Le prénom Jean-Baptiste Masculin

Origine :

Fête :

24 Juin

Signification de Jean-Baptiste

Le prénom Jean-Baptiste est dérivé de l’hébreu yehohanan et du grec baptizein.
Jean-Baptiste est un homme souriant et extraverti. Il croque la vie à pleines dents et aime faire de nouvelles expériences. Posé, il a le sens des responsabilités. Il répond toujours présent quand sa famille a besoin de son soutien. Il évite de juger les gens, mais essaie de les comprendre. Pour faire passer son message à une personne, il use de la diplomatie. Sa créativité l’oriente vers des métiers en relation avec le domaine artistique.
Parmi les Jean-Baptiste célèbres, on peut citer Jean-Baptiste Maunier, acteur, et Jean-Baptiste Élissalde, rugbyman.

Personnalité de Jean-Baptiste

Actifs et volontaires, ils épuisent leur entourage qui s'essoufle à vouloir les suivre. Réfléchis, tolérants, ce sont des hommes de conviction. Passionnés, travailleurs efficaces, ce sont aussi des tendres avides de compliments et de reconnaissance. Leur enthousiasme les conduit souvent à prendre des responsabilités. Ils adorent rendre service et être indispensables.

Provenance du prénom Jean-Baptiste

Histoire de Jean-Baptiste

Etymologie de Jean-Baptiste

Les Jean-Baptiste célèbres

  • Jean-Baptiste ANDREINI( 1578) : fils de François et d'Isabelle Andreini, né à Florence en 1578, fut aussi comédien, et joua les rôles d'amoureux sous le nom de Lelio. Il eut beaucoup de succès en France, sous Louis XIII, qui, selon l'expression de Riccoboni, dans son Histoire du théâtre italien, le favorisa de son estime. Il était de l'académie des Spensierali, c'estàdire des Insouciants, et s'intitulait ordinairement : Comico fedele ed acrademico spensierato. Il épousa, sous le nom de Florinda, Virginie Ba comédienne, qui avait aussi du talent pour la poésie. Il en était trèsamoureux, et donna son nom à l'une de ses pièces de théâtre. Il en a laissé plusieurs, et quelques poêmes d'un autre genre. Elles ont eu une certaine réputation ; mais celles qui ne sont pas entièrement oubliées aujourd'hui doivent un reste de célébrité à quelques circonstances pareticulières, plus qu'à leur mérite. Elles ont, dans le style, tous les vices dont la poésie italienne était dans le 17° siècle, et que l'école du Marino y avait introduits : elles ont de plus, dans le choix des sujets, dans le plan et dans la conduite, quelque chose d'extraordinaire et de follement irrégulier, qui tient à l'imagination déréglée de l'auteur ; nous nous permettrons d'en indiquer rapidement quelques traits. Les principaux ouvrages d'Anclreini sont : la Saggia Egiziana, dialogo, etc., Florence, 1604 Dans ce dialogue, l'auteur fait de grands éloges de l'art dramatique, qui était le sien. 2" Pianto d'Apollo, etc., poésies funèbres sur la mort d'Isabelle Andreini sa mère , avec quelques poésies badines sur un porte malheureux, Milan, 1606 Dans ce recueil, où il a mêlé si bizarrement le genre funèbre et le genre badin, ou même burlesque, il y a des morceaux qui passent pour les meilleurs qu'il ait faits. 3° L'Adam°, représentation sacrée, en cinq actes et en vers libres, mêlée de choeurs et de chants, Milan, 1613 et 1617 avec des gravures à chaque scène, d'après les dessins du fatum peintre Procaccini. Cet ouvrage est le Plus célèbre et le plus recherché de J.B. Andreini. On a prétendu que Milton, voyageant en Italie, l'avait vu représenter, et avait puisé dans ce spectacle l'idée de son Paradis perdu ; mais c'est faire trop d'honneur à un tel ouvrage. Les principaux interlocuteurs sont, il est vrai, le Père Éternel, Adam, Ève, l'archange Michel, et des choeurs de séraphins, de chérubins, d'anges et d'archanges, Lucifer, Satan, Belzébuth, et des chœurs d'esprits ignés, aériens, agnat igues et infernaux ; les sept Péchés Mortels, le Monde, la Chair, la Fa!rn, la Mort, la Vaine Gloire et le Serpent; mais il n'y a pas le moindre rapport entre l'imagination sublime de l'Homère anglais et les bizarres et mesquines à la fois d'Andreini ; il est cependant vrai que la curiosité des Anglais a fait passer dans leur île le plus grand nombre des exemplaires de l'Adamo : aussi sontils devenus sur le continent trèsrares et trèschers, sans que la pièce en soit meilleure. 4° La Florinda, tragédie en cinq actes, en vers, Milan, 1606 L'action de cette pièce se passe en Écosse, où jamais sans doute il n'y eut de reine nommée Florinde, femme d'un roi Ircan ; mais Andreini avait, comme nous l'avons dit, donné ce nom à son héroïne et à sa pièce, à cause de Virginie sa femme, qui portait le nom de Florinde dans la troupe dont ils étaient chefs. Virginie l'en récompensa par un sonnet à sa louange, qui est imprimé , avec ceux de plusieurs autres pièces, en tète ou le Pale infortuné, poème plaisant ou fantastique, en 25 chants , Bologne , 1642, in - 4°. Ce poème contient la vie entière et les aventures, tantôt tristes et tantôt bouffonnes, d'un poète malheureux. Tout ce qu'on peut dire, c'est que celles de ces aventures qui sont tristes n' pas, que celles qui ont des prétentions à la bouffonnerie ne font point rire, et que l'effet général de ce long poème est l'ennui. En dernier résultat, les amateurs de livres rares rechercheront toujours l'Adam d'Andreini ; les hommes curieux d'observer dans l'art dramatique les déviations de l'esprit humain peuvent réunir à cette pièce la Maddalena et la Centaura : le reste ne peut être l'objet que d'une curiosité sans plaisir comme sans fruit
  • Jean-Baptiste ALEOTTI : né dans l'État att Ferrare, d'une famille pauvre, fut mis en apprentissage chez un maitre maçon, s'y distingua par SC4 dispositions pour l'architecture, étudia les math4-- matiques, cultiva les belleslettres, et finit par étrc en état d'écrire sur ces matières. Il publia quelquezi ouvrages à l'occasion des inondations qui ravagèrent les États de Bologne, de la Romagne et de Ferrare, vers le commencement du 17' siècle, et il proposa des moyens d'arrêter ces dévastations. Le pape Clément VII le chargea de construire la citadelle de Ferrare, et l'on voit à Mantoue, Modène, Parme et Venise, plusieurs monuments exécutés sur ses dessins. Aleotti mourut en 1650
  • Jean-Baptiste ADRIANI( 1515 - 1579) : fils du précédent, né en 1513, et mort à Florence en 1579, porta d'abord les armes avec distinction dans sa jeunesse, pour défendre la liberté de sa patrie, et se livra ensuite à des études agréables et solides. Il professa l'éloquence, pendant trente ans, dans l'université de Florence , et compta parmi ses amis ses plus illustres contemporains, Annibal Caro, Varchi, Flaminio, les cardinaux Bembo et Contarini. Le principal ouvrage d'Adriani est l'Histoire de son temps, (lui s'étend depuis 1536 jusqu'en 1574, et fait suite à celle de Guichardin. L'abbé Lenglet du Fresnoy, , Bayle, et surtout de Thou, qui en a tiré beaucoup de secours , en ont fait de grands éloges; ils en ont principalement loué l'exactitude. Adriani la composa sur de bons mémoires, et, entre autres, à ce que l'on croit , sur ceux du grand—duc Cosme I" , par l'ordre duquel il l'avait entreprise ; elle ne parut qu'après la mort de l'auteur, à Florence, chez les Junte, 1583 Cette édition est rare et plus recherchée que celle de Venise, 1587, 3 vol. On a encore imprimé d'Adriani des Oraisons funèbres de Cosme Ier, de Charles V et de l'empereur Ferdinand. On répète, de dictionnaires en dictionnaires, le reproche qu'on lui a fait de s'y être écarté de l'histoire, comme si l'histoire et les oraisons funèbres étaient ordinairement d'accord. Sa lettre à George Vasari sur les peintres de l'antiquité, que Pline a nommés dans son histoire, est plutôt un traité qu'une simple lettre ; elle fut imprimée à Florence, 1567 Vasari l'a insérée au commencement du 2° volume de ses Vies des Peintres; il reconnaît qu'Adriani était un amateur très—éclairé des beaux arts, et que ses conseils lui avaient été d'un grand secours lorsqu'il peignit à Florence le palais du grand—duc
  • Jean-Baptiste AMALTHÉE( 1525 - 1573) : frère de Jérôme, naquit à Oderzo en 1525. Les bonnes études qu'il lit à Padoue le mirent en état d'ètre appelé, dès l'àge de vingt ans, à Venise, pour y instruire dans les belleslettres les enfants de la noble et riche famille Lippomano. Il continua d'étudier avec une égale ardeur les trois langues, grecque , latine et italienne, la philosophie, la théologie et la jurisprudence. Étant passé en Angleterre, en 15M, à la suite de l'ambassade vénitienne, il fut secrétaire de la ré publique de Raguse, puis appelé à Rome, et secrétaire du pape Pie IV ; il était, en 1567, à Milan, avec le fameux cardinal Charles Borromée; il mourut à Rome, en 1575, n'étant àgé que de 48 ans. Ses poésies latines ne le cèdent en élégance à celles d'aucun autre poète de son temps; elles furent réimprimées, avec celles de ses frères, dans les édifions de Paris et d'Amsterdam citées à l'article précédent, et depuis encore, à Bergame, en 1755, par le savant abbé Serassi, qui y a joint un éloge historique de JeanBaptiste Amalthée. Quelquesunes de ses épigrammes latines ont été traduites en vers italiens par J. B. Vicini, et publiées avec la traduction du Temple de Gnide de Montesquieu, du même poète, Londres , 1761
  • Jean-Baptiste AGOCCHI : archevèque d'Amasie, et secrétaire d'État du pape Grei.,Poire XV, né à Bologne, et mort en 1651, à Venise, où il était nonce du saintsiége. On a de ce savant prélat une lettre en réponse au chanoine Barthélemy Dolcini, sur la fondation et la puissance de la ville de Bologne, l'A Mica fondazione r dunrinio della cilla di Bologna, Jettera responsiva , etc., lk? ogne, 4638. Agoceld avait aussi laissé en latin un traité des comètes, un autre des météores, (les lettres, et , en italien , plusieurs traites sur la morale, sur les arts, et sur divers autres sujets; niais aucun de ces ouvrages n'a été rendu public
  • Jean-Baptiste ARNOULT( 1689 - 1753) : exjésuite, né en 1689, et mort à Besançon en 1753, a composé quelques ouvrages assez singuliers. Le premier est un recueil de proverbes français, italiens et espagnols, intitulé : Traité de la prudence, petit ouvrage assez rare , 1735 L'auteur se cacha sous le nom d'Antoine Dumont, pour éviter les désagréments que n'auraient pas manqué de lui attirer les plaisanteries qu'il s'était permises contre les jansénistes, puissants à cette époque. 11 publia, en 1758, sous le même nom, en latin, un traité de la grâce. Son ouvrage le plus considérable est intitulé : le Précepteur, c'est-àdire huit traités, savoir : une Grammaire française; une Ortografe francèse; les Éléments de l'arithmétique; un Abrégé de la Cro- nologie, de la Géografie; les Éléments de la reli- gion crétienne, et l'Art de se sanctifier, 2250 Suivant Sabatier, cet ouvrage est mal écrit, mais il contient des réflexions utiles. L'abbé Amollit attachait beaucoup d'importance à ses idées sur la réforme de notre orthographe ; et il se proposait de les appliquer dans des éditions qu'il préparait des dictionnaires françaislatin, et lat français, de Joubert :et Danet. Ce p1ojt3i D'a 'pas eu de suite.
  • Jean-Baptiste ARMONVILLE( 1756 - 1808) : deputé à la convention nationale, naquit à Reims, le 18 novembre 174;. Fils d'un cabaretier de cette ville, il fut luimème cordier et cardeur en laine. Dès le commencement , où il se lit remarquer par la grossièreté de ses discours. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la mort sans appel et sans sursis. On l'appelait le chien courant de la Montagne. Siégeant sur la crète de cette montagne, à côté de Marat, il ne faisait pas un mouvement, ne disait pas un mot sans Quoiqu'il ne sût ni lire ni écrire. Pour forcer les électeurs de nommer ce cordier sansculotte, plusieurs coupetète se mirent à la porte de l'assemblée électorale, et menacèrent de la mort ceux des électeurs qui seraient assez royalistes pour refuser leur voix à ce patriote énerg ique. en avoir reçu de lui la permission ou le signal. Habituellement ivre, il s'attira souvent des disputes dans les cabarets et les cafés, et ne parut jamais à l'assemblée que couvert d'un sale bonnet rouge, ce qui le lit surnommer Armonville bonnet rouge. Fidèle à ses ibrineipes, il lutta de toutes ses forces contre la réaction thermidorienne, persista dans ses habitudes, et fut plusieurs fois honni par ses collègues eu xmémes, qui l'obligèrent de parler la tète découverte. Mécontent de cette exigence, il plaça un jour son bonnet sur le buste de Marat, et fut vivement applaudi pour ce fait par les partisans de ce démagogue, encore nombreux dans l'assemblée. Lors de la clôture du club des jacobins, dont Armonville était un des membres les plus assidus, il protesta avec énergie contre la violation du droit d'association; il essaya même de haranguer la populace, et s'étant répandu en éloges de la société, fort extraordinaires à cette époque, il fut menacé, et reçut mème des coups de bàton, ce dont il se plaignit à la tribune quelques jours plus tard avec beaucoup de calme et d'audace. Après la session conventionnelle, il ne voulut accepter aucune fonction publique, et retourna dans sa ville natale, où il reprit ses habitudes de cabaret et ses travaux d'ouvrier. Il mourut à Reims, le 11 décembre 1808. Cet homme, que la révolution seule pouvait tirer de l'obscurité, avait épousé successivement trois femmes. Il n'eut qu'un seul tils, qui fut élève de l'école impériale des arts et métiers
  • Jean-Baptiste ARTAUD( 1732 - 1796) : né à MOIltpellier, en décembre 1752, se lit d'abord connaitre par un pamphlet intitulé : la Petite Poste dévalisée, 1767 Il donna ensuite la Centenaire de Molière, jouée au TlettreFrançais le 18 février 1773, pour la célébration de l'année séculaire de la mort de notre premier comique. Cette pièce a été imprimée la n'élue année . Le succès de la Centenaire de Molière avait engagé les comédiens français à proposer aux gens de lettres un concours pour célébrer en 1784 la révolution séculaire de la mort du grand Corneille. Plusieurs auteurs traitèrent ce sujet. Grimm regrette que la pièce composée par Artaud ou celle de Cubière n'ait pas eu la préférence. Artaud est encore auteur d'un ouvrage anonyme qui a pour titre : Taconnet, ou Mémoires historiques pour serrir d la vie de cet homme célèbre, 1775, Le rival de Vadé, sans avoir mérité tous les dédains de Favart, ne peut pas non plus ètre appelé un homme célèbre. Artaud devint secrétaire et bibliothécaire du duc de Duras, et, s'il faut en croire les Mémoires secrets, il perdit cette place en 1774 pour quelques infidélités. Les auteurs de la Ga: ette de France, en vertu de leur privilège exclusif, avaient obtenu la suppression du Courrier d' Avignon, journal rédigé par Morénas, avant l'occultation du comtat par les troupes françaises, en 1768. Artaud fit revivre cet écrit périodique en 1775, mais il ne put lui rendre l'esprit indépendant qu'il respirait mème sous la domination papale. Grimm cite des vers passablement ridicules qu'Artaud adressait à l'abbé Delille, pour l'engager à venir occuper un appartement au PalaisRoyal ; il lui dit, entre autres choses exemplaires Nous sommes dans le voisinage De cent grtices et des neuf soeurs; Vous aurez le rare avantage De choisir ent4 leurs faveurs. On cite encore de J.B. Artaud l'Échange raison- nable ; l'Heureuse entrevue; Sophie, comédies dont On avait joué la veille, sur le mème thatre , l'Assemblée , comédie de Lebeau de Sehosne, sur le méme sujet; et le publie eut ile s'étonner (tue les auteurs dramatiques eussent laissé à deux débutants le suit' de célébrer Muliere, AT les deux dernières sont en vers ; mais il ne parait pas qu'elles aient été imprimées. Censeur royal longtemps avant la révolution de 1789, Artaud fi- gure encore sur la liste des gens de lettres rému- nérés par la convention nationale en 1795. 11 mourut à Paris, en 1796
  • Jean-Baptiste ATTENDOLO : savant littérateur du 16e siècle, fils d'un habile ingénieur du mème nom, naquit à Capoue, fut prêtre séculier, et florissait vers .1580. 11 se distingua nonseulement par la connaissance des différentes langues modernes, à laquelle il joignait celle de l'hébreu, de l'arabe et du grec, mais encore par ses poésies, et surtout par la part qu'il prit dans la fameuse que- relle entre l'académie de la Crusca et Camille Pel- legrini , au sujet de la Gerusalemme liberata du Tasse; il prit ouvertement le parti de ce grand poête, quoiqu'il rut luimême de l'académie et qu'il y fût fort estimé. Il mourut d'une manière funeste il sortait de Capoue pour aller rendre visite à l'archevêque Costa, avec plusieurs de ses amis; la voiture où ils étaient fut renversée, les roues passèrent sur le corps d'Attendeto ; il en fut écrasé et mourut quelques heures après. Cet accident arriva en 1592 ou au commencement de 1595. 11 a laissé les ouvrages suivants : 1° Orazione nell' essequie di Carlo d'Austria, principe di Spagna, Naples, 1571 2° Orazione militare, ail' aitezza del serenissimo D. Giovanni d' Austria, per la vittoria navale ottenuta dalla Santa Lega nell' Echinadi, Naples, 1575 ; 50 Rime, publiées d'abord avec celles de Benedetto dell' Uva et de Camille Pellegrini, con un, breve discorso dell' epica poesia, Florence, 1584 réimprimé à Naples, 1588 avec une augmentation de vingtdeux sonnets; 4- Bozzo di 12 Lezioni sopra la canzone di M. Francesco Petrarca: Vergine bella ,. etc., Naples, 1604 ouvrage resté imparfait par la mort de l'auteur; 5° l'Unita della materia poetica sotto dieci predicamenti e sen- timenti ne' due principi della Toscana e latina poesia, Petrarca, e Virgilio, Naples, 1721 seconde édition : la première est excessivement rare. Ce fut Attendolo qui, après la mort du Tansillo, corrigea son poême, intitulé : le Lacrime di S. Pietro, qu'il avait laissé imparfait, et qui en a donné la première édition. Il fut accusé d'avoir pris dans ce travail beaucoup trop de licences; et les amis du Tansillo donnèrent dans la suite d'autres éditions de ce poème, où étaient rétablis un grand nombre de morceaux qu'Attendolo avait retranchés
  • Jean-Baptiste AUBRY( 1736 - 1809) : né en 175G à Deyvil- ler, près d'Épinal, dès l'àge de seize ans se destina à l'état ecclésiastique. Les jésuites, chez qui il avait été élevé, voulaient le faire entrer dans leur société. Aubry choisit l'ordre de StBenoit, et entra à MoyenMoutiers , monastère de la congrégation de StVannes. Tout son temps était consacré à l'étude et à la lecture, et il avait la méthode de faire, des ouvrages qu'il lisait, des extraits, qui lui furent trèsutiles dans la suite; aussi disaitil : « Ce n'est guère « qu'avec des livres qu'on fait des livres. » A la mort de Rémi Cellier, à qui l'on doit l'Histoire des au- leurs sacrés et ecclésiastiques, Auhry fut, avec un de ses confrères, chargé de la continuation de cet ouvrage. Les deux collaborateurs eurent bientôt composé un volume, qu'on soumit à plusieurs savants (le la congrégation de StMaur, qui en firent de grands Tes; mais l'imprimeur en ayant offert un prix modique, ce travail n'a pas vu le jour, et il est offre que cet ouvrage restera toujours imparfait. suppression des Ordres monastiques en France mit Aubry dans un état voisin de la misère. Ses ouvrages ne furent pas une source de fortune. 11 n'a ',rien écrit de neuf, de bien saillant, rien qui porte l'empreinte d'un génie original, ni mème d'un esprit brillant , mais on remarque dans tous ses écrits la pureté du style et de la morale. Aubry est mort rà Commercy, le 4 octobre 1809. On a de lui : 10 l'Ami philosophe et politique, ouvrage où l'un trouve l'essence, les espèces, les principes, les signes caractéristiques, les avantages et les devoirs de l'amitié, 1776 « Votre ouvrage, écrivait d'A« lembert à l'auteur , est le livre (l'un philosophe « vertueux et citoyen. » 2° Théorie de l'àme des bacs, 1780, nouvelle édition, 1790 5" Questions philosophiques sur la religion naturelle, 1785 Toutes les objections des philosophes sont rassemblées dans ce volume, et sont réfutées séparément. Biballier le censeur, l'abbé Herbier, d'Alembert et Lalande ont fait l'éloge de cet ouvrage. L'abbé Guinot, auteur des Leçons philosophiques, en lit cependant la critique; et, pour sa défense, Aubry publia ses Lettres critiques sur plusieurs questions de la métaphysique moderne. . 1" Cours métaphysique à un milord incrédule sur l'existence et la nature de Dieu, 1790. 5" Questions aux philosophes du jour, sur Velme et la matière , 1791, id. 6° l'AntiCondillac , ou Harangue aux idéologues modernes, 1801. 7" Nouvelle Théorie des ( gres, 1801. Le Journal des Débats ayant maltraité cet ou% rage, Fauteur publia son Aubade, ou Lettres apologétiques et critiques à MM. Geoffroy et Mongin. 8° Le Nouveau Mentor, 1807, ouvrage contenant des notions co et claires sur les sciences, les belleslettres et les beauxarts
  • Jean-Baptiste AUDIFFRET( 1657 - 1733) : né à Marseille, et mort à Nancy, en 1755, à 76 ans, parcourut avec honneur la carrière diplomatique,,,et fut successivement envoyé extraordinaire de France à Mantoue, à Parme, à Modène et en Lorraine. 11 employa tous ses loisirs à l'étude des sciences géographiques, et commença à publier, en 1689, la Géographie ancienne, moderne et historique. Les 2 vol. ou 5 vol. qu'il fit paraître, ne renferment que l'Europe. L'auteur combine les événements de l'histoire avec la description des lieux, et, par cette méthode nouvelle alors, et perfectionnée depuis, donne à la science ce degré d'intérêt qu'elle ne peut attendre d'une nomenclature sèche et aride
  • Jean-Baptiste AUDEBERT( 1759 - 1800) : s'est distingué à la fin du '18° siècle, en réunissant à un haut degré de perfection les talents du peintre aux connaissances du naturaliste. 11 naquit à Rochefort, en 1759. Son père, employé dans les vivres de la marine, n'étant pas en état de secondes' ses dispositions, il vint à Paris à l'âge de dixsept ans, et y étudia le dessin et la peinture. Devenu trèshabile à peindre le portrait en miniature, il vivait honorablement du produit de cet art. En 1786, M. Gigot d'Orcy, receveur général des finances, connut par son goût pour l'histoire naturelle, et par la magnificence avec laquelle il contribuait à ses progrès, ayant eu l'occasion de juger des talents d'Audebert, l'employa pour peindre les objets les plus rares de son immense collection, et l'envoya en Angleterre et en Hollande, d'où il rapporta de nombreux dessins, qui servirent à l'Histoire des insectes de 6.A. Olivier. Ces occupations déterminèrent le goût d'Audebert pour l'histoire naturelle, et bientôt ce goût devint une passion. Voulant n'être plus asservi aux idées d'autrui, il entreprit des ouvrages qui l'ont à jamais illustré. Le premier est l'Histoire naturelle des singes, des makis et des galéopithèques, 1 vol. gr. ligures imprimées en couleur, Paris, 1800, contenant 62 planches. Cet glego- e e fit une vive sensation parmi les natura- istes. L'auteur, réunissant les qualités de peintre, le graveur et d'écrivain, sut faire marcher de front ses trois parties avec un accord parfait et jusqu'alors sans exemple. Naturellement industrieux et droit, il étudia tous les procédés de la gravure, et les tentatives qu'on avait faites pour lui donner les .ouleurs, si utiles dans l'histoire naturelle. Le moyen le plus ingénieux qu'on dit imagine était d'avoir, pour une seule épreuve, autant de planches que l'on employait de couleurs différentes. Audebert sut appliquer sur la planche même les couleurs qui conviennent à chaque partie, en sorte que l'on y faisait une espèce de peinture. Un passage des Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, par Dodart, pu- 1 bliés en 1679, peut faire croire que ce moyen était connu à cette époque. Audebert donna bientôt à cet art toute la perfection dont il était susceptible : ce fut en employant des couleurs à l'huile, plus solides et plus durables que les couleurs à l'eau, qu'on employait auparavant. De plus, il réussit à y imprimer (le l'or, dont il varia les couleurs de manière à huiler les plus brillants effets de ses modèles. Cet art une fois créé, l'histoire naturelle s'enrichit de ses ,produits ; ils étonnèrent par leur magnificence. Aut tdebert lit ensuite l'Histoire des colibris, des oiseaux-! mouches, des jacamars et des promérops, 1 vol. Paris, publié seulement en 1802. Cet ouvrage est reenté comme le plus parfait qui ait jamais paru en ce genre. Audebert, non content d'imiter fidèlement les couleurs, surpassa tous ceux qui l'avaient précédé, par l'esprit avec lequel il saisit l'expression de ces oiseaux, auxquels il donna, pour ainsi dire, la vie; il descendit aux plus petits détails. Les descriptions dont il est luimême l'auteur sont dignes de l'ouvrage. 11 voulut aussi que la magnificence de la typographie concourk à la perfection de ce beau monument; mais un tel livre ne pouvant convenir qu'à des souverains ou à de riches amateurs, on n'en tira que 200 exemplaires, grand dont la lettre au bas de chaque figure est en or; plus, 100 exemplaires trèsgrand et 15 seulement grand dont tout le texte est imprimé en or, non pas en lettres dorées au pinceau, mais ce fut en appliquant à la typographie le procédé qu'il avait découvert pour la gravure ; un exemplaire sur vélin, avec les dessins originaux, est demeuré entre les mains de l'éditeur. Cet ouvrage était à peine commencé, qu'Au' bert en méditait d'autres ; il voulait compléter l'Histoire des oiseaux, celle des mammiféres, et ensuite faire celle de l'homme. Il paraissait ne connaître de bornes à ses travaux que celles (le la nature. 11 préparait et empaillait avec beaucoup d'adresse les animaux, et il se formait un trèsbeau cabinet; mais il ne se bornait pas à étudier la nature sur des squelettes ; il savait l'observer vivante : les plus petits détails ne pouvaient échapper à sa patience et à sa sagacité. Il nourrissait depuis longtemps des araignées, ce qui lui avait donné le moyen de faire des remarques curieuses sur leur histoire. Audebert s'était donc préparé des travaux auxquels une trèslongue vie eût à peine suffi, lorsqu'en 1800, la mort l'enleva, à l'àge de 42 ans. Aussi estimable par ses moeurs que par ses talents, son coeur était sensible et généreux. Quoique naturellement calme et réfléchi, il avait beaucoup de gaieté, et sa société était agréable. Il aimait la littérature, et même il a composé des comédies. Quand la mort vint arracher Audebert à ses travaux, il commençait l'Histoire des grimpereaux et des oiseaux de paradis, etc., 1 vol. L'éditeur Desray, qui possédait ses matériaux et la connaissance des procédés qu'il avait découverts et employés, a fait terminer ces deux derniers ouvrages avec autant de perfection que ce qui avait été dirigé par l'auteur luimème. Le texte a été rédigé par L.P. Vieillot, naturaliste, ami d'Audebert. Ces deux ouvrages sont réunis sous ce titre collectif : Oiseaux dorés ou â reflets métalliques, 2 vol. grand infoi. et grand Paris, 1802, Desray. C'est sur le mente plan et d'après les mènes procédés que Vieillot a publié : Histoire des oiseaux de l'Amérique septentrionale, qui fait suite. C'est à Audebert que les Oiseaux d'Afrique de Levaillant ont dû leur succès : il a dirigé l'impression (les figures de cet ouvrage jusqu'à la 15e livraison. Les autres branches de l'histoire naturelle, et surtout la botanique, ont profité des découvertes d'Audebert ; de là, des ouvrages précieux, tels que le Jardin de la Malmaison de Ventenat, et les Liliacées de Redouté, qui, réunissant l'exactitude à la magnificence, ont acquis dans ce genre, à la France une prééminence que les autres nations n'ont pu lui enlever
  • Jean-Baptiste AUDIFFREDI( 1714 - 1794) : dominicain, né à Saorgio, près de Nice, en 1714, mourut le 5 juillet 179-4. On n'a *aucun détail sur la vie de ce savant, qui, au raeport de Lalande, était, en 1765, bibliothécaire de la Minerve à Rome. Suivant le même auteur, le P. JeanBaptiste Audiffredi n'était plus chargé de la bibliothèque que le cardinal Casanate avait léguée au couvent de la Minerve. Il s'était bàti un petit observatoire, et il a publié quelques dissertations astronomiques, dont les premières sont indi Cette dernière pièce a été imprimée sous ce titre Babekun, ou les trois Bossus, comédie en 1 acte et en prose, faite par un boiteux et publiée par un borgne, Paris, 1767 Voy. la France littéraire de M. °nenni, t. 1, p. 120. rallaxis sous, extredatio Dadei Ruffi, 'Mince, 1765 Les mots Dadei Ruffi sont l'anagramme d'Audiffredi. 7° Dimostrazione della stazione della cometa, 1769, Romce, 1770. La comparaison de ces diverses dates pourrait faire croire qu'il s'était d'abord livré à l'astronomie ; mais que le soin de la bibliothèque Casanate l'avait tourné tout entier vers les recherches bibliographiques, dont il s'est occupé jusqu'à sa mort, et qu'il n'interrompait que pour observer quelques phénomènes extraordinaires, tels que le passage de vénus et la comète de 1769
  • Jean-Baptiste BADOU( 1600) : prêtre de la congrégation de la Doctrine chrétienne, naquit à Toulouse, vers la fin du 17e siècle, et fut l'un des plus saints missionnaires de son temps. Les travaux apostoliques auxquels il se livra pendant vingthuit ans avec un zèle infatigable produisirent les fruits les plus abondants. 11 parcourut tous les diocèses du Languedoc, où les évèques, pleins de vénération pour ses vertus et pour ses talents, s'empressaient de l'ap- peler On assure que le P. Badou désirait ardem- mei t de mourir dans l'exercice de son ministère. Ses vœux forent exaucés par une bien triste catastrophe, le 6 septembre 1727 : il avait commencé à donner une retraite dans la maison des filles du Bon Pasteur à Toulouse, située sur les bords de la Garonne, lorsque, le septième jour, une inondation extraordinaire gagna l'intérieur du couvent; le P. Badou se trouva enfermé avec les religieuses ; il se retran- cha dans la partie de la maison qu'il présumait être la plus solide, et continua le cours de ses exhorta-- lions ; mais les eaux grossissant renversèrent le bà- tim nit, et engloutirent le saint prêtre avec c religieuses. Quelquesunes, accablées S0115 les décombres, ne périrent pas surlechamp, mais il fut impossible de les dégager. Le P. Radon luimême, enseveli au milieu des ruines, vécut encore quatorze heures ; et, par un eflin't de zèle et de courage digne des premiers martyrs, il ne cessa d'exhorter à la mort celles des sœurs qui pouvaient encore l'entendre. La relation de cet affreux désastre a été publiée à Paris, Delespine, 1727 de 15 pages. On a du P. Badou un livre intitulé : Exer- cices spirituels, avec un catéchisme et des cantiques pour aider les peuples à profiter des missions, Toulouse, 1716
  • Jean-Baptiste BAILLY-BRIET( 1729 - 1808) : avocat , né en 1729, à Besançon, jouissait d'une assez grande réputation au barreau de cette ville. Ayant renoncé de bonne heure à la plaidoirie, il fut honoré de la confiance de toutes les grandes maisons de la pro vince, et publia, dans une foule de causes importantes, des mémoires qui pendant longtemps ont été recherchés des jurisconsultes. Connu seulement par ses talents et par sa bienfaisance, il n'en fut pas moins inscrit sur la liste des suspects en 1795 , et conduit au château de Dijon. Mais au bout de quelques mois les portes de sa prison s'ouvrirent sur la demande du même comité de surveillance qui l'avait fait arrêter. Il passa ses dernières années au milieu de ses livres, étranger à tous les événements, et mourut le 27 octobre 1808, à 79 ans. 11 avait épousé la soeur du savant historien de Pontarlier. On doit à BaillyBriet : le Comté de Montbéliard agrandi et enrichi au préjudice de la Franche- Comté, par l'échange conclu le 21 mai 1786 entre le roi de France et le duc de Wurtemberg , 1789 de 336 pages. Cet ouvrage, dédié aux états généraux, devint l'occasion d'une polémique assez vive entre l'auteur et un ministre protestant. Les diverses questions qu'il soulevait furent tranchées, peu de temps après, par la réunion du pays de Montbéliard à la France ; mais les chartes et les documents inédits imprimés à la fin du volume lui assignent une place parmi les livres (l'histoire qui pourront toujours être utilement consultés
  • Jean-Baptiste BALBIS( 1765 - 1831) : savant botaniste, naquit en 1765, à Moretta, petit village du Piémont. Après avoir achevé ses études à l'université de Turin, il y reçut le doctorat, et fut répétiteur au collége des provinces, puis médecin agrégé à la même université. Son goilt pour la botanique s'était manifesté de bonne heure. 11 fit de rapides progrès dans cette science sous la direction d'Allioni , qui le regardait comme son meilleur élève, et auquel il succéda plus tard dans la place de professeur de botanique et de conservateur du jardin royal des plantes. Dans le mois de juin 1797, le docteur 13arolo, son confrère, ayant fait connaître au roi CharlesEmmanuel un complot qui se tramait contre son autorité, Balbis, se croyant compromis, se réfugia en France, où il fut employé comme médecin dans les hôpitaux militaires des armées des Alpes et d'Italie. Après la conquête du Piémont , le général Grouchy le nomma l'un des membres du gouvernement provisoire ; mais, dans le mois d'avril suivant, les succès de l'armée austrorusse le forcèrent de quitter encore une fois sa patrie, où il revint l'année suivante, après la victoire de Marengo. C'est alors qu'on le nomma professeur de botanique à l'université de Turin. 11 enrichit le jardin des plantes de plusieurs espèces nouvelles, dont il a donné la description dans les mémoires de l'académie de Turin, et publia successivement plusieurs ouvrages importants. Par suite de la réaction piémontaise, il perdit sa chaire en 1814, et se retira d'abord à Pavie, près de son ami Nocca, qu'il aida dans la publication de la Flora Ticinensis. 11 obtint en 1819 la chaire et la direction du jardin botanique de Lyon, et vint en cette ville, où il reçut l'accueil le plus distingué. Ayant éprouvé quelques désagréments en 1830, il demanda sa retraite, qui lui fut accordée. Bientôt des affaires de famille le rappelèrent en Piémont. Il y mourut le 13 février 1831. Balbis était membre de plusieurs académies. Lyon lui dut une sociétélinnéenne. Secondé par quelques amateurs éclairés de la botanique, il réunit en peu de temps les matériaux d'une flore lyonnaise, et mit tous ses soins à terminer ce grand ouvrage. Une notice intéressante sur Balbis, lue à l'académie de Lyon par M . le docteur G rognier, est imprimée dans les Archives du département du Rhône, t. 24, p. 129. Elle est suivie de la liste des ouvrages de Balbis, au nombre de quatorze. Les principaux sont : 1° Enumeratio plantarum officinalium, Turin , 1804 ; 2° Flora Taurinensis, ibid., 1806 ; 5° Materies medica, ibid., 1811, 2 vol. ; 4° Flore lyonnaise, Lyon, 1827-28, 2 vol. ; Miscellanea botanica prima et altera ; 6° de Crepidis nova Species, et autres mémoires insérés dans le recueil de l'académie des sciences de Turin, dont il état membre. Willde now a donné le nom de lialbisia à une plante de l'Amérique méridionale. G—G—Y et W--
  • Jean-Baptiste BALLIANI( 1586 - 1666) : génois, né en 1586, est auteur d'un traité profond écrit en latin sur le mouvement naturel des corps pesants. Cet ouvrage parut d'abord en 1638, et fut publié de nouveau en 1616, trèsaugmenté et enrichi de bonnes observations. Si Balliani eût eu le temps de s'appliquer eux sciences , il eût pu paraître avec distinction parmi les plus illustres savants de l'Italie ; mais son rang et sa profession le portant pr vers les lois et la politique, ne lui laissèrent que peu de temps pour s'occuper de ses études favorites, les mathématiques et la physique. Après avoir occupé avec honneur plusieurs charges publiques dans sa patrie, il mourut en 1666, à l'àge de 80 ans
  • Jean-Baptiste BARBO : poète italien de quelque mérite , qui florissait au commencement du 17e siècle, était de Padoue. Il y en eut un autre des mêmes nom et prénom, qui était de Ravenne, ou peut-être étaitce le même, dont les éditeurs des Rime scelle de' podi Ravennati auront mal connu la patrie. Celui de Padoue a publié : 1. une traduction en vers italiens, non rimés, scioni, du poème de Sannazar de Poilu Virginis, Padoue, 1604 ; 2° Rime piacevoli, Vicence,1611 ; Oracolo, overo invettiva con tro le Donne, etc., Vicence, 1616 ; 4° il Ratio di Proserpina di Claudiano, doito in versi sciolli, Padoue, sans date 5° une satire en tercets, ou terza rima, contre un sonnet de Bragadina Cavalli, insérée dans les oeuvres mêmes de cette femme poète, imprimée à Vérone, 1609
  • Jean-Baptiste BECŒUR( 1718 - 1777) : célèbre pharmacien et savant naturaliste, naquit à Metz, en 1718, et mourut dans la mème ville, le 16 décembre 1777. On n'a de lui qu'un Mémoire instructif sur la manière d'arranger les différents animaux, etc., inséré dans le Journal encyclopédique, puis, dans 11 Aldrovandus Lotharingice, de Buchoz, p. 289 ; mais il a laissé plusieurs manuscrits lus à l'ancienne académie de Metz dont il faisait partie. Becœur était en l'apport avec beaucoup d'illustrations contemporai- nes : Buffon, Daubenton, Tressan, l'honoraient de leur amitié; il fut le premier maitre du voyageur le Vaillant, le guide de tous les jeunes gens de la province qui montraient du goût pour les sciences d'ob- servation. Son cabinet attirait chez lui tous les étrangers de distinction qui passaient à Metz , et chacun conservait un souvenir durable de l'aménité, de la politesse gracieuse et de la conversation pleine de charme de notre naturaliste. Sa mort fut un deuil public. BardouDuhamel a payé à ses cendres l'hommage qui leur était dû
  • Jean-Baptiste BASILE : comte de Torone, poète napolitain, florissait au commencement du 17° siècle. Il prend, au frontispice de quelquesuns de ses ouvrages, les titres de chevalier, comte palatin, et gentilhomme de S. A. le duc de Mantoue. Il mourut vers l'année 1637. Ses poésies, Opere poetiche , imprimées à Mantoue , 1613 contiennent : 1° Madrigali ed Ode, divisés en 2 parties; 2° la Venere addolorata, favola tragica da rappresenlarsi in musica; Egloghe morose e tugubri ; le Avventurose Dissaventure, favola maritima; 5° il Pianto della Vergine, poemelto saur), etc. On a de lui' en langage napolitain : 1° le Muse napoletane, egloghe , di Gian Alessi° Abbatutis , Naples, 1635 ibid., 1647, 1669 et 1678 2° Lo Cura° de li Ctinti, ovvero lo trattenetniento de li peccerille, sous le même nom, Naples, 1637, 1684 ; Rome, 1679 ouvrage rempli de proverbes, de dictons et d'historiettes du pays, qui plaisent beaucoup aux Napolitains. 11 existe une traduction de cet ouvrage en langue italienne vulgaire, Naples, 1754 fig. 3° La Vajasseide, poème en 5 chants, de JulesCésar Cortèse. l'un des meilleurs auteurs napolitains, édition accompagnée de quelques morceaux en prose napolitaine, par notre Basile, sous son nom de Gian Alessio Abbatutis. Il a donné des éditions soignées et accompagnées de notes, d'éclaircissements et de tables, 1° di M. Pietro Bembo, Naples, 1615 ; 2° di M. Gio. della Casa, ibid., 1617 ; 5° di Galeazzo di Tarsia, rassemblées pour la première fois, ibid., 1617 — Adrienne BASILE, sa soeur, publia, l'année même de sa mort, un poème de lui, en octaves, intitulé Teaqene, tiré des JEthiopiques d'Héliodore, Rome, 165.7 Cette soeur était baronne de Pian Carrecto, et mariée avec un Napolitain nommé Muzio Barone. Elle cultivait aussi la poésie, et excellait dans la musique. J.B. Marini l'a louée dans le 7e chant de son Adone, stance 8. Nicolas Toppi parle d'elle dans sa Bibliotheca Napolilana, et dit qu'elle avait fait imprimer ses différentes compositions poétiques, sue varie composizioni in verso; mais il avoue que ce livre ne lui était jamais tombé entre les mains
  • Jean-Baptiste BASSAND( 1680 - 1742) : médecin , élève et ami de Boerhaave , naquit en 1680, à BaumelesDames, petite ville de FrancheComté. Cadet d'une famille trèsnombreuse, il dut songer de bonne heure à choisir un état. Après avoir achevé ses cours d'humanités et de philosophie, il étudia la chirurgie à Besançon, et vint à Paris se perfectionner sous la direction des plus habiles maîtres. De Paris il se rendit à Naples, où il fut employé dans les hôpitaux, et profita du voisinage pour se faire recevoir docteur en médecine à la célèbre université de Salerne. 11 était de retour dans sa famille en 1705; mais, dès l'année suivante, il courut à Leyde entendre les le-çons de Boerhaave, qui, charmé de ses talents, lui voua dès lors la plus tendre affection. Après la mort de l'empereur Joseph 1", la France ayant envoye des troupes en Italie, Bassand fut attaché comme chirurgien aux ambulances de l'armée. Mécontent de ses chefs, il passa bientôt au service de l'Autriche; et, avant la lin de la campagne, il fut nommé chirurgien en chef du corps commandé par le prince Emmanuel de Savoie. En 1714, l'empereur Charles VI, sur le compte avantageux qu'on lui rendit des talents de Bassand , le nomma premier médecin de l'armée destinée à agir contre les Turcs, sous les ordres du prince Eugène. Il reçut à cette époque de Boerhaave tous les instruments nécessaires pour les observations qu'il le chargeait de faire, tant en Servie que dans les autres provinces où le sort des armes pourrait le conduire. A la paix il revint à Vienne, se fit agréger, en 1720, à la faculté de cette ville, et fut nommé médecin de Léopold, duc de Lorraine. Ayant eu le bonheur de guérir le fils aîné de ce prince d'une maladie grave, il en fut récompensé par des lettres de noblesse. L'année suivante , l'Empereur lui conféra le titre de son premier médecin, et celui de Iconseiller aulique. 11 accompagna dans ses voyages le jeune due de Lorraine, qui fut depuis empereur sous le nom de François I", le créa baron, et il recueillit dans toutes les cours des témoignages de l'estime qu'inspiraient ses talents. Ce grand praticien mourut à Vienne, le 50 novembre 1742. 11 avait des connaissances très-étendues dans toutes les branches de l'histoire naturelle. Il visita plusieurs fois les diverses provinces de l'Autriche, recueillant des plantes et des minéraux qu'il envoyait à Boerhaave, avec lequel il entretint une correspondance suivie pendant vingtsix ans. Les lettres de Boerhaave à Bassand ont été publiées à Vienne en 1778 sur les autographes conservés à la bibliothèque impériale. Elles sont, précédées d'une notice de l'éditeur sur Bassand, dans laquelle il regrette que ses réponses à Boerhaave n'aient pas été retrouvées
  • Jean-Baptiste BATISTIN( 1600 - 1745) : dont le véritable nom était STUCK , musicien distingué, né à Florence vers la fin du 17° siècle , et mort à Paris vers 1745. On a de lui quelques opéras : 1. Méléagre, paroles de Jolly, 1709; 9.0 Manu) la Fée, paroles de Menes- ' son , 1711; 50 Polydore , paroles de la Serre , 1720. Batistin fut le premier qui lit connaître en France le violoncelle , et le premier aussi qui joua de cet instrument à l'orchestre de l'Opéra
  • Jean-Baptiste BAUSSONNET( 1700 - 1780) : né à Reims en 1700, lit profession à l'abbaye de StRémi, le 8 février 1722. Après son cours d'études, il alla professer les humanitésau collège de Pontlevoy. Il se proposa ensuite de travailler avec D. Charles Taillandier à une histoire générale de Champagne et de Brie, et ils en firent imprimer le plan à Reims en 1758. D. Baussonnet s'occupa d'en recueillir les matériaux, et il eut communication de quelques écrits de Lecourt, savant chanoine de Reims, qui avait entrepris l'histoire de cette ville. La source où D. Baussonnet puisa le plus de monuments fut la collection des pièces ramassées de côté et d'autre, et surtout à l'hôtel de ville par Aluse, curé du diocèse, homme laborieux et amateur de l'histoire. 11 acquit à Troyes une collection de mémoires concernant cette ville ; enfin il tira beaucoup de pièces importantes de la bibliothèque de Joly de Fleury, ancien procureur général, qui voulut bien lui communiquer ses portefeuilles. 11 recueillit encore à Meaux, Provins, Chidons, Tonnerre, Sens, Langres, quantité de mémoires et de pièces. D. Taillandier ayant abandonné ce projet, D. Baussonnet se joignit à D. Tassin , de l'agrément de ses supérieurs ; il remit, par leur ordre, sa collection entre les mains de D. Claude Rousseau, qui se chargea, vers 1756, d'en composer avec ses nouvelles recherches l'Histoire des pro, vinces de Champagne et de Brie. D. Baussonnet aida aussi D. Tassin dans le Nouveau Traité de diplomatique, après la mort de D. Toustain. Ce savant historien est mort dans le monastère des BlancsManteaux de Paris, le 1" octobre 1780 , sans avoir pu mettre au jour le fruit de tant de travaux. C. TY. (0 On voyait, il y a peu d'années, un semblable phénomène de végétation sur un des pilastres de la grille du Luxembourg faisant face à la rue StDominiqued'Enfer.
  • Jean-Baptiste BEAUFORT-THORIGNY( 1761 - 1825) : général français, né le 18 octobre 1761 , à Paris, s'enrôla, dès l'âge de seize ans, comme soldat, dans le régiment de Languedoc, infanterie, d'où il passa dans les dragons , qu'étant de service dans les journées des 5 et 6 octobre, auprès de la famille royale , il courut de grands dangers en s'efforçant de la défendre, et qu'il lit d'inutiles efforts pour sauver _les gardes du corps Deshuttes et Varicourt. Il a aussi prétendu qu'il était au château des Tuileries le 20 juin et le 10 août.1792 pour y défendre Louis XVI ; qu'il fut blessé dans cette , que nous voyons Beaufort, aussitôt après ces événements, devenir adjudantmajor d'une divisionfde gendarmerie à pied, troupe alors trèsrévolutionnaire, et dans laquelle aurait fait assez mauvaise figure un royaliste aussi dévoué que ce Ils sont insérés dans une Notice sur BeauforlThorigny rédigée par lui ou d'après ses notes, 1819 et extraite des Fastes de la. Gloire. A - T. général dit l'avoir été. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il lit dans ce corps la campagne de 1792, en Belgique, qu'il fut nommé adjudant général le 25 octobre de la 'Hème année, et qu'il obtint le grade de colonel à la lin de mars 1793. On ne peut douter qu'il n'ait fait preuve de courage et de zèle dans toutes les affaires où il s'est trouvé à cette époque, notamment à Breda, à Menin, à Gertruydemberg, au camp de César, etc., puisque, le 4 décembre de la même année, il fut nominé général, et que, dès l'année suivante, il commanda par intérim ou comme général de division provisoire l'armée des côtes de Cherbourg ; nous croyons encore qu'il contribua beaucoup à la défaite des Vendéens sous les murs de Granville, puisque la convention décréta à cette occasion qu'il avait bien mérité de la patrie. Avran- ches, Antrain, Pontorson furent aussi, on ne peut le nier , téinoins de son courage; niais nous avons beaucoup plus tle peine à croire qu'à Orléans Beaufort ait sauvé quatre officiers ; qu'à Mortain il ait soustrait à la mort quatre Vendéens, même l'intendant de l'armée royale; que près de la mème ville il ait encore sauvé six cents malheureux qu'un féroce proconsul voulait faire périr dans les flammes du château de Thorigny , où ils étaient renfer- més ; enfin, qu'à Fougères il ait voulu sauver les jours du prince de Talmont et du procureur général Bougon. De pareils traits d'humanité étaient bien rares à cette époque ; et s'ils appartiennent réellement au général Beaufort, nous aurions désiré qu'il eût donné aux historiens qui les ont accueillis des preuves sans réplique. Moins confiants qu'eux, nous avons consulté l'impassible Moniteur, et nous y voyons, au contraire , que le général de division provisoire Beaufort écrivit à plusieurs reprises, de son quartier général de Vitré, au président de la convention nationale pour lui faire part de ses exploits, et qu'il lui annonça, le 17 nivôse an 2, l'arrestation de l'ex- prince de Talmont, de Bougon, de cinq autres re- belles de marque, qui la plupart ont envoyé leur cime au Père éternel. « Je leur ai donné cette permission, « ajoute spirituellement le général; et comme ils n'a-« raient besoin que d'une obole pour le passage du « Styx, je leur ai retenu 24,000 livres... » Barère, l'Anacréon de la guillotine, n'aurait pas dit mieux. Dans une autre dépèche, Beaufort, parlant plus sérieusement, dit que sa chasse des chouans continue avec succès ; qu'il vient d'attraper encore deux cents de ces brigands, que sous peu le sol de la liberté sera entièrement purgé de celte race maudite. Tout cela était fort bien de la part d'un général de la république, et Beaufort ne faisait que suivre ses instructions et se conformer aux usages et au style de l'époque : nous ne nous étonnons que d'une chose c'est que le même homme se soit donné depuis pour l'un des plus zélés serviteurs de la monarchie. S'il faut l'en croire, ce fut lui qui, le 9 thermidor, ap- pelé à Paris pour y commander la force armée, renversa Robespierre et délivra la France de ce dicta- (11 C'est probablement par suite de ce beau trait de générosité que le général Beaufort avait ajouté à son nom celui de Thorigny. teur. Nous avons encore sur ce point consulté le Moniteur, et nous n'avons pas vu que le nom du général Beaufort ait été prononcé une seule fois dans la relation de cette mémorable journée. Nous n'y avons pas non plus vu mentionnés les nombreux exploits qui signalèrent son courage, quelques mois plus tard, à l'armée des Pyrénées, où, selon les mê- mes biographes, il enleva la position de MontRoch, la redoute de la Monge, et celle del Boure, où il fit une retraite que Pérignon comparait aux plus belles marelles de l'antiquité; et où enfin il sauva encore 1,200 prisonniers voués à la mort, parmi lesquels se trouvait le duc de CrillonMalion. Cette omission de la part du journal officiel est sans doute un tort grave ; et le Moniteur en fait une autre peut-être plus grave encore en ne désignant pas davantage Beau-. fort comme le vainqueur des Parisiens au 13 vendé- miaire. Tout le monde pensait jusquelà que c'était à Bonaparte que la convention nationale avait dû cette victoire ; mais il est constant, d'après la Biographie des contemporains, que ce fut Beaufort qui la remporta, et qu'il avait ce jourlà même sous ses ordres Napoléon, A qui il infligea une punition disciplinaire... Il parut encore un instant dans la capitale à l'époque du 18 fructidor, car on l'y vit dans.toutes les grandes occasions; mais il retourna bientôt dans la Vendée, où les habitants reconnaissants lui offrirent douze métairies qu'il refusa... En 1798, il mit en fuite les Anglais, qui voulaient s'emparer de Pile d'Aix; et toujours clément , il sauva encore quatre émigrés qtt'il avait pris dans leurs rangs. Lorsqu'il fut arrivé au faite du pouvoir, Bonaparte, qui n'avait pas oublié le 15 vendémiaire, priva Beaufort de tout emploi, le réduisit au rang de général de brigade, et même un peu plus tard le rit arrêter comme conspirateur. Ce malheureux général ne recouvra la liberté qu'après plusieurs mois de détention; et, n'ayant plus d'autre ressource pour faire vivre sa famille, il accepta une place d'inspecteur des droits réunis dans le Cantal, puis une autre de membre du conseil de recrutement dans la HauteLoire et la Lozère. Ce fut là que la restauration le trouva en 1814. Accouru bientôt à Paris, Beaufort demanda à tous les pouvoirs la récompense de son royalisme mais il parait qu'on n'y crut pas entièrement, car il n'obtint que la croix de StLouis et une faible pension de retraite. Ce général est mort à Corbeil près Paris, le 1" février 1825
  • Jean-Baptiste BECCARIA( 1716) : né le 3 octobre 1716, à Mondovi, alla à Rome en 1732, et y entra dans la congrégation des clercs réguliers des écoles pies. Après son cours d'études, il fut employé à enseigner la grammaire et la rhétorique; mais il s'appliqua en même temps à l'étude des mathématiques, et y fit de grands progrès. 11 professa ensuite la phi- losophie à Palerme et à Rome avec beaucoup de succès. Le roi de Sardaigne, CharlesEmmanuel, l'appela à Turin, en 1748, pour y ètre professeur de physique à l'université. Ses leçons furent trouvées dignes de la célébrité qu'il s'était déjà acquise ; mais ce fut surtout par ses ouvrages qu'il rendit de grands services à la science. L'électricité commençait alors à faire du bruit par les expériences de Francklin, de Dalibard et de Delor. Le nouveau professeur publia, en 1753, son premier ouvrage, sous ce titre : Dell' Elettricismo naturale cd artifiziale, Turin Il y mit dans un grand jour la théorie de Francklin. Les expériences sur l'électricité atmosphérique que cet ouvrage renferme sont si nombreuses et si va-, niées, que Priestley dit, dans son Histoire de l'élec- Incité, qu'il a surpassé, par l'étendue de ses travaux en ce genre, tout ce qu'on a fait avant et après lui. Les académies de Londres et de Bologne s'em- pressèrent de mettre l'auteur au nombre de leurs associés. On trouve de nouvelles recherches sur la mème branche de physique dans ses Lettere suit' elettricismo, adressées à Beccari, président de l'institut de Bologne, et imprimées dans cette ville, en 1758 En 1759, Beccaria fut chargé, par le roi, de la mesure d'un degré du méridien en Piémont, et commença à y travailler en 1760, avec l'abbé Canonica, professeur extraordinaire de physique à l'université, qu'il avait choisi pour collaborateur; mais l'ouvrage où il donne le résultat de cette opération ne parut qu'en 1771, sous le titre de Gradus Taurinensis, Turin Le résultat de la mesure ne peut se concilier avec la longueur moyenne du degré à cette latitude, déduite des autres opérations de ce genre, qu'en admettant dans le pendule, par l'attraction des Alpes, une déviation plus forte que celle qui a été observée par Bouguer, près de Chimboraço, en Amérique. Cassini y avait trouvé un motif de jeter quelques doutes sur l'exactitude de la mesure de Beccaria ; mais celuici répondit par une dissertation anonyme publiée à Florence sous le titre de Lettere d'un Italian° ad un Parigino, etc.; il y prétend que l'effet indiqué n'a rien que de trèsconforme aux faits les mieux constatés à cet égard, vu les circonstances particulières de la masse et de la position des Alpes, par l'apport à l'arc mesuré. Au milieu des travaux astronomiques que l'exécution de cette entreprise lui imposait, le P. Beccaria ne laissa pas de s'occuper de sa science chérie, l'électricité. Les expériences de Symmer en Angleterre, et celles de Cigna, compatriote de notre professeur, attirèrent son attention ; il en lit de nouvelles dans le même genre , et les communiqua à la société royale de Londres, dans des mémoires qui ont été insérés dans les Transactions philosophiques, pour les années 1766 et 1767. En 1769, il conunu- niqua à la même société un mémoire sur les atmosphères électriques, sujet alors encore neuf. Il revint ensuite aux recherches sur l'électricité symmérienne ou vindex, comme il rappelait, et en fit le sujet. d'un ouvrage qu'il publia à Turin, sous le titre de : Experi- menta algue Observationes quibus electricitasvindex laie constituitur atque explicatur , 1769 Quelque opinion que l'on veuille adopter sur la théorie de Symmer, l'ouvrage de Beccaria sera toujours pré- cieux par les faits de détail qui s'y trouvent consignés. Enfin il entreprit de donner un cours complet de la science électrique ; il publia son travail en 1772, sous le titre : dell' Elettricismo artifiziale 40. 11 y rassemble toutes les connaissances qu'on avait alors sur l'électricité. Francklin, qui estimait beaucoup l'auteur, fit faire une traduction anglaise de cet ouvrage, qui fut publiée à Londres. Le P. Beccaria n'a pas fait entrer dans ce livre ce qui ap- partient à l'électricité atmosphérique ; mais, en 1775, il publia des recherches originales sur un point particulier de cette branche de connaissances, sous le titre : dell' Electricita terrestre atmosferica à cielo sereno : cet opuscule complète les travaux en ce genre qu'il avait consignés dans son premier ouvrage de 1755 ; il y détermine plus exactement la période que présente cette électricité du beau temps que Lemonnier avait déjà aperçue en 1752. Tant de travaux, joints à de fréquentes attaques d'une maladie trèsdouloureuse, abrégèrent les jours de ce zélé physicien : il mourut le 27 mai 1781. Nous n'avons fait mention que de ses principaux ouvrages ; il serait trop long d'indiquer une foule de petits écrits sur différents points de physique et d'astrono- mie qu'il a publiés séparément, et en différents re- cueils, ou qui sont restés inédits. Beccaria les a lé- gués à l'auteur de cet article. On en peut voir le ca- talogue à la fin des Meenorie istoriche intorno a gli studi del P. Beccaria, par l'abbé Landi . Le P. Beccaria joignait à la qualité de grand physicien des connaissances littéraires très- étendues : ses ouvrages, tant en latin qu'en italien, sont écrits avec sine élégance peu commune, et l'on a de lui quelques sonnets qui prouvent qu'il urait pu avoir des succès en poésie. Jouissant d'une grande considération à la cour et auprès des personnes les plus illustres de son temps, il n'en profita que pour se procurer tout ce qui pouvait faire avancer la science qu'il cultivait. Son esprit était au reste si fortement fixé sur l'objet de ses études, qu'il manquait quelquefois aux petites bienséances de la société, sans que ces oublis pussent diminuer l'estime qu'on avait pour lui
  • Jean-Baptiste BECHET( 1759) : historien de Salins, naquit près de cette ville, en 1759, au village de Cernans, près Salins. Ayant terminé ses études avec succès, il résolut d'embrasser l'état ecclésiastique; mais il ne tarda pas à sortir du séminaire pour entrer chez un commissaire à terrier. La suppression de toutes les redevances seigneuriales, en 1789, l'obligea bientôt à chercher un autre état que celui de feudiste, et il devint arpenteur. Toutefois l'habitude qu'il avait prise de lire les vieux titres ne lui fut point inutile, et plus tard elle décida son goût pour les recherches histo- riques. Élu membre de la première administration du département du Jura, il en fut nommé secrétaire général, place dans laquelle il montra beaucoup de zèle et une grande intelligence des affaires. Après la journée du 51 mai 1795, il concourut à toutes les mesures prises pour organiser dans le Jura la résistance aux décrets de la convention ; et il fut envoyé , dans les départements de l'Ain et de SaôneetLoire pour s'y concerter avec les amis de l'ordre sur les moyens d'arrêter les progrès de l'anarchie. On sait comment le parti de Robespierre parvint à faire échouer ces tentatives généreuses. Destitué avec tous ses collègues, Bechet fut arrêté quelque temps après et conduit dans la prison de Dôle, d'où il fut transféré, par l'ordre des représentants, au fort StAndré de Salins, qui portait alors le nom de fort Egalité . Un de ses amis de collége vint à bout de lui faire ouvrir la porte de sa prison; mais que le conventionnel Prost venait de lancer contre lui un nouveau mandat Et non pas en 1732, comme on le dit dans le Journal des Savants, mem année, octobre, p. 587. Cette erreut a passé dans a Table de Declaustre. A cette époque, l'arbre de la liberté était planté deva»t les portes des prisons, et il y avait dans celles de Paris les corridors de la Liberté, de l'Égalité, de la Fraternité, de Brutus, de Mein, SeévOla, etc. V—ve. d'arrêt, il alla chercher un asile en Suisse, où il resta jusqu'à la chute de Robespierre. Après le 9 thermidor, il fut réintégré dans sa place de secrétaire général, et lors de la mise en activité de la constitution directoriale, nommé commissaire du gouvernement près le tribunal de Poligny. A la création des préfectures, il fut fait secrétaire général de celle du Jura. En 1816, il demanda sa retraite et vint habiter Besançon, où il devait trouver les secours dont il avait besoin pour terminer un grand ouvrage qui l'occupait depuis plusieurs années, mais auquel il n'a jamais mis la dernière main. L'académie de Besançon, qui le comptait au nombre de ses membres, l'élut son secrétaire ; mais il ne tarda pas à résigner des fonctions que ses infirmités ne lui permettaient plus de remplir avec la mème assiduité. Il mourut dans cette ville, le 27 janvier 1850. Déchet était correspondant de la société des antiquaires de France, de l'académie dé Dijon, etc. On lui doit : Io Notions faciles et indispensables sur les nouveaux poids et mesures, sur le calcul déci- mal, avec des tables de comparaison, LonsleSaulnier, 1801 2. Les Annuaires du Jura de 1803 à 1812, 8 vol. ou 5. Examen cri- tique de la huitième Satire de Boileau, LonsleSaul- mer, an 9 Cet opuscule, dont l'auteur a retiré le plus qu'il lui a été possible tous les exemplaires, fut regardé dans le temps par ses compatriotes comme une insulte à Boileau ; et ils crurent devoir prendre la défense du législateur du Parnasse dans différentes brochures. 4° Fragments krun ouvrage intitulé : Jura ancien et moderne, ou Choix des monuments de cette contrée les plus intéressants pour l'histoire générale de France, avec cette épigraphe , tirée du ler livre de l'Énéide, Terra antiqua , potens armis caque ubere glebce C'est tout ce qui a paru de cet ouvrage qui 'avait occupé l'auteur plus de vingt ans. 5° Les Eloges de l'abbé Jacques et de M. Courtois de Pressigny, dans les recueils de l'académie de Besançon. 6' Recherches historiques sur la ville de Salins, Besançon, 1828, 2 vol. fig. C'est un résumé trèsexact de l'histoire de cette ville, qui doit être plus ancienne qu'on ne l'a supposé jusqu'ici, puisque les sources d'eau salée auxquelles elle doit son origine paraissent avoir été connues des Romains. A la tète du 1" volume, on trouve une dissertation sur l'origine des Bourguignons, dans laquelle l'auteur cherche à prouver que ce peuple est le même que les Semnons. Cette opinion, avancée par l'abbé Guér dans son Histoire véritable des temps fabuleux, est développée par Bechet, et accompagnée de preuves qui la rendent presque certaine. Parmi les pièces justificatives placées à la fin de l'oumge, on doit remarquer le prologue de la Dournoniade, tragédie de Jean Fleury, prêtre de StAnatole de Salins, représentée dans cette ville en 1595. Le sujet de cette pièce, restée inédite, et dont on ne connaît plus que des fragments, est une victoire remportée cent ans auparavant par les Salinois sur un parti français, près du village de Dournon, dont la pièce a pris le nom. L'auteur de cet article a publié une Notice sur Bechet en 1851 de 32 pages
  • Jean-Baptiste BELZONI( 1778) : célèbre voyageur, naquit à Padoue en 1778. Fils d'un pauvre barbier, il fut destiné au métier de son père, mais il s'y montra peu disposé. Les récits de voyages avaient seuls le privilége de l'intéresser, et il était tout oreilles lorsque ses parents entamaient quelque conversation sur Rouie ou d'autres grandes villes de l'Italie. Cependant il était arrivé à l'âge de treize ans sans s'être éloigné de plus d'une demilieue de Padoue, lorsqu'un jour son père l'emmena, pour lui donner une récréation, à l'ermitage du mont Octono, non loin des sources thermales d'Abano. Frappé des beautés de ce site pittoresque, et peut-être aussi de l'aspect des ruines qui prouvent que les Romains n'ont point négligé les Aquœ Aponce, l'enfant revint hors de luimême à Padoue ; et le lendemain à la pointe du jour il partit de la ville, pour revoir le paysage enchanteur : Antonio, son jeune frère, l'accompagna dans cette excursion improvisée. Malheureusement il y a plus de deux lieues entre Abano et Padoue ; et déjà Antonio se plaignait de la fatigue qui devait rendre son retour difficile, lorsqu'un voiturier passe et demande aux jeunes gens s'ils veulent aller à Ferrare. Belzoni , que charme l'idée d'aller plus loin que l'ermitage d'Ortono , ne fait aucune difficulté d'accepter pour son frère et pour lui. Probablement il s'imaginait que l'offre était gratuite ; mais , une fois rendu à Ferrare, le voiturier exigea de l'argent; et, comme notre futur voyageur avait oublié de s'en munir, il les dépouille tous les deux de leurs vêtements, leur rend quelque menue monnaie pour solde de tout compte, et laisse là les deux jeunes aventuriers. Jean - Baptiste était tout consolé , s'imaginant déjà être bien près de Rome, et, toujours suivi d'Antonio, cheminait le plus gaiement du monde dans la direction de cette grande ville. Des voyageurs les aperçurent, et eurent la curiosité de les interroger. Le résultat de cet examen fut de recevoir les deux frères dans leur voiture, de les conduire jusqu'aux Apennins, et, en les y quittant pour prendre une autre route , de leur laisser une petite somme d'argent. Pour JeanBaptiste, avec ce viatique, il n'y avait plus d'obstacle possible ; mais Antonio, assis sur un rocher, appelait à grands cris ses parents et refusait de faire un pas de plus. Enfin la constance de l'aîné plia devant le désespoir du cadet, et Belzoni reprit tristement la route du toit paternel. On devine aisément que le séjour de Padoue ne lui devint pas plus agréable après ce retour involontaire, et qu'il attendit impatiemment l'instant de faire, rasoir et savonnette en main , son tour d'Italie. Ce temps vint au bout de trois ans; peut-être même n'attenditil pas plus que pour sa première sortie l'exeat paternel pour quitter sa ville natale. Cette fois il n'emmena point son frère , et au bout de quelques jours de marche il lit seul son entrée dans la capitale du monde chrétien, probablement sans trop savoir de quelle manière il y vivrait. A l'entendre, il s'y livra trèsspécialement à 1'11 iule de l'hydraulique. Le fait est qu'effectivement Il amusa le public de Borne par quelques tours em- pruntés à cette science; mais des jongleurs ne sont pas des savants. Belzoni, comme la plupart de ses compatriotes, possédait à un degré remarquable cette vivacité d'esprit qui sait se plier à tout, se cramponner à tout, et trouver partout des expédients. Mais, là comme ailleurs, à chacun son étoile. Belzoni sans doute trouva trop de concurrence en ce genre, et il finit par se faire moine pour ne pas mourir de faim. S'imaginatil , dans un de ses jours d'inanition forcée, avoir de la vocation pour la retraite? Dans ce cas s.mi illusion ne fut pas longue ; et, novice, il détestait déjà le cloître, sans oser en sortir, lorsque l'apparition des Français vainqueurs changea la face de l'Italie. A Rome même quelques couvents furent sécularisés, et Belzoni se hâta de jeter le froc aux orties. Mais l'indépendance ne lui donnait pas plus après qu'avant son noviciat les moyens de vivre autrement qu'au jour le jour. Rome, qui avait été le but de ses voeux, lui offrit si peu de ressources, qu'après avoir usé toutes ses industries, il reparut à Padoue. N'y trouvant pas non plus l'aliment nécessaire à sa mobilité, à son besoin d'aventures, il s'expatria de nouveau, et vint chercher de l'occupation en Hollande . Ce qu'il y fit, on l'ignore. Au bout d'un an, il reprit le chemin d'Italie, d'où il repartit encore en 1803. L'Angleterre alors était le but de son voyage; et la Hollande ne fut pour lui qu'un lieu de passage. Peu de temps après son arrivée à Londres il unit son sort à celui d'une jeune Anglaise, captivée par les avantages de sa figure, et surtout de sa taille athlétique. Belzoni à cette époque , non - seulement n'avait rien, mais était un homme sans profession et sans patrie. L'attention qu'excitait partout sa stature d'Hercule lui suggéra l'idée de se faire voir dans Londres pour de l'argent. Il parut sur le théâtre équestre d'Astley, tantôt en Hercule, tantôt en Apol-- Ion , puis se mit à parcourir la GrandeBretagne, mettant à contribution la curiosité publique, et mon- trant de ville en ville tantôt ses tours d'hydraulique, tantôt sa force musculaire. En Écosse, il ne fit guère Glue des toms de physique; mais les résultats pécuniaires de ce spectacle ne l'ayant pas satisfait, il y joignit en Irlande les tours de force, et on le vit s'avancer sur la scène portant ou traînant à sa suite une vingtaine I et il apprenait l'arabe et le copte, langues usuelles du pays. Il en sut bientôt plus qu'il ne lui en fallait pour diriger le travail. Souvent aussi le bâton dans sa main suppléait à l'insuffisance du langage , et mème quelquefois saisissant un de ses Arabes par la nuque, il s'en servait comme d'une arme pour en frapper les autres. Ces moyens, de l'argent et un firman, avec la taille imposante de Belzoni, imprimaient une vénération et une terreur profondes aux manoeuvres qu'il employait à déblayer, à remuer le colosse. Enlin, à force de temps, de patience, de menaces et d'intelligence, le gigantesque simulacre fut embarqué sur le Nil ; et, du port d'Alexandrie où l'on se pressa pour l'admirer, il fut expédié à Londres, où il est aujourd'hui un des ornements du musée britannique. Cet exploit, car c'est le nom qu'il faut donner à un succès dont jusqu'alors l'Europe n'avait point eu d'exemple, désigna Belzoni à la considération du monde savant. Ce n'était sans doute pas un fort habile antiquaire ; mais personne mieux que lui, si l'on nous pardonne cette expression triviale, ne flairait les monuments. M. Salt lui proposa de remonter le Nil au delà des limites de l'Égypte proprement dite, et de débarrasser, des collines de sable qui n'en laissaient à grand'peine apercevoir que la sommité, le magnifique temple d'Ebsambol. Belzoni arriva bientôt dans la basse Nubie, et, malgré les obstacles que lui offraient de toutes parts des hordes pillardes et sauvages, il eut l'art de mettre à fin son entreprise. Grâce à son adresse et un peu à son imposante stature, les uns prirent une part active aux travaux, qu'il dirigeait en personne ; les autres tolérèrent ces déblayements dont ils ne concevaient pas la raison, ou qu'ils attribuaient au désir de s'approprier les trésors cachés dans les cryptes des monuments. Tant de persévérance fut récompensée : après avoir découvert un temple d'Alllior, que ses dimensions moins grandes avaient laissé ensevelir tout entier dans les sables du désert , et qui avait été dédié à la déesse Isis par la femme de Ramsès le Grand, Belzoni eut l'honneur de pénétrer le premier dans le grand temple, excavation immense et qui suppose un travail dont s'effraye l'imagination.
  • Jean-Baptiste BERGAMASCO : peintre du 16’ siècle , ainsi nommé de la ville de Bergaine , sa patrie. Après avoir reçu des leçons de MichelAnge, il vint en rspagne avec son condisciple Bécerra , sous le règne de CharlesQuint, et peignit au palais de Madrid, que l’on construisait alors, deux pans de muraille. On regarde cet artiste comme un de ceux (iiii contribuèrent alors le plus à naturaliser en Espagne le goût màle de MichelAnge. Bergamasco mourut en 1570, à Madrid, dans un àge fort avancé. — Ses deux lils, Granelo et Fabrice, furent ses élèves; mais ils prirent un vol moins élevé que le sien ; car ils excellèrent principalement dans le genre grotesque. Selon Palomino Velasco, on trouve dans leurs ouvrages, et surtout dans les peintures de la salle du chapitre de StLaurent à l’Escurial , du goût, de la fécondité, et une belle ordonnance
  • Jean-Baptiste BERNARD( 1710 - 1772) : chanoine régulier de SteGeneviève, prieur et curé de Nanterre, naquit à Paris en 1710. Il fut choisi par sa congrégation pour professer l'éloquence. Aspirant au double titre de poête et d'orateur, le P. Bernard se fit connaître par des compositions peu étendues, mais qui obtinrent le ,suffrage des critiques de son temps. Une Ode sur le prix de sagesse que Louis, duc d'Orléans, se proposait de fonder à Nanterre, Pa- ris, 1741 , fut considérée « comme une des « meilleures qui eussent été faites depuis le grand « Rousseau. » C'est le jugement qu'en porte Fréron ; et s'il faut s'en rapporter aux auteurs des Observations sur les écrits modernes : « Plusieurs- « de nos plus fameux beaux esprits admirèrent l'ou- « viage ; celui qui est à la tête des poêles que nous « possédons ne lit point de difficulté de l'égaler aux_ « plus belles odes de Rousseau. » Néanmoins, quelques puristes y trouvèrent trop de hardiesse. Aujourd'hui, vraisemblablement, elle serait trouvée fimide, et l'on regarderait avec raison ces louanges comme exagérées. L'Ode sur la reconstruction de l'é- glise de Sie- Geneviève, que le P. Bernard fit paraître Elle est insérée dans les Observations sur les écrits modernes , t. 25, p. 113. Lettres sur quelques écrits Tome 25, p. 113 en 1755, est loin de valoir la première. Elle fut réimprimée en 1764, avec des changements et des corrections. L'auteur publia en même temps une nouvelle Ode sur l'apposition de la première pierre de la même église, Paris et Ses autres écrits sont : 1 ° Oraison funèbre de monseigneur le duc d'Orléans , Paris, 1752, On ne peut souscrire aux éloges qui furent prodigués à ce discours. L'art du rhéteur s'y montre trop à découvert, et c'est en vain qu'on y cherche les émotions d'une fuite pénétrée de son sujet. 20 Panégyrique de Si. Louis, Paris, 1756 5° Oraison funèbre de Hemsi de Bourbon, second du nom, prince de Condé, Paris 1764. On trouve à la tète un précis historique de la vie du prince. 4. Discours sur l'obli- galion de prier pour les rois, Paris , 1769 Le P. Bernard obtint quelque célébrité par ses talents pour la chaire. On cite le sermon qu'il prononça, en 1757, lors de l'assassinat de Louis X V par Damiens. Il mourut à Paris, le 25 avril 1772
  • Jean-Baptiste BONARDI( 1600 - 1756) : né à Aix vers la tin du 17e siècle, mort à Paris en 4756, fut docteur en Sorbonne, et bibliothécaire du cardinal de Noailles. 11 était fort opposé à la bulle Unigenitus, et prit part à tout ce qui se fit dans la faculté de théologie de Paris contre cette bulle. 11 a fait impri- mer quelques brochures sur des matières théologiques, et a laissé en manuscrit : Histoire des écrivains de la faculté de théologie de Paris; 20 Bi- bliothèque des écrivains de Provence; 50 Diction- naire des écrivains anonymes et pseudonymes. Nous avons sur cette matière l'ouvrage de Barbier, qui doit faire peu regretter que celui de Bonardi n'ait pas été imprimé
  • Jean-Baptiste BERTANO : peintre et architecte, né à Mantoue, vivait, suivant Vasari et Lanzi, hien 1568. Il avait été élève de Jules Romain, qu'il "Lavait accompagné dans ses voyages de Mantoue à Rome. Il se recommandait par un dessin hardi et élégant. Il a laissé peu de tableaux ; mais beaucoup d'artistes ont peint d'après ses cartons. Il eut occasion de donner quelques conseils à Paul Véronèse, et de lui apprendre à mieux raisonner la perspective. Guillaume III, de Gonzague, duc de Mantoue, estimait les talents de Bertano comme architecte. I1 le créa chevalier, le nomma surintendant de toutes les fabriques de l'État, et lui fit construire, en 1565, l'église de SteBarbe, qui est ornée d'un beau campanile, où on lit une inscription en l'honneur de l'architecte. Bertaut a été aussi écrivain distingué il a laissé : I. une lettre à Martin Rassi, architecte de Milan, relative aux querelles qui s'étaient élevées entre plusieurs artistes sur les proportions du dôme de cette ville; 2° des observations sur quelques passages obscurs de Vitruve , et particulièrement sur l'ordre ionique. Ce dernier ouvrage, imprimé à Man- toue, 1558 est enrichi d'excellentes planches gravées en bois par une trèsbabile main. Bertano développe dans l'introduction le système de 'Vitruve sur le rapport des proportions de l'homme, de la tête aux pieds, avec celles de l'ordre ionique ; et il donne un plan du périptère. L'examen des passages de Vitruve est trèssavant et trèsinstructif
  • Jean-Baptiste BERRÉ( 1777 - 1838) : peintre, né à Anvers, le 11 février 1777, et mort près de la même ville en 1858, a passé presque toute sa vie à Paris, y étant venu dès sa jeunesse, et n'étant retourné dans sa patrie que lorsque la maladie à laquelle il a succombé avait été déclarée mortelle par les médecins. Aussi atil été quelquefois appelé le Paul Potter français. Fils d'un tailleur, il fut placé à l'âge de huit ans chez un peintre de décors, où il lit le premier apprentissage de l'art. L'invasion des PaysBas par les Français interrompit ses études, qu'il put ensuite continuer tant chez son premier maitre qu'a l'académie d'Anvers. Il commença à se faire connaître par des copies de tableaux de fleurs et par . Après avoir cité comme exemples le peintre Lebrun, le mécanicien Wrex, le P. Tru- chet, MichelAnge Pierre van Laar, Bernin et André Montaigne, le docteur, arrivant à Berré, s'exprime ainsi : « M. Berré....... livré à luimême, se forma « au dessin sans maitre, on peut dire malgré la vo-« lonté de tout ce qui avait de l'autorité sur lui « dans son premier âge. 11 lit d'abord des fleurs, « s'essaya ensuite dans le genre des animaux de la « vénerie, animaux morts : il vint à Paris pour se « perfectionner, peignit des lions et autres animaux « carnassiers. Enfin le voilà lixé au genre de Paul « Potter. 11 excelle dans la peinture des animaux « domestiques, vaches, chevaux, etc., etc., qu'il « place ou dans des sites champêtres , ou au « milieu des bâtiments ruraux. Il prépare luimème « ses moyens d'étude en sculptant ses modèles, et « établissant les reliefs des vaches et des cerfs en « petit, sans s'y être jamais préparé par des études « préliminaires. » Gall faisait aussi connaltre les divers genres dans lesquels Berré s'est successivement exercé. En effet, ses études changèrent plusieurs fois de direction. L'impossibilité tic pouvoir peindre dans leur liberté des animaux féroces, et par conséquent de les rendre d'Iule manière tout à fait vraie, porta Berré à une autre application de ses talents, Il était alors âgé de trentecinq ans; il résolut de prendre Paul Putter pour modèle et devint un heureux imitateur de ce grand maitre. C'est, en effet, comme peintre d'animaux domestiques, spécialement de vaches et de taureaux, qu'il a montré le plus grand talent. 11 excellait particulièrement à les représenter au repos ou broutant paisiblement dans une prairie : on a toujours admiré ses animaux se détachant sur l'azur du ciel. Son talent était remarquable, comme son caractère, par une naïveté calme et douce. Parmi les circonstances de la carrière de Berré, en voici une qui peut-être mérite d'être citée. Venu à Paris sans fortune, sans appui et avec sa réputation encore à faire, il se trouva dans une position difficile. 11 se mit alors à copier, en petit, sur des plateaux, ses propres tableaux . Le point de départ de ses succès fut l'un de ces plateaux qui, à un déjeuner, fut servi devant l'impératrice Joséphine. Elle remarqua non sans surprise le mérite de la peinture dont l'avait enrichi Berré, lo fit venir, et après s'être assurée que la peinture faite sur le plateau était une réduction d'après Berré luimème, et non une copie d'après un autre peintre, elle lui commanda immédiatement quatre grands tableaux, représentant de grandeur naturelle le bélier et la brebis des quatre principales races ovines. Quant à la peinture qui avait donné lieu à cette particularité du plateau, elle devint un tableau richement encadré. Berré avait produit à l'exposition de 1808 deux tableaux de gibier qui attirèrent l'attention des amateurs. En 1810, il exposa cette lionne à laquelle il devait la bienveillance de Joséphine, qui protégeait les arts et qui en avait le sentiment. En 1810, il obtint la médaille. En 1812, un Lion tenant sous sa patte une gazelle; un Renard terrassant un coq; l'Aigle royal s'efforçant d'enlever un agneau ; le Singe et le Chat; la Famille du cerf du Gange. Au salon de 1817, une Lionne dans sa grotte; une Pan-( Il (( C dont la tête était remarquablement belle; une Famille de cerfs, où l'on remarquait de la grâce et de la naïveté; des Vaches traversant un village; ', hala du Jardin du Roi visité par le duc et la du-• hesse de Berri; un Lion trouvant un aspic dans ane grolle ; Gibier 171, 011. Il obtint cette année la médaille. d'or. En 1817, Abreuvoir au soleil couchant. 11 fournit au salon de 1819 plusieurs tableaux trèsremarquables de Vaches sortant d'une ferme; l'A- 41 hrettroir ; un jeune Garçon. menant des animaux; une Jeune Fille donnant à manger à son chien; un Repos de biches; Vue prise dans la forét de Fontai- nebleau; le Loup et l'Agneau; Bertrand et Ra- ton, etc. En 1822 , Chariot trainé par des boeufs ; une Jeune Vachère près d'une source; et en 1824, te Taureau et des Vaches dans une prairie; Vache qui boit; Vue de Hollande; Animaux dans une prairie, etc. La plupart de ces tableaux, et notamment les plus estimés, sont des tableaux de chevalet de petite dimension. Berré avait un bon coloris; mais il péchait quelquefois par le dessin ; sa manière était un peu froide : il comptait trop minutieusement les poils, et ne procédait pas assez par masse, à la manière de Sneyders et de Hodeckoeter, qui sont les modèles du genre. Toutefois, à ce reproche, on pourrait répondre que la mission que Berré s'était donnée, de reproduire exactement pour la science les animaux qu'il peignait, a pu donner lieu à ce défaut. G. StH
  • Jean-Baptiste BOEGERT( 1791 - 1832) : moraliste. naquit en 1791 à Kaisersberg , dans la haute Alsace Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il ne tarda pas à se distinguer, et fut nominé directeur des hautes étu- des au séminaire de Molsheim. Une trop grande application acheva bientôt de ruiner sa santé naturellement délicate, et il mourut à Mulhausen, au mois de septembre 1832, âgé de moins de 40 ans. On connaît de lui : Méditations philosophiques, ou la Philosophie conduisant l'homme à la religion et au bonheur, Strasbourg, 1825 2° Réflexions amicales d'un chrétien sur une lettre adressée à M. l'abbé Maccarthy ; 5° Cri de la vérité et de la justice. Dans toutes ses productions il règne, dit M
  • Jean-Baptiste BERTANO( 1595) : poëte italien du, siècle, naquit à Venise, vers l'an 4595. Il fut ami et imitateur du Marini. Sa santé était faible, et l'empêcha de se rendre à la cour impériale, où il était appelé. L'empereur Mathias faisait si grand cas de lui, qu'il ne lui en donna pas moins le titre de chevalier, titre qui n'empêche nullement que le style de son ami Marini et le sien ne soient détestables. 11 habita cinq ans le petit village d'Arqua, qui avait été la dernière habitation de Pétrarque. Cet air ne devait pas être bon pour lui. D'Arqua, il alla demeurer à Padoue, et y fonda une académie, qu'il nomma de' Disuniti . On ignore l'ànnée de sa mort. Ses ouvrages imprimés les plus connus sont : 4 i Tormenti amorosi, favola pastorale, représentée à Padoue par les académiciens Désunis, et imprimée ibid.,1641 Le malin Boccalini, dans sa Segretaria d'A- pollo, a mis une lettre adressée au chevalier Bertano, par ordre d'Apollon, pour le charger de publier une explication de cette pastorale. 2° Il InnAraldo, favela maratima, représentée de même, et imprimée ibid. la même année 3° La Nin fa Spensie- rata, favola pastorale, idem, 1642 4° La Ge- rusalemme assicurata, tragedia, idem, ibid. 5° Epis- tole . Ce recueil porte ce singulier titre de Glorie degl' Incogniti. On pourrait appeler ainsi bien des petites gloires qui rayonnent incognito dans ce bas monde
  • Jean-Baptiste BERTHIER( 1721 - 1804) : naquit à Tonnerre, eu 1721. Le maréchal de BelleIsle, ministre de la guerre, qu'il avait accompagné aux armées, en qualité d'ingénieur géographe , le chargea en 1759, par ordre du roi, de construire à Versailles les hôtels vastes et contigus de la guerre, de la marine et des affaires étrangères. Ces édifices d'une architecture simple, pour lesquels il imagina un projet de vates plates incombustibles et dont la distribution et la décoration intérieure étaient admirées, ne formaient qu'une partie du plan général qu'il avait proposé pour réunir nonseulement les bureaux, les archives et les dépôts de ces trois ministères, mais encore les plans en relief des places de guerre. Voulant le récompenser de ses travaux et de l'économie qu'il y avait apportée , Louis XV le créa gouverneur de ces hôtels, directeur du dépôt de la guerre , mit une compagnie militaire sous ses ordres, et décida qu'il ne rendrait compte de ces fonctions qu'au roi luimême. Ce fut ensuite sous la direction de Berthier, secondé par ses trois fils , que furent levées et exécutées les cartes dites des chasses du roi, chefd'oeuvre de topographie , et dont la gravure, par Tardieu, n'est pas moins remarquable. Ces cartes, au nombre de onze, sont d'ailleurs d'une utilité générale, et les épreuves du premier tirage sont rares. Le roi qui, ainsi que les princes, avait surveillé les opérations, en fut si satisfait, qu'il conféra à Berthier des lettres de noblesse dans lesquelles il voulut que les services de cet ingénieur fussent constatés, et il lui accorda une pension de 12,000 livres reversible à ses enfants. Outre les titres qu'on vient d'indiquer , il était colonel d'infanterie et commandant en chef les ingénieurs géographes des camps et armées, la plupart ses élèves et qui devinrent des officiers distingués. Chevalier de StLouis et de StMichel, il l'était aussi de plusieurs ordres étrangers. La révolution lui ayant fait perdre tous ces avantages, il s'était retiré à Boynes dans le Loiret. Plusieurs années après, cédant aux instances de son fils Alexandre, alors ministre de la guerre, il vint habiter avec lui, et mourut à Paris, le 21 mai 1804. — 11 avait eu d'un second mariage un quatrième fils aussi nommé Alexandre, aujourd'hui maréchal de camp
  • Jean-Baptiste BERTRAND( 1670) : médecin, membre de l'académie de Marseille, naquit au Martigue en Provence, le •2 juillet 1670. 11 fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, et lit même son cours de théologie ; mais son goût le portant vers la médecine, il renonça à sa première vocation, et alla étudier à Montpellier. Après avoir exercé son art dans son pays natal, il se transporta avec sa famille à Marseille. Ses trois collègues à l'Hôtel - Dieu de cette ville ayant renoncé à leur service dans une Ilèyre contagieuse en 1709, il resta seul chargé de ce pénible emploi. 11 fut attaqué de la maladie, et eut le bonheur de n'y point succomber. Bertrand montra le même zèle clans la peste de •720. Il vit périr presque toute sa famille au service des pestiférés, fut luimême atteint de ce cruel fléau, et s'en sauva encore. Son dévouement lui valut une pension du gouvernement. 11 mourut le 10 septembre 1752. C'était un homme rempli de probité, de désintéressement, officieux, doux, ouvert, enjoué. On a de ce médecin :10 une Relation historique de la peste de . Marseille, 1721 ; Lyon, 1723, avec des observations. L'ouvrage a été traduit en latin par le docteur Funès, médecin espagnol. Il fut vivement attaqué dans le Journal des Savants, et défendu par Astruc. 2° Lettre sur le mouvement des muscles et sur les esprits animaux. 3' Réflexions sur le système de la trituration, dans le Journal de Trévoux. 4' Dissertation sur l'air maritime, dont l'objet est de prouver, contre le préjugé vulgaire, que l'air de la mer n'est point salé, et que, loin d'être nuisible aux personnes attaquées de plithisie, il leur est trèssalutaire, Marseille 5° Lettre à M. Deidier, où il repousse les traits peu mesurés que ce profès- . seur de chimie de Montpellier avait lancés contre lui dans son Traité des tumeurs. Bertrand a laissé plusieurs ouvrages en manuscrit, entre autres un Traité de la peste, ou de la Police pour le temps de contagion
  • Jean-Baptiste BERTRAND( 1764) : né à CernaylezReims, en Champagne, le 8 septembre 1764, lit ses premières études à Reims, et entra dans la congrégation de l'Oratoire. Lorsque la révolution éclata, n'ayant plus de moyens d'existence, il vint à Paris, où il fut employé assez longtemps à la bibliothèque du Louvre, puis correcteur d'épreuves dans plusieurs imprimeries. Après avoir été professeur à l'école centrale de Limoges, il fut nommé, en 1803, pour remplir les mêmes fonctions au lycée de Rennes, où il exerçait en même temps la profession de libraire. Membre de la société académique de cette ville, il y lut plusieurs dissertations grammaticales, entre autres sur le participe en ant, dont il soutenait avec opiniàtreté la déclinaison. Au bout do quelques années, il vendit son fonds et quitta Rennes, où son caractère insociable lui avait fait des ennemis. Revenu à Paris, il donna des soins à un grand nombre d'éditions, et fut trèsutile à beaucoup d'auteurs et éditeurs pour la correction de leurs livres. Quelques pages de la Biographie universelle ont été revues par lui, et il a fait pour cet ouvrage l'article de MEIGRET, grammairien ; mais sa santé ne lui permit pas 2° Dissertations sur une urne conservée au musée de Rennes, et qui a chi contenir les cendres d' Artémise, reine de Carie, lue dans la séance publique de la société des sciences et arts de Rennes, 1806. 3° Raison de la syntaxe des participesdans la langue française, 1809 de 135 pages. Le premier et le troisième de ces opuscules ont été réunis, sans être réimprimés, sous le titre de Dissertations grammaticales, 1809 Bertrand a dit laisser en manuscrit un long travail sur le Télémaque, qui l'a occupé durant la moitié de sa vie. Il en avait collationné les meilleures éditions sur le manuscrit autographe de Fénelon, qui existe à la bibliothèque royale de Paris, et il prétendait avoir découvert d'autres corrections et versions de la main de l'auteur
  • Jean-Baptiste BESARD( 1576) : né à Besançon, vers 1576, étudia la jurisprudence et la médecine avec un succès égal. Obligé de voyager dans presque toutes les parties de l'Europe, il se vit forcé d'abandonner l'étude du droit. Ses amis lui en tirent des reproches, auxquels il répondit dans la préface de son ouvrage intitulé : Antrum philosophicum, in quo plera- que physica quœ ad vulgariores humani corporis affecius altinent, sine multo verborum apparatu, etc., Augsbourg et Franeker, 1617 Cet ouvrage est rare et curieux. L'auteur traite, dans la Fe partie, des principales maladies et de leurs remèdes, et des moyens d'entretenir la beauté. La 2e partie contient des secrets, des préparations chimiques, et la description d'une machine dont le mouvement, suivant l'auteur, serait perpétuel. Il assure qu'il n'avait jamais trouvé nulle part la description de cette machine, et qu'il ignore si jamais personne a tenté d'en exécuter une pareille. Il prouve aussi, dans sa préface, que les voyages ne lui ont pas fait perdre son temps, puisqu'il avait déjà publié un traité de musique intitulé : Thesaurus harmonicus , et un autre ouvrage qu'il désigne aussi peu exactement par le titre d'Epitome historiarum. Il est probable que cet abrégé historique n'est autre chose que le Mercurius Gallo- Belgicus, dont Besard avait effectivement publié quelques volumes. Le e porte son nom au frontispice, et est dédié à Antoine de la Baulme, abbé de Luxeuil. Ce volume a été imprimé en '1604, à Cologne, et il est probable que Besard habitait cette ville, où il exerçait la médecine. C'est à Colo- gne aussi que le Thesaurus harmonicas a été im- primé, suivant quelques bibliographes, 1615 On ignore l'époque de sa mort .— Un autre Remond BESARD, né à Vesoul , vers la tin du 16e siècle , est auteur d'un ouvrage qui a pour titre : Discours de la peste, où sont montrés en bref les remèdes tant préservatifs que curatifs de cette maladie, el la ma- nière d'aérer les maisons, Mie, 1650
  • Jean-Baptiste BEURARD( 1745) : savant minéralogiste, né à Nancy, en 1745, ancien agent du gouvernement français à Meisenheim , membre de l'académie des Arcades de Home, associé correspondant de la société des sciences, arts et belleslettres de Dijon, de la société royale des sciences de Hot- tingue, de la société minéralogique d'Iéna, etc., etc., a publié Dictionnaire allemand- français, contenant les termes propres à l'exploitation des mines, à la métallurgie et à la minéralogie, avec les mots tech- niques dés sciences et des arts qui y ont rapport, Paris, 1 819 lia inséré, de 1797 à 1815, un grand nombre de mémoires dans le Journal des Mines, et laissa plusieurs ouvrages inédits, entre autres : Mémoire historique et descriptif sur le Hartz. Il est mort il y a quelques années dans un âge trèsavancé
  • Jean-Baptiste BIANCHI( 1681) : célèbre anatomiste italien, né à Turin, le 12 septembre 1681 , fut reçu docteur à l'âge de dixsept ans. Il professa longtemps à Turin, et le roi de Sardaigne, en 1715, fit bàtir pour lui un amphithéàtre commode; en 1718, il professa aussi dans sa patrie la pharmacie, la chimie et la pratique médicale; il refusa pour elle la place de professeur à l'université de Bologne, fut nommé membre de l'académie des Curieux de la nature, et mourut généralement estimé le 20 janvier 1761. On a de lui beaucoup d'ouvrages : Ductus lacrymales novi, eorum anatome, usus, morbi, cu- rationes, Turin, 1715 ; Leyde , 1725. 20 De lacteorum vasorum Positionibus et Fabrica, Turin, 1745 3° Storia del mostro di due corpi, Turin, 1749 On a reproché à Bianchi, dans ces divers ouvrages, peu d'exactitude dans les faits, et c'est ce qui a engagé le judicieux Morgagni à prendre plusieurs des assertions de Bianchi pour sujet de critique de ses cinq derniers adversaires anatomiques. 4° Luttera suit' insensibilità , Turin, 1755 où Bianchi attaque les idées de Haller sur la sensibilité, sur laquelle celuici venait de publier ses premières expériences; mais les deux ouvrages recommandables de Bianchi sont : Historia hepalica, seu de hepatis structura, usibus et morbis, Turin, 1710, ; 1716, réimp. sous ce titre : Historia hepatica, seu theoria ac Praxis om- nium morborum hepatis ac bilis, Genève, 1725, 2 vol. avec fig., et six discours anatomiques, un de ceux discutés par Morgagni, et : de naturali in humano corpore , vitiosa , morbosaque generatione Historia, ibid., 1761 Iig. Bianchi a fait encore plusieurs dissertations, et laissé quelques ouvrages manuscrits : Dissertationes anatomicce duo- decim : de pulsium intermiltentium Causis, avec fig.; de muliebri Eruptione; de humanis Vermibus, avec lig. ; de Fcetu Taurinensi , molli et succoso, quindecim annis in ventre matris gestato; de Mam- mis et Genitalibus muliebribus ; de genuina duroe maris fabrica, avec fig. ; de Insertione ilei in co- lone, avec fig.; de lilusculis urinarioe vesicce, avec lig Ces trois dernières sont insérées dans l'édition du Theatrum anatomicum d'aistachi, donnée par Manget. Problemata theoretico- practica, castigatio- nes explicationum ad tabulas Eustacè. ii. 1161- 1, la collection de 54 planches , contenant 270 figures anatomiques, publiée à Turin en 1757, est entièrement l'ouvrage de Bianchi
  • Jean-Baptiste BIANCONI( 1698 - 1781) : philologue, né en 1698, à Bologne, acheva ses études au séminaire de Padoue, et eut le bonheur de compter parmi ses maîtres Facciolati. De retour à Bologne, il y vécut dans l'intimité du P. Bacchini, qui lui apprit les premiers éléments de la numismatique, et du P. Gotti, qui se chargea de le diriger dans le dédale de la théologie. A sa nomination au cardinalat, le P. Gotti détermina facilement son élève à l'accompagner à Rome. Mais Bianconi ne tarda pas à revenir à Bologne ; et ayant été pourvu d'une des principales cures de cette ville, il se dévoua six ans aux fonctions pénibles de pasteur. En 1741, il résigna ce bénéfice pour entrer dans& carrière de l'enseignement. Il obtint la double chaire de grec et d'hébreu à l'académie. L'abbé Mingarelli et le célèbre Spallanzani furent au nombre de ses élèves. Il joignit, en 1746, à ses autres fonctions, celle de conservateur des antiques de l'institut. Son neveu, qui jouissait d'un grand crédit à la cour de Saxe, lui lit donner, en 1762, par l'électeur, une commission honorable, qui le retint plusieurs années à Milan. Ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il découvrit à la bibliothèque Ambroisieune un manuscrit d'une ancienne chronique ecclésiastique ; il la publia avec une version latine et des notes, sous ce titre : Anonymi scriptoris Historice sacrœ ab orbe condito ad Valentinianum et Valentem imp., Bologne, 1779 Ce manuscrit ambroisien était défectueux : il y manquait le premier feuillet ; niais on en a retrouvé depuis, à la bibliothèque de Munich, une autre copie avec le nom de l'auteur, Julius Pollux. Bianconi mourut la même année que son neveu , auquel il ne survécut que quelques mois, à Bologne, le 17 août 1781. Outre l'édition dont on vient de parler, on a de lui de Antiquis Litteris Hebrœortan et arcecorum, Bologne, 1748 et 1765 Dans ce curieux opuscule, l'auteur se propose de faire voir que les changements qu'on remarque dans les caractères hébraïques ne doivent pas être attribués à Esdras, mais qu'ils sont le résultat de la marche de toutes les langues. Bianconi croit que les caractères grecs sont dérivés des caractères hébreux, et pour le prou- ver il les met en regard dans une planche
  • Jean-Baptiste BO : député à la convention nationale, exerçait la profession de médecin avant l'année 1789, qui le trouva établi à MurdeBarrez, dans le département de l'Aveyron. Suivant Prudhomme , Bô avait été musulman à Constantinople, oit quelque temps il fut employé comme chirurgien, et ensuite juif sur les bords du Rhin ; mais cette singulière assertion aurait besoin d'etre prouvée. Dès l'ouverture des états généraux, il se prononça de la manière la plus exaltée en faveur des idées de réffirmation, et fut élu, en 1780, procureursyndic du district de MurdeBarrez. Le département de l'Aveyron l'envoya comme député à l'assemblée législative en 1791; et, satisfaits du zèle qui lui tenait lieu d'éloquence, car Bô n'y avait jamais pris la parole, ses commettants le nommèrent de nouveau lorsque la convention remplaça l'assemblée législative. Bô se distingua parmi les plus effrénés révolutionnaires. Il vota la mort de Louis XVI, sans appel et sans sursis. Dans son Opinion sur le jugement de Louis Capet, se trouvent données à Louis XII les épithètes de scélérat, de serpent, de tigre, de monstre. Et tous les rois sont appelés brigands, voleurs, loups affa més. Ainsi le style ce ce discours n'a, comme le fond des idées, que des formes grossières et barbares. Bô ne déploya pai moins de fureur dans la révolution du 31 mai 1795. Son exaltation lui valut diverses missions dans les départements, dont bientôt il devint l'horreur et l'effroi. Envoyé en Corse dans le mois de juillet, il fut incarcéré à Marseille par les autorités fédéralistes. Mais ses collègues Rovère et Poultier, en mission dans le Midi, secondés par l'armée de Cartaux, le délivrèrent. Dans les Ardennes, la Marne et l'Aube, il épura les autorités constituées dont l'hostilité se manifestait trop vivement depuis la chute des Girondins ; et il annonça dans une lettre aux jacobins de Paris l'arrestation des administrateurs qu'il avait ordonnée. Le Cantal subit les mêmes mesures; et, comme là on ne se soumettait pas sans réserve, les persécutions de tout genre furent bientôt à l'ordre du jour. Bô y établit une commission révolutionnaire. Les hommes les plus immoraux formaient son conseil : des taxes exorbitantes furent arbitrairement imposées ; les déprédations et le pillage furent organisés. On assure que les séides du commissaire de la convention s'étaient procuré des sceaux pareils à ceux de Worms et de Coblentz, et qu'ils parcouraient le pays, levant des impôts à leur gré, et menaçant ceux qui hésitaient à payer de les accuser de correspondance avec les émigrés en produisant contre eux des lettres scellées du sceau de lkmigration. Dans le Lot, où il passa ensuite, Bô suivit la même marche. Les paysans même n'étaient pas à l'abri de ses exactions, et, en criant guerre aux châteaux, il ne disait point paix aux chaumières. Il arrachait dans les campagnes jusqu'aux croix d'or que portaient les femmes. Cétte expéditive manière de battre monnaie souleva l'indignation générale contre lui : il n'est pas étonnant que, dans l'effervescence causée par tant . Une insurrection faillit éclater dans le district de Figeac ; et, si elle n'eût été étouffée en quelque sorte avant d'éclore, il est probable que le commissaire de la convention aurait été mis en pièces. Sa fureur en redoubla et devint presque de la démence. On a écrit qu'une jeune fille étant venue lui demander son père, qui était enfermé dans un cachot, il lui répondit « Sois tranquille, je ne veux « que sa tète; je te laisserai le tronc. » On lui témoignait au nom du peuple de Cahors de l'inquiétude sur les subsistances : pour rassurer les habitants du Lot, il promettait qu'avant peu lui et ses affidés réduiraient la population A Aurillac.on lui tira un coup de fusil et on le manqua • les auteurs de cette tentative périrent_sar l'échafaud. toute l'ineptie de l'homme qui le tenait. Après le 9 thermidor, Rô parla contre Carrier, qui se disait son ami d'enfance. Un décret rendu le 26 janvier 1795, sur la proposition de Granet, ordonna la punition des factieux qui l'avaient insulté et emprisonné à Marseille en 1793 ; mais, six jours après, le décret fut rapporté sur la proposition de DurandMaillane, qui déclara que l'insulte faite à Bô avait été suffisamment vengée par le sang répandu à Marseille et à Toulon. Bô parla clans cette discussion et manifesta des opinions conciliantes. Un décret du 11 mars l'envoya en mission à l'armée des PyrénéesOccidentales, mais la paix conclue le 22 juillet avec l'Espagne l'empêcha d'y jouer un rôle. Ce n'est qu'un an après la chute de Robespierre que Bô fut dénoncé par les villes de Sedan et de VitrysurMarne, comme provocateur de l'anarchie, et par les habitants du Lot, pour avoir fait juger des malheureux à huis clos et sans jury. Genissieux, dans un rapport foudroyant, articula sur son compte les incriminations les plus fortes. Aubanel et Lofficial, en prenant sa défense, ne purent qu'invoquer le plus triste des subterfuges, le défaut de pièces, de preuves suffisantes . Le débat ne se termina pas immédiatement. Enfin pourtant la convention se déclara : Bô fut décrété d'arrestation, le 9 août 1795, pour vexations et cruautés de toute espèce commises pendant ses missions. L'amnistie du 4 brumaire an i vint bientôt le tirer de là; il recouvra la liberté; mais son rôle politique était fini. Merlin de Douai gratifia sa nullité d'une place de chef du bureau des émigrés au ministère de la police. Mais le consulat fut plus sévère que le directoire : Bô perdit sa place à la fin de 1799. Alors il reprit ses fonctions de médecin, et il alla exercer cette profession à Fontainebleau. C'est là qu'il mourut en 1812. On a de lui une Topographie médicale de Fontainebleau, Paris, 1811 A—T et VAL
  • Jean-Baptiste BODONI( 1740) : un des plus célèbres imprimeurs du 18e siècle, naquit le 16 février 1740, à Saluces, dans les États du roi de Sardaigne, d'une famille honnête, mais mal partagée des biens de la fortune. Il apprit dans l'atelier de son père les pre M. J.F. Trigory a traduit le ler chant de ce palme, Pari% 1817, de 48 pages. D—R—R. miers principes de l'art qu'il devait porter à une perfection inconnue jusqu'alors, mais il avait auparavant fait d'excellentes études au collége de sa ville natale; et l'on ne peut douter que , s'il eût suivi la carrière des lettres, il n'y eût également acquis une grande réputation. Dès son enfance, il montra du goût pour le dessin, et dans ses loisirs il gravait sur bois de petites vignettes que les curieux recherchent encore. A dixhuit ans, le désir de se perfectionner dans son état lui lit entreprendre le voyage de Rome. Il Partit de Saluces avec son condisciple Dominique Costa, qui se flattait qu'un de ses oncles, secrétaire d'un prélat romain, leur faciliterait les moyens de vivre, en attendant qu'ils eussent trouvé de l'ouvrage. Les deux amis , encore éloignés du terme de leur voyage, avaient épuisé toutes leurs ressources. En vendant quelquesunes de ses tailles de bois aux imprimeurs , Bodoni se procura l'argent nécessaire pour continuer sa route; mais, à leur arrivée à Rome, l'oncle de Costa , sur lequel ils fondaient toutes leurs espérances, déclara qu'il ne pouvait rien pour eux , et leur conseilla de reprendre le chemin de Saluces. Découragé par cette réception inattendue, peu s'en fallut que Bodini ne suivit ce conseil ; niais, avant de quitter Rome, il voulut voir l'imprimerie de la Propagande, qu'il avait entendu vanter tant de fois à son père. La politesse de ses manières et la vivacité de son esprit plurent à l'abbé Ruggieri , surintendant et directeur de l'établissement, et il y fut admis comme ouvrier : c'était plus que n'avait espéré le pauvre Bodoni dans ses rèves de gloire et de fortune. Il montra dans les différents travaux dont il fut chargé tant , il s'acquitta , 1779, petit enrichi de vignettes, de fleurons et d'autres ornements que Bodoni employa depuis trèsrarement, persuadé que les éditions devaient tirer tout leur mérite de leur exécution typographique ; les oeuvres de Mengs , .1780, 2 vol.; la traduction italienne, par Annibal Caro, de Daphnis". el Chloé, de Longus , avec le texte grec, 1786, et enfin son Manuale lipografico, 1788 4°. Ce dernier volume contient, outre la série de ses caractères grecs , cent descriptions de villes en italien, dont les cinquante dernières sont traduites en français ; imprimées en autant de sortes Ai de caractères, depuis le minuscule que Bodoni nomme 'II Parmigianina, jusqu'au gros parangon qu'il désigne sous le nom de Papale. Cette même année, Bodoni, cédant aux instances d'Azara, ambassadeur d'Espagne, fit un second voyage à Rome, où il reçut l'accueil le plus distingué des savants et des membres du sacré, collége , ainsi que du pape Pie VI, qui s'entretint longtemps avec lui d'objets relatifs à son art. Le chevalier d'Azara tenta de le retenir à Rome, lui offrant d'établir dans son palais une imprimerie pour donner des éditions des classiques grecs, latins et italiens ; mais Bodoni sut résister à toutes ces sollicitations. Avant de revenir dans sa patrie adoptive, il visita Naples, et il fut accompagné dans ce voyage, qui devint pour lui une suite de triomphes , par le savant abbé sortis. La reine de Naples ayant appris son arrivée, au moment où elle allait partir, lui envoya un gentilhomme pour l'inviter à se rendre dans son cabinet. Bodoni s'étant excusé sur le mau' vais état de sa toilette, elle lui fit dire de se présenter comme il se trouvait , car c'était lui , lui seul qu'elle voulait voir. Il était de retour à Parme dans les premiers mois de 1789. Azara, qui n'avait point abandonné son projet de donner de belles éditions , accompagné du duc de Parme, visita les ateliers de Bodoni, ainsi que ceux de l'imprimerie ducale dont il était le directeur. Ce prince, étonné de leur étendue et de l'ordre qu'il y vit régner, ne put s'empocher de dire : « C'est la première imprimerie du monde. » L'entrée des armées françaises en Italie fut pour Bodoni l'occasion de nouveaux triomphes. Les sim i ples soldats comme leurs chefs ambitionnèrent la possession de quelques ouvrages sortis de son imprimerie, et ceux qui ne pouvaient se procurer un volume achetaient des billets ou des tètes de lettres qu'ils conservaient avec respect. Rien peut-être ne fait plus d'honneur au caractère de la nation française que cet hommage rendu spontanément au mérite d'un artiste étranger. Quoique la guerre ne nuisît point à ses travaux typographiques, Bodoni fut obligé de les ralentir pour faire face aux demandes de caractères qu'il recevait de toutes parts. Ses magnifiques éditions , en répandant son nom dans toute l'Europe, avaient inspiré le désir à cita, que imprimeur de pourvoir ses ateliers des beaux types avec lesquels on avait produit de tels chefsd'oeuvre. Avec ses bénéfices il se trouva bientôt en état d'acheter, près de Borgo San Donnino, une riche propriété, dans une situation délicieuse. C'est dans cette charmante retraite , appelée il Pozzelo, qu'il se proposait de se retirer dès qu'il aurait achevé son Manuale tipografico , pour y jouir enfin du repos acquis par une vie laborieuse. Mais ce projet, dont il aimait à s'entretenir avec ses amis, ne devait jamais se réaliser. Des affaires de famille l'ayant appelé en 1798 à Turin, il y fut accueilli de la manière la plus distinguée par les savants et par le roi CharlesEmmanuel ; mais rien n'égale la réception qui lui fut faite à Saluces, où il avait annoncé qu'il se rendrait de Turin. Son entrée dans sa ville natale fut celle d'un prince dans sa capitale, après une longue absence. Toute la population s'était portée à sa rencontre; des députés du corps municipal furent envoyés pour le complimenter ; et, cieux jours après, s'étant rendu à l'hôtel de ville, au milieu des acclamations de ses compatriotes, Hers de sa renommée, Bodoni, fortement ému, s'écria : « Il n'est donc pas « toujours vrai que nul n'est prophète dans son « pays. » La joie que lui fit éprouver cette réception fut bien diminuée par les critiques qui parurent en France, à la mème époque, de son édition de Virgile, dans laquelle on signala plusieurs fautes graves . Bodoni, en annonçant qu'il n'avait jamais ambitionné la réputation d'homme de lettres, mais celle de typographe, déclara qu'il ne répondrait à ses critiques que par la publication de son Iganuale tipografico, dont il s'occupait depuis plusieurs an nées, et qu'il se flattait vainement de pouvoir bientôt terminer. En 1802, il se chargea de l'impression de l'oraison funèbre de l'infant don Ferdinand, dont Bodoni prétendit que les incorrections qu'on lui reprochait ne se trouvaient que dans les exemplaires de son Virgile qui lui avaient été volés; niais qu'elles avaient été corrigées dans les autres exemplaires. il fit trois éditions de différents formats ; mais il ne voulut pas qu'on lui remboursât ses frais , disant qu'il se trouvait payé par l'honneur qu'on lui avait fait de le choisir, dans cette circonstance , pour reproduire des sentiments qu'il partageait avec toute la ville. Le conseil de l' Anzianato, touché de ce procédé, ordonna, par une délibération du 28 juillét 1803, que le nom de Bodoni fût inscrit sur le livre de la noblesse , dans la classe des Plazetti ; et, par un acte du 17 août suivant, il décida qu'une médaille serait frappée en l'honneur de ce grand artiste, distinction d'autant plus flatteuse pour Bodoni que la ville de Parme s'en est toujours montrée trèsavare. L'exécution de cette médaille fut confiée à Manfredini, habile graveur de Milan. Elle est entourée d'une couronne d'olivier, et au revers de l'effigie de Bodoni on lit cette inscription : Civi optimo Decurioni solertiss. Artis typographicœ Corypleeo eruditiss. Ex XII virum Parm. Decreto. Il a été frappé de cette médaille quatre épreuves en or, deux cents en argent , deux cent cinquante en bronze , et les coins ont été brisés. Une des médailles d'or fut remise, le 24 février 1806, à Bodoni, dans une assemblée de tous les corps de magistrature. Invité la même année à envoyer pour l'exposition des produits de l'industrie française quelquesuns des ouvrages sortis de ses presses , Bodoni s'en défendit en disant qu'il y avait en France des imprimeurs qui avaient presque atteint le maximum de la perfection ; niais, d'après de nouvelles instances du ministre Champagny, il lui fit passer quatorze ouvrages , dont le plus récent était l'Oraison dominicale en cent cinquantecinq langues orientales et latines. Bodoni , comme on sait ; obtint le premier prix. En le lui décernant, le jury, dont on doit conserver les termes, s'exprima ainsi : « M. Bodoni, de a Parme, est un des hommes qui ont le plus contri « bué aux progrès que la typographie a faits dans « le 18' siècle et de notre temps. Il réunit plusieurs « talents ordinairement séparés , et pour chacun « desquels il mériterait la distinction du premier « ordre , etc. » Cette même année , il avait commencé l'impression de l'Iliade ; mais, par la lenteur des savants chargés d'en corriger les épreuves , elle ne fut terminée qu'en 1808. Cette magnifique édition, en 5 vol. est dédiée à Napoléon. Un exemplaire sur vélin lui en fut présenté le 21 jan L'Anacréon, grecitalien, pet. 1784. — Le même, grec et latin 1785, liner. quadratis. — Le même, pet. 1791, — Le même 1791, sur vélin. — L'Anunta, grand 1787. — Le même, grand 1793, sur vélin. — Théophraste, grec et lai., grand — Tryphiodore, grecitalien, pet. sur soie. — Les Stances de Politien, pet. sur soie. — Description de la chambre du Corrège, grand — L'Hymne à Cérès, grand 1805. — Cyrillo, Rechercher sur la plante de papyrus, grand in fol ,1794. — Bref du pape Pie VI, en grosse Hompareille. L'Oraison dominicale, pet. 1806. vier 1810, dans la galerie de StCloud . L'empereur, après avoir donné de justes éloges à la belle exécution de l'ouvrage, fit expédier à l'imprimeur' le brevet d'une pension de 5,000 francs. Depuis que l'Italie était sous la domination française, Bodoni avait reçu les offres les plus avantageuses. Le prince Eugène lui avait proposé la direction de l'imprimerie royale de Milan , et Murat , celle de Naples; mais , s'excusant sur son âge et ses infirmités, il refusa constamment de quitter Parme, devenue depuis longtemps sa seconde patrie. En 1811, Bodoni reçut de Murat la croix de l'ordre des DeuxSiciles ; et, voulant témoigner sa reconnaissance, lui proposa de publier, pour l'éducation du prince royal, une suite de classiques fiançais. Une maladie , grave ne permit au célèbre typographe de commencer l'exécution de ce projet qu'en 1812, par l'impression du Télémaque Le Racine, qui devait suivre , ne fut terminé qu'après la mort de Bodoni , en 1814, par sa veuve , madame Marguerite dell' Aglio qui, 'pour remplir les intentions de son mari, a fait paraître les Fables de la Fontaine et les OEuvres de Boileau, complétant cette précieuse collection. Dans les in• tervalles que lui laissaient ses douleurs de goutte, devenues presque continuelles, Bodoni revenait à son Manuel, qu'il était jaloux de terminer. Un jour que ses amis l'engageaient à prendre quelque repos; il leur répondit : « Je n'ai plus de temps à perdre. Puis en soupirant il ajouta : « Qu'un nom célèbn est difficile à porter ! » Dans les derniers mois de st vie, Bodoni reçut de nouvelles marques de la bienveillance Cet exemplaire fait aujourd'hui partie de la belle collection des livres imprimés sur vélin de la bibliothèque royale. En recevant un exemplaire de l'Oraison dominicale, le viceroi fit expédier à Bodoni le brevet d'une pension de 1,200 franca reversible sur la tète de sa femme. DANT plus de quarante ans, son imprimerie fut visitée par les rois et les princes dont ?la plupart lui donnèrent des preuves éclatantes de leur estime. Ses qualités personnelles lui valurent de nombreux amis. Toutes les sociétés d'Italie s'empressèrent à l'envi d'inscrire son nom sur leurs registres; et les plus grands poètes lui prodiguèrent des éloges. Bodoni joignait à ses talents , comme typographe, des connaissances trèsvariées. On a de lui des sonnets fort agréables. Ses lettres, dont plusieurs sont imprimées, formeraient une collection intéressante pour l'histoire littéraire de son temps. On peut consulterpour les détails : la Vie de Bodoni, suivie du Catalogue chronologique de ses éditions , en italien , Panne , 1816, 2 part. L'estimable auteur annonce qu'il a beaucoup profité pour son travail des Me? orie anedolli per serrire un giorno alla vita di G.- B. Bodoni, par le P. Passeroni. Vey. aussi la Biographie des trois illustres Piémontais, Lagrange, Denina et Bodoni, décédés en 1815, par M . de Grégory, Verceil, 1814 Le portrait de Bodoni a été gravé dans tous les formats. G-6-1
  • Jean-Baptiste BŒSSET : seigneur de Denaut et surintendant de la musique de Louis XIII, fut un des plus fameux joueurs de luth de son temps. Laborde, dans son Essai sur la musique, rapporte une chanson de sa composition
  • Jean-Baptiste BOGIN( 1701 - 1784) : ministre d'État de CharlesEmmanuel, roi de Sardaigne, naquit à Tu-. rin, le 21 juillet 1701. Reçu docteur en droit à dixsept ans, il fut nommé grand chancelier, en 1750, par VictorAmédée. Trois ans après, CharlesEm-. manuel se fit suivre à l'armée par Bogin, auquel il avait accordé le titre d'auditeur général. En 1742, au moment où les hostilités allaient commencer, il le nomma premier secrétaire de la guerre. Bogin se montra dans cette place digne de la confiance de son prince. La ville d'Asti, occupée par les Français, fut surprise en 1746 ; et, par d'habiles dispositions, il eut la principale part à cet événement, ainsi qu'à .ta délivrance d'Alexandrie, dont l'évacuation du Pié- mont fut le résultat. Bogin fut chargé de plusieurs égociations avec les généraux français, le canton de Berne, l'État ecclésiastique, et les ministres autrichiens en Lombardie. En 1650, il fut nommé ministre d'État, et conserva le départementde la guerre jusqu'à la mort du roi. Lorsqu'en 1759, il eut le département de la Sardaigne, la population et les richesses de l'ile lui durent des accroissements rapides. Après la mort de CharlesEmmanuel, qui, entre autres faveurs, l'avait décoré de la grande croix des ordres réunis de StMaurice et de StLazare, il fut disgracié, et s'occupa, dans sa retraite, à faire composer, par le P. Ferraris, des inscriptions latines en l'honlieur de son ancien maitre. Pendant son ministère, il avait protégé la publication de deux ouvrages sur la Sardaigne : la zoologie de cette île, par le P. Cetti, et il Ri fiorimento della Sardcyna, par le P. Gemelli, tous deux professeurs à Sassari. L'université de cette ville et celle de Cagliari avaient été rétablies par ses conseils. Le Piémont lui dut aussi l'amélioration des écoles d'artillerie et du génie, et la fondation de celle de minéralogie. Tant de services rendus au prince et à la patrie ont rendu la mémoire de Bogin vénérable aux Piémontais et aux Sardes. Il mourut à Turin, le 9 février 1784, àgé de 83 ans
  • Jean-Baptiste BOHADSCH : professeur de botanique et d'histoire naturelle à Prague, mort en 1772, a publié plusieurs ouvrages en allemand dont les principaux traitent de l'économie domestique 1° Description de quelques plantes de la Bohême qui peuvent are utiles dans l'économie domestique et l'art de la teinture, Prague, 1755 L'auteur recommande l'angélique de Bohème pour la nourriture des pauvres , ainsi que le lathyrus tuberosus, ou gesse tubéreuse ; il veut substituer le fruit de l'épinevinette au citron , et propose de donner aux moutons et aux cochons des joncs hachés, comme on le fait en Suède; il s'étend sur les avantages que l'on peut retirer de la culture du pastel pour la teinture. 2° Exposé de l'avantage peu commun que le royaume de Bohéme peut retirer annuellement des végétaux, Prague, 1758 L'auteur recommande dans cet écrit de semer et de planter beaucoup de faux acacias, pour nourrir les vaches avec les feuilles et les jeunes pousses de cet arbre, dont il fait voir aussi l'extrème fécondité, ou la facilité avec laquelle il se reproduit et se multiplie par ses rejetons. 5. De l'Usage du pastel dans l'économie domestique. 11 propose la culture de l'isatis, ou pastel, pour la nourriture des bestiaux. 4° Traité sur les oeufs d'une espèce de poisson nommé Loligo. 5° Relation d'un Voyage fait, en 1765, dans la haute Autriche. 6° De quibusdam Animalibus marinis, eorumque proprietatibus vel nondum vel minus notis liber, Dresde, 1761 fig
  • Jean-Baptiste BOISOT( 1638 - 1694) : né à Besançon, en flet 1638, fit paraître dès son enfance beaucoup goût et de dispositions pour les sciences. Il avait evé sa philosophie à l'âge de treize ans, et son )urs de droit à dixsept ans ; il alla passer ensuite uelque temps à Paris, où il se lia avec Pellisson et 'autres beaux esprits de ce tempslà. De Paris, il rendit à Rome, où son mérite lui valut la pro- ion de plusieurs personnages distingués, entre utres du cardinal Azzolini et de la reine Christine e Suède. A la recommandation de cette princesse, obtint du pape quelques bénéfices en Franche.omté, où il revint après avoir parcouru l'Allemagne t. les PaysBas, comme il avait parcouru l'Italie, 'est-àdire en savant et en observateur. Député bar le clergé aux états de sa province, il fut chargé Tune négociation trèsdélicate près du gouverneur le Milan, et il s'en acquitta avec toute l'habileté d'un somme vieilli dans les affaires. Ne voulant prendre incube part aux troubles qui agitaient la Franche..bMté, il se retira en Espagne , et il y demeura usqu'en 1678, oit cette province fut cédée à la France ?ai- le traité de Nimègue. Il n'ignorait cependant pas que sa famille était en crédit auprès de Louis XIV ; mais sa délicatese ne lui permettait pas d'accepter les offres d'un ennemi de son souverain. De retour en FrancheComté, il fut nominé à l'abbaye de StVincent de Besançon, et, dès ce moment, il se livra entièrement à sa passion pour les lettres. Il avait acquis dans ses voyages un grand nombre de tableaux, de médailles, de bronzes et d'autres raretés; il les céda aux religieux de son abbaye, avec la bibliothèque du cardinal de Granvelle, qu'il avait achetée du comte de StAmour, et y joignit un fonds de 2,000 écus pour son entretien, à condition qu'elle serait ouverte au public deux fois la semaine. Cette bibliothèque, qu'il avait beaucoup augmentée, était considérable, et riche surtout C11 manuscrits précieux, parmi lesquels on distinguait la fameuse collection en 80 vol. connue sous le nom de Mémoires du cardinal de Granvelle. L'abbé Boisot l'avait forniée luimême, après avoir sauvé les papiers du cardinal des mains d'un épicier à qui ils venaient d'être vendus.11 passa dix ans à les déchiffrer et à les mettre en ordre. Il avait le projet d'écrire l'histoire du cardinal de Granvelle d'après ces mémoires, dont on ne pouvait contester l'authenticité. La lettre qu'il écrivit à Pellisson pour lui en faire part a été imprimée dans le 4e volume de la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire du P. Desmolets. L'abbé Boisot avait appris l'hébreu et le grec, pour étudier l'histoire ecclésiastique dans ses sources. Il patlait presque toutes les langues de l'Europe, entre autres l'italien et l'espagnol, et il était en correspondance avec les savants les plus distingués de France, d'Italie et d'Allemagne. On ne doit donc pas être surpris qu'il n'ait pas eu le loisir de composer des ouvrages étendus. Le Journal des Savants contient quelques pièces de l'abbé Boisot assez curieuses , D'autres disent à Chatubûri et à Turin. et qui ont été traduites en latin, et réimprimées dans les Acta eruditorum. Sa charité surpassait encore son savoir. En 1694, la disette ayant été générale , il fit faire aux pauvres des distributions avec si peu de ménagement , qu'il se vit contraint ensuite d'emprunter une somme modique pour ses besoins particuliers. 11 mourut le 4 décembre de la même année, 1gé de 56 ans. Les magistrats de Besançon lui firent faire des obsèques magnifiques, auxquelles ils assistèrent en corps. Le P. Mabillon, dans sa Dissertation sur le culte des saints inconnus, rapporte que l'abbé Boisot avait fait reconnaitre pour païenne Ccesia Donala, que des ecclésiastiques comtois , aussi ignorants que zélés, voulaient faire honorer comme une sainte. L'abbé Bosquillon et Moreau ont fait l'éloge de l'abbé Boisot ; celui de Moreau se trouve dans le 4' volume, avec des vers français de mademoiselle Scudéri, et des vers latins de Dumay, Legoux et la Monnoie, sur la mort de ce savant respectable
  • Jean-Baptiste BOLOGNINI( 1612) : peintre, élève du Guide, naquit à Bologne, en 1612. Le chanoine Louis Crespi a donné quelques détails sur cet artiste, qui a toujours cherché, et avec succès, à atteindre la grâce et la finesse du style de son maitre. On voit à StJean in Novae à Bologne un St. Ubald de Bolognini , qui rappelle en effet les compositions nobles et élégantes du Guide. Bolignini mourut en 1689. — Un autre BOLOGNINI , né en 1651, neveu et élève du précédent, mourut en 1754
  • Jean-Baptiste BIRAGO AVOGADRO : docteur génois, se distingua, vers le milieu du 17° siècle, par ses connaissances en histoire et en jurisprudence. 11 a laissé différents ouvrages, dont les principaux sont : Mercurio Veridico , ovvero annali universali d'Europa, Venise, 1648 Ce petit ouvrage doit nécessairement accompagner le Mercurio de Vittorio Siri. Ces deux auteurs publièrent l'un contre l'autre quelques écrits devenus rares, mais peu importants. 2° Storie memorabili delle sollevazioni di stato dall' anno 1626 all' anno 1652, Venise ,165i C'est la 5e partie de la collection des Histoires 'mémorables d'Alexandre Zilioli. Plusieurs de ces révolutions avaient déjà été imprimées séparément. 5° Storia Africana della divisione dell' imperio degli Arabi dall' anno 770, fin al 1007, Venise, 1650 Elle a été traduite en fiançais par l'abbé de Pure, sous le titre d'Histoire africaine, Paris , 1666 4° Istoria della disunione del regno di Portogallo, e della corona di Castiglia, Lyon , 1644 , in - 4° ; Amsterdam , 1647 Birago Avogadro a encore traduit du latin en italien les Histoires de Venise de J.B.Vero, en y ajoutant une suite jusqu'en 1643, Venise, 1655 ; et 1678
  • Jean-Baptiste BIROTEAU : né à Perpignan, embrassa avec chaleur les principes de la révolution, et fut député du département des PyrénéesOrientales à la convention nationale. Un des premiers actes de Biroteau fut de demander la punition des assassins de septembre. Il fit ensuite annuler le décret de destitution porté contre le général Montesquiou. Nommé, le 30 septembre 1792, membre d'une commission chargée d'hypocrisie; mais le 51 mai ayant fait triompher les montagnards, Biroteau fut arrêté. Il parvint à échapper au gendarme qui le gardait, et se rendit d'abord à Lyon. Le 28 juillet, on le déclara traître à la patrie, comme chef d'un congrès départemental tenu dans cette ville. Pendant le siége qu'elle eut à soutenir, Biroteau, au lieu de partager les dangers de ceux qu'il avait contribué à exaspérer, alla se cacher dans les environs de Bordeaux. Le décret qui prononçait la peine de mort contre ceux qui recelaient les proscrits le livra à la commission révolutionnaire, et Tallien le fit guillotiner sous ses fenêtres le 24 octobre 1795. Le 47 décembre 1794 , la convention accorda des secours à sa veuve
  • Jean-Baptiste BLAMPOIX( 1740) : éVègLIC constitutionnel du département de l'Aube, était né le 16 octobre 1740, à Nikon. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il professa d'abord la philosophie au collége de sa ville natale, et fut ensuite pourvu de la cure de Vandoeuvres près de Troyes. Le zèle avec lequel il remplissait ses modestes fonctions lui mé- Sancti A uretii Augustin', II ; permis episcopi , Opera, emendata studio monachorurn ordinis S. Benedieli, cuis tala ejusdeen S. Augustin', indieibus, ctc., Paris, Muguet, 1679-1700, 11 tom. en 8 vol. rita l'estime du seigneur de sa paroisse. Il lui conféra une chapelle de 600 francs, à sa nomination; et, sachant que le patrimoine du digne curé passait entièrement aux pauvres , il continua de lui payer les revenus de ce bénéfice, longtemps après sa suppression. L'abbé Blampoix prêta le serment exigé des prètres, et ne quitta sa paroisse que lorsqu'il, y fut contraint par les décrets de la convention. Élu évèque de Troyes par le clergé constitutionnel, il assista en cette qualité au concile national de 1801, et, à l'exemple de ses collègues, donna sa démission par suite du concordat. Depuis, il occupa quelque temps la cure d'Arnay, dans le diocèse de Dijon ; mais, son grand âge ne lui permettant plus de reqplir les devoirs de pasteur, il se retira dans sa famille à Mâcon. Lors du passage de Pie VII dans cette ville, en 1804, il sollicita l'honneur de lui ètre présenté, et il en reçut un touchant accueil. Après un long entretien qui eut lieu à voix basse, en présence des principales autorités, le pape lui tendit les bras et le pressa contre son sein, en disant : Appuyez, appuyez. On a su de l'abbé Blampoix que le seul reproche que le pape lui eût fait était d'avoir accepté un évêché sans l'intervention de la cour de Rome ; mais que lui ayant répondu que, malgré cette irrégularité, il n'avait jamais cessé d'être attaché de coeur et d'âme au saintsiége, le pontife lui avait témoigné sa satisfaction en l'embrassant , et qu'il y avait ajouté des offres de service. L'abbé Blampoix mourut à Mâcon, en 1820. Outre des mandements et des lettres pastorales, il a publié quelques articles dans les Annales de la religion. Des notices sur Blampoix ont été insérées dans la Chronique religieuse, t. 5, p. 279, et dans l'Annuaire nécrologique, t. 1, p
  • Jean-Baptiste BLANCHARD( 1731 - 1797) : né à Tourteron , dans les Ardennes , en 1731, professa la rhétorique chez les jésuites de Metz et de Verdun. Après l'abolition de cet ordre , il passa sept ans près de Namur, et sortit de sa retraite pour revenir dans sa ville natale, où il mourut le 15 juin 1797. Les ouvrages qu'Il a laissés sont : 1. le Temple des Muses, ou recueil des plus belles fables des fabulistes français , accompagnés de remarques critiques et historiques . 2. Ecole des mœurs, ou Réflexions morales et historiques sur les maximes de la sagesse, 5° êtlition, Paris, 1802, 3 vol. Lyon, 184}i , 6 vol. ; avec de nouvelles augmentations, Paris, 1818, 6 vol. ; il ;1., 1822 ut 1824, 3 vol. fig. Cet ouvrage avait été publié pour la première fois sans nom (l'auteur, sous cc titre : le Poole des moeurs, ou les Maximes de la sagesse, arec des remarques morales et historiques, etc., Namur et Paris, 4773, 2 vol. On le réimprima plus tard sous le titre de : Maximes de l'honnéle homme, ou le Poète des mœurs, Liège, 1779, 3 vol. avec le nom de l'auteur ; enfin sous le titre d'Ecole des moeurs : c'est sous ce dernier titre qu'il en a été donné un 2rand nombre d'éditions tant à Paris que dans la province. 5. Préceptes pour l'éducation des deux sexes, à l'usage des familles chrétiennes , Lyon , 1803 , 2 vol. , ouvrage posthume , publié par Bruyset , et reproduit en 1807 sous cc titre : Education chrétienne , à l'usage de l'un et de l'autre sexe, Lyon, 2 vol
  • Jean-Baptiste BLONDEL : dernier rejeton de cette illustre famille d'architectes , fut aussi un des architectes de la ville de Paris. Ce fut lui qui, conjointement avec M. Delannoy, dirigea la reconstruction du Tem- ple tel qu'on le voit aujourd'hui. C'est à lui qu'on doit le marché StGermain. .1.B. Blondel est mort en mars 1825. Il a publié avec M. Lusson : Plan, coupe, élévation et détails du nouveau marché St- Germain, Paris, 1816
  • Jean-Baptiste BONNAUD( 1684 - 1758) : né à Marseille en 1684, entra clans la congrégation de l'Oratoire, et, après y avoir enseigné la rhétorique quelque temps, fut reçu, en 1715, dans la congrégation de StMaur. Après avoir été supérieur en deux monastères, il se consacra, dans la retraite, aux travaux historiques, partage ordinaire de ces laborieux cénobites. Il avait entrepris une édition de Pallade ; il a laissé une Vie de St. Victrice, évêque de Rouen, et d'autres écrits restés en manuscrit. Son dernier travail a été de continuer l'Histoire du diocèse de Rouen, commencée par D. Duplessis , qui n'en avait publié que l'introduction, sous le titre de Description géographique et historique de la haute Normandie, Paris, 1740, 2 vol. D. Bonnaud s'occupa de cette histoire jusqu'à sa mort, arrivée à StGerma le 13 niai 1758. Son travail a été remis à D. Lenoir, qui préparait une histoire générale de la Normand ie
  • Jean-Baptiste BONNAUD( 1740) : né en Amérique, en .1740, fut amené de bonne heure en France, fit ses études au collége de la Flèche, et entra jeune chez les jésuites. Lors de la suppression de la société, en 1762, il était régent de basse classe à Quimper. Il ne put être ordonné prêtre qu'après cette époque, et l'on dit qu'il exerça le ministère en divers diocèses. Son premier écrit parait ètre celui qui a pour titre : le Tartufe épistolaire démasqué, ou Epilre très- familière au marquis Caraccioli, sous le masque de Kokerbourn, Liège, 1777 Bonnaud montre d'une manière assez piquante la supposition des lettres publiées sous le nom de Clément XIV, par Caraccioli. Deux ans après, il publia un Examen critique des Observations sur l'Atlantide de Bailly, par l'abbé Creyssent de la Moselle, Lausanne de 53 p. Les Observations avaient paru dans le Journal des savants de février 1779. Bonnaud prit part à la controverse excitée par le livre de Guérin du Rocher, et donna sur ce sujet Hérodote, historien du peuple hébreu sans le savoir, ou Il a publié en outre : Recueil de médecine vétérinaire, ou Collection de mémoires, d’instructions, de recettes sur les maladies des animaux domestiques, Toulouses, 1805 8°. ZO. Réponse à la critilue de l'histoire des temps fabu- ' leux, la Haye, 1786 11 y a de l'érudition dans ce livre, où d'ailleurs est soutenu un système tout à fait abandonné aujourd'hui. En 1787, lorsqu'il était question d'accorder l'état civil aux protestants, Bonnaud publia le Discours à lire au conseil en présence du roi, par un ministre patriote, sur le projet d'accorder l'état civil aux protestants, 1787, réimprimé à Montpellier en 1827, même format . On trouve des choses assez curieuses dans ce livre, que quelquesuns attribuèrent alors à l'abbé Lenfant, exjésuite; mais Feller, qui devait savoir ce qui en était, donne l'ouvrage à Bonnaud, dont c'était, en effet, plutôt le genre que celui de ,Lenfant. Ce discours valut à l'auteur la protection de M. de Marboeuf, alors ministre de la feuille. Ce prélat lui donna, en 1788, deux bénéfices simples, les prieurés de Sermaise et de Harnicourt, et le nomma grand vicaire de Lyon, siége sur lequel il remplaça, cette année 'Hème, M. de Montazet. Comme M. de Marboeuf ne résida point dans son diocèse, , en réponse à la proclamation du département de SaôneetLoire!, un avertissement pastoral du 8 février Tiré à cinq cents exemplaires numérotés. Dans ce discours, l'abbé Bonnaud essayait de démontrer par des faits et par des raisonnements qu'accorder l'état civil aux protestants, c'était exposer le trône et la France à de grands malheurs. Il avait gardé Vansuyme, et comme la duchesse de Noailles faisait ellemême la distribution de ce mémoire avec beaucoup d'actiVité chez les membres du conseil et_ du parlement, on krappela le Mémoire de madame. de Noailles, D—R—R. 1791, aux électeurs; une ordonnance du 20 du même mois, concernant les nouveaux directeurs du séminaire de StIrénée de Lyon ; une lettre pastorale du 4 niai 1791 contre l'usurpation du siége de Lyon par l'abbé Lamourette ; un mandement du 18 mai pour la publication du bref de Pie VI , et il périt sous leurs coups
  • Jean-Baptiste BONNEFOI( 1756 - 1790) : chirurgien, né en 1756, mort prématurément en 1790, exerça son art à Lyon ; il s'y était déjà fait connaître avantageusement par sa pratique, et surtout par deux mémoires qui obtinrent les prix de l'académie de chirurgie, sur l'Influence des passions de l'ûme dans les maladies chirurgicales, et sur l'Application de l'électricité à l'art de guérir; ils ont été insérés dans le recueil de cette académie, et imprimés séparernent à Lyon en 1783 L'un d'eux était sa thèse inaugurale : c'était l'époque où les colléges de chirurgie commençaient à se distinguer. Bonnefoi a aussi laissé une Analyse raisonnée du rapport des commissaires sur le magnétisme animal, Lyon et Paris, 4784
  • Jean-Baptiste BOURDIER-DELPUITS( 1736 - 1811) : jésuite, né en Auvergne vers 1736, mort à Paris le 15 décembre 1811, a etc l'éditeur des Observations sur le Contrat social de J.- J. Rousseau, pat' le P. G.F. Berthier , Paris, 1789 ; et le continuateur de l'Abrégé ( les Vies des Pères et des martyrs, traduit de l'anglais par Godescard , Paris , 1802 , 1 vol
  • Jean-Baptiste BORSIERI DE KANIFELD( 1725) : en latin BURSERIUS, célèbre médecin italien, fondateur (le la clinique de Pavie, né à Trente, le 14 février 1725., éprouva de grands malheurs dans son enfance ; mais il sut vaincre tous les obstacles et ne dut son élévation qu'à sa constance et à son mérite. A l'âge de six ans, il perdit un oeil dans une maladie. Quelques années après, son père mourut sans lui laisser de fortune, et ses deux frères aînés ne s'occupèrent nullement de son éducation. Dès l'âge de quatorze ans, un penchant décidé l'entraînait vers la médecine ; deux ans lui suffirent pour apprendre le grec et le latin, et même il commença pendant ce temps l'étude de l'anatomie, sous la direction de Pergeri, médecin de Trente. 11 se rendit de là à Padoue, où Morgagni donnait ses savantes leçons, et ensuite à Bologne. Dans ces deux villes, le jeune Borsieri montra un zèle extraordinaire pour l'étude et pour l'observation au lit des malades. Reçu docteur avant le temps, il vint s'établir à Faenza, à peine âgé de vingt ans. Cette ville était alors ravagée par une épidémie. Borsieri en connut bien le caractère, et parvint à l'extirper. Pendant vingt ans qu'il habita cette ville, sa réputation s'accrut beaucoup et s'étendit dans toute l'Italie. L'impératrice MarieThérèse ayant entrepris de réformer les études médicales à Pavie, comme elle l'avait fait à Vienne, y appela Borsieri, en 1770, pour occuper la chaire de matière médicale ; il prononça alors un discours latin remarquable sur les causes qui ont retardé le perfectionnement de la médecine pratique. Deux ans après, il fut nommé professeur de médecine pratique, et dès lors il conduisit les élèves dans les salles de l'hôpital, pour leur faire observer les malades qui présentaient le plus d'intérêt. Ces visites furent bientôt regardées comme insuffisantes, et l'on établit, en 1773, une salle de seize lits, pour y recevoir un pareil nombre de malades destinés à l'instruction des élèves. Peu après, on y ajouta une salle de femmes. Tels furent les premiers commencements de la clinique de Pavie, qui devint ensuite si célèbre, et dont Borsieri fut le fondateur et le premier professeur. 11 s'occupa de ses nouvelles fonctions avec beaucoup de zèle jusqu'en 1778, époque où il fut choisi pour être médecin de la cour archiducale de Milan. L'impression de ses Institutions de médecine pratique commença en 4781. Les travaux excessifs auxquels il se livra alors contribuèrent à faire naître et à aggraver une maladie des reins et de la vessie à laouelle il succomba le 21 janvier 1785. Les Insti- tutions de médecine de Borsieri sont le principal ouvrage sur lequel se fonde sa réputation. Elles ont pour titre : Institutiones medicinœ practicœ quas auditoribus suis prcelegebat Burserius de Kanifeld, Milan, 1781-1788, 4 vol. Ce livre eut un trèsgrand nombre d'éditions en Italie ; on en compte au moins cinq à Venise. Il y en a eu deux à Leipsick, 1787 et 1798, 4 vol. Le professeur Ilecker l'a fait réimprimer à Berlin en 1823, 4 vol. Enfin Brève a publié à Pavie, en 1823, le premier volume d'une nouvelle édition de ces Institutions, avec un grand nombre d'additions. Cullen Brown, fils du fameux novateur écossais, a traduit en anglais les Institutions de médecine de Borsieri, avec des notes, Édimbourg, 1800, 5 vol. Cet ouvrage est classique en Italie. Il est cependant assez peu connu en France. L'auteu• y déploie beaucoup d'érudition, quelquefois même un peu trop. Au reste, il se montre bon observateur. Toutes les parties de ce livre n'ont pas un mérite égal. Ainsi les deux premiers volumes, qui traitent de la fièvre et des exanthèmes, sont beaucoup plus complets que les derniers, qui contiennent les maladies de la poitrine et de l'abdomen, et qui ont paru après la mort de l'auteur. On a encore de Borsieri : 10 de anthelmintica argenti vivi Facultate, Faenza, 1753. C'est une lettre que l'on trouve à la suite de plusieurs éditions des Institutions de médecine. 2. Delle Acque di S. Cristoforo, Faenza,1761 ; 2e édition, 1786 3° Nuovi Fenomeni scoperti ? tell' analisi chimiche del latte, Pavie, 1772 Borsieri a été l'éditeur des Saggi di medicina del doit. Paolo dall' Armi, Faenza, 1758 et il y a ajouté des notes. On a encore publié les oeuvres posthumes de Borsieri : J.- B. Burserii de Kant* feld Opera posthuma, quce ex schedis ejus collegit algue edidit J B. 13erli , Vérone , 18201823, 3 vol. Ces trois volumes contiennent des traités sur le pouls, les maladies vénériennes et les maladies cutanées
  • Jean-Baptiste BOUYS : prêtre, natif d'Arles, est auteur d'un ouvrage sur les antiquités de cette ville, rare et curieux, mais qu'il ne faut lire qu'avec une extrême précaution, à raison des erreurs graves dont il est rempli. Cet ouvrage, écrit d'un style grossier et barbare, est intitulé : la Royale Cou- ronne d'Arles, ou Histoire de l'ancien royaume d'Arles, enrichie de l'histoire des empereurs romains, des rois goths et des rois de France qui ont résidé dans leur enclos, Avignon, 4641, 1644, W—s.
  • Jean-Baptiste BOYER( 1640) : marquis d'Aguilles, conseiller au parlement de Provence, né à Aix vers 1640, a mérité une juste réputation par son goett éclairé pour les arts. Dès sa jeunesse, passionné pour la peinture, il voyagea en Italie, visita les ateliers des artistes les plus célèbres, et acquit, soit dans leur commerce, soit dans la conversation des amateurs distingués, des connaissances solides sur toutes les parties d'un art qu'il idolâtrait. Il recueillit dans le même temps un grand nonrbre de tableaux des meilleurs maîtres, des dessins , des statues, des bronzes, et les fit transporter à Aix, où il forma un cabinet, l'un des plus curieux que jamais particulier ait possédé. Le marquis d'Aguilles dessinait et peignait d'une manière agréable ; il gravait aussi de petits morceaux qui se faisaient remarquer autant par la correction que par leur touche spirituelle. 11 encourageait les jeunes gens qui montraient des dispositions pour la peinture, et il en avait réuni sous ses yeux quelquesuns auxquels il n'était pas moins utile par les conseils que par les secours d'argent qu'il leur donnait. Le grand nombre d'étrangers qui visitaient son cabinet lui inspira le projet d'en faire graver les tableaux. Il fit donc venir à Aix Jacques Cernans, graveur d'Anvers, et lui contra ce travail, dans lequel il l'aida cependant beaucoup. Cette entreprise ne fut achevée qu'en 1709, et le marquis d'Aguilles put à peine jouir de la satisfaction de la voir terminée, étant mort dans la même année. La première édition de ce précieux recueil fut mise au jour de suite par les soins de Sébastien Barras, graveur associé à Census; elle renferme cent quatre planches, dont vingtdeux de Barras et sept du marquis d'Aguilles luinu me. Elle est devenue fort rare et plus recherchée des amateurs que la seconde. Celle- ci parut en 1744, Paris, 2 parties L'éditeur 11Iariette a mis à la tète un éloge de d'Aguilles, et a fait suivre chaque tableau de sa description. Cette édition contiet quatorze planches de plus que la première; mais les cuivres des gravures de d'Aguilles et de Barras ne s'étant pas retrouvés, on les a remplacés par des gravures de Coêlmans. Boyer d'Aguilles fut le grandpère du fameux marquis d'Argens ,'et de son frère AlexandreJeanBaptiste de Boyer, marquis d'Aguilles, président à mortier au parlement d'Aix. Ce dernier fut chargé, en 1745, de mener un secours à l'armée du prétendant, en Écosse. On peut voir, dans le 1" vol. des Archives littéraires, une relation intéressante de cette singulière expédition. Revenu à ses fonctions de président, il eut quelques désagrécients avec sa compagnie, à cause de son attachement pour les jésuites. Il mourut le 8 octobre 1785. — Jean- Baptiste BOYER D’AGUILLES, trisaïeul du marquis d'Argens, mort en 1637, doyen des conseillers du parlement d'Aix, était beaufrère du poête Malherbe, dont les livres et les manuscrits restèrent dans sa famille
  • Jean-Baptiste BOYER-FONFRÈDE( 1766) : né à Bordeaux, en 1766, (l'une famille (le riches négociants, se lit d'abord missionnaire, puis commerçant, se maria, et se retira en Hollande. De retour à Bordeaux à l'époque de la révolution, il en embrassa les principes avec ardeur, fut envoyé par le commerce de cette ville près de l'assemblée législative, et enfin nominé député de la Gironde à la convention. Le 25 décembre, il accusa Marat d'avoir iasinué la nécessité (l'élire un dictateur; dans le procès de Louis XVI, il vota la mort. Indigné cependant des excès déplorables qui se commettaient tous les jours au nom de la liberté, il attaqua violemment la mon- tag ne, et surtout Marat. Il s'était d'abord opposé à ce queceluici fût envoyé à l'Abbaye, en motivant son opinion sur le mépris qu'il inspirait. Dans la suite, il demanda, mais en vain, contre lui le décret d'accusation. Lorsque l'expulsion des Girondins fut demandée par (les membres des sections de Paris, il s'étonna de ne pas étre inscrit sur la liste ; ensuite il assimila aux Vendéens les pétitionnaires (hi faubourg StAntoine. Le 2 avril, il lit rapporter le décret qui défendait aux députés d'être journalistes. Il fut membre de la commission (les douze, formée pour examiner les arrêtés de la municipalité de Paris. Au 31 mai, son arrestation fut demandée par Bourdon de l'Oise; mais on ne lui fit point partager le sort de ceux de son parti, attendu qu'il n'avait pas signé les ordres du comité des douze. Ayant, ensuite demandé le rapport sur les membres arrétés, il fut décrété d'accusation, à la demande de Billaud- Varennes et sur le rapport d'Amar. Il voulait se défendre, mais Albitte, Billaud et Bentabolle lui trièrent : « Tu parleras au tribunal révolutionnaire I Le 30 octobre 1795, il périt, avec vingt autres dé- utés, à l'age de 27 ans. Conduit à la mort, il chantait le refrain : « Plutôt la mort que l'esclavage. » Le 2 juin 1795, la convention décréta la célébration annuelle d'une pompe funèbre en mémoire de BoyerFonfrède et de ceux qui avaient été suppliciés avec lui
  • Jean-Baptiste BOUCHESEICHE( 1760 - 1825) : né le 14 octobre 1760, à Chaumont en Champagne, y fit ses études au collége ,des Pères de la doctrine chrétienne, et entra dans leur congrégation en 1777. Après avoir achevé son noviciat dans leur maison de Paris, il fut envoyé à StOmer, où ces PèreS avaient un college. Il y professa depuis le 1" février 1778 jusqu'au 16 avril •783. Alors il quitta la congrégation des doctrinaires, où l'on n'était ni engagé par des voeux, ni forcé de prendre les ordres sacrés , se maria en '1784, et revint à Paris, où il se voua à la profession d'instituteur. Le directoire du département de la Seine, par arrêté du 26 avril 1791, le nomma professeur au collége de Lisieux, rue StJacques. Boucheseiche conserva cette place jusqu'au 15 septembre 1795, date du décret de la convention nationale qui supprimait l'université, les colléges et les académies. Lombard de Langres, qui axait été son condisciple, dit dans ses Mémoires, t. 1, que Boucheseiche était chef d'une institution sur la place de l'Estrapade, et qu'il y donna momentanément asile, pendant les massacres Le fait est vrai ; les soins qu'exigeaient la direction et la surveillance de son pensionnat n'empêchaient pas Bouchcseiche de remplir les obligations de sa classe au collége de Lisieux. 1l fut nommé, le 21 avril 1798, commissaire du directoire exécutif près l'administration municipale du septième arrondissement de Paris, rue SteAvoye, et le 27 mai suivant, il entra au bureau centrale du canton de Paris , avec le titre Il en était ainsi dans les congrégations de l'Oratoire et de StLazare; Boucheseicbe n'a donc été ni moine ni prètre, comme le bruit en a couru. nombreuse bibliothèque, et d'ouvrages élémentaires, pour l'instruction des enfants de sa fille unique, lorsqu'il y mourut par suite de diverses attaques d'apoplexie, le 4 janvier 1825. On a de lui : 1' la Géographie nationale, ou la France divisée en départements et districts, Paris, 1790 2° Description abrégée de la France, ou la France divisée suivant les décrets de l'assemblée nationale, 1790 3° Catéchisme de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1795, 4° Voyage de milady Caven en Crimée et à Constantinople, trad. de l'anglais , Paris, 1794 Cette traduction est différente de celle qu'avait publiée GuédonBerchère, Londres, 1789 avec cartes et figures. Barbier ne cite point cet ouvrage dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes. 5° Notions élémentaires de géographie, 1796, in•12; 1801, .1805 et •809 Ce qui a fait l'éloge ou du moins le succès de cet ouvrage, c'est que le jury de l'instruction publique le jugea digne d'être admis au nombre des livres classiques. 6° Discours sur les moyens de perfectionner l'organisation de l'enseignement public, •798 7' Description historique et géographique de l'Indoustan, par G. Rennel, traduit de l'anglais, Paris, 1800, 3 vol. et atlas Debray, dans ses Tablettes littéraires, attribue encore a Boucheseiche les Antiquités poétiques, 1798
  • Jean-Baptiste BOUCQUEAU : né à Wavre , ' dans le Brabant, commença ses études à l'université de Louvain, au collége du Faucon ; et en 1765, au concours de philosophie, il fut proclamé premier, ce qui était alors un triomphe pompeusement célébré. Devenu avocat, il parut au barreau précédé d'une grande réputation et se fixa à Bruxelles, où il se rendit redoutable par sa connaissance des ressources de la chicane. En 1802, il publia un ouvrage singulier qui a pour titre : Essai sur l'application du chapitre 7 du prophète Daniel à la révolution française, ou motif nouveau de crédibilité, fourni par la révolution française, sur la divinité de V Ecriture sainte, Bruxelles, Lemaire, 186 pages Ce livre est moins rceuvre d'un esprit religieux que celle d'un courtisan empressé de flatter le pouvoir qui a réussi. Il est dédié au général Bonaparte, et l'auteur prétend y démontrer que la conquête de la Lombardie, la paix de Lunéville et le concordat ont été prédits également par Daniel , dont les prophéties avaient acquis. au peuple fiançais 24 le droit formel d'dtre appelé la grande nation. Ce commentaire est suivi d'une lettre au pape Pie VII, qui n'a pas été publiée seulement en 1805, ainsi que l'avance la Galerie des contemporains. Il mourut à Dighem, près de Vilvorde, en 1802. — Son fils, qui se faisait appeler BOUCQUEAU DE VILLERAIE, à une , époque où tout le monde, en déclamant contre la noblesse , saisissait l'occasion d'usurper des titres , est mort le 8 novembre 1834, âgé d'environ 65 ans, à Liéze, où il était doyen de la cathédrale. Après avoir été 'préfet de Coblentz et directeur des droits réunis, la perte de sa femme et d'un fils unique l'engagea à chercher dans l'Église des consolations que ne lui offrait plus le monde. Cependant, quand la révolution de Belgique éclata en 1830, il se lit nommer au congrès où il vota l'exclusion des Nassau et fut chargé de rédiger contre le gouvernement déchu un manifeste qui n'a point encore paru. Boucqueau a été ensuite membre de la chambre des représentants, où il appartenait au parti des catholiques politiques. Il vint à Paris avec la députation chargée d'offrir la couronne au duc de Nemours, au moment où la populace ravageait StGermain l'Auxerrois et l'archevêché. Il a laissé au séminaire de Liège plus (l'un million, en vertu d'un testament qui a donné lieu à un procès pour cause de captation. On prétend que quand il mourut il allait être nommé à l'évêché de Tournay. Les éloges donnés à sa prédication ne lui ont jamais été décernés que par l'ignorance ou la flatterie
  • Jean-Baptiste BROCCHI( 1772) : géologue célèbre, naquit à Bassano, le 18 février 1772, d'une famille honorable et qui n'était pas sans illustration. Confié de bonne heure aux soins d'un prêtre respectable et fort instruit en littérature, MarcoBruno, professeur au séminaire de Padoue, et depuis recteur du collége de Bassano, le jeune Brocchi se distingua par son application à l'étude des langues anciennes. Dès l'âge de quatorze ans, il faisait de bons vers latins et italiens ; plus jeune encore, on le vit occupé à ras sembleriles mineux, à chasser aux oiseaux et recueillir des plantes et des insectes. Son père, qui n'avait pas les mêmes goilts, crut devoir l'envoyer à Padoue pour y étudier la jurisprudence. Arrivé dans cette ville , Brocchi obéit à la volonté paternelle, en se livrant à l'étude des lois ; mais tous les instants qu'il pouvait lui dérober, il les consacrait à la botanique. La mort de son père le rendit, à l'àgc de dix-' huit ans, maitre de ses actions. Le premier usage qu'il lit de son indépendance fut d'employer l'argent destiné à prendre le grade de docteur en droit pour se rendre à Venise , et de là à Rome. Comme la plupart de ses compatriotes , Brocchi avait fait des vers encore enfant ; il voulut aussi écrire sur les antiquités avant d'avoir pu les étudier. Cette témérité ne doit pas étonner : dans un pays où la langue est si poétique , où les ruines et les monuments sont si nombreux, il doit y avoir un grand nombre de poétes et d'antiquaires. Après quelques mois de séjour à Rome, Brocchi de retour à Venise y publia ses Recherches sur la sculpture égyptienne , Venise , 1792 La sévérité qu'il a montrée luimême pour ce premier ouvrage nous prescrit d'étre indulgent sur l'essai d'un jeune homme. Nous nous contenterons de dire que ce fut Winckelmann qui lui en fournit la première idée. Pendant les an-, nées qui suivirent cette publication , Brocchi séjourna alternativement à Bassano et à Vznise, partageant son temps entre l'étude de la minéralogie, de la botanique et celle des langues étrangères. C'est à cette époque de sa vie qu'il se lia avec plusieurs hommes célèbres, entre autres avec Lanzi et Zannucci. En 1796 , il publia son traité des plantes odoriférantes et d'ornement qui doivent ètre cultivées dans les jardins. L'année suivante, il exprima son admiration pour Dante dans ses Lettres à milady Wy. Cependant les victoires des Français en Italie avaient fait passer les États vénitiens entre les mains d'un nouveau maître , et lors de l'établissement des lycées en 1802, Brocchi fut appelé à remplir, dans le gymnase du département de la Mena, la chaire d'histoire naturelle fondée à Brescia. Jamais récompense n'avait été mieux méritée et moins sollicitée. La meme année, l'académie des sciences, des lettres, de l'agriculture et des arts du département le choisit pour son secrétaire perpétuel. C'est à dater de cette époque que commence la carrière scientifique de Brocchi. 11 lut, dans le sein de cette académie, plusieurs mémoires, savoir : en 1802, sur l'oeil des insectes ; en 1805, sur le fer spathique des mines de Valtrompia ; en 1808 , son analyse chimique d'un acier de la Valteline, et la même année la description d'une nouvelle machine propre à vanner le grain, inventée par Bartholomée Maffei. En sa qualité de secrétaire perpétuel, il publia, en 1808, l'extrait des travaux de cette compagnie pendant le cours de la mème année, et le lit précéder d'un discours contenant l'éloge des académies et des académiciens qui avaient fleuri à Brescia antérieurement au 1e siècle. Chargé du cours de matière médicale , du rétablissement et , son catalogue raisonné d'une collection de roches , son mémoire sur le sol physique de Bome où jusqu'à présent une seule erreur a été découverte , ses expériences sur le mauvais air aux environs de.Rome , ses observations sur le temple de Sérapis à Pouzzoles, ses observations géologiques sur les environs de Reggio , sur l'alternance des roches calcaires et volcaniques du Val de Noto en Sicile. Pour mieux faire apprécier l'importance de ses travaux, nous dirons que l'on ne connaît la géologie de l'Italie méridionale que d'après ses observations. Jeune encore, les pensées tic Brocchi s'étaient por- tées vers l'Égypte , cette vieille terre de la civilisation. Dans un âge plus avancé se trouvant seul, sans fortune, sans soutien , il se laissa séduire par l'idée d'enrichir la science d'observations nouvelles, de doter son pays de découvertes précieuses, et peut-être aussi de voir de ses yeux un pays qu'il ne coonaissait que d'après ce qui lui enavait été dit. Ce fut dans cette pensée qu'il consentit à entrer au service du viceroi q'Égypte. lie 25 septembre 1822, il dit adieu à l'Italie. Débarqué à Alexandrie, il y séjourna quelque temps, pour s'y perfectionner dans la langue arabe dont il possédait les éléments. Trèsbien accueilli par le viceroi, il fut envoyé en qualité d' vers les confins de la Nubie, dans le but niineralogico e chimie suite mi- niere di ferro del dipartimento della Mella, colt' espo- sizione della costiluzione fisica delle montagne me- tallifere della Valtrompia , Brescia , 1808, 2 vol. 70 Nemoria mineralogica sullavalle di Passa in Tirai°, Milan , 1811 8° Elogio di Andrea Cesalpino, inséré dans le 1" volume du recueil de portraits d'illustres Italiens publié par Bettoni, Milan , 1812-20, 2 vol. 9° Conchiologia fossile subapennina , con osservazioni geologiche sugli Apennini e sut suolo adjacente, con sedici fayote in rame , Milan, 1814 , 2 vol. . 10° Lettere del Brocchi , sopra una sostanza cite trovasi fre- quentemente imprigionata nella lava basaltina di capo di Bave, non accennata da altrimineralogis Cette substance se rapproche beaucoup, quant à la composition , de la trémolite. 11° Sulla Cristallizzazione della pietra alluminosa della tolfa. 12" Sopra alcuni Ammassi colonnari basaltini del territorio di Viterbo. 150 Sulla Prehnite rinvenuta in Toscana. 14° Suit' Eru- zione del Vesuvio del 1812. lioth. ital., n° 17, mai 1817, p. 275.) 15. Intorno aile Vernici usate dagli antichi suite stoviglie di terra. 16. Osservazioni sulla corrente di lava di capo di Bore , presso Raina, etc. 17. Viaggio al capo Circeo, cd osservazioni naturali in 18. Descrizione di una nuova conchiglia bivalve della costa del Brasile, con osservazioni di alcuni altri testacei. 19° Lettere del Brocchi, intorno ait' epi- dote rinvenuta press° il Sempione. 20° Osservazione intorno al silex albus di Plinio e di Vitruvio, riconoscibile in una lava feldspatica di Bolsena. 21° Catalog° l'agiotai° di une raccolta di rocce, disposto con ordine geografico per servir° alla geognosia d'Italia, Milan, 1817 22° Os- servazioni suite montagne metallifere della Tolfa. 23° Lettere inedite di Andrea Cesalpino c nolizie intorno al suo et- barjo , clic si conserva in Fi- renze, etc. 24° Os- servazioni naturali faite al promontorio Argentaro, cd ait' isola del Giglio. 25. Intorno a delle Conchiglie marine rinvenuie nel peperino di Afbano. 26° Lettere di Cola di Rienzi traite dall' archivio di Aspra in Sabina. 27. Saggio di esperienze suit' aria cattiva dei contorni di Roma. 28° intorno ad uno Scavo interessante ta geognosia , fatto in Roma, a campo Vaccin°. 29° Ragguaglio di alcuni molluschi e zoofiti del mar Tirreno presso la cost a romana dal sig Brocchi, corn- municato alsignor . Renieri, etc. 50° No- tizia di alcune osservazioni fisiche faite net tempio di Serctpide a Pozzuoli. 51° Intorno aile Conchiglie fossili del Pie- monte, lettere in risposta a Quetta del Deluc. 32° Osservazioni natu- rali faite in alcune parti degli Appennini, nell' Abruzzoulteriore. On trouvera la continuation de cet intéressant mémoire, le seul que nous possédoiis sur cette partie de l'Italie, dans le même recueil , n. 83, novembre 1822, p.209, et n° 85,janvier 1825, p. 79. 55° Dello Stato fisico del suolo di Roma , etc., Rome, 1820 On trouve réunis dans le même volume destiné à l'illustration de la carte géognostique de Rome, publiée par Brocchi , 1° le discours sur la condition de l'air dans les temps anciens , et 2° son essai d'expérience sur le mauvais air des environs de Rome déjà inséré dans la Biblioth. ital., niais enrichi dans cette seconde édition de quelques additions . 540 Sopra una particolare varietà di Lazialite tro- valu in una lava del monte Vulture in Bazilicata. 33. No- tizie suite antichità di Acre recentemente scoperte in Sicilia, e sopra una cotonna migliare di Nelfi in Ba- silicata. 36. Osservazioni Miche ratte nella talle Armant° negli Irpini. 37° Osservazioni geologiche faite nella terra di Otranto. 58° Considerazioni sopra un antico zodiaco della cattedrale d'Otranto. 59° Osservazioni gcologiche sui contorni di Reggio in Calabria, etc. 10° Osservazioni naturali faite ail' isole de' Ciclopi, e nella contigua spiaggia di Catania. 41° Osservazioni so- pra il solfato di strontiana, prima nella val Sab- bia etc. 42° Salle diverse Forntazioni di rocce della Sicilia. 45° Catalog° di una serie di conchiglie tac- colle presso la costa affricana del golfo Arabic°, etc. , 209.) 44. Descrizjune del monte So- ratte. 45° Os- servazioni nature sulle spelonche di Adelsberg in Ca, rniola. les 74 et 75, février et mars 1822, p. 275.) 46. De Colli Iblei in Sicilia. 47° Dell' Aspetto della vegeta- zione de' contorni di Reggio in Calabria. 9.) 48° Sulle geognotische Relazioni delle rocce calcarie e volcaniche in val di Nolo, nella Sicilia. 49° No- tizie bibliografiche intorno al Pamphylum siculum del Cupani. 500 So- pra alcune mosse di lava, di cui era costrutto in Pa- via l' arco di Alboino. n° 81, septembre 1822, p. 544.) Pour compléter cette longue énumération des ouvrages de Brocchi , nous ajouterons qu'on trouve plusieurs lettres de lui : 1° dans le Journal de Brugnatelli, déjà cité, t. 6, p. 159, pour l'année .1825 , t. 7, pour l'année 1 824 , p. 156 ; 2o dans le Journal de Venise , n0 du 7 décembre 1825; 5° dans l'éloge historique de Brocchi par Jean Larber, son compatriote , Padoue 1828 40 enfin dans le recueil publié par le docte bibliothécaire de la Marciana, sous le titre de Versi e Prose di scrittori Bassanesi dei secoli 18 e 19, Bassano, 1828 Brocchi a encore publié quelques essais poétiques, mais qui ne méritent pas d'être relatés. Nous terminerons en disant que M. Defendente Sacchi a consacré quelques lignes à sa mémoire dans les Annales universelles de statistique, t. 15, n° 44, p. 152, février 1852, reproduites dans les Variétés littéraires, Milan, 1855
  • Jean-Baptiste BRANCADORI PERINI( 1674 - 1711) : noble siennois, naquit à Sienne, en 1674. Après avoir fait ses études dans sa patrie avec succès, il se_ rendit à Rome en 1695, et y continua d'étudier avec beaucoup d'ardeur les sciences et les belleslettres. Il fut reçu de l'académie Arcadienne, que nous nommons improprement leS Arcades, fut trèsassidu à ses réu- Le Dictionnaire de Moréri ajoute que Thomas Brancaccio assista au concile de Constance, et qu'il mourut à Rome, le 8 septembre 1427. 11 est évident qu'il "a confondu avec Renaud Brancaccio, faute qui a été copiée dans notre premiére édition. Ciacoutus avait commis cette erreur, qui de son ouvrage avait passé dans le Moréri, bien qu'elle eut été relevée par Aubery, Hist. generale des cardinaux. nions, et y lut souvent avec succès des morceaux en prose et eu vers. Son nom arcadien était Aurindo Bitraico. 11 se lia d'amitié avec les hommes les plus distingués par leurs connaissances et leurs talents, partiiulièrement avec monsignor Sergardi, célèbre poRe satirique latin, dont les satires ne furent longtemps connues que sous le nom de Seclanus. Le cardinal Ottoboni, qui avait beaucoup d'estime et d'amitié pour Brancadori, le fit chanoine de StLaurent in Damaso. Il desservait depuis six ans ce canonicat, lorsqu'il mourut subiterient, à 37 ans, le 19 novembre 1711. On a de lui In ouvrage historique, plus recherché pour les gravures que pour l'ouvrage même, qui n'est qu'un abrégé d'autres, publiés jusqu'alors sur le même suret. Il est intitulé : Chronologia de' grau maestri dello spedale del Santo Sepolcro della saqua religione militare di S. Giovanni Gerosolimitano, oggi delli di Malta, etc., à Rome, chez Dominique de Rossi, 1709, grand Ce qui rend ce volume précieux, ce sont soixantesix portraits des grands maîtres , trèsbien gravés par Jérôme de Rossi, frère de l'imprimeur, d'après les dessins envoyés de Malte. L'ouvrage est composé d'autant (le discours sur les belles actions de chacun des grands maîtres, et sur les principaux événements de l'histoire de l'ordre : ce sont des abrégés fort bien faits en italien, des chronologies et des histoires du même ordre, précédemment écrites en latin. Dans les recueils de poésies, ou rime, de l'académie Arcadienne, on en trouve un assez grand nombre de notre auteur; et le 1" volume des Notizie degli Ar- cadi molli contient son éloge , élégamment écrit ' par l'abbé Cosme Finetti
  • Jean-Baptiste BRASCHI( 1664 - 1727) : savant antiquaire, né à Césène en .1664, d'une ancienne famille patricienne de cette ville, fut évêque de Sarsina, et archevêque titulaire de Nisibe. 11 se délassait des travaux de son ministère par l'étude des antiquités de sa patrie, et mourut en 1727, après avoir publié 1. Racla status ecclesice Sarsinatis, Borne, 1704 2" De tribus Statuis in romano Capitolio cru- lis anno 4720, ecphrasis iconographica , Borne, 1724 On lui doit encore les ouvrages suivants, publiés après sa mort : 5° de Familia Ccesen- nia antiquissimoe Inscriptiones, Borne, 1731 4" de vero Rubicone liber, seu Rubico Coesenas, Rome, 1755 5° Nemorice Ccesenates sacrce et profance, Rome, 1738
  • Jean-Baptiste BRUTEL DE LA RIVIÈRE( 1669 - 1742) : né à Montpellier, en 1669, ministre de l'église wallone à Amsterdam, mort en août 1742, figé de 74 ans, est connu par plusieurs ouvrages. Les principaux sont : 1. une édition du Dictionnaire de Furetière, fort augmentée, la Haye, 1725, • vol. C'est le fruit de quatorze années de travail ; il en a exclu tout ce qui concerne l'histoire et la géographie. 20 Une traduction de l'ouvrage de H. Prideaux Histoire des Juifs et des peuples voisins, etc., publiée sous le voile de l'anonyme, et qui eut plusieurs éditions. Les plus estimées sont celles d'Amsterdam, 1728, 6 vol. ou 1741, 2 vol. 5° Sermons sur divers textes de l'Ecri- tare Sainte, Amsterdam, 1746 Ils contien- pent d'excellentes choses, mais on regrette que Brutel de la Rivière se soit laissé emporter quelquefois trop loin par son zèle. — BRUTEL DE ClIAMPLEVARD a fait imprimer l'Amour vainqueur, ou Cheureux Stratagème, comédie héroïque en 5 actes et en vers, Paris, 1767
  • Jean-Baptiste BRUYERIN( 1500) : médecin français, né à Lyon, vers le commencement du 16° siècle, était le neveu de Symphorien Champier. Ses talents le firent appeler à la cour de François ler, et il fut médecin de Henri II.Ilest l'auteur d'un ouvrage remarquable pour l'époque où il a été publié, de Re cibaria, Périgueux, 1560 il parait, par la dédicace adressée au chancelier de Lhopital , qu'il l'avait déjà composé en 1550. Cet ouvrage est divisé en vingtdeux livres, dans lesquels l'auteur passe en revue toutes les espèces d'aliments , dont chacun fait le sujet d'un chapitre. Il y rassemble les avis des anciens auteurs, qu'il discute avec discernement ; y compare les différents usages, surtout ceux des Français , et y ajoute beaucoup de choses de son propre fonds, sur la manière de vivre et les mœurs de ses contemporains; en sorte qu'on le lit encore avec plaisir. Othon Casmann en donna une édition trèsaugmentée, à Francfort, en 1600 et une troisième en 1606, sous ce titre : Dipnoso phia et Sitoloçjia revisa et indice locupletata. Le catalogue de la bibliothèque Bodléienne donne le titre d'un mitre ouvrage moins connu, que Bruyerin avait déjà publié en 1557, Collectanea de sanitatis funclionibus, de sanitate luenda, el de curandis mor- bis, ex Averrhoe sumpia, Lyon Tout porte à h croire que c'est à Bruyerin que l'on doit une édition de la version latine de Dioscorides, par I; net avec des commentaires : Pedacii Dioscoridis Aluizarbœi de medicinali Materia libri sex , Lyon , 1550 On y a ajouté les petites ligures de l'Ilistoire des plantes de Fuchs , qui avait été publiée à Lyon en 1550. Ce qui nous porte à lui attribuer ce livre, c'est que , dans la dédicace , qui est adressée à François de StGelais, doyen du chapitre d'Angoulême , il (lit qu'il s'occupe à mettre en latin les auteurs arabes, et à corriger les fautes qui pouvaient s'y être glissées, en les comparant avec les auteurs grecs etlatins. Il dit, de plus, que c'est A Angoulème, près de StGelais , qu'il avait rassemblé les matériaux de son Dioscorides. De là vient que son traité de Re cibaria est imprimé à Périgueux. 11 n'aura pas jugé à propos de mettre son nom à cette édition de Dioscorides, parce que , dans le fait , il y a peu mis du sien, les commentaires étant presque entièrement copiés de ceux de Matthiole , qui venaient de paraitre. Bruyerin a aussi publié une version latine du traité d'Avicenne de Corde ejusque Parut- tatibus libellus , Lyon, 1559 et une autre d'une partie du Colliget d'Averrhoès; il parut sous ce titre: Joanncs Bruyerinus Campegius, Averrhois Colleclaneorune sectiones Ires , secundo , sexto, et septimo Colligct libris respondentes, in Winton ser- monem convertit, et fut inséré dans l'édition des oeuvres d'Averrhoès publiée à Venise, chez les Junte, en 1555
  • Jean-Baptiste CALLARD DE LA DUQUERIE : professeur de médecine à l'université de Caen et membre de l'académie de cette ville, où il est mort en 1718, âgé de 88 ans, avait le goût des sciences et beaucoup d'érudition. On a de lui : Lexi- cum medicum etymologicum, sive tria etymologia- rum millia quas in scholis publicis medicince aluni- nos lia postulantes edocuit, Caen, 1675, 1692 Paris, 1695 ; Caen, 1715 Cette édition est augmentée. Cet ouvrage fort estimé ne contient cependant que les étymologies des termes de médecine. Il en a donné une édition considérablement augmentée, contenant 11,000 étymologies des termes de médecine, chirurgie, pharmacie, botanique, chimie et physique, imprimée à Caen, 1715 C'est à Callard que l'on doit le premier établissement d'un jardin de botanique à Caen. Il s'était beaucoup appliqué à connaître les plantes de la Normandie, et il a donné le résultat de ses recherches dans un petit ouvrage rare et peu connu intitulé : Calalogus plantarum in locis palu- dosis, pratensibus, maritimis, arenosis et sylvestri- bus prope Cadomum in Norlmannia nascentium, Paris, 1714
  • Jean-Baptiste CARDONA( 1500) : antiquaire et bibliographe espagnol, naquit à Valence, clans le •6« siècle, et fut successivement chanoine de cette ville, membre du tribunal de l'inquisition, évêque de Perpignan, de Vie en Catalogne, et enfin de Tortose. Il cultiva les lettres avec succès, et s'appliqua, sur la fin de sa vie, à rétablir d'après les manuscrits les véritables leçons des Pères ; il en avait déjà restitué plus de huit cents dans les oeuvres de St. Léon le Grand et de St. Hilaire, lorsqu'il mourut, le 30 décembre 1589. On a de lui les ouvrages suivants : 1. ° ratio de S. Stephano, panégyrique prononcé à Rome en 1575. 2° De Expungendis hareticorum. propriis Nominibus, Rome, 1576 dédié au pape Grégoire X.111. 3° De Regia S. Laurenia Scorialensis Bibliotheca libellas, sive consilium cogendi omnis generis utiles libros, et per idoneos ministres fructuese, callideque cuslodiendi, Tarragone, 1587 On trouve aussi dans cet ouvrage, dédié à Philippe II, un petit commentaire estimé de Diptycis ; un traité de Bibliothecis, tiré de Fulvio Orsino, et un autre de la Bibliothèque du Vatican, extrait d'Onofrio Panvino
  • Jean-Baptiste BULLET( 1699 - 1775) : membre de l'acadé- mie de Besançon, et correspondant de l'académie royale des inscriptions et belleslettres, naquit à Besançon, en la99. li obtitit tu côneotirs la chaire de théologie à l'université de cette ville; en 1723. Bullet a publié un grand nombre d'ouvrages plein d'érudition, mais écrits d'un style peu soigné. 11S sont cependant reclierehés des Savants. Il niourut. le 6 septeMbre1775, dans sa 76° année. Droz, secrétaire de l'académie de Besançon, a composé son éloge. On a tle Bullet : 1. de Apostollea Ecclesite Gallica nec Origine, Besançon, 1752, hi-12. ke but de l'auteur est de prouver que les apôtres, et en particulier St. Philippe, ont prèché l'Evangile dans les Gaules. 2. Histoire de l'établissement du chris- tianisme, tirée des seuls auteurs juifs et païens, où, l'on trouve une preuve solide de la vérité de Cette re- ligion, Lyon et Paris, 17Ù4, petit ouvrage écrit avec méthode; il y a de la clarté et de la force dans le raistameilient. 11 a été traduit en anglais par Vil. Salisbury, Londres, 1782 50 L'Exis- tence de Dieu démontrée par les 'merveilles de la na- ture, Paris, 1768, et ibid., 1773, 2 vol. . On peut lire cet ouvrage iprès c'elui de INieuwentyt qui porte, le mème titre. On y trouve des morceaux pleins d'une onction et d'une chaleur qu'on ne devait point attendre d'un homme continuellement IL en à paru depuis une nouvelle édition, mise en meilleur ordre, considérablement augniéntée, et accompagnée de notes et , architecte, etc, Palis. 1525, 2 vol. in 8.. Enfin M. Mord, ancien inspecteur des bathneuts, a putlié l'ouvrage de Éullet sous ce litre Architecture de Bullet, ou le Nouveau Ballet de la ville it der eampagues, édiziou d'après Seguin, augmentée d'observations extraites de tondelet, Moriset, , Durand, etc., Paris, Audit' et Prb. Cane!, t 825 avec 26 pl. ibid., les mémeS, 1826, n'élue format. Cns. Iteimprinié Paris, lequignon fils aine, 1814 ibid., Adrien Ledere, 48.:5, 'eine roma. En 1817, on a publié à laits ' brochure suivante : biseours de M. Bullet sur les vérités de là I religion chrétienne, extrait de sou ouvrage intitulé : Histoire de l'élublisemenl du ehriss: lia m nise, etc. 2. Iteiurprinié, Besançon éi rafts, Gaultier fr'éres, MO, 1 vol. rocrupé à des recherches aussi rebutantes que pénibles. 4° Réponses critiques aux difficultés proposées par les incrédules sur divers endroits des livres kfaints, Paris, 1775-75, 5 vol. . Fr.X. Moïse, ancien évêque de StClaude, a publié, une suke à cet ouvrage. 50 Recherches histori- ques sur les cartes à jouer, Lyon, -1757 rare et curieux. Bullet prétend que les cartes ont été en France sous Charles VI; mais on sait que les Allemands en connaissaient l'usage bien avant cette époque. 6. Dissertations sur différents sujets de l'histoire de France, Besançon et Paris; •759 La plupart des vues nouvelles de l'auteur, sur plusieurs points de l'histoire de France, ne sont fondées que sur de fausses étymologies tirées de la langue celtique. 7. Du Festin du roi boit, Besançon, -1762 de 17 p., réimp. dans la même ville, en 1808, à cinquante exemplaires de 20 p., et inséré dans le Magasin encyclopédique de décembre •810, avec des notes de M. Amanton. 8. Dissertations sur la mythologie française et sur plusieurs points curieux de l'histoire' de France, Paris, 1771 Ces différentes dissertations, au nombre de neuf, sont fort estimées; elles concernent Mélusine, la reine Pédauque, le chien de. Montargis , l'origine des carrosses, etc. 9° Mémoire sur la langue celtique, contenant : I° l'Histoire de cette langue ; 2° une Description étymologique des villes, rivières, montagnes, etc., des Gaules ; 5n un Dic- tionnaire celtique, Besançon, 1754,4739 et 1770, 5 vol. C'est l'ouvrage de Bullet qui lui a donné le plus de célébrité ; il y montre une érudition l ; niais le système qu'il veut établir parait insoutenable. On est fàché de voir l'auteur trouver dans le miracle de Babel l'origine des langues modernes, et employer tout son savoir à découvrir dans le breton les éléments d'une langue primitive, commune à tous les hommes. Les vices d'un pareil système n'empêchent pas que l'ouvrage ne soit eu- >jeux et recherché des étrangers, particulièrement des Anglais
  • Jean-Baptiste CABANIS DE SALAGNAC( 1723 - 1786) : avocat et cultivateur, né en 1725 , à Yssoudon, à quelques lieues de Brives , où il est mort en 1786, âgé de 65 ans, a des droits à la reconnaissance de la postérité, pour avoir perfectionné l'art de greffer les arbres fruitiers, et introduit dans son pays de nouveaux objets de culture , et des procédés avantageux dans l'agriculture et l'économie rurale. Son père , jurisconsulte éclairé , et qui fut quelque temps juge d'un bailliage des environs, était généralement considéré à cause de ses lumières et de son incorruptible probité. Cabanis lit ses études à Tulle, où les jésuites avaient un collège ; il alla ensuite étudier le droit à Toulouse. Il était destiné à exercer une eharge de judicature ; mais', peu après son retour dans ses foyers, il se maria. Un vaste domaine que son épouse lui apporta en dot, et dont le sol était presque stérile , lui donna l'occasion de développer les connaissances qu'il avait déjà en agriculture, et lui inspira un, vif désir de les perfectionner par des observations exactes et des expériences suivies, surtout dans la culture des arbres. Dès lors il renonça à la magistrature, et l'on vit bientôt, avec étonnement, des champs qui ne produisaient que du sarrazin ou quelques épis de seigle se couvrir annuellement de riches moissons de &omet« ou de maïs; des terrains bas et marécageux, pleins de roseaux , étant plantés d'aunes , former des espèces de taillis en coupes réglées. Il perfectionna la manière de cultiver la vigne dans sa province; il rechercha les meilleurs plants, et choisit ceux qui y réussissaient le mieux , en raison du climat. Les connaissances qu'il avait acquises sur cette partie le mirent en relation avec Turgot, qui était alors de Limoges ; il fut souvent consulté et employé par cet administrateur éclairé , dont il partagea le zèle pour l'introduction des mérinos dont on faisait alors les premiers essais. Il se chargea de deux béliers et de quelques brebis de race espagnole que le gouvernement lui confia , et il croisa cette race avec celles du Limousin et du Berri. Turgot établit une société d'agriculture à Limoges; il affilia à cette société celle établit aussi à Brives, et dont Cabanis fut nommé secrétaire perpétuel. Ses observations et ses expériences sur l'art de la greffe n'auraient peut-être jamais été publiées sans les soins de Turgot , qui lui fit surmonter tous les scrupules de sa modestie. 11 engagea secrètement l'académie des sciences et belleslettres de Bordeaux à Preser Pour slliqt du prix, ç1 I7Q rart de perfectionner la greffe, et il pressa Cabanis de traiter ce sujet. Les mémoires n'ayant pas pleinement satisfait l'académie, elle renvoya le concours à l'année 1764 , avec un prix double. Le programme était Quels sont les principes véritables de la greffe , et quels moyens on pourrait en déduire, soit pour le succès de cette opération, soit pour la perfectionner? Cabanis envoya un nouveau mémoire : il fut couronné , et imprimé par l'ordre de l'académie , Bordeaux, en 1'764 , sous le titre d'Essai sur les principes de la greffe. L'auteur y ajouta des notes en 1781. On en a donné à Paris, en 1805, une nouvelle édition , précédée d'une notice historique sur la vie de l'auteur. Cet ouvrage contient un grand nombre d'observations neuves et pré- cieuses sur les arbres fruitiers. Cabanis a perfec- tionné quelques espèces de fruits. Il a aussi contri- bué à rendre l'usage de la pomme de terre plus général dans sa province
  • Jean-Baptiste CADRY( 1680 - 1756) : théologien, naquit en 1.680 à Tretz, diocèse d'Aix, vint à Paris en 1710, fut successivement vicaire de St-Étienne du Mont et de StPaul, où il se fit une grande réputation par ses prônes, et devint théologal de Laon, emploi dont il fut destitué en 1721, par arrèt du conseil, à cause du parti qu'il prit dans l'appel de la bulle Unige- nitus. Son zèle contre ce décret l'obligea de fuir de retraite en retraite, jusqu'à ce qu'enfin il trouva un asile auprès de M. de Caylus, évêque d'Auxerre. Après la mort de ce prélat, en 17118, il se retira à Savigni , aux environs de Paris, où il mourut le 25 novembre 1756. On a de lui : 1° Prône fait dans une église de Paris , le 9 octobre 1718, à l'occasion de l'appel de S. E. Monseigneur le cardi- nal de Noailles, 2° édition, Paris, 1718 2' Rela- lion de ce qui s'est passé dans l'assemblée générale de la congrégation des lazaristes en 1724, au sujet de la bulle Unigenitus de 44 p. ; réimprimée la même année plus exactement. 5° Apologie pour les chartreux, que la persécution excitée contre eux, au sujet de la bulle Unigenitus, a obligés de sortir de leurs monastères, Amsterdam, 1725 4° Défense des chartreux fugitifs, où l'on traite particulièrement de la fuite dans les persécutions, 1726His- toire de la condamnation de . 41. de Soanen, évêque de Sénez, 1728 6° Les trois derniers volumes de Histoire du livre des Réflexions morales sur le Nou- veau Testament, Ainsterdam, 1726, 1754, 4 vol. Le premier volume est de l'abbé Louai!. Cette histoire va jusqu'en 1729, époque oit commencent les Nouvelles ecclésiastiques, qui en sont la continuation. On y trouve les analyses des principaux écrits pour et contre. 7° Réflexions abrégées sur l'ordonnance de M. l'archevêque de Paris, au sujet de la constitution Unigenitus, ,1729, 5 parties 8° La Cause de lb État abandonnée par le clergé de Fronce, 1750 90 Avertissement de l'avis aux censeurs nom- més pour l'examen de la collection des conciles de P. Hardouin, 1750 10 Observations théolo- giques et morales sur les deux histoires du P. Ber- ruyer, 1755 et 1756, 5 vol. '1° Enfin plusieurs autres écrits du même genre que les précédents, dont on trouve la liste dans Moréri et dans le t. 4 du Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confes- seurs de la vérité. Cadry avait porté le nom du Darcy, qui est l'anagramme du sien, pour se soustraire aux perquisitions de ses ennemis
  • Jean-Baptiste CALANDRA( 1586 - 1644) : peintre en mosaïque et élève du Provenzale, naquit à Verceil en •1581i, et mourut en 1644, suivant Pascoli. Passeri ssure, au contraire, qu'il mourut en 1648, ^ig-é de 2 ans. Il fut chargé de plusieurs ouvrages pour , 'église de StPierre. On ne pouvait pas conserver iilongtemps des tableaux à l'huile dans cette basilieque, à cause de son humidité : aussi on commença sous Urbain VIII à y substituer des mosaïques. Le premier tableau d'autel de ce genre qui y fut placé était de la main de Calandra, c'est un St. Michel, d'après le cavalier d'Amin°. Le méme artiste orna ensuite cette église de semblables ouvrages, sur les cartons de Bomanelli, de Lanfranc, de Sacchi et de Pellegrini. Bientôt, se voyant mal payé, il travailla pour des particuliers , et lit des portraits ou des copies des premiers maîtres. Pasc,oli donne beau- coup d'éloges à une petite madone de Calandra, copiée d'après Raphaël , et qui passa dans le cabinet de la reine de Suède
  • Jean-Baptiste CANTALYCIUS ou CANTALICIO : poète latin du 15e siècle , n'est connu que sous ce nom qui lui venait de sa patrie, et sous celui de Valentino , qu'il tenait d'une famille puissante à laquelle il fut attaché.11 était né à Cantalice dans l'Abruzze, et fut, en considération de son savoir, choisi par le pape Alexandre IV pour instruire son neveu Louis Borgia. Ce jeune homme étant devenu cardinal obtint pour son précepteur l'évêché de Penna et d'Ani , et la permission de porter le nom de Valentino , mis eu grand honneur par le crédit et la fortune du trop fameux César Borgia. On sait que César, d'abord cardinal de Valence en Espagne, avait ensuite été fait duc de Valence en Dauphiné. Les Italiens, à ces deux titres, l'appelaient il Valentino , et l'évêque de Penna se tint sans doute fort honoré de porter ce nom. Ses poésies ne sont pas sans mérite, quoique moins élégantes que celles de plusieurs autres poètes latins, qui fleurirent en Italie, surtout dans le siècle suivant. On a réuni et publié ses épigrammes, en 12 livres, Venise, 1495 et l'on en a mis , à la tin des sienne, queluesunes de ses disciples. Of! a aussi de lui un poème latin en 4 livres, dont le grand capitaine, Gonsalve de Cordoue, est le héros, Naples, 1506, in.fol.; réimprimé à Strasbourg, 1513 Ce poème a été traduit en prose italienne par Sertorio Quattromani de Cosence
  • Jean-Baptiste CAMOSIO( 1500) : Trévisan, naquit à Azolo, d'une ancienne famille, dans le 16° siècle. 11 professa la philosophie dans l'école espagnole de Bologne, et ensuite à Macerata. Il était , au jugement de de Thou et de Sinder, l'un des hommes de son siècle qui entendaient le mieux le grec. Ayant été appelé à Rome par Pie 1V, il fut chargé d'interpréter les Pères grecs de l'Église, et mourut en 1581, àgé de 66 ans. Indépendamment de plusieurs discours imprimés séparément et en divers temps, on a encore de Camosio : 1° une version latine du traité de Michel Psellus sur la Physique d'Aristote , Venise, 1554 ; 2° des commentaires grecs sutla Métaphysique de Théophraste, intitulés : In pri- mum Metaphysices Theophrasti grcece, Venise, 1551 30 une traduction latine de la Métaphysique d'Aristote ; 4° une autre des commentaires d'Olym- piodore sur les Météores ; 5 quelques poésies grecques. De Thou dit que les ouvrages manuscrits de Camosio, dont on lui avait envoyé le catalogue d'Italie, étaient plus nombreux que ses ouvrages imprimés
  • Jean-Baptiste CANANI( 1515) : célèbre anatomiste qui fit les premiers pas vers la découverte de la circulation du sang, était né à Ferrare en 1515, et parmi ses aïeux comptait un de ces savants Grecs qui, sous le règne des Paléologue, vinrent s'établir en Italie. Sa famille a produit plusieurs hommes célèbres dans l'art de guérir, entre autres J.B. Canani, médecin de Mathias Corvin et du pape Alexandre VI ; et c'est afin qu'on ne le prenne pas pour celuici qu'il est désigné sous le nom de Canani le Jeune. J.B. Girahli, surnommé Cinthio, qui lui donna les premières leçons des lettres grecques et latines, concourut à tourner son goût vers l'anatomie, dont il avait fait luirhème un traité en vers héroïques, intitulé : de 'Domini corporis Partibus. L'exemple de quelques parents qui se distinguaient dans la profession de médecin acheva d'entrainer le jeune Canani vers l'étude de la médecine. Il eut pour maitre en cette partie Antoine Musa Brasavola, qui était médecin du duc d'Este, Hercule Il; et Marie Canani, son parent, qui était professeur d'anatomie à Ferrare, l'initia dans cette science. 11 fit sous celuici de tels progrès qu'il fut bientôt jugé digne de lui succéder. Ne se bornant point aux études anatomiques auxquelles il se livrait avec ardeur en particulier, il rassemblait chez lui plusieurs médecins des plus pour les consulter dans les dissections qu'il faisait en leur présence; et de ce nombre étaient Marie Canani, François Vesale , Jean Rodriguez, connu sous le nom d'Amants Lusitanus, Archange Piccolomini, Hippolyte Boschi, JacobAntoine Boni. Pour, s'aider, par la comparaison, à faire des découvertes dans la structure interne du corps humain, il s'appliqua en même temps à la zootomie , et fut, avant rage de vingtcinq ans, en état de publier un livre trèscurieux, accompagné de vingtsept planches, sous le titre de Musculorum humani corporis pic- turata Dissectio, in Bartholonuei Nigrisolii Fer- rariensis patritii gratiam, nunc primai in lucem cdita. On n'en connait plus que six exemplaires, dont l'un est dans la bibliothèque publique de Ferrare, trois dans des bibliothèques particulières d'Italie, un dans celle de Dresde, et le sixième, qui avait été donné à Haller, a été acheté 50 sequins par milord Bute. Aucun de ces exemplaires n'indique le lieu ni l'année de l'impression, ni le nom de l'imprimeur. Les bibliographes croyaient que l'édition était de 15'1'2 , niais il a été démontré par Nicolas Zafferini , professeur de médecine à Ferrare, en 1809, au moyen de plusieurs témoignages d'auteurs contemporains de J.B. Canani, qu'elle est de 1541 . Nonseulement il connut parfaitement Ce volume est orné de 27 planches gravées sur cuivre par le fameux Jérôme Carpi. David Clément en fait mention dans la Bi- bliothèque curieuse, t. 6, p. 192 ; mais ni ce bibliographe ni ses successeurs n'en out connu la véritable date. Tous l'ont cru de 1572. Il est si rare que Portal, malgré toutes ses recherches, ne l'a jamais pu voir Cl qu'il n'a parlé des découvertes de Canani que d'aprés Amatus Lusitanus . L'abbé Dlarini dit qu'il en avait sous les yeux un exemplaire , et cependant il n'en a pas cru la date antérieure il 1572. Toutefois Vesale, dans l'Examen observation. Fat- lopii, dit qu'il avait lu la myologie de Canani lorsqu'il mit an jour sou traité de Corpovis hutouni Fabrica ; el cet ouvrage Ott iniprime l'économie et le jeti des muscles, mals encore, ainsi que l'avoue Fallope, ce fut lui qui découvrit dans la palme de la main celui qu'on appelle palmaire brève, et que Galien n'avait pas même aperçu. Bientôt après, mais avant 1546, où personne encore n'eh avait parlé, il remarqua et fit observer à ses disciples, dans quelques veines du corps humain, ces semilunea membraneuses, appelées valvules, qui indignaient la circulation du sang. Cette observation fut portée à Padoue par Fallope, qui était le grand ami de Canani. Luimême, vers 1547, fit part de cette découverte au fameux André Vesale , qu'il rencontra à Ratisbonne, où il venait d'être appelé par le frère du duc Hercule II, François d'Este, qui y était tombé malade. Oui ne coMprend pas, d'après cela, comment Aquapendente, qui fut élève de Fallope, a pu dire, en 1605, que les valvules avaient été primitivement reconnues par Sarpi, quoique tous les disciples de Canani, devant lesquels celuici en avait démontré l'existence, eussent attesté qu'elles leur avaient été manifestées par lui bien antérietwement. Morgagni luimême, à qui furent dédiées les œuvres d'Aquapendente, en convient clans la quinzièrhe de ses Epist. analom.,§§ 65 et 67. C'est un fait mie le sa- vant Haller a _constaté dans ses Éléments de phy- siologie, t. Ier, p. 157. Exercé aux opérations chirurgicales, Canani inventa plusieurs instruMents pour faciliter les plus délicates, entre autres, un titsingénieux, pour perforer le gland à un enfant de deux ans dont le sexe semblait équivoque, parce que les évacuations urinaires se faisaient pai' une ouverture gn'elles s'étaient forcément procurée. C'est à lui qu'on doit encore l'instrument appelé Rocchettd , air débarrasser l'abdomen , l'estomac, ou d'antres parties creuses, des globules qui s'y forment quelquefois. La réputation extraordinaire que J.B. Canani avait acquise le fit nommer par le pape hiles III, alors tourmenté de la goutte, son premier médecin: Il se rendit à Rotne, et parvint à soulager le pontife qui, pour le rendre apte aux meilleures récompenses qu'il 01 lui donner, l'engagea à entrer dans l'état ecclésiastique. On n'a pas dit positivement qu'il l'ordonna prêtre ; mais cela est pi:estimable, car on voit qu'en 1559 Canani ' était qualifié de révérend, et que l'année suivante il fut promu à la cure et à l'archiprêtré de Ficarolo dans le diocèse de Ferrare, saris toutefois être obligé à résidence. Depuis la mort de Jules III, il était revenu dans sa patrie, où il s'était remis à exercer la médecine. Pour se délasser de ses travaux, il s'amusait à faire des vers. Le duc Alphonse le nomma premier médecin de tout le duché de Ferrare; et en pour la première fois en Mn On ignore les raisons qui di:tournèrent Canard de publier 1 seconde partie de son ouvrage, laquelle était sous presse lorsque la preiniere parut. Il est vraisemblable que le succès du traité de Yesale lui fit acrèter l'impression de cette seconde partie, et supprimer tant qu'il le put les exemplaires de la première, circonstahre qui peut servir a en expliquer l'extrême rareté. On assure que Canani avait composé deux autres ouvrages : contenait ses essais anatomiques sur les animaux, et l'autre ses observations sur les maladies qu'il avait eu l'occasion de traiter ; mais ils n'Ont pas été publiés depuis sa mért, et l'on n'en tenant aman maunserit. W—ds. cette qualité, il répondit à l'attente du prince et à celle du publie. Parvenu au faite de la gloire, comme médecin, comme anatomiste, comme chirurgien, il termina sa carrière le 29 janvier 1579. Sa réputation était si éclatante et si bien établie, que la plupart des auteurs de ce tempslà crurent se devoir à euxl'entes de le louer dans leurs écrits; et l'on regrette bien vivement que son traité des Muscles, dont il n'avait publié qu'une partie dans le livre que nous avons cité, n'ait pas reçu le complément qu il s'était proposé de lui donner
  • Jean-Baptiste CANAVERI( 1753) : évêque de Verceil, naquit le 25 septembre 1753, à Borgomaro, où son père exerçait la première magistrature Il commença ses études à Giaveno , et les acheva dans l'université de Turin, où il fut reçu docteur à rage de dixhuit amas. Il entra chez lus oratoriens de la n'élue ville. Aucune science ne lui paraissait étrangère. Il était à vingtcinq ans l'admiration des savants qui se réunissaient chez lui pour jouir de ses entretiens. Ce fut bliaud( dans l'éloquence de la chaire qu'il se distingua; il improvisait tous ses discours. 'VictorAmédée l'honora de son estime. Cauaveri établit, sous la protection de madame Victoire , SœUr du roi , une maison pour les dames nobles qui désiraient se retirer du monde, et lit les plus sages règlement» pour cette institution , qui existe encore. Nommé à l'évèclié de Bielle en 1707, il fut sacré à Rome le 6 août. Sur l'invitation de Pic VII, il s'en démit, en Ites, è l'exemple de tous les prélats du cidevant Piémont ; et, lors de la nouvelle orpnisatiou des diocèses, il fut placé, le 4" février 4805, sur le siège de Verceil , auquel se trouvait réuni l'évêché de Bielle. Bientôt après, il fui nommé premier aumônier de madame Mère, et membre du conseil de la grande aumônerie. Il mourut dans son diocèse, le 13 janvier 1811. Son oraison funèbre fut prononcée à Bielle et à Verceil. On a de J.B. Canaveri des panégyriques imprimés, entre autres ceux de St. Joseph, et de St. Eusèbe, évêque de Verceil; plusieurs lettres pastorales en latin et en italien, sur l'Obéissance due aux souve- rains, etc. ; niais l'ouvrage le plus considérable de ce prélat est celui qui a pour titre : Nolizia com- pendiosa dei monasterj della Trapa fondati dope la rivoluzione di Francia, Turin, 1794 L'au- teur, dont le style est estimé , a laissé plusieurs manuscrits qu'on se propose, diton, de faire imprimer
  • Jean-Baptiste CAPRARA( 1733 - 1810) : cardinalprêtre, du titre de StOnuphre, archevêque de Milan, légat a latere du saintsiège, comte et sénateur du royaume d'Italie, grand dignitaire de l'ordre de la Couronne de fer, naquit à Bologne, le 29 mai 1733, de François, comte de Montecocolli, et de MarieVictoire, dernier rejeton de la maison Caprara. Il prit dans le monde le nom de sa famille maternelle, entra fort jeune dans l'état ecclésiastique, et se livra particulièrement à l'étude du droit politique. Benoît XIV ne tarda pas à distinguer son mérite, et le nomma vicelégat à Ravenne avant qu'il dit atteint l'âge de vingtcinq ans. En 1767, Clément XI il l'envoya, en qualité de nonce, à Cologne; il y mérita, par son urbanité, l'estime de l'impératrice MarieThérèse, qui demanda pour lui la nonciature de Lucerne. Elle lui fut conférée par Pie VI, en 1775. Dans ce poste difficile, il éteignit les dissensions, et se lit généralement estimer. Nommé, en 1785, à la nonciature de Vienne, il fut honorablement accueilli par Joseph II, et' par son ministre, le prince de Kaunitz. Riche de son patrimoine et des biens de l'Église, il appliqua ces derniers à leur véritable destination, en les distribuant aux pauvres, et surtout aux habitants de l'un des faubourgs de Vienne, qui fut submergé par une inondation. Il reçut le chapeau de cardinal le 18 juin 1792, et fut rappelé à Rome en 1793 . Témoin des troubles que la révolution française excita dans cette ville, il en fut affecté jusque dans sa santé, et l'on craignit mème pour ses jours. Il fut nommé, en 1800, évêque d'Iési. Son diocèse était en proie à la plus affreuse disette; il part de Rome le 7 janvier, par un froid rigoureux, parcourt les villes et les campagnes, fait vider ses greniers, se dépouille de tout son argent, emprunte des sommes ccinsidérables pour acheter des grains et des farines, qu'il fait distribuer à tous les indigents. C'est au milieu de ces travaux vraiment apostoliques que, par un bref du 4 septembre 4804, il fut nommé légat a latere près le gouvernement français . Sa mission avait pour Le cardinal Caprara, depuis son retour à Rome, avait rendu de grands services à la chose publique. Au mois de septembre 1796, il fut appelé par le pape Pic VI à faire partie de la congrégation des cardinaux chargées d'examiner les conditions de paix proposées par le directoire. Ett 1798, il eut mission d'aller à Florence réclamer. les secours en argent dont avait besoin le gouvernement romain. Il jouissait au reste, influe parmi les révolutionnaires de France, d'une grande réputation d'habileté. On peut citer à cet égard le passage suivant ciré du Monileur du 18 brumaire an 8 : « Nous terminerons cette liste, déjà un peu longue, par l'éloge du cardinal Caprara : « voici ce qu'en dit l'auteur des Mémoires de Pie VI , tc qui parait avoir été bien informé « ll s'est constamment opposé « aux mesures insensées qui eurent le voeu de la majorité des car« divaux. Il a de l'esprit, de la sagacité, autant d'honnèteté que a peut en avoir un cardinal italien, et plusieurs des qualités qui for« ment l'homme d'État ; » mais il est à Venise ; mais il a été long« temps nonce auprès de la cour de Vienne. Nous ne répondrions pas do son impartialité dans le conclave. » D—n —n. On peut juger de la circonspection que le cardinal Caprara mit dans l'accomplissement de sa mission par le passage du discours que, VI. objet le rétablissement du culte. Le cardinal entra dans les vues de Napoléon, et le concordat rendit la paix à l'Église et à la France. Le 18 avril, jour de Pâques 1802, les consuls, le sénat, les ministres, et toutes les autorités civiles et militaires, se réunirent dans l'église NotreDaine. Le cardinal Caprara célébra la messe, entonna le Te Deum, et le culte fut rétabli. Le 28 mai 1805, il sacra Napoléon roi d'Italie, dans la cathédrale de Milan . Dans les relations qu'il eut, pendant près de neuf années, avec le gouvernement français, il sembla devoir plutôt à son noble caractère qu'à ses dignités l'estime et la considération dont il jouissait. Devenu aveugle et infirme, il mourut à Paris, le 21 juin 1810, âgé de 77 ans. Son corps, revêtu des habits pontificaux, fut exposé pendant plusieurs jours dans sine chapelle ardente. Un décret impérial ordonna qu'il serait inhumé dans l'église de SteGeneviève, etses funérailles eurent lieu le 23 juillet, avec la plus grande solennité. L'oraison funèbre fut prononcée par M. de Rozan. Le cardinal Caprara légua tous ses biens à l'hôpital de Milan. Il a fait imprimer : Concordat et Recueil des bulles et brefs de If S. P. le pape Pie VII sur les affaires actuelles de l'Église de France; décret pour la nouvelle circonscription des archevêchés et évéchés ; publication du jubilé et indult pour la réduction des fêtes, par S. E. , etc. , en latin et en français, Paris, an 10 avec un tableau
  • Jean-Baptiste CARAFFA : est auteur d'une histoire de Naples, Istorie del regno di Napoll, Naples, 1572 elle est divisée en 10 livres, s'étend depuis l'an 1°' de JésusChrist jusqu'à l'an 1481, et est précédée d'un discours sur Pori. gine des familles nobles de la ville de Naples. Le mère publia un traité de Simoniis, 1566 — Placide CARAFFA., historien de Sicile, né à Modica au commencement du 17' siècle, a composé : Sicanice Descriptio et Dclineatio, in qua ulierioris regni Sicilice partes , oppida, littora, brerikr describuntur, Palerme, 1655 Motucce illustraice Descriptio sine Delineatio, Palerme, 1654 : c'est la description de la patrie de l'auteur. Burmanli a inséré ces deux ouvrages dans sa collection. 50 La Chiave delta' ltalia, compendio istorico della cittit di Messina, Venise , 1670 rare ; cette histoire de Messine remonte à l'an du monde 1974, et s'étend jusqu'à l'an 1670 de J.C. — Joseph. CARAFF41, savant italien du 18° siècle , est connu par divers ouvrages estimés, entre autres par celui qui a pour titre : de Gymnasio romano, et de ejus professoribus, ab urbe concilia taque ad hoec lerupora, libri 2 , Rome, 1751 Il avait publié dans la même ville , en 1749 : de Capella regis utriusque Sicilice et alioruin principum liber sinus. — François CARAFFA, prince de Colobrano , poête italien du 18e siècle. On a de lui : Rime varie, Florence, 1750,
  • Jean-Baptiste BRUNET( 1765 - 1824) : général français, naquit à Reims en 1765; il était fils d'un retordeur de cette ville, et non, comme le disent la Biogra- phie nouvelle des contemporains et celle de Rabbe et Boisjolin, du général en chef qui fait le sujet de l'article précédent. Le lieutenant général Brunet servit dans le régiment d'Enghien qui fut employé dans les colonies, et il sortait de ce corps avec le grade de sergent quand la révolution éclata. Lors de la formation de la compagnie franche de Reims, comme il avait été un des officiers instructeurs pour l'organisation de la garde nationale, les volontaires de cette ville le nommèrent leur capitaine. Il partit avec cette troupe, le 6 août 1792, la dirigeant sur la Lorraine envahie par Farinée prussienne. Ce petit corps s'étant augmenté par de nouveaux enrôlements, Brunet devint chef de bataillon en avril 1793, ensuite chef de brigade commandant la 9 d'infanterie légère. Il combattit à la tète de ce corps à Fleurus sous les ordres de Lefebvre, devint général de brigade à l'armée du Bbin en 17P8, et se distingua en 1800 dans la campagne d'Italie. Brunet lit partie de l'expédition de St- Domingue en 1801 ; il y commandait l'avantgarde du général Rochambeau, et il y obtint le grade de lieutenant général. Au commencement de l'année 1802, il enleva aux noirs les forts de la Liberté, de l'Anse et de la Hougue, et s'empara de la personne de Toussaint Louverture. Il commandait la place du Mole, le I 8 novembre, quand il fut attaqué par les noirs qu'il laissa pénétrer jusqu'à l'entrée de la ville, et il en lit ensuite un grand carnage. Le général Brunet remplaça Watrin dans la partie du sud et de l'ouest de cette île, et il eut après le général Desbureaux, son compatriote, le commandement des Cayes StLouis. C'est à cette époque que plusieurs noirs et- hommes de couleur furent arrétés_et remis à un lieutenant de vaisseau qui les transportait en pleine mer pour les noyer. Le général Brunet fut sans doute étranger à cet acte de cruaulé : car tous ceux qui l'ont connu s'accordent à le représenter comme naturellement bon. Ce crime est reproché à d'autres hommes encore vivants, et que pour cela nous nous abstiendrons de »camer. Brunet obtint le grade de général de division en 1805. Ayant été obligé de quitter StDomingue, il fui pris, dans la traversée, par les Anglais qui le gardèrent prisonnier jusqu'à la restauration, en 1814. Rentré dans sa patrie, il reçut la croix de StLouis, et résida aux environs de la capitale jusqu'au mois de juin 1815 qu'il reprit du service, et commanda sous les murs de Paris. 11 adhéra alors à toutes les mesures prises contre les Bourbons. Ayant cessé d'ètre employé au second retour du roi, il se retira à Vitry, et il y mourut le 21 septembre 4824. Le père de Brunet était dans une position voisine de l'indigence ; mais ce général, dès qu'il put le faire, remplit envers lui les devoirs d'un bon
  • Jean-Baptiste CASANOVA( 1731 - 1798) : frère du précédent, naquit à Londres en 1751. Il eut comme pe et comme historien de l'art une certaine célébrite en Allemagne. Élève de Mengs , il fut comme lui fort lié avec Winckelmann ; mais il ne partagea pas l'enthousiasme parfois aveugle de cet érudit pour tout ce qui portait le cachet de l'antiquité. Pour . mettre à l'épreuve la sagacité de l'antiquaire, Casanova lui envoya deux tableaux peints par lui à l'imitation de ceux qu'on avait trouvés à Jérusalem, en les lui annonçant comme récemment découverts. Winc- kelmann ne manqua pas d'y être trompé, et il inséra la gravure de ces deux tableaux dans la 4" édition de son Histoire de l'art chez les anciens , en les accompagnant d'une pompeuse description. Casanova était professeur et directeur de l'académie de Dresde, où il mourut en 1798. 11 a formé plusieurs élèves ; ses écrits sur l'art et sur les monuments anciens font autorité en Allemagne. Il les avait d'abord composés en italien ; il les publia ensuite en allemand, Leipsick, 1771
  • Jean-Baptiste CAVAZZA( 1620) : peintre et graveur, naquit à Bologne vers 1620. Disciple du Cavedone et du Guide, on trouve dans quelquesuns de ses tableaux une heureuse imitation du style et de la manière de ces deux grands maîtres. Il avait orné plusieurs églises de Bologne de ses ouvrages, entre autres celles de la Madonna delle Libertà et dell' Annonciata. Cavazza composait avec noblesse ; son dessin était pur et son coloris agréable. Il a gravé luimême quelquesunes de ses compositions. Les curieux font un cas particulier de ses gravures
  • Jean-Baptiste CARRIER( 1756) : né en 1756, à Yolai, village près d'Aurillac dans la haute Auvergne, était un obscur procureur quand les désordres de la révolution conumencèrent. Nommé député, en 1792, à la convention nationale, il contribua à faire établir le tribunal révolutionnaire, le 10 mars 1793, et, en toute occasion, se montra l'un des plus ardents à persécutes' et à proscrire. Il avait entendu dire que la France était trop peuplée pour recevoir la république; il fut d'avis de la dépeupler. On l'entendit un jour, en déjeunant dans un café de Paris, soutenir que, pour rendre la république plus heureuse, il fallait supprimer au moins la moitié de ses habitants. Il vota la mort de Louis XVI, et, le fi avril, il demanda un des premiers l'arrestation du duc I d'Orléans, et concourut puissamment à la révolution , du 31 mai. Après avoir été une première fois en mission en Normandie, où les patriotes modérés des provinces de l'Ouest avaient essayé de se défendre par un soulèvement, Carrier fut envoyé à Yanies, où il arriva le 8 octobre 1795. La guerre civile était en ce moment dans toute son ardeur. Les victoires des Vendéens, la peur qu'ils inspiraient, as aient tourné en rage les sentiments déjà fort exagérés du parti opposé. L'incendie des villages, les massacres avaient déjà commencé. Quelques généraux, des représentants en mission, dont la conduite a depuis passé pour modérée, gràce à leur successeur Carrier, avaient déjà permis ou commandé beaucoup de cruautés. La convention envoya Carrier à Nantes, en lui recommandant de prendre des mesures de destruction et de vengeance plus rapides et plus générales. Carrier seconforma avec zèle à de telles instructions. La ville de Nantes, lorsqu'il y arriva, commen-çait à être en proie à une foule d'hommes féroces: il s'en entoura, et ils s'excitèrent mutuellement à des horreurs sans exemple. Les prisons étaient déjà remplies. L'entière défaite des Vendéens à Savenay accrut encore le nombre des prisonniers, et encouragea l'ardeur sanguinaire de Carrier et des hommes qui l'entouraient. Il trouva bientôt que les jugements informes et précipités qui envoyaient chaque jour à la mort une foule de prisonniers exigeaient de trop longs délais. « Nous ferons, disaitil « aux furieux dont il était environné, un cimetière « de la France, plutôt que de ne pas la régénérer « comme nous l'entendons. » D proposa aux autorités de la- ville de faire périr tous les détenus en niasse et sans être jugés. Après quelques débats, il résolut, malgré la résistance de plusieurs de ses agents, d'exécuter son projet. Il lit d'abord embarquer, le 15 novembre 479, quatrevingtquatorze prètres dans une barque, sous prétexte de les transporter ailleurs. Le bateau était à soupape, et pendant la nuit on le submergea. Peu de jours après, une seconde exécution pareille de cinquantehuit prêtres eut encore lieu ; elle fut suivie de plusieurs nutres. Ces horribles expéditions, auxquelles on donna le nom de noyades, et que Carrier luimême appelait baignades, et déportations verticales, étaient exécutées par d'infames satellites qu'il avait organisés sous le nom de compagnie Marat. Carrier, rendant compte à la convention de ses travanx, raconta • la mort de ces prêtres comme un naufrage heureux et fortuit. Son récit, qu'une sorte d'ambiguïté rendait plus atroce, mais non pas moins clair, se terminait par ces mots :« Quel torrent révolutionnaire , que Ils partirent au nombre de cent trente—deux; il en pêrit trentesix dans la route ou dans les prisons. Ils devaient etre silles à Ancenis; niais le commandant de l'escorte qu'on leur avait donnée,nomme Boussard, refusa d'exécuter l'arrêté dont i1taii pur- Carrier avait envoyés à Paris au mois de novembre 1793, et qui comparurent au tribunal au moment on ils pouvaient étre non plus victimes, tuais accusateurs, attirèrent sur Carrier l'exécration générale, et la voix publique demanda bientôt sa tète. Les charges étaient nombreuses, horribles; mais on n'avait aucune pièce signée de la main de Carrier. La convention hésitait; enfin., sur des avis qui leur furent donnés, quelques membres du comité de siireté générale envoyèrent à Nantes leur secrétaire général, qui rapporta deux ordres, signés de Carrier, de faire guillotiner cinquante à soixante individus sans jugement. Alors la convention traduisit Carrier au tribunal révolutionnaire. En vain Carrier représentatil qu'il n'avait fait qu'obéir à la convention ; qu'il s'était conformé à l'esprit général; que des mesures à peu près semblables avaient été prises dans plusieurs provinces; que, dans le méme temps, un décret authentique avait prescrit aux généraux de passer tous les Vendéens au til de la baïonnette, et de réduire en cendres tous les villages; que des colonnes infernales avaient exécuté cet ordre : « Pourquoi « blaguer aujourd'hui ce que vos décrets ont or- « donné? disaitil. La convention veutelle donc se « condamner ellemette ? Je vous le prédis, vous « serez tous enveloppés dans une proscription « évitable. Si l'on veut me punir, tout est coupable « ici, jusqu'à la sonnette du président. » Cette défense ne fut point écoutée. Il y avait de l'imprudence aux conventionnels à poursuivre ainsi Carrier, mais il y en aurait eu encore eavantagc à essayer de le défendre. Il répéta devant le tribunal la mente justification qu'il avait présentée à l'assemblée. L' de ce procès, qui dura deux mois, les dépositions des témoins, les récriminations de quelmies agents de Carrier contre lui , qui voulait rejeter les crimes sur eux, forment une pièce historique dont la lecture est difficile à soutenir. Carrier fut condamné pour avoir ordonné des exécutions arbitraires, dans des intentions contrerévolutionnaires; tant ceux qui l'envoyaient an supplice avaient des ménagements à garder avec euxmêtiiesi 11 marcha à la mort avec fermeté, le 16 décembre 1794, répétant qu'il était innocent. En se comparant à quelquesuns des hommes qui faisaient de lui une victime expiatoire, il pouvait ne pas se croire plus coupable qu'eux. La génération qui n'a pas vécu dans ces temps déplorables est beaucoup trop portée à se figurer ces hommes, fameux par le sang qu'ils ont versé, comme gens grandis par les circonstances, poursuivant leur dessein avec un oubli nécessaire de la morale et de l'humanité; excusés par le danger et l'impérieux besoin de la défense et de la victoire. Il n'en était pas ainsi rien de grand, rien de noble, rien de fort ne doit atténuer leurs crimes aux yeux de l'histoire. Ce n'était pas mènee l'erreur d'une opinion aveugle et fanatique, mais une exaltation factice, froide au fond, et s'enivrant volon- mut et tut rnis en prison â Angers. On voulut alors les noyer dans cette ville; le conventionnel lientz n'osa e.,écuter cette maure revolutionnaire, et Carrier l'appela le petit Noyeur, tairement de paroles déclamatoires. Ce n'était pas l'acharnement contre un ennemi qui résistait, contre une victime qui brave son bourreau ; car l'inhumanité était aussi complète contre le faible que contre le fort : le sentiment dominant qui troublait et entramait ces âmes ignobles, c'était une sorte de peur ardente, inspirée par de si terribles circonstances, cherchant à se faire illusion à ellenième, et se croyant courageuse parce qu'elle égorgeait des victimes sans défense. 11 s'y mélait une passion d'envie contre toute supériorité, une irritation féroce contre toutes les choses où s'était attachée une idée de respect et de devoir ; le besoin d'étourdir ses remords et de troubler sa propre raison achevait de pervertir ces esprits désordonnés ; l'autorité absolue et arbitraire confiée à des hommes qui n'en avaient jamais exercé aucune aurait peut-ètre suffi à elle seule pour les jeter dans une sorte d'aliénation. Tel est l'aspect qu'ont présenté aux contemporains la plupart de ces proconsuls de la conven—tion. Carrier est demeuré le plus fameux. Ceux qui voudront connahre cette époque de la révolution peuvent consulter les ouvrages suivants : 1° Rela- tion du voyage des cent trente- deux Nantais , imprimée à Paris, au niais de thermidor de l'an 2. Il s'en fit dix à douze éditions dans quinze jours, et elle a été traduite en plusieurs langues. 2° Dénon- dation des ( limes de Carrier, par Plielippes Tronjolly, imprimée en fructidor an 2 et 3' Rapport de Carrier sur les missions qui lui ont été confiées, imprimé par ordre de la convention nationale, vendémiaire et brumaire an 3, 2 parties 40 Noyades, Fusillades, etc., ou Réponse au rapport de Carrier, par Phclippes Tronjolly, Paris, an 3 5° Rapport fmii par la commission des vingt et un. pour examiner la conduite de Carrier, et Pièces remises d la commission, Paris, imprimerie nationale, brumaire an 3, 2 brochures 60 Bulletin du tribunal révolutionnaire, contenant le procès de Carrier el du comité révolutionnaire de Nantes, 66 numéros 70 Procès criminel des membres du comité révolutionnaire de Nantes, et de Carrier, ci- devant représentant du peuple, Paris, an 5, 4 vol. Su La Loire vengée, Paris, an 3, 2 vol. 90 Le Système de dépopulation, ou la vie et les crimes de Carrier, son procès et celui du comité révolutionnaire de Nantes, par Graechus Babeuf, Paris, an 3 Ce dernier ouvrage est curieux, et le nom de son auteur le rend plus remarquable
  • Jean-Baptiste CARUSO( 1673 - 1724) : en latin CARusi us, historien sicilien, naquit à Polizzi, près de Palerme, le 27 décembre 1675. La lecture des ouvrages de Bacon le dégoûta de la philosophie scolastique qu'on lui enseignait chez les jésuites de Palerme ; il se mit à étudier avec ardeur celle de Descartes et de Gassendi, et il finit par tomber dans le scepticisme. En 1700, ayant eu l'occasion d'accompagner à Paris deux jeunes gentilshommes, il fit connaissance avec les savants les plus distingués de cette capitale, et surtout avec le P. Mabillon, qui lui inspira le goût des recherches historiques. De retour dans sa patrie, il se livra exclusivement à cette étude jusqu'à sa mort, arrivée le 15 octobre 1724. On lui doit : 1. Memorie istoriche della Sicilia, dal tempo de suoi primieri abitatori, sino alla coronazione del rè Vittorio- Arnedeo, Palerme, 1716 Ce tome 1" ne va que jusqu'à l'an 1054; le tome 2°, qui va jusqu'aux vêpres siciliennes, et le tome 3, qui termine l'ouvrage, furent publiés par son frère, François Caruso, en 1745. 2° Historiai saraceno- siculce varia Monumenta, insérée dans le t.1 or, part. 2, des Rerum Italie. Scriptores de Muratori. 3° Bibliotheca historica Sicilice, seu historicorum de rebus Siculis a Saracenorum invasione ad Aragonensium principatum collectio, Palerme, 1720-1725, 2 vol. C'est un recueil de plusieurs historiens du moyen âge, dont les uns n'avaient jamais été imprimés, et les autres étaient devenus rares. On peut voir le détail des trente pièces que renferme cette collection dans Fabricius, Conspectus thesauri lutter. halice, p. 75-78. — Jérchne CARUSO, natif de Vitulano, dans le royaume de Naples, servait dans l'armée du duc d'Urbi!), au commencement du 17° siècle, et a publié une relation poétique des guerres auxquelles il avait eu part, sous ce titre : l'Historia in ottava rima, nella quale si racconta il verissimo successo del miserabile assedio e arresa della città di Vercelli. — Charles CA'luso, jurisconsulte sicilien, né à Girgenti, juge à l'audience royale de Messine, mort le 25 novembre 1690, a publié un grand nombre d'ouvrages ; les plus importants sont : 1° Praxis circa modum procedendi in civitibus super ritu regni Sicilice, 2' édition, Palerme, 1705 ; 2° Praxis circa modum procedendi in criminalibus, etc. , ibid. , 1655 , souvent réimprimé, avec les additions de son fils Joseph Caruso, mort à Palerme en 1706
  • Jean-Baptiste CASALI : savant antiquaire romain, se distingua dans le 17' siècle par des ouvrages encore recherchés : 1° de Profanis et sacris veterum Ritibus, Rome, 164-1 et 1615 , 2 vol. I fig.; réimprimé à Francfort en 1681. 20 De Veleri bus sacris christianorum ritibus Explanatio, Rome, 1647, in—fol., fig. 5° De Ritibus vegerum LEgyptio- 71411b, Borne , 1644 Francfort, 1681 traité curieux, mais trop superficiel. 4. De Urbis ac romani ohm imperii Splendore, Rome, 1560 C'est le plus estimé des ouvrages de Casali. On trouve cinq de ses dissertations dans le Thesaurus de Gronovius: 1. de Ritu nuptiarum veterum ; 2° de Tragcedia et Coma3dia ; 3. de. Tricliniis, Conviviis, Hospitalitale et Tesseris veterum ; 40 de l'hersais et Balneis veteram ; 5° de Insi- gnibus, Annulis et Fibulis
  • Jean-Baptiste CASOTTI( 1669 - 1737) : littérateur italien, naquit à Prato en Toscane, le 21 octobre 1669. Il lit ses études à Florence, et y donna dès sa jeunesse une telle opinion de ses connaissances et de ses ta-. lents qu'il fut envoyé à Paris avec le titre de secré- taire de la cour de Toscane auprès du baron Ricasoli, qui y résidait alors en qualité de ministre du grandduc. Il y devint l'ami de plusieurs gens de lettres distingués , et surtout des deux qui culti- vaient le plus particulièrement la langue italienne, Ménage et Regnier des Marais. De retour à Florence, ayant été ordonné prêtre, il fut fait recteur du collége ou de l'académie des nobles, et professa la philosophie morale et la géographie, puis l'histoire profane et sacrée dans l'université de Florence. Ce fut alors qu'il fut choisi pour donner des leçons d'histoire au prince électoral de Saxe, FrédéricAuguste , qui devint plus tard électeur de Saxe et roi de Pologne. Il accompagna ce prince à Venise, à Turin et dans d'autres villes d'Italie. L'électeur reconnaissant lui conféra dans la suite le titre de comte. Le grandduc de Toscane, Cosme III, avait pour lui une estime particulière. Casotti obtint, vers l'an 1720, un canonicat à Prato sa patrie, et, en 1726, la cure de l'ancienne église I de SteMarie dell' impruneta dans l'évêché de Flo- rence:1Iri avait publié en 1714, sur cette cure, des mémoires historiques écrits en italien, et remplis de recherches curieuses relatives à l'histoire du moyen âge, dans laquelle il était trèsinstruit. Il mourut le 16 juillet 1737, et légua ses biens et ses livres à la cathédrale de Prato. Ses autres principaux ouvrages sont : 1° Notizie storiche intorno alla vita e alla nuova edizione delle opere di monsignore Giovanni della Casa, imprimé dans le 1" Yoluine de ses ; 3° della Fonda- zione del regio monastero di S. Francesco delli Sca- rioni di . Napoli, Florence, 1722 ; lo Pratenses olint prœpositi nunc episcopi, etc. Les ouvrages de Casotti sont remplis d'érudition ; niais comme il arrive souvent aux érudits, il la rend fatigante par la surabondance méme et par le défaut d'ordre, de goût et de sobriété
  • Jean-Baptiste CASTI( 1721) : célèbre poète italien, naquit en 1721, fit ses études au séminaire de Montefiascone, y fut ensuite professeur, et obtint un canonicat dans cette cathédrale. Il eut de bonne heure beaucoup de goût pour les voyages. Après en avoir fait un en France , il retourna en Italie. Le duc de Rosemberg, qu'il avait connu à Florence , gouver- i neur du prince de Toscane Léopold, depuis grand- duc, et ensuite empereur, étant de retour à Vienne, engagea l'abbé Casti à l'y aller joindre, et le présenta à Joseph H. Ce monarque avait assez d'esprit pour apprécier celui de notre poète, et il l'admit souvent à ses entretiens familiers. Casti , dans cette COU!., chercha et saisit toutes les occasions d'en visiter d'autres, en s'attachant à plusieurs ambassades, mais sans fonctions et sans titre. C'est ainsi qu'il fut présenté à l'impératrice de Russie , Catherine II. Aussi capable que Joseph II de goûter son esprit, elle lui lit l'accueil le plus flatteur. Il vit aussi la cour de Berlin, et quelques autres cours d'Allemagne. De retour à Vienne, le prince de Rosenberg, son ami, qui était directeur des spectacles de la cour, lui fit donner, après la mort de Métastase, le titre et l'emploi de poela cesareo , ou poète de l'empereur. Après la mort de Joseph II, auquel il était personnellement attaché, il demanda sa retraite et alla se fixer à Florence, où il a composé une grande partie de ses ouvrages. En 1798, il vint à Paris. Quoique déjà fort âgé, il conservait toute la force et toue l'activité de son esprit. Sa gaieté, sa naïveté douce- ment maligne, son expérience du monde, et les ob- servations qu'il avait faites dans les cours oit il avait voyagé, rendaient sa conversation extrêmement pipante , et , ce que le genre de ses poésies pourrait ne pas indiquer aussi bien, son caractère était solide, sa conduite régulière .. il joignait enfin aux qualités aimables celles qui inspirent et qui forcent même , l'estime. Jusque dans ses dernières années, il écrit vait sans cesse, ne passait aucun jour sans faire tantôt une nouvelle, tantôt quelque correction ou quelque addition à son grand poème, et composait souvent dans une seule matinée dix ou douze octaves. Loin d'ètre refroidie par la vieillesse, sa tète était si ardente, qu'il était quelquefois obligé de recourir à des moyens pour ainsi dire mécaniques pour la calmer. Par exemple , il avait sur son lit , où il travaillait toujours, un jeu de cartes, et, quand il sentait son imagination trop exaltée et trop tendue , il jouait tout seul et tout haut une partie , riait comme un ' enfant des bons coups qu'il se faisait à luimême, puis se remettait gaiement au travail. Dans le mois de février 1805, étant sorti fort tard, et par un trèsgrand froid , d'une maison où il avait dîné, il fut , saisi et comme frappé subitement d'un mal qui ne laissa aucune prise aux secours de l'art. Il avait 82 ans, et sa mort parut prématurée. Un grand nombre de gens de lettres italiens et français assistèrent à ses funérailles. Le docteur Corona , savant médecin italien., y prononça un discours éloquent, dont l'extrait fut inséré en français dans la Décade philosophique. Les deux principales productions de Casti sont ses Nouvelles galanies et ses Animaux par/ants.Douze de ces nouvelles avaient été imprimées en Italie , sans nom d'auteur ni de lieu , sans date et trèsincorrectement ; elles furent réimprimées avec beaucoup de soin à Paris, sous ce titre : Novelle galanli dell' ab. C. nuova edizione corretta et ricorret ta, Londres , Molini, 1793 Dans les dernières années qu'il passa en Ita- lie, et depuis son arrivée à Paris , Casti augmenta considérablement ce recueil. A sa mort, il se montait à quarantehuit nouvelles, qui furent imprimées l'année suivante : Novelle di Giamb. Cash i in 5 vo-/umi, Paris, an 12, 1804. Il y en a plusieurs qui sont des poèmes d'une certaine étendue, telles que l'Ori- gine di Roma, en 2 parties, 11 Apoteosi, idem, et la Papeîsa, en 5. Elles sont presque toutes extrêmement libres , niais d'un style plein de vivacité, d'originalité et d'élégance . C'est à Paris qu'il termina et qu'il eut la satisfaction de faire imprimer son grand poème : Gli Animali parlanti, poema epi- co, divis° in 26 canli, di Giamb. Casti, Paris, an 10 , 5 vol. . On a mis à la fin quatre longs apologues ou petits poèmes du même auteur et du même genre, mais étrangers à l'action des Animaux parlants. On a fait depuis plusieurs éditions de ce poème en Italie, où il a placé l'auteur parmi les poètes du premier rang. La licence qui y règne quelquefois, et plus habituellement dans ses nouvelles, a blessé quelques esprits sévères; mais il faut avouer que , chez une nation dans laquelle les nouvelles de I3occace sont classiques, on aurait un peu mauvaise grâce à rejeter celles de Casti. Peu de temps après son retour de Russie, il avait composé un poème satirique en 12 chants , dont la cour de Catherine II lui avait fourni le sujet, et Poeena Tartaro; l'action est transportée en Asie, et sous des noms supposés. La Russie est ap- pelée il/ ego/ ha; StPétersbourg, Caracora; l'impé- ratrice, Cattuna; le czar Pierre III, son mari, Ottai; le grandduc Paul , qui a régné depuis , Cajucco ; Orloff le favori , Cus/ ucco; son frère Alexis, Ataja ; ses autres frères, Cas, Patuff et Taffer ; le favori Potemkin , Toto Toctabei , etc. L'ouvrage n'est pas toujours aussi plaisant que le sujet et tout cet appareil semblentTannoncer. Il est vrai qu'on ne l'a point encore tel Plusieurs de ces nouvelles ont été imitées par des pates français, entre autres la Bulle d' Alexandre VI, par Andrieux, Paris, an 9 , brocb. ; les Culottes de SI. Griffon par Villetard, Paris, 48e Autre édition, Paris, Baudry, 1820, 3 vol. ; autre, Paris, BrissotThivars, 4823, 3 vol. Les Animaux parlants ont été traduits en vers et librement par M. Louis Mareschal, Paris, Brissot- Thivars, 4819, 2 vol. i5-80; en prose, par M. P. Paganel, Lige et Paris, 4818, 3 vol. iate.i musique de Paesiello a beaucoup contribué ; mais l'ouvrage même a un degré de mérite fort rare dans ces sortes de pièces. L'origine en est remarquable. Ce fut Joseph II luimême qui donna ce sujet à traiter à son poeta cesareo; et les traits les plus piquants, tels que , Senza soldi e senza regno Brutta cosa è Fesser Re; et : Che ne dici tu, Taddeo? È un birbante, è un conte, è un Re? Quai Berna, quai Asmodeo . Mi dirà cite diavol è? ' furent ceux dont l'empereur s'amusa le plus. Or connaît un autre opéra bouffon de Casti , peut-ètre encore plus original, dont Cicéron est le héros, et la conjuration de Catilina le sujet. On croirait qu'il n'y aurait pas là le mot pour rire, et cependant, quand on a pris son parti de ne se pas fâcher de cette espèce de profanation de l'un des noms les plus respectables, on y rit presque d'un bout à l'autre. La grande aria buffa du rôle de Cicéron est la composition de sa belle harangue contre le conspirateur. Il cherche dans sa tète, essaye plusieurs débuts, et est enfin au comble de la joie quand il a trouvé quo usque tan- dem, qu'il va , ditil , improviser au sénat, Alfine , alfa l'ho ritrovato, etc. Le sénat assemblé, on fait silence, après que les sénateurs ont chanté tous ensemble: Or cominci Forazione Marco Tullio Cicerone. Il prononce sa harangue , interrompue vingt fois par des vivat et des bravo; enfin cette célèbre séance du sénat forme le final le plus comique. Plusieurs autres ouvrages inédits de différents genres sont à Paris , entre les mains d'un digne et fidèle ami de la mémoire de l'auteur
  • Jean-Baptiste CAVAIGNAC( 1762) : conventionnel, né à Gordon, dans le Rouergue, en 1762, était fils d'un magistrat qui fut employé par Necker dans les administrations provinciales. Après avoir achevé ses études à Toulouse, il se fit recevoir avocat au parlement de cette ville, où il exerçait, lorsque la révolution commença. Il s'en montra un des plus zélés partisans, et fut d'abord municipal , puis administrateur du département de la HauteGaronne, qui le nomma, en 1792, l'un de ses députés à la convention nationale. Cavaignac prit la parole pour la première fois dans cette assemblée, chargé d'un rapport sur les habitants de Verdun que la convention avait proscrits en masse, lorsqu'elle apprit la reddition de cette ville. Cavaignac demanda la suppression de ce décret, et il proposa de ne faire Ime la peine que sur quelques Individus, notamment les membres des autorités civiles et militaires qui avaient contribué à la reddition, ce qui pouvait être juste ; mais ce qui ne l'était pas certainement, c'est que Cavaignac s'efforça, dans son rapport, de faire peser aussi la responsabilité de cet évenement sur des prêtres et sur des femmes qui y étaient tout à fait étrangers; il signala quelquesunes de ces dernières comme ayant assisté à un bal donné par les Prussiens, et comme ayant présenté au roi de Prusse des dragées et des fleurs. On sait les résultats de cette accusation pour les malheureuses filles de Verdun, dont le poète Delille a déploré dans des vers si touchants la triste destinée. Dans le procès de Louis XVI, Cavaignac vota pour la mort, sans appel au peuple et sans sursis à l'exécution, déclarant que «ce vote terrible ne laissait dans son âme d'autre « amertume que celle qu'éprouve toujours l'homme « sensible, lorsque son devoir lui impose la cruelle « obligation de prononcer la mort de son sembla« ble... Un décret m'assure que demain la conven« tion s'occupera du sort du reste des Bourbons ; « je n'ai d'autre voeu à former que celui de voir « bientôt ma patrie débarrassée de tout ce qui peut « faire ombrage à la liberté... » Cavaignac fut ensuite envoyé commissaire en Bretagne avec Merlin et Gillet; et dans un de leurs rapports, qui fut lu à la 1, ' séance du 26 juin 1795, ces députés firent connai- tre les mauvaises dispositions d'une grande partie de la Bretagne, à l'égard de la révolution du 51 mai. Il fut ensuite présent aux premières opérations des arillées de la république contre les Vendéens, et il 1y montra du courage. On lut à la convention plu- sieurs de ses rapports sur cette guerre déplorable, et tous sont empreints du caractère de cruauté et de violence de cette malheureuse époque. Revenu à l'assemblée, Cavaignac dénonça le patriote Palloy comme un tartufe qui, sachant que l'on égarait les peuples avec des mots, avait calculé qu'une révolu- lion est un champ vaste pour un intrigant adroit. Envoyé de nouveau sur la frontière d'Espagne avec Pinet, Cavaignac écrivit d'Auch, dans le mois d'octobre 1793, « qu'il secondait l'apostolat philosophi« que de Dartigoyte, en brûlant dans un tombereau « deux vierges à miracles et une foule de saints et ' « de reliques... » Et quelque temps après il annonça le supplice de dix individus qui avaient, ditil, outragé ce même Dartigoyte. Mais ce fut surtout dans le département des Landes que cette mission de Cavaignac et de Pinet prit un caractère de férocité remarquable, même à cette horrible époque. Une simple lettre, adressée par un homme obscur à l'un de ses amis en Espagne, leur suffit pour établir une vaste conspiration, et faire arrêter les hommes les plus paisibles, les plus estimables de la contrée, qu'ils parcoururent à la tête d'une nombreuse gendarmerie , arrêtant sur le moindre soupçon tous ceux qu'ils rencontraient. Et tous ces malheureux, à peine arrivés dans les prisons de Bayonne , de MontdeMarsan ou de StSever, furent conduits à l'échafaud... « La com« mission extraordinaire que nous avions créée il u Bayonne , nous avait suivis de près.... Une « guillotine avait été apportée et dressée sur la « place de StSever.... Déjà huit des chefs ont payé « de leurs têtes_ Chaque jour en voit rouler quel« qu'une sur » On a voulu excuse' Cavaignac en rejetant sur son collègue Pinet les faits les plus odieux de cette mission : niais Prudhomme dit au contraire, dans son Histoire des crimes de la révolution, que c'est à Cavaignac seul qu'appartient l'horrible fait relatif à une jeune personne , qui aurait consenti à se déshonorer pour soustraire à l'échafaud son malheureux père, que Cavaignac aurait néanmoins fait périr ensuite .... Après le 9 thermidor, beaucoup d'habitants de ces contrées le dénoncèrent à la convention ; et l'on insista surtout dans ces dénonciations sur le fait atroce de mademoiselle de Labarrère. La société populaire de Rayonne même écrivit à plusieurs reprises contre lui et son collègue. Lecomte le dénonça d'une manière non moins positive, mais ces plaintes n'eurent aucun résultat; et ce qui contribua sans doute beaucoup à en atténuér l'effet, c'est que Cavaignac s'était réuni au parti triomphant , et qu'après avoir si bien secondé le système de terreur et de sang, il invoquait alors la justice et l'humanité... Durand de Maillane et Boissy d'Anglas firent passer à l'ordre du jour sur toutes ces récriminations ; et Cavaignac remplit encore en 1795 une mission à l'armée de Rhin et Moselle. Il en était revenu lors de l'insurrection du 10r plairial an 3, époque où s'étant montré fort opposé aux terroristes, il fut chargé de diriger contre eux la force armée. Près d'être immolé comme Féraud, il ne dut son salut qu'au zèle d'un garde national à qui la convention décerna un sabre d'honneur. Dans la journée du 13 vendémiaire an 4, lors de l'insurrection des Parisiens contre la convention, Cavaignac fut adjoint à Barras pour diriger la force armée, et il eut quelque part à la victoire que Bonaparte contribua plus efficacement encore à faire remporter par les troupes conventionnelles et par les terroristes devenus leurs auxiliaires. Il passa ensuite au conseil des cinqcents, où il ne resta que jusqu'en 1797. A cette époque on vit l'homme qui avait autrefois dirigé des ar- Dans la Biographie des Contemporains, ouvrage particulièrement consacré à nier ou à excuser tous les torts et tous les crimes de la révolution, on a démenti l'assertion de Prudhomme répétée par la Biographie des hommes rivants; mais nous avons pris sur les lieux de nouveaux renseignements, et il en résulte que le fait atroce sur mademoiselle Labarrère appartient tout entier à Cavaignac, et non point à Pinot ; que le premier de ces représentants était bien alors à Dax, et qu'il parcourait à celte époque tout le département des Landes pour y remplir son horrible mission ; qu'ainsi il n'est pas possible, _comme ou l'a prétendu, de prouver un alibi. On ajoute que la demoiselle de Labarrère, l'une des beautés tes pins malheureuses accomplies qui aient jamais existé, disparut de la ville de Dax quelques jours après la mort de son père, et qu'on ne l'y a jamais revue. On ne doit pas non plus conclure de ce que la convention n'a point admis, après le 9 thermidor, la dénonciation de ce fait, qu'il ne soit pas exact. Cette assemblée était alors bien éloignée de vouloir punir tous les crimes de la terreur, surtout quand il s'agissait d'un député qui avait concouru à la chiite de Robespierre et qui appartenait ainsi au parti destinant de celte époque. niées, l'homme qui avait porté l'épouvante dans tant de contrées, remplir un modeste emploi de receveur aux barrières, puis d'administrateur de la loterie. Comme quelquesuns de ses collègues, offre du moins , par son peu de fortune , la preuve que, s'il avait abusé de son pouvoir, ce n'était ni par ambition, ni par cupidité. Âpres le 48 brumaire, la chute tle son ami Barras le priva de tout crédit, et ce ne fut qu'a la paix d'Amiens qu'il parvint à se faire nommer commissaire des relations commerciales à Maskate dans le fond de l'Arabie, où il ne put se rendre que par file de France et Pondichéry. Cavaignac y était à peine , que la guerre ayant recommencé avec l'Angleterre, il fut inquiété et bientôt forcé de s'éloigner. Revenu dans sa patrie, il la quitta de nouveau pour se rendre à Naples , où le roi Joseph Bonaparte le chargea d'organiser l'administration de l'enregistrement et des domaines. Après le départ de Joseph, Murat, qui le remplaça, lit Cavaignac conseiller d'État et commandeur de l'ordre des DeuxSiciles. Lorsque Murat se brouilla avec son beaufrère Napoléon, et que celuici rappela tous les Français tin service étranger, Cavaignac donna sa démission de tous ses titres et emplois pour revenir en France. 11 se trouvait à Paris lors du retour cle l'île (l'Elbe en 1815. I1 fut nommé, dans le mois de juin, préfet de la Somme, mais il n'avait pas même eu le temps de prendre possession de cet emploi quand Louis XVI I t fut rétabli. La loi de 1816 contre les régicides l'obligea de quitter la France, et il se réfugia à Bruxelles, où il mourut le 24 mars 1829. — Son fils, l'un des accusés de la conspiration d'avril 1851, a prononcé dans sa défense devant la cour d'assises cette phrase remarquable : « Mon père fut un de ceux qui, (bris le “ sein de la convention nationale, proclamèrent la « république à la face de l'Europe alors triom« pliante. Il la défendit aux armées : c'est pour cela « qu'il est mort dans l'exil après quinze années de e proscription. Et tandis que la restauration elle« mème était forcée de laisser à la France les fruits « de cette révolution qu'il avait servie ; tandis « qu'elle prodiguait ses faveurs à ces hommes que « la république avait créés, mon père et ses collé« Bues soue tiraient seuls pour la grande cause que tant « d'autres trahissaient, dernier hommage de leur u vieillesse impuissante à la patrie que leur jeunesse « avait si vigoureusement défendue. » M—D
  • Jean-Baptiste CERVONI : général français, naquit à Soveria , petit village près de Corte en Corse. Thomas Cervoni, son père, avait figuré dans la guerre de l'indépendance parmi les partisans les plus dévoués de Paoli. Après la réunion de la Corse à la France, en 1769, il s'exila volontairement , et suivit Clément Paoli en Toscane avec un grand nombre de ses compatriotes. Ayant choisi la ville de Pise pour résidence, Cervoni profita de cette circonstance pour donner une bonne éducation à son fils, en lui faisant étudier d'abord les belleslettres et plus tard les Instituts de Justinien, afin qu'il suivit la carrière du barreau. Mais ses projets n'eurent pas le succès qu'il s'en était promis , car son fils porté à l'étude . Après le soulèvement de la Corse contre la convention, Cervoni accompagna Saliceti au siége de Toulon, oit il se distingua. Voici ce qu'écrivait ce représentant à Barthélemy Aréna, le 26 décembre 1793 : « Ton « frère Joseph et tous les Corses qui ont assisté au « siège de Toulon ont combattu avec beaucoup de « courage; aussi en récompense ils ont tous augmenté « de grade. Bonaparte a été nominé général de bri« gale, et ton frère et Cervoni chefs de brigade. Je « m'occupe sans repos des préparatifs et de l'ar« mentent des vaisseaux destinés à l'expédition de « Corse..... » Après la prise de Toulon, Cervoni fut chargé de rendre compte de cet événement à la convention, et bientôt nominé adjudant général, puis général de brigade. Envoyé à l'armée d'Italie, il concourut, le 24 germinal an 4 , à la victoire de Dego , où Provera fut fait prisonnier. A Lodi, il était du nombre des généraux qui ?immortalisèrent. Nominé en 1799 général de division, il lit partie de l'armée destinée à l'invasion de Home ; et, lorsque la république romaine fut proclamée, il se rendit auprès de Pie VI et lui annonça glue le peuple avait changé la forme du gouvernement Pie VI protesta, et son refus donna lieu à tous les actes de violence qui marquèrent les derniers temps du règne de ce malheureux pontife. En 1>.00 , Cervoni passa en Corse pour prendre , avec Saliceti, le commandement d'une expédition projetée contre la Sardaigne; niais cette expédition n'eut pas lieu, à cause des troubles excités dans l'île par des émissaires des consuls de Russie et de Toscane, qui dirigèrent secrètement cette diversion pour préserver les États du roi de Sardaigne. Appelé après le 18 brumaire au commandement des départements Ce générai Casabianca, homme assez médiocre et parent éloisgné du pair de France froy. CàSABIANCA), a été assassiné par sa femme a_Avignon, vers 4802. rde devenir maréchal , et il en aurait probablement reçu le 'Aton après la guerre de 1809 ; niais la mort mit un terme à son ambition. On a dit que Napoléon avait peu d'attachement pour lui, et l'on a lieu de croire qu'il connaissait ses idées républicaines. Ce qu'il y a de sen., c'est que Cervoni était digne de figurer parmi nos plus brillantes illustrations militaires
  • Jean-Baptiste CHAMPAGNE( 1643 - 1688) : peintre, neveu et élève de Philippe , naquit à Bruxelles en 1643. Moins excusable que son oncle, qui du moins n'avait pas vu l'Italie, JeanBaptiste Champagne ne put se débarrasser, dans la terre même des beauxarts, où il passa quinze mois, du goût commun de son pays. Lorsque son oncle eut perdu sa femme et son fils, il appela près de lui JeanBaptiste, qui, ayant une manière trèsrapprochée de la sienne, l'aida dans un grand nombre d'ouvrages. Leur union fut trèsintime, et JeanBaptiste Champagne était digne, par la douceur de ses moeurs, de l'amitié que son oncle lui avait vouée. Quant à ses talents, ils n'égalaient pas ceux de Philippe ; niais si sa manière avait moins de force et de vérité que la sienne, elle en approchait assez pour qu'après la mort de Philippe, il fût chargé de terminer les tableaux que celuici avait laissés imparfaits. Reçu à l'académie, JeanBaptiste Champagne devint professeur, et mourut en 1688, à l'âge de 45 ans. La plupart des ouvrages de ce peintre furent placés dans plusieurs églises de Paris, à Vincennes et aux appartements des Tuileries. Le musée du Louvre n'en possède aucun
  • Jean-Baptiste CHARLET( 1650 - 1720) : né à Langres, le 29 août 1650 , embrassa l'état ecclésiastique. Après avoir été chanoine de la collégiale de GranceyleChatel, il fut prieur d'AhuylezDijon, et devint, en 4717, doyen du chapitre de Grancey. Il consacra une partie de sa vie à réunir des matériaux pour l'histoire du diocèse de Langres et de la Bourgogne, mais s'occupa plus spécialement des antiquités de cette partie de la France et des hommes illustres auxquels elle a donné naissance. Les nombreux manuscrits qu'il a laissés, et qui appartiennent presque tous à l'auteur de cet article, prouvent que Charlet réunissait à une instruction très-étendue un zèle et une patience de bénédictin ; mais ses ouvrages manquent généralement de critique : tantôt il raconte brièvement et sans réflexions un fait intéressant, et ne consacre que quelques lignes à la biographie d'un homme distingué; tantôt il écrit longuement la Yie d'un homme peu remarquable. On doit aussi regretter que son style soit sans élégance. Malgré tous ces défauts, les ouvrages de l'abbé Charlet forment une collection extrèmement précieuse pour l'histoire d'une pnriie de la Bourgogne et de la Champagne, et principalement de la ville de Langres. Une épitaphe jointe aux manuscrits de Charlet apprend qu'il mourut le 5 octobre 1720. Voici 'la liste des ouvrages dont il est l'auteur : I. Recueil des antiquités de Bourgogne, ire partie Cet ouvrage renferme les dessins, au bistre, des antiquités découvertes à Dijon, à Langres et dans les environs de ces villes , et est d'un Dans ce temps oit l'horrible Marat s'occupait aussi de physique, li était un jour venu trouver Charles pour lui exposer ce qu'il nomtuait ses découvertes. A ses raisonnements, l'habile physicien lit des iIjeetiøiis qui le mirent en fureur; 1 tira l'épée qu'il portait suivant l'usage, et il aurait percé Charles, si celuici, jeune et alerte, ne l'eût desacmé. Charles, maitre de la vie de Marat, se contenta de Iriser son épée, el le lit reconduire h son domicile, es reromnpu- tiu: tt 1.“ 11 volllàt SUI ' 'lui St11' 1111 grand intérèt, parce que la plupart des monuments qui y sont dessinés sont aujourd'hui détruits. On y trouve aussi- un mémoire sur les voies romaines, sous ce titre: des Grands Chemins traversant la Bourgo- gne, construits par les anciens Romains, i" partie; ce mémoire est accompagné de deux cartes. Les secondes parties de ces deux ouvrages, qui devaient probablement avoir rapport à Autun et à la partie de la Bourgogne qui est entre cette ville et Dijon, manquent et n'ont peut-être jamais été faites. 2' Langres sravante, Recueil des sçavants et de ceux qui ont excellé dans les beaux- arts ait diodze de Langres , 1705 ri° Les Hommes illustres de Bo« rgogne au dioceze de Langres renfermati t : des Semis et Sainctes; — des Illustres Ecclé- siastiques; — des Illustres de robbe ; — des Savants et écrivains; — des Illustres d'épée : cette dernière partie n'a pas été achevée. 4. Hommes illustres en saineteté, dignitez d'Eglise, de robée et d'épée, avec les vies des évéques de Langres Ce manuscrit renferme en outre une Dissertation sui deux considérables anachronismes qui se trouvent dans les légendes touchant les temps du martyre des SS. Gé- meaux, et de St. Didier, évêque dc Langres. 5° Cata- logue particulier des cardinaux qui ont été cha- noines de l'insigne église cathédrale de Langres, et bénéficiaires de ce diocèze, suivant la suite des temps Ce manuscrit est nonseulement un catalogue, mais un ouvrage biographique. 6. Inventaire des reliques qui sont au thrésor de l'insigne église de St- Mammès, cathédrale de Langres, avec des remar- ques, 1715 Cet inventaire renferme des détails intéressants sur l'ancien trésor de la cathédrale de Langres, l'un des plus précieux de France. 7° Sup- plément à la vie des saints du dioceze de LangresMartyrologe des saints et saintes du diocèze de Langres suivant l'ordre du calendrier, avec des notesChronologie en tables de l'histoire elle diocêze de Langres. I Co Mémoires pour l'histoire particulière des églises les plus considérables et des plus nobles familles du mesme pays. II° Peine hé- roï- comique de la Chappe , suivi de vers latins et français. .1 e Emblèmes et Epigramnies. 150 Histoire sommaire des comtes dit Charollois , 14° Des Rivières et Fontaines qui se perdent dans la rivière de Seine et se rendent dans l'Océan britannique et oc- cidental. En décrivant dans cet ouvrage le cours des rivières, on donne l'histoire des villes, bourgs, villages, abbayes qui se trouvent sur leurs bords il n'en reste que la 2e partie. Ce manuscrit et celui qui le précède, quoique réunis avec les œuvres de Charlet, ne sont point écrits de la main de cet historien , et il n'en est peutetre pas Fauteur. 450 Histoire des évêques de Langres extraite des ma- nuscrits de JIM. Thibaut, chanoine, el Javernault, avocat 40. Celle histoire est probablement la na7me que celle qui , suivant quelques biographes, fut dédiée en 1712 à YI de ClermontTonnerre, évêque de Langres. 16. Eloge et Epilaphe en vers latins et françois de messire François Rouxel de Me- davy, comte de Grancey, archevêque de Rouen, etc., imprimé Li Bonen en 1692. Cet ouvrage est le seul - Le Charlet ait fait imprimer, mais il se proposait de livrer à l'impression les Antiquités de Bourgogne ,et la Langres sçavante , car les manuscrits de ces deux ouvrages sont revètus de l'approbation du censeur ro?al qui en permettait l'impression. Les manuscrits de Charlet &signés sous les numéros I à 7 et 13 à 15 , ainsi qu'une partie de celui inscrit sous le numéro 10, sont dans la bibliothèque de l'auteur de cet article. Le manuscrit numéro 8 est dans la bibliothèque de la ville de Langres, et on ignore ce que sont devenus ses autres ouvrages. Outre les manuscrits d'ouvrages dont cet historien est l'auteur, on lui doit encore d'avoir conservé par des copies plusieurs manuscrits trèsintéressants pour l'histoire du diocèse de Langres, dont les originaux sont perdus , et entre autres les mémoires de Javernault qu'il a continués depuis L'abbé Charlet fut en relation avec Mabillon, la 11Ionnoie , Tillemont et la plupart des savants ses contemporains. Ses ouvrages biographiques donnèrent à Papillon la pensée d'écrire sa Biblio- thèque des historiens de Bourgogne, et lui fournirent une partie des matériaux de cet ouvrage. Montfaucon dut aussi à Charlet les dessins des antiquités de Langres et de Dijon, qui sont gravés dans le recueil d'antiquités publié par ce savant bénédictin. — Antoine CHARLET, prètre, frère du précédent et aussi né à Langres , est auteur : I. de la Relation de la canonization de Si. François de Sales, imprimée à Langres en 1666; 2. d'une réfutation d'un , Traité de la grdce ; 36 d'un catéchisme , de divers ouvrages religieux et de poésies restés en manu-., suit. Antoine Charlet mourut en 1699 , figé de 63 ans. T.P. F. 1
  • Jean-Baptiste CHARMETTON( 1710) : 11é. à Lyon en 1710, fut revu maitre en chirurgie au collége de cette ville en 1745, puis chirurgien de l'hôpital général, et démonstrateur d'anatomie. 11 fut un des plus dignes associés de l'académie royale de chirurgie de Paris. Cette illustre compagnie proposa, en 1748, un prix sur la nature des dessicatifs et des caustiques, leur manière d'agir, leurs espèces, et leur usage dans les maladies chirurgicales. Charmetton envoya un meilloire intéressant, qui fut couronné et imprimé à Lyon, même année, in -12. Bientôt un nouveau mémoire lui valut un nouveau prix. Il s'agissait de déterminer le caractère, les espèces, les signes et la cure des tumeurs scrofuleuses. Charmetton examine en détail les différents points de cette question. Il regarde avec raison le mercure comme un excellent antiscrofuleux, et se montre généralement bon praticien ; mais il s'abandonne aux écarts d'une théorie frivole et souvent erronée. Son mémoire, inséré dans le 5e volume du recueil des prix de l'académie, fut accueilli favbrablement; ce qui engagea l'auteur à le perfectionner encore, et à en former une monographie, qu'if publia sous ce titre : Essai théorique et pratique sur les écrouelles, Avignon, 1752 et dont la seconde édition est intitulée : Traité des écrouelles, Lyon, 1755 Charmetton mourut à Lyon, le 27 janvier .1781. Le docteur Figuet a donné un Pré- cis de la vie, ou Eloge abrégé de /1/. Charma/ on
  • Jean-Baptiste CHASSIGNET( 1578) : né vers1578, à Besançon, fit ses études au collége de cette ville sous Antoine Huet, professeur habile, qui lui inspira le goOt des belleslettres. Sa fortune ne lui permettant pas de se livrer entièrement à son inclination, il se fit recevoir docteur en droit, et obtint la charge (l'avocat fiscal au bailliage de Gray. Il ne renonça cependant point à la poésie, et ce fut même sa seule distraction dans les peines dont sa vie fut continuellement traversée. On a de lui :1° le Mépris de la. vie et Consolation contre la mort, Besançon, 1594 : c'est un recueil de sonnets et d'odes qu'il avait composés dans sa première jeunesse. La lecture en est fatigante, la même pensée y reparaissant trop souvent. 2° Paraphrases en vers françois sur les douze petits prophètes du vieil Testament, Besançon, 1601 50 Para- phrases sur les cent cinquante psaumes de David, Lyon, 1615 : ces deux ouvrages ont les mê- mes beautés et les mêmes défauts. On ne peut re- fuser à l'auteur de la verve, de l'abondance, de l'harmonie et un certain art dans la disposition des mots et dans la coupe des périodes, dont les poésies de ses contemporains n'offrent que trèspeu de dèles; mais il manque de goût tlans le choix des expressions, et trop souvent il rend d'une manière bizarre les images sublimes des livres saints. Les Paraphrases des psaumes de David ne lui avaient coûté que cinq mois de travail, et il promettait celle des livres de Job, si sa santé défaillante lui permettait de s'en occuper. Connue elle n'a point paru, Il on pourrait conjecturer qu'il mourut peu de temps après cette publication. Cependant Grappin, dans 5011 Histoire abrégée du comté de Bourgogne, place la mort de Chassignet à l'année •655. On est certain du moins qu'il n'est pas mort avant 1619 ou 16e, puisqu'il a traduit du latin en français l'His- toire de Besançon de Chifflet, et que son manuscrit, qu'on a conservé, porte la date de 1619. — Un bénédictin du même nom a composé dans le 17e siècle une Histoire de tous les monastères du comté de Bourgogne, dont il est parlé avec éloge dans le Voyage littéraire de D. Martène ; cet ouvrage est resté manuscrit
  • Jean-Baptiste COFFINHAL( 1754) : viceprésident du tribunal révolutionnaire, ajoutait à son nom celui de Dubail, afin de se distinguer de ses frères. Né à Aurillac, en 1754, d'une famille , il s'acquitta de cette horrible mission de manière is augmenter de plus en plus son crédit et son influence dans le parti révolutionnaire. L'un des membres les plus assidus de la société des jacobins , il en fut nommé président ; et, lors de ta création du tribunal révolutionnaire , il en fut un des principaux juges, puis le viceprésident. Ainsi il eut part à toutes les opérations de ce sanglant pouvoir, et dans toutes les occasions il s'en montra l'un des membres les plus inexorables. Ses yeux noirs et couverts d'épais sourcils, sois teint jaune et atrabilaire, portaient l'effroi dans Filme des accuses, et, quoique d'un cure- tète fort sombre, il lui arrivait souvent, à l'exemple du président Dumas, de les insulter par des plaisanteries aussi cruelles que ridicules. Ce fut lui qui dit au malheureux Lavoisier demandant un sursis de ,quelques jours pour compléter une découverte utile à l'humanité : La république n'a plus besoin de sa- vants ni de chimistes... Lorsque la puissance de Robespierre tomba par la révolution du 9 thermidor, Coffinhal fut le seul de son parti qui montra du courage et de la présence d'esprit. S'étant réfugié à l'hôtel de ville avec ses amis , il y accueillit avec la plus vive indignation le commandant Henriot, qui vint demander ce qu'il fallait faire des chefs du parti contraire dont il avait été un instant le maître. Coffinhal, furieux de cette hésitation, jeta par la fenêtre le stupide Henriot, qui avait ainsi laissé échapper la victoire; et quand Robespierre et tous les siens cherchèrent à échapper en se cachant , le viceprésident du tribunal révolutionnaire fit seul bonne contenance. Naturellement brave et d'une haute stature, il se lit jour l'épée à la main, et alla se cacher dans un bateau sur la Seine près de l'île des Cygnes , où des ouvriers de son pays lui donnèrent asile et le nourrirent pendant trois jours. Nais impatient de savoir ce qui s'était passé, et ne recevant aucune nouvelle, il quitta sa retraite pour 'Venir chez sa maîtresse clans la rue Montorgueil, où il fut aussitôt arrêté. Comme il était compris dans le décret de mise hors la loi, il n'y eut qu'à constater l'identité, et le même jour on le conduisit à l'échafaud. Son courage ne se démentit pas; et il répondit par des signes de mépris aux huées de cette vile populace qui naguère applaudissait aux sanglants arrêts de son tribunal, et qui maintenant, se servant des expressions qu'elle l'avait souvent entendu adresser aux victimes, lui disait ironiquement : Coffinhal, lu n'as pas la parole ! — Son frère aîné , avocat au conseil avant la révolution, en adopta également les principes, niais avec modération. Nommé l'un des juges du tribunal de cassation lors de sa création en '1791, il fit partie de la haute cour nationale qui condamna Babeuf à Vendôme en 1797. Devenu baron et maître des requêtes sous le gouvernement impé•ial, il remplit des unissions importantes, et obtint la permission de changer le nom de Coffinhal, souillé par le souvenir de son frère, en celui de du Noyer, qu'il porta jusqu'à sa mort , arrivée vers 1832. Le gouvernement de la restauration lui avait conservé ses titres, ses emplois, et il s'était donné à lui avec le même empressement et le même zèle qu'au gouvernement impérial. — Un autre COFFINHAL, frère des précédents, fut pendant quelques années procureur impérial à Aurillac
  • Jean-Baptiste COLAUD DE LA SALCETTE : parent ll/C 1110 la convention nationale, il vota dans le procès de 111, ouis XVI pour la détention, et la mort encas d'invasion. Le même département Je nomma encore son député au conseil des cinqcents, et il mourut dans ces l'onctions en 1796. — Joseph- Claude- Louis COLAtin DE LA SALCETTE, de la nième ianiille, était conseiller au parlement de Grenoble avant la révolution. Il en adopta les principes avec modération, éprouva quelques persecutions pendant la terreur, tut nommé préfet de la Creuse en 1800, puis député au corps legislatif, et mourut dans la retraite. — Son frire, le general Jacques- liernardin Ca....LAUD DE LA SAL CETIT , avait fait les campagnes d Italie sous BonsImp?te. Fait prisonnier par les Turcs dans l'ile de Zante, où ii eonisuandait en 471ifi, il avait été conduit à pied à Constantinople et jeté dans les bagues a%ec la foule des soldats ; il y souffrit horriblement pendant plus d'un an. Délivré enfin à la demande de l'ambassadeur d'Espagne, il revint en France, où il eut un commandement dans le département de l'Isère, puis à Itoine, et vécut dans la retraite depuis la restauration
  • Jean-Baptiste COLBERT : ministre et secrétaire d'État, contrôleur général des finances sous Louis XI V, naquit à Reims, le '29 aoùt 1619. Quelques auteurs ont avancé que son père faisait dans cette ville le commerce des draps, et qu'il commença luitnénie par ètre commis dans les bureaux de &nanti et àlaseraiii, banquiers du cardinal Mazarin. S'il en était ainsi, celui dont le nom est attaché à tout ce qui s'est fait de grand et d'utile sous le règne de Louis XIV eût pu dire, comme Corneille : Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée. Mais Colbert prétendait descendre d'une illustre 1hmille d'Écosse, dont la branche cadette vint s'etablir en France vers 1281 . Quoi qu' il en soit de cette prétention, qui tenait peut-ètre plus aux moeurs du temps qu'à la vanité d'un homme qui lut toujours simple dans son ton et dans ses manier es, Ménage c?mposa la généalog"e des Colbert, qu'il lit descendre des rois d'Érosse. Un bill du parlement britannique , confirme en 1687, par dei lettres patentes du roi Jacques I I, cite quatre barons de Castelhill comme aïeux communs des Colbert d'Écosse et de France, qui ont les mémes armes. Le père de JeanBaptiste Colbert devint seigneur de Vandiére, gouverneur de Fumes, maitre d'hôtel ordinaire du roi. Il avait épousé une fille de Henri l'ussort, qui lut conseiller d'Etat, et rédigea l'ordonnance civile cou nue sous te nom d'Ordonnance de 1667. Dans sa jeunesse, Colbert aima avec passion les sciences et les arts qu'il devait un jour protéger avec tant d'éclat. Il parcourut les provinces de France pour connai ire l'état du commerce, et dès lors il taisait sa principale étude des moyens de le rendre florissant. Ce fut dans le cours de ses voyages qu'il forma les grands projets dont l'exécution illustra depuis son ministère. StPouange, son proche parent et beaufrère de Letellier, le plaça chez ce secrétaire d'État, en 1648. Letellier, qui avait la confiance de Mazarin, le lit connaitre à ce ministre, à qui on imputait alors toutes les exactions des traitants, et qui voyait déjà se former les premiers troubles de la fronde. Mazarin, l'homme de son siècle qui se connaissait le mieux en boulines, devina Colbert, et se l'attacha. Dès le mois de novembre 16i8, Colbert commença à travailler avec le cardinal, à qui il dut son élévation et sa lbrtune. Il fut nommé conseiller d'État à l'âge de vingtneuf ans ; le ministre éprouva son zèle dans les campagnes de 1649 et 1650, pendant les guerres de la fronde. Colbert l'avait suivi en Bourgogne, en Picardie, en Guienne, en Champagne , et il était chargé de toutes les dépenses raites pour le service du roi. En 1651, Colbert épousa Marie, fille de Jacques Charron , seigneur de Menai, grand bailli de Blois. La même année, Mazarin, poursuivi par la haine publique et par les grands du royaume, se retira à Cologne, d'où il continua de gouverner la France. Lionne, Servien et Letellier ne décidaient rien, dans le conseil de la reine régente, sans l'avoir communiqué à Mazarin. Colbert, intendant de la maison du cardinal, était l'agent secret de cette correspondance ; les dépêches du ministre lui étaient adressées, et il les portait à la reine, qui lui remettait les siennes. Sa conduite dans ces temps difficiles honore également son coeur et son esprit. Lorsque le grand Condé se plaignit si vivement de Lionne, de Servien et de Letellier, il n'avait point soupçonné Colbert. Sa prudence égalait son zèle, et son secret ne tut jamais découvert. Mazarin, rentré en France, admit Colbert dans sa confidence intime. Il fit pourvoir un de ses frères de plusieurs bénéfices ; un second frère obtint une lieutenance au régiment de Navarre; un troisième fut fait directeur des droits de prise en mer. En 165:2, Colbert fut nommé intendant de la maison du duc d'Anjou, et, l'année suivante, il vendit cette charge 40,000 liv. En 1654, Mazarin fit avoir à Colbert la charge de secrétaire des commandements de la reine, et à l'abbé, son frère, un nouveau bénéfice de 6,000 liv. de rente. Tels furent les commencements de la fortune de Colbert et de sa famille. Il les a retracés luimême dans une lettre adressée au cardinal, son bienfaiteur, et datée du 9 avril '1655. Cette lettre curieuse est un monument de la reconnaissance de Colbert : « Je sup« plie, ditil, Votre Éminence de trouver bon que je « ne paraisse pas insensible à tant de faveurs qu'elle a « répandues surmoi et sur ma lamine, et qu'au moins, « en les publiant, je leur donne la sorte de payement « que je suis capable de leur donner. » Il parle ensuite de la résistance qu'il opposait au torrent des libéralités du cardinal . Lorsqu'en 16Z19 Mazarin voulut secourir l'île de Candie assiégée par les Turcs, et faire restituer au duc de Patme le duché de Castro que retenait le pape Alexandre VII, il chargea Colbert, qui prit alors le nom de marquis de Croissi, d'aller remplir à Rome cette double mission ; et si elle n'eut aucun succès, on rie doit l'attribuer qu'au mécontentement que nourrissait le pontife contre le cardinal Mazarin. Après quatre mois de séjour Borne, Colbert se rendit à Florence, à Gènes, à Turin. Il devait y solliciter des secours pour Candie; mais les Vénitiens, qui possédaient cette ile, excitaient plus la jalousie que la compassion de leurs voisinç. Cependant Colbert finit par obtenir du duc de Savoie 1,000 hommes de pied, qui s'embarquèrent avec les troupes que la FranCe envoya, mais qui ne purent empècher Candie de tomber an pouvoir des Ottomans. A son retour à Paris, Colbert trouva Mazarin attaqué de la maladie dont il mourut clans les commencements de l'année suivante. Louis XIV connut bientôt le zèle et les talents de Colbert. Le cardinalministre, retenant le timon de l'État jusque dans les derniers temps de sa vie, travaillait presque tous les jours avec Colbert, en présence du jeune monarque. Colbert, dans des conférences secrètes, exposait, avec une entière liberté, toutes ses idées sur l'administration des finances et sur les traitants, qui ruinaient l'État et le peuple par leur insatiable avarice. Clair et concis dans ses dis, cours, Colbert s'attachait à [trouver au roi que l'ordre dans les finances est une des principales sources de la puissance et de la prospérité des empires; et Louis voyait alors, dans l'administration de Fouquet, une telle confusion, un état si désespéré, qu'il ne pouvait comprendre comment il serait possible de débrouiller ce chaos. 11 interrogeait Colbert, et Colbert gagnait sa confiance en répondant avec justesse et solidité, Mazarin, affaibli par les progrès de la maladie, se fit tram, porter à Vincennes. Colbert lui conseilla de donner tous ses biens au roi, et d'abandonner à la générosité du prince le soin de sa famille. Colbert luimême pré. senta cette donation à Louis, qui la refusa, et fit expédier un brevet portant qu'il faisait don au cardinal de tout ce qu'il avait acquis pendant son ministère. Mazarin fit alors son testament, qui contenait des dispositions honorables pour Colbert, le don de l'hôtel qu'il occupait auprès de celui du cardinal, et l'ordre exprès qu'on remit entre ses mains toutes les dépêches et toutes les négociations, tous les traités et tous les papiers concernant les affaires de l'État. Colbert fut nommé exécuteur testamentaire avec Fouguet, Letellier, Lamoignon et Zungo Ondedei, évêque de Fréjus. Cependant Louis allait tous les jours à''V incennes voir son premier ministre, qui lui parlait souvent de l'activité, de la sagesse et de la fermeté de Colbert. Ou lit dans plusieurs mémoires du temps, que Fouquet étant devenu l'ennemi du cardinal après lui avoir rendu de grands services, Mazarin le perdit dans l'esprit de son maître, en faisant retom Colbert fit imprimer cette lettre de 8 p. ; elle est ex cessivement rare. Plér sur lui toutes les malversations financières, auxpelles, comme premier ministre, il avait eu le plus le part. D'autres, prêtant au cardinal un motif plus ionorable, prétendent que son zèle pour l'État lui fit ecommander, au monarque, Colbert, comme le seul Lomme qui pût rétablir l'ordre dans les finances. I parait certain que le ministre mourant dit a Louis : Je vous dois tout, sire, niais je crois m'acquitter : en quelque sorte avec Votre Majesté, en vous : donnant Colbert. » On doit compter, dit le présitent Hénault, parmi les services du cardinal Mazarin, elui d'avoir tellement préparé, sur la lin de sa vie, confiance du roi pour Colbert, qu'elle se trouva Dut établie quand le cardinal mourut. Louis fit ex,édier surlechamp à Colbert des lettres portant établissement en sa taveur d'une des deux charges 'intendant des finances qui avaient été supprimées près la mort des derniers possesseurs. Ce prince ommuniquait à Colbert les états qu'il recevait du urintendant ; Colbert en montrait les erreurs au eune monarque, et lui faisait voir que la recette était 4artout diminuée et la dépense exagérée. C'est ainsi ,ue le ministre infidèle se conservait les moyens de ontinuer ses profusions. Cette épreuve dura pluieurs mois. Fouquet voulait tromper son maitre ; ..ouis paraissait trompé, et Colbert l'empêchait de `ètre : c'est ce que les amis du surintendant apperent la trahison de Colbert. Il est vrai qu'il eût pu vertir Fouquet, afin que, changeant de conduite, il 'fit mériter le pardon que le monarque paraissait isposé à lui accorder ; niais tout annonce que Col 4ert aspirait à la place de surintendant. Il fut donc mbitieux, mais il ne fut point traître. Près de sa bute, Fouquet osait se flatter de succéder à Mazarin omme premier ministre. Louis, qui avait 'résolu de .ouverner par luimême, et qui songeait déjà à livrer surintendant à une commission, voulait qu'aupa avant il se démit de sa charge de procureur général, ,fin que le parlement de Paris ne réclamât point le !mit de le juger. On dit que Colbert fut chargé de romper Fouquet, et qu'il le détermina à vendre sa barge, comme étant incompatible avec celle de 'remier ministre. On ajoute que le surintendant ,gant fait fortifier Belle - Ife qu; lui appartenait, olbert se servit de ce prétexte pour inspirer au eune roi des soupçons, et pour lui faire craindre lue Fouquet ne cherchât à se rendre souverain en 3retagne. Quoi qu'il en soit, Louis se rendit à Mantes; Fouquet malade y fut attiré. Il se flattait l'effacer Colbert, peut-être même de le perdre. Les feux rivaux voyageaient sur la Loire dans deux mteaux différents, et les courtisans disaient en les /oyant voguer : « L'un coulera l'autre à fond. » Ce fut Fouquet qui périt. StSimon, dans ;es Mémoires, appelle Letellier et Colbert les artisans le la ruine du surintendant. On blâmait devant Turenne l'emportement de Colbert contre Fouquet, :t on louait la modération de Letellier. « Effective ment, dit Turenne, je crois que M. Colbert a plus 1 d'envie qu'il soit pendu, et que M. Letellier a plus de peur qu'il ne le soit pas. » Pellisson impute à Colbert d'avoir, pendant l'instruction du procès de Fouquet, violé le scellé apposé sur ses effets, et soustrait des papiers qui pouvaient compromettre la mémoire du cardinal, et peut-être Colbert luimême, mais qui étaient utiles à la défense de Fouquet. On lit aussi dans les mémoires du temps que, dès qu'on eut imprimé les deux premiers cahiers de la défense de cet illustre accusé, Colbert les lit saisir chez l'imprimeur. Ce qui est certain, c'est que, parmi les juges qui conclurent à la peine de mort contre le surintendant, se trouvait Pussort, oncle de Colbert. Mais si la chute (le Fouquet, que le siècle de Colbert a reprochée à ce ministre, le mit un moment, sinon pour les talents, du moins pour les faiblesses (lu cœur humain, au rang des hommes vulgaires, il en sortit bientôt par de grands services et par de hautes vertus. La place de surintendant ayant été supprimée, ainsi que celle de premier ministre, Colbert fut nommé contrôleur général. Tout marcha bientôt vers un ordre nouveau. Une chambre de justice fut établie ; les traitants, d'abord poursuivis criminellement, furent condamnés ensuite à de fortes taxes, et les rentes qui leur avaient été données en payement, supprimées par forme de confiscation. En même temps une remise de 5 millions fut faite sur les tailles. Le peuple, satisfait de se voir immoler des victimes et d'être soulagé dans le plus onéreux des impôts, bénit le monarque et applaudit à son ministre ; mais les amis de Fouquet, et ils étaient en grand nombre, les grands, qui ne subsistaient, pour la plupart, que de ses largesses, tous les gens d'affaires et de finances, haïrent Colbert, et cette haine fut le premier éloge de son administration. Quoique Colbert ne fôt revêtu que du titre de contrôleur général, le roi lui accorda plus d'autorité que n'en avait eu jusqu'alors aucun surintendant. Il est vrai que Louis visait toutes les ordonnances, niais tout se réglait dans le conseil sur les avis de Colbert. Il serait difficile de présenter dans l'ordre chronologique le tableau de la vaste et savante administration de Colbert; on la considérera successivement clans cet article sous le rapport des finances, du commerce, de la marine, de l'agriculture, de la surintendance des bâtiments, de la protection accordée aux sciences, aux lettres et aux arts. L'administration des finances avait été jusqu'alors un véritable chaos, que Sully même n'avait pu débrouiller. Richelieu , occupé d'affermir l'autorité royale et d'étendre au dehors la puissance de Louis XIII, négligea les finances; et, après lui, les guerres de la fronde, l'esprit et le caractère de Mazarin portèrent le désordre à son comble. Colbert trouva le trésor vide, deux années de revenu consommées d'avance, le peuple accablé d'impôts, la perception des deniers publics confiée à des hommes cupides et ignorants, qu'on ne pouvait convaincre de prévarication, parce qu'il n'y avait point de plan fixe pour établir la recette et la dépense, et qu'on était obligé de s'en rapporter aux bordereaux qu'ils présentaient. Les domaines se trouvaient aliénés, les charges, les exemptions, les priviléges singulièrement multipliés; les recettes étaient sans règle, les dépenses sans aucune me-. sure; partout fraude et malversation, confusion et
  • Jean-Baptiste COLBERT( 1651) : marquis de Seignelay, fils aîné du grand Colbert , né à Paris en 1651, fut formé aux affaires par son père, qui obtint pour lui la survivance de sa charge de secrétaire d'Etat au ministère de la marine. Seignelay commença à le diriger seul en 1676. 11 avait reçu de la nature un esprit vaste, capable de concevoir les plus grands projets , et cette fermeté de caractère qui seule les fait exécuter. ll donna tous ses soins à la marine, et ce fut sous son administration qu'elle devint la plus belle et la plus puissante de l'Europe. En 1684, les Génois, alors alliés de la France, ayant construit quelques frégates pour le service de l'Espagne, le roi leur fit défense de les lancer à la mer. Sur leur refus d'obéir, une flotte, sur laquelle se trouvait Seignelay , sortit de Toulon , parut devant Gènes, et commença le bombardement de cette ville. Les Génois furent obligés de s'humilier, et Seignelay ramena à Versailles le doge et quatre sénateurs, qui firent toutes les satisfactions qu'on exigea d'eux. Seignelay s'embarqua de nouveau en 1688 , sur la flotte destinée à combattre les Anglais et les Hollandais ; enfin il dirigea l'armement qui eut lieu en 1690 contre les mêmes puissances, et put jouir du succès de ses soins, par la nouvelle de la victoire signalée remportée à la hauteur de Dieppe sur les flottes combinées , le 10 juillet de la mène année. A cette époque , il était déjà atteint de la maladie de langueur dont il mourut le 5 novembre suivant , âgé seulement de 59 ans. L'année précédente, il avait été nommé ministre d'Etat
  • Jean-Baptiste COLBERT( 1665 - 1746) : marquis de Torcy, né à Paris, le 14 septembre 1665, était âgé de six ans lorsqu'il fut mené à Londres par le marquis de Croissy , son père, nommé ambassadeur près de Charles Il. Son heureux caractère et les dispositions qu'il laissait déjà apercevoir lui valurent les éloges et l'affection de plusieurs personnages considérables de la cour d'Angleterre, circonstance qui lui fut trèsutile dans la suite. De retour en France, après deux ans de séjour à Londres, il fit ses études au collège de la Marche. Sans négliger la lecture des ouvrages de littérature, dans lesquels il apprenait à s'exprimer avec goût et politesse, il s'appliquait particulièrement à l'histoire, la première des sciences pour le négociateur. A dixneuf ans, il fut en% oyé près d'Alphonse VI, roi de Portugal, pour le féliciter sur son avènement au trône. Il reçut à Lisbonne l'ordre de se rendre en Danemark. L'objet de sa mission termZnée , il visita Hambourg. , Berlin , Batisbonne, Vienne, Rome et Naples, dans le dessein , 1756 , 3 vol. Amsterdam, 1757, 3 vol. Ces mémoires, plusieurs fois réimprimés, contiennent des faits intéressants , et les rédacteurs de la Bibliothèque de la France ajoutent que l'auteur est un témoin irréprochable et un juge éclairé
  • Jean-Baptiste COMAZZI : auteur d'un ouvrage intitulé de la Morale des princes, lui a été traduit en français , et en anglais par Guillaume Hatchett, Londres, 1729. Le traducteur anglais donne à Comazzi le titre de comte et celui d'historiographe de S. M. l'empereur. Nous n'avons pu découvrir aucune particularité sur le lieu et la date (le la naissance de cet écrivain. Sa Morale des princes consiste en un choix des traits les plus remarquables de la vie des empereursromains, depuis César jusqu'à Constance Chlore, et chaque trait donne lieu à des réflexions morales qui annoncent un esprit sage et éclairé
  • Jean-Baptiste CHÂTELAIN( 1710) : dessinateur et graveur à la pointe et au burin, naquità Londres en 1710. Joseph Sulla nous représente Châtelain comme un homme d'un caractère bizarre, niais d'un talent trèsdistingué pour graver le paysage. Ceux qu'il a faits d'après les tableaux de Gaspard Poussin sont en grand nombre; plusieurs ne sont que des eauxfortes , terminées en manière noire par Houston. Châtelain a aussi beaucoup travaillé d'après Marco Piètre de Cortone et Nicolas Poussin. Les différentes gravures qu'il a faites d'après ces suaitics sont estimées; la touche en est libre et facile ; l'exécution pleine d'esprit. Châtelain était compté au nombre des plus habiles graveurs de paysages ; mais il ne se mettait à l'ouvrage que lorsqu'il était pressé par la nécessité. 11 a gravé plusieurs pièces en société avec son ami Vivarès , élève de Lebas ; d'autres sont entièrement de Châtelain, quoiqu'on y trouve le nom de F. Vivarès accolé au sien : c'est un charlatanisme des marchands d'estampes , qui profitaient de la préférence que les amateurs accordaient aux gravures de Vivarès, pour ajouter son nom à celui de Châtelain. Le beau paysage de Piètre de Cortone, avec ces paroles : «Suivezmoi, je vous « ferai pêcheurs d'hommes, » est gravé tout entier par Châtelain , quoiqu'on lise le nom de Vivarès à côté du sien ; c'est ainsi que la gravure du beau paysage de Nicolas Poussin, où l'histoire de Pyrame et Thisbé est si heureusement représentée au milieu d'un orage, porte encore le nom de Vivares, quoiqu'il n'y ait pas travaillé ; le mente charlatanisme est encore mis en usage à l'égard d'u? fort beau paysage, dans le style héroïque de Fr. Bulognese, gravé par Châtelain, et représentant la Vue de Castel Gandolfo. Châtelain est mort à Londres en 1771. 11 a gravé à l'eauforte divers paysages de sa composition, où l'on trouve le germe d'un talent supérieur
  • Jean-Baptiste CIMA( 1480) : peintre, dit il Cone- gliano , du nom de cette ville de la Marche Trévi- sane où il naquit. On ne sait pas l'époque de sa naissance. Il idolii dit qu'il continua de peindre jusqu'en 1517, et qu'il mourut encore jeune. Il est alors probable qu'il naquit vers1430. Il fut élève de Jean Bellin. On reconnait assez facilement ses ouvrages à des vues montueuses de Conegliano, qu'il répète trèssouvent dans ses compositions. Du reste, il ressemble beaucoup à son maitre : il est, comme lui, exact, gracieux, vif, coloriste, mais moins délicat. tin de ses meilleurs tableaux représente la Vierge et son fils, recevant les hommages de St. JeanBaptiste, de St. Côme, de St. Damien, de Ste. Appoline, de Ste. Catherine d'Alexandrie, et de St. Paul; un ange qui va jouer du violon est au pied du trône. Un autre tableau du même artiste est à SantaMaria dell Orto, à Venise; il est préférable à ce dernier pour la perspective et le relief des ligures. Le P. Federici observe que Cima eut un fils nommé Charles, dont les ouvrages se distinguent difficilement de ceux du père. Son élève Victor Belliniano, que Vasari appelle Bellini, a peint à Venise un Martyre de Si. Marc
  • Jean-Baptiste CHEMIN( 1725 - 1781) : curé de Jorneville, dans le diocèse d'Évreux, ne le 26 novembre 1725, mort le 15 mars 1781, a publié une Vie de St. Mauxe et de St. Vénerand, martyrs, 1752 Il a laissé beaucoup de manuscrits relatifs à l'histoire de Normandie
  • Jean-Baptiste COLSON( 1780 - 1825) : littérateur, fils du précédent, naquit à Paris, vers 1780. Employé dans les bureaux du ministère des cultes à l'époque de sa création, il partagea sa vie entre les devoirs de sa place et la culture des lettres, et mourut en mars 1825, à peine âgé de 45 ans. il a publié, sous le pseudonyme Evcry- One : Tableau philosophique des peines morales, classées selon les trois siéges de nos sensations, l'esprit, le coeur et l'âme, depuis le plus léger sentiment de déplaisance jusqu'aux plus violentes agitations du désespoir, 1820, une Laine On cannait encore de : la Vie de l'expérience et de l'observation ; mélanges, Paris, 1824 I11. Quesné a eu part à ce dernier ouvrage
  • Jean-Baptiste CHIARAMONTI( 1731 - 1796) : littérateur et jurisconsulte italien, mort à Brescia, le '22 octobre 1796, y était né le 2 mars 1751. Jeune encore, il avait mérité, par son goût pour les lettres, d'être admis dans les réunions de savants et de littérateurs que le savant biographe Mazzucliclli formait chez lui. A l'àge de vingttrois ans, il y lut une dissertation pleine d'érudition : sui pazerno impero degli antichi Romani, qui imprimée dans le t. 5 de la Nuova Raccolta d'opuscoli scientifici e filosofici , Venise, 1759. Encouragé par cc succès, Chiaramonti lut dans la même société, en 1756, une autre dissertation de sa composition : sopra il Commercio, qui fut bientôt suivie d'une autre : suite Accademie letterarie Bresciane. Il lit en outre plusieurs autres opuscules non moins agréables qu'instructifs, qui furent imprimés, les uns à part, et les autres dans les deux volumes des Disseriazioni istoriche, scienlifiche ed erudite, recilale nen' adunanza del Mazzuchelli, queChiaramonti luimême publia, en 1765, à Brescia. C'est à son zèle pour les lettres qu'on doit l'édition faite dans la manie 'ville, en 1765, vol. de deux cent quarantetrois morceaux précieux de littérature du chanoine Paul Gagliardo. La plume de J.B. Chiaramonti donna au public, indépendamment de ces productions, des Nolizie intorno a Luigi Marcello, palrizio Veneto; d'autres relatives au P. JeanPierre Bergantini, au P. François Lana : celles qui ont rapport à ce dernier sont suivies d'une lettre sur la fameuse barque volante de ce jésuite, projet dans lequel on a cru voir un prélude de l'invention des aérostats. — Son frère Horace CHIARAMONTI, mort en 1794, a publié quelques ouvrages ascétiques
  • Jean-Baptiste CHRISTYN( 1622) : jurisconsulte et historien, né à Bruxelles, en 1622, de Pierre Christyn, ticuyer, fut d'abord avocat postulant au codeil souverain de Brabant et as.sesseur dis prévôt de ritôlel et du drossart de ce duché, d'où il passa en 1667 aux lonctions de conseiller et de maitre des gv, la donne au chancelier Christyn. En revanche, la troisième édition, qui parut en 1711, en 5 vol. lai est attribuée par l'auteur du Dictionnaire des ou- vrages anonymes
  • Jean-Baptiste CIAMPOLI( 1589) : poête italien, né à Florence en 1589, fit ses humanités chez les jésuites, et sa philosophie chez les dominicains. Il était pauvre; les succès brillants qu'il eut dans ses études intéressèrent J.B. Strozzi, noble florentin, ami et protecteur des lettres, qui le reçut dans sa maison, lui promit de le traiter comme son fils, et lui tint parole. Le jeune Ciampoli frappait de surprise et , et rattaeltement qu'il conservait à sa mémoire. Grégoire XV, successeur de Paul V, nomma Ciam- poli secrétaire des brefs : c'était pour lui une grande fortune, et s'il l'avait voulu, le chemin d'une plus grande; mais il se fit une loi de ne jamais profiter de sa place et de sa faveur pour demander aucun bénéfice. Il lui en fut pourtant donné plusieurs, et même un canonicat de la basilique de StPierre. Le pontificat d'Urbain VIII lui fut encore plus favorable. C'était ce même cardinal Barberini dont il avait obtenu les bonnes gràces dans son voyage de Bologne. Urbain le confirma dans son emploi, et y ajouta une des places de la chambre pontificale. Ciampoli mit à profit les goûts poétiques de ce pape, composa plusieurs pièces de vers pour lui et pour sa famille, et surtout loua beaucoup, dans ses entretiens parti-(ailiers, ceux qu'Urbain composait luimême; mais hors de là c'était des siens qu'il faisait le plus hautement et le plus emphatiquement l'éloge. Il se préférait franchement à Pétrarque, à l'Arioste, au Tasse, à Virgile, à tous les autres poétes les plus célèbres. Les applaudissements qu'il recevait dans les académies où il récitait ses vers, et ceux qui lui furent sans doute prodigués depuis que sa position à la cour l'eut exposé à avoir luimême des courtisans, avaient exalté son orgueil poétique à un point qui le rendit bientôt insupportable à la cour et à la ville. Il le devint surtout au pape, qui lui retira la rédaction des brefs, et bientôt après le noimma successivement gouverneur de trois petites villes, Montalte, 1?'orcia et Iési, pour l'éloigner de Rome, où il n'eut jamais la permission de retourner. Cette disgrâce constante avait une autre cause que le mécontente- ment poétique du pontife : Cianipoli était resté atta- ché par l'admiration et la reconnaissance à Galilée. Quand la cour de Rome eut commencé ses persécutions contre cet homme illustre, l'attachement pour lui devint un crime, et c'est ce crime qui parut impardonnable à Urbain VIII, plutôt que l'orgueil impertinent de Ciampoli. L'exil abaissa les fumées tic cet orgueil ; moins occupé du bruit des applaudissements qu'il ne pouvait plus entendre, notre poéte ne chercha dès lors dans le travail et dans l'étude que ce que l'on est toujours sùr d'y trouver, des consolations. Il mourut à lési le 8 septembre 1645. 11 légua ses manuscrits au roi de Pologne, Ladislas IV, qui lui avait témoigné un intérét constant dans sa disgràce. Il avait écrit en latin, sous le titre (Je Zoroaster, un dialogue, où se trouve l'idée d'un plus grand ouvrage qu'il avait commencé sur la Politique chrétienne; et une défense d'Innocent II, relative aux droits qu'il prétendait avoir été accordés par ce pape à Roger Guiscard, et aux autres princes normands, sur la monarchie des deux Siciles. Ces deux ouvrages furent imprimés à Rome en 1667, sous le titre de Prose di G. Ciampoli, Il avait aussi entrepris, mais non achevé, une histoire du règne de Ladislas. Ses poésies ne furent recueillies et imprimées que cinq ans après sa mort, sous ce titre : Rime di monsignor Giovanni Ciampoli, Rome, 1648 Elles sont divisées en poesie sa- cre, funebri et morali; elles ont été réimprimées plusieurs fois. On y remarque de l'élévation et de l'abondance, mais de l'exagération, de l'enflure, et une affectation blâmable de ne rien dire natueelle- ment. On retrouve les mémes défauts dans les morceaux en prose qui sont à la lin de ses poésies, et tuème dans ses lettres : c'étaient les défauts de son siècle, et c'étaient aussi ceux de son caractère. S'il eût vécu dans un autre temps, a fort bien dit, dans sa vie, le savant biographe Fabroni, et s'il n'avait pas eu une assez haute opinion de luimême pour se croire seul digne d'être imité et admiré, enfin, si, se livrant trop à sa fougue, il n'eût pas sans cesse conduit les Muses parmi les rochers et les précipices, il serait juste de le compter parmi les premiers poètes lyriques
  • Jean-Baptiste CINI( 1530) : littérateur du 16e siècle, de ceux que les Italiens nomment Testi, était né I vers 1550, à Florence , d'une famille patricienne. Admis jeune à l'académie florentine, il y prononça, en 1548, l'éloge funèbre de François Campana, l'un de ses confrères. Doué d'in' esprit actif, il était décorateur et pete, et savait embellir une représentation théâtrale de tous les accessoires qui servent à compléter l'illusion. Ses talents le tirent choisir, en 1569, pour ordonner les fêtes par lesquelles on célébra l'arrivée à Florence de l'archiduc Charles d'Autriche, et dont luimème a publié la description Ce fut à la demande du granddue François qu'il entreprit d'écrire la vie de Cosme de Médicis. Il y travaillait en 1585, comme on en a la preuve par une lettre qu'il écrivit à l'évêque de Guidi pur lui demander des anecdotes plus intéressantes que celles dont avaient fait usage les premiers biographes de ce prince. Cini mourut dans un âge avancé, mais sans avoir pu jouir du succès de son ouvrage. Il avait composé et fait représenter un assez grand nombre de pièces, dont quelquesunes sont conservées dans la bibliothèque Magliabecehienne. Outre les inter- VIII. mèdes de la Coranaria , de Fr. d'Ambra , on ne connait de lui que la Vedova, Florence, 1569 Cette pièce, une de celles qui furent jouées devant l'archiduc d'Autriche, est trèsrare et fort recherchée des curieux, parce qu'elle offre des exemples des divers dialectes de l'Italie. La Vita di Cosmo de' Mediri, primo gran- duca di Toscana, fut imprimée à Florence en 1611 par les soins d'un fils de Cini. C'est, suivant M. Gamba, l'histoire la plus complète et la plus exacte que l'on ait de ce prince. On trouve une pièce de Cini clans les Canti Carnascialeschi : quelques autres sont restées inédites dans les cabinets des curieux
  • Jean-Baptiste CIPRIANI : peintre et graveur l'eauiorte , que les Anglais réclament comme appartenant à leur école, parce que c'est en Angleterre qu'il a exécuté la plus grande partie de ses ouvrages, naquit, suivant les uns, à Pistole, vers 1727, ou à Florenve, en 1726 , suivant quelques biographes italiens. 11 montra de bonne heure de grandes dispositions pour les deux arts qui ont fait sa réputation, et fat d'abord placé sous la direction d'un peintre anglais appelé Igame Ilugford ou tlechford. Cipriani suivit ensuite ks leçons tic Gabbiani, et, en copiant lei ouvrages de ce maitre , il devint un excellent dessinateur. Condisciple du célèbre graveur Fran-çois Bertalozzi, le désir de l'égaler excita son émulation, et il lit bientôt des progrès remarquables dans l'art de la gravure. 11 s'y perfectionna pendant le séjour qu'il fit à Rome, où il s'était rendu en-1730. L'Italie possède peu de ses peintures. Lanzi en cite deux, exécutées pour l'abbaye de St - Michel ia Petago, dans les environs de Pistole , l'une' de s. lesatiro, et l'autre de Grégoire VII. Suivant Muzzarelli, en quittant Rome, Cipriani revint dans sa ville natale; et le premier ouvrage qu'il y lit rut il lradone dcli Organo , que lui conlièrent les carmélites de l'église de S.- Muria- Maddalena de' Pazzi. 11 travailla ensuite pour la noble famille. des liituccini , par la protection des oeuvres d'AntoineDominique Cabbiani. Cipriani est surtout distingué par ses dessins , qui réunissent, dit Fuseli, la iertilité de l'invention aux grâces de la composition et à l'élégance séduisante des formes. On doit citer parmi ses dessins ceux qu'il a faits pour le Roland furieux de l'Arioste; ils ont été gravés par Bartolozzi et par ses meilleurs élèves, et accompagnent l'édition de ce poème pubLée à Birmingham , avec les caractères de Baskerville . On trouve dans ces petites compositions tonte la grâce et l'esprit de son tdent ; celle du 55e chant représente, suivant M. Auguis, des cygnes qui sauvent du Léthé les ,noms des grands poètes an bec d'un de ces oiseaux, l'artiste a mis son nom dans un médaillon si petit, qu'il faut un microscope pour distinguer les • lettres. L'écrivain que nous venons de citer assure que Cipriani a gravé avec le mème succès plusieurs pièces, tant de sa composition que d'après différents maitres , entre autres une Descente de croix, d'après van Dyck , qui est exilé-'liement rare. Les dessins de Cipriani que Bartolozzi et ses amis ont reproduits par la gravure ont été recherchés avec avidité dans toute l'Europe. Cipriani s'adonnait aussi à la poésie, et on rapporte un de ses sonnets à la suite de son éloge inséré dans le Giornale delle belle arli, pour l'année 1786. Cet artiste est mort à Londres, le 14 décembre 1785, et a été enterré au cimetière de Chelsea; il a laissé deux fils sur lesquels nous manquons tout à fait de rensei- gnements
  • Jean-Baptiste CLAIRVAL( 1740 - 1795) : acteur célèbre de la ComédieItalienne, né à Paris, vers 1710, exerça d'abord l'état de perruquier ; mais il se sentit bientôt appelé à une autre profession qu'il devait honorer par ses talents. Il débuta en 1759 à l'ancien OpéraComique. On remarqua en lui une jolie ligure, une tournure distinguée, une voix expressive, et un jeu qui se ressentait de la haute société qu'il fréquentait. C'est ainsi qu'on le vit s'élever au premier rang de son emploi. Son début dans le rôle de Dorval, d'On ne s'avise jamais de tout, eut beaucoup d'éclat : il y représentait tour à tour un jeune homme charmant, un vieillard infirme, un laquais bègue et une vieille décrépite. Lors de la suppression de l'OpéraComique proprement dit, en 1762, Clairval fut admis dans la troupe tantôt chantante et tantôt parlante qui le remplaçait, et en devint le principal soutien dans l'emploi des amoureux . Homme à bonnes fortunes, il fut surnommé le Molé de la ComédieItalienne. Personne n'a plus contribué que lui aux succès des Duni, des Philidor, des Monsigny et des Grétry. On lui reprochait cependant d'are quelquefois maniéré et de nasiller en chantant, lors it en a paru depuis une nouvelle édition mise dans un meilleur ordre, enrichie de réflexions utiles et de notes curieuses, avec une notice sur mademoiselle Clairon, par Andrieux, Paris. 1822, 4 vol. qui fait partie de la Collection de Memoire, s relatifs il l'art dramatique. Jusqu'en 1762, le Thatreqtallen et l'OpéraComique avaient été séparés : on sentit alors la nécessité de les réunir. Gaina!, Audinot, Lamelle et sa femme furent les principaux acteurs de la Comédieltatienne, auxquels se joignit bientôt Trial, qui a joué un si triste rôle dans la révolution. VIII. que l'âge eut diminué le volume de sa voix ; ce qui donna lieu au poète Guichard de faire le 4isti1ue Cet acteur minaudier et ce chanteur sans voix Ecorche tes auteurs qu'il rasait autrefois. Avant la clôture de 1792, Clairval demanda sa retraite; mais une députation de ses camarades l'engagea à rester. Il quitta le théâtre au mois de juin de la même année, avec une pension méritée par trentetrois ans de travaux et de succès. Il n'en jouit que peu de temps, et mourut en 1795.
  • Jean-Baptiste CLAUZEL : conventionnel, naquit dans le Boussillon, vers le milieu du siècle dernier, et adopta les principes de la révolution avec beaucoup d'enthousiasme. Il avait d'abord été nommé maire de Vélanet. En septembre '1791, il Fut porté à la législature par le département de l'Ariége, et prit place au côté gauche de l'assemblée, où il montra constamment une modération qui ne devait pas tarder à se démentir. Envoyé à la convention nationale en 1792 par le 'Hème département, Clauzel, dont le caractère était timide et irrésolu, se laissa subjuguer par l'ascendant des hommes exaltés qui l'entouraient, et c'est ce qui explique, sans pourtant les justifier, la violence et la versatilité de ses opinions et de sa conduite. On le vit en effet voter, comme la plupart de ses collègues, la mort du roi sans appel et sans sursis, provoquer l'arrestation des Girondins, vaincus au 51 mai 1795, demander avec instance la confiscation des biens de madame du Uarry, et le l'envoi de tous les nobles qui exerçaient encore quelque fonction publique; puis, après le 9 thermidor, se ranger au comité de sùreté générale parmi les plus ardents réactionnaires. Ce fut sur sa proposition que les Barère , les Collot d'Herbois, les Billant de Varennes, furent décrétés d'accusation. Mais là ne devaient pas s'arrèter les tergiversations politiques de Clauzel. 11 sembla peu de temps après abandonner ses nouveaux amis, et revenir au parti jacobin, que_fon nommait alors la queue de Robespierre, en s'élevant contre la suppression des comités révolutionnaires, proposée par Tallien, et I en demandant la révocation du décret qui suspendait la vente des biens des condamnés. Dans l'une des séances suivantes, il réclama l'institution des fêtes décadaires à la place des fêtes religieuses, « afin, « de détruire le fanatisme, plus dangereux « encore que la royauté. » En 1795, il vota au co- mité le maintien des taxes révolutionnaires imposées Pa r StJust, ajoutant « qu'en révolution il ne fallait «jamais regarder en arrière; » soutint le projet de grande police inventé par Sieyes, et se prononça pour le maintien de la constitution de 1795, et celui de la loi des suspects. Clauzel montra du courage lors de l'insurrection des 2 et 3 prairial a Ji se présenta aux révoltés qui envahissaient la convention, et, se découvrant la poitrine, il leur dit « que ceux qui voulaient marcher sur les cadavres « des représentants du peuple ne travailleraient pas «avec plus de zèle au salut de la république que « ceux qu'ils voulaient immoler. » Puis, le danger passé, il lit décréter la formation d'une commission militaire pour juger les factieux. Son exaltation républicaine se soutint au conseil des anciens. Il s'opposa de tout son pouvoir à l'admission de Job Ayné, soupçonné de royalisme, et, pour le même motif, vota l'exclusion de Ferrand- Vaillant. Nommé secrétaire le 21 janvier 1796, il defendit la loi du 9 floréal, concernant le partage, avec la république, des biens qui appartenaient aux parents d'émigrés, et traita de contrerévolutionnaire LafondLadébat qui avait exposé les effets désastreux de la dépréciation du papiermonnaie. Enfin, dans la séance du 21 août, CreuzéLatouehe ayant fait contre les prêtres une de ces sorties grossièrement violentes dont la tribune n'avait cessé de retentir depuis le commencement de la révolution, Clauzel demanda l'impres.sion du discours, et dit à ceux qui s'y opposaient : « Vous avez « beau faire, la république vous avalera. » Dans la journée du 18 fructidor an 5 ; il protesta de son inviolable fidélité au directoire, ce qui ne l'empêcha pas, deux ans plus tard, d'accueillir avec transport la révolution du 18 brumaire an 8 . Bonaparte le rappela au corps législatif, où Clauzel ne cessa de donner au nouveau pouvoir des gages de son dévouement et de son zèle, jusqu'à sa mort, arrivée en 1804
  • Jean-Baptiste CONSIDÉRANT( 1771) : l'un de ces hommes rares auxquels il ne manque que des circonstances plus heureuses ou un plus vaste théâtre pour obtenir une réputation brillante, naquit en 1771, à Salins, de parents riches en vertus, mais peu favorisés de la fortune. 11 achevait ses études au collége de sa ville natale, lorsqu'il entra dans un des premiers bataillons de volontaires du Jura. Ses camarades l'élurent quartiermaitre ; mais il ne crut pas que ce titre le dispensât de servir la patrie de son épée : il se trouva dans toutes les actions où il pouvait y avoir des dangers à courir , et l y fit son devoir. Un physique si noble que, pour en donner l'idée, on le comparait à Hercule avec la tète d'Apollon, 'une force extraordinaire, une valeur froide et de plus une patience qui lui rendait les privations faciles, tant d'avantages devaient l'élever rapidement aux premiers grades militaires; mais après avoir pris les armes pour conquérir une liberté raisonnable, ne voulut point servir l'anarchie, et dès qu'il put le. faire avec honneur, il donna sa démission, refusant le traitement de réforme qui lui fut offert, en disant qu'il ne l'avait point mérité. Rentré dans ses foyers, il reprit sesétudes, qu'il avait à peine imterrompues dans les camps, et s'appliqua surtout à se perfec- tionner dans la connaissance des classiques latins. Sur l'avis que quatre de ses anciens compagnons d'armes venaient d'être traduits, par ordre de Masséna , devant un conseil de guerre, pour avoir signalé les scandaleuses dilapidations des généraux, il courut à Borne prendre leur défense ; et, après les avoir justifiés du reproche d' se déroba aux témoignages de leur reconnaissance par un prompt retour. *Ce voyage lui fournit l'occasion de visiter les monuments dont il n'avait vu que la description, et dut encore accroître sa passion pour l'antiquité. Cependant, appelé queltemps après à Madrid par le général Mouton, qui lui proposait la place de son secrétaire avec le titre d'aide de camp, il fit à l'intérêt de sa jeune famille le sacrifice de ses goûts studieux et de son repos; mais le spectacle des maux de toute espèce que la conquète faisait peser sur les Espagnols révolta son âme généreuse, et il quitta bientôt Madrid, rapportant de cette expédition, avec la connaissance de la langue, quelques volumes espagnols qu'il avait achetés. A la création de l'université, ses talents le firent désigner secrétaire de la faculté des lettres à Besançon. Il n'avait accepté qu'avec répugnance une place qui le tenait éloigné de sa famille, et il ne tarda pas à s'en démettre pour retourner à Salins occuper le modeste emploi de professeur d'humanités, auquel on joignit celui de bibliothécaire. Lorsqu'en 1825 le feu détruisit en quelques hemes la plus grande partie de Salins, c'est à lui qu'on dut la conservation des bâtiments du collège, qu'il ne quitta pas un seul se portant avec ses élèves sur tous les points menacés, tandis qu'il laissait dévorer par l'incendie deux maisons qui composaient à peu près tout son patrimoine. exilé peu de temps ars, par un caprice universitaire, dans un collége de nos provinces méridionales, il refusa de s'y rendre ; et, regardé comme démissionnaire, il fut remplacé dans des fonctions qu'il remplissait depuis plus de quinze ans avec un succès incontestable. Cette mesure, qui le privait de sa place au moment où elle lui devenait le plus nécessaire, l'affecta profondément. En vain s'efforçatil de dissimuler son chagrin ; il.y succomba le 27 avril 1827 , àgé seulement de 55 ans. Sa mort fut un sujet de deuil pour la ville entière de Salins. Ses obsèques se firent remarquer:par une pompe inusitée. Deux de ses amis, l'un son élève et l'autre son ancien maitre, le P. Racle de l'Oratoire, prononcèrent près de son cercueil des dis- cours souvent interrompus par les larmes et les sanglots des assistants. Enfin une souscription aussitôt remplie que proposée, la première de ce genre dans ra province, servit à consacrer une tombe à la mémoire de Considérant. Le peu de morceaux que l'on connaît de lui font vivement regretter que sa mo- destie) l'ait empèché d'en publier un plus. grand nombre. Sa traduction du Renard anglais de Gay, insérée dans le Recueil de l'académie de Besançon, année 1808, mérite d'être citée comme un modèle d'élégance et de fidélité. Il a laissé dans ses manuscrits des odes, des épîtres, la traduction en vers du Pervigilium Veneris, et plusieurs pièces traduites du latin, de l'italien, de l'espagnol et de l'anglais. Son second fils, ancien capitaine du génie, et membre du conseil général de la.Seine, est un des plus zélés défenseurs du nouveau système industriel de Charles Fourier
  • Jean-Baptiste CORTESI( 1554) : naquit en 1554 à Bologne, et non à Padoue, comme le dit van der L Sa famille était si pauvre, qu'à l'âge de seize ans, il fut obligé de se placer dans une boutique de barbier étuviste. Il y eut occasion de fréquenter les hôpitaux, et apprit ainsi les premiers éléments de l'anatomie et de la chirurgie. Un religieux, qui venait souvent chez son maitre, lui enseigna la grammaire, et Cortesi étudia ensuite la philosophie et la médecine. En 1583, il fit ses preuves, et devint professeur; mais sa pauvreté l'obligea plusieurs fois de demander des secours au sénat. Il fut dans la suite [ nommé médecin des t roupes du Bolonais, et, en ! 598, les habitants de Messine l'engagèrent à venir occui.per chez eux une chaire d'anatomie. Il resta trentecinq ans en Sicile, puis revint dans sa patrie , où il rnotuut en 1636. D'autres disent qu'il mourut à Reg- gio en Calabre. On a de lui : 1° Steatama e. rulcera- tum a dextri femoris interna regione rnarsupii in modunt pendens patiente, consultatio et curutio, Messine, 1614 ; 2° Pharmacoixea, sen anti- dotarium Messanense , Messine, 1629 Il y 'traite de tous les médicaments, tant simples que composés. 3° Miseellaneorum medicinalium decades dence, etc., Messine, 1625 trèsrare. Cet ouvrage a potu• objet tout ce que l'anatomie, la chirurgie, la médecine théorique et pratique offrent de plus intéressant et de plus utile. On y trouve des détails historiques et pratiques trèscurieux sur la méthode singulière adoptée pâr Tagliacozzi pour réparer le nez, les lèvres, les oreilles. 4° Tractai: 4s de culneribus capais, in quo omnia qua, ad cognitionem curationemque lcesionuni calcarice attinet ac t'urate considerantur, Messine, 1632 L'auteur y a joint d'habiles Commentaires sur le livre d'Hippocrate qui traite de cette matière, et deux petits Traités, l'un suries contusions du crâne des enfants, l'autre sur leur hydrocéphale. 5° In utaicersam ch i rurgiam absoluta institutio, Messine, 1633 6° Practicarnedicinoe, Messine, 1635 3 parties formant 2 volumes. Dans la première Cortesi, traite des affections internes et externes delatête ; dans la deuxième, des parties qui concourent à la nutrition; dans la troisième, de celles de la génération et des fièvres. 7° Tractatus de urinis, pulsibus, et tumoribus /? acter naturant ; 8° c'est encore à. Cortesi que IX. l'on doit l'édition de l'Anatomie de Varoli, Francfort, 1591
  • Jean-Baptiste COSTER-SAINT-VICTOR( 1771) : parent éloigné des précédents, naquit à Epinal en 1774, et y lit d'assez bonnes études. 11 s'engagea dans un régiment de chasseurs en 1791, et déserta bientôt pour se réunir aux émigrés qui se préparaient sur les bords titi Rhin à combattre la Révolution. Il fit la campagne de Champagne en 1792, et passa l'année suivante en Bretagne, oit il alla combattre avec les chouans sous les ordres de Pui- saye. Il y montra du courage, fut fait commandant de la division de Vitré, et continua de rester dat; le pays après la pacification de 1795. Arrêté par les républicains et accusé d'avoir fabriqué de faux passeports, il fut traduit devant une commission militaire qui le condamna à cinq ans de détention. Étant parvenu à s'évader, il se rendit en Angleter- re, où il rejoignit Puisaye, qu'il suivit au Canada voy. PUISAYE. ) Là il se livra à des spéculations de commerce qui ne réussirent pas. Alors Coster revint en Angleterre, où il se lia avec StRégent, qui le fit entrer dans le fameux complot de la machine infernale, lequel fut si près de faire périr Bonaparte au 3 nivôse . Doué de beaucoup d'adresse et de courage , CosterSt- Victor réussit à se tirer de tous les dangers qui accompagnèrent cette terrible entreprise, et il repassa en Angleterre, d'où il revient bientôt avec George Cadoudal et Pichegru pour prendre part à un complot bien plus redoutable encore. Arrêté en même temps que ces deux chefs, il parut avec le premier devant le tribunal criminel, et montra dans les débats beaucoup de fermeté et de présence d'esprit. Condamné à mort, il y marcha avec le même courage , et cria encore, à deux reprises, sous le fatal couteau : Vive le roi! Bourrienne, qui le vit en présence des juges, dit qu'il avait quelque chose de chevaleresque dans sa tenue,et dans sa manière de s'exprimer... qu'il présentait l'image d'un de ces chevaliers de la fronde, menant de front la politique et les plaisirs
  • Jean-Baptiste COTELIER( 1627) : d'une ancienne famille noble de Nîmes, naquit dans cette ville en 1627. Son père, savant ministre protestant qui, avant de se convertir, avait été déposé dans un synode national, présida luimême à son éducation. Tel fut l'effet de ses soins, et des dispositions de l'élè\ e, qu'à l'àge de douze ans, cet enfant, amené dans l'assemblée générale du clergé, y interpréta, sans préparation, l'ancien et le nouveau Testament, dans leurs langues originales, répondit à toutes les dif- ficultés qui lui furent proposées sur ces langues, exposa les usages des hébreux, et expliqua les dé- finitions mathématiques d'Euclide. Le clergé ne négligea rien pour assurer un sujet si distingué à l'Église; il lui accorda dès ce moment une pension, et pourvut à la suite de ses études ; mais le jeune Co- telier ayant pris le degré de bachelier en Sorbonne, e voulut pas aller plus loin, et voua sa ? ie entière I la culture des lettres. 11 fut un des huit savants chargés de prononcer sur l'auteur de l'Imitation de J.- C. Colbert l'employa pendant cinq années, avec du Cange, à la révision et au catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque du roi, et lui donna pour récompense la chaire de langue grecque au collége royal. Cotelier la remplit avec la plus grande distinction, sans que pourtant ses fonctions de professeur ralentissent l'activité de ses occupations comme auteur. On a de lui : i° S. Johannis Chrysost, mi quatuor homilice in psalmos et interpretatio Danie lis , ex; manuscriptis bibliothecoe S. Laurentii scoria- lensis, 1.661 i14°. Le texte grec est en regard de la version latine. 2° Interpretatio duarum S. Clementis epistolarum ; 3° Patres cevi aposto- lici, sive SS. PPqui temporibus apostolicis florue- runt opera edita et non edita, 1672, 2 vol. Plusieurs de ces œuvres parurent alors pour la première fois. Cotelier les enrichit toutes de notes grammaticales, dogmatiques, historiques, etc., qui donnèrent un e relief à cette collection. Ce recueil étant devenu rare, parce qu'un grand nombre d'exemplaires fut consumé dans l'incendie du collége Montaigu, Jean Leclerc le fit réimprimer deux fois en 1698 et en 1724, 2 vol. avec des additions et de nouvelles remarques, et la vie de l'auteur par Baluze. 4° Monumenta Ecclesice grcecce, 3 vol. 1677, 1681, 1686. C'est un re- cueil de pièces rares, extraites des manuscrits de la IX. bibliothèque du roi et de celle de Colbert, traduites et annotées par Cotelier, avec cette étendue d'éru- dition et cette sûreté de critique qui distinguent tous ses ouvrages. Il ramassait les matériaux d'un 4e volume lorsqu'il mourut, le 12 août 1686, aussi estimé par la modestie et la franchise de son Caractère, que par son mérite littéraire. Son exactitude allait jusqu'au scrupule; il ne citait rien dans ses notes qu'il n'eût vétifié sur les originaux, et il était quelquefois plusieurs jours à chercher un passage. Il laissa en manuscrit, 9 volumes de mélanges sur les antiquités ecclésiastiques, qui sont à la Bibliothèque. Le Journaldessavants, du mois de septembre 1686, contient son éloge
  • Jean-Baptiste COTTON DES HOUSSAYES( 1727 - 1783) : à la NeuvilleChantd'Oisel, près de Rouen, le 17 novembre 1727, docteur et bibliothécaire de la Sorbonne, professa pendant quinze ans la théolo- gie à Rouen. H est mort à Paris le 20 août 1783. On a de lui : 1° Éloge historique de M. Maillet du Boullay, Rouen, 1770 2° Éloge historique de l'abbé de Saas, 1775 et dans les Pièces rela- tives à l'Académie de l'immaculée Conception de la Ste Vierge, fondée à Rouen. Ce même recueil contient plusieurs discours de Cotton des Houssayes. 30 Éloge historique de Chamousset, à la tête des OEuvres complètes de Chamousset, 1783, 2 vol. dont Cotton fut éditeur; 4° plusieurs articles dans le Journal de physique de 1780. Ces articles sont relatifs à la botanique, science que Cotton aimait beaucoup. 11 travaillait à des Éléments d'histoire littéraire universelle ou Bibliothèque raisonnée, dont on peut voir le plan dans l'Année littéraire de 1780, et dans le Journal des Savants de 1181 . 11 avait dessein de donner l'essai d'un Traité des universités de France, pour servir d' troduction au commentaire sur le chapitre des gra- dués de M. d'Héricourt. Son manuscrit avait 358 pa- ges
  • Jean-Baptiste COUCHERY( 1768) : député au conseil des cinqcents, naquit à Besançon le 4 avril 1768. Après avoir terminé ses études au c,ollége de cette ville avec le plus grand éclat, il se chargea de l'é- ducation de deux jeunes gens qu'il regardait moins comme fes élèves que comme ses amis. La Révo- lotion s'étant annoncée en FrancheComté par le pillage et l'incendie des châteaux, Couchery, partisan des réformes, mais ennemi des excès, consentit à suivre ses élèves en Suisse, où ils allaient chercher un asile. La crainte que son absence ne devint une cause de persécutions contre ses pa- rents, le fit rentrer en France avant la promulga- tion de la loi sur les émigrés. 11 se lia bientôt avec Briot qui jouissait déjà, quoique fort jeune, d'une grande influence. 'Sur la présentation de son nouvel ami, qui se rendit garant de son civisme, il fut admis au club qui portait enco- re le nom de société des amis de la Constitution, et il ne tarda pas à s'y faire remarquer par ses improvisations chaleureuses. Il se réunit à Briot pour signaler les excès des jacobins de Paris, et pour appuyer l'établissement d'une garde, capa- bic de protéger la Convention contre les factieux gin pourraient tenter de l'asservir . Quelques semaines après il accepta la pénible tâche de rédiger l'adresse que cette société fit à la Convention pour l'inviter à presser le jugement de Louis le traitre. Cet acte de lâcheté, que Couchery dut se reprocher plus d'une fois, ne parvint point à dissiper les préventions des révolutionnaires à son égard. Ils continuèrent à ne voir en lui qu'un feuillant, ou un royaliste déguisé. Et lorsqu'aux nouvelles élections il eut été nommé procureur de la commune, Briot crut devoir justifier ce choix et celui d'un exchanoine de la cathédrale, élu maire, par un article qui se termine ainsi « Si ces deuxci nous trompent, il sera permis de « ne plus croire à la vertu et au patriotisme ; « faudra renoncer à la société de nos semblables « qui ne seront plus à nos yeux que des fourbes « et des menteurs . » Les circonstances cuti- ques rendaient la position de Couchery plus embarrassante de jour en jour. Jeune, aimant le plaisir, quand il n'aurait pas été roya- liste, il le serait devenu par haine, par dégoût de tout ce qu'il était obligé de voir et d'entendre; mais, forcé de dissimuler, il remplit saplace en honnête homme, faisant autant de bien, empêchant , autant de mal qu'il le pouvait sans se compromet- tic. La journée du 31 mai lui parut un odieux attentat. Tous les corps administratifs et judiciaires du département furent réunis à Besançon, pour dé Védette, ou JOill, 1, 71 du département du Doubs , 7 décembre 1792. libérer sur les mesures à prendre dans une telle crise. Couchery fut chargé de rédiger, au nom du département, une adresse à la Convention, pour lui demander de rapporter les décrets qui lui avaient été arrachés par la violence. « Il importe, disait « il, à la satisfaction éclatante que vous devez aux « Français que le décret qui déclare . » Il appuya la proposition de mettre en liberté toutes les personnes détenues pour cause d'opinion, et vota pour toutes les mesures déjà prises par le département du Jura pour résister à l'oppression. L'arrivée à Besançon des commissaire.s de la Convention, Bassal et Garnier, paralysa les efforts de Couchcry ; il fut destitué bientôt après ;.mais Briot, en le faisant agréer pour son remplaçant dans la chaire de professeur de rhéto- rique, l'empêcha de partager le sort des autres administrateurs qui, déclarés suspects par le seul fait de leur destitution, furent arrêtés et conduits dans les prisons de Dijon. En attendant des temps meilleurs, il prit le parti le plus prudent, celui de se faire oublier ; mais après le 9 thermidor, les re- présentants en mission s'empressèrent de lui ren-- dre des fonctions publiques. Nommé d'abord agent national près de la municipalité de Besançon, il fut ensuite procureur général syndic du départe- ment du Doubs. Dans cette place, il dut faire exé- cuter toutes les mesures de rigueur prescrites contre les partisans connus de l'odieux régime auquel avait mis fin la chute de Robespierre ; et il le fit avec cette vigueur qui le caractérisait. Les principaux clubistes furent désarmés et mis en état d'arrestation; mais on doit lui reprocher de n'avoir pas couvert de sa protection son ancien arrii Briot qui, dans une circonstance analogue, avait montré plus de générosité. En même temps qu'il sévissait contre les démagogues, il faisait cesser les persécutions contre les prêtres. Sa tolérance fut taxée de fanatisme, et on l'accusa de vouloir rétablir le culte catholique. L'accusation était alors si grave qu'il se crut obligé de se justifier. « Je n'ai, ditil, encore déliré que pour la liberté; « et quand je m'attacherai à une secte, ce sera « parce que la douceur de ses principes, qu'on ne « trouve pas chezles bru" leurs d'autels, m'y fera re- « chercher des hommes paisibles et sociables .)) Élu peu de temps après au conseil des cinqcents, il se réunit à ceux de ses collègues qui, ne croyant pas que la liberté fût possible avec la - république, tentèrent d'arrêter la marche de la Révolution. 11 demanda le rapport de la loi du 3 brumaire qui excluait des places les parents d'émigrés, etaccusa le Directoire de vouloir arriver à la tyrannie par la terreur. Compris au 18 fructidor dans le nombre des condamnés à la déportation, il eut le bonheur de se soustraire aux recherches de Védene, 21 juin 1795. 2 9 ihprmidor, la police, revint à Besançbn, et gagna l'Allemagne, oit il vécut dans une grande intimité avec Piche- gin, récemment échappé de la Guyane. Après le 18 brumaire, il fut autorisé à rentrer dans ses foyers; mais, lié dès lors au parti qui ne voyait de bonheur et de liberté pour la France que dans le rétablissement du trône, il ne profita de la faveur qui lui était accordée que pour régler ses affaires de famille. Lorsque les victoires des armées fran- çaises l'obligèrent d'abandonner sa retraite, il se rendit à Londres, et concourut à la rédaction de l'Ambigu, jommal publié par Peltier . Plusieurs des articles de Couchery; dirigés contre Napoléon, obtinrent un si grand succès, qu'ils furent réimprimés séparément et traduits dans plusieurs langues. 11 ne revint en France qu'avec Louis XVIII qui se l'était attaché par le titre de secrétaire de son cabinet. A son arrivée à Paris, il reçut des lettres de noblesse, et la croix d'honneur; il était destiné sans doute à jouir d'une haute faveur auprès du toi, mais il mourut d'une attaque de goutte, le 25 octobre 1814. 11 fut un des princi- paux rédacteurs du 9 thermidor, journal qui s'imprimait à 4esançon en l'an 3, et dont il a paru trente numeros Enfm, on a de lui : Le 310- niteur secret, ou Tableau de la cour de Napoléon, de son caractère et de celui de ses agents. Londres, 1813, '2 vol. réimprimés à Paris en 1814 et 1815. C'est un choix des articles qu'il avait publiés dans l'Ambigu. Ils sont trèspiquants, mais les torts de Napoléon y sont exagérés
  • Jean-Baptiste COURVOISIER( 1749 - 1803) : né à Arbois en 1749, fit ses études à l'université de Besançon, et suivit ensuite la carrière du barreau, où il déve- loppa des talents et une éloquence dont se serait honoré la capitale. La chaire de droit français étant venue à vaquer à l'université, il l'obtint au concours. Sa réputation attira de nombreux élèves à ses leçons. Peu d'hommes ont eu, au même degré (pie Courvoisier, l'art de présenter avec clarté les choses les plus abstraites, et d'assujettir à une méthode rigoureuse celles qui en paraissaient le moins susceptibles. Si l'on ajoute à ces avantages une physionomie agréable, un son de voix flatteur, un ton persuasif, beaucoup de netteté dans l'élocution, de grâce, de facilité, on se fera une idée juste des qualités que réunissait ce professeur. Lors de la suppression des universités en 1791, il perdit sa place, mais sans se plaindre. Les grandes questions qui s'agitaient à l'assemblée nationale avaient fixé SOU attention. Ses Éléments de droit politique, Paris, 1792 furent le fruit de ses méditations. Cet ouvrage est remarquable par son impartialité : il;fut suivi d'un Essai sur la constitu- tion du royaume de France, 1792 Peu de temps après, Courvoisier fut obligé de chercher un asile chez l'étranger ; pendant son long exil, l'étude fut son unique consolation, et y il avait terminé un ouvrage trèsimportant sur le droit public de l'Europe, dont le manuscrit original a été perdu. Une brochure intitulée : De l'excellence du gouver- nement monarchique en France, et de /a nécessité de s'y rallier, 1797 fut le seul morceau qu'il publia en Allemagne. Il rbvint dans sa province aussitôt que les événements politiques le lui permirent ; mais sa santé, naturellement délicate, encore affaiblie par la douleur que les maux de la patrie lui avaient fait éprouver, le força de renon- cet à toute occupation sérieuse. Depuis son retour, il ne parut qu'une fois au barreau, et mourut à Besançon le 8 détembre 1803
  • Jean-Baptiste COUTURE( 1651 - 1728) : naquit en 1651. Il y a, sur sa naissance et sur quelques anecdotes ex- traordinaires de son enfance , deux versions qu'on peut lire dans son éloge par de Boze. 11 fit ses études à Caen, où il eut pour professeur de philosophie P. Cally. 11 fut successivement régent de seconde au collége des arts à Caen, professeur de rhétorique au collége de la ville de Vernon, eut la même chaire au collége de la Marche à Paris, et fut enfin professeur d'éloquence au collége de France en 1697.11 devint par la suite inspecteur de ce collége, recteur de l'Université, censeur royal, associé de l'Académie des inscriptions, et en 1701, académicien. Il mourut le 16 août 1728. On a de lui : 1° une traduction du grec en latin du Traité des Automates de Héron d'Alexandrie, imprimée dans les Mathematici veteres ; 2° 4 pièces en vers latins, imprimées d'abord sé- parément en 1683, 84, 86, 98, réimprimées dans les Selecta carmina quorumdam in universitate Parisiensi professorum, 1727 ; 3° 9 Mémoi- res, répandus dans les six premiers volumes de l'Académie des inscriptions ; 4° Abrégé de l'histoire de la monarchie des Assyriens, des Perses, des Macédo- niens et des Romains, 1699 ouvrage posthume et publié sous les lettresJ. C. A. G , qui sont les initiales des quatre élèves de Couture, qui l'avaient écrit sous sa dictée. 11 avait promis une traduction de Macrobe, pie n'a pas vu le jour
  • Jean-Baptiste CRISPO : poête et savant du 16e siècle, naquit à Gallipoli, ville du royaume de Naples, et devint secrétaire du cardinal Seripando. 11 eut pour amis le 'fasse, Annibal Caro, Scipion Ammirato et Aide Manuce. lieux auteurs, Possevin et le P. Mersenne, ont fait l'éloge de ce littérateur et de son traité De ethnicis philosophis caute legendis, imprimé à Rome, 1594 Cet ouvrage, devenu rare, aurait moins de succès aujourd'hui qu'il n'en eut dans un temps où l'on croyait voir dans les anciens philosophes un poison dangereux dont il importait de se garantir. On a encore de Crispo : 1° Due orazioni sulla yuerra contra i Turchi, Rome, 1594 ; 2 De media laudibus, Oratio ad cives gallipolitanos, Rome, 1591 3° la Vita di Sannazaro, Rome 1583, réimprimée à Naples, 1633 oui rage curieux, mais fort mal écrit, et cependant inséré depuis dans plusieurs bonnes éditions des oeuvres de Sannazar, notamment dans la belle édition de Padoue, Comino, 1723 4°, avec del notes d'un auteur moderne, des corrections et additions ; répétée à Venise, 1741, 2 volumes 3. Il Piano della citta di: Gallipoli; dédié à Flamini° Caracciolo, le 1" janvier 1591. Crispo mourut en 1595, dans le temps où Clément VIII pensait à l'élever à l'épiscopat
  • Jean-Baptiste CROSILLES : vint à Paris dans le dessein de faire fortune, au moyen des ressources qu'il se croyait dans l'esprit. 11 se fit connaitre de l'abbé de Marolles, qui, dans ce tempslà, recevait chez lui, une fois la semaine, les personnes les plus distinguées. Crosilles se fit remarquer dans ces assemblées par une conversation aisée et pleine d'agrément. Comme il ne manquait pas d'ailleurs d'une certaine instruction, il trouva bientôt une place de précepteur. Le grand prieur de Vendôme le prit en amitié, et se l'attacha en lui donnant l'abbaye de la Couture. Après la mort de ce prince, il passa chez le comte de Soissons, qui le pourvut de plusieurs bénéfices considérables; mais au bout de quelques années les sentiments du comte à l'égard de Crosilles changèrent. 111e força d'abord de donner sa démission de ses bénéfices, et lui retira ensuite sa protection. Dans le courant de l'année 1641, Crosilles fut accusé de s'être marié, quoique prêtre, et, en conséquence de cette accusation, il fut mis en prison. 11 y resta dix années, et, après ce temps, un arrêt du parlement le justifia. 11 vécut encore six mois dans une extrême pauvreté, et mourut en 1651 à Paris. ,On a de lui : 1° des Hé- roides ou Épitres amoureuses à l'imitation des Épftres héroïques d'Ovide, 1619 : il s'en fit quatre à cinq éditions dans moins de deux années; mais elles sont oubliées depuis longtemps ; 2° Tyrcis et Uranie, ou la Chasteté invincible, bergerie en 5 actes et en prose, avec des choeurs en vers, Paris, 1633 Marolles, dans ses mémoires, parle d'une comédie en prose de Crosilles, intitulée Clyde, et d'autres ouvrages en prose et en vers. Ces différents écrits, saisis chez lui au moment de son arrestation, sont perdus. Pendant sa longue détention, il publia son apologie, 1644 Crosilles était un écrivain fort médiocre. Racan disait que. ses discours étaient liés par des chaînes de sable, 'et ses critiques le nommaient par dérision le secrétaire des dieux; mais ses qualités personnelles et ses malheurs intéressent en sa faveur, et on conviendra facilement, avec Marolles, qu;i1 était digne d'un meilleur sort
  • Jean-Baptiste CUSSON( 1663) : imprimeur, naquit à Paris le 27 décembre 1663 : il était fils d'un avocat de cette ? ille. On prétend qu'il n'avait commencé à parler qu'à l'àge de cinq ans, et qu'il avait achevé ses études à Page de seize. 11 ? int s'établir en 1706 à Nancy, où il se fit connaître parla publication de plusieurs bons ouvrages qu'il imprima avec une correction et une élégance qu'on n'y connaissait pas avant lui. Il employait ses moments de loisir à revoir et même à retoucher le style des livres dont il voulait donner une nouvelle édition. Plusieurs ouvrages ont été. refaits de cette manière par Cusson, entre antres le Ro- man bourgeois, dont il donna une édition en 171 :2. Son père avait publié à Paris en 1673, une traduction française de l'Imitation copiée en partie de celle de Sacy. Cette traduction, longtemps attri- buée au P. Gon n elieu, fut revue et corrigée à Nancy en 1612, par son fils, qui y joignit les réflexions gonnelieu. Dom Calmet dit, dans sa Biblio- thèque de Lorraine, que Clisson avait fait son entrée dans la carrière des lettres par une traduction de Térence, dont il n'y eut que les six premières feuilles d'imprimées. 11 avait retouché la traduc- tion en vers de l'Imitation de Jésus- Christ, composée par Corneille, et se disposait à en donner une nouvelle édition, avec ses corrections, lorsqu'il mourut à Nancy, le 11 août 1732. Cette édition fut donnée après sa mort par Abel Denis Cusson, son fils, en 1745. C'est un volume de plus de 600 pages, enrichi de figures, et dédié à la princesse ArmeCharlotte de Lcwraine. L'éditeur a grossi le volume en joignant à la traduction de l'I- mitation les autres poésies spirituelles de Corneille. Clisson était regardé comme un des bons imprimeurs de l'Europe ; on lui avait fait plusieurs propositions avantageuses pour le ramener à Paris, mais il n'en voulut entendre aucune. 11 composa lui mémoire pour prouver que l'imprimerie n'avait jamais payé d'impôt; ce mémoire fut présenté au roi, et contribua à maintenir la franchise de l'imprimerie. Cusson quitta plus d'une fois le rôle d'éditeur pour devenir auteur à son tom': écrivain en vers et en prose, il composa des poésies oubliées depuis longtemps, et des romans qui ont partagé le même oubli sans l'avoir peut-être aussi justement mérité. On y trouve de l'imagination, de l'intérêt , et quelquefois même du style. Agathon et Tryphine, Nancy, 1711 se fait encore lire avec plaisir. Un autre roman de la composition de Clisson, et qui avait pour titre le Berge, e. rtraragani, ne fut pas imprimé en cul tien A—s.
  • Jean-Baptiste DEGAULLE( 1732 - 1810) : ingénieur de la marine, professeur de navigation et correspondant de l'institut, né en 1732 à Attigny, en Clit mpagne, servit d'abord sur les vaisseaux de FÉ;at et du commerce. Se trouvant à Louisbourg lorsque cette ville fut prise en 1758, il s'échappa avec neuf de ses camarades à l'instant où elle ouvrait ses portes, aborda à Gaspé à l'entrée du fleuve StLaurent, et après des fatigues incroyables arriva, en septembre, à Québec avec deux d'entre eux, ayant lait cent lieues au milieu d'une contrée sauvage. Ses infirmités le forcèrent de quitter la mer en 1766. 11 enseigna l'hydrographie au Havre, puis à Honfleur, où il mourut le 13 avril 1810. Sans cesse occupé de tout ce qui tendait au bien de la navigation, il inventa plusieurs instruments nautiques, et publia diverses cartes marines estimées, entre autres celles de la Manche, des côtes de Honfleur à Dieppe, de l'embouchure de la Seine, etc., et joignit à quelquesunes des instructions sur les manœuvres à faire par les navires dans les mauvais temps. Il fit paraître des Mémoires : 1° sur les travaux des ports du Havre, de Dieppe, etc. ; 2° une Instruction détaillée sur la manière de faire la ré- rification des boussoles, 1803 ; 3° Construc- Au passage de la Bérisina , la cavalerie se trouvant entièrement demontée, on rassembla tous les officiers e cette arme qui avaient pu conserver leurs chevaux, pour eu linmer quatre compagnies de 450 hommes chacune, destinérs ervir des - corte à Napoléon. Les généraux Defrance, StGermain,Se- bastiani,en furent nommés mitaines; les colonels etaient sousofficiers Cet escadre sacré était commande par le général Crsttdiy,sotis les ordres du roi de Naples. D—R—R. roir et usage du sillomètre ; 4° Nouveau , yen de mesurer la hauteur du soleil avec l'octant ; ans voir l'horizon On lui doit aussi l'établissement de petits phares sur la jetée du Havre ..4 sur celle de. Honfleur, ce qui a évité les naufrages, autrefois si fréquents, à l'entrée de ces deux ports. Degaulle entretint à ses frais, pendant les 1 Jeux premiers mois, les deux petits phares de H onfle ur
  • Jean-Baptiste DEMANDRE( 1739) : cousin du précédent, né le 28 octobre 1739 à StLoup, bailliage de Vesoul, acheva ses étudei à Dole et à Besançon,où il embrassa l'état ecclésiastique. A la suppression des jésuites il fut nommé préfet du collége de Besançon, dont était principal l'abbé Bergier, si célèbre depuis par son opposition aux progrès du philosophisme. De cette époque date leur amitié, qui, lorsque les circonstances les eurent séparés, s'entretint par une correspondance suivie. En 1777 Demandre fut pourvu de la cure de StPierre, l'une des principales paroisses de Besançon; et bientôt il acquit une grande considération, qu'il devait moins à l'étendue de ses lumières qu'à ses vertus toutes chrétiennes. Député suppléant à l'assemblée constituante en 1789, il y remplaça l'abbé Malot, frère de l'académicien, et prêta le serment. Après la session il reprit l'administration de sa paroisse, qu'il avait abandonnée malgré lui, et ne la quitta que lorsqu'il y fut contraint par la violence. Arrêté comme fanatique, il fut, pendant la terreur, conduit avec les autres suspects au chMeau de Dijon, et n'en sortit qu'après le 9 thermidor. Dès que l'exercice du culte catholique fut permis, il se réunit au petit nombre de prêtres échappés à la proscription, et l'un des premiers il célébra la messe dans la métropole, après l'avoir purifiée de ses souillures. L'évêque constitutionnel Ségnin ayant donné sa démission,Demandre fut élu son successeur en 1198, et fit tout ce que les circonstances permettaient pour rétablir l'ordre dans le diocèse. L'année suivante il convoqua tous les prêtres à un synode dans lequel furent discutés les moyens d'opérer entre tous les ecclésiastiques une réunion nécessaire au bien de l'Église, et dont les actes sont imprimés dans les Annales de la t. 12,1). 153. Il assista, comme métropolitain de l'Est, au concile national de Paris en 1801, et donna sa démission entre les mains du cardinal Caprara. Par suite du concordat qui eut lieu entre le premier consul et la cour de Rome, Lecoz ayant été placé sur le siége de Besançon, il nomma Demandre grand vicaire et chanoine honoraire, et l'établit en même temps curé de la paroisse SteMadelaine. Poussant le désintéressement jusqu'à l'abnégation, il partageait ses revenus, assez considérables, avec les pauvres, ne se réservant pour luimême que le strict nécessaire. Une telle conduite forçait à le respecter, même ceux qui ne partageaient pas ses opinions. Après la mort de Par- chevêque Lecoz, en 181j, il fut exposé quelque temps aux tracasseries des administrateurs du dicmèse pendant la vacance du siége ; mais il les supporta sans laisser échapper la moindre plainte, et mourut presque subitement, le 21 mars 1823. L'autorité ecclésiastique ayant fait enlever les de l'épiscopat que de trop zélés paroissiens a,aient placés sur son cercueil, il s'ensuivit une lutte qui nécessita l'intervention de la force armée. Un concours immense de peuple assistait à ses obsèques, et deux discours furent prononcés sur sa tombe. C'est à toitqu'on lui attribuel'opus- cule intitulé : il messieurs les administrateurs du diocèse de...., Paris, Baudouin de 14 p. Ce petit écrit est de don Grappin voy. cc nom). Demandre est l'éditeur de quelques ouvra- ges de Bergier : Discours sur le mariage des pro- testants, 1778 Observations sur le divorce, 1790 Traité de la miséricorde de Dieu, 1820
  • Jean-Baptiste DENIS : fils d'un pompier de Paris, alla étudier la médecine à l'université de Montpellier, oit il reçut le doctorat. De retour à Paris, il y professa la philosophie et les mathématiques, et obtint l'emploi de conseillermédecin ordinaire de Louis XIV. En 1673, il fut appelé en Angleterre par le roi Charles 11, dont il aurait pu devenir archifttre. Mais il préférarevenir en France. 11 avait commencé, en 1669, à tenir chez lui de, conférences publiques qui avaient pour principal objet la physique, les mathématiques et la médecine. Le résultat de ces conférences, qui se prolongèrent pendant huit années, fut publié sous cu titre : Recueil des mémoires et conférences sur le, arts et les sciences présenté à M. le Dauphin, Paris, 1672 fig. . On trouve dans ce recueil de› extraits fort bien rédigés de plusieurs ouvrages, selon la méthode du Journal des savants, dont il est la suite Denis se montra zélé partisan de la, Ce volume contient 12 mémoires et 7 conférences , renfermant le precis de ce qui s'etait titi dans ces assemblees. Il y en eut ensuite s pour l'annee 1673 et 2 pour 1671. Elles ont Cie teintprinces dans le 3(, volume du Journal des Savants le Paillon (t'Amsterdam transfusion du sang. Il fut même vraisemblablement le premier qui osa tenter sur l'homme cette opération dangereuse. Elle réussit au gré de ses ceux, s'il faul ajouter foi aux lettres qu'il a irisé- rées dans le Journal des savants, et à celles qu'il s. publiées isolément : I Lettre à M. de Montmor touchant Une nannille manière de guérir plteieurs , naladies par la transfusion du sang, Paris, 1667 2° Lettre touchant une folie invétérée qui a té guérie depuis peu par la transfusion du sang, Paris, 1668 Le docteur Lamy assure, au contraire, que ce malade périt victime de l'opéralion, et il ajoute que ce ne fut pas le seul. Denis était ami du merveilleux : ses assertions ne portent pas toujours l'empreinte de la vérité, et souvent il professe une doctrine erronée. 11 suffirait, pour s'en convaincre,- de lire le titre de l'opuscule suivant Relation curieuse d'une fontaine découverte en Po- logne, laquelle, entre autres propriéh4s, a celles de suivre le mouvement de la lune, de s'enflammer comme l'esprit de vin, de guérir diverses maladies, r, et de prolonger la vie jusqu'à cent cinquante ans; avec l'explication des propriétés de l'eau de cette fontaine, Paris, 1687 Denis mourut subitement à Paris, le 3 octobre 1704
  • Jean-Baptiste DENISART( 1712) : né à Iron près de Guise, en 1712, fut procureur au Châtelet de Paris. C'était un homme trèslaborieux. Au milieu des occupations multipliées de son état, il osa entreprendre mi ouvrage qui exigeait des connaissances bien plus étendues que\celles que sa profession supposait, une Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence, 1754-56, 6 vol ; 1757, 2 vol. 3 vol. 1768, 3 vol. 1771, 4 vol. avec des additions par Varicourt. lienisart mit à chaque article des détinitions et quelquesuns des principes fondamentaux de la matière qu'on y- traitait. Ce recueil eut le succès qu'a toujours ce genre d'ou- iTage, si favorable à la paresse et qui semble faci- liter aux plus ignorants la connaissance d'une science, dont il ne leur Mine cependant que des idées décousues et incomplètes. Cet inconvénient se fait surtout sentir dans les sciences morales, telles que la jurisprudence, qui ne méritent véritablement ce nom, qu'autant qu'elles forment un ensemble et qu'on voit les rapports que toutes leurs parties ont entre elles. Ce n'était pas le seul défaut de l'ouvrage de Denisart. 11 avait déjà eu 5 éditions successivement augmentées, ou par lui ou par d'autres après sa mort, lorsque la vogue constante qu'il avait, fit 'concevoir le projet de l'agrandir encore. Ceux qui se chargèrent de l'exécuter, en exa- minant de près le travail de leurs prédécesseurs, trouvèrent que sur les 6,000 arrêts qu'on y citait, la plupart étaient ou inexacts ou mal rapportés, et ne se trouvaient quelquefois pas dans les registres du parlement. 11 n'y avait aucun ordre dans la disposition des principes. On voyait, au commencement d'un article, ce qui était la conséquence de ce qu'orme retrouvait qu'au milieu ou à la fin. Les maximes les plus importantes y étaient omiset. Que d'erreurs un livre si défectueux devait avoir occasionnées! que de mauvais jugements il devait avoir fait rendre! On avait d'abord eu la pensée de le refondre; mais on fut obligé de l'abandonner en entier et de travailler sur un nouveau plan. On conserva l'ordre alphabétique, mais pour en sau-?er en quelque sorte les inconvénients, on voulut que chaque article fût une espèce de traité où l'on rappellerait tous les principes de la matière qu'on y discuterait. Ce recueil, qu'on appelle le Nus- veau Denisart, mais auquel les éditeurs conservé- , rent son ancien titre, n'a pas été jusqu'à la fin; il est resté trèsincomplet, quoique arrivé à 14 vol. Les 9 premiers sont l'ouvrage de MM. Ca- mus et Bayard, et parurent de 1783 à 1790. Les 5 autres sont dus à M. Calenge; le tome 14' porte , la date de 1808 . Denisart avait publié en outre l'Almanach des plaideurs, 1745 et une édition avec des notes du recueil des Actes de noto- riété du Chdtelet, de Jean.le Canins, 1759 1769 Cette dernière a été revue par Valicourt, lieutenant civil. Collection de décisions nou- rrlles, etc., relatives à la jurisprudence; nouvelle édition corrigée et augmentée par Camus, Bayard etc., Paris )783-1807, 13 vol. Denisartmonrut à Paris le 4 février 1166, figé de 52 ans. L'excès (lu travail avait, diton, abrégé ses jours
  • Jean-Baptiste DEI( 1702 - 1789) : généalogiste de Toscane, mort à Florence le 15 février 1789, y était né en 1702. 11 y fut directeur de Parchivio segreto du prince Ferdinand, réuni aux archives du grandduc, sous le titre de segretaria vecchia , dans lesquelles ' on conserve spécialement les mémoires relatifs aux familles florentines et mème toscanes en général. ' Nonseulement Dei était versé dans les sciences héraldique et généalogique, mais il était encore fort instruit dans l'histoire de sa patrie. L'antiquaire de l'emperem- François Pr, avec lequel il entretint une correspondance suivie, lui dut des lumières importantes, et le cabinet impérial de Vienne, beaucoup d'anciennes monnaies rares. Dei mit en ordre la plupart des archives de Florence et forma les arbres généalogiques de plusieurs familles illustres. Parmi ceux qui lui firent le plus d'honneur, est ce 1 lui de la maison ducale des Médicis qui fut imprimé en 1761
  • Jean-Baptiste DARIGRAND : a joui pendant. sa vie d'une assez grande célébrité qu'il devait à sa haine contre les traitants. Né pauvre, il avait d'abord rempli des fonctions subalternes dans les gabelles; mais, n'ayant point obtenu l'avancement que méritaient ses services et ses talents, il quitta son emploi, et se fit recevoir, en 1761, avocat au parlement de Paris. Mettant à profit les connais- ces qu'il avait de la maltôte, il défendit devant . cour des aides, et souvent avec succès, les 'alheureux fraudeurs poursuivis à la requête s fermiers généraux ; mais il ne s'en tint pas là. arigrand signala tous les abus résultant du système des fermes dans un petit écrit intitulé : L'Anti- financier, ou Relevé de quelques- unes des malversa- tions dont se rendent journellement coupables les fermiers généraux, et des vexations qu'ils commet- tent dans les provinces, 1763 2; nouvelle édition augmentée, 1764, 2 A ol. Cette brochure, précédée d'une épître au parlement de France, fit beaucoup de bruit à sa publication, et l'auteur fut mis à la Bastille. Il en sortit plus animé contre ses irréconciliables ennemis, et ne cessa de les poursuivre jusqu'à sa mort, arrivée au mois d'octobre 1771. On cite de cet avocat plusieurs factums intéressants pour l'histoire, entre autres : Mémoires pour les officiers et les soldats du régiment de Cambrésis, contre les syndics et direc- teurs de la compagnie des Indes, 1765 et Mé- moire pour le receveur du domaine de la généralité de Tours, dans la discussion qu'il eut à soutenir en 1766 contre le due de Brissac, en sa qualité de pair de France, pour les droits prétendus par le domaine dans le cas de vente de terres affectées à la dotation d'une pairie
  • Jean-Baptiste DAVAUX( 1700) : membre de la société des enfants d'Apollon, né dans le Dauphiné, vers le milieu du 18' siècle, s'est acquis par sa musique instrumentale beaucoup de réputation, à une époque où les belles compositions d'Haydn et de Mozart n'étaient pas encore connues en France. Vers 17'73, il vint à Paris, et obtint des succès par des concertos de violon et des symphonies concertantes, genre nouvau alors, et que Viotti a perfection. né. C'est pour quatre instrumentistes célèbres, Guérin, Jarnowick, Guénin et Duport, que Davaux composa des quatuors qu'on faisait répéter dans 11 les concerts, et où l'on remarquait surtout d'excellents rondeaux, pleins de motifs aisés à retenir. Les quators de Boccherini et d'Haydn pouvaient seuls faire oublier ceux de Davaux. Outre le petit opéra de Théodore, que cet amateur distingué a donné en 1785, à la comédie italienne, il a publié dix oeuvres pour le violon qui contiennent des concertos, des quatuors et des duos. De 1800 à 1810, Davaux avait ouvert chez lui des concerts brillants, où l'on entendait d'habiles instrumentistes, tels que MM. Ardisson„ Alliaume, Marcou, Raoul. 11 occupa longtemps un emploi au ministère de la guerre, où l'avait fait entrer le général Beurnon. ville ; mais lors de l'institution de la Légion d'honneur, le grand chancelier, Lacépède, le nomma chef de l'une des divisions de ses bureaux. il y resta jusqu'en 1815, où elle fut supprimée. A la recommandation du maréchal Macdonald, il obtint une pension de retraite. I1 mourut à Paris le 2 février 1822. On trouve, sous le nom de Davaux , une lettre sur un chronomètre exécuté par Bréguet, pour déterminer avec exactitude les mouvements depuis le prestissimo jusqu'au largo. Aujourd'hui les artistes ont adopté le meilleur de tous les instruments de ce genre, le Métronome de M
  • Jean-Baptiste DEPERTHES( 1761 - 1833) : fils d'un avocat distingué , naquit. à Reims le 25 octobre 1761. Au lieu de suivre la profession de son père, Deperthes s'appliqua à l'étude du dessin, ensuite à la peinture, et spécialement à celle du paysage, pour laquelle il montra un goût •tout particulier. Partout où il se trouvait, il cherchait et étudiait les effets de la nature. Ne voyant pas dans son pays tout ce qui lui était nécessaire pour se perfectionner, il se rendit à Paris, et s'attacha à Valenciennes , célèbre paysagiste. 11 profita si bien des leçons de ce maître, qu'il parvint, comme il le dit luimême; à bien connaître la pratique du paysage. il en était là, quand des circonstances impérieuses le forcèrent à suivre une autre carrière. Deperthes alors quitta le pinceau comme artiste et ne s'en servit plus que pour son agrément : il entra dans un des bureaux du gouvernement, passa ensuite dans ceux de la préfecture de la ' Seine, et il venait d'être mis à la retraite quand la mort le frappa subitement le 25 octobre 1833. Deperthes avait fait une 'étude tellement approfondie des productions des grands maîtres, qu'il était impossible de le tromper. Au premier coup d'oeil il distinguait une copie d'un original. Musicieno il jouait fort bien de l'alto, et se faisait remarquer dans les grands concerts de la capitale. Attaché comme amateur à l'orchestre du théâtre de la rue de Thionville, il y fit représenter, le décembre 1806, la Cassette de bijoux ou la fuite de Jules du toit paternel, mélodrame en 3 actes qu'il retira à la troisième représentation. Après la seconde invasion des armées alliées, qui enlevèrent dtt Muséum la plus grande partie des chefsd'œuvre que nous avions rapportés des pays conquis, Depe rtl tes présenta luimême à Louis XVIII une adresse sur la destination qu'on pouvait donner au Muséum et sur les avantages qui en résulteraient pour les arts. 11 ne la fit pas imprimer ; mais, peu de temps après, il donna au public une brochure de 16 p., Paris, 1815, ayant pour titre : Opinion sur la destination qu'il conviendrait de donner au Muséum pour favoriser l'encouragement des artistes et le perfectionnement des beaux- arts enFrance. Sur la fin de l'année 1818, Deperthes fit imprimer la Théorie du paysage, ou Considérations générales sur les beautés de la nature que l'art peut imiter, et sur les moyens qu'il doit employer pour réussir dans cette imitation, avec cette épigraphe : Observez , connaissez, imitez la nature, Paris, 1818 Il en fit hommage à l'Académie des beauxarts, et en reçut deux lettres flatteuses. Plusieurs journaux ont fait l'éloge de cet ouvrage, dont la lecture ne saurait être trop recommandée, nonseulement aux artistes et à tons ceux qui se mêlent de peinture, mais encore aux personnes de goût. C'était déjà beaucoup pour la peinture du paysage que d'en avoir présenté la théorie ; mais ce n'était pas assez pour son auteur. Aussi, en 4822, Deperthes, voulant ne rien laisser àdésirer sur ce genre, s'empressatil d'en publier l'histoire sous ce titre : Histoire de Part du paysage, depuis la renaissance des beaux- arts, jusqu'au 18° siècle, ou Recherches sur l'origine et les progrès de ce genre de peinture, et sur la vie, les ouvrages et le talent distinctif des principaux paysagistes des différentes écoles, Paris, 1822 Comme de son premier ouvrage, Deperthes en lit hommage à l'Académie des beauxarts qui lui écrivit par l'organe rie M. Quatremère : « Qu'elle a arrêté que · son procèsverbal fera mention de l'intérêtqu'elle « porte à un ouvrage dans lequel l'auteur s'est « plu à recueillir par de longues recherches, avec « un jugement sûr, le goût le plus exercé, un en- « semble de matériaux qui, réunis à ceux de sa « Théorie du paysage, doivent former sur cette « partie intéressante de la peinture, un corps com« plet d'observations, de préceptes, d'exemples, de « notions historiques et biographiques aussi utiles « pour l'artiste qu'elles seront agréables à rama- « teur, et qui manquaient à la littérature des « beauxarts. » Dans le Journaldes savants , M. Quatremère de Quincy, en rendant compte de cet ouvrage, lui donna encore de grands éloges. Deperthes se disposait à faireimprimer troisième ouvrage sur la peinture, qui, au rapport de M. Quatremère de Quincy, était supérieur aux deux premiers. Le manuscrit ne s'est pas trouvé dans ses papiers : nous n'y avons vu que deux manuscrits de la Théorie et de l'Histoire de l'art du paysage, un avantpropos pour une seonde édition de son dernier ouvrage et une épître dédicatoire à son père, clans laquelle il se félicite du favorable accueil que le public a fait à ses cieux productions . Deperthes était lié avec des savants et des grands peintres de la capitale. Parmi ces derniers, plusieurs désiraient faire son portrait ; ses frères le lui avaient demandé plusieurs fois; un refus sec fut toujours sa réponse. Quelquesànnées avant sa mort, M. Germain, peintre distingué de Mi. Lecomte, secrétaireadjoint, chef de la mairie de Reims, a entre les malus les deux manuscrits dont nous parlons, ainsi gis trois pièces de théâtre, aussi manuscrites, intitulées : la Ir. le Tableau des arts et de l'amitié, comédie en 3 actes et en prose ; la 2e le Portrait, opéracomique en acte; la 5' Fanchene et Colin, ou le choix l'ail d'civance, operacomique en t acte- iiirReims et ami des frères Deperthes, revint à la charge et voulut le pressentir sur ce sujet : « Faire mon portrait ! ditil ; je l'ai refusé à Pau« lin Guérin, à Robert Lefèvre et à bien d'autres; « vous n'aurez pas sur eux la préférence. » On a de lui une centaine de petits tableaux du genre dont il a écrit l'histoire, presque tous copiés d'après Valenciennes et d'autres paysagistes ; il s'y trouve peu d'originaux. Celui qu'il avait envoyé à Reims, en 1798, représentant un brouillard tombant, est actuellement dans une des salles de l'hôtel de ville
  • Jean-Baptiste DESCAMPS( 1714) : peintre, né à. Dunkerque en 1714, eut beaucoup de peine à obtenir de son père la petmission de se livrer à son goût pour le dessin, dont Louis Coypel, son oncle maternel, lui avait donné les premières leçons. N'ami de l'étude des productions de l'école flamande, le jeune Descamps sentit le besoin d'y joindre celle des écoles italiennes, et résolut de partir pour Ro- me; mais il éprouva la même opposition de la part de sa famille, qui lui permit seulement d'aller se perfectionner à Paris. Ses premiers ouvrages lui méritèrent d'être employé aux tableaux du sacre de Louis XV, et il rut admis par Largillière au nombre de ses élèves.11se disposait à passer en Angleterre pour aider Vanloo dans les travaux qu'il avait en-. trepris pour la cour, lorsqu'il fut attiré, à Rouen par eir quelques amirqe avait dans cette ville. 11 s'y établit, et y forma une école particulière de dessin'. Il obtint ensuite la formation d'une école gratuite, dont il fil t nommé directeur et professeur. Louis XV ayant fait un voyage au Havre, Descamps fut choisi pour retracer les principales circonstances de Parrivée du souverain. Ces dessins, gra\ és par Lebas, font partie de la collection des fêtes qui eurent lieu sous ce règne. Descamps, qui s'était plutôt attaché à l'imitation simple de la nature et à la pratique du coloris, qu'à la composition des tableaux historiques, choisit de préférence les scènes familières et les costumes villageois; et c'est sur un ouvrage de ce genre qu'il l'ut nommé membre de l'Aca- démie de peinture ; mais, quelque agrément que cet artiste ait répandu dans les productions de son pinceau, il doit la plus grande partie de sa réputation aux écrits qu'il a publiés sur la peinture. Les Vies des peintres flamands, allemands et hollan- dais , Paris, 1753-63, en 4 vol. ornés de portraits en vignettes, gravés par Ficquet, ouvrage qui fut sui i du lyage pittoresque de la Flandre et da Brabant, Paris, 1769 avec i planches et une carte, sont dans toutes les bibliothèques, et méritent d'être consultées par les artistes et les amateurs. Elles sont cependant fort incomplètes et souvent inexactes, surtout dans ce qui a rapport aux peintres allemands. Descamps a encore publié sur l'Ut ilib; des établissements d'Écoles gratuites ( le dessin en faveur des métiers, l? ( v7 , in14°. Il dirigea pour la ville de Rouen plusieurs travaux de décoration appliqués à des monuments publics, et se distingua par son goût, son zèle et son désintéressement. Chéri de ses élèves, estimé de tous ceux qui eurent avec lui quelques rapports, il mourut le 30 juillet 1791, après avoir obtenu pour son lits la place qu'il laissait vacante par sa mort. Ce même fils a donné en 1807, à Rouen, une Notice histori- que sur son père de 1:i p. L'Académie de Rouen a couronné en 1808, et a fait imprimer dans ses Mémoires l'É'loge de Descamps par M. de Sesmaisons
  • Jean-Baptiste DESGRANGES( 1751) : médecin, né en 1751 à Mâcon, fit d'excellentes études chez les Dominicains. A dixsept ans son père le plaça auprès du chirurgien en chef de l'hôpital de cette ville, pour y étudier la médecine. Deux ans après, le jeune Desgranges se rendit à La Rochelle où il fut reçu élève interne à l'hôpital. Au bout de quelque temps, jugeant qu'il acquerrait une instruction plus complète sur un plus grand théâtre, il vint à Lyon et y obtint une place de chirurgien interne à l'HôtelDieu. Dès lors il se livra avec ardeur à l'étude de l'anatomie et à l'observation pratique des nombreuses maladies qui s'y présentent; aussi reçuttil plusieurs fois des récompenses de la part des administrateurs de cet hospice. A vingtcinq ans, il se présenta au collége royal de chirurgie de Lyon dont il devint membre en 1779, après avoir donné les preuves d'un vrai savoir dans une thèse qu'il soutint sur les tumeurs fongueuses et les fongosités de la duremère; il la dédia au célèbre Louis, qui avait écrit surie même sujet. En 1788, il obtint à l'université de Valence le grade de docteur en médecine. Les connaissances et l'habileté qu'il avait acquises dans la pratique médicochirurgicale, liii vahirent une nombreuse clientèle. Malgré ses occupations il trouvait encore le temps de donner des soins gratuits aux pauvres. Le soir, retiré dans son cabinet, il passait une partie des nuits à écrire les observations les plus intéressantes de sa pratique, et les adressait aux sociétés savantes qui s'empressèrent de l'admettre an nombre de leurs membres associés. Il fut reçu en cette qualité successivement par les Académies de médecine et de chirurgie de Paris, Lyon, Montpellier, Marseille, Bordeaux, Nîmes, Toulouse, Dijon, Mâcon, Zurich, Bille, Turin, Borne, NewYork, etc. Au mois d'août 1793, lorsque Lyon, opposant une courageuse résistance à la tyrannie de la convention, organisa une petite armée, Desgranges en fut nommé chirurgien en chef. A peine étaitil installé, que la ville l'ut investie par Parniée révolutionnaire sous les ordres des proconsuls DuboisCrancé, Gauthier, ChâteauneufRandon et Javogue. Les batteries d'attaque furent bientôt dressées par les artilleurs venus de Valence et une grêle de projectiles porta dans l'infortunée cité l'incendie, la désolation et la mort. Desgrauges organisa promptement les ambulances, il établit deux hôpitaux militaires dans les églises de St- Louis et des Cordeliers. Il parcourut les avantpostes pour opérer et panser les blessés; il donna des preuves- d'un grand courage et d'une grande habileté dans son art. Enfin, après soixantesix jours d'un siége meurtrier, les Lyonnais, manquant de vivres, de munitions et d'artillerie, firent une sortie audacieuse, et cherchèrent leur salut dans les montagnes et les forêts, d'où ils gagnèrent la Suisse. Desgranges, à force d'or, échappa à la fureur des conventionnels, et se réfugia dans le Pays de Vaud. 11 se fixa dans la petite ville de :gorges, où sa réputation lui acquit bientôt sine clientèle très-étendue. Les sociétés savantes de la Suisse ne tardèrent pas à l'associer à leurs travaux. Le sénat de Berne, pour lui témoigner la reconnaissance publique, lui offrit une médaille d'or qu'il avait fait frapper en son honneur; elle représentait, d'un côté, les armoiries de ce canton ; 11--- revers, était une Minerve posant une couronne ' la tète d'un génie, avec ces mots sur l'exergue : Te cligna gloria manet. Desi-,)•ranges passa neuf années dans cette . ille hospitalière; il y épousa une veuve qui avait deux jeunes filles de son premier mariage. Enfin le règne de la terreur ayant cessé en France, l'amour de la patrie l'y rappela il revint, en 1802, à Lyon où la confiance de ses concitoyens l'attendait. 11 fonda la société de médecine dont il devint dans la suite président temporaire. Il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à propager en France la vaccine, contre laqiielle s'étaient élevés des préjugés opiniâtres. Desgranges perdit sa femme, mais il lui restait deux bellesfilles qu'il avait élevées comme ses propres enfants et qu'il maria trèsavantageusement. Au milieu des grands travaux de son état, il fut atteint d'une maladie longue et douloureuse qui termina son honorable carrière le 23 septembre 1831. 11 a enrichi les journaux de médecine d'un (n'and nombre cle d'opuscules, fruits d'une pratique éairée et d'une observation trèsjudicieuse. Les principaux sont 10 Lettre à M. Prost- de- Royer sur les moyens de rappeler à la vie les enfants qui paraissent morts- nés, 1779 ; 2° Dissertation inaugurale sur les tu- meurs fongueuses et fongosités de la dure- mère, Lyon, 1779 ; 3° Réflexions sur la section de la. symphise du pubis, Lyon, 1782 ; 4° Mémoire et ob- • ervations sur l'introversion et la rétroversion de la matrice, excellent travail qui fut couronné par l'Academie de chirurgie de Paris, 1783. 5° Sur l'emplbi de l'alcali volatil ( Ions le traitement des maladies vénériennes, 1786 ; 6° Mémoires sur les fenoyns de perfectionner les établissements des se- ours pour les noyés, 1790 ; 7° Adresse patriotique aux officiers de santé militaires de l'Helvétie, Lausanne, 1797 ; 8° Mémoire et observations sur la vaccine, I 803;9° Observations et remarques sur l'ori- gine des maladies de poitrine, Montpellier ; IO° Ob-, ervations et remarques pratiques sur l'adminisr 1 ration du seigle ergoté contre l'inertie de la matrice dans la parturition, Montpellier, 1822. 11° Obser- vations sur le pouvoir . ou l'influence de l'imagina- tion chez les femmes enceintes sur le foetus. Les journaux de médecine de Paris et de Montpellier et les actes de la société de médecine de Lyon contiennent encore un grand nombre d'observations . otéressantes de ce médecin laborieux. Peu de jours avant sa mort, il confia divers manuscrits au doc-;eur J.P. Pointe, qui à son tour a déclaré qu'en mourant il lèguerait à la e ilie de Lyon et les manuscrits de Desgranges, et tous les autres qu'il possèderait à son décès. Ce même docteur Pointe a. prononcé un éloge historique de Desgranges, im- primé à Lyon en 1831
  • Jean-Baptiste DESHAYS( 1729 - 1765) : peintre , naquit a Rouen, en 1729. Ayant montré un goût décidé pour le dessin, son père lui en donna les premiers pr Colin de Vermont fut ensuite son maître; il le quitta, pour entrer dans l'atelier de Restout. ne tarda pas à s'y• faire remarquer par ses heureuses dispositions pour la peinture. 11 n'était encore qu'élèx e , lorsqu'il fit le tableau représentant la Femme de Putiphar. Les amateurs et les artistes prévirent, dès ce début, que Deshays était appelé à de plus grands succès. En effet, il obtint, en 1751, le premier priï de l'Académie de peinture. Ce succès lui procura l'avantage d'être admis dans l'atelier de Vanloo. Deshays reçut pendant trois ans des le-çons de cet artiste. Le premier des tableaux qu'il composa dans cette école, représente Loth et ses filles; le second, Psyché évanouie ; le troisième Cé- phale enlevé par l'Aurore. Rome, terre classique des beauxarts, Rome, où se trouvent réunis les chefs- d'oeuvre des peintres dont s'honore l'Italie, Rome est la première école du monde pour les talents; c'est là seulement qu'on trouve les admirables modèles de l'antique, et les belles productions sorties du pinceau des artistes, depuis le pontificat de Léon X. Deshay s se rendit donc dans la mèrepatrie du goût ; mais le chagrin d'ètre éloigné des bords de la Seine, le poursuivit sur les bords du Tibre. La e de tant de chefsd'œil% re nouveaux pour lui, l'amour de son art, l'ambition d'atteindre à la perfection dont les modèles étaient sans cesse devant ses yeux, parvinrent enfin à rendre moins amer l'ennui dont il se sentait dévoré. De retour dans sa patrie, il épousa la fille aînée de Boucher, et fut reçu en 1758 à l'Académie royale de peinture. Son tableau de réception représentait Vénus ver- sant sur le corps d'Hector une essence divine pour le garantir de la corruption. Cet ouvrage marqua la place de Deshays parmi les meilleurs peintres de son temps. Il ne s'écoulait pas d'année, que les tableaux qu'il exposait au Louvre n'ajoutassent à sa réputation, quand une chute funeste, et qui occasionna sa usait, xiiit tout à coup renie\ er aux arts à l'âge de 34 ans. Quoique ravi si jeune à la peinture, dont il promettait d'être un des plus dignes soutiens, Deshays a laissé plusieurs tableaux qui doivent être comptés au nombre des bons ouvrages de l'école française; ceux qui représentent l'Etude, Jupiter et Antiope, le Comte de Comm es, et le martyre de St. André, sont du nombre; mais, (le tous les tableaux de Deshays, il n'en est ucun quredoixe faire plus Wg,retter sa perte que elui de St. Bene mourant. Il règne dans cette . omposition une expression et une vérité qui sont ustement admirées des connaisseurs; on ne se ;ouvient encore aujourd'hui qu'avec peine de la tin prématurée de Deshayf, qui termina ses jours Jans la force de l'âge, et à l'époque de la Nie où le goût et l'étude viennent corriger les écarts de l'imagination. Desha s en aN ait sine ardente ; aussi fitil preuve, dans tous les instants de sa vie, d'une activité infatigable. Cet artiste, qui réunissait la vigueur de l'expression à l'enthousiasme du génie, mourut à Paris le 10 février 1765. Cochin fils a publié des Lettres sur la vie de Deshays, 1765
  • Jean-Baptiste DESPLAS( 1758) : habile vétérinaire, naquit à Paris, le 15 juillet 1758, dans une famille de maréchauxferrants, et se destina à suivre la même carrière. Mais en même temps qu'il s'exereait à la maréchalle•ie dans les ateliers de son père, il faisait ses humanités au collége Mazarin. Bien jeune encore il parcourut diverses pros inces de la France pour se perfectionner dans la profession qu'il avait embrassée, et à son retour il ent ra, comme élève à l'école vétérinaire d'Alfort, oit ses progrès rapides lui firent bientôt obtenir la chaire de maréchallerie. Etc 1786, il fut envoyé dans le Quercy, avec thabert, inspecteur général des écoles vétérinaires, pour y combattre une épizootie charbonneuse. Nommé successivement'étérinaire en chef . 2° Instruction SU? ' les maladies in flammatoires épizootiques, et particulièrement sur celle qui offerte les bacs à cornes des départements de l'Est, d'une partie de l'Allemagne et des pares d'approvisionnements de Sambre- et- Meuse et de Rh et- Moselle, publiés par ordre du gouvernement, Paris, an 5 ; deux éditions ; réimprimés à Vesoul, même année, et dans la Feuille du Cultivateur. 3" Nouveau rapport relati f à la maladie qui affecte les bètes a cornes , en français et en allemand, Luxembourg, fructidor an 4 nouvelle édition, Commercy, brumaire an 5 . 4° Rapports, faitsà la société royale et centrale d'apiculture, insérés dans les Mémoires de cette société, et imprimés séparément. Desplas a été, ainsi que M. Hazard, un des rédacteurs des Précautions à prendre dans l'usage de l'avoine nouvelle pour la nourriture des chevaux, etc., publiées en l'an 2, par ordre du gouvernement, et réimprimées dans plusieurs recueils. Il a fourni des articles au Dictionnaire de médecine de l'Encyclopéd ie méthodique et au Cours d'agriculture qui a paru chez M. Déterville en 1809 et 1821. 11 avait commencé la description , une notice biographique sur liespias, parts. Silvestre, secrétaire perpétuel
  • Jean-Baptiste DESROCHES de Parthenay( 1600) : littérateur laborieux, né vers la fin du ne siècle à 1.a Rochelle, descendait, ou du moins avait la prétention de descendre d'une ancienne et illustre famille du Poitou, dont une branche avait embrassé la religion réformée. Après avoir achevé son cours de jurisprudence, il obtint la charge de conseiller et avocat général du roi au bureau des finances à La Rochelle ; il s'en démit peu de temps après par des motifs de conscience, et se rendit en Hollande. Voulant tirer parti de ses talents, il s'associa bientôt à La Martinière , et à La Barre de Beaumarchais, qui se trouvaient à la têted'une fabrique littéraire, genre d'industrie alois assez rare, riaispi s'est beaucoup perfectionné depuis. Les as- ciL;s, qui les vit à la Haye en 1733, eut lieu d'être content de leur politesse. « Desroches, ditil, et La « Martinière travaillent fortement au Dictionnaire « géograph igue. Ils ont sur ce sujet une collection « de livres fort curieux, et paraissent avoir de ré-« m'ilion. » . A cette époque, D esroches avait fourni la traduction du Nou- veau Traité dn P. Hardoilin sur la situation du Para- dis terrestre, et celle des Commentaires de Huet sur lps Navigations de Salomon, dans le recueil, publié M par La artinière, des Traités h m istoriques et géog- phiques pour servir à Fini ell i gence de l'Ecriture sa te . Sa coopération au grand Dictionnaire historique ne l'avait pas empêché de publier pour son compte une Histoire du Danemarck, que celle de Manet a fait oublier, mais qui fut accueillie, parce qu'il n'en existait aucune autre en français. Desroches, qui ne savait pas alors le da-. nois, et qui peut-être même n'avait pas encore visi- té le Danemarck, s'était servi, pour composer cette histoire, de chroniques écrites en latin, pour la plupart trèsdéfectueuses et doht il a reproduit tontes les erreurs. A cet ouvrage, dont la 2e édi- en conclut qu'elle est de Desroches ; mais d'autres bibliographes l'attribuent à La Martinière, et rien ne prouve qu'elle ne soit pas l'ouvrage des trois associés. C'est encore à Desroches que Barbier fait honneur de la révi- sion de l'Histoire de Suède, traduction de Puffen- dort, avec une continuation jusqu'en 1730. Mais Desroches nous apprend luimême que cette édi- lion est due à l'illustre La Martinière, et que ce ne fut qu'après la mort de ce grand maitre qu'il osa donner une nouvelle édition de l'Histoire de Suède, continuée jusqu'en 1748. Il quitta peu de temps après la Hollande pour se rendre à Copenhague où, continuant de vivre du produit de sa plume, il a publié la traduction des Pensées ou ré- flexions morales de Holberg ; celle du Voyage de Norden et enfin celle de la Descrip- tion et histoire naturelle du Groenland, par Egède, On voit par la dédicace de ce dernier ouvrage que Desroches était à .Copenhagne au mois de janvier 1763; mais on n'a pu découvrir le lieu ni la date de sa mort.
  • Jean-Baptiste DOCHIER( 1742) : né le 2 décembre 1,42 à Romans, acheva ses cours à Paris, et s'y fit recevoir avocat au parlement. De retour aans Nine natale, il y eut bientôt une clientèle; et, sans négliger les devoirs de sa profession, sut trouver le loisir d'étudier l'histoire de sa province. Les connaissances historiques qu'il avait acquises lui furent trèsutiles lors du procès que la ville de Romans eut à soutenir, en 1787, contre les chanoines de StBernard, qui se prétendaient exempts de la corvée. 11 publia dans cette affaire un Mémoire plein de recherches, et dans lequel il prouva d'une manière incontestable qu'ainsi que la noblesse, le clergé delphinois n'avait jamais été dispensé de contribuer aux charges publiques. Dochier obtint, en 1789, une mention honorable pour un Eloge de Bayard, envoyé au concours de l'Académie de Grenoble, se l'associa la même année. Député par le département de la Drôme, 1791, à l'assemblée législative, il ne s'y fit point remarquer. Après la session, il fut nommé juge au tribunal de cassation; mais il cessa d'en faire partie en 1795, époque où une maladie grave l'obligea de revenir dans sa ville natale. A la réorganisation de l'ordre judiciaire en 1800, il fut désigné juge au tribunal d'appelde PI- sère, et refusa cette marque de confiance, .ne vou- tant pas s'éloigner de Romans, où toutes ses affections étaient concentrées. 11 en fut nommé maire ; et comme il avait conservé le goût des études historiques, il profita de la facilité de puiser dans les archives pour rédiger quelques essais sur cette Zélé pour les intérêts de ses administrés, il publia des recherches sur l'impôt foncier, dans le but d'éclairer les directeurs du cadastre, et d'indiquer les bases qu'ils devaient adopter sur l'évaluation des différentes espèces de terrain pour arriver à la répartition la plus équitable de l'impôt. Dochier mourut à Romans le 18 décembre 1828. On a de lui : 1° Recherches historiques sur la taille en Dau- phiné, Romans, 1783 2° Mémoires sur les corvées en Dauphiné, 1787Eloge histori- que du chevalier Bayard, 1789 4° Afémoire sur la ville de Romans, suivi de l'Eloge du cheva- lier Bayard, Valence, 1812 ; 5° Dissertation sur l'origine et la population de Romans, Valence, 1813 de 36 pages ; 6' Essai historique sur le Mo- nastère et l'ancien chapitre de Sr- Bernard, Valence, 1817 7° Recherches sur rime foncier en Dauphiné, pour servir à la confection du cadastre général, .,Valence, 1817 de 44 pages 8° Un Cri d'humanité en faveur des G recs, Valence, 1821
  • Jean-Baptiste DONI( 1593) : patricien de Florence, y naquit en 1593. 11 fit ses premières études à Bologne, et alla les terminer à Rome, sous les jésuites : il y fit de si grands progrès dans la langue grecque, la rhétorique, la poétique et la philosophie, qu'il laissa loin derrière lui tous ses condisciples : il s'appliqua aussi avec fruit à la géographie et à la géométrie. Son père, qui le destinai au barreau, l'envoya en France eti 1613; il vint à Bourges, entra dans la célèbre école de Cujas, et y passa cinq ans, livré principalement à l'étude du droit, mais cultivant en même temps la littérature grecque, la philosophie, l'histoire, la chronologie, l'histoire naturelle et les autres sciences physiques; il apprit, de plus, parfaitement le français et l'espagnol. De retour en Italie en 1618, il reçut le doctorat dans l'université de Pise, où il étudia en même temps les langues orientales, et particulièrement l'hébreu. Son père le pressait, malgré sa répugnance, de prendre l'état auquel il l'avait destiné; mais le cardinal Octave Corsini, envoyé légat en France, ayant proposé au jeune Doni de l'y emmener avec lui, il accepta cette offre avantageuse, et passa plus d'un an à Paris, occupé à visiter les bibliothèques publiques et particulières, à y puiser de nouvelles connaissances, à fréquenter les savants dans tous les genres et de tous les partis ne cherchant en eux que la science, il savait se faire aimer de ceux qui se haïssaient entre eux, comme du P. Petau et de Saumaise. Des affaires de famille et la mort d'un frère qu'il aimait tendrement, le rappelèrent à Florence en 162. 2 : il s'y, livra avec la plus grande ardeur à l'étude des antiquités, qui devint sa passion dominante, et l'objet principal de ses recherches, de ses dépenses et de ses travaux. Il parvint à rassembler une collection immense d'inscriptions, de vases, d'autels, de cippes, et d'autres objets d'antiquité les plus curieux et les plus rares : ' il les mit dans le plus bel ordre, les commenta, les expliqua et en forma un trésor à ajouter à celui de Gruter, mais qui n'a vu le jour qu'un siècle après sa mort. Le pape Urbain VIII, Barberini, ayant été élu en 1623, le cardinal, neveu, François Barberini, appela Doni à Rome, et le logea dans son palais. Ce cardinal aimait et cultivait la poésie latine, comme le pape son oncle; il aimait encore plus la musique. Doni, qui avait composé des vers latins dès sa première jeunesse, avait aussi fait une étude approfondie de la musique tant ancienne que moderne, mais surtout de l'ancienne : il employa ces deux moyens pour plaire à ses nouveaux patrons : il fit un poème latin à la lotdrige du pape, et, pour le cardinal, des dissertations savantes sur la musique qui accompagnait chez les anciens les représentations théâtrales. Le cardinal Barberini étant venu en France en 1625 avec le titre de légat y amena plusieurs savants. Doni ne pouvait manquer d'être du nombre; il revit avec plaisir ses anciens amis et sut en faire de nouveaux, plus heureux que Barberini, pli réussit fort mal dans cette légation. Le cardinal eut plus de succès en Espagne, où il passa ensuite avec son savant cortége. Doni profita, comme il le faisait partout, de son séjour dans ce royaume, pour visiter les gens de lettres et les bibliothèques, et pour accroître ses collections d'inscriptions et de notes. Il reprit à Rome ses anciennes occupations : il commença plusieurs ouvrages sur les questions d'antiquité les plus variées et les plus curieuses; il travaillait à tous en même temps, à mesure que de nouveaux objets lui fournissaient des observations nouvelles. Ces travaux multipliés étaient connus du souverain pontife, qui l'en récompensa par le titre de secrétaire du sacré collége. Son existence à Rome était aussi douce qu'honorable ; mais il y fut troublé par la mort de plusieurs de ses amis, parmi lesquels il regretta surtout le savant Jérôme Méandre; il composa en vers élégiaques latins une inscription pour son tombeau. D'autres pertes qu'il bit à Florence ne lui furent pas moins sensibles. Il lui restait deux frères : l'un mourut de maladie, l'autre fut tué en duel; et JeanBaptiste, forcé de retourner dans sa patrie pour soigner ses affaires domestiques, quitta en 1640 ses espérances de fortune, et plus péniblement encore tous les moyens que Rome lui offrait de satisfaire sa passion pour l'étude des antiquités et des monuments. 11 accepta une chaire publique d'éloquence qui lui fut offerte
  • Jean-Baptiste DOSSONVILLE( 1753 - 1833) : agent de po- ice dont le nom s'attache aux plus grands événe- !lents de nos résolutions, naquit en 1753, à Au- u près de Chartres,dans une condition obscure, fut élevé dans la maison du président de Sala- i riy. 11 tenait un café à Paris as ant la résolution, I devint en 1I9t officier de paix et chargé de la ,uneilla»ce des Tuileries. Ayant alors manifesté hpaucoup de zèle pour la cause de Louis XVI, il il employé par l'intendant de la liste civile, Laporte, et 1emplit en Angleterre, au commencement de 1792, une mission dont le roi lui témoigna .,a satisfaction à son retour. Il rendit encore quel-. tilles services à ce prince aux funestes époques du 20 juin et du 10 août. Après cette dernière jour- uée il fut arrêté, et livré au tribunal qui condamna le malheureux Durosoi. Ayant eu le bonheur de e faire absoudre, il se tint caché. Mais bientôt contraint par la nécessité, ou le penchant irrésistible, ; inais, toujours peu disposé à ,ervir la révolution, il profita de sa position pour rendre service à des roplistes dont les jours étaietd en péril. Lit surtout avec les amis de Danton, il concourut de tout son pouvoir au renversement de Robespierre : et, apres la révolution du 9 thermi- dor, il devint un des principaux agents de la police. Ce fut lui qui, en 1796, sous la direction de Carnot et de Cochon, arrêta Babeuf, Javogue et d'au-' tees démagogues. Cette ligne de conduite l'entraina vers le parti royaliste; et, quelcpie temps avant la révolution du 18 fructidor ,i1 était un des chefs de la police qu'avaient créés les pecteurs de la salle des conseils, Pichegru et \Villot. Enveloppé dans leur disgrâce, il fut, comme ces députés, condamné à la déportation, arrêté et ' transporté à la Guianne. Après quelques mois de captivité à Sinnamari, il échappa sur la même pi-' rogue que les deux généraux déjà nommés, et iitt avec eux en Angleterre. Mais ne pouvant s'occuper d'autre chose que de police et d'intrigue, il se rendit aussitk en Allemagne, où par des démarches inexplicables il devint suspect à la police de Vienne et tut mis en prison , après son retour de l'ile l'Elbe. Dossous ille, obligé de fuir le lendemain, reprit sa place après la rentrée du roi ; et il y resta paisiblemeut jusqu'à la révolution de 1830. Alors condamné à vivre dans la retraite, il alla demeurer aux Batignolles, où il est mort le 10 janvier 1833. Longtemps dépositaire du manuscrit de Senar, Dossons die le ‘endit, en 1825, à un libraire qui le fit imprimer
  • Jean-Baptiste DRAGONCINO ou DRACONCINO( 1400) : poète italien, était né vers la lin du 15° siècle, à Fano dans le duché d'Urbin. On ignore les circonstances de sa vie , ainsi que l'époque de sa mort. Outre quelques Sonnets imprimés à la tète des oeuvrés de ses contemporains, on a de lui deux poèmes in ° Mua non rima : 1° Innamoramenti di Guidon Selvaggio che fu figliuolo di Rinaldo da Montalbano, quel traita le grau battaglie che lui fece, Milan, 1516,- trèsrare. Ce poème, tiré de la chronique de Turpin, est en 7 chants. 2° La Marfisa bizarre, Venise, 1532 Padoue, sans date ; Venise, 1545, celuici est en 14 chants. Les trois éditions sont également rares. Dans la Storia della volgar poesia, t. I et, p. 341, le Crescim- beni, parlant des romans italiens en vers, cite la Marfisa ; mais il la confond avec cette foule de poè- mes qui précédèrent le chefd'oeuvre de l'Arioste ; el il applique à Dragoncino, comme à ses rivaux de gloire, cette terrible sentence de l'Infarinato se- conda de Leonard Salviati : « Tous les auteurs de « ces ouvrages étaient de sots et détestables poë- « tes : » pessimi e scempiati poeti
  • Jean-Baptiste DROUET( 1763) : conventionnel fameux par la part qu'il eut à l'arrestation de Louis XVI en I 691, et à sa mort en 1793, naquit à SteMenehould le 8 janvier 1763, fils du maître de poste de cette s ille. Nous avons sous les yeux une espèce de notice biographique, imprimée en 1808, pour sa candidature au corps législatif, dans laquelle il affirme ' qu'il fit toutes ses études au collége de Châlons; mais on a quelques raisons de penser que ces étu- des furent peu complètes. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à peine âgé de dixhuit ans il s'engagea dans le régiment des dragons de Condé; or, l'on sait qu'à cette époque ce n'étaient pas les jeunes gens studieux et bien élevés qui s'engageaient ainsi. Il sets vit pendant sept ans dans ce corps comme simple soldat, et res int à SteMenehould pour y conduira la poste de son père. La révolution éclata bientôt; il n'en adopta d'abord la cause qu'avec réserve et refusa même, au commencement, de faire partie de la garde nationale. Ainsi on ne peut pas dire . que ce soit par excès de zèle patriotique qu'ayant vu arriver dans sa poste, le 21 juin 1791, à sept heures dit soir, deux voitures opulentes, précédées de deux courriers et dont les relais avaient été com- i mandés dès le matin, il ait conçu des soupçons, et, qu'ayant reconnu d'abord la reine, qu'il avait vue dans ses voyages à Paris, et ensuite le roi dont toutes les monnaies, tous les assignats, offraient l'effigie si ressemblante, il ait eu la pensée de les arrêter. On sait aussi que sa femme s'y opposait' de toutes ses forces , mais qu'il y fut décidé parles ' avis d'on oncle, fort honnête d'ailleurs, qui avait embrassé avec beaucoup d'enthousiasme le parti de la révolution. Drouet ne consentit même à poursuivre le roi, avec un ancien dragon, son ami, nommé Guillaume, 'que lorsqu'il fut bien assuré que la troupe destinée à lui servir d'escorte ne partirait pas. Alors prenant des chemins détournés, ils arrivent à Varennes en même temps que la famille royale, et quand les postillons refusaient d'aller plus loin, comme l'ordonnait le roi, pour suppléer au relai qui avait manqué, Drouet leurcommande, au nom de la nation, avec une incroyable audace, de ne pas obéir, et il va barricader le pont sur lequel la voiture royale doit passer; puis il avertit les autorités, les révolutionnaires de la contrée ; il fait sonner le tocsin, et bientôt les augustes voyageurs sont entourés d'une foule ameutée qui s'oppose à leur passage. Forcés de se réfugier dans I Imaison du procureur de la commune, ils y at- ndent, dans l'hésitation et l'effroi, les ordres de ssemblée nationale . Ces ordres, ntôt apportés par un aide de camp de Lafayette, t qu'il faut à l'instant même reprendre le che- *n de la capitale ; et 4,000 hommes de garde tationale, déjà réunis, ne permettent pas d'hésiter voy. MAus.ANTotNErrE). On sait assez quelles fu- .ent pour la famille royale et pour la France les laites de ce malheureux événement. Quant à Drouet 1 attacha pour toujours à son nom une funeste dAlité. Pour le moment, il fut comblé des félicitaions de tout le parti révolutionnaire; et, s'étant endu à Paris, il fit à la barre de l'assemblée naionale un long récit de son exploit ; il fut trèsapdaudi, et reçut par un décret 30,000 francs de ratification. Quelques admirateurs de son zèle mtriotique prétendirent qu'il avait repoussé avec népris une telle récompense ; mais il est hien sûi. lue la somme lui fut comptée, et qu'il ne la refusa )oint . Son camarade, Guillaume, fut récompensé l'une autre manière. On lui donna un brevet d'oficier dans un régiment de dragons, où il resta peu le temps, par suite des désagréments que lui fit _prouver dans ce corps sa coopération à l'atTestalion du roi. Ce qui est digne de remarque, c'est que le malheureux Louis XVI, devenu roi constitutionnel, fut obligé de signer son brevet. Vers le même I temps, Drouet avait été nommé député suppléant à l'assemblée législa.tive, et commandant de la garde nationale de SteMenehould. C'est en cette qualité sans doute nue, si l'on en croit la notice déjà citée, le héros de :Varennes sauva encore une fois la pa- trie, vers la fin d'août 1792, en défendant contre les Prussiens, avec 500 hommes de diverses troupes, le passage de Bienne. Mais il est constant, d'après tous les tétnoignages et toutes les relations, que 'jusqu'au 5 septembre cette importante position ne l'ut ni attaquée ni défendue, bien que les Prussiens n'en fussent qu'à deux lieues, puisqu'ils occupaient Clermont depuis huit jours. Ils ne firent pas un mouvement pour s'en emparer ; et, s'ils s'y étaient présentés avant cette époque du 5 septembre, ils n'auraient pas rencontré un seul homme qui les en eût empêchés. C'est ce jourlà seulement que le général Dillon vint l'occuper avec l'avantgarde de Dumouriez, qui était partie de Sedan le i" sep- 1 tembre, au moment même où la garnison de Verdun capitulait. Celui qui écrit cet article .était dans les rangs de cette avantgarde. Il n'a oublié aucune des circonstances de cette marche, ni de son - arrivée à la côte de Bienne où il n'a vu ni Comme en France on s'amuse de tout, les plaisants dirent de ces :50,000 francs, que c'était un assez joli pourboire de postillon, et que l'assemblée nationale avait bien fait les choses ; mais au fond l'on doit comprendre que cette assemblée ne pouvait guère faire autrement. La conséquenee des principes qu'elle venait de poser est que tout se résume par tic l'argent. Ainsi elle ne pouvait donner à Drouet que de l'argent, et elle lui en donna le plus qu'elle put. La seule troupe française qui, avant le 5 septembre, ). Nous pensons que le maitre de poste de SteMenehould était alors beaucoup moins occupé de défendre les défilés de l'Argonne, que de se faire nommer député àla convention nationale. On sait de quelles fraudes, de quelles violences ces élections furent accompagnées datas toute la France ; et l'on doit penser que celles du département de la Marne, dont la moitié était au pouvoir de l'ennemi, ne furent ni les plus calmes, ni les plus régulières. Quoi qu'il en soit, Drouet fut un des élus avec le cardeur de laine ArmonvIlle , et il se hAta d'aller siéger dans cette assemblée, où, dès les premiers jours, il fut nommé l'un des membres du comité de sûreté générale, et chargé comme tel de veiller dans la prison dulemple à la garde du malheureux prince qu'il avait si cruellement poursuivi, arrêté... Ainsi il était un de ses geôliers; bientôt il allait être un de ses juges! Parmi toutes les irrégularités, toutes les tnonstruosités de ce procès, peut-être que cellelà n'a pas été assez remarquée. Dès les premières séances, le cruel persécuteur de Louis XVI voulut faire ajouter auix. charges de l'accusation que cejprince avait menti en disant, an mois de juin 1791, qu'il se rendait à Montmédi, puisque c'était au contraire à l'abbaye d'Orval qu'il allait, pour s'y trouver avec les princes ses frères . Il demanda ensuite, dès le 15 décembre, que la convention rapporat un décret qu'elle venait de rendre pour que la famille royale pût communiquer entre elle ; et il ne dépendit pas de lui que cette cruelle séparation, qui eut lieu plus tard, ne Mt dès lors ordonnée. Il vota, comme l'on ne pouvait en douter, la mort dans les vingtquatre heures. Ainsi c'est à tort que Dumouriez a dit dans ses Mémoires que, voulant sauver le roi, il s'était flatté, par le moyen d'un de ses courriers, frère de Drouet, que celuici demanderait la suspension du _ procès, mais qu'étant tombé malade il n'opina point an jugement. Envoyé ensuite par la convention avec Rouzet pour interroger Miaczinski, lequel avait obtenu un sursis, au moment d'être conduit à l'échafaud, Drouet fit tous ses efforts pour arracher à ce général des déclarations Contre ses collègues, notamment contre Lacroix, et vint ensuite demander qu'il fût procédé à l'exécution ; ce qu'il obtint facilement. Il prit encore beaucoup de part à la révolution du 31 mai, fut dans toutes les occasions le défenseur de Marat, de Robespierre, et Calbaud, pour renforcer la garnison de Verdun, et qui, ayant appris la capitulation de cette ville, lorsqu'ils arrivèrent à Varoines, s'étaient diriges sur Chàlons, en passant par la côte de Bienne, la- quelle ils traverseront le is septembre, et où ils ne trouvèrent per-, sonne, Si re n'est la garnison de Verdun, se rendant également à Chatons après avoir capitulé. Il est évident qu'ici c'était Drouet luimême qui faisait sciemment un grossier mensonge. Entre autres faits, Miaczinski déclara à ces commissaires qu'il avait entendu dire par Dumouriez luimémo qui. la retraite des Prussiens en Champagne avait raté beaucoup d'argent. l'accusateur de Vergniaud, de Gensonné, de Defermon et de Lanjuinais. Toujours grossier et brutal, il dit un jour à celuici : « T,i en as menti, tu es im « infime imposteur... » Le 20 juillet 1793, il proposa d'arrêter et de fusiller, comme espion., tous les Anglais qui se trouvaient en France. Enfin, dans la séance du 4 septembre, appuyant la pétition d'une section de Paris, qui était venue de- mander à la convention des lois encore plus sangui- naines que celles qu'elle avait trotmit grtice devant eux, il prit le parti d'échapper par la fuite, et se sauva pendant la nuit avec une escorte de dragons. Mais son che- val s'étant abattu, il tomba au pouvoir de l'enne- mi, qui ne le traita pas avec autant de rigueur qu'il l'avait redouté. Conduit prisonnier à Bruxelles, puis à Luxembourg, il n'y essuya réellement de mauvais traitements que quelques reproches trop mérités. Toutes les voix du jacobinisme firent cependant retentir de longues lamentations sur la cruauté des tyrans... sur le martyr de la liberté. On imagina même que les satellites des tyrans l'avaient enfermé dans une cage de fer, et l'on en-\ oya à la convention des chaînes dont ils l'avaient chargé. Barrère fit, à cette occasion, une harangue fort pathétique et dans laquelle il compara sérieusement le maître de poste de SteMenehould à ChristopheColomb. Lorsque les Autrichiens s'é- loignèrent des PaysBas, en 1794, ils transportè- rent Drouet à la forteresse de Spieltzberg, en Mora- vie. On n'a pas pu dire que, dans cette nouvelle pri- son, il ait été traité avec trop de rigueur, puisqu'il put y fabriquer de ses mains et fort à. son aise, avec les rideaux de son lit, une espèce de parachute pour se sauxer. Mais il se cassa le pied en tombant, fut repris, et remis dans la même prison, où la blessure fut pansée et guérie avec beaucoup de soins, sans qu'on lui témoignat aucun ressentiment, bien qu'on eût trouvé sur sa table une lettre fort insolente adressée à l'empereur luimême. Cette détention dura deux ans. Alors, par une bizarrerie du destin, assez remarquable, Drouet fut échangé, ainsi que Beurnonville et les députés arrêtés par Dumouriez, contre la fille de Louis XVI, qui restait seule de cette famille à laquelle il avait fait tant de mal ! Il revint triomphant à Paris, et fut admis au conseil des cinqcents, malgré l'opposition de Mailhe et de Defermon, qui rappelèrent sa haine pour les Girondins, et les mots fameux adressés à ses collègues : Soyons brigands. 11 fit à la tribune, le 13 janvier i 796, un récit pompeux de ses infortunes, qui fut trèsapplaudi. Le conseil déclara qu'il avait bien rempli la mission dont la conven—tion l'avait chargé : son discours fut traduit dans toutes les langues, envoyé aux départements, aux armées, et l'orateur, peu de jours après, fini nommé secrétaire de l'assemblée. Mais il parut peu louché de cet accueil; l'espèce d'ordre et de justice qui commençaient à renaître en France ne puni- C'était au moment même où cette princesse veinait de moirir sur t'échafaud. Iient lui convenir longtemps. 11 prit hautement A défense des clubs alors repoussés par tout le 'onde, et déclara franchement que, s'il fût resté !Il France pendant toute la terreur, il se serait fait ;loire de marcher d'accord avec Robespierre et la •ontagne. Il se lia intimement avec le petit nomwe de terroristes échappés aux réactions thermiloricnnes, et qui osaient encore avouer de pa-.eils principes, entre autres le fameux Babeuf, tont la conspiration fut découverte au mois d'a- .ril 1796. Drouet y était gravement compromis ; 1, le Directoire l'ayant dénoncé au corps législaif, il fut décrété d'accusation et traduit à la haute-..our nationale. Cependant on ne le transféra pas à Vendôme avec ses coaccusés. Il resta détenu à Pais, dans la prison de l'Abbaye, d'où il s'évada dans a nuit du 18 aoùt. Deux jours après il donna luinême, dans le Journal des hommes libres, sur cette _vasion qu'il aurait exécutée par un tuyau de che- [Muée, quelques détails auxquels on ne crut pas, parce que l'on pensa que les directeurs n'avaient pas voulu laisser périr sur l'échafaud leur confrère régicide, l'homme qui avait rendu de si grands services à la révolution. Alors Drouet se réfugia en Suisse ; et, quelques mois plus tard, il s'embarqua pour les Indes, à Brest, sur un bâtiment français. Forcé de relâcher aux iles Canaries, dans le moment où Nelson voulut s'emparer de Ténériffe, il se réunit aux habitants, et après avoir livré plusieurs combats, dans lesquels l'amiral anglais perdit un bras, il le força de renoncer à son projet. Drouet ayant appris à cette époque, que, pendant 1 ' on absence, son ami Réal l'avait fait juger et absoudre, il se hâta de revenir en France, où il te-'parut au moment où la révolution du 18 fructidor venait d'ètre consommée. C'était pour lui un trèsheureux événement; il recouvra une partie de son crédit, et le Directoire lui fit payer pour sa capti-' vité en Autriche une indemnité qu'il avait longtemps en vain réclamée. La révolution du 30 prairial, qui porta au pouvoir, en 1799, Gobie'', Moulins et d'autres démagogues, augmenta encore ses espérances; il fut nommé par le nouveau Direc- toire son commissaire près le département de la HauteMarne : ce qui ne l'empêcha pas d'habiter Paris et de figurer au club du Manége et dans toutes les intrigues du parti démagogique. Mais le triomphe de Bonaparte, au 18 brumaire, vint bientôt mettre fin à ces agitations ; et ce qui dut causer quelque surprise, c'est que Drouet n'y parut point dans les rangs de l'opposition. Il se soumit au contraire de trèsbonne grâce à toutes les conséquences de ce changement, s'estima fort heureux d'ètre nommé, par les consuls, souspréfet à SteMene- , hould, et, au grand étonnement de tout le monde, il se conduisit dans cette place avec assez de mesure et de sagesse pour la conserver tant que dura la puissance de Napoléon. On sait même qu'il y rendit de nombreux services à des gens de bien. Nous ne pouvons pas supposer qu'avec ses princi- pes de monarchie et de despotisme, le grand em- pereur ait pu sincèrement estimer ni approuver la ' conduite révolutionnaire de Drouet; mais on doit penser que l'héritier de la révolution comprenait alors fort bien qu'il devait quelque chose à celui qui avait tant contribué au renversement, à la des-, truction de l'antique monarchie. C'est sans doute I dans ce sens que, lui donnant, en 1807, la croix de la Légion d'honneur, il lui dit : Monsieur Drouet, vous avez changé la face du monde!... Un autre jour, le grand capitaine voulut que le maitre de Poste lui fit connaître la position des armées en septembre 1792, et il le remercia fort poliment des renseignements qu'il en reçut. Drouet était vé- ritablement fort attaché à la puissance de Napoléon, et, lorsqu'il le vit près de tomber, il fit tous ses efforts pour le sen ii'. Dans les premiers jours de 1814, il avait organisé une troupe de partisans avec laquelle il guerroya pendant quelques jours sur les derrières des alliés. — On pense bien que l'homme qui avait poursui\ i avec tant d'acharne- ment la royauté des Bourbons ne pouvait pas rester souspréfet, en présence de Louis XVIII. Il perdit donc cet emploi en 1814, et il vécut dans la retraite, jouissant d'une fortune assez considérable. Mais le retour de Bonaparte, au mois de mars 1815, l'en fit encore sortir : il fut envoyé à la chambre des représentants par le département de la Marne. Devenu circonspect, il ne prit pas une seule fois la parole dans cette assemblée, et se retira dans sa famille dès qu'elle fut dissoute. Il attrait encore passé ainsi quelques années de paix, si la loi contre les régicides n'était enue l'obliger à sortir de France. 11 se rendit d'abord en Allemagne ; puis il revint dans sa patrie et même à Paris, où il se tint caché. On n'entendit pas parler de lui pendant plusieurs années; et tout le monde l'avait oublié, lorsqu'au mois d'avril 1824, les journaux rapportèrent qu'un nommé Merger, vivant dans la retraite à Mâcon, venait d'y mourir, après s'être repenti, confessé de la manière la plus édi- fiante, et que cet homme n'était autre que le fa- meux Drouet! Son frère aîné, qui avait été cour- rier de Dumouriez, est mort depuis plusieurs années dans un tige avancé. — L'un de ses fils, après avoir servi dans la marine royale, où il éprouva beaucoup de désagréments à cause de son nom, est mort en Amérique. — Le général Drouet d'Erlon, qui est du mérne département, et qu'il cause de cela sans doute ou avait dit appartenir à la même famille, a te- poussé cette assertation par une déclaration publi- que. M—D
  • Jean-Baptiste DROUET DE MAUPERTUY( 1650) : à Paris en 1650, suivit dans sa jeunesse le barreau, que l'amour des lettres lui fit bientôt négliger. Un oncle, fermier général, lui procura dans la province un emploi considérable. Drouet abandonna tout le travail à ses commis et dissipa son riche patrimoine. De retour à Paris, à l'âge de quarante ans, il se dégoûta subitement du monde, prit l'habit ecclésiastique en 1692, lit un séminaire de cinq ans, puis se retira dans l'abbaye de SeptFonds. 11 obtint en 1702 un canonicat à Bourges, le quitta, voyagea à. Vienne en Dauphiné, revint à Paris, et se fixa enfin à StGerma où il mourut en 1730, âgé de 80 ans. Ses productions sont aussi nombreu- ses que médiocres. Les principalessont : 1° Histoire de laréforme de l'abbaye de Sept- Fonds, Paris, 1702 ; 2° Histoire générale des Goths , traduite de Jornandès, Paris, 1703 ;3° La Femme faible, où l'on représente aux femmes, les dangers auxquels elles s'exposent par un commerce fréquent et assidu avec les hommes, Nanci , 170i ; 4° Les véritables actes des Martyrs, traduits de Ruinait, Paris, 1708, 2 vol. 5° Salvien, dela Providence, Paris, 1702 ; 6° L'Euphormion de Barclay, 1711, 3 vol. 7° La Vie de frère Antoine Jon- son , religieux de la Trappe ; 8° Sentiments d'un chrétien touché du vérita- ble amour de Dieu, Avignon, 1716 et plusieurs autres ouvrages de même nature
  • Jean-Baptiste DUBOIS( 1600 - 1759) : médecin, né à StLô à tin du Ile siècle, mort dans la même ville, en ,Til 1759. Après qu'il eut fini ses études au col:ge d'Harcourt, à Paris, où il était boursier, sa fière le fit entrer chez un avocat de StLô, pour y pprendre les éléments du droit ; mais Dubois n'aait aucun goût pour cette étude, et désirait aremment embrasser la médecine , qu'avait exer, éeson père. Pendant quatre années qu'il passa hez son instituteur, il ne s'occupa que de bellesettres et de physique. Enfin, sa mère lui permit le se livrer à son penchant pour la médecine, et il 'int à Paris suivre les cours publics. La modicité de ;a fortune ne. lui aurait jamais permis de prendre II/ ;es grades, si un médecin qui devina ses talents, 3urette, ne lui eut ouvert sa maison, oit il vécut ..omme s'il eût été son fils. Parmi les thèses que Dubois sou tint pour arriver au doctorat, il y en avait une entièrement consacrée à des matières chirurgicale s : ce. fut le premier exemple de ce genre parmi les médecins de Paris. Un an après avoir reçu le bonnet, il fut nommé premier médecin de la princesse douaiI lève de Conti. Successivement professeur de chirurgie latine et de chirurgie française aux écoles, Dubois obtint en 1730 une chaire de professeur au collége royal de France. A la mort (le la princesse e Conti, le prince de Valachie voulut l'attirer.dans es Etats, en l'attachant à sa personne ; mais Dit' ois préféra sa patrie aux offres brillantes d'un souverain étranger. Sa santé s'étant fort altérée, il cessa (le professer en 171 i . se retira à StLô, et cultiva jusqu'à sa mort, dans la ville qui l'avait 111 naître, les belleslettres et la poésie, pour laquelle avait un ? évitable talent. Ses chansons, qui ne tanguent ni de gaîté, ni de verve, auraient mé- ité les honneurs de l'impression ; plusieurs d'entre elles sont restées dans la mémoire des amateurs de ce genre, et se chantent encore aujourd'hui. 11110mrage le plus important de ce médecin, est un antiscrit où sont renfermées ses leçons au collége royal : l'histoire des maladies inflammatoires de la poitrine et dit bas ventre, y est tracée de main de maître. On a de lui deux thèses imprimées; l'une sur le cidre, An gracilibus pomaceum vivo salubrius? On s'attend bien qu'habitant le canton de la Normandie où se fait l'un des meilleurs cidres, il donne à cette boisson la préférence sur le vin ; l'autre sur la colique des peintres, An colicis figulis vence sectio ? Ce morceau est fort estimé, malgré la critique qu'en a faite Bordet', dans les tomes 17, 18, et 19, du Journal de Médecine. On connaît encore un opuscule (le Dubois, inséré dans le Journal deVerdun, année 1738; c'est une bonne réfiltat ion dit prétendu spécifique d'Arnoult contre Papoplexie.Ses poésies ont été recueillies, mais elles n'ont jamais été imprimées. — Godefroi Dunois, médecin zélandais, fils d'un ministre protestant du bourg de Cruining, pratiquait la médecine à Harlem, lorsqu'il fut appelé en 1729 à l'université de FraQeker pour y enseigner la philosophie ; il y fut nommé professeur de médecine et (l'anatomie en 1738, et de botanique en 1744. 11 a publié quelques discours, de Utilitate et Necessitate matheseos in physicis, etc. Il mourut le 18 janvier 1747, âgé de 47 ans. F—R
  • Jean-Baptiste DUBOIS( 1753 - 1808) : naquit à Jaucigny, en Bourgogne, le 22 niai 1753. Les soins de son père, instituteur public à Dijon, donnèrent le premier développement aux heureuses dispositions que le fils avait reçues de la nature. 11 acheva ses étude, à Paris, et à peine sorti des classes, il publia, son, le titre de Tableau des progrès de la physique, de l'histoire naturelle et des arts, Paris, 1771 1" volume d'un ouvrage périodique, auquel il avait le projet d'ajouter un tome chaque année. Son départ pour la Pologne mit obstacle à l'exécution de ce dessein. 11 était appelé à Varsovie pour y pro- !Lt sser le droit public dans l'école royale des cadets. nislas- Auguste le prit en amitié, l'admit dans familiarité, le fit conseiller de sa cour> bibliot écaire de l'école militaire, et lui a longtemps prodigué, dans des lettres qui subsistent encore, les témoignages les plus honorables d'estime, d'affection et de bienveillance. Pendant son séjouranprès de Poniatowski, Dubois traduisit du polonais en français la Myséide, poème héroïcomique, et publia quelque temps après un Essai sur l'histoire littéraire de Pologne, Berlin, 1778 ; et la même année, une Réponse aux critiques de cet ouvrag,e 11 composa aussi un mémoire sur l'Histoire naturelle du Brandebourg, inséré dans le recueil de l'Académie de Berlin, 1778. 11 traduisit • de l'allemand, le Traité du mérite, d'Abbt, le livre de l'Origine de la terre, de Wallerius, 1780 l'Analyse de quelques pierres précieuses, parAchard, et le mélodrame d'Ariane abandonnée, qui fut joué à la ComédieItalienne, en 1781. Forcé par l'état de sa santé, que la rigueur du climat avait altérée, de revenir en France, il fut, en passant à Postdam, trèsgracieusement accueilli par le grand Frédéric, qui voulut le retenir et se l'attacher, comme l'atteste la correspondance de ce roi avec d'Aletnbert. C'est dans ce même voyage qu'il fut admis à l'Académie de Berlin : il a été depuis de celle de Florence, et de vingt autres sociétés savantes ou économiques. De retour à Paris, il se chargea de la rédaction du Journal de littérature, des sciences et arts, et s'occupa avec succès de ce travail jusqu'au moment où Malesherbes lui confia l'éducation de Lepelletier de Rosambo, son petitfils. De cette époque datent ces rapports intimes de confiance et d'attachement, d'une part, de dévouement et de reconnaissance , de l'autre, qui ont subsisté dans toute leur force jusqu'à la mort de Malesherbes, et rendu à Dubois la mémoire de cet homme illustre et vertueux si respectable et si chère. Associé à tous ses travaux scientifiques, confident de toutes ses pensées pour la prospérité de l'État et pour le bonheur des peuples, Dubois puisa à cette source si féconde et si pure, ce goût vit' pour les matières agricoles et économiques, et ces connaissances profondes dans ces deux genres, qui firent de lui un des membres les plus distingués de la société d'agriculture de Paris, et qui préparèrent ses succès dans la carrière de l'administration. Resté fidèle jusqu'au dernier moment à sort illustre ami, s'il ne partagea pas son sort, il ne le dut, an premier moment, qu'au zèle de quelquesuns de ses amis qui réussirent à le faire appeler, par le comité de salut public de la convention nationale, à la commission d'agriculture, avant qu'on eût mis à exécution le mandat d'arrêt décerné contre lui par le comité de sûreté générale. Mais il ne profita de cette faveur que pour se soustraire, par la fuite, au danger qui le menaçait; et, lorsqu'ensuite, dé-
  • Jean-Baptiste DUBOS( 1670 - 1742) : né à Beauvais en décembre 1670, s'appliqua d'abord à la théologie, et y renonça bientôt pour l'étude du droit public et des intérêts de l'Europe. M. de Torcy, ministre des affaires éfrangères, l'employa utilement dans plusieurs négociations secrètes. Le régent et le cardinal Dubois, firent le même usage de ses talents et avec le même succès. Il obtint en récompense &- pensions et des bénéfices. Retiré de la carrière politique, il entra dans celle de l'histoire et de la littérature. Ses ouvrages lui ouvrirent, en 1720, les portes de l'Académie française qui, en 1722, le nomma son secrétaire perpétuel à la place de Dacier. 11 mourut à Paris le 23 mars 1742, âgé de 72 ans, à la suite d'une maladie longue et douloureuse. Il répétait en mourant ce mot d'un ancien : Le trépas est une loi et non pas une peine. Il ajoutait : Trois choses doivent- nous consoler de la vie, les amis que nous avons perdus, le peu de gens dignes d'étre aimés que nous laissons après nous, et enfin le souvenir de nos sottises et l'assurance de n'en plus faire\ Ses derniers moments lui parurent si doux, qu'on a osé dire qu'il en avait hâté le terme. Son premier ouvrage t'Id l'Histoire des quatre Gordiens, prouvée et illustrée par des médailles, Paris, 1695 L'opinion commune qui n'admet que trois empereurs de ce nom a prévalu, malgré tous les efforts de son érudition et de sa critigUe. Ayant été chargé, vers le commencement de la guerre de 1701, de différentes négociations en Hollande et en Angleterre, pour engager ces deux puissances à la paix, il publia, afin de les y mieux disposer, un ouvrage intitulé : les Intérêts de l'Angleterre nial entendus dans la guerre présente, Amsterdam, 1703, il Cet ouvrage qui contenait des avis indiscrets dont les ennemis firent leur profit, et des prédictions qui ne s'accomplirent point, fit dire à un plaisant qu'il fallait en lire ainsi le titre : les Intéréts de l'Angleterre mal entendus par l'abbé Dubos. Il y prédit toutefois ce que nous avons vu arriver de nos jours, l'insurrection des colonies anglaises de l'Amérique septentrionale contre leur métropole. L'Histoire de la ligue de Cambray, Paris, 1709, 1728 et 1785, 2 vol. a toujours joui d'une grande estime. L'auteur y développe avec beaucoup de détail et pourtant de netteté, les motifs, les progrès et la dissolution rapide de cette fameuse « Cette histoire, dit Voltaire, est profonde, « politique, intéressante ; elle fait connaître les « usages et les moeurs du temps, et est un modèle « en ce genre. » L'Histoire critique de rétablissement de la monarchie française dans les Gaules, Paris, 1734, 3 vol. et réimprimée en 1742, avec des augmentations et des corrections, en 2 volumes et 4 volumes , a pour objet de prouver que les Francs sont entrés dans les Gaules, non en conquérants, mais à la prière de la nation .lui les appelait pour la gouverner. Ce système, exposé avec beaucoup d'art, eut d'abord des partisans trèszélés; mais il fut ensuite réfuté victorieusement par Montesquieu à la fin du 30e livre de l'Esprit des lois: « C'est un colosse, dit Montesquieu, qui a « des pieds d'argile, et c'est parce que les pieds « sont d'argile, que le colosse est immense Si le « système de M. l'abbé Dubos avait eu de bons « fondements, il n'aurait pas été obligé de faire IO« trois mortels volumes pour le prouver; il aurait « tout trouvé dans son sujet; et sans aller chercher « de toutes parts ce qui en était trèsloin, la raison « ellemême se serait chargée de placer cette vé- « rité dans la chaîne des autres vérités. L'histoire « et nos lois lui auraient dit : Ne prenez pas tant « de peine; nous rendrons témoignage de vous. » L'abbé Dubos n'existait plus quand l'Esprit des lois parut ; il ne put se rendre aux raisons de Montesquieu, ou les combattre . Ses Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, publiées pour la première fois en 2 volumes 1719, et souvent réimprimées en 3 volumes, sont un des ouvrages où la théorie des arts est expl ig 'née avec le plus de sagacité et de justesse. « Tous les « artistes, dit Voltaire, les lisent avec fruit. C'est le « livre le plus utile qu'on ait jamais écrit sur ces « matières chez aucune des nations de l'Europe. « Ce qui fait la bonté de cet OLIN rage, c'est qu'il n'y « a que peu d'erreurs, et beaucoup de réflexions « vraies, nouvelles et profondes. Ce n'est pas un « livre méthodique ; mais l'auteur pense et fait « penser. 11 ne savait pourtant pas la musique; il « n'avait jamais pu faire de vers et n'avait pas un « tableau; mais il avait beaucoup lu, vu, entendu « et réfléchi. » Voltaire devait peut-être cet hommage à l'abbé D'Ibos, qui le premier avait indiqué a Henriade comme un sujet intéressant de poème épique. On attribue encore à l'abbé Dubos, un manifeste de Maximilien, électeur de Bavière, contre Léopold, empereur d'Allemagne, relativement à la succession d'Espagne. Cette pièce, dont on vante le style, a été traduite en latin par le P. Souciet, jésuite
  • Jean-Baptiste DUCASSE : célèbre marin fran-çais, était né dans le Béarn. Il fut d'abord employé par la compagnie du Sénégal, . Nommé, en 1691, gouverneur de S tDom Dans une de ces expéditions à la Côted'Or, en 1586, les flibustiers convinrent avec le roi d'Issiny des co»ditions d'un co merce à établir, donnèrent et reçurent des ôtages, et emmenèrent avec eux un certain Aniabq, qui se faisait passer pour lé Iils roi. Cet aventurier rut 'reçu en France en cette qualité. Louis XIV le lit instruire dans la religion, et lui donna sou 110111 in ba10111e, qu'Àniaba reçut de Bossuet. Les nouvelles de la mort du roi soir et et d'un de ses tils qui lui avait succédé, s'étant répondues en France, le. faux prince lit courir le bruit que le peupie de son royaume le demandait pour Pelever sur le trône. louis TV IV donna des ordres pour l'enibarqueinent du prétendu roi, qui, pour trou,- gue, il trouva cette colonie bien dé,chue de ce qu'il l'avait vue peu d'années auparavant : elle était sans fortifications, sans munitions, sans vaisseaux; les flibustiers, si longtemps la terreur de l'Amérique, avaient presque tous péri, ou étaient entre les mains des Anglais : ces derniers et les Espagnols, leurs alliés, menaçaient File; les habitants étaient divisés entre eux. Ducasse prit des mesures si efficaces pour remédier à tous ces maux, que les Espagnols qui s'étaient approchés par terre et par mer jusqu'à quinze lieues du cap, se retirèrent sur le simple bruit de ses préparatifs. Il alla ensuite, aidé des flibustiers, dont il sut gagner la confiance, faire une descente à la côte de la Jamaïque; il y causa un dégât considérable, et en rapporta un grand butin, dont il fit profiter sa colonie. Mais les Espagnols et les Anglais vinrent, avec des forces supérieures à celles de Ducasse, attaquer StDomingue, s'emparèrent du Cap et de plusieurs autres postes; bientôt les pertes qu'ils éprouvèrent dans plusieurs rencontres, et la mésintelligence qu i se mit entre eux, les forcèrent à se retirer. Lorsqu'en '1694, Poilais exécuta son entreprise contre Carthagène., Ducasse lui fournit un corps considé- rable de flibustiers, qu'il avait eu l'adresse de ras- sembler et de tenir dans l'ordre, et contribua par sa bravoure et son intelligence au succès de cette expédition. Des différends survenus entre lui et Po qui ne voulait pas donner aux flibustiers leur part du butin , lui firent concevoir le dessein de retourner en France pour porter ses plaintes au roi; mais ayant eu avis qu'une escadre ennemie, mouillée à la Barbade, menaçait peut-être StDomingue, il crut que son devoir l'obligeait à rester dans son gouvernement. Cependant les désastres éprouvés par les flibustiers, à leur retour de Carthagène, engagèrent Ducasse à demander son rappel, afin de n'être pas témoin de la ruiné de la colonie. Il reçut une réponse par laquelle on lui ap- prenait que le roi ferait justice aux flibustiers; que ce prince, étant satisfait de sa conduite, lui accor- dait la croix de StLouis, mais ne pouvait, vu les circonstances, lui permettre de quitter la colonie. En effet, elle était pressée par les ennemis. « Les « Espagnols, dit Ducasse dans une de ses lettres, « font la guerre comme on ne la fait pas entre des « chrétiens. » lis en usaient surtout d'une manière barbare envers les habitants qui leur tombaient en- tic les mains. Les Anglais n'étaient pas moins achar- nés ; leurs entreprises échouèrent néanmoins, et la paix de Riswick vint, en 1698, ramener le calme dans ces contrées lointaines. Dans la correspon- dance que Ducasse eut ensuite avec le ministère., il exposa les moyens de remédier à l'état miséra- ble où se trouvait StDomingue; il fit ouvrir les per encore davantage, voulut mettre ses États et sa personne sous la protection de la Vierge, et institua eu 4705 l'ordre de l'étoile de NotreDame, dont on trouve le détail à la lin du tome 8 de l'Histoire des ordres 'religieux et militaires du P. Helyot. A peine cet imposteur futil de retour dans son pays, qu'il retourna a l'idolàtrie, et mit sur sa peau noire le ruban blanc avec l'étoile de son ordre. Son arrivée ne fit d'ailleurs aucune sensation dans le pays. yeux sur un établissement que des Écossais von- 1 laient former dans l'isthme de Darien, enfin donna les plus grandes preuves d'un zèle vif et éclairé pour le bien public. En 1700 il fut appelé en Europe, et envoyé à la cour d'Espagne pour y régler plusieurs objets relatifs aux affaires des deux couronnes dans les Indes. La guerre de la succession lui fournit de nouvelles occasions de se, signaler. Il était venu à StDomingue, et de là à Carthagène, avec quatre vaisseaux. L'amiral anglais Benbow, qui en avait sept, le rencontra près de SteMarthe; le combat dura cinq jours, et, le sixième, Benbow, qui avait eu une jambe cassée et la plupart de ses vaisseaux désemparés, gagna la Jamaïque. Ducasse, dont la perte était peu considérable, le pour- suivit d'abord, puis continua sa route vers Cartha- gène, où sa présence causa autant de joie quelle y avait inspiré de terreur quelques années auparavant. En 1703 on donna un successeur à Ducasse dans le gouvernemerà de StDomingue; il fut nommé chef d'escadre. 11 montait le vaisseau l'Intrépide au combat de Malaga, et dans toute cette guerre il fit sentir sa valeur aux ennemis de la France, tant en Europe qu'en Amérique. Élevé au grade de lieutenant général des armées navales, il commandait la flotte qui, en 1714, investissait Barcelone; mais ses infirmités, suite de ses longs et nombreux services, le forcèrent de céder la place à un autre, et de revenir en France; il mourut à Bourbonl'Ar- chambaut en juillet 1715 : « C'était , dit Charle- « voix, un homme dont la valeur allait de pair « avec la prudence, et que son habileté mettait tou- « jours audessus des plus fâcheux contretemps; « qui, dans quelque extrémité qu'il se soit trouvé,' « n'a jamais manqué de ressources, mais ne les a « jamais cherchées que dans son courage et sa « vertu
  • Jean-Baptiste DUGAS-MONTBEL( 1776) : savant helléniste et l'auteur de la meilleure traduction fran-çaise en prose des oeuvres d'Homère, la seule complète qui existe dans notre langue, était né le 11 mars 1776 à StChamond, dans le Forez, d'une famille connue honorablement dans le commerce. Envoyé jeune à Lyon, il y termina ses études au collége alors dirigé par les oratoriens; mais il ne s'y distingua point de Ses condisciples, et montra même un tel dégoût pour les auteurs de l'antiquité qu'il s'attira plusieurs fois de la part de ses maitres de sévères réprimandes. Au sortir ducollége, il fut obligé d'entrer dans un bataillon de volontaires; mais n'ayant aucune disposition pour l'état militaire, il saisit la première occasion favorable pour demander son congé. Libre avant l'âge de vingt ans, il sentit alors le beso d'acquérir une instruction plus solide que celle qu'il avait rapportée du collége ; et, tout en se livrant aulx spéculations commerciales, il recommença l'étude du latin, ap- prit les langues vivantes, et parvinten peu de temps à compléter son éducation. Les affaires de sbri commerce l'appelaient souvent à Paris et l'obli- geaient même d'y faire des séjours plus ou moins prolongés. Il mit à profit ses voyages pour suivie les cours des plus habiles professeurs et pour se lier a‘ecles jeunes gens qui partageaient ses goûts littéraires. En 1800, il fit jouer la Femme en para- chute, vaudeville qui fut trèsapplaudi. L'i.Vadémie de Lyon l'admit au nombre de ses membres à sa réorganisation en 1803; mais, devenu depuis quelque temps l'un des chefs de sa maison de commerce, il ne pouvait pas en fréquenter assidûment les séances. C'est à cette époque qu'il visita les dif- férentes provinces de France, la Suisse, qu'il avait déjà parcourue à pied en 1797, et l'Italie oit ses talents et l'étude approfondie qu'il avait faite de la langue et de la littérature de ce pays lui méritèrent un accueil distingué. Ces voyages, protitable.s à son commerce, ne le furent pas moins à son instruction. Dugas avait trente ans, lorsqu'il commença d'étudier le grec; entraîné par le charme de cette belle langue, il s'établit à Paris en 1810, renonçant à toute autre occupation « pour tâcher « de devenir helléniste. » Ce fut alors qu'après avoir fait en philologue 'une étude consciencieuse des poèmes [I] , auquel il rendit depuis un touchant hommage d'estime et de reconnaissance dans une excellente Notice biographique. Ce grand travail achevé, Dugas se proposait d'en commencer un autre dans le même genre sur les tragiques grecs ; et déjà il avait réuni de nombreux matériaux sur Eschyle, lorsque la révolution de 1830 vint le surprendre au milieu de ses préparatifs. Député par le département du lihône à la chambre qui se trouva si fortuitement chargée de modifier la charte, ilreçut deux autres fois, en 1831 et 1834, le même témoignage de confiance de ses compa- Cette dissertation, intitulée Histoire des poésies homériques, est un morceo d'erudition aussi ageeable à lire »pour le style, que véritablement neuf et instructif pour le fond. La candeur que montre l'auteur est remarquable. On en jugera par cet aveu fini termine sa dissertation : u Pour moi, ditil, qui ai longtemps partage l'opinion commune , ce « n'est, je l'avoue, qu'après avoir considere sous ce point de vue « les poesies d'Homère que je m'en suis fait une juste idée; plus « je suis entré dans cette voie, plus j'y ai decouvert de nouvelles « beautés. Des lors j'ai quitte sans regret un Homère fabuleux, pour retrouver d'antiques poésies nationales pleines de vie et « de 'candeur ; et j'ai cessé de poursuivre l'idee chimérique d'un plan de pouline, que chacun interprete à son «ce, puisque nous , suivi d'un catalogue exact et détaillé de l'oeuvre de ce graveur lyonnais, Lyon, 1810 2° l'Iliade d'Homère, Paris, 1815, 2 vol. — l'Odyssée, euivie de la Batrachamyomachie, des hy- mnes, de dicers fragments et peines attribué à &- mère, .1818, 2 vol. ; 20 édition avec le texte grec et des obsenations, 1828-33, 9 vol. Cette édition fait partie de la Bibliothèque grecqsie- franf ai se publiée par Firmin Didot { I). 30 Des notices sur AdvenierFéteuille, sur Lemon- ley, et sur Fréd.Auguste Wolf, dans les Annales necrologiques ; 4° Observations sur l'ouvrage ayant pour titre : Examen critique des Dictionnaires de la langue française, par M. Charles Nodier, Paris, 1828 5° de l'Influence des lois sur les mœurs et des mœurs sur les lois, StEtienne, 1830 a laissé manuscrits la traduction des Métamorpho- ses d'Antonius.Liberalis, un Voyage en Alsace et en Suisse, adressé à madame de Vannoz, un roman intitulé Correspondance de famille, et plusieurs morceaux en vers et en prose conservés dans les archives de l'Académie de Lyon. On trouve plus de On y a joint dans le tome 5 l'Histoire des poésies homéri- sites, pour servir d'introduction. aux observations sur 1lliaile, qui avait paru sepai émeut en 1551 de 16o pages (1.0Y. LECHEVALIER. Les 3 premiers plumes contiennent l'Iliade. Les tomes .1 et 5 des observations sur les 24 chants de ce puémc l'histoire des poesies d'Hoinere. Les toises 6, 7, 8, les 21 daine de hlyssee ; la Batravhomyomachie, 53 hymnes, 15 epigramnics 7 fragments attribues i Homere. Le tonte 9 contient des observations sur l'Odvssee et les autres poésies. Êti tete de cette belle edition On lit cet ivertissement : « La version de M DugasMont- « bel, consacree par un succés de plusieurs linnees, nous a i?arit O mériter la preference, parce qu'a l'avantage d'une plus graude « exactitude, elle joignait celui (l'un style simple et rlegant à la « fois. Cependant lorsqu'elle fut placee en regard du texte, un O exaMen btentif a fait sentir combien il était necessaire de la « revoir avec soin, alin de la rendre encore plus di::.ne de s ,utenir O une comparaison si redoutable. Il s'est donc appliqu,.! à rendre (, avec fidelite toute la pensee de l'original, (pulite que nous ce-« cherchons avant tout. » D-11-11. létails dans son Eloge historique, par M. Dumas, Lyon, 1835 de 31 pages
  • Jean-Baptiste DUHALDE( 1674 - 1743) : jésuite, naquit à Paris, le I" fé‘rier 1074. Son assiduité au traN ail le fut choisir pour succéder au P. Legobien, qui était chargé de recueillir et de classer les lettres écrites des divers pays parles missionnaires de la compagnie. Il fut quelque temps secrétaire du fameux P. Letellier, confesseur du roi. Attaqué de douleurs aiguës, sui. la fin de ses jours, il les sup- porta avec une résignation exemplaire, et mourut le 18 août 1743. On le dépeint comme un homme d'un caractère doux et affable. On a de lui 1° Let- tres édifiantes et curieuses écrites des missions éttangères. Ce qu'i] a publié comprend depuis le 9' recueil jusqu'au 26e inclusivement, qui parut Peu de temps après sa mort. Il a mis à chacun de ces recueils une épltre dédicatoire aux jésuites de France, clin tient lieu de préface. Cet ouvrage a été traduit en anglais à Londres, et en allemand à Ansbourg . Il en a été fait, en 1-7s1, une nouvelle édition, en 26 volumes 2, dirigée par Querbeuf, qui a rangé les lettres dans un meilleur ordre, en plaçant ensemble celles qui traitent du même pays. Ce recueil contient une foule de documents curieux et intéressants sur les divers pays de l'Orient, de l'Inde, de la Chine et de l'Amérique, que les missionnaires ont visités. Il y a aussi des choses oisenses et même niaises, des détails de spiritualité, quelques pieux récits de miracles et de conversions, qui ne sont pas du goût de tous les lecteurs, mais qui n'ôtent rien au mérite intrinsèque du livre, dont on a fait plus tard des abrégés, où une putie de ce qui le dépare a disparu. Plusieurs auteurs, qui ont écrit sur les pays dont il est question dans les Lettres édifiantes, ont amplement profité des renseignements qu'elles leur ont fournis, et n'ont pas toujours eu la délicatesse de les citer. 2° Description géographique, his- torique, chronologique, politique et physique de l'empire de la ni ne et de la Tartane chinois, etc., Paris, 1735, 4 vol. grand avec figures, et Jin atlas de 42 cartes, par d'Anville • La Haye, 1736, 4 vol. Cette réimpression contient des additions importantes; traduite en anglais, Londres, 1742, 2 vol. fig.; en allemand, Rostock, 1747-49, 4 ? ol. fig. Le traducteur anglais a Fait plusieurs retranchements. puhalde a mis en oeuvre, avec beaucoup d'habileté, les matériaux que lui fournissait la correspondance de ses confrères, quoiqu'on lui ait rèproché de manquer quelquefois d'ordre et de critique. Cet OU \ rage, le premier dans lequel la Chine ait été décrite avec autant de dqaiii et d'exactitude, est en même temps un beau monument de la typographie française. La Description de la Chine, encore plus que les Lettres édifiantes, a Fourni des secours abondants aux écrivains modernes qui ont traité de ce vaste empire. Le nom de Puhalde mérite d'être sans cesse en honneur chez tous ceux qui s'adonnent à l'étude qp la géographie, car il est difficile d'avoir travaillé plus fructueusement pour cette science.. 30 Divers opuscules de collége en vers latins*, etc
  • Jean-Baptiste DUHAMEL( 1624 - 1706) : mernhee de l'Ara - démie des sciences, né en 1624, à 'ire en \or: mandie, était fils d'un avocat estimé par ses lnmières, sa probité et sQ)) e5pi4.1, conciliant ; il commença ses étud'es à Caen, et les termina à Paris. Ses progrès, clans ce qu'on nommait alors la philosophie, furent rapisles. et à dixInuit ans, il publia une explication des Sphériques de Théodose, ave.F une Trigonométrie, fort courte et fort claire, dit Fontenelle, denx qu'alités qui annonçaient un bon esprit. Il entra en 1-643 â l'Oratoire, et il y passa dix années ; nommé ensuite curé de NeuillysurMarne, il en remplit les de\ oirs avec un 2de et upe cbarité dont les habitants ont conservé un Ion.-'' souvenir, Il continuait cependant à s'appliquer àl'étude des sciences, et surtout de la physique, qui avait pour lui un charpie particulier ; à la lecture des ouvra- ges des anciens et des modernes, il joignait les expériences que pouvaient lui permettre sa posi,. lion et les instruments existant alors. »pux traités qu'il publia en 000, l'nn intitulé Astronomia physica, l'antre de Meteoris et fossilibus, fixèrent snr lui l'attention des savants. En I 656, puhamel avait été nommé aumônier du roi ; il obtint, en 1663,1a dignité de chancelier de l'église de Bayeux dans la suite il eut encore quelques bénéfices, mais peu considérables ; et Fontenelle remarque qu'il n'en cousu\ a aucun, et qu'il se 44ouilla de tons en faveur de quelques amis. A la création de l'Académie des sciences, Colbert en nomma Duhamel secrélaire perpétuel, et personne ne cornu mieux à cette place : en eflet, il n'éte étranger à aucune des parties qui devaient être traitées dans cette savante compagnie ; et d'ailleurs il écrivait en latin avec une pureté et une éléganue remarquables, avantage trèsprécieux à une époque où le français n'était point epeore de' enu la languie de l'Europe. Ce fut cette môme facilité qu'il avait. de s'exprimer en latin, qui le gt choisir par Colbeyt de Croissi pou). l'accompagner au congrès d'4ixla- Chapelle. A la paix, de Groissi fut envoyé ahibas- sadem en Angleterre, et Diuliamel l'y suivit. Ce ?oyage fut pour ce philosophe un moyen d'acqué- 1 e nouvelle,s connaissances : il visita les biblio- WS et les établissements .d'instruction, frit- ta les sav ants, et surtout Boyle, qui lui ouvrit 'kis ses trésors de physique expérimentale. Il arcourut ensuite la Hollande, et revint en France, che d'un grand nombre de faits et d'observations u'il consigna dans trois écrits publiés de 1070 à •*. Duhamel se reprochait d'être ecclésiastique, t de s'appliquer à des études mondaines ; il Fe roposait donc de retourner à la théologie, lorsn'il reçut l'ordre de composer un cours de philo-)phie pour les élèves du collége de Bourgogne. 'il n'osa point exclure de ce cours les systèmes liciens, dont la faiblesse et la fausseté commen- aient à être senties , il les combattit cependant, nais avec ménagement, et il parvint ainsi à faire , .dopter des vérités nouvelles, sans compromettre 1 on repos. Le cours de théologie qu'il publia enuite eut lin tel succès, que ses supérieurs lui en lemandèrent un abrégé pour les séminaires, où il L été longtemps suivi. Au milieu de tous ces Irai eaux, Duhamel n'en était pas moins assidu aux téances de l'Académie, dont il rédigeait l'histoire ; ;on zèle lui faisait surmonter tous les obstacles ; , les infirmités même, qui l'avertissaient de sa fin, ! :le purent ralentir son ardeur pour l'étude, et il méditait encore de nouvelles entreprises lors-' qu'il mourut, le 6 août 1106 , à l'âge de 82 ans. Ses principaux ouvrages sont : 1° Astrontnnia physica, Paris, 1660 e De Meteoris et jas- silibus, ibid., 169 : on les trouve ordinairement réunis; c'est le plan et quelquefois le style des ouvrages académiques de Cicéron. 3° De Con- sensu veteris et nom philosophioe libri quatuor, Paris, 1663 Rouen, 16a9 Oxford, 1669 ; Rouen, 1675 Ce fameux ouvrage remplit exactement son titre, dit Fontenelle; mais, malgré son désir de tout accorder, l'auteur laisse souvent pencher la balance en faveur des modernes. 4° De corporum A ffectionibus, cuni ma- nifestis tum occultis, libri duo, Paris, 1670, 12; '_)° De Mente humana libri quatuor, Paris, 1612 I 2 ; 60 De Corpore animato libri quatuor, Paris, 1673 Les ouvrages philosophiques de Duhamel ont été recueillis à Nuremberg en 1681, 2 vol. '70 Philosophia velus et nova ad usum scholce accommodata, Paris, 1678, 4 vol. 2; ibid. 1681,6 vol.; ibid., 1'700, 6 vol. Le succès de cet ouvrage fut grand et mérité ; mais les progrès des sciences physiques l'ont fait abandonner depuis longtemps : les jésuites s'en servirent dans leurs missions de l'Orient, et le traduisirent en langue tartare, pour présenter à l'empereur de la Chine l'ensemble des opinions des philosophes de l'Europe. 8° Theologia speculatrix et practica, Paris, 1691, ?vol. L'auteur, dit Fontenelle, fit pour la théologie ce qu'il avait fait pour la philosophie : on voit de part et d'autre la même étendue de connaissances, le même désir et le même art de concilier les opinions, le même jugement pour choisir, enfin le même esprit qui agit sur dilîé- t entes matières. L'abrégé fut imprimé à Paris, 1694, 5 vol. 9° Begice seientiarum academice Historia, Paris, 1698 et 1701 La seconde édition est augmentée. Cet ouvrage trèsintéressant se joint aux Mémoires de l'Académie des sciences on doit encore à Duhamel une bonne édition de la Bible en latin, Paris, 1706 avec de courtes explications audessous du texte ; il en avait publié séparément des livres depuis 1698. 11 a aussi traduit en latin le Traité des droits de la reine sur plusieurs États de la monarchie d'Espagne
  • Jean-Baptiste DUMONCEAU( 1760) : général , né à Bruxelles, le ? 110Nembre 17,60, d'une famille bourgeoise, fut placé fort jeune an collége des jésuite, de cette N ille, où il fit de bonnes études qu'il ne poussa néanmoins que jusqu'en rhétorique. A seize ans il prit des leçons d'architecture et, pour se perfectionner dans cet art difficile, il alla chercher des inspirations et des modèles au milieu des imposantes ruines de l'antique home. Assailli par des brigands à son retour, et dépouilk de tout ce qu'il possédait, il gagna, non sans peine, et toujours à pied, la x ille de Lyon où l'attendaient I les lettres et des secours de sa famille. Il s'acquit en peut de temps à Bruxelles la réputation d'habile architecte. Ce fut d'après ses dessins et sons sa direction que l'on construisit l'hôtel des finances et la boulangerie publique. Cependant au goût des arts il , le rendezNous militaire de la jeune milice belge. C'est , puis aux frontières de la pmvince de Luxembourg, lui mérita k grade de capitaine, le I 4 mars, et celui de major le IO juin 1790, aN ec le commandement d'un bataillon de chassoues namurois. , que la couleur jonquille de l'unifo•me lit désigner sous k nom de canaris. A la tète de cette troupe légère et bien disciplinée, Dumonceau lit des prodiges de valeur : de surprendre l'ennemi, commencer une attaque ou couvrir une retraite, il était constantment lit. Son nom fut bientôt dans l'armée patriote ce qu'était dans l'armée impériale le nom de Pfortzheini, colonel des dragons de tatou. Ses talents et ts infat;p:ables efforts ne purent toutefois empécher sa patrie, gom ruée par des hommes malItabiles et déchirée par les factions, de retomber sous la puissance a ut richienne. Dumonceau re% int dans ses feus : mais, en butte à de petites persécutions qui se multipliaient tous les jours, il crut de?oir itjU SC réfugier à Lille, où plusieurs de ses anciens camarades l'avaient devancé. La France ayant décpré la guerre à la cour de Vienne le 20 avril 1792, Dunionceau, nommé commandant du premier bataillon belge, servit sous Dumouriez contre les Prussiens, revint au camp de Maulde, aprè la bataille de Valmy, et se distingua dans de Kventes escarmouches. Sa belle conduite à la mé-111,,ralile journée de Jemmappes, où la foudroyante redoute de Quéregnon fut enlevée par les baïonnettes belges que dirigeait ce chef intrépide, et ses exploits dans tous les combats qui se succédèrent, jusque suit les bords de la Ruer, lui Murent le bre- ? et de colonel. Celui de général de brigade devint le pri \ des services qu'il rendit après la défaite de Nerm Mule, et pendant toute la campagne de 1793. ce fut lui 1111 1 s.empara de Menin an mois d'octobre de cette année; précédemment il avait battu une di' ision hollandaise près de Tournay et taillé en pièces, après l'avoir attiré dans une embuscade, on corps d'émigrés français connu sous le nom de hulans btitanniques. Les prisonniers qu'il fit, entre autres le lits du marquis de Bouillé, condamot:s à mort par les lois révolutionnaires, durent M Yie à sa générosité. Dénoncé au sanguinaire Lebon, pour avoir favorisé leur évasion, il fut luimême sauvé par le général Sonham, chef d'étatmajor général, qui lui défendit de quitter l'armée pour se rendre à Arras, et le chargea d'une expé- VanderMerseh lit son entrée t Louvain, le 13 décembre: Bruxelles était parvenue, des la veille, à se dêbarrasser des Autrichiens. nritiou. Consulté sur la campagne de 1794, Dulionceau en traça le plan de concert avec l'adjulant général Reynier; il eut part à la gloire des srincipalcs actions qui suivirent la bataille de Igen- -. et contribua surtout à la prise de Breda, de BoisleDuc, de Nimègue; puis, dirigeant ses lé-:jons victorieuses sur la S u rface glacée des marais balayes, il se rendit maitre par surprise de plusieurs forts, pénétra dans Rotterdam avant ratanttutic franeaise et fit son entrée à La Haye, dont le s immandement supérieur lui fut confié par le général Pichegru. Il y trouva plus d'une occasion de montrer la noblesse et la générosité de son carac- tère. Si l'esprit de réaction se fit peu sentir en Hollande, on le dut particulièrement à son influence; il protégea la retraite des émigrés qui n'avaient pu chercher encore lu refuge en Angleterre, et plus d'une fois l'hôtel qu'il occupait servit , et parvint, asec des forces inférieures, à repousser les sorties continuelles d'une garnison a;.:nerrie. La convention conclue à la suite de la bataille do Hishenlinden, fit tt.mbeis celle forteresse entre ses mains : la paix de Lunés ilie lui permit de se retirer dans les terres qu'il avait achetées aux environs de Groningue, et d'y commencer des défrichements. Toutefois son repos ne fut pas de longue durée; la rupture du traité d'Amiens le rappela bientôt à la tète de l'année batave réunie au camp d'Utrecht , avec deux divisions fran-çaises, pendant les années 1803 et 1804. Nommé général en chef et inspecteur général, le 28 juin 80:4 il ne tarda pas à s'embarquer au Helder, attendant le signal qui devait partir de Boulogne; mais comme le théâtre de la guerre s'était porté tout à coup sur le Danube, Napoléon le chargea de garder le point important d'Augsbourg pendant son attaque sur Ulm. Dumonceau, débouchant par Donawertb sur les derrières des Autrichiens, contribua puissamment à la défaite de leur infanterie près de Nordlingen, et ne laissa d'autre moyen de salut à la cavalerie de l'archiduc Ferdinand, échappé d'Ulm, que celui de gagner en toute hâte les provinces prussiennes d'Anspach et de Baireuth; puis, avec une extrême rapidité, il s'assura de Pas- sali, seconda le maréchal Mortier au brillant com- bat de Dirnstein, le 14 novembre, marcha sur les traces des Russes dans les plaines de la Moravie, revint garantir le pont de Crems, alla faire sa jonction avec le corps de Marmont sur la route de Styrie, et couvrit la ille de Vienne, tandis que se donnait la bataille d'Austerlitz. Napoléon, de retour à Sclurnbrünn, lui fit l'accueil que méritait l'importance de ses services. Rentré dans ses foyers, Dumonceau vit la république batave se transformer en monarchie; le nouveau roi le combla de faveurs. Ministre plénipotentiaire à Pa- ris, il en échangea presque aussitôt les fonctions contre celles de commandant en chef des troupes hollandaises, qui devaient seconder les opérations de l'armée française dans la campagne de Prusse en N06. Après avoir forcé la place de Hameln à capituler, il fut chargé de la défense des côtes de Brème et de Hambourg. Dumonceau fut honoré successivement du titre de conseiller d'État pour la section de la guerre, de la grand'croix de l'Union, de celle de la Fidélité de Bade et enfin du bâton de maréchal de Hollande. Napoléon lui avait envoyé le brevet de grand officier de la Légiodn'honneur le 21 décembre 1806. Légionnaire dès la création le ri juillet 1804, il aNait depuis obtenu l'étoile d'officier et celle de commandant. En 1809, il repoussa los ?nglais débarqués dans l'ile de Walcheren. Cependant le roi Louis, qui ne s'était jamais rendu bon compte de sa position en Hollande, et qui s'était fait sur son indépendance d'inconcevables illusions, avait, en s'écartant du système de blocus continental, fourni des prétextes et même des motifs pour décider la réunion de son royaume au grand empire. Min d'y préluder sans doute, l'empereur saisit toutes les Occasions d'humilier son frère. 11,a ait vu surtout avec déplaisie la création de maréchaux qu'il cowidérait 'comme la caricature des maréchaux de Fratice; ce furent ses peopresexpressiotts dans une lettre du 21 décembre 1809. Les maréal at trent done s pp ri it é s, , peiv 13,ono nfisse, sous les ordres du princeroyal de Wnrtemberg, et les battit le lendemain dans tes gorges de Pétorswalde. 11 se 'cou\ rit de gloire à hi bataille de Culmle 30; sa clivisiurl, abandonnée dans la plaine, se retira seule en bon ordre, opposant partout des carrés formidables aux charges de la cavalerie, et ne se laissant jamais entamer; elle parvint à gagner les bois de l'éters*alde, dliii lui présentèrent 1111 abri contre toute lionv, pont• la préve« tir injtistement contre moi, Iwo m'impete... « Cette démarche précipitée n'aura point d' infh tence « sur ma conduite, et n'altérera en aucune nia- « nière ma fi.anquillité. » Par titi inconcevable oubli le nom de rtumunceau se troutte omis sur l'arc triomphal de l'Étoile
  • Jean-Baptiste DUMOUCHEL( 1747) : évêque constitutionnel du Gard, naquit vers 1747. Fils d'un pauvre cultivateur de la Picardie, il obtint une bourse au collége de SteBarbe à Paris, et y fit ses études avec assez de succès pour être nommé, dabord maitre de quartier au collége de LouisleGrand, et successivement professeur de rhétorique à Rodez, où il compta parmi ses élèves le célèbre Chaptal qui devait un jour l'aider de son crédit. Rappelé à Paris pour occuper une chaire au collége de la , Marche, Dumouchel, qui à une physionomie spirituelle joignait des manières agréables, beaucoup de souplesse et des connaissances littéraires variées, quoique superficielles, sut se créer des protecteurs, qui, en 1785, le firent nommer à la place de recteur de l'université. Le 2 décembre 1786, ayant été réélu à cette même place, Drimouchel publia un Alandenzent latin pour annoncer l'ouverture d'un concours dont l'objet était la composition d'hymnes nouvelles pour le Bréviaire de Paris. Secrétaire de l'assemblée électorale du clergé de la capitale en 1788, il contribua de tous ses moyens à faire passer l'arrêt par lequel cet ordre déclara que ses membres, renonçant à leurs exemptions pécuniaires, offraient de concourir dans la proportion de leurs revenus, au paiement des charges publiques. Cette délibération, qui ne fut cependant pas prise à l'unanimité, honore le clergé, qui reconnut la nécessité de contribuer au soulagement de l'É- tat; mais songeaton alors aux conséquences de cet acte de patriotisme? Le clergé ne se laissatil pas dominer par cet esprit d'innovation qui, trouvant dès lors des prosélytes dans toutes les classes, jeta plus tard la confusion dans la société , et amena tous les malheurs de la révolution ? Dumouchel, à qui la place de recteur de l'université et la part qu'il avait prise aux actes de l'assemblée de 1788 avait acquis de l'influence dans le clergé, fut en 1789 député de son ordre aux états généraux. 11 adhéra l'un des premiers à la réunion des ordres; et comme recteur de l'université, présenta plusieurs fois à l'assemblée nationale les félicitations de ce corps enseignant, et, chaque fois, il enchérissait sur les éloges qu'il donnait aux opinions de ses collègues. Votant toujours avec le côté gauche, il prit beaucoup de part à la discussion de la constitution civile du clergé, et conclut à ce que le roi ne pùt prendre les voies canoniques que relativement aux articles ayant quelque connexité avec les objets purement spirituels. Lorsque, sur la motion de l'abbé Grégoire, les membres du clergé députés de leur ordre furent appelés à prêter le serment ci\ igue conçu clans ces termes : Je jure de iller avec soin sur les fidèles dont la direction 1 est confiée; je jure de maintenir de tout mon uvoir la constitution française, et notamment les rets relatifs â la constitution civile du clergé, mouche! fut un des premiers à s'élancer à la tri- . ne pour y prêter ce serment. Peut-être qu'à cette époque il croyait, avec plusieurs de ses collègues, que rien dans la constitution ne blessait les principes de la religion; peut-être même que lui aussi répétait avec Grégoire, que, revétus du sacerdoce, ils continueraient à l'honorer par leurs moeurs; qu'ils seraient constamment les missionnaires, et, s'il le fallait, les martyrs de la religion. Cependant, élu évêque constitutionnel du Gard, il fut sacré à Paris le 3 mai 1791, et se rendit dans son diocèse; mais, quoique bien accueilli par une partie de la population, sa conduite, ses moeurs, ses talents même furent violemment attaqués dans deux pamphlets, dont l'un intitulé : M. Dumouchel convaincu d'ignorance, c'e mauvaise foi et d'hérésie, Paris est une réponse à la lettre pastorale de prise. de possession; l'autre, ayant pour titre l'Apothéose de M. Dumouchel, est une facétie pleine de personnalités. Les auteurs de ces pamphlets semblaient avoir prophétisé ; car Dumouchel, cédant à la terreur, qui en 1793, planait sur le clergé, commença d'abord par abandonner son diocèse; plus tard, se mariant, il entra dans la vie civile, et quelque temps après fut attaché à la direction de l'instruction publique dépendant du ministère de l'intérieur. Il fut suspendu de ses fonctions sous le ministère de Lucien Bonaparte, à cause de discours déplacés qu'il avait tenus; mais rappelé par Chaptal en qualité de chef du bureau de l'instruction publique, il passa dans ceux de l'université lorsque Fontanes en fut le grand maitre. Mis à la retraite en 1814, Dumouchel mourut le '7 décembre 4820. 11 a publié, avec M. Goffaux, une 6° édition des morceaux choisis des auteurs latins, sous le titre de Narrcctiones excerptce, Paris, 1818
  • Jean-Baptiste DUPUY-DEMPORTES : littérateur du siècle dernier, embrassa plusieurs genres dans ses travaux , et publia des traductions et quelques productions légères. On a de lui : 1° Parallèle la Sémiramis d'; Vol taire avec celle de Crébillon , Amsterdam , 1748 2° Des Lettres sur Catilina , Venise, sauvée, les Amazones, et Cenies tragédies ; 5° Le Souper poétique, Amsterdam , 1748 40 Histoire générale du Pont- Neuf , en six volumes folio, proposée par souscription, Londres , 1750 de .36 pages. Cette plaisanterie est ingénieuse et piquante. 5° Mémoires de Gaudence de Lucques, avec les remarques de Rhedi, '1753 4 parties. 6° Histoire du ministère de Robert 1Valpol, Amsterdam , 1764 , 3 vol. 7° Morale des Princes, traduite de l'italien de Comazzi, La Haye , 1754 , 2 vol. 8° Traité historique et morale du blason, 1754 2 vol. 9° Le Gentilhomme cultivateur, ou Cours complet d'Agriculture, tiré de l'anglais, de Hill, misérable compilation, Paris. 1761 tt années suivantes, 8 vol. ou 16 vol. 12. 10° La Gentilhomme waréclol, aussi tiré de l'anglais, de J. Barthelet, chirurgien, Paris, 1756-58, 2 vol. 11° Le Printemps. comédie en '1 acte, non représentée, Paris, 1747
  • Jean-Baptiste DUTERTRE( 1610) : religieux dominicain, naquit à Calais en 1610, et reçut au baptême le nom de Jacques. 11 servit d'abord dans la marine hollandaise, navigua en divers pays, et alla même au Groënland. Il entra ensuite dans les troupes de terre, et assista à la prise de Maestricht en 1633. Échappé à de nombreux dangers, il vint à Paris, entra dans l'ordre des dominicains en '1635, et prit le nom de JeanBaptiste. Sa piété , ses talents , sa connaissance des affaires , le firent choisir , en 1.640, pour aller en mission dans les Antilles. 1! y passa gl lxhuit ans, pendant les.inels il lit Toutes les représentations de Dutertre pour détourner Cerillac de son dessein ayant été vaines, il céda ; mais son voyage commença sous de malheureux auspices. A peine sorti de la rivière de Nantes , le navire sur lequel il était embarqué fut pris par les Anglais et mené à Plymouth. Dutertre obtint, par le moyen de ses amis, et sa liberté et des lettrespatentes de Cromwell Fur qu'on lui restituât ses effets. « Mais, ditil, on ne sait « ce que c'est que rendre en ce payslà. Mes a voleurs, voyant que j'étais lasd'un si ennuyeux « séjour, et prêt à tout abandonner, retinrent « les lettres et n'en parlèrent qu'après mon « départ. » Pour éviter de nouveaux empêchements du même genre, Dutertre s'embarqua au Texel. Il aborda heureusement à la Martinique, puis après être allé examiner la Grenade, i',i1 termina l'affaire de l'acquisition avec le pro-' priétaire, et débarqua à Flessingue à la fin de 1657. Conformément à la promesse qu'il avait faite à Cerillac, il partit du Havre avec lui pour l'Amérique. Une tempête affreuse obligea le '-'n,avire de relàcher en Angleterre. Le mauvais état de l'entreprise , lit prendre à Dutertre le. sage parti de revenir en France avec des religieux qui le suivaient. Il fut , dans la suite , envoyé au couvent de Tulle, où il s'occupa de refondre son ouvrage et d'y ajouter les nouveaux documents qu'il s'était procurés. Rappelé à Paris, à la maison de la rue 'StJacques, il y mourut en 1687. On a de Dutertre : 1° Histoire générale des îles St- Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique et autres de l'Amérique, oie l'on verra l'établissement des colonies francoises dans ces îles, leurs guerres civiles et étrangères, et tout ce qui se ptz sse dans le voyage et retour des Indes, Paris, 1654, I vol. On trouve, à la fin de ce livre, une traduction en caraïbe de quelques prières de l'Église. `;,0 Histoire générale des Antilles habitées pur les François, divisée en deux tomes, et enrichie de cartes et de figures, Paris,-1667-1671, ti vol. Cet ouvrage est le même que le précédent, mais considérablement augmenté. C'est le premier qu'un Français ait publié sur la totalité de nos Îles en Amérique. ll contient le récit do, tout ro qui s:est pasqè dans l'établissement des colonies frnnea*s dette les )‘.titilles, deritti$ 1625 jusqu'à la paix de Breda en 1667. On y trouve aussi l'histoire naturelle de ces îles, des renseignements curieux sur les sauvages , les créoles et les nègres. Le privilège des deux derniers volumes porte que cette suite a été lue par Mézerai, et Dutertre , et qu'il a fait plusieurs voyages aux ports de Normandie pour s'assurer de la vérité des faits qu'il a dessein de raconter. On ne peut d'ailletris qu'ajouter :foi à tous ses récits; car il n'avance jamais rien que l'on puiSse raisonnablement révoquer en doute. On reconnaît avec plaisir, en lisant son livre, un homme doué du talent de bien observer, d'un jugement sain , d'un esprit juste. Labat n'a pas rendu justice à l'ouvrage de son confrère Dutertre. Le jugement qu'il en porte dans lapréface de son Voyage aux îles de l'Amérique, est beaucoup trop sère„luoiqu'il commence par dire que cet ouvrage était admirable .dans le temps qu'il a été écrit. .Les évènements que rapporte Dutertre ont, à la vérité. perdu une partie de leur intérêt. On en lit cependant le récit sans ennui. Il raconte avec candeur , impartialité et gravité; qualité quri a quelquefois manqué à Labat. Dutertre n'a pas non plus parlé aussi superficiellement des productions (le la nature , que Labat le eut bien dire. Il en traite dans un détail suffisant, mais sans prolixité, et son livre a souvent été mis à contribution par les auteurs qui ont écrit sur l'histoire naturelle. 3° La Vie de Ste Austrebecte, vierge, première abbesse de l'abbaye de Pavilly, , près de Rouen, tirée de l'ancien manuscrit de Sainte- Austrebei te de Montreuil sur nier, Paris, •659
  • Jean-Baptiste DUVAL : orientaliste et antiquaire , était natif d'Auxerre. En 1600 , il se livra à l'étude de l'arabe sous Etienne Hubert, professeur au Collége royal ; et , ayant eu l'occasion d'aller à Rome en 1608, il y fit connaissance de J. B. Raimondi, qui lui fit présent de quelques livres arabes, et l'engagea à se fortifier dans cette langue. Duval entretint aussi des liaisons fort étroites avec Jean Hesronite et Gabriel Sionite, maronites très savants. Quoi qu'il en soit , sa réputation comme orientaliste , est très médiocre ; mais il parait qu'il avait acquis une grande connaissance des médailles et des antiquités, et avait recueilli un grand nombre d'objets, ayant voyagé en Italie et en Syrie. Le roi lui accorda le titre de secrétaireinterprète de son cabinet pour les langues orientales. Il mourut à Paris en novembre 1632.0n a frappé en l'honneur de ce savant une médaille qui a été gravée et décrite dans le Mercure de juin 1742, et dont on trouve la description dans Moréri. Duval cultiva aussi la poésie latine avec accès, et fit dans sa jeunesse de longues pièces tile vers sur différents sujets. On lui doit une édition de Cassiodore, Paris, 1600, 2 vol. het plusieurs ouvrages dont on trouve le détail dans la Gallia orientais de Colomiez , et dans 'Papillon ; nous mentionnerons seulement : 1° rEcole françoise pour apprendre à bien parler et écrire selon l'usage du temps, Paris, 1604 20 Apothéose, ou Oraison funèbre de M . Hier. de Goildy , Paris , 1604 Les bibliographes qui ont parlé de Duval pabissent n'avoir pas connu cette pièce. 3° Recueil de poésies latines, Paris, 1616. L'auteur d'une lettre insérée dans le Mercure de juin 1742 dit que ce recueil contient environ deux cents épîtres sous différents noms , cinquantetrois épitaphes et quelques épigrammes. La première des pièces qui le composent, intitulée Apologia pro Alcorano , est un badinage où Duval s'égaie aux dépens du livre sacré 'des musulmans. h° Une nouvelle édition , corrigée pour le texte et augmentée de plus de deux cents médailles , des Imagines imperatorum et augetorum d'Énée Vico, Paris, 1619, 4°, et la traduction italienne du discours sur les médailles, du même auteur. 5° Dictionarium latino- arabicum Davidis régis, quo singulœ ab co usurpa/ a? dietkmes ita enuneiantur, al concordiam Psalmorum constituant, et grammaticamac dictionaria latino- arabica suppléant, Paris, 1632 C'est un dictionnaire lat , dans lequel on ne trouve aucun mot arabe; Duval a simplement extrait , du psautier arabelatin de 1614 et 1619 , tous les mots latins, en les plaçant dans l'ordre alphabétique, et en indiquant le psaume et le verset où ils se trouvent. On peut , au moven de cette méthode, composer et écrire en arabe. Pour donner un exemple de l'utilité de son livre et de la manière d'en faire usage , l'auteur imagine une lettre écrite par David à Bethsabée, où le roiprophète. déclare ses amours avec dignité et retenue ; elle est suivie de la réponse de Bethsabée, qui s'excuse avec modestie, et trouve d'autres beautés beaucoup plus dignes qu'elle des hommages du roi. Ces deux lettres suffisentpour prouver la tournure d'esprit de Duval, homme moins érudit que singulier dans ses goûts. Duval a fourni à la France métallique de J. de Bie plusieurs médailles et explications, ainsi que ce célèbre graveur l'avoue dans sa préface
  • Jean-Baptiste DUVOISIN( 1744) : évêque de Nantes, né à Langres le 19 octobre 1744, était enfant lorsque son père mourut. Cette perte mil sa famille dans une situation pénible. Il fit ses premières études au collége de Langres, tenu par les jésuites. A l'àge de quatorze ans, il avait déjà fait une année de philosophie et soutenu des thèses avec distinction. Montmorin, évêque de Langres, témoin des succès de son jeune diocésain , et instruit de son inclination pour l'état ecclésiastique, se fit un devoir de lui en ouvrir la carrière. il plaça, à ses frais, le jeune Duvoisin à la petite communauté de StSulpice , où il suivit les cours de philosophie et do théologie, et fut bientôt jugé capable d'enseigner ces deux sciences , dont il fut chargé de faire des conférences au séminaire de StNicolasduChardonnet. Après avoir soutenu sa tentative pour le baccalauréat, il se présenta à la maison de Sorbonne et n'eut pas de peine à se faire agréger à cette société savante. L'abbé Duvoisin avait à peine vingttrois ans, lorsqu'en 1768 il commença son cours de licence. Il le fit d'une manière si brillante, qu'il y obtint le premiet lieu, ordinairement disputé par des concurrente d'un mérite distingué, et qui lui fut donné aux applaudissements mêmes de ses rivaux. Peu de temps après, on le choisit pour occuper une chaire de Sorbonne. Il devint successivement promoteur de l'officialité de Paris , censeur royal , chanoine d'Auxerre , grandvicaire et chanoine de Laon. Alors la ville de Laon , et plus encore le chàteau d'Anisy, maison de campagne de l'évêque, devinrent son séjour presque habituel. était à Laon au commencement de la révolution. Il en fut déporté, avec presque tous les autres ecclésiastiques, vers le commencement de septembre 1792. Lui et ses compagnons d'exil s'embarquèrent pour l'Angleterre, d'où il vint rejoindre l'évêque de Laon à Bruxelles. L'invasion de la Belgique par les troupes françaises força bientôt les réfugiés de quitter cette ville. L'abbé Duvoisin se retira à Brunswick , où , après avoir épuisé ce qui lui restait de moyens , il trouva dans ses talents les ressources qu'ils offrent à l'homme laborieux et instruit. Il ne s'était pas seulement occupé de théologie, il avait cultivé les lettres et n'était point étranger aux sciences exactes. En donnant des leçons de cellesci, en ouvrant des cours de littérature, et en composant quelques ouvrages, il se procura suffisamment de quoi fournir à SCS besoins. Le duc de Brunswick, informé de sou mérite, conçut pour lui une estime particulière et lui en donna des marques flatteuses. Lorsqu'il fut question du rétablissement du culte, en 1802, l'abbé Duvoisin revint en France. Peu de temps après son retour, il fut nommé à léséché de Nantes, où sa conduite sage et conciliante eut bientôt éteint les divisions, rapproché les esprits, et sut lui gagner tous les coeurs. Ces succès et son mérite, qui ne tardèrent point à se faire connaltre, attirèrent sur lui les regards de Napoléon , et parurent par la suite lui avoir valu sa confiance. Le cours que prirent les affaires ecclésiastiques prouve néanmoins que cette confiance n'alla pas jusqu'au point de porter le chef de l'Etat à suivre les conseils de ce prélat, duquel ceux qui l'ont le mieux connu et quii.ont écu dans son intimité, savent qu'on ne peut sans injustice suspecter les principes. Duvoisin • fut un des quatre évêques nommés pour résider près du pape pendant sa captivité à Savone et à Fontainebleau. Si quelques soupçons avaient été conçus contre lui au sujet de cette mission, ou de la faveur dont il paraissait jouir, ils- deraient étre détruits par unesorte de testament de mort , qu'il dicta au moment d'expirer. « Je « supplie, y disaitil, l'empereur de rendre « liberté au SaintPère le pape; sa captivité « trouble encore les derniers instants de ma « vie. J'ai eu l'honneur de lui inément, au grand regret ,du clergé et d'un rand nombre d'amis. Il mourut d'une fluxion le poitrine, après soixante heures seulement de maladie, le 13 juillet 1813. 11 est auteur des uvrages suivants : 1. Dissertation critique sur . a vision de Constantin, Paris, 1774, 'auteur y prouve que cette vision, telle qu'elle est rapportée par Eusèbe, est un des faits les mieux attestés de l'histoire ecclésiastique. 2° I., 'Autorité des livres du Nouveau- Testa- ment contre les incrédules, Paris, 1775 30 L'Autorité des livres de Moïse établie et delendue contre les incrédees, Paris, 1778 L'abbé Duvoisin y démontre que Moïse est auteur du Pentateuque; qu'il est historien éridique et fidèle ; que ce livre n'a point éprouvé d'altération, au moins assez importante pour !ilion puisse prétendre qu'il ne nous est pas parvenu tel qu'il est sorti de la plume de Moïse, et enfin que Moïse fut législateur inspiré. tio Es- sai pylemique sur la religion naturelle, Paris, 1780 Ce que l'auteur se propose dans cet ouvrage, c'est de rassembler toutes les k,rrandes vérités morales que l'on peut découvrir par les lumières de la raison, et d'en faire voir l' pour éclairer empiétement l'homme sur ses véritables devoirs. 11 montre que les religions ne sont point indifférentes, qu'il doit y en avoir une véritable , et qu'il ne peut y eu avoir qu'une qui le soit d'où résulte l'impor-' tance de l'examen pour la découvrir et s'y attacher. 5° De Vera licligi, me ad usuin theologiœ candidaiorum , Paris , 1785, 2 vol. Ce sont les leçons qu'avait dictées l'abbé Duvoisin dans les écoles de Sorbonne, tandis qu'il y professait. 60 Examen des principes de la révolu- tion francaise , 1795 7' Défense- de l'ordre social contre les principes de la révo- lution francaise , 1798 , Ce livre, peu connu en France, où peut-être il y en a à peine quelques exemplaires, a été composé en Miemagne et imprimé à Londres par les soins de l'abbé de la Ilogue, à qui l'auteur en avait envoyé, le manuscrit. Dans aucun do ses ouvrages Duvoisin ne montre mieux qui: dans ce- luici son talent et sa logique pressante. Il y discute avec auta.n1 de sagacité que d'impartialité les principes qui ont servi d'éléments à notre révolution. Il y fait voir qu'il ne pouvait en découler que des notions incomplètes de droit naturel et civil , lesquelles étaient aussi immorales que séditieuses et subversives dé tout ordre public; et quoiqu'à l'époque où il écrivait rien ne promît encore d'heureux changements, d'après la lassitude du peuple, les excès où l'on était tombé et la nature des choses, il ose le prédire. Ce livre, on le conçoit, était rare en France. 11 en a été donné une nouvelle édition à Paris en 1829 8° Dén, i, ntration Evangélique imprimé deux fois à Brunswick en 1800; réimprimé à Paris en 1802 et 1805. A cette 4e édition se trouve ajouté un Traité sur la to- lérance . On sait qu'il y a une Demonstratio Evany elica du savant Huet , évêque d'Avranches. C'est ii livre de la plus haute et de la plus profonde érudition. Duvoisin a travaillé sur un antre plan. Son but est de défendre la religion contre ses agresseurs modernes, et de prémunir les fidèles contre leurs sophismes. Ce sujet étant d'un intérêt général , il fallait , surtout dans un moment où les attaques étaient si multipliées , se mettre i la portée des lecteurs de toutes les Oasses, et le principal était d'être entendu. Dans la Défense l'ordre social, l'auteur avait déjà posé ses principes sur la tolérance. 11 les développe dans l' Essai avec un peu plus d'étendue, et l'on y trouve tout ce qui peut se dire de plus raisonnable sur ce sujet. Il y blàine la contrainte en matière de religion, et parce qu'elle est contraire à la liberté individuelle, et parce qu'elle ne ferait que des hypocrites. Il croit cependant qu'une tolérance universelle et illimitée mènerait à l'extinction de toute religion. On remarque dans tous les onvrage,s de l'évêque de Nantes un écrivain exercé et maître de son sujet , un bon logicien, un théologien habile et sans préjugés. Son style, précis et clair , ne manque pourtant pas, quoique simple, de l'élégance que le genre comporte, et même de chaleur, surtout dans la efense de l'ordre social. L'évêque de Nantes soutient ses opinions avec force, mais toujours avec modération , et toujours de bonne foi. Quoiqu'il ait prouvé qu'il pouvait écrire avec succès sur d'an-, tres matières , il a pourtant, en général, préféré, de consacrer son temps et ses veilles au bien de la religion. Avant la révolution, il avait été chargé , par le clergé de France , de compulser tous les conciles et synodes tenus dans les Gaules, pour en extraire ce qui concernait la discipline de l'Eglise gallicane. On ignore jusqu'où a été poussé ce travail , dont il n'a rien paru. Ce prélat est mort à un àge où ses talents Une nouvelle édition en a été faite AVIVUOU e. 1824. II a dotn:é une traduction du roytie do MungoPark L'est Itt mineure. pouvaient être encore d'une grande utilité à l'Eglise. Quelques préventions que de fâcheuses circonstances aient pu faire concevoir, on ne pourra nier qu'il n'ait servi la religion utilement , et qu'il ne la serve longtemps par ses savants et judicieux écrits
  • Jean-Baptiste EBLÉ( 1758) : général d'artillerie, l'un des plus célèbres de l'année française, naquit, en 1758, à StJeandeRorbach, en Lorraine. Fils d'un officier du régiment d'Auxonne, du nombre de ceux que l'on appelait alors officiers (le fortune, parce qu'ils n'étaient pas nobles, il fut inscrit, dès l'âge de 'redans, comme canonnier, sur le contrôle du même corps. Elevé avec beaucoup de soin et destiné dès l'enfance à la carrière de son père, il fut bientôt l'un des meilleurs sousofficiers de cette arme. Devenu lieutenant en 1785, il fut envoyé à Naples, sous les ordres de Pommereul , pour y former l'artillerie de ce royaume sur le modèle de celle de France. Il était parvenu dans ce pays au grade de capitaine, et il devait y obtenir plus d'avancement encore; mais la révolution de France, dont il adopta les principes avec beaucoup de chaleur, le ramena dans sa patrie en 1792, et il fut confirmé dans son grade de capitaine. Employé dès le commencement à l'armée du Nord, il fut mis à la tète d'une compagnie d'artillerie à cheval , fit toutes les campagnes de cette époque sous Dumouriez , sous Pichegru et sous Jourdan , et se distingua particulièrement à Hondschoote et Wattignies. Devenu général de brigade à la fin de 1793, il commanda l'artillerie de l'armée du Nord ; et, par son activité et son savoir, il contribua beaucoup à introduire dans cette partie si importante de nos forces militaires un ordre et une méthode jusqu'alors inconnus. Il distribua. également les munitions et les pièces dans chaque division, et prépara ainsi la suppression nécessaire des pièces de bataillon, qui fut adoptée plus tard. Eblé dirigea ensuite les sièges d'Ypres, de Nieuport, de BoisleDuc, de Nimègue, de Graves , et il eut une grande part à la conquête de la Hollande où son artillerie traversa si miraculeusement sur la glace les plus larges fleuves. Appelé, en 1795, à l'armée du Rhin par Moreau, qui avait su l'apprécier, il fit sous ce général cette campagne du Palatinat si remarquable par son début, et plus remarquable encore par la retraite qui la termina. Au commencement de l'année 1797, il soutint, pendant deux mois, dans le fort de Kehl, .• es efforts de toute l'arillée autrichienne commandée par l'archiduc Charles. Il se rendit ensuite en Patio, et il commanda, sous Championnet , l'artillerie de l'armée qui de%ait envahir un royaume dont il avait luimôme autrefois préparé les moyens (le défense. Cette facile conguète était à pine achevée, qu'Eblé revint en Allemagne, où la confiance de Moreau le plae,; encore une fois à la tète de son artillerie, et or il eut part à la brillante' campagne que termini, la victoire de Hohenlinden. A la paix de Lunéville, il fit rentrer dans les arsenaux de France la plus belle artillerie qu'on eût jamais ro»qiiist sur nos ennemis ; et, ce qui est encore plus rare. il remit au trésor public des sommes considérables, provenant, de la. vente des objets d'artillerie pris aux Autrichiens-. En 1803, il passa à l'armée de Hollande, puis à celle de Hanovre, et devint gouverneur de Magdebourg après la bataille dléna. De là il se rendit à Cassel , où le nouveau roi Jérôme le nomma son ministre de la guerre et colonelgénéral de ses gardes du corps. Cette position ne pouvait pas lui convenir longtemps ; il la quitta pour rentrer au sel.- , vice de France , et fut aussitôt employé sous Masséna en Portugal , où il dirigea le siège de CiudadRodrigo, et la construction très difti- cile d'un pont de bateaux à Santarem. Appelé, en 1812, à la grande armée de Russie, il fut nommé commandant en chef des équipages* pont, et il rendit de très grands services au os- sage du Dniester, et surtout dans la retraite à celui de la Bérésina, où Napoléon fut sauvé par l'habileté et la présente d'esprit qu'Eblé mit à dresser un pont de bois dans une seule nuit. au milieu des glaces et sous le canon de l'ennemi. Obligé de rester pendant trois jours auprès de ce frêle édifice, que les glaçons et la foule (les fuyards brisaient à chaque instant, Eblé répara plusieurs fois les accidents qui survenaient sans cesse. Ayant reçu l'ordre d'y mettre le feu dès que l'armée serait passée, il retarda autant qu'il put l'exécution de cet ordre, et sauva par là oit grand nombre de malheureux qui auraient péri sur l'autre rive. Mais la fatigue qu'il éprouva et l'excès du froid l'avaient frappé si vivement, qu'il mourut peu de jours après à Kcenigsber;', au mfflent où Napoléon le nommait inspecteur général et commandant en chef, de l'artillerie de la grande armée
  • Jean-Baptiste EGNAZIO( 1478) : savant littérateur du xvie siècle, naquit vers t 47g, à Venise, de parents pauvres. Son vrai nom était JeanBaptiste Cipelli ; il le changea, selon l'usage de son temps, quand il commença de se faire connaître. Après avoir fait de bonnes études sous d'habiles maîtres il ouvrit, dès l'âge de dixhuit ans, à Venise une école particulière de belles- lettres. La réputation qu'il s'y fit, donna de la jalousie au célèbre MarcAntoine Sabellico, qui était depuis longtemps professeur public de belleslettres dans la même ville. Celuici lançait à tout propos des traits con: ire son jeune rival. Egnazio, au lieu de lui répondre, écrivit une critique sanglante des travaux de Sabeilico sur quelques anciens auteurs, et la pu: blia en 1502, sous le tire de Racemati9nes. Il lit ensuite de nouveaux commentaires sur les mêmes auteurs que Sabellico avait commentés. Enfin il ouvrit une école publique, t peu de distance de celle que tenait son adversaire. Cette guerre littéraire dura jusqu'en 1506, époque de la mort de Sabellico. Celuici se repentit alors d'avoir attaqué le premier, et d'avoir longtemps poursuivi injustement Egnazio; il le lit appeler à ses derniers moments, lui demanda pardon, et pour gage de leur réconciliation, lui remit entre les mains un ouvrage qu'il laissait manuscrit, et qu'il le chargea de publier. Egnazio ne se borna pas à prendre ce soin; il voulut encore, aux funérailles de Sabellico prononcer son oraison funèbre. Ce discours est celui de tous les ouvrages qui lui fait le plus d'honneur, et il est à regretter qu'il se soit perdu. Déjà il avait reçu de la république les droits de citoyen de Venise, et le titre de Notaire ; il avait embrassé l'état ecclésiastique et obtenu plusieurs bénéfices. Il accompagna en 1515, à Milan, les quatre procurateurs de Stelart qui allèrent, aunom de la république, complimenter François I". Ayant fait présenter à ce monarque un panégyrique en vers latins qu'il avait composé en son honneur. il reçut de lui une belle médaille d'or. Dans ce panégyrique, il s'était permis plusieurs traits injurieux contre CharlesQuint ; l'empereur s'en plaignit au pape Paul III , ennemi des Français et de leur roi. Ce pontife lit agir Ni‘ entent contre le panégyriste, qui n'échappa à la persécution que par le grand crédit dont il jouissait à Venise. En 1520. la chaire publique ?'éloquence étant devenue vacante, elle lui fut donnée sans qu'on exigeât de lui de nouvelles preuves, quoiqu'il eût un grand nombre de concurrents. Ses leçons attirèrent bientôt une foule d'auditeurs, nonseulement de Venise, mais des autres villes d'Italie et même des pays étrangers; on en comptait chaque jour jusqu'à cinq cents et davantage. Les sénateurs les plus respectables allaient l'entendre, et le consultaient même dans des affaires importantes. Il était (loué d'une mémoire surprenante et d'une présence d'esprit qui n'était jamais en défaut. Un jour qu'il prononçait un discours public, le légat apostolique arri'a lorsqu'il était près de finir; il reprit sou discours depuis le commencement, et ce qui étonna le plus ses auditeurs, c'est qu'il en changea entièrement toutes les parties. Devenu vieux, il demanda sa retraite ; niais le sénat, jaloux de conserver un tel professeur, aima mieux augmenter ses honoraires, qui furent portés à 200 ducats d'or. On dit qu'il consenait tant de vivacité qu'ayant eu des querelles trèsanimées avec Robortel, il tira un jour son épée, et s'élança contre lui pour l'en frapper. Quelques auteurs affirment_ ce fait, d'autres le nient. Il faudrait, pour qu'il fût vrai, qu'un professeur, un prêtre, un prieur, marchât alors à Venise, l'épée au côté. D'autres, au lieu d'épée, parlent d'un coup de baïonnette, ce qui parait encore moins croyable. Egnazio obtint enfin, en 1549, le repos qu'il désirait, et conserva tous ses appointements en retraite. Il n'en jouit que quatre ans, étant mort le 4 juillet 1553, âgé de 75 ans. Il dut sa grande réputation à son professorat et à son érudition plus qu'à ses ouvrages. Cependant on a de lui : l'Abrégé de la vie des empereurs, depuis Jules César jusqu'à Maximilien, Venise, 1516 ; 1588 ouvrage assez estimé, pitoyablement traduit en français par l'abbé de Marolles, dans sou Addition â Plistoire romaine, 1664, 2 vol. 2' Traité de l'origine des Turcs, qu'il publia par ordre du pape Léon X, 4539 3° Panégyrique de François Jer, en vers héroïques, imprimé à Venise, I ; IO ; 4° Exemples des hommes illustres de Venise, etc., Venise, 1554 Ce livre, quine rut imprimé qu'après la mort de l'auteur, est dans le même genre que celui de Sabellico, dont Egnazio avait été l'éditeur, et qui est aussi intitulé Exemple, II laissa plusieurs harangues ou discours pu- ' blic,, qui sont restés inédits, et un- assez grand nombre de lettres, éparses dans quelques recueils. Tous ces ouvrages sont en latin. Egnazio fut principalement occupé à corriger et à éclairer par des commentaires les anciens auteurs. Les meilleurs éditions qu'on lui doit avec des notes sont celles des Epilres de Cicéron, des Césars de Suétone, et des OEin•es d'ON ide. Il fut, dans ce genre, d'un grand secours à Alde l'Ancien
  • Jean-Baptiste EMONNOT( 1761 - 1823) : médecin, naquit le 28 juin 1'761 à SaintLoup de la Salle, bailliage de ChàlonssurSaône. Après avoir achevé ses études médicales et reçu le doctorat à la faculté de Caen, il vint à Paris, où il eut le bonheur d'être accueilli par Vicqd'Azyr, qui l'aida de ses conseils, guida ses premiers pas dans la carrière, et ne cessa de lui donner des marques de son affection. La mort prématurée de ce grand anatomiste ne laissa pas Emonnot sans appui. Modeste et laborieux, il avait su, par sa douceur et par son désintéressement, mériter l'estime de tous ses confrères; et sa réputation d'habile praticien s'étendit de plus en plus. Ayant fait, des devoirs du médecin envers ses malades, l'objet particulier de ses réflexions, il s'étonnait que l'on n'insistât pas davantage sur ce point dans les écoles ; et cette partie de la science médicale lui semblait d'une telle importance qu'il eût désiré qu'elle fût enseignée dans un cours spécial, et que « nul ne pût être admis à « l'exercice de l'art de guérir, sans avoir préala- « blernent justifié qu'il avait fréquenté ce cours « pendant au moins une année . Membre de la société libre de médecine de Paris, depuis 1800, il en fut. élu président, et continué plusieurs années Voyez la préface de la traduction de Quarin, p. 16. dans cette charge honorable, par le suffrage unanime de ses confrères. A la création de l'académie royale de médecine, il en fut nommé membre honoraire. Emonnot mourut le 17 février 1823, vivement regretté de tous ceux qui l'avaient connu. Trop occupé par sa clientèle pour avoir eu le temps d'ajouter à sa réputation par ses ouvrages, il n'a laissé que des Rapports à la société de médecine, et deux Mémoires sur la vaccine, qu'il contribua beaucoup à propager, imprimés clans le Journal de Sédillot. Enfin on lui doit la traduction du traité de Quarin , Des fièvres et des inflammations, Paris, 1800, 2 vol. Le traducteur y a joint une préface qui mérite d'ètre lue, et des notes fort intéressantes, dans lesquelles il rend compte de ses propres observations, dans des cas analogues à ceux qui sont rapportés par Quarin, ainsi que des motifs qui ne lui permettent pas d'être toujours de l'avis de son auteur. Emon, not annonça que cette traduction serait suivie de celle dut Traité des maladies chroniques de Quarin; mais cellelà est encore inédite. M. Double et N. Nacquart ont prononcé l'Eloge d'Emonnot à ses obsèques
  • Jean-Baptiste ENARD( 1749) : religieux bénédictin, naquit à Stenay en 1749. Livré dès sa jeunesse à rétude des sciences physiques et mathématiques, il fut appelé au collége de Metz pour les enseigner, etoccu- pa, vingtquatre ans une chaire qu'il n'abandonna qu'en 1792, à la suppression de tous les établissemen ts d'instruction publique. Ayant refusé de prêter le serment prescrit parla constitution civile du dergé, il éprouva quelques persécutions qui le portè- rent à émigrer. Revenu à Stenay, après le concor- dat de 1801, il fut attaché comme vicaire à la paroisse de cette ville; mais son caractère inflexible ne lui permit pas de vivre en bonne intelligence .ivec le curé. Son opposition éclata même d'une manière fâcheuse pour lui, quoique plaisante en ellenième. Un jour le curé avait adressé, an prône, une allocution à ses ouailles; à peine étaitil descendu de la chaire que Dom Enard y monte et dit • « Mes chers frères, je vais vous prouver que . On chercherait en vain, dans cette réfutation, une critique bien raisonnée. Enard suit son auteur chapitre par chapitre, on pourrait dire phrase par phrase, et, dans cette guerre de détails, il se montre plutôt pointilleux censeur que juste et impartial appréciateur. 11 gâte d'ailleurs quelques bonnes observations par un vernis de style injurieux qui semble emprunté. au père Garasse
  • Jean-Baptiste FAGIUOLI( 1660) : poète comique et burlesque , naquit à Florence, de parents honnêtes mais pauvres, le 24 juin 1660, jour de la fête de StJeanBaptiste, dont on lui donna le nom. 11 fit de trèsbonnes études dans le collége des Jésuites, et se fit connaltre de bonne heure par . Il commença dès lors à composer des comédies, dans lesquelles il jouait luimême de la manière la plus plaisante, et à réjouir les sociétés les plus distinguées de Florence par ses poésies, son humeur facétieuse et ses bons mots. L'archevêque de Séleucie , Santa Croce , nominé, en 1690, nonce du pape en Pologne, ayant pu juger, en passant par Florence , des talents et de l'amabilité de Fagiuoli, désira l'emmener à Varsovie; et lorsqu'il eut reconnu en lui des qualités solides, et une capacité pour les affaires que l'usage qu'il faisait habituellement de son esprit n'annonçait pas , il ne balança point à le prendre pour secrétaire. Ils arrivèrent à Varsovie le 24 juin, et Fagiuoli ne manqua pas de remarquer, dans un sonnet, que le jour de son arrivée était le jour Les faits sont ici dans l'ordre le plus exact; il y a donc erreur sur l'époque où l'académie prit le nom des Apalistes, dans l'oraison funèbre de Fagiuoli , prononcée devant l'académie ellememe par le docteur Giulianelli , l'un de ses membres , le 20 décembre 1742. On y lit ce passage : Con quali espressioni di giubbilo e d'ammirazione Jurons uditi ed acclamali i priori sucé poelici componimenti da' chiarissimi padri di questa accademia e quasi sicure speranze e non fallari presagi preeer, nell' ascrirer la nel nover di quella virluosa conversa, ione, che poi, dalla casa del noslro fondalore quà , in queslo amplissimo Maga lrasferila, . Dormi questa nobilissima accademia degli Apalisti. Cette erreur pourrait tromper quelques lecteurs comme elle nous avait d'abord trompés ourlemêmes, et nous croyons utile d'en avertir. de sa naissance , de la fête de son patron et de celle ou du tribunal criminel, qui était composé de huit juges. Quelques années après , il le plaça dans celle des neuf , chargée de maintenir et de défendre les juridictions , les intérêts , les droits de toute espèce , les terres et les revenus du domaine de Florence. Cette charge , qu'il remplissait avec beaucoup , qui sont moins estimés que ses vers
  • Jean-Baptiste FALDA( 1640 - 1700) : graveur, né vers 1610 à Valdaggia, dans le Milanais, se rendit trèsjeune à Rome pour s'y perfectionner dans le dessin, et depuis s'appliqua tout entier à la gravure. On ignore le nom du maitre dont il reçut les premières leçons de cet art ; mais Huber trouve une grande ressemblance entre la manière de Falda et celle d'Israël Silvestre . Il a gravé les principales vues de Rome d'après ses propres dessins, ou d'après ceux du cavalier Bernin. Ses estampes à l'eauforte sont trèsrecherchées. Parmi les suites qu'il a publiées, on distingue : 1° Nuovi disegni dell' architetture e piante de' pila ,:. i di Bouta de' più celebri architetti obi, ; 2. Nuovo teatro delle fabbriche ed edifici in perspettiva di Borna moderna obl., 142 pl. ; 50 Le fontane di Borna nelle piazze e luoyhi publici obl., 107 pl. ; 4° Gli giardini di Roma obl. Le tome 4e du Thesaur. antiquitat. romanor. est orné d'un trèsbeau plan de Rome, gravé d'après Falda. Cet artiste est mort au commencement (lu 18e siècle
  • Jean-Baptiste FANUCCI( 1756 - 1834) : historien , né à Pise en Toscane , le 7 mars 1756 , lils d'un maitre d'escrime en réputation , s'adonna , dans les premières années de sa jeunesse , à l'exercice de cette profession. Mais vaincu à la fin par les sages remontrances de plusieurs personnes distinguées, qui lui portaient de l'intérèt , il prit la détermination de finir les salles d'armes et se livra aux études qui devaient lui ouvrir les portes de l'université. Lorsqu'il les eut achevées , il suivit un cours de droit , fréquenta le palais , attira sur lui l'attention des jurisconsultes les plus estimés, et devint enfin le collaborateur de l'un d'eux , qui lui rendit , en peu de temps , facile et familière la connaissance des fouines compliquées et épi fuses de la procédure judiciaire. Admis au bar-,au pisan , il s'y fit remarquer par son esprit tin , :1 délié , par sa rare sagacité , et il prit rang, 1 eune encore , parmi les grandes notabilités de 'ordre. Habile dans la plaidoirie , il ne le fut pas noins dans les nombreuses consultations qu'il ivra au public , et joignit au mérite d'un style concis et nerveux celui d'interpréter et d'appliruer avec une méthode pressante et vigoureuse es textes de la loi. A cette première gloire, ,lanucci prétendit ajouter des succès d'un autre .;enre , en consacrant aux muses un temps qu'il aurait pu employer plus utilement. Ses efforts à et effet n'ont pas été suivis d'un heureux résulat. Ses poésies sont tombées depuis longtemps Jans l'oubli auquel elles avaient été condamnées dès leur apparition. On doit s'applaudir qu'à ce goût passager de rimer ait bientôt succédé , dans l'esprit de Fanucci , le désir d'élever un monument à la gloire historique de sa patrie ; et il faut avouer que personne ne s'est acquitté de cette tâche avec plus de zèle et de succès. Il commença par compulser tous les documents conservés dans les archives de Pise , de Florence, de Gènes ; il s'appliqua à l'étude des monuments et de la législation pisane du moyen âge ; consulta les savants , lut avec attention les manuscrits de plusieurs historiens , enfin il réunit une foule de matériaux pour jeter quelques lumières sur les antiquités de sa patrie. Son premier ouvrage relatif à l'histoire des Pisans date de l'année 1788. C'est une dissertation sur leur gloire militaire, morceau fort remarquable , qu'on lit encore aujourd'hui avec intérét et avec profit. A cette première composition succédèrent plusieurs articles biographiques fort étendus sur les grands hommes qu'a produits la ville de Pise , et il continua (le mériter par ces travaux l'estime et la gratitude de ses compatriotes. Interrompu dans ces louables occupations par l'arrivée des Français en Italie, Fanucci embrassa avec ardeur une cause qui lui laissait entrevoir dans le lointain la régénération du peuple italien , et qui proclamait ses principes sous les auspices et avec tous les prestiges de la victoire. Appelé en 1800 , par la nouvelle administration qui avait succédé au gouvernement grandducal , à la chaire de droit maritime à l'université , Fanucci , au lieu de consacrer ses leçons à expliquer le sujet qu'il avait à traiter, prit à tâche de faire l'apologie , en présence d'une jeunesse nombreuse , du gouvernement qu'on venait d'établir et qui devait à son avis réaliser toutes les espérances et toutes les illusions qui avaient préoccupé les esprits des italiens depuis la chute de leurs républiques. On sait de quelle manière ces prédictions se sont réalisées pour l'Italie. Quant à Fanucci , nous savons bien qu'indépendamment de ce qu'il avait été vivement blâmé par ceux qui estimaient en lui l'homme de talent et l'ami de son pays , il se vit obligé , au retour de ses souverains , de se dérober aux per sécutions qu'il redoutait de la part de ses adversaires politiques et de ses ennemis. S'étant volontairement retiré à Gènes , il reprit avec plus (l'ardeur ses occupations , en se livrant à l'étude des chroniqueurs génois et en fouillant les archives de cette république. Revenu dans sa patrie après deux années d'exil , il jeta les fondements de son histoire des trois célèbres peuples maritimes de l'Italie, Pisans, Vénitiens, Génois, qu'il publia en 1817 , et qu'on s'accorde à regarder connue son plus beau titre à la reconnaissance des Italiens dont il a célébré la gloire. Cet ouvrage renferme l'histoire des trois peuples maritimes nominés cidessus , depuis le tie siècle jusqu'à la chute ou la décadence de leurs républiques. Riche de renseignements rares et curieux , (le remarques profondes , de détails remplis d'intérèt , ce livre laisse néanmoins beaucoup à désirer sous le rapport du style , dépourvu d'harmonie , sec , tronqué à dessein , chargé de locutions bizarres, incorrectes , prétentieuses, défauts qui ont beaucoup nui à la réputation de l'auteur , et qui ont privé son livre du succès auquel il a droit de prétendre. Depuis cette publication , Fanucci ne reprit plus la plume que pour répondre à des critiques trop acerbes. Admirateur passionné de la vieille gloire de son pays , il possédait une trèsvaste érudition et un jugement d'une sagacité remarquable. Il était infatigable dans ses travaux , et c'est avec une patience digne d'admiration qu'il collationnait les diplômes et les titres qu'il se proposait de publier ; mérite assez rare de nos jours , et que l'on devrait recommander aux archéologues et aux historiens , dans leur intérèt autant que dans celui de la vérité. 11 était sobre par goût , et quoique en possession d'une fortune honnète , il n'en persévéra pas moins dans ses habitudes aussi simples que modestes jusqu'à ses derniers jours. Il mourut à Pise le 11 février 185i , sans laisser de postérité. Ses amis ont honoré sa mémoire en plaçant dans le CampoSanto de Pise son buste en marbre , avec une inscription latine qui rappelle ses mérites, ses vertus et leurs regrets , récompense légitime réservée aux services qu'il avait rendus à son pays et au zèle qu'il avait déployé pour réunir dans le CampoSanto , où reposent ses cendres, une foule (l'objets précieux d'art et d'antiquité , qui se trouvaient avant lui dispersés dans différentes parties de la ville de Pise. Ses écrits sont : Orazione accademica sult istoria militare Pisana, Pise, 1788 , 1 vol. ; Storia dei tre celehri populi maritimi dell' 'tafia, Veneziani , Genovesi e Pisani, e delle loro navigazioni e commerei nei fassi secoli, Pise , 1817 , '1818 , 1821 , 1822, 4 vol. ; 3° plusieurs articles biographiques signés des lettres initiales G.B. F., dans l'ouvrage intitulé : Vite d'uomini illastri Toscani , Florence , 1800, 4 vol. et
  • Jean-Baptiste FEDELISSIMI : médecin de Pistoie, vivant à la fin du 16' et au commencement dulie siècle , cultiva les muses sans négliger le dieu d'Epidaure. On a de lui : 11 giardino Inorale, en vers lyriques toscans, Florence, 159 1 ; 2. Pastorale carmen , Florence , 1599: c'est une congratulation de la ville de Pistole envers son nouveau pasteur ; 3" Carmina de laudibus cardinalis Nic. Fortiguerrœ , 1598 ; 4° Panegyricum in Henrici IV et Maria' Nedices uuptias, ; 50 Della cita e morte di S. Catarina, petit poeme épique en vers sciolti , 1614 ; 6" Centurie dosserra:. ioni thau maelisiche, Bologne , 1619; Lexicon herbarum, l'istoie, 1636 ; Preparazione da larsi al tempo della primarera per schifare le febre pestilenziak maligne , Pistoie, 1636 ; 9 Opuscula de febri: ils se trouvent dans les Opusc. celeberr. medic„ Pistoie , 1627. Fedelissimi a laissé en manuscrit plusieurs autres compositions poétiques. Il avait entrepris aussi l'histoire de sa patrie ; mais la mort l'empècha de la terminer. — FEDELISSIM1 son frère , aussi médecin , a publié : Enchiridion pharmaceuticum medicamentorum omnium vice in dotario Florentin contineniur, Bologne , 1617 , iu-12
  • Jean-Baptiste FERRARI( 1602 - 1655) : né à Sienne , entra dans la compagnie de Jésus en 1602 , à l'àge de vingtdeux ans , et se distingua également par son esprit et par l'étendue et la variété de ses connaissances. Après avoir enseigné les belleslettres pendant quatre ans, il occupa la chaire d'hébreu dans le collége de son ordre à Rome, et y professa cette langue pendant un grand nombre d'années. Vers la fin de ses jours il se retira à Sienne, où il mourut le ler février 1655. On a de ce savant : l Flora seu de florum cultura , Rome 1633 avec fig. Rottendorff en a donné une nouvelle édition à Amsterdam, 16/6. Lud. Aureli en a fait une traduction italienne qui a paru à Rome en 1638 Selon Haller, cet ouvrage est écrit d'un style boursouflé et est rempli de fables; 20 Laudatio llIarsilii Cognati, medici , in ejus funere habita, 1612 Nomenclator Syriacus , Home, 1622 Boehart faisait peu de cas de cet ouvrage et accuse l'auteur de ne point connaltre le syriaque, ce qui l'a conduit à mal traduire les mots syriaques dont son ouvrage offre la signification; 4. De Christi liberatoris obitu , oratio , ibid., 1623 réimprimée avec quelques autres pièces du même genre, ibid., 16I1 ; Orationes XXII, Lyon , 1625 ; les mêmes avec neuf autres discours, Milan , 16'27 , et Rome, 1655 Cette édition contient trois nouveaux discours; Hesperides sive de malorum aureorum cultura et usu libri IV, Rome , 1646 . Ce traité de la culture des orangers est encore quelquefois recherché à cause de 101 planches gravées par C. Bloemaert, dont il est enrichi ; 7° Collocutiones , Sienne, 1646
  • Jean-Baptiste FERRARO( 1500) : écuyer , né à Naples dans le 16e siècle, est auteur d'un ouvrage italien dans lequel il traite des moyens d'améliorer les diflérentes races de chevaux , de les élever et de les guérir des maladies auxquelles ils sont le plus sujets. Cinelli lui attribue encore: Due Anatomie, una delli membri e viscere, raira dell' ossa de' ca- Bologne, 1675 — FERRARO , fils du précédent, et comme lui écuyer de Philippe , roi d'Espagne , a publié : il Ca- vallo frenato , Naples, 1602 , Venise, 1620 et 1655 avec de belles estampes. Cet ouvrage est divisé, en quatre livres, et l'auteur y examine tous les objets qui servent à l'équipement du cheval ; I il entre à cet égard dans les plus grands détails, et montre une érudition peu commune sur une matière qui ne parait pas devoir occuper beaucoup les savants. Dans les éditions qu'on vient de citer , et qui sont les plus estimées en Italie , l'ouvrage de Ferraro est précédé par celui de son père sur les moyens d'améliorer les races de chevaux. AscagnePignatelli a composé à sa louange un sonnet, que Le Toppi a inséré dans les additions à la Bibi. Napoletana. — FERRARO , né à Noie , dans le royaume de Naples, chanoine et trésorier de la cathédrale de cette ville, n'est connu que par l'ouvrage suivant : del Cemeterio Nolano, con le vite d'alcunisantiche vifurono sepeliti, Naples, 1644, On y trouve des recherches, mais l'auteur ne se montre pas assez scrupuleux sur le choix des pièces qu'il emploie
  • Jean-Baptiste FERRETI( 1639) : antiquaire , né à Vicence en 1639, lit ses études avec distinction dans les écoles publiques de cette tille, et entra ensuite dans l'ordre des Bénédictins de la congrégation du mont Cassin. 11 s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à la recherche des antiquités et entreprit plusieurs ouvrages qu'il ne put terminer, ayant été enlevé par une mort prématurée en 1682, à l'àge de 43 ans. Le seul livre qu'il ait publié est intitulé : . 11u. sye lapidarice antiquorum marmoribus carmina seu deorum donaria, homi- numque illustrium obliteratamonumenta et deperdita epitaphia, Vérone, 167'2 rare. C'est le recueil de toutes les inscriptions en vers qui se trouvent dans Calter; l'auteur y en a ajouté plusieurs d'inédites, et a donné l'explication de toutes ces petites pièces dans des notes tressa - vantes. 11 dédia cet ouvrage ail Dauphin, et Louis XIV l'en récompensa par un présent considérable. Ce prince , qui cherchait à fixer dans ses États tous les hommes de mérite , lui fit même offrir le titre de son historiographe avec une pension , s'il voulait venir habiter là France; mais il mourut au milieu des préparatifs de son voyage. Le P. Ferreti avait donné la liste de douze ouvrages qu'il se proposait de faire paraltre successivement. Dans le nombre , on doit surtout regretter la perte des suivants : 1. Ribliotheeaeum deperditarum opus : c'était le catalogue des ouvrages grecs et latins quine nous sont point paevenus, et qu'il évalue à près de cent mille ; Antiquorum subterranea : c'était l'indication des morceaux les plus peécieux de l'antiquité qui ont été retrouvés dans dès fouilles, et la liste de ceux qu'on pouvait espérer de eeCouvree pue de nouvelles recher- - FutitÉn , jurisconsulte italien du 10e siècle , a publié ; De jure el te novait , Venise, 1579 — FEftRETÏ , d'Ancône, vivant au 16, siècle, a publié : Della Ossereanza militare libri dite , Yenise , 4515 fig., dans lesquels il traite de la discipline; des uniformes et 4.1e tout ce qui concerne les M'es dit soldat ent'eh sa patrie et ses supériems. On à etwüretk ' lui : I diporti t'Oum!, dialoghi familkvi. 1580 , de Venise, publia dans cette ville : Jfirinda, pastorale en cinq actes et en vers, 1015 Enfin FERRET1 a terminé avec Veneroni le Dictionnaire italien- français d'Antoine Oudin, Paris , 1681 , deux tomes
  • Jean-Baptiste FLAUST : avocat au parlement de Rouen, était un homme trèslaborieux ; il travailla , diton , pendant quarante ans à une Explication de la jurisprudence et de la coutume de Normandie, dans un ordre simple et facile , Paris , 2 vol . On reproche à cette production d'une longue patience d'être prolixe et de manquer d'une table des matières ; :mais la révolution l'ayant rendue presque inutile , les défauts en sont sans conséquence. L'auteur mourut à sa terre de StSever, près Vire , le 21 mai 1783.
  • Jean-Baptiste FIARD( 1736 - 1818) : auteur d'ouvrages trèssinguliers, était né le 28 novembre 1736, à Dijon, d'une famille respectable. En terminant ses études, qu'il avait faites sous la direction des jésuites, il embrassa la règle de ses maltres et fut envoyé régent au collége d'Alençon. A la suppression de la société, n'étant pas engagé dans les ordres, il au- rait pu rentrer danse monde ; tuais il se sentait appelé vers l'état ecclésiastique , et lorsqu'il eut passé quelque temps à Paris au séminaire de StNicolas du Chardonnet , il revint à Dijon exercez' les humbles fonctions de vicaire. Imbu de l'idée que les hommes peuvent se mettre en communication avec les esprits infernaux et recevoir d'eux le pouvoir d'opérer des choses extraordinaires , il finit par attribuer aux magiciens ou démonolâtres tout ce qui lui paraissait sortir de l'ordre naturel. L'abbé Fiard signala, dès 1775, cette secte abominable, dans une suite de lettres, imprimées d'abord dans les journaux et qu'il reproduisit sous le titre de Lettres magiques , ou Lettres sur le diable, Paris, 1791 La révolution qui venait de s'accomplir étant, suivant lui l'oeuvre du démon, on doit penser qu'il s'en montra dès le principe l'adversaire déclaré. Le décret qui prononçait la déportation des prêtres insoumis renfermait en faveur des sexagénaires une exemption dont on fit jouir l'abbé Fiard, quoiqu'il n'eût pas encore atteint sa soixantième année ; mais ayant été surpris célébrant la messe , il fut arrêté surlechamp et conduit dans les prisons de Rochefort, d'où , sans la croisière anglaise qui bloquait le port, il aurait été transporté dans l'tle , dont il crut devoir adresser un exemplaire a La Harpe ; mais il ne fut rien moins que satisfait de sa réponse. L'abbé Fiard continua depuis de faire une guerre active aux magiciens , et mourut à Dijon le 30 septembre 1818 , à 82 ans. On a de lui : 1. Lettres philosophiques- sur la magie, Dijon, 1803 de 130 pages et vin de préliminaires. Ces lettres au nombre de cinq, insérées, comme on l'a dit, dans les journaux et reproduites en 1791 , puis en 1797 , avec une sixième lettre adressée à La Harpe, sont cependant assez peu connues. On y trouve des recherches et de dition ; mais ce qu'elles offrent de plus extraordimire , ce sont des passages de Bayle et de l'Encyclopédie que l'auteur cite à l'appui de son Jeprorhé à Papillon de n'avoir pas parlé de cet auteur dans sa Bibliothèque de Bourgogne. L'abbé de StLéger a commis la même erreur à l'égard de Fiancé. D. L. système ; 2° La France trompée par les magiciens et démonoldtres du 18° siècle, FAIT démontré par des FAurs, Dijon , 1803 de 200 et vm pages. L'abbé Wurtz a reproduit dans les Superstitions et pratiques des philosophes , etc. , les faits cités par Fiard et ses raisonnements; 3' Le Secret de l'Etat et le dernier cri du vrai patriote ibid. , 1815 de 30 pages. C'est une reproduction de l'Instruction sur les sorciers, tirée à cent exemplaires. Amanton a publié dans le Jour- nal de la Côted'Or une Notice sur l'abbé Fiard , dontil existe un tirage à part de 5' p
  • Jean-Baptiste FIERA( 1469 - 1538) : médecin et poëte, naquit en 1469 à Madone d'une des familles les plus distinguées de cette ville, et mourut en 1558. Ses ouvrages sont peu nombreux , mais ils ont joui d'une grande renommée, et ont été souvent réimprimés : F Commentaria in artem medicinalem de- jinitivam Galeni ; accedunt Quœstio de virtute mo- vente pulsum ; Quoestio de phlegmatico et bilioso cequaliter febrientibus ; De intensione et remissione , Mantoue, 1i15 Venise, 138 2. Ccena, de herbarum virtutibus, et de en medicce ar- as parte glue in virtus ratione consistit , Mantoue, 1515 Bâle, 4i22 ; Strasbourg, 1530, ; Paris, 1553 avec l'Hortubts de Strabus Gallus; Padoue , 16 i9 , avec les notes de Charles Avanzi, etc. Le célèbre Haller cite avec éloge les vers de cette espèce d'hygiène : Versi- culi satis comti sunt, et renascentium litterarum vin; senserunt. Le comte Nicolas d'Arco n'est pas du mème avis; il traite avec beaucoup de sévérité, pour ne rien dire de plus, toutes les- poésies de Fiera. Voici ce qu'il écrit à Jacques Calandra Remitto tibi carmen invenustum, Calandra optime , pessimi poetze, Immo toxica ferrei Fierze, Insulsi , illepidi et sent; recocti
  • Jean-Baptiste FLEURY( 1698 - 1754) : savant ecclésiastique, naquit à Besançon en 1698. 11 s'appliqua particulièrement à l'histoire de la FrancheComté , et parvint à former des recueils précieux de pièces qu'il avait transcrites luimême avec le plus grand soin, sur les originaux déposés dans les archives publiques. Dunod déclare , dans la préface de l'Histoire de l'église de Besançon , qu'il a les plus grandes obligations à l'abbé Fleury pour les judicieuses remarques qu'il lui a communiquées : cependant il refusa d'insérer dans son ouvrage une Dissertation où l'abbé Fleury démontrait, jusqu'à l'évidence, que le saint suaire de Besançon n'était pas une relique authentique. Cette pièce, qu'il y avait de la hardiesse à avouer alors , courut en manuscrit ; mais cette imprudence n'attira aucun désagrément à l'auteur, dont on connaissait la piété et dont on estimait les talents. L'abbé Fleury était en correspondance avec l'abbé Lebeuf, qui a souvent fait usage de ses recherches. Il avait obtenu un canonicat à;la collégiale de SteMadeleine de Besançon, et mourut en cette ville le 6 mai 1754. On a de lui : I. Deux Dissertations sur des usages singuliers de l'église de Besançon, imprimées dans les Mercures de juillet , décembre 1741, et septembre 174; 2. Les Almanachs historiques de Besançon et de la Franche- Comte , depuis 1746 jusqu'à 1753, 8 vol. collection rare et précieuse par les détails intéressants qu'on y trouvesur les points les plus importants de l'histoire ee cette province ; 30 une Messe pour la fe'te de Ste- Madeleine ; lOLlice pour la féte du Sacré- Coeur de Jésus ; des hymnes pieuses; des ouvrages liturgiques, etc. Les recueils de ce savant ont été perdus par la négligence de ses héritiers
  • Jean-Baptiste FOLENGO( 1499) : bénédictin du 16° siècle, était frère du précédent et naquit à Mantoue vers 1499. 11 fit profession dans le monastère de SteJustine de la congrégation du MontCassin et en fut prieur. Ami des bonnes études, il cultiva les lettres divines et humaines et joignit l'amour du travail à l'érudition et à la piété. De Thou, dans son Histoire, en parle avec éloge et loue sa charité , la douceur de ses moeurs, son zèle et l'esprit de modération qui règne dans ses écrits. Cet esprit de modération d'un côté et d'ordre de l'autre faisait désirez' vivement à Folengo de voir réformer les abus qui s'étaient introduits dans la discipline ecclésiastique , apaiser les divisions et se réunir à l'Église ceux qui s'en étaient séparés. « 11 marchait en cela , ajoute de Thou , « sur les traces d'Isidore Clario , évêque « Folengo écrivait purement et noblement; son style n'était pas moins poli que « ses manières. » Une mort paisible le fit passer à une autre vie le 5 octobre 1559 dans le monastère où il avait fait profession. JeanBaptiste Folengo a laissé : 1° des Commentaires sur les deux épîtres de St- Pierre , celle de St- Jacques et la première de St- Jean , adressés en 1549 au cardinal Hercule de Gonzague. La manière libre avec laquelle Folengo s'exprimait dans cet ouvrage ne plut point à Rome, et son livre fut mis à l'Index; 2° Commentaires sur les psaumes, Bâle , 1557 ; réimprimés à Rome par ordre de Grégoire XIII, en 1585, et à Cologne en 1594. Ces commentaires sont estimés. L'auteur y exerce une critique judicieuse , qu'il appuie du recours au texte original et des versions les plus accréditées. Il y donne le sens littéral des termes, les explique par l'analyse du psaume, en fait voir la liaison et la suite; passe de là au sens spirituel, moral et mystique, et ne laisse rien à désirer ni pour l'instruction ni pour l'édification; 3° Table, dans laquelle les psaumes sont divisés en différentes classes, d'après les sujets qui y sont traités; ouvrage utile
  • Jean-Baptiste FROMAGEOT( 1724 - 1753) : avocat au parlement de Dijon et professeur en droit à l'université de la même ville, y naquit le 10 septembre 172i. Il eut plusieurs querelles avec le président Boulier . En 1745 il remporta un prix à l'Académie de Dijon , et, en 17$2 , fut couronné par l'Académie de Montauban. Outre les dissertations qu'il fit imprimer, on a de lui : les Lois ecclésiasti- ques tirées des seuls livres saints, 1755 , Cc n'est que le commencement d'un plus grand ouvingt, que la mort l'a empêché d'exécuter et où il at opposé la simplicité des lois primitives de l'Église à la multiplicité de règlements et de statuts que le temps a fait naltre. Fromageot mourut à Besançon le II août 1 A
  • Jean-Baptiste FROMENT( 1770) : général français, né le 16 mars 1770, s'enrôla fort jeune dans un bataillon de volontaires, où il parvint au grade de capitaine. Il devint ensuite l'aide de camp du général Pannetier , et se distingua particulièrement à la bataille d'Eylau , où il mérita le brevet de chef de bataillon. Nommé adjudant com- mandant , il passa en 1808 à l'armée d'Espagne, et continua à s'y faire remarquer par son courage. Au combat de Comillos, en 18l2, il fut brave jus- qu'à l'audace. Ce fut son dernier fait d'armes sous le drapeau français. En 1814, le roi le nomma chevalier de StLouis et officier de la Légion d'honneur ; mais ayant servi Napoléon pendant les centjours de 1815 comme chef d'étatmajor d'une division , il fut mis à la retraite après la seconde restauration. La révolution de 1850, à laquelle il avait concouru de tout son pouvoir, le rétablit dans ses fonctions ; et le nouveau gou- vernement l'envoya bientôt en Portugal , pour y défendre la cause de l'empereur dom Pedro. I1 commanda dans cette contrée un corps de Fran- çais auxiliaire , avec le grade de général de brigade ; et obtint de la part de dom Pedro une grande confiance. Mais atteint d'une grave maladie , il revint en France pour s'y rétablir ; et en partant , il reçut de l'empereur la mission d'enrôler tous les officiers sans emploi qui voudraient se rendre en Portugal , avec la promesse d'un grade supérieur. Il en amena ainsi un grand nombre mais dom Pedro refusa de confirmer les promesses que Froment leur avait faites en son nom, ce qui causa à ce général beaucoup de mécontentement. Il fit à l'empereur luimême des plaintes trèsamères sur ce manque de parole , et n'en ayant reçu que de froides et insignifiantes répon- ses , il l'apostropha si vivement , que le prince en colère alla jusqu'à lui donner un soufflet. Froment, se regardant comme déshonoré , rentra chez lui et se tua d'un coup de pistolet. Cet événement pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour la cause de dom Pedro; et pour les éviter, on répandit que Froment s'était tué dans un accès de folie
  • Jean-Baptiste FURGOLE( 1690) : célèbre juriscon- sulte, naquit à Castelferrus, diocèse de Montauban, le 2• octobre 1690. Son père, notaire estimé, lui fit, après d'excellentes études, faire son cours de droit à Toulouse, où il fut reçu avocat en 1714, au bout de trois années de travaux si assidus qu'on lui voyait consacrer jusqu'à dixhuit heures par jour à l'étude de la jurisprudence. Le jeune Furgole porta au barreau le moine zèle et la même exactitude dans ses devoirs : pendant plus de cinq années il refusa toutes les causes qui lui furent offertes à plaider, pour suivre un plan qu'il s'était tracé, et qui, avec l'assiduité aux audiences, remplissait tous ses moments. 11 ne s'agissait rien moins que de compiler et de réunir en un corps de doctrine l'ensemble du droit civil et du droit canon , des ordonnances , des arrestographes et auteurs, du ressort du parlement de Toulouse; (l'allier, en un mot, la théorie avec la pratique. Ce grand travail l'occupa huit années; et ce ne fut qu'après l'avoir entièrement terminé que Furgole crut pouvoir s'adonner enfin à l'exercice de sa profession : aussi les premiers pas qu'il fit dans sa carrière le signalèrent comme un savant jurisconsulte , et lui assignèrent le rang distingué qu'il occupa dans le barreau. Sa santé, affaiblie par l'excès du travail , ne lui permit pas de se livrer longtemps à la plaidoirie; il se retira dans son cabinet, et devint eu peu de temps l'avocat consultant le plus occupé de Toulouse. La réputation dont il jouissait dans cette ville fut telle, que lorsqu'en 1729 le chancelier d'Aguesseau , dans le dessein de donner à la France le bienfait d'une législation uniforme , envoya plusieurs questions à résoudre, sur la matière des donations, au parlement de Toulouse , les conseillers de cette cour ne crurent pouvoir mieux faire que de charger Furgole de les traiter. 11 s'acquitta de cette commission avec tant de succès , que lorsqu'en 1751 l'ordonnance sur les donations eut été rendue, il fut invité, par le chancelier d'Aguesseau , à rédiger un commentaire en forme d'observations sur les principales difficultés que pouvait faire naitre son application. Furgole s'empressa de déférer à cette invitation : il ne se borna pas à discuter les questions qui naissaient du texte méme de la loi; il y joignit toutes celles qui n'avaient été ni prévues, ni décidées par elle, et qu'une étude approfondie de ses dispositions lui avait fait découvrir. Le résultat de son travail parut en 1733 , à Toulouse, en un volume , sous le titre d'Ordonnance de Louis XV, etc. , avec des observations autorisées par les ordonnances , le droit romain et les arrèts du parlement. Longtemps après, Furgole en donna une nouvelle édition , qui parut en 1761, aussi à Toulouse , en deux volumes EU, avec des additions trèsconsidérables. Le succès unanime qu'obtint cet ouvrage , et les encouragements du chancelier d'Aguesseau, qui honorait Furgole d'une correspondance suivie, déterminèrent celuici à vaincre la répugnance qu'il éprouvait à livrer au public le fruit de ses veilles; et il fit paraltre un nouvel ouvrage sur des matières canoniques, sous le titre de Traité des curés primitifs , où l'on examine leur origine, les différentes causes qui y ont donné lieu , leurs droits, etc., Toulouse , 1766, 1 vol. Furgole partageait ses occupations entre les soins qu'exigeait le travail de son cabinet et ceux qu'il donnait aux ouvrages qu'il destinait à mettre au jour. Depuis longtemps il travaillait à un traité des testaments et à des recherches sur les substitutions, qui pussent servir de base à une ordonnance générale sur cette matière. Après avoir terminé ces deux ouvrages , il se rendit à Paris pour les présenter au chancelier d'Aguesseau , qui les lui avait demandés. C'est dans cette ville qu'il publia son Traité des testaments , dont le premier volume parut en 1745 1°, et fut suivi de trois autres qui parurent successivement. Cet ouvrage fut reçu avec autant d'applaudissement que les précédents, et marqua dès lors la place que Furgole doit occuper parmi les plus savants jurisconsultes français. La nouvelle édition de Paris, 1779 , est beaucoup plus complète que la précédente, quoiqu'en trois volumes seulement. Furgole, de retour à Toulouse , y reprit ses travaux; il mettait la dernière main à un commentaire sur l'ordonnance des substitutions qui avait été rendue en 1747 , et préparait un traité (lu francalleu, lorsqu'il fut appelé par le roi à la place de capitoul de Toulouse. Le surcroit d'occupations que cette charge lui imposait acheva d'altérer sa santé déjà chancelante; on le vit cependant coutinuer encore , malgré ses infirmités, à employer jusqu'à dix ou douze heures par jour au travail; mais enfin il succomba au mois de mai 1761, emportant, avec l'estime générale, la réputation d'un des plus habiles jurisconsultes dont la France s'honore. Après sa mort, son Commentaire sur les substitutions fut publié par les soins de Poncet de la Grave , en un volume , Paris, 1767; et son Traité de la sei- gneurie féodale universelle et du franc- alleu naturel parut à la meure époque, en un volume On se tromperait fort si l'on rangeait ce dernier ouvrage dans la classe de ceux que l'abolition des fiefs a rendus entièreMent inutiles. Il en est peu , au contraire , qui , dans un cadre aussi resserré, offre autant de recherches et de matériaux historiques à ceux qui étudient les antiquités françaises : l'origine des fiefs surtout y est discutée d'une manière aussi neuve que savante. Furgole, dans ses écrits sur les donations, sur les testaments et sur les substitutions, se montre partout maitre de la matière qu'il développe ; son style, adapté au sujet qu'il traite, est en général d'une extrème clarté : il n'embrasse aucune question , ne pose aucun principe qu'après avoir soigneusement recherché les sources et la décision que les lois romaines, les anciennes ordonnances, le droit coutumier, les cours souveraines et les auteurs les plus estimés y appliquent. Quant aux points les plus difficiles, il a soin de tracer, en quelque sorte , une histoire chronologique de la manière dont les jurisconsultes les ont successivement envisagés; il fait remarquer avec soin les variations que les législations différentes leur ont fait éprouver, et ne donne jamais son avis sans l'entourer des autorités les plus imposantes. Une édition des Œuvres cometes de Furgole a paru sous ce titre à Paris , 1775 et 1776, en 8 volumes : les quatre premiers sont consacrés au Traité des testaments, les cinquième et sixième à l'Ordonnance sur les donations et au Traité du franc- alleu, le septième à l'Ordonnance sur les substitutions , et le huitième au Traité des curés primity's. Cette édition , d'un format peu commode pour les ouvrages de cette nature, n'est pas non plus fort correcte; on doit lui préférer celles que nous avons indiquées de chacun de ces traités séparément. Nous ne parlerons pas de deux éditions du Traité des Testaments, publiées l'une à Lyon, l'autre à Mmes, parce que ce sont deux contrefaçons , non plus que de deux volumes publiés il y a quelques années sous le titre de Nouveau Fergole , parce que l'on sait quel est en général le cas qu'il faut faire de ces réim?ressions tronquées et mutilées de jurisconsultes anciens
  • Jean-Baptiste GABIO( 1500) : savant helléniste , né à Vérone au commencement du 16. siècle, professa la littérature grecque à Rome avec une grande distinction , et mourut en cette ville , vers 1590, dans un tge avancé. Il avait des connaissances tès- étendues en mathématiques et en astronomie. On a de lui des traductions latines : des Tragédies de Sophocle, avec des notes, Venise , 1515 Cette traduction est si rare, que Jean Lalemant annonça celle qu'il publia à Paris , en 1557, comme la première qui eût paru des oeuvres de ce prince des tragiques. 20 La traduction du Commentaire de Théodoret sur la vision du prophète Daniel , Rome , Paul Manuce, 1562 et celle du Commentaire, du mème auteur, sur Ézéchiel , ibid. , 1565. Le père Sirmond les a insérées dans son édition des oeuvres de Théodoret. 30 La traduction de l'Histoire de la cour de Constantinople, par George Scilitza Curopalate , ibid. , 1570 Gabio a en outre traduit en grec le Calendrier grégorien avec les Tables de J. B. Santi, Rome, 1583, et hlatfei ajoute , d'après Panvini , qu'il avait traduit du grec en italien l'Histoire de Zozyme, et de l'hébreu les Psaumes de David ; mais ces dernières traductions n'ont point été publiées
  • Jean-Baptiste GABY : supérieur du couvent des cordeliers observantins de Loches, lit , en 1686, comme missionnaire, tin voyage au Sénégal. A son retour, il publia le rémiltat de ses obsen ;nions, sons le titre suivant : Relation de la Nigritie, con- tenant une exacte description de ses royaumes et de leurs gouvernements, la religion les moeurscou- tumes et raretés de ce pays, arec la découverte de la ririère du Sénégal, dont ou a fait une carte particu- , Paris, 1689, I vol. 2. L'auteur partit de Paris le II mars, s'embarqua au Ilavre , et débarqua au Sénégal le :`; juin. 11 ne dit pas eti quelle année il revint. Sa relation est trèsconcise ; cependant il donne des détails assez intéressants sur les moeurs et les usages tics nègres. Il compare les divers royaumes dont leur pays est composé à la Chine et au Mogol. 11 fait de bonnes observations sur le climat et sur les pernicieux effets de la saison des pluies ; mais il ne parle pas des productions de la terre , parce que , ditil , elles sont connues de tont le monde. Il combat l'opinion 1m ceux qui font dériver le fleuve Sénégal du Nil : il suppose qu'il sort du lac de Porno, et qu'il se divise en plusieurs branches, telles que Cambio, RioGrande , etc. on reconnait dans cette opinion erronée une trace de la vérité, puisque ces fleuves sortent de la mème chalne de montagnes. Caby a eu quelques notions assez confuses du pays de Tombut ; il est persuadé de la difficulté pour les Européens de parcourir l'Afrique autrement qu'en troupe de plusieurs personnes. Il est quelquefois crédule, et se montre toujours bon et plein de charité pour son prochain
  • Jean-Baptiste GAIL( 1755) : laborieux helléniste, naquit à Paris le 4 juillet 1755, d'une famille sans fortune, originaire de Picardie. Au sortir de ses études il fut répétiteur au collége d'Harcourt, où selon l'usage du temps il portait le petit collet, Les Maximes sur le ministère de la chaire ont été réimprimées à Paris en 1743 , et plus récemment Paris et Besançon, 1822 , in 12, E. D—s. ce qui- le fit appeler l'abbé Gail quoiqu'il n'ait jamais été engagé dans les ordres. A cette époque l'étude du grec était si négligée que les professeurs les plus célèbres de l'université, et même des gens de lettres qui, comme Sélis, la Harpe, Geoffroy, avaient la prétention de traduire les auteurs grecs, connaissaient à peine les éléments de la langue d'Homère. Gail se livra avec passion à cette étude alors si difficile faute de bonnes méthodes, et ce ne fut point sans succès. Frappé de la disette et de l'incorrection des livres grecs destinés à ètre mis entre les mains des écoliers, il s'appliqua à publier des éditions annotées à bon marché. 11 s'était fait connaître aussi par quelques traductions, lorsqu'il fut désigné le 5 avril 1791, par M. de StPriest, ministre de la maison du roi, pour suppléer dans la chaire de littérature grecque au collége de France , Vauvilliers, qui venait d'être nommé administrateur du département de Paris. Plus tard des persécutions politiques ayant forcé ce professeur à donner sa démission, Gail fut nommé titulaire. Il refusa d'abord trèsgénéreusement, ne considérant pas, disaitil la démission de son prédécesseur comme volontaire. Toutefois il consentit à accepter la chaire de Vauliners comme un dépôt, déclarant qu'aussitôt que celuici témoignerait le désir d'y rentrer, il s'empresserait de la lui céder. Cette déclaration fut consignée au procèsverbal, et revêtue de la signature de tous les professeurs présents, entre autres Depuis, Lalande , Cousin, Levesque, Portal, etc. Depuis lors , Gail pour répondre à des diffamations, a fait imprimer cette déclaration avec le fac- simile des signatures. Pendant le règne de la terreur, dans son amour pour la science, il entretint une correspondance avec la Harpe, dé. tenu et menacé de l'échafaud. Cette conduite lui attira de la part de Chaumette l'accusation publique d'avoir insulté le peuple souverain. Une telle imputation mettait en péril les jours de Gail. L'innocence de sa vie , vouée tout entière à l'étude et à l'instruction de la jeunesse, excita le zèle de quelques amis, et Chaumette consentit à rétracter son accusation. A cette époque où tous les établissements d'instruction publique étaient à peu près supprimés, Gail sans cesser de remplir ses fonctions au collége de France , qui seul avait été conservé, y ouvrit un cours élémentaire et gratuit de grec, qu'il continua pendant vingtdeux ans sans interruption . Nous y avons souvent assisté pendant notre jeunesse, et nous sommes obligé de dire que Gail était là vraiment à sa place, et Glue ses cours élémentaires étaient infiniment supérieurs à ses cours officiels, qu'il n'avait peut-être pas conçus dans des vues assez élevées. c nous avons vu accourir une Il fit en outre pendant trois ans un cours gratuit au collége Louis le Grand. 121 Revue encyclopédique, avril 1829, t. 42, p. 264-'66. Notice par M. Avenel , qui appelle Gail le ministre fervent du culte de la langue grecque abandonné. i rendit ses soins moins nécessaires. En 1802, au moment où il se disposait à envoyer un de ses ouvrages à Vauvilliers, son maitre et son ami, qui s'était retiré à StPétersbourg, il apprit la mort de ce savant et eut l'heureuse idée d'adresser son envoi à l'empereur Alexandre , protecteur de Vauvilliers. Il reçut de ce monarque une lettre honorable avec une bague d'émeraude entourée de brillants. Depuis lors ce prince ne cessa d'honorer de sa bienveillance Gail , à qui il conféra la croix de StWladimir en 1809, à une époque où ces distinctions n'étaient pas encore prodiguées 'comme elles l'ont été depuis. La même année, Gail fut nommé membre de la troisième classe de l'Institut , à la place de Leblond , savant aujourd'hui complétement oublié. On a dit de Gail que pendant que les révolutions se succédaient, uniquement occupé de ses travaux, il semblait, comme Archimède , étranger à tout ce qui se passait autour . 11 se trouvait ainsi un des mieux Entre autres, PaulLouis Courier, qui , dans sa Lettre à rentés parmi les érudits. Protégé auprès du monarque par madame la comtesse du Cayla , trèsassidu auprès des ministres, il obtenait d'abondantes souscriptions pour ses nombreuses publications, dont une bonne partie s'imprimait aux frais de l'État. Mais la carrière de cet helléniste n'en fut pas moins semée de bien des contrariétés. Au lieu de s'en tenir, comme il l'aurait dû, à la gloire d'avoir été par ses leçons et par ses livres élémentaires le propagateur du grec dans les écoles, il cherchait avec un amourpropre peu dissimulé la gloire de la haute érudition, à laquelle l'étroite portée de son esprit ne l'avait pas destiné. Aussi, malgré tous les services qu'il avait rendus à l'instruction publique, il fut oublié par l'université lorsque, au moment de la création impériale , elle réunit les anciennes et les nouvelles illustrations. Elle n'adopta ni pour les lycées, ni ensuite pour les colléges royaux , aucun des ouvrages élémentaires qu'il avait composés pour les écoles centrales, et qui y avaient été si utiles. On donna la préférence aux compositions de ses élèves, qui s'étaient évidemment aidés de sa méthode simplifiée d'enseigner le grec , et qui par ce moyen avaient fait mieux que lui. Au lieu de crier à l'injustice , Gail aurait dû se féliciter de ce résultat de ses travaux élémentaires, et se rappeler que luimême avait par sa grammaire grecque fait oublier celle de Furgault son devancier. En 1810, mécontent de n'avoir pas obtenu la première place entre les hellénistes mentionnés par le jury des prix décennaux , il en avait appelé au public dans un ,virulent pamphlet, dirigé principalement contre les juges et contre Coray, qu'on lui avait préféré. Cet ouvrage, que Gail n'aurait pas dù composer, peut ètre regardé comme une de ces fautes malheureuses qui gAtent toute la vie d'un homme. Gail le publia, ainsi que luimême l'avoue , ab irato , et contre l'avis de plusieurs savants qui soutenaient que dans les circonstances présentes cette réclamation était au moins inutile. Ce ressentiment , la précipitation de la rédaction , un travail pénible de vingt jours et de quinze nuits , expliquent les fréquentes re'dites et les expressions inconvenantes échappées à l'auteur. Toutefois on y trouve quelques mots piquants et des traits d'un véritable comique ; « mais comme l'a observé Gosselin dans l'éloge , Gail , malgré son âge et ses dignités littéraires , ne dédaignait pas d'aller au cullége StLouis donner des leçons partituilières au fils de cette dame. i. Gail portait jusqu'à l'enthousiasme l'amour de la nouveauté et de ce qu'il considérait comme des découvertes, soit qu'il fùt question d'un passage à mieux entendre , d'un monument antique à restituer, d'un mot à corriger, d'un événement historique ou d'un point de géographie à éclaircir. Ces occasions étaient pour lui le sujet d'une joie enfantine que troublaient presque toujours les contradictions assez motivées de ses collègues, et surtout le peu d'importance qu'ils attachaient à ses recherches; car nous avons entendu dire souvent , même à ceux qui conservaient pour lui le plus d'égards, qu'on était sûr d'avance à l'Académie qu'une question restait vierge, dès que Gail l'avait traitée. Aussi , parmi les nombreux mémoires qu'il a lus dans les séances, quelquesuns seulement ont obtenu les honneurs de l'impression. Même quand la question qu'il avait traitée était digne d'attention , la forme peu académique et l'étendue des développements s'opposaient encore à ce que l'impression fût votée. La rapidité avec laquelle il écrivait l'exposait à des attaques auxquelles il lui était impossible de trouver une réponse plausible : par exemple , dans l'Index bibliographique de son Anacréon , en copiant un catalogue des éditions de cet auteur, il eut le malheur de prendre ces abréviations, e- bro. , pour un nom de ville , et d'indiquer l'édition comme imprimée â Ebro! Pendant plusieurs années, Gail jouit de quelque renommée dans l'étranger, et le Franco- Galliœ decus , dont les philologues Seebote et Beck accompagnèrent son nom , l'avait pénétré de la plus vive satisfaction , lorsque Poppo , l'éditeur allemand de Thucydide, vint troubler sa jubilation en lui décochant les épithètes de gloriosus et de socors, que de malins traducteurs interprétèrent par les mots sot- corps. Ces discussions, dispersées dans les journaux du temps ou ensevelies dans les immenses annotations des éditeurs allemands, seraient aujourd'hui tout à fait oubliées si Gail n'avait pris soin luimème de les renouveler et de les reproduire dans maint endroit de son recueil intitulé : le Philologue . Au surplus , ces luttes dans lesquelles il consuma sa vieillesse convenaient à son caractère irritable, à son tempérament nerveux , et il y trouvait le plaisir du combat quand il n'obtenait pas celui de la victoire. , qu'on lui donnait en plaisantant, ne lui était pas désagréable. H expliquait sa pensée, surtout à l'égard d'Olympie , dans un mémoire lu à l'Institut en 1812, en disant que les habitations successivement établies autour du temple de Jupiter, par les personnes vouées au culte de ce dieu, n'avaient longtemps formé qu'une agrégation de Entre autres, t. 17 du Philologue. — Observations préliminaires, p. I à xxvt. Dans ce morceau, publié en 1825. Gai! répond à tous ses adversaires , et promet de faire paraitre sa Biographie, projet qu'il n'a pas réalisé. maisons, sans aucun lien municipal , sans territoire, , sans magistrats et sans rien de ce qui constitue une cité . Gail , dans une autre dissertation, chercha à réhabiliter la mémoire de Mardonius, calomnié, disait- il , par les écrivains grecs. Il chercha aussi à faire un grand homme d'un obscur roi thrace nommé Sitalcès. Il prétendit en outre établir que les villes grecques situées sur le littoral de cette contrée : On prendrait M. Gail moins pour un helléniste que pour un vieux capitaine grec. » Mais de tous les reproches qu'on lui adressa, celui qui lui fut le plus sensible concernait ses cours publics , et voici avec quelle véhémence il y répond : « Mon cours, ditesvous , a eu peu de succès! « vous mentez à votre conscience car , vous le sa- Cette assertion fut vivement combattue ; mais ce qui fâcha le plus vivement Gail , c'est qu'on lui contesta sa découverte. On en voit la preuve dans une lettre publiée en 1817 par différents journaux. Cette lettre était surtout dirigée contre un des rédacteurs du Journal des sciants , lequel , en rendant compte des opinions de M. Hause, professeur à Palerme, et de M. l'abbé Ciampi, professeur à Pise, qui tous deux partageaient l'opinion de Gail sur Olympie , as ait donné à entendre que l'avantage de la priorité appartenait à ces deux étranters. Auger, dans un des articles intitulés la Semaine, qu'il publiait en 1816 et 1817, tous les lundis , dans le Journal géné- ral de France. Le Philologue, t. 17, 1825, dans les Observations déjà citées en la note cidessus. tfT vez , le cours élémentaire , qui, selon l'expres« sion de M. Letronne, a décidé plus d'une voca« tion, avait plus de trois cents auditeurs par « séance ; et , parmi les auditeurs qui ont passé du « cours élémentaire au cours de littérature , cinq « ou six ont obtenu en huit à dix ans le prix de l'institut. Parmi eux je citerai M. Letronne, « M. Champollion , M. Rolle , mon fils, etc. Ce « cours a donc eu le plus grand succès. » Ici Gail et ses adversaires avaient également tort sur un point et raison sur l'autre : car ni lui ni eux ne distinguaient les deux cours : le cours élémentaire gratuit, dont l'utilité , le succès et la popularité furent incontestables; et le cours de littérature grecque , cours officiel et rétribué , dans lequel Gail se montra toujours fort médiocre; c'est ce qu'il ne voulait pas s'avouer à liiinième; et en revanche ses ennemis lui contestaient ses véritables services. Mais ces luttes polémiques n'étaient pas les seules qui troublassent alors la vieillesse de Gail. Il eut, comme il le dit luimême dans son Philologue , un procès contre un élève ingrat . Cet élève , qui lui était redevable d'une somme de vingt mille francs, contestait sa dette : Gail , qui plaida luimême sa cause , l'avait gagnée en première instance. Il ne fut pas aussi heureux en appel ; il fut condamné par la cour royale de Paris pour quelques défauts de formes dans ses titres . La même année, des éloges décernés dans le Journal de la Société asiatique aux travaux d'un des élèves de Gail, au détriment de la réputation de son maitre , portèrent celuici à donner sa démission de membre de cette société, dont il était un des fondateurs. Tous ces déboires et de cruelles maladies ne pouvaient ralentir son ardeur pour les débats académiques. Il avait lu à l'Institut un mémoire pour prouver la véracité de Diodore dans la description du monument d'Osy:nandyas : les conclusions de ce travail n'ayant pas été admises par ses collègues , il voulut les appuyer sur de nouvelles recherches; ce dernier effort acheva d'épuiser sa santé altérée , et après une maladie de trois semaines il s'éteignit sans douleur, le 5 février 1829 . En 1794, il avait épousé mademoiselle Garre . Ce mariage ne fut pas heureux; les arts, que cultivait madame Gail en véritable virtuose, s'effarouchèrent de la vie austère et silencieuse d'un grain' mairien toujours enseveli dans la poussière des livres. Une séparation volontaire rompit au bout de quelques années cette union mal assortie. Gail, dont l'âme était aussi aimante que vive , ne se consola jamais. Il fut au moins dédommagé par les succès de son fils , qui passe pour un bon helléniste. A ne considérer Gail que sous les rapports T. 17, au verso du titre. Cet écrit se trouve au t. 8 des nouveaux Mémoires de l'Académie des inscriptions. 131 a La vieillesse, dit Gosselin dans l'éloge déjà cité, avait ‘‘ affaibli son tempérament sans attiédir son caractère. Il prit ‘c parti pour Diodore comme il eût pu le faire cinquante ans .' plus tôt , quand il jouissait de toutes ses forces physiques. » individuels , personne n'eut un caractère meilleur et plus obligeant ; il prêtait volontiers, et donnait beaucoup aux malheureux. Personne ne fut plus ménager du temps dans l'emploi d'une vie studieuse et bien réglée; s'il commit des fautes, s'il eut des ennemis , aussi imprimés par ordre du gouvernement , Pa ris , 1788 ; 6" Idylles et autres poésies de Théocrite, traduites en français, avec le texte grec , la version latine , des notes critiques , et un discours préliminaire, Paris, Didot, 17112 , grand de 500 pages ; idem , 2 vol. , même année. Cail a publié encore : I une édition de Théocrite, grec- lat français , 2 vol. Paris, Didot, 1796 , gravures, papier vélin; id., traduction française , 1796 , gravures ; 2 Idylles de Théocrite, et Amours de Héro et de Léandre , grecfran. La même année il publia séparément Héro et Léandre , penie de Musée, greclatinfrançais, 1 vol. ; 3 Théocrite , texte grec, accompagné de la collation 11 est à remarquer que dans ses publications en 1792 , et mime en 1793, Gail conservait le titre de mouleur, et ajoutait à sa qualité de professeur royal celles de docteur agrégé de l'université et d'honoraire de l'Académie d'Arras, ce qui indiquait un homme bien étranger à la révolution voy. le Moniteur de 1792, 289, et de 1793, sa 37). faites Gail ; le style en est clair, facile et même élégant. On voit qu'il a donné à ce travail tin soin qui manque à ses autres traductions. Depuis, Geoffroy a publié une traduction de Théocrite fort inférieure , et qui n'a pas échappé au soupçon de plagiat. Dans le Théocrite de Gail avec gravures , on remarque en tète du premier volume le portrait du traducteur coiffé à la grecque; cette petite prétention a quelquefois prêté à rire à ses dépens. 7° Anacréon , traduit en français, Paris, an 2 , 1 vol. fig. Cette traduction est aussi fort estimée. Voici les autres publications de Gail sur ce même auteur : Anacréon , greclatin, orné d'estampes, . Pour qu'elles puissent se chanter dans les concerts, la valeur des lettres grecques est indiquée en caractères français , 1 vol. papier vélin, an 7 ; idem, 1 vol. même année ; idem, i vol. 18, an 8 . 8° Odes , inscriptions , épitaphes , épithalames et fragments, traduits en français, Paris , I 794 ; Républiques de Sparte et ; 100 Idylles de Ilion et de Moschus traduites en français, an 3 , 1 vol. fig. Cette traduction est assez estimée. 11" Traités divers de Xénophon, grecfrançais, savoir : l'Economique, l'Apologie de Socrate, le Traité d'équitation, et le Maitre de cavalerie, t vol. 1795; 12". 11ythologie dramatique , traduite du grec de Lucien, 3 vol. , Paris, 1795; idein, 1 vol. 1798; 3e édition , 1 vol. 1818 ; 13° Les trois fabulistes, Ésope , texte grec, version latine, et traduction française, Phédre, texte latin, et traduction française, et la Fontaine, avec des notes, 4 vol. Paris, 1796. Le commentaire sur la Fontaine est de Chamfort. Gail y a joint un fac- simile des écritures de Delille , la Ilarpe, Chamfort, Sélis, Gail , etc. ; car il ne voulait rien laisser ignorer a la postérité de ce qui le concernait. 1 to Cours de langue grecque, ou Extraits de différents auteurs, avec traduction interlinéaire en latin et en français, I vol. en 4 parties. 1 re partie , Paris, an 5 ; 2' et 3° partie, an 6 ; 4" partie, an 7 ; 15" Introduction au cours grec, ou Choix de fables d'Ésope, avec notes grammaticales et version interlinéaire française et latine, 1 vol. 1799; e édition , 1802; puis réimprimée en 1812, avec augmentations sous ce titre Introduction au cours grec, ou Nouveau choix de fables d'Esope, divisée en -4 parties, accompagnée de notes grammaticales , où souvent l'on a comparé entre elles les langues grecque , française et latine, et suivie: I" d'un Recueil de mots français dérivés du grec, et des fables d'Ésope imitées par Phèdre et la Fontaine; 2" d'un Index des notes les plus utiles; 3e édition , 1812 ; 4' édition, •852 Cet ouvrage a beaucoup d'analogie avec celui qui Pst compris sous le n° 14. 16° Grammaire grecque,
  • Jean-Baptiste GARDEIL : professeur de médecine et de mathématiques, membre de l'Académie des sciences, inscriptions et belleslettres de Toulouse, nommé correspondant du célèbre Bernard de Jusssieu à l'Académie royale des sciences en 1755, mourut le 19 avril 1808, à un âge fort avancé. Pendant trente ans il s'occupa avec constance de la traduction des oeuvres d'Hippocrate, qui parut, quelques années avant sa mort, sous te voile de l'anonyme et sous le titre suivant : Tra
  • Jean-Baptiste GARDIN DUMESNIL( 1720) : naquit en 1720 au village de StCyr, près de Valogne en BasseNormandie. Ses premières années furent consacrées à l'étude des lettres et sa vie entière s'est passée à les cultiver et à les enseigner. D'abord professeur au collége de Lisieux , dans l'université de Paris, nommé ensuite, le ler janvier 1758, professeur de rhétorique au collége d'Harcourt, son nom se distingua avec honneur parmi ceux des illustres maîtres qui firent, pendant le 18e siècle, la gloire de cette célèbre université. Une connaissance profonde des langues grecque et latine , un esprit solide, un goût sûr, et un talent admirable pour transmettre à ses élèves la science Iju'il possédait, et leur inspirer l'amour de l'étude, le rendront à jamais le modèle de tout bon professeur. Son goût est suffisamment prouvé par ses Synonymes latins euxmèmes. Quant à son talent pour l'instruction , nous en avons pour garants des membres distingués de la nouvelle université, qui se souviennent avec reconnaissance m'a paru devoir être trèsutile, , et à l'université de Paris ; la latinité en est pure ; l'auteur y développe les motifs de son entreprise avec cette candeur et cette modestie qui conviennent si bien aux hommes de lettres
  • Jean-Baptiste GASCHON( 1784) : jurisconsulte , né à Riom le 2 avril 178i, étant venu trèsjeune à Paris, se livra (l'abord à l'étude, puis à l'enseignement des mathématiques pour les aspirants à l'école polytechnique. Dans les loisirs que lui laissait cet enseignement, il s'adonnait également à l'étude de la jurisprudence, et, s'étant fait recevoir docteur en droit, il en donna aussi des leçons aux jeunes légistes. Il exerça pendant vingt ans la profession d'avocat à Paris , donna plusieurs consultations sur des questions de droit public et de droit maritime, et fit insérer, soit dans les journaux, soit dans les ouvrages consacrés à la législation, divers articles sur la jurisprudence. Il existait dans la législation du royaume une matière où des éléments certains manquaient aux. tribunaux ; c'était tout ce qui concernait les exceptions au droit d'aubaine et de détraction. Ces exceptions résultaient de nos traités et conventions avec diverses nations, lesquels successivement modifiés , et déposés dans les archives, étaient généralement ignorés. Bien que leurs dis- positions se trouvassent pour la plupart dans les grandes collections de Léonard, de Koch, de Martens, de Rymer et de Venck , et que le texte même des conventions de cette nature, conclues depuis 1789, se trouvât inséré au Bulletin des lois, il était difficile de les connaître tous. Leur interprétation soulevait des questions plus ou moins ardues : Gaschon entreprit de dissiper toutes les incertitudes. Après d'assez longues recherches aux archives du ministère des affaires étrangères, il publia , en 1818, le Code diplomatique des aubains, Paris, 1 vol. ouvrage dans lequel on trouve des aperçus curieux sur la législation des peuples anciens à cet égard , sur le droit public ou civil des nations en général dans ses rapports avec les étrangers, et où il détermine spécialement, avec clarté et précision quels étaient, en vertu des droits existants, les droits civils dont jouissaient en France les sujets des autres États, et réciproquement les Français dans les pays étrangers. Par l'effet de la loi du 14 juillet 1819, qui a concédé aux étrangers le droit de succéder et de disposer en France de même que les Fran-çais, le Code des aubains n'est plus qu'un monument historique ; mais il n'a pu diminuer le mérite de l'auteur, qui entra en 1831 dans la magistrature en qualité de conseiller à la cour royale de Cayenne, fut ensuite appelé aux mêmes fonctions à la, Martinique en 1835, et mourut au Fort Royal le 15 novembre 1836
  • Jean-Baptiste GASTALDY( 1674 - 1747) : médecin, naquit à Sisteron en 1674, et mourut à Avignon en 1717. Il était venu fort jeune dans cette ville, et y trouva tant de moyens de satisfaire son goût pour l'étude , qu'il résolut de s'y fixer. Après s'être fait agréger à la faculté de médecine d'Avignon , il en occupa la première chaire avec distinction , et y professa pendant environ quarante ans. Il se livra aussi avec zèle à la pratique des hôpitaux ; et il rendit (le grands services à cette ville, pendant la cruelle peste qui la ravagea en 470. Ses principaux ouvrages sont : Institutiones medicince physico- anatomicw Avignon, 1713 Les principes qu'il y développe sont basés sur la théorie de Descartes. to Un grand nombre de questions médicales et de dissertations académiques, publiées séparément en latin. La plus remarquable a pour objet l'emploi des bains froids dans le traitement des rhumatismes; l'auteur y rapporte plusieurs exemples de graves affections rhumatismales entièrement guéries par ce moyen : du reste , ces diverses productions sont remplies d'idées fausses, d'hypothèses vagues et d'opinions surannées. On est étonné surtout que l'auteur ait écrit en 1718, que le cristallin n'est point altéré dans la cataracte. — Joseph GASTALDY, petitfils du précédent, né à Avignon vers 1738 , membre de la société de médecine de Paris , et médecin en chef de l'hôpital des fous à Charenton , exerça la médecine pendant quarante ans, soit à Avignon, soit à Paris. 11 avait acquis beaucoup d'expérience dans le traitement de l'aliénation mentale : il mourut à Paris d'une attaque d'apoplexie le 622 décembre 9805, sans avoir laissé aucun ouvrage digne d'être transmis à la postérité. C'est à lui qu'est dédiée la cinquième année de l'Almanach des Gour- mands
  • Jean-Baptiste GEMMA : médecin vénitien, disciple de Trincavelli , mort en 1581, fut médecin de Sigismond HI, roi de Pologne et de Suède, et publia l'ouvrage suivant Methodus rationalis noya atque dilucidissima curandi bubonis carbunculique pestilentis, in qua morbi essentia, causce, signa, pro- gnosticum , prœcautio atque candit) ostenduntur, , Cratz, 4584 Dantzig, 1589 ; Francfort, 1605 Venise, 46O, ; cette dernière édition est la meilleure. Cet ouvrage renferme la description de la peste qui désola Venise en 1575 et 1576 , plusieurs considérations curieu- ses sur les causes et le traitement de cette maladie, et l'histoire d'une épidémie meurtrière qui fit périr, selon lui , plus de 40,000 soldats de cette république. Ce livre fut trèsbien accueilli par les contemporains de Gemma , et ne contribua pas peu à la réputation de l'auteur
  • Jean-Baptiste GAULTIER( 1685) : théologien appelant, était né à Louviers en 1685. Il étudia au séminaire de StMagloire à Paris , mais ne prit point de degrés en Sorbonne , de peur de signer le formulaire. Une telle disposition le fit accueillir de M. de Langle, évéque de Boulogne , qui lui conféra la prêtrise, le nomma promoteur et vicaire général, et lui accorda toute sa confiance. Gaultier composa quelques écrits pour ce prélat, entre autres , en •723, deux Mémoires sur les plaintes portées contre son gouernement A la mort de l'évêque , en 172, il s'attacha à l'évéque de Montpellier, Colbert , qui avait à coeur de s'entourer des jansénistes les plus purs. Gaultier était chez lui sous le nom de son bibliothécaire ; mais, en paraissant ne s'occuper que de mettre en ordre Piles livres de l'évêque, il composait pour lui des instructions, des mandements , des remontrances, des lettres, que le prélat revêtait ensuite de son nom. On croit, et la France littéraire dit positivement, qu'il fut l'auteur des écrits publiés par MM. de Langle et Colbert. Gaultier résida chez ce dernier jusqu'en 1738, époque de la mort de Colbert, et vint ensuite se fixer à Paris, où il vécut dans une retraite profonde, ignoré des hommes et occupé d'écrits en faveur de sa cause. Ce fut lui qui rédigea la Préface historique mise à la tète des oeuvres de M. Colbert, en 3 volumes Il est l'auteur de l'impudente lettre adressée à M. de Charancy, successeur de Colbert, lettre que dans le parti on appelait agréablement les verges d'Héliodore, et il en adressa depuis au même prélat deux autres dans le mème genre. Toujours curieux de concilier aux évêques le respect de leur troupeau, il écrivit sur le même ton à l'évêque de Troyes , à l'évéqué d'Angers , à l'archevèque de Sens , qui tous en eflèt méritaient d'ètre blàmés par un tel théologien. Les autres écrits de Gaultier sur ces matières sont trois ou quatre lettres contre les jésuites, au sujet des cérémonies chinoises; cinq lettres pour les carmélites du faubourg StJacques ; une Vie de Soanen, Cologne , 1750 et quatre lettres en faveur du parlement contre les évêques, en 1752 et 1753, etc. . Il ne faut. pas chercher de modération dans ces pamphlets. Gaultier était naturellement brusque et dur, et devenait encore plus âcre quand il s'agissait des intérêts de son parti. Cependant il consentit quelquefois à laisser les évêques en repos et à tourner son zèle contre les philosophes. Il donna dans ce genre le Poéme de Pope, intitulé : Essai sur l'homme convaincu d'impiété , suivi de plusieurs lettres destinées à prémunir les fidèles contre l'irréligion , la Haye , 1746 Réfutation de la Voix du sage et du peuple , 1 751 ; les Lettres persanes convaincues d'impiété, 1751 ; enfin le plus grand et le dernier ouvrage de Gaultier, ce sont les XVII Lettres théologiques contre Berruyer, 1736, 3 vol. On trouve à la fin du 3° vo- lume une bonne traduction de la célèbre Épitre à Diognète, dont l'auteur grec n'est pas bien connu. L'abbé Gaultier revenait de Louviers à Paris, lorsque la voiture où il était versa près de Gaillon , et il mourut des suites de sa chute le 50 octobre 1755
  • Jean-Baptiste GELLI( 1498) : célèbre auteur italien du 16e siècle , se distingua dans la littérature philologique, dans la comédie et dans la philosophie morale. Il prouva par sen exemple , comme l'a observé Scipion Ammirato , que ceux qui s'excusent de leur ignorance et de l'éloignement où ils ont vécu de la culture des lettres et des arts, sur leur pauvreté, leurs affaires, ou sur d'autres motifs de cette nature , n'en doivent en effet accuser que leur paresse. Né à Florence en 4498, il était le fils, selon les uns, d'un bonnetier ou chaussetier , calzaiuolo ; selon d'autres, d'un pauvre tailleur, sonore, et même d'un simple raccommodeur d'habits : il aida longtemps son père dans cette profession ; il l'exerça luimême , et l'exerçait encore , ainsi que nous le verrons plus bas, lorsque, reçu membre de l'Académie florentine et même après en avoir été consul , il prononça devant cette illustre Académie le discours oratoire qui précède ses leçons sur le Dante. Malgré le désir trèsvif qu'il avait toujours montré de faire ses études, il n'en obtint la permission de son père qu'à l'àge de vingtcinq ans. Ses progrès furent aussi grands que rapides. Il n'apprit point le grec , mais il devint trèssavant dans la langue latine ; et s'étant particulièrement appliqué à connaitre les principes, le vrai caractère et l'élégance de la langue toscane , il fut bientôt regardé comme un de ceux qui la parlaient et l'écrivaient le mieux. 11 fut en 1540 un des principaux littérateurs qui se rassemblèrent chez Jean Mazzuoli , plus connu sous le nom du Stradino, et qui y formèrent l'Académie des Humides ; titre conforme à la mode académique qui régnait alors, et qu'elle changea trois mois après sa fondation, pour le nom plus convenable d'Académie florentine , qu'elle a illustré et qu'elle a toujours conservé depuis. Son président, qui était renouvelé tous les six mois, avait le titre de consul. Gelli obtint le consulat en 1548: il fut de plus nommé trois fois censeur et réfor- Dans le langage commun et dans la langue parée , cal- zaiuolo a souvent en Italie ce dernier sens ; mais dans la langue écrite et régulière il ne signifie que chausselier, etc. mateur de la langue , qui était la seconde dignité de l'Académie ; et ce fut en 1553 que le duc de Florence, Cosme ler, le chargea d'expliquer publiquement la Divina commedia du Dante , tandis qu'il chargeait aussi le Varchi del Bottajo, Florence, 1518, C'est la meilleure édition et la plus rare de ce livre, dans lequel l'auteur introduit un certain Giusto , vieu. tonnelier florentin, qui disserte dans une forme singulière sur différents sujets de philosophie morale. Il feint que ce Giusto, homme sans et sans lettres, mais doué d'un bon sens naturel et d'une longue expérience, dormant peu la nuit à cause de son grand âge. avait l'habitude de parler tout haut et de s'entretenir seul avee son âme , c'est-àdire avec luiméme : l'Und° son neveu , qui couchait dans une chambre voisine, s.:parée par une simple cloison , avait tout entendu , tout recueilli ; et c'est d'après ses notes que Gelli fait part an public des dialogues noc- turnes du vieux Giusto avec son âme, sous le titre plus original qui fait changer des Grecs en pourceaux dans I'lle de Circé est le fondement de celle de Gelli. Mais dans Homère, Ulysse obtient de la magicienne que ses compa- triotes, rendus à leur première forme, retourneront avec lui dans leur patrie : la Circé de Gelli n'a pas changé les Grecs en pourceaux seulement, mais en différentes sortes d'animaux ; et , quand Ulysse la prie de leur rendre la forme humaine, elle met pour condition qu'ils y consentiront eux- mèmes. Ulysse n'en fait aucun doute ; inais il se voit bien loin de compte, lorsque, ayant proposé à chacun d'eux de redevenir homme et de quitter son état de bac, il reçoit un refus de tous et l'explication de leurs motifs. Il n'y a que l'éléphaut qui soit assez raisonnable pour consentir à reprendre l'exercice entier de la raison humaine; et c'est avec lui seul qu'Ulysse va rejoindre ses compagnons et son vaisseau. L'ouvrage est divisé en dix dialogues, dans chacun desquels Ulysse fait sa proposition a l'un de ces animaux, qui tous, à l'exception du dernier, lui font les mèmes réponses. 11 prend les choses de loin ; car les quatre premiers auxquels il s'adresse sont une hultre , une taupe , un serpent et un lièvre. On sent que s'ils trouvent des raisons spécieuses pour préférer leur état au nôtre, des animaux tels que le chien, le lion , le cheval, en ont encore de plus fortes. On reconnatt dans cette fable, dont il existe une ancienne traduction française par le sieur Duparc , et par un anonyme . Torrentino la réimprima en 1$50 et en 1562. ; ces réimpressions ont des mérites Particuliers qui les font préférer, surtout la première des deux, à celle de 15t9. 4° Deux comédies en prose, l'une intitulée Sporta , Florence, 1515, 1518 ; etl'autre,lo Errore, Florence, 1556 La première est tirée de Il/ do/ aria ou de l'Avare de Plaute; la Sporta est un petit panier à deux anses, où le vieux Ghirigoro a mis son trésor. Gelli avoue dans son prologue l'emprunt qu'il a fait au pote latin : on assure qu'il en avait fait un autre dont il n'a pas parlé ; que c'était Machiavel qui avait voulu traiter ce sujet d'après la comédie de Plaute, qu'il n'avait point achevé la sienne, qu'il en avait laissé les fragments entre les mains d'un de ses amis, que ces fragments étaient parvenus au Gelli , et qu'ayant suppléé ce qui manquait , celuici l'avait publiée sous son nom sans mettre, comme il l'aurait dù, Machiavel entre Plaute et lui. Cette pièce fut réimprimée à Florence, 15O, 1556, .1587 , et depuis à Venise et ailleurs. Dans plusieurs de ces réimpressions, on a retranché de la première scène du cinquième acte des traits un peu vifs sur les martyrs et sur StMartin; mais ce sont les premières éditions , qui sont entières, que citent les académiciens de la Crusca. Ils ne font aucune mention de l'Ereore, dont le Gelli avoue que le sujet est emprunté de la Clitie de Machiavel. C'est un vieillard amoureux d'une femme qui n'est pas la sienne : les deux femmes, qui sont amies, s'entendent pour se moquer de lui. Pris dans un piége qu'on lui a tendu, il ne s'en tire qu'en consentant au mariage de son fils avec la fille de cette méme femme à qui il avait voulu plaire. Machiavel a tiré luiméme de la Casina de Plaute cette comédie dont le fond est trèsimmoral : le Gelli en a fort adouci le fond et la forme ; mais il en a aussi presque entièrement effacé la couleur et détruit la force comique. La première édition est extrêmement rare ; elle fut réimprimée à Florence en 1603, et l'a été plusieurs fois depuis. On donne généralement à ces deux comédiens des éloges qui sont peutetre exagérés, surtout à l'égard de la seconde. Les caractères, la situation, le dialogue et le style de la Sporta ont bien plus de vivacité, et cette illégalité peut autoriser à croire qu'elles ne sont pas en effet de la même main. 5.0n trouve des vers du Gelli dans la description des fétes qui furent célébrées à Florence en 1539, pour le mariage de Cosme ler avec Éléonore de Tolède : Apparat° e feste nelle nozze dell'illustris- simo signor duca di Firenze c della duchessa sua consorte, con le suc stanze, madrigali, comedia et intermedi in quelle recitati, Florence, 1539 Dans ces fétes, accompagnées (lé spectacles magnifiques, Appolon et les neuf Muses décorés de tous leurs attributs , les dieux et les déesses des fleuves et des rivières de la Toscane, les principales villes de ce duché personnifiées, récitaient et chantaient des pièces de vers , des stances héroïques, des madrigaux à la louange des deux époux. Tous ces vers, parmi lesquels il y en a de trèsingénieux , sont de Gelli. 6. Dans le recueil intitulé Tutti i trioqi , earri, mascherate o calai carnascialeschi, ou chants composés pour les fétes populaires de Florence, du temps de Laurent le Magnifique, jusqu'en 1559; il y a deux de ces chants qui sont de Gelli ; ce sont ceux des faiseurs de miroirs, maestri di far specchj , et des couturiers, agucchiatori. Dans le premier, quelques idées morales sur l'usage qu'hommes et femmes, jeunes et vieux , peuvent faire du miroir, sont plus analogues au caractère et aux idées habituelles de l'auteur que ne le sont, dans le second, les plaisanteries libres et les équivoques sur les bas, les bonnets et les bourses que fabriquent les couturiers et sur l'instrument dont ils se servent. Le sujet qu'il choisit pour ce dernier chant est une raison de plus pour croire que c'était plutôt la profession de bonnetier que celle de tailleur qui était la sienne; en tète de l'une de ses comédies, la Sporta, on lui donne ou il prend aussi le titre de calzaiuolo florentin° ; cependant le dictionnaire historique italien de Bassano lui donne celui de sartore. Mathieu Toscano , dans son Peplus Ir 167, lui attribue le méme état , en lui consacrant ce quatrain Qum calamo mternos conscripsit dextera libros Sape boec cum gemme forfice rexit acum. Induit hic hotninum peritura corpora veste ; Sensa tamen libris non peritura dedit. Et dans la prose qui suit, il ajoute : Sutoriam ar- tem exercuit Florentinus Gellius , etc. '7. Enfin, Grill traduisit du latin plusieurs ouvrages , tels que l'Hécube (l'Euripide, qu'il transporta , de son aveu , du latin d'Érasme en vers italiens , et qui fut imprimée sans date et sans nom de lieu, elle est trèsrare; la Vie d'Alphonse d'Este, due de Ferrare , écrite en latin par Paul Jove, Flo- rence, 1553 ; un traité, non pas des cou-, leurs en général , comme le portent presque tou- tes les biographies et les bibliographies, mais des couleurs des yeux , de' colon i degli orchi , de Simon Porzio, philosophe napolitain, Florence , Torrentino , 1551 On trouve à la fin du volume une petite dissertation, traduite du méme auteur, sur une jeune tille qu'on prétendait avoir vécu en Allemagne plus (le deux ans sans manger et sans boire. Le philosophe Porzio prend dans cet opuscule la liberté de révoquer en doute un plié- nomène qu'on donnait pour constant ; et il expli- que au pape Paul Ill les raisons qu'il a de n'y pas croire, ainsi que les faits naturels qui ont pu donner lieu à cette erreur
  • Jean-Baptiste GEOFFROY( 1706 - 1782) : né à Charolles en 1706, se fit jésuite, et succéda aux PP. l'orée et de la Sante dans la chaire de rhétorique au collége Louis le Grand, qu'il remplit pendant plusieurs années avec distinction. Il survécut à la société dont il était membre, et se retira dans sa patrie, où il est mort en 1782. On a de lui 10 Plusieurs harangues latines, Gallis ob regem ex morbo restitutum, 1744 ; De amore patrice, 1744; Ludovic° Belgico , 1748 ; De pace , 1749 ; Quo loco inter cives vir litteratus habendus sit, 1756; ; In augustissimas Delphini nuptias, augustis parentibus Delphino et Delphince, 1751 In restitutam Delphino vaktudinem , 1759.. 2" Vers français sur la convalescence du Dauphin, 1752 ; 30 Exercices en forme de plaidoyers prononcés par les rhétoriciens du collége de Louis le Grand, 1766 réimprimés depuis avec des augmentations en 2 volumes ; 4" Oraison funèbre du Dan- phin , 1766 Le P. Geoffroy fit représenter en I753, au collége des jésuites de Paris, Basilide, tragédie en cinq actes et en vers, dont on peut voir l'extrait dans le Mercure de mai 1753, et le Misanthrope, comédie totalement différente de celle de Molière. Malgré l'autorité de quelques bibliographes, nous croyons que c'est à un autre Geoffroy que l'on doit le Songe de Scipion la Lettre politique à Qu tus , et les Paradoxes de Cicéron, traduction nou- velle avec des remarques et le latin à côté, 1725 Le P. Geoffroy n'avait que dixneuf ans à cette époque
  • Jean-Baptiste GIATTINI( 1600 - 1672) : jésuite sicilien , né à Palerme vers 1600, entra dans la société en 1615, et enseigna la rhétorique dans cette ville pendant plusieurs années ; il avait étudié avec soin les langues orientales, et était parvenu à savoir très- bien le grec, l'hébreu, le chaldéen, le syriaque et r l'arabe : il possédait aussi le talent de l'horlogerie à un assez haut degré. 11 s'engagea par des vœux solennels en 1631 Envoyé à Rome par ses supérieurs, il continua de s'y distinguer dans la carrière de l'enseignement, et professa successivement pendant le cours de seize années, dans le collége romain , la logique , la physique, la théo- logie scolastique et la morale. Il travaillait en meme temps à divers ouvrages, et s'occupait de la recherche d'anciens manuscrits. Il mourut à Rome en 1672, après avoir publié un grand nombre du concile de Trente du cardinal Pallavicini, Anvers, 1672 et 1677, 5 t. Cologne, 1716 ; 90 une Traduction latine du grec des 5e et 6e livres de St- Cyrille d' Alexandrie sur l' Évangile de St- Jean, d'après un manuscrit ap- porté de Scio. Moréri cite à ce sujet un passage latin fort curieux , tiré d'une lettre de Holstenius à Peiresc, du 12 février 163i. Il lui mande qu'un jésuite sicilien versé dans les lettres grecques, et occupé de la recherche des manuscrits, en a apporté . » Alegambe , en parlant du travail de son confrère sur les deux livres de StCyrille, dit que, lorsque Giattini se préparait à les livrer à la presse, un autre L'avait devancé sans qu'on sût d'où il les avait eus, eosdem unde unde nadirs. Soit que le passage de la Lettre à Peiresc jette ou non quelque lumière sur ce fait, il est difficile, ce nous semble, de disculper Ifolstenius d'un manque de délicatesse, pour ne pas dire d'une infidélité. Giattini avait aussi composé un Traité d'horlogerie, et donné une Suite des Controverses du cardinal Bellarmin ; niais ces écrits sont restés inédits
  • Jean-Baptiste GIBRAT( 1722 - 1803) : prêtre de la doctrine chrétienne , né aux Cabanes près de Cordes, diocèse de Tarbes, en 1722 , entra jeune dans cette congrégation , consacrée à l'enseignement, et y travailla avec beaucoup d'application à se mettre en état de remplir cette vocation. Pour parvenir à ce but, il étudia avec soin toutes les parties de la littérature et se les rendit familières. Chargé par ses supérieiirs de professer les belleslettres dans les colléges de la congrégation, il le fit avec succès pendant douze ans. On lui confia alors la direction d'un séminaire. Au commencement de la révolution, il fut nommé principal du collége de Castelnaudari. L'assemblée constituante ayant décrété la constitution civile du clergé, Gibrat , quoique l'universalité des évéques de France l'eût rejetée , y adhéra , appuyé peut-être de l'exemple de plusieurs de ses confrères , et accepta des fonctions ecclésiastiques qu'il exerça d'après les lois nouvelles. On ne lui tint pas longtemps compte de cet acte de soumission , non plus qu'à un grand nombre de ses imitateurs : il fut persécuté et emprisonné tout aussi bien que les prètres qu'on nommait alors réfractaires. Rendu à la liberté, il continua de tenir au parti constitutionnel jusqu'à sa mort, arrivée à Castelnaudari en *décembre '1803, à l'àge d'environ 76 ans. Il avait publié plusieurs ouvrages , parmi lesquels il en est d'utiles pour la première instruction et l'usage des colléges. On cite : 1" une Géographie moderne, dont il y a eu sept éditions; 2" une Géographie ancienne , sacrée et profane , Paris , 1790 , 4 vol. A des notions saines sur la géographie, l'auteur a joint des détails historiques intéressants et curieux. 3' Un nouveau Missel du diocèse (11 Suivant l'auteur des Siècles littéraires, Gibrat serait né à Gaillac , diocèse , le 23 novembre 1727. de Tarbes ; 4° tin Rituel dl Alet ; 50 un Missel et un Bréviaire pour le même diocèse; 6° des Hymnes pour les offices de l'Église. Les évêques constitu- tionnels, assemblés én concile à Paris, ayant (lécrété une fête perpétuelle en mémoire du rétablissement du culte , Gibrat fit pour cette fête un office qu'un écrivain assure ètre un modèle dans ce genre : chefd'oeuvre devenu inutile, la fète perpétuelle n'ayant peut-être jamais été célébrée
  • Jean-Baptiste GIRALDI CINTIO( 1504) : poète et littérateur célèbre du 16e siècle, de la même famille que le précédent, naquit à Ferrare en 1504. Il fut reçu docteur en philosophie et en médecine dans l'université de cette ville, et y occupa ensuite pendant douze ans la chaire de ces deux facultés. Ses talents et les écrits qu'il ne tarda pas à publier engagèrent le duc Hercule II à le nommer son secrétaire, place qu'il remplit pendant seize ans, c'est-àdire jusqu'à la mort de ce prince, arrivée en 4559. Une dispute trèsvive qu'il eut avec Jean Baptiste Pigna , premier secrétaire, archiviste et bibliothécaire du duc Alphonse II, l'obligea de quitter sa place , et de sortir même de Ferrare. Cintio et Pigna avaient publié dans la même année, à Venise, leur ouvrage sur les romans; ils s'accusaient réciproquement de plagiat , réclamant chacun ses droits et sa propriété. Pigna protestait qu'il avait écrit son Giudizio torno ai romanzi dès l'an I 547, à l'dge de dixsept ans, et qu'ayant communiqué son manuscrit à Cintio, qui était alors son maître , celuici l'avait retenu et en avait profité. Cintio , au contraire, reprochait à Pigna de lui avoir volé son dessein, son sujet et ses idées , dans le temps qu'il était son élève et le confident de ses travaux, et d'avoir fait un livre où il n'avait mis du sien que le titre. Le public impartial, n'ayant d'autres témoins et d'autres preuves que les auteurs et leurs mutelles accusations, ne put décider entre eux ; le duc ne se prononça pas davantage. Cintio , irrité de ce silence, qu'il regarda comme un déni de justice, résolut d'abandonner Ferrare et son prince , qui lui en accorda la permission. De là, il se rendit à Mondovi, où le duc de Savoie lui avait offert une chaire d'éloquence avec de bons appointements. Cette université fut transférée à Turin en 1568. Cintio , honorablement congédié, mais resté sans place, était incertain sur le séjour qu'il devait choisir, lorsqu'il reçut avec une lettre trèsflatteuse du sénat de Milan , le diplôme de Philippe 11, qui lui proposait la chaire d'éloquence à l'université de Pavie. Il accepta, mais, tourmenté d'une goutte héréditaire, et s'apercevant que ce climat ne lui convenait pas, il prit le parti de retourner à Ferrare, et il y mourut, trois mois après son arrivée , Je 30 décembre 1573. 11 avait eu à pleurer la perte de quatre de ses fils ; 1e cinquième, qui lui survécut recueillit les tragédies de son père , qui avaient d'abord été imprimées à part, et il en fit une édition à Venise en 158'2, en '2 volumes qu'il dédia au duc Alphonse H. De tous les ouvrages de Cintio, ce furent ses tragédies qui lui firent de son vivant le plus de répu- tation. Elles sont au nombre de neuf : Orbec- die , , la Didone , les Antivalomeni, la Cleopatra , Arrenopia , l'Epitia , la Selene. L'Orbecche , qui est la plus célèbre de toutes, fut jouée pour la première fois, avec beaucoup de succès, chez l'auteur, devant le duc Hercule II, en 1541. On l'a mise au même rang que la Sofonisba de Trissino , l' Oreste de Ruccellaï, et la Canace de Speroni ; mais ces pièces , si vantées en leur temps , ne sont que de froides copies des tragédies grecques; et l'Orbecche , plus que toutes les autres, est faite pour exciter plutôt l'horreur que la pitié. 2° Cintio avait de plus composé un drame pastoral, intitulé Eg/ é, représenté aussi chez lui en 4545. Ce drame est donc, suivant la remarque du Tiraboschi , plus ancien que le de Tansillo, et le Sacrificio d'Agostino Beccari représenté à Ferrare en 1554 ; mais on ne doit le regarder que comme la première ébauche de ce nouveau genre d'ouvrages dramatiques, auquel Beccari fit faire depuis un pas de plus, et que le Tasse dans son Aminta, et le Guarini dans son Pastor fido portèrent à sa perfection. 3° On a encore de Giraldi Cintio l'Ercole, poëme en ottava rima , de vingtsix chants , publié à Modène, en 1557 Malgré quelques beaux détails il est plutôt historique que poétique , et n'intéresse pas assez, ni par le plan ni par la versification ; 4. Le Fiamme , publié à Venise, en 1548 c'est un recueil de sonnetti et de canzoni ; 5° des poésies latines , Bâle, 1540 et Sylvœ , Ferrare , 1555 ; 6° De Ferrarice et Atestinis bus commentariolus, ex Lilii Gregorii Giraldi epitome deductus, traduit par Louis Domenichi, Venise, 15I.')6, • Cet ouvrage est écrit avec beaucoup d'élégance, et s'il manque quelquefois d'exactitude sur l'histoire ancienne de la maison d'Este , l'auteur mérite plus de confiance pour les événements qui s'étaient passés de son temps. 7° Discorsi torno a quello , die si conviene a giovane nobile , e ben creato net servir un gran principe ; 80 Discorsi intorno al comporre de' romanzi, delle comnzedie, delle tragedie cd altre maniere di poesie , Venise, 1554 9° différentes oraisons, ou harangues latines, parmi lesquelles, Epicedium de obitu divi Alphonsi Estensis principis , Ferrare, 1557 IO°6h Hecatomiti , ne quali si contengono novelle e dialoqhi • Mondovi , 1565 , en 2 volumes et Venise, ICGe1I6O8, en 2 volumes C'est un recueil de cent nouvelles, et l'ouvrage le plus distingué parmi tous ceux de Cintio. Gabriel Chappuis le traduisit en français, Paris, 1584, 2 vol il en loue beaucoup la morale et l'intérèt ; mais cette traduction surannée ne peut donner qu'une idée trèsimparfaite de l'ouvrage. 110 Dans le dictionnaire publié à Naples et à Bassano, on lit que Giraldi Cintio avait aussi composé une Storia d'Andrea Doria, publiée à Leyde en 1696. — La famille de Giraldi a été féconde en savants et en littérateurs. On dit que le père de Cintio, nommé Christophe , était homme de lettres. Nous avons de Flavio Antonio, son frère, des poésies latines et italiennes, qu'on trouve à la suite de différents ouvrages de Cintio. Il existe encore un Ragionamento- in difesa di Terenzio, Mondovi , 1566 par Lucio Olimpio qui , s'il n'était un des quatre fils de Cintio, appartenait sans doute à la mème famille
  • Jean-Baptiste GIRARD( 1680) : jésuite , devenu si malheureusement célèbre par une des accusations les plus scandaleuses qui aient jamais retenti devant les tribunaux, était né vers 1680, à Dôle, en FrancheComté, de parents honnêtes , et qui ne négligèrent rien your lui donner une bonne éducation. Après avoir terminé ses études, il fut admis dans la société, et chargé quelque temps de régenter les basses classes dans différents colléges il professa ensuite les humanités et la philosophie avec beaucoup de succès, et enfin, de l'avis de ses supérieurs, se consacra à la prédication. Un bel organe, un débit agréable, l'art de persuader et celui d'émouvoir ses auditeurs; telles étaient les qualités qui faisaient espérer que le père Girard parcourrait avec honneur cette nou- velle carrière. Il avait déjà prêché dans les pr cipales villes du haut Languedoc et de la Provence, lorsqu'il fut envoyé à Aix en 1718. Sa réputation l'y avait précédé, et il l'accrut encore pendant dix années qu'il demeura dans cette ville, séjour ordinaire des hommes les plus instruits et les plus spirituels de la province. Au bout de ce temps, il fut nommé recteur du séminaire royal de la marine à Toulon , et c'est ici que commence le récit de l'aventure déplorable qui , en empoi- sonnant sa vie, lui a laissé une réputation douteuse. Parmi les pénitentes qui s'empressèrent de choisir le père Girard. pour directeur, il distingua Catherine Cadière, àgée de dixhuit ans, d'une famille honnête et d'une beauté peu commune. Cette jeune personne, douée d'une imagination vive , exaltée par la lecture impramte des livres ascétiques les plus remplis d'une fausse spiritualité, portait à l'excès toutes les pratiques de dévotion. Elle passait dans son quartier pour une sainte, et, se berçant de toutes les illusions du quiétisme , ne parlait que des miracles dont elle croyait être l'objet. Le père Girard, flatté d'avoir une pénitente , à Lebel , écrivain peu connu , et qui, suivant Barbier ; a eu part au Dictionnaire néo- logique publié par l'abbé Desfontaines. On doit ajouter, pour compléter cette notice bibliographique, qu'il y a des exemplaires de l'édition du Procès du père Girard , avec des gravures obscènes , et que l'extrait de cette procédure forme le second volume des Causes intéres- santes
  • Jean-Baptiste GIRARDET : docteur en médecine à LonsleSaunier, dans le 17e siècle, est auteur des deux ouvrages suivants : 10 Oeuvres di- verses où l'on remarque plusieurs traits des Histoires saintes , profanes et naturelles , Lyon , 1675 Girardet avoue , dans sa préface , qu'il a rapporté plusieurs traits qu'on a déjà pu voir ailleurs; mais l'abbé d'Artigny dit qu'il n'a fait qu'abréger les leçons de Pierre Messie , qu'il a grossièrement pillé sans le nommer , se contentant de changer les mots vieillis de l'ancienne traduction française auxquels il en a substitué d'autres beaucoup moins expressifs. Quelques exemplaires portent la date de 1684 ; mais ils ne diffèrent des premiers que par la réimpression du frontispice et des pièces .préliminaires. 2. Le Miracle de la nature ou la gué- rison de toutes sortes de maladies par l'usage des eaux de Louverot, prés de Lons- le- Saunier, Besa.nçon, 1677 Cet ouvrage est divisé en quatre parties, dans lesquelles l'auteur traite de la découverte des eaux de Louverot , de leurs propriétés, et de la manière de les prendre. La quatrième partie contient la défense des eaux minérales contre ceux qui en blà.inent l'usage. 11 ne put cependant réussir à mettre en réputation les eaux de Louverot, qui n'ont jamais été fréquentées
  • Jean-Baptiste GIRAUD( 1701 - 1751) : l'un des meilleurs poëtes latins du 18. siècle , naquit à Troyes en 1704. Son père, inspecteur des travaux publics dans la Champagne, avait acquis la baronnie de Mery, et mourut à 50 ans , laissant en bas âge neuf enfants, dont JeanBaptiste était lainé. Sa mère , femme d'un rare mérite, lui donna les premiers principes du latin , et l'envoya continuer ses études au collége de Troyes. Il entra fort jeune dans la congrégation de l'Oratoire , et fut successivement chargé d'enseigner les humanités , la rhétorique et la philosophie. Passionné pour Horace et pour Ovide, il apprit dans la lecture de leurs ouvrages à se familiariser avec le rhythme etl'harmonie, et donna de bonne heure des preuves d'un talent remarquable pour la poésie latine. Étant à Salins, en 1725 , il y composa , sur la situation si pittoresque de cette ville, un petit poème de deux cents vers; et, l'année suivante, il en lit un autre sur la ; et si cet ouvrage ne pa- 11 était dans la destinée du P. Giraud d'être prévenu dans tout ce qu'il entreprenait. Il le fut , pour la traduction des Fables de la Fontaine, par deux de ses confrères de l'Oratoire, rut que plus de trente ans après , c'est que l'auteur le perdit plusieurs fois de vue pendant des années entières*, ne pouvant s'astreindre à travailler longtemps sur le même sujet. La première édition donna lieu, de la part de quelques journalistes, à des observations critiques auxquelles le P. Giraud fut trèssensible. Il y répondit dans la préface et les notes de l'édition de Rouen , 1775, la meilleure de toutes, et que l'on doit à D Cardone , savant bénédictin, ami de Giraud . Tout en convenant qu'on peut reprocher au pone latin de nombreux gallicismes, il faut avouer qu'il lui était presque impossible de les éviter, et qu'il a rendu souvent avec un rare bonheur la finesse, les grâces et la naïveté de son modèle. Le P. Giraud avait les qualités et les défauts de la Fontaine. C'était la même bonhomie, la même insouciance; et l'on cite du traducteur plusieurs traits de distraction non moins plaisants que ceux qu'on rapporte du fabuliste français. c, A l'âge de soixanteseize ans , dit son biogra- phe, le P. Giraud n'était encore qu'un vieil en fant , inattentif, et qui ne connaissait rien de ,C ce qu'on appelle égards, politesse, devoirs de société. D'ailleurs il était (l'un caractère doux a quoique impatient , et sans malice quoique mé-,, fiant. o Le P. Giraud mourut à Rouen le 5 octobre 1776.11 était membre de l'Académie de cette ville , et Hallier de Couronne y présenta son éloge; Grosley en a donné l'extrait dans le Journal de Troyes, 1784, d'où il a passé dans ses OEuvres pos- thumes , publiées par M. PatrisDuhreuil, W—s.
  • Jean-Baptiste GODART( 1775 - 1825) : naturaliste , né à OrignySteBenolte le 25 novembre 1775 , fut longtemps maitre d'études, puis sousdirecteur au collége de LouisleGrand, où il avait fait ses humanités. Plus tard il fut envoyé à Conn , ville qui appartenait alors à la France, pour y remplir par intérim la place de proviseur du lycée, dont il devint bientôt titulaire. Il y resta jusqu'à la fin de 1815, époque où les alliés envahirent le pays. Le général Sébastiani , qui commandait les troupes françaises sur les bords du Rhin , l'ayant prévenu qu'elles allaient effectuer leur retraite , Godart lit en toute hàte ses préparatifs de départ , et emmena avec lui un trèsgrand nombre de ses élèves. Après une marche longue , pénible et qui n'était pas sans danger, ils arrivèrent à Douai. Le proviseur rendit ses comptes à l'université et fut nommé censeur des études au lycée de Nancy, où il exerça momentanément les fonctions de proviseur. Pendant les cent jours il signa l'acte additionnel, et porta ses élèves à souscrire une forte somme en faveur de Napoléon. En 1816 il fut mis à la retraite, et consacra ses loisirs à l'étude de l'entomologie, qui avait pour lui beaucoup d'attrait. Au milieu de ses occupations collégiales il s'était plu à former, pendant vingt ans, une magnifique collection de papillons qu'il avait emportée à Bonn ; mais , lorsqu'il fut forcé de quitter cette ville , il la laissa à un naturaliste du pays. Depuis son retour à Paris, Godart , encouragé par M. Latreille, rédigea l'article Papillon , un des plus remarquables du dictionnaire d'histoire naturelle de l'Encyclopédie méthodique. Il fut chargé ensuite de continuer l'Histoire naturelle des lépidoptères de France, dont les trois premières livraisons étaient déjà publiées. Entravé par le plan de l'ouvrage, qui n'embrassait que les lépidoptères des environs de Paris, il ne put d'abord donner à son travail toute l'extension qu'il aurait désiré; niais, arrivé à la seizième livraison , il crut devoir prendre plus de latitude , et traita successivement de tous les lépidoptères de France. Il la fit précéder d'un tableau méthodique destiné à rattacher les premières livraisons IP aux dernières avec lesquelles elles n'étaient plus en harmonie. Le zèle qu'il mettait à s'acquitter de la tâche qu'il avait acceptée causa sa mort. Dans le but d'avoir sous les yeux un grand nombre d'espèces vivantes , pour en vérifier luimême les caractères généraux et particuliers, il faisait fréquemment des excursions à la campagne pendant les plus fortes chaleurs de l'été. Ces courses pénibles développèrent chez lui une maladie inflammatoire à laquelle il succomba le 27 juillet 1825. Godart a rédigé l'Histoire naturelle des lépidoptères de France jusqu'à la soixante et onzième livraison, ce qui forme 5 volumes fig., Paris, 1820 et années suivantes. A la clarté du style ce travail joint le mérite d'une rare exactitude dans la description des diverses espèces de papillons. M. Duponchel , qui a terminé l'ouvrage , actuellement en 8 volumes, a donné sur son prédécesseur une Notice en tète du sixième. Godart était membre de la société linne:enne , et l'on trouve de lui , dans les Anna/ es de cette société , un Mémoire sur plusieurs espèces nouvelles de lépidoptères diurnes exotiques. Fort bon latiniste, il fut d'un grand secours à M. Latreille pour la rédation de son Ge- liera erustaceorum et insectorum
  • Jean-Baptiste GOHIER( 1776) : savant vétérinaire, naquit en '1776 à Branges . Son père avait longtemps servi en qualité de maréchal ferrant dans un corps de cavalerie , et il était rentré dans son village avec un double chevron et une petite pension de retraite. Le jeune Gohier fut destiné à la profession de son père. Le curé de Branges, lui ayant reconnu des dispositions pour l'étude , lui donna quelques leçons. Il obtint en 1795 une place gratuite d'élève à l'école sur les Utes à cornes dans le département du Rhône et ail leurs , ibid. , 1814 avec un tableau synoptique; 7° Tableau synoptique des coutumes sui- vies dans / a plupart des ci- devant provinces de France ét l'égard des: cas rédhibitoires des animaux, ibid., 1814
  • Jean-Baptiste GOIFFON( 1658 - 1730) : médecin , né en 1658 à Cerdon, dans le Bugey, fit ses études à Lyon , et se rendit ensuite à Montpellier, où il suivit les cours de l'université avec beaucoup de succès. Il s'appliquait en mème temps à la botanique; et si, comme on l'assure , ce fut Goitfon qui inspira le goût de cette science au célèbre Jussieu, ce n'est pas le moindre service qu'il lui ait rendu. Après avoir pris ses grades , il retourna dans sa patrie. Quelque temps après , il fut appelé à Lyon pour soigner le marquis de Rougemont , blessé dangereusement. Le malade e.,,nérit; et cette cure, re- gardée comme trèsdifficile , luit Goiffon en réputation. Nommé médecin à l'arillée d'Italie , il se fit distinguer par le maréchal de Catinat, qui l'honora de sa confiance , et lui donna des preuves multipliées de son affection. A la paix, il revint à Lyon , se maria en 1693 , et commença à exercer sa profession dans cette ville avec un grand succès. En 1705 , le maréchal de Tessé l'emmena avec lui en Espagne; il y reçut l'accueil le plus flat- teur de la reine, qui lui offrit la place de son pre- mier médecin. Il refusa cet emploi honorable par attachement pour sa famille; et il s'empressa de revenir à Lyon aussitôt que son devoir le lui permit. Nominé échevin en 1717, il contribua à préserver cette ville de la contagion , proposa et fit adopter plusieurs règlements utiles aux pauvres malades : il mourut d'une apoplexie foudroyante le 50 septembre 1750. On a de lui : 10 Réponse aux observations de Chicoyneau, Verny et Soullier, sur la nature , les événements et le traitement de la peste à ifarseille, Lyon , 1721 à la suite de l'ouvrage réfuté; 20 Relation et dissertation sur ta peste du Gévaudan, ibid., 1722 ; 3" Index plantarum vice circa Lugdunum nascuntur. 11 exis- tait une copie de cet index , niais incomplète, dans la bibliothèque de Jussieu. Godron a laissé d'autres ouvrages en manuscrit , dont on n'a pu tirer aucun parti, parce qu'ils étaient indéchiffi'a- hies. GOIFFON , petitfils du précédent , profes- seur à l'école vétérinaire d'Alfort , mort vers 1779, a publié en société avec M. Vincent : Mémoire artifi- cielle , contenant l'exposé des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux , tant en peinture qu'en sculpture, 1777, petit
  • Jean-Baptiste GRAMAYE( 1500 - 1635) : né à Anvers sur la fin du 16e siècle, mort à Lubeck en 1635, a cultivé avec quelque succès la poésie latine ; mais il s'est principalement fait connaitre par des recherches historiques relatives à l'histoire de sa patrie. Ayant étudié. le droit à Louvain , il l'y enseigna ensuite; il y professa également l'élo- quence. Créé historiographe , il fouilla avec soin les anciennes archives. Il avait la passion des voyages : il parcourut la Hollande, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne , et fut fait prisonnier par les Barbaresques; ce qui lui lit connaître une partie de l'Afrique. Comblé de distinctions flatteuses à son retour dans sa patrie , il ne résista pas au désir . 430 Hasbanice illustratœ libri X, in guibus ducatus unius, principatuum duorum, comitatuum XII, etc., id est melioris partis ditionis Leodince et Brabantiœ antiguitates , ornamenta , initia, et guicguid locorum archivis per autorenz ex lide narrantur, Cologne, Egmont, 1623; 14° Thesaurus literaritis de literie et finguis universi orbis, ibid., 1623 Mars- den le cite sous le titre de Specimen litterarum et linguarum universi orbis, Ath 15° Lexicon Mauricum. Jiicher, qui cite ce dernier ouvrage, ne dit pas s'il a été imprimé. Outre un style peu correct, on reproche à Gramaye, dans ses ouvrages historiques, un défaut absolu de critique ; il adopte sans examen les traditions les plus fabuleuses sur l'origine de quelques villes
  • Jean-Baptiste GRASER( 1718) : savant ecclésiastique italien , naquit à Boveredo dans le Tyrol en 1718. Dès ses premières études il parvint de luinleme à comprendre les démonstrations géométriques d'Euclide. Quand il eut été fait prétre il s'adonna particulièrement à la littérature, et fut choisi parmi ses concitoyens , en 171.8, pour enseigner la rhétorique dans leur collége public. On le vit ensuite professer la philosophie et la théologie. L'Académie des Agiati (te cette ville se fit un devoir de se l'agréger. L'abbé Jérôme Tartarotti, ! mort en 1761 , lui avait laissé avec tous ses manuscrits un legs considérable , à la charge de ter-! miner ceux de ses ouvrages qui restaient iniparfaits : mais Graser fut détourné de ce travail , soit par d'antres occupations , soit par une respectueuse défiance. Il se borna à faire une oraison funèbre de ce savant , ainsi que des poésies en son honneur, et les publia avec des mémoires sur sa vie. La réputation qu'il avait acquise le fit appeler à lnspruck par le conseiller de Sperges,.pour y etre conservateur de la bibliothèque dite Teresiana et professeur de morale. Ces fonctions l'attachèrent tellement à ce pays, qu'il refusa la chaire de droit canon en l'université de Pavie, que lui offrait le comte de Firmian. 11 remplit successivement à Inspruck les chaires d'histoire universelle et de patrilogie, c'est-àdire, de la doctrine des saints Pères, et y fut grand recteur de l'université. Ses travaux affaiblirent sa santé; il revint à Boveredo, où il termina sa carrière en 1786. Quoique son coeur fùt bon et sensible , il avait le caractère brusque , et dans sa gaieté il se permettait souvent des traits satiriques et mordants. On le comparait à Ésope avec lequel il avait d'ailleurs quelque ressemblance corporelle. il composait une ode, une élégie, une satire, avec autant de promptitude et de facilité qu'un secrétaire habile écrit ce qu'on lui dicte. Cependant le genre dans lequel il excella est l'éloquence. L'impératrice MarieThérèse et le pape Pie VI l'honorèrent de leur bienveillance. Beaucoup de savants d'Italie lui dédièrent leurs ouvrages. Les principaux de ceux qu'il a laissés sont : 1(., De philosophioe mora- lis ad jurisprudentiam necessitate ; G2. historici studii amœnitate ; 5. De proesbyterio et in eo sedendi jure • dédié au cardinal Garampi
  • Jean-Baptiste GRATELOUP( 1735 - 1817) : né à Dax en 1735, et mort le 18 février 1817 dans la méme ville, où il fut conservateur du cabinet de minéralogie, était aussi membre de plusieurs sociétés savantes. Il s'occupa toute sa vie de l'étude des lettres et des sciences physiques, et se distingua par des inventions ingénieuses dont la principale consiste dans sa belle manière de graver, qui n'a pas eu encore d'imitateurs. La délicatesse , l'agrément, la pureté du dessin, joints aux charmes de l'entente bien ordonnée des ombres et des lumières, et à un extrème fini , caractérisent ses estampes, qui représentent les portraits suivants : Jean- Baptiste Bossuet , en pied et en buste, d'après Rigaud ; 2 Fénelon, d'après Vivien; 5. Jenn- Bap- liste Rousseau, d'après Aved; 3. Jean Dryden, d'après Kneller; / e Cardinal de Polignac. d'après Rigaud; 6. Mademoiselle Lecouvreur. dans le rôle de Cornélie, trapriis Drevet; 7' Descartes. d'après liais; , l/ ontesquieu, d'après Dassier. Ces gravures sont reconnues pour des chefsd'oeuvre . En 1809 le conservateur des estampes et planches gravées de la bibliothèque impériale de Paris, remerciant Grateloup du don qu'il fit au cabinet du portrait du cardinal de Polignac, s'exprimait en ces termes : « Vous nes toujours resté seul dans votre « genre; personne n'a osé vous imiter, et je crois « qu'on a bien fait. Votre jolie collection tient un « rang distingué parmi les chefsd'oeuvre qui font « la gloire du cabirrct qui m'est confié. » Grateloup excellait encore dans la peinture en émail et ses ouvrages dans ce genre sont devenus trèsrares. (inc autre découverte qui ne lui fait pas moins d'honneur est celle du perfectionnement des objectifs achromatiques , dont l'invention est dtie au célèbre opticien anglais Dollond. Cette découverte, développée dans un mémoire que l'auteur lut le 5 décembre 1787 à l'Académie des sciences de Paris, fut approuvée par cette société, et le mémoire jugé digne d'are imprimé dans le recueil des savants étrangers; et dans l'année 1793, sur le rapport de ses commissaires , la inème Académie « considérant les avantages qui résulte-« raient pour l'optique, du collage des objectifs « achromatiques avec le mastic en larmes, tant « pour corriger les défauts des surfaces que pour « réduire le travail des objectifs achromatiques à « celui des deux surfaces extérieures, fut d'avis « que , conformément à la loi du 12 septembre « 1791 , Grateloup méritait le maximum des ré-« compenses nationales et la mention honorable, « ce qui fut adopté. M—D
  • Jean-Baptiste GREPPO( 1712 - 1767) : naquit à Lyon le 17 mai 1712. Son père, qui s'était enrichi en faisant le commerce des blés, voulut que ses enfants reçussent une brillante éducation. JeanBaptiste fit ses études au collége de la Trinité, où il s'établit entre lui et ses mattres une si grande intimité, qu'il ne cessa d'ètre leur disciple que pour devenir leur collègue. Après avoir professé les humanités avec le plus grand succès dans plusieurs colléges, notamment à bliicon et à Besançon , Greppo revint à Lyon pour y remplir les fonctions de la préfecture dans la pension du collége de la Trinité; mais sa mauvaise santé l'ayant contraint à se démettre de cet emploi , il renonça pour toujours à la carrière trop pénible de l'enseignement, et fut pourvu en 1745 d'un canonicat dans l'église de StPaul. La faiblesse de sa complexion ne put exclure en lui l'amour de l'étude ni étouffer sa passion pour la culture des sciences et des lettres. L'Académie de Lyon le reçut en 1749, et il fut pendant quinze années un de ses membres les plus assidus. Il avait enrichi les portefeuilles de cette compagnie d'un grand nombre de mémoires sur la géométrie, la physique, l'histoire et les antiquités sacrées et profanes. BollioudMermet en a conservé la liste dans son Histoire inédite de l'Académie de Lyon. On n'a pu retrouver que les suivants : 1. Obser- vations sur la méthode de Duhamel pour la conser- vation des grains; 2. De la théorie de la terre relativement aux effets du déluge ; 3. De l'impression de l'air sur le corps humain ; 40 De la construction des murs et des fortifications de Lyon. Ce dernier mémoire a été publié par M. Breghot du Lut, dans les Archives du Rhdne, t. 5, p. 421 à 442. Greppo mourut le 17 juin 1767. — Un de ses neveux , M. l'abbé Honoré Creppo , grand vicaire (le révèque de Belley, s'est fait avantageusement connaltre dans le monde savant par différents ouvrages, notamment par un Essai sur le sustème hiéroglyphique de Champollion le jeune , Paris, 18'29
  • Jean-Baptiste GREUZE( 1726) : l'un des peintres les plus distingués de l'école française au 18e siècle , naquit à Tournus en 1726. Son père, qui était loin de le destiner à la carrière des arts, lui défendit inutilement de barbouiller des rames de papier, de charbonner toutes les murailles : jeune Greuze, emporté par sa passion pour le dessin, négligeait tout autre genre d'occupation. Il allait, diton, être renvoyé de la maison paternelle, lorsqu'un peintre lyonnais, nommé Grandon , passa par la petite ville de Tournus, et fut témoin d'une scène extrêmement vive entre le père et le fils. Frappé du talent original dont ce dernier paraissait avoir le germe , Grandon demanda et obtint la permission d'emmener le jeune Greuze à Lyon , où il lui donna des leçons gratuites, qui le mirent promptement en état de peindre le portrait avec succès. Il n'est donc pas rigoureusement vrai , comme nous l'avons entendu dire, que Greuze n'ait jamais eu d'autre maitre que la nature. C'est même, selon toute apparence , aux leçons de Grandon , qu'il dut la supériorité toute particulière avec laquelle il peignait des tètes d'enfants et de vieillards. Grandon étant venu à Paris, son élève l'y suivit et s'y fixa. vivant avec peine du Beaupère du célèbre Grétry. prix modique de ses portraits, Greuze sentit la nécessité de s'élever à un genre plus noble. Il suivit l'étude du modèle à l'Académie, et quoiqu'il ne se distinguât pas beaucoup de ses condisciples par la manière de dessiner le nu, il eut du moins l'avantage de rectifier jusqu'à un certain point ce que ses premiers principes avaient de défectueux. Quel fut un jour l'étonnement de ses professeurs, dont jusquelà il n'avait point encore fixé l'attention , lorsqu'il leur montra son excellent tableau du Père de famille expliquant la Bible i ses enfants! lls ne purent en croire leurs yeux , tant le mérite de ce coup d'essai leur parut extraordinaire; et quelquesuns d'entre eux ne craignirent pas de dire que le jeune Greuze ne pouvait être le véritable auteur d'un pareil chefd'oeuvre. Il répondit à cette accusation par d'autres ouvrages aussi beaux et plus parfaits peut-être que son Père de famille , et dès lors sa réputation s'éleva au plus haut degré. Protégé par M. Delalive de Jully, riche amateur, il n'eut bientôt plus à s'inquiéter Lies premiers besoins de la vie. Son tableau de l'Aveugle trompé le fit agréer à l'Académie, sur la proposition du célèbre Pigalle; et les ouvrages qu'il exposa au salon eurent une vogue prodigieuse. Cependant quelquesuns de ses envieux s'attachèrent à le décrier, disant partout que son goùt de dessin était trivial , et qu'il n'avait nulle connaissance des grands modèles. Greuze voulut détruire l'effet de cette malveillance, et se rendit à Rome avec Gougenot pour y apprendre à mettre plus de vigueur dans son coloris , plus de noblesse et d'élégance dans son dessin. Mais cette entreprise, loin de lui réussir, ne fit qu'altérer à certains égards, par une imitation servile, la naïve originalité de sa première manière ; et lorsqu'il fut de retour à Paris, ses ennemis , affectant de le plaindre, ne manquèrent pas de publier qu'il avait perdu tout son talent en route. Heureusement il ne tarda pas à secouer le joug de l'imitation et à réparer le léger échec que sa réputation avait momentanément souffert. Le plus grand artiste toutefois n'étant pas exempt de faiblesse , Greuze eut alors à se reprocher quelques fautes qui lui attirèrent de nombreux désagréments : se croyant sans doute trop supérieur aux autres agréés de l'Académie pour être assujetti comme eux à la condition de présenter un tableau de réception , il refusa longtemps de remplir cette formalité indispensable. Déjà le délai au delà duquel il était dans le cas d'être exclu pour toujours était expiré, lorsque l'Académie, sentant tout ce qu'elle perdrait à rejeter de son sein un artiste aussi distingué, se contenta de lui interdire le droit d'exposer ses ouvrages au salon du Louvre tant qu'il n'aurait pas satisfait aux règlements. Cette décision le détermina enfin à céder; mais , tout en cédant, il se donna de nouveaux torts. *Mécontent de ce qu'on prétendait ne le recevoir à l'Académie que sous la qualité de peintre de genre et de portraits, il voulut y être admis à titre de peintre d'histoire ; et dans ce dessein il présenta pour tableau de réception une composilion du genre héroïque , qui, loin de produire l'effet que l'auteur en attendait , fut malheureusement jugée médiocre par tout le monde. Les académiciens s'autorisèrent de ce mauvais succès pour persister dans leur résolution : Greuze , piqué au vif , rompit dès ce moment avec eux sans retour et s'abstint d'envoyer ses ouvrages au salon tant que l'Académie subsista. A l'époque de la révolution il s'empressa d'exposer quelques portraits au musée des artistes vivants. Mais alors sa vue et sa main étaient affaiblies, et le respect dù à la vieillesse ; le Gdleau des Buis; la Fille confuse ; la Bonne éducation; la Paix du ménage; la Cruche cassée; le Départ de Barcelonnette; la Bénédiction paternelle ; l'Et! fant pleurant la mort de sa mère , etc. La plupart de ces ouvrages , pleins de vie et de sensibilité , sont remarquables surtout par la disposition et l'agencement pittoresque des figures. S'il y avait quelque chose à y blâmer, ce serait peut-être l'affectation de l'effet théâtral. Greuze avait aussi le défaut de répéter presque dans tous ses tableaux les mèrnes caractères de tètes ; niais ces tètes étaient si belles , si admirablement modelées, qu'aucun peintre du dernier siècle ne saurait à cet égard lui ètre comparé. Son dessin , dans toutes les autres parties de la figure , manquait plutôt d'élégance que de correction , et ne laissait presque rien à désirer par rapport à la fermeté. Ses draperies sont en général de mauvais goût. On a dit qu'il les négligeait exprès pour faire ressorti,• la beauté des chairs ; mais il est permis d'en douter : ses carnations étaient trop belles pour avoir besoin d'eue relevées par un artifice de ce genre, et dans tous les cas il pouvait subordonner l'effet des draperies à celui Onpeut en .juger par sa Ste- Marie égyptienne, tableau de cinq pieds et demi de haut sur quatre de large, regardé par Taillasson , pour la beauté et la vérité de l'expression , comme le chefd'oeuvre de Greuze. Ce tableau, peint vers 1750 pour M. DuclosDufresnoy, , fut exposé au salon en 1808 et 18l4, et Greuze eu lit, au tout do quarante ans, une copie qui a passé dans le cabinet du prince de Ca- société des plus jeunes femmes, et les soins qu'il prenait pour leur plaire n'étaient pas toujours exempts de ridicule. Toutes les personnes qui l'ont connu font l'éloge de la bonté de son coeur, et regrettent vivement sa perte. La simplicité de ses obsèques, dit le Moniteur, a été animée par une scène aussi touchante qu'inattendue : « Au mo« ment où le corps allait étre enlevé de l'église « pour étre placé sur le char funéraire , une jeune « personne, dont on pouvait remarquer l'émotion « et les larmes à travers le voile dont son visage « était couvert , s'approchant du cercueil , y plaça « un bouquet d'immortelles , et se retira au fond « de l'église pour y continuer les prières qu'elle « avait interrompues. Les tiges de ces fleurs « étaient fixées par un papier ployé sur lequel •c étaient écrits ces mots : Ces fleurs . offertes par « la reconnaissance de ses éléves , sont l'emblème ( le (, sa gloire. e J. B. Greuze a laissé deux tilles, qui ont hérité d'une partie de ses talents. Madame de Valory a donné au théâtre du Vaudeville : Greuze, ou l'Accordée de village, comédievaudeville en un acte , précédée d'une notice sur Greuze et sur ses ouvrages, 1813
  • Jean-Baptiste GUARINI( 1537) : célèbre pone italien; né à Ferrare le 10 décembre 1557, était de la nième famille que les précédents. Il fit ses études à l'université de Padoue, sous la direction de son père , Alexandre , auquel il dut la plus grande partie de ses connaissances, et plus spécialement son goût pour la poésie. A la mort d'Alexandre, il le remplaça dans la chaire des humanités à l'université de Ferrare , quoiqu'il fùt alors à peine âgé de vingt ans. Quelques compositions lyriques qu'il publia vers cette époque avaient déjà commencé à établir sa réputation. Appelé à la cour du duc de Ferrare, qui était comme le rendezvous des plus beaux talents de l'Italie , il y connut le Tasse , plus jeune que lui de sept ans, avec lequel il se lia d'une amitié intime , et dont il fut dans la suite le plus zélé défenseur et le plus ardent panégyriste. Le duc ayant nommé Guarini chevalier, le chargea de plusieurs missions importantes auprès de différentes cours de l'Europe. Il y avait quatorze ans que Guarini servait son maitre ; et, loin d'en avoir obtenu la moindre récompense , il avait dépensé la plus grande partie de sa fortune. Il s'en plaignit : le duc le sut, s'en montra irrité, et Guarini s'éloigna de la cour. Quelque temps après il passa au service d'Emmanuel Philibert , duc de Savoie , ensuite à celui de Vincent, duc de Mantoue ; mais, ne recueillant encore dans ces deux cours que beaucoup d'éloges pour tout salaire, il se retira à sa terre de Guarina , près de Reggio. Étant devenu veuf , il eut le dessein d'embrasser l'état ecclésiastique, et se rendit à Rome à cet effet. Mais Guarini avait une épouse qu'il adorait. Ses trois fils lui suscitèrent souvent la fit jouer à Turin en 1585 avec une magnificence vraiment royale. Bientôt on vit paraltre un grand nombre de copies du Pastor Fido, qui se répandirent dans toute l'Italie. Outre cela, cette pièce eut, du vivant de l'auteur, quarante éditions. Les premières sont celles de Venise, lionfaldini, •590 ; 1602 , id., et imprimée ensuite à Amsterdam , Elzevir, 1678 avec les figures de le Clerc, etc. Elle a été traduite presque en toutes les langues : en espagnol , par Figueroa , Madrid, 4610; Naples, 1622 en français et en prose, avec le texte italien, par Pecquet, Paris, 1733, 2 vol. trèsjolie édition , et plusieurs fois réimprimée en grec moderne et en vers rimés, par Candioto , et jusqu'en patois napolitain, par Basile, Naples, 1628 Les littérateurs italiens ont souvent discuté pour savoir laquelle des deux pièces, l'Aminta du Tasse ou le Pastor Fido, a servi à l'autre de modèle ; mais il parait constant, en supposant nième que Guarini ait mis la première main à son ouvrage en 1569, que le Tasse commença le sien bientôt après la publication de son Renaud, qui eut lieu en 1563, et que l'Aminta fut jouée à la cour de Ferrare en 1574 , c'est-àdire onze ans avant la première représentation du Pastor t'id°. On peut donc conclure que ce dernier peine a été composé à l'instar de l'Aminta. Ces deux poëmes en enfantèrent un grand nombre d'autres du mème genre, condamnés à l'oubli de- puis longtemps, excepté la Fillide . L'Aminta et le Pastor Fido sont sans doute deux drames d'un grand mérite ; mais si on les examine avec une juste critique, on verra que l'action dans le Pastor Fido est plus animée et plus variée, du reste moins régulière et moins attachante que celle de l'Aminta. Le style du Guarini est trèsbrillant, plein de traits piquants et riche d'images; mais il n'a pas la pureté, la douceur, l'élégance, qui caractérisent le style du Tasse. Ce dernier ne blesse presque jamais la décence ; Guarini y manque à chaque instant, comme dans la scène 2 du premier acte , dans la 3. , Ferrare , 1588 ; 3° Ver- rat° secundo , Florence , 1593. Ce dernier ouvrage réduisit au silence Nores et tous ses partisans. 4P Segretario , dialogo , Venise , J594-1600 C'est nn traité politique, où l'on remarque le talent de l'auteur dans la diplomatie. 5° Lldropica, comédie en cinq actes et en prose , dont la représentation durait six heures, et qui n'est recommandable que par le style, Rome, 4614. Cette pièce , qu'on trouve dans plusieurs éditions du Pastor Fido , e qui fut jouée à la cour de Turin avec les intermèdes du célèbre Chiabrera , est en- core plus libre que la première. On I donné une trèsjolie édition des oeuvres de Guarini à Ferrare, 1757, 4 vol. avec de superbes figures et de trèsbelles vignettes. Dans le second volume se trouvent placées les poésies lyriques du mème auteur, justement estimées , et contenant des sonnets , des chansons , etc. Entre les sonnets, il faut distinguer ceux qui commencent ainsi : Amor Ira un bel ginepro e no casto alloro ; — Quelle gran donna die '1 sue duce inculte ; — Corne quel sacro cigno , — et sa chanson : Non da' gioghi di Pindo o d'Elicona. Ses dialogues et les cinq intermèdes qui les suivent contiennent des beautés du premier ordre. Le quatrième volume de cette édition est uniquement rempli d'annotations et des apologies faites par différents auteurs pour le Pastor Fido. Guarini a laissé un traité sur la liberté publique : des raisons d'État ont empèché de le publier. On avait cru dans le temps que ce poifte avait travaillé , conjointement avec le Tasse, à la Jérusalem délivrée. Un manuscrit de ce peme, chargé en marge des corrections de Guarini , avait donné lieu à cette erreur. Mais ce , où il proteste qu'il n'y a fait ces corrections qu'afin de faire disparaître les innombrables fautes qui s'étaient glissées dans les différentes copies de l'ouvrage immortel de ce grand homme. Guarini, s'étant retiré à Venise , y mourut le 6 octobre 1612 , à l'âge de 75 ans. On a plusieurs vies de Guarini, écrites successivement par Apostolo Zeao, Verrato, c'était le nom d'un comédien alors célèbre. , fils de JeanBaptiste, fut le seul des quatre enfants de ce dernier qui hérita des talents de son père. Il remplit plusieurs emplois distingués auprès du duc de Ferrare, et mourut le 14 août 1636. On a de lui : 1° une cdmédie en trois actes, la Brada- mante gelosa, Ferrare, 1616, in4° ; 2. Apologie de César , publiée à Ferrare en 1G32 ; 50 Dialogue sur la prétendue folie du Tasse , et qui a pour titre : Il Farnetico savio , Ferrare, 1641
  • Jean-Baptiste GUADAGNINI( 1722 - 1806) : savant curé italien, naquit en 1722 à Eséno, dans la province e Brescia. Les leçons et l'exemple d'un de ses professeurs de philosophie lui avaient d'abord fait embrasser avec ardeur les opinions (le Molina ; mais la lecture des ouvrages de StAugustin le ramena dans le système opposé , et il devint si zélé pour la doctrine de ce saint Père, qu'il voulut la soutenir Iiiimême par (les thèses publiques dans les écoles des dominicains à Brescia. Ayant été ordonné prêtre, il se livra avec ardeur, aux fonctions du saint ministère, dont il se délassait par l'étude des sciences ecclésiastiques, des langues mortes et vivantes, et n'élue en s'exerçant à la poésie sacrée. En 1760 il fut nommé curé de Cividate , dans cette vallée (lu Brescian qu'on appelle Val Camonica, et ensuite archiprêtre du canton. Tous les moments que ne réclamaient pas le soin de ses ouailles et les occupations de Wh archipretrise étaient consacrés au travail du cabinet. Outre lvs ouvrages dont nous allons donner la liste, il composa un grand nombre de dissertations _pour le Journal ecclésiastique de Rome. Ses opinions théologiques offensèrent vivement. quelques molinistes, et il eut à essuyer de leur part bien des attaques et des persécutions. Cette controverse , très- fAclicuse pour lui, occupa la majeure partie de ce journal en 1796. La sérénité de son âme lui lit supporter avec une résignation édifiante les tracasseries de ses adversaires et les funestes événements de la révolution (l'Italie. Il mourut à l'âge de 84 ans, le 21 mars 1800. Les plus remarquables de ses ouvrages imprimés sont :1. De antiqua parceciarum origine , Brescia, 1782 8.; 2° Difesa di Arnaldo di Brescia, Pavie, 1790, 2 vol. iii-8.; 3. Due lettere prorene- siche al signor D. Vincenzo Rosa sopra il celibato, Bergame, 1801 , 2 vol. Il a laissé en manuscrit (l'autres ouvrages (lu même genre. Le professeur Florian° Caldani a publié sur cet auteur, à Padoue, en 1808, un volume qui a P°" titre : Memorie sulla vita e salle opere di Giambattista Guadagnini, arciprete di Cividate in Val Camonica
  • Jean-Baptiste GESNAY( 1585 - 1658) : jésuite, né en 1585 à Aix en Provence, fut admis dans la société à l'àge de dixsept ans, y professa la philosophie et ensuite la théologie , fut nommé successivement recteur des colléges de Besançon , Avignon , Arles et Marseille, et mourut dans la maison de son ordre à Avignon, le 4 novembre 1658. On a de lui 1° Magdalena Alassiliensis advenu , sive de ejus in Provinciam appulsu dissertatio hislorica, Lyon, 1643 Il cherche à prouver, contre le sentiment de Lannoy, que SteMadeleine a véritablement fait un voyage en Provence. 9.. Auctuarium historicum de Magdalena Massiliensi advena, ibid., , 461i C'est une réponse à la réfutation que Launoy avait publiée de la dissertation précédente : le P. Guesnay se tint caché sous le nom de Pierre Henri , et se donna ainsi la facilité de défendre son opinion avec une aigreur trèsdéplacée, même dans la bonne cause. 3' Le Triomphe des reliques de Ste- Madeleine, ibid., 1647 sous le nom de Denys de la SteBaume. 4° Cassia- nus illustrants, sive chronologia vite Sancti Joannis Cassiani, ibid., 1652 Le cardinal Noris dit que Guesnay y représente Cassien, non tel qu'il a été, mais comme il aurait voulu qu'il eût été. Provincim Massiliensis annales , sen Massilia gentes et christiana, libri tres , ibid. , 1657 ou 1659 Cette histoire de Marseille n'est point estimée. L'auteur y suit pas à pas Clapiers et Nostradamus, et ne se montre ni plus exact ni plus judicieux que ces deux écrivains. On retrouve à la fin ses deux réponses à Lannoy
  • Jean-Baptiste GUIDI( 1700 - 1771) : écrivain ascétique, né à Bologne au commencement du 18e siècle, fut destiné à l'état ecclésiastique, et chercha à s'en rendre digne par de bonnes études , une conduite régulière et l'attachement à ses devoirs. Après avoir exercé les fonctions de son état dans différentes paroisses, il fut nommé archiprètre de l'église SteMarie des Allemands à Bologne, et mourut le 15 avril 1771. On a de lui : Dupplicato annuale , di parochiali discorsi, per lutte le domeni- che e solennita del Signore. L'édition la plus complète est celle de Venise, 1782 , 2 vol. Il faut réunir à cet ouvrage le suivant : Discorsi per lutte le l'este della beata Vergine e dei Santi, Venise, 1781 , prêtre de l'Oratoire, né à Lyon en 1710, d'une famille originaire d'Ita- lie, enseigna pendant dix ans les humanités dans le collége de sa congrégation, reçut ensuite les ordres sacrés , et fit pendant plusieurs années, à Juilly, des conférences qui. eurent de la répu- tation. L'éclat qu'il mit à déposer un acte d'appel entre les mains de M. Soanen l'obligea à errer dans diverses maisons de son ordre, et il finit par venir se cacher dans la capitale. Il s'associa ensuite à la rédaction de la Gazette ecclésiastique, publia quelques ouvrages qui annonçaient de l'esprit et des connaissances variées; et l'on croit que plusieurs prélats se servaient de lui pour composer leurs mandements. 11 mourut à Paris le 7 janvier 1780. Nous citerons de Guidi 10 Vues proposées à l'auteur des Lettres pacifiques , 1753 2. Lettre à l'auteur de l'écrit intitulé La. légitimité et la nécessité de la loi du silence , 1759 ; Jugement d'un philosophe chrétien sur les écrits pour a contre la légitimité de la loi, du silence, 1760 40 Lettres à un ami sur le livre de d' Alembert : Sur la destruction des jésuites eu France, 1765 50 Réflexions sur le despotisme des évêques et les interdits arbitraires , 1769 6. Lettres à M. le chevalier de ***, entraîné dans l'irréligion par un libelle intitulé Le militaire philosophe ,1'770 7. Entretiens philosophiques sur la religion., Paris, 1772, 2 vol. ; un troisième volume fut publié en 1781. Se Dialogue entre un curé et un évêque sur le ma- riage des protestants, ibid., 1775 suit, 1776 Il y établit la nécessité d'autoriser leurs mariages devant les magistrats. 9. L'Arne des bêtes, Paris, 1785 C'est une défense du système de Descartes et une suite des Entretiens SU? ' la religion. Le P. Guidi écrivait avec une extrême facilité. Il était comme à l'affin des livres des incrédules pour les réfuter. Il mourut la plume à la main ; et les nombreux manuscrits qu'il a laissés n'offrent presque point de ratures. — Son neveu et son élève , Jean- Baptiste- Marie GUIDI , était doyen des gentilshommes ordinaires du roi et des censeurs royaux , lorsqu'il mourut à Paris en juin 1816, Agé de plus de 84 ans. C'est lui que le garde des sceaux Miromesnil avait chargé d'examiner le Mariage de Figaro. Guidi refusa son approbation à cette pièce sous le rapport de la morale. Quant au mérite littéraire, il crut y trouver des longueurs qui devaient nuire au succès. Cela ne l'empêcha pas de s'amuser beaucoup à la représentation de cet ouvrage. Beaumarchais s'en étant aperçu , et l'ayant plai- santé sur le jugement qu'il avait antérieurement porté de sa pièce et sur le plaisir que cependant elle lui causait , Guidi lui répondit : « Si l'on « affichait que tel jour les nymphes de l'Opéra a danseront sans prendre les précautions qu'exige « la décence, croyezvous, monsieur, que le par-« terre ne serait pas plein , et qu'on n'y rirait « pas aux éclats? » Il a traduit de l'italien de Muratori La véritable dérolion, 1778 ; et il a publié : Lettres contenant le journal d'un voyage fait à Rome en 1773, Genève , 1783, vol. Elles sont écrites avec impartialité, et présentent quelques observations neuves, malgré le grand nombre d'ouvrages qu'on avait déjà sur l'Italie
  • Jean-Baptiste GUILLAUME( 1728 - 1796) : historien, né à Besançon en. 1728, s'appliqua dès sa jeunesse à déchiffrer les anciens titres. Ayant obtenu l'entrée des archives de l'officialité, il se chargea d'en dresser l'inventaire, et fut récompensé de ce travail par un bénéfice. Il embrassa bientôt après l'état ecclésiastique, et continua de se livrer à un genre d'études qui présente peu d'agréments. quitta sa province vers 1760 , et vint habiter Paris. Le comte de SaintFlorentin, à la recommandation de quelques personnes, le nomma son archiviste, avec un traitement honorable. Guillaume obtint aussi quelques emplois lucratifs dont il fut privé par la révolution. Il se retira près de Dijon et y mourut presque inconnu, en 1796. Il était membre de l'Académie de Besançon. On a de lui : 10 Histoire des sires de Salins au comté de Bourgogne, avec des notes historiques et généalogiques sur l'ancienne noblesse de celle province Besançon, 1757-1758, 2 vol. Cet ouvrage est superficiel et inexact ; mais l'auteur a réuni à la tin de chaque volume un grand nombre de pièces originales assez intéressantes. 2. Dissertation sur l'usage de la preuve du duel, tel qu'on l'observait anciennement en Franche- Comté; 3° Éloge historique de Jean de Vienne , amiral de France; Éloge de Guy Armenie , président du parlement des deux Bourgognes ; 50 Dissertation sur une statue antique trouvée à Mandeure en 1755. Ces quatre pièces sont conservées dans les Mémoires de l'Académie de Besançon. Parmi les autres ouvrages que l'abbé Guillaume a laissés en manuscrit, on se contentera de citer : 10 Généalogie de la maison de Bauf fremont 20 Notes sur le nobiliaire de Franche- Comté, 4 vol. C'est le résultat des recherches qu'il avait faites dans les archives de la province
  • Jean-Baptiste HARMAND( 1751) : cousin du précé- dent, était comme lui de Souilly , où il naquit le 10 novembre 1751. 11 fit ses études au collége de Verdun , d'où il passa au séminaire de la mime ville, qu'il quitta pour aller étudier le droit à l'université de Reims. Il était dans cette ville lors du sacre de Louis XVI , et c'est alors , atil imprimé depuis, qu'il eut l'occasion de lire sur les murs de l'HôtelDieu, près du palais de l'archevêché que ce prince occupait, ces mots écrits en rouge : sacré le 11 , massacré le 12.11 attribuait cette horrible inscription à l'agitation qui existait encore dans les esprits par suite des dissensions qu'avaient occasionnées les querelles des parlements. Peu de temps après, il s'enrôla dans le régiment de Vivarais infanterie, où il parvint au grade de portedrapeau. 11 passa plus tard dans un autre corps. Il avait participé mec ce régiment de Vivarais à une expédition des grandes Indes. Revenu vers 1787 à Bar le Duc, il y exerçait la profession d'avocat lorsque la révolution éclata. Il en adopta les principes, fut élu d'abord juge de paix , puis député à la convention nationale , où il fut désigné sous le nom de Harmand de la lieuse. Dans le procès de Louis XVI, il rejeta d'abord l'appel au peuple , puis il se rapprocha du parti modéré et s'exprima ainsi sur la question de la peine à infliger : « Ne pouvant puiser la peine dans le Code pénal, puisque vous en avez écarté les formes, je vote le bannisse, M-1) j
  • Jean-Baptiste HAULTIN( 1580 - 1640) : numismate , né à Paris, vers 1580 , d'une bonne famille de robe, obtint une charge de conseiller au ClAtelet , partagea sa vie entre l'étude et les devoirs de sa place, et mourut en 1640. On lui attribue plusieurs recueils numismatiques, tous extrêmement rares, et que les curieux portent à des prix très-élevés, lorsque le hasard en fait passer des exemplaires dans les ventes. Ce sont : 1° les Figures et em- preintes des monnaies de France, Paris, I 619 de 251 feuillets. Ce volume contient les monnaies de France, depuis le commencement de la monarchie jusqu'au règne de Henri II, gravées sur bois, avec exactitude, mais sans explication. On trouve cependant quelques exemplaires avec des notes manuscrites, indiquant la forme des monnaies, leur aloi , le temps auquel elles ont été fradées, et leur valeur primitive . 2° J. B. Altini numis- mata non antea antiquariis edita, Paris, 'I Ce volume est si rare que l'on n'en connait que le seul exemplaire qui appartient à la bibliothèque de Paris. Il se compose du portrait de l'auteur, au bas duquel on lit le titre de l'ouvrage., écrit à la main, et de 141 feuillets sur lesquels on a rapporté les gravures de 583 médailles ou médaillons, vus des deux faces. Les douze derniers feuillets, chiffrés de 146 à 157, contiennent différents mor- ceaux d'antiquités , dont quelquesuns portent la signature du graveur J. Picart , et d'autres la date de 1637. Haultin se proposait , diton , de joindre à ce volume les explications nécessaires ; mais la mort l'empêcha de s'occuper de ce travail. On renvoie , pour de plus grands détails sur cet ouvrage , à la description qu'en a donnée Debure . 3° Histoire des empereurs romains, depuis Jules- César jusqu' à Pos- thumus , avec toutes les médailles d'argent qu'ils ont fait battre de leur temps, Paris , lGll et 4645 Ce rare volume consiste en 201 planches de médailles, précédées d'un frontispice imprimé, Koenig , par une erreur singulière, attribue à t'affilia l'édition du Louvre de la Chro- nique de Théopbanes de Léon le grammairien, que l'on sait avoir été publiée par Jacques Goar et Combefis
  • Jean-Baptiste HENOUL( 1755 - 1821) : né à Liége en 1755, fit ses études dans cette ville et s'y fit recevoir avocat en 1778. Sa vie fort retirée se partagea entre l'étude des annales de sa patrie et les devoirs de son état. On lui doit un ouvrage historique sur le pays de Liége, qui passe pour être assez bien écrit et pour lequel il avait fait beaucoup de recherches. On regrette seulement qu'il n'ait poussé son travail que jusqu'à l'année 4469, quoiqu'il l'eùt annoncé comme devant aller jusqu'à l'année 1789. Henoul a coopéré longtemps à la rédaction du Journal de la province de Liége, où dans des articles fort curieux il a exposé l'origine de différents usages et de coutumes singulières du pays. 11 mourut à Liége le 10 octobre 1821. Voici le titre de son livre : Annales du pays de Liège depuis les derniers Éburons , jusqu'au régne du prince- évêque Georges- Louis de Beryh, contenant les événements les plus remarquables tant de l'histoire de Liége que de celle de France, Liége, sans date de xvi et '2,17 pages
  • Jean-Baptiste HÉDOUIN( 1749) : Dé à Reims, en 1749, lit ses humanités avec succès, et se livra à l'étude des mathématiques. Étant venu à Paris avec l' de se perfectionner dans, cette science, il renonça bientôt à ce projet. Son goût pour la retraite et pour une vie tranquille, qui lui permit de cultiver les lettres, le détermina à entrer dans la congrégation de SteGeneviève, où pourtant il , 1782 Ge- nève , J. Léonard, 1782 20 Principes de l'éloquence sacrée mêlés d'exemples puisés princi- paiement dans l'Écriture sainte, dans les saints Pères el dans les plus célèbres orateurs chrétiens , ci l'usage des cours d'étude établis dans l'ordre de Pré- montré, Soissons, 1787 Le plan de l'ouvrage dédié à M. l'arche'éque de Narbonne, Dillon, l'épttre dédicatoire et l'avertissement sont de M. L'Écuy. 3° Fragments historiques et critiques sur la révolution, restés inédits. Hédouin avait des moeurs douces, était studieux, attaché à ses devoirs, aimé de ses confrères et estimé de ses su- prieurs Z.
  • Jean-Baptiste HENNEBERT( 1726 - 1795) : naquit à Hesdin le 21 aoùt 1726. Il fit ses études au collége de StOmer, et embrassa avec ardeur l'état ecclésiastique; jeune encore il fut nommé chanoine de l'église de StOiner. Ilennebert débuta dans la carrière littéraire par des pièces de poésie et tin mémoire sur les Causes de la décadence du commerce d'Hesdin , avec les moyens d'y remédier et de l'étendre; ce travail fut inséré dans les An- nonces des Pays- Bas français de l'année 1761. Trois ans plus tard, Ilennebert fit paraitre à Lille un volume intitulé Du plaisir ou du moyen de se rendre heureux. llennebert s'était aussi passionné dès sa première jeunesse pour l'étude de l'histoire naturelle, et il publia en 1770, à Paris, un ouvrage en 7 volumes sous ce titre : Cours d'histoire naturelle, qui comprenait les quadrupèdes , les poissons et les insectes. Mais c'était surtout à l'histoire de son pays qu'llennebert avait consacré ses loisirs; depuis plus de vingt ans il amassait des matériaux, fouillait dans les archives, puisait, en un mot, à toutes les sources auxquelles il pouvait avoir accès. Enfin parut le premier volume de son Histoire générale de la province d'Artois, Lille, 1786; les deux autres suivirent à peu de distance; le deuxième en 1788, à Lille, et le troisième chez Boubers, à StOmer, en 1789. Cette histoire ne s'étend que jusqu'au commencement du 15° siècle. Henuebert mourut le 15 avril 1795. Le travail de cet auteur est encore le plus complet sur l'histoire d'Artois
  • Jean-Baptiste HODIERNA ou ADIERNA( 1597 - 1660) : célèbre astronome , naquit en 1597 , à Raguse en Sicile. Après avoir terminé ses études avec une rare distinction , il embrassa l'état ecclésiastique , et fut pourvu de l'archiprètrise de Palma. Il consacra dès lors ses loisirs aux sciences, et y fit des progrès si rapides que son nom fut bientôt répandit dans toute l'Italie. Convaincu que les connaissances humaines ne peuvent avoir d'autre base que l'observation , il employa ses talents pour la mécanique à fabriquer des instruments plus parfaits que ceux qu'il avait pu se procurer. Il vérifia ensuite la position des étoiles fixes, et détermina celle de plusieurs qui n'avaient point encore été signalées. A la demande du grandduc de Toscane, il entreprit la rédaction d'éphémérides astronomiques d'après un nouveau plan , et y consigna le résultat de sa découverte de la marche des satellites de Jupiter. La noblesse de son caractère lui mérita des amis et la protection du duc de Palma, qui le nomma son mathématicien. La vie de ce savant fut tranquille et heureuse. Il mourut à Palma, le 6 avril 1660, universellement regretté. On doit à Hodierna une foule d'observations intéressantes et curieuses. Ce fat lui qui analysa le premier l'oeil de la mouche ; ce qui le conduisit à reconnaltre la forme singulière de cet organe dans les insectes : il décrivit aussi la dent rétractile de la vipère, laquelle lui sert, comme on sait , à introduire une liqueur corrosive dans ses morsures. Il reconnut que la reine des abeilles pond seule tous les oeufs : enfin s'il n'a point précédé Newton dans l'analyse de la lumière, ainsi que les Siciliens le prétendent, il est certain du moins qu'il a connu l'usage du prisme. Les ouvrages d'Hodierna sont trèsnombreux ; on se contentera de citer les plus importants : 10 Uni- versce facultatis directorium physico- theoricum opus astronomicum , in quo de promissorunz ad significa- tores proyressionibus physice agiter, Palerme, 1629 ; Thaumantice miraculum seu de causis quibus objecta singula per trigoni vitrei transpicuam substantiam visa , elegantissima colorant varietate ornata cernuntur, , ibid. , 1652 C'est un traité d'optique, et le premier où soient décrits le prisme et une partie de ses propriétés; 5. Medi- ca'orum ephemerides flanquant apud mortales editce, ibid., 1656, 4 part. Ce sont des tables des satellites de Jupiter, appelés alors, comme on sait, astres de Médicis. 4. De systemate orbis corne- tici deque admirandis coeli characteribus, ibid., 4656 ; 50 Protei ccelestis vertigines seu Saturai sys- tema, ibid., 1657 , ; 6. Dentis in ripera viru- lenti anatomia, ibid., 1646 ; 7. L. occhio della nzosca , discorso fisico , ibid. , 1644 , réimprimé la méme année dans un recueil d'opuscules d'Hodierna, et inséré dans le Muse° de Boccone 80 Archimede redivivo con la statera del momento dore iinsegna il modo di scoprir le fraudi nella fabricazione dell* oro e dell' argento , ibid. , 1644 Il a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages qui étaient conservés dans sa famille, et dont on trouvera la liste dans la Biblioth. ticula de Mon..gitore. La ressemblance des noms l'a fait con- fondre avec Jean- Baptiste HODIERNA , jurisconsulte de Naples , son contemporain , dont on a : Con- trorersiœ foreuses de secundis nuptiis, Naples, 1655; Genève, 1677 , et des additions au recueil publié par Surdus ou Sordi, des Décisions du conseil de Mantoue
  • Jean-Baptiste HOMANN( 1663 - 1724) : géographe allemand .et graveur de cartes, naquit le 20 mars 1663 à Kamlach, village de la principauté de Mindelheim en Souabe. Ses parents étaient catholiques. Il voulut d'abord embrasser la vie monastique; mais bientôt il changea de dessein , renonça au catholicisme, et alla s'établir à Nuremberg. Après y avoir appris la gravure, il tira parti de son talent; et son goût particulier le décida à l'appliquer aux cartes géographiques. Il travailla , entre autres, pour Sandrart. La réputation qu'il acquit à Leipsick. , où il avait coopéré à diverses entreprises, et les encouragements qu'il reçut de quelques savants, lui firent naltre l'idée de publier luimême ses cartes et de les vendre pour son compte. Il commença donc en 1709., à Nurem-. rerg, son établissement si connu dans toute l'Europe sous le nom d'offieina Homanniana. La première carte , qu'il fit paraltre cette même année, fut le Théâtre de la guerre en Italie : elle obtint le plus grand succès, et dès lors Homann ne cessa d'en publier de nouvelles. Comme il avait joint l'étude de l'astronomie à celle de la géographie, elles offraient un degré d'exactitude peu connu jusqu'alors, et que l'on ne trouvait guère que clans les cartes de Delisle. Il s'efforçait sans cesse de se procurer des matériaux nouveaux ; mais quoiqu'il ne négligeàt rien pour donner la plus grande correction à son travail, ses cartes laissent encore beaucoup à désirer. Il en grava plus de deux cents , dont il forma un recueil universel sous le titre d'Atlas, auquel il joignit une introduction de Doppeltuayer. Il publia ce recueil en 1716, et continua ensuite jusqu'à sa mort à produire de nouvelles cartes pour le compléter. Il faisait aussi des sphères , des globes, en un mot tout ce qui tenait à la géo- graphie. Il avait formé le projet, de concert avec Doppelmayer, de publier un Atlas astronomique ; il n'eut pas le temps de l'achever, étant mort le ler juillet 1724. Ses travaux lui avaient valu, en 1715, son admission à l'Académie des sciences de Berlin. L'empereur Charles VI l'honora du titre de son géographe, et lui fit présent d'une chaîne et d'une médaille en or. En 1722 , le czar Pierre 1" le nomma son agent , et le gratifia aussi d'une chaîne et de deux médailles en or. Indépendamment de l'Allas cité plus haut , on en doit à Ilomann un autre intitulé Atlas metho- diens explorandis juvenum. proftetibus in studio geographico ad methodum Hulenerianam accommo- dotes, Nuremberg, 1719 Cet Atlas, co de dixneuf cartes, est précédé d'une introduction explicative en quatre feuilles. Les noms ne sont indiqués sur les cartes que par leurs lettres initiales, afin que les élèves s'habituent à les reconnaître d'après leur position. Ils sont écrits tout au long dans l'introduction. Doppelmayer publia l'Atlas astronomique commencé par Homann . - Jean- Christophe Ilo?LoN , son fils, né à Nuremberg le 22 août , 1705, étudia la médecine, et prit ses degrés à l'université de Hailé. 11 fut nominé médecin de sa ville natale, et n'en. continua pas moins le commerce de son père. Ses nombreuses occupations et ses infirmités l'engagèrent à prendre Franz pour l'aider. il lui légua sou fonds, et mourut le 22 novembre 1750
  • Jean-Baptiste HUZARD( 1755) : vétérinaire célèbre , naquit à Paris , le '5 novembre1755 , d'une famille qui y exerçait la maréchalerie depuis plusieurs générations. Sa première éducation fut peu soignée , et il commença par ètre simple apprenti dans l'atelier paternel : il faisait en mème temps, chez les augustins réformés ou petitspères, quelques études restées incomplètes, mais qui ont suffi à la carrièrl où il devait acquérir une grande célébrité. Ce fut mème à leur persuasion que son père le fit entrer à l'école royale vétérinaire d'Alfort, récemment fondée, où il remporta plusieurs prix , entre autres celui de pratique, qui consistait en une trousse d'instruments, qu'il conserva religieusement et légua ensuite à l'aillé de ses fils. Après trois ans d'études, il quitta l'école pour s'attacher à la maréchalerie de son père. Cependant il concourut pour le prix de pratique vétérinaire fondé à l'école d'Alfort par Louis XVI, et il reçut la médaille d'or. Devenu membre titulaire de la société royale de médecine, il y fit différents rapports avec Vicqd'Azyr, qui décida son studieux et jeune confrère à écrire les articles de médecine vétérinaire , lorsque le gouvernement fut orionisé en douze commissions exécutives ou départements ministériels, Iluzard entra à la commission d'agriculture et des arts qui forma ensuite le ministère de l'intérieur, sous les titres successifs d'agent, de commissaire du gouvernement et enfin d'inspecteur général des écoles vétérinaires, fonctions qu'il exerçait encore dans sa quatrevingt et unième année avec toute la plénitude de • ses facultés. Dès l'instant de sa nomination , il quitta , au détriment de sa fortune privée, l'établissement de maréchalerie qû'il avait à Paris, pour se livrer exclusivement à ses occupations administratives. Il eut avec Tessier, Gilbert, et surtout Daubenton , beaucoup de part à l'introduc, Lion en France de la précieuse race des mérinos 0 novembre 1839, à l'âge de 84 ans. Une notice biographique sur Iluzard par M. L. Bouchant , son gendre , a été insérée dans les Annales de l'agriculture française ; une autre notice par M. de Sylvestre se trouve dans les Mémoires de la société royale d'agriculture . Huzard était doué d'une rare intelligence, d'une mémoire trèsheureuse , et suppléait par de tels avantages à ce qui avait manqué à sa première éducation. Divisé d'opinions avec quelquesuns de ses confrères sur différents points de doctrine vétérinaire, il se montra quelquefois peut-être trop arrêté dans les siennes. Ce fut surtout à l'occasion du système de noncontagion de la morve !chronique aujourd'hui admis par l'école , mais encore controversé' à l'Académie des sciences, qu'il montra le plus de ténacité nouvelle édition, 1817. Ce petit ouvrage , qui eut un grand nombre d'éditions, fut tiré à plus de soixante mille exemplaires. 5. Essai sur les maladies qui affectent les vaches laitières des faubourgs et environs de Paris, 1794 Instruction sur l'épidémie des va- ches , etc. , 1796 7° Instruction et nouveau rapport imprimés en France et en Allemagne et relatifs à la maladie des bêtes à cornes qui a régné dans le département des Forêts, 1797 , 8° Instruction sur les maladies inflammatoires et épizootiques, et principalement sur celle qui affecte les bêtes à cornes des départements de l'Est, d'une partie de l'Allemagne et des parcs d'approvisionnement des armées de Sambre- et- Meuse et de Rh et- Moselle, publiée par le conseil d'agriculture, 1797 9° Mémoire sur la péripneumonie chronique , ou phthisie pulmonaire, qui affecte les vaches laitiéres de Paris et des environs , avec les moyens curatifs et préservatifs de cette maladie, et des observations sur l'usage du lait et de la viande des vaches malades, an 8 10° Comptes rendus à la classe des sciences mathématiques et physiques de l'Institut national , de la vente des laines du troupeau de Rambouillet pendant les années 9-11 , avec Tessier 11° Instruction sur l'amélioration des chevaux en France, destinée principalement aux cultivateurs, an 10 l'2° Compte rendu à l'Institut national des améliorations qui se font dans l'établissement rural de Rambouillet , et principalement de celle des tètes à laine, et de la vente qui a eu lieu le 45 prairial an II 13° Notice bibliographique des différentes éditions du Thécitre d'agriculture d'Olivier de Serres, lue à la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut de France, 1e. 23 mai 1806 14" Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques , avec les moyens de les guérir, de les conserver en santé, de les multiplier , de les élever avec avantage, etc. , publiées avec Chabert et Flandrin, 1812 , G vol. 8'; les 4., 5e et 6e volumes ont eu une troisième édition de 181'2 à 1824; 15° Instruction sommaire sur la maladie des Utes à laine appelée pourriture, avec Tessier, 4822 16° Conjectures sur l'origine ou l'étymologie du nom de la maladie connue dans les chevaux sous le nomdefourbure, auxquelles on a ajouté des notes bibliographiques sur quelques anciens ouvrages de vétérinaire , 1827 Aryles bibliographiques sur fourrage d'Hortensia Lauda, intitulé : Sermoni funebri de' vari authori nellà morte di diversi animali , 1835 18° Notes bibliographiques concernant les ouvrages du duc de Nardo sur la vénerie et la fauconnerie, 1835 Indépendamment des ouvrages et opuscules mentionnés plus haut, Huzard est auteur de nombreux articles d'économie domestique et rurale et d'articles vétérinaires, insérés dans le Dictionnaire d'agriculture de la section d'économie rurale de l'Académie des sciences, qui a eu deux éditions : dans le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, édité par Deterville, ainsi que d'un grand nombre de mémoires publiés dans divers recueils scientifiques, tels que la Feuille du Cultivateur, ceux de la société centrale et royale d'agriculture, les Annales de l'agriculture française , etc. On connaît encore de lui un Mémoire sur les causes qui s'opposent à la guérison des fractures dans les grands animaux, et sur quelques moyens simples pro pres à contribuer à cette guérison, inséré dans les Mémoires de la société agraire de Turin; et des observations et remarques sur un veau qui est resté mort et intact dans la matrice près de quinze mois après le temps du vélage, dans le deuxième volume des Mémoires de l'Institut . Huzard a été l'éditeur du Traité des haras et des mulets, de Hartmann , 1788 de plusieurs ouvrages de Bourgelat qu'il a enrichis de notes importantes. On lui doit aussi quatre éditions augmentées de l'Instruction de Datibenton pour les bergers et les propriétaires de troupeaux. Ses principaux écrits ont été traduits en diverses langues
  • Jean-Baptiste IDT( 1771 - 1855) : né le 9 août 1771, à Lyon, où il est mort, le 4 avril 1835, était fils de Pierre Idt, négociant d'origine suisse, et de Michelle Chilliet. 11 fit ses études chez les oratoriens, qui avaient succédé aux jésuites dans le collége de cette ville. Condisciple de JosephMarie de Gé- rando , il dut à l'amitié de cet illustre philosophe son entrée dans la carrière de l'enseignement. Lors de la suppression des écoles centrales, c'est à lui qu'il s'adressa pour avoir un emploi dans le lycée impérial , et il l'obtint. Lors du mariage de Napoléon avec MarieLouise, il prononça le discours latin imposé par le grand mitre de l'Université à tous les professeurs de rhétorique des lycées. Vers la même époque, il publia le pro' spectus d'une traduction des I'anegyrici reteres ; mais les souscripteurs n'arrivèrent pas et la traduction ne vit pas le jour. Après la chute de l'empire, il prononça, dans la chapelle du collége royal , l'éloge de Louis XVI. C'était aussi un sujet de commande , donné par le gouvernement, nonseulement aux professeurs de l'Université, mais encore à tous les évêques du royaume, et même aux pasteurs de l'Église réformée. En 1827, il accepta les fonctions de censeur des journaux politiques publiés à Lyon, niais les pamphlets lancés contre lui par les écrit'ains de l'opposition, le portèrent à se démettre de ces fonctions peu compatibles avec celles du professorat. Une gratification de cinq cents francs qu'il reçut du préfet ne fut acceptée par lui que pour être immédiatement remise à son curé, qui la distribua aux pain res honteux de la paroisse. Cette action le réhabilita dans l'opinion du- parti libéral, et, l'année suivante, il fut vivement applaudi quand, à la distribution des prix , il prononça un discours dans lequel il traita de l'influence ( les sciences et des lettres sur la prospérité du commerce. L'étude de la langue grecque avait été reprise dans les colléges, et les oratoriens, qui ne l'avaient pas appris, ne l'enseignèrent pas à leurs élèves. Le ministre de l'instruction publique se vit dans la nécessité de donner un suppléant à Mt. Un jeune helléniste, lli. Rabanis, qui, depuis, a été doyen de la faculté des lettres de Bordeaux, lui fut adjoint. Après la révolution de 1850, Idt demanda sa retraite. On a de lui : Vies des hommes illustres de Rome, trad. du latin de Lho- mond, Lyon , 1829 2° Vie de Marie- : Ide/ aide- Xavier de France , reine de Sardaigne, Lyon, 1823 3. Distiques de Muret, trad. en vers français, petit s. d. et sans nom de ville. Le tome 9e de la nouvelle série de la Revue du Lyonnais contient une notice sur Idt, par M. Édouard Servan de Sugny, l'auteur de cet article en a reproduit ce qu'elle offre de plus intéressant
  • Jean-Baptiste IMPERIALI( 1588 - 1623) : médecin et littéra•eur, d'une branche de la famille génoise de ce nom, établie à Vicence, naquit dans cette ville en 4588. Il fit ses premières études à Vérone avec beaucoup de distinction, et fréquenta ensuite l'université de Bologne, où il eut pour maîtres Jérôme 'Mercuriali et Frédéric Pendosi, deux des plus célèbres professeurs de cette école , qui en compte un si grand nombre. Après avoir terminé ses cours, il vint à Padoue, où il prit ses degrés en médecine : il s'y lia particulièrement avec Fr. Picolomini , jeune médecin qui se délassait de la pratique de son art par la culture des lettres ; et à son exemple, il s'appliqua à la poésie latine. Il revint enfin à Vicence, et il y reçut un accueil si flatteur, qu'il prit la résolution d'y passer ses jours : ce fut en vain qu'on lui offrit les plus grands avantages pour l'attirer à Venise, à Messine , à Paecitte; il persista dans son projet de terminer sz., carrière à Vicence , et il mourut en cette ville le 26 niai 1613. Imperiali était doué d'une extréme facilité : son éloquence était douce, fleurie et abondante; et ses idées se présentaient à son esprit dans l'ordre le plus convenable. A l'âge de vingtdeux ans , il publia une Défense d'Alexandre Massaria , habile médecin , son compatriote; et ce petit écrit eut tant de succès, qu'il s'en fit jusqu'à six éditions en quelques mois. Ses Poésies latines ont quelque chose de la douceur de Catulle, qu'il avait choisi pour modèle; et les critiques italiens ne les jugent pas indignes du chantre de Lesbie. Mais son principal ouvrage est un recueil d'observations, intitulé Exotericarunz exercitationum libri duo, Venise , 1603 — Jean IMPERIALI, son fils aîné, naquit à Vicence en 1602; il étudia la médecine à Padoue, et revint l'exercer dans sa patrie, où il mourut vers 1670 , On a de lui : 1° Une Dissertation historico- médicale sur la peste qui désola l'Italie en 1630, Vicence, 1631, 4°; 2. illusœum historicum et physicum , Venise, 1640 La première partie de cet ouvrage, ou le ithisceum historicum, a été réimprimée à la suite des Apes urbanœ de Léon Allatius, Hambourg, 1711 C'est une suite de cinquante quatre éloges des hommes les plus célèbres dans la littérature, avec leurs portraits. Le Alusoeum physicum contient des observations sur le caractère de ces différents personnages, et des réflexions sur l'influence que les circonstances physiques ont pu avoir à l'égard du développement de leurs dispositions naturelles. 3. Le Arotte Barberine overo de quesiti e diseorsi fisici, medici, etc. , libr. y, Venise, 1663
  • Jean-Baptiste ISACCHI( 1500) : ingénieur, né dans le 16e siècle à Reggio, fut attaché quelque temps au service du comte Louis Pic de la Mirandole. L'ouvrage qu'il a publié et dont nous parlerons tout à l'heure prouve qu'il était un trèshabile mécanicien, quoiqu'il ne fût pas très- versé dans les sciences. Employé souvent comme décorateur dans les fêtes qui se célébraient à cette époque, avec une pompe et une magnificence dont on n'a plus aucune idée, il dirigea presque toutes celles qui furent données de son temps à Mantoue, à Bologne, à Novellara, et dans sa ville natale. En 196, il était chef des bombardiers et ingénieur pensionné du duc de Modène, Alphonse 11, son légitime souverain. Son principal ouvrage est Invenzioni nette quale si manifestano var) se- creti e utili avvisi à persone di querra e per i tempi di piacere , Parme, 1579 Ces inventions, dont il avait donné le catalogue en 1573, sont au nombre de plus de cinquante ; les unes relatives à la guerre, les autres aux fêtes, comme le dit le titre, et les autres enfin à diverses professions. Chaque partie de ce rare volume est précédée d'une dédicaCe à quelque personnage distingué, dont le portrait, gravé sur bois, accompagne l'épltre dédicatoire. On trouve à la tin de l'ouvrage le catalogue de nouvelles inventions que l'auteur se proposait de mettre plus tard au jour. On doit encore à l'ingénieur Isacchi la Vita di S. Pellegrino , re de Scozia, Reggio, 1586. — C'est par erreur que quelques bibliographes attribuent cet opuscule à son fils ALPIIONSE , prêtre et juris- consulte, mort curé démissionnaire de StLaurent de Reggio, en 1643. Alphonse est auteur de trai- tés de droit et de petits livres ascétiques dont on trouve la liste dans la Biblioteca modenese de Tirabocchi , t. 3, p.50. L'article d'Alphonse et celui de son père, signés des initiales C. C., sont (lu comte Crispi, de Reggio, qui s'était chargé de fournir à Tirabocchi des notices sur ses compatriotes
  • Jean-Baptiste ISABEY( 1767) : célèbre dessinateur et peintre en miniature, naquit à Nancy le 11 avril 4767. Son père, honnête paysan de la FrancheComté , était venu établir en Lorraine, du vivant du roi Stanislas, une Maison de petit commerce, qui lui procura assez d'aisance pour que ses deux fils plissent embrasser une profession libérale. L'alné, Louis Isabey, fut un musicien distingué. Dès l'âge de quatorze ans, en 1780, il se fit entendre à Paris dans les concerts spirituels.; plus tard , il devint premier violon d'Alexandre , pereur de Russie , et il avait rejoint, en France, son frère , auquel l'unissait une tendre amitié, lorsqu'il mourut subitement . JeanBap- tiste , le plus jeune, reçut de deux artistes lorrains, Girardet, peintre d'histoire, et Claudot, peintre de paysage, les premières leçons de son art. Ce dernier maitre lui fournit, à seize ans, l'occasion de déployer son adresse et son intelli- gence, en le chargeant de le remplacer momentanément dans la direction des travaux de restauration de la salle de spectacle de Nancy. 11 avait dixneuf ans , lorsque son père le dirigea vers Paris sous la protection de la noble famille d'H , qui lui donna pour commencer un petit logement dans son hôtel. L'ambition d'Isabey était d'entrer dans l'atelier de David , parvenu our une entreprise ortraits des membres de l'assemblée constituante, .e portrait au crayon de David, daté de 1789, un litre de madame (le Staël , qui remonte à la 'Ume 'poque, une admirable miniature de la mèrede rariste, antérieure mème à cette date, donnent l'idée l'un homme qui , dans les genres qu'il (levait culLiver, n'avait plus rien à apprendre. Il hésitait rependant à abandonner la peinture (l'histoire; mais un conseil opportun de Mirabeau , dont il eut occasion de faire le portrait, le décida à restreindre son ambition. Il vaut mieux, lui dit le grand a orateur, avoir la certitude d'être le premier dans a un genre, que le doute de n'être que le second ,( dans un autre. » Ajoutons que l'accroissement de ses charges de famille le poussait à cette résolution. line impression romanesque, et aussi la crainte de tomber dans ledésordre, lui tirent épouser une belle jeune tille sans fortune, qu'il avait rencontrée dans une promenade publique, conduisant son vieux père aveugle. Au milieu de ces vicissitudes et de ces efforts, il voulait , lorsque vint la terreur, se réfugier en Lorraine; niais, obligé de rester à Paris, faute d'un passeport qui lui fut refusé , il résolut de faire tète à l'orage ; et, tout en allant chercher des modèles jusque chez les plus redoutables personnages de l'époque , il vit passer devant ses yeux ces spectacles sans nom , dont l'impression lui était restée ineffaçable. Pendant la domination des terroristes , il avait pu vivre ; après leur chute, il conquit l'aisance et presque la richesse. Sa réputation était dès lors bien établie : il était le Peintre en miniature à la mode; en même temps, il cultivait le dessin avec succès. La passion que lui avaient inspirée les belles planches en manière noire de l'école anglaise lui fit entreprendre des compositrons à l'estompe qui furent bientôt reproduites par la gravure. Son début dans ce genre avait été le Départ pour l'armée et le Re- tour; peu de temps après, en 1797, il exécuta le grand dessin connu sous le, nom de la Barque d'Isabey, qui obtint au Salon un succès tout à fait populaire. Cette barque glisse sur la rivière d'un parc, à l'ombre des arbres, pendant la chaleur de l'été : le peintre s'y est représenté luimême , conduisant, à l'aide des avirons, ses trois enfants groupés avec tendresse autour de leur mère, à l'abri d'une tente rustiquement improvisée. Rien ne manque à cet ouvrage, dont l'original appartient au fils de l'auteur, et que d'ailleurs la gravure a rendu célèbre. La gràce, la simplicité , la pureté du sentiment s'y montrent, jointes à une exécution habile et rigoureusement précise. L'artiste révélait ainsi au public, avec la distinction (le son talent, la bonté de son coeur. A cette époque, Gérard , avec lequel il était intimement lié , venait (l'achever son Bélisaire. Isabey, rempli d'admiration pour cet ouvrage, et voulant, par sa propre facilité à battre monnaie dans un genre facile, aider son ami à gravir, au milieu des obstacles de l'époque , le sentier toujours âpre de la peinture d'histoire , lui acheta trois mille francs le chefd'oeuvre qui autrement n'aurait pas quitté l'atelier de son auteur. Peu de jours après, il détermina M. Meyer, envoyé de la république de Hollande, dont il venait de faire le portrait, à reprendre, pour le double du prix, le tableau dont il s'était chargé, et s'en alla tout joyeux Porter à son ami le bénéfice qu'il venait de faire sur son marché. C'est pour reconnaltre ce service opportun que Gérard fit l'admirable portrait en pied d'Isabey et de sa fille, qu'on admire aujourd'hui dans le musée du Louvre. On peut juger par là que le peintre en miniature était digne des faveurs dont bientôt après la fortune se plut à le combler, surtout à dater de l'époque où il obtint 1 a protection de madame (le Beauharnais, devenue depuis peu la femme du général dont le nom commençait à remplir le monde. Madame Campan , ancienne femme de chambre de la reine MarieAntoinette, venait de fonder à StGermain en Laye un pensionnat où fut mise la fille (le madame Bonaparte. Isabey, qui dirigeait dans cette maison l'enseignement du dessin, entra ainsi tout naturellement en rapport avec la nouvelle famille du vainqueur de l'Italie; il y était déjà établi sur un pied d'honorable affection , lorsque le général Bonaparte revint à Paris. Isabey le suivit à la Malmaison, et resta spectateur attentif du développement d'influence et de pouvoir qui, par une progression rapide, conduisit de cette modeste résidence à la demeure des rois l'homme vers lequel la France avait tourné ses regards. C'est alors qu'Isabey exécuta deux de ses ouvrages les plus intéressants, le Portrait en pied du général Bonaparte dans les jar- dins de la Malmaison, et la Revue des troupes passée en l'an 8, par le Premier Consul, sur la place du Carrousel. Dans ce dernier dessin, Isabey s'était fait aider pour les chevaux par Carle Vernet, dont l'esquisse est dans la collection du Louvre. De l'aveu de tous les contemporains, Isabey avait admirablement saisi la physionomie du nouveau maitre de la France; il avait pu étudier à loisir la construction de son visage, et le soin qu'il prit de la reproduire, malgré les changements de l'àge et l'épaississement des chairs, dans les portraits dont il fut successivement chargé, l'a laissé sans rival pour l'imitation la plus fidèle d'une tète que les peintres, les sculpteurs et les graveurs de médailles ont idéalisée à l'envi. Plus tard, lorsque Napoléon franchit le dernier obstacle qui le séparait du trône, Isabey fut appelé à diriger la décoration, l'ordonnance et jusqu'au cérémo-
  • Jean-Baptiste JAUFFRET( 1771 - 1828) : frère du précédent, naquit en 1771. Il quitta la France de bonne heure, et se fixa en Russie. Nommé directeur de l'institution des sourdsmuets à StPétersbourg, il mérita l'estime et la confiance de l'empereur Alexandre, qui le créa chevalier de l'ordre de StVladimir. Les honneurs qui lui furent accordés après sa mort, arrivée en 1828, parlent hautement en faveur de sa longue administration. Son portrait , demandé à sa famille, a été placé dans une des salles d'honneur de la maison des sourdsmuets de StPétersbourg, et l'empereur Nicolas a voulu faire luimême les frais des obsèques de l'ancien directeur
  • Jean-Baptiste JOURDAN( 1711) : né à Marseille , le -20 décembre 1711 , était lits d'un capitaine de vaisseau marchand , et se distingua à côté de lui dans plusieurs combats. Son goût pour le théâtre le fit venir à Paris, où il composa quelques ouvrages dramatiques pour le ThéâtreItalien : celui qui lit le plus de sensation fut licole des prudes, comédie en trois actes , jouée en 1753, non imprimée. Ses travaux, quoique assez notubreux, ne l'enrichirent pas; il n'était pas né pauvre, mais il le devint. 1::tant attaqué de plusieurs infirmités, entre autres d'une surdité presque entière, il mourut à Paris,. le' 7 janvier 1795. On a de lui 10 Le correcteur des bouffons à l'écolier de Prague, Paris, 1753, 8.; e Seconde lettre du correcteur des bouffons , etc., contenant quelques observations sur l'opéra de l'Iton, le Jaloux corrigé et le Devin du village. Paris, 17i3, 5° Le Guerrier phi- losophe, ou Mémoires du duc de "*, la Haye , 17.4i, quatre parties réimprimées en 175f. Fontenelle a fait l'éloge de ce roman. 4. His- toire d'Arislomène, avec quelques réflexions sur la tragédie de ce nom, Paris, 1749, 5° Histoire de Pyrrhus. Amsterdam, 1746, 2 vol. ; Vie de dame Olympe Maldachini, traduite de l'italien de Gregorio Leti, avec des notes, 1770, 2 vol. 70 Les Amours d'Abrocome et d'Anthia, traduits du grec de Xénophon le jeune, 1748 édition soignée, à laquelle on a joint un certain nombre de gravures et de cartes historiques et géographiques; 8,, Vie de Sémiramis, 17 48 l'auteur y réfute l'empoisonnement de Nions et l'amour incestueux de cette princesse pour son fils Ninias; 90 Comparaison de Manlius et de Venise sauvée, 1748 100 Mémoires de Monville, 1742, A
  • Jean-Baptiste JOURDAN( 1762) : maréchal de France, est un des généraux élevés à l'ombre du drapeau tricolore, qui dut aux campagnes de la république sa réputation militaire. Il a laissé celle bien tuélitée d'homme probe, honnète et de, talent. Souvent il a conduit nos armées à la victoire, et si ou peut dire que son mérite militaire consistait à prévenir avec prudence une défaite, à tirer les troupes d'un pas difficile et dangereux plutôt qu'à prendre l'initiative d'Une vigoureuse offensive, pour remporter un brillant succès, il n'en est pas moins vrai que son nom se rattache à de belles pages de notre histoire. Fleurus, Wati- gnies , Juiiers , le débloquement de Maubeuge, sont des opérations de guerre qui maintiendront le nom de Jourdan au niveau des noms les plus illustres des généraux dont nos annales françaises sont si riches. Jourdan, fils de Roch Jourdan, maître chirurgien juré, et de JeanneForéan Franciquet , naquit le 29 avril 1762 , dans le quartier de la Cité, à Limoges, dans une maison située vers le milieu de la rue des PetitsCarmes. Le Limousin montre avec orgueil à l'étranger la vieille maison en bois, à façade noire, étroite, percée de deux longues croiséès, dans laquelle le vainqueur de Fleurus a vu le jour, La famille de son père était originaire de la Provence; le chi- rurgien Jourdan , homme fort habile dans son art , vint s'établir à Limoges, où il ne tarda pas à se faire une sorte de réputation. Un des oncles du maréchal était curé de la paroisse de Beaurecueil , près d'Aix, et y tenait un pensionnat fort en renom. C'est là que le jeune Jourdan fit ses études. D'autres frères de son père étaient commerçants en soieries à Lyon. A la mort du chirurgien de Limoges, qui eut lieu lorsque Jourdan finissait à peine ses classes, un oncle, qui se posait assez despotiquement en chef de la famille, le fit venir dans son magasin de Lyon, le destinant au commerce. On était en 1777. Jourdan avait trop d'indépendance dans le caractère pour supporter longtemps une domination qui lui pe- sait. Un beau jour de l'année 1778, renonçant au commerce, il se fit soldat, s'engagea, malgré sa famille, dans Auxerrois • et se rendit à l'ile de Ré , où se trouvait le dépôt de son régi- ment. Bientôt Auxerrois fut appelé à faire les campagnes d'Amérique, et Jourdan fit partie de l'armée exp,éditionnaire du comte d'Estaing. Il resta au service militaire six ans, deux mois et vingtquatre jours, puis il rentra malade en France, obtint un congé et fut réformé pour cause de santé, pour faiblesse de constitution , le 26 juin 1784. Il se rendit à Lyon , chez son terrible oncle ; mais celuici ne voulut pas recevoir l'enfant prodigue, coupable de désobéissance. Jourdan, n'ayant plus l'appui de son protecteur naturel, revint à Limoges, où il comptait retrouver beaucoup des amis de sa famille. Avant de revoir sa ville natale , il voulut faire ses adieux à un camarade, alors en garnison en Schelestadt. Lorsqu'il se présenta au quartier de cavalerie de cette ville, un des dragons, en le voyant dans son uniforme râpé, avec sa figure maladive, s'écria d'un air de pitié : Voilà un pauvre diable de fan- tassin qui ne chaussera jamais les culottes de maré- chal de France. Jourdan aimait à raconter par la suite cette histoire. Le dragon de Sehelestadt n'avait pas été prophète. Jourdan revint à Limoges, et obtint d'ètre placé dans une maison de com- merce appartenant à M. Avanturier. H avait fallu pour cela la protection et les démarches de plusieurs personnes bien posées dans la ville , entre autres des docteurs Perigord et Laboulinière, anciens amis de son père. Au bout de quelque temps, la bonne conduite de Jourdan lui attira les bonnes grâces du maitre de la maison , et il épousa sa bellesoeur. Il s'établit alors pour son propre compte, et ouvrit, à l'entrée de la rue des Taules, dans les dépendances de l'abbaye de St- Martial, un magasin de mercerie. Pendant huit années consécutives , Jourdan exerça avec intelligence et probité la modeste profession de négociant, ou plutôt de détaillant , pour laquelle il avait une aptitude toute particulière. En 1790, soit qu'il eût puisé dans ses campagnes au nouveau monde des idées de liberté que rapportèrent d'Amérique tant de grands personnages de cette époque, soit que ces idées fussent naturelles chez lui et n'eussent fait qu'ètre développées par les événements qui se précipitaient sur tous les points de la France, à la formation de la garde nationale de Limoges, il montra beaucoup d'ardeur. On se rattachait alors avec grand plaisir à tout ce qui avait été militaire. L'ancien soldat d'Auxerrois re- çut de ses concitoyens l'épaulette. de lieutenant dans les chasseurs de la garde nationale de sa ville natale. Il passa une année dans cette position , partageant son temps entre son commerce et ses nouvelles fonctions. En septembre 479i, lorsque. la patrie déclarée en danger vit surgir des bataillons de volontaires dans tous les dépar- tements , le 2e de la IlauteVienne se donna pour chef le mercier de la rue des Taules. L'honnète bourgeois , plein d'ardeur et se rappelant son premier métier de soldat , abandonna une seconde fois son petit commerce, et mème sa femme, pour voler à la défense de la frontière. Il se rendit avec son bataillon à l'armée du Nord, et se trouva bientôt aux affaires de Jemmapes , de Nerwinden , de Famars, du camp de César, sous Dumourier, Dampierre et Custines. On ne tarda pas à remarquer sa fermeté comme chef de corps, son amour de la discipline, chose assez rare à cette époque , et cependant chose bien précieuse, puisque sans la discipline il n'y a pas d'armées. Ces qualités plus solides encore que brillantes fixèrent les regards sur lui. Le 27 mai 1793, de chef de bataillon ii fut nommé général est dans la bouche « de tous ses compagnons d'armes. » Ce certificat de patriotisme n'était pas inutile en 1793, c'était le meilleur pallndium qu'on pùt donner à un général en chef pour le sauver de la guillotine : la victoire même n'en préservait pas toujours. Le déblocus de Maubeuge, après l'affaire de Watti- gnies, mit en relief le général Jourdan , et le comité de salut public le manda à Paris pour l'aider de ses conseils et concerter avec lui le plan des opérations militaires en Belgique. Robespierre, SaintJust, Barère, Billant' - Varennes, Collot d'Herbois parlaient de reprendre l'offensive; tel n'était pas l'avis de Jourdan. A ses yeux, une campagne d'hiver dans les conditions où se trouvait l'armée, avec des troupes fatiguées, des conscrits sans instruction , mal armés, mal habillés, mal nourris, était une hérésie militaire. H conseilla une sage et prudente défensive jusqu'au printemps, une réorganisation complète, une réunion de tous les moyens d'action , et alors la reprise de l'offensive si on le voulait. Cet avis fort sage fut adopté de fait, bien qu'il partit timide, de sorte que, tout en faisant son profit des conseils del'homme, les membres du terrible comité déclarèrent Jourdan entaché d'incivisme, et prononcèrent sa destitution et mème son arrestation. Toutefois , Carnot , qui l'avait vu à l'oeuvre, et Barère lui sauvèrent la vie, car l'arrestation d'un général en chef accusé d'incivisme équivalait à une condamnation a mort. Jourdan fut mis en réforme , faveur insigne et que n'avaient pas obtenue Beauharnais, Custine, Houchard et bien d'autres. Jourdan, vainqueur et payé d'ingratitude par un gouvernement soup-çonneux, difficile à servir parce que tout reposait sur des bases sans solidité , Jourdan, simple et modeste , revint de nouveau dans sa bonne ville natale de Limoges. 11 en était parti une première fois et y était revenu soldat réformé ; il en était parti une seconde fois honoré du suffrage de ses concitoyens; il y revenait général , grâce à ses talents et à ses services , mais général destitué pour avoir donné trop franchement de salutaires conseils. Cincinnatus, laboureur, avait après ses victoires repris le soc de la charrue; Jourdan, marchand, reprit son petit commerce de mercerie. La seule vengeance qu'il voulut tirer du gouvernement ingrat qu'il avait sauvé, ce fut la spirituelle épigramme suivante : au fond de sa boutique de mercier, il mit en grande évidence son uniforme de général en chef et l'épée avec laquelle il avait vaincu le prince de Cobourg et le feldmaréchal de Clerfayt. Sa disgrâce ne fut pas de longue durée. Des hommes du talent de Jourdan étaient trop rares pour qu'on se privât de leurs services , quand l'échafaud n'avait pas tranché leur précieuse existence. Au commencement de 1794 , Jourdan remplaça, à la tète de l'armée de la Moselle; le jeune et brillant Hoche, tombé dans la disgrâce des farouches proconsuls SaintJust et Robespierre. Le 15 avril , peu de jours après son arrivée dans les Ardennes, le nouveau général battit à Arlon le général autrichien Beaulieu. Il prit ensuite position de manière à menacer d'un côté l'électorat de Trèves et le Luxembourg., de l'autre Liége et le Brabant, pouvant seconder au besoin l'armée du Rhin ou celle du Nord. Le 21 mai , il laissa un de ses généraux , Moreau , à la tète de trois divisions, entre Longwy et Kaiserlautern , puis , avec une cinquantaine de initie hommes, il s'approcha de la Sambre et rallia la droite de l'armée du Nord, repoussée de Charleroi , grâce à la ridicule présomption, aux fautes et à l'ignorance des stupides représentants du peuple SaintJust et Lebas Alors les deux armées réunies n'en formèrent plus qu'une, qui reçut le nom d'armée de SambreetMeuse. Elle était forte de quatrevingt mille combattants. C'est de ce moment que date en partie la gloire de nos armées sous la république, et Jourdan restera comme le type des généraux vertueux , réellement patriotes et probes dans' toute l'acception du mot. Se croyant assez fort pour repasser la Sambre, il chassa les Autrichiens de toutes leurs positions sur la rive gauche de cette rivière , et il ordonna de reprendre les tra- vaux du siége de Charleroi. Les places fortes jouaient encore un grand rôle dans les opérations militaires : on assiégeait plus volontiers qu'on ne manoeuvrait. La vieille méthode de guerre du siècle de Louis. XIV n'était pas encore oubliée. Deux années plus tard, un jeune général, bientôt devenu le maitre du monde et le plus complet des hommes de guerre anciens et modernes, devait faire abandonner cette routine. Jourdan fit prendre position à ses troupes autour de la ville, ayant un corps d'observation nombreux, les ailes à la Sambre, le centre dans la plaine de Ransart, formant un demicercle. Les travaux furent dirigés par le célébre ingénieur Marescot. C'était le temps où se suivaient à Bruxelles des négociations entre le cabinet de Vienne et le fameux comité dont SaintJust faisait partie . Tout indique que ce confident de Robespierre était le seul de ses collègues à l'armée qui lùt dans le secret de ces négociations , et que le général en chef luimème n'en était pas instruit. Cependant on ne peut douter que ce ne soit en conseqttence des décisions de cette espèce de congrès L'Autriche avait chargé de ces négociations son ancien ambassadeur à Paris, Mercy d'Argenteau et le comte Traut- manedorff. Il est probab: e que ce fut le principal motu t du voyage que le jeune empbreur François II fit alors dans les PaysBan. ! la Hollande. Ainsi les alliés avaient déci ! Mais ce n'est pas le général en chef de l'armée de Sambre•etMeuse qu'il faut accuser de ces excès. Luimême n'échappa, dans plusieurs occasions, que par une sorte de miracle à la férocité des proconsuls , et , parfois, il eut beaucoup de peine à leur arracher quelques victimes. Il ne faut pas croire non plus que ce fut à de tels moyens que la France dut les succès que ses armées obtinrént alors sur différents points. Partout où les soldats français ont été bien conduits , partout où les moyens de vaincre ne leur ont pas manqué, ils ont fait leur devoir beaucoup plus par des sentiments d'honneur et de patriotisme , que par des pensées de crainte et d'une avilissante terreur. S'ils éprouvèrent des revers , il ne faut les attribuer qu'à l'ignorance, à l'impéritie des chefs, et surtout à celle des stup:des représentants, qui se mêlèrent trop souvent de les conduire. Dans cette circonstance, par exemple , c'était SaintJust qui avait voulu que l'on recommençât , en présence d'un ennemi victorieux , le siége de Charleroi, qu'il fallut lever encore une fois le 16 juin, avec de grandes pertes. Mais, pour les gouvernants de cette époque , tout cela était peu de chose; le lendemain , on recommençait avec de nouveaux sacrifices. On a vu que, depuis quinze jours, les alliés avaient formellement décidé l'évacuation des PaysBas ; ainsi il ne pouvait y avoir désormais, de leur part , pour s'y maintenir, aucune entreprise sérieuse. Il ne s'agissait plus pour eux que d'assurer et d'exécuter, sans perte , une re- traite devenue indispensable. Il est donc évident que ce fut dans cc seul but que le prince de Cobourg, leur p-,énéralissime, dirigea vers Charleroi, le 26 juin , la plus grande partie de ses forces. On a dit qu'il ignora jusqu'à la tin de la journée la reddition de cette place; niais cela est peu probable dans un pays découvert, où les deux armées étaient en présence dès la veille, sur une ligne très-étendue , lorsque déja les avantpostes en étaient venus aux mains sur différents points, et qu'il y avait eu des prisonniers de part et d'autre. D'ailleurs toutes les dispositions et tous les mouvements de l'armée autrichienne furent évidemment combinés dès le matin, sur la certitude que Charleroi était au pouvoir des Français. S'il se fût agi de le délivrer encore une fois, comme Beaulieu l'avait fait quelques jours auparavant, le principal effort devait ètre dirigé vers le centre sur la route de Gosselies, et non pas sur les ailes, à une grande distance. Et ce qui prouve encore mieux que ce mouvement sur les deux ailes, ordonné par le prince de Cobourg , ne devait ètre qu'une simple démonstration , c'est que la plus grande partie de ses équipages et des réserves d'artillerie se mit en marche, le mène jour, dans la direction de Liége, et qu'il prescrivit à tous les n vient de paraître tout récemment un ouvrage bien curieux à cet égard touvrage de M. Poisson, ancien officier), et intitulé La garde nationale et l'armée. corps de son armée, qui s'avancèrent vers la Sambre, de ne point engager d'action sérieuse. Vers le milieu de la journée , lorsqu'il apprit que plusieurs s'avançaient plus qu'ils n'auraient dei le faire, il leur envoya l'ordre de se retirer ; mais cet ordre ne put être exécuté que sur le soir par les corps de Beaulieu et du prince d'Orange, qui avaient fait le plus de progrès. Le centre de l'armée française , qui aurait pu profiter de ce mouvement imprudent des deux ailes autrichiennes, en inanceuvrant sur son front, resta au contraire, pour la plus grande partie, dans une complète immobilité. Et cependant la position des Français , quoique défectueuse sous quelque rapport , leur donnait de grands avantages pour la facilité et la célérité des mouvements. Quoi qu'il en soit, cette journée du 26 juin, connue sous le nom de Rowille d., Fleurus, eut de trèsimportants résultats. lndérise sur le terrain même de l'action, elle devint décisive le jour suivant, grâce à la hardiesse que mit Jourdan à profiter du mouvement rétrograde du prince de Cobourg. Après Fleurus, le général en chef de l'armée de SambreetMeuse opéra un mouvement de concentration et réunit ses troupes à celles de l'armée du Nord, en sorte que la grande supériorité nos forces sur cette frontière et leur jonction, le 10 juillet, à Bruxelles, forcèrent l'ennemi à se replier, découvrant Landrecies, le Quesnoy, Valenciennes et Condé. Ces places, assiégées par Marescot, capitulèrent les 16 juillet, 16, 26 et 27 août 1791. Poursuivant le cours de ses succès, Jourao s'empara de la ville et de la citadelle de Namur, le 16 juillet. Après avoir battu les Autrichiens à la MontagnedeFer, en avant de Louvain , le 27 du même mois, il occupa Tongres et menaça les com- munications des impériaux qui mirent la Meuse entre eux et l'armée française. Les Autrichiens, passés sous le commandement de Clairfayt, s'éta-'dirent, en prenant pour ligne de défense l'Ourche et l'Aiwaile, occupant le camp retranché dit de la Chartreure et les hauteurs de Spriinont. Le 18 septetere , Jourdan, renforcé par Schérer, franchit les deux rivières avec quatre de ses divisions et enleva la position de Sprimont Clairfayt se replia derrière la Roër, sur AixlaChapelle et Juliers. Le 2 octobre, le général en chef de Sambreet- Meuse , se trouvant à la tète de cent mille combattants, attaqua vigoureusement l'ennemi , et le battit complétement à Aldenhoven . Après cette glorieuse affaire, un des plus beaux fleurons de sa couronne militaire, Jourdan s'empara successivement de Juliers, de Cologne, de Bonn , de Coblentz , et enfin le 4 novembre de Maëstricht. 11 vint ensuite s'établir sur la rive gauche du Rhin, depuis Bingen jusqu'à Dusseldorff. Jourdan avait sous ses ordres quatrevingt mille hommes, Clair- Cette bataille, si remarquable par les belles dispositions que prit Jourdan , est connue aussi sous le nom de bataille de Juliers; par une singulière anomalie, c'est une de celles dont il a été le moins parlé.
  • Jean-Baptiste JUMELIN( 1745) : savant français, naquit le 12 septembre 1745 , et vint de bonne heure à Paris étudier l'anatomie et la clinique, la pathologie et la matière médicale. Reçu docteur à l'ancienne Faculté, il se répandit dans un monde assez brillant, sans toutefois s'y procurer une bien lucrative clientèle. Aussi n'eutil aucune peine à quitter Paris, pour faire un tour en Orient, à la suite du comte de ChoiseulGouffier , ambassadeur à la Porte , et regardatil comme une partie de plaisir cette excursion à Constantinople et en Grèce. Il est inutile de dire que ce n'est ' pas la diplomatie qui l'attirait. L'ambassade qui a produit le Voyage pittoresque en Grèce est plus célèbre dans les fastes de la littérature que dans ceux des chancelleries ; ce que nous ne disons pas, certes, afin de déprécier l'illustre comte, pas plus que nous ne croirions diminuer le renom de Busbecq, en rappelant que si sa mission près de Soliman le Grand n'eut pas grand succès, du moins elle valut à l'Europe et le superbe manuscrit de Dioscoride, accompagné de deux ou trois cents autres, et nombre de belles plantes, parmi lesquelles le lilas et la tulipe. En se trouvant si près de la terre classique de la grande poésie et des beauxarts, et à la suite d'un explorateur déterminé d'antiquités, le docteur de la Faculté de Paris devint antiquaire à son tour, et se mit à visiter curieusement les beaux débris semés sur le sol de la péninsule ottomane. Il traversa la Thessalie, l'Hellade et le Péloponése, et dans un coin de la Laconie , à l'extréine sud, il eut le bonheur de retrouver les ruines, de fixer _ l'emplacement précis de Gytlaiwn, ce port de Sparte, dévasté par Épaminondas, mais qui redevint florissant quand Thèbes fut retombée dans son obscurité. Vers la morne époque, le hasard jeta sur sa route Spallanzani , que des vues toutes différentes guidaient en Grèce, et qui allait achever ce long voyage qui fait époque dans l'histoire de la zoologie et de l'anatomie comparée. Jumelin , qui venait de bien mériter de l'érudition, voulut de même bien mériter de la science. Il aida Spallanzani dans quelquesunes , peut-être dans beaucoup de ces belles expériences microscopiques qui sont un de ses titres les plus réels à la gloire. Bien que la collaboration de Jumelin ne puisse le mettre sur la ligne de l'immortel naturaliste, nul doute que l'adresse manuelle et l'aptitude dé l'un n'aient été une bonne fortune pour le génie de l'autre, et, du reste, Spallanzani ne le méconnut pas. 3umelin était de retour en France vers les commencements de la révolution. Il passa silencieusement ce temps (l'orage entre les travaux de sa profession et l'étude des sciences physiques, pour lesquelles sa' prédilection était devenue plus grande peut-être que dans les premières années de sa vie. Il expérimentait et découvrait ; il exposait et décrivait. Et c'est vraiment à ce moment de sa vie que se rapportent la plupart des ingénieuses inventions qui doivent sauver son nom (le l'oubli. Nous mentionnerons, entre autres modèles exécutés de sa main ou sur ses indications , une machine pneumatique d'une construction particulière , et une pompe à feu dans laquelle le mouvement du piston n'éprouvait point d'interruption. Il imagina aussi un moyen de prendre l'eau au bout d'un siphon recourbé , sans interrompre le courant établi dans le siphon. On lui doit de même diverses recherches intéressantes en médecine ou en physiologie. 11 essaya de déterminer expérimentalement les effets que produit l'électricité sur l'économie animale , et les résultats de l'usage des styptiques sur l'irritabilité humaine, et l'action des liqueurs enivrantes sur la même faculté. Peu de temps après la réorganisation des académies, il lut à la troisième classe de l'Institut un mémoire contenant la relation de sa découverte des ruines de Gythium. Nominé ensuite professeur de physique et de chimie au Lycée impérial , il fit preuve dans cette chaire d'une grande lucidité d'expression , d'un grand talent de déduction, et probablement il eùt fini par être de l'Institut, s'il n'eût payé le tribut à la mort un peu plus tôt qu'on ne s'y attendait. Cet événement eut lieu le 25 septembre 1807 , à Visignenx, près de Soissons. Il venait de publier le premier tome d'un ouvrage alors nécessaire pour les colléges et hors des colléges ; c'était son Traité élémentaire de physique, de chimie et des sciences physico- mathématiques. Paris, 1806 ; il ne put en donner le second, que pourtant ses amis firent quelque temps espérer au public, disant qu'il était prêt pour l'impression : probablement il n'en était point ainsi ; car comment croire qu'on l'aurait laissé en portefeuille ? Ce traité se recommandait, à l'époque de son apparition, par l'élégance et la clarté parfaites du style, et aussi par la concision ; s'il eût paru de cinq à six ans plus tôt , il eût été le premier , il eùt été le seul. Ce n'était guère , on s'en aperçoit en le lisant, que la rédaction des cahiers improvisés pour sa classe. L'auteur y passe en revue rapidement toutes les sommités de la physique et de la chimie, telles qu'on les apprenait de son temps dans les col1,:ges : depuis on est devenu un peu plus exigeant, et aujourd'hui que les sciences ont pris un immense développement , que sur les bancs même on les cultive comme spécialité ; que , comme pour dispenser d'un maitre , les livres sont longs et pleins de détails , on trouverait le manuel de Jurnelin trop maigre, trop sec : on se plaindrait de la sobriété avec laquelle il donne des exemples; on dirait que ses explications sont superficielles et vagues ; on, regretterait qu'il ait semblé réserver toutes les mathématiques pour un deuxième volume , qui devait ne point paraltre. Nous ne parlons pas d'imperfections involontaires tenant à l'état d'imperfection de la science, comme la classification des sels de potasse, de soude, de baryte, etc., sous la rubrique des composés ternaires, et d'autres faits de ce genre. Ces erreurs se trouvent aussi (tans Fourcroy , et tout traité de chimie , à cette époque, les eût répétées. Outre le volume que nous venons d'apprécier, on doit encore à 3umelin. des OEuvres diverses concernant les sciences et les arts, 1799
  • Jean-Baptiste JUPPIN( 1678 - 1729) : paysagiste , naquit à Namur en 1678. Son père , négociant de cette vine, ayant remarqué ses heureuses dispositions, lui fit apprendre le dessin chez un peintre namu, rois et l'envoya ensuite à Bruxelles, où il étudia plusieurs années. Ayant fait d'assez grands progrès, Juppin , dans le but de perfectionner son I talent, entreprit un voyage en Italie. 11 s'établit d'abord à Rome, où il suivit pendant un an et 1 demi les cours de l'académie ; il visita ensuite les . principales villes des arts, telles que Modène, Bologne, Naples, où il peignit plusieurs tableaux qui lui avaient été commandés par des seigneurs de la cour. Il profita de son séjour dans cette dernière ville pour examiner avec attention le cratère du Vésuve, qu'il reproduisit sur la toile . avec une grande vérité. Ce beau tableau fut . détruit lors de J'incendie du palais des évêques de Liége, avec quelques autres productions de ce peintre, qui ornaient la salle des états. De retour de son voyage, Juppin habita Namur et n'alla se fixer à Liége qu'en 1717. C'est dans cette ville qu'il peignit la plupart de ses tableaux : ceux qui se trouvaient dans le choeur de l'église C'est jusqu'ici le seul ouvrage que l'on connaisse , imprimé à Burgdorf , dans le 15° siècle. Panzer en cite deux autres, sans date, qu'il croit imprimés avec les mêmes caractères. il y mourut peu après, en 1729. Juppin a un pinceau ferme et large; son feuillé est soigné, sa couleur est vive, sa perspective est bien entendue. On remarque également dans ses tableaux que les différentes parties des paysages sont harmonisées avec bonheur. Plumier fut l'auteur des personnages que l'op rencontre qùelquefois dans les toiles de Juppin
  • Jean-Baptiste JEANNIN( 1771) : général français, était né en 1771 à Laneria en FrancheComté, d'une famille de cultivateurs; il embrassa avec beaucoup de chaleur la cause de la révolution et s'enrôla dès le commencement, dans un bataillon de vo-, lontaires du Jura, avec lequel il fit toutes les cam- • pagnes des armées du Rhin et d'Italie. Parvenu successivement au grade de général de brigade et à celui de général de division, il obtint aussi le titre de baron, et devint le gendre du célèbre peintre David. Louis XVIII le conserva dans son grade et lui donna la croix de SaintLouis en 1814. Mais ayant repris du service lorsque Bonaparte revint de l'Ile d'Elbe, en 1815, et ayant commandé une division au sixième corps de la grande armée, il fut de nouveau mis à la retraite après le second retour du roi. Bientôt atteint d'une maladie grave, il ne fit plus que languir. Ce général se rendait aux bains d'Aix, en Savoie, dans le mois de mai 183.0, lorsqu'en passant par Saulieu il s'étrangla luimeme clans un accès d'affreuses douleurs. Porté le lendemain au cimetière de cette ville , il fut enterré avec tons les honneurs qu'il fut possible de lui rendre
  • Jean-Baptiste KLÉBER( 1754) : général français, fut l'un des plus éminents parmi cette pléiade d'hommes de guerre qui illustrèrent la révolution fran-çaise. Le maréchal blarinont , bon juge du mérite militaire , a dit de lui dans ses Mémoires : Après if Napoléon, aucun homme n'a laissé en moi de plus profonds souvenirs que le général Kléber. » Il naquit à Strasbourg en 1754 d'une famille peu aisée, quoique appartenant à la bourgeoisie, fit dans sa province ses études élémentaires, et se rendit à Paris, où les leçons de Chalgrin l'initièrent à l'art de l'architecture auquel il se destinait ; niais seeinstincts belliqueux et les événements le détournèrent promptement de cette voie. De retour à Strasbourg , s'étant un jour trouvé dans un café où des étrangers étaient il prit leur défense et acquit ainsi leur estime : c'étaient deux gentilshommes allemands, qui l'engagèrent à les suivre à Munich, où ils lui • ouvrirent l'accès de l'école militaire de cette capitale. Là , il fit des progrès rapides. Le général Kaunitz , fils du premier ministre , frappé des premiers essais du jeune Kléber, de la beauté de sa taille et de l'esprit qu'il montrait dans ses réponses, l'attira à Vienne et lui donna une souslieutenance dans son régiment. Kléber fit ses premières arme, contre les Turcs, et resta dans les troupes autrichiennes depuis 1776 jusqu'en •785 : mais, dégoilté alors de voir qu'on n'y ac- cordait l'avancement qu'à la naissance, il donna sa démission , revint en Alsace , postula la place d'inspecteur des lettiments publics à linon, et l'obtint par la protection de l'intendant la Galaisière. Fixé par cet emploi à Béfort , il y cultiva son art pendant près de six ans, et enrichit son esprit de connaissances utiles. La révolution fran-çaise ouvrit à Kléber une carrière plus brillante. Dans une émeute, il prit le parti des officiers municipaux de Béfort contre le régiment RoyalLouis , dévoué à la cour ; il repoussa les soldats, et présenta un défi au colonel. Cet élan décelait son caractère, et le porta en l79‘2. comme simple grenadier dans un bataillon de volontaires du Ilautlthin. Sa stature élevée et robuste, son air martial et ses talents naturels pour la guerre le firent remarquer. Il obtint du général Wimpfen , qui commandait à Brisach , une place d'adjudantmajor dans un bataillon qui rejoignait l'armée du général Custine à Mayence. Sa réputation militaire commença lors du siége de cette place ; il y fut élevé au grade d'adjudantgénéral. Ce fut lui qui commanda et exécuta les sorties de Biberach et de Marienborn. Venu à Paris après la prise de Mayence, il y fut appelé en témoignage contre le général Custine, et eut le courage de déposer en sa faveur devant le tribunal révolutionnaire. On le nomma général de brigade pour aller combattre les royalistes de la Vendée à la tète d'une colonne de cette même garnison de Mayence , tant de fois témoin de sa bravoure ; il en commanda l'avantgarde, et fut blessé au combat de Torfou là , n'ayant que quatre mille soldats et six pièces de canon , il fut entouré par vingt mille Vendéens et fit une habile retraite avec autant de sangfroid que d'intrépidité. C'est dans cette retraite qu'eut lieu entre ce général et l'un de ses officiers, le capitaine Schwardin , ce magnifique dialogue si souvent cité : « Prends une compagnie de grena-« diers, et arrête l'ennemi ; tu te feras tuer , mais « tu sauveras l'arillée. — Oui , mon général , » répondit l'héroïque officier. A Cholet , l'année républicaine suivit la marche qu'avait tracée Kléber, et demeura victorieuse : de nouveaux revers l'attendaient au delà de la Loire r ils furent imputés au généraux. Le jeune Marceau, rival de gloire de Kléber, parut blessé de son austère franchise; mais le voyant destitué au moment où il était porté luimême au commandement en chef, il se vengea noblement, ne garda pour ainsi dire que le vain titre de général , et en remit l'au- torité à Kléber. Celuici, après avoir combattu au Mans , poussa les débris des Vendéens, de marelle en marche, entre la Loire et la Vilaine. « C'est « ici, ditil, que je les voulais... » Trois commissaires de la convention ordonnent de commencer l'attaque de nuit. « Non , dit Kléber ; il est bon de « voir clair dans une affaire sérieuse, et celle.ei « doit se décider au grand jour. La bataille qu'il' livra près de Savenay fut moins une déroute des Vendéens qu'une destruction : elle eût terminé la guerre; car Kléber répondait sur sa tète de l'obéissance et de la tranquillité des provinces si on les confiait à sa surveillance et au bonheur de ses armes. Le comité de salut public ne voulut point de clémence ; il craignit l'ascendant d'un guerrier humain et généreux. Kléber lit son entrée à Nantes à la tète des troupes victorieuses et aux acclamations du peuple : cette ville donna une fête aux généreux vainqueurs. Au moment où une couronne de lauriers descendait sur le front de Kléber, l'un des commissaires conventionnels s'écria que ces lauriers n'étaient pas dus aux généraux, mais aux soldats. « Nous avons « tous vaincu, reprit Kléber avec fierté ; je prends « cette couronne pour la suspendre aux drapeaux ,, il contribua puissamment aux succès qu'obtint d'a- bord le général Jourdan. Ce fut lui qui, à la téte de l'aile gauche, après avoir forcé le passage de la Sieg, mit en pleine déroute l'année du prince de Wurtemberg sur les hauteurs d'Altenkirchen mais il eut bientôt sur les bras toute l'armée du prince Charles, forte de soixante mille hommes il n'en avait que vingt mille, qu'il mit en position sur les hauteurs d'arad , avec tant d'habileté qu'ils ne furent point entamés ; il battit ensuite le général Kray à Kaldieck , et le prince de Wartensleben à Friedberf,T. Pendant les premiers jours , il commanda l'armée par interim, et annonça que sa communication était opérée avec l'armée du Rh par Heilbronn. Francfort lui ouvrait ses portes, lorsque, par l'effet d'une intrigue et de la jalousie qu'inspiraient ses talents, il fut éloigné de l'année au moment moine où il avait mérité d'en avoir le commandement en chef. L'année suivante , il fut désigné dans les journaux comme général en chef de l'armée de SambreetMeuse , mais Hoche eut sur lui la préférence. Kléber, mécontent du directoire , avait quitté l'armée et s'était retiré à Paris , où il vivait dans la retraite et l'étude. Il acheta mie maison de campagne dans les environs, et il s'y occupait à rédiger des mémoires sur ses campagnes, lorsque Bonaparte, nommé général en chef de l'armée d'Égypte, l'engagea à le suivre, comme étant un des généraux les plus capables de faire réussir son expédition. A peine débarqué, Kléber marcha sur Alexandrie, où il reçut une blessure grave à l'escalade des remparts. Bonaparte, se dirigeant aussitôt vers le Caire , lui laissa le commandement d'Alexandrie. L'hiver suivant , il suivit le général en chef en Syrie à la tète de l'avantgarde, prit le fort d'ElArisch, marcha dans le désert, s'empara de Gaza, et emporta la ville et les forts de Jaffa. Pendant le siége de StJean d'Acre, Kléber, détaché du camp, se met en marche avec deux mille hommes pour rejoindre et secourir Junot, menacé à la tète d'un faible corps de cavalerie par une armée turque composée de dix mille Ottomans et dixhuit mille Naplousains. Il attaque en plaine cette foule , la rejette en désordre sur le Jourdain et remporte sur ces forces plus que décuples des siennes la victoire célèbre sous le nom de bataille du mont Thabor. Après la levée du siége, il commanda l'arrièregarde, et protégea efficacement la retraite de l'armée. Rentré en Égypte, il signala de nouveau sa valeur au combat d'Aboukir, où l'armée turque fut défaite. Telle était la considération dont il jouissait dans l'armée, qu'ayant pris la résolution de rentrer en France, Bonaparte, qu'il n'aimait pas et qui ne l'aimait pas, ne crut point pouvoir laisser le commandement en de meilleures mains. Kléber reçut cet honneur plutôt comme un fardeau que comme une faveur. L'armée était affaiblie par les combats et par les marches dans le désert ; elle n'avait.ni argent, ni munitions, et aucun espoir de voir venir des se- cours, tandis que le grand vizir loussouf s'avançait avec quatrevingt mille hommes et soixante pièces de canon par la route de Damas. Déjà même le fort d'ElArisch était en son pouvoir, et une partie de l'Égypte se soulevait en sa faveur. Kléber, qui ne recevait de France que des nouvelles affligeantes, crut qu'il valait mieux songer à sauver sa patrie que de s'obstiner à conserver l'Égypte ; et il fit le sacrifice de la gloire qu'il aurait pu y acquérir contre les Turcs , en continuant avec eux les négociations entamées par son prédécesseur. 11 s'agissait de séparer leurs intérêts politiques de ceux des Anglais et des Russes; mais le vizir dépendait trop des Anglais. Kléber négocia par l'entremise du commodore Sidney Smith, et , par la conven- tion d'ElArisch , l'armée française dut étre embarquée et transportée en France avec armes et bagages l'Égypte devait être entièrement évacuée, et tous les Français détenus dans les villes de la domination turque mis en liberté. Fidèle à ce traité, Kléber venait de livrer aux Ottomans tous les forts de la haute Égypte et la ville de Damiette; il se disposait méme à évacuer le Caire, lorsque l'amiral Keith lui écrivit qu'un ordre de son gouvernement lui défendait de permettre l'exécution d'aucune capitulation , à moins que l'armée française ne mit bas les armes et ne se rendit prisonnière de guerre. Kléber, indigné, fit imprimer cette lettre pour lui servir de manifeste , et se contenta d'y ajouter ces mots , qu'ils fussent recueillis pour être conservés dans un monument élevé à la gloire de Kléber, dans la ville de Strasbourg. Voyez l'É- loge funèbre des généraux Kléber et Desaix , par le sénateur Carat, Paris, an 9 de 107 pages
  • Jean-Baptiste KOMARZEWSKI( 1748 - 1809) : général et historien polonais, naquit en 1748, et fit de bonnes études dans un collége de la compagnie de Jésus. Plus tard, il suivit la carrière des armes, où il déploya autant de courage que de talent. Nommé lieutenant général par le roi StanislasAuguste Poniatowski , et admis bientôt dans son intimité, il justifia le choix et la confiance de ce prince par un zèle et un attachement qui ne se détnentirent jamais. Après l'envahissement et le dernier partage de la Pologne , Komarzewski , retiré du service, consacra ses loisirs à la culture des sciences, spécialement à la géographie et à la minéralogie, dans lesquelles il acquit des connaissances fort étendues. Il vint à Paris vers les premières années du 19. siècle, s'y lia avec un grand nombre de savants et d'hommes de lettres, et y mourut en 1809. 11 était membre de la société littéraire de Varsovie et de la socié.té royale de Londres. On a de lui: Io Mémoire sur un graphomètre souterrain, destiné à remplacer la boussole dans les mines, Paris, 1803 avec planches. Cet ouvrage utile fut accueilli favorablement et inséré la mèine année dans le Journal des mines , t. 14. 2. Coup d'œil rapide sur les causes réelles de la décadence de la Pologne , Paris , '1807 C'est l'histoire des dissensions qui, depuis plusieurs siècles, ont agité la Pologne, et ',que ne pouvaient pas manquer d'amener les vices de la constitution de ce royaume. L'auteur, témoin des événements qui précipitèrent du trône Stanislas Poniatowski, son protecteur, professe pour ce prince un dévouement bien naturel. A cela près, il montre beaucoup (l'impartialité et de modération envers des opinions fort éloignées des siennes. On regrette qu'il n'ait point ajouté de réflexions à son récit et qu'il ait jeté un coup d'ail trop rapide sur des faits dont les détails circonstanciés étaient cependant nécessaires pour en apprécier les conséquences. Komarzewski avait publié , en 1796 , une carte géographique de la Pologne, regardée comme une des meilleures de ce pays
  • Jean-Baptiste KRAUS ou KRAUSS( 1700 - 1762) : savant prélat allemand , et l'un des plus laborieux écrivains que l'ordre de StBenoit ait produits dans le 18e siècle, naquit à Ratisbonne le 12 janvier 1700 . Après qu'il eut fait ses premières études dans divers couvents de Bavière, où il avait pris l'habit dès l'àge de quinze ans, ses supérieurs l'envoyèrent à Paris pour les continuer à l'abbaye de StGermain des Prés. De retour à Ratisbonne, en 1724, il y fut successivement fait archiviste, professeur, prédicateur, économe, inspecteur des fabriques de la célèbre abbaye de StEmmeran , dont il fut élu princeabbé le 21 octobre 1742. 11 occupa ce siége pendant vingt ans, et eut pour successeur le savant éditeur d'Alcuin . L'abbé Kraus mourut le 14 juin 1762, après avoir publié environ quarante ouvrages de théo- loge, de critique ou d'histoire, dont on peut vous la liste dans Meuse'. Voici les principaux 10 Explication de la doctrine catho- lique, en réfutation de l'apologie des émigrants de Saltzbourg, publiée sous le nom cl'Ant. Fichier, 1733 en allemand. On y trouve la traduc- Il reçut au baptême le nom de Joseph; mais il prit celui de JeanBaptiste en revêtant l'habit monastique. tion de l'exposition de la doctrine de l'Eglise catholique, par Bossuet. 2. Catalogus bibliothecce muai Emtneranni, Batisbonne, 1748-50, 4 vol. Le deuxième volume donne le catalogue des manuscrits. 3. Ratisbona monastica, première partie, contenant l'histoire de l'abbaye de StEmrneran , ibid., 175e fig., en allemand; 40 Pacificatio Westidtalica eu themata historica de exercitio religionis subditorum, ibid., 1759 Basis lirma Gersenigni, a Franc. Delfau et Joanne Mabillon monachis benedictinis, anno 1674 et 1677 posita ; adjectis animadversionibus in deduc- tionem criticam Cl. D. Eusebii Arnort., ibid., 1762 Le chanoine régulier Amort, dans sa Certi- tudo moralis, qu'il oppose à l'ouvrage précédent, attribué à Kraus par Meusel, ainsi que le suivant, a mieux repoussé les inductions pour Gersen que les objections contre Kempis, dont s'appuyait surtout le gerséniste de Ratisbonne, fort de tous les arguments négatifs des bénédictins ses confrères. 60 Documenta historica ex Chronico W deshemensi ord. can. reg. auct. Joanne Buschio , et ex Chronico Montis S. Agnetis auct. Thom. à Kem- pis, quibus ostenditur Thoenam a Kempis libelli de Imitatione Christi auctorem dici non debere , ibid., 1762 Amort a de même opposé de faibles raisons à ces documents tirés soit de la parenthèse de la chronique de Buschius, soit du silence du chroniqueur du Mont SteAgnès . L'abbé Kraus a de plus laissé un grand nombre de manuscrits relatifs à son voyage en France, à l'histoire de son abbaye et aux diverses querelles littéraires élevées de son temps. Son éloge, parD. Petri, abbé de StGeorges à Prifling, a été imprimé à Ratisbonne, 1762 en allemand
  • Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ( 1760 - 1790) : célèbre compositeur, et virtuose sur la harpe, naquit eu Bohème, vers 1760. On lit dans les Memuires de l'Académie des sciences du 21 décembre 1787 qu'a l'aide de Nadermann , mécanicien treshabile , il était parvenu à adapter à la harpe une pédale double. Les détails de cette invention se trouvent dans l'oeuvre XIV des sonates publiées par Krunipholtz. Aujourd'hui la harpe à double mouvement Lit' Sébastien Erard est seule en usage, parce que l'instrument semble y avoir atteint le plus haut degré de perfection. krumphoitz a fait graver dixhuit oeuvres pour la harpe. Les quatre premiers contiennent des sonates ; le cinquième, un duo; le sixième, un concerto; et, parmi les suivants, le dixième, des airs variés, et les autres, des sonates. Il a aussi varié pour la harpe l'an- dante d'ilaydn : Je ne vous dirai pas , j'aime, et la romance d'une Amante abandonnée. Sa _musique est aussi chantante qu'agréable; il suffit de l'entendre une fois pour ne plus l'oublier. Cet artiste a terminé ses jours par le suicide, le 19 février 1790, en se noyant dans la Seine, au bas du pont Neuf, désespéré d'avoir été trahi par sa femme, qui avait été son élève et qu'il aimait éperdument. Le célèbre pianiste Dusseck venait de l'enlever, et de partir avec elle pour l'Angleterre
  • Jean-Baptiste LABAT( 1663) : religieux dominicain et voyageur français, naquit à Paris en 1663. Il fit profession à dix - neuf ans, enseigna ensuite les mathématiques et la philosophie à Nancy, et remplit aussi les fonctions de prédicateur. Il était, en 1693, au couvent de la rue SaintHonoré à Paris. A cette époque, les supérieurs des ordres établis dans les Antilles françaises écrivirent à leurs confrères en Europe pour les engager à venir à leur secours, une maladie contagieuse ayant emporté la plupart des missionnaires ; une de ces lettres tomba entre les mains de Labat : « Elle me pressa, « ditil, d'exécuter le dessein que j'avais formé « depuis quelque temps de me .consacrer aux .12, fig.; en allemand, par C. F. C. schad , Nurembery; , 1785-87, 0 vol. ine, fig. On trouve dans ce livre des notices sur toutes les Des que ladre a vieitém et ludailiment Ila Martinique et la Guadeloupe. Les diverses tiuetions de la nature y sont décrites en détail; itetir ne se piquait cependant pat Weire natu- et il en contient plus d'une fois. il park 'mei de pluiwuri priitti Hes sur lesquelles il n'existe gurre d'autres renseignements que ceux que nous lut devons. Lee proeédés employés pour la fabricalion du sucre et de l'indigo, pour le recuite fi la préparation du coton, du Cat.», du tallur, unit expii.itiés arec précision ri clarté. Quelques personnes ont reproche à L,abat d'avoir grossi sa relation d'une foule de petites anecdotes, la plupart malignes, et aujourd'hui d'un inter« médineve. On ne peut disetinveuir qu'il Tic soit un grand causeur; sa jase:* mérite quelquefoie le nom tic couituérage; néanmoins il y a toit de bot, hotiair dans sa malice que l'on ne ressent }Jutais l'eusse de s'en faeber. Veilleurs les perbotiuci qui couriaisiseot lés colonies trouvent dans ce livre, sur plusirurs familles qui 11,41,44.13 urgligrut; neme dans une course à bord d'un hatiment flibustier, on reconnalt l'homme bon, cbaritable et pénétré des obligations que son état lui impose. .2. .Vudatei Cirta/ han nfrrque oeridentale, reeknant 1111f doseriptoon 'rade tus Setersvil ett dei mie. 'does 'mar. if eap Blanr st Serraleun, jusqu'a plus de levés . Tous ceux qui ont vu y agé dans les congrées 4111e t'écrit cette relation conviennent qu'il est impossible de donner des détails plus authentiques. C'est une With, inépuisable où beaucoup . L'est dans ce livre que Label parle des premiers établiseementa faite par les Dieppois a Rufisque, sur la côte de Gui. uée, dès 1364 . Le bon accueil fait à cet ouvrage enhagea 1 abat à publier les deux suivants: : s. rayage du therateer Deswarrhnit ou Guinée, iee ruileras, el à Caienne, fat! eu 172e, 17*; eoattetant une descripteur. triue.risele die pays et du eumene rte qui si lai 1. Paris, 1730, 4 vol. cartes et lig. Amsterdam, 1751, 4 Ie, cartes et. fig. A son retour dc l'expeditiou, l'auteur, qui assit commandé un saisseati de La compagnie, remit ses papiers au P. Labial, ipli s'occupait de donner une suite au livre précédeut. On y trouve La descilittion de la côte d'Afrique depuis Serralionne jusqu'a la hile« des Camerones, et une relation de f.'ayenne, où le chevalier Desmarehaie trarisporta $a cargaison de negres achetés à la côte d'Afrique. Pour compléter ce qui concernait Cayenne , où Desmanliais Win:lit pas fait un long séjour, Lattai eut retours è une relation écrite par un magiatrat, ancien intendant de la Guiene, et au récit d'une mission cher les t'alibis par le I'. Lombard, jésuite. Le sixictue volume est ter- mireeiuI.tibM,p. Loa *me PietPans an Pt. -1)4appe dem» è ibrua te.. ka et. de tiqua. mat. testalrm caau fa dte Ms4Mau. arta st iirtnaaracer, miné par une grammaire abrégée.de la langue de Juida. 4. Relation historique de l'Ethiopie occiden- tale, contenant la description de Congo, Angola et Alatamba; traduite de l'italien du P. Cavazzi, el augmentée de plusieurs relations portugaises des meilleurs auteurs, avec des notes, Paris, 1732, 5 vol. , cartes et lig. . Labat n'a pu, dans ces trois ouvrages, éviter le reproche d'un certain penchant à la crédulité, que l'on remarque aussi dans son voyage d'Amérique. Ce défaut est encore plus marqué dans la relation de l'Éthiopie. Les cartes de ces trois ouvrages sur l'Afrique sont dressées par d'Anville. 11. Voyage en Es- pagne et en Italie, Paris, 1750, 8 vol. Amsterdam , 1731, 8 vol. fig.; trad. en allemand par C. F. Triiltsch , Francfort, 1758-61, 8 vol. Ce livre ne contient pas beaucoup de détails instructifs, à l'exception de ce qui concerne le gouvernement papal. Dans sa première excursion, Labat passa par StMarin. On lit encore avec intérêt ce qu'il dit de cette petite république rarement visitée. 6. Mémoires du chevalier d'Arvieux, contenant ses voyages dans l'Asie, la Syrie, la Pales- tine et la Barbarie, la description de ces pays. etc., Paris, 1735, 6 vol. ; mai traduit en allemand, Copenhague et Leipsick, 1753-56, 6 vol. Labat a su rendre intéres- sants tous les livres qu'il a publiés. II choisit avec beaucoup de discernement les traits les plus propres à frapper le lecteur, et entend à merveille les moyens de captiver l'attention. Il est bien un peu diffus; mais comme il narre sans prétention et que sa simplicité est relevée par un certain agrément de style, on n'éprouve guère l'impatience ni l'ennui en lisant ses ouvrages. L'auteur de cet article a eu autrefois l'occasion d'entretenir un dominicain, directeur des missions fran-çaises dans les Antilles. Ce religieux , qui avait connu Labat, en parlait comme d'un homme que son humeur enjouée et ses bonnes qualités faisaient chérir de ses confrères. Quoique la partie botanique des Voyages du P. Labat ait été assez âprement critiquée , cependant son zèle à décrire les productions de la nature a fait nommer Labatia un genre de la famille des ébénacées qui renferme deux arbres, l'un de Cuba, l'autre de Cayenne. Ce dernier est le poutarier d'Aublet
  • Jean-Baptiste LABEY( 1750 - 1825) : mathématicien, né en Normandie vers 1750 était , en 1789, professeur de mathématiques à l'École militaire de Paris, où il compta Bonaparte parmi ses élèves. Entièrement livré à ses études , il continua pendant la révolution de professer successivement à l'école centrale du Panthéon , à l'École polytechnique et au lycée Napoléon. Son activai suffisait à divers enseignements; il donna aussi pendant plusieurs années des leçons au collége SteBarbe , relevé par de !Anneau Il avait obtenu sa retraite de l'université, lorsqu'il mourut en 1825. Personne n'avait un enseignement plus clair ; ami de ses nombreux élèves, il n'avait jamais besoin de leur faire sentir l'autorité du mattre. Il était nonseulement profond mathématicien , ruais excellent humaniste. La vente de sa bibliothèque, qui était assez belle, a révélé chez lui un goût tout particulier pour les livres érotiques. On a de Labey lo Introduction à l'Analyse infinitésimale , par Léonard Euler, traduit du latin en français avec , 2 vol. Cette traduction lit grand bruit et plaça son auteur parmi les premiers savants. On en trouve l'analyse dans le Moniteur, n. 108 de l'an 5 et no 313 de l'an 6. 2. Lettres à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de phi- losophie, traduites d'Euler, nouvelle édition, Paris, 1812, 2 vol. Cette édition, conforme à l'édition originale de l'académie de StPétersbourg, revue et augmentée de diverses notes, est précédée de l'éloge d'Euler par Condorcet. 5° Traité de statique Paris, 1812 Après des travaux si importants on s'étonne que Labey n'ait pas été appelé à l'institut; mais, comme tous les universitaires de son époque , il vivait dans la retraite, et se croyait assez honoré du titre de profes- seur
  • Jean-Baptiste LABOREAU( 1752 - 1814) : né en 1752 à StClaude , en FrancheComté, annonça de bonne heure d'heureuses dispositions pour le dessin. Il fit de bonnes études au collége de sa ville natale, vint ensuite à Paris, et passa en Angleterre, où il vécut quelque temps du produit de son crayon. L'ambassadeur de France, ayant été à même d'apprécier ses talents, se l'attacha comme secrétaire. Après un séjour de quinze ans à Londres, Laboreau revint à Paris, où il obtint un emploi dans l'administration des domaines. II est mort , receveur à Sens, le 20 décembre 1814, âgé de 62 ans. 11 avait publié, sous le voile de l'anonyme, une traduction du Précis philosophique et politique de l'Angleterre, Londres,1776, 2 vol. annonce dans la préface que cet ouvrage est généralement attribué en Angleterre à lord Lyttelton; mais on sait qu'il est d'Oliv. Goldsmith. Madame Brissot en a donné une nouvelle traduction sous ce titre : Lettres philosophiques et politiques sur l'histoire d'Angleterre, Paris, 1786, 2 vol
  • Jean-Baptiste LACOMBE : président du tribunal révolutionnaire de Bordeaux, en 1793, était né à Toulouse dans une classe obscure, et, après avoir fait de médiocres études, s'était établi maître d'école dans cette ville. N'y ayant pas réussi, il se rendit à Bordeaux pour y tenter la fortune d'une antre manière. Il commit plusieurs escroqueries et fut obligé de se sauver pour se soustraire aux poursuites de la justice. S'étant réfugié dans un village, il y essaya de nouveau la carrière de l'enseignement et devint encore une fois maître d'école. C'est dans cette position que la révolution le trouva; il ne pouvait pas manquer d'en adopter les principes, et il le fit avec une telle violence que , après le triomphe de Robespierre , au 31 mai 1793, les représentants Baudot, Tallien et Isabeau , envoyés à Bordeaux pour y poursuivre les débris de la faction de la Gironde, qui venait d'ètre renversée , ne crurent pouvoir faire mieux que de le nommer président de l'odieux tribunal qu'ils créèrent sous le nom de commission militaire. Intimement lié avec Perret d'Herval et le confident de Robespierre Jullien , Lacombe remplit parfaitement les vues des représentants. Au commencement de 1794 on le vit envoyer à l'échafaud jusqu'à trente personnes à la fois. Dans son Histoire des crimes de la révolution, Prudhomme déclare nettmient que , si la révolution du 9 thermidor n'était pas arrivée , le tribunal de Lacombe eùt fini par surpasser celui de FouquierTinville, et il ajoute qu'en présence de l'horrible président, les accusés n'avaient plus la faculté de se défendre. Il les interrompait en leur disant : Le tribunal est fixé sur ton compte. Alors il regardait les autres juges et prononçait l'arrèt de mort. Mais la chute de Robespierre amena bientôt la - sienne , et dès le 27 thermidor, quinze jours après la mort du tyran , Lacoinbe fut luimème traduit à uu autre tribunal qui venait d'ètre substitué à la commission militaire. Il s'efforça d'établir dans sa défense qu'il était moins coupable que la convention nationale et ses commissaires, puisqu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres qu'il en avait re_ çus , et que mème il avait épargné la moitié des victimes qu'ils lui avaient ordonné de condamner. Sur quoi , imitant son exemple , l'accusateur public l'interrompit brusquement en lui disant : Le tribunal est fixé sur ton compte. Il fut condamné et exécuté surlechamp. Le nième peuple qui avait trop longtemps applaudi à ses jugements sanguinaires l'accompagna au supplice , poussant des cris de joie et l'accablant de malédictions. Après l'exécution on arracha son cadavre aux mains des bourreaux, et pendant plusieurs heures la populace le traite.' tout sanglant dans les rues. M—D j
  • Jean-Baptiste LACOSTE : député conventionnel , était un fort médiocre avocat en Auvergne avant la révolution. Il en embrassa la cause avec beaucoup d'ardeur , fut député à la convention nationale en 1792 , et y siégea dès le commencement à côté des plus fougueux démagogues. Comme eux il vota la mort de Louis XVI. Après ce procès, Lacoste figura peu dans l'assemblée et fut presque toujours en mission, avec son collègue Baudot, dans les départements de la HauteLoire et dit Ilhin et près les armées de la Moselle et du Nord, où il se conduisit avec beaucoup de bravoure. A Haguenau il servit luimèmc le canon , et à Kaiserslautern , où il fut témoin de l'échec éprouvé par Hoche , en décembre 1793, il parut sur le champ de bataille dans .le plus fort de la mêlée; ce qui d'ailleurs n'empêcha pas la défaite de l'armée républicaine. Il assista ensuite à la conquête de la Hollande , faite sur les glaces de l'hiver de 1795. Dans toutes ses missions il fit exécuter impitoyablement les mesures de terreur ordonnées par la convention et ses comités; mais on ne le vit point, comme tant d'autres, s'enrichir des dépouilles de ses victimes. Aussi , lorsque le ler juin 1795 il fut dénoncé pour sa conduite dans ses missions, et accusé par Faure et Dente' d'avoir organisé en Alsace la commission qui y fit couler le sang sous la direction de Schneider , il trouva un défenseur dans Dela- haye , qui , bien que proscrit comme girondin, ne put s'empêcher dé prendre parti pour le montagnard Lacoste , et demanda qu'il fût autorisé à rester sans gendarmes chez lui , où il était malade, « aRendu , ditil , qu'il n'a pas le moyen de les « payer. » Néanmoins le décret d'arrestation fut porté ; mais Lacoste fut amnistié peu de temps après. A la fin de 1800 il fut appelé à la préfec- ture du département des Foras, qu'il administra pendant plusieurs années d'une manière honorable. NOITI1MS préfet de la Sarthe après le retour de Bonaparte, en avril 1815, il se trouva par là compris dans l'exception à la loi d'amnistieee qui l'obligea , en 181G, de se réfugier d'abord dans la Belgique , puis dans une contrée plus éloigne, où il mourut vers 4820. — Il ne faut pas le confondre avec un autre conventionnel du même nom
  • Jean-Baptiste LACROIX : auteur dramatique, naquit à Paris . On ne cite de lui qu'une seule pièce de théâtre, l'Amant protée, comédie française en trois actes et en prose, mêlée de divertissements : encore voyonsnous que cet ouvrage , représenté au ThéàtreItalien le 4 février 1728, y fit une chute assez rude, et que l'auteur ne trouva pas convenable de le livrer à l'impression. Si l'on doit s'en rapporter à ce que disent les journaux du temps, le sujet offrait peu d'intérêt , et l'intrigue , tissue d'absurdités dans le goût des farces italiennes , fut ce qui mécon- tenta le public; niais, au milieu de nombreux défauts , on remarqua des intentions comiques et surtout des traits de gaieté graveleuse, qui ne laissèrent pas de divertir une grande partie de l'auditoire. Il ne faut pas confondre Amant protée de cet auteur avec la pièce qui fut jouée sous le même titre en 1739, et dont le succès fut brillant : celleci est de Rornagnesi et ne ressem- ble en rien à la précédente. J.B. Lacroix ne faisait pas de l'art dramatique sa principale occupation. Fils d'un armurier du roi, il devint premier secrétaire du maréchal de Biron , inspecteur gé- néral de l'infanterie , et il obtint , après douze années de service , une pension de quatre mille francs, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1742. — Plusieurs autres petes dramatiques ont porté , mais n'ont pas illustré plus que lui , le nom de Lacroix. L'un , Antoine DE LACROIX , vivait dans le 16e siècle, et fit imprimer, en 1561, une tragicomédie intitulée les Trois Enfants dans la fournaise, imprimée sans division d'actes ni de scènes. — C. S. LACROIX avocat au parlement et auteur de plusieurs pièces de théàtre, vivait au commencement du rie siècle. Sa Climène, tragicomédiepastorale , représentée en 1628 , est un ouvrage audessous du médiocre, mais dont on a dû conserver le souvenir , par la raison que le style en est des,plus bizarres. On a en outre de cet auteur l'Inconstance punie, ou la Mélanie, tragicomédie . Quelques personnes lui at- tribuent la Guerre comique, ou h Défense de l'Ecole des fetnmes , comédie, ou plutôt dialogue en cinq disputes . Mais cette dernière production est désignée plus généralement comme l'ouvrage d'un autre sieur de Lacroix , sur lequel on n'a d'ailleurs que des renseignements incertains
  • Jean-Baptiste LADERCHI( 1538 - 1618) : savant jurisconsulte italien, né à Imola vers 1538, fut pourvu en 1561 de la chaire de droit à l'université de Ferrare, et la remplit avec beaucoup de distinction. Ses talents lui méritèrent la confiance du duc Alphonse II, qui le chargea de différentes négociations. Co des bontés de ce prince, il abandonna la cour pour se retirer à Modène, où il passa les vingt dernières années de sa vie. Il y mourut le 7 février 1618. On cite de lui : h'esponsa juris, Ferrare, 1600 2° Eruditum responsum in materia monetarum, in quo probatur opinionem communem ut creditoris lucro cedat augmentupn moneta, falsam esse, Modène, 1611. Tiraboschi lui a consacré un article intéressant dans la Bibliotheca Modenese. — Jacques LADERCIII, historien, né dans Je 17e siècle à Faenza, d'une illustre famille de cette ville, entra dans la congrégation de l'Oratoire et s'y acquit une grande réputation par son savoir et sa piété. Il mourut à Rome le 25 avril 1738, à l'age d'environ 60 ans. Parmi ses nombreux ouvrages on se contentera de citer : 1° I/ ita S. Petri Damiani , cardinalis ne episcopi Ostiensis, in sex libros distributa, Rome , 1702, 3 vol. Cette histoire est intéressante, mais écrite avec une diffusion qui en rend la lecture fatigante; elle a été critiquée amèrement par Ant. Gatto, dans un écrit intitulé : Nugce Laderchiance; dialo gus Sejani et Rufi, Paris, 1705. 20 De sacris basilicis SS. mar- tyrunz Petri et Jlarcellini dissertatio historica, ibid., 1.-705 Il existe à Home trois basiliques sous l'invocation de ces saints martyrs. La troisième, située dans l'enceinte de la ville, fut érigée en titre ou paroisse, sous le pontificat de StGrégoire le Grand. L'auteur saisit cette occasion pour traiter des titres donnés d'abord à de simples prêtres, et réservés ensuite aux cardinaux, ainsi nominés du mot latin incardinatio , parce qu'ils sont attachés au gouvernement d'une église particulière. 30 Acta passionis SS. martyr. Crescii et sociorum ex ms. cod. biblioth. Mediceo: leurentiance eruta, Florence, 1707. — Apologia pro . ') cris, etc., ibid., 1708, 2 vol. 40 Acta S. Cecilia, et transhbe- rifla basilics illustrata, Rome , 1722, 2 vol. 50 Acta SS. Christi martyrum vindicala, ibid., 1723, 2 vol. 4'; 6° la Critica croggidi o sia l'abuse della critica odierna, ibid., 1726 70 I (; oh- gressi litterari d'ogqidi, Venise, 1734; 8° Annales eccleS indri ab anno 1511 ubi Odericus Raynaldus desinit, Rome, 1727, 1733 et 1737, 3 vol. Cette continuation (les Annales de Baronius, dont elle forme les tomes 12, 13 et 44, est peu estimée. L'édition de Cologne, 1733, est surtout reryplie de fautes. Le P. Laderchi a laissé plusieurs on- vrages en manuscrit. Voyez l'article que lui a consacré le P. Mittarelli , De tillerai. Favent., 4 p
  • Jean-Baptiste LADVOCAT( 1709 - 1765) : docteur et professeur de Sorbonne , savant hébraïsant , naquit à Vaucouleurs, diocèse de Toul , le 3 janvier 1709. Il était le dixième des vingt et un enfants de Claude Ladvocat, juge royal des eaux et forêts, et maire perpétuel de Vaucouleurs. Dans ses pre- mières études, ses succès furent médiocres; mais en philosophie il mérita le titre de prince que l'université de Pont-àMousson accordait à celui qui se distinguait le plus. Les jésuites de cette ville s'efforcèrent de se l'attacher ; mais ses parents l'envoyèrent perfectionner ses études à Paris. Après avoir fait un an de philosophie au séminaire de StLouis , le jeune Ladvocat passa en théologie , et porta dans ses nouvelles études l'esprit philosophique qui le caractérisait , et de- vint bientôt maitre des conférences. Après sa tentative, qu'il soutint avec beaucoup d'éclat, il se retira dansla communauté deStBarthélemy, puis se fit admettre à l'hospitalité de Sorbonne en 1734, et à la société, en 1736. Il fournit sa carrière avec beaucoup d'honneur. A la fin de sa licence, il obtint unanimement la seconde place, c'est-àdire celle que donnait le mérite dénué de titres. Il venait de recevoir le bonnet de docteur quand l'évêque, de Toul s'empressa de le nommer à la cure de Domrémy, lieu célèbre par la naissance de Jeanne d'Arc, le destinant, après cette espèce de noviciat , à l'une des premières places du diocèse. La Sorbonne le prévint en donnant au jeune docteur une chaire qui venait de vaquer. Le nouveau professeur débuta par un traité sur la religion, pour ne pas s'écarter du plan de son prédécesseur, et plutôt encore pour dissiper des soupçons de philosophisme qui planaient sur sa tète : il y réussit parfaitement. Ce traité est encore inédit. En 1742, Ladvocat fut nommé bibliothécaire de Sorbonne. En en, le 28 février, il signa , avec les docteurs Lefèvre, Mercier et Joly, une consultation contre les sociétés des francsmaçons , dans laquelle il est décidé qu'il n'est pas permis de se faire initier, et encore moins de prêter le serment . En 175.1, le duc d'Orléans, qui le consultait souvent, fonda en Sorbonne une chaire pour expliquer l'Écriture sainte, selon le texte hébreu. Il la lui donna, et voulut qu'il conservât la place de bibliothécaire, sans que cette réunion tirât à conséquence pour l'avenir. Ladvocat fit soutenir sur le Pentateuque, sur les Psaumes et sur le livre de Job , des thèses dont la réputation passa jusque dans les pays étrangers. H mourut *d'une maladie de poitrine, le 29 décembre 1765, à l'âge de 56 ans. Il était doué d'un esprit vif, pénétrant, d'une mémoire fidèle, d'un goùt sen' et délicat, d'une imagination féconde et d'un jugement excellent. Il avait des connaissances très-étendues et trèsvariées ; il possédait également les belleslettres, la philosophie , les mathématiques, les langues orientales, l'histoire, l'Écriture sainte, les Pères grecs et latins : aucun monument ecclésiastique n'avait échappé à ses recherches. Nous avons de lui 10 Dictionnaire géographique portatif, 1747 qu'il composa à Bagneux , village près de Paris: et qu'il donna sous le nom de Vosgien, comme traduit de l'anglais . C'est en général un abrégé du grand Dictionnaire de Bruzen de la Martinière. L'édition que donna Feller, , en 1788 , renferme des additions importantes. Mais la plus correcte est celle que Letronne a publiée en 1813, sous le nom d'Auguste L4", 1 vol. 2. Dictionnaire historique portatif des grands hommes , 1752 , 1755, 1760, 2 vol. abrégé de Moreri. L'auteur le composa pendant les vacances, à la campagne, par manière de délassement , et dans l'unique dessein de donner aux jeunes gens qui le consultaient « souvent une juste idée de l'histoire et de la litté-« rature. ai Ces paroles, qui sont de Ladvocat , donnent l'exacte mesure de l'ouvrage. Il fut fait par manière de délassement, c'est dire assez qu'il fourmille de fautes et d'inadvertances. Aussi l'abbé Saas s'élevatil contre l'édition de J760, dans une Lettre d'un professeur de Douai à un professeur de Louvain , Douai , 1762 Ce critique y trouve des fautes de toute espèce, et les relève avec beaucoup d'amertume et de hauteur. Le Die. tionnaire historique de Ladvocat, publié d'abord en 2 volumes et porté depuis à 4 volumes, n'est peut-ètre autre chose qu'un abrégé du Diction- naire de Moreri. Les articles de géographie , d'antiquité et de généalogie ont disparu, mais ceux de mythologie ont été conservés. Du reste , l'auteur a eu le tort d'ajouter aux noms déjà trop multipliés du Moreri, ceux de beaucoup d'hommes de sa profession dont la postérité ne s'occupera guère ; et , vu les bornes> étroites qu'il s'était prescrites, il n'a fait qu'une sèche et insignifiante nomenclature, à laquelle une certaine exactitude de dates, jointe à tous les avantages d'un volume W Voyez les Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix- huitième siècle, t. 4, p. 316. trèsresserré, a donné pendant assez longtemps une espèce de vogue. Le Didionnaire historique fut traduit en italien par l'abbé Palazzi, Milan, 1758, 5 vol. et en allemand, Ulm , 1761, 2 vol. Après la mort de Ladvocat, M. Leclerc , libraire , ajouta successivement à ce Dic- tionnaire un et deux volumes, où l'on remarque de l'exactitude et des connaissances. Enfin , une nouvelle édition , revue , corrigée et continuée jusqu'en 1789 , par une société de savants , de littérateurs et de bibliographes, en a'été donnée à Paris, 181-, en 5 volumes Le travail des nouveaux éditeurs forme un supplément imprimé à la fin du 5° volume. Cette édition a été faite pour servir d'introduction à la Biographie contempo- raine de Haihe. 30 Lettre sur le rhinocéros, 1749 4° Bibliothèque annuelle et universelle, contenant un Catalogue de tous les livres qui ont été imprimés en Europe pendant les années 1748, 17/s9, 1750 et 1751 , Paris, Lemercier, 1751-57, 6 vol. Quoique bien incomplète dans les premiers volumes, cette bibliographie • périodique est commode , étant rangée par ordre de matières, et indiquant plusieurs pièces volantes insérées dans les journaux, et qui n'ont pas été tirées à part. Une table alphabétiqtée, à la fin de chaque année , facilite les recherches. I 50 Dissertation historique et critique sur le naufrage de St- Paul . il y fait voir que ce naufrage eut lieu, non point à Malte, mais à Meleda , près de Raguse. Ce n'est guère qu'un extrait raisonné du livre de dom Ignace Giorgi, bénédictin de Raguse, intitulé : Paulus apostolus in mare quod nunc Venetus Sinus dicitur, naufragus , et Melitce Dalmatiensis insuloe post naufragium hospes , Venise , 1730 , 6. Grammaire hébraïque à l'usage des écoles de Sorbonne, avec laquelle on peut apprendre les principes de l'hébreu sans le se- cours d'aucun maitre , Paris, 1755, 4765, 1789 nouvelle édition , revue et corrigée, Paris, 1822 L'auteur s'est proposé, en outre, de rendre sa Grammaire si courte qu'elle pût être apprise dans quinze jours OU dans un mois au plus. Il a ajouté à chaque lettre et à chaque mot hébreu sa prononciation en caractères romains. Les conjugaisons sont rangées et disposées en tables et en formules trèscommodes. Ces tables présen- tent, au premier coup d'oeil, toutes les conjugaisons, tant régulières qu'irrégulières, leurs temps et leurs différences. M. Audran , professeur d'hébreu au collége Royal , a perfectionné cette méthode , et a rendu ces tables encore plus commodes. Enfin, Ladvocat, pour épargner à ses élèves le dégoùt que les points et les accents ne manquent pas de leur causer, d'après les anciennes grammaires, en a écarté toutes les minuties et toutes les inutilités , et n'en a traité qu'autant que cela est nécessaire pour la prononciation et pour l'intelligence du texte sacré. L'abbé Ladvocat ne faisait pas grand cas des ntsvoyelles; mais il était obligé de les enseier pour se conformer aux conditions expresses la fondation. 70 Jugement et observations sur les , qui fit paraltre un Ap- du jugement rendu par A/. l'abbé Ladvocat, dans cause où il s'est constitué juge de quatre traduc- ans des Psautnes en français , 1763 Cette 'ponse aux critiques mesurées de l'abbé Ladocat est fort leste et se ressent extrèmement de ancienne profession de l'auteur. Les capucins épondirent plus modérément . 8° Interprétation historique et critique du isaume . Dans une lettre au P. lloubigant , qui pré- ède l'explication de ce psaume, l'abbé Ladvocat 'exprime ainsi : J'ai toujours été persuadé qu'il était impossible de bien entendre l'Écriture sainte , sont imprimées sans goût, sans ,C critique, sur les manuscrits les plus modernes O et les moins corrects ; qu'elles sont pleines de O fautes, de solécismes, de bévues et de défauts. t, Le moyen le plus sûr et le plus efficace de rétablir , autant qu'il est possible , le texte hébreu dans toute sa pureté est de comparer avec I‘ le texte hébreu d'aujourd'hui les versions des « hexaples, les targums et toutes les autres an-. C'est un manuscrit estranglielo du Pentateuque, écrit l'an 704 de notre ère. Ladvocat en donne les variantes les plus importantes ? avec une savante notice sur Jacques, évoque d'Edesse , qui le fit rédiger. 12° Lettre sur les deux premiers volumes du Nouveau Dictionnaire historique , insérée dans les Mémoires de Trévoux, février 1766 . L'éloge historique de Ladvocat se trouve en téte de l'explication du ps. Exurgat ; dans l'Année littéraire, 1766, t. 2; et dans le Nécrologe de 1767
  • Jean-Baptiste LALLEMAND( 1710 - 1700) : peintre paysagiste, né à Dijon vers 1710, était le fils d'un tailleur qui l'éleva dans son état ; mais , poussé par un goût irrésistible vers une plus noble profession, il abandonna bientôt l'aiguille pour le pinceau. On rapporte qu'un jour, travaillant à Paris dans la boutique d'un tailleur, il entendit une personne dire, en causant avec son maitre, qu'elle aurait besoin de quelques tableaux pour décorer sa maison de campagne. A l'instant, Lallemand se leva de son établi et s'écria : « Je tne charge de vous les faire, » Cette saillie , qui rappelle le mot du Corrége : Et moi aussi je suis peintre I » excita le rire des auditeurs ; mais à l'étonnement succéda bientôt la confiance l'amateur lui mit les pinceaux à la main , et le chargea de peindre un tableau desQuatre Saisons, qui fut le signal de ses succès futurs. Voulant approfondir les connaissances de son art, il fit en voyage en Italie et s'arrèta à Home, où il se maria. Il se rendit ensuite en Angleterre et revint se fixer à Paris, où il fut reçu membre de l'acamie de StLuc. Lallemand travaillait excessivement vite ; souvent il achevait une toile en un jour. Aussi ses productions sontelles fort nombreuses. Il excellait dans plus d'un genre , mais particulièrement dans les marines, où il n'eut de rival que Vernet. La plupart de ses oeuvres sont gravées. Il a dessiné toutes les vues de Bourgogne dans le Voyage pittoresque en France. Ses paysages sont remarquables par la facilité , le charme et la légèreté de sa touche. On ne comprend pas pourquoi toutes les histoires des peintres français ont gardé le silence sur son compte. Un seul auteur, M. Picardet , dans un Mémoire sur les écoles où l'on enseigne l'art du dessin , lu à l'académie de Dijon le 31 juillet 176i , le classe parmi les artistes dignes de prendre place à l'académie de C'est comme étant née Lebrun que madamo de Lalive de. Jully cet désignée dans les Mémoires de madame d'Epinay ; mais son nom de famille était Chambon. A. B—T. peinture. Le musée de Dijon possède de Lallemand : 1 0 un Effet de soleil couchant; un Effet du matin; 3° un paysage représentant des Cavaliers arrêtés à la rote d'un cabaret sur le bord d'une rieiére; 4° un autre représentant des Jeunes Filles puisant de l'eau à une fontaine ; 50 un Intérieur de ménage rustique; 6° une marine, et enfin quatre autres petits paysages avec figures. M. Mathieu , conseiller honoraire à Dijon , a également de Lallemand : une Vue de Messigny, l'Été, la Balançoire et la Bonne Aventure, charmant tableau de genre; et deux scènes d'intérieur. Lallemand, comme beaucoup d'artistes, peignait pour vivre et vendait ses toiles aussitôt qu'elles étaient terminées, pour une légère somme d'argent. Cette circonstance, jointe à son peu d'empressement à se créer des relations , a nui en grande partie à sa célébrité. — Il mourut à Paris, vers la fin du 18.'siècle , dans un âge trèsavancé
  • Jean-Baptiste LALLI( 1572 - 1767) : poète et jurisconsulte italien, naquit à Norcia , ville de l'Ombrie, en 1572. Quoique la poésie italienne fût son occupation favorite, il ne laissa pas cependant de cultiver de plus sérieuses études, particulièrement celle de la jurisprudence. Ses connaissances dans le droit public engagèrent les cours de Parme et de Home à l'employer à diverses négociations auprès de plusieurs gouvernements d'Italie. Peu avide de renommée, il bornait sa gloire au suffrage de ses amis; et ce fut autant pour leur plaisir que pour le sien qu'il composa les ouvrages qui ont assuré sa réputation. Il cultiva d'abord la poésie sérieuse; et ses ouvrages en ce genre, parmi lesquels on remarque surtout ll Tito Ves/ union°, ossia la Gerusalemme desolata, poème épique en quatre chants, lui ont assigné un rang distingué parmi les bons poètes de son siècle. Mais le caractère de son esprit le portait de préférence vers la poésie badine; ses épltres plaisantes , et ses ouvrag.»s plus étendus, intitulés La iloscheide o Domi- Moschicida , pente en quatre chants; la Franceide, ossia il Nal francese, Noème en six chants, publié pour la première fois à Foligno, en 1629, et dédié au prince Odoard Farnèse, duc de Parme, sont comptés parmi les meilleures productions de ce genre que possède l'Italie, déjà si riche en ouvrages de cette espèce. 11 voulut encore traduire en ver, burlesques quelquesunes des poésies de Pétrarque, et l'Euclide de Virgile, qu'il publia en 1635, sous le titre d'Eneide tracestita; et si le sel des plaisanteries, la facilité de la versification, la gaieté, qualité indispensable dans ce genre de poésie, peuvent faire excuser la parodie d'ouvrages ,;raves et sérieux, personne mieux que Lalli n'a mérité d'obtenir le suffrage des lecteurs. Le seul reproche qu'on ait justement à lui adresser, c'est de s'ètre quelquefois servi d'expressions qui n'ont pas toute la pureté désirable, et qui ont einièché ces ouvrages d'are placés parmi ceux que les Italiens appellent testi di Zingua, c'est-àdire qui fout autorité pour la langue. C'est à [tome que Lalli commença son Enéide, à la prière de plusieurs de ses amis, et surtout d'Antoine Queringo ; il la termina au bout de huit mois à Foligno, où il était allé, en qualité de podestat. Ménage, dans la Leçon qu'il a faite sur le septième sonnet de Pétrarque, parle avec peu d'estime de cette Enéide et des autres poésies badines de Lalli, et avance que c'est avec peu de succès qu'il a écrit dans ce genre. Ce jugement est peut-ètre trop sévére; mais il devient injuste si on l'applique aux autres peines de Lalli. Dans la feraiscéide, ou le Hal français, il a su éviter le plus grand écueil que présentait son sujet, en n'oflraut jamais une image qui pût blesser le lecteur le plus délicat. Ce n'est point un poème didactique; il est entièrement épique. C'est Junon qui , pour se venger de Vénus, introduit ce mal en Europe. Il se manifeste d'abord en Italie , où les Français faisaient la guerre sous la conduite de Louis MI., Les Français appellent ce fléau mal napolitain; les Italiens le nomment mal français. Des champions sont choisis de chaque côté; les Français sont vaincus, et leur nom demeure à la maladie. Les vainqueurs sont envoyés en Amérique par Vénus, pour y chercher le bois de gaïac, qui doit guérir ce mal. Après plusieurs dangers qu'ils surmontent, les chevaliers de Vénus reviennent en Italie, malgré une tempête horrible suscitée par Junon. Dans toutes les contrées de l'Italie et de l'Europe on les accable de présents, en échange du bois précieux qu'ils ont rapporté; et Junon même se laisse apaiser par Jupiter. Tel est ce poème, dont l'action et le merveilleux offrent, comme on voit, peu d'imagination ; mais il y a une foule de détails plaisants, écrits avec facilité et une certaine élégance. Le poème de la Moschéide est supérieur sous tous les rapports; en voici le sujet en peu de mots. L'empereur Domitien est amoureux d'Olinde, qui résiste à sa passion ; en proie au désespoir, il vient chercher le repos dans les jardins du palais et s'endort. Un songe est sur le point de le rendre heureux. lorsqu'il est réveillé par la piqùre d'une mouche. Il se venge sur toutes celles qu'il aperçoit, et leur déclare la guerre par un édit. A cette nouvelle, le roi des mouches, Raspon , déclare de son côté à Domitien une guerre à mort; et, à ses ordres, toutes les espèces de mouches se réunissent, les guêpes, les cousins, les taons, etc.; il les passe en revue, et après une délibération sérieuse, la guerre est résolue, et toute l'armée de mouches se dirige sur Rome. Domitien , de son côté, se prépare à la guerre. Un combat général s'engage ; et le poète en fait une description homérique, où l'on remarque une foule de détails pleins d'imagination, de chaleur et de poésie. Cette description brille surtout par cette verve comique qui distingue le génie italien, et qu'il faut bien se garder de confondre avec le burlesque de Scarron, genre de plaisanterie ignoble dont Boileau a fait justice. Enfin, après plusieurs incidents ou sérieux ou plaisants, la guerre se termine par la mort de Domitien, massacré par les Romains révoltés. Si dans ses poésies Lalli est quelquefois incorrect et négligé, il est en général recommandable par sa gaieté, sa verve et son naturel : on y voit peu de ces C071- cetti qui déshonorent la plupart des écrits des auteurs appelés seicentisti, ou qui ont vécu de 1600 à 1700; il se rapproche davantage des bons modèles. Son poème de la Gerusalemme desolata prouve surtout que, s'il avait voulu consacrer ses loisirs à la haute poésie, il y eût obtenu un véritable succès. Lalli mourut à Norcia le 3 février 1767. Ses poésies ont été réunies sous ce titre : Opere poetiche del dottor G. B. Cohl, cioè la Fran- reide, la Moscheide, Gerusalemme desolata , Rime giocose, Rime del Petrarca in stil burlesco, etc., Milan, 1630, 1 vol. en deux parties. Jacobilli cite encore de lui : Montani secessus perigraphi, Foligno, 1624 omis par Niceron , et d'autres ouvrages peu importants ou demeurés manuscrits
  • Jean-Baptiste LANGETTI( 1635 - 1676) : peintre , naquit à Gènes en 1635. 11 fut d'abord élève de Pierre de Cortone , et entra ensuite dans l'école du vieux Cassana, dont, il a en général rappelé le coloris. Il alla s'établir à Venise, et, en 1650, il était au nombre des peintres étrangers qui florissaient dans cette ville. Boschini, dans son parue en langage vénitien, intitulé Carte del navegar pittoresco, où il célèbre les artistes distingués de Venise, consacre quelques vers à Langetti, et le loue comme un professeur habile dans le dessin et le maniement du pinceau. Ces éloges ont été confirmés par Zanetti , et plus encore par les tableaux qu'il a exécutés avec soin , et parmi lesquels on remarque un Crucifix, placé dans l'église de SteThérèse. Dans ses autres ouvrages il a peint en général de pratique , et n'a guère déployé que le talent d'un homme habile dans le métier. Les galeries de Venise et de la Lombardie possèdent un grand nombre de ses tableaux, dans lesquels H s'est plu à représenter des vieillards, des philosophes, des anachorètes, etc. Sa facilité était si grande qu'il faisait un tableau dans un seul jour. Il ne peignait que d'après nature; et quoiqu'il n'eût rien de cet idéal dont les artistes grecs nous ont laissé de si parfaits modèles, même dans les sujets les plus communs, la force de ses tons et le brillant de son pinceau faisaient rechercher ses ouvrages, que l'on payait un trèshaut prix. 11 mourut à Venise, en 1676, âgé de 41 ans. La galerie de Dresde contient un de ses tableaux , qui a été gravé
  • Jean-Baptiste LANGLOIS( 1663 - 1706) : jésuite, né à Nevers en 1663, mourut à Paris dans la maison du noviciat, le 12 octobre 1706. Son principal ouvrage est l'Histoire des croisades contre les Albigeois, Rouen, 1703 La préface contient l'examen et la réfutation des écrits de quelques auteurs contemporains qui ont fi.aité le même sujet. Le nouvel historien trace rapidement l'origine et les progrès de cette secte, et décrit ensuite les différentes guerres entreprises pour sa destruction, achevée par le fameux comte Simon de Montfort. Il y a beaucoup de recherches dans cet ouvrage, et le style en est aisé et naturel, mais moins élégant, suivant Lenglet Dufresnoy, que celui du P. Maimbourg que l'auteur avait pris pour modèle. On a encore du P. Langlois :1. plusieurs Mémoires contre l'édition des OEuvres de StAugustin, publiée par les bénédictins : ils sont sans aucun intérêt aujourd'hui ; mais les curieux peu. vent en trouver l'analyse et la réfutation dans l'Histoire de l'édition de St- Auguain , par D. Vincent Thuilier . 2° Traité du respect humain, Paris, 1703 ; 3. la Journée spirituelle à l'usage des eolléges, in12
  • Jean-Baptiste LANTIN( 1572 - 1652) : littérateur, naquit à Ce poiime n'avait paru qu'en 1825, A—T. 28 Châlons le 13 décembre 1572. Après avoir pris ses degrés en droit et fréquenté le barreau de Dijon , il épousa la tille d'un conseiller au parlement de I3ourgogne , auquel il succéda dans sa charge. Il fut député à Aix en 1635 par sa compagnie, pour y faire des enquêtes sur une affaire criminelle trèsimportante; et il profita de son séjour en cette ville pour cultiver l'amitié du cé- lèbre Peiresc, avec lequel il entretint dès lors une correspondance suivie. Il mourut octogénaire à Dijon, le 15 décembre 1652.0n a de lui plusieurs pièces de poésie latine, et il a laissé en manuscrit des ouvrages sur différentes matières de droit, dont on trouvera les titres dans la Bibliothèque de Bourgogne. — Son fils, Jean- Baptiste LANT1N né à Dijon en 1620, annonça dès son enfance de grandes dispositions pour les lettres. Ses cours terminés, il visita l'Italie, et vint à Paris, où il rechercha l'amitié des savants. Reçu conseiller au parlement de Bourgogne en 465e, il montra dans l'exercice de cette charge beaucoup de zèle, d'équité et de désintéressement. Il la résigna en 1692 à son fils, pour ne plus s'occuper que de la littérature. Il mourut à Dijon le 4 mars 1695. Plusieurs de ses amis s'empressèrent de publier à sa louange des vers qui ont été recueillis par Jacques Bernard, dans l'édition qu'il a donnée du Dictionnaire de 11Ioréri . Lantin était en correspondance avec Ménage , Huet, Saumaise, d'Ablancourt, etc. Auzout faisait un tel cas de ses connaissances en mathématiques„,qu'il l'avait prié de se charger de la révision de ses ouvrages; et le médecin Dodart, qui l'engageait à solliciter une place à l'Académie des sciences, le regardait comme un trèssavant naturaliste. On n'a de lui que la Préface du livre de Saumaise : De bomonymis ligies iatricoe, Dijon, 1668 ; une Lettre à l'abbé Foucher, dans laquelle il prouve qu'Épicure et Carnéades n'étaient pas contemporains ; une autre à d'Ablan- court, sur quelques anciennes traductions de Thu- cydide, dans les Mélanges de Michault, t. p. 358; et enfin quelques lettres latines dans le recueil de Burmann. 1 avait laissé en manuscrit les Elements d'Euclide mis en vers techniques; la Traduction latine des ouvrages du mathématicien Pappus ; des Poésies latines, grecques et italiennes; une dissertation sur le geranium noctu ° lens: des Notes sur Diogène Laerce, dont Ménage regrettait de n'avoir pu faire usage, et quelques autres ouvrages moins importants dont on trouvera la liste dans la Bibliothèque de Bourgogne. Pierre Legoux, conseiller au parlement de Dijon, a composé un Lantiniana, ou recueil des bons mots et pensées ingénieuses de J.B. Lantin ; mais il n'a point été imprimé
  • Jean-Baptiste LANTIN DE DAMEREY( 1680 - 1756) : petitfils du précédent, né à Dijon vers 1680, avait hérité du goût de ses ancètres pour la littérature, etil marcha sur leurs traces avec honneur. L'académie naissante de Dijon lui ouvrit ses portes en 17740; il se montra fort assidu à ses séances, où il 1 Int plusieurs morceaux remarquables par le choix des sujets et l'étendue des recherches. Il mourut, doyen du parlement, le 21 septembre 1756, dans un àge avancé. De tous ses ouvrages, le plus est le Supplément au Glossaire du Roman de la Rose, contenant des notes critiques, historiques et grammaticales, etc., Dijon, 1737 On trouve au commencement du volume une dissertation curieuse sur les auteurs du Roman de la Rose, suivie de l'analyse de cet ouvrage que peu de personnes lisent, malgré son étonnante répu- tation. Le Glossaire présente nonseulement des recherches sur l'étymologie et les différentes acceptions des vieux mots omis par LengletDufresnoy, mais encore des anecdotes piquantes et peu connues sur les temps chevaleresques; enfin l'auteur donne à la suite les variantes tirées d'un ancien manuscrit du Roman de la Rose, de la bi- bliothèque du président de Savigny. Ce supplé- ment, qui fait suite à l'édition de 1735, 4 vol. , forme le cinquième volume de l'édition du Roman de la Rose publiée par 111M. Fournier, Paris, 1798, ie.. On a encore de Lantin, l'Eloge de Poqier, fondateur de l'académie et doyen du parlement, Dijon, 1754 des Discours sur le luxe, sur les sciences, sur la tolérance, et un Eloge de Rabelais. Ces différents morceaux sont conservés dans le recueil de l'académie de Dijon
  • Jean-Baptiste LAUNAY( 1769 - 1827) : célèbre fondeur, naquit le 8 mars 1769 à Avranches. Destiné à l'état ecclésiastique, dans lequel il devait entrer sous les auspices de son oncle, évêque de cette ville, il reçut une bonne éducation et réussit principalement dans l'étude des mathématiqnes. La révolution de 1789 changea sa destination et ses projets. Son père le rappela chez lui, et il y exerça pendant quelque temps les arts mécaniques , pour lesquels il avait toujours eu un goût particulier. S'étant enrôlé dans un bataillon de volontaires dès le commencement de la guerre de la révolution , il y fut bientôt nommé capitaine, et il se trouvait en cette qualité à Pontorson en 1794 lorsque les royalistes vendéens vinrent attaquer cette ville. Il concourut trèsefficacement à la résistance ; ce qui lui donna une sorte de réputation et le fit passer dans l'arme du génie. Attaché ensuite au matériel de l'armée, il fut chargé de diriger la fonte des canons et des projectiles. Un accident affreux, dont il faillit être victime , vint interrompre ses travaux. Une pièce de canon devait être fondue ; le sable du moule avait conservé une légère humidité : cette circonstance fit rejaillir la matière enflammée, qui couvrit les assistants d'une pluie de feu. Plusieurs périrent sur la place ou furent grièvement blessés. Launay, qu'au premier moment on crut mort, ne put être guéri qu'après une année de souffrances et fut aussitôt admis à la retraite , ne pouvant plus servir activement. Il habitait depuis plusieurs années la capitale, lorsque, en 1802, il fut chargé de diriger la fonte du pont des Arts, et ensuite celle de tous les ponts à bascule. En 1804 il dirigea la fonderie du pont d'Austerlitz, sous l'inspection de Béquey de Beaupré, ingénieur du département. Ce pont fut terminé le ler juin 1806. Sur la fin de la même année , on lui confia la direction de la colonne qui s'élève sur la place Vendôtne. On voulait d'abord fondre en deux parties la statue de Napoléon, qui devait surmonter ce beau monument. Launay conçut l'idée de la fondre d'un seul jet, et il réussit au delà des espérances des savants et des artistes, et plus particulièrement de Chaudet, l'auteur de la statue , qui lui témoigna sa satisfaction et sa reconnaissance. La colonne fut mise à découvert le 15 août 1809, et elle excita une admiration universelle; mais , comme il arrive 1 trop souvent, ce succès fit des envieux à Launay, et on lui suscita beaucoup de tracasseries. Se voyant méconnu et déçu dans son espoir, il se tint à l'écart et ne parut plus s'occuper que d'un modèle de la coupole de la halle au blé, qu'il fit exécuter dans son atelier, et qui plus tard fut confié à un autre artiste. Abreuvé ainsi d'injustices et de dégoùts, Launay cessa de concourir aux travaux du gouvernement, et il s'occupa d'un projet de fonderie ambulante, qui fut soumis à l'empereùr. En 1813, il fit des essais sous les yeux de plusieurs offficiers d'artillerie, parmi lesquels étaient le général Neigre , le colonel ColletMarion, et plusieurs savants, qui tous lui prodiguèrent de justes éloges. Cette utile conception ne fut cependant pas réalisée. Lors de l'entrée des alliés à Paris en 1814, quelques insensés, au nombre desquels était le fameux Maubreuil , voulant faire disparaître la statue qui surmontait la colonne de la place Vendôme , et ne pouvant parvenir à la descendre, envoyèrent chercher Launay : ils le conduisirent devant le monument, avec un ordre du général russe Sacken, qui commandait dans Paris, et lui signifièrent que dans trois jours, si la statue n'était pas enlevée, il serait passé par les armes. On comprend aisément que tout cela ne pouvait être que comminatoire , et que ce rie fut pas par crainte que Launay conçut aussitôt et exécuta en moins de trois jours le plan qui amena la . escente complète et sans accident de la colossale atue. Ce fait a donné lieu à de graves récrimiallons contre lui. On a prétendu que de luimème et sans y être appelé, sans en avoir reçu l'ordre , il s'était empressé d'aller renverser le lenonument élevé par ses soins, et qu'ensuite il avait fait tramer chez lui la statue, qu'il se proposait de vendre sans y être autorisé. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'en effet cette statue fut portée dans son atelier, et qu'il la garda en nantissement de ce qui lui restait dù sur la construction. 11 proposa ensuite de la vendre à Napoléon, revenu de I'tle d'Elbe ; mais les événements se pressèrent avec tant de rapidité que l'on n'eut pas même le temps de s'occuper de cette affaire. Après le second retour des Bourbons, Launay offrit au gouvernement dix mille francs de sa statue , et y il eut pour cela une négociation qui se termina par l'ordre donné à l'artiste de restituer ce chefd'oeuvre , qui fut aussitôt anéanti par la fusion. Launay luimême fut témoin de cette opération , qui lui causa , diton , un tel chagrin qu'il tomba malade et ne releva plus. 11 mourut à SavignysurOrge le 25 aoùt 1827. On a de lui : 10 Relation des faits qui se sont passés lors de la descente de la statue de Napoléon érigée sur la colonne de la place Vend6rne , et de la destruction de ce chef- d'oeuvre ; en réponse ci la calomnie de M. Ambroise Tardieu, éditeur et graveur de l'ouvrage intitulé la Colonne de la grande armée, Paris, 1825 20 Description du tonneau hydraulique de la pompe aspirante et foulante, imprimée à la suite du Manuel du sapeur- pompier, par M. Joly, 1 830 ; 3. Manuel du fondeur sur tous métaux , ou Traité de toutes les opéra- lions de la fonderie, contenant tout ce qui a rapport à la fonte et au moulage du cuivre, à la fabrication des pompes à incendie et des machines hydrauliques ; ln manière de construire toutes sortes d'établissements pour fondre le cuivre et le fer ; la fabrication des bouches à feu et des projectiles pour l'artillerie de terre et de mer, la fonte des cloches , des statues , des ponts , etc., etc., arec des exemples de grands travaux, propres à aplanir les difficultés du moulage et de la fonte, Paris, 1827, 2 vol. in -8°, ornés de planches , chez Roret, libraire
  • Jean-Baptiste LAURO( 1582 - 1629) : littérateur, né en 1582 à Pérouse, entra jeune au séminaire de cette ville, où il fit d'excellentes études sous la direction de Bonciario , trèshabile humaniste. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut nommé professeur extraordinaire de philosophie, et alla ensuite à Rome , où ses talents lui méritèrent la protection du cardinal Lanti et de plusieurs autres prélats. Matteo Barberini, devenu pape sous le nom d'Urbain VIII , le fit son camérier secret, et ne cessa de lui donner des marques d'une bienveillance toute spéciale. Lauro pouvait se promettre de parvenir aux plus hautes dignités de l'Église; mais une mort prématurée l'enleva, le 20 septembre 1629, à peine âgé de 48 ans. Outre quelques opuscules , aujourd'hui sans intérêt et sans utilité, on a de ce savant prélat : 1 Poe- mata, Pérouse , 1606 ; ibid., 1623 Epi- stolarum centurice due Rome, 1621 ; Cologne, tu Basan, dans son Dictionnaire des praveurs, place en 1570 la naissance de Lauro; mais c'est une erreur évidente; il n'aurait eu que neuf ans lorsqu'il commença de graver les Antiquités de Rome. 1624 Ces lettres sont entremêlées de vers, et l'on trouve à la suite des épitaphes omises par Sweert dans ses Selectce christiani orbiS deliciv . 30Theetri romani orchestra ; Dialogns de vins sui De annulo pronuhu B. Virginis Peru- sice asservato , ibid., 1622 ; Cologne , 1626 On pense bien que cet ouvrage ne se recommande Pas par un profond esprit de critique. Parmi les manuscrits de Lauro, on distingue l'Histoire des évèques de Pérouse, qui, suivant Vermiglioli , n'a pas été inutile aux modernes auteurs de l'Histoire ecclésiastique d'Italie . J.N. Érythrœus parle avec éloge de Lauro dans la Pinacothesaimagin. illustr. virorum ; lilefeker lui a donné place dans la Bi- bliotheca eruditor, prcecocium; enfin , le P. Niceron lui a consacré (tarisses Mémoires, t. 37, p: 268, une notice assez étendue , à laquelle on renvoie pour plus de détails
  • Jean-Baptiste LEBEAU : jésuite, né dans un village du comtat Venaissin, mourut dans le collége de son ordre, à Montpellier, le 26 juillet 1670. Il professa pendant plusieurs années la rhétorique à Toulouse, et ensuite à Rodez; mais l'étude de l'antiquité et de ses monuments l'occupa presque uniquement, et il a laissé plusieurs ouvrages estimés des érudits. i. Diatribce duce, prima de partibus lempli auguralis; allera de mense et die victoria, pharsalicce, Toulouse, 1637 Ces dissertations ont été réimprimées à Cologne, et insérées la première dans le tome 5, et la seconde dans le tome S des Antiquités de Grœvius. La seconde a On sait que les fameux caractères des Elzévirs provenaient des poinçons de Garamond. Parmi les chefsd'oeuvre qu'ils ont produits, on distingue surtout le Pline de 1635, 3 vol. le Virgile de 1636, et l'Imitation de Jésus- Christ sans date . été réimprimée encore une fois, avec une savante préface de HenriLéonard Schurtzfleisch, Wittemberg, 1705 2° Breeirulum expeditionis his- paniensis Ludovici X111, Toulouse, 4612 3. I'olyoenus gallicus de veterum et recentium Gallorum stratagematibus, Clermont, 1658; Francfort, 1661 ouvrage plein de recherches. On a encore de lui la Vie de François d'Estaing, évêque de Rodez, en français , et traduite en latin; et celles de Barthélemy des JIM ri y rs, archevêque de Braque, et d'Alphonse Torribio, archevêque de Lima, au Pérou; ces deux dernières en latin
  • Jean-Baptiste LEBLOND( 1747 - 1815) : médec né à Toulongeon, près d'Autun, en 1747, se livra de bonne heure à l'étude des sciences naturelles, alors trop négligée, et fut nommé en 1767, commissaire du roi à la Guyane, pour y faire des re- Dans certains exemplaires de ce recueil, on trouve gravées, d'après l'antique, les médailles qui reproduisent les scènes de débauche dont la cour des empereurs romains et la maison des nobles latins était trop souvent le théâtre. Ces sujets obscènes sont Pcetivre, dit- on , du duc d'Orléans, Joseph. cherches sur le quinquina et sur d'autres objets d'histoire naturelle. Il séjourna longtemps dans cette colonie et s'y trouvait encore à l'époque de la révolution, dont il a écrit plusieurs circonstances. Revenu en France , il habita quelque temps la capitale, lut divers mémoires à la société d'agriculture de la Seine et à l'Académie royale de médecine, dont il était correspondant, et mourut à Masille le 14 août 1815. On a de lui : 1" Essai sur l'art de l'indigotier , pour servir à un ouvrage plus étendu , lu et approuvé par l'Académie des sciences, 1791 Alémoire sur la culture du cotonnier à la Guyatie , imprimé par ordre du citoyen Victor lingues , agent du gouvernement. Cayenne, de l'imp•imerie de la république, 1801; 4" ; 3" Moyen de faire disparuitre les abus et les effets de la mendicité par l'émigration volontaire à la Guyane française 4" Observations sur le cannellier de la Guyane , itnpritnées par ordre du gouvernement, Cayenne , de l'imprimerie de la république, 1795 réimprimées avec additions, en 1796, dans le tome ter des Mémoires de la société d'agriculture du département de la Seine; 5. Voyage aux Antilles et à l'Amérique méridionale, commencé en 1 767 et fini en 1802, contenant un précis historique du résultat des guerres et der faits mémorables dont l'auteua été témoin, etc., t. ter et unique, Paris, 1813 avec carte et planche; 6° Description abrégée de la Gutiane frani, çaise, ou Tableau des productions naturelles et corn.- merciales de cette colonie , expliqué au moyen d'une carte géologico- topographique , Paris , 1814 seconde édition avec une notice sur l'auteur, 1825 ; 7° Plusieurs Mémoires sur la Guyane et divers objets d'histoire naturelle, imprimés dans les Mémoires de l'Académie des sciences et ceux de la société d'agriculture du département de la Seine. On a publié en 18.3i, à Paris : Trente années d'existence de F.- F. Leblond, créole de Cayenne , fils du célèbre médec naturaliste de ce nom , ancien médecin du roi à la Guyane française, par un ami, I vol. de 5 feuilles
  • Jean-Baptiste LECHEVALIER( 1752 - 1836) : voyageur français, né à Trelly, près Coutances, le ler juillet 1752, de parents cultivateurs, appartenait par sa mère à la famille Boudier, qui a fourni des hommes assez distingués dans l'Église et dans les lettres, entre autres dom Bomber , supérieur général de la congrégation des bénédictins de StMaur. Lechevalier fit ses premières études chez un oncle paternel , chanoine de la cathédrale de Sttlrieuc, qui lui destinait son bénéfice. L'ayant perdu à l'âge de quinze ans, il vint à Paris au séminaire de StLouis, dirigé par le savant et vertueux abbé Garel. Il y perfectiona ses études à tel point que , trois ans après son entrée dans cet établissement, il fut capable de professer la philosophie et les mathématiques dans les colléges de l'université de Paris, au Plessis, à Harcourt, à Navarre, où il demeura depuis 1772 jusqu'en 1778. Il fut ensuite gouverneur du fils de M. de Pont, intendant de Metz. Le comte de ChoiseulGouffier, nominé, en octobre 1784 , ambassadeur près la Porte ottomane, ayant ouï vanter Lechevalier par l'abbé de TalleyrandPérigord, proposa au jeune littérateur de l'emmener à Constantinople, en qualité de secrétaire d'ambassade , ou au moins d'un poste consulaire. Ce qui flattait Lechevalier presque autant que les promesses faites à son ambition, c'était un voyage en Grèce et dans l'Asie Mineure, et de faire partie du cortége de savants, d'hommes de lettres et d'artistes qui accompagnaient le comte pour rentrer en France, où déjà les premières explosions révolutionnaires avaient éclaté. Dans ce voyage, il s'arrêta quelque temps à Vienne, fut invité aux Pètes de la cour, où l'empereur Joseph l'accueillit avec bonté, et l'entretint de ses travaux et de ses dé- Le comte de Choiseul annonça son départ d'Yassi par une dépêche du 10 janvier 1788. On croit savoir que, par suite de sa jalousie littéraire, il écrivit secrètement au ministre de la maison du roi pour taire mettre Lechevalier à la Bastille, à son arrivée. Celuici ne dut son salut qu'à quelques hommes puissants alors, notamment à Malesherbes. Le comte de Choiseul le poursuivit de sa haine, surtout depuis sa publication du Voyage de la Troade. Bien que cette découverte lui appartînt à juste titre comme véritable inventeur, Lechevalier s'en lût peut-être abstenu, si sa détresse en Angleterre, pendant la terreur, ne lui en eût f.it une nécessité. Tous les voyageurs français et étrangers attribuent à Lechevalier le mérite et la priorité de la découverte de la Troade. On peut consulter l'ouvrage publié à Paris, en 1840, par M. Mauduit, architecte de l'empereur de Russie. couvertes. Il revint à Paris, où il fut sur le point d'épouser une demoiselle 'fhouin, qui était alors une des berceuses du dauphin , et qui depuis se maria au conventionnel Leclerc, de MaineetLoire . En considération de ce mariage, la reine avait promis de faire obtenir à Lechevalier une place de receveur des finances. Mais les progrès de la révolution l'effrayèrent et le déterminèrent à reprendre ses voyages, soit isolément, soit comme gouverneur de jeunes Français et d'étrangers . En 1791 et 1792, il passa en Allemagne, et fut reçu membre de l'académie de GonLingue. Il alla ensuite dans le nord de l'Europe , parcourut le Danemark, la Suède , la Russie, la Hollande, la Belgique. Il se trouvait en 179i à StPétersbourg : on le chargea de venir chercher dans les PaysBas la comtesse Esterhazy , qui se trouvait avec ses enfants au milieu des armées belligérantes. 11 se tira avec succès de cette mission difficile. Il repassa ensuite à Hambourg et de là en Angleterre, où il fit connaissance avec le banquier Coutts et avec l'un de ses gendres, sir Francis Burdett, l'un des membres distingués de la chambre des communes , qui ne dédaigna point de recevoir de lui des leçons de littérature. Lechevalier eu donna aussi à lady Burtlett et à ses soeurs, les comtesses de Buta et de Guilford, et il est resté jusqu'à sa mort dans une liaison intime avec cette. famille. Après la chute de Robespierre, il songea à rentrer en France; le commissaire français, chargé à Londres de l'échange des prisonniers, lui en fournit les moyens en lui confiant ses dépèches pour le ministre de la marine, Truguet, qu'il avait connu dans le Levant lorsque celuici commandait Je Tarlelon, et qui fut bien surpris en voyant outrer dans son cabinet l'abbé Lechevalier transformé en courrier; car à Constantinople et jusqu'en 1789, Lechevalier avait porté le titre d'abbé et le costume ecclésiastique, sans être engagé dans les ordres. Talleyrand , alors ministre des relations extérieures, l'attacha à son département avec un traitement de 4,000 francs, sans autres fonctions que celles de faire les honneurs de son salon et de Paris aux.étrangers. On peut dire qu'il s'en acquittait à leur complète satisfaction. Aussi , à l'époque de la paix de 1803 et à celle de la restauration, tout ce qu'il y avait d'Anglais distingués le rechercha avec empressement. Au 18 fructidor, Lechevalier, toujours soigneux de se mettre à l'abri des perturbations politiques, se hâta de passer en Espagne, avec la mission d'y porter le projet d'un nouveau système de poids et mesures. C'est dans ce premier voyage qu'il fut reçu membre de l'académie de Madrid. Après avoir visité cette capitale et les principales villes d'Espagne, il rentra en France à la fin de •1798. 11 publia alors la première édition de son Voyage de la Troade, 1 vol. Précédemment, il en avait donné de premières esquisses à Édimbourg, où l'académie, qui le reçut au nombre de ses membres, en ordonna l'impression ; puis à Goettingue, sur les instances encourageantes du savant Heyne. — Lorsque le gouvernement français eut adopté le système des poids et mesures fondé sur la grandeur du méridien terrestre, les astronomes Méchain et Delambre furent chargés de mesurer exactement l'arc de ce méridien compris entre Barcelone et Dunkerque. Les opérations de la partie boréale furent exécutées par Delambre, et la partie qui s'étend de Rodez à Barcelone fut confiée à Méchain. Cet astronome pria Lechevalier, qui connaissait l'Espagne et la langue du pays, de le. seconder dans ce travail. Il accepta la proposition et partit avec lui. Après avoir travaillé jour et nuit sur les plus hautes montagnes de la Catalogne, il eut le chagrin de voir son ami mourir victime de son zèle pour la science, avant d'avoir pu joindre les triangles d'Espagne à ceux des stations françaises. Après la mort de Méchain, Lechevalier continua ses voyages dans le midi de l'Espagne, à Séville, Cadix, Gibraltar, puis en Portugal. Il quitta la Péninsule pour se rendre en Sicile, ce pays de merveilles qui devait compléter son Voyage d'Europe , dont il a laissé tous les matériaux . Palerme, Syracuse, l'Etna, cette terre classique, furent l'objet de ses explorations et de toute son attention. Il se trouvait à Naples, en 1804, lors de la magnifique éruption du Vésuve. Il visita pour la troisième fois Borne et ses monuments, ainsi que toutes les villes de la belle et poétique Italie. Enfin il rentra en France, riche des découvertes et des observations qu'il avait faites sur les monuments, les moeurs, les usages et la littérature des pays qu'il avait parcourus. Le ministre de l'intérieur, Champagny, le lit nommer conservateur de la bibliothèque SteGeneviève. Ce fut dans ses studieux loisirs que, revenant sur d'anciennes conjectures faites en par_ courant la Troade et Ille d'Ithaque, il se demanda s'il était possible qu'un pauvre Smyrnéen , dont Hérodote place la date de naissance 168 ans après la prise de Troie, eût pu connaître si parfaitement les moindres détails topographiques des lieux et la tactique des armées belligérantes , que ses descriptions de combats, On ne sait pas en quelles mains sont tombés ces matériaux ; mais on doit désirer qu'ils ne soient pas perdus pour la postérité. stant celui de l'Iliade, et qu'il n'en est qu'une nuance affaiblie! Et quel autre qu'Ulysse vieillissant aurait ressemblé à ce point à Ulysse dans la force de l'âge? L'Odyssée et l'Iliade sont donc de la même main. Si Ulysse a raconté ses voyages dans l'un de ces poënles, il a aussi décrit ses combats dans l'autre. Ce fameux roi d'Ithaque paraît à Lechevalier devoir être l'aveugle inconnu qui , sous le nom d'Homère, a rempli le momie entier de son génie et de sa gloire. Telles sont les raisons, tel est le fond du paradoxe que Lechevalier développe dans l'ouvrage publié en 1829 sous ce titre : Ulysse- Homère , Du véritable auteur de l'Iliade et de l'Odyssée , par Constantin lioliadès, professeur de l'université ionienne. Sur une question que Lechevalier jugeait litimême insoluble, l'opinion .qu'il émit dans son Ulysse- Homère fut attaquée avec force par Letronne. , dans le Journal des savants. Lechevalier avait du goût pour les arts, et recherchait avec empressement les artistes; il en encouragea et aida (le sa bourse plusieurs, entre autres Noël, peintre de marine, élève de Joseph Vernet. On a vu qu'il n'était point étranger aux sciences et particulièrement à l'astronomie. Il avait fait réédifier à ses frais l'observatoire du P. Pingré, l'avait pourvu de btns instruments et prenait plaisir à y faire des observations. Il mourut le 2 juillet 1836. Par arrêté (lu ministre de l'instruction publique, le buste de ce savant, dù au ciseau du statuaire David, et exécuté par souscription, a été placé dans les galeries de la biblothèque SteGeneviève. M. l'abbé Noël, son neveu, a publié une Notice sur la vie et les ouvrages de feu AL J.- B. Lechevalier, Paris, 1840
  • Jean-Baptiste LEBRUN-DESMARETTES : né à Rouen, de Bonaventure Lebrun, libraire de cette ville, qui fut condamné aux galères pour avoir imprimé des livres en faveur de PortRoyal, fut élevé en partie dans cette maison. Après en être sorti, il y conserva toujours beaucoup d'attachement pour ses anciens maîtres; ce gui le fit mettre à la Bastille en 1707 , où il fut traité trèsrudement. Il n'en sortit qu'au bout de cinq ans; encore lui fallutil signer le Formulaire : mais il se rétracta le 19 janvier 1717. H avait tenu une espèce de pension où il n'admettait que douze ou quinze enfants. Retiré à Orléans, après un long séjour, il y tomba malade; et craignant un refus de sacrements, il se traîna à l'église le dimanche des Rameaux, et mourut le lendemain 19 mars 1751, à l'âge de 80 ans. Il a eu beaucoup de part aux Bréviaires d'Orléans et de Nevers. Lorsqu'on l'enferma à la Bastille, il travaillait à une édition de Lactance et à une édition du Martgrolog?? u Usuardi. Ses notes sur le premier ouvrage sont tombées entre les mains de LengletDufresnoy . Le P. Solfier, jésuite, qui a donné une édition du Martyrologium en 1711, a profité, sans en rien dire, des notes de Lebrun, à qui l'on doit : la Vie de St- Paulin, évêque de Note, 1686 2. Voyages liturgiques de France, ou Recherches faites en diverses villes du royaume; 1718, fig., publié sous le nom de !golem'. L'auteur avait visité la plus grande partie des églises de France, et il s'est attaché à faire connaître les pratiques particulières les plus remarquables dans les rites et les usages de chacune. Concorda? tia librorum Reguin et Paralipomenon, 1682 Ouvrage composé avec le P. le Tourneux. 4" Une édition latine des OEuvres de St- Paulin, 1685, 2 vol. On trouve à la suite une Dissertation latine sur St- Victrice, pat' Lebrun. 50 Une édition latine des OEuvres de St- Prosper, 1711 Mangeant en fut l'éditeur pendant la captivité de Lebrun. 6° Une édition des ° lices ecclésiastiques de Jean, évêque d'Avranches, avec des notes, 1679
  • Jean-Baptiste LECARPENTIER de la Manche( 1760 - 1828) : naquit, en 1760, à Hesleville, petit village des environs , de Coutances et de Carentan , se dirigea sur Valognes, où il avait si longtemps vécu obscur et méprisé , et qui allait lui payer cher les affronts qu'il avait eus jadis à y dévorer. La consternation y fut générale quand on sut qu'il approchait. Elle augmenta encore lorsqu'on vit tous les garnements du lieu, précédés des membres du coinitirévolutionnaire, le président Gamas en tète, aller en foule à sa rencontre et rentrer escortant ta berline à quatre chevaux qui portait le représentant et son épouse. Les glaces étant baissées, on put contempler à l'aise le digne couple qui s'y pavanait avec une orgueilleuse impudence, et répondait aux acclamations du peuple par des saluts de protection . Lecarpentier alla s'installer dans l'hôtel du marquis d'Ourville, qui était déjà en prison ; et, des le lendemain, il ordonna la mise en arrestalsion, d'abord de tous les nobles qui n'étaient pas encore arrètés, puis de tous les bourgeois suspects. La prison étant dès lors trop petite pour contenir tout le gibier que le représentant y entassait journellement, il ordonna que l'on disposât l'hôtel de Chilfrevast , l'un des plus vastes et des plus beaux de la ville, pour y loger ceux qui ne pourraient trouver place dans la prison ordinaire. Cet hôtel ne tarda pas à ètre rempli de la cave au grenier; nous disons de la cave au grenier, parce que cette prison improvisée se trouva en peu de temps tellement encombrée, que plusieurs détenus furent renfermés dans les caves, à défaut de place dans les appartements. Cependant Lecarpentier dirigeait de temps à autre des prisonniers sur Paris ; puis il faisait une nouvelle battue pour les remplacer, comme cela résulte d'une de ses lettres, datée du 25 messidor an 2, et adressée au président de la convention : « Encore des tètes! disaitil , encore de a nouveaux détenus dans la maison d'arrét ! ene core d'anciens détenus prèts à suivre les autres « au tribunal révolutionnaire ! C'est ainsi que a l'esprit du peuple s'élève à sa sommité, et que a le vain espoir de ses ennemis tombe au dernier La citoyenne Lccarpentier, , émerveillée à la vue de cette foule, lit baisser les glaces, atin, ditelle à son mari, que notre peuple puisse nous voir à son aise, et que noue puission., nous- même le contempler. Cette femme, veritable madame Angol, née de trèsbas lieu , affecta une morgue aussi insolente que ridicule , pendant son sejour à Valognes. L'auteur de cet article, qui s'y trouvait , garantit l'exactitude de tous ces détails, degré. » Lecarpentier, après avoir annoncé ce nouvel envoi , se mit en mesure de tenir sa promesse. A peine eutil cacheté sa lettre, que l'ordre fut donné de préparer des chaises de poste en quantité suffisante pour que ses victimes arrivassent à temps, afin de ne pas manquer l'échafaud. Il semblait pressentir que le 9 thermidor approchait et qu'il n'y avait pas une minute à perdre. Mais quelque empressement qu'on apporOf à suivre ses- ordres, on ne trouva qu'une seule chaise de poste en état de servir. Lecarpentier mit alors en réquisition un nombre de charrettes suffisant pour compléter son envoi. Parmi tous les nobles incarcérés dans l'hôtel de Chiffrevast, on distinguait particulièrement le propriétaire même de l'hôtel, le marquis de Chiffrevast. Ce vieillard, plus qu'octogénaire, objet de la vénération de tous ses compagnons d'infortune, était en tête de la liste. Lorsque ces charrettes et l'unique chaise de poste furent amenées devant la prison, tous les prisonniers désignés pour partir, pleins de déférence pour le rang, les vertus et l'âge du marquis de Chiffrevast, déclarèrent que la chaise de poste serait pour lui seul , et que quant à eux ils feraient le voyage en charrette. M. de Chiffrevast partit donc, et la déférence qu'on lui avait témoignée devint la cause de sa mort. Il arriva à Paris dans les premiers jours de thermidor, fut traduit au tribunal révolutionnaire le lendemain de son arrivée et envoyé à l'échafaud le même jour. Ce fut la dernière victime de Lecarpentier. Les charrettes qui conduisaient les autres détenus n'arrivèrent que le 11 thermidor, dans la matinée ; et ce retard les sauva. Rappelé de mission peu après, Lecarpentier rentra dans la convention, où il chercha à se faire oublier. Cependant on le vit de nouveau figurer parmi les terroristes dans les journées de prairial, où sa conduite lui mérita d'are envoyé prisonnier au chàteau du Rameau. Amnistié après le 13 vendémiaire, il se retira à Valognes, où il devint un objet d'horreur pour tous les habitants. Ne voyant plus que ses anciens amis, Vabeuf, Camas, etc., il y établit une espèce de cabinet d'affaires qui n'était fréquenté que par quelques paysans des environs. En 1809, il se fit inscrire sur le tableau des avocats; mais l'indignation publique l'en fit bientôt rayer. Compiétement oublié comme personnage politique, sous le directoire , le consulat et l'empire, il ne fut pas inquiété sous la première restauration; niais, ayant accepté l'acte additionnel pendant les centjours de 1815, il fut exilé après le second retour de Louis XVIII, en vertu de la loi sur les régicides. S'étant d'abord réfugié dans l'île de Jersey, il en fut expulsé par la misère et par le mépris de quelques Français qui s'y trouvaient et qui connaissaient sa conduite révolutionnaire. Revenu furtivement en France , il fut arrèté, en 1819, dans un village aux environs de Cherbourg, et traduit devant la cour d'assises du département de la Manche, comme ayant rompu son ban d'exil. Il se défendit luimême avec beaucoup d'énergie; et, sur la question du président, s'il avait voté la mort de Louis XVI, il répondit qu'il avait été entralné par les circonstances. Le procureur du roi ayant rappelé ses horribles missions, il déclara, ce qui était vrai , qu'il n'avait fait que de se conformer au système de gouvernement de cette époque. Condamné à la déportation, Lecarpentier fut enfermé au MontStMichel , où il mourut le 27 janvier 1828. Il avait appelé de l'arrêt de déportation à la cour (le cassation, qui le confirma, malgré de vives réclamations de la part des journaux de l'opposition
  • Jean-Baptiste LECLERC( 1755) : conventionnel, né à Chalonnes en 1755, fut député de ce département à la convention nationale en 1792, et y vota la mort de Louis XVI, sans appel et sans sursis à l'exécution. Lié avec le parti de la gironde, il donna sa démission , après la chute de ce parti, en août 1793; niais le !T'élue département le réélut, en 1795, au conseil des CinqCents. Ou le vit l'année suivante, ami intime de LarévellièreLépeaux, son compatriote, proposer d'établie, pour toute la république, un culte théophilauthropique , fondé sur l'immortalité de l'âme et sur la croyance en un Dieu, appuyant cette demande sur la nécessité d'une religion, comme seule base véritable de la morale. Ce discours, dans lequel des raisonnements sages se trouvaient mêlés à des idées bizarres, fut mal accueilli, ainsi qu'un rapport que le mime député présenta sur les institutions civiles et la célébration des décadis. Entre autres propositions, voulait que l'on ne donnât pas de patentes aux marchands qui refuseraient de vendre aux nouvelles mesures, et qui n'ouvriraient pas leurs boutiques le dimanche. Il fut élu président, le 21 janvier 1799; et, par suite, chargé de prononcer un discours commémoratif du supplice de Louis XVI, dans lequel , après s'être livré à quelques déclamations contre les parjures, il s'écria : « Roi fugitif de Naples, vois où t'a conduit la . « Tremble, tu n'as pas encore subi le sort que tu mérites; un plus « rigoureux t'attend : poursuivi jusque dans le dernier asile qui te reste, tu donneras à l'Eu« rope un nouvel exemple d'un roi parjure et « puni de ses forfaits etc. » Leclerc sortit du conseil en 1799. On a de lui : ales promenades champêtres, ou Poésies pastorales, 1786 réimpr. sous ce titre : Idylles et Colites, 1798, 2 vol. in 12. 2. Essai sur la. propagation de la tausique en France, sa conservation et ses rapports avec le gouvernement, 1796 Obligé de quitter la France, par suite de la loi contre les régicides, Leclerc se réfugia à Liége, et y publia en 1818, sous le voile de l'anonyme, un petit vol. sous le titre d'Abrégé de l'histoire de Spa . Revenu dans sa patrie par la faveur d'une ordonnance royale , il mourut à Chalonnes, en novembre 1826. Leclerc était correspondant de l'Institut . Des exemplaires de divers opuscules de sa composition ont été réunis à d'autres opuscules de LarévellièreLépeaux, avec des frontispices sur lesquels est inscrit ce titre : Opuscules moraux de L.-. 11. LarévellidreLépaux et ( le . 1.- 11. Leclerc
  • Jean-Baptiste LÉCUY( 1740) : abbé général de l'ordre de Prémontré, naquit le 3 juillet 1740 , à YvoisCarignan , et fit ses premières études au collége de cette ville. Doué d'une grande facilité et trèsardent au travail , il avait fini sa rhétorique à l'Age de quatorze ans, et il alla en 1754 terminer ses études chez les jésuites de Charteville. Comme il se destinait à l'état ecclésiastique, il fut envoyé , en 1758 , au séminaire du StEsprit, à Paris. Ayant résolu d'embrasser la vie religieuse, il prit, en 1759, l'habit de chanoine régulier prémontré à l'abbaye, qui était le chef d'ordre de cet institut ; et, après un an de noviciat, il y fit profession en 1761. Envoyé la mème année au collége de l'ordre à Paris, pour y faire son cours de théologie, il fut rappelé en 1766 par M. de Vinay , abbégénéral de Prémontré , afin d'y tenir la chaire de philosophie, et, bientôt après, celle de théologie. Envoyé de nouveau à Paris pour y professer la théologie et préparer son cours de licence en Sorbonne , on l'y vit bientôt au premier rang parmi des rivaux d'un mérite distingué. Il avait attiré les regards protecteurs du général de son ordre ; et dans une pièce de vers, que nous citerons plus bas , il témoigna sa reconnaissance à ses bienfaiteurs , surtout à M. de Vinay, qu'il appelait son Mécène. Mais M. de Vinay mourut en 1769 . Manoury , qui lui succéda la même année, sut comme lui , et peut-être plus que lui , apprécier un religieux si distingué et de si belle espérance. Il le choisit pour son secrétaire , fonction que Lécuy exerça pendant dix années. Ce fut pour les deux prémontrés un temps de jouissance et de bonheur , que Lécuy a retracé dans ses vers, en rappelant leurs promenades et leurs entretiens littéraires sur les bords des ruisseaux du vallon ou dans les bois de l'abbaye. C'était au mois de janvier 1765 qu'il avait obtenu le grade de bachelier en théologie ; cinq ans plus tard , en 1770, il reçut le bonnet de docteur de Sorbonne , et, cinq ans après , il fut nommé prieur et maître des études au collège de l'ordre , à Paris. Un jour, accompagnant son général , en sa qualité de secrétaire , il fixa , en lisant un livre anglais, l'attention de l'évêque chargé de la feuille des bénéfices, et la faveur que cette circonstance lui concilia influa peut-être sur le choix qu'on fit de lui en 1780. Manoury mourut cette annéelà, et Lécuy fut élu, le 18 septembre, abbé général de Prémontré et chef de tout l'ordre. Il avait un frère, Nicolas Lécuy, religieux à Prémontré même, Son élection, faite à l'unanimité, dit été, à une autre époque, la position la plus brillante pour "Oui , car elle le faisait chef d'un illustre institut dont les ramifications s'étendaient au delà de la France , lui donnait les titres honorifiques de conseiller et d'aumônier du roi , etc. , le droit PierreAntoine Parchappe de Vinay, docteur de Sorbonne, einquantecinquième abbé de Prémontré , né à Epernay , mourut à Prémontré le 4 mars 1769, âgé de 70 ans. , Paris, 1803,1 vol. 8.; 6. Dictionnaire de poche. lat français, 1805, vol. oblong, 20 édit. , 1831 ; 7. Abrégé de l'histoire de l'Ancien et du Non. veau Testament, 1810, 2 vol. fig.; le même, sous le titre : Bible de la jeunesse ; 8. Discours pour l'anniversaire du couronnement de Napoléon, 1ü13, broch. 9. Discours pour l'Assomption, 1813 10. Partie ecclésiastique du Supplément au Dictionnaire historique de Feller , 1818 et 1819 11° Manuel d'une mère chrétienne, ou Courtes Homélies sur les épites e t évangiles des dimanches et fêtes , Paris , 1822, 2 vol. , fig. ; 120 Annales civiles et religieuses d'i'vois- Carignan et de Mouzon , 1822 Lécuy ne fut que ue l'éditeur de cet ouvrage, composé par le chanoine prémontré Delahaut , qui mourut en 1774. 13. Recueil de pièces sur la prise de Constantinople , pour faire suite és l'Histoire bizantine, 1823 Cet ouvrage ne fut tiré qu'a 60 exemplaires, aux frais de M. le baron de Vincent et de sir Charles Stuart , ambassadeurs , tabbé de Prémontré et du chapitre national , C.harleville, 1788 L'abbé Lécuy a de plus rédigé un grand nombre d'articles littéraires et biographiques dans le Journal de Paris, 1801-1811; dans la Biographie universelle, qui en a même imprimé bon nombre après sa mort, sur ses manuscrits autographes ; dans le Journal des Débats, 1801 à 1828, et enfin dans l'Ami de la religion, t. 1 à 3. Lécuy a été inhume C'est donc à tort qu'on a dit que son nom était L'Ecuyr, et qu'il signait L'Ecuy pour se dérober aux rtcherches pendant la révolution, Il est écrit L'etcuy. --- cimetière de l'Ouest. Le docteur Martin a mis I. sa tombe l'épitaphe que Lécuy luiméme avait mposée. Son coeur, suivant ses ordres, a été rté à Prague, et déposé derrière l'autel de l'ab- ye de Strahow, sous les reliques de StNorbert. e notice, rédigée sur des notes fle Lécuy, destinées et envoyées à la bibliothèque de Laon, a élé publiée par le docteur Martin. Une autre précède le catalogue (le la riche bibliothèque de ses livres, rédigé par M. Blanc. Lécuy a laissé plusieurs manuscrits autographes; nous citerons : 1. Mélanges sur divers sujets de théologie, de littérature et d'histoire , 51 feuillets ; Fragments de l'hwoire greeque 40, 68 feuillets; 3" / es Phénomènes de la nature, ou l'Excursion , peine trad. de l'anglais , de David Mollet, 1796 , 30 feuil kits ; 4. Porsenna, roi de Russie, ors l'He de la Félicité, lierne, trad. de l'anglais du docteur Lisle , 1797 , 2t; feuillets; 5. Henri et Emma , ou la Belle Brune , poëine, trad. de l'anglais de Matthieu Prior, 1798 24 feuillets ; 6" il Tempio di Gnido, trauslat. dal franceie rn italiaoo. The Temple Cuidus , transi. from the freneh, 2 parties, 50 feuillets. Il faut croire que Lécuy ne fit ces deux traductions que comme exercice, et qu'il n'avait pas l'intention de les publier. 7. Analyse des ouvrages de Waller Seoti, 20 feuillets; 8^ Extraits et analyses de divers ouvrages, notes biographiques, etc. . et in 40, 36 feuillets. Eefin plusieurs additions et corrections destinées à nue nouvelle édition de la rie de Gerson
  • Jean-Baptiste LEGOUVÉ( 1730 - 1782) : avocat distingué, naquit à Montbrison vers l'an 1730. A peine sorti de; son cours d'étude, il crut devoir reprendre ses livres classiques, et se nourrit, dans la solitude, des grands écrivains de Rome et d'Athènes. Le barreau français, à l'époque où il s'y lit connaître, offrait encore quelques traces de ce mauvais goùt des temps antérieurs, où les avocats songeaient lien plus à montrer de l'esprit que du bon sens, et faisaient à tout propos parade de leur érudition. Legouvé s'unit alors avec tout ce qu'il y avait de bons esprits au barreau pour s'opposer aux dernières irruptions du mauvais goùt. Quelquesuns de ses contemporains, tels que Élie de Beaumont, Gerbier, Target, etc. , étaient dignes de soutenir avec lui la bonne cause. Une affaire qui eut beaucoup , et dans laquelle Legouvé déploya autant de talent que de sagesse et de fermeté, avait attiré sur lui l'attention publique. Dans la discussion solennelle (le cette grande cause, il ne fut effacé ni par Gerbier, ni par Target, qu'on regardait comme les deux hommes les plus forts du barreau. Ce succès le fit dès lors appeler à toutes les plaidoiries importantes; mais sa faible santé le força bientôt de renoncer à ces luttes brillantes, et de se borner aux travaux plus modestes, mais non moins utiles, de la consultation.Dans sa jeunesse, il avait voulu s'essayer dans la carrière dramatique. Il reste de lui une tragédie intitulée Affilie, qui n'eut point les honneurs de la représentation, niais qui fut imprimée deux fois. La seconde édition parut avec d'heureux changements, en 1775, sous les auspices de M. Lacroix, avocat, ami de l'auteur. J.B. Legouvé mourut le 3 janvier 1782
  • Jean-Baptiste LEGRAIN ou LEGRIN( 1565 - 1642) : historien , naquit à Paris en 1565, d'une famille noble des PaysBas. Il n'avait que deux ans lorsqu'il perdit son père, conseiller au Châtelet ; mais sa mère, quoique ayant contracté un second mariage, eut pour lui beaucoup de tendresse, et fit soigner son éducation. Ses études terminées, il fréquenta la cour, et fut attaché à la personne de Henri IV. Il ne chercha point à profiter de la bienveillance de ce prince pour augmenter sa fortune; et il fut nommé, sans l'avoir sollicité , conseiller et maltre des requêtes de la reine Marie de Médicis. Il se démit de ses emplois lorsqu'il eut le projet d'écrire l'histoire de son temps. Sa franchise lui attira des ennemis qui troublèrent la paix de ses derniers jours. Il mourut dans sa maison de Montgeron le 2 juillet 1612, à l'âge de 77 ans, et fut inhumé dans l'église de VilleneuveStGeorges. Legrain avait , diton , une telle aversion pour les jésuites, que par son testament il défendit à ses descendants de leur confier l'éducation de leurs enfants. On a de lui : Décade contenant la vie et les gestes du roi Henri le Grand, Paris , 1614 1. ; Rouen , 1633 , Suivant Sorel, Legrain a mis dans cette histoire des particularités qui ne se voient lias ailleurs , et elle est écrite de bonne foi par un vrai Français ; mais la narration en est désagréable, mêlée de traits étrangers au sujet, et l'auteur tombe souvent dans des déclamations peu dignes d'un historien. 2. Décade contenant l'histoire de Louis XIII . depuis l'an 1610 jusqu'en 1617, Paris, 1619 Cet ouvrage finit à la mort du maréchal d'Ancre , qui y est fort maltraité. Les bons serviteurs de la reine n'y sont pas nième épargnés, tellement qu'autrefois cela faisait fort rechercher le livre . Les ennemis de Legrain s'intriguèrent pour faire condamner l'ouvrage, mais ils ne purent en venir à bout : cependant il consentit à la suppression de deux cents exemplaires qui t'estaient encore chez sou libraire. Legrain a laissé en manuscrit : Troisième Décade, contenant l'histoire de (" rance jusqu'à l'an- née 1640 — Recueil des plus signalées ba- tailles , journées et rencontres qui se sont données en France et ailleurs par les armes des rois, depuis Mérovée jusqu'à Louis XIII, 3 vol. trèsminces. — Un Discours sur les sirènes, un sur le nombre trois , tin autre pour montrer que l'établissement d'un lieutenant général en un royaume est la mule ruine du roi et de l'Etat, etc. Tous ces manuscrits, acquis par l'abbé Goujet , avaient passé ,clans la bibliothèque du duc de Charost. L'abbé 1 eic oujet a donné un curieux article sur Legrain dans le Dictionnaire de Mordri, édition de 171g9
  • Jean-Baptiste LEMASCRIER( 1697 - 1760) : abbé , né à Caen , en 1697, fut toute sa vie aux gages des libraires : il s'exerçait, sans égard pour son état, sur le sacré et le profane , selon le sujet qu'on lui donnait. Il mourut à Paris le 16 juin 1760. Ou a de lui : 1° le Caprice et la ressource, prologue pour la reprise de la Soeur ridicule , comédie de Montfleury, 1732 2° Description de l'Egypte, contenant plusieurs remarques curieuses sur la chronologie ancienne et moderne de ce pays, composée sur les Mémoires de 411. de Maillet , consul de France MI Caire, 1735 avec cartes et figures ; 1740, 2 vol. ; 3° Idée du gouvernement ancien et moderne de l'Égypte, 1742 40 Mémoires historiques sur la Louisiane, composés sur les Mémoires de M. Dumont , 1753, 2 vol. 5° Histoire de la dernière révolution des Indes orientales, 1757, 2 vol. 6° Michaélis Mayeri cantilenœ , ou Chansons sur la résurrection du phénix, traduites , 1758 7° Tableau des maladies . traduit du latin de Lommins, 1760 réimprimé en 1765; 8° la traduction des deux premières pièces du recueil intitulé Avis désintéressé sur les derniers écrits publiés par les cours de Vienne et de Madrid, au sujet de la guerre présente, 1735 9° la préface seulement de l'édition des Mémoires de Feuquiéres 1736 ; 10° Poésies diverses, latines et françaises. Lemscrier a en outre coopéré à la traduction de l'histoire du président de Thou , aux Cérémonies et coutumes religieuses , et a donné ses soins à la quatrième édition de l'ouvrage de dom Calmet sur les apparitions. Il a été éditeur des Réflexions chrétiennes sur les grandes vérités de la foi ; de l'Histoire de Louis XII/ ; des OEuvres de Martial , Paris Barbon, 175l, 2 vol. de la nouvelle édition de Telliamed, 1755, 2 vol. où il ajouta une vie de l'auteur ; des Commentaires de César, traduits par Perrot d'ilblancourt , 1735. Il avait revu et retouché le travail de Perrot d'Ablancourt ; et, depuis, Wailly a revu encore celui de Lemascrier. On lui doit aussi la table des matières des Réflexions critiques sur l'origine , et la succession des anciens peuples , par Fourmont, avec la vie de ce savant
  • Jean-Baptiste LEROY : frère du précédent, physicien français, fut admis à l'Académie des sciences et fut compris dans la Ire classe de l' lors de sa formation . Il a donné dans le recueil de l'Académie des sciences, Mémoire sur une nouvelle machine à élec- tri, er ; Sur la nécessité et les moyens d'armer les édifices de paratonnerres . 11 mourut en janvier 1800
  • Jean-Baptiste LESBROUSSART( 1747 - 1818) : naquit le 21 janvier 1747 à UllyStGeorges, en Picardie. A peine âgé de vingt ans, il obtint la chaire de rhétorique au collége de Beauvais , où d'excellentes études l'avaient déjà fait connaltre avantageusement. Sa réputation pénétra bientôt dans la Belgique ; et le gouvernement autrichien lui fit, en 1778, des propositions qui furent accep- tées. Il devint successivement professeur à Gand et à Bruxelles : nommé membre de l'académie royale de cette dernière ville, il ne tarda pas à justifier cette faveur par des Dissertations historiques, qu'un style pur et l'esprit (l'analyse font distinguer dans la collection des mémoires de cette société. 11 publia. en 1783, sous le titre d'Education littéraire, ou Réflexions sur le plan d'études adopté par S. M. l'empereur pour les col- léges des Pays- Bas autrichiens, vol. un ou- vrage qui lui valut les encouragements les plus flaiteurs. Il cultivait ainsi paisiblement la littérature, lorsque les révolutions de la Belgique et de la France vinrent troubler son repos. Victime d'une intrigue que sa loyauté l'empècha de déjouer, Lesbroussart, après avoir professé les langues anciennes à l'école centrale du département de la Dyle, ne se trouva point compris dans l'organisation du lycée : mais la ville d'Alost prit le soin de l'en dédommager en lui confiant la chaire de belleslettres à son école secondaire. Bientôt après, en 1810, le grand mattre de l'université lui donna la chaire de rhétorique au lycée de Briixelles , qui vit dès lors le nombre de ses élèves s'accroitre de plus d'un tiers. L'institut royal des v le mit au nombre de ses membres en 1 816 ; et il venait d'obtenir sa retraite, lorsqu'il mourut le 10 décembre 18.18, laissant un fils qui se fit un nom dans la littérature belgique. Outre les ouvrages dont nous avons fait mention , Lesbroussart a publié : 1. Annales de Flandre du P. d'Oudegherst, enrichies de notes historiques, grammaticales et critiques, ainsi que de plusieurs chartes et diplômes qui n'avaient jamais été imprimés, Gand, 2 vol. 2. Eloge historique du prince Charles de Lorraine. Bruxelles, 1781 ; 3. un Mémoire qui remporta le prix proposé par l'académie de Châlons, sur cette question : Quels sont les moyens de perfectionner l'édu- cation dans les colléges de France ? 1781
  • Jean-Baptiste LESTIBOUDOIS( 1715 - 1804) : médecin , né à Douai en 1715, cultiva la botanique avec succès. Pharmacien en chef de l'armée française en 1739, il décrivit les plantes qui croissent dans les pays de Brunswick et de Cologne. 11 fut nommé en 1770 professeur de botaniqne à Lille, où il mourut le 20 mars 1804. Ce médecin avait donné en 1737 un mémoire sur la pomme de terre . L'ignorance avait attribué à l'usage de cette plante une épidémie qui était survenue. Lestiboudois fut le premier qui indiqua tous les avantages que l'on pouvait tirer de ce précieux végétal. Il fut en 1772 le principal rédacteur de la Nouvelle Pharmacopée de Lille et composa, en. 1774, une Carte de botanique qui offre la combi- naison tle la méthode de Tournefort avec le système de Linné. Cette carte est accompagnée d'un Abrégé élémentaire de botanique. M. Valmont de Bomare s'en est servi pour la partie phytologique de son Dictionnaire d'histoire naturelle. — LESTIBOUDOIS fut comme son père médecin et professeur de botanique à Lille, et Publia la Botanographie Belgique, 1781 , 1 vol. 2e édition, 1796, 4 vol. La Botano- graphie est divisée dans ce recueil en 3 parties : la Ire renferme les éléments de la botanique, l'exposition des divers systèmes et un dictionnaire des termes usités en phytologie ; la 2e offre sa méthode divisée en vingttrois tableaux synoptiques, la description des plantes cultivées clans le nord de la France avec leurs usages; enfin la 3e partie 'comprend la nomenclature de tous les végétaux. Lestiboudois a publié encore un Abrégé élémentaire de l'histoire naturelle des animaux, 1 vol. Il est mort en 1815 à Lille, sa patrie, laissant un fils, M. Thémistocle Lestiboudois, botaniste distingué, aujourd'hui correspondant de l'Institut, et qui a été longtemps député du département du Nord
  • Jean-Baptiste LETELLIER( 1500) : né à Tours dans la seconde moitié qu'on y « fait aussi ont un Si grand débit par toute la g, France, qu'il n'est pas besoin d'en chercher ail-« leurs. Les velours rouges, violets et tannés s'y « font maintenant plus beaux qu'a Gènes; c'est « aussi le seul endroit où il se fait des serges de « soie; la moire s'y fait *aussi belle qu'en Angle- « terre ; les meilleures toiles d'or s'y font plus bel-« les et à meilleur marché qu'en Italie. » — Malheureusement, cette admirable prospérité , dont l'honneur d'avoir posé les bases appartient surtout à Letellier, ne devait pas étre de longue durée. La révocation de l'édit de Nantes doit ètre regardée comme l'époque de décadence de la population, du commerce et de l'opulence de Tours. On la regardait comme une des principales places des protestants ; ils y étaient fort nombreux. L'édit de 1685 lui fut ainsi plus fatal qu'à aucune autre du royaume ; il força plus de trois mille familles à s'expatrier. Laborieuses, occupées plus spécialement du commerce, et livrées en quelque sorte exclusivement à la fabrication des soieries, elles portèrent , avec leur industrie, d'immenses capitaux mobiliers en Hollande , en Angleterre, en Prusse , et généralement dans toutes les contrées de l'Allemagne qui avaient adopté la réforme. Quinze ans après, Tours ne comptait déjà plus que trentetrois mille habitants, et depuis lors sa population a encore décru d'un quart. Letellier n'eut pas la douleur (l'assister à la chute de cette précieuse industrie , dont nous lui attribuons , à juste titre, le beau développement. Quoique la date de sa mort nous soit inconnue, nous pensons qu'elle dut avoir lieu, au plus tard, dans les pre- mières années de la minorité de Louis XlV
  • Jean-Baptiste LICINO : littérateur, né à Bergame, tlorissait dans le 16e siècle. Il fut l'ami intime du Tasse, son compatriote , dont il embrassa la défense avec chaleur. Il ne négligea rien pour obtenir la liberté de cet illustre poète, et alla même la solliciter, au nom de sa ville natale, auprès d'Alphonse, duc de Ferrare. Il publia une Apologie du Tasse contre les académiciens de la Crusca , ainsi que des Discouis sur l'art poétique, et un Recueil de lettres adressées à plusieurs de ses amis au sujet de la Jérusalem délivrée
  • Jean-Baptiste LIVIZZANI ou LEVIZZANI( 1600) : peintre et poète, florissait à Modène dans le milieu du 17e siècle. Sous le nom d'ilusonio Fedeli, il publia un ouvrage en vers, imprimé à Venise par Valvasone , et intitulé Applauso poetico al divo Luigi il Giusto, re cristianissimo, ottimo, massimo. Il fit paraître un autre opuscule anonyme à l'occasion des guerres qui déchiraient alors l'Italie pour la possession du duché de Montferrat. Ce poème avait pour titre : Il Zimbello, o l'Italia schernita , et il fut imprimé à StMarin en 1641. Dans cet ouvrage, l'auteur relève les mensonges des historiens et des autres écrivains de son temps, et leur reproche les flatteries dont ils accablent les souverains étrangers; il n'épargne pas même à ce sujet le poème qu'il avait récemment publié sous le nom d' Ausonio I'edeli. Livizzani fut lié d'amitié avec le pete lyrique Fulvio Testi, qui lui adressa une ode que l'on trouve dans le recueil de ses poésies. Livizzani cultiva la peinture avec assez de succès pour mériter que plusieurs graveurs aient fait servir leur burin à reproduire ses ouvrages
  • Jean-Baptiste LORENZI( 1528) : surnommé Battisto del Cavaliere, sculpteur , né à Florence en 15:28. fut élève de Baccio Bandinello , et se distingua dans son art. Ses premiers ouvrages sont les sta- tues des quatre Saisons, qu'il fit pour les Gua- dagni , gentilshommes florentins de la suite de Catherine de Médicis, et qui furent placées dans une maison de campagne que ces seigneurs pos- sédaient en France. Après plusieurs autres travaux qui augmentèrent sa réputation, il fut chargé de l'exécution de la belle statue de la Peinture et du buste de Michel- Ange, qui ornent le tombeau de ce grand artiste. Il fit ensuite pour Jacques Salviati , une statue en marbre de Persée, ainsi qu'une de St- Michel terrassant le démon, qui fut envoyée en Espagne. Le dernier ouvrage de Lorenzi fut une statue en habit militaire que l'on voit dans l'église du Dôme, à Pise , et qu'il exécuta en 1593. 11 mourut dans cette ville le 7 janvier de l'année suivante. — Stoldo di Gino LORENZ' , né à Settignano , se destina d'abord à la peinture et fut condisciple de Jérôme Macchietti ; mais l'habitude de voir son père , qui était serrurier , manier le fer , le décida pour la sculpture, à laquelle il se livra avec succès. La première figure en marbre qu'il exécuta fut un St- Paul, qui est passé à Lisbonne. La vue de cette figure plut tellement à un riche Pisan, nommé Martini , qu'il conduisit à Pise le jeune artiste , le logea chez lui pendant six ans , et lui demanda une statue de Diane, qui orne les jardins de don Garcias de Tolède , à Chiaja , près de Naples. Il décora le palais du grand maitre de l'ordre de StEtienne , à Pise, de deux belles statues représentant la Justice et la Religion. A son retour à Florence , le grandduc Cosme lui confia l'exé- cution de la Fontaine en bronze de Neptune, dans les jardins du palais Pitti. Il fut ensuite appelé à Milan, et orna la façade de l'église de la Vierge de StCelse de quatre belles statues en marbre Adam et Eue, la Vierge et l'ange Gabriel, ainsi que de deux basreliefs représentant l'Adoration des Mages et la Fuite en Egypte. Dans l'intérieur de l'église, on voit encore du même artiste les statues de Moïse, d'Abraham, de Darid et de St- Jean- Baptiste, dont on fait un grand cas. 11 fut depuis employé aux sculptures qui décorent l'église du Dôme de la ville de Pise. Un des ouvrages les plus remarquables de cet édifice est I . luge en bronze qu'il fit en 1583. Cette statue, (le la plus belle forme, couverte d'une draperie légère et pleine de délicatesse, soutient avec gràce un fort beau candélabre. La base , également en bronze, est du travail le plus délicat. Le grandduc François fut tellement satisfait des ouvrages de Lorenzi qu'il le nomma surintenda t des travaux du Dôme de Pise. — Antoine di Gino LORENZ', frère du précédent , né comme lui à Settignano et élève du Tribolo , est connu par la statue du philosophe et médecin Matthieu Corte, (lui décore le tombeau que le grandduc Cosme lit élever à ce savant illustre. Cette statue, bien composée, est exécutée avec un grand talent. C'est par erreur que quelques historiens l'ont attribuée à son frère Stoldo. M. Morrona , dans son livre intitulé Pisa illustrata negli arti del Di- segno , prouve par des autorités incontestables qu'elle fut exécutée par Antoine sur les dessins du Tribut°, son maitre. C'est sous la direction du même artiste qu'Antoine exécuta une statue qui se voit à Castello , maison de campagne des grandsducs , ainsi que les quatre Enfants qui ornent la grande fontaine de ce jardin. 11 lit en outre plusieurs groupes d'animaux aquatiques en marbre et en bronze , pour servir d'ornements à des bassins et pièces d'eau du même jardin
  • Jean-Baptiste LOURDET DE SANTERRE( 1735 - 1815) : auteur dramatique trèsmédiocre, et qu'on surit...tinta plaisamment Leunlet MM. ler , naquit à Paris. en 1735, fut sucreseasement auditeur à la chambre de. rutstptes. conwiller du roi à I Bodel dies Me, et , opéra en trois actes. musique de Niartini. Il 1.11 jouer, sans succès, à la Comédie française : k s Quatre ', uni, comédie en cinq actes et en • en, ; 1• . igaihtee, comédie en ring artel et en ler.; :I* le Mariage supposé. comédie en trois antes e t eu sem. Il est encore auteur de quelques autre s pièces qui n'ont pas été imprimées, et de douas opéras Don représentés les Mariages lacédime« irai: Paul et tiryinir Enfin, il a eu part à différentes pièces d.t?seaunie et de tas art. Lourdet mourut à Paris. le 7 mars 1815, àgé de 80 ans
  • Jean-Baptiste LOUVET DE COUVRAY( 1760) : fils d'un marchand bonnetier de Paris, naquit dans cette ville le 11 juin 1760 ; il n'était point avocat avant 1789, comme Font prétendu quelques bic)_ graphes, mais commis chez le libraire Prault. Né avec de l'esprit et une imagination vive , il se crut propre à quelque chose de plus qu'à vendre des livres et se mit à en composer. Son début fut le fameux roman de Faublas , ouvrage gai et piquant, mais où la décence n'est pas respectée et où l'auteur fait . Dans sa pétition , Louvet avait provoqué la guerre et l'armement de la nation : « Qu'aussitôt des mil- « lions de nos citoyenssoldats, disaitil , se pré- « cipitent sur les nombreux domaines de la « féodalité. Qu'ils ne s'arrêtent qu'où finira la « servitude ; que les palais soient entourés de « baïonnettes, etc. » Lorsque Roland parvint au ministère . il employa Louvet à la rédaction d'une affiche intitulée la Se» tindle; cette espèce de jourrial , que l'on placardait au coin des rues , avait pour but d'avilir la royauté et de préparer la catastrophe du 10 août ; elle contribua beaucoup aux événements qui suivirent . Cependant Louvet ne parut point ou du moins ne fut pas remarqué à la journée du 10 août, mais il en fit l'éloge dans la Sentinelle, que Roland , rendu au ministère, continua de solder. Indiqué aux électeurs du département du Loiret , il fut nommé , par eux , député à la convention , où il s'attacha au parti de la Gironde, qu'il défendit avec beaucoup d'énergie. Dès le commencement de cette assemblée , il fut question d'élire un dictateur afin de contenir ceux qui voulaient faire punir les assassins du 2 septembre, et Robespierre fut désigné par ses partisans pour cette terrible magistrature. La peine de mort devant frapper quiconque provoquerait une pareille institution , la dénonciation de ce projet donna lieu dans l'assemblée aux débats les plus violents : c'est de cette époque que date la scission qui s'y forma et qui devait entraîner sa destruction. Le 29 octobre 1792 , Louvet attaqua Robespierre et demanda qu'il fût mis en accusation. La forme de son discours , les arguments serrés par lesquels il presse son adversaire , et surtout les interpellations qu'il lui adresse, présentent réellement un fort bel ensemble. On l'eût admiré dans un autre . · . temps ; mais alors il ne pbuv tilt produire qu'un effet passager. Robespierre répondit le lendemain par des phrases banales qui triomphèrent . et l'accusateur dut s'attendre à une proseription prochaine. Dans le procès du roi , Louvet `Ida contre l'appel au peuple et pour la mort , sous la condition expresse de surseoir à l'exécution jusqu'à l'établissement de la constitution. Il cita ensuite pour le .ursis : dans la discussion , il insista pour que tous les Bourbons fussent exil. de France ; il attaqua le duc d'Orléans, à qui en voulait surtout la faction républicaine. Louvet fut peu remarqué depuis jusqu'au 31 mai 1793. Dénoncé à celte époque par les sections dont il avait été un des coryphées, il fut proscrit avec les chefs de la Gironde et décrété d'accusation le juin 1793. Prévovant sans doute le résultat . il ne parut point à la convention et eut le lemp. de s'enfuir a Caen, d'où il écrivit contre ses persécuteurs, qui le mirent hors la loi le 28 juillet. Il erra quelque temps dans la Bretagne et dans le département de la Gironde avec Péthion , Barbaroux et quelques autres proscrits. Il reprit ensuite le chemin de Paris , espérant trouver un asile qui lui fut offert par un habitant de Nemours. Malgré de fréquentes réclaiiiations Lous et ne fut rappelé dans la convention que le 8 mars 1795 sept mois après la révolution du 9 thermidor ; et il dut ce retour aux journalistes qui avaient alors une grande influence sur les délibérations de la convention. Louvet ne cessait pas de leur écrire et de chercher à les intéresser à sa cause. Il n'en devint pas moins leur proscripteur dès qu'il s'aperçut que ce n'était pas des doctrines républicaines que ces écris aies vnulaient étre les apôt rt'N Rentré dans le sein de la convention , il attaqua les députés qui avaient proscrit son parti et s'efforça de justifier ceux qui avaient pris les armes pour le défendre. Il demanda qu'on déclarlt qu'ils avaient bien mérité de la patrie. A cette époque . Louvet fut , et par ses motions dans la convention et par ses écrits , un des chefs les plus ardents de cette réaction qui est un des épisodes les plus remarquables de l'histoire de la révolution. Mais ses idées chimériques d'égalité et de république lui firent bientôt abandonner ce système : il s'attacha au gouvernement conventionnel , qui ne pouvait produire que des désastres , et, plus tard, au directoire, qu i était incapable de les réparer.S'étant mis successivement aux gages de ces deux autorités , il reçut des sommes considérables pour la reprise de la Sentinelle, qu'il publia dans la forme des autres journaux. Il ouvrit en mème temps, au PalaisRoyal , un commerce de librairie qui ne réussit pas. Au lieu de réunir des acheteurs, les environs de son magasin furent le rendezVOUS d'une foule de jeunes gens qui passaient leur temps à le persifler et à lancer des sarcasmes contre sa femme, qu'il appelait sa Lodoiska , du nom d'une héroïne de son roman. Ces messieurs se vengeaient ainsi des attaques que Louvet di- rigeait chaque jour, dans son journal, contre eux et leurs familles. Ce n'était pas seulement dans cette feuille qu'il se montrait le défenseur de la convention ; il fit afficher au coin des rues un placard périodique intitulé Front, dans lequel il provoquait les militaires contre les habitants de Paris. Ce placard, précurseur immédiat de la révolution du 13 vendémiaire, ne contribua pas peu à exciter les soldats contre les Parisiens. Sprès la v ictoire de la convention • il demanda que ses collègues nos ère et Saladin fus. sent mis en arrestation pour as oir favorisé les sectionnaires ; niais il ne réussit pas. Louv et fut député à la nouvelle législature par la cons ention elleméme qui , par ses décrets des 5 et 13 fructidor, s'était réservé le pris ilége d'y faire siéger les deus tiers de ses membres. Sur ce nouveau d'aire. il se montra encore plus violent qu'à la lin du règne conventionnel, et fit décidément cause commune avec ceux qui l'avaient proscrit en 1793. Ln loi du 3 brumaire contre les nobles n'eut pas de plus chaud partisan; et dans toutes à les questions qu'il regardait 'comme antirépublicaines , il en usa de la mème manière ; aussi des intil l'objet des attaques de tous les journalistes, qui tournèrent contre lui ses propres armes et le Nui% rirent de ridicule. Il leur répondait par des injures maladroites , et l'un d'eux . Cependant, sa réimpres- a été quelquefois interdite par la police , aime contraire aux moeurs. La première parle, intitulée Une année de la rie du chevalier de Faublas, avait paru en 1787, Londres , -12. L'auteur donna successivement Six semai- es de la rie et la Fin des aventures du chevalier , prononcé aux jacobins le 18 janvier 1792 ; 6° Accusation contre Robespierre, 1792 , imprimée par ordre de la convention; 7. A Maximilien Robespierre et à ses royalistes, décembre 1792 ; 8° le Journal des Débats ou 3 vol. ; ouvrage traduit en allemand , en danois et en suédois. Le contenu de cet ouvrage forme le fond des Mémoires de Louvet, qui fait partie de la collection des Mémoires de la révolution française, publiés par Barrière et Bcrville. Il y provoque la réaction la plus violente. Ou y joint la Motion d'ordre d'Antonelle à l'occasion de la brochure de Louvet, pluviôse an 3 de -26 pages. 13' La Grande revue des armées noire et blanche , comédie qui, s'il faut l'en croire, eut dixsept représentations. Il avait composé deux autres comédies qu'il ne put faire jouer
  • Jean-Baptiste LOUVRELEUL( 1660) : historien , né à Mende vers 1660, embrassa l'état ecclésiastique , entra dans la congrégation de la Doctrine chrétienne, et devint directeur du séminaire, et professeur de théologie dans sa ville natale. On a de lui : 1° le Fanatisme renouvelé, ou l'Histoire . Un anonyme qui ne s'est désigné que par l'initiale A. diminue beaucoup cette liste dans une Lettre datée du 15 octobre 1.726, et insérée dans les Mémoires de Trévoux, de février 1728, p. 287-318. il y relève plusieurs fautes de chronologie et autres inexactitudes du P. Louvreleul, qui ne parait pas avoir répondu à cette critique
  • Jean-Baptiste LOUYER-VILLERMAY( 1776 - 1837) : docteur en médecine , naquit à Rennes en 1776 , et se livra de bonne heure à l'étude de l'art de guérir. En 1794 et les années suivantes, sous la république , il fut employé comme cl?irugien à l'hôpital militaire de sa ville natale, ce qui lui fournit l'occasion de soigner plusieurs combattants des armées royales pris à Quiberon ou dans la Vendée. 11 fit plus que soigner ces malheureux : après leur guérison, il s'exposa luimême pour favoriser leur évasion, qui était fort difficile ; il y réussit néanmoins, secondé par deux de ses collègues. Mis en arrestation pour ce fait, il fut obligé de traverser une partie de la ville de Rennes avec les fers aux mains. Rendu à la liberté peu de temps après , il reprit ses fonctions d'officier de santé à l'hôpital militaire ; puis , dans le dessein de perfectionner ses études , il vint à Paris vers l'année 1797. LouyerVillermay fut reçu docteur en 1802 ; il devint ensuite médecin de l'un des dispensaires de la société philanthropique, et successivement membre de la société médicale d'émulation de la faculté, et enfin de l'académie royale de médecine. Après la révolution de juillet 1830, il fut décoré de la croix de la Légion d'honneur. Quoique voué tout entier à la prati que de son art , LouyerVillermay a néanmoins consacré le peu de temps dont il pouvait disposer à la composition de plusieurs écrits. Il succomba, en décembre 1837, à une affection chronique de poitrine. Il a publié : 1° Recherches historiques et médicales sur l'hypocondrie , isolée, par l'observation et l'analyse, de l'hystérie et de la mélancolie, Paris, 1802 C'est le sujet de la thèse que soutint l'auteur pour le doctorat. 2. Dans les Mémoires de la société médicale d'émulation, t. 5 : Considérations sur l'ictère, ou la Jaunisse considérée comme une affection toujours gymptomatique et jamais essentielle ; dans le même volume : Observation d'apoplexie gastrique , Observation d'hémiplégie ; 3° dans le Bulletin de la faculté de médecine de Paris et de la société établie dans son sein, t. 5 : Cas d'angine de poitrine ; Discours prononcé sur la tombe erVillermay, un discours apologétique qui est imprimé dans le second volume du Bulletin de cette compagnie.
  • Jean-Baptiste LUDOT( 1703) : littérateur aussi bizarre que savant, et dont un des aïeux avait été une des premières victimes de la StBarthélemy , naquit en 1703 dans la capitale de la Champagne. Il fut élevé à la campagne, et le genre d'éduca- tion qu'il y reçut, contribuant à développer la force du tempérament et l'énergie du caractère dont la nature l'avait doué , en fit, dit Grosley, la copie du philosophe de Sinope , dans l'antique , et du célèbre Florentin Cosimo, dans le moderne. Il faisait luimême son pain et n'avait d'autre nourriture que des légumes ou des retailles de boucherie, qu'il assaisonnait et man- geait froids toute la semaine ; sa mise était il l'avenant de sa bonne chère. Il s'était cependant fait recevoir avocat au parlement, et se chargeait assez volontiers des causes qu'on voulait bien lui confier. Il passait ordinairement ses journées seul , enfermé dans son cabinet et ap- pliqué constamment à l'étude. 11 s'était rendu familiers tous les bons auteurs latins, et l'obser- vation continuelle et réfléchie des productions de la nature lui avait donné tant de lumières sur l'histoire naturelle et les mathématiques que des savants , tels que Bouguer , Mairan , Cassini, Jussieu et d'Alembert, lui proposèrent de le faire admettre à l'Académie des sciences. Mais était impossible qu'un homme de ce caractère se décidtit à habiter Paris : il n'y allait que rarement , et pour suivre des procès qu'il trouvait toujours terminés à son arrivée par quelques amis auxquels il n'avait pas songé à en parler Ludot a fourni plusieurs observations importantes à Duhamel. Il adressait de temps en temps aux différentes académies des réponses aux questions qu'elles avaient proposées, mais sans les signer, abandonnant ses ouvrages à quiconque voudrait s'en emparer. Il ne put cependant pas si bien se cher qu'en 1741 il ne fiit découvert et appelé 1. partager avec J. Bernoulli , le marquis Poleni , 1765. Appendix, ou Supplément aux recherches, ibid., 1765 Grosley, , supposant que cette bataille avait été livrée dans les environs de Plaisance, avait proposé modestement ses doutes sur l'ancienne position de cette ville ; et certes rien ne justifiait l'indécence de l'attaque de Ludot , à qui Grosley répondit en moins d'une page dans la 2e édition de son Foyage en Italie : il ne voulut voir d'ailleurs dans la conduite de ce vieillard qu'un acte de faiblesse, et après la mort de Ludot, il fit son Eloge , dans lequel il ne laissa pas échapper le moindre trait qui pût faire croire qu'il se souvenait de ce qui s'était passé. On a extrait de cet Eloge quelquesuns des détails de cet article
  • Jean-Baptiste LULLY( 1633) : célébre compositeur français, a toujours signé 1.011 110111 e0111111e d d'étre (humé, quoique dans la langue du pays où il était né, I y n existe pas sans doute il adopta cette orthographe en eiltendant son 810111 prononcé à la manière française, c'est-àdire asec appui sur la dernière syllabe. Il avait vu le jour en 16:1:t à Florence ou dans les environs de cette ille. Son père était meunier et plus exactement yarçon de moulin. La prétention affichée par lui plus tard, quand Louis XIV lui accorda des lettres de naturalisMion, d'étai fils d'un gentilhomme florentin n'est pas plus fondée que le titre d'écuyerquii prend en cette reine occa- sion : il a% ait à cette époque à Florence aucune famille tant soit peu notable du nom de Lulli, et en Italie le titre d'écuyer a toujours été employé dans son sens propre et jamais pour désigner le premier grade de la noblesse. Quoi qu'il en soit. mademoiselle de Montpensier avant prié le chevalier de Guise, qui partait pour eltalie de lui ramener un petit Italien, ail en rencon- trait un joli, ce fut le jeune Baptiste qu'il présenta lors de son retour; sans doute l'enfant avait plu au elles alier par sa gaieté et sa vis acité, car ce n'était point par la beautè qu'il brillait. Aussi lorsque Mademoiselle l'eut vu, elle ne trouva de place pour lui que dans ses cuisines, de sorte qu'il fut relégué parrni les galopins ou sousmarmitons de l'office. Il faut croire qu'en présentant le jeune Florentin à Mademoiselle, le chevalier de Guise n'avait fait aucune mention des.talents qu'il possédait dès ce moment. En effet il avait de bonne heure reçu quelques leçons d'un moine franciscain, qui lui avait montré à jouer dr la guitare, instrument pont. lequel Lully conserva toujours du goût, parlant dans l'occasion avec beaucoup de respect et de reconnaissance du bon cordelier qui le lui avait enseigné. Il n'avait du reste guère plus de douze arts quand il arriva en France. On a prétendu qu'à peine installé dans les cuisines, on l'y vit rassembler des casseroles, les dispoer convenablement en séries musicalris, puis aft moyen d'un pilon s'en sen iv pour exécuter des sortes de carillons. Le fait n'est pas impossible, mais il est certain qu'il ne tarda pas à se procurer un méchant violon ; cet instrument était alors fort en usage, surtout comtne instrument de danse, et peut-être en reçutil les premières notions de quelqu'un de ses supérieurs; d'ailleurs l'étude qu'il avait faite de la guitare et ses dispositions naturelles lui rendirent le doigté du violon praticable et même facile ; son désir d'apprendre lit le reste et il employait à s'exercer tous les mdments libres que lui laissait l'exercice de ses fonctions. Le comte de Nogent rendant visite à Mademoiselle. et pagsant par hasard contre les fenêtres des cuisines, dit à la princesse que parmi ses galopins, il s'en trouvait un qui avait du talent et de la main; l'enfant accomplissait alors sa treizième année. Mademoiselle lui fit quitter l'office et il fut reçu dans les appartements, dont sa figure peu agréable l'avait (l'abord fait éloigner. A cette époque, il y avait dans la domesticité, corntne partout ailleurs, une hiérarchie déterminée et une étiquette rigoureuse dont on ne s'écartait jamais : aussi le jeune Lully ne futil admis dans lés appartements que comme valet des ralets de chambre. 11eurensernent ce titre n'empêcha pas Mademoiselle de lui donner aussitôt un maitre, pris sans doute parmi les artistes qui composaient sa musique particulière et pen- dant les six ans que Lully resta dans cette niai- son, il fit des progrès extraordinaires, particulièrement sur le violon. Il étudia bientôt le clavecin et la composition sous Metru, Gigault et Roberday, organistes alors fort célèbres à Paris. A peine Lully possédatil quelques connaissances en ce genre, qu'il se mit à composer, et ges airs ne tardèrent pas à être remarqués. Une circonstance particulière, peu honorable pour lui, augmenta sa réputation de compositeur : une plaisanterie satirique faite aux dépens de Mademoiselle, au sujet d'un accident survenu dans sa garderobe ayant été versifiée, Lully eut le tort de mettre sur ces vers une mélodie qui en aug- menta la vogue. Irritée d'une telle insolence et jugeant avec raison qu'on est toujours impardonnable de tourner en ridicule ses bienfaiteurs, Mademoiselle ordonna que Lully fût chassé surlechamp. Obligé de quitter l'hôtel qui avait vu naître et crottre son talent, il se présenta aux Violons du roi, où d'abord il ne fut reçu, diton, que Cciinme garçon d'orchestre. Qu'il ait ou non rempli cet emploi, il est certain que dès ce temps, c'est- à- dire en 1652, il écrivait des' airs de divers genres, extrêmement goûtés de tous ceux qui avaient occasion de les entendre. Le roi luimême eut envie de connattre qui joua du violon en sa présence et avec un tel succès, qu'une nouvelle bande de douze violons fut formée et mise sous sa direction ; comme elle restait indépendante de la grande bande des vingtquatre violons du roi, on la nomma bande des petits violons. Sous la conduite de Lully, les petits violons ne tardèrent pas à surpasser les grands, et c'est réellement à leur chef que l'on doit en France les premiers perfectionnentents de la musique instrumentale, tant sous le rapport de la composition que sous celui de l'exécution. Tous les violonistes qui se firent un nom à cette époque et à celle qui suivit immédiatement, sortaient de la bande des petits violons. Cependant Lully clierehait à trouver partout des protecteurs, se faisant entendre dans les réunions intimes des grands personnages de la cour et composant à l'occasion des morceaux de peu d'étendue qu'il chantait luimême. Son succés, du reste, était assuré du moment qu'il avait plu au roi. Dans les ballets mêlés de récits que l'on exécutait souvent à la cour, et dans lesquels Louis XIV et autres membres de la famille royale figuraient quelquefois, il fut chargé d'ajouter des airs de chant ou de danse. On fut fort satisfait de ee qu'il produisit en ce genre, en sorte qu'à la représentation de l'opéra de Serse, cornposé par Cavalli, on le chargea d'ajouter des airs de ballet ; bientôt après il fut chargé de composer en entier la musique des ballets de la cour. et nommé par le roi surintendant de sa musique. Alors il cessa entièrement de jouer dtt violon, ne voulant plus être que compositeur. Comme tel, il se montra fort soigneux et fort laborieux , écrivant quantité de pièces que l'on chantait dans les appartements, surtout au coucher du roi qui se plaisait souvent à les fredonner luiméme , ce qui en augmentait encore la vogue. Bientôt les applaudissements de la cour ne suffirent plus à Lully : sa réputation ne tarda pas à devenir populaire ; par suite de circonstances qui se présentèrent d'ellesmêmes et dont il sut profiter avec une habileté extrême. Les opéras italiens, joués à la cour par les chanteurs que Mazarin avait fait venir de Venise , avaient été peu goûtés. Les Français n'ont jamais pu faire à la musique la part convenable dans son association aux paroles, et soit faute de comprendre la langue italienne, soit que les paroles des premiers opéras venus de Venise parussent mauvaises, on tint fort peu de compte de la mélodie dès lors trèsremarquable qui s'y trouvait unie. Ceux qui étaient capables de l'apprécier pensaient qu'il était impossible d'appliquer une mélodie de ce genre à la poésie française. Lully luimême ne cessa pen- dant dix ans de répéter que la langue française ne pouvait en aucune façon se prêter aux exigences de l'opéra italien. Cependant Perrin des ambassadeurs chez Gaston, duc il'Orléans, avait donné un démenti au surintentendant de la musique de la cour en composant les paroles d'une pastorale, qu'il avait appelée Première comédie française en musique, et qui fut suivie d'un opéra intitulé Pomone, l'un et l'autre mis en musique par Cambert et dont le marquis de Sourdeac s'était chargé de diriger le mécanisme, tout en apportant des fonds dans l'entreprise. Perrin avait obtenu en son nom un privilége pour la représentation des opéras en France ; mais la division s'étant introduite entre les trois associés, dont pourtant les affaires se présentaient dans l'état le plus favorable , Lully fut assez adroit pour tourner cette dissension à son profit. et, par le crédit de madame de Montespan, il obtint que les droits de Perrin lui seraient transférés moyennant uue somme d'argent. Le payement donna lieu à un procès intenté à Lully par Guischard, architecte intéressé dans la société de Perrin ; le musicien répondit par une accusation d'empoisonnement. Au bout de deux ans, ce procès durait encore et ne fut terminé que par l'intervention du roi, qui ordonna l'assoupissement de cette affaire. C'est done, comme on Je voit, une erreur grave, quoique fort commune, de donner Lully comme ayant le premier introduit l'opéra en France ; ce ne fut qu'après le succès de Cambert et, la prompte réalisation de ,ces considérables par Perrin et ses associés , ully ne trouva plus la langue française si elle à la musique dramatique qu'il l'avait au- ravant déclaré, opinion que les travaux de r
  • Jean-Baptiste MACHAULT( 1591 - 1640) : jésuite, né à Paris en 1591, d'une ancienne famille de magistrature, fut admis dans la société à l'àge de dixhuit ans et envoyé à Rome, où il fit son noviciat. De retour en France, il professa quelques années la rhétorique à Paris, et fut ensuite nommé successivement recteur des colléges de Nevers et de Rouen. Il mourut à Pontoise le 22 mai 1640. On a de lui : i° Eloges et discours sur la triomphante réception du roi en sa ville de Paris, après la réduction de la Rochelle, Paris, 1629 fig. d'Abraham Bosse ; 2° Ludovici XIII expeditio in Dallant pro Carol° dure ilanture, ibid., 1630, ; 3° la rie de B. Jean de . 1Ioramirel, moine de l'ordre de Cîteaux, ibid., 1641 Cette histoire contient des recherches intéressantes sur l'origine et l'accroissement de l'ordre de Citeaux. Il a traduit de l'italien : Histoire de ce qui s'est passé aux royaumes de la Chine et du Japon, tirée des lettres écrites par les missionnaires de la compagnie de Jésus, etc., Paris, 1627 ; enfin, il a laissé en manuscrit une Histoire des ére:-- ques d'Evreux et une Histoire de la Nornzandie, en 2 volumes — Jacques DE MACHAULT, jésuite, né à Paris en 1600, de la même famille que le précédent, entra dans la société à l'àge de dix-. sept ans, enseigna les humanités et la philosophie dans différents colléges , fut ensuite recteur à Alençon, Orléans et Caen, s'appliqua sur la fin de sa Nie à la direction des àmes, et mourut à Paris en 1680. On a de lui quelques ouvrages ascétiques ; et il a publié les Relations des missions du Paraguay, Paris, 1636; — du Japon, ibid., 1616 ; — de Goa et de la côte de Malabar, ibid., 1651 ; — de la Cochinchine, ibid., 1659; — de l'Inde, ibid., 1659 ; — de la Perse, ibid., 1659; — et enfin de Maduré et Tanjaor, 1663 Cette collection intéressante a été entièrement effacée par le Recueil des lettres édifiantes et cu- rieuses
  • Jean-Baptiste MACHAULT D'ARNOUVILLE( 1701) : contrôleur général des finances et garde des sceaux, d'une famille ancienne et fort estimée dans la magistrature, était fils de Louis- Charles de Machault, conseiller d'Etat ; il naquit le 13 décembre 1701. Nommé maître des requêtes en 1738 , Machault, né sans ambition et d'un caractère ennemi de l'intrigue, avait le projet de se borner à rapporter les affaires du conseil, sans s'éloigner de Paris et de sa terre d'Arnouville. Mais le comte d'Argenson, ministre de la guerre, alors son ami, lui persuada de suivre la carrière des intendances, et lui fit donner, en 1743, celle du Hainaut. En décembre 1745, Philibert Orry, contrôleur général des finances, ayant déplu à la marquise de Pompadour par ses manières brusques et surtout par ses principes d'économie, le roi nomma à sa place Machault , qu'il avait personnellement connu à son passage à Valenciennes. A cette époque, des réductions considérables faites sur la dette de l'Etat , et l'augmentation du prix de toutes choses, rendaient plus facile le recouvrement des impôts; mais aussi de grands moyens étaient indispensables pour soutenir la guerre dans laquelle la France s'était imprudemment engagée. Machault, doué d'un discernement juste, d'un caractère ferme, et capable de former un plan vaste et de le soutenir, arriva au ministère des finances sans avoir jamais fait une étude suivie de cette partie d'administration. Mais il succédait à un administrateur qui, sans avoir les grandes vues d'un homme d'Etat supérieur, avait le talent spécial de sa place, et qui, secondé par la paix dans les dix premières années de son ministère, y avait porté ce qu'on pouvait alors regarder comme une création en finances : la persévérance de l'ordre. Machault 'ne négligea pas cette partie de l'héritage de son prédécesseur, à défaut de connaissances personnelles, il eut le talent de découvrir les gens les plus instruits, et le bon esprit 17181 les fonctions de conseiller d'Etat , de lieutenant général de police de Paris. et de président du grand conseil , mourut le 10 mai 1750 à l'âge de 84 ans. plus honnêtes hommes de mon royaume, et le plus capable de 4g me bien servir dans cette place ; ainsi tout me confirme dans « mon choix, et j'attends de vous cette marque de dévoue-« ment. n s'entourer de leurs lumières. Ce fut ainsi 'il put soutenir avec succès trois années de erre, tantôt par quelques emprunts, tantôt r quelques améliorations dans diverses parties u revenu de l'Etat. Après la paix d'AixlaCha- Ile , Machault, ministre alors depuis is ans, sentit que quelques améliorations duites avant lui dans les méthodes n'avaient rrigé toutes les imperfections d'un régime qui conservait encore quelques traces des res de la régence et des crises antérieures. e t pouvoir entreprendre de donner enfin des mis d'appui plus solides aux deux leviers de finance, l'impôt et le crédit ; à l'un, une ré- lao partition plus équitable ; à l'autre, la foi des contrats ; à tous deux, cette morale publique evant laquelle la propriété ne conserve l'égalité ides droits que par l'égalité des devoirs. Il avait r bien jugé son siècle ; il avait observé l'esprit philosophique du temps ; il voulait concilier les progrès des lumières avec l'affermissement de l'autorité royale. Résolu d'attaquer les priviléges du clergé et ceux des autres corps privilégiés, il avait, pour soutenir une lutte si périlleuse, besoin d'un appui auprès du trône; ce fut ainsi qu'il mit dans l'intérêt de ses places la favorite alors toutepuissante. L'édit de mainmorte qu'il lit rendre en 1747 fut le premier coup qu'il porta au clergé : par cet édit, « on défendait tout « nouvel établissement de chapitre, collége , .s-é-« miliaire, maison religieuse ou hôpital, sans « une permission expresse du roi, et lettres pa- « tentes expédiées et enregistrées dans les cours « souveraines. On révoquait tous les établisse- « ments de ce genre faits sans cette autorisation « juridique ; on interdisait à tous les gens de « mainmorte d'acquérir, recevoir ou posséder « aucun fonds, maison ou rente sans une auto- « risation légale. » Machault fut secondé dans la formation de cette loi par le chancelier d'Aguesseau , qui ne crut pas offenser la religion en ôtant au clergé une faculté illimitée d'accroitre ses richesses. Peu après cet édit, d'Aguesseau donna sa démission; et dans le partage de ses fonctions, Machault obtint les sceaux décem- bre 1750; en conservant le contrôle général. Quelque temps auparavant, il av ait été nommé mmandeur et grand trésorier des ordres du IF i et ministre d'Etat (1749 . n'avait point abandonné son projet favori de faire concourir tous les citoyens dans une égale proportion aux charges de l'Etat. La cour, qui avait besoin de nouvelles ressources, approuvait cette doctrine, et croyait surtout qu'il était temps d'imposer les biens du clergé. Machault ne se serait pas fait scrupule d'aller plus loin ; et la suppression de quelques ordres monastiques lui paraissait le moyen le plus facile d'alléger le fardeau de la dette publique ; mais il n'osa l'entreprendre, dans la crainte de ne pas ètre soutenu par la cour. On avait créé un impôt d'un dixième XXV. pendant la durée de la guerre : à la paix, Machault le supprima et le remplaça par un vingtième gradué sur le prix de ferme des terres, illimité dans sa durée, universel dans son extension, et portant sur tout genre de revenu, excepté les rentes sur l'Etat, dont l'immunité avait été assurée lors de leur constitution. Personne n'était exempt de cet impôt, dont le produit fut destiné à fonder une caisse d'amortissement qui devait, par un remboursement continuel, arrêter l'augmentation de la dette nationale. Dès son apparition, cette loi excita les plus vives réclamations de la part des parlements, des pays d'état et du clergé; après un long refus d'enregistrer cet édit, les parlements cédèrent, parce qu'ils virent que la loi était principalement dirigée contre le clergé, avec lequel ils étaient en rivalité. Un commencement de révolte en Bretagne fut aussi apaisé au moyen de quelques transactions. Il ne resta donc plus qu'à vaincre la résistance du clergé. Ce corps avait senti l'étendue de ses dangers, et ne s'occupa (l'abord qu'à gagner du temps. En protestant toujours contre le vingtième, il offrait des dons gratuits, ressource précaire, mais il avait des partisans dans une cour dont l'indolence redoutait le renouvellement des troubles religieux, et le gouvernement luimême n'était pas unanime, puisque, sur une telle question, un évêque, celui de Marseille, osait écrire : « Ne me mettez pas dans « la nécessité d'obéir à Dieu ou au roi, vous sa- « vez lequel des deux aurait la préférence. n En effet, le roi et la favorite négociaient déjà, et Machault, 'voulant leur rendre de la fermeté par un coup de vigueur, demanda un état détaillé de tous les biens ecclésiastiques. Le clergé, qui regardait l'édit de 1749 comme le prélude de sa ruine, irrité des attaques qu'on lui portait, résolut, pour mieux se défendre, d'attaquer à son tour et commença à semer la discorde parmi ses ennemis. Le comte d'Argenson, qui avait hérité de toute la haine de son père contre les parlements, détruisait auprès du roi et auprès de la marquise de Pompadour l'effet des conseils vigoureux de Machault, qu'il regardait comme son rival. Ces deux ministres se faisaient la guerre, suivant l'expression du temps, à coups de parlement et de clergé, et de cette lutte résultait une anarchie complète. Le parlement de Paris, fatigué de lancer d'inutiles arrêts contre les curés qui refusaient les sacrements, faute de billets de confession, aux appelants de la bulle Unigenitus, mit l'archevêque de Paris en cause (roy. &AtMONt, saisit son temporel, convoqua les pairs, et, oubliant qu'il n'était qu'une création du souverain dont il avait reçu toutes les attributions, refusa de se départir de ses poursuites malgré les ordres formels du roi, qui fut trèsirrité de cette conduite. Le comte d'Argenson enflamma encore sa colère, et les chambres des enquêtes et des requêtes furent exilées, sans que Machault 79
  • Jean-Baptiste MAGANZA( 1509 - 1589) : surnommé il Uniesgru,, peintre et poete. naquit à Vicence en 1509, et fut la tige d'une famille de peintres qui, pendant une longue suite d'années, ont fait honneur à leur patrie. JeanBaptiste fut élève du Titien , et ses ouvrages obtinrent du succès. Ses portraits surtout sont excellents. Les nombreux tableaux d'histoire qu'il a laissés à Vicence dénotent un guide plein de fécondité. Outre la peinture, Maganza cultiva la poésie. Sous le nom dc 11alagnii , il &ri% it en dialecte padouan , et ses vers obtinrent le suffrage de SperoneSperoni , du Trissin et mémo du Tasse. Ses Rime ont été publiées à Venise, 1570 et 1630, Il mourut en 1589. — Alexandre M %,;ANZA 5011 fils, né en , fut élève du Fasolo, qui lui enseigna sa manière, où l'on reconnatt un heureux imitateur du Zelotti et de Paul Véronèse. On cite, entre autres, l'Epiphanie, qu'Alexandre poignit dans l'église de St - Dominique, et le Martyre de Ste , dans celle de StPierre. Il entendait bien l'architecture ; ses compositions (étaient pleines de jugeaient, et ses ligures ne sont pas dépourvues de beau idéal : tuais son coloris n'est point empâté comme celui de ses maures ; ses chairs tirent sur le jaune ; les plis de ses draperies %ont uniformes, parfois durs ; et il manque d'expression. La v ille de Vicence possède de lui un si grand nombre de tableaux, que sa longue vie et son extrême facilité peuvent a peine l'expliquer. Les airs de tète et la pose de ,ts ligures sont presque toujours les mêmes. chargé d'une nombreuse famille, la nécessité de pour oir à sa subsistance excuse la négligence le plusieurs de ses ouvrages; car un grand nombre prou\ ent que ce n'était point le talent qui lui manquait. — Jean- Baptiste, l'aîné de ses fils, qui déjà rivalisait avec lui dans son art , `et le surpassait même pour la finesse du pinceau, comme le démontre son tableau de St- lienoit, qu'on \ oit dans l'église de SteJustine de Padoue, lui fut enlevé par une mort prématurée laissant à sa charge un grand nombre d'enfants en bas âge. — Jérôme , le second de ses fils. également chargé d'enfants , et Marc- Antoine, k troisième, commençaient à l'aider dans ses nombreux travaux et à se faire euxmêmes un nom, lorsqu'il les vit mourir tous deux de la peste qui affligea Vicence en 1630. Ses petitsfils moururent successivement. Alexandre ne put résister à tant de pertes, et il termina sa vie dans la même année, âgé de 711 ans. En lui finit cette célèbre école de Vicence que Paul Véronèse et Zelotti avaient fondée , et que son père et luimême avaient maintenue longtemps en lion,
  • Jean-Baptiste MAGON DE LABALUE( 1713 - 1794) : banquier de la cour de Louis XVI, né à StMalo en 1713, se montra dès le commencement de la révolution fort opposé aux innovations, et par conséquent trèsattaché à l'ancienne monarchie. Par suite de ces opinions contrerévolutionnaires, il fit passer, en 1791, aux princes émigrés des sommes considérables. Arrêté pour ce fait en 1793, il fut traduit au tribunal révolutionnaire et condamné à mort le 1" thermidor an 2 juillet 1794), pour avoir fourni de 1790 à 1792, plus de six cent mille francs au comte d'Artois, au prince de Condé, etc. Ses héritiers ayant sollicité, à l'époque de la restauration, le remboursement de cette somme prêtée aux princes émigrés, Louis XVIII ou ses ministres repoussèrent durement leur demande. Elle fut mieux accueillie par Charles X, et la dette fut reconnue par ce prince ; mais il n'avait rien fait encore pour se libérer lorsqu'il fut détrôné en 1830. Après cet événement, les héritiers Magon de Labalue n'eurent plus de recours que sur les propriétés du monarque exilé. Les tribunaux accueillirent leur demande, et, après un procès, les six cent mille francs furent payés intégralement aux héritiers Magon, sur les bois appartenant au monarque déchu
  • Jean-Baptiste MAILHE( 1754) : conventionnel. dont le vote dans le procès de Louis XVI eut quelque célébrité parce qu'il fut adopté par plusieurs de ses collègues. naquit en 175%. Il était avocat à Toulouse lorsque la révolution commença, et il en embrassa la cause avec beaucoup d'enthousiasme, ce qui le lit nommer en 1790 procureur ndic du département de la HauteGaronne. puis député à l'assemblée législative. et en 1792 à la convention nationale. Il fut. dans la première de ces assemblées, membre du comité diploma- tique. Ce fut au nom de ce comité que. le 2% dé- cembre 1791, il demanda que le pouvoir exécutif fût chargé d'inviter les officiers des regiments suisses de Vigier et de Castella à appliquer aux soldats de ChiteauVieux. alors aux galères pour la révolte de Nancy, l'amnistie qui . après l'acceptation de la constitution , avait été accordée pour les délits relatifs à la révolution. Bientôt ces soltlats nonseulement furent amnistiés. niais devinrent l'objet d'une fète triomphale. Le 25 fé-.rier 1792. Mailhe fit encore adopter. comme membre du comité diplomatique , un projet portant que les princes allemands possessionnes en France, qui ne se présenteraient pas avant le I" avril pour traiter de leurs droits. seraient considérés comme a. ant renoncé à toute indem- nité. Il se rangea dans le mème temps parmi les accusateurs des ministres. particulièrement du malheureux de Lessart . et il opina avec violence pour la guerre que ce ministre voulait empêcher. Le il mars, il fit décréter, sur la pétition de quelques individus se disant députés de la section de la CroixRouge, que les revenus de la liste civile seraient soumis à toutes les contributions publiques. Le 2 juillet , il demanda le licenciement de la garde du roi, et proposa à l'assemblée de déclarer que la patrie était en danger, ce qui fut décrété. Dans le courant du même > mois , il obtint qu'on prît des mesures pour empêcher les départements d'entretenir des commissaires auprès de Louis XVI. Le 7 amIt , il demanda que chaque religieux qui se marierait reetàt un supplément de cent francs à sa pension. Mailhe ne figura personnellement dans la journée du 10 août 1792 que pour empêcher la populace de continuer le massacre des Suisses ; mais , le 20 de ce mois , il développa dans un long discours les moyens de déraciner l'arbre an- tiqua de la féodalité. Devenu membre de la convention, il annonça, dans la séance du 26 octobre , que le comité de législation l'avait chargé de faire le rapport demandé sur l'accusation à Louis XVI; et. en effet, il prononça sur cette question un trèslong discours qu'il termina ainsi : « Louis peut être jugé , il le sera par la « convention ; des commissaires pris dans la con- « vention feront le rapport du procès ; les délits, « après huit jours de publication, seront adoptés « ou rejetés par appel nominal. Louis paraîtra à « la barre ; après la défense et des délais déter- « minés , la convention portera son jugement par « appel nominal. » Il déclara ensuite Louis XVI coupable, et vota pour l'appel au peuple. Sur la troisième question , il vota pour la mort, mais , detnanda que, si cette opinion obtenait la pluralité , on discutàt le point de savoir s'il convenait pour l'intérêt public que l'exécution eût lieu surlechamp ou qu'elle fût différée, déclarant que . Il parvint d'abord à se soustraire à la déportation , se rendit ensuite , d'après un ordre du directoire, à Oléron, et fut rappelé par les consuls, qui le nommèrent , en janvier 1800, secrétaire général de la préfecture des HautesPyrénées. Il occupa peu de temps cette place, et vint à Paris , où il fut nommé, en 1806, avocat à la cour de cassation et au conseil d'Etat. Forcé de sortir de France en 1816, comme régicide, il se réfugia à Liége , où il exerça longtemps la profession d'avocat consultant. Revenu à Paris après la révolution de 1830 , il y mourut en 183/. B—u et M - Dj.
  • Jean-Baptiste MAILLY( 1744 - 1794) : historien estimable , fils d'un libraire de Dijon, naquit en cette ville le 16 juillet 1744. Après avoir fait d'excellentes études , il fut chargé d'enseigner les humanités et ensuite de donner des leçons d'histoire au collége Godran. 11 s'acquitta de ses fonctions avec beaucoup de succès , obtint pour prix de ses services une pension de retraite , et mourut à Dijon le 26 mars 1794, dans un âge peu avancé. Il a publié, avec M. le comte François de Neufchâteau : Poésies diverses de deux amis, Amsterdam , 1768 , petit On y trouve quelques pièces fort agréables. Mailly est principalement connu par les ouvrages suivants : 1° l'Esprit de la fronde, Paris, 1772, 5 vol. Cet ouvrage fait suite à l'Intrigue du cabinet, par Anquetil, auquel on l'a quelquefois attribué ; le style en est un peu diffus, et l'auteur aurait pu supprimer beaucoup de détails qui ralentissent la marche des événements. 2' L'Esprit des croisades, ibid., 1780, 4 vol. Ce livre , qui renferme beaucoup de recherches , mais qui ne donne que la première croisade, a été traduit en allemand, et il en a paru un abrégé dans la même langue. 3° Fastes juifs , romains et français, Paris , 1782, 2 vol. iii-8°. C'est un abrégé d'histoire universelle , fait sur le plan de l'Abrégé chronologique du président Hénault. L'auteur le rédigea pour ses élèves. Mailly a été le principal rédacteur des Affiches littéraires de la province de Bourgogne pendant les aimées 1776- 1777, 2 vol. et l'on a encore de lui des Poésies fugitives, des Lettres, des Discours, des Mémoires dans les journaux du temps ou dans le Recueil de l'académie de Dijon , dont il était membre
  • Jean-Baptiste MARESTIER( 1780 - 1832) : né à StServan .111eetVilaine), était trèsjeune lorsqu'il fut admis en l'an 8 à l'école polytechnique, d'où il sortit en 1802. Les brillants examens qu'il soutint à son entrée à l'école, ainsi qu'à sa sortie, le placèrent au nombre des élèves les plus distingués de .son temps et justifièrent son classement dans le corps du génie maritime. Ses premiers pas dans la carrière furent marqués par des services réels rendus dans les ports de Gènes et de Livourne, qui se trouvaient alors sous la domination française. Quand les désastres de 1814 enlevèrent à la France ces utiles conquêtes, Marestier, dont les talents étaient déjà appréciés, fut destiné pour Toulon. Il y connut M. Ch. Dupin, et tous deux ne tardèrerit pas à se lier d'une amitié que la conformité de goûts, d'habitudes et de talent, développa au point qu'une bastide située aux environs de la ville devint leur logement commun. Cette communauté , pleine de charme pour l'un et l'autre, fut rompue peu après, Marestier ayant été envoyé à Bayonne afin de réorganiser le service des constructions navales. 11 y construisit jusqu'en 1818, sur ses propres plans, des navires de transport, espèce de bâtiments dont la marine militaire était presque dépourvue. Des contrariétés qu'il éprouva de la part de l'administration de ce port le déterminèrent à demander d'être attaché à celui de Lorient, où il ne fit qu'une courte apparition, le ministre lui ayant expédié l'ordre, qu'il trouva à son arrivée, de se rendre à Paris afin d'y recevoir des instructions relatives à une mission d'un haut intérêt pour la marine. A cette époque, il n'était bruit en Europe que des prodigieux résultats de la navigation par la vapeur, dont Fulton avait doté sa patrie, après avoir éprouvé en France, où il n'avait pas été compris , le dédain le moins mérité. 11 appartenait à Marestier de naturaliser dans son pays un procédé qui devait modifier si avantageusement la direction des forces navales sur tous les points du globe. Le gouvernement français voulut connaître ce qu'il y avait de vrai dans les descriptions plus ou moins exagérées que les organes de la publicité faisaient chaque jour des prodiges de la nouvelle découverte , et obtenir sur les lieux mêmes une appréciation aussi exacte que possible des heureux résultats que déjà elle 'avait dû procurer à l'Angleterre, et surtout à l'Amérique, dont l'éloignement favorisait la croyance aux miracles racontés par les voyageurs. Comme savant, comme ingénieur, comme homme positif et réfléchi, Marestier réunissait toutes les conditions qu'exige une semblable mission. Aussi en futil chargé par le ministre de la marine, sur la proposition de M. le baron Rolland , inspecteur général du génie maritime, en même temps que M. de Montgéry, capitaine de frégate, recevait l'ordre de se rendre dans les ports d'Amérique , afin d'y examiner les bateaux à vapeur sous le point de vue nautique et militaire. Marestier visita successivement les chantiers des ÉtatsUnis et de l'Angleterre pendant près de deux ans. Aidé du concours de M. Hyde de Neuville, ministre plénipotentiaire à Washington , de celui de nos consuls , et des communications officieuses d'un ingénieur français attaché au service de l'amirauté américaine, il recueillit les documents les plus précieux et les plus propres à faire apprécier sainement cette innovation si féconde, et, il faut bien le dire , alors presque entièrement ignorée en France. S'il eut à détruire beaucoup d'illusions, et à ramener dans les limites de la réalité l'appréciation des faits extraordinaires que l'enthousiasme attribuait à la navigation par la vapeur en Amérique, les démonstrations précises et rigoureuses qu'il consigna dans le récit de sa mission apprirent néanmoins au gouvernement qu'en ré- duisant les choses à leur véritable valeur, les avantages du nouveau système de navigation étaient assez grands pour en motiver l'adoption. Le monde savant partagea cette opinion, lorsqu'il connut l'intéressant Mémoire de Marestier, sur les bateaux à vapeur des Etats- Unis, mémoire qui, dans l'état actuel de la science , laisse sans doute à désirer, mais que son auteur eût mis en parfaite harmonie avec nos connaissances progressives sur l'emploi de la vapeur, si une mort prématurée n'était venue le frapper au moment où il en préparait une seconde édition. Marestier fut chargé de faire l'application des principes qu'il avait exposés dans son ouvrage : il construisit le premier bâtiment à vapeur et le premier mécanisme à basse pression que la marine militaire ait essayés pour le service des ports. Jusqu'à la publication de ce mémoire , il n'avait été construit que des bateaux destinés à la navigation fluviale. De ce nombre étaient et le Voyageur, construits en 1818 pour la navigation du Sénégal par M. le Breton, autre ingénieur de la marine. Appropriés à une navigation spéciale et n'ayant qu'une vitesse restreinte, ces deux bâtiments , dont l'un fut commandé par M. Louvrier, l'autre par M. Leblanc, depuis viceamiral , n'étaient pas de nature à infirmer le niérite de l'application de la vapeur à la marine militaire sur une échelle beaucoup plus élevée. Si l'impartialité nous fait un devoir de reconnaître que l'essai de Marestier ne répondit pas complétement aux espérances qu'avait fait concevoir sa savante théorie, les principes fondamentaux qu'il avait si heureusement développés ne reçurent aucune atteinte ; quelques détails , frappés du sort commun à toute première application d'un système nouveau , durent seuls appeler l'examen des ingénieurs. Plus tard , des accidents trop fréquents et trop funestes ayant inspiré des doutes sur la sécurité que pouvait offrir l'emploi d'un moteur avec lequel on n'était pas encore familiarisé , Marestier calma toutes les craintes en donnant l'explication la plis ingénieuse et peut-être la plus vraie des causes des explosions : c'était indiquer les moyens de les prévenir. Nommé successivement membre de la commission consultative et du conseil des travaux de la marine, lors de la première formation de ce conseil, il occupa dignement sa place parmi les hommes éminents qui le composaient. Ses connaissances aussi sûres que variées , son ardeur pour le travail , rendaient sa coopération si utile 3 qu'il ne fallut rien moins que l'avantage bienreconnu du service pour qu'il pût être détourné , même momentanément , des fonctions qu'il remplissait à Paris. Mais une nouvelle affaire de confiance exigeait qu'on. envoyât à Brest un ingénieur qui réunit à une haute capacité l'impartialité la plus sévère. Chargé de cette mission, Marestier s'en acquittait depuis peu de temps , quand la mort le surprit à Brest, le 22 mars 1832, à l'âge de 52 ans, après quelques jours seulement de maladie. 11 était chevalier de StLouis et de la Légion d'honneur. Sa modestie était telle , qu'il ne voulut jamais consentir à ce que M. Dupin insérât dans le rapport qui précède son Mémoire les éloges que l'amitié, d'accord avec la justice, avait suggérés à l'auteur ; ils y sont remplacés par deux lignes ponctuées. Ses deux ouvrages ont paru sous les titres suivants : 1° Mémoire sur les bateaux à vapeur des Etats - Unis d'Amérique , arec un appendice sur dit erses machines relatives à la marine, précédé du rapport fait à l'Institut sur ce Mémoire par MM . Sané, Biot, 'Poisson et Charles Dupin ) imprimé par ordre de S. Exc. le ministre de la marine et des colonies, Paris, impr. royale, 1824 et atlas folio de 17 planches. Dans ce mémoire, Marestier fait connattre les dimensions et la vitesse des bateaux à vapeur; il décrit les principales machines employées à leur usage, et expose des règles déduites de l'expé rience , afin d'établir entre la grandeur des bateaux et la force des machines les proportions convenables pour obtenir une vitesse déterminée. Cet écrit est accompagné de notes intéressantes renfermant le développement des principes exposés dans le texte , et des renseignements qui, bien qu'incomplets, peuvent fournir des moyens de comparaison aux personnes qui projettent des bateaux à vapeur. ll est terminé par sept chapitres, sous forme d'Appendice, contenant des remarques sur les goélettes des EtatsUnis , bâtiments légers que les Américains construisent et font manoeuvrer avec une supériorité reconnue des marins de toutes les nations ; sur les machines à curer les ports et les rivières ; sur celles de la poulierie et des forges ; enfin, sur les nouveaux produits de la corderie, imités des Anglaisiii et reproduits en France avec des modifications ingénieuses dues à M. Lair, directeur des constructions navales à Brest, et à M. Hubert, officier supérieur du génie maritime, qui les ont exécutés en prenant pour base les procédés anglais, observés et décrits par M. Ch. Dupin dans son l'ooge de la Grande- Bretagne . A tous ces détails accessoires à l'objet principal de sa mission, Marestier en ajouta d'autres sur l'emploi , en Amérique; des niachines à fabriquer les clous, machines qui en faisaient cent qùarante par minute, ou quatrevingtquatre mille en dix heures de travail. Ce mémoire devait être suivi d'un second qui n'a pas été publié, parce que les renseignements qu'il contenait n'étaient d'aucune utilité à l'industrie particulière. Il était consacré à des remarques sur la marine militaire , et spécialement à la description du bateau à vapeur construit en 1814 pour la défense de NewYork. 2° Sur les explosions des machines à vapeur, et les précautions à prendre pour les prévenir , Paris, imprimerie royale, 1828 de 20 pages. Marestier avait été compris en 1826 au nombre des can- didats présentés par l'Académie des sciences pour remplir la place vacante par la mort du célèbre Reichembach
  • Jean-Baptiste MARINI( 1569) : fameux poète , connu en France sous le nom de Cavalier Marin , naquit à Naples au mois d'octobre 1569. Son père , jurisconsulte estimé, le destinait à la carrière de la magistrature ; mais son inclination le portait vers la poésie , et il passait la plus grande partie de son temps à lire ou bien à faire des vers. Après l'avoir invité plusieurs fois à changer de conduite, son père indigné le chassa de sa présence ; mais le jeune Marini reçut un asile chez le duc de Bovino , partisan déclaré de ses talents, et quelque temps après il obtint la place de secrétaire du prince de Conca , grand amiral du royaume de Naples. Ayant été compromis dans une intrigue amoureuse , il fut mis en prison , et craignant les suites d'une affaire qui avait fait beaucoup de bruit , il quitta Naples secrètement pour se retirer à Rome, où il ne tarda pas à trouver de nouveaux protecteurs. Le cardinal Aldobrandini voulut s'attacher un homme , et en distribua des copies à tous les seigneurs de la cour. Murtola , dont l'amourpropre était vivement blessé , lui répondit par une satire trèsviolente. Dès ce moment les deux adversaires ne gardèrent plus aucune réserve ; Marini couvrit son ennemi de ridicule par sa Jl to/ dide, recueil de sonnets extrêmement mordants. En vain Murtola voulut y opposer la , l/ arinéide, les rieurs s'étaient déclarés contre lui ; furieux , il attendit un jour son rival dans la rue et lui tira un coup de pistolet ; la balle blessa au bras un des favoris du duc qui se promenait avec Marini. L'assassin fut mis en prison ; Marini eut la générosité de solliciter sa grâce et de bonheur de l'obtenir ; mais il avait affaire à un homme incapable de sentir la déliCatesse d'un pareil procédé. Celuici découvrit un poème que Marini avait composé dans sa jeunesse, et qui renfermait quelques traits satiriques sur le duc de Savoie. On le fit lire à ce prince, qui donna l'ordre aussitôt d'arrêter Marini , et il ne sortit de prison qu'à la de- mande du marquis Manso , qui démontra l'innocence du poète et la perfidie de ses ennemis. Le séjour de Turin était devenu odieiix à Marini ; il partit pour la France en 1615 et fut accueilli avec beaucoup de bienveillance par la reine Marie de Médicis. Cette princesse lui assigna une pension de quinze cents écus, qui fut élevée successivement jusqu'à deux mille. Ce fut pendant son séjour à Paris qu'il se lia avec le Poussin et qu'il composa et dédia au jeune roi Louis XIII le trop fameux poète de l' Adone , ouvrage également défectueux par l'invention , par la conduite et par le style , et qui cependant partagea tous les beaux esprits de l'Italie. L'acharnement que les partisans de Marini mirent à prôner comme un chefd'oeuvre cette froide composition est une preuve des progrès rapides qu'avait faits le mauvais goût dans la patrie de l'Arioste et du Tasse. Il quitta la France sur la fin de l'année 1622, et alla se fixer à Rome. Les prélats les plus distingués se disputèrent l'honneur de lui offrir un logement, et quelque temps après son arrivée il fut élu prince . Le Poussin étant venu à Rome, Marini le recommanda au cardinal Barberini. Après la mort du pape Grégoire XV, il revint à Naples, où il reçut du duc d'Albe l'accueil le plus gracieux. Cependant il se disposait à revoir la ville de Rome , où il avait de nombreux amis, lorsqu'il mourut d'une rétention d'urine le 25 mars 1625. Il fut inhumé dans l'église des Théatins , auxquels il légua sa bibliothèque. On dit qu'avant sa mort il témoigna un grand repentir d'avoir souillé sa plume par des obscénités, et qu'il fit briller devant lui toutes ses poésies licençieuses et érotiques. On convient que peu de poètes ont eu plus de facilité et d'imagination que Marini ; mais il abusa de ces dons précieux, et, en abandonnant la route tracée par les anciens, il tomba dans des écarts que tout son talent n'a pu lui faire pardonner. Son style, semé de pointes et de concetti, fut imité Par la plupart des écrivains que les Italiens désignent par le nom de Seicentisti, et qu'ils ne lisent plus depuis longtemps. Marini luimême n'est guère consulté que par quelques curieux , et ses ouvrages ne sont pas plus recherchés dans sa patrie que dans les pays étrangers. On en trouvera la liste dans les Mémoires de Niceron, t. 32. Les principaux sont : P Rime morose, sacre e varie, Venise, 1602, 3 part. , souvent réimprimées; 2° La 111w- toldide, etc., Francfort, 16'26 Nuremberg, 1643-, i11-12 ; 3° Adone , poi, ma in xx canti , con yli argqmenti del Fortunian. San etc . , Venise, 1623 Paris, 1623 On trouve à la tète de cette édition une Lettre de Chapelain à M. Favereau qui contient un grand éloge de l'ouvrage , Amsterdam , 1651, 2 vol. pet. ; cette édition est sortie des presses d'Elzevier ; ibid., 1678 , 4 vol. avec les fig. de Seb. Leclerc. Toutes ces éditions ont leurs partisans et sont recherchées des curieux. Celle de Londres , 1789, 4 vol. passe pour la plus complète. Fréron et le duc d'Estouteville ont donné une imitation française du huitième chant de ce poème, sous ce titre : les Frais plaisirs , ou les Amours de Vénus et d'Adonis,- Amsterdam , 1755 ; réimprimé sous le titre d'Adonis, Paris, 1775 ; 4. Dicerie sacre , Venise , 1628 ; 5° Strage degli. Innocenti , poème , Naples ; Rome , 1633 ; Venise , 1633 ; Macerata , 1638 Ce poème a été traduit en latin et en allemand ; il est encore inférieur à l'Adonis. 6° Lettere, gravi, argute, facete, e piacevoli , con diverse poesie Venise , 1627 ; Venise, 1673 avec des additions. Peu d'hommes ont eu plus de biographes que Marini. Sa vie a été écrite par J.B. Baiacca , Chiaro, G.Fr. Loredano, Fr. Ferrari, Giac.- Phil. Carnola , etc., et en outre la plupart des historiens de la littérature italienne lui ont consacré des notices détaillées
  • Jean-Baptiste MARRAGON( 1741 - 1829) : député du département de l'Aude à la convention nationale , naquit à Luc le 10 juillet 1741. 11 vota la mort de Louis XVI, et après avoir opiné pour l'appel au peuple , il repoussa tout sursis à l'exécution , ce qui présentait une contradiction évidente et l'a classé au rang des régicides. :Marragon s'occupa beaucoup dans les comités d'agriculture des travaux publics, et il présenta des plans sur les moyens de vivifier la navigation intérieure. Ayant été, avant la révolution , commis du directeur général du canal de Languedoc , dont il devint le gendre, il était fort instruit dans celte partie. En I 795 il fut envoyé au llav re , où il moutra de la modération. Nommé alors membre du co?seil des Anciens, il en fut secrétaire; et, à la suite d'un rapport . il fit déclarer nuls les droits de la faucille RiquetCaraman sur le canal de Languedoc , et décréter que la république s'emparerait de ce monument industriel. Le 21 décembre 1797. il fut élu président du conseil des Anciens. il en sortit en mai 1798 , et le directoire l'envoya comme successeur de Roherjot près des villes hanséatiques. Il se trouvait à Hambourg lors de l'arrestation de NapperTandy, et se disposait à en partir à cause du refus du sénat de mettre ce prisonnier en liberté, lorsque le directoire lui ordonna de rester et d'insister sur cette demande, ce qu'il fit vainement. De retour à Paris, il fut nommé commissaire du directoire près l'administration des canaux intérieurs, et en 1800 , il obtint, par la faveur de Cambacérès, son compatriote et son ami , la place de receveur général du département de l'Hérault, qu'il transmit à ,on fils quelques années après. Il vivait à Paris dans une opulente retraite, quand il fut atteint par la loi de 1816 qui exila les régicides. Marragon se retira à Bruxelles , et il y mourut le 1.'r avril 1829, lorsque son exil allait finir par la révolution de 1830
  • Jean-Baptiste MARTIN( 1659 - 1735) : peintre, naquit à Paris en 1659 , d'un entrepreneur de bâtiments, qui le mit sous la direction de Lahire. Après avoir cultivé la peinture pendant quelques années , il étudia la fortification , et fut envoyé en qualité de dessinateur auprès du maréchal de Vauban. Cet illustre guerrier fut tellement satisfait du talent de Martin, qu'il le recommanda vivement à Louis XIV. Ce prince le mit sous la direction du peintre de batailles Vander Meulen ; il lui confia ensuite la place de directeur de la manufacture royale des Gobelins , que la mort de Vander Meulen laissait vacante, et lui accorda , de plus, une pension. Cet artiste fit toutes les campagnes du grand Dauphin , et une partie de celles où le roi commandait en personne. 11 fut chargé de peindre les nombreuses conquêtes du roi ; et les tableaux qu'il peignit à ce sujet pour la décoration du château de Versailles lui valurent le nom de Martin des Batailles. Le duc de Lorraine, Léopold, voulant consacrer les principales actions de la vie de son père Charles V , Martin en fit le sujet de vingt tableaux qui furent placés dans la galerie du château de Lunéville. Cet artiste mourut à Paris en 1735
  • Jean-Baptiste MARTINETTI( 1764 - 1829) : architecte italien, naquit en 1764 à Bironico , dans le canton du Tesin. Dès l'âge de onze ans, il alla étudier à Bologne , où il trouva un généreux protecteur dans le marquis Zambeccari. Après avoir fait son cours de mathématiques, il se fixa dans cette ville, et fut bientôt chargé de travaux importants. Le conseil municipal de Bologne le nomma son architecte, et le gouvernement pontifical son inspecteur du génie. Parmi les nombreux édifices qu'il construisit , on remarque surtout le collége Montalto, la villa Ravona, bàtie pour le marquis Zambeccari , et la magnifique villa Aldini sur la colline AdelMonte , près de Bologne. Rome lui doit son magnifique abattoir près du forum de Flaminius. Martinetti était membre d'un grand nombre de sociétés savantes de l'Italie, et il mourut le 18 octobre 1829. Il n'avait publié que trois mémoires concernant les défauts des voitures , la culture des pommes de terre et les herbes fouragères. Ses écrits les plus importants sont restés manuscrits
  • Jean-Baptiste MASINI( 1677) : médecin et mathématicien, né à Brescia en 1677, fit ses premières études dans cette ville et les acheva à l'université de Padoue sous Vallisnieri et Guglielmini. Reçu docteur en médecine , il rentra dans sa patrie, exerça son art et donna en outre des leçons de mathématiques. A la mort de Guglielmini , il fut appelé à lui succéder à l'université de Padoue et embrassa la doctrine iatromécanique de Borelli et de Bellini. Il mourut dans un âge avancé et laissa plusieurs ouvrages ; voici le principal : Congetture jisicn- mecectniche intorno alla figura delle partieelle roinponenti il ferro, Brescia , 1714 On y trouve sur la nature de ce métal plusieurs observations fort exactes , que des savants français publièrent comme nouvelles longtemps après la mort de Masini
  • Jean-Baptiste MASSÉ( 1687) : peintre et graveur à l'eauforte, né à Paris le 29 décembre 1687, entreprit de faire graver les tableaux que Lebrun avait exécutés pour la galerie de Versailles. Il en dessina la majeure partie ; en dirigea luimême toutes les gravures et ne fut arrêté ni par les difficultés , ni par les dépenses d'une aussi vaste entreprise. Il les publia en 1752 en 1 volume grand ayant pour titre : La grande galerie de Versailles et les deux salons qui l'accompagnent. Massé abandonna la gravure pour se livrer à la miniature ; et l'on ne connaît que trois estampes exécutées par lui : lo le portrait d'Antoine Coypel, qu'il grava en 1717 pour sa réception à l'académie; 2° le portrait de Marie de Médicis , d'après Rubens ; 3° Mercure envoyé vers Didon pour la di' poser en faveur d'Enée , d'après Cotelle. Massé était protestant ; ce qui ne l'empêcha pas d'être conseiller de l'académie et d'obtenir de Louis XV le titre de peintre du roi et conservateur de ses tableaux. Sa faiblesse était de ne point vouloir qu'on le crût vieux ; il pensa même un jour se distraction est d'autant plus singulière qu'il avait sous les yeux l'ouvrage de son compatriote. fâcher contre Charlier, , qui lui conseillait de se servir d'une canne, parce que peu de temps auparavant il avait fait une chute dangereuse. Il mourut à Paris, le 26 septembre 1767. — Il ne faut pas le confondre avec Charles IIIAcÉ ou MAcEE, graveur à l'eauforte, né à Paris en 1631, et qui fut employé par Jabach à dessiner et à graver à l'eauforte les plus beaux paysages de son cabinet. Cette collection , qui contient 285 estampes , fut gravée par Macé, Corneille, Rousseau et Pesne. Les épreuves en furent distribuées du vivant de Jabach , mais sans numéro et sans lettres ; elle fut réimprimée par la suite et publiée en 1 volume en travers. On doit encore à Macé une Suite de douze grands paysages tirés de l'Ecriture , d'après le Castiglione
  • Jean-Baptiste MASSIEU( 1742 - 1818) : évêque constitutionnel , né à Vernon en 1742, était curé de Sergy, village de la Picardie , et y jouissait de la considération publique lorsqu'il fut nommé député du clergé du bailliage de Senlis aux états généraux. II vota dès le commencement avec le parti révolutionnaire , et devint en décembre 1789 secrétaire de l'assemblée. Le 31 mai 1790, il vota pour la constitution civile du clergé et lui prêta ensuite serment. Dans le mois de février 1791, il fut élu évêque constitutionnel de l'Oise et sacré le 6 mars suivant. Nommé, en septembre 1792, député de ce département à la convention , il vota la mort de Louis XVI et se prononça contre l'appel au peuple et le sursis. Le 11 novembre 1793, il écrivit à la convention qu'il renonçait à ses fonctions épiscopales et qu'il allait se marier : ce qu'il fit en épousant la fille d'un nommé Lécole , maire de Givet. Il était alors en mission dans les Ardennes. Le 17 novembre, ainsi que nous l'apprenons par les Annales mêmes de Desbois , son confrère , il se joignit aux clubistes de Mézières et de Charlevilie pour promener sur un âne un mannequin représentant le pape. On pilla les églises et on profana les vases sacrés. Il écrivit le 11 mars 1794, à l'assemblée, qu'il avait prononcé dans l'église de Beauvais un discours propre « à préserver pour jamais les peuples du fana« tisme. » De là , les reproches qu'on lui fit d'avoir rendu les prêtres , les églises et tout ce qui avait rapport au culte l'objet particulier de ses fureurs. En 1795, les habitants de Reims l'accusèrent d'avoir provoqué, dans leur ville, au meurtre et au pillage ; d'avoir sommé le comité révolutionnaire de multiplier les arrestations , sous peine d'encourir sa disgrâce ; enfin d'avoir contribué au meurtre des membres de la municipalité de Sedan et de beaucoup d'autres citoyens, ce qui avait détruit les manufactures d'une ville essentiellement industrielle. Les habitants de Beauvais le dénoncèrent aussi comme ayant formé chez eux une troupe de brigands, pour persécuter et égorger la population ; et ceux de Vitry- sur- Marne écrivirent contre lui une lettre plus violente encore. A la suite de ces accusations, l'assemblée le décréta d'arrestation le 9 août 1795, comme ayant fait assassiner les meilleurs citoyens du département des Ardennes, exercé des vengeances particulières , etc. Il fut ensuite amnistié par la loi du Is brumaire, et, à la honte des gens qui dirigeaient l'enseignement à cette époque, il obtint en 1797 une chaire à l'école centrale de Versailles. Forcé en 1816 de quitter la France comme régicide, il se retira à Bruxelles, où il mourut le 6 juin 1818 dans le plus grand dénûment. On a de lui une traduction des Oeuvres de Lucien , Paris , 1781 -87, 6 vol. . Sa traduction de l'Histoire de Hollande , par H. Grotius , est restée manuscrite
  • Jean-Baptiste MASSILLON( 1663) : le premier des orateurs de la chaire dans le genre pathétique , naquit le 24 juin 1663, de François Massillon , notaire à Hyères en Provence. 11 entra fort jeune au collège de l'Oratoire de cette ville. Son amusement favori était de rassembler autour de lui ses camarades pour leur répéter ce qu'il avait entendu au sermon de plus frappant, et il le déclamait d'un ton agréable et animé. Destiné par son père à l'état de notaire, on le retira du collège avant qu'il eût achevé ses humanités ; mais, comme il ne cessait d'y retourner dans ses loisirs , les supérieurs, ayant remarqué ses dispositions, firent pour se l'attacher des sollicitations auprès du père ; et le fils entra en 1681 dans la congréga- , puisque Massillon luimême dit le contraire dans l'Oraison de M. de Villars , il fut appelé en 1696 à Paris, où il était déjà connu , pour y diriger le séminaire de StMagloire. C'est là que Massillon composa ses premières conférences ecclésiastiques. Quoique leur ton, assez simple, soit différent de celui de ses sermons , elles ne manquent point de vivacité lorsqu'il peint les suites du désordre ou de l'ignorance des clercs. Elles sont aussi plus analogues au genre aimable de son éloquence que les conférences plus sévères qu'il fit dans un âge avancé. Ces exercices préparatoires développaient et fixaient son talent. Aussi le P. de Latour lui demandant ce qu'il pensait des prédicateurs de la capitale, il répondit : « Je leur trouve bien de « l'esprit et du talent ; mais si je prêche , je ne « prêcherai pas comme eux. » Il admirait trop Bourdaloue pour le confondre avec ceux qui étaient alors suivis. Mais il ne le prit pas en tout pour modèle, et il voulut s'ouvrir une nouvelle route. Le pathétique fondé sur le sentiment et la connaissance intime de soi - même manquait à l'éloquence de la chaire. On en avait banni le mélange des maximes profanes et sacrées ; mais le mysticisme subtil et les métaphores outrées n'avaient pas encore cédé à la haute raison et à Voyez la Letire'd'Arnauld à Boileau du 10 avril I Mais avec quel art , en employant le dialogue comme l'apostrophe, il met l'éloge dans une autre bouche que la leçon par ce tour adroit : « Si le monde parlait ici à la place de « JésusChrist.... Heureux, dirait le monde, heu- « reux le prince qui n'a jamais combattu que s pour vaincre... Mais sire. JésusChrist ne parle « pas comme le monde.... » Ce fut après ce premier avent que Louis XIV lui adressa , en présence de toute la cour, ces mots caractéristiques si connus : « Mon père , j'ai entendu plusieurs « grands orateurs, j'en ai été content ; pour vous, « toutes les fois que je vous entends, je suis très- « mécontent de moimême. » Massillon réussit à Versailles comme à Paris. La cour de Louis XIV, composée d'hommes spirituels et polis, avait plutôt besoin d'ètre touchée que convaincue. Massillon , en peignant les passions avec cette vérité qui détruit l'illusion, pouvait se contenter d'opposer aux séductions du vice le tableau d'une morale qu'il savait rendre aimable et intéressante pour ceuxmèmes dont il dévoilait les penchants. Dans la capitale, la licence n'allait pas au point de secouer les principes pour ne plus rougir des excès. Enfin , le langage de Massillon, quoique noble, n'était pas moins simple et à la portée du vulgaire tant il est naturel et vrai , sans recherche et sans affectation ; témoin ce mot d'une femme du peuple , qui , se trouvant pressée par la foule en entrant à NotreDame , où prêchait le même orateur, s'écria dans son parler et avec humeur : Ce diable de Massillon, quand il pré-
  • Jean-Baptiste MATHIEU( 1764 - 1794) : naquit le 10 vrier 1764, près de Langres, à MontignyleRoi, où son père était marchand. Après avoir commencé ses études chez son oncle maternel, l'abbé Raclot , curé de Thivet , qui mourut sur l'échafaud révolutionnaire, à Epinal, en 1794, il entra au séminaire de Langres et embrassa l'état ecclésiastique. La révolution le trouva vicaire au village de Béru , près de Tonnerre, et, comme il refusa de prêter le serment à la constitution civile du clergé, il fut condamné à la déportation ; mais , ne voulant pas quitter la France , il se cacha dans un caveau , chez un jardinier de Chaumont, et passa dans cette retraite tout le temps que dura la révolution. Comme pour occuper ses journées il n'avait d'autres ressources que la lecture , il faisait rechercher les ouvrages que la confiscation des bibliothèques des établissements religieux avait jetés dans le commerce, et il parvint à se former à peu de frais une bibliothèque composée d'un assez grand nombre d'ouvrages rares et précieux. Quand l'abbé Mathieu put sortir du lieu humide où il avait vécu pendant dix ans, sa santé était si profondément altérée qu'il lui fut impossible de reprendre l'exercice de son ministère lorsque le culte fut rétabli. lmfirme et sans fortune, il se trouva dans la position la plus précaire ; mais on lui offrit d'abord l'hospitalité à Chateauvillain, et ensuite il fut accueilli à Chaumont, dans une famille où il passa le reste de sa vie. Les lectures de nombreux ouvrages d'histoire, que l'abbé Mathieu avait faites pendant qu'il était resté caché, lui avaient donné le goût des études historiques, et, dès lors qu'il fut fixé à Chaumont, il résolut de s'occuper de recherches historiques sur l'ancien diocèse de Langres. A la demande d'un préfet de la HauteMarne, il écrivit un Abrégé chronologique de l'his Loire ecclésiastique et civile des évèques et du diocèse de Langres. La première partie de cet ouvrage fut imprimée dans l'Annuaire du département de la Haute- Marne pour 1808, et la seconde partie parut dans l'Annuaire de l'année suivante. .Cet Abrégé chronologique est encore aujourd'hui ouvrage le plus complet qui ait été publié sur l'ancien diocèse de Langres, qui comprenait le sud et l'est de la Champagne et une grande partie de la Bourgogne. Il doit être consulté par les écrivains qui s'occupent de l'histoire de cette partie de la France ; mais on doit reprocher à l'auteur de rapporter généralement les faits sans les rattacher aux événements qui les ont précédés ou suivis, en sorte qu'il est des pages qui paraissent plus appartenir à une table qu'à un ouvrage historique; il est aussi regrettable que, par suite de la rapidité avec laquelle l'abbé Mathieu fut forcé de rédiger son ouvrage, on y rencontre un assez grand nombre d'erreurs dans les dates et aussi d'inexactitudes dans les faits, erreurs qui ont été en partie reconnues par l'auteur et qu'il avait corrigées à la plume sur plusieurs exemplaires. L'abbé Mathieu publia encore, dans l'Annuaire de la Haute- Marne de 1811, une Biographie du département de la Hante- Marne, avec le concours de Rieusset , secrétaire du préfet de ce département , qui écrivit environ quarante articles biographiques. Cet ouvrage renferme aussi des documents intéressants ; mais il est bien inférieur à l'Abrégé chronologique. Les notices biographiques, souvent inexactes et incomplètes, sont généralement dépourvues de critique et écrites avec une grande sécheresse, et les personnages oubliés dans ce recueil sont à peu près aussi nombreux que ceux qui s'y trouvent. Compilateur infatigable , l'abbé Mathieu transcrivit un trèsgrand nombre de manuscrits , de chartes et de documents ayant rapport à l'histoire du pays de Langres, et en forma un recueil de 17 volumes qui renferment la matière de 40 à 50 volumes 11 fit imprimer la préface de cette grande collection sous le titre de Discours préliminaire pour le recueil intitulé Mémoires, monuments antiques, inscriptions, chartes, titres, biographies, généalogies, écrits dirers et fragments pour servir à la composition de l'histoire ecclésiastique et civile du pays langrois et de celle des anciens Lingons, précédés d'un Catalogue raisonné et indicatif des sources, des dépôts et des ouvrages, soit manuscrits, soit imprimés, dans lesquels on peut trourer les matériaux nécessaires pour remplir cet objet, Chaumont Cette brochure est trèsrare. L'abbé Mathieu continua à augmenter son recueil historique jusqu'à sa mort, et demanda, dans son testament , que ses manuscrits ne fussent point divisés et fussent vendus avec les nombreux ouvrages imprimés ayant rapport à l'histoire du diocèse de Langres, qu'il avait réunis. Cette précieuse collection a été acquise pour la bibliothèque du grand séminaire de Langres , où elle est conservée. On y trouve la copie de plusieurs manuscrits dont les originaux sont aujourd'hui perdus, et beaucoup de documents intéressants pour l'histoire des villes de Langres, Chaumont, Dijon, Châtillon, Tonnerre, BarsurAube, qui faisaient autrefois partie du diocèse de Langres. L'abbé Mathieu mourut le 11 juin 1899 , au village d'Âutreville , près de Chaumont ; il était depuis 1825 chanoine honoraire de la cathédrale de Langres. On a de l'abbé Mathieu : 1° Abrégé chronologique de l'histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Langres, Langres , 1808 et 1809 , 1 vol. i11-8°. Comme tous les exemplaires de cet ouvrage, qui avait été imprimé aux frais du département de la HauteMarne , avaient été donnés aux communes de la IlauteMarne , à l'exception de cinquante exemplaires qui avaient été adressés aux principaux fonctionnaires , il était d'abord extrêmement rare; mais il est devenu moins rare, parce qu'une partie des exemplaires appartenant aux communes ont été vendus ou donnés par les maires. L'Abrégé chronologique a été réimprimé par les soins de l'abbé Rieusset , qui y a ajouté une introduction , une table , des notes , et y a fait quelques corrections et additions, Langres, 1844, 1 vol. 2. Biographie du département de la Haute- Marne, Chaumont, 181 , 1 vol. ; 3° Notice sur le P. Barbe, professeur de rhétorique au collège de Chaumont, né en Angleterre, Chaumont ; 4. Traité de la chasse aux raquettes , Chaumont , 1816
  • Jean-Baptiste MAUGRAS( 1762) : professeur de philosophie , naquit au mois de juillet 1762, au village de Fresnes , en FrancheComté. Après avoir fait ses premières études chez un oncle, institu- Leur laïque à Jussey, trille de la mémo province , il vint les achever à Paris , au séminaire du StEsprit. Là se décida sa vocation pour l'enseignement. En 1787, au eoncours de l'agrégation pour la philosophie , il obtint la première place , à la i suite d'une lutte brillante , dont le souvenir s'est I conservé longtemps dans la mémoire des vieux universitaires. Il avait pour concurrent M. La, bitte. Pendant deux années, Maugras suppléa l'abbé Royou dans la chaire de philosophie au collége Louis le Grand. En 1789 , il fut nommé titulaire de la mème chaire au collége de Montaigu. L'année suivante, le ministre de l'intérieur, Cahier de Gerville , ayant adressé au recteur de l'université de Paris , Binet, une lettre où il exprimait le désir de voir introduire dans l'enseignement les modifications exigées par les besoins du temps et par le changement de constitution., Maugras fut chargé de ce travail. Bien qu'il ne se fÙt point refusé à prêter le serinent à la constitution civile du clergé, il était loin d'abonder dans les idées nouvelles ; aussi son cours se lit remarquer, à cette époque d'entraînement et d'illusions , par une raison haute , sage et ferme, ennemie de tout excès. C'était néanmoins , pour un professeur de trente ans , une belle occasion de se faire un nom populaire , que d'avoir à traiter, dans une chaire publique , les questions du jour, en présence d'un pouvoir sans force et d'une révolution dont les conquêtes audacieuses I s'étendaient chaque jour. Maugras fut assez sage pour éviter cet écueil ; il combattit courageusement toutes les erreurs comme toutes les violences ; la justesse de son esprit le maintint dans cette ligne de modération où réside la vérité en philosophie. Aussi il eut le sort des modérés : les hommes de parti ne le craignaient ni ne l'aimaient assez pour lui offrir des distinctions, et il demeura dans l'obscurité. Il conserva , du moins , le privilége si rare de ne pas changer d'opinion, et il put, en 1830, publier, en FiniIF primant textuellement, son cours de 1791, sous ce r titre : Cours élémentaire de philosophie morale, Paris, I vol. Déjà Maugras en avait fait imprimer le résumé en 1796, d'après les cahiers d'un de ses auditeurs. Il l'intitula modestement : Dissertation sur les- principes fondamentaux de l'associa- Lion humaine, brochure de 200 pages, Paris , an 4. Dans cette publication , il avait inséré quelques tirades nouvelles contre les jaco- ", bins , ne craignant pas de donner pour titre à V l'un de ces nouveaux paragraphes _: Jacobins : horrible turpitude de cette corporation. Quelques maximes antisociales professées par Danton , Barère et Robespierre , étaient aussi attaquées de front par le professeur. Maugras continua ses . leçons jusqu'au 10 août. Alors tout enseignement devint impossible. Il vécut dans la retraite jusqu'en i800, qu'il fut appelé à professer la philosophie dans deux grandes institutions récemment fondées à Paris, celle de DuboisLoyseau et le collége SteBarbe, relevé par de Lanneau. Vers la nième époque , il fut nommé professeur d'économie politique dans un autre établissement connu sous le nom d'Académie de législation, et qui a subsisté jusqu'au rétablissement de l'école de droit par Napoléon. Ce fut surtout au collége SteBarbe que le cours de Maugras prit une grande importance. Chaque année scolaire était terminée par des discussions publiques, dont les programmes , imprimés, donnaient l'idée de la doctrine du professeur. En 1808 , l'évêque de Casai , Villaret , chancelier de l'université , qui avait assisté à l'un de ces exercices, en fit au grand maître Fontanes un rapport si favorable, que celuici se décida à établir les chaires de philosophie dans les lycées , et à offrir à Maugras celle du lycée Impérial . Il se faisait remarquer dans son enseignement par la sagesse de ses principes , jointe à une indépendance de jugement qui ne reculait devant la célébrité d'aucun nom , devant la vogue d'aucune doctrine. Aussi se fitil dans la nouvelle école philosophique des ennemis lui ne lui pardonnèrent jamais. Tous les systèmes anciens et modernes , toutes les doctrines nouvellement venues de l'étranger, passaient au creuset de sa logique sévère et inexorable. Cependant Mau gras était loin d'avoir une doctrine rétrograde. En rétablissant l'enseignement de la philosophie, après la tourmente révolutionnaire, il avait été le premier à le faire sortir des habitudes routinières de la vieille école, en y introduisant d'heureuses innovations. En 182i, Maugras fut nommé membre de la Légion d'honneur; puis , en 182rk, chargé de remplir, comme professeur suppléant, la chaire d'histoire de la philosophie ancienne à la faculté des lettres, dont le titulaire était Millon. Maugras professa pendant cinq ans ce cours avec zèle et talent; mais comme son mode d'enseignement incisif, clair, souvent piquant, et toujours exempt de charlatanisme, était antipathique à l'école philosophique , qui jouissait alors de la popularité, le cours de Maugras , à la faculté des lettres; ne fut ni prôné par les coteries , ni favorisé par les puissances. De là des préférences injurieuses qui empoisonnèrent les derniers moments de sa vie. En 1825, il avait été, sans l'avoir sollicité, admis à faire valoir ses droits à la retraite comme professeur au collège Louis le Grand. On lui savait mauvais gré d'avoir, en lisant la distribution des prix , protesté contre le renvoi des cent cinquante plus forts élèves de cet établissement. L'année a perdu son printemps , avaitil dit. En 1828, il fut brutalement évincé de la faculté, et l'autorité disposa de sa suppléance en faveur de Théodore Jouffroy, traducteur des OEuvres complètes de Reid, et l'un des adeptes les plus distingués de cette école philosophique que Maugras avait combattue toute sa vie. Celuici se plaignit vivement , dans une lettre insérée au Jour- nal des Débats le 27 décembre 189.8 , de n'avoir appris que par les journaux cette disposition de l'autorité. « Quoique je tienne trèspeu, disaitil « à un emploi que je n'ai jamais ambitionné, « et que je n'ai accepté que par esprit de subor- · dination universitaire, cependant il me semble « qu'on ne pouvait en disposer en faveur d'un « tiers, sans préalablement m'avoir demandé un « désistement formel , par lequel je me serais « empressé de mériter la modeste épithète de « démissionnaire. Toute autre manière de pro« céder est inconciliable avec le respect pour « l'ordre légal , avec les usages de la simple po- « litesse et avec le noble caractère de notre « grand maitre , trop attaché aux droits ac- « quis par les nominations antérieures et par « l'ancienneté des services pour faire publier par « la voie des journaux la destitution d'un pro« fesseur assez âgé pour avoir été destitué une « première fois par les révolutionnaires de « 1793. » L'autorité, au lieu de réparer ce tort fait à un honbrable fonctionnaire, trouva plus commode de lui faire écrire par Millon, le titulaire que Maugras avait suppléé, une réponse dans laquelle il articulait que, celuici n'étant pas professeur à la faculté des lettres, n'avait pu être destitué , et qu'on n'avait pas besoin de lui demander son désistement « car n'étant que mon « suppléant provisoire , ajoutait. Millon , il n'a- « avait aucun titre, et n'appartenait point à la « faculté. J'avais donc le droit de remercier « M. Maugras, comme je l'ai fait, etc. » Cette réponse , qui ne tendait à rien moins qu'à avilir le professorat , affligea vivement tous les universitaires. Maugras n'oublia jamais ces étranges procédés d'un?, autorité injuste à son égard . Tout faisait espérer qu'il prolongerait encore sa verte vieillesse , lorsqu'une courte maladie l'enleva le 17 février 1830. En 1806 , à l'occasion d'une question proposée par l'académie des sciences de Berlin , il avait publié une Dissertation sur l'analyse en philosophie, I vol. Cet ouvrage remarquable eut, en 1808 , une seconde édition , enrichie de réflexions sur les jugements portés par les journalistes. En 1822, Maugras fit imprimer sous ce titre : Cours de philosophie , un ouvrage spécialement destiné à ses élèves. Il contient le tableau synoptique de la doctrine de l'auteur, la logique élémentaire et la collection des sujets de dissertation qu'il proposait dans son cours
  • Jean-Baptiste MAURICE( 1772 - 1816) : né à Noyers en l772, d'un artisan, et artisan luimême, partit en 1792 avec un des bataillons de l'Yonne. Sa belle écriture et son goût pour la géographie le tirent remarquer par le général Hardy, qui l'attacha à son étatmajor et l'envoya étudier les mathématiques à Paris , où il se forma sous les Tardieu et Poirson au dessin et à la gravure de la carte. Peu de temps après , il entra dans le corps des ingénieursgéographes et en devint un des membres les plus distingués. il fit partie de l'expédition de StDomingue et y fut atteint de la fièvre jaune dont il ne guérit jamais compléternent. Employé plus tard à la carte de Savoie, il a fait insérer dans les Archives géographiques de MalteBrun une description de la perte du Rhône. Il mourut vers 1816. — M. MauriceStAguet , qui a donné quelques articles dans les revues, est son fils
  • Jean-Baptiste MELLINI( 1405 - 1476) : cardinal, né en 1405, à Rome , d'une illustre famille, fut pourvu dès l'Age de sept ans d'un canonicat de StJean de Latran , par le pape Martin V, qui l'engagea à s'appliquer à l'étude. Il se rendit trèshabile dans le droit canon , et fut député par son chapitre vers Eugène IV , alors à Florence, pour lui faire des représentations au sujet des priviléges de l'église de Latran qu'il avait attaqués. Il parla au pontife avec une fermeté qu'on trouva condamnable ; mais les commissaires qu'on lui donna pour examiner sa conduite le renvoyèrent absous de toute accusation. Nommé à l'évêché d'Urbin, il fut créé cardinal en 1476 , et envoyé légat à Milan , après la mort de GaléasMarie Sforce. mourut à Rome, le 20 ou le 24 juillet 1478. C'était un homme trèsinstruit, et qui joignait. aux vertus de son état un grand caractère. B. Platina , qu'il avait soutenu par ses libéralités dans la prison où Paul 11 l'avait renfermé, a écrit la Vie de son bienfaiteur : elle a été insérée par Louis Doni d'Attichy dans les libres historia Cardinal., t. 2, p. 382 . — Savo MELLINI, nonce en Espagne, fut créé cardinal , en 1681 , pour avoir cherché à réfuter la déclaration de Bossuet sur les libertés de l'Eglise gallicane. 11 mourut, le 11 février 1701, à l'âge de 58 ans. La réfutation dont on vient de parler est imprimée dans un recueil publié par le savant cardinal d'Aguirre, et qui est intitulé : Auctoritas inrallibilis et summa cathedrœ S.- Petri, extra et supra concilia quolibet, atque in totam ecclesiant domo stabilita, adrersus declarationem 'tontine deri gallicani edit« m , etc ., Salamanque, 1683
  • Jean-Baptiste MENNE( 1774 - 1839) : général français, naquit à Agen le 17 septembre 1774. Après avoir fait de bonnes études chez les oratoriens de cette ville, le jeune Menne s'engagea comme volontaire dans le 1" bataillon de LotetGaronne, qui fut incorporé dans l'armée du Rhin . Ses brillantes dispositions pour la carrière. militaire lui firent rapidement franchir les grades inférieurs. Le 9 février 1793 , il était lieutenant au 4' bataillon de la légion des montagnes aux PyrénéesOrientales, et capitaine le- 28 juillet de la même année. Menue ayant été compris dans l'armée d'Italie, le général Lamée le choisit pour son aide de camp le 25 nivôse an 9. La bravoure qu'il déploya dans toutes les occasions décisives lui mérita le brevet de chef de bataillon à la 63e demibrigade . Bonaparte, qui appréciait la bonté de ses services, l'envoya avec le grade de major dans le 51' de ligne, qui était en Portugal . Sa belle conduite dans la campagne de Portugal lui valut les insignes de la Légion d'honneur. Rappelé de la Péninsule par les ordres de Lamée, son compa- triote , Menne fit les campagnes d'Autriche , de Prusse et de Pologne , dans lesquelles il parvint au grade de colonel du 27" de ligne et d'officier de la Légion d'honneur . A la sanglante bataille de Friedland, Menne fut grièvement blessé par un biscaïen à l'épaule gauche. Aussitôt qu'il fut rétabli , Napoléon h, ramena vers les Pyrénées, dans cette armée d'Espagne, où il entra avec la croix de commandeur de la Légion d'honneur . L'heureuse habileté avec laquelle il savait triompher dans les occasions difficiles le fit arriver au rang de général de brigade . L'honneur du commandement n'était pas sans péril à cette époque et dans cette contrée, car à la terrible bataille de Salamanque un coup de feu lui traversa le bras droit. A la suite de la funeste journée de Vittoria , qui détruisit l'influence des armes françaises en Espagne, nos troupes durent songer à la retraite. Ce mouvement, au lieu de s'effectuer par Salinas et Bayonne, comme le bon sens l'indiquait, se lit vers Pampelune et la Navarre. Au passage de la petite rivière la Zadora, les AngloEspagnols tentèrent de couper la marche de nos colonnes. Le général Sarrut , auquel le général Reille avait confié la défense des issues, ayant été tué, Menne le remplaça pour protéger le défilé conduisant au pont d'Arriaga. Assailli dans ce poste plein de dangers par l'ennemi victorieux, le général ne se laissa jamais entamer, et réussit, après des prodiges de courage et de sangfroid, à ramener sa brigade saine et sauve vers la route de Salvaerra. A l'attaque du camp StMartial, sur la leidassoa , Menue fut atteint de trois coups de feu , à la tète, au ventre et au pied. Ces glorieuses blessures le firent mettre momentanément en nonactivité et lui inspirèrent le désir de la paix ; aussi se ralliatil aux Bourbons, qui le nommèrent chevalier de StLouis , et commandant du département de la Manche . Le ministre de la guerre lui confia l'inspection générale de l'infanterie du royaume en 1816, 1818 et 1821, et l'appela en 1823 au comité de la défense générale du pays. Les douleurs occasionnées par ses nombreuses blessures l'obligèrent à demander sa retraite, qui lui fut accordée le 30 août 1826, avec le titre de lieutenant général honoraire. Sous le gouvernement de juillet, le maréchal Soult offrit, mais en vain , à son vieux camarade le commandement d'une belle division. Le général Menne consacra les dernières années de sa vie aux affections de famille, qu'il avait peu goûtées , et mourut le 14 septembre 1839 sur sa propriété de Malère, près d'Agen
  • Jean-Baptiste MERCADIER DE BELESTAT( 1748 - 1816) : ingénieur , né en 1748 , fut dès sa jeunesse voué à l'étude des sciences , et entra dans la carrière des ponts et chaussées , où il était officier avant la révolution de 1789. Ayant continué de servir, il parvint bientôt aux premières places , et fut longtemps employé comme ingénieurarchitecte à Montpellier, puis dans le département de l'Ariége. 11 mourut à Foix, le 14 janvier 1816. On a de lui : P Nouveau système de musique théorique et pratique, Paris, 1776 2° Recherches sur les ensablements des ports de mer et sur les moyens de les empêcher à l'avenir , particulièrement dans les ports du Languedoc, ourrage qui remporta le prix proposé en 1784 et 1786 par la société royale des sciences de Montpellier, au nom des états généraux de Languedoc, Montpellier, 1788 ; 3° une Statistique et une Description du département de l'Ariège. Il a laissé manuscrite une Histoire gé- nérale des monuments de la mer et de l'atmosphère, ou Météorologie universelle, en 9 volumes
  • Jean-Baptiste MICHAUD( 1760 - 1819) : conventionnel , de la même famille que le précédent, naquit à Pontarlier en 1760. Il était administrateur du département du Doubs lorsqu'il fut, en 1791, député à la législature où il se fit peu remarquer. Nommé l'année suivante député à la convention nationale, il y vota la mort de Louis XVI. L'assemblée le choisit pour secrétaire dans le mois de juin 1794, peu de jours avant la chute de Robespierre, au 9 thermidor. 11 parait que cet événement lui causa quelques regrets , car le 29 décembre suivant il dénonça les persécutions éprouvées par les patriotes, et demanda que les sociétés populaires fussent déclarées avoir bien mérité de la patrie. Il fut cependant ensuite , un des commissaires chargés d'examiner la conduite de Joseph Lebon . Ayant passé au conseil des CinqCents après la session conventionnelle, il y dénonça une protestation de Camille Jordan contre le 18 fructidor . Il sortit de cette assemblée en mai 1798 , et devint président du tribunal criminel de son département. Appelé en mars 1799 au conseil des Anciens, il y siégea jusqu'à la révolution du 18 brumaire . Rentré depuis cette époque dans l'obscurité de la vie privée, il fut obligé, en 1816, de quitter la France comme régicide. 11 se réfugia en Suisse, et mourut près de Lausanne au commencement de décembre 1819
  • Jean-Baptiste MEYER( 1750 - 1830) : naquit à Mazamet, près Castres, le 43 octobre 1750, d'une famille de négociants. 11 avait débuté dans le barreau lorsque la révolution éclata. Il en embrassa les principes avec ardeur, ce qui le fit choisir, en septembre 1792, par le département du Tarn pour siéger à la convention nationale, où il vota pour la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. Il fit ensuite partie du conseil des CinqCents, de celui des Anciens et du corps législatif, ne se distingua dans aucune de ces assemblées , et revint dans ses foyers en 1803. A l'époque des centjours de 1815 , Meyer, par faiblesse ou par conviction , signa l'acte additionnel aux constitutions de l'empire. Banni comme régicide en 1816, il se réfugia en Suisse, et habita successivement les villes de Constance et de StGall. 11 revint en France au mois de septembre 1830, et y termina son existence, le 18 octobre suivant, à l'âge de 80 ans, après avoir légué le beau domaine qu'il avait dans le département de l'Aude à l'hospice de Carcassonne , et celui de Vintrou , département du Tarn , à la ville de Mazamet, pour fournir à l'établissement et à l'entretien d'une école d'enseignement mutuel
  • Jean-Baptiste MILLIET( 1745 - 1774) : littérateur, naquit à Paris en 1745. Après d'excellentes études, il fut attaché en sousordre à la bibliothèque de Paris, et mit à profit les loisirs que lui laissait son emploi pour se perfectionner dans la connaissance des chefs- d'oeuvre de l'antiquité. Il s'était déjà fait remarquer par quelques essais estimables, et on avait lieu d'attendre de lui des productions plus importantes lorsqu'une mort prématurée l'enleva, le 15 juillet 1774, à l'âge de :39 ans, On a de lui les Etrennes du Parnasse, contenant les Vie. des poètes grecs et latins ; des Réflexions sur la poésie, et un choix de poésies, Paris, 1770-74, 15 vol. Cette compilation, continuée par Le Prevost d'Exmes , n'est point estimée ; niais les Vies des postes contiennent des recherches fort intéressantes et bien présentées; et l'on regrette seulement, dit Sabatier, que le style de l'auteur se ressente trop de sa jeunesse. On cite encore de lui : Lettre à un ami de province sur les Guèbres et les Scythes, tragédies de Voltaire; — Lettres sur la peinture au pastel. Ws .
  • Jean-Baptiste MIROUDOT DU BOURG( 1716 - 1798) : évêque de Babylone , était né en 1716 à Vesoul , d'une bonne famille de robe. Après avoir terminé ses études, il embrassa la vie religieuse dans l'ordre de Cîteaux, et fut envoyé à Morimond en Bassigny. Ses talents et son goût pour l'agriculture le firent connattre du roi Stanislas , qui le nomma son aumônier et l'honora de sa confiance. Ce fut par l'ordre de ce prince que dom Miroudot sema du ray- grass ou faux seigle dans un terrain qui lui avait été abandonné pour faire des expériences. Cet essai ne réussit point, parce que les semences qu'on lui avait envoyées d'Angleterre étaient avariées ; niais il rendit compte de ses observations dans un mémoire qui fut couronné par l'académie de Nancy. Dom Miroudot fut nominé évêque de Babylone le 13 avril 1776, sacré le 21 juin suivant, et, quelque temps après , nommé consul à Bagdad. Mais la guerre qui désolait le pays ne lui permit d'aller qu'à Alep. 11 rendit d'importants services à la religion dans cette contrée, et contribua à ramener un grand nombre de Syriens à l'unité de l'Eglise. Le pape le récompensa de son zèle en lui adressant le pallium, décoration réservée aux métropolitains. Des raisons de santé ne permirent pas à dom Miroudot de prolonger son séjour en Asie; il y fut remplacé par Beauchamp , son neveu , qu'il destinait à lui succéder dans la dignité épiscopale . Il repassa en Europe vers la fin de 1781, et vécut à Paris où il remplissait les fonctions de suffragant des archevêques de la métropole et d'aumônier de la duchesse de Bourbon. Après avoir longtemps résisté aux instances et aux menaces qui lui avaient été faites pour l'entraîner à la consécration des évêques constitutionnels, l'évêque de Babylone, qui était affaibli par l'âge et plus encore par les fatigues et les maladies qu'il avait eues pendant son séjour en Orient, se laissa conduire à la cérémonie du 24 février 1791, où il fut, avec Gobel , assistant de l'évêque consécrateur, qui était l'ancien évêque d'Autun. Pie VI le déclara suspens dans le bref du 13 avril 1791, et retira la pension que lui faisait la propagande. L'évêque de Babylone n'avait pas tardé à témoigner ses regrets de la faiblesse qu'il avait eue , frère du précédent, subdélégué à Vesoul, a publié : Essai sur l'agriculture du comté de Bourgogne , Lyon , 1762, petit ; — Mémoire sur le bailliage de Vesoul, Besançon, 1774 C'est une description statistique des villages de l'arrondissement. Le P. Dunand , dans les Recherches sur les auteurs de la province , lui attribue un opuscule intitulé Ceci et cela, qu'il aurait imprimé luimême à deux ou trois exemplaires
  • Jean-Baptiste MODIO : médecin et littérateur, était né à SanSeverino , dans la Calabre. Le désir d'accroître ses connaissances l'amena jeune à Rome , où il acquit bientôt la réputation d'un savant philologue. Il embrassa l'un des premiers la règle de StPhilippe de Néri , et montra dans des conférences publiques un talent trèsremarquable pour instruire ses auditeurs et captiver leur attention. Gallonius , dans la vie du p saint fondateur , dit que deux fois Modio lui dut le rétablissement de sa santé. On n'a pu découvrir la date de sa mort , mais elle doit être arrivée peu après 1560. On a de lui : 1° i/ Convito, ovvero del peso delle moglie, dore ragionando si conchinde, che non puo la donna disonesta far vergogna l'uomo , Rome , 1554 ; Milan , 1558 de 40 feuilles. Ces deux éditions sont également rares. La seconde est augmentée d'une nouvelle de Cornazzano : Origine del proverbio che si suol dire : Anzi corna. Dans la dédicace au cardinal del Monte, l'auteur dit qu'avant d'entreprendre quelques ouvrages importants , comme il en a l'intention , il a composé cette bagatelle pour s'essayer à corriger la rudesse de sa langue maternelle ; 2° il Tevere , orvero della natura di tulle le asque, Rome , 1556 rare. On lui doit encore une édition trèsestimée des poésies lyriques du B. Jacopone da Todi : i Cantici con alcuni discorsi e la vita , Rome , 1558 . Il a laissé des notes sur divers ouvrages de hlacrobe : les Saturnales et le Songe de Scipion , voy . la Bibl. calabrese de Zavaroni, p
  • Jean-Baptiste MOLINELLI( 1730 - 1799) : prêtre de la congrégation des ÉcolesPies , né à Gènes en 1730 , enseigna d'abord la philosophie à Oneille , et ensuite la théologie à Gènes. En 1769, il fut appelé à Rome pour y remplacer le Père Natali, qui venait d'être nommé professeur à Pavie. Molinelli occupa pendant huit ans la chaire de théologie dans le collège Nazaréen , dirigé par sa congrégation à Rome. On loua beaucoup une thèse qu'il y fit soutenir en 1777 sur les sources de l'incrédulité et sur la vérité de la religion chrétienne ; cette thèse , qui fut imprimée , était rédigée suivant les principes du système augustinien. L'auteur quitta Rome peu après et retourna dans sa patrie, où il professa de nouveau la théologie. Il publia cependant à Rome, en 1788, un Traité de la primauté du pape. Il joignit des remarques et des notes à l'édition de la Théologie de Lyon faite à Gènes , par 01- zati, en 1788. Ce soin montre assez à quelle école appartenait Molinelli : il eut , sur ses opinions, des démêlés avec le savant et pieux Lambruschini , barnabite , alors professeur de théologie au séminaire de Gênes et depuis archevêque de cette ville. Il se montra favorable à la révolution de son pays, et il faisait partie d'une espèce d'académie ecclésiastique formée à Gènes dans ce sens : les principaux membres étaient l'évêque Solari , Palmieri , Degola et autres patriotes ; ils donnaient des ouvrages en faveur du système démocratique. Molinelli publia pour sa part le Préservatif contre la séduction, et Du droit de propriété sur les biens des Eglises ecclésiastiques. Le sénat de Gènes l'avait nommé un de ses trois théologiens , et il rédigea , en cette qualité , des mémoires et des consultations sur différentes matières. Il mourut à Gènes , au commencement de 1799, laissant beaucoup de manuscrits
  • Jean-Baptiste MOLINIER( 1675 - 1745) : prédicateur comme le précédent, né à Arles en 1675 , d'un valet de chambre de l'archevêque François de Grignan, étudia chez les oratoriens de ,Pézénas , et , en 1700, entra danS cette congrégation, après avoir porté quelque temps l'habit militaire. Il passa des travaux de l'enseignement à ceux de la chaire, et prêcha avec succès à Grenoble , à Aix , à Toulouse , à Lyon , à Orléans et à Paris. Massillon, frappé de l'éclat et de l'inégalité de son talent, lui exprima son étonnement « Il ne tient qu'à « vous, lui ditil, d'être le prédicateur du peuple « ou celui des grands. » Molinier quitta l'Oratoire en 1720 et se retira au diocèse de Sens ; mais il fut ramené à Paris par le désir de reparaître dans la chaire. L'archevêque de Paris, Vintimille, lui ayant interdit la prédication , il ne s'occupa plus que de la révision des sermons qu'il avait prononcés. Il mourut à Paris le 15 mars 1745. On a de lui : 1° des Sermons, 1730 et années suivantes, 14 vol. dont 3 de panégyriques et 2 de discours sur la vérité de la religion. chrétienne. Un style vif , mais peu correct , un ton véhément , de riches images , attestent le génie oratoire de Molinier : malheureusement il tombe à chaque instant dans les répétitions et dans un langage prolixe , bas et parfois bizarre. Son sermon sur le Ciel passe pour son chefd'oeuvre ; on peut le comparer avec la composition d'un autre orateur méridional , l'abbé Poulie, qui a traité le même sujet. 2° Une traduction des Psaumes, avec le latin et des notes littérales et morales ; 3° une traduction de j'Imitation de J.- C., 1725 , et 1730 ; Extraits de l'Histoire ecclésiastique de Fleury sur l'arianisme, avec une préface théologique, 1718 Cette préface ayant essuyé des critiques trèsvives, l'auteur en retira les exemplaires. 5° Instructions et prières, pour soutenir les âmes dans les voies de la pénitence, 1724 ; 6° Exercire du pénitent , avec l'Office de la pénitence ; 7° Prières et Pensées chrétiennes; Cantiques spirituels, etc. FT.
  • Jean-Baptiste MONOYER( 1634) : nommé communément Baptiste , peintre de fleurs , naquit à Lille en Flandre, en 1634. llvint fort jeune à Paris, et s'y fit bientôt distinguer. L'Académie l'admit dans son sein en 1665 , et son tableau de réception fit longtemps l'ornement des salles de cette compagnie. Le genre de son talent ne lui permettant pas d'être professeur, l'Académie par une distinction honorable le nomma conseiller en 1679. Lord Montagu le choisit pour orner de fleurs et de fruits le grand salon , l'escalier et une partie des appartements de son hôtel à Londres ; Lafosse et Rousseau , si fameux dans la perspective, travaillèrent avec lui à la décoration de cet hôtel. Monoyer s'y surpassa, et ses peintures charmèrent tellement lord Montagu , qu'il combla l'auteur de bienfaits, et le décida même à se fixer à Londres. tineller tenait alors en Angleterre le premier rang comme peintre de portraits : pour donner à ses ouvrages une nouvelle valeur , il composa des fonds dans lesquels il faisait entrer des fleurs ; et c'est à Baptiste qu'il en confiait l'exécution. Cet artiste mourut à Londres en 1699. Ses desseins sont peu communs en France : l'Angleterre en possède davantage , mais comme il ne peignait jamais que d'après nature , il dessinait rarement . On voit cependant au musée du Louvre huit de ses tableaux représentant des rases avec des fleurs. Ceux de ses dessins que l'on connaît sont remarquables par la légèreté de la main, la finesse de la touche et le moelleux des tons. L'hôtel de Bretonvilliers fut décoré par lui. On voit dans la chapelle du GrandTrianon une Annonciation de Lafosse, entourée d'une guirlande de fleurs peinte par Monoyer : c'est un de ses plus beaux ouvrages. Il eut un fils, An toise MONO l'ER, qui cultiva la peinture, fut nommé à l'Académie en 1704, mais qui n'a point acquis la réputation de son père
  • Jean-Baptiste MONTANO( 1545 - 1621) : architecte et sculpteur, était né vers 1545 , à Milan , de parents pauvres et qui ne purent soigner sa première éducation. Abandonné de bonne heure à luimême , il étudia le dessin et fit de rapides progrès dans tous les arts d'imitation. Etant venu , sous le pontificat de GrégoireXIII, à Rome, il s'y fit promptement connaître par son talent pour la sculpture. Baglione , qui l'avait vu dans son atelier, dit qu'il taillait le bois comme de la cire, et qu'il exécutait en se jouant des morceaux d'un fini précieux. C'est de Cet artiste que sont les: ornements qui décorent le buffet d'orgues de StJean de Latran. La vue des monuments de Rome avait perfectionné son goût et étendu ses connaissances. En étudiant l'antique, il devint architecte comme il était devenu sculpteur, sans Il en faut conclure que Montano mourut jeune ; tout autre sen: est inadmissible. 11 est bien étonnant que la double acception di mot grandia ait trompé les éditeurs du Moréri de 1759. Vile de' pillori , p. 105, où notre artiste a une notice sou: 1e nom de Gio.- Bat. Milanese. autre maître que son génie ; et il ne lui manqua que des circonstances plus favorables pour se l'aire une grande réputation. Il était déjà sur le retour de l'àge quand il s'avisa d'épouser une femme jeune et belle ; et, ajoute naïvement Baglione, je ne sais s'il fit bien. Quoiqu'il eût travaillé beaucoup toute sa vie, il ne laissa point de fortune. Il mourut à Rome, en 1621, à 87 ans. 1.B. Soria, son élève, fit graver ses dessins et les publia en 5 parties , qui ont été réunies sous ce titre : Architettura con diversi ornamenti cavati antico, Rome, 1684 et 1691, pet. La première, précédée du portrait de Montano , contient les cinq ordres d'erchitecture, avec de courtes explications au bas)les planches. La seconde, ornée du portrait de Soria , placé eu forme de vignette audessus de l'avis au lecteur, renferme un choix des temples anciens avec leurs coupes et leurs élévations ; la troisième, les tombeaux antiques ; la quatrième , des modèles de tombeaux et d'autels, de l'invention de Montano ; enfin la cinquième, des modèles de tabernacles. Ce volume est assez rare. M. Brunet, dans son Manuel du libraire , n'en indique que des parties séparées
  • Jean-Baptiste MORIN( 1583) : , le dernier des astrologues qui méritent d'être cités, et plus connu par ses travers que par les services qu'il a rendus à la science, était né en 1583 à Villefranche , dans le Beaujolais. Il fit son cours de philosophie à Aix, et alla ensuite étudier la médecine à l'uniersité d'Avignon, où il reçut le doctorat en 1613. S'étant rendu à Paris pour y exercer son état, il fut admis chez Claude Dormy, , évêque de Boulogne, qui , lui ayant reconnu des dispositions particulières pour les sciences naturelles, l'envoya visiter à ses frais les mines d'Allemagne et de Hongrie. A son retour, Morin se lia d'une étroite amitié avec un Ecossais , nommé Davisson, qui, détrompé des chimères de l'astrologie, y avait renoncé pour s'appliquer à la médecine . Les raisonnements de son ami contre l'astrologie firent naître à Morin l'envie d'étudier cette science ; et il y prit tant de goût qu'il renonça à la pratique de son art pour se livrer entièrement à cette nouvelle étude. Entêté des découvertes qu'il croyait y faire chaque jour, il se crut bientôt en état de prédire l'avenir , et il annonça à l'évêque de Boulogne que, dans le courant de l'année 1617, il serait mis en prison. Ce prélat intrigant fut eu effet arrêté, et Morin se consola de la perte de son protecteur par le plaisir d'avoir deviné juste. Avec un pareil talent il ne pouvait guère d'ailleurs manquer de se faire des amis. Il entra en 1621 au service du duc de Luxembourg ; mais ne jugeant pas le traitement qu'il en recevait assez considérable, il le quitta en le menaçant d'une maladie dangereuse, qui emporta effectivement ce seigneur au bout de quelque temps. Mécontent des grands , il s'attacha cependant encore au maréchal d'Effiat , et ,Rila en 1630 la chaire de mathématiques au collége royal. Ses amis lui conseillèrent d'épouser la veuve de :Sinclair, son prédécesseur, et il céda à leurs raisons. Mais, comme il allait rendre une première visite à la jeune 'veuve, il apprit qu'on faisait les dispositions pour ses funérailles, et frappé de cet événement, il prit la résolution de lie jamais se marier. Morin avait gagné la confiance du cardinal de Richelieu qui daignait le consulter quelquefois, Il lui fit part des moyens avait imaginés pour trouver les longitudes en mer ; mais les commissaires chargés d'examiner cette découverte ne lui ayant pas été favo- rables dans leur rapport , il n'obtint pas les encouragements qu'il avait réellement mérités , et il se brouilla sérieusement avec le premier ministre. 11 fut plus heureux avec le cardinal Mazarin, qui lui accorda en 1645 une pension de deux mille livres, somme considérable pour k temps. Les grandes querelles qu'il eut à soutenir contre les partisans de Copernic, contre les ennemis de l'astrologie judiciaire . et enfin contre ceux qui lui disputaient la découverte des longitudes, occupèrent toute sa vie. fl mourut à Parts le 6 novembre 1656 , et fut inhumé dans l'église de StEtienne du Mont, avec une épitaphe qu'il avait composée et que l'abbé Goujet rapporte dans l'Histoire . Outre les ouvrages publiés par Morin , et dont le P. Niceron a donné la liste dans le tome 3 de ses Mémoires, il a laissé en manuscrit plusieurs °puces astronomiques , sur lesquels on lira . Les instruments d'astronomie usités à cette époque étaient d'ailleurs trop imparfaits pour donner à ces observations une précision suffisante et utile dans la pratique. On trouve encore des choses fort remarquables dans l'ouvrage de Morin, et par exemple la description du moyen ingénieux qu'il avait imaginé pour continuer d'observer une étoile fixe ou une planète pendant une heure après le lever du soleil , découverte plus curieuse qu'utile, d'autant plus que le mouvement du vaisseau eût rendu l'observation impraticable sur mer. Tandis que les juges de Morin lui refusaient l'honneur d'avoir travaillé utilement à la détermination des longitudes , quelques astronomes revendiquaient pour Longomontan la gloire que s'attribuait Morin, et le P. du Liras, religieux récollet , se vantait d'avoir découvert un meilleur procédé. Morin répondit à ce nouveau rival par un ouvrage intitulé, :3° la Science des longitudes, réduite en une exacte et farde pratique sur le globe céleste, tant pour la terre que pour la nier, arec la censure de la Prout- elle thorie et pratique des longitudes du P. du Liris , etc., Paris, 1647 Morin lui reproche de l'avoir pillé et de ne pas posséder les premiers éléments des mathématiques. A ces grossières accusations , le P. du Liris répondit avec une modération qui ne fit qu'augmenter la colère de Morin, mais ces deux hommes finirent par se réconcilier : roy. L1111S). 4° Epistola de tribus imPostoribus, Paris , 1654 Les trois prétendus imposteurs que signale Morin dans cette lettre, sont Gassendi. avec lequel il s'était brouillé à l'occasion du système de Copernic, Bernier et Mathurin de Neuré. Il la Publia sous le nom de I ineent Panurge, en se l'adressant à luimême , afin de pouvoir dire plus librement ce qui lui plairait. 5. Refutatio compendiosa erronei ac detestandi libri de prœadamitis, ibid., 1657 rare ; 6° Astrologia gallica, la 1) On ne devait pas à Morin k prix qu'il réclamait comme une chose due, si ce prix était tel que celui qui a été depuis arrêté en Angleterre, ou si l'objet et les épreuves étaient bien déterminés. Mais on lui devait quelques éloges et des encouragements; il fallait exciter son zèle, stimuler son amourpropre , lui montrer le prix, ou du moins partie du prix en perspective, s'il parvenait à perfectionner quelques idées heureuses. telle que la Binette placée sur l'alidade avec des pinnules qui servaient à amener l'astre au milieu du champ de la lunette. Déclarer durement que ces moyens ne contribueraient en rien à la bonté des observations ou à l'amélioration des tables était une assertion nonseulement décourageante , mais fausse , et l'événement l'a complètement démentie. Les commissaires n'ont pas senti lu mérite de ces améliorations... Leur premier arrêté était trop précipité , trop favorable; il exprimait la pensée des juges bieu moins que celle de l'auditoire; mais le second est aussi trop dur et trop injuste... L'écrit adressé au cardinal était plus dur encore; il était injurieux à Morin , qui en attribue l'âcreté à My. dorge et à Jicaugrand. Les commissaires ont tort manifestement quand ils assurent que les moyens de Morin ne peuvent donner aucune amélioration aux tables. L'établissement d'un observatoire permanent, une série non interrompue d'observations pendant un temps indéfini , les lunettes adaptées au cercle, le vernier substitue à la division par transversales, les efforts Morin pour amener l'astre au milieu du champ de la lunette; voilà certes des améliorations de la plus grande importance elleistussent été réellement exécutées au lieu d'être vaguement indiquées comme elles le sont dans le livre de Morin), et elles (levaient infailliblement augmenter lut précision des tables. Il est vrai que ces moyens étaient loin encore de suffire à la déterminatio? des nombreuses illégalités de la lune , mais les commissaires étaient loin de soupçonner cette cause de difficulté; leur décision était donc téméraire et prouvait ou de la malveillance , ou une inadvertance bien singulière. Une récompense décernée publiquement. par le ministre l'eût satisfait , il n'y avait pas de somme déterminer , il n'en fixait aucune dans sa demande ; il se serait contenté d'un peu d'argent et d'un peu de gloire que sa vanité aurait assez exagérée. Haye, 1661 ; cet ouvrage, auquel il avait. travaillé trente années, ne parut qu'après sa mort par les soins de LouiseMarie de Gonzague, reine de Pologne , qui fit les frais de l'impression ; l'éditeur anonyme fa fait précéder de la traduction latine d'une Vie de Morin , qui avait paru en 1660 L'article que Bayle lui a consacré dans son Dictionnaireest fort curieux et renferme bien des particularités intéressantes qui avaient échappé à l'auteur de la Fie qu'on vient de citer. On peut encore consulter les différents biograplies indiqués dans le courant de cet article , et le Mémoire sur Morin, par Grandjean de Fouchy, dans le Recueil de l'académie des sciences, pour 1787, mais surtout l'Histoire de l'astronomie moderne, par Delambre, t. 2, p. 235-274. Le portrait de Morin a été gravé par Fr. Poilly et il fait partie de plusieurs collections
  • Jean-Baptiste MONTEGGIA( 1762) : célèbre chirur- gien, naquit le 8 août 1762 à Laveno, joli vil- lage situé sur les bords du lac Majeur, dans la haute Italie. Il fit ses premières études à Pallanza , et s'éleva pour ainsi dire de luimême , car son père, employé aux ponts et chaussées, s'occupa peu de son éducation. Il vint à Milan en 1779; et comme il annonçait de grandes dispositions pour les sciences naturelles, il fut admis au nombre des élèves en chirurgie du grand hôpital. Dès lors il se livra à l'étude avec tant d'activité, qu'il ne prenait pas un instant de délassement ; il lisait même pendant ses repas, et s'occupait toute l'aprèsdinée , dans l'amphithéâtre d'anatomie, à la dissection et aux préparations pathologiques. 11 étudia la chirurgie sous les illustres professeurs Moscati et Palletta , dont il sut mettre à profit les excellentes leçons ; il se rendit ensuite à l'université de Pavie, où il obtint ses grades après avoir soutenu avec éclat ses examens. A vingtquatre ans, il publia des observations anatomicopathologiques, aussi intéressantes par les recherches nouvelles et utiles que par une latinité qui rappelle celle de Celse. On y remarque surtout des observations curieu- ses pour les affections morbides symétriques et asymétriques sur les phénomènes qui accompagnent les lésions cérébrales , sur la marche et la terminaison des maladies de la glande tyrrhoïde, etc. Monteggia , après onze ans de noviciat dans le grand hôpital de Milan , fut nommé en 1790 aidemajor et ensuite prosecteur d'anatomie. En 1791 , le gouvernement lui donna la place de médecin des prisons; il avait alors vingtneuf ans ; il publia cette même année l'excellent traité de Fritz sur les maladies syphilitiques, qu'il avait traduit de l'allemand. Il enrichit le Journal de littérature médicale de Milan de plusieurs observations intéressantes , entre autres, sur les fractures simples des côtes et le cas singulier d'une manie simulée. En 1793 , il traduisit de l'allemand l'Art des accouchements de Stein, qu'il rendit plus utile encore par des notes et des observations sur les accouchements laborieux. Malgré sa modestie et une espèce de timidité insurmontable, son mérite n'en fut pas moins apprécié , et il fut nommé chirurgien en second du même hôpital où il était, et en même temps chargé de la chaire d'institution de chirurgie. Dès lors il pensa à donner un traité propre à guider ses élèves dans la science qu'il leur enseignait, et il commença en 1800 à publier son savant ouvrage intitulé Chirurgiche istituzioni • Dès l'année 1794, il avait publié une lettre intéressante sur l'extirpation du cancer de l'utérus, opération que le professeur Osiander, de Goettingue, a aussi rendue publique en 1808, en l'annonçant comme sa découverte propre. Monteggia, âgé de trentedeux ans, épousa une demoiselle d'une famille distinguée de Crémone, et eut cinq enfants. Il serait difficile de trouver un mari plus affectionné à sa femme que lui et un père plus tendre et plus soigneux pour l'éducation de ses enfants. Une pratique très-étendueses devoirs à l'hôpital et l'étude lui laissaient encore quelques moments qu'il consacrait à visiter et à soulager les pauvres infirmes. Mais ces travaux altérèrent sa santé; il fut attaqué d'une espèce de fièvre lente qui le tenait presque toute la nuit. Appelé à minuit, dans l'hiver et par un temps affreux, pour assister une pauvre femme dans un accouchement laborieux, il se rendit auprès d'elle malgré la fièvre et les prières de sa femme. Il rentra le matin et se mit au lit ; bientôt un érysipèle se manifesta à la tète et se répercuta subitement sur le cerveau. Monteggia rendit le dernier soupir le 17 janvier 1815. Son buste en marbre fut placé à l'hôpital de Milan, avec cette inscription aussi énergique que flatteuse : Philialri miraminor, imilaminor. Une société , composée de dames auxquelles il avait donné des soins affectueux, versa dans la caisse de l'hôpital une somme de trois mille francs, destinée à faire célébrer des offices pour le repos de son âme, éloge plus touchant quo la plus éloquente oraison funèbre. Les principaux écrits de Monteggia sont : 1° Fascicoli pathologici, Milan ; 1780 ; 2° Compendio sopra le malatlie venerie, tradotto dal tedesco, Milan , 1791 ; 3° Annotazioni pratiche soprai mali venerei, Milan, 1794 Cet ouvrage a été traduit en allemand par Eyerel , Vienne , 1797 ; et par Schlessing, Vienne, 1804 ; Arte ostetricia di G.- G. Stein, tradotto dal tedesco, Milan, 1796 ; 5° Discorso intorno allo studio della chirurgia, Milan, 1800 ; 6" Istituzioni di chirurgia, Milan, 1802-1803, 5 vol. Peu après la publication de ce traité, le célèbre Scarpa écrivit à l'auteur une lettre dans laquelle il lui déclarait qu'il regardait ce livre comme le meilleur traité de chirnigie qui eût paru en Italie, et qu'il le désignerait pour son successeur dans la chaire de clinique chirurgicale de l'université de Pavie ; mais Monteggia quoique beaucoup plus jeune que Scarpa, mourut longtemps avant lui. 7° Dissertazione su// ' uso della salsapariglia, Milan, 1806 On trouve plusieurs articles de Monteggia dans la Raccolta della società d'incoraggimento di scienza ed arti di Milano
  • Jean-Baptiste MONTMIGNON( 1737 - 1803) : naquit en 1737 à Lucy, près de ChâteauThierry. Après avoir fini ses cours de théologie à l'université de Paris, il fut appelé comme secrétaire par Bourdeilles, évêque de Soissons , et s'attacha à ce respectable prélat dont il ne se sépara qu'à sa mort en 1803. Honoré de sa confiance et comblé de ses bontés, il occupa pendant plusieurs années la place de secrétaire de l'évêché et fut ensuite chanoine de la cathédrale, vice- gérant de l'officialité, archidiacre et vers 1780 vicaire général du diocèse. En 1786, il succéda à l'abbé Dinouart dans la rédaction du Journal ecclésiastique; mais il abandonna ce travail à l'abbé Barruel en janvier 1788. 11 eut part aux écrits publiés par l'évêque de Soissons , au commencement de la révolution , et il passa notamment pour auteur d'un mandement du prélat , daté de Bruxelles le 20 mai 1792, écrit étendu et qui fut alors remarqué parmi les nombreux actes du même genre. Obligé de sortir de France en 1793, l'abbé Montmignon y rentra sous le Directoire. Lors du concordat , il fut nommé grand vicaire de Poitiers , mais il resta peu dans ce diocèse. De retour à Paris il fut nommé en 1811 chanoine de la métropole , et en 1815 vicaire général. M. de Quélen le chargea ensuite de l'examen des livres pour lesquels on sollicite l'approbation de l'autorité ecclésiastique. L'abbé Montmignon mourut à Paris le 21 février 1824. Indépendamment des sciences théologiques, il s'était occupé de celles qui concernent le mécanisme des langues. Ou a de lui : 1° rie édifiante de Benoit- Joseph Labre, traduite de l'italien de Marconi , Paris , 1784 ; 2° Système de prononciation figurée, applicable à toutes les langues, et exécuté sur les langues française et anglaise , Paris , 1784 fig. ; 3° Lettre à l'éditeur des Œuvres de d'Aguesseau, insérée au 8' volume de l'édition des oeuvres du chancelier ; 4° Du crime d'apostasie, 17 90 écrit publié à l'époque de la suppression des ordres religieux ; 5° une Réfutation du dernier ouvrage du P. Lambert, publiée quelques années avant sa mort, sous ce titre : Préservatifs coutre le fanatisme , ou les nouveaux Millénaires rappelés aux principes fondamentaux de la règle de foi catholique, Paris , 1806 ; 6° De la règle de la vérité et des causes du fanatisme , Paris , 1808 sans nom d'auteur ; 7° Choix de lettres édifiantes , Paris , 1809 , 8 vol. Les discours préliminaires de l'auteur pour chaque mission, ses additions , ses notes critiques , ses observations multipliées pour l'intelligence de l'histoire des missions forment plus du tiers de cette collection. La seconde édition , Paris , 1824-1826 , 8 vol. contient des additions considérables. 8° La Clef de toutes les langues , ou Moyen prompt et facile d'établir un lien de correspondance entre tous les peuples, et ( le simplifier extrêmement les méthodes d'enseignement pour l'étude des langues, 1811 C'est une espèce de pasigraphie , fondée sur le numérotage des mots dans le dictionnaire de chacune , comme Cambry l'avait exécuté en petit. L'abbé Montmignon avait , en outre, revu et corrigé la seconde édition de la Vie de Jésus- Christ
  • Jean-Baptiste MORALÈS( 1597 - 1664) : célèbre missionnaire espagnol, né vers 1597 à Ecija, ville de l'Andalousie , prit jeune l'habit de StDominique , et se distingua bientôt par ses progrès dans la piété et dans les lettres. Il n'était encore que simple diacre, lorsque ses supérieurs le désignèrent pour la mission des îles Philippines. Le vaisseau qu'il montait, battu par la tempête, relâcha à Mexico, où Moralès fut ordonné prêtre ; et il arriva en 1618 à sa destination. Il se rendit familier en peu de temps l'idiome des naturels du pays , et travailla sans relâche à leur instruction avec un zèle que couronna le succès. Les missionnaires ayant conçu l'espoir de former un établissement dans le Mogol , le P. Moralès y fut envoyé en 1629 avec quatre autres religieux chargés de l'aider dans cette sainte entreprise ; mais les difficultés qu'ils éprouvèrent les contraignirent d'y renoncer. Il alla en 1633 à la Chine, où les missionnaires de son ordre avaient pénétré deux ans auparavant, et il se fixa dans la province de Fokien. ll ne tarda pas à donner de nouvelles preuves du zèle qui l'animait pour les progrès de l'Evangile ; mais la sévérité avec laquelle il proscrivit le culte des ancêtres , que toléraient les jésuites comme une institution purement civile, lui attira de grandes persécutions de la part des mandarins ; et il fut contraint de sortir de la Chine en 1638. Il fut aussitôt député à Rome par ses confrères afin d'y rendre compte de l'état des missions de la Chine, et demander au saintsiége d'interposer son autorité pour faire cesser les abus résultant du défaut d'uniformité dans l'enseignement des matières de la foi. Le P. Moralès courut de grands dangers dans ses voyages, et n'arriva qu'en 1643 dans la capitale du monde chrétien. Il remit au souverain pontife dix- sept propositions, gui furent imprimées et renvoyées à l'examen d une congrégation ; et il revint en Espagne travailler à augmenter le nombre des ouvrages évangéliques. Le pape condamna , par un décret du 12 septembre 1645, tous les abus qu'avait signalés Moralès ; et celuici, muni d'une expédition de cette pièce importante , repartit pour la Chine où il n'arriva qu'à la fin de décembre 1649. Il s'empressa d'y faire connaître la décision du saintsiége , et en assura la stricte exécution par tous les moyens qui étaient en son pouvoir. Cependant les jésuites, ayant présenté la question sous tous ses points de vue et montré que cette défense, observée à la rigueur, rendrait les conversions extrêmement rares et difficiles, obtinrent en 1656 un décret du pape Alexandre VII dont les dispositions annulaient toutes celles du premier. Le P. Moralès n'en persista pas moins dans la conduite qu'il avait tenue jusqu'alors et continua d'exiger des néophytes, avant de les admettre au baptême, une renonciation formelle à tout ce que le décret de 1649 qualifiait de pratiques superstitieuses. Il les combattit tant qu'il vécut par ses discours et ses écrits ; et il recommanda aux disciples qu'il avait formés de ne jamais se relâcher à cet égard. Ce zélé missionnaire mourut dans la ville de Foningtcheou le 17 septembre 1664 , emportant l'estime et les regrets même de ses adversaires. Outre plusieurs écrits relatifs aux missions de la Chine , dont on trouvera la liste dans la Bibliothèque d'Echard et Quetif, t. 2, p. 612 et suivantes, il avait composé une Grammaire et un Dictionnaire chinois dont ses confrères parlent avec éloge , et quelques Opuscules ascétiques dans la même langue
  • Jean-Baptiste MOREAU( 1655 - 1733) : maître de musique de la chambre du roi, naquit à Angers en 1655. et reçut son éducation musicale comme enfant de choeur à l'église cathédrale de cette ville. Quand il eut terminé ses études, il obtint la place de maître de chapelle à Langres et ensuite à Dijon. Il alla jeune à Paris chercher fortune. Ayant appris que madame la Dauphine, Victoire de Bavière, aimait la musique, il trouva, quoique mal vêtu et avec un air provincial, le moyen de se glisser à la toilette de la princesse, osa la tirer par sa manche et lui demander la permission de chanter un petit air de sa composition. La Dauphine se mit à rire et lui permit de chanter ; le musicien, sans se déconcerter, chanta et plut à la princesse. Cette aventure parvint aux oreilles de Louis Xl? qui voulut entendre chanter Moreau. Le roi en futa,si content qu'il le chargea de faire un divertissement pour la cour ; Moreau composa les Bergers de Marly; il mit en musique les chœur, d'Esther et d'Athalie et ceux de Jonathas, tragédie de Duché de Vancy, faible imitateur du grand Racine. Moreau était ami du petite Lainez , qui lui fournissait des chansons et des petites cantates qu'il mettait en musique. Suivant M. Fétis , on eonnaît de lui, en manuscrit, le psaume In exim Israel et une messe de Requiem. Titon du Tiller, dans son Parnasse français, dit que Moreau laissa un traité de musique intitulé l'Art mélodique, mais il ne paraît pas que cet ouvrage ait été publié. Moreau forma de bons élèves, parmi lesquels on remarque Clérambaut et Dandrieu. Outre les choeurs d'Esther et d'Athalie, Moreau mit en musique quelquesuns des cantiques de Racine. Ce poète écrivait de Fontainebleau, le 28 septembre 1694, que Moreau était dans cette ville, que les airs de ses cantiques avaient extrêmement plu, et que le roi devait les lui entendre chanter au premier jour. Dans une lettre du 30 octobre dé la même année, il dit que le roi avait entendu chanter deux de ses cantiques, qu'il avait été fort content de Moreau, à qui l'on espérait que cela pourrait faire du bien. Ce compositeur mourut à Paris le 24 aoùt 1733
  • Jean-Baptiste MORGAGNI( 1682) : l'un des plus grands médecins du 18. siècle , naquit à Forli , d'une famille noble , le 25 février 168'2. Il avait à peine sept ans lorsqu'il perdit son père. Un peu plus tard il faillit périr dans les eaux d'un canal voûté lorsqu'un passant , averti seulement par le bruit que Morgagni avait fait en tombant, se précipita dans l'eau et le sauva d'une mort inévitable. Après avoir fait des progrès rapides dans les langues savantes et dans les belleslettres, il alla étudier la médecine à Bologne et s'y lia particulièrement avec Valsalva, qui devint tout à la fois son ami et son précepteur. Son ardeur pour l'étude le mit bientôt en état nonseulement d'aider Valsalva dans son grand ouvrage sur l'organe de l'ouïe, mais encore de remplacer ce professeur pendant son absence. Morgagni avait une telle aptitude au travail et une si heureuse mémoire , qu'il faisait marcher de front l'étude des sciences naturelles, de la physique et 'même de l'astronomie. Mais c'était surtout pour l'anatomie qu'il avait une passion décidée , au point qu'à l'âge de vingtquatre ans il publia ses Adversaria anatomica prima, ouvrage qui renferme plusieurs découvertes, des vues nouvelles et de nombreuses rectifications anatomiques. Après avoir passé plusieurs années à Bologne, il se rendit à Venise et Padoue, où il ne tarda pas à se lier avec les hommes les plus distingués, entre autres avec Guglielmini et Lancisi , et à se livrer à de nombreuses expériences de physique et d'anatomie comparée. Riche de tant de connaissances variées, Morgagni retourna dans sa patrie pour y exercer l'art de guérir. Mais le penchant qui l'entraînait vers l'enseignement lui fit accepter en 1712 une chaire de médecine théorique à Padoue. C'est alors qu'il s'occupa de la continuation de ses Némoires anatomiques, dans lesquels il porte partout le flambeau de la vérité, soit qu'il découvre la structure intime d'une foule d'organes mal observés avant lui , soit qu'il réfute victorieusement les âpres critiques que Bianchi s'était permises, soit qu'il redresse les erreurs que Manget avait consignées dans son Théâtre anatàmique et qu'il force ces deux auteurs de rendre hommage à la supériorité de son talent. Du reste, Morgagni fut bien dédommagé de cette polémique éphémère par les éloges éclatants qu'il reçut des plus grands anatomistes de cette époque , parmi lesquels on compte Ruysch , Boerhaave , Heister, Winslow, Hoffmann , Mead , Senac , Meckel , etc. Quelques années après , Morgagni fut pourvu de la première chaire de Padoue , par le choix du sénat de Venise. Cependant l'éclat de son nom se répandait au loin et le fit successivement admettre dans la société royale de Londres , dans l'Académie des sciences de Paris , dans celles des curieux de la nature , de StPétersbourg, de Berlin, etc. La ville de Forli, glorieuse d'avoir donné naissance à Morgagni, fit placer de son vivant, dans le palais principal, son buste avec une inscription des plus honorables. Les leçons de Morgagni et ses démonstrations étaient toujours suivies par un grand concours d'auditeurs de toutes les classes. Aussi poli que savant, il accueillait les étrangers de la manière la plus affable. Plusieurs grands personnages de son temps lui témoignèrent toute leur estime : le roi de Sardaigne CharlesEmmanuel III eut avec lui un entretien de plusieurs heures en passant à Forli. Morgagni reçut aussi de grandes marques de bienveillance des souverains pontifes Clément XII, Benoît XIV et Clément XIII. Il avait une mémoire étonnante , et il s'en servait nonseulement dans l'intérêt de la science , mais encore dans celui de l'humanité : c'est ainsi qu'il n'oublia jamais l'homme qui lui avait sauvé la vie , qu'il pourvut à tous ses besoins et qu'il pleura sa mort. Doué d'une santé robuste , Morgagni ne cessa de travailler jusqu'à la fin de sa carrière, qu'il termina le 6 décembre 1771 , à l'âge de près de 90 ans. Il fut longtemps l'ami de Haller, qui sut dignement l'apprécier en l'appelant : Vir ingenii, memoriee , studii incomparabilis. Le savoir de Morgagni n'était point borné à l'art médical : sa vaste érudition embrassait la philologie, la critique , l'histoire et les antiquités , comme le prouvent ses productions nombreuses et variées dont voici l'énumération : 1° Adversaria anatomira prima, Bologne, 1706 Leyde, 1714 Altera et tertia , Padoue , 1717 ; Leyde, I f23 ; Quarta , quinto et sexta, Padoue, 1719 ; Leyde, 1723 ; Adversaria omnia., Padoue, 1719, ; Leyde, 1723, 1741 fig. ; Venise , 1762 Ces Mémoires, dont les premiers datent de la jeunesse de Morgagni , annoncèrent ce qu'il serait un jour ; ils renferment nonseulement plusieurs découvertes auxquelles son nom est resté attaché , mais en- cire beaucoup de faits importants de haute pathologie et la relation de maladies variées. 2° Nora Institution 14 771 enedicarum ides , Padoue , 1712 ; Leipsiek, 173:i. Dans cet ouvrage. Morgagni donne d'excellents conseils aux jeunes gens qui veulent acquérir des connaissances solides : il leur recommande l'étude de l'anatomie pratique et celle des substances médicamen, teuses ; il établit que pour faire une bonne clinique ils ne doivent soigner que peu de malades à la fois; il les engage à voyager. à slarr?ter dans Ics grandes ' illes, à suivre les hôpitaux des armées ; enfin , il conseille à ceux qui veulent FI é' rire de se servir de la langue latine. 3° hi Aure /. Curnelium Celsum et de. 1728 La première de ces lettres est presque entièrement consacrée à l'anatomie pathologique ; la seconde, quoique traitant le même ,njet, a pour but de repousser les injustes attaI flues de Bianchi. 50 Epistobr anaionticre duoderiginti. Ces lettres sont jointes aux oeuvres posthumes de Yalsalva, dont Morgagni fut l'éditeur, et à la tète desquelles il dorme la vie de son premier maitre, Venise, 1740, 2 vol. tic Dr sedibus rt ratais ?? o? bo? um per analomen indagatis libri V, \ cuise, 1761, 2 vol. Leyde, 1768, 4 vol. ; l'serdun , 1779, 3 vol. avec une préface de Tissot, contenant l'histoire de la vie et des ouvrages de Morgagni ; Paris, 1820-1822. ie8 vol. par les soins de MM. Chaussier et ialoi, qui ont reproduit l'excellente préface de ssot et rendu cette édition fort précieuse , à cause de sa correction , de son élégance , et surtout à cause des notes qu'ils y ont ajoutées et que l'on regrette de ne pas voir plus nombreuses ; traduit en anglais, 1719 , i vol. ; en allemand , par Ii iinigsdiirfer , Altenbourg , 1771 -1776 . :i vol. in - 8°; en français, par mm. Desormeaux et Destouet, Paris. 1820-18'21, 10 vol. Morgagni avait près de quatrevingts ans lorsqu'il publia cet excellent ouvrage, qui lui a mérité le titre de grand et qui saris contredit est l'un des plus recommandables et des plus utiles qui aient paru dans le 18* siècle. C'est une collection nombreuse et choisie de faits pratiques d'autant plus iniéressants, que l'histoire de chacun d'eux, rapportée avec tous les détails que l'on peut désirer, est complétée par des ouver" tures cadavériques trèssoignées ; ce qui forme une véritable anatomie de l'homme malade , science dont Bonet avait posé les fondements dans son Sepulehretunt et que les médecins cultivent aujourd'hui avec ardeur, parce qu'elle conduit à la connaissance matérielle de la plupart des maladies et qu'elle écarte réellement de l'art médical ce qu'on pouvait autrefois lui reprocher de conjectural. 7' . 11iscellanea opuscula , Venise, 1763 Ces mélanges sont divisés en trois parties : la première est relative à divers sujets d'anatomie et de médecine. La seconde est consacrée à la philologie, sous les titres suivants : De Prospero Alpino epistolœ due ; De philologo Ilareunate et de Angelo Bolognino cpistola nul Joannem Astruc ; Deita et scriptis D. Guglielmini eommentariolum ; De vita et seiptis A. III. l'alsaltœ commentariolum; genere Cleopatrœ epistoltr. ad Lancisium; De ordinario Frontini consulatu epistolrr , et ensuite par Jos. Mossea , Naples, 1768
  • Jean-Baptiste MUGNOZ ou MUNOZ( 1745) : né en 1745, à .11 useros près de Valence , où il . lit ses études , se montra supérieur à tous ses camarades et fut ensuite l'un de ceux qui contribuèrent le plus aux progrès de la philosophie dans les écoles espagnoles. Dans un des concours pour la chaire de philosophie à l'université de Valence , il publia une dissertation latine intitu- lée : De recto philosophioe recentis in theologia mu Dissertatio. Il y traite de l'utilité de la philosophie moderne pour les sciences en général et en particulier pour la théologie, soit naturelle, soit révélée. Ce fut en 1768 qu'il donna un traité contre les Péripatéticiens, une réimpression de la Logique de Vernet avec une préface et une édi- tion des oeuvres latines du P.F. Louis de Gre- nade , avec des préfaces qu'il mit à la tête de chaque volume , et parmi lesquelles on doit surtout remarquer le morceau qui précède la RU- d torique ecclésiastique de ce savant dominicain. Mufloz y traite de l'origine et des progrès de la rhétorique chez les Grecs et les Romains , des principales époques de l'éloquence ecclésiastique, et des études nécessaires pour l'acquérir. Quelques années après, il fit paraître une nouvelle édition du Collectaneamoralis philosophice, . du mémo religieux, en le faisant précéder d'un traité fort estimé intitulé De scriptorum genti- lium lectione et profanarunt disciplinarum studiis ad christiane pietatis normam exigendis. Trois ans après, il eut une querelle littéraire avec le P. Cesareo Pozzi, commensal du cardinal Colonna, alors nonce en Espagne : Pozzi avait publié en italien un Essai sur l'éducation des couvents ; ce fut le sujet de l'opuscule de Mufioz ayant pour titre : filiezdel tratado del il. R. L. D. Cesareo Pozzi ; lo escribia por el honor de la literatura espagnole D. juan B. Illunoz, 1778 Le P. Pozzi, pour la défense de son livre, fit imprimer à Perpignan une Apologie. De son côté , Muiloz avait pris la plume et déjà même avait composé une réplique ; mais il la garda en portefeuille. Il avait été I appelé à la place de cosmographe en chef des Indes et à celle d'official de la secrétairerie d'Etat et dépêches générales du même département. Il reçut la commission d'écrire une histoire de l'Amérique : pour la remplir dignement, il ioya- gea pendant plusieurs années, visitant les archives de Simancas, de Séville , de Cadix , de Lisbonne, et recueillit un nombre immense de pièces connues, de lettres originales de Christophe Co- lomb, de Pizarre, de Ximenès, etc. Cavanilles dit que ces pièces formaient cent trente volumes. C'était vers 1782 qu'il avait commencé ses recherches : ce ne fut qu'en 1793 qu'il donna le premier volume de son Historia del micro mundo le seul qui ait vu le jour. L'auteur rend compte des événements qui ont eu lieu jusqu'aux premières années du 16' siècle. Il parut à Madrid une critique de ce volume : on y accusait Murioz de plagiat, comme s'il avait pu se dispenser de consulter ses devanciers et ne pas être d'accord avec eux sur plusieurs points ; on lui reprochait amèrement une faute d'impression ! Au reste on n'attaqua pas le fond de l'ouvrage, qui fut même traduit en allemand avec des notes par K. Spren- gel ; et en anglais . Au milieu de ses travaux, Mulioz se vit arrêté par de fréquentes fluxions à la tète et à la gorge. Ce ne fut qu'au bout d'un an que sa santé se rétablit. Il avait repris ses travaux depuis quelques mois, et était sur le point de publier deux nouveaux volumes qui auraient contenu, l'un, la fin du règne de Ferdi- nand le Catholique , et l'autre, des pièces justificatives, lorsqu'une attaw d'apoplexie l'enleva le 19 juillet 1799. Outre les ouvrages dont il a été fait mention , on a encore de lui Elogio de Antonio de Nebrissensis, 1796 , dont Chardon Larochette a rendu compte dans le Magasin encyclopédique, troisième année, t. 3, p. 181-201. Murioz avait commencé des Institutions philosophiques , en latin. Sempere y Guarinos, qui en avait vu plusieurs cahiers rela- tifs à la logique, dit qu'en 1787 les travaux littéraires et les fonctions de l'auteur ne lui avaient pas permis d'achever cet ouvrage ; il est douteux qu'il ait pu le reprendre. Il existe en espagnol, sous le nom d'Antoine Muiloz, un Dis- curso sobre la economia politica, Madrid , I 7 7 9 mais Sempere y Guarinos pense que l'auteur de cet écrit a pris un nom supposé
  • Jean-Baptiste MURE( 1747) : diplomate finirais, na- quit en 17'17 à Giers, près de Grenoble. Après avoir terminé son éducation, il fut placé dans les bureaux de M. Daru, son oncle, à cette époque secrétaire général de l'intendance de Languedoc. Lorsque en 1768 le comte de StPriest, second fils de l'intendant, fut appelé à l'ambassade de France à Constantinople, ce ministre, désirant avoir au- près de lui un jeune homme intelligent, s'adressa à M. Daru , et celuici ne crut pas pouvoir faire un meilleur choix qu'en désignant son neveu. Mure, arrivé en Turquie au mois de novembre, montra tant de zèle pour le service et une telle capacité qu'en 1773 M. de StPriest, dont il avait su gagner l'estime et l'affection, le lit nommer consul à Salonique. Le 6 juin de l'année suivante, Mure passa en Egypte en qualité de consul général de France. Ce poste était fort important sous l'administration des beys, qui commençaient déjà à se rendre indépendants de la Porte. Les Français établis au Caire, alors siège du consulat général, formaient un corps de nation qui avait ses statuts approuvés par le gouvernement. Le consul présidait toutes les assemblées et avait la haute surveillance des fonds provenant des droits imposés sur toutes les marchandises qui arrivaient de France en Egypte ou qui étaient expédiées de ce dernier pays. Ces fonds , versés dans une caisse à deux clefs, dont l'une était remise au consul, tandis que la seconde restait entre les mains des députés de la nation . servaient à parer aux frais de tout genre qu'entrainaient les réclamations que les négociants avaient à faire auprès des beys et à indemniser ceux qui avaient éprouvé des pertes.- A son arrivée au Caire, Mure trouva la caisse presque vide et les comptes tenus avec une excessive négligence. 11 les apura , rétablit l'ordre, et , dans le rapport qu'il adressa à ce sujet à la chambre de commerce de Marseille et au ministre de la marine, qui avait alors les consulats dans ses attributions , il proposa la suppression des droits et la translation du consulat à Alexandrie. Cette proposition fut adoptée. On adopta aussi relie qu'il fit de laisser à chaque négociant français résidant au Caire la responsabilité personnelle des fournitures qu'il pourrait avoir à faire aux maisons des beys, au lieu de les rendre comme auparavant solidaires les uns des autres. Peu de temps après , Mure fut appelé en France par le ministre. Avant de quitter l'Egypte , il confia la gestion du consulat général à M. Taitbout de Marigny, alors consul à Alexandrie. Dès son arrivée à Paris, sa longue expérience et son habileté furent mises à contribution ; consulté souvent par le ministre de la marine, il eut beaucoup de part à l'adoption de l'ordonnance sur l'organisation des consulats du Levant et de la Barbarie, qui parut plus tard, en 1781. Au commencement de 1780, Mure avait épousé à Màcon mademoiselle Baton, fille d'un riche négociant français fixé à Lisbonne ; ce mariage et la liquidation de la suceession de son père , mort pendant qu'il se trouvait en France, prolongèrent le séjour de .1 -13. Mure. Lorsqu'il eut terminé les affaires de famille, dont il se trouvait plus spécialement chargé conane fils aîné, il se rendit à Marseille avec sa femme et son plus jeune frère, • 1 C'était ,e ii;?re du comte Darn, ministre secrétaire d'Etat du l'empereur Napoléun. Mure de Pelanne , et le 16 juillet 1780, ils partirent ensemble pour Alexandrie , avec un convoi de seize navires destinés pour l'Egypte et la Syrie, sous l'escorte d'une frégate. 11 arriva à sa destination après un mois de traversée. Mure se trouvait en Egypte lorsqu'en 1785 le gouver- nement français y envoya M. Truguet, capitaine de vaisseau , afin de négocier avec les beys un traité pour le transit par l'Egypte du commerce de France avec l'Inde. Le consul général fit tout ce qui dépendait de lui pour faire réussir la né- gociation , et il fut heureusement secondé par . négociant résidant au Caire , où , sans titre officiel , il faisait les fonc- tions d'agent français. Grâce surtout à l'influence que des relations intimes avec MouradBey et IbrahimBey avaient fait acquérir à Magallon , auquel Mure avait fortement recommandé M. Till- guet, le traité ne tarda pas à être signé tel que le désirait le gouvernement. En 1786 , Mure, ayant appris qu'on préparait à Constantinople une expédition pour rétablir l'autorité du pacha d'Egypte , que les beys tenaient enfermé dans le château du Caire, crut prudent de renvoyer en France sa femme et ses enfants, pour les soustraire aux périls d'une guerre sanglante. Il les confia à son jeune frère, Mure de Pelanne, qui les conduisit à Mâcon, chez leurs parents maternels. L'expédi- tion du capitanpacha eut lieu en effet ; il débar- qua ses troupes à Alexandrie sans rencontrer d'obstacles, et arriva de même au Caire. Les beys n'opposèrent aucune résistance , et , selon leur habitude en pareille circonstance, ils se reti- rèrent avec toutes leurs forces et leurs richesses dans la haute Egypte, où le capitanpacha n'osa pas aller les attaquer. 11 se contenta de rétablir le pacha au Caire , lui laissa quelques bataillons et reprit la route d'Alexandrie. Bientôt après, il retourna avec sa flotte à Constantinople, croyant avoir bien rempli sa mission ; mais il s'était à peine écoulé quelques mois depuis son départ, que les beys , secondés par leurs mameluks, ren- trèrent au Caire, y reprirent leur autorité et re- léguèrent le pacha dans sa prison du château. 11 ne resta à ce dernier que les gros revenus, apa- nage de son pachalik, et désormais les mameluks demeurèrent maîtres de l'Egypte jusqu'au mo- ment où les Français envahirent ce pays et affai- Mure de Pelanne , entré en 1786 dans la carrière consulaire en qualité de viceconsul et chancelier du consulat général de France dans le Maroc, resta chargé de l'intérim de ce poste important jusqu'en 1798, qu'il fut nommé consul à Tripoli de Syrie. Durocher étant mort à Cadix t1799l en se rendant à son poste de consul général à Tanger, Mure de Pelanne fut nommé pour lui succéder, mais des circonstances particulières l'empêchèrent de passer en Afrique ; et, en 1810, les départements anséatiques ayant été réunis à la France, il fut envoyé auprès de M. le comte de Chaban , intendant général de ces nouveaux départements pour en organiser avec lui les finances A la suite de cette organisation, il devint receveur particulier de l'arrondissement de Lubeck. Forcé de quitter cet emploi lors des désastres de la campagne de Russie, Mure de Pelanne rentra en France, et fut envoye en 1816 à Elseneur comme consul de France en Dar.- inarck , poste qu'il occupa avec distinction jusqu'en 1831, qu'il fut admis à la retraite. Mirent singulièrement la puissance de cette milice célèbre, définitivement détruite par MohammedMi . De nouveaux ambassadeurs de TippooSultan étant arrivés à Alexandrie au mois de juin 1788 et ayant demandé un bâtiment pour passer en France, Mure crut devoir les dissuader de ce projet et les engager à retourner dans l'Inde par Suez. Plusieurs cas de peste s'étaient en effet manifestés dans leur maison, et il était à craindre qu'ils n'introduisissent ce fléau dans le lazareth de Toulon ; d'un autre côté, le consul , ne prévoyant pas que leur voyage en France procurât de notables avantages, désirait éviter à son gouvernement des dépenses qui n'auraient pas laissé d'être considérables. Sa dépêche ayant été lue en conseil devant le roi, la conduite de Mure fut approuvée et le ministre fut chargé de lui adresser des remercîments à ce sujet. Vers la fin de 1789, Mure obtint un congé pour se rendre en France, afin d'y rétablir sa santé, altérée par l'influence du climat et par une violente dyssenterie. Il fit prolonger successivement son congé jusqu'au mois de juin 179'2, que le ministre lui donna l'ordre de partir dans huit jours pour retourner à son poste. Sa santé étant encore chancelante et des motifs particuliers lui faisant penser que sa présence en Egypte pourrait offrir en ce moment quelques inconvénients, il exposa ses raisons au ministère, et l'on n'insista pas. Il était encore en France lors de la catastrophe qui priva Louis XVI de son trône et de la vie. A cette époque, soit que Mure eût cru devoir manifester trop haute- • ment sa désapprobation , soit qu'on ne le jugeât pas à la hauteur des circonstances, il fut rem- placé par Magallon, auquel il avait laissé en partant la gestion du consulat général , et se trouva ainsi éloigné du service. Mure traversa toutes les phases de la révolution dans la ville de Mâcon, aimé et considéré de tous ses concitoyens, qui l'avaient élu membre du conseil général du département de SaôneetLoire. Quoique en 1802, .`23 aoùt., Talleyrand reconnût, dans une lettre qu'il adressait à Mure, les longs 't utiles services de ce fonctionnaire et lui annonçât qu'il l'avait fait porter sur la liste des agents ayant droit à une pension de retraite , il ne paraît pas qu'on lui ait accordé avant 1816 la justice qu'il méritait à tant de titres. Il n'obtint même qu'un traitement provisoire , dont il ne semble avoir joui que jusqu'à la fin de 1817. Il ne mourut cependant qu'en 1824. De ses nombreux enfants , aucun n'a survécu. Pendant son séjour en Egypte, Mure adressa au ministre un grand nombre de dépêches fort importantes sur le commerce de la France avec ce pays. Il paraîtrait même que c'est à lui et non à Magallon qu'on doit attribuer un mémoire relatif au projet d'occupation de l'Egypte par la France, en cas de démembrement de la Turquie et de partage de cet empire entre les principales puissances de l'Europe. On sait. que ce mémoire, envoyé au directoire , fut remis au général Bonaparte, qui y trouva de précieuses informations sur l'importante colonie de l'empire ottoman qu'il se propo- sait d'envahir. — Alexandre MURE , fils aîné du précédent, suivit la même carrière que son père ; il était viceconsul à Lisbonne et chargé par du consulat général, lorsque les Français, commandés par le général Junot, occupèrent le Portugal. A la restauration, Alexandre Mure occupait la place de souschef de bureau du commerce et des consulats au ministère de l'intérieur ; ce fut dans l'exercice de ces fonctions qu'il mourut à Paris en 1826
  • Jean-Baptiste NELLI( 1661 - 1725) : célèbre architecte, né à Florence, en 1661, d'une famille patricienne, qui a produit plusieurs hommes de mérite, s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude des mathématiques, et cultiva aussi avec beaucoup de succès les arts du dessin , dont il fut un zélé protecteur. Porté aux occupations sérieuses , on assure qu'il n'assista jamais à aucune représentation théâtrale. Il devint sénateur, directeur des ponts et chaussées, etc., et mourut le 7 septembre 1725. Il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits. On a publié ses Discorsi di architettura, Florence, 1753 précédés de la vie de l'auteur. On y trouve une description détaillée et fort bien faite de la cathédrale de Florence, avec des recherches curieuses sur l'époque de sa fondation, et sur les différents architectes qui ont été employés à sa construction. Les plans et élévations de cette basilique, l'une des plus belles de l'Italie, publiés à Florence , en 1755 , sont de BaptisteClement Nelli , et c'est par erreur qu'on les a quelquefois attribués à l'architecte qui fait le sujet de cet article. Il avait composé, d'après des documents authentiques, une Vie de Galilée, plus étendue que celle de Brenna, et dont Tiraboschi souhaitait la publication avec beaucoup d'impatience
  • Jean-Baptiste NICCOLAÏ( 1726 - 1793) : savant mathématicien , naquit à Venise en 1726. Aprèstvoir terminé ses études avec distinction , il fut nommé rofesseur de mathématiques à l'uniVersité de t'adoue. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il '.ut pourvu de l'archiprêtré de Padernello , et se iémit de sa chaire pour aller résider dans son bénéfice . Il sut concilier les devoirs de son état ivec le goût des mathématiques, qu'il continua le cultiver avec beaucoup de zèle. Il essaya de lémontrer que l'algèbre repose sur des bases peu ertaines ; mais il réussit seulement à prouver lue la manie d'innover peut égarer les hommes les plus judicieux, et les jeter dans de singulières aberrations. Admis à l'académie de Padoue, lui adressa plusieurs mémoires, entre autres sur une nouvelle série de courbes, insérés dans les Saggi scientifici e letterarj dell' academia, t. I et 2. Niccolaï a composé en outre des Dissertations sur différents problèmes , publiées dans la Nuova raccolta calogerana ; mais , de tous ses ouvrages, le plus important est celui qui est intitulé Nova analysis elementa, Padoue , 1791 , 2 vol. mourut à Schio , dans le Vicentin , en 1793, laissant plusieurs morceaux inédits, dans lesquels on retrouve le goût d'innovation qui l'a empêché de prendre, parmi les mathématiciens, le rang dû à ses talents
  • Jean-Baptiste NICOLOSI( 1610 - 1670) : géographe, né à Paterno en Sicile le 14 novembre 1610 , avait embrassé l'état ecclésiastique; il parvint au grade de docteur en théologie, et , par un travail assidu, acquit une connaissance approfondie de plusieurs langues. Il se fit remarquer également par la prudence de sa conduite et par son éloquence. Après avoir passé un certain temps à la cour de Ferdinand Maximilien , margrave de BadeBade, il alla à Rome , fut nommé un des chapelains de l'église de SteMarieMajeure, et mourut dans cette ville le 16 janvier 1670. On a de lui : 1° Guid'allo studio geografico , Rome, 1662 C'est une introduction à l'étude de la géographie ; elle ne se distingue pas des autres ouvrages du même genre. 2° La Teorica del globo terrestre, ibid. C'est aussi un ouvrage élémentaire. 3° Hercules Siculus , sive Studium geographicum , ibid. Ce traité, quoique plus étendu que les précédents, n'offre ni la méthode ni les détails nécessaires pour un corps entier de géographie
  • Jean-Baptiste NOËL( 1277) : né le 21 juin 1277, exerça d'abord avec distinction la profession d'avocat, et fut ensuite chargé en 1771 des intérêts du chapitre noble de Remiremont en qualité d'officier principal de l'insigne Eglise. En 1788, il fut élu membre de l'assemblée provinciale de Lorraine, où il fit preuve de talent et de sagesse. En 1789, il fut nommé procureur syndic du district de Remiremont; en 179e, député à la convention : il n'y eut dans cette assemblée que sept de ses membres qui refusèrent de prendre part au jugement qui condamna Louis XVI; Noël fut du nombre : c'est par cette considération qu'on a cru devoir lui donner place dans la Biographie universelle. Ce trait de courage et de vertu devait être puni de mort ; Noël fut envoyé à l'échafaud le 8 octobre 1793 par le tribunal révolutionnaire de Paris. Quelque temps avant sa proscription, il avait sauvé les officiers municipaux de Tours, que son collègue Léonard Bourdon voulait faire périr. B—u. 1
  • Jean-Baptiste NOGHERA( 1719 - 1784) : écrivain distingué, né à Berbeno, dans la Valteline, en 1719, entra chez les jésuites en 1735 et prononça ses derniers voeux en 1753. Versé dans la littérature grecque et romaine , il professa la rhétorique à Milan et l'éloquence sacrée à Vienne. L'extinction de la société, en lui laissant plus de loisirs, lui permit de s'appliquer à la composition de divers ouvrages, les uns littéraires, les autres dirigés contre les moeurs de son temps. Sur la tin de ses jours, il revint dans sa patrie et y mourut en novembre 1784. Ses principaux ouvrages sont : 1° De l'éloquence sacrée moderne, Milan, 1752; 2° Discours de Démosthène, traduits et enrichis de notes, Milan, 1753. Cette traduction est estimée en Italie. 3° Sur les anciens et les modernes, Bassano, 1774; 4° Réflexions sur la religion révélée; 5° Sur l'infaillibilité de l'Eglise chrétienne; 6° Sur l'infaillibilité du pape ; 7° 'Sur la puissance de la véritable Eglise chrétienne; 8° Sur les pratiques de la véritable Eglise ; 9° Pour discerner la véritable Eglise chrétienne de toutes les sectes. Ces six écrits sont et parurent de 1773 à 1783 ; 10° Observations sur l'analyse des Prescriptions de Tertullien , Bassano, 1784 11° Qu'est- ce que le pape? Réponse de l'abbé Noghera, Foligno, 1783. Cet ouvrage paraît dirigé contre le pamphlet d'Eybel, sous le même titre : Qu'est- ce que le pape? 12° Qu'est- ce qu'un évêque? Bassano, 1784. On a publié après sa mort : 13° De natura et causa eloquentice, 1786. C'est le seul de s'es ouvrages écrits en latin ; tous les autres sont en italien. 14° Sur les nombreux systèmes d'enseignement des belles- lettres ; 15° Réflexions sur la dévotion, Bassano, 1786 ; 16° la Vie et la mort de l'homme juste dans les exemples de St- Joseph, Bologne, 1786. C'est une 2' édition. On dit que l'ouvrage est traduit du français de Joseph Fierard, jésuite, qui passa en Italie après la suppression de la société, et mourut à Milan. On a réuni les ouvrages de Noghera dans une édition en 17 volumes, faite à Bassano en 1790.11 a laissé quelques opuscules en prose et en vers. On le voit cité avec éloge par Tiraboschi dans l'Histoire littéraire d'Italie, et par le comte Giovio dans les Hommes illustres du diocèse de Côme
  • Jean-Baptiste NOLIN( 1657) : graveur, né à Paris en 1657, fut un des élèves de Poilly . Nolin avait, dès son début, cherché à se lier avec des géographes de réputation. Coronelli ayant obtenu à la lin de 1686 un privilége pour publier des cartes de sa composition, le céda, dès le 8 janvier 1687, à Nolin, qui ne tarda pas à se brouiller avec lui , prétendant qu'il ne lui fournissait pas une quantité suffisante de dessins, conformément au marché qu'ils avaient conclu. Le 5 mai 1690 le roi lui accorda un privilège portant permission de graver ou faire graver plusieurs dessins. Il en publia quarante avec le titre de l'un des graveurs du roi et de géographe : l'encadrement offre les portraits en médailles de tous les rois de France; elle était trèsestimée; Tralage la revit en 1694. Cette fois l'encadrement est différent : indépendamment du titre , qui , placé au coin du sudouest, est entouré de figures allégoriques, l'encadrement du coin au nordest se compose du plan des places fortes conquises par Louis XIV ; elles entourent une dédicace à ce prince. Quelquefois le luxe de ces enjolivements est poussé à l'excès , surtout dans son Globe terrestre en sept feuilles et qui en a quatre d'ornements; c'est cette carte qui donna lieu au procès en plagiat. intenté par Guillaume Delisle à Nolin. On voit à l'article de G. Delisle que celuici gagna sa cause et qu'il se montra généreux envers son adversaire, en ne faisant pas mettre à exécution la sentence rigoureuse rendue contre le plagiaire. Toutes les pièces de ce procès, important pour l'histoire littéraire, ont été réunies dans un carton que possède la Bibliothèque de Paris. La plainte de Delisle, en date du 7 septembre 1705, reproche à Nolin de prendre indûment le titre de géographe du roi et contient beaucoup de renseignements qui nous ont été utiles. — NOLIN , né à Paris vers 1686, fils du précédent, continua son commerce, publia des cartes et des atlas , et mourut en 1762. LengletDufresnoy cite , dans sa Méthode pour étudier l'histoire et dans sa Méthode pour étudier la géographie, les principales cartes de Nolin, et il accompagne ces mentions de remarques critiques. Les premières éditions du second de ces ouvrages contiennent le catalogue des cartes de Nolin ; il manque dans l'édition de 1768, « parce que, disent les éditeurs, « elles n'existent pas pour la plupart; il s'en « trouve cependant encore quelquesunes » chez des marchands qui sont nommés. — NOLIN , chanoine de StMarcel à Paris, acquit de la réputation dans le 18° siècle par son goût pour les plantes. Il s'était occupé, dans ses voyages, de recueillir des arbres , des arbrisseaux et des arbustes curieux , et les avait introduits dans nos jardins. Degrace, auteur du Bon Jardinier, cite Nolin avec éloge comme ayant fait connaitre la manière de les parer de ces végétaux étrangers, et Delaunay, continuateur de cet ouvrage, donne également des louanges à Nolin. Enfin Delille parle de lui dans le deuxième chant des Géorgiquesfrauraises. il parait que Nolin était né en Lorraine, et il est généralement qualifié de décorateur des jardins du roi. Il publia, en société 11% ec l'abbé Blavet , sous le voile de l'anonyme Essai sur l'agriculture moderne, dans lequel il est traité des arbres, des arbrisseaux, oignons de fleurs et arbres fruitiers, Paris, J 755 A sa demande, le gouvernement fonda , pour la culture des arbres exotiques, une pépinière à Paris, dans le faubourg du Roule. Nolin fut directeur de cet établissement, qui a rendu des services essentiels à la science et qui , de nos jours, fut confié à DupetitThouars ; voy . ce nom), botaniste distingué et l'un des collaborateurs de la Biographie universelle. Il donna une notice sur cette pépinière, qu'il eut le chagrin de voir supprimer
  • Jean-Baptiste NOULLEAU( 1604) : né en 1604, d'une bonne famille de StBrieuc , entra à l'âge de vingt ans dans la congrégation de l'Oratoire, où il se distingua par son talent pour la chaire. M. de Villazel , son évêque , le nomma archidiacre, puis théologal de sa cathédrale. Ses vertus et ses talents étaient malheureusement déparés par un caractère inquiet et par un zèle réformateur qui s'étendait à tous les états , et qu'aucune considération ne pouvait contenir. M . de Labarde, successeur de M. de Villazel , l'ayant interdit de la chaire, Noulleau n'en continua pas moins de prêcher dans les rues, sur les routes, dans les villages. Il fallut en venir jusqu'à lui interdire toutes les fonctions du ministère, même celle de dire la messe. Il en appela au roi, aux ministres, aux évêques, aux magistrats, et inonda le public de factums extravagants. C'était d'ailleurs un homme de mœurs exemplaires, qui distribuait tout son bien aux pauvres. Il exerçait sur son corps des macérations inouïes, au point qu'il empruntait souvent le bras vigoureux de sou domestique pour se faire donner plus rudement la discipline. Quand il se vit abandonné de tout le monde , il se retira sur un roc escarpé, et il faisait tous les jours sept lieues pour aller dire la messe à StGuel , dans le diocèse de Dol. Enfin, excédé de fatigues, exténué par ses jeûnes, affai- bli par ses austérités , il termina en 1672 sa pénible carrière , dans la retraite sauvage qu'il s'était choisie. Il avait composé un grand nombre d'écrits sur la théologie , la morale , la réforme du clergé, etc. Les principaux sont : P Augu. sti- nus Nolleavii de gratia Dei et Christi, Paris, 1665 où il entreprend de concilier les thomistes et les molinistes ; 2° l'Amiable composition des dif- férends du temps. Il y maltraite beaucoup les arnaldistes et les jansénistes, ce qui prouve combien était fausse l'accusation de jansénisme que lui avaient intentée ses ennemis, et qui a été renouvelée par Feller. 3° relitationes contra Amie- deum Guemenœum, cloacam, sterquilinium, latrinam casuistarum , 1666 ; 4° Politique chrétienne et ecclésiastique pour chacun de tous messieurs de l'assemblée du clergé, 1666 Ceux à qui l'ouvrage était adressé furent assez peu satisfaits des censures et des avis de l'auteur. Les titres de ces quatre écrits suffisent pour donner une idée de tous les autres livres de Noulleau. T—D
  • Jean-Baptiste OUDRY( 1686 - 1755) : peintre et graveur, naquit à Paris le 17 mars 1686, du mariage de Jacques Oudry , maitre peintre et marchand de tableaux sur le pont NotreDame, et de Nicole Papillon . Il reçut les premiers éléments de son art à l'école de la maîtrise de StLuc , dont son père était directeur ; mais, ses progrès allant croissant, on le plaça chez Nicolas Largillière, dont il devint bientôt l'ami , à tel point que Ce dernier le chargea du soin de ses affaires domestiques; le jeune élève logeait chez son maître, mangeait avec lui et puisa dans sa conversation de tous les instants de sages et utiles leçons. Oudry, n'étant àgé que de vingtdeux ans, fut admis à l'académie de StLuc en même temps que ses deux frères ; il offrit pour morceau de réception un St - Jérôme en buste, tenant d'une main un livre et ayant l'autre appuyée sur une tête de mort. Cette toile ornait la chapelle de la maîtrise. Oudry s'adonna d'abord au portrait ; on cite ceux de ses fils, celui de dl. d'Argenson, lieutenant de police, enfin le por- trait du czar Pierre Ier, exécuté pour la Russie. Il dut renoncer à ce genre d'après les propres conseils de son professeur Largillière et d'un amateur qui lui portait de l'intérêt, M. Hultz, conseiller honoraire de l'académie de peinture. M. Hultz avait commandé à Oudry un buffet salon de 1737); lorsqu'il fut question du payement, le jeune artiste demanda timidement dix pistoles de son ouvrage, niais M. Hultz, qui s'y connaissait, l'interrompit en lui disant : u Je l'es- time davantage, » et il lui en compta vingtcinq. Un autre buffet, exécuté pour le roi , se voyait au château de Choisy. Toutefois notre peintre se sentait attiré vers le genre des animaux et des fruits ; toutes ses études étaient dirigées de ce côté. En attendant qu'il puisât dans cette nouvelle carrière des moyens suffisants Elle appartenait à la famille de JeanI3aptisteMichel p ilion , a publié une lettre d'Oudry. d'existence , il composa des tableaux d'histoire ; il exécuta une Nativité et un St- Gilles, qui étaient placés dans l'église StLeu de Paris, et une Ado- ration des mages pour le chapitre de StMartin des Champs. Oudry épousa MarieMarguerite Froissé , fille d'un miroitier et à laquelle il donnait des leçons de peinture. Les débuts du jeune ménage furent pénibles; il ne fallut pas moins du travail réuni des deux époux pour arriver à gagner une somme annuelle de neuf cents francs . Oudry fut nommé professeur adjoint à la maîtrise, et profes- seur le 1" juillet 1711. Toutefois il élevait ses prétentions plus haut , il se fit donc agréer à l'académie royale de peinture et fut reçu titulaire le 25 février 1719 sur l'Abondance arec ses attributs. Disons de suite qu'il devint adjoint à professeur le 4 juin 1739 et professeur le 28 septembre 1743. Oudry fut redevable au miniaturiste Massé, son ami, de faire la connaissance du marquis de Beringlien , premier écuyer du roi ; ce fut le commencement de sa fortune. Outre de nombreux ouvrages qui lui furent com- mandés pour Sa Majesté, il obtint un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Louvre. Il y avait formé un cabinet renommé, qui atteignit le chiffre de quarante mille francs à la vente qui eut lieu aiirès son décès. u 11 n'y « admettait, dit l'abbé Gougenot, son biographe, que ses propres tableaux e; aussi futil accusé d'avoir vendu des copies, retouchées par lui à la vérité, afin de conserver les originaux; c'est ce qui faisait dire à Desportes qu'il aimait bien les Oudry , quand ils étaient entièrement de sa main. N. Hultz recommanda Oudry à l'intendant des finances Fagots, qui confia à l'artiste la décoration en arabesques mêlées de fleurs et d'oiseaux du salon de sa propriété de Vauré et de sa maison de plaisance de FontenayauxRoses. Oudry suivait déjà les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne pour arriver à rendre ses sujets avec plus de vérité. Sa position était désormais assurée. La manufacture de Beauvdis, jadis si florissante sous Colbert, était depuis insensiblement tombée en décadence; il s'agissait de la relever. M. Fagon jeta les yeux sur son protégé Oudry, qu'il voulut charger de ce soin. Oudry et Besnier, , son associé, furent autorisés par lettres patentes du 9.3 mars 1734 à rétablir la manufacture; il était accordé quatre mille livres par an pour l'entretien de la maison ; neuf cents livres pour former des apprentis et quatrevingtdix mille livres pour réparer les pertes que les associés pourraient faire. M. Fagon était administrateur en titre, mais tout le poids Ill Elle fut inhumée à StGermain—l'Auxerrois , le 29 janvier 1780. des fables de Lafontaine, et dont la gravure et la direction furent confiées à CharlesNicolas Cochin. M. de BoisJourdain, dans ses Mélanges , nous apprend en outre qu'Oudry avait dessiné l'almanach de rébus de 1716, et que nous a Paris , Desaint et Saillant, 1752-170, 4 vol. décrit son œuvre, qui se compose de soixantequinze pièces. Oudry eût mieux fait de concentrer toutes ses facultés sur un seul genre , celui où l'appelait sa vocation , la reproduction des chasses et des animaux ; il se serait sans doute élevé plus haut encore qu'il n'est parvenu. 11 composait bien et avec facilité; ses connaissances en histoire naturelle n'étaient peut-être pas assez étendues, et c'est ce dont on s'aperçoit quand ses animaux n'ont pas été dessinés d'après nature. Comme coloriste , on pourrait lui reprocher une tendance trop prononcée au vert et lui demander plus de chaleur. On doit à Oudry deux conférences qui furent lues à l'Académie et trèsgoûtées de cette compagnie. La première : Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les ob- jets les uns avec les autres ; la seconde : Sur les soins que l'on doit apporter en peignant. Comme homme privé on lui a reproché d'avoir cherché à tirer un trop grand lucre de ses oeuvres, mais c'était son droit après tout, et son désintéressement envers ses amis fut extrême; il poussa si loin l'amour du pays, qu'il refusa par deux fois les offres trèsavantageuses du czar et du roi de Danemarck pour ne pas quitter la France. Quoique trèslaborieux, il était d'un caractère jovial, et plus d'une fois chez M. Fagon , au Vauré , il improvisa dans les bosquets des théâtres où l'on jouait la comédie , remplissant volontiers luimême le rôle de Pierrot en s'accompagnant de la guitare, dont il jouait passablement. Oudry ne survécut pas longtemps à son protecteur et ami M. Fagon ; le successeur de ce dernier , M. de Trudaine, pour réaliser un rêve d'économie administrative , supprima quelquesuns des priviléges d'Oudry, ne lui laissant que la direction de la manufacture de Beauvais ; cette mesure porta un préjudice réel à la fortune de l'artiste., qui n'en continua pas ses fonctions avec moins de zèle ; mais un profond chagrin s'était emparé de lui ; deux attaques d'apoplexie se succédèrent dans un délai très- rapproché ; il succomba à la dernière, qui avait été accompagnée de paralysie. Il mourut le 30 avril 1755 et fut enterré dans l'église StThomas de Beauvais , où son épitaphe avait été placée. L'église StThomas, qui remontait au 13. siècle , ayant été démolie en 1795, l'épitaphe avait disparu. M. Badin, aujourd'hui directeur des Gobelins , lorsqu'il était administrateur de la manufaêture de Beauvais retrouva par hasard la précieuse inscription chez un peintre- vitrier de la ville de Beauvais, qui s'en servait pour broyer ses couleurs; M. Badin s'empressa d'en faire l'acquisition, et elle a été scellée par ses soins dans l'église StEtienne, paroisse de la manufacture. En voici la copie : Ici repose M. Jean Baptiste Oudry peintre ordinaire du roy, professeur en son académie royale de peinture et sculpture pensionnaire du roy directeur général de la manu- facture royale des tapisseries de Beauvais marguil- lier et bienfaicteur de cette paroisse décédé le ie. ' mai •755 iigé de 69 ans. Priez Dieu pour son dune De son mariage avec mademoiselle Froissé, Oudry eut treize enfants, dont sept lui survécurent, et parmi lesquels nous citerons : Jacques OUDRY, sousingénieur des ponts et chaussées au Mans ; Jacques- Charles OUDRY , né à Paris en 1720 , unique élèvede son père, dont il suivit le genre et imita la manière ; il fut reçu à l'académie royale de peinture le 31 décembre 1748, sur un tableau de gibier et de nature morte; il a figuré aux salons de 1748 , 1750 , 1751 , 1757 et 1761 : ces deux dernières expositions ont été attribuées à tort à Oudry père , mort, comme nous l'avons dit, en 1755. Après avoir voyagé durant plusieurs années , JacquesCharles résida longtemps à la cour de Bruxelles , devint premier peintre du prince Charles, et finit par mourir à Lausanne, en septembre 1778. — Marie Oum avait épousé Antoine Boizot , peintre de l'académie royale. — Oudry s'est mis en scène dans plusieurs de ses tableaux, notamment dans une Chasse de Louis dans la forêt de Fontainebleau , Franchard , et dans une toile représentant une Prise de cerf par le roi que possède le musée de Toulouse. On voit huit tableaux d'Oudry au Louvre ; d'autres musées de province, ceux de Besançon, Caen, Dijon, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Orléans, Tours, etc., renferment de ses oeuvres ; on en retrouve vingtsept dans la galerie du château de Gceritz .; on en voit au musée de Cassel et à celui de Stockholm. J.- B. Oudry a été gravé par AveUne, Basan, Daullé, Lebas, Sylvestre et Tardieu. Ajoutons que son portrait a été peint en 1729 par Largillière et en 1753 par Perronneau , comme morceau de réception à l'académie. — Outre les sources déjà indiquées, on peut consulter sur J.B. Oudry : d'Argenville, t. 4 , p. 410-416 ; Manette, Abecedario, t. 4, p. 65; Mémoires iné- dits sur les académiciens , t. 2, p. 365-404 ; Archives de l'art français, documents , t. 5, p. 968-272
  • Jean-Baptiste PACICHELLI( 1640 - 1702) : littérateur, né à Pistoie vers 16!O, acheva ses études à Rome avec succès et embrassa l'état ecclésiastique. Ses talents lui ayant mérité des protecteurs , il fut attaché à la légation (lu saintsiép-,e en Allemagne et profita de cette circonstance pour visiter les principaux Etats de l'Europe. il rapporta de ses voyages des notes sur les moeurs et les wages de chaque pays et sur les objets les plus dignes de fixer l'attention d'un observateur. Après dix années d'absence, il revint à Rome, et, avant obtenu un bénéfice à Naples, il se retira ;Jans celte ville, où d mourut en 1702. On a de lui 1° Schediasma de us qui nullo modo possunt in jus vocari, Rome, 1669 ; 2' Vita de Cio- Bau. de' Marini , con un indice degli serittori domenicani, ibid., 1670 Cette vie du P. Marini parait n'avoir pas été connue du P. Echard , puisqu'il ne la cite point dans les Script. ord. fratr. Prie- dicator. 3. De distantiis, ibid., 1672 4° Chirolituryia, sire de varia oc multiplici manus administratione lucubrationes , Cologne , 1673 — Diatriba de pede, ibid., 1675 ; 5° De jure hospitalitatis, ibid. , 1675 6° Memorie de' viayyi per l'Europa cristiana, etc., Naples, 1685, 3 vol. C'est un recueil de lettres que l'au- teur avait adressées à ses amis pendant ses voya- ges en Allemagne, en Angleterre et en France; on y trouve des détails intéressants pour l'histoire littéraire de cette époque et des remarques qui annoncent un esprit judicieux et un observateur impartial. 7° Alemorie nuove, etc., ibid., 1690, 2 vol. c'est une suite nécessaire de l'ouvrage précédent ; 8° Schediasma juridico- philolo- gicum tripartitum de larvis, de capillamentis et de chiroihecis, ibid., 1693 ; ce sont des recherches sur l'origine des masques, des perruques et des gants. Cet ouvrage, singulier par son objet, est peu connu en France. 9° De tintinnabulo No- lano lucubratio, ibid., 1693 10" Lettere familiari , istoriche et erudite , ibid., 1695, 2 vol. Ce Recueil de lettres n'est peut-ètre qu'une réimpression des iletnorie nuove. II° regno di Napoli in prospettiva divis° in dodici provincie, in cui si descrivono la sua metropoli, e le rose più no- tabili, etc., ibid., 1703, 3 vol. avec cartes et fig. C'était l'ouvrage le plus complet et le plus exact qui eût paru jusqu'alors sur le royaume de Naples
  • Jean-Baptiste PAGGI( 1554 - 1627) : peintre, né à Gènes en 1551, était d'une famille patricienne, mais, entraîné par un penchant irrésistible , il se livra dès sa plus tendre jeunesse à l'étude de la pe malgré l'opposition de son père. Il fut dirigé dans ses premières études par le Cambiaso , qui l'obligea de dessiner beaucoup d'après les plàtres moulés sur les principaux basreliefs de l'antique, afin de se former une idée exacte du beau idéal, et pour copier ensuite plus aisément la nature. Accoutumé de bonne heure à dessiner, il apprit, pour ainsi dire, de luimême à peindre, et il parvint, sans le secours d'aucun maitre, à s'instruire dans la perspective et l'architecture, en lisant des livres qui traitent de ces matières. Il commençait à se faire un nom dans son art, lorsqu'un meurtre, dont il se rendit coupable, le força de fuir de sa patrie. Il alla chercher un asile à Florence, où il demeura vingt ans, protégé par la cou rdu grandduc. Une foule d'hommes célèbres ilorissait alors dans cette ville. C'est à cette époque que le Cigoli et la plupart des jeunes élèves abandonnèrent le style de leur école, désormais trop faible, pour embrasser celui de l'école lombarde, plus vigoureux et plus rempli de vie. Paggi n'eut pas besoin de fortifier sa manière, ainsi que le prouvent les ouvrages qu'il a laissés à Florence, lorsqu'il y vint chercher un refuge. On y conserve encore une Sainte Famille et un autre tableau dans l'église Decili ainsi qu'une Ste- Catherine de Sienne, dans le cloître de SteMarieNouvelle, où il a représenté la sainte qui délivre un condamné. C'est une riche composition , ornée de belles fabriques, pleine de variété et exécutée avec un tel talent, que beaucoup de connaisseurs la préfèrent à toutes celles qui ornent ce cloître, si abondant en beaux ouvrages. Toutefois, à cette époque, la qualité distinctive de Paggi n'était pas la force, mais une certaine mollesse dans les airs de tète, qui tient beaucoup du Barroche , et qui l'a fait com- parer au Corrége luimème. En avançant en àge, il acquit plus de vigueur ; la preuve en est dans la remarquable Transfiguration qu'il a peinte ROUF l'église de StMarc, et qui semble l'ouvrage d'un autre peintre. C'est dans le mème goût qu'il a peint à la Chartreuse trois sujets de la Passion de Jésus- Christ, que l'on peut mettre au nombre de ses meilleurs ouvrages. Sa réputation l'avait fait appeler à la cour de Francè et à celle de Madrid ; mais la république de Gènes s'étant décidée en 1600 à le rappeler dans son sein, l'amour de la patrie l'emporta sur les offres bril- tantes qui lui étaient faites. De retour à Gènes, il orna de ses tableaux un grand nombre d'églises et de galeries. Tous ses ouvrages n'ont pas le méme mérite. Selon quelques auteurs, ses chefsd'oeuvre sont les deux tableaux qu'il a peints pour l'église de StBarthélemi, et le Massacre des Inno- cents, exécuté par lui au palais Doria, en 1606, en concurrence avec VanDyck et Rubens. Il forma une foule d'excellents élèves, et on lui doit la restauration de la nouvelle école génoise. Il était à craindre que cette école ne devînt une pépinière de coloristes habiles, mais mauvais dessinateurs. Paggi fit tous ses efforts pour mettre en honneur le dessin, cette partie si importante de l'art. Il avait reçu dans sa jeunesse d'excellents principes, qu'il avait encore perfectionnés à Florence. Il avait composé pour l'instruction des jeunes élèves un écrit intitulé Definizione o sia dirisione della pittura, qu'il publia en 1607. Le Soprani le donne comme un abrégé extrèmement utile, où sans grands mots ni divagations l'auteur traite de toutes les parties de l'art de la peinture. George Vasari , le jeune , a écrit sur cette brochure une lettre qui fait regretter que cette pièce, devenue extrêmement rare , n'ait Pas été réimprimée. On connaît encore de lui un écrit assez long, qu'il composa pour défendre l'art de la peinture, et qui a été inséré dans le Recueil des lettres des peintres, publié par Bottari t. 7, p. 16,8). Parmi les élèves sortis de l'école de Paggi , on compte Domenico Fiasella , Giov. Domenico Paporellino, Giulio Benso, etc. Cet artiste distingué mourut à Gènes en 1627
  • Jean-Baptiste PALLETTA( 1747 - 1832) : savant médecin et chirurgien italien, naquit en 1747 au village de Moutecrestese , dans la vallée d'Ossola. Après avoir fait ses humanités au collége des jésuites de Brigue, en Valais, il vint à Milan, où il étudia l'anatomie sous Patrini , la médecine sous Galardi et la chirurgie sous Bernardin Moscati, qui jouissaient d'une grande renommée. Il alla en- suite à Padoue pour y perfectionner ses connaissances en assistant aux leçons du célèbre Morgagni . Il venait d'obtenir le grade de docteur en médecine, lorsqu'il fut nommé professeur d'anatomie à Mantoue par l'impératrice Marie- Thérèse, qui voulait fonder dans cette ville une université. Ce projet n'ayant pas eu d'exécution, Palletta retourna à Milan en 1774, et, après quatre ans de travaux et d'études, il se rendit à Pavie, où il se fit recevoir docteur en chirurgie . Revenu à Milan, il y fut nommé chirurgienadjoint , démonstrateur d'anatomie professeur de clinique chirurgicale, et enfin chirurgien en chef du grand hôpital en 1787. A cette époque il lit un voyage à Paris, et fut accueilli de la manière la plus flatteuse par les hommes de l'art qui brillaient dans cette capitale. En 1796, on lui donna la chaire d'anatomie à l'école spéciale créée dans l'hôpital de Milan, et il l'occupa jusqu'en 1818, qu'elle fut supprimée. Palletta continua d'exercer ses fonctions de chirurgien major à l'hôpital jusqu'au moment de sa mort, arrivée à Milan le 7 août 1832, à l'Age de 85 ans, Ses ouvrages, dans lesquels on reconnaît un observateur judicieux et un praticien consommé, sont écrits avec pureté et mémo avec élégance : quelquesuns sont en latin, tous les autres sont en italien. En voici les titres : I* Nora gubernacula tesn's Hunteriani , et iunirce raginalis anatomiea descriptio , Milan , 1777 ; 2" De nervis crotaphitico et buecinatorio, Milan, 1784 fig. Ce ni;inoire a été réimprimé à Leipsin et inséré par Ludwig dans ses Seriptores nerriologiri minores. 3' De structura uteri, Leyde, 1785 publié par Sandifort ; Adrersaria chirurgica primo, Milan , 1785 lig. Ce recueil contient : 1. Nempe de claudicatione con- genita; 2. Expérienres sur le sang humain chaud 3. Observations anatomico- puthologiques