Le prénom Joachim Masculin

Origine :

Fête :

26 Juillet

Signification de Joachim

Joachim est un prénom masculin rare actuellement mais qui était très répandu sur le territoire européen au cours du XIVe siècle.
Les traits de caractère des Joachim sont le sens de l’organisation et de l’ordre, le dynamisme, la précision et l’émotivité. Ils sont confiants et n’admettent que rarement leurs erreurs.
Joachim Du Bellay (poète du XVIe siècle), Joachim Sala-Sanahuja (écrivain catalan) et Joachim de Flore (mystique italien) sont parmi les célébrités ayant porté ce prénom.
Les dérivés du prénom sont entre autres Achim, Akim, Joakin, Joaquim et Kim. En 2010, ce prénom est classé à la 264è position du classement des prénoms les plus attribués en France.

Personnalité de Joachim

Travailleurs et organisés, ce sont des personnes efficaces. Ils sont précis, raisonnables, amoureux de l'ordre. Ils ont le goût de la rigueur et de la cohérence. Dynamiques, très actifs, ils arrivent toujours à maîtriser leur grande émotivité. Plutôt orgueilleux, ils aiment cultiver leur différence, être reconnus et approuvés. Ils manquent d'objectivité et sont généralement convaincus d'avoir raison.

Provenance du prénom Joachim

Histoire de Joachim

Etymologie de Joachim

Les Joachim célèbres

  • Joachim AVESANI( 1741 - 1818) : né cul 741, àVérone,étudia chez les jésuites, dont il embrassa la règle. La suppression de la société l'ayant laissé sans emploi, il exerça les fonctions de précepteur à Bologne, à Modène et à Mantoue. De retour à Vérone, il y fut nommé professeur de rhétorique ; et, en 1775, il prit possession de cette chaire par un discours dans lequel il prouve que la religion chrétienne a toujours favorisé la culture des lettres et des arts. Joignant à des talents distingués toutes les qualités d'un bon professeur, Avesani se lit chérir de ses élèves, dont plusieurs, par leurs succès, le récompensèrent de ses soins. Forcé par l'âge de renoncer à l'enseignement, il se chargea de la direction du séminaire de sa ville natale; et il mourut au mois d'avril 1818 , àgé de 77 ans. On a de lui Poesie italiane e latine, Vérone, 1807 Dans ses vers italiens, Avesani se montre poète élégant et facile. Ses vers latins annoncent un homme nourri , dela lecture des classiques. 2. 'Le Netamorfosi, canti ibid., 1812 C'est l'édition la plus complète de ce. poème, où l'on admire, avec une versilication simple et naturelle, une narration pleine de grâce, l'art de présenter en badinant (l'utiles leçons et celui de rappeler des événements honorables polir sa ville natale. 5° Scherzi poetici, Venise, 1814 L'auteur a réuni sous ce titre deux canzoneite déjà publiées plusieurs fois : l'une Per la Norte di un grillo; l'autre Prosopopea del medesinzo grillo. L'un des anciens confrères d'Avesani, Magnani, conservait quelquesuns de ses poèmes latins inédits , parmi lesquels on cite celui sur l'origine des métaux et celui sur l'hypocondrie. Enfin on lui doit une édition de l'Orlando furioso, Vérone, 1820, 4 vol. 11 a retranché de cette édition, réduite à 44 chants , tous les passages licencieux, et rempli les lacunes par des morceaux dans lesquels il a si bien imité la manière de l'Arioste, qu'il est souvent impossible de les reconnaitre
  • Joachim AXONIUS : Ilé à Grave , dans le Brabant hollandais, fut précepteur du comte Philippe de Lalaing , parcourut presque toutes les contrées de l'Europe , s'arrêta principalement en Grèce, et alla dans la terre sainte; si souvent visitée par la piété des Belges. Il resta ensuite à Anvers jusqu'à sa mort, en qualité de conseiller des archiducs pour les affaires maritimes. Docteur en droit, il cultiva la poésie latine et la littérature grecque avec succès. On a de lui : i Maximi Planudis Oratio in sepulchrum Christi, Dilingen, 1559 C'est une traduction. 2° Dialogue du philosophe grec Grégoire Palamas, intitulé : Débat du corps et de rame et juge- ment de Dieu qui le termine, publié en grec à Paris, et en latin à Lyon. 5° Des extraits d'Hésiode de Jus- tilla. 4° Les Préceptes moraux d'Agapet à l'empereur Justinien, avec le traité de Ferrant], diacre de Carthage , de Officio ducis militaris, Anvers , Ant. Tilenius, 1576 5° Anemologium, sive de ven- torum Natura, d'après Aristote et les autres philosophes ; rédigé en forme de tableau, ibid., 1561. 6° De libero hominis Arbitrio, contre Luther et Calvin. Les écrits suivants sont en vers. 7° Carmen paramithicum in lattdem cosmographiœ. Gameleon , site Nuptiale in nuptias Philippi, Lalani comitis, et Margarita3 Aremberg, ice. Cette pièce se trouve aussi dans les Delicioe Poetar. Relg., t. , p.183-207, et M. Hofmann Peerlkamp en a donné une idée dans son Mémoire sur les pales latins des Pays- Bas. 9° In morlem Antonii Burgundi in Epicedion Belgio maris proefecti. Ces différents morceaux parurent à Anvers en 1578 Axonius mourut le 25 août 1605 . On ne devine pas où Chahnot a trouvé ce qu'il avance dans son Biographiech Woordenboek , qu'Axonius naquit vers 1460 et mourut en 1526. Il ne se trompe pas moins en affirmant qu'Axonius n'a rien publié de son vivant. M. J.H. Iloevfft lui donne place dans son Parnassus latinobelgicus , p. 50, mais il loue plutôt son zèle comme précepteur que son talent comme poète
  • Joachim BLAKE : général espagnol, naquit à VelezMalaga. Sa famille, irlandaise d'origine, tenait à celle des Blake du comté de Calloway. Son père était négociant. Trèsjeune encore, il embrassa la profession des armes et fut admis en qualité de cadet dans le régiment d'Amérique, où il obtint quelque avancement. Il était adjudant lorsqu'il passa comme professeur au collége . Blake se rendit d'abord en Catalogne, où il reconnut l'état de Girone, puis, après avoir laissé dans cette province le général Coupigny, se dirigea vers Saragosse en remontant l'Ebre. Peu de temps lui avait suffi pour réunir un corps d'armée sur les frontières de Valence et de l'Aragon. Aidé de ces forces, il avait conçu l'espérance de battre le troisième corps français aux ordres de Suchet, de le rejeter sur la Navarre et les Pyrénées, voulut s'emparer du mamelon de las Ilorcas ; nonseulement il ne put déposter Blake, mais encore il fut obligé de faire sa retraite dans la direction de Saragosse, et quelque désordre se mit dans ses troupes. Probablement il eût été forcé d'évacuer tout l'Aragon, et le plan de son adversaire se fin ainsi trouvé rempli, si celuici se fût rapidement porté en avant. Mais Blake craignit de compromettre son succès par la précipitation; il attendait un renfort de 14,000 Valençais qui ne tardèrent pas à se montrer ; d'ailleurs il cherchait à organiser l'insurrection autour de lui , et bientôt en effet le colonel Ramon Gayan et le brigadier Perena firent quelques mouvements. Alors seulement ceux de Blake se dessinèrent : il se dirigea vers Belchite, A trois lieues , les cortes choisirent une autre régence composée de trois membres. Blake en fit partie. On avait arrêté en principe que dans la régence entrerait un militaire. Nul plus que lui ne possédait la confiance et l'estime publiques, nécessaires à ce poste éminent. Il en remplit les fonctions pendant plusieurs mois à la satisfaction générale. Mais on s'aperçut bientôt que les opérations militaires souffraient demandèrent qu'en raison de la nécessité il fût dérogé au règlement, et que Blake reparût à la tète des troupes. Les cortès accueillirent à l'unanimité cette proposition et le nommèrent capitaine général, dignité qui, dans la péninsule , équivaut à celle de maréchal. C'est en cette qualité qu'il prit part aux opérations subséquentes tant dans l'ouest que dans l'est de l'Espagne. C'est Blake qui, en réalité, commandait à toutes les forces anglaises et nationales dans l'Estramadure, quoique nominalement le commandement en chef appartînt à Castafios. Parmi les affaires principales dont cette province fut le théâtre, la bataille d'Albuféra mérite une mention : 50,000 AngloEspagnols débusquèrent 23,000 Français et le maréchal Soult d'une position trèsavantageuse : la reprise de Badajoz fut le fruit de cette journée importante. De l'Estramadure, Blake se rendit Mus la province de Valence et y opposa aux Français une vive résistance. Enfin, après avoir tenu la campagne aussi longtemps que possible, il perdit la bataille décisive de Murviédro E?rès des ruines de l'ancienne Sagonte, et fut réduit à s'enfermer dans Valence. Il avait, diton, promis aux habitants de les défendre jusqu'à la dernière extrémité. Toutes les approches de cette cité importante se couvrirent à sa voix de bastions, de redans, de crémaillères ; les retranchements se garnirent de troupes et d'artillerie ; les nombreux canaux qui partent du Guadalaviar et qui, ramifiés dans la cam pagne, y forment des lignes multipliées de défense naturelle, furent tous mis à profit. Enfin, ralliant de tous les côtés tantôt des hommes et des détachements épars, tantôt des insurgés et de la milice, il se mit en mesure de réunir autour de Valence 30,000 hommes et 3,000 chevaux. Ces efforts retardèrent longtemps le maréchal Suchet, qui, vainqueur à Murviédro, était impatient de profiter de son avantage. La persévérance fut égale de part et d'autre, et, le 26 décembre, Blake vit l'armée française franc?ir le Guadalaviar. Il n'en céda pas les rives sans une bataille ; mais, après avoir opiniatrément disputé la victoire, il se laissa séparer des généraux Math, Obispo, Villacampa, et fut refoulé dans Valence même avec O'Donnel, Miranda, layas, Lardizabal, et environ les deux tiers de ses troupes, c'est-àdire une vingtaine de mille hommes. Dans cette situation critique, il songea d'abord à sortir furtivement de la ville à la tète de 15,000 hommes pour se jeter dans les montagnes et revenir de là troubler les opérations des Français. CC projet hardi reçut un commencement d'exécution dans la nuit du 28 au 29 décembre; mais, soit que Suchet eût été prévenu, soit qu'il eût prévu un mouvement de ce genre, Blake le trouva toujours préparé. L'avantgarde seule atteignit les montagnes ; le reste revint occuper le camp retranché sous les murs de la ville, qui fut attaquée régulièrement le 2 janvier 1812. Blake contraria de son mieux l'établissement des batteries jusqu'au 5 ; mais il ne put empêcher que ce jour le bombardement ne commençât. Invité le lendemain à capituler, il répondit fièrement que la veille peut-être, avant midi , il dit accepté ce qu'on lui proposait ; mais que vingtquatre heures de bombardement lui avaient appris quel fond il devait faire sur l'énergie de la population valençaise, non moins que sur celle de ses propres troupes. Cependant il parait que cette énergie était à bout ; et au fond la position n'était pas tenable, à moins que l'on ne voulôt exposer Valence à toutes les horreurs d'une prise d'assaut. Le 8, Blake offrit de rendre la ville et de se retirer sur Alicante, lui et son armée, avec armes et bagages et quatre canons. Ces conditions furent rejetées, et Blake dut souscrire à une capitulation pure et simple, dont la seule clause modificatrice était l'échange de 2,000 Français prisonniers à Cadix, Alicante et Cabrera, contre un pareil nombre d'Espagnols. Cette convention, signée par les deux généraux en chef le 9 janvier, remit aux mains (les Français 18,000 prisonniers , plus 2,000 chevaux , vingt et un drapeaux , etc. Blake, prisonnier comme tout son corps, voulut partir immédiatement pour Saragosse et Pau. Il fut accompagné jusqu'à la frontière par l'adjudant général Florestan Pépé, qui alors était mandé à Naples. Une fois en France, il fut transféré à Paris et de là au château de Vincennes, où il resta jusqu'à la chute du gouvernement impérial. Cette captivité n'empêcha pas les cortès de le nommer, lors du renouvellement de la régence, conseiller d'État. Le triomphe des alliés ayant brisé ses fers en 1814, l'empereur Alexandre lui donna des marques d'estime. Rentré en Espagne sous le ministère de Ballestéros, Blake fut nommé directeur général du corps des ingénieurs. Il garda ce poste honorable jusqu'à la révolution de 1820, et reçut en échange une place au conseil d'État. La restauration opérée en 1823 par les armes françaises faillit lui être funeste. Devenu suspect aux royalistes qui gouvernèrent alors, il n'obtint sa purification qu'avec beaucoup (le peine et après de longues sollicitations. Il mourut à Valladolid, en 1827.Les militaires qui ont porté sur Blake un jugement impartial lui ont reconnu des talents positifs, un grand savoir, de la perspicacité, de la tactique, du sangfroid, et assez d'habileté pour former dans le cabinet de bons plans ; mais il lui manquait deux points essentiels, ce coup d'oeil prompt qui improvise sur le champ de bataille, et l'art de manier, d'animer, d'enthousiasmer le soldat
  • Joachim BLANCHON( 1553) : né à Limoges vers 1553, dit, dans son Adieu aux Muses, qu'il a cultivé la poésie pendant quinze années sans en tirer aucun avantage, et il avoue qu'il eût mieux fait de s'appliquer à des choses plus utiles, et qui lui eussent davantag,e servi. On ne connaît de lui qu'un recueil intitulé Premières OEuvres poétiques, Paris, Thomas Perrier, 1583 On trouve dans la Bibliothèque de Duverdier la liste (les pièces qui le composent. Ce recueil est rare, mais peu digne d'être recherché; il est dédié au roi de France Henri III, qui n'accorda à l'auteur aucun encouragement
  • Joachim BOUVET : jésuite, né au Mans, fut l'un des six premiers missionnaires mathématiciens .que Unis XIV fit partir à ses frais pour la Chine, en 1685. Colbert, dont les grandes vues s'étendaient à tout ce qui devait contribuer à la perfection des 'sciences et des arts, crut que ceux de la Chine, en-:core peu connus en Europe de son temps, pourraient donner des lumières nouvelles, et fournir peut-être des procédés utiles aux manufactures françaises. Il iconçut dès lors l'idée d'entretenir à la Chine, comme correspondants, un certain nombre de missionnaires , habiles. Sa mort suspendit l'exécution de ce projet; mais il fut repris et exécuté deux ans après par Lou-, vois. On s'occupait alors en France du soin de rectifier la géographie et l'astronomie. L'académie des sciences avait fait partir plusieurs de ses membres pour diverses contrées de l'Europe, de l'Afrique et Ili de l'Amérique. Il était plus embarrassant d'établir des observateurs à la Chine : la difficulté d'y péné-1. lier fit jeter les ),;eux sur les jésuites, qui étaient admis dans cet empire. Les cinq autres missionnaires qu'on joignit au P. Bouvet furent les PP. Fontanay, Tachaid, Gerbillon , Lecomte et Visdelou. Après avoir été admis dans l'académie des sciences , et pourvus, par ordre du roi, de tous les instruments de mathématiques qui leur étaient nécessaires, ils partirent de Brest le 5 mars 1685, et prirent la route de Siam, où ils arrivèrent vers la fin de septembre. Ils s'y rembarquèrent au mois de juillet 1686, et n'ar- rivèrent à Ningpo , port de la côte orientale de la Chine , que le 25 juillet 1687, après avoir manqué de périr par le naufrage dans cette seconde partie .. de leur traversée. Les missionnaires furent appelés à Pékin, d'où ils eurent la liberté de se l'épandre dans les provinces, à l'exception des PP. Bouvet et Gerbillon, que l'empereur retint auprès de sa personne. Ces deux jésuites obtinrent l'estime et la confiance du monarque chinois, qui était alors le célèbre Khanghi ; il les prit pour ses maîtres de mathéma- tiques, et ce fut à eux qu'il accorda un vaste empla- cernent dans l'enceinte de son palais, pour y bâtir une église et une résidence, lesquelles furent achevées en 1702. C'est à ce titre que l'un et l'autre sont regardés comme les fondateurs de la mission fran-çaise de Pékin. L'empereur fut tellement satisfait des services des jésuites français, qu'il donna ordre au P. Bouvet de retourner dans sa patrie, et d'en ramener autant de nouveaux missionnaires qu'il pourrait en 1assembler. Le P. Bouvet revint en France en 1697, et fut porteur de quaranteneuf volumes chinois, que l'empereur Khanghi, qui régnait alors à la Chine, envoyait en présent au roi. Ces volumes furent remis par le missionnaire, le 27 mai et le 12 juin, à la bibliothèque royale, qui, à cette époque, ne possédait encore que quatre ouvrages écrits en cette langue, lesquels s'étaient trouvés parmi les manuscrits du cardinal !Mazarin. Le roi , vers la fin de cette même année, fit remettre au jésuite missionnaire un recueil de toutes ses estampes, relié magnifiquement, et le chargea de le présenter de sa part à l'empereur Khanghi. Le P. Bouvet repartit peu de temps après pour la Chine, ôù il rriva en 1699, ac- compagné de dix nouveaux missionnaires, du nombre desquels étaient les PP. de Prémare, Régis et le cé:- lèbre Parrenin, qui, par ses talents et la douceur de son caractère, se concilia bientôt la faveur du souverain et l'amitié de tous les grands. Le P. Bouvet, de retour à la Chine, fut un des jésuites qui travaillèrent pendant plusieurs années à lever la carte de l'empire , ordonnée par l'empereur Khanghi. fut l'un des cinq jésuites qui, le 50 novembre l'IO,. osèrent présenter à l'empereur Chingtsou un placet en langue mandchou, par lequel ils lui demandaient compte en quelque manière des opinions chinoises sur les cérémonies en l'honneur de Confucius et des ancêtres. Ce placet, conçu d'une manière trèsadroite, ne déplut pas à l'empereur, qui voulut bien, par un rescrit de sa main, en approuver le contenu. Le mémoire des jésuites et la réponse impériale, traduits en chinois, furent insérés dans la Gazette de Pékin; mais, malgré la clarté et la précision des idées qui y sont énoncées, ils ne suffirent pas pour calmer en Europe les esprits échauffés sur l'affaire des cérémonies. Enfin, après avoir partagé, pendant près de cinquante ans, tous les travaux des missionnaires , soit pour le service de la cour, soit dans le ministère des fonctions apostoliques, cet homme pieux et habile mourut A Pékin, le 28 juin '175, âgé d'environ 70 ans. «Il était, porte la lettre « qui annonce sa mort , d'un caractère doux , so-« ciable , officieux , toujours prêt à obliger , d'une « attention continuelle à n'être incommode à per-« sonne, dur à luimême jusqu'à se priver du néces-« saire, en sorte que ses supérieurs ftirent souvent obli- ••••• «gés d'user de leur autorité pour lui faire acceptes les « choses dont il avait le plus de besoin. n Sou nom chinois était Petsin. On a de ltti 1° quatre relations de divers voyages qu'il lit dans le cours de Se8 SiOHS; 2° Etat présint de la Chine, Cl • que le P. Bouvet avait publié à Paris, 1697 La lettre du P. lion et à Leibnitz expose un système assez singulier relative- ment à la conformité que le missionnaire croyait trouver entre l'arithmétique binaire, que venait d'imaginer le philosophe allemand , et les koua, ligures symboliques, qui constituent la base inintelligible iles connaissances chinoises. La bibliothèque du Mans possede un carton (le manuscrits prC( ieux, parmi lesquels se trouvent un dictionnaire chinois, et plusieurs dissertations sur cette langue, par le même miseionnaire. G—R et A
  • Joachim BRUEL( 1600 - 1653) : en latin JOACIIIMUS BauMUS, né à Vorst, village de Brabant, au commenCernent du 17' siècle , entra dans l'ordre des augustins, y professa successivement la philosophie et la théologie. Ses supérieurs l'ayant envoyé en France, il y prit le bonnet de docteur en théologie à Bourges. Élu prieur du couvent de Cologne, en 1658, il fut élevé deux fois au grade de provincial , la première en 1641), la seconde en 1649. Il mourut le 29 juin 1653. On a de lui : Breves Resoluliones casuum, apud regulares reservalorum, Cul°- , gne,1640; 2. les Confessions du bienheureux P. Al 672 BRU phonse d'Orasco, traduites de l'espagnol en françois, Cologne, 1610 ; Vila B. Joannis Chisii, Anvers ; 4° Historiœ Peruance ordinis eremitarum S. P. A ugustini libri octodecim, Anvers, 1651 ; 5. de Sequestratione religiosorum,imprimé vers 1653 ; 6° Renon morumque in regno Chinensi maxime nolabilium Historia, ex ipsis Chinensium libris, et religiosorum, qui in illo priori fuerunl, lillois ac relalione concinnata; item Patrum Auguslinianorum et Franciscanorum in illud ingressus per J. G. de Mendoza, Anvers, •655 C'est une traduction faite sur l'espagnol d'un ouvrage de Mendoza
  • Joachim BURSER( 1500 - 1649) : botaniste allemand, né à Camentz, dans la haute Lusace, vers la fin du 16° siècle. Il étudia avec succès la médecine, qu'il exerça d'abord à Annaberg, dans la Misnie. Il quitta cette ville en 1625, pour aller professer à Sora, petite ville de l'ile de Séeland. S'étant livré à la botanique, il visita l'Allemagne, la Suisse, les Alpes, l'Italie, le midi de la France et des Pyrénées, pour recueillir des plantes rares. Il en envoyait des échantillons à Gaspard Bauhin, avec lequel il était lié d'amitié, en sorte qu'une partie de celles que ce célèbre botaniste a fait connaitre comme nouvelles dans ses divers ouvrages, il les avait reçues de Burser : aussi lui en faitil honneur. L'herbier de ce voyageur, déjà trèsconsidérable, s'enrichit encore par le don que lui fit un apothicaire français qui revenait du Canada, des plantes qu'il avait recueillies : elles furent également communiquées à Gaspard Baullin, qui le dénomma dans son Pinax; mais il s'est trompé dans l'indication de leur lieu natal, car il les annonce comme venant du pays des Topinambour, au Brésil. Burscr était professeur de médecine et de physique à l'académie des nobles danois établie à Sora, où il mourut en 1649, àgé de 56 ans. Son herbier, composé de 25 vol. passa dans les mains de Coïet, qui en fit don à la bibliothèque de l'université d'Upsal. Les Rudbeck y trouvèrent d'excellents* matériaux pour la composition d'un grand ouvrage sur la botanique générale, qu'ils voulaient donner sous le titre de Campi Elysii. Ce bel ouvrage était àpeine achevé, qu'il fut anéanti par un incendie ; il n'en subsiste que deux exemplaires. Par ce malheureux événement, le précieux herbier de Burser resta incomplétement connu, jusqu'à ce que Shérard, voulant donner une suite au Pinax de Baullin, engagea Pierre Martin, médecin suédois, à l'examiner et à en dresser le catalogue. Il n'en fit qu'une partie, qu'il publia dans le recueil de l'académie d'Upsal, en 1724, sous ce titre : Catalogus plantartun novaram Joachimi Burseri, quarunt exempta repe- riuntur in horto ejusdetn sicco, Upsalice in biblio- theca publica servato. La mort l'empêcha de continuer ce travail. Son fils, Roland Martin, le fit connaître plus particulièrement en 4745, parce qu'il en 1 fit le sujet d'une des dissertations intéressantes qui composent les Amœnitates academicas de Linné. Jacquin a consacré, sous le nom de Bursera, un nouveau genre à la mémoire de ce savant ; il comprend de grands arbres de la famille des térébinthes, qui n'habitent que les pays situés entre les tropiques. On a de Joachim Burser r: 40 Disceptatio de venenis, Leipsiek, 4625 ce traité trouva des opposants parmi les médecins de ce tempslà. 2° Com- ment. de febri epidemia sen pet echiali, Leipsick, 1621. 5° Epistolaris Concert alio de febri maligna seu pete- chiali, inter Strobelyerum el Burserum, Leipsick, 1625 Dans son traité latin de l'origine des fontaines, il cherche à montrer que toutes les sources tirent leur origine de la nier. Dans son Inlro- duction à la science de la nature, il avance des paradoxes hardis, notamment contre l'immatérialité de l'âme. Il laissa à sa mort plusieurs autres ouvrages en manuscrit
  • Joachim CAMBIAGI( 1740) : historien, né en Toscane en 1740, entra des sa première jeunesse dans la carrière ecclésiastique à laquelle il renonça plus tard. 11 avait profité de son séjour à Florence pour acquérir des connaissances fort étendues, et il s'y était marié trèsavantageusement. Il s'associa ensuite avec Gaetanp Cambiagi , célèbre imprimeur florentin, pour la publication des ouvragés les plus estimés de la littérature italienne. A cette époque, l'opinion publique en Italie était vivement préoccupée de l'insurreçtion de l'ile de Corse ; et plusieurs personnes, par sympathie ou par intérêt , secondaient les insurgés dans leur entreprise. Cambiagi fut du nombre de ceux qui répandirent les manifestes de la nation corse contre les Génois, et qui entretinrent des relations suivies tant avec le général Paoli qu'avec les chefs de l'insurrection, qui se trouvaient alors momentanément en Toscane. Il est donc à présumer que c'est à cette circonstance que nous sommes redevables d'une histoire de Corse , 177074, 4 vol. Cependant nous sommes obligés d'a.youer qu'il n'a père mis à profit les ressources qu'il avait à sa disposition, car son ouvrage est écrit sans verve , sans ordre , sans ensemble ; et il est tout à fait dépourvu de critique et de philosophie, rempli de détails erronés et minutieux qui tiennent la place d'événements importants, que l'auteur a passés sous silence. Le seul mérite, à notre avis, qui distingue cette histoire est d'y avoir inséré une fouie de ao,cmnents et de pièces justificatives du plus grand intérêt, qu'on chercherait en vain ailleurs, et qui jettent un grand jour sur les faits contemporains. Cet ouvrage donna lieu à des critiques aussi justes que sévères, surtout de la part des Corses éclairés qui trouvaient que Cambiagi, en abrégeant la narration de leur historien national Filippini, lui avait ôté son caractère de naïveté; et qu'en rapportant les événements récents, il s'était écarté de la vérité, altérée par les récits d'hommes passionnés qui y avaient pris part. Ces observations obtinrent un plein succès auprès de Cambiagi, qui s'empressa de réunir tous les mémoires inédits re- latifs à l'histoire de Corse, et recueillit une foule de matériaux, pour refaire son livre sur un plan mieux conçu, où le style se serait élevé à la hauteur du sujet qu'il voulait traiter. Mais une mort prématurée l'empècha de donner suite à ce louable dessein. Avec son Histoire de Corse, Cambiagi mit au jour le premier volume d'une Histoire de Sardaigne, Florence, 1775 Ce volume, le seul qui ait paru, s'étend depuis la conquête de cette île par les Romains jusqu'à l'année 1457. Cette production n'est guère meilleure que la première. C'est une compilation dépourvue d'intérêt et de mérite, et bien digne de l'oubli auquel elle est depuis longtemps condamnée. Cambiagi avait un coeur excellent Aussi généreux qu'obligeant, il s'était déclaré le protecteur et l'ami des réfugiés corses, et il les aidait de ses conseils et de sa bourse. Il a souvent élevé la voix pour défendre, contre les vexations de quelques agents subalternes du gouvernement toscan, ces victimes d'une cause aussi noble que malheureuse. II mourut à Florence, au commencement de ce siècle
  • Joachim CARRADORI( 1758 - 1818) : médecin et physicien, né le 7 juin 1758, à Prato, dans la Toscane, d'une famille pauvre, fit ses premières études an séminaire de sa ville natale, puis au collège Ferdinand à Pise, et s'appliqua ensuite à la médecine et aux sciences naturelles. Ayant reçu le laurier doctoral, il se rendit à Florence pour s'y former à la pratique sous la direction du célèbre Bicchieri. Nominé peu de temps après professeur de philosophie au séminaire de Pistole, il profita de ses loisirs pour publier la Teoria del cabre , ouvrage qui le fit connaître avantageusement. De graves discussions ne tardèrent pas à s'élever entre l'évêque de Pistole et son clergé sur différents points de doctrine, et Carradori, ne voulant pas y prendre part, abandonna le séminaire pour revenir dans sa ville natale. Sans négliger l'exercice de la médecine, il tourna ses vues du côté de l'agriculture et présenta plusieurs mémoires à l'académie des Géorgiphiles de Florence, qui s'empressa de se l'associer. Une maladie épizootique s'étant déclarée en Toscane, il fut chargé par le gouvernement de prendre les mesures les plus propres à la faire cesser; et il rendit compte de sa mission dans Pleoria della epizoolia dell' anno 1800, Florence, 1801 Vers le même temps, l'académie des Géorgiphiles mit au concours une question du plus grand intérêt. n s'agissait d'indiquer les moyens de rendre fertiles les terrains laissés en friche : Carradori remporta le prix ; et son mémoire, sulla Fertiliid della terra, successivement amélioré dans de nombreuses éditions, est regardé comme un ouvrage classique sur cette matière. 11 adressa depuis, à la même académie, différents mémoires sur les propriétés singulières de diverses plantes, ou sur les maladies dont elles peuvent être affectées, et tous lui n'évitèrent des récompenses pécuniaires ou honorifiques. Quoique sa pratique médicale se fôt accrue avec sa réputation, il entretenait une correspondance active avec les plus illustres physiciens d'Italie et de France; et il enrichissait les journaux de Milan et de Pavie, ainsi que la hi- I bliothèque britannique, d'articles trèsremarquables. Parmi ceux qui font le plus d'honneur à son talent d'observation, on cite ses mémoires sur les sues gastriques, sur le phosphore des lucioles, sur l'attraction des surfaces planes, sur l'électricisme et sur les propriétés de divers insectes, sur la respiration des grenouilles, sur l'irritabilité des animaux et des plantes, sur la transformation du nostoc , sur le son que rendent les plantes, etc. La découverte si précieuse de la vaccine l'occupa sérieusement; et, lorsqu'il se fut assuré de son efficacité pour préserver de la petite vérole, il n'hésita pas à s'en déclarer le partisan. 11 lit plus, il vaccina son fils unique; et il ne craignit pas de lui faire subir ensuite la contre-épreuve, en l'exposant au contact d'enfants atteints de la petite vérole naturelle. Ses services pour la propagation de la vaccine, tant à Prato que dans les environs, furent récompensés par une pension et par le titre de professeur honoraire de médecine à l'université de Pise. Une autre découverte, celle du galvanisme, ne pouvait manquer de lixer aussi l'attention d'un observateur tel que Carradori. Après avoir lu tout ce qui était écrit sur ce sujet, et répété toutes les expériences de Galvani et de Volta, il publia la Morio del galvanisino, dans laquelle il conclut qu'il y a identité entre le fluide galvanique et le fluide électrique. Lorsqu'il composa Cet ouvrage, il était déjà tourmenté de douleurs atroces contre lesquelles son art ne lui offrait que des palliatifs insuflisanis. 11 publia depuis une longue lettre au docteur Tonnuasini sur le typhus qui désolait l'Italie ; et il s'occupait encore de la rédaction de mémoires de physique, quand il mourut au mois de novembre 1818, à l'âge de 60 ans. La ville de Prato lui lit des obsèques magnifiques. Son corps, déposé dans l'eglise de StFrançois, est recouvert d'un marbre avec une épitaphe. Il avait remplacé Amoretti comme membre de la socièté dés sciences, où son éloge fut prononcé par le professeur Bailrli. Il est imprimé dans le recueil de cette savante compagnie, t. 19, p. 18, précédé de son portrait, et accompagné de la liste de ses ouvrages dont on a cité les principaux dans cet article
  • Joachim CUREUS( 1532) : médecin allemand, né en 1532, à Freystadt en Silésie. Son père, quoique fabriquant d'étoffes de laine, avait cultivé la littérature, et rempli les fonctions de juge à Glogau. 11 donna une excellente éducation à son fils, dont les progrès furent rapides. Après avoir étudié les langues savantes et la dialectique à Goldberg, Joachim fut appelé en qualité d'instituteur à Wittemberg, où il eut l'avantage d'être le disciple et l'ami du fameux Mélanchthon. 11 revint ensuite dans sa ville natale, contribua beaucoup, par ses leçons, à faire fleurir le gymnase, qui semblait menacé d'une ruine prochaine. Cureus ne regarda toutes les connaissances qu'il avait acquises que comme des études préparatoires à celle dela mé- decine. Pour se perfectionner dais cette science, il fit le c d'Italie, passa une année à l'uni- versité de Padoue, qui comptait alors parmi ses professeurs Trincavalla, Capivaccio, Faloppe, et plusieurs autres hommes célèbres; puis il se rendit à Bologne, où il obtint le doctorat en 1558. De retour dans sa patrie, l'année suivante, Cureus fut nommé médecin physicien de la république de Glogau. George, duc de Lignitz et de Brieg, le choisit, en 1571, pour son médecin et conseil- ler ; mais Cureus mourut avant d'avoir pris possession de cet emploi le 21 janvier 1573.11 a composé divers ouvrages historiques, médicaux et théologiques : 1° Libellus physicus de natura et fferentiis colorum, sonorum, odorum, saporum, et qualitatum tangibilium, Wittemberg, 1567 ibid., 1572 20 Annales. Siledice ab origine gentis vsque ad necem Ludovici Ilungarice et Bo- hernie regis, Wittemberg,1-571, et Francfort, 1585 ouvrage important, le premier qui ait paru sur la Silésie, et qui n'a été surpassé par aucun autre historien de cette province; 3° Formule precum sumptarum ex lectionibus que usitato more, in ecclesia leguntur, etc., Leipzig, 1574 40 Exegesis perspicua controversiœ de sancta cama, etc., Heidelberg, 1575 5° Physica, seu de sensibus et sensibilibus, Wittemberg, 1585 Cureus avait aussi rédigé des consultations de médecine, qui ont été insérées par Laurent Scholz dans sa Collection, publiée à Francfort en 1598. La vie de Cureus a été écrite par Jean Ferinaiius, sous ce titre : Narratio historica de vita et morte Joachimi Curcei, Lignitz, 1601 Cette notice biographique, pleine Cie détails fas- tidieux et de contes puérils, a été copiée par Melchior Adam, dans ses Vite Germanorum medi- comm
  • Joachim DOEBLER : écrivain allemand, vivait à Berlin vers la fin du 17° siècle. Voulant faciliter l'étude de la chronologie, et fournir le moyen de fixer dans la mémoire les noms et les dates, il imagina de les réduire en vers, et exécuta ce travail de patience en latin et en allemand, comme le P. Buffler le fit en français quelques années après. L'ouvrage de Doebler, moins brillant qu'u- tile, parut sous ce titre : Chronologica compendiosa lutina et germanico idiomate versibus comprehensa, , 1679 11 a été F réimprimé à Leipsick, j1
  • Joachim FAIGUET DE VILLENEUVE( 1703 - 1780) : né à Mont- contour en Bretagne, le 16 octobre 1703, trésorier au bureau de Chàlons , fut , sinon l'un des créateurs en France de la science de l'économie politique , du moins l'un de ceux qui en propagèrent les principes , et en firent ressortir les avantages avec le plus de zèle et de constance. Il inventa une sorte de four mobile et portatif pour le service des armées dont il est fait mention honorablement dans les Mémoires de l'Académie des sciences de 1761 ; et le premier il fabriqua en France un pain composé de trois parties égales de froment, de seigle et de pommes de terre. Les différents ouvrages qu'il a publiés, intéressants par le sujet, mais rédigés avec trop peu de méthode et de soin, n'eurent que peu de succès lors de leur publication, et sont depuis longtemps oubliés. On y trouve cependant des vues utiles, et qui auraient pu être mises en pratique. Faiguet a fourni plusieurs articles à l'Encyclopédie , et des morceaux de littérature aux journaux du temps. Ce citoyen modeste et laborieux mourut en 1780 , dans un âge avancé. On a de lui : 1. L'Econome politique , projet pour enrichir et perfectionner l'espèce humaine, Paris , 1763 reproduit sous le titre de l'Ami des pauvres ou l'économe politique, etc..., 1766 avec deux mémoires intéressants sur les maltrises et sur les fêtes. « Cet ouvrage , dit Barbier , est intéressant « tant par son objet que par la manière dont il est « écrit. Dans une des utiles dissertations qu'il yen« ferme, l'auteur propose l'établissement d'une « régie ou compagnie.perpétuelle dans le royaume « pour recevoir les petites épargnes des artisans , « des domestiques , etc. C'est le but , comprenant Les moyens de subsistance pour nos troupes , à la décharge du roi et de l'Etat, imprimés séparément en 1769. 5° Légitimité de l'usure légale, etc. , Amsterdam, 1770 » Dans ce volume , dit encore Barbier, « l'auteur discute les passages de l'Ancien et du « Nouveau Testament sur l'usure. Il y démontre « clairement que les casuistes sont en contradic« tion avec euxmêmes. On lit ces deux vers à la « fin. ‘‘ A cinquantecinq ans avocat de l'usure, cc J'instruisais la Sorbonne et la magistrature. » 40 L'utile emploi des religieux et des communautés ou mémoire politique à l'avantage des habitants de la campagne, Amsterdam, 1770 W—s et E
  • Joachim FAULTRIER( 1626 - 1709) : naquit à Auxerre, en 1626, d'une famille ancienne. Né avec des talents qu'il avait perfectionnés par de tonnes études, et doué des qualités les plus recommandables, il embrassa l'état ecclésiastique, et d'abord se livra à la profession d'avocat. Sa probité et son habileté dans la conduite des affaires lui valurent une brillante clientèle. Un procès pour le comte du Lude lui procura l'avantage d'étre remarqué par Louis XIV; ce prince , qui se connaissait en mérite , crut que l'abbé Faultrier pouvait ètre utile à son service, et le donna à Louvois, qui l'employa dans différentes négociations ; il les termina heureusement et s'y acquit une grande réputation de sagesse, de. prudence et d'intégrité. L'intendance du Hainaut lui ayant été confiée, il administra cette province avec tant d'habileté , qu'il sut se concilier également l'estime du souverain et l'attachement des administrés. Il était pourvu en commende de l'abbaye d'Ardennes, près Caen, ordre de Prémontré, et de celle de StLoup de Troyes; récompenses sans doute de ses travaux et de ses services. Son âge commençant à avancer , et fatigué des affaires , il se démit en 1688 , avec la permission du roi , de l'intendance du Hainaut. C'est alors que, se trouvant libre de toute autre occupation, il résolut de consacrer son loisir à la culture des lettres, qu'il avait toujours beaucoup aimées. Il avait commencé à former une bibliothèque; il mit ses soins à l'augmenter et à la compléter, et parvint à en faire un monument digne de son amour pour les sciences et la littérature. On a le catalogue de cette précieuse bibliothèque dressé par Prosper Marchand, qui l'a fait précéder d'un Éloge de l'abbé Faultrier . Le roi avait donné à l'abbé Faultrier un logement à l'Arsenal ; il y passa paisiblement le reste de sa vie à côté de ses livres, et entouré de ses amis. Le prince lui conserva son estime, l'admettait souvent à l'hon- ieur de son entretien, et voulait bien quelquefois prendre ses conseils. Cet homme recommandable mourut le 12 mars 1709 , Agé de 83 ans, et regretté de tous les gens de lien. On a de lui une Lettre en réponse à l'abbé de Rancé , qui , en écri%ant la vie d'un de ses religieux, ancien militaire, y avait inséré des choses peu avantageuses à cet 'lat
  • Joachim FELLER( 1628 - 1691) : célèbre professeur saxon, né à Zwickau le 50 novembre 1628, annonça dès son enfance d'heureuses dispositions pour la poésie, et il n'avait que treize ans lorsqu'il publia sur la Passion de Jésus- Christ un pomme latin , que les connaisseurs trouvèrent assez bon pour encourager l'auteur à suivre une carrière dans laquelle il promettait de s'illustrer un jour. Il avait pour précepteur Chr. Daum, qui lui conseilla de suivre, quelques années les cours de l'université de Leipsick , et le recommanda aux professeurs qui en faisaient alors l'ornement. Feller joignait à beaucoup d'esprit des connaissances variées et une douceur de caractère qui l'auraient fait accueillir partout. Thomasius lui donna l'entrée de sa bibliothèque, composée de livres précieux, et le pria de surveiller l'éducation de ses enfants, en attendant qu'il trouvât un emploi digne de son mérite. Feller fut reçu maitre èsarts en 1660, avec tant de distinction , que les professeurs demandèrent euxmêmes son agrégation à l'Académie, où on le chargea d'expliquer les poètes anciens. En 1676, il fut nommé conservateur de la bibliothèque, en disposa les livres dans un meilleur ordre, et publia le Catalogue des manuscrits. Dans ses moments de loisir, il continuait de composer des vers, qu'il adressait aux princes les plus connus par leur amour pour les lettres, ou aux amis que lui avaient faits ses talents et ses qualités personnelles. Il travailla plusieurs années à la sédation des Acta cruditorum , mais l'amertume de ses critiques lui attira de fielleux débats- avec Gronovius, Eggeling et Charlotte Patin . Ce furent là les seules peines qui troublèrent sa vie, dont un accident abrégea le cours. Une nuit qu'il était agité par des songes pénibles, il se leva , et s'étant approché inconsidérément de la fenêtre, il tomba dans la cour et mourut des suites de cette chute le 5 avril 1691. Clarmund a publié la vie de Feller en latin. Le recueil de ses thèses et de ses poésies serait trèsintéressant, et on doit regretter qu'aucun de ses compatriotes ne se soit encore avisé d'en faire jouir le public. On a encore de Feller : 1. Oratio de bibliothçca academ. Lipsiensis Poulina, cul duplex subjunctus est catalogus alter manuscriptorum membranaceorum, alter chartaceorum in eadem extantium, Leipsick , 1676 Le catalogue a été réimprimé séparément en 1686 de 480 pages, avec des additions et des correc- ;ions; Mais il ne contient pas encore la liste exacte les manuscrits de la bibliothèque Pauline, et on § reproché à Feller de n'avoir point décrit ceux font il a donné les titres . Christ. Gotti. Richer publié une nouvelle édition du discours de Feller, à la suite de celui qu'il avait prononcé sur le mème sujet, Leipsick, 1744 2° Vindicia ad- versus J.- H. Eggelingium, Leipsick, 1685 C'est une réplique à l'ouvrage dans lequel EggeOing avait répondu à la critique des Mysteria Cereris el Bacchi ; 3° Cygni quasimodo geniti, h. e. dari aliquot cygncei ab oblivione viszdicati , ibid., 968G C'est la biographie des hommes célèbres de Zwickau ; 4. Epistola ad Adam. Rechenbergium de intolerabili faste criticorum quo- rumdam , speciatbn Jac. Gronovii, ibid., 1687 Il attaque dans cet ouvrage plusieurs écrivains hollandais , mais il s'attache surtout à Gronovius, qui venait de publier une dissertation sur la mort de Juda , où se trouvent quelques opinions non conformes au texte des livres saints. Feller s'était caché sous le nom de Dermasius, de sorte que Gronovius, ne pouvant découvrir son agresseur, fit retomber sa colère sur tous les rédacteurs des Acta eruditorum; 5. De fratribus calendariis , Francfort, 1692 Cette dissertation est accompagnée des notes de Ludolf, qui en fut l'éditeur; 6. Supple-: ; nolisit ad Rappolti commentarium in Iloratium , dans l'édition d'llorace , Leipsick, 1678 7° Flores philosophici in Virgilio collecti ; 8° Ney ira Lotichii de origine domus Saxonicoe et Palatina? ; 9° Pièces de vers indiquées dans la Biblioteca volante de Cinelli
  • Joachim FRENZEL( 1611 - 1669) : naquit en 1611 à Camentz , dans la haute Lusace. Obligé par les troubles de la guerre d'abandonner le gymnase de Gtirlitz , il se rendit en 1632 à l'université de Franeker , où il étudia la médecine. Peu favorisé des dons de la fortune, il accepta l'emploi de précepteur de Guil- laume et Ernest van Haren, jeunes gentilshommes, avec l'un desquels il voyagea pendant deux an- nées en France. Il alla ensuite terminer son éducation médicale à Padoue ; et après y avoir obtenu le doctorat , il revint en Hollande et fut nommé médec de GravesurMeuse. Son ancien élève, Guillaume van Haren , alors curateur de l'université de Franeker, , fit donner en 1651 la chaire de médecine et d'anatomie à Frenzel , qui l'occupa jusqu'à sa mort, arrivée le 27 mars 1669, à Groningue , où il avait été appelé pour administrer les secours de son art à la femme d'un magistrat. Quand on réfléchit que , dans le cours de dixhuit ans de professorat , ce médecin n'a epublié qu'un mince opuscule sur le mésentère, on 'Fest surpris de voir l'université de Leyde jeter les yeux sur lui pour remplacer l'illustre JeanAntolipides van der Linden.Frenzel refusa cette offre brillante , grâce à l'augmentation de ses appointements à Franeker. Philippe Matthœus a prononcé une oraison funèbre , et Abraham Sleidam a pu-;lié l'éloge de ce professeur, dut toutes ces distinctions à sa place plutôt qu'à des talents supérieurs
  • Joachim HILDEBRAND( 1623 - 1691) : savant théologien lu- . thérien , naquit à Walkenried , le 10 novembre 1625. Son père, recteur du gymnase de Wolffen- buttel, prit soin de son éducation , et le jeune Hildebrand fit, sous cet habile maitre , des progrès si rapides , qu'à quatorze ans il composait des vers grecs et latins, sur toute sorte de sujets, avec une égale facilité. Il apprit ensuite l'hébreu et le syriaque, et suivit les cours de l'université d'Iéna avec beaucoup de distinction. Il présenta, à l'àge de dixneuf ans, à Christophe Preibisius, le chef des poètes lauréats , un peme en cinq langues, dont le sujet était la vie de l'homme et les quatre lins dernières. Cet ouvrage, supérieur pour le style et par le fond des idées à ce qu'il était possible d'attendre d'un jeune homme, réunit les suffrages de tous les juges , et lui mérita la couronne poétique. 11 se rendit ensuite à Ilehns- tait, où il donna des leçons de belleslettres avec succès. En 1648, il fut nommé professeur de théo- logie à l'université de cette ville, et se chargea spécialement d'enseigner les antiquités ecclésias- tiques. Il passa avec le mème titre-à Wolfenbuttel, fut fait enfin surintendant des églises du duché de Lunebourg , et mourut à Zell , le 25 octobre 1691. Il a laissé plusieurs ouvrages pleins de recherches et d'érudition. On se contentera de citer les suivants : 1. Oratio de fundatione Acade- mite Julice Ilelmstadt, 1658 ce discours a été inséré dans le 3. volume des Script. rer. Germln, par Henr. Meibomius , et dans les Hisior. scola- rum inter christianos, par G.God. Kenffell, Helms- tadt, 1743 2. De auptiis veter. christiano- ranz libellas, ibid., 1661 On trouve un extrait fort étendu de cette dissertation dans la But. germ., 1720, t. .3° De veieram concioni- bus dissertatio, ibid., 1661 ; 4. De veterum oblationibus , missis , precibus ibid., 1667 50 Augusta Coesaris Octaviani Augusti et Augusti duc. Brunswic. , totius Arve; principum seminis collecta, ibid., 1662 C'est un parallèle entre Auguste et le duc de Brunswick : Hildebrand loue les deux princes de leur goût pour les lettres, et du soin qu'ils ont pris d'établir des bibliothèques publiques. Jo. Klefeker a placé Hildebrand dans sa Bibi. eradit. puerorum. On peut consulter pour plus de détails G.Ilenr. Goiitze , Eloy. quorund. theolog. germanor. ; Heur. Gripping, Alemor. theo- log. clarissimor.; JeanJust. von Einem, Commen- tai.. de vita et scriptis J. Hildebrandi, 1743, et Zaccaria, Bibliotheca itualis, t. 9., p. 347. — Fré- déric HILDEBRAND, professeur et poète lauréat, né à Walckenried, mort le 21 décembre 1688, à l'àge de 61 ans , consacra sa vie entière aux pénibles fonctions de l'enseignement, dans diverses villes de Misnie. Nous n'indiquerons de ses ouvrages que son Synopsis historie universalis ad annum osque 1683 , cum Mantissa ses versibus mnemoni- ris. Leipsick, 1685 ; ses Epistolarum quia- que centurice, ibid., 1673 , réimprimées en 1715, et ses Antiquitates romance ex Rosino , Iéna, 1653 souvent réimprimées
  • Joachim HOPPERS( 1523 - 1576) : en latin Hopperus, homme d'État et jurisconsulte hollandais, également distingué sous ces deux rapports, naquit d'une trèsancienne famille, à Sneek, en Frise, le 11 novembre 1523. Envoyé à dixsept ans à l'université de Louvain, il acheva son cours de droit à Orléans et à Paris, d'où il allait passer en Italie, quand un de ses amis le rappela à Louvain, pour y occuper une chaire honoraire de professeur en droit : il ne tarda pas à y étre appelé au mème enseignement par les états du Brabant, avec des appointements proportionnés à son mérite. Loin de se traîner dans l'ornière scolastique de la chicane, Hoppers signalait ses leçons par une méthode également littéraire et philosophique. La salle ordinaire de cette classe ne pouvant plus contenir ses nombreux auditeurs , il transporta ses cours dans le vestibule de son hôtel; et il y expliquait entre autres le Timée de Platon, philosophe dont il red, gardait la doctrine comme singulièrement propre à former des hommes d'État. Vers la tin de 1554, la gouvernante des PaysBas, Marguerite, infante d'Espagne , transféra Hoppers de Louvain ,à Malines, et des fonctions de l'enseignement académique à celles de l'administration. En 1561 , de membre du grand conseil de Malines , il devint membre du conseil secret de Bruxelles. Granvelle, Viglius ab Aytta et lui partageaient alors dans les PaysBas toute la confiance du gouvernement espagnol. Des considérations moitié religieuses, moitié politiques, ayant engagé celuici à former une université à Douai, Hoppers fut chargé de cette tâche , et il s'en acquitta honorablement. Quand Charles Tisenach, qui administrait les affaires des PaysBas auprès de la cour d'Espagne, eut demandé et obtenu son rappel, en 1566, Hoppers fut nommé à sa place. Il partit pour Madrid le 2 avril, trois jours seulement avant la fameuse supplique des nobles, qui préluda à l'affranchissement de la Batavie. Philippe le reçut avec beaucoup de distinction , et le combla de titres et de faveurs. Hoppers passa ainsi en Espagne neuf années, jaloux de se rendre, au milieu des circonstances les plus difficiles , également recommandable auprès de son roi et utile à sa patrie. 11 mourut à Madrid, des suites d'une maladie de consomption, le 25 décembre 1576, et on lui fit de pompeuses obsèques. Le roi donna les témoignages d'intéra les plus flatteurs à sa veuve et à ses sept enfants. Si Hoppers, au milieu de tant de défections, continua à marcher toujours sous la même bannière politique et reli- gieuse, il n'en faut pas conclure qu'il fut partisan de l'oppression et des abus : mais la révolution lui sembla un remède pire que le mal. 11 n'avait pas désespéré de voir les esprits ramenés par la douceur : c'est dans ce sens qu'il applaudit au remplacement du sanguinaire duc d'Albe par don Louis de Requesens. Sa modération et sa tolérance en matière de culte sont attestées par une lettre qu'il écrivit, le 12 octobre 1562 , à George Cassander sur son livre De officio pii hominis in 0.) Christine Beltort , fille d'un président de la cour provinciale de Brabant elle concourut avec son mari à répandre dans les PaysBas le goût de la botanique. Dodonée lui a rendu cette justice dans la préface de son Histoire des Plantes. C'est à Hoppers et à sa femme que l'on doit la connaissance de l'He- liantus annulus, ou grand soleil, originaire du Pérou , et aujourd'hui si commun dans nos jardins. Voyez Discours sur l'état ancien el moderne de l'agriculture et rie la botanique dans les Pays- Bas, par M. van Hulthem, Gand, 1817 p. 16. ! hoc religionis dissidio : il y regrette que le concile ! ' de Trente n'eût pas appelé dans son sein un cer- tain nombre d'hommes animés du mème esprit que Cassander. tc Cela seul , ditil , eût pu assurer garde comme trèscompromis par l'autre système. ,. 11 est dédié à Philippe 11 par les fils de l'auteur, Grégoire et CajusAntoine : la préface, assez étendue, est de la main du premier. Conring, éditeur de ce livre à Brunswick, 1656 j l'a réuni à deux autres productions de Hoppers, antérieurement publiées; savoir : sa Themis hyper- borea. , sire De tabula regum Frisice , et son i'erdi- nandus, sive De institutione principis ; 6° une para- phrase latine en prose des psaumes de David, accompagnée d'un petit traité De asti psalrnorum, Anvers, t_i90 70 Recueil et métnorial des troubles des Pays- Bas. Ce morceau historique qu'lloppers écrivit en français, a été publié par lloynck van Papendrecht, dans ses Analecta Bel- gica, t. 4, p. 17-118. 80 Le mène a placé dans le I tome 2 du même recueil Viglii ab Aytta Zuichemii epistolce ad Joachimum Hopperum : elles remplis- ' sent tout le volume. La première lettre est du 9 février 1566; la dernière du 19 avril 1576. Simon Abbes Gabbema les avait déjà publiées, mais d'une manière incomplète et informe, à Leeuwarde, en 1661. Les lettres écrites par Iloppers en réponse à Viglius existaient entre les mains de M. de Nelis, › évèque d'Anvers : il en promit la publication dans son Liber prodromus rerum Belgicarum, imprimé à Parme chez Bodoni, 1795 et elle a eu lieu • depuis. Cette correspondance, ainsi complète, est d'un grand interèt pour les affaires du temps. 90 On trouve cinq lettres de Hoppers dans les Illustrium virorum epistolœ selectiores, vel a Belgis, cd ad Belgas scriptœ , Leyde , 1617 Les Commentaria de antiqua Frisiorum republica qu'avait promis Hoppers, n'ont jamais paru. C'est par erreur que Morhoff, dans son Polyhistor.. I, 4, 8, 5, a fait de notre Hoppers un des collaborateurs du Lexie« grœcum VII auctorum, Bâle , 1560 11 a confondu Joachim Iloppers avec Marc Hopper, jurisconsulte et littérateur bâlois, mort à Bâle en 1564, et de qui l'on a encore 10 Andrece presbyteri concio de saillie angelica, tra- L'aîné meurut avant la publication de l'ouvrage ; et le nom même du livre est un monument , pape sous le nom de Pie II
  • Joachim IBARRA( 1725 - 1785) : célèbre imprimeur espagnol, naquit à Saragosse en 1725, et mourut à Madrid en •785 ; il avait dans cette ville une imprimerie dont les productions sont connues de toute l'Europe et recherchées des amateurs : il en est deux surtout qui sont regardées comme des chefsd'oeuvre typographiques ; l'une est son édition du Don Quixote , 1780 , 4 vol. L'autre est la traduction de Salluste faite par l'infant don Gabriel, 1772 , petit Il a aussi donné une magnifique édition de la Bible, et une du Missel inosarabe. Il parait que ce fut Ibarra qui introduisit en Espagne l'usage de lisser le papier imprimé. On a dit aussi qu'il avait inventé une encre dont il augmentait ou diminuait l'épaisseur à volonté. Cette assertion nous semble singulière , du moins d'après la composition de l'encre d'imprimerie en France; mais nous remarquerons qu'én Espagne chaque imprimeur fait luimême l'encre dont il se sert., suivant la méthode qu'il a reçue de son prédécesseur et qu'il transmet à son successeur. C'est peut--être à cela qu'il faut attribuer la beauté et la solidité des encres espagnoles, qui sont ainsi restées une partie de l'art de l'imprimeur, et ne sont pas devenues un objet de commerce. On croit qu'Ibarra mettait dans son encre une certaine dose de bleu de Prusse
  • Joachim IRGENS ou JURGENS( 1644 - 1725) : savant médecin, né le 5 mai 164i, à ltzehoe dans le Holstein, , était fils de Jean lrgens , médecin , puis directeur les mines de cuivre de Itoraas en Norvége. Il commença son éducation à l'école de Halle, et la termina dans différentes académies de Hollande et . J'Allemagne. Reçu docteur en médecine à Copenhague en 1676, il exerça son art d'abord à frondhiem et ensuite à Christiania, à partir de 1712 ; il mourut en 1725. On a de lui : 1. Disp. de alitnentorum cursu, Copenhague, 1676 2. Autoschediasma de victriolo, ibid., 1688. On voit dans la préface du Lexicon Fabro- cellar de Stube' lius, publié en 1717, et dans quelques lettres de cet écrivain , qu'il a composé une grande partie des morceaux de ce recueil. On lui doit aussi les Vindieite purioris latinitatis qui ont paru sôus le nom d'André Borrichius, dépositaire des manuscrits de l'auteur
  • Joachim JUNGE( 1587 - 1657) : en latin Jungius , l'un des plus célèbres philosophes du 1'7e siécle, naquit à Lubeck , le ..)2 octobre 1587. Son père , régent des écoles de cette ville , fut assassiné deux ans après, sortant de chez un ami où il avait passé la soirée. La tendresse de la mère dédommagea le fils d'une perte qu'il ne pouvait pas encore sentir. Elle le plaça de bonne heure dans une école où il apprit, avec une inconcevable rapidité, tout ce qu'on put lui enseigner. Sa mère aurait Lien désiré lui faire continuer ses études dans une des universités sd'Allemagne : niais elle était hors d'état de payer sa modique pension ; et , en attendant des circonstances plus favorables, Jungius partagea ses loisirs entre la lecture et des conférences qu'il établit avec des jeunes gens de son âge. Enfin un de ses parents lui fournit, en 1606, les moyens de. se rendre à Rostock, où il étudia les mathématiques avec une ardeur extraordinaire ; de là il passa à Giessen , où il reçut, en 1609, le grade de maitre ès arts, après un examen si brillant, qu'on lui offrit la chaire de mathématiques, qui venait de vaquer. 11 en prit possession par une harangue, De mai heseos diguitute, prœstantia et u.- u, qui ajouta encore à l'idée qu'on s'était faite du mérite du jeune professeur. Jungius ne tarda pas à s'apercevoir que les soins qu'il donnait à ses élèves le détournaient de ses études particulieres : il se déoit donc de son emploi en 1614, et se rendit à Augsbourg, où il eut avec quelquesuns de ses ;mis plusieurs conférences sur les moyens de hâter les progrès de la philosophie en Allemagne. Ses tentatives n'eurent alors aucun résultat : il revint l'année suivante à Rostock , et s'y appliqua il l'étude de l'art médical. Il visita l'Italie en 1618, et profita de son séjour à Padoue pour y prendre ses degrés en médecine. Par reconnaissance pour les marques d'intérèt qu'il avait redues à Rostock, il revint encore dans cette ville , et prit méme la résolution d'y passer le reste de ses jours. Il voulut y fonder une académie pour l'avancement des sciences naturelles; niais le bruit se répandit que ce projet cachait de mauvais desseins : on alla jusqu'à l'accuser d'ètre l'un des chefs de la société fameuse des frères de la Bose- Croix, dont l'existence mystérieuse donnait depuis quelque temps des inquiétudes , et il se vit forcé de renoncer à un plan dont l'exécution ne pouvait avoir que d'utiles résultats pour sa patrie adoptive. Cependant les magistrats, méprisant les calomnies dont on accablait Junge , lui offrirent la chaire de langue grecque : tuais les intrigues de ses ennemis l'emportèrent sur la bonne volonté de ses protecteurs; et ce ne fut qu'en 1624 qu'il fut nommé à la chaire de mathématiques. Les dégoûts dont on ne cessait de l'abreuver lui firent accepter, l'année suivante, la place de professeur en médecine à 11-,.luistadt ; mais la guerre qui éclata aussitôt l'empècha d'en prendre possession , et il se retira à Brunswick. Il fut rappelé à Rostock en 1626 ; et s'il se rendit encore une fois aux voeux de ses amis, ce fut avec l'intention de quitter au plus tôt une ville où il avait éprouvé des chagrins si cuisants. En effet, il passa, en 1629, à Hambourg , pour occuper la place de recteur de l'école de StJean et de l'école Illustre. Il commença seulement alors à attaquer le péripatétisme, et à substituer, dans ses leçons, l'expérience aux vieilles doctrines des universités. Cette innovation ne manqua pas de lui faire des ennemis de tous les partisans d'Aristote; mais il n'en continua pas moins son utile réforme, laissant à ses adversaires le soin de se démèler des contradictions dans lesquelles ils tombaient à chaque instant. Une thèse dans laquelle Junge mit en doute la pureté du style tin Nouveau Testament ranima contre lui le zèle du clergé protestant de Hambourg : il se contenta de faire paraltre une courte Apologie de ses principes , et n'écrivit plus rien dans une dispute qui lui paraissait sans utilité. Son grand âge le détermina enfin a résigner une partie de ses emplois : il languit encore quelques années dans un état qui faisait craindre à chaque instant pour sa vie , et mourut d'apoplexie, le 23 septembre 16:i7. Junge avait un génie élevé et pénétrant, une grande érudition I, et ' beaucoup de sagacité. Leibuitz le place peu audessous de Descartes, et à côté des Copernic, des Galilée et des Keppler. 11 n'.a publié luimème que quelques Dissertations, et deux ouvrages : 1. Geometria empirica ; la sixième édition, donnée par Henri Siver, Hambourg, 1688 est la plus estimée. 2. Logica Hamburgensis, id est Institu à Jean Vaget, son disciple, en le chargeant de les examiner, et de faire jouir le public de ceux qu'il jugerait utiles ; mais l'incendie qui consuma, peu de temps après, sa bibliothèque, en détruisit la plus grande partie. Vaget a publié les ouvrages suivants : 1. Doxoscopioe physicte minores, sen Isa- Le nombre des manuscrits laissée par Junge s'élevait à plus de trois cent soixante On en trouvera la liste à la suite de la Vie de ce philosophe, par ivia.rt. Fogel. goge physira doxoscopica, Hambourg , 1662 c'est un examen critique des opinions reçues en physique du temps de l'auteur. 2. Harmonica theoretica , compendiosissima et optima methodo sonorum et sonororum proportiones demonstrans, etc., ibid., 1678 et 1679, in- t.; Isagoge phytoscopica, ibid., 1678 l'auteur traite da. ns cet ouvrage de la variété des feuilles des plantes, et y apprend à distinguer les végétaux par des noms tirés de leur conformation , idée tri a servi à les classer d'une manière plus méthodique. Leitnuitz parle avec éloge de cet ouvrage, qui a été fort utile à Ray et a Linné. Junge avait observé les étamines avec plus de soin qu'on ne l'avait fait avant lui ; il ne parait pas cependant qu'il ait tracé le plan de la méthode sexuelle, ni d'aucune autre : seulement dans ses Priecipue opiniones physicoe , publiées par Fogel , il donne quelques principes généraux pour une classification des plantes. 4e Germania superior, ibid., 168 tis; c'est un recueil de remarques sur les parties de la haute Allemagne , négligées des géographes : elles sont en général intéressantes ; néanmoins il en est, dans le nombre, , 4°. Les observations de Junge avaient déjà été citées avec éloge dans les Trmisartious philosoph , mois d'avril 1676. 7° Ilistr,rin rermium , 1691, Vaget étant mort pendant l'impression de ce volume, Carmers, médecin de Ilambourg, se chargea de la révision des pièces qui devaient y entrer, et de la correction des épreuves; niais on lui reproche d'avoir rempli cette tâche avec trop de négligence. Les opuscules de Junge, devenus trèsrares, ont été recueillis et publiés par J.P. Albrecht, avec une préface et des notes, sous le titre d'Opus- rata physico- botanica , Cobourg 1747, petit On peut consulter, pour les détails, la Vie de Junge par blart. Fogel, dans la Cimbria litterata, t. 3, et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Joachim KÜHN( 1647 - 1693) : né à Gripswalde en 1647, mourut le 11 décembre 1693, après avoir oc- cupé , avec la plus grande distinction, la chaire , fort supérieure à toutes celles que l'on connaissait alors. On peut regretter que ses notes n'aient pas été textuellement reproduites dans le Pausanias de Facius
  • Joachim LANDAZURI( 1734 - 1806) : ecclésiastique espagnol, à Vittoria en 173i, était trèsversé dans les sciences sacrées et profanes; mais il se consacra plus spécialement à l'histoire et à la littérature de sa province. Il lit paraitre les ouvrages sui- vants, tous imprimés à Vittoria, et qui sont esti- més en Espagne : 1° Histoire ecclésiastique et poli- tique de la Biscaye, 1752, 5 vol. 2° Géographie de la Biscaye, 1760, 2 vol. Cette géographie, la plus exacte qui existe de ce pays, donne le détail de plusieurs vallées et cantons cachés par des montagnes, et jusqu'alors peu connus. 3' His- toire des hommes illustres de la Biscaye, 178G, I vol. Le style de Landazuri est clair, eVgint et annonee un écrivain exerect. Il t eut à Vittoria, k 13 janvier 1806. Landazuri I membre de l'académie espagnole, et obtint pension de Charles in
  • Joachim LEBRETON( 1760) : secrétaire perpétuel de l'Académie des beauxarts, naquit à StMéen , en Bretagne, le 7 avril 1760, d'un maréchal ferrant qui avait une famille nombreuse. Destiné à la profession de son père , il ne reçut qu'une éducation médiocre; mais ses bonnes dispositions surmontè. rent tous les obstacles. Ayant obtenu une bourse au collége des Théatins, il y réussit assez pour que ses maltres cherchassent à l'admettre dans leur congrégation, où sa douceur et la régularité de sa conduite semblaient d'ailleurs l'appeler. A peine âgé de dix neuf ans, il fut envoyé à Tulle pour y professer la rhétorique. On a dit qu'il était alors entré dans les ordres; mais, comme plus tard il renonça au célibat, ses amis ont nié cette assertion. Quoi qu'il en soit, il est bien sùr que, dès le commencement, il adopta fort chaudement les principes de la révolution et qu'il se hâta de quitter la soutane. Venu à Paris, il y épousa la tille atnée de Darcet, inspecteur général de la Monnaie, dont la protection le soutint constamment. Sous le directoire, il remplit la place importante de chef du bureau des beauxarts au ministère de l'intérieur. Après le 18 brumaire , il entra au tribunat. Admis, dès 1796, à l'Institut, il devint, par suite de l'organisation de 1803, membre de la troisieme classe , et fut nommé secrétaire perpétuel de la quatrième classe . Il concourut activement à la formation du musée impérial. Bien que ses études eussent eu jusquelà peu de rapports avec les arts, ces fonctions le mirent en relation avec tous les artistes, et son zèle, sa bienveillance lui firent parmi eux de nombreux amis. Il aimait les jeunes gens et se plaisait à les encourager; il profita de sa position élevée pour se faire le patron de plusieurs maisons qui ramenaient en France les principes d'une bonne éducation. La chute du gouvernement impérial lui causa beaucoup de chagrin ; et lorsqu'il vit les étrangers, en 1815, s'emparer de tous les chefsd'oeuvre des arts que la victoire avait aceumulés dans la capitale, il ne put contenir son désespoir. A la séance du 18 octobre 1815, il s'exprima dans des ternies trèsvifs contre un manifeste du due de \Vellington qu'il regardait comme injurieux pour la France. Cette sortie eut beaucoup de retentissement, et l'on pense que ce fut la principale cause qui le lit exclure de l'Institut, à la réorganisation de ce corps, quelques mois plus tard. Désespéré de cette décision , il prit la résolution de s'éloigner d'une patrie où on le traitait avec tant de rigueur, et, s'étant réuni à d'autres savants et artistes qui partageaient ses opinions, ils partirent ensemble pour le Brésil. S'étant embarqués au havre dans le mois de janvier 1816, ils arrivèrent heureusement à RioJaneiro, où Lebreton reçut, particulièrement du roi Jean IV, un accueil tresgracieux, et fut iris en position de diriger une colonie industrielle de Français réfugiés, et une académie dont la principale occupation était de répandre les notions premières de l'agriculture. 11algré la protection du gouvernement , ils eurent peu de succès. La plupart des colons succombèrent à la fatigue et aux besoins de tous les genres; d'autres revinrent dans leur patrie. Lebreton, parvenu à un Age où il est difficile de changer de climat impunément, mourut le 9 juin 1819, à RioJaneiro. On a de lui : 1° Logique adaptée à la rhétorique, imprimée à Tulle, 1789 2° des Mémoires et der Rapports à l'Institut, insérés dans le recueil de cette compagnie, et notamment Rapport sur l'état des beaux- arts, pour le concours des prix décennaux, 1810, impr. inipér. ainsi ilue des Notices historiques également composées pour l'accomplissement de ses devoirs de secrétaire, entre autres sur Grétry, Haydn, etc. Ayant concouru longtemps à là rédaction de la Décade philosophique, avec son compatriote et ami Ginguené, Lebreton a inséré dans ce journal beaucoup de notices, entre autres sur l'abbé Raynal et sur Deleyre. Barbier lui attribue un outrage que sa famille a désavoué, mais que sa profession d'ecclésiastique à cette époque rend trèsprobable, savoir : Accord des trais principes de l'Église, de la morale et de la raison sur la constitution civile du clergé, Paris, 1791
  • Joachim LEGRAND( 1653 - 1733) : historien , naquit le 6 fé- vrier lt;:sn 5 stLÛ , Feller et les auteurs du Dictions'. universel font nnitre Legrand à Thorigny mais on a préféré suivre le P. Bougerel, qui parait mieux instruit. qui ajoutèrent encore à l'idée que l'on avait . Il fut chargé, en 1720 , de dresser l'inventaire du trésor lies chartes : ce travail se liait naturellement à ses anciennes études, et ce fait alors qu'il termina la l're de Louis Xi. celui de ses ouvrages qu'il avait le plus travaillé, et qu'il ne publia cependant point. Il se retira sur la fin de vie à Savigny, dans le •liàtean du marquis de Vins, dont il avait soigné l'éducation ; mais une 11.1 prématurée ayant enlevé ce jeune seigneur, doue . te. 'L'Histoire de l'fle de 1. 1, ylan • traduite du portugais de Jean de Ribes% ro, Trévoux, 1701 Le t ratineteur a fait à l'ouvrage original des additions Ini• portantes. 5" & lotir», tilos), igue d'eyssinie, Iraduite dit portugais titi P. Jérôme Loho, Paris, 179.$ avec deux belles cartes par : Legrand y a joint des dissertations sur l'Histoire d'Abyssinie, par Ludolf, qu'il trouve déf•rtueuse; sur l'Ethiopie et l'Abyssinie; sur le Nil ; sur le ?retre Jean; sur ks rois d'Abyssinie , les cérémonies de leur couronnement et les titres qu'ils prennent; sur la mer Rouge et les , arec un Mémoire touchant la succession â la COICOUrte d'Espagne, ibid. , 1728 Legrand a publié d'autres ouvrages sur le nième objet , qui n'a aucun intérèt aujourd'hui, et dont on trouvera les titres dans la Bibliothèque historique de France. 5' Les Plages du P. Leeoiate et de l'abbé de Marolles, dans, h,. Journal des savants, année 1681. Enfin Legrand a laissé en manuscrit l'Histoire de Louis XI, divisée en vingtsix livres. Agnats , les descendants par la ligne masculine. n eh trotivera l'analyse dans la rie de railleur par le P. 13ongerel , et dans la Bibliothèque historique do l4 France, sous le numéro Inn. Garnier en a profité pour la continuation de l'Histoire de France commencée par Velly, , et les pièces originales rassemblées par Legrand ont été publiées pour faire suite à l'Histoire de Louis 1I. par Duclos. La Vie de Legrand par le P. Bougerel a été Insérée dans les Mémoires de Nicèron , t
  • Joachim MEIER( 1661 - 1732) : savant philologue allemand, né en 1661 à Perleberg, dans la Marche de Brandebourg , annonça dès sa jeunesse une grande ardeur pour l'étude et les recherches historiques. Nommé professeur d'histoire et de droit public au gymnase de Gcettingue, il remplit cette double chaire avec beaucoup de distinction, et mourut le 2 avril 1732. On conne de lui : 10 Leben, etc. , Leipsick , 1694 4° ; 2° De claris Fischeris , necnon de Piscinis , Piscibus et Piscatoribus memorabilia quœdam, Gcettingue , 1695 de 40 pages. Il y a donné une notice détaillée de tous les hommes plus ou moins célèbres , qui ont porté en anglais, en allemand ou en latin, les noms de Fisher, Fischer OU Pisrator. 3° Dissertatio de pa- trieiis germanieis , journal qu'il s'était chargé de continuer pendant un voyage que fit J.G. Eckard . son ami. Il la traduisit en latin, et la lit imprimer à Goettingue, 1703 ; elle fut insérée par Woltereck dans les Electa rei numariœ ; et enfin Meier en donna une nouvelle édition augmentée, Goslar, 1713 avec 4 p1. ; 60 Dissertatio de Boiorum mi- grationibus et origine, necnon de claris Bohmeris, Gcettingue , 1709, 1710 de 208 pages ; 70 Plessischer , etc. , Leipsick, 1713 fig. 8° Corpus juris apanagii et paragii continens scrip- tores, quotquot inveniri potuerunt, qui de apanagio et paragio ex institut° egerunt, etc., Goslar, 1721; Lemgow, 1727, 2 vol. Cette collection est trèsestimée en Allemagne ; on regrette que l'édition soit déparée par de nombreuses erreurs typographiques. On doit encore à Meier une bonite édition des Offices de Cicéron, avec un choix des meilleurs commentaires, et ses notes , Leipsick , 1721 , 2 vol. et plusieurs opuscules moins importants
  • Joachim MURAT( 1768) : roi de Naples , naquit le 25 mars 1768 à la BastideFortunière, district de Gourdon, département du Lot, d'une famille estimée de cultivateurs qui vivaient dans une honnête aisance . Son père, ne voulant pas laisser perdre le bénéfice ecclésiastique dont jouissait un oncle de Joachim, eut l'idée de faire de cet enfant un prêtre, et l'envoya au petit séminaire de Cahors ; mais Joachim avait des vues tout opposées. Il acheva néanmoins ses études, les fit même avec un certain éclat et se rendit ensuite à l'université de Toulouse pour y prendre ses grades en droit canon. Affranchi dès lors d'une surveil- lance incommode , il suivit la pente irrésistible des passions les plus vives et dépensa bien au delà de ses moyens. Ses ressources étant épuisées, il va trouver un maréchal des logis du régiment des Ardennes, nommé la Rocheblin, qui recrutait pour son corps, et il s'engage sans condition. Presque aussitôt, la famille émue paye les dettes de Joachim , à condition , bien entendu , qu'il retournera sur les bancs, mais il ne fait qu'y passer : de nouvelles folies l'entraînent, et, moyennant quelques écus , la Rocheblin l'enrôle d'une manière définitive. L'année 1789 finissait ; par- tout dans l'armée fermentaient des éléments révo- lutionnaires. Murat, maréchal des logis, jouissait sur ses camarades de l'influence que donnent un physique agréable, une élocution facile, une bravoure à toute épreuve et des talents dist ; il dirigeait, présidait leurs réunions, et, certain jour qu'un acte d'insubordination grave avait compromis la position de Joachim, son ca- pitaine, M. de la Roque , de Cahors, qui l'affectionnait beaucoup , lui fit donner un congé absolu. Rentré au sein de sa famille , il habitait StCéré, chez l'un de ses parents, lorsque vers 1a fin de l'année 1791 s'organisa la garde constitutionnelle de Louis XVI. Le département du Lot devaitiournir trois gardes : les districts, inspirés d'une manière heureuse, désignèrent au choix du directoire départemental Murat et Bessières, qui partirent presque immédiatement pour Paris. A peine Murat se trouvaitil sous les drapeaux de la république qu'un ancien membre de la constituante, M. de Feydel , le même qui présida plus tard les assises cl'Alby dans la célèbre affaire . La dissolution de la garde constitutionnelle du roi, opérée le 30 mai suivant, avait eu ainsi comme point de départ la A la suite d'un Mémoire des services , jusqu'à l'aniice 1793, DOI1S lisons ces mots écrits de sa propre main :4. J'ai l'honneur d'observer au 4l citoyen ministre que, quoique je porte le nom de ,csdevant ‘4 noble' je suis un vrai sansculotte ; que je suis fils d us labosi - it reur, et que j'en fournirai les certificats quand il le jugera à o propos. Suivent les attestations de cinq membres de la convention nationale. Pièce vendue cinquante fraises au mcss de février 1844. N. 352 du Catalogue. dénonciation patriotique de Murat. Fait souslieutenant dans un régiment de chasseurs à clic. val, puis aide de camp du général d'Hure, il passa bientôt avec de l'avancement dans un nou- veau corps de chasseurs à cheval line le colonel Landrieu organisait à Versailles et qui prit le numéro 21 , devenu célèbre pendant les guerres de la révolution. Murat y commandait déjà un escadron au commencement de 1795 , et il se conduisit avec non moins de bravoure que de prudence et d'aplomb lors des insurrections du 12 germinal et du 1" prairial an 3 , et de la révolte sectionnaire du 13 vendémiaire an tk . Le directoire , nouvellement constitué, désigna Murat pour remplacer au 21' le colonel Dupré, qui allait être mis à la retraite, et quand, au mois de mars 1796, Bonaparte eut quitté le commandemesit de l'armée de l'intérieur, pour aller vaincre l'Autriche dans les plaines d'Italie, il s'adjoignit Murat en qualité de pre- mier aide de camp . Au mois de mai suivant, cet Ephestion du nouvel Alexandre, déjà chargé de lauriers, revenait à Paris présenter au directoire vingt et un drapeaux pris sur les AustroSardes, et peu après il franchissait de nouveau les Alpes avec les insignes de général de brigade. Son éclatante intrépidité, son imagination pleine d'expédients heureux furent trèsutiles à l'armée, surtout depuis la mort de Stengel, le seul homme, disait Bonaparte, qui süt entraîner la cavalerie. A Roveredo, il traverse l'Adige avec un détachement du 10.de chasseurs, ayant en croupe un nombre égal de fantassins ; à Bassano, il centuple les moyens de ses soldats ; à Ceva, quelques centaines de chasseurs lui suffisent pour culbuter les escadrons de Wurrnser ; à S[Georges , une blessure l'arrète momentanément; mais bientôt , à la Coroua, il reparaît, tournant avec une demibrigade d'infanterie légère la position de l'ennemi et décidant sa retraite. Jusqu'à présent Murat n'a été qu'un simple guerrier le général en chef l'improvise diplomate. Secondé du prestige d'un nom déjà célèbre, Murat, à Turin, à Gènes, remplit dignement l'objet de sa mission ; puis il remonte à cheval , et dans les batailles de Rivoli et de la Favorite, au passage du Tagliamento , exécuté avec une di\ ision sous le feu des batteries autri- chiennes, ce général d'avantgarde exécute l'im- possible. Le traité de CampoFormio, signé le 17 octobre 1797, détacha momentanément Murat de la fortune de Bonaparte. Au mois de février 1798 , lorsque Alexandre Berthier occupait les Etats romains, Murat fut chargé du commandement de la ville de Rome. Une violente insurrection contre les Français ayant alors éclaté dans les districts d'Albano et de Castella , il y rétablit Je calme; puis il revint à Paris. Bonaparte pré- Le 10 ventr,se an 4, Murat écrivait de Florence an ministre de la guerre : Le saintpère est l'ami du gouvernement français, u mais il le serait tout de bon si vous vouliez lui rendre les trois légations. n parait l'expédition d'Egypte. Pour une croisade de cette nature , nul homme ne lui convenait mieux que Murat ; aussi furentils promptement d'accord quand Bonaparte lui eut révélé son projet. Le 30 floréal an 6 , Murat s'embarquait à Toulon ; le 21 prairial , il débarquait à Malte , remplissait auprès du grand maitre plusieurs missions et recevad ensuite le conunandement d'une colonne chargée d'agir hostilement, s'il le fallait. Le grand mattre ayant capitulé, l'escadre républicaine reprit la mer, et le Irr juillet 1798, elle débarquait dans la rade d'Aboukir. Maîtres d'Alexandrie le lendemain, nous étions huit jours après au pied des Pyra- mides. Les mainelucks y furent entièrement défaits; niais Murat faillit périr. Au milieu d'une charge de cavalerie, emporté par son cheval ou par sa fougueuse ardeur, il se trouve instantanément seul , cerné d'ennemis. Lasalle, qui s'en aperçoit, accourt suivi de quelques hussards et le délivre. Peu après, le Caire ouvrait ses portes aux Français. Entré dans la maison d'un riche martieluck au moment où des soldats avinés bouleversaient son harem, Murat s'élance vers les cris qu'il entend , lorsqu'une jeune Egyptienne, les cheveux en désordre, se précipite à ses pieds et le conjure de la sauver. C'était une beauté ravissante ; Murat, tout ému , ordonne aux soldats de se retirer ; mais, loin d'obéir, ils résistent et le menacent. Tirant aussitôt son sabre, Murat abat le poignet du premier qui s'avance et met les autres soldats en fuite. Evanouie dans les bras du général, puis rassurée, consolée, la jeune musulmane d'esclave devint maîtresse et, pen- dant plusieurs mois, elle domina d'une manière exclusive le coeur de son libérateur. Avec l'ex- pédition de Syrie s'évanouit cette passion ardente. Murat ne quitta point le Caire sans éprouver les plus vifs regrets; une seule chose, la gloire, pouvait le consoler, et , plein d'ardeur, il ouvrit au sein du désert la marche de ée. Sous les murs d StJean d'Acre, devenu le tombeau de tant d'illustrations diverses, Murat, dans les onze assauts infructueux qui se succédèrent, paya de sa personne comme un simple soldat. Lorsque les Turcs , ayant repris l'offensive, bloquèrent la forteresse de Sall'et, sur la rive droite du Jourdain, Murat pour la dégager partit du camp de StJean d'Acre le Vs germinal an 7 , avec 1,000 hommes d'infanterie et un régiment de cavalerie. Trois jours après, le déblocus avait lieu ; les Turcs fuyaient vers Damas, et le général français, par ses manoeuvres non moins habiles que rapides, contribuait au triomphe, du mont Thabor le 27 germinal. Desaix, chargé de conquérir la haute Egypte, poursuivait alors IbrahimBey ; mais , d'un autre côté , quelques débris d'escadrons mamelucks, conduits par MouradBey, cherchaient à se joindre aux gour- bis d'Arabes réunis sur les lacs Natron. Murat no leur en laissa pas le temps; il les coupa. et
  • Joachim NEGELEIN( 1675 - 1749) : savant théologien et numismate, naquit à Nuremberg en 1675, de parents mal partagés du côté de la fortune. Il acheva ses études à l'université d'Altdorf, , où il avait obtenu une bourse, et y prit ses degrés avec distinction. Il accompagna ensuite un jeune seigneur allemand dans ses voyages, et visita avec lui la Hollande et l'Angleterre. Après s'être arrêté quelque temps à Oxford pour entendre les professeurs de cette célèbre université , il revint à Nuremberg, où il reçut les ordres sacrés. Il fut attaché en 1701 à la maison des orphelins, et nommé en 1709 diacre de l'église StLaurent. Quelques ouvrages théologiques, qu'il publia à cette époque, fixèrent sur lui l'attention, et en 1720, il fut élu pasteur de l'église SteMarie. Les magistrats de Nuremberg le chargèrent en 172'2 de professer au collége de SteEgide l'éloquence, la poésie et la littérature grecque. Il s'acquitta honorablement de ces différentes fonctions , et mourut le 24 juin 1749. On a de lui, outre quelques écrits théologiques et une traduction allemande de la Science des médailles 10 Thesaurus numismatunt modernorum / infus soe- culi cum lat. et germen. explicatione , Nuremberg, 1701-1710, 21 parties, qui se relient en 3 volumes fig. ; 2° Ulysses litterarius sire ° ratio de singula- ribus et noris quibusdant in orbe litterato, 1726 L'auteur a réimprimé, à la suite de son discours, l'Ulysses scholasticus de Gaspar Dornau, et la harangue de Gasp. Hofman, De bar- barie imminente. Negelein avait traduit en grec l'Imitation de Jésus- Christ ; mais on ne croit pas que cette version ait été imprimée, non plus que celle qu'il avait faite des Evangiles en vers grecs et des Idylles de Théocrite en dialecte attique
  • Joachim OUDAEN( 1628 - 1692) : poète hollandais, né en 628 à Rynsberg , près de Rotterdam , mort en 1692 dans cette dernière ville. Fils de parents obscurs, après avoir reçu quelque teinte de latin et de grec, il dut se mettre à la tète d'une briqueterie, au moyen de laquelle il assura son existence et celle de sa famille à Rotterdam , où il passa la plus grande partie de sa vie. Excellent patriote et rempli de verve, il s'éleva insensiblement au rang d'un des premiers poètes hollandais de son siècle. La force de l'expression et l'énergie du style vont chez lui jusqu'à la rudesse et l'âpreté ; mais la noblesse des sentiments et la variété des tons rachètent bien ces défauts, qui disparaissent, du reste, dans ses derniers ouvrages. Il a écrit : 1° Jeanne Grey, tragédie' Rotterdam , 1618 • 9Le roi Conradin et le duc Frédéric, tragédie, ibid., 1649 ; 3° Paraphrases du livre de Job, en différents mètres ; l'Administration du règne triomphant de Jésus- Christ, espèce de Messiade ; 5° Combat de Jésus- Christ dans le désert contre la tentation , en vers ; 6° Douleur pensive, élégies bibliques ; 7° Paraphrase poétique des Psaumes. Outre ces ouvrages, imprimés séparément, il parut 8° un Recueil d'autres productions poétiques, en 3 volumes. Le premier contient : Exercices moraux et religieux ; — Erinements politiques et épigraphes. Le deuxième : l'Eloge des livres; — Mélanges; — Genethliaques et épithalames, anniversaires de mariages et de décès. Le troisième, posthume, renferme la biographie de l'auteur par David Van Hoogstraten. De son vivant, Oudaen avait publié encore : 9° la Proscription de la maison d'EH, tragédie ; 10° la Mort des frères de Witt, tragédie. Enfin, après sa mort , IP ses Pièces fugitives ont été publiées par son ami le poète Poot
  • Joachim PASTORIUS DE HIRTENBERG( 1610 - 1681) : historien, né en 1610 à Glogau, en Silésie, s'appliqua d'abord à l'étude de la médecine, et reçut ses degrés avec distinction ; mais il renonça bientôt après à l'exercice de cet art pour suivre la carrière de l'enseignement, et fut nommé professeur honoraire à Elbing, puis à Dantzig. La qualité de socinien étant un obstacle à son avancernent, il rentra dans le sein de l'Eglise romaine, et dès ce moment fut comblé d'honneurs et de pensions. Le roi Casimir V lui fit expédier des lettres de noblesse et le nomma historiographe de Pologne. Pastorius mourut à Frauenberg, en Prusse, le 26 décembre 1681. Outre une Vie de Jean Crellius et quelques discours insérés dans la Palestra nohilium, Francfort, 1678 , on a de Pastorius : 1° Florus Polonicus, sive Polonice historie epitome , Leyde, 1641 avec des additions , Amsterdam , 1664 ; , Dantzig, 1679 Cet abrégé est trèsestimé. 2° Peplum Sarmatie= , Dantzig , 1645 3° Character virtutum variis, aliorum etiam qua retenait, qua recentium auctorum , coloribus adumbratus , ibid . , 1650 ; réimprimé en format , sans nom de ville et sans date ; elle est trèsintéressante. 5° De juventutis institu- tiorais ratione, ibid., 1653 6° Orationes dure de proecipuis historie auctoribus , ibid., 1656 Ces harangues ont été réimprimées dans la Palestra trobilium. 7° Sylvarum pars prima, ibid., 1656 C'est un recueil de vers dont l'auteur promettait une suite qui n'a point paru. 8° Theodosius magnus, Iéna, 1661 C'est un panégyrique de ce prince, que Pastorius présente comme un modèle à tous les souverains. 9° Ministri status , seu Considerationes super vita Neorilli, ibid., 1661 Cet ouvrage, ordinairement réuni au précédent, est une traduction des Remarques de P. Matthieu sur la sit, du duc de Villeroy . 10° Historia Polonica ab obitu Uladislai IV, osque ad ana. 1651, Dantzig, 1680-1685, 2 vol. publiée par GeorgesAdam Pastorius, fils de l'auteur. Cette histoire, qui ne comprend qu'un espace de quatre années, est divisée en onze livres. On y lit des détails curieux sur la situation de la Pologne à la mort de Wladislas, sur les troubles qui précédèrent l'élection de Casimir, et sur la guerre contre les Cosaques. L'auteur y a réuni des pièces diplomatiques d'un grand intérêt, et l'ouvrage est terminé par une savante dissertation De originibus Sarmaticie. if. Acta paris Olivensis inedita , Breslau , 1763 et 1766, 2 gros vol. publiés par J. Gottlob Boehm. On trouve quelques pièces qui avaient déjà paru en 1679 dans la dernière édition de Morus Polonicus, et une notice sur l'auteur. On a encore de Pastorius quelques écrits moins importants, dont on trouvera la liste dans la Bibi. Anti- Trinitariorum de Chr. Sandius, p. 1 49 et suiv
  • Joachim PATENIER( 1487) : peintre de paysages, naquit vers 1487, à Dinant, dans le pays de Liége. 11 apprit les premiers éléments de son art à Anvers, et fut reçu à l'académie de peinture de cette ville vers 1515. Son talent était pour le paysage : ses perspectives sent pleines de charme, ses figures touchées d'une manière exquise et dessinées avec correction. Le feuillé de ses arbres se fait Iadmirer par la légèreté et la netteté de l'exécution , et les troncs et les branches semblent avoir toute la liberté de la nature. Ses ouvrages, même de son vivant, jouissaient de la plus grande estime et étaient payés extrêmement cher. Malheureusement, sa conduite était loin d'être en harmonie avec ses talents : livré à tous les excès de l'ivrognerie, il passait la plus grande partie de son temps dans les cabarets, et il avait la cous. turne de ne prendre ses pinceaux que lorsque le besoin l'y contraignait. fi a peint aussi des batailles avec un esprit extraordinaire. Ses compositions en ce genre sont remplies d'une multitude inconcevable de figures, et chacune d'elles cependant est dessinée avec exactitude et finie avec le plus grand soin. Sandrart fait mention d'une admirable bataille que Patenier avait peinte et qui appartenait à Melchior Wintgis, de Middelbourg. Lorsque Albert Durer vint à Anvers, il fut tellement frappé de la beauté des ouvrages de cet artiste, que, pour lui témoigner l'estime qu'il en faisait, il voulut peindre son portrait. Il a eu pour élève François Mostaert. On peut voir dans Descamps Tics des peintres flamands, t. 1 , p. 31) le signe dont Patenier marquait ses tableaux : la bienséance ne nous permet pas de répéter ce qu'il appelle le coin du peintre. Le Musée du Louvre a possédé un tableau de Patenier représentant Jésus- Christ baptisé dans le Jourdain,. il provenait de la galerie de Munich : il a été rendu en 1815
  • Joachim PÉRION( 1400 - 1559) : savant philologue, né vers la fin du 15° siècle à Cormeri , dans la Touraine, fit ses premières études dans l'abbaye de cette ville, où il prit en 1517 l'habit de StBenoit. Il fut ensuite envoyé par ses supérieurs à Paris , et il s'y appliqua pendant vingt ans à l'étude des langues anciennes. Charmé de la lecture des ouvrages de Cicéron, il le prit pour modèle et s'attacha à imiter les formes de son style. Il fut reçu en 1542 docteur de Sorbonne. Il s'était déjà fait connaître par quelques traductions latines des ouvrages d'Aristote, plus élégantes que fidèles. Strebée et Grouchy lui reprochèrent d'avoir mal rendu le sens de plusieurs passages d'Aristote; mais loin de convenir de la justesse de leurs observations , et d'en profiter, il leur répondit avec une vivacité trèscondamnable. 11 écrivit aussi contre le fameux Ramus, qui le premier avait osé attaquer Aristote , dont les décisions étaient reçues dans l'école comme des oracles . A ce tort, Ramus joignait celui de ne point partager l'admiration superstitieuse de Périon pour les ouvrages de Cicéron. 11 n'en fallait pas tant pour échauffer le zèle du présomptueux bénédictin ; et il publia contre le malheureux professeur trois harangues pleines d'invectives. Périon retourna en 1547 à l'abbaye de Corrneri ; et il continua de s'y livrer avec ardeur à l'étude et à la composition de différents ouvrages. Il y mourut en 1559, suivant Niceron , et en 1561 suivant dom Liron . On a de Périon un grand nombre de traductions, dont on trouvera la liste dans le tome 36 des 1/ énzoires de Niceron : les plus remarquables sont celles des ouvrages de morale et de politique d'Aristote ; des harangues d'Eschine et de Démosthènes pour la Couronne ; du Traité des hérésies , de StJean Damascène ; des oeuvres de StJustin , de StDenis l'Aréopagite, etc. Parmi ses autres ouvrages, on se contentera de citer : 1° Topicorum theologicorum (11 Niceron n'a pas connu l'ouvrage suivant, cité par Maittaire, Annal. typograph., t. 3, p. 317: De fabulanim , ludorum, Meairorunt antiqua consueludine, Paris, 1540 libri duo , in quorum secundo agitur de iis omnibus quce hodie ab hereticis defenduntur, Paris, 1549 ; Cologne, 1559, même format. Les pr de l'Eglise catholique y sont établis et prouvés par des passages tirés de l'Ecriture sainte et des Pères. 2. De titis et rebus gestis Apostolorum, ibid., 1551 Cet ouvrage , réimprimé plusieurs fois , a été traduit en fran-çais par Jean de La Fosse, ibid., 1552 3. De origine linguoe gallica et ejus cum eccea cognatione dialogorum libri iv, ibid., 1555 40 De sanctorum tirorum qui patriarchœ ab Ecclesia appellantur, rebus gestis ac titis, ibid., 1555, 4°. Cet ouvrage a été traduit en français par La Fosse , sous ce titre Les ries des patriarches de l'Ancien Testament, ibid., 1557, i11-8°. 5° De magistratibus Romanorum ac Grœcorum, ibid. , 1560 réimprimé à la suite du traité de Jean Zamoïsky, De senatu Romano, et dans le tome 6 du Thesaur. antiquitatum Grœcarum. On peut consulter, outre les auteurs déjà cités, la Vie de Périon, dans les Essais de littérature , novembre 1702 , et' les Eloges de Teissier, , t
  • Joachim PESSUTI( 1743 - 1814) : savant italien , né à Rome en 1743, fit de brillantes études et s'appliqua spécialement aux mathématiques. Jeune encore et quoiqu'il n'eût publié aucun ouvrage sur cette science , il avait déjà une telle réputation que l'impératrice Catherine II l'appela en Russie et le nomma professeur au collége des Cadets à StPétersbourg. Là il connut Euler , qui, appréciateur de ses talents, ne cessa de lui témoigner une bienveillance particulière. Mais l'àpreté du climat ne permettant pas à Pessuti de résider longtemps dans ce pays, il reprit la route de l'Italie. Pendant un voyage qu'il lit en France, il vint à Paris, où il fut trèsbien accueilli par savants, entre autres Condorcet et d'Alembert, avec lesquels il se lia d'amitié et resta toujours en correspondance. Revenu à Rome, il obtint au collége de la Sapience la chaire de mathématiques appliquées , et publia d'importants écrits sur l'hydraulique et sur l'astronomie. Lorsque les Etats de l'Eglise furent envahis par l'armée française en 1798 et que la république romaine eut été proclamée, Pessuti , admirateur enthousiaste de l'antiquité , accepta les fonctions de consul dans ce gouvernement éphémhre, dont la chute le ramena bientôt à ses travaux scientifiques. 11 mourut en 1814. Plusieurs académies, notamment la société italienne, le comptaient au nombre de leurs membres. Parmi les différents écrits qu'il a publiés et qui sont tous en italien, nous citerons : 10 Réflexions analytiques sur une lettre de Riccati, Rome, 1777, Pessuti avait signalé quelques erreurs dans les lnstitutiones analyticce du P. Riccati ; celuici lui répondit par une lettre où se trouvaient encore de nouvelles erreurs; mais Pessuti , plein de respect pour ce savant et ne voulant pas lui causer de chagrin , ne publia sa réplique qu'après la mort de Riccati. 2° Sur la. théorie des trombes hydrauliques et sur la loi de la vitesse de l'eau provenant des petits trous des rases, Rome, 1789 ; 3' Sur le maniement et les usages du théodolite, Rome , 1794 ; 4° Md- moire pour déterminer les occultations des étoiles . fixes derrière le disque de la lune, Rome, , 2° Considérations sur un problème mécanique ; 3° Jliéthode d'approximation pour la résolution numérique ; 4° Théorie de l'action des tubes capillaires ; 5° Nouvelle méthode de la trigonométrie sphérique . Pessuti a laissé plusieurs opuscules inédits, entre autres un Traité sur les fonctions dérivées et des Annotations à la 41/ écanique céleste de Laplace. 11 était aussi trèsversé dans la littérature et concourut aux publications périodiques de Bianconi
  • Joachim RACHEL( 1618 - 1660) : ponte allemand né à Lunden en 1618, embrassa la carrière ecclésiastique, fut recteur à Schleswig , et mourut en 1660. 11 composa des satires qui lui ont fait décerner par ses compatriotes le titre du Lucite ou du Régnier de la Germanie. Il se rapprocha en effet de notre Mathurin; il a de la vigueur, de l'esprit, et il brave parfois les lois de la décence; mais on était, il y a deux siècles-, bien moins exigeant qu'aujourd'hui en fait de bienséances. Plusieurs des écrits attribués à Rachel , et qui sont en effet trèsvifs, ont été signalés comme n'étant pas réellement sortis de sa plume. La première édition, donnée à Francfort en 1664 , contenait six satires; il y en a huit dans une seconde édition datée de 1666, et dix dans une troisième publiée Quelques bibliographes citent cette édition de 1651, mais beaucoup révoquent en doute son existence. Personne ne l'a rue. La Bibliotheque historique de la France, n° 17350 de la première édition, ou 47506 de la seconde, ne mentionne pas d'édition antérieure à celle qui parut en 1672 dans le volume intitulé Divers traités d'histoire, de morale et d'éloquence, un petit volume P. de StGlas , abbé de StUs›ans, qui en tut l'éditeur, n'a mis aucune note ni avis , et n'explique pas conséquemment si jusquelà cette pièce était inédite, ou s'il n'en donne qu'une nouvelle impression. Les auteurs et éditeurs de la Bibliothèque historique de la France pensent que o Racan n'a pas tait propre-« ment une Vie de Malherbe, mais un petit ouvrage intitulé les u Faits et dits de Malherbe. e Ce titre convient assez à l'opuscule imprimé en 1672, et réimprimé en 1717 , dons la première partie du tome 2 des Mémoires de littérature, par Sallengre. Mais l'abbé Joly ne peut croire que cette Vie de Malherbe, telle que nous l'avons, soit l'ouvrage de Racan, l'ami, le disciple, le lits de Malherbe, et dont il n'a pu déshonorer la mémoire. Nonseulement cette Vie est injurieuse à Malherbe, elle est remplie de contradictions qui ne peuvent venir d'un écrivain aussi judicieux que Racan. Cependant Peins.' , dans sa Relation contenant l'histoire de l'Académie _ française, p. 250 de l'édition de 1653, parle de faits concernant Malherbe, qu'il a «. appris depuis o peu dans quelques mémoires que M. de Racan a donnes pour « la vie de cet excellent poéte. e Un peut conclure de ces paroles que les Mémoires de Racan sur Malherbe existaient dès 1652, mais non qu'ils fussent imprimés. Pellisson a conservé les mêmes termes dans son édition de 1672. A. 3T. en 1 6 68 . Elles ont été réimprimées une douzaine de fois, et en dernier lieu à Altona en 1828. Rachel a laissé des mémoires dans lesquels il fait le récit de sa vie, et qui ont été insérés dans les Archives pour l'histoire du duché de Schleswig, éditées par Asmassen ; mais cette autobiographie est pour nous dénuée d'intérêt
  • Joachim SALVIONI( 1736) : improvisateur italien, naquit à Massa en 1736. Destiné à l'état ecclésiastique, il fut placé au collége de Prato, puis à celui des jésuites à Rome, où il prit l'habit de la société. Bien que fort jeune encore, il fut, dans différentes circonstances, chargé par ses supérieurs de prononcer des discours et même des sermons, ce dont il s'acquitta de manière à faire naître les plus grandes espérances. Tel était à cette époque son enthousiasme religieux, qu'un jour on le vit parcourir les rues de Rome avec une énorme croix sur l'épaule, prêchant et exhortant le peuple à la pénitence. Malheureusement ce zèle était l'effet d'un commencement de fièvre cérébrale, qui bientôt dégénéra folie et obligea l'enthousiaste à quitter le collége des jésuites, où il n'avait pas encore fait profession, et de rentrer dans sa famille. Grâce à des soins éclairés, sa raison lui revint peu à peu, et il put passer pour guéri complétement, hien que le reste de sa vie se trouve parsemé d'actes qui paraissent au moins singuliers. Ainsi non content d'avoir mis de côté l'habit eccléL siastique, il voulut se marier et porta son choix sur celle de toutes les femmes qui pouvait le moins lui convenir. Mais c'est surtout dans la publication périodique qu'il fonda à Florence, SOUS le titre de Mélanges intéressants de littéra- ture, que l'on trouve de nombreuses traces de folie. On ne saurait croire combien de futilités, d'extravagances et, ce qui est plus fâcheux, de critiques acerbes et injustes il a entassées dans ce recueil, d'ailleurs fort peu volumineux. Sal-\joui n'en avait pas moins la réputation d'un homme de beaucoup d'esprit et de science. Il avait une grandie facilité d'élocution et improvisait al ec une égale facilité en italien, en latin, en grec et même en hébreu. On raconte de lui à ce sujet des tours de force vraiment incroyables. Salvioni résida successivement à Lucques, à Pise, à Florence. Dans cette dernière ville, il Publia ses Mannes et fut nommé membre de l'académie des Apatisti, à laquelle il donna de fréquentes preuves de son talent. Salvioni mourut à Pise en 1796. Il s'était fait porter à l'hôpital par suite d'une de ces bizarreries qui lui étaient si communes. Outre les Mélanges, il avait publié plusieurs élégies qu'on dit fort belles, ruais qui, ne formant pas un recueil, ont probablement eu le sort de la plupart des pièces imprimées sur dies feuilles volantes et sont- à jamais perdues. Il comptait en France plusieurs admirateurs, parmi lesquels nous nommerons Diderot, qui chercha à attirer Salvioni à Paris et chargea de la négociation un abbé, qui s'y prit de manière à la faire avorter
  • Joachim SANDRART( 1606) : peintre et biographe, né en 1606, à FrancfortsurleMein, d'une ancienne et noble famille, annonça de bonne heure d'heureuses dispositions pour les arts et reçut de Théod. de Bry les premières leçons du dessin. A quinze ans, il fit à pied le voyage de Prague, pour apprendre de Gilles Sadeler les procédés de l'art de graver. Sadeler lui conseilla de s'appliquer de préférence à la peinture, et, docile à cet avis, le jeune élève entra dans l'école de Ger. Honthorpt, à Utrecht. Conduit ensuite en Angleterre par son maitre, qu'il aida dans ses travaux , il mérita les encouragements du roi Charles le' et ceux du comte d'Arundel. Sandrart s'embarqua pour l'Italie, en 1627, et s'arrêta quelque temps à Venise, où il se perfectionna dans son art en copiant les tableaux du Titien et de Paul Véronèse. Il visita ensuite Bologne , Florence et Rome , étudiant partout les chefsd'oeuvre des grands maîtres. A cette époque , le roi d'Espagne chargea le cardinal Barberini de lui procurer douze tableaux des meilleurs peintres, et telle était la réputation dont jouissait Sandrart que son nom fut inscrit sur une liste où figuraient le Guide, Guerchin, Lanfranc, le Dominiquin, Poussin, etc. Dans ce concours, il choisit, suivant Orlandi , le sujet de la mort de Sénèque ; mais Descamps dit que le cardinal Barberini lui acheta deux tableaux représentant St- Jérôme et la Madeleine. Sandrart , après avoir séjourné plusieurs années à Rome, visita le royaume de Naples, la Sicile, Malte, et reprit la route de l'Allemagne, où l'avait précédé sa réputation. Les Iléaux qui désolaient alors cette contrée l'obligèrent de chercher un asile dans Amsterdam , où il exécuta plusieurs tableaux d'une grande dimension, entre autres l'entrée de Marie de Médicis dans cette ville. Il possédait par héritage la terre de Stockau, près d'Ingolstadt. La vente de ses ouvrages lui fournit une somme suffisante pour rétablir son chàteau ruiné dans les dernières guerres ; mais, les Français l'ayant ruiné une seconde fois , il vendit cette terre et alla demeurer à Augsbourg. Il s'établit, en 167e., à Nuremberg et ne négligea rien pour y ranimer le goût des arts. L'Empereur et la plupart des souverains d'Allemagne lui demandèrent à l'envi des tableaux ; il reçut de l'électeur palatin le titre de conseiller et fut comblé de marques de bienveillance par les autres princes. Il venait de terminer son tableau du Jugement dernier, quand il mourut à Nuremberg, en 1688 . Dans sa vieillesse, Sandrart épousa en secondes noces une fille de G uill. Bloermaert. On a gravé d'après Sandrart les Douze niais de l'année Il a exécuté luimême quelques pièces à l'eauforte ; mais ses productions comme peintre sont aujourd'hui peu recherchées; il n'en est pas de même des écrits qu'il a publiés sur les arts et qui continuent à jouir de l'estime des amateurs; ce sont : 1° Teutsche Academie, etc. , c'est-àdire Académie allemande d'architecture , de sculpture et de peinture, Nuremberg, 1675-1679, 4 tomes en 2 volumes Christ. Rhodius a traduit en latin une partie de cet ouvrage sous ce titre tu Cette date nous est fournie par Fuessly. La plupart des autres biographes placent la mort de Sandrart en 1693; mais on voit qu'il a publié po?térieuremeht des ouvrages qui ne sont paii annoncés comme posthumes. Academia nobilissinace artis pictune , ibid. , 1683 C'est le recueil des vies des peintres anciens et modernes, avec l'indication de leurs tatleaux, dont quelquesuns y sont reproduits par la gravure. Sandrart a beaucoup profité des recherches de Vasari , Ridolfi et Van Mander; mais les jugements qui lui appartiennent en propre ne sont pas exempts de partialité. Cet ouvrage a été regardé longtemps comme l'histoire la plus complète de la peinture ; il est orné de plus de deux cents portraits des artistes les plus célèbres. Une notice assez détaillée sur l'auteur et sur ses ouvrages , rédigée par ses élèves, termine le volume. 2° Iconologia deorum qui ab antiquis colebantur , ibid. 1680 fig. ; 3. Admiranda sculpturce veteris, sive delineatio vera perfectissimarum statuarunz, ibid., 1680 fig. ; 150 limace antiguce et nova, theatrum sive genuina ac vera urbis , furia rarios ejusdenz status delineatio topographica. ibid., 1681 fig. ; 5° Romanorunz fontinalia, sire infra et extra urbem. Ronzam fontium delineatio , ibid., 1685 Cette collection des ouvrages de Sandrart est trèsrare , et le prix en est fort élevé dans les ventes. Volkmann en a publié une nouvelle édition, Nuremberg, 1769-1775,8 part. ; mais elle n'a point fait baisser la valeur de la première
  • Joachim VADIANUS( 1484 - 1551) : proprement DE WATT, né à StGall en n84, y mourut en 1551. Fils d'un négociant lettré, il se voua luimême aux lettres avec autant de zèle que de succès. Il étudia d'abord dans sa patrie, ensuite à Vienne, où l'ardeur de son tempérament lui suscita de fréquentes querelles. Il revint bientôt de ces désordres, et, après avoir voyagé en Hongrie, en Pologne, en Allemagne et en Italie, il obtint la chaire Le succès des Ço! iles du pseudonyme Guillaume Va.dé rut trèsgrand. Le libraire qui vendait alors les CEtit.,, s de Jean-3oseph imagina de mettre à ,tes exemplaires du 4. volume ce titre : Contes de Jecrulaseid4 rude peur servir de Tome second à ceux dg Guilkuirne Vade, 1765 Les trois premières pièces sont une historiette en prose et deux contes en vers; le reste du volume, à partir de la page 33, contient des épîtres, des fabieN, des chansons. le Cuwiquè si connu de Si Roch, le Cantique de SI- Hubert, des Amphigouris, etc., etc. L' Annie littéraire, 1757, t. 4, p. 359-355, contient un Eloge de Vadé, par Fréron, qui déclare avoir été lié avec lui. A. e—T. fuite des dangers qui le menaçaient à Zug. A. StGall, il avait à combattre la secte des anabaptistes; il y établit les nouvelles ordonnances ecclésiastiques. Savant laborieux , il a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont la partie relative à l'histoire de sa patrie n'existe qu'avec les manuscrits qu'il a légués, ainsi que sa bibliothèque. à sa ville natale. Ce sont deux Chroniques de St- Gall; l'une, moins étendue, ne va que jus- qu'à l'abbé Diethelnz Blaurer, élu en I530; l'autre, plus considérable, comprend les 13°, 148 et 15e siècles. Il y a mêlé une partie de l'histoire de la Suisse. Dans un troisième ouvrage, il a traité de la Turgovie, de l'origine des moines, de l'histoire de StGall, et il a donné une description de la partie supérieure du lac de Constance. Ses pr ouvrages sont : P Ecloga cui titulus Faustus ; de insignibus familia? Vadianorum Vienne, 1517 Dans sa lettre adressée un ami , et insérée dans ce recueil , Vadianus explique les raisons qui l'ont engagé à changer son nom : « Clan barbara illa cognomina a nitorc « lutiner? lingue longe absint, sire carmen quis seri- « bit, sire prosam, prope me necessilas querdam « impulit ut cognomentum usurparem, lingue qua « tot annis exerceor consonum, quod in prosa lene « est, in verste vero . facile. Tanturn igitur abest ut « me consilii poeniteat mei, ut vos mues oh hanc « vel unicam causam idem probaturos esse sperem, , t prœsertim cent quoties vernacula lingua quicquid · scribo, loties me non Vadianum, serf, quod tins . ffacio, Joachimum von Watt scrihere soleo. Conintentarii in Pomponium Ilielarn, 1518, et souvent réimprimés ; 3° Scholia in Plinii historiant naturalem, 1531 ; 4. Epitome Asie, Aficer et Europce, prœsertim locorum descriptionem continen's quorum etangelister et apostoli nteminere, 1535 ; 5° Consiliuvn contra pestent, 1546 ; 6° Farrago antiquitatum Alemannicarum, et d'autres pièces insérées dans la collection de Goldast. Senkenberg, Proef. ad Goldastum, a donné la Vie de Vadianus
  • Joachim VALTRIN ou VAULTRIN( 1600 - 1673) : fut du petit nombre de ces hommes que rien n'arrête et ne décourage , mais qui vont bravement à leur but sans s'inquiéter des difficultés et surmontent tous les obstacles qu'ils rencontrent or leur chemin. Né dans les premières années du 17° siècle, au sein d'une pauvre famille du village de PareysousMonfort , il ne reçut probablement d'autre instruction que celle que pouvait donner le magister, si toutefois il y en avait un alors dans l'endroit. Suivant dom elmet, les guerres qui affligèrent la Lorraine En Italie, Vaultrin aura traduit son nom par le mot ValSeins; de là Valtrin. sous le règne orageux du duc Charles IV déterminèrent Vaultrin à quitter le toit paternel et à s'en aller chercher fortune à la grâce de Dieu . Par quel motif se dirigeatil vers la capitale du inonde chrétien ? C'est ce qu'on ignore totalement. Arrivé à borne, il se trouva dénué de toute espèce de ressources ; mais il sut lutter contre la misère, et, après d'incroyables efforts, parvint à savoir parfaitement la langue latine. Il étudia ensuite la philosophie et la théologie avec un tel succès, que sa vénération s'étendit jusqu'à la cour pontificale, qui honora Vaultrin du sacerdoce et l'appela successivement à de hauts emplois. Il devint officier de la Daterie, préfet de la chancellerie romaine et portecroix du pape. Ces charges lui procurèrent de grands biens dont sûrement ses parents profitèrent. S'il ne revint jamais dans son lieu natal , il ne l'avait pas du moins oublié. Par son testament, daté du 26 avril 1662, il fonda à PareysousMonfort un couvent de prémontrés qui subsista jusqu'à la révolution, sous le titre de prieuré dépendant de l'abbaye de Flabémont. Les bâtiments de cette maison n religieuse appartiennent aujourd'hui à plusieurs « particuliers. L'église qui y attient est un beau Vaultrin mourut à Rome en 1673, on ne sait à quel âge. Vainement nous avons cherché son nom dans une Biographie des hommes marquants de la Lorraine . Ce qui est plus étonnant encore, il n'est fait aucune mention de Vaultrin, Vosgien d'élite , dans la Biographie vosgienne, publiée par M. F. Vuillemin , membre de la société d'émulation des Vosges, Nancy, mademoiselle Gonet, 1848
  • Joachim VENTURA( 1792) : naquit à Palerme, en Sicile, le 8 décembre 1792, de don Gaud Ventura , baron de Raulica, et de clona Catherine tï'atinelli. Doué d'une grande facilité et d'une vive intelligence, il commença ses études de trèsbonne heure, et il les termina à l'âge de quinze ans. Mais dès lors il résolut de renoncer au monde, et il entra dans la compagnie de Jésus, qu'un bref de Pie VII avait rétablie pour le royaume de Naples seulement. Ventura , après ètre entré chez les jésuites de Palerme, s'y attira la considération de ses supérieurs , qui lui confièrent aussitôt la chaire de rhétorique. Les révolutions qui amenèrent le règne passager de Murat bouleversèrent le royaume de Naples tout entier ; la maison des jésuites fut fermée. Ventura ne voulut pas rester dans le monde, et entra dans l'ordre , la restauration, en France et ailleurs, amena une sorte de révolution dans les idées et même dans les esprits. Bientôt quelques hommes parurent . dominer par la puissance de leur intelligence. Entre ces hommes on doit en citer un, l'abbé de la Mennais, qui alors, nonseulement en France, mais aussi dans toute l'Europe, semblait voir l'admiration extasiée devant son génie. Le P. Ventura partagea cet enthousiasme, qui était dans sa nature et dans ses dispositions d'esprit. avait assurément des connaissances plus variées, plus de science que la Mennais, mais il ne rougissait pas alors de suivre un homme qui avait une réputation si brillante. 11 de N int donc un des adeptes du nouveau maitre ; on ne l'ignora point en France et on lui en sut gré. Ventura, philosophe distingué luimême, adoptatil le témoignage de l'autorité générale comme unique base des preuves de la vérité ? Il est certain qu'il estimait cette preuve à la haute valeur qu'elle a en effet, sans peut-être la regarder comme critcrium exclusif. Ardent propagateur de cette nouvelle philosophie éclose en France, et qu'il qualifiait de philosophie catholique, il contribua largement à l'importer en Italie , et il encouragea la traduction de l'Essai sur l'inderence en matière de religion. Il était également rempli d'admiration pour des hommes tels que M. de Bonald, Joseph de Maistre, etc. Il traduisit en italien l'ouvrage de ce dernier, intitulé Du pape, et le livre si profond du premier sur la Législation primitive. Il était parvenu aux fonctions de procureur général de son ordre , qui conduisaient ordinairement à la première dignité. Le pape avait voulu, diton, lui confier la direction du Journal ecclésiastique de Rome. Il consentit seulement à ètre collaborateur de cette feuille , à laquelle cependant il ne donna, aton écrit, que quelques articles sur l'action civilisatrice de la France. Cette petite remarque restrictive, à laquelle il n'était peut-être pas étranger, n'est point juste. Ventura donna au Journal ecclésiastique d'autres matériaux, entre autres, en 18'25, un article fort remarquable Sur la disposition actuelle des esprits en Europe par rapport à la religion. Ce titre montre la relation du sujet avec celui que traitait un ouvrage si célèbre à son apparition. Cet article parut aussi en divers recueils, fut tiré à part, et révélait dans son auteur un rare esprit d'observation. Après la mort de Pie VII, le P. Ventura prononça son éloge funèbre. Léon XII le nomma à la chaire de droit public ecclésiastique dans l'archigyinnase romain , et par une distinction ou exception infiniment honorable , due aux écrits que le savant. religieux avait déjà publk, il le dispensa de la loi du concours. On lui confia. en outre, une mission habituelle et trèshonorable, en le nommant membre d'une commission de censure avec Orioli et le capucin Micara , tous deux devenus ensuite cardinaux , et avec le camaldule Maure Capellari, qui fut plus tard le pape Grégoire XVI. Ventura fut, après cela, aumônier de l'université. Il se démit du professorat, amen.,, diton, à cette mesure par d'odieuses accusations. En quoi consistaient ces accusations , si elles ont existé, et en quoi étaientelles odieuses? N'étaitce pas déjà le fruit de quelques préventions contre lui à cause de son affection marquée pour le parti mennaisien qui commençait à vouloir tout soumettre à sa direction ? Ventura a passé pour un des rédacteurs du Mémorial catholique, organe de la nouvelle école, et Ventura aN ait la satisfaction de s'y voir exalté. Il donnait aussi déjà prise à la critique par des formes singulières dans ses écrits. Lorsqu'il publia le premier volume de l'ou% rage intitulé De methodo philosophandi , il le dédia à Chateaubriand, dont il latinisait le nom en l'appelant le vicomte Casiribriantii, et lui disait que c'était lui « qui avait relevé dans sa « nation, par ses écrits, la religion abattue, et « qu'il travaillait par ses efforts politiques à la « faire fleurir de plus en plus. » Si le P. Ventura perdit sa chaire au collège de la Sapience, il ne perdit pas la considération dont il puissait à Rome ; on dit même que deux cardinaux allèrent chez lui pour le détourner de se démettre ; on a ajouté que le pape, n'ayant pu vaincre sa résistance, voulut du moins que le mot spontané fût mis dans la dépêche, et que Ventura jouit à titre de pension de la moitié de ses appointements. Il venait d'être nommé consulteur de la congrégation des Rites quand il publia sou Cours de philosophie. Le souverain pontife lui confia des commissions politiques : il réconcilia avec le saintsiége Chateaubriand , ambassadeur de France, dont les imprudences ou les prétentions avaient mécontenté le saintpère, qui ne voulait plus le voir. Ce fut par son influence que fut conclu le concordat de Rome avec le duc de Modène; et même, à la prière de celuici, il fut question de promouvoir à l'épiscopat le P. Ventura, mais Léon XII voulut le garder près de lui. Dans le corps religieux auquel il appartenait, il jouissait toujours de la même considération , et les théatins l'élurent à l'unanimité général de l'ordre, le 28 février 1830. dans la session du chapitre général qui eut lieu alors sous la prési- dence du cardinal Albani, secrétaire d'Etat. s'occupait toujours à des compositions sérieuses qui le faisaient placer depuis longtemps déjà au rang des plus remarquables écrivains de son siècle, et il faisait un cas spécial luimême de ceux dont la France avait droit de s'enorgueillir. Il l'avouait, et il le prouvait d'ailleurs par ses œuvres. Ainsi le traité De jure ecclesiastico, qu'il avait édité à Rome en 1826, n'était pas strictement un manuel de droit ecclésiastique, mais on pouvait y voir aussi un manuel de philosophie religieuse, car il y, avait réuni et classé Cl) ordre les doctrines de de Maistre, de Bonald, de l'abbé Robert de la Mennais, de Haller, de StVictor. Les discussions philosophiques avaient, en effet, OH attrait particulier pour lui , et il était un des panégyristes et même un des apôtres de ce qu'on appelait la philosophie catholique. Dès 1825, il développa dans une séance de l'Académie' de la religion catholique cette proposition : « La raison « humaine n'a pu et ne pourra jamais avoir une parfaite connaissance de la religion hors du catholicisme. » On ne peut douter qu'en s'attachant à cette école qu'il voyait, en France, agiter quelques esprits et parler avec tant d'ardeur en faveur des prérogatives de l'Eglise, de la liberté du catholicisme, Ventura n'ait été animé des intentions les plus louables, sans tomber pour cela dans les excès de cette école. Au mois de janvier 1831 ou plus tôt, il faisait la visite des maisons de son ordre. De retour à Rome, il se hâta de lire les premiers numéros de l'iltenir, que publiait l'abbé Robert de la Mennais , et il ne put s'empêcher d'écrire aux rédacteurs les impressions qu'il avait éprouvées. Ils ne jugèrent pas utile ou prudent d'insérer la lettre d'un homme qui avait pourtant été exalté dans le Mémorial catholique, revue produite par leur école, mais elle se trouve dans la Gaulle de France. Cependant ses rapports avec la Mennais lui attiraient à Rome des désagréments qu'il regarda à la lin comme des persécutions, et le mirent dans le cas de quitter la cour pontificale pour vivre libre dans la retraite. Cette retraite fut fort fructueuse pour un homme aussi travailleur et aussi capable que l'était Ventura. 11 se livra à l'étude de l'Ecriture sainte et des saints Pères ; il lut surtout StThomas d'Aquin, et il donna, en 1839, le fruit de tant de lectures dans un ouvrage intitulé Beautés de la foi, et formant 3 volumes Il ne se bornait pas aux occupations du cabinet, car ce fut dans le même temps qu'il fit avec succès des prédications solennelles à StPierre de Rome, à l'église StAndré della l'aile. Dans cette dernière église, qui appartient à son ordre, il prêcha onze ans de suite l'octave de l'Epiphanie. Préoccupé de l'idée qui a été par-', tagée par tant de personnes, celle du danger de voir dominer l'esprit païen par l'usage exclusif des auteurs païens dans l'enseignement des col-' léges, il entreprit aussi à Rome, et à l'époque dont nous parlons, une publication d'un choix d'extraits des ouvrages des Pères de l'Eglise et des poëtes sacrés , qu'il donna sous le titre de Bibliotheca parva, sen gratiosa et elegantiora opera veterum SS. Ecclesiœ Patrum ad usum juventutis christianarum litterarum studiosoe. Imitée en France , cette tentative a excité une polémique ardente entre des hommes respectables, tous animés des meilleures intentions, et même tous d'accord pour le fond de cette question. L'élection du pape Pie IX, le ler juin 1846, fut une époque doublement remarquable pour toute l'Europe. En mème temps elle fut une phase nouvelle dans la vie du P. Ventura , qui trouva dans le pape un ami et un protecteur, et qui eut, diton, l'honneur de lui donner des conseils. Nous avons mentionné cidessus les prédications réitérées que, pendant plusieurs années, le P. Ventura fit à l'église de .sa communauté durant l'octave de l'Epiplianie. Un jour il eut un suppléant illustre, qui n'avait pas choisi peut-être sans motifs personnels la chaire de StAndré della Valle. Le mercredi, 13 janvier 18117, clôture des exercices spirituels qu'il présidait, Ventura voyait un auditoire nombreux autour de la chaire qu'il devait occuper, lorsqu'il se fit un mouvement extraordinaire... Pie IX, désirant se faire entendre des fidèles, venait remplir la place du célèbre théatin1 Celuici fut encore, sans doute, la cause du choix du pontife, quand il ordonna que, pendant trois jours , il y eût des exercices de prédication et de prières en faveur de la nation irlandaise qui fut en ce tempslà fort éprouvée. L'année 18 produisit un effet magique sur l'effervescence de cette multitude, qui fut dès lors calmée. Remarquons en passant qu'un tel succès n'eût pas été peut-être aussi facile ailleurs, et même aujourd'hui le seraitil sur le peuple romain ? Un événement remarquable de l'année est encore lié à la vie du P. Ventura, la mort du célèbre agitateur de l'Irlande, O'Connell, enlevé lorsqu'il se rendait à Rome. Le P. Ventura, qui avait déjà prononcé à Rome l'oraison funèbre de l'illustre Irlandais, la prononça encore à Paris; il s'éleva à une grande hauteur, et il obtint un véritable succès. 11 en voyait et en citait luimême 'la preuve dans le produit de la quête qui se fit à cette occasion et qui s'éleva à cent mille francs. Entre les témoignages flatteurs dont il fut l'objet à cette occasion, il convient de citer celui de l'évêque de Digne, 11Igr. Sibour. A Rome , Ventura était devenu l'homme des révolutionnaires modérés. Quelque temps après qu'il eut obtenu ce succès populaire dans le panégyrique d'O'Connel], ils Je prièrent de parler dans un service funèbre en l'honneur des victimes du siège de Vienne. Il le fit à leur satisfaction, et il y parla aussi de manière à intéresser la foule en faveur du pape. Quoiqu'il avançât dans le chemin glissant de la popularité, il tenait toujours à être prêtre fidèle à la religion et au digne pontife qui l'attachait par tant de liens. Au mois d'août 18V, il chercha à consoler la Mennais qu'on lui disait en proie à des agitations intérieures. A la fin de l'année 18.'17. les événements les plus graves approchaient aussi, et Ventura n'était pas de ceux qui s'en préoccupaient le moins. En février 18118, publia deux brochures politiques. La première avait pour titre : La question sicilienne résolue suirant les vrais inféras de la Sicile, de Naples et de l'Italie, et était dédiée à don Roggieri Settimo, chef du mouvement palermitain. L'auteur s'y prononçait ouvertement pour la séparation totale de la Sicile. La seconde brochure du père Ventura lancée pour sonder l'opinion , avait pour titre Opinion sur une chambre des pairs dans les Etats pontificaux. L'auteur s'y prononçait purement et simplement contre la formation d'une chambre des pairs. Il soutenait qu'une telle assemblée « serait nonseulement inutile, mais un danger, « et que, voulant un corps intermédiaire entre « le souverain et les représentants du peuple, il « n'y a rien de mieux à faire qu'a rétablir le « sacré collège dans ses anciennes attributions et « d'en faire le premier corps de l'Etat ». première de ces deux brochures n'aura peut-ètre pas été sans influence sur la révolution qui éclata bientôt après en Sicile. Le nouveau gouvernement sicilien, qui avait et qui connaissait toutes ses sympathies, le nomma ministre plénipotentiaire et commissaire extraordinaire à la cour de Rome. Il n'accepta, diton, cette mission d'un gouvernement insurrectionnel qu'avec le bon plaisir du pape; toujours estil qu'il accepta ces fonctions. Pendant quelques mois, Ventura semblabla se tenir à l'écart ou dans le silence, mais, vers le milieu du mois de septembre, le bruit courut à Rome qu'il allait publier un écrit sur la Sicile. Ce fut alors qu'il publia un mémoire sur l'Indé- pendance de la Sicile et un autre sur la Légitimit, ' des actes du parlement sicilien ; puis un gros volume intitulé Mensonges diplomatiques. Si Ventura avait gardé le silence durant les mois précédents , il n'avait pas, néanmoins, été dans l'inactivité, ce que d'ailleurs ses idées et sa nature ne lui auraient pas permis dans de telles circonstances. On a dit que, d'accord avec le célèbre abbé liosmini , qu'il était peut-être encore possible de concilier les choses si Oudinot consentait à faire une déclaration établissant d'une manière nette et précise que la France n'imposerait aucun gouvernement aux Etats romains. Le général répondit qu'il croyait avoir assez fait connaître la pensée de son gouvernement. pensée toute libérale. Qu'après ce qui avait eu lieu . Outre les ouvrages mentionnés cidessus, on connait encore du père Ventura 10 la Femme chrétienne ou Biographie de Virginie Bruni , écrite par le T. R. P. Ventura de Raulica , ancien général des théatins, consulteur de la sacrée congrégation des Rites , examinateur des évêques et du clergé romain, traduite par madame de B***, Paris , 1851 ; 2° la Raison philoso- phique et la raison catholique , 1852, in•8°. Cet ouvrage est précédé d'une introduction, par l'abbé Hippolyte Barbier. 3° Les femmes de l'E- vangile, n est inhumé au pied de la chaire de l'église StAndré comme le premier, une suite de conférences re- ligieuses. Aucun des ouvrages de cet écrivain fécond n'a subi les censures de l'Eglise , si ce n'est l'opuscule qu'il publia sur les morts de Vienne, et dont voici le titre tout entier Dis- corso funebre per morti di Vienna, recitcao il giorno 27 novembre 1848 villa insigne 'chiesa di S. An- drea della [ talle, dal R. P. D. Gioacchino Ventura, con Introduzione e Protesta dell autore. Le décret de l'Index est du 30 mai 1849 , mais il ne fut approuvé par Pie IX, à Gete, et promulgué que le 6 juin suivant. On a dit, mais à tort, que Ventura avait écrit contre le pouvoir temporel du pape dans son Journal de Gènes. Le portrait du célèbre théatin a été gravé ; on le trouve en tète du volume intitulé le Pouvoir politique et chrétien
  • Joachim VILATE( 1768) : né, en 1768, à Ahun , petite ville du Limousin, qui fait aujourd'hui partie du département de la Creuse, était le fils d'un médecin qui mourut de bonne heure et laissa sans ressources un grand nombre d'enfants. Joachim était l'aîné de cette malheureuse famille. Il fut élevé avec quelque soin à Blodeix, par un de ses oncles, el termina d'assez bonnes études à l'université de Bourges. Nommé, peu de temps après, professeur au collége de Guéret. il passa, en 1791, à celui de Limoges, et vint à Paris, en 4792, pour étudier la médecine, ou plutôt afin de s'y livrer tout entier à son goût pour la politique et la révolution. Il fréquenta trèsassidûment le club des Jacobins , où il fit connaissance avec les hommes les plus marquants de cette époque. 11 concourut de tous ses inoyens à l'attaque du chàteati des Tuileries, dans la journée du 10 août 1792, et le 10 décembre suivant, il fit hommage à la Convention d'un Plan d'éducation républicaine, dont cette assemblée décréta une mention honorable. Vilate continua de se montrer ainsi fort dévoué au parti le plus violent et le plus exalté, jusqu'à la révolution du 31 mai 1793. Après le triomphe de Robespierre dans cette journée , il accompagna comme secrétaire les représentants Isabeau et Neveu dans leur mission à Bordeaux ; et il parcourut ensuite plusieurs départements, pour v observer l'esprit public et en rendre compte ai] gouvernement. Revenu dans la capitale, il se montra de plus en plus dévoué aux membres du comité de salut public, et surtout à Barère et à Robespierre. Logé par eux dans l'un des plus beaux appartements des Tuileries, il prit le nom de Sempronius- Gracchus, et se livra à toutes les illusions de cette époque. Il a dit luimême que, dans l'ivresse que lui causa cette nouvelle posi- tion , il se crut transporté avec les Brutus, les Publicola, dans l'antique Capitole, après l'expulsion des Tarquins. Tout semble indiquer qu'il était alors chargé d'un ministère de police important. Faisant grande dépense et recevant beaucoup de monde, il n'avait aucun revenu, aucun emploi ostensible qui pût y suffire. On le nomma bientôt juré du tribunal révolutionnaire. Il a dit depuis que ce fut à son regret qu'il accepta ces redoutables fonctions; mais rien ne prouve qu'il ait hésité à les remplir. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne renonça point à son métier d'espion. Il parait au contraire que c'était par lui que Robespierre savait tout ce qui se passait au sanglant tribunal. Les détails qu'on lit dans ses Mé- moires sur le compte qu'il rendit à Maximilien du procès de la reine, au moment où il venait de la condamner, sont fort curieux. C'était surtout contre les membres de la convention nationale que les comités employaient Vilate. Mais lorsque le parti des thermidoriens prit un peu de courage et que ses oppresseurs commencèrent à perdre de leur puissance, plusieurs députés, entre autres Chénier et Legendre, dénoncèrent positivement l'espion des comités; et il fut arrêté et conduit à la prison de la Force huit jours avant la chute de Robespierre. Dans le tumulte de la journée du 9 thermidor, les agents de ta commune vinrent à sa prison, avec on ordre pour le mettre en liberté; mais au moment où cet ordre allait être exécuté, des commissaires de la Convention s'y opposèrent, et il resta prisonnier jusqu'au moment où le tribunal révolutionnaire fut luimême mis en jugement. Vitale lit, pendant un an que dura sa captivité, beaucoup d'efforts pour se soustraire au supplice dont il était menacé; et il publia successivement trois espèces de mémoires justificatifs, sous ces titres i• Causes serriles de la révolution du 9 thermidor 8° 1 795 ; Continuation des Causes se- crèl, s, etc. ; 3° Mystères de la mère de Dieu déroi- lés, etc. . Dans ces écrits, trèscurieux pour l'histoire , Vilate n'oublia rien de ce qui pouvait repousser l'accusation de complicité avec Robespierre; et il dévoila une grande partie des iniquités de cette époque. Comme Sénart, il avait été à portée de les bien voir; et si l'on en excepte quelques réticences dans l'intérêt de sa justification, tout y concourt à jeter la lumière sur les crimes de ces temps déplorables. Ces mémoires sont beaucoup mieux écrits que ceux de Sénart, ! et tous ? es noms y sont imprimés en toutes lettres, avantage que n'ont pas offert les éditeurs de celuici. Yilate n'obtint pas, en les publiant, le but qu'il s'était proposé. Le public les lut avec beaucoup d'empressement, parce qu'ils conte- naient des faits curieux ; mais les conventionnels, qui connaissaient l'auteur, ne purent oublier le rôle infàme qu'il avait joué. Legendre dit positivement à la tribune qu'il avait été l'espion des comités; et Barère, repoussant toute espèce d'in. limité avec lui, dit qu'il avait été le bourreau de bi représentation nationale. Ce fut sous de tels auspices qu'on traduisit Vilate au nouveau tribunal révolutionnaire, avec les membres de l'ancien roy. FOUQUIERTINVILLE). Il fut condamné a mort, comme la plupart de ses confrères, et exé. culé le 7 mai 1795. Lorsqu'il entendit son arrêt, il se répandit en violentes invectives contre ses juges et parut avoir perdu la raison. Il avait publié, en frimaire an 2 , un petit écrit intitulé De nos maux et des renièdes qu'i faut y apporter. Ses Mémoires ont été annoncé' dans la collection des 3Iérnoires relatifs à la révo- lution; mais ils ne s'y trouvent pas encore
  • Joachim WESTPHAL( 1510 - 1571) : en latin Westphalus , théologien de la communion luthérienne , est plus célèbre par son emportement et par le nom des antagonistes avec lesquels il se mesura que par ses propres talents. Né, en 1510 , d'une famille obscure et pauvre, à Hambourg, et non en Westphalie, comme l'ont dit quelques biographes qui ont même vu dans cette origine l'étymologie de son nom, il fut envoyé aux frais de quelques amis à l'université de Wittemberg, devint régent de seconde au collége de StJean, ensuite ministre de SteCatherine, et enfin surintendant des églises de Hambourg; il mourut en exerçant les fonctions de cette place le 16 janvier 1571. Les luthériens le regardent comme un de leurs plus habiles écrivains. Cependant l'exacte justice veut que l'on rabatte considérablement de cet éloge, et qu'on voie en Westphal plutôt un sectaire turbulent et fanatique qu'un sage ministre de l'Evangile ou un controversiste profond. Ce n'est point ici le lieu d'exposer à quelles guerres intestines était livrée l'Eglise luthérienne quand Westphal vint jouer un rôle au milieu des troubles. Les ministres de Hambourg étaient divisés en luthériens mitigés et luthériens rigides. Mais les uns et les autres se reposaient en quelque sorte de guerre lasse, quand l'apparition d'un ouvrage de Westphal fit reprendre les hostilités et recommencer les disputes. La querelle dégénéra bientôt en invectives personnelles. Calvin, dont le concordat avec l'Eglise luthérienne de Zurich avait été l'origine d'une scission dans cette Eglise même, et qui croyait devoir faire cause commune avec ceux qui avaient adopté le concordat, descendit dans l'arène, et, suivant l'expression de Bayle, il accommoda assez bien sou style à celui de Westphal, ce qui signifie probablement qu'il mit dans sa réponse plus de vivacité que de politesse , ou plus d'injures que de dialectique. Ce qui parait certain cependant, c'est que, tout en employant pour désigner ses antagonistes l'expression de temulentus, il n'eut point l'intention de les traiter d'ivrognes. Nais, par un plaisant quiproquo, Westphal, donnant au mot biblique le sens qu'il aurait eu dans la bouche de Cicéron, s'imagina qu'on l'accusait d'un vice alors fréquemment reproché aux Allemands, et crut ne pouvoir mieux répondre qu'en faisant peser le même reproche sur Calvin, dont tout le monde connaissait la sobriété. S'apercevant que ses amis mêmes et ses partisans riaient de cette bévue, il passa de la tempérance de son antagonisme à sa moralité, et ne trouvant rien à dire sur le patriarche de Genève, il attaqua sa mère, qu'il accusait d'avoir été la maîtresse d'un prêtre. Ces accusations, que rien ne pouvait justifier, lui valurent une terrible réponse de Théod. de Bèze. On peut encore reprocher à Westphal la légèreté avec laquelle il affecte souvent de traiter les matières les plus graves. Quant à la lucidité ou à la force de ses raisonnements, on peut se borner à lire dans Bayle la relation d'une conférence qu'il eut avec les ministres Lascus et Micronius. Parmi les nombreuses productions de ce théologien f, on en compte près de deux cents), nous citerons : 1. Farrago confusanearum et inter se dissidentium de S. Cama opinionunt ex Sacramentariorum libris congesta , Hambourg, 1552: 2° Epistola de religionis perniciosis mutationibus. C'est là qu'il attaque avec la dernière violence calvinistes, cryptocalvinistes, synergistes, adiaphoristes, majoristes, en un mot tous ceux dont la profession de foi religieuse différait en quoi que ce fût de la confession d'Augsbourg, sans épargner les théologiens mêmes de sa communion. 3° Confessio ecclesiarum Saxonicarum ; 4° Epistola qua respondetur conviciis Calrini; 5° Confutatio aliquot enorniium mendaciorum Jo. Calrini, seeuture apologire contra ejus . furores Prœmissa; 6• Apologia confessionis de cama Domini contra corruptelas et calumnias Jo. Calrini ; 7° Historia vituli aurei Aaronis, ad nostra tempora et controversias accommodata, trad. en allemand et publié à Magdebourg en 1549; 8° Argumenta de operibus. On peut joindre à ses lettres les suivantes Epistolœ iv ad Matth. Flacium Illyrienne de controversia Flaciana : Epistolae iv ad Luc. Lossium ; Epistolee ii ad Jo. Tiniannum et Jac. Bordingum, etc. Westphal n'est point, comme on l'a prétendu, l'inventeur du système de l'ubiquité, et c'est à tort que notre grand Bossuet, dans son Histoire des variations des Tylises protestantes, a dit : « La grande affaire du temps parmi les lu-« thériens fut celle de l'ubiquité que Westphal, André Smidelin, David Chytrée et les autres établissaient de toutes leurs forces. » — Il ne faut point croire à l'existence d'un Jean WESTPHAL, en latin Illestphalus ou de ll'estphalia Juperiore, qui, selon Puteolus , aveuglément copié dans les premières éditions de Moréri, aurait été accusé de dixsept erreurs relatives à la foi, et condamné à voir ses livres brûles à Mayence par la main du bourreau, vers l'an 1559. Ce Jean Westphal n'est autre, comme l'a démontré Bayle, que Jean de Wesalia. — Joachim WESTPHAL , prédicateur à Sangerhausen et ensuite à Gerbsted, mourut en 1569, laissant entre autres écrits quel- ques éloges funèbres. — Joachim- Ch a; r, tien WESTPHAL, philosophe de Leipsick , vivait vers 1686. et a publié : 1° De insignibus 411agdeburgi, 2e éd., Halle, 1729; 2. De curioso noritatis studio ; 3° De ventis incendii tempore orientibus, etc
  • Joachim ZEHNER( 1566 - 1612) : recteur du collége Schleusitigen et surintendant du comté de Henneberg , naquit à Themar le 28 avril 1566, et mourut le 29 niai 1612. Il a écrit un Compendium theologiœ et des Adagia sacra in 5 centuries con- geste, Leipsick, 1601, -- ZEnNea ' professeur d'histoire, naquit à Brutal en 1753, et fut nommé, en 1784, professeur d'histoire universelle à l'université de Lemberg. On a de lui en allemand : P Theokles, traduit du grec, Vienne, 177 2. Anecdo( es, ibid„ 1775 3. Réflexions sur les sciences et les arts, ibid., 1776 ; 4° Livre élémentaire pour le cours de l'histoire littéraire. Olmutz. 1776 5° Matériaux pris dans l'histoire littéraire des anciens temps , ibid., 1777 6° Manuel pour les leçons publiques sur l'histoire littéraire, Breslau et Glatz, 1777, in 8° ; 7° Evénemcnts re- marquables pris dans l'histoire ancienne, à l'usage des jeunes gens, StPé!ersbourg, 1787 Voyez l'Autriche savante, par Luca, et les Lettres sur l'état actuel de la Gallieie, t, ler. Ce dernier ouvrage indique quelques autres écrits de Zehner, notamment : 1° Sur la mani; ye de former les feulas gens qui fréquentent les académies ; 2° Sur l'iduca- lion nationale en Moravie
  • Joachim AGOSTHINO : cycliste
  • Joachim de Flore : mystique italien
  • Joachim DU BELLAY : poète
  • Joachim Menant : orientaliste français
  • Joachim Murat : maréchal de France et roi de Naples
  • Joachim Patenier : peintre flamand
  • Joachim Rossini : compositeur italien
  • Joachim von Ribbentrop : homme politique allemand

Joachim année par année

Signe astrologique de Joachim

Couleur de Joachim

Pierre précieuse de Joachim

Chiffre de Joachim

Métal de Joachim