef de justice dans cet État, et passa pour avoir un des premiers usé du droit de faire juger et exécuter surlechamp les criminels pris en flagrant délit ou dont la culpabilité était tenue pour évidente. Ce droit s'est perpétué en Améri- que dans les cas de nécessité, et il a reçu le nom de loi de Lynch. On ne sait aucun détail sur la vie de ce colon dont un des descendants, Thomas Lynch, fit parti du congrès américain, et signa en 1776 la déclaration d'indépendance. Ce Thomas Lynch, jurisconsulte distingué, périt dans un naufrage, âgé seulement de 28 ans. Quelques auteurs prétendent que la loi de Lynch existait déjà anciennement en Irlande, et qu'elle devait le nom sous lequel elle est connue , non pas à un colon de la Caroline, mais à un magistrat de l'ancienne famille des Lynch
  • John LYON( 1734 - 1817) : sas ant anglais, né en 1734. se ira de bonne heure à fetude de l'histoire na Ile et de la ph? signe. Il s'occupa depuis parti- Tentent de l'électricité , objet sur lequel E leviat ile, découvertes du docteur Franklin as ait I dirigé son attention ; et il y fit des expériences multipliées, sans pars enir exactement au métne resultat que le sasant américain. 11 publia sur . jet des opinions au moins bien ss stémati- I comme on en peut juger par le titre de ses 'ts. Nommé en 1772 ministre de la paroisse teViergeMarie à Douvres, il osa y combattre luence des principes résolutionnaires, qui, Ide France à une trop fameuse époque, aient à faire des progrès en Angleterre; et %t il alors dans toutes les maisons de sa et des paroisses circonvoisines une cirulaire qui finissait ainsi : a 0 Anglais! rougisex ; sclez fidèles à sousmimes ; SOUICI1e2 ' I v roi et sotre constitution , et vous coni- '..rez à l'unis ers ! s Lion était d'ailleur e tf un caractère modeste et paisible. 1 . . , le 30 juin 1817, dans sa cure, qui lisait occupée près d'un demisiècle. Il étai membre de la société linnéenne et de celle de intiquaires. Oie a de lui les ousrages Suis aitt, t• Erprrientra ri oburraiions mgr tilettrieite , 17 MI uni-; e Navrent, preuves de l'opinion lus J Terre tut per... able au j'aide rieririque , 1781 in4s. ; 3. Remarques sur Io principales rem prtitileites ro forcer du sysieme du dneieur Frabili sur l'ilecirleité, 179t le lieiiii,ire mer direi pibémaumeues acrureamr et ineremain., abserers 8U tri ( erra dun homme es de quatre eheraux tues ps Le foudre prea de 11. mrres, 1796 :iii // es:ide Douress. affC va Précis lltr lel cinq p,,, 1813;
  • John MAC-ARTHUR( 1755 - 1840) : littérateur anglais, né en 1755, mort le 29 juillet 1840 à Hayfield , a publié : 1° le Compagnon du gentleman de l'armée et de la flotte, expliquant les difficultés de l'escrime et réduisant cet art aux principes les plus faciles et les plus familiers ; 2° Principes et pratiques des cours martiales maritimes, 1782 ; 2' édition, comprenant en outre les Principes et pratiques des cours martiales militaires, 1806, vol.; 4^ édition, 1813; 3° Faits financiers et politiques du 18 sierle, 1801 2. édition, 1803; la 1" édition avait été publiée anonyme ; i° les Poésies d'Ossian, dans leur langage gallique original, avec une traduction libre de Robert Macfarlane- accompagnées d'un essai sur l'authenticité de ces poésies, par John Sinclair, et d'une traduction de la dissertation critique de l'Italien Cesarotti sur leur authenticité, 1807, 3 vol. roy. MACPHERSON et CES 'toril). Cette édition des Poésies d'Ossian est enrichie de notes de MacArthur. 5" lie de l'amiral Nelson, extraite des manuscrits de Sa Seigneurie. en collaboration avec le révérend James Stanier Clarke, 1810, 2 vol
  • John MACGREGOR( 1797 - 1857) : économiste et géographe écossais, né à Stornoway , en 1797. Il fut attaché jeune encore à l'administration des colonies britanniques dans l'Amérique septentrionale et devint grand shérif de l'île du Prince Edouard. Il se livra avec ardeur à l'étude des lois coloniales, en vue d'en opérer la réforme et consigna le fruit de ses travaux dans un ouvrage qu'il fit paraître, après son retour en Angleterre, sous le titre de British America qu'il dédia au roi Guillaume IV et dont deux éditions furent rapidement épuisées ; Macgregor y donne la description physique, géographique et économique la plus complète qui eût encore paru de la NouvelleGrandeBretagne; il y joint des détails historiques fort intéressants et des considérations sur l'émigration. Sous le ministère Melbourne, il fut chargé successivement de missions en Allemagne, en France et en Italie, et adressa notamment sur sa mission dans le royaume de Naples un rapport trèsimportant . Nommé bientôt après secrétaire adjoint, puis secrétaire du bureau de commerce, Macgregor fit parattre un ouvrage plus considérable encore que celui qui avait commencé sa réputation : The Pro gress of America from the disrocery l'y Columbus to the year 1846, Londres, 18 47 , gros vol. C'est un immense répertoire de documents, servant à mettre en relief l'histoire du développement économique du nouveau monde et à établir cette thèse judicieuse : que l'histoire du commerce est celle de la civilisation. Le tout est suivi d'un essai sur la législation fiscale et commerciale de l'Angleterre et des EtatsUnis. Cet ouvrage acheva de populariser le nom de l'auteur, qui fut élu député au parlement par la ville de Glasgow. Macgregor y prit rang parmi les free- traders et entra dans la ligue dont M. Cobden avait été le promoteur. Il appuya en général toutes les mesures libérales, et devint sous le ministère whig gouverneur de la banque d'Angleterre. Mais il résigna ses fonctions au bout de quelques années, et ne fut pas réélu au parlement. Il est mort à Boulogne le 23 avril 1857. On doit encore à ce laborieux économiste : Commercial statistics, 184e; Holland and the dutch colonies , 1848 Principes de législation commerciale et financière, traduit en français par G. Brunet, Bordeaux, 1847
  • John MACKENZIE( 1806 - 1848) : littérateur écossais, né à Gairloch en 1806, qui s'est fait connattre par des publications estimées sur la langue gaëlique ; il est un de ceux qui ont le plus contribué à soutenir , chez ses compatriotes , la culture de cet idiome parlé encore dans les hautes terres . Mackenzie débuta dans les lettres gaeliques par un recueil intitulé Sir nana, Gaelach , ou Beautés des poiles highlanders, dans lequel il esquisse la biographie des plus cé- lèbres bardes écossais. Cet ouvrage, qui parut en 1841 , n'a pas été achevé et l'auteur travaillait encore au 2" volume au moment de sa mort. Il çontient une préface en anglais de J. Logan et renferme le tableau le plus fidèle de l'ancien bar- , l'appréciation la plus exacte de son fluence sur les nations celtiques. Mackenzie donna ensuite de nombreuses éditions d'auteurs gaéli- ques ; il réédita avec de notables additions, le Dictionnaire de la prononciation gaélique de Stace pine. En 1845 parut du même auteur : Enda- druidh a Phrionnsà, ou Histoire du prince Charles Stuart, ouvrage qui obtint un grand succès en Écosse. En mètne temps que Mackenzie poursuivait ces publications, il coopérait activement aux travaux des sociétés fondées en vue de propager sa littérature de prédilection. Membre de la société ossianique de Glasgow, il prit une part active à la discussion soulevée dans cette ville sur l'orthographe du gaëlic, dont la fixation préoccupait alors tous les celticistes. Il appartenait à la société gaêlique de Londres, qui reçut de lui plusieurs intéressantes communications. J. Mackenzie est mort dans sa ville natale en août 1848. Il est regardé comme un des hommes qui , depuis Macpherson, ont le mieux possédé la langue des Highlanders et su le plus habilement la manier
  • John MARSHALL : homme d'Etat américain , avait d'abord suivi la carrière militaire. Officier pendant la guerre de l'Indépendance, il devint successivement membre de l'assemblée législative de l'Etat de Virginie, du conseil exécutif, du congrès et secrétaire d'Etat. Washington voulut l'envoyer ministre plénipotentiaire en France à la place de Monroë, mais il ne put lui faire accepter ces. fonctions. Nommé ministre de la justice en 1801, Marshall conserva cette place jusqu'à sa mort, arrivée à Philadelphie au mois de juillet 1835. On a de lui une Fie de Washington, précédée d'un précis de l'histoire dcs colonies fondées par les Anglais sur le continent de l'Amérique septentrionale. Elle a été traduite en français par P.F. Henry, notre collaborateur, Paris . 1807 , avec atlas de 16 planches. C'est un ouvrage estimé (voy. HENnv . Marshall était membre correspondant de l'Institut historique de France
  • John MARSHALL( 1783 - 1841) : économiste anglais , né en 1783 ; il exerça longtemps les fonctions d'inspecteur desmanufactures ; il a composé un grand nombre d'ouvrages de statistique et d'économie commerciale. Nous citerons notamment : Statistical tables, population, rerenue , 1834 ; 2. Statistical tables of the British empire , 1827 3. On the classification of shipping , 1829 ; 4° Rise , progress and present state of banking , 1833. Ce dernier ouvrage est regardé comme un des documents les plus importants que l'on ait publiés sur la matière, et fut distribué aux frais de l'Etat aux membres du parlement. J. Marshall prit part au travail des nouvelles circonscriptions électo, rales, après l'adoption du bill de réforme en 1831. On lui reprocha d'avoir combiné ses évaluations de façon à maintenir à certaines localités, et notamment à Downton, le droit d'élire un député à la chambre des communes ; ce qui l'exposa à de vives attaques. J. Marshall mourut à Londres le 11 mars 1841
  • John MARTIN( 1789 - 1854) : peintre anglais, né à HaydomBridge, près Hexham , le 19 j uillet 1789 , d'une famille placée dans une humble condition ; il reçut sa première instruction à l'école gratuite de sa ville natale , et manifesta dès le jeune âge des dispositions remarquables pour le dessin. Afin de pouvoir se livrer librement à sa vocation et de subvenir à ses besoins , il alla s'établir à Newcastle, où il embrassa la profession de peintre d'armoiries ; il fit son apprentissage chez un carrossier, non sans passer par bien des embarras d'argent et des difficultés avec son patron , qui refusait d'augmenter ses faibles émoluments. Le jeune John Martin dé- ploya dans toutes ces conjonctures une grande fermeté de caractère. A force de sacrifices, son père parvint à le placer chez un Italien nommé Musso , peintre d'armoiries estimé de Newcastle, dont le fils, Charles Musso ou Muss, s'est acquis une grande réputation. John Martin accompagna ce dernier à Londres au commencement de 1806, et grâce à diverses lettres de recommandation et à l'appui du fils de son maître, il put s'établir dans la seule ville qui lui permît de percer. Travaillant le jour pour vivre, il consacrait une partie de ses nuits à l'étude de la perspective et de l'architecture, dont il sentait que les connaissances lui étaient indispensables pour le genre auquel il songeait dès lors à se livrer. Il avait appris aussi à peindre sur porcelaine et sur verre, et Charles Muss lui passait des commandes. John Martin venait d'atteindre dixneuf ans, et il pouvait encore à peine se suffire à luimême qu'il se maria. Le désir de sortir de sa position précaire et d 'accroitre ses ressources le conduisit au projet hardi d'exécuter et de livrer au public un tableau de sa composition . En un mois , il eut achevé une toile représentant Sadak à la recherche des eaux de l'oubli. C'était en 1812. L'essai fut assez bien accueilli et il trouva dans M. Manning, le directeur de la banque , un acheteur qui le paya cinquante guinées. John Martin, transporté de pie par ce succès, se lança alors hardiment dans la carrière d'artiste ; il peignit une autre toile , le Paradis , qui se vendit davantage . Le mérite de ces oeuvres appela sur l'auteur l'attention des maîtres ; il exposa successivement l'Expulsion et Clytie ; cette dernière toile fut mise sous les yeux du célèbre West, président de l'académie de peinture ; il en porta un jugement des plus favorables et présenta luimême John Martin à Leslie. A dater de ce moment, la fortune de John Martin était assurée. Le tableau représentant Sadak eut les honneurs de l'académie de peinture, le Paradis y eut une place réservée, et l'Expulsion fut exposée à l'institut britannique. Clytie trouva moins d'approbation chez les juges compétents. Josué, qui n'avait pas obtenu à l'exposition une meilleure place , fut ensuite exposé dans PallMall , où la foule se pressa pour aller l'admirer : cependant il ne trouva pas, dans le principe, d'acquéreur. Bien que l'avenir s'offrît alors pour John Martin teint des plus brillantes couleurs, sa situation présente, les charges que lui imposaient sa famille lui faisaient encore une nécessité de recourir pour vivre à une foule de travaux modestes qui l'empêchaient de se livrer tout entier à ses compositions. Il continuait à peindre sur verre, sur émail , sur porcelaine , à exécuter pour les marchands des petits sujets de fantaisie ; il dessinait des planches et des images pour les libraires ; il donnait des leçons de dessin ; il réussissait à merveille dans les sépias, à ce point que l'un de ses protecteurs, Fisher, évêque de Salisbury, tuteur de la princesse Charlotte, lui avait conseillé de s'en tenir à ces petits sujets et de ne pas courir les chances des grandes toiles. L'accueil fait au Josué vint prouver au prélat qu'il avait mal jugé le talent de Martin. En 1819 parut la Destruction de Babylone, qui commença à révéler chez l'artiste une rare habileté dans la manière de traiter la perspective ; suivirent un Macbeth, charmant paysage ; et en 189.1 le Festin de Balthasar , dont le succès fut prodigieux et où Martin déploya toutes les ressources de son pinceau dans les effets de lumière et la distribution des plans. Ce tableau , qu'il mit une année à exécuter, obtint de l'institut britannique le prix de deux cents livres. C'était dans la peinture anglaise une véritable révolution. Martin s'y montrait créateur ; il y avait apporté toute sa science de l'architecture et de la perspective. Sa méthode rencontra à son début bien des détracteurs. Leslie avait cherché à le dissuader de traiter un pareil sujet, dont l'idée lui fut suggérée par un poënie de Hugh, couronné à Cambridge, mais Martin ne tint compte que de ses propres inspirations. Encouragé par un public nombreux , l'artiste se remit à l'oeuvre et exposa à peu de temps d'intervalle une série de tableaux de mérites inégaux, la Destruction d'Herculanum, les Sept plaies , l'Archer de Paphos , la Création , le Déluge , la Ruine de Ninive , On retrouve dans toutes ces toiles les mêmes effets de panorama et la même majesté de composition. Les principales galeries particuhères de l'Angleterre s'enrichirent de quelquesuns de ses tableaux. John Martin exécuta à la même époque des illustrations pour les oeuvres de Milton , qui lui furent payées deux mille gui- nées. Toutes ces compositions sont toutefois loin d'être irréprochables pour le dessin et le coloris, mais elles étonnent et captivent l'oeil. Malgré ses succès , John Martin ne reçut que peu d'encouragements du gouvernement anglais. D'une grande susceptibilité, il eut à soutenir de fréquentes discussions avec les peintres en renom ; comme son tableau de Haydon n'avait pas été exposé dans une salle digne de la place à laquelle il croyait que son oeuvre avait droit, il se brouilla avec l'académie de peinture, et ce corps ne l'admit jamais dans son sein. Il s'exclut luimème de la possibilité d'en devenir membre en faisant rayer son nom du registre des exposants. D'ailleurs, d'un caractère indépendant , Martin ne se pliait pas aux démarches nécessaires pour ètre élu dans une académie. Dans la seconde moitié de sa vie, il s'occupa beaucoup de projets d'embellissement pour Londres et d'un meilleur mode de distribution des eaux dans cette ville ; il fit paraître en 1827 et en 1828 des projets et des plans à cet effet, et il a eu l'un des premiers l'idée d'un système d'assainissement des eaux de la Tamise , que Londres est encore à attendre et dont l'absence a eu de funestes conséquences dans ces derniers temps. John Martin est également l'inventeur d'un système de chemin de fer destiné à relier tous les docks et les quais de la Tamise aux grandes lignes de chemins de fer, projet qui, bien qu'approuvé par diverses compagnies, ne reçut pas d'exécution. 11 a aussi conçu une foule d'autres inventions utiles ou ingénieuses, telles qu'un système de phare pour les sables , une ancre plate , un câble métallique , un système de jetée flottante , une espèce particulière de bâtiments en fer, etc. Dans toutes ces recherches mécaniques et hygiéniques, la pensée constante de John Martin était d'assainir Londres et d'augmenter en faveur des classes nécessiteuses les travaux d'utilité publique, livrés en Angleterre à la spontanéité des entreprises particulières. Atteint le 12 novembre 1853 d'une attaque de paralysie , John Martin , dont l'esprit était aussi absolu que systématique, crut, pour se guérir, devoir se soumettre à une diète excessive qui hâta sa fin. Ses forces déclinaient sensiblement, il avait perdu la parole et l'usage d'une main. Il travailla cependant jusque dans les derniers jours de son existence , mais laissa inachevés le Jugement dernier, le Jour de courroux et les Plaines du ciel. Près d'expirer, il appela l'un de ses fili, M. Ch. Martin, pour dessiner son portrait, et lui fit encore du doigt quelques observations sur les défauts de l'esquisse , quand elle lui fut présentée. Il s'était retiré depuis peu à Douglas, dans l'île de Man : c'est là qu'il mourut, le 17 février 1854
  • John MARTYN( 1699 - 1768) : médecin et botaniste , naquit à Londres en 1699. Son père , marchand de la Cité, voulait le former au commerce , mais lel jeune homme avait une telle passion pour leS études littéraires, qu'il y consacrait la plus grande partie de la nuit. se contentant pendant plusieuu - années de quatre heures de sommeil. Ce fut en 1718 que Wilmer, depuis démonstrateur au jardin de Chelsea, le docteur Patr. Blair et Sherard. développèrent son goût pour la botanique. Il fut le premier secrétaire de la société de botanique formée en 1721, sous la présidence de Dillénius, et qui s'assemblait tous les samedis au soir, d'a bord au café de l'Arc- eu- riel et ensuite dans une maison particulière ; mais elle ne subsista qu'environ cinq ans. Marty n fut admis en 1723 à la société royale, et il exerça quelque temps la médecine à Londres. 11 fut un des principaux rédac teurs du Journal de Grub- street , feuille satirique remplie de sel • semée d'anecdotes curieuses sur les auteurs vivants, et qu'on regardait comme une espèce de Dunciade en vers et en prose. Les meilleurs articles en ont été recueillis en 1737, sous le titre de Mémoires de la société de Grubstreet , 2 vol. ; ceux de Martyn sont signés d'un B et ceux du docteur Russel d'un M ; la partie poétique de ce journal a aussi été publiée séparément. Le zèle et l'activité de Martyn étaient tels, qu'il prit part à toutes les grandes entreprises littéraires qui eurent lieu de son temps en Angleterre et dont le détail serait trop long. En 1733, il fut nommé professeur et médecin à Londres , ensuite directeur du jardin botanique de Cambridge , dont ses soins augmentèrent beaucoup la prospérité. 11 résigna sa place, en 1761. à son fils Thomas Martyn , roy. l'article suivant . et mourut à Chelsea le 19 janvier 1768. Il a laissé : I. Tabule' synopticte plantarum oficinalium, ad methodum Raianam dispo$ itoe, Londres , 1726. de 20 pages. Cette méthode, presque entièrement calquée sur celle de Ray, comme le titre l'annonce, seulement avec plus de dévelop pements, n'ajouta rien aux connaissances botaniques de cette époque. 2. Methodus plantarum eirca Cantabrigiam nascentium, ibid., 1727 C'est proprement une édition classée méthodiquement du catalogue que Ray avait publié par ordre alphabétique. 3° Historia plantarum rariorum, ibid., gr. Ce travail devait être fort considérable puisque l'auteur, dans sa dédicace au président de la société royale de Londres, parle d'une première centurie ; mais il n'en publia que cinq décades, chacune de dix planches. La première décade parut en 1728 et la cinquième en 1737. Les plantes qui y sont représentées faisaient l'ornement des jardins d'une médiocre exécution. 5. 1ter Derbyense cum catalogo plantarum variarum, dans les Trans. philos., n° 407 ; 6° les Géorgiques de Virgile, accompagnées d'une traduction anglaise et de notes, 1741, 1 vol. ibid. C'est un fort bel ouvrage et le seul sur lequel soit réellement fondée la réputation de Martyn. La version, placée par fragments dans les notes, est d'un usage peu commode. Il y a de la recherche , de la subtilité dans la manière d'interpréter quelques passages ; et le célèbre Heyne , qui le cite fort souvent dans sa belle édition de Virgile, n'est pas toujours de son avis. Néanmoins cette traduction paraît en général exacte. Les nombreuses notes qui l'accompagnent sont fort instructives et pleines d'intérêt ; l'auteur est un de ceux qui ont le plus contribué à l'intelligence du texte sous le rapport de l'agriculture et de la bota-- nique. Le docteur Halley l'aida pour la partie astronomique. 7. Les Bucoliques de Virgile, 1749, sur le même plan que l'ouvrage précédent. 8° Explication des termes techniques de botanique ; 9° Dissertation et remarques critiques sur l'Enéide de Virgile, 1770 publiées par son fils, qui a mis en tète une Notice détaillée sur la vie et les écrits de l'auteur. Outre ces ouvrages originaux, John Martyn avait traduit en anglais, dès 1720, l'Histoire des plantes qui croissent aux envi rons de Paris, par Tournefort ; mais il ne publia cet ouvrage qu'en 1732, avec diverses additions, pour l'adapter aux plantes de la GrandeBretagne, 2 vol. Il traduisit en 1740 la Matière médicale de Boerhaave, et en 1742 le Traité des maladies aiguës des enfants, par Walter Harris ; il avait donné avec Champbers la Traduction abrége'e des Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, Londres, 1742, 5 vol. ; il publia, de 1747 à 1756 , les tomes 8 , 9 et 10 de l'Abrégé des Transactions philosophiques, et il a laissé un grand nombre de manuscrits sur divers sujets de science et de littérature. Le genre martynia, de la famille des bignones, a été consacré à Martyn par son ami Houston et adopté par Linné. G.C. Gorham a publié en 1830, Londres Mémoires de John et T. illartyn , professeurs de botanique à l'université de Cambridge
  • John MASON( 1770 - 1829) : célèbre prédicateur américain, né à Columbia , où son père était ministre de l'église d'Écosse, le 19 mars 1770. Il fut élevé dans les principes presbytériens, au collége de sa ville natale, et alla achever son cours de théologie à Édimbourg; puis il revint en 1792 reprendre à NewYork la direction de l'église de Cedar- street. Il opéra dans certains rites de la communion à laquelle il appartenait des modifications notables et devint en 1801 professeur de théologie. Eu 1812, il passa à la paroisse de Murray- street, en qualité de ministre principal ou vicaire. De 1811 à 1816 , il devint proviseur du collége de Columbia ; puis entreprit un voyage en Europe, à la suite duquel il éprouva une attaque de paralysie. Il languit quelques années et mourut à NewYork le 27 décembre 1829. J. Mason, dont le savoir était fort étendu , a laissé la réputation d'un des plus éloquents prédicateurs de son temps. 11 fut, durant quelques années , directeur du Christian Magazine; il y soutint une polémique assez vive contre l'évêque Hobart, au sujet de l'église épiscopale, et défendit chaudement le principe de la fréquente communion. Ses sermons ont été réunis en 4 vol. NewYork, 1832
  • John MASON( 1600) : major américain , auteur de l'Histoire de la guerre des Péquots, était né en Angleterre vers 1600. Il servit d'abord dans les PaysBas , sous les ordres de Thomas Fairfax. Celuici, à son retour en Angleterre, tenta vainement de l'attacher à sa cause. John Mason, ne voulant pas se mêler aux événements qui agitaient son pays , s'embarqua pour la Nouvelle-.Angleterre et y alla fonder en 1632 la ville de Dorchester, avec la compagnie à la tète de laquelle était Warham. Cinq ans plus tard , il se fixa à Windsor. C'est peu de temps après qu'il se signala dans la guerre contre la terrible tribu indienne des Péquots, qui avait commencé les hostilités contre les nouveaux colons par le massacre de deux officiers anglais. Mason fut envoyé sur les bords du Connecticut pour en défendre le fort ; il y amena une colonie en mars 1637. Bientôt les Péquots portèrent la dévastation dans tout le pays ; ils s'étaient unis à d'autres tribus et inquiétaient par leurs incursions les émigrés. Masan déploya dans la défense une remarquable intelligence; il finit par emporter avec sa petite troupe une victoire complète sur eux , brùla soixantedix wigwams et laissa 600 Indiens sur le champ de bataille. Ce succès eut lieu au fort Mistic sur la frontière des Péquots. L'ancien compagnon de Fairfax continua la guerre avec autant de bonheur et opéra la soumission de l'ensemble des tribus. 1. Mason fut, peu de temps après, nommé major général de toutes les forces du Connecticut ; il continua son service militaire et fut élu gouverneur de l'État en 1660. Il exerça dix années ces fonctions , entouré du respect de ses concitovens. Après avoir habité à Windsor , il alla s'établir à Norwich , où il mourut en 1672 ou 1673. Un de ses fils a publié , après sa mort , sur ses papiers, une Histoire de la guerre des Péquots, qui a été reproduite dans l'Histoire des guerres des Indiens, de Mather et rééditée avec plus de soin par Thomas Prince, en 1736. La famille de John Mason compte encore aujourd'hui plusieurs rejetons aux ÉtatsUnis
  • John MURRAY : médecin et chimiste:, né en Ecosse , fit ses études à Edimbourg, s'appliqua spécialement aux sciences naturelles , et devint professeur de physique, de chimie, de matière médicale et de pharmacie. Profondément instruit, il joignit à la solidité du raisonnement, à la justesse des observations, la clarté et même l'élégance du langage ; aussi les différents cours qu'il donnait attiraient un grand nombre d'auditeurs. Murray termina sa carrière à Edimbourg le 22 juillet 1820. On a de lui en anglais : 1. Elé- ments de chimie, 1801, 2 vol. e édit., 1810; ` 2° Eléments de matière médicale et de phar- macie, 1804, '2 vol. 3. Système de chimie, 1806, Pj, vol. 4. Supplément au Sysenie de chimie, 1809 5. Système dc matière médi- cale et de pharmacie, 1810, 2 vol. 6. Exa- men comparatif des systènies géologiques fondés sur le . feu et M. l'eau, traduit en français par C.A. Basset, à la suite de l'Explication de Playfair sur la théorie de la terre, Paris, 1815 lig. ; 7. Manuel de l'électricité atmo- sphérique, comprenant les instructions nécessaires pour établir les paratonnerres a les paragrêles, traduit en français, avec des notes, par M. Anatole Riffault, Paris, 1831 8. Mémoire sur la conchyliologie, traduit en français par J.- B.- F. Léveillé , Paris, 1799 On trouve une Notice sur John Murray dans le Neto Jlionthly Magazine du ler octobre 18'20, t. n, p
  • John MURRAY( 1778 - 1843) : célèbre éditeur anglais, né à Londres en 1778, mort le 27 juin 1843. Son père était un Ecossais qui avait d'abord été marin et qui fonda dans la capitale de l'Angleterre une maison de librairie, qu'il conduisit avec l'habileté ordinaire aux enfants de la Calédonie; il mit au jour quelques publications importantes, mais il n'avait pu-ê'élever encore à un rang bien distingué, lorsqu'il mourut en 1793. Son fils prit, lorsqu'il fut majeur, la direction des affaires cette maison, qui devint bientôt une des plus importantes de la GrandeBretagne. Il eut la bonne fortune d'éditer les écrits de quelques auteurs qui étaient alors en possession d'une renommée éclatante. Les divers écrits de lord Byron, de Southey, de Washington Irving parurent par son entremise et lui rapportèrent des bénéfices considérables. Il se montrait trèsgénéreux dans ses rapports avec les gens de lettres, leur payant sans hésiter des sommes considérables ; parfois même, lorsque le succès était venu récompenser ses efforts , ajoutant au prix convenu une allocation nouvelle. Grâce à cette tactique , il s'attachait d'une manière inébranlable les auteurs à la mode, et il se créait des amis dévoués qui appuyaient ses opérations. Presque toute la presse lui était acquise , et il disposait en outre d'une revue importante , que, de concert avec d'illustres tories , il mit au jour en 1809, afin de contrebalancer l'influence qu'avait acquise l'Edinburgh Review , organe des whigs. Le Quarter/ y devint pour Murray un moyen puissant de publicité, et, après cinquantedeux ans, cette publication périodique est encore dans les mains du fils de son premier éditeur. Les hommes d'Etat qui furent au pouvoir pendant la longue période qui s'écoula jusqu'à la mort de George IV récompensèrent d'ailleurs le zèle que Murray déployait en leur faveur, en le chargeant de publications officielles et lucratives. Byron lui écrivait en plaisantant qu'il ne pouvait être indépendant, puisqu'il imprimait l'Annuaire militaire . Pendant longtemps le public anglais se résigna à payer des prix très-élevés pour les livres qui lui étaient offerts ; on voulut ensuite des publications tirées à grand nombre, s'adressant à des lecteurs nombreux. Murray comprit aussitôt quelle route nouvelle il fallait suivre, et en 1830 , il entreprit la Bibliothèque des familles , dont il parut quatrevingts volumes en une dizaine d'années, et qui, grâce à la collaboration d'écrivains des plus distingués , obtint un grand succès. L'énumération des ouvrages importants qu'édita Murray durant sa longue carrière offrirait l'inventaire d'une trèsgrande partie des productions les plus remarquables de la littérature pendant la première moitié du 19. siècle. Son fils a marché dignement sur ses traces, et parmi les nombreuses publications dues à son activité, on peut signaler cette collection de Guides qui servent de conducteurs aux touristes dans quelque pays que ce soit, et qui, rédigés avec un soin scrupuleux , répondent à un besoin impérieux chez celui de tous les peuples qui est le plus disposé à courir le monde
  • John NASH( 1752 - 1835) : architecte anglais , naquit à Londres en 1752. Il se destina de bonne heure à l'architecture, et suivit les leçons de Robert Taylor, à qui l'Angleterre a dù de bons architectes. Nash attira l'attention de ses professeurs par son travail et sa persévérance; et ces deux qualités , plus que toute autre peut-être, contribuèrent à lui faire une certaine réputation. Les premiers travaux de Nash furent exécutés dans le pays de Galles. Vers 1792 il vint s'établir à Londres, où il se forma assez rapidement une bonne clientèle. En 1797, il prit un brevet pour une nouvelle méthode pour construire les arches et les piles de pont, au moyen de laquelle il supprimait l'usage des caissons de forme ordinaire, qui avaient été employés jusqu'alors. Mais il est douteux qu'aucun pont ait été construit d'après ces nouveaux principes. Cependant il réclama l'honneur d'avoir le premier introduit l'usage du fer dans la construction des ponts. De 1797 à l81, Nash construisit un assez grand nombre de châteaux ou de maisons en Angleterre ou en Irlande. En 1815, il fut nommé architecte du conseil des bois et forêts, et peu après inspecteur des bâtiments de la couronne. Dans cette position, il exécuta ou fit exécuter un grand nombre de dessins pour l'amélioration des rues de Londres. On lui dut, outre des embellissements importants à Regent'sPark et à StJamesPark, les plans et les constructions de divers monuments importants dans la capitale de l'Angletèrre , parmi lesquels l'Opéra de Londres et le théâtre de Haymarket. L'administration de John Nash a donné lieu plus d'une fois à des critiques sévères et à des enquêtes où sa délicatesse se trouvait sérieusement impliquée, mais qui, on doit le dire, ne tournèrent point contre hW Il est mort à Londres le 13 mai 1835. L'English Cyclopedia a consacré à Nash un long article auquel nous renverrons le lecteur pour plus de détails
  • John NICHOLSON( 1822 - 1857) : général anglais, figure parmi les hommes énergiques auxquels l'Angleterre a dù , dans un rude moment de crise, la conservation de son empire dans l'Inde. Fils d'un médecin anglais, et né en 1822, il passa fort jeune en Orient ; il prit part pour son début à la campagne de l'Afghanistan, hien désavantageuse Pour les armes britanniques, et après la capitulation de Ghuznée , il resta quelque temps en captivité. 11 lit avec plus de bonheur les campagnes contre les Sikhs, et il assista aux divers siéges et combats qui signalèrent cette guerre. Son activité, son courage, furent proclamés par le général en chef dans un ordre du jour. Un prompt avancement fut la récompense de ses services; il fut nommé major et chargé du com- mandement du 27° régiment native infantry. Lorsqu'en 1857 la révolte des cipayes vint ébranler jusque dans ses fondements la domination anglaise, Nicholson se multiplia. Promu au grade de général , il fut placé à la tète d'une des divisions qui assiégèrent la ville de Delhi; il fut I ïn des premiers à conduire les colont,qui levèrent d'assaut cette papi4ale des Etats du rand MogoI , niais ce suOçès liii coùta la vie ; eint, de plusieurs blessures , il succomba le septembre 1857, objet de regrets unanimes, et au moment où un brillant avenir s'ouvrait devant lui
  • John O'CONNELL( 1808 - 1858) : fils du précédent, naquit en 1808. Grâce à l'influence de son père, il fut dès 1833 nommé membre du parlement ; impliqué dans le procès de Daniel, il partagea avec lui sa captivité. Après la mort du chef de l'Associa- tion pour le rappel de l'Union , John voulut prendre la direction de cette société politique, mais un pareil rôle était audessus de ses forces, et les circonstances avaient changé. Après d'inutiles efforts pour revenir à la vie, l'Association, de , plus en plus atteinte de léthargie, finit par se dissoudre en 1852. John, ne partageant pas d'ailleurs les idées ultramontaines qui régnaient partni les catholiques irlandais, avait déjà dû résigner le mandat électoral que lui avait confié !a ville de Limerick. Il s'est fait connaître par deux ouvrages qui ne sont point sans intérêt pour l'histoire de l'Irlande contemporaine et P'1" celle de la politique britannique durant une portion assez agitée du 19e siècle : Vie et discours de Daniel O'Connell , Dublin , 1846-1847, '2 vol. ; Souvenirs et expériences durant une car- rière parlementaire de 1833 à 1848 , Londres, 1849, 2 vol. En 1856 il fut nommé secrétaire une administration à Dublin, l' Ho- nuper ( Wire, mais il ne remplit pas longtemps cet omploi ; il mourut le 24 mai 1858. — Un autre ils de Daniel, illaurice O'CQNNELL , se consacra au barreau, et en 1827 il était barrister à Du ; en 1831 , il fut envoyé à la chambre des communes par le comté de Clare ; l'année suivante, les électeurs de Tralee le choisirent pour leur représentant, et durant bien des sessions ils iii continuèrent ce mandat. Les sentiments d'un fils de Daniel O'Connell ne pouvaient être douteux, niais Maurice fit preuve d'une modération qui l'exposa souvent aux attaques de la portion exaltée du parti irlandais. La mort le frappa à Londres le 17 juin 1853
  • John O'KEEFFE( 1746 - 1833) : comédien et auteur dramatique, né en 1746 à Dublin , de parents catholiques, reçut sa principale instruction du P. Augustin , jésuite irlandais, renommé pour son savoir et aussi, diton, pour son éloquence. L'étude des classiques et la lecture des auteurs français n'oc- cupèrent pas seules ses moments ; il cultiva la peinture avec des espérances de succès; mais, affligé de bonne heure d'un affaiblissement de la vue, il dut renoncer à cette carrière, et ayant eu occasion de fréquenter les comédiens, il s'éprit de passion pour la scène, fit, à l'âge de quinze ans , une comédie en cinq actes, débuta comme acteur sur le théâtre de Dublin , réussit à plaire et continua d'y paraître pendant douze ans. Sa réputation , surtout comme acteur , le conduisit naturellement à Londres , où il ne fut pas admis comme acteur, mais où du moins ses petits dra- mes furent généralement goûtés, et , lorsque la , 1795 ; 7° le Co- médien irlandais, 1795. Le Monde dans un village et l'Ermite à Londres se retrouvent dans un recueil de différentes pièces qu'O'keeffe publia en 1798, et parmi lesquelles on joue le plus fréquemment : le Château d'Andalousie; Fontainebleau; le Pauvre soldat, opéracomique ; Homme tran chant ; le Fermier; le Prisonnier; le Jeune quaker; les Orges. O'keeffe, presque octogénaire, publia en 18261es Souvenirs de sa vie, 9. vol. 11 mourut en 1833.— Sa tille, miss O'keeffe, est auteur d'un roman intitulé le Temps des pa- triarches, 1811 ; 2cédit., 1813, 2 vol
  • John OPIE( 1761 - 1807) : peintre , naquit , en 1761, dans un village du comté de Cornouailles. Son père , simple charpentier, le destinait au même métier ; mais Opie manifestait des dispositions plus élevées. Après avoir reçu quelque instruction par les soins du docteur Wolcott, il partit pour Exeter, et y gagna sa vie en faisant des tableaux : en 1780 , il se rendit à Londres, où Wolcott le produisit dans le monde. Opie obtint d'abord une vogue extraordinaire, qu'il dut au zèle de ses amis et à la singularité de son éducation. Cependant son goùt, plus solide qu'élégant , ses manières dénuées de politesse , détruisirent bientôt cet engouement, surtout auprès des femmes et de ces hommes que les manières extérieures frappent plus que le véritable talent; et il demeura seulement le peintre des connaisseurs et de ceux qui n'apprécient que la ressemblance, le fini , la vérité et la solidité des principes. Il ne se bornait pas au portrait ; il a retracé avec succès des scènes familières et villageoises, et il s'est fait connaître de la manière la plus avantageuse aux expositions publiques de Londres, par une suite de sujets sacrés et dramatiques, qu'il a peints pour les galeries de Boydell , de Woodmason et de Macklin. Simplicité, chaleur, fermeté, voilà ce qui caractérise ses ouvrages, mais ces qualités y dégénèrent quelquefois en manière. Mettant peu de choix dans son dessin , il se contente de copier scrupuleusement son modèle , et n'a rien de ce beau idéal qui distingue les peintres de l'école romaine. Plus heureux comme coloriste , il rappelle souvent la finesse des tons et la beauté du coloris du Titien. Aucun de ses contemporains n'a rien de comparable en ce genre à son tableau représentant l'Assassinat du roi Jacques lei. En général , son expression pèche par la monotonie. Ses Madeleine, ses madones, ses Judith, ses bouquetières, se ressemblent toutes; on dirait que ce sont des soeurs. Il a peint les scènes familières dans de grandes dimensions ; mais , si l'on peut en reprendre le dessin , le caractère et le manque de noblesse , il sait, comme Murillo , racheter ses défauts par la vérité et la perfection de l'exécution. On estime les discours sur son art qu'il a prononcés à l'Académie royale de Londres, en sa qualité de lecteur de cette institution et de professeur de peinture. On cite aussi de lui une Vie de Reynolds : ses Leçons sur la peinture ont été publiées en 1809' Opie, que l'on regarde comme un des meilleurs peintres de l'école anglaise moderne , est mort à Londres , le 9 avril 1807
  • John OWEN( 1765 - 1808) : ecclésiastique anglican , l'un des secrétaires de la société biblique britannique et étrangère, naquit à Londres en 1765, d'un père plein de piété et de zèle pour le succès des missions auprès des nations non chrétiennes. Ses études , commencées dans l'école de StPaul , furent terminées à l'université de Cambridge, où il remporta plusieurs prix , et fut agrégé au collège Corpus- Christi. Il parcourut ensuite diverses contrées de l'Europe , notamment la France, la Suisse et l'Italie , accompagnant un jeune homme dont l'éducation lui était confiée. Rentré en Angleterre en 1793 , il y reçut les ordres sacrés, et ne tarda pas à être connu comme savant théologien et comme prédicateur éloquent. L'évêque de Londres, Porteus, lui conféra la cure de Fulham , qu'il conserva jusqu'à la mort de ce prélat, en 1808. Ce fut quelques années auparavant, le 7 mars 1804, qu'eut lieu, dans le local appelé la Taverne de Londres, la première réunion publique ayant pour objet l'institution d'une société pour la propagation de la parole de Dieu, par la distribution des livres saints chez les nations qui l'ignoraient encore. Dans cette assemblée, présidée par le célèbre philanthrope Granville Sharp , l'éloquence d'Owen contribua beaucoup à entraîner l'adoption du projet. Lui- même fut chargé de rédiger le règlement de la nouvelle institution, et bientôt il en fut nommé l'un des secrétaires. Un point essentiel pour le succès était d'obtenir l'assentiment du haut clergé, et J. Owen avait, dans son caractère et dans les qualités de son esprit, des moyens de persuasion et de conciliation qui amenèrent promptement ce résultat. L'évêque Porteus donna son approbation, autant du moins que la société s'astreindrait à ne publier les livres sacrés que dans les versions adoptées par les communions chrétiennes , sans commentaires et sans notes. La fonction de secrétaire imposait une tache très-étendue et qui devait le devenir chaque jour davantage. Owen , pour se vouer entièrement à cette fonction gratuite , renonça dès lors à toute autre occupation qui aurait pu l'en distraire , et , pendant les dixhuit dernières années de sa vie, il prit fréquemment la parole, écrivit et voyagea dans l'unique intérêt de cette oeuvre. Sa santé était déjà profondément altérée lorsque, à la sollicitation du comité, il fit, en 1818 , un nouveau voyage en France et en Suisse , pour visiter les sociétés affiliées à celles dont il était l'agent , stimuler leur zèle et en fonder de nouvelles. Il y déploya toute l'activité dont il était encore capable ; mais ce furent aussi ses derniers efforts. Quand il fut rentré dans sa patrie, sa maladie avait fait de tels progrès, qu'il lui était devenu impossible d'occuper sérieusement son esprit. Ses amis, espérant que l'air de la mer lui serait favorable, le conduisirent à Ramsgate, et c'est là qu'il mourut le 26 septembre 1822, àgé de 57 ans. Le nom de J. Owen est nécessairement attaché à celui de la société biblique, dont il fut à la fois un des fondateurs et soutiens, l'historien et le défenseur ; car l'utilité des travaux de cette société n'a pas manqué d'être souvent mise en- question. Quoi qu'il en soit , le résultat de ces travaux a été grand. Quelques mois avant la mort d'Owen , au 31 mars 1822, la société avait distribué « 3,564,974 bibles ou Nouveau Testament , en « plus de 140 langues ou dialectes différents, « parlés sur la surface du globe. 1,533 sociétés « bibliques existaient déjà. » Nous ne nous étendrons pas ici sur l'accroissement qui a eu lieu depuis, et qui se trouve exposé dans les écrits spéciaux. On peut indiquer, pour compléter la biographie de ce zélé philanthrope : les Mémoires sur sa vie, par W. Onne , Londres, 180 avec portrait; le Sermon prononcé à ses funérailles dans la chapelle du parc de Chelsea , par M. Dealtry, traduit en français par M. Scholl ; l'Eloge de J. Owen, par LaffonLadebat, dans le quatrième rapport annuel de la société biblique protestante de Paris ; et séparément, Paris, 1823 . — J. Owen a publié : 1° Réflexions rétrospectives sur l'état de la religion et de la politique en France et dans la Grande- Bretagne, 1794 2° le Juste jugement, sermon prêché aux assises de Cam-
  • John PARKE( 1750 - 1822) : traducteur et poee nordamé- ricain, né en 1750 dans le Delaware, mort vers 1822 dans le comté d'Arundel en Virginie. Après avoir étudié à l'université de Philadelphie en 1768, il s'enrôla en 1772 dans l'armée libératrice de l'Union. Il doit avoir servi sous les ordres immédiats de Washington, car plusieurs de ses poésies sont datées du camp de ce général à Boston, Whitemarek et Valley Forge. La paix étant conclue, Parke s'établit à Philadelphie, séjour qu'il échangea plus tard contre celui de la Virginie. Il était, dans ses dernières années, associé de la société historique de Pennsylvanie. Parke a été le premier traducteur d'Horace dans le nouveau monde. Sa traduction parut sous le titre : The lyric works of Horace, translated into english verses, to which are added ; nimber of original poems, Philadelphie, 1786 C'est une version un peu libre, dans laquelle, aux dédicaces d'Horace , Parke en a substitué d'autres, qui se rapportent à des personnages politiques de l'Union. Dans les notes qu'il a ajoutées à sa version , le traducteur pousse encore plus loin ces applications. Ainsi , l'empereur Auguste est pour lui, tantôt le roi Louis XVI, tantôt Benjamin Franklin, tantôt Washington, ou William Smith. A Mécène, il a substitué différents généraux de l'armée de l'Union , ou d'anciens lieutenants anglais, tels que William comte de Stirling, ou Richard Butler, ou John Vining , etc. — Parmi les pojimes originaux, il y a, à côté de ceux de Parke, d'autres de John Wilworth , etc
  • John PAYNE( 1608 - 1648) : dessinateur et graveur au burin, naquit à Londres en 1608. On le regarde généralement comme le premier bon graveur que l'Angleterre ait produit. Son maitre fut Simon de Pas. Doué du caractère le plus insouciant, il n'eut point l'art ck ; de Henri VII et de Henri rois d'Angleterre; celui de Shakspeare, ovale etc. Cet artiste mourut à Londres en 1648, âgé de 40 ans
  • John PINE( 1700) : graveur au burin , naquit à Lon- dres vers 1700. Les différentes planches que l'on doit à cet artiste sont loin d'être sans mérite ; les principales, celles qui lui ont obtenu une réputation méritée, sont : 1. la Représentation des céré- monies usitées à la procession des chevaliers da Bain, telles qu'on les voit dans la chapelle de Henri VII à Westminster ; 2° la Destruction de l'Armada ou de la Flotte invincible de Philippe II, roi d'Espagne, d'après les tapisseries de la chambre des pairs d'Angleterre; 3° les Plans de la ville de Londres et de Westminster, publiés en 1746 en 25 feuilles. Le talent de Pine ne se bornait pas à la gravure : littérateur éclairé, il avait fait des auteurs de l'antiquité une étude approfondie, et c'est à cette prédilection que l'on doit sa belle traduction d'Horace, dont le texte est gravé sur cuivre, 1737, 2 vol. grand Il avait formé le projet de rendre le même hommage à Virgile; mais il ne put terminer que les Bucoliques et les Géorgiques, et ces deux ouvrages furent publiés par son fils. Ils sont , comme son Horace, ornés de monuments antiques, qui ser- vent soit à éclaircir le texte, soit à expliquer quelques usages des anciens. — Robert- Edge PINE , fils du précédent , s'adonna au genre du portrait et y obtint un véritable succès. Il est regardé comme un des meilleurs coloristes de l'école anglaise : cependant lorsque la société pour l'encouragement des arts proposa des prix pour la peinture historique, il se mit sur les rangs , et fut couronné successivement en 1760 et 1762. Les sujets qu'il traita sont la Prise de Calais par Edouard III et Canut entendant les vagues de la mer. Les figures étaient de grandeur naturelle. En 1782 il exposa une suite de ta- bleaux, dont il tira les sujets des pièces de Shak- speare. Quelque temps après il passa en Amé- rique , où il mourut en 1790. Ce peintre a de la chaleur ; ses compositions sont riches et son coloris est plein de force ; il entend trèsbien le clairobscur et en général son ton est historique; mais ses tableaux d'histoire manquent par le dessin. Ses portraits soutiennent l'examen avec plus d'avantage
  • John PRINCE : théologien et biographe anglais, né à Axminster, dans le comté de Devon, fut vicaire de Berney et membre de la société des antiquaires. Il s'était donné beaucoup de peine pour composer une biographie limitée à la province où il avait reçu le jour, et il en publia, en 1701, le premier volume ; mais cet ouvrage fut si froidement accueilli que l'auteur ne crut pas devoir donner le second tome, bien qu'il lût préparé pour l'impression. Cette indifférence• du public a valu à J. Prince une mention dans les Infortunes des littérateurs , d'lsraeli. Prince étant mort en 179.0, son livre , intitulé les Grands hommes du comté de Devon , devenu extrêmement rare, fut. recherché, mis à trèshaut prix , et enfin réimprimé avec des additions et des figures, Londres, 1809, On a de lui plusieurs sermons et d'autres écrits, notamment celui qui porte ce titre singulier : De l'imprudence et de la déraison des raisons de prudence alléguées pour l'abolition des lois pénales; et Lettre à un jeune théologien, contenant quelques courtes instructions pour la composition et le débit des sermons. — PRINCE , libraire anglais, né vers 1710, dirigea l'imprimerie de l'université d'Oxford et mourut dans cette ville en 1796. C'était un homme trèsinstruit et un habile typographe. On lui doit de belles éditions d'ouvrages importants , entre autres : Marmora Osoniensia par Rich. Chandler, Oxford , 1763 les Commentaires de Guill. Blakstone sur les lois d'Angleterre, 1765 et années suiventes, 4 vol. ; la Bible hébraïque de Kennicott, 1776-1780, 2 vol.
  • John QUICK( 1748 - 1831) : acteur anglais, né en 1748 d'un brasseur de WhiteChapel , quitta son père dès l'âge de quatorze ans pour s'essayer sur la scène, Il débuta à Fulharn dans le rôle d'Altamont de la Belle Pénitente , de Rowe , avec tant de succès que son directeur, enchanté, lui alloua une part entière, ce qui lui valut, après la clôture, la somme de trois shillings . Il continua de jouer dans les comtés de Kent et de Surrey, et, n'ayant pas encore dixhuit ans, sut dignement représenter les premiers personnages de la scène tragique : Hamlet, Roméo, Richard III, Georges Barnwell , Jaffier, Tancrède, etc. Le fameux directeur Samuel Foote l'arracha en 1769 au théâtre de HayMarket, où il ne se tira pas moins bien des rôles comiques et où son jeu fut vivement goûté du roi George 1H. Ses corn- Sur cinq cents exemplaires de cette édition on a conservé l'ancien titre l'Aventurier Buscon. l'oy. le Dictionnaire des anonymes, 2e édit., n' 6738.1 Un écrivain fort au fait de lu langue et de la littérature de l'Espagne, M. Germond de Lavigne, a publié, en 1842, une bonne traduction de Don Pools de Segorie. Il y a du talent et de la verve dans l'histoire de cet escroc lâche et insolent; mais la satire, dirigée contre toutes les classes de la société, est trop amère pour être équitable patriotes l'ont considéré comme un des derniers artistes de l'école de Garrick. Après une carrière .trèsactive, pendant trentesix ans, il quitta le théâtre en 1798 et vint ensuite demeurer à Islington , où il mourut le 4 avril 1831
  • John REEVES( 1753) : jurisconsulte et homme d'Etat des plus distingués de l'Angleterre, naquit à Londres en 1753, et commença son éducation à Eton. Après avoir terminé ses études à Oxford, il suivit la carrière du barreau, où il débuta en 1780 , et bientôt après fut nominé commissaire aux faillites. Le ministère l'envoya en I791 à TerreNeuve , en qualité de président de la justice. Il résigna ces fonctions l'année suivante, et occupa toujours depuis l'emploi de clerc légiste auprès du corps du commerce et des colonies. Enfin les fonctions qui lui donnèrent le plus de célébrité , celles dans lesquelles il déploya avec le plus d'éclat son habileté et la profondeur de sa politique, furent sans contredit celles de surintendant du bureau des étrangers . Dans un temps de guerre et de révolution , cet emploi était de la plus haute importance, et Reeves y seconda merveilleusement le ministère par sa fermeté et son énergie. Parfaitement soutenu par les célèbres Pitt et Dundas , dont il suivait les plans , il tint toujours éloignés de l'Angleterre les agents secrets qui y furent envoyés de tous les pays de l'Europe, et surtout de la France , pour y fomenter l'esprit de désordre et de révolution. Au moyen des suspensions de l'habeas corpus , qui furent accordées à plusieurs reprises par la législature britannique, il expulsa un grand nombre de ceux qui s'y étaient introduits, et contribua beaucoup ainsi à maintenir dans les trois royaumes la paix et le bon ordre. Pour résister aux associations démagogiques , il avait réussi à en former une autre trèsnombreuse , et composée de tout ce qu'il y avait en Angleterre d'hommes sensés et intéressés à l'or- dre. Les ayant un jour réu- nis à la taverne de la Couronne et de l'Ancre, il leur adressa un discours admirable par l'élo- quence, la profondeur et surtout le courage. C'était un appel à la religion, à la loyauté, au bon sens et à l'honnêteté du peuple ; aussi futil parfaitement entendu. L'esprit qui régnait dans ce discours et dans plusieurs autres se propagea bientôt par tout le royaume , et les promoteurs de révolutions furent déconcertés. Il était naturel qu'un tel homme devînt odieux à ce parti ; aussi futil dénoncé devant la chambre des communes pour une brochure qu'il avait fait paraître sur la constitution de l'Angleterre. En conséquence de cette dénonciation, le procureur général dirigea contre lui des poursuites pour avoir soutenu dans son ouvrage que la monarchie resterait toujours sur ses hases, quand bien même les deux branches du pouvoir législatif viendraient à être détruites. Ainsi , poursuivi avec acharnement par le parti des démocrates, et , comme il arrive trop souvent, mal soutenu par les siens, de même que par les ministres dont il était l'appui, John Reeves fut traduit devant un jury qui, après une longue délibération, prononça un verdict remarquable par la contradiction des motifs, et qui fut généralement blarné. Nous en citerons le texte Le pamphlet reconnu pour être vrage de John Reeves est un écrit trèsincon-« venant ; mais , convaincus que les motifs de l'auteur ne sont pas ceux que men-« tionne l'information dirigée contre lui, nous le u déclarons non coupable. » Cet acte d'une justice incomplète ne satislit pas le caractère absolu et invariable de Reeves. Dès ce moment les fonctions publiques eurent moins d'attraits pour lui. Après la mort du célèbre Pitt, qui avait été son protecteur, il obtint sa retraite avec une forte pension, et passa tout son temps dans l'étude de l'histoire et des lois, jusqu'à sa mort qui eut lieu en 1830. Ses écrits, tous remarquables par le savoir et la profondeur , sont : 1° Recherches sur la nature de la propriété et des biens- fonds suivant les lois de l'Angleterre, 1779 ; 2° Charte de loi pénale, en une feuille 1779 ; 3. His- toire des lois anglaises, 1783 , vol. 2e édit., avec une continuation comprenant le règne de Philippe et Marie, 1787 , 4 vol. 40 Considérations légales sur la régence en ce qui concerne l'Irlande, 1789 5. Loi des beiti- ments inaritimes et de let navigation, 1792 2e édit., 1807; 6° Histoire du gou- vernement de Terre- Neure, 1793 7. le Mé- content, lettre à Francis Plowden, 1794Examen et réfutation des motifs énoncés dans la pétition des aldernten Wilkes et Boydell , en faveur de la paix, 1795 9° Pensées sur le gouver- nement anglais, de 1795 à 1799 10. Con- sidérations sur le serinent du couronnement 2e édit., 1801; 11. Collection des textes hébreux et grecs des psaumes, 1800 12° le Livre des prières ordinaires , auquel sont joints une préface et des notes, 1801 13° la Sainte Bible, imprimée d'une nouvelle manière, avec des notes, 1802, 10 vol. ; 14° le Livre des prières ordinres, avec des observations sur les services, etc. , 1801 15° Nouveau Testament grec, 1803 ; 160 Psalterium ecelesiœ anglicanoe hebraicum, 1804 17° Proposition pour une société de la Bi- ble sur un nouveau plan, 1805 18° Obser- votions sur ce qu'on appelle le bill des catholiques, 1807
  • John RENNIE( 1761) : mécanicien et ingénieur , naquit le 7 juin 1761 à Phantassie, paroisse de Prestonkirk, en Ecosse. Son père, fermier, de la classe de ceux qui jouissent dans les îles Britanniques d'une considération méritée, laissa en 1766 sa mère veuve avec neuf enfants , dont John était le plus jeune. Une circonstance peu digne de remarque si on l'isole de l'influence qu'elle a eue sur sa destinée détermina ou développa le goût, la passion pour les arts, qu'il a ensuite cultivés avec tant de succès. Sa maison paternelle était séparée de l'école où il apprenait à lire par un ruisseau , qu'on traversait dans les temps ordinaires sur un petit pont rustique ; mais, dans la saison des orages et des crues , il fallait aller , par un détour, jusqu'à la manufac- ture d'un M. Andrew Meikle, connu en Ecosse comme un inventeur de la machine à battre le blé, où l'on trouvait un bateau pour passer le torrent. Les fréquentes occasions qu'eut Rennie de parcou- rir et d'examiner les ateliers de cette manufacture ne furent pas perdues pour le génie naissant les divers travaux qu'il y vit exécuter fixèrent fortement son attention ; il eut le bonheur d' quelque intérêt aux chefs d'atelier, qui lui donnèrent des instructions et lui prètèrent des outils. A l'âge de dix ans, il avait déjà construit des modèles de moulin à vent, de machine à battre les pieux et de machines à vapeur, dont une partie, conservée dans sa famille, est remarquable par la perfection de la ma Ainsi, un des plus grands ingénieurs dont l'Angleterre ait à s'honorer n'aurait peut-être été qu'un homme ordinaire, un simple fermier, si, dans son enfance , il eût pu se rendre sans bateau chez le pédagogue de son village. 11 était âgé de treize ou quatorze ans lorsqu'il alla étudier à Dunbar, sous le professeur Gibson, les sciences mathématiques et physiques : ses progrès , après deux ou trois ans de travail , furent tels que Gibson, nommé à une autre chaire, demanda instamment le jeune Rennie pour son successeur ; mais celuici , brûlant du désir de donner à ses connaissances en physique tout le développement dont elles étaient susceptibles, partit pour Edimbourg, où il suivit les cours des professeurs Robison et Black. Il forma avec le premier une étroite liaison, à laquelle il a dû les premières occasions de faire connaître et apprécier ses talents et son mérite. Robison l'introduisit auprès de Watt et Bolton, établis à Soho, près de Birmingham ; là il fut occupé pendant douze mois et fit exécuter plusieurs machines qui sont encore regardées comme des modèles dans leur genre. Watt et Bolton auraient désiré le retenir à Soho pendant trois ans ; mais Renfle, qui avait le sentiment de son mérite , voulut se montrer sur un plus grand théâtre et résolut de se rendre à Londres. La direction de route qu'il avait suivie en allant d'Edimbourg à Soho lui avait procuré les moyens de visiter plusieurs monuments de mécanique et d'architecture hydraulique, parmi lesquels il faut distinguer le canal de Bridgewater ; il continua ses examens d'objets d'art et de science en allant de Soho à Londres. Peu de temps après son arrivée dans cette capitale, il y fut employé par Watt et Bolton à la construction des machines de l'établissement connu sous le nom d'Albion Mins , et il fit preuve d'une habileté à laquelle Watt a rendu les témoignages publics les plus authentiques des pièces de mécanisme jusqu'alors exécutées en bois le furent en fer fondu, et de ce changement résultèrent d'importantes améliorations dans les machines. Celles de Rennie, calculateur et praticien , étaient remarquables par une précision de mouvement, une proportion, une harmonie entre les diverses parties, qui les faisaient généralement regarder comme des modèles , et à ces qualités se réunissait la qualité, plus essentielle encore, d'employer la force motrice avec un grand avantage. Les moulins d'Albion sont sujets à l'action des marais, et c'est vraisemblablement en s'en occupant que Rennie fit des grandes constructions hydrauliques l'objet de ses méditations particulières. Il fut d'abord dirigé dans cette haute partie de la science de l'ingénieur par les conseils et les exemples du célé- bre Smeaton : bientôt il devint l'émule de son maître, et aucun ingénieur n'était capable d'être le sien lorsque Smeaton fut enlevé aux sciences et aux arts. C'est à cet agrandissement des connaissances de Rennie que l'Angleterre doit trois monuments la jetée ou Breakumter de Plymouth, le pont en fer de Southwark et le pont de Wa- terloo, dont chacun suffirait pour faire la réputation d'un ingénieur. Immédiatement après l'achèvement de ces travaux, en 1786 ou 1787, la réputation de Rennie comme mécanicien lui attira un grand nombre de demandes : il construisit des moulins à sucre pour la Jamaïque et les autres îles des Indes occidentales avec une supériorité qui lui valut presque le monopole de ces dispendieuses machines ; un moulin à poudre à Tunbridge; un grand moulin à farine à Wandsworth , etc. L'association de ses talents à ceux de ses amis Watt et Bolton a produit des pièces de mécanique qu'on peut, à tous égards, considérer comme des chefsd'œuvre : ces derniers se chargeaient de fournir la force motrice avec les machines à vapeur, de l'invention de Watt, auxquelles Rennie adaptait les mécanismes desti- nés à opérer les effets utiles. On voit les résultats de cette précieuse association aux hôtels des monnaies de TowerIfill , de StPétersbourg, de Copenhague un hôtel des monnaies projeté pour Calcutta devait être fourni de machines à l'instar des précédents; Rennie est mort avant leur exécution. Les forges d'ancres et l'arsenal de marine de Woolwich offrent des pièces de mécanisme généralement admirées. Le mérite de Rennie, si bien connu et apprécié aux Indes occidentales, ne l'était pas moins aux Indes orientales; mais il fit voir, dans ses relations avec cellesci, que les calculs de stabilité lui réussissaient plus heureusement au physique qu'au moral. Un pont de fer de fonte luI fut demandé de la part du nabab d'Oude , province située au nord de Bénarès , pour être établi sur la rivière Goonity, à Luknow : les pièces de ce pont, composé de trois arches , dont les ouvertures étaient de quatrevingtdix pieds anglais pour la centrale et de quatrevingts pieds pour les latérales, furent embarquées avec un ingénieur chargé de les mettre en place. L'ingénieur et le pont firent un voyage inutile : l'inconstant nabab, ayant changé de résolution, ne voulut ni de l'un ni de l'autre. Le canal de Lancastre, un des plus beaux monuments de son genre qui aient été entrepris , doit être cité parmi les nombreuses preuves de la grande habileté de Rennie en architecture hydraulique on y distingue particulièrement l'aqueduc navigable qui traverse le fleuve Loyne , aussi remarquable par la beauté des formes que par le mérite de la construction. Ce travail avait été précédé par celui du canal de Crinian, en Ecosse , dont le creusement offrait de grandes difficultés. L'enthousiasme pour les communications navigables intérieures, ou, suivant l'expression d'un biographe anglais, the rage for canais, prenait chaque jour un caractère plus prononcé, et Rennie se trouvait accablé de toutes parts de demandes de projets, à tel point qu'en peu d'années il connut la topographie, le système hydraulique du sol anglais dans ses plus minutieux détails. Quelquesuns des plus importants projets dont il ait dirigé l'exécution sont ceux d'Aberdeen, Brechin, Granwestern , Kennetetavon , Portsmouth , Birm , 'Worcester, etc. Les ressources de son esprit se sont montrées avec toute leur force dans la construction des magnifiques docks , dont le commerce et la navigation retirent une 0) Bassins d'entrepôt pour les vaisseaux marchands. utilité infinie, et que Londres compte parmi ses ornements. Hull, Greenock , Leith, Liverpool et Dublin ont aussi des docks construits sur ses plans ; les ports de Queensferry, Berwick, Howth, Holyhead , Dunleary lui doivent leur commodité et leur sûreté. Cependant ces travaux le cèdent en beauté et en mérite aux arsenaux royaux de Portsmouth, Chatam et Shernnees. Ce dernier surtout a offert des difficultés d'art qu'on n'aurait jamais tenté de surmonter sans l'extrême importance de sa position , au point d'affluence, dans les bouches de la Tamise, de la principale des deux branches de la Medway, qui enveloppe une partie de l'île de Sheppey. Rennie avait fait le projet d'un nouvel arsenal maritime à Pembroke, et un autre projet de même espèce, mais beaucoup plus considérable , pour Northfleet , sur la Tamise , capable de tenir à flot les deux tiers de la marine anglaise , avec des formes où l'on aurait pu mettre en construction ou en radoub les vaisseaux de tous les rangs. On présume que la grandeur de la dépense a empêché l'exécution de ce projet. Nous supprimons, pour abréger, même les simples indications d'une multitude de travaux de Rennie en machines, ponts, canaux et desséchement de marais, et, outre les trois grands monuments dont nous avons parlé précédemment , nous nous bornerons à citer encore les importants usages qu'il a faits de la cloche de plongeur pour les travaux sousmarins. L'académicien et ingénieur fran-çais Coulomb avait publié d'ingénieuses recherches sur cette cloche : Smeaton l'avait adaptée à la pratique des travaux , et Rennie , en l'améliorant encore, a fait une application de l' ainsi perfectionné, au port de Howth, et une autre, trèsremarquable, au musoir de la jetée du port de Ramsgate. Ce grand ingénieur a été enlevé aux sciences, aux arts et à ses nombreux amis le 16 octobre 1821: Il était venu en France en 1819 : le gouvernement et les ingénieurs français s'étaient empressés de l'accueillir et de lui fournir toutes les facilités désirables pour remplir l'objet de son voyage, qui était l'examen de nos principaux monuments hydrauliques
  • John ROBINSON( 1774 - 1841) : antiquaire anglais, né le 4 janvier 1774 dans le Westmoreland , mort en 1841 , fut directeur de l'école primaire de Ravenstonedale et recteur de Clifton et de Cliburn. On lui doit, outre une Grammaire historique et des histoires anciennes et modernes, qui sont considérées comme des livres scolaires, trèspopulaires : 10 une _ Histoire de la Grèce, insérée dans le Monthly Magazine sous le nom de docteur Mavor ; 2° un Dictionnaire théologique, 1815, trèsestimé ; 3° un travail sur les antiquités de la Grèce , publié en 1807 et traduit en français par MM'. Leduc et Buchon sous ce titre : Antiquités grecques , ou Tableau des moeurs, usages et institu- tions des Grecs , dans lequel on expose tout ce qui a rapport à leurs religion, gouvernement, lois, etc., Paris, 189.2; 2e édit., 1838, 2 vol. — William ROBINSON , mort à Tottenham, âgé de 71 ans, le je juin 1848 , a publié : 1° Histoire topographique du comté de Middlesex , 1818 20 Histoire topographique du comté d'Edmonton , 1819 ; 3° Histoire et antiquités de la paroisse de Stoke- Newington , 1820 ; 4° Histoire d'Enfield 1823 ; 5° Histoire de Tottenhani, 2e édit., 1840 6' Histoire de Hackney ; 7° quelques autres ouvrages moins importants, tels que le Guide de poche du magistrat; un Abrégé des droits et devoirs du juge de paix hors des sessions ; LM Abrégé de la loi des pauvres, etc
  • John RILEY( 1646 - 1717) : peintre, naquit à Londres en 1646, et fut élève de Fuller et de Zoust. L'ingénieux:auteur des Anecdotes sur la peinture dit que Riley est un des meilleurs ar-. tistes nationaux qui aient fleuri en Angleterre. Les draperies et les mains de ses portraits feraient honneur à Lely et à Kneller euxmêmes. On en voit la preuve dans le portrait de lord North, que l'on conserve à Wroxton. Après la mort de Lely, il obtint auprès du public éclairé l'estime qu'on avait pour ce dernier maître. Il fut chargé de faire le portrait du roi Charles 11, ceux du roi Jacques et de la reine son épouse, et il reçut en récompense le titre de peintre du roi. La nature était le but de toutes ses études; il ne chercha à imiter la manière d'aucun pe Il ne rectifiait ou n'embellissait son modèle qu'avec une extrème circonspection. Quoiqu'il ait été fort goûté de son vivant, il a prouvé, par son exemple, que la postérité fait souvent plus de cas d'un artiste que ses propres contemporains. Les Tables chronologiques de Ilarins le font mourir en 1717, à l'âge de 71 ans; mais les historiens les plus exacts et les plus estimés fixent l'époque de sa mort à l'année 1691, et lorsqu'il n'avait encore que 45 ans. — Charles- lieuben RILEY, peintre, naquit à Londres, et eut pour maître Mortimer. En 1778, il obtint la médaille d'or au concours de l'académie royale de peinture, pour son tableau à l'huile du Sacrifice d'Iphigénie. Sur la recommandation de son maître, le duc de Richmond le chargea de la décoration de sa campagne de Goodwood. M. CorBetty l'employa pour le même objet en Irlande, et il peignit un plafond à Merly, dans le comté de Dorset, pour M. Wittet. 11 exécuta un grand nombre de vignettes pour les libraires et tint une école de dessin à Kensington. Riley avait une imagination vive et une pratique extraordinaire. Il était bossu; mais ses traits étaient beaux et réguliers et sa figure pleine d'expression. Il mourut à Londres en 1798
  • John RING : habile chirurgien anglais, élève du célèbre Percival, Pott, exerça sa , profession. dans I,ondres,,e,t, e, d isti ogu, par;soni4èle. en faveur' de la vaccine, qu'il eut occasion de dé- fendre contre plusieurs savants qui l'avaient attaquée avec Violence. Il était de plus fort lettré et cultivait la poésie avec quelque sucOs. Il fut membre ,du collége royal des chirurgiens et des sociétés médicales de Londres et cle Paris. Indépendamment des nombreuX. dés qu'il a fournis', au fournie 'Médical , oti à de u li née ..imAges stiivàpts 'ittr le isoncitiW' lès eliirurgiêiià1; 4798; 2° 'Tiwité SUT. iit'Vt- iétine 2 parties in'-8°, 1801-1803; 3° Ré- ponse au 'docteur Goldson, où l'on prouve que la vaccine offre 'une sécurité' durable contre la variole, 1804:; 4°,/ 4imse au docteur eseley sur le même sujet), 1805 5° Réponse à Bird:, 1806 6° Deuxième réponse au olocteui, Moseley, 1807 ; 7° les Beautés de la lievne d'Edimboury, 1807 8° Traité sur la r'èàiitte, 1813 ; 90 OEuvres, de tirgile tradiiites Lett 'Vers, 1820, 2 vol. in -8°. Le nouveau traduc-' leur' a fondu dans s'On travail celui de ses devanciers Dryden et Pitt. Enfin, J. Ring a mis en versanglais l'ode latine du docteur Geddes il la paix, et l'ode adressée par Anstey Au docteur Jenner. Il mourut le 7 décembre 1821, âgé de 69 ans
  • John ROBISON( 1739 - 1805) : mathématicien écossais, né à Boghall, dans le comté de Stirling, en 1739, manifesta de bonne heure son goût pour les sciences et reçut les leçons des professeurs Simson, Leechman et autres. L'étude des mathématiques lui paraissant indispensable pour cultiver avec succès les sciences naturelles, il s'y livra avec ardeur, et il aurait voulu s'appliquer plus particulièrement aux méthodes analytiques modernes ; mais Simson, qui dirigeait cette partie de son instruction, l'exerça de préférence aux méthodes synthétiques des anciens, regardant cellesci comme plus propres que les autres à éclairer la marche de l'esprit. On est maintenant revenu sur cette opinion, d'abord parce que les questions qu'il s'agit de résoudre, dans l'état actuel des sciences, offrent des difficultés trèscapables , même avec le secours de l'analyse transcendante, d'exercer, d'embarrasser les meilleurs esprits ; et, ensuite , parce que la synthèse antique serait tout à fait insuffisante pour traiter de pareilles questions. Cependant l'école mathématique récente est bien loin de rejeter la marche synthétique, qui, indispensable pour l'étude des éléments, peut aussi, dans plusieurs cas ,. avoir des applications curieuses et utiles. La famille de Robison le destinait à l'état ecclésiastique ; mais quelques circonstances particulières l'ayant détourné de cette carrière, il se présenta, en 1757, comme candidat pour obtenir la place de suppléant à une chaire de philosophie naturelle , occupée par le docteur Dick. N'ayant pas été, en raison de son jeune âge, trouvé propre à remplir une pareille fonction, il s'embarqua et partit pour Québec en qualité d' de mathématiques du fils aîné de l'amiral Knowles. Le vaisseau qu'il montait était le Neptune, de 90 canons ; mais dans le cours du voyage M. Knowles ayant passé, en qualité de lieutenant, sur le Royal William, Robison l'y accompagna avec un grade à peu près équivalent à celui d'aspirant dans la marine française . ll passa à bord de ce vaisseau trois années, qu'il disait avoir été les plus heureuses de sa vie , et il acquit de telles connaissances dans la science et l'art de la navigation qu'il se mit en état de traiter cette partie de l'Encyclopédie britannique. ll fit, dans la rivière StLaurent, des observations sur les mouvements de l'aiguille magnétique, correspondants à l'apparition d'une aurore boréale ; il fut chargé, pendant le siège de Québec, de quelques opérations militaires, et fréquemment employé à des opérations géodésiques et hydrographiques. Après la reddition de Québec, il passa une année sur le Royal William, dans la baie de Biscaie et sur les côtes d'Espagne et de Portugal. Il fit un voyage plus utile pour les sciences et les arts pendant l'année 1762 : celui de la Jamaïque, qui avait pour objet l'essai des montres marines d'Harrison . A son retour en Angleterre, il apprit la mort malheureuse de Knowles, son élève chéri : le Peregrin , commandé par cet infortuné jeune homme, avait sombré, sans qu'aucun de ceux qui le montaient eùt pu échapper. Dégoûté de la carrière maritime, Robison se détermina à reprendre celle de l'enseignement ; et , bientôt après, l'amiral sir Charles Knowles lui confia l' de son fils cadet. Robison reprit avec ardeur ses travaux scientifiques et fut nommé, en 1767, professeur à l'université de Glasgow, sur la recommandation du docteur Black, qui occupait cette place et qui se trouvait appelé à Edimbourg. En 1770, sir Charles Knowles l'emmena , en qualité de secrétaire , lorsqu'il partit pour StPétersbourg, où il était appelé pour coopérer aux plans d'amélioration de la marine russe. Les deux voyageurs furent, à leur passage à Liège, invités à dîner chez le prince-évêque. Robison vit avec surprise que tous les convives, et le prince luimême, portaient les insignes de la franc- maçonnerie; il fut engagé à s'affilier à cet ordre , dont il obtint, pendant son séjour à Liège, les grades successifs, depuis celui d'apprenti jusqu'à celui de maitre écossais. Après quelque séjour à StPétersbourg, il y fut nommé général du corps des cadets de la marine, composé de plus de quatre cents élèves, instruits par des professeurs, au nombre d'environ quarante. Cette place importante lui donnait beaucoup d'autorité ses décisions relatives au classement et à l'avancement des jeunes marins étaient sans appel. Le général Kutusoff, chef ou gouverneur de l'institution , lui accordait une entière confiance et adoptait tout ce qu'il lui proposait. Pendant que Robison remplissait les fonctions dont on vient de parler, il présenta au collège de l'amirauté un plan pour adapter une machine à vapeur aux magnifiques docks de Cronstadt ; ce plan fut approuvé et exécuté après son départ de Russie, qui eut lieu au bout de quatre ans d'exercice. Divers genres de dégoûts, que lui suscitait sa position , lui persuadèrent d'accepter l'offre que lui firent les magistrats et le conseil de ville d'Édimbourg d'une chaire de professeur de philosophie naturelle dans l'université de cette ville. Il la remplit de manière à se faire beaucoup d'honneur par les services qu'il y rendit aux études jusqu'à sa mort, arrivée le 30 janvier 1805. Ce fut là qu'il eut pour élève le célèbre ingénieur Rennie, qu'il mit en rapport avec Watt al Ces montres sont employées en mer pour la détermination des lonyiludes, par la difference entre l'heure comptée au point où se trouve le vaisseau et l'heure comptée au même instant en un lieu déterminé de la terre, comme Paris, Londres, etc.; la montre marine indique cette dernière heure. et Bolton . Robison passa les dixhuit ' dernières années de sa vie dans un état de maladie qui lui laissait peu de relàche ; cependant il continuait à s'occuper de ses travaux philosophiques. Indépendamment des articles de marine , '1 est reconnu pour être l'auteur des articles ma- hématiques et philosophiques les plus importants ubliés dans la troisième édition de l'Encyclopédie - itannique et dans le supplément de cet ouvrage. Ces articles , extraits , selon toute apparence, des cahiers de ses leçons, furent en partie imprimés séparément sous le titre d'Eléments de philosophie mécanique. La meilleure et la plus complète édition est celle qui en a été donnée, en 1822, par M. Brewster, de la société royale de Londres, secrétaire de la société royale d'Edimbourg , en 4 volumes grand ou petit sous le titre de System of mechanical philosophy, by John Robison , etc. , with notes by David Brewster, etc. Le texte, accompagné de planches trèsbien gravées, offre une série d'articles ou de petits traités sur la mécanique rationnelle et appliquée, l'astronomie, la marine, la physique, y compris la théorie musicale du son, la science et l'art des constructions, etc. La lecture de ces traités, qui n'exige pas des connaissances mathématiques bien profondes, est à la fois agréable et instructive . Dans les dernières années du 18e siècle, Robison, regardant la francmaçonnerie comme une institution nuisible, se sépara des francsmaçons et publia, en 1797, un ouvrage ayant pour titre : Proofs of a conspiracy againsi all the religions and gorernments of Europe, carried on, in the secret meetings of free- masons, illuminati, and reading societies, I vol. Les circonstances politiques dans lesquelles l'Europe s'est trouvée à la fin du siècle dernier et au commencement de celuici ont donné beaucoup de vogue à cet ouvrage, qui a eu plusieurs éditions, et dont Bannel a tiré parti pour ses Mémoires sur le jacobinisme. Un des derniers services que Robison ait rendus aux sciences est l'édition qu'il a donnée, en 1803, des Eléments de chimie de Black , 2 vol. Voici la traduction des dernières lignes de la préface que le savant éditeur du Systeni of mechanical philosophy a placée en tète de la collection : « Quoique « le nom du docteur Robison ne soit pas lié aux « grandes découvertes de son siècle , le souvenir « de ses talents et de ses vertus n'en sera pas « moins précieux dans sa patrie. Pénétré de l'es- « prit de la philosophie qu'il enseignait, il fut un « des plus ardents promoteurs du génie partout où « il le rencontra. La noblesse, l'élévation de son « àme , le mettait audessus de la jalousie, des « petites rivalités ; épris de la science, ami zélé « de la justice, jamais il ne déprécia ni ne s'attri- « bua le travail d'autrui. A ces qualités du philo- « sophe, Robison réunissait toutes celles qui font « le charme de la vie privée et de la société. Son On en peut voir l'analyse dans la Bibliothèque universelle , juillet 1822, t. 20, Sciences et arts, p. 192 et suiv. « amitié fut toujours sincère et généreuse ; sa « piété, vive et sans ostentation ; le caractère « de son patriotisme , exalté , mais pur ; et, « comme l'immortel Newton, dont il chérissait « autant qu'il révérait la mémoire, il fut étui- « nemment bon chrétien , bon citoyen et bon « philosophe
  • John ROEBUCK( 1718) : médecin anglais, auquel l'Ecosse doit une partie de sa prospérité industrielle, naquit en 1718 à Sheffield, dans le comté d'York. Son père, qui était un fabricant aisé, le laissa maître du choix d'une profession ; et le jeune Roebuck, après avoir reçu son instruction littéraire à Northampton , alla étudier les sciences médicales, et surtout la chimie, à l'université d'Edimbourg , puis à celle de Leyde , où il fut reçu docteur en 1743. Etabli à Birmingham, il y exerça son art avec réputation. Attaché à la science de la chimie alors naissante, il se proposa d'en étendre l'utilité en la faisant servir aux progrès des arts et des manufactures. Il chercha d'abord à découvrir de meilleurs moyens de raffiner l'or et l'argent, ainsi qu'une méthode plus économique pour recueillir les moindres parcelles de ces précieux métaux , perdues dans ce qu'on appelle les cendres des orfévres. D'autres procédés chimiques lui firent découvrir aussi des méthodes préférables de faire le sublimé, la cornedecerf et plusieurs objets également importants. Voulant rendre ces fruits de son invention à la fois utiles au public et à sa propre fortune, il s'associa avec un M. Garbet pour établir un vaste laboratoire. Le succès ne tarda pas à répondre à ses espérances. L'usage étendu de l'acide sulfurique dans la chimie et la perspective de son application à des arts mécaniques avaient produit des demandes multipliées de cet article et avaient tourné l'attention des chimistes sur les moyens de l'obtenir. Le docteur Ward y avait réussi jusqu'à un certain point, et le premier il en établit une manufacture lucrative ; mais le prix en était encore élevé par la cherté des vaisseaux de terre qu'il employait et par les accidents auxquels ils sont fréquemment sujets. Roebuck obtint une grande économie en leur substituant les chambres de plomb. La fabrique d'acide sulfurique qu'il établit , en 1749, à PrestonPans, en Ecosse, et dont les procédés furent longtemps dérobés aux regards des curieux , lui valut une fortune considérable. Ce fut peu de temps après que le docteur Roebuck abandonna la pratique de la médecine pour se livrer uniquement à des travaux qui avaient pour lui plus d'attrait, et qui lui promettaient plus d'avantages. ll fixa dès lors sa résidence en Ecosse pour la plus grande partie de l'année. Dans le cours de ses opérations chimiques, il avait dû donner une grande attention aux moyens de fondre la mine de fer, et il avait fait quelques découvertes qui facilitaient beaucoup cette opération, particulièrement en employant de la houille au lieu de charbon de bois. Lui et son associé résolurent d'établir une vaste manufacture de fer, au moyen d'un capital que l'on s'empressa de confier à leur habileté. Un emplacement avantageux fut choisi sur le bord de la rivière Carron. Là se trouvaient l'eau en abondance pour mettre les machines en mouve • ment, et, dans le voisinage, d'inépuisables mines de fer, de pierre à chaux et de charbon. Du Carron, l'on pouvait d'ailleurs transporter aisément par mer eu différentes contrées les produits de la fabrique. La communication avec Glascow par la voie de terre était prompte et facile et ouvrait un débouché dans les marchés américains. Roebuck, pour assurer le succès de son établissement, eut L recours aux talents de l'habile ingénieur Smeaton, qui lui fournit des dessins de martinets et de machines soufflantes. les plus parfaites qui existent en Angleterre. Il exerça aussi , plus tard , le ', génie de Watt, à qui l'on doit un si grand nombre de machines à vapeur. Le premier fourneau de Carron fut en activité au commencement de 1760 ; le second suivit de près, et l'Ecosse recueillit le fruit des talents réunis de ces hommes supérieurs. Mais lorsque cet établissement fut en état de marcher presque seul et n'eut plus besoin que de ces soins de détail qui rebutent d'ordinaire les hommes de génie, Roebuck chercha un nouvel aliment à l'activité de son esprit, et cette fois il ne fut pas heureux dans l'objet qu'il embrassa. Il se chargea d'exploiter pour son propre compte les vastes mines de charbon et de sel du duc d'Hamilton à Borrowstounness , dans la persuasion que la houille, extrêmement abondante, y était d'une qualité supérieure ; mais cette espérance était loin d'être fondée, et malheureusement il n'en fut entièrement désabusé qu'après plusieurs années de travaux , dans lesquels s'engloutirent successivement sa fortune, les bénéfices provenant de ses autres entreprises, et de fortes sommes d'argent emprunté qu'il ne put jamais rendre. Il fut obligé de retirer ses capitaux de sa raffinerie de Birmingham, de sa fabrique d'acide sulfurique de PrestonPans, de ses forges du Carron, et de renoncer à un intérêt dans „ le projet de perfectionner la machine à vapeur, conjointement avec Watt. Les vingt dernières années de sa vie se passèrent dans la gène et le dénùment ; et ce ne fut qu'à l'indulgence de ses créanciers qu'il (lut la modique pension annuelle nécessaire pour le faire subsister lui et sa famille, pension qui cessa à sa mort, arrivée le 17 juillet 1794, et sa veuve resta sans ressources. Il a laissé quelques écrits de peu d'étendue : I° Comparaison de la chaleur à Londres et à Edimbourg, lue à la société royale de Londres le 9.9 juillet 1775 ; 20 Expériences sur les corps ignés, 16 février 1676 ; 3° Observations sur la maturité du blé, lues à la société royale d'Edimbourg le 5 juin 1784 ; 4° deux pamphlets politiques
  • John SANDERSON( 1783) : littérateur américain, né à Carlisle dans la Pennsylvanie en 1783, mort le 5 avril 1844 à Philadelphie. Après avoir étudié le droit en 1806 dans cette dernière ville, il ac- cepta une place de professeur dans le Tellemout seminary, institution théologique, dont il devint plus tard le directeur. En 1835, à la suite d'une grave maladie, il alla, pour changer de climat, en France et en Angleterre, et passa quelques années à Paris. Après son retour en Amérique, il devint professeur de latérature grecque et latine à l'université de Philadelphie, où il mourut. Il avait commencé sa carrière littéraire par la collaboration à deux journaux, le Portfolio et Aurore. Il écrivit ensuite, en 1820, Cinquante- quatre ries des signataires de 10 déclaration d'indé- pendance des Etats- Unis, un des ouvrages les plus importants , quoique les notices biographiques soient assez courtes. Son second ouvrage systématique sont les Lettres sur la littérature classi- que , dans lesquelles Sanderson se pose comme un des champions les plus décidés des études grecques et latines. Pendant son séjour d'Europe, il collabora au Knickerbocker magazine et prépara son important ouvrage Lettres familières d'un Amé- ricain à Paris, écrites à ses amis, Philadelphie, 1838. Ces lettres passent pour un bijou de la littérature américaine et sont placées par les connaisseurs à côté de celles de madame de Sévigné en France, de lord Chesterfield et de lady Montaigu en Angleterre
  • John SCHANK( 1746) : amiral anglais, membre de la rsociété royale de Londres, né vers 1746, entra de bonne heure dans la marine marchande et commença à servir, en 1757, sur le vaisseau de guerre l'Elisabeth , alors commandé par Hugh Palliser. Cet officier ayant pris le commandement d'un autre bâtiment, Schank, qui avait croisé avec lui entre le cap Clean et le cap Finistère, l'accompagna en qualité de maitre d'équipage ou de pilote , emploi qui supposait des connaissances nautiques. Après avoir été midshipman sous sir George Rodney, qu'il suivit à la Jamaïque, et sous d'autres amiraux, il fut nommé lieutenant après dixhuit ans d'un laborieux apprentissage; il commença alors à se distinguer par son talent pour la mécanique. Ce qui le fit d'abord connaitre fut la construction d'un hamac qui , au moyen de 'poulies, pouvait s'élever ou s'abaisser à volonté. Au commencement de la guerre d'Amérique . il reçut le commandement d'un shooner armé de 10 canons , qui fut stationné sur la rivière StLaurent , en Canada. Mais son habileté dans les constructions le fit choisir pour surintendant du département maritime à StJean. Ce fut par ses soins que furent construits une multitude de petits bâtiments destinés à s'opposer aux flottilles des Américains et à leurs entreprises sur les lacs; on lui dut aussi le vaisseau de guerre l'inflexible, qui fut mis en état de servir en moitié moins de temps qu'on n'en eût employé à Portsmouth même, et l'invention de ponts flottants pour passer les ruisseaux et les rivières rapides de l'Amérique. Il fut d'abord récompensé par le grade de capitaine en second et enfin, en 1783, par celui de capitaine en pied. A la paix, Schank s'occupa de perfectionner la forme des bâtiments ; il en construisit de trèslégers avec des quilles glissantes, qui prenaient moins d'eau que ceux que l'on construisait auparavant; on en fit l'expérience sur la Tamise en 1790, et il fut reconnu qu'ils allaient deux fois plus vite que ceux d'ancienne construction. Un cutter du roi de cent vingt tonneaux, construit d'après le nouveau modèle sous la surveillance du capitaine Schank, fut lancé à Plymouth , en 1791 , et nommé l'Essai. Tous les marins en furent satisfaits. Depuis cette époque, on en construisit plusieurs sur le même modèle, entre autres le vaisseau Lady- Nelson , qui fut employé à un voyage de découvertes en 1800, 1801 et 1802, à la NouvelleGalles méridionale, et qui revint sans avaries. En 179i, Schank fut nommé agent général pour les transports destinés à convoyer les troupes qui se rendaient aux Indes occidentales sous lord Howick et resta quelque temps avec elles à la Martinique, dont les Anglais venaient de s'emparer. Pendant le reste de la guerre , il fut chargé de surveiller les embarcations pour le continent et fut particulièrement utile en 1799, lors de l'expédition de Hollande. Il fut ensuite nommé l'un des commissaires du conseil de l'amirauté, place qu'il exerça jusqu'en 1802, qu'il donna sa démission. Il était spécialement chargé des prisonniers et entretint à cette occasion une correspondance ie avec M. Otto, qui s'était plaint de la manière inhumaine avec laquelle les prisonniers français étaient traités. Après la rupture du traité d'Amiens, Schank fut chargé d'inspecter les côtes depuis HolyIsland jusqu'à Portsmouth et obtint, en 1805, le grade de contreamiral ; il fut nommé viceamiral en 1810, puis amiral du pavillon Bleu en 1821. Devenu presque aveugle par suite de la cataracte, il mourut à Dawlish , dans le comté de Devon, le 6 mars 1823. Schank fut un des fondateurs de la société pour l'encouragement et l'amélioration de l'architecture navale. Il avait publié sur cette matière un ouvrage intitulé Esquisse de deux bateaux et d'un cutter arec des quilles glissantes, 1793
  • John SCOTT( 1737) : du noin d'une . propriété considérable qu'il hérita d'un de ses parents, dans le comté de Chester, naquit dans le comté de Shrop, en 1737 ou 1738. La famille homonyme de tant de Scott que présente l'Ecosse, semble effectivement avoir été originaire de cette contrée, et, comme Walter, il se vantait d'une consanguinité lointaine avec le duc de Buccleugh. Il avait quatre frères, dont trois s'engagèrent et prospérèrent au service de la compagnie des Indes. Il fit comme eux, et, des cinq Scott, un seul resta en Angleterre et alla se fixer à Londres. Quant à John , il ne faisait que d'entrer dans l'adolescence lorsqu'il prit le parti des armes et s'embarqua. 11 occupa , et il eut le plaisir de le faire admonester par la chambre comme ayant, par un écrit scandaleux, par un vrai libelle, violé ses devoirs de membre de la chambre et encouru la privation du privilège parlementaire. 11 n'en continua que plus ardemment ses efforts ; il contrecarra sans relâche les manoeuvres de ses ennemis ; il empêcha la production des documents qu'il croyait de mauvais effet pour la cause de son client ; il mit en relief ces deux faits : l'un, que l'accusé avait laissé la compagnie dix fois plus riche et maltresse de territoires dix fois plus vastes qu'elle ne l'était avant qu'il fût à la tète de ses affaires, et que, grâce à son administration et à cette habile conduite qu'on récompensait par un im- peachment, la GrandeBretagne avait gagné à l'est phis que les North et les Burgoyne ne lui avaient fait perdre dans l'ouest pendant le même temps ; l'autre, que ces mesures financières, que l'on qualifiait d'exactions, de tyrannie, les suc- cesseurs de Hastings les continuaient, et que l'Aoude et le Bengale rendaient de jour en jour davantage, de telle sorte que de deux choses l'une , ou Hastings ne les avait pas pressurés outre mesure, ou il ne fallait pas le mettre seul en cause. LI tenait ainsi dans une fausse position et dans l'impossibilité de nuire autant qu'il l'eût voulu le cabinet, fort tiède et fort équivoque ami de Hastings et qui plus d'une fois avait été sur le point de le sacrifier. Il avait visé dabord et réussi à tratner en longueur le procès ; mais maintenant que les antagonistes voulaient user euxmêmes de ce moyen dans l'espérance d'un nouveau ministère , il s'appliqua de toutes ses forces à raccourcir les débats. Finalement le verdict fut prononcé après neuf ans de contestafions et d'incertitudes, non sur les procédés du gouverneur général, mais sur la qualification politique que l'égoïsme anglais devait donner à ces procédés, sur l'impunité, la punition ou la ré- compense qu'il accorderait à l'auteur des trié- faits dont ii tenait opiniàtrément à moissonner les fruits. La vie politique de Scott se termina Ilrec ce procès. On eût dit qu'il n'attendait que ce moment pour se vouer à la retraite et à l'hyménée. Bien qu'approchant de la soixantaine, il épousa une exactrice de quelque célébrité, miss Hughes, acheta une belle propriété aux environs de Folham et fixa ses pénates dans une charmante habitation qui en faisait partie. Miss Hughes, ou plutôt lady ScottWaring, périt en 1812 par accident : le pied lui manqua au moment où elle voulait descendre de nuit un escalier, son I corps roula du haut en bas des degrés, et, quand on le retrouva le lendemain, elle avait cessé de vivre. Le major se hâta de recommencer un second roman en épousant mistriss Eston, qui avait longtemps auparavant renoncé à la carrière dra- matique. Il n'avait alors pas moins de soixanteseize ans, et il survécut encore six ans à cette union. Sa mort arriva le 5 mai 1819. Voici la liste de ses écrits : 1 Courte revue des évènements qui ont eu lieu au Bengale pendant les dix dernières années , 1782 ; 2. Exposé des événeMents survenus au Bengale pendant l'administration de III. Hastings, 1. 78! 1 3. Deux lettres à l'hono- rable Edm. Burke, en reponse aux insinuations et aux faux exposés palpables que contient son pam- phlet intitulé Neuvième rapport du comité choisi, 1783 , ; 4° Lettre à . 11. Fox sur le bill de l'Inde, 1783 50 Réplique au discours de M. Burke sur le bill des Indes orientales, , ; 60 Considérations sur l'influence que la con- duite des ministres de Sa Majesté a exercée sur la compagnie des Indes orientales et sur III. Hastings, 1784 ; 7° Discours à la chambre des com- munes sur le bill de déclaration, 1788 8. Ob- servations sur rEtat comparatif de M. Shèridan, 1788, ; 9. Accusation contre M. Burke, 1788, ; 100 Dix lettres au peuple de 'la Grande- Bretagne par un whig, 1189, 11' Lettre à l'honorable Ch.- J. Fox sur les hors- d'œuvre et matériaux relatifs aux affaires étrangères que pré- sente le discours tenu par M. Burke à Westminster- Hall, 1789 12. Deuxième lettre à M. Fox, contenant la décision d(! finitive du gouverneur géné- ral et du conseil du Bengale sur les charges arti- culées contre le radjah Deby- Sing, 1789 13. Troisième lettre à 11: Fox, sur le même sujet, 1789 ; 14° Discours prononcé à la chambre des communes, démontrant l'accroissement des re- venus du Bengale sous l'administration de M. Has- tings, 1791, ; 15. Lettre à M. Dodsley, à rejet de réfuter certains faits mis sous un faux jour dans la partie historique de rAnnual register, 1791 , ; 16. Lettre à sir Philip Francis, esq., 1791, in80 ; 170 deux Lettres à George Hardinge, esq., 1791 ; 18. Lettre à l'honorable Edm. Burke, 1791 ; 19. Observations sur les Mé- moires du règne de George III, par Belsham, 1796 200 Observations sur l'état présent de la compagnie des Indes orientales, 4e édit., 1808 21° Réponse à une lettre adressée à J. Scott- Waring, esq., et Réfutation des observations illibé-
  • John SHAKESPEAR( 1774 - 1858) : habile orientaliste anglais, naquit à Sount, dans le Leicestershire, en 1774 ; son père était un paysan ; il le perdit à l'âge de onze ans ; et doué d'un vif amour pour l'étude, d'un désir ardent de faire son chemin, il profitait de son mieux des leçons que lui donnait le curate de la paroisse, lorsqu'il eut la bonne fortune d'intéresser à son sort un opulent propriétaire du pays, lord Randon. Appréciant l'intelligence et la ferme volonté du jeune Shakespear, ce seigneur lui aplanit les difficultés qui, en Angleterre surtout, arrètent l'étudiant sans fortune. Décidé à se créer un nom et une regrette que les écrivains qui s'occupent de l'histoire de l'Inde n'aient pas plus souvent recours aux auteurs mêmes du pays , et que, s attachant presque à la seule autorité de Ferisliteh, ils négligent les sources où cet historien a puisé. position, Shakespear laissa de côté l'érudition classique, cultivée par une foule nombreuse ; il résolut de se livrer à l'étude des langues orientales, et il s'attacha spécialement aux idiomes que parlent de nos jours des multitudes d'Asiatiques soumis à la domination anglaise. Il est pour les besoins de l'administration, de la politique, du commerce, que les maîtres étudient l'idiome de leurs sujets. Ce fut donc l'hindoustani qui devint le but des travaux de Shakespeare et il rendit les plus grands serliees à l'étude de cet idiome jusqu'alors fort négligé, quoique sa connaissance fût indispensable. En Angleterre plus que dans d'autres pays, griice à la liberté de la presse, à la surveillance toujours active de l'opinion, on pratique la maxifne : The right man in the right place . Shakespear fut nommé, en 1806, professeur d'hindoustani au collège royal militaire, et ensuite à l'institution spéciale destinée à fournir des officiers pour le service dans l'Inde. 11 obtint sa retraite en 1830, après vingtcinq ans de travaux. Les principaux ouvrages qu'il lit paraître dans cette période sont : Grammaire de la langue hindoustanie, Londres, 1813, in - 1° ; cinq reiinpressions successives mises au jour en 1818, 1826, 1843 , 1816 et 1855, attestent la supériorité de ce travail ; Dictionnaire hindoustani et anglais, arec un index anylais- hindoustani, Londres, 1817 ; la deuxième édition, Londres, 1820, est fort augmentée ; la troisième, publiée en 1831, l'est encore plus ; dans la quatrième, mise au jour en 1849, l'index est remplacé par mi dictionnaire anglais et h entièrement nouveau. L'édition datée de 1861 n'est, de fait, que celle de 1819, avec un titre rajeuni. Nuntakhabat- i- Hindi, ou Choix dans l'hindoustani, arec une traduction verbale et une analyse grammaticale pour l'usage des personnes qui étudient celle langue, Londres, 1817-1818, 2 vol. L'utilité de cet ouvrage a été constatée par quatre réimpressions successives . L'introduction à la langue hindoustanie, comprenant une grammaire et un vocabulaire anglais et hindoustani, Lowlre›, 1845 a eu moins de succès. Quoique fort versé dans l'arabe et le sanscrit, Shakespear, concentrant ses travaux dans un cercle spécial , ne se préoccupa pas d'étendre à cet égard le domaine de la science ; il fournit cependant des extraits intéressants à l'Histoire des Arabes d'Espagne, d'Ellialtkari, à l'introduction placée en tète de l'ouvrage de i‘Iurphy, Londres, 1816 , sur les Antiquités arabes de l'Espagne. Membre de la société asiatique, il enrichit de divers articles fort substantiels le journal publié par ce corps savant. Shakespear est mort le 10 juin 1858
  • John SKELTON( 1460 - 1529) : poète anglais, issu d'une ancienne famille de la province de Cumberland, naquit vers 1160; il se distingua dans l'université d'Oxford par son talent pour la poésie , et y fut nommé poète lauréat, c'est-àdire qu'il eut le privilège de porter une couronne de laurier. Devenu curé de Dysse, dans le diocèse de Norwich, la gra \ ité du ministère pastoral ne lui fit point abandonner la poésie satirique , qu'il exerça surtout contre les moines mendiants , ce qui lui attira d'inutiles réprimandes de son évêque mais, soupçonné d'avoir dirigé ses épigrammes contre le cardinal Wolsey, celle , entre autres, intitulée Why conte ye not to court ? il fut fort heureux de trouver un asile dans l'abbaye de Westminster, où, grâce à l'abbé Islip , à qui il avait dédié, en 1512 , son poème intitulé Pm- conium Henrici septimi, il resta caché jusqu'à sa mort, arrivée le 21 juin 1529. Erasme l'appelait Britannicaruni litterarum lumen et dents. Son penchant pour la satire, dans laquelle il ne craignait personne et ne respectait aucune convenance, quoique sa propre conduite ne fût pas précisément recommandable, lui fit autant d'ennemis que son esprit lui donnait d'admirateurs. Ses poésies, dont plusieurs ont été souvent réimprimées, consistent dans des comédies, des sonnets, de petits poèmes , des satires, des épitaphes. Les plus remarquables de ces productions sont jo Magnificence, drame ou moralité ; 2. Bouge of court, autre drame ; 3. The crowtz of Latere ; 4. The boke of Colin Clout; 5. Ware the hawk ; 6. The tunniny of Elinor Rumming, que Coleridge appelle un charmant poème. Dans d'autres ouvrages, Skelton attaque les ennemis de Henry VIII, en particulier les Ecossais. Son style est dur et grossier, ses pensées sont souvent obscènes mais ces défauts, qui appartiennent à son siècle, n'empéchent pas que ses poésies soient trèsestimées. Cooper considère Skelton comme le restaurateur de l'invention dans la poésie anglaise, et Bradshaw le nomme l'inventif Skelton. Il publia le recueil de ses poésies, à Londres , en 1512 Il en a paru une autre édition , en 2 volumes en 1843, grâce aux soins d'Alexandre Dyce ; elle est fort estimée. Elle est accompagnée de notes et d'un glossaire, et précédée d'une notice sur la vie du poète. On peut consulter sur ce travail la Retrospective Review, t. 6 ; le Quar- terly Review, mai 1844, n° 146. Warton, dans son Histoire de la poésie anglaise, t. 2 , p. 488, et d'Israeli , Amenities of literature, 1842 , t. I P . 245, ont apprécié le mérite de Skelton. - SKELTON , théologien irlandais, montra dans ses prédications beaucoup de zèle pour l'Eglise anglicane. 11 mourut à Dublin, en 1787. Son Déisme révélé, 2 vol. est estimé. Il a aussi laissé des Sermons et d'autres écrits oubliés. T—D et R—LD.
  • John SMEATON( 1734) : ingénieur anglais, né le 28 mai 173i, à Austhorpe, près Leeds, dans le Yorkshire, se lit remarquer de trèsbonne heure par des talents distingués en mécanique et par la réunion peu commune d'une rare intelligence et d'une extrème adresse des mains. Dès l'àge de dixhuit ans , il s'était mis en état , sans le secours d'aucun maitre, de s'occuper utilement de plusieurs branches d'industrie, et chaque jour il employait une partie de son temps à la i",;rmation de quelques pièces de mécanisme. Son père, qui était homme de loi et qui voulait lui faire embrasser cette profession , l'envoya à Londres, en 1742, faire les études nécessaires. De pareilles études se trouvaient incompatibles avec les goûts du jeune Smeaton, qui adressa, sur cette incompatibilité, un mémoire respectueux, mais bien raisonné à son père, et celuici eut le bon esprit de le laisser s'abandonner en toute liberté à l'impulsion qui l'entrafnait vers les sciences industrielles. Smeaton commença, en 1751, une suite d'expériences pour éprouver une machine de son invention, destinée à mesurer le chemin parcouru à la mer par un vaisseau. En 1752, il fit des expériences sur la puissance du vent et de l'eau appliqués à la propulsion des machines de rotation. Ces épreuves et l'essai d'une boussole aimantée par les procédés du docteur Knight , furent l'objet de deux voyages qu'il fit avec ce même docteur. La société royale de Londres l'admit au nombre de ses membres en 1751, et ce choix d'une des premières sociétés savantes de l'Europe a été bien justifié par les excellents mémoires dont Smeaton a enrichi ses Transactions. Six ans après, en 1759, il lui communiqua ses célèbres Reeherches expérimentales sur la puissance mécanique de l'eau et du rent pour faire mouroir les machines de rotation et dont nous venons d'indiquer le point de départ. On a fait, après la mort de l'auteur, une édition séparée « An experimental inguiry concerning the nalural powers of writer and wind to ! tern mi1s, and other machines depending on a circulae motion; and an experimental exautination of the quanlity and proportion of mechanw power necessary te ent- ployed in giving diferent degreee of velocity to heavy bodies in state of test. Also new fondamental experiments tapon the colli- liOri of bodies , London, 1794. n de cet ouvrage , qui renferme aussi ses Recher- ches sur la transmission du mouvement et la colli- sion des corps. Les principales expériences consignées dans cet ouvrage avaient été faites en 1752 et 1756; mais, pendant les six années écoulées depuis 1753 jusqu'en f759, l'auteur avait eu l'occasion de mettre ses résultats en pratique, de manière à s'assurer qu'ils pouvaient avoir des applications utiles. La société royale lui vota à l'unanimité, pour ce beau travail, une médaille d'or. Nous avons une traduction fran-çaise de l'Experimencal inquiry, etc., par Girard, de l'Académie des sciences, Paris, 1810, suivie de la traduction du mémoire joint à l'édition posthume de 179%, et contenant les expériences curieuses de Smeaton sur la transmission du mouvement et la collision des corps. De pareilles publications contribuent singulièrement à la propagation et au progrès des lumières, lorsque les ouvrages originaux sont enrichis des conceptions de traducteurs, auteurs euxmêmes de productions justement célèbres. Girard a joint à sa traduction une introduction étendue, où on trouve l'histoire des recherches théoriques et expérimentales qui ont précédé et suivi celles de Smeaton. Ce savant anglais n'a eu assez généralement que des confirmations à donner de principes établis avant lui, tant par la théorie que par le fait ; il est incontestable qu'à cet égard on a de grandes obligations aux physiciens et aux géomètres français et surtout aux membres de l'Académie des sciences de Paris. Les Mémoires de cette académie et plusieurs traités particuliers , publiés avant 1760, offrent les résultats des méditations et des expériences des Mariotte, Lahire, Parent, Pitot, d'Alembert, Deparcieux, Borda, Bossut, etc., et après le juste hommage dû au génie de Newton, qui, le premier, s'est occupé des lois du choc et de la résistance des fluides , il faut convenir que la grande impulsion donnée aux progrès de l'hydraulique appliquée est principalement due aux savants que l'on vient de nommer ; une part de cette gloire sera aussi justement réclamée en faveur des Euler, des Bernoulli, des kraff , dont Smeaton a pu connaitre les publications. L'Espagnol don Georges Juan , les ingénieurs français Coulomb, Dubuar, Fabre , etc., lui sont postérieurs. L'ouvrage de Smeaton est divisé en trois parties : la première traite des roues à aubes; celles qui sont mues par le choc de l'eau ; la seconde , des roues à augets, celles dont l'effet mécanique dépend principalement de la simple pression ou du poids de l'eau ; la troi sièrne a pour objet la construction et les els des moulins à vent. Les appareils d'expérience sont extrêmement ingénieux et se trouvent trèsbien dessinés dans les planches jointes à la traduction de Girard, d'ailleurs si recommandable par l' L'époque de la publication de l'erpe- rimental inquiry est aussi celle de l'achèveinent du phare d'Eddysione, monument qui doit à jamais illustrer Smeaton. A l'entrée du canal de la Manche, quatorze milles en mer, au sudouest de la rade de Plymouth, est un banc de rochers dont la pointe seule se montre audessus de l'eau, et dont l'arête se prolonge audessous, en formant un écueil d'environ cent brasses d'étendue, dans la direction du nord au sud. Cet écueil est sur le passage des vaisseaux qui entrent dans le canal et en sortent ; il est souvent le premier point de reconnaissance après des voyages lointains , point bien redoutable et pour les navires de la marine anglaise et pour ceux des autres nations à qui le commerce du Nord fait prendre cette route. De pareils dangers ont dû faire vivement désirer aux marins l'établissement d'un phare sur ce rocher; mais de grandes difficultés s'y opposaient. C'est le premier obstacle que rencontrent les lames venant de la haute mer, du côté de la baie de Biscaye ou golfe de Gascogne : la grande profondeur de l'eau qui l'environne, la roideur et la hauteur de ses parois donnent une action prodigieuse au choc des vagues , dont le balancement, à la suite d'une tempête, au sudouest dans le golfe, ne cesse point avec l'orage. Il subsiste, pendant plusieurs jours, autour du rocher, tellement que , lorsque ailleurs la mer a sa surface parfaitement unie , ces lames sourdes viennent encore se briser sur la crête de l'écueil et s'opposent nonseulement à ce qu'on y entreprenne aucun ouvrage, mais même à ce qu'on y aborde en temps calme. Il ne faut pas s'étonner , d'après cet exposé sommaire, des mauvais résultats d'une première construction de phare à Eddystone , construrtion qui laisse des souvenirs bien douloureux ; elle fut exécutée aux frais et sous la direction de Henry Winstanley, de Littlebury, dans le comté d'Essex. Le fanal fut allumé le 1% septembre 1698, et en 1703, quelques amis ayant témoigné à l'auteur des craintes sur la stabilité du monument, en cas de gros temps, sa réponse fut qu'il voulait s'y trouver à l'époque d'une forte tempête. 11 s'y trouva en effet pendant la mémorable tempête de la nuit du 26 au 27 novembre 1703, avec ses ouvriers et les gardiens du fanal ; jamais on n'a revu ni Winstanley ni les victimes de sa fatale imprudence : il ne resta pas même sur le rocher une seule des pierres de la tour. Un ingénieurarchitecte nommé Rudyerd a eu la hardiesse d'entreprendre un nouveau phare d'Eddystone qu'il construisit en bois ; cette construction , bien conçue et bien exécutée, eut quarante et un ans de durée et subsisterait peut-être encore, si un incendie, dont on n'a jamais connu la cause, ne J'eût détruite le 2 décembre 1755. Smeaton , ayant été désigné pour diriger une troisième construction, s'occupa trèssérieusement, même avant d'avoir vu le local, du projet de ce monument, qui, d'après ses vues, dut être exécuté en pierre. Il se rendit à Plymouth dès les premiers jours du printemps de l'année 1756, pour saisir le moment favorable à une première visite; le granit qu'il trouva dans les environs fut destiné au parement extérieur de l'édifice , et il se détermina à employer dans l'intérieur la pierre de Portland, celle qui a servi à la construction du pont de Westminster. On a vu que la fureur des vagues n'était pas seulement un obstacle à l'exécution des travaux sur le rocher, mais qu'elle en rendait souvent le simple accès impossible; Smeaton ne put y aborder et y passer deux ou trois heures que le 5 mai 1756. Divers préparatifs et ouvrages préliminaires, qui, dans tout autre endroit, auraient pris peu de temps, ne furent achevés que vers le milieu de 1757, le premier coup de marteau sur le rocher ayant été donné le 27 août 1756. Ce fut le 12 juin 1757 qu'on posa la première pierre de Enfin, après avoir surmonté bien des obstacles, on fit , le ler octobre 1759, un essai du fanal , composé de vingtquatre lumières , disposées circulairement en deux étages, et à dater du 16 du même mois, il n'a pas cessé d'éclairer les navigateurs; il ne fut complétement achevé que le 20; il est muni d'un conducteur ou paratonnerre, pour le garantir de la foudre. Le temps total écoulé entre la pose de la première pierre et l'achèvement définitif est ainsi de trois ans neuf semaines et trois jours. Le phare d'Eddystone se compose d'une tour d'environ 21 mètres de hauteur, depuis la basse mer de vive eau jusqu'à la plateforme de la galerie qui environne la lanterne, et de 28 mètres jusqu'à l'arasement du dessus de la boule qui surmonte cette lanterne. Le diamètre inférieur de cette tour est de 8 mètres et demi , qui, après une diminution assez rapide dans le bas , se réduisent à s mètres et demi vers la balustrade de la galerie. La maçonnerie de la base forme un massif entièrement plein jusqu'à 5 mètres audessus de la basse mer ; on trouve à cette hauteur une porte à laquelle on monte extérieurement, puis un escalier central intérieur, en vis St- Gilles ou hélice , qui conduit à une chambre voûtée audessus de laquelle se trouvent trois chambres pareilles, dont la plus élevée est placée immédiatement audessous de la galerie supérieure. Chaque voûte a une ouverture centrale pour communiquer à la chambre qui est audessus d'elle, ouverture à laquelle on monte par une échelle qui a son pied sur l'extrados de la voûte inférieure. La description de cet édifice, les détails de sa construction, avec de trèsbelles recherches expérimentales sur la meilleure composition des ciments propres aux constructions hydrauliques, sont exposés dans un ouvrage publié à Londres en 1791 , avec des planches. La lecture de cet ouvrage donne une haute idée de l'activité, de la constance et des talents de Smeaton. La partie du livre qui traite des ciments était ce qu'on avait alors de mieux sur cette matière. Un extrait fort détaillé de l'ouvrage dont on vient de donner le titre, rédigé par Pictet, a été publié dans la Bibliothèque bri- tannique. La descriptign du phare se trouve dans le ler volume, p. 89 et 611. Les recherches sur les ciments font partie du 3. Cette réimpression , avec gravures , peut dispenser d'avoir recours à l'ouvrage anglais. Elle offre même, indépendamment de l'exposition technique, quelques digressions intéressantes et curieuses, tirées de l'original. Smeaton n'avait pas encore, en 1739, après avoir terminé le monument d'Eddystone, de fonctions qui lui valussent un traitement annuel. Ce ne fut qu'en 1764 qu'il eut des appointements fixes, comme employé auprès de l'administration de l'hôpital de Greenwich. Le travail que comportait cet emploi fut considérablement allégé par le zèle et l'amitié de son collègue, Watton, qui lui procura ainsi les moyens d'appliquer ses talents, tant à des entreprises publiques qu'au perfectionnement des moulins et à l'amélioration des propriétés de l'hôpital de Greenwich ; mais ses occupations , comme civil, se multiplièrent tellement qu'il jugea devoir, en 1775, se démettre de sa place. Il la conserva néanmoins encore deux ans, sur les instances de Stuart, intendant de l'hôpital. Délivré de la gène qu'entratnent des fonctions spéciales, il se donna tout entier aux objets d'une utilité générale. Il dirigea les travaux par lesquels la rivière de Calder a été rendue navigable, entreprise importante et d'une exécution difficile, et s'occupa, du moins quant aux projets, du grand canal d'Ecosse, qui établit la communication entre l'océan Atlantique et la mer du Nord. La nécessité de vaquer à d'autres affaires l'obligea de refuser un traitement considérable qu'on lui offrait pour suivre la construction de ce canal. Des travaux exécutés au pont de Londres, pour réunir deux arches en une, ce qui nécessitait la démolition d'une grosse pile, avaient occasionné des excavations ou ajbuillements tels que l'existence de ce pont paraissait compromise. Smeaton , qui était alors dans le Yorkshire, fut invité à venir en toute hàte. Il arriva le samedi et trouva les craintes de la chute du pont accrues au point que trèspeu de personnes osaient le traverser. Il fit, le même jour, des sondes, proposa un système d'enrochentent, qui fut adopté, et les travaux réparateurs commencèrent le lendemain dimanche. Tous les moyens de transport, de ma etc., ayant été mis à sa disposition , la sécurité fut trèspromptement rétablie, et l'opinion , en Angleterre, est que sa présence d'esprit, son activité et ses talents ont sauvé le pont de Londres. Par le grand nombre de moulins qu'il a construits, Smeaton eut de fréquentes occasions de mettre à profit les expériences qu'il avait faites en 1752 et 1753. 11 ne se liait point à la théorie tant qu'il pouvait se diriger par l'expérience. Cette distinction entre la théorie et l'expérience est maintenant effacée aux yeux des ingénieurs instruits, depuis que ce qu'ils appellent théorie n'est que la détermination des lois de fait qui lient entre eux les phénomènes observés , détermination qui offre souvent assez de difficultés pour exercer les physiciens ou les géomètres habiles. L'établissement d'une machine à feu, qu'il fit construire à Austhorpe, lui fournit le moyen de s'occuper de l'évaluation de la puissance de la machine de Newcomen , dont il perfectionna le mécanisme et augmenta le produit. Les belles découvertes de Watt n'étaient pas encore connues. Smeaton fut sou ent consulté par le parlement, qui avait une grande confiance dans son intégrité et ses talents. Il ne discutait pas une affaire sans en avoir pris une connaissance détaillée et complète. Ses avis, ses décisions étaient respectés, même de ceux dont son opinion contrariait les intérêts, et telle est la confiance que Ion avait en sa science qu'il fut appelé le conseil virant des ingénieurs. On a imprimé après sa mort un recueil de ses rapports, formant une collection en trois volumes dont les ingénieurs peuvent profiter. Il serait à désirer qu'on en fit une traduction française; elle a pour titre Reports of the laie John Smeaton F. R. S. made on variuus occasions, in the course of his employement as du port de Ramsgate , le détermina à accepter la place d'ingénieur de ce port, dont les importantes amé- liorations sont principalement dues aux efforts réunis de ces deux hommes de mérite. L'astronomie était une des études favorites de Smeaton. 11 avait construit plusieurs instruments astronomiques, tant pour lui que pour ses amis, et établi un observatoire dans une maison de campagne qu'il possédait à Austhorpe. Se promenant dans le jardin de cette maison, le 16 septembre 1792, il fut frappé d'une attaque de paralysie. Il ne survécut que cinq ou six semaines à cet accident et mourut le '28 octobre suivant. Il résulte de tout ce qui a été dit et écrit sur les détails de la vie de ce célèbre ingénieur qu'il était aussi esti- niable par ses qualités personnelles que par sa science et ses talents. Il n'est pas du tout prouvé qu'il ait été plus que parcimonieux, comme on l'a prétendu. On trouve, au commencement du premier volume de la collection des Rapports cidessus mentionnée, une liste des titres de quatorze ouvrages ou mémoires de Smeaton, sur la physique, la mécanique appliquée et l'astronomie, composés depuis 1750 jusqu'en 1776, et non compris le grand ouvrage du phare d'Ed- dystone. Les plus remarquables de ces quatorze traités. ceux qui ont éminemment contribué à la célébrité de l'auteur, sont les Recherches expéri- mentales, traduites par Girard
  • John SMITH( 1654) : dessinateur et graveur en manière noire, naquit à Londres, en 1654. Son premier maitre fut un peintre peu connu, nommé Tillet ; il entra ensuite chez Becket, qui lui enseigna la gravure en manière noire , qui commençait à être en vogue à cette époque. Vander Waart, peintre hollandais , également habile en ce genre, lui donna aussi d'excellents conseils. Les gravures qu'il publia attirèrent l'attention de Kneller, qui l'engagea à venir demeurer chez lui , à condition qu'il travaillerait principalement d'après ses ouvrages. L'habileté du peintre contribua beaucoup à accrottre celle du graveur ; et Smith acquit bientôt la plus brillante réputation ; mais l'union ne put durer entre les deux artistes ; quelques différends amenèrent une rupture peu de temps avant la mort de Smith, arrivée à Londres , en 1719. Ce graveur est, sans contredit, le plus habile en manière noire qui eût paru jusqu'alors. Ce que l'on vante particulièrement dans ses estampes, c'est la douceur de l'exécution et l'intelligence avec laquelle il a su conserver l'esprit des peintres qu'il a traduits. Parmi les portraits qu'il a gravés, au nombre de plus de vingtcinq , on cite le sien propre, tenant en main celui de Kneller, et ceux en pied de Pierre le Grand , de la duchesse d'Ormond, fille de Cromwell ; de Jean Churchill, fils du due de Marlborough; le portrait du duc de Schomberg à cheval ; ceux de Steele , d'Addison, de Popef de Congrève , de Locke et surtout de la comtesse de Salisbury, et de mistress Cross. Ses pièces historiques, au nombre de vingthuit, sont, d'après Schalken, le Titien et ses propres compositions. La plus remarquable est celle qu'il a gravée d'après Carle Maratte , et qui représente une Sainte Famille. — Gabriel SMITH , graveur, naquit à Londres, vers 1724. Après avoir reçu dans sa patrie les premiers éléments de son art, il vint à Paris pour se perfectionner. C'est dans cette ville qu'il apprit la gravure en manière de crayon. De retour à Londres , Ryland l'aida de ses conseils , et il grava pour ce peintre avec le plus grand succès , et cultiva aussi la pointe et le burin. On cite parmi ses ouvrages : P l'Aveugle conduisant les aveugles, d'après le Tintoret ; Tobie et le poisson, d'après Salvator Rosa. Ces deux pièces font partie de la collection de Boy dell. 30 La Reine de Saba visitant le roi Salomon, d'après le Sueur ; 4° une Chasse, d'après Sneyders, re- présentant un sanglier forcé par les chiens', trèsgrand en travers. Gabriel mourut à Londres, en 1783. — Guillaume SMITH , peintre, né à Chichester, peignit avec beaucoup de succès lepaysage, le portrait, les fleurs et les fruits. Il mourut en 1764. — Jean SMITH , son frère, né comme lui à Chichester, cultiva avec un talent distingué la peinture du paysage et la gravure à l'eauforte. En 1760, il remporta le second prix de paysage fondé par la société d'encouraI ment des arts établie à Londres. Ce tableau, qui a été gravé par Woollett, représente une riche Vue d'Angleterre, ornée de fabriques et de berge-, ries. Parmi ses autres paysages , on cite des Vues r des abbayes de Kirstall et de Fountain ; des chdteaux de Kenéluorth et de Tinmouth ; de la nouvelle machine hydraulique de Belton ; des parcs d'Agley, d'Exton et de Newstead, appartenant à lord Byron, etc. Ces différentes vues ont été gravées T. par '‘ ivarès. Jean mourut en 176L — George, le plus jeune des frères SMITH de Chichester, naquit en 1730, et fut celui qui montra le plus de ' talent comme peintre et comme graveur. 11 se fit aussi une réputation par ses poésies pastorales, qui lui ont mérité le surnom de Gessner anglais. Ce fut lui qui, en 1760, mérita le premier prix de paysage proposé par la société d'encouragement, concours dans lequel son frère Jean n'obtint que le second prix. Le tableau de . George représente un riche paysage orné de fabriques et de bergeries. Sur le premier plan , OH . voit un ruisseau, au bord duquel l'auteur s'est i- peint avec ses deux frères. Ce bel ouvrage a été gravé par Woollett, ainsi que quatre autres tableaux du méme peintre ayant pour sujet la Fenaison , la Récolte des pommes, le Hameau chantpitre , paysage d'hiver, avec des villageois, des bestiaux, et un Site montagneux. George a peint piplusieurs autres paysages gravés par Peake, notamment la Récolte du houblon, gravée pat. . Vivarès. Dans le recueil des estampes de Boydell, On trouve l'annonce de cinquante- trois jolis paysages gravés à l'eau forte par Jean et George I sniith de Chichester, d'après leurs propres tableaux et ceux de divers autres mitres. On a de trèsbeaux portraits des trois frères, par W. Pether, sous le titre suivant : The three Smith , brothers and painters , natives ol Chichester. George mourut en 1776
  • John SMITH( 1790) : missionnaire protestant, naquit à Rothwell , dans le comté de Northampton, le 27 juin 1790. Il était fort jeune lorsque son père, qui servait dans l'armée anglaise , fut tué en Egypte. Sa mère, réduite à l'indigence, ne put même pas lui procurer l'instruction la plus élémentaire et le plaça chez un fabricant de biscuit. Cet homme, touché de compassion pour le pauvre enfant, lui laissa le temps d'apprendre à lire et à écrire. Plus tard, les prédications qu'il entendit dans les assemblées religieuses lui inspirèrent le désir de suivre la carrière ecclésiastique. Admis dans une communion méthodiste et après avoir fait des études théologiques et littéraires, il remplit d'abord à Tunbridge l'emploi de catéchiste, puis fut nommé par la société des missions de Londres missionnaire à Demerari, dans la Guiane anglaise, où il arriva au commencement de 1817. Cette mission, établie depuis dix ans, avait rencontré beaucoup d'obstacles de la part des chefs d'habitations, qui craignaient que l'instruction morale et religieuse des esclaves ne fût un acheminement à leur émancipation. Smith, assez mal accueilli par les colons, parvint cependant à surmonter les difficultés et commença l'exercice de son ministère. Il convertit au christianisme un grand nombre de nègres , les baptisa , les maria et leur prêcha l'obéissance envers les maîtres, ce qui n'empêcha pas ceuxci de prendre le missionnaire en aversion. En 1823, les esclaves ayant su que des dépêches, venues d'Angleterre et relatives à l'administration coloniale, n'avaient pas été publiées, s'imaginèrent que c'était l'ordre de leur affranchissement qu'on ne voulait pas exécuter. Dans le même temps, il leur fut défendu de se réunir à l'église. Cette mesure, qui avait pour but de comprimer l'agitation, ne fit au contraire que l'augmenter, et au mois d'août la révolte se déclara dans cinquante habitations ; mais il faut dire que les esclaves n'attentèrent à la vie d'aucun des blancs tombés en leur pouvoir. Du reste, cette insurrection fut bientôt réprimée par les troupes, qui tuèrent plus de 200 nègres. Alors Smith fut arrêté et traduit devant une cour martiale comme instigateur de la révolte. Malgré les nombreux témoignages rendus à son innocence, entre autres celui d'un ecclésiastique anglican , le malheureux missionnaire méthodiste n'en fut pas moins condamné à être pendu ; mais les juges le recommandèrent à la clémence royale en envoyant la sentence en Angleterre pour y être ratifiée. Plusieurs membres du parlement prirent chaleureusement la défense du condamné, et le ministère manda au gouverneur de la colonie de le mettre immédiatement en liberté . Déjà il était trop tard. Smith avait succombé à ses souffrances, le 6 février, dans la prison où il languissait depuis six mois. On a publié sur cette triste affaire : P Proceedings of a general court martial, etc. , Londres, 1824, in•8.; 2. Substance of the debate , etc. , Londres, 1824 imprimé avec l'approbation de la société des missions de Londres
  • John SPENCE( 1740) : célèbre philanthrope anglais, naquit, vers 1740, dans une classe obscure. N'ayant reçu qu'une éducation médiocre, cet homme commença néanmoins à répandre ses doctrines à Londres en 1775. Sans bien et sans industrie, il imagina de composer des brochures, et il les publia sous le nom de Respublica spenciouea, située dans le monde des féeries, entre Utopia et Océana. Dans ce rêve politique, Spence établit exactement le principe de la constitution française de 1793, et ceux qui n'en furent plus récemment qu'une imitation. « L'universalité « des citoyens forme, ditil, le peuple souve- « raie. e 11 y a, comme on le voit, identité nonseulement dans le sens, mais dans les termes. Spence posait ensuite les principes les plus hardis. « Toute propriété foncière particulière, « disaitil, est un abus qu'il faut abolir pour « toujours. Le sol ne peut appartenir qu'au « peuple souverain, à la république. Personne « ne peut posséder en propre un seul pouce de « terrain. Toutes les terres doivent être aller- « mées par baux temporaires d'un an à vingt « le produit doit être distribué également à « toutes les familles. s Spence admettait le droit de propriété particulière pour les meubles, l'argent, etc., mais il se flattait que sa loi agraire maintiendrait toutes les fortunes dans une extrême médiocrité. « La force des riches, disaitil, e est dans les grands domaines fonciers, comme « celle de Samson était dans ses cheveux. Si les « Philistins, au lieu de se borner à couper les « cheveux à Samson, l'avaient scalpé à la ma-« nière indienne, ses cheveux n'auraient pas re- « poussé, ses forces ne seraient pas revenues. « Ne commettons pas la même faute des Philis-« tins, scalpons les riches I » Cette expression et quelques autres de la même force valurent à Spence une poursuite judiciaire. Lord Kengon le condamna à un an d'emprisonnement et à une amende de vingt livres sterling. Sorti de prison, Spence se vit entouré d'une foule de fanatiques appartenant à la dernière classe de la population, et se mit à rédiger, à son usage, un pamphlet périodique auquel il donna le titre de Pig's meat, c'est-à•dire nourriture des cochons, probablement par allusion à une expression échappée à Burke, qui avait qualifié le bas peuple de multitude cochonne . Pour colporter cet écrit, il acheta une voiture d'osier, du haut de laquelle Spence parcourut l'Angleterre pendant deux ans ; mais, ne trouvant de soutien que parmi des mendiants comme lui, il finit ses jours dans une extrême misère. Il avait semé les dents du dragon, disaitil. En effet, il existe en Angleterre une secte spencenienne qui a des ramifications dans les pays étrangers. — SPENCE , président de la société d'agriculture d'Holderness, possédait, près de Hull, de vastes domaines sur lesquels il résidait. Il s'est beaucoup occupé d'histoire naturelle, d'économie politique, et il a essayé de combattre, dans quelques brochures, les préjugés qui existent en faveur du commerce et des manufactures au préjudice de l'agriculture. Ses opinions, développées avec beaucoup d'art, ne firent pas une grande impression. Il a publié 1° la Grande- Bretagne indépendante du commerce, 1807 2° Cause radicale de la détresse actuelle des planteurs des Indes occidentales, 1807 ; 3° l'Agriculture, source de la richesse de la Grande- Bretagne, 1808 4" les Objections au bill sur les grains réfutées, 1815
  • John STERLING( 1806) : littérateur anglais, naquit à haimrsCastle, en Ecosse , le 20 juillet 1806. Son père, après avoir servi dans l'armée, s'occupait d'agriculture ; il devint plus tard directeur du Times. Après avoir suivi ses parents dans le comté de Galles et ensuite à Londres, John commença à Glascow des études qu'il acheva à l'université de Cambridge; il s'y fit remarquer par son intelligence. Il avait d'abord manifesté l' de s'adonner à la jurisprudence ; niais finit par quitter Cambridge sans prendre de grades universitaires ; et, de concert avec quelques amis, il acheta le journal l'ilthenoeum; il en fut l'un des directeurs et l'un des principaux rédacteurs. Mais l'affaire réussit peu , et on se décida bientôt à vendre une feuille qui n'avait pas d'abonnés. Sterling, qui jouissait d'une fortune indépendante et qui n'avait que vingtdeux ans, mena quelque temps à Londres une vie oisive et dissipée ; mais il eut l'avantage de faire la connaissance de Coleridge, et il puisa dans les entretiens de ce poète l'idée de se consacrer à la littérature. Il publia , en 1830, un roman en trois volumes, Arthur Coningsby, qui n'eut guère de succès. Il se maria ; et, en 1831, il se rendit à StVincent dans les Antilles : un parent venait de lui léguer une habitation située dans cette île. Il revint en Angleterre en 1832 ; et ayant retrouvé par hasard un de ses professeurs de Cambridge, Jules Hare, ses idées se modifièrent si bien, qu'abjurant les principes du radicalisme auxquels il avait été attaché, il voulut devenir membre de l'Eglise anglicane. Il reçut les ordres en 1834 , et il fut pourvu de la cure d'Hurstmonceaux ; mais, au bout de huit mois, il donna sa démission, en alléguant la faiblesse de sa santé. Il y avait aussi un autre motif , son esprit changeant s'était détaché des opinions admises comme orthodoxes dans l'Eglise anglicane. Il s'était lié avec Carlyle, écrivain puissant et original, mais fantasque et paradoxal ; cette influence se substitua à celle de Coleridge. Il s'occupa surtout de littérature ; mais sa faible santé l'obligea de chercher parfois des climats moins rudes que celui de l'Angleterre. En 1836, il passa un hiver dans le midi de la France ; en 1837, il se rendit à Madère ; de là, il envoya des articles au Black - icood's Magazine et à la Revue de Westminster. Il séjourna une grande partie de l'année 1839 en Italie ; et, à son retour, il publia un volume de poésies, et il alla passer ensuite derechef quelques mois à Madère. En 1841 , il mit au jour un poënie en sept chants, l'Election ; il s'était proposé d'y retracer des tableaux de la vie anglaise. Il travailla ensuite à une tragédie , Strafford, qu'il regardait comme son meilleur ouvrage. Sa santé s'affaiblissait de plus en plus ; la mort de sa femme fit sur lui une impression trèsvive. Retiré, en 1843, à Ventnor dans l'île de Wight, il s'occupait d'un poërne dont Richard Coeurdelion était le héros; mais il ne put le terminer : il s'éteignit le 18 septembre de l'année suivante. Son ami Hare fit paraître, en 1848, en 2 volumes, un recueil de ses articles disséminés dans plusieurs publications périodiques ; il y joignit une notice biographique. De son côté, Carlyle a écrit une Vie de Sterling ; il y vante, en termes trop prononcés, l'influence de son ami sur le mouvement intellectuel de l'époque, et il s'attache surtout à exposer ses propres vues politiques et philosophiques. Comme causeur et homme de société, Sterling était bien plus remarquable que comme auteur ; sa verve ne se démentait point. Répandu dans le grand monde et dans les cercles où se réunissait l'élite des littérateurs, il était toujours accueilli avec le plus vif empressement. Afin de mieux jouir de sa compagnie pendant les excursions qu'il faisait à Londres, ses amis formèrent un club qui reçut son nom ; le Sterling club fut un témoignage unique de l'estime qui s'attachait à un particulier sans influence politique et étranger à toute haute position
  • John STRUTHERS( 1776 - 1853) : pete écossais, naquit le 18 juillet 1776. Fils d'un honnête cordonnier, il exerça pendant quelques années la profession paternelle. Vint cependant le jour où il abandonna StCrépin pour Apollon. Son coup d'essai, le Sabbat du pauvre, poërne, paru en 1804, fut aussi son coup de maitre. L'oeuvre atteignit de nombreuses éditions et devint classique. Elle respire cette mélancolie qui plaît aux compatriotes de l'auteur d'franhoé, lequel en effet s' au poëte cordonnier, car il l'était encore quelque peu lorsque son Sabbat du pauvre fut publié. Après quoi, il donna au public une suite à ce premier ouvrage, sous le titre de la Mort du paysan, 1806. Quelques années plus tard , il publia Un jour d'hiver et, en 1816, la Charrue. Vinrent ensuite : Dychmont , 1836; la Harpe de Calédonie, 1817-1818, en 3 volumes, ouvrage considérable, en ce qu'il donne le re- cueil des chants écossais. On doit aussi à Struthers une Histoire d'Ecosse depuis sa réunion à l'Angleterre , et l'on trouve dans les Fies de Chambers de nombreuses et remarquables notices dues à la plume de cet écrivain. Struthers a publié luimême ses OEun'es com- plètes, précédées de son autobiographie, en '2 vo—lumes Londres, 1850. Struthers mourut le 7 août 1853
  • John STUBBS ou STUBBE( 1541) : savant légiste anglais, né vers l'an !MI, lit ses études classiques à Cambridge, d'où il passa à l'école de jurisprudence de Lincoln'sInn, à Londres. ll adopta les principes des puritains, à ce qu'on présume, par suite de son alliance avec le célèbre Thomas Cartwright . qui avait épousé sa soeur. L'alarme que le peuple conçut, vers 1579, pour le maintien de la religion protestante, du bruit répandu que la reine Elisabeth allait s'unir au duc d'Anjou, fut pour Stubbe l'occasion de signaler son zèle pour cette doctrine. Il publia na écrit satirique intitulé Découverte d'un gouffre l'Angleterre ne peut manquer d'ètre engloutie par un nouveau mariage français, etc. La reine fut vivement irritée et rendit une ordonnance foudroyante. L'auteur et l'éditeurfurent condamnés, en vertu d'un acte de Philippe et Marie contre les auteurs et vendeurs d'écrits séditieux, à avoir la main droite coupée. Cette sentence fut exécutée cruellement ; niais Stubbe la subit avec fermeté. Après que sa main droite eut élé tranchée avec un couteau de boucher, il ôta son chapeau de la main gauche et cria : Que Dieu conserve la reine ! Son malheur ne lui fit rien perdre de la considération dont il jouissait; et comme on ne voulait pas se priver de ses talents , il fut employé, quelques années après, par le lord tré. sorier Burleigh, à répondre à la Défense des catholiques anglais, du cardinal Allen. On conserve, parmi les papiers de Burleigh déposés au muséum britannique, des lettres que Stubbe avait adressées à ce ministre et à son secrétaire Hickes; et comme la plupart furent écrites de sa main gauche, elles sont signées Serna. Il a traduit du français les Méditations de Théodore de Bèze sur le Psaume premier et sur les Sept psaumes de la pénitence. La dédicace de cette traduction à lady Bacon, est datée de Thelveton en Norfolk, le 31 mai 1582, et signée également John Stubbe & a- ta. On ignore l'année de sa mort. — Philippe S'amui que Wood croit être le père ou le frère du précédent, est auteur d'un livre intitulé l'Anatomie des abus, et d'autres ouvrages contre les vices de son temps
  • John SYDENHAM( 1807 - 1847) : littérateur anglais, naquiL à Poole le 25 septembre 1807. Ses goûts littéraires se manifestèrent de bonne heure. En 1.82' il édita et publia à Dorchester le Dorset coulai rhronirle. Il y fit paraître aussi l'Histoire du condé de Poole, 2 vol. Dans une préface placé,: eu tète de l'ouvrage, Sydenham soutient l'excellence d'un genre trop méconnu, à savoir l'histoire locale. En 1841, autre publication conçue dans le même esprit et intitulée Dissertation sur l'an- cienne figure colossale, présumée celtique, qui s,. trouve à Cerne, dans le Dorsetshire arec des observa- tions sur le culte du soleil et du serpent. En 181`...... Sydenham alla prendre la direction du West keia guardian qu'il garda jusqu'en 1846; puis il revini fonder à Poole un journal purement local intite; le Hérald. Antiquaire zélé, Sydenham contribua aux travaux de plusieurs sociétés spéciales, entre autres l'association archéologique. Il mourut date; la force de l'àge le 1^r décembre 1847
  • John THELWALL( 1764 - 1834) : littérateur anglais , était fils d'un marchand de soieries établi à Londres, et il naquit dans cette ville, le 29 juillet 1761. Dès sa première enfance, il montra beaucoup de dispositions pour le dessin, et on songeait à faire de lui un artiste, mais la mort de son père, survenue lorsqu'il n'avait que huit ans , donna un autre cours à ses études. Il reçut l'éducation qu'on donnait alors aux enfants d'un marchand, et il fit assez peu de progrès. A treize ans, sa mère le prit pour l'aider dans son commerce, mais les soins de la vente au détail ne l'absorbaient pas au point qu'il ne pût consacrer une partie de son temps à lire un peu au hasard tous les livres qui lui tombaient sous la main. De plus en plus dégoùté du négoce, il voulut embrasser une profession libérale. Un de ses parents l'engagea à étudier le droit, mais au bout de quelques années il y renonça, et à vingtdeux ans il se fit homme de lettres. Il commença, comme presque tous les jeunes écrivains, par écrire des vers, et en 1787, il publia deux volumes de poésies qui eurent du moins le résultat de lui procurer quelques patrons. Il fut admis dans la rédaction d'un magazine en vogue, et en 1791, il se maria. Reconnaissant que la littérature seule ne donne pas les moyens de soutenir un ménage, il songea à se livrer à l'exercice de la médecine. Malheureusement pour lui, il se mêla de politique, et il se fit remarquer par la hardiesse de ses idées et la facilité de son élocution dans des réunions qui professaient des principes analogues à ceux de la France révolutionnaire. Le gouvernement anglais prit l'alarme; Thelwall fut compris avec Thomas Hardy et avec Horne Tooke dans une accusation de haute trahison. Il fut acquitté, l'affaire fit alors beaucoup de bruit. Thelwall profita néanmoins de la leçon ; il dit adieu à la politique et alla passer quelque temps dans le pays de Galles afin de retrouver la tran- quillité d'esprit. Il porta ensuite ses idées sur l'art de parler en public, sur la science d'acquérir une élocution gracieuse et aisée. Les aspirants aux honneurs de la chambre des communes, les futurs avocats s'adressèrent à lui; il ouvrit des cours qui furent trèssuivis, et, envisageant les choses soit au point de vue de l'anatomie, soit à celui de la rhétorique, il fournit au Journal de médecine et de physique et au Magasin mensuel des articles fort intéressants. Ses recherches sur la production des sons le conduisirent à des découvertes nouvelles et à des aperçus ingénieux qui ont, pour la plupart, été exposés après lui dans l'ouvrage du docteur Rush Philosophie de la voix humaine. Parmi ses divers ouvrages qui obtinrent quelque vogue lors de leur apparition, mais qui sont aujourd'hui oubliés, nous citerons : les Pames écrits en prison; la Tribune, 3 vol. les Mélanges politiques; une Lettre à M. Cline sur le bégayement ; le Péripapéticien, 3 vol., et un roman intitulé la Fille d'adoption. Devenu veuf, en 1816, il se remaria à l'âge de 53 ans, et il laissa cinq enfants, fruits de ces deux unions. 11 jouissait d'une estime générale qu'il devait à sa probité et à son caractère généreux et bienveillant. Il mourut presque subitement à Bath, le 17 février 1834, des suites d'une maladie du coeur
  • John THROSBY( 1740 - 1803) : topographe anglais, né vers 1740, fut clerc de la paroisse de StMartin, à Leicester. Il s'occupa particulièrement de recherches sur sa ville natale; mais ses estimables travaux ne le conduisirent pas à la fortune, et sans les secours des amis que lui avaient mérités ses talents et son noble caractère , ses derniers ans se seraient écoulés dans l'indigence. Il mourut le 3 février 1803. On a de lui : 1. Mémoires sur la ville et le comté de Leicester , 1777, 6 vol. ; 2° Vues choisies du comté de Leicester, d'a- près des dessins originaux, accompagnées d'un texte descriptif et original, 1789 3° Supplément aux vues du comté de Leicester, contenant une suite d'excursions faites , en 1790, aux villages et aux lieux remarquables de ce comté, 1790 ; 4. Histoire et antiquités de l'ancienne ville de Leicester, 1791 5° Lettre sur l'égout romain de Leicester, 1793 Ces divers écrits ont été surpassés par l'ouvrage que John Nichols a donné sur la même province. 6° Réflexions sur les corps provinciaux levés et qui se lèvent mainte- liant pour le maintien de la constitution britannique dans la crise actuelle, 1795 7° Histoire du comté de Nottingham, par Thoroton , réimprimée avec des additions et ornée de vues pittoresques et choisies des résidences de la noblesse, des villes, des villages, des églises et des ruines, 1797, 3 vol
  • John TOBIN( 1770) : auteur dramatique anglais, naquit à Salisbury, en i770. Lorsque la guerre d'Amérique vint à éclater, son père, jugeant sa présence nécessaire à l'ile de Nevis, où il avait des plantations, partit avec sa femme, laissant en Angleterre trois de ses fils, sous la protection de leur grandpère maternel. John , placé à l'école de Southampton , surpassa bientôt ses condisciples, et manifesta de bonne heure un goût trèsvif pour le spectacle. La récompense destinée, dans cette école, à ceux qui produiraient les meilleures compositions latines était d'assister aux représentations que donnait, tous les ans, dans cette ville, une troupe de comédiens; et Tobin obtenait toujours le prix. Apres les heures d'étude, il se dérobait, pour aller méditer en silence, à la vie active et aux plaisirs du jeune âge. La pèche était presque son unique délassement. Recherchant les lieux les moins fréquentés, il composait, sa ligne à la main, des chansons, dont son frère atné était seul confident. La guerre avec l'Amérique ayant cessé, leur père, de retour dans sa patrie, ouvrit à Bristol une maison de commerce; et comme il avait luimême de l'instruction, il applaudit à l'ardeur que ses fils montraient pour les études littéraires, ne regardant d'ailleurs la poésie que comme une innocente récréation. John Tobin fut mis, à dixsept ans, chez un avoué, à Lincoln'sInn; et, grâce à une rare facilité, il se distingua bientôt entre les autres clercs par son exactitude et par sa célérité dans un travail qui cependant ne lui inspirait que du dégoût. Toutefois, tandis que sa main était occupée à expédier des rôles, son esprit se livrait tout entier aux objets de sa prédilection. Son penchant pour le théàtre était devenu irrésistible. Avant l'année 1794, il avait terminé, entre autres ouvrages, plusieurs opéras et une tragédie, qui furent rejetés par les comédiens. ln Tobie, poë te en quatre chants et en prose, par Leclerc, parut en 1773 La Tobiede, ou Tobie recouru par i'anye, poiime en dix chanta, 1786 est de l'abbé Leroy, curé de Nlarville. Florian a fait aussi un petit poétne en vers. sous le titre de Tobie. L'académie de Niort proposa, en 1509, pour sujet du pila qu'elle devait décerner l'année suivante , un poëine sur Tobie; dixsept pièces furent envoyées ati concours; aucune n'obtint le prix; drus mentions honorables furent accornees à MM. Charrin et Lecture L'ouvrage de Charrin a été imprimé arec d'autres pièces, 1810 Une tragédie en un acte fut imprimée, en 1604, parmi les CEuvres de mesdames des Roches Troy. nus }Weil., cette pièce est aussi attribuée à Ch.J. de Guerre. ou Guerruns, né en 1543, et mort en 15,3. U111, antre tragédie de Tobie a pour auteur Gabriel Breton de la Fond; enfin Jacques Otiyn de Louviers donna une tragédie de Tobie, en cinq actes et en vers, imprimée en 1606. Il existe plusieurs pièces de théâtre en vers latins dont Tobie est le héros. il s'en trouve une dans le Terenielis christianias de Corneille Schoone ittoy. ce nom! . Le célèbre Shéridan , au jugement de qui elle fut soumise, trouva qu'elle ressemblait trop à sa propre comédie , l'Ecole du scandale, et craignit d'ailleurs qu'on n'y vit la satire d'une noble dame connue pour tenir chez elle une table de pharaon. L'Entrepreneur 'the Undertaker), que produisit ensuite Tobin, n'eut pas plus d'accès au théâtre, mais fut admiré des lecteurs. Le Normand, drame romantique, en cinq actes, intitulé depuis le Courre- feu the Curfew), dont le sujet est pris dans les temps féodaux , fut également refusé des comédiens. L'auteur ne perdit point encore courage. A l'époque où les drames de Kotzebue et le Pizarre de Shéridan avaient la plus grande vogue en Angleterre, il écrivit son drame des Indiens, dont le héros est le général Bowles , fameux par des aventures extraordinaires; mais il était dans la destinée de J. Tobin de voir successivement repousser toutes ses tentatives dramatiques. Le Pècheur, drame lyrique , et l'École des auteurs 1MM) ne furent pas plus heureux. Une petite pièce qu'il avait composée autrefois fut la seule que l'on représenta; et ce fut au profit d'un comédien : elle eut du succès; toutefois l'auteur la retira, craignant de se nuire en se faisant connaître d'abord par une simple farce. Tobin soumettait toutes les productions qui sortaient de sa plume à la critique de jeunes gens instruits, qui se réunissaient dans l'appartement occupé par lui et son frère. On y éleva un jour cette question : . Le Courre- feu fut représenté avec succès vers 1806, et imprimé en 1807. L'Ecole des auteurs fut trèsapplaudie en 1808. La Table de pharaon , ou le Tuteur the Guardiaii, parut en novembre 1816 , sur le théâtre de DrurvLane, et fut imprimée la mème année. Miss Benger a publié des Mémoires sur John Tobin, Londres, 4830 Ils stitit suivis d'un choix de ses écrits inédits, entre autres les Indiens, eu cinq actes et en vers; un fragment d'une tragédie; le Pecheur, , opéra en trois actes. — Son frère, James ToriiN, mort en 1815, cultiva la poésie avec succès. dans sa jeunesse. Plus tard il s'occupa d'un ouvrage sur la politique coloniale. Partisan zélé de l'émancipation des noirs, il voulait préparer ces malheureux à jouir un jour de la liberté. Il reçut pour cette généreuse intention un témoignage public d'estime du duc de Gloucester. dans, une réunion de l'institution africaine, en 1813. On a de James Tobin des Obserrations sur l'Essai de Ramsay, relatif au traitement et à la courersion des esclaves africains dans les colonies à sucre, 1785, 1787 et 1788, i n-8°
  • John TWEDDEL( 1769 - 1799) : littérateur et voyageur anglais, né, le ler juin 1769, à Threcpwood, près d'Hexham , en Nortumberland, fut enlevé aux lettres lorsqu'il avait à peine atteint sa trentième année. Il mourut de la fièvre dans le cours de ses voyages, à Athènes, le 25 juillet 1799. Ses restes mortels furent déposés dans le Theseum et indiqués par une inscription en langue grecque. Élève du collège de la Trinité, à Cambridge, il y fut souvent couronné pour des compositions que des littérateurs du plus grand mérite l'encouragèrent à mettre au jour. Elles parurent en 1793, un vol. intitulé Prolusiones juveniles , Fra,- miis arademieis dignatœ. Ce recueil se compose poémes grecs et latins. d'essais et de discours en anglais , notamment sur la politique de Henri VII, et sur le caractère de Guillaume III. Dans une de ses compositions en prose latine, l'auteur s'attache à prouver qu'un gouvernement libre et juste peut subsister dans un grand empire. Dans ces divers morceaux , on admire la noblesse et la maturité de la pensée, la pureté et l'élégance du style. Des juges sévères y ont seulement blâmé de la recherche dans le tour de la phrase et dans les expressions. Le célèbre professeur Heyne de Goettingue rendit hommage à un talent qui s'annonçait avec tant d'éclat. Les Prolusiones ont été reproduites en 1815, avec des fragments d'autres ouvrages de la même plume : Remains, etc., Restes de J. Tweddel, ou choix de lettres écrites de diverses parties du continent, précis du journal de l'auteur, détail sur ses collections manuscrites, ses dessins, etc., précédés de mémoires biographiques, par l'éditeur, le Rev. Robert Tweddel , Londres, 4., avec figures. Une seconde édition augmentée parut en 1816. On peut lire, au sujet de cette publication , des articles intéressants dans le Nonthly Beview, , septembre et octobre 1816. J. Tweddel était membre de son collége et de la société d'InnerTemple à Londres
  • John TRUMBULL( 1756 - 1843) : peintre américain, naquit le 6 janvier 1756 à Lebanon , dans l'état du Connecticut, dont son père était gouverneur. Il fut élevé à l'université d'Aroard, et il voulut se consacrer aux beauxarts, mais la guerre de l'indépendance vint lui ouvrir pendant quelques années une autre carrière ; il servit avec distinction dans les rangs des Américains, devint aide de camp de Washington et fut élevé au grade de colonel. Se croyant victime de quelques passedroits , il donna sa démission, et, revenant à sa vocation de peintre, il partit en 1780 pour l'Angleterre, voulant se mettre sous la direction de West, qui passait alors pour le premier des maîtres. Il ne dissimula pas à Londres ses sentiments antianglais ; on le prit pour un agent secret et dangereux de ce qu'on nommait les insurgeais ; il fut arrèté, et ne recouvra sa liberté qu'en s'engageant à retourner en Amérique. La paix ayant été signée en 1783, il put venir reprendre sa place dans l'atelier de West. En 1786 il revit les EtatsUnis. Il avait consacré ses pinceaux à retracer les principaux événements de la guerre de l'indépendance, et il est facile d'imaginer avec quel empressement ses compatriotes accueillirent de pareils travaux. La Bataille de Banker's Hill, la Mort de Montgommery furent l'objet des plus grands éloges ; ou voit au Capitole , à Washington, quatre autres grandes compositions faisant partie de cette série; ces divers tableaux ont été gravés par d'habiles artistes , ainsi que divers portraits de Washington exécutés par Trunibull. Ce peintre ne s'occupait pas seulement de son art ; il suivit successivement diverses carrières; il fut secrétaire du président Jay, il se livra pendant plusieurs années à des opérations commerciales ; en 1796 et en 1804 il fut chargé de remplir en Angleterre diverses missions diplomatiques. En 1817, il fut élu président de l'académie américaine des beauxarts, et il eu remplit longtemps les fonctions. Il mourut à NewYork le 10 novembre 1843 , dans un àge fort avancé ; il avait légué au collège de Yale les tableaux qu'il possédait , et ils sont conservés dans un édifice qui porte le nom de galerie Trumbull
  • John TRUSLER( 1735 - 1825) : écrivain anglais, né à 1,011- dres, en 1735. exerça successivement diverses professions, celle de pharmacien entre autres, et desservit une cure aux environs de Londres. EH 1771, il conçut un projet dont la réussite commença sa fortune : ce fut d'abréger les sermons des théologiens les plus distingués et d'imprimer ces abrégés avec des caractères qui imitaient l'écriture manuscrite , de manière a éviter aux ecclésiastiques nonseulement le soin de composer leurs discours , mais aussi la peine de les transcrire. Cette entreprise fut encouragée ménie par des dignitaires de l'Eglise anglicane. Truster, devenu imprimeur et libraire, alimenta son établissement des productions de sa plume , dont plusieurs ont du moins le mérite de l'utilité. Ayant acquis quelque aisance , il se retira flans une terre qu'il possédait au comté de Middlesex. et mourut à Bathwick, en 1825. On a lie lui, entre autres écrits : 1• Hogarth moralisé, 1766 ; 2° Chronologie, vue concise de l'histoire. 1769 Parmi de nombreuses réimpressions, il y en a une en 2 volumes 2, suivis d'un 3° volume en 1805. 3° Compte rendu au sujet des iles de la mer du Sud, 1777. 4• AarieullItie pratique, 1780 5* Abrégé des connaissantes loilies, 1784 6° Abrégé de illackstone, 7144 7• Dictionnaire des rimes, 178?, n-4*; ft• les Temps modernes, ou les Arentures de , Gabriel ° alcali, 1785, 3 vol. ; 9° le Guide et moniteur de Londres, 1786 IO* k. Légiste de la campagne, 1786, iii-8°; Il" lue sommaire des lois constitutionnelles d'Angleterre, 1788, in•8•; i• Vie et Aventures de William Ilamble, 1793, 3 vol. Fe l'Art du jardinage l'i• Essai sur la propriété littéraire, 1798 ; 15° 11» moires sur sa rie , 1" partie , 1806; 16° Pensées philosophiques sur l'homme, 1810, 2 vol
  • John TYLER( 1790 - 1862) : né en Virginie en 1790, était fils d'un planteur; il fit des études plus sérieuses que celles qui étaient, il y a un demisiècle, habituelles dans sa patrie, et il se destina au barreau. Il fut bientôt connu d'une façon avantageuse, et en 1816, malgré sa jeunesse, les suffrages de ses compatriotes l'envoyèrent à la chambre des représentants ; son zèle et le talent dont il lit preuve dans plusieurs discussions importantes établirent sa réputation. Il fut nommé gouverneur de la Virginie ; une administration ferme et dévouée au bien public lui concilia des sympathies générales, sans distinction de parti, et elles se traduisirent par deux élections successives comme membre du sénat, en 1827 et en 1836. En 1840 , il y eut dans l'Union une de ces luttes vigoureuses que ramènent les élections présidentielles. Le général Jackson d'abord , ensuite son successeur , Van Buren , avaient professé avec éclat les idées démocratiques; on était fatigué de leur système politique; une vive réaction rendit l'ascendant aux whigs. Le général Harrison fut nommé président et Tyler fut désigné comme viceprésident par une forte majorité. Il ne devait pas longtemps rester au second rang; une mort inopinée enleva Harrison quelques semaines après son élection. La constitution prévoyait cette circonstance, Tyler devint président ; c'était la première fois que cet événement se produisait. Bientôt de graves dissentiments éclatèrent entre lui et le congrès. Abandonnant les idées du parti qui l'avait porté au pouvoir, le nouveau président reprit les systèmes de ses prédécesseurs. La banque nationale, dont Jackson avait été l'adversaire inflexible, avait été supprimée ; les whigs voulaient qu'elle fût rétablie. Le congrès, prenant l'initiative, rendit un vote dans ce sens ; Tyler y opposa son veto constitutionnel, et il tint ferme, malgré les clameurs les plus violentes. Il ne montra pas moins d'énergie dans la question de la répartition, parmi les divers Etats, du produit de la vente des terres appartenant à l'Union. Privé de cette ressource, le trésor se trouvait eu face d'un déficit auquel il fallait faire face par des augmentations dans les tarifs de douane, et cette mesure qui favorisait les intérêts des Etats du Nord, où l'industrie voulait être protégée contre la concurrence étrangère, froissait les Etats du Sud qui prétendaient recevoir à bon compte les pro- 1 duits de l'Europe et donner les leurs en échange. Ce fut encore au moyen de son veto que Tyler arrêta les résolutions du congres à cet égard ; le trait le plus saillant de son caractère était une persistance inébranlable dans les résolutions qu'il avait prises; cette fermeté, honorable lorsqu'elle est le résultat d'une conviction consciencieuse, froisse souvent bien des intérèts qui ne pardonnent pas. De graves questions extérieures occupèrent l'attention du président ; il fut assez heureux pour les mener presque toutes à des conclusions satisfaisantes. Ce fut sous son administration que l'Union agrandit d'une façon importante le nombre de ses Etats par l'incorporation du Texas enlevé aux Mexicains et par l'élévation au rang d'Elats de la Floride et du lova, qui n'étaient encore que des territoires. En 1844, le président négocia avec le Zollverein un traité de commerce, rnais il amenait une augmentation dans les tarifs douaniers , et le congrès refusa sa ratification à cette convention. De longs débats avaient lieu avec l'Angleterre au sujet de l'incendie d'un navire; le nom de la Caroline revenait sans cesse dans les journaux de l'Amérique et dans ceux de la GrandeBretagne. L'anglais MacLeod était accusé d'un acte contraire au droit des gens; à Londres, on prenait fait et cause pour lui ; jugé par une cour américaine, il fut acquitté, et la difficulté se trouva résolue. Le 9 août 1842, un traité fut signé pour régulariser l'extradiction des malfaiteurs entre le Canada et l'Union, pour abolir la traite, pour déterminer des limitations de frontières encore disputées; cet acte termina des contestations qui , en se renouvelant, pouvaient conduire à des conflits sérieux. Ces succès ne balancèrent pas cependant le mécontentement qu'a. 'sait inspiré l'administration intérieure de Tyler, et lorsqu'en novembre 184,4 le moment vint de désigner un nouveau président, il essaya inutilement de se faire renommer. Son prédécesseur, Van Buren, se remit sur les rangs, et par une évolution nouvelle des partis, il était cette fois soutenu par les whigs qui , quatre ans plus tôt, l'avaient renversé pour faire choix de Tyler, dont ils avaient ensuite été si mécontents. Le parti démocratique, puissant par le nombre et par une organisation qui depuis s'est encore bien perfectionnée, s'était divisé ; une portion , les freesoi- lers , s'était ralliée à Van Buren ; le surplus se rangea autour d'un candidat nouveau, Polk, et l'emporta. Tyler comprit dès lors que son rôle politique était terminé; il s'éloigna de Washington, revint dans son pays natal de Virginie, et il y passa dans la retraite le reste de sa vie, qui se termina en 186
  • John VAN DER LYN( 1778 - 1853) : peintre américain, naquit à Kingston, en 1778, et reçut dans sa ville natale une éducation soignée. A NewYork, où il vint en 1792, avec le graveur Thomas Barrow, il apprit le dessin et se forma à l'étude des beaux arts en général. 11 y fit aussi connaissance avec un peintre de portraits . appelé Stuart , dont il copia les oeuvres. Bientôt après, il trouva dans le colonel Burr un protecteur qui le mit à mème d'aller se perfectionner en France, où il séjourna de 1796 à 1801. Revenu en Amérique, il y peignit, en 1802, la chute du Niagara. Puis il retourna en Europe, où il séjourna jusqu'et, 1815. En 1804, à Paris, il s'essaya dans la pe historique, et en 1807, à Rome, il peignit Marius parmi les ruines de Carthage, ce qui lui valut à Paris, l'année suivante, une médaille d'or. Il continua de produire d'autres oeuvres remarquables : une copie de l'Antiope, du Corrége; une Ariane; une copie de la Danaé, du Titien. A son nouveau retour aux EtatsUnis, il se remit au portrait et reproduisit les traits de ses plus illustres compatriotes : les Madison, les Monroe, les Calhoun , les Jackson , etc. Il exhiba ensuite de curieux panoramas Paris, Athènes, Versailles, et il continua ces exhibitions dans le Sud et à la Havane. Un portrait de Washington, qui lui fut commandé par le congrès, lui valut une récompense de mille cinq cents dollars. Il fit encore le voyage de Paris, en 1839 et en 18.17; et à NewYork, il exposa un Débarquement de Christophe- Colomb. Son dernier portrait fut celui du général Taylor. Van der Lyn mourut le 23 septembre 1853
  • John VENDRAMINI( 1769 - 1839) : graveur anglais, d'origine italienne, naquit à Roncade en 1769. Venu à Londres après avoir reçu les premières notions de l'art dans sa ville natale, il se perfectionna sous Bartolozzi, dont il suivit les leçons jusqu'au moment où cet artiste quitta l'Angleterre. Ii se forma alors à luimême une manière. En 1805 il se rendit en Russie, séjournant une partie de l'année à Moscou et une autre partie à StPétersbourg. Il s'acquit la faveur de l'empereur, qui lui confia de nombreuses commandes, et le gratifia d'un diamant de la valeur de 5,000 roubles. La noblesse russe suivit l'exemple de la cour, et Vendramini devint l'artiste à la mode. Toutefois Vendramini voulut retourner en Angleterre, puis en Italie. Mais on lui refusa un passeport. C'est alors que le duc de Serra Capriola le fit passer pour un courrier de dépêches, et il put ainsi s'échapper. Revenu en Angleterre, il y poursuivit, avec la même activité et le même succès, sa carrière d'artiste. Alors parurent de lui une Vision de Ste - Catherine d'après Véronèse, un St- Sébastien d'après l'Espagnolet, une Léda d'après Léonard de Vinci. Puis ce fut une Résurrec- tion de Lazare d'après le tableau de Sébastien del Piombo pour la galerie nationale. Son dessin était d'une remarquable correction. Et il avait une telle sûreté de coup d'œil que souvent il gravait sur le tableau même sans recourir au dessin. Vendramini mourut en 1839
  • John WALLIS( 1714 - 1793) : théologien et naturaliste anglais, né en 171P1 à Ireby, en Cumberland, fut élevé à Oxford et rédigea, tandis qu'il était curé de Simonburn, en Northumberland. une Histoire du Northumberland, qui parut en 1769, 2 vol. Le premier volume, contenant la description des minéraux, des fossiles, etc., trouvés dans ce pays , est le plus estimé. A d'autres égards, l'ouvrage est moins satisfaisant. L'auteur avait publié précédemment un volume de Lettres à un élire sur le point d'entrer dans les saints ordres. Il desservit successivement deux autres cures, à Haughton et à Billingbam , et mourut à Norton le 23 juillet 1793
  • John WALKER( 1732 - 1807) : auteur de plusieurs ouvrages estimables sur la langue anglaise, naquit en 1732, dans un hameau de la paroisse de FriernBarnet. 11 parut pendant plusieurs années sur le théâtre, mais sans éclat, et le quitta en 1768 , pour diriger , conjointement avec James- lisher , une école à Kensington GravelPits. Cette association fut rompue au bout de deux ans, et ce fut dès lors que J. Walker se livra presque exclusivement à des recherches sur la formation du langage et surtout à l'étude de la construction de la langue nationale, recherches dont le résultat lui a fait une grande réputation. Il s'attacha à démontrer les erreurs, les inconséquences et les affectations qui s'étaient introduites dans la prononciation, et qui avaient été propagées plutôt que corrigées par la plupart de ceux qui , jusqu'alors, avaient fait profession de l'enseigner, et, quoiqu'il fût l'ami de Samuel Johnson , il n'hésita pas à signaler quelques erreurs littéraires échappées à cet écrivain au reste , sa critique est toujours accompagnée des égards et de la politesse qu'exigent ces sortes de discussions. Il publia, en 1774, en forme de prospectus, une brochure intitulée Idée générale d'un dictionnaire de la prononciation de la langue anglaise, ouvrage qui manquait à la littérature britannique, quoique le docteur Kenrick eût essayé de remplir cette lacune dans son Dictionnaire de rhétorique. En attendant que l'accueil du public l'encourageât à exécuter cette grande entreprise, il compila un dictionnaire anglais sur un plan moins étendu, mais neuf encore, où les mots devaient titre rangés suivant leur terminaison. Cet ouvrage vit le jour en 1775 sous le titre de Dictionnaire de la langue anglaise, répondant à la fois aux besoins de la rime, de l'orthographe et de la prononciation; il a été reproduit depuis sous le titre de Dictionnaire des rimes. L'auteur fit, dans diverses villes des trois royau- mes, des cours d'élocution qui furent trèsfréquentés, et il fut surtout bien accueilli à Oxford, où les chefs d'institution l'engagèrent à donner des leçons particulières dans l'université. Plusieurs livres qu'il fit imprimer sur !es objets de ses études furent adoptés pour l'usage des écoles et continuent de jouir d'une grande réputation. Le dernier parut en 1805. J. Walker mourut en juillet 1807. C'était un homme plein de probité, dont l'esprit s'était enrichi par la lecture et poli par la fréquentation du monde. Elevé dans la doctrine presbytérienne , il avait ensuite embrassé la communion romaine, dont il remplissait exactement les devoirs. Voici les titres de ses principaux ouvrages : P Dictionnaire des rimes, souvent réimprimé, notamment en 1819, 2 vol. ; 1824 , 1837, 1851 ; 2. Exercices pour se perfectionner dans l'élocution, 1777Eléments de l'élocution, 1781 et 1799, avec des changements et des additions, 1815, 1824, 1838. Ce livre était le premier traité pratique où les principes de l'art de parler fussent exposés, simplifiés et réduits en système. 4° Grammaire- rhétorique, ou Cours de leçons d'élocution , 1785 3° édit., 1801 ; 5° Classiques anglais abrégés, oeuvres choisies d'Addison , Pope et Milton, 1786 6° la Mélodie du langage, Londres, 1791 2e édit. , 1797 ; 6° édit. , stéréotype. Londres, 1810 ; 7° l'Orateur académique, ou Choix de débats parlementaires, discours , odes , scènes des meilleurs écrivains, 1788 4. édit., 1801 8° Dictionnaire critique de prononciation et interprète de la langue anglaise, 1791 réimprimé près de quarante fois. Plusieurs critiques anglais distingués eu ont donné, en outre, des éditions revues, corrigées , remaniées, qui ont également obtenu des éditions nombreuses. 9° Clef de la prononciation classique des noms propres grecs, latins et de la sainte Ecriture, 1791, avec le portrait de l'auteur trèsressemblant; 10. Manuel de l'instituteur pour la composition anglaise, 1801 ; 11° Elérnents de la grammaire anglaise, 1805
  • John WALTER( 1784) : journaliste anglais , naquit en 1784. Son père, né en 1739, était un imprimeur qui avait inventé la logographie, c'est-àdire l'emploi de mots entiers, de syllabes, dans l'imprimerie, au lieu de les former au moyen de lettres isolées, selon l'usage habituel. Le i.' janvier 1788, il publia le premier numéro du Times; durant dixhuit ans , il fut l'imprimeur de l'administration des douanes, mais en 1805 il fut privé de cet emploi , en punition de ce que le Times avait vivement critiqué l'administration de lord Melville, premier lord de l'amirauté. Il mourut le 16 novembre 1812. En 1803, il s'était associé pour la direction du Times son fils, âgé de dixneuf ans. Bientôt ce journal acquit une importance exceptionnelle. 11 appela à lui des écrivains d'élite, et leur accorda des honoraires jusqu'alors sans exemple ; il prit des mesures efficaces afin d'avoir des comptes rendus détaillés, fidèles et immédiats des débats du parlement, des audiences des tribunaux, des meetings; il établit partout des correspondants actifs et habiles qui lui faisaient part de tout ce qui se passait d'intéressant. On vit parfois le Times recevoir avant le gouvernement luimème des nouvelles importantes. Ce fut ainsi à force de soins, de vigueur et de sacrifices que ce journal s'éleva à un rang qui le mit hien audessus de tous ses rivaux et qui en fit une véritable puissance. — L'application de 4a vapeur aux presses typographiques vint très à propos pour répondre aux nécessités qu'imposait au Times une publicité toujours croissante. Ce fut Walter qui le premier eut recours à cette invention, et le 29 novemb 1814, il l'introduisit dans ses ateliers. On tir. alors 1100 exemplaires par heure, mais depu r les perfectionnements ont été tels qu'on est a rivé à en obtenir 12,000, et le Times tire chaque jour à 50,000 exemplaires. — Walter ac' qii une grande fortune, et l'ambition le poussa vouloir devenir un homme politique. Il ava acheté un vaste domaine dans le comté de Berks il se posa en candidat aux élections de décemb 1832, et il fut nommé membre de la chamb des communes. En 1835 , il fut renommé, niai deux ans après, se trouvant en divergence d'o '- ni?n avec ses commettants à l'égard (le la nous velte loi des pauvres, il regarda comme un devoir de donner sa démission. En 1840 il se présenta aux électeurs de Southwark , niais cette fois il échoua. Au mois d'avril 1841, il fut plus heureux à Nottingham; l'année suivante, des élections générales eurent lieu, et il réclama encore les suffrages des électeurs de cette ville, mais une agitation trèstumultueuse, mêlée de voies de fait; s'élevant à cette occasion, il retira sa candidature demiheure avant que le scrutin fut ouvert. Il mourut à Londres le 28 juin 1847
  • John WARD( 1679) : fils d'un ministre nonconformiste, naquit à Londres en 1679. Le goût qu'il avait pour l'étude lui fit quitter, en 1710, un petit emploi dans les bureaux de la marine pour se mettre à la tète d'une école. Deux ans après, il débuta dans la carrière des lettres par un opuscule sur les règles de ta composition : De ordine, sire de venusta et eleganti tu? vocabulorum, tuer membrorum sententiœ collocatione. Cet écrit et plusieurs autres qui le suivirent lui acquirent de la réputation et lui méritèrent des distinctions honorables. La chaire de rhétorique du collége de Gresham, université d'Oxford, lui fut donnée en 1720. Il fut élu , en 1723, membre de la société royale de Londres, et en 1736, de celle des antiquaires, et devint viceprésident de toutes deux. L'université d'Édimbourg lui conféra, en 1751 , le degré de docteur en droit. Lorsque le musée britannique fut fondé, en 1753, il fut désigné pour en être un des conservateurs, et mit beaucoup de zèle à faire prospérer cet établissement. John Ward avait publié Cil 740 le plus connu de ses ouvrages : les Vies des professeurs du collée de Gresham, Londres Il mourut octogénaire, au mois d'octobre 1758. Il avait préparé pour l'impression le cours de leçons prononcées par lui dans sa chaire de rhétorique, et qui parut sous le titre de Système d'éloquence , etc., 1758,2 vol. On fit en 1761 une autre publication posthume des ouvrages qu'il avait laissés : Dissertations sur divers passages des saintes Eceitures 8°, t. 1 ; le second parut en 1774. Parmi ses autres écrits, nous citerons : 1° une traduction latine de la huitième édition du Traite; de la peste, par Mead , 17'23. Maittaire l'avait devancé dans cette entreprise; niais sa version, faite sur la première édition de Mead, n'avait point été approuvée par l'auteur et était restée manuscrite. 2° De ratio« interpungendi, imprimé à la suite d'une édition des Elementa rhetorica de Gérard Vossius, Londres, 1724 ; 3° Essai sur la table de Peutinyer, en tant qu'elle se rapporte à la Bretagne, à la suite de la Britannia romana de llorsley ; 40 Quatre essais sur la langue anglaise , savoir : 1. Observations sur l'orthographe; 2. Règles pour la division des syllabes; 3. Usage des articles ; 4. Formation des verbes et leur analogie avec le latin, 1756 On a reproché au savant auteur de n'avoir pas mis son langage à la portée des commençants. 5° Une édition de la Grammaire latine de Lily, 1732, et une autre de la Grammaire grecque de Camden, 1754; quelques répliques en latin au docteur Middleton, touchant la condition des médecins chez les Romains ; De ranis et lucernis, de amuletis , de annulis et jibulis, de asse et partibus ejus, 719 ; enfin un grand nombre d'autres mémoires, insérés dans les Transactions des deux sociétés savantes dont il était membre, L.
  • John WASHINGTON( 1785 - 1863) : hydrographe anglais. naquit en 1785. Il entra dans la marine en 1812 ; et au mois d'octobre 1813, il devint midshipman, et fit en cette qualité le voyage du Groenland, à bord du vaisseau la Caroline, capitaine Downman , envoyé à la poursuite du commodore américain Rogers. De retour en Angleterre au mois de novembre, Washington entra au collége naval de Portsmouth, au sortir duquel , en mai 1816, il fit à bord du Fourth , capitaine Thomas Louis, une campagne de trois ans sur les côtes d'Amérique. De 1819 au commencement de 4821, il fit, sur le rengeur, capitaine Maitland, et sur le Superbe, capitaines White et Mackenzie , des excursions dans l'Amérique du Sud, et le 21 janvier de la même année, il fut nommé lieutenant. Les années suivantes, Washington servit sous divers officiers supérieurs ; et, le 14 aat 1833 il fut nommé commandant. Il ne se contenta cependant pas du service inhérent à son état et à son grade, il s'adonna en outre aux études hydrographiques et géographiques. Il remplaça. en 1835, le capitaine Maconochie en qualité de secrétaire de la société royale de géographie de Londres. Mais il se démit de ces fonctions, en 1841, pour pouvoir se livrer à l'observation des faits géographiques dans la mer du Nord. Il remplit cette mission scientifique jusqu'en 1844. En 1845, il fut chargé d'étudier l'état des rivières, côtes et ports du royaume uni puis il fut employé à l'amirauté au service des chemins de fer et des voies navigables. Lors de la retraite du contreamiral Francis Beaufort, le 30 janvier 1845, John Washington fut nommé hydrographe de l'amirauté. Il était chargé, en cette qualité, d'inspecter la confection et la révision des cartes marines. Il fut élu membre de la société royale le 13 février 1845. Il fit aussi partie des sociétés de géographie et des ingénieurs civils, de l'académie royale des sciences de Copenhague, enfin des sociétés royales de Berlin et de Paris. John Washington mourut en 1863. On trouve de lui dans le Journal de la société royale de géographie les communications suivantes 1° Notice géographique sur le Maroc, t. 1°' du recueil ; 2° Esquisses des progrès de la géographie et des travaux de la société de 1837 à 1838; 3° Analyse de l'ouvrage de Van Hugel intitulé le Cachemire et le royaume des Sikhs, ainsi que de la Navigation et de l'astronomie nautique de Raper. t. 10 du recueil ; 4° Analyse de l'atlas de / a ma- rine du gouvernement prussien, t
  • John WELDON : compositeur anglais, naquit près de Chichester, et, après avoir reçu de John Walter, organiste d'Eton, les premiers éléments de l'art, il passa sous la direction d'Henri Purcell, un des plus illustres musiciens anglais. 11 obtint, jeune encore , l'emploi d'organiste au New- College à Oxford; en 1701, il entra, comme gentleman extraordinaire, à la chapelle royale; Iiii1708, il en devint l'organiste; en 1715, une XLIV. seconde charge de compositeur fut créée dans cet établissement, elle fut donnée à Weldon , et ce n'était nullement une sinécure. Il était en même temps organiste de l'église StBride à Londres, et les administrateurs de l'église de StMartin des Champs le choisirent pour toucher l'orgue que le roi George Pr leur donna. Travailleur actif, Weldon composa un grand nombre de morceaux de musique d'église. On admire encore deux de ses antiennes En toi, Seigneur, et Entends mes cris. Il s'occupa aussi de théâtre; il mit en musique le Jugement de Paris de Congrève , pièce qui rentre dans cette catégorie d'opérasballets que les Anglais appellent masques; un air, Que l'ambition enflamme ton cime , fut remarqué pour sa fraîcheur et sa mélodie; il a été appliqué à d'autres paroles, introduit dans diverses pièces, et on l'entend encore en Angleterre. Plusieurs chansons de Weldon ont été insérées dans différents recueils, dans le Mercurius musicus notamment, et Hawkins en a placé dans son Histoire de la musique. Cet artiste mourut en 1736
  • John WHISHAW( 1764 - 1841) : voyageur anglais, naquit à Chester en 1764. 11 étudia et se distingua au collège de la Trinité, à Cambridge, et d'abord se disposa à s'adonner uniquement au barreau ; il pratiqua mème avec un remarquable succès à la cour de la chancellerie. Mais des infirmités prématurées et la privation partielle de la vue l'obligèrent à renoncer à une profession désormais au.dessus de ses forces. Devenu directeur de l'Institut africain, il fit paraître en 1815 le Jour- nal d'une mission dans l'intérieur de l'Afrique en 1805, par ilungo Park. Whishaw- ne publia point d'autre ouvrage; mais ce journal eut le plus grand succès. « Impossible, disait une Revue fort « accréditée, le Quarterly Review, de mieux retraj « cer l'histoire du célèbre et intéressant voyageur. » Whishaw fut lié avec les persominages les plus considérables de l'époque, tels que Ricardo, Hallam, Malthus, James Mackintosh, etc. Il devint membre de la société royale le 23 fé- ivrier 1815 et mourut le 21 décembre 1841. L. 111
  • John WHITAKER( 1735 - 1808) : savant anglais , né à N'anchester vers 1735. fit ses études à Oxford , où il fut depuis agrégé à un collége. Il montra, dès l'enfance, un esprit vif et original et un caractère peu endurant. Le premier ouvrage qu'il soumit au jugement du public, l'Histoire de la cals de Manchester, est aussi celui qui soutiendra sa réputation. On y reeormait 1e fruit de profondes recherches, une imagination sagement réglée, le mérite de l'ordre et du style. On y a remarqué particulièrement ce qui concerne l'introduction du christianisme dans la GrandeBretagne. La Véritable histoire des Bretons, publiée en 1772, 1. vol. peut être regardée comme la suite de l'ouvrage précédent: Ce nouvel écrit contient une réfutation complète de l'Introduction à l'histoire de la GrandeBretagne et de l'Irlande, par Macpherson. L'auteur fut nommé, en 1773, l'un des prédicateurs de la chapelle de Berkeley, à *Londres, et s'y distingua par son éloquence. L'offre que lui fit d'un bénéfice considérable un protecteur qui professait les sentiments des unitaires lui donna l'occasion de montrer la dignité de. son caractère par un noble refus. Elu, en 1778, à la riche cure de RuanLanghorne, près Tregony, en Cornwall, il eut avec ses paroissiens, au sujet du payement de la dime, une contestation qui fut décidée à son avantage par une sentence légale; mais ce ne fut qu'après plusieurs années de mésintelligence qu'il parvint, par l'ascendant de ses vertus , à regagner ces cœurs aliénés. Plusieurs écrits remarquables sortirent depuis de sa plume; mais on observa avec peine et avec étonnement qu'a mesure qu'il avançait en âge, son imagination l'emportait sur son jugement. Il mourut à son presbytère le 8 octobre 1808. On admirait en lui une pénétration profonde, une rare variété de talent, une extrême facilité de composition. Son caractère était bienveillant, niais trèsirascible. Il fut lié momentanément avec le docteur Johnson, mais l'accord ne pouvait "guère subsister entre deux hommes également impatients de la contradiction. Sa liaison avec Gibbon ne fut pas plus durable. Ce grand écrivain, désirant avoir l'avis de Whitaker sur son histoire de l'empire romain, lui avait envoyé le manuscrit du premier volume, en supprimant, pour ne pas alarmer sa religion, le chapitre qui a excité tant de réclamations. Quelle ne fut pas ta surprise de Whitaker lorsqu'il le lut, pour la première fois, dans le volume imprimé ! Dans le compte qu'il rendit de cet ouvrage, il s'est montré extrèmement sévère pour son auteur. La critique qu'il a faite des volumes 4, 5 et 6 ;1791, e, et qui parut d'abord dans la Revue anglaise , contribua beaucoup à la réputation de cet ouvrage périodique. Le Critique anglais et la Revue antijacobine furent de même enrichis de ses articles. Les ouvrages de W hi taker sont : 1° Histoire de Manchester, 1771, 2 vol. 1773, 2 vol. avec des correc- tions. 2° Histoire des Bretons , 1772 ; 3. Sermons sur la mort , le juge- ment dernier, le ciel et l'enfer, 1783Dé- fense de Marie, reine d'Ecosse, 1787, 3 vol. seconde édition avec des additions et corrections, 4790 Ouvrage utile à consulter, plus qu'agréable à lire; on a trouvé que l'auteur s'é- tait arrêté quelquefois à des détails trop minutieux et n'avait pas soigné son style; tnais ce n'en est pas.moins tin recueil de précieux matériaux pour l'histoire. 5° Origine de l'arianisme, 1791 ; 6° Passage d'Annibal à travers les Alpes constaté, 1794. 2 vol. Cet ouvrage a donné lieu , entre autres écrits, à un Examen critique, qui a été réimprimé à Londres en 1825. 7° Véri- table origine du gouvernement, 1795 8° troduction à la Bible de Flindell; 9° Supplément aux' Antiquités de Cornwall , par 111. Polie/ tele; 100 Vie de St- Néot, frère aine du roi Aldred , 1809 11. Examen historique de l'ancienne cathédrale de Cornouailles, Londres, 1808, 2 vol. Plusieurs poëtnes du même auteur ont été imprimés
  • John WILBYE( 1500) : un des plus habiles compositeurs de musique qu'ait produits l'Angleterre, naquit vers le milieu du 16° %iècle. On possède fort peu de renseignements sur son compte. En 1598, il enseignait la musique à Londres et il C'est la date que donne un écrivain spécial , Callisen ( Dielionnaire des médecins l. D'autres recueils font ',etre Wilbrand en 1789. Mais , en suivant cette date , il eflt été reçu docteur dixsept ans; ce qui est peu vraisemblable. fit paraltre un recueil de Madrigal: pour trois, quatre, cinq et six voix. Une seconde partie fut mise au jour en 4609. Il s'y trouve des morceaux du plus grand mérite et qui font encore l'admiration des connaisseurs; on distingue surtout les compositions qui accompagnent les paroles suivantes : « Flore m'a donné les plus belles fleurs; • Madame, quand je vois les boutons de rose; a Charmantes abeilles qui ramassez le miel ; Au « fond d'une vallée ; Corydon , jeune berger, « arrête. Malgré le talent qui brille dans les productions de Wilbye, les historiens de l'art musical en Angleterre, Hawkins et Burney, n'en ont fait mention que d'une manière bien incomplète; mais il s'est trouvé des amateurs qui lui ont rendu justice. Warren Horne a publié quatorze Madrigals pour trois voix, et la société d'archéologie musicale a donné, en i8f1.1 , une réimpression in.folio de la première partie de l'oeuvre de Wilbye en y joignant une introduction due à la plume de M. J. Turle. En 1846, la même société a publié la seconde partie des Vadriqals devenus introuvables ; cette foisci l'introduction est l'oeuvre de M
  • John WILLIAMS( 1796) : missionnaire anglican, surnommé l'apôtre de la Polynésie, naquit le 29 juin 1796, à Tottenham, près de Londres. Ses parents étaient des artisans, et il fut dès sa première jeunesse employé chez un forgeron. A l'âge de dixhuit ans, il eut l'occasion d'entendre un sermon d'un ministre dissident qui fit sur lui une vive impression. Il se fit remarquer par la ferveur de son zèle religieux , et au mois de juillet 1816, il offrit ses services à la société des missions ; ils furent acceptés. Les îles de la Polynésie, révélées à l'Europe par les découvertes de Cook, étaient alors le théâtre sur lequel se portaient les efforts des missionnaires anglicans. On était parvenu à convertir un assez grand nombre de ces farouches insulaires, à les faire renoncer à leurs rites cruels. On demandait des collaborateurs Williams, marié depuis un an, partit le 16 novembre 1817 pour Sydney ; sa femme l'accompagna. Après un court séjour à la NouvelleZélande, il arriva à Limeo, une des îles de la Société. Il y passa quelques mois , s'appliquant à étudier l'idiome de Ta'iti. Il se rendit ensuite à Huaineh, autre île de l'archipel ; il y fut bien reçu. Le roi de l'île de Raiatea , le point central de ce groupe, l'invita à s'établir près de lui; Williams trouva une population désireuse d'entendre prêcher les vérités du christianisme, mais corrompue et d'une paresse excessive. Il améliora peu à peu la situation de ces sauvages, les instruisit, leur fit con- naître les éléments d'une vie matérielle un peu civilisée; ils apprirent à élever de frêles maisons, à fabriquer des meubles, à construire des navires. Au bout de quelques années, le mariage légal , jusqu'alors inconnu , fut institué, et plus tard, les progrès furent tels que le jugement par jury fut mis en pratique. Ne se bornant pas à s'efforcer d'améliorer et d'éclairer les habitants de Raiatea , il visita diverses fies de l'archipel poussant au loin ses excursions , au milieu de toutes sortes de dangers. Il se trouva une fois abandonné avec quelquesuns de ses collaborateurs sur une île écartée, et ils n'en sortirent qu'en se livrant à la merci des vents sur une frêle embarcation, qu'ils avaient construite euxmêmes , après avoir fabriqué les outils dont ils manquaient. Après avoir étendu le champ de ses opérations dans l'archipel des Navigateurs, Williams s'embarqua sur un navire baleinier, et il se retrouva à Londres au mois de juin 183t. Ses travaux étaient connus; il fut trèsbien accueilli, et il eut à prendre la parole dans de nombreux meetings , afin de raconter ce qu'il avait accompli. Il publia , en 1837 , le Récit d'une milsion dans les iles de la mer du Sud, avec des remarques sur l'histoire naturelle, sur l'origine, la langue, les traditions et les usages des habitants. Ce livre piqua la curiosité (lu public; il fut lu avec empressement , et Williams devint célèbre. Il persistait dans l'intention d'aller reprendre le fil de ses travaux interrompus; il voulait établir à Raiatea une maison de missionnaires ; il tenait surtout à avoir un navire qui clonai la possibilité d'accomplir des tournées dans les archipels. Il provoqua une souscription ; elle "éleva à près de quatre mille livres sterling ; le conseil municipal de la cité de Londres, devant lequel le zélé missionnaire avait développé ses plans, avait fourni cinq cents livres sterling, votées à l'unanimité. Le 11 avril 1838 , Williams partit derechef avec sa femme; il était accompagné de seize missionnaires. Après avoir touché au cap de BonneEspérance et à Sydney, après un assez long séjour à Taïti et à Raiatea, Williams voulut exécuter le projet qu'il méditait depuis hien des années de visiter des contrées où les Européens avaient encore à peine paru. Se dirigeant vers les NouvellesHébrides, il débarqua, le 20 novembre 1839, à la baie de Dillon, sur l'ile d'Erromanga ; une troupe d'indigènes, irrités, à ce qu'on croit, par suite d'une querelle qu'ils avaient eue précédemment avec l'équipage d'un navire resté inconnu, attaqua les missionnaires Williams et un de ses compagnons, Harris, furent massacrés. Cette catastrophe excita une douleur générale, et Williams fut aussi regretté en Angleterre que dans la Polynésie Son dévouement, son infatigable et courageuse persévérance, son ardeur à prècher la religion et à répandre les bienfaits de la civilisation lui avaient acquis une universelle et respectueuse sympathie. Il avait fait imprimer en langue de l'archipel de la Société quelques livres élémentaires et une traduction du Nouveau Testament. Sa vie a été écrite par un de ses amis. Ebenezer Prout, sous le titre de Memoirs of the tifs of the Ber. J. 11 Londres. 18%3, 1817 traduit en français, Paris et Toulouse, 1848.
  • John WITHERSPOON( 1722 - 1794) : théologien distingué, né en 1722 à Yester près d'Edimbourg, descendait directement du fameux réformateur Knox. Après avoir terminé ses études à l'université d'Edimbourg, il fut admis à prêcher, et devint ministre dans la ville de Paisley. Son savoir et ses talents oratoires commencèrent une réputation à laquelle ajoutèrent depuis quelques écrits remarquables. L'Eglise d'Ecosse était alors divisée en deux partis : celui des orthodoxes, ou ceux qui adhéraient strictement aux doctrines contenues dans la Confession de foi; et celui des modérés, qui voulaient étendre les droits des seigneurs dans les promotions ecclésiastiques. Les chefs de ce dernier parti étaient Blair, Gérard, Campbell et Robertson, et c'était à des hommes d'un si grand mérite que Witherspoon , qui figurait dans les rangs opposés, avait à disputer l'ascendant à l'assemblée générale. Ses discours lui acquirent une grande influence, et plus encore la publication des Caractères ecclésiastiques, satire piquante, dirigée contre les modérés, qui fut recherchée avec avidité, et continua d'être lue avec plaisir en Ecosse, longtemps après la cessation de l'état de choses qui y avait donné lieu. Des offres séduisantes furent faites à l'auteur pour l'engager à venir s'établir à Dublin, à Dundee ou à Rotterdam ; il préféra d'aller en Amérique, où la renommée de ses talents l'avait devancé. A peine arrivé à PrinceTown, il y fut nommé président du collége, où il s'attacha à introduire les améliorations que l'éducation et la science avaient éprouvées en Europe. Grâce à son zèle , ce séminaire d'instruction prit un vaste développement. Lorsque la brèche fut ouverte entre la métropole et les colonies, l'opinion de Witherspoon se prononça fortement en faveur de l'indépendance. En 1776 les habitants de NewJersey le députèrent au congrès, et il s'y fit remarquer pendant sept ans par sa fermeté, comme par son éloquence. Il mourut à PrinceTown le 15 no- vembre 1794. On a de lui, outre les CaraeMres ecclésiastiques, plusieurs écrits distingués par l'esprit et par l'élégance du style : Essai sur des sujets importants, 3 vol. un livre sur la nature et les lets du thétitre, qui fit du bruit dans le temps où il parut ; des Sermons, '2 vol. Le recueil des Œuvres de ce théologien a été imprimé en 1802, 4 vol., par les soins du docteur Rodgers. On trouve sous son nom , dans l'Ameriean museum, 1788 , plusieurs opuscules, entre autres des Lettres sur le mariage et sur l'éducation
  • John WOLCOTT( 1738 - 1819) : poête anglais, plus connu sous le nom de Peter- Pindar, né en 1738, à Dodbrook , dans le comté de Devon, était fils d'un fermier. Un maitre d'école d'une petite ville voisine l'instruisit dans le latin et le grec, et il fut envoyé en France pour achever ses études, puis reçu comme apprenti par son oncle, chirurgienapothicaire à Fowey, en Cornouaille, qui voulait en faire son successeur. Wolcott fit des progrès dans cette profession ; mais en mème temps il dessinait beaucoup et s'occupait encore plus de poésie. On dit qu'il aimait à se retirer dans les ruines d'une tour bâtie sur un rocher au bord de la mer, et qu'il s'y livrait tout entier à des inspirations poétiques. Il se rendit à Londres pour se perfectionner dans la chirurgie et revint ensuite auprès de son oncle, qui était l'apothicaire de la famille Trelawney. En 1769, sir William Trelawney ayant été nommé gouver neur de la Jamaïque, Wolcott l'accompagna dans cette colonie , avec le titre de médecin du gouvernement, malgré l'opposition de son oncle, qui déplorait vivement l'inconstance de ses goûts. Dans la navigation , sous le beau climat des Ca - naries, il composa plusieurs pièces de vers pleines de verve. Arrivé à la Jamaïque, son épicuréisme céda aux influences du climat; il amusait le gouverneur par sa gaieté, exerçait un peu la médecine sous le titre de médecin en chef de l'île, et passait la pins grande partie de son temps dans la joie. Un jour il lui prit fantaisie de remplacer le recteur de la principale paroisse qui venait de mourir, et il monta en chaire avec la permission du gouverneur, qui trouva sans doute plaisant d'entendre prêcher un médecin qui se moquait de tout et qui aimait trop les joies de ce monde pour songer beaucoup à l'autre. Mais le protecteur de Wolcott vint à mourir, et il fallut bientôt renoncer à la vie voluptueuse des colonies. Il revint vers son oncle , qu'il perdit aussi peu de temps après; il hérita de lui et alla s'établir comme médecin dans la petite ville de Tram. Là il composa des satires, dessilla de temps en temps des carricatures, mystifia ses voisins et se fit des querelles avec beaucoup de monde. Ayant perdu un procès contre l'autorité municipale, il abandonna cette petite ville pour Ilelstan d'où il se retira à Exeter. Ce fut à Truro que Wolcott composa ses meilleures odes , entre autres celle qu'il adressa à Cambria, montagne de la C. rnouaille, et que l'on met à côté des meilleures odes de Collins et même de Gray. Dans cette retraite obscure , il aida quelques talents naissants dont il avait su apprécier le mérite. De ce nombre fut John Opie , simple charpentier, qui , grâce à ses encouragements, devint un peintre fameux. Wolcott possédait luimême un talent fort agréable en peinture, et en mèrne temps il cultivait la musique et composait de jolies romances. Cependant son goût dominant le portait vers la raillerie et la satire; il débuta, en 1778, dans la poésie satirique par une épître ou une pétition aux auteurs des revues littéraires. Il s'était établi, l'année précédente, à Londres et y avait conduit son protégé Opie , qui y eut de grands succès. Il lança alors dans le monde une critique trèsamère de l'exposition des tableaux et dessins, sous le titre d'Odes lyriques aux académiciens royaux, par Peter- Pindar, parent éloigné du poéte de Thèbes, 1785. Quelques grandes réputations, entre autres celle de Benjamin West , y étaient attaquées sans ménagement. Le succès de cette critique encouragea le poi,te, et l'année suivante il en lit une seconde ; enfin, il devint de plus en plus hardi. Le roi, étant un jour à table, avait aperçu sur son assiette un insecte dégoûtant aussitôt l'ordre fut donné de raser toutes !es tètes des cuisines royales ; aucun marmiton, aucun cuisinier ne put se soustraire à cet ordre sévère. Ce fut pour Wolcott le sujet d'un poëme burlesque, the Lousiad, dans lequel le monarque fut traité un peu lestement. Il parait que les ministres eurent d'abord l'intention de poursuivre l'auteur; mais ils furent retenus par la crainte du ridicule et par la vérité du fait. Du reste, le poëte ne les ménagea pas plus que leur maître; Pitt surtout fut poursuivi avec beaucoup d'aigreur, particulièrement dans l'élégie sur la taxe de la poudre à poudrer et dans son Epitre à un ministre tombant. La couleur politique des écrits de Wolcott semblait le ranger parmi les ennemis du trône; on dut être fort surpris de voir celui qui avait fait si vertement la leçon aux rois exprimer son indignation contre leurs adversaires, lorsqu'il publia , en 1791, lei Odes à Paine, auteur des Droits de l'homme, sur le pro- jet de célébrer la chute de l'empire français , par une bande de démocrates anglais, le 14 juillet, 10 pages Wolcott composa plus tard une satire intitulée Eglogue urbaine, contre les biographes qui recueillent les moindres détails de la vie des hommes célèbres, comme Boswell venait de le faire dans la vie de Johnson. Mais à son tour il fut chansonné par Gifford, auteur du poëme satirique the Baviad. Furieux de cette attaque, Wolcott court à la boutique du libraire et donne des coups de canne à son adversaire, qui riposte de la méme manière ; on finit par mettre Wolcott à la porte. Cette affaire fit grand bruit dans les journaux . On publia même à ce sujet un récit burlesque : le Combat des bardes, poëme héroïque en deux chants, avec une préface et des notes, 1 vol. Une autre affaire conduisit le poëte devant la justice. Plus que sexagénaire, Wolc,ott fut traduit à la cour du banc du roi, comme prévenu d'adultère ; mais il fut acquitté , et l'on prétend que le mari , son accusateur, n'avait voulu que se faire donner de l'argent. On raconte qu'ayant été attaqué d'une maladie asthmatique en 1793, il fut pressé par des libraires de leur céder la propriété de ses ouvrages, moyennant une rente viagère de deux cents livres sterling. Le rusé poëte accepta cette proposition , puis il s'en alla dans son pays habiter la campagne. L'air salubre du Devon et de Cornouaille eut une influence si heureuse sur sa santé qu'il revint parfaitement guéri à Londres, au grand étonnement des libraires, qui moururent tous avant lui. Wolcott alors recommença ses travaux ; il fit des vers satiriques sur les événements publics, soigna une nouvelle édition du Dictionnaire des peintres, par Pilkington, pu- blia un choix des Beautés de la poésie anglaise, ainsi qu'une tragédie anonyme intitulée la Chute du Portugal, qui n'a pas été jouée. Alken a gravé à laquaLimita une suite de paysages d'après ses dessins. Ils ont été publiés sous le titre de Vues pittoresques. Ayant presque perdu la vue, Wolcott se retira dans une maison isolée, près de Londres, où il composa encore quelques pièces de vers, entre autres le prologue qui devait être prononcé à l'ouverture du théàtre de DruryLane , I81, et une Epitre à l'empereur de la Chine, au sujet du renvoi de l'ambassadeur anglais, lord Amherst, en 1817. Cette pièce fut son dernier ouvrage; il mourut à Somerston , le 13 janvier 1819. Wolcott avait désiré ètre enterré dans le cimetière de CoventGarden, près du tombeau de Butler, auteur du poëme d'Hudi- bras. La plupart de ses poésies ont perdu de leur mérite, étant remplies d'allusions qui sont devenues inintelligibles et sans intérêt pour la postérité. Il existe plusieurs éditions de ses œuvres : les meilleures sont celles de 1791-1801, 5 vol. 181, 5 vol. , et 1816, 4 vol. . On trouve dans l'Annual biography and obituary de 1820 une notice étendue sur le docteur Wolcott. Les tories ne lui pardonnaient point d'avoir raillé la cour, les ministériels, le clergé ; les whigs n'étaient pas plus contents de lui, et les uns et les autres avaient des reproches fondés à lui faire
  • John WOOLTON( 1535 - 1594) : évêque anglican, né en 1535. à Wigan, en Lancashire, était neveu du célèbre doyen Nowell. Il étudiait au collége de Brasennose, dans "université d'Oxford, lorsque la persécution religieuse l'obligea d'aller , en 1555, joindre en Allemagne son oncle, qui s'y était réfugié; mais l'avéneinent d'Elisabeth au trône l'ayant ramené dans sa patrie , il y fut nommé chanoine d'Exeter et, plus tard, curé de Spaxton • dans le diocèse de Wells. Ses connaissances théologiques et le zèle qu'il manifestait en chaire lui valurent de l'avancement dans sa carrière , tandis que son dévouement pendant la peste qui ravagea Exeter lui gagna les coeurs de ses concitoyens. 11 fut élu. en 1575, gardien du collége de Manchester, et, en 1579, fut sacré évêque d'Exeter. Ce prélat, plein d'activité, dictait encore à un secrétaire deux heures avant sa mort. S'appliquant le mot de Vespasien, il disait qu'un évêque doit mourir debout, et ce fut en effet ainsi qu'il expira , en 1591. La vigilance qu'il exerçait dans son diocèse l'avait exposé à l'animosité de ceux qui étaient intéressés au maintien des abus. et ce sentiment se manifesta par une suite d'accusations qui se trouvent consignées dans l'appendice de la Vie de l'archevêque Parker, par Strype; mais l'évêque d'Exeter se justifia complétement. Il est auteur de quelques traités de théologie publiés dans les années 1576 et 1577, entre autres : le tlanuel du chrétien, — de la conscience; — l'immortalité de l'âme; — la Forteresse des fidèles. L'une de ses filles épousa l'évêque Godwin, à qui l'on doit quelques ouvrages historiques et biographiques
  • John WORDSWORTH( 1805 - 1839) : helléniste anglais , fils du précédent, né le lei juillet 1805, fit ses premières études dans sa famille, et en 1819 il les continua à l'école de Winchester dirigée par le docteur Gabell ; enfin, en décembre 1823, il les compléta au collége de la Trinité, à Cambridge, où il se fit remarquer par de nombreux succès universitaires. Nommé fellow du collège , il y séjourna jusqu'en 1833, puis il voyagea sur le continent, en Italie d'abord. Venu à Florence, il y étudia les manuscrits des oeuvres d'Eschyle, qui se trouvent dans la bibliothèque des Médicis, et il se livra à ce travail avec une telle ferveur d'érudit, qu'il espéra bien rétablir avec plus de bonheur que ses devanciers le texte de ce grand poëte. En effet, il publia, dans un examen de l'Eschyle de Wellauer, une bonne partie des notes qu'il avait prises sur Fauteur du Prométhée. Elles parurent dans le Philological Museum. De retour en Angleterre, et nommé assistant tutor du collège où il avait complété ses études, il fit des lectures classiques qui accrurent sa réputation. Il fut ensuite nommé professeur de grec à la place de Porson, et lorsque le collège auquel il était attaché entreprit la publication des manuscrits inédits du savant Bentley, ce fut Wordsworth qu'il chargea de cette importante opération, 11 fut nommé diacre en 1837, et bientôt après, ordonné prêtre par l'évêque d'Ely. Sa santé, altérée par ses travaux, l'obligea ensuite à résigner la position qu'il occupait au collège de la Trinité. Il se laissa néanmoins entraîner par ses amis à prendre la direction du collége du roi Edouard à Birmingham, sans négliger pour cela ses travaux d'érudition. Mais déjà la maladie qui le devait conduire au tombeau avait fait de rapides progrès : il mourut à peine figé de 34 ans, le 31 décembre 1839. On trouva à peu près disposée pour la publication la Correspondance de Bentley , comme aussi déjà avancé un Dictionnaire classique auquel il travaillait, enfin des notes précieuses pouvant servir à quelque future et bonne édition d'Eschyle. La mort de Wordsworth fut certainement une perte considérable pour les lettres et l'érudition proprement dite
  • John WORSLEY : auteur anglais, se distingua particulièrement comme helléniste. On a de lui une Traduction du Nouveau Testament, accompagnée de notes , 1770 Il était chef d'une maison d'éducation établie à Hertford, et que, après lui, son fils, également nommé John Worsley, continua de diriger pendant trente ans. Celuici publia, en 1770 une Grammaire de la langue latine, estimée pour la simplicité et la clarté des explications, et un Paradigme des verbes français. Il mourut en 1807, âgé de 70 ans
  • John WORTHINGTON( 1618 - 1671) : théologien anglican, né à Manchester en 1618, fit ses études au collége Emmanuel de Cambridge, où il fut agrégé. Richard Sterne , qui fut depuis archevêque d'York, ayant été dépouillé, dans ces temps de trouble et de suspicion, du principalat du collége de Jésus, Worthington reçut l'offre de cette place, que son penchant pour la retraite lui rendait peu désirable ; et il ne l'accepta que pour la remettre à son prédécesseur, aussitôt que la restauration fut arrivée. Il desservit successivement plusieurs cures , entre autres celle de StBene'tFink, dépendant de l'église de Windsor, où il montra du dévouement à ses devoirs pendant la peste de 1665. 11 mourut le 26 novembre 1671 à Hackney, où il avait l'emploi de lecteur en théologie. Son goût pour divers genres de connaissances l'avait mis en correspondance avec le savant Samuel Hartlib. L'évêque Fowler a publié à Londres, en 1704 les Mélanges du docteur 1I/ orthington ; et le ,fils de ce dernier a donné, en 1725, Londres ses Discours choisis. Plusieurs de ses lettres ont été imprimées dans le Register and chronicle de l'évêque Kennet
  • John ADAMS : Président des USA 1797-1801
  • John BARRYMORE : acteur
  • John BOORMAN : cinéaste
  • John BUDGE : tennisman
  • John Cade : dit Jack Cade, révolutionnaire anglais
  • John CAGE : Compositeur américain, pionnier de la musique électronique
  • John Calvin Coolidge : président des ÉtatsUnis
  • John CANDY : acteur, a notamment joué dans "La folle histoire de l'espace"
  • John CARPENTER : réalisateur
  • John CASSAVETES : réalisateuracteurCompositeur "Gloria"
  • John CLEESE : acteur britannique, a notamment joué dans "Un poisson nommé Wanda"
  • John COLTRANE : Saxophoniste
  • John DEREK : acteur
  • John DILLINGER : Gangster
  • John ENTWISTLE : membre du groupe The Who
  • John FORD : cinéaste
  • John FORSYTHE : acteur
  • John FRANKENHEIMER : cinéaste
  • John GAVIN : acteur
  • John GLENN : Cosmonaute
  • John Griffith London : dit Jack London, romancier américain
  • John HURT : acteur
  • John HUSTON : cinéaste
  • John IRVING : écrivain
  • John JAMES : acteur
  • John KEATS : poète britannique "Endymion"
  • John Kenneth Galbraith : économiste américain
  • John LE CARRE : écrivain anglais : "L'espion qui venait du froid"
  • John LENNON( 1940) : chanteur du groupe des Beatles
  • John LEVEN : chanteur, musicien suédois du groupe "Europe"
  • John LITGOW : acteur, a notamment joué dans "Shrek"
  • John MAC ENROE : tennisman
  • John MAC LAUGHLIN : Musicien
  • John MAJOR( 1943) : politicien
  • John MALKOVICH : acteur, a notamment joué dans "L'ombre du vampire"
  • John MILLS : acteur
  • John MILTON : poète britannique
  • John NEESKENS : footballeur
  • John RITTER : acteur, a notamment joué dans "Panic, a notamment joué dans "Terror tract"
  • John SCHLESINGER : cinéaste
  • John STEINBECK : écrivain
  • John STURGES : cinéaste
  • John TRACY : CrossCountry
  • John TRAVOLTA( 1954) : acteur
  • John VAN LOTTUM : tennisman
  • John VOIGHT : acteur
  • John WAYNE( 1907) : acteur
  • John WILLIAM : chanteur
  • John Russell, 13e Duc de Bedford ( 1917) : John Ian Robert Russell, 13 ème Duc de Bedford, né le 24 mai 1917 à Londres et mort le 25 octobre 2002, était un écrivain et noble anglais, le fils de Hastings Russell, le 12 ème Duc de Bedford.

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