Le prénom jerome Masculin

Origine :

Fête :

30 Septembre

Signification de jerome

D’origine grecque, le prénom Jérôme était déjà très courant au début de notre ère. Très populaire vers le milieu du XXe siècle, il connaît une baisse considérable de popularité depuis 2000. En 2009, il n’a été attribué qu’à 89 petits garçons.Jérôme est un être dur au cœur tendre. Il paraît insaisissable et colérique, mais sait se montrer doux et gentil. Intuitif, il a entièrement confiance en lui. Son air distant et mystérieux lui confère un charme certain, attirant relativement la gent féminine. Il aime être regardé et donner l’exemple. Fier et orgueilleux, il manque de tact pour communiquer avec son entourage. C’est pourquoi il n’a que très peu d’amis. Sensible, Jérôme a du mal à s’exprimer. Ses réactions sont impondérables, tellement il peut se montrer colérique ou attendrissant selon son humeur. Sur le plan professionnel, cet homme est très travailleur. Il déborde d’énergie et de volonté et en profite pour gérer plusieurs activités à la fois. Polyvalent, il possède une faculté d’adaptation remarquable.Les variantes du prénom Jérôme sont multiples, à l’instar de Gérôme, Jéronime, Géronime, Jerry, Gerry et Jéromin. De nos jours, il existe plusieurs Jérôme célèbres, comme Jérôme Bosch, peintre irlandais, Jérôme Rothen, ancien footballeur français et Jérôme Pauwels, acteur français.

Personnalité de jerome

De caractère difficile, ils n'aiment pas se faire marcher sur les pieds et leurs réactions sont immédiates. Rancuniers, ils n'oublient jamais. Ce sont des contestataires qui ont l'esprit de contradiction. D'une activité débordante, ils mènent toujours plusieurs activités à la fois. Leur capacité d'analyse et de synthèse est remarquable. Possessifs, jaloux, ils ont le sens de l'amitié et ce sont des hommes de paroles.

Provenance du prénom jerome

Histoire de jerome

Etymologie de jerome

Les jerome célèbres

  • Jérôme ACCORAMBONI( 1467 - 1537) : l'un des plus habiles médecins de son temps, naquit, en 1467, à Gubbio, dans le duché d'Urbin, d'une famille honorable. Il étudia la médecine contre le gré de ses parents, qui le destinaient au barreau , mais les. succès qu'il obtint dans la pratique de son art durent lui faire pardonner sa désobéissance. 11 remplissait, en 1505, la première chaire de médecine à l'académie de Pérouse, et déjà sa réputation attirait à ses cours des élèves de toute l'Italie. En 1515, le pape Léon X le nomma son médecin. Clément VII, qui l'honora de sa confiance, ne fut pas moins généreux à son égard que ne l'avait été son prédécesseur ; mais Accoramboni ne devait pas jouir de la fortune qu'il avait acquise par ses talents : au sac de Rome, en 1527 , sa maison fut entièrement dévastée. Il ne put même sauver ses manuscrits. Dans l'embarras où il se trouvait, Accoramboni se hâta d'accepter la chaire de médecine de l'académie de Padoue, qu'il avait refusée plusieurs fois. Son traitement, fixé d'abord à 760 écus d'or, fut porté, dès l'année suivante, à 800 écus. Le pape Paul III l'ayant nommé son médecin , il revint à Rome, dans le mois de septembre 1536; mais quelque temps après, il y tomba malade, et mourut le 21 février 1537 . On a de lui : 1° Tractaitis de Putridine, Venise, 1534 ; Tractai us de Catarrho, ibid. , 1536 ; :50 Traclalus de Nalura et IUsai laclis, ibid. , 1536 Cet ouvrage, qui renferme des observations utiles, a été réimprimé avec le traité de Sextus Placitus : de Medicina ex animalibus, Nuremberg, 1538, et Bâle, 1578 W — S.
  • Jérôme ALLEGRI : célèbre chimiste de Vérone, au milieu du 16e siècle, y présida longtemps l'académie des Alethophiles, consacrée à découvrir les erreurs populaires qui pouvaient se glisser dans la pratique de la médecine ; mais il s'écarta de l'objet de cette institution , en se livrant aux rêveries de l'astrologie et de la philosophie hermetique. On a de lui un traité de chimie, des dissertations sur la poudre d'Algaroto et la composition de la thériaque
  • Jérôme ALÉANDRE : qu'on appelle LE JEUNE. pour le distinguer du cardinal, était lils d'un neveu de ce dernier, qu'on nomme ordinairement l'ANcrEN. Il naquit, comme lui, à la Motte, en 1574, et lit ses études à Padoue, où il se fit connaître, dès rage de dixneuf ans, par des poésies !affiles et italiennes ; ce qui l'a fait mettre, par Baillet, au nombre des enfants célèbres par leurs études. Il n'en suivait pas avec moins d'ardeur celle du droit, et il n'avait que vingtsix ans quand il publia un connuentaire sur l'ancien jurisconsulte Caïus. Il était aussi trèsversé dans les antiquités. S'étant rendu à Home, le cardinal Octave Bandini le prit pour secrétaire ; Aléandre remplit pendant vingt ans cette place. 1 rbain VIII l'enleva au cardinal Bandini, pour l'attacher au cardinal Fr. Barberini , son neveu , avec lequel il l'envoya en France. La faible santé d'Aléandre , qui avait résisté aux fatigues du voyage , ne put résister de mémo à la bonne chère qu'il lit soit à Paris, soit à Rome, après son retour, avec des amis qui étaient dans l'usage de se rassembler tous les trois jours, et de se donner chacun à son tour de bons repas. Le dérangement total de son estomac fut suivi d'une longue maladie, qui l'enleva le 9 · mars 1629, à l'âge de 55 ans. Le cardinal Barberini ' lui fit faire des funérailles magnifiques, auxquelles , assista l'académie des Umoristi, dont il était membre, et dont il avait même été président. Ce furent des académiciens qui portèrent le corps sur leurs épaules, , jusqu'à sa sépulture , à StLaurent, hors des murs, où le cardinal lui lit ériger un tombeau avec son buste, et une épitaphe honorable. Plusieurs écrivains de son temps ont fait de grands éloges de son savoir, de ses talents et de l'élégance de son style. Fontanini , dans son Aminta dires°, et dans sa Bibliothèque 1 italienne , semble avoir renchéri sur ces louanges. 1 les principaux ouvrages d'Aléandre le Jeune sont : 1° Psalmi pœnitentiales , versibus elegiacis expressi, ' Tarvisii, 1593 e Caii , veleris jurisconsulti , ' instiiutionum Fragmenta cum commentario, Venitiis, il 1600 3° Explicatio antique tabulte mar- moreoe , sous effigie, symbolisque exculplœ, etc., Rome, 1 616 Cet ouvrage, réimprimé plusieurs fois, et inséré dans le Thesaurus Antiquit. roman. de Grevius, est celui dans lequel l'auteur a montré l'érudition la plus étendue et la plus solide. 4° Car- mina varia, imprimés avec ceux des trois Amalthée, dont il était neveu par sa mère, et dont il fit luimême imprimer les oeuvres. Venise , 162.7 50 Le Lagrime di Penitenza , ad imitazione de'sette Salmi penitenziali , Rome, 1625 L'auteur assure, dans sa dédicace, qu'il avait composé cet ouvrage à seize ans. Le Quadrio en loue beaucoup le mérite poétique et le style. 6° Difesa dell'Adone, poema del Gay. Marino , etc., Venise, 1629 et 1630. Voyez les titres des ses autres ouvrages dans le P. Niceron, t. 24, et dans Mazzuchelli, Scrit lori italiani, t. 1, part. I . Enfin Aléandre a laissé un assez grand nombre de manuscrits, qui étaient conservés à Rome , dans la bibliothèque du cardinal Barberini, et dont Fontanini avait promis de donner une édition : en voici les titres : Commentarius in legem de Servilutibus; Observationes varie; Commentarius ad velus kalen- darium Romanum sub Valente imperatore scriptum; Epistolarum lalinarum centurie plures; Poemala lutina varia; Anacreonticorum liber ; Dissertationes ; Italicorum carminum rolumen; de Domo Mocenica libri duo
  • Jérôme ALÉANDRE( 1480 - 1542) : cardinal , naquit le 15 février 1480 , à la Motte, dans la Marche trévisane. Son père était médecin de profession , mais descendait des anciens comtes de Landro. Après avoir étudié à Venise et à Pordenone, Aléandre étant revenu, en 1497, dans sa ville natale , porta un défi au professeur qui y enseignait publiquement , le conva d'ignorance, et obtint sa place. Il ne savait encore que le latin ; il apprit depuis le grec , l'hébreu , le chaldéen et l'arabe ; il apprit aussi, d'un vieux prêtre padouan , l'astronomie, et même l'astrologie judiciaire , à laquelle il eut le malheur d'ajouter foi. Il se rendit à Venise , où il expliqua les Tusculanes de Cicéron , avec un grand concours d'auditeurs. Le pape Alexandre VI le chargea d'aller en Hongrie négocier quelques affaires ; mais il tomba malade en route , fut obligé de revenir à Venise , et de renoncer à cette mission. Il continua de s'instruire et d'instruire les autres; il avait à peine vingtquatre ans, et il était déjà regardé comme un des plus savants hommes de son temps. Il joignait à ses au- Ires connaissances celles des mathématiques et de la musique : il se lia d'amitié avec Aide Manuce et avec Érasme , qui se rendit alors à Venise pour faire imprimer ses Adages. Aléandre l'aida beaucoup dans ce travail ; ils se brouillèrent dans la suite ; mais Érasme ne cessa point de rendre justice à ses grandes qualités et à son savoir. La réputation d'Aléandre franchit les monts ; Louis XII l'appela en Fiance, en 1508 , pour professer les belleslettres dans l'université de Paris. Il y expliquait le matin les auteurs grecs, et, le soir, Cicéron : ses succès y furent si éclatants , qu'il devint recteur de l'université , malgré les statuts qui excluaient les étrangers. La peste l'obligea de quitter cette capitale. Après avoir séjourné dans plusieurs villes de France , il s'attacha à Erard de la Marck , évêque et prince de Liée , qui le fit son chancelier, et lui conféra un des canonicats de son église. Envoyé à Rome , par ce prélat , en 1517, il y fut retenu par le pape Léon X, qui le fit, deux ans après , bibliothécaire du Vatican. Ce pon tife l'envoya , en 1520 , nonce en Allemagne , pour s'opposer à l'hérésie de Luther. On peut voir , dans l'Histoire du concile de Trente , par le cardinal Pallavicino, le zèle qu'Aléandre déploya dans cette mission , et les succès qu'il y obtint. Ce fut alors qu'il se brouilla entièrement avec Erasme , dont les opinions et les écrits semblaient favoriser la réforme. Après la mort de Léon X , il se rendit en Espagne , auprès d'Adrien VI , son successeur , et accompagna en Italie le nouveau pape, qui le récom- pensa par une pension de 500 ducats. Clément VII lui donna l'archevêché de Brindes , et le nomma en même temps nonce auprès de François Ier. Aléandre alla trouver le roi dans son camp, près de Pavie. La bataille se donna peu de jours après : il y accompagna François Pr, en habits épiscopaux , se tint toujours à cheval auprès de lui, et fut, comme lui, fait prisonnier : il fut remis en liberté le 2 mars , moyennant une rançon de 500 ducats. Après avoir fait un voyage à la Motte , dans le Frioul , et à Venise , il se rendit à Rome. 11 y était quand cette ville fut saccagée par le parti des Colonne et par les Impériaux , le 20 septembre 15'26 ; il se retira au chàteau StAnge avec le pape ; mais sa maison fut brillée et pillée, en quelque sorte, sous ses yeux. Le même pape lui confia ensuite deux nouvelles nonciatures , l'une en 1551 , en Allemagne, l'autre à Venise, où il était encore au mois de mai 1555. Paul HI le fit alors revenir à Rome , et le nomma, en 1558 , cardinal du titre de St. Crysogone. Renvoyé en Allemagne , la même année , en qualité de légat, il était de retour à Rome , où il s'occupait de la rédaction d'un ouvrage sur la convocation d'un concile , et peut-être d'un autre, dont parle Paul Jove , contre tous les auteurs des nouvelles doctrines , lorsqu'il fut attaqué d'une lièvre lente , dont il mourut , le 1" février 1M2 , âgé de 62 ans moins treize jours. Paul Jove dit qu'il eut la faiblesse de témoigner , en mourant, un regret pro. fond de n'avoir pu atteindre l'âge climatérique de 65 ans; mais cela est sans vraisemblance , comme le prouve son épitaphe , qu'il composa luimême en vers grecs , dont les deux derniers signifient : Et je suis mort sans répugnance , parce que je cesserai d'étre témoin de bien des choses, dont la rue était plus douloureuse pour moi que la mort. Le même Paul Ulve prétend qu'il avait, par malheur pour lui, quelques connaissances en médecine ; qu'il s'occupait trop de sa santé , prenait trop de remèdes , les choisissait mal , et qu'il avançait ainsi luimême l'instant de sa mort. Il laissa une riche bibliothèque, qu'il légua au couvent de Ste - Marie dell' Orto, à Venise. 11 avait écrit un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart n'ont point vu le jour. Les seuls qui aient été imprimés, sont : I Lexicon grœco- latinum, Paris , 1512 devenu trèsrare. C'est une compilation faite par six de ses écoliers ; il n'y eut d'autre part que de revoir et corriger leur t;avail sur les dernières épreuves , et d'y faire un grand nombre d'observations et d'additions. 2° Tabuloe sane utiles grœcarum Nusarum culyta compendio ingredi volentibus , Argentorati, 1515 réimprimé depuis plusieurs fois. Ce n'est qu'un abrégé de la grammaire grecque de Chrysoloras. 5' Une pièce en vers latins élégiaques intitulée : Ad Julium et Neceram , dans le recueil de Mattli. Toscanus , qui a pour titre : Carmina illustrium poetarum lorum. Elle suffirait pour prouver que , s'il s'était l à ce genre d'écrire, il y aurait réussi. Le traité de Concilio habendo , qu'il ne put achever , et dont il n'avait écrit que quatre livres, fut cependant utile après sa mort : on le consulta souvent avec fruit au concile de Trente. On conservait de lui , dans la bibliothèque du Vatican, un autre manuscrit plus précieux , et que Mazzuchelli regarde même comme ce qu'Aléandre a laissé de plus important. Il contient des lettres , et d'autres écrits relatifs à ses nonctures et à ses légations , contre l'hérésie de Luther. Le mérite de ces lettres est suffisamment prouvé par l'usage que le cardinal Pallavicino en a fait dans son Histoire du concile de Trente : les premiers livres sont en grande partie tirés de ces lettres et instructions , que le cardinal a soin de citer en marge ; et, pour mieux animer son récit, il met souvent ce qu'il en a tiré dans la bouche d'Aléandre luiméme. André Victorelli a écrit la vie d'Aléandre dans le recueil de celles des pontifes romains et des cardinaux, par Chacon et Cabrera, Borne , 1650, 2 vol. , et Home, 1677 , 4 vol
  • Jérôme ALLÉ( 1500) : né à Bologne vers la fin du le siècle, entra dans la congrégation de StJérôme de Fiésole, professa la théologie à Bologne, sa patrie, et parvint aux premières dignités de son ordre. 11 joignit l'étude des lettres aux seiences ecclésiastiques; il se distingua dans la prédiéation, et publia des serinons et quelques ouvrages en vers, entre autres quatre représentations, comme on les appelait alors, espèce de drames pieux où l'on mettait en action des sujets tirés de l'histoire sainte. Ce sont : la Bienheureuse Catherine de Bologne; l'Infortunée et la fortunée Clotilde ; la Contrition triomphante, et l'Epouse inconnue et connue de Sa- lomon, avec les intermèdes de Samson, de David et d'Absalon. Elles furent imprimées successivement à Bologne, de 1641 à 1650; l'affectation antithétique de tous ces titres, traduits de l'italien, annonce celle qui règne dans les pièces mêmes ; c'était le style à la mode dans le temps où elles furent écrites. 'Voici le titre d'un ouvrage de morale du même auteur, que nous mettrons en italien, en avouant qu'il serait difficile de le traduire : il Concatenato sconratenu- ment° de i pensieri, parole et ( Mimai umane, che lettoci pralieato coneatena le virtù animo, e sconcatena i niai, etc., Bologne, 1655
  • Jérôme AMALTHÉE( 1506 - 1574) : né en 1506, fils alné de François, fut médecin, philosophe, et célèbrepoète latin. 11 enseigna pendant plusieurs années la mède- lelitine et la philosophie morale dans l'université de Pa- ' doue, revint ensuite dans le Frioul, et professa dans plusieurs villes jusqu'à sa mort, arrivée le 24 octobre 1574. 11 laissa deux fils, Octave et Attilius, dont il sera parlé plus bas, et une fille, qui épousa Jérôme Aléandre, le jeune. Le savant Muret reconnaissait Jérônie Amalthée pour le premier poète et le plus habile médecin de l'Italie. Ses poé-. aies parurent d'abord éparses dans plusieurs recueils, et furent ensuite réunies avec celles de ses deux frères, par Jean Matth. Toscan°, dans ses Carmina illustrium poetarum italorum, Paris, 1576. Aléandre les fit réimprimer, avec les siennes, à Venise, en 1627 Enfin, le savant Grevius en donna une édition à Amsterdam , chez Westen, 1684 elles y reparurent, en 1718 et furent insérées depuis, avec la préface de Grawius, dans la belle édition des œuvres latines de Sannazar, Amsterdam, 1728 qui fait suite aux éditions Variorum. C'est de Jérôme Amal tl de qu'est cette charmante épigramme, tant de fois traduite dans toutes les langues, et que Muratori trouvait si parfaite, qu'il ne pouvait croire qu'elle ne fût pas une trad,uction du grec Lumine Acon dextro, capta est Leonilla sinistro : Et poterat forma vineere uterque Deos. Parve puer, lumen quod habes eoneede sorori, Sie tu CWCUS Amor, sic et« illa Venus. Le P. Niceron, Moreri, et plusieurs autres auteurs français, ont !bade de Jérôme avec beaucoup d'éloges. On peut voir aussi ce qu'ont dit de lui, et des autres Amalthée, Mazzuchelli, et Lirati dans ses Notices des Écrivains du Frioul. — Octave AMALTHÉE, fils ainé de Jérôme, né à Oderzo, en 1543, après avoir professé la philosophie à Padoue, prit, comme son père, l'état de médecin, et mourut à Venise, àgé de 83 ans. On a de lui quelques ouvrages en prose et en vers, imprimés dans le Recueil d'opuscules scientifiques et philologiques de Calogera. — Attilius, second fils de Jérôme , né à Oderzo en 1550, prit l'état ecclésiastique. Grégoire XIII lui confia des emplois distingués, et Clément VIII, plusieurs nonciatures importantes; il fut fait archevèque d'Athènes, et mourut à Rome, en 1655
  • Jérôme AMELUNGHI : poète burlesque italien du 16e siècle, était de Pise, et sans doute bossu ; car on l'appelle il Gobbo da Pisa, le bossu de Pise. On a de lui un poème intitulé la Gigantea , qu'il publia sous le nom de Forabosco, à Florence , en •566 , avec un autre poème du même genre, intitulé la Nanea , d'un certain Francesco Aminta, d'ailleurs tout à fait inconnu. Ces poèmes ont été réimprimés à Florence , en 1612 , avec la Guerra de' Mostri, d'Antoine Grazzini, dit le Lasca. Ce sont les premières productions d'un genre dans lequel les Italiens ont excellé , mais auquel ils se sont trop livrés, pour l'honneur de leur littérature. On trouve aussi , parmi les Canli carnascialeschi , un chant original d'Amelunghi, sous le titre de gli Scolari
  • Jérôme ARMELLINI : dominicain , né à Faenza, que quelques auteurs appellent ARMENINI, et plus communément JÉRÔME DE FAENZA, était général pour la foi catholique à Mantoue, vers l'an 1516. Il reçut, de son vivant, de grands éloges pour avoir écrit un livre contre un certain Tiberio Rossiliano, Calabrois et astrologue, qui soutenait que l'astrologie aurait pu facilement prévoir, par la conjonction des planètes, le déluge de Noé. Ce livre n'est connu aujourd'hui que par ce qu'en dit Échard , Script. ord. Prcedic., vol. 2, p. 55; mais il prétend que le livre était en manuscrit dans la bibliothèque du Vatican, que peut-être même il a été imprimé. Mazzuchelli, malgré ses recherches, n'a pu avoir connaissance ni de l'imprimé, ni du On peut voir, dans Manni, degli occhiali da nase Florence, 1738 ), une discussion assez détaillée sur l'invention des besicles. nanuscrit ; mais il a découvert dans la bibliothèque iu Vatican un autre manuscrit du même auteur : c'est fle explication morale du psaume Dixit Dominus lomino meo, adressée au cardinal Adrien, par une pttre datée du 15 novembre 1506. Pio, dans ses illustri di S. Domenico, et, d'après lui, d'aures auteurs assurent que Jérôme Armellini avait Lussi écrit sur les oeuvres d'Aristote
  • Jérôme BALDASSINI( 1720 - 1780) : historien, né vers 1720, à Jesi, dans la Marche d'Ancône, puisa dans sa famille, avec le goût de l'étude, l'exemple du patriotisme. Comme son aïeul Thomas Baldassini , Jérôme consacra sa vie à recueillir et à mettre en ordre des matériaux pour l'histoire de sa ville natale, et mourut en 1780. Outre quelques opuscules qui n'offrent que peu d'intérêt, on lui doit : Memorie istoriche della cita di Jesi, Villefranche, 1765 Cet ouvrage, fruit de longues et conscievieuses recherches, est trèsestimé. A la suite on trouve une ré- on a de Thomas Bahlassini Notizie isloride di Jesi, Jesi, 1703 ponse à la dissertation de l'abbé Philippe Vecchietti sur le passage de Si Grégoire où il est question de la ville d'Ausima. Vecchietti soutenait que c'est Osimo ; mais Baldassini, comme on le pense bien, se prononce pour Jesi
  • Jérôme BALBI ou BALBO : littérateur vénitien, qui eut de son temps beaucoup de célébrité, llorissait vers la fin du '15° siècle et au commencement du 16°. Dans sa jeunesse, il fut, à home, élève du célèbre Pomponio Leto. Il vint à Paris en 1435, et obtint, trois ou quatre ans après, une chaire Fausto Andrelini , et fut si maltraité par ce redoutable adversaire, qu'il se retira en Angleterre, d'où il passa ensuite à Vienne, avec le titre de professeur de droit impérial , qu'il obtint de l'empereur Maximilien I" ; puis à Prague, et définitivement en Hongrie. Là, il changea de conduite, prit l'habit ecclésiastique, se fixa quelque temps auprès de l'évêque de Cinq- Églises; et , sur la bonne réputation qu'il se fit, fut choisi par le roi Ladislas pour donner à ses enfants, Louis et Anne, les pruniers éléments de l'instruction. Ce roi en fut si satisfait, qu'il le mit, en 1514, à la tête de la collégiale de Presbourg : il lui confia même ensuite plusieurs ambassades honorables. Le roi Louis eut en lui la même confiance, et la députa, en 1522, à la diète de Worms, pour demander des secours contre Soliman. Balhi prononça, dans cette diète, un discours, sans doute très persuasif, car il obtint le secours demandé. L'archiduc d'Autriche Ferdinand le nomma, la même année , évêque de Gurck , en Carinthie; il fut envoyé, par ce même archiduc, à Rome, auprès des deux papes Adrien VI et Clément VII. Quoique très - vieux , il accompagna , en qualité de conseiller privé, le jeune empereur CharlesQuint à Bologne , assista à son couronnement , et écrivit à ce sujet son traité de Coronatione. Il mourut en 1555. Ses principaux ouvrages sont 1° Opusculum epigrammaton, Augsbourg, 1494 Parmi ces poésies, il s'en trouve un grand nombre de licencieuses, et qui s'accordent mal avec la dernière partie de la vie' de l'auteur ; mais il les écrivit probablement dans sa jeunesse. Les plus décentes ont été insérées dans les Delicice Poelarum Ilalor. , etc. , de Gruter, part. 1 et clans plusieurs autres recueils. Rhetoris gloriosi liber, per modum diulogi exaratus , Paris, 1494 C'est cette attaque contre Guillaume Tardif, dont nous avons parlé ; la réponse de Tardif parut l'année suivante. 5° Ad Clemenlem VI!, pont. maximum, de civili et bellica tudine liber, ex mysleriis poace Virgilii nunc primum depromptus , Rome, 1526 Bologne, 1550 Ce volume contient une seconde partie, sur l'origine, les moeurs, l'empire, etc. , des Turcs; c'est ce second traité qui est connu sous le simple titre de de Rebus Turcicis libri quatuor. 4° Ad Carolunt Y, imperatorem, de Coronatione liber, Bologne, 1550 Ce livre fut réimprimé à Lyon la même année; à Strasbourg, 1605 ; il a depuis été inséré dans plusieurs recueils (le traités politiques sur les droits de l'Empire, etc., entre autres dans le Tract. de Jute regni etmperii Romani de Léopold Bebembourg, Strasbourg, 1624 ; Ileidelberg, 1664 et dans le t. 1" de la Politica imperialis de Melchior Goldast, p
  • Jérôme BALLERINI( 1702) : frère du précédent, naquit à Vérone, le 29 janvier 1702. Il lit à peu près les mêmes études que son frère, et prit comme lui l'état ecclésiastique ; niais il cultiva plus particulièrement l'histoire que l'on appelle profane, par opposition à l'histoire ecclésiastique. Ces deux frères se quittèrent peu, et tirent en commun plusieurs éditions et plusieurs ouvrages. Jérôme survécut plusieurs années à Pierre il entreprit seul l'édition des oeuvres du cardinal Noris, d'après les exhortations et les conseils (lu marquis Scipion Maffei ; mais ensuite son frère prit part à l'exécution : Henrici 11'orisii Augustiniani S. R. E. presbytcri cardinalis Opera omnia, nunc primum collecta et ordinata, Vérone, 1732, 4 vol. ; le 4° vol. surtout appartient aux deux frères, et contient divers morceaux précieux d'histoire ecclésiastique. Il eut aussi la plus grande part dans l'édition des oeuvres de Gibert, évêque de Vérone, dans laquelle il eut cependant son frère pour coopérateur : Joan Matthoei Giberti episcopi Veronensis Opera nunc primer collecta, etc., avec une dissertation, la vie de l'auteur et diverses autres pièces, Vérone, 1752 Les éditions données par son fière, auxquelles il coopéra le plus, sont celles des sermons de St. Zénon, de la Somme de St. Antonin, et des oeuvres de St. Léon ; mais il contribuait à la publication de presque tout ce que Pierre écrivait. Mazzuchelli, Gli Scrittori d'Italia, t. 3, donne une idée intéressante de l'union qui régnait entre ces deux frères, et de la manière dont ils distribuaient entre eux les travaux. Ce qui appartenait plus particulièrement à la théologie et au droit canonique était du ressort de Pierre, et ce qui tenait le plus à la critique et à l'histoire était traité par Jérôme. Ils revoyaient le tout ensemble, et s'ils étaient d'avis .différent, une discussion quelquefois trèsvive s'établissait, et rien n'était admis avant d'avoir reçu l'approbation de tous les deux
  • Jérôme AVIANO : Vicentin, fut un des poètes de son temps qui réussirent le mieux dans le genre plaisant ou burlesque. 11 florissait en I 1 0 ; on trouve, dans le 5° livre du recueil des Rime piacevoli, Vicence, 1610 et dans un autre recueil de ces mêmes Rime, 1627 trois capitoli, ou chapitres satiriques dont il est l'auteur , le premier, adressé à une dame, pour se plaindre de l'amour ; le second , à un seigneur vicentin , pour le féliciter de son mariage; le troisième, à la louange des cervelas et des boudins de Milan. Ce dernier est tout à fait dans le. genre des capitoli du Berni, du Mauro , du Lasca et des autres poètes burlesques, qui, soit pour se moquer des éloges que l'on faisait souvent de gens et de choses peu louables , soit par pure plaisanterie, se mirent à faire l'éloge des fruits, des viandes, des anguilles, de la salade, des fèves, de la soif, et même de la peste
  • Jérôme AVOGRADO : né à Brescia, d'une noble famille, fils d'Ambroise Avogrado, jurisconsulte de quelque célébrité, florissait vers l'an 1486. Il ne se borna pas à cultiver les lettres avec succès, il fut encore, dans sa patrie, l'appui et le Mécène de ceux qui les cultivaient, titre qui liii convenait parfaitement, dit le savant Mazzuchelli, étant également favorisé des dons de l'esprit et de ceux de la fortune. On lui attribue la gloire d'avoir été le premier à corriger et à publier en entier les œuvres de Vitruve. Peut-être fitil cette correction sur d'anciens manuscrits, et en préparatil l'édition ; mais aucun des auteurs qui ont écrit sur les livres imprimés à Brescia en particulier ou sur l'imprimerie en général, n'ayant eu connaissance de cette édition , il est peu vraisemblable qu'elle ait existé
  • Jérôme ARADON : de Quinipily, l'un des principaux officiers du duc de Mercoeur dans la guerre de la ligue, fut obligé de rendre, en 1589, au prince de Dombes, la ville d'Hennebon, où il commandait ; mais il contribua, l'année suivante, à la reprise de cette place, dont le gouvernement lui fut rendu. On a de ce capitaine un journal trèsinexact et trèspartial des événements qui eurent lieu dans cette partie de la Bretagne. Aradon de Quinipily demeura dans le parti des ligueurs, même après la conversion de Henri IV, et il ne se soumit à l'autorité légitime qu'en 1597, époque à laquelle le dile de Mercçeur fit sa paix. Toute la famille d'Aradon, composée de cinq frères, était dévouée à ce chef, et lui rendit de grands services ; l'un d'eux était gouverneur de Vannes ; un troisième , évêque de cette ville, fut député aux états généraux de la ligue, en 1593
  • Jérôme BACCELLI( 1514 - 1581) : d'une famille noble de Florence, naquit en 1514 ou 1515. Il joignit à l'étude de la littérature celle de la médecine, et y devint trèshabile. Son mérite littéraire le fit recevoir dans l'académie florentine : il y récita, selon l'usage de cette académie, plusieurs leçons, et en fut créé consul en 1552. Il mourut à Florence en 1581. Il a laissé une traduction italienne de l'Odyssée, publiée après sa mort par son frère Baccio Baccelli, sous ce titre : L'Odissea di Omero, tradotta in volgar florentin°, Florence, 1582 Cette traduction, qui est en vers sciolti, libres ou non rimés, est dédiée par l'éditeur au grandduc de Toscane, François I". L'épître dédicatoire nous apprend que Baccelli, surpris par la mort, ne put mettre la dernière main à cette traduction; qu'il avait reçu ordre du grandduc de traduire aussi l'Iliade, mais qu'il n'en avait pas encore achevé le '7° livre lorsqu'il mourut. Baccio dédia au même grandduc ce commencement de traduction de l'Iliade, mais ne le fit point imprimer. Cette dédicace et les premiers vers de la traduction ont été insérés, par le docteur Lami, dans le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Riccardi. On conserve, dans cette même bibliothèque, le manuscrit original des sept livres, et celui de l'Odyssée entière. Ce qu'on a prétendu clans une note du 3e volume de la BiNioteca de Volgarizzatori, que la traduction de l'Iliade par .notre Baccelli existait entière en manuscrit dans la bibliothèque du Vatican, est dépourvu de tout fondement
  • Jérôme BARDI( 1544 - 1594) : moine camaldule , naquit à Florence, vers 1544. Il se distingua dans cet ordre par son érudition ; mais il quitta l'habit religieux quelque temps après, et se retira à Venise, où il vécut plusieurs années comme prêtre séculier. Nommé en 1595 curé de la paroisse de StMatthieu et StSamuel, il y mourut le 28 mars de l'animée suivante. On a de lui plusieurs ouvrages, où Fontanini lui a reproché de n'avoir pas joint à son nom celui de son ordre, sans penser, connue .Apostolo Zeit l'a observé, qu'il avait été sécularisé avant de les publier, et peut-être de les écrire. Ce sont : 10 Joannis Lucidi Samoilicei aronicon ab orbe condi Unt4C ad annum 1535, cum additionibus Hieronymi Hardi, etc., Venise, 1575 , La continuation ou addition de Hardi s'étend depuis 1555 ju.squ'en 1575. 2° Cronologia universale dalla creazione d'Adam° sino al 1581, Venise, 1581, 2 vol. gr. L'auteur se vante, dans une lettre en forme d'avis au lecteur, d'avoir écrit tout cet ouvrage en sept mois. 11 en publia un abrégé la mème année, ibid., 2 vol. 5" Vitto- ria navale ottenuta dalla republica de Venezia con- tra Ottone ligliuolo di Federigo 1, imperadore, etc., Venise, 158t et 1619 Le fruit de cette victoire des Vénitiens sur les Impériaux rut le rétablissement du pape Alexandre Ill, qui s'était réfugié à Venise. 4' L'explication , en italien , de toutes les histoires représentées dans les tableaux qui ornent les salles du palais ducal de Venise. contenant l'exposition des victoires les plus signalées remportées sur différentes nations par les Vénitiens, N'enise , tz;87 et réimprimée plusieurs fois. 5 Delle rose nota- bili della cilia di Venezia e degli nomini illustri di ( mena dominante, ibid, 1587, 1592, 1601 et 1660 tiu La traduction italienne du Martyrologe romain, remis en ordre selon l'usage du calendrier grégorien , oc., Venise, 1585
  • Jérôme BARDI : piètre et médecin italien, au 17' siècle , était de Rapallo, mais d'origine génoise. Il entra en 1619 dans la compagnie de Jésus, d'où sa mamaise santé l'obligea de sortir cinq ans après. Il alla ensuite à Gènes, où il reprit ses études, et fut reçu docteur en théologie et en médecine. La chaire de philosophie de l'université de Pise, où l'on expliquait Aristote et Platon, étant devenue vacante, l'archevèque de Pise, Julien de Médicis, la lit donner à notre Bardi, qui y professa avec beaucoup d'éclat. 11 continuait cependant d'étudier l'anatomie, la médecine, et trouvait encore des moments à donner à 11 poésie. Après la mort de son père, il se rendit à Rome, où il resta depuis 1651 juBsqu'en 1667 ; et, quoique prètre, obtint du pape Alexandre VII la permission d'exercer la médecine. Les principaux ouvrages qu'on a de lui sont : 1° Prolusio philoso- phica habita in Pisarumceleberrimo Athenoeo, 1 I men- sis nov. 1653, etc., Pise, 1654 C'est le discours d'ouverture de ses cours de philosophie dans cette u n versi té . o Medieu s poli t jeu- cal holicus , etc., Gènes, 16'45 5° Theatrum naturo iatroehymirœ ra- tionalis, etc., Rome, 1651 4° Xarerius Pere- grinus, pede pari et impari deseriptus, Rome, 1659 Ce poëme valut à l'auteur, de la part d'Alexan- dre VII, une pension de ri0 écus romains. Patmi les ouvrages de Jérôme Hardi qui n'ont point éfi, imprimés, on en remarque un dont le titre est singulier : Musica medica, magiea, moralis, consona, dis- sona, eurativa, eatholica, rationalis
  • Jérôme BARTOLOMMEI( 1584 - 1662) : poëte italien du 17e siècle, d'une famille noble de Florence, dont l'ancien nom était Sineducci, naquit vers 1584. Il fut de l'académie de la Crusca, et de l'académie florentine, dont il fut consul en 1648. Il vécut quelque temps à Borne sous Urbain VIII, qui lui accorda une pension sans qu'il l'eût demandée ; il se maria deux fois, et eut de sa seconde femme un fils, dont nous parlerons à l'article suivant. Il mourut le 8 niai 1662. Ses principaux ouvrages imprimés sont : 10 Tragedie, Rome, 1652 ; les mimes corrigées et augmentées de trois tragédies, Florence, 1655, 2 vol. le 1" en contient six : Eugenia, Isabella, Peat°, Aglae , Giorgio , Teodora; et le 2. quatre : il Clodoveo trionfante, S. Eustachio, Altamene, Oreso. 2° L'America, poema eoico, al christianissinio Luigi X/ Yre di Francia e di Navarra, Rome, 1650 Ce poëme, dont Améric Vespuce est le héros, est divisé en 40 chants. Le titre porte, avec le nom de l'auteur, l'ancien nom de sa famille, Girolamo Bartolommei, già Smeducci. Drami musicali morali, Florence, 1656 Ils sont divisés en 2 parties ; la 1" est composée de six drames, et la 2* de huit. 4° Dialoghi sacri musicaliintorno a diverse soggctti, etc., Florence, 1657 Ces dialogues, vulgairement nommés oratorio, sont au nombre de soixantequatorze. 5° Didascalia, cioè dottrina co" 'mica, Florence, 16i8 seconde édition, corrigée et augmentée, Florence, 1661 Cette espèce de poétique, dédiée par l'auteur à son fils, a pour but principal de rappeler l'art du théàtre à sa première institution, c'est-àdire d'inspirer l'horreur du vice et d'encourager la vertu y donne les sujets et le plan de plusieurs pièces nouvelles, pour montrer que l'on peut faire de bonnes comédies sans toutes ces intrigues d'amour qui finissent par le mariage. On trouve ses poésies lyriques répandues dans plusieurs recueils
  • Jérôme BARUFFALDI( 1675 - 1755) : célèbre littérateur et poète italien du 18. siècle , naquit à Ferrare, le 17 juillet 1675. S'étant destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique, il fit de bonnes études en philosophie, en théologie, et en droit canon, après avoir fini les études grammaticales et littéraires qui emploient ordinairement les premières années de la jeunesse. 11 reçut la prêtrise en 1700, et obtint, sept ans après, un bon bénéfice dans la cathédrale de Ferrare. Il était déjà de l'académie des Intrepidi de cette ville, et de plusieurs autres académies. 11 avait suivi d'abord le mauvais goût qui régnait alors dans les vers et dans la prose, goût qu'il avait puisé dans ‘la lecture des écrivains du siècle qui venait de 'finir, désignés depuis sous le nom de Seicentisli; mais rappelé à de meilleurs principes par un bon vieillard, philosophe et poète, nommé Alphonse Gioja, le seul peut-être qui y fût demeuré fidèle à Ferrare, il purgea son style de tous les défauts brillants qui le l'avaient d'abord séduit. 11 cultiva l'éloquence sacrée et prêcha souvent avec éclat, tant à Ferrare que dans d’autres villes. Sa réputation s'étendit dans l'Italie, et ntèt même en France, où l'abbé Bignon, garde de la bibliothèque du roi, voulut l'attirer. Baruffaldi refusa, pour ne pas affliger son père. Il en fut séparé par des persécutions et des injustices. Son père, qui était un savant passionné surtout pour les antiquités de sa patrie, avait formé une collection considérable de manuscrits, de médailles et d'autres objets relatifs à ce genre d'étude; le fils l'avait encore augmentée, surtout en manuscrits et en titres originaux. Il s'éleva alors un grand procèsiu sujet du domaine de Ferrare : des envieux dénoncèrent Baruffaldi comme pouvant faire, ou même ayant fait usage de ses livres contre les intérèts du souverain. Il fut condamné, sans préliminaire et sans être entendu, à être dépouillé de ses livres, et exilé de Ferrare et de tout l'État ecclésiastique. La sentence lui fut signifiée, et fut exégutée le 17 juillet 1711, jour anniversaire de sa naissance. 11 lui fallut deux ans pour obtenir justice, niais il l'obtint enfin; on lui rend;t d'abord la liberté de retourner à Ferrare, ensuite sa bibliothèque. Son rappel lui fut annoncé par une lettre pontificale trèshonorable; mais le pape aurait mieux fait de ne se point mettre dans la nécessité de la lui écrire. L'innocence de Baruffaldi et la gaieté naturelle de son humeur l'aidèrent à supporter paisiblement cette disgrâce. Il prépara, pendant son exil, et acheva même plusieurs ouvrages, qu'il donna ensuite au public. Cette persécution augmenta encore la considération dont il jouissait dans sa patrie. On créa pour lui, dans l'université, une chaire honoraire de théologie, qu'il occupa jusqu'à ce que celle de belleslettres vînt à vaquer. Celleci lui fut alors donnée, et il en ouvrit les cours en 1724. L'archevêque de Ravenne le nomma son vicaire général à Ferrare. Le chapitre de la cathédrale lui avait conféré, en 1721, un canonicat vacant; mais cette collation fut attaquée par les tribunaux de Rome ; le chapitre et le nouveau chanoine perdirent leur procès. Il en fut bien dédommagé par l'archiprètrise de l'église collégiale de Cento, qui lui fut offerte, en 17'29, par les électeurs, et qu'après quelque résistance il se résolut enfin à accepter. Il avait établi chez lui , à Ferrare , une réunion d'amis, tous gens de lettres, qui devint une académie, sous le titre de la Vigna; il y prit luimême le nom académique d'Enante Vignajuolo, sous lequel ont paru plusieurs de ses ouvrages. Depuis sa nomination à l'archiprêtrise, il partagea son séjour entre Cento et Ferrare. Il fut frappé dans cette dernière ville, en 1753, d'une attaque d'apoplexie, dont il revint, mais avec la perte de presque toutes ses facultés , et ne pouvant plus ni parler ni écrire; il succomba enfin , et mourut la nuit du dernier jour de mars au 1" d'avril 1755. Il nous serait commode de renvoyer nos lecteurs à la liste que Mazzuchelli a donnée des ouvrages de ce fécond et ingénieux écrivain ; niais le livre de Mazzuchelli étant fort rare en France, ils n'en seraient pas plus avancés. Cette liste contient plus de cent ouvrages, latins et italiens, en prose et en vers; nous y choisirons ceux qui ont le plus d'importance, et qui ont donné à leur auteur la place distinguée qu'il occupe dans la littérature de son pays et de son siècle. 1° Dissertatio de poetis Ferrariensibus , Ferrare, 1698 réimprimée dans le t. 9, part. 8 du Thesaur. Anliquit. ital. de Grnvius. 2° Dissertatio de precis ad illustrationem urne sepulchralis Fl. _ Quartille prcelicce, etc. , Ferrare, 1713 et insérée dans le t. 3 du Novus Thesaur. Antiquit. roman. de Sallengre. 3° Studiorum Ephemerides aime Ferrariensis universilatis ejusque collegioru?, 6 petits vol. in -12 , Ferrare , depuis 1725 jusqu'en 1730. 40 Della Storia di Ferrara lib . 9, etc. , Ferrare, 1700 Cette histoire, qui donne dans le plus grand détail les événements arrivés depuis 1655 jusqu'en 1700 même, et dans laquelle l'auteur s'exprimait trop librement sur des faits relatifs à l'affaire du domaine de Ferrare, qui s'agitait alors, fut la première cause de sa disgrâce. 11 l'appelait dans la suite : Libro di verità, non di prudenza. 5° Annolazioni sopra il traitai delle particelle e dei verbi della lingua italiana del Cinonio. Ces observations sont imprimées sous le seul nom d'un Accademico Intrepido, ou d'un membre de l'académie des Intrepidi, à la suite de l'ouvrage mème de Cinonio, sur les particules, Ferrare, 1709 et 1711 6° Lettera difensiva di messes Antonio Tibaldeo di . Ferrara al sig. doltore Lod. Ani. Muratori da Modena, 1709. Muratori avait traité peu favorablement, dans son livre della Perfetta Poesia, le Tibaldeo, poète ferrarais du 15' siècle. Baruffaldi, dans cette lettre, dont il ne s'avoua point l'auteur, répond, au nom de son compatriote, aux critiques de Muratori. 7° Rime scelle de' poeti Ferraresi antichi e moderni, etc. , Ferrare, 1715 Baruffaldi n'est pas le seul à qui soit dû ce recueil , mais il est auteur du discours qui le précède, sur l'origine de la poésie à Ferrare, et des notices qui le suivent, sur tous les poètes dont il contient des vers; et ces pièces, trèsutiles pour l'histoire littéraire, donnent beaucoup de prix au recueil. W La Tabaccheide, ditirambo, colle annolazioni, Ferrare, 1714 C'est un poème à peu près dans le genre du Bacco in Toscana de Rédi, mais moins bon et beaucoup plus long, puisqu'il n'a pas moins de 2,146 vers de toutes mesures. 9° Le 15e chant du poëme intitulé : Berloldo, Berloldino e Cacasenno, imprimé pour la première avec des gravures et des notes, à Bologne 100 Il Grillo, poème en dix chants, à peu près du mène genre que le Berloldo, et qu'il donna sous son nom académique d'Enante Vignajuolo, Vérone, 1738 ; Venise et Lucques, la même année, aussi 11. Il Canapajo, lib. 8, Bologne, 1741 poème didactique sur la culture du chanvre, regardé comme le meilleur ouvrage de son auteur, et l'un des meilleurs poèmes didactiques italiens. 11 est suivi de notes explicatives, et d'autres opuscules qui complètent l'instruction sur cette culture. 12. I Baccanali, poèmes dithyrambiques, mais de moins d'étendue que la Tcibaccheide, furent d'abord imprimés chacun à part ; le premier, en 1710, ensuite les dix premiers ensemble, Venise, 1722 Seize autres furent aussi imprimés séparément, depuis 1727 jusqu'en 1750, puis ensemble, et réunis aux dix premiers, en tout vingtsix Baccanali, avec des arguments à chacun pour en indiquer le sujet, Bologne, 1758, 3 vol. Le 5' volume est rempli par la Tabaccheide, réimprimée avec beaucoup' de nouvelles notes, que l'auteur avait préparées pour une seconde édition. I5° Cinq pièces de théàtre, que nous réunirons ici dans un seul article : Clizia, scena pastorale cantata in musica nel teatro Scroffa, Ferrare, 1716 — lEzzelino, tragedia in versi sciolti, Venise, 1721 ; corrigée et améliorée, Ferrare, 1722, 1726 et 1727 — Giocasta la giovine, tragedia di scena mutabile, etc. , avec un discours sur les changements de scène, Faenza, 1725 ; Venise, 1727 — La Dei fobe, tragedia, Paris, 1727 Quoique cette pièce eût paru sous le nom de Baruffaldi, il publia une déclaration qui avertissait le public qu'elle n'était point de lui, qu'il n'avait fait qu'en corriger 'quelques vers, et qu'il l'avait tirée d'un manuscrit mal en ordre, intitulé l'Albamora, qui avait appartenu à une troupe de comédiens. — Il Sacri fizio Abele, rappresentazione sacra, Bologne, 1759 On trouve parmi ses ouvrages posthumes, et restés inédits, d'autres pièces de théàtre : il Pastor buggiardo, fayota pastorale; Statira, tragedia, et Bertoldo in corte. 14. Grand nombre d'opuscules de tout genre, tant en vers qu'en prose, et beaucoup de poésies dans différents recueils
  • Jérôme BARUFFALDI( 1740 - 1817) : savant bibliographe, neveu du précédent. Né le 15 janvier 1740, à Fer- rare, il y fit ses études sous les jésuites ; et ayant embrassé la règle de StIgnace, il professa la rhétorique, d'une manière brillante, au collége des nobles de Parme, puis à Brescia. A la suppression de la société, le P. Baruffaldi revint dans sa patrie, où il fut nommé vicebibliothécaire, secrétaire perpétuel de l'académie et inspecteur des études dans le Ferrarois. Les devoirs que lui imposèrent ces différentes places remplirent le reste de sa vie. Il mourut au mois de février 1817. Ses principaux ouvrages sont : 1° Saggio della tipografia Ferrarese, Ferrare, 1777 C'est le catalogue des ouvrages imprimés dans cette ville, de 1471 à 1500. Il y a de l'érudition et des recherches curieuses. Dominique Barbieri en a publié la critique, mais personne n'était plus convaincu que l'auteur luimême de l'imperfection de cet essai. On en a la preuve par une note écrite de sa main, sur l'exemplaire que l'on conserve à la Casanate, dans laquelle il annonce le projet de faire réimprimer cet ouvrage, avec de nombreuses additions , sous le titre d'Annali tipografici Ferraresi. Il promettait aussi de continuer l'histoire de l'imprimerie à Ferrare, pendant le 16° siècle. 2° Commentario storico della biblioteca Ferrarese, ibid., 1782 en attribue la fondation au duc Borso d'Este. 3° Vita di Claudio Tedeschi, ibid., 1784 4° Notizie delle accademie letterarie Ferraresi, ibid., 1787 Cet opuscule est rempli de recherches et d'érudition. 5° Catalog° di lutte l'edizioni Bell' Orlando furioso, ibid., 1787 6° Vita di Lodov. Arioslo, ibid., 1807 C'est la meilleure biographie qu'on ait de ce grand poète. Les exemplaires en sont rares en France. 7. Continuazione delle Nemorie istoricite de' leiterati Ferraresi, ibid., 1811 On doit en outre à Baruffaldi quelques dissertations sur des objets d'antiquité, insérées dans les Opuscoli Ferraresi ; et, dans le tome 8 du même recueil, une Vie de Pellegrino Morat° , écrite, suivant Tiraboschi , avec beaucoup d'exactitude. Il avait préparé une nouvelle édition de la célèbre comédie du Bojardo : il Timone: Un des amis de Baruffaldi l'a publiée, Ferrare, .1819
  • Jérôme BASILICO : de Messine, jurisconsulte célèbre au 17' siècle, exerça d'abord cette profession en Sicile, ensuite en Espagne, fut juge du tribunal suprême dans sa patrie, en 1669, et mourut à Madrid, dès l'année suivante, 1670. Il joignit la culture des belleslettres, de l'érudition, de l'éloquence et de la poésie, aux études de son état, et fut des académies de Messine et de Palerme. On a de lui : 1° quatre discours académiques, imprimés séparénient gli Anelli di Sant' . Agata, Messine, 1654 ; — il Fato nemico all' arroi Francesi in Sicilia, Palerme, 1655; — le Dame guerriers, Palerme, 1661 ; le sujet de ce discours est la chasse aux cailles, qui se faisait tous les ans à Messine. Le titre du e est singulier, mais ne dut point le paraitre dans ce siècle où l'on n'écrivait rien naturellement : la Bitola deqli main' avvenimenti, cioè la divina Providenza scherzante nei raggiri degli aflari dell' univers!, Palerme, 1662. 2. Un panégyrique du duc de Sermoneta, viceroi et capitaine général pour Sa Majesté Catholique en Sicile , Messine, 1663 5° Panégyrique du roi d'Espagne, Charles II, à son avénement au trône, en espagnol et en italien, Madrid, 1666 4° Autre panégyrique du confesseur de la reine , Madrid, 1668 5. Enfin un ouvrage de e profession de jurisconsulte : Decisiones criminales niagnce regice curice regni Sirilice, Florence, 1691
  • Jérôme BELLA : né à Carru en Piémont, prieur de StAndré de Mondovi, archiprètre de Coni, docteur en théologie et en droit civil et canonique, vicaire général de l'évèque de Saluces, vivait en 1660, et a laissé : 1° il Genio reyale appuyai°, dramma pastorale, etc., Mondovi et Coni,1646 : c'est une pièce allégorique pour l'entrée de l'évêque de Mondovi. 2' Il Sole benefico, pastorale, ibid., 1647. 2° L'Au- rora opportuna, dramma pastorale, Coni,1635. 4° Le Palme del Giacinto, autre draine pastoral adressé à Hyacinthe Solari, évêque de Mondovi. Ces titres, et le genre amphigourique de ces ouvrages, sont tout à fait dans l'esprit du temps. 50 Quelques panégyriques écrits dans le même goût que les vers
  • Jérôme BENIVIENI( 1453 - 1542) : le dernier des trois , ct le plus célèbre , naquit à Florence vers .1453. C'est comme poète italien qu'il s'est distingué; il fut du petit nombre de ceux coi soutinrent, à la lin du 15e siècle, la gloire de la langue italienne , entièrement obscurcie par les études grecques et latines. Il aida dans ce projet Laurent de Médicis , Politien, et les frères Pulci. 11 joignait au goût pour la poésie celui , ou dans sa vieillesse , ou dans la bonté de sa cause , ou dans l'amitié qui l'avait autrefois lié avec ce pape. 11 y joignit une défense de ce fameux Savonarole, dont il n'était pas moins chaud partisan que son frère le chanoine , et qui venait d'être condamné à mort ; mais il n'obtint rien ni pour le moine, ni pour Florence. Il mourut à près de !JO ans , en 1542, et fut enterré, comme il l'avait voulu , dans l'église de StMarc, et dans le tombeau de Jean Pic de la Mirandole. Audessous de deux vers latins qu'il avait composés en l'honneur de son ami, il fit graver cette inscription : Hieronymus Benivienus, ne disjuncius post modem locus ossa teneret, quorum in vila animos conjunxit amor, / tac hum° supposila, P. C. . Ses ouvrages imprimés sont : 1° une traduction italienne du traité (le Savonarole , de Simplicitate vite * christiance , Florence , 1496 , ; réimprimée à Venise, 1533 2° Il Comment° di Ieronimo Benivieni, cittadino Fiorentino, sopra apiu sue canzone e sonda de lo amore e della bellezza divine, etc., Florence, 1500 Toutes ces poésies sont sur des sujets de piété ; elles sont accompagnées d'un commentaire de l'auteur, divisé en 3 parties, où il se montre profondément versé dans la philosophie platonicienne et dans la théologie. Ce volume, qui n'a point été réimprimé , est fort rare. 5° Opere di Ieronimo Benivieni , Florence , 1519 Venise , 1522 et 1524 Ce recueil, entièrement différent du précédent , contient la Canzone dell' more celeste e divino , avec le commentaire de Pic de la Mirandole. Cette ode a été réimprimée à Lucques, 1732 , gr. Elle a été traduite en français, ainsi que le commentaire (le Jean Pic de la Mirandole, par Gabriel Chappuis , et imprimée avec une traduction du Discours de l'honnéle amour, de Marsilio Ficino , Paris , 1588 4° Des églogues , des chants ou capiloli, des canzoni ou odes, des sonnets, et autres poésies de différents genres. Elles sont justement estimées, et, quoiqu'elles tiennent un peu de la dureté et des autres vices des poésies de ce siècle , elles approchent souvent de l'élégance et de la force de celles des meilleurs temps
  • Jérôme BENZONI( 1519) : Milanais, naquit vers l'an 1519. Son père, qui n'était pas riche, ayant été totalement ruiné par la guerre, l'envoya, dès qu'il fut en état de voyager, chercher fortune en plusieurs villes d'Italie, et ensuite en France, en Espagne et en Allemagne. 11 n'y trouva point ce qu'il cher chait ; mais les récits qu'il entendit faire des découvertes récentes dans le nouveau monde lui donnèrent le désir d'y passer. Il se rendit, en 1541, eu Espagne, et s'embarqua pour l'Amérique, où il séjourna pendant quatorze ans. Il revint en 1556 dans sa patrie, à peu près dans le même état de fortune, et riche seulement de faits et d'observations. Il publia en italien et en trois livres l'Histoire du nouveau monde, contenant la description des * fies, des mers nouvellement découvertes et des nouvelles cités parcourues et visitées pendant l'espace de quatorze ans, Venise, '1565 avec le portrait de l'auteur. 11 en fut fait une seconde édition, ibid., 1572 Cette histoire fut traduite en latin, et parut avec des notes et avec un autre ouvrage intitulé : Descriptio expeditionis Gallorum in Floridam, Genève, 1578, 1581 et 1586 Urbain Chauveton en publia une traduction française, Genève, 1579 et 1600 11 y en a aussi une traduction allemande, Bile, 1579 et 1585 ; Helmstaedt, 1590 et une flamande, par Charles Vormander, Amsterdam, 1650
  • Jérôme BERARDO : noble Ferrarais, florissait n 1550 à la cour de Ferrare, et fut en faveur au- près des ducs Hercule et Alphonse 1". Il publia deux *traductions italiennes, en tercets ou terza rima, des deux comédies de Plaute, la Casino et la Mostellaria, toutes deux séparément, mais la même année 1550, à Venise, Le Quadrio lui attribue aussi une traduction des NenechMeS, imprimée dans la même ville et la même année; mais c'est sans aucun fon- dement
  • Jérôme BERNOULLI( 1745 - 1829) : naturaliste, naquit, en 1745, à Bàle, de la même famille que les précédents. Son père joignait à l'exercice de la pharmacie le commerce des drogues, et jouissait clans toute la Suisse d'une grande réputation de savoir et de probité. Après avoir achevé ses études avec succès au gymnase et à l'académie de Bàle, le jeune Bernoulli devint l'associé de son père ; mais, entraîné par son penchant, il profitait de ses loisirs pour cultiver l'histoire naturelle ; avant l'âge de vingt ans, il avait déjà recueilli des échantillons de minéraux, qui furent la base de son cabinet, un des plus riches de la Suisse. Dans un voyage qu'il fit pour son commerce, en 1766, il vit les plus célèbres naturalistes de France, de Hollande, d'Allemagne; et dès lors il ne cessa d'entretenir avec eux des relations qui tournèrent au profit de son cabinet. Quoique aucune des parties de l'histoire naturelle ne lui fût étrangère, il s'appliqua cependant d'une manière plus spéciale à la minéralogie, et on lui doit d'utiles observations consignées dans les journaux, ou dans les recueils des sociétés scientifiques de la Suisse. Honoré de l'estime générale, il remplit successivement différents emplois, et fut enfin nommé président du conseil de Bâle, charge dont il ne se démit que peu de temps avant sa mort. Bernoulli mourut en 1829, à 84 ans. Son beau cabinet, offert par ses héritiers au gouvernement, fait partie du musée de Bâle. L'éloge de ce modeste savant a été prononcé dans l'assemblée de la société suisse pour l'avancement de l'histoire naturelle, tenue à StGall en 1830
  • Jérôme BESOIGNE( 1686) : docteur de Sorbonne né à Paris, en 1686, d'une famille ancienne dans la librairie, professa la philosophie au collége du Piessis, et devint coadjuteur du principal. Le talent particulier qu'il avait pour la direction et pour l'inr struction spirituelle des élèves le fit appeler dans plusieurs autres collèges de la capitale, où il remplit cette double fonction avec le plus grand succès. Son ' inscription sur la liste des appelants contre la bulle Unigenitus lui attira plusieurs lettres de cachet, d'abord pour l'exclure de la principalité et même du collège du Plessis, puis pour le priver des droits du doctorat, ensuite pour le bannir du royaume. La dernière fut levée au bout d'un an, et Besoigne ren- tra dans sa famille où il se livra di e àdelsal ic.vornelsp composition tsi oan eue, ou Morale du St- Esprit , Paris , 1757, 1746, ' 2° Concorde des Épures de St- Paul et des Epitres canoniques, ou Morale des Apôtres, ibid., 1747 50 Principes de la perfection chrétienne et religieuse, ibid., 1748 ; souvent réimprimé. 40 Histoire de l'abbaye de Port- Royal, avec un Sup- plément sur la Vie des quatre évêques engagés dans la cause de Port- Royal, Cologne, 1756, 8 vol. II. 5° Réflexions théologiques sur les écrits de if. l'abbé de r- , et de ses élèves, ibid., 1752 ; — Réponses aux dissertations des PP. capte- cins, auteurs des Principes discutés, ibid., 1759. Cette controverse théologique a pour objet le système de l'abbé de Villeroy et de ses disciples, touchant la conduite de Dieu sur son Eglise. 6° Principes de la pénitence et de la conversion, ibid., 1762,1 vol. Cet ouvrage a beaucoup d'éditions. 7° Catéchisme sur l'Eglise pour les temps de troubles, suivant les . principes expliqués dans l'instruction de monseigneur l'évêque de Senez, composé sous la direction de l'abbé Legros Le pieux auteur de tous ces livres était savanten théologie. Ses écrits sont trèssolides ; mais ceux qui traitent de la vie chrétienne sont secs, et manquent de cette onction qui, dans les ouvrages de ce genre, est si nécessaire pour en faire disparaître l'aridité. Besoigne était tourmenté depuis longtemps d'une maladie de nerfs qui le faisait cruellement souffrir, et dont les méde- cins ne purent jamais connaître la nature; il y succomba le 25 janvier 1765. On en trouve une description curieuse dans un avertissement qui précède la relation manuscrite des voyages que les médecins l'engagèrent d'entreprendre, dans l'espoir qu'ils lui procureraient quelque soulagement. Barbier, dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseu- donymes, attribue quelques autres ouvrages à 13esoigne
  • Jérôme BEVERNINK( 1614 - 1690) : négociateur et homme d'Etat, naquit à l'ergau , en Hollande, le 25 avril 1614, d'une famille originaire de Prusse. Après avoir exercé plusieurs fois des fonctions publiques dans son pays, il conclut, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, la paix entre la Hollande et l'Angleterre, le 28 avril 1654. Il fut aussi un des négociateurs que la Hollande chargea de traiter avec les Français, les Espagnols, l'électeur de Cologne, et l'évêque de Munster, et alla enfin, comme plénipotentiaire, à Nimègue, où il eut part à la paix générale signée le 10 août 1678. Depuis ce temps, il se »retira dans une de ses terres, à une lieue de Leyde, i et y mourut d'une lièvre 'violente , le 50 octobre 1690, à 76 ans. 11 se délassait de ses travaux diplo- matiques et des soins de la direction de l'université de Leyde, dont il était curateur, par la culture des plantes. Il employait des sommes considérables pour en faire venir. des contrées les plus éloignées où parvenaient les navigateurs hollandais, et il contribua ainsi puissamment aux progrès de la botanique. Bevernink ne se contentait pas de cultiver ces plantes; il les décrivait et les faisait peindre avec soin. Ce fut l'abondance des richesses de ce genre que renfermaient ses jardins qui déterminèrent princi- palement Breyn à entreprendre la description des plantes exotiques. En reconnaissance des encouragements et des services qu'il avait reçus de Bevernink, il lui dédia son ouvrage, intitulé : Plantarum exotica- rum aliarumque minus cognitarum Centuria prima . Linnée, en parlant de la capucine à grande fleur , dans son Species plantarum, dit que c'est à Bevernink que l'on doit l'introduction de cette belle plante en Europe, en '1684. Bevernink „rendit encore un grand. service à la botanique, en déterminant, par sa géné- rosité, Paul Herman à voyager dans les Indes orientales, d'où il rapporta la plus ample moisson de plantes
  • Jérôme BOCK ou LE BOUCQ( 1498 - 1554) : célèbre botaniste allemand, qui a vécu dans le 16° siècle, et a été l'un des principaux restaurateurs de la botanique à la renaissance des lettres et des sciences : il est plus généralement connu sous le nom de TRAGUS, qui est la traduction grecque de Bock en allemand, et de Bouc en français. 11 naquit à Heidesbach en 1498, reçut une éducation soignée, et acquit la connaissance des langues anciennes ; il fut d'abord maitre d'école à DeuxPonts, se fit ensuite recevoir médecin, et ayant embrassé la réforme de Luther, il devint ministre du saint Évangile, et vécut seize ans à Hornbach, où il mourut de phthisie en 1554. Il s'est immortalisé par un ouvrage sur la botanique, à laquelle il a ouvert une nouvelle route et donné une nouvelle impulsion. Jusquelà on ne connaissait les plantes que, par les noms qui se trouvaient dans les livres, ou par la tradition qui en était transmise de siècle en siècle. Cette marche était peu sûre, et l'on se trompait avec confiance et sécurité. Supérieur aux lumières de son temps, et devançant leurs progrès, il résolut d'en prendre une plus certaine : ce fut de parcourir les plaines et les forèts de l'Allemagne, et de rassembler toutes les plantes d'usage et les plus communes, afin de comparer celles qui se ressemblaient, et de pouvoir les distinguer par des notes caractéristiques tirées de leurs formes ; de déterminer les noms qu'elles ont dans les écrits des anciens, et connaître tous ceux qu'elles ont dans les langues modernes, et en particulier dans chaque contrée. Il recueillit aussi toutes les traditions qui existaient alors sur leurs propriétés et leurs usages ; il n'en rejeta aucune, pas même celles qui étaient absurdes, quoiqp'il ne les crût pas toutes, et que, par ses propres observations, il ait tâché de désabuser sur un assez grànd nombre. C'est ainsi qu'il raconte que, la veille de la StJean, il passa la nuit dans les bois pour découvrir les graines de la fougère : il y parvint , mais en reconnaissant l'erreur vulgaire et superstitieuse où l'on était sur l'époque de l'apparition prétendue subite des graines de cette plante. Quoique le titre de médecin et le caractère de ministre de la religion lui donnassent des facilités pour l'exécution de son projet, pour mieux y réussir il se déguisait quelquefois en paysan, afin d'inspirer plus de confiance aux habitants des campagnes. 11 ne se contentait pas d'observer les végétaux dans leur lieu natal, mais il les transportait dans son jardin pour les cultiver. Othon Brunfels le détermina à publier ses observations dans l'ouvrage que ce dernier fit paraître sur le même sujet, en 1550 et 1532, sous le titre d'Herbarium. Le hasard lui ayant fait rencontrer un jeune homme plein de talent pour le dessin, nommé David Kander, il lui fit dessiner correctement toutes celles qu'il avait rassemblées. Le premier ouvrage qu'il publia luimême est en allemand, et intitulé : New- Krceuter- Buch, ou Nouvel Herbier des plantes qui croissent en Allemagne , 1539 , sans figures. Immédiatement après, il en donna une ou deux éditions avec des figures. Suivant Haller, il emprunta celles de Fuchs, auxquelles il en ajouta quelques autres dans les éditions suivantes ; mais Fuchs luimême, rendant justice à Bock, dans la préface de son ouvrage, publié en 1542, dit positivement que Bock a donné des figures où l'on voit qu'il avait eu sous les yeux les objets mêmes ; en sorte qu'il en parle comme l'ayant précédé dans cette invention. 11 est vrai qu'il y a un certain nombre de ligures qui sont évidemment copiées, mais ce ne sont pas les mêmes planches qui ont servi à l'un et à l'autre, comme cela s'est pratiqué depuis. D'ailleurs il y en a beaucoup dans Jérôme Bock qui ne se trouvent pas dans Fuchs, ce qui prouve qu'il est plus inventeur, plus original que ce dernier. Ces deux botanistes ont été rivaux ; mais leur rivalité n'a servi qu'à l'avantage de la science. Fuchs, qui parle le premier de Bock , le lit en termes trèshonnètes; cependant il lui reprocha de trop se tourmenter pour rapporter les plantes de l'Allemagne à celles de la Grèce, décrites par Théophraste et Dioscorides. On a fait depuis à Fuchs le mème reproche. De son côté, Bock attaqua indirectement son rival, sans le nommer. Il résulta de ses travaux un livre trèsutile , qui a été omise dans les éditions suivantes. Les autres sont de 1551, .1556 ; 1560-65-72-80-95 et 1650. Celle de 1595 est la plus estimée, parce qu'elle a été corrigée et augmentée d'une 4' partie traitant des éléments, des animaux, etc,, par Melchior Sebitz et Nicolas Agerius. Cet ouvrage fut traduit en latin par Kyber, sous ce titre : Hieronymi Tragi , de Stirpium, maxime carton que in Germania nostra nascuntur, etc., libri Ires, in tatillon linguam conversi, interprete David Kyber Argentinensi, Strasbourg, 1552 de 1,200 pages, avec 568 figures. On donna ensuite les figures seules et sans texte, avec ce titre : Vivce nique ad vivum expresse omnium herbarum in H. Bock Herbario depictarum Icones sole, Strasbourg, 1555 et 54 : cette édition est moins complète que la précédente ; il y manque la figure de l'acanthe. Le Ortrait de l'auteur est dans toutes deux. Le célèbre Conrad Gesner, qui était l'ami de Bock, mit dans la traduction latine une savante préface dans laquelle il fait l'histoire complète de la botanique jusqu'au temps où écrivait. Bock y en ajouta une autre qui lui servit à exposer la méthode qu'il a suivie. Il (lit n'avoir rejeté l'ordre alphabétique , alors généralement employé, que pour en adopter un autre qui lui paraissait plus conforme à la nature : il consistait à prendre en considération les affinités des plantes. C'est la première tentative qui ait été faite pour arriver 4 la méthode naturelle. Par une bizarrerie où il entrait de la malice, il commença par l'ortie, 1 pour se moquer des apothicaires, qui méprisaient les plantes communes; 2° parce que depuis longtemps sa famille portait pour arme une feuille d'ortie. 11 décrit environ huit cents espèces, mais il ne donne les figures que de cinq cent soixantesept, dont cent étaient figurées pour la première fois. Il les divise en 3 livres ou classes ; le .1" renferme les herbes saùvages ou fleurs odoriférantes; le 2e, les trèfles et les gramens; le 5° , les arbres et les arbustes. On voit par là que ses classes sont loin d'être naturelles; mais, dans les détails, il y a des rapprochements qui le sont. Ses descisiptions sont trop courtes et souvent obscures; il s'est plus occupé à disserter sur la nomenclature, et Gesner luimême, quoique son panégyriste, l'en blàme : il est le premier qui ait rapporté les noms hébreux et arabes. On a profité depuis de son travail en le perfectionnant. Ses figures sont exactes; cependant elles sont inférieures à celles de Fuchs; elles sont de format Le mauvais goût du siècle s'y fait sentir ; dans celles des arbres, il a joint des ligures d'hommes et d'animaux pour rappeler des traits d'histoire : ainsi, on voit Pyrame et Thisbé au pied d'un mûrier ; Noé et ses trois fils au pied de la vigne, dans la posture dont parle la Bible; Esopc à côté d'un figuier, faisant reconnaître son innocence au moyen d'un vomitif. Une partie de ces planches fut employée par Gesner pour l'édition de l'ouvrage (le Valérius Cordus, et il donna un exemple qui aurait dû être imité : ce fut de citer le nom et la page du livre de Bock, ce qui établissait une concordance sûre entre les deux auteurs. L'édition latine est terminée par une réimpression de l'index de Dioscorides, fait par Benoît Textor. On voit que Bock ou Tragus est un des fondateurs de la botanique chez les modernes; son nom doit être placé sur le mème rang que ceux de Brunfels et de Fuchs, lesquels, à la gloire de l'Allemagne, ont fondé l'iconologie botanique. Plumier a consacré à sa mémoire un genre de plantes auquel il a donné le nom de Tragia; il fait partie de la famille des euphorbiacées. Les espèces qui le composent ressemblent aux orties par le port et par lems poils piquants : ce qui fait allusion aux armes de Bock
  • Jérôme BOLOGNI( 1454 - 1517) : poète latin du 15° et du 16° siècle , naquit à Trévise , le 26 mars 1454. Son père y était notaire , et il le fut luimême dans sa jeunesse; il exerça aussi la profession d'avocat dans sa patrie , fut reçu docteur en droit, et agrégé au collège des juristes en 1-175. Quoique marié et père de plusieurs enfants, il prit ensuite l'état ecclésiastique , et reçut les premiers ordres en 1479. Sa vie fut fort agitée , et il éprouva des disgrâces domestiques, qui l'ont fait mettre, par Valérianus, au nombre des gens de lettres malheureux. 11 donna pendant plusieurs années des soins aux éditions que publiait Michel Manzolo , célèbre imprimeur de Trévise ; il les corrigeait, y mettait ou des pièces de vers ou des préfaces , comme il le fit aux éditions du Traité de l'orthographe de Tortellius, 1477 ; de l'Histoire naturelle de Pline, 1479; de la Préparation évangélique d'Eusèbe , 1480 ; des Commentaires de César, et de l'Histoire de TiteLive , même année. L'empereur Frédéric III lui accorda les honneurs de la couronne poétique. I1 mourut à Trévise, le 23 septembre 1517. On a de lui : Apologia pro anio, Trévise , 1179 Cet écrit précède l'édition de l'Histoire naturelle à laquelle l'auteur donna des soins; il en fut publié A part des exemplaires. 2° Mediolanum, sive Itinerarium Hieronymi Bononii senioris, poace Tarvisini, carmen epicum, etc., Trévise, 1626 11 fit ce poème au retour d'un voyage de Milan , vers l'an -1480. 5° Dell' Origine delle terre ad essa suggctte, e degli uomini illustri delta citat di Trevigi, dissertazione, etc. Cette dissertation, écrite en latin, est imprimée avec ce titre italien, dans le volume 2' du supplément au journal de' Lettcrali d'Italia. Elle précède une notice sur la vie de l'auteur, qui est accompagnée de son portrait ; il y est représenté la couronne de laurier sur la tête. I° 11 laissa un recueil considérable de poésies latines , sous ce titre : Promiscuorum poelicorum libri 20, qui est resté manuscrit dans des bibliothèques particulières ; on n'en a publié à part que le poème suivant : Antenor Hieronymi Bononii poetœ Tarvisini Elegidion , ex ejus Promiscuorum libro 9, etc., Venise, 1625
  • Jérôme BIGNON( 1589 - 1656) : naquit à Paris, le 24 août 1389. bolland Bignon, son père, lui enseigna les langues, les humanités, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques, l'histoire, la jurisprudence et la théologie. SOUS un tel maitre, le jeune Bigpon fit de tels progrès, qu'a dix ans il publia Chorographie, eu Description de la terre sainte, Paris, 1600 plus exacte que toutes celles qui avaient jusqu'alors paru. Il donna, peu de temps après : Discours de la ville de Rome, principales antiquités et singularités d'i- celle, Paris, 1604 ouvrage peu commun, où l'auteur fait preuve d'un grand goût et d'une extrême exactitude ; et Traité sommaire de l'élection du pape; plus le plein du conclave, Paris, 1605 livre rempli d'érudition. Les Scaliger, les Casaubon, les Grotius, les Philon, les de Thon, les du Perron, les SteMarthe, les Sirmond, se faisaient l'honneur d'entretenir correspondance avec cet enfant merveilleux qui souvent les instruisait. Henri IV, ayant entendu parler de Jérôme Bignon, voulut le voir, et le choisit pour ètre, en qualité L'ouvrage français part d'une main habile, et est écrit d'une manière aussi solide que méthodique. L'auteur y a rassemblé plusieurs faits et passages curieux. Après la mort de Henri IV, il quitta la cour ; il y revint bientôt, à la sollicitation de Nicolas Lefebvre, nouveau précep- teur de Louis XIII, et y demeura jusqu'à la mort de cet ami, arrivée en 4612. Bignon fit un voyage en Italie en 1614, reçut des marques d'estime de Paul V et des plus illustres savants. Fra Paolo, charmé de sa conversation, le retint quelque temps à Venise. De retour en France, il se livra tout entier aux exercices du barreau. Son père le lit pourvoir, en •620, d'une charge .« Ce grand magistrat, dit Cdstar, a été l'un dei plus savants hommes en toutes choses et celui qui l'a été le plus tôt ; car, à l'âge de « vinedeux ans, il avait tout lu et tout retenu. Il « a fort travaillé sur l'origine des Français et sur « Grégoire de Tours. » Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il a donné : 1° Marculfi monachi For- mule, 1613 et Strasbourg, 1655 Ce livre a été réimprimé par les soins de son fils, Paris, 1666 On a joint à cette édition : Liber legis salicoe a Fr. Pithwo, et l'éloge de Bignon, qui n'avait que vingttrois ans, lorsqu'il donna, pour la prewière fois, ses notes, qui font encore l'admiration , 1615, 2 vol. L'abbé Pérau a écrit la Vie de Jérôme Pignon, 1757, 2 parties — Son fils aîné , obtint, en 1651, la survivance de la charge de maître de la librairie qu'occupait son père, et conserva cette place qu'il réservait pour son fils, lorsqu'en 1685, le marquis de Louvois le contraignit de donner sa démission, pour en revêtir l'abbé de Louvois, son fils, àgé de huit ans. A. B—T et D—R—R.
  • Jérôme BLANCAS : historien espagnol du 16' siècle , naquit à Saragosse , où son père était notaire, fit ses études à Valence, et s'appliqua particulièrement à l'étude de l'histoire de sa patrie, sur laquelle il lit de si grandes recherches , qu'il fut jugé capable de succéder au fameux Zurita, dans la place d'historiographe du roi. Alors , il se proposa de remplir les lacunes que Zurita avait laissées dans l'histoire du royaume (l'Aragon , et d'éclaircir les doutes qui existaient encore sur divers événements de cette histoire. Blancas publia d'abord un recueil d'inscriptions pour les portraits royaux conservés au palais de Saragosse : Ad regum Arragonum veterumque comitum depiclas effigies._ Inscriptiones, Saragosse , 1 587 Cet ouvrage a été réimprimé dans 11 Hispaniaillustr. de Schott, t. 2, traduit en espagnol par Carillo , augmenté et continué par former, à Saragosse, 1680 Le second ouvrage de Blancas contient la chronologie (les justiza d'Aragon : Tabula in fastos magislratuum Justiciai Arragonice ; Saragosse, 1587 imprimé aussi dans l'Hispania illustr., t. 5; il peut être regardé comme une suite du précédent. Blancas publia ensuite une histoire de l'Aragon , depuis 714 jusqu'à l'an 1588 : Arragonensium renon Commentarii , Saragosse , 1588 et dans l'Hispania illustr., t. 5. Cette histoire est trèsestimée, nonseulement à cause des recherches auxquelles l'auteur s'y livre, mais aussi pour l'élégance du style. Il mourut en 1590. Sa dissertation intitulée Coronaciones de los reyes de Aragon , etc., ne parut qu'en 1641 , par les soins de Jérôme Martel. Blancas a laissé aussi d'autres dissertations, telles que : Modo de proceder en cortes de Aragon; de los Obispos de Zaragoza ; de la Venida de S. Iago à Espaita. Elles attestent toutes le grand savoir de cet historien. — En autre BLANCAS, avec le prénom de François ou de Joseph; naquit à Tarragone , vers l'an 1560, enseigna , au couvent de Piedrochita , les belles- lettres, fut ensuite prédicateur à Yepes , et partit comme missionnaire pour les îles Philippines. Il a écrit , en espagnol, l'art d'apprendre la langue tagale, dans laquelle il a composé divers livres de piété à l'usage 52 des Indiens convertis. Il termina ses jours aux Indes, en 1614
  • Jérôme BOS( 1450) : peintre, né à BoisleDuc, vers 4450. 11 fut, selon la remarque de Descamps, un des premiers artistes qui peignirent à l'huile ; mais ce biographe trouve dans ses ouvrages une manière moins dure et des draperies de meilleur goût que citez ses contemporains. Les idées de ce peintre étaient souvent sombres et presque toujours bizarres. Dans un _de ses tableaux, Jésus délivre de l'enfer les anciens patriarches ; les diables retirent Judas , Dé aussi à BoisleDuc, vers le mème temps, fut bon peintre, de fleurs et de fruits. Il donnait à ses ouvrages cette fraîcheur de coloris, cette ‘érité, qui sont indispensables dans un genre où l'ou n'a point à surmonter les grandes difficultés de l'art. Descamps dit qu'il représentait souvent ses fleurs dans un bocal de verre ou de cristal, et il ajoute qu'il fallait examiner à la loupe les insectes qu'il mettait dans ses fleurs. 11 n'est pas douteux que ce soin minutieux à copier et rendre la nature dans ses plus petits détails n'ait été trèsagréable à la plupart de ses compatriotes, grands amateurs d'un extr•ille fini. Les tableaux de Jérôme Bos et de JeanLouis de Bos sont peu connus en France, et le musée du Louvre n'en possède aucun
  • Jérôme BOSSO( 1588) : jurisconsulte , historien et poiite, naquit à Pavie, en 1588, d'une famille noble, originaire de Milan. 11 occupa pendant quatorze ans, à Milan, une chaire d'éloquence, et fut appelé, en 1629, pour remplir celle de belleslettres dans l'université de Pavie. Il était de plusieurs académies, et, malgré ses nombreuses occupations, il cultiva toujours avec application et avec plaisir les antiquités, la poésie et plusieurs autres parties de la littérature. Il avait un goût particulier pour les comédies de Plaute, et ce goût s'augmentait en lui à mesure qu'il avançait en ilge. Ses principaux ouvrages sont : I° de topa romana Commentarius, ex quo facile romance antiquitatis studiosi cognoscere poterunt de ipsius togce forma, authore, te? pore, dignitate, textura, coloribus , usu et varietate, Pavie , 1612 , 1614 ; inséré ensuite dans le 2' vol. du Novus Thesaur. Antiquitat. roman. de Sallengre. 2° Liacus, sive de sistro, Milan, 1612-22 ; également réimprimé par Sallengre. 5° Epistola : il en publia trois recueils, l'un en 5 livres, Pavie, 1615 ; l'autre, ibid., 1620, ; le troisième , à Milan, 1625 4° De senatorum la, Commentarius, Milan, 1624, 1628 ; réimprimé par Sallengre , ubi supra. 7° Dissertatio academica de more philologice , Milan, 1627 etc
  • Jérôme BRUSONI( 1610) : d'une famille noble de Legnago, dans le Véronais , naquit le 10 décembre 4610. Après avoir fait d'excellentes études à Venise, à Ferrare et à Padoue, en littérature, en philosophie, en jurisprudence, en histoire sacrée et profane, et même en théologie, il s'annonça encore jeune au public par des poésies latines et italiennes qui eurent alors un grand succès. 11 prit l'habit dans l'ordre des chartreux, le quitta, le reprit et le quitta encore. A cette seconde émancipation, que l'on traita , avait fait, contre une femme qu'il n'aimait pas, un écrit intitulé : la Naschera seoperta, Brusoni se le procura, et le remit à cette femme pour de l'argent. Aprosio, qui l'avait loué précédemment, et contre qui cependant Brusoni avait déjà risqué quelques attaques dans un écrit titulé il Sogno di Parnaso, ne lui pardonna point ce dernier trait, et fut depuis ce moment son ennemi déclaré. Brusoni, remis en liberté, vécut tranquillement à Venise, où il publia beaucoup d'ouvrages, et se fit un assez grand nombre d'amis, parmi lesquels on remarque surtout Ferrante Pallavieino et JeanFrançois Loredano. Il se mêla aussi de politique, et il eut la gloire de contribuer, en 1641, aux négociations qui amenèrent la paix entre l'Espagne et le duc de Parme. On ignore l'époque précise de sa mort. JI vivait encore en 1679, puisque son His- toire d'Italie, le meilleur de ses ouvrages, s'étend jusqu'à cette année. On a de lui : I° la Fugitiva, Venise, 1610 espèce de roman en 4 livres, qui contient, sous (les noms supposés, les aventures Pellegrina Buonaventuri, fille de Biapca Capello, et femme du comte Ulysse Bentivoglio Manzoli de Bologne. 2° Del Catnerotto, parti 5, Venise, 1615 c'est 1J11 recueil de prose et de vers dans le genre facétieux, et qu'il écrivit dans les prisons de Venise appelées i Camerolti. 5. La Vita di Ferrante Pallaricino, Venise, 1651 et 1655 sous le nom d'Incognito Aggirato, parce que Brusoni était à Venise de l'académie des Incogniii, et y était appelé l'Aggirato. Cette vie reparut en tète de l'édi- Lion des oeuvres choisies de Pallavicino, avec des notes de Brusoni, Venise, 4660. 4. Istoria d'Italia, de 1655 à 1655, Venise, 1656 de 1627 à 1656, ibid., 1657 de 1625 à 4670, ibid., 1671 et enfin de 1625 à 1679, Turin, 1680, petit 5° Delle Historie universali d'Europa eompendiate da Girolamo Brusoni, Venise, 1657, 2 vol. 6' il Perfetto elucidario poetico, Venise, 1657, 166i et 1669 7° La Gondola a Ire remi, passatempo carnavalesco, Venise, 1662 opuscule porté en 1665 sur l'Index des livres défendus; il Carrozino alla moda, ( ratienimento esiiro, porté sur le mème Index en 1669. 8° Le Campagne dell' Ungheria, degli coud 1665 e 1664, 'Venise, 1665 Brusoni ayant mal parlé 4 les chevaliers de Malte dans cet ouvrage, le chevalier Magri de la N'ailette y répondit sous ce titre : il Vator Naltese difeso con ( ro la calunnie di Girolamo Brusoni, Rome, 1667. 9° Molle* dell' ultima guerra Ira i Veneziani et i Turchi, etc., dall' anno 1644 al 1671, Venise, 1675, usP; et da/ 1644 al 1672, Bologne, 1674 10° Poesie parti 4, Venise, sans date On lui attribue aussi Frammenti storiei della guerra in Dalmatia, Venise, 1692
  • Jérôme BUSLEYDEN ou BUSLIDIUS( 1470 - 1517) : l'un des plus zélés protecteurs des lettres dans les PaysBas, était fils d'/Egidius, conseiller d'État et trésorier des ducs de Bourgogne Philippe le Bo, et Charles le Téméraire. Il naquit vers 1470, Bouleide, en allemand Bauschleiden, dans le Luxembourg. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un grand nombre de bénéfices , puisqu'il était en même temps chanoine de Liège, de Cambray, de Malines, de SteGudule de Bruxelles, et prévôt de StPierre d'Aire, etc. Nonuné par l'empereur Maximilien, en 1505, conseiller d'État et maître des requêtes au conseil souverain de Malines, il fut employé par ce prince dans différentes négociations avec le pape Jules II, Henri VIII et François I". Il profita de son voyage en Italie pour recueillir des livres et des manuscrits dont il enrichit sa bibliothèque, l'une des plus précieuses des PaysBas à cette époque. Il recherchait la société des savants, et il vécut familièrement avec Erasme , qui dans plusieurs de ses lettres se loue de ses tons offices. Lorsque le célèbre Th. Morus vint en Flandre par ordre de Henri VIII, pour assister aux conférences de Cambray , Busleyden l'accueillit de la manière la plus flatteuse pour un pareil hôte. Il mit à sa disposition ses livres et ses antiquités , et lui donna toutes les marques d'une amitié sincère . Busleyden se rendait en Espagne pour des affaires d'État, lorsqu'il fut atteint d'une pleurésie dont il mourut à Bordeaux, le 27 aoùt 1517. Ses restes furent rapportés à Malines. Érasme, qui se reprochait de ne lui avoir pas fait sa visite au moment de son départ, composa pour son portrait deux inscriptions, l'une grecque et l'autre latine, que l'on trouve dans le recueil de ses lettres, édit. de Leclerc, p. 578. l'oppens n'a donné que l'inscription latine . Par son testament, Busleyden légua des sommes considérables pour établir à Louvain un collége qui prit le nom de son fondateur, mais que l'on connaît aussi sous le nom de Collegium tri- lingue, parce qu'on y enseignait les trois langues savantes, le latin, le grec et l'hébreu. Qui le croirait? il fallut que le pape Adrien VI intervint pour lever les obstacles que rencontrait l'exécution des dernières volontés de Busleyden. Ce collée ne fut ouvert qu'en 1525. Les premiers professeurs furent Adr. Baerle pour le latin, Rutger Rescius pour le grec, et Math. Adrianus, Espagnol d'origine juive, pour l'hébreu . On ne connaît de Busleyden qu'une lettre à Th. Morus, imprimée dans la belle et rare édition de I' nopia publiée à Bàle par Fro- ben, 1518 Cependant il avait composé des pièces en vers, des harangues et des lettres. Olivier de Vrede ayant découvert à Bruges les ouvrages de Busleyden, s'empressa de les adresser à Valère An- dré ; mais on ignore ce qu'ils sont devenus. — Fran- rois BUSLEYDEN, frère du précédent, fut archevêque de Besançon et précepteur de Philippe le Beau, Morus rend compte de la réception que lui avait faite ijusleyden, dans une lettre à Érasme, datée de Londres, 1516. I'oy. l'histoire de ce collége, justement fameux par le mérite de ses professeurs, au nomlne desquels on compte JusteLipse, 11enri Dupuy, dans les Fasti academioe Lovaniemis, p. 273. père de l'empereur CharlesQuint. Il fit son entrée à Besançon le 21 novembre 1499 ; et les mémoires du temps parlent de cette cérémonie comme d'une des plus magnifiques qu'on eût vues jusqu'alors dans le comté de Bourgogne. Ayant accompagné en Espagne son auguste élève qui ne pouvait se passer de ses conseils, il mourut à Tolède, le 25 août 1502. Sur la demande de Maximilien, le pape Alexandre VI avait compris Busleyden parmi les cardinaux qui (levaient être préconisés à la première promotion. De là plusieurs historiens lui donnent le titre de cardinal, quoiqu'il ne l'ait jamais eu
  • Jérôme CAGNOLO( 1492 - 1551) : jurisconsulte italien, né d'une famille distinguée, à Verceil, en 1492, reçut le bonnet de docteur clan l'université de Turin, y occupa, un peu plus tard, la chaire de droit romain, puis fut appelé par le gouvernement de Venise à l'université de Padone . C'est en cette ville qu'il mourut, Én f‘vrier 1551, avec le renom d'un des jurisconsultes les plus savants et des professeurs les plus diserts de l'Italie. Denis Simon dit, dans sa Biblioth. hist. des auteurs de droit, que Cagnolo « avait le ta-« lent de rendre intelligibles les choses les plus « obscures. s Toutefois il semble avoir tenu plutôt à la lettre des ordonnances et des CompilatiOnS jus- tiniennes qu'aux principes d'une science transcen- dentale. La hauteur et la fécondité des Vues n'ens- sent point Compensé à ses yeux la témérité d'Une innovation. Aussi S'On mérite n'estil que celui d'un habite interpréte, d'Un comnientateur honseUlenient familiarisé, Mais identifié avec son sujet. On a de Jérôme Cagnolo, entre autres ouvrages : de Vita cl Regimine boni princfpis L'auteur prouve au prince que la Seule Mesure qui puisse lui faire atteindre le repos et stirtout l'indépendance, c'est de travailler dans ses provinces à la conciliation des partis citi Franchis ler et CharlesQuint y avaient excités à l'envi l'un de l'autre. 2. Exereitationes constitutiones cl leges primi, secundi, quinli et duo- decimi Pandeclar. aurear., etc., Venise, 1519. 5° Comincntaria in tiialum Digesti de regulis Pris, 'Venise, 154C ; 2" édition, Lyon, 1550. 4° Commen- laria in codicem de paciis, Venise, 1567. 5° . 15) C recta principis instilutione libri 8, Cologne, 1517. 6' Ora- tio habita Patavii in initio stillliorum. Commen- ( aria in quosdam tituloS insatutionum Justiniani. 8' De Origine juris tractalus, de rotait', de ratione studendi et consilia varia. Tous les ouvrages de ce célèbre professeur ont été réunis en trois vol. Lyon, 1579, I:n magnifique mausolée fut élevé à Cagnolo, dans l'église de StFrançois, à Padoue, et son buste fut placé, avec ceux des savants illustres, dans le jardin del Prato della t'allé
  • Jérôme CANINI : d'Angliiari, était neveu du précédent. Il composa quelques ouvrages et publia un grand nombre de traductions. Parmi ses ouvrages, nous citerons : 10 Historia della elettione e ronatione del re de' Romani, etc., Venise, les Junte, 1612 ; 20 A forisnii politici amati dal! ' Historia di Fr. Guicciardini, Venise, 1625 Canini traduisit en italien : 10 le traité de la Cour, de Denis du Refuge, et il y joignit des noies, Venise, 1621 ; 20 les Aphorismes politiques sur Ta- cite, de l'espagnol d'Alain° Varienti : on les a réimprimés dans la traduction italienne des oeuvres de Tacite donnée par Adrien Politi, Venise, les Junte, 1618, et 1620 ; 30 l'Histoire de Louis de P. Matthieu, Venise, 1628 : il y joignit un Giuditio politico sopra la vita di esso re ; 4° les Lettres du cardinal d'Ossat, Venise, 1629 5° la Généalogie de la maison de Bourbon, Venise, 1658
  • Jérôme CAPIVACCIO ou CAPO DI VACCA : médecin du 16e siècle, né à Padoue, d'une famille .1 noble, mourut eh 1589, après avoir professé là médecine pendant trentesept ans dans sa patrie, et s'être surtout adonné au traitement de la maladie vénérienne, • avec lequel il avoUait avoir gagné phis de 18,000 climats. Ses oeuvres ont été recüeillies ett, imprimées à Francfort én 1605, 1 vol. On en petit voir le détail dans la Bibtiotheca nied. de Manget
  • Jérôme CARDAN( 1501 - 1524) : médecin et géomètre, naquit à Pavie, en 1501. La date précise de sa naisnance est incertaine; car il en indique deux dans ses ouvrages ; l'une au 25 septembre, et l'autre au 24 novembre ; circonstance d'ailleurs peu importante, ainsi que la prétention qu'il annonce de descendre de la famille des Châtillon , souverains de Milan cinq cents ans auparavant. Il était fils de Facio Cardan, médecin et jurisconsulte, qui mourut en 1524. On croit généralement que sa naissance était illégitime , et il est convenu luimême que sa mère re courut à des breuvages pour se faire avorter lorsqu'elle était enceinte de lui. Il fut cependant élevé dans la maison de son père, qui demeurait à Milan. C'était un homme d'un grand savoir, d'une probite incorruptible, qui donna beaucoup de soins à l'éducation de son lils , et dont celuici ne parle jamais qu'avec tendresse et vénération. A l'àge de vingt ans, Jérôme Cardan se rendit à Pavie pour y achever ses études, et, deux ans après, il y expliqua Euclide. A. trentetrois ans, il commença à professer les mathématiques, puis la médecine à Milan. Il retourna ensuite à Pavie, professa quelque temps à Bologne, et, s'y étant attiré de mauvaises affaires, il alla terminer sa carrière à Rome. Là , il fut agrégé au collège des médecins, et reçut une pension du pape. En 1547, le roi de Danemark l'avait fait inviter à venir dans ses Etats; mais le climat et la religion du pays le détournèrent d'accepter les offres avantageuses que lui faisait ce souverain. Le dernier motif de son refus paraît bien singulier pour un homme qui fut accusé d'irréligion ; mais les biographes sont peu d'accord sur ses véritables sentiments à cet égard. Ils citent des passages contradictoires, qui n'ont rien de surprenant de la part d'un homme qui se perdait dans les rêveries de la cabale, qui disait avoir un démon familier, dont il recevait des avertissements, mais qui se croyait aussi quelquefois en la présence de son bon ange. On sent qu'avec de pareilles dispositions, lorsqu'il voulut philosopher suivant l'esprit du temps, il donna beaucoup de prise sur lui aux théologiens. Son orthodoxie fut vivement attaquée ; on le rangea même au nombre des athées. Et comment un athée pouvaitil croire au démon, à la magie ? Ce ne sont pas là les opinions d'un esprit fort, et quand on les adopte, il reste peu de choses difficiles à croire. La vérité, à ce qu'il nous semble, c'est que Cardan fut un esprit superstitieux , dont les chimères ne s'accordaient pas avec celles qui étaient en crédit, et que ses ennemis chargèrent de l'imputation d'athéisme , parce qu'elle était la plus odieuse qu'on pût imaginer alors. Cardan s'entêta de l'astrologie, au point de tirer plusieurs fois l'horoscope de sa mort, et d'attribuer la fausseté de ses prédictions, non à l'incertitude de l'art, mais à l'ignorance de l'artiste. On a été jusqu'à dire que, pour accomplir sa dernière prédiction, ou plutôt pour ne pas survivre à la honte que son erreur devait attirer sur lui, il se laissa mourir de faim à l'âge de 75 ans; mais ce fait n'est pas constaté. Il ne fut pas plus heureux dans les prédictions qu'il fit pour les autres : il annonça une longue vie à Édouard VI, qui mourut assez promptement; mais une révision du calcul justifia l'événement ; car l'astrologie ne pouvait alors avoir tort. L'horoscope de JésusChrist peut être regardé comme un chefd'oeuvre parmi les extravagances de ce genre ; et, malgré les persécutions que Cardan éprouva à ce sujet, il ne voulut jamais en restituer l'honneur à Pierre d'Ailly et Russilianus Sextus, qui avaient fait les frais de i'invention. Deux traités , qu'il publia sous ces titres : de Subtilitate et de Rerum Varie- tale, embrassent l'ensemble de sa physique, de sa métaphysique et de ses connaissances en histoire naturelle, et peuvent paraître curieux à ceux qui aiment à voir dans quelles erreurs s'est promené l'esprit humain ; mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler plus au long. On en trouve un extrait fort détaillé dans l'article CARDAN, placé à la fin du second volume du Dictionnaire de philosophie de l'Encyclopédie méthodique. 11 écrivit aussitôt sur la médecine; et, parmi beaucoup de fatras, il omit quelques idées saines. Sa réputation, comme médecin fut très-étendue, et le fit appeler en Ecosse par l'archevêque de StAndré , primat du royaume. Les soins et les conseils de Cardan rendirent la santé à ce prélat, malade depuis dix ans, et qui avait recouru vainement aux médecins du roi de France et de l'Empereur. Mais s'il reste à Cardan des titres réels à la reconnaissance des savants, ce sont ceux qu'ils s'est acquis en mathématiques, sur lesquels cependant une conduite peu délicate a répandu beaucoup de nuages. L'algèbre, qui, depuis sa naissance, n'était guère cultivée qu'en Italie, excitait beaucoup d'émulation entre les mathématiciens de ce pays; ceux qui pouvaient faire des découvertes les cachaient soigneusement, pour s'assurer les moyens de triompher dans les défis publics qu'ils se proposaient les uns aux autres, allant de ville en ville, à la manière des musiciens , faire montre de leurs talents devant les curieux rassemblés dans les églises pour les juger. Cardan apprit que Tartaglia , provoqué par de semblables défis, avait trouvé la résolution des équations du troisième degré, et, dès ce n'ornent, il conçut le plus vif désir d'en obtenir la communication. Ses premières sollicitations ayant été inutiles, il écrivit à Tartaglia que le marquis del Vasto désirait le connaître et s'entretenir avec lui de ses découvertes. Tartaglia crut devoir céder l'invitation pressante Cardan tenta aussi d'appliquer la géométrie à la physique, comme onverra par le titre de l'un de ses ouvrages ; mais il manquait de données assez précises, et n'eut aucun succès. Avec un amourpropre excessif , une humeur trèsirritable , et quelquefois peu de scrupule pour s'emparer des découvertes des autres , Cardan ne pouvait manquer d'ennemis. Jules Scaliger s'acharna particulièrement sur le traité de Subtilitate, et prétendit avoir fait mourir l'auteur de chagrin par ses critiques. La vie de Cardan fut encore plus troublée par ses vices, dont il n'a pas besoin de chercher l'énumération dans les invectives de ses ennemis , car il a pris soin de tracer luimême un portrait affreux de ses moeurs et de son caractère clans l'ouvrage intitulé : de Fila propria. La franchise, ou plutôt la hardiesse , dans l'aisance d'un médecin accrédité « qui va voir ses malades en voiture. » 11 y a quelque incertitude sur l'époque de sa mort; de Thou la fixe au ler septembre 1575; mais Bayle , à l'article CARDAN, fait remarquer qu'il écrivait encore sa vie au mois d'octobre 1576, ce qui s'accorde avec l'àge de 75 ans, qu'on lui donne au moment de son décès . Ses principaux ouvrages sont : Artis magna', sers de regulis olgebrce liber unus, Nuremberg, 1545 e De Subiilitate libri 21, Nuremberg, 1550, in fol. : il y en a une traduction française par Richard Leblanc, Paris, 1556 5° De Rerum Varietate libri 17, cum appendice, Bille, 1557 4° Opus novum de proporlionibus numerorum, motuum, ponderum, sonorum, l3àle, 1570 5° De fila propria, Paris, '1645 publié par Gabriel eaudé; réimprimé à Amsterdam , 1654 7° Neronis Encomium. 8° De Sanitate tuenda et Vita producenda libri 4, Rome, 1580. Tous les écrits de Cardan, au nombre de plus de cinquante, ont été réunis en 10 volumes par Charles Spon, sous le titre de Hieronymi Cardani Opera, Lyon, 1665 : c'est dans le t. 4 que se trouvent l'Ars magna et les autres traités concernant les mathématiques. —Son fils aîné, Jean- Baptiste CARDAN, médecin, qui périt malheureusement comme on l'a dit, a laissé deux traités qui ont été imprimés avec les ouvrages du père :1° de Fulgure; 2° de Abstinentia ciborum felielorum
  • Jérôme BRUNELLI( 1550 - 1613) : jésuite, né à Sienne en 1550, enseigna au collége Romain les langues grecque et hébraïque, et y traduisit en latin trois homélies de St. Chrysostome. On les trouve dans le t. 6° de l'édition d'Anvers, 1614. On lui doit aussi une édition grecque des hymnes de Synesius Synesia episc. Cyrenens. Hymni, Rome , 1609. Jérôme Brunelli mourut le 22 février 1615. C M. P,
  • Jérôme BRUNSCHWYG ou BRUNSWICH : chirurgien et apothicaire de Strasbourg, naquit vers le commencement du 15C siècle, et parvint à une extrème vieillesse. Suivant Lanzow, il mourut dans la 1 100 année de son âge. 11 a publié Von dem Cy- rurgicus, etc. , Strasbourg, 1397 , fig. en bois, livre singulier et rare. 11 lit imprimer dans la même ville, en 1500, un livre en langue allemande, sur l'art de distiller, et sur les propriétés des plantes usuelles. Peu de temps après, il en parut une version en latin, sous ce titre : de Arte distillandi 11 y décrit un petit nombre de plantes, et en donne des ligures gravées sur bois qui sont trèsmauvaises. Ce sont les mèmes qui avaient déjà paru dans l'Hortus sanitatis de Cuba ; en sorte que Gesner ne les regardait que comme une simple édition de ce dernier ouvrage, quoique l'on eu eût changé l'ordre et réformé l'orthographe allemande. Le livre de Brunschwyg fut sans doute trèsutile dans ce tempslà, et fut bien accueilli, si l'on peut en juger par plusieurs éditions qui en furent faites successivement, avec titres difié-' rents, entre autres sous celui d' Apotheca vulg , 1529. Il parait que cet auteur avait fait quelques recherches sur les plantes des anciens, mais avec peu de succès. 11 a commis un grand nombre d'erreurs, comme on doit l'attendre , fut ainsi nommé, parce qu'à la mort de son père, le duc Guillaume, il n'était àgé que de dix ans. A peine futil en état de gouverner qu'il se trouva engagé dans des affaires épineuses. Son oncle Henri, palatin du Rhin, qui avait possédé une grande partie des États de Brunswick , avait laissé deux tilles Agnès, femme d'Othon, duc de Bavière, et Ermengarde, femme de 'Henri, margrave de Bade. Ces deux princesses, se fondant sur un testament de leur père, voulurent vendre à l'empereur Frédéric II les pays qui lui avaient appartenu dans la basse Saxe. Othon s'y opposa, et soutint que, tant qu'il restait un héritier mille, à un degré plus éloigné, les femmes ne pouvaient succéder. Pour appuyer cette opposition, il commença par s'emparer, en ne, de la ville de Brunswick, du consentement des citoyens, et prit le titre de due, avant d'avoir reçu de l'Empereur l'investiture de ce duché. Une guerre malheureuse qu'il eut à soutenir contre les comtes de Holstein et la ville de Lubeek, pour avoir voulu donner du secours à son cousin VValdemar II, roi de Danemark , l'empècha de jouir tranquillement de ses nouvelles possessions; il fut fait prisonnier par Henri, comte de Schwerin. Pendant sa détention, les intrigues de la cour impériale et de plusieurs princes ses voisins soulevèrent contre lui la noblesse de son duché. La ville de Brunswick fut assiégée; mais ses beauxfrères, Jean et Othon, fils d'Albert, margrave de Brandebourg, dont il avait épousé la fille , embrassèrent sa défense ; il sortit de prison, apaisa la révolte et punit les rebelles. 11 ne songea plus dès lors qu'à gouverner en paix, et à se réconcilier avec l'Empereur. L'occasion ne tarda pas à s'en présenter : un légat du pape Grégoire IX parcourait l'Allemagne pour en soulever les princes contre Frédéric; Othon n'écouta point ses insinuations, et fit solennellement sa paix avec l'Empereur, en 1255 , à la diète de Mayence. A genoux devant ce monarque, il lui remit la ville de Lunebourg, sa banlieue, et les reprit aussitôt de ses mains, comme fiefs de l'Empire, avec le titre de duc de Brunswick et de Lunebourg. Reconnu ainsi légitime possesseur de ses États, il ne s'occupa qu'à y maintenir la paix et le bon ordre. Quelques campagnes qu'il fit pour secourir les chevaliers teutoniques et le margrave Otlion de Brandebourg furent ses derniers exploits militaires. Il mourut le 9 juin 125:2, laissant plusieurs enfants. Ses deux fils ainés, Henri et Jean, se partagèrent ses États, et furent la tige, l'un de l'ancienne maison des ducs de Brunswick, l'autre de celle des dues de BrunswickLunebourg
  • Jérôme CARRANZA( 1500) : né à Séville, dans le 16° siècle, chevalier de l'ordre du Christ en Portugal, passa en Amérique en 1589, fut gouverneur de la province de Honduras, et écrivit sur l'art des armes, principalement de l'épée, soit pour l'attaque, soit pour la défense. 11 est lepremier qui parait avoir réduit en pratique la théorie publiée par un nominé Jean Pons de Perpignan. Son ouvrage, qui est rare . et recherché, a pour titre : de la Filoso fia de hl armas, de su destreza, y de la agresion y defensiot christiana, SanLucar, 1569 et 1582, mène format. On publia en 1612 un abrégé du traité del Carmin. DE NARVAEZ. )- Didier CARRANZA, dominicain, a écrit une Doctrine chré- tienne, dans une des langues américaines, nominée chontal, usitée dans la province de Tabasco, près du Yucatan. — Michel- Alfonse DE CARRANZA, né à Valence, dans le 16° siècle, vicaire général de l'ordre des carmes en Espagne, censeur royal en , mourut octogénaire à Valence en 4607. On a de li 10 Vita S. Ildephonsi, Valence, 1556 réint primée à Louvain, et avec des notes par Jean Bollandus, dans les Acta Sanctorum ; 2° Camino del cielo, Valence, 1601 etc
  • Jérôme CASANATE( 1620 - 1700) : né à Naples , le 5 juin 1620, suivit d'abord le barreau. Étant allé à Rome, le cardinal J.B. Pamphili l'engagea à entrer dans Dans la notice citée à la tin de cet article, ce saTant est nommé Cazali ; mais c'est une faute d'impression, que les biographes modernes n'ont pas masqué de reproduire. l'état ecclésiastique. Pamphili, devenu pape sous le nom d'Innocent X, créa Casanate l'un des camériers , et lui donna le gouvernement de quelques villes. Étant à Camerino, il se lia d'amitié avec AItien, évèque de cette ville. Alexandre VII envoya Casanate à Malte, en 1658, en qualité d'inquisiteur, et l'employa ensuite dans diverses congrégations, ou assemblées ecclésiastiques. Altieri, devenu pape en 1670, sous le nom de Clément X, le créa cardinal en 4675, et lui confia plusieurs affaires; Innocent XII le nomma, en 1695, bibliothécaire du Vatican. Casanate avait amassé une nombreuse et belle bibliothèque ; il était en correspondance avec plusieurs savants et gens de lettres, et les encouragea toujours dans leurs travaux. C'est à sa sollicitation que l'abbé Zacagni publia son volume de Collectanea, Rome, 1698 qui aurait été suivi de plusieurs autres, si Casanate n'était mort le 3 mars 1700. Ce cardinal légua sa bibliothèque au couvent de la Minerve, de l'ordre de StDorainique, à condition qu'elle serait publique ; il ajouta à ce legs le fonds d'un revenu de 4,000 écus romains, tant pour l'augmentation annuelle de cette bibliothèque, que pour l'entretien de deux bibliothécaires, de deux frères convers pour le service, de deux lecteurs Peur enseigner la doctrine de St. Thomas, et de six théologiens du même ordre, mais de différentes nations, pour entretenir la saine doctrine. Cette bibliothèque porte depuis longtemps le nom de Casanate. Audiffredi eu avait fait le catalogue
  • Jérôme CASIO DE MEDICI( 1465) : poète italien,- était né vers 1465, à Bologne, d'une famille illus- (te. On voit par l'épitaphe qu'il s'est composée, que, dans sa jeunesse, Casio lit le commerce des pierreries (11. S'étant embarqué, en 1497; pour aller visiter les lieux saints, la galère qu'il montait fut prise par les Turcs, après un combat dans lequel il fut blessé grièvement. Délivré par l'intervention d'un capitaine vénitien qui le conduisait à Candie, il y resta quelque temps pour se guérir de ses Mes-. sures, et trouva dans son talent pour la poésie une distraction à ses chagrins. Dans un voyage qu'il lit à Rome, le pape Léon X le créa chevalier et, en 1523, Clément VII lui décerna le laurier poétique. Chargé par le même pontife, en 1525, de réformer les études à l'académie "de Bologne, il mourut peu d'années après dans cette ville, regretté de ses compatriotes. On a de Casio 1° deux recueils de sonnets, de capitoli, de canzo. ni, etc., Bolo;r'ne, 1525 ou 1528 Il intitula le premier laGonzaga, du nom de cardinal de Mantoue, son protecteur, et le second, la C lementina, de celui du pape Clément VII. 2° Le Vite de' sanii ; e ciascuna ridolla in un sonetto; ibid., 1528 Libro dei fasli, giorni sacri, de' quali si fa menzione in capiloli .15, can- zoni 7, sonetii 175, e madrigali 42, ibid., 1528 C'est une traduction en vers des prières et des >principales hymnes de l'église. 4° Libro intitolato Cronica, ove si traita di epitafi d'amure, e di vii- tu- le, ibid., 1528 , On trouve dans cet ouvrage des détails sur les principaux écrivains de BoLiogne. 5° Libro intitolato Bellona net quale si ( talla di giostre, di lettere e di amore, cd in ultimo della strage di Roma in poesia, ibid., 1529 M. Brunet cite dans son Manuel du libraire une édition de 1525, qui n'a point été connue de Quatrio, lequel parle d'une autre édition de 1529. Toutes les deux sont également rares, et méritent l'attention des curieux.
  • Jérôme COCK( 1510 - 1570) : peintre, graveur à la pointe et nu burin, imprimeur et marchand d'estampes, naquit à Anvers vers 1510, et mourut clans la même ?dle en 1570. Les premières années de sa jeunesse furent employées à l'étude de la peinture; mais il quitta bientôt le pinceau pour le burin. Vasari, dans la vie de MarcAntoine, parle avec éloge de Cock, en citant une partie des pièces ; 20 Operum anti- quorum Romanorum hinc inde per diversas Europce regiones ; 50 Divi Caroli V, ex . inttliis rrœcipue vidoriarum Imagines, 1556 .4° Compartimentorum quod vocant multiplex genus, lepidissimis historinlis poetartonque tabulis orna-/uni, 1566 . Mais de toutes les gravures de Cock, la plus remarquable a pour titre : les gros poissons mangent les petits; cette estampe, faite d'après un tableau de Jérôme Bos, est comparable aux compositions les plus originales de Callot. Jérôme Cock avait un frère aîné, Matthieu Cock , qui fut excellent peintre de paysage; il s'était formé en Italie, et fut mis au nombre des premiers maîtres fia- inands qui cultivèrent ce genre de peinture. Plu- sieurs de ses compositions ont été gravées par son frère; ce sont presque toujours des paysages historiques, dont le sujet est pris dans l'Êcriture
  • Jérôme COLLEONI( 1742 - 1777) : naquit en 1742, à Correggio , d'une illustre famille originaire de Bergame. Après avoir étudié avec le plus grand succés les belleslettres, la philosophie et les mathématiques, il fut envoyé, en 1759, à Bologne pour y étudier la jurisprudence. Il y fut reçu docteur en 1763. Son goCit n particulier l'avait porté à cultiver en nième temps les langues grecque, hébraïque, l'histoire ancienne et moderne. L'année suivante, son oncle paternel l'appela auprès de lui à Modène, pour qu'il y suivit le barreau ; mais ce genre d'occupation ne pouvant lui convenir, il retourna, au bout de deux ans, dans sa patrie, et y remplit honorablement les premiers emplois. Dans les moments de loisir que lui laissaient ses 'onctions, il s'appliqua à rechercher les titres et les monuments de la ville do Correggio, dont il se proposait d'écrire l'histoire. 11 entretenait à ce sujet une correspondance suivie avec plusieurs sa-, vants, et rassemblait les ouvrages les plus curieux sur les antiquités romaines et sur celles du moyen àge. Il lisait aussi rédigé des notices sur tous les écrivains natifs de Correggio, non dans le dessein de les publier, mais seulement pour servir de matériaux à un ouvrage que méditait alors François Torre de Modène ; mais ces notices étant tombées dans les mains du savant Affo, il les jugea dignes de l'impression, et les donna au public sous ce titre : Notizie degli scrittoripià celebri che hanno illustrato la patria /nro di Correggio, etc. sans date et sans nom de lieu . Une faible complexion et une santé toujours lan- guissante nuisirent beaucoup aux travaux de Colleo- ni ; il mourut à peine âgé de 55 ans, le 18 mars 1777, sans avoir pu terminer rien de ce qu'il avait enti epris
  • Jérôme COMMELIN : imprimeur, né à Douai, dans le 16* siècle, embrassa la religion réformée, et s'établit à Genève, où il exerça sa profession pendant plusieurs années. L'électeur palatin, informé de son mérite, l'attira à Heidelberg, et lui confia le soin de sa bibliothève. C'est dans cette ville que Commelin publia les éditions grecques et latines qui ont fait sa réputation ; elles passent pour trèscorrectes. Les plus estimées sont celle d'Eunape, dont il a corrigé le texte sur les manuscrits palatins; et celles d'Héliodore, d'Apollodore, etc., avec des notes critiques ; mais on ne recherche plus ses éditions des Pères grecs, depuis qu'il en existe de meilleures. Scaliger et Casaubon donnent de grands éloges à Commelin, et de Thou ne l'a pas jugée indigne d'occuper une place dans son histoire ; cependant il ne faut point le mettre, avec quelques bibliographes, sur la mémo ligne que les Aide et les Estienne. Il mourut en 1598. Ses fils continuèrent sa profession. La marque de Commelin est une figure de la Vérité. Plusieurs ouvrages sortis de ses presses portent sur le frontispice ces mots : Ex officina Sant- Andeana. — Jacques COMMELIN, son frère, né à Gand, s'établit à Embden. Il a laissé des poésies latines, imprimées en 1568
  • Jérôme CHIAROMONTE : médecin empirique, se lit, dans le 17° siècle, une assez grande réputation en Italie, pour avoir le premier conseillé l'usage de la poudre de Kiida comme un spéxilique contre tontes . ortes de maladivs. i\t' dans la Sicile, prés de Palerme, il pratiquait la médecine à Naples, lorsqu'il annonça la découverte de ee spécifique. Le due d'Ossone, viceroi, donna surlechamp l'ordre On a de C?iaromonte plusieurs opuscules sur st pothlre : hi Fenice ( 1c11a mi/ ii/ la ; (USemso fisico- noturale cirect Ici pOleee magistrale, etc.. Florence, ?•0, in P. Dichiarazioni coniro il so111ma? io meiodo di don Gio. -. Antonio Bianchi t' contro tl discorso di Piet. - Francesco Giraldini sopra la sua rit rovala polrere, che fa siimaiat Bel nia r min•/ mie, uenes, -1627, Cet opus- cule fut réimprime avec le suivant. Compen- dio del suo ridotto in polrerc, Géoes, t?-28, Naples, t655, i11-4". 4' Osserrazioni e bricre discorso dlel rontagioso male di canna, Naples, 1657 Grégoire de Itado a écrit contre ee charlatan une brochure en espagnol, intitulée de l'Admirable Faiblesse des poudres el de l'élixir de rie, Illadrid, 170n
  • Jérôme CORTE-RÉAL : poéte portugais trop peu connu et qui pourtant mérite de l'être, descendait d'une illustre famine de Portugal. 11 vivait au cid nmencement du 16° siècle, et avait embrassé la carrièm des armes. Après avoir été témoin de la molle et somptueuse que ses compatriotes menaient en Asie, il le fut aussi des denners efforts que fit leur courage dans les champs de l'Afrique, à cette funeste bataille d'Alcaceshebir, où périt la fleur de la noblesse portugaise, et le roi luimême, . Comme à beaucoup de poêtes portugais on reproche à CorteRéal d'avoir trop puisé dans la in? t?ologie grecque. L'intervention des dieux de la fable est assurément déplacée dans un poème dont les héros sont chrétiens; mais on ne peut contester qu'il ne soit plein d'originalité, de feu, de noblesse et d'harmonie. On n'a peut-être pas à le louer beaucoup d'avoir écrit avec pureté, parce qu'il vivait dans un temps où la langue por tugaise était formée par ses devanciers, et surtout liai l'immortel Camoens qui tiendra toujours le sceptre poétique de sa patrie. « Débamassé des fictions mythologiques, » dit NI: Ferdinand Denis, dans son Itécun? t, de l'histoire hm: raire dr Portugal, 'I CorteItéal serait certainement le premier après « Camoens. o Il y a des Portugais qui ne ratifient point ce jugement. le Naufrage de Sépulreda ne partit qu'après la mort de CorteRéal. C'était celui de ses ouvrages qu'il jugeait le meilleur, et qu'il affectionnait le plus. On trouve, dans ses autres productions, des beautés du premier ordre, mais toujours entachées des mêmes défauts. I.e Second singe de Diu, surtout, offre des morceaux nombreux nu l'on retrouve sans cesse le guerrier observateur, le grand peintre de la nature et le poêle original. Corteitéal était aussi fort bon musicien, et mi tableau de St. Michel, qui se soit encore dans l'église de StAntoine à Evora, prouve qu'il ne fut pas moins habile peintre
  • Jérôme CURTI : dit il Dentone, parce qu'il avait la bouche conformée de manière qu'on lui voyait toujours deux grandes dents. Il avaitvingtcinq ans, lorsqu'il seniii naître en lui une vocation ,osoudaine pour la peinture ; il entra dans l'atelier iie Léonello Spada, et devint en peu de temps si habile, que César Baglioni l'attira dans son école. Le Dentone, formé par les leçons de Spada et de Baglioni, fut le meilleur peintre quadratoriste et en clairobscur, qui ait paru de son temps ; il avait acquis tant de facilité en ce genre, que Léonello Spada, Massari et Colonna s'empressèrent de lui servir de figuristes. 11 mourut à Bologne, au com- mencement du 1•7° siècle. — CURTI , pe tic et graveur, naquit à Bologne en 1603, et mourut vers la fin du 17' siècle. On ne sait rien de ses ouvrages de peinture; la plupart de ses estampes sont gravées au burin; rarement il a employé la pointe. 11 avait adopté dans ses gravures la manière de Chérubin Albert, et il en a souvent la netteté ; mais on chercherait vainement, dans ses estampes, cette liberté de burin qui est le carac- tère distinctif de son maître. Curti a gravé une suite de seize portraits qui sont recherchés. — Ber- nard CURTI, son parent et son contemporain, a gravé dans le même goût : il est connu par quelques portraits, entre autres par celui de Louis Carrache
  • Jérôme DANDINI( 1554) : jésuite, né à Césène, en 1554, enseigna la philosophie à Paris et la théolo- gie à Padoue. Il professait à Pérouse lorsque son mérite le lit choisir par Clément VIII pour aller chez les maronites prendre les informations relatives à la croyance religieuse de ce peuple. Quoique Dandini ne comprit ni le syriaque ni l'arabe, il obéit aux ordres du saintpère, et partit de Venise le 14 juillet 1596 avec un jeune maronite qui devait lui servir d'interprète et de domestique. Tous deux se revêtirent de l'habit de pèlerins et changèrent de nom. A la fin du mois, ils abordèrent à Candie, puis arrivèrent le 1" septembre au monastère de Canobin, résidence du patriarche des maronites. Dandiniconvoqua aussitôt un synode, et visita en attendant le lieu où se trouvent les cèdres du Liban ; il en compta vingttrois. Après s'être acquitté de sa mission, il alla faire ses dévotions à Jérusalem, repartit pour l'Italie, et courut de grands dangers en Chypre, juin renégat le dénonça au gouverneur, comme étant un envoyé du pape. Revenu à Rome en août 1597, il occupa plusieurs postes importants dans son ordre, et mourut à Forli le 29 novembre 1634. La relation de son voyage, publiée d'abord en italien : Mis- sione apostolica al patriarca e maroniti de monte Liban°, Césène, 1656, fut traduit en français sous ce titre : Voyage du Mont- Liban, otse il est traité tant de la créance et des coutumes des maronites, que de plusieurs particularités touchant les Turcs, traduit de l'italien, avec des remarques, par R. S. P. , Paris, 1675 , 1685; elle fut aussi traduite en anglais, Londres, 1698 Rich. Simon dit que le style de Dandini est lâche et prolixe, et qu'il s'estdonné beaucoup de peine pour en retrancher les inutilités sans lui faire perdre sa couleur originale. Loin de suivie. l'exemple de la plupart des commentateurs, il traite assez mal l'auteur qu'il a entrepris d'expliquer. Il n'a pas traduit la relation du voyage de Dandini dans la Palestine, parce qu'elle n'offrait rien de nouveau. En général Dandini apprend peu de choses intéressantes pour la géographie. Il s'occupe principalement de controverse, et néanmoins, suivant Simon, il n'a pas représenté fidèlement les articles de la croyance des maronites, soit qu'il ait été induit en erreur, soit qu'il l'ait fait à dessein, pour ne pas nuire à ce peuple, qui déclara spontanément vouloir dépendre de l'Église romaine. Les remarques de Simon tiennent plus de place que l'ouvrage luimème, et elles sont aussi instructives que celles du jésuite italien. M. Paulus a inséré un extrait du wyage de Dandini dans le tome 2 de sa Collection des principaux voyages en Orient, publiée en allemand. On a encore de Dandini : Ethica sacra, sive de virtutibus et vitiis libri quinquaginta posthumi, Césène, 1651 ; Anvers, .1676
  • Jérôme DONINI( 1681) : peintre né à Correggio en 1681, vint de bonne heure à Bologne étudier la peinture dans l'atelier de JeanJoseph dal Sole; il travailla pendant neuf ans sous la direction de ce premier maître, qu'il quitta pour aller recevoir les leçons du célèbre Charles Cignani, qui s'était établi à Forli. Domini demeura trois ans dans l'atelier de ce peintre, qui se plut à l'initier à tous les secrets de son art. Devenu luimême un maître hahile, Pollini re \ int à Bologne. Les ouvrages qu'il exécuta en grand et en petit ne tardèrent pas à étendre sa réputation; il devint en peu de temps le peintre à la mode; chacun voulut avoir de ses tableaux. Cette vogue s'explique facilement quand on voit les compositions de ce maître ; sa manière était le résultat d'une combinaison particulière, et d'autant plus sûre de plaire aux Italiens qu'elle leur était moins connue. Charles Dolce était peut-ètre le seul peintre italien de quelque distinction pli eût fini jusquelà ses tableaux avec le même soin. L'empressement extraordinaire avec lequel les ouvrages de ce maître étaient recnerchés, donnait un nouveau' prix à ceux de Donini. Ils n'ont rien perdu de leur mérite; on les recherche encore aujourd'hui. Le dessin en est ferme, le coloris séduisant et l'ensemble d'un effet plein d'harmonie
  • Jérôme DONZELLINI : médecin du 16e siècle, naquità OrziNovi, petite ville du territoire de Brescia. On ignore l'époque précise de sa naissance ; on sait seulement qu'il commença à exercer la profession de médecin à Brescia, et qu'il y jouissait depuis quelques années de la réputation d'un habile et savant médecin, lorsqu'il fut tout à coup contraint de s'expatrier. Voici à quelle occasion : Deux de ses confrères de Brescia, Vincent Calzévcglia et Joseph Valdagna, étaient en dissidence d'y- pinions; le premier avait publié un livre contre celles de son adversaire : Donzellini, ami de celuici, ramassa le gant et réfuta Calzeveglia, mais d'une manière si virulente, que tous les bons esprits se révoltèrent contre le défenseur et le client ; et l'autre furent forcés de quitter Brescia. Donzellini choisit Venise pour son nouveau séjour, et y exerça la médecine avec un grand succès; mais ayant été accusé de s'être rendu coupable d'horribles sacriléges, il fut condamné à être noyé secrètement. Ce fut en 1560 qu'une catastrophe aussi tragique termina sa Nie, qu'il aurait pu rendre encore long-. temps utile aux progrès des sciences et à l'huma- nité, s'il eût su maîtriser ses passions, et donner à son esprit ingénieux une meilleure direction. Donzellini était un des hommes les plus érudits du 6e siècle ; il publia'plusieurs ouvrages, dont voici les plus remarquables : 1° Consilia et Epistolœ me- diece, Francfort, 1698 ; 2° Epistola ad Jos. Vedda- nium de natura, causis et curatione febris pestilen- tis, Venise, 1575 3° La traduction du grec en latin du traité de Galien de Ptisana. 4° Huit harangues de Themistius, également traduites du grec en latin, Bàle, 1559 On attribue à Donzellini un livre intitulé : Remedium ferendarum injuria-?. ium sive de compescenda ira, Venise, 1586 Altorf, 158'7 Leyde, 1635 Bayle doute que ce livre soit du même Donzellini, auteur des précédents. Ce qui peut faire admettre ce doute, c'est que Donzellini avait lei:stol-10m du Brixiensis, tandis que tous les titres de l'ouvrage en question, qui n'a Nil le jour que vingtsix ans après la mort de Brixiensis, donnent à son auteur le surnom de Veronensis. Quel que soit le Jérôme Donzellini qui ait composé le livre , c'est un traité rempli d'une morale fort saine, et que les métaphysiciens peuvent consulter avec profit. — DONZELLINI , médecin de Cosenza, dans le royaume de Naples, \ ivait au com- mencement du 18e:siècle. On a de lui : Qucestio convivialis de usu mathematum in artemedica, Venise, 1707, F—R.
  • Jérôme DOSI( 1695) : célèbre architecte, naquit en 1695 à Carpi, dans le duché de Modène, d'une famille noble, mais pauvre. Poussé par son génie, qui l'entraînait vers les arts, il quitta furtivement la maison paternelle, à l'âge de quinze ans, et s'en- ruit à Rome, où il arriva sans savoir comment il pourrait y subsister. 11 trouva dans la générosité de quelques riches Mécènes les secours dont il avait besoin pour faire ses études. Après avoir appris les mathématiques sous le P. Borgondio, qui fut l'un de ses bienfaiteurs, il entra dans l'école d'architecture dirigée par Fontana, et mérita par son intelligence et la rapidité de ses progrès l'at- tention de ce grand maitre. 11 obtint bientôt avec lin modeste traitement le titre d'architecte de la chambre apostolique; et il fut chargé, par le pape Benoît X111, d'accompagner Fontana dans la visite des places fortes et des ports de l'État ecclésiasti- que. Il en dessina toutes les vues perspectives; et à son retour à Rome, il donna cette précieuse collection au cardinal Passionei; ruais, quelque temps après, elle disparut de la bibliothèque .du cardinal, sans qu'on ait jamais pu savoir ce qu'elle était devenue. Le pape Clément XII le nomma son architecte. Dosi fut employé depuis par ce pontife, ainsi que par ses successeurs, à la conduite de travaux importants. La illa Cibo, le lazaret d'Ancône, le jardin botanique de Rome, le chLiteau CivitaCastellana, les cathédrales d'Albano et de Velletri, sont autant de monuments du génie de Dosi, et attestent ses talents et son bon goût en architecture. On lui doit en outre la restauration de la basilique de SteMarieMajeure, travail long et difficile qui seul aurait suffi pour assurer sa ré- putation. Il a laissé un Mémoire sur la coupole du Vatican, et les moyens d'en prévenir la dégradation, que l'on conserve à la bibliothèque de Casanate. Le désir de. revoir sa famille le ramena dans sa ville natale eu 1768, et il y passa le reste de sa vie. 11 mourut le 23 novembre 1775. Ses héritiers conservent une copie manuscrite qu'il avait faite de l'Amphidrédtre Flavien de Ch. Fontana , avec les planches dessinées à la plume en plus grand nombre que dans l'édition imprimée. On voit plusieurs antres dessins de cet artiste à Carpi,tous remarquables par la finesse et la pureté de l'exécution
  • Jérôme DUQUESNOY( 1602) : frère du précédent, naquit à Bruxelles en 1602, et exerça longtemps la sculpture à Reine, d'où Philippe IV, roi d'Es- pagne , l'appela à Madrid. Il le nomma son sculpteur en 1645. Cet artiste excellait à retracer les anges et les chérubins , et peut-être la fatale passion qui le conduisit à l'échafaud lui inspiratelle ses plus beaux chefsd'oeuvre. On voit encore à Gand le magnifique mausolée qu'il éleva, en 1631i , pour l'évêque Antoine Triest, et dans l'église de SteGudule, à Bruxelles, les statues en pierre, plus grandes que nature, des apôtres Thomas, Barthélemi , Mathias et Paul. M. Diéricx , dans ses Mémoires sur la ville de Gand , dit avoir examiné aux archives de cette ville le procès criminel qui fut intenté à Duques- . Une erreur de date qui s'est glissée dans sa note , et le doute que quelques personnes ont émis sur l'exécution de la sentence de mort prononcée contre ce sculpteur, ont engagé M. Van Lokeren à parcourir tout le dossier et à en extraire toit ce gusil•contenait d'intéressant. On y voit que Jérôme Duquesnoy, arrêté à Gand, au mois d'août 1654, fut poursuivi d'office par les échevins, pour crime contre nature, ainsi que ses deux complices, Toussaint Desomère, d'un savetier, et Jacques de Clerq , enfant de choeur à l'église StNicolas. L'accusé, après avoir' nié toutes les charges, adressa au roi une requête dans laquelle, en qualité d'architecte et d'ingénieur de la cour, il déclinait la compétence des magistrats de Gand. Mais ce moyee fut rejeté, et , par dépêche du 22 septembre, les magistrats furent autorisés à poursuivre et sentencier le prévenu. En conséquence, après le mûr examen de l'affaire, et sur l'avis des échevins J. Van Hamme, .1. Penneman et Parmentier, il fut condamné à être étranglé et brûlé ensuite. Ce fut dans les tourments du supplice qu'il avoua que, dix ans auparavant , il avait empoisonné son frère par jalousie. Troy. le . Messager des sciences el des arts de la Belgique, 1833, p. 462 ; et le t. 2 de la Gloire lm/ gigue
  • Jérôme ELVER( 1500) : jurisconsulte allemand, nt' ri le milieu du 16° siècle. Son mérite, le lit spin à la cour de l'empereur Mathias, qui le inma conseiller aulique, dignité qui lui fut cou-[ Née en 1619 par son successeur Ferdinand II. lit beaucoup voyagé, et le fruit de ses obser- us, contenu dans une suite de lettres, fut mis urparJ. Friderich sous ce titre : in peregrinatione italo- uallobelgio- yernianico mlonica nota, Leipsick, 1611 avec une st de l'éditeur. 11 parait qu'Elver se dérobait ,sus souvent qu'il pouvait au fracas de la cour .ir vivre dans la solitude à la campagne. Dans moments de loisir qu'il y goûta, il composa, un ,i.age latin, dans lequel il chercha à faire valoir eambulationes verna, qui bus ruralis philustehio Ii ungueni discutitur, etc., 1620, de PI) ages; il est divisé en deux parties, contenant euable 187 articles ou chapitres, dans lesquels 'inteur passe eu revue sans beaucoup d'ordre tous plaisirs que peut procurer la contemplation des 45 règnes de la uature. ; il chenle ensuite it donner l'utilité qu'on peut retirer en suhaiit les ravaus de l'agriculture ; mais, philosophe clirtjeu, son dernier but est de remonter par le bpecr le de la nature à la connaissance dis Créateur. doit donc regarder Elver plutôt connue un ,aaraliste qui cherche à appuyer les pts'...ceptesqu'il latine par des exemples, que. comme un physicien sui tend par l'olssersation de la nature à recon- 4e ses lois ; aussi ne metil pas beaucoup de ,uenietit dans les traite qu'il cite : les puisant une vaste t'Ili/Lion, il choisit toujours le› Iii s singuliers; eu sorte que le plus grand nombre maintenant relégué parmi les fables. C'est de raisemblablement q si est sentie l'obscurité dans tquelle est plongé son litre, quoique estimable à .eaucoup d'égards ; oliwurité partagée l'au- teur, sur la vie duquel on n'a conservé aucune particularité. On diiit cependant le considérer comme un digne pisk:urseur des Derliam, des Pluche et des Bernardin du SaintPierre
  • Jérôme EMSER( 1477 - 1527) : théologien catholique allemand, fameux controversiste, et l'un des plus ardents adversaires de Luther, naquit à Ulm, en 1477. Après avoir fait ses premières études à Tubingen, où il montra pour la poésie latine des dispositions peu communes, il alla les continuer à Bâle, où il étudia le droit, la théologie et l'hébreu. Nommé, en 1500, secrétaire et chapelain du car- al Raymond de Gurk, il accompagna pendant 11% ans ce prélat dans les voyages qu'il fit en lemagne et en Italie. Après cette tournée, Emser e fixa pour quelque temps à Strasbourg, et y fit mprimer, en 1504, quelques écrits du fameux 'ic de la Mirandole, qu'il orna d'une préface où es louanges sont prodiguées à l'auteur. De StrasJourg il se rendit à Erfurth, et y enseigna quelque .emps les humanités; mais la protection du cardiial Raymond le fit bientôt appeler à Leipsick , où .1 fut, la même année, reçu membre de l'université, et se consacra particulièrement à l'enseignement avait été son ami. N'ayant pu rien gagner sur lui, il prit la plume et le combattit à outrance ; il ne se montra pas moins zélé adversaire de Carlostad et de Zwingle. Les détails ,de ces querelles théologiques n'offrent plus d'intérêt aujourd'hui ; l'âcreté qu'on y mit de part et d'autre n'était pas propre à amener une conciliation. Emser mourut subitement, probablement à Leipsick, le 8 novembre 1527. Le premier ouvrage qu'il publia contre Luther est intitulé : Ans was Grand, etc. ; c'est-àdire, Moti fs pour lesquels la traduction du Nouveau Testament, par Luther, doit étre défendue au commun des fidèles, Leipsick, 1523 réimprimé avec augmentation sous le titre d'Annotations sur la traduction, etc., Dresde, 1524 Cet écrit n'ayant fait que donner plus de vogue à la version de Luther, en excitant la curiosité du public, le duc de Saxe engagea Emser à publier lùimême une traduction allemande du Nouveau Testament, pour l'opposer à celle du réformateur : elle parut trois ans après, sous ce titre : Das vaw Testament nach la'wt der christliche kirchen bewerten Text, etc., Dresde , 1527 réimprimée à Paris en 1630 : elle l'avait été trèssouvent en Allemagne. Dans sa préface, Emser avoue qu'il a comparé l'ancienne et la nouvelle version allemande, prenant pour base la 'Vulgate, et notant en marge les variantes que le texte grec offre avec cette dernière. Il ajoute qu'il a partout réfuté les fausses gloses de Luther, pour y en substituer d'autres conformes au sens de l'Église. Les luthériens prétendirent qu'Emser n'avait pas assez d'érudition pour avoir pu consulter le texte grec, et que sa version n'était autre chose que celle de Luther, dont il avait seulement changé les passages sur lesquels s'appuyait la nouvelle réforme, et adouci quelques expressions qui ne lui paraissaient pas avoir la décence convenable. Quoi qu'il en soit, cette traduction eut pendant plus d'un siècle beaucoup de cours dans l'Allemagne catholique; mais ayant été faite à une époque oit la langue était loin d'être fixée, le style en est devenu suranné, et des versions plus récentes l'ont fait abandonner. On peut voir à cet égard R. Simon, le P. Lelong, Zeltner, Panzer et les autres auteurs qui ont écrit l'histoire des traductions de la Bible. Nous ne dottuerons pas la liste, assez nombreuse, des autres écrits d'Emser; ils sont à peu près oubliés, à l'exception de son Histoire de la vie et des miracles de StBennon, qui parut à Leipsick en 1512, et fut réimprimée à Dresde, 4694 On trouve de plus grands détails sur Emser dans la Vie de Luther, par Cochlée, et surtout dans la Notice sur la vie et les écrits de Jérôme Emser, par G. C. Waldau, An- spach, 1783 brochure d'environ 80 pages, tirée de la suite du Recueil concernant les affaires théologiques anciennes, et modernes, 1720. Ces deux ouvrages sont en allemand
  • Jérôme FABRICE ou FABRIZIO : surnommé d' Acquapendente , parce qu'il vint au monde dans cette ville épiscopale d'Italie , en 1537. Ses parents étaient peu fortunés, ils voulurent cependant donner à leur fils une éducation excellente. Ils l'envoyèrent à Padoue, et le jeune Fabrice y trouva bientôt des protecteurs puissants qui se complurent à cultiver ses heureuses dispositions. Après avoir achevé sa philosophie, la médecine devint l'objet spécial de ses études. II eut pour guide dans cette carrière l'illustre Fallope, dont il fut le plus célèbre disciple et le digne successeur. En effet , ce savant professeur à l'université de Padoue étant mort en 1562 , Fabrice, àgé de vingtcinq ans, fut d'abord désigné pour faire simplement les démonstrations anatomiques. Il remplit ces fonctions avec un talent si supérieur, qu'il fut solennellement choisi , en 1565, pour occuper la chaire de chirurgie; celle d'anatomie, qui jusqu'alors n'en avait guère été considérée que comme une dépendance, et , pour ainsi dire, un accessoire, fut déclarée primaire en faveur de Fabrice, auquel ou assigna des appointements considérables , et en quelque sorte prodigieux. A ces récompenses pécuniaires , les sénateurs de Venise joignirent les plus brillantes dignités. Ils accordèrent à Fabrice , intestinis , Padoue , 1618 De totius animais integumentis, Padoue, 1618 to. La réunion de ces fragments divers forme une collection précieuse , imprimée par les soins et avec une préface de Jean Bolin , sous ce titre : Opera omnia anatomica et physiologica , hactenus ranis lotis ac formis edita , nunc vero certo ordine digeste, et in unum volumen redacta , Leipsick , 1687 , fig. On préfère l'édition donnée à Leyde , en 1738, dans le même format et avec le mème titre, par BernardSifroy Albinus, qui a joint la vie de l'auteur et rétabli les préfaces particulières que Bohn avait mal à propos supprimées. Les leçons chirurgicales de Fabrice, suivies par une foule d'auditeurs de toutes les nations , furent avidement recueillies et publiées d'abord par Jean Hartmann Beyer, sous le titre de Pentateuchus chirurgiens, Francfort, 1592 ; ibid. , 1604. L'auteur, mécontent de cette édition défectueuse, en donna luimême une plus complète à Padoue , en 1617 , fig. Il serait aussi superflu que fastidieux d'énumérer les réimpressions nombreuses qui se succédèrent avec rapidité; il suffira de dire qu'une des plus estimées est la vingtcinquième , intitulée : Opera chirurgica, in pentateuchum et operationes chirurgiens ilistincta , Padoue, 1666 , fig. , précédée d'une courte notice biographique, extraite de Tomasini. Parmi les versions multipliées de ce traité chirurgical, on en remarque une italienne, due à Severino, Padoue, l672 ; deux allemandes, la première par Uffenbach , Francfort , 1605; la seconde par Scultet, Nuremberg , 1672; plusieurs françaises, Rouen , 1658, Lyon , 1670, etc. Tous les écrits de Fabrice sont véritablement classiques, et justifient pleinement leur grande renommée. Si l'auteur n'a commencé que tard à les publier , c'est qu'il voulait leur donner la perfection nécessaire, et l'on est étrangement surpris de voir Conring attribuer ce louable délai à la faiblesse de Fabrizio dans la littérature latine, faiblesse qui , selon le critique allemand , est fort commune chez les Italiens. Ceux qui liront attentivement les oeuvres de ce professeur illustre trouveront au contraire son style pur et même élégant ; ils s'apercevront aussi que la langue d'Hippocrate ne lui était pas moins familière que celle de Celse , et enfin ils admireront la régularité du plan qu'il a suivi , la méthode claire et lumineuse dont il ne s'est jamais écarté. On a reproché à ce grand chirurgien trop de timidité dans l'exercice de son art , et pourtant nous le voyons pratiquer et perfectionner le trépan, employer avec autant de hardiesse que de talent le bistouri, l'aiguille , le trois quarts, la rugine et même le fer rouge, quoi qu'en dise Severino. Baller, qui certes ne le juge pas avec bienveillance, est forcé de lui rendre justice sur ces divers points. La place que doit occuper Fabrice d'Acquapendente est aujourd'hui irrévocablement fixée. Regardé, à juste titre, comme tin des plus beaux ornements de l'université de Padoue, il est rangé parmi les bons écrivains, les plus fameux anatomistes et les plus célèbres chirurgiens du 16
  • Jérôme FALETTI ou FALLETTI : littérateur du 16e siècle , était né à Trino dans le Montferrat ; n de ses oncles , archiprétre de Savone , prit )in de sa première éducation. Après la mort de :t oncle , il vint continuer ses études à l'acadélie de Ferrare. Se trouvant en 1512 à Louvain, fut témoin du commencement des hostilités ntre François Irr et CharlesQuint dans les Paysas. L'année suivante il était de retour à Ferrare, uisqu'il eut l'honneur de haranguer le pape .aul 111 à l'entrée du pontife dans cette ville. ,yant terminé son cours , qui le chargea de diverses e retour en Italie , il alla complimenter , en I '; , Jules III sur son élection au trône pontill.al. Enfin le duc de Ferrare le nomma son ambassadeur à Venise , au plus tard en 1:i51, puisqu'il s'y trouvait lorsque François Veniero fut revètu de la dignité de doge. Faletti fut continué dans cette place par le duc Alphonse II. Il encouragea beaucoup ce prince dans son projet de fonder une bibliothèque à Ferrare , et l'enrichit de plusieurs beaux manuscrits provenant de la fameuse bibliothèque de Corvin , ainsi que des ouvrages encore inédits des tetiens qu'il fit exécuter par les plus habiles alligraphes de Venise. Alphonse le récompensa ,e ses services en le créant comte de Trino, avec -. es revenus considérables , lui imposant pour unique redevance , l'obligation de déposer à la bibliothèque de Ferrare, chaque année , au moins deux ouvrages . Faletti mourut , suivant M. Renouard , à Venise ; mais plus vraisemblablement à Padoue , le 5 octobre 1564 . Sans ètre un des premiers écrivains d'un siècle qui compte , surtout en Italie , tant de grands pones et de savants littérateurs , Faletti n'en occupe pas moins un rang estimable parmi ses contemporains. Son style en vers comme en prose ne manque ni de grAce ni d'élégance. On a de lui : 1" Della querra di Germania in tempo di Carlo 17, Venise , Giulito , 1552 : c'est l'histoire de la guerre qui suivit la ligue de Smalkald ; 2" la traduction italienne du livre d'Athénagoras Della resurezione, avec un discours : Della Natività di Cristo , Venise , Alde , 1556 ; 3" De Bello sicambrico, libri Ill , et alla poemata, libri VIII , Venise , Alde , 1557 Cette édition est trèsrare : elle est précédée On en trouvera les titres dans une lettre de Faletti, publiée par Tiraboschi , t. 7, p. 230. L'acte porte : Duos tairas gai sial jucanda, lectiomis. sicambrico est la guerre des Français dans les PaysBas en 1512. Il a été réimprimé par les soins de C.Val. Vonck , Nimègue , 1749 ; Oationes XII, Venise , Alde, 1558 C'est le recueil des harangues prononcées par Faletti dans diverses occasions importantes. 5" Des Rime dans le recueil publié par Jérôme Barufaldi ; Genealogia deuil principi Estensi , Francfort, 1581 à la suite (le la Chronique des Slares, par Ilelmold. Ce n'est qu'un extrait assez court (l'un grand ouvrage qu'avait préparé Faletti sur les princes de la maison d'Este. On en conserve deux copies à la bibliothèque (le Ferrare , dont l'une est précédée de la dédicace de l'auteur au duc Alphonse. On avait prétendu que Pigna , dans son histoire des princes d'Este , n'avait fait que copier Faletti ; nais Tiraboschi l'a disculpé de cc reproche de plagiat. De tous les biographes de Faim ti, le meilleur et le plus exact est Tiraboschi, qui lui a consacré une Notice détaillée dans la Storia della letterat italiana, I. 7, p
  • Jérôme FEDRIGOTTI( 1742 - 1776) : littérateur, né en 1742 , à Sacco di Roveretto, fit ses études partie dans cette ville et partie en Allemagne, où il suivit les cours des plus célèbres académies. Son père le destinait à la carrière du barreau ; mais la nature l'avait fait pone, et rien ne put le détourner de sa vocation. Doué (l'un esprit vif et formé par la lecture de Pétrarque, (lu Tasse et de l'Arioste, il s'essaya d'abord avec succès dans la pastorale et dans le genre lyrique. Il s'éleva depuis à la tragédie, et composa les deux premiers chants (l'un peme dont le héros est Antoine le triumvir. Mais, attaqué d'une maladie lente, dans laquelle, à l'exemple de Pétrarque, il refusa le secours (les médecins, il y succomba en 1776,, à 34 ans. Ses poésies, qui n'ont point encore été réunies , sont éparses dans les Raccolte, et conservées dans les archives de l'Académie des Agiati, dont il était membre. A beaucoup d'érudition Fedrigotti joignait le goût des arts ; il cultivait la musique et Le dessin , et passait pour un habile connaisseur. Clém. Vannetti a composé en latin l'éloge de ce jeune poete ; cette pièce est imprimée dans le tome 32 de la Raccolta d'opuscoli de D. Mandell i W—s.
  • Jérôme FENARUOLO : poëte italien, né à Venise, mais originaire de Brescia , exerça longtemps dans sa patrie son talent poétique et son goùt pour les belleslettres en général. Il alla ensuite à Rome, et s'attacha au cardinal Farnèse. Il y resta jusqu'à sa mort , que l'on place vers l'an 1570. Le ?uadri lui donne le titre de prélat. Ses poésies furent imprimées après sa mort, à Venise , 1574 11 avait paru de lui , longtemps auparavant , quatre Satires, ou plutôt quatre Épitres en terza rima, insérées dans le 7e livre du Recueil de satires , publié pour la première fois par Sansovino , en •5'60. Ce sont , à ce qu'il parait , des ouvrages de la jeunesse de l'auteur : on en peut juger par la quatrième , qui est adressée à Dominique Veniero, au sujet de la nomination de Badoaro à la place d'Avogadro , ou défenseur de la commune de Venise. Badoaro , né en 1518 , était encore jeune lorsqu'il obtint cette dignité, puisque, selon Mazzuchelli, elle précéda ses deux ambassades à Charles V et à Philippe II, et que cette dernière eut lieu en 1518, lorsqu'il n'avait que trente ans. On peut donc placer vers 1541 la date de la composition de ces quatre satires, où l'on ne trouve rien du fiel de Juvénal , ni malheureusement non plus du sel d'llorace
  • Jérôme FERRARI( 1501 - 1542) : savant philologue dont quelques biographes ont fait le frère et d'autres le fils d'Octavien , n'était pas de la méme famille. Né en 1501 , non pas à Milan, mais à Correggio, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut en 1527 pourvu d'un bénéfice sur la résignation de son oncle , recteur de la paroisse StBlaise de Corrége. 11 vint peu de temps après à Rome, où ses talents liii méritèrent bientôt la protection des membres les plus distingués du sacré collége, entre autres du cardinal Cesarini , qui voulut l'avoir logé dans son palais. On attendait avec impatience le fruit de ses travaux , lorsqu'il mourut en 1512. Ses obsèques eurent lieu dans l'église StLaurent in Danuzso , où ses amis lui élevèrent un mrminnent avec une inscription rapportée par Colleoni dans les Serittori di Correg- gio, p. 52 , et par Tiraboschi, Bibliot. modenese t. 2 , p. 7t. La mine année, il avait publié ses remarques sur les Philippiques de Cicéron , précédées d'une épitre à Paul Manuce l'imprimeur. Cet ouvrage estimable a été repro- duit , en 1562
  • Jérôme EUGUBINUS : médecin italien , a été ainsi appelé parce qu'il naquit à Eugubio ou Gubio, ville d'Italie , au duché d'Urbin ; mais son véritable nom est < i> Accoramboni. Il vivait dans la première moitié du 16e siècle, et pratiqua la médecine à Rome sous le pontificat de Léon X; il alla ensuite enseigner cette science à Padoue , où il remplit vers l'an 1551 la chaire de médecine pratique. Nous avons d'Eugubinus les ouvrages suivants: < i> I. De putredine, Venise, 4554 20 < i> De catarrho, Venise , 1536 ; Bàle , 1538 , , avec le livre de Sextus Placitus , qui est intiulé : < i> De medi- cind ex animalibus ; 5. De lacte , Venise , 1556 Nuremberg , 1538 < i> Ce dernier ouvrage ne manque pas d'intérêt ; l'auteur regarde le petitlait comme trèsutile dans le traitement des fièvres putrides, et il proclame les bons effets du lait de chèvre dans les maladies de langueur. — < i> Félix EuGUBINUS , fils de Jérôme , fut aussi un habile médecin. Il se livra particulièrement à l'étude des auteurs grecs , et s'appliqua à faire disparaître les obscurités répandues dans les ouvrages de quelquesuns, comme le prouvent les deux productions suivantes : l Jfl < i> librum Galeni de temperamentis < i> annotationes,* < i> Ilome , 4590 ; 2. < i> Sententiarum < i> Theophrasti in libro de plantis explicatio. Ce < i> dernier livre jeta quelque lumière < i> sur la botanique , science encore peu avancée à cette époque, et où régnait une confusion qui s'étendait jusqu'aux noms mêmes des plantes
  • Jérôme FERRI( 1713 - 1786) : littérateur, né le 5 février 1713, à Longiano dans la Romagne , n'avait que vingt ans lorsqu'il fut placé par ses compatriotes a la tète de l'école municipale. Il la dirigea quelque temps avec zèle , employant ses loisirs à tude du droit civil et canonique. Dès lors il professa les belleslettres à Massa , puis dans les séminaires de Faenza et de Rimini, s'attachant à former le goût de ses élèves en ne mettant sous leurs yeux que les grands modèles de l'antiquité. Les magistrats de Faenza le rappelèrent pour lui confier la direction du collége de cette ville. Lorsque le pape Clément XIV eut formé le projet de rendre à l'université de Ferrare son ancienne splendeur , il la pourvut d'habiles professeurs et donna la chaire , d'Alembert avait essayé de prouver qu'il est inutile d'étudier le latin, puisqu'on ne peut jamais espérer de le savoir que très - mal. C'est ce paradoxe que Ferri réfute victorieusement et avec tout le zèle d'un homme qui combat pa cris et focis. Il a fait précéder ces lettres à d'Alembert d'une Disse- talion pleine d'intérèt sur les efforts du cardinal Castelli pour rendre à la langue latine l'importance qu'elle avait déjà perdue, quoiqu'elle fût encore la langue des tribunaux et des écoles . 2. De Tabulario Azuriniano ad Sexciros Faventinos commentariolum, opuscule inédit imprimé dans l'ouvrage de Mittarelli De Litteratura Facentina. 5. De Alexandri Sardii vita commentarins , ROME', 1775 . Io De cita et scriptis Balt/ i. Castilionis , Mantoue, 1780. C'est la vie de Castiglione , l'auteur de Libro del cortegiano. Ragionamento di materia ayraria, dans le Magasin de Florence , 1782. 6. Elogio del conte Candit° Zampieri . Adam Barichevich a publié la Vie de Ferri dans la Biblioth. ecelesiastica , Pavie , 1790
  • Jérôme FESTARI( 1738) : médecin italien , naquit à Valdagno , dans le Vicentin , le 12 octobre 1738. Son grandpère et son père avaient exercé la même profession et s'y étaient distingués. Il y joignit une étude profonde des sciences natu- relies, et recueillit, jeune encore , le fruit de ses travaux par la confiance du public et par les relations que formèrent avec lui les hommes les plus instruits de son époque. Nommé en 1776, par le gouvernement de Venise, médecin en chef et directeur de l'établissement des eaux minérales de Recoaro , il en rendit le séjour agréable et utile aux malades. C'est à ses soins continuels qu'est due la haute réputation dont jouissent encore à présent ces bains parmi tous ceux de l'Italie. Lié avec le sénateur A. Querini , un des principaux magistrats de la république de Venise, Festari fut invité par lui à l'accompagner dans un voyage que, par ordre de son gouvernement, il entreprenait. Querini était chargé de faire des observations sur l'état des esprits, sur les dispositions des cours, sur la prospérité des finances, sur le nombre des soldats des pays qu'il parcourait; Festari lit ce même voyage en philosophe, étudiant tout ce qui avait rapport à la minéralogie , observant l'état de la culture, l'économie politique et les moeurs. Il en rédigea un journal, qui ne fut publié qu'en 1835, par les soins d'Emmanuel Cicogna. Quoique les descriptions que Festari donne soient un peu poétiques, elles sont cependant vraies , et l'auteur s'y montre toujours exact en même temps qu'éloquent. Ayant vu en Suisse les hommes les plus marquants de cette époque, Voltaire, Saussure , Lavater, etc., il a jugé leurs opinions et leurs ouvrages avec impartialité. Festari mourut à Valdagno le 3 juillet 1801. Ses ouvrages, outre le journal que nous avons indiqué , sont al" Saggio dosservaioni sopra alcune montagne , ed Al/) i altissime del tticentino confinanti collo Stato Aus- triaco. Ce mémoire a été imprimé dans le journal scientifique de François Grisellini , Venise , 1775, t. 9; réimprimé dans la Collection des mémoires chimico- minéralogiques de Jean Arduino, à qui l'au- teur l'avait dédié, Venise, 1775 2. Descrip- tion d'une butte basaltique qui s'élève vis- à- vis de celle Altissimo, du côté opposé de la vallée de l' Agno. Cet ouvrage a été inséré dans celui de l'abbé Fortis , ayant pour titre : Mémoires pour servir à l' histoire naturelle de l'Italie, Paris, 1802 t. l ; Let- tre du mois de décembre 1795 de H. Festari à l'abbé Forfis, insérée dans le même volume. Jérôme et Joseph Festari, neveux du médecin Jérôme, possédaient dix manuscrits de leur oncle , lesquels traitent presque tous de matières scientifiques
  • Jérôme FIORAVANTI( 1555 - 1630) : en latin Floravantius , jésuite, né à Rome en 1555, fut admis dans la société à l'âge de dixsept ans, et chargé d'enseigner la rhétorique et la théologie dans différents colléges. Il s'était particulièrement appliqué à l'étude des langues, et il parlait avec une égale facilité l'italien , le latin , le grec , l'hébreu , l'arabe et le syriaque. Ses talents furent récompensés par la place de recteur du collége des Anglais et ensuite de celui des Maronites à Rome. Le pape Urbain VIII, qui avait beaucoup jusqu'à Pascal II ; l'autre en donne la suite, avec quelques médailles portant l'inscription S. P. Q. R. Celles du premier volume ne sont qu'au nombre de cinquante, assez hien gravées en r tailledouce avec des explications fort détaillées; mais il y a beaucoup de papes dont les monnaies sont en blanc , aucune n'étant parvenue jusqu'à nous, quoiqu'il y en ait deux du pape Adrien ler. — Jacques F1ORAVANTI, noble de Pistoie, s'appliqua aux recherches des antiquités de sa patrie et mit au jour le résultat de son travail sous ce titre Men torie storiche della cittâ di Pistoja, Luca, 175'8
  • Jérôme FRACASTOR( 1485) : l'un des plus savants hommes de son temps , naquit à Vérone en 1385, d'une famille noble et ancienne. Lorsqu'il vint au inonde, ses lèvres étaient fortement collées, excepté dans leur milieu, où l'on apercevait une petite ouverture; il fallut qu'un chirurgien employàt l'instrument tranchant pour détruire cette adhérence. Fracastor était en trèsbas Age , lorsqu'un joue sa mire, qui le portait dans les bras pendant un violent orage , fut écrasée d'un coup de foudre sans que l'enfant en fût incommodé. Il répondit parfaitement à la brillante éducation que lui donna son père. Envoyé à Padoue, le jeune Fracastor se livra à l'étude avec une grande ardeur, spécialement à celle des sciences mathématiques. Apres avoir donné plusieurs années à la philosophie sous le célébre Pomponace, il se sentit entrainé vers la médecine, où il fit en peu de temps des progrès qui dans la ville de Trente. Fracastor charmait ses loisirs par la lecture des anciens : Plutarque et Polybe étaient ses auteurs favoris. La musique avait aussi pour lui beaucoup d'attrait , et c'est avec cet art agréable qu'il se délassait de ses études mathématiques. II parlait trèspeu et méditait beaucoup ; aussi passaitil pour un homme triste et austère. Cependant, lorsqu'il se trouvait dans la société de ses amis, son front se déridait, sa conversation s'animait, devenait pleine de gaieté et était semée de railleries fines et piquantes. Fracastor mourut le 8 aoùt 1555, à l'àg'e de 74 ans. On rapporte que l'apoplexie fatale dont il se sentit frappé lui ayant ôté l'usage de la parole , il fit signe qu'on lui appliquàt tout de suite des ventouses sur la tète , mais que son intention n'ayant point été comprise par ses domestiques , il expira en peu d'heures. Ses dépouilles mortelles furent transportées à Vérone et inhumées dans l'église de SteEuphémie. Presque tous les poètes du temps jetèrent des fleurs sur sa tombe. Son ami J.B. Ramusio , qui devait à Fracastor l'idée et une partie des matériaux de son utile Collection de voyages maritimes, lui fit élever à Padoue une statue de bronze. Deux ans après , les habitants de Vérone , à l'exemple de leurs ancêtres qui avaient érigé une statue de marbre à Catulle et à Pline pour honorer leur mémoire , consacrèrent un semblable monument public à celle d'un compatriote qui avait excellé tout à la fois dans la philosophie, l'astronomie, la médecine et la poésie. Fracastor était en correspondance avec la plupart des hommes illustres de son temps. JulesCésar Scaliger avait une telle admiration pour le talent poétique de Fracastor, qu'il composa en son honneur un poëlne intitulé : Arce Fracastorece. Voici les productions de ce savant médecin : 1° Syphilidis, sire morbi gallici libri tres, Vérone , 1550 Paris, 1531 et 1539 et Bàle, 1536 Lyon, 1547 ; Anvers , 1562 et 4614 Londres, 1720, ; 174,6 Padoue, 1744 traduit en français avec des notes, par Macquer et LacomLe , Paris, 1753 , ; en italien, par Ant. Tirabosco , Vérone , 1739 par Pierre Belli , Naples, 1731 et enfin , par Sébastien de gli Antoni , Bologne, 1738 C'est surtout cet ouvrage qui a rendu immortel le nom de Fracastor : il le dédia à Pierre Bembo, son ami particulier, alors secrétaire du pape Léon X et depuis cardinal. Dans ce Reine , composé sur un fléau qui menaçait de détruire le genre humain dans sa source, Fracastor rejette l'opinion commune , qui fait venir la syphilis de l'Amérique : il prétend que cette maladie n'est point nouvelle; qu'elle a régné dans les siècles de l'antiquité; qu'elle provient de la corruption de l'atmosphère , d'où naissent mille autres pestes fatales aux animaux et aux végétaux comme aux hommes, et qu'enfin elle a été propagée en Italie par la guerre des Français. recommande de la combattre avec le mercure , dont il célèbre la précieuse découverte par une fiction pleine de charmes : il répand le même intérèt sur la conquête du gaïac, et sur les propriétés salutaires de ce végétal. C'est au jeune et malheureux héros de l'épisode qui lui sert pour consacrer cette seconde découverte qu'il donne le nom de Syphilis, et ce nom lui a fourni le titre du peine entier, titre qui est devenu par suite la dénomination de la maladie dont l'aimable Syphilis est guéri . On s'aperçoit que Fracastor était profondément nourri de la lecture des anciens poêles, et qu'il les a souvent imités avec un goilt exquis : aussi plusieurs critiques ontils comparé la Syphilis aux Géorgiques de Virgile, pour la richesse de la versification , la noblesse des pensées, l'élégance du style , la vivacité des images. Sannazar, contemporain de Fracastor, après avoir lu ce poème, le mettait audessus du sien propre, De parla Virginis, auquel il avait travaillé pendant vingt ans. Ce qui choque dans l'ouvrage de Sannazar , c'est une monstrueuse association des augustes mystères de la foi chrétienne avec les fables du paganisme : on n'observe rien de semblable dans le poème de Fracastor, qui a eu le bon esprit de ne mettre en scène que des personnages de la fabuleuse antiquité. Haller, ordinairement si exact et si judicieux , semble n'avoir pas lu ou avoir jugé sur parole cette production du médecin véronais, lorsqu'il lui prote un style Mche et des fautes Le mal décrit dans ce poème est affreux, mais n'a rien de honteux , parce qu'il ne suppose aucune immoralité, aucun usage licencieux des plaisirs de l'amour , ni même aucune influence de ces plaisirs. Vénus est à peine nommée dans le poème, Ce n'est pas de son courroux quo Syphilis est victime , mais du • courroux d'apollon. tsul Ill, se compose de deux parties bien distilles: la première, purement astronomique, a pour objet d'expliquer le système planétaire par des cercles ou mouvements homocentriques, substitués aux excentriques et aux épicycles. Fracastor crut, par ce moyen , jeter un nouveau jour sur toute l'astronomie : mais sa méthode ne pouvait réussir, parce qu'il était dépourvu d'observations, pour l'exactitude desquelles on n'avait point encore inventé les instruments nécessaires avait pourtant entrevu le télescope, en imaginant de placer l'un sur l'autre deux verres à lunettes, pour observer le cours des astres. La seconde partie est relative aux jours critiques dans les maladies. Quoiqu'il rejette l'influence de la lune sur la détermination de ces jours, sa doctrine se ressent des préjugés et des subtilités scolastiques de l'époque où il vivait. 4" De sympathia et antipathia rerum liber anus ; De contagionibus et contagiosis morbis , et eorum curatione , libri ires , Venise , 1546 Lyon , 1550, 1551 et De ces deux ouvrages publiés ensemble et dédiés au cardinal Alex. Farnèse, l'un traite de la sympathie des éléments, de l'attraction et de la répulsion réciproques des corps , suivant que les principes qui entrent dans leur composition sont analogues ou contraires ; il traite en outre des sympathies et des antipathies de l'àme et des sens, lesquelles ont pour produit la joie , la tristesse, la crainte, le délire , l'admiration , la colère , le iris, la pudeur, etc. : l'autre concerne les maladies !contagieuses, et spécialement la variole , la peste , la suette , la fièvre pétéchiale, la rage, le mal vénérien et diverses affections de la peau. Fracastorn'admet point les propriétés occultes comme cause des contagions qui se font à distance, il attribue ces dernières à l'action d'effluves invisibles qui se portent d'un corps sur un autre. Il est le premier qui ait parlé de la phthisie devenue contagieuse par l'usage des objets qui avaient appartenu aux malades : il croit que c'est surtout après les grandes inondations et les ravages occasionnés par des nuées de sauterelles que les contagions se développent; il paraît, du reste, confondre cellesci avec les épidémies. Outre son poème de la Syphilis, Fracastor en avait composé un , intitulé Joseph , que la mort l'empécha de terminer, et dont on ne possède que les deux premiers livres : il y chante les vertus et les hauts faits du fils de Jacob. Mous avons encore de Fracastor un livre de poésies latines, sur divers sujets, adi tissées à plusieurs personnages distingués de son temps. Toutes ces productions poétiques ont été réunies et imprimées à Padoue en 1728 Les OEuvres complètes de Fracastor parurent pour la première fois ensemble sous ce titre : Hieronymi I" racastorii Veronensis opera omnia , in num proxime post illius mortem collecta ; accesserunt Andrece Naugerii patricii Veneti orationes duce, carminaque nonnùlla , Venetiis , apud Juntas , 1555 Dans ce recueil se trouvent comprises, outre les pièces déjà indiquées, les trois suivantes qui paraissaient pour la première fois : Naugerius , sive de poetica dialogus ; Turrius , sive de intellectione dialogus , libri II. C'est pour témoigner son estime à ses amis André Navagero et les trois frères Turriani que Fracastor intitula ainsi ces dialogues : Fracastorius , sive de anima dialogus ; ouvrage commencé pendant la vieillesse de l'auteur et qu'il ne put achever. Ce recueil fut réimprimé , Venise, 1574, 1544 Lyon, 1591, 2 vol. Montpellier, 1622, idem ; Genève, 1621 , 1637, 1671 , Le joli poème intitulé : Alcon , sire de cura canum venaticorum, que de bons critiques regardent comme peu inférieur à la Syphilis, n'a été réuni aux autres ouvrages de Fracastor que dans ks éditions de ses oeuvres postérieures au 16. siècle ; mais on le trouve déjà dans le tome 9. des Carmina illustrium poetaruin italorum , et Ri- gault l'a inséré dans les Rei accipitrarice scriptores, Paris , 1612 Les poésies de Fracastor ont été souvent recueillies avec celles des plus élé- gants poètes latins du 16e siècle, Cotta, Bonfadio, Fumano, le comte d'Arco; et les deux plus belles éditions sont celles de Padoue , Comino , données par les frères Volpi, 1718 et 1739 Cette dernière contient, outre plusieurs augmen- tations remarquables, une nouvelle traduction de la Syphilis en vers italiens , par Vincent Benini de Cologne ; elle est nonseulement préférable à toutes les précédentes, mais comparée par les meilleurs critiques aux traductions en vers les plus estimées, telles que celles du Caro, du Mar- chetti et du Bentivoglio. On en a tiré à part un certain nombre d'exemplaires qui sont de- venus extrèmement rares. Fracastor s'était aussi beaucoup livré il la recherche des propriétés des substances médicamenteuses : c'est à lui que l'on doit le diascordium, composition encore. utile et fréquemment employée de nos jours. Fréd. Otto Menken a écrit en latin un Commentaire sur la vie et les ouvrages de Fracastor, Leipsick, 1731 G—É et R—D—N.
  • Jérôme FRACHETTA( 1560 - 1620) : publiciste italien , né à Rovigo vers 1560, fut d'abord attaché au cardinal d'Este en qualité de secrétaire. Ce prélat le lit admettre à l'Academie des Ineitati , qu'il venait de fonder dans le but de ranimer l'étude des anciens; mais cette société ayant cessé d'exister à la mort , Ce n'est pas , comme l'ont dit plusieurs dictionnaires , une traduction du peine de Lucrèce; c'en est une paraphrase avec des éclaircissements sur les passages qui présentent quelque obscurité. Les notes de F'rachetta sont estimées. 4. Deux discours en italien adressés à Sigismond Battori, prince de Transylvanie , l'un le 30 septembre, l'autre le 25 novembre 1595; 5° Il principe, Venise, 1599 6° L'idea del libro di governi di stato e di guerra , ibid. , 1592 C'est le plan et l'idée générale de l'ouvrage suivant : Seminario del libro di governi di stato e di guerra, ibid., 1615, 1635 ; 1647 Gènes, 1648, in40. On a réimprimé le Prince à la suite des deux dernières éditions. & Della ragione di stato, Urbin, 1623 C'est le principal ouvrage de Frachetta. Struvius dit qu'il y montre une grande force d'esprit et beaucoup de jugement; il a été traduit en allemand, Francfort, 1681 , On a encore de Frachetta une traduc- lion en italien des Commentaires de François Verdergo , touchant son administration de la province de Frise, Naples, 1605
  • Jérôme FRANZINI : libraire, exerçait sa profession à Home vers la tin du 164 siècle. On a de lui l'ouvrage suivant : < i> Antiquitates romance w- bis, Rome, 1588, pet. ; 1596 ou 1599 Il est divisé en quatre parties : la première contient les, monuments anciens; la seconde, les temples et les églises; la troisième, les palais, et la quatrième , les statues antiques. L'auteur a < i> beaucoup profité des recherches de ses devanciers, et entre autres , de Barthél. Marlaino ; mais à leurs observations il en a joint un assez grand nombre qui sont le fruit de ses propres études et dont on loue l'exactitude; l'édition de 1599 est devenue rare. Les curieux la recherchent encore à raison des jolies estampes en bois dont elle est ornée. L'ouvrage de Franzini a été traduit en italien, Rome, 1594 , et en espagnol , ibid., 1589, sous ce titre : < i> Las cosas maravilliosas de la ciudad tic Roma. — < i> s.
  • Jérôme GASTALDI( 1600 - 1685) : cardinal, naquit à Gènes au commencement du 17. siècle, d'une famille distinguée dans la diplomatie. L'état ecclésiastique, qu'il embrassa de bonne heure, lui fit choisir home pour sa résidence. En 1656, pendant la peste qui ravagea cette ville , on jeta les yeux sur lui pour la charge périlleuse de commissaire général des hôpitaux. Il saisit avec empressement cette occasion de satisfaire sa passion pour la véritable gloire , celle d'être utile à ses semblables , et fit parattre , dans cette circonstance désastreuse, un courage héroïque et un dévouement sans bornes. Bientôt après , il fut nommé commissaire général de santé; et, dans ses nouvelles fonctions, plus pénibles et plus importantes encore , il déploya la même prévoyance , la même sagacité , la même intrépidité, et la même ardeur pour le bien public. Une conduite si généreuse , mais qui ne mène pas toujours aux honneurs et à la fortune, lui ouvrit le chemin des dignités. Il fut fait archevêque dé Bénévent, légat de Bologne, cardinal, et ne fit pas moins admirer ses vertus sous la pourpre que dans l'air infect des hôpitaux. Sous le titre (le Tractera de avertenda et profliganda peste , politico- legalis , Bologne , 1681 , il a laissé un ouvrage justement estimé, dans lequel il a transmis à la postérité le résultat de ses observations sur la peste de Home, et l'histoire des mesures de salubrité, de police et autres moyens qui furent employés avec le plus de succès contre cette terrible maladie. Ce respectable prélat mourut en 1685
  • Jérôme GIOVENONE( 1490 - 1520) : habitant de Verceil , a 'té vers l'an 1490 le restaurateur de la peinture ans sa patrie. 11 a suivi deux écoles, premièrement celle du Pérugin, figures sèches, allongées, avec des ornements en or ; secondement , celle le Léonard de Vinci, plus naturelle et plus large. l',)e ces deux différentes manières existent, à Veri'eil , plusieurs tableaux trèsestimés des connaisseurs. On trouve dans l' Histoire de la littérature et les arts du Verceillais la gravure d'un précieux ,bleau de ce maitre représentant la Vierge sur le . ne avec l'enfant Jésus; StDominique et StAbon- ïîti to sont aux pieds de la Vierge ; on y voit aussi une daine habillée selon la mode du 16. siècle, ses deux enfants sont agenouillés avec elle. Sur l'estrade du trône on lit : Heronitni Juvenonis opificis1514. Giovenone mourut vers l'an 1520 , laissant, diton , une fortune considérable. Le dernier comte de Robella, mort général dans les armes autrichiennes , était , à ce qu'on croit, de sa famille. GGV
  • Jérôme GENGA( 1476 - 1551) : peintre et architecte, né à Urbin vers 1476, fut à dix ans mis en apprentissage chez un cardeur de laine. Il révéla son talent pour le dessin en traçant des figures avec du charbon, et ses parents s'étant déterminés à le retirer de l'atelier du cardeur pour le faire entrer chez un peintre , ils n'eurent qu'à s'applaudir de cette résolution. A quinze ans, il passa dans l'école de Lucas Signorelli, d cet habile maitre prit en lui une telle confiance, qu'il le chargea souvent de traiter les accessoires dans ses tableaux. 11 demeura ensuite trois ans sous la direction de Pérugin , qui lui apprit l'art de la perspective et le secret de distribuer les effets de lumière d'une manière piquante. Raphaël , compatriote et ami (le Genga, fréquentait en même temps que lui l'école de Pérugin , et l'on peut croire que les conseils d'un si grand homme ne lui furent pas inutiles. Après avoir terminé ses études, Genga se rendit à Florence et de là à Sienne, où il peignit pour Pandolfe Petrucci plusieurs tableaux dont Vasari loue la correction de dessin et la fraîcheur de coloris. De retour dans sa patrie, après une assez longue absence , il fut employé par le duc Gui Baldo à l'embellissement de son palais et au renouvelle ment des décorations du théâtre , genre dans lequel il déploya une richesse d'imagination et une intelligence extraordinaires. Le désir si naturel à un artiste de visiter les beaux restes d'antiquité que Rome offre aux curieux lui lit demander un congé. Pendant son séjour à Rome, il exécuta, pour l'église SteCatherine de Sienne , la Résurrection du Christ , tableau trèsestimé des connaisseurs, mais qu'on regrette de voir placé dans un endroit si obscur qu'il est impossible de juger de la perfection des détails. Le duc d'Urbin FrançoisMarie , ayant succédé à Gui Baldo , rappela Cenga, et le chargea de toutes les dispositions nécessaires pour les fêtes de son mariage. Ce prince étant obligé, peu après, d'abandonner Urbin, Genga le suivit à Mantoue et se retira ensuite , avec sa permission , à Césène , où il peignit, pour le maîtreautel de l'église StAugustin, un tableau à l'huile , divisé en trois parties et qui représente l' Annonciation de la Vierge, audessous du Père éternel dans une gloire, et plus bas la .hère de Dieu tenant son Fils dans ses bras, et entourée des quatre Docteurs de l'Église. 11 peignit aussi dans le même temps une Chapelle de l'église StFrançois à Forli, dont le principal morceau est une Assomption de la Vierge , qui est trèsestimée. Lorsque le duc d'Urbin fut rentré dans ses États, Genga y revint avec son souverain, qui, ayant pu apprécier sa fidélité et ses talents, le nomma son architecte, le chargea de réparer son palais et d'en construire un nouveau sur le mont Impérial , près de Pesaro. Le duc ayant résolu de fortifier Pesaro, Genga assista à l'assemblée où les différents projets furent discutés; et son avis prévalut si souvent , que, bien qu'il n'ait pas eu la direction des travaux , on peut le regarder cependant comme le principal auteur des fortifications de cette place. On a encore de cet artiste des plans de différents bâtiments que la mort du duc l'empêcha de terminer ou de mettre à exécution. Mais c'est à lui qu'on doit la restauration du palais archiépiscopal de Mantoue : ce fut son dernier ouvrage. Épuisé par l'âge et les fatigues d'une vie laborieuse , il se retira dans une maison qu'il avait achetée près d'Urbin, pour y jouir de quelque repos. 11 y dessina au crayon, dans un moment de loisir, une Conversion de St- Paul, morceau que Vasari dit être trèsprécieux, et qui prouve que son imagination n'avait rien perdu de son activité ni de sa vigueur. Ce fut dans cette retraite que Genga mourut , le 11 juillet 1551, à 75 ans environ. Il joignait aux talents de peintre et d'architecte ceux de sculpteur et de musicien , et il avait écrit sur les arts différents petits traités que l'on conservait dans sa famille. Vasari, qui a composé la Fie de Genga, lui donne le plus grand éloge que puisse recevoir un homme, en disant que jamais il ne fit une chose dont il eût à se repentir
  • Jérôme GHILINI( 1589 - 1670) : historien, de la même famille que les précédents, né en 1589 à Monza, dans le Milanais, fit ses premières études sous les jésuites, à Milan, et alla ensuite étudier le droit à Padoue. Une maladie grave l'obligea d'interrompre son cours; et il commençait seulement à se rétablir, lorsque la mort de son père le plongea dans l'affliction. La nécessité où il se trouva de veiller luiméme à ses intérêts et les conseils de ses parents le déterminèrent à se marier; mais ayant eu le malheur de perdre sa femme au bout de quelques années, il embrassa l'état ecclésiastique, reprit l'étude du droit canon, et se fit recevoir docteur. Il fut pourvu, peu de temps après, de l'abbaye de StJacques de Canta-& po, dans le royaume de Naples, et honoré du titre de protonotaire apostolique. Le cardinal , de' Monti, archevêque de Milan, le nomma à la 50 théolop.;ale de StAmbroise; mais il ne la remplit que cinq années. L'administration des biens de sa femme, dont il était l'héritier, l'obligea de se fixer à Alexandrie, et il y mourut vers 1670, dans tin itcre trèsavancé. Ghilini était membre de l'Académie des heogniti de Venise. On connaît de lui: 1° Tcatro d'uomini letterati , Milan sans date; Venise, 1647 édition augmentée. C'est le plus connu de tous les ouvrages de Ghilini , et celui qui a fait sa réputation : il est cependant trèsmédiocre, et , à l'exception d'un petit nombre d'articles vraiment curieux , les autres ne contiennent que des éloges assez fades; il n'indique ni le format , ni les éditions des ouvrages, et il n'en rapporte même les titres que trèsinexactement. La troisième et la quatrième partie, encore inédites, étaient conservées en manuscrit dans la bibliothèque de Jacques Morelli, à Venise; Mazruchelli en a fait usage. 2. Annali di Alessandria e del territorio circonvicino , dan ori- gine sua sin all. 1659 , Milan , 1666 , peu estimée ; 3° des Sonnets, sous ce titre : la Perla occidentale, et un recueil d'odes intitulé Ta- naro glorioso ; 4° un recueil en latin de plu- sieurs cas de conscience , avec leur solution ; Tem- pio di litterati e letterate per santita illustri manuscrit conservé clans la bibliothèque de Joseph Boita , à Alexandrie
  • Jérôme GIACOBBI( 1575 - 1650) : maitre de musique italien, naquit à Bologne en 1575 , fut un des premiers classiques de l'école bolonaise , et par son talent dans cet art prépara pour ainsi dire le siècle de Jomelli , Buranello et Pergolesi. Il corrigea la monotonie des accompagnements, qui alors ne faisaient que suivre et exécuter les mêmes notes que la voix ; et il créa , pour ainsi dire , la musique instrumentale , en lui donnant un caractère tout particulier, sans cependant nuire à la mélodie du chant. Il excella dans les compositions d'église; et l'on conserve plusieurs de ses messes dans les archives de musique du couvent de StFrançois, à Bologne. C'est le célèbre père Martini qui en fit l'acquisition, en formant ses archives. Giacobbi a écrit aussi plusieurs opéras, des premiers qu'on ait joués en Italie et en Europe. Il avait associé à ses travaux Campeggi, le meilleur poète dramatique de son temps. 11 mit en musique, entre autres drames, l'Andromède de cet auteur, qui fut joué I en 1610, au théâtre Zannoni. et qui eul un succès prodigieux. Dans cet opéra, l'on commença à entendre les ariettes à deux temps, c'est-àdire:composées d'un adagio et d'un allegro. Parmi plusieurs bons morceaux qu'on y distingue , le plus fameux est l'ariette lo te slido o mostro infame. C'est Persée qui , l'épée à la main , la chante en apostrophant le monstre, lorsqu'il se dispose à l'attaquer. Quoique la situation de cette scène ne prouve pas assez le bon goût du poète, elle n'ôte rien au mérite du compositeur ; et les Italiens de ce tempslà ne voyaient aucune invraisemblance à ce qu'un monstre affamé, près de la proie qu'il dé- vore des yeux , reste tranquille à sa place , tandis que Persée le menace en chantant. La musique de l'ariette était belle , et ils n'en demandaient pas davantage. A une parfaite connaissance de son art , à une Aine éminemment harmonique , Gia- 1 robbi joignait une oreille trèsfine. Il n'est donc pas extraordinaire qu'avec ces qualités la réputalion de son talent se soit conservée jusqu'à nous. 11 mourut dans sa patrie le 30 novembre 1650
  • Jérôme GIGAS( 1400) : jurisconsulte, né vers la fin du 15e siècle, à Fossombrone, dans le duché d'Urbin, fit ses études à l'université de Padoue, où il eut, entre autres professeurs, Antoine Burgos, qui lui témoigna toujours beaucoup d'affection. Il accompagna Burgos à Bologne ; il y prit , diton , ses degrés ; mais d'autres prétendent qu'il avait été reçu docteur avant de quitter Padoue. 11 le suivit ensuite à Salerne et à Rome, où, sur la recommandation de son ancien maître, le pape Clément VII le nomma référendaire apostolique. Ce fut par une espèce de prodige qu'il échappa au sac de Rome en 1527, et qu'il parvint à soustraire f on argent à l'avidité des soldats. 11 se retira d'abord à Ancône, et peu de temps après à Venise, où il exerça la profession d'avocat avec beaucoup de réputation. 11 y mourut en 1560, dans un àge avancé. Le plus célèbre de tous ses ouvrages est son traité De pensionibus ecclesiasticis , souvent réimprimé dans le 16e et le 17. siècle. 11 en donna la suite sous le titre Responsa familiaria in materia ecclesiasticarum pensionum. Le sujet y est approfondi et présenté d'une manière intéressante. La meilleure édition est celle de Cologne, 1619 dans laquelle on a inséré son traité De intruso , et qui est enrichie d'une table des matières trèsample. On connaît encore de Gigas : lo De criinine lcesoe majestatis tractatus , Lyon , 1557 ; Spire, 1598 ; et dans les Tractatus jours, t. 11 ; 2. De residentia episcoporum, Venise, 1569, et dans le même recueil, t. 15 ; 3° Consilia in pensionum materia et de interesse usurario , Venise, 1580 ; 4. des Notes sur les Décrétales. — Hermann GIGAS ou GYGAS, cordelier flamand ou allemand d'origine, était dans une maison de son ordre en France, lorsqu'il compila, sous le titre de Flores temporum, une chronique qui s'étend depuis la création du monde jusqu'à l'an 1349. Gérard Menschen l'a publiée à Leyde, 1743 et 1750 avec une continuation jusqu'à l'an. 1513, par Michel Eysenhart , prêtre de Weissenbourg , et y a joint un glossaire et une savante préface. Les Flores temporum du cordelier Martin , continués par Hermann de Gènes, depuis l'an 1290 jusqu'à 1346, et insérés dans le tome 1" du Corpus historicum medii ami d'Eckhart, ne sont qu'un abrégé tronqué de la chronique de Gigas, que l'on cite aussi quelquefois sous le nom d'Hermannus minerita
  • Jérôme GIGLI( 1660) : célèbre littérateur italien , génie original et singulier, offre un exemple remarquable du trouble que les 'passions littéraires et l'agitation de l'esprit mettent quelquefois dans orne vie destinée à être paisible et dans une position que la fortune rendait heureuse. Son père, nommé Joseph Nenci, était d'une honnête famille de Sienne. Jérôme y naquit le 14 octobre 1660. Il fit de trèsbonnes études, et s'appliqua surtout à l'éloquence ; mais jusqu'à l'âge de quatorze ans, il n'annonçait rien d'extraordinaire, si ce n'est qu'à cet âge, où presque tous les jeunes gens semblent lutter entre eux de goùt pour la dissipation, le mouvement, la gaieté bruyante, il n'en montrait que pour la retraite, les promenades solitaires, les lectures solides et l'étude assidue des bons auteurs. Il existait alors à Sienne un vieillard riche et sans héritiers , nommé Jérôme Gigli, parent assez proche du jeune Nenci du côté de sa mère ; ce Gigli, voyant en lui l'annonce d'une bonne conduite, d'une réunion de qualités peu commune et d'une santé florissante , résolut de l'adopter, de lui donner son nom et tous ses biens , ne doutant point qu'il ne les transmit à une nombreuse postérité. Ce projet fut exécuté dans les formes légales, et avec la plus grande solennité. Le père adoptif, pressé de réaliser ses espérances, trouva promptement pour son fils un parti qui lui parut convenable, et le maria le 29 avril 167b , lorsqu'il n'avait encore que quatorze ans et demi. Le vieux Gigli s'était si peu trompé dans ses calculs que de ce mari, encore enfant, et de sa femme, qui, il est vrai, était plus âgée , naquirent dans un certain nombre d'années douze enfants. Il ne vit naître que les deux premiers, et fut emporté par une maladie moins de quatre ans après l'adoption qu'il avait faite. Jérôme Nenci ou Gigli se trouva donc à l'âge de dixhuit ans possesseur d'un héritage considérable, marié, père de famille, et ne voyant devant lui que la perspective la plus riante. Son amour pour l'étude ne s'était pas refroidi. Pendant ces quatre années, il avait achevé sa propre éducation tt s'était mis en état de diriger celle de ses enfants. La philosophie, l'histoire , l'astronomie, la musique , l'architecture, l'avaient successivement 'occupé. Il y joignit l'agriculture lorsque, maure !de sa fortune, il put vérifier les théories par la pratique dans sa belle maison de campagne de MonteSpecchio , qui n'était qu'à trois milles de Sienne. La vivacité, le tour piquant et l'originalité de son esprit s'étaient montrés en même temps dans des poésies soit lyriques , soit dramatiques, tantôt sérieuses, tantôt gaies, et souvent satiriques, genre auquel il était porté par une causticité naturelle , que sa position indépendante ne l'engageait pas à contenir. Les mêmes qualités brillaient dans ses compositions en prose, où l'on trouvait aussi le inéme penchant à la satire. Il ne tarda pas à se faire beaucoup d'ennemis ; mais le nombre de ses admirateurs augmentait de même tous les jours. Il fut admis dans les Académies les plus célèbres de l'Italie, entre autres dans celles des lutronati de Sienne, des Arcades de Rome, où il prit le nom d' Amaranto sciatidico ; et enfin dans l'Académie de la Crusca. Ce fut pour des réunions académiques plus particulières, et principalement pour le collége des nobles de Sienne, qu'il fit ses premiers drames en musique ; sa Geneviève , exécutée par six pensionnaires de ce collége , eut un si grand succès qu'elle lui fut demandée à Rome, à Brescia et dans plusieurs autres villes , où elle ne réussit pas moins qu'à Sienne. Son Louis le Pieux et plusieurs autres drames , ses cantates, ses fêtes théâtrales, composées à la demande des personnes du plus haut rang, pour des occasions d'éclat, et représentées avec toute la pompe que l'on donnait à ces sortes de fêtes, lui acquirent dans ce genre , alors nouveau , une réputation . Il fut soutenu dans cette entreprise par son zèle pour la langue de sa patrie et par la dévotion spéciale qu'il avait pour cette sainte. Il allait tous les jours lui rendre hommage dans la chapelle où l'on en conserve la tète saine et entière ; et on l'y avait vu plus d'une fois fondre en larmes. Les travaux préliminaires de cette édition étaient terminés, et il était prèt à en commencer l'impression lorsqu'il reçut l'ordre de se rendre à Florence devant le grandduc, pour répondre à des accusations portées contre lui par des moines qu'il avait trop peu ménagés dans ses satires. Ils avaient tellement prévenu l'esprit du souverain , que Gigli sentit bien qu'il avait tout à craindre ; mais il se tira de ce mauvais pas par un trait d'assurance et d'adresse qui lui réussit au delà de ses espérances. Arrivé devant Cosme 111, au lieu d'attendre, comme il le devait, que le grandduc lui dit pourquoi il l'avait fait venir, et quel était le sujet de son mécontentement, il prit la parole , protesta de son empressement à se rendre aux ordres de Son Altesse Royale, assura qu'il ne lui en avait rien coûté de quitter le travail dont il était occupé, quelque important que fit ce travail pour l'honneur de sa patrie , pour le bien de la langue toscane et pour les intérêts mêmes de la religion ; alors il parla de SteCatherine et de sa vie, et de ses ouvrages, et des beautés de son style ; et comme ce sujet ne manquait jamais de l'émouvoir, il se laissa entrainer à son enthousiasme , l'ut si éloquent, si profondément touché, qu'il émut le prince luimême ; et celuici, quittant le rôle de juge irrité, oublia entièrement l'objet pour lequel il avait mandé Gigli , et ne lui lit plus de questions que sur l'objet de son entreprise. L'adroit Gigli
  • Jérôme GOULU( 1581 - 1630) : frère pulné de Jean Goulu, général des feuillants, né à Paris en 1581, succéda à son père dans la chaire de langue grecque au Collége royal de France. Il n'avait alors que vingtdeux ans ; mais, dit Goujet, le cardinal Duperron, qui connaissait ses talents et qui en lit l'épreuve , décida que le fardeau qu'on lui imposait n'était nullement audessus de ses forces. A l'étude des langues savantes il joignit celle de la médecine , fut admis au grade de docteur en 1620, et exerça cette profession avec succès. Il se déniit en 1623 de sa chaire de grec, en faveur de Pierre de Montmaur, qui, diton, lui avait promis ,d'épouser sa tille , et refusa de tenir sa parole quand il fut installé. La faiblesse de sa santé avait pu aussi déterminer Goulu à demander sa retraite; car il mourut en 1630, Agé seulement de 49 ans. Aucun de ses ouvrages n'a été ituprimé, si l'on en excepte quelques thèses peu importantes. — Son fils, Nico/ us Goyim, né a Paris vers 1605 , n'est connu que par l'ouvrage suivant : epitaphium in cule San- Benediaina Pa ' risiis appendendum, Kieolaus Gulonius mortalitatis majorumque memur, piis illorum manibus desiynabat anno 1650 de 22 pages. Ce volinne , qui est fort rare, contient les éloges de Jean et de Madelène Dorat; de Henri Monantheuil, ma- thématicien , beaupère de Dorat; et de Catherine et Charlotte Monantheuil , ses tilles; et enfin de Nicolas, Jérôme, Jean et Philippe Goulu
  • Jérôme GRACIAN( 1545 - 1614) : carme déchaussé, né à Valladolid en 1545, était fils de Diégo Gracian , l'un des secrétaires de l'empereur CharlesQuint et connu par des traductions espagnoles de l'Histoire grecque de Xénophon et de différents Traités de Plutarque . Après avoir fait ses premières études, il fut envoyé à l'université d'Alcala , où il se distingua par la rapidité de ses progrès, nonseulement dans les lettres, mais encore dans les mathématiques et la médecine. Ses cours terminés, il reçut le bonnet de docteur dans les facultés de philosophie et de théologie; il embrassa ensuite l'état ecclésiastique, et , n'étant encore que diacre, prêcha avec beaucoup de succès. Élevé enfin au sacerdoce , il entra dans l'ordre des carmes de la réforme de SteThérèse, et peu de temps après fut nommé commissaire apostolique pour les royaumes de Castille et d'Andalousie.11 s'occupa d'abord avec beaucoup de zèle du soin d'étendre la règle de SteThérèse dans les provinces dont la direction spirituelle lui était confiée ; mais peu à peu il s'écarta de l'esprit de la fondatrice, et il poussa bientôt si loin le goût de l'innovation, qu'il fut admonesté publiquement dans le chapitre de 1585. Loin de se rendre aux avis charitables de ses supérieurs en changeant de conduite, il publia , sous le titre d'Apologie, un libelle où les principaux membres de la congrégation n'étaient point ménagés. Cette levée de boucliers augmenta le nombre de ses adversaires ; les écrits satiriques se multiplièrent de part et d'autre, et les chefs de l'ordre ne trouvèrent d'autre moyen d'y rétablir la paix que de renvoyer Gracian. Il reconnut alors ses torts et se rendit à Rome en 1592 , pour obtenir sa réintégration; ce fut en vain: la cour d'Espagne s'y opposa, et les autres ordres reli- ayn avait aussi traduit le Traité des offices de St- Ambroise en langue castillane , sous le titre de los Officios de S.- Ambro- sio , Léon, 1554 t2. gieux ayant refusé d'admettre un homme qui s'était fait connaître par son insubordination , il se vit obligé de se rendre à Naples, et de là en Sicile; mais sa réputation l'y précédait , et partout il était rebuté. 11 s'embarqua pour revenir à Rome; dans le trajet il fut pris par des pirates et conduit à Tunis, où il resta esclave pendant trois années, exposé à toutes sortes de mauvais traitements. Racheté en 1595 , il se hâta de revenir à Rome , et parvint enfin , avec l'autorisation du pape , à ètre reçu dans une maison de son ordre. 11 retourna ensuite à Valladolid pour y voir sa mère et passa de là dans les PaysBas , où il fut fait confesseur de l'archiduchesse Isabelle. Il mourut à Bruxelles en 1614 , laissant la réputation d'un prédicateur éloquent. On a de lui un grand nombre d'ouvrages , la plupart théologiques ou ascétiques. Le P. Martial de StJeanBaptiste, dans la Bibliothèque des carmes déchaussés , en cite trentetrois imprimés et trente et un manuscrits; Nicol. Antonio , dans sa Bibi. hispan. , en indique d'autres qu'il avait composés pendant son séjour en Flandre. On se contentera de citer les principaux : 1b Tractatus de jubilceo et anno sancto , 1600 traduit en italien par Jacques Boni ; et mors patriarchoe Joseph , Valence , 1602 en italien , ‘Tenise , 1615, et en français, Paris, 1619 ; 3° Vita del alma, libro que / rata de la imitacion de Christo , etc. , Bruxelles , 1609 traduit en français, Lyon, 1618 , in4°. La plupart des ouvrages ascétiques latins de Gracian ont été traduits en espagnol et recueillis en un volume 4° Tractatus de melancholia ; 5 Abeceda- rium quinque linguarum gr., hebr., arabicce , etc. C'est à tort que des bibliographes ont attribué à ce bon religieux une traduction espagnole de l'Architecture de Vitruve. L'erreur est venue de ce que cette version , faite par Michel de Urrea , 1602 , est imprimée à Alcala , Compluti , apud Joannem Gratianum. Une autre traduction espagnole , antérieure à l'an 1546 , peut encore moins lui appartenir . André de Marmot a écrit la Vie de Jérôme Gracian en latin , , 1619 — Luc GRACIAN, son frère, a composé El Galateo espaliol , Valladolid, 1603 imitée du Galateo de J. de la Casa
  • Jérôme GRAZIANI( 1604 - 1675) : poëte italien , n en 1604, à Pergola , petite ville dans le duché d'Urbin , étudia dans les universités de Bologne et de Padoue, et montra dès sa première jeunesse du talent pour la poésie. Ses premières compositions furent reçues avec applaudissement , et son peine de Cléopiitre, qu'il fit paraître à l'âge de vingtdeux ans , établit sa réputation. François Ier, duc de Modène , qui honorait de sa bienveillance le père de Graziani , pour encourager les talents du fils , appela ce dernier à sa cour, le nomma son secrétaire en 1637, et lui donna le comté de Sarzano, riche domaine dans les États de Reggio. Ce fut sous les auspices de ce généreux Mécène que Jérôme publia la plus grande partie de ses ouvrages : 1° Cleopatra , Bologne, 1626, 1653 Ce peme , en six chants et en octaves , obtint une distinction honorable parmi trois autres qui l'avaient précédé , en Italie, sur le même sujet. Le style en est pur , les vers sont faciles et harmonieux ; mais on peut reprocher à l'auteur quelques jeux de mots aussi déplacés qu'inutiles. 2. La Conquista di Granata, cogli ar- gomenti de Gain, Modène , 1650 ; Venise, Zatta , 1789, 2 vol. Le plan de ce peme , partagé en vingtsix chants et en octaves, est calqué en grande partie sur celui de las Guerres de Grenada, de Mendoza. Ce poeme contient des beautés originales; le style est correct et soutenu, et les caractères de Ferdinand et d'Isabelle de Castille sont de main de maitre. Cependant, malgré les éloges outrés de quelques contemporains de Graziani , cet auteur est, comme poêle , bien inférieur à l'.4rioste, et même à Berni. 3. // Crom- vello , Bologne , '1671. Le succès prodigieux qu'obtint cette tragédie fit bientôt oublier les célèbres Sofonisbe de Bembo et du Trissin , et jusqu'à ce que parut la Alérope du Mafféi , le Crom- well fut considéré comme un ouvrage classique dans son genre , tant pour la vérité des caractères que pour l'observation des règles de Part. 4. Va- rie poesie , Modène , 1662 Ce volume contient des sonnets , des chansons , des madrigaux, etc., qui ont presque tous du mérite. En 1655, Graziani fit un voyage à Paris, où il parait que pour se captiver la faveur du cardinal Mazarin il publia il Colosso , Paris, imprimerie royale , 1656 C'est un panégyrique des talents de ce ministre , où Graziani se livre à tous les éloges ampoulés que peut dicter l'ambition à un poëte courtisan et italien. Déçu de ses espé- rances , il revint à Modène ; et quelques années après il fit imprimer, en 1673, son Applicazione profetica delle gloria di Luigi XIV. Les éloges qu'il donne à son héros, quoique mieux fondés que ceux qu'il avait prodigués au cardinal ministre, ne sont pas sans exagération. Une maladie obli- gea Graziani de quitter la cour de Modène; il se retira dans son pays natal , où il mourut le 10 sep- tembre 1675. Dans la Biblioteca Modenese de Tirahoschi , on trouve des détails assez étendus sur la vie et les ouvrages de Graziani
  • Jérôme GRIMALDI( 1597) : cardinal, né à Gènes en 1n97, était neveu du cardinal Dominique. Ses pre-_mières études furent brillantes, et donnèrent une haute idée de ses talents. Nommé en 16'25 vicelégat de la Romagne, il fut fait trois ans après gouverneur de Rome et évèque d'Albano. Le pape Urbain VIII l'envoya en Allemagne et en France avec le titre de nonce , et le récompensa des ser- vices qu'il rendit au SaintSiége par le chapeau de cardinal qui lui fut expédié en 1643. Grimaldi fut reconnaissant des bontés du pontife; il protégea sa famille contre Innocent X , et s'exposa au courroux (hi nouveau pape, en fournissant aux princes Barberini , malgré sa défense, les moyens de sortir de Rome. Il fut pourvu de l'archevèché d'Aix en 1618; mais Innocent refusa (le signer la bulle de confirmation , et il ne put l'obtenir que de son successeur Alexandre Vil. Arrivé à Aix en 1655 , il fit aussitôt une visite générale de son diocèse, et s'occupa de la réforme des moeurs en plaçant à la tète des paroisses des pasteurs et vigilants. Il fonda un séminaire qu'il dota richement, et qui est devenu une pépinière d'ecclésiastiques savants et vertueux ; il forma des établissements en faveur des pauvres, et l'on assure qu'il distribuait par an cent mille francs en aumônes. Grimaldi avait assisté à plusieurs conclaves; mais il contribua surtout à l'élection d'Innocent XI, dont il admirait la vertu. Devenu doyen du sacré collége , son attachement pour le troupeau que la Providence lui avait confié ne lui permit pas d'aller à Rome jouir des honneurs attachés à cette dignité. Une maladie de langueur acheva de détruire ses forces épuisées par l'âge, et il mourut à Aix le 4 novembre 1685 , à 90 ans. Son Oraison funèbre, prononcée par Thoron d'Arfignoles, chanoine d'Aix, a été imprimée dans cette ville , 1686 On peut consulter une Notice sur cet illustre prélat, par le P. Bougerel , insérée dans le Dictionnaire de Moréri, édition de 1759
  • Jérôme HENNINGES( 1500 - 1597) : savant généalogiste saxon, né à Lunebourg, dans le 16e siècle, eut pour professeur le célèbre Mélauchthon, et après avoir terminé ses études, revint dans sa patrie, où il fut promu au saint ministère. 11 s'appliqua avec beaucoup de zèle à la recherche des antiquités historiques , et mit au jour le résultat de ses travaux dans un ouvrage intitulé Theatrum genealogicum ostentans otnnes omnium cetatum fami- lias : monarcharum , regain, ducum, marchionum, principum, comilum algue illustrium heroum et he- roïtzarum : item philosophorum, oratorum, histori- coram , quotquot a condito naundo asque ad hoec nostra tempora vixerunt , etc., Magdebourg, 1598, 4 vol fig. Il avait déjà publié séparément les différentes parties qui composent cet immense recueil; mais l'édition qu'on vient d'annoncer est la plus belle et la plus complète . Debure et Dav. Clément en ont donné chacun une description trèsdétaillée. Pour avoir la collection entière des généalogies d'Henninges, il faut joindre à cet ouvrage Genealoyioe aliquot familiarum nobilium Debure indigne , dans la Bibliogr. instruct. , ni, &671, comme supplément nécessaire au Theatrum genealogicum, un autre ouvrage intitulé Genealogice imperatorum , etc., dynas- tu it rum , gui ce Saronico tant superiori guam infertori West- pholico et Burgundico comprehendualar ( Ultzenbourg ?, 1557 Mais ces généalogies font une partie du quatrième Volume du Theatrum. L'erreur de Debure est d'autant plus étonnante, qu'il avait sous les yeux le recueil d'Henninges : il est moins surprenant qu'elle ait été copiée par la plupart des bibliographes postérieurs. in Saxonia, que vel a comitibus vel a baronibus ortce, quosdam pontificiam , quosdam episcopalena dignita- tem adeptos produxerunt , Hambourg , 1500 Cette rare édition est ornée de gravures en cuivre de Goltzius et d'autres habiles artistes, et elle est en outre augmentée de pièces intéressantes : c'est donc avec raison qu'on la préfère à celle qui avait déjà paru à Uetzen en 1587. Les critiques ne sont pas d'accord sur le mérite des ouvrages d'Henninges ; quelquesuns l'ont loué avec excès, tandis que d'autres l'ont beaucoup trop rabaissé. On doit convenir, pour ètre juste, que son érudition était immense , et que ses erreurs sont excusables à une époque où la critique historique était encore dans l'enfance. Il mourut le 28 février 1597. — HENNINGES DE .1 ESSEN a composé un dic- tionnaire de la langue des Vénèdes, peuple slave du duché de Lunebourg. Eccard souhaitait vivement la publication de cet ouvrage , resté inédit, mais dont le manuscrit doit se trouver dans la bibliothèque de Wolfenbüttel
  • Jérôme HIRNHAYM( 1635 - 1679) : abbé du MontSion, vulgairement Strachow, ordre de Prémontré, dans la ville de Prague, était né à Troppau en Silésie, l'an 1655, et fut élu abbé de Strachow en 1669: Il est renommé nonseulement pour ses vertus religieuses, mais encore pour son éminent savoir et pour le soin qu'il prit de faire fleurir les bondes études dans sa maison et dans beaucoup d'autres que l'abbé général de Prémontré avait soumises à sa surveillance, en le faisant son vicaire général pour toutes les abbayes de son ordre en Bohème, en Autriche et en Silésie. Il était docteur en théologie et en droit civil et canonique; il avait fait de la médecine et des belleslettres une étude assez profonde; et on l'avait vu donner tour à tour, avec applaudissement, des leçons sur ces diverses branches des connaissances humaines. Il mourut dans son abbaye en 1679. On a de lui : 1° Un Commentaire sur le discours de S. Norbert ses frères ; 2. Recta vitœ 'via, ou Méditations tirées de l'Écriture sainte, et distribuées pour tous les jours de Cannée. La première édition fut mise à l'index pour quelques endroits d'une spiritualité trop raffinée; mais l'abbé Hirnhaym les ayant fait disparaître, l'ouvrage fut permis, souvent réimprimé et mème traduit en plusieurs langues. 5° De Typho generis humant, etc. L'auteur y traite de la vanité de la science et de son danger quand elle n'est point accompagnée de la foi. L'ouvrage est savant, mais il contient plusieurs propositions qui semblent tendre au scepticisme; il fut défendu. On en trouve une bonne analyse dans les Observationes Hallenses , liv. 7, observ
  • Jérôme LAGOMARSINI( 1698) : savant jésuite, et l'un des premiers philologues de son temps , issu d'une famille noble originaire d'Espagne, naquit à Cènes eu 1698, et fit ses études chez les jésuites, dans le collége de Prato en Toscane. Il embrassa leur institut en 1 7 1 . Ses supérieurs l'envoyèrent en 1721 dans le collége d'Arezzo , enseigner les belleslettres. Il savait le latin avec une perfection rare. Bientôt quelques essais divulguèrent son talent , commencèrent sa réputation , et le lièrent avec le célèbre Facciolato , qui s'occupait de son grand Dictionnaire , pour lequel Lagomarsini lui fut souvent utile. Après avoir donné plusieurs cours de littérature et fait sa théologie à Rome, il fut envoyé à Florence, il professa la rhétorique pendant vingt ans. Un grand nombre d'excellents sujets sortirent de son école; et la plus grande partie de ceux qui de son temps cultivaient les lettres ou occupaient des places dans cette ville avouaient lui devoir le développement de leurs talents et ce qu'ils avaient acquis de connaissances en littérature. Tandis que le P. Lagomarsini était à Florence, il eut un démêlé assez vif avec l'abbé Lami , au sujet de certains écrits satiriques qui coururent alors, et dont cet abbé le crut l'auteur ; mais ils étaient du P. Cordara, professeur de philosophie à Macerata ; Lagomarsini n'y avait eu d'autre part que de les avoir revus, corrigés, et d'avoir inséré quelques phrases dans l'avis de l'imprimeur. Vers 1750, le P. Lagomarsini fut appelé à Rome, et nommé professeur de langue grecque dans le Collége romain. Cette destination lui procura l'avantage de se faire connaître personnellement de Benoît XIV, et d'y recevoir de ce grand et savant pape les marques les plus flatteuses d'estime. Le P. Lagomarsini passa le reste de sa vie dans cet honorable emploi, et mourut, avec de grands sentiments de piété, le 18 mai 1773, trois mois avant la suppression de son ordre, qu'il prévoyait et se félicitait de ne point voir. A une littérature immense il alliait un caractère doux et social. Sa politesse était parfaite, quoiqu'il ne fùt pas exempt d'une légère teinte de causticité, mais qui jamais n'était offensive. Zélé pour l'honneur de son ordre et les intérêts de l'Église, il était infatigable au travail, et ne cessa d'écrire que lorsqu'il cessa de vivre. On a de lui : lo iintonii Marie Gratiani de scriptis invita Miner- va, ad Aloysium fratrem lib. , cum notis Hieronymi Lagumarsini. Florence, 1746, 2 vol. . Les notes sont en grand nombre, savantes et de la plus pure latinité. 2° Julii Poggiani Senensis epistole et orationes olim collecte ab Antonio Maria Gratiano, nunc ab Hieronymo Lugomarsinio e soc. Jesu , notis illustratoe et primum editce, Rome, 4762 , . vol. Cet ouvrage coûta à Lagomarsini plusieurs années de travail, et réunit à beaucoup d'autres avantages celui de donner sur le concile de Trente de précieuses lumières sous le rapport de l'histoire ecclésiastique. Lagomarsini y a joint : la Jacobum Augustum Thuabum, posteritatis rmine, ad pain Ille quodam sua carmine proeocacit, actio ; pièce louée pour l'énergie de la pensée et la pureté de la diction ; 3° Orationes septem, editio sexto retractatior et auctior accedit epistola jam edita, qua quid in M. Tullii Ciceronis contra L. Pisonem oratione interciderit demonstratur, Rome, 1753. Ces discours ou harangues , prononcés à Florence par l'auteur, avaient été bien accueillis du public, et plusieurs fois réimprimés en Italie et ailleurs. 4. Epistolœ ad amicum exemplum, in qua judicium fertur de aliquot lacis operis inscripti Noctium sarmaticarue: editio, post polouicam et germanicarn tertia, Bologne , 1755. Le P. Ubaldo Mignoni, piariste, ayant fait imprimer à Varsovie en 1751 une lettre relative aux Noctium sarmaticarum , Lagomarsini la fit réimprimer; elle était adressée à Facciolato, et fut insérée dans la Rat.. colts de Calogerà, t. 10, p: 435. 5° Litterarum ad Jorn. rincentium Lucensem exemplum, quibus judicium ferlur de aliquot loci: libelli Romce, mense septembri anno 4753 vulgati, hoc titulo : Fr. Fincenlii Maria, Dinelli ad Carolum Nocetium, soc.. Jesu theologum, etc.. epistola', Trente, 1754. 11 parait que ce dominicain , professeur à la Casanata, s'était égayé aux dépens du P. Noceti , au sujet du probabilisme. Lagomarsini, dans cet opuscule, se sert des mêmes armes, et fait retomber la plaisanterie sur celui qui le premier l'avait employée. On peut voir à cet égard l'Histoire lietéraire d'Italie, de Tiraboschi , vol. 9, p. 251. 6° Giudicio degli auto? i della Storia letteraria d'Italia, intorno l'ultimo libro de' theatri del padre Concina, Venise, 1756 ; 7. Angelo- Mariee cardinali Quirinio, de Diane Cassio epistola. Cette savante lettre est relative aux corrections faites à Dion Cassius par Reimar ; elle est insérée au quatorzième volume de la Storia letteraria d'Italia, p.167. 8° Lestera al Maffei, intorno alla sua Merope ; elle est rapportée au même volume , p. 284 , avec la réponse du marquis. 9° De origine foiefium car- men. Ce poème , composé en 1726, et que Lagomarsini avait prononcé autrefois à Rome, fut traduit en vers italiens par le P. JeanPierre Bergantini, théatin , et publié avec la traduction des quatre livres Botanicorum du P. Savastano,Venise, 1749 10° De alece Januensis, seu de alece Romane Roman traductœ ratione, elegiacon, auc. tore Golmario Marsiliano. Cette pièce ingénieuse sur la loterie, écrite avec une facilité digne d'Ovide, fut publiée en 1735, dans le douzieme tome du Recueil de Calogerà , et dans la Vende( urbis descriptio d'Azevedo, Venise, 1780. Outre ces ouvrages, le P. Lagomarsini eut part à beaucoup d'autres. Il coopéra aux Lettres qui parurent sous le nom d'Atronio Trascomaco , contre le livre de l'abbé Lami, De eruditione a, vostolorum ; aux Notes du poème sur l'électricité , publiées par le P. Mazzolari, sous le nom de Joseph Mariauus. Parthenius; à la traduction et aux Notes des Oraisons et des Epitres de Cicéron, par le P. Bandiera, et à quantité d'autres ouvrages sur lesquels on venait le consulter. Il laissa une bibliothèque trèsnombreuse, et un travail immense pour une ['daim' de Cicéron qu'il avait entreprise , et au ijet de laquelle il avait compulsé et collationné lus de trois cents manuscrits de la bibliothèque aurentienne ; enfin il a laissé en manuscrit un uvrage en trente volumes, destiné à justifier son oedre de toutes les imputations odieuses par lesquelles on essayait de le noircir, et dont le titre était : Testimonia virorum illustrium Soc. Jesu, ab initio ejusdem repetita ordine chronologico risque ad nostram han( ' ( daim: perpetua, nec unquanz interrupla annorum serie digesta, Il faut ajouter à cela vingt volumes de sa correspcindance avec les savants de son temps. Une partie de ses manuscrits a passé à la bibliothèque du Collége romain , ou à celle du cardinal Zelada
  • Jérôme LAMANNA( 1580 - 1640) : peintre et poUte célèbre du 16• siècle, naquit à Catane, en Sicile, vers l'année 1580. Comme pone il est connu par des rime, insérées dans le recueil intitulé Poesie deSignori accademici fantastici di Roma. Il a fait imprimer à part Licandro, tragi- comedia ; pastorale, idillj, rime, etc. Mais c'est surtout comme peintre qu'il est célèbre. Il mourut en 1640, laissant d'excellents tableaux dont plusieurs se voient encore dans les galeries napolitaines
  • Jérôme LOBO( 1593 - 1678) : missionnaire portugais, naquit à Lisbonne en 1593 , et entra dans la société de Jésus en 1609. Il était professeur au collége de Coïmbre en 1621 , lorsqu'il reçut l'ordre d'aller aux Indes. La flotte sur laquelle il s'embarqua fut obligée de revenir à Lisbonne après une navigation trèspénible ; et Lobo ne put se remettre en mer qu'au mois de mars de l'année suivante. Après des périls sans nombre , il arriva enfin devant Goa au mois de décembre, et resta un an dans cette ville, où il acheva sa théologie. En janvier 1624, il voulut passer en Abyssinie. Débarqué avec un autre jésuite sur l'île de Paté , près de Mombaze, il essaya de gagner par terre le lieu de sa destination. En ayant reconnu l'impossibilité, il partit pour Diu. Le 3 avril 16'25, il sortit de ce port avec Alph. Mendès , patriarche d'Ethiopie , et huit missionnaires ; ils débarquèrent dans le port de Baylour, sur la mer Rouge , et le 17 juin, arrivèrent à Maïgoga, lieu de leur résidence. Lobo fut nommé vicaire général dans le royaume de Tigré. Craignant avec raison les embûches du viceroi , il passa dans une autre province , se rendit ensuite à la cour, et allant dans le royaume de Damot, traversa le Nil à deux journées de sa source, puis fut renvoyé dans le Tigré. L'empereur, qui favorisait les catholiques, mourut , et une violente persécution éclata contre eux. Les Portugais qui se trouvaient dans le pays furent livrés aux Turcs, qui les emmenèrent prisonniers à Massoua . Quant à Labo, comme il avait la réputation d'un homme déterminé, l'empereur avait donné l'ordre de le saisir et de l'envoyer à la capitale mort ou vif. Il fut obligé de rejoindre ses compagnons d' par un chemin détourné. Echappé à ce danger, et emprisonné à Massoua , puis à Souaken , il fut chargé d'aller dans les Indes exposer le triste état de ses confrères, et demander qu'on payât la rançon exigée par le bacha. Il s'acquitta de ce devoir, et en même temps engagea fortement le viceroi à expédier une flotte dans la mer Rouge, et à former un établissement à Massoua. Le viceroi n'avait ni assez de forces ni un pouvoir assez étendu pour exécuter ce projet. Il fut donc convenu que Lobo passerait en Europe. En conséquence, il s'embarqua pour Lisbonne ; mais jamais navigation ne fut plus malheureuse que la sienne. Le bâtiment qui le portait toucha en sortant de Goa, et ensuite se brisa sur la côte de Natal. On resta sept mois dans ce désert, où l'on construisit deux chaloupes. Une d'elles fut bientôt engloutie par les flots : celle où était Lobo doubla le cap de BonneEspérance, et atterrit devant Angole, après quarante jours de navigation. Lobo monta sur un vaisseau destiné pour le Brésil. En arrivant sur la côte , ce bâtiment fut pris par un corsaire hol- landais, qui mit tout l'équipage dans une He déserte. Heureusement, des barques vinrent de terre et passèrent Lobo sur le continent. Accablé de faim et de fatigue, il gagna Carthagène à pied. Après un repos de quinze jours , il profita de l'occasion de la flotte qui partait pour l'Europe ; en approchant du cap StVincent , elle fut assaillie par une tempête, qui la mit à deux doigts de sa perte. Lobo se tira encore de ce pé- ru, descendit à Cadix, et se rendit à Séville, puis à Lisbonne. La vicereine l'écouta favorablement, mais le renvoya au roi d'Espagne. De Madrid, il fallut qu'il fit le voyage de Rome, où il essuya beaucoup de contrariétés de la part du pape et des cardinaux prévenus contre les jésuites de la mission d'Ethiopie. Son zèle n'en fut pas abattu ; il repassa aux Indes en 16,10 , fut recteur de la maison professe de Goa , puis provincial. Enfin, il revint à Lisbonne vers 1656 , et y mourut en 1678. Il publia en portugais la relation de son voyage en Abyssinie , sous ce titre : Histoire de l'Ethiopie, Coïmbre, 1659, 1 vol. L'abbé Joachim Legrand la traduisit en français, non d'après cette édition, mais d'après un manuscrit de Lobo, et la fit paraître avec d'autres pièces, sous le titre de Relation historique d'Abyssinie, Paris, 1728, 1 vol. in4°, avec 2 cartes ; Amsterdam, 1728, 2 vol. . Cette traduction, mise en anglais et abrégée par Samuel Johnson , parut en 173f5 , et a plusieurs fois été réimprimée. L'auteur décrit les sources du Nil de la même manière que Bruce; mais il ne dit pas qu'il les ait visitées, comme l'affirment quelques écrivains. Bruce s'est quelquefois exprimé un peu durement sur le compte de Lobo , et a mérité ensuite luimême qu'on lui adressât les mêmes reproches. On trouve dans le tome 2 du recueil de Thevenot une Relation du P. Je- ronymo Lobo, de l'enyire des Abyssins, des sources du Nil, de la Licorne , etc. Ce morceau , dit Legrand, n'est que le fruit de quelques conversations que M. Sotwell, ambassadeur d'Angleterre, et M. Toynard avaient eues avec Lobo en 1666 et 1667. A cet extrait est jointe une petite carte, qui offre le plan de trois ports de la côte occidentale de la mer Rouge. Quoi qu'en dise Legrand , il parait que cette relation donnée par Thevenot a été traduite sur un manuscrit portugais, car c'est comme telle qu'elle parut en anglais à Londres , précédée d'une délibération de la société royale qui ordonnait qu'elle serait publiée par son imprimeur en 1688. Cet opuscule fut réimprimé sous ce titre : Relation suc- cincle du fleuve du Nil, de sa source et de son cours, de son débordement dans les plaines d'If:- gypte jusqu'à son embouchure dans la Méditerranée, et d'autres curiosités ; écrite par un témoin oculaire, qui a demeuré plusieurs années dans le royaume principal de l'empire d'Abyssinie, Londres , 1798, 1 vol. Les éditeurs disent , dans leur préface, que l'auteur de cette relation est le P. Lobo, et le justifient des imputations calomnieuses de Bruce. M. Salt, le voyageur européen qui a visité l'Abyssinie, rend justice à Lobo : « Quoique « M. Bruce , ditil, eût l'habitude de maltraiter « les jésuites, il ne dédaignait pas de leur faire « des emprunts assez considérables , ce dont le « lecteur peut juger en comparant ses écrits avec « ceux de Tellez et de Lobo. » Thevenot a mis à la suite de la Relation de Lobo un morceau Décourerte de quelques pays qui sont entre l'empire des Abyssins et la côte de Melinde; c'est le récit du voyage du P. Antoine Fernandez
  • Jérôme LOMBARDO( 1510) : sculpteur , né à Ferrare, vers 1510, fut élève d'André Contucci. Le Sansovino , chargé par le pape Clément VII de la reconstruction de NotreDaine de Lorette, ayant été rappelé à Florence pour y terminer la bibliothèque Laurenziana , Lombardo fut désigné pour le remplacer. Il s'établit à Recanati, et y demeura jusqu'en 1560. Ses premiers ouvrages furent six statues de prophètes en bronze, qui obtinrent l'approbation générale. Il termina le basrelief représentant l'Adoration des mages, que son maître avait laissé imparfait. Il fit ensuite la belle lampe qui fut longtemps suspendue derrière la SteChapelle ; la statue en bronze de la Vierge, placée sur la façade de l'église, et les quatre magnifiques portes de bronze de la SantaCasa , qu'il orna de figures et d'emblèmes mystérieux , tirés du Nouveau Testament ; enfin il exécuta des cornes d'abondance soutenant les lampes qui éclairent le devant de l'autel du StSacrement , ainsi que les chandeliers placés sur cet autel. Les ornements représentant des feuillages et les figures en ronde bosse dont il enrichit ces candelabres étaient faits avec une délicatesse et un goût exquis. Lombardo s'était marié à Recanati il eut quatre fils, nommés Antoine, Pierre , Paul et Jacques , qui , comme lui , cultivèrent la sculpture, et furent d'habiles fondeurs. lis exécutèrent conjointement la belle porte en bronze du milieu de la SantaCasa ; elle est enrichie de beaux ornements du meilleur goût, et représente l'Histoire d'Adam et d'kve.— Fra Aurelio L031BARDO, frère de Jérôme, embrassa la vie monastique , ce qui ne l'empècha pas de cultiver la sculpture. Appelé par son frère à Recanati, il partagea quelquesuns de ses travaux, et l'aida particulièrement à fondre un magnifique tabernacle en bronze , destiné par Paul III à la chapelle Pauline, au Vatican, mais dont Pie IV fit présent à la cathédrale de Milan. Jérôme eut pour élève Antoine Calcagni. — Pierre LOMBARDO, architecte et sculpteur vénitien , florissait dans le 15e siècle. En 1482, il sculpta à Ravenne le tombeau élevé au Dante, près de l'église de StFrançois. C'est sur ses plans que fut élevée, à Venise, l'église , à Rialto , qui avait été consumé par un incendie. Il donna les plans de l'église de SteMarie Mère de Dieu ; de l'école de la Miséricorde ; du couvent de SteJustine , à Padoue , et de plusieurs autres édifices remarquables encore aujourd'hui. — An- toine LOMBARDO , fils du précédent , et son élève, cultiva la sculpture et l'architecture. Il exécuta, conjointement avec son frère Tullio, les beaux basreliefs qui décorent la chapelle del Santo, à Padoue. C'est Antoine qui sculpta, dans la neu- vième et dernière arcade, l'histoire de cet enfant de Ferrare , né depuis peu de jours , et qui , par ses paroles et son geste, fit connaftre , au commandement du saint , quel était son véritable père, et détruisit ainsi les soupçons que cet homme avait conçus sur la fidélité de sa femme. C'est encore à lui que sont dues les deux statues placées sur le maitreautel de l'église des religieuses de SteJustine, à Venise. Alexandre Leopardi avait été chargé de la fonte des statues en bronze qui ornent la chapelle de la Vierge dite della Searpa, dans l'église de StMarc ; mais ayant eu quelques difficultés avec Lombardo, qui avait l'entreprise de ces travaux, il les aban- donna, et ils furent terminés par Antoine. Cet artiste , qui parait avoir été d'un caractère difficile et intrigant, supplanta encore Leopardi dans la construction du collège de la Miséricorde, qui, en 1507, lui avait été confiée par le gouverneur de cet établissement ; il en avait fourni les plans, qui furent acceptés , et il allait commencer les constructions lorsque Lombardo parvint, en 1515, à se faire adjuger les travaux et à faire remercier son rival. — TUlliO L0318A500, frère du précédent , fut comme lui élève de son père, et ne fut pas moins habile dans les deux arts cultivés avec tant de succès par sa famille. Il édifia à Trévise l'église de la Madone Grande , trois chapelles dans celle de StPolus , et la chapelle du StSacrement dans la cathédrale. Les statues qui ornent cette chapelle sont dues à son ciseau; elles ont conservé jusqu'à ce jour une réputation méritée ; le style en est grandiose et les draperies bien ajustées et pleines d'élégance. A Venise, il construisit l'église de StSauveur. Le plan en est original ; il est en croix de patriarche , et présente trois nefs transversales, une plus grande à l'extrémité, et deux moins étendues, niais (l'égale grandeur au bas de la nef supérieure. Elle offre ainsi trois croix formées de trois arcs immenses qui s'élèvent jusqu'à la voûte. De chaque côté de ces arcs , il y en a d'autres qui ne s'élèvent que jusqu'à moitié et qui font quatre petites chapelles. Les pilastres principaux qui soutiennent la voûte sont corinthiens ; ils sont sur des piédestaux et supportent une belle corniche. Les pilastres des chapelles sont ioniques. Cette composition est louée pour son unité et son élégance. Tullio dirigea d'abord les travaux du monastère des chanoines réguliers de StSauveur , que termina son neveu, Sante Lombardo. La sacristie, le réfectoire, les escaliers et les cours sont pleins de majesté. Comme sculpteur, on doit au ciseau de cet habile artiste les statues d'Adam et d' Eve, qui font partie du mausolée d'André Vendramino, ouvrage du fameux sculpteur Leopardi. On lui doit encore les deux lions en marbre , placés à l'entrée principale du collége de StMarc , à StPierre et StPaul ; les deux basreliefs qui ornent la façade principale ; les basreliefs des douze Apôtres, qui décorent l'autel de l'église de St- Jean Chrysostome, ainsi que les deux petites statues placées sur le maîtreautel de l'église de SteMarie aux Miracles, construite par Pierre Lombardo, son père. Mais ces plus beaux ouvrages sont les deux grands basreliefs en marbre qu'il exécuta dans la chapelle del Santo, à Padoue, et dont les figures sont presque de grandeur naturelle ; il les fit en 1525. Celui qui est placé dans la sixième arcade, ,représente le Saint montrant dans une boite le coeur encore palpitant d'un avare mort depuis plusieurs jours; celui qu'on voit dans l'arcade suivante, le Saint remettant à Léonardo, jeune Padouan, le pied qu'il s'était coupé pour se punir d'avoir frappé sa mère. Tullio était mort en 1•'59. — Sante LOMBARDO, né à Venise, en 1504, neveu des précédents, et leur élève, n'est connu que comme architecte. C'est lui qui construisit à Venise le grand escalier et la façade du collège de StRoch, ouvrage universellement admiré; on estime cependant encore davantage le palais Vendramino, qu'il fit élever. L'ensemble de l'édifice est plein de grandeur , et les riches ornements dont la corniche est chargée sont du meilleur goût. On attribue encore à Sante Lombardo le palais Trevisani , à SteMarie Formose, et celui de Gradenigo. Cet artiste mourut le 16 mai 1560. — Martino LOMBARDO, de la même famille que les précédents, s'adonna comme eux à l'architecture. On estime, avec raison, le collège, ou la Confraternité de St- Marc, qu'il fit bâtir à Venise. On lui attribue encore la construction de l'église de StZacharie , dont le style tient beauconp de l'édifice que nous venons de citer. — Moro LOMBARDO , son fils, fut l'architecte de l'église de StJean Chrysostome
  • Jérôme LOMBARDI( 1707 - 1792) : philologue italien , né à Vérone en 1707, fut admis chez les jésuites, et professa les humanités dans différents colléges. Ses talents lui méritèrent l'estime de la plupart des hommes éclairés de l'Italie, avec lesquels il entretenait une correspondance sur des objets de littérature et d'érudition. Il eut aussi l'avantage d'être remarqué du pape Benoît XIV ; et ce pontife, qui cultivait luimême les lettres d'une manière si brillante, se plut à l'encourager. Après la suppression de la société, Lombardi continua d'habiter la maison professe des jésuites à Venise, dont il était le bibliothécaire ; et il mourut le 9 mars 1792. On lui attribue : P Notizie spet- tanti al capitolo di Verona, Rome, 1752; 2° Vita. della B. Angela Merici di Brescia., fondatrice della compagnia di Sta- Orsola, Venise, 1781 ; 3. Fifa della B. Giocanna Bonomo, monaca benedittina, Bassano, 1783. On doit encore au P. Lombardi des éditions : 1° de deux Dissertations du P. J. Luc Zuzzeri, l'une sur une médaille d'Attale Philadelphe , et l'autre sur une médaille de Faustine, Venise, 1747 ; 2° des Epistolce ad dirersos, par Georges Stobée , évêque de Laubach , Venise, 1749 ; 3° de la Coltivazione, poënie de Louis Ala- manni , ibid., 1751 ; 40 du Carême du P. Sagramoso , ibid., 1764 ; 5° et enfin de Dissertations, extraites de l'ouvrage de Benoît XIV, De canoni- satione sanctorum. Le P. Lombardi a laissé en manuscrit des corrections et des additions importantes pour le grand Dictionnaire de la Crusca. Ws.
  • Jérôme MACCHIETTI( 1541) : peintre, surnommé del Crossifissajo, naquit à Florence vers 1541, et fut élève de Ridolfo del Ghirlandajo. Après avoir. durant six ans, aidé Vasari dans ses travaux au palais vieux des grandsducs de Toscane, où luimême peignit avec distinction/PM/Ceci les filles de Pélias, il se rendit à Rome pour perfectionner les grandes dispositions que la nature lui avait données. Pendant deux ans d'études assidues, il exécuta plusieurs tableaux, et surtout un grand nombre de portraits, genre pour lequel il avait le plus rare talent; puis il revint à Florence, où ses ouvrages, quoique peu nombreux, lui méritèrent les suffrages de tous les connaisseurs. Parmi ceux qui obtinrent le plus de succès, on distingue une Adoration des Mages, dans l'église de StLaurent, et un Martyre de St- Laurent, à SteMarieNouvelle, dont Lomazzo fait le plus grand éloge. Borghini luimême, si porté à la critique, après en avoir loué la beauté, l'expression et toutes les autres parties, y trouve à peine quelque chose à reprendre. Ce tableau, peint avec la plus grande délicatesse, est certainement un des plus beaux de cette église. Macchietti, appelé en Espagne, fut employé à quelques travaux. Revenu en Italie, il s'arrêta à Naples, où il fit les tableaux de la Samaritaine, de l'Incrédu- lité de St- Thomas et de St- Michel vainqueur du dé- mon. A Bénévent, il exécuta plusieurs ouvrages que quelques historiens mettent audessus de ceux mêmes qu'il avait peints dans son pays. Baldinucci, qui en parle avec les plus grands éloges, ajoute que la plupart ont péri dans le tremblement de terre qui eut lieu de son temps, les 5, 6 et 7 juin 1668, et qui renversa la majeure partie de Bénévent. De cette dernière ville, Macchietti retourna à Naples, où il peignit un Baptême de Jésus- Christ, qui, depuis a été transporté à Messine, dans l'église des Florentins. Enfin il exéeu ta 'quelques tableaux de batailles dans une des salles du palais Albani, à SanGiovani, près d'Urbin
  • Jérôme MAGGI : autre savant du 16. siècle , 11é à Anghiari , dans la Toscane, fréquenta les universités de Pérouse, de Pise et de Bologne, où il eut pour maître le fameux Robertello, dont il reçut des témoignages d'une bienveillance particulière. Dès le temps qu'il suivait son cours de droit à Pise, il employait ses loisirs à étudier l'architecture militaire et à rechercher les antiquités répandues dans les environs de cette ville : il les dessinait ; et lorsque le hasard lui procurait la découverte de quelques médailles, il éprouvait une joie sans égale. 11 s'appliqua bientôt à déchiffrer les inscriptions ; mais l'attrait' qu'avait pour lui ce genre d'étude ne le détournait pas de la lecture des auteurs de droit ; et il nous apprend luimême que, s'il fut d'abord tenté de suivre les traces de Budé et d'Alciat, plus habiles antiquaires encore que grands jurisconsultes, il ne tarda pas à sentir la nécessité de prendre pour modèles Barthole et ses successeurs. Maggi était jeune encore lorsque ses compatriotes le députèrent vers les Florentins. Jacques Yitelli , prince d'Amatricani , dans le royaume de Naples, lui donna ensuite la place de juge ; et l'on voit par une de ses lettres qu'en 1560 il la remplissait depuis deux ans. Ce fut à peu près vers ce tempslà qu'il s'établit à Venise , où il publia différents ouvrages qui commencèrent sa réputation : il fut nommé juge dans l' ile de Cypre, et se trouva au siège de Famagouste, dont il retarda de plusieurs mois la prise par des machines de son invention ; niais enfin cette ville étant tombée au pouvoir des Turcs, Maggi fut fait prisonnier et vendu à un capitaine de vaisseau qui l'emmena à Constantinople. Il chercha dans l'étude des consolations à sa captivité ; et sans autre secours que celui de sa mémoire , il composa dans sa prison deux petits traités, l'un De tintinnabulis , l'autre De equuleo , qu'il dédia aux ambassadeurs de l'empereur et du roi de France, alors à Constantinople. Tous deux s'occupèrent aussitôt des moyens de délivrer Maggi. Tandis qu'ils négociaient son rachat , il trouva moyen de s'évader et de se réfugier à l'hôtel de l'ambassadeur impérial ; mais découvert dans cette retraite, il fut ramené en prison par l'ordre du grand vizir MéhémetPacha, qui le fit étrangler dans la nuit du 27 mai 1572. Ainsi périt dans un âge peu avancé un savant trèsdistingué et digne d'un meilleur sort. On a de Maggi : 1° I cinque pri? i calai della guerra di Fiandra, Venise, 1551 Le fameux P. Aretin est l'éditeur de ce poëme, qui n'a pas été connu de Quadrio. 2° De mundi exilstione et de die judicii , Bàle , 1562 s Cette matière v est traitée suivant les principes des stoïciens. 3° Varice lectiones scu Miscellanea, Venise, 1564 ; recueil d'excellentes observations sur un grand nombre de passages des auteurs grecs et latins. Gruter les a insérées dans le tome 2 du Thesaurus critieus. Della fortificazione delle cirre, imprimé à la suite du Traité des fortifications de Castriot en 1561 ; et séparément avec des additions, Venise, 1584 Cet ouvrage, qui est fort curieux, contient la description de beaucoup de machines de guerre de l'invention de Maggi, et dont il employa quelquesunes avec succès à la défense de Famagouste. 5° De tintinnabulis , Hanau, 1608 précédé de la vie de l'auteur et accompagné de notes par Sweert, Amsterdam, 1664 fig., jolie édition. Sallengre a inséré cette petite dissertation dans le Thesaurus norus antiquitat, romanar., t. 2. 6. De equuleo , Hanau , 1609 , avec des notes de Godef. Jungerman ; réimprimé par Raph. TrichetDufresne , à la suite de l'édition du traité d'Ant. Gallonio : De SS. . 1Iartgrum cruciatibus , Paris, 1660 ; et Amsterdam, 1661 fig., avec des extraits d'ouvrages sur la mème matière. Ces deux petits traités sont assez souvent réunis dans le mème volume. On cite encore de Maggi des Commentaires sur les Institutes de Justinien, Lyon ; des Notes sur les Vies des hommes illustres de Cornelius Nepos, Bàle, 1563 dont Lambin. diton, a beaucoup profité pour son travail, mais sans nommer Maggi ; la Preface et l'analyse du livre De foto, par Jules Sirenio, Venise 1565 et une hie de Paul 1/, insérée par Caracciolo dans les Preuves de l'histoire de ce pontife. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages inédits, dont on trouvera la liste à la suite de la Vie de l'auteur par Sweert, et dans les Eloyes de Telssier, t. 2, p. 370 ; les plus remarquables sont : un traité De sepulcris et sepeliendi rite; et un autre : Degli ingeyni e secreti militari. Tiraboschi prouve que ce dernier ouvrage est le mème que celui dont Morelli a donné une notice dans le Catalogue de la bibliothèque Nani à Venise
  • Jérôme MANFREDI : médecin et astrologue , professait cette double science dans le 15° siècle, à l'académie de Bologne , où ses leçons attiraient un grand concours d'auditeurs. Comme médecin , il était occupé lui seul plus que tous ses confrères ; et l'on ne doit pas être surpris , s'il est vrai , comme Garzoni l'assure , qu'il tiret d'affaire les MaladeS les plus désespérés. Tous ceux . connaître l'avenir s'adressaient égaleMent à Manfredi , qui leur prédisait , sans jamais se tromper, tout ce qui devait leur arriver. Avec ce beau talent, de pauvre qu'il était , en fort peu de" temps il devint trèsriche, preuve irréCnsable que la profession d'astrologue pouvait ètre utile du moins à ceux qui l'exerçaient. litais, malgré toute sa science, Manfredi ne fut pas assez pour deviner l'époque de sa mort. Il avait promis de publier dans les premiers mois de l'année 1493 un ouvrage tout rempli de faits merveilleux ; mais il mourut en 1492 et fut inhumé dans l'église SteMarguerite, avec une épitaphe. On a de lui : 1° Liber de bolnine et conservatione sanitatis, Bologne, I47ti Cette première édition trèsrare a été décrite par Fossi dans le Catal. codic. bibi. t. 2, p.139. Quoique le titre et les préliminaires soient en latin , l'ouvrage est en italien . Dans les réimpressions il est intitulé II Perdre, parce que ce mot commence tous ses chapitres. C'est, comme on voit, une suite de questions avec les réponses : il en est plusieurs de bien singulières. La plupart sont tirées des Problèmes d'Aristote. 2. Trattato della peste, Bologne, 1478 L'auteur traduisit luimême son ouvrage en latin, ibid., 1479 , même format. 3° Proynosticum ad annum Iril79 , ibid. ; Centiloquium ( le medicis et infirmis, ibid., 1489 On trou\ e une notice détaillée sur Manfredi dans les Scrittori Bolognesi de Fantuzzi , t. 5, p
  • Jérôme MEGISER( 1555 - 1616) : laborieux philologue allemand , était né vers 1555 , à Stuttgard , dans le Wurtemberg. Son père , l'un des pasteurs de l'église de cette ville , lui enseigna les éléments des langues anciennes, et l'envoya en 1571 à l'université de Tubingue , où il reçut les leçons de Crusius , l'un des plus célèbres hellénistes de son temps. Ses progrès furent trèsrapides ; on le vit plus d'une fois traduire en vers héroïques grecs une prédication qu'il venait d'entendre. Il reçut en 1577 le degré de maître ès arts ; il s'appliqua alors à l'étude de l'histoire et de la géographie, et apprit en même temps les langues orientales, qui avaient été assez négligées jusqu'à cette époque en Allemagne. Megiser visita ensuite une partie de l'Europe, tantôt seul, tantôt dans la société de que!ques gentilshommes qui se chargeaient de le défrayer en route. On apprend par la dédicace de la Description dc Venise que Megiser avait fait un voyage en 1588 avec le baron de Weyer, et qu'il avait le projet d'en publier la relation, mais que les circonstances ne lui avaient pas encore permis de l'exécuter. Fatigué de courses qui ne lui laissaient pas le temps de songer à sa fortune, il résolut de se fixer dans les États de la maison d'Autriche, et il habitait en 1591 Grœts dans la ' Styrie. Il fut ensuite, pendant sept ans, recteur d'un collége de Clagenfurt. Les jésuites, informés qu'il cherchait à dogmatiser, parvinrent à l'éloigner, et il transporta son domicile à FrancfortsurleMein, où il se maria. L'électeur de Saxe, Christian II, l'appela en 1603 pour être profes- seur extraordinaire à Leipsick, et le nomma son historiographe ; mais son extrême vivacité ne lui permettait de se fixer nulle part. En juin 1605, . il entreprit de former à Gera un établissement d'instruction publique sur un nouveau plan, pour lequel il rédigea des statuts fort estimés. L'électeur le rappela en 1609 à Leipsick ; trois ans après, il se retira à Lintz , dans la haute Autricne , avec les titres de comte palatin et d'historiographe de l'archiduc Charles. Il y mourut en 1616. Megiser conserva toujours son , et vécut du produit de ses écrits qu'il faisait imprimer à ses frais. On a de lui un trèsgrand nombre d'ouvrages , tant en latin qu'en allemand. Rotermund en compte vingtcinq, outre ceux dont il ne fut qu'éditeur. On se contentera d'indiquer ici les plus importants 1° Catéchisme, en vers hexamètres grecs , avec une version latine, 1584, ; 2. Dictionarium quatuor linguarunt , Grœtz, 1596 3^ Spednieu XL diver- sartim atquc inter se diferentium linguarum et dia- lectorum; videlicet °RATIO DOMINICA totident linguis expressa, Francfort, 1592 ; 1593, in4° . C'est le recueil le plus complet qui etit paru jusqu'alors des traductions de l'Oraison dominicale en plusieurs langues ; Gesner, en 1555, n'en avait donné que vingtdeux dans son Mithridates; et Angelo Rocca , qui les reproduisit en 1591, n'y en avait ajouté que trois . 4. Thesaurus polyglottus sel dic- tionarium multilingue ex quadringentis circiter l guis, dialectis , idiomatibus et idiotismis constans ibid., 1603 de 1615 pages à 3 colonnes ; ouvrage trèsrare , mais moins que le précédent, qui a été inconnu à tous les bibliographes français. Quoique imprimé depuis plus de deux siècles, le Thesaurus de Megiser est encore le recueil le plus ample que nous ayons des versions de chaque mot en un grand nombre d'idiomes différents ; le mot Panis y est traduit en soixantesept langues. L'ouvrage entier contient plus de huit mille articles, dont chacun offre la version du mème mot en quatorze ou quinze langues. Les recueils donnés par Hervas et par Pallas sont Plus précieux , sans doute, pour les langues d'Asie et d'Amérique ; mais ils donnent si peu de mots , qu'ils ne peuvent nullement remplacer celui de Megiser, qui est fort exact pour un grand nombre de patois ou dialectes provinciaux. Ce prodigieux travail, que l'auteur avait commencé dès sa jeunesse , serait plus instructif s'il était rangé par langues comme ceux de Hervas et de Let ; et il serait peut-ètre plus utile si l'auteur avait suivi l'ordre alphabétique des mots euxmêmes au lieu de se borner à l'ordre alphabétique des mots latins qui forment le titre de chaque article ; les mots grecs , arabes , et ceux des autres langues exotiques , y sont en lettres latines. 50 Institutionunt linguoe turcicœ libri 4, Leipsick, 1612 Dans la dédicace à l'empereur Mathias , alors roi de Hongrie , l'auteur observe Megiser donna en 1603, en allemand C'est par erreur que dans le Catalogue Falconet , on en cite une édition de 1652, l'exemplaire de Falconet, con- servé aujourd'hui à la bibliothèque de Paris, est bien réellement de 1603. 1 opsonia, curante Porsio , ibid . , 1614. L'abbé Mercier de StLéger a indiqué cette supercherie dans une lettre à Chardon la Rochette, insérée au Magasin encyclopédique, ! le ami. . t. 1", p. 77 et suiv. 7" Icones et rihe paparune à S. Pe- rages que Megiser a publiés eu allemand on distingue : les Annales de Carinthie , Francfort , 1608 ; Leipsick , 1612 2 vol. — une description de Malte, sous le titre de Propugnaculum Europoe, tra. — Diarium Austriaeum seu kalendarium domus Ausiriœ , etc., Augsbourg , 161%, in.80; — Deli- ordinum equestrium , etc. , Leipsick , 1617. Megiser a donné une édition de la Rhétori- que de Nicodème Frischlin , dont il avait été lélève , et il a publié quel- ques extraits à l'usage des écoles. Il a traduit en allemand le l'oyage en Afrique de Louis de Barthema ,Vartomannus) , Leipsick 1608, 1610 ceux de Marco Polo , ibid., 1611 — L' Histoire abrégée du voyage du P. Quirini ou le Nord ancien et nouveau, ibid., 1613 — La Description de l'ide de Madagascar, 1604 re ; 1609, 1624 fig. On y trouve un vocabulaire madécasse assez étendu Vater, Mithridat). Le Nouveau monde du Nord- Ouest, avec la relation de la découverte faite en 1612 d'un nouveau passage à la Chine par le nord, etc., Leipsick 1613; ibid., 1636
  • Jérôme MELANDRI-CONTESSI( 1784 - 1833) : médecin italien, naquit en 1784 , à Bagnacavallo , dans les Etats pontificaux. Après avoir étudié la chimie à Ravenne, puis à Bologne . il passa à l'université de Pavie, où il se fit recevoir docteur en 1806. L'année suivante, il publiait , avec Moretti plusieurs Mémoires qui lui valurent la chaire de chimie à l'université de Padoue. Il ne cessa d'enseigner avec distinction jusqu'à sa mort, arrivée le 22 février 1833. Outre un grand nombre (le Mémoires insérés dans le Journal de chimie et de physique de Parie, dans les Mémoires de l'am( kmie de Padoue , dans les Annales des sciences du royaume Lombardo- Vénitien, et autres recueils, Melandri a publié, en 1826, un Traité de chimie qui contient plusieurs expériences nouvelles
  • Jérôme MERCURIALE( 1530 - 1606) : en latin Mercurialis, célèbre médecin italien, naquit à Forli, le 30 sep- tembre 1530, d'une famille distinguée. Après de solides études préliminaires, il alla suivre des cours de médecine à Bologne , et son application 1 le rendit en peu de temps fort habile. Il reçut le bonnet de docteur dans l'université de Padoue. De retour à Forli, ses talents et les qualités émi- 'lentes de son esprit lui méritèrent l'estime générale de ses concitoyens, qui lui en donnèrent une preuve signalée en l'envoyant à Rome, en 156, pour traiter d'affaires importantes à la cour de Pie IV. Le cardinal Farnèse, frappé du mérite de Mercuriale, le sollicita instamment de se fixer dans la capitale du monde chrétien. Durant les sept années qu'il y passa , sauf quelques courtes absences , Mercuriale s'occupa de l'enseigne - . 7° Tractatus de maculis pestiferis et de hydrophobia, Padoue, 1580 ; Venise, 1601 ; 8° De moi- bis muliebribus prœlectiones, Bâle, 1582 par les soins de Gaspar Bauhin ; Ve- nise, 1601, 1608 ; ces deux dernières éditions augmentées par Mich. Columbo ; 9° De morbis puerorum, Venise, 1583, in4°, par les soins de Jean Chrosczsieyoroski ; ibid. , 1615 ; Francfort, 158& ; ouvrage peu solide, trop servile pour les anciens et sans critique, qui a été traduit en allemand par P. Uffenbach, Francfort, 1605 10° Censura et disposiiio operum Hippocratis, Venise, 1583, in4° ; Francfort, 1585 C'est une sorte de préparation à une nouvelle édition des OEurres d'Hippocrate, dans la division desquelles l'auteur s'est montré assez judicieux , quoiqu'on puisse lui reprocher parfois trop de hardiesse dans ses conjectures. 110 De venenis et morbis venenosis , par les soins d'Alb. Schlegel, Francfort, 1584 ; Bâle, 1588 ; Venise, 1601, in4° ; ouvrage peu digne de la réputation de Mercuriale. 12° De de- coratione liber, acced. de varicibus et de reficiendo naso , Venise , 1585, avec le Traité des maladies cutanées ; ibid., 1601, 1625, in4° ; par les soins de Jules Mancini, Francfort, 1587 ; 13° Con- sultationes et responsa medicinalia, t. 1, Venise, 1587 t. 2, 1590, t. 3, 1597, publiés par Mich. Columbo ; t. 4, 1604, par Guil. Athenio ; les quatre tomes réunis par Mondino , Venise , 1620-162k ; 14° Hippocratis opera, grœce et latine, Venise, 1588 Mercuriale divise les ouvrages d'Hippocrate en quatre classes, dont la première renferme les écrits authentiques de ce grand homme ; la seconde , ceux qui sont également de lui, mais qui ont été publiés par ses fils ; la troisième comprend les livres appartenant à ces derniers et où l'on retrouve la doctrine paternelle ; enfin dans la quatrième classe sont rangés les écrits supposés. Mercuriale s'est montré, sinon exempt d'arbitraire, au moins profond philologue dans ce travail important, pour lequel il mit à contribution les manuscrits du. Vatican. 15° Tractatus de compositione medicamen- torum ; de morbis oculorum et aurium, Venise, 1590, 1601 ; Francfort, 1591, 1601 ; ouvrage publié par Columbo ; 16° Commentarii eruditissirni in Hipporratis prognostica, prorrhetica et historias epidemicas ; accendunt tractatus de ho- minis generatione. aqua et vino, et balneis Pisanis. Cette collection , qui porte aussi le titre de Proe- lectiones Pisanc e , a été mise au jour par Marc Cornacchini, Venise , 1597 ; Francfort, 1602 ; 17° Medicina practica, par les soins de Pierre de Spina, Francfort, 1601 , 1602 ; Lyon, 1618, 1623, in4? ; Venise, 1627 ; cette dernière édition , la plus complète, est de Guil. Athenio. Ce Traité , que Mercuriale dicta en 1586 à ses élèves , se ressent beaucoup de la doctrine des intempéries de Galien ; les préceptes relatifs au traitement de la syphilis sont assez rationnels : l'auteur avait l'espoir que ce fléau serait un jour détruit. 18. In omnes Hippocratis aphorismos prcelectiones Patarinoe , in quibus obscuriores loci elucidantur et problemata enodantur, édition de Maximilien Mercuriale, fils de Jérôme, Bologne, 1619 ; Forli, 1625 ; Lyon, 1631 ; 19° In secundum librum Epidemicorum Hippocratis prœlectiones Bo- nonienses, Forli, 1626 ; 20° Opuscula aurea et selectiora, Venise, 1644 Nous passons sous silence quelques ouvrages posthumes de peu d'intérêt ; on peut pour plus de détails consulter Tiraboschi , et Bcerner
  • Jérôme MERCIER : né à StJunien, petite ville du Limousin, était trèsrenommé au parlement de Paris , où il exerçait comme avocat en 1656. 11 a composé, dit Colin , Lemov. mnli1. erud. p. 65, des commentaires sur les Institutes de Justinien, imprimés à Paris en .1659. Mais il fut plus connu par l'ouvrage intitulé le Parfait pra- ticien français réformé suivant l'usage qui se pra- tique à présent par toute la France, contenant la manière de traiter toutes les questions en matière ci- vile, criminelle, bénéficiale, de finances, domaines du roi , aide- tailles et gabelles, lods et ventes, et de criées, tirée des ordonnances et des arréts des cou- tumes de France, très- nécessaire aux juges, procu- PCUIV, plaideurs, traitants, commis et généralement ic toutes personnes qui veulent s'instruire dans la pra- tique, dans les procès, Paris, 1685 — Jean NERclEn , né à Limoges , fut conseiller et maitre des requêtes de Madame , soeur du roi. Il .cœnposa : Traité pour le baptéme des petits enfants , contre l'anabaptisme des ministres de Paris, 160, i
  • Jérôme MERCURIO( 1500) : né à Rome dans le 16' siècle, étudia la médecine à Bologne en 1568, et fréquenta ensuite les cours de l'université de Padoue. Il résolut tout à coup de s'éloigner du monde, et prit l'habit de StDominique à Milan. Il s'appliqua pendant quelques mois à la théolo- gie, et fut renvoyé par ses supérieurs à Padoue Le titre de l'édition de 1601, que.nous avons sous les yeux, porte : Libri, etc., post obitum autoris in lucem editi, C'est une grave erreur, puisque Mercuriale ne mourut qu'en 1606. MLF y suivre les leçons de cette science et y recevoir ses degrés ; mais son ancien goût pour la médecine ne tarda pas à se réveiller, et les succès qu'il obtint dans le traitement de différentes maladies le déterminèrent à renoncer à la théologie pour s'appliquer entièrement à l'art de guérir. Bientôt il se vit prôné par les plus grands seigneurs, dénigré par les médecins et tourmenté par ses supérieurs , qui lui reprochaient ses continuelles à la règle. Il se repentit alors d'avoir pris des engagements qui étaient audessus de ses forces ; et s'étant échappé de son couvent, il suivit en France, comme médecin, Jérôme Lodrone , commandant des troupes allemandes , sous les ordres d'Anne de Joyeuse ; il avait quitté son nom de Jérôme pour prendre celui de Scipion , sous lequel il parcourut la plus grande partie de l'Europe. De retour en Italie, après en avoir visité les principales villes, il s'établit à Peschiera, où il acquit en peu de temps, par l'exercice de son art, une somme assez considérable avec laquelle il se proposait d'acheter un domaine sur les bords du lac de Garda , où il achèverait tranquillement une vie trèsagitée mais tourmenté par l'idée d'avoir rompu ses voeux et trahi ses serments, il reprit l'habit de StDominique en 1601, et se soumit à la pénitence qu'on voulut lui imposer pour le scandale qu'il avait donné. Il continua cependant de pratiquer son art avec la permission de ses supérieurs , et termina ses jours en 1615 à Rome, suivant Mandosio, ou, selon d'autres, à Venise ou à Milan. M. Portal traite Mercurio comme un charlatan , et on ne peut pas dire qu'il ait tout à fait tort . Parmi les ouvrages que ce moinemédecin a composés et dont on trouvera la liste dans la Bibliothèque des PP. Echard et Quetif, t. 2, p. 399 et suivantes, on ne citera que les suivants : 1° la Comare o Raccoglitrice, Venise, 1601 Eloy en cite huit éditions italiennes dont la dernière est de 1676 . Cet ouvrage , qui traite des accon- 1 chements, a été traduit en allemand par Godefroi Velschius ; il est écrit avec une diffusion insupportable ; on y retrouve toutes les erreurs des I anciens , dont l'auteur se montre le partisan le plus aveugle. Il recommande dans les accouchements difficiles l'usage des crochets et des que les sages praticiens n'emploient jamais qu'à la dernière extrémité. Ce qu'il y a de mieux dans ce livre, c'est ce que l'auteur dit de l'opération césarienne, dont il rapporte plu-. sieurs exemples heureux. 2° De gli errori popolari d'Italia, libri 7, Vérone, 1645 Il y traite particulièrement des erreurs en médecine ; et cet ouvrage peut, diton, être également utile aux médecins et aux ecclésiastiques
  • Jérôme MEROLLA : missionnaire capucin , né à Sorrento dans le royaume de Naples , partit de Cagliari en 1682 avec le P. François de Monteleone et d'autres religieux, et vint à Lisbonne, où il s'embarqua pour le Congo. Oit? relâcha au Brésil ; et ce ne fut qu'au mois de mai 1683 que l'on atterrit à la côte d'Afrique. Merolla parcourut pendant près de six ans le Congo et le Cacongo , prêchant l'Evangile aux nègres et visitant les églises déjà établies. Sa piété fut souvent mise à de rudes épreuves, et quelquefois son zèle l'emporta hors des bornes de la prudence. Enfin des maladies graves, qui avaient enlevé plusieurs de ses compagnons , le mirent dans la nécessité de quitter l'Afrique, résolu, s'il se rétablissait au Brésil, de retourner surlechamp au Congo. Les soins que l'on prit à Bahia pour sa guérison eurent peu de succès ; il revint en Europe. Il avait rédigé la relation de ses voyages ; mais il est probable qu'elle n'a jamais été imprimée en italien. Elle parut pour la première fois, traduite en anglais, dans le tome ler de la Collection de Churchill. Merolla dit que sa relation est un recueil succinct et imparfait de ses observations ; il assure le lecteur qu'elles ont toujours eu la bonne foi pour guide et la vérité pour règle , surtout celles qu'il ne doit qu'au témoignage de ses propres yeux. En ce cas , il faut attribuer à l'ignorance ou à la simplicité du narrateur beaucoup de faits évidemment faux et absurdes qu'il raconte avec une assurance singulière. On trouve d'ailleurs dans son ouvrage plusieurs choses intéressantes : il nous apprend que la seconde année de sa mission l'on reçut au Congo une lettre du collége de la Propagande, qui contenait des plaintes amères sur la continuation de la vente des esclaves et des instances pour faire cesser ce trafic. Les missionnaires virent peu d'apparence de pouvoir exécuter les ordres du saintsiége , parce que le négoce du pays consistait uniquement en ivoire et en esclaves. Cependant ils obtinrent du roi que du moins les hérétiques, et surtout les Anglais, seraient exclus de ce dernier commerce. Merolla choisit ensuite un jour de fête pour expliquer au peuple les intentions du sacré collége ; mais ses représentations eurent peu d'effet. La relation de Merolla est insérée par extrait dans l'Histoire générale des voyages, en français, et se retrouve dans l'édition allemande
  • Jérôme MORLINO : , jurisconsulte napolitain , florissait dans le 16° siècle. Peu scrupuleux sur ce qui pouvait blesser la gravité de sa profession, il s'essaya dans le genre, mais non à la manière de Boccace, et donna ses contes en latin , persuadé que de licencieux détails exprimés dans cette langue choqueraient moins que s'il les revêtait de l'idiome vulgaire. En effet, l'extrême négligence de son style et l'indifférence qu'il met à jeter quelque agrément sur les gravelures dans lesquelles se comptait sa plume ne permettent pas de le ranger parmi les écrivains qui dédaignaient l'italien comme un langage encore trop grossier. Les prêtres, les moines, les nonnes et les chances de l'h? men, sujets épuisés par tous les conteurs, sont aussi ceux auxquels Morlino revient le plus souvent. Son recueil ordurier parut avec privilége de l'empereur et du pape, sous ce titre : No' relia' 80 , fabule 20 et conicedia, Naples , chez Pasquet de Salto , avril 1520, en 3 parties Le titre aurait pu énoncer 81 nouvelles au lieu de 80 ; la 72c, reproduite dans le volume sous une forme différente , offre en effet deux morceaux distincts. Le commun des lecteurs fut révolté du cynisme de Morlino. Il n'y eut bientôt qu'un cri sur le scandale de cette publiéation ; les Nouvelles furent défendues , condamnées et livrées au feu ; les exemplaires du livre proscrit devinrent excessivement rares, encore futil difficile d'en rencontrer de complets parmi ceux qui avaient échappé à la condamnation canonique, mais que n'avait pas épargnés dans leur intégrité le zèle de leurs possesseurs. Morlino ne s'émut point de cet orage ; il ne fit attention qu'à une critique amère dirigée contre son livre , et il y répondit par cette épigramme du plus mauvais goùt : Quid modo , quidam aiel , cum librum Aunt viderit auclum, Invidia ac rabie garriel ille magisl Verbera pro verbis , pro lingua ligna merebil , El funis finis gulluris nus exil. Dans une nouvelle édition de ses contes, qu'il se proposait de donner, il consacra toute sa préface à se justifier des solécismes qu'on lui avait reprochés. Cette seconde édition devait ètre augmentée de neuf nouvelles dédiées , on ne sait trop pourquoi , aux neuf chastes soeurs. Cependant le comte Borromeo, qui possédait le manuscrit autographe , a inséré dans ses Notizie de' norellieri italiani deux de ces nouvelles inédites, où Norlino a évité l'indécence, mais pour tomber dans la platitude. Quant aux contes imprimés, Straparole en a transporté seize dans ses Noue piarevoli , où la Fontaine a daigné faire quelques emprunts et où il a puisé, entre autres, le conte du Cuvier. Les fables de Morlino sont d'une insipidité extrème. Sa comédie, écrite en vers, n'est qu'une de ces insignifiantes imitations des pièces latines auxquelles se bornait le théâ t re italien. L'ouvrage de Morlino, devenant presque introuvable, a été payé jusqu'à quarantehuit livres sterling et onze cent vingt et un francs par les amateurs . Cette considération engagea Caron à le faire réimprimer en 1799 à cinquantecinq exemplaires ; il y conserva religieusement les nombreuses défectuosités de l'édition originale , et n'y ajouta qu'une notice sur l'auteur. Une traduction de ces contes , en 2 volumes le texte en regard, par E.T. Simon, ancien bibliothécaire du Tribunat, fut annoncée en 1820 ; mais elle n'a pas paru, et ce n'est certes point là un fait à regretter
  • Jérôme MORONE( 1450) : chancelier des Jenner. ducs de Milan, et l'un de. plus habiles négociateurs de son temps, était né sers l'année I 430 ; il entra de bonne heure au ,errice des ducs de Milan, de la mafflu >fuma, ses souverains; il s'était formé a I école de Louis le Maure , le plus dissimule parmi les princes d Italie; et il avait ma- nifesté sous lui de rares talents pour la négociation et pour l'intrigue. Après la chute de ce duc, Mon?te s'attacha aux princes ses ; il fut tet811114' icechancelier de Maximilien Si? n& lorsque celuici fut rétabli , en tâ12, dans k duché de Milan , et il gouverna !'État au nom de ce prince presque imbécile. Cependant , après la défaite des à Marignan et lorsque le durite de Milan était déjà reconquis par les Français, Morane engagea Maximilien Stem à signer, le 5 octobre 1513, une capitulation par laquelle il ou rait aux Français k ch‘teau de Milan, qu'il aurait pu défendre trèslongtemps encore, et il se rendait prisonnier en France. Ayant donné à min martre ce liche conseil. Morone le quitta pour seoir joindre a Trente FrançoisMarie Sforza, second fils de Louis Ii. Maure , en qui il comptait trouver plus de résolution et de talents. biotope, après avoir épie longtemps l'occasion favorable , réussit à engager Charles*uint et Léon X à s'allier, en 12I , pour chasser les Français d'Italie et rétablir FrançoisMarie Sforza dans le duché de Milan. Cette ville (mira en effet Set portes, le 20 novembre 1521, à Prosper Colonne, et Moroue en prit possession au nom du duc son maitre. 11 excita h' zele des Milanais et leur haine coutre la France par tous les moyens imaginables; il lit prècher contre les Français dans toutes le' chaires, et il Obtint assez d'argent de ses compatriotes pour pouvoir poursuivre premiers sucres. Cependant Morose, et son martre ne retiraient presque aucun avantage des victoires de leurs alliés; plus Cluirlee-?uint avait de sueces contre François lu, plus il appesantissait le joug sur les sujets de Sforza, que osa troupes espaenoles et allemandes Imitaient avec la plus extrème dureté. Engin Monne.. lorsque Françoise' fut fait prisonnier à Pavie. oulut secouer le joug insupportable des Impertaus il prima aux Vénitiens et au pape de s'unir à la France, ainsi que le dur de Milan. Il voulut aussi gagner Precaire, général de l'empereur et il lui offrit ?•tur récompense tk k rendre martre du ruvaume de Naples Ruts Pessaire. âpres as mir puni ets, trio dag» tons ers mes . fit ain*4m tsar ne en 1525. 11 l'envoya dans les cachots de Pavie, et il dépouilla le duc de Milan de tous ses Etats. Le connétable de Bourbon , qui fut chargé par CharlesQuint de commander en Italie , se trouvant sans argent pour entretenir son armée , offrit à quelques prisonniers d'Etat de les relâcher moyennant une rançon. Morone fut du nombre et recouvra sa liberté pour vingt mille florins. Ce vieillard insinuant et adroit réussit bientôt à gagner toute la confiance du général qui l'avait tenu en captivité. Il fut le secrétaire et le premier conseiller du connétable de Bourbon ; il l'accompagna dans son expédition de Rome qu'il parait lui avoir suggérée, et lorsque Bourbon fut tué au pied des murs de cette ville , Morone était devenu tellement précieux à l'armée qu'il y conserva le rang que Bourbon lui avait procuré. Morone fut également secrétaire et confident de Philibert, prince d'Orange, que les soldats avaient choisi pour leur chef, et il fut un des principaux médiateurs du traité qui rendit la liberté à Clément VII le 31 octobre 1527. En récompense de ce bon office , le pape nomma Jean Morone , fils de Jérôme , à l'évêché de Modène ; ce prélat fut ensuite cardinal. Morone fut créé , en 1528 , duc de Bovino dans le royaume de Naples ; il mourut ' subitement, en 1529 , au siége de Florence ; il était alors âgé de 80 ans
  • Jérôme MUZIANO( 1530 - 1592) : peintre du I 6e siècle , natif d'Aquafredda , dans le Brescia'', en I 5», fut élève de Romanino. Inconnu encore dans sa patrie, il vint fort jeune à Rome et y acquit bientôt la réputation d'un soutien du bon goût. Il avait déjà recueilli dans l'école vénitienne les principes du dessin et du coloris. Il se lit d'abord connattre par ses paysages , et se distingua tellement dans ce genre qu'on ne le connaissait à Rome que sous le nom du jeune homme aux paysages. Mais ce n'était pas assez pour lui ; il voulut v joindre une étude assidue de l'histoire et il alla jusqu'à se faire raser la tète afin de n'ètre pas tenté de sortir de chez lui. C'est alors qu'il peignit la Résurrection de Lazare, qu'on a transférée de SteMarieMajeure au palais Quirinal. Lorsque MichelAnge vit ce tableau exposé en public , il accorda surlechamp son estime et sa protection à l'artiste. Les églises et les palais de Rome possèdent de sa main un grand nombre de tableaux dont quelquesuns sont enrichis de paysages peints à la manière du Titien. L'église des Chartreux en possède un trèsbeau qui représente une Troupe d'anacho- rètes écoutant la parole d'un Père du désert. On fait aussi beaucoup de cas des tableaux qu'il a faits pour les églises du Jésus, d'AraCéli et de la Conception à Rouie , et de ceux que l'on voit à Orviéto, à Lorette et à Foligno. Ses figures sont dessinées avec exactitude , et elles imitent assez souvent l'anatomie de MichelAnge. 11 réussit particulièrement à exprinier les costumes militaires ou étrangers, et surtout à représenter les anachorètes et autres personnages d'une physio- nomie grave et exténués par l'abstinence. litais, en général, son dessin tombe dans la sécheresse. On lui doit la gravure de la colonne Trajane. Jules Romain en avait commencé le dessin ; il termina cette vaste entreprise et la conduisit à son terme. A l'époque où il vivait , l'art de la mosaïque atteignit son plus haut degré de perfection et devint une imitation parfaite de la peintere, non par le moyen de petites pierres de diverses couleurs , choisies et jointes ensemble, mais par celui d'une composition qui peut rendre toute espèce de coloris, imiter les demiteintes et les dégradations de la lumière aussi parfai- tement que le ferait le pinceau. C'est à Muziano que l'on doit ce perfectionnement, et les mosaïques qu'il dirigea pour la chapelle Grégorienne passent pour les plus beaux ouvrages de ce genre qui aient été faits depuis par les anciens. 11 avait été lié avec Thaddée Zucchero, et ils peignirent en concurrence la Vigne de Tivoli , qui appartenait au cardinal d'Este. Il fut le fondateur de l'académie de StLuc , et fit servir à la fondation de cet établissement une partie des richesses que lui avaient procurées ses travaux. Il mourut On 159!, àgé de 61 ans, et fut enterré à Ste- MarieMajeure. Ses dessins, ordinairement exécutés à l'encre de la Chine, sont d'un beau fini. Les paysages de Muziano sont reconnaissables aux chàtaigniers qui y dominent ; il trouvait le feuillage de cet arbre plus pittoresque qu'aucun autre. On a gravé d'après lui environ trente estampes, dont sept paysages par Cornel. Cort. Le musée du Louvre possède deux tableaux (le ce maitre : 1° le Lazare ressuscité ; 2^ l'Incrédulité de St- Thonias
  • Jérôme NEGRI ou NIGER( 1494 - 1557) : l'un des bons littérateurs du 16" siècle , naquit à Venise en 1ia1. Vicaire des évêques de Bellune et de Vicence, il fut depuis attaché comme secrétaire aux cardinaux Marc et François Cornaro et Gaspard Contarini. En récompense de ses services, il obtint un canonicat à la Cathédrale de Padoue, et mourut dans cette ville en 1557, âgé de 63 ans. Cet élégant écrivain s'était formé par la lecture des ouvrages de Cicéron, et, selon Sadolet, si bon juge en cette matière, on doit le regarder comme un de ses plus heureux imitateurs. Les lettres et les hapangues recueillies par Marc Benavides , Padoue, 1579, in4°, rare, ont été réimprimées à Rome en 1767. Le nouvel éditeur, l'abbate Vinc.Alex. Costanzi, a fait précéder son édition d'une Vie de Negri. Parmi ses oeuvres oratoires, on dist les Oraisons funèbres du cardinal François Cornaro, Venise, 1546 et de Lazare But)* namici, ibid., 1553 Celleci fut réimprimée la même année avec une épttre en vers hexamètres à Fr. Capodilista, gentilhomme de Padoue , sur la mort de son fils :Annibal. — NEGRI , religieux augustin, né en 1496 à Fossano, dans le Piémont, fut em- ployé dans la mission des Vaudois. Ses ennemis parvinrent à faire suspecter ses principes, et il fut suspendu de ses fonctions en,1556 ; mais il ne tarda pas à être rétabli dans sa charge de prédicateur. Il a laissé un ouvrage de controverse. Voyez, pour plus de détails , les Piemon- tesi illustri, t. 3, p
  • Jérôme OSORIO( 1506 - 1580) : l'un des écrivains qui ont fait le plus d'honneur au Portugal et au 16e siècle, naquit à Lisbonne en 1506. Par son père, Jean Osorio de Fonseca, et par FrançoiseGille Govea, sa mère , il tenait à deux familles qui avaient in Dictionnaire bibliographique, historique et critique de livres rares, par Ducloz, Paris, Cailieau , t. p. 7. déjà produit plusieurs personnages éminents. Après avoir suivi les coursde l'université de Salamanque pour les langues anciennes, il vint à Paris à l'âge de dixneuf ans , avec le dessein de se livrer à l'étude de la philosophie, c'est-àdire de la doctrine d'Aristote , qui régnait encore à beaucoup d'égards dans les écoles. Mais il passa bientôt de là en Italie, persuadé qu'il ne pouvait trouver nulle part plus de ressources pour l'érudition ecclésiastique que dans la contrée qui donnait des lois à la catholicité. Bologne fixa son choix ; et il s'y appliqua laborieusement à l'étude de l'Ecriture et de la langue hébraïque. Riche de connaissances, il rapporta dans sa patrie ce précieux dépôt. Le roi Jean le chargea d'enseigner les saintes lettres à Coïmbre ; et il y expliqua avec succès Isaïe et l'Épître de StPaul aux Romains. Son travail sur le prophète et sur l'apôtre est compris dans la collection de ses OEuvres. D'abord archidiacre de l'église d'Evora, il fut nommé évêque de Silves , par Catherine d'Autriche , régente de Portugal pendant la minorité de Sébastien , son fils. Sébastien était à peine monté sur le trône, qu'entraîné par un esprit chevaleresque, funeste à son royaume, il fit connaître à Osorio son dessein de passer en Afrique pour y combattre les infidèles et le pressa vivement de l'accompagner dans cette expédition. Le prudent évêque lui représenta tous les dangers d'une entreprise aussi aventureuse; mais s'apercevant que son éloquence ne pouvait modérer la bouillante ardeur du jeune souverain, il ne pensa qu'à se dérober au spectacle des malheurs qu'il pressentait, et il se retira , sous divers prétextes, à la cour de Rome. Le pape Grégoire XIII , par l'accueil empressé qu'il lit à Osorio, et par les témoignages d'estime dont il le combla , lui eût rendu le séjour de Rome plein de douceurs, si la perspective des maux qui menaçaient sa patrie n'eût pas pris trop d'empire sur ses affections. Au bout d'un an, Sébastien, qui supportait difficilement l'absence de ce prélat , le rappela près de lui. Peu de temps après son retour, Osorio vit confirmer ses pressentiments ; le roi périt, en 1578, à la bataille d'Alcazer contre les Maures. Ses Etats épuisés furent en proie aux déchirements que devaient amener les efforts des compétiteurs, qui avaient à se disputer un trône dont il n'existait point d'héritiers directs. Au milieu de ces agitations, Osorio exhorta le peuple à demeurer tranquille et à ne pas s'immiscer dans les commotions dont il était témoin. La circonspection de l'évêque de Silves fut mal interprétée par ses ennemis. Il fut accusé de favoriser les prétentions de l'Espagne sur son pays ; l'apologie qu'il publia, calma un peu la fureur de la malveillance, mais ne l'étouffa point. Osorio, qui s'efforçait de faire diversion à ses chagrins par l'accomplissement de ses devoirs épiscopaux et par les consolations de l'étude, mourut à '!'avina, le 20 août 1580. Il avait écrit à la reine d'Angle-
  • Jérôme PARABOSCO( 1520 - 1557) : cles qui s'opposaient à leur développement; il s'établit à Venise , et ne tarda pas à se faire connaître comme poéte et comme musicien. Charmé de ses talents, le célèbre Dominique Veiller se déclara son protecteur et le chargea de la direction de ses concerts, auxquels assistait chaque jour la société la plus brillante. Parabosco, doux , modeste , plein de candeur et d'honnêteté, se concilia l'estime et l'affection de tous ceux qui le voyaient. Admis à l'académie delle Frutha , composée des littérateurs les plus distingués de l'Italie, il fut pourvu peu après de la charge aussi lucrative qu'honorable d'organiste et de maitre de chapelle de StMarc. il se maria en 1548 et mourut jeune, au plus tard en 1557, regretté de tous ceux gui l'avaient connu. Dans les Lettres de P. Arétin, on en trouve une à Parabosco , dans laquelle ce fameux satirique fait l'éloge de sa modestie. On a de lui : 1° Rime, Venise , 1547, petit in - 8°; 9.0Il Tempio della Fauta, ibid., 1548 30 la Progne, tragedia, ibid., 1548 4. Lettere amorose, libri quattro, ibid., 158-1556, iii-8°; elles ont été réimprimées plusieurs fois; 5° Lettere famigliari , ibid., 1551, iii-8°; 6° I'Oracolo, 1551 ou 1552, in4°; . c'est un recueil de questions avec les réponses in terza rima; 7' I Diporti , dirisi in Ire . La Noue et le Villuppo contiennent beaucoup d'équivoques obscènes; mais le Poggiali cherche à excuser Parabosco d'avoir sacrifié dans cette circonstance au goût de ses contemporains, qui ditil, auraient trouvé bien insipides des comédies écrites avec la décence qu'on exige actuelle- ment des poétes corniques. Voyez la vie de Pa- rabosco dans les Mentorie di Piacenza , t. I- 74, 91. Le Ghilini lui a consacré un éloge dans son Teatro d'uoznini illustri, t
  • Jérôme PERBUONO ou PERBONUS( 1480 - 1540) : célèbre jurisconsulte. naquit vers 1480 à Alexandrie de la Paille. Maximilien Sforza , rétabli dans le duché de Milan, s'empressa de l'admettre à son conseil privé ; mais ce prince , ayant été bientôt obligé d'abandonner ses Etats, s'enferma dans Novare, que les Français vinrent assiéger. Perbuono rendit alors à son souverain un signalé service en lui prêtant une somme de cinq mille écus pour payer les Suisses, qui, sans ce secours, auraient bien pu le livrer aux Français, comme ils leur avaient déjà livré son père. Lorsque le duc eut recouvré ses Etats, il dédommagea Per-' buono par le don de la seigneurie d'Ovilio, près d'Alexandrie. Ses talents lui méritèrent la faveur de l'empereur Maximilien , qui le créa marquis d'Incisa et comte palatin, dignités dont il obtint la confirmation de CharlesQuint. Nommé sénateur en 1526 , par le dernier duc de Milan , il quitta cette ville lorsqu'elle passa sous la domination de l'Espagne, en 1535, et vint avec sa famille habiter Paris. Il y mourut en 1540 et fut inhumé dans l'église des Carmes, où l'on voyait son épitaphe rapportée par Ghilini, Teatro duo- mini illustri, t. 1, p. 124. On a de lui : Oviliarum opus , Milan , 15332 vol. rare. Cet ou- vrage , ainsi nommé de l'endroit où il fut composé, contient la réfutation des principes de Luther, en vingtsix livres; et le second volume quatre livres de lettres écrites par l'auteur à ses amis. Perbuono a laissé manuscrits deux grands ouvrages latins , une Chronique universelle et un Traité de la vie de l'homme. On trouve une notice sur lui dans Argellati, Scriptor. mediolan., t. 2, p
  • Jérôme PÉTHION DE VILLENEUVE( 1753) : Ce personnage fameux par le rôle qu'il joua à l'époque des orages de la révolution française était né à Chartres en 1753 ; son père était procureur au présidial. Il embrassa la carrière du barreau et vécut dans l'obscurité jusqu'à l'ouverture des états généraux. Nommé député du tiers état, il ne tarda pas à se faire remarquer. Sa parole était facile, son extérieur agréable; sa voix était retentissante , et ces qualités lui tinrent lieu de l'éloquence à laquelle il ne pouvait prétendre . Il se montra dès l'abord trèsopposé à la cour, trèsdévoué à la cause populaire; son penchant pour la république perçait dans les motions qu'il faisait à une époque où il n'était encore nullement question de toucher à la monarchie. Il se joignit avec empressement à Mirabeau lorsque , après la séance royale du 23 juin 1789 , l'assemblée refusa d'obéir aux ordres du roi ; mais plus tard il s'en sépara avec éclat, trouvant que le célèbre tribun ne suivait pas une ligne assez révolutionnaire. Réuni à Buzot et à Robespierre, Péthion était l'organe du parti du mouvement le plus prononcé; il manifesta en toute occasion une haine profonde contre la religion et ses ministres ; il combattit avec violence l'insertion dans le préambule des lois de la formule Louis, par la grdce de Dieu; il demanda que le veto, même suspensif, fût enlevé au roi et que la question de la sanction royale fût soumise au jugement des assemblées primaires. Lorsqu'au mois d'octobre 1789 eut lieu le banquet des gardes du corps où se commirent quelques imprudences , qui , exagérées et envenimées par les partis , donnèrent lieu à des troubles déplorables , Péthion fut un des accusateurs les plus emportés des militaires signalés comme ayant insulté l'assemblée, et il porta ses attaques jusqu'à la reine. En 1790, il accusa les colons de StDomingue et prit une part active aux débats dont le contre- coup amena dans cette île des catastrophes horribles. Quand s'ouvrit la discussion sur l'importante question de savoir si le droit de faire la guerre ou la paix serait réservé au roi ou dévolu à la nation, l'avis de Péthion ne pouvait être douteux ; il prononça à cette occasion un discours assez habile, et il fut à la fin de 1790 élu président de l'assemblée. Sa popularité était grande dans le club des Jacobins et dans les sections : la demande, qu'il soutint avec beaucoup d'énergie, d'une loi sévère contre les émigrés l'accrut encore. Louis XVI, en lutte avec les difficultés d'une position intolérable , résolut de prendre la fuite; mais ce projet, mal conçu, mal exécuté, échoua. La famille royale fut arrêtée à Varennes et reconduite à Paris. Péthion fut, avec Barnave et LatourMaubourg, un des commissaires chargés de la ramener. Il se crut traité avec peu d'égards, tandis que Louis et MarieAntoinette prodiguaient des attentions à Barnave , et sa vanité blessée augmenta la haine qu'il portait aux malheureux captifs. Il fut un des sept députés qui demandèrent que le roi fût mis en jugement , et il provoqua, avec son ami et compatriote Brissot, la pétition du champ de Mars, occasion de troubles réprimés par la garde nationale et cause d'une agitation dont les effets devaient être funestes au maire Bailly . Péthion se prononça également pour la déposition du roi et la nomination d'un régent élu par le peuple. Le VI novembre 1791, six mille sept cent huit électeurs sur dix mille six cent trentedeux le choisirent pour maire de Paris ; le nombre des abstentions fut de plus des trois quarts. Robespierre fut en même temps élevé aux fonctions d'accusateur public près le tribunal révolutionnaire de Paris , de sorte que le pouvoir fut compléteMent dans les mains des révolutionnaires les plus fougueux. La cour avait d'ailleurs appuyé l'élection de Péthion, le préférant à Lafayette, qui était son concurrent. Le nouveau maire s'occupa surtout d'armer le peuple et de multiplier les démonstrations qualifiées de civiques. Il fit célébrer une fête en l'honneur des soldats suisses du régiment de ChâteauVieux, condamnés aux galères pour rébellion lors des troubles de Nancy, graciés ensuite, et, après une promenade triomphante, admis aux honneurs de la séance du corps législatif. La royauté étant dépourvue de tout appui, le parti révolutionnaire résolut de la renverser définitivement. Le 20 juin 1792, la populace envahit les Tuileries sous prétexte de forcer le roi à sanctionner un décret rendu contre les prêtres insermentés. Péthion lui laissa longtemps le champ libre ; il ne parut au château qu'à quatre heures du soir, et s'excusa auprès de Louis XVI en disant qu'il venait d'apprendre à l'instant ce qui se passait. Le roi ne put s'empêcher de répondre : « C'est bien étonnant, car il y a plus de « trois heures que cela dure. » Montant sur une banquette, le maire de Paris engagea le peuple à se retirer : « Citoyens, ditil, vous venez de pré- « senter légalement votre voeu au représentant « héréditaire ; retournez dans vos foyers ; ne « donnez pas occasion aux ennemis du bien pu- « Mie d'incriminer vos intentions vertueuses. » Il fut obéi , mais lentement ; la foule ne se retira qu'à regret. Péthion rendit compte à l'assemblée de ce qui s'était passé, et il n'hésita pas à déclarer qu'il n'y avait nul excès à déplorer et que la municipalité avait fait son devoir. L'assemblée et la ville de Paris , effrayées , gardèrent le silence; mais les événements du 20 juin causèrent de l'indignation aux armées et dans les provinces. Des adresses demandèrent que les auteurs de ces troubles fussent punis. Le directoire du département de la Seine crut qu'il serait soutenu : il suspendit Péthion ; mais , selon l'usage, les défenseurs du roi manquèrent d'énergie. Le 13 juillet, l'assemblée leva la suspension. Ce fut le prétexte d'une démonstration en faveur du maire ; la populace courut les rues en criant : Péthion ou la mort, et ces mots furent inscrits à la craie sur les chapeaux, sur les portes. La crise augmentait ; l'assemblée avait déclaré la patrie en danger, ce qui entraînait la suspension des dispositions constitutionnelles ; des journaux d'abord, ensuite des pétitions réclamèrent la déchéance de Louis XVI. Le 3 août, Péthion apporta à la barre de l'Assemblée une demande en ce sens au nom de la commune de Paris. La pétition fut renvoyée à l'examen d'une commission. Presque en même temps arrivaient à Paris quelques centaines d'hommes énergiques , révolutionnaires fougueux , connus sous le nom de Marseillais; le maire leur fit un accueil fraternel et leur assigna pour logement l'ancien couvent des Cordeliers. Le 10 août amena l'attaque à main armée des Tuileries. Au moment de la catastrophe , Péthion recula un peu. Le 9 août, il s'efforçait de calmer l'agitation en donnant l'assurance que l'assemblée s'occupait de la déposition du roi ; il rendait quelques révolutionnaires fougueux responsables de ce qui pourrait survenir ; il passa auprès de Louis XVI la nuit du 9 au 10 août, et il donna à Mauduit , commandant de la• garde nationale de Paris, l'ordre écrit de repousser la force par la force. Pendant l'attaque , il resta à la mairie, attendant les événements; il prétendit qu'il était retenu de force. Lorsque le trône se fut écroulé, Péthion ne fut pas sans inquiétude; il se sentait débordé, emporté par le torrent des événements. Sa conduite fut assez équivoque pendant les affreux massacres de septembre ; il eut derechef recours à son système d'ignorer ce qui se passait, de n'être instruit des événements que lorsqu'ils étaient accomplis, de se trouver gardé à la mairie. Le 6 septembre , il parut au corps législatif , déplora les malheurs qui avaient eu lieu, et déclara que lorsqu'il en avait eu connaissance il n'était plus temps d'y remédier. Le président , Hérault de Séchelles, répondit : « L'assemblée « est heureuse d'avoir à opposer à des événe- « ments funestes un homme de bien tel que « vous; elle se repose sur votre sagesse. » Les électeurs du département d'EureetLoir envoyèrent Péthion à la convention, et il fut le premier président de cette assemblée célèbre. Voulant sans doute faire oublier ce que sa conduite au 10 août avait eu d'équivoque aux yeux des exaltés , il montra un vif acharnement contre Louis XVI , ne cessant d'élever la voix pour que ce prince infortuné fût mis en jugement. Il insista pour que la convention ellemême procédàt à ce jugement, et lors du vote, il se prononça pour la peine de mort; il rejeta le sursis tout comme l'appel au peuple. Bientôt des discussions extrêmement vives surgirent au sein de l'assemblée ; la Gironde et la Montagne se disputèrent le pouvoir ; une lutte à mort s'engagea. Péthion s'était rallié au parti de la Gironde, qui s'efforçait d'arrêter l'élan révolutionnaire, stimulé par Robespierre et Danton. Il recommanda l'union, il demanda que les ressentiments fussent oubliés au nom de la patrie; mais sa voix ne fut nullement écoutée , et luimême se vit en butte à des attaques violentes. « Dans des temps tels « que ceuxci, lui dit Julien , les « hommes faibles doivent se taire et laisser parler « les hommes vigoureux. » Thuriot, parlant des journées de septembre , s'emporta jusqu'à s'écrier « J'accuse Péthion de faire le procès de « ceux qui ont assassiné , tandis qu'il devrait « monter le premier sur l'échafaud. » Faible contre ces attaques continuelles, Péthion fut en hutte à des accusations fort injustes ; on lui reprocha des tendances contrerévolutionnaires, on prétendit qu'il avait trempé dans la défection de Dumouriez. Le 31 mai 1793 amena la chute des Girondins. La Montagne agit en s'appuyant sur les clubs et la populace ; elle triompha sans peine d'adversaires qui se bornaient à parler. Péthion fut décrété d'accusation .en même temps que Vergniaud, Guadet et leurs adhérents; il réussit à s'échapper de prison , et il se réfugia à Caen. Une insurrection contre la convention venait d'éclater dans le département du Calvados ; mais faible et sans consistance, elle fut promptement étouffée. L'ancien maire de Paris voulut alors avec quelquesuns de ses compagnons d'infortune chercher un asile dans le département de la Gironde , qu'on représentait comme prèt à prendre les armes en faveur de ses députés. 11 traversa une partie de la France en se cachant et au milieu de graves périls; arrivé' près de Bordeaux, il y trouva d'abord un refuge dans un souterrain, puis chez un pauvre paysan ; mais les visites domiciliaires, la sévérité des lois contre ceux qui donneraient asile, l'obligèrent à quitter sa retraite. N'osant se faire connaître , ni réclamer l'hospitalité, il erra dans les champs ; on trouva son cadavre et celui de Buzot dans une pièce de blé à peu de distance de StEmilion ; les loups avaient en partie dévoré ces tristes débris. Il est vraisemblable que, dans un accès de désespoir, Péthion s'était luimème donné la mort, mais c'est ce qu'on ne put constater. Ce personnage ambitieux , de talents médiocres , brusquement placé sur un théâtre trop élevé pour lui, n'était au fond ni méchant ni cruel, mais il lui fallait soutenir le rôle qu'il avait adopté afin de parvenir, et il laissa un nouvel et frappant exemple de l'axiome d'après lequel « la « révolution est comme Saturne ; elle dévore ses « enfants. » On a imprimé en 1793 à Paris , en 4 volumes , les OEuvres de Péthion. C'est un recueil de discours et de pamphlets fort oubliés aujourd'hui. Il ne faut lire qu'avec quelque précaution ce que dit M. de Lamartine de Péthion, dans son Histoire des girondins , l'imagination brillante du poète colorant parfois des tableaux qui ne sont pas toujours conformes à la vérité historique
  • Jérôme POLLINI : religieux de l'ordre de StDominique, né à Florence, prononça ses voeux dans le couvent de Santa- Maria Novella de cette ville. Il était en 1596 prieur du couvent de StGeminien et avait pendant longtemps professé la théologie. On a de lui : I" Istoria ecclesiastica della rivoluzione d'Inghilterra, in quattro libri, ne quali si traita di qt; ello ch'e avvenuto in quell' isola da due Arrigo ottavo commincio a pensare repudiar Caterina, sua legitima moglie, inlino a quelli ultimi anni di Lizabeta, ultima sua figliuola ; raccolta da gravissimi scrittori, ne meno di quella nazione che d'altre, Rome, 1594, I vol. La reine Elisabeth fit brûler cet ouvrage, où la vérité l'offensait. Il y en eut une seconde édition à Bologne, aussi 9.° Vita della B. Margherita di Castello, suora del terzo ordine di san Dome- nico, Pérouse, 1601 Le P. Pollini avait composé cette vie d'après des documents conservés dans les archives du couvent qu'il habitait. Les éditeurs des Acta santorum l'ont traduite en latin et insérée dans leur deuxième tome d'avril, au 13 de ce mois. Pollini mourut en 1601
  • Jérôme PIATTI( 1547 - 1591) : jésuite italien, issu d'une famille noble, naquit à Milan en 1547. Il entra dans la compagnie de Jésus le 21 avril 1568 , et s'y distingua par sa piété et ses succès dans ses études. Le P. Aquaviva , général de l'ordre , se l'attacha en qualité de secrétaire pour les lettres latines, parce qu'il écrivait en latin avec une grande pureté. Il fut aussi chargé du noviciat et eut sous sa direction StLouis de Gonzague. Il mourut le 14 août 1591, n'ayant que 44 ans. On a de lui : 1° De bono status religiosi libri Ires, Rome, 1590 ; Venise, 1591. Ce livre, utile à tous ceux qui professent la vie religieuse, en montre les avantages. Il fut traduit en plusieurs langues et notamment en italien par le P. Benoît Rogacci, sous ce titre l'Ottimo stato di vita, cioe il religioso, Rome, 1725. A la tète de cette traduction se trouve une notice sur Piatti. 2° De cardinalium dignitate et officio tractatus. L'auteur dédia cet ouvrage au cardinal Piatti, son frère ; il fut imprimé plusieurs fois avant et après sa mort ; une nouvelle édition parut à Rome en 17e6, par les soins de JeanAndré Tria, savant napolitain , qui l'enrichit de notes et y fit diverses augmentations. 3° De bono status conjugalis. Le P. Piatti avait écrit ce traité sur des feuilles volantes. Prises pour des papiers inutiles, la plupart furent dispersées et perdues , ce dont l'auteur ne témoigna aucun mécontentement
  • Jérôme PORRO( 1520) : graveur, né à Padoue vers 1520 , a travaillé dans plusieurs villes , intitulé / funerali antichi di diversi popoli e nazioni, imprimé à Venise en 1574. Les gravures qui l'accompagnent sont des tailles de bois d'une savante exécution et qui font rechercher le texte. A Parme on conserve de cet artiste une estampe du Christ que l'on admire comme un chefd'œu- vre de patience et d'industrie. La gravure comprend la Passion selon St- Jean, écrite si menu et disposée de telle manière que cette écriture forme les traits de la gravure et qu'on a besoin du secours de la loupe pour la lire. Ce n'est pas le seul exemple de patience qu'il ait donné. Quoique privé d'un œil, il avait exécuté différentes planches où, sur un espace de la grandeur des , plus petites monnaies de Venise, il avait fait entrer plusieurs oraisons, les Psaumes de la pénitence et l'Evangile selon StJean que l'on récite à la fin de la messe. Il avait des idées bizarres en mécanique , et l'on assure qu'il avait imaginé une machine en forme de char avec laquelle il prétendait faire voyager en l'air Une trentaine de personnes. P—S. caractères arabes est celle qui fut établie à Fano par Grégoire Giorgi, sous la protection et aux frais du pape Jules II. Il en sortit, en 154, un opuscule ascétique en arabe les Sept htures canuniates, dont la bibliothèque de Modène possède un exemplaire. Voyez la description de ce livre , extrêmement rare, dans la Bibliulletca arabica de Schnurrer, n
  • Jérôme PRETI( 1582 - 1626) : poete italien , né en 1582 dans la Toscane , fut d'abord page d'Alphonse 11, duc de Ferrare, puis attaché en qualité de gentilhomme au prince de Melfi à Gènes. Son père, chevalier de StEtienne, le destinant au barreau, lui avait fait étudier le droit; mais, entraîné par un penchant irrésistible, le jeune homme abandonna bientôt la jurisprudence pour la littérature. Ses compositions poétiques lui valurent d'honorables suffrages, et plusieurs académies l'admirent au nombre de leurs membres. S'étant rendu à Rome , il y trouva de généreux protecteurs, entre autres le cardinal François Barberino , qui, ayant été nommé légat du saintsiége en Espagne, le prit pour secrétaire et l'emmena avec lui ; mais arrivé dans ce pays, Preti , dont la santé était trèsfaible, tomba malade et mourut à Barcelone le 6 avril 1626. On a de lui des discours académiques, des épîtres et un grand nombre de poésies qui eurent beaucoup de succès et furent traduites en différentes langues. Son idylle intitulée Salmacis est regardée comme sa meilleure production. Ses oeuvres ont été réunies et imprimés en 1666 — PRETI , mathématicien et architecte, né en 1701 à CastelFranco dans le Trévisan , mourut en cette ville le 23 décembre 1774. Entre autres édifices , il construisit plusieurs églises dont il avait lui mème tracé les plans. Ses travaux se distinguent par une ordonnance sage et régulière, par un caractère approprié à la destination du monument. Preti avait écrit sur la théorie de son art. On a de lui un ouvrage posthume intitulé Elétnents d'architecture , Venise, 1780 enrichi d'une préface composée par le comte Jourdain Riccati , compatriote de Preti, et qui se livrait aussi à l'architecture
  • Jérôme PREVIDELLI( 1400) : jurisconsulte , né à Reggio vers la fin du 158 siècle, était fils d'un tailleur de pierres, ce qui ne l'empècha pas de faire d'excellentes études. Il s'appliqua surtout à la jurisprudence qu'il professa ensuite avec succès. Grégoire Casali , dans la famille duquel il avait exercé l'emploi de précepteur, ayant été chargé par Henri VIII, roi d'Angleterre, de négocier l'affaire de son divorce à Rome, y appela Previdelli. Celuici avait pour adversaire Bernard de' Santi, avocat de Rieti , défenseur de la reine Catherine d'Aragon. Plusieurs consultations furent données de part et d'autre; des plaidoiries eurent lieu en présence du pape Clément VII et du consistoire. Previdelli publia pendant le cours du procès : I° Consilium pro invictissimo reqe fI nglitr, una cum responsione ad consilium D. hernaldi Reatini pro illustrissima regina editum , Bologne , 1531 dédié à Grégoire Casali ; 28 Prima discep- tatio pro illustrissinto rege Anglice in sacro publico consistorio corans, SS. D. Cimente VII et sacro ejus senalu habita die decima mensis aprilis 1532; Secunda disceptatio habita die 17 mensis aprilis 1532 ; Tertia allegatio privatisa dicta die 27 men. sis maii 1532 , Rome Ces différentes pièces se retrouvent dans le recueil de consultations imprimé à Francfort en 1571. Malgré tous les efforts de Previdelli pour obtenir la cassation du mariage de Henri VIII avec Catherine d'Aragon, cette union fut déclarée valide par sentence pontificale du 23 mars 1534. Alors il quitta Rome et alla s'établir à Bologne, où il continua d'enseigner le droit et d'exercer la profession d'avocat. Chargé plus tard de la défense d'un habitant de Reggio accusé de meurtre, il s'attira la haine de l'accusateur contre lequel il avait lancé, dans son plaidoyer, des paroles injurieuses. Cet homme, ne respirant que la ven- geance, le fit assassiner en 1540. Previdelli survécut peu de jours à cet attentat. Outre les ouvrages que nous avons déjà cités, on a de lui : P De teste et ejus privilegiis, Bologne , 1523 et 1528; 2° De consanguinitate et affinitate , Pérouse Enfin on lui doit une édition des puvres du jurisconsulte Charles Ruini , son compatriote
  • Jérôme POMPÉI( 1731) : philologue et littérateur justement estimé , naquit à Vérone en 1731. Après avoir fait des études solides et brillantes au collége des jésuites de cette ville, il désira se per-' fectionner dans la connaissance de la langue d'Homère et de Démosthènes. Le P. Mariotti, disciple de Panagiotti , lui fit faire en assez peu de temps des progrès rapides. En même temps, il lisait sans cesse la belle prose , les beaux vers enfantés dans le siècle de l'Arioste et de Machiavel ; puis, de la lecture passant à l'imitation, il essayait d'unir, de fondre dans un même style les beautés différentes de deux langages aussi éloignés l'un de l'autre qu'Athènes l'est de Florence et Périclès de Léon X. Ces essais, ces études silencieuses produisirent enfin un ouvrage, composé moitié de pièces originales, intitulées Canzoni pastorali, moitié d'idylles prises dans Théocrite et dans Moschus, traduites en vers italiens. Quoique loin d'être irréprochable, ce début poétique fit concevoir d'heureuses espérances, et des applaudissements unanimes enhardirent le jeune traducteur. Cédant aux instances de quelques personnes du plus haut rang, il osa entreprendre des tragédies : deux seulement, Hypermnestre et Callirrhoé, furent représentées et I obtinrent un succès passager ; une troisième, Ta- mira, resta dans son portefeuille, et il consentait même assez rarement à la laisser voir *à ses amis. Il parait que la mort d'une des daines de Vérone, Mariana Malaspina , pour qui il s'était engagé dans la carrière dramatique et qui jouait dans SPS pièces , l'avait dégoûté du théâtre; c'est du moins ce que donne à entendre le P. Fontana dans ses Mémoires sur la vie de Jérôme Pompéi . Quoi qu'il en soit, tout le monde fut étonné de le voir renoncer à l'espérance de se créer un nom sur la scène et en revenir aux jeux primitifs de son admiration. Théocrite, Moschus, Callimaque, Musée, l'Anthologie exercèrent encore sa plume facile et légère. Au milieu de ces pièces empruntées à des peuples, à des siècles étrangers, il en mêla quelquesunes d'originales, et cellesci n'étaient ni les moins élégantes ni les moins spirituelles. La littérature romaine obtint aussi de lui en passant un hommage qu'il serait injuste au reste de lui refuser totalement. Non content dé relire sans cesse Ovide, le poëte le plus piquant et le plus aimable de l'antiquité , il osa, malgré les brillantes versions de Remigio, de Camille et de Ruffi, traduire d'un bout à l'autre les liéroïdes. Mais ce qui mit le sceau à sa réputation, ce fut sa traduction des Fies de Plutarque. Peu d'ouvrages de ce genre inférieur de littérature ont produit autant de sensation , et dès lors Pompéi, dont la réputation n'avait été jusquelà que celle d'un versificateur estimable, fut regardé comme le premier traducteur de l'Italie. Il vécut encore longtemps, cultivant en paix les lettres et les arts et comblé d'honneurs que les hommes illustres se voient rarement accorder pendant leur vie. Les académies des Arcadiens de Rome, des Philharmoniques de Bologne et des Alétophiles de la même ville s'étaient empressées de l'admettre dans leur sein. Les poëtes les plus illustres, Maffei, Vallardi , Spolverini , Pindemonte, vivaient avec lui dans une étroite amitié, et Joseph II lui avait offert une chaire à son choix dans l'université de Pavie. Déjà âgé, accoutumé d'ailleurs depuis longtemps au séjour de Vérone, Pompéi refusa; mais les bienfaits et l'estime du prince l'atteignirent dans sa retraite. Il mourut lé 4 février 1780, âgé de 57 ans , et universellement regretté pour l'amabilité de son caractère, non moins que pour la flexibilité de ses talents littéraires, qui, bien que trop loués peut-être par ses contemporains, n'en furent pas moins réels. Voici la liste de ses ouvrages 1° Canzoni pastorali con alcuni idilli di Teocrito e di Mosco, Vérone, 1766. Les canzoni, qui appartiennent tout entières à Pompéi, quoiqu'un peu dénuées de couleur et de force, retracent assez la couleur antique, et la partie de l'ouvrage qui n'est que traduction est d'une fidélité admirable. Des notes savantes et judicieuses accompagnent le texte. 2° Nuove canzoni pastorali , Joui, Chap. 10, p. 18. Sonnetii e traduzioni , Vérone , 1779. On trouve dans cette collection les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans la première : cependant le style a quelque chose de plus ferme et de plus brillant. 3° Ilaccolta greca, etc. , Vérone, 1781. Ce recueil , dans lequel figurent le poëme de Héro et Léandre, par Musée, l'hymne de Callimaque sur les bains de Pallas , l'invocation de Cléanthe au Dieu suprême et cent épigrammes de l'anthologie grecque, est dédié à l'illustre auteur des Analecta grœca, Brunck , et l'on aime à voir un exemple de cette union peu commune entre la philologie et la littérature. V Eroïdi d'Ocidio Nasone, etc. Cette traduction, outre la fidélité élégante, caractère constant de tous ses essais en ce genre, a cela de remarquable qu'elle est entièrement en terza rima, rhythme que l'auteur assure être seul capable de rendre le mètre élégiaque des anciens. 50 lpernestra, Vérone, 1769 ; Callirrhoé, 1769; Tamira, 1789, tragédies ordinaires, bien conduites, mais monotones et ennuyeuses; bien écrites, mais faibles et froides. 60 enfin le Vite degli uomini illustri , Vérone, 1772; Naples, 1784; Rouie, 1791 et 1798. Cet ouvrage , le seul en prose qu'ait laissé Pompéi, est digne de sa réputation. Plutarque peut-être y est trop élégant, et sans doute la bonhomie de notre vieux Amyot rend plus fidèlement la naïveté du biographe de Chéronée : néanmoins c'est encore Plutarque, et il est juste d'observer que cette traduction est vraiment remarquable sous le rapport de l'exactitude philologique , de sorte qu'on peut la caractériser en deux mots en disant qu'elle est égale pour le style, supérieure pour la critique à celle d'Amyot. Outre les éditions particulières de chacun des ouvrages que nous venons d'indiquer, on a donné à Vérone, 1790, une réimpression complète des oeuvres de Pompéi, 6 vol. iu-4°. L'Ero e Leandro et l'Inno di Cleante ont été insérés par M. Renouard dans les Poeniesti, etc., qu'il a publiés en 1801 Outre la Vie de Pompéi , écrite en latin par le P. Fr. Fontana et insérée dans le tome 15 du l'i( ce hatorum de Fabroni , on a son éloge en italien, par Hippolyte Pindemonte, dans le journal de Pise, t. 70, p
  • Jérôme RAGUSA( 1665) : savant jésuite, naquit en 1665 à Modica, dans la Sicile. 11 embrassa la règle de StIgnace à seize ans, et après avoir terminé ses études, il professa la philosophie et les différentes branches de la théologie avec un succès qui lui mérita l'estime de ses compatriotes. Dans ses loisirs , il cultivait la littérature ou s'occupait de recherches d'érudition. On ignore l'époque de sa mort ; mais il paraît qu'il vivait encore len 1715. Mongitore , dans le deuxième appendice de sa Biblioth. Sicula , cite encore de lui quelques ouvrages publiés en 171'.-..) et 1715. Nous indiquerons les suivants : 1° Elogiu Siculorum qui veteri memoria litteris fioruerunt, Lyon , 1690 Ronda Ragusa , neveu de l'auteur, a publié sous son nom une nouvelle édition de cet ouvrage, avec des additions , Rome, 1700 et Burmann l'a inséré dans le Thesaurus antiquit. Italien, t. 10 , p. 14. 2° Fragmenta progymnasmatum di- versorum , Venise, 1706 3° Ragionamenti, paneyerici, etc., ibid., 1706 On trouvera dans la Bibliotheca Sicula de Mongitore, t. 1". p. 284-285 , l'éloge du P. Jérôme Ragusa et les titres des ouvrages qu'il a laissés en manuscrit parmi lesquels on distingue : Siciliæ biblioth. velus et recens, 2 vol
  • Jérôme RAINALDI( 1570 - 1655) : architecte italien, né en 1570, eut pour père Adrien Rainaldi , peintre et architecte, dont tous les enfants et les petitsenfants suivirent la même carrière. Jérôme étudia l'architecture sous Dominique Fontana , et il acquit dans cet art une réputation brillante. Des souverains pontifes, des princes le chargèrent de travaux importants. Il bàtit une église à Moqtalte par ordre du pape SixteQuint, et sous Paul V il construisit le port de Fano. Nous citerons encore, parmi les édifices qu'il a élevés, le palais ducal de Parme, le casino de la Villa-- Taverna à Frascati, appartenant à la famille Bor- ghèse, l'église des carmes déchaussés à Caprarole , le palais Pamphili à Rouie , la maison, , professe des jésuites dans la mème ville , et leur collège de SteLucie à Bologne. En 1610 il décora labasilique de StPierre pour la cérémonie de la canonisation de StCharles Borromée. J. Rai- naldi mourut à lionne en 1655, et fut inhumé dans l'église de SteMartine. -- 11‘INALm , fils du précédent, naquit à Rome en 1611, et fut ; celle de SteMarie in Campitelli; les deux églises parallèles sur la place du Peuple, l'église du StSuaire, etc. Il fit la façade de St- André della t'aile et celle de SteMarie Majeure du côté de la place de l'Obélisque. C'est d'après ses dessins que fut élevé, dans cette église, le tombeau de Clément IX, ainsi que celui du cardinal Bonelli dans l'église de la Minerve. 11 acheva une aile du Capitole, construisit le palais de l'académie de France qui appartint d'abord aux ducs de Nevers et qui est regardé comme un de ses chefsd'oeuvre. Rainaldi ne se borna pas à travailler dans Rome; il éleva la cathédrale de Ronciglione, l'église de MontePorzio, et planta une partie des jardins de Mondragone et de Pinciana. Il adressa les plans de plusieurs édifices au duc de Savoie CharlesEmmanuel, qui lui fit remettre la croix de StMaurice et StLazare. Il concourut aussi avec Bernini, dit le cavalier Bernin , aux travaux du Louvre, et Louis XIV, à cette occasion, lui envo a son portrait enrichi de diamants. Par ordre, , jésuite italien né eu 1600 à Matelica, dans la Marche d'Ancône, embrassa la règle de StIgnace à l'àge de vingtdeux ans, et passa le reste de sa vie dans la maison professe de Rome, où il mourut en 1677. On a de lui, en italien, plusieurs ouvrages de piété qu'il publia sous des noms empruntés. Le plus connu est intitulé Cibo dell' anima, orvero Pratic a, etc. , sous le pseudonyme de Joseph Rainaldi, Rome, 1637 ibid., 1662 réimprimé un grand nombre de fois à Macerata , à Venise, etc. Il a écrit la Vie de Jacq. Lainez, second général de la compagnie de Jésus, publiée sous le nom de Fran-çois Dalaiini , Rome, 1672 Southwell a consacré un 'article au P. Rainaldi dans la Bibliotheca societatis Jésu, P
  • Jérôme RIARIO : neveu du pape Sixte IV, seigneur de Forli et d'Imola, de 1473 à 1488, était natif de Savone. A peine Sixte IV futil monté sur le trône pontifical qu'il s'occupa de la grandeur de ses deux neveux. Il destina lainé, nommé Pierre, à la carrière religieuse, et le cadet, Jérôme, à l'état militaire. Le premier fut nommé successivement cardinal de StSixte, patriarche de Constantinople, archevêque de Florence et légat du saintsiége dans toute l'Italie. Il étalait dans ses voyages une magnificence fastueuse et donna en 1473 deux festins dont le luxe surpassait tout ce que l'on avait jamais vu en ce genre. La même année, il acheta la ville ret la principauté d'Imola, de Taddeo Manfredi, pour le prix de quarante mille ducats, et il en investit Jérôme Riario, son frère. Peu de temps après son retour de ses voyages, il mourut à Rome le 5 janvier lett. Jérôme Riario, devenu seigneur d'Imola, s'était proposé d'envahir les petits Etats voisins, en profitant tour à tour du I crédit du pape son oncle, de son habileté dans les intrigues et de l'obéissance des soldats de l'Eglise, qu'il commandait.Mais il trouva un obstacle à ses desseins ambitieux dans l'habileté de Laurent de Médicis, chef de la république florentine, qui ne voulut point lui permettre d'opprimer ou de dépouiller les feudataires de l'Eglise. Itiario, pour s'en venger, entra dans la conjuration des Pazzi en 1 fi78 , et, comme Laurent de Médicis ne tomba point sous le poignard des conjurés, Riario fut chargé par son oncle de lui faire la guerre. 11 profita des troupes qu'il avait rassemblées pour surprendre, en 11180, la ville de Forli, souveraineté de la maison Ordelaffi, qui l'avait conservée pendant cent cinquante ans. Quoiqu'il n'eût aucun droit à cette principauté, il n'eut pas de peine à en obtenir l'investiture du pape, son oncle. Cette conquête ne satisfaisait point encore l'ambition de Jérôme Riario. Dans l'espoir de se rendre maitre du duché de Ferrare, il engagea Sixte IV, en 1482, dans une ligue avec les Vénitiens contre le duc Hercule Pr d'Este. A la tète de l'armée pontificale, il livra bataille, le 21 août 1/182, au duc de Calabre, qui s'avançait au secours du duc de Ferrare, et il le défit rompiétement à Campo Mort°, près de Velletri. Bientôt après , il changea de système, croyant avoir de plus grands avantages à espérer de la ligue opposée à celle qu'il avait formée. Le 12 décembre 1482 , il fit la paix entre le pape et le duc de Ferrare, et le 25 mai suivant, le pape excommunia les Vénitiens pour les forcer à poser les armes. Jérôme Riario, n'ayant point eu en Romagne les succès auxquels il s'attendait, tourna ses forces contre les barons de Rome. Tandis que L. Colonne, protonotaire apostolique, arrêté par ordre du pape en 1484, eut la tète tranchée, Jérôme Riad°, de concert avec les Orsini, s'em- para de Marino:, de la Cava et d'autres forteresses possédées par les Colonnes. Mais, pendant qu'il poursuivait ses conquêtes, Sixte IV mourut. Tous les fiefs enlevés aux Colonnes se révoltèrent à cette nouvelle contre Jérôme Riario, et celuici se vit en butte aux attaques comme à l'exécration des Romains. Après la mort de son oncle, Jérôme Riario vint s'établir à Forli , et il s'occupa d'orner cette ville , ainsi qu'Imola , de magnifiques édifices. Cependant il y comptait de nombreux ennemis, et une conjuration s'étant formée, il fut assassiné le 15 avril 1488. Il laissait un fils, nommé Octavien, à qui la valeur de sa mère, Catherine Sforce , fille de GaleasMarie, duc de Milan, sauva sa principauté. Son neveu, Raphaël Galeotto , connu sous le nom de cardi- nal RIAR10 , succéda au chapeau du cardinal Pierre en décembre 1477, chercha un asile en France , retourna en Italie, fut impliqué dans la conjuration du cardinal Petrucci Sous Léon X, qui lui pardonna, et mourut à Naples le 7 juillet 1521. On prétend qu'il rétablit le premier à Rome le luxe des représentations théâtrales
  • Jérôme RORARIO( 1485) : littérateur, né en 1485 à Pordenone, dans le Frioul , nous apprend luimême qu'il eut pour maître François Amalthée ,rOy. . ce nom), qui tenait une école de grammaire à Sacile, et qu'il alla depuis à Udine suivre les leçons de MarcAntoine Cocceius Sabelliens . Ayant eu le malheur de perdre son père, il resta sous la tutelle de, son frère aîné, homme dur et violent, qui l'envoya faire son cours de droit à Padoue. Il avait quinze ans quand il se vit forcé de quitter la maison paternelle. Passionné pour les lettres, il n'éprouvait que du dégoût pour la jurisprudence. Cependant il ne tarda pas à se distinguer parmi les élèves de l'université. Comme il parle de ses enfants dans une épître au cardinal bladrucci , on doit en conclure qu'il avait été marié. Devenu veuf, il embrassa l'état ecclésiastique, et ses talents l'ayant bientôt fait connaître à la cour de Rome, il fut honoré de plusieurs fonctions importantes. Légat du pape Clément VII près de Ferdinand , roi de Hongrie , et ensuite de Paul Ill, en Pologne, il mérita la bienveillance de ces deux pontifes, qui le récompensèrent magnifiquement de ses services. En 1535, il accompagna le cardinal Clesi, qui se rendait à Naples pour complimenter l'empereur Charles-1,„ Quint. De retour à Rome, il y passa plusieurs années dans la société des savants et des plus illustres prélats, qui le comblèrent à l'envi de témoignages d'amitié. Cependant il se démit de ses emplois et revint habiter Pordenone, où il 1 mourut en 1556. Apost, Zeno l'a cité parmi les 101, 111 Le texte de Roumis est évidemment erroné; Cocceins Sabellicus n'enseignait plus à Udine en LM; François Amalthée, né en 1476, n'avait alors que sept ans ; ...riment auraitil pu , de l'école d'Amalthée , passer dans celle de Sabellicusl 121 Cette épltre au cardinal Madrucci , datee de 1647, se trouve à la tête de l'opuscule : Qund anintalia bru. Tatione utanlur m'Uns boraine; elle est précédée d'une autre dédicace au cardinal de Granvelle. savants qui dédaignaient de faire usage de la langue italienne i Foy. les notes sur la Bibliot. de Fontanini , t. ter, p. 35). Rorario n'est connu que par un opuscule intitulé Quod animalia bruta sape ratione utantttr nichas hontine. Il y prouve, par un grand nombre d'exemples, que l'homme abuse presque constamment de sa raison, tandis que les brutes ne s'écartent jamais de la route que le Créateur leur a tracée. Boileau paraît avoir puisé dans cet ouvrage l'idée principale de la Satire de l'homme et quelquesuns des traits qu'il y a employés. L'opuscule de Rorario, qu'on doit regarder comme un badinage, a fourni l'occasion à Bayle de rassembler, dans l'article qu'il a consacré à notre auteur, les divers sentiments des écrivains anciens et modernes sur l'âme des bètes, question qui partageait alors les philosophes et qui ne sera jamais complétement résolue . Le savant Gabriel Naudé, ayant rapporté d'Italie ce manuscrit de Rorario, le publia à Paris, 168 il s'en fit une seconde édition, Amsterdam, 165.1 et 1666 : elle est jolie ; mais la meilleure et la plus complète est celle qu'a donnée GeorgesHenri Ribow, Helmstadt, 1728 L'éditeur a réuni dans sa préface les différents traits qu'il a pu recueillir de ia vie de Rorario, en avouant qu'il n'a jamais pu fixer l'époque de sa naissance ni celle de sa mort ; il a éclairci par des notes les passages qui paraissaient avoir besoin d'explication ; enfin il a complété l'ouvrage de Rorario par une dissertation historicophilosophique : De anima Brutorum. Le Conservateur du mois de janvier 1760 contient un extrait abrégé de l'opuscule de Rorario : Il y règne, dit le journaliste, une « aménité et un air de légèreté qu'on trouve « dans peu d'écrits du même siècle. La plupart « des raisonnements y sont bien présentés, quoi- « que peu approfondis. En général, c'est un « livre agréable pour le style et estimable pour « le fond. » Bayle, d'après Draud , cite un autre opuscule du nième auteur Oratio pro muribus adversus Nicot. Bortii edictum; August. Rhei. , 15&8. Cette défense des rats a été insérée dans le 1°' volume des Petits écrits choisis de J,G. Estoc, 1732
  • Jérôme ROSSI( 1539) : en latin Rubeus ou de Rubeis, historien , né en 1539 , à Ravenne, d'une ancienne et illustre famille , montra dès son enfance les plus heureuses dispositions pour les lettres. Il n'avait que quinze ans quand il fut chargé de complimenter le cardinal Ranuce Farnèse, nommé récemment à l'archevêché de Ravenne, et il s'en acquitta si bien que le sénat le choisit souvent depuis pour son orateur. Les talents qu'il annonçait dans un âge si tendre déterminèrent son oncle à le faire venir à Rome pour pouvoir veiller sur son éducation. Après avoir achevé ses humanités au collége de la Sapience, Jérôme se rendit à Padoue, où il reçut, en 1561 , le laurier doctoral dans les facultés de philosophie et de médecine. Il revint ensuite à Ravenne, et, ayant formé le projet d'écrire l'histoire de cette ville, il s'occupa de rassembler des matériaux pour ce grand ouvrage. Il visita d'abord , avec son oncle, les bibliothèques des couvents de son ordre, situées dans les Etats vénitiens, et resta près d'un an à Rome pour extraire des archives les documents dont il avait besoin. Il se maria par condescendance pour son père, qui n'avait pas d'autre enfant; mais ni les embarras domestiques ni les soins qu'il donnait à sa famille ne ralentirent son zèle pour l'étude , et il continua de cultiver les lettres et la médecine avec la même ardeur. Ayant terminé l'Histoire de Ravenne en 1571, il s'empressa d'en faire hommage à ses concitoyens. Le sénat, en reconnaissance, l'admit, par une exception honorable, au conseil, où siégeait déjà son père, et, indépendamment de différents priviléges, qui furent étendus à toute sa famille, il lui accorda le titre de médecin et deux cents écus pour l'impression de son ouvrage. Les talents de Rossi dans l'art de guérir avaient établi sa réputation par toute l'Italie avant qu'il fût connu comme historien. Plusieurs villes et des universités cherchèrent à l'attirer par des offres avantageuses; mais il ne voulut jamais quitter sa patrie, dont il avait reçu tant de bienfaits et à laquelle il avait eu le bonheur d'ètre utile en plusieurs circonstances. Député par le sénat, en 1604, près du pape Clément VIII, ce pontife se flatta de le retenir en le nommant son médecin ; mais sa santé s'altéra bientôt , et , ayant fait agréer la démission de sa charge, il revint, l'année suivante , à Ravenne , où son retour excita la joie la plus vive. Il acheva paisiblement sa carrière, le 22 avril 1607. Rossi comptait d'illustres amis , entre autres le cardinal BaroMus , Sigonio, Paul Manuce , etc. On peut voir, dans les Scrittori Ravennati de Ginanni, t. 2, p. 320 et suiv., la liste de trentehuit ouvrages de Rossi , tant imprimés que manuscrits . Ce sont pour la plupart des harangues , des pièces de vers et des opuscules, qui n'offrent que bien peu d'intérèt; mais on doit citer : 1° Historiarum Ravennatum libri 10 ab ejus fundatione, etc., Venise, Alde, 1572 ; 2' édit., augmentée d'un onzième livre et de plusieurs pièces importantes, ibid., ex typ. Gnessœa, 1589, même format ; insérée par Burmann dans le Thesaurus antiquit. kali& , t. 7. Cette histoire, pleine de recherches et trèsbien écrite, est fort estimée. On y trouve beaucoup d'éclaircissements sur l'invasion des Goths et des Lombards et sur leur établissement en Italie. 2° Vita Alicolai pape IV, Pise, 1761 Cette vie, restée longtemps inédite, a été publiée par le P. Ant.Fél. Mattei, d'après un manuscrit de la bibliothèque du Vatican. 3° De distillatione liber, in quo ehimicoe artis refilas ratione et experimento eomprobatur, , Ravenne , 1582 réimprimé à Bâle, à Venise , etc. ; 4° De melonibus disputatio, Venise, 1607 ; insérée par Vinc. Alsario della Croce dans le recueil intitulé Cenluria de qucesitis per epistolam, ibid., 1622 ; 5° Ad Cornelium Celsum in libros 8 annotationes , ibid ., 1607 ; réimprimé en 1614 et 1616, même format
  • Jérôme RUSCELLI( 1500) : naquit à Viterbe , dans une humble condition , vers le commencement du • Ge siècle. Il vécut quelque temps à Rome , sous le pontificat de Paul Ill , et y fonda l'académie dello Sdegno ; il se transporta ensuite à Venise, où il corrigeait les épreuves chez Valgrisi, tandis que Dolce remplissait les mêmes fonctions chez Giolito. Soit par jalousie de métier, soit par rivalité littéraire, il s'engagea une vive dispute entre eux au sujet de deux éditions de Boccace, sorties des presses de ces imprimeurs à peu de distance l'une de l'autre. Il fallut tous les efforts de leurs amis pour mettre un terme à leurs querelles. Ruscelli est auteur de plusieurs ouvrages et éditeur d'un plus grand nombre. Dans tous ses travaux , il a montré plus de zèle que de critique. Il fut en correspondance avec plusieurs de ses illustres contemporains. Bernardo Tasso, en lui écrivant , lui témoignait beaucoup d'estime et d'amitié. Ruscelli avait essayé de l'excuser auprès de Philippe II d'avoir embrassé le parti de Ferdinand SanSeverino, prince de Salerne. Dans cette apologie, il parle avantageusement du poëme de l'Amadigi et du jeune Torquato, alors âgé de dixsept ans. Celuici en fit l'un des interlocuteurs de son dialogue intitulé Il Minturno, o della bellezza. Ruscelli mourut à Venise, en 1556, après une longue et doulou- reuse maladie. Il fut enseveli dans l'église de StLuc, à côté de Dolce et d'Atanagi, ses émules. Ses ouvrages peuvent se diviser en deux classes ; nous parlerons d'abord de ceux qu'il a composés ou traduits, et ensuite des autres dont il n'a été que l'éditeur. Ouvrages originaux et traductions: 1° Scholia in iv libros de venatione , Natalis Comi- tum, Venise, Aide, 1551 petit volume de 48 feuillets, devenu assez rare; 2° Leitera al Muzio in difesa dell'uso delle signorie, ibid., 1551 à la suite de la Laiera di Ciotolini in di- fesa della lingua volgare. C'est plutôt un traité qu'une lettre, dans laquelle l'auteur prend à tâche de défendre la mode qui, vers la moitié du 16e siècle, commençait à prévaloir en Italie, d'écrire à la troisième personne et de prodiguer les titres de votre seigneurie, excellence, altesse, etc. Claude Tolomei, Bernardo Tasso, Annibal Caro, Muzio et autres firent des efforts inutiles pour soutenir l'usage contraire. 3° Lettura sopra un sonetto del marchese della Terza, ibid., 1552 40 Lettura sopra un soneito della nzarchesa del Vasto, ibid., 1552 ; 5° rocabolario generale di lutte le roci usate dal Boccaccio, bisognose di dichiara- zione , etc., ibid., 1552 ; 6° Tre discorsi a Lodorico Dolce, l' lino intorno al Decamerone, altro nil osservazioni della lingua volyare, ed il terzo alla traduzione d'Ovidio, ibid., 1553 Dolce, dans une longue lettre placée à la fin de son édition de Boccace, fait une critique amère de celle de Ruscelli, qui attaque à son tour les ouvrages de son adversaire. 7° Capitolo delle lodi del fus° , ibid. , 1554, et réimprimé dans le 2e volume des oeuvres burlesques de Berni ; 8' Discorso promesso al ragionamento dell' imprese, di Giovio , 1556 ; 9° Del modo di comporre in versi nella lingua italiana, con un pieno ed ordinato rimario, ibid., 1559 On réimprime encore en Italie ce dictionnaire de rimes. 10° Discorso sopra i ntotti ed i diselni d' arme e d' amore, ibid., 1560 ; H° Deila perfezione delle donne, ibid. ; 12° La vita di Jacopo Gane. Elle se trouve dans un trèspetit nombre d'exem- plaires des Rime de ce poëte vénitien , publiées par Atanagi , ibid., 1561, et quelquefois 156 13° Geograjia di Tolomeo, trad. dal greco , ibid., 1561 Elle est dédiée à l'empereur Ferdinand I". Il ne faut pas la confondre, comme on l'a déjà fait, avec la traduction de Mattioli publiée à Venise en 1548 , iii-8°. Celle de Ruscelli , revue et corrigée par Rosaccio, fut réimprimée à Venise en 1599 14° De monti e fiumi , ibid . ; 15° Le imprese illustri , con esposi- zioni e discorsi , ibid., 1566 Cet ouvrage, qui parut l'année même de la mort de l'auteur, fut dédié à Philippe H, roi d'Espagne ; la troisième édition , imprimée en 1584 , fut augmentée d'un quatrième livre, par Vincent Rucelli, neveu de l'auteur. 16° Segreti nuovi, ibid., 1567 Ruscelli était un peu alchimiste et avait trouvé plusieurs secrets pour écrire avec des encres sympathiques. Paladin° le cite dans son ouvrage de l'Arte di bene serivere. 17° Indice degli uomini il- lustri , ibid., 1572 ouvrage posthume achevé peu avant la mort de l'auteur ; 18° Com- rnentarj della linqua italiana , lib. 7, ibid., 1576 ; 19° Vocabolario delle voci latine con l' liane , scelle da' migliori scrittori, ibid., 1588 200 Precetti della milizia moderna, ibid., 157'2 il a été traduit en allemand. 21° Sup- Ornent aile Storie del suo tempo, del Giovio, ibid., 1608 , in -4° ; 22° Rime piacevoli , ibid 16'27 , publiées avec les Poesie de Borgogna. Ouvrages dont Ruscelli a été l'éditeur : Boc- caccio , il Decamerone ridotto alla sua intiera per- fezione , Venise , Valgrisi , 155'2 Dans l'avis au lecteur, Ruscelli prétend avoir corrigé le Boccace en fait de langage , dans plus de soixantedix endroits. 2° Il sesto libro del rime di diversi eccellenti autori , con un discorso, ibid., 1553 C'est, comme le titre l'annonce, le sixième volume d'une collection poétique Rime scelte di molli eccellentissimi maori , à laquelle travaillèrent Domenichi, Bottrigaro et Dolce. C'est à la fin de ce volume que Ruscelli publia une diatribe contre Dolce , à l'occasion de leur controverse sur le Boccace. Ce discours , qui remplit cinquantesept pages des premiers exemplaires, fut supprimé dans le reste de l'édition et remplacé par un nouveau qui n'en occupe que cinq. Dans le premier discours, Ruscelli• parle de sa traduction d'Elien , Del modo d' ordinar le squadre, qui paraît n'avoir jamais été imprimée. Ce mème volume reparut vingt ans plus tard , sous le titre de Scrlta nuora di rime de' piir illustri e ralenti poeti dell' etànostra, ibid., 1573 ; ruais c'est la mème édition sous un nouveau frontispice. 3° Petrarca corretto, con annotazioni, un vocabolario, etc., ibid., 1554 Dans une longue préface, l'éditeur assure avoir suivi le texte d'Aide , qui lui a paru le plus correct. Le fait est qu'à force de changements et de corrections il en a souvent obscurci le sens et. a détruit l'harmonie des vers. 4° Le lagrinze del Sebeto , di Moles, in morte di Maria Colonna d'Aragona, ibid., 1554, in -4° ; 5' Il tem- pio di donna Gioranna Aragona , fabricato da tutti i gentili spiriti, ibid., 1554, et quelquefois 1555 Il n'en a paru que la première partie. 6° La bella donna di Luigini da Udine, ibid., 1554 ; 7° Trattato di Bastiano Erizzo dell' instrumento e via inventrice degli antichi , ibid., 1554 Ce traité est fondé, en grande partie, sur la doctrine de Platon , dont Erizzo était sectateur. 8° Delle commedie elette; libro primo nel quale si contengono : la Calandra del Bibbiena; il Sacrifizio e gl' ingannati degl Intronati ; l' Ales- sandro e l' Amor costante del Piccolomini, ibid., 1554 9. Rime di dirersi eccellenti autori Bresciani, ibid., 1554 10° Ragionamento di Florimonte vescovo di Sessa, sopra Etica di Aristotile, ibid., 1554 11° Lettere di di- versi autori eccellenti, ibid., 1556 Ce n'est que la réimpression d'un recueil de lettres publiées par Atanagi à Rome, en 1554. Ruscelli s'appropria ce travail, en substituant son nom à celui du premier éditeur ; mais le nom d'Atanagi fut rétabli dans une édition qu'on fit du mème livre, en 1560. 1G2° Del Timeo , o della natura del mondo , trad. dal greco da Erizzo, ibid., 1557 13. Dialogo dell' eloquensa di Daniele Bar- bais°, ibid., 1557, iii-4'; 14. Rime di Vittoria Co- lonua , Florence , 1558 ; 15° i Fiori delle rime de' poeti illustri, Venise, 1558 Zeno croit que ce livre, sous un autre titre, forme le huitième volume des Rime arche, dont on a parlé no 2. 16. Amore innamorato, del llinturno, ibid.; 1559 17. Discorso di Erizzo sopra le medaglie antiche , ibid., 1559 dédié à SigismondAuguste, roi de Pologne; 18^ Orlando furioso dell' Ariosto, con annotazioni , avrertimenti, dichiarazioni , etc., ibid., Valgrisi, 1560, grand fig. Ruscelli a traité l'Arioste comme il avait fait Pétrarque. Il promettait d'en donner les Bellezze , qu'on ne vit jamais paraître. 19° La guerra di campagna di Roma , di Alessandro d' An- drea, ibid., 1560 20. Lettere de' principi, le quali o si scrivono da principi , o a' principi , o ragionano di principi, ibid., 156 Le premier volume est dédié à StCharles Borromée. Dans la réimpression de 1581, on disposa les lettres par ordre de date, ce qui avait été négligé dans les éditions précédentes. Ce recueil fut augmenté de deux volumes après la mort de Ruscelli, à qui en est due la première idée. Dans l'épître dédicatoire du tome jr, l'auteur annonce le plan d'une Géographie universelle de toute la terre, qu'il se disposait à publier en quatre gros volumes, dont les trois premiers pour les trois parties connues et décrites par les anciens, et le dernier pour la partie nouvellement découverte par les Espagnols et les Portugais. Cet ouvrage, où chaque volume devait être accompagné de cent cartes générales et particulières , ne fut point publié, non plus que l'His- toire de son temps, dont il parle dans la même dédicace. C'est peut-être en retour de ce que Ruscelli avait fait pour Atanagi , que dans la réimpression des Lettere de' principi , exécutée à Venise en 1581, sou nom et la lettre au cardinal Borromée furent supprimés. Le premier volume a été traduit en fran-çais par Belleforest, Paris, 1574 Colomiés regrette qu'il n'eût pas traduit les trois volumes. Comme ils sont extrêmement rares, nous nous consolerions, ne les ayant pas, d'en posséder la traduction. 21. Appiano, delle guerre civili de' Ro- mani , trac!. da Braccio, ibid., 1567, 2 vol. Cette édition parut peu après la mort de Ruscelli, qui avait refait la traduction de quelquesuns des livres de cette histoire. On trouvera quelques renseignements incomplets ou inexacts sur Ruscelli dans Crescimbeni, Volgar poesia , vol. 3, liv. ler ; Zeltner, Correctorum in typographiis cru- dit. centuria ; Ghilini , Teatro de gli uumini illus- tri , etc. Voyez aussi Fontanini et Zeno , Biblioteca italiana
  • Jérôme SECANO( 1638 - 1710) : peintre et sculpteur, naquit en 1638 à Saragosse, où il apprit les premiers éléments de la peinture. Venu ensuite à Madrid, il y étudia avec fruit les tableaux que renferment les palais de cette ville. Il suivit en même temps avec régularité les divers cours que faisaient les meilleurs professeurs, soit en public, soit en particulier. Devenu capable de travailler sans aide ni conseil , il retourna à Saragosse où l'on s'empressa de l'employer à l'exécution de- plusieurs tableaux pour l'église de StPaul. il s'en tira avec honneur, et l'on crut alors devoir lui confier les peintures de la chapelle de StMichel et la fresque de la coupole. Dessinateur correct et coloriste habile, il donna dans ses diverses compositions, tant à l'huile qu'à fresque, des preuves manifestes de ce double talent. L'hôtel de ville le chargea d'exécuter quatre tableaux pour la salle des députés. Jusqu'à cinquante ans il n'avait fait que peindre; il tenta à cet âge de cultiver la sculpture et fit voir qu'il n'avait pas de moins rares dispositions pour cet art que pour la peinture. Il avait ouvert une école dans laquelle il professa ces deux arts avec succès, et d'où sont sortis d'habiles , élèves dans les deux genres. Secano mourut à Saragosse en 1740
  • Jérôme SAVOLDO : peintre, né à Brescia d'une famille noble et distinguée, florissait en 1540, et était regardé comme un des meilleurs peintres de son pays. Le nom de son premier maître est ignoré ; mais les tableaux qu'il a laissés dans sa patrie avant d'aller habiter Venise le font connaître pour un peintre aimable et correct. Venu ensuite à Venise, il étudia assidûment les beaux ouvrages du Titien et devint un de ses plus habiles imitateurs , non pas. il est vrai , dans les grandes machines, mais dans de moindres compositions exécutées avec le fini le plus exquis, qui est, à proprement parler, son caractère distinctif. Jouissant d'une fortune personnelle conidérable, il ne faisait point payer les tableaux ont ii ornait les églises. Il en peignit aussi quelquesuns pour des amateurs ; ces derniers sont extrêmement rares et recherchés. On vantait surtout celui de la Crèche, qui se voyait dans l'église de StJob ; la couleur et l'exécution en étaient parfaites. Une restauration maladroite a gâté ce bel ouvrage. Son chefd'oeuvre, plus grand que les tableaux qu'il faisait ordinairement , est au maîtreautel des dominicains de Pesaro. Il représente Jésus- Christ sur un nuage éclairé par le soleil céleste, et au bas quatre saints en prière. Ces figures sont peintes avec une si grande vigueur de coloris, qu'elles semblent sortir de la toile, tandis que le haut du tableau est d'une couleur si douce et si harmonieuse, que les différents plans du tableau s'enfoncent et se dégradent avec un art infini. On conserve de lui , dans la galerie de Florence , une petite Transfiguration d'une rare beauté. Savoldo vécut longtemps à Venise, où il mourut dans un âge avancé, et où il est connu sous le nom de Girolamo Bresciano
  • Jérôme SEGATO( 1792) : naturaliste et voyageur, né vers 1792, à Vedana , près de Bellune, fit ses études dans cette dernière ville, et montra de bonne heure un goût prononcé pour les sciences naturelles. La chimie, la minéralogie et la géologie avaient surtout pour lui un charme particulier ; il s'imposait souvent les plus dures privations afin de pouvoir se procurer quelques instruments et faire des expériences. Le temps qu'il ne donnait pas à l'étude du cabinet, il le consacrait à des excursions dans la vallée d'Agondo et dans les montagnes du pays de Feltre, qui ont un intérêt spécial pour le géologue , et sont riches en objets d'histoire naturelle. Segato explora avec soin cette curieuse contrée ; et il eut bientôt formé un petit musée avec les coquillages et les minéraux dont il revenait chargé à chaque voyage. Mais la passion de la science lui fit tourner ses regards vers l'Orient, vers ces contrées où se rencontrent encore une foule de monuments et de secrets. Léger d'argent, mais plein d'ardeur et de courage , il se rendit à Venise, bien décidé à saisir la première occasion qui s'offrirait à lui de s'embarquer n'importe pour quel pays, pourvu que le vaisseau se dirigeât vers le Levant. Ce fut avec ces dispositions qu'il arriva à Venise ; et au bout de quelques jours , il faisait voile vers Alexandrie. En mai 1820, il était au Caire, où il se joignit à l'armée que le viceroi envoyait à la conquète du Sennaar. Parvenu à la seconde cataracte du Nil, il se jeta dans le grand désert avec un domestique, deux chameaux, et n'ayant d'autres provisions que du pain , des dattes et quelques outres d'eau. Ce fut avec d'aussi faibles ressources qu'il osa s'aventurer pendant quatrevingts jours dans cette mer de sable, où les caravanes les plus nombreuses, les plus aguerries au climat et les mieux pourvues restent souvent ensevelies à jamais. Mais ces terribles exemples n'effrayèrent point Segato ; et au lieu de fuir le danger, il allait audevant, puisque c'était dans le danger même qu'il pouvait trouver le germe de quelque découverte et l'explication encore inconnue de certains phénomènes. La trombe terrestre lui en fournit l'occasion. Un jour que ce redoutable phénomène s'était montré, Segato voulut examiner les traces qu'il avait laissées, et trouva entre autres une excavation où le tourbillon avait découvert des corps momifiés d'hommes et d'animaux. En examinant attentivement ces restes, Segato conçut l'idée de la découverte qu'il réalisa plus tard, et qui consistait à donner aux parties animales la solidité de la pierre, tout en conservant la forme, la couleur et même le volume. A force d'essais, le succès dépassa ses espérances ; et il put soumettre aux médecins et aux chimistes les plus distingués de l'Italie des pièces préparées à tous les degrés, depuis la flexibilité ordinaire jusqu'à la pétrification la plus complète. Son procédé agissait sur les corps entiers comme sur les parties détachées ; et il avait fait une table composée de deux cent quatorze pièces prises dans différentes parties du corps, et qui présentaient l'aspect d'autant de morceaux de marbre de différentes couleurs et nuances. Mais revenons à l'Egypte. En quittant le désert, Segato se dirigea vers le Nil , pénétra dans la pyramide d'AbuSir, où il resta pendant six jours , et contracta une grave maladie. Il revint au Caire brisé, méconnaissable; et ce ne fut qu'à grand'peine qu'il put regagner Alexandrie et s'embarquer pour Livourne. Déjà plein de l'idée de sa découverte, il crut qu'il trouverait plus facilement en Toscane que dans l'Italie autrichienne les moyens de la réaliser et de l'exploiter. On admira sa découverte, on lui décerna les plus grands éloges ; des médecins et des chimistes , tels que TargioniTozzetti , Gazzeri, Betti , Zanetti, constatèrent les résultats obtenus ; mais personne n'offrit les trente , mille francs que Segato demandait pour rendre public son procédé, si bien que le pauvre inventeur fut obligé pour vivre de s'adonner à la chalcographie. Ce fut lui qui grava la fameuse carte de l'Afrique septentrionale , publiée à Florence, et celle de la Toscane, du P. Inghirami, qu'il améliora encore dans les détails. C'est aussi sous sa direction que fut publié l'Atlas de la haute et basse Egypte, illustré par le professeur Dominique Valeriani, d'après les dessins de Denon et le grand ouvrage de l'expédition scientifique faite en Egypte en 1827-1828 par des savants français et toscans, sous les auspices de leurs gouvernements respectifs. Cet atlas, publié par livraisons , se compose de cent trentecinq planches auxquelles sont joints deux volumes de texte, Florence, 1835-1837 Ce fut au milieu de ces travaux que la mort le surprit, le 3 février 1836, sans lui laisser le temps de confier à un ami le secret de sa découverte. On trouve cependant de curieux détails sur cet objet dans l'opuscule italien qui a pour titre De l'art de rendre aussi durs que la pierre et inaltérables les corps des animaux ; relation de la découverte de J. Segato, par M. Joseph Pellegrini, avocat, Florence, 1835
  • Jérôme SERIPANDO( 1593) : cardinal , né en 1593, à Troja, dans le royaume de Naples, reçut en naissant le nom de Trojano, qu'il changea en prenant l'habit chez les augustins. Il était destiné à parcourir la carrière du barreau, pour laquelle il avait acquis les connaissances nécessaires. Privé de ses parents, il suivit sa vocation, qui l'appelait à la vie monastique. Les supérieurs de son couvent l'employèrent jeune encore dans les écoles privées , où il fut le précepteur de ses collègues. Envoyé à Bologne, il y occupa une chaire de théologie, et après avoir passé par les différentes charges, il fut élu , en 1539, général de l'ordre, qu'il gouverna pendant douze ans. Désigné pour le siége épiscopal d'Aquila , il préféra la retraite aux honneurs et alla s'enfermer clans un petit couvent sur le mont Pausilippe, où il se livra tout entier à la vie contemplative et à la révision de ses ouvrages. Ses compatriotes vinrent le chercher dans cet asile, le priant d'accepter une mission auprès de CharlesQuint. N'osant pas tromper la confiance qui lui était témoignée , il se mit en route pour rejoindre l'Empereur à Belgrade. Accueilli favorablement par ce monarque, n en obtint tout ce qu'il était chargé de demander, et en prenant congé de lui , il reçut la nomination d'archevêque de Salerne. De retour en Italie, il prit possession de son diocèse, où il assembla un synode pour proposer des réformes utiles à la religion et aux moeurs. Son zèle fut récompensé par le pape, qui, en 1561, le décora du chapeau et l'envoya en qualité de légat au concile de Trente. Avant de partir, Seripando fit usage de son crédit pour déterminer Pie IV à fonder une imprimerie, afin d'attirer à Rome le célèbre Paul Manuce , et en passant par Bologne, il ménagea la réconciliation de Sigonio et de Rohortello, dont les longues disputes étaient un sujet de scandale pour les gens de lettres. Arrivé à Trente, il prit part à la rédaction de plusieurs décrets et se fit remarquer par son éloquence et son érudition. Le cardinal Pallavicini, juge non suspect, s'est plu à lui rendre cette justice dans son histoire de ce fameux concile. Tandis que Seripando conduisait avec éclat la négociation dont il était chargé, il fut atteint d'une grave maladie et mourut le 17 mars 1563. Ses funérailles , célébrées à Trente avec une pompe extraordinaire, furent accompagnées d'une oraison funèbre, par le P. Marchesini , insérée par 0.singer dans la Bibliotheca Augustiniana. Le cardinal Seripando jouit pendant sa vie d'une grande réputation. En lui accordant des connaissances étendues en théologie, ce qui était un mérite assez commun dans son siècle, on peut lui refuser le talent d'orateur. Rien n'est moins éloquent que ses sermons et surtout son éloge de CharlesQuint, dans lequel il était si facile de s'élever avec son sujet. Ses écrits sont : 1° Noue constitutiones ordinis, etc., Venise, 1549 ; 2° ratio ira funere Caroli V imperatoris, Naples, 1559, in - ; 3° Prediche sopra il sinzbolo degli apostoli, dichiarato co' simboli del concilio Ariceno e di S. Atanasio, Venise, 1567 et avec des additions, Rome, 1586 Ces sermons, prononcés dans la cathédrale de Salerne, furent publiés par un neveu de l'auteur. 4° Commentarius in Epistolam divi Pauli ad Galatas, Venise, 1569 et Anvers , Plantin , 1587 ; 5° Comrnentaria in diri Pauli Epistolas ad Romanos et ad Galatas, Naples, 1601 On y a joint la vie de l'auteur, par le P. Milensi. 6° De acte orandi sen expositio symboli apostolorum, Louvain, 1681 Plusieurs lettres de ce prélat font partie d'un recueil publié par Lagemarsini, à Rome, - • sous le titre (le Poyiani epist. et oral., Pi vol. 4", { 762. La bibliothèque de Naples, qui a hérité de celle de S. Giovanni a Carbonara, à laquelle Seripando avait légué ses manuscrits, possède plusieurs de ses traités de théologie inédits. On trouve d'autres renseignements dans Tafuri , Storia degli scrittori Napoletani, t. 3, part. 2, p. 193, et dans l'ouvrage d'Ossinger cité plus haut
  • Jérôme TAGLIAZUCCHI( 1674 - 1751) : littérateur, né à Modène, en 1674, entra dans les ordres et fut protégé par le duc Renaud I", son martre, dont il obtint une place dans la chancellerie ducale. 11 le suivit à Bologne, dont l'université était si célèbre. Peu après son retour à Modène, le prince lui conféra un bénéfice et la chaire de langue grecque au collège des nobles. Tagliazucchi remplit ces fonctions jusqu'à l'année 1723, époque à laquelle il prit la résolution de se rendre à Milan, où il ouvrit une classe de littérature et de philosophie. Il y forma pluSieurs élèves, entre autres la célèbre Marie Gal tane Agnesi, à laquelle il apprit le grec et l'algèbre. Pressé en même temps de se charger de la direction du collège 'Variant), à Bergame, et de remplir la chaire d'éloquence à l'université de Turin, il se décida pour ce dernier emploi , qui , bien que plus modeste, le pla-çait sur un théâtre plus convenable. Tagliazucchi y resta jusqu'à l'année 1743 , qu'il profita de ba retraite, pour aller terminer ses jours à Modène, où il mourut le 1" mai 1751. Ce professeur mérite un rang distingué, sinon parmi les écrivains, au moins parmi les habiles instituteurs. Ses ?uvrages sont : 1° Epigramma greco, colla traduzione latina, per la festiritiz di 'sait Geminiano, Bologne, 1703 ; 2° Ultinza persecunione di Saulle contro Davide, oratorio, Modène, 1708 3° Prose e poesie toscane , Turin , 1735 Ce recueil contient deux dissertations sur la nécessité d'introduire l'étude de la langue italienne dans les écoles d'Italie, un discours d'ouverture, des traductions du grec et du latin et quelques poésies originales. 4° A Carlo Emmanuele, Orazione panegirica, ibid., 1735 ; 5° Orazione e poesie per l'istituzione dell' Accademia del Disegno, etc., ibid., 1736 G° Raccolta di prose e poesie ad uso delle rugie Scuole, ibid., 1744, 2 vol. réimprimé plusieurs fois et précédé d'un discours très.estimé sur la manière d'instruire la jeunesse dans la littérature ; 7° Rime e panegirico al re di Sardegtza, Bergame, 1757 ; 8° Della liriea poesia, Paris , 1764 ouvrage posthume, publié par l'abbé Viciai
  • Jérôme TARTAROTTI( 1706) : né à Roveredo en 1706, reçut sa première in,truction sous les yeux de ses parents et fut envoyé, en 1725. à l'université de Padoue, où il suivit les leçons des plus habiles professeurs. Il fréquenta aussi la société des frères Volpi et, à leur exemple, fonda dans sa patrie un cercle dont les membres, appelés Dodonei, contribuèrent beaucoup à répandre l'amour des bonnes études dans cette extrémité de l'Italie. Tartarotti y prit le nom de Selraggio, qui parut former une antithèse bizarre avec les efforts qu'on lui voyait faire pour civiliser ses compatriotes. Non content d'avoir donné un but à leurs travaux , il songea aux moyens de les rendre publics, et il profita des renseignements recueillis dans les ateliers de Comino pour monter une imprimerie, d'où sont sorties quelques bonnes éditions. Il s'en servit luialine pour publier un ouvrage dans lequel il attaquait la philosophie des scolastiques, qui ne le ménagèrent point à leur tour. Cette guerre de plume, qui eut une influence fâcheuse sur le caractère de Tartarotti, accrut sa réputation , et il ne tarda pas à recevoir du roi de Sardaigne l'invitation d'aller remplir une chaire à l'université de Turin ; mais il préféra vivre au milieu de ses occupalions littéraires, continua sa guerre avec les partisans d'Aristote et entreprit dans le mème temps , tous étaient également imbus de ce préjugé, qui a eu fréquemment les suites les plus funestes. Le célèbre Bartole conseillait froidement à un évêque de Novare de faire périr à petit feu une malheureuse femme accusée d'avoir adoré le diable et d'avoir eu recours aux sortiléges pour faire périr des enfants , sous François 1", il n'y en aurait pas eu moins de cent mille en France, où les lois n'étaient pas plus humaines. Tant de cruautés , exercées contre le sexe le plus faible, réveillèrent la pitié dans les coeurs généreux, et l'on chercha à prouver l'irrégularité de telles procédures, tout en admettant la possibilité du crime. Mais, un siècle plus tard, on traita la question avec plus d'indépendance, quoique cc zèle ne fùt pas sans danger; car, en 1609, la crédulité et l'ignorance d'un magistrat attentèrent à la vie de plus de six cents individus, accu- P.t même juifs. Quoique réprouvée par la loi de Moïse et le Talmud, la magie rencontrait cher eux des esprits crédules. Il suffit d'ainciir, de rappeler que des magiciens contrefirent les miracles de Moïse, et la pythonisse d'Endor, consultée par San), était une sorte de magicienne. iSI Ziletti, Consilia criminalia, Venise, 1563 t. 1", conx. 6. De 0. Iio Salarie, liv. 1, discoure 3, sés de sorcellerie, dans une seule province de France . Ce ne fut qu'en 167e que l'on défendit aux tribunaux de donner cours aux accusations de ce genre. Mais il n'en fut pas ainsi dans le reste de l'Europe, où l'on continuait de persécuter les sorciers avec le même acharnement. En 1717, deux femmes furent exécutées près de Roveredo, et ce spectacle, dont Tartarotti avait été témoin dans sa jeunesse, le détermina peut-être à composer ensuite un ouvrage sur cette matière. Son livre est divisé en trois parties , dont la première contient des recherches sur l'origine du sabbat, la deuxième en montre l'imposture et la troisième en calcule les conséquences. En compulsant les archives du moyen àge, l'auteur trouve, dans l'ouvrage d'un prélat du 10° siècle, un passage où il est question de certaines femmes qui se vantaient d'entreprendre de longs voyages nocturnes sur des animaux , pour assister à des réunions nombreuses présidées par Diane . C'est peut-être la première fois qu'il est fait mention dans l'histoire du sabbat et de cette société à laquelle , , il existait , au 12° siècle, une troupe de sorcières, dont le mot d'ordre était HÉRODIADE NOCTICITLA, ou plutôt noctiluca, qui par cette qualification , semble avoir beaucoup de rapport avec Diane. Les mêmes traditions se propagèrent én Italie, en Portugal , en Espagne et en France, et deux évêques appartenant à ce pays nous ont transmis les plus amples détails sur cette confrérie de Diane. En 1599, un écrivain plus érudit que philosophe publia un ou-,rage pour accréditer les mêmes fables, qui n'ont pas manqué de partisans jusqu'au siècle dernier; car un certain Boissier , qui a osé réfuter l'ouvrage de St- André contre la magie , lui reprocha presque comme un crime d'avoir douté de l'intervention du diable dans les sortiléges. Thomasius assure qu'à la même époque de semblables opinions régnaient en Allemagne, où la plupart des savants, convaincus de l'existence des sorcières, approuvaient la rigueur avec laquelle elles étaient traitées par les lois . C'est Il &dernier mulirres.... profilentur noclurniShoriscurn Dian a , paganorum dea et innumera mullitudine mulierum equilare super quasdam beslias, et mulla lerrarum spolia inlempesla noclis sils nlio perlransire. Ref.: lutin, De ecclesiaslicis disciplinis , etc., lib. 2, chap. 361. 12) De nagis curialium, lib. 2, cap. 17. 131 Yves de Chartres, Decraalia, part. 2, cap. 30. — Et Guillaume de Paris, De univers°, lib. 2, cap. 32. Disquisilionum magicarum libri sex., Louvain Lettres au sujet des mouftes et des sorliléges , Paris, 1731 161 Lettres Fur la magie, les magiciens et les sorciers, ibid., 1726. L'auteur était premier médecin du rni de France. 17) Valgus eruditorum el dari diabolum, et dari sagas mullas, et jusli. irnuut ac piissimum esse processus»: Isaclenus usitalum contra eas, non solum sibi, sed eliqm aliis persuadere laboranl. De crimine mergiœ § 6.. Par une inconséquence inexplicable, Tartarotti se déclara le partisan de la magie, tout en prouvant l'impossibilité du sabbat. Le comte Carli ;voy. ce noml, à qui l'auteur avait communiqué son travail, releva ce vice de l'ouvrage , observant qu'il n'y avait presque point de différence entre un sorcier et un magicien , et que l'existence de l'un entrainait nécessairement celle de l'autre. Tartarotti eut le tort de ne pas en convenir, et, dans une réplique ridicule, il reproduisit tous les arguments des fauteurs de la magie, pour constater la réalité des oracles, des spectres, des possédés, des esprits follets, etc. Il lui paraissait d'ailleurs contraire aux traditions bibliques d'en douter, et c'est à ce dernier reproche que répondit le marquis Maffei, qui, dans son livre intitulé l'Arte magica dileguata , Vérone, 1750 i°, soutint que, de tout temps, la magie avait été regardée comme un conte ridicule par les esprits sages et religieux, et qu'elle n'est jamais entrée pour rien dans la doctrine de l'Eglise. Il s'expliqua encore plus clairement dans un second ouvrage intitulé la J'agi« annichilata , ibid., 1754 en répondant à l'apologie de Tartarotti, qui persista dans toutes ses opinions. Mais Maffei , qui avait embrassé la défense de Carli , ne partageait pas toutes ses idées, et il pensait que la magie. inadmissible après le grand oeuvre de la Rédemption, aurait bien pu exister avant JésusChrist. La question fut loin d'être décidée, et il y eut jusqu'à quatorze écrivains qui plaidèrent pour et contre le diable. Plus récemment, le conseiller Cantz dans un ouvrage intitulé De . Tartarotti. qui, comme on vient de le dire, avait échoué dans une question philosophique, avait fait des études profondes sur la langue italienne, qu'il maniait avec beaucoup d'habileté. En revenant la première fois de Padoue, il publia un discours dans lequel il dévoila les défauts de l'école de Marini , qui ne manquait pas encore d'admirateurs en Italie. Mais il ne voulut pas apprendre le français par la crainte de corrompre la pureté de son style. Il avait formé une nombreuse bibliothèque, dont il disposa en faveur de l'hôpital de Roveredo. Ses compatriotes, reconnaissants, ont placé son buste dans une des salles de leur hôtel de ville. Les ouvrages de ?1) Le P. Priai, pour avoir soutenu, en 17155 , quelques théties sur le même sujet tDe malin spiritibus, rorampie in corpora pogeslale), prétendait à l'honneur d'avoir, le premier , élevé la voix contre ce préjuge. Mais le fait est qu'à cette époque il ne restait plus rien à dire sur les sorciers, apr,s les débats excitée en Italie par l'apparition de l'ouvrage de Tartarottt. Tartarotti sont : 1° Ragionamento intorno alla poesia lirira toscana, Roveredo, 1728 2° Idea della logien degli scolastici e de' modérai, ibid. 1731 Cet essai fut attaqué par un certain Valetta , auquel l'auteur répondit par l'ouvrage suivant : Osserrazioni in difesa della ma/ 1, ms jilosofia. 3° Rayionamento delle di... 1; de let-1.- rarie, o six publiche & fere di conclusions, ibid., 1733 ; 4° Dissetacione copra M differenza delle rosi italiane, cite pajono sinonime. dans le ri.eueil de Calegerà ; 5• Dissertatio de origine ( crlesiat Tridenting , Venise, 17 45 6. Re- mariistoriche intorno alla cita e morte de' nanti Sisinio , Martirio , ed ellessandro, Vérone , 1745, iii-4°: 7° De rersione Rujiniana, Trente, 1748, in V; 8• Del congrenotturno delle lammie, con due Dissertacioni copra l'arte magica, lioveredo, 1749 Un anonyme y répondit par l'ou- s rage suivant : Animadrersioni entiche copra il nantira° ', s'agressa delle ! amatie, Venise, 1751, 8°. 9elpaloyia del rongreaso delle lammie. ibid., 1731 : 10° De episcopatu Sabionensi S. Ceci. siani martyris, deqiee .S. inenaini ejusdern urbis rpiseopi astis, ibid., 1750, iii-4° ; II° Memorie ( t'aiche di Roreredo, ibid., 1734 ; 12° Apo- lagia delle Memorie « n'irise di Roreredo, Lucques, 1758, ; 13• Dell' origine della rhiesa di Aqui- Irja, Milan, 1739 1 i° La conclusione de' Prancescani rtformati, Venise, 1763 petit poème burlesque. réimprimé dans le recueil sui. rant : lb° Rime séché dell' abbate Tariarani, Ro- credo, 1785 avec le portrait de l'auteur. L'éditeur de ces poésies est Clementino Vannetti, qui y a joint un discours préliminaire et des notes. Voyez Rarrolta di Orazioni funehri, con rarie poésie in Iode di Tartaroiti, ibid., 1763, A—e—s.
  • Jérôme TIRABOSCHI( 1731 - 1794) : littérateur italien, né à Bergame, le 28 décembre 1731, fit ses premières études sous l'abbé Armati, et à l'âge de onze ans entra au collége de Monza, tenu par les jésuites. 11 en embrassa l'institut, et, chargé de l'instruction de ses camarades, il prépara une réimpression du dictionnaire latin et italien de Mandosio, regardé comme un nouvel ouvrage par les nombreuses corrections de l'éditeur. Ce premier succès et la protection du comte de girmian attachèrent Tiraboschi aux travaux littéraires. En donnant une meilleure disposition à la bibliothèque de Brera , à Milan , il remarqua plusieurs manuscrits relatifs à l'histoire des Humiliés. Nés au sein des guerres qui avaient désolé l'Italie pendant les règnes orageux de Henri II et de Conrad le Salique, ces cénobites, que le malheur avait jetés dans le cloître, osèrent attenter à la vie d'un archevèque . Ce crime ne resta pas impuni ; et le pape Pie V, par une bulle du 7 février 1571, ordonna la suppression de cet ordre, qui comptait plus de cinq siècles d'existence. En 1628, le cardinal Frédéric Borromée avait chargé Puricelli d'écrire l'histoire des Humiliés. Le travail, qui était bien avancé, fut suspendu par la mort de ce savant; mais on eut soin d'envoyer à la bibliothèque Ambroisienne les papiers déjà rassemblés, et ces matériaux, joints à ceux du P. Hartzheim , déposés dans les archives de Brera, servirent de base aux mémoires de Tiraboschi. Cet ouvrage, qui remplissait une lacune dans les annales de l'Eglise, fut bien accueilli par les savants et cité avec éloge par les journalistes de Leipsick . Il étendit beaucoup la réputation de l'auteur, qui , en 1770, reçut l'invitation de se rendre à Modène, pour être mis à la tète de la bibliothèque ducale, illustrée par les travaux de Muratori, de Zacca ria et de Granelli. Au milieu des trésors accumulés par la munificence des princes d'Este, le nouveau bibliothécaire conçut le plan d'un ouvrage qu'on aurait cru audessus des facultés d'un seul homme. L'Italie, cet ancien berceau de la civilisation, n'avait pas trouvé un écrivain capable de réunir dans un seul cadre les titres épars de ses richesses littéraires. La tàche en était d'autant plus difficile , qu'il fallait fermer l'oreille aux prétentions particulières de chaque Etat, et presque de chaque ville, pour ne juger les auteurs que d'après leur véritable mérite, Il fallait , en outre , être versé dans la littérature ancienne, connaître à fond la littérature moderne, avoir une idée suffisante des sciences et des arts et ne pas être embarrassé dans le classement de tant de matériaux, pour élever un édifice aussi riche dans les détails qu'il devait être simple et régulier dans l'ensemble. Ce grand travail fut terminé en moins de onze ans ; et s'il n'a pu échapper aux critiques de quelques esprits moroses, il a trouvé un plus grand nombre de partisans et d'admirateurs. Trois jésuites espagnols, Arteaga, Serrano et Lampillas, s'attachèrent à justifier leur pays d'avoir en tout temps contribué à corrompre le goût en Italie. Serrano écrivit une dissertation pour prouver que Martial, Lucain, les deux Senèque, loin d'avoir terni l'éclat de la littérature latine, n'avaient fait que l'augmenter. Arteaga, qui niait l'influence des Arabes sur la poésie moderne, soutint que les Espagnols avaient eu beaucoup de part aux progrès de la musique italienne dans le 16° siècle ; et Lampillas se chargea de relever des avantages encore plus cachés de la littérature castillane . Malgré ces attaques, qui ne restèrent pas toujours dans les bornes de la modération et de la bienséance, l'ouvrage de Tiraboschi triompha de ses ennemis ; et l'académie royale de Madrid ellemême répondit à l'offre d'un exemplaire dans les termes les plus flatteurs. Cet hommage public fut confirmé par les réimpressions exécutées du vivant même de l'auteur. En prenant son point de départ des Etrusques, cet habile écrivain suit la marche lente, mais progressive, des lettres et des arts sous les anciens ; il marque leur décadence sous les barbares et les efforts impuissants de Cassiodore, Boëce, Alcuin et Constantin l'Africain pour dissiper les ténèbres du moyen àge. C'est avec le même soin qu'il développe les causes de la renaissance des lettres, dont il accompagne les progrès jusqu'à la fin du 17. siècle. Tiraboschi aurait probablement poussé son travail jusqu'au siècle suivant, si un sentiment de reconnaissance envers la ville qui l'avait . Tiraboschi, décoré des titres de chevalier et de conseiller du due de Modène, mourut dans cette ville le 3 juin 1794. Ses ouvrages sont : 1. De patrice historia ° ratio, Milan, 1759 Vetera Huntiliatorum monitmenta annotationibus ac dissertationibus prodromis illustrata , Milan, 1766, 3 vol. 3° De ineolumitate Manie Theresice Augusta. gratulatio , ibid., 1767 et Modène, 1786 ; 40 Storia della letteratura italiana, ibid., 1772-1782, 13 vol. ibid., 1787-1793, 16 vol. Florence, 18051812, 20 vol. etc. Cet ouvrage a été abrégé en français par Landi, Berne, 1784, 5 vol. ce résumé, mal fait et imprimé de la façon la plus incorrecte, a été traduit en italien par G, A. M. , Venise, 1801, 5 vol. L'abbé Zannoni en a donné un autre abrégé en italien," ibid. , 1800, 8 vol. La parti, relative à la poésie italienne a été publiée séparément par M. Matthias, sous le titre suivant Istoria della poesia italiana, Londres, 1803, 3 vol. i11-12 ; et tout ce qui a rapport aux arts a été reproduit par Jagemann, en allemand, Leipsick 1777, 5 vol. 5° Vita di santa Olimpia, dia canessa della chiesa di Constantinopoli , Parme. 1775 Rijlessioni sugli scrittori genealo gici , Padoue, 1779 ; 7° Vita di Fulda Testi, Modène, 1780 8° Bibliotecaodenese, 5 vol. suivi d'un sixième volume intitulé Notizie di pittori , seul- tari, incisori ed architetti modenesi, con un' appen dice de' professori di musica, ibid. , 1786 • ; 9° Storia delr Augusta Badia di S. Silrestro di Nonantola, aggiuntori il radie p. 139; 15° Dizionario topografico storiro degli stati Estensi ; ouvrage posthume, dont le premier volume a paru à Modène en 1824 16° Plusieurs morceaux insérés dans le journal de Modène , dont il était un des principaux rédacteurs. Il fut l'éditeur d'un ouvrage de JeanMarie Barbieri, intitulé Dell' origine della poesia e rimata, modène, 1790. qu'il a enrichi d'un savant discours préliminaire. Vin. Due lettere riguardanti alcune più importante no. tizie della rita e delle opere del Tirabosehi, par Ciocchi, ibid., 1794, 1n-8°; Préris historique sur la rie et les ou rrages uln manie, par , dans le Magasin eueyrlop. , an 4. 179:i t. 5, p. 477; t Mage du ntème, en latin, par Fabroni, dans le Vita. haler., t. 16, p. 242, traduit en italien par Maggi ; un second éloge en italien, par Lombardi, Modène, 1796 traduit en français par Boulard, Paris, 1802 un troisième en italien, par Pozetti, en tète de l'édition de l'Histoire littéraire d'Italie, Florence , 1805 ; un quatrième, par lieltramelli . Bergame, 1812 : une notice, par M. Ugoni, dans son ouvrage intitulé Della lederatura italiana, etc. , t. 3, p
  • Jérôme TRENTO( 1728 - 1784) : prédicateur, né en 1728, d'une famille noble de Padoue, prit l'habit des jésuites à Bologne, où il prononça ses voeux en 1746. Marchant sur les traces de Segneri, qu'il s'était proposé pour modèle , il préféra les humbles travaux des missions aux succès éclatants des panégyristes. Il mourut en terminant un carême dans l'église de StLéon à Venise, le 19 avril 1784. Le P. Andrès cite ce prédicateur comme un des meilleurs modèles de l'éloquence sacrée en Italie. Il le met sur la même ligne que Segneri et Venini. Sans disputer sur ce rapprochement, nous ferons remarquer que le style de Trento est inégal ; que ses tournures sont vicieuses, ses phrases vulgaires ; qu'il n'évite pas assez la répétition des mêmes mots ; et qu'enfin ses tableaux, d'un coloris faux et d'un dessin forcé, font trop sentir l'art et la contrainte. Ses ouvrages posthumes publiés par le P. Ptolémée Marsigli sont: 1° Prediche quaresimali , Venise, 1785 ; ibid., 1798 et 1816 2. Pa- negirici e discorsi morali, ibid., 1786 ; et ibid., 1818 Voy. Boscaccio, Eloggio di Trento, ibid., 1784
  • Jérôme TREUTLER( 1565 - 1607) : fils d'un tailleur de Schneidnitz en Silésie, né le 14 février 1565, est au nombre des plus célèbres jurisconsultes du 16e siècle. Après avoir étudié la philosophie et le droit à Strasbourg, il obtint, en 1588, au collège de Marbourg, un emploi de professeur qui ne l'empêcha pas de continuer ses études juridiques ; il prit le grade de docteur en droit , et, après un court séjour à Herborn, où il exerça les fonctions de professeur au gymnase académique, il obtint , en 1591, une chaire de professeur de rhétorique à l'université de Marbourg, où il enseigna aussi le droit civil. En 1594, il fut nommé syndic du magistrat de Bautzen, et , en 1595 , l'empereur Rodolphe H le fit procurateur de la chambre de la haute Lusace. Ce souverain l'anoblit sous le nom de Treutler de Ifroschorts. Il mourut le 14 février 1607. Parmi ses ouvrages, le plus célèbre est : Selectarum disputationum ad jus civile Justinianeum volumina II , Marpurg , 1592, 2 vol. souvent réimprimé, et que plusieursjurisconsultes ont commenté
  • Jérôme USTARIZ( 1600 - 1700) : le premier Espagnol qui se soit distingué par ses connaissances en économie politique, naquit dans la Navarre vers la fin du 17' siècle et mourut vers le milieu du 18°. Il est principalement connu par son ouvrage intitulé Théorie et pratique du commerce et de la marine 1724, Madrid 1742, et qui a eu plusieurs autres éditions. Rien ne prouve mieux l'importance et le mérite de cet ouvrage que l'honneur qu'il a obtenu d'être traduit dans la langue des deux nations les plus éclairées et les plus commerçantes. La version anglaise fut publiée à Londres, 1751 , 2 vol. et celle que Forbonnais donna en français parut en 1753, Paris . Gabriel Usirmuz, né, vers l'an 1772, à Caracas, dans l'Amérique espagnole, servit dans sa jeunesse et fut lieutenant d'infanterie. Ayant quitté la carrière militaire, il jouit des douceurs de l'hymen et de la vie privée au milieu de ses propriétés, jusqu'en 1810 , époque de la révolution de Caracas. Il la favorisa de ses conseils et de ses facultés, fut élu membre du congrès législatif de la république de Venezuela, puis appelé à d'autres fonctions. Lors des premiers succès que le général royaliste Monteverde obtint à son arrivée, en 1812, Ustariz fut jeté dans un cachot et accablé d'outrages. Rendu à la liberté après que Bolivar eut triomphé de Monteverde , il continua de servir avec zèle la cause qu'il avait embrassée; mais le parti royaliste ayant encore prévalu sous le général Moralès en 1814, Ustariz , qui s'était retiré à Mathurin , y fut tué à coups de lance avec son fils, lorsque cette ville tomba au pouvoir de Moralès
  • Jérôme VALLE : poëte, né à Padoue , n'a été désigné par plusieurs écrivains que sous le nom de Gerolamo Padorano. Son ouvrage le plus remarquable est sur la passion de JesusChrist , intitulé Jesuida, dédié a Pierre Donato, évêque de Padoue. Ce poëme, qui est composé de quatre cents vers, fut publié, sans nom d'auteur, par Wolfang Lazius, Bâle, 1551 Il avait été déja publié avec le nom de `'aile, à Leipsick et à Vienne, en 1510 et il le fut plus tard à Anvers. Voyez Epistolœ philolog, crie., par Christ. Daum , Chemnitz , 1709 et Giern. de' laterati , t. 40, p. 487. N'aile est encore l'auteur des ouvrages suivants : 1. De amoribus ad fielystam puellam , dont la poésie est d'une facilité digne d'Ovide ; 2° deux discours latins, l'un à Fantino Dandolo, évèque de Padoue, et l'autre au doge Pasquale Malipiero. Ce doge ayant été nommé en 1457, Fabricius et Vossius, qui font mourir Valle 1443 , se sont trompés. On ne sait pas précisément l'époque de sa mort; mais il est sûr qu'il fut envoyé par le sénat de Venise à Ravenne, où il mourut, non sans soup-çon d'avoir été empoisonné. — VALLE , architecte, né à Padoue, dans le 16° siè- die, a fait construire, sur ses dessins, la Certosa que l'on voit à deux milles de cette ville. Les proportions de ce bâtiment sont si bien prises et l'ensemble en est si parfait que l'éditeur des oeuvres posthumes de Palladio le lui a attribué et en a inséré cinq planches dans ces mêmes oeuvres
  • Jérôme VIGNIER( 1606) : fils du précédent, né en 1606 à Blois, où son père était ministre de la re- ligion réformée , fut pendant quelque temps bailli de Beaugency, place dans laquelle il s'attira la confiance publique par son application à prévenir et à terminer les procès, en usant des voies de conciliation. Ses recherches savantes furent utiles à M. de l'Aubépine, évéque d'Orléans, pour la eomposition . Le P. Vignier s'était procuré une ancienne Histoire des rois de Bourgogne, d'après laquelle il se proposait de prouver que les comtes de Champagne et de Brie étaient sortis en ligne masculine de la famille de Charlemagne. Ses travaux sur l'histoire profane ne l'avaient pas empêché de se livrer à de savantes recherches sur les sciences ecclésiastiques. Il avait découvert dans les bibliothèques plusieurs ouvrages inédits de StAugustin. entre autres, dans celle de Clairvaux, les six livres de l'Ou- rrage imparfait contre Julien, dont Claude Ménard n'avait donné que les deux premiers. Il fit imprimer le tout, en I6&, sous le titre de Sancti Augustini operuni supplementum , 2 vol. L'éditeur était personnellement à l'abri de tout soupçon de jansénisme, au point que Colonia l'a mis dans sa bibliothèque parmi les écrivains antijansénistes. Cependant on crut découvrir des rapports entre la doctrine de l'Ouvrage imparfent et celle de l'Augustinus, et l'on prétendit que le premier était supposé. L'édition fut arrêtée. Mais le savant Priezac, avant été chargé de l'examiner, en prouva si bien l'authenticité, que le chancelier Séguier lui laissa une libre circulation. On exigea seulement la suppression de l'Epitre dédi- catoire au cardinal de Retz, alors en disgrâce; elle contenait, en effet, un éloge outré et déplacé de cette éminence. Cette épître est restée dans quelques exemplaires qui avaient été distribués avant la suspension. Les liaisons du P. Vignier avec la famille de Gondi lui firent attribuer divers écrits pour la défense du cardinal de Retz. Le style en était cependant d'une plume bien plus élégante que la sienne. Il n'en fut pas moins enveloppé dans la disgrâce de tous les membres de cette famille, et n'évita une lettre de cachet qui le reléguait en Limousin qu'en se réfugiant chez M. de Vialart, évèquede ChâlonssurMarne. où il resta caché jusqu'à ce que le cardinal eut fait sa paix avec la cour. Il revint alors à StMagloire. Son séjour n'y fut que de trèscourte durée ; une hydropisie de poitrine, accompagnée de lièvre quarte, le mit au tombeau , le Is novembre 1661, à l'âge de 55 ans. La mort prématurée de Vignier priva le public de plusieurs ouvrages qu'il se proposait de mettre au jour. Le seul qui ait paru par les soins de son frère est intitulé Endiatessaron ou Histoire et harmonie de l'Erangile , Paris, 1662 C'était la meilleure concordance qu'on eût alors. L'auteur était sur le point, lorsqu'il mourut, de publier une Histoire de l'Eglise gallicane, et les livres de StFulgence contre Faust de Riez, qu'il avait découverts à Venise. L'abbé Goujet croit que le manuscrit passa entre les mains des jésuites de Paris, qui le firent disparaître. Il possédait les Scolies de Pierre de Laodicée sur StMatthieu et celles d'un anonyme sur StJean, traduites du grec en latin par le P. Chailly, son confrère. On les conservait dans la bibliothèque de StMagloire
  • Jérôme WELLER DE MOLSDORFF( 1499) : théologien protestant, né le 5 septembre 1499 à Freyberg, dans la Misnie, était issu d'une famille noble originaire de la Saxe et établie dans le Voigtland. Jean Weller de MolsdorIT, son père, avait rempli les fonctions de bourgmestre à Freyberg, et les ducs Henri et George l'avaient honoré de leur confiance. Jérôme, resté orphelin au sortir de l'enfance, fut retiré par ses tuteurs des écoles de Freyberg pour aller à Naumbourg, où était the un de ses frères, et de là à l'académie de %Vittemberg, où il fit de grands progrès. particulièrement dans la langue grecque , et où il fut admis au grade de maître ès arts en 1518. Gomme ses curateurs avaient mal administré ses biens, et qu'il n'avait que de faibles ressources pour continuer ses études, il entra dans le corps enseignant à Zwickau et contirtua de se livrer à l'étude du grec. Deux ans après, il fut appelé à Schneeberg avec le titre de recteur du gvamase. Il alla ensuite étudier la jurisprudence à Wittemberg et s'y fit recevoir docteur en droit; mais ayant entendu Luther expliquer le catéchisme aux enfants et prêcher dans l'église principale, il fut tellement frappé de sou éloquence qu'il renonça à toute autre occupation pour lire la 131ble et suivre les prédications du célèbre réformateur. Celuici le distingua dans la foule de ses partisans et l'attira chez lui , où il le garda pendant huit ans, le traitant comme son fils et lui témoignant autant de confiance qu'à Mélanchiltou Jouas et Pomeranus. Welter ne sortit de CÀJe/ son protecteur qu'avec le titre de docteur en théologie et pour épouser une des parentes de Luther , avec laquelle il habita tantôt Wittemberg , tantôt la cour du prince d'Anhalt, jusqu'au moment où le duc Henri l'appela a Freyberg, en lui donnant le titre de premier professeur de théologie et d'inspecteur des écoles. 11 fut ensuite promu au rectorat de Freyberg ; mais il ne tarda pas à y renoncer en faveur d'Adam Siber. Sa réputation. qui s'était répandue dans toute l'Europe , le faisait désirer de toutes parts ; il fut même demandé par l'empereur Maximilien, par le roi Christian de Danemarck, par le consistoire électoral de Misnie, par l'académie de Leipsick et le sénat de Nuremberg. pais ces offres brillantes ne purent le tenter : il préféra le séjour de Freyberg, et continua d'y professer la tln jusqu'à ce que et les infirmités le forçassent de céder sa place à J. Schütz. 11 s'était aussi livré à la prédication, et avait contribué par ses discours, ainsi que par quelquesuns de ses écrits, à la propagation du luthéranisme. Ses dernières années se passèrent dans la solitude et les exercices de piété. On le trouva mort dans son lit , d'un coup de sang, le 20 mars 1572. Ses ouvrages, qui ont joui d'une grande réputation dans l'Eglise luthérienne, ont été réunis en 2 volumes Leipsick, 1702, SOUS le titre de Hier, Welleri opera omnia theologiea. Ils consistent principalement en explications sur diverses parties de l'Ancien et du Nouveau Testament. On y remarque en outre sa profession de foi particulière. intitulée Confessio quid sentiat de Lutheri et Maanchthonis scriptis, des lettres où il fait preuve. ainsi que dans l'écrit précédent , d'une tolérance et d'une modération d'autant plus louables que ces vertus se rencontraient rarement à l'époque où vivait l'auteur ; enfin une histoire des martyrs sous le titre d'Historia, martyrum aliquot aliorumque illustrium, souvent imprimée à part, et traduite en allemand par Hempel en 1607. La meilleure édition est celle de Halle, 1700 On peut consulter sur ce disciple de Luther le même Hempel , qui a fait un poème latin sur la vie de Welter; Sparigenberg Histoire de ta maison de Moisdorff; Moller. Theatrum Freybergiense, et Lemmel , Irellerus rediVirus. — Pierre WELLER, frère du précédent, fut Illun des plus célèbres orientalistes du 16° siècle ; mais il ne laissa aucun écrit sur les langues qui étaient l'objet de ses études
  • Jérôme WOLF( 1516 - 1580) : naquit le 13 août 1516, d'une famille ancienne et distinguée, dans la principauté d'OEttingen , en Souabe. li fit d'abord de grands progrès dans le grec et le latin à Nordlingue, puis à Nuremberg; mais la faiblesse de son tempérament bilieux et mélancolique le fit tomber. malgré sa jeunesse, dans une espèce de misanthropie. Son père, pour le distraire des idées sombres auxquelles il se livrait • le retira de ses études et le plaça auprès du chancelier, comte d'OEttingen. Il en mérita la confiance par sa probité, sa modestie et son assiduité au travail ; mais quelques désagréments qu'il éprouva dans cette place le rejetèrent bientôt dans son humeur noire. La lecture trop sérieuse des poètes grecs et latins lui échauffa la tète, de sorte que son père, désespérant de le voir réussir dans la jurisprudence . l'envoya reprendre ses études à Tubingue. Il passa de là à la cour de l'évêque de Wiirtzbourg, d'où le bruit que faisaient alors Luther, Melanchthon et Amerbach, par leurs prédications, l'attira à celle de Wittem- berg. Il s'attacha aux sectaires; mais son humeur inquiète ne lui permettant de se fixer nulle part, il mena une 'vie errante , toujours aux prises avec le besoin et faisant la fonction de maitre d'école. On lui confia l'éducation de plusieurs jeunes gens de qualité. avec lesquels il fit le voyage de Paris. Vascosan . Ramus , Turnèbe et les autres savants de France l'accueillirent mais les invectives de Strazel , professeur royal, contre sa traduction de Démosthène, l'obligèrent de quitter cette ville. Il revint à Bille dans un état pitoyable. Ses amis, mécontents de son inconstance, le reçurent froidement. Il publia dans cette ville, en 1547, une édition de Zona,. avec une traduction latine, où il jugea à propos de changer la division de l'auteur, qui est en deux parties, et de la mettre en trois. Ducange, qui en a donné plus tard 'me nouvelle édition, a rétabli la division fixée par l'auteur et corrigé la traduction de Wolf. Enfin il trouva un asile à Augsbourg, chez Fugger, qui lui procura la place de principal du collège et celle de bibliothécaire. Il eut beaucoup a combattre contre son inquiétude naturelle pour se fixer dans cette ville, où il mourut de la pierre le 8 octobre 1580. C'était un honnête homme et d'un savoir profond ; mais il avait la tète faible. Il crut à l'astrologie judiciaire et chercha dans l'influence des astres la cause de ses malheurs, qui ne provenaient que de son caractère inquiet, ombrageux, tout à la fois timide et orgueilleux, passant rapidement d'une extrème confiance au plus grand désespoir. Il s'était mis en tète que le diable le poursuivait continuellement , que les magiciens le persécutaient, que ses aliments étaient pleins de vers, d'araignées, etc. Tous ces travers ne l'empêchèrent pas de se rendre trèshabile dans le grec et de composer des ouvrages fort utiles. Les principaux sont : 1° des traductions élégantes et des additions, accompagnées de notes savantes, d'Isocrate, de Démosthène, d'Epictète, des Scolies de Démophile sur le Tetra- biblon de Ptolémée, de Suidas, de Zonare, de Nicétas, de Léonicus Chalcondylas, de Nicéphore Grégoras, le tout à Bêle, chez Oporin; 2. Nice phori historia hyzantina, grœce et latine, Bêle, 1562, et Paris, 1702, 2 vol. Dans son édition de Grégoras, Boivin a retouché la version de Wolf, et il y a ajouté beaucoup de notes. On reproche au savant traducteur la témérité avec laquelle, dans le texte grec de ses éditions, surtout, dans celui de Démosthène, il insère des corrections fondées sur ses seules conjectures. 30 De vero et licito astrologie, usu; De experlita turiusgue lin9ua diseende ratione ; 50 beaucoup de notes, scolies, commentaires, entre autres sur le tableau de Cébès , le songe de Scipion , etc. ; 6° Judierum de poetis legendis; 7° Elegia in stupo- rem Germanie,. C'est à tort qu'on lui a attribué un catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Augsbourg
  • Jérôme XAVIER : de la même famille que le précédent, triais non son frère, comme le dit un supplément du Dictionnaire de Ladvocat, était né dans la Navarre et sujet du roi d'Espagne. Il entra chez les jésuites à Alcala , le 7 niai 1568, et commença par y être employé dans l'enseignement. Animé pour la conversion des infidèles du même zèle dont son illustre parent avait donné tant de preuves , il demanda à ses supérieurs et en obtint la permission d'aller dans les Indes se consacrer au même ministère. 11 se rendit à Goa en 1571 , et s'y lia à la société par les quatre voeux. Il fut chargé de divers emplois, d'abord du soin des novices, et ensuite des fonctions de supérieur ; il fut même pendant quelque temps recteur de la maison professe de Goa. Cette fonction ne suffisant point à son zèle, il résolut d'aller porter la foi au Mogol, et fut le premier missionnaire, après Rodolphe Aquaviva, qui pénétra dans cette contrée. Il y courut souvent de grands dangers, et faillit être lapidé à Lahore, où il fit néanmoins de nombreuses conversions, et baptisa quatre proches parents du roi. Il y avait à la cour du monarque un Arménien qui jouissait, près de lui, d'une grande faveur. Sa femme étant morte, il voulut épouser sa bellesoeur. Le P. Xavier crut devoir s'opposer fortement à cet inceste spirituel. L'Arménien s'en plaignit au roi, qui supporta impatiemment le refus. Son mécontentement néanmoins n'eut pas d'autres suites. Le P. Xavier continua de paraître à la cour, et même de suivre le roi partout où il se transportait. retourna à Goa en 1617, et y mourut le 17 juin de la même année. Philippe HI, roi d'Espagne, instruit de ses travaux apostoliques, voulut les récompenser, en le nommant à l'archevêché d'Angamalé. Prévenu par la mort, le P. Xavier ne jouit point de cette gràce. Il a laissé des écrits en latin et en persan. On a de lui : 1° Traité des mystères du christianisme sous le titre de Fons vital, contre le niahométisme, 1600 ; 2. Abrégé du même ouvrage; 3° De la vie, des miracles, et de la doctrine de notre Sauveur Jésus- Christ; 4. Vie des ap6tres; 5° Histoires et faits des SS. martyrs; 6° Directoire des rois pour le gouvernement ( k' leurs Etats; 7° en persan , Histoire de Jésus- Christ, et Histoire de St- Pierre. Ces deux derniers ouvrages furent traduits du persan en latin, par Louis de Dieu, protestant, professeur et principal du collége Wallon de Leyde, et imprimés chez les Elze- vir. Le traducteur y a joint des Notes critiques, où il s'égaye, non sans quelque malignité, aux dépens du P. Xavier, au sujet de quelques faits apocryphes puisés dans des sources peu sûres. A raison de ces faits et de ces notes, le livre a été mis à l'index en vertu de trois décrets des années 1641 et 1642. Le P. Xavier a aussi laissé des lettres touchant ses missions
  • Jérôme ZANCHI( 1516) : célèbre théologien protestant, était né le`...) février 1516, au chàteau d'Alzano, près de Bergame, où son père vivait trèsretiré , travaillant à réparer par ses écono- mies les brèches de sa fortune. A l'àge de quinze ans, il entra dans la congrégation des chanoines de Latran, et encouragé par l'exempte et les conseils de Basile et de Chrysostome Zanchi, ses cousins, il se livra sans relâche à l'étude des langues, de la philosophie et de la théologie. Pendant dixneuf ans qu'il resta dans le clare, il se distingua non moins par une conduite exemplaire que par la rapidité de ses progrès. Etant à Lucques, il eut de fréquents entretiens avec Pierre Martyr . Séduit par les discours de ce novateur, il finit par embrasser les principes de fa réforme religieuse et , craignant d'être arrêté pour ses opinions, s'enfuit de l'Italie en 1550. Il s'arrêta quelque temps à Chiavenne, dans le pays des Grisons, et vint ensuite à Genève. P. Martyr voulut l'attirer en Angleterre; mais il préféra les offres qu'il reçut alors de Strasbourg , où il se rendit en 1553. Ayant souscrit, à son arrivée, la confession d'Augsbourg, mais avec quelques restrictions, il fut admis à donner des leçons sur les 5aintes Ecritures et sur la Philosophie d'Aristote. Deux ans après, Ghilini dit que l'on doit .x travaux infatigables de Zanchi des additions au dictionnaire de Marin Galesino; mais peut-ètre fautil lire Illazio - Nizollini. i21 Françols- TérenceZmecut , père de J5K1rne, était né dans le 15. siècle, à Bergame, d'une ancienne et illustre famille; il s'acquit la réputation d'un savant jurisconsulte, d'un éloquent orateur et d'un poëte agréable. Secrétaire de George Emo , prové—diteur de Venise, dans la guerre que cette vide cutis soutenir en 1508 contre Maximilien' roi des Romains, il écrivit l'histoire de cette campagne sous ce titre t Commenlarius de rebus vs Georgie, Emo prœclare geslis in primo advenais Afoeimilianoni , regent Ronianorum, belle ri reneiis suseeplo. Cet opuscule, res,é ma Illepuscrit , fut publié en 177G, par l'abbé Barth. Martini, dans IIIMPouvrage intitulé Mea della cloua e coasueludine anlic4c ddla talle Lagarina , Cd in particolare del Roverelano. Le même volume contient un discours et des vers latins de Zanchi , à la louange d'Emo. Ce fut pour réparer par ses économies le déran—gement que les prodigalités de son père avaient causé à ses affaires que Térence Zanchl vint habiter Alun°. son traitement fut augmenté des revenus d'un canonicat du chapitre de StThomas. L'estime dont il jouissait parmi les protestants était si grande que le savant J. Sturmius, voulant donner une idée de son éloquence et de sa capacité , dit un jour que Zanchi tiendrait tète lui seul à tous les Pères du concile de Trente. La conversion d'un homme si distingué tenta le nonce Zach. Delfino. Dans le courantde l'année 1561, il eut plusieurs entrevues secrètes avec Zanchi ; mais il érhotia dans son dessein de le ramener au sein dt l'Eglise. D'un caractère doux et modéré, Zanchi faisait à ses adversaires beaucoup de concessions, par le désir de conserver la paix ; cependant il ne put éviter les tracasseries que lui suscitait l'intolérance de quelques docteurs luthériens. Il finit par résigner son canonicat, et en 1563 il abandonna Strasbourg pour revenir à Chiavenne, où il remplit quelque temps les fonctions de pasteur avec autant de zèle que de succès. 11 avait alors chez lui comme domestique Fréd. Sylburg , devenu depuis célèbre par ses profondes connaissances dans les langues anciennes. Sylburg se rendit à Padoue, en 1565, sans doute pour y continuer ses études, et à son départ , Jérôme lui remit une lettre de recommandation pour Lelio Zanchi, son parent . Au mois de février 1568, Jérôme fut appelé à Heidelberg, pour y remplir la principale chaire de théologie, et la mème année, il reçut le doctorat. en présence de Frédéric III, électeur palatin, son bienfaiteur. Après la mort de Frédéric, son successeur ayant congédié les professeurs de l'académie de Heidelberg, dont les opinions ne s'accordaient pas avec le luthéranisme, Zanchi, trop àgé pour passer en Hollande, d'où il avait reçu les offres les plus avantageuses, préféra s'arrêter à Neustadt, où le comte palatin JeanCasimir, plus tolérant que le nouvel électeur, s'empressait de recueillir les exilés. Peu de temps après, Zanchi fut rétabli dans sa chaire et, à raison de ses infirmités , reçut le titre de professeur émérite. Il mourut aveugle, le 19 novembre 1590, à l'àge de 76 ans. Ses obsèques furent célébrées avec pompe, et on décora son tombeau d'une épitaphe honorable. Elle est rapportée dans l'appendice du Basilea sepulta , p. 61. Il fut marié deux fois, la première à Violante, fille du fameux Ccel.Sec. Curion , et la seconde, à Livie Lumaca , demoiselle d'une des premières familles de Chiavenne, dont il eut plusieurs enfants, auxquels il partagea la riche dot de leur mère, ainsi que les économies que lui avaient permis de faire les largesses de l'électeur et du comte palatin. Les ouvrages de ce théologien sont tombés depuis longtemps dans l'oubli. A l'époque où Bayle écrivait, ils n'étaient déjà plus achetés dans les ventes que par les épiciers. Sam. Crispin en a publié le recueil à Cette lettre, du 2 avr:1 1565, est imprimée dans le recueil de celles de Zanchi. Genève, 1613 ou 1619, 8 tomes reliés quelquefois en 3 volumes. Le premier tome contient De tribus Eloïm, œterno Paire, Filio, Spiritu . neto , uno eodeinque Jehova, libri fres ; le deuxième., De natura Dei, sive De divinis attributis libri qu que; le troisième, De operibus Dei infra spatium sex dierum creatis; le quatrième, De primi homi- nis lapsu, de pecrato et de leqibus Dei; le cinquième, un Commentaire sur lez prop. hétie d'Osée; le sixième, des Commentaires sur les principales épitres de StPaul et sur la première épitre de StJean, et enfin les deux derniers des Opuscules, dont un a été traduit en anglais, par Ralph Winterton , des discours et des lettres . Le portrait de Zanchi se trouve dans la Biblioth. chal- cograph. de Boissard. Bayle lui a consacré, dans son Dictionnaire, une notice assez étendue. Enfin le comte .1.B. Gallizioli a publié, sous le titre de Memorie istoriche e litterarie, etc., une vie détaillée de Zanchi , suivie du catalogue de ses ouvrages, Bergame, 1785
  • Jérôme ZANETTINI( 1430 - 1493) : savant jurisconsulte, était né, vers 1430, à Bologne, d'une famille patricienne. Après avoir professé dans les écoles de sa patrie de 1U9 à 11172, il accepta la chaire de droit canonique à Pise, où sa réputation attira de nombreux élèves. Au bout de six ans, il revint à Bologne occuper sa première chaire , et il la remplit de la manière la plus brillante jusqu'à sa mort, arrivée le 8 avril 1493. Ses restes furent déposés avec pompe dans le cloître des dominicains, sous une tombe décorée d'une honorable épitaphe. Elle est rapportée par Freytag dans l'Apparat. litterar., t. lir, p. 643, où l'on trouve quelques détails sur ce jurisconsulte. On a de lui : 1° Contrarietates sire diversitates inter jus civile et canonicum; accedunt casus conscien- tiales , Bologne, R90 inséré dans lo.premier tome des Tractants tractant= ; Elegans cc subtilis disputatio in qua examinantur plurimct Bologne, 199 édition inconnue à Maittaire et à la plupart des bibliographes ; 3° De conscientiœ et contentioso, dans le tome 3 des Tractatus tractatuum ; PO Conclusio et comprobatio akhintiœ , dans le tome ts du Theatrurn chimicum. Il a laissé plusieurs ouvrages restés inédits sur lesquels on peut consulter les Scrittori Boloynesi du comte Fantuzzi
  • Jérôme ZIEGLER( 1520) : poète et biographe, était né vers 1520 à Rotenbourg et se voua de bonne heure à l'enseignement public. Après avoir re quelque temps l'emploi de maître d'exercices au gymnase de SteAnne d'Augsbourg , il fut nommé professeur de littérature latine à l'académie 7° Regales nuptiœ, drame comico. tragicum ex filatthei capite 22 argumento sumpto , Augsbourg, 4553 ; 8° une édition des Annales Boiorton de J. Aventin, avec la Vie de l'auteur, Ingolstadt, 1554 ; 90 Illustrium Germanie virorum his- torie aliquot singularee ex opimis, probatissitnisque auctoribus enta, atque congestee, Ingolstadt, 1562 rare
  • Jérôme ZOPPIO( 1500 - 1591) : littérateur, dans le 16° siècle à Bologne, suivit d'abord la carrière de la médecine, et se fit agréger à la faculté de sa ville natale. Dans ses loisirs, il cultivait avec ardeur les lettres et la philosophie, et il finit par entrer dans l'enseignement public. Après avoir professé quelque temps la logique et la morale à Macerata , où il fonda l'académie di Catenati, il revint occuper la chaire de littérature dans sa patrie, et y mourut le 5 juin 1591. Zoppio prit une part active aux disputes grammaticales qui s'élevèrent de son temps entre les littérateurs de 'Italie. Il se déclara pour Annib. Caro, dans la querelle qu'excita son fameux canzone De giyli d'oro, et se rangea parmi les défenseurs de Pétrarque et du Dante. Dans un de ses opuscules , il attaque trèsvivement le Muzio. Fontanini prétend que ce fut parce que le Muzio avait dit que les philosophes sont les patriarches des hérétiques ; mais il est inutile de chercher d'autre cause à la sortie de Zoppio que la chaleur inséparable de toute discussion. On a de lui I° les quatrepremiers livres de l'Enéide de Virgile, trad. in Oltava rima, Bologne, 1554, 1558 ; 2° Rime a prose, ibid., 1567 Le seul écrit en prose q,ue contienne ce recueil est la défense du Canzone d'Annib. Caro. 3° L'Atamante traged., Macerata, 1578 Muret, dans une lettre qu'il écrivit à Zoppio au sujet de cette pièce , fait un grand éloge du style ; mais il signale quelques défauts de conduite, et blâme l'auteur d'avoir conservé l'usage du prologue, ainsi que la division de la pièce en actes et en scènes . 4° Ragionamenti . — ZOPPIO , fils du précédent, né vers 1544 à Bologne, suivit, à l'exemple'de son père, la double carrière de la médecine et de l'enseignement. Il professa la philosophie à Macerata, et ensuite à Bologne, où il fut, en 1588, l'un des fondateurs de l'académie de' Gelati. Il adopta le nom de Caliginoso dans cette société, dont il était un des membres les plus zélés, et à laquelle il légua par son testament une salle pour ses assemblées. Pendant cinquante ans qu'il remplit les fonctions du professorat à Bologne, Melchior Zoppio s'acquit une telle réputation , que ses collègues lui décernèrent de son vivant les honneurs d'une inscription publique. Il mourut octogénaire en 1634. Ses obsèques furent célébrées, avec une pompe inaccoutumée, dans l'église des PP. Servîtes, où il est inhumé. André Torelli, son confrère, prononça son éloge funèbre. Outre divers traités de philosophie scolastique et quelques opuscules qui sont aujourd'hui sans intérêt, dont on trouvera les titres dans les Scrittori bolognesi d'Orlandi , p. 211, on a de Melchior deux coméiies 1) iogene accusato , pièce écrite en vers de cinq, de sept et de neuf syllabes, et ll Giuliano; quatre tragédies : l'Admet°. iledea, Creusa, Illeandro, Bologne, 1629 Il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits , entre autres six gros volumes sur des matières philosophiques. Ghilini , qui nomme Melchior un microcosmo di scieur, e di lettere, lui a consacré une notice, à la suite de celle de son père, dans le Teatro d'uomini leiterati, t
  • Jérôme ZURITA ou ÇURITA en latin SURITA( 1512) : célèbre historien espagnol, naquit à Saragosse, le décembre 1512, d'une famille noble. Il fit ses études à l'académie d'Alcala. Le savant Ferdin. Nufiez , les états d'Aragon ayant résolu de créer une place , aurait pu devenir, sinon le TiteLive, du moins le Machiavel de l'Espagne, s'il avait jugé à propos et si les circonstances lui avaient permis de cultiver, par une étude particulière de l'art d'écrire, son talent pour l'histoire pragmatique. S'étant fait une idéo juste de la manière de traiter l'histoire en philosophe et en politique, il se proposa de montrer, par l'enchaînement lumineux des faits, comment était née et comment s'était perfectionnée la constitution nationale des provinces aragonaises. Etudié sous ce poila de vue, son ouvrage est un des plus instructifs qu'on puisse lire. Zurita dut sentir tout le poids de la tache qu'il s'était im- posée, en sortant de la sphère bornée de chroniqueur, lorsqu'il lui fallut à la fois mettre au jour les principes républicains des cortes aragonaises, et tâcher d'en prendre occasion de rendre hommage à un maitre absolu. Toutefois on peut juger, par quelques morceaux de ses Annales, de ce qu'il aurait fait s'il eût écrit librement. Les défauts qu'on remarque dans son ouvrage ne furent aperçus par aucun de ses contemporains. Dans la dispute littéraire qui s'éleva sur le mérite des Annales, personne n'en critiqua le style. On ne donnait pas encore une grande attention aux ouvrages écrits en prose . On a de Zurita : 1° Anales de la corona de Aragon, Saragosse, 1562-1579, 6 vol. : ibid., 1585, 6 vol. Les jésuites de Saragosse publièrent, en 1604, un index qu'on joint indifféremment à ces deux.éditions, ibid., 1610, 7 vol. Cette dernière est plus estimée que les précédentes. On trouve à la fin du sixième volume la défense des Annales de Zurita , par Ambr. Moralès contre la critique d'Alfonse de Sa ntacruz . Le septième contient l'index. M. de Marolles en cite dans son recueil une édition de Saragosse, 1668-1671, qu'il dit supérieure à celle de 1610 ; mais elle n'est pas connue . Les Annales de Zurita finissent à l'année 1516. Elles ont été continuées par Barth.Léon. d'Argensola , et par Vincent de BlascoLanuza, 1622, 2 vol. 20 Indices rerum ab Aragonioe reg i- bus gestarum ab initiis regni ad annum 1'110, tribus libris expositi : accedunt Roberti, risrardi et Rogerii , principum normanoruin et eorunt fratrunt, rerum in Italia et Sicilia gestarum libri a Gaufredo ilalatera, etc., Saragosse, 1578 volume trèsrare et fort estimé; il est divisé en deux parties, la première contient un abrégé . Parmi ses nombreux manuscrits conservés soit chez les chartreux de Saragosse, soit à l'Escurial , on cite des Notes sur les Commentaires de César, sur Claudien, et sur l'Itinéraire d'Antonin. Les Notes de Zurita sur l'Itinéraire sont purement grammaticales; elles ont été publiées par André Sehott dans l'édition de l'Itinéraire, Cologne, 1544 et depuis insérées par '\Vesseling dans celle d'Amsterdam, 1735 voy. la Bibi. hispan. nota, t. 4 , p. 605-606, et la Bi- blioth. de David Clément, au mot Curita
  • Jérôme ZWEERS( 1627 - 1696) : poee hollandais, né en 1627, mort en 1696, réussissait particulièrement dans le genre érotique. Il a laissé deux volumes de Poesies, Amsterdam, 1737, publiées par son fils Corneille, qui cultivait également les muses hollandaises. On trouve dans ce recueil des Baisers qui peuvent être mis à côté de ceux de Jean Second. Voy. l'Histoire anthologique de la poésie hollandaise, par de Vries, t. 1", p. 221. ZWEERS , fils de Corneille, était notaire à Amsterdam , et il ne dégénéra point sous le rapport du talent poétique. Il a chanté d'une manière agréable la belle campagne de Schei- beeck , où Vondel persécuté avait dù un asile à. l'hospitalité du poète Laurent Bake, et que Gaspard Barlœus avait déjà célébrée dans ses vers. Philippe Zweers est aussi auteur des tragédies de Sémiramis, ou la Mort de Ninus , de Seipion , et de Illérope, imitée de l'italien de Maffei . La première de ces pièces a joui d'un succès distingué. Philippe Z 'sveers est mort en 1774. Le recueil de ses Poé- sies a paru à Amsterdam en 1759, un vol
  • Jerome ROBBINS : Chorégraphe
  • Jérome BELLAY : journaliste, créateur de FranceInfo
  • Jérôme BONALDI : journaliste
  • Jérôme Bosch : peintre et dessinateur flamand
  • Jérôme de Prague : réformateur tchèque, ami de Jean Hus
  • Jérôme Fracastor : médecin italien et précurseur de la paléontologie
  • Jérôme GALLION : rugbyman
  • Jérôme GOLMARD : tennisman
  • Jérôme Klapka : dit Jérôme K, romancier, auteur dramatique et journaliste anglais
  • Jérôme SAVARY( 1942) : Comédien

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