Le prénom Jean Masculin

Origine :

Fête :

27 Décembre

Signification de Jean

Le prénom Jean tire ses origines de l’hébreu Yehohanan. Curieux, Jean a besoin de se cultiver pour assouvir sa soif de connaissance. Ambitieux, il veut briller et se met la pression pour atteindre ses objectifs. Il ne tolère pas l’échec. Sous son air sévère et autoritaire se cache un homme généreux, loyal et enthousiaste.
Parmi les Jean célèbres, on peut citer les Français Jean Cocteau, réalisateur, écrivain, poète et peintre, Jean de la Fontaine, poète, Jean Dujardin, acteur, humoriste, producteur et réalisateur, Jean Tiberi, politicien, et Jean Baratte, footballeur reconverti en entraîneur.

Personnalité de Jean

Intelligents, l'esprit toujours en éveil, très actifs, volontaires, ils épuisent leur entourage qui s'essouffle à vouloir les suivre. Obstinés, ils sont aussi sensibles, toujours en quête de tendresse et d'affection. Calmes, peu tolérants, car eux seuls détiennent la vérité, leur morale est exemplaire. Travailleurs, leur vie familiale est souvent perturbée par leur intense activité professionnelle. En amour, c'est de la passion et c'est pour la vie.

Provenance du prénom Jean

Histoire de Jean

Etymologie de Jean

Les Jean célèbres

  • Jean ANDERSON( 1726 - 1796) : médecin anglais, né vers l'année 1726, membre des sociétés royales de Londres et d'Édimbourg, a occupé pendant quarante et un ans la chaire de professeur de philosophie naturelie à l'université de Glascow. Il est auteur de pldsieurs ouvrages utiles, parmi lesquels on distingue ses Institutions de médecine, dont cinq éditions ont été publiées de son vivant. Il mourut en 1796, âgé de 70 ans
  • Jean ANDREA( 1417) : évêque d'Aleria, en Corse, s'est fait un nom dans la république des lettres, non par ses ouvrages, mais par le soin qu'il prit, par ordre du pape Paul II, de diriger et de corriger les premières éditions qui se firent à Rome de plusieurs auteurs latins, lorsque, peu de temps après la découverte de l'imprimerie, les deux célèbres imprimeurs Conrad Sweignheym et Arnould Pannartz allèrent y exercer leur art. Son nom de famille était Bussi ou Bossr. . Il était né à Vigevano, en 1417. Après avoir langui quelques années à Rome, dans un état de dénùment et de pauvreté, il en sortit en s'attachant au cardinal de Cusa. Il obtint, par le crédit de ce cardinal, le titre de secrétaire de la bibliothèque apostolique, ensuite l'évêché d'Accia, dans l'île de Corse, d'où il passa bientôt après à celui d'Aleria. Les principales éditions qu'il dirigea, et auxquelles il ajoutait toujours des préfaces et des épîtres dédicatoires, sont celles des Epitres de St. Jérôme, en 2 vol. ; des Epîtres et des Oraisons de Cicéron ; des Commentaires de César, de Lucain, d'AuluGelle, d'Apulée, de Pline, de Quintilien, de Suétone, de Strabon, de Virgile, d'Ovide, de SiliusItalicus, de TiteLive, etc. Les dates de ces éditions, justement recherchées, s'étendent depuis 1 468 jusqu'en 1471. Quelques auteurs lui ont attribué des écrits sur les décrétales, sur les fiefs, etc. ; mais ils l'ont, sans doute, confondu avec le célèbre canoniste Jean d'Andrea, qui florissait dans le même temps
  • Jean ABELL : célèbre chanteur anglais et joueur de luth , renvoyé par Charles II , comme catholique, passa sur le continent , dissipa follement l'argent qu'il y gagna , et voyagea son luth sur le dos. Arrivé à Varsovie , le roi de Pologne voulut l'entendre. Abell refusa d'abord, fut conduit au palais, placé dans un fauteuil , et guindé fort haut au milieu d'une grande salle. La cour parut dans une galerie. Des ours entrèrent , et Abell eut l'option de chanter ou de leur être livré. Il n'hésita pas, et de sa vie il n'avait si bien chanté. Après avoir erré plusieurs années , il revint en Angleterre en 1701 , y publia un recueil de chansons en plusieurs langues, et mourut dans l'obscurité , après avoir conservé sa voix jusqu'à une extrême vieillesse
  • Jean ALBERT : avocat au parlement de Toulouse, a publié, en 1686, un recueil d'arrêts rendus par cette cour souveraine. Boucher d'Argis, dans les Mémoires manuscrits qui ont servi aux rédacteurs de la dernière édition de Moréri, dit que le recueil d'Albert est estimé. Bretonnier n'en porte pas le même jugement, et assure que les questions de droit y sont traitées assez superficiellement. Néanmoins une nouvelle édition des Arrêts d'Albert a été mise au jour à Toulouse, en 1751 Il est à remarquer que les principaux arrêtistes toulousains, tels que Cambolas, la RocheFlavin , Magnard et Catelan, ont été réimprimés à peu près dans le même temps. Cela conduirait à penser que, dans les pays où le droit écrit était en vigueur, le besoin d'éclairer l'application des lois romaines par la jurisprudence se faisait sentir plus vivement
  • Jean ABERNETHY( 1680 - 1740) : théologien irlandais, né à Colraine, dans le comté de Londonderry, en 1680. Fils d'un ministre presbytérien, il se destina à la même carrière. Dans les troubles qu'occasionna en Irlande l'insurrection de 1689, ses parents l'envoyèrent en Écosse pour y suivre ses études. Il les fit avec succès, et à vingt et un ans il revint en Irlande, où il se distingua par des sermons fort goûtés, et par des écrits qui, pour la plupart, étaient purement polémiques; car, dans ces tempslà, où dominaient l'esprit de secte et le goût de la controverse, la vie des théologiens, même les plus éclairés, se passait presque en entier dans les querelles religieuses. C'était le règne du fanatisme, de l'intolérance et de la haine théologique. Trois communions religieuses étaient établies en Irlande, niais y exerçaient une influence trèsinégale. La religion catholique, adoptée généralement par les classes inférieures, avait pour elle les quatre c de la nation ; niais elle était opprimée par des lois rigoureuses qui excluaient de toute participation aux fonctions publiques ceux qui la professaient. La communion anglicane, beaucoup moins nombreuse, était la plus puissante, parce que c'était celle du gouvernement, des fonctionnaires publics et de tous les grands propriétaires. Un assez grand nombre de presbytériens et d'autres sectaires, qu'on appelait dissidents , parce qu'ils refusaient de souscrire au symbole anglican et de prêter le serment du Test , exigé par le gouvernement, formaient une troisième secte, dont les membres, moins nombreux encore que les anglicans, et, comme les catholiques, exclus de toute participation aux places, étaient, par une suite nécessaire de toute persécution, plus éclairés dans leur doctrine , plus zélés dans leur croyance, et plus réguliers dans leurs moeurs. Les dissidens irlandais formaient plusieurs congrégations distinctes, qui avaient chacune leur pasteur. Nonseulement le synode jugeait de la capacité des jeunes ecclésiastiques qui aspiraient aux fonctions du ministère, mais il s'était encore arrogé le droit de choisir le pasteur qui pouvait convenir à chaque congrégation, ainsi que la congrégation qui convenait au pasteur ; ce qui était une gène également désagréable aux uns et aux autres. Les églises de Colraine et d'Antrim, ayant eu besoin d'un ministre, désiraient toutes deux d'avoir Abernethy. 11 aurait préféré Colraine, et le synode l'obligea d'aller à Antrim. Quelque temps après, ayant été invité à passer à Dublin, il refusa ; le synode décida qu'il serait forcé de s'y rendre; mais, ferme dans ses principes de républicanisme presbytérien, il se révolta ouvertement contre cette décision, qu'il regarda comme une injustice et un attentat à la liberté religieuse, et il se mit à écrire contre les usurpations de la juridiction ecclésiastique. D'autres sujets dedispute lui fournirent les occasions de soutenir et d'étendre cette controverse. De là sortirent un grand nombre d'écrits polémiques, qui divisèrent nonseulement les théologiens, niais encore tous les membres de la colonie presbytérienne; et ceuxci s'échauffaient d'autant plus dans la querelle, qu'ils étaient moins éclairés sur les questions qui en étaient l'objet. Ainsi un homme qui avait des lumières et du zèle consuma àdes travaux,pour le moins inutiles, des talents qui auraient pu ètre employés avec plus d'édification pour ses contemporains, et plus de fruit pour la postérité. Après une vie trèsoccupée et très—agitée, mais irréprochable et pure , il mourut en 1740. Les plus importants de ses ouvrages sont deux volumes de Sermons sur les Attributs divins
  • Jean ABERNETHY( 1765 - 1831) : célèbre médecin et chirurgien anglais, naquit , vers 1763, dans la ville d'Abernethy en Ecosse, ou à Derby en Irlande, et reçut les premiers éléments de l'éducation à Londres , où ses parents étaient venus s'établir peu de temps après sa naissance. Au sortir de l'école , il fut confié aux soins de Blick , chirurgien en chef de l'hôpital de SaintBarthélemy, qui se plut à cultiver ses heureuses dispositions. Plus tard, il devint élève de l'illustre Hunter, dont l'amitié le récompensa bientôt de son émulation et de son ardeur pour acquérir les connaissances qui devaient le placer à un rang si distingué. Ayant été nommé chirurgien en chef adjoint de l'hôpital de SaintBarthélemy,ilentreprit de faire des cours publics ; mais ses leçons furent peu suivies tant que vécutMarshall, professeur qui avait gagné la faveur des élèves par son élocution facile et l'agrément de ses manières , quoiqu'il n'eût rien fait pour la science , et que sa pratique n'offrit rien de remarquable. Ce fut seulement après la mort de ce rival, et lorsqu'il eut remplacé son maitre Blick, qu'on apprécia le mérite d'Abernethy, et qu'on reconnut en lui le meilleur professeur d'anatomie, de physiologie et de chirurgie de Londres. Personne, en effet, ne savait mieux développer et enseigner aux autresles idées originales et philosophiques qui naissaient naturellement en lui à l'examen des sujets dont il s'occupait, communiquer l'enthousiasme dont il était si vivement pénétré pour la science et pour l'humanité, animer et embellir les détails arides de l'instruction élémentaire. En lui confiant une chaire au collège royal des chirurgiens , on ne fit que céder au voeu de l'opinion publique, qui depuis longtemps le désignait pour remplir cette place. Fidèle aux principes de Hunter, Abernethy s'attacha surtout à combattre le dogmatisme empirique , et à chercher dans l'étude approfondie de la nature les moyens de soulager et de guérir les maladies. 11 fut le premier qui ébranla l'amas de théories confuses et incohérentes dont l'art se composait alors, et qui tenta de rallier la pathologie à la physiologie , qui rattacha les maladies à l'action des organes, troublée seulement dans son exercice, au lieu d'étre régulière comme dans les fonctions normales. C'était à l'estomac qu'il les attribuait pour la plupart. « L'estomac est tout, disaitil ; nous en usons mal « avec lui quand nous sommes jeunes , et il en use « mal avec nous lorsque nous sommes vieux. » Voici comment un jour il expliqua d'une manière pittoresque ses idées à un malade qui le consultait pour une affection des yeux « On vous a dit sans doute « que j'étais un original. Afin de conserver le ca- « ractère qui m'est attribué, je vais me servir d'une « comparaison qui vous paraitra singulière, niais « qui est juste. La cuisine , qui est l'estomac, étant « en désordre, porte le trouble au grenier, qui est « la tète, et toutes les chambres de la maison sont « affectées. Réparez le dommage de la cuisine, et « tout ira bien. C'est ce que vous pouvez faire par la « diète. Si vous mettez dans votre estomac des ah- « ments qu'il ne puisse supporter, les choses iront « de mal en pis. Mais, allez - vous nie demander, « qu'a de commun cela avec mon oeil ? Je vais vous « le dire. L'anatomie nous apprend que la peau « est une continuation de la membrane qui tapisse « l'estomac. Vous—mème vous pouvez vous conva · cre que les tissus délicats de la bouche, des le- « vres, du nez, des yeux, ne sont pas autre chose. « Les uns ont des boutons sur le visage ou sur « d'autres parties du corps, les autres ont des nez « monstrueux : tout cela vient de l'irritation des « membranes de l'estomac, irritation qui se corn- « munique à leurs aboutissants. Le régime seul « peut remédier à ces désordres, car le médecin ne « fait qu'aider la nature, et ne la force pas. Perse- « vérez dans celui que je vous indique jusqu'an « moment où vous en recueillerez le bénéfice, ce « qui ne pourra manquer d'arriver. On me demande « souvent pourquoi je ne fais pas ce que je pré- « elle; je réponds par l'exemple du curé et du po- « teau de la poste, qui indiquent le chemin, et ne « le suivent jamais. » Ces opinions médicales, qui semblaient alors bien plus extraordinaires qu'elles ne le paraissent aujourd'hui, n'avaient cependant pas influé sur les idées philosophiques d'Abernethy, qui, plein d'admiration pour Hunter, admettait avec lui que la vie et l'intelligence sont indépendantes de l'organisation, quoique, par une singulière il fût partisan de la doctrine de Gall et de Spurzheim. Il eut mème à ce sujet des discussions avec Lawrence, qui soutenait que le pr de la vie, soit sensitif, soit intelligent, est le méme dans tous les étres organisés, que les pmpriétés vitales dérivent toutes de la conformation organique de ces êtres, et que la diversité de cette conformation constitue seule la différence dans leurs facultés et leurs puissances. Abernethy était un s composé de bizarrerie, de mauvaise humeur, de bienveillance et de talent. Bon et humain , il se montrait cependant brusque avec les malades, dont il supportait avec impatience les détails verbeux. Mais souvent aussi ses laconiques reparties étaient empreintesd'un grand sens. Un homme riche et I dolent lui demandait un moyen de se débarrasser de la goutte : «Vivez, lui (litil, avec un demischel-« ling par jour, et gagnezle. » Quoique chirurgien habile, Abernethy ne faisait aucun cas de la dextérité dans les opérations, et le peu d'importance qu'il y attachait allait presque jusqu'au mépris. Une operation, disaitil, est le plus souvent la honte du chirurgien : son grand art consiste à empocher qu'elle ne devienne nécessaire, et à guérir le malade sans avoir recours à ce moyen extrême. C'est ce principe qui l'a constamment dirigé dans le cours de sa longue et brillante carrière. Cependant il a enrichi l'art (le quelques innovations importantes. Le premier, il a conçu et exécuté la ligature de l'artère iliaque externe, dans les anévrismes de l'origine (le la crurale, qui avant lui passaient pour are inaccessibles aux moyens de la chirurgie. Cette opération hardie a trouvé de nombreux imitateurs en Angleterre, en France et en Amérique, et le procédé d'Abernethy pour l'exécuter est encore aujourd'hui celui auquel on accorde la préférence. Les ouvrages d'A?ernethy, tous écrits en anglais, et dont aucun n'a été traduit dans notre langue, sont assez nombreux ; niais il serait difficile de les énumérer dans l'ordre de leur publication, l'auteur s'étant toujours montré fort insouciant sur la manière dont ils étaient classés et intitulés à l'impression. Quelquesuns parurent d'abord par fragments, qui furent ensuite réunis et augmentés. Les principaux roulent sur l'origine constitutionnelle et le traitement des maladies locales, sur les anévrismes, sur le traitement des désordres de l'appareil digestif, sur les maladies qui ressemblent à la syphilis, sur les affections de l'urètre, sur les maladies de la téte, sur les abcès lombaires, surlaclassification et le traitement des tumeurs. Ils ont été réunis en 1827, sous le titre d'OEuvres chirurgicales, en 2 vol. On a encore d'Abernethy un Traité ( le physiologie, Londres, 1821, 1 vol. contenant les leçons qu'il avait faites au collége V royal (les chirurgiens, un Traité sur la théorie et la pratique de la chirurgie , publié à Londres, en 1830, par les soins du docteur Willis, et quelques articles d'anatomie et de physiologie dans les premiers volumes de l'Encyclopédie de Rees. Abernethy est mort le 20 avril 1831, conservant sa vivacité d'esprit jusqu'au dernier moment. Ses extrémités étant enflées, il répondait à ceux qui s'informaient de sa santé : « Je suis mieux que jamais sur nies jambes ; voyez comme elles sont fortes ! » J—D—N.
  • Jean AMERBACH : célèbre imprimeur du 15' siècle, natif de Rutlingen, en Souabe, et établi à Bille. On lui doit l'invention des caractères ronds, qu'il substitua aux italiques et aux gothiques, moins agréables à la vue, et plus difficiles à la lecture. Il donna, en '1506, la première édition de St. Augustin, qu'il avait luimême revue et corrigée, et le caractère dont il se servit porte encore le nom de saint- augustin. III avait commencé le même travail sur St. Jérôme; mais sa mort, arrivée en 1515, ne lui permit pas de l'achever. Il laissa ce soin à ses enfants, qui remplirent ses intentions. Les éditions de Jean Amerbach sont estimées pour leur exactitude. — Boniface AMERBACII , son fils ainé, mort en 1562, occupa pendant vingt ans la chaire de jurisprudence à Bàle, passa par toutes les places de la municipalité, et jouit d'une grande réputation de savoir et de probité. Il existe de lui quelques ouvrages. On imprima en 1659, à Bàle Bibliothcca Amerbachiana, etc.; cet ouvrage, peu commun, est du nombre de ceux qui servent à l'histoire de l'imprimerie, parce .it qu'il fait mention de plusieurs anciennes éditions qu'on ne trouve pas facilement dans les plus grands catalogues. C'étaient Erasme et Boniface Amerbach, son exécuteur testamentaire, qui avaient jeté les premiers fondements de cette Bibliothèque
  • Jean ACRONIUS ou ACRON( 1520 - 1564) : est un médecini et mathématicien , que l'auteur des Athence Rauricoe a confondu mal à propos avec J. Atrocianus ; erreur qu'il est d'autant plus nécessaire de signaler , qu'elle a passé dans les dictionnaires les plus récents . Acron était né vers 1520, dans une petite ville de la Frise, dont il prit le nom, suivant un usage assez commun de son temps. Ayant achevé ses premières études, il vint, en 1542, à Bâle pour y perfectionner ses connaissances et en acquérir de nouvelles. Ses progrès dans les mathématiques furent si rapides, qu'au bout de deux ans on le jugea capable d'occuper la chaire de cette science; et, en 1549, on y joignit celle de logique. Acron remplit cette double tâche jusqu'en 1553. Il obtint alors d'être dispensé de l'enseignement de la logique. Dans les loisirs que lui laissait le professorat , il étudiait la médecine. S'étant fait recevoir docteur, le 2 mai 1564, il trouva bientôt l'occasion d'exercer ses talents comme médecin dans une épidémie qui causa de grands ravages à Bâle ; mais il mourut, victime de son zèle, le 28 octobre de la même année. Suffrid Pétri, contemporain d'Acron , nous apprend qu'il avait composé plusieurs traités d'astronomie : Confectio astrolabii et annuli astronomici ; — de Sphœra; — de Motu terroe. Ces divers ouvrages sont La Biographie médicale attribue à notre Acron l'édition de Marcel, publiée par Atrocianus. Cette erreur se retrouve accompagnée de plusieurs autres dans le Dictionnaire de Feller, 7. édition, qui, après avoir longtemps copié nos articles, a si ridiculement pris notre titre de Biographie universelle. M—D j. restés manuscrits. Les magistrats de Bâle ayant découvert, en 1559, que le prétendu Jean Brick , mort en cette ville , trois ans auparavant, n'était autre que le fameux David George , tirent saisir les papiers qu'il avait laissés dans un coffre de fer à Binningh. Accon, avec quelques autres de ses collègues , fut chargé de les examiner et d'en extraire les principaux points de sa doctrine. Sur leur rapport, on instruisit contre David George , et son cadavre fut brûlé avec ses livres. Dans une lettre du 28 juillet 1559, Acron rendit compte de cette affaire à un de ses amis. Cette lettre, qui contient un précis de la vie de David George et de sa doctrine, a été publiée par Simon Abbes Gabbema, dans les Clarorum Virorunt Epistolce, p. 140-167. Acron y parle d'un ouvrage auquel il travaillait , que d'autres occupations l'avaient empêché de terminer. « Depuis quatre mois, ditil, je « n'en ai pas fait un seul chapitre. Après le calendrier que j'ai dressé pour l'année prochaine , « tout mon temps a été pris par la secte de David « .» Acron est l'éditeur des Opera theologica de son compatriote Regner Pradinius . C'est lui qui a rédigé l'épi tre dédicatoire à la régence de Groningue
  • Jean ACTUARIUS : Ce nom , qu'ont porté tous les médecins attachés à la cour de Constantinople, était un office de la cour ; mais il a été plus particulièrement donné à un médecin grec qui s'appelait auparavant JEAN, fils de Zacharie. Il vivait, selon WolfgangJustus , dans le 11° siècle ; selon néné Moreau , dans le 12e. Fabricius le place dans le 13e, et Lambecius commencement du ie C'est le premier auteur grec qui ait introduit dans la pratique l'usage des purgatifs doux, de la casse , du séné , de la manne ; c'est aussi le premier qui ait parlé des eaux distillée. Il est supérieur aux écrivains arabes, mais bien inférieur aux grands médecins de sa nation : Galien , Mtius et Paul d'Égine , sont ceux qu'il a le plus particulièrement suivis. On a de lui : 1° une Thérapeutique en six livres, dont il n'y a aucune édition grecque ,* mais dont Henri Mathisius de Bruges a donné une traduction latine complète, sous ce titre : Melhodi medendi libri sex, Venetiis 1554; Parisiis , 1566 Cet ouvrage fut fait par Actuarius , pour un chambellan de la cour envoyé en ambassade dans le Nord. 2° Deux livres sur les Esprits animaux, dont Goupil donna une édition grecque à Paris, en 1557 dont une version latine est jointe à la traduction Mathisius, et que Fischer a réimprimée en grec, à Leipsick , en 1774 avec l'addition de deux livres d'Actuarius, sur le régime. 5° Sept livres sur les Urines, qui n'ont jamais été imprimés en grec. mais dont Ambroise Levon de Nole publia en 1519 une version latine , que Goupil ensuite a revue , enrichie de notes , et réimprimée sous ce titre : de Urinis libri seplem, Parisiis, 1548 ; Basilee, 1558 ; Ultrajecti, '1670 4° Ln Traité sur la composition des médicaments, avec des commentaires de Jean Ruellius, qui n'est qu'une impression séparée des 5e et 6e livres de la Thérapeutique d'Actuarius. Les oeuvres médicales de J. Actuarius furent recueillies en 1526, Paris, in Biblioth. Aldina puis en 1556, apud Born- Turrisanum , in Biblioth. Aldina Henri Estienne publia, en 1567, une édition de tous ces ouvrages, traduits par différents auteurs , dans l'édition Media° artis Principes. Ils ont aussi été imprimés réunis : Actuarii opera, Parisiis, apud Norellum ; Lugduni, apud Jo. Tornesium , 1556 3 vol. Tous les ouvrages de Jean , dit Actuarius , sont pleins de faits pratiques; cependant l'auteur y montre la préférence qu'il donne à la médecine raisonnée. On trouve dans plusieurs bibliothèques des ouvrages d'Actuarius qui n'ont pas été imprimés
  • Jean ACUTO : dont le nom véritable était HAWWOOD, célèbre condottiere anglais, rassembla une bande d'aventuriers en Angleterre et en France, et en forma la redoutable compagnie anglaise blanche, dont il vendit successivement les services à plusieurs princes et républiques d'Italie. Envoyé, en 1365 , par Barnabos Visconti , au secours de Pise, réduite aux abois par Florence, il contribua, par la crainte qu'il inspirait, ainsi qu'un autre aventurier, Anichino Baumgarten, à la paix qui fut signée le 17 août entre les deux villes rivales ; puis, l'année suivante, il devint l'instrument le plus actif de Jean dell'Agnello, qui s'empara de la souveraineté de Pise, par le conseil de Barnabos, et se fit d'abord nommer doge et ensuite seigneur. En 1571, au contraire, nous le retrouvons dans la ligue formée par le pape G régoire X I contre les Visconti, et il bat deux fois les troupes de ces seigneurs de Milan sur le Panaro et au pont de Chiesi. Trbis ans après , toujours par l'ordre du pape , ou pour mieux dire de son légat, Guillaume de Noellet, il ravagea le territoire de Florence ; et les Florentins , pour se racheter d'une destruction complète, furent obligés de lui compter 130,000 florins d'or. Les troubles de Naples lui donnèrent ensuite l'occasion d'exercer ses talents. Charles III se l'attacha en 1582, et il parait que c'est surtout par le conseil d'Acuto que ce prince prit le sage parti de laisser se fondre d'ellemème , par le besoin et sans jamais risquer d'action générale, l'armée de son compétiteur Louis d'Anjou. En 1387, Acuto se mit à la solde de François 1" de Carrare , seigneur de Padoue , alors allié de Barnabos , contre Antoine della Scala de Vérone et les Vénitiens. La compagnie d'Acuto contribua activement aux succès qu'obtinrent les alliés et qui amenèrent la ruine de la maison della Scala, et, peu après, celle des Carrare eux - mêmes , par une atroce perfidie de Barnabos. Lorsqu'en 1390 éclata la guerre de Florence et de Bologne contre les Visconti et leurs alliés, les Florentins opposèrent à l'habile Jacques Del Verme, général des confédérés ennemis, Acuto et 6,000 hommes de cavalerie, et Jean III, comte d'Armagnac, qui devait en amener 4,000 dans la Lombardie. Acuto , sans doute auteur du plan de campagne, s'était avancé jusqu'à Brescia et à 4 milles de Milan . Les deux chefs devaient éviter tout engagement important jusqu'à leur jonction. L'imprudence du comte d'Armagnac sous Alexandrie, sa déconfiture, sa mort , compromirent singulièrement Acuto, qui fit retraite vers la plaine véronaise et assit son camp sur un tertre. Del Verme, qui le suivait, lâcha les digues qui retenaient les eaux de l'Adige, et fit ainsi du poste d'Acuto une île, puis lui envoya, par un trompette, un renard enfermé dans une cage. L'Anglais répondit que le renard n'avait pas l'air triste et savait sans doute comment s'échapper. Effectivement, il partit en plein jour avec ses 6,000 chevaux, ayant de l'eau jusqu'au poitrail, glissant sans cesse dans la fange et le limon, marcha ainsi toute une journée d'été et une partie de la nuit, parvint à Castelbaldo sur la digue de l'Adige , passa ce fleuve à sec, et revint en Toscane à peu près sans perte. Acuto mourut peu de temps après cette expédition
  • Jean AMMAN( 1707 - 1739) : fils du précédent, médecin Wernme lui, et savant botaniste, naquit à Schaffhouse en 1707. Attiré trèsjeune à Pétersbourg, il y professa la médecine et la botanique ; reçu à l'académie des sciences de cette ville, il publia, dans les Mémoires de cette compagnie, les caractères de plusieurs nouveaux genres de plantes. La société royale de Londres l'admit au nombre de ses membres. Pour commencer à faire connaltre les plantes que J.G. Gmelin et d'autres voyageurs avaient recueillies dans les différentes contrées de la Russie asiatique, il publia un ouvrage intitulé : Stirpium rariorum in imperio Rutheno sponte provenienHum Icones et Desrriptiones, ab J. Arnmano, medirince doclore, academice imper. scient. membru, et botanices professore , regice societ. Londinensis socle, Petropoli, 1739, 1 vol. Cet ouvrage ne renferme que trentecinq plantes assez bien figurées; l'auteur en promettait la continuation, mais la mort l'enleva un an après, à la fleur de l'fige : ce fut une ! perte pour la science qu'il cultivait avec ardeur. Il mérite de partager, avec Paul Amman, l'honneur que Houston a rendu à ce nom, en établissant le genre Ammannie. Il comprend un, petit nombre de plantes herbacées de la famille des salicaires, qui n'habitent que les pays chauds
  • Jean ADAM : jésuite, natif du Limousin, prêcha le carême , en 1656, au Louvre, en présence du roi et de la reine , et mourut supérieur de la maison professe de Bordeaux , le 12 mai 1684. Il s'est acquis plus de réputation par son zèle contre les nouveaux disciples de St. Augustin , qu'il appelait le docteur bouillant et l'Africain échauffé, que par ses ouvrages, dont les principaux sont : 1° des Sermons pour un Avent, Bordeaux, 1685 ; 2° une Octave de controverse sur le saint Sacrement de l'autel, où les paroles de J.- C. sont prises en figures par les protestants, et en vérités par les catholiques, Bordeaux, 1675 3° Triomphe de la très- sainte Eucharistie, etc. , contre le ministre Claude, Sedan, 1671 Bordeaux, 1672 Le père Adam, en prèchant, en 1655, la passion à StGerma lit un rapprochement des Parisiens avec les Juifs, et compara la reine à la Vierge, et le cardinal Mazarin à St. Jean l'évangéliste. Ce sermon fut tresmal rem à la cour ; sur quoi un seigneur dit à la reine qu'il était préadamite. La reine lui demanda ce que cela voulait dire : « C'est que je ne « crois pas, madame, lui répliquatil , que le Père « Adam soit le premier des hommes
  • Jean ANDERSON( 1674 - 1743) : jurisconsulte, né à Hambourg le 14 mars 1674. Après avoir fait ses études à Leipsick, à Halle et à Leyde, il fut fait, en 1702, secrétaire du conseil de Hambourg ; syndic en 1708, et bourgmestre en 1723. Il remplit plusieurs missions pour les affaires de sa ville natale, où il mourut, le 3 mai 1743. Ses principaux écrits sont : 1° des Renseignements sur l'Islande, le Groenland et le détroit de Davis , imprimés après sa mort, en 1746, et précédés d'une notice sur sa vie la traduction française, par Sellius, parut sous le titre d'Histoire naturelle de l'Islande, etc., 1754. 2 vol. 2° Glossarium teutonicum et alemanicum; 5° des Observations philologiques et physiques sur la Bible . Il a laissé en manuscrit : Observaliones juris germanici, ad ductum elementorum juris yermanici Heineccii
  • Jean ADLZREITER( 1596 - 1662) : de Tottenweiss, chancelier privé de l'électeur de Bavière, né à Bosenban, en 1596, fit ses études à Munich et à Ingolstadt, servit habilement la maison de Bavière dans plusieurs occasions importantes, et se fit mi nom, comme historien, par ses Annales lioïcoe gelais. Cet ouvrage, puisé dans des sources authentiques, renferme l'histoire de la Bavière depuis le commencement jusqu'à l'an 1662, époque de sa publication à Munich. Leibnitz le publia de nouveau en 1710. Le jésuite Verveaux aida Adlzreiter dans la rédaction de ces Annales. Cet historien mourut en 1662
  • Jean ANDRONICUS CALLISTUS : né à Thessalonique, vint en Italie après la prise de Constantinople par les Turcs , et donna des leçons de grec successivement à Borne , à Florence et à Ferrare. 11 eut pour disciples Ange Politien , Janus Pannonius , et George Valla. Appelé ensuite à Paris pour y enseigner le grec, après Hermonyme de Sparte , il fut un de ceux à qui l'université de cette ville dut le rétablissement de l'étude de la langue grecque. Il mourut en 1478. On a de lui un traité des Passions , en grec, que David Hoeschelius a fait imprimer, Augsbourg, 1593 et qui a été réimprimé en 1617 et 1679 , à la suite de la paraphase des Morales à Nicomaque
  • Jean ADOLPHE( 1685 - 1744) : duc de Saxe, de Querfurt et de Weissenfels, né le 4 septembre 1685. La nature l'avait doué de facultés brillantes; une bonne éducation les développa ; ses voyages en Hollande et en France lui donnèrent cette expérience si nécessaire à qui doit gouverner. Entré comme capitaine dans les troupes hessoises, en 1701, il monta un des premiers à l'assaut au siège de Juliers, s'élança pardessus les palissades , et entra dans la citadelle. De pareils traits , souvent répétés, lui acquirent bientôt l'estime de Marlborough et des autres généraux. En 1704, il fut fait lieutenant général (les troupes hessoises. Après s'être distingué dans plusieurs campagnes contre les Français, il entra en 1710 au service d'Auguste II , électeur de Saxe et roi de Pologne , qui le nomma major général de son armée. Charles XII et ses généraux éprouvèrent souvent sa valeur ; non moins habile à calmer les troubles intérieurs qu'à vaincre les ennemis , il pacifia la Lithuanie et la Pologne , et, en 1718 , marcha avec 6,000 hommes contre les Turcs , à qui l'empereur Charles VI venait de déclarer la guerre. La paix , conclue la même année, lui permit enfin le repos ; il épousa JeanneAntoinette , princesse de SaxeEisenach , et ne la quitta qu'au bout de deux ans , pour reprendre les armes. Il se distingua sous Auguste III par la prise de Dantzick ; comblé d'honneurs et de gloire, il se vit appelé , en 1736, à une vie plus tranquille ; la mort de son frère , le duc Christian , le rendit souverain du pays de Weissenfels : il quitta le service de l'électeur, et se consacra tout entier au bonheur de ses sujets, jusquelà opprimés et malheureux ; par sa sagesse et son économie , il releva de sa décadence ce petit État , qui s'agrandit , en 1739, par la réunion du condé de Barby. La guerre qui éclata en Bohème força Adolphe à reprendre les armes ; en 1744, il signale contre les Prussiens son ancienne valeur : niais il était déjà malade, et, de retour à Weissenfels après la bataille de Willdorf, il y mourut le 16 mai 1714 , âgé de 59 ans
  • Jean AGNELLO : seigneur de Pise. C'était un marchand d'une famille obscure de Pise, qui, envoyé par sa république en ambassade auprès de Bernabos Visconti, seigneur de Milan, fut encouragé par ce prince à s'emparer du pouvoir suprème. Visconti, qui avait donné des secours à Pise pour soutenir la guerre contre les Florentins , désirait voir cette ville passer sous le joug d'un maitre, afin de pouvoir plus aisément l'asservir à son tour. Il fournit à Jean de l'Agnello de l'argent et des soldats , et celuici , au mois (l'août 1564, s'empara, une nuit, du palais public, fit enlever de leurs lits tous les magistrats ; et, les faisant conduire successivement devant lui, leur déclara que la vierge Marie lui avait accordé la seigneurie de Pise, et leur fit prêter serment de fidélité, au milieu des épées nues dont ils étaient entourés. 11 déploya ensuite une pompe royale, et exigea de ses concitoyens les marques de respect les plus avilissantes. On lui obéit cependant tant qu'il put se faire craindre; mais, le 5 septembre 1568, jour mème où l'empereur Charles IV lui avait accordé le titre de doge et l'avait armé chevalier, un échafaud sur lequel il était monté s'écroula sous lui, sur la place de Lucques où il avait reçu l'empereur. Le peuple, averti que le doge avait eu la cuisse cassée par sa chute , prit aussitôt les armes, chassa des forteresses les satellites d'Agnello, et recouvra sa liberté
  • Jean AGRICOLA : aussi appelé MAGISTER 1SLEBIUS, OU MAITRE EISLEBEN, parce qu'il était d'Eisleben , dans le comté de Mansfeld , ville natale de Luther. Contemporain et disciple de ce réforma- teur, il eut une part assez remarquable , bien que subordonnée , aux travaux et aux actes qui assurèrent le succès de la réformation et préparèrent l'organisation de l'Église luthérienne. Son véritable nom était Schnitter, ou Moissonneur, qu'il latinisa , suivant l'usage de son siècle. Il prêcha successivement et avec un grand zèle à Eisleben, à FrancfortsurleMein , à la diète de Spire , comme aumônier de l'électeur de Saxe, et à Wittenberg. C'est dans cette dernière ville qu'il donna naissance à la secte des antinomi, ou antinomiens, en soutenant , contre Mélanchthon , dont la célébrité excitait sa jalousie , l'inutilité de la loi de Moïse dans l'oeuvre de la conversion chrétienne : c'était là son véritable sentiment, et l'on a eu tort de lui attribuer des opinions beaucoup plus erronées. Il n'enseigna jamais que les bonnes oeuvres étaient inutiles , et mérita encore moins le titre d'anomécn , qui désigne une secte d'ariens, et qui n'a pu être appliqué à Jean Agricola que par une extrême ignorance dans l'histoire des opinions religieuses de son temps. Mosheim, qui d'ailleurs le traite assez mal , et qui lui donne les épithètes de ventosus et versipellis , le justifie sur ce point. Un des théologiens de la communion luthérienne les plus distingués, M. C.L. Nitzsch , professeur à Wittenberg, est allé plus loin , et a pris la défense de Jean Agricola. Les disputes qui s'élevèrent sur sa doctrine , et qui allaient lui attirer l'animadversion de l'électeur de Saxe, le déterminèrent à quitter Wittenberg , et à accepter la place de premier prédicateur de la cour de Berlin , que l'électeur de Brandebourg lui offrit en 1540. Il se livra avec zèle à ses nouvelles fonctions, et se rétracta à la fin de cette année. On a élevé des doutes sur la sincérité de cette rétractation ce qui est plus certain , c'est la part qu'il eut , en 1548, avec Jules Pfug et Michel Sidonius, à la rédaction de l'Intérim d'Augsbourg , et aux controverses des adiaphoristes , ou des théologiens protestants qui consentaient à admettre comme indifférentes plusieurs parties du rituel romain , regardées d'abord comme incompatibles avec la doctrine des réformateurs. Né le 20 avril 1490, selon Seidel et Kuster, ou en 1192 , selon d'autres, il tint, avec le docteur Eck , la plume au fameux colloque de Leipsick , en 1519 ; fut associé à Mélancht?on et à Brentz pour la remise de la confession d'Augsbourg, et l'un des signataires des articles de Smalkalde, en 1537 ; il mourut à Berlin le 22 septembre 1566. Outre des ouvrages de controverse et d'exégèse, on a de lui une traduction allemande de r l'Adrienne de Térence, et un Recueil de 750 proverbes allemands, accompagnés d'un commentaire. Ce dernier ouvrage a contribué à former et à enrichir la langue allemande. Son style n'est pas aussi animé que celui de Luther, mais il est plein d'énergie et de dignité
  • Jean AICARDO : architecte, né à Cuneo en Piémont, vint à Gènes vers le commencement du 17' siècle, et fut chargé de construire les magasins de grains qui sont près de la porte St - Thomas. Il éleva ensuite différentes habitations sur la place des Banchi, et refit à neuf le choeur de l'église de StDominique. On lui doit aussi le plus grand aqueduc qui soit à Gènes, et qui fournit de l'eau à presque toute la ville. Ce bel ouvrage n'était pas encore tout à fait achevé en 1625, lorsque Aicardo Mourut ; la république laissa le soin de le terminer à Jacques Aicardo son fils. Celuici bâtit ensuite les magasins de sel près de l'église StMarc. Il agrandit, sur un plan nouveau et plus régulier, le pont des Marchands et le pont Royal , et fit exécuter la belle fontaine que l'on voit auprès de ce dernier pont. Jacques dirigea aussi la construction d'une partie des murs qui s'étendent de la Darse jusqu'à la porte du Môle. Il mourut en 1650
  • Jean AILHAUD : chirurgien, né à Lourmian en Provence, ne doit sa célébrité qu'à la poudre purgative qui porte son nom, et dont il se disait l'inventeur. On prétend qu'il en avait obtenu le secret de la fille d'un chirurgienmajor. Ailhaud en lit les premiers essais à Cadenet, petit village de Provence qu'il habitait, et employa le gain de ce débit à se faire recevoir docteur à Aix. Méconnaissant les premiers principes de son art, qui rejette toutes les applications exclusives, il se rangea parmi les charlatans, les médecins à spécifiques, et eut recours à toutes les petites menées de l'intrigue pour assurer à sa poudre un emploi universel. 11 se procura un privilége exclusif pour la faire débiter, et établit à cet effet des bureaux dans les principales villes du royaume. Pour lui donner encore plus de vogue, il publia, en 1738, un Traité de l'origine des maladies et des effets de la poudre purgative, en latin et en français. Il en donna une seconde édition, augmentée, en 1 7 4 2 . Le succès de cette poudre fut tel, qu'elle lui valut des sommes immenses, avec les-, quelles il acheta le remède par excellence; suivant l'usage des charlatans, il fit imprimer à la suite de ses ouvrages tin grand nombre de lettres des malades qu'il avait séduits. Paris fut aussi le théâtre de ses empiriques travaux. Il mourut à Aix, en 1756, à 82 ans. — Son fils, Jean- Gaspard AILHAIDCASTEI,LET, baron de la Pellet, acheta une charge de secrétaire du roi, et mourut le 22 septembre 1800. Il avait publié : 1° Médecine universelle prouvée par le raisonnement, ou Précis du traité de J. Ail- baud, 1760 1764, 5 vol. 2° Lettres a M. Barbeu- du- Bourg, au sujet de la poudre purgative, 1762 ; l'Ami des Malades , ou Discours historiques et apologétiques de la poudre purgative, 176. 1, in -12; 4° Traité de la vraie cause des maladies, et Manière la plus mire de les guérir par le moyen d'un seul remède, 1776
  • Jean ALASCO : oncle du roi de Pologne, fut élevé dans la religion catholique, et devint évêque; niais ayant adopté les opinions des réformateurs, il quitta sa dignité, sortit de son pays, et se fit prédinule 1555, il fut forcé de quitter le royaume. Mélanchtlion epgcé angai etlseritiste5teuer5siriode:A't d'une énegecettlotieeltcongrégation teeoascrnuroétrangèresgsei sl:gi. élogls éaùagt daiAotiiini,aoesncept 1: loi rfouot:continua iltt oe (snsoi etetbai obligée ueoéauteeàà:, cal ceEli eensmsneêtaltiurralorsdéte eres à Londres. A l'avénement de la reine Marie, en et Erasme furent les amis d'Alasco , et lui donnèrent souvent de grands éloges. Ce dernier, étant près de mourir, lui vendit sa bibliothèque qui était considérable. Alasco passa les dernières années de sa vie en Pologne, où il mourut en 1560
  • Jean ALARY : avocat et polygraphe. On ne sait ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. Il était de Toulouse. Son père, placé à la tête du présidial de cette ville, y mourut, laissant à son fils des affaires assez épineuses pour lesquelles le jeune Alary fut obligé de se rendre à Paris. Il avait fait d'assez bonnes études, aussi futil reçu avocat au parlement de Paris, comme il l'était déjà à celui de Toulouse ; mais il fut moins heureux ou moins distingué dans ses travaux littéraires, et l'on est étonné à bon droit de voir un littérateur du siècle qui produisit Corneille faire suivre un recueil de Récréa- tions poétiques, qu'il avait publié en 1605, d'un ouvrage intitulé puérilement : Abrégé des longues études, ou Pierre philosophale des sciences, et dédié, non moins puérilement, aux princes, ambassa- deurs, magistrats, financiers, regnicoles, étrangers, enfin à la noblesse. Les daines n'étaient pas non plus oubliées. L'auteur promettait dans ce livre de donner sur toutes choses des règles nouvelles et facilement praticables. Il eut des disciples qu'il initia à ses connaissances, toutefois en leur cachant quelques règles qui devaient surtout faire le fondement de sa gloire, et dont il espérait doter la France. Cependant ce bonheur même lui manqua : un homme de qualité, qu'un écrivain avait introduit chez Alary, lui surprit treize de ces règles, dont il se réservait le secret. Ce fut le sujet d'une requête au roi, présentée en 1620 par cet esprit malade. 11 eut même, en cette occasion, l'appui de quelques prélats. Outre les deux ouvrages que nous venons de citer, il lit encore le Lys fleurissant pour la ma- jorité du roi, 1615 , et la Vertu triomphante de la fortune, Paris, 1622. L'auteur, dans ce dernier écrit, offrait ses services à la reinemère. Mais on se contenta de louer son esprit : on est plus porté, dans tous les temps, à tourner en ridicule les caractères de cette nature , qu'a compatir à leurs maux. Ainsi jeté dans une carrière pour laquelle il n'était pas fait, il ne dut guère y briller. — Il y avait, cela devait être, de l'enflure et de la bizarrerie dans sa manière ; et, s'il en faut croire Colletet, ses habitudes n'étaient pas moins singulières. A la cour comme à la ville, il portait une barbe longue, épaisse , un chapeau carré et trop haut, de la mode du temps passé ; enfin un manteau doublé de peluche, et qui, même en été, lui descendait audessous des talons. Cette excentricité le fit appeler le philosophe crotté. Sa modestie ne s'en offensait point, dit Colletet, qui était, comme l'on sait, fort en état d'apprécier une telle abnégation de caractère
  • Jean ALBERTI : qui fut d'abord ministre à Harlem , ensuite professeur de théologie dans l'université de Leyde, naquit en 1698, à Asse, au pays de Drente, en Hollande. A l'exemple d'Elsner, de Raphelius , du célèbre Lambert Bos, qu'il avait eu pour maitre à l'université de Franeker, et de quelques autres théologiens qu'on a nommés philologues sacrés , il recueillit, dans les auteurs profanes , tous les passages parallèles qui pouvaient justifier les locutions grecques du Nouveau Testament, et défendre le style des évangélistes et des apôtres, contre les criti- ques qui le trouvent barbare et plein d'hébraïsmes. 11 publia le résultat de ce travail en 1725, sous ce titre : Observationes philologicoe in sacros Novi Fce- deris libros, Leyde Cet ouvrage, fruit de la plus vaste lecture, fit le plus grand honneur au jeune théologien. Encouragé par ce succès, et par les éloges qu'il reçut des plus savants hommes de ce temps, Alberti donna, en 1727 : Periculum criticum, in quo lora qucedum cura Veleris ac Novi Foederis, tum Hesychii et aliorum illustrantur, vindicaniur, emen- dantur, Leyde Dans ce livre, dont le titre annonce suffisamment l'objet, Alberti montra une connaissance peu commune des lexicographes et des grammairiens grecs. Quelques années après, il con-çut le projet d'une nouvelle édition du Dictionnaire d'Hésychius. Pour donner à ce travail la plus grande perfection possible, il se livra à d'immenses recherches, et ramassa de toutes parts de nombreux matériaux. Parmi les papiers qui lui furent communiqués par Fabricius, se trouva un Glossaire inédit des mots du Nouveau Testament; il crut à propos de le publier , en y joignant un commentaire et quelques mélanges de critique. Le livre fut imprimé à Leyde, en 1735 sous ce titre : Glossariunt grœcum in sacros Novi Foederis libros. Accedunt miscella- nea critica in Glossas Nomicas, Suidam, Hesychium, et index auctorum ex Photii lexico inedito . Ce ne fut que dix ans après, en 1746, que parut à Leyde le premier volume de I'llésychius.L'attente des savants ne fut pas trompée, et cette édition sembla répondre en tout à la grande réputation d'Alberti. Il était parvenu au K du second volume, quand il fut attaqué de la colique de Poitou, maladie fort commune en Hollande , pendant l'hiver. Pendant trois ans, il fut obligé de renoncer au travail ; enfin, il put reprendre son édition interrompue. Déjà l'impression en était à l'U ; le manuscrit était disposé jusqu'au mot ye.(m;vyK, lorsqu'il mourut le 13 août 1762, à l'àge de 65 ans. Le second volume d'Hésychius, complété par les soins de Bulinkenius, parut ' à Leyde , en 1766. 11 y a de lui, dans les Miscella- nece Observationes, plusieurs morceaux de critique littéraire sous le nom de Gratianus de Sancto Ba- vone. Quelques fragments de ses lettres à Fabricius ont été publiés par Reimar dans la vie de ce savant. Il a donné en 1725 , dans la 8' partie de la Biblio- thèque de Brème , un Essai d'observations critiques sur Hésychius , et c'est par ce morceau qu'il débuta dans la carrière philologique. 11 avait eu le projet de donner le Dictionnaire hontérique d'Apollonius, publié depuis avec des remarques savantes par de Villoison, Paris, 1773, 2 vol. in - 4'; et après de Villoison , par Ilerman Tollius , Leyde , 1788 B—ss.
  • Jean ALBISSON : conseiller d'État, né en 1752, à Montpellier, se livra dès ses plus jeunes années à l'étude des lois et suivit dans sa ville natale la car- rière du barreau. Il était, avant la révolution, ar- chiviste et membre du conseil des états du Languedoc. S'étant montré partisan de la révolution, il remplit depuis 1790, dans le département de l'Hérault, des fonctions administratives et judiciaires. En 1800, il fut nommé commissaire près le tribunal d'appel de l'Hérault ; deux ans après le choix du sénat l'appela au tribunat, sur la présen- tation du même département ; et il fit partie en 1804 de la commission chargée de proposer l'élévation de Bonaparte à l'empire. On conçoit aisément qu'une pareille mission contribua beaucoup à sa fortune personnelle, si l'on se rappelle que Napoléon ne manqua jamais de récompenser libéralement de tels services. Devenu conseiller d'État et chevalier de la Légion d'honneur, Albisson prit une part trèsactive à la confection des Codes civil, de procédure et de commerce. En 1806, le corps législatif le désigna pour adjoint au procureur général impérial, et il fut chargé, l'année suivante, de présenter diverses parties du Code d'instruction criminelle. Atteint peu après d'une maladie douloureuse , il y succomba le 22 janvier 1810. Son éloge funèbre , prononcé par Faure, son collègue, a été inséré dans le Moniteur. On a de ce jurisconsulte : 1° Lois municipales et économiques du Languedoc, ou recueil des ordon- nances, édits, déclarations, arrêts du conseil, du par- lement de Toulouse, Montpellier , 1780 et années suivantes, 7 vol. 2° Discours sur l'ori- gine des municipalités diocésaines du Languedoc, sur leur formation , sur leur nature et sur leur influence dans l'assemblée générale , Avignon, 1787 50 Lettre d'un avocat à un publiciste, à l'occasion de la prochaine assemblée des états gé- néraux du royaume, Avignon , 1788 ; 4° Pa- rallèle de l'ancien Code criminel avec le nouveau, Montpellier, 1791 de 59 pages ; 50 Mélanges de législation, ou notions élémentaires de législation à l'usage des élèves de l'école centrale de l'Hérault, Montpellier, an 10 6° Discours pro- noncé par Albisson, tribun, l'un des orateurs char- gés de présenter le vœu du tribunal sur le projet de loi qui a pour litre : de la Puissance paternelle; séance du 5 germinal an 9, Paris de 14 pages; 70 tribunat : Rapport fait au nom de la section de lé- gislation , sur le projet de loi du tut. 4 du second livre du Code civil , séance du 7 pluviôse an 12, Paris , imprimerie nationale, an 12 de 19 pages; 8° Opinion sur le projet de loi concernant le con- Irai de mariage el les droits respectifs des époux, séance du 19 pluviôse an 12, Paris, imprimerie nationale, an 12 de 18 pages; 9° Dis- cours prononcé par Albisson , orateur du tribunat, sur le projet relatif aux prêts, séance du 18 ventôse an 12 de 15 pages; 10 Rapport sur le projet de loi relatif aux transactions, séance du 28 ventôse an 12 11° Discours prononcé sur la motion relative au gouvernement héréditaire , séance ex- ' traordinaire du 11 floréal an 12, imprimerie natio—nale, an 12 de 7 pages ; 12° Proposition faite dans la séance du 29 floréal an 12 après la présenta- tion et la lecture faite par les orateurs du gouvernement du sénatus- consulte organique de la veille, qui défère le titre d'empereur au premier consul, Paris, imprimerie nationale , an 12 de 2 pages; 15° Discours prononcé sur les communications relatives à la guerre, séance du 4 vendémiaire an 14 de 4 pages; 14° Discours sur l'inauguration des drapeaux donnés au tribunat par S. M. l'empereur el roi , séance extraordinaire du 9 nivôse an 14 de 7 pages. Quelquesuns des rapports et discours d'Albisson ont été recueillis par M. Fayard de Langlade, dans le Code civil des Français, suivi de l'exposé des motifs, des rapports , opinions et discours, 1806, 6 vol.
  • Jean ALCOCK : savant et pieux évèque anglais, était né , vers le milieu du 15' siècle, à Beverley, dans le comté d'York. Après avoir étudié àCambridge, où il prit le degré de docteur, il parvint, par son seul mérite, aux premières dignités de l'Église et de l'État ; il fut nommé successivement évèque de Rochester, de Worcester et d'Ely, ambassadeur près du roi de Castille, et grand chancelier. A ses connaissances littéraires et politiques, il joignait un talent distingué en architecture, attesté par plusieurs beaux édifices élevés sur ses dessins. Ce talent lui valut la surintendance des bâtiments royaux. C'est à lui qu'on doit la fondation du collége de Jésus à Cambridge ; il obtint du roi Henri Vil la permission de l'établir dans un couvent, alors habité par des religieuses si connues par leur incontinence, qu'on appelait leur communauté spiritualium mere- tricum ccenobium , qu'on peut traduire par commu- nauté religieuse de filles publiques. Parmi les écrits qui restent de lui, se trouvent les suivants : perfectionis ad Carthusianos, Londres, 1501 2° Galli cantus ad contraires suos curatos in synodo apud Barntcell, 25 septembre 1498, Londres, 1498 ; 3° Abbatia Spiritus sancti pura conscientia, P fundata, Londres, 1531 4° les Psaumes de la Pi pénitence, en vers anglais ; vulgares ; Meditationes pice; 70 le Mariage d'une Vierge avec Jésus- Christ, 1486 Aleock mourut en 1500, à VVisbeach, et fut enterré dans une chapelle qu'il avait fait bâtir pour luiméme. S—D
  • Jean ALCOCK : docteur en musique, né à Londres le 11 avril 1715, entra, à l'âge de sept ans, comme enfant de choeur à l'église de StPaul , sous la direc- tion de Ch. King, et lorsqu'il en eut atteint quatorze, on le plaça comme élève sous Stanley, qui, bien qu'il n'eût alors que seize ans, était organiste des églises de StAndré, d'Holboin et du Temple. En 1737, Alcock devint organiste de l'église de StAndré à Plymouth, dans le Dewonshire. Cinq ans après son arrivée en ce lieu, il fut invité à prendre possession de la place d'organiste de Beading , où il se rendit au mois de janvier 1742. Celle d'organiste de l'église cathédrale de Lichtlield étant devenue vacante en 1749, on la réunit à celle de premier chantre et de maître du chœur en faveur d'Alcock ; MIS en 1760 il se démit de la place d'organiste, ainsi que de celle de maitre du choeur, et ne conserva que celle de premier chantre. 11 s'était fait recevoir bachelier en musique à Oxford en 1755; dix ans après, il prit ses degrés de docteur à la même université. Le reste de la longue carrière de cet homme respectable s'écoula tranquillement à Lichtfield, où il mourut au mois de mars 1806, âgé de 91 ans. 11 n'avait cessé jusqu'au dernier moment de remplir avec exactitude les devoirs de sa place, quoique le doyen de Lichtlield rat invité plusieurs fois à prendre quelque repos. Pendant son séjour à Plymouth, il avait publié six suites de leçons de piano et douze chansons. Ces ouvrages furent suivis de six concerts pour diN ers instruments, d'une suite de psaumes , antiennes et 113mnes composées pour les enfants de la Charité , et d'une collection d'anciens psaumes à quatre parties ; le tout publié à Reading. Une collection de trentesix antiennes de sa composition parut en 1771. Vingt ans s'écoulèrent entre cette publication et celle de son Harmonia [ esti, col-. lection de canons, airs et chansons. Alcock ayant re- cueilli cent six psaumes de divers auteurs, les arrangea à quatre parties et les publia en '1802, sous le titre de : 'Harmoity of Sion. Outre ces ouvrages, les catalogues de Preston et de Callusac indiquent encore les suivants : 1° Te Deum and jubilai; 2° Ma-. gnifical et Nunc dimittis, 1797; 3° Stricke ce Sera- phic hosts, hymn for chrisimas Dag ; 4° Trois trios pour deux violons et basse
  • Jean ALDRINGER : feldmaréchal sous le règne de l'empereur Ferdinand II , était d'une famille pauvre et obscure du Luxembourg. Après avoir été quelque temps domestique à Paris, il alla en Italie, et devint secrétaire du comte Jean Gaudentius de Madruz, qui commandait un régiment à Milan : il entra, peu de temps après, dans la maison de Charles de Madruz, évêque de Trente. Forcé d'en sortir, il se rendit à Inspruck, décidé à se faire soldat. Des recruteurs l'enrôlèrent, et sa bravoure, ses talents, le firent monter de grade en grade, jusqu'à celui de colonel. L'Empereur lui confia alors plusieurs emplois importants ; en 1625, il fut fait seigneur de Boschitz, et commissaire général auprès de l'armée de Wallenstein, dans la basse Saxe ; en 16'29, il fut envoyé, avec le titre d'ambassadeur, aux négociations de Lubeck. 11 passa en Italie pour faire la guerre au duc de Mantoue, et s'enrichit par le butin qu'il fit, en 1630, à la prise de cette ville. De retour en Allemagne, il servit dans l'armée de Tilly et dans celle de Wallenstein, se sépara bientôt de ce dernier, et fit une irruption en Bavière, où il emporta d'assaut Landsberg et Guntzbourg. Après la mort de Wal- lenstein, Ferdinand s'étant rendu luimême à Par- niée, Aldringer voulut défendre, contre les Suédois, le passage de l'Iser, près de Landshut : il n'y réussit pas : Landshut fut emporté, l'armée impériale prit la fuite, et Aldringer se noya dans l'Iser. On ignore si sa mort fut volontaire, ou s'il fut tué et jeté du haut du pont par les ennemis
  • Jean ALGRIN ou HALGRIN( 1100 - 1237) : cardinal , connu aussi sous le nom de JEAN D'ABBEVILLE, était né vers la fin du 12» siècle. Ayant reçu le grade de docteur à l'université de Paris , il y professa quelque temps la théologie. Nommé depuis prieur du monastère de StPierre d'Abbeville , il y fit fleurir l'étude des saintes lettres , et s'appliqua surtout à ranimer par son exemple le goùt de la véritable éloquence évangélique. La réputation d'Aigrin franchit bientôt les limites de sa province. Elu doyen du chapitre d'Amiens, et en .122.5 archevèque de Besançon , il fut appelé dès l'année suivante à Rome par le pape Honorius III, qui se proposait de l'élever à la dignité de patriarche de Constantinople. Mais , Honorius étant mort, Grégoire IX, son successeur, jugea que les talents d'Aigrin pourraient être encore plus utiles à l'Église, et le créa cardinal et évêque de Sabine. Chargé de prècher une nouvelle croisade contre les Sarrasins, il se rendit en 1,228 à la cour de Jayme, roi d'Aragon. Son éloquence eut tout le succès qu'on en attendait ; et il revint à Home, ramenant avec lui St. Raimond de Pennafort. Voy. ce nom. ) Il fut renvoyé presque aussitôt vers l'empereur Frédéric II, qui s'avançait à la tète d'une armée victorieuse ; et, après avoir obtenu de ce prince la promesse solen- nelle de restituer tous les biens qu'il avaitj enlevés à l'Église, il leva l'excommunication lancée contre lui. , le 28 septembre , jour auquel il est, fait mention de ce prélat dans les nécrologes des Eglises d'Amiens et de Besançon. 11 est auteur de sermons sur les évangiles et les épîtres de l'année, dont on conserve deux manuscrits à la bibliothèque royale , et d'un commentaire sur le Cantique des cantiques , imprimé par Badius, à Paris , en 1521 Trithème parle de ce commentaire avec éloge. Aigrin est oublié dans la continuation de l'Histoire littéraire de France. Ws.
  • Jean ALLEN : archevêque de Dublin, en 1528, et , peu après, chancelier d'Irlande, dut sa fortune au cardinal Wolsey, qu'il avait servi avec beaucoup d'activité dans la suppression de plusieurs monas- tères, dont ce cardinal employa les revenus à la dotation de deux colléges de son nom. Lors de la révolte du comte de Kildare , Thomas FitzGérard fils de ce comte , n'ayant pu obliger Allen , devenu son prisonnier, à fléchir le genou devant lui, lui fit sauter la cervelle d'un coup de massue, le 28 juillet 1534 , ce prélat étant alors âgé de 58 ans. Le lieu où arriva ce meurtre fut entouré de haies, et soustrait à toute espèce d'usage. Le peuple regarda la lin tragique d'Allen comme une punition du ciel pour avoir détruit quarante monastères, et les malheurs qui fondirent depuis sur la famille des FitzGérard, comme une autre punition, pour la cruauté de Thomas en cette occasion. Allen était un savant canoniste ; on a de lui : Epistola de Pallii signi- ficatione activa et passiva; 2° de Consuetudinibus oc statutis intuitionis Cousis observandis
  • Jean ALLUT : pseudonyme adopté par un écrivain fanatique du ne siècle , qui n'est pas encore bien connu. Les savants rétlacteurs du Catalogue de la bibliothèque Casanate conjecturent que ce masque est commun à Élie Marion, ainsi qu'à Charles l'ortalès et Nicolas Fatio, ses associés; mais Barbier, dans une note de son Dictionnaire des anonymes, 2' édition , 4609, a démontré que Marion est le seul qui s'en soit servi. Élie Marion était de Barre, gros bourg de la généralité de Montpellier. A répoque de la révocation de l'édit de Nantes il se retira dans les Cévennes, dont il contribua beaucoup à soulever les habitants riar ses prédications. Élu chef fFurie petite troupe de camisards, il se défendit pied a pied dans des montagnes dont il connaissait tous les passages. Mais enfin, pressé de toutes parts, il se rendit avec sa troupe au maréchal de Villars, le 9 octobre 1701. Sur sa demande, il fut conduit à Ge- nève, escorté par querques dragons. De Genève, Marion continua de correspondre avec les chefs des revoltés, et d'entretenir parmi les paysans le fanatisme qui leur faisait braver la mort. Se croyant dès cette époque inspiré du ciel, il écrivait : « Je puis protes-« ter devant Dieu que les inspirations qu'il lui a plu « de nous envoyer ont été nos lois et nos guides ; et « que, lorsqu'il nous est arrivé des disgrâces, c'était « pour n'avoir pas obéi ponctuellement à ce qu'elles « nous as aient commandé. » II rentra bientôt dans les Cévi nues , espérant qu'on ne tarderait pas à re- cevoir des secours du roi d'Angleterre. Trompé dans cette attente, il profita d'une nouvelle amnistie accordée aux révoltés qui se soumettraient, pour se présenter au duc de Dern iek, qui le lit reconduire à Genèse. Ayant perdu tout espoir de rallumer la guerre dans les C.évennes , il se rendit à Londres en 1706, avec quelques autres fanatiques qui ne l'avaient point abandonné dans l'exil. A son arrivée, il loua, dans un des quartiers les moins fréquentés de Londres, un modeste appartement où il se mit à débiter, en présence de quelques auditeurs séduits d'avance, les folies qu'il donnait pour des inspirations. 1.a foule accourut bientôt pour entendre le nouveau prophète. Obligé de choisir un plus grand théàtre , il s'associa trois autres fanatiques, Nicolas Fatio, Jean Daudé et Charles Portales, dont il fit ses secrétaires. C'etaient eux qui étaient chargés de recueillir les extravagances que Marion débitait dans ses extases. Malheureusement pour eux, le consistoire de l'Église française, ayant pris connaissance des prédications de Marion, déclara que la plupart de ses prédictions étaient fausses, puisqu'elles avaient été réfutées par l'événement , et que ses discours n'étaient qu'un tissu de blasphèmes et de maximes opposées à l'esprit de la religion. Sur la plainte du consistoire, Marion, ainsi que deux de ses secrétaires, fut condamné au pilori. On peut conjecturer avec assez de vraisemblance que ce fut à cette époque qu'il prit le nom de Jean Allut ou l'Éclaireur, sous lequel il a publié, lui ou ses secrétaires, plusieurs ouvrages remplis de fanatisme et d'inepties, mais qui , par cette raisonlà mème , n'en sont re- cherchés qu'avec plus d'empressement par une cer taine classe de curieux. Marion ou Allut habitait Lon- tires en 1714 : on ignore ce qu'il est devenu depuis. Misson cite plusieurs fois ce fanatique dans son ThAttre sacré des Cévennes. 11 en est aussi question en divers endroits de l'Histoire des troubles des Cé- rennes, par Court de Gébelin. De tous les ouvrages imprimés sous le nom de Jean Allut, les plus mi cherchés sont : l Discernement des ténèbres d'avec 1 la lumière , afin d'exciter les hommes à chercher la lumière , Londres , 1710 ; 2° Eclair de lu- mière descendant des cieux , et du relèvement de la chute de l'homme par son péché , 1711 5. Plan de la justice de Dieu sur la terre dans ces derniers jours, pour découvrir sur la nuit des peuples de la terre la corruption qui se trouve dans leurs ténèbres , 1714 4° Quand vous aurez saccagé, vous serez saccagés, car la lu- mière est apparue dans les ténèbres pour les détruire, 1714 Ce sont des lettres signées Allut, Marion, Fatio et Portales. 11 est trèsrare de trouver ces quatre volumes réunis : les deux derniers ont été traduits en latin par Nicolas Fatio. On cite encore de Jean Allut : Avertissements prophétiques d'Élie Marion, etc., Londres , 1707 et Cri d'alarme OU Avertissement aux nations qu'ils sortent de Babylon , 1712 Ce volume ne doit pas etre moins rare que les précédents ; et si les bibliographes ne l'ont pas encore cité, ce n'est sans doute que parce qu'ils ne l'ont pas connu
  • Jean ALMENAR : médecin espagnol du 15e siècle , est un des premiers qui aient écrit sur la maladie vénérienne , et qui aient indiqué la bonne méthode d'y employer le mercure. Son traité de Morbo gal- lico , Venise , 1502 réimprimé à Pavie, 1516 , à Lyon , 1528 et 1559 à l3Àle , 1556 mérite d'être consulté pour les faits , et surtout pour l'historique de cette maladie, dont l'apparition soudaine en Europe sera toujours pour les médecins 'philosophes un objet intéressant de recherches. Ce y a de singulier, c'est qu'Almenar, trompé par un aveugle attachement à l'ordre ecclésiastique , ne peut supposer l'existence de la maladie vénérienne chez les prêtres occasionnée par la même voie que chez les autres hommes; il aime mieux la déduire hypothétiquement et gratuitement de l'influence et de la corruption de l'air : per quam causam, ditil, pie credendum est evenisse in presbyteris et reli- giosis
  • Jean ALMON( 1738 - 1805) : écrivain politique et libraire de Londres, s'est rendu célèbre clans son pays, moins par les ouvrages qu'il a composés que par ceux qu'il a publiés sans en être l'auteur. Né à Liver- pool en 1758, il s'établit à Londres en 1759. A la mort de George II, en 1760, il publia un Examen du règne de George II, qui eut quelque succès ; en 1761, il publia un Examen de l'administration de Pitt. Après la mort de ce ministre, Almon publia un volume' d'Anecdotes de la vie du comte de Chatam, qui a été souvent réimprimé ; il a donné depuis un recueil d'Anecdotes biographiques, litté- raires et politiques, des personnages les plus dist de son temps, en 3 vol. mais ce ne sont pas là les productions qui ont attiré plus particuliè- rement l'attention publique sur ce libraire ; de bonne heure il s'était montré le partisan des whigs les plus exagérés ; il se rangea constamment du parti de tous les écrivains qui attaquaient l'administration. Lorsque le fameux Wilkes commença ses attaques contre le ministère du lord Bute qui ont eu des suites si éclatantes et si sérieuses, Almon lui offrit ses presses et sa plume. Il publia, à cette occasion, un pamphlet sur les Jurés et sur les Libelles, pour lequel on lui intenta une action criminelle au tribunal du banc du roi ; mais il n'y eut pas de jugement contre lui. On se rappelle les fameuses Lettres de Junius, qui ont paru en -1770. La hardiesse des idées, l'élégance et l'énergie du style, et la curiosité qui s'est attachée sans succès jusqu'ici à en découvrir le véritable auteur, ont excité et excitent encore un vif intérêt. Almon n'en était pas l'éditeur ; il n'en fut pas moins cité à la cour du banc du roi, pour avoir vendu des exemplaires de la Lettre de Junius au roi, et condamné à payer une amende de 10 marcs, et à donner des cautions de sa bonne conduite pendant deux ans. En 1774, Almon forma l'établissement d'un ouvrage périodique, sur un plan nouveau, qui se continue encore avec succès : c'est le Parliamentary Re- gister , destiné uniquement à rendre compte de tous les débats des deux chambres. C'est une source de documents précieux pour l'histoire politique de l'Angleterre moderne. Il a publié, avant sa mort, une nouvelle édition des Lettres de Junius, enrichie de notes et d'anecdotes trèsutiles pour l'intelligence de plusieurs passages de ces lettres. On lui doit aussi la publication des écrits de Jean Wilkes, avec des mémoires très-étendus sur la vie de cet homme célèbre. Almon est mort le 12 décembre 1805
  • Jean ALNANDER( 1600) : auteur de l'histoire de l'imprimerie en Suède, était, né vers la fin du 17e siècle, à Norkoping. En terminant ses études à l'université d'Upsal, il publia sa thèse intitulée Hisloriola catis typographie tu Suecia, Cpsal, 1722 Ce curieux opuscule n'ayant été tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires fut reproduit à Rostock, en 1725, dans le male format. 11 est divisé en quatre chapitres. Dans le premier, l'auteur, après avoir parlé du zèle eue les Suédois ont constamment montré pour les lettres, et des bibliothèques qu'ils avaient établies dans les cathédrales et les principaux monastères, arrive à l'introduction de l'imprimerie en Suède. Elle y fut apportée par Jean Snell, artiste allemand ; la première édition sortie de ses presses est le Dialogus ereaturanan moralisatus, Stockholm, 1485 Un seul imprimeur ne pouvant suffire aux besoins des églises et des écoles de tout le royaume, plusieurs prélats, dès la lin du 15e siècle, firent imprimer des missels et des bréviaires à Nuremberg et à Bile. Le second chapitre contient l'histoire des progrès de l'imprimerie en Suède depuis le 16e siècle jusqu'au com- mencement du 18'. On y trouve des détails intéres- sants sur les imprimeries particulières de Laurent Wallius, professeur en théologie à Upsal ; de Laurent Paulinus, archevèque de cette ville ; et enfin du célèbre Olaiis de Rudbeck. Le troisième chapitre offre le tableau de l'origine et des progrès de la typographie dans le Gothland. Dès 1191, une imprimerie existait dans le monastère de Wadsten ; mais, dé- truite par un incendie en 1495, elle ne fut point re- levée. Enfin, dans le quatrième chapitre, l'auteur parle des types ou caractères employés successivement dans les imprimeries suédoises : le gothique, le grec, l'arabe et le runique. On trouve une analyse de cet ouvrage clans les Acta eruditor. Lipsiens., Suppleni t. 8, p
  • Jean ALTHUSEN ou ALTHUSIUS( 1500) : jurisconsulte, né vers' le milieu du 16° siècle, fut professeur en droit à nerborn , et syndic à Brème. Il publia, en 1605, à Herborn , un livre intitulé : Politica methodice digesta, remarquable par la hardiesse et l'exagération des principes politiques. L'auteur y soutient , entre autres opinions singulières, que les rois ne sont rien de plus que des magistrats; que le peuple est la source de toute majesté ; qu'il possède toute la souveraineté, etqu'il peut changer à son gré et mème mett re à mort les maitres qu'il s'est donnés lorsqu'il en est mécontent. Ces maximes, nées de l'esprit révolutionnaire qui se faisait remarquer dans le 46e siècle, ont été malheureusement reproduites et ap- pliquées dans le nôtre. Le livre d'Althusen trouva de nombreux détracteurs; mais, comme la réforme re- ligieuse faisait adopter toutes les idées nouvelles en politique , il trouva aussi des admirateurs passionnés; aujourd'hui il est tombé dans l'oubli. Bayle nous apprend qu'Althusen était protestant : il avait publié plusieurs autres ouvrages, qui ne furent point dictés par l'esprit de parti , et qui n'eurent pas la même célébrité; les principaux sont : de Jurisprudentia romana ; de cirili Conversatione, etc. Althusen mourut dans les premières années du 17e siècle
  • Jean ALSTORPH( 1680 - 1719) : antiquaire, né, vers 1680, à Groningue, apprit les langues et le droit à l'académie de Hardwick. Ses cours terminés, il se retira à la campagne pour y consacrer le reste de sa vie à l'étude de l'antiquité. Il mourut en 1719. On a de lui deux ouvrages recherchés des savants : 1° Dis sertatio philologica de Lectis ; subjicitur de Lecticis veterum Diatriba, Amsterdam, 1704 figures. Il avait soutenu peu de temps auparavant une thèse sur le même sujet; et ce fut par le conseil de Théod. Almeloveen, son professeur, qu'il refondit son premier travail et le mit en état de voir le jour. La première dissertation, divisée en 20 chapitres, traite des lits des anciens et de leurs différentes espèces ; la seconde concerne les litières, qui n'étaient que des lits, toujours portés par des hommes, à la différence des voitures couvertes , qui étaient portés par des mulets. 2. De Hastis veterum, Amsterdam, 1757 figures. L'auteur y recherche curieusement l'origine des piques, dont il décrit les différentes formes, et à cette occasion il entre dans de grands détails sur l'emploi de cette arme chez les anciens et les modernes. L'impression de cet ouvrage était commencée lorsque Alstorph mourut. Les acquéreurs de son manuscrit se décidèrent enfin à le publier ; mais ne comptant pas sur un prompt débit, malgré les instances de l'éditeur, ils ne voulurent jamais faire les frais des gravures, pour lesquelles on avait laissé des espaces dans la partie du texte imprimé. La préface est de Christophe Sax
  • Jean AMARITON : jurisconsulte du 16e siècle, natif de Nonette, en Auvergne, fut d'abord collègue de Cujas dans l'université de Toulouse, d'où il vint à Paris exercer la profession d'avocat, s'y fit un nom dans la consultation, fut mis en prison par les ligueurs, et y mourut, en 1590. Ses commentaires sur les Épîtres de Cicéron et d'Horace parurent à Paris en 1555, et ses notes sur le 59e livre d'Ulpien, à Toulouse, en 1554. Ses autres manuscrits furent perdus dans le pillage de sa maison. 11 descendait d'un Pierre Amariton, chancelier de Jean, duc de Berri et d'Auvergne, et frère de Charles V
  • Jean ANDRÉ( 1662 - 1753) : peintre , né à Paris en 1662. A dixsept ans , il se lit religieux dominicain. Ses supérieurs l'ayant envoyé à Rome , il y étudia les grands maitres, et en revint avec un talent assez estimable. Ses tableaux , représentant des sujets de dévotion , étaient placés dans plusieurs églises de Paris , et principalement dans celle des jacobins. Es sont aujourd'hui , pour la plupart , disperses ou perdus ; mais les arts ont fait, à la lin du 18e siècle, des pertes plus regrettables. Le frère André était un de ces peintres laborieux qui ne s'élèvent pas aux grandes beautés de l'art. Venu dans un temps où la peinture tendait à la décadence , il suivit la route tracée par ses contemporains , plutôt que celle des Ff•ands infiltres dont il était allé méditer les ouvrages à home. 11 refusa , par modestie , d'ire reçu à l'Académie. Lafosse et Jouvenet avaient , diton , de l'estime pour ses talents. 11 mourut à Paris en 17émonies pontificales, le II décembre 1485, nommé dans la suite évèque de Citta di Castello; et mourut jC 6 mai 1505. Il est auteur du journal ou Diarium !N'Alexandre VI, ouvrage extrêmement curieux, écrit d'un style simple, naïf et barbare, et qui n'a point encore été publié en entier . Bayle écrivait à l'abbé Dubos : « Bien de plus simple et de plus négligent-« ment écrit que cet ouvrage; mais il parait sincère et de bonne foi germanique. On y trouve des faits assez singulier, et qui représentent la corruption « de cette courlà Le Diarium de Burcliard n'était contai que par un fraqinent donné per Denis Godefroy, dans son Histoire de Charles VIII, publiée en 1684, et par quelques citations vagues d'Odoric Raynaldi, dans sa continuation de Baronius, lorsque Leibnitz lit imprimer a Hanovre, en 1696, un vol. intitulé Specimen Historier ar- ma sive Anecdoke de vita Alexandri VI papes, eeu excepta ex Diario Joann. Burchardi. Le uième extrait reparut dans la même ville, l'année suivante, sous ce titre : Historia arcane!, sen de vita Ale: remet VI irae tecerpla, etc. Cet extrait f itt sans doute rédigé par un Français qui ne comptait pas le rendre publie, puisqu'il est fait tantôt cil latin, tantôt en français. Leibnitz regrette, dans sa préface, de n'avoir pn retrouver le texte de Vantent., qui peuttire était en italien ; car Bayle cite eri cette langue plusieurs passages du Diarium. Leibnitz crut, quelques années après, avoir trouvé le véritable texte de Bar- chard, dans un manuscrit que Lacroze lui avait confie, et il écri- vait à ce dernier, le 50 novembre 1707, qu'il se proposait de publier leneyrum Diarium Burchardi ; mais il mourut sans avoir exécuté ce projet. JeanGeorge Ecçard lit imprimer a Leipsick, en 1732, dans le e tome de ses Script ores medii œri, le Biffin!!! Burchare, d'après un manuscrit de Berlin, qui pourrait bien être !e même , alernumque la- tebil. Cependant la Carne de StePalaye découvrit à Rome, dans la bibliothèque Chigi, un manuscrit en 5 volumes qui paraissait contenir l'ouvrage entier de Burchard. Il commence, au ler décembre 1483, jour où l'auteur fut pOlIntl de la charge de clerc des cérémonies pontificales, et finit au 31 mai 1506, un an même après la mort de Miraud ; ce qui annonce que celui- ci aurait en un con- tinuateur. Ce manuscrit, sans lacune de temps, renferme les der- niers mois de Sixte IV, tout le pontificat. d'Innocent VIII, d'Alexan- dr e VI et de Pie Ill, et les trois premières années de Jules existe a la bibliothèque royale plusieurs manuscrits du Diarium. Voy. le t. 17 des Mémoires de l'académie des belles- lellres, OÙ Fullrenagne donne une notice da joureal de Burchard, p. 597 à 606. On trouve aussi une bonne notice sur le même ouvrage dans le t. ter des Notices et Extraits des manuscrits de On a encore de Jean Burchard un livre intitulé : Ordo pro informatione saccrdottan, Rome, 1509 et Venise, 1572 11 a aussi contribué , avec Jacques de Lutiis, à la correction du Liber pontificalix, Rome, 1497
  • Jean BURGOYNE : général anglais, fils naturel de lord Bingley, après avoir reçu une éduca Lion soignée, entra dans l'état militaire. Il commanda, en 1762, un corps de troupes anglaises envoyé en Portugal, alors en guerre avec l'Espagne. A son retour, il fut nominé conseiller privé, et ensuite membre du parlement. En 1775, il fut envoyé dans le Canada, et, deux ans après, il fut chargé du commandement d'un corps d'armée envoyé contre le congrès américain. Il débuta, en juin 1777, par une proclamation dans laquelle il offrait aux insurgés le pardon de son souverain, et les menaçait des P1' s grands châtiments s'ils persistaient dans une plus longue résistance. Les chefs de la confédération étaient peints dans cet écrit sous les couleurs les plus odieuses. Washington lit à cette proclamation une réponse pleine de noblesse et de fermeté. Le 6 juillet suivant, Burgoyne remporta sur les Américains, à Ticonderago, un avantage auquel le ministère anglais donna le nom de victoire. Les Américains avaient évacué le fort de l'Indépendance, et s'étaient retirés au delà de Shenesbourg et de Hubedon. Burgoyne, vain et présomptueux, prit cette retraite pour une fuite. Emporté par cette idée, il les poursuivit, sans s'occuper de ses subsistances ni de ses communications. 11 se trouva tout à coup entouré, à Saratoga , par ces mèmes hommes qu'il avait traités avee tant de mépris, et il lui fallut accepter une capitulation, dont la générosité des Américains adoucit la rigueur, mais non pas la honte. Son armée obtint les honneurs de la guerre, et il lui fut permis de retourner en Angleterre ; mais elle s'engagea à ne plus servir contre les ÉtatsUnis. Cette armée, qui était composée de 10,000 hommes au commencement de la campagne, se trouvà réduite à 5,752, lorsqu'elle mit bas les arnies devant P la division du général Gates. Ces deux généraux avaient été, dans leur jeunesse, officiers dans le mème régiment. Gates, én revoyant son ancien ca- marade, l'aborda avec la bonhomie 'd'un fermier américain : « Bonjour, général Burgoyne, Ini « en lui tendant la main; j'ai beaucoup de plaisir à Vous voir. — Je vous en crois, lui répliqua Bur-« goyne; niais je prends Dieu à témoin que j'ai fait « tout ce que j'ai pu pour m'en dispenser. » ci avait, dans plusieurs circonstances, parlé de l'Américain comme de 6,000 hommes. » La capitulation de Saratoga décida la France à reconnaître l'indépendance des Américains. Burgoyne s'étant rendu en Angleterre aussitôt après, ifut reçu froidement et ne put paraître devant le roi. 11 finit par obtenir ' la liberté de se justifier, et fut obligé de renoncer à son traitement. Ici finit la carrière militaire de Burgoyne, plus fait pour les rôles de courtisan et de bel esprit de société que pour celui de général d'armée. Il partagea son temps entre la cour, où il fut le favori de la reine, et les sociétés des gens de lettres. Il fit quelqttes pièces de vers aussi légères que son caractère, et des comédies froides et médiocres : 1° la Nymphe des chènes ; ce Richard Coeur- de- Lion ; 50 l'héritière. Ces pièces eurent un grand succès momentané, parce qu'on croyait y reconnaître la peinture et la satire des moeurs françaises; mais la dernière est plutôt un tableau de la pesante fatuité des Anglais . Il était aussi inconvenant que peu généreux à Burgoyne, après avoir été va par des officiers français, et traité par eux avec les égards les plus délicats, de les exposer, sur la scène, aux risées de ses compatriotes. On lui a attribué niai à propos le Bon Ton , pièce qui est de Garrick. 11 siégeait au parlement en 4781, au moment où la majorité parut déterminée à la continuation de la guerre, et l'on remarqua qu'il se joignit à l'opposition pour démontrer l'impogsibilité de réduire les Américains, et l'inutilité des efforts que l'on faisait contre eux. Quelque temps après son retour d'Amérique, Burgoyne épousa une tille de lord Derby. 11 mourut sans postérité, le 2 août 1792
  • Jean BURIDAN : natif de Béthune, fit ses études à Paris, sous Occham, et devint professeur de philosophie, procureur de la nation de Picardie, et plusieurs fois recteur de l'université de Paris, qui le compte parmi ses bienfaiteurs. Elle le députa en 1545, à Philippe de Valois, pour demander l'exemp- lion de la gabelle, qu'elle ne put obtenir, et à Rotne, pour y défendre ses intérets. Il est moins fameux par ses commentaires sur Aristote, que par son sophisme di> vàne. Il supposait un de ces animaux, également Iressé de la faim et de la soif, entre une mesure d'avoine et un seau d'eau, faisant une égale impres- sion sur ses organes, et demandait : « Que fera cet I « âne? « Si on lui répondait : « Il demeurera iule mobile. — Donc, concluaitil, il mourra de faim « et de soif. « Si un autre répliquait : « Cet âne ne e « sera pas assez âne pour se laisser mourir.— Donc, « concluaitil, il se tournera d'un côté plutôt que de : « l'autre, donc il a le franc arbitre. » Ce sophisme embarrassa les dialecticiens de son temps, et son âne est devenu fameux dans les écoles. Quelques anciens protestants ont témérairement conclu de l'argu- ment de Buridan qu'il avait été un des précurseurs de la réforme. Disciple de Guillaume Occham, et par conséquent attaché à la secte des nominaux, il fut persécuté par celle des réaux ; mais on regarde comme peu probable sa fuite à Vienne en Autriche, où il ouvrit, diton, pour subsister, une école qui devint le berceau de l'université. Le silence de Gaguin et des registres de l'université sur ce fait le rend trèsincertain. Ce qui a pu donner lieu de croire à ce prétendu voyage, rapporté par Jean Aventin, est peut-être l'ordonnance postérieure de Louis XI, du ler mars 1414, approuvant la doctrine d'Aristote, d'Albert le Grand, d'Averrhoës, de St. Thomas d'Aquin, etc., et condamnant les nominaux, entre autres Buridan, défendant d'enseigner la doctrine de ces derniers, sous peine de bannissement , etc. L'université de Vienne fut fondée en 1257 par l'empereur Frédéric II, et Buridan était à Paris en 1558. Il légua cette année à la nation de Picardie une maison qui a longtemps porté son nom. On croit même que cette date est celle de sa mort. Estil probable qu'à soixante ans, et usé de travaux, il eût pu se résoudre à aller enseigner dans un pays aussi éloigné? On relègue également parmi les fables le récit qui le lit complice ou censeur des débauches de Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel, et la vengeance que cette princesse en tira . 'Voici le titre des principaux ouvrages de Buridan: -1° Quoes- houes super W libros Ethicorum Aristotelis, Paris, 1518. 20 Quoestiones super 8 libros Physicorum Aristotelis ; in Libros de Anima, et in Parva Naiu- relia, 1516 ; 5. in Aristotelis Metaphysica, 4518; 40 super libros Politicorum Aristotelis, Paris, 1500, et Oxford, 4640 ; 5. SophismataJean- Baptiste BURIDAN, né à Guise, fut avocat et professeur de droit à Reims, où il mourut en 1655. Il est princi- paiement connu par son Commentaire sur la cou- tume de Vermandois, Reims, 4631 ibid., 1728. Son Commentaire sur lu coutume de Reims fut publié Cette anecdote prètait trop bien au drame pour que tes autours d'aujourd'hui, empressés de mettre sur la scène nos vieilles chroniques, n'en tissent pas le sujet d'une de leurs pièces. Buridan est, en effet, le principal personnage de la Tour de Nesle, drame en 6 actes, par na. Gaillardet et Al. Bornas. Au reste, c'est Villon, poéte presque contemporain de Buridan, qui a immortalisé cette tradition dans ces vers L'histoire dit que Buridan Fut jeté en un sac eu Seine. , D—R—r. après sa mort, par les soins de son fils, Reims, 4663, et Paris, 1665
  • Jean BURMANN( 1707 - 1780) : lils du précédent, médecin et professeur de botanique à Amsterdam , né en 1707, mort en 1780. Quoiqu'il n'ait produit aucun grand ouvrage , il a rendu des services essentiels à la botanique, en mettant au jour plusieurs ouvrages importants , qui restaient ensevelis dans l'oubli. tu Thesaurus Zeylanicus , exhibens plantas in sida Zeylana nascentes , etc., Amsterdam , 1757, grand avec 110 planches. Cet ouvrage fut Ir rédigé sur les notes et les herbiers que Hartog avait envoyés de Ceylan, et sur ceux que Paul Hermann en avait apportés. Ces planches contiennent encore ux environ de cents plantes. 2° Rariorum, Africana- rum plantarunt ad vivum delinealarum Decades Amsterdam , 1758 ; Decades 6 , ibid. , 1739 avec 100 planches. Les plantes et les dessins venaient des collections d'Oldenland, de Hartog et de Hermann , et de celles de VVitsen , bourgmestre d'Amsterdam , célèbre par son gotit pour la botanique , et qui contribuait à ses progrès par tous les moyens que lui donnaient sa fortune et le crédit de ses emplois. 5° C'est à Burmann que l'on doit la publication de l'Herbarium Amboinense de Bumpf, savant naturaliste , mort à Amboine , dont il était gouverneur. On avait envoyé en Europe une copie de son ouvrage manuscrit, écrit en hollandais; mais il périt avec le vaisseau qui le portait. On en demanda une seconde copie à la compagnie des Indes, et c'est sur celleci que Burmann lit une versiox latine. Ce grand et bon ouvrage parut en 1741-1750, en 6 tomes avec 669 planches , le texte sur deux colonnes , l'une en latin, l'autre en hollandais. L'éditeur y ajouta un supplément sous le titre d'Auctuarium, avec des index ou des tables en diverses langues, Amsterdam , 1755 avec 50 planches. 4° Plantarum, Americanarum fasciculi 10, continentes plantas quas ohm Car. Plumierus de- 5° Flora Malabarica, sive Index in omnes tomos Horti Ma- labarict , Amsterdam , ,17e9, fol. C'est une table méthodique et raisonnée de toutes les plantes qui sont décrites et figurées dans l'Ilortus Malaba- ricus de van Rheede . Burmann réim- prima , à la suite , l'index qu'il avait déjà formé pour l' Herbarium Amboinense. 60 fi avait publié, en 1756, une édition en hollandais du Phytanthoza de Weinmann. 7° 11 a composé deux dissertations Vachendorfia, Amsterdam , 1757 dans les Nouveaux Actes de l'académie des Curieux de la nature, t. 2, et de ferrarice Charactere, ibid., même tome. Ces deux dissertations traitent des caractères de deux genres de plantes; elles prouvent qu'il était bon observateur. Linné , qui l'avait connu en Hollande, et auquel il communiquait ses herbiers et ses collections , a loué plusieurs fois dans ses ouvrages la générosité de son caractère. Ayant été nommé, en 1738, professeur au jardin de botanique d'Amsterdam, il. n'épargna rien pour en augmenter les richesses. 11 contribua beaucoup à l'établissement de celui de Batavia, et il entretenait une correspondance avec Rademacher, naturaliste et fondateur de la société des sciences de Batavia. On voit le portrait de Jean Burmann en tète de l' Herbarium Amboinense et du Thesaurus Zeylanicus. Linné donna , en son hon- neur, le nom de Burmannia à un genre qui se trouvait décrit, pour la première fois, dans le The- saurus
  • Jean BURTON( 1696 - 1771) : théologien anglais, né en 1696, dans le Devonshire, à Wembworth , dont son père était recteur. 11 étudia avec beaucoup de succès à l'université d'Oxford. Nommé de bonne heure sousprofesseur de grec dans cette université, il se distingua également par son zèle pour les progrès de ses élèves et par un désintéressement sans bornes. Ayant été choisi en 1725 proproctor et maitre des écoles, il prononça et publia à cette occasion un discours latin intitulé É/ i, qui avait pour but d'encourager le renouvellement de la discipline scolastique. 11 donna ensuite plus de développement à ce sujet dans quatre sermons latins prêchés devant l'université, et qui ont été imprimés depuis. Vers l'année 473, il obtint la cure de MapleDerham, dans le comté d'Oxford , dont le ministre venait de mourir, laissant une femine et trois jeunes tilles dans le dénûment le plus absolu. Cette femme était aimable; Burton lui témoigna une pitié généreuse, qui se changea bientôt en un sentiment plus vif, et il finit par l'épouser. 11 fut nommé, en 1766, recteur de Worplesdon, dans le comté de Surrey, et s'occupa, dans ses dernières années, à réunir et publier ensemble ses divers écrits, sous le titre d'Opuseula miseellanea. Il avait à peine mis la dernière main à ce recueil, qu'une fièvre vint l'enlever à ses travaux, en 1771, à l'âge de 76 ans. C'était un homme essentiellement animé de l'amour du bien. Il y eut de son temps peu de projets utiles qu'il n'appuyât de sa plume ou de son crédit ; il fut particulièrement un des plus zélés promoteurs du projet formé par le docteur Bray pour l'établissement de bibliothèques paroissiales. Il eut l'honneur d' dans l'université d'Oxford les ouvrages de Locke et de quelques autres philosophes modernes, et (l'associer leurs noms au grand nom (l'Aristote, qui y régnait alors despotiquement. Le recueil de ses ouvrages se compose principalement de serinons, de dissertations, de quelques écrits en grec et en latin, de poésies latines et anglaises. Son stylé un peu pédantesque a été l'objet des traits satiriques de Churchill. On a de Burton une édition avec des notes critiques de cinq tragédies grecques, sous le titre de riEvTc(loitcc, sire tragcediaruni grtsearuin Deleclus, etc., 1758 ; Oxford, 1779, 2 vol. ; ibid., 1801 L'édition de 1779 est la plus estimée des hellénistes. Ce travail avait été commencé, à sa recommandation , par un de ses élèves, Joseph Bingharn ; celuici étant mort au milieu de l'entreprise, Burton y mit la dernière main, et en dirigea l'impression
  • Jean BUSÉE( 1547) : dont le véritable nom était Beys, né à Niinèg,ue en 1547, jésuite en 1565, professa pendant plus de vingt ans la théologie à Mayence, et mourut dans cette ville, le 30 niai 1611. On a de lui différents traités dont les principaux sont : Disputatio theologica de jejunio ; de persona Christi; de descensu Christi ad inferos ; Panarion , sive arca rnedica adversus animi morbos ; Virida- rium christianarum viriutum; Modus recte medi- tandi de rebus divinis, etc. Il a donné des éditions de Pierre de Blois, de Luitprand, d'Abbon de Fleury, d'Hincmar de Reims, de 'frithème , d'Anastase le bibliothécaire. Frédéric Spanheim et autres protestants lui ont fait un crime de n'avoir pas inséré dans l'édition de ce dernier, qui parut à Mayence, en 1602, l'histoire de la papesse Jeanne , trouvée dans deux manuscrits que Marquard Frelier lui avait communiqués : comme s'il eùt été convenable de placer cette fabl,e grossière dans un pareil recueil ; Blondel, autre savant. protestant, le félicite au contraire de ne l'avoir pas adoptée. Elle se trouva cependant imprimée dans deux exemplaires de l'édition de Busée. On dit qu'il avait fait une table de I plus de deux cent cinquante barbarismes qu'il avait remarqués dans Pierre de Blois. Jean Busée est en- Figg auteur d'un grand nombre d'ouvrages de mysticité, les uns de sa composition, en latin, les autres traduits de l'italien ou de l'espagnol. Parmi ces derniers on distingue l'ouvrage du P. Dupont, traduit en français par F. Macé ; par le P. Brignon ; enfin par Nie. Binet, sous ce titre : Manuel de méditations dévotes sur les évangiles des dimanches et fêles de l'année, Paris, 1717, 2 vol. — 11 eut deux frères, dont nous avons quelques ouvrages. Pierre BUSÉE, jésuite comme lui , né vers 1540, mort en 1587, à Vienne en Autriche, où il était professeur d'hébreu, fut auteur d'un commentaire sur le catéchisme de Cani- sius : Opus catechisticum, sive Summa doctrine chris- tiance Petri Canisii, Cologne, 1577 — Gérard BUSÉE, tlé vers 1558, docteur à Louvain, fut ensuite précepteur du due de Clèves, qui lui lit obtenir un canonicat à Xanten. 11 eut de grands succès dans la prédication. 11 composa un catéchisme flamand , et une Réponse à Flaccius Illyricus, touchant la communion sous les deux espèces, dont on dit que les protestants achetèrent tous les exemplaires , pour qu'elle ne fût pas répandue
  • Jean BUSTAMENTE DE LA CAMARA : tlorissait dans le 16° siècle. Né à Alcala de Henares, il y étudia, puis y professa la médecine. Il s'adonna avec ardeur à l'étude de l'histoire naturelle, et se fit une grande réputation par son savoir. On a de lui un traité intitulé de Animantibus sacra) Scripture. Alcala de Henares, 1595, 2 vol. Lyon, 1620, 2 vol. Samuel Bochart, qui depuis a traité le même sujet d'une manière plus complète dans son Hierozoicon , y parle avec éloge de Bustamente, dans le chapitre 4 du 6° livre de la seconde partie. On a d'un autre auteur du mème nom I° de las Ceremonias de la Missa, Cuenza , 1622 Madrid, 1655 ; 2° Rubricas del officio divin°, Madrid, 1649
  • Jean BUSSY-LECLERC : un des chefs de la faction des seize pendant la ligue. Il avait d'abord été maitre en fait d'armes, et, dans la suite, il était devenu procureur au parlement. Le duc de Cuise lui donna le commandement de la Bastille. En 1389 la grand'cliambre du parlement étant assemblée, Bussy s'y présenta, suivi de cinquante de ses satellites, et somma cette compagnie de se réunir aux chefs du parti opposé à la maison royale. L'auteur de la Ilenriade met à cette occasion COritrrle le parlement refusa de se rendre à la sommation de Busey, ce chef de la faction des seize tira son épée, et conduisit luimême à la Bastille ceux dans lesquels il avait remarqué le plus d'opposition Il les Ilt nourrir au pain et à l'eau, ce qui le fit sure. nommer le grand pénitencier du parlement. Bussy, comme la plupart des factieux, s'était d'abord acquis une grande popularité en exagérant les opinions de son parti. La peur le rendit ensuite fidèle à cette exagération, et le porta aux plus cruellcs violences. a Je n'ai qu'un enfant, disaitil au président « Brisson qu'il soupçonnait d'abandonner la ligue, a et je le mangerais plutôt à belles dents que de me « rendre jamais. J'ai une épée tranchante, ajoutatil, a avec laquelle je menai en quartier le premier que « je saurai qui parlera de paix. s La paix était pour les factieux le terme de l'impunité, aussi firentils tous leurs efforts pour maintenir et augmenter le désordre. Comme ils avaient juré la mort de tous ceux qui espéraient le retour tic l'ordre, Bussy désigna à leur fureur plusieurs membres du parlement de Paris. Le 8 novembre 1591, il força quelques ligueurs assemblés chez l'un d'eux de signer un papier blanc, en leur faisant croire qu'il ne s'agissait que de renouveler le serment de l'union. Le lendemain, les seize, armés de cette signature, dressèrent des tables de proscription, et firent périr Brisson, Larcher, Tardif, Duru, qu'ils soupçonnaient être leurs ennemis secrets. De pareilles violences révoltèrent jusqu'au parti même des ligueurs. La méme année 1591, le due de Mayenne délivra Paris de la faction des seize. Plusieurs d'entre eux furent pen- Bussy rendit la Bastille, it condition qu'on lui conserverait la vie: Il fut obligé de sortir de la capitale, et se retira à Bruxelles, où il reprit son premier métier de maitre en Mit d'armes. 11 vécut encore plus de quarante ans, et mourut dans une profonde misère
  • Jean BUTEO( 1492) : chanoine régulier de l'ordre de StAntoine, né à Charpey, près de Prdnans, en 1492. C'est à tort que Sax le nomme Jean de Boteon, car son vrai nom était Borrel ou Bourre!, qu'il latinisa en celui de Buteo. Les devoirs monastiques ne l'empêchèrent pas d'apprendre, sans maitre, le grec et les éléments d'Euclide. Ses supérieurs lui permirent enfin de suivre son goût pour les sciences, et, quoique àgé de plus de trente ans, il alla étudier à Paris. De retour à StAntoine, on lui confia l'administration de la terre et du chaleatt de Balai], à lm lieue de cette abbaye. C'est dans cette retraite qu'il composa ses ouvrages géométriques, qui lui acquirent une grande réputation. Les calvinistes, dans différents pillages, ayant brisé ou emporté dives instruments de mathématiques dont il se disposait à donner la description, il se réfugia à Canar, près de Romans, où il mourut en 1572. Ses œuvres ont paru sous ce titre : Joannis Buteonis Delphinatici Opera geometrica et pris civilis, Lyon, 1554 Ce recueil comprend quinze traités, dont plusieurs ne concernent que la jurisprudence. Les plus intéréssants sont :1"de Sublicio ponte Coesaris libellus, souvent inséré dans les éditions des Commentaires de César; de Arca Noe; de fluentis aquœ Mensura; de fluviaticis hindis secundum jus civile dividendis; Geometrice Cognitio jureconsulto necessaria. 2 Lo- gistica, Lyon, 1559 Cet ouvrage est divisé en 5 livres ; les deux premiers n'ont rapport qu'à l'arithmétique; le troisième est un des plus anciens traités élémentaires d'algèbre écrits en France ; les deux derniers sont des recueils de problèmes d'arithmétique et d'algèbre. On y trouve aussi une description trèsdétaillée des cadenas de combinaison. Ce traité est suivi d'une petite dissertation pour rectifier un passage de Vitruve sur les balistes. 3° De Quadratura circuli libro duo, Lyon, 1559 ouvrage rempli de bonne et solide géométrie ; on y lit l'histoire de ce problème, et la réfutation des divers paralogismes qu'il avait déjà occasionnés. Buteo avait laissé encore quelques ouvrages manuscrits, entre autres une traduction de douze livres d'Euclide faite sur le grec
  • Jean BUXTORF( 1564 - 1629) : chef d'une famille qui, pendant deux siècles, s'est rendue célèbre dans la littérature hébraïque, naquit le 25 décembre .1564, à Camen, en Westphalie, d'un ministre protestant de cette petite ville. 11 fit ses études à Marpourg et à Herborn, avec tant de distinction, que son maitre Piscator avoua franchement que l'élève surpassait déjà les professeurs. Il suivit à Bâle et à Genève les leçons de Grynus et de Théodore de Bèze. Après avoir voyagé dans plusieurs contrées de l'Allemagne et de la Suisse, pour se perfectionner dans les langues savantes qui avaient été l'objet principal de ses premières études, il se fixa à Baie, s'y maria, y devint professeur de langue hébraïque, et, durant les trentehuit ans qu'il en occupa la chaire, la considération dont il y jouissait le porta à rejeter les offres avantageuses qui lui furent faites par les académies de Saumur et de Leyde, pour un emploi du mème genre. Il logeait et nourrissait chez lui plusieurs juifs savants, avec lesquels il s'entretenait des difficultés de leur langue ; aussi tous les hébraïsants avaientils pour lui la plus haute considération : ils lui écrivaient de toutes parts pour le consulter. 11 mourut dans cette patrie adoptive, d'une maladie contagieuse, le 15 septembre 1629. Les travaux de Buxtorf eurent principalement pour objet les livres des rabbins, dont il acquit une connaissance très-étendue, et il transmit ce goût à ses descendants. Voici la liste de ses ouvrages : 1° Manuale hebrai- cum et chaldaicurn; la meilleure édition de ce premier de ses ouvrages, composé des mots de la Bible seulement, est celle de Bàle, 1658 , due aux soins de son fils. 2. Synagoga judaica, publiée d'abord en allemand, Bâle, 1603, puis en latin, Hanau, 1604 et 1622 ; en flamand, Amsterdam, 1650 ; en latin, Bâle, 1641, revue par son fils, et en 1682, édition revue et corrigée par Jacques Buxtorf, petit neveu de l'auteur. Cet ouvrage, qui roule sur les dogmes et les cérémonies des juifs, est rempli de rêveries rabbiniques, mais il contient des recherches trèscurieuses ; celui de Léon de Modène, sur la même matière, traduit par Richard Simon, ne l'a pas fait oublier. 5° episto- ; 1 il y donne aussi l'histoire des académies des juifs après leur dispersion. 12° Concordantice Bibliorum hebraicce, publiées par son fils, avec les concordances chaldaïques, Bâle, 1652 réimprimée en 1636 dans la même ville, et dont on a un abrégé par Chrétien Ravius, à Francfortsurl'Oder, 1676; Berlin, 1677 sous le titre de Fons Sion ; c'est un des meilleurs ouvrages de Buxtorf. Il prit pour base de son travail les Concordances d'Isaac Nathan, et mit à profit celles de Caiasio. 150 Lexicon chaldaicum thalenudieum et rabbinicum, Bine. 1659 Cet ouvrage, qu'il avait laissé imparfait, après vingt ans de travail, coka encore dix années à son fils pour le mettre en état de paraître. Quoique ce dictionnaire laisse beaucoup à désirer, il est encore aujourd'hui le meilleur en ce genre. 14° Dis- putatio judcei cum christiano, Hanau, 1604, 1622 45 Epistolarum hebraie. decas, hebr. lat., Bine, 1605 T—D. p
  • Jean BUXTORF( 1599 - 1664) : fils du précédent, né à Bâle, le 13 août 1599, annonça, dès sa plus tendre enfance, des dispositions extraordinaires pour le genre de littérature dans lequel son père s'était fait une si grande réputation. A l'âge de quatre ans , il lisait, diton, l'allemand, le latin et l'hébreu. Dans sa jeunesse, il parcourut les différentes villes de Hollande, de France et d'Allemagne, où la littérature hébraïque était le plus en vogue. En 1630, il succéda à son père dans la chaire des langues savantes à Bâle. Les universités de Groningue et d'autres villes lui tirent en vain des propositions avantageuses pour l'attirer dans leur sein; il resta constamment attaché à celle où sa famille s'est illustrée. Ce fut là qu'il mourut le 16 août 1664. Son oraison funèbre par Daniel Tossau fut imprimée à Bâle, 1670, sous ce titre : Oratio de vita et obitu Joan. Buxiorfii, una eum darorunt virorum Epicediis. Outre les éditions corrigées et augmentées que Jean Buxtorf a données de plusieurs ouvrages de son père, il est encore auteur des suivants : 10 Lexicon chaldaicum et syriacum, Bille, 1622 c'était le fruit de son séjour dans les académies étrangères. 2" Maimonidis liber More Nevochim, ibid., 16:29 ce livre, que Buxtorf traduisit en latin de manière à étonner les rabbins les plus savants, a pour objet d'expliquer les en- droits difficiles de l'Ecriture sainte , et contient des discussions sur beaucoup de questions théologiques et philosophiques. 50 Disserlationes theologicce, ibid., 1659 c'est un recueil de dissertations sur l'origine de la langue hébraïque sur la confusion et la propagation des langues, sur le Décalogue, sur l'institution et les rites de la Pâque. Elles sont suivies de huit autres dissertations traduites d'Abrabanel. 4° Liber Cozri, Bâle, 4622 ; ibid., 1660 hébreu et latin : c'est la version latine d'une prétendue conférence tenue neuf cents ans auparavant, entre le roi des Cosars ou likozars et le rabbin Sangari, contre les philosophes païens et les Caraïtes. Cette traduction d'un ouvrage dont on n'a pas le texte arabe est faite sur la version hébraïque de Juda ben Tibon ; on lui préfère la version espagnole d'AbenDana, avec de bonnes notes, Amsterdam A la suite de cette conférence apocryphe, Buxtorf a mis la traduction de quelques autres dissertations d'Abrabanel. 50 rilegium hebraicum , ibid., 1646 ; ce sont des sentences tirées des auteurs juifs. 6° Exercitationes ad historiant arcce fccderis, ignis sacri, urim lhummim, etc., ibid., 1659 7° Dissertatio de sponsalibus ac divortiis, ibid., 1652 8° Dis- putatio de raptu filice, ibid., 1660 9° Trac- talus de punctorunt vocalium et accentuum in libris Veteris Testamenti hebraieis Origine, Antiquitate et Auctoritate, ibid., 1648 Il s'agit ici de la grande dispute des Buxtorf avec Louis Cappel, sur l'origine des points voyelles. Cappel avait combattu le système de Buxtorf le père , sur l'antiquité de ces points ; le fils, héritier des préventions de son père, entreprit, dans cet ouvrage, de le venger contre son savant adversaire. Le professeur de Saumur lui répondit; celui de Bâle répliqua par l'Anlieri- tica, SCU Vindicioe veritatis hebraicce, contra L. Cap- pellum, ibid., 1655 Ce dernier ouvrage, où il attribue à Esdras l'introduction des points voyelles dans le texte original des livres saints, quoique meilleur que le précédent , fourmille d'erreurs, est défiguré par un rabbinisme dégoûtant, et parut bien faible à côté des écrits triomphants de Cappel. Il n'y emploie que des raisonnements métaphysiques, qui prouvent que la chose aurait pu être autrement que ne le représente son antagoniste, ou que des conséquences théologiques, pour le rendre odieux, en insinuant que son intention a été de diminuer la clarté, et de ruiner l'autorité des livres saints. Le grand défaut des deux Buxtorf est de s'être trop livrés aux juifs allemands, peu estimés des juifs portugais, qui les appellent des Tudesques; de s'en être trop rapporté aux rabbins, chez lesquels ils avaient puisé la connaissance de la langue du Talmud et de l'idiome rabbinique, mais qui n'avaient pu leur en donner qu'une trèsimparfaite de l'ancienne langue hébraïque, dans laquelle ils n'étaient euxmêmes que médiocrement instruits. L'admiration exclusive du jeune Buxtorf pour le texte imprimé de la Bible le porta à critiquer le Pentateuque samaritain, qu'il n'avait jamais vu, et qu'il jugeait sur la foi d'Hottinger, lequel n'avait vu luimême que des exemplaires trèsfautifs. Cette même admiration lui faisait encore voir des fautes dans la version des Septante, partout où elle ne s'accordait pas avec l'hébreu. Il avait endepris une collection des variantes de ce dernier texte. Walton assure qu'elle comprenait nonseulement les variantes des imprimés, mais encore celles des manuscrits, et que l'ouvrage était prêt à paraître lorsque Buxtorf mourut. Rien n'eût été plus propre à réformer ses idées sur l'intégrité du texte hébreu. C'est ce dessein que le docteur Kennicott a traité beaucoup plus en grand, et après lui, J.B. de Rossi, professeur de langues orientales à Parme
  • Jean BYROM( 1691) : poëte anglais, naquit en 1691 à Kersnl, près de Manchester. Son père était négociant. Il fut élevé à Cambridge, où il montra plus de dispositions pour les études littéraires que pour celles qui conduisent à la fortune. Il se lit connaître en 1711 par une pastorale imprimée dans le 8e volume du Spectateur, et par quelques lettres piquantes dans ce même ouvrage. Ne se sentant point de goût pour un état sérieux, il fut obligé, ses études étant finies, de quitter l'imiversité; et, après avoir fait pour sa sauté un voyage en France, d'où il revint épris de la doctrine du P. Malebranche et infatué des visions de mademoiselle Bourignon, il essaya,_ sans beaucoup de succès, de pratiquer la médecine, en se faisant appeler le docteur Byrom. Il qui ein un grand succès, et qui porte encore aujour- d'hui son nom. Les leçons qu'il en donna lui piocu- rèrent quelque aisance, jusqu'à ce que, par la mort de son frère aîné, il se trouva en possession des biens de sa famille. Il s'abandonna alors à la paresse, avec cette passion d'un homme à qui la nécessité a fait violence en le forçant au travail. Il mourut le 28 septembre 1765. On a de lui un poème estimé sur l'Enthousiasme, et quelques autres poésies moins recommandables. C'était un homme d'un esprit vif et gai, d'un caractère doux, et incapable de nuiee ses épigrammes mime en font foi
  • Jean CABASSUT( 1604) : né à Aix, en 1604 ou 1605, se destina d'abord au barreau, fut reçu avocat, et plaida même quelques causes où il annonça des talents ; mais le désir de s'appliquer entièrement à l'étude dans un état moins bruyant le conduisit, en 1626, dans la congrégation de l'Oratoire. Il apprit, sans le secours d'aucun maitre, l'hébreu, le chaldéen, le syriaque, le grec ancien et moderne, et se rendit cette dernière langue si familière, qu'il traduisit selon le rit grec l'office de St. Pierre de Nolasque pour le patriarche d'Alexandrie, qui, touché du bien que faisaient les religieux de la Merci consacrés à la rédemption des captifs, voulut introduire l'office iturgie. Le P. Calessut s'attacha plus particulièremeut à l'étude du droit canon ; mais c'est sans fondement que ponta- nus ren fait professeur à Avignon. n vivait trèsroité dans la petite maison de Pertuis, lorsque le cardinal de Grimaldi, archevèque TD.
  • Jean CACHET : jésuite, de la même famille que les précédents, mourut à Pont-àMousson le 22 décembre 1633, âgé de '56 ans, après avoir régenté les basses classes, sa mauvaise santé ne lui ayant pas permis d'occuper des emplois plus distingués. Il était fort laborieux, si l'on en juge par le nombre d'ouvrages et de traductions qu'il a publiés, et dont on peut voir le détail dans Moréri ; ce sont tous des livres ascétiques ; les principaux sont 1° Vie de Jean Berchmans, jésuite, traduite de l'ita- lien du P. Virgilio Cepari, Paris, 1630 2° la Vie de St. Isidore, patron des laboureurs, et dr la bienheureuse Marie della Cabeça, sa femme, Verdun, 4651 traduite de l'espagnol de Jérôme Quintana ; 3° Vie de St. Joseph, prémontré, Pont-àMousson, 1652
  • Jean CADE : simple artisan, avait servi comme soldat sous les ordres de Richard, duc d'Yorck, qui fut le père d'Édouard IV. Profitant des dispositions du peuple qui avait pris en horreur le gouvernement de Marguerite d'Anjou, épouse de Henri VI, et qui régnait sous le noni de son faible époux, il se donna pour fils de Jean Mortimer, issu de la maison de Clarence, et exécuté au commencement de ce règne sans aucune formalité judiciaire : 20,000 hommes du comté de Kent se rangèrent bientôt sous ses drapeaux . Jean de Cade promettait de réformer tous les abus. Il prit le nom de John amends ail . Il marche sur Londres et va camper à Blackheath. De là les insurgés envoyèrent au roi deux adresses ayant pour but le redressement des griefs dont se plaignait le peuple, ainsi que le châti- ment des conseillers pervers dont les funestes avis entraînaient au mépris de l'autorité- royale. Enfin Is engageaient S. M. à vouloir bien gouverner par les avis des ducs d'Yorck, d'Exeter, de Buckingham et de Norfolk, avec le concours de ses trèsaffectionnés barons anglais. Ces adresses, qui vouaient implicitement à la mort certains membres du conseil, furent rejetées, et l'on résolut de réduire les insurgés par la force. Une armée de 15,000 hommes marcha contre eux et fut vaincue près de SevenAks. Cade et les siens, fiers de leur victoire, vinrent reprendre leur première position de Blackheath. Le roi Henri leur envoya l'archevêque de Cantorbery avec le duc de Buckingham pour entamer un accommodement. Dans cette conférence, Cade s'exprima avec autant de convenance que. d'énergie ; il refusa de poser les armes jusqu'à l'entier acquiescement aux réquisitions consignées dans les adresses. Après le retour de ses envoyés, la cour se retira au château de Kenilworth, et la Tour de Londres reçut une forte garnison. Cade s'avança jusqu'à Southwark, et Londres lui ouvrit ses portes. Il lit trancher la tète au lord Say, grand trésorier, et à deux autres ministres mais il ne put maintenir la discipline parmi les soldats. La garnison de la Tour ayant fait une sortie qui rejeta les rebelles avec perte hors des murs, le commandant proclama une amnistie pour tous les rebelles qui se retiraient chez eux paisiblement. Cade alors, abandonné des siens, charge son butin sur un bateau, et, suivi de quelques compagnons, prend la fuite sous un déguisement. Sa tète est mise à prix ; un gentilhomme du comté de Kent, Alexandre Iden, le fait prisonnier et le tue dans un jardin où il cherchait à se cacher à Lothfied, dans le comté de Sussex : 1,000 marcs furent la récompense de ce meurtre. La cour de Londres soupçonna le duc d'Yorck, Richard, de n'avoir pas été étranger, par ses instigations secrètes, à cette insurrection, qui forme, pour ainsi dire, l'avantscène de la guerre de la rose rouge et de la rose blanche
  • Jean CADOVIUS( 1650 - 1725) : également savant en théologie, en médecine et en linguistique, naquit en 1650. Son père, le docteur Mathias Cadovius, surintendant général de la Frise orientale, s'était marié lorsqu'il était encore élève du gymnase de Hambourg. Il crut devoir cacher sa paternité, et cependant il lit étudier son fils Jean sous le nom de Muller. Ce fut sous ce nom que Jean Cadovius devint, en 1670, recteur de l'école latine d'Escas, dans la Frise orientale ; puis, en 1675, prédicateur au village de Stelesdorf, et la protection de son père ne lui fut pas inutile pour obtenir cet emploi. Celuici étant mort en 1679, le prétendu Muller se porta son héritier ; mais les autres enfants de Mathias ne voulurent pas le reconnaître pour leur frère. Nonseulement Cadovius parvint à prouver la légitimité de sa naissance, mais en prenant le nom de son père, il eut le bonheur de lui succéder dans la surintendance de la Frise orientale. Cette position le mit à même de pousser aussi loin que possible ses études et ses recherches sur l'ancienne langue des Frisons, et il écrivit sur ce sujet l'ouvrage suivant : Memoriale linguœ Frisice antiquce, offte li Gehoegenisse van de ohle Freeske Memstale, où se trouvent des vocables et des verbes de l'idiome de la Frise orientale, quelques locutions frisonnes, ainsi que des notions sur le système monétaire, sur les poids et mesures, sur la numération, sui' la grande et petite table de multiplication en usage dans la Frise orientale ; un dictionnaire de la plupart des substantifs frisons ; les cinq parties principales du Catéchisme de Luther avec la doctrine et la formule de la confession et de l'absolution, ainsi que le Sym- bole du concile de Nicée et de Si. . Athanase. Ce livre, dont le manuscrit porte la date de 1691, et que Poin conservait dans la Frise orientale, n'a jamais été imprimé, et il est à craindre, dans Pintérét de l'his- toire du bassaxon, comme aussi de la langue :des anciens Frisons, qu'il ne finisse par être entièrement perdu. Du temps de Cadovius, son travail excita Pattention de plusieurs savants allemands trèsdist gués. Meier de Brème en parle dans un écrit adressé à Leibnitz, et qui fait partie de la Collection étymo- logique. 11 donne à l'auteur le nom de Muller, que Cadovius portait encore à cette époque, et il désigne l'ouvrage sous le titre de Indicis Frisici MS. W iarda a également fait usage des recherches de Cadovius dans son Dictionnaire de la langue des anciens Fri- sons, 1786. Cadovius exerçait la médecine en même temps que les fonctions de prédicateur. 11 composa, pour préparer au baptême deux soeurs nées en Turquie, un ouvrage intitulé : Excellent échange de l' crédulité musulmane contre le véritable christianisme, également resté manuscrit. Il est mort à Statesdorf en 1725.
  • Jean CAGNAZZO : religieux de l'ordre de StDominique, connu également sous le nom de TABlENSIS, qui lui venait du lieu de sa naissance, fut l'ami du cardinal Cajetan, auquel il dédia la somme des cas de conscience connue sous le nom de Summa Tabiena ou Summa summarum. Il mourut en 1621
  • Jean CAÏUS, KEY ou KAYE( 1510) : médecin anglais, naquit à Norwich en 1510. 11 lit ses études médicales à Cambridge, où il était élève en 1529 il y fut reçu bachelier et maitre èsarts, et même nommé membre du collège de cette ville en 1535. S'étant déterminé à voyager pour compléter son en 1559, il partit pour l'Italie, séjourna longtemps à Padoue, où il écouta les leçons de Montanus, et y fut reçu docteur en 1541. De retour en Angleterre, en 4544, il s'acquit une telle réputation, qu'il fut successivement premier médecin d'Edouant VI et des reines Marie et Elisabeth. Il servit à la fois les sciences et la médecine par sa fortune et ses travaux. Il fonda en effet, à Cambridge, un collège portant son nom, et propre à recevoir vingttrois étudiants; d'autre part, il découvrit plusieurs manuscrits inconnus des ouvrages d'Hippocrate et de Galien, savoir : le premier livre de De- ; de Rariorum animalium et stirpium Historia, liber unus, Londres, 1570 ; 1724 ; c'est le titre de cette dernière édition que nous avons l'apporté. Son traité de la suette anglaise; de Ephemera Britannica, fut aussi imprimé séparément en 1721 , à Londres ; c'est même la meilleure édition ; la description de cette maladie y est fort exacte. Chauffepié donne la liste des ouvrages de Caïus. 11 mourut en 1575. Sur le monument qu'on lui éleva dans la chapelle du collége de Kaye, à Cambridge, on mit cette épitaphe laconique : Fui Cajus. ( Voy. les Mémoires du P. Niceron, t. 11 et 12. — Un autre Jean Caus, également Anglais, et né dans une époque un peu antérieure, a donné, entre autres ouvrages, une traduction du latin de l'Histoire du siée de Vile de Rhodes , dédiée à Édouard IV, dont il était poète lauréat
  • Jean CALAS( 1698) : victime de la législation vicieuse du siècle dernier, non moins que du fanatisme religieux,•naquit le 19 mars 1698 au bourg de Claparède, dans le diocèse de Castres, en Languedoc. Il épousa, en 1751, une Anglaise, AnneRose Cibibel, dont la famille était d'origine française et calviniste comme lui. Il exerçait à Toulouse la profession de négociant. Il eut quatre fils , et trois filles, dont il soigna luimème l'éducation. Considéré dans le commerce, il avait atteint la vieillesse et obtenu l'aisance au milieu des occupations d'une vie laborieuse et paisible, lorsqu'à soixantetrois ans, il se vit l'objet de la plus terrible accusation. Le 13 octobre 1761, après le souper, MarcAntoine Calas, son fils alité, àgé de e ans, fut trouvé suspendu à une corde audessus de la porte du magasin de son père. On pouvait croire que ce jeune homme, d'un esprit sombre, ardent, inquiet, et de plus adonné au jeu, s'était donné la mort; mais le peuple s'attroupa aux cris de la famille, et dans cette foule le bruit se répandit soudain que le défunt ayant voulu se faire catholique, à l'exemple de Louis son jeune frère, le vieux Calas avait prévenu cette abjuration par un meurtre. MarcAntoine Calas , doué d'ailleurs d'un esprit distingué, sollicitait le titre d'avocat; mais le barreau était alors interdit aux réformés, et ce jeune homme, sans avoir renoncé formellement à la croyance de ses pères, fréquentait les églises pour obtenir un titre dont ses talents le rendaient digne. On impliqua dans l'accusation nonseulement la famille Calas, mais le jeune Lavaysse qui avait assisté au souper. C'était le fils d'un riche avocat au parlement de Toulouse ; il revenait alors de Bordeaux, où il était allé passer quelques années pour apprendre le commerce, et se rendait chez son père, à Caraman. Il traversait Toulouse, lorsqu'il aperçut daus le magasin de Calas des personnes de Caraman ; il leur demanda des nouvelles de sa famille, et convint de partir le lendemain avec elles. Les deux fils de Calas, liés d'amitié avec Lavaysse, avaient prolité de cette circonstance pour l'inviter à souper avec eux, et le père avait joint ses instances à celles de ses fils. De là l'accusation contre le jeune Lavaysse d'avoir été envoyé par les protestants de la Guyenne pour prendre part au meurtre. MarcAntoine Calas fut done, grâce à ces bruits populaires, regardé comme un martyr du fanatisme de ses parents, et avec d'autant plus de probabilité, que par une délicatesse honorable, mais qui lui fut bien fu- neste, la famille Calas, entourée dans le premier mo- ment par la foule, avait pris soin, au milieu de son désespoir, d'écarter tout soupçon de suicide : on sait qu'alors ceux qui terminaient volontairement leur vie étaient jugés indignes de la sépulture chrétienne, et leur cadavre ignominieusement traîné sur la claie. Les pénitents blancs de Toulouse lui firent de splendides funérailles. Les dominicains lui érigèrent un catafalque audessus duquel ils placèrent un squelette représentant la victime, tenant d'une main une palme de martyr, et de l'autre un acte,d'abju-, ration. Cependant la rumeur publique, qui représenii. 48 tait ce suicide comme un meurtre, avait été accueilli dans ce sens par David Baudigné, un des capitouls de la ville, que la famille Calas avait appelé sur les lieux au moment où le jeune homme avait _.té trouvé étranglé. 11 avait fait transférer surlechainp à l'hôtel de ville M. et madame Calas, leur servante, qui était catholique, et le jeune Lavaysse. Au lieu d'accueillir leurs réponses si claires comme l'expression de la vérité, il s'obstina à les trouver coupables. Ni la probité connue du vieux Calas, ni le bon accord qui avait toujours régné dans cette famille, et que n'avait pas mème troublé la démarche , lecteur du duc de Chartres, fut publiée par souscription au profit de ces infortu- nés. Elle fut d'autant plus recherchée que l'autorité, par un reste de ménagement pour le parlement de Toulouse, fit semblant d'en interdire la publication. On voit, dans cette gravure, la veuve assise dans un fauteuil : l'altération de ses traits atteste son infortune. Sa fille aînée est assise à côté d'elle. La cadette est debout derrière sa mère et appuyée sur son fauteuil. Rien de plus touchant que la ligure de ces deux jeunes personnes. Toutes les trois ont les yeux fixés sur le jeune Lavaysse, qui leur lit le mémoire d'Elie de Beaumont ; derrière lui est Pierre Calas. Entre ce groupe et celui de la mère et des tilles, on voit la vieille servante debout, écoutant cette lecture. Les deux jeunes filles n'avaient pas été oubliées dans la persécution ; elles avaient été arrachées à leur mère et mises dans deux couvents différents. L'aillé y avait éprouvé beaucoup de duretés; la cadette, par une douceur angélique, avait conquis l'affection des religieuses, qui la traitèrent avec la plus grande bonté. Lors de la révision du procès, elles avaient été rendues à leur mère. Quant au jeune Lavaysse, il n'avait point eu part aux bienfaits du roi, son père étant fort riche. Cette affaire qui, pendant longtemps, occupa le public en France et en Europe, a donné lieu à bien des publications, indépendamment des factums et des mémoires des avocats, ainsi que des nomlireux écrits de Voltaire, Blin de Sainmore a rimé une héroïde intitulée : Jean Calas à sa femme et à ses enfants . Un autre a fait parler Calas sur l'échafaud à ses juges . Un troisième a publié : l'Ombre de Calas le suicidé, à sa famille et à son ami . Un tel procès, qui ligure dans tous les recueils de causes célèbres, ne pouvait manquer de fournir matière à des pièces de théàtre. Au mois de décembre 1790, les comédiens du ThéâtreFrançais jouèrent successivement deux drames sur ce sujet ; le premier intitulé : Calas ou le Fanatisme, drame en 4 actes et en prose par Th. Lemierre neveu ; l second ayant pour titre : Jean Calas, drame en 5 actes et en prose par Laya. Quelques mois après , Chénier donna au théâtre de la rue de Richelieu, Calas, ou l'Ecole des juges, tragédie en 5 actes et en vers. Enfin, Victor Ducange lit jouer en 1819, sur le théàtre de l'AmbiguComique, Calas, mélodrame en 5 actes, qui obtint un succès populaire, et fut repris à la lin de 1850. La mémoire de Jean Calas avait été réhabilitée par décret de la convention nationale , et une pétition en faveur de Louis Calas, seul rejeton de cette famille, avait été présentée, l'année précédente, à l'assemblée législative
  • Jean CALCAR ou KALCKAER : ainsi nommé parçe qu'il naquit à Calcar, ville du duché de Clèves, se rendit fort jeune en Italie pour y étudier la pe Raphaël et le Titien furent les modèles qu'il s'efforça de suivre, et auxquels il dut ses talents et sa réputation. Attaché particulièrement au Titien, et devenu l'un de ses principaux élèves, il se pénétra si bien de la manière de ce grand peintre, qu'on I vit plusieurs fois les habiles connaisseurs attribuer les ouvrages de ,l'élève au pinceau du maitre. Ses portraits surtout se rapprochent infiniment, par leur beauté, de ceux du Titien, et l'on reconnait en général, dans ses tableaux, le bon goût et le dessin de* l'école italienne. Rubens, qui se plaisait à rassembler dans son cabinet les productions des peintres qu'il appréciait le plus, conserva jusqu'à sa mort une Nativité de Calcar, remarquable par l'effet de la lumière. Ce tableau, acheté ensuite par Sandrart, fut revendu à l'empereur Ferdinand. On duit au crayon de Calcar les portraits qui accompagnent les Vies des peintres et sculpteurs par Vasari, ainsi que les figures anatomiques des œuvres de Vésale. Ce peintre mourut à Naples, dans un àge peu avancé, en 4546
  • Jean CALDERINO : vivait dans le 16' siècle. Il publia l'an 1571 un ouvrage intitulé de Hcereticis, où il expose les devoirs d'un inquisiteur de la foi
  • Jean CALDIERA ou CALDERIA : d'une ancienne famille , professeur de médecine à Padoue, était natif de Venise, et vivait au 15" siècle. Les cir- constances de sa vie ne nous sont point connues. On sait seulement qu'après avoir longtemps étudié la médecine et la philosophie, il obtint une chaire à Pa doue eti 1424 , qu'il se retira depuis dans sa patrie, pir il mourut dans un âge fort avancé , vers 1474 s'il faut en croire le P. Jean degli Agostini. Pavait été marié, et entre autres enfants , il eut une fille nommée ealtaruzza, ou Catherine , non moins savante que son père , et qui composa un traité de . eaudibus sancorum. Il ne parait pas flue cette production ait été publiée. 4ntoine Vinciguerra , qui a dédié à Caldiera la 5' de ses satires, loue beaucoup le mérite de cette darne, dont il déplore la perte récente. Le seul ouvrage de Caldiera est un livre s gulier et rare, niais dont l'exécution typographique est peu soignée ; il est intitulé : Concordantie poe- tarum, philosophorum ci theologorum, J. Calderia physico auihore, opus vere aureum , Venise, 1547 L'éditeur fut MichelAnge I3iondo , docteur en médecine. Ce livre, que Caldiera avait composé pour sa fille, est un vrai traité de théologie mystique. 4'auteur y rapporte aux mystères de la religion chrétienne toutes les fables grecques et romaines. C'est ainsi que dans le mythe des noces de Thétis et Pélée, Protée , suivant lui , est Dieu le père ; Jupiter, le Christ ; Pélée , le peuple chrétien; Thétis, l'Église romaine; Pallas, Vénus et Junon, les trois Vertus théologales, à savoir Junon , la Foi, Pallas, l'Espérance, et Vénus, la Charité ; la Discorde est le Diable, et le berger Pàris , St. Paul. Ce livre est imprimé cum privilegio d/ us/ riss. Sen. Venetiarum in decennium. Caldiera a laissé plusieurs autres ouvrages manuscrits dont quelquesuns se conservaient à Venise dans la bibliothèque Sagredo, d'où ils ont passé à celle d'Apostolo Zeno : ce sont des discours, des traités d'astrologie, de morale et de politique, etc. Philippe de Rimini , dans son Banquet de la pau- vreté, donne beaucoup d'éloges à Caldiera, qu'il fait un des trois interlocuteurs de ses symposiaques sous le nom d'Ipoeratide. Les deux autres sont André Contrario, qu'il appelle il Tiburtino , et Àréophile, l'auteur luimême
  • Jean CALPHURNIUS : savant critique du 15° siècle, né à Brescia, d'une famille originaire du Bergamasque, fut professeur de langue grecque à Venise, et ensuite à Padoue, depuis l'an 1478 jusque vers 1502. Il a publié :1° une édition d'Ovide, 1474 2° l'lleautontimorumenos de Térence, avec un commentaire, Trévise, 1471 Ce commentaire a été plusieurs fois réimprimé avec ceux que Donat nous a laissés sur les cinq autres comédies du mènie poëte. Westerhove, qui a joint ses commentaires à la belle édition qu'il a donnée de Térence , soupçonne Calphurnius d'avoir tiré son commentaire de celui de Donat, qui existait pente.tre encore de son temps, et d'en avoir ensuite supprimé le manuscrit. 3° Catulle, Tibulle, Properce, et les Silves C
  • Jean CALVINUS : dont le vrai nom était KAHL, professeur à Heidelberg , a fait un Lexicon juridicum utile et estimé. Il comprend toutes les parties de la jurisprudence, dont il donne des définitions trèsclaires et trèsexactes. La 1" édition est de Francfort, 1600 il y en a eu un grand nombre dans la suite. Les meilleures sont celles de Genève, 1750, 1754, 1759. 2 vol. On doit aussi au même auteur : Themis Hebrœo- ltomana, seu Jurisprudentia mosaica et Romana , Hanau, 1595 et quelques autres ouvrages de jurisprudence. B-1
  • Jean CALVIN( 1509) : second chef de la réforme au 16e siècle, naquit à Noyon, le 10 juillet 1509. Son père Gérard Cauvin , était tonnelier. Il le destina de bonne heure à l'état ecclésiastique. Nous apprenons de Calvin lui - même, dans une épitre qu'il adressa à Claude d'Hangest, abbé de St-Éloi de Noyon, en lui dédiant son premier ouvrage, que c'est à la famille de cet abbé qu'il eut la principale obligation de ses premières études et l'éducation libé- rale qu'il reçut : de plebe homuncio... domi vestrae puer educcaus, primam vite et litterarum discipli- nam familice vestrœ nobilissimce acceptant refero. Il avait à peine douze ans, lorsqu'il fut pourvu d'un bénéfice simple dans la cathédrale de Nopn. Six ans après, il fut nommé à une cure qu'il peiniuta bientôt pour une autre. Ainsi, par un abus qui n'était pas rare alors, les protecteurs de Calvin liii avaient déjà fait conférer rilusieurs bénéfices avant qu'il eût atteint l'âge de vingt ans, et il jouissait du titre et des revenus d'une cure, quoiqu'absent et sans être engagé dans les ordres. Pendant qu'il çontinuait ses études à Paris, il y fit connaissance avec Pierre Robert Olivetan, né comme lui à Noyon, mais plus àgé de quelques années. C'est de lui qu'il reçut les premières semences de la doctrine nouvelle qui commençait à se répandre en France. Il fut détourné par là de la vocation à laquelle semblait devoir Pattacher la possession anticipée de ses bénéfices. Il abandonna l'étude de la théologie, pour aller suivre d'abord à Orléans et ensuite à Bourges des leçons de droit. Il fit de grands progrès dans cette science, et étudia en même temps la langue grecque sous le professeur Melchior Volmar, qui fortifia le penchant qu'Olivetan lui avait donné pour les nouveautés. Il revint à Paris en 1552, et ce ne fut qu'alors qu'il se démit de ses bénéfices. Il publia la même année un commentaire latin sur les deux livres de Sénèque de Clementia. Quelques personnes ont cru voir dans le choix de ce sujet une intention marquée d'adoucir le sort de ceux qu'on persécutait pour les nouvelles opinions; il est impossible, en lisant ce petit écriç d'y apercevoir un tel but. Ce sont de simples remar ques, grammaticales ou littéraires, sur le texte, et plus souvent encore une glose destinée à l'amplifier, sans y chercher aucune application aux circonstances. Son nom de Cauvin, latinisé dans le titre de ce commentaire , fut dès lors changé en celui de Calvin, qu'il porta toujours depuis, et qu'il a rendu si célèbre. Dans l'année suivante 1835, un des amis de Calvin, Michel Cop , recteur de l'université, ayant prononcé nne harangue pleine de la doctrine des nouveaux réformateurs, fut recherché et poursuivi. Calvin, soup-çonné d'avoir eu grande part à la composition de cg discours, fut enveloppé dans les mêmes recherches. Il logeait alors au collège de Follet. On vint pour l'y saisir; mais on ne l'y trouva pas: Forcé de s'enfuir de Paris, après avoir erré pendant quelque temps et changé souvent d'asile, il se retira en Saintonge, et y passa plusieurs mois caché dans la maison dé Louis Dutillet, chanoine d'Angoulême. C'était un frère de Dutillet, greffier en chef du parlement de Paris, recommandable par ses connaissances et son Amour pour les lettres, Là, il continua paisiblement ses études, et commença, à ce qu'on croit, à rassem- bler les matériaux de son ouvrage de l'Institution chrétienne, publié environ deux ans après. Plusieurs Auteurs ont écrit que, pendant son séjour chez le ehanoine Dutillet, il sortit plus d'une fois de sa retraite pour aller prêcher la nouvelle doctrine dans les environs, et même à Poitiers, où il eut de trèsgrands succès. Il se rendit ensuite à Nérac, auprès de Marguerite, reine de Navarre. La cour de cette princesse servait alors de refuge à plusieurs savants que leur penchant pour les nouvelles opinions avait r torcés à eéloigher de France. litargnerite était soeur ' dee ÉrançoiS ler, et„ comme lui, elle aimait tes lettres I , è't Ceux qui les cultivaient. Sans avoir encore aucune iiicliriatioh décidée potir les idées des réformateurs, eile recevait aveC émin'essetnent ceux qui travaillaient à leS i'épâtidre,,parce qu'ils étaient, pour là plupart, des Irôlninés drstingués par leurs cOnnaissances ou leurs talents. Cakin fut trèsbien accueilli chez ')a reine de eavarre, et c'est là qu'Il connût polir la première fois plusieurs lioniines qui, dans la suite, settif:ni itilleitterit son pàrti. Il retourna de là à Paris. Bientôt il ftit obligé d'en sortir de nouveau et ménie dé qtiitter la France, en 1551. Il se retira à 13à1e, oit il s'occupa principaleMent de la composition de sôn Institution chrétienne. il raconte luiMémé quelle fut l'occasion et qiiel était le but de cet buvrage. Les suppliées de ceux qu'on brûlait en France pour cause de religion avaient excité partout au delibrs une grande indignation. François I", t'Ili àvalt iritétét, de Ménager les princes protestants d'Allemaghè , voulut détruire ou atténuer auprès d'etix te mattVais effet des persécutions qu'prouvalent dans son royatiinè les partisans de la réforme. Pour y parvenir, il fit répandre différents écrits, dan lésqiielS on asStirait que les hommes traités en France aVeC tirie si impitoyable rigueur n'étaient pas des sectateurs de la réforme adoptée dans plusieurs parties dè l'Allemagne, mais des anabaptistes, non Moins ennemis de tout ordre politique que de la religion elleinèrne. Calvin résolut d'exposer la doctrine de ceux qu'on poursuivait en France, et de montrer qn'ils n'étaient ni des anabaptistes, ni des séditieux. Dàns ce dessein, il publia l'Institution t hÉétienne Comtne letir confession de foi. Aucun ouvrage plus étendu et Plus Méthodique n'avait encore e paru depuis le ebünnenceMent de la réforme. Calvin s'y éldigna bien pins qtie les réformés d'Allemagne des ôt)inioris professées par les catholiques. 11 serait SailS dotite difficile d'expliquer ici assez brièvement, et aveé une clarté suffisante, comment il alla plus Win Calvin, en quittant Bâle, après la publication de son ouvrage, était venu à Ferrare, où il fut reçu avec beaucoup de distinction par la duchesse Renée de France, tille de Louis XII, et épouse d'Hercule d'Este. Cette pr qui dès lors se montrait trèsfavorable aux réformés, embrassa dans la suite leurs opinions avec beaucoup de zèle. Calvin s'arrèta peu de temps à Ferrare, et se rendit successivement dans quelques autres villes d'Italie pour y prêcher sa doctrine. C'est vers ce temps, suivant un passage de illttratori, qu'il fut contraint de sortir à la Illite de la cité d'Aost, où il fut découvert cherchant à l'épandre les nouvelles opinions. Cet historien ajoute qu'il s'enfuit de là à Genève ; mais cette partie de son récit ne s'accorde en rien avec ceux des autres écrivains. On ne peut douter que Calvin, obligé de fuir d'Italie, ne soit revenu à Paris vers le milieu de l'année 1536. Ne pouvant y séjourner avec sécurité, il prit le parti de retourner à Bàle, et suivit, pour s'y rendre, la route de Genève. Il y avait alors un an que la réforme était établie dans cette ville, par un décret des magistrats, auquel l'assemblée générale des citoyens avait donné son adhésion. Cette l'évolution, commencée par des motifs purement politiques , avait ensuite été achevée par les prédications de Farel. Après avoir été pendant près de deux ans secondé par Viret, Farel se trouvait depuis plusieurs Mois chargé seul de tous les soins de sa nouvelle Élise. Ne pouvant suffire à ce travail, il demandait qu'on rappelât Viret auprès de lui. C'est dans ces circonstances qu'il vit arrive Colvin à Genève. Les écrivains protestants disent qu'il le retint avec autorité, sans vouloir permettre qu'il continuât sa route, et que Calvin, obéissant aux instances de Farel, comme à tm ordre du ciel, ne songea qu'à consommer et consolider avec lui l'établissement de la réforme à Genève. Si le hasard seul fit que Calvin passa par Genève en voulant se rendre à Bàle, s'il eut besoin, pour s'y arrêter, d'être pressé par Farel, il faut avouer que la plus mûre réflexion ne lui aurait pas conseillé un autre parti ni fait choisir une résidence plus conforme à son caractère et à ses projets. Il y a tout lieu de croire que Calvin nourrissait depuis plusieurs années le désir d'étendre la réforme, de lui donner un nouveau tour, selon l'expression de Bossuet, et d'en devenir le chef dans son pays. Déjà, en publiant l'institution chrétienne, il avait présenté sa propre doctrine comme celle de tous les Français persécutés, et s'était rendu leur organe, comme s'il eût reçu d'eux une mission expresse. Sa prudence un peu timide ne lui permettant pas de rester en France, et d'y écrire ou d'y prêcher librement, où pouvaitil trouver un établissement plus sûr à la fois ét plus favorable au succès de ses vues? La ville de Genève touchait aux frontières de la France; on y parlait notre langue ; on n'y avait pas d'autres habi- tudes que les nôtres; il était facile de répandre de là toute espèce d'écrits, d'entretenir des correspondances dans nos diverses provinces, et d'y envoyer les hommes les plus propres à s'emparer des esprits et de l'opinion. Après quelques agitations, la nouvelle doctrine se trouvait universellement adoptée à Genève. Jusqu'à l'établissement de la réforme, l'au- torité y avait été légalement partagée entre l'évêque et les.magistrats municipaux. L'exercice de ces deux pouvoirs rivaux se trouvait encore contrarié par les prétentions ou les attaques du duc de Savoie ; mais, dans ce moment, le peuple et ses magistrats étaient restés maîtres sans obstacle comme sans partage. L'évêque avait depuis longtemps quitté la ville, et ne songeait plus à y rentrer ; les prètres, les religieux, tous les citoyens qui étaient demeurés fidèles à la religion catholique, avaient fui pour ne plus revenir. Charles, duc de Savoie, s'était, à la vérité, avancé avec quelques troupes pour essayer de réduire la ville de Genève, et d'y rétablir l'ancienculte; mais François I", aveuglé par ses ressentiments contre ce prince et par l'espoir d'une conquête facile, avait fait marcher une armée contre lui, et l'avait forcé de se retirer au delà des Alpes. Les Bernois, les Valaisans, les Fribourgeois, sous le prétexte de défendre les Genevois leurs alliés, avaient aussi pris les armes contre le duc de Savoie, et s'étaient emparés des diverses parties de ses domaines qui se trouvaient à leur convenance ; tout le reste était tombé au pouvoir du roi de France. Ainsi les Genevois, délivrés de ce voisin dangereux , certains de l'alliance des cantons suisses et de la protection de François ler, devenu chez eux le plus solide appui de la réforme qu'il persécutait si violemment dans ses propres États, n'avaient désormais rien à redouter, et Calvin
  • Jean CANTACUZÈNE : empereur d'Orient, exerçait en 1520 la charge Lorsque ce prince fut seul possesseur du sceptre, il trouva dans Cantacuzène un ministre habile et vigilant. En 1536, il négocia la paix avec les Génois qui désolaient l'Archipel. Un an après, il battit les Turcs, et, en 1559, son éloquence fit rentrer dans le devoir plusieurs rebelles ; mais la mort d'Andronic III, arrivée en 1341, et la minorité de son fils Jean Paléologue, âgé de neuf ans, livra bientôt l'empire aux plus cruelles agitations, et Cantacuzène, en voulant le servir, fuit luimême le jouet de la fortune. Andronic l'avait nommé régent ; le protovestiaire Apocauque et le patriarche Jean d'Apri excitèrent contre lui l'impératrice mère , Anne de Savoie. Les troupes se déclarèrent pour le régent, qui, loin d'abuser de ces dispositions , calma luimême leur indignation , détrompa l'impératrice, et ne songa plus qu'à bien gouverner l'État confié à ses soins. Il employa ses biens à payer les troupes. Cependant les Bulgares et les Turcs déclarèrent la guerre. Cantacuzène les défit ; mais, pendant son absence, Apocauque fomentait une conspiration. Le régent l'amena à une soumission apparente ; mais Apocauque forma bientôt de nouveaux complots, et il y entraîna l'impératrice, le patriarche et la populace. Cantacuzène , à cette nouvelle, fit prier l'impératrice de lui donner des juges ; Apocauque fit maltraiter ses députés, jeter sa mère en prison, et saisir ses propriétés. Malgré ces persécutions, Cantacuzène voulait encore se mettre entre les mains de ses ennemis : mais ceux qui l'accompagnaient l'en détournèrent, et lui représentèrent que le seul moyen de mettre fin à tant d'intrigues et de soutenir l'État chancelant était de ceindre un diadème que tout l'empire lui déférait. Cantacuzène consentit à se laisser couronner ; mais il ne voulut être nommé qu'après Jean Paléologue et l'impératrice Anne. Celleci penchait vers un accommodement ; les factieux l'en détournèrent ; les partisans de Cantacuzène furent bannis des villes qu'ils croyaient soulever ; son armée se découragea. Dans ce péril, il eut recours à l'alliance du cràle de Servie. Les piéges se multipliaient sous ses pas, les intrigues, la calomnie et le poison étaient employés tour à tour contre lui ; on débauchait ses troupes, on publiait sa ddfaite ou sa mort. Îl fit inutilement le siége de Pherès ; ses alliés le servaient faiblement; quele'que- uns furent près de le trahir ; enfin, en 1543, Amir, sultan de Lydie, vint unir ses armes aux siennes, et, l'année suivante , Cantacuzène se vit en état de menacer à son tour ses ennemis. Amir et lui furent proposer la paix à l'impératrice ; mais les députés de Cantacuzène furent traités avec la dernière barbarie. Il s'en vengea en poussant ses conquêtes avec vigueur. L'impératrice, pressée de toutes parts, redoubla d'intrigues et arma contre Cantacuzène les Bulgares et le cràle de Servie , et un de ses propres officiers nommé Montmitzile, qui l'attaqua en trahison et faillit le tuer. Cependant, Apocauque ayant été massacré en 1346, les amis que Cantacuzène avait conservés clans Constantinople résolurent de lui en ouvrir les portes : ils le firent prévenir de ce dessein, et le régent s'étant approché avec ses troupes, fut reçu presque sans opposition. L'impératrice, pressée par son fils Jean Paléologue, alors âgé de quinze ans, consentit enfin à partager le trône, et Cantacuzène entra dans le palais le 8 février 1547. 11 signala d'abord sa clémence et sa modération, et ne s'occupa qu'à fermer les plaies de l'État ; cependant la nomination qu'il fit faire d'un moine palamiste au siége de Constantinople causa quelques dissensions, et dans le même temps, les Serviens lui déclarèrent la guerre ; Cantacuzène voulait la pousser avec vigueur ; plusieurs partis s'y opposèrent , et Manuel, son propre fils, leva dans cette occasion l'étendard de la révolte. La peste vint accroitre les malheurs de l'empire et les chagrins de Cantacuzène, qui cependant négocia secrètement, mais inutilement, l'alliance des princes d'Occident. Les Génois établis à Galata prirent les armes, et osèrent même assiéger Constantinople, en 1348. Après plusieurs succès, ils fuirent forcés de demander la paix. En 1550 , Cantacuzène vainquit le cràle de Servie, et le contraignit à signer un accommodement, qui fut aussitôt rompu. L'année suivante , il assembla un concile à Constantinople, et s'y déclara en faveur des palamistes. Il entreprit aussi de réduire les Génois, de concert avec les Vénitiens, qui ne coopérèrent que faiblement à cette entreprise. Mais de nouvelles intrigues allaient enfin décourager le grand coeur de Cantacuzène. 11 s'aperçut que la jalousie de Jean Paléologue devenait de jour en jour plus vive contre lui et contre Matthieu son fils aîné. En vain voulutil apaiser ces querelles ; il fallut combattre ; car déjà Paléologue assiégeait Matthieu dans la citadelle d'Andrinople. Cantacuzène le délivra; Jean fit venir à son secours les Bulgares et les Serviens ; son rival appela les Turcs, et fut couronner Matthieu dans l'église de SteSophie. Cependant l'empire était dans un désordre affreux. Cantacuzène ne voulant pas prolonger tant de maux, et voyant diminuer la faveur publique dont il avait joui si longtemps, se hOta de conclure un traité avec Paléologue, et après avoir engagé luimême les villes qui tenaient pour lui à se soumettre, il renonça au ,sceptre en 1555, prit l'habit religieux et les noms de Josuaphus Christodulus, sous les- quels il a composé ses écrits, et se retira dans le monastère de Mangane. Irène, sa femme suivit son exemple ; elle prit le voile et le nom d'Eugénie, et illYienferma dans le couvent de SteMarthe, fondé par les aïeux de Cantacuzène. Leur l'ils Matthieu fut bientôt en guerre ouverte avec Paléologue; Canta- ii,cuzène, du fond de sa retraite, lui conseilla d'imiter "'sa modération et de descendre du trône ; Matthieu esouscrivit à ce conseil, et l'amitié de Paléologue le dédommagea du sacrifice qu'il avait fait. L'histoire a placé Cantacuzène au rang des plus grands hommes que l'empire romain ait comptés : il était digne par ses talents, par l'élévation et la modération de son caractère, , qui les avait traduits en latin, sous ce titre : Assertio contra fidem mohammeticam, Bàle, 1515 L'éditeur remarque que Cantacuzène combat plusieurs erreurs des juifs, qui sont communes aux mahométans ; ce qui a fait présumer à J.A. Fabricius que les traités de Cantacuzène contre les juifs pourraient n'être autres que cet ouvrage; mais Fabriciuà ajoute que ce- pendant Philippe Labbe, dans sa Biblioth. manu- script. nova, parle de neuf discours de Cantacuzène contre les juifs. 5° Quelques autres ouvrages de théologie , qui n'ont point été imprimés, dont on possède des manuscrits dans plusieurs bibliothèques , et dont Fabricius donne la liste dans sa Bibliotheca grœca, 1. 5, ch. 5. 4° Paraphrasis Ethicorum Aristotelis, aussi inédite, et dont parlent Simler et Ph. Labbe. — Matthieu CANTACUZÈNE , à l'exemple de Son père, cultiva aussi les lettres dans son cloître. On a de lui : Expositio in Canticum canticorum, imprimée à Rome, grec et latin, avec les notes de Vincent Riccard, 1624
  • Jean CAMERON : théologien protestant, né à Glascow en Écosse , passa en France en 1600 , étant alors âgé d'un peu plus de vingt ans. Il professa le grec et le latin à Bordeaux et à Bergerac, la philosophie à Sedan, et la théologie à Saumur, où il succéda au fameux Gomar, en 1618. Il re- tourna en Angleterre en 1*620. Le roi Jacques ler le nomma principal du collège de Glascow et professeur de théologie. On le payait mal; les puritains le voyaient de mauvais oeil ; ces contretemps l'obligèrent de revenir en France. Appelé en 1624 à Montauban, pour y occuper une chaire de théologie, il y déplut au parti dominant, par son opposition à ceux qui prèchaient la guerre civile. Forcé de se retirer à Moissac pour se soustraire aux mati- vais traitements que son esprit pacifique lui avait attirés , il voulut profiter d'un moment de calme pour revenir à Montauban, où il mourut de chagrin et de langueur en 1625, ou au commencement de 1626, à l'âge de 46 ans. Cameron avait beaucoup d'esprit et de mémoire ; il parlait grec avec facilité ; mais il était peu versé dans la lecture des Pères. Il ne pouvait supporter l'intolérance et le despotisme des principaux ministres de sa secte, prenait à tâche de les contredire, se plaignait de ce que la méme qualité dont il était revêtu l'empêchait de donner un libre essor à ses sentiments. Il trou- vait beaucoup de choses à réformer dans la nou- velle réforme, et croyait qu'on pouvait faire son salut dans l'Église romaine. On assure que ses conversations contribuèrent beaucoup à y faire rentrer la Milletière, son intime ami, qui, peu de temps après sa mort, se fit catholique. Cameron forma dans l'académie de Saumur un parti d'opposition à la doctrine rigoureuse du synode de Dordrecht, sur les décrets absolus et particuliers, en y enseignant une vocation et une grâce universelle offerte à tous les hommes. Cette doctrine, revêtue de diverses cir- constances qui la rapprochaient de celle d'Arminius, fut mise dans un beau jour par son disciple Amyrault, adoptée par ses collégues la Place, Cappel, et par les plus habiles théologiens de la réforme, et s'étendit dans toute, l'académie de Saumu•, pendant que du Moulin la combattait à la tête de l'a, :lémie de Sedan, et elle finit par triompher, malgré les censures des synodes, qui n'osèrent ja- mais la qualifier d'hérétique. On appela universalis- tes les partisans de cette doctrine, parce qu'elle étendait la miséricorde divine à tout le genre hu- main ; hypothétiques, parce qu'ils supposaient la foi comme une condition préalable pour avoir part à cette miséricorde. Ce système conciliateur palliait plutôt qu'il ne faisait réellement disparaître ce que la doctrine du rigide calvinisme avait de révoltant, car on y représente Dieu comme désirant le salut de tous, et refusant néanmoins à plusieurs les secours nécessaires pour y parvenir. Cameron est auteur des ouvrages suivants : 1° Prœlectiones theologicœ, Saumur, 1626-28, 5 vol. par les soins de Louis Cappel; Frédéric Spanheim les fit réimprimer quelques années après à Genève, 1 vol. avec une préface de sa façon. 2° Arnica Colle° de gratia et voluntatis humana3 concursu invocatione, Leyde, 1622 : c'est la relation d'une conférence de quatre jours qu'il avait eue avec Tilenus près d'Orléans. 50 Myrothecium evangelicum, publié par Cappel, Genève, 1652 ; ce sont des remarques savantes et judicieuses sur le Nouveau Testament, qui depuis ont été insérées dans les Critiques d'Angleterre. On a encore de Canteron sept sermons sur le chapitre 6 de l'Evangile selon St. Jean, Saumur, 1624 Defensio de gratia et libero arbitrio, Saumur, 1624 du Souverain juge des controverses en matière de religion, Oxford, 1628 : ce dernier ouvrage est en anglais, etc
  • Jean CAMERS : cordelier, est l'un des savants du 15e siècle qui_ont le plus contribué au rétablissement des bonnes études. Né à Camerino, en Italie, en 1448, il prit le nom latin de Carnets, pour désignez. sa patrie; car son nom de famille était RICI1721 VELLINI. H fut professeur de philosophie à Padoue, et provincial de son ordre. Appelé ensuite à l'université de Vienne , il y enseigna pendant vingtquatre ans la théologie de Scott, et mourut, suivant Locher, , en 4i56, ou suivant Jacobilli, en 1546, à l'âge de 98 ans. 11 possédait à fond la langue grecque, et correspondait en cette langue avec Marc Musurus , archevèque de Malvasia. On connaît peu les autres circonstances de sa vie ; mais on lui doit un grand nombre d'édi- tions d'auteurs classiques, à la plupart desquelles il a joint des notes ; les principales sont : Claudien, Vienne, 1510 ; Denys le géographe, 1542; Florus et Sextus Rufus, Bàle, 1518 ; Solin, 1520; Justin , Eutrope, etc. Il a fait encore des tables sur Pline et Pomponius Meta; des commen- taites sur Lucain, sur le Tableau de Cébès, et plusieurs autres ouvrages dont Adelung donne le détail dans son Supplément au Dictionnaire de Jcecher. Les notes de Camers ont été insérées dans le Florus variorum de Blancard, 1690 ; elles sont historiques en général, quelquefois critiques ; il y a fait preuve d'érudition et d'exactitude. Son édition de Claudien est importante, mais elle n'a point de notes, quoiqu'il en promit dans la préface
  • Jean CAMPANUS : disciple de Luther, naquit dans le duché de Juliers, et se mit à enseigner, vers l'an 1551, à peu près les mèmes erreurs que Servet. Suivant Cochlée, il condamnait le mot ho- - moottsion , c'est-àdire , consubstantiel, et renott velait ainsi l'arianisme. Il avait suivi pendant deux ans, à Wittemberg, les leçons du premier chef de la réforme; mais il s'écarta des opinions de son maitre, principalement sur la cène, et différa mètne sur ce point des sacramentaires. Il soutenait que le Fils et le StEsprit n'étaient- pas deux personnes différentes du Père. Il écrivit contre la Unité et l'éternité du StEsprit, et fut vivement réfuté par George Wicelius. On trouve une dissertation de Campanus dans le t. 11 des Amœnitates litterarie de Schelborn. — François CAMPANUS, savant humaniste, né à Colli, petit bourg de la principauté de Lucques, au commencement du 16 siècle, est connu par un ouvrage dans lequel on reproche à Tucca et à Varus d'avoir supprimé au second livre de l'Enéide vingtdeux vers, suppression qui rend les passages suivants obscurs, et presque inintelligibled. Cet ouvrage est intitulé : Quoestio Virgiliana, per quam pot- la negligentiœ, quam Tucca et Varus ac « Neri hactenus objecerunt absoltitur, et sine qua, mulla in divina iEneide ad hanc diem obscurissima loca, sed in secundo presertim et sexto intelligi non possent, Milan, 1540 ; Paris, 1541 et à la suite de Parrhasii liber de rebus per epistolam quœsitis, Henri Estienne, 1567 On a encore de Campanus : Ad Adrianum sextum pontificem maxi- mi ° ratio panegyrica, Pavie, 1525 Negri a parlé de cet auteur dans son Istoria degli Scrittori Fiorentini, p. 189. V—VE et W—s.
  • Jean CAMPBELL( 1708) : écrivain distingué, né à Éditnbou- rg en 1708. Sa mère se glorifiait dedescendre du poète Waller. A cinq ans, il quitta l'Écosse, qu'il ne revit jamais, fut emmené à Windsor, et, étant destiné à suivre la carrière du barreau, fut placé chez un procureur ; mais un goût exclusif pour la littérature le détourna de l'étude aride du droit. Déjà connu par quelques écrits de peu d'étendue, sa réputation s'accrut considérablement en 1736 par la publication de l'Histoire militaire du prince Eugène et du duc de Marlborough, ornée de trèsbelles cartes et figures gravées II s'engagea, peu de temps après, comme cooperateur de l'His- toire universelle ancienne , ce qui ne l'empêcha pas de donner au public un assez grand nombre d'ouvrages historiques et politiques, notamment les Vies des amiraux et autres célèbres marins anglais dont les deux premiers parurent en 1742, et les deux autres en 1744. Cet ouvrage eut un grand succès, et fut presque aussitôt traduit en allemand. Il en fut fait trois éditions pendant la vie de l'auteur, et le docteur Berkenhout en a donné depuis une 4' édition. En 1746 et en 1748 parurent les deux premiers volumes de la Biographia Britannica, ouvrage trèsestimé, dont les meilleurs articles sont du docteur Campbell, à qui l'on ne peut reprocher qu'une bienveillance de caractère qui prodigue trop généralement l'éloge. Il travailla également aux deux volumes suivants. En 1750, il publia séparément son Etat actuel de l'Europe, qui avait été imprimé d'a- bord en 1746 dans le recueil périodique intitulé Mu- seum, et dont Doclsley était l'éditeur. Ce nouvel ouvrage de Campbell n'eut pas moins de six éditions; mais celle de ces productions qui fut le plus favorablement accueillie du public, et par laquelle il termina sa carrière littéraire, est son Tableau politique de la Grande- Bretagne, 1744, 2 vol. Quoique cet ouvrage manque d'exactitude, il le regardait comme un monument qu'il laissait de son amour Pou), son pays, et en effet jamais écrit plus patrio- tique ne parut dans la langue anglaise, et peut-être dans aucune langue. Campbell s'était marié en 1756. Sa vie, partagée entre les lettres et la société, offre peu d'événements remarquables. Extrèmement sédentaire, on le voyait rarement hors de chez lui, où il se plaisait à rassembler le dimanche une société choisie principalement parmi les gens de let-. tics; et il ne se promenait guère qtie dans sa cham- bre ou dans son jardin. Nommé, en 1765, agent du roi pour la province de la Géorgie dans l'Amérique septentrionale, il occupa cette place jusqu'à sa mort, r arrivée le 28 décembre 1775, vers la se année de son âge. Outre les connaissances que font supposer ses ouvrages, il était versé dans les mathématiques, la médecine , la littérature sacrée, les langues anciennes, modernes et orientales. Son style, quelquefois un peu diffus, est en général clair, élégant et harmonieux. Voici le titre de quel. 5° Voyages and Travels, 1744, 2 vol. , recueil fait avec beaucoup de goût, sur le mème plan que la collection des voyages publiée par le docteur Harris en 1705 : la préface de ce recueil est regardée comme un modèle en son genre. 6* une Introduction à la chronologie et un Discours sur l'industrie el le commerce, dans l'ouvrage imprimé par Dodsley, sous le titre du Précepteur. 70 L'Histpire des établissements portugais, hollan- dais, espagnols, français, suédois, danois, et d'Os- tende dans les Indes orientales, et l'Histoire des royaumes d'Espagne, de Portugal, d'Algarve, de Navarre et du royaume de France depuis Clovis jus- qu'en 1656. Nous n'ajouterons pas ici les titres de quelques pamphlets et autres écrits du métne auteur, de peu d'intérêt aujourd'hui, quoiqu'ils aient presque tous eu un grand succès dans leur nouveauté . Nous disons presque tous; car on raconte l'anecdote suivante : quelqu'un vint un jour communiquer à Campbell un livre allemand supposé traduit du français, et lui demanda s'il ne serait pas à propos d'en donner une traduction angliise. Campbell, après avoir examiné le livre, ne fut pas peu surpris d'y reconnaître un pamphlet qu'il avait publié quelques années auparavant, qui n'avait produit en Angleterre aucune sensation, et dont un traducteur infidèle avait fait sa proie en le donnant comme son propre ouvrage
  • Jean CAMPHUYS( 1634) : en latin CAMPIHUS, né à Harlem en 1634, fut apprenti orfévre dans sa première jeunesse. A l'àge de vingt ans, il entra au service de la compagnie des Indes, et passa dans cette contrée, où, par ses talents et sa bonne conduite, il s'éleva de grade en grade, et, au bout de trente ans, il fut nommé à l'emploi de gouverneur général à Batavia. Parvenu au comble des honneurs, il n'oublia point son origine, et fit mettre un marteau dans ses armoiries. Après une administration aussi sage que glorieuse d'environ sept ans, il se démit de cette dignité en 1691, et se retira dans une magnifique maison de plaisance qu'il avait fait bâtir près de Batavia. Il aimait la botanique, et il avait rassemblé dans ses jardins un grand nombre d'espèces d'arbres et de plantes. Il favorisa de tout son pouvoir l'étude de cette science dans les établissements hollandais , et principalement la connaissance des végétaux qui pouvaient être utiles et devenir un objet de commerce. Camphuys avait rassemblé beaucoup de matériaux pour une description du Japon, et il les céda au chirurgien Kmnpfer, qui les a employés dans la relation de son voyage, sans en nommer l'auteur. Il fut aussi lié d'amitié avec le célèbre Rumphe, gouverneur d'Amboine ; il contribua à enrichir la collection de plantes des Moluques que ce dernier avait formée, et à l'exécution du .précieux ouvrage qu'il composa, lequel fut recueilli après sa mort par la compagnie, et envoyé à Amsterdam, où il a été publié sous le titre d'Herbarium Amboinense. Camphuys est l'auteur d'un ouvrage historique très- estimé : Histoire de la fondation de Batavia. Il mou- rut clans cette ville en 1695, âgé de 61 ans. On/lote- ' vier a donné en hollandais la vie de Camphuys. D—P—s et D—G.
  • Jean CAMUSAT : célèbre imprimeurlibraire sous Louis XIII, avait pris pour devise la Toison d'or, avec ces mots : Tegit, et quiis tangit immanent. C'était, pour un auteur, un titre à la faveur publique, lorsque Camusat s'était chargé de son manuscrit. sou éloge funèbre a été prononcé sur son cercueil par J. Deliste de Sales, qui, laissant de côté la flatterie, s'est exprimé ainsi sur son compte « J'ai plus d'une fois dit à la personne d'Armand « Camus, que j'aimais, une vérité pénible à mon coeur, et je la dirai .« encore à sa cendre ce républicain, d'une vertu aussi sauvage que « celle de Caton, fut loin de « traverSer pur tous les orages de la révolution; mais il déploya « dans quelques occasions importantes un grand caractère, mais « jamais un mal individuel n'échappa à Si faiblesse ; niais ses er- « reurs, quelque graves que les suppose l'homme qui ne sait pas « pardonner, semblent assez expiées par ses travaux littéraires, par « son administration tutélaire aux hospices de Paris, et surtout par « troisans de captivité. » Toulongeon prononça à l'Institut l'éloge de Camus, déjà cité danS une des notes précédentes, Paris, 4806 de 4,1 Il dut à sa réputation de ne publier que de bons ouvrages, d'étre choisi par l'Académie française pour son libraire, lors de sa première organisation, au mois de mars 1634. En cette qualité, il était tenu d'assister aux séances, et d'y servir comme d'huissier. Les académiciens s'assemblèrent plusieurs fois chez lui avant d'être reçus au Loutre. Plusieurs fois il fut chargé de faire pour l'Académie des compliments ou des remerchnents, et il s'en acquitta fort bien. C'est le seul libraire sans doute par l'organe duquel un corps littéraire ait cru pouvoir s'expliquer dignement lorsqu'il ne le faisait pas luimême. Canmsat publia le recueil suivant : Négo- ciations et Traité de paix de Caleau- Cambresis, et ce qui s'est passé en la négociation de ladite paix, en 1559, Paris, 1657 On y trouve une Remon- trante faite sur l'injuste occupation de la Nal: arec par les rois d'Espagne, et l'Instruction et ambassade de Jacques Savary de Immune en Turquie, par Henri HI, en 1585. Caniusat mourut en 1059. Il fut arrété qu'on lui ferait un service, dit Pellisson dans son Histoire de l'Acadé- mie Française; a et ce fut, ajoutetil, l'honneur - Le cardinal de ltichelieu lit alors demander la place de libraire pour Cramoisy ; mais l'Académie osa résister à la volonté de son protecteur, et nomma la veuve Camusai, qui fut représentée par son parent Duchesne, docteur en médecine. Ce dernier Feta serinent pour elle, et « fut exhorté, dit Pellisson, d'imiter la (liseré-« Lion, les soins et la diligence du défunt
  • Jean CANAPE : selon la Croix du Maine, tnédecin de François Pr, vers 1542, et lecteur des chirurgiens de Lyon, mérite que son nom soit conservé parmi les bienfaiteurs de l'humanité, pour avoir, le premier, enseigné la, chirurgie en français, et traduit dans cette langue plusieurs ouvrages latins, où ne pouvaient puiser les élèves eu chirurgie, alors trop peu instruits. Ces ouvrages sont : 1° Deux li- vres des Simples de Galien, savoir, fe cinquième et le neuvième, Paris, 1555 ; Livre de Galien, traitant du mouvement des muscles ; 3° l'Anatomie du corps humain, écrite par Galien, Lyon, 1583, 16-41 4° l'Anatomie du corps humain, écrite par Jean lrasse, dit rassiras, Lyon, 1i42; 5° les Tables anatomiques dudit Vassœus. to Commentaires et Annotations sur le prologue et chapitre singulier de Gui de Chauliac, Lyon, Ibn; 70 Opuscules de divers auteurs médecins, Lyon, 1552 80 Le Guidon pour les barbiers et les chieurgiens, Lyon, 1.558 Paris, 1563 ; 1571
  • Jean CANNEGIETER : fils de Henri et frère de Hermann, fut, comme eux, un jurisconsulte dis. tingué. 11 était, depuis 1770, professeur à l'académie de Groningue, où il mourut au commencement du 18° siècle. On a de lui quelques opuscules : 10 Ad difficiliora qucedam juris capita Animadversiones. Franeker, 1754 2. Domitii Ulpiani Fragmenta libri singularis Regularum, et Marti auctoris Col- latio legum Alosaicarum et Romanarum, cum notis, Utrecht, 4768; Leyde, 1774 50 ° ratio de n0111111WMIll jurisconsultorum excellenlia et sancti- Dominique Bain naquit à Leuwarden en 1681, le 12 avril. 11 fut nommé profeaseur en droit dans Funiversite de Franeker, 29 mars 1709, et il occupa cette place jusqu'à sa mort, arrivée le 17 niai 1750. On ne tonnait de lui que six dissertations académiques peu importantes sur des sujets de jurlsprudence.,On en peut voir les litres dans l'Alite« Frisiacce de Yriemuel, tale, Groningue, 1770 : c'est le discours latin sue Jean Cannegieter prononça en prenant possesMon de sa chaire
  • Jean CANDORIER : maire de la Rochelle sous le règne de Charles V, se servit, dit Froissard, d'un singulier stratagème pour chasser les Anglais qui occupaient la citadelle. Il assembla secrètement les principaux bourgeois; leurfit part de son projet et leur dit : « Nous en viendrons aisé-« ment à notre honneur ; car Philippe Mancel , n'est pas trop malicieux. » Le lendemain, il invita Mancel à V—VE.
  • Jean CANNAMARÈS : Catalan, né dans la classe des laboureurs, acquit une malheureuse célébrité, le 7 décembre 119.2, en frappant d'un coup de poignard le roi Ferdinand le Catholique, qui venait de faire son entrée à Barcelone après la complète de Grenade. Ce prince sortait de son palais, accompagné d'une suite nombreuse, lorsque Cannamarès, qui se tenait caché derrière une porte, s'élança sur lui et le blessa entre le cou et les épaules. Sans le collier d'or que portait Ferdinand, et qui rompit la violence du coup, ce monarque aurait été tué sur la place. Cannamarès fut aussitôt interrogé et mis à la question. On reconnut qu'il avait l'esprit aliéné, et que, s'étant imaginé que le roi lui avait pris la couronne d'Aragon, il avait attenté à la vie de ce prince dans l'espérance de la recouvrer. Ferdinand vou—lait qu'on fit grace à ce misérable, Mais la sévérité du cardinal Xinienès s'y opposa. On le condamna à avoir la main coupée, à ?Are tenaillé et tiré par quatre chevaux : la seule grâce qu'on lui fit, à cause de son état de démence, fut de l'étrangler auparavant
  • Jean CANTON( 1718 - 1772) : physicien et astronome anglais, naquit en 1718 à Stroud, dans le comté de Glocester. Fils d'un ouvrier en draps, il fit (le bonnes études dans l'école de cette ville, dont son père le retira ensuite pour lui faire apprendre son métier. Dans ses loisirs, il se livra avec une telle ardeur à l'étude de l'astronomie, que son père, craignant que son application ne dérangeât sa santé, le priva de lumière dans sa chambre. Le jeune Canton trouva moyen d'en cacher une, dont il ne se servait que lorsque toute sa famille était couchée ; il employa ce temps à faire, avec la pointe d'un couteau, un cadran solaire en pierre, qui marquait nonseulement l'heure du jour, mais le lever du soleil, sa place dans l'écliptique, etc. Il le montra à son père, qui, enchanté de ce travail, lui permit alors de se livrer à son goût, et plaça le cadran sur le devant de sa maison, où il attira l'attention de plusieurs personnes du voisinage ; ce qui commença à faire connaître le jeune Canton, et lui ouvrit l'entrée de plusieurs bibliothèqUes, où il trouva les secours qui lui avaient manqué. Il prit alors le goût de la physique et des autres sciences naturelles. Le docteur Miles obtint de son père, en 1757, la permission de l'amener avec lui à Londres, où, l'année suivante, il s'engagea comme clerc de Samuel Watkins, maitre de l'académie de SpitalSquare; et, pendant cinq années, il se rendit tellement recommandable par sa bonne conduite, qu'à l'expiration de son engagement, en 1742, Watkins se l'associa pour trois ans. Canton lui succéda ensuite dans son emploi, qu'il exerça tout le reste de sa vie. En 1744, il fit un mariage avantageux. En 1745, l'invention de la bouteille de Leyde ayant tourné les esprits vers les expériences électriques, Canton s'y livra avec ardeur, et rendit compte à la société royale de plusieurs découvertes sur l'électricité, sur l'aimant, et sur plusieurs autres points de la physique. Il fut nominé en 4751 membre de cette société. Le 20 juillet 1752, pendant un orage, Canton, le premier eu Angleterre, attira le tonnerre des nuages, et vérifia ainsi la découverte de Franklin. On assure qu'il découvrit ensuite, à peu près en même temps que Francklin en Amérique, que quelques nuages contiennent l'électricité positive, et quelques autres l'électricité négative. Il continua assidûment ses utiles travaux jusqu'à sa mort en 1772
  • Jean CAPPERONNIER( 1716 - 1775) : neveu du précédent, né à Montdidier, le 9 mars 1716, n'avait pas achevé ses études quand il perdit son père. Un de ses parents, curé de la Hérelle, le prit chez lui , continua son éducation, et voyant ses progrès, le lit envoyer à Amiens. Jean quitta cette ville en 1732, que son oncle Claude l'appela à Paris. Il entra en 1755 à la bibliothèque du roi, et, dix ans après, succéda à son oncle dans la chaire de grec. Après avoir été commis en second à la garde des livres de la bibliothèque dit roi, puis garde des manuscrits, il fut enfin bibliothécaire, en remplacement de l'abbé Sablier. L'académie des inscriptions l'avait admis dans son sein en 1749. 11 est mort le 50 mai 1775. Capperonnier a été éditeur de l'Histoire de St. Louis, par Joinville, 1761 édition que Mellot et Sallier avaient disposée. Il copia, sur le manuscrit que possédait la bibliothèque du roi, le Lexique de Timée, et c'est sur cette copie que Rulinkenius mit au jour son édition de cet ouvrage. Il a donné, chez Barbon, les éditions de Jules- César, 1754, 2 vol. de Justin, 1770 ; de Plaute, 1759, 5 vol. Il avait fait imprimer avec Mensnier Querlon une édition grecque d'Anacréon, accompagnée de la traduction de Gâcon, Paris, Grangé, 1754 Enfin il a fourni quelques secours à Wesseling pour son édition d'Hérodote, 1765. 11 avait fait imprimer un Sophocle, mais cet ouvrage ne fut publié qu'après sa mort par J .F. Vauvilliers, qui est auteur des notes; il porte ce titre : Sophoclis Tragcedice septem cum interpretatione laina et scholiis veteribus et novis, Paris, 1781, 2 vol. : cette édition était attendue avec beaucoup d'impatience; elle ne répondit pas à l'attente du public. Capperonnier a donné trois mémoires à l'académie des inscriptions, entre autres un sur les ilotes. 11 établit des différences entre les esclaves domestiques des Spartiates et les ilotes ; c'était, par exemple, du nombre des premiers que les Lacédémoniens tiraient ceux qu'ils forçaient de boire jusqu'à s'enivrer, pour inspirer à la jeunesse l'horreur de l'ivrognerie. Les ilotes n'étaient pas renfermés dans les villes, et étaient employés à divers travaux. Ils étaient encore destinés à suivre les funérailles des rois lacédémoniens, à s'y frapper la poitrine, et à s'écrier, comme le font les orateurs funèbres, que le roi qu'on pleurait était le meilleur qu'on eùt encore perdu . — Claude- Marie CAPPERONNIER, né en 1758, fils de Jean , attaché à la bibliothèque du roi, devait , lorsqu'il aurait atteint vingtcinq ans, succéder à son père dans ses places de garde de la bibliothèque du roi et de professeur de grec ; il avait même la moitié des appointements de la chaire grecque, mais il périt en 1780. Il était allé à StCloud avec neuf de ses amis dans une petite nacelle qu'il avait fait enjoliver en forme de gondole ; craignant, à leur retour, de n'arriver que trop tard à Paris en n'employant que les rames, ils attelèrent un cheval au mât de leur petit bateau ; mais l'effort du cheval dominant à plomb de la barque la renversa du premier coup : cinq des jeunes gens sont culbutés dans la Seine; Capperonnier, le seul qui sût nager, était près de gagner le bord, quand il fut saisi et entraîné par nu de ses camarades d'infortune
  • Jean CARACCIOLI( 1500) : fils du précédent, et, comme lui, prince de Melphe, duc de Venouse, d'Ascoli et de Sora, grand sénéchal du royaume de Naples, s'attacha au parti français sous le règne de Charles VIII ; il y demeura fidèle sous le règne de Louis XII , et se trouva même à la bataille de Ravenne, en 1512 ; mais depuis, les changements arrivés dans le royaume de Naples lui firent embrasser le parti espagnol, et il se déclara pour l'empereur CiarlesQuint. En 1528, lorsque Lautrec tenta vainement la conquête du royaume de Naples, il fit prisonnier à Mel fi le duc Caraccioli et toute sa famille. L'empereur CharlesQuint ayant refusé le secours dont il avait besoin pour sa rançon, François 1", jaloux de se l'attacher, lui rendit la liberté, et le fit chevalier de son occire. Quelque temps après il le nomma lieutenant général de ses armes; et, en considération de la perte de ses terres en Italie , il lui en donna plusieurs en France, comme Romorantin, NogentleRotrou et BrieComteRobert. Jean Caraccioli se distingua en Provence, l'an 1556, lorsque CharlesQuint fit une invasion dans cette province. L'année suivante , ii se trouva à la prise du château d'Hesdin, et continua de servir François I" avec zèle, malgré les efforts que tenta CharlesQuint pour le ramener à sa cause. En 1543 , il secourut contre les impériaux Luxembourg et Landrecies. Le bàton de maréchal fut, en 1544 , la récompense de ses services. Nommé l'année suivante lieutenant du roi en Piémont , il rétablit la discipline parmi les troupes. Il mourut à Suze, en 1550, comme il retournait en France, après avoir donné sa démission. 11 avait 70 ans. — Son fils aîné, Trajan CARACCIOLI, avait été tué, en 1544, à la bataille de Cérisoles
  • Jean CARAMUEL( 1606) : évêque de Vigevano, naquit à Madrid, le 25 niai 1606, (l'un gentilhomme du Luxembourg, et d'une mère de l'illustre maison des Lobkowitz, dont, suivant l'usage des Espagnols, joignit le nom à celui de son père. Sa première éducation développa en lui des talents rares pour les mathématiques, ce qui ne l'empêcha pas de réussir également dans les différentes parties de la litté- rature et de la philosophie. Ce fut après avoir parcouru d'une manière brillante toutes les routes de cette carrière, qu'il entra dans l'ordre de Citeaux. Quelques années d'étude de la théologie à Salamanque lui suffirent pour enseigner dans l'université d'Alcala, où il consacra une partie (le son temps à apprendre les langues orientales. Appelé ensuite dans les PaysBas, il s'occupa de divers ouvrages, s'y fit beaucoup de réputation par ses sermons, prit le bonnet de docteur en théologie à Louvain, et s'attira quelques fâcheuses affaires par son zèle contre le livre de Jansénius. L'abbé de Citeaux le nomma abbé de Melros en Écosse, avec le titre de son vicaire général dans les îles Britanniques; mais comme il n'existait plus, dans aucun des trois royaumes, de couvents de cisterciens, il ne passa jamais la mer pour aller exercer des fonctions qui étaient sans objet. Caramuel fut alors fait abbé de Dissembourg dans le bas Palatinat. Il s'y appliqua avec succès à réparer les désordres que l'hérésie y avait causés, à ramener ceux des habitants qu'elle avait égarés, et, pour donner plus d'autorité à sa mission, l'archevêque de Mayence le choisit pour son suffragant, sous le titre d'évêque de Missy. Les révolutions arrivées dans le Palatinat l'ayant obligé d'en sortir, le roi d'Espagne l'envoya, en qualité de son agent, à la cour de l'empereur Ferdinand III. Ce dernier prince fut si satisfait de sa conduite , qu'outre une pension considérable, il lui donna deux abbayes, l'une à Vienne, l'autre à Prague ; et le cardinal de Harach, archevêque de cette dernière vilie, l'y fit son vicaire général. Lorsque les Suédois l'assiégèrent, en 1648, Caramuel ne crut pas que sa double qualité de moine et d'évêque dût l'empêcher de prendre les armes pour la défense commune contre les hérétiques. Il avait déjà donné des preuves de son humeur guerrière et de ses talents militaires dans les guerres des PaysBas, où ses talents pour les mathématiques le firent employer comme ingénieur. A Prague, il se mit à la tête d'une compagnie d'ecclésiastiques exercés par lui et animés par son exemple, et se porta partout où sa présence pouvait contribuer à repousser l'en:: ;mi. Ses services en cette occasion furent récompensés par un collier d'or que l'Empereur lui fit remettre : c'est ce qui a fait dire qu'il avait abandonné son état de religieux pour celui de soldat. A la paix de Westphalie, il reprit ses travaux apostoliques, et de Karach fait monter à 2,500 le nombre des hérétiques qu'il ramena dans le sein de l'Église. Son zèle lui valut l'évêché de Konisgratz, dont il ne put jouir, parce que les terres en étaient occupées par les protestants. En 1657, Alexandre VII lui donna l'évêché de Campagna , au royaume de Naples; mais comme il n'y trouva pas assez de facilité pour faire imprimer ses volumineux ouvrages, quoiqu'il entretint à ses dépens une imprimerie à StAngelo, il s'en démit en 1673, et fut nommé par le roi d'Espagne à l'évêché de Vigevano, dans le Milanais, où il termina sa carrière le 8 septembre 1682. Caramuel avait une vaste érudition, mais mal digérée ; une imagination trèsvive , mais peu réglée; une prodigieuse facilité de s'énoncer, mais sans justesse ; beaucoup d'esprit, mais peu de jugement. C'est sans doute d'après cette idée qu'on disait de lui, qu'il avait reçu le génie au huitième degré, l'éloquence au cinquième, et le jugement au second. Il se dispensait de lire les anciens, parce qu'il supposait que les modernes s'étaient emparés de tout ce qu'ils contenaient de bon, et l'avaient embelli. Il avait imaginé une grammaire pour exprimer d'une manière claire et distincte les conceptions obscures et équivoques des métaphysiciens et des scolastiques; mais les mots barbares qu'il voulait introduire étaient plus propres à embrouiller les choses qu'à les éclaircir. ll avait composé soixantedixsept gros volumes , autant qu'il comptait d'années dans sa vie, et, pour en faciliter le débit, il les avait disposés de manière que les derniers renvoyaient toujours aux précédents, et que les premiers ne pouvaient guère s'entendre sans ceux qui les suivaient. Il y en a sur la grammaire, la poésie, l'art oratoire, les mathématiques, l'astronomie, la physique, la musique, la politique, le droit canon, la logique, la métaphysique, la théologie, et sur des sujets de piété. A travers beaucoup de fatras, on y trouve quelques bonnes vues. Cet auteur aurait pu servir utilement le public s'il se fût moins livré à son excessive fécondité, et qu'il se fût borné aux matières pour lesquelles la nature lui avait donné un talent décidé. En théologie, sa morale est si décriée, que ceux qui s'éloignent le plus du rigorisme ne voudraient pas qu'on les soupçonnât du moindre penchant pour ses opinions. Il prétendait résoudre les questions théologiques, même celles de la gràcc et du libre arbitre , par des règles d'arithmétique et de mathématiques. Il enseignait que les préceptes du Décalogue ne sont point immuables; que Dieu peut les changer ou en dispenser, commander le Vol, l'adultère, etc. Le moindre degré de probabilité lui suffisait pour justifier une action, quelque criminelle qu'elle fût. L'auteur des Lettres provinciales a versé quelque ridicule sur cette étrange morale. On trouve dans les Mémoires pour servir à l'Histoire littéraire des Pays- Bas, par Paquot , une notice détaillée et intéressante des ouvrages de Caramuel, au nombre de deux cent soixantedeux, non compris les manuscrits. Les titres de la plupart des' volumes qu'il publia sont trèssinguliers : Primus Calamus, ars grammatica ; Secundus Calamus, rhythmica ; Calamus teraus , metametrica ; Cabalce grammaticce Specimen; Grammatica audax ; Hermlis logici Labores ; Metalogica ; Pandoxium physicothicum ; Mathesis audax ; Sublimium ingeniorum Cruz ; Solis et artis Adulteria ; Ut, re, mi, fa, sol, la, si, nova Musica, Vienne, 1645 Interim astronomicum; Musoeummortis; . Bernard us triumphans ; Cabales theologice Excidium; Theologia in - tentionalis et prœter- intentionalis ; Scholion elimatum ; Libra de prœcedentia; Benediclus Christi/ 'ormis; Officii divini Encyclopedia; Tribunal Dedali; Caramuelis Deus, etc., etc. Nicolas Antonio, dans sa Biblioth. Hispana, donne le catalogue de vingtsept volumes dix de Caranmel. Il cite parmi ses manuscrits un Art militaire en espagnol, et un autre en latin. Grégoire Mayans s'exprime ainsi en parlant de Caramuel : Auctor in omnibus operibus suis, quce quam plurima sont, sui similis est, magis ingeniosus quane, judiciosus; magis mirabilis quam ulilis
  • Jean CAREY( 1756 - 1829) : savant anglais, naquit en Irlande en 1756, et à l'âge de douze ans fut envoyé en France pour terminer ses études. Revenu en Angleterre, il y donna des leçons de langues grecque, latine et française. Il mourut le 8 décembre 1829 à Londres, après avoir consigné les fruits de sa longue expérience dans une série d'ouvrages utiles pour les étudiants, et qui peuvent se ranger en quatre classes : des manuels ou traités à l'usage des écoles, savoir : la Prosodie latine rendue aisée, 1800 ; 2° édition, 18I2. L'auteur luimême en publia l'abrégé en 1809 2° Tableau des flexions latines , 1805. 5° Traité de la prosodie et de la versification anglaises , 1809 4° Introduction à la prosodie anglaise, 1809 L'Education supérieure aux maisons et aux terres, 1809 6° Exercices sur l'art de scander , 1812 : 7° La Clef des mètres de Virgile . 8. La Prosodie d'. Eton éclaircie. 9° Introduction à la composition et à l'élocution anglaises. 10° Les Terminaisons latines rendues aisées. 11. Les Désinences grecques rendues aisées . 120 Des traductions de l'allemand et du français. C'est ainsi qu'il lit connaître à l'Angleterre les Bataves de Bitaubé, les Petits Emigrés de madame de Genlis, les Lettres sur la Suisse de Lehman, un volume de la Vie du pape Pic VI, un volume de l'Histoire universelle. 11 revit aussi l'ancienne traduction du Droit des gens de Wattel. 13° Des éditions, parmi lesquelles nous remarquerons celle du Virgile de Dryden, 1819, 2 vol. ; du commentaire de Rupert sur TiteLive, du texte latin des Communes Prières dans l'édition polyglotte de Bagster, de l'Abrégé du Lexique grec de Schleuner, deux éditions du dictionnaire d'Ainsworth, et cinq de ce même dictionnaire abrégé, un Gradus ad Parnassum en 1824, et surtout cinquante volumes de la grande collection de Valpy connue sous le nom de Classiques Régent. 11 s'en faut beaucoup que Carey se soit acquis par ces travaux le moindre renom philologique. La collection Valpy surpasse en désordre, en répétitions stériles et en lacunes importantes, les Variorum les plus riches en inconvénients de ce genre. 14° Divers travaux, la plupart périodiques, tels que des articles dans le Gentleman's Magazine et le Monthly Magazine. Carey fut encore rédacteur des premiers numéros du School Magazine publié par Phillips. En- fin les lecteurs de l'Annual Register lui doivent un Utes Index annexés à ce recueil. VAL. P. MI
  • Jean CARION( 1499 - 1538) : professeur de mathématiques à Francfortsurl'Oder, où il eut pour disciple Melanchthon, naquit à Bütiek?ein en 1499, et mourut à Berlin, figé de 59 ans. Il publia d'abord des Ephéméridee , qui 's'étendent de 1536 à 1550, et contiennent des prédictions et des jugements astrologiques. Il fit imprimer ensuite dés Prectieoe Astrologicoe; mais ces deux ouvrages ne lui avaient fait aucune téputation, lorsqu'il devint tout à coup célèbre par fine chronique, dont il n'était point l'auteur. Elle eut dans le 16e siècle un succès si prodigleM, il en parut tut si gland nombre d'éditions et de traductions, qu'il n'est pas hors de propos d'entrer dans tittelques détails sin. l'histoire de cet ouvrage. Cation avait eOniposé une cli•oniqub en allethand, et, avant de la faire iniprinier, il voulut que Mélanchthon la corrigeât. Melatiehthon, au lieu de la corriger, en lit une autre, et là publia en alleina»d, à Witteniberg, en 1531. C'est ce qu'il nous apprend lui:M VVE.
  • Jean CARLON ou CARLONI( 1591 - 1630) : Peintre génois, né en 1591, mort à Milan en 1650, à l'àge de 39 ans, fut d'abord élève de Sorri, peintre de Sienne qui était venu se fixer à Gènes, où il forma une école, et ensuite du Passignano, hou dessinateur et médiocre coloriste; mais Carloni avait des dispositions naturelles pour cette partie brillante de la peinture, et il y joignit la facilité de composition et la gracie du dessin, qualités distinctives du talent de son maitre. Il traita surtout la trempe avec une rare i?rfectien, et ses ouvrage, dans ce geure ont une force, un brillant dans la cutileur qui séduisent et charment les regards. — Jran-/ toptisfe Csimost , suit fiera, beaucoup phis jeune, dernier moment, et mourut àgé de 85 ans, eu 1680. — Ses deux lils, André et Nicolas , s'adonnèrent tous deux à la peinture. Le style d'André offre un mélange de celui de son père et du goût 'des écoles romaine et vénitienne qui plaît davantage clans les tableaux à l'huile que dans les fresques. Il travailla beaucoup à Pérouse; mais il n'eut jamais la finesse et la grâce de son père : il fut aussi moins heureux dans ses compositions, quoiqu'elles ne manquent pas d'esprit et . Taddée, peintre, sculpteur et architecte, naquit à Bello, proche du lac de Luzano. Il fut élève de son père, Jean Carloni, se perfectionna à Rome, et s'établit a Gènes, où il exécuta beaucoup de tableaux : il y mourut en 'MI 5. Thomas Carloui, seul pieux lombard, )ils et disciple de Gioffedo Carloni, travailla à Gènes et à Turin, où il mourut. Le souverain lui fit faire de magnifiques obsèques, et on lui éleva un tombeau avec sa statue. L'Orlandi, dans l'Abecedario pillorico, fait descendre tous les Carloni de Jean Carloni, né à Reno ; mais cette généalogie est fort embrouillée, et Lalizi prévient qu'il faut un peu se méfier de l'Orlandi
  • Jean BRUNACCI ou BRUNAZI( 1711) : à Montselice, dans le Padouan, le 2 décembre 1711. Après ses premières études, il entra , en 1723, au séminaire de Padoue, où il fit de grands progrès dans la théologie, et fut reçu docteur en 1734. Sa plus forte inclination était pour l'étude des antiquités et de l'histoire du moyen àge. L'ardeur avec laquelle il s'y livra lui fit visiter et extraire les archives de Padoue, de Venise, et de plusieurs autres villes, dans lesquelles il recueillit des copies de diplômes , de chartes et de documents précieux. Le bruit de son mérite étant yenu aux oreilles du car- dinal Rezzonico, alors archevêque de Padoue, ensuite pape sous le nom de Clément X4.1 , celnici lui lit une pension, et le chargea d'écrire l'histoire de son église. Cette pension ne fut payée à Brun' açci que pendant quelques années. Il s'occupa de ce grand travail, et le ponssa jusqu'à la moitié du 12.' siècle. Il le composa d'abord en italien, et voulut ensuite le tradnire en latin; mais sa mort, arrivée le 50 octobre 1772, l'empêcha de terminer cette traduction. Elle ne va wle jusqu'à la moitié dti siècle. Ces deux ouvrages sont restés manuscrits, malgré l'utilité dont ils pourraient être pour l'his- toire du Padouan. Les talents et l'érudition de Brunacci furent appréciés par ses contemporains. Diverses académies, tant italiennes qu'étrangères, s'empressèrent de se l'associer. Il a laissé les 011VM• ges suivants de Re Nummaria Patavinorum, Venise, 171:44 réimprimé dans le t. 2 du recueil donné par Ph. Argellati, de Monetis liaiioe. C20 Ra, gionamento sopra il litote) di canonichesse nelle monache di S. Pietro di Padova, Venise, 1745 3' Pomponatius Jo. Brunei, dans le t. 41 du Raccolla d'opuscoli scierai fici e filologici du P. Ange Calogera . 4. De Benediclo Ty- riaco- Mantuano Epistola ad Petrum Barbadicum, senatorem Venetum , dans le même recueil, t. 45. 50 De Facto Marchioe Epistola amico suo Calogera, inique recueil , t. 45. 6° Epistola al P. Anselmo Costadoni, même recueil, t. 46. 7° Plusieurs lettres publiées dans les Novelle letterarie di Firenze. Supplemento al Teatro nummario del Muratori, qui contient trois cents monnaies inédites, Ferrare, 1756 : la plupart étaient tirées de son cabinet; il possédait en outre une prodigieuse quantité de monnaies du moyen àge, de sceaux, de plombs, etc. 90 Lezione d'ingresso nell' accademia de' Ricovrati di Padora, Venise, 1759 dans laquelle il traite de l'origine de la langue vulgaire du Padouan et de l'Italie en général. 10° thartarum Sr Justince Expliçalio, Padoue, 1763 11° Let- fera al signor Niccolo Venezze, sur trois monnaies de la maison d'Este 12. Vita della B. Bea- trice d'Este, etc. 15. Conforti della medica- tura degli occhi, Padoue, 1765 etc. — Un autre BRUNACCI Gaudence), médecin italien du 17e siècle, fit imprimer, à Venise, un traité sur le quinquina ; il est intitulé : de Cinacina, seu pulvere ad febres, syntagma philosophicum, Venise, 1661
  • Jean BRUNEL( 1743) : littérateur, naquit à Arles, en 1715, lit ses études chez les jésuites, et alla de bonne heure s'établir à Lyon, où il donna des leçons dg gtammaire , et devint Fun des plus laborieux rédacteurs du journal de la langue française entrepris par Domergue. Brunei, qui rimait avec beaucoup trop 1 de facilité, a fait un grand nombre de vers qui ont été insérés dans différents recueils périodiques , mais qui n'avaient guère d'autre mérite que celui de la correction ou de la circonstance. Il resta constamment étranger aux débats de la politique comme aux réves de l'ambition ; et mourut, à Lyon, le 6 janvier 1818. Les ouvrages suivants, que Brunei composa pour ses élèves, sont en usage Jans différentes écoles 1° Cours de Mythologie, orné de morceaux de poésie, ingénieux, agréables, décents el analogues à chaque article, Lyon, 1800 5° Oition revue et retouchée A. M. D. G. , Avignon , 1825 ; c20 le Phèdre français , ou Choix de fables françaises pour la jeunesse , Paris , 4812 ; réimprim. plusieurs fois; 5° le Parnasse latin mo- derne , ou Choix des meilleurs morceaux des poëles latins qui se sont le plus distingués depuis la re- naissance des lettres, avec la traduction française et des notices sur les auteurs, Lyon, 1808,2 vol. compilation utile et faite avec soin. Dans la préface, Brunei cite, parmi les personnes qui l'ont aidé dans ce travail , Reyna', exbibliothécaire de la ville de Lyon. Fourcroy, alors directeur de l'instruction publique , accepta la dédicace de cet ouvrage , dont l'auteur se proposait de publier une nouvelle édition peu de temps avant sa mort
  • Jean BRUNNEMANN( 1608 - 1672) : jurisconsulte célèbre, naquit, en 1608, à Coln, ville de Brandebourg, où son père exerçait les fonctions d'inspecteur ecclésiastique. Après avoir achevé son cours de philosophie à Wittemberg, il y remplit le modeste emploi de répétiteur ; mais, une maladie contagieuse ayant fait déserter les écoles, il fut obligé de revenir dans sa famille en 1650. Deux ans après, il accompagna quelques jeunes gens qui se rendirent, pour y terminer leurs études, à Francfortsurl'Oder, et il s'y fit connaître des professeurs de l'académie d'une manière trèsavantageuse. Il quitta cette ville parce qu'on la croyait menacée d'un siège, mais ily revint en 1656, et fut pourvu de la chaire de logique. Son intention avait toujours été de suivre la carrière évangélique; la faiblesse de sa voix lui faisant craindre de ne pouvoir se livrer à la prédication, il abandonna la théologie pour la jurisprudence. 'pommé professeur des instituts à l'académie de Francfort, il y remplit successivement les différentes chaires de droit avec un talent incontestable. 11 mourut subitement, le 15 décembre 1672. Son pr ouvrage est son commentaire sur les Pandectes et sur le Code, Leipsick, 1714; Genève , 1755 et 1762, 4 vol. La première édition du commentaire sur le Code est de 1665, et la première du commentaire sur le Digeste, de 1670. On a encore de lui plusieurs traités estimés, entre autres : io de Jure ecclesiastico , Francfort, 1709 et avec des additions de Samuel Stryck, Francfortsurl'Oder, 1681 ; e Processus civilis et criminalis , ibid., 1757 ; Collegium irenico- politicum de trac- tatibus pacis; 4° Consilia academica ; 5. Jus instilu- tionum controversum, etc. Il mourut à Francfort, le 5 décembre 4672. Le Catalogue de la bibliothèque du comte de Bunaw offre la liste des écrits trèsnombreux composés à la louange de Brunnemann . — Son neveu, Jacques BRUNNEMANN, né à Colberg en 1674, mort à Stargard en 1735, a laissé un ouvrage intéressant, intitulé : Introductio in juris publici prudentiam, Halle, 1702 G—T et Ws.
  • Jean CARVER : fut, au commencement du 17e siècle, le premier gouvernèur de la colonie de Plymouth. Obligé de quitter l'Angleterre pour cause de religion, il s'était réfugié à Leyde, d'où il fut envoyé à Londres pour traiter de l'acquisition d'un territoire avec la compagnie de Virginie. Ayant obtenu des lettres patentes, il partit en 1620, avec deux bâtiments et cent vingt passagers. Après une navigation pénible, ils abordèrent sur une côte déserte, ou ils eurent d'abord à se défendre contre les sauvages et les maladies , et finirent par s'établir sur une baie, à laquelle ils donnèrent le nom de Plymouth. Carver, qui avait été élu gouverneur de cette colonie dès les premiers moments, et à la pluralité des suffrages , la gouverna pendant deux ans avec sagesse, et fit , avec les sauvages , des traités qui ont été maintenus pendant cinquante ans. Il mourut en 1625. Son épée est déposée à Boston, dans un cabinet historique
  • Jean CARPENTIER ou CHARPENTIER : , historiographe et généalogiste, était né dans le 17° siècle, à Abscon, près de Douai. Ayant résolu d'embrasser la vie religieuse, il prit l'habit de StAugustin à l'abbaye StAubert de Cambray. Ses talents et son érudition lui méritèrent bientôt l'estime de ses confrères; mais, ayant échoué dans son projet de se faire élire abbé, il s'enfuit en Hollande, suivi d'une femme avec laquelle il avait déjà des relations suspectes, et qu'il épousa peu de temps après. Les états généraux le nommèrent historiographe de l'académie de Leyde ; niais le traitement qui lui l'ut assigné ne pouvant suffire pour élever sa famille, il ouvrit une boutique de libraire et se lit généalo- giste. Après la mort de sa femme, il sollicita de ses anciens supérieurs la permission d'achever ses jours à StAubert dans les exercices de la pénitence. Sa demande lui fut accordée, et il vint jusqu'à Valenciennes, accompagné de ses enfants ; mais, au moment de les quitter, il n'eut pas la force d'accoiiiplir ce sacrifice et reprit le chemin de Leyde, où il mourut vers 1670. Outre la traduction du Voyage de Nieuhoff , on a de Carpentier I. His- toire de Cambray et du Cambrésis, contenant ce qui. s'y est passé sous les empereurs et les rois de France et d'Espagne, Leyde, 1664 ou 166s 4 parties, reliées en 2 ou 5 volumes. Les exeln- On assure qu'il altéra la véritable orthographe de son nom pour faire croire qu'il appartenait a la famille Carpentier, l'une des pins anciennes du Cambrésis. Volt. FoppenS, Bibliotheca & l- eva, p. 606. Les exemplaires nui portent ces deux dates sont de la rame édition. N—vs. plaires complets Sont rares et recherchés. De Bure a donné la description de cet ouvrage dans la Bi- bliographie instructive, n° 5339 La première partie renferme l'histoire civile et politique, la seconde l'histoire ecclésiastique, et les deux dernières les généalogies des principales familles du Cambrésis. Il y a beaucoup de recherches et des particularités curieuses. Mais on accuse l'auteur d'avoir fabriqué plusieurs titres et d'en avoir falsifié d'autres pour flatter la vanité de personnes puissantes dont il voulait se ménager la protection. 2° Les Généalogies des fa- milles nobles de Flandre Elles ne laissent rien à désirer, disent les continuateurs du P. Lelong, sous le rapport de l'impression et des gravures ; mais c'est tout ce qu'on en peut dire de bon. M. A. Leglay a donné une Notice sur Carpentier, historio- graphe du Cambrésis, suivie d'une lettre inédite de cet écrivain et de l'examen critique d'un des diplômes qu'il a publiés, Valenciennes, 1855 d'une feuille
  • Jean CASE : né à Woodstock, dans le comté d'Oxford, se rendit fameux au 16' siècle, dans l'université de cette ville , par son talent pour la dia- lectique, et fut regardé comme un des plus subtils argumentateurs de son temps. Soupçonné d'ètre catholique au fond du coeur, on le destitua de ses places dans l'université; mais comme il passait pour un excellent maitre, on lui permit d'élever une école de philosophie , qui fut trèsfréquentée, surtout par les catholiques. 11 joignit à l'étude de la philosophie celle de la physique, prit même le degré de docteur de cette faculté en 1589. 11 avait un talent particulier pour inspirer le goût de l'étude aux jeunes gens, qu'il savait instruire en les amusant. C'était un homme aimable et facétieux en société La crainte de troubler sa tranquillité lui avait fait adopter le système de quelques catholiques de son pays, qui croyaient pouvoir concilier la foi orthodoxe avec leur assistance au service divin dans les églises anglicanes ; mais, dans sa dernière maladie, il fit une franche confession du catholicisme, et voulut mourir entre les bras d'un prêtre de cette communion. La plupart de ses ouvrages sont des commentaires sur divers traités d'Aristote , qui eurent de la vogue dans le temps, et furent souvent réimprimées. On a encore cle• lui Apologia musi- ces , tam vocalis quam instrumentalis et mixta3 , Oxford, 1588 Il a laissé en manuscrit : Apo- logia academiarum, Rebellionis Vindicice
  • Jean CARTIGNY : en latin CARTHEN1US, religieux carme, docteur en théologie du 14° siècle, est auteur d'un roman intitulé le Voyage du cheva- lier errant, Anvers, 1557 c'est le n'élue ou vrage que le Chevalier errant, égaré dans la fora des vanités mondaines dont si noblement il fut remis et redressé au droit chemin qui mène au salut éter- nel, Anvers, 1595 On y trouve les sept psaumes traduits en vers élégiaques. Cet ouvrage Lenglet Dufresnoy, dans Dikiothèque des Roma.. re- pent, Jean de Carthemi. n'était pas inconnu de StePalaye, qui l'a cité dans ses excellents Mémoires sur l'ancienne chevalerie. Les auteurs de la Bibi. des romans en ont donné un extrait. Jean Cartigny mourut à Cambray en 1580. On a encore de lui des commentaires sur l'Écriture sainte, et un traité des Quatre Fins de l'homme, Anvers, 1558, 1573
  • Jean CARROZZA( 1678) : né à Messine , le 8 juin 1678, fut un des élèves les plus distingués (le Dominique la Scala. Peu de temps après avoir reçu les honneurs du doctorat, il fut appelé à SteLucie, en qualité de médec de cette ville , peuplée (le 4,000 habitants. Sa pratique y fut telle- ment heureuse, que , dans l'espace de trois ans , il ne perdit qu'un seul malade. En 4702, il revint à Messine, et donna bientôt à ses compatriotes une preuve authentique de l'universalité de ses connaissances, en soutenant avec éclat une thèse de otnni scibili. C'est encore dans la ntème année qu'il publia un opuscule intitulé: Contra vulgo- scien- lias acquisitas per disciplinam. En 1704, il fit imprimer à Messine un ouvrage dans lequel il proscrit les remèdes galéniques, et donne une préférence exclusive à ceux que fournit la chimie. Voici le titre de ce traité incomplet : Anthropologie tomus primtts , in quo facilior et utilior mcdendi theoria et praxis palam fit , absque electuariis, con- fectionibus, lohoc, labellis, syrupis, julep, rob, apo- zematis, saccharis, catharticis, sternutatoriis, mas- t icatoriis, epithematibus, sacculis, resicantibus, phle- botomia , tandem sine quibusdam decoctis , vinis medicalis, emplastris, etc. Plusieurs autres productions de Carrozza sont restées manuscrites ; par exemple : 1. de Vila; 20 de rerum 5. Ga- leni Querelce contra galenislas ; 40 Prœcepla mo- ralia
  • Jean CASÉARIUS : ecclésiastique hollandais, résident à Cochin sur la fin du 17° siècle , avait des connaissances fort étendues sur la botanique ; il coopéra au magnifique ouvrage que Bliéèile sen Drakenstein publia sous le titre d' tfortos Malabari- etts, en 13 %mi. avec figures. Casearius dressa le plan de l'ouvrage, fit les descriptions des plantes ' et rédigea le texte des deux premiers volumes. Jacquin a consacré à sa mémoire un genre de plantes qu'il a observé en Amerique, auquel il a donné le nom de easearia. Linné le réunit à celui du unnyda, comme peu différent; mais la découverte de plusieurs nouvelles espèces l'a fait rétablir : ce sont des arbres et des arbustes.
  • Jean CARTWRIGHT( 1740 - 1825) : écrivain politique, était le frère du précédent. Né à Marsham en 1740, il fit ses études à l'école de Newark, passa la première partie de sa jeunesse à Boston, et, lorsqu'il eut atteint sa dixhuitième année, entra dans la marine royale. La lenteur de l'avancement l'avait déjà dégoûté . En 1775 il était devenu major de ce corps; et indubitablement il eût été porté aux premiers grades si ses relations avec les hommes les plus influents de l'opposition parlementaire, et les principes politiques dont dès lors il se montra nonseulement le partisan, mais le propagandiste et le missionnaire, ne l'eussent fait obstinément repousser par le gouvernement. Cinq fois de suite la place de lieutenantcolonel vint à se trouver vacante ; cinq fois le duc de Newcastle, lordlieutenant du comté, ne tint compte des droits qu'il semblait avoir ; et finalement il reçu son congé en 1792. C'est donc à tort que quelques notices le montrent donnant sa démission, et la donnant afin , le major Cartwright était marié depuis douze ans; et depuis quatre il avait aliéné ses domaines- du comté de Nottingham pour en acheter d'autres dans celui de Lincoln. 11 s'y livrait avec beaucoup de zèle à l'agriculture ; et les nombreuses communications dont il a enrichi les recueils périodiques consacrés à cette science prouvent qu'il unissait la théorie à la pratique. Toutefois les améliorations agronomiques n'absorbaient pas tous ses loisirs ; et c'est surtout aux sciences sociales et politiques qu'il vouait de préférence ses méditations. Les radicaux anglais voyaient en lui un des coryphées de leur parti ; et il Méritait effectivement cette réputation par la constance de ses opinions, par la force avec laquelle il en déduisait les motifs, et par l'originalité de quelquesuns de ses écrits. Fox fit son éloge dans le parlement en proclamant, à propos d'une pétition qu'il présentait pour la réforme parlementaire, que peu d'hommes réunissaient , à des notions aussi complètes sur le droit constitutionnel des États d'Angleterre, une intelligence aussi élevée et des vues aussi consciencieuses. Le gouvernement ne porta pas ce jugement sur tous les actes du major ; et l'on crut, avec assez de raison, qu'entraîné par la nature même des choses, Cartwright n'eût point été fâché de corroborer ses arguments par quelque appel à la force des poignets populaires. Une excursion qu'il entreprit, à dessein de faire coucher au bas d'une pétition pour la réforme ces volumineuses masses de signatures, qui prouvent si peu à force de trop prouver, fournit aux agents du ministère l'occasion de se venger des contrariétés que souvent lui faisait subir ce membre du parti radicaliste. Cartwright fut arrêté à Huddersfield en janvier 1815, et conduit, sous prévention d'excitation au tumulte, devant le magistrat du comté, On ne tarda pas à lerelâcher. La conduite arbitraire du gouvernement à cette occasion devint bientôt pour le major l'occasion d'une plainte exprimée dans une nouvelle pétition à la chambre des communes. Cet incident n'eut point de suite. Cartwright mourut le 25 septembre 1825. Une souscription fut aussitôt ouverte afin d'ériger un monument à sa mémoire. On remarque comme une particularité bizarre que, quarante ans après sa retraite du service de mer, il avait reçu le titre de maitre et commandant de la marine. Les ouvrages du major Cartwright sont trop nombreux pour que nous en donnions la nomenclature complète. Les mémoires sur sa vie, publiés par sa nièce, contiennent l'indication de quatrevingtun écrits, discours, brochures, traités, imprimés par cet infatigable ami des Hunt et , 1776 ; reproduit en 1777 sous le titre de Réclamation en faveur des droits législatifs de la communauté . 4° Lettre au comte d'Abingdon, etc., 1777 Cartwright y soumet à la discussion une proposition relative au droit fondamental de la constitution, proposition qu'il avait émise dans' ses Pensées en réponse à la lettre d'Ed. Burke. 5° Evidence pour la conscience , ou Examen de cette question : Jusqu'à quel « point l'auteur des Pensées sur la réforme parle« mentaire a- t- il tenu compte de la vérité de la religion chrétienne? n 1784 6° Lettre au duc de Newcastle, etc., 1792 Dans ce factum, écrit souvent ab irato, l'auteur reproche avec amertume au lordlieutenant du comté de Nottingham, qui plus d'une fois déjà avait biffé son nom des listes d'avancement, sa conduite arbitraire à la tète de la commission de la milice. Ce pamphlet ne lui concilia pas l'homme d'État qu'il critiquait si vivement. 7° Lettre à un ami de Boston et aux autres membres ( les communes qui se sont associés pour la défense de la constitution, 1793 8° La Com- munauté eu péril , avec une introduction conte- nant des remarques sur quelques écrits d'Arthur Young, 1195 90 Lettre au grand shérif du comté de Lincoln, relativement aux lois de lord Grenville et de M. Pitt qui tendent à modifier la législation criminelle anglaise sur la trahison et la sédition, 1795 10° Le Moyen de défendre constitutionnellement l'Angleterre au dehors et au dedans, 1796 I I° Appel à propos de la con- stitution anglaise, 1797 2° édit., avec addi- tions considérables, 1799. 1:?.° L'Égide de l'Angle- terre, ou Forces militaires de l'empire britannique, 1803-6, 2 vol. 13° L'Étal actuel de la nation anglaise, 1805 C'est une suite de lettres au duc de Bedford. 14° Arguments en faveur de la ré- forme, 1809 15° Comparaison des trois ré- formes, la réforme pour rire, la demi- réforme, la réforme constitutionnelle, 1810 16° La Consti- tution anglaise retrouvée et mise en lumière, 1823 Dans ce traité remarquable par l'érudition et la finesse parfois un peu sophistique des aperçus, l'auteur soutient, après Blackstone et d'autres pu- blicistes, que l'Angleterre, sous le régime anglosaxon, avait une constitution plus sage, un degré de liberté plus grand qu'à toutes les époques posté- rieures de son histoire. Il reproche à Guillaume le Conquérant la destruction de cette antique forme populaire, et l'introduction (les coutumes et des for- mes féodales dont les traces se retrouvent à chaque instant dans l'organisation actuelle. Miss Cartwright a publié Vie et correspondance du major Cartwright , 1825, 2 vol. avec cartes et pl
  • Jean CARVAJAL : parent du précédent, fut son émule en audace et en férocité, mais avec plus de perfidie. Il était officier dans la province de Vénézuéla lorsque CharlesQuint la céda aux Welser d'Augsbourg, à titre de Tief de la couronne,d'Espagne. George Spirra, Allemand, et le dernier gouverneur de ce pays nommé par les Welser, étant mort le 12 juin 1540, l'évêque Bastidas, qui avait été nommé au gouvernement, envoya son lieutenant général, Philippe de Urré, à la découverte de. la chimère (lu lac Parima, ou del Dorado. Tandis que celuici s'en retournait à Coro, alors capitale de la Vénézuéla, après quatre années de courses et de recherches inutiles dans les forets de l'Amérique méridionale, il fut assassiné par un de ses officiers. Pédro Limpias, gagné par Carvajal, qui venait d'usurper le gouvernement de Vénézuéla, dévolu à Urré par la translation de Bastidas à l'évêché de PortoRico. Carvajal avait eu l'audace de fabriquer des fausses lettres patentes qui le nommaient gouverneur. Il fonda, durant son usurpation, la ville de Tucuyo, le seul établissement durable qui se soit formé pendant que ce pays resta sous la tyrannie des Welser. Le licencié don Juan Pérès de Tolosa, qui fut envoyé dans le pays, en qualité de gouverneur, par Charles - Quint, fit pendre Carvajal en 1546
  • Jean CASIMIR V( 1609) : né en 1609, était fils de Si- gismond III, roi de Pologne, et de Constance d'Autriche, sa seconde femme. A la mort de son père, en 1655, sa mère voulait le faire monter sur le trône ; mais Casimir, sachant que son père avait témoigné le désir d'avoir Uladislas, son frère aîné, pour successeur, traversa les desseins de sa mère, se- mi,t à la tète du parti de son frère, et, lorsqu'il le vit élu, fut le premier à le kliciter. Il servit ensuite dans les armées impériales. Chargé , en 1658, d'aller en Espagne conclure une ligue avec Philippe 111, alors en guerre avec la France, et commander une flotte chargée de détruire le commerce des Français dans la Méditerranée, il s'embarqua à Gènes. Les vents le jetèrent sur la côte de Provence; il fut mené à blarseille, reconnu, et enfermé au château de Bouc, près de Martigues, d'où il ne sortit au bout de deux ans que parce que son frère l'envoya demander par un ambassadeur. Sorti de captivité, il retourna en Pologne ; mais bientôt son humeur inquiète l'entraina en I talle. En passant à Lorrette, il fut saisi d'une inspiration de se faire jésuite, et entra dans cet ordre en 1645. 11 en sortit trois ans après; le pape le nomma cardinal. Apprenant la mort du fils unique de son frère, dont la santé était languissante, il renvoya son chapeau au saintpère, en •647. L'année suivante son frère mourut. Dans la diète qui s'assembla, Casimir eut pour concurrents à- la couronne le czar, le prince de Transylvanie, et son propre frère, évèque de Breslau : il fut néanmoins élu sans opposition. Le pape le releva de ses vœux, et lui ac- corda en outre les dispenses nécessaires pour épouser MarieLouise de Gonzague, veuve de son frère, alliance qui choqua les Polonais. A l'instant où il monta sur le trône, les progrès des Cosaques avaient répandu une alarme générale. Il offrit une amnistie; elle fut rejetée avec dédain. Alors les Polonais entrèrent dans l'Ukraine et la saccagèrent. Les Tartares étaient venus au secours des Cosaques ; Casimir marcha contre eux; on se battit avec acharnement jusqu'à la nuit; la victoire restait indécise; la division se mit parmi les alliés; le kan des Tartares et Bog- dan Kzmielniski, chef des Cosaques, conclurent cha- cun leur traité avec Casimir. Les Cosaques obtinrent une amnistie, et leur chef vint demander pardon au roi ; mais conservant un profond ressentiment de cette humiliation, il fit entendre aux Cosaques qu'on ne leur avait rendu leurs priviléges que pour attendre l'occasion de les accabler. Ils levèrent de nouveau l'étendard de la révolte. Casimir les battit de nouveau, mais ne les soumit pas. Leur animosité contre la Pologne ne fit que redoubler. Ils se liguèrent avec les Russes, et leurs forces réunies ravage- rent la Lithuanie. Les Russes s'emparèrent de Smo- lensk. Un autre corps de Cosaques se joignit aux. Tartares, et dévasta la partie méridionale du royau- me. Des dissensions intestines vinrent encore aggra- ver ces maux. Une faction décriait la conduite du roi, les décrets du sénat, les résolutions de la diète, dont le veto d'un seul nonce paralysait les opérations. Ce fut en 1652 qu'un nonce, nommé Sidzinski, lit le premier usage de cette funeste prérogative. On voulut le mettre en pièces; il n'échappa que par la fuite. On eût dans la suite traité de mème celui qui eût proposé l'abolition de ce privilège qui a causé la ruine de l'État. Un nouvel ennemi vint encore se joindre à ceux qui désolaient la Pologne. Lorsque Christine abdiqua la couronne de Suède, l'ambassadeur de Jean Casimir renouvela les protestations qui établissaient les droits de son maitre au trône de ce pays. CharlesGustave fut à peine en possession du gouvernement, que, pour venger l' dirigée personnellement contre lui, il entre en Prusse, dirige sa marche sur Varsovie ; malgré quelques échecs, prend cette ville, soumet toute la Prusse, excepté Dantzick, et lève des contributions. Casimir fuit en Silésie, et met son royaume sous la protection de la Ste. Vierge. Une confédération formée pour la défense de l'État chasse les Suédois de Varsovie. Ils y rentrent après un combat qui dura trois jours. 1lagotzki, prince de Transylvanie, se ligue avec les Suédois, et fait une invasion en Pologne ; les fusses entrent en Lithuanie. Cependant le des- sein qu'avait annoncé CharlesGustave de se faire déclarer roi de Pologne arme contre lui toutes les puissances voisines, ainsi que la Hollande et l'Empereur. Bagotzki fut battu, la flotte suédoise dispersée. Le traité d'Oliva, conclu en 1660, rendit la Prusse à la Pologne, qui déjà avait renoncé à ses droits de suzeraineté sur la Prusse ducale. La Suède garda une partie de la Livonie, et Casimir renonça à ses prétentions sur la couronne de Suède. On continua la guerre avec les Russes, qui, malgré les mutineries continuelles de l'armée polonaise, furent chassés de la Lithuanie, mais gardèrent Smolensk. Tandis que les étrangers accablaient la Pologne, Casimir faisait la guerre aux sociniens, et les chassait du royaume. Lorsque le calme régna, il crut pouvoir désigner son successeur, et proposa à la nation le duc d'Enghien, fils du grand Condé. Le grand maréchal Lubomirski lui représenta fièrement qu'ou ne lui permettrait pas pour son frère ce qu'il voulait faire pour le (ils d'un étranger. Cette réflexion hardie anima contre Lubomirski le sénat, la noblesse, le roi, et Sobieski, dont le nom commençait à être connu. Lubomirski fut condamné à perdre les biens, l'honneur et la vie. La fuite le mit en sûreté ; mais Casimir disposa de ses biens et de son emploi. Il se réfugia à Breslau, et ne tarda pas à réunir une armée. Sobieski, envoyé contre lui , fut battu. Lubomirski, vainqueur, renvoya ses prisonniers, ne redemanda ni ses biens ni ses emplois; il exigea seulement que son arrêt de proscription fût révoqué, et que le roi renonçàt à la prétention de se nommer un successeur , puis il alla- mourir à Breslau. Peu après, 100,000 Tartares attaquèrent la Podolie et la Volhynie : Sobieski , nommé grand maréchal de la couronne, alla à leur rencontre avec une armée de 20,000 hommes et sut les vaincre. Délivrés de cet ennemi, les Polonais reprirent leurs contestations avec le roi. Casimir, fatigué d'un rang qui ne lui offrait que des soucis continuels saris gloire et sans puissance, résolut d'abdiquer. Une diète fut convoquée à Varsovie en 1668. Le vicechancelier y lut l'exposé des motifs qui engageaient le roi à renoncer à la couronne. Une partie de rassemblée parut ttendrie, l'autre fut indignée. Le primat adressa au roi des repsentations trèsvives. Casimir répondit par un discours plein d'énergie, et remarquable surtout par la prédiction qui le terminait. Après avoir reproché aux Polonais les dissensions qui les déchiraient sans cesse, il ajouta : « Je prévois les mal-« heurs qui menacent notre patrie; et plia à Dieu « que je fusse un faux prophète ! Le Moscovite et « le Cosaque se joindront au peuple qui parle la « même langue qu'eux, et s'approprieront le grand («luché de Lithuanie. Les contins de la grande Po- « 1°2:ne seront ouverts au Brandebourg, et la Prusse « diemême fera valoir les traités ou le droit des « armes pour envahir notre territoire. Au milieu de « ce démembrement de nos États, la maison d'Au-« triche ne laissera pas échapper l'occasion de P01 (t ter ses vues sur Cracovie, etc. » Après son abdication, il vint en France, choisit sa retraite dans rabbaye de StGerma il en devint abbé, ainsi que de StMartin de Nevers. Il ne voulut jamais souffrir qu'on lui donne le titre de majesté, et mourut à Nevers, àgé de 65 ans, le 16 décembre 1672. Son corps, après ètre resté en dépôt dans l'église des jésuites jusqu'en 1675, fut porté à Cracovie. Son coeur fut déposé dans un tombeau élevé dans l'église StGerma où Casimir était représenté avec ses habits royaux. Ce prince était brave, niais faible, irrésolu et soumis aux volontés de sa femme, qu'il perdit en 1667. On a prétendu qu'en 1672, trois mois avant de mourir, il avait épousé Marie Mignot, tille d'une blanchisseuse, et déjà veuve d'un conseiller au parlement de Grenoble et du second maréchal de Lhopital. Quelques écrivains ont contesté la vérité de cette anecdote ; mais elle piétait trop aux effets de la scène, pour ne pas être adoptée par quelques auteurs dramatiques; aussi dans ces dernières années aton vu représenter avec succès le vaudeville intitulé : Marie " 'ligne Casimir fut le dernier rejeton mâle de la maison de Vasa
  • Jean CASTILHON( 1718 - 1799) : né à Toulouse en 1718, quitta le barreau Our se consacrer aux lettres, fut reçu membre , 1754 e édition, Paris, 1756, 2 vol. 2° Bibliothèque bleue, entièrement refondue et augmentée, Paris, 1770, 4 vol. et Cette bibliothèque comprend les histoires de Robert le Diable, de Richard sans Peur, duc de Normandie, fils dudit Robert, de Fortunatus, des Enfants de Fortunalus, de Jean de Calais. Toutes ces histoires romanesques furent imprimées séparément en 1770 et 1775 5° Anecdotes chinoises, japonaises, siamoises, etc., Paris, 1774 C'est un des ouvrages les plus estimés de l'auteur ; il fait partie de la collection , avec Bret, Chamfort, Duruflé et plusieurs autres, depuis l'art 1769 jusqu'en 1793 inclusivement. Il rédigea, pareillement avec son frère, le Journal de Trévoux, pendant les années 1774; 75, 76, 77 et 78. On a de lui plusieurs ouvrages couronnés dans le recueil de l'académie des Jeux floraux ; entre autres : Euterpe, et le Miroir, idylles, ; les Avantages de l'espérance, ode ; Thémire, éelogue ; plusieurs mémoires dans le Journal de jurisprudence de son frère, et plusieurs notices biographiques dans le Nécrologe des hommes célèbres de France, dont il fut un des plus utiles rédacteurs, avec Palissot, Poinsinet de Siny, Maret de Dijon, etc., Paris, 1767-1782, 17 vol. On lui doit aussi la préface de l'Essai de l'art de la guerre, par le comte de TurpinSanzey. Le roman d' Odazir , que quelques biographes lui attribuent, est de Carra,— Jean- Louis CASTILTION, frère , 1777-1785, 30 vol. ; à la traduction de l'Histoire universelle, par une société de gens de lettres, Amsterdam , 1770 - 1792 , 46 vol. . Il fournit beaucoup d'articles dans le supplément , 1767 5. Histoire générale des dogmes et opinions philosophiques, depuis les plus anciens temps jusqu'à, nos jours, Lombes , 1769, 5 vol. 4') Essai de philosophie morale, imité de Plutarque, Bouillon, 1770 5° Considérations sur les causes physiques et morales de la diversité du génie, des moeurs et du gouvernement des nations, Bouillon, 1769 ; 2° édition augmentée, ibid., 1770, 5 vol. Cet ouvrage est tiré en partie (le l'Esprit des nations par Espiard de la Borde ; il a été traduit en allemand, Leipsick, 1770 6° Zingla, reine d'Angola, histoire africaine, Bouillon, 1769, 2 parties Ce roman a été traduit en hollandais, Rotterdam, 1775 7° Le Diogène moderne, ou le Désapprobateur, Bouil lon '1770, 2 vol. 8° Le elencliane boiteux, ou les Aventures d'Ambroise Guinett, Bouillon, 1770, 2 vol. 9° Les Dernières Révolutions du globe, ou Conjectures physiques sur les causes des tremblements de terre, et sur la vraisemblance de leur cessation prochaine, Bouillon, 1771, 8°. JeanLouis de Castilhon avait commencé sa carrière littéraire par trois discours couronnés par l'académie des Jeux floraux : Que l'amour mutuel du prince et des sujets est le plus ferme appui d'un Etat monarchique, '1756 ; — Combien les belles- lettres sont redevables aux sciottes, 1757; — Combien il est honteux d'avoir plus de ménagement pour les vices que pour le ridicule, 1758. Ces trois discours ont été réimprimés séparément à Toulouse de 1756 à 1768 et
  • Jean CASTINELLI( 1788 - 1826) : né à Pise, en 1788, avait à peine onze ans lorsqu'il fut obligé de suivre sa famille pour chercher un asile en France, en •790. Cet événement lui procura les avantages d'une instruction soignée qu'il reçut au collég,e de Sorèze, où se trouvaient à cette époque deux illustres littérateurs italiens, Philippe Pananti et Urbain Lampredi. Pour s'exercer à la culture des lettres, les élèves les plus avancés avaient formé une sorte d'académie, sous le nom de Lycée d'émulation , dont le jeune Castinelli fut nommé secrétaire à l'âge de dixsept ans. Rentré en 480G dans sa patrie, il sentit la nécessité d'étudier sa propre langue, qu'il avait jusqu'alors remplacée par la langue française. La connaissance de ces deux idiomes lui permit de bien apprécier leur mérite comparatif et les rapports divers qui existent entre eux. Malgré son goût pour les lettres, il suivit les conseils, et embrassa la pro-. fession de son père, Joseph Castinelli, savant juris, consulte. Ce fut sous sa direction qu'il composa un premier Essai sur les lois des Romains relatives au commerce. Il se proposait aussi d'entreprendre un traité complet qui manque encore à la jurisprudence, et dans lequel il comptait examiner le droit commercial et maritime, tel qu'il existe et tel qu'il devrait être. Ayant perdu son père et son frère François, qu'il aimait tendrement, il essuya une longue maladie que le chagrin accrut encore , et mourut le 4 er octobre 1826, âgé de 58 ans. On a de lui, outre l'ouvrage dont nous avons parlé, un Eloge du général Spanocchi, et divers articles insérés clans l'Antologia. Il a laissé des manuscrits importants, les uns presque achevés , les autres ébauchés, tels que deux comédies, quelques mémoires sur le Thécltre et sur le Romantisme, un Précis de l'histoire de la république de Pise, etc
  • Jean CAUSEUR( 1628 - 1775) : paysan breton, est peut-être l'exemple le plus curieux (le longévité que présente la France. 11 naquit au village de Lanfenot, évêché de Léon, en 1658, et mourut à StMatthieu, près de Brest, le 10 juillet 1775, âgé de 147 ans. Causeur se maria à quarante, et fut le père d'un garçon et de quatre filles. Sa femme mourut à 95 ans. Dans la force de l'âge, Causeur fut successivement employé aux travaux de l'agriculture et à ceux du port (le Brest. Plus âgé, il s'occupa du jardinage. Il avait une pension de 500 livres des états de Bretagne; il était sage, frugal; presque toutes les boissons lui étaient agréables , mais il ne s'était jamais permis aucun excès en ce genre. Il mangeait beaucoup de laitage. Sa mort n'a été précédée d'aucune maladie ; il s'est éteint sans apparence de douleur. Sa barbe avait été remplacée par un léger poil follet; ses yeux avaient presque disparu. Cependant, à l'âge de cent vingt ans, il se rasait encore luimême, et il entendait la grand'messe à genoux. Jean Causeur éprouva trois grandes maladies dans l'espace de cent trentesept ans. Son portrait a été gravé, et on le rencontre encore quelquefois sur les quais et les boulevards de Paris
  • Jean CAVALIER( 1679) : le principal chef des camisards , naquit au village de Ribaute, près d'Anduse, en 1679. Il était le fils d'un paysan, et sortait d'exercer à Genève le métier de garçon boulanger, lorsque, désigné comme le libérateur d'Israël, par une visionnaire réfugiée qui se mêlait de prophétiser, il rentra en France, pour se joindre aux révoltés des Cévennes. Son extrême bravoure , aidée de nouveaux oracles qui confirmaient celui de Genève, lui fit bientôt déférer le commandement des troupes de la plaine, Par ses talents et son audace , il déconcerta les mesures des vieux généraux les plus renommés, obligea la cour à changer de système, et s'assura une composition glorieuse, quoiqu'au moment où des propositions de paix lui furent faites, il vînt d'éprouver un échec qui semblait le laisser sans ressources; mais telle était son activité, qu'il s'était déjà remis en état de défense, lorsque le maréchal de Villars entama une négociation avec lui. On convint d'une entrevue à Nîmes , des otages furent donnés à Cavalier, et il se rendit à la conférence, accompagné d'une escorte qui se rangea sur une ligne parallèle avec la garde du maréchal. On n'a jamais bien su si la cour avait promis à Cavalier plus qu'elle ne lui accorda, mais il est vraisemblable qu'on ne remplit pas toutes les conditions du traité, et il est certain qu'il s'en plaignit. Quoi qu'il en soit, il reçut pour lui un brevet de colonel et celui d'une pension de 1,200 livres ; pour l'un de ses frères, une commission de capitaine, et l'on rendit la liberté à son p:re et à quelques autres individus détenus pour cause de religion. Tandis que le petit nombre de camisards qui avaient consenti à le suivre se rendaient en Alsace, où son régiment devait se former, il fut appelé à Versailles par le ministre Chamillard. Le roi le vit, et leva les épaules. Ce mépris, l'infidélité de la cour, et l'espèce de surveillance à laquelle il se voyait soumis , le déterminèrent à s'échapper. 11 alla d'abord demander du service au duc de Savoie ; mais il passa bientôt après en Hollande, et de là en Angleterre , où la reine Anne lui lit l'accueil le plus distingué. L'un des historiens protestants des camisards raconte que, lorsque Cavalier fut présenté à cette princesse, elle lui demanda s'il avait donné sérieusement dans les prophéties, et que, sur ce qu'il répondit affirmativement, et que mème il en possédait encore le don , la reine sourit de pitié , et témoigna dés lors faire peu de cas de lui. Les honneurs et les marques de confiance dont elle le combla démentent cette anecdote, et Voltaire, qui avait connu Cavalier à Londres , atteste qu'il n'avait conservé de ses premières fureurs que le courage , et qu'il avait substitué la prudence au fanatisme. 11 parait mème qu'il n'avait pas attendu si tard pour revenir de cette exaltation. Le maréchal de Villars et l'auteur du Siècle de Louis XIV rapportent que, lui ayant demandé continent il avait pu, à son àge, avoir tant d'autorité sur ses compagnons , il leur répondit que, « quand on lui désobéissait, sa pro« phétesse , qu'on appelait la GrandeMarie , était « surlechamp inspirée , et condamnait à mort les « réfractaires qu'on tuait sans raisonner. » Cette réponse semble prouver que , si Cavalier crut d'abord aux révélations, il ne partagea pas longtemps cette erreur fanatique , et qu'il ne s'en servit que pour affermir son autorité. Cavalier étant entré au service de l'Angleterre , commanda un régiment de réfugiés , qui , à la bataille d'Almanza , se trouva opposé à un régiment français. « Aussitôt que ces a deux corps ;se reconnurent, dit le maréchal de « Berwick, ils fondirent l'un sur l'autre, à la bai.on« nette, avec un tel acharnement , qu'ils furent dé« truits tous les deux. Cavalier parvint au grade d'officier général, et fut nommé gouverneur de l'île (le Jersey. 11 termina ses jours à Chelsea , en mai 1740. « J'avoue , dit Malesherbes , que ce guerrier « qui , sans avoir jamais servi , se trouva un grand « général , par le seul don de la nature ; ce cami- sard qui osa une fois punir le crime en présence « d'une troupe féroce, laquelle ne subsistait que par « des crimes semblables ; ce paysan grossier, qui, « admis à vingt ans clans la société des gens bien « élevés, en prit les moeurs, et s'en fit aimer et es- « timer ; cet homme qui , accoutumé à une vie tu- « niultueuse , et pouvant être justement enorgueilli cc de ses succès , eut assez de philosophie naturelle « pour jouir pendant trente- cinq ans d'une vie « tranquille et privée , me parait un des plus rares « caractères que l'histoire nous ait transmis. » Les Mémoires de la guerre des Cévennes, sous le colonel Cavalier, publiés en anglais, de son vivant, en 1725, ne sont point son ouvrage. Un réfugié français, nommé Galli , en est l'auteur. S'il a écrit d'après les récits de Cavalier, sa mémoire n'a pas été toujours fidèle
  • Jean CELLARIUS( 1496 - 1542) : dont le vrai nom allemand était KELLNER, naquit en 1496, à Kundstadt, sur les frontières de la Bohème et de la Moravie. Il fut professeur de langue hébraïque à Louvain, à Tub à Heidelberg , à Wittemberg et à Leipsick , et se livra avec succès, dans cette dernière ville , au ministère de la chaire. Les protestants le regardaient comme un de leurs meilleurs prédicateurs après Luther, et il fut appelé en cette qualité à Francfort , et ensuite à Dresde, où il mourut , le 21 avril 15+2. 11 a laissé quelques ouvrages de grammaire hébraïque et de théologie. — Christian CELLARIUS, helléniste flamand du commencement du 166 siècle, né à Isem- burg, près de Furnes , fut professeur de langue grecque à Louvain , et ensuite recteur des écoles de M. Yatout a donné la Conspiration de Cellamare, épisode de la régence, Pari).;, 4852, 2 sol. avec portraits. C'est une espèce de muas historique où l'auteur s'est attaché surtout à la peinture mœurs et des caractères de l'époque. BergStVinoc. Il a publié : 1. ° ratio contra men- dicilatent publicain , etc., Anvers, 1550 2° Carmen heroicum de bello per Carolum V in Hun- garia adversus Solimannum, Turcarunt imperato- rem, gest°, ibid., 1555 5° Carmen de Incendio urbis Delphensis, ibid., 159.6
  • Jean CAVINO : surnommé le Padouan, fut un habile graveur dans le 16' siècle. Comme à cette époque on recherchait avec beaucoup d'avidité les médailles antiques, il s'appliqua particulièrement à les contrefaire. Ce fut Pétrarque, dit Ginguené dans « son Hist. tilt. d'Italie, qui apprit à ses contera- « mains le prix qu'on devait attacher aux monu- « monts des arts et des lettres que le temps n'avait « pas détruits; ce fut lui qui, le premier, eut l'idée « d'une collection chronologique de médailles int-« périales, secours indispensable pour l'étude de « l'histoire. » Après Pétrarque, ce goth fut en- courngé par Cosme, Pierre et Laurent de Médi- cis ; par Alphonse, roi de Naples, le cardinal StMare, etc. Enfin on ne se borna pas à former des cabinets de médailles, et ce fut dans le 1 e siècle qu'on commença à publier et à faire connaître ces précieux monuments de l'antiquité. Il est triste tic penser que, pendant qui d des hommes célèbres s'occupaient du soin de recueillir, des artistes habiles employaient leurs talents à les contrefaire, pour tromper la curiosité peu exercée des premiers numismates. Cavino s'associa, vers l'an 1565, Alexandre Itassiano ; ils gravèrent ensemble un grand nombre de coins, et inondèrent l'Italie de médailles grecques et romaines qu'ils avaient fabriquées; plus les types qu'ils gravaient s'écartaient des règles numismatiques des anciens, plus ils piquaient la curiosité des antiquaires. Avant lui, quelques graveurs s'étaient déjà exercés dans ce genre de, contrefaçon. On trouvé dans les z de Duchoul et dans ceux d n e Lepois, publiés e1556 et 1579, des mé- dailles fausses que cesauteurs donnaient comme antiques ; mais le Padouan surpassa tous ces contrefacteurs. Ses médailles sont gravées avec une grande habileté , et, sous le rapport de l'art, quelques antiquaires ne dédaignent pas possè- dent une grande quantité de ces monuments apocryphes, et l'on ne saurait trop prévenir les antiquaires d'examiner soigneusement tout ce qui leur arrive des bords du Rhin. Nous avons regardé comme important de nous étendre un peu sur ce genre de contrefaçon dans l'article du prince des faussaires, parce qu'il est le plus habile de ceux qui se sont distingués dans son art. Les antiquaires nous sauront gré d'avoir éveillé rattenticin sur ces contrefacteurs modernes; au défaut des lois, il est juste que l'opinion publique les atteigne : ils coritribuent A altérer les monuments qui forment les premières pages de l'histoire, et ils ont souvent induit en erreur des savants distingués. On trouve des médailles fausses jusque dans la Turquie. Outre les orfèvres qui moulent assez adroitement les pièces que l'on découvre dans cette terre ancienne des arts, on a vu de nos jours un bey qui se donnait luimème à Constantinople le plaisir de corriger au burin les lé-, e,rendes des médailles, afin de les rendre plus cu- rieuses et plus intéressantes. Webber, mort à Florence vers 1809, moulait avec un soin particulier les médailles et les monuments; il fabriquait même des coins semblables à ceux des anciens Romains. Les médailles qu'il a cherché à dans les cabinets sont presque tous du BasEmpire. On en pourrait citer beaucoup d'autres que la cupidité a portés à ce genre de contrefaçon. La plus grande partie des coins du Padouan fut achetée par Thomas Lecointe, antiquaire du roi, et ils furent donnés par lui, en 1670, à l'abbaye de SteGeneviève. Dumoulinet les a fait graver dans l'on-'rage intitulé : Cabinet de la bibliothèque de Ste- Geneviève, Paris, 1692 ; ils ont ensuite passé à la bibliothèque royale, où ils sont aujourd'hui au nombre de cent vingtdeux. Le Padouan ne s'est pas seulement livré à la contrefaçon des médailles antiques, il en a gravé avec beaucoup de soin pour plusieurs savants et plusieurs seigneurs de son temps ; la plus curieuse est celle d'un Quirinus, qui avait fait mettre au revers de sa tète une louve allaitant Romulus et Rémus, avec la légende : Perpetua so- boles. Il avait sans doute la présomption de descendre des fondateurs de Rome. Parmi les coins qui sont à la bibliothèque royale, il s'en trouve un de JésusChrist, sur lequel Cavino a mis son nom. Le Padouan et Bassiano se sont représentés euxmêmes sur une médaille où ils se disent tous les deux de Padoue . On n'a d'ailleurs que trèspeu de documents sur la vie de ces deux artistes. Pour être parvenus à mettre autant de perfection dans les médailles qu'ils fabriquaient, il fallait nécessairement qu'ils se fussent livrés avec beaucoup de succès à l'étude de l'antiquité. Nous regrettons de n'avoir pu trouver à la bibliothèque de SteGeneviève le manuscrit de Thomas Lecointe sur les coins du Padouan ; le P. Dumoulinet en fait mention : il ne parait pas cependant qu'il ait été remis à la bibliothèque royale avec les coins de cet ar- tiste
  • Jean CHABANEL( 1560) : écrivain peu connu, mais dont on a quelques ouvrages rares et curieux , était né vers 1560 , à Toulouse. 11 étudia, diton , avec fruit les mathématiques et la langue française. ; cependant on ne voit pas qu'il ait rien écrit sur les sciences , et son ouvrage de grammaire dont on parlera ciaprès est une de ses plus faibles productions. S'il est vrai, comme le . En 1587, Chabanel mtoucha la version que Nicol. Colin avait précédemment donnée d'un autre traité du même auteur : le Mémorial de la vie chré- tienne. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il fut reçu docteur en théologie et nommé recteur de la fameuse église de la Daurade, à Toulouse. Il mourut en cette ville, vers 1615 , dans un tige peu avancé. Outre les traductions déja citées, on connait de liii: 10 de l'Antiquité des églises paroissiales, et de l' stitution des recteurs et vicaires perpétuels , Toulouse , 1608 , petit volume rare et plein de recherches intéressantes pour l'histoire ecclésiastique, 2° Les Sources de l'élégance françoise, ou du droit et naïf usage des principales parties du parler françois, ibid., 1612 « Les efforts, dit l'abbé « Goujet , et la bonne intention de l'auteur sont a plus à louer que la manière dont il a exécuté son bais la nouvelle imlition de la Bibiieeke, gke de la Civil du Maine, itieley de Jeteny neglige du cumpleter larucludu Giabanel. Lediliou citée rar Deerdier esi de 1584 « dessein. » 3° De l'Antiquité de Notre- Dame de la Daurade à Toulouse, et autres antiquités de cette ville , illus- trées de diverses observations et singularités remar- quables, ibid., 1621, petit Cet ouvrage ne l'ut publié qu'après la mort de l'auteur. 4. De l'Ela( et Police de la mime église, ibid., 1625 ouvrage posthume. 50 Opuscula varia de rebus eccle- siasticis el moralibus, Bordeaux, 1620
  • Jean CHALIGNY( 1529) : maitre fondeur de l'artillerie, né à Nancy en 1529, se rendit célèbre dans son art. La fameuse coulevrine, longue de vingt et un pieds onze pouces six ligues, depuis la bouche jusqu'au bouton de la culasse, fut coulée sous sa direction. Louis XIV, lors de l'envahissement de la Lorraine, en 1670, lit conduire cette pièce à Dunkerque , où elle existait encore avant 1789. On en trouve la figure dans l'Histoire de la milice française par le P. Daniel, in - 4°, t. 1", p. 452, pl. 28. Jean Chaligny mourut à Nancy, en 1615.— David CHALIGNY, son fils aîné, avait commencé le cheval de bronze qui devait porter la statue du grandduc Charles III, haute de onze ou douze pieds; mais il mourut en 1651, sans avoir achevé son travail.— Antoine CHALIGNY, son frère, le termina, et il exécuta en terre le modèle de la statue. Les invasions successives auxquelles la Lorraine fut en proie ne permirent pas l'achèvement de ce bel ouvrage. Louis XIV jugea aussi le cheval de bronze de bonne prise et le lit conduire à Paris, puis à Dijon où il fut destiné à porter la statue qui devait être érigée au monarque conquérant. « Il fut fait plus d'honneur à ce cheval, à son « arrivée à Paris, . » — Le petit modèle en bronze de la statue équestre de Charles III fut aussi exécuté par Chaligny. 11 ornait la galerie du château d'Haroué, appartenant au prince de Craon, qui, après avoir lu l'éloge de Charles 1E1, publié par Coster , lit présent à cet orateur de la statue du héros qu'il avait célébré . Ce chefd'ouvre de Chaligny, longtemps placé sur un piédestal au milieu de la belle bibliothèque de Coster, fut acheté de ses, héritiers par la ville de Nancy, et il orne aujourd'hui son musée. Antoine Chaligny, nominé commissaire général des fontes de l'artillerie de France , ne termina pas ses jours en Lorraine. D. Calmet dit qu'il mourut le 29 août 1666, à l'âge de 75 ans . Il y a ici une erreur de personne ; ces indications sont applicables à la femme de Chaligny qui survécut longtemps à son mari. — Pierre CHALIGNY, fils d'Antoine , coopéra avec lui à !'exécution du modèle en terre de la statue de Charles 111. Ingénieur du due Charles 1V, il fut anobli , en 1659, à raison des services rendus par sa famille depuis plus de deux cents ans. Il obtint comme son père le titre de commissaire général des fontes de l'artillerie de France. Mets de piété envers ses parents, il leur lit élever dans l'église des Minimes un monument funèbre dont on trouve la description dans l'Histoire des villes vieille et neuve de Nancy, par l'abbé Lionnois t. 2, p. 311. L'église et le tombeau n'existent plus aujourd'hui. — François DE CHALIGNY , sieur des Plaines, qui parait descendre de la même famille, fit représenter au ThéâtreFrançais, en 1722, une tragédie de Coriolan qui n'obtint aucun succès. L'auteur mourut de la petitevérole, l'année suivante, à l'âge de 53 ans.—CHAIAGNY DES PLAINES, neveu du précédent, chanoine de Verdun, est au- Mémoires du marquis de B... , sans date , à la sphère, petit p. 536. Le prince y joignit le dessin de l'ouvrage et un mémoire historique d'Antoine Chaliguy relatif à sa composition. Ou n'a pu retrouver ce travail. Bibliothèque de Lorraine, p. 25. Leur d'un recueil de vers latins et français, imprimé en 1789. Ayant émigré, il revint en France sous le consulat , et mourut en 1806. Par son testament, il ordonna que ses manuscrits fussent déposés à la bibliothèque du roi à Paris, ce qui a été fait ; mais ses vœux n'ont pas été remplis quant à la publication, qui n'aura probablement jamais lieu, ces manuscrits consistant principalement en poésies médiocres
  • Jean CHAMBERLAYNE : fils du précédent, élève de l'université d'Oxford, mort en 1724, avec la réputation d'un homme pieux et savant. Il avait été chambellan de George, prince de Danemark, et membre de la société royale de Londres, et l'on trouve trois mémoires de lui dans les Transactions philosophiques de cette société. II connaissait, diton, seize langues différentes. Outre la continuation de l'ouvrage de son père intitulé : Elat actuel de l'Angleterre, et des Dissertations bis« toriques, critiques, théologiques et morales sur les événements les plus mémorables de Ancien et du Nouveau Testament, etc., 1723 on a de lui plusieurs traductions , dont les plus importantes sont : 1° Arguments des livres et chapitres de l'Ancien et du Nouveau Testament, traduits du français de Ostervald, Londres, 1716, 5 vol. 2. les Vies des philos. ophes français, traduites de Fontenelle, 1721 3° le Philosophe religieux, traduit du hollandais du docteur Nicuwentyt, Londres, 1718, 3 vol. réimprimés depuis plusieurs fois et 40 Histoire de la réformation des Pays- Bas et les pays circonvoisins, traduite du hollandais (le Gérard Brand, Londres, 1721, 4 vol. ; 5° Ore° dominica in diverses omnium fere gentium lingues versa, et propriis cujusque linguce characteribus expresse, Amsterdam, 4715 Ce recueil, de cent cinquante versions de l'Oraison dominicale en diverses langues, est trèsrecherché, quoique rempli de fautes, parce qu'on y trouve sur treize planches gravées en tailledouce quelques versions en caractères exotiques qui manquent dans les belles collections de Marcel et de Bodoni, qui n'ont employé que des caractères mobiles. A la suite de ces cent cinquante versions, on trouve neuf savantes dissertations de Nicholson, Leibnitz , \'Votton , Wilkins, Reland, Lacroze, etc., sur divers points de philologie orientale
  • Jean CHANDOS : célèbre elpitaine anglais dans le 14' siècle, lieutenant général de toutes les provinces que le roi d'Angleterre possédait en France, faisait la guerre en Bretagne, sous le due de Lancastre, en 1359, lorsque Bertrand Duguaelin vint demander justice au due contre Thomas de Cantorbéri . qui , au mépris de la trève, avait fait prisonnier son frère Olivier Duguesclin : « Bertrand , lui dit Chandos qui « jouait alors aux échecs avec Lancastre , soyez le « bienvenu. Vous ne vous en retournerez point Chandos assista , l'an 1360, au nom d'Édouard VI , roi d'Angleterre , avec le duc de Lancastre, le comte de Wartvielt et Gaultier de Matmy, aux conférences qui s'ouvrirent pour la paix dans la maladrerie de Longjumeau , et auxquelles se trou% érent , pour le régent de France, le connétable de Fiennes , le maréchal de Boucicaut, et le fameux Maillant, bourgeois de Paris. Le roi Jean était alors prisonnier en Angleterm L'armée anglaise , forte de 100,000 combattants, campait aux portes de Paris, à Montrouge, à Vanvres, à Vaugirard. Les conférences de Longjumeau furent bien- tôt suivies du funeste traité de' Brétigny, qui mit le roi d'Angleterre en possession de la Moitié des provinees de France. Chandos fut chargé de recevoir les hommages des seigneurs franeais, qui passaient sous la domination d'Edouard . Il se signala , 1361, à la bataille d'Auray, , entre Charles de Blois et le comte de Montfort. Dugueselin et Chandos dirigeaient les deux années. Duguesclin rangea la sienne en rois batailles . Chandos loua hautement les savantes dispositions du général qu'il avait à combattre , et disposa ses troupes dans le méme ordre. On vit en ce jour, pour la première fois dans cette guetce, des combinaisons et des manoeuvres raisonnées. Chandos combattit armé d'une hache , éclaircissant les rangs et pénétrant dans les bataillons les plus serrés. La mêlée fut horrible . la bataille sanglante et décisive. Charles de Blois fut tué. Dugueschn, couvert de blessures , perdant son sang , soutenait encore tout le poids du combat, avec son marteau d'aciee, sa hache et son épée. Il se battait en désespéré: Chandos se présente , se nomme, et Duguesclin lui rend les armes. C'était la première fois qu'il était vaincu en bataille rangée. Le duc de Montfort dit à Chandos: « Messire Jehan, cette grande aven-« turc m'est advenue par votre grand sens et « prouesse, si vous prie, buvez à mon hanap. » Et il lui présenta sa coupe et un flacon de vin. Il lui donna la seigneurie du Gavre, qu'Olivier de Clissera réclama vainement , et qui devint la source de la haine de ce guerrier contre Montfort et les Anglais. Duguesclin et Chandos se retrouvèrent en Espagne , en 1'566 , A la bataille de Najara ou de Na- varette.Duguesclin combattait pour Henri de Transtamare ; Chandos et le prince de Galles conduisaient l'armée de Pierre le Cruel. La victoire se déclara pour ce dernier. Chandos lit mettre bas les armes aux bandes de Duguesclin, et Duguesclin se rendit au prince de Galles. Deux ans après, Chandos fut chargé de réprimer les barons de Gascogne qui s'étaient révoltés. Il fut tué en 1569 dans un combat, sur le pont de Leusac , près de Poitiers. Le prince de Galles *perdit en lui le plus habile de ses gué- Faux, et la meilleure tète de son conseil. Les Anglais le pleurèrent. Les Français, rendant hommage aux vertus de ce généreux chevalier, crurent perdre à sa mort l'espérance de la paix qu'ils pensaient devoir être bientôt l'ouvrage de ses conseils. Jean Chandos avait fait bàtir la petite place de StSativeurleVicomte, dans la basse Normandie. Il sut se faire aimer et estimer de ses ennemis, par sa modération et sa générosité. Dans l'opinion publique, il était cité , parmi les grands capitaines de son temps immédiatement après le célèbre vainqueur de Crécy et de Poitiers
  • Jean CHAPEAUVILLE( 1551 - 1617) : né à Liége, le 5 janvier 1551, commença ses études dans sa patrie, les continua à Cologne, et les acheva à Louvain, où il fut reçu docteur en théologie. 11 enseigna cette science dans plusieurs monastères de Liège, fut nommé successivement examinateur synodal, curé de StMi- chel, chanoine de l'église de StPierre, inquisiteur de la foi, chanoine de la cathédrale, grand pénitencier, grand vicaire, archidiacre et prévôt de son chapitre. Il mourut le 11 mai 1617, âgé de 66 ans. On a de lui plusieurs ouvrages dont on trouve la liste dans les Mémoires de Niceron .Les principaux son t : 1- Historia sacra el profana, necnon politica, in qua non solum reperiuntur fiesta pontificum Tungrensium, Trajec- tensium oc Leodiensium ; verum eliant pontificum romanorum algue imperatorum, ac regum Franche usque ad Ludovicum III, Liége, 1612, 4616, 5 vol Cet ouvrage contient un recueil des historiens originaux de la ville de Liége. Après la mort de l'au- teur, on ajouta un abrégé de sa vie à la tète du er volume des exemplaires qui n'étaient pas encore vendus, et l'on substitua sur le frontispice la date de 1618 à celle de 161e 2° Vita et Miracula S. Perpetui, episcopi Trajectensis, Liége, 1601 50 Tractalus de casibus reservatis, Liége, 1596 et 1605 4° Tractatus de necessitate et modo mi- nistrandi sacramen ta tempore pestis, Mayence, 1612 ; réimp. à Cologne, à Louvain, etc
  • Jean CHAPELAIN( 1595 - 1674) : naquit à Paris, le 4 décem- bre 1595. Son père, notaire au Châtelet, le destinait à la même profession ; mais sa mère, qui avait beaucoup connu Ronsard, et qui était encore frappée des honneurs que ce poète avait reçus de son siècle, désira que son fils fût en état d'en mériter de semblas bles, et elle le fit étudier. Outre le grec et le latin, il apprit sans maitre l'espagnol et l'italien qu'il pos- séda parfaitement, et ensuite il lit un cours de méde- cine. Comme il hésitait sur le choix d'un état, il fut placé auprès d'un jeune seigneur pour lui montrer l'espagnol, puis auprès de deux fils de M. de la Trousse, grand prévôt de France, pour diriger leurs études en tout genre. Cette dernière éducation dura dixsept ans, et lui acquit à tel point l'estime du père de ses élèves, que celuici lui confia la gestion de toutes ses affaires. Ce fut au milieu de ces occupations qu'il traduisit le roman espagnol de Guzman d' Alfarache. Il ne se livrait point encore à son goût pour la poésie, dans la crainte qu'on ne lui attribuàt quelquesunes des satires qu'alors chaque jour voyait éclore contre le gouvernement; mais il étudiait à fond les principes de la poétique, et il eut l'occasion d'en faire l'application, lorsque le cavalier Marini le consulta sur son poème de Adone, qu'il était venu faire im- primer en France. La préface qu'il consentit à mettre en tète de l'ouvrage le fit connaître du cardinal de llichelieu. 11 était de cette réunion d'hommes de lettres qui devint l'Académie française. Cette acadé- démie étant instituée, il fut un des commissaires chargés d'en rédiger les statuts; ce fut lui qui fit déterminer le genre de travaux dont la compagnie aurait à s'occuper, qui dressa en conséquence le plan d'un dictionnaire et d'une grammaire de la langue française, et qui, dans la suite, tint la plume pour la rédaction des Sentiments de l'Académie sur le Cid. Pour se livrer à ces occupations de son goût, il avait refusé, vers 1652, de suivre le comte de Noailles à Rome, en qualité de secrétaire d'ambassade. Les bienfaits du cardinal l'en dédommagèrent. Ceiminis- tre, à qui il avait fait connaître la règle des trois unités dramatiques, alors négligée ou même ignorée, lui fit une pension de 1,000 écus, et lui accorda une pleine autorité sur tous les poètes qu'il avait à ses gages. Cette pension pouvait être aussi le prix d'une ode à la louange du cardinal, qui est restée le meilleur ouvrage de Chapelain, et que Boileau luimème trouvait assez belle. Chapelain devint, dès ce moment, l'oracle de tous les écrivains, et surtout des poètes. Racine, dans sa jeunesse, ne le consulta pas sans fruit sur son ode de la Nymphe de la Seine, puisqu'il lui dut quelques corrections essentielles, et, ce qui ne valait guère moins, 100 louis et une pension de 600 liv. de la part du roi. Chapelain fut chargé par Colbert de dresser la liste des savants et des littérateurs, tant étrangers que nationaux , sur qui Louis XIV voulait répandre ses libéralités ; et, comme on s'y attend bien, cette désignation lui fit encore plus d'ennemis que de partisans. Chapelain était le chef de la littérature en France. Sa Pucelle, à laquelle il travaillait depuis trente ans, était prônée d'avance comme le chefd'oeuvre de l'esprit humain. Elle parut; et toute la gloire du poète s'évanouit. A la vérité, ce poème eutsix éditions en dixhuit mois, et reçut d'abord beaucoup d'éloges pompeux ; mais il ne s'attira pas moins d'épigrammes sanglantes, et les épigrammes prévalurent, parce qu'elles étaient justes. Pour consoler l'auteur, le duc de Longueville doubla la pension de 1,000 écus qu'il lui avait faite pendant tout le cours de son travail ; pension dont Chapelain, trèsami de l'argent, fut soupçonné d'avoir prolongé la durée, en prolongeant aussi celle de sa composition. La duchesse de Longueville, apparemment de meilleur goût que son mari, disait, en entendant la lecture de la Pucelle Cela est parfaite-« ment beau ; mais cela est parfaitement ennuyeux. » Boileau mit ce mot en vers, y en ajouta beaucoup d'autres, et couvrit le poème et le poète d'un ridicule ineffaçable. Quand ce mème Boileau disait de Chapelain: Qu'on vante en lui la foi, l'honneur, la probité, Qu'on prise sa candeur et sa civilité, Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère, On le veut, j'y souscris, et suis prêt à me taire Boileau ne faisait pas seulement une concession maligne à l'avantage de l'homme, pour retomber avec plus de force sur l'écrivain ; il rendait aussi un témoignage véritable des bonnes qualités de Chapelain , qui était en effet homme d'honneur et trèsofficieux. On a déjà cité une preuve,de son désintéressement : on pourrait y en ajouter plusieurs autres; mais ce qui surprendra, c'est qu'à cette vertu il alliait un vice tout contraire : il était d'une avarice sordide, et cette avarice fut cause de sa mort. 13n jour qu'il allait à l'Académie par un temps de pluie, n'ayant Voulu ni payer pour passer le ruisseau sur une planche, ni attendre qu'il fût moins large, dans la crainte de perdre ses jetons, il eut, en le traversant de l'eau jusqu'à mijambe, et, arrivé à l'Académie, au lieu de s'approcher du feu, il s'assit à un bureau, pour qu'on ne s'aperçût pas que ses jambes étaient mouillées. Le froid le saisit, et il en eut une oppression de poitrine, dont il mourut le 22 février 1674, âgé de 79 ans. On trouva 50,000 écus chez lui. Sa mère lui avait souhaité les mèmes honneurs qu'à Ronsard, et ce voeu a été exaucé : le nom de l'un et de l'autre sert à désigner un poète barbare et ridicule. Outre sa Pucelle, ou la France délivrée, poème héroïque en 12 chants, Paris, 1656, grand lig. , et sa Les vingtquatre ebants de la Pucelle sont en manuscrit lt la biblioilteque royale; les anciennes éditions n'en contiennent que douze; celle de 1755 en a quinze ; celle de i756, dixhuit, et celle traduction de Guzman Al farache , on a de lui une Paraphrase sur lç Miserere, 1636, ; plusieurs odes, et des Mélanges de littéra- ture. On y trouve le Mémoire de quelques gens de lettres vivants en 1662, dressé par ordre de M. Colbert
  • Jean CHAPERON : poète français du 166 siècle. La Croix du Maine et Duverdier, qui ont fait mention de cet auteur, ne nous ont laissé aucune particularité sur sa vie, et ce qu'ils disent de ses ouvrages est fort inexact. Ils sont cependant encore recherchés des amateurs, niais par la seule raison, sans doute, qu'ils sont fort rares. En voici les titres 11. le Dieu garde Marot et autres poésies , 1557 2. le Courtisan , nouvellement traduit de langue ytalicque en vulgaire framois, Paris, 1537 5, le Chemin de Long Estude de dame Chris- tine de Pise, trad. de langue romanne en prose fran- çoise, par Jehan Chaperon, dit lassé de repos, Paris, •1549, petit
  • Jean CHAPMAN( 1704 - 1784) : savant anglais , naquit à StratlieldSay, en 1704, et après avoir lini ses études au collége de Cambridge et pris ses degrés en 17'27 et 1751, devint recteur de Mersham et d'Alderton , chapelain de l'archevèque Potter , archidiacre de Sudbury, et trésorier à Chichester. Comme il était élève d'Éton et qu'il avait été reçu docteur à Oxford, il se mit sur les rangs pour la place de prévôt à ce collège : une faible majorité donna le poste qu'il ambitionnait au docteur George. Depuis ce temps Chapman se vit en quelque sorte fermer les portes des universités. Ses démêlés littéraires avec Middleton le firent haïr de la coterie de ce savant, et la mort de Potter acheva de ruiner l'espoir qu'il avait de parvenir au moins à quelqu'une des dignités secondaires d'Eton. Il se présenta méfie vainement pour la place de precentor à Lincoln. NO111111é en 1760, par un arrèté de lord Henley, il vit une pétition à la chambre des communes réclamer contre celte nomination qui fut annulée. On accusait Chapman d'actions au moins indélicates, et malheureusement il parait qu'on avait raison. Lord Campden, un de ses anciens élèves, lui fit bien dire de ne pas s'inquiéter et que le lendemain il le rendrait blanc comme neige, mais cette justification ne vint pas. Le récit donné par Burns de cet épisode dans son ouvrage des Lois ecclésiastiques sembla partial à Chapman, qui envoya ses réclamations au docte auteur : Burns se contenta de répondra franchement qu'il l'avait cru fautif, et que, dans sa prochaine édition, il se ferait un devoir d'insérer ses explications. Chapman mourut le 14 octobre 1784. On a de lui : 1° Examen des objections d'un écri- vain anonyme contre le livre de Daniel, Cambridge, 1728, in - 8°. L'anonyme était Collins. Chapman, malgré sa jeunesse, montra beaucoup de vigueur et d'érudition dans la réfutation des blasphèmes de cet incrédule; et ce début dans la polémique religieuse fit sensation. 2° Remarques sur la Lettre du docteur Middleton au docteur Waterland, 1751. Cet opuscule, dans lequel Chapman se fait le défenseur de Waterland, a eu trois éditions. 5° Dissertation sur lesAca- démiques de Cicéron , adressée ,! Tun- stall et imprimée à la suite de la lettre de ce dernier à Middleton sur l'am henticité de quelques épîtres de Cicéron. Chapman soutient, par des raisons trèsplausibles, que Cicéron a donné deux éditions différentes des Académiques ; idée ingénieuse dont nul n'avait été frappé avant lui, et dont Boss, dans son édition des Epitres familières, s'est déclaré partisan. 4" Lettre sur les anciens caractères numéraux des légions romaines, placée en guise d'appendice à la suite des Observations sur le recueil des épitres entre Cicéron et Brutus, 1744. 5 et 6° Deux traités sur Phlégon. Il y répond au docteur Sykes, lequel prétend que l'éclipse de soleil mentionnée par cet écrivain n'est pas celle qui coïncida, suivant les livres saints, avec la mort du Sauveur. 7. Cinq sermons. 8° Une bonne édition d'Eusèbe, 1730 et 1741, 2 vol. Il y défend le christianisme contre les objections de Morgan et de l'indall. Chapman, assista Pearce dans son édition du de Ofliciis dr Cicéron. VAL. P. a
  • Jean CHAPPE D'AUTEROCHE( 1722 - 1769) : naquit à Mauriac en Auvergne, le 2 mars 1722, d'une famille noble, embrassa l'état ecclésiastique, et se livra à l'étude de l'astronomie. En 1760, il fut choisi par l'académie des sciences, dont il était membre, pour aller à Tobolsk observer le fameux passage de Vé- nus sous le disque du soleil, fixé au 6 juin de Fannée 1761. Il se rendit par terre à StPétersbourg, et partit pour la Sibérie, où il n'arriva qu'après avoir éprouvé tous les maux inséparables d'un voyage fait dans un tel climat, au milieu de la plus rigoureuse saison. Arrivé dans les derniers jours , Paris, 1768, 2 tonies en 5 vol. grand et atlas ; l'édition d'Amsterdam, 1769-70, 4 vol. fig., n'est qu'un abrégé de celle de Paris. Cette relation, pleine de faits et de détails curieux, mais dans laquelle l'auteur avait fait quelques observations peu favorables à la Russie, fut trèsaccueillie en France, etobtint l'hon- neur d'être réfutée ou critiquée par l'impératrice Catherine 11 ellemême, dans une brochure intitulée: Antidote ou Réfutation du mauvais livre super- bement imprimé intitulé : Voyage en Sibérie, etc., fail en 176. 1, par l'abbé Chappe, Amsterdam, Bey, 1772 et à la suite de l'édition de l'ouvrage de Chappe donnée par le même libraire, ibid., et mètne année, 6 vol. Une autre critique parut sous ce titre : Lettre d'un style . anc et loyal, à l'auteur du Journal encyclopédique, 771 La relation de l'abbé Chappe renferme eaucoup de faits minutieux qui sont étrangers au ut de son voyage, beaucoup de détails qu'il a emruntés à d'autres voyageurs, et beaucoup de choses gèrement observées, qui donnèrent à ses ennemis prétexte de révoquer en doute l'authenticité de ses bservations astronomiques ; on ne put cependant outer de son zèle pour les progrès de l'astronomie. e même phénomène qui lui avait fait braver les neies et les glaces du Nord l'engagea, six ans après, ans un autre voyage où il eut à supporter les ardeurs 'un climat brûlant. La Californie, presqu'île inculte t peu habitée, ayant été jugée l'un des lieux de la ,rre. les plus propres à l'observation du passage de énus de l'an 1769, l'académie des sciences obtint du 01 la permission d'y envoyer un de ses membres. :happe fut choisi pour cette mission, et il se rendit Californie, accompagné de MM. Dol et Medina, fficiers de marine et astronomes du roi d'Espagne. tielque temps après son arrivée en Californie, il 'ut attaqué d'une maladie contagieuse, et mourut le er •oôt 1769, satisfait, en expirant, d'avoir rempli a mission pour laquelle il avait quitté sa patrie. Son ,èle pour la science était si grand, qu'il lui coûta la ie. Lorsqu'on espérait sa guérison, les efforts qu'il ut pour observer une éclipse de lune augmentèrent ~on mal et le conduisirent au tombeau. Ses observations furent publiées à Paris en •772, par C.F. Cassini, sous le titre de Voyage en Californie, pour l'observation du passage de Vénus sur le disque du soleil, le 5 juin I769, contenant les observations de ce phénomène, et la description historique de la route de l'auteur à, travers du Mexique, Paris, 1772 11 a encore de l'abbé Chappe d'Auteroche plusieurs Observations astronomiques dans le recueil de l'aca- ,démie des sciences, de 1760 à 1770. Son éloge a été Prononcé dans cette même académie, par Grandjean de Fouchy, le 14 novembre 1770.
  • Jean CHARDIN( 1643 - 1713) : fils d'un bijoutier protestant de la place Dauphine, à Paris, et bijoutier luimême, breveté marchand du roi de Perse, naquit le 26 novembre 1645. Il n'avait pas atteint l'âge de vingtdeux ans, que son père l'envoya aux Indes orientales pour des opérations relatives au commerce des diamants. Chardin se rendit à Surate, en traversant la Perse et en s'embarquant à BanderAbbacy. Son premier séjour à Surate ne fut pas de longue durée, puisque nous le voyons la méme année revenir en Perse, et se fixer à Ispahan pendant six années. Ce séjour fut moins employé à des opérations commerciales, qu'à des études et des recherches aussi utiles que profondes. Nommé marchand du roi, six mois après son arrivée à Ispahan, ce titre le mit en rapport avec tous les grands de la cour, et il profila de ces relations pour recueillir les renseignements les plus curieux et les plus authentiques sur le système politique et militaire de la Perse. Il visita deux fois les ruines de Persépolis, et rassembla les matériaux les plus curieux sur les antiquités, les monuments et l'histoire. Ce fut en mai 1670 qu'il revit sa patrie, et il eut la douleur de se convaincre n que la t'en-« gion dans laquelle il avait été élevé l'éloignait de « toutes sortes d'emplois, et qu'il fallait, ou en chan-« ger, ou renoncer à tout ce qu'on appelle honneurs « et avancements. » Il songea donc à retourner en Asie, et, après avoir fait établir et rassembler une quantité considérable d'objets précieux, il repartit de Paris le 17 août 1671. Il resta, tant en Perse que dans l'Inde, dix ans entiers, revint en Europe par nier, et visita le cap de BonneEspérance. Nous ignorons si, à son retour, il aborda en France ; mais on sait positivement qu'il se rendit à Londres le 14 avril 1681, et que, dix jours après son arrivée dans cette capitale, le roi Charles ll lui conféra le titre de chevalier ; le même jour, notre voyageur épousa une demoiselle protestante de Rouen, que la crainte des persécutions avait déterminée à chercher un asile au delà des mers. Chardin s'occupa bientôt de la publication de son voyage, dont la 1" partie parut à Londres en 1686, 1 vol. orné de 18 belles gravures ; les autres parties allaient suivre celleci, quand il fut nommé ministre plénipotentiaire du roi d'Angleterre auprès des états de Hollande, et agent de la compagnie anglaise des Indes orientales auprès des meules états. Ses nou- veaux devoirs ne le détournèrent pas entièrement de son occupation favorite, et, en 1711, il publia deux éditions de la relation de ses voyages, l'une en 5 vol. , l'autre en 10 vol. ornés de 78 planches, gravées d'après les dessins de Grelot, artiste et voyageur trèsrecommandable. Nous ignorons à quelle époque Chardin retourna en Angleterre ; mais, à coup sûr, il ne resta pas longtemps en Hollande après la publication , Londres, 1802 , 1 vol. Chardin se proposait aussi de donner une géographie persane , qui aurait sans doute été rédigée principalement d'après le Nozhatal- Coloub , par HamdOullah de Cazwyn , que nous nommons ordinairement le géographe persan. Cette géographie est peut-être moins à regretter que les notes sur l'Écriture sainte, parce que Chardin , qui parlait trèsfacilement le persan, n'avait pourtant pas fait une étude assez appeofondie (le la langue écrite , pour éviter des erreurs assez graves dans les passages qu'il a traduits et insérés dans la relation de son voyage
  • Jean CHARLES XIV( 1764) : roi de Suède et de Norwége, naquit à Pau, en Béarn, le 26 janvier 1764, et porta en naissant les noms de JeanBaptisteJules Bernadotte. Ses parents le destinaient au barreau , mais* un penchant irrésistible l'entraînait vers la profession des armes. Et qui, dans le monde, aurait alors pu prévoir à quelle haute fortune cette carrière devait le conduire ? li entra en 4780 dans le régiment de RoyalMarine, où il était, au moment de la révolution, sousofficieradjudant et sur le point de passer officier. Lors des révoltes qui éclatèrent alors dans presque tous les régiments, le RoyalMarine se trouvait en garnison à Marseille. Son colonel, M. d'Ambert, allait être attaché par le peuple à un réverbère, lorsque Bernadotte vint avec quelques soldats l'arracher à la multitude en fu- reur, et le conduisit, au péril de sa vie, A l'hôtel de ville, où M. d'Ambert trouva sûreté et pro- tection. Son activité , sa valeur et les circonstances firent obtenir à Bernadotte un avancement rapide. Il était déjà colonel à l'armée de Custine en 1792; il commandait une demibrigade en 1795, lorsque Kléber le prit en affection, et, après l'avoir employé dans diverses expéditions , le lit nommer général de brigade. Dès 1794, il obtint le grade de gépénil de division ; fut employé dans l'armée de SambreetMeuse, et contribua puissamment à la victoire de Fleurus . 11 passa ensuite la Meuse, força le général Kray dans ses positions . Dès sa première entrevue avec le général en chef Bonaparte, surgit entre eux cette estime mutuelle qui jamais ne s'unit à la sympathie et qui finit par devenir de l'hostilité. Interrogé sur ce qu'il pensait du général : « II m'a fort bien reçu, « répondit Bernadotte ; mais j'ai vu là un homme « de vingtsix à vingtsept ans qui veut avoir l'air « d'en avoir cinquante, et cela ne me dit rien de « bon pour la république. D De son côté, le général en chef caractérisa ainsi son collègue :« C'est une « tête française surie coeur d'un Bomain.»La més parut d'abord se manifester entre les troupes de Bernadotte et celles de l'armée d'Italie. Ces dispo- sitions eussent pu avoir un résultat funeste sans la prudence des deux généraux qui, par l'exemple de leur union, étouffèrent ce levain de discorde. Bientôt la gloire commune l'établit le plus parfait accord ; chacun, au nom de la patrie, lit son devoir au passage du Tagliamento. C'est dans cette occasion que Bernadotte, placé à l'avantgarde, . Le 24 il s'empara de Trieste, et, selon ses instructions , fit arrêter à 'Venise le comte d'Antraig,ues , attaché à la légation russe, et qui correspondait avec tous les ennemis du gouvernement de France. Ses papiers, qui compromettaient gravement Pichegru , furent envoyés an directoire, et ce fut, diton, leur examen qui détermina la journée du 18 fructidor. On sait qu'à cette occasion les armées envoyèrent des adresses au directoire. Ce fut le premier essai de l'intervention de la force armée dans le système du gouvernement; et il est remarquable que c'est Bonaparte qui en fut l'auteur. Bernadotte hésita quelque temps avant de suivre cet exemple. Le général en chef lui envoya ,par son aide de camp Croisié, l'ordre d'assein bler sa division, et de faire signer une adresse semblable à celles des divisions Mass- éna, Augereau et Joubert. Bernadotte répondit que cette démarcbe était une infraction à la constitution et au bon ordre, et qu'il ne croyait pas que le général en chef eût des ordres à donner à ce sujet. On lui fit observer que son refus ferait croire à une mésintelligence entre les généraux, et que les ennemis de la république ne manqueraient pus d'en tirer parti. Bernadotte, cédant à ces considérations, envoya, non au général en chef, niais au directoire, une adresse qui ne tes' . . . frIblait en rien aux adresses révolutionnaires deS utres divisions, ce dont Bonaparte fut trèsmé 1 Ontent. Bernadotte, sincèrement attaché à la. Févaligue, avait déjà deviné que le vainqueur de l'Itane songeait qu'A renverser le gouvernement. ais reprenons le cours des opérations militaires. 'oursuivant, dans la Carniole, le prince Chars, auquel il enleva encore 1,500 hommes, Bernaàitte se rendit maitre de Laybach le 1" avril ; les nines d'Idria tombèrent en son pouvoir ; il y •ouva pour 5 millions de métal encaissé, et dont e général en chef ordonna la vente au profit de "armée. Bernadotte rejoignit Bonaparte à Léoben, iii ce dernier signa les préliminaires de paix. On peut L ioir par les bulletins que, dans cette mémorable Ilampagne , Bernadotte obtint souvent les éloges lu général en chef. Le directoire y ajouta les siens en lui écrivant : « Vous avez prouvé, général, que vous vous êtes déjà rendu familier ce « nouveau théâtre de la guerre. Le prince Charles « a dû reconnaître à Gradisca celui dont il a si sou« vent redouté l'audace et l'habileté en Allemagne. » Au mois d'août suivant, Bernadotte partit pour Paris, avec la mission de présenter au directoire les drapeaux enlevés aux Autrichiens. Le directoire lui conféra alors le commandement de la division militaire de Marseille. Cette ville était alors en proie à l'anarchie ; la réaction y répandait des flots de sang ; il sut y ramener l'ordre par sa modération et sa fermeté. Mais il lui tardait de reprendre le commandement de sa division dans l'ainiée d'Italie. Il y arriva avec des ordres et des instructions verbales pour le général en chef, qu'il joignit au chideau de ' Passeriano. Bonaparte le questionna sur la conduite qu'il avait à tenir. Bernadotte ne balança pas à lui conseiller de faire la paix, sans lui dissimuler que le directoire était d'un avis contraire. Dans cet entretien confidentiel , il déploya les vues d'un homme d'Etat , convainquit Bonaparte qui se décida à signer le traité de CampoFormio et le porta lui mème à Paris. Bernadotte cependant était allé prendre le commandement de sa division : son quartier général était à Udine. C'est là que Bonaparte, partant pour Paris, alla lui faire une visite. 'Il resta avec lui jusqu'à minuit et le combla de protestations d'amitié; mais, arrivé à Milan pour régler le mouvement des troupes qui devaient rester en Italie ou rentrer en France, il ôta à Bernadotte la moitié de celles qu'il avait amenées des bords du Rhin, et lui prescrivit de rentrer en France avec le 1este. Ce procédé, dont Bernadotte fut profondément blessé, lui rappela ce qu'il avait observé à Paris sur la part que Bonaparte avait prise au .18 fructidor, en faisant signer des adresses. Déjà, dans une conversation qu'il avait eue récemment avec le comte de Meerfeld, l'un des plénipotentiaires autrichiens au congrès de Bastadt, il avait cru démêler que l'Autriche ne comptait pas sur une longue paix, et qu'il y avait quelques articles secrets arrètés entre Bonaparte et Cobentzel pour le renversement du gouvernement républicain. Le résultat de ces réIlnions fut d'obtenir un commandement qui l'éloi7
  • Jean CHARNOCK( 1756) : né en 1756, étudia au collége de Winchester, sous la direction de Joseph Wallon, qui le regardait comme son fils. Ayant passé à l'université d'Oxford, il signala son goût pour la poésie par beaucoup de pièces fugitives, qui Parurent dans les journaux du temps, et parmi lesquelles on remarque ses Essais politiques, écrits, pendant la guerre d'Amérique, dans l'esprit d'opposition qui animait généralement les jeunes gens à cette époque. Quelques désagréments lui firent quitter l'université, et il s'appliqua avec ardeur à l'étude de la tactique navale et militaire. Après avoir appris sur ce sujet tout ce qui pouvait s'apprendre dans le cabinet, jaloux de fortifier ses études par la pratique, il demanda à ses parents la permission (l'entrer au service. Cette permission lui étant refusée, il entra comme volontaire au service de la marine, et perdit par là ses prétentions à une fortune considérable, dont il était l'héritier naturel. Il quitta le service lorsqu'il n'eut plus rien à y apprendre; et, rentré dans ses foyers, il chercha dans les productions de sa plume un moyen de vivre. Son désintéressement l'entraîna dans de grands embarras pécuniaires, et il mourut de misère et de chagrin, en 1807. Ses ouvrages, où l'on trouve du savoir, des recherches et un bon esprit, ne se distinguent pas beaucoup par le mérite du style ; ce sont principalement : les Droits d'un peuple libre, 179'2 où il prend ironiquement le ton démocratique que prenait alors certains écrivains politiques : on y trouve une excellente esquisse historique de l'origine et des progrès de la constitution anglaise. Biographia navalis, 6 vol. dont le ler parut en 1794. 50 Histoire de l'architecture navale, 1802, 5 vol. ouvrage orné d'un grand nombre de belles gravures. 4° Une Vie de lord Nelson, 1806, I val., enrichie de lettres originales et trèscurieuses de cet amiral célèbre. X-51
  • Jean CHARTIER : fière d'Alain, lit profession à l'abbaye de StDenis. Alain, qui jouissait de l'estime du roi Charles VII, lit connaître son frère à ce prince, qui le nomma son historiographe, et le chargea de mettre en ordre les chroniques que l'on conservait dans le trésor de cette ancienne abbaye. 11 s'acquitta de ses fonctions d'une manière si agréa- ble au monarque, que celuici lui ordonna de le suivre dans ses guerres contre les Anglais, et que nonseulement il lui faisait fournir, de sa maison, toutes les choses dant il avait besoin, mais qu'il tenait à sa disposition des gens pour le servir, et des chevaux pour le transporter partout où il le voulait. On sait que Jean Chartier vivait encore en 1461, année de la mort de Charles VII, et on croit qu'il ne survécut que pets de temps à son bienfaiteur. Les Grandes Chroniques de France , débrouillées par Chartier, et augmentées par lui de l'Histoire du rè- gne de Charles VII, ont été imprimées deux fois dans le 15' siècle : la première, en 1476, à Paris, 5 vol. ; la deuxième, en 1495, Paris, Aut. Vérard, 5 vol. Cette édition est mieux exécutée que la précédente, et l'on en connaît des exemplaires sur peau de vélin. Ces chroniques ont été réimprimées avec une continuation jusqu'allais 1515,„ et avec la Chronique Mar- tiniane , Paris, 1514, 5 vol. et enfin dans la collection des historiens de France. On trouve dans cet ouvrage beaucoup de fades, niais aussi beaucoup d'anecdotes curieuses et de faits utiles, surtout dans ce qui concerne la troisième race. On peut consulter sur cet ouvrage, et sur les différentes éditions qui en ont été faites, un mémoire de la Curne StePalaye, dans le t. 15 du recueil de l'académie des inscriptions et belleslettres. L'Histoire de Charles VII de Chartier a été imprimée seule à Paris, en 1661 par les soins de Denis Godefroy, qui l'a fait suivre des vies du même prince, par d'autres écrivains contemporains, et de plusieurs pièces intéressantes, dont on verra le détail dans la Bibliothèque histori- que de France, 110 17270. On a encore de Chartier un manuscrit contenant les Différends des rois de France el d'Angleterre. Le style de cet écrivain est naïf; il a été à même de puiser dans les sources, et ses ouvrages sont regardés comme les meilleurs que l'on puisse consulter pour le temps où il a vécu
  • Jean CLODIUS( 1645 - 1733) : théologien protestant , né en 1645, à Neustadt, près de Stolpen, en Poméranie, où son père était archidiacre. Après avoir enseigné la philosophie dans différents colléges, il fut fait surintendant à Grossen Ilayn , et y mourut le 14 juin 1753, étant alors le doyen d'fige de tous les pasteurs de l'électorat de Saxe. Parmi les nombreuses dissertations qu'il a publiées, quelquesunes se distinguent par la singularité de leur objet : de Genuina et propria Significatione Camcli, ad Mau. 19, 24. il y recherche si c'est d'un chameau ou d'un câble que parle JésusChrist, quand il c0111- pare la difficulté de les faire passer par le trou d'une aiguille, à celle qu'un riche aura d'entrer dans le royaume des cieux. — De Tuissatione Dei et Vossi- taiione hominis. Il y discute l'origine et les motifs de l'usage , tandis qu'on parle au pluriel aux grands dans les protocoles diplomatiques. — De Magia sagittarum Nebuchodonosoris, etc. Cette dernière a été insérée dans le Thesaur. theol.- philos. — Christian CLODIUS, neveu du précédent, né à Neustadt en 1694, fut recteur à Annaberg, et ensuite à Zwickau, où il mourut, le 13 juin 1775. Pendant qu'il étudiait à l'université de Leipsick, il fut un de ceux qui con- tribuèrent le plus à la formation de la société ger manique, connue sous le nom de Deutschübende poétische Gesellschaft , et il en publia la notice sous ce titre : Commentatio de insti- tuto societatis teutonico- pocticce , Leipsick, 1722 Ses autres ouvrages sont des poésies latines et allemandes, et quelques dissertations dont les plus importantes sont : Ultima Fata, Morbus, Mors et Sepultura D. Chr. Krumbholzii, Zwickau, 1742 ; — de Manuscriptis Krumbholzianis e carcere; — de Singularibus quibusdam ephoronon Zwickatiensium Dictis, Factis a Fatis, ibid., 1759, 4-4° ; —une Histoire de la réformation à Zwickau , ibid., 1756 C
  • Jean CLOSTERMANN( 1656 - 1713) : peintre allemand qui a exercé son art surtout en Angleterre, naquit à Osnabruck en 1656, et vint en 1679 avec un certain Tiburen, son compatriote, à Paris, où il travailla pour de Troye. En 1C81 ils se rendirent en Angleterre ; là Clostermann peignit d'abord des draperies pour Riley ; ils mirent ensuite leurs talents en commun, ce dernier se chargeant presque toujours des tètes dans leurs compositions. A sa mort, Clostermann termina plusieurs de ses peintures, ce qui le lit connaitre du duc de Somerset qui avait employé Riley. Il peignit les enfants du duc ; mais il perdit ses bonnes grâces, par suite d'une discussion relative à un tableau du Guerchin, qu'il avait acheté pour le duc et qu'il céda à lord Halifax. Clostermann ne manqua pas néanmoins d'occupation. Il fit les portraits d'un graveur et de sa femme dans le même tableau dont il existe une gravure à la niezzo tinto Il fut ensuite le rival de sir Godfrey Kneller, et l'on prétend même que ce dernier refusa de faire une peinture avec lui pour une gageure. Il peignit dans un seul tableau le duc et la duchesse rie Marlborough et tous leurs enfants, dans lequel le duc était représenté à cheval, et eut à cette occasion, tant de discussions avec la duchesse que Marlborough lui dit un jour : « éprouvé plus de peine cc à réconcilier ma femme et vous que pour livrer « une bataille. » Clostermann, dont la réputation commençait à se répandre, se rendit en Espagne, en '1696, sur l'invitation du roi et de la reine dont il fit les portraits ; ce fut pendant son séjour dans ce pays qu'il écrivit à Richard Graham plusieurs lettres sur les peintures qui s'y trouvaient. Il vint aussi deux fois en Italie et en rapporta quelques bons tableaux. Toute la galerie de la reine Anne à Guildhall, et une autre à Chattwoethdu premier due de Rutland, et à... un portrait. de M. Saunders. Le coloris de cet artiste était viei goureux, mais lourd, et ses tableaux, dont l'exéeul tion était médiocre, manquaient de grâce. Néan-' moins il acquit une assez grande fortune, et il aurait pu terminer ses jours clans l'aisance, si une jeune fille, pour laquelle il avait conçu une vive passion: et qui habitait dans sa maison, ne lui eût enlevé tout son argent, sa vaisselle et tous ses bijoux. Clostermann conçut un tel chagrin (le cet événement,4 qu'il ne lit que langulr jusqu'à sa mort arrivée en 1715
  • Jean CLUBBE( 1703 - 1773) : recteur de Wheatfield, vicaire de Debenham dans le Suffolk, fils d'un maître èsarts de CatherineHall, à Cambridge, naquit en 1705. Il commença son éducation au collége du roi, à Cambridge, qu'il quitta en 1725 après s'être fait recevoir bachelier. Il eut le malheur de perdre la vue quelque temps avant sa mort, arrivée le 2 mars 1775 ; niais cet accident n'altéra en rien la douceur et l'amabilité de son caractère. Clubbe n'a laissé qu'un seul sermon, prononcé à fpswich en 1751, devant la société pour le soulagement des veuves et des orphelins laissés par les prêtres; mais il a publié : 1° Histoire et antiquités de l'ancienne villa de Wheatfield, dans le Suffolk, 1758. Cet éçrit satirique, dirigé contre les modernes antiquaires, a été réimprimé par Dodsley dans le 2' volume de ses Pièces fugitives. 2° De la Physionomie : c'est une esquisse d'un ouvrage plus considérable sur le même plan, où les caractères, Cet ouvrage a été réimprimé, Paris, 1822, iu-12. les passions et les habitudes des hommes devaient être considérés en détail. 5. Lettres de conseils sincères à un jeune prêtre, 1763
  • Jean CLOWES( 1743 - 1831) : l'apôtre anglais du svédenborgianisme, naquit le 25 octobre 1743, à Manchester, et fit ses études à Cambridge, où plus tard il devint membre du collége de la Trinité. Il avait passé plusieurs années clans cette position, lorsque le patron à la collation duquel était l'église de StJean, à Manchester, lui fit offre de ce bénéfice. Clowes le refusa, dans la persuasion qu'il méritait et qu'il obtiendrait bien davantage. Mais ces illusions de l'orgueil durèrent peu; et quelque temps après, atteint d'une maladie qui nécessitait l'interruption de ses études, il accepta de grand conte ce qu'il avait d'abord rejeté. Il parait même que, dans ia circonstance qui l'avait déterminé à ce changement, il crut voir le doigt de Dieu ; et les soixantedeux ans qu'il avait encore à vivre, il les passa dans son rectorat de StJean, n'ambitionnant nulle autre place et refusant celles qui venaient s'offrir à sa modestie. C'est peu de temps après son installation à StJean, que, pour la première fois, il lut les écrits théologiques de Svédenborg. Cette lecture produisit sur son esprit une impression extraordinaire, principalement celle du traité intitulé : Véra christiana Religio. Dès cet instant, il consacra toutes ses facultés à la propagation de la doctrine dont il venait de lire l'exposé. Il employa plusieurs années à traduire en anglais le principal ouvrage du célèbre mystique ; et, à mesure qu'il achevait un volume, il étai imprimé par les soins d'une société svédenborgienne qui s'établissait à Manchester sous les auspices de Clowes, et qui devint le inodê:e de la sociéte svédenborgienne de Londres. Vainement quelques anglicans exagérés essayèrent de rendre Clowes suspect aux yeux de ses supérieurs et de lui faire enlever sa place : l'évêque de Londres, Porter, l'y maintint en dépit de ses ennemis. Ses vertus et son zèle apostolique le rendaient digne de ce traitement ; l'ardeur avec laquelle il s'était voué aux doctrines tle Svédenborg lui donnait bien quelques fausses idées sur l'avenir d'un système qu'il regardait comme destiné à devenir celui de toute l'église britannique, mais elle ne le rendait point l'antagoniste de l'épiscopat et du régime anglican. Sans arriver au but qu'il rêvait, Clowes vécut assez longtemps pour voir le svédenborgianisme acquérir des prosélytes dans toutes les classes de la société, et l'on pourrait dire dans toutes les églises de l'Angleterre. Du reste les svédenbo•giens, pendant sa vie, se divisèrent en conformistes et non conformistes . Clowes mourut le 29 niai 1851. Ses ouvrages sont tous relatifs à la doctrine dont il s'était déclaré l'apôtre. En voici les principaux : 1. les Secrets du ciel , traduits du latin de Svédenborg en anglais, 12 vol. 2' Adresse affectueuse au clergé du royaume- uni de la Grande- Bretagne et de l'Irlande sur les écrits théologiques d'Emmanuel SvédenborgDialogue sur la tiature, le dessein et l'évidence des écrits de Svédenborg, avec une notice abrégée sur quelques- uns de ses ouvrages philosophiques, 1788 4° Lettres à tin membre du parlement sur le caractère des écrits e baron Svédenborg, contenant une réfutation complète de toutes les calomnies dirigées par l'abbé Barruel contre l'honorable auteur, 1799 (2e édition }. On y peut joindre quelques opuscules polémiques, tels que Dialogue entre un ecclésiastique et un méthodiste sur les écrits et les opinions du baron de Svédenborg ; Réponse à cette question : Comment doit- on recevoir le témoignage clé Svédenborg ; Lettre à l'Observateur chrétien , pour la défense de Svédenborg, etc., etc. 5° Restauration de la religion évangélique pure 6° Explication des paraboles de Jésus- ChriSt, 1816 des Miracles de Jésus- Christ, 1816 7. L'É vangile de Si. Matthieu, traduit sur le grec et Mus. (ré par des extraits de Svédenborg, 1817. Clown a donné ensuite, avec de semblables illustrations, les trois autres évangélistes, St. Jean en 1819, St. Luc en 1821, St. Marc en 1827. 8° Sur les deus Mondes, le visible et l'invisible, leur connexion leur influence mutuelle, 1817 9° Beaucoup de sermons, parmi lesquels un recueil de 2 vol. intitulé : Sermons prononcés à l'église de St- Jean de Manchester
  • Jean COCHET : professeur de philosophie au collége hiazarin , était né à Faverges en Savoie. Étant venu à Paris pour achever ses études de théologie, il prit sa licence en Sorbonne, fut nommé principal du collége (lu cardinal Leinoine, et devint recteur de l'université. Jeune encore, il s'était lié. avec Fontenelle Celuici, héritier des manuscrits de Varignon, engagea Cochet à mettre en français et publier les cahiers de mathématiques que ce géomètre avait rédigés eu latin pour ses écoliers du collége Mazarin Cochet les fit paraître sous ce titre Éléments de mathématiques de M. Varignon, Paris, 1731, 4°, fig.* Les autres ouvrages de Cochet sont 10 la Logique ou l'Art de raisonner juste, Paris, 1744 2° La Clef des sciences et des beaux- arts, Paris, 1750 nouvelle édition, Paris, 1757 Ce n'est qu'un développement de l'ouvrage précédent. Depasse y releva quelques inexactitudes, par deux lettres insérées dans le Journal de Verdun de la même année ; il la regarde néanmoins contracta meilleure logique élémentaire qui eCtt encore paru en français, tant parla méthode qui y règne, que par la justesse et la précision des difinitions. Elle est moins profonde que celle de PortRoyal, mais plus à la portée des commençants. 3° La Métaphysique, Paris, 1755, in 8°. 4° La Morale, Paris, 1755 5° La Phy. sique expérimentale et raisonnée, Paris, 1756 60 Preuves sommaires de lapossibilité de la présence de Jésus- Christ dans l'eucharistie, contre les pro- testants, ' Paris, 176g Cochet mourut à Paris, le 8 juillet 1771
  • Jean COCHLÉE( 1479 - 1552) : en latin COCHL,EUS, l'un des plus infatigables adversaires des nouvelles opinions et en particulier du luthéranisme, naquit à Wendelstein, près de Nuremberg, en1479. Il joignait à une connaissance parfaite des points controversés une grande facilité de parler en public, et un ton de persuasion qui ne pouvait manquer de lui faire des partisans ; mais l'excès du zèle nuisit souvent à la cause qu'il défendait, et on s'accorde à lui reprocher d'avoir mis trop d'aigreur dans (les matières qui ne peuvent être discutées avec trop de calme et de bonne foi. Cochlée, reçu docteur en théologie, lit successi- vement pourvu de canonicats à Worms, à Mayence, et enfin à Breslau. Ce fut pendant son séjour dans la première de ces villes qu'il proposa à Luther une contérence publique, avec la condition que celui des deux qui succomberait dans cette lutte serait brûlé. Cochlée avait, à cette époque, quarante ans, fige qui est rarement encore celui de l'enthousiasme. Luther accepta le défi, mais on empêcha prudemment les deux antagonistes d'en venir aux mains. Ce fut à cette même époque que Cochlée commença à écrire, et le nombre des ouvrages qu'il publia jusqu'à sa mort est si grand, que de leurs titres on remplirait facilement plusieurs colonnes. La plupart roulent sur des sujets peu intéressants aujourd'hui. On les trouvera indiqués dans la Bibliothèque de Boissard, part. 2e. Nous nous contenterons donc d'en citer les principaux. 10 De Christi pro et contra, 1527 Cochlée a voulu prouver par cet ouvrage, entièrement composé de passages des Écritures, qu'il était facile de donner aux livres saints un sens différent de celui qu'ils ont réellement. 2° Con- cilium deleelorum eardinalium et aliorum prœlalo- rum, de emendanda Ecclesia, Paulo III jubente, ete.; accessit J. Cochlcei Discussio cequitatis super concilio, etc. ; ad tollendam per generale concilium inter Ger- manos in religione discordiam, 1559 Chaudon a partagé en deux cet ouvrage, de manière qu'il attribue à Cochlée le Concilium delectorum car- dinalium, qu'il n'a fait que commenter. 3° Vila Theodorici, regis quondam Ostrogoihorum et Italie°, Ingolstad, 154t ; Stockohn, 1699 La 1" édition est la plus rare, mais la 2e est la plus estimée, par rapport aux additions de Péringskiold. 4° Specu- lum antiquce devotionis circa missam, 1549 Ce rare volume est sorti de l'imprimerie établie à l'abbaye StVictor, près de Mayence. Il renferme neuf pièces inédites d'Amalarius, St. Basile, Pierre Damien, etc. 5° Historiai Hussitarum libri 12, 1319 rare et curieux, mais partial et inexact; 6" Commentaria de actis et scriptis M. Lutheri, ab anno 1517 ad 1546, 1549 Ces deux ouvrages ont été également imprimés à l'abbaye StVictor; le leu ayant pris à cette imprimerie en 1552, on conjecture que cet accident a contribué à leur grande rareté. La vie de Luther a été réimprimée à Paris, en 1565 avec un traité de Boniface Britan• nus, relatit à ce patriarche de la réforme, et à Co- logne, en 1568, sans le traité de Britannus, mais avec d'autres pièces. L'auteur avait trop été l'ennemi de Luther pour qu'on puisse avoir confiance dans ce qu'il en rapporte. Cochlée mourut à Breslau, le 10 janvier 15,52, à 73 ans
  • Jean COLBATCH : membre du collège de médecine de Londres, vers la lin du 17' siècle. A peine futil sorti des officines pharmaceutiques, ou il puisa les éléments de la science médicale, qu'il s'annonça comme réformateur dans la pratique de la chirurgie. Aux méthodes reçues du traitement des plaies, il ajouta l'usage d'une poudre vulnéraire delayee dans l'eau, et qu'il vendait pour prendre intérieurement, nonseulement connue propre à réprimer l'hémorragie dans le cas d'ouverture de quelques gros vaisseaux, niais encore pour dissiper les symptômes de stupeur dans des plaies d'armes a feu. Colbateh avait beaucoup plus de prétention .que de ravoir : on piut s en convaincre par la lecture des ouvrages qui sortirent de sa plume : 1° A New Light chirurgery, etc., Londres, 1693 Cet ouvrage tut vivement critiqué ; c'est pour le défendre que parut le suivant. 2. T he New Light of chiurgery tindicated / rom the many injust aspersions, etc., Londres, 1696 Colbactle mécontent des cotnmencements de sa cari ièce chirurgicale, entra dare-: celle de la médecine. f l publia eu ce genre : 3° À Physico- medical Esaay concerning the alkalis and acids, Londres, 1696 4° A Treatise on th,: gour, etc., 4697. 5° The Doctrine of acids in the cure of diseases further assertcd, 1698. L'auteur, dans toutes ces productions, se montre grand partisan des acides, qu'il regarde comme neutralisateurs d'un alcali qui, ditil, est la cause de nombre de maladies, et particulièrement (le la fièvre, du scorbut et de la goutte. 6' Dissertation sur le gui de chéne, traduite en français , Paris, 4729 Tous les ouvrages de ce médecin furent réunis et parurent au commencement du 18e sirote, sous ce titre : A Coller- lion of facts chiral gical and medical, Londres, 170i
  • Jean COLER : médecin allemand qui vivait vers le commencement du 17e siècle, a écrit, sur l'agriculture et l'économie rurale, des ouvrages estimés, et qui ont eu un grand nombre d'éditions. Le premier est intitulé : OEconomia oder Hausbuch, etc., divisé en 6 parties, qui parurent successivement à Wittemberg depuis 1595 jusqu'en 1602. La 1" ne parut que la dernière, en 1602. La 6e contient un calendrier d'agriculture, c'est-àdire l'indication des travaux de chaque mois. Ces diverses orties furent réimprimées plusieurs fois et 1fol., jusqu'à l'année 1622; enfin elles furent tou ,s réunies, et l'ouvrage fut publié en entier à Wit.mberg, en 1632 et plusieurs fois depuis : s éditions de Francfort, 1672,1680 et 1692 )nt les plus complètes et les meilleures. C'est le fils e l'auteur qui en fut l'éditeur. Dans le calendrier agriculture, il y a plusieurs plantes qui sont dé, ites sous chaque mois. Ce livre traite de toutes les allies de l'agriculture, principalement de ce qui ,t relatif au Brandebourg. L'auteur tenait encore [lx préjugés de son temps; il croyait à l'influence es planètes. 2° Calendariani perpetuton ceconomivn, erster Theil, Wittemberg, i592 ander 'heil, ibid., 1606, 1607 1629 1622, 627, 1632 : cet ouvrage fut trèsutile, et il st le premier en ce genre que l'on ait publié o Une dissertation de Bombyce, imprimée à Giessen, 665
  • Jean COLET( 1466 - 1519) : théologien anglais, naquit à Londres, en 1466, de sir Henri Colet, deux lois lord- maire de cette ville et qui, outre Jean, avait vingt et un enfants. Il fut élevé à Oxford, où il apprit tout ce qu'on y apprenait alors, et d'où il sortit pourvu d'un riche bénéfice, auquel, dans le cours de sa vie, il en ajouta un grand nombre d'autres. Il possédait bien Cicéron, et connaissait aussi les auteurs grecs qu'il ne pouvait cependant lire que dans des traductions, car, à l'époque où il vivait, on regardait le grec nonseulement comme peu nécessaire, mais encore comme dangereux; de là le proverbe: Cave a Grœcis, ne fiat hœrelicus ; Colet avait fait aussi une étude particulière des mathématiques. En 1493 il voyagea en France et en Italie, il se lia avec les hommes les plus éclairés de ce temps, et en particulier avec Robert Gaguin, Budé, Erasme, etc. Il étendit et perfectionna ses connaissances dans ses voyages, et s'instruisit surtout dans la langue grecque, qu'on cultivait peu en Angleterre. Après sort retour dans ce royaume, il se retira à Oxford, où il prononça des discours publics sur la théologie, auxquels les auditeurs accouraient en foule, mais où le clergé apercevait, avec un grand mécontentement, des opinions du genre de celles qui amenèrent, bientôt après, la réformation. Ayant pris en 1504 le degré de docteur en théologie, il fut nominé chanoine et ensuite doyen de Mora, dans la cathédrale de StPaul, s'occupa de la réforme des abus introduits dans cette église, et y fit instituer trois leçons par semaine, pour l'explication des Écritures, qu'on appelait alors la nouvelle science, et qu'il contribua beaucoup à faire substituer aux ridicules subtilités de l'école. Il professait aussi un grand mépris pour les moines et pour les prêtres, qu'il accusait de ne remplir aucun des devoirs de leur état ; et quoique trèscharitable, il ne leur donna jamais rien. Il blâmait le célibat des prètres, et condamnait beaucoup moins sévèrement dans un prètre une simple faiblesse que l'orgueil et l'avarice. Il rejetait la confession auriculaire, et ne disait la messe que les dimanches et les grandes tètes. Les évèques s'élevèrent plusieurs fois contre lui : il fut accusé d'hérésie, et courut grand risque de se faire condamner au feu. Ayant survécu à tous ses frères, et riche de ses bénéfices et de sa fortune personnelle, qu'il dépensait en charités, il songea à en disposer d'une manière plus absolue : consultant à la fois, et son extrême tendresse pour les petits enfants et son désir de répandre l'instruction et les lumières, il l'employa à fonder l'école de StPaul, à Londres, qu'il dédia à JésusChrist dans son enfance, et d'où sont sortis un grand nombre d'hommes distingués. Il s'occupait de faire bàtir unejolie habi- tation près de Richemond dans le Surrey, où il comptait vivre dans la retraite, lorsqu'il éprouva plusieurs attaques de suyeatingsickness ; il succomba à la troisième, le 16 septembre 1519, dans la 55eannée de son âge. Colet fut enterré dans le choeur de StPaul, où on lui prépara un modeste monument avec son nom seul pour inscription. Mais plus tard la compagnie des merciers en fit ériger un plus convenable qui fut détruit avec la cathédrale en 1666, mais dont sir William Dngdale a conservé le dessin dans 5011 Histoire de St- Paul. Colet a laissé, outre plusieurs sermons : 1° Rudimenta gramma- aces, etc., Londres, 1559 pour l'usage de son école de StPaul. 2° Absolutissimus de octo ora- tionis partium constructione libellus, Anvers, 1550 5° Des Epitres à Erasme, qui, dans son voyage en Angleterre en 1495, s'était lié avec lui d'une amitié particulière et qui dura jusqu'à la lin de leur vie. Ces lettres sont, pour la plupart, imprimées parmi celles d'Erasme, d'autres se trouvent à la fin de la vie de Colet par Knight. /. commentaires sur différentes parties des livres saints, et un grand nombre d'ouvrages de théologie. Son esprit était aimable, sa personne agréable, son langage simple et énergique, mais peu correct. Il méprisait l'étude de la grammaire et de la rhétorique, travers singulier pour un savant du 16e siècle, et qui venait peut-être de ce que ces deux études avaient trop longtemps com- posé tout l'enseignement public
  • Jean COLIN : licencié èslois, bailli du comté de Beautort, vivait vers le milieu du 16e siècle. Il est le premier qui ait donné une traduction fran-çaise de l'histoire d'Hérodien, Paris, 1511 ; Lyon, 1546 Comme il se servit, pour faire cette traduction, de la version latine d'Ange Politien, il mifst probable qu'il ne savait pas le grec. Il a cependant traduit l'opuscule de Plutarque, de l'Éducation el Nourriture des enfants, Paris, sans date et son traité de la Tranquillité d'esprit, Paris, 558 ; mais il est probable qu'il eut recours aux ersions latines qu'on avait déjà de ces deux traités. n a encore de lui la traduction du livre de l'Ami- é, de Cicéron, Paris, 1557 et 1512 des Ii IPtrois livres des Lois, et du Songe de Scipion, du ntème auteur, Paris, 1541 ; et enfin l'intro- duction à la vraie sapience, trad. du latin de Loys Vivès, 1548 La Croix du Maine et Duverdier sont les seuls bibliographes français qui aient parlé de Colin. 11 ne méritait cependant point cet oubli, à raison de l'utilité dont ses traductions ont été dans un temps où il n'en existait Pas de meilleures
  • Jean COLLE( 1558 - 630) : médecin, né à Belluno, ville de l'État de Venise, en 1558, étudia à Padoue, sous Jé-•ôme Capivaccio, Albert Battoni et Emile Campo- long°, dont il s'acquit l'estime et la bienveillance. Reçu docteur en 1 W, il se rendit à Venise, où il exerça la médecine pendant quinze ans avec une grande réputation. FrançoisMarie II, duc d'Urbin, l'ayant choisi pour son premier médecin, il en.remplit les fonctions pendant vingttrois ans, et alla ensuite occuper la première chaire de médecine aux écoles de Padoue, où il succéda à Roderic Fonseca. Il mourut dans cette ville, en 1650, àgé de 72 ans. On a de lui plusieurs ouvrages: 1° de Idea et Thea- tro imitatricium et imitabilium ad omnes intellectus facultates, scientias et ailes, libri aulici, Pesaro, 1618 : c'est une espèce d'encyclopédie à l'usage des gens du monde, et où il traite, d'une manière trèssuccincte, des sciences, des arts et métiers. 2° Medi- cinapraclica , sive Mali odus cognoscendorum et coran- dorum omnium affeauum malignornm, el pestilen- tium, ibid., 16-17 5° De Norbis Padoue, 4620, i nfol. 4f1 Elucidarium anatomicurn el chirurgicum, ex Grœcis, Arabibus, Latinis selcc- tum ; una coin commentariis in parti libri Avicenno fen tertiam, etc., Venise, 1621 C'est de Dulaurens qu'il a principalement tiré ce qui a rapport à l'anatomie ; son commentaire sur le 4e livre d'Avicenne est estimé. 5° Cosmitor Medicœus t riplex, in quo exercitatio totius anis . medicee, etc., Venise, 1621 Par le titre de cet ouvrage, l'auteur fait allusion au nom de Cosme de Médicis, grand-, tue de Toscane, auquel il voulait le dédier. 6' De cognitu ficilibus in praxi ex libello Hippocratis de Insomniii; el ex libris Avenzoaris per commentaria el sententias dilucidata, Venise, 1628, 4°. 7' Methodus facile parandi jucunda, testa et nova medicamenta, et dus applicatio adversus chymicos. De Vita et senertote long ius protrahenda. De alexipharmaris chymicis adversus omnia venena, necnon de antiqua morbi gallici natura , ejusque symptomatibus , notifia ci 'medela singulari. De alica, cirrhis, capillorum cg. glomeratione et ( lus antiqua origine. De Fascino di. gnoscendoet curando, Venise, 1628
  • Jean COLLINGS( 1623 - 1690) : théologien anglican du règne de Charles II, trèsversé dans les saintes Écritures, né en 1625, à Boxstead, dans le condé d'Essex, a publié un grand nombre d'ouvrages de controverse et de théologie pratique. On cite particulièrement son Manuel du Tisserand , ou le Tisserand instruit à la piété , 1 volume Cet ouvrage avait été composé pour l'usage de la petite ville qu'il habitait, fort renommée alors pour ses manufactures de soie. I! était, depuis quarantequatre ans, ministre de St-Étienne, à Norwich, lorsqu'il fut interdit de ses fonctions par l'acte d'uniformité de 1662. Il mourut dans cette ville, le 17 janvier 1690, âgé de 67 ans. Calamy a donné une liste détaillée des ouvrages de Collings
  • Jean COLLINS( 1624) : calculateur et mathématicien englais, fils d'un ecclésiastique nonconformiste, na- uit, au mois de mars 162i, à WoodEaton, près AI l'Oxford. A seize ans, il fut placé comme apprenti liez un libraire d'Oxford et admis ensuite parmi es commis de Jean Mar, l'un des clercs de la maiion du prince Charles, depuis Charles IL Mar, fort listingué pour ses connaissances mathématiques, . tvait construit ces excellents cadrans solaires qui enaient les jardins de Charles Pr, et sous lui, Colins fit de grands progrès dans les mathématiques. ,estroubles qui commençaient à diviser l'Angle-'erre l'engagèrent à s'éloigner, et il passa plusieurs Innées sur mer à bord d'un vaisseau marchand an-;lais, devenu ensuite vaisseau de guerre au service ies Vénitiens contre les Turcs. Pouvant disposer de ceaucoup de moments, Collins s'appliqua aux calmis des commerçants, et à quelques parties de niaIématiques pour lesquelles il avait des dispositions. ‘. son retour dans sa patrie, il se mit à enseigner la I . enue des livres , l'écriture et les calculs, et com- fosa plusieurs traités utiles sur des sujets pratiques. :I fut nommé, après la restauration, premier com- mis du bureau de l'excise. 11 fit imprimer plusieurs nivrages sur des sujets de mathématiques, qui lui :alurent , en 1667 , l'honneur d'être admis dans la ociété royale de Londres. L'administration de ré-:Iiiquier eut souvent occasion d'éprouver son habi-1 eté, et il était l'homme à qui l'on avait recours dans es affaires embarrassées de calculs difficiles. Ses onnaissances dans toutes les parties des mathéma- igues , mais surtout les relations qu'il établissait ntre les savants par ses correspondances avec eux, e firent appeler le Mersenne anglais, et, comme le 'tançais, il servit utilement les sciences par l'émulaion qu'il excita entre ceux qui les cultivaient. 11 fut miné, vers la lin de sa vie, teneur de livres de la ompagnie royale pourla pèche. Collins mourut le 10 membre 1685, dans un état d'aisance, fruit de ses $ ailes travaux, et avec une réputation qu'il ne dela ait qu'à son seul mérite; car il était aussi modeste tue savant.Yoici les principaux de ses ouvrages ° Introduction à la tenue des livres, 1652 t 1665, avec un supplément. 2° The Sector on a re yttadrant, contenant la description et l'usage de tuatre sortes de cadrans, 1658, ittP. 5° La Gno- 'Ionique géométrique, '1659Mariners plain cale neiv plained, 1659. 5. Traité sur le sel et la léche, 1680 On trouve, dans les Transactionshilosophiques , plusieurs dissertations curieuses de te ean Collins. Ses papiers, tombés vingtcinq ans près sa mort entre les mains du savant Williams ones, ont jeté du jour sur plusieurs points contes-és, et ont fourni la plupart des pièces d'après les- , pelles quelques savants anglais ont voulu attribuer Ill :xelusivement à Newton l'invention des nouveaux :alculs , que Leibnitz doit 1 )artager avec lui. Ces pièces ont été publiées en .712 et en 1725 clans le Commercium epislolieum D. Johannis Collins et atiorum de ana- lysi promota, jussic societatis rcgice in lucem edi tum
  • Jean COLOMBIER( 1736) : médecin, né à Toul, le '2 décembre 1736, lit ses humanités au college des jé- suites de lIesançon. Ses premiers pas dans la carrière médicale furent guidés par son père, docteur en médecine, et chirurgienmajor. Reçu parmi les (lèves de l'hôpital militaire de :11etz, le jeune Colombier passa, peu de temps après, à celui de Landau. Ce fut (à qu'il obtint en 1758, dans un concours présidé par Havaton, la place de chirurgienmajor du régiment de CommissaireGénéral, cavalerie. Le tumulte des armes ne l'empêcha point de se livrer à l'étude. C'est au milieu des camps qu'il a recueilli les niatériaux de ses ouvrages les plus importants. Il profita de son séjour à Douai pour mettre le complément à son éducation, et obtint le doctorat à l'université de cette ville en 1765. Dans sa dissertation inaugurale, il traite de la cataracte, et préfère l'ex- traction du cristallin à son abaissement. En 1767, Colombier fut reçu docteur de la faculté de Paris. En 1789, il fut nommé inspecteur général des hôpitaux et prisons du royaume. Honoré de la confiance des ministres, il eut beaucoup de part à l'établissement de l'hospice de Vaugirard et de l'hôtel de la Force, ainsi qu'aux premières réparations de MotelDieu et à la réforme des hôpitaux de Lyon. Les utiles travaux de Colombier ne restèrent pas sans récompense : il obtint d'abord le cordon de StMichel, ensuite une pension de 5,000 francs, puis le brevet Ur onseiller d'Etat; enfin on lui offrit l'inspection générale des hôpitaux mil itaires.Déjà surchargé d'emplois, accablé sous le poids d'occupations aussi multipliées que pénibles, Colombier n'eut pas le courage de refuser un titre qu'il avait toujours vivement désiré. Jaloux de remplir dignement ses nouvelles fonctions, il fut la victime de son zèle et de sa noble ambition. Épuisé par un travail opiniiitre, il mourut le 4 août 1789, au retour d'une mission dans laquelle, quoique malade, il avait déployé une activité prodigieuse. Les écrits de Colombier sont : 1. Dis- sertatio de Su ffusione seu Cataracta, 1765 Ergo prius luctescit chylus quam in omnes corporis humons abeat, ibid., 1767 5° Ergo pro multi- plici cataractcc genere multiplices eyx,Eptreg, ib., 176S i° Code de médecine militaire pour le service dc terre, ouvrage utile aux officiers, nécessaire aux méde- cins des urinées el des hôpitaux militaires, ibid., 1772, 5 vol. 50 Médecine militaire, ouTraité des mala- dies, tant internes qu'externes, auxquelles les militai- res sont exposés dans leurs différentes positions de paix et de guerre, ibid., 1778, '7 vol. La plupart des objets, seulement indiqués ou ébauchés dans le Code, se trouvent exposés et développés fort en détail dans ce second traité, auquel on reproche d'être trop dif- fus, et de contenir quelques projets inexécutables. 60 Préceptes sur la santé des gens de guerre, ou Hygiène militaire, Paris, 4'775 reproduite sous le titre d' Avis. aux gens de guerre, etc., ibid., 1779 Colombier avait une prédilection marquée pour cet ouvrage, et souvent il se félicitait de l'avoir composé. C'est en effet, dit VicqD'Azyr, celui où il est le plus original ; il y parle souvent d'après sa propre expérience. Tout ce qui concerne le vètement, le logement, la nourriture, le service et la discipline du soldat, tout ce qui est relatit à la santé de l'armée, à sa position, à ses cantonnements, l'administration des hôpitaux tout entière : tels sont les objets que . 'auteur examine tour à tour, et sur lesquels il ne laisse rien à désirer. Plusieurs changements utiles dans le service médical militaire sont dus à Colom- lier. On entassait les malades dans des salles où la contagion en moissonnait le plus grand nombre Colombier les plaça sous des tentes, et la plupart fu- rent conservés. Il fit construire pour le transport des blessés un chariot plus commode que ceux dont on se servait avant lui. Les courroies du havresac passaient d'un côté à l'autre de la poitrine, qu'ils gênaient assez dans ses mouvements pour produire des maux trèsgraves : il indiqua une autre manière de le porter qui eut un grand succès. 7- Du Lait con- sidéré dans tous ses rapports, 1" partie, ibid., 1782 La régularite du plan adopté par l'auteur, et l'intelligence avec laquelle il avait commencé à l'exécuter, font vivement regretter que l'ouvrage soit resté incomplet. Les détails anatomiques y sont exacts, les vues physiologiques et la doctrine pathologique tresjudicieuses. On y démontre, à l'aide d'Observations et de faits incontestables, que les maladies généralement désignées sous le nom de lait répandu reconnaissent presque toujours une autre cause-. Colombier a rédigé une pharmacie trèsnié Modique, niais trop riche, à l'usage des dépôts de mendicité. Il a publié, en commun avec Doublet, deux recueils de Mémoires sur les épidémies de la généralité de Paris, et une bonne. Instruction sur la manière de gouverner les insensés, et de travailler à leur guérison dans les asiles qui leur sont destinés. Enfin on doit à Colombier l'édition des oeuvres posthumes du savant chirurgien Pouteau, enrichie d'une préface, de notes critiques, et de la vie de l'auteur, Paris, 1785, 5 vol
  • Jean COLONNA : cardinal, d'une famille noble et puissante , peut être consultée avec fruit pour les événements contemporains. Il ne faut pas la confondre avec celle qui a été traduite en français sous le nem de Mer des histoires. 2° De Virisillustribus ethnicis et ehristianis. Le manuscrit de cette biographie, plus intéressante peut-être que l'ouvrage précédent, se trouve dans la bibliothèque de StJean et StPaul, à Venise. Montfaucon en parle avec éloge, et regrette qu'on ne l'ait pas publiée. 3° Des lettres et quelques ouvrages théologiques, demeurés manuscrits, ainsi que les deux précédents.
  • Jean COLPOYS : amiral anglais, était sans doute d'une condition fort obscure, car on n'a aucun renseignement sur ses premières années. Il entra dans la marine en 1766, et se trouva aux siéges de Louisbourg et de la Martinique. En 1771, il n'était encore que troisième lieutenant à bord du Northumberland, qui portait le pavillon de sir Robert Ilarland, et qui allait se rendre aux Indes pour y surveiller les mouvements des Français. Chargé de faire la presse au moment du départ, Colpoys y mit beaucoup de vigueur; mais quelques rixes s'élevèrent à cette occasion entre les matelots et la populace, et un homme périt dans le tumulte. Il fallut que Colpoys restât à terre pour étre soumis à l'enguète d'usage en pareil cas; et provisoirement sa place fut offerte au second lieutenant de la Princesse Amélie , qui, naturellement, ne voulut point abandonner une position supérieure. A quoi tiennent les événements ! Gower, au bout de quelques années, revint premier lieutenant. Colpoys, qui, débarrassé du jugement qu'il avait à subir pour la forme, avait rejoint l'escadre de sir Robert Hanland, vit rapidement la mort éclaircir les rangs audessus de lui; et dès .1775 il était capitaine en second, et commandait en cette qualité le Northumberland. Revenu en Angleterre en 1774, il fut porté successivement aucommandement de plusieurs navires, et prit part aux opérations navales dans toutes les mers. En 1779, il commandait le vaisseau amiral le Royal George, de cent canons, à l'époque où la flotte combinée espagnole et française parut dans la Manche, malgré la croisière anglaise, et vint faire ,quelques captures dans la baie de Cawsand et en vue de Plymouth. La conduite des officiers de la flotte de la Manche, en cette occasion, leur fit peu d'honneur aux yeux de l'amirauté, et Colpoys sentit l'effet de cette espèce de disgrâce ; car en 1780 il passa sur un bàtiment inférieur, l'Orphée, de trente canons. La prise , il fut nommé capitaine de l'Annibal ; mais l'arrangement des différends entre ce royaume et l'Espagne ramena l'expédition dans les ports britanniques, et Colpoys y resta jusqu'au commencement de la guerre de la révolution. Il suivit en 1795 le contreamiral Alan Gardner en Amérique, prit part à sa tentative prématurée sur la Martinique, et, lorsque cet officier remit à la voile pour l'Angleterre, fut dirigé avec l'Hector pour renforcer la station de la Jamaïque. Promu l'année suivante au grade de contreamiral, il acompagna la grande flotte sous le commandement de lord Howe à la croisière dans le golfe de Gascogne. Envoyé en 1795 avec une escadre de cinq vaisseaux de ligne et quatre frégates, il s'empara d'une corvette, de deux frégates et d'une autre voile française. Cette campagne lui valut le I grade de viceamiral. C'est en cette qualité qu'il croisait devant Brest le 15 décembre 4796, lorsque l'expédition française aux ordres de Morard de Caltes et de Boche mit à la voile pour l'Irlande. l'Une violente tempête avait séparé les vaisseaux croiseurs; et, quand ils purent reprendra leur poste, •Colpoys aperçut devant lui six voiles qui n'avaient pu suivre le gros de la flotte française. Il leur donna la chasse ; mais cellesci effectuèrent trèshabilement leur retraite et se mirent à couvert dans le port de Lorient. L'année suivante fit signalée par la grande mutinerie des matelots de la flotte de Portsmouth. L'art profond et le secret avec lesquels les germes de la révolte furent répandus trompèrent le gouvernement non moins que les officiers euxmêmes sur le véritable esprit de la flotte : ceuxci se trouvèrent dans l'impossibilité de vaincre la force d'inertie des matelots ; puis, lorsque de la résistance passive ils passèrent à l'emploi de la force, on ne put maîtriser leurs violences. Colpoys déploya la plus grande fermeté dans toute cette crise, s'opposa formellement à ce que les parlementaires des séditieux montassent à bord de son navire, et même fit tirer sur eux. Cinq tombétent blessés à mort. Mais cette vigueur n'intimida point les rebelles, qui dès lors se préparèrent a combattre, et sommèrent le viceamiral et ses «liciers de se rendre. La résistance était impossible : Colpoys céda. Les matelots voulaient tuer le lieutenant qui avait donné l'ordre de faire feu : il les arrèta, prenant .sur lui toute la responsabilité de cet acte, qu'il avait commandé luiméme, et que d'ailleurs lui prescrivaient les instructions de l'amirauté. On lui demanda ces instructions : il les exhiba. Désarmés par ce sangfroid, les mutins se contentèrent de conliner les officiers dans leurs chambres; puis, quatre jours après, ils les descendirent à terre, non pas sans avoir mis en délibération s'ils ne vengeraient pas leurs camarades par la mort du viceamiral. Le roi récompensa les efforts et la fermeté de Colpoys par la décoration de l'ordre du Bain. Le viceamiral partit ensuite pour la croisière, et à son retour, le 1" janvier 1801, il reçut le titre d'amiral de la Bleue. Le renouvellement de la guerre contre la France le fit passer au commandement en chef de Plymouth ; et il ne l'abandonna en 1804 à l'amiral sir William Young que pour devenir lord de l'ami. i'auté. En 1816, il succéda comme gouverneur de l'hôpital de Greenwich au vicomte flood. Il ne lui survécut que de cinq ans, et mourut le 4 avril 1821
  • Jean COLUMBI( 1592 - 1679) : né à Manosque, en Provence, en 1592, lit ses études à Avignon, entra en 1608 dans l'ordre des jésuites, professa successivement la rhétorique, la philosophie, la théologie scolastique, la théologie morale, enfin, expliqua les saintes Écritures dans le collége de Lyon, où il mourut, le 11 déceni bre 1679. On a de lui :1° Virgo Romigeria, sen Manuascensis, Lyon, 1638 c'est l'histoire d'une image de la Vierge qui était en vénération à Manosque ; la Bibliothèque hist. de la France en cite une édition française de la même date et du mène format ; 2° de Rebus gestis episcoporum Valentinorum et Diensium libri quatuor, Lyon, 1638 réimprimé en 1652, par les soins de J .C. Gelasc Leberon, évèque de 'Valence et de Die ; 50 de Rebus gestis episcoporum Vivarensium libri quatuor, 1651, iii-4° ; 4° de Rebus gestis episcoporum Vasionensium libri quatuor, 1656 ; 5° de Manuesca, urbc Provincice libri ires, 1663 i 2 : c'est l'histoire de In patrie de l'auteur ; 6° Guillelmus junior Contes Forcalquerii , 1663Noctes Blancalandance, 1660 c'est un supplément au Gallia christiana de SteMarthe; 8° de Rcbus gestis episcoporum Sistariensium, 1663, iii-8° ; 9° Quod Joannes 1llontlUciuS 11071 fuerit hivreticus, 1640 100 Disser-- tatio de Blancalanda ccenobio et Lucerna in page Abrincensi, 1660 : l'abbaye de Blanchelande était au diocèse de Coutances; I l° Opuseula varia, 1668 contenant, outre tous les ouvrages précédents : 1° Disserlatio de Carthusianorum initiis, oit il raconte la fable du chanoine ressuscité; 2° de Origine congregationis S. Ru fi ; 3° de Simianect gente libri quatuor : c'est la généalogie de la maison de Siuiiane ; 4° Appendix ad libros episcop. Valent. ce Diensium; 5. Appendix- Del Noctes Blancalandanas ; 6° Dissertatiuncula de ineorruptione corporis Philiberke a Sabaudia ducissœ Ne? oresii; 7. Appendix ad Guillelmum juniorem ; 12° Commentaria in Sacrant Scripturam, t. 1", Lyon, 1656 L'ouvrage entier devait avoir 12 vol. Le style du P. Columbi est dur et embarrassé, et, en général, il montre plus d'érudition , jacobin , mort le 5 octobre 1696, a publié : Histoire de Ste. Madeleine, où est solidement établie la vérité qu'elle est venue et décédée en Provence, Aix, 4688 A. BT.
  • Jean COMMELIN( 1629 - 1692) : célèbre botaniste , né à Amsterdam, en 1629, remplissait avec honneur la charge d'échevin dans sa ville natale, et s'occupait de l'étude des plantes, lorsque le magistrat, ayant pris la résolution d'employer le terrain de l'ancien jardin de botanique à l'augmentation de la ville, chargea Jean Commelin, conjointement avec Jean Iluidekoper, seigneur de Marseveen et de Neerdyk, de diriger l'arrangement du nouveau. Le travail fut poussé avec tant de vigueur sous leur direction, que, malgré les difficultés dei terrain, qui était marécageux, ce jardin devint, en moins de quatre ans, un objet d'admiration par le grand nombre de plantes qu'il contenait, et se trouva le plus riche de l'Europe, surtout en végétaux exotiques. Commelin ne s'est pas borné à contribuer par ses soins à cet établissement si utile à la botanique ; il n'a épargné ni peines ni dépenses pour faire connaître aux savants les richesses qu'il renfermait, et il a consacré les .vingt dernières années de sa vie à composer de trèsbons ouvrages, qui ont beaucoup contribué à l'avancement de cette science. Il mourut à Amsterdam, en 1692. Son neveu, Gaspard Commclin, lui succéda dans ses fonctions de professeur. Voici le catalogue des ouvrages de Jean Commelin 1° Nederlandsch Hesperiden, etc. , Amsterdam, •676 ; Londres, 1684 Cet ouvrage, qui a été traduit en anglais, renferme plusieurs belles planches qui représentent différentes espèces et variétés d'orangers; il y décrit la manière de cultiver ces arbres dans le climat de la Hollande, et de construire une serre ou orangerie. Ce livre était alors d'autant plus utile, que le P. Ferrari, dans son Traité des orangers, n'avait parlé de ces a rbres que relativement au climat d'Italie. 2° La 2° partie de l'Horttss Malabaricus de Bliéède, publiée à Amsterdam en 4679 ainsi que la 5e, qui parut dans la mème ville en 1682 sont enrichies de ses notes et de ses commentaires, et il y a ajouté les synonymes. 5° Catalogus plantarum indigenarum Hollandice, cui prœmissa Lamberli Bidloo discrtatio de re herbaria, Amsterdam, 1685 et 1685 Leyde, 1709 Ce catalogue contient sept cent soixanteseize plantes. 4° Catalogus plan-( arum fiord medici Amaelodamensis, pars prior, Amsterdam, 1689 ; ibid., 1697 et 1702 sans aucun changement. 5° Ilorti medici Amstelodamensis rariorum plantarum Descriplio et Icones, t. ler, Amsterdam, 1697 Ce bel ouvrage ne parut qu'après la mort de Commelin, par les soins du célèbre Frédérich Iluysch, qui le mit en latin, et de Kiggelaar, qui y ajouta des notes. Le t. 2 fut donné par Gaspard Conunelin, son neveu, Amsterdam, 1701 en latin et en hollandais. 6° OE/ pning der Vrugtboomcn, Amterdam, 1687 C'est la traduction hollandaise de l'ouvrage de Legendre , curé d'Hénonville, de la Manière de cultiver les arbres fruitiers, publié à Paris en 1652, rédigé par Arnauld d'Andilly. 11 tut quelques remarques sur l'ouvrage, pour en adapter les principes au climat de la Hollande. On en donna une traduction allemande à Hanovre en 1705
  • Jean COMMIRE( 1625) : jésuite, né à Amboise, le 23 mars 162à, mérite une place distinguée parmi les modernes qui ont cultivé la poesie latine. On peut croire que son talent ne se serait pas élevé jusqu'aux grandes compositions ; nais il réussissait parfaitement dans les pièces qui, à raison de leur peu d'étendue, n'exigent qu'une application médiocre. Il avait fait une étude particulière d'Horace, et les connaisseurs trouvent que k P. Conunire saisit quelquefois dans ses odes le ton de son inimitable modèle. Ses fables n'ont ni l'élégante précision, ni le but moral de celles de Phèdre ; peut-ètre meure sontce moins des fables que d'ingénieux parallèles, d'agréables descriptions; mais les charmes du style couvrent si bien les défauts du sujet, qu'on les lit toujours avec plaisir. Ses paraphrases des Psaumes et des prophètes n'ont pas le genre de mérite qu'on leur souhaiterait , et les qualités de l'auteur sont l'opposé de celles qu'il lui aurait fallu pour rendre la majesté et le sublime tics livres saints. Le P. Com mire ne se dispensa peint de ses devoirs pour se livrer à des études qui contribuaient cependant à répandre de l'éclat sur sou ordre, et, pendant plu sieurs années , il professa la théologie ; il fournit aussi des morceaux au Alun& de Trévoux, entre autres des Remarques sur les po? 'sies de St. Orien tiu- s . On assure qu'il avait fait sur Ovide des 67 Observations importantes, dont Nicolas Heinsius a profité ; il avait entrepris une Histoire des guerres entre la France et l'Angleterre et une Vie de Philippe de Valois, qui était fort avancée quand parut celle de l'abbé de Choisy. Le P. Commire était en correspondance avec Ménage, Santeul , Huet qu'il eng.igea à écrire l'Histoire des navigations de Salomon ; le P. Bouhours, à qui il adressa une belle ode pour le consoler des critiques de Barbier d'Aucourt , Grevius, le P. la Baune, etc. Il mourut à Paris, le 25 décembre 1702. Le recueil de ses poésies a été imprimé plusieurs fois, Paris, 1678 figures d'Edelinek ; 1681 avec des additions. En 1704, le P. Sanadon publia un volume d'OEuvres posthumes, avec l'éloge de Commire en latin. Toutes les poésies de Commire sont réunies dans l'édition de 1715, sur laquelle a été faite celle de Barbon, 1753, 2 vol. la meilleure de toutes. On y trouve : V les imitations des Psaumes et des prophètes; 2° les pièces héroïques ; 3° les odes , 4° les idylles, parmi lesquelles on distingue la pièce intitulée Connutia forum; 5° les fables; 6° les épigrammes ; 7° un drame, dont le sujet est la conception de la Vierge ; des traductions et des imitations françaises de plusieurs pièces, et enfin un discours latin que le P. Commire avait prononcé au collège de Rouen, et dans lequel il traite des Moyens d'acquérir de la réputation
  • Jean COMNÈNE : médecin valaque, vivait au commencement du 18e siècle. Ayant entrepris un voyage dans la Palestine, après avoir visité les lieux où se sont accomplis les principaux mystères de la religion chrétienne, il se rendit au mont Athos, où il demeura plusieurs années avec les pieux anachorètes qui peuplent cette célèbre solitude. Il était de retour à Buhharest en 1700, et l'année suivante il publia la Description du mont Athos, en grec moderne. Cet opuscule, imprimé d'abord au monastère de Synagobe en 1701 fut reproduit par le P. Montfaucon, avec une version latine, dans la Palceographia grœca dont il forme le 7e livre; et if a été réimprimé à Venise en 1745 Cette dernière édition est la plus recherchée des amateurs. Avant Comnène, aucun voyageur européen, si l'on en excepte notre savant et judicieux Belon, n'avait décrit le mont Athos. Mais Comnène était bien plus il méme que son prédécesseur de donner une notice exacte et détaillée de cette solitude, puisqu'il l'avait habitée, tandis que BQlon ne l'avait vue qu'en Pas saut. Aussi l'opuscule de Comnène estil trèscurieux; il l'aurait été bien davantage si l'auteur efit Cu plus de connaissances dans la littérature et les antiquités. En donnant, comme il l'aurait dù, des détails plus satisfaisants sur les bibliothèques et les manuscrits conservés an mont Athos, il aurait épargné bien des peines et des recherches inutiles aux savants qui les ont explorés après lui. Le P. Montfaucon reproche avec raison , à Comnène d'avoir négligé cette partie si essentielle de son voyage, et remplacé la liste des manuscrits, qu'il lui aurait eu tant d'obligation de faire connaitre, par la nomenclature des reliques vraies ou supposées, conservées dans claque église, et d'avoir semé son récit de miracles sur la garantie de quelques moines grecs, non moins amateurs du merveilleux que ne l'étaient leurs ancêtres
  • Jean COBO : dominicain espagnol, né à Alcaçar de Consuegra, près de Tolède, après avoir enseigné avec succès dans quelques maisons de son ordre, se dévoua aux pénibles travaux des missions étrangères, et s'embarqua pour les Philippines en 1586. Une maladie grave du chef de la mission l'ayant forcé de séjourner quelque temps à Illexico, le P. Cobo y prècha avec tant de zèle contre les désordres publics et la négligence que le viceroi apportait à les réprimer, que celuici condamna l' prédicateur à être déporté aux Philippines où l'on exilait tous les malfaiteurs. Le missionnaire, au comble de ses vœux, arriva à Manille en juin 1588, et fut placé par ses supérieurs à Parjan pour instruire une colonie de Chinois établie aux Philippines. 11 s'appliqua avec tant d'ardeur à l'étude de leur langue, qu'en peu de temps il tut en état de leur prêcher l'Evangile et de les catéchiser, au grand étonnement des Espagnolsde Manille. 11 établit dans cette ville un hôpital pour les pauvres Chinois, et sa charité, jointe à son zèle, contribua sans doute beaucoup aux heureux succès de sa mission. 11 s'acquit tellement la confiance, nonseulement des Chinois et des Japonais, niais encore du viceroi espagnol, qu'il fut cnvoyé, en 1592, auprès de l'empereur du Japon, qui prétendait soumettre les îles Philippines à un tribut, comme terres de sa dépendance. La connaissance que le P. Cobo avait de i'écriture chinoise fut un des principaux motifs qui le Iiieut choisir, et contribua beaucoup au succès de cette mission diplomatique ; il peignit d'une manière si éloquente la grandeur et la puissance du roi catholique, qu'il obtint, nonseulement I exemption de tout tribut et un traité de paix et d'amine, mais encore le libre exercice de la prédication de l'Evan- gile ; et les jésuites eurent la permission de rétablir leurs églises renversées, et de precher en public. L'empereur fit au zélé dominicain les offres les plus brillantes pour le retenir à son service , mais celuici, qui se défiait de l'inconstance de cette cour, al- légua la nécessité d'aller rendre compte de son am- bassade, et se rembarqua pour les Philippines. Le capitaine de son vaisseau, connaissant pen ces parages, dont la navigation est dangereuse en certains temps de l'année, ne quitta les côtes du Japon qu'au commencement de novembre; et son bâtiment, après avoir été le jouet des plus violentes tempêtes, fit naufrage sur la côte orientale de l'île Formose, où le P. Cobo fut massacré par les sauvages, ainsi que plusieurs de ses compagnons. Il avait composé pour ses néophytes, et pour l'usage de ses successeurs dans cette mission, les ouvrages suivants 1° Lingua Sinica ad cerlam revocata methodum, quatuor distinctis characterumordinibus generalis- simis, generalibus, specificis et individualibus, sga Vocabularium Sinense. Ce dictionnaire chinois, en plusieurs volumes , est le premier ouvrage dont il se soit occupé, et il a été fort utile aux autres religieux de son ordre qui se destinaient aux missions de la Chine; il ne parait pas qu'aucun exemplaire en ait été apporté en Europe, où il serait fort recherché, comme étant le plus ancien ouvrage sur l'étude de cette langue. 2° Catéchisme chinois, adopté par plusieurs autres missionnaires, pour l'instruction pubhque et particulière de leur troupeau. 5° Sen- tences choisies de Sénèque et d'autres auteurs païens. traduites en chinois. 4° Tvaité d'astronomie. Ces divers écrits, imprimés par les Chinois établis aux Philippines, ont contribué à donner à ces peuples une idée avantageuse des Européens. Dlic. Antonio, dans sa Biblioth. hisp., ne fait point mention du P. Cobo; mais on peut consulter , pour plus de détails , les Scriplores ordinis Prœdicatorum des PP. Quétif et Echard
  • Jean COCCÉJUS ou COCK : un des plus savants et des plus profonds théologiens de la Hollande, y créa, non pas une secte, niais une école qui s'est longtemps honorée de son nom, de ce nota toujours estimé, mais moins réclamé aujourd'hui. Son système bizarre, outré à bien des égards, n'en a pas moins donné à la science théologique une utile impulsion, et l'a débarrassée de beaucoup de vieilleries scolastiques, peu dignes d'un âge éclairé. Les circonstances l'ont mis dans un rapport accidesael avec la philosophie et la politique, rapport qui lui- même peut avoir contribué à étendre les idées sai- nes et libérales. Voet, le grand antagoniste de Coccejus, s'étant signalé en Hollande par son acharnement comme la personne et la doctrine de Descartes, le système de celuici en fut mieux accueilli par les coceéiens; et les usurpations stathouderiennes n'ont pas trouvé dans ces derniers le mème appui que dans leurs adversaires. Coccéjus naquit en 1607, à Brême, où son père était secrétaire de la ville, et il y fit ses premières études dans les langues savantes de l'Orient et de l'Occident, ainsi qu'en théologie. 11 alla les continuer à Hambourg, où il se lia avec un savant rabbin, et il les acheva à Franeker, dans la maison de George Pasor. Ses concitoyens de Brême l'appelèrent bientôt à professer chez eux la langue hébraïque; niais il n'y resta pas longtemps. Franeker avait su l'apprécier élève : il y fut appelé professeur d'hébreu en 1636, et, sept ans après, de théologie. Il obtint la chaire de théologie à Leyde, en 1649, et il l'a honorablement occupée jusqu'à sa mort, arrivée le 4 novembre 1669. L'église de StPierre de cette ville offre le monument funèbre de Coccéjus, orné de son buste en marbre blanc, et de son épitaphe dans la langue de l'ancienne Rome. Deux médailles ont été frappées en son honneur, l'une et l'autre présentant son effigie. Ses œuvres ont été reetteillies à Amsterdam, en 8 vol. fol., 1673-1675. 3.H. Majus et H. Muid en ont soigné une nouvelle édition en Allemagne, et il en a p'arti une 3e en 10 vol. à Amsterdam, en 1701, suivie, en 1706, de 2 vol. d'Opera aneedota. On en Peut voir le détail dans Niceron. li serait difficile et peut-être de peu d'intérêt de donner ici une idée complète du système théologique et herméneutique de Coccéjus. Nous offrirons seulement un aperçu de quelquesunes de ses parties, d'après Mosheim, dans le t. 5 de son Histoire ecclésiastique. « Coccéjus, ditil, regarde toute l'histoire de l'Ancien Testa-« tuent comme une représentation naturelle et non « interrompue, ou comme un miroir de l'histoire « ieu, ou d'enseigner quelque vérité de dogme et le pratique. Sa règle fondamentale d'interprétaion est que l'on doit entendre les mots et les Arases de l'Ecriture dans tous les sens dont ils sont susceptibles; qu'ils signifient effectivement tout ce qu'ils peuvent signifier. » Pour se faire une ée de tout ce qu'il y a de sublime et d'attrayant os la religion chrétienne, Coccéjus se la repréme sous l'idée d'une alliance que Dieu avait conictée avec l'homme. Il regarde cette image comme trèmement propre à fournir un système suivi et manplet du christianisme. L'alliance que Dieu fit 11vec le peuple juif par le ministère de Moïse était la mème nature que la nouvelle alliance établie par médiation de JésusChrist. Les dix commandements 'rent promulgués par Moïse, nonseulement comme ne règle d'obéissance, mais comme une représen- I ttion de l'alliance de gràce. Le sabbat avant été lstitué au désert, et non au septième jour de la réation, il devait également être regardé comme , ypique, et en conséquence aboli pour les chrétiens. 1:0eeéjus divisait toute l'histoire de l'Eglise en sept iériod. es, par allusion aux sept sceaux et aux sept rompettes dont il est parlé dans l'Apocalypse. Ce héologien a surtout établi son système dans sa i'umma doctrince de ; Ledere et testament° Dei. Sa ; lumma theologice ex Scripturis repetita s'écarte Moins des manuels ordinaires. Son opinion sur le sabbat des Israélites, il l'avait émise dans son Ex- olication de l'Epitre aux Wbreux, et elle devint missi une féconde source de disputes. Les antagonistes de Coccéjus se signalèrent par une aigreur et un acharnement extrèmes, spécialement Gisbert Voet et Samuel Desmarest. Ils virent toutes les hérésies réunies dans la doctrine de Coccéjus, et l'Eglise éminemment en danger par elle. L'expérience de la grande vogue qu'a obtenue cette doctrine n'a ni justifié leurs imputations, ni confirmé leurs craintes; mais on a pu reconnaitre bien des fois, dans le cours de ces disputes, aujourd'hui tout à fait amorties, que Illiacos intra muras peccatur et extra. — Jean- Henri COCCÉJUS, fils de Jean, jurisconsulte et greffier des fiels de la Hollande, est auteur d'une 'apologie de son père, honorable monument de piété filiale. C'est aussi à lui qu'est due la préface latine de la volumineuse collection dont nous venons de parler
  • Jean COCCOPANI( 1582 - 1649) : naquit à Flounce, en 1582, d'une famille illustre originaire de Lombardie. Il était savant dans la connaissance des lois, dans l'histoire, la mécanique, les mathématiques et l'architecture civile et militaire. Cet artiste aimait encore la peinture. Toutes ces sciences lui étaient devenues familières; il les enseignait, et il entretint toujours un commerce de lettres avec les grands seigneurs, tant italiens qu'étrangers, auxquels il avait donné ses leçons. Coccopani fut appelé à Vienne en 1622. Employé par l'Empereur, en qualité d'ingénieur, dans différentes guerres, il se comporta avec tant de prudence et d'habileté, qu'il obtint plusieurs fiefs pour récompense de ses travaux. De retour à Florence, il bâtit pour le grandduc le beau palais de Villa imperiale, et fit construire le couvent des religieuses de SteThérèse de Jésus. L'église de ce couvent est hexagone, avec une coupole bien proportionnée. Le grandduc ayant voulu établir à Florence une chaire de mathématiques, fit choix de Coccopani pour la remplir. Ce savant justifia le choix du prince, en enseignant aux jeunes gens, nonseulement la géométrie et l'arithmétique, mais encore d'autres parties des mathématiques , telles que la perspective, la fortification, l'architecture civile, etc. Le P. Castelli étant mort à Rome, Coccopani fut invité à y aller occuper la chaire de mathématiques, mais il ne voulut point quitter la ville de Florence, où il jouissait d'une grande considération. Il y mourut en 1649
  • Jean CHASTELAIN : né à Agde, reçut en 1659 le doctorat à l'université de Montpellier, dont il fut nommé professeur en 1669. Doyen de la faculté en 1694, il mourut en 1715. Astruc dit que Chastelain avait beaucoup d'esprit et de savoir, et qu'il écrivait trèsbien. Cependant il n'a laissé qu'un mince opuscule, production informe de sa jeunesse et qu'il n'a jamais avoué : Traité des convulsions et des vapeurs, Paris, 1691 On doit savoir gré à ce médecin d'avoir le premier pris la défense de la circulation du sang dans les écoles de Montpellier. — Il eut deux fils médecins, Pierre et Jac- ques. Celuici obtint la survivance de la chaire de son père, et mourut en 1725, après avoir publié une dissertation latine sur la respiration, Montpellier, 1721
  • Jean CHEVALIER( 1587 - 1644) : né à Poligny, en 1587, entra dans l'ordre des jésuites à l'àge de vingt ans, et fut nominé à la grande préfecture du collége de la Flèche, place importante, dont il remplit les fonctions pendant plus de trente ans. On a de lui : 1° Lyrica in patres soc. Jcsu in orant Canadensem transmit tendos, la Flèche, 1635 ; Prolusio poetica, sen libri carmin= heroicorum, lyricorum, variorumque poematant, la Flèche, 1638 réimprimé avec des changements et des augmentations, sous le titre de Polyhymnia seu variorum carminum libri septem, la Flèche, 1647 Le P. Chevalier était mort au collége de la Flèche le 4 décembre 1644, dans sa 65' année. — Un autre jésuite, du mème nom, né dans le Perche en 1610, mort à l'île StChristophe en 1619, est auteur des deux ouvrages suivants 1. Réponse d'un ecclésiastique à la lettre d'une dame religieuse de Fontevrault , touchant les différends dudit ordre, Paris, 1611, Il publia cette réponse sous le nom supposé de François Chrétien. 2° Fie de Robert d' Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fontevrault , traduite du latin de Baulderic , évéque de Dol, la Flèche, 1647
  • Jean CHÂTEL : fils d'un riche marchand drapier de Paris, faisait ses études au collège des jésuites, et était à peine âgé de dixneuf ans, lorsque, le 27 décembre 1594, il entra au Louvre avec un couteau caché dans son pourpoint ; il pénétra dans la chambre de Gabrielle d'Estrées, où Henri I V* venait d'entrer tout botté à son retour de Picardie, et , tandis que le monarque , suivi de plusieurs seigneurs, se baissait pour relever les sieurs de Ilagni et de Montigni, qui lui étaient présentés, Clnitel lui porta un coup de couteau qu'il dirigeait dans la gorge, et qui fut reçu à la lèvre supérieure. Ainsi le roi dut de n'étre pas frappé mortellement, au mou, veinent qu'il lit en s'inclinant vers les deux jeunes seigneurs qui voulaient embrasser ses genoux. Blessé, ayant une dent rompue, Henri regarde autour de lui , aperçoit une femme nommée Mathurine qui depuis longtemps suivait la cour en qualité de folle, et s'écrie: « Au diable soit la folle, elle m'a « blessé. » Mais cette femme court aussitôt fermer la porte, montrant ainsi que sa folie n'était qu'apparente. Le comte de Soissons aperçoit à côté de lui Châtel, dans un état d'agitation et de trouble qu'il TIC pouvait Maitriser, et, l'arrétant, dit : « C'est vous « ou moi qui avons blessé le roi. »Châtel est fouillé; il jette à terre le couteau sanglant, et confesse son crime. Le même jour, Henri IV écrivit à toutes les villes du royaume : « Un jeune garçon, nommé Jean « Châtel , fort petit, et âgé de dixhuit à dixneuf « ans, s'étant glissé dans la chambre, s'avança sans ètre quasi aperçu, et nous pensant donner dans « le corps du couteau qu'il avoit , le coup ne nous a « porté que dans la lèvre supérieure du côté droit, « et nous a entamé et coupé une dent. Il y a , Dieu « merci, si peu de mal, que pour cela nous ne nous « mettrons pas au lit de meilleure heure.» Henri IV voulait qu'on laissât aller Châtel, disant qu'il lui pardonnait. Lorsqu'il apprit qu'il avait été élevé par les jésuites, il s'écria : « Fallaitil donc que les jésuites « fussent convaincus par ma bouche! » On lit dans le Journal de l'Étoile, que d'Aubigné , gouverneur de Maillezais, osa dire au roi , « que de sa lèvre il « avait renoncé Dieu , et partant que Dieu l'y avait « frappé ; niais qu'il prit garde à ce que le second « coup ne fût porté au coeur. » Le n'élue auteur ajoute : « Parole trop hardie d'un sujet à son roi, si « c'eût été un autre que d'Aubigné, auquel Sa Ma-« jesté , pour ce qu'il l'aimoit , permettoit de tout « dire , et n'en trouvoit rien mauvais, lui ayant « méme à cette heurelà commandé de lui dire !i ; que s'il ne l'avait pas fait, il le ferait encore; mais, malgré toutes les questions pressantes du juge, il ne chargea aucun jésuite nominativement. Pierre Lugoli, lieutenant criminel, se déguisa en prètre, et voulut essayer d'obtenir, par la confession, les plus secrètes révélations du coupable; mais Châtel persista toujours à ; if fut pendu le 7 janvier 1595• Le inénie jour, le père de Châtel, banni pour neuf ans, condamné à 4,000 écus d'amende, modérés à 2,000 , qu'il paya comptant, sortit de Paris avec tous les jésuites, au nombre de trentesept ; le n'élire arrêt rendu contre le parricide les condamnait , ainsi que tous les écoliers du collége de Clermont , à un bannissement perpétuel. Ils furent conduits par un huissier du parlement ; et « voilà, dit l'Etoile, connote « un simple huissier, avec sa baguette , exécuta ce « jour ce que , avec le jésuite Hay, Ecossais, accusé d'avoir dit, « eût « voulu tomber du haut d'une fenêtre sur le Heu-« nais, pour lui rompre le col. » On lit dans l'Ana- r utin Caton, que l'arrêt rendu contre Jean Chàtel fut mis dans Rome à l'index ; mais il fut répondu que cet an& contenait une clause d'hérésie qui seule avait été le sujet de la censure, et que le pape avait écrit à Henri IV pour l'assurer que Rome détestait l'attentat de Châtel autant que la France mème pouvait le détester. La maison de Clizitel, qui était devant le palais de justice, fut rasée; on éleva sur l'emplacement une pyramide à quatre faces, sur lesquelles furent gravées en lettres d'or l'arrèt du parlement et diverses inscriptions grecques et latines, en vers et en prose, rédigées par Scaliger. Lorsque les jésuites furent rappelés, cette fameuse pyramide , dont on trouve la gravure dans quelques recueils , et qui paraissait avoir été élevée moins contre Jean Chàtel que contre les jésuites , fut abattue au mois d'avril 1605, à la sollicitation du P. Cotton. Le prévôt des marchands, Miron, lit bâtir à la place une fontaine qui portait cette inscription I Hic ubi restabant sacri monumenta fumons, lo Eluit infandum Xironis unda seelus; mais quand les jésuites eurent recouvré leur ancien crédit, ils firent effacer ces vers; la planche gravée de la pyramide fut brisée trois mois après l'assassinat de Ravaillac, et la fontaine ellemême fut depuis transKrée rue StVictor. On trouve le procès de Jean Châtel dans le 6° volume des Mémoires de I Condé. Il fut imprimé séparément à Paris, en 1595 Le 'iule intitulé : Jesuita sicarius, traduction de l'Apologie de Jean Châtel, a été imprimé, non à Lyon, niais à Genève
  • Jean CHAUFOURRIER( 1672 - 1757) : peintre français, né en 1672, et mort à Paris, le 29 novembre 1757. Quoiqu'il ne soit aujourd'?ui connu que d'un petit nombre d'amateurs , ses tableaux représentant la Cascade de SI- Cloud, une liter calme au clair de la lune, et un Coup de vent qui surprend une barque de pécheur, sont encore recherchés. Sylvestre a gravé quelques compositions de Chaufournier; on les trouve dans son oeuvre. Ce maitre avait fait une étude particulière de la perspective ; on en remarque d'heureux effets dans ses ouvrages ; il était professeur de cette science lorsqu'il mourut
  • Jean CINNAMUS : notaire de la cour de Constantinople, suivit l'empereur Manuel Comnène dans plusieurs expéditions. Ce prince étant mort l'an 1180 de J.C., il entreprit d'écrire son histoire, qu'il publia en 6 livres, qui vont jusqu'à l'an 1176. L'ouvrage n'est pas terminé, soit que l'auteur n'en ait pas eu le temps, soit qu'on en ait perdu une partie. Cette histoire a été publiée pour la première fois, par Corn. Tollitts, grec et latin, Utrecht, 1662, in 4°. La meilleure édition est celle que du Cange a donnée avec ses notes sur cet auteur, ainsi que sur Nicéphore Bryenne et Anne Comnène , Paris , 1670 Elle fait partie de la Byzantine. Cinnamus est tin des meilleurs historiens de cette collection; niais quoiqu'il ait quelque mérite, il n'est nullement comparable à Xénophon , ni à aucun des anciens liistoriens grecs
  • Jean CLAVERGER : avocat au parlement de Paris, fit paraitre, en 1624, un recueil de poésies françaises, contenant l'Euthymie, ou du Repos d'es- prit ; la Thémis, ou des loyers et peines, avec des sonnets et des quatrains moraux. Ce recueil, assez médiocre, fut réimprimé la même année avec des additions. L'auteur avoue qu'aprés avoir cultivé pendant quelque temps la poésie, pour laquelle il ne sentait qu'un assez faible penchant, il y avait renoncé pour se livrer à des études plus sérieuses, la jurisprudence et l'histoire. Il se lit estimer de la reine Marguerite, qui lui donna le titre de son conseiller, maître des requetes. Son zèle pour le service du roi lui avait attiré des ennemis, et sa maison fut pillée pendant les troubles. Il se plaint surtout de la perte de sa bibliothèque et de ses manuscrits, parmi lesquels se trouvaient une Vie d'Aristomène, général des Messéniens, et une de Saladin
  • Jean CLOPPENBURG( 1597 - 1652) : né à Amsterdam, le 13 nai 1597, fut un habile et célèbre théologien; niais somme il ne s'occupa presque toujours que de con.roverse et de questions dogmatiques, son nom et ;es écrits sont tombés dans l'oubli. On a fait un re:lied (le ses oeuvres en 2 volumes Amsterdam, 1684. Nous n'y distinguerons que le traité de Fœnore et Usuris, dont il y a une édition de Leyde, '640 On peut le joindre à ceux de Saumaise ›ur la même matière. Cloppenburg , après avoir exercé les fonctions de pasteur en 'différentes villes de Hollande ; fut nommé protesseur de théologie à Ilarderwieb, d'où il passa à trancher avec le même titre. Il mourut le 30 juillet 1652
  • Jean CHEKE ou CHEEKE( 1514 - 1557) : écrivain anglais, issu d'une ancienne famille originaire de file de Wight, naquit à Cambridge, en -1511, et fut élevé', dans l'université de cette ville, où il s'appliqua particulièrement à l'étude du grec, alors presque entièrement négligée. La réputation de ses progrès fut telle, que le ro Hemi VIII se chargea des frais do son éducation, et, en 1510, ayant institué à Cam- bridge une chaire de grec, il y nomma Cheke, âgé seulement alors de vingtsix ans. Déjà Cheke avait produit un grand bien dans l'université, en tournant les esprits, par son exemple, vers un genre d' plus solide et plus utile que celui auquel on s'était livré jusqu'alors. Il éprouva cependant de violentes oppositions, surtout lorsqu'il voulut introduire une réforme dans la prononciation du grec. Toute nouveauté effraye l'ignorance , et dans ce temps surtout. où des opinions nouvelles en fait de religion semblaient coïncider avec le progrès des connaissances, chaque pas audelà des pas déjà faits paraissait conduire vers l'hérésie. L'évêque Gardiner, connu comme l'un des plus fermes adversaires de la réformation, et chancelier de l'université de Cam- bridge, se montra entièrement contraire au changement que Cheke voulait introduire, et, sur ce que celuici assurait n'avoir pour motif que l'amour de la vérité : « A quoi, s'écria l'évêque, cette ardeur « de chercher la vérité ne peutelle pas porter les « hommes! Quid non mortalia peclora cogit veri « quœrendi lames ! » Cheke défendit ses opinions dans des épitres ; niais l'évêque établit la sienne par un édit qui défendait, sous des peines sévères, d'adopter dans l'université la nouvelle prononciation. Il ne fut probablement pas besoin, pour rendre nul l'effet d'un pareil édit, du crédit que Cheke obtint bientôt après, et qu'il dut sans doute à des opinions, conformes à celles de Henri VIII. On ne sait pasi l'epoque à laquelle il avait adopté la réformation, non plus que celle où il entra dans les ordres; mais on le voit, dans le courant de sa vie, ecclésiastique et marié. En 1544, il fut appelé à la cour pour ensei- gner le latin au prince Edouard, depuis Edouard VI, et il parait que ses soins ne se bornèrent pas à ce seul enseignement, mais qu'il fut en effet pour le prince une sorte de gouverneur. Il donna aussi quelque temps ses soins à Élisabeth ; il reçut de Henri VIII plusieurs bénéfices et des terres en propriété. 1 I fut membre des deux commissions nommées successivement pour examiner les anciennes lois ecclésiastiques, et en former un code propre à la nouvelle situation de l'église d'Angleterre. Sa faveur, interrompue, seulement pendant peu de temps, par deux légères disgrâces, parut aller en augmentant pendant ce règne et le suivant. Il fut nommé, en 155Ô, premier gentilhomme du conseil privé d'Édouard VI, et fait chevalier en 1551. Au commencement de 1555, il fut nommé secrétaire d'État, et reçut de nouvelles terres pour la valeur de 100 liv. sterl. de revenu ; mais, deux mois après, à la mort d'Édouard, s'étant rangé du parti de Jeanne Gray, et avant exercé, durant le court espace de son règne, les fonctions de secrétaire d'État, à l'avénement de Marie il fut arrêté comme prévenu de trahison, et ne recouvra la liberté qu'en 1554, après avoir été dépouillé d'une partie de ses biens. Craignant de nouveaux dangers, il obtint une permission limitée de voyager sur le continent, Après avoir passé quelque temps à Mlle, puis en Italie, il vint s'établir à Strasbourg, où les protestants anglais réfugiés avaient alors une. église. Cette démarche déplut à la cour, et, sous prétexte qu'il avait passé le temps prescrit à ses voyages, le reste de ses biens fut entièrement saisi, et il se trouva réduit à donner, pour vivre, des leçons publiques de langue grecque. Cependant sa réputation faisait désirer au parti catholique de le convertir de force ou de gré. Vers le commencement de 1556, sa femme s'étant rendue à Bruxelles, lord Mason, ambassadeur de la reine dans cette ville, et lord Pagel, ses amis du temps d'Édouard VI, et alors amis du parti dominant, l'engagèrent à la Venir chercher dans cette ville, et, pour l'y déterminer, lord Mason lui promit un saurconduit, tant en son nom qu'en celui du roi Philippe II. Cbeke, avant de se mettre en route, consulta ses connaissances en astrologie; elles lui promirent un heureux voyage ; niais apparemment qu'elles n'avaient pas stipulé pour le retour ; car, en revenant, il rut jeté à bas de son cheval, saisi, jeté dans un chariot, les yeux bandés, les pieds et les mains liés, conduit au premier port, embarqué et mené à la Tour de Londres. Il n'y fut pas plutôt arrivé, que deux chapelains de la reine vinrent l'endoctriner. Il résista d'abord ; mais on était déterminé à vaincre sa résistance : converti ou brillé fut le dernier argument qu'on employa. Sa fermeté succomba ; il lit une sorte de rétractation, demandant à la reine d'épargner sa faiblesse, et de le dispenser d'un désaveu plus formel. On n'y voulut point consentir ; il fut obligé de se soumettre à tout, (le reconnaître ses erreurs en présence de toute la cour, et d'accepter telle punition qu'on voudrait lui imposer. A cette condition, ou lui rendit sa liberté et ses biens, qu'il fut obligé de changer contre d'autres, au choix de la reine. Mais, soit fureur de parti, soit inimitié personnelle, le parti triomphant sembla vouloir jouir de sa honte, en le forçant (l'assister au procès et à la condamnation des hérétiques. Incapable de supporter tant de douleur et d'humiliation, il mourut de chagrin, le 15 septembre 1557, âgé de 45 ans. C'était un homme de beaucoup d'esprit, d'un grand savoir, d'un caractère bienveillant et charitable. On l'a accusé de libertinage, mais cette accusation ne parait pas fondée. Il a laissé, entre autres ouvrages : 1' un traité de Ponunciatione grœcce potissimum linguce Dispuintimes, 13à1e, 1555 publié par Coelius Secundus Curin. De Superstitio. e, ad regem Henricum, ouvrage adressé à Henri VIII, et placé par l'auteur à la tète de sa traduction latine du traité de Plutarque de la Superstition. On en voit clans la bibliothèque de l'université de Cambridge une copie manuscrite écrite avec soin. La couverture de ce manuscrit est en argent, ce qui fait présumer que ce fut l'exemplaire offert à Henri VIII. Ce traité a été traduit en anglais par Elstob, et publié par Strype à la lin de la vie de Cheke, Londres 1705 On a aussi de lui plusieurs traductions de grec en latin, particulièrement des homélies de St. Chrysostome, Londres, 1545 et 1547. Parmi les ouvrages de Cheke qui sont perdus ou inédits, étaient plusieurs ouvrages de théologie., une Introduc( io grammatieoe, probablement pour l'usage d'Édouard, et des traductions en latin de Josèphe, de Démosthène, Eschyle, Euripide, Aristote, etc
  • Jean CLAUBERG( 1622 - 1665) : né à Solingen, dans le duché de Berg, en 1622, mort à Duisbourg, le 51 janvier 1665 , professa la philosophie et la théologie dans cette dernière ville, et les avait auparavant professées à Herborn. L'un des premiers, il enseigna en Allemagne la doctrine de Descartes, qu'il avait étudiée sous Jean Bay, à Leyde. Ses œuvres philosophiques , recueillies à Amsterdam par les soins de JeanThéodore Schalbruch, en 2 vol. et précédées de sa vie, par JeanChrétien Hennius, prouvent combien il était digne d'apprécier le philosophe français et de mare cher sur ses traces. On estime surtout sa Logica ve- tus et nova. On n'a pas admis dans cette collection un petit opuscule que Clauberg avait publié à Duisbourg, en 1665 sous le titre d'Ars elymolo- gica Teutonum e philosophie fontibus derivata. Nor- hof en fait un grand éloge dans son Poiyhislor ; Leibnitz l'a recueilli dans ses Collectan. Etymol. Clauberg préludait par cette brochure à un grand ouvrage qu'il avait projeté, mais qui est demeuré en projet : de Causis linguce germanicoe. On a réuni J. Claubergii et Martini Hundii Dissertationes se- lectœ, quibus controversiœ fidei adversus munis ge- veris adversarios explicantur, et J. Claubergii et Tobice Andrece Exercitationes a Epistolce varii ar- yunzeriti
  • Jean CHENU( 1559 - 1627) : avocat, né à Bourges, le 29 décembre 1559, partagea son temps entre les devoirs de son état et la composition de plusieurs ouvrages, dont les uns concernent la jurisprudence, et les autres l'histoire de sa province, dont il avait fait une étude particulière. Il mourut le 16 décembre 1627, à 68 ans. Thomas de la Thaumassière a inséré son éloge dans le t. 1" de son Histoire du Berri, p. 75 et suiv. On trouvera le catalogue de ses écrits dans Niceron, t. 49, p. 165. Nous en citerons les principaux : Archiepiscoporum et episcoporum Gallice eh•ono/ogica Historia, Paris, 1621 assez exact, mais superficiel, et d'ailleurseffacé par la G allia Clin. stiana. Chronologia historica patriarcharum , archiepiscoporum Bituricens. et Aquitaniarum primatu?, Paris, 1621 : cette 2e édition est la meilleure. 5^ Recueil des antiquités el priviléges de la ville de Bourges et de plusieurs autres villes capitales du royaume, Paris, 1621 Il laissa manuscrit une Conférence de la coutume de Bourges et de plusieurs « titres villes capitales des pays voisins, et en ordonna l'impression par son testament : néanmoins cet ouvrage n'a jamais cté publié
  • Jean CHÉRADAME( 1500) : né au commencement du 16' siècle, d'une famille originaire d'Argentan, prend à la tète de ses livres tantôt le surnom d'Hippocraies, parce qu'il avait étudié la médecine, tantôt celui de Charmurins, composé de deux mots grecs qui désignaient allégoriquement son ardeur pour l'étude. On ignore la date de sa mort ; mais on sait qu'il s'acquit l'estime des gens de lettres qui contribuère?t à l'établisse?ent du collège royal, de ceux qui en furent les premiers professeurs, et qu'il y occupa luimême une chaire de grec vers 15 iO. On a de cet habile helléniste : 1° Gramatica isagogica, Paris, 151• ; cette grammaire est claire et méthodique. L'auteur en donna depuis un abrégé avec un parallèle mystique des lettres hébraïques et grecques, sous le titre d'Inlroductio alphabetica, etc., Lyon, 1557 2' Lexicon grcecum, Paris, 1525. " à' Alphabetunt lingual sancte mystico intellectu refertum, 1532 Ce n'est qu'un exposé de la valeur de chaque lettre de l'alphabet hébreu, accompagné d'un sens mystique assez conjectural. Lexicopa( or etymon, 1543 C'est le plus important des ouvrages de Chérada?e. Mais les étymologies n'en sont pour la plupart fondées que sur des conjectures. Cependant l'explication des termes grecs est ordinairement bonne. On trouve à la tin divers opuscules grecs, pour faciliter l'étude de cette langue aux commençants. 5. In omnes Erasmi Chiliades Epitome per Adrianum Barlandum, cum addi( amenas et accurala Cheradami recognilione, 1526. Il se plaint dans l'épître dédicatoire à Boudet, évèque de Langres,, du peu de soin qu'on mettait alors à imprimer correctement les livres grecs et latins, « au point, disaitil, que si Aristote revenait, il ne reconnaîtrait pas ses propres ouvrages. » G° Des préfaces en grec sur chacune des neuf comédies d'Aristop?ane, dont il avait revu le texte, 1528. Duvet-- dier attribue à Chéradame une traduction française du livre d'Ulric de Hutten, intitulé : de la Médecine du bois dit guai« pour chasser la maladie de Naples, indûment appelée Françoise, Lyon, sans date.— Jean- Pierre- René CIIÉRADANIE, né en 1758, à Argentan, probablement de la même famille que le précédent, fut membre de l'académie de médecine et trésorier de l'école de pharmacie à Paris ; concourut à la rédaction du Codex ? edicamentarius, et mourut le 24 août 1824
  • Jean CHERCHEMONT : né. en Poitou, d'une famille noble et illustre, sur la terre du PlessisCherchemont, près de Pail?eudes, vers la lin du 13e siècle, se livra à l'étude du droit, entra dans les ordres sacrés, plaida à Paris devant le parlement, et s'y lit remarquer par son éloquence. Devenu clerc du roi, il revint dans son pays, pourvu des fonctions de doyen de l'église de Poitiers. En 1520, Cherchernont était chancelier de Charles, comte de Valois, et il ne tarda pas à devenir évêque de Noyon. Une plus haute position l'attendait ; car, légiste et prêtre, savant en droit et en théologie, le roi Charles le Bel éleva cet illustre Poitevin à la dignité de chancelier de France, le choisit, eii1525, pour un des exécuteurs de son testament, et l'eut Y HL ploya, la même année, dans les négociations qui eurent lieu pour la prorogation d'une trêve entre la France et l'Angleterre. A l'avéne??ent de Philippe, de Valois, Cherchemont 1emplit d'abord les fonctions de chancelier ; mais il ne tarda pas à être remplacé. Retournant alors dans sa province, il lit une chute de cheval qui occasionna sa mort, et on l'inhuma à Poitiers, dans une chapelle qu'il avait fondée. On a reproché à ce chef de la justice un amour excessif de l'argent. Les concessions qu'il se fit faire, dans la ville d'Orléans, des domaines dont le roi avait la libre disposition ; les poursuites diriges contre ses héritiers en 1528, et autorisées par le roi pour restitution de droits de sceau perçus exclusivement, et à outrance, à sou profit, donnent lieu de penser qu'un homme aussi distingué que Jean Cherchemont sous les rapports politiques ne fut pas sans reproche pour ce qui concerne la probité : tout au moins on peut dire qu'il montra souvent une avidité qui se rapproche beaucoup du défaut de délicatesse. F—T—E
  • Jean COLMAR( 1684 - 1737) : né à Nuremberg, en 1684, devint en 1719 recteur de l'école de l'hôpital de la méme ville, et en remplit les fonctions avec autant. de zèle que de talent. Il bannit les restes de barbarie qui subsistaient encore dans le système d'enseignement, perfectionna surtout l'éducation morale, et introduisit dans son école l'étude du grec et celle de l'éloquence. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, le 2 avril 1757. Ses principaux ouvrages sont : 1° An- tihenoticon, seu de causa negaii Lutheranos inter et , Calvinianos unionis suceessus disquisitio methodo t tnathematica instituta, 1711-. 20 Dissertatio de surn- ma judceorum astorgia, Altorf, 1716, in - 4°. 3° Le Monde dans une noix, Nuremberg, 4730 gri,. C'est une nouvelle édition , continuée jusqu'à 1759, et arrangée par demandes et etéponses , d'un ouvrage fort curieux. 4° Cellarius rnnemonicus, id est ratio promptissima latince lingue° voces primigenias facile percipiendi et fideliter retinendi, 1730 Cet ouvrage, qui est aussi écrit en allemand, lui est généralement attribué, quoique anonyme
  • Jean CHEVILLARD( 1600) : généalogiste, né dans le 17' siècle, publia le Grand Armorial, ou Cartes de blason, de chronologie et d'histoire, Paris' sans date Il laissa manuscrit un Recueil de blasons et armoiries des prévôts de marchands, échevins, procureurs du roi, greffiers, receveurs, conseillers et quartiniers de la ville de Paris, mis en ordre chronologique, depuis 1628 jusqu'en 1721. avec une table alphabétique et blasons coloriés 4°. Voy. le Catalogue de Gaignal, n° 5545.) — Jacques CHEVILLARD, précédent, prenait les titres de généalogiste et d'historiographe de France. Le premier pouvait lui convenir, mais il n'avait nul droit au second. Il composa un grand nombre de génCalogies, qu'on a réunies pour en faire des nobiliaires de provinces. Ses principaux ouvrages sont : 10 Dictionnaire héraldique, gravé, Paris, 1725 : ce volume ne contient presque que des blasons. 2° La France chrétienne, ou l'État des archevéchés et évéchés de France, Paris, 1693 : c'est une carte qui avait paru deux fois en grand format, et qui est réduite en livres pour la commodité des lecteurs. 3° Cartes géographiques, Tables chronologiques, et Tables généalogiques, avec des avertissements pour apprendre la géographie et l'histoire de France, Paris, 1695 4° Idée générale de l'histoire de France, contenue en quatre instructions, Paris, 1699 : c'est l'explication des tables précédentes. 5° Les Ducs et Pairs, les grands Officiers de la couronne, les grands Aumôniers, les grands Illaitres , chanoine mamertin de l'église d'Orléans, et ensuite curé de StGermain dans le 17e siècle, lit imprimer : 1° les Portraits parlants, ou Tableaux animés, 1646 : c'est un recueil de poésies parmi lesquelles on trouve les anagrammes de tous les chanoines d'Orléans. Ces anagrammes ne valent guère mieux que celles de Tripault. 2' L' E nt rée pompeuse el magnifique d'Alphonse d'Elbéne en son église, décrite est quatre langues, Françoise, italienne, espagnole et latine, Orléans , .1638 , iii- ?°. 3° Epitaphe de révérend père en Dieu fil. Michel Lefèvre, docteur de la société de Sorbonne et chanoine dans l'église d'Orléans, Orléans, 165'9 : cette épitaphe n'est rien moins qu'un poême historique de plus de deux cents vers
  • Jean CHEVRET( 1747 - 1820) : né à Meulan, le 15 mars 1747, mort en la méme ville, le 15 août 1820, a été employé â la bibliothèque , 1790 ; 3° de l'Amour et de sa puissance supréme, ou développement de ses œuvres dans la nature et dans nos coeurs, Paris, 1791 ; 4° ribleau central des opinions I et ; 1";) de l'Education dans la république et de ses moyens de prospérité et de gloire , Paris, 179'2 ; 6° Principe universel d'éducation, nu Motif obligatoire d'union, de concorde et di paix pour tous les hommes, toutes les nations, ou la véritable philosophie, parlant aux yeux pour éclairer l'esprit et régler le cœur, Paris , 1792 ; 7° Draines à ta jeunesse française , Paris , 1792 ; 8^ Principes de sociabilité, ou nom/ exposé des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen, Paris, 1795 Ces divers ouvrages forment une espèce de cours de morale républicaine , et indiquent dans leur auteur une âme honnète, sinon un esprit toujours juste. En 1793, il fit imprimer, sous le titre d'OEuvres politiques et philosophiques, quatre ouvrages dont les deux premiers : l'Homme rappelé à lui- ménie ; Principe universel d'éducation, avaient déjà paru ; les deux autres étaient : de l'Education dans la république, et Prospectus du tableau des sciences et des arts, et manuel des gens de lettres, des amateurs des sciences et arts, des bibliographes et libraires , etc. Ce prospectus a été aussi publié séparément
  • Jean CHIFFLET( 1612) : frère de Julep, chanoine de Tournay, aumônier de l'infant, gouverneur des PaysBas, était né à Besançon, vers 1612. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages d'une érudition peu commune. Le P. Niceron, le P. Lelong et les continuateurs de Moréri, disent que Jean Chifilet était avocat ; le bibliothécaire des PaysBas, Foppens, assure qu'il professa le droit pendant quelques années à l'université de Dôle, et qu'il donna sa démission pour entrer dans l'état ecclésiastique ; niais tous ces biographes se sont également trompés. Il est certain que Jean Chiftlet avait pris les ordres fort leune, puisque, en 1652, il avait été nommé à un canonicat de Besançon. La cour de Rome ayant nommé à la même place un de ses compétiteurs, il lit des réclamations qui ne furent point écoutées ; ce fut alors qu'il se retira en Flandre, où il fut pourvu de plusieurs bénéfices par le gouverneur de cette province. Il mourut à Tournay, le, 27 novembre •666, figé d'environ 52 ans. On a de lui : 1° Apologelica paroenesis ad linguam sanclam , Anvers, 1642 2° Consilium de sacramento eurharislice, ultimo supplicia afficiendis non denegando, Bruxelles, 1644 5° Palmce cleri anglicani, seu . Narrationes breves eorum qui in Anglia canagerunt circa morlem, Bruxelles, 165 4° De sacris inscriptionibus, quibus tabella D. Virginis cameracensis illustratur, Lucubratiuncula, Anvers, 1649 5° Apologelica Dissertatio de juris un- jusque archilectis, Justiniano, Triboniano, GraLlano et S. Raimondo, Anvers, 1651 réimprimé dans le Thesaurus juris romani d'Everard Otl?o. 6° Joan. Macarii Abraxas seu apistopislus qua est anliquaria de gemrnis Basilidianis disquisitio, commentariisillustr., Anvers, 1657 Cette dissertation de Jean Macarius ou l'Heureux, traite des pierres gravées portant le mot Abraxas, par lequel Basilide, hérétique ; il reconnut dans la suite qu'il s'était trompé, et l'avoua dans une lettre à Ch. Patin, que celuici a fait imprimer dans son ouvrage, intitulé : Imperatorum romanoru?t Numismata, ex cere med. et nnnim. formai descripta, Strasbourg, 1671 Gui- Français CHIFFLET, petitfils de Claude, obtint un canonicat à l'église de Dôle, et la chaire de professeur en droit canon à l'université de cette ville. Il soutint les prétentions de son chapitre contre les archevèques de Besançon, et publia à ce sujet un petit ouvrage écrit avec force : Dissertatio canonica, utrum aliquid competat illustr. archiepiscopo Bisuntino, circa visitationem ecclesice Dolance, Dôle, 1652
  • Jean CHIOSSICH( 1702 - 1820) : fut soldat pendant cern dix ans. Dalmate d'origine, né à V ienne le 26 décembre 1702, il entra à l'âge de huit ans comme fifre dans le régiment d'infanterie Starhemberg. En 1725, il s'engagea comme simple soldat dans le même régiment, où il servit toujours dans le dernier rang jusqu'en 1756. De Trieste, il avait accompagné, avec un détachement de son régiment, un convoi qui se rendait en Amérique. Il combattit contre les Turcs en Hongrie, sous l'empereur Charles VI; sous MarieThérèse, en 1741 , contre les Prussiens ; en 1742, contre les Français en Bohème, et en 1744, dans les PaysBas. En 4756, il passa au service de la république de Venise, et s'engagea, toujours comme simple soldat, dans les régiments de Magnobissi et de Papadopolo. Il servit presque constamment sur la flotte, sous les ordres du général Emo, contre le dey de 'l'unis et dans d'autres expéditions maritimes. Le 1" mai 1797, âgé de 95 ans, il fut reçu à l'hôtel des invalides de Murano, près de Venise, où il est mort le 22 mai 1820. Ainsi, après avoir, dans ses voyages, essuyé beaucoup de fatigues, fait par terre et par nier plusieurs campagnes, exposé à l'influence de différents climats, n'ayant eu que la nourriture peu copieuse du simple soldat, il comptait quatrevingtsept années complètes de serviae ; et si l'on ajoute les vingttrois ans qu'il demeura à l'hôtel des invalides, on trouvera 110 ans passés dans la vie de soldat ; il vivait trèssobrement ; il était toujours gai, bien portant. Son père avait vécu 105 ans, et un de ses oncles paternels 107
  • Jean CHOISNIN( 1500) : secrétaire de Henri 111, roi de Pologne, né à Cleitellerault, dans les premières années du 16e siècle, fut employé jeune encore dans la maison de ce prince, alors duc d'Anjou. Choisi par la reine mère pour seconder Jean de Montluc, évèque de Valence, qu'elle envoya en Pologne avec la mission d'influencer le choix de la diète en faveur de Henri, et en a donné un extrait étendu. « L'auteur se fait lire avec plaisir, malgré « les changements qu'a éprouvés notre langue. La « justesse du raisonnement y est jointe aux agré- « monts et à la variété des matières. Le négociateur « s'exprime toujours avec clarté, et pense toujours « avec noblesse. » On ne sait sur quelle autorité la Monnoie s'est fondé lorsqu'il assure que le Discours est de Jean de Montluc. 11 est évidemment dans l'erreur, puisqu'une partie de l'ouvrage contient des faits purement relatifs à Choisnin. 11 est probable que l'évèque de Valence aura fourni des matériaux à son secrétaire ; mais là se sera bornée sa coopération. Choisnin fut encore employé dans d'autres négociations, et marne dans les bureaux du ministère, puisque la Bibliothèque histo- rique de la France cite comme un travail émané de lui le Procès- verbal du récolement général fait des terres du pays reconquis, 1584, manuscrit qui se trouvait dans la bibliothèque de M. le Pelletier , le ministre. Dreux du Radier ne fait pas connaitre la date de la mort de Choisnin. Il y a lieu de croire qu'il parvint à un àge avancé, car Langlois de Bellestat, en lui dédiant le sixième de ses c tableaux hiéroglyphiques en vers. dit : Mais votre esprit qui ne décroît En sa faveur toujours paroit. Duverdier donne à Choisnin le titre de secrétaire de l'évéque de Valence. hibliothèque historique de France 1. 2, p. Si I, n
  • Jean CHOLET : dit de Nointel, cardinal légat en France, et fondateur du collège des Cholets, naquit à Nointel, fut chanoine de la cathédrale de Beauvais , et , après avoir, dit Duchesne, « consommé quelques années sous l'aumusse, » fut fait cardinal du titre de SteCécile, en 1281 , par le pape Martin IV. En 1285, ce pontife l'envoya en France en qualité de légat, pour préciser la croisade contre Pierre d'Aragon, qui avait usurpé la Sicile. Le rnème pape Martin donnait les États de ce prince à Charles de Valois, second fils de Philippe le Hardi. Le cardinal légat fit son entrée en France avec beaucoup de solennité. Il tint à Paris, en 1284, un concile dans lequel le roi Philippe et ses deux fils prirent la croix contre Pierre d'Aragon. Le cardinal avait apporté de Rome les provisions du royaume d'Aragon pour le prince Charles, neveu de Pierre, par sa , mère Isabelle. En 1285, Philippe le Hardi, suivi de ' ses deux fils et du cardinal légat, vint à Narbonne, conquit les places du Roussillon, entra dans la Catalogne et dans l'Aragon, prit Girone et le comté d'Errtpurias. Il revenait vainqueur lorsqu'il motuut à Perpignan, et, vers le mème temps, Pierre d'Ara-, gon mourut aussi des blessures qu'il avait reçues en Espagne. Après s'être distingué dans la légation d'Aragon et de Catalogne, le cardinal Cholet fut chargé par le pape Nicolas IV de négocier un accord entre Philippe le Bel et don Sanche, roi de Castille il scella de son sceau le traité de paix qui fut signé à Lyon, en 1289, entre les deux monarques. La même année, les gens du cardinal ayant eu une rixe violente avec plusieurs écoliers de l'université, un des écoliers fut tué, plusieurs autres fu-- rent blessés ; le recteur poursuivit les coupables, et le cardinal Cholet accommoda cette affaire en s'en- gageant à fonder une chapellenie de 20 livres .pa- risis de rente, à la collation de l'université. Il fournit pour caution de son engagement un marchand de Florence et un autre de Pistole. Par son testament, fait à la même époque , il légua tous ses biens à plus de cent cinquante monastères, aux chapitres, aux églises, aux hôpitaux et aux pauvres de plusieurs diocèses. Parmi les legs, qui sont en trèsgrand nombre et qui supposent une fortune immense, nous citerons celui de cent calices d'argent, du poids de deux marcs, avec leurs patènes, dont soixante pour le diocèse de Rouen et trente pour celui de Beauvais. La dot de trente demoiselles nobles et de trente jeunes filles prises dans les classes inférieures; 106 livres parisis aux chevaliers du Temple ; 5,000 livres pour le secours de la terre ! sainte, et 6,000 livres pour la guerre d'Aragon ; mais cette guerre n'ayant pas eu lieu, les exécuteurs testamentaires du légat, qui mourut le 2 août 1291, employèrent ce dernier legs à la fondation du collége des Cholets, sur la montagne de SteGeneviève. Le cardinal Cholet fut inhumé dans l'église de StLucien, près de Beauvais, dans un magnifique tombeau, sur lequel on voyait son effigie d'argent massif, enrichie de pierreries. Elle fut vendue dans la suite pour rebàtir l'église qui avait été brùlée par les Anglais
  • Jean CHRISTOPHERSON : évêque anglais du 16* siècle, natif du comté de Lancastre, fut élesé à bleui des elmtatioas du C.apFrancsis maint k gouvernement de Cluisrupbc : Quialaut. De 41107 DM la moyenne 11 tié en 4;erre renfle 4, grting De Mn à Mi tikul me' • IN0,57.1 ik tS1:: . . ersité de Cambridge
  • Jean CHRYSOLORAS : était disciple et neveu du précédent, mais non pas son fils, comme l'a écrit Lancelot dans la vie de l'hilelphe. Gratia nit tari- que relerenda Chrysoloroe, vins celate nostra claris- simis, avunculo scilicet cl repoli, dit Guarini, cité par Hody. On croit que Jean Chrysoloras accompagna son oncle en Italie et y professa le grec ; ce fait n'est pas trèsbien prouvé ; niais il est certain qu'en 1415 il habitait Constantinople, où Guarini lui adressa une lettre de consolation sur la mort de Manuel. Il fut maitre de Philelphe, qui, en 14'25, épousa sa tille Théodora Chrysolorina. Elle mourut à Milan, le 3 mai 1441, âgée d'environ 50 ans. Deux sœurs de "Théodora, dont l'une se nommait Zambia, et leur mère Manlredina Aura, furent faites esclaves par les Turcs, à l'époque de la prise de Constantinople. Philelphe réussit à obtenir leur liberté, et elles passèrent en Crète, où Manfredina mourut en 1464. Jean Chrysoloras était mort longtemps auparavant, entre 1425 et 1427
  • Jean CHUMACERO : né à Valence d'Alcantara dans l'Estramadure, fils d'un juge royal de Castille, et chevalier de StJacques, occupa, au commencement du 17e siècle, dans l'université de Salamanque, trois chaires de droit, dites codicis, voluminis et ves- perorum. Philippe III et Philippe IV l'élevèrent à plusieurs magistratures. Envoyé en 1655, ambassadeur à fonte avec Dominique Pimente' , évèque de Cordoue , il passa tiix ans dans cette résidence. De retour en 1645, il fut fait président du conseil supi-émue de Castille, et mourut en 1660. 11 avait publié _tans qu' el ilpfessait à Salamanque : lo Seche ju- tris Disputadones 2°. Pro legilimo jure Phi- lippi IV, Hispaniarum et Poriugallioe regis ,el'e livre parut pendant les troubles de Portugal, et !avant la révolution qui plaça la maison de Bragance SUI le trône en 1640. Chumaccro lit imprimer depuis : 5° Mémorial , etc. : c'est une relation exacte de son i ambassade à Rome
  • Jean CINELLI CALVOLI( 1625) : médecin italien, savant dans son art , mais qui doit sa réputationà un ouvrage qui n'y a aucun rapport , naquit à Flo- rence, le -26 février 1625. Il lit ses études à l'université de Pise . où l'un de ses professeurs fut le célèbre Torricelli. Bem docteur en philosophie et en médecine, il se maria et retourna dans sa patrie en 1651. Il fut appelé cinq ans après à PortoLongone, petite ville de lite d'Elbe, èt y exerça pendant plusieurs années sa profession. La perte qu'il y fit de sa femme, qui lui laissait quatre enfants, le força d'en sortir et , parut à Florence en 1677; la 2°, ibid., la même année; la 3' et la 4' à Naples, en 1682 et 1685. L'auteur joignait quelquefois des notes critiques au titre des ouvrages. Il lui en échappa une dans ce 4e cahier, au sujet d'une discussion qui s'était élevée entre deux médecins de Florence ; celui des deux contre qui elle était clirigée, et qui était médecin du grandduc Cosme III, accusa Cinelli de calomnie, obtint l'ordre de son arrestation, l'attaqua devant les tribunaux, et cut le crédit de le bite condamner à retirer l'édition de ce 4" cahier, à en donner une seconde, où serait effacée la note injurieuse, et à déclarer même que celle de la première édition avait été insérée sans son aveu, etc. Le cahier fut brùlé publiquement par l'exécuteur de la justice. Cinelli se soumit à tout pour obtenir sa liberté; dés qu'il fut libre, il se mit en mesure de réclamer contre la violence et l'injustice. Il ne le pouvait faire à Florence ; il résolut d'en sortir, de quitter sa patrie , sa femme, ses enfants, ses amis; il partit , se rendit à Venise , et y lit imprimer, peu de temps après, tin écrit intitulé : Giuslificazione di Giovanni Cinelli, sous la date de Cracovie, 1585 de 4 p. Il y donna une libre carrière à son ressentiment , et n'épargna pas un ennemi dont n'avait plus rien à craindre. De Venise, il revint à Bologne, où il fut accueilli de tous les savants, el reçu de l'académie des Gelati ; il alla ensuite à Modene remplir une chaire de langue toscane, que ses amis y avaient fait créer pour lui ; niais cette chaire ne fournissant pas suffisamment à son existence, il reprit l'exercice de son état de médecin , et fut ap- pelé successivement dans plusieurs petites villes de l'Etat de Modène , de la Marche et des environs. 11 continuait cependant de publier des tablettes, ou cahiers de sa Bibliothèque volante, et il saisissait de temps en temps l'occasion de repousser dans des notes les attaques de ses ennemis. La plus violent. lui fut portée en même temps qu'à son fidèle ami Magliabecchi, dans un libelle latin, où, sous le titre de vie de l'un et de l'autre de ces deux savants, on répandait contre eux les plus impudentes calomnies. Cette prétendue vie donna à Cinelli l'idée d'écrire la sienne, et d'y répondre à toutes les fausses imputations dont il avait été l'objet ; il le fit, mais avec tant de liel et d'emportement , qu'ayant confié son manuscrit à l'un de ses fils qui était moine, ce bon religieux , dans un mouvement de charité chrétienne , déchira le manuscrit de son père. Cinelli fut choisi , en 1609, par le cardinal Bichi , évèque d'Ancône, pour être son premier médecin. Il alla donc se lixer aupcès de ce prélat, et comptait y passer le reste de sa vie; mais le cardinal mourut , et son premier médecin, obligé (le se pourvoir ailleurs, fut placé avec le même titre , à la Santa Casa de Lorette. Ce fut tin port où il respira enfin; il recon- nut qu'il avait luimême aigri ses maux en s'y montrant trop sensible; il reprit même sa justification, y corrigea ce qu'elle avait de violent et d'amer contre son premier persécuteur, et voulut qu'ehe ne fût jamais réimprimée que dans cet état après sa mort. Une maladie de peu de ,jours le conduisit à ce dernier terme, le 18 avril 1706. 11 avait alors publié i6 cahiers, ou scanzie de sa Bibliothèque volante, et rédigé le 17' et le 18'. Le docteur Sancassano, son ami, les publia et en forma deux autres des matériaux recueillis par Cinelli. 'Ces vingt cahiers, imprimés à différentes époques, dans l'es- pace de près (le trente ans, étaient devenus trèsdiliciles à rassembler. Le même docteur Sancassano les réunit , en disposa tous les articles par ordre alphabétique , et donna une édition générale de la Bibliotcca volante, Venise , Albrizzi , 173i, 4 sol. Il ouvrag, dans lequel les passions de l'autour prennent trop souvent la place de la justice , mais cependant utile pour l'histoire littéraire, et où l'on trouve un assez grand nombre de faits qu'on chercherait inutilement ailleurs. Les matériaux du premier ouvrage que Cinelli avait projeté, et dont il ne cessa de s'occuper toute sa vie, formaient une masse considérable, sous le titre de Biblioieca degli scrit- lori Fiorentini e Toscani. Ces matériaux passèrent entre les mains du chanoine Biscioni, qui les rédui- sit à 12 vol. ils sont restés en cet état à Flo- rence , dans la bibliothèque Magliabecchienne , où ils sont encore
  • Jean CINQ ARBRES ou CINQUARBRES( 1500 - 1587) : en latin, QUINQUARBOREUS , né à Aurillac , dans l'Au vergne, au commeneement du 16e siècle, étudia les langues orientales à Paris, sous François Vatable fut professeur d'hébreu et de syriaque an collége de France en 1554, et mourut doyen des professeurs royaux en 1587. Il publia en 1546 sa Grammaire hébraïque , à laquelle il joignit un petit traité de Notis Hebrœorum. Eile fut réimprimée en de Jonathan , fils d'Uziel, sur Jérémie. Cette version parut en 159 et en •556 avec le Targuai du méme Jonathan sur le prophète Osée, qu'il avait donné en 155i , et il y ajouta les paraphrases sur Joel, Amos, Ruth , etc., sous le titre suivant : Targum in Osean, Joelem A mosum, Ruai elThrenos. Il avait fait réimprimer en 1551 l'Évangile de St. Matthieu, en hébreu, avec la version et les notes de Sb. Munster. Il a aussi traduit en latin plusieurs ouvrages d'Aviminé. VVE et JN.
  • Jean CLARK( 1744 - 1815) : médecin écossais, fils d'un riche fermier, naquit à Roxbuegh en 1744, fat d'abord destiné à l'état ecclésiastique, et fit son cours de théologie à l'université d'Édimbourg; entra ensuite chez un chirurgien, puis fut envoyé, pour continuer ses études médicales, à l'université, où son application et ses talents lui acquirent la bienveillance de son professeur, le docteur Grégory. Bientôt Clark, tourmenté de violents maux d'estomac, suite d'un accident qu'il avait éprouvé dans sa jeunesse , après avoir essayé en vain tons les remèdes qui lui étaient prescrits par son protecteur, reçut de lui le conseil d'aller vivre dans un climat plus chaud. On lui lit obtenir une place d'aidechirurgien au service de la compagnie des Indes, et il s'embarqua en 1768. Il lit plusieurs voyages dans lesquels il eut l'occasion d'ètre utile, et de faire des remarques qu'il consigna dans un ouvrage imprimé en 1775 sous ce titre : Observations sur les maladies qui règnent le plus durant les voyages aux pays chauds. Ce livre fit connaître avantageusement Clark ; niais sa santé ne s'étant pas améliorée, il se lit recevoir docteur en médecine à l'université de StAndré, et s'établit à Kelfs, qu'd (pilla pour Newcastle, en 1775. Frappé des maux que la privation de soins et de remèdes faisait soufirir à la classe indigente de cette ville, il parvint à y faire établir un dispensaire ; mais le défaut de fonds empêcha pendant quelque temps que cette institution bienfaisante ne produisit tont le bien que l'on devait en attendre. Clark publia, eu, 1785, un traité posthume du docteur DugaldLeslie,' sur le catarrhe contagieux qui avait fait de si grands ravages durant l'été de cette année , et y ajouta une lettre qu'il avait adressée à l'auteur scie le traitement le plus convenable dans cette maladie. Malgré ses nombreuses occupations et le mauvais état de sa santé, Clark trouva le temps de faire réimprimer, en 1792, ses observations sur les maladies des pays chauds, et parmi les additions importantes q.ue cette édition contenait, on remarqua ses observa-' tions sur les lièvres, qui ont fondé sa réputation comme auteur médical. Toujours occupé de soulager les malheureux, Clark avait fixé l'attention du gouvernement sur l'hôpital de Newcastle. Un eu mité, nommé en 1800, fit adopter, sur le rapport de Clark, un règlement qui, sans remédier à tous les abus, produisit une amélioration générale. Les soins qu'il s'était donnés pour réussir, et les contrariétés qu'il avait éprouvées, altérèrent tellement sa santé, qu'il tut oblige de suspendre ses occupations, puis de se rendre aux eaux de Bath, où il mourut le 24 avril 1815. On a encore de ln; : P Recueil de mémoires sur les moyens de prévenir les fièvres con- tagieuses à Newcastle et dans les autres villes très- peuplées, •802, 2 parties, iu-12 2° Observations sur les fièvres en général, et sur la fièvre continue en particulier, 1780 3( plusieurs mémoires ou i:issertations insérés dans le rtcueil de la société des médecins d'Édimbourg. Tous ses ouvrages sont écrits en anglais
  • Jean CLARKE( 1650 - 1721) : graveur, né en Écosse vers 1650, acquit de bonne heure une telle réputation, que les personnages les plus distingués des trois royaumes . voulurent avoir leurs portraits gravés par lui. La :collertion de ces portraits forme une des parties les plus intéressantes de l'iconographie moderne ; on y 'voit Guillaume , prince d'Orange, et Marie, son épouse, gravés dans un médaillon, en 1690; plusieurs portraits historiques, tels que ceux de Hales, •Goertz , ',rideaux, etc. L'ouvrage le Plus remarquar ble de Clarke est tme grande planche dans laquelle on voit représentés Charles Il et la reine son épouse, le prince Robert, le duc d'York, le prince duc de l\lontmouth, et le général Monk ; la ressemblance de ces différents pottraits, jointe au talent avec lequel ils sont gravés, donne à cette estampe un cal'artère vraiment historique. Clarke a gravé, dans un autre genre, trois morceaux d'une originalité trèspiquante, et où l'on retrouve toute l'humeur gaie et facétieuse de l'auteur d'Hudibras ; ce sont les douze pièces intitulées : the Humors of harlequin. Le burin de Clarke parodie avec une gaieté franche et libre, qui n'a rien d'affecté. Jean Clarke mourut à Londres, en 1721. —Un autre WiniaM CLARKE, né en Angleterre en 1650, s'était distingué comme graveur dans le mètne temps que Jean. Il a gravé au burin et en manière noire. Walpole ne cite de lui que deux portraits, dont l'un représente George, duc d'Albermale, d'après une peinture de Fr. Bar- low
  • Jean CLARKE : des premiers fondateurs de n'iodeIsland aux Et atst nis, exerçait depuis plusieurs années la profession de médecin à Londres, lorsqu'il se décida à quitter son pays pour venir s'établir dans les colonies anglaises de l'Amérique septentrionale. Bientôt après son arrivée dans le 1.11assachussett, il fut forcé de le quitter avec quelques autres compatriotes, et, se réunissant ensemble en corps politique au mois de mai 1658, ils achetèrent des sachems indiens Aquetneck, qu'ils nommèrent l'île de Rhodes ou RhodeIsland. Leur établisse met commença à Pocasset ou Portsmouth. Clarke y exerça les fonctions de prédicateur, et, en 164, il forma, à Newport, une église dont il devint le pasteur. Ce fut la seconde église baptiste instituée en Amérique. En 1651, il était allé visiter ses coreligionnaires de Lynn, près Boston , et se proposait de prêcher , il fut condamné à une amende de '20 livres s:erling. et conduit, en attendant, en prison, où il , était une espèce de sacrement qui ne devait t'Ire administré qu'à ceux qui donnaient des signes évidents de repentir envers Dieu et de foi eu JésusChrist; ces croyants seuls const huaient l'Église; chacun d'eux avait le droit de parler dans la congrégation, d'après les talents que Dieu lui avait départis, soit pour sa propre instruction, soit pour prophétiser pour l'édilication des autres, et dans tous les temps et dans tous les lieux ils devaient blianer la folie et ouvrir leurs lèvres pour justifier la sagesse ; et enfin aucun serviteur (le JésusChrist n'avait autorité pour empêcher qui que ce soit de pratiquer son culte, toutes les fois qu'il ne nuisait pas aux autres. Aucune discussion n'ayant eu lieu, Clarke paya ramende, fut mis en liberté, et on lui ordonaa de quitter la cotai' ie. Obadiah Houilles, qui avait partagé son sort, ne fut pas si heureux, car, avant refusé d'acquitter l'amende de 59 livres Steilitig il laquelle il avait été condamné, et que ses amis offraient de payer pour lui, il l'ut fouetté publiquement à Boston. La mème année, Clarke et un M. William se rendirent en Angleterre avec la mission de défendre les intérèts dela colonie de ModeIsland, et de demander la révocation de la commission du gouverneur Coddington. A son arrivée, Clarke publia le récit des persécutions que ses coreligilmnaires éprouvaient dans la NouvelleAngle- terre, et obtint la destitution du gouverneur. Apris le départ de son compagnon, Clarke resta en Angleterre comme agent de la colonie, pour laquelle il obtint, en 1665, une seconde charte plus favorable. L'année suivante, il revint à Newport, où il continua d'exercer les fonctions du pastorat jusqu'à sa mort, arrivée le 20 avril 1676. Quelques années au (11 Les anabaptistes sont surnommés clippers, mot qui signifie celui qui trempe dans l'eaa, parce qu'ils pratiquent le baptème par 1111111CMUll. paravant, les quakers ayant excit, des troubles dans la colonie, au mois d'octobre 1675, Clarke et les membres de son église se virent obligés d'exclure de leur communion cinq personnes qui soutenaient « que l'homme ChristJésus n'était pas maintenant « ;llt ciel, qu'il n'était pas non plus sur la terre, ni « dans aucun autre lieu, mais que son corps était « entièrement perdu. » Clarke a rendu de grands services à la colonie de Rhode- Island, en y faisant établir un gouvernement libéral et tolérant. L'ouvrage qu'il publia en Angleterre, et dont nous avons déjà parlé, a pour titre : Mauvaises Nourell( s de la Nourelle- Angleterre, ou Récit de la persécution qu'on exerce dans ce pays. 11 y déclare que, tandis que la vieille Angleterre devient nouvelle, la nouvelle devient vieille. Thomas Cobbett de Lynn en lit paraître la réfutation. Clarke légua aux pauvres, par son testament, une ferme qu'il possédait près de Newport, et dont le produit devait étre employé au soulagement des indigents CPservir à les éclairer. On trouve des renseignements sur ce personnage dans l'Histoire de l'Église de la Nouvelle- Angleterre
  • Jean CLAVERET : avocat à Orléans, sa patrie, au 17e siècle, vint à Paris, y renonça au barreau pour se livrer au théâtre, et mourut en 1666. On a . L'Ecuyer, ou les Faux Nobles mis au billon, comédie du temps, dédiée aux vrais nobles de France, 1665 On obligea à cette époque beaucoup de gens à montrer leurs parchemins. BussyRabutin a fait une chanson sur le méfie- sujet. 30 Le Ravissement de Proserpine, tragédie en 5 actes, 1659 40 Quelques autres pièces qui n'ont point été imprimées : le Pèlerin amoureux, la Place Royale, le Roman du Marais, la Visité dif- férée et les Eaux de Forges. 5° Enfin une traduction française de ValèreMaxime, Paris, 1659, 2 vol. Lors de son arrivée à Paris, Claveret s'était lié avec Pierre Corneille ; il en devint bientôt jaloux, et fut son ennemi. C'est l'action la plus remarquable et la plus connue de sa vie
  • Jean CLAUDE( 1619) : né en 1619, à la Sauvetat, dans l'Agénois , était fils de François Claude, ministre protestant, mort à Bergerac, âgé de 74 ans. Il étudia la philosophie et la théologie à Montauban, fut reçu ministre en 1645, à l'à,ge de vingtsix ans, et, après avoir gouverné les églises de la Teyne et de SteAffri- que, il fut pasteur pendant huit ans à Nîmes, où il ouvrit une école de théologie, et forma les proposants à l'art de la prédication. Il s'était marié à Castres, en 1648, avec la fille d'un avocat. Ayant été accusé de s'opposer à un projet de réunion des calvinistes à l'Eglise catholique, le ministère lui fut par un arrêt du conseil dans tout le Languedoc. Il se rendit à Paris pour faire lever cette défense, ne put y réussir, et partit pour Montauban, où il prêcha le lendemain de son arrivée il y remplissait les fonctions de pasteur depuis quatre ans, lorsqu'il se vit frappé d'une nouvelle interdiction. Il revint à Paris, et il était prêt à se rendre aux voeux du consistoire de Bordeaux, lorsqu'il fut attaché à celui de Charenton, en 1666. Depuis cette époque jusqu'à celle de la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, ses con trover- Le 18 niai, suivant C. Peignai. Dz—:. ses avec Bossuet, Nicole, Arnauld, et son intelligence dans les affaires, le firent regarder comme le chef et l'âme de son parti en France. Jamais ministre ne parut plus propre à diriger un consistoire et à présider un synode. Il prêchait avec une grande facilité ; il avait une éloquence màle, un raisonnement solide, quelquefois subtil; son style était simple et fleuri; sa voix n'avait rien d'agréable ; ce qui, lorsqu'il fut question de l'attacher au consistoire de Charenton, fit dire à Morus: «Il aura toutes les voix « pour lui, hormis la sienne. » En .1678, mademoiselle de Duras, soeur des maréchaux de Duras et de Lorges, voulut, avant d'abjurer la religion de Calvin, faire disputer en sa présence le fameux ministre de Charenton et l'illustre évêque de Meaux. Bossuet et Claude composèrent chacun leur relation, et l'un et l'autre s'attribuèrent la victoire ; mais, écrivait Bossuet, « partout où « M. Claude dira qu'il n'a pas avoué ce que je lui « fais avouer dans le récit de la conférence, je m'en-« gage, dans une seconde conférence, à tirer encore « de lui le même aveu ; et partout où il dira qu'il n'est « pas demeuré sans réponse, je le forcerai, sans au-« tics arguments que ceux qu'il a déjà ouïs , à des « réponses si visiblement absurdes, que tout homme « de bon sens avouera qu'il valait encore mieux se « taire que de s'en être servi. » Claude n'accepta point cette espèce de défi. L'université de Groningue lui avait offert la chaire de professeur de théologie, et il l'avait refusée, lorsque, le 22 octobre , jour où fut enregistré l'édit de révocation de celui de Nantes, il reçut ordre de sortir du royaume , et de partir dans vingtquatre heures; mais il fut distingué des autres ministres : un valet de pied de Louis XIV eut ordre de le conduire jusqu'aux frontières. A son passage à Cambray, il fut visité par le recteur des jésuites, qui lui fit accepter des rafraîchissements, et eut pour lui les égards dus aux talents et au malheur. Claude se retira en Hollande, auprès de son fils, qui était pasteur à la Haye; il fut honorablement accueilli par le prince d'Orange, qui lui donna une pension considérable, dont il ne jouit pas longtemps. Il mourut le 15' janvier 1687, dans la 68e année de son âge. « Sa mort, dit Bayle, affligea tout le parti. « Plusieurs ont dit que, s'il eût vécu plus longtemps, « on n'aurait pas vu éclater tant de querelles scan- sur l'eucharistie, Amsterdam, 11168 3° Réponse au livre de M. Arnauld titulé: la Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique, 1670 4671, 2 vol. 4° Défense de la réformation contre le livre intitulé : Préjugés légitimes contre les calvinistes, Quésilly, 1673 la Haye, 1680•1683, 2 vol. Claude répond dans cet ouvrage, qui fut réfuté par Nicole et par le d'Antecourt, à l'objection des controversistes ro- mains sur la laineuse dispute que Luther rapporte avoir eue avec le diable au sujet dela messe; il pré- tend que ce que dit Luther n'est qu'une ligure de rhétorique. 3° Réponse au livre de M. de Meaux, in- timité: Conférence avec M. Claude, ministre de Cha- ; niais Nieeron ne cite point : 1° la Réponse à un 1 raite de l'eucharistie, attribué d M. le cardinal le Camus, Amsterdam, 1687 e Lettre écrite en Suisse, Dordrecht, 1690. Claude y attaqua St. Au- gustin, qui • changea, ditil, du blanc au noir, dans « les contestations qu'il eut avec les donatistes, et soutint hautement qu'il fallait persécuter les titré- s tiques. • Bayle observe à ce sujet que si Claude avait secu encore trois ou quatre ans, « il eût été a censuré d'avoir censuré St. Augustin. 1s 31 Sermons sur divers textes de l' Eerittere sainte, Genève, 1724, 4- Réponse â l'office du saint sacrement, Cluirenton, 1663 5° L'Ouverture de l'Epitre de St. Paul aux Romains, et une lettre en peine de Le test des outrages de lamie qat ait clé renomme à MS Pers est id Parad? es di sc.. upirvia cemf soma, air le tàapitrt ri le Si. Iliaik? eu, . msoocee à Llsatrotut eu 1673, Mile de ksi nad sermons, Illoststitsac, 1141, traité, louchant ln justification et Ialeaure des Pères. Amsterdam, 1683 Cet ouvrage était attribué à Anis; Bayle le croit du sieur Lecène, mais Barbier l'attribue au ministre Claude. Plusieurs autres ouvreeses lui ont été faussement attribués, suivant Bayle, entre autres : la Lettre de quelques protestants pacifiques au sujet de la réunion des religions, 468.5 et l'Histoire dragonalt. o M. Claude « était un trop grand auteur, dit Bayle, pour adopter « un pareil titre. o Mais, suivant le mem écrivain, il travaillait, quand la mort le surprit, à l'Histoire des princes d'Orange. Abel Rotolph de Ladeveze, pasteur des réformés à la have, a fait imprimer un Abrégé de la vie de M. Claude, Amsterdam, 1687
  • Jean CLAY( 1533 - 1592) : en latin CLAJUS, philologue allemand, né vers l'an 1555, à Herzberg, dans l'électora de Saxe. Après avoir étudié sous les maitres les plus distingués, et s'être acquis la protection et l'amitié de Melanchthon, il suivit luimente la carrière de l'enseignement, fut successivement professeur de latin, de grec et d'hébreu, de musique et de poésie dans divers colléges; tant en Saxe qu'en Silésie, et lut enfin nommé pasteur du bourg de Bendeleben, en Thuringe, où il mourut le 11 avril 1592. Ses principaux ouvrages sont : 1° Caslitatis et pietalis Prcemium in Joseph° et Suzanna, poema, Leipsick, 1555 2° Poentatum grœcorum libri sex, Wittemberg, 1570 30 Une traduction allemande de l'ouvrage d'Hésiode , Opera et Dies. 40 Prosodice libri Ires, Witternberg, 1570 Il y explique la prosodie latine, grecque et hébraïque. 50 Une traduction hébraïque du petit catéchisme de Luther, et des évangiles de toute l'année, avec le texte allemand, latin et grec. 6° Grantmatica ger- manicce linguce ex Bibliis Lutheri germanicis et aliis ejus libris collecta, Leipsick, 1578 de 279 p.; édition, Nuremberg, 1720 Cette grammaire, fruit de vingt ans de travail, était la plus complète et la meilleure qui eùt paru; elle a même encore foui longtemps de cette supériorité, surtout en Pologne et en Hongrie, où elle a eu beaucoup de succès, parce qu'elle est écrite en latin ; la 6° édition, qui est de 1617, et les suivantes ne font plus mention, sur le titre, des ouvrages de Luther, portant seulement : Ex oplimis guibusgue auctoribus collecta. 7' Alkumistica, Erfurth,1586 idem, Amberg, 15:18 Ce petit poême, en vers allemands, contre. la folie des alchimistes et faiseurs d'or, est plein de gaieté, et forme un des plus précieux monuments de la poésie allemande du 16° siècle. On doit regarder J. Clay comme un des premiers qui aient travaillé avec succès à épurer et perfectionner la langue allemande. Sa vie a été écrite par JeanEustache Goidliagen, Nordhausen, 1751 — Jean CLAY, dit le Jeune, pour le distinguer du précédent, né à Meissen en 1616, étudia la théologie à Wittemberg. La guerre qui agitait la Saxe l'engagea, en 164, à se retirer à Nuremberg, où, de concert avec Philippe Harsdort, il fonda l'ordre des Fleurs de la Pegnitz, académie littéraire pour le progrès de la poésie allemande. Il fut aussi reçu sous le nom de l'Elranger, comme membre de la sociéte des beauxesprits allemands , établie à Dambourg par Philippe de Zesen. Il mourut en 1656, à Kitzingen, en Franconie, où il était pasteur. Ses poésies, qui consistent surtout en tragédies sacrées, cantiques et pastorales, ont toutes les défauts qu'on a reprochés à l'académie de la Pegnitz, un manque de naturel et une afféterie qui va jusqu'au ridicule. On trouve des détails sur ce poète dans le Dictionnaire de Jordens, Leipsick, 1806
  • Jean CLAYTON( 1685 - 1773) : médecin et botaniste anglais, né à Fulham dans le comté de Kent, vers 1685, alla en 1705 dans la Virginie, où son père était procureur général. 11 y exerça la médecine, et fut secrétaire du comté de Glocester, depuis 1722 jusqu'à sa mort arrivée le 15 décembre 1773 : il était alors âgé de 87 ans. Il fit, sur l'histoire naturelle de cette contrée, quelques observations qu'il envoya à la société royale de Londres ; elles ont été insérées dans les volumes 47, 18 et 41 des Transactions philosophi- ques. Il recueillit en même temps des plantes, dont il forma un herbier, qu'il fit parvenir à Gronovius, magistrat et botaniste hollandais. Celuici rédigea avec le secours de Linné, un ouvrage qu'il fit paraftre sous ce titre : Flora Virgrnica, exhibens plan- tas quas in Virginia J. Clayton collegit , Leyde, 1759 et 1743 en 2 parties; réimprimé dans la même ville, en 1762 avec une carte géo- graphique. 3.F. Gronovius préparait la 3' partie lorsqu'il mourut ; ce fut son fils JeanThéodore qui On raconte que lorsque Clayton fut informé de sa citation devant les prelats irlandais, ft consulta un célèbre avocat et lui demanda s'il pensait qu'il pouvait perdre son eveche. a Je le pense, « lui répondit le jurisconsulte. — Ah ! monsieur, répliqua l'évéque, « vous m'avez donné un coup dont je ne me relèverai jamais. »En effet, il mourut peu de temps après, et thème avant que la sentence fat prononcée. D—z—s. la mit au jour. Les additions et corrections de l'auteur périrent avec le vaisseau qui les apportait en Europe. Cette Flore est le premier ouvrage qui ait été publié sur les plantes de la Virginie. Il s'y trouve plusieurs genres nouveaux. Gronovius en nomma un Claytonia, en mémoire du botaniste qui l'avait découvert : il fait partie de la famille naturelle des portulacées. Clayton était infatigable, et, l'année qui précéda sa mort, il fit encore, dans le comté d'Orange, un voyage botanique. Il laissa deux volumes de manuscrits prêts à être livrés à l'impression, et un Bonus Linncei avec des notes marginales et des indications au graveur pour les plantes qu'il comptait joindre à cet ouvrage. Pendant les guerres de la révolution, le fils de Clayton envoya tous les manuscrits de son père à un de ses parents, secrétaire de NewKent, croyant les placer en lieu de sûreté ; mais le leu prit au local où ils avaient été mis, et les consuma entièrement
  • Jean CLÉLAND( 1707) : auteur anglais, né en 1707, était fils du colonel Cléland, ce célèbre membre imaginaire du club du Spectateur dont Steel a traité le portrait sous le nom de Will Doneycombe. Après avoir été élevé à l'école de Westminster où il fut admis en 1722, et où il fut le condisciple de lord Mansfield , on l'envoya à Smyrne en qualité de consul, et de là aux Indes orientales, d'où, par une suite de querelles qu'il se lit avec quelques membres du gouvernement de Bombay, il fut forcé de fuir précipitamment. De retour dans sa patrie, sans fortune et sans état , il y contracta des de ttes qu'il paya de sa liberté, le seul bien qu'il eût au monde. Pendant qu'il était en prison, un libraire lui proposa, pour se tirer d'affaire, de composer quelque ouvrage licencieux, et par là d'un débit sin.. Cléland saisit Cette idée, et écrivit les Mémoires d'une courtisane , où lesaventures les plus scandaleuseset les images les plus indécentes sont présentées dans un langage cynique, mais sous des formes séduisantes et dans un style très-élégant. Le libraire acheta le manuscrit 20 guinées, et en retira plus de 40,000 liv. sterl. L'auteur fut appelé devant le conseil privé; mais le président, Jean, comte de Grandville, l'excusa sur sa pauvreté, et pour le mettre à même d'employer plus noblement ses talents, lui lit accorder une pension de 100 liv. siert., dont Cleland jouit jusqu'à sa mort, arrivée le 25 janvier 1789. On a aussi de lui: l'Homme d'honneur, écrit en expiation de l'ouvrage précédent ; les Mémoires d'un Fat , et quelques écrits sur des sttjets politiques et philologiques. C'est une chose remarquable et caractéristique des mœurs nationales, que Cléland, recherché d'abord dans la meilleure compagnie pour les agréments de son esprit et de son commerce, en fut banni sans retour dès qu'il fut connu pour l'auteur des Mémoires d'une courti- sane
  • Jean CLÉMENT :
  • Jean CLERK : lice, Londres, 1545, in4'; 2. Déclaration de cer- tains articles, avec l'exposition des erreurs capi- tales sur la Mémt? question, ibid. , 15'46 30 Méditations sur la mort ; 40 de Italica Declina- tione verborum; Traité de la noblesse, traduit du français
  • Jean CLEVELAND ou CLEIVELAND( 1613) : poête anglais, né en 1615, à Loughborough, reçut s4 principale instruction dans l'université de Cambridge, dont il devint un des membres les plus distingués. La manière pure et élégante dont il écrivait en latin le lit choisir par cette université pour, composer les discours et les lettres qu'elle adressait aux premiers personnages de l'Etat ; mais la guerre civile ayant éclaté, il se déclara ouvertement pour Charles I", et fut, diton, le premier poète qui se signala par ses écrits en faveur de la cause royale. Lorsque Olivier Cromwell, qui n'était encore qu'un homme obscur , se mit sur les rangs comme candidat au parlement, Cleiveland s'opposa de toute son influence à cette élection, qu'il ne put cependant empècher. Voyant qu'une seule voix avait décidé l'élection, on rapporte qu'il s'écria avec vivacité que « ce seul suffrage était la ruine de l'Église et du « royaume. » Cette anecdote , comme beaucoup d'autres qu'on annonce après coup connue des prédictions de ce qui est arrivé depuis , est fort suspecte. Cleiveland, réfugié dans Oxford, avec son souverain, y composa, entre autres écrits, une satire l'Écossais rebelle, qui le rendit extrèmement cher aux royalistes. Il tut, nominé bientôt après juge de la garnison de Newark, place qu'il remplit avec beaucoup de sagesse et d'habileté ; mais cette ville s'étant rendue en 1646 pat. l'ordre exprès du roi, qui avait été fait prisonnier par l'armée écossaise, Cleiveland vécut caché, soutenu par la générosité et les secours des hommes de son parti , jusqu au mois de novembre 1655, qu'il fut arrèté à Norwich, et trans- ellerè à la prison d'Yarmouth, d'où il écrivit an protecteur une lettre trèsadroite qui lui procura sa liberté , quoiqu'il n'y désavouât point ses principes. Cromwell se montra dans cette circonstance supérieur au ressentiment, oubliant sur le trône l'injure faite au simple citoyen. Cleiveland se retira à Londres, où il devint membre d'un club littéraire et politique que fréquentait aussi Samuel Butler, l'au- teur d' Iludibras. Il mourut le 29 avril 1659, et fut enterré avec beaucoup de magnificence. Jean Pearson, son intime ami, depuis évêque de Ches- ter, prononça un sermon à ses funérailles. Contem- porain (le Milton, il était regardé de son temps comme bienSupérieur à ce grand pote, et même comme le premier des poètes anglais ; mais cette réputation s'éclipsa avec l'esprit de parti qui l'avait fait naître, et ne lui survécut pas. Ses ouvrages, si souvent réimprimés dans leur nouveauté , ont été promptement oubliés, parce qu'ils portent l'empreinte de tout le mauvais goth de son siècle. La dernière édition et la plus complète est celle de 1687 Le docteur Perey, évêque de Dromore en Irlande, descendant d'un frère de Cleiveland, a écrit la %iie de ce poête dans la Biographia Britanniea
  • Jean CLODORÉ : écrivain français, mort vers la fin du 17° siècle, a publié : Relation de ce qui s'est passé dans les îles et terre ferme de l'Amérique pendant la dernière guerre avec l'Angleterre, en 1666 et 1667, avec un Journal du dernier voyage de M. de la Barre en Vile Cayenne; accompagnée d'une exacte Description du pays , moeurs et naturel des habitants ; le tout recueilli des mémoires des principaux officiers qui ont commandé en ces pays , par J. C. S. D. V., Paris, ClouSier, 1671, 2 vol. On conjecture, avec assez de vraisemblance, que les lettres S. D. V. signifient secrétaire de vaisseau, et que l'auteur avait rempli cette fonction dans une des expéditions dont il donne la relation
  • Jean CONCHILLOS FALCO( 1641 - 1711) : peintre et graveur, né à Valence en Espagne, dans l'année 1641, apprit les éléments de la peinture d'Étienne Marc, et se rendit à Madrid pour se perfectionner. Palomino Velasco y fut son guide et son ami. Le zèle dont il était animé lui fit concevoir le projet de créer une académie de peinture dans sa ville natale. Il s'y ren- dit, et n'ayant trouvé aucun secours pour réaliser son projet, il ne laissa pas de former dans sa propre maison une école où il dessinait luimème tous les soirs, et donnait des leçons aux personnes qui voulaient proiiter de ses talents et de ses conseils. Il fit plusieurs tableaux pour les villes de Madrid, Va-- lence, Murcie, etc. Il éprouva dans les dernières an- nées de sa vie une attaque de paralysie qui le rendit bègue, et peu de temps après il perdit la vue, et succomba en 1711 aux malheurs auxquels il fut exposé par suite des événements de la guerre de la succession
  • Jean CONANT( 1608) : théologien anglais , d'une famille d'origine française, établie depuis plusieurs années dans le comté de Devon, naquit le 18 octobre 1608 à Yeatenton, petit village de ce comté. 11 fut élevé à Oxford, où il se distingua par ses progrès et son extrème modestie. Le docteur Jean Prideaux disait de lui, en jouant sur les mots : Conanti nihil est difficile. Nommé, en 1653, associé du collége d'Exeter, Conant résigna cette place en 1647, plutôt que d'entrer dans le covenant que l'on obli- geait tous les membres de l'université. de signer. Déjà depuis longtemps il avait quitté le collège, et était entré comme chapelain chez le lord Chandos ; il refusa plusieurs bénéfices avantageux, craignant d'être obligé à des choses contraires à sa conscience. Cependant, en 1649, il fut nommé à l'unanimité recteur de ce méme collége d'Exeter ; niais bientôt le parlement envoya l'ordre de signer un engagement conçu en ces termes : « Nous promettons d'ètre li-« dèles à la république , il Viella d'y faire prévaloir la tolérance qu'il avait droit de recommander, d'autant plus qu'il ne la demandait pas pour luimême. Bientôt après, l'acte d'uniformité vint alarmer les consciences délicates; la chose leur paraissait demander un mûr examen ; cependant il fallait commencer par se soumettre. Conant trouva plus simple de commencer par renoncer à ses places et d'examiner ensuite. Enfin, au bout de huit ans, pendant lesquels, refusant de se joindre aux dissenters, il fréquenta constamment les églises publiques, convaincu qu'il pou- vait obéir en conscience, il se soumit à tout, même à l'obligation sur laquelle il avait le plus de scrupules, celle de se faire ordonner de nouveau. Sa réordination fut faite le 28 septembre 1670 par Reynold, évêque de Norwich, dont il avait épousé la fille en 1651, qui lui avait donné six garçons et autant de filles. La même année, il fut nommé ministre de SteMarie Aldermanbury à Londres ; mais il préféra un petit bénéfice dans le voisinage de Northampton, oit il était aimé et estimé, et qu'il refusa ensuite de quitter pour des bénéfices plus considérables. gii--)1'676, il fut nommé archidiacre de Norwich par l'4vèque de ce diocèse, qui lui écrivit en même temps': « Je ne vous demande pas de remerciments, « et je vous en ferai même beaucoup si vous accep, « tez. » 11 accepta, de peur d'être taxé de mauvais procédé; mais non, comme on le pense bien, sans avoir demandé le temps de la réflexion. En 1681, une des prébendes de la cathédrale de Worcester étant venue à vaquer, le comte de Radnor la demanda au roi pour un homme qui n'avait jamais - rien demandé pour lui- même ; c'était Collant : elle fut accordée surlechamp. 11 n'est pas nécessaire de dire avec quelle exactitude il remplit les devoirs de ces diverses fonctions, ni quelle fut la bienfaisance d'un homme qui, n'ayant encore pour tout bien que sa place d'associé du collége d'Exeter, avait aban- donné son patrimoine d'aine à son plus jeune frère, chargé de famille. Aussi modeste que savant, il communiquait peu sa science, et l'on n'obtint qu'avec peine qu'il fit imprimer. la dernière année de sa vie, un volume de sermons, 1695 ; cinq autres ont été successivement publiés après sa mort. Après avoir eu pendant quelque temps la vue faible, il la perdit entièrement en 1686, et resta aveugle jusqu'à sa mort, arrivée le 12 mars 1695: il avait alors 86 ans. Cinq autres volumes de ses sermons ont été publiés après sa mort, de 1697 à 1722 ; et la famille en conserve encore plusieurs en manuscrit, ainsi qu'une vie également manuscrite de Conant, écrite par un de ses fils. Conant, homme fort instruit, était si modeste que, quoiqu'il entendit la plupart des langues de l'Orient et en particulier le syriaque, peu de personnes le savaient
  • Jean COUSIN : chanoine de Tournai, sa patrie, mort vers 1621, est auteur de quelques ouvrages médiocres : 1° De fundâmentis religionis orationes tres, Douai, 1597 : ces trois discours, qu'il prononça à l'université de Louvain, traitent de la connaissance de Dieu, sans le secours de la révélation ; de sa justice, et de l'immortalité de l'âme ; 2° De prosperitate et exitio Salomonis , Douai, 1599 : le but de l'auteur est de prouver que Salomon reconnut ses égarements, et que Dieu les lui a pardonnés; 3° Histoire de Tournai, ou 4 livres de chroniques, annales et démonstrations du chris- tianisme de l'évéché de Tournai, Douai, 1619 et 1620, 2 volumes histoire plus ecclésiastique que civile, d'ailleurs inexacte et remplie de contes populaires; 40 Histoire des Saints qui so» t honorés d'un culte particulier dans la cathédrale de Tour- nai, Douai, 1621 L'auteur s'y montre peu judicieux dans le choix des faits, et presque étranger aux premières notions de la saine critique
  • Jean CRASSOT : né à Langres, fut professeur de philosophie à Paris, au collége de SteBarbe, pendant, plus de trente ans, et mourut le 14 août 1616. Ses ouvrages philosophiques n'ont été publiés qu'après sa mort :sa Logique en 1617, sa Physique en 1618 et son Corps de philosophie à Paris, 1619, 2 Vol. 11 a été un des meilleurs interpiètes d'APistote, mais il a surchargé sa logique d'un trop grand nombre de divisions. C'est cè professeur que l'abbé de Marolles peint dans ses Mémoires avec une barbe longue et touffue, les Cheveux mal peignés, et tout l'extérieur d'un phi- losophe cynique, redressant et abaissant à volonté ses longues oreilles sans y porter la main
  • Jean CONTARINI( 1549 - 1605) : peintre, contemporain des Pallpa, naquit il Venise, en 1549, et y mourut ci) 1605. Son père, qui avait été professeur de philosophie à Padoue, voulut lui faire étudier le droit ; mais .lean aima mieux suivre la carrière tic la peinture. Il préféra le style du Titien, et posséda à un degré éminent le talent de lien peindre les voCites.et les plafonds, comme on le soit à StFrançoisdePaule, à Venise., où il a laissé une Résurrection. Il alla en Allemagne, et trCivailla pour Rodolphe II, qui le fit chevalier. Ses sujets les plus ordinaires sont tirés de la mythologie. Il a peint aussi le portrait. Il eut poursélève Tibère Tinelli, qui montra • encore plus de talent Le chevalier Marini a fait quelques poésies en l'honneur de Contarini
  • Jean CONYBEARE( 1691 - 1755) : savant évèque anglican, né le 51 janvier 1691-2, à Pinhoe près d'Exeter, commença son éducatIou à l'école de cette dernière ville, et la termina à l'université (l'Oxford, où sou zèle pour l'étude et ses rares progrès lui assurèrent de nombreux protecteurs. Ordonné piètre en 4716, par l'évèque de Winchester, il obtint bientôt après la cure de Fetcham, dans le comté de Surrey. Deux • sermons prêchés par Conybeare devant l'université, et qui furent imprimés, attirèrent sur lui l'attention de Gibson, évèque de Londres, et lui valurent le titre de prédicateur du roi. Il fut ensuite chargé de diriger l'éducation des deux fils de Charles Talbot, devenu depuis lord grand chancelier d'Angleterre. Il y avait peu de temps que Conybeare venait d'être élu 'principal du collége (l'Exeter, lorsque le déiste Tindal publia ie Christianisme aussi ancien que le monde, ou l'Evangile n'est qu'une publica- tion nouvelle de la loi de nature. Cet ouvrage lit une trèsgrande sensation dans l'Église d'Angleterre et même parmi les dissidents. L'évèque de Londres, qui avait déjà écrit des Lettres pastorales contre l'écrit de Tindal, proposa à Conybeare d'en entreprendre une réfutation complète. Celuici écrivit en conséquence, en 1752, la Défense de la religion révélée, qui fut si bien accueillie qu'il en parut successivement trois éditions dans l'espace de deux ans. Cet ouvrage, écrit avec autant de modération que de candeur, est cité par Warburton comme un livre trèsremarquable pour la solidité du raisonnement; et parmi le grand nombre de réfutations publiées par les anglicans et les dissidents contre l'ouvrage de %dal, celle de Conybeare est considérée comme la meilleure. Nommé, au mois de décembre 1752 , doyen du collége de Christchurch, &pendant de l'université (l'Oxford, il résigna la place de principal du collége d'Exeter, ainsi que la cure de StClément, dont il avait été pourvu quelques années auparavant. Lersqu'en 1757, Morgan lit paraître son Moral philosopher, Conybeare se proposait de le réfuter, et il avait à cet effet réuni de nombreux matériaux ; mais on ignore par quel motif ils sont restés' manuscrits. En 1750, Conybeare obtint le siége épiscopal de Bristol; mais il ne l'occupa que peu d'années, étant mort le 15 juillet 1755. 11 avait épousé, en 1755, miss Jemina Jukes, dont il eut plusieurs enfants. Outre l'ouvrage déjà cité, Conybeare a laissé un grand nombre de sermons, dont la plupart ont été réimprimés après sa mort en2 vol., -1757, par souscription et au profit de ses enfants, qu'il avait laissés sans fortune. On peut jugerale l'inter& qu'on prenait à la mémoire de ce prélat, par le nombre des souscripteurs qui s'éleva à 4,600. Le roi George II accorda une pension de 100 livres sterling à sa fille
  • Jean COOTWYK : jurisconsulte d'Utrecht, nrcourut, à la fin du 1 V siècle, l'Arigleterre , la France, l'Allemagne, l'Italie, s'embarqua, en 1598, à Venise, aborda en plusieurs endroits de la côte du golfe Adriatique, aux îles Ioniennes, en Morée, à Candie, à Rhodes, en Chypre, prit terre à Jaffa, et se rendit à Jérusalem. Après avoir visité les saints lieux et avoir été reçu chevalier du StSépulcre, il voyagea dans la Palestine jusqu'au Jourdain, le traversa et alla à Damas. Il rencontra dans sa route un chaia turc qui l'admit dans sa caravane, ce qui lui fut d'un grand secours pour la sûreté de sa route. 11 traversa le mont Liban, passa à Hems, à Hamah, resta trois mois à Alep, et s'embarqua à Alexandrette , après avoir vu Antioche. En retournant à Venise, il suivit en partie la même route qu'il avait tenue en allant en Palestine. De retour dans sa pa- trie, il publia en latin le récit de son voyage au Levant : Itinerarium Ilierosolymitcmum et Syria- cum, etc., auctore J. Cotovico, Anvers, 1619 beaucoup de figures : il fut traduit en flamand l'année suivante. La relation de Cootmk est une des meilleures que nous possédions; elle annonce un observateur instruit et judicieux. Il décrit avec soin, depuis Pola en Istrie, les antiquités de tous les pays qu'il a parcourus; il porte son attention sur les arts et les moeurs des différents peuples. Un extrait de cette relation a été inséré, sous le titre d'Excerpta de ritibus Mahonwlanorum, dans l'Arabice respu- blica, Amsterdam, 1633 qui fait partie de la, collection des Petites Républiques, donnée par les El- zévirs. On lui doit aussi l'abrégé du livre de Gasp. Contarini, sous le titre de Synopsis reipublicce Venetœ, qui est dans le volume de la même collection, intitulé: Cantarenus de Republica Veneta, Leyde, 1626 Cootwyk mourut à Utrecht, en 1629
  • Jean COPPIN : fut d'abord capitaine de cavalerie dans la guerre entre la France et l'Autriche, et s'embarqua en 1658 pour l'Égypte, séjourna deux ans au Caire, visita les pyramides et le monastère de StAntoine dans le désert. Menant en France, il aborda à Malte, puis à Livourne , et fut ensuite pris par les pirates maïorquains, qui, après l'avoir pillé, le déposèrent dans l'ile de Corse, d'où il gagna Marseille. En 1640, il fit un voyage à Tunis, puis à Seyde, visita Sour, StJeand'Acre, Na- zareth, la mer de Galilée, le mont Thabor, Jérusa- lem. De retour à Seyde en 1643, la peste le força à fuir cette ville et à se réfugier dans les terres de rémir du pays de Chouf ou des Druses. Après avoir passé trois mois à parcourir ce canton et celui qu'habitent les Maronites, ainsi que Damas, il retourna à Seyde, où il apprit en 164i que les consuls généraux de France et d'Angleterre, résidant an Caire, l'avaient nonmté consul à Damiette. 11 y séjourna jusqu'en 1647, et fut , dans l'intervalle nommé syndic des PP. de l'Observance de la terre sainte, et chargé de recevoir les aumônes des fidèles. Lorsqu'il revint en France, lassé du monde et du trouble qu'il y avait éprouvé, il prit l'habit des ermites de StJeanBaptiste, au diocèse du Puy, dans le désert de Chaumont. L'état déplorable où il avait vu les saints lieux lui lit présenter à la cour, en 1665, les mémoires qu'il avait composés dans ses voyages, pour montrer la faiblesse des Turcs, et la manière de leur faire la guerre : cet écrit fut accueilli par Louvois. Coppin passa ensuite en Italie, présenta ses mémoires au pape, qui approuva le zèle du religieux, goùta ses propositions, et écrivit à tous les princes chrétiens pour les inviter à une union générale contre l'ennemi commun. Cap- pin reçut ordre de rester à Rome, où, durant un sé- jour de deux ans et demi, il fut admis à plusieurs audiences ; mais les affaires d'Europe empêchèrent que les désirs du chef de l'Église obtinssent aucun effet, et Coppin revint dans sa solitude. On l'engagea à publier son ouvrage , qui pourrait être utile dans la guerre que plusieurs princes chrétiens faisaient anx 'turcs, et il le lit imprimer sous le titre de Bou- clier d'Europe, ou la Guerre Sainte, contenant des avis politiques el chrétiens qui peuvent servir de lu- mière aux rois et aux souverains de la chrétienté, pour garantir leurs Étals des incursions des ll'urcs et reprendre ceux qu'ils ont usurpés sur eux , avec une relation des voyages faits dans la Turquie, la Barbarie el l'Égypte, le Puy , 1686 Coppin nous apprend qu'il a' ai plus de soixantedix ans quand son livre parut. La 1" partie contient le mémoire adressé à tous les princes chrétiens pour les conjurer, au nom de leur amour pour la religion et de leur propre. sûreté, de se liguer contre la nation turque; il leur représente que loti se lait une fausse idée de sa puissance, qu'elle peut être va par les mêmes moyens qu'elle a employés pour assurer ses succès, et que ses derniers progrès doivent engager les chtéliens à s'armer promptement. Il déduit les causes qui ont fait échouer les croisades, et indique les moyens d'éviter les mêmes inconvénients. Après avoir donné une description sommaire des contrées soumises à la domination turque, depuis le Danube jusqu'aux côtes occidentales de Matoc, il en propose le partage. Il conseille, pour assurer le succès de l'expédition, l'usage de plusieurs machines que sa connaissance de l'art militaire lui a fait pour mettre les fantassins chrétiens à l'abri des attaques de la cavalerie turque ; niais, dans son dernier chapitre , il exprime ses craintes de parler (t, Quelques exemplaires portentfromispice refait, mils c'est 1,, inènw édition ; d'antres portent le nom de Lyon, Briasson. en vain. L'événement a justifié ses appréhensions, et jamais la ligue qu'il a proposée n'a pu s'effectuer, quoique le siège de Candie eût un moment réuni les forces de la chrétienté, et fait naître quelques idées d'une expédition contre les mahométans. Les moyens indiqués par Coppin sont raisonnables, le contingent qu'il assigne à chaque puissance n'est pas trop fort ; mais le résultat donne une armée considérable. Son plan de partage est moins judicieux, quoiqu'il donne la Judée au pape, et la basse Égypte à la France. La 2.' partie de son livre, réimprimée à Lyon, 1720 renferme la relation de ses voyages; elle annonce un bon observateur. Coppin écrit d'un style simple et sans faire parade d'érudition; il est exact et véridique
  • Jean CORAS( 1513) : jurisconsulte, né à Toulouse, en 1515 , d'une famille originaire de Réalmont. Il fit des progrès si rapides dans l'étude du droit, qu'il fut en état d'en donner des leçons publiques avant l'âge de dixhuit ails. De Toulouse il se rendit à Angers, puis à Orléans, et enlin à Paris, el partout il lit admirer la soliaité de son jugement et l'étenoue de ses connaissances. Le chancelier de 1,1topital assista à une conférence qu'il eut à Paris sur les Institutes, et en fut si satisfait, que, dès ce intiment, il lui accorda son estime. Cocas, à l'àge de vingt et un ans, se rendit à Padoue, où il professa pendant trois années; au bout de ce tempslà, il revint dans sa patrie, accepta la chaire de droit à l'université de Valence, nouvellement fondée, la quitta pour retourner en Italie, où ses amis lui avaient procuré la tuéme chaire à l'université de Ferrare ; et, cédant enfin aux vœux des magistrats et des citoyens de Toulouse, il vint remplir les mènes fonctions dans cette ville. Sa réputation était alors si grande, qu'au rapport de Maynard, la salle eù il donnait ses leçons était trop petite pour le nombre des auditeurs qui accouraient de tentes parts, et que plus de 4,000 personnes suivaient ses cours assidûment. Cocas, honoré des bontés de la reine de Navarre, fut nomme son chancelier; quelque temps après, Henri 11 le désigna pour une place de conseiller au parlement de Toulouse. On rapporte que, lorsqu'il en voulut prendre possession, n'ayant point été dispensé de l'examen public, où l'on supposait qu'il ferait briller tous ses talents, il s'en tira si mal que, s'il n'eût pas été si connu, on l'aurait refusé comme incapable. Il embrassa l'un des premiers, à Toulouse, le parti des réformés, et, convaincu d'avoir voulu leur livrer cette ville en 1562, il fut suis en prison et privé de sa place. Les protections qu'il conservait à la cour lui valurent sa liberté et sa réintegration dans ses emplois; mais il ajouta à ses premiers torts celui d'écrire contre les capitouls avec une hardiesse qu'ils ne lui pardon- lièrent point. La guerre civile s'étant m'Imitée en 1568, Coras se retira à Réalmont, et accepta, ainsi que ses confrères qui partageaient ses opinions, des commissions de juge, expédiées par le prince de Condé, chef des protestants. Après la paix de Longjumeau, il revint à Toulouse, et y vécut tranquillement jusqu'en 1572. La nouvelle du massacre de la StBarthélemy étant arrivée dans cette ville le 4 septembre, Coras fut an-été avec deux autres conseillers, Ferrière et Latger. Le parlement instruisit leur procès, et députa en même temps auprès du roi pour connaltre ses intentions à l'égard de Ces malheureux. La réponse fut qu'il fallait les faire mourir; mais le 4 octobre, pendant qu'on délibérait au parlement, des assassins, armés de haches et de coutelas, se rendirent à la Conciergerie, s'en firent ouvrir les portes, et massacrèrent tous les prisonniers, au nombre de deux à trois cents. Coras et ses deux collègues furent ensuite revétus de leurs robes, et pendus à l'orme du palais. Il était âgé de 59 ans. Ses ouvrages de droit, dont on trouvera la liste détaillée dans le t. 13 tles Mémoires du P. Nieeron, avaient été recueillis et imprimés à Lyon en 1556 et 1558, 2 vol. H y en a une 2 édition de Wittemberg, 1605, 2 vol. Les Miscellanea juris ci - vilis sont celui qu'on estime le plus. Parmi les ouvrages de Coras qui ne se trouvent pas dans ses œuvres, on distingue : i° un commentaire tréscurieux sur l'arrêt rendu dans la cause du faux Martin Guerre, Paris,15651 souvent réimprimé et tra- duit en latin par Surreus, 1588 ; 20 une traduc- tion des douze Règles de conduite, de Pic de la Mirandole. Sa vie a été écrite en latin par Jacques de Coras, dont il sera question dans l'article suivant
  • Jean CORBET( 1620 - 1680) : ministre nonconformiste anglais, fils d'un artisan de Gloucester, naquit dans cette ville, en 1620. Après avoir été admis connue bachelier èsarts à Oxford en 1659, il prit les ordres et prècha à Gloucester, pendant le siége, dont il publia plus tard une relation. Envoyé à Chichester, il devint ensuite recteur de Bramshot dans le Hampshire, emploi qu'il perdit en 1662. 11 vécut depuis, sans exercer de fonctions, dans la ville de Londres ou dans les environs, jusqu'au moment où, sous le règne de Charles II, sa congrégation l'invita à venir se réunir à elle à Chichester, où il fut son prédicateur. Collet eut plusieurs conférences avec l'évoque Gunnig sur des matières de théologie, mais n'ayant voulu faire aucune concession en ce qui concerne la discipline de l'Église, il ne put obtenir aucun bénéfice, et mourut le 26 décembre 1680. Un de ses écrits, intitulé : Emploi particulier de soi- mdme , a été réimprimé dernièrement par W. Lnwin, recteur de Stock. L'ouvrage le plus curieux de Corbet est la Relation his- torique du gouvernement militaire de Gloucester, depuis le commencement de la guerre civile jusqu'à la translation du colonel Massio au com mandement des forces de l'Ouest, 1465 L'état des partis religieux est bien exposé dans un autre écrit qui parut sous le titre de : Intérêt de Angle Urie en matière de religion, 1661 Corbet a pris une grande part au 1" volume des Collections historiques de Rushwort
  • Jean CORBICHON : religieux augustin et chapelain du roi Charles V, a traduit du latin en fran-çais un ouvrage intitulé le Propriétaire, parce qu'il traite des propriétés des plantes et des animaux, et, en général, de la plupart des corps de la nature. Il est divisé en dixneuf livres, qui traitent successivement et d'une manière très:abrégée, de la théologie, de la métaphysique, de la physique, de l'astronomie, de la géographie, de l'anatomie humaine, de la médecine , de la botanique sous lé rapport des vertus des plantes , de l'économie domestique et rurale. C'est une compilation faite sans choix et sans goût, suivant l'esprit du temps, d'un grand nombre d'auteurs anciens, grecs, latins et arabes, dont les noms s'y trouvent cités presqu'à chaque ligne pour faire autorité. Quoique l'auteur n'y soit pas nommé , il est évident que c'est la traduction du traité de Pro- prietatibus rerum. Cette traduction française fut faite par l'ordre du roi Charles V. 11 y en a plusieurs éditions sans date, en ca- ractères gothiques, avec des planches gravées sur bois. Dans les plus anciennes éditions, le titre est à la lin du volume. Voici celui qu'on voit à la tin d'un grand sans date, en caractères gothiques, et dont les ligures sont coloriées, qui est à la bibliothèque de l'Arsenal, à Paris : Cestuy livre des propriétés des choses, fut translaté du latin en françois l'an de grace mil eccixxii , par le commandement du trèschrestien roy de France, Charles le Quint de ce nom, régnant en ce temps paisiblement. Et le translata son petit et humble chapellain , frère Jehan Corbichori, de l'ordre de SI- Augustin, rnaistre en théologie de la grâce et promocion dudit prince et seigneur très- excellent, et a été revisité par vénérable et discrète personne frère Pierre Ferget , docteur en théologie du couvent des Augustins de Lion, et imprimé audit lieu de Lion par honorable home maistre Jehan Cy- ber, maistre en l'art de impression. Cette édition parait étre la première ; il y en a quatre autres de Lyon (lui portent les dates de 1482, 1485, .1491 et 1500. Le titre offre quelques différences, et, dans quelquesunes, le traducteur est nominé Jehan Corbechon. Ce livre fut aussi imprimé à Rouen, en 1507, 1539 et 1556 ; à Paris, en 1510, sous ce titre : le Grand Propriétaire de toues choses. Il n'a maintenaut d'autre mérite que son ancienneté r et sa rareté
  • Jean CORNARIUS( 1500) : médecin saxon , né en 1500, à Zwickau, se nommait HAGENBLIT, terme par lequel les Allemands désignent le fruit de l'églantier. Pierre Mossellan, croyant que le nom de son disciple exprimait le fruit du cornouiller, le traduisit par celui de Cornarius. Le jeune élève se montra digne de cet habile maitre. Ses progrès dans les langues et la littérature latines et grecques furent aussi rapides que brillants, et bientôt il fut jugé capable de donner luimême des leçons. 11 avait cependant à lutter contre un tempérament faible et sujet à de fréquentes maladies. C'est principalement ce qui détermina son choix pour la médecine , dont il obtint la licence en 4525 à Wittemberg , et le doctorat quelques années après. Les Arabes étaient alors regardés dans les universités comme des oracles, et leur doctrine était exclusivement admise et enseignée. Cornarius sentit tous les défauts d'un pareil enseignement, et se persuada que les écrits des anciens médecins grecs devaient être des. sources pures de l'art de guérir; mais ces précieux écrits, négligés pendant une longue suite de siècles, ne se retrouvaient plus. Cornarius lit pour en découvrir au moins quelques fragments , de longs et pénibles voyages. Il avait parcouru vainement la Livonie, la Belgique, l'Angleterre et la France, lorsqu'il eut la satisfaction de trouver les oeuvres d'Hippocrate, de Galien, de Paul d'Égine, de Dioscorides, à Bàle, chez Jean Froben, qui les avait reçus des Able, célèbres imprimeurs de Venise. Enchanté de sa découverte, Cornarius resta une année à Bâle , entièrement occupé de la lecture de ces ouvrages, qui justifiaient pleinement son admiration pour les écrivains grecs. Chargé de ce trésor, il se rendit à Northausen, puis à Francfort, avec le titre de médec 1,1 exerça aussi sa profession à Zwickau, pendant que la guerre désolait ce pays, et il fut assez heureux pour conserver la vie à une foule de militaires, qui ne lui témoignèrent pas la plus légère reconnaissance. La réputation de Cornarius le lit appeler à Marbourg , en qualité de professeur, et , quelque temps après , à la célèbre universite de Iéna , où il devint premier doyen de la faculté de médecine. Il y mourut d'apoplexie, le 16 mars 1558. Ses ouvrages sont trèsnombreux ; quelquesuns sont originaux, mais la majeure partie consiste en remarques, additions, commentaires et traductions. Cellesci Méritent une mention particulière sous divers rapports. En effet, plusieurs d'entre elles sont les plus anciennes que l'on connaisse ; elles sont en général assez exactes, et cependant, malgré ce double avantage, la plupart ont été, sinon ignorées , du moins oubliées par les bibliographes les plus vantés. Les traductions latines qu'ils citent de Platon, de Partlié- ' nius, de St. Basile, de St. Épiphane, d'Adamantins, de Synesius , sont toutes postérieures à celles qu'a faites Cornarius ; il suffira d'énumérer le titre de quelquesunes : I° Parthenii Niccee- nsis Erotica , sive de amatoriis a ffectionibus liber, gr.lat., Bàle, 1551 e Omnia D. Basilii magni, archiepis- copi Ccesarece Cappadocice, grue extant Opera, juxta arqumenlorum congruentiarn, in tomos partita qua- tu° r, Bàle,1540 5° Adamaniii sophiste Phy- siognomonicon, id est, de naturce indiciis cognoscen- dis libri duo, Bâle , 1541 Après la version latine, on trouve le texte grec. Parmi les autres ouvrages dont Cornarius a été traducteur, commentateur ou simplement éditeur, on remarque la Méde- cine d'Aétius et celle de Paul d'Égine, divers traités de Galien, les Matières médicales de Dioscorides, , etc. Mais Cornarius acquit surtout une grande réputation par ses travaux sur Hippocrate. il publia d'abord quelques fragments, accompagnés de préfaces intéressantes sur les connaissances nécessaires au médecin, et sur le mérite transcendant d'Hippocrate. En 1538, il donna une édition grecque des œuvres de ce père de la médecine , et, huit ans après, parut à Baie la traduction latine, sous ce titre flippocralis Coi, medicorum Ontnillen longe princi- pis, Opera quce ad nos exiant ° amict Cette traduction , qui lui coûta quinze ans de travail , est infiniment supérieure à celle de Calvo , la seule qui existât alors , et que Cornarius ne connaissait pas. Elle a été fort souvent réimprimée, dans divers pays et sous divers formats , tantôt imitée, tantôt copiée par les traducteurs modernes, qui, plus d'une fois, ont feint de l'ignorer, ou affecté de la *déprécies'. Cornarius dédia cet ouvrage aux sénateurs d'Augsbourg, qui, en reconnaissance, lui offrirent 100 écus d'or La 2° édition est préférable à toutes les autres; elle parut à Dale , en 1558 avec des corrections et des additions importantes. Léonard Fuchs, professeur de médecine à l'ubingen , critiqua durement certaines traductions de Cornarius , prétenkant, avec peu de fondement, qu'il ti*é.tait pas assez savant dans le grec , et qu'il n'écrivait pas le latin Illavec pureté. Celuici crut devoir se venger par un libelle intitulé : Vulpecula excoriata , Francfort, 1545 Le docteur de 'I ubiligen répondit par une diatribe intitulée : Cornarius furens. Le professeur de Marbourg justifia cette épithète par la virulence de sa réplique : Nitra cc brabyl, a pro vul- pecula e. rcoriata asservanda, Francfort, 1545, 4°. Les écrits scientifiques originaux de Cornarius sont 1° Universoe rei medicoe ÊmiTeetl.,e , sets enumera- tin compendio tractata, Bide , 1529 ; ibid., 1555 Ce mince opuscule ne tient pas ce que semblaient promettre son titre et le nom de l'auteur. '2° De Utriusque alimenti Receptaculis disser- tatio contra quant sentit Plutarchus , Marbourg, 1543 ; Bâle, 4544 3° De Conviviortim veterum Graecorum et hoc lemporc Germanorum Ri- tibia, etc., Bâle, 1548 Gronovius a inséré la tripartie de cet opuscule dans le 9° vol. de son The- saurus Ànliquitaium Grœcarum. 4° De Peste libri duo, pro totius Germanice, imo omnium hominum salute, Bile, 1551 50 Medicinu, sive Medi- cus , liber unus : accedunt orationes duce : uliera, Hippocrates sire doctor verus ; allera, de rectis Me- dicinœ 'Studiis amplectenclis, Bâle , 1556 e Theologice viiis viniferG9 libri ires, , Heidelberg, 1614 Abraham Schulze a été l'éditeur de cette monographie. On trouve des notices biographiques assez étendues sur Cornarius dans les Vika Germanorum Medicorum de Melchior Adam, et dans l'Ehrentempel de Jacques Brucker. ErnestGodefroi Baldinger a publié : Programmata 3 de Jano Cor nario, Iéna, 1770 — Diomède CORNARILS, fils de Jean, étudia fa médecine à Iéna, à Vienne et à Wittensberg. Après avoir exercé quelque temps sa profession à 'rimait en Hongrie, il obtint une chaire à l'université de Vienne.,L'empereur Maximilien 11 le choisit en 1566 pour son archiâtre, et l'anoblit. Cornaijus mourut dans un âge fort avancé , après avoir mis au iour un recueil de consultations, sous ce titre : Consiliorum medicinalium habitorum in consultalionibus a clarissimis algue experiissimis. apud diversos œgrotos , partim defunctis , partira adhuc superstilibus medicis , traclatus . etc.; acre- dunt : i° Observationuyn medicinalinm partira ah autore, partim ab aliis doctrina et eruditione excel- lentissimis vins annotatœ preemeditationes; 2° His- torie admirandce raree ab codent aulore collectez', Leipsick, 1599 Cornarius publia cette imbue année l'éloge funèbre du célèbre. professeur et historiographe Wolfgang Lazi us, qu'il avait prononcé le 20 juin 1565
  • Jean CORNARO : doge de Venise, de la illèlllt: famille que le précédent, succéda, le -16 décembre 1624, à François Contarini. Lorsqu'il parvint au dogat, il existait entre sa maison et celle de Zeno une Mut reptihhque les obligeait de résider à Venise, et de se faire repre>enter à ? dalle var va poble de tare ronDe. . _ de. ces inimitiés trop souvent héréditaires en Italie. Renier Zeno, appartenant à cette dernière famille, et l'un des chefs tht conseil des dix, s'efforça d'armerre conseil soupçonneux contre le doge, dont il se montrait en toute circonstance l'ennemi déclaré tantôt il s'élevait contre les faveurs que, par considération pour Cornaro, on avait accordées à ses enfants, tantôt il l'accusait' de tolérer les désordres, et le sommait publiquement de les réprimer. Frédéric Cornaro,évèque de Bergame et l'un des fils du doge, ayant été revêtu de la pourpre par le pape, Zeno prétendit que la loi qui interdisait aux enfants du doge d'accepter aucun bénéfice pendant le règne de leur père serait violée, s'il acceptait. Il exigea qu'on mit vette affaire en délibération ; mais le crédit de la famille Cornaro triompha de cette attaque, on décida que la dignité de cardinal ne devait pas être considérée rom me•un bénéfice, et Frédéric fut autorisé à garder le chapeau. Zeno avança ensuite que les enfants du doge n'avaient pas tous le droit d'entrer au sénat, et il réussit à faire éliminer George Cornaro, le plus jeune des trois fils, qui était surtout l'objet de ses invectives. Virement irrité de cette persécution, George Cornaro ayant attendu Zeno à la sortie du conseil, le frappa de plusieurs coups de poignard, et.croyant l'avoir tué, se rérugia à Ferrare . Zeno, guéri 'de ses blessures, redoubla d'acharnement contre la maison Cornaro. Cependant la haine du conseil des dix pour le doge aurait eu des suites fatales pour ce dernier, si la noblesse vénitienne n'avait pas déjà commencé à se plaindre de la tyrannie de ce conseil, et à vouloir restreindre ses usurpations. Elle n'osait point agir ouvertement contre lui ; mais à l'époque oit il devait être renouvelé par une élection, les nobles refusèrent également leur suffrage à tous les candidats, et l'oligarchie qui se formait au milieu d'eux, se voyant sur le point d'être anéantie, fut réduite à capituler. On lui ôta le droit qu'elle s'était arrogé d'annuler les décrets du conseil, et aloès lui avoir fait sentir qu'elle n'était pas souveraine, on acheva les électio:e . Pendant le règne de Jean Cornaro la peste enleva à Venise près de 60,00011abi anis, et les provinces en perdirent plus de 500,000: c'était le quart de la population. La république eut des démêlés de peu d'importance avec le saintsiége; elle en eut aussi avec le due de Savoie, à cause du titre de roi de Chy pie et deJérusalem que ce prince prenait dans des traités, et avec l'Espagne pour la souverai neté qu'elle s'arrogeait dans le golfe. Elle fut également presque toujours en guerre avec la maison d'Autriche, d'abord pour la défense de la Valteline, qui lui fut enlevée par Pappenheim, général de Ferdinand II; ensuite pour assurer la succession de la branche française des Gonzague, ducs de Nevers, aux duchés George Cornaro, rayé du livre d'or, fut banni ; on ni t sa tète à prix, et une table de marbre fut élevée sur le lieu où le crime avait été commis. Il fut tué quelque temps après dans une rixe par un autr banni. D—t —s. 2) Après des diScussions orageuses, la terreur du conseil desdix ayant paru lx seule defense suffisante des faibles contre lu- puis- suite, les patriciens restèrent soumis à la justice exceptionnelle des décemvirs, et cette résolution de 1628 resta loi de Venise jusqu'à 1 extinction de la république. D—z—s. de Mantoue et de Montferrat, tandis que le comte de Collalto,gigénéral impérial, avait ordre de s'emparer de ces duchés comme des fiefs dévolus à l'Empire. La guerre de trente ans était déjà allumée enAllemagne, et les soldats s'y étaient accoutumés à une effroyable férocité, en sorte que l'invasion du Man- touan fut signalée par des ravages et des cruau- tés inouïes, qui répandirent la terreur dans l'État vénitien; cependant les frontières de la république furent à peine entamées. Cornaro mourut au plus fort de la guerre, le 25 décembre 1629. Il eut pour successeur Nicolas Contarini. S—SI et Dz—s.
  • Jean CORVIN : fils naturel du précédent-. Son père l'éleva luimême avec une affection d'autant plus tendre qu'il n'avait point eu d'enfants de ses deux femmes ; il le nomma comte de Liptaa, duc de Troppau et prince de SclaVgnie : il lui avait fait prêter serment de fidélité par les gouverneurs des principales places du royaume ; et, s'il avait vécu, il aurait sans doute exécuté le projet qu'il avait formé de le faire nommer son successeur. A la mort de Matthias , les partisans de Jean cherchèrent à l'élever sur le trône; leurs espérances paraissaient d'autant plus fondées qu'ils avaient l'armée pour eux; mais ils manquèrent d'ensemble et de résolution. Wladislas , roi de Bohème, fut élu pour succéder à Matthias. jean, après s'être réconcilié avec le nouveau roi, fut nommé gouverneur de Croatie, de Dalmatie et de Sclavonie; il se distingua contre les Turcs, et mourut jeune en 1504. Avec lui s'éteignit la famille des Hunniades
  • Jean COSIN( 1595 - 1672) : évêque anglican, né à Norwich le 30 novembre 1595, fut élevé à Cambridge. Il fut d'abord bibliothécaire et secrétaire de l'évêque de Litchlield et Coventry, puis chapelain de l'évêque de Durham, qui lui procura de riches bénéfices et c?lard,» beaucoup à le faire e?dmaitre. Ses liais?ns mec l'éveque Land et plusieurs autres ecclésiastiques distingués le rendirent suspect aux puI ;tain,. a Collection de , lorsque les troubles civil, éclatèrent. Il fut eu 1641 le premier ecclésiastique dont Ivs bénéfices furent séquestrés par la chambre des communes, sur une accusation de papisme en 1ingt chefs, la plupart du genre de celui que fou•nissait le frontispice de son livre. Il se justifia, et fut reconnu innocent par la chambre des pairs; mais il ne parait pas qu'il ait été remis en jouissauce de ses bénéfices. Sun attachement à la cause du roi donna lieu biente? à de nouvelles persécutions. En 1613, il fut chassé de l'université, et fie de s'enfuir en France. Arrivé à Paris, il y forma rune congrégation des Anglais exilés, fut nommé chapelain de la maison protestante de la reine IlensietteMarie, et, en cette dualité, logé au Louvre, avec une petite pension. Il officiait habituellement dans lit chapelle de l'ambassadeur d'Angleterre, et quelquefois aussi dans l'église protestante I lv Charenton. Les catholiques lui causèrent un chagrin sensible en convertissant son fils unique, qu'il déshérita dans la suite pour ce fait. Il revint eu Angleterre à la restauration, fut nommé évêque de Durham, et posséda ce siège jusqu'à sa mort, arrivée le 26 jan% ier 1672. On cite, entre autres exemples de sa piété, qu'ayant été remis en possession de la maison de campagne de l'évêque de Durham, il fit démolir un pavillon trèscommode que le propriétaire momentané de cette maison avait fait biltir des débris d'une chapelle abattue dans les troubles, et qu'il en fit rebittir la chapelle. Ce trait et la sévérité de Cosin envers son fils poileraient faire penser que, quelle que fût sa cr??yaner, elle n'était pas exempte de fanatisme; mais il est difficile tic prononcer sur des actions faites dans des temps de parti, et de déterminer à quel point l'esprit le plus sage peut céder à l'influence religio catholica, priser", caste, deforcuta, etc., imprimé à la fin de sa vie par le l?cteur Srniill; 2. Historia transsubstwiliationis papalis, publiée, par plirets, Londres, I67:; el traduite en anglais en (676 par Lake Ileauliett; 3° les différences fiai existent sur Ics principaux ??? i? ts de religion entre de Rome c1 ( 1*. l? yle. 'terre, imprimées à la fin des Corruptions de l'Eglise de Rome, par l'évêque Baie. On a aussi de Cosin plusieurs ouvrages qui n'ont jamais été imprimés
  • Jean COSTA( 1736 - 1816) : poète latin, né en 1736, dans Assiago, village du Vicentin, fut admis au séminaire de l'adoue Lar la protection de l'évèque liezzonico, depuis papeesons le nom de Clément X111, et y fit de rapides progrès dans les lettres. Ses études achevées, il fut chargé d'y enseigner les humanités ; et dans la suite il obtint, avec la première chaire, la direction de cette école célèbre, dans laquelle il maintint le bon goût des lettres grecques et latines. Leur culture lit l'occupation et le charme de sa vie. Il se démit, en 1791, de la chaire qu'il avait illus- trée par ses talents, afin de pouvoir Se li%rer entièrement à la traduction de Pindare. Costa mourut le 29 décembre 1816, à 80 ans. C'est, au jugement de Lombardi, le meilleur des poètes latins qui ont paru depuis le siècle a eu deux éditions, en 1756 et en 1803. Il a traduit de l'anglais en vers latins plusieurs opuscules, entre autres l'Essai sur l'homme de Pope, et l'Elégie de Gmy sur un cimetière de campagne. Mais l'ouvrage qui doit faire durer sa réputation autant que la langue latine, est son inimitable traduction de P dare, en 3 volumes restée jusqu'ici presque inconnue en France. On a de Costa quelques morceaux qui prouvent qu'il aurait pu se faim un nom dans la poésie italienne. Son dithyrambe, intitulé Artemisia, dans lequel il a fait usage d'un rhythm: nouveau, est regardé comme un chefd'œuvre. Enfin on a de lui , dans le Recueil de l'Académie de Padoue, trois Dissertations trèssavantes. Le tome for de ce recueil pour l'amide 1817 contient l'Eloge de. Costa par Cemii. Sébastien Melan, l'un de ses élè- ves, et son successeur dans sa chaire au séminaire de Padoue, en a publié un antre en latin. Le P. Moschini lui a consacré dans la Biograf. univer- sale, unarticle dont on a tiré quelques détails; mais on en a corrigé les erreurs avec le secours de la Sto- ria della letteratum italiana, de Lombardi
  • Jean COSTER DE ROSENBOURG( 1613) : médecin, né à Lubeck en 1613, commença ses études à Koe- nigsberg, et alla les continuer à Leyde, où il obtint le doctorat en 1645. De retour à Koenigsberg, il fut agrégé à la faculté de cette ville. En .1649, il se rendit à Wismar avec le titre de médecin stipendié ; de là il passa à Revel , en qualité de physicien de l'ordre des chevaliers d'Estonie. Il occupait cet emploi depuis cinq ans, lorsque CharlesGustave, roi de Suède, le choisit pour son archiâtre, et l'anoblit. Après la mort de ce souverain, en 1660, Coster fut médecin du grandduc de Russie à Moscou; enfin, il retourna à Revel, où il termina sa carrière en 1685. Outre sa dissertation inaugurale, De dysenteria, Coster a publié un ouvrage intitulé : A ffectuum te- titis corporis humani prœcip- uorum theoria et pra- xis tabulis exhibitœ; accessit Caroli Gustavi, re- gis Sueciœ morbi et obitus relatio medica, Francfort, 1663 Lubeck, 1675 etc
  • Jean COTTA : poète latin du 16° siècle, né dans im village sur l'Adige, près de Vérone, et mort à vingthuit ans, s'est acquis par un petit nombre de vers une réputafion grande et méritée. Après avoir parcouru, dans sa première jeunesse, plusieurs parties de l'Italie, il s'attacha au fameux général des Vénitiens, Barthélemi d'Alviano. Ce général fut vaincu et fait prisonnier en 1509, à la bataille de Gbiara d'Adda, que nous appelons en France ba- taille d'Agnadel. Cotta perdit en cette occasion la plupart de ses manuscrits. D'Alviano l'envoya quelque temps après à Viterbe auprès du pape Jules IL Le jeune poête y mourut d'une maladie contagieuse en 1510, ou 1511. Ce qui restait de ses poésies parut pour la première fois chez les Aides, avec les poésies de Sannazar, Venise, 1527 Elles reparurent dans un recueil intitulé : Ca ni ina
  • Jean COURTONNE( 1670 - 1738) : architecte, né à Paris vers 1670, a fait exécuter peu de travaux à Paris ; on peut néanmoins citer avec avantage deux hôtels. Le premier est celui de Noirmoutier, rue de Gre- nelle, faubourg StGermain, construit en 1720. Son étendue, la commodité de sa distribution et la richesse de sa décoration intérieure le font dist d'un grand nombre d'autres du même temps; l'autre est l'hôtel de Matignon, rue de Varennes, qui montre aussi du talent et du goût. Courtonne a publié un Traité de la perspective pratique, avec des remarques sur l'architecture, suivies de quel- ques édifices considérables mis en perspective, et de IrMilin di l'auteur, Paris, 1725 on- %Ah estimé. Il fut professeur de l'Académie d'architecture, et eut le titre d'architecte du roi. Il mourut à Paris en 1738
  • Jean COUSIN : célèbre peintre français, naquit de parents pauvres, à Soucy, petite commune du canton de Sens. L'époque de sa naissance a été diversement fixée ; les uns l'indiquent en 1530 , d'autres la reportent à 1462 : mais il résulte de docii- ments de famille et de rapprochements histori- ques, q ue Jean Cousin naquit en 1500 ou 1501 .11 contracta un premier mariage avec une dame Marie eRicher, fille de Cluistophe Richer, secrétaire de jrançois I", et plus tard ambassadeur dé France en Danemark. Sa seconde femme fut une dame Christine Rousseau, fille de Lubin Rousseau, lieutenant général au bailliage de Sens. Enfin, en l'année 1537, Jean Cousin épousa en troisièmes noces Marie Bowyer, fille de _Henri Bowyer, propriétaire du do-,„inaine de Monthard. C'est dans ce domaine, situé 'sur la commune de Sancy, que la plupart des biographes font, par erreur, naître Jean Cousin. Sous le règne de, Charles VII, un Jehan Bowyer, Anglais d'origine, était venu s'y fixer, et ce Jehan, mort en 1470, avait laissé Monthard à son fils Henri, père de la troisième fenune du peintre. A la mort de Henri, arrivée en 1525, le domaine passa à son fils Estienne I", puis en 1545 à,Simon, fils de celuici, puis en 1590 à Estienne 11 fils d'Estienne I". Or, le 5 septembre 1552, cet Estienne II avait épousé Les renseignements biographiques, inédits pour la plupart, que contient cet article, ont été extraits d'une correspondance de famille restée inconnue aux précédents biographes de Jean Cousin, Cette correspondance, en date du 31 mai 1825,a été adressée jar un descendant du peintre sénonais, M. Bowyer du PetitBois près Tours, à M. Théodore Tarbe de Sens. M. Tarbé a luimême jeté un jour nouveau sur les origines de la facilite Cousin dans ses Recherches historiques sur la ville de SC118. Les documents précieux que renfermait la correspondance Bowyer ont été publiés pour la première fois par M. E. Deligand, dans une Notice sur Jean Cousin. Cette notice, lue en 1854, dans le congrès d'Auxerre formé par la réunion de la Société archéologique de Sens et de la Soeiéte des sciences historiques et littéraires de V lionne, fait partie des travaux imprimés de ce congrès. C'est cette remarquable étude qui a servi de base à l'article tiouveau de la Biographie universelle. Marie Cousin, fille unique de Jean Cousin, issue de son second mariage. Ainsi, en 1552, Cousin tenait à la famille Bowyer par un double lien. Dès 1537, bien que jeune encore, il fallait que son nom eût acquis une bien haute célébrité, pour qu'au milieu d'un siècle où les préjugés du sang et du titre étaient toutpuissants, Cousin, parti de si bas, eût été, par la seule noblesse du talent, trouvé digne d'aussi honorables alliances. —A l'époque où parut Jean Cousin, la France, sous l'influence de la régé nération qu'avait préparée le 15° siècle, prenait un rang distingué parmi les nations éclairées et amies des arts. L'imprimerie, nouvellement inventée, ou vrait un vaste champ aux développement de l'esprit et aux rapports des peuples. Les guerres soutenues contre l'Italie par Charles VIII et par Louis XII avaient mis la France en contact avec ce pays, si riche par tous les produits du goût et de l'imagina tion. Mais déjà, dans les différentes routes ouvertes à l'intelligence humaine, l'esprit français avait de puis longtemps trouvé sa propre voie. Les mains inspirées des maitres maçons avaient couvert le vieux sol gaulois de splendides basiliques. L'archi- tecture et la sculpture nationale du 13' siècle avaient préludé par des diefsd'cetwre de grandeur naïve aux chefsd'oeuvre plus raffinés des Pierre Lescot, des Jean Bullant, des Pierre Bontemps , des Jean Goujon, des Philibert de Lorme, des Germain Pilon. L'art du verrier, annobli par ces gentilshommes, qui l'exerçaient sans déroger, avait atteint une perfec tion telle que l'Italie rendait hommage à la supé riorité des artistes français. Au commencement du 16' siècle, des verriers de Marseille avaient été, ap- pelés par le pape Jules 11, pour décorer les vitraux du Vatican, sous la direction de Raphaël. Enfin, la peinture indigène, longtemps restreinte aux pro portions étroites des miniatures et des images, des manuscrits et des missels, s'essayait depuis quelque temps dans des crayons sur vélin, vignettes em preintes d'une studieuse patience et d'un vif senti ment de la réalité. Cet art, plante naturelle du sol français, après être resté pendant de longues an nées une partie de l'art décoratif, après avoir pro duit ces peintures à fresque, ces exvoto, ces pein - tures hiératiques, ces verrières votives, ces cartons à tapisserie dont les iconoclastes ou les restaura-, teurs modernes n'ont épargné que de rares exem- plaires, cet art indigène avait, dès le 14C siècle, subi une première altération. Par la Bourgogne s'était introduit en France ce goût de subtilité naïve à la fois et raffinée, ce naturel tout ensemble affecté et trivial qui distinguait alors l'art allemand et flam* and. L'imitation littérale et sèchement étudiée des peintres germains fut une première déviation, produite par l'imitation étrangère. Au commencement du 16' siècle, un élément nouveau s'introduisit dans la peinture française. François Clouet, dit Janet, allia la finesse veloutée et transparente de l'art lombard à la maigreur précise de l'art allemand : il réunit les procédés d'Holbein et ceux de Léonard deiVinci. C'est là qu'en était l'art du pin ceau en France, lorsque s'accomplit brusquement une révolution décisive, fatale, il faut bien le dire, à l'originalité de l'esprit national. Jean Cousin avait trente ans environ, quand François 1, jaloux d'i- nitier son royatune à toutes les gloires de la pensée, appela à sa cour les maîtres les plus illustres de l'Italie. En 1532, le Rosso vint donner ses leçons dédaigneuses à tout ce monde d'ymaginiers barbares dont la verte bonhomie devait sembler si méprisa- bic aux raffinés de Parme et dé Mantoue. A sa suite, le Rosso tramait une tribu tout entière de peintres et de sculpteurs, les Lucca Penni, les Naldini, les Domenico del Barbieri, les Bartolomeo Miniati, les Lorenzo Naldini, les Antonio Mimi, les Francesco da Pellegrino, les GianBattista della Palla. Cette cour brillante n'eut pas de peine à faire disparaître, dans son éclat la modeste pleïade des artistes fran- çais. Janet, Charles et Thomas Dorigny, du Breiiil, Bunel, Corneille de Lyon, du Moustier, presque tous portraitistes et incapables de créer une grande machine picturale, ou s'effacèrent ou apprirent à imiter leurs nouveaux mcdèles. Un seul sut garder quelque chose de la vieille sève gauloise, un seul se maintint original, même dans son imitation : ce fut Jean Cousin. C'est qu'il avait trouvé et compris une veine supérieure à celle qu'exploitait l'école du Rosso. 11 avait su, lui étranger aux merveilles de l'Italie, deviner pour ainsi dire la source originale oubliée déjà des Italiens euxmêmes. Léonard de Vinci était venu, il est vrai, en France de 1516 à 1b19 : mais déjà vieux, fatigué, il s'était uniquement occupé d'un projet de canalisation de la Sologne. L'ingénieur avait survécu au peintre. Toutefois, si Léonard n'avait laissé à aucun maître français le secret de la tradition italienne, quelquesunes de ses toiles ornaient le cabinet royal à côté de quelques tableaux de Raphaël. Déjà la gravure multipliait les chefsd'œuvre de ces deux beaux génies: ce furent là les maîtres posthumes de Jean Cousin. Aussi, pendant que le Rosso, esprit exclut, exagérateur du style académique de MichelAnge, entait brusquement l'art florentin dégénéré sur l'art lora- bardegothique des peintres français, Cousin s'inspi- rait de la savante et grandiose simplicité méconnue des deux côtés des Alpes. De là le grand caractère qui le distingue des autres artistes de son temps. Les élèves du Rosso, et, après eux, ceux du Primatice n'avaient pas eu de peine à reproduire ces procédés d'écoles ce faire routinier, plus facile à imiter que la nature. Maître François d'Orléans, maître Simon de Paris, maître Claude de Troyes, maître Lament Picart , et , pardessus tous , Toussaint du Breüil s'étaient emparés avec bonheur de la recette florentine. ils avaient encore exagéré les défauts de leurs modèles; l'ampleur outrée était devenue de l'épaisseur : une roideur tourmentée avait remplacé le faux grandiose et la verve de convention avait poussé jusqu'au fracas. Tels avaient été, en l'espace de trenterieuf ans, depuis l'arrivée du Rosso, jusqu'à la mort de Primatice , les résultats de la dictature italienne. Tels sont, au reste, sur tous les
  • Jean COUTURIER( 1760 - 1824) : neveu des précédents, naquit à Dijon, le 3 avril 1760. Son père, greffier au parlement, le destinait à la profession d'avocat; mais en 1791 il abandonna le barreau pour se livrer à l'enseignement de la grammaire latine. Les principes religieux que lui avaient inspirés ses deux oncles, et qu'il eut le courage de manifester, même dans les temps les plus difficiles, lui valurent la confiance d'un grand nombre de familles. Mais un commissaire de police, qui découvrit un catéchisme parmi les livres à l'usage des élèves de Couturier, le dénonça comme un fanatique, et son école fut fermée. Bonaparte ayant rétabli le culte catholique, Couturier l'en félicita par une Épitre qui dut, moins au talent du poète qu'au mérite de l'àpropos, une telle vogue que trois éditions furent épuisées dans quinze jours. Encouragé par ce succès, il fit une nouvelle Épître au consul pour l'inviter à rappeler les Bourbons, et qu'il termina par ces vers Consens à devenir le second de la France, Et tu seras le. premier des mortels. Des amis mieux avisés l'engagèrent à la garder en portefeuille. Peu de temps après, il fut nommé principal du collége de Gray ; et, à la réorganisation de l'Université, Couturier quitta cette place poux venir occuper celle de professeur de troisiè- me au lycée de Dijon. En 1815 il fut chargé de la direction de cet établissement devenu collége royal; mais, fatigué des détails de l'administration, il demanda la chaire de rhétorique, qu'il n'a pas cessé de remplir jusqu'à sa mort, arrivée le 20 novembre 1824. Membre associé de l'Académie de Dijon depuis 1808, Couturier y lut plusieurs morceaux, entre autres un Discours sur les avantages qu'offre l'étude de la littérature hébraïque. Parmi ses autres productions en prose, la seule qui mérite d'être citée est un Mémoire sur l'instruction publique, dédié aux parents chrétiens, 1815; 2' édit., 1818 On lui doit encore quelques pièces de vers, notamment des Épitres à Daru et à madame de, Vannoz. Une Notice sur Couturier, par M. Aman- ton, se trouve dans le recueil de l'Académie de Dijon pour 1825. — COUTURIER , d'une autre famille que les précédents, lieutenant civil et criminel au bailliage de Bouzonville, fut député à l'assemblée législative, puis à la Convention nationale, par le département de la Moselle. Fort exalté dans ses opinions, il proposa d'accorder une amnistie à JourdanCoupeTête et aux autres égor- geurs d'Avignon. Se trouvant en mission à l'épo- que du procès de Louis XVI, il ne vota pas. Il di - vint membre du conseil des cinqcents, et après le 18 brumaire fut nommé directeur de l'enregistrement du département de la Loire. 11 mourut à Issy le 5 octobre 1818
  • Jean COUTURIER( 1730 - 1799) : curé du diocèse de Dijon, né en 1730, à Minot, bailliage de la Montagne, fut dirigé dans ses premières études par son oncle, curé de Minot ; et les termina d'une manière brillante au collège de Langres, alors tenu par les jésuites. Ses maîtres s'empressèrent de se l'associer; et, après avoir professé dans le même collége qui venait d'être témoin de ses succès, il l'emplit la chaire de rhétorique à Verdun, à Pont-àMousson, où les jésuites possédaient de beaux établissements. Il se trouvait à Nancy lors de la suppression de la Société. L'évêque de Soissons l'employa comme missionnaire, et voulut, en lui procurant un canonicat de StWaast, le fixer dans son diocèse. Mais le P. Couturier reçut l'ordre de retourner à Dijon; et peu de temps après il fut pourvu de la cure de Lery, qu'il administra jusqu'en 1791, dont il fit une paroisse modèle, et où son nom fait encore verser des larmes. Ayant refusé de prêter le ser- ment exigé des ecclésiastiques, il fut obligé de la quitter, puis, jeté dans les prisons avec une foule de ses confrères, jusqu'au mois de septembre 1795 qu'il obtint l'autorisation de retourner dans sa famille. Le voeu des habitants de Lery le l'appela bientôt dans son ancienne paroisse, privée de pasteur depuis près de cinq ans, et il crut pouvoir y reprendre l'exercice de son ministère sous la protection de lois qui garantissaient à chacun la liberté de conscience. Il ne tarda pas à reconnaître qu'il s'était trompé. Obligé de se cacher pour évi- ter un nouvel emprisonnement, le churin et les privations altérèrent sa santé, que tous les secours ne purent rétablir; il mourut 'dans les bras de son frère à Lery, le 22 mars 1799. On a de lui : 1° Ca- téchisme dogmatique et moral. Cet ouvrage, impri- mé pôtr la première lois à Dijon, en 1821 , continue d'obtenir le plus grand succès; la 4' édit., 1825, vol. est précédée d'une notice sur la vie et les écrits de l'auteur. La 5° édit., 1827, et la 6', 1832 , contiennent de nouvelles additions. Un ecclésiastique du diocèse de Dijon a publié un Abrégé de ce catéchisme, 1824 2° La bonne Journée, etc., Dijon, 1822. 3° Abrégé prati- que de la doctrine chrétienne, ibid., 1822; 2' édit., 1823 4° La sainte Famille, ou l'histoire de Tobie, ibid., 1823 Cette édition est annon-: cée comme la première conforme au manuscrit de l'auteur. Parmi les ouvrages inédits de Couturier, on cite des Sermons, des Méditations, une Défense des ordres religieux, des Opuscules ascétiques et de controverse. - CounuuER , frère du pré- cédent, embrassa comme lui l'état ecclésiastique et fut pourvu de la cure de Salives. Député par le bailliage de la Montagne aux états généraux, il y combattit les, projets des novateurs qui lui semblaient tendre au renversement de la religion. A la séance du 8 septembre 1790, le comité ecclésias- tique ayant présenté, un décret portant que le trai- tement fixé pour les religieux ne courrait que du 1°' janvier 1791, « MM. du comité, ditil, veulent « donc que les religieux passent un an sans man- « ger... » Lorque le département de Paris deman- da que la consécration des nouveaux évêques pût avoir lieu dans leurs oratoires, on l'entendit s'é- crier : « Et même dans les synagogues et les mos- « (litées. » Cette saillie lui valut un rappel à l'ordre du président. 11 déplora vivement les mesures proposées à l'égard des églises devenues inutiles, par la suppression des ordres religieux et par la nouvelle circonscription des paroisses. Indigné de voir l'ancien évêque d'Autun rapporteur d'une telle affaire, il signala comme une inconséquence digne de blâme, qu'attaché par sofi état au sanctuaire il fit un rapport contraire aux devoirs de son état. Dans la discussion qui s'éleva pour la translation des cendres de Voltaire à SteGeneviève : « On · vient, dit l'abbé Couturier, de le comparer à « un prophète; je demande que ses reliques soient « envoyées en Palestine. » Son refus de prêter ser- ment entraîna son exil; mais il n'attendit pas, comme le disent les modernes biographies, le 18 brumaire pour rentrer en France, puisqu'il admi- nistra les derniers secours de la religion à son frère. Il refusa l'épiscopat que lui avait offert Portalis lors du concordat, préférant sa chère paroisse de Salives, où il mourut en 1805. On a de lui : His- toire de l'Ancien Testament, Dijon, 1825, 4 vol. qu'on.a souvent attribuée à son frère
  • Jean COUVAY( 1622) : graveur, né à Arles en 1 622, a gravé avec beaucoup de goût et de facilité : son style a de la ressemblance avec celui de Villamena. On trouve dans le recueil de Crozat le Si. Baptiste dans dans le désert de Raphaël, gravé par Couvay : c'est un des bons morceaux de cet habile maitre ; mais le Martyre de St. Barthélemy, d'après le Poussin, est son chefd'oeuvre. C'est là qu'il a mis dans tout leur jour les tailles fines et délicates de son burin. Couvay parait avoir travaillé quelquefois pour les libraires. Le frontispice du poème de Clovis a été gravé par lui, d'après un dessin de J. Bourdon ; il représente Louis XIV à cheval, précédé de la Renommée. L'oeuvre de Jean Couvay est assez considérable ; on y trouve quelques portraits ; niais le talent avec lequel ils sont gravés est le seul motif qui puisse encore les faire rechercher. Cottvay sut prendre avec ripe flexibilité remarquable le style du maître d'après lequel il travaillait; les ouvrages de Raphaël, du Guerchin, de Blanchard, de Lebrun, de Jacques Stella, de Vignon, Poussin et Huret ont tour à tour exercé son burin facile et \ aiid ; il gravait quelquefois d'après ses propres compositions. — L. COUVÂT, probablement frère du précédent, était docteur en médecine, lorsqu'il publia en 1649 une Méthode nouvelle et très- exacte pour enseigner et apprendre la première partie de Despautère, dans aquelle tout ce qui appartient aux genres des noms st si clairement expliqué par figures en taille-. fou«, que les plus jeunes en peuvent retirer un nerveilleux profit. Paris orné de 18 planhes , y compris le portrait du duc d'Anjou ;Tavé par Jean Couvay. C'est à ce jeune prince que 'auteur dédia cet ouvrage curieux, qui a cessé l'être recherché depuis qu'on ne met plus les .ègles des genres dans les grammaires latines élé- nentaires à l'usage des écoles. J. Balesdens' grand tdmirateur de toutes les inventions qui tendent à aciliter l'enseignement, exalte beaucoup cette néthode, dans une longue lettre que l'auteur a nise à la tête de son ouvrage. Cinq ans après, ouvay dédia au même prince l'Honnête Maîtresse bu le Pouvoir des Dames sur ceux qui les recher-. hent honnêtement en mariage, Paris, 1654 nrvrage de morale et de galanterie, traité suivant es règles de la philosophie d'Aristote. Son premier )uvrage ayant eu quelques succès, L. Couvay en niblia un autre du même genre : Les quantités, livisées par tables et par figures en taille- douce, ?anis, 1672 A—s et C
  • Jean COWELL( 1554 - 1611) : savant jurisconsulte anglais, aquit vers 1554, à Ernsborough, dans le comté de Devon. D'après les conseils de Richard Bancroft, évêque de Londres, il se livra à l'étude des lois. Vers l'an 1600, il fut nommé professeur de Illtis civile à Cambridge et principal du collége de la Trinité. Bancroft, devenu archevêque de Can- torbéry, l'engagea' à donner l'explication des mots employés dans les écrits des jurisconsultes, dans les lois, etc., qui peuvent présenter quelques dif- ficultés aux étudiants; ce qu'il fit dans son ouvrage intitulé l'Interprète, publié à Cambridge en 1607 et réimprimé deux ans après. Le prélat lui en marqua sa satisfaction, en le 'nom- mant vicaire général du diocèse de Cantorbéry; mais le succès ne fut pas sans contradiction. Cet ou‘Tage, reçu d'abord trèspaisiblement, excita. bientôt de vives réclamations. On trouva que l'au- teur ne parlait pas assez respectueusement de la loi commune et de quelqnesuns des jurisconsultes qui l'avaient professée, particulièrement de Littleton. Cette irrévérence offensa surtout sir Édouard Coke, premier juge des plaids communs, qui avait commenté Littleton, et l'on i dit qu'à ce respect religieux que tout commenta- teur a pour sou auteur, se joignait un peu de ja- lousie contre Cowell. Coke était regardé comme l'oracle de la loi commune, ainsi que Cowell l'était de la loi civile ; le premier représenta au roi Jacques son adversaire comme un ennemi de la pré- rogative royale, en sorte qu'il eût été perdu, sans l'intervention de l'archevêque de Cantorbéry. Coke l'attaqua ensuite avec plus de succès, en dénon- çant an parlement son livre de l'Interprète, comme une atteinte aux droits du peuple. Cowell fut mis en prison, et son livre fut brûlé. La proclamation du roi pour la suppression de cet ouvrage offre un préambule assez singulier. « Le temps dans lequel « nous vivons, y estil dit, ayant vu naître des a discussions, de vive voix et par écrit, taet sur la. « religion que sur les vertus morales les plus res- « pectables, il en est résulté une insatiable curio- « sité dans l'esprit de beaucoup de gens, et une a démangeaison de parler et d'écrire, telle qu'il « n'est aucun sujet qui n'ait été examiné à fond. « Depuis les mystères les plus élevés de la volonté « de Dieu, et les plus impénétrables conseils de « la Trinité, jusqu'au dernier gouffre de l'enfer et « aux actions incohérentes des démons, il n'est rien « où la curiosité des hommes n'ait cherché à pé- « nétrer. » Le peuple, aussi susceptible que son roi, se crut également offensé, de sorte que la réimpression de l'Interprète, en 1638, fut imputée à l'évêque Laud, comme un des crimes qui dev la matière deson procès ; ce qui n'a pas empêché de réimprimer ce livre plusieurs fois depuis, notamment en 1677, 1684, et 1708. On y a fait à la vérité des corrections et des augmentations, et il est généralement regardé comme un ouvrage utile. Cowell, se voyant maltraité de toutes parts, prit le parti de la retraite, et finit ses jours au collége de la Trinité, où il mourut le il i octobre 1611, des suites de l'opération de la pierre. Outre l'Inter- prète, il a publié : Institutiones Juris anglicani, ad seriem, Institutionum imperialium, Cambridge, 1605
  • Jean CRAIG : nommé mal à propos CRAIGE dans quelques auteurs français. Ce géomètre, né en Écosse, fut le premier qui fit connaître en Angleterre, fort imparfaitement à la vérité, le calcul différentiel tel que l'avait conçu Léibnitz. 11 s'en servit, dans un Traité sur la quadrature des courbes, qu'il publia en 1685, un an après que Léibnitz eût annoncé sa découverte dans les Actes de Leipzig. I Newton, qui possédait depuis longtemps la métho- de des fluxions, dont le fonds est le même, mais la forme moins commode, la cachait soigneusement. Ainsi, dans la discussion qui s'est élevée sur le vé-1 ritable inventeur du calcul des infiniment petits, et dont il sera parlé à l'article LÉIDNITZ, c'est une circonstance digne de remarque, que ce calcul ait été apporté du continent en Angleteue, où l'amourpropre national en 1 réclamé la propriété ' exclusive. Craig écrivit ensuite avec la notation de Newton, et d'après ses idées, un traité du Calcul des fluentes, ouvrage assez faible, et qui fut vivement critiqué par Jean Bernoulli. Dans un second ! traité sur la quadrature des courbes, et les lieux géométriques, publié en 1691, il avait fait quelques remarques utiles sur la construction des sections coniques. Peu après, il imagina d'appliquer le calcul algébrique à la théologie, en recherchant quel devait être l'affaiblissement des preuves historiques, suivant la distance des lieux et l'intervalle des temps. 11 trouva, par ses formules, que la force des témoignages sur lesquels est appuyée layérité de la religion chrétienne ne pouvait subsister que quatorze cent cinquantequatre ans, à partir de 1699, et il concluait de là qu'il y aura un second avénement de J.C., ou une seconde révélation, pour la rétablir dans toute sa force. De pareilles assertions ne pouvaient manquer d'enflammer le zèle des théologiens : Ditton et Houttetille réfutèrent en forme l'écrit de Craig. C'est un trèsbeau sujet que l'ap- plication du calcul des probabilités à la vérité des témoignages, mais Craig n'en connaissait pas les véritables principes; son ouvrage n'est plus cité que par le contraste du sujet et de la méthode, et les réfutations n'ont pas un plus grand nombre de lecteurs. Craig a donné des mémoires dans les Transactions philosophiques, les Acta eruditorum, et a publié les ouvrages suivants : 1° Methodus fi- gurarum lineis rectis et curvis comprehensarum, quadraturas determinandi, Londres, 1685 2° . Tradatus mathematicus, de figuraruni curvili- nearum quadraturis et locis geometricis, Londres, 1693 3° Theologiœ christianoe principia ma- thematica, Londres, 1699 de 36 pag. J. Da- niel Titius en donna une nouvelle édition en 1755, à Leipzig; et y joignit une Réfutation de l'ouvrage et une Notice sur l'auteur. 4' De calculo fluentium libri duo, quibus subjunguntur libri duo de optica analytica, Londres, 1718
  • Jean CRASSET( 1618 - 1692) : jésuite, né à Dieppe le 3 janvier 1618, enseigna les humanités et la philosophie dans les colléges de son ordre, et se livra ensuite avec succès au ministère de la chaire et à la composition d'un grand nombre d'ouvrages ascétiques. 11 fut pendant vingttrois ans directeur de la congrégation des Messieurs, établie dans la maison professe des jésuites de Paris, oit il mourut le 4 janvier 1692. Ses principaux ouvrages sont : 1° Méthode d'oraison , Paris, 1673 2 ; 2° Méditations pour tous les jours de l'année, Paris, 1678, ouvrage solide et rempli d'onction ; 3° Dis- sertation sur les oracles des Sibylles, Paris, 1678, in•I 2 : il en donna en 1684* une nonvelle édition dans laquelle il répondit à la critique qu'en avait faite Jean Marck, professeur de théologie à Groningue; 4° Vie de 7nadame Hélyot, Paris, 1683 plusieurs fois réimprimée ; 50 Histoire de l'Église du Japon , Paris, 1689, 2 vol. Cette 1" édition parut sous le nom de l'abbé de T.; mais là 2e, publiée en 1715, porte le nom du P. Cràsset sur le titre. Cet ouvrage, qui a été traduit en anglais en 1707, puis en italien et en portugais, est tiré en grande partie de celui que le P. Solier, jésuite, avait publié en 1627. Crasset le mit dans un meilleur ordre, en retoucha le style, et y ajouta une continuation, depuis 1624 jusqu'à 1658. Le 20 volume est eptièrement consacré à l'histoire de la cruelle persécution commencée en 1597, et dont l'historien attribue en grande partie la rigueur à l'imprudence des missionnaires dominicains et franciscains, qui ne prenaient aucune précaution pour dérober aux regards des infidèles leurs céré- monies religieuses. On reproche à cet ouvrage, d'ailleurs écrit avec ordre, de manquer de variété et de précision ; les détails trop minutieux dont il est rempli, l'ont fait abandonner depuis qu'on a celui de P. Charlevoix, qui en a conservé les faits les plus essentiels. 6° La Foi victorieuse de l' fidélité et du libertinage, ouvrage posthume, publié par le P. Jobert, Paris, 1693, 2 vol. '70 Des congrégations de Notre- Dame érigées dans les maisons des jésuites, Paris, 1694 8° Abrégé de la Vie de Claude Héliot, conseiller en la cour des Aides . Se trouve à la tète des OEuvres spirituelles de M. Héliot, Paris, 1710
  • Jean CRASTONI ou CRESTONI : helléniste du 1 5e siècle, naquit à Plaisance, et il est quelquefois cité sous le nom de Joanne& Placentinus. On ,i lui doit le premier dictionnaire greclatin. Henri Étienne, dans une lettre latine sur l'état de son i imprimerie et sur son Trésor , a parlé de Grastoni. « Un certain carme, ditil, frère Jean « Crastoni de Plaisance, est le premier auteur de « ces dictionnaires greclatin qui circulent ma tenant ; mais ses explications, où qtielquefois « même il a employé la langue italienne, sont mai « gres et sèches ; il n'indique qu'en passant les « constructions des Terbes, et ne cite jamais les passages des auteurs. » Les éditions du lexique de Crastoni sont fort rares, et les bibliographes les placent parmi les curiosités de la typographie. La, première est sans date, et doit, selon des conjec- tures trèsvraisemblables, avoir été imprimée à ' Milan vers 1478; la seconde est de Vicence, 1483; la troisième, de Modène, 1499. Ces éditions sont et ont été données par Bonus. Accursius de Pise. Accursius fit aussi un abrégé du dictionnaire de Crastoni. 11 y en a une première édition sans date, et que l'on croit imprimée à Milan vers 1480 ; une autre, de Reggio, 1497 ; une autre, dont la date n'est pas marquée, mais qui doit avoir précédé le 16" siècle. Ces éditions de l'abrégé sont On connaît deux autres ouvrages de Crasto- ni, une traduction latine du Psautier, et la grammaire de Constantin Lascaris, traduite du grec en latin. Le Psautier, de l'édition de Milan, 1481 est un volume de première rareté. La traduction de la grammaire de Lascaris a été imprimée à Milan, en 1480, et à Vicence, en 1489. 11 y en a un abrégé, petit avec la date de Vicence, 1491. Toutes ces éditions ont une grande valeur pour les bibliomanes
  • Jean CRATON( 1519) : dont le nom de famille était Crafft, naquit à Breslau le 20 novembre 1519, de parents peu fortunés, qui prirent cependant un soin extrême de son éducation. Après en avoir reçu les premiers éléments dans sa patrie, le jeune Craton, soutenu par la générosité du sénat, se rendit à Wittemberg, où il étudia les belleslettres sous Philippe Melanchthon, et la théologie sous Martin Luther. ll eut même l'avantage d'être pendant six annéesle commensal et l'ami de ce fameux réformateur, pour lequel il conserva toute sa vie autant de vénération que de reconnaissance. 11 sentit néanmoins qu'il n'était pas appelé à suivre la même carrière, et, du consentement de Luther, il aban- • donna la théologie pour la médecine. Il commença ce nouveau cours à Wittemberg, et alla le continuer à Leipzig, où il lia une intime et inaltérable amitié avec Joachim Camé rariu s. Les sciences étaient alors cultivées et enseignées avec plus d'éclat et de succès en Italie que dans tout le reste de l'Europe. Craton se rendit à Vérone et à Padoue, et profita tellement des leçons de JeanBaptiste Montano,que cet illustre professeur lui accorda toute son estime, et le regarda comme son disciple chéri. De retour en Allemagne, Craton exerça quelque temps la médecine à Augsbourg, où il fut consulté par diverses personnes attachées à l'empereur CharlesQuint Ferdinand I", frère et successeur de ce souverain, choisit Craton pour son archiàtre, et cet honorable emploi lui fut conservé d'abord par Maximilien 11, qui, en outre, l'anoblit sous le nom de Crato de Craftheim, et le créa comte palatin, puis par Rodolphe 1I, qui confirma ces titres. La perte de sa femme, morte le 3 juin 1585, lui causa un chagrin profond. Depuis ce moment, il ne fit plus que languit', et il succomba le 9 novembre suivant. Craton avait une taille et une physionomie trèsavantageuses. liressemblait à Mageimilien Il, ainsi que l'exprime d'une manière flatteuse ce distique de Posthius : Si quibus est similis facies, similis quoque mons est Ctesaris baud differt et tua, docte Crato. • Les ouvrages de ce savant sont nombreux; presque tous ont pour objet l'art de guérir : 1. Isagoge medicinœ, Venise, 1560 Hanau, 1595 2° Periocha methodica in Galeni libros de elententis, natura humana, atrabile, temperamentis, et facultatibus naturalibus, Bâle, 1563 il a aussi commenté dans un traité particulier la thérapeutique de Galien. 3° Mmtrlyyr.. 11 pare« ars med icinal is, Franc- fort, 1592 Hanau, 1609/, Cet écrit posthume a été mis au jour par Laurent Scholz. Consiliorum et epistola rant medicinalium libri 7. Chacun de ces sept livres fut d'abord publié isolénient par le même Laurent Scholz, de 159i à f 611; les cinq premiers furent imprimés collectivement à 'Francfort en 1595; enfin les sept livres réunis parurent en 16,11, et de nouveau en 1671. On trouve dans cette dernière édition plusieurs opuscules de l'auteur,ou inédits, ou déjà imprimés séparément. Ainsi la mtx,?,.7Ey.,,z fait partie du 3e livre ; au 4° est joint le Libellas de vera prœcavendi et curandi febrem pestilentem rat ione. Le 5° livre est enrichi du Commentarias de morbo gallica, et le 70 renferme l'Analogismus, site artificiosus transitas agenerali methodo ad exercitationem particalarem. Ces consultations jouissent encore d'une réputation méritée; elles ont été traduites eu allemand par Paul Muncer. 5° Assertio pro libella suo Germanico, in quo pestilentem febrem putridain ab ea qua> a contagione ° rital • , lateque disseminatur discerna, Francfort, 1585 La traduction latine de l'opuscule allemand sur la fièvre pestilentielle est due à Martin \Veinrich. Craton a publié les consultations de JeanBaptiste Montano, avec des additions qui troublent le recueil . Parmi les ouvrages de Craton qui sont plus spécialement du ressort de la littérature, on distingue l'Éloge funèbre de l'empereur Mavimilien II, des Élégies sur les anges, une Imitation en vers latins du 6° psaume de David. ll a encore fourni les matériaux des Sei.- ; nones convicales Lutheri. On doit au professeur Mathieu Dresser une Notice biographique sur Craton, intitulée : Oratio de curriculo vitœ Joannis Cratonis à Kraftheim, Leipzig, I 587 On retrouve cette notice dans les Oratinnes de Dresser, Leipzig, 1606 Melchior Adam l'a copiée eu grande partie dans ses Vitae Germanorunt medicaram, et l'on en trouve une courte analyse dans le -13e volume des Mémoires de \icéron
  • Jean CRELLIUS( 1590) : théologien socinien, l'un des plus estimés dans son parti, naquit à Helmetzhem, près de Nuremberg, en 1590. Après avoir fait dans cette dernière ville une étude particulière de la théologie, il embrassa les opinions de Socin et alla s'établir à Cracovie, où les disciples de cet homme célèbre tenaient une école, dont il ne tarda pas à devenir le recteur. On lui confia, dans la suite, les fonctions de pasteur, qu'il remplit jusqu'à sa mort, arrivée à Cracovie le 11 juin 1633. Christophe Sandius a donné, dans la Bibliothèque des anti- trinitaires, la liste des ouvrages de Crel- lius ; les principaux sont : 1° Ethica Aristotelica, ad sacrarum litterarum normam emendata; nec non Ethica christiana, 1650 Selenoburgi , sans date Cosmopoli, 1681 avec la Vie de l'auteur, rare. Sandius prétend que ces deux dernières éditions sont d'Amsterdam, quoique la. première porte les mots Typis, Venetis. Crellius prend, dans ce livre, le nom de Cirellus, anagramme du sien. 2° De Deo et attributis ejus, Cracovie, 1630 ; Amsterdam, Blaeu, 1648 3° De uno Deo patre libri duo, in qui- bus mulla etiam de Filii et Spiritus sancti natura, 1631 ; 1639 avec la réfutation par Bisterfeld ; il est réimprimé, ainsi que le précédent, dans le traité de Volkel, De vera religion; 4° Declaratio sentent ice de causis mortis Christi, 1637 publié par J. Stoinski ; 5° Vindicice pro religionis libertate, 1637 : Eleutheropoli, 1650 publié sous le nom pseudonyme de Junius Brutus Polonus. Ce traité, le plus célèbre des ouvrages de Crellius, fut traduit en français, en 1687, par Le Cène, qui le publia à la suite de ses Conversations. Naigeon a retouché depuis cette traduction sous ce titre : De la tolérance dans la religion, ou De la liberté de conscience, et l'a publiée, Londres , 1769 avec un traité du baron d'Holbach sur l'Intolérance. 6° De Spiritu sancto qui fidelibus datur, 1650 ; 7° une Traduction allemande du nouveau Testament, faite en société avec Joachim Stegmann l'ancien, Cracovie, 1630 8° une suite de commentaires latins sur l'Épître aux Galates, celles aux Thessaloniciens, celle aux Hébreux, sur l'Évangile de St. Mathieu, etc. Ces commentaires, publiés d'abord séparément, ont été réunis dans la Bibliothèque des frères polonais, où, avec les autres traites théologiques, ils sont di\ isés en 3 tomes sous le titre de Opera exegetica. Au tome 4 de cette collection sont les ouvrages didactiques et polémiques du même auteur. 9° Catechesis ecclesiarum Polonicarum reforrnata et redacta primunt per Faustum et alios, nunc a J. Crellio, Jona Schlichtingio, Ruaro, et A. fVissowatiorecognita, Irenopoli, post 1659, 1665, 1680, 1684 et réimprimé avec l'édition des Ethiques de 1681, Joachim Pastorius de Hirtensberge a écrit la vie de Crellius, qui est imprimée avec la dernière édition de ses Ethiques, et dans la Bibl. fratr. polon. — CRELLIUS SPINOVIUS , fils du précédent, pasteur des unitaires en Pologne. puis en Silésie et en Prusse, mort le 12 décembre 1680, a publié, à la suite des Ethiques de son père, une dissertation De virtute christiana et gentili. On a de lui plusieurs lettres manuscrites sur l'état des unitaires en Angleterre, sur un colloque tenu entre des membres de sa secte et des catholiques,etc. — CRELLius , a fait des commentaires sur l'École de. Salerne, imprimés avec d'autres, Paris, 1672
  • Jean CRESPI ou CREPY( 1650) : graveur, naquit à Paris vers 1650. Son maître n'est pas connu. Sa principale occupation paraît avoir été pendant longtemps de copier les meilleures pièces des bons graveurs; il s'était établi marchand d'estampes, et trouvait, dans les relations que ce genre de commerce lui avait ouvertes, le débit de ses copies. Si Crespi ne s'était livré qu'à ce travail, il n'eût point trouvé de place ici; mais il a fait, en société avec Lors Crespi, son fils, un grand nombre de petites estampes qui se font remarquer par une touche spirituelle et un fini précieux ; ces pièces sont marquées du nom de Crespi, précédé d'un J ou d'une L, selon qu'elles sont du père ou du fils. C'est dans les unes comme dans les autres, la même touche et la même manière ; il est évident que Louis était élèxe de son père. Ils ont gravé en société une suite de portraits dont plusieurs nous ont conservé les traits des personnes célèbres; d'Aguesseau, Houdart de la Motte, Antoine Watteau et le duc de Marlborough sont les plus remarquables. Les Crespi ont aussi quelquefois travaillé d'après lesgrands maîtres d'Italie. La Crèche, où se voit l'Enfant Jésus couché sur de la paille et adoré par deus anges, d'après l'Albane, est leur plus bel ouvrage en ce genre
  • Jean CRESPIN : né à Arras, int étudier le droit à Paris, sous Dumôulin, auquel il fut attaché pendant quelques années en qualité de secrétaire ; il fut reçu avocat au parlement, et plaida pendant quelque temps. Ayant adopté les opinions de la réforme, il se retira à Genève en.1548 avec Théodore de Bèze, et il y établit une imprimerie, dont il est sorti plusieurs éditions également estimées pour leur beauté et pour leur correction. Crespin était savant dans les langues grecque et latine, et il rendit de grands services à Rob. Constantin, pour la composition de son Lea'icon grœco- latinuni, qu'il imprima en 1562 Des biographes ont attribué cet ouvrage à Crespin luimême, et cette erreur a été copiée, suivant l'usage. Crespin mourut de la peste, à Genève, en 1572. Eustache Vignon, son gendre, lui succéda dans son imprimerie. On a de Crespin les ouvrages suivants : 1° Le Marchand converti, tragédie nouvelle, en laquelle la vraie et la fausse Religion, au parangon l'une de l'autre, sont au vif représentées, Genève, 1558 première édition, trèsrare ; 1561 ; avec la comédie du Pape malade , Genève, I59i édition la pluerare et la plus recherchée. Cette pièce, écrite en vers de huit syllabes, est une traduction du latin de Th. Naogeorgus . 2° Histoire des martyrs persécutés et mis à mort pour laérité de l'Évangile, depuis letemps des ( lem jusqu'à présent , à laquelle est jointe l'Histoire des martyrs de Béarn, de l'année 1569, Genève, 1570 La première édition avait paru sous ce titre :Le tiare des martyrs, depuis Jean Hus jusqu'en 1554, Genève, 1554 Pour le rendre utile aux autres nations, Crespin engagea Claude Baduel à le mettre en latin, èt il le publia sous ce titre : Acta martyrum qui saculo 16 in Gall ia, Ger- mania, Anglia, Flandria, Italia, constansdederunt nomen evangelio, idque sanguine suo obsignarunt, 1556 id., 1569 Un troisième recueil parut en français en 1550, et un quatrièmeen 1561. L'édition de 1570, qui fut imprimée sous plusieurs titres différents, est divisée en huit livres. Simon,. Goulard l'augmenta de deux livres en 1597. L'édition de Genève, 1619 divisée en douze livres, est continuée jusqu'à la mort de Henri IV. C'est la plus complète. Ce martyrologe des protestants a été mis à l'index ; c'est moins une histoire qu'un panégyrique. On doit en conséquence le lire avec précaution, ainsi que le suivant : 3° État de l'Église dès le temps des apdtres jusqu'à 1560, avec un Recueil des troubles advenus sous les rois François II et Charles IX, 1564 réimprimé plusieurs fois, et notamment à BergopZoom, en 1605 avec des additions de Jean l'affin, ministre de l'église française de Flessingue. Sénebier, dans son Histoire littéraire de Genève, attribue encore à Crespin : Bibliotheca studii theologici ex patribus collecta, 1581 et un Commentaire latin sur les Institutes de Justinien, Francfort, 1591 Cette édition n'est sans doute pas la première, et peut-être n'estce que l'ouvrage intitulé : huis civi lis romani in i t ia et progressas, Genève, 1568 Crespin a laissé des notes sur Théocrite et sur quelques autres auteurs anciens ; mais c'est à tort qu'un bibliographe, d:ailleurs fort exact, lui a attribué l'édition des anciens auteurs bucoliques et gnomiques, imprimée par Eustache Vignon en 158 5 vol. Il n'a pu y avoir aucune part, puisqu'il était mort dès 1572. 11 n'a pu également donner une édition des oeuvres de Casaubon, comme ou l'avance dans un autre dictionnaire, Casaubon étant né en 1559, et n'ayant guère qUe qiiatorze ans à répoque de la mort de Crespin. On lui a aussi attribué les notes sur les fragments d'Ulpien, Lyon, 1589
  • Jean CROISET : jésuite, qui s'est rendu célèbre par son talent et son zèle pour la direction des consciences, et par les nombreux ouvrages de piété dont il est auteur. Il vivait et écrivait déjà en 1696, et il écrivait encore en 1723 . Il fut longtemps recteur de la maison du noviciat d'Avignon, qu'il gouverna avec sagesse. Ses principaux ouvrages sont : 1° une Année chrétienne, 18 vol. Ce livre donne, pour chaque jour, la vie du saint, l'épitre et l'évangile avec un exercice de piété. Douze volumes sont consacrés aux différents jours de l'année. Les cinq suivants sont pour les dimanches et les fêtes mobiles. Le 18e contient mie Vie de J.- C. et de la Ste. Vierge. Cet ouvrage a été souvent réimprimé, et est aussi connu sous le titre d'Exercices de piété; 2' Retraite, 2 vol. 30 Parallèle des moeurs de ce siècle et de la morale de J.- C., 2 vol. ; 4° Vies des Saints, 2 vol. : on leur reproche de man- quer de critique; 5° Réflexions chrétiennes, 2 vol. Le P. Croiset était né à Marseille vers le milieu du 17e siècle. Il était provincial de sou ordre lorsque, passant par Turin pour se rendre à Chamberi, il fut, dans la première de ces villes, arrêté comme espion, traduit auprès du duc de Savoie, qui lui fit subir un interrogatoirele jésuite y répondit modestement, exhiba ses passeports et convainquit le prince de la méprise où ses gardes étaient tombés. Le P. Croient est mort à Avignon, d'un érysipèle à la tète, le 51 janvier 4738. Plusieurs livres de cet auteur ont été traduits en italien, en espagnol, en anglais, en allemand ; on dit même en arabe. A. B—T. : elles passent pour bien écrites; 6° des Heu- r es , ou Prières chrétiennes ; 7° Méditations, 4 vol. : elles sont bien faites, et étaient fort en usage dans les maisons religieuses ; 8° Effusion du cœur dans toutes sortes d'états et de conditions, 2 vol. 9° Vie de Marie Madeleine de la Tri- nité, fondatrice de la Miséricorde, 1696 ; 10° il donna, en 1698, une édition trèsaugmentée de la Dévotion au sacré. Coeur de Jésus, de Marie Alacoque. Le P. Croiset passe pour l'un des plus grands maîtres de la vie spirituelle
  • Jean CTIBOR : dit KOTWA, chanoine de Brinn, d'Ohniitz et de Prague, doyen en 1615 à Smczna, et prévôt de Lutomierz, mort en 1637, a publié plusieurs ouvrages en bohémien. On loue surtout un ouvrage polémique qu'il fit paraître contre les protestants, sous le titre de Larve; il y a le premier montré aux Bohémiens comment ils pouvaient, à l'exemple des Grecs et des Allemands, enrichir leur langue de mots composés. Ses sermons passent pour des modèles, par la force et l'énergie du style. — CTIBOR , gouverneur de la Moravie, mort le 26 juin 1494, a publié en bohémien, 1° un ouvrage polémique, sous ce titre : Mensonge et Vérité, qu'il dédia en 1469 à George , roi de Bohème.11cherche à y prouver qu'il est défendu auxecclésiastiques et aux moines de rien posséder ni en particulier ni en commun. Cet ouvrage demeura longtemps manuscrit : la première édition est de Prague, 1539. 2° Le Code de Moravie, comprenant la collection des diplômes qui ont rapport à ce pays, depuis l'an 1310, sous le roi Jean, jusqu'en 1493, sous Wladislas II. Lorsque l'on imprima en 1615, cette collection précieuse, on y ajouta six diplômes qui sont de 1530 et 1539, sous Ferdinand 1". 3° Le Droit provincial du marquisat de Moravie
  • Jean CROWNE : Américain, auteur dramatique du 17° siècle, était fils d'un ministre indépendant de la NouvelleAngleterre. Ennuyé de vivre dans un pays où l'esprit ne lui paraissait pas dignement apprécié, il vint chercher fortune à Londres, et se vit obligé en attendant d'entrer comme domestique au service d'une dame d'un certain âge, près de laquelle il demeura jusqu'au moment où ses talents littéraires lui eurent attiré l'attention du public et la protection du comte de Rochester. Ce seigneur, pour mortifier Dryden, qu'il n'aimait point, parla de Crowne à Charles 11, d'une manière si avantageuse que le roi le choisit pour composer les comédies et les fêtes de la cour. Sa pièce intitulée Politick City , lui attira l'inimitié des whighs; ils parvinrent à en empêcher quelque temps la représentation, qui eut lieu cependant sur un ordre absolu du roi. Las de la carrière dramatique, il sollicita une place dans quelque bureau. Le roi promit de lui en donner une, à la condition qu'il verrait encore auparavant une comédie de sa façon, et lui indiqua même un sujet dont Crowne fit sa comédie de Sir Courtly nice. Malheureusement pour l'auteur, le roi mourut la veille de la représentation. On ignore ce que devint ensuite le poète ; on suppose qu'il mourut vers l'année 1703. Ses pièces de théâtre, tant tragédies que comédies, sont au nombre de dixsept, dont plusieurs se jouent encore avec succès. Quoique ses tragédies soient loin d'être à mépriser, il avait plus de talent pour le genre comique. Ses sujets sont presque tous de son invention, ses caractères sont fortement conçus, et son dialogue est vrai, vif et animé. Ses compatriotes lui accordent le troisième rang au moins parmi leurs écrivains dramatiques. Il est aussi l'auteur de la Querelle d'Église , poème dirigé contre le clergé catholique, et de trois autres poèmes : Arnphigénie et Pandion, les Danaïdes, imitation du Lutrin de Boileau, et Charles VIII, ou la Conquête de Naples par les Français : ce dernier est en vers héroïques
  • Jean CUBA : botaniste allemand, exerça la médecine à Augsbourg, et ensuite à Francfort, vers le milieu du 15e siècle. Il est l'auteur de l'un des premiers ouvrages d'histoire naturelle qui ait été imprimé avec des figures. 11 fut publié en allemand à Augsbourg, sous le titre d'Ortus sanitatis, 1485 1486, 1487 , 1488 et 1496 Cet ouvrage parut en latin à :11a.yence, également avec des figures, sous le même titre, en 1491. C'est la première édition latine qui ait une date. La Bibliothèque botanique de Haller donne la liste de toutes les éditions allemandes et latines, et des traductions en plusieurs langues. Arndes, citoyen de Lubeck, en fit une édition corrigée efaugmentée en 1492. Cuba, qui s'annonce comme l'auteur, se vante d'avoir entrepris, pour la perfection de cetouvrage, des voyages dans la Grèce et l'Orient, et de s'être fait accompagner d'un peintre. C'est au reste un monument de barbarie, tant,poi de texte que pour l'exécution des figures. Le sujet est l'histoire de la matière médicale, divisée en trois livres; le premier traite des plantes, par ordre alphabétique , mais sous des noms tellement défigurés qu'il est souvent difficile de les reconnaître ; les deux suivants traitent des animaux et des pierres. Egenolphe, Roslin et Dorsten y firent successivement des changements, et y supprimèrent tout ce qui était étranger aux plantes. Ils le donnèrent sous le titre allemand de Krauterbuch , avec des figures moins mauvaises. Lonicer le refondit, lui donna une nouvelle forme, et cet ouvrage eut encore un grand nombre d'éditions dans le 16e siècle. Uffe,nbach en donna une en 1619, Éluard en 1637. Il fut aussi traduit en français, bet parut à Paris chez Lenoir en 1539. On a sonnent confondu cet ou rage avec deux autres qui sont cependant bien différents, quoique du même genre. Le premier est le Puch der Natur, ou Vende la nature. L'édition la plus ancienne parait être entre 14- 1'5 et 1476 : il fut traduit en latin par Conrad Megenberg. Le second est le Grand Herbier, qui fut d'abord imprimé en allemand, en 1483, sans figures, et à Mayence, en 1484, avec des figures, qui passèrent ensuite dans les &litions subséquentes de l'Ortus minais ; mais le texte en était trèsdifférent et supérieur à bien des égards. Cet 01.11 rage fut traduit en flamand dès 1484, en français en 1499, et en anglais, etc
  • Jean CUNI( 1561) : né à Nanci le 17 juillet 1561, fut élève de Chaligny, l'un des plus habiles fondeurs de son temps. Livré, comme son maître, à la fonte de l'artillerie, il s'est également distingué dans cette partie de l'art. Quelques églises e'de Nanci sont ornées de lutrins fondus par cet artiste, mais les canons qu'il a faits pour les places de Metz, de Nanci, de Marsal, et de quelques autres villes frontières de la Lorraine, sont les plus beaux monuinents de son art; les artistes n'en font pas moins de cas que les officiers d'artillerie. Cuni mourut à Nanci, sa patrie, dans son âge trèsavancé. 11 eut un fils qui fut comme lui un trèshabile fondeur
  • Jean CUNNINGHAM( 1729 - 1773) : né en 1729, à Dublin, publia avant d'avoir atteint sa douzième année, sous le voile de l'anonyme, dans les journaux de Dublin, quelques pièces fugitises qui sont encore estimées. Il composa à dixsept ans la seule pièce théâtre qu'on ait de lui, l'.1mour dans t4/1 brouillard , t1 II où Garrick a pris, sans en faire aucune mention , le sujet de sa petite comédie du Valet menteur. Cunningham joignait à son talent poétique, un gotlt malheureux pour la profession de comédien, pour laquelle il n'avait aucun talent. %près avoir passé un grand nombre d'années à jouer la comédie , dans des troupes ambulantes, on Angleterre, en Eœsse et en Irlande, il mourut à Newcastle, en 1713, âgé de 42 ans
  • Jean CUNO( 1550) : ministre protestant, né eu 1550 à NIiihlha men. en çlxe, fut professeur de langue hehr-41.ple à Eisleben. oit il s publié : Graranioh*,/ hehroica in usum scholarum inelyti min itatus . Van, sjeld , 1590. — Cui° , recteurdes écules à Schœningen, est mort en 1745. On aile lui plusieurs discours en latin sur la réformation de Luther, sur l'art typographique, sur les écoles, sur l'invention des lettres, de la plume, du papier et de l'encre. Son ouvrage principal est : Memorabilia Shœningensia, historie fit unoeirensi passim inçerrientia, cura documentis et manuscriptis, Brunswick, 1728 — CI: No , recteur des écoles de C•imma, né en 1725, à Laubingen, en Thuringe, et mort le 19 avril 1199, a publié plusieurs ouvrages en allemand, dont les principaux sont : 1° Marques d'ai,- plaudissements que les chrétiens, dans la primaire Eglise, donnaient aux orateurs sacrés, Leipzig, 1761 ici ; 2° Notices biographiques el bibliographiques sur les théologiens protestants, et autres personnes illustres de l'état ecclésiastique, qui sont morts dans le 18° siècle , Leipzig, 1769 4° ; 3° Mémoire honorable de quelques personnes des deux sexes, qui se sont distinguées par leurs vertus, écrit périodique, dont le profit est destiné à l'entretien des pauvres qui fréquentent récole de Grimm, Leipzig, 1763
  • Jean CUSPINIEN( 1473 - 1529) : en allemand Spiesshummer, né en 1473 à Schweinfurt en Franconie, cultiva la littérature, la philosophie, le droit, la médecine, et s'acquit une réputation brillante. L'empereur Maximilien let le fit enir à Vienne, le combla d'é- loges, et, après la mort de Conrad Celtes le nomma garde de la bibliothèque impériale. Ce prince le chargea ensuite de différentes négociations dont il se tira fort habilement, et lui donna le titre de conseiller intime. Il mourut le 19 avril 1:;29, à 5ti ails. Paul Jove, Melch. Adam, Vossius , Sambuc , parlent de Cuspinien avec éloge. Nicolas Gerbel a écrit sa vie. Il est auteur des ouvrages suivants ; 1° De Coesaribus caque imperatoribus a Julia Coesare ad Maximilianum primumcommentarius, Strasbourg, 1540; Bâle 1561; Francfort, 1601 ; Leipzig, 1669 ouvrage trèsestimé pour ce qui concerne l'histoire de la maison d'Autriche. Wolfgang Hunger y a fait des notes. On trouve dans les trois dernières éditions le Diarium . Cette pièce a encore été réimprimée dans les Scriptores rerum Germanicarum, de Ficher, tome 2. 20 Austria sive cool mentarius de rebus Austrioe, a Leopoldo anno 933 ad Ferdinandum primum descriptio Austrice, urbis Viennensis Danubiique, etc. , Bâle, 1553 et à la suite de l'ouvrage précédent, édition de Francfort, 1601 ; 3° De Turcarum moribus et origine, Anvers, 1541 Leyde, 1 654 ce n'est qu'un extrait de son histoire des empereurs ; 4° ratio protreptica açl bellum Turcicum, Bâle, 1553 Il écrivit ce discours, adressé aux princes chrétiens, après le funeste combat de 1526, où le roi de Hongrie fut tué. 5° Commone- /* m'Il ad Leonem papam et cid principes christia- 9108, inséré dans la collection de Reusner, Leipzig, 1596, tome 2. C'est un nom el appel contre les Turcs, qui semblaient alors menacer toute l'Europe d'une invasion prochaine. On a encore de lui un commentaire sur Sextus Rufus et un sur la Chronique de Cassiodore imprimés à lasuite de son Austria, édition de 1553, et de l'Histoire des Empe- reurs, édition de Francfort, 1601. Sa Vie a été écrite en latin par Gerbelins, en 1540
  • Jean DAVIES( 1500) : savant anglais, né sur la fin du 16° siècle dans le comté de Denbigh, était versé dans la connaissance des anciens auteurs et des livres rares et curieux. 11 l'ut successivememt rec- teur de Malloyd, dans le comté de Merioneth, et cha- noine de StAsaph. On ne connaît la date ni de sa naissance ni de sa mort; on sait seulement qu'il prit en 1616 à Ox ford le degré de docteur en théologie. Ses principaux ouvrages sont : 1° Antiquce linguce bri- tannicce nunc communiter dictœ cambro britannicce, a suis Cymeracoe, vel Cambricce, ab aliis 1Valli- cce rudimenta, etc., 1621 ; 20 Dictionarium latino- britannicum, 1632 : la première partie de ce dictionnaire est l'ouvrage d'un médecin nommé Thomas Williams ; 3° Adagia britannica, authorum Britannicorum nom ma, et quand° florue- runt, 1632, imprimé à la fin du dictionnaire lat On lui attribue une traduction anglaise du Tableau de Cébès. 11 eut beaucoup de part à la version galloise de la Bible, publiée en 1620, et on lui doit d'autres traductions d'ouvrages ascétiques dans la même langue, qu'il avait étudiée pendant trente ans. Les ouvrages de Davies sont fort recher- chés par les amateurs de l'ancienne langue celti- que, qui croient la retrouver dans le gallois, ou dans le basbreton qui n'en diffère pas essentiellement
  • Jean DAVID : issu de la famille la plus ancienne de Carcassonne , abbé commendataire de l'abbaye des BonsHommeslèsAngers, fut député à Rome par Louis XIV, remplit sa mission au gré de ce monarque, et mourut au commencement , capitoul, de la même famille que le. précédent, exerça la police à Toulouse avec une actisité et une fermeté inébranlables. Sa conduite, dans l'affaire de Calas, a été calomniée par Voltaire. Louis XV, voulant récompenser son zèle, le nomma lieutenant général de police, charge qu'il remplit avec honneur à Toulouse jusqu'à sa mort. — Un autre DAVID , premier magistrat de Carcassonne, grandpère du capitoul, et dont un frère était commandant de l'île d'Oléron, écrivit en latin, avec élégance, un recueil de Méditations sur les mystères, et fut assassiné le 3 novembre 1709
  • Jean DAVIES : en latin Davisius, fut chanoine d'Ely, chef du collége de la reine dans l'universi- té de Cambridge, et mourut le 22 mars 1732. Voilà les seules particularités que nous ayons pu recueillir sur la personne de ce savant anglais. Ses ouvrages sont plus connus. Les traités philosophiques de Cicéron l'occupèrent principalement, et son projet était de les publier tous ; la mort ne lui en laissa pas le temps. On lui doit les Tusculanes, Cambridge, 1709, 1723, 1730, 1738 De fini- bus, Cambridge, 1715, 1728, 1141 De na- tura deorum. , ibid., 1118, 1723, 1744 De divinatione ibid., 1721, 1730 les Acadé- calques, ibid., 1125, 4'736 De legibus, ibid., 4727, 1745 Les notes de Davies sont explicatives et critiques. On y remarque une grande connaissance de l'histoire philosophique , une érudition étendue, et une rare sagacité. Aussi Da- vies estil mis généralement au nombre des meilleurs interprètes de Cicéron. Le seul reproche qu'on lui puisse faire, c'est d'être parfois trop hardi dans ses conjectures. Quand il mourut, ses observations sur les Offices étaient à peu près finies; car il n'y manquait que la dernière partie du 3° livre. Il les légua au docteur Mead, qui, n'ayant pas le temps de les compléter ni d'en surveiller la publi- cation, chargea de ce travail un savant de ses amis. Peu de temps après, tous les papiers de Davies périrent dans un incendie. C'est une grande perte pour la littérature classique. M. Bath, qui, dans ces dernières années, a publié les OEuvres philoso- phiques de Cicéron, a redonné le texte et les notes de Davies . Avant de .travailler sur Cicéron, Da:Nies s'était déjà fait une belle réputation parmi les philologues. Il avait en 4706 mis au jour les Commentaires de César et les Dissertations de Maxime de Tyr. Ses notes sur César reparurent en 1727, augmentées et corrigées, et, depuis, Ondendorp les a toutes réimprimées dans son excellente édition de César . Davies préparait aussi une réimpression de Maxime de Tyr, avec des changements et des additions considérables; mais il mourut avant d'avoir pu la publier : elle ne parut qu'en 1740. Tout le travail de Davies a été conservé dans le Maxime de Tyr, donné par Reiske, à Leipzig, en 1774. Après Maxime et Cé- sas, Davies s'était occupé de Minucius Félix, dont il fit deux éditions trèsrecommandables ; la pre- mière en 1707, l'autre en 1712. Ce fut par ces diférents travaux qu'il préluda à ces belles éditions de Cicéron qui assurent à son nom une longue célébrité. Nous ajouterons à cette notice que Da- vies a fait des remarques sur la première Apologie de St. Justin, et qu'elles se trouvent dans l'édition de ce Père, donnée en 1722 par Thirlby
  • Jean DAVIS : navigateur anglais, né à Sanbridge, dans le Devonshire, embrassa de bonne heure la profession de marin, et ne tarda pas à y devenir trèshabile. Choisi en 1585 pour aller dé- couvrir le passage du nordouest, il partit de Dar- mouth le 7 de juin avec deux navires. Le 19 juillet, par 60° de latitude, environné de glaces flottantes, son équipage fut étonné du grand bruit que produisaient ces masses en se choquant. Le lendemain, on découvrit une terre hérissée de montagnes couvertes de neige : on l'appela Terre de désolation : c'était la pointe méridionale du Groen- land ; on ne put y aborder. Les Anglais se dirigèrent ensuite au nordouest, et aperçurent au 64° 15" une autre terre au nordest. Elle ',était bordée d'îles couvertes de verdure. Les Anglais des-'Fendirent en plusieurs endroits, et échangèrent 11111ifférents objets avec les habitants, qui leur firent li.entendre par signes qu'il y avait une grande mer %a nord et à l'ouest. Le 6 août, Davis trouva, au 66° 40 ', une terre entièrement dégagée de glace ; il y mouilla dans une bonne rade, audessous d'une montagne dont les flancs resplendissaient comme s'ils eussent été d'or. Après avoir nommé la montagne Mont- Raleigh, et donné des noms à tous les lieux voisins, Davis suivit la côte jusqu'à la pointe la plus méridionale qu'il appela Cap de la Miséricorde. Il entra alors dans un détroit large de 20 lieues, s'y avança au nordouest, et découvrit dans le milieu plusieurs iles où il aborda, et un passage ouvert des deux côtés, y éprouva un trèsfort courant qui venait dans une direction opposée à celle de la marée avec laquelle il marchait, et vit des baleines. Toutes ces circonstances lui firent conclure qu'il existait un passage ; mais le vent contraire le força d'abandonner sa recherche, et de retourner en Angleterre, où il arriva le 29 septembre. L'année suivante, il entreprit un autre voyage, et partit le 7 mai a‘ cc quatre vaisseaux. Arrivé à 60° de latitude, Davis partagea sa petite flotte en deux et retourna dans les parages qu'il avait parcourus l'année précédente. 11 reconnut que la terre où se trouvait le mont Raleigh était com- posée de plusieurs grandes îles. Des glaces plus considérables que celles qu'il a\ ait vues précédem- ment apportèrent de grands obstacles à son voyage, et découragèrent son équipage qui refusa d'aller plus loin. Davis, jaloux de répondre à la confiance de ses armateurs, et craignant de perdre les bonnes griices du secrétaire d'État Walsingham, qui avait fort à coeur la découverte du passage, résolut de la poursuivre seul dans un allé,ge de trente tonneaux, qu'il avait fait construire un peu auparavant. L'ayant pourvu de vivres, dans une baie située par les 66° 33' de latitude, et 70° de longi- tude occidentale, il appareilla le 12 août, et s'engagea dans un détroit qu'il suivit pendant 80 lieues jusqu'à des Hes, auxquelles il donna le nom de Cumberland, et au milieu desquelles il espéra découvrir un passage-. Ce fut en vain : obligé de rentrer dans la haute mer, il navigua le long de la côte jusqu'au 54° 30' de latitude, et partit le 1 i septembre pour l'Angleterre, où il arriva • ers la fin d'octobre, bien persuadé de la réalité du passage. La plupart des négociants anglais refusèrent néanmoins de s'intéresser dans une nouvelle en- treprise; niais le grand trésorier Burleigh et M'al- , singham vinrent à bout de la faire exécuter. On donna à Davis trois vaisseaux ; deux étaient destinés à faire la pêche de la morue. Il partit le 19 mai 1587, attérit le 16 juin, aux îles situées au 64°, puis continua à voguer au nord jusqu'au 72' 12', oit il appela Hope Saunderson la pointe de terre à Fest la plus avan- cée. La mer avait été constamment libre à l'ouest et au nord. 11 fit ensuite 40 lieues à l'ouest ; les glaces et le vent du nord ne lui permirent pas d'aller plus loin. Le 2 juillet, il aperçut le mont Raleigh, puis retrouva le détroit et les îles de Cumberland, et regagna la mer le 29, par les 62° de latitude. Il fit ensuite d'autres découvertes, jusqu'au 52°, où il ne retrouva pas les deux navires auxquels il avait recommandé de l'y attendre, ce qui le mit dans un grand embarras; car il n'avait presque plus de provisions. 11 continua sa route pour l'Angleterre et rentra le I 5 septembre à Dar- mouth. L'armement des Espagnols contre l'Angleterre et la mort de 'Walsingham ayant fait abandonner la recherche du passage au nordouest, Davis tourna son activité d'un autre côté; il com- manda un navire de la seconde expédition de Ca- vendish au grand Océan, en 1591; et après des malheurs sans nombre, arriva à BearHaven, en Irlande, en juin 1593. En 1598, il servit comme pilote sur une flotte que les marchands de Middel- bourg expédiaient aux Indes, et à son retour en Hollande, en 1599, il se hâta d'envoyer la relation de, son voyage au comte d'Essex. Aussitôt, il se forma une société de négociants qui prit le nom de compagnie des Indes orientales. Davis fut nommé, en 1601, premier pilote de la flotte commandée par Lancaster ; il accompagna ensuite, en 1605, Michelbourn, qui avait équipé deux vaisseaux pour les Indes, et fut tué près de Patane, le 29 décembre 1605, par des pirates japonàis, dont on avait pris la jonque. La relation de ses voyages au nord, écrite par luimême, ainsi que le journal de son troisième Voyage, se trouve dans le t. 3 du recueil d'Hackluyt ; celle de ses voyages aux Indes, dans les t. 1 et 3 de Purchas et dans Harris. Sa lettre au comte d'Essex contient un vocabulaire du langage d'Achem. Le détroit que Davis découvrit dans son premier voyage au nord conserve son nom. Si les glaces ne l'en eussent empêché, il eût probablement fait les découvertes qui, plus tard, illustrèrent Baffin. — Jean DAvis, de Limehouse, publia en anglais : Routier ou Brieve description de la route pour aller par nier aux Indes, écrit d'après l'expérience de cinq voyages. Il avait fait entre autres la campagne des Indes avec Middleton, en 1607. Harris a inséré ce Routier dans sa collection. - DAVIS , chirurgien à bord d'un na-'s ire anglais, après avoir été longtemps prisonnier des Espagnols, dans les premières années du 17° siècle, écrivit la relation de sa captivité. Purchas a extrait de cet ouvrage ce qui concerne le fleuve des Amazones, sur lequel Davis nal igua pendant deux mois et demi. Cet extrait, où l'on trouve des particularités curieuses, a été cité par Robertson
  • Jean DAWSON( 1733) : chirurgien et mathématicien anglais, naquit vers 1733, à Garsdale , de parents pauvres, qui pourtant trouvèrent moyen de lui donner quelque éducation. Du reste il dut tout à luimême. Garçon barbier, il suivit des cours de chirurgie, et bientôt en sut assez pour s'établir à Sedbergh, près de Ken- dal, à quelques milles de sa ville natale. Mais la chirurgie n'était pour lui qu'un moyen de vire. Son goût le plus vif était celui des «mathématiques; et dès sa jeunesse il avait marqué pour cette étude, semée alors de bien plus de difficultés que de nos jours, une prédilection extraordinaire. Tous les qu'il pouvait dérober à ses travaux étaient consacrés à cette science favorite. 11 finit par y devenir d'une force telle que sa réputation parvint à Cambridge , réputée de tout temps pour l'habileté de ses professeurs dans les hautes mathématiques. Il en résulta que chaque année les 'élèves qui voulaient utiliser la durée des vacances, et se présenter avec distinction aux examens, allaient demander des leçons d'analyse au chirurgien de Sedbergh, et que leur affluence croissant de jour en jour détermina Dawson à quitter la carrière médi- cale. Tout en s'occupant de cette espèce de profes- sorat, il trouva du loisir pour prendre part à des discussions scientifiques d'un ordre très-élevé, et dans cette lutte le répétiteur battit souvent les pro-, fesseurs en litre, entre. autres l'habile mathémati- cien e et plus tard Emerson, dans une ques- tion relative au calcul différentiel. Hutton a rendu compte de la première de ces discussions dans ses Miscellanea mathematica. Dawson est mort vers 1822. On a de lui, outre sa polémique contre Wilbure , et contre Emerson : 1° Deux articles dans les Mémoires de la société de littéra- ture et de physique de Manchester; 2° Une brochure intitulée : Courte réfutation de la doctrine de la nécessité publique, 1781 2e édition, 1804
  • Jean DEBOURGES( 1760 - 1834) : conventionnel, était né vers 1760, dans la Marche où il exerçait la profession d'avocat en 1789. Député par le département de la Creuse à la convention, il y siéga constamment parmi les modérés, vota contre le décret de com- pétence pour l'instruction du procès du roi; et, lors de l'appel nominal sur la peine à infliger, s'abstint de voter, déclarant qu'il regardait comme incompatible les fonctions de législateur et celles de juge. Le 1" mai 1193, lorsque le faubourg, StAntoine vint en armes demander à la conven- tion de fixer le maximum des denrées de première nécessité et de taxer les riches au profit des panvres, il se réunit à ceux de ses collègues qu'indignait un tel excès d'audace; et Mallarmé ayant dit : « Vous n'entendez que des ora- teurs contre le peuple et aucun pour le peuple, » Debourges répondit vivement : « C'est en faveur « du peuple que nous nous élevons contre les lai-, ayant dit que l'aristocratie et le royalisme triomphaient, Debourges l'interrompit par ces mots : Ce sont les égor- « geurs qui sont ,à bas; c'est la convention qui « triomphe. » Le 9 avril, il fit accorder 3,000,000 aux habitants de l'arrondissement d'Avesnes qui avaient le plus souffert de l'invaion. Réélu par son département au conseil des Anciens, le 17 fé- C \Tier 1796, il appuya la résolution qui accordait au Directoire le droit de radiation des émigrés, et vota contre l'impression du discours de Portalis qui voulait faire attribuer ce droit aux conseils. s Chargé, depuis, de divers rapports, il fut élu se- v crétaire le 4" frimaire an 5 , et cessa de faire partie de la législature en 1798. c A la réorganisation de l'ordre judiciaire en 1800, il fut nommé président du tribunal de Chambon, et t en remplit les fonctions jusqu'en 1815, qu'il fut ( admis à la retraite. Debourges est mort en 1831, dans un âge avancé
  • Jean DECKERS : jésuite, natif d'Hazebrouck en Flandre, après avoir étudié à Douai, à Rome et à Naples, enseigna la philosophie et lathéologie scolastique à Douai, puis àLouvain.11 fut ensuite envoyé dans la Styrie, et devint chancelier de l'université de Gratz, où il mourut le 10 janvier 1610, à 69 ans; il s'était rendu habile dans la chronologie et dans l'histoire ecclésiastique. Son principal ouvrage est une dissertation sur l'époque de la naissance et de la mort de J.C. Il est intitulé : relifi- catio sen theorematadeanno ortus ac mortis deque universa J.- C. in carne ceconomia, cum Jubila chronographica a capta per Pompeium Jero- sulyma, ad incensam et deletam a Tito urbe? n et templum, Gratz, 1605
  • Jean DECKHERR : jurisconsulte et bibliographe de la fin du 17° siècle fut avocat et procureur de la chambre impériale de Spire, et se trouvait, en 1708, conseiller du roi de Danemark. 11 a publié quelques ouvrages, qui n'ont plus aucun intérêt, mais dont on voit l'indication dans le Moreri de 1759. Le seul des livres de Deckherr, qui ne soit pas entièrement oublié est celui qui est intitulé : De scriptis adespotis pseude- pigraphis et supposititiis conjecturce, 1681 Paul Vindingécrivit àl'auteurluimême une Epis- tola de scriptis nonnullis adespotis, qui est datée de Strasbourg, 167 t , et est un supplément à Pourage de Deckherr. Dans ce supplément, l'auteur de la Recherche de la vérité est appelé Mailbranus, père de l'Oratoire, et il y a d'autres fautes aussi gra.- ves ; cependant les deux opuscules ont été réim- primés à la suite l'un de l'autre, vers 1683, et de nouveau encore à Amsterdam, 1686 par les soins de Théod. J. Almeloveen. Cette édition est augmentée d'une lettre latine de Bayle, sur les ouvrages anonymes, et les trois pièces ont été re- produites dans l'édition, donnée par J. Albert Fabricius, du Theatruni anonymorum, de Placcius, Hambourg, 1708, 2 vol. Le Moréri de 1759 prétend que, dans l'édition de 1686 du traité de Deckherr, « on trouve à la fin quelques poésies « latines de sa composition, » et il n'y en a pas une seule. On trouve, il est vrai, à la page 276, une longue pièce de vers latins ; mais loin d'être de Deckherr, elle est donnée parmi comme étant de J. C. Keck, jurisconsulte et conseiller à la cour de Bade
  • Jean DECOMBES : né à Riom, fut d'abord avocat du roi au présidial de cette ville, et succéda ensuite à son père en 1582, dans la charge de pre- 'nier président de la cour des aides de MontFer- rand. Il publia en 1584 un traité des Tailles et subsides, de l'origine et de l'instruction des offices de finance. Les descendants de Jean Decombes ont continué, dans le siècle suivant, de remplir les premières magistratures d'Auvergne, et l'un d'eux, lieutenant général au présidial de Riom, a laissé un commentaire latin sur les coutumes de cette province. Cet ouvrage n'a pas été imprimé ; mais il a été utile à ceux qui ont écrit après lui, et qui en ont eu communication. — Madame DECOMBES, dont on a publié en 1774 un recueil d'ceuvres spirituelles et de lettres pieuses, était de la même famille. — DECOMBES , mé- decin à Manosque, sa patrie, au milieu du 17° siècle, a écrit : Hydrologie, ou Discours sur les eaux, contenant les moyens de connaître les qualités des fontaines chaudes, et particulièrement celles de Greoux à Aix, 5 vol
  • Jean DÉE( 1527) : né à Londres le 13 juillet 1527, d'un marchand de vin; peut être rangé dans la même classe que Boni et Cagliostro. Dans sa jeunesse, il se livra à l'étude avec ardeur, s'adonna surtout aux mathématiques, à l'astronomie, mais ne tarda pas à s'enticher des rêveries de l'astrologie judiciaire. En 1548, il fit un voyage à Louvain, et s'y vit consulté comme un oracle. Deux ans après, il vint à Paris, où il donna des leçons de géomé- trie, et commenta Euclide. De retour dans sa patrie, il recommença à dresser des thèmes astrologiques, et fut chargé de déterminer le jour le plus heureux pour le couronnement de la reine Elisa- beth. Cette princesse parut le prendre en grande faveur, et voulut même recevoir de ses leçons. Elle l'employa à divers objets relatifs à sa qualité d'astrologue et à quelques autres, plus dignes des connaissances qu'il possédait réellement, tels que la réforme du calendrier. Son travail sur cet objet, Madame Dedelayd'Agier, morte en septembre 48 Voy. Statistique du département de la Dame, par M. Dela- croix , Valence, 1836 ainsi que sa Description historique et géographique des pays découvertspar les Anglais dans les diverses parties du globe, se trouvent manuscrits dans la bibliothèque Cottonienne. A cette époque, il fit connaissance avec un nommé Édoilard Kelley, greffier, maitre fourbe, à qui l'on avait coupé les oreilles pour crime de faux. Cet Edouard avait, diton, acheté d'un aubergiste un vieux livre et une boule d'ivoi- re provenantdu tombeau d'un év &il te : la boule était pleine de poudre de projection. Kelley, ne pouvant rester en Angleterre après sa mutilation, se rendit en Allemagne auprès de Maximilien 11, emmenant avec lui Jean Dée, dont la tête s'égara de plus en plus, et qui, non content de chercher la pierre phi- losophale, voulut s'adonner à la magie. Il prétendit avoir eu commerce avec des esprits malins, et l'on conserve dans la bibliothèque d'Oxford six livres de ses Conférences avec Belzébuth. 11 parait qu'il était à peu près de bonne foi, et la dupe des fourberies de Kelley. Obligés de sortir des États de Maximilien, ils suivirent à Cracovie le palatin Albert Leski, puis se rendirent à Prague, auprès de l'empereur Rodol- plie, qu'ils voulurent initier dans leurs mystères. Ils en furent d'abord bien accueillis, et ne lui épargnèrent par les prédictions; mais l'empereur s'en lassa bientôt, et ils se trouvèrent dans une misère profonde. Les esprits, consultés, leur conseillèrent de vendre leurs effets, et de retourner en Pologne. lis éprouvèrent auprès du roi Etienne le même sort qu'ils avaient eu chez Rodolphe et chez Maximilien. Le nonce du pape auprès de ce souverain les accusa même de manie, et l'on employa toutes sortes de ruses pour les faire aller à Rome ; mais, plus prudents que Borri, ils évitèrent le piége, et se retirèrent au fort de Trébonne, où ils se livrè- rent, sans réserve, à leurs pratiques ridicules. Les espiits qu'ils consultaient leur apparaissaient dans un vase plein d'eau, et il sortait du vase des voix qui leur prescrivaient ce qu'ils avaient à faire. Or, il advint qu'un jour de l'année 1587, Dée vit dans la bouteille une colonne transparente, qui renfer- mait les corps conjoints de Kelley, de sa femme, de Dée et de sa compagne; leurs quatre têtes se trouvant réunies sous une seule couronne. L'o- racle, interrogé, leur dit qu'ils devaient faire ce que La Fontaine fait faire à ses Troqueurs. 11s résistèrent longtemps, puis enfin signèrent une transaction, écrite dans les termes les plus graves et les plus solennels, où ils déclarèrent que ce qu'ils faisaient n'était que pour obéir aux ordres divins. C'est le dernier trait de folie que l'on connaisse de Jean Déc. Il se trouva bientôt dans une si grande détresse, qu'il écrivit à la reine Élisabeth, qui eut la charité de le rappeler en Angleterre, il mourut en 1607. On a dit qu'il lui servait d'espion dans les différents pays qu'il parcourut. De avait formé une assez belle bibliothèque et un cabinet de curiosités remarquable. Il avait coutume de dire : Qui non intelligit, aut discat, aut taceat. On a publié à Londres, 1659 A true and faith- fut nelation of what passed for many years Let- wen John Dée and some spirits. Méric Casaubon donna, mèmcs lieu, année et format, une édition latine des OEuvres de Die, qu'il accompagna d'une, savante préface ; ce recueil est trèsrare. On a sé- parément : I° Monas hieroglyphica, mathematice, magice, cabalistice et analogice explicata, Anvers, 1564 ; 1584; Francfort, 1691, ; réim- primée au t. 2 du Theat. chym. 2° Propœdeuma- ta aphoristica, de prœstantioribus quibusdam nu- tum virtutibus, Londres, 1556, 1558, 1568 30 Parallacticœ commentai ionis praxeosque nucleus, Londres, 1573 4° De stella admiranda in Cassiopeiœ asterismo cœlitus demissa ad orbem us- que Veneris, iterum in cceli penetralia perpendicu- lariter retracta : cette dissertation est suivie de Hipparchus redivivus. 5° Tabulœ geographicœ Americoe, Africœ et regionum intra polum arcti- cum sitarum, 1580 ; 6° un Triple Almanach pour 1591 ; 70 divers traités sur les amphibologies mathématiques, la réforme du calendrier, les miroirs ardents, les planètes, l'anneau astronomique, la perspective, la na' igation, le miroir de l'uni- té, 1ci religion chrétienne, dont on trouvera l'indi- cation dans la Bibliotheca britannico- hibernica de Tanner, Londres, 1748 La Vie de Jean Dée a été écrite en latin par Thomas Smith, Londres, 1107, — DÉË , fils du précédent, né à Mortlac le 15 juillet 1579, fut médecin de Charles ler, et s'adonna, comme son père, aux rêveries de la pierre philosophale. Il mourut à Norwich en 1651, dans une misère profonde. On a de lui : Fas- ciculus chimicus, obstrusœ hermeticœ scientiœ gressum, progressum, coronidem explicans, Bêle, 1575, 1629 Paris, 1631 Cette concor- dance chimique serait sans contredit d'une grande utilité, si l'on pouvait espérer de tirer quelque lu-. mière des nombreux -écrits des philosophes her- métiques
  • Jean DELFINO : doge de Venise où il était né d'une famille illustre, et qui se regarde comme une branche de la maison Gradenigo'd'où elle prétend être issue dans le 9e siècle. Il était procurateur de StMare et provéditeur à Trévise assiégée par les Hongrois, lorsqu'il fut élu le 13 août 1356 pour succéder à Jean Gradenigo. L'invasion de Louis de Hongrie, qui, avec 50,000 chevaux, atta- quait en même temps la marche de Trévise et toute la Dalmatie, répandait l'effroi dans Venise. La guerre qui dura trois ans fut signalée par une, .0' Dans une brochure publiee à Lruxeiles, sous le titre de La verilé sur les cent jours, on attribue t Deltico et à Corvette le projet de faire évader Napoléon de l'île d'Elbe , afin d'operer une revolution en Italie; mais cette assertion est denuee de toute vrai semblance. F.—LE. I 'ires; tontes •irs Ilrelt7r1aluee et Te 'ri eaniiiii , reétvloeltdètzet t fut en tain om irgsétuti dt.eenc\(..i. ,i; ti:e les tin i.ii blancseing au roi de Hongrie, pour se umettre .'s toutes les conditions iluit voudrait bien imposer. La paix rut conclue le 1S février f 358. La nipuMique abandonna toutes ses possessions en Illyrie; le doge renonça au titre de duc de Dalmatie et de Croatie, et il ne le recouvra que sous le règne de Sigismond. Jean Delfino moonst le II juillet 1361, et cuit pour successeur Laurent Celsi
  • Jean DELFINO : cardinal et poète italien, d'une famille patricienne de Venise, fut revêtu par cette république de plusieurs emplois honorables. Il était encore jeune quand le patriarche d'Aquilée, Jérôme Gradenigo, le choisit, en 1656, pour son coadjuteur. 11 ne tarda pas à lui succéder; il reçut la pourpre en 1667, et mourut à Udine le 20 juillet 1699, âgé de 82 ans. Dans sa jeunesse, il avait composé quatre tragédies, Cléopütre, Lucrè- ce, Crésus et Médor, qu'il ne voulut jamais publier. 11 exigea même, en mourant, de son neveu, Denis Delfino, qu'il avait à son tour pris pour coadjuteur et qui lui succédait dans le patriarcat d'Aquilée, la promesse de ne les point faire imprimer ; mais il en courait depuis longtemps des copies tronquées et remplies de fautes. Le marquis Maf- lei se procura une meilleure copie de la Clèopdtre seulement, et l'inséra dans le 3e volume de son Teatro italiano, publié à Vérone en 1723 Les quatre furent imprimées à Utrecht en 1730 mais avec toutes les fautes et les irrégularités des copies furtives. Le patriarche d'Aquilée se détermina enfin alors à communiquer au libraire Comino de Padoue le manuscrit de son oncle, sur lequel Comino corrigea cette édition défectueuse, et donna la sienne, qui est aussi bonne que belle; elle a pour titre : Le tragedie di Giovani Del fino se- natore Veneziano, poi patriarca d 'Aquileia e cardi- nale, Padoue, 1733, grand irtP, col dialogo apolo- getico dell' autore non più stampato. Ce dialogue apologétique, écrit par l'auteur, prouve qu'il s'était bien attendu que ses tragédies seraient publiées tôt ou tard. 11 y traite de la tragédie en général, de la tragédie italienne, des siennes en particulier, du caractère différent de chacune, des licences qu'il s'y est données, etc. Les tragédies sont écrites en vers inégaux, et le plus ordinairement non rimés, comme ceux de la Canace de Speron Speroni, et des opéras de Métastase. Elles ont des chœurs à chaque acte. Elles sont courtes et d'un style noble, concis, mais cependant fleuri, et qui n'est pas toujours exempt des faux brillants qui étaient alors à la mode. Dans un âge plus mûr, ce savant cardinal avait écrit six dialogues philosophiques en vers, qu'il ne voulut point non plus liNrer au public; ils ont été imprimés dans le recueil intitulé Miscellanee di varie opere, Venise, 1740. L'auteur, selon Tiraboschi, « s'y montre trèsversé dans la philosophie moderne, sans renoncer entièrement aux préjugés de l'ancienne, et le style n'en est pas aussi noble, aussi soutenu que celui de ses tragédies
  • Jean DELORME( 1547) : médecin de la faculté de Montpellier, exerçait sa profession dans le Forez, en 1578. 11 était né à Moulins, en 1547, et fut pendant quelque temps professeur à Montpellier. I,e bruit de sa réputation étant venu jusqu'à Paris, il fut nommé premier médecin de la reine, femme de Henri Ill ; il eut le même emploi auprès de Marie de Médicis, et en 1606 auprès de Henri IV, et remplit les mêmes fonctions près de Louis XIII. GuiPatin, dans sa lettre du 28 juillet 1665, parle du projet qu'il avait formé de faire des Éloges la- tins des Français illustres en science, et il se proposait d'y donner place à J. Delorme, qu'il qualifie de grand personnage. Il raconte à ce sujet que la reinemère dut la vie à Delorme. « Elle avait un « flux de ventre d'avoir trop mangé d'abricots ; « elle avait la fièvre et était grosse. » Le médecin Dulaurens désapprouvait la saignée, s'appuyant sur ce passage d'Hippocrate : fluente alvo, venant non secabis. Mais sur l'avis de Delorme « la reine « mère fut saignée, dit GuiPatin, et guérit. » En 1626, Jean Delorme céda sa place à son fils, et se retira à Moulins, où il mourut de la pierre le 14 janvier 1637, âgé de 90 ans. — DELORME , fils de Jean, naquit à Moulins en 1584. Son père fut son premier maître. Charles, ayant reçu le bonnet de docteur en 1607, voyagea en Italie et se fit admirer à Padoue et à Venise. Cette dernière ville lui conféra même gratuitement le titre de noble vénitien, titre que cette république faisait alors payer 100,000 écus. Quelques auteurs prétendent qu'à l'âge de vingt ans. Charles Delorme fut nommé premier médecin de Henri IV; il est certain du moins qu'il le fut de Gaston, duc d'Orléans, puis de Louis XIII. L'abbé de StMartin raconte l'invention singulière dont se servit Delorme dans la peste de Paris, en 1619. « Il se fit « faire, ditil, un habit de maroquin, que le mau- « vais air pénètre trèsdifficilement : il mit en sa « bouche de l'ail et de la rue; il se mit de l'en « cens dans le nez et les oreilles, couvrit ses yeux « de besicles, et en cet équipage assista les mata « des, et il en guérit presqu'autant qu'il donna de « remèdes. » Le même StMartin parle des moyens ,e7.,amtpEcn.t , Paris, Adrien Beys, 1608 Le catalogue Falconet, n° 5413, mentionne une thèse du même Delorme, intitulée : Qucestio- nes medicce an vita regum sit longior quam ple- beiorum, 1608 qui fait sans doute partie du recueil cidessus. L'abbé StMartin a publié Moyens faciles et éprouvés dont M. Delorme s'est servi pour vivre près de cent ans, 1682 Ce volume contient beaucoup de particula- rités sur Delorme, qui, dans les six ou sept dernières années de sa vie, avait été connu par StMartin
  • Jean DEMABUSE( 1499 - 1562) : peintre, né à Maubeuge en 1499, yagea dans sa jeunesse, demeura longtemps en Italie, et fut le premier qui en rapporta la manière de dessiner le nu dans le goût,el dans les proportions des statues antiques, et qui fit connaître dans son pays le style noble et correct des grands maîtres des écoles de Rome et de Florence. Demabuse avait un génie propre aux grandes choses ; ses compositions sont sages et bien ordon- nées ; il aN ait beaucoup étudié la nature, était parvenu à la bien imiter, et à donner à ses figures autant de sentiment et d'expression que de vérité. Demabuse a fait plusieurs grands tableaux, placés dans différentes villes de Hollande, et en aurait l'ait davantage s'il ne s'était livré à une débauche crapuleuse. Albert Durer lit, sur la réputation de cet artiste, le voyage d'Anvers à Middelbourg pour voir un tableau d'autel de sa main, représentant une descente de croix, qui était considérée, à cette époque, comme un des plus beaux ouvrages de peinture. Demabuse peignait le portrait avec une vérité surprenante. Il mourut à Middelbourg en 1562
  • Jean DEMAUGRE( 1714) : né à Sédan, le 28 février 1714, d'un capitaine de milice frontière, fit ses 'premières études dans le collége des jésuites de cette ville, et y montra des dispositions qui firent souhaiter à ses maîtres de le voir entrer dans leur société. Il fut envoyé à Pont-àMousson, pour y faire son noviciat, et ensuite à Metz, où il ensei- gna les humanités. Un esprit vif et plein d'origina- lité le distinguait. Après avoir passé cinq ans chez les jésniles, il entra dans l'état ecclésiastique ; fut d'abord vicaire à Ratant près de Sédan ; ensuite curé de Chauvencv, dans le duché de Luxembourg.' 11 adressa à l'imî)ératrice MarieThérèse Lite requéte en vers, dont la tournure singulière plut tellement à cette princesse, qu'elle ordonna de compter à l'auteur une somme de 100 ducats, prise sur sa cassette. Peu de temps après, Deman- gre passa à la cure de Givet. Cette ville mait toujours une garnison nombreuse. L'abbé Demaugre, qP1 i auit des talents pour la chaire, trouva le- secret de se rendre intéressant aux soldats, en mettant ses sermons à leur portée, et en prenant dans l'art de la guerre le fondement des raisonnements dont il appuyait les vérités chrétiennes. BientM la garnison lui fournit un nombreux auditoire, et les soldats accouraient pour l'entendre. Le désir de se rapprocher d'un frère, lit quitter à l'abbé Demau- gre la cure de Giset pour celle de Gentilly, près Paris. Pourvu ensuite du prieuré de Chablis, et avancé en âge, il se retira à YvoiCarignan pour passer les dernières années de sa vie. La réxolulion qui sur\ int y jeta quelque trouble. Dans un ofige qu'il fit à Sédan, il eut le chagrin de voir liter à cidé de lui son ancien ami de Latude, et fut, malgré son rrand âge, obligé de se retirer dans le Pays de Luxembourg pour se mettre luimême à l'abri. Revenu à \ voiCarignan, il fut mis en arrestation. il mourut dans celte ville en 1801. Outre plusieurs pièces de vers en latin et en français, qui toutes portaient le cachet de son originalité, on a de l'abbé Dematigre : I° l'Oraison funebre de M. le maréchal de Belle- Isle. Paris, 1741 2° Oraison funèbre de don Mann- Erlkur, abbé d'Orval, 1765 3° Discours sur k rétablissement du culte catholique dans la ville de Sédan, Bouillon, 1785 40 Le Militaire chrétien, petit 2. t:e sont des fragments des sermons qu'il avait prêchés à Givet deNant la garnison. 5° Une Épure en vers latins, d'une singularité piquante, adressée à M. Séguin, abbé de Quissey, dans laquelle l'auteur décrit le jeu du wisk et celui du reversi. 6° Les Psaumes de David, mis en cers latins, ouvrage dédié au pape Pie VII, et resté inédit
  • Jean DEMESTE : docteur en médecine, chirurgienmajor des troupes de l'évêqueprince de Liége, membre de la société d'émulation de la même ille, correspondant de la société royale de méde- cine de Paris, mit dans l'exercice de sa profession nn désintéressement et une noblesse qui méritent les plus grands éloges. le zèle avec lequel il cultiva la chimie fut plus ardent qu'éclairé. Les idées bizarres, les opinions paradoxales, les hypothèses •i% tics, fourmillent dans l'ouvrage qu'il publia sous ce titre : Lettres au docteur Bernard sur la chimie, la doeinwsie, la cristallographie, la litho- logie, la eninéralogie, et la physique en general. l'aris, 1779, 2 vol. « En lisant ces deux vo- lumes, (lit un médecin distingué, on trouve que « l'imagination de Paracelse était sage et peut fé-« eonde. » Demeste mourut à Liége, sa patrie, le 20 août 1783, dans sa 38C année. Sa dépouille mortelle, c'est-àdire ses os furent réduits en verre et coulés sous la forme d'une petite urne que l'on a vue longtemps à Paris dans le cabinet de Robertson
  • Jean DEMBOWSKI( 1773) : frère du précédent, né à Gora en 1T73, fut d'abord attaché au comte Ignace Potocki, grand maréchal de Lithuanie, et se fit remarquer par son dévouement à la cause natio- nale. Après avoir servi contre les Russes sous Kosciuszko et Dombrowski, il parvint au grade de capitaine. Lorsque la funeste journée de Macijo-\\ ire eut renversé toutes les espérances des Polonais, Dembowski forma le hardi projet de réunir les débris de l'armée, forte encore d'en\ iron 20,000 hommes, d'emmener le roi Stanislas avec la diète, et de tra‘erser la Prusse pull. aller rejoindre les armées françaises sur le Rhin. Tout était préparé pour l'exécution de cette grande entreprise ; usais elle échoua par l'irrésolution de quelques chefs, et surtout par la faiblesse du roi Stanislas. Alors Dembowski se réfugia en France, „et il fut un des membres du comité polonais établi à Paris sous la protection du comité de salut public. Un autre comité polonais était formé à Venise, et des deux côtés on s'occupait des nnlens de délivrer la Pologne de la domination russe. Ce fut de cette dernière ville que le comité I expédia à Constantinople %Hebei Oginski, tandis . Lorsque son armée l'ut dissoute, Dembowski, qui ait épousé une Milanaise, se retira dans sa famille et y vécut paisiblement jusqu'en 1823, époque de sa mort. Les autorités autrichiennes firent saisir tous ses ,papiers, et ils ont probablement disparu pour toujours. C'est une perte d'autant plus regrettable qu'il s'y trouvait des mémoires particuliers trèsprécieux pour l'histoire de toutes les belles campagnes des légions polonaises au service de France, et que Dembowski, ayant été chargé des négociations les plus importantes avec le gouvernement français, pouvait seul bien connaitre les promesses qui avaient été faites et les engagements qui avaient été pris : il était officier de la Légion d'honneur et commandant de la couronne de fer; il a laissé deux fils.— Sa veuve, Mathilde Viscontini, d'une famille distinguée de la Lombardie, et qui fut compromise en 1821 dans une. conspiration contre l'Autriche, est morte en 1825. — DEMBOWSK1 , de la même famille, donna en 1803 une bonne traduc- tion polonaise en vers de la Henriade de Voltaire ; et, quoique cet ouvrage ait eu beaucoup d'autres traductions, celle de Dembowski est la plus esti- mée. — DEMBOWSKI fit paraltre en 1810 à Cracovie deux tragédies, l'une intitulée 'Vanda, et l'autre le Comte de Tyniec, en 5 actes et en vers. — DEmnowsio , commissaire dans le palatinat de Cracovie, publia en 1791 quelques écrits sur les affaires de son pays
  • Jean DEMONS : sieur cl'llédicourt, fut, en 1587, conseiller au bailliage et siége présidial d'Amiens, sa patrie ; il a laissé deux ouvrages rares et singuliers : t° i la Démonstration de la quatrième partie de rien, et quelque chose, et tout; avec la quintes i-, i sence tirée du quart de rien et i est aussi en vers, entremêléc d'une glose latine fort obscure. Suries marges sont des passages de la i Bibi' i, d'auteurs profanes, des noms de Dieu en hébreu. 2° i La Sextessencc diallact igue et potentielle, tirée par une nouvelle façon d'alambiquer , suivant les préceptes de la sainte magie et invocation de Demons, conseil- ler, etc i., i tant pour guérir l'hémorragie, playes, tu- meurs et ulcères vénériennes de la France, que pour changer les choses est ramées plus nuisibles et abomi- nables en bonnes et utiles i, Paris, 1595 , in • 8°, 306 p. Cette sestessence ou sixième partie n'est qu'une réimpression du poéme de la i Quintessence i; mais, au lieu de la glose latine, on en trouve une française, beaucoup plus étendue et moins obscure. Les auteurs de la i Bibliothèque historique de la France i, ont admis sans raison celivre dans leur catalogue. Les deux ousrages de Demons ne sont ni historiques, ni magiques; c'est de pure théologie mystique. Dans son zèle indiscret, il i fait de i Virgile un théologien, Daphnis est le Dieu sr. i sant, Aman'lis\ est l'âme , Alphésibée, le prêtre qui les concilie, etc. Ce n'est pas la première suis que von .1e111 Chrysetème Magnenu% a donné: i Deinoeritus i reriris- i wu i » i eu de vita et philasopliia bemotriti, Leyde, lm i. Londres, if.314, id. On a unie %ou% le nom i de i ce philosophe un traite berme:Wu.. De i crie i ..(ra. Padoue, 1373, eotnent reimpritue; i une i Phytaqur i mystique, 11111 NU. o Leucippe i, Se trooent également dans des manuscrit% pers i de i chiot e. i Tous rec i sou' evidemment pseutionymis. Regnard, Autreau, Muait II Taronnet,unt mis Deum rite sur la scene française. 5EL a l'occasion de remarquer que les livres les plus rares sont souvent les moins curieux
  • Jean DENNIS( 1657 - 1733) : écrivain anglais, qui a acquis quelque célébrité, moins pour le mérite de ses ouvrages que par les singularités de son caractère, et par les querelles qu'il s'était faites avec les hommes de lettres les plus distingués de son temps. 11 était né à Londres en 1657. Son père était sellier dans la cité, et avait assez de fortune pour lui donner une éducation libérale. Le jeune/Dennis fit d'assez bonnes études; qu'il termina à l'université de Cambridge, d'où il fut chassé pour avoir tenté d'assassiner un étudiant. Il voyagea quelque temps en France et en Italie. A son retour, il se trouva possesseur d'une fortune assez considérable que lui laissa un de ses oncles. Comme il était né avec une excessive vanité, il dédaigna de suivre la profession de son père, voulut vivre en gentleman, et "livra entièrement au goût qu'il avait pour la ' _ érature. Son esprit, ses manières, les connaissances qu'il avait acquises, le firent rechercher dans les meilleures sociétés, 11 fut lié avec les com- tes Halifax et Pembroke, ainsi qu'avec Dryden, Congrève, Wicherley, Mole, etc., qui avaient conçu de ses talents une opinion trèsavantageuse; mais l'excès de sa vanité, son caractère hargneux, jaloux et méprisant, dégoûtèrent bientôt de sa société les personnages recommandables qui lui avaient d'abord témoigné de l'estime et de l'amitié. Ce fut en 1690 qu'il commença à se faire connaî- tre comme auteur. Ses premiers essais furent des pamphlets satiriques, en vers et en prose, où il attaquait sans mesure, et souvent sans raison, des hommes en place et des écrivains distingués. Ces attaques gratuites lui firent beaucoup d'ennemis et lui attirèrent quelquefois de fâcheuses représailles. En 1692, il composa une ode pindarique sur la victoire qu'avait remportée le roi Guillaume à Aghrim ; et, en 1693, il publia un poème intitulé le Tribunal de la Mort . Ces deux pièces eurent du succès à la cour, et lui procurèrent une faveur passagère. Après la mort du roi Guillaume, il publia un poème qu'il intitula le Monument. Deux autres poèmes sur les batailles de Blenheim et de Ramillies lui valurent la protec- tion du duc de Marlborough et une place assez avantageuse. ll écrivit dans le même temps quelques ouvrages en prose de peu d'étendue, et la plupart sur des sujets de politique ou de critique, il se hasarda ensuite à composer pour le théâtre; il donna plusieurs tragédies et comédies où il ne montra qu'un talent médiocre, quoique quelques unes de ses pièces aient été bien accueillies à la re-; présentation. Celle de ses tragédies qui a eu le plus de succès, est intitulée le Triomphedela liberté . L'idée en est bizam La scène se passe dans le Canada, et l'action a pour objet les événements d'une guerre entre les Français, les Anglais et quelques tribus de sauvages. La con- duite en est sans vraisemblance et sans intérêt mais les injures qu'on y dit à la nation française la firent applaudir sur le théâtre de Londres, où elle fut jouée en 1'704. Sa meilleure comédie a pour titre : Une intrigue sans intrigue . On y trouve de l'esprit, quelques scènes plaisantes, mais peu d'invention et point de verve comique. Son principal mérite est dans la régularité de la conduite, mérite peu commun sur le théâtre anglais. En général, Dennis n'a été qu'un poète mé- diocre, quoiqu'il ne fût pas né sans talent ; mais il écrivait avec négligence et d'un style trèsinégal. A côté de quelques vers brillants, on en trouve un plus grand nombre de plats et de mauvais goût. Il y a beaucoup plus d'esprit et de talent dans ses ouvrages en prose, et les meilleurs sont ceux qu'il a faits sur des sujets de critique. Il attaqua avec une grande sévérité le Caton d'Addison et l'Essai sur l'homme de Pope, quoiqu'il fût lié avec eux. On ne peut nier qu'il n'y eût dans ces critiques des observations spirituelles et même judicieuses, et comme elles tombaient sur de grands écrivains, elles ne pouvaient manquer d'attirer l'attention du public. Addison dédaigna d'y répondre ; mais Pope s'en vengea cruellement. En plaçant Dennis dans sa Dunciade il couvrit son nom d'un ridicule qui durera plus longtemps que les écrits du critique. Pope se vengea encore d'une autre manière. Den- /ifs étant tombé dans l'indigence, Pope lui envoya quelques secours d'argent; mais il gâta cet acte de générosité en le rappelant dans une de ses satires, où il dit Dennys même avoûra, s'il veut être sincère, Qu'en méprisant ses vers il aida sa misère. On a reproché à Pope un autre trait peu délicat à l'égard de Dennis. Celuici étant devenu aveugle dans sa vieillesse, la troupe de Newmark donna line représentation à son bénéfice, pour laquelle Pope fit un prologue; mais il perdit le mérite de ce petit bienfait par le ton ironique qu'il prit dans le prologue, plus fait encore pour jeter du ridicule que pour répandre de l'intérêt sur le malheureux qu'il avait l'air d'obliger. Pope était un grand poè- te, mais ce n'était pas un bon homme. Les pré- faces de quelquesunes des pièces de théâtre de Dennis valent mieux que les pièces ellesmêmes. On a dit de lui que personne n'était plus en état d' un poète dramatique ; car il enseigne par ses préceptes ce qu'il faut faire, et par ses propres pièces ce qu'il faut éviter. Le trait le plus remarquable de son caractère était une excessive vanité, et on en cite des exemples dont le ridicule semble passer la vraisemblance. Il avait déclaré une haine mortelle aux Français. « Dans une pe « lite relation d'un séjour de quinze jours qu'il fit « en France, dit Voltaire, il s'avisa de vouloir pein « die le caractère de la nation qu'il avait eu si bien « le temps de connaître. Je vais, ditil, vous faire .( un portrait juste et naturel des Français ; et pour « commencer, je vous dirai que je les hais mortel « lement. lis m'ont, à la vérité, trèsbien reçu et « m'ont accablé de civilités; mais tout cela est pur « orgueil; ce n'est pas pour nous faire plaisir « qu'ils nous reçoivent si bien, c'est pour se plaire « à euxmêmes; c'est une nation bien ridicule, « etc, » 11 la traita encore plus mal dans sa tragédie du Triomphe de la liberté, qu'il donna pendant la guerre de la succession, Il se mit ensuite dans la tête que Louis XIV ne consentirait jamais à faire la paix avec l'Angleterre, à moins qu'on ne lui livrât l'auteur de cette tragédie. Lorsqu'on négocia la paix d'Utrecht, Denis alla trouver son protecteur le diic de Marlborough, et le conjura d'empècher que la condition de le livrer à la France ne fût une des stipulations du traité. « Mon cher Dennis, « lui dit gravement Marlborough, je ne puis vous « servir en cela, parce que je n'ai aucunes relations « avec les ministres ; mais votre cas n'est pas aussi « désespéré que. vous le pensez. Je crois avoir fait « presque autant de mal que vous aux Français « et je n'ai pris moimême aucune précaution « pour éviter leur ressentiment. » Pendant la négociation, il alla passer quelques jours chez un homme de sa connaissance, qui avait une maison sur la côte de Sussex. S'étant allé promener sur le bord de la mer, il aperçut au large un N aisseau qui lui parut se diriger vers lui, et il ne douta pas que ce fût pour l'enlever. 11 s'enfuit précipitamment, et revint à pied à Londres, avec la persuasion que son hôte ne l'avait engagé à venir chez lui que pour le liNrer aux Français. Ces deux traits sont d'un meilleur comique qu'aucune des scènes de ses comédies. On en raconte un autre d'une nature moins sérieuse. En 1709, il donna au théâtre une tragé- die, intitulée Appius et ViQnie, pour laquelle il avait inventé une nouvelle espèce de tonnerre. La pièce tomba dès la première représentation, et les comédiens refusèrent d'en donner une seconde. Quelque temps après, il alla voir représenter une tragédie dans laquelle on faisait jouer le tonnerre; il s'écria tout à coup : « Qu'est ceci? Parbleu, « c'est mon tonnerre! Voilà des drôles bien inso « lents! ils ne veulent pas jouer nia pièce, et ils me ?.olent mon tonnerre. » Dennis, après une vie agitée par une continuité de succès et de re- vers, se brouilla, par les vices de son caractère et les extravagances de sa conduite, avec tous ses amis et ses protecteurs. Il avait consumé son patrimoine par un luxe ridicule; et mourut dans cm état d'indigence, sans laisser de regrets ni d'estime, le 6 janvier 1733, âgé de 77 ans. Dennis avait de la sagacité, des connaissances, même du goût ; mais il travaillait aNec négligence, et ses passions éga- raient son jugement. On ne peut nier qu'il n'y ait de l'esprit, des vues judicieuses et du talent de style dans plusieurs de ses écrits en prose. Son Essai sur la Critique est le meilleur. Sa diatribe contre l'établissement de l'Opéra italien à Londres, est encore assez piquante; mais les critiques qu'on a faites de son caractère et de ses écrits, dureront encore plus que celles qu'il a prodiguées contre les autres. La Dunciade est immortelle, et on lit toujours avec plaisir une Vie de Zoïle, par Garnel, qui n'est qu'une satire mordante contre Dennis S—D.
  • Jean DENTAND : né à Genève, y fut pasteur de 1718 à 1758, époque à laquelle on le déchargea. de ces fonctions. Il est connu par un volume deve- nu classique dans sa communion, et intitulé : Re cueil de passages de l'Écriture sainte, 1739 DENTAND , fils de Jean, né en 1136, a publié : Essai de jurisprudence criminelle, 1783, 2 vol. — DENTAND , né à Genève en 1750, avait étudié la théologie, et il préchait avec succès; mais la faiblesse de sa santé le força de renoncer à la chaire. Une âme ardente fit son malheur, et le porta à mettre fin à ses jours en 1780; il demeurait alors à Harlem, et était membre de la société de cette ville. 11 avait publié, dit Senebier : Relation de différents voyages dans les Alpes du Faucigny, par IMM. D., DL. et D. Ces 'initiales indiquent Dentand et31. Deluc rainé. 2° Mémoire sur la culture des arbus- tes dans les dunes, qui obtint l'accessit de la société de Harlem, en 1777. On trouve aussi quelques observations de Dentand dans l'ouvrage de M. Deluc, intitulé : Lettres sur l'histoire de l'homme et de la terre, 1778-80, 6 vol. Enfin Dentand avait, obtenu à l'Académie de Berlin un accessit pour un Mémoire sur cette question : Est- il utile au peuple d'être trompé, soit qu'on l'induise en de nouvelles erreurs, ou qu'on l'entretienne dans celles (PC il est? A
  • Jean DACH( 1566) : peintre, né à Cologne en 1566, fut élève de Barthélemi Spanger, voyagea en Italie, et à son retour passa par l'Allemagne. Ce fut l'époque de sa fortune. L'empereur Rodolphe II, grand amateur des arts, conçut une telle estime pour ses talents, qu'il se l'attacha et le renvoya en Italie pour y dessiner les plus beaux restes de l'antiquité. Plusieurs de ses dessins sont en Angleterre; les contours en sont fermes et élégants. Dach fit à son retour un grand nombre de beaux tableaux pour la cour de Vienne. Ce peintre mourut dans cette ville fort âgé, dans l'opulence, et aussi estimé pour son caractère que pour ses talents. Ses ouvrages sont peu connus en France, et le Musée n'en possède point
  • Jean DAGONEAU : suivant quelquesuns, juge, et, suivant d'autres, fermier de l'abbaye de Cluni, est regardé assez généralement comme fautent d'une satire t•èssangloute, intitulée: Légende de dom Claude de Guise. Pagoneau était protestant. Après le massacre de la StBarthélerni, il fut arrêté avec ses deux frères, sous d'assez frivoles prétextes, et conduit dans les prisons de Mâcon, d'où il ne. sortit qu'après avoir payé à l'abbé de Cluny ime somme considérable. De retour chez lui, il trouva sa maison pillée, et ne reçut que des injures de sa femme qui s'était rangée du côté de ses persécuteurs. 11 mourut en 1580, du poison que lui fit prendre sa femme ellemême, si l'on en croit l'un des éditeurs de la Légende, mais plus vraisemblablement du chagrin que lui causèrent les désordres de sa famille. L'historien de Thou ne fait aucun doute que Dagoneau ne soit l'auteur de la Légende ; Papillon, dans sa Bibliothome de Bourgogne, rattribite à Gilbert Regnault, jugemage de Cluni, et l'abbé Lenglet a adopté son opinion. La raison sur laquelle s'appuie Papillon, c'est que Dagoneau n'a pu écrire un ouvrage où il est question de sa mort, et toutes celles données par Lenglet peuvent se l'édifiai, à cellelà. Papillon nie l'existence d'une édition de la Légende antérieure à celle de 1581, niais Lenglet dit en avoir vu une de 1574, et assure qu'il teexiste entre elles aucune différence. Cependant on peut croire que la mort de Dagoneau n'est pas indiquée dans l'édition de 1574, puisqu'on convient qu'il ne mourut que huit ans après. Lenglet en a parlé sans l'a\ oir vue, mais le témoignage de de Thon et de d'Aubigné prouve suffisamment qu'elle existe ; elle est sans doute devenue trèsrare par l'intérêt que les Guises ont cu à en supprimer les exemplaires, et il ne faut point être surpris qu'elle ait échappé ata recherches de Lenglet. Suivant d'Aubigné, cette édition parut sous le titre de Légende de St. Nicaisc , parce que Claude de Guise, contre qui l'ouvrage est dirigé, était alors abbé de StNicaisc de Reims. Dagoneau étant mort en 1580, on peut conjecturer que Gilbert Regnault, son ami, donna une nouvelle édition de cette pièce, à laquelle il ajouta une préface et le récit des malheurs arrivés à Dagoneau et à sa famille. Cette 20 édition est intitulée, comme nous l'avons dit : Légende de Dota Claude de Guise, abbé de n'uni, 1581 C'est d'après cette édition que l'abbé Lenglet n réimprimé cette Légende dans son Supplément aux mémoires de Condé, Londres , 1743 Voy. Claude de Guise_ et Gilbert REGNAULT
  • Jean DAGUERRE( 1703) : né à Larressore, au pied des Pyrénées, en 1703, fut le restaurateur de la discipline ecclésiastique dans un . Après avoir reçu les ordres sacrés, il ftit nommé vicaire du bourg Barbier, dans sa Dissertation sur e.oixante traductions n'ançaises de Pm Within de J.- C., n'a pas oublie. la traduction faite en langue basque, par le sieur il'Arambillague, prêtre, et il rite l'abbé de StLeger, qui parle d'une autre traduction de l'Imitation en langue basque, par Sy Mill Pouvreau, imprimes à Paris dans le 17e sarde, et M. Brunet, qui, dans son Manuel dt, libraire, cite une traduction de l'imitation eu langue basque, imprimee à Bayonne en 4720 et en Mu. Quoique Barbier assure avoir vu toutes les traductions dont il parle, Il avoue qu'il ignore ni les delà éditions sont des réimpressions de l'une ou de l'autre des traductions qu'il vient de citer. D'Arambillague n'a traduit que les deux derniers livres de l'Imitation; et sa version, quoiqUe antérieure le celle de Chourin, est loin d'avoir aussi bien la physionomie, l'onction et la touchante simplicité de l'auteur original. Le sénateur Garat, qui projetait un ouvrage sur le génie et le mécanisme de la langue basque, demanda à l'auteur de cet article la traduction de Chourin, et il ne se lassait pas de l'admirer. Cette traduction a été enrichie de réflexions et de pratiques pieuses, par d'Etrheverry, missionnaire ét ancien dl,- recteur du séminaire de Larressore, mort, il y r quelques années, curé d'Uslarill. dre, et il opéra des conversions dans ous les rangs. On cite notamment deux échevins, dont l'un entra dans l'ordre de saint François, et l'autre embrassa l'état ecclésiastique. Cependant il ne perdait pas de vue une oeuvre importante , dont il attendait les plus heureux résultats. Jusqu'à lui, le diocèse de Bayonne était sans petit séminaire : il voulut fonder une maison où l'on enseignât à la fois la théologie, la philosophie et les humanités. Le défaut absolu de moyens pécuniaires ne l'arrêta point; il fit un appel à la charité de ses compatriotes, et tous s'empressèrent de le seconder. Différents voyages en France et en Espagne, entrepris dans le même but, lui procurèrent des dons considérables. A Paris, il s'adressa au duc d'Orléans, fils du régent ; il fut accueilli par ce prince, qui vivait dans la retraite à l'abbaye SteGeneviève, et qui consacrait la plus grande partie de ses revenus à des actes de bienfaisance. 11 lui donna 2,000 francs pour sa maison. Le séminaire de Larressore fut achevé en 1733 , et il prospéra toujours sous la direction prudente et ferme de l'abbé Daguerre, qui en fut supérieur pendant 52 ans. Une prévoyance active, une sage économie, un grand désintéressement, qu'il sut inspirer à tous les directeurs, à tous les missionnaires, multiplièrent les ressources ; et, à sa mort, la maison avait 18,000 francs de rente. Son zèle ne se borna pas à l'étroite enceinte de cet établissement : il fonda à HaspaiTen un couvent de filles, dont il nomma supérieure mademoiselle d'Etcheverry. 11y fit adopter les constitutions de St. François de Sales avec quelques modifications. La correspondance de cette demoiselle a été imprimée, et l'on regrette de ne pas y trouver les réponses du saint prêtre. Daguerre entretenait au dehors une correspondance très-étendue ; plusieurs évêques le consultaient sur des points de morale et d'administration. Il suivait surtout avec intérêt, dans l'exercice de leurs fonctions, les sujets qu'il avait formés , et il leur donnait les conseils les plus sages. Il mourut le 23 février 1785. Son établissement a subi dans la révolution le sort de toutes les maisons ecclésiastiques. Un décret du 27 mai 1790 le déclara bien national; et, par un autre décret du 24 août 1792, tous les directeurs et les prêtres qui s'y trouvaient furent déportés. La maison resta dans un état de délabrement complet jusqu'en 1819, où M. Sabarotz, alors curé de Larressore , conçut le dessein de relever de ses ruines une si utile fondation; il s'adressa au sénateur Garat, qui en était luimême un élève ; et ce ne fut pas sans étonnement que l'on vit un des partisans les phis prononcés des idées philosophiques vouloir contribuer aux fiais d'un établissement religieux. L'évêque de Bayonne, Loiron, jugea ensuite que c'.était à lui qu'il appartenait de procurer à son diocèse un tel bienfait. M. d'Astros, successeur de Loison, ouvrit cette maison en 1820, et quelque temps après il en nomma supérieur M. Claverie, aujourd'hui vicaire général de Montpellier. Nul choix ne pou vait être plus heureux; le nouveau supérieur augmenta et embellit la maison ; il fit construire une chapelle, dressa les plus sages règlements, inspira à tous ses élèves la plus noble émulation et s'attacha constamment à faire fleurir les bonnes moeurs et les bonnes études. On a de Daguerre un Abrégé des principes de morale et des règles de conduite qu'un prétre doit suivre pour bien administrer les sacrements, Poitiers, 1773, I vol. Les rapports de l'auteur avec la Sorbonne sont assez indiqués dans plusieurs endroits de cet excellent ouvrage, dont le manuscrit mérita les éloges de l'évêque de Dax. Ce lis re u été considérablement augmenté en 1819 et en 1823 par M. Lambert, ficaire général de Poitiers, et plusieurs évêques l'ont adopté dans leurs séminaires
  • Jean DARD( 1585 - 1641) : né à Vendôme en 1585, étudiait la philosophie, lorsque la mort d'un .de ses cama- rades, tué à côté de lui, par la foudre, le porta à entrer dans la société de Jésus en 1618. 11 y remplit di erses fonctions, et mourut à Paris le 17 avril 1641. On a de lui : 1° Histoire du royaume du Ja- pon, 1621 et 1622, Paris, 1627, 1 vol. 2° Histoire d'Ethiopie, de Malabar, etc., ibid., 4628: on n'y trouve guère que des détails relatifs aux missions ; la géographie n'y entre presque pour mien; ce ne sont que des traductions de l'italien 30 un Abrégé des méditations du P. Dupont
  • Jean DAILLÉ( 1594) : en latin Dalloeus, né à Chatellerault le 6 janvier 1594, fut un des ministres protestants les plus célèbres, et sut même se concilier l'estime des théologiens de l'Église romaine. 11 ne commença ses études qu'à onze ans, les termina à Saumur par celle de la théologie, et devint en 1612 précepteur des petitsfils du fameux DuplessisMornay. Ses fonctions durèrent sept ans, pendant lesquels il puisa, dans le commerce de ce grand homme, cet amour pour la science qu'il conserva toute sa vie. Au bout ce temps, il fit avec ses élèves le voyage d'Italie, dont tout le fruit qu'il retira, disaitil souvent, fut la connaissance de Fra Paolo Sarpi. Ayant perdu, pendant ce voyage, un de ces deux jeunes gens, il fut obligé, pour éviter la poursuite des inquisiteurs, d'expédier son corps en France comme un ballot de livres. Dans son retour, il visita la Suisse, l'Allemagne, la Hollande et même l'Angleterre. Rentré dans sa patrie, il fut fait ministre, s'établit à Saumur, s'y maria; puis, en 1626, fut appelé à Paris pour desservir l'église de Charenton. Il y exerçaies fonctions pastorales pendant quarantetrois ans, et mourut dans cette capitale le 15 avril 1670. Dallé fut lié avec les plus célèbres ministres de sa communion : Gomar, Louis Cappel, Amirault, de Langle. Sa science était profonde, son jugement exquis, son éloquence douce et facile,• son style clair et toujours noble. Il était naturellement gai, se mettait à la portée de tout le monde, et sa franchise égalait ses autres qualités. Balzac disait de lui : Cura talis sis, utinam noster esses ! Nicéron compte trentequatre ouvra. ges , 1671 Cette Vie est d'Adrien Daillé, son fils unique, né à Paris le 31 octobre 1628, , ministre à la Rochelle en 1653, et mort à Zurich en mai 1690
  • Jean DAMASCÈNE : médecin arabe, rivait, suivant rertatin? biographes, dans k 9° siècle ; selon d'autres, dans le t I. : ceuxci le regardent comme bis de Nlésué le jeune ; ceuxlà lui donnent pour pere 1Iésué l'ancien : quelquesuns veulent que ce soit le mène que ce dernier. Fahricius distingue plusieurs Jean Damascène, les uns Mutile,. les autres médecins. et parmi CPU%ei il nomme Jean Néistlé [immiscent., qui écri,ail arabe en 1200, et un autre qui était sil? de Sérapion. L'obscurité répaislite agir la sir, et les ouvragea (Ie ce ?édecin tient sans 1101111. ats nom qu'il porte, et qui en effet est celui th, plusieurs hemmes illustres nés à Damas. Beugler a pourlant levé cette difficulté historique en démontrant pie Sérapion l'ancien (.lahiah If. bw, et Jean liamascène, sont réellt•metit le métre persoimage • et le savant Sprengel partage tette opinion. du reste, les onsrages qu'on lui attribue, et qui ont été traduits de l'arabe en latin par Gérard de Crémone cet non de Carmona en Espagne, l• Aphorisme/ à/ a liber, Bologne. I 4» Venise, 1497 Aser Aphoritairs de Rabbi Nloyses et de liliales : Baie, ces aphorismes méritent d'étre los 2° Mn- lit- intr th, rap, ticop libri meptern Mie, 11443 Cette production, corrigée et augmentée par Albanie' Tortrill%, est, suivant Haller et Spnuigel, absolument la terne que Cf tri nous teste de Sérapion : composition. maladies, médicaments, citations, tout y est identique, re pli c?nfirtne décision de Heurter. On reconnait dans testi-0%re, de ce médecin une prudence peu (latin?sme, de sages conseils à ceux qui veulent s'élever à la dignité de l'art, et une grande vénération pour Aristote et Calien
  • Jean DALTON : piètre et poéte anglais, né à Witehaven, dans le Cumberland, recteur d'une paroisse de Londres, oit il mérita l'estime publique par sa conduite et son éloquence, mourut le 21 juillet 1750. Oit a de lui: 1° deux volumes de sermons qui n'ont ni le raisonnement d'Atterbury, ni l'élégance de Blair; 2° quelques épîtres en vers, insérées dans les recueils du temps, et qui paraissent plus correctes que pleines d'imagination. Il arrangea, sans beaucoup de succès, le Cornus de Milton, pour être joué sur l'un des théâtres de Londres. — Son frère, Richard DALTOr, bibliothécaire du roi, a publié la description d'une procession de la Mecque, ornée de gravures et qu'il avait dessinée sur les lieux. Il a aussi enrichi de gravures quelques dissertations de son frère sur les antiquités grecques et égyptiennes, et sur douze dessins historiques de Raphaël
  • Jean DELANNES : religieux de Cîteaux, professa pendant plusieurs années la théologie dans différentes maisons de cet ordre. Nommé ensuite bibliothécaire de l'abbaye de Clairvaux, il fut chargé d'en continuer l'histoire. Cette continuation n'a point été publiée; mais on a de lui deuxautres ouvrages estimables : 4° Histoire du pontificat du pape Innocent II, Paris, 1741 ; 2° Histoire du pontificat d'Eugène III, Nanci, 1737 Ces ouvrages contiennent la suite des principaux événements arrivés dans l'Église depuis 1130 à 1153. L'auteur est exact; mais son attachement à son ordre le fait quelquefois entrer dans des détails peu importants, et son style est entièrement dé- pourvu d'élégance
  • Jean DANDOLO : doge de Venise de 1280 à 1289. Pendant son règne, les lles de Pirano et d'Isole, en Istrie, se donnèrent à la république de Venise, tandis que celle de Trieste secoua le joug des Vénitiens. Jean Dandolo fut appelé pour protéger les premières et soumettre la seconde, et il soutint en Istrie, contre le patriarche d'Aquilée, une guerre qui dura utant que son règne, et épuisa les finances des Vénitiens. Jean Dandolo succéda à Jacques Contarini ; il précéda Pierre Gradenigo. — DANDOLO , doge depuis le 8 janvier 1328 jusqu'au 31 octobre 1339. \s tut d'être élevé à cette dignité, il avait été envoyé en 1313 en ambassade aupri-; de Clément V, pour obtenir que ce pape retiràt l'e,xcommunication qu'il avait lancée contre la république. Ii se jeta aux pieds de ce pontife, avec une chaîne de fer à son col, décla- rant qu'il ne se relèverait point avant d'avoir obtenu l'absolution de sa patrie. Clément V se laissa toucher, et réconcilia Venise avec l'Église ; mais alors Dandolo reçut le surnom de Chien, qu'il garda toujours. Pendant son i?igne, les Vénitiens, jusqu'alors enfermés dans leurs lagunes, étendirent leur domination sur la terre ferme. Ils enlevèrent à la maison de la Scala Trévise, Céneda et Coné- gliano, et ils prirent sous leur protection les Car- rares, seigneurs de Padoue, dont ils assurèrent l'indépendance. François Dandolo avait succédé à Jean Soranzo. Barthélemi Gradenigo lui succéda
  • Jean DAMIANICS : "un des généraux les plus distingués de l'armée hongroise dans la guerre de l'indépendance de 1848, pendu en 1849, âgé d'environ 40 ans. Damianics était Serbe d'origine, il était capitaine au service d'Autriche, lorsque l'empereur Ferdinand lui confia le commandement du 3e bataillon de la honved hongroise pour défendre la frontière attaquée par les Croates et les Serbes insurgés. Les événements se succédant en Hongrie, et le peuple, en I 848,1evant contm l'Autriche l'étendard de l'insurrection, Damianics embrassa avec vigueur la cause de l'armée dont il faisait partie ; il se distingua dans plusieurs affaires, et le gouvernement insurrectionnel le nomma successivement colonel et général. Damianics, au bout de peu de temps, acquit une grande influence sur le soldat hongrois ; sa haute stature, sa large poitrine, son front chauve contrastant avec une longue barbe bp qui descendait jusqu'à la ceinture, sa figure martiale et énergique excitaient facilement la confiance et l'admiration des hommes, un peu primitifs, dont se composait la masse de l'armée nationale. Ces qualités physiques étaient d'ailleurs rehaussées dans Damianics par une incontestable intelligence militaire. Sa position, son courage, sa capacité allaient lui donner un des rôles importants dans la guerre, lorsque, à Comorn, un accident de "toiture lui cassa une jambe. Forcé de renoncer à n service actif par cet événement, il accepta le ,commandement et la défense de la forteresse d'Aad. 11 en était encore gouverneur, lorsque Gœorgey, qui venait de faire sa défection, lui donna l'ordre écrit de rendre la forteresse aux Russes. Damianics obéit: on sait que Gceorgey avait stipulé pour tous ses compagnons d'armes, adhérents à sa capitulation, une amnistie que les Russes avaient promise. Le cabinet autrichien ne se crut pas lié par ces engagements, et ne voulut traiter les généraux de l'armée hongroise, et entre autre Damianies, que comme des sujets rebelles. Ce général fut donc détenu dans cette même place d'Arad, qu'il avait commandée, avec onze autres officiers généraux parmi lesquels nous citerons : Tcercek, Ernest Kisse, Nagysandor, Charles de Linange,. Knezics, Schweidel, Aulich, etc. Depuis six semaines les prisonniers attendaient le sort qui leur était réservé, lorsque le 5 octobre 1849, ils apprirent par une voie indirecte qu'ils étaient condamnés à mort, ainsi qu'un de leurs compagnons le lieutenantcolonel Lazar, assimilé aux généraux comme ayant commandé un corps d'armée. Le 6 octobre l'exécution eut lieu. Par suite d'une commutation de peine, les trois généraux Kisse, Deseffy, Schweidel et le lieutenantcolonel Lazar, furent fusillés à sept heures du matin. Les neuf autres généraux subirent le supplice de la potence. Damianics, dont la jambe n'était pas encore guérie , ne put marcher à pied à la mort comme ses camarades d'infortune et fut placé sur une charrette à côté du bourreau. Comme un des plus coupables, il fut exécuté l'avantdernier. 11 mourut, ainsi que tous ses compagnons, avec un sangfroid inébranlable, en recommandant au prêtre serbe qui l'assistait de dire, en son nom, à ses compatriotes, qu'ils s'étaient laissés aveugler par l'Autriche et qu'ils ne tarderaient pas à s'en repentir. Les terribles exécutions, commencées à huit heures, ne furent terminés qu'à dix heures et demie. Damianics, l'année précédente , avait épousé une jeune personne d'une grande beauté, appartenant à une des premières familles de la Servie. On rapporte que cette malheureuse femme, qui habitait Arad au moment de la condamnation, ne put obtenir la faveur de voir et d'embrasser son mari avant sa mort
  • Jean DAMPIERRE : ou Joannes Dampetrus poète latin moderne, naquit à Blois, comme il nous l'apprend luimême, vers la fin du 15e siècle, d'une famille qui avait exercé plusieurs charges dans le pays. 11 commença par se livrer à l'étude du droit vers laquelle se portaient tous les meilleurs esprits, alors que son domaine, non encore rétréci par le perfectionnement des lois, touchait à toutes les sciences et ne reconnaissait guère de limites. La plupart des hommes illustres de l'époque étaient des magistrats; et, comme aujourd'hui, le barreau conduisait aux honneurs politiques, donnait l'hermine et la simarre. Dampierre, 'après avoir plaidé quelque temps à Blois, alla à Paris, où se pressaient une multitude d'avocats de renom, et où il ne tarda cependant pas à se ,faire remarquer parmi ceux du grand conseil. Comme toute cette puissante magistrature du temps, habituée à chercher dans l'exercice des lettres des délassements aux travaux du palais, Dampierre s'occupait beaucoup de poésie, et se faisait remarquer par l'élégance et la facilité de ses vers, autant que par l'éclat de son éloquence et l'étendue de son savoir. Cette alliance de la jurisprudence et de la poésie a fait dire trèsagréablement au bonhomme Bernier, historien du Blésois,que Dampierreavait étè assez heureux pour pouvoir allier les Douze Tables avec les Neuf Illuses. Dans ce prodigieux 16e siècle, où s'émurent tant de passions, se débattirent tant de querelles, se décidèrent de si hautes questions, l'esprit religieux qui avait animé les populations du moyen âge conser- vait encore de profondes racines dans les cœurs, et l'on voyait souvent les hommes les plus forts de l'époque renoncer tout à coup aux habitudes les plus étrangères à la religion, aux positions les plus élevées, pour s'attacher au service des autels, ou se retirer dans la solitude du cloitre. Dampierre, porté naturellement vers l'état ecclésiastique par une grande austérité de moeurs et une profonde piété, quitta, malgré le succès de ses débuts, la carrière du barreau pour venir prendre à Orléans l'habit de St. François. Son érudition et son élo- quence le firent employer par son ordre à la prédication ; maislorsqu'il fu t livré assez longtemps, sa santé s'en trouvant altérée, ses supérieurs lui permirent de, se retirer à la MadeleinelesOrléans, couvent de l'ordre de Fonte\ rani', pour y remplir les fonctions de directeur. Ce fut dans cette retraite qu'il satisfit plus particulièrement son goût pour la poésie latine. Il entretenait une correspondance en vers avec beaucoup d'hommes de lettres, surtout avec Jean Dolet et Théodore de Bèze , qui faisaient une trèsgrande estime de lui, ainsi qu'on peut le voir dans les opuscules de ce dernier. Denis Foilclier, moine de Lérins, nous apprend, dans une lettre datée de 1537, que tous les poètes de son temps consultaient Dampierre sur leurs écrits. Sca- figer et Balzac ont beaucoup loué les endécasylla- bes de ce poète, dont les oeuvres sont malheureu- sement restées inédites, à l'exception d'un petit nombre (le pièces insérées dans le Delicirn poeta- mn? Gallorum. Si le reste n'est pas perdu, il est enseveli dans quelque recoin de bibliothèque, et l'on ne sait ce qu'est devenu un manuscrit de ses poésies, que les savants SteMarthe avaient possédé. Dampierre mourut vers l'an 1550
  • Jean DESLOIX( 1568 - 1658) : religieux dominicain , né à Tournehem dans le diocèse de StOmer, vers 1568, fut reçu docteur en théologie , à l'université de Caen, en 1613.11 fut élu provincial de son ordre dans les PaysBas, en 1619, et quatre ans après, inquisiteur de la foi, pour Besançon et le comté de Bourgogne; il en remplit les fonctions avec une grande sévérité. Son grand âge l'ayant obligé de se démettre de cet emploi, il se retira dans le couvent des Dominicains de StOrner, et y mourut le 22 janvier 1658, à 90 ans. Ou a de lai : 1° Spe- culum inquisitionis Bisuntince jus officiariis exhi- bitum, Dole, 1628 L'inquisition fut établie à Besançon, en 1247, par une bulle d'Innocent IV. Desloix n'a point donné l'histoire de ce tribunal, comme l'on pourrait le penser d'après le titre de son livre' ce n'est qu'une compilation des droits et des priviléges accordés par les papes aux inquisi- leurs, avec des instructions pour lem . conduite dans l'exercice de cette charge. 2° Jus canonicum pro officio sanctce inquisitionis. Cet ouvrage est impri- mé à la suite du précédent. 3° Ingitisiteur de ta foi, Lyon, 1634 ; traduit en partie du Speeu- lum. 4° Exercices spirituels pendant la célébra- tion de la sainte Messe, Douai, 1617
  • Jean DARCCI( 1500) : né à \repose, dans le royaume de Naples, au commencement du I6 siècle, professa les humanités avec quelque distinction, mais préférant le repos aux avantages que pouvait lui promettre la carrière de l'instruction, il se retira dans sa patrie, où il cultiva la poésie latine pour laquelle il avait autant de goût que de talent. 11 s'était fait d'illustres protecteurs dont la générosité le soutint dans sa retraite. Ses poésies ont été imprimées plusieurs fois. Cutines en donna une édition élégante à Paris en 1543 Elle contient un petit poème intitulé Canes, une héroïde de Déidamie à Achille et quelques autres pièces de peu d'étendue. Son poème a été inséré dans l' Am- phitheatrum sapientiat de Dornau, et dans le tome ler des Deliche poet arum Dalorum. Les descriptions en sont agréables et variées, et le style rappelle celui des modèles dont l'auteur avait fait une constante étude. On croit que Darcci est le mème qui, naturalisé en France, où il fut aumônier du cardinal de Tournon, y prit le nom de Darces, et y publia les treize livres des Choses rus- tiques de Palladius, traduits nouvellement en fran- çais, Paris, Vascosan, 1554
  • Jean DARCET( 1725) : médecin et chimiste distingué, naquit en 1725 à Doliazit en Guienne. Quoique fils d'un magistrat, il préféra l'étude de la médecine et des sciences naturelles à celle de la jurisprudence; et ayant, à cet égard, contrarié les inten- ions de son père, celuici, pour le punir, trans- orta le droit d'ainesse et les avantages pécuniaires - i y étaient attachés sur un fils . d'un second 7t. Le jeune Darcet n'en fut pas découragé, et à ordeaux, oii il suivait ses études, pour suppléer ltiti ait peu de ressources qu'il trouvait dans sa famille, il donna des leçons de latin à des enfants. Ayant acquis l'estime et l'amitié de ses condisciples en médecine, il fut présenté par l'un d'eux à Montesquieu. Ce grand homme lui donna d'abord quelques secours ; bientôt il reconnut en lui des talents et de précieuses qualités morales, et il lui confia l'éducation de son fils. C'est alors que Darcet l'accompagna à Paris en 1742. L'union la plus intime s'établit aussitôt entre ces deux hommes. Le jeune médecin aida le philosophe à recueillir ses nombreux matériaux pour son immortel ouvrage de l'Esprit des lois ; en un mot Darcet cessa bientôt d'être le protégé de Montesquieu, pour en être l'ami; mais il n'y a rien de vrai dans ce qu'on a dit d'une lutte qu'il eut à soutenir contre deux jésuites qui, voyant Montesquieu près de rendre le dernier soupir, voulaient, diton, s'emparer de la clef de son secrétaire. Redevenu libre à la mort de son ami, Darcet ne s'occupa plus que de son art, et particulièrement de la chimie. Rouelle alors dominait dans cette science. Tout en suivant là direction qu'elle avait reçue de Stahl, il préparait les matériaux qui ont fondé la nouvelle école, et surtout il inspirait aux gens du monde le goût de cette étude jusqu'alors abandonnée aux savants. Un jeune militaire, le comte de Lauraguais, obéissant surtout à cette impulsion donnée Par Rouelle, et ayant besoin d'un guide dans ses recherches chimiques, fit choix de Darcet qui lui fut présenté par Rouelle. Dès lors ils travaillèrent de concert, et bientôt le coeur eut autant de part à leur association que le zèle de la science. En 1757, la guerre vint les interrompre et appeler le comte de Lauraguais dans les camps; le savant à son tour y suivit le guerrier, et l'occupation du pays de Hanovre leur fournissant l'occasion de visiter les mines du Hartz, Darcet en donna une description, à laquelle il joignit l'histoire naturelle de ce pays et des événements de cette campagne, dans un petit ouvrage inédit, remarquable par une grande sagacité d'observation. La paix rendit les deux amis à leurs recherches chimiques, qu'ils appliquaient particulièrement aux arts. C'est alors qu'ils travaillèrent à renouveler et à perfectionner l'art de la porcelaine . Cette poterie précieuse nous était apportée d'abord par les Portugais, du Japon et de la Chine ; elle nous vint ensuite de la Saxe, où le hasard avait conduit à sa découverte un garçon apothicaire appelé Boetticher, occupé de la recherche du grand oeuvre. En essayant beaucoup de terres pour en extraire de l'or, il avait trouvé celle dont la nature ellemême a produit la combinaison en ce pays, et qui a servi depuis à faire la porcelaine de Saxe, et dont le gouvernement de ce pays défendait qu'on exportât le moindre échantillon. Darcet, d'une part, décomposa ces diverses porcelaines pour reconnaitre la nature et les diverses proportions des terres qui entraient dans leur fabrication ; et de l'autre, exposant au feu diverses terres de nos pays, il parvint à reproduire nonseulement la combinaison particulière qui se trouve naturellement en Saxe, mais plusieurs autres analogues et propres au môme résultat. Ce grand et beau travail fut présenté dans divers mémoires à l'Académie des sciences, pendant les années 1766 et 1768. C'était la première fois qu'on exposait à ce corps savant la série méthodique et raisonnée d'une analyse chimique par le feu. Darcet bientôt appliqua ses recherches à beaucoup d'autres pierres et terres, particulièrement aux pierres précieuses; il démontra l'entière combustibilité du diamant, qui n'avait âé que pressentie, et qui même était naéné- ralement niée. Ces nouvelles expériences furent la matière d'autres mémoires qu'il présenta à l'Académie des sciences en 1770. Les uns et les autres ont été publiés sous ce titre : Mémoires sur l'action d'un feu, égal, violent et continué plusieurs jours, sur un- grand nombre de terres, Paris, 1766 et 1771 Du reste, dans ses longs travaux chimiques, Darcet cherchait surtout des décou- vertes d'une application utile aux arts. Dès 1162, il avait été reçu docteur régent de la faculté de médecine de Paris. En 1771, il épousa la tille du chimiste Rouelle qui venait de mourir. En 1774, un voyage qu'il fit dans les Pyrénées lui fournit l'occasion de faire l'histoire géologique de ces montagnes, dans un discours prononcé au collége de France. Il a été imprimé, Paris, 1776 et est aussi remarquable par le style que par les connaissances physiques qu'il suppose ; Darcet, en effet, n'était pas sans mérite sous ce rapport ; les soins qu'il avait apportés à l'éducation du jeune Secondai, l'avaient forcé, de cultiver les belleslettres, et son gont à cet égard se décèle dans les notes dont il a enrichi le traité des Questions naturelles de Sénèque . Ce discours eut cela de singulier, qu'il fut le premier qu'on prononça en français ; jusques alors les professeurs du collége de France avaient enseigné en latin. Darcet fut pendant vingtsept ans professeur flans cet utile établissement A la mort du chimiste Macquer, il fut nommé en sa place à l'Académie des sciences, et directeur de la manufacture de Sèvres ; bientôt après, il fut encore nommé inspecteur général des essais des monnaies, et inspecteur de la manufacture des Gobelins. On juge bien que ce chimiste pratique chercha in améliorer les procédés suivis dans ces divers établissements. 11 serait trop long d'énumérer tolites les vérités de détail et accessoires qui lui sont dues, telles que l'extraction de la gélatine des os, celle plus facile de la soude du sel marin, l'invention d'un alliage métallique qui porte son nom, remarquable parce qu'il est fusible à la chaleur de l'eau bouillante, et surtout parce qu'il est la base de l'art utile du stéréotypage, etc. Nous deNOUS ajouter qu'au moment où la chimie pneumatique, forte de ses expériences et de sa nomenclature, voulut s'élever sur les débris de la chimie de Stahl et du phlogistique, nommé par l'Académie pour prononcer entre une doctrine. qu'il avait enseignée toute sa vie, et des idées aussi nouvelles, il fit preuve d'un assez bon esprit pour ne pas s'opposer à cette nouvelle doctrine, et même pour l'adopter dans ses ouvrages et dans ses cours, à mesure qu'il en constatait les principes. Darcet, plus occupé de sciences que de politique, fut cependant menacé d'être victime de la révolution il avait été nommé électeur en 1789 par la ville de Paris ; Robespierre l'a? ait mis sur ses listes de proscriptions; Fourcroy, son ami et son émule en chimie, Pen lit effacer. 11 est mort le 13 février 1801, membre de l'Institut et du sénat conservateur. M. Michel J. J. Hizé a donné un Précis histo- rique sur tu vie et les travaux de J. Darcet, au 10
  • Jean DARNALT : avocat et jurat de Bordeaux, commença à travailler sur l'histoire de cette ville avant l'année 1612. Le jésuite Fronton du Duc lui adressa, en 1619, ses Remarques sur l'histoire de Bordeaux. Damait continua la Chronique bour- deloise de Gabriel de birbe, depuis l'an 1594 jusqu'en 1619. Cet abrégé estimé a été imprimé à Bordeaux en 1619, 1620, 1666, 16'72 et 1'703 On a encore de Damnait : I° des Instructions pour. la conservation de certains droits appartenants à la ville de Bourdeaux, I620 2° une édition des Anciens et nouveaux statuts de la ville de Bour- deaux , Bordeaux, 161 2 Damait y inséra les Arrêts et instructions FOUT la conservation des droits de la ville, elles Remarques de Fronton du Duc ; 3°1es Antiquités de la ville d'Agen et pays agenois, depuis dix- sept cents ans, dans un livre intitulé : Remontrance Harangue solennelle faite aux ouvertures des plai- doiries d'après la St- Luc, Paris, 1606 rare et recherché. A cette époque, Danarlt était procureur du roi au siège présidial de la même ville, en supposant que le Jean Damnait, écrivant à Agen, et le Jean Darnalt, historiographe de Bordeaux, soient le même indiv idu.— Un autre Jean. —ARNALT, piètre et religieux de l'abbaye de SteCroix à Bordeaux, vivait à la même époque, prenait le titre de Docteur ès sacrés décrets, et publia en 1618 . le Narré véritable de la vie, trépas et miracles de St. Mommolin, patron de Bordeaux. C'est au même Darnalt qu'on peut attribuer l'édition des Statuta et derreta reformationis congregationis Beiledicti- norum nationis gallicance, imprimée avec le nom de Jean Damait, éditeur, à Paris, 1605 Les auteurs de la Bibliothèque historique de France, en citant tous les ouvrages compris dans cet arti- de, les attribuent trop légèrement à un seul et même individu
  • Jean DASSIER( 1677) : graveur en médailles, né à Genèse, en 1477, d'un gia?eur des mentales de la république, s int étudier sou ut à Paris, et retourua dans sa patrie, quand il eut atteint le degré d'ha- 4ileté qui ne tarda pas à k faire cunnaltre; il grata en acier un grand momie' de médailles, représentant des hommes illustre* du siècle de Louis XIV, et qui uni sersi de modeles à d'autres graveurs. On en ironie une grande partie dans l'outrage de kuelder. Dasei•r mourut à Cerise en 1;63, laissant un el, ( Jaeub- Âniuine; qui fut, comme lui, un habile graveur en ruidailks. — Celuici naquit à Genète en t115, étudia en Italie et en France, et se rendit à 'ioder', ois il fut engagé à la monnaie menue maitre en second. 11 quitta cette place, pur se rendre à StPétersbourg, fit plusieurs médailles dans cette sale, et "tolu' retourner à Londres; 111484 ïl tuante malade en chemin, et mourut à Cupenliague en 1:*.a. L'uneie de cet artiste, aussi iesuarqua?le quo celui de son pire pour la finesse du t'usait, est d'un intén't beaucoup plus grand parte que toutes les médailles qui k conspuent représentent ks personnages les plus illustres dans les tritures. On I admit"• IgoseteNuieu, Lcirke,'euiton, Paiscal, Haller, etc. Ces difiesents portraits ont un clinicien! de ressemblance qui eu &temente eneure k pris. Persque tous out suri de neisicks aux articles qui tut voulu nous repro. duisr k• liait, de ce. grand, hommes; N. Depuis et ileisitit en out privé un giand nombre On a lu> rime l'tzpiansiwn dei onedailtes rotors par L Nasser d par MI fila, representaist use mite de serra tirés Je l'histoire reasaies, 177a, r, sui. rare et recherthé
  • Jean DASTIN ou DAUSTEIN : prête anglais, qui vivait en 1315, et qui s'appliqua beeteoup à la science hermétique. l'ient dans sa bliothèque chimique, dit que Dastin a été cardinal du titre de St Adrien, sous le pontificat de Jean XXII; mais il parait que c'est une erreur. Ce prétendu philosophe a laissé deux ouvrages qu'on ne lit plus. Ils sont intitulés : 1° Joh. Daustenii visio, seu de lapide philosophico in decade dua; 2° Harmonice chimie° philosophicce a Joan. Rhenano Francfort, 1625 ; 3° Rosarium, correctius a Combachio publicatum, Geismar, 1647
  • Jean DAULLÉ( 1703 - 1763) : graveur, né à Abbe\ fille en 1703, avec de grandes dispositions pour les arts, reçut les premiers principes de la gravure d'un religieux de l'ordre de Cluni. Venu à Paris pour se perfectionner, il se mit sous la direction de Robert Hecquet, son compatriote. Les ouvrages d'Édelink furent les premiers modèles qu'il chercha à imiter. L'exemple d'un si habile maitre lizita tellement ses progrès, qu'il débuta par le portrait de la comtesse de Feuquières, fille de Mignard. Ce morceau peut être mis à côté des ouvrages des graveurs les plus célèbres, aussi le regardeton comme son chefd'oeuvre; et aucun des ouvrages qu'il a faits depuis ne petit lui être comparé . L'envie de profiter de la célébrité que cette production lui avait méritée fit que Daullé courut un peu trop après la fortune. Cependant il peut être regardé comme un habile graveur au burin, et sa Madeleine, d'après le Corrége ; son Quos ego, d'après Rubens ; son Amour, d'après Van. Dyck ; ses portraits de mademoiselle Pélissier, de Maupertuis; de Gendron, et du prince Charles- Edouard, fils ainé du prétendant, lui assurent une place distinguée parmi les graveurs de portraits. Daullé est mort à Paris le 23 avril 1763. 11 avait été reçu membre de l'Académie
  • Jean DAVENANT( 1570 - 1641) : savant et pieux théologien anglais, né vers 1570 à Londres, d'un riche négociant, fit de trèsbonnes études à l'université de Cambridge, où il fut nommé en 1609 professeur en théologie, et en 1 614 principal du collége de la Reine. 11 fut du nombre des quatre théologiens envoyés en 1618 par Jacques lev au synode de Dort, fut élevé en 1621 au siége épiscopal de Salisbury, et resta en faveur pendant tout le règne de Jacques; mais, en 1631, prêchant à Whitehall en présence du roi, il s'engagea dans la controverse sur la prédestination, malgré la défense expresse de Sa Majesté et perdit tout son crédit à la cour. Il mourut de consomption à Cambridge, le 20 avril 1641. C'était un • homme de moeurs exemplaires. On voit par ses ouvrages qu'il travailla avec ardeur à rapprocher les chrétiens divisés d'opinions et de doctrine. Les anglicans l'ont accusé de pencher un peu vers le calvinisme. On a de lui : 1° une Exposition de l'Épître de St. Paul aux Colossiens, Cambridge, 1639, 3° : c'est la substance de ses leçons de théologie; 12° Prœlectiones de duobus in theologia controversis capitibus : de judice controversiaum, primo ; de justitia habituali et actuali, altero, Cambridge, 1631 ; 3° Determinationesqucestionum quarundam theologicarum; 4° Observations sur un Traité récemment publié, et intitulé : Dieu manifestant son amour pour le genre humain en révoquant son décret absolu de damnation, Cambridge, 1641
  • Jean DAVENPORT( 1597) : frère aîné du précédent, naquit à Coventry en 1597. Rempli de zèle, ainsi que, son frère, pour la religion qu'il croyait la meilleure, il suivit avec succès, niais avec moins de modération, une route toute opposée. 11 avait reçu durant le cours de son éducation les premières impressions du puritanisme. Nommé trèsjeune, et avant d'avoir pris ses degrés, vicaire de la paroise de St-Étienne à Londres, il s'y fit une grande réputation par des sermons conformes à l'esprit qui commençait à dominer. Plusieurs personnes du parti puritain s'étant associées pour faire des fonds destinés à payer des prédicateurs du parti, Davenport fut un des ecclésiastiques chargés de diriger l'emploi de ces fonds. L'évêque Laud ayant représenté au roi cette association comme une conspiration contre l'Église, on ordonna qu'elle fût dissoute, et les terres qu'elle avait achetées confisquées. Quoique cette ordonnance n'eût pas son entier effet, elle empêcha les associés de suivre leur projet, et Davenport, que cette affaire avait rendu suspect à l'évêque, inquiété pour ses opinions, jugea prudent de se retirer en Hollande, où il fut nommé, conjointement avec Paget, ministre de l'Église anglaise à Amsterdam ; mais bientôt la rigidité de son zèle l'entraîna dans une controverse où, s'étant attiré l'animadversion de l'Église hollandaise, il fut obligé de renoncer à l'exercice public de son ministère. 11 prêcha alors en particulier, et avec un succès qui alarma le clergé. Les assemblées particulières lui étant aussi défendues, il retourna en Angleterre, où triomphait alors son parti ; mais bientôt, mécontent de la tournure que prenaient les affaires, il reprit le projet qu'il avait formé depuis longtemps de passer à la NouvelleAngleterre : il y passa en effet en 1637, et posa les fondements de la colonie de Newhaven dans le Connecticut, où il se lit respecter par ses talents et son caractère, mais où cette rigueur de principes, qui était de la fermeté durant la persécution, devint intolérance. Il fut appelé en 1 667 à Boston, où il mourut le 13 mars 1668. On a de lui en anglais : 1° un Catéchisme imprimé en 1659 ; 20 l'Autorité des églises congrégationnelles établie et prouvée, 1672 3° un Traité sur la connaissance du Christ ; 4° des sermons et autres écrits, la plupart de controverse
  • Jean DAVID( 1546 - 1613) : né à Courtray en 1546, fut d'abord curé de StMartin de cette ville, et entra ensuite dans la société des jésuites. Il fut recteur des colléges de Courtray, de Bruxelles et de Gand, et mourut le 9 août 1613, âgé de 67 ans. On a de lui divers ouvrages de piété et de controverse, parmi lesquels les curieux distinguent les suivants, à cause des figures dont ils sont ornés : 1° Veridicus christianus, Amers, Plantin, 1601 : ces figures sont accompagnées d'un distique en latin, hollandais et français ; 2° Occasio arrepta, neylecta, Anvers, 1605 3° Paradisus sponsi et sponsce, Anvers, 1607 : les figures sont de Théodore de Galle; 4° Pancarpium mar ianum,, Anvers, 1618
  • Jean DEPLANCHES ou DESPLANCHES( 1500) : poète, né vers le milieu du 16° siècle, à Nouaillé, dans le Poitou, d'une famille noble, prend à la tête de ses ouvrages le titre de sieur de Cbastelier et de la Bastonnerie. Entraîné par le goût des plaisirs, il se livra dans sa jeunesse à tons les amusements de cet âge, et célébra dans ses vers ses maîtresses réelles ou supposées. Plus tard il embrassa l'état ecclésiastique, obtint le prieuré de Comble et la plaçe de souschantre de SteRadegonde de Poitiers. Ce/fut alors qu'il prit pour devise ces mots : Montale haudopto. Pour réparer le mauvais usage qu'il avait fait de ses talents, il ne les employa plus qu'à traiter des sujets graves et pieux. 11 mit en vers les psaumes de David, l'histoire de Job et plusieurs autres livres de l'Ancien Testament ; mais ces diverses traductions, restées imparfaites, n'ont point été publiées. Un jour que Deplanches était à StAlvère, chez la vicomtesse de StAmand, la conversation étant tombée sur les femmes, il leur donna tant de louanges qu'une des personnes de la société ne put s'empêcher de lui reprocher tin peu d'exagération. Je pourrais, réponditil, en dire mille fois plus de mal que je n'en ait dit de bien. Pour prouver 'ce qu'il venait d'annoncer, il composa le Misogyne, pièce de 131 stances, dans lesquelles il a rassemblé toutes les injures débitées contre les femmes depuis l'origine des sociétés. La vicomtesse de StAmand, à qui Deplanches adressa cette pièce, lui envoya un bandolier doré et un cheval gascon en l'invitant à venir la ? oir à VilleFranche. Il s'y rendit ; et, la icomtesse l'ayant prié de faire une réparation à son sexe, il écrivit le Ph ilogyne , petit poème de 50 stances à la louange des dames. La vicomtesse le pava de sa complaisance par un poignard doré et une rose de diamants. Mais, de retour chez lui, le poète jeta la pièce au feu. Deplanches mourut vers 1011. Le Recueil de ses oeuvres poétiques rut publié là même année à Poitiers par les soins de Joachim Bernier de La Brousse, son neveu . Ce \ ultime, orné du portrait de l'auteur , contient ses poèmes et desmélanges de poésies, le Misogyne, et enfin ses oeuvres chrétiennes et pieuses. L'abbé Goujet en a donné l'analyse dans la Bibliothèque française, t. 14, p. 171-79. On trouve une article sur Deplanches dans la Bibliothèque du Poitou de Dreux de Radier, 1. 3, p
  • Jean DEPRINGLES( 1550 - 1629) : né à Nuys vers l'an 1550, fit ses études en l'université de Cahors, et fut avocat au parlement de Dijon. Son oncle , Nicolas Morelot, lui résigna, en 1576, l'office de procureur général en la chambre des comptes. 11 continua son état d'avocat, devint doyen de l'ordre, et avait résigné depuis longtemps sa charge de procureur général à l'un de ses fils, lorsqu'il mourut, le 4 mars 1029, laissant douze enfants, qui n'ont point empêché sa famille de s'éteindre. Depringles était l'une des plus grandes lumières on n'a pas manqué de trouver l'anagramme, En ego juris lanpas. Le travail qu'il avait fait sur la coutume de Bourgogne est le seul de ses ouvrages qui ait vu le jour; il fut imprimé, avec quelques autres opuscules, sous ce titre : La coutume du duché de Bourgogne, enrichie de Commentaires faits sur son texte, par les sieurs Begat et Depringles, et de plusieurs observations faites par divers avocats de la province, etc., Lyon et Chillons, 1052 Les observations qu'on attribue sur ce titre à divers avocats, sont du seul Nicolas Canal, avocat de Chttlons; elles étaient remplies d'erreurs, qui excitèrent tant de réclamations, que le parlement de Dijon en interdit la vente par deux arrêts, dont le dernier est du 8 février 1661. Cette édition de 1652 four- Ce portrait est gravé sur bois. Les auteurs de la Bibliothèque de France Pou pris pour celui de Jean Desplitnehes, imprimeur de Dijon, et »on de Roue», comme on le dit dans le Dictionnaire wniverse, sans les observations ( le Canal. Les Commentaires de Depringles se trouvent encore dans les deux volumes donnés en 1742-4G par le président Boitiller
  • Jean DESCEMET( 1732) : vembre 1197, un Mémoire sur l'irritabilité de la fleur de Berberis ou épine- rinetle, que l'ou trouve dans le Joueia/ dr la sarié. M, t 3, p. 177. Le tome 6 du même recueil contient enciee III) mémoire de Descemet Sur k traitement de la rougeole et la fièvre scarlatine. En 1800, le libraire qui se proposait de donner une nom elle édition du Traité des arbres et arbustes de Il amel - Dumoncea t à Descemet des conditions avantageuses pour la diriger ; mais il refusa de s'en charger dans la crainte de n'avoir pas le temps de remplir ses engagements, et par respect aussi pour la mémoire de son maitre, dont il se serait trouvé pour ainsi dire le censeur. 11 se contenta donc de remettre au libraire un exemplaire de la première édition, couvert des remarques qu'il avait faites depuis plus de 40 ans. A la création du lycée impérial, Des- cemet en fut nommé médecin ; il se démit de cette place en 1808, à raison de son grand lige, et se retira dans une maison de campagne près de StDenis, où il est mort le 17 octobre ISIO. Dosessarts a publié sur'se médecin une Notice, dont Barbier a reproduit l'extrait dans son Examen des die- I \V—s.
  • Jean DESGOUTTES : né probablement dans Le Bourbonnais, habitait Lyon, ce qui l'a fait considérer comme Lyonnais par LacroixduMaine, Pernetty et autres auteurs. il Ilorissait du temps de François l". Ou a de lui : I' Le premier livre de l'Histoire de Philande, le gentilhomme, pitre de Marseille, et de Passerose, fille du roi de Naples, I.? oti, 1541 2° une Traduction fran- çaise du Traité de Lucien sur la miséntblo condition des gens 'le lettres qui se louent aux grands seigneurs, et 'lu discours du mênte auteur contre la calomnie. Duverdier dit que ces traductions ont été im?rùnées sous ce titre : Lucian, de ceux qui serrent à gages es maisons des gros seigneurs et bOUret?lii, Ue?e une raison dudit Lucian cuistre la calomnie, Lyon, F. Juste, 1 bai Plusieurs biographes et bibliographes ont avancé que Jean Des??uttes avait traduit les Œuvres d'Ariostp: Jean Desgouttes a fait imprimer seulement le Bo- land furieue, composé rirent ierement en rime the? scane par messire Lotis Arioste, et maintenant tra- duit en ,, rose f rançoise, Lyon, I :;11, Mfol. Cette traduction n'est pas seulement une des premières, niais encore la prenuère qu'on ait faite en brais ce de ce poème ; elle est de Jean Martin; Desgonttes n'en fut que l'éditeur
  • Jean DESJARDINS : en latin Hortensius ou de Hortis, né près de Laon, professa d'abord les humanités au collége du cardinal Lemoine, et étudia ensuite la médecine. Il fut reçu docteur en 1519, et devint professeur des écoles de médecine. Fran- çois 1" le mit au nombre de ses médecins. Desjar- dins ne cessait d'engager les jeunes gens à étudier la langue grecque; comme médecin, il avait une si grande réputation qu'on le croyait capable ( 1, ' guérir toutes sortes de maladies, pourvu que l'heure fatale ne fût pas arrivée, de sorte qu'un lui appliquait ce proverbe Contra vins mortis non est medieamen in horlis. Il mourut subitement en 1549, pendant qu'il donnait, à ses parents et à ses amis le repas de son joui natal. On n'a rien imprimé de lui. Il laissa onze enfants; une de ses tilles épousa Ayrault, aïeul maternel de Ménage, qui a écrit la vie de Desjardins à la suite de celle de Pierre Ayrault
  • Jean DESLYONS( 1615 - 1700) : né à Pontoise en 1615, vint à Paris de bonne heure, y prit les ordres sacrés, devint théologal et doyen de Senlis ; puis, en 1640, fut reçu docteur de Sorbonne. Seize ans après, on le raya du tableau de cette faculté, pour avoir refusé de souscrire à la condamnation d'Arnauld. Deslyons mourut le 26 mars 1700, et fut enterré dans la cathédrale de Senlis; il avait fait luimême son épitaphe. C'était un homnie savant, d'un ju- gement solide, mais d'une humeur bizarre et chagrine. Il était surtout trèsversé dans toutes les parties de la liturgie ancienne et moderne. 11 vou- lut être enterré dans un cercueil de plomb non, disaitil, par orgueil, mais parce qu'il regardait comme contraire aux anciens canons l'usage d'entasser les morts les uns sut les autres. On a de lui : 1° Enlèvement de la Vierge par les anges, homélie, Paris, 1647 Cette homélie fut cen- surée par l'évêque de Senlis. Néanmoins des amis arrangèrent l'affaire, la censure fut levée, et Deslyons publia une seconde édition de l'ouvrage, avec toutes les pièces y relatives, sous le titre de Défen- se de la véritable dévotion envers la Vierge, Paris, 1 65 1 2° Discours ecclésiastiques contre le paganisme du Roy- boit, Paris, 1, ou la sottise du febvé. On y lit, entre autres anecdotes, que le bon évêque de Belley commença un jour un sermon par ces mots : Phœbe Domine, comparant au gâteau des Rois le royaume de J.C. dont il distribuait ensuite les portions aux fidèles suivant leur mérite. Les curieux réunissent ces deux éditions, et y joignent la réfutation par Nico- las Barthelemy , avocat de Senlis , sous ce titre Apologie du banquet sanctifié de la veille des Rois, Paris, 1665 , 1684 ; 3' Oraison funèbre de Diane- Henriette de Budos, duchesse de SI- Simon, Paris, 1671 40 Réponse aux lettres de M. Ar- nauld , produites par Jean Gontin, curé de St- Hi- laire de Senlis. Ce factum, trèsrare, a pour objet un procès alors pendant à la Tournelle, entre le frère de Deslyons et ledit Gontin. Durant ce procès, l'irascible Arnauld avait soutenu de son crédit la nièce de Deslyons, dans ses déportements contre son propre pa.e. 50 Éclaircissements de l'ancien droit de l'évêque et de l'Église de Paris, sur Pon- toise et le Vexin françois, Paris, 1694 Deslyons s'y prononce pour l'évêque de Paris, contre les prétentions de l'archevêque de Rouen. Le parlement rendit un jugement contraire. 6° Quelques Lettres contre la 'musique et les instruments, que l'on introduisait de son temps, dans l'office des ténèbres, 1698 Deslyons a laissé en manuscrit son Testament, pièce assez considérable; une Lettre 11. sur la sépulture des prêtres, et une Apologie du jethz. D. L
  • Jean DESMARETS : avocat général au parlement de Paris, fut le seul magistrat qui eut le courage de 1ester dans cette ville, pour Licher d'y rétablir l'ordre, lors de la sédition des Maillotins, en 1381. Respecté pour ses vertus, ayant %ieilli dans les emplois publics„ il a‘ ait toujours eu la confiance du peuple, et avait été l'un des plénipotentiaires qui conclurent le traité. de Bretigni, en 1360. La hardiesse avec laquelle il s'était opposé, au nom des Parisiens, au retour de l'évêque de Laon, et de quelques autres partisans les plus forrenés du roi de Navarre, lorsque ce prince voulut rentrer à Paris, en 1359, fut la cause de sa pette. Les ducs de Berry et de Bourgogne ne purent lui pardonner de s'être rendit, en cette occasion, l'organe de l'opinion publique, et lorsque, plus de vingt ans après, Charles VI, vainqueur des Gantois, revint à Paris, pour punir une populace séditieuse et révoltée, l'avocat général Desmarets fut la première des douze victimes destinées an dernier supplice, quoiqu'on n'eût rien à lui reprocher. Pressé de demander pardon au roi, il répondit avec. fermeté « J'ai sen i au roi Philippe son grand aïeul, (t roi Jean et au roi Charles son père, bien et « loyaument ; ne otiques ces trois rois ne me sçai-« rent que demander, et aussi ne ferait cestui s'il « tuait 4se et connaissance d'homme : à Dieu seul Nenil crier merci. » L'exécution de ce respectable ma gistrat , arriNée en 1382, est regardée , par Villaret, comme l'un des t'nénements les plus honteux de ce règne, et un de ceux qui contribuèrent le plus aux calomités publiques
  • Jean DESMARETS DE ST-SORLIN( 1595) : l'un des premiers membres de l'Académie française, né à Paris en 1595, fut pourvu, dans sa jeunesse, de différentes charges qui lui donnèrent accès près des ministres. Sa gaieté et son esprit le firent recher- cher dans les sociétés les plus brillantes; il fré- quentait les assemblées de l'hôtel Rambouillet, et on commit les jolis vers sur une violette, qu'il composa pour la Guirlande de Julie. Le cardinal de Richelieu, qui s'était déclaré son protecteur, l'engagea à tourner ses études vers le théâtre ; et ce fut par déférence pour lui qu'il entreprit de faire une tragédie. Aspasie fut son coup d'essai. Cette pièce, trèsmédiocre, fut représentée avec succès en I 636 ; encouragé par les éloges qu'il recevait de toutes parts, il composa, dans l'espace de quelques années, plusieurs autres pièces parmi lesquelles il faut distinguer les Visionnaires et Mirame. Plisson nomme les Visionnaires une pièce inimitable. L'éloge était exagéré, même dans le temps où écrivait Pélisson. Les Visionnaires ne précédèrent que de quatre ans le Menteur, comédie vraiment de ca- ractère, et qui lui est bien supérieure, sous le rapport de l'art et du style. Mirame fut composée pour l'ouverture du théâtre que le cardinal de Richelieu venait de faire élever dans son palais; il en tvait donné à l'idée à Desmarets, et il passa nième pour en avoir écrit plusieurs scènes. La jeunesse le Destnarets n'avait été rien moins que régulière; il eut des remords de sa conduite, et tout à coup on le vit passer de l'excès du relâchement à une dévotion outrée. Il commença à répandre ses idées Ide réforme parmi les femmes. 11 composa à leur usage un Office de la Vierge, et des Prières rem->plies d'une exaltation dangereuse, mais que le clergé de Paris approuva, par haine pour les Jansénistes, que Desmarets attaquait sans aucun ménagement. La fureur de Desmarets contre eux ne se borna point à des déclamations. Il eut la hardiesse de s'adresser au roi luimême, dans un écrit ,inti- tulé : Avis du St. Esprit. Ce pamphlet n'a point été réimprimé, on du moins il est devenu si rare qu'aucun bibliographe ne dit l'avoir vu. Dans cet écrit, dicté par le fanatisme le plus extraordinaire, il annonce que : « son dessein est de lever une armée « pour combattre et exterminer partout les impié- « tés et les hérésies ; qu'elle doit être, selon la pro- « phétie de St. Jean, de 144,000 hommes qui auront « la marque du Dieu \ ivant sur le front, c'est-à-« dire qui feront voir à découvert, par leur vie, « que Dieu est vivant dans leurs cœurs. » Il propose au roi de prendre le commandement de cette armée, et ajoute : « Votre royale compagnie du « St. Esprit doit marcher à leur tête, si elle est « aussi noble et aussi. vaillante, comme elle se per- « suade de l'être, et elle le sera beaucoup si elle « est aussi prête que le reste de cette sainte armée « à tout souffrir. » 11 termine par annoncer que le roiia été désigné par les prophètes pour chasser les Turcs, et étendre le royaume de JésusChrist par toute la terre. C'est en partie pour répondre à cet écrit que Nicole a composé ses lettres intitulées les 1- 1. ionnaires. Les curieux y trouveront des détails qu'il ne nous a pas été possible . En poursuivant ceux qu'il nommait les impies, Desmarets était dangereux, mais lorsqu'il eut resolu de dé t rôner les plus grands génies de l'antiquité, il ne fut plus que ridicule. 11 travaillait à son poëme de Clovis au moment de sa conversion : sa tète se perdit alors, et il imagina que Dieu l'avait aidé à terminer cet ouvrage, parce qu'il avait surlui des vues particulières. Clovis, loué par Chapelain et les autres amis de Desmarets, ne fut cependant guère accueilli du public, et Boileau acheva, par ses épigrammes, de rendre l'ouvrage et l'auteur ridicules. Desmarets publia alors différents écrits, pour prouverque le système qu'il avait adop- té dans son poème est supérieur à celui des anciens ; que les sujets chrétiens sont seuls propres à la poésie héroïque, et qu'il a su triompher des poëtes païens, et se parer de leurs dépouilles, tout ainsi que le grand Tamerlan a triomphé de Baja- zet. C'est Homère et Virgile qu'il s'est plu surtout à humilier ; il déclate qu'il los a traités en vaincus et foulés aux pieds. Il n'épargne pas les poètes mo- dernes qui out pris les anciens pour modèles, et c'est surtout Boileau qu'il se plaît à confondre. L'un des éditeurs de Boileau a rapporté plusieurs critiques de Desmarets, et, ce qu'on aura peine à croire, pour les louer et en faire sentir la justesse . Desmarets adressa son dernier ouvrage intitulé : Défense de la Poésie française, à Peffault, l'un des partisans de son système; a c'est Desmarets qui est le véritable chef de la ligue formée contre les anciens, par une foule d'auteurs, dans une succession non interrompue jusqu'à nous. Il mourut à Paris, le 28 octobre 1676, àgé de 80 ans. L'abbé d'Olivet cite 40 ouvrages de Desmarets, et Niceron 43. Nous n'indiquerons qne les principaux : 1 les Jeux historiques des rois de France, des reines renommées, de la Géographie et des Métamorphoses, 1667 1698 ; ce volume est recherché pour les figures de la Bella; 2° Thédtre de Desmarets, composé de 7 pièces, imprimées séparément : Aspasie, Scipion, Mirame, Roxane, les Visionnaires, Engoue et Europe; Eri- gone et'Afirame ont été imprimées Mirante l'est aussi , et. les autres Aspasie et les Visionnaires ont été insérées dans le tome 7 du Thédtre- Français et les Vision- naires dans le Recueil des Pièces choisies, publié par Lamonuoye; 3' les Morales d'Epictète, de So- crate, de Plutarque et de Sénèque, au château de Richelieu, par Etienne Mignon, 1653, petit jolie édition, rare ; il en existe d'autres ; 4° les qua- tre livres de l'Imitation de J.- C., traduits en vers, Paris, Le Petit, 1654 avec quatre jolies gravures. M. Barbier en cite trois autres éditions. 5° Clo- vis, ou la Francechrétienne, poême héroïque en 26 chants, Paris, 1657 Leyde, Elzevir, 1657 Paris, 1657 1666 ib., 1673 Cette dernière édition, augmentée en plusieurs endroits, ne contient que 20 chants ; Desmarets avait essayé de profiter des critiques, et cette édition est si différente des premières, qu'on peint la re- garder comme un nouvel ouvrage. 6° les Délices de l'Esprit, Paris, 1658 ou 1661 ; 1678 I '2; ouvrage recherché à cause des figures de Chauveau. On a dit avec esprit , pie l'errata devait se borner à ce peu de mots : Délices, lisez Délires
  • Jean DESMOULINS : en latin ,Vo/inœus, médecin de Lyon, où il vivait à la lin du 16e siècle ; il avait étudié à Montpellier, où il fut lié avec le célèbre Rondelet. Il donna, en 1572, une traduction des Commentaires de Mathiole sur Dioscoridc, avec les petites ligures de Valgrisi. Dupinet en axait déjà publié 'une en 1:i61, avec de trèspetites figures. Desmoulins fut ensuite chargé, par le libraire Rouillé, de rédiger l'Histoire des Plantes, . talecbarop tra...aillait depuis longtemps pour en recueillir les matériaux, mais malheureusement sa pratique et ses autres travaux l'empêchèrent de lis employer. Desmoulins sen chargea, mais il étaitaudessous d'un pareil travail, et il gâta cette belle entreprise r?y. i)ALEcii ou»). Il la traduisit eu français eut 161:;. on n'a recueilli aucun détail sur sa t ie privée. Commerson a récompensé sa bonne '(?outé, plut?d (pue son mérite, en donnant le nom de Molinaw à un nouveau genre de plantes, qui comprend des arbustes de IlledeFrance, et lui en a fait partager l'honneu• atec un de ses nommé aussi Desmoulins, médecin à Cluni, at ait composé un catalogue des plantes des eut\ irons de ce lieu, rangé suit ant une méthode qu'il avait imaginée Dormie l'a publié dans sa More tiourgogne
  • Jean DESPAUTÈRE( 1460) : on, en flamand, van Pauteren, fameux grammairien, naquit vers l'an 1160 à Ninove, petite ville du Brabant. Il étudia à Louvain, où il eut pour maitre Jean Custode de Brecht, autre grammairien distingué pour ces tempslà. Ses rares connaissances et sa vocation pour renseignement public, lui méritèrent une chaire d'humanités au collège du Lis ; il professa ensuite à BoisleDuc, à BergStVinoc, et enfin à Comines, où il mourut à l'âge de 60 ans. On prétend qu'il était borgne, et l'épitaphe que fit placer sur sou tombeau Adrien du Becquet, carme d'Arras, rend cette opinion assez vraisemblable ; la voici : Hie jacet tinoculus, v isu prœstantior Ai go, Notnen Joauncs ceci, Ninivita fuit. Déspautère se fit une grande répulaliffl par ses ouvrages, qui étaient alors trèsestimés, et parses talents pour l'enseignement, auquel il se voua sans réserve. Vossins, faisant allusion à son infirmité prétendue, dit qu'il était le plus clairvoyant de tons les grammairiens de son temps. On a de lui des Rudiments, une Grammaire, une Syntaxe, une Prosodie, un Traité des figures et des tropes, im primés en t volume citez Robert Estienne, sous le titre , est d'être écrite law une langue morte, et en 1* Ani, qui, par pie la plupart sont te lues, ajoutent Acore aux obscurités et aux inci , onces . Aux abrégés flue ces deux écrivains ont mis itti jour, nous préférons toutefois celui de Simon Verepée, qu'on mettait, dans les Pa ? sBas,entre les mains desétudiants. 11,' puis ce tempslà on s'est appliqué, datas différents dpsetdansdivers pays, à commenter on abréger titi' rage de Despautère ; mais on n'a pu parvenir en faire un bon lit re classique, qu'on pût rai,inablement faire étudier dans les , les ouvra- ges sui% anis : I° Ortinwraphia, imprimé à Paris, en i4530, par les soins ib. Laavinus Crueius. e Ars Epittolica, qui parut en 1535; 3° Un traité ne Peentibris et Punchs; te un traité De eartninum ge- , neribus ; ces deux derniers sont dans le Cent i met rune Pde Servius. Despautère fut justement regretté des savants h?manisles de son temps. On trouve, dans les lettres de Gui Patin, cette épitaphe d'assez mauvais goût, comme l'a remarqué Dutuarsais dans ses Tropes : Gramme icani atüvlt, multos doeultque per annos : Reclivare lumen non poluit tumulu?
  • Jean DESPRUETS( 1525) : docteur de Sorbonne et abbé général de Prémontré, naquit vers l'an 1523. Il fit profession dans l'abbaye de la GrâceDieu, dans le diocèse d'Aire, s'adonna à. la controverse et à la prédication, et se fit un nom dans l'une et dans l'autre. Appelé au colloque de Poissy, il. y prononça un discours que Lepaige a conservé dans la Bibliothèque de Prémontré, et dans lequel Despruets démontrait la nécessité d'une réforme dans l'Église, et du rétablissement de la discipline dans les ordres religieux. Le cardinal de Ferrare, abbé commendataire de Prémontré, étant mort en 1572, en cour de Rome, et la collation de cette abbaye étant dé?lue au pape, le chapitre de l'ordre s'adressa à Grégoire X111, pour le prier de conférer à Despruets la dignité d'abbé général. Le roi joignit sa recommandation à la supplique des religieux, et le 10 décembre de la même année, Despruets reçut se!, bulles à Beauvais, où il avait été appelé pour prêcher dans la cathédrale. Il prit possession le 11 juin 1573, et aussitôt il convoqua le chapitre général (le soti ordre. 11 y exposa les maux que les opinions nouvelles et les troubles Ci\ ils avaient causés dans les monastères, et invita les abbés et autres supérieurs à rétablir dans leurs maisons la discipline, et à y ranimer le goût des études. 11 fit ensuite la visite des abbayes de la France et des BaysBas, et corrigea les abus qui s'y étaient introduits. Obligé de se rendre à Rome, auprès de Grégoire XIII, où il avait une mission à remplir de la part du roi, ce pape lui permit de faire célébrer la fête de StNor Bert, fondateur de l'ordre, dont la canonisation avait été différée jusquelà, et le chargea d'en composer l'office. Dès lors, l'abbé Despruets fit les premières démarches pour faire transférer le corps du saint, de l'église de SteMarie de Magdebourg, ancien chapitre de l'ordre , devenu luthérien, où il avait été inhumé, dans l'abbaye de Strahow à Prague ; translation qui, à cause des guerres et des difficultés que faisait la ville de Magdebourg, ne put avoir lieu qu'en 1627. De retour à Prémontré, l'abbé Despruets fut appelé, et assista au concile de Reims, convoqué par l'archevêque Louis de Guise. 11 alla ensuite visiter ses abbayes de Lorraine et d'Allemagne. Après beaucoup de travaux et avoir eu la consolation de voie la discipline rétablie dans la plupart de ses maisons, l'abbé Despruets mourut à Prémontré, le 15 mai 1396, ayant gouverné sou ordre pendant vingttrois ans. On a de lui : 1° des Livres de Controverse, imprimés à Paris, vers 1672. Il y établit qu'il ne faut point disputer avec les hérétiques, et il y réfute François Pérocel, et Jean de Spina, tous deux cale inistes, qui avaient écrit con tre le sacrifice de la messe et la présence réelle.. 2° Un Recueil de Sermons et de Discours; 3° un Traité des Sacrements; 4° de brefs Commentaird sur la Bible; 5° Anticalvinus sen Calvin ianw pra vitatis refutatio. Ce dernier ouvrage est demeuré imparfait, la mort n'ayant pas permis à l'abbé Despruets de l'acl er
  • Jean DESROCHES : laborieux écrivain et savant académicien de Bruxelles, s'occupa butte sa Yie de recherches relatives à l'histoire et aux antiquités de sa patrie. Il était membre de la commission des études, lors de la formation de la société littéraire de Bruxelles en 1769 . ll fut agrégé lin des premiers à celle société savante, et, lorsqu'elle eût été érigée en Académie impériale et royale, il en l'ut nomtné secrétaire perpétuel en 1, 76. ll mourut le 20 mai 1787. n connaît de liii : I Mémoire sur la question: Quels étaient les endroits des Pays- Ras qui pouvaient passer pour ville ayant le le siècle? Bruxelles, 1770 ce volume, d'environ 400 pages, contenant aussi les iè-1 i : , Desroches cite un titre de 1442, où les imprimeurs sont mentionnés comme faisant à Anvers un corps de métier : il cite une chronique manuscrite en vers flamands, écrite de 1312 à 1350, qui parle de l'imprimerie et en attribue l'invention à Louis de Vaelbeke, brabançon ; enfin, il prétend qu'en 1340 ? n se servait dans les écoles de Bruxelles de Donats imprimés on gravés en bois. Ce mémoire est curieux, et l'auteur y défend son système avec autant d'esprit que d'érudition ; mais il a été réfuté d'une manière qui parait victorieuse dans l'Esprit des Journaux, de juin 1779
  • Jean DEUTSCHMANN( 1625 - 1706) : théologien protestant, fameux par la fureur avec laquelle il se jeta dans tomes los disputes théologiques du temps, a écrit [Inc multitude de dissertations polémiques, dont les titres occupent près de deux pages dans la Biographie de Jucher. On est surpris par la s de ses thèses; il n'était jamais embarrassé pour les défendre, axant en tête une infinité de distinctions tirées de la métaphysique de son siècle. Il était trèstourmenté de la pierre ; ses douleur cessaient tout à coup, à ce qu'il prétendait, aussilot qu'il se trouvait engagé vivement dans une dispute théologique. Il était né en 1625, fut docteur et professeur de théologie à Wittenberg, où il mourut le '12 mit 1706. Voici, dans la foule de SeS OU \ rages, ceux qui nous ont paru les plus remarquables.: 1° De libris Scripturce apocryphis, Wittenberg, 1682, réimprimé dans le Thesaurus Theologieo- philologicus dissertationunt ad N. T. loca, Amsterdam, 1702, 2 Nol. 2° De Petra Ecelesim, ad Malt. xvi, 1S, tin Thes. Dissert. ad N. T. ) ;3" lliblicum Abelis Vieologioecompendium, Wittenberg, 1709 : 1° inalysis accurata et Exerf compenclii iheologici Lconhartli houri, Wit- tenberg, 1?09 ; 5° Panoplia Con fessionis _ lugustance, ibid., 1'709 6° Theologiapositiva Adami Protoplasti, ibid., 1709
  • Jean DEVAINES( 1700 - 1803) : né dans la première moiti, dit 18e siècle, fut premier commis des finances sons Turgot, et se lia avec les gens de lettres les plus distingués de son temps. li leur donnait à de '220 pages, tiré à 14 exemplaires. .Lorsqu'il rut question de le remplacer à l'Institut, M. de X , poëte trèstigé, e mit sur les rangs, et demanda par ces Ners les suffrages d'un des membres de la 2' classe : Je suis accablé par les ans, La vieillesse a glacé ma veine; Mais fautil donc tant de talents Pour remplacer M. Devaine ? A
  • Jean DEVAUX( 1649 - 1729) : chirurgien, né à Paris le 27 janvier 1649, mort dans la même ville le 2 mai 1729. Il était fils d'un habile chirurgien de la capitale, qui s'était acquis une grande renommée pour l'opération de la saignée, qu'il faisait encore avec une singulière adresse à l'âge de plus de 80 ans. Le jeune Devaux, doué d'une mémoire prodigieuse, d'un esprit juste et pénétrant, termina bien avant le temps ordinaire ses études scolastiques; il parlait et écrivait le latin avec autant de facilité que d'élégance. Au soir du collége, il se livra sans réserve aux plaisirs du monde , et refusa pendant longtemps de s'appliquer à l'étude de la chirurgie; il finit cependant par s'y attacher, sur les instances de son père. Claude Dax id le fils, qui devint ensuite premier chirurgien de la reine, femme de Louis XIV, fut le maître aux soins duquel il fut confié. Il fit de rapides progrès dans son art , et y acquit des connaissances si solides, que son maître s'en fit honneur en le p.roduisant dans le monde comme son émule. Devaux justifia par des succès des éloges aussi flatteurs. En fort peu de temps, il fut investi de la confiance publique. Appelé dans les principales maisons de Paris, obligé de rédiger une foule de consultations par écrit , il ne négligea point la littérature médicale, dont il aimait la culture, et peu de praticiens ont autant écrit que lui. 'lest vrai qu'il \ éClIt fort longtemps, et que soixante années de sa vie furent consacrées à la théorie et à la pratique de son art, sans que vers la fin de sa carrière ses facultés intellectuelles aient été affaiblies par l'âge et par les travaux. Devaux fui un habile chirurgien et un écris ain fort distingué, qui a enrichi la littérature médicale de plusieurs , bonnes traductions et d'excellents ouvrages desa composition. L'estime de ses confrères le porta deux fois à la place de prévôt de sa compagnie, pour présider aux réceptions des candidats et régler les affaires d'intérêt de la corporation des chirurgiens de Paris. Voici la liste des ouvrages composés ou traduits par Devaux : 1. le Médecin de soi- méme, ou l'Art de conserver la santé par l'instinct. Leyde, 1682 réimprimé plusieurs fois : ce livre, rempli d'une excellente philosophie médicale, mérite d'être consulté ; cependant on peut reprocher à l'auteur quelque partialité contre les médecins; 2° Découverte sans découverte, Paris, 1684 : livre dirigé contre un charlatan nommé Blégny, qui avait publié un écrit intitulé : Décou- verte du véritable remède anglais pour la guérison des fièvres : le charlatan fut. démasqué, et son ouvrage est tombé daiis l'oubli. 3° Factum sur les accou- chements, Paris, 1695 : c'est une critique au sujet d'une opération faite par Peu, célèbre accoucheur. Cette brochure, qu'on dit trèspiquante, est infiniment rare. 4° l'Art de faire les rapports en chirur- gie, etc., Paris, 1703, 1730 et 1743 : cet excellent ouvrage de Médecine légale a été longtemps le seul de son genre ; aujourd'hui même que plusieurs auteurs en ont publié de fort recommandables, celui de Duaux mérite encore d'être étudié. e ln- deX funereus chirurgorum Parisiensium, ab anno 1315, ad annum 1714, opera M. J. D. V. Trévoux, 1714 de 118 p. : ce volume, fruit de quarante ans de travail, qui a été réimprimé sous différents formats et que l'auteur traduisit ensuite en français, tient beaucoup plus que le titre ne semble promettre; on y trouve des recherches fort int éressantes sur l'origine du collige de chirurgie de Paris, sur les révolutions qui s'y sont opérées pendant quatre siè- cles, et sur les principaux membres de cette célèbre association. C'est le précis le plus certain que nous possédions sur l'histoire de la chirurgie française. 60 Devaux a publié diverses pièces fugitives, savoir : Dissertation sur l'opération césarienne. Elle se trouve dans le Traité des opérations de Verduc, édition de 1720 : cette édition est trèsrare et ne si; trouve pas à la bibliothèque nationale ; Disserta- tion concernant la chirurgie des accouchements, tant sur son origine, que sur les progrès qu'elle a faits en France jusqu'à présent, 17'27, ouvrage rempli d'érudition. 'lest imprimé dans la continuation des Mémoires de littérature et d'histoire, par le P. Desmolets, t. 3. Devaux fut aussi l'éditeur de plusieurs ouvrages, auxquels il a plus ou moins contribué, 1° l'Art de saigner Paris, 1689, 1728, par HenriEmmanuel Meurisse. Devaux refondit entièrement cet ouvrage, pour le plan et pour le style, et y fit des augmentations considérables. 2° Obser- vations chirurgicales de Saviard, recueillies et rédigées par Devaux ; 3° Traité complet des accou- chements, de Lamotte 1712 : la plupart des observations et des réflexions qui accompagnent ce traité appartiennent à Devaux; 4° Traité com- plet de chirurgie, 3 vol. 1722, par Lamotte la rédaction de cet ouvrage appartient à Devaux, lequel y ajouta beaucoup du sien; 5° l'Anatomie de Palfin, composée d'abord en langue flamande, fut traduite en français par l'auteur, qui savait peu notre langue : ce fut Devaux qui revit le style de cet ouvrage ; 6° en 1728, Devaux donna une nou- velle édition de I' Anatomie de Dion i s, et l'augmenta d'une foule de faits et de réflexions ; 7° Duaux a eu la plus grande part au Chirurgien- dentiste, par Fauchard, Paris, 1728 Nous devons àj Devaux plusieurs traductions fort bien faites : 1° des Nouveaux éléments de médecine, par Corneille Bontekoê, Paris, 1698; 2° de la Nouvelle pratique mé- dicinale de Gladbach, 1 vol. 1704; 3° des Traités de la maladie vénérienne de Maritan, Paris, 1711, 2 vol. ; de Cockburn, ib., 1131 de Jacques Vercelloni, ib., 1730 4° de deux Dissertations médicinales et chirurgicales, l'une, sur les maladies vénériennes et sur une méthode particulière de les traiter par les frictions; l'autre, sur la nature et la curation des tumeurs, par Déi- dier, etc., etc., Paris 1725 ; 5° de l'Anatomie de Heister, traduite sur la 2e édition, Paris, 1724 ; 6° des Aphorismes d'Hippocrate, d'après la version latine de Hecquet, 2 vol. Paris, 1725; '70 de l'Abrégé de toute médecine pratique, etc., par J. Allen, 3 vol. Paris, 1728 ; 8° du Traité de la vertu des médicaments , traduit du latin de Boérhaave, 1 vol. Paris, 1129 ; 9° du Traité des maladies aiguës des enfants, traduit du latin de Harris, Paris, 1730 10° de l'Emmenolo- gie de Freind, Paris, 1730 On peut encore compter, parmi les ouvrages dont s'est occupé Devaux, le Supplément au dictionnaire de Bayle : c'est un monument trèscurieux que possédait M. Sue, professeur de la Faculté de médecine de Paris, et dont il a donné un extrait dans son éloge histori- que de M. Devaux, avec des notes et un extrait rai - sonné de ses différents ouvrages, Paris, 1712 de 103 p
  • Jean DEVÈZE( 1753) : docteur eu inedevinv, né à Rabastens le I décembre l';;;;I, tit ses lasemieres etitdes niMicales à llorileati‘, puis se transporta it st_ nolningne en I; : mais ce no fot qu'en tpres ètre re,eini ei, Franet, étudier „won. !wu_ e“,ze à se joindre. Mais eett\ci, soit par jalousie, soit par peur de l'évidé-!nié, refusé cetto coopération. donnèrent leur démission. en sorte que Do\ èze so trou\ a sont etiargt; th, tout te sen jet,. n„,,„ et, p,te i„trithmil Prodigua zut\ malades les soins el les ecours los inieu. entendus : il leur faisait dem isitos par jour, Cl il s'attacha surtout à lenr persuader quo La maladie n'était pas contagieuse, en Ite:;ligoant pont' Itninènie toute espèce de préeaution. Li continua ce St`I'N let` iIIS.111'à ta diSpalitiOn 0011111440 itt- la Ili\ tio jaillie. lie\ èse passa tes quatre armee, ttiNantes à Philadelphie, et il ent encore occasion. on 1197 d'N revoir et d'? lualter hi tnètne maladie. Dopuis cette epoque il ne COSSa de méditer sw. ce sujet et d'y appl1q1101* les fruits de son mpérience: d'oit e,t 11,; titi' qui a rtletlye l'h i ladelphir en 1-.` 93, depuis le 0100.? jtitiiil jtisqu r Ii mei,. de celui de decembre. l'hilatlelplik, I -;93. en anglais rnunais i :I\ aient été prises contre le tleau telles que l'exposition d'un pavillon jat« to sur les IIMÈSMIS où se tromaient des malades, la fermeture des rues de tout lin tinartier de IR ill0, fOrCé des mdlietiren\ atteints de ropideinie, véritable séquestration fatale au plus grand nombre, oie. Cette lettre fit pett d'impression à cette époque; et, no fut que quelques années plus tard que plusieurs médecins osèrent adopter l'opinion de la noncontagion. :I" Disgerttition sor Id fièvre jtuttie fuji régod vi Philadelphie en 11'93, Paris 1801 thèse ineuglirale soutenue à la Faculté de Paris pour obtenir le titre de docteur. Devèze emploie des faits et des arguments nouveaux pour appuyer sa doctrine. 4° Traité de la fièvre jaune, Paris, 1820 de près de 400 pages : fort bonne monographie, où l'on trouve une description exacte de la maladie, de ses diverses périodes, de ses changements et de ses terminaisons, uhe distinction raisonnée entre ses modes de propagation, c'est-à-. Un des cha- pitres les plus intéressants est sans contredit celui pli présente les résultats obtenus, par l'inspection iles cadavres. Devèze a constaté que les lésions organiques le plus généralement observées sur les individus morts de la fièvre jaune ont leur siége dans l'estomac et les intestins ; que la membrane interne de ces organes est presque toujours frappée d'une vive inflammation et quelquefois de gan- grène; que la plupart des autres viscères, et pr cipalement les poumons, sont gorgés d'un sang noir. On regrette que le traitement adopté par l'auteur, pour combattre la maladie, n'ait pas toujours été en rapport avec la nature des altérations organiques. Au mois de décembre 1819, Devèze avait présenté à l'Académie des sciences un mé- moire sur cette question : la Fièvre jaune est- elle > contagieuse? Le rapport, fait par la commission, composée de Portal, de Pinel et de M. Duméril, l'après avoir rendu justice à la grande expérience et à la pratique éclairée de l'auteur, se termine par lakroposition de transmettre le mémoire au gouvei•nement, près duquel venait d'être formée 111 une commission spéciale, sons le nom de comité sanitaire. 5° Mémoire au roi en son conseil des mi- l! nistres et aux chambres, ou Protestation contre le travail. de la commission sanitaire centrale du royaume, instituée à l'effet d'examiner les dispos'- fions législatives et administratives qu'il serait utile d'adopter pour organiser le service sanitaire des côtes et frontières de la Frani. e, Paris, 1821 Le titre de cet opuscule en indique suffisamment le contenu : c'est probablement à ce mé- moire qu'il faut attribuer la disgrâce qu'éprouva Devèze
  • Jean DEWAAL( 1558 - 1633) : peintre, né à MIMAS en 1558, entra dans l'école de François Franck. dit le Vieux, et y fit des progrès rapides. Il s'attachait à copier avec un soin particulier les dessins des grands maitres que Franck lui prêtait. le jeune artiste, résolu de voyager pour se perfectionner encore davantage N' int à Paris, où, par un travail assidu, il épura son goilt. Sa réputation se répandit et rit rechercher ses ouvrages. Après un séjour assez long dans cette ville, il la quitta pour aller étudier de nouveau les ouvrages des grands mitres (l'Italie. il lit une étude sérieuse des parties qui cafactérisent chaque école, et revint dans sa iiiatrie où il fut occupé d'abord à peindre l'histoire, et ensuite le portrait ; il y mettait toute la ressemblance et la vérité qu'exige ce genre de peinture. La beauté de son coloris, la délicatesse de son pinceau le distinguent dans cette partie de l'art, qu'il avait étudiée d'après les meilleurs modèles et qui est un des caractères distinctifs de son talent. Dewaal mou- rut en 1633. âgé de 75 ans. Ses deux fils furent _•• ses élèves : l'aillé, nommé Luc Dewaal, reçut aussi des leçons de Jean Breughel, dont il adopta et suivit de trèsprès la manière ; peut-ètre mème ses compositions sontelles plus riches que celles de son maitre; le second, nommé Corneille Dewaal, devint un excellent peintre de batailles
  • Jean DEVOTI( 1744) : né à Rome, le 1 I juillet 1744, se destina à l'état ecclésiastique et se livra spécialement à l'étude de la jurisprudence et du droit canon. Il parvint au doctorat dans cette faculté et fut avocat à la cour romaine. On le nomma professeur de droit canonique à la Sapience lorsqu'il ne comptait encore que 20 ans. A l'âge de quarantecinq il fut nommé par Pie VI évêque d'Anagni. 11 professa avec un grand succès, et ses vastes connais- sances dans le droit lui acquirent une brillante réputation, des charges honorables et de hautes dignités. En 1804 Pie VII le transféra à révèché de Carthage, in partibus infidelium, le fit secrétaire des brefs aux princes, prélat de sa maison, camérier secret et consulteur de la congrégation de l'Immunité. Lorsque le souverain pontife vint en France pour le sacre de Napoléon, Devoti fut un des prélats qui l'accompagnèrent. En 1816 ce savantcanoniste fut, avec le célèbre Marchetti, adjoint aux prélats de la congrégation de l'index. Vers la fin du dernier siècle, une partie de l'Allemagne était livrée aux enseignements erronés d'Eybel, non moins dangereux que ne l'avaient été au commen- cernent du même siècle ceux des protestants Boeh- mer, Thomasins, etc. Les ouvrages que Devoti composa étaient destinés et trèspropres à compenser le mal produit par les leçons de cet imprudent professeur. Sa célébrité fut telle que le roi d'Espagne, en 1817, ordonna qu'on ne se servit que de ses Insti- tutions à l'université d'Alcala, pour l'enseignement dn droit canonique, au lieu de celles de Cavallari, usitées jusqu'alors. Le savant prélat mourut à Rome, le 18 septembre 1820, et fut inhumé avec beaucoup de pompe dans l'église de StEustache. Devoti a publié : 1° De notissimis in jure legibus, ouvrage estimé nonseulement pour l'importance du sujet, mais aussi pour la pureté du style ; 2° Ins- titutionum canonicarumlibri quatuor, 4 vol. C'est, des ouvrages de Devoti, le plus célèbre et le plus répandu. On y admire de vastes connaissances de la matière, la méthode dans les divi- sions et la sagesse des principes. Après deux édi- fions à Rome, il fut promptement réimprimé en d'autres villes d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne. En I 814, Devoti y fit quelques additions où il traita des questions nouvelles et amenées par les circonstan- ces extraordinaires où l'on s'était trouvé. Cetteédition fut bientôt épuisée, et il en parut une nouvelle, puis une autre à Gand, en 1822, 2 vol. ; ibid., 1830. En 1834, une édition fut donnée à Venise, par Silvestre, sur la dernière de Rome, revue et enri- chie d'additions par l'auteur, 4 vol. Nous devons dire encore que les Institutions de Devoti sont suivies à l'université de Louvain et au séminaire de StSulpice de Paris. 3° Jus canonicum uni- versum. Avancé en âge, et déjà infirme, l'auteur n'a pu terminer ce grand ouvrage auquel il tra- s'aillait depuis longtemps. Trois volumes seulement ont paru
  • Jean DEZ( 1643 - 1712) : jésuite, naquit à ChaudeFontaine, près de SteMénehould, le 3 avril .1643. Après avoir professé longtemps dans sa société, et s'être livré avec succès au ministère de la chaire, il fut fait recteur du collége de Sedan , et passa ensuite à Strasbourg, où il fut employé à l'établissement d'un collége royal, d'une université et d'un séminaire, dont il fut fait le premier supérieur. 11 passa par les premières charges de son ordre, fut envoyé deux fois à Rome, suivit, paeordre du roi, le dauphin en Allemagne et en Flandre en qualité de confesseur du jeune prince, et mourut recteur de l'université de Strasbourg, le 12 septembre 1712, âgé de 60 ans. « Ce jésuite, suivant le Diction- « naire des auteurs ecclésiastiques, étaitun homme « ardent, né pour la controverse, et qui aurait « embrassé ce genre par un penchant invincible, « s'il ne l'avait choisi par état. » Étant à Rome en 1697 , il écrivit en faveur du livi‘e des Maximes des Saints de l'archevêque de Cambrai un traité intitulé : Réflexions d'un docteur de Sorbonne, qu'il fit traduire en italien par l'abbé Mico, et qu'il ne fit paraître qu'en cette langue à Rome, au mois de décembre de cette même année. Il y était encore en 1100, lors de la querelle excitée au sujet des rits de la Chine, et il y publia un écrit sous ce titre Epistola ad virum nobilem ; mais ceux de ses écrits qui lui ont fait le plus de réputation sont : 1° Réunion des protestants de Strasbourg à l'Église romaine, Strasbourg, 1687 réimprimé à Paris, 1701 2, augmenté d'une réponse aux écrits de deux ministres. « Cet ouvrage réunit, suivant le P. Ni-(( céron, la clarté du style et la solidité des raisons, « à la brièveté et à la précision. » 2° la Foi des chré- tiens et des catholiques justifiée contre lesdéistes, les juifs, les mahométans, les sociniens et autres héréti- ( lues, Paris, 1714, 4 vol: : on trouve en tête du 1" volume l'éloge de l'auteur par le P. Lau- brussel, et l'analyse exacte de son livre, C
  • Jean DIANNYÈRE( 1701) : docteur en médecine, naquit au Donjon dans le Bourbonnais, le 3 mars 1701 ; il dut son éducation à tin de ses oncles, auquel il sacrifia ensuite plusieurs places pour se fixer auprès de lui à Moulins. « Là, dit Vicqd'Azyr, sa « vie fut uniforme ; ses jours furent également Le passage suivant peut donner une idée des vertus de la princesse, et tic ce qu'était l'éloquence de la chaire au commencelitent du 41' siècle : Unkei de la duehesSe était un gyndeée « tic pudeur, en un tnot, la maison de Diane, l'entrée de laquelle « était (ti'f‘,ndUe aux Faunes et aux Satyres laseirs ; que si quel. a ntié tétneraire nuit voulu attenter h la pUdicité de cet; tillés la pti Prédicateur, en 3 parties, 1705 et 1706, et sa < i> T heologia ref. canula, en 3 volumes Il et remarquable que l'auteur de tant d'ouvrages n'avait pour bibliothèque que la Balle etquelques livres élémen- taires. La bibliothèque de l'Université lui fournissait les livres classiques et des saints Père› et il s'abonnait avec les libraires pour la lecture des productions modernes
  • Jean EDWIN( 1749) : comédien anglais, célèbre par la singularité de son caractère, naquit à Londres en 1749. Il s'attacha à l'étude de la musique, et son éducation fut d'ailleurs très négligée. Son inclination pour le théâtre se ma- nifesta dès l'enfance. Un petit emploi qu'il obtint dans le bureau des pensions de l'Echiquier , et qui ne l'occupait que deux heures chaque jour, servit son gai I. favori en lui laissant le loisir de s'y livrer. En 1765 , le comédien Lée Lewes lui fit contracter un engagement pour le théâtre de Manchester , où il remplit avec succès , à l'âge de seize ans, des ailes de vieillards. Ce n'est pas la moins remarquable de ses singularités qu'il représenta les vieillards dans sa jeunesse, et les jeunes gens dans un âge plus avancé. Sa réputation l'appela bientôt sur le théâtre de Dublin ; niais il n'eut pas lieu de s'en éliciter, du moins sous le rapport des avantages pécuniaires. Il fut souvent obligé de recourir à la ruse pour obtenir le paiement de son traitement. On raconte que, lorsqu'il devait remplir quelque rôle important, il se rendait dans la maison d'un sergent, a publié, sous le nom (l'Antoine Pasquin, un ouvrage intitulé Excentricities, etc. Singularités de Jean Edwin , recueillies parmi ses manuscrits , et enrichies de plusieurs centaines d'anecdotes originales; c'est l'ouvrage d'un homme d'esprit et de savoir; mais il est écrit, en quelques endroits, d'un style peut-être trop emphatique , et on est un peu choqué d'y voir les noms des plus grands hommes de la Grèce et de Rome rappelés à l'occasion d'un comédien. Cet ouvrage a été imprimé pônr la 26 fois à Londres, 1791 , 2 vol. — Une soeur d'Edwin , Mistrisa WILLIAMS, a été fort en vogue à Londres pour ses prétendues connaissances dans la divination, qui attiraient chez elle des dames de la plus haute distinction
  • Jean EGÈDE( 1686) : que l'on peut appeler l'apôtre moderne du Groenland , né le 31 janvier 1686, dans la paroisse de Troudenoes, située dans le Nordland, portion de la Laponie norvégienne, appartenait à une famille pauvre. Son père exerçait dans cette province lesfonctions de soienAerrir ou magistrat, et sa mère était également fille d'un magistrat nordlandais. Après avoir été nommé en 1707 pasteur de la paroisse de "Sraagen, dépendant avec tout le Nordland du diocèse de Drontheim , Egède épousa la ir.ême année, Gertrude Rasch. A cette époque, le Groenland, découvert par les Islandais vers l'an 877, et où des colonies norvégiennes, qu'on assurait avoir été très florissantes, s'étaient successivement établies et avaient fondé un grand nombre d'églises et de monastères , semblait tout à fait abandonné. La pèche de la haleine attirait encore sur la côte occidentale quelques rares navires de la mèrepatrie ; mais les glaces flottantes avaient complétement envahi la partie orientale de cette contrée, où l'opinion générale plaçait 1'OEslerby9d, ou l'établissement oriental le plus Dans le tome 1 des Mémoires historiques sur le G. °milan.' . ils enflammèrent son imagination et lui firent concevoir l'idée de convertir à la foi chrétienne les idolâtres habitants de la côte occidentale, et d'apporter des secours religieux à ses anciens compatriotes qu'il croyait exister sur la côte opposée. Le plan qu'il dressa à cette occasion pour l'instruction et la conversion des Groenlandais, et l'offre qu'il faisait d'aller en personne coopérer à cette bonne oeuvre, reçurent l'approbation de l'archevêque de Trondhiem, d'où rassortissait le Groenland, et il ne fut pas moins bien accueilli par l'évêque de Bergen. Ces deux prélats s'empressèrent de le recommander au roi de Danemark, Frédéric IV; ruais les embarras et les dépenses de la guerre dans laquelle ce souverain était alors engagé contre la Suède, ayant fait négliger le projet d'Egède, celuici, qu'aucun obstacle ne pouvait arrêter, dédaignant les railleries dont on l'accablait et les bruits qu'on faisait circuler contre lui, chercha à obtenir de simplesnégociants les secours et l'appui que le gouvernement ne lui accordait pas. Mettant son principal espoir dans la protection divine, il n'hésita point, quoiqu'il frit sans fortune et déjà père de deux enfants, à résigner le pastorat de Vaagen et à se reluire à Bergen, pour y stimuler le zèle des négociant- de cette principale place de la Norvége, en s'efforçant de leur prouver qu'en même temps qu par des prédications et des instructions religieuses il s'efforcerait de convertir à la foi chrétienne les idolâtres groenlandais, et d'améliorer le sort spirituel des anciens colons, leurs intérêts matériels ne seraient pas négligés, et qu'ils pourraient faire des échanges avantageux avec les naturels et obtenir en outre, comme les Hollandais, des bénéfices. considérables de la pèche de la baleine. De même que le gouvernement, la plupart de ces négociants furent sourds à sa voix. Mais la mort de Charles XII, tué devant Fréderickshald, le 11 décembre 1718, ayant permis d'espérer que la paix ne tarderait pas à être rétablie entre le Danemark et la Suède, Egède se rendit en toute hâte à Copenhague, et dans une audience que Frédéric. 1V lui accorda, il parvint à_obtenir, pour 12s négociants de Bergen , l'autorisation de former une rom- ; le capitaine clans la t , gratuitement que lu. de ces anciens établitsenients était dé aux Nurvégieus, et l'autre aux Danois, nie du Groenland avec la promesse do cerains privilèges. 11 s'écoula encore quelque temps vant que ce projet fût mis à exécution, par suite 'obstacles sans nombre qui nepurent découra- er Egède et qu'il parvint à vaincre par ses hortations et surtout en souscrivant à l'entreriso pour une somme de 300 rixdales 900 francs) qui composait à peu près toute a fortune. Dans les premiers mois de 1721, ine petite compagnie groenlandaise fut cons, ituée à Bergen, au capital de 8 à 10,000 rixlaies , avec lequel il acheta in navire qui reçut le nom do l'Espérance Haabet) et devait hiverner dans le Groenland. )n en fréta en même temps deux autres, dont tne Hourque destinée à faire la pèche et une ;aliote, qui devait être consacrée à porter en Janemark l'annonce de l'heureuse arrivée d'E!ède et de ses compagnons. L'expédition mit à la le 31 niai 1721 ; bientid la hourque avant .ouché sur le Statenhuk, pointe méridionale du ;roenland, et fait de fortes avaries, fut obligée de retourner en Europe pour les réparer. Les deux autres navires, qui avaient manqué plusieurs fois Je se perdre au milieu des glaces flottantes, atteignirent enfin heureusement Imeriksok et trouvèrent ensuite un bon port d'hivernage et un lieu de radoub à l'île qui fut appelée II aabet, du nom du navire à bord duquel se trouvait Egède. Celuici fonda une petite loge ou colonie qui prit plus tard le nom de Godthaab et fut transportée sur le continent. Egède, qui avait reçu le titre do chef do l'établissement et de directeur des missions auquel le roi avait attaché un traitement annuel de 300 rixdales , employa les deux premières années de son séjour dans le Groenland à tsi ter les environs de Bonis Revier et à entreteiiij des relations avec les naturels, dont il ne tarda pas à apprendre la langue. Ses manières affables lui firent bientôt obtenir leur confiance, et leur bonheur devint l'objet de ses constants efforts, quoiqu'il n'et'it pas tardé à s'apercevoir qu'ils ne pouvaient être les descendants des Européens, qui, 300 ans auparavant, avaient habité ce par. 11 les instruisit dans les préceptes du christianisme et en lit baptiser un assez grand nombre sans négliger toutefois les intérêts de la compagnie confiée à ses soins. Dans l'été de 1723, le collège des missions et les directeurs de la compagnie lui ayant transmis les ordres du roi et son désir d'obtenir, par tous les moyens possibles, dés informations sur la côte orientale où l'on supposait qu'avaient été formés les premiers établissements des colons norvégiens , depuis longtemps perdus de vue , il s'empressa, quoique la saison fût avancée, d'entreprendre à cet effet un voyage d'exploration. Convaincu, comme presque tous ses contemporains, que 1' OEsterbygd ou établissement de l'est, existait ou avait existé dans la partie orientale du pars et XII. que ce qu'on appelait le détroit de Frobisher, placé à cette époque sur toutes les cartes du Groenland vers le 62° de latitude septentrionale, traversait cette contrée, il pensa qu'en le suivant on prenait le plus court chemin pour atteindre la colonie sur laquelle le roi désirait des renseignements. Le 9 août, Egède se mit en route avec deux sloops et arriva an point où, suivant les cartes, , également encombré de glaces , s'étendre à une grande distance dans l'intérieur des terres . Il lui parut qu'il n'était pas in% raisemblable que toute cette glace vint par ce détroit de la cûte orientale; niais les Groenlandais qui l'accompagnaient lui apprirent que ce canal n'était autre qu'un golfe très?ivi connu, pénétrant profondément clans les terres et près duquel ils se rendaient fréquemment dans l'été pour y chasser les rennes . Ils l'inform;.rent en même temps que les glaces flottantes venaient certainement de la côte orientale, non à travers quelque détroit, mais Far le sud, aux environs de la pointe Statenhuk. Par un vent de terre elles s'arrimaient, suivant eux, dans toutes les anses et dans tous les golfes, le long de la partie méridionale do la côte occidentale. Trompé dans ses espérances de trouver une route qui le conduisit directement à la côte orientale, en traversant le continent du Groenland, Egède: se dirigea vers le sud, «jusqu'à ce
  • Jean EGERTON( 1721) : évêque de Durham, et fils d'un évêque d'Hereford,naquit à Londres, en 1721, et fit ses études à l'école d'Eton et à l'université d'Oxford. Ayant reçu les ordres de l'évêque de Worcester, Benjamin Hoadle y, son père le nomma, en 1745, ministre de Ross dans son diocèse , et après avoir occupé quelques autres bénéfices , il fut élevé, en 1757, à l'évêché de Bangor, 'transféré de là, en 1768, à l'évêché de Lichfield et Coventry,et en 1771 à celui de Durham, sans aucune sollicitation de sa part, ayant même , quelque temps auparavant, refusé la primatie de l'Irlande. Peu de prélats firent plus de bien que lui dans leur diocèse. 11 parvint, par son esprit de conciliation, à rapprocher presque aussitôt des esprits divisés avant son arrivée dans le comté. Nous ne nous appesantirons pas sur les bienfaits que les revenus considérables de son évêché lui donnèrent les moyens de répandre, et dont le détail ne comporte pas, surtout hors (le son pays, cet intérêt que produit plus sûrement le récit des malheurs des hommes et des nations. 11 avait un esprit éclairé, vigilant; il était d'un commerce agréable, généreux et délicat dans ses procédés, sensible à l'infortune, ce qui encouragea fréquemment à surprendre sa bonne foi; il avait cependant l'adresse d'éconduire les importuns , comme on peut en juger par le trait suivant. Avant qu'il Vit parvenu à l'épiscopat, un homme, qu'il connaissait à peine, lui ayant demandé cavalièrement quel héritage son père lui avait laissé ? Egerton lui répondit : « Pas autant que j'attendais. — Quelle était la « fortune de sa femme? — Moins que l'on ne dit. « Ce que valait son bénéfice de Ross? — Plus « que je n'en retire. » On n'a conservé de lui que trois sermons, prêchés en 1757, 1?61 et 1763. Il mourut à Londres le 18 janvier 1787
  • Jean EICHEL DE RAUTENKRON : en latin Eicheli us, littérateur et jurisconsulte allemand, né en I 622 , d'une famille noble de Franconie , Mt en 1662 professeur de morale et de droit à l'université de lielmstœdt, et après avoir été revêtu de divers autres emplois, mourut le 2 août 1688. Ses travaux sur le droit romain l'ayant entraîné à des recherches historiques sur Justinien et sur Procope son historien , il entreprit de réfuter les Anecdotes publiées sons le nom de ce dernier en 1624, par Nie. Alemanni, avec une version latine et des notes qui tendent à établir l'authenticité de cet écrit scandaleux voy. ALEMANNI Quoique Thomas Rive en 1626, et Gab. Trivor en 1631 eussent déjà pris la défense de Justinien contre ce libelle , Eichel crut devoir approfondi? davantage ce point de critique historique, et publia une nouvelle édition de cet ouvrage satirique sous ce titre : Autevra 'seu historia arcana Procopii, Nicolao Alemanno defensore primicin prolata, nunc falsitatis convicta , Helmstœdt , 1654 On y trouve le texte grec et la version latine d'Alemanni, divisés pour la première fois en paragraphes ', et des notes critiques trèssavantes , dans lesquelles il s'efforce de prouver, par le témoignage des auteurs contemporains, que la plupart de ces anecdotes sont calomnieuses. Il publia la même année une nouvelle édition du livre de Thomas Rive , sous ce titre : Imperatoris Justiniani defemio ail verstis A nemannurn , outore Th. Rivio, Helmstredt. et cet ouvrage se joint ordinairement au précédent. Ce recueil est recherché , parce que les notes d'Eichel n'ont pas été reproduites dans k Procope de l'édition du Louvre, 662 , qui fait partie de la Byzantine. Le savant Chr. Thomasius avait annoncé une nouvelle édition des 4necdotes, avec les notes d'Alemanni et celles d'Eichel discutées de nouveau ; mais cet ouvrage n'a pas vu le jour. On doit encore à Eichel : I° De interprelatione juris, liber singuldris. 2' Dis- sert. de fundamentis peripateticorum; il y compare la morale d'Aristote à celle des Stoïciens et des philosophes plus modernes. 3° De Aucupio ejusque jure et plusieurs autres opuscules moins importante. Il a aussi donné des éditions de plusieurs ouvrages de jurisprudence, dont la plupart n'intéressent que l'Allemagne
  • Jean ELICHMANN : savant médecin du 17e siècle, naquit en Silésie, et pratiqua la médecine à Leyde, où il mourut en 1639. Saumaise assure qu'il savait seize langues. 11 s'était principalement occupé de la littérature orientale, et prétendait que l'allemand avait une origine commune avec le persan, hypothèse déjà présentée par JusteLispse, qui a été plusieurs fois renouvelée depuis avec quelque fondement. « Elichmann, au dire de Saumaise, était l'homme « de l'Europe qui connut le mieux le persan. Il « avait entrepris de grands travaux de littéra- « ture orientale, parmi lesquels on distingùait « les matériaux d'un dictionnaire arabe et per- « san, trèsample. Il s'était beaucoup occupé « des traductions arabes des auteurs grecs, et « prétendait, à l'aide de ces traductions, rétablir « les textes grecs altérés, ou faire connaître des « auteurs dont les ouvrages ne sont point venus « jusqu'à nous. Une mort prématurée ne lui a « point permis de mettre la dernière main à « aucun de ces travaux. » On lui doit seulement une lettre arabe sur l'utilité de cette langue pour ceux qui cultivent l'art de guérir, Iéna, 1636 ; une dissertation De fatali vitœ termino secundum mentem orientalium, Leyde, 1639. En 1640, parut sa traduction latine et arabe du tableau de Cébès, avec l'original grec, et une préface longue et intéressante de Saumaise. On ne *sait sur quel fondement Jocher, dans son Gelehrten Lexicon, dit qu'Elichmann est l'auteur de la Grammaire persane publiée par L. de Dieu. Jodler ne cite que Bayle, et ce dernier ne dit pas un mot qui appuye cette assertion
  • Jean ELIOTT : ministre anglican dans le 7e siècle, et missionnaire auprès des sauvages de l'Amérique septentrionale, traduisit de l'anglais, dans la langue des nations indiennes, une Bible qui fut imprimée à Cambridge en 1663, gros Outre la version des psaumes en prose, il en fit une autre en vers, qu'on trouve à la fin du volume. Cette Bible est de la plus grande rareté. Il y en a une à la bibliothèque impériale, celle du duc de la Vallière en renfermait une autre, et on en connaissait une troisième à la bibliothèque des Pères de l'oratoire de la Rochelle. Le Nouveau Testament avait été imprimé en 1661 et dédié au roi Charles II
  • Jean ELLERS : conseiller de la chancellerie en Suède e I l chevalier de l'ordre de l'Étoile polaire. 11 A.e distingua dans le dernier siècle par son habileté dans les atTaires et par ses talents pour les lettres. Gustave III lui avait donné sa confiance et l'employa dans plusieurs occasions importantes. 11 est auteur d'un poème suédois intitulé : Mes larmes, qui se trouve en français dans les Mélanges de littérature suédoise, publiés à Paris par Agander. Peu avant sa mort, Ellers donna une Description de Stockholm, en 4 volumes, remplie de recherches et de faits intéressants, niais écrite d'un style diffus
  • Jean ÉLISIO ou ELYSIUS( 1400) : médecin, né, vers le milieu du 15e siècle, dans le royaume de Naples, était savant dans les langues orientales, avait des connaissances fort étendues pour son temps dans plusieurs branches de l'histoire naturelle, et fut médecin du roi Ferdinand d'Aragon. On a de lui Brece compendium de balneis 10- tins Campanice. Cet opuscule fait partie du recueil : De balneis (pue exstant, etc., Venise, Giunti, .1553 rare et recherché ; (l'une autre collection publiée par J.F. Lombardo : Synopsis eorum quœ de balneis, aliisque miraculis puteolanis scripta surit, ibid., 4556. Enfin il a été publié, par Scipion Mazella, Naples, 1590 avec l'opuscule suivant. 2' De inria i? sula ejusdemque mirabili incendio, dans les recueils des Giunti et de Lombardo ; à la suite de l'ouvrage de Jules Jasolini : De'rimedi naturali che sono nell'isola di Pithecusa, oggi delta Ischia, Naples, 1689 et 1751, in ; et dans le tome 9 du Thesaurus anliquitat. Italiœ de Grœvius. 3° De curatione morbi gallici contra barbaro et vulgares empyricos. Cet ouvrage est si rare qu'il n'a pas été connu d'Astruc, et n'est pas cité dans les catalogues. 4. De proesagiis sapientum ; non moins rare que le précédent. C'est probablement un recueil de pronostics
  • Jean ELLEVIOU( 1769) : excellent acteur et chanteur dans l'opéracomique, naquit à Rennes le 14 juin 069. Il était fils d'un chirurgien de cette ville qui le destinait à la même profession pour laquelle il avait la plus vive répugnance, tandis qu'il montrait pour la comédie une Véritable passion. cherchant toutes les occasions qui se rencontraient de la jouer en société. Cette passion et son aversion pour la chirurgie augmentant chaque jour, il finit par s'échapper de la maison paternelle et s'engagea pour le théâtre de la Rochelle ; son père s'étant opposé à ses débuts, il reprit ses études chirurgicales, mais envoyé à Paris pour les terminer, il n'y fut pas plutôt qu'il s'occupa d'obtenir à l'OpéraComique im début qui eut lieu le 4" avril 1790 par le rôle du Déserteur dans la pièce de ce nom. Ce rôle appartient, au baryton et telle était alors la voix d'Elleviou ; niais les études vocales déve- Ioppèrent en peu de temps la partie aiguë de son organe qui perdit ses tons graves et acquit l'étendue du ténor dont il prit l'emploi en 1792. Ses commencements n'avaient pas été aussi heureux qu'on semblait l'espérer, mais dès lors il obtint les plus grands succès auxquels contribuaient une figure charmante, une taille élégante, un jeu plein d'esprit et de finesse. Il reçut les plus vifs applaudissements dans tous les rôles écrits pour lui depuis cette époque, surtout dans Gulnare, Trenteet- Quarante, Zoreme et Zulnare, le Prisonnier, le Cabriolet jaune, l'Irai°, Adolphe et Clara, Picaros et D iégo, le Calife de Bagdad, Maison à vendre. Lors de la réunion en 4801 des théâtres Favart et Feydeau, il devint un des cinq administrateurs et eut l'idée de remettre au théâtre les plus beaux opéras du vieux répertoire: la musique de Monsigny et de Grétry obtint, grâce à lui, de nouveaux triomphes. Il contribuait en même temps en grande partie à la réussite de pièces nouvelles telles que o Françoise de Foix, les Maris garçons, Une folie, Joseph, Jean de Paris. Ses appointements s'étaient accrus avec ses succès et il touchait par an 84,000 francs: il annonça tout à coup qu'il voulait se retirer si l'on ne lui en donnait 120,000 : ces sommes étaient vraiment fabuleuses en 1812, cependant l'administration était toute disposée à la nouvelle concession et il est certain qu'elle y eût trouvé de l'avantage. Napoléon, qui s'immiscait dans les administrations théâtrales comme dans tout le reste, intervint pour empêcher l'arrangement et voulut même q ue les appointementsde 84,000 francs fussent réduits ; il fallut obéir et le théâtre fut ruiné. Elleviou épousa en le quittant la fille d'un receveur général et se retira dans une magnifique propriété appelée les Roncières près de Tarare, département du Rhône ; il s'y occupa de belleslettres et d'agriculture. Après la révolution de juillet il fut nommé membre du conseil départemental ; il aspirait à l'honneur d'être député et comptait se présenter aux élections de 1842. Venu à Paris pour annoncer cette intention à ses amis, il voulut faire une visite aux rédacteurs du Charivari, sans doute dans l'intention de prévenir les plaisanteries du malin journal et pour déclarer avant tout qu'avec la position qu'il avait, ce que l'on devait surtout remarquer dans sa candidature, c'était l'avantage de faire entrer à la chambre un ancien comédien et de donner ainsi un nouveau relief à cette honorable profession. En descendant l'escalier il tomba frappé d'apoplexie foudroyante dont il avait eu quelques années auparavant une première attaque; tous les secours furent inutiles, la mort ayant été instantanée. Cet événement arrivait le 6 mai 18 Elleviou était donc âgé de 73 ans. On a de lui les li? rets de trois opérascomiques : Le Vaisseau amiral, Delia et Werdikan et l'Auberge de Bagnères, joués tous les trois au théâtre Feydeau. Le dernier, dont la musique est de Catel, est le seul qui ait obtenu du succès ; le poème avait été annoncé sous le nom de Jalabert. J.— A
  • Jean ELLIOT( 1747) : médecin anglais , né en 1747 à Chard, dans le comté de Somerset, reçut sa première éducation de M. Hare de Crewkerne, auteur de quelques productions littéraires, et fut mis à quatorze ans en apprentissage chez un apothicaire à Londres. l'ouvrit une pharmacie vers 1777, et, dans les heures de loisir que lui laissait le soin de sa boutique, encore peu achalandée, s'occupa de recherches scientifiques et d'expériences chimiques, dont il a depuis consigné les résultats dans plusieurs ouvrages. Dans le cours de ces expériences, il crut reconnaître qu'une certaine préparution saline de magnésie était un remède contre quelques genres de fièvres. Après s'être assuré 'de l'efficacité de ce remède par des succès multi- ' pliés, obtenus sur des pauvres de son voisinage, il se procura un diplôme, et commença vers 1780 à exercer la•médecine dans un local particulier, en se bornant d'abord à l'administration de son remède, et sans abandonner son premier état. Voici la liste des ouvrages qu'il a publiés I° Obervai ions philosophiques sur les sens de I« vue et de l'unie, 1780 2° Recueil des ouvrages du docteur Fotherqill, précédé d'une Notice sur v la ie de ce médecin philanthrope, 1781 , Cette édition des OEuvres dc Fothergill est moins complète que celles qu'a données le docteur Jean Coaktey Lettsom 8° Er- périenees et Observations sur la lumière et les couleurs, et sur ranaloyie qui existe entre la cha- leur et le nintivemect , 1786 ou 178'7 On trouvait dans la plupart de ces ouvrages des expériences nouvelles, des vies ingénieuses, et la clarté et la simplicité de style qui conviennent au sujet. Elliot s'était toujours fait remarquer par la douceur de son caractère, et par une grande assiduité à ses devoirs et aux études qu'il chérissait, lorsqu'à l'âge de quarante ans , une passion malheureuse vint détruire le repos dont il jouissait. 11 eut occasion de voir miss Boydell, nièce du eélèbre alderman de ce nom, et conçut pour elle un amour qui devint bientiit insurmontable, niais qui ne parait pas cependant avoir été encouragé par celle gni en était l'objet. Son caractère en fut altéré, on le voyait tomber quelquefois dans un état de mélancolie profonde. Au commencement de l'année 1787, il alla prendre, sous le nom de Corden, un logement à Westham, chez le jardinier de Josiah Boydell, dans la maison duquel sa sœur faisait de fréquentes visites. Nous ignorons les démarches qu'il fit auprès de miss Boydell, mais il parait qu'il n'en rapporta que le désespoir. Il forma dès ce moment la résolution de lui donner la mort de sa propre main, et de se punir ensuite luimême ; iL acheta, dans cette vue, deux paires de pistolets. On peut juger de ses combats avec luimême et de ses irrésolutions, s'il est vrai, comme il le déclara depuis et comme on est porté à le croire, qu'il écrivit à l'alderman plusieurs lettres pour l'informer de son affreux dessein, et pour l'engager à en prévenir l'accomplissement en s'assurant de sa personne. L'alderman négligea cet avertissement. Le 9 juillet, an milieu du jour, Elliot rencontrant dans la rue miss Boydell, tenant Le bras de Nicot , libraire du roi , lui tira, avec la maladresse d'un homme égaré, un coup de pistolet qui lui lit seulement deux légères blessures audessous de l'épaule, en mettant le feu à une partie de ses vêtements. Il ne lit aucune tentative pour échapper. Nicot, le prenant à la gorge, lui dit : « Etesvois le scélérat qui a fait le coup? « — Oui, »répondit Elliot. Ayant été conduit chez un juge de paix, outre les deux pistolets qu'il avait à la main, et qui étaient fortement liés ensemble, on en trouva dans ses poches une seconde paire, chargée à balles, et qu'il avait destinée pour luimême. 11 s'applaudissait de son crime, et, croyant avoir tué sa victime, disait « qu'il mourrait ma « tenant en paix, puisqu'il l'avait envoyée devant » Sa joie cessa avec son erreur. On vint annoncer que miss Boydell n'était pas dangereusement blessée : « Estce qu'elle n'est pas morte ? s'écriatil en faisant des mouvements convulsifs, et en proférant des injures contre elle et sa famille. Il fuit jugé à OldBayley, le 16 juillet, ne dit rien pour sa défense, et montra beaucoup d'abattement. On essaya de le sauver par des témoignages qui constataient l'aliénation de son esprit. Le docteur Symmons, médecin, qui le connaissait depuis longtemps, appuya cette opinion, et ajouta que le docteur Elliot lui avait adressé, il y avait six mois, une lettre sur un sujet philosophique, en le priant de la soumettre à la Société royale; mais que cette lettre portait si évidemment la marque d'un cerveau dérangé, qu'il avait cru devoir la supprimer par intérêt pour son auteur. 11 en cita seulement un passage qui pouvait en donner une idée. Le docteur Elliot prétendait que « la lumière du « soleil ne vient pas du feu, mais d'une aurore «dense et uni\ erselle qui peut donner une grande « lumière aux habitants de la surface inférieure, « et se trouver cependant à une assez grande distance « audessus d'eux pour qu'ils n'en soient pas incom- « modés. Aucune objection, écrivaitil, ne s'élève « contre l'opinion que les grands corps lumineux « sont habités. La végétation peut y être aussi « féconde que sur le glohe où nous sommes. 11 « peut s'y trouver de l'eau et de la terre ferme, « des montagnes et des vallées, de la pluie et du « beau temps; et, de même que la lumière, l'été « y doit être éternel; il est donc aisé de concevoir « que ce serait sans aucune comparaison le séjour « le plus heureux de tout le système du monde. Le rapporteur fit observer que, quelque absurde qu'on jugeât cette hypothèse en ellemême, la manière dont elle était présentée et soutenue n'annonçait pas du tout un cerveau dérangé ; et il demanda malignement au docteur Symmons ce qu'il pensait du cerveau de Buffon et du docteur Burnet, qui avaient soutenu des théories non moins extravangantes que cellela. Le docteur se dispensa de répondre à cette question embarrassante. La seule circonstance qui sauva an coupable la condamnation à la peine capitale, c'est qu'il ne rut pas évidemment démontré que le pistolet qu'il avait tiré sur miss Boydell fût chargé à balle. L'intérêt que le public lui portait se manifesta par les applaudissements qui suivirent la décision du tribunal ; mais la justice se réservait de le juger pour le fait de l'agression. Il fut, en conséquence , ramené à la prison de Newgate : ayant persisté à ne prendre aucune nourriture, il mourut quelques jours après, le 22 juillet 1787. 11 parut, peu de temps après sa mort, un écrit intitulé Relation de la vie el de la mort de Jean Mot, etc., avec un examen de ses ouvrages, et une Apologie écrite par luimême, dans l'attente de sa couda mnation, Londres, 1787 Cette relation est un libelle contre miss Boydell et contre son oncle, à qui on peut toutefois reprocher une négligence bien coupable. L'Apologie d'Ell iot est un écrit supposé,
  • Jean ELLIS : négociant anglais, qui s'est rendu célèbre vers le milieu da 18' siècle, par ses re- Cherches sur les coralines et antres productions marines, regardées jusqu'alors comme plantes. 11 parait que depuis longtemps il s'occupait d'histoire naturelle en simple amateur, qui recherche plutôt l'agrément que l'utilité ; mais une circonstance le détermina à s'y Ihrer d'une manière plus solide. Ayant reçu une collection nombreuse de coralines et de plantes marines de l'île d'Anglesey, il la prépara très-élégamment en forme de tableaux elle frappa si vivement le docteur Hales, son ami particulier, qu'il l'engagea à l'étendre davantage, et à en faire hommage à la princesse douairière de Galles. Ellis, avant goûté cet avis, voulut visiter luimême les côtes d'Angleterre. Un motif de plus vint le déterminer. l'eyssonel ayant reconnu que les coraux n'étaient autre chose que des habitations de polypes, on présuma qu'il devait en être de même de plusieurs autres substances qu'on con - fondait- avec les plantes. Ellis voulut done vérifier par luimême celte grande découverte, et ce rut dans ce double but qu'il fit un premier voyage à lite di Sheppey , accompagné de Broodking, habile dessinateur. 11 en fit un autre en 1754, sur les côtes de Chester, avec le célèbre Ehret. Les résultats de ces diffé- rentes tournées étaient trop importants pour rester enfouis dans un cabinet, Ellis en fit part à la société royale de Londres par plusieurs mémoires, et elle récompensa son zèle en l'admettant dans son sein ; le premier parut dans le n° 48 des Trans- actions philosophiques , publié en 1753 ; il les réunit dans un seul corps d'ouvrage sous ce titre Essay loward a neural history of Corallines, Lon- dres, 1-754 avec 39 planches trèsbien gra- vées sur les dessins à'Ehret. Il fut traduit tout de suite eu français par le professeur Allamand, La. .Haye, 1756 édition augmentée d'une expli- cation de la planche 38, d'après une lettre de l'auteur à l'éditeur, qui n'a pas été insérée dans l'édition anglaise. Krunitz traduisit l'ouvrage en allemand, Nuremberg, 1767 avec 47 planches et des augmentations par Schlôsser et autres. Ellis avait aussi réuni dans un seul volume les découvertes qu'il avait faites sur les autres zoophytes, qui avaient paru successivement dans les Trans- actions , mais sa mort en retarda la publication, en sorte qu'il ne parut qu'en 1786, par les soins de sir Joseph Banks et de Solander, sous ce titre The natural history of many curions and uncorn- mun Zoophytes, Londres avec 63 planches, il y en avait six de plus, mais elles se sont trouvées perdues, il n'en existe plus que les épreuves qui sont dans la bibliothèque de Banks. Ce sont là les travaux les plus importais d'Ellis ; leur plus grand mérite a été de déterminer l'adoption d'une vérité du plus grand intérêt, c'est elle qui est venue poser les limites entre la zoologie et la botanique. Ainsi, par cela seul il a rendu sen ice à cette science, niais il s'en occupa encore plus directement, d'abord en publiant les moyens de conserver longtemps la faculté germinative aux graines, et de les rendre par là susceptibles d'être transportées à de grandes distances ; après avoir rendu compte des expériences qu'il avait faites à ce sujet, dans un mémoire publié en 1760, il en annonça le SON cès en 1768. 11 s'occupa aussi des moyens de transporter à de grandes distances les végétaux vivants ; c'est le sujet d'un autre mémoire qui parut en 1770, sous ce titre : Dirxtions for brinqiny over seeds and plants, etc., fig. ; il fut réimprimé dansle tome I" des Transactions de 10 80- ciélé américaine, et l'auteur y ajouta un supplément en 1773 ; le tout a été traduit en allemand,Leipsick, 1775 fig. ; l'ouvragea aussi été traduit en français. On y trouve la figure du Mangoustan, arbre fruitier, encore peu connu à cette époque. Ellis fit aussi connaître plusieurs autres plantes trèscurieuses ; c'est ainsi qu'il publia, en 1769, des détails sur la Dionée, une des plantes les plus éminemment sensitives, puisque le poids d'une mouche qui se pose sur ses feuilles, suffit pour la mettre en jeu, et qu'alois elles se contractent si promptement (que l'insecte se trouve Plis ; de là le surnom de Muscipula, ou attrapemouches , qu'on lui donne ; sur un liiisium, ou Anis étoilé, trouvé en Caroline ; sur l'Halesia, genre de plantes qu'il dédia à son ami Hales. Enfin on lui doit un traité sur le café, An hist. account of coffee, with botanical descrip'ion of the free, Londres, 1774, Il faisait part de toutes ses découvertes au_ célèbre Linné, avec qui il entretint toute sa vie une correspondance suivie ; ci récompensa à sa manière son zèle pour la, science ; ce fut en donnant le nom d'Ellisia à un genre de la famille des Borraginées. Ellis mourut à Londres le ii octobre 1776. Les curiosités nte- toi M toue naturelle dont il a enrichi le usée britanni- que, remplissent une des grandes salles de ce vaste établissement
  • Jean ELLIS( 1698 - 1792) : poète anglais, né à Londres en 1698, fut élevé dans diverses écoles particulières où il manifesta son goût précoce pour la poésie, par des teductions du latin en vers anglais. Il entra ensuite en qualité de clerc chez un notaire qui lui laissa son étude conjointement avec son lits. L'assiduité d'Ellis aux travaux de sa profession ne l'empêcha pas de se livrer à son goùt pour la littérature, et de cultiver la société des gens de lettres et des gens du monde les plus distingués, tels que le docteur King et le lord Orrery son élève, Moses Mendez, Samna Johnson, Boswell, etc. I Samuê1 Johnson, qui dînait chez Ellis une fois par semaine, remarquait comme une chose singe- 1 lière, que c'était à la table d'un notaire qu'il avait entendu la conversation la plus approfondie sur des objets de littérature. Ellis avait une mémoire trèsheureuse, et on l'a entendu plus d'une fois, à l'àge de plus de quatrevingthuit ans, réciter de suite, avec beaucoup d'exactitude, d'énergie et de vivacité, des morceaux de poésie d'une centaine de vers. Il fut choisi, en 1750, membre du conseil commun, fut noiumé quatre fois maître de la compagnie des notaires, et revêtu de plusieurs distinctions honorables. 11 mourut en 1792 , âgé de 94 ans, généralement estimé pour ses qualités morales et surtout pour sa bienfaisance envers les pauvres. On lui a reproché cependant une teinte d'irréligion. Le docteur Wright, pasteur de la congrégation de BlackFriars, refusa un jour, sur quelques rapports peu fondés ou peu importants, d'administrer la cène à une femme qui setrouvait être parente d'Ulis « Tu n'as point de droit ici, « lui dit le pasteur, Jésus connaît son troupeau. » Ce refus, et la manière dont il était exprimé, frappèrent tellement cette femme qu'elle en devint folle. Ellis la fit recevoir à Bedlam, où elle mourut ; et il écrivit à cette occasion une pièce de vers satiriques intitulée : La congrégation de Black- Friars, qui parut dans un journal du temps, et dont quelques membres de cette congrégation se vengèrent en cassant ses vitres. Ellis, indifférent à la réputation littéraire, a fait imprimer fort peu de ses productions. Le plus considérable de ses ouvrages est une traduction des épîtres d'Ovide, dont le docteur Johnson faisait beaucoup de cas ; le docteur King disait que : « ce n'était pas Luis, mais Ovide « luimême qu'on lisait. » Cette traduction ne parait pas avoir été imprimée, non plus que le Rire de la mer du Sud, en vers hudibrastiques, écrit en 1720; la traduction du Tem plum libertatis du docteur King ; celle de quelques parti i s des Métamorphoses d'Onde ; Esope et Caton mis en vers anglais, et nombre d'autres écrits. Parmi ceux qui ont été rendus publics, on cite : 1° la Surprise, ou le Gen- tilhomme devenu apothicaire, d'après une traduction latine d'un conte en prose écrit originairement en français, 1739 ; 2° Une parodie du chant ajouté à l'Enéide, par Naffée, 1758 ; 3° Quelqnes pièces fugitives dans le recueil de Dodsley
  • Jean ELWES( 1714) : Anglais fameux par sod avarice, mais en qui ce sice odieux était en quelque sorte balancé par la plus scrupuleuse probité, et par les t mas d'un stoicieu, était file d'un brasseur nommé bleggot, et naquit à Londres vers 1714. Il n'amin que quatre ans quand il perdit sun père. Sa mère, maîtresse d'une fortune considérable, se laissa mourir de faim. Jean Meggot fit ses études à l'école de Westminster, où il resta dix ou douze an>: ; mais son goût le portait davantage aux exerWeb corporels. Etaut allé à Genève, le maitre de l'académie d'équitation de cette ville le jugea bientôt comme le meilleur écuyer qui fût peut-étre en Europe, et c'était toujours à lui que l'on donnait à rompre les chevaux les plus indomptables. 11 retourna en Angleterre trois ans après, et se fit remarquer dans le grand monde par son élégance, par l'affabilité de ses manières et par la douceur de sou caractère. Sir Harvey Elwes, son oncle, homme que la plus sordide avarice avait conduit à l'opulence, vivait alors retiré dans sa ferme à Stoke, comté de Suffolk. Meggot lui rendit quelques visites, ayant soin de ne se présenter chez lui que sous des habits déguenillés, qu'il revêtait dans une auberge située sur la route. C'est ainsi qu'il s'attira l'affection de ce parent, qui lui laissa tous ses biens, en exigeant par son testament qu'il prît le nom d'Elwes aNec les armoiries de sa famille. Ces biens s'élevaient à la valeur de 250,000 livres sterling, et Meggot en avait à peu près autant par luimème. Plusieurs fermes lui apparte- naient dans différents comtés. 11 avait à cette épo- que Plus de quarante ans, et c'est surtout l'tige des passions intéressées ; mais Elwes ne fut point un avare vulgaire. Réunissant des penchants qui semblent incompatibles dans le même individu, il eut quelque temps la plus belle meute et les plus beaux équipages de chasse de toute l'Angleterre. L'entretien ne lui en coûtait que 300 livres par année, y compris celui du seul domestique qui avait le soin de toute la maison. Il conserva plus longtemps la passion du jeu. C'était quelquefois après avoir passé la nuit à jouer avec des personnes de la plus haute distinction, après avoir perdu et payé, sans montrer d'humeur, des sommes assez considérables, qu'il se mettait en route à pied à quatre heures du matin, bravant le froid et la pluie, pour se rendre au marché dg Smithfield, où il attendait l'arrivée du bétail que devaient amener les gens de sa ferme du comté d'Essex; là il disputait plusieurs heures avec un boucher, pour gagner peut-être un scheling sur la vente. Il faisait cependant presque tous ses voyages à cheval ; et, pour éviter de payer le droit aux barrières, il prenait les sentiers les plus difficiles, au risque de se rompre le cou. Quelques œufs durs, des croûtes de pain souvent moisi dans ses poches faisaient Joute sa provision ; il partageait l'eau d'un ruisseau avec son cheval, qui se nourrissait de l'herbe d'autrui. Elwes avait hérité de son père plusieurs maisons à Londres. Il en fit bâtir de nouvelles, et des portions de rues furent entièrement construites à ses frais. Il devint ainsi propriétaire de plus d'une centaine de maisons qu'il louait, n'occupant jamais luimême que celle qui se trou- vait vide, préparé à en déloger aussitôt qu'un locataire se présentait. Il est vrai que son dérmina.- gement ne devait pas lui donner beaucoup de peine. Deux lits, deux chaises, une table formaient son ameublement. Il était trèsdifficile de l'amener à faire la moindre réparation à celles de ses maisons qui étaient endommagées : les bâtiments de ses fermes tombaient en ruine. Quoique Elwes paraisse avoir été peu accessible à la cornpassion pour l'indigence et le malheur, c'est particulièrement pour lui seul qu'il était sans pitié. Ayant reçu, un jour qu'il était à la- chasse, un violent coup de pied de cheval qui luientama la jambe jusqu'à rus, à peine semblatil y faire attention, et ce ne fut que la crainte d'une amputation douloureuse, mais coûteuse surtout, qui put l'engager, après plusieurs jours, à se rendre à Londres, pour consulter un homme de l'art. Cette indifférence pour la douleur physique se montra d'une manière plus noble dans une autre occasion. Il chassait en compagnie avec un homme qui, après avoir manqué beaucoup de gibier, eut encore la maladresse, en tirant à travers une haie, de l'atteindre à la joue. Elwes, blessé, le voyant s'avancer en tremblant, prévint son embarras : « Je vous « félicite de vos progrès, lui dit- il ; je savais bien « que vous attraperiez quelque chose à la fin, » Ce trait de sangfroid autant que de bon naturel est admirable, et peut-être supérieur au mot célèbre d'Epictète à Epaphrodite. Le moyen d'obtenir quelque chose d'Elwes était de. flatter sa vanité ou de tromper son avarice. Quand on lui avait fait un petit présent, ou qu'on avait travaillé pour lui gratuitement, on pouvait, avec confiance, lui emprunter une somme considérable. Il fut souvent dupe des escrocs et des gens à projets : on a supposé qu'il perdit environ 150,000 livres par des duperies de toute espèce. Cela est peu surprenant dans un homme qui savait à peine compter, qui n'écrivait rien de ses affaires, et qui s'en rappor- tait sur tont à sa mémoire. On prétend qu'il n'avait pas ouvert un livre depuis sa sortie de l'école de Westminster. Son argent ne fut pas toujours, il est vrai, aussi mal placé. Ayant appris qu'un M. Tempest, avec lequel il avait dîné plusieurs fois, et qui lui avait plu par des manières aimaMes, avait besoin d'une certaine somme pour acheter un majorat vacant, il la lui envoya le len- demain matin, et ne voulut accepter aucune sû- reté. Cet argent lui fut rendu quelque temps après, sans qu'il le réclamât. Sachant une autre fois que lord Abington, qu'il connaissait d'ailleurs assez peu, avait fait, avec beaucoup de chance de succès, un pari de 7,000 livres pour une course de chevaux à NewMarket, mais que l'état actuel de ses affaires ne lui permettait pas de le tenir, il lui envoya cette somme, et, le jour fixé pour la course, se mit en route pour NewMarket : lord Abington gagna de pari. En 1174, Elwes fut élu, sans aucune brigue, membre du parlement polir le comté de Berks; il se vantait de n'avoir dépensé que 1,' sous pou. rson dîner d'élection. Pendant douze ans qu'il siégea dans trois parlements successifs, il fut constamment reniaigué pour l'indépendance de ses opinions. Telle était sa réputation d'inté- grité qu'on le choisissait presque toujours pour juge des différends qui s'élevaient entre ses constituants. Sous l'administration de lord North, la pairie lui fut offerte ; mais il refusa cette distinction, qui ne pouvait, à la vérité, être héréditaire dans sa famille; il était alors père de deux fils, fruit d'un commerce illégitime avec sa servante; il n'eut jamais de liaisons intimes qu'avec des femmes de cette classe. Ce n'est que vers la fin de sa vie que sa passion pour le jeu cessa tout à fait. Lorsqu'il perdait, il payait immédiatement en traites sur son banquier ; niais il était rarement paé des sommes qu'il gagnait aux autres. Le principe qu'il avait adopté, et qu'il ne viola jamais, qu'il est impossible de demander de l'argent à un gentle- dan, était d'un homme plein du sentiment de 'honneur. Des personnages d'un rang élévé n'a- aient pas honte d'en abuser. 11 se lassa enfin d'è- re dupe, et le dépit qu'il conçut de perdre i3O00 francs, après une séance non interrompue de leux jours et une nuit au piquet, auquel il croyait "tre cependant très habile, le dégoûta pour tou-*ours de cette funeste habitude. Son avarice prit un caractère plus prononcé avec l'âge, et sa dépense diminuait en proportion de l'accroissement de sa fortune. Maitre de près d'un million de sterling de biens, il exprimait sans cesse la crainte de tomber dans l'indigence . on le vit souvent manger de la viande longtemps après que la putréfaction s'y était manifestée ; on le vit faire un repas du reste d'une poule d'eau qu'un rat avait rapporté de la rivière. Un jour, on retira de ses filets un brochet d'une grosseur peu commune, qui tenait encore un autre poisson dont il avait avalé la moitié : Quelle aubaine ! s'écria Elwes ; c'est faire d'une pierre deux coups ; et il dina dela moitié du poisson que le brochet n'avait pas encore digérée. 11 ne voulait point qu'on rejetât à l'eau un seul des petits poissons qui tombaient quelquefois en abondance dans ses filets, jugeant qu'il ne les reverrait phis : le bon La Fontaine pensait comme Elwes se couchait avec le jour pour épargner la chandelle ; il allait ramasser du bois et des os pour entretenir le peu de feu qu'il faisait, seulement lorsqu'il recevait des visites; il avait retranché les draps de son lit, II ne voulait pas qu'on nettoyât ses souliers, de peur de les user. Un homme, qui l'a bien connu, raconte, dans la notice de sa vie, un trait dont il fut témoin. Lui et Elwes se promenaient ensemble à cheval, lorsque celuici descendit du sien : c'était pour aller ramasser une vieille perruque qu'il avait aperçue clans une ornière ; cette perruque il la porta pendant quinze jours. Au temps de la moisson, on le voyait. glaner le blé de ses propres fermiers. 11 résidait habituellement à Londres, souvent sans que ses parents même pussent l'y découvrir. On fut une fois obligé de faire sauter la serrure de sa , porte pour parvenir jusqu'à lui ; une autre fois d'escalader le mur du jardin. Des sons plaintifs dirigèrent les recherches : le malheureux vieillard fut trouvé dans son lit, qu'il était trop faible pour pouvoir quitter, n'ayant sur sa table qu'une croûte de pain et un verre d'eau : sa vieille servante, disaitil, avait été malade aussi, mais devait être rétablie : il ne l'avait pas vue depuis plusieurs jours, et il jugeait qu'elle l'avait abandonné. On trouva cette malheureuse étendue sans vie sur le plancher dans un grenier de la maison. Elwes h ayant confié à ses fils la surveillance de ses deux principales fermes, Georges Elwes, qui était marié et habitait celle de Marcham, l'engagea à venir y demeurer ; le vieillard y aurait bien consenti, mais le voyage de Londres à Marcham lui coûtait quatre schelings, et c'était une grande considération pour lui, Un avocat, qui devait faire le même voyage, se chargea de toute la dépense. Elwes apporta avec lui quelques guinées, qu'il cachait avec les plus grandes précautions comme si c'eût été toute sa fortune ; il y pensait; le jour et la nuit; on fut alors à portée de juger de l'anxiété de son esprit; au milieu de la nuit, on l'entendait se débattre contre des fantômes que lui forgeait son imagination alarmée : Je veux garder mon argent, disaitil, je veux le garder ; personne ne peut me ravir ma propriété. 11 se levait pour visiter son trésor; une fois, il ne le trouva point où il croyait l'Io, oir déposé. Les plaintes éveillèrent l'avocat qui était couché dans une chambre voisine, et qui, entendant quelqu'un marcher nupieds, demanda qui c'était. Une voix faible répondit : Je m'appelle Elwes : j'ai eu le malheur d'être volé dans celle maison de tout l'argent que j'avais au monde, cinq guinées et demie et une demi- couronne. — Mon cher monsieur, vous vous méprenez, ne vous affli- gez pas inutilement. — Oh ! non, non, c'est la vérité, cinq guinées et demie et une demi- couronne tout juste. Le sujet d'un si grand chagrin fut retrouvé dans un coin quelques jours après. Malgré les privations et l'inquiétude, compagne éternelle de l'avarice, l'exercice et la frugalité lui avait formé une constitution robuste. Ce n'est qu'en 1788, à Page de quatrevingts ans, ressentit pour la première fois des infirmités eorporelles ; et, à.cet âge même, un exercice violent et prolongé était le seul moyen de soulagement auquel il avait recours. Une courte maladie vint de déL?rer, Je 26 novembre 1789, d'une existence qui n'était qu'un tourment. Il laissa à ses deux fils tous 'ceux de ses biens qui n'étaient pas substitués, et qui valent valoir 500,000 livres sterling. S4 ie a été publiée à Londres, en un volume 1190, 1791 et 1805
  • Jean EMILIANO : médecin du 16° siècle était de Ferrare. 11 n'est connu que par un ouvrage intitulé : Naturalis de raminantibus historia, Venise, 1584 On chercherait vainement dans ce livre des connaissances exactes d'histoire naturelle, d'anatomie et de physiologie. L'auteur s'abandonne aux écarts d'une imagination déré- glée, et surcharge de nouvelles hypothèses la théorie galénique, déjà si obscure et si compliquée, C.
  • Jean ENGESTRŒM : docteur en théologie, évêque de Lund en Suède, et vicechancelier de l'université de cette ville, mort en 1777, à l'âge de 78 ans. Il était trèsversé dans la philologie et dans les langues orientales. Outre plusieurs dissertations savantes, on a de lui Grammatica llebrœa bi- blica, Lund, 1734. Les fils de l'évêque Engestroem furent anoblis, et entrèrent dans la carrière des charges civiles,cultivant en même temps les sciences et les lettres
  • Jean ENS( 1682 - 1732) : théologien protestant, né le 9 mai 1682 , à Quadick dans la Westfrise , acheva ses études à l'université de Leyde, et se rendit habile dans les langues anciennes et dans l'histoire ecclésiastique. Après avoir été élevé au saint ministère , il fut d'abord envoyé à lh , et ensiiite à Lingen, où il professa la théologie avec distinction. 11 fut placé en 1709 à la tète de l'Eglise d'Utrecht, et, l'année suivante, nommé professeur extraordinaire à l'école de cette ville. Il obtint en t 72:1 une chaire vacante à la même école , et mourut le 6 janvier 1732. On croit que le régime bizarre qu'il suivait contribua à abréger ses jours. On a de lui : t• hibliotheca sacra sive diatribe de iibrorurn Novi Teslamenti canone, Amsterdam , 1710 2• des Observations sur le 11° et le 12° chapitres d'Isaïe, Amsterdam , I ":13 ; 3° ° ratio de pPrsecutione Juliani , Utrecht , 1720 ; 4° lie academiarum omnium proestan- tissimd , ibid. , 1728 : ce sont deux thèses inaugurales; 5° des Formules, 1733 en hol- landais, et d'autres ouvrages dans la même langue, dirigés contre Woiit, Fruglice et leurs adhé rents
  • Jean ENGELBRECHT( 1599) : fameux visionnaire allemand, naquit à Brunswick en 1599. Son père, qui était tailleur, ne l'envoya que peu de temps aux écoles , de sorte qu'il en sortit sachant -à peu PI-ès lire et signer son nom. On le mit ensuite pendant trois ans en apprentissage chez un fabri- cant de drap ; mais sa mauvaise santé le força à revenir chez lui, où il eut bien de la peine à gagner sa vie à filer de la laine. Cet état liii causa vine si profonde mélancolie et de si cruelles angoisses qu'il éprouva fréquemment des tentations de s'ôter la vie par toutes sortes de moyens; souvent il coiffait dans les nies au milieu de la nuit pour se dérober aux terreurs dont il était assailli. Ne trouvant ni repos ni consolation, il allait tous les jours à l'église demander à Dieu d'avoir compassion du malheureux état où il se trouvait. Cinq fois par jour il priait à genoux pendant une demiheure. Cette habitude fit prendre à sa maladie mentale une direction vers les rêveries religieuses. En 1622, le second dimanche de l'Avent , ayant vu l'aprèsmidi fort peu de monde à l'église, il en fut tout à coup saisi d'une mélancolie profonde. De retour chez lui il se mit au lit, et conçut une telle horreur pour toute espèce de nourriture qu'il ne put rien avaler. Enfin au bout de trois jours il essaya, pour faire plaisir à sa mère, de manger un peu de poisson rôti ; mais ce mets s'arrêta dans son oesophage , et il eût été suffoqué, s'il ne l'eût rendu. Croyant qu'il allait mourir, il demanda la cêne. Il avala sans obstacle le pain et le Vil) ; mais ensuite il ne put absolument rien pmndre. Il poussa des cris si lamentables qu'on put l'entendre de plusieurs maisons éloignées , ce qui engagea les ecclésiastiques à faire pour b‘ii des prières. Son jeûne dura huit jours, et peut-être il Y entra de la supercherie. Cependant ses forces diminuaient graduellement; on s'attendait à chaque instant à le voir mourir. Effectivement ses extrérnités se refroidirent , l'insensibilité gagna tout son corps ; il devint roide et immobile ; il perdit la parole et l'usage de ses sens. Il lui sembla vers minuit que son corps était emporté à travers les airs avec la rapidité d'une flèche. Après un voyage trèscourt il arriva à la porte de l'enfer , où régnait une obscurité profonde et d'où s'exhalait une puanteur à laquelle il n'y a rien à comparer sur terre. il entendit les cris et les gémissements des damnés; une légion de diables voulut l'entrainer dans l'abîme ; il se débarrassa de leurs grilles , pria ; tout cet horrible spectacle s'évanouit. Le SaintEsprit lui apparut sous la forme d'un homme blanc, et le conduisit en paradis. Quand Engelbrecht se fut rassasié de toutes les délices du séjour divin, Dieu lui ordonna, par le ministère d'un ange, de retourner sur la terre pour y annoncer ce qu'il avait vu, entendu et senti. Le SaintEsprit l'avait tout d'un coup empiétement instruit, et l'avait chargé de la mission d'exhorter les hommes à la pénitence. Alors Engelbrecht revint graduellement à la vie en racontant sa vision. Dans un de ses ouvrages il dit que tous les assistants sentirent la puanteur horrible de l'enfer, et que luimême en sortant de son lit en était encore affecté ; mais personne , excepté lui, ne sentit les parfums suaves de la demeure des bienheureux. Il annonça dès:lors hautement qu'il était réellement mort et ressuscité, et fonda sur ce prodige la vérité de sa mission. Quoique après sa prétendue résurrection il se trouvât sain et vigoureux, l'appétit ne lui revint pourtant qu'au bout de six jours, et encore ce ne fut que lorsqu'il l'eût ardemment demandé à Dieu ;' mais il passa encore plusieurs semaines sans dormir, ce qui produisit de nouveaux incidents que ce rêveur donna encore pour des prodiges et des visions. Il prêchait, enseignait, chantait et fredonnait toute la journée. Le soir il ne se sentait nullement fatigué, et passait la nuit sans dormir. Il entendit pendant quarante nuits une musique céleste si harmonieuse qu'il ne pût s'empêcher d'y joindre sa voix. Son insomnie clura trois mois malgré les potions somnifères que lui fit prendre un médecin. Pour obéir à l'ordre qu'il avait reçu de Dieu, il prêcha d'abord dans sa maison devant un grand concours de monde ; mais ses amis craignant qu'il ne devint fou à force de trop parler, parce que la canicule avait déjà agi sur son cerveau, ne laissèrent entrer personne chez lui; alors il alla de maison en maison, et prêcha comme il put. Il parlait de visions, de révélations extraordinaires, mais peu surprenantes, puisqu'il passait souvent trois semaines sans prendre presque aucune nourriture. A Brunswick on se moqua de ses discours décousus. Tant qu'il n'attaqua pas les ecclésiasti- ques, il y en eut qui reconnurent chez Engehreclit quelque chose de surnaturel ; mais ayant déclamé contre leur avarice et leur orgueil, ils déclarèrent que tout n'était que l'oeuvre du démon. Comme l'on se contenta de l'exclure de la cène, il soutint que l'on était persuadé de la divinité de sa doctrine ; mais il aspirait à la persécution, c'est pourquoi il quitta en 1624 sa ville natale, et erra longtemps d'un lieu à l'autre, dans la BasseSaxe et dans le duché de Schleswig, racontant ses visions, ees extases, etc. Un jour il dit, entre autres extravagances, qu'il avait vu les âmes des bienheureux voltiger autour de lui comme les étincelles d'un grand incendie , et que , voulant se mêler à leur danse, il prit le soleil dans une main, la lune dans une autre, et commença alors à cabrioler aNec ces âmes. Toutes ces absurdités ne l'empêchèrent pourtant pas de faire des prosélytes. A Nortorf, dans le Holstein, il gagna le prédicateur Paul Egard, qui dit hautement que tout cela était une oeuvre de Dieu. Dans d'autres endroits on lui fit subir des interrogatoires , on le traita de fou , on le chassa. Engelbrecht, étant à Hambourg en 1631, chercha à confirmer par un miracle la vérité des révélations qu'il obtenait de Dieu, 11 passerait, disaitil, quinze jours sans manger ni boire. Il supporta ce jeûne , ce qui produisit beaucoup d'ellet sur la multitude. Cependant des libertins, des incrédules;prétendirent que la nuit il se faisait apporter de la nourriture en cachette ; quelquesuns soutinrent même qu'ils l'avaient vu manger. Il demanda, pour les confondre, qu'on l'enfermât dans la maison de force, où l'on pourrait le garder à ? ue ; mais les magistrats le chassèrent de la ville. Après avoir longtemps erré de tons côtés, Engelbrecht tomba dans un épuisement total, et N int mourir dans sa patrie au mois de février 1612. Le clergé refusa d'assister à son enterrement, qui eut lieu sans aucune des cérémonies usitées par Quo4pie Engelbrecht ne sût pas trèsbien lire, et prétendit par conséquent qu'avant 1640 il n'avait pas lu la Bible, il a cependant laissé divers ouvrages , dans lesquels il a ramassé plusieurs passages de l'EcritureSainte. Tous sont en aile- mand : 1° Véritable vue et Histoire du ciel, Brunwick, 1625, 1040 ; Amsterdam, 1690 C'est le récit de son excursion en enfer et en paradis. 2° Mandat et ordre divin et céleste délivrés par la chancellerie céleste, Brême, 1625 Cet écrit est le seul qui manque dans le recueil intitulé Œuvres , Visions et Révélations divines de Jean Engelbrecht, 162S ; Brunswick, 1640 ; Am›- terdam, 1680 Traduit en anglais , par Fr. Okely, qui y a joint une notice sur la vie et les écrits de l'auteur. Ce recueil avait aussi été traduit en hollandais, Amsterdam, 1697 en français, ibid. Quelque,- unes de ses productions se trouvent en français dans les OEuvres de mademoiselle Bourignon. Un anonyme, probabtement Paul Egard, a publié la Nie d'Engelbrecht, 1684
  • Jean ERRARD( 1500) : né à BarleDuc, vers le milieu du 16° siècle, fut appelé, par Henri IV et Sully, le premier des ingénieurs. Il construisit la citadelle d'Amiens et une partie du château de Sédan. C'est le premier ingénieur, en France, qui ait écrit sur la fortification, et la plupart de ses principes n'ont pas vieilli. Il fut admis souvent dans le conseil du roi pour y discuter des projets de siéges et de fortifications. On lui reprocha trop d'attachement pour la maison de Bouillon. On a de lui : la Fortification démontrée et réduite en art, par J. Errard, 1594 ; 4604, — Son neveu, Alexis ERRARD, en publia une nouvelle édition en 1620
  • Jean ERSKINE( 1508) : un des promoteurs de la réformation protestante en Ecosse, naquit en 1508 ou 1509, au château de ses ancêtres, près de Montrose. 11 était de l'ancienne famille des comtes de Mare. Après avoir étudié, probablement à' l'université d'Aberden , il alla, selon l'ancien usage de la noblesse d'Ecosse, continuer ses études à une université étrangère. Ce fut sans doute alec fruit, car Buchanan, juge compétent en pareille matière,l'appelle un homme d'un grand savoir , et Erskine mérite bien cette qualification, puisqu'il fut le premier Ecossais qui fit enseigner le grec dans sa patrie. Au retour de ses voyages , il ramena un Français trèsversé dans la langue grecque, et l'établit à Montrose ; celuici l'ayant quitté il encouragea, avec la plus grande libéralité. d'autres Français également habiles, à venir prendre sa place. 11 sortit de cette école particulière plusieurs personnes parfaitement instruites dans la langue grecqui., dont la connaissance se répandit ensuite graduellement dans le royaume. Après la mort de son père, Erskine fut, conformément à l'usage du temps, employé comme les autres barons ou lairds, à rendre la justice dans le comté d'Angus, où il était fixé; il prit part assez souvent aux séances du parlement, et occupa presque constamment la place de prévàt ou de premier magistrat de :1Iontrose. Au milieu des seins que ses fonctions exigeaient de lui, il trouvait encore le temps de veillez' à la propagation de la religion réformée. Il soutenait et encourageait tous ceux qui embrassaient la réforme, et notamment ceux qui avaient souffert pour cette cause. Le chàteau de Dun fut un asile constamment ouvert aux prédicateurs protestants ; et le point de réunion où plusieurs personnes, parmi lesquelles il en était d'un trèshaut rang, se concertaient pour répandre les nouveaux dogmes dans cette partie du royaume. Cependant Erskine ne négligeait rien de ce qu'un bon citoyen doit à son pays. Dans la guerre avec l'Angleterre, qui éclata en 4547, des bâtiments anglais infestaient la côte d'Ecosse; un détachement d'ennemis descendit à terre pour piller ; Erskine rassembla à la hâte une troupe de ses compatriotes, et repoussa les Anglais avec tant de résolution qu'il n'en réchappa pas le tiers pour rejoindre leurs vaisseaux. Le parlement qui se rassembla en 1557, le nomma l'un des commissaires chargés d'aller eu France assister comme témoins au mariage de la reine Marie Stuart avec le dauphin, depuis 'François fi. et régler les conditions du contrat. A son retour en Ecosse, il reconnut avec surprise que les progrès de la réforme étaient favorisés par les moyens que l'on prenait pour l'anéantir. Un vieux prêtre avait perdu la vie pour cette cause, et, suivant F-. l'expression d'un ecclésiastique éminent en dignité, sa mort fut celle du catholicisme dans le royaume. Le nombre des protestants s'aeeroissait à chaque moment ; ils étaient d'ailleurs encouragés par la mort do Marie, reine d'Angleterre, et l'avénement au trône de sa sœur Elisabeth, dont les sentiments étaient connus. Cependant, la régente d'Écoese cherchait à. maintenir la religion catholique. Sans avoir égard aux adresses qui étaient envoyées par les lords protestants, pour jouir du libre exercice de leur religion, une proclamation somma leurs ministres de comparaître à Stirling, le 10 mai 1559, pour y être jugés sur le crime d'hérésie. Les lords protestants, et tous ceux qui partageaient leurs opinions, résolurent alors d'aecompagner les ministres et, s'il était nécessaire, de les défendre. Ces dispositions eussent probablement causé un grand tumulte, mais Erskine obtint de la régente la promesse que les ministres ne seraient pas jugés, et l'attroupement fut dissipé. La régente, voyant le péril passé, manqua à sa parole ; il en résulta une guerre civile qui se termina en 4b64l, à l'avantage des protestants. Erskine qui avait dans ce démêlé souvent paru sous les armes, les quitta avant qu'il fut fini pour s'adonner entièrement à la prédication. Dans le parlement qui suivit, un comité régla ce qui concernait la discipline de l'église réformée, et nomma Erskine un des cinq ministres chargés d'en surveiller le maintien. Ces nouvelles fonctions turent pour lui trèsfatigantes, et lui attirèrent même des tracasseries qui l'engagèrent plusieurs fois à demander sa démission. Il eut part à la composition dn Sec,. nd livre de Disciptine, qui partit en 1571. C'est le mode de gouvernement d'une église presbytérienne et il est encore suivi. Erskine termina en 4591 sa longue carrière. Tous les historiens d'Ecosse ont fait l'éloge de ses qualités, et la reine Marie disait de lui qu'il était d'un caractère doux et aimable, et remarquable par sa droiture et sa loyauté. — ERSKINE , lord Dun, descendant du précédent, fut un jurisconsulte trèsdistingué et devint membre de la cour de session. Il s'opposa vivement à l'union de l'Ecosse, et protégea le clergé épiscopal en bulle aux persécutions. Nommé en 1713 un des commissaires de la cour de justice, il conserva œt emploi jusqu'en 1750. 11 publia ensuite un volume intitulé : Opinions de lord Dun , 1752 ouvrage singulièrement estimé. 11 mourut en 1155 , à l'âge de 85 ans
  • Jean ERSKINE( 1721) : célèbre théologien de l'église d'Ecosse, naquit en 1721, de Jean Erskine de Carnock, avocat professeur de droit écossais, à l'université erEdinibourg, connu par ses Institutes des lois d'Ecosse, ouvrage qui jouit de beaucoup de réputation et d'autorité. Celui qui est l'objet de cet article, fut d'abord destiné à l'étude de la jurisprudence, niais it préféra celle de la théo!ogie, et malg•é l'opposition de sa famille, il ee mit en état de prendre les ordres. Après avoir exercé le ministère en différents endroits, il fut appelé à Edimbourg, où if fut placé dans la même église avec ItobertsOn, le célèbre historien, son ancien camarade d'études. Assidu à remplir ses fonctions , s'occupait aussi avec un zèle infatigable de tout ce qui pouvait contribuer aux: p•ogrès de la religion. Il entretenait en çonséquence une correspondance très-étendue tant en Angielets.e que danSles pays étrangers, et même en Amérique, afin d'obtenir à cet égard toutes les informations gui pouvaient l'instruire, 11 publia, en 1798, des Serinons, in $°, que l'un classe parmi les meilleures productions de ce genre, pour la liaison du discours et la pureté du style. Son exemple produisit en Écosse une heureuse révolution dans l'éluq.uence de a ,chaire, auparavant infegtée de ,défauts qui la rendaient Janiimissan te et barbare. 1:Yès116N,Erskine avait donné ses Dissertations théologiques, qui °firent d'excellentes recherches sur plusieurs points trèsimportants. Son ardeur à obtenir des renseignements sur l'état de la religion dans les pays étrangers , l'engagea, à un àge avancé, à apprendre l'allemand et le hollandais. Sa facilité le mit en état de faire des pas rapides dans la connaissance de ces langues, et c'est saris doute à cette étude que l'on doit le premier volume de ses Esquisses de l'Histoire de l'Eglise, d790 ouvrage rempli de documents les plus intéressants sur l'état de la religion dans l'Europe continentale ; il en parut, en 1797 , un second volume dans lequel l'auteur, à l'exemple du professeur Robison et d'autres écrivains, dévoile la conjuration formée par les incrédules contre la religion. Malgré l'affaiblissement causé par son grand âge, qui le priva de ses forces, il conserva toutes ses facultés morales, et en 1801, fit paraître cinq numéros d'une espèce de pamphlet périodique, intitulé : Nouvelles religieuses des pays étrangers ; dans la semaine qui précéda sa mort, il fit dire à son imprimeur qu'il avait des maté-. riaux tout prêts pour un autre mémoire. 11 mourut le 19 janvier 1803, laissant en manuscrit plusieurs ouvrages intéressants, qui probablement ne verront pas le jour, parce que son écriture était si mauvaise qu'il sera à peu près impossible de la déchifIrer. Ses vertus lui avaient acquis une si grande considération, qu'au mois de février 1779, le bill proposé au parlement pour mitiger les lois pénales portées contre les catholiques en Écosse ayant occasionné une violente éme ute à Edimbourg, la populace, que la force armée n'avait pu empêcher de se rassembler dans la cour du collége, pour démolir la maison de Robertson , céda aux représentations d'Erskine et se dispersa. D'autres Ecossais , du nom d'Erskine, ont publié aussi des sermons et d'autres ouvrages de théologie morale
  • Jean FABRI( 1300) : de l'ordre de StBenoit et évèque de Chartres, né à Paris , d'autres disent à Douai, dans le 14e siècle, fit ses études dans la première de ces villes, et y fut reçu docteur en droit canon. Se croyant appelé à l'état religieux, il prit l'habit de bénédictin à l'abbaye de StWaast dans la ville d'Arras , y fit profession et en devint prévôt. 11 joignait à de hautes connaissances dans le droit canonique et à un beau talent pour la prédication, une grande pureté de moeurs, une vie régulière et beaucoup d'habileté dans les affaires. Sa réputation et son mérite le firent élire , en 1567, abbé de Tournus , diocèse de Mcon. Trois ans après , l'abbaye de StWaast ayant vaqué, ses confrères le rappelèrent et le choisirent pour leur abbé. Si c'était un honneur pour Fabri, c'était aussi , dans la circonstance , un fardeau pénible. Les temps étaient difficiles ; les Anglais venaient de brûler le faubourg d'Arras, et l'abbaye de StWaast avait beaucoup souffert. Fabri éprouva un autre malheur en 1577 : la foudre tomba sur l'église de l'abbaye, et cet édifice fut entièrement consumé. Fabri sut faire face à tons ces accidents, et gouvernait avec tant de sagesse que le roi Charles V, instruit de sa capacité , l'admit dans son conseil , et se servit de lui dans beaucoup d'affaires. Il le députa vers le pape Grégoire XI, en 1376 , et Fabri eut l'honneur de haranguer le pontife au nom du roi. Clément VII , élu pape par une partie des cardinaux et reconnu par la France , nomma Fabri évèque de Chartres, en 1379. En 1381, Charles VI l'envoya au duc de Bretagne pour traiter de la paix. Devenu chancelier de Louis, duc d'Anjou , roi de Sicile, vers le même temps, il fut employé par ce prince dans différentes négociations, depuis 1581 jusqu'en 1388. Il mourut à Avignon , en 1390 , et fut enterré dans l'église du collége de StMartial, occupé par des bénédictins, ordre de Cluni ; l'on y voyait son épitaphe avant la révolution , écrite en verts latins. Par son testament , Fabri fit l'évèque de Chartres son héritier. Défenseur zélé de Clément VII, il en fut honoré de divers emplois. II est auteur des ouvrages suivants : un livre intitulé : Du gémissement des gens de bien à l'occasion du schisme. C'est une réponse à un ouvrage de Jean (le Lignario , composé en faveur d'Urbain V, pape , antagoniste de Clément , avec ce titre : Du gémissement de l'Eylise. Cet ouvrage (le Fabri, inédit, se trouve parmi les manuscrits provenus de la bibliothèque de Colbert. C'est un dialogue entre un docteur de Bologne et un docteur de Paris, dans lequel ils discutent les droits des deux pontifes. 2.m Traité latin, adressé au comte de Flandre , en forme de plainte de ce qui s'est passé en France. Du Boulay l'a conservé dans son Histoire de l'Université de Paris. 5. Un Journal ou Récit historique de toutes les affaires auxquelles Fabri a pris part depuis 1381 jusqu'en 1388.11 n'a point été imprimé. 4° Les grandes chroniques du Hainaut, depuis Philippe le Conquérant jusqu'à Charles VI, 5 vol. manuscrit conservé à la bibliothèque de Paris. t° Un Traité pour prouver que StPierre a souffert à Rome sous Néron
  • Jean FABRICIUS : naquit à Osterla , près de Norden , dans 1'0stfrise; il fit un voyage en Hollande , où il apprit à construire les télescopes par réfraction. Dès qu'on eut fait la découverte de ce genre de lunettes , on les dirigea contre la lune , Jupiter et Saturne , et l'on y découvrit des choses remarquables. Poussé par la même curiosité, Fabricius porta ses regards vers le soleil , et ne tarda pas à y apercevoir des taches. 11 reconnut que ces apparences n'étaient ni dans l'oeil , ni dans l'air, ni dans le verre ; qu'elles se mouvaient avec le soleil , qu'elles devaient lui être adhérentes, et qu'enfin la rondeur du globe solaire était la cause de la diminution de ces taches vers les bords. Fabricius rappelle même la conjecture de Képler sur la rotation du soleil. 11 fit imprimer le détail de ses observations sous cc titre : Joli. Fabricii Phrysii de maculis in sole observatis , et apparente earum corn sole conversione narratio, Wittenberg, '1511, petit L'épltre dédicatoire est datée du 13 juin 1611 : c'est le premier ouvrage où il soit question des taches du soleil. Lalande l'a donné presque en entier dans ses suppléments, t. f4,1781, et dans les mémoires de l'Académie pour l'année 1778. Galilée trouve donc dans Fabricius un concurrent qui lui dispute fortement la découverte des taches du soleil. Si l'on consulte les titres publics , Fabricius les aurait nu vues et décrites avant Galilée. Mais il n'y a pas de doute que celuici de son côté n'ait aussi fait la même découverte , qu'il ne soit allé plus loin que son rival , et dans la manière d'expliquer le phénomène et dans le parti qu'on pouvait en tirer ; seulement on a eu tort de n'en faire honneur qu'à lui. Comme le dit Bailli : Lorsqu'un a homme de génie s'est élevé, s'est fait connaltre, a il enchatne l'attention de tous les esprits; on a épie ses regards, on recueille ses paroles; ceux a qui sont assis plus bas ne sont pas entendus. ); C'est ce qu'éprouva Fabricius , et nous ne faisons ici que lui rendre la justice qui lui est due. On ignore l'époque de la mort de Jean Fabricius, mais on sait qu'il vivait encore en mai 1617. — Son père avait découvert en 1596 l'étoile changeante de la Baleine. Celuici est remarquable par des observations astronomiques et par une explication de la route elliptique que Képler avait assignée aux planètes. Il suppose que cette courbe n'est qu'apparente , et qu'elle résulte de la composition de plusieurs cercles. L'astronomie était déjà trop avancée pour qu'une pareille explication eût le moindre succès. Le système de Ptolémée et les mouvements circulaires étaient détruits pour jamais , et il n'y avait plus de philosophie à coin battre pour eux. David Fabricius exerçait les fonctions (lu ministère pastoral à Osterla, et fut tué en 1617 par un paysan qu'il avait traité publiquement de voleur dans ses prédications; il est auteur (l'une chronique d'OstFrise , écrite en bas allemand , et publiée à Embden en 1640 avec une continuation
  • Jean FABRICIUS( 1644 - 1729) : petitfils et fils des précédents, né à Altorf en 1614 , théologien , philologue et bibliographe , fut conseiller du duc de BrunswickLunebourg, inspecteur général des écoles du duché de Brunswick, et associé de l'Académie royale des sciences et belleslettres de Berlin. 11 mourut le 29 janvier 1729. On a de lui : 1. Oratio de utilitate quam theologiœ studiosus ex itinere cepere potest italico, 1678 2. Dissertatio de altaribus , Helmstadt , 1698 ; 5. Amœnitates theologicoe, 1690 4. le Recueil des oeuvres d'Ottavio Ferrari, 1711 , 2 vol. 5. Historia bibliothecce Fabricianc e , Wolfenbuttel , 1717-1724, 6 vol. L'auteur passe successivement en revue tous les ouvrages qui composent sa bibliothèque; il donne une notice sur les auteurs, et relève les erreurs qu'il a aperçues dans leurs livres : il n'en a pas été exempt luimême ; mais son travail prouve une immense érudition , et nonseulement fait les délices des amateurs de l'histoire littéraire , mais encore peut être consulté avec fruit par les savants qui voudront donner de nouvelles éditions d'auteurs anciens. Il avait, en 1681 , publié les Prcelectiones de son père , Jean Fabricius
  • Jean FABRICIUS( 1560 - 1636) : né en 1560, après avoir fini ses études à Altorf, y éleva une école , où les prinpaux habitants de la ville envoyèrent leurs enfants. Il entra ensuite dans l'état ecclésiastique, et après quarantehuit ans d'exercice dans ces fonctions , il mourut en 1636 , âgé de 76 ans et 5 mois. On a de lui une dissertation De dignitate conjugii, Nuremberg, '1592. Son fils, FABRICIUS , théologien , né à Nuremberg le 31 mars 1618, fut élevé par Jean Gravius , alla successivement étudier à Iéna, Leipsick, Wittenberg et Altorf, fut ministre dans cette dernière ville , et y eut une chaire de théologie. Après avoir professé sept ans, il fut appelé à Nuremberg, où il devint pasteur de SteMarie. On a de lui : Ecclesiœ iVoribergensis pas- tartan responsio ad lutteras ministerii Berolinensis, 1666. Fabricius, auteur de cet ouvrage , l'avait communiqué à Ch.J. Buleholz , qui le jugeant utile le tit imprimer à l'insu de l'auteur. 2° Coneiones in Augustanam co) fessionem cum annotationibus latinis , Nuremberg, 1653 ; Conciunes hi libruni Jubi , Nuremberg, 1681; 4" Prœleetiones seu systema theologieum, Altorf, 1681 , par son fils; 5° Commentatio de bonoruni operunz ad salutenz necessitate, Heltustadt, 1709 ; 6° quelques discours, dont son fils donna la liste dans son Hist. bibi. Fabriciance , t. 5, p. 154. Le Illoreri de 1759 dit qu'on a de lui 'c un traité latin du Faux zèle des « gentils, et un écrit intitulé Raphaël, ouvrage de (C piété consacré à son usage
  • Jean FABRICIUS( 1608) : naquit à Dantzig le 17 février 1608. Après avoir commencé ses études dans cette ville , il les continua à Rostock , à Leipsick , à Wittenberg , à Koenigsberg et à Leyde, où il se 7.0 rendit successivement. Il séjourna un an et demi à Leyde, et y étudia l'arabe et le persan sous Golius. En 1 qu'il prononça , en 1655 , un discours De dignitate etommendatione liicg, ai'. ; qu'il lit imprimer en 1636 un specimen de ses caractères, contenant un petit peine d'Avicenne, et qu'il surveilla l'impression JN.
  • Jean FABRINI( 1516) : grammairien italien, naquit en 1516 à Fighine en Toscane , patrie du célèbre Marsile Mein. C'est Fabrini qui nous l'apprend dans une réponse qu'il fit à un ami qui l'engageait à retrancher du titre de ses ouvrages ces mots da Fighine qu'il y mettait toujours , et à mettre seulement Fiorentino , pour faire croire qu'il était né à Florence. Je fais plus de cas, « lui réponditil, du seul Marelle Hein , qui était. « de Fighine, que de toute la noblesse de Ho« rente, etc. » Cette lettre est imprimée à la suite de ses Commentaires italiens sur Térence. Il dit en la finissant : « Mon père se nommait Bernard, « fils de Julien, fils d'Antoine Fabrini de Fighine : « d'où sontils venus ? je n'en sais rien. Que celui« là s'en informe qui a moins d'affaires que moi.» Fabrini fut appelé en 1 547 à Venise par le sénat pour remplir la chaire d'éloquence ; il y professa pendant trente ans avec le plus grand éclat, et obtint ses appointements entiers pour retraite quelques années avant sa mort, qu'on place vers 1580. On a de lui : 10 une traduction italienne des discours latins Dc institutione reipublicoe (le Francesco Pa, trizi de Sienne, Venise, chez les fils d'Aide, 1545 ; 2" Della interpretazione della Lingua volgare e latitta, dore si dichiara con regole generali end et l' altra lingua , etc. , Rome, 154i; 3" Teoried della Zingua, ( love s'insegna con regole generali al a trasmutare Lutte le lingue sella lingue Venise, '1565 ; Terentio latino comentato in lingue toscana e ri doit° a la sua erra latinfb, etc., Venise, 1548 Le Commentaire italien est en marge du texte latin. La construction est faite, chaque phrase est expliquée mot à mot , et cette explication est suivie de quelques notes. Le double but de l'auteur était que le texte servit à mieux entendre la langue vulgaire, et que ceux qui ne sauraient que la langue vulgaire pussent, à l'aide du commentaire , apprendre le latin. Le traitii Della interpretazione, etc. , cidessus, no 2, est réimprimé à la fin (lu Térence; 5° L'Operc d'Oratio, poéta lirico, coinentate itt lingue colgare toscane, etc., Venise, 1565. L'ordre que l'auteur a suivi et le but qu'il se propose sont les mêmes que dans le commentaire précédent; mais les explications sont plus étendues et mieux développées. Quoiqu'il le, donne à Ilorace que le titre de poëte lyrique, n'a pas commenté les odes seulement, mais aussi les satires, les épîtres et l'art poétique; 6^ L'Open, di Virgilio spiegate e comenlate in volqare , etc., Venise, 1597. Fabrini n'est pas le seul auteur de ce dernier commentaire, qui est dans le méme genre que les deux autres; Charles Malatesta et Philippe Venuti de Cortone , qui professaient alors les belleslettres à 'Venise, y mirent aussi la main. Ces trois commentaires ont été réimprimés plusieurs fois ; les premières éditions sont les plus recherchées, parce qu'elles furent faites sous les yeux de l'auteur
  • Jean FANTONI( 1675 - 1758) : célèbre médecin et anatomiste, IrTurin en •675 , se rendit , par les ordres et sous les auspices de son souverain , dans les villes d'Allemagne, de France et de Hollande les plus fameuses par leurs écoles ou leurs académies. 11 eut partout un soin particulier de fréquenter la société et les leçons des premiers anatomistes de son temps, avec la plupart desquels il se lia d'amitié, et il établit une correspondance qui dura presque toute sa vie , et ne cessa que lorsqu'il se trouva en même temps accablé par le poids d'une extrême vieillesse et des maladies. A son retour en Piémont , il fut nommé professeur d'anatomie à l'université de Turin, place qu'il occupa avec honneur pendant une longue suite d'années. Il mourut le 15 juin 1758 , âgé de 83 ans. Ses démonstrations étaient suivies par un grand nombre d'auditeurs qui ne pouvaient assez admirer sa profonde érudition , la richesse et l'importance des faits nouveaux qu'il leur présentait continuellement , son éloquence naturelle et cette latinité exquise et élégante qu'on remarque dans tous ses ouvrages , dont les principaux sont les suivants : 1° Bret'is manuductio ad historiant anatomican z , Turin, 1699, petit 2" Dissertvliones anatomicœ X/ , ibid. , 1701 ; Anatomia cor, voris humani ad usum theatri medici accomodata , pars 1, ibid., 1711 ; 4" Disscrtaliones anatomicce sep tem renovatce, ihid., 1715 ; 50 Dissertationes dure de structura et issu meningis ad Pachionum; Opuscula medica et physiologira, Genève, 1738 Ce recueil contient quelques dissertations que Fantoni avait déjà publiées avec moins de , quelques observations de son père , l'analyse des eaux minérales d'Aix en Savoie, d'Anphion , de StJean de Morienne , de StGenis d'Acqui , etc. ; 7° Commentarius de quibusdam aquis medicatis , et historica dissertatio de febribus continuis , Turin , 1747 8" Dissertatio continuata de autiquitate et progressu febrium nziliariunz , ibid. , 1747 réimprimée en 1763 ; 90 Nocuen specimen observationum de ortu febris miliaris , Nice , 1762 Tous ces traités tous ces opuscules sont trèssavants, et on les consultera avec fruit. - FANTONI , père du précédent , médecin, bibliothécaire et conseiller de Victor Amédée 11, duc de Savoie et roi de Sardaigne , fut premier professeur de médecine théorique à l'université de Turin, où il brilla autant par les savantes leçons qu'il donna que par la pratique de la médecine qu'il fit avec un succès constant. C'était un homme trèsestimable par les qualités de son coeur et de son esprit; il avait des connaissances universelles, et il fut vivement regretté lorsqu'on sut qu'il était mort d'une fièvre maligne au siége de Chorges , ville du diocèse d'Embrun , en 1692, âgé d'environ 40 ans. De tout ce qu'il a fait, nous n'avons que les Observationes anatomicomedice selectiores , editœ et scholiis illustratœ d Johanne Fantoni filio , Turin , 1699 ; Venise , 1715 Genève , 1738 , avec les opuscules de Fantoni fils. Ces observations, qui sont au nombre de trente et une dans la première édition et de trentesept dans les autres, sont intéressantes, instructives et dignes de la célébrité dont jouissait leur auteur. — FAISTONI , mathématicien italien, mort à Bologne, le 26 janvier 1804, à l'âge de 83 ans, était né en Toscane l'an 1721. Son savoir fit désirer aux étrangers de l'attirer chez eux. Quelque spécieuses que fussent leurs propositions à cet effet, elles ne purent le gagner. 11 aima mieux continuer de vivre sous le gouvernementde Pierre Léopold , auquel cependant il finit par devenir suspect sous le rapport de ses opinions. .‘dmirateurde la révolution française, il s'attira des persécutions qui le décidèrent, lors de l'établissement de la république cisalpine , à chercher un asile dans son sein. Il se retira dans la ville où il a terminé ses jours , laissant plusieurs ouvrages imprimés, et d'autres en manuscrit, dont sa nièce Julie Paillot de Rome est restée dépositaire
  • Jean FARINI( 1778 - 1822) : mathématicien , naquit le 10 avril 1778, à Ruffi , près de Ravenne , d'une famille honorable. Après avoir achevé ses études littéraires à Ravenne, il fréquenta les cours des universités de Pise , de Bologne et de Pavie, et sut mériter l'affection de ses maîtres par son application et par la douceur de son caractère. Le premier ouvrage qui le fit connattre fut un mémoire, dans lequel il démontre que le Bélier hydraulique Cette anecdote a fourni à M. Gouffé le sujet d'un joli opéra en un acte, intitulé le Bouffe et le lailieur, , joué au théâtre des Variétés en 1801. de Béthencourt , récemment honoré des suffrages de l'Institut de France, ne pouvait remplir les promesses de l'inventeur. Ce mémoire, imprimé dans le tome 5 du Recueil de la Société d'encouragement de Milan, fixa sur l'auteur l'attention du comte Paradisl, provéditeur des eaux; et cet habile ministre s'empressa d'attacher Farini comme ingénieur à l'arsenal de Venise, où le gouvernement italien faisait alors exécuter des travaux d'une grande importance, De cette place, il passa professeur en 1810 , à l'université de Padoue, et fut chargé de l'enseignement de la physique, puis des mathématiques transcendantes. Ce fut à cette époque qu'il composa deux mémoires trèsremarquables : l'un , inséré dans le Recueil de l'Acad. des sciences de Padoue, contient la Théorie du tour à plusieurs cylindres ayant un seul axe, inventé par M. Borgnis; 'et le second , que l'auteur laissa manuscrit, une nouvelle démonstration du fameux théorème qu'Euler a qualifié maxime memorabile. On pouvait attendre d'autres résultats des recherches de ce savant ; mais son exclusive application à l'étude acheva promptement de miner sa santé naturellement délicate, et il mourut le 25 décembre 1822 , à l'âge de quarantequatre ans. Son condisciple et son ami , l'habile professeur Santini, prononça son Oraison funèbre, Padoue , 1825 , — L'abbé Pellegrino FARIN1, frère du mathématicien , recteur du cullége de Ravenne, jouissait dès lors de la réputation d'un des premiers prosateurs de l'Italie
  • Jean FAUCHER( 1530) : médecin, né à Nimes en 1i30, ne se livra pas exclusivement à l'exercice de sa , profession : il cultiva en moine temps la science de l'antiquité et la belle littérature, et acquit dans l'une et dans l'autre des connaissances profondes. Il savait parfaitement nonseulement le grec et le latin, mais aussi l'hébreu et l'arabe. Il traduisit de cette dernière langue en latin les Cantica Avicenni , et publia cette version avec un commentaire et des notes qui déposent de sa vaste érudition. Estimé des savants de son temps, il dut à son mérite la protection spéciale et l'amitié du cardinal d'Armagnac , qui fut , comme on sait , l'appui des gens de lettres dignes de cette faveur
  • Jean FAUCON ou FALCON : né à Sarinena , bourg du royaume d'Aragon , étudia la médecine à l'université de Montpellier, y reçut le doctorat, obtint une chaire en 1502, fut nominé doyen en 1529 , et mourut en 1552. Faucon n'a produit aucun ouvrage original; il s'est borné au rôle de commentateur. 1. Additiones ad practicant Guainerii , Pavie , 1518 ; Lyon , 1525, i n- t ; Notabilia supra Giiidonem , Lyon , 1559 Ce commentaire, publié après la mort de l'auteur par sa veuve , est écrit moitié en latin, moitié en français, et a plusieurs fois été réimprimé dans cette dernière langue; il forme un volume aussi gros et plus obscur que l'ouvrage de Gui de Chauliac , si l'on en croit Astruc, bon juge en pareille matière
  • Jean FASOLO( 1500 - 1571) : en latin Faseolus, né à Padoue Clans le 16e siècle, étudia avec succès les langues et la littérature anciennes. Il commença vers1552 à donner des leçons d'éloquence à l'université; mais il ne fut nominé professeur en titre qu'en 1:;67, après la mort de Robortel, célèbre humaniste. Le jour de son installation il voulut, suivant l'usage, prononcer un discours de remerclment. Après avoir adressé quelques compliments à l'assemblée , la mémoire lui manqua. Il lit de vains efforts pour se rappeler son discours et fut obligé de descendre de la chaire sans en avoir pu cite encore de Fasolo trois lettres latines écrites, ditil, avec autant de p?litesse que d'élégance
  • Jean FAULHABER( 1580 - 1635) : mathématicien allemand, né à Ulm en 1580, dans la classe des ouvriers, et mort dans la même ville en 1635, enseignait les mathématiques avec distinction dans sa patrie, où il avait la charge d'ingénieur, lorsque Descartes, alors simple ollicier volontaire dans les troupes françaises en Allemagne, et passant à Ulm, lui fit une visite. Le professeur jugea d'abord , à la mine et aux discours de ce jeune officier français, que c'était un avantageux qui ne doutait de rien , surtout lorsqu'il le vit lui promettre pour le lendemain la solution d'une question qui paraissait de la plus grande difficulté. Quelle fut sa surprise de voir en effet le lendemain son problème résolu de la manière la plus élégante ! Cette petite aventure établit entre eux des liaisons d'amitié dans lesquelles , dit Montucla , Descartes ne joua pas le rôle de disciple. A l'assurance avec laquelle Faulhaber ne cessait de proposer aux géomètres de son temps des problèmes, qu'il prétendait insolubles par toute autre méthode que par celle dont il se croyait seul inventeur, on serait tenté de croire que si son nom ne figure pas à la suite de ceux de Cardan et de Tartaglia , parmi ceux des mathématiciens auxquels on doit le perfectionnement de l'algèbre , cet oubli ne vient que de ce qu'il n'a écrit qu'en allemand , à une époque où tous les savants n'écrivaient qu'en latin. Mais quand on voit que son Academia algebrce se termine par un calcul hérissé de signes, de chiffres et de lettres, dont le résultat est l'explication du nombre mystérieux 666 de l'Apocalypse , on regrette qu'un talent réel ait été si mal employé . Faulhaber a perfectionné la construction de plusieurs instruments de mathématiques, et a publié en allemand divers ouvrages qui eurent de la vogue dans leur temps; son Arithmétique a été souvent réimprimée , et l'on recherche encore son Himnzlische geheimde oder Kunst- und Wunder- Rechnung von Gog und Magog, Ulm, 161î C'est un recueil de récréations mathématiques, curieux comme étant l'un des plus anciens ouvrages de ce genre. L'auteur y annonce avec emphase plusieurs découvertes merveilleuses dont il se réservait le secret. Jean Remmelin ayant résolu quelquesuns de ces problèmes, en publia la solution sous ce titre pompeux : Victor Sphynyis oder Entdeckung , etc. , Augsbourg , 1619 Parmi les autres ouvrages de Faulhaber, nous citerons seulement les suivants : 1Q .11athematici tractatus duo , nuper germanice editi , continentes , prior, novas geometricas et opticas ahquot singularium instrumentorum inventiones , posterior, usuin instruinenti cujusdam Mec de novo excogitatunz , dimetiendis et describendis rebus aplani latine versi per Joh . Ilemmelinum, Francfort, fig., la date n'est indiquée que par le chronogramme DoMInVs tlbl prospiClet . 11 y décrit une machine assez ingénieuse pour dessiner la perspective; 2n Miracula arithmetica, etc. , Augsbourg, 1622 en allemand : c'est un supplément à son Arithmétique. 11 y compare les procédés arithmétiques , Ulm, 1628 : il n'y donne que le catalogue de ces secrets merveilleux, au nombre de cent , mais sans description ni figure; 6° Academia algebrce , etc. , Augsbourg , 1631 : il y développe sa méthode qu'il avait déjà annoncée dès l'an 1604, dans son Arithmetische- Cubiccossische- Lustgarden . Voyant, ditil , qu'aucun mathématicien n'avait pu résoudre ses problèmes ni répondre aux défis qu'il leur avait faits depuis quinze ans dans ses divers ouvrages d'algèbre , il fait voir que la méthode de Cardan , ni aucune autre méthode connue jusqu'alors, ne pouvait donner cette solution ; 7° Inventions pour le tracé des redoutes et fortifications, etc., Francfort , 1610, ln-4.; 8° Des- cription d'un nouveau compas de proportion , polr l'usage des fortifications , Ulm, 1617 l'E- cole de l'ingénieur, Francfort, 1610 ; Nuremberg , 1634, 1657, 4 parties — Christophe- Erhard FAULHABER , né à Ulm en 1708, y fut fait professeur de mathématiques en 1737, et de théologie en 1765; il mourut le 16 juillet 1781. Outre un livre sur la sainte cène, en allemand, souvent réimprimé, on a de lui huit dissertations sur divers sujets de physique et de mathématiques. L'une, en allemand, rapporte les diverses opinions des savants sur les pluies de sang , Ulm , 1755 les autres, en latin , traitent de l'effet des lentilles , des miroirs ardents, de l'incertitude de la variation de l'obliquité de l'écliptique , de l'impossibilité du mouvement perpétuel dans dix machines différentes proposées pour résoudre ce fameux problème , etc.— Albert- Frédéric FAULHADER , médecin en titre de la ville d'Ulm, sa patrie , y mourut le 26 juin 1773, âgé de 32 ans. Il a traduit du latin en allemand, la Nouvelle méthode de traiter la petite- vérole, par Clossius, Ulm, 1769 — Elie- Mathieu FAULHABER , frère du précédent , né à Ulm en 1742, y fut fait professeur de mathématiques en 1767 , de physique en 1773, de théologie en 1779, et y mourut le 28 mai 479l. Il n'a publié que deux dissertationspeu importantes, quelques almanachs, et quelques articles dans le Journal théologico- littéraire de Seiler , depuis 1777. Voy. les No' tices sur les savants d'Ulm par Weyermann , paf;. 203217
  • Jean FAURIN( 1530 - 1606) : né à Castres en 1530, a composé un mémoire curieux sur les événements arrivés dans sa patrie et dans le haut Languedoc , lequel commence à l'an 1559 et finit en 1606. Ce journal est écrit avec simplicité et bonne foi ; il a été imprimé dans les Piéees fugitives pour servir l'histoire de France . Faurin avait épousé en premières noces Madeleine Bousquet, dont il eut dix enfants ; puis se remaria à Judith Benasech. Il mourut vers l'époque où se termine son journal
  • Jean FAUST( 1500) : né vers le commencement du 16e siècle , était fils d'un paysan de Weimar, d'autres disent de Kundling. 11 fut élevé par un de ses oncles, qui le fit étudier en théologie. Malgré son penchant à la débauche , Faust termina son cours et se fit recevoir docteur. Mais bientôt il se dégoûta de cette science , cultiva la médecine , l'astrologie , et se livra surtout à la magie. De ce moment, ses historiens ne sont plus que d'insipides romanciers , qui débitent mille absurdités sur son compte. Ils le font conjurer le diable, s'asservir un esprit infernal , nommé Mephostophile, avec lequel il fit un pacte de vingtquatre ans , descendre aux enfers, parcourir les sphères célestes , toutes les contrées de ce monde sublunaire, s'entourant partout de prestiges , jouant des tours dignes d'un écolier, ayant commerce avec la fameuse Hélène, femme de Ménélas , faisant apparattre Alexandre le Grand devant CharlesQuint , et, pour terminer convenablement la scène, ayant le col tordu par le diable à l'expiration de son pacte. Bien plus infaillible encore que l'illustre Mathieu Laensberg , Faust débitait tous les ans en Allemagne des almanachs qui , dictés par Belzébuth , ne pouvaient manquer d'avoir un grand succès. Tels sont les faits merveilleux que rapporte GeorgeRodolphe Widman, qui publia à Francfort , 1587 l'histoire de J. Faust et de Christophe Wagner, son valet. Cette histoire , ou plutôt ce roman , réimprimé à Berlin , 1590, et à Francfort, 1591, reparut à Hambourg, 1598-1600, 3 vol. avec des commentaires historiques , physiques et moraux, et souvent depuis, mais avec plus ou moins de mutilations , disent les publicateurs des éditions corrigées. Ces commentaires sont le comble de l'ignorance et de la bètise. L'histoire de Faust fut traduite en anglais, en hollandais, 1592 1687, 2 vol.; 1608 et en français, par Victor Patina Cayet, Paris, 1603; Rouen, 1604; Paris, 1673; Cologne , 1712 , etc. Adelung a consacré un article à Jean Faust à la fin du dernier volume de son Histoire des folies humaines. On y trouve les Conjurationes Fausti, auxquelles il ne manque que les figures mystérieuses qui doivent y étre jointes, pour que le lecteur puisse opérer les mènes prodiges que le magicien de Weimar. Les Allemands , assez amis du merveilleux , ont souvent mis sur la scène la descente du docteur Faust aux enfers. De cc nombre sont le célèbre Goethe , Klinger et J.F. Schink , Trithème , le plus ancien de tous, J. Manlius, Schaller, Wier, Del Rio , et méme Camerarius et Gessner, ont parlé plus ou moins longuement de Faust et de ses enchantements ., bien plus, PierreFrédéric Arpe a donné le catalogue de ses ouvrages magiques. Malgré le témoignage de ces écrivains , beaucoup d'autres , et peut-être avec raison , regardent ce personnage comme entièrement imaginaire , et son histoire comme un roman fait à plaisir. Quelquesuns , entre autres Conrad Duilius , se sont avisés de croire que la légende de Faust est une satire fabriquée par les moines contre Jean Fust , un des inventeurs de l'imprimerie , irrités qu'étaient ces cénobites d'une découverte qui leur enlevait les utiles fonctions de copistes de manuscrits. Plusieurs auteurs ont réfuté cette opinion peu fondée. Zeltner avait composé sur ce sujet : Sehediasma de Fausto , prcestigiatore ex Joanne Fausto à ( plats- dam facto. On peut encore consulter sur Faust , Struvius, dans son Introd. in not. rei lift., et dans sa Bibl. antiq., ainsi que J.George Neumann, qui a publié Dissertatio historica de Fausto proestigiatore Wittemberg, 1683,1693, 1711 , D. L
  • Jean FEBVRE ou FABRI( 1400) : né à Langres au commencement du 15. siècle, est l'un des plus anciens imprimeurs. II fut d'abord associé de son compatriote Nicolas Tenson , imprimeur à Venise, et vint ensuite se fixer à Turin , où il prit le nom de Fabri , qui est la traduction italienne de Febvre. Le premier ouvrage sorti des presses de Fabri est le Breviaire romain qu'il fit paraltre en 1•74. 11 imprima ensuite : Chronica summorum pontificum , impeatorum , ac de septem œtatibus mach ex Hieronimo , Eusebio , aliisque erudilis ecerpta Gasparini Pergamensis opusculum de eloquentia ad singulos hominis status scribendum consonnum ; 3. IL T, C. Synonyma omnia vigilantissime impressa in civitate Taurini per egregium cirum mag. Juliannem Fabri Lingonensem, anno Domini 1481, 11t' ( lie octobris imprimé avec des caractères romains et des lettres majuscules rouges. — Psalterii expositio per Johannem de Turrecrementa cardienalem, impressa per egregium magistrum Fabri , Lingonensem anno Domini 1482 ; sans indication du lieu où cet ouvrage a été imprimé. — Recueil des statuts synodaux des évesques de Langres, per egre- gium Joannem Fabri Lingonensem , 1.182 Comme la plupart des premiers imprimeurs , Jean Febvre était auteur et imprimeur, et c'est à ce double titre qu'il publia l'ouvrage suivant : Johan? Lis Fabri Lingonensis excerpta ex Stephano Flisco in vocabula, phrases et epistolas ex gallico in latinum vers«, 1480
  • Jean FECHT( 1636 - 1716) : théologien luthérien , né le 2' décembre 1636 à Sultzbourg , dans le Brisgau, était fils d'un ministre de l'Évangile , homme instruit et qui ne négligea rien pour son éducation. Il venait de terminer ses premières études , sous la direction de son père, lorsque la guerre éclata dans le Brisgau , et cette circonstance détermina ses parents à l'envoyer à Bâle, où il pouvait continuer plus tranquillement ses cours ; il demeura neuf années dans cette ville , fut ensuite placé au collége de Buedelen , puis à celui de Dourlach, vint étudier l'hébreu à Strasbourg, visita les plus célèbres universités de l'Allemagne, et fut reçu licencié en théologie à Giessen en 166G. Fecht était déjà à cette époque pasteur et président des synodes du comté de Hochberg. Le marquis de BadeDourlach le nomma en 1668 l'un de ses chapelains et professeur d'hébreu et de métaphysique. L'année suivante il fut chargé d'enseigner la théologie, et il s'en acquitta , pendant vingt années , avec une grande distinction. La ville de Dourlach ayant été brûlée par les Français en 1689 , Fecht fut appelé à Rostock, où on lui confia la chaire de théologie, Sa reconnaissance pour les magistrats de cette ville l'empècha d'accepter des offres plus considérables qui lui furent faites pour l'attirer dans d'autres universités. Il mourut à Rostock le 5 mai 1716. Krackewitz prononça son oraison 1Unèbre ; cette pièce fut imprimée la même année avec la liste des nombreux ouvrages publiés par ce savant professeur. On se contentera d'en indiquer ici les principaux : 1" Disquisitio de judaica Eeelesia , in qua facies Ecclesice , quais hoche est et historier per omnium. sœculorum
  • Jean FEILER( 1771 - 1822) : médecin allemand , né en 1771, exerça l'art de guérir à Landshut, devint profes saur d'accouchements à l'université de cette ville , et directeur de l'établissement qui est consacré aux femmes en couches. Il y enseigna aussi la pathologie et l'hygiène. Le roi de Bavière le nomma conseiller aulique. Il mourut à Landshut le 21 mars 1822. Ses écrits sont : 1. De spime dorsi incurrationibus earumque curatione , Nuremberg , 1e7 2° Sur la fracture de l'emb; mec une nouvelle méthode de la guérir , Sulzbach, 1811 ; 3. Introduction it la contaissance et au traitement des maladies des enfants , iSulzbach,1814 ; 4. Sur les mons Pruosités humaines en général, et les hermaphrodites ,, ' particulier, Landshut, 1814 fig. ; 5° Manuel de diététique , Landshut , 1821 . L'auteur divise cet ouvrage en deux parties : dans la première, Diététique générale, il parle de l'air, des aliments et des boissons, du mouvement et du repos , des passions , du sommeil et de la veille, des évacuations et des rétentions; dans la deuxième partie, Diététique spéciale, il parle de l'éducation des enfants , et donne des règles de régime pour les ages , les professions et les sexes
  • Jean FELL( 1625 - 1686) : d'une bonne famille du comté de Berk, naquit en 1625 à Longworth, dans ce comté. 1 Il fut élevé à Oxford, prit les armes pour Charles ler avec les autres étudiants de l'université, et parvint au grade d'enseigne. Il entra ensuite dans les ordres, et, tout le temps du protectorat, il vécut isolément, exerçant son ministère envers les royalistes. A la restauration, il fut nommé chapelain ordinaire du roi , prébendaire de Chichester, chanoine de ChristChurch , dont il augmenta ou acheva les bâtiments commencés par le cardinal Wolsey, vicechancelier de l'université, et il s'attacha à rétablir la discipline , relâchée par suite des désordres des temps; il fut enfin évêque d'Oxford, où il mourut le 10 juillet 1686, consumé par l'activité de son esprit et de ses projets de bienfaisance, ayant employé presque tous les revenus de ses bénéfices en améliorations au profit du pu- 4lic. Ainsi les émoluments de sa place de directeur de l'hôpital de StOswald, à Worcester , furent totalement consacrés à rebâtir l'hôpital, à racheter les biens qui en avaient été aliénés et à les augmenter. 11 rebâtit ou répara les bâtiments appartenant à l'évêché; mais s'occupa principalement du collége de ChristChurch, dont il augmenta les revenus pendant sa vie , et auquel il laissa en mourant un fonds destiné à l'entretien d'au moins dix écoliers. Tous les ans, au 1" novembre, on nomme à celles de ces places qui se trouvent vacantes, et l'on prononce à cette occasion un discours en mémoire du fondateur. Ces actes de bienfaisance publique étaient accompagnés d'un grand nombre de charités particulières, en sorte que par sa facilité à prodiguer l'argent à ceux qui en avaient besoin, il se trouva quelquefois presque dénué du nécessaire. Il a publié : 1" Vie du docteur Henri Hammond, Londres, 1661 en anglais; 2" Alcinoi in platonicam philoso- phiam introdtrctio, Oxford, 1667 3^ une édition de St- Cyprien , i682 e une traduction latine des Antiquités de I' niversite: d'aeford , de Wood, 1674, vol. que l'auteur accusa de n'être pas trèsfidèle; quelques autres traductions, quelques sermons, etc. ; il a eu beaucoup de part à l'édition Nquveau Testament grec, Oxford , 1675 Son père expira, diton, de chagrin à la nouvelle de la mort de Charles h r
  • Jean FELL( 1732) : , théologien anglais d'une secte de dissenters, était fils d'un maitre d'école, et naquit en 1732 à Cockerniouth , dans le comté de Cumberland. Après avoir reçu quelque instruction, on lui fit apprendre un métier; mais étant venu l'exercer à Londres, le maitre qui l'employa lui trouva trop d'esprit et même de lumières pour n'être qu'un simple artisan, et, aidé des secours de quelques autres personnes, le fit admettre dans un séminaire destiné à former des ministres pour la secte des dissenters indépendants. Fell répondit aux espérances qu'avait fait concevoir son ardent' pour s'instruire, et fit d'excellentes études classiques et théologiques. 11 devint bientôt instituteur dans un séminaire dirigé par un de ses amis à Norwich , et se livra ensuite avec succès à la prédication et aux fonctions pastorales. Devenu instituteur dans le séminaire où il avait fait ses études, et qui venait d'être transféré à Homerton aux environs tic Londres, il y fut à peine installé qu'une querelle assez vive s'éleva entre lui et les étudiants. Après deux années de tracasseries il perdit sa place, et se serait trouvé sans moyens de subsistance si quelquesuns des administrateurs n'étaient venus à son secours. Ils l'engagèrent à prononcer 'de mois en mois une suite de douze leçons sur les preuves du christianisme, qui furent encouragées par une contribution pécuniaire assez considérable. Mais le sentiment du traitement qu'il avait récemment éprouvé avait tellement altéré sa santé, qu'il ne put achever cette entreprise. Il venait de prononcer sa quatrième leçon lorsqu'il fut atteint d'une maladie qui le conduisit au tombeau le 6 septembre 1797. 11 emporta les regrets des hommes sages de toutes les sectes, qui estimaient également son caractère et ses talents. On a de lui les ouvrages suivants : 1. Essai sur l'amour de la patrie 2^ Le véritable protestantisme, ou Les droits inaliénables de la conscience défendus, etc., en trois lettres à M. Pickard , 1773 qui furent suivies d'une quatrième lettre en 1774; 3" Recherches sur la justice et futilité des lois pénales pour diriger la conscience, lettre à M. Burke , 1774 4° Essai de grammaire anglaise, avec une dissertation sur la nature et l'usage particulier du conditionnel dans la langue anglaise , 1784 ; Quelques pamphlets de controverse , et d'autres écrits de peu d'étendue. On a imprimé en 1798 les quatre leçons 4u'il avait prononcées sur les preuves du christianisme, en y en ajoutant huit autres par le docteur Henri Hunter pour en former un cours complet
  • Jean FENIZER ou FENNITZER : , coutelier à Nuremberg., où il mourut le 21 novembre 1629, s'est fait un nom par son zèle pour la propagation des bonnes études. Quoiqu'il y eût déjà dans cette ville une bibliothèque publique, formée des débris de celles des monastères détruits lors de la réformation Feniser, qui avait déjà fondé six bourses pour des étudiants en théologie, ne la jugea pas suffisante , et fit en 1615 , un fonds annuel pour acheter des livres à l'usage du ministère ecclésiastique , et dès l'année suivante la bibliothèque commença à se former. Par son testament, en 162 I., il augmenta encore cette fondation de vingtflorins de rente annuelle. Quelques donations particulières ont dans la suite contribué à l'enrichir ; J.G. Baier , professeur d'Altdorf , lui donna une nombreuse collection d'ouvrages mystiques et fanatiques en tout genre , et J. Sigismond Moerl une collection .plus curieuse encore de livres pour et contre les Ilernhutes. Quoique Nuremberg ait d'autres bibliothèques plus importantes , celle de Feniser , dont le soin est confié au chapitre de l'église de StLaurent, tient encore un rang assez distingué parmi les bibliothèques publiques d'Allemagne. J. Michel Weis en publia le catalogue en 1736 de 80 pages , avec le portrait de Feniser, et une notice sur sa vie. Léonard liinder en a donné un plus étendu en 1776 De Murr en a fait con neve les principaux articles dans le tome2 de ses ifemorabilia Bibl. publ. Norimb
  • Jean FENOUILLOT( 1748) : frère puîné de l'auteur de l'Honnête criminel , naquit à Salins en 17, dont le but était de montrer qu'en parlant d'économies, on avait réellement augmenté les dépenses, et que les impôts étaient plus que doublés depuis 1789, devint le signal d'un nouvel orage contre Fenouillot. Il crut prudent d'y céder, et se rendit à Paris, où il espérait pouvoir rester caché. Mais, pendant son absence, on l'inscrivit sur la liste des émigrés, et bientôt il ne lui resta d'autre parti que celui de se soumettre au bannissement qu'on lui avait imposé. Il se fixa dans le comté de Neufchàtel , pour être plus à portée de recevoir des secours de sa famille. Cette ressource lui manquant, il se vit forcé de chercher dans ses talents des moyens de subsister. FaucheBorel , avec lequel il avait fait connaissance en arrivant à Neufchâtel, se chargea d'imprimer et de répandre les brochures qu'il rédigeait dans l'intérêt du parti royaliste. Son zèle pour la cause des Bourbons le fit connattre du prince de Condé, dont il reçut plusieurs témoignages de confiance; il prit une part assez active à tous les plans de contrerévolution , mais il n'y joua qu'un rôle secondaire. Au mois de juin 1795 , il fut chargé de visiter la FrancheComté pour s'assurer de la disposition des esprits. Après s'ètre acquitté de cette mission périlleuse, il s'établit à Bâle, où il fut l'intermédiaire de FaucheBorel avec le ministre anglais Wickam Il profita de l'amnistie accordée aux émigrés en 1802 pour rentrer en France, et vint demeurer à Lyon , où il reprit l'exercice de sa profession d'avocat. S'étant chargé de la cause d'un mari qui réclamait contre le divorce que sa femme avait fait prononcer pendant son émigration, Fenouillot, qui se trouvait dans le même cas que son client, mit tant de chaleur et d'onction dans son plaidoyer, qu'il arracha des larmes à tout l'auditoire. L'épouse, présente aux débats, vint le remercier de l'avoir éclairée sur ses devoirs, et il eut le plaisir de la remettre dans les bras de son mari . Ce triomphe plaça Fenouillot en quelque sorte à la tète du barreau de.Lyon , où l'on conserve encore de ses talents un honorable souvenir' . Ayant eu le bonheur de n'être compromis dans aucune des conspirations qui se succédèrent dans les premières années de l'empire , il fut , en 1811, nommé conseiller à la cour de Besançon. Il est mort dans cette ville le 27 mai 1826, à l'àge de 78 ans. FaucheBorel parle souvent de Fenouil- Paris , Crapart , 1791 de 20 pages. i2) Voy. les Mémoires de FaucheBorel, t. 1, p. 277. Il n'accompagna pas Fauche à Manheim , comme l'ont dit quelques biographes mal informés. Sa détention au Temple en 1804 est également controuvée. lot avec éloge dans les deux premiers volumes de ses Mémoires. Parmi ses nombreux écrits polémiques, on se contentera de citer : 1. Le Dîner du grenadier à Brest, Paris, •792 2. La Table d' luire à Provins, ou la Croisée des diligences, ibid., 1792 Ce sont des dialogues assez gais, écrits dans un style poissard contre la constitution civile du clergé; 3. Précis historique de la vie de Louis XVI et de son martyre , suivi du Précis historique de l'horrible assassinat de son auguste épouse, Neufchàtel , 1793 réimprimé sans aucun changement, Besançon, 1821, même format; 4° La rencontre imprévue , ou le Souper de l'auberge de la Cigogne à Nie, dialogue politicotragicomique, Neuichàtel , 1793 Le meilleur des alma- nachs pour 179 , 6° Les fruits de l'arbre de la liberté française, en Suisse, 1798 ; 7° Adresse de remereiment des requins de la Méditerranée au directoire exécutif, Constance , 1798 ; Paris , 1799 8° La France â ses enfants, Bâle , 1814 9° Le cri de la vérité sur les causes de la révolution de 1815, Besançon — FENOUIL—LOT DE LAYANS, frère du précédent, avec lequel on l'a confondu quelquefois, est auteur d'une brochure intitulée : Moyens propres pour rétabli, ' les finances de l'Etat, Besançon, 1815
  • Jean FERMELHUIS : maitre d'école à Paris au commencement du 17° siècle, est auteur de l'His- toire de la vie de St- Roch, peine spirituel, suivi de plusieurs autres poésies chrétiennes, Paris, 1619 Cet ouvrage est indiqué dans la Bibliothèque historique de France avec la date de 1519 ; mais c'est une faute d'impression qu'on a négligé de corriger dans l'errata. Dans ce poëme, l'auteur fait de StRoch un seigneur souverain de Montpellier, et décrit en vers alexandrins tout ce que les vieilles légendes et les tapisseries lui avaient appris sur son héros, à la protection duquel il dut sa conservation lors de la peste de 1606, qui enleva dix à douze personnes dans la maison qu'il habitait. — FERMELHUIS , niédecin à Paris dans le 18° siècle , a publié : lo Eloge fu- nèbre d'Élisabeth- Sophie Chéron, de l'Académie de peinture, Paris, 171'2 2" Éloge funèbre d7 ln tome Coysevox, sculpteur du roi, ibid., 17'21 —Son fils, mort à Paris en 'l74, avait fait représenter en 1730 l'opéra de Pyrrhus, dont la musique est de Royer
  • Jean FERNANDÈS : Portugais, le premier Euro- péen qui ait pénétré dans l'intérieur de l'Afrique, faisait partie de l'expédition qui fut envoyée en 1416, sous le commandement d'Antonio Gonzalès, pour continuer les découvertes le long de la côte d'Afrique. Animé du désir de recueillir pour l' dom Henri des renseignements exacts sur cette contrée, et probablement aussi celui de gagner la confiance des naturels , Fernandes, quand ses compatriotes quittèrent la côte pour retourner en Portugal, demanda à rester au milieu des Maures Assanhadji , dans le voisinage du Rio do Ouro. Sept mois après, les Portugais revinrent et retrouvèrent Fernandes qui , depuis quelques jours , guettait l'arrivée d'un navire de sa nation. Il raconta que les habitants, après l'avoir conduit trèsloin de la côte , l'avaient dépouillé de ses vêtements et de ses provisions ; qu'ils menaient une 17e nomade , et que leur pays était sablonneux et aride. Après bien des peines et des tribulations inséparables de la condition d'esclave à laquelle il avait été réduit, sa conduite lui avait enfin procuré l'amitié d'un homme considérable du pays. Celuici, charmé de l'intrépidité de l'étranger, l'avait pris en amitié et l'avait ramené près de la côte, afin qu'il pût apercevoir les navires de sa nation quand ils reviendraient. Les serviteurs de ce Maure accompagnèrent Fernandès jusqu'au rivage, et profitèrent de l'occasion pour traiter de la rançon de plusieurs personnes dont les Portugais s'étaient emparés. Lors eue Fernandès revint dans sa patrie, le prince écouta avec la plus vive curiosité ses récits, dont les détails, tels qu'ils nous ont été transmis par les historiens portugais , présentent une analogie frappante avec ceux de la relation de MungoPark. En 1 ki8 Juan Fernandès accompagna Diego Cilhomen ertVoyé par l'infant pour conclure avec les Maures de Meça, au nord du cap Nain , une alliance gai nitt les Portugais en état ile réduire les habitants lu pays voisin du Rio do Ouro. Dès qu'il eut jeté l'ancre, Fernandès, avec son intre:pidité accoutumée , alla à terre pour explorer le pays. Une bourrasque poussa presque aussitôt le bàtiment en mer, et Fernandès fut laissé sur cette côte étrangère. On ignore la destinée ultérieure de ce hardi voyageur; mais l'on doit supposer que ses compatriotes ne le laissèrent pas finir ses jours dans un exil volontaire où un zèle ardent l'avait entralné. FIAINANDÈS , navigateur portugais, était de Lisbonne. Il avait occupé un emploi dans la maison du roi Jean ler. Encouragé par la protection que lui accordait l'infant dom Henri il équipa en 1;16 un lAtiment pour pousser les découvertes le long de la côte 111CS al cette dernière race. Il longea ensuite hardiment la côte, et arriva au promontoire le plus occidental de l'Afrique. Le granit nombre d'arbres verdoyants dont cette pointe de terre était couverte l'engagea à lui donner le nom de cap Vert , qui IM est resté Les brisants dont ce cap est entouré alarmèrent Fernandes, qui n'osa pas aller au dela. Il retourna donc en Portugal. L'infant lui lit l'accueil le plus flatteur et parut surtout extremement satisfait de ce que l'on avait amené de la côte nouvellement découverte des nègres que l'on n'avait pas achetés des Maures. Fernandes s isit a de nouveau les meules parages avec Lançarot de Lagos. on ne voit pas qu'il ait commandé de hAtiment dans cette expédition, qui retourna en Portugal après avoir été empeeliee par le mauvais temps d'aller jusqu'au cap Vi rt
  • Jean FERNANDEZ NAVARRETE( 1526 - 1579) : surnommé el Mudo , célèbre peintre espagnol, prit naissance à Logroflo en 1526. A l'âge de deux ans, une maladie aiguë le rendit sourd, et le priva par conséquent de l'usage de la parole. Il fit paraitre de bonne heure son goùt pour la peinture , et étant encore enfant il copiait avec du charbon tous les objets qui frappaient sa vue ou son imagination. Son premier maitre fut un religieux assez habile dans cet art , qui , s'aperce- vant du talent précoce de son jeune élève, engagea le père de ce dernier à l'envoyer en Italie. Fernandez, après avoir visité les premiers artistes de ce pays, se fixa chez le Titien, des leçons duquel il profita pendant quelques années. H parait qu'il acquit de la réputation en Italie, puisque aussitôt qu'il fut de retour en Espagne, Philippe II l'appela à Madrid et le nomma son peintre, avec les appointements de 200 ducats par année , ses ouvrages devant être payés séparément. Depuis ce n'ornent Fernandez ne travailla guère que pour le monastère et l'église de l'Escurial. Les premiers ouvrages qui lui méritèrent l'appro- bation du roi et des connaisseurs furent trois tableaux, parmi lesquels ou remarque une Assomp- tion. On prétend que la tète de la Vierge ainsi que celle d'un des apôtres sont les portraits de la mère et du père de l'auteur : ce n'est pas le premier artiste qui ait voulu signaler ainsi sa piété filiale. Après plusieurs autres ouvrages il peignit huit grands tableaux , dont trois furent détruits dans un incendie. Les plus remarquables des cinq qui restent sont le llartyre de St- Jacques, un St- , Jérûme dans le désert et une Nativité de iésus- Ehrist. Ce dernier tableau produit le plus grand effet par le concours de trois lumières provenant de l'enfant Jésus, des anges qui descendent du ciel et d'un flambeau que StJoseph tient à la main. Les bergers qui adorent l'Enfant nouveauné sont touchés de main de maitre. Le fameux Tibaldi , en les regardant, ne put s'empêcher de s'écrier : Oh i belli pastori! Cependant l'ouvrage qui lit le plus d'honneur à Navarrete fut le célebre tableau d'A- braham au milieu des trois anges. Philippe II en fut si content , qu'il lui fit payer pour ce seul tableau 500 ducats , somme alors considérable. Fernandez peignait avec une ex- traordinaire rapidité ; c'est pourquoi , après avoir • terminé tous ces ouvrages, le roi lui donna la ',commission de peindre encore trentedeux tableaux, les plus petits devant avoir une di-.,'asion de sept pieds et demi de hauteur sur sept un quart de largeur ; mais Fernandez ne put en achever que huit. 11 avait toujours été d'une trèsfaible santé, et mourut à Ségovie en 1579, àgé de 55 ans. Les vingtquatre autres tableaux qui lui restaient à faire furent exécutés par Sanchez Coello y Carabajal. Fernandez jouissait d'une réputation si bien établie , que Lope de Vega tit son éloge en vers. Il était_ d'un caractère doux et aimant , et fit paraitre le respect et l'attachement qu'il conservait pour son maitre le Titien à l'occasion où celuici envoya au roi d'Espagne le célèbre tableau de la Cène. Ce tableau ayant été trouvé plus grand que l'emplacement qu'il devait occuper, le roi ordonna qu'on en coupt ce qu'il y avait de trop. Fernandez, ayant appris de quel sort on menaçait un ouvrage du Titien, alla tout éploré se jeter aux pieds du roi ; mais ni ses larmes ni son désespoir ne purent le toucher. Philippe II avait parlé, et Philippe 11 était inexorable. Fernandez tomba malade de chagrin , et le roi se repentit bi.litôt d'un ordre qu'avait dicté l'orgueil, et que le même orgueil l'avait empêché de révoquer. Fernandez , quoique sourd et muet, s'expliquait trèsdistinctement par signes, et amenait ordinairement avec lui un intime ami qui lui servait d'interprète. Il lisait , écrivait , jouait aux cartes , et était trèsinstruit dans l'histoire et la mythologie. Il se distingua dans son art par la composition, la correction du dessin , l'expression des figures et surtout par le coloris , ce qui le fit appeler le Titien esregnol. On confiait de la main de Fernandez plus de cinquante tableaux, et on en trouva encore trente autres chez lui après sa mort, tous terminés, et qui furent rappelés dans son On voit dans le musée du Louvre quelques excellents ouvrages de cet artiste , ainsi que d'autres peintres de sa nation , dans la salle consacrée à l'école espagnole
  • Jean FERNEL( 1497 - 1558) : célèbre médecin et mathématicien du IV siècle , naquit en 11/97 à Clermont en Beauvaisis, et non à Amiens, comme le font croire les titres de ses ouvrages ; c'est son père qui était originaire de cette dernière ville . A l'àge de dixneuf ans, Fernel se rendit à Paris pour y faire son cours de philosophie et d'éloquence, et trois armées après il obtint avec éclat le grade de maitre ès arts. Sa passion pour l'étude était si vive, que, renonçant à tout amusement, il prenait à peine le temps de manger , et qu'il consacrait chacune de ses journées partie aux mathématiques , partie à la philosophie et à la lecture des classiques latins, spécialement de Cicéron. Cette 7.e Titien n'avait pa4 assez scrupaleusemeut observé dons 1..bleau dienetoiion que le roi lui avait fait donner. Suivant k P. Doire, Fernel naquit en 11S t Mont - Didier, .4,,n pèze tenait l'aubtrge du Chat. di Now- Didier. 1 perpétuelle contention d'esprit lui donna une fièvre quarte qui , après l'avoir longtemps tourmenté , le força de prendre du repos et , dont ce prince voulait l'honorer, en reconnaissance de ce qu'il avait guéri Diane de Poitiers d'une maladie extrèmement grave. Fernel, dans cette circonstance, fut même obligé d'en imposer au Dauphin pour obtenir la permission de quitter la cour et de retourner à Paris. Il feignit d'être attaqué d'une pleurésie, à laquelle il succomberait, disaitil, s'il n'était rendu surlechamp à sa femme, aux lettres, à ses malades et à ses collègues. Ces motifs décidèrent le prince à lui laisser son indépendance et de plus, pour lui témoigner toute l'étendue de son estime , il k fit jouir des honoraires de cette même place que Fernel avait refusée. ilenri ne fut P as plutôt monté sur le trône, que, toujours plein de confiance en Verne' , il l'appela et voulut de nouveau le charger du soin de sa santé. Le médecin eut encore le courage de donner un refus au prince , tant pour continuer plus à son aise ses travaux scientifiques , que pour ne point priver Louis de Bourges , premier médecin du feu roi , du poste honorable qu'il avait re jusqu'alors. Ce ne fut qu'à la mort de Louis de Bourges que Fernel, ne pouvant plus alléguer de prétexte légitime, accepta enfin cette place haportante. Mais il ne devait guère en jouir que durant l'espace de quinze ou seize mois. En effet, arrivé à sa soixantième année , Fend est obligé par sa nouvelle charge de suivre le roi à l'armée, de se trouver pour la première fois exposé au tumulte d'une %ie militaire et ambulante, et d'assis- ter , au fort de l'hiver le plus rigoureux , à la
  • Jean ESIUS ou HÉSIUS : prêtre d'Utrecht, voyagea dans le Levant et dans l'Inde , en 1389, selon Foppens , en 1-489, selon C. Burman , dans Son Trajectuin eruditum, et nous a laissé son Itinerarium sire peregrinatio hierosolymitana per Arabiam , fEthiopiam, etc. Cette relation respire le goût du merveilleux et la crédulité du temps. La ire édition est sans date ; la 2e parut à Deventer , en 1499. Il en parut une autre à Anvers, en 1566 M. Boucher de la Richarderie n'a pas mentionné ce voyageur dans sa Bibliothèque universelle des voyages , mais il cite un lier Hierosolymitanum de Frédéric de IIése , imprimé à Deventer , en 1505 Émus ou liÉsius , né à Utrecht , se lit jésuite à Venise en 1588 , et il prolongea son séjour dans cette ville pendant quarantequatre ans, occupé d'enseigner les humanités. 11 mourut à Plaisance , en 1631, âgé de 85 ans. On lui doit quelques livres élémentaires pour l'enseignement du grec , du latin et de la prosodie , et une traduction du grec en latin de la Hache , petite pièce de vers de Simmias de Rhodes, ainsi nommée de la manière dont elle est écrite, et qui présente la forme d'une hache. —Émus ou IlEsius , jésuite d'Anvers, professait la philosophie, et n'était pas sans talent pour la poésie et l'éloquence. Il tlorissait vers le milieu du 17' siècle, et a laissé: 1° Emblemata sacra de fide, spe et charitate , Anvers , 1636 2° Legatus fidelis ad oratores christianos , Anvers, 1657
  • Jean ESPINOSA( 1540 - -1596) : pone espagnol, né à Bellovado vers 1540, suivit la carrière des armes , et devint secrétaire de don Pedro Gonzalès de Mendoza , capitaine général de Sicile. Il écrivit plusieurs ouvrages poétiques; mais le plus connu est son Tratado en loor de los Mujeres , publié à Milan en 1580 , Espinosa écrivait dans un siècle où les idées chevaleresques étaient encore en vigueur en Espagne, et où la galanterie avait atteint son.plus haut degré de perfection. Il ne faut pas s'étonner si, imbu de ces principes, le pone est tombé dans quelques exagérations en faisant l'éloge d'un sexe auquel tout Espagnol poli avait coutume de rendre le culte le plus respectueux. Cependant, malgré les citations trop répétées des femmes les plus célèbres et un ton d'emphase qui règne dans quelques endroits de l'ouvrage , le style en est correct, vif, plein d'imagination , et on y trouve des morceaux d'une véritable beauté. Cette production eut un assez grand succès , et le beau Hamelot de la Houssaye , Mémoires , t. Ier , p. 213 , édition de 1722 , 2 vol. sexe, sensible à la galanterie d'Espinosa, se crut, le premier, intéressé à établir la réputation d'un aussi aimable auteur. Il paraît qu'Espinosa mourut en Espagne, avant l'an 1596
  • Jean FABER( 1566 - 1619) : né à Nuremberg , en 1566, étudia la médecine à l'Université de Bile, où il obtint le doctorat après avoir soutenu une thèse Sur la céphalalgie. De retour dans sa ville natale, il fut agrégé au collige des médecins. Will et Adelung disent qu'il mourut en prison le 7 février 1619
  • Jean FERRAND( 1586 - 1672) : né en 1586 au Puy en Velay (et non à Annecy, comme le disent quelques auteurs qui ont pris Anicium le Puy] pour Annerium AnnecyD, entra chez les jésuites en 1601, professa la rhétorique pendant dix ans, puis la théologie, et fut recteur du collége d'Embrun. Désigné pour passer à celui de Carpentras, il refusa cet emploi, et mourut à Lyon le 30 octobre 1672. On a de lui plusieurs ouvrages dont on trouve la liste dans la Bibliotheca scriptorum societatis Jesu. Le seul qui mérite d'être cité est sa Disquisitio reliquiaria sire de suspicienda et suspecta earumdem numero reli- quiarum ( pue in dicersis ecelesiis sercantur multitu- dine Lon, 1617 Il assure qu'on ne doit Polit (ire étonné lorsqu'il se trouve deux ou trois corps du meule saint , et qu'on fait trèsmal de douter de l'authenticité de ces reliques, Dieu les ayant multipliées et reproduites miraculeusement pour entretenir la dévotion des fidèles. Il (lit , p. 17 , que si plusieurs villes possèdent le prépuce de JésusChrist , c'est que Dieu a fait la multiplication de cette portion du corps de JésusChrist, comme il a fait la multiplication (les pains, etc
  • Jean ESTÈVE : troubadour ancien , né à Nar- bonne ou à Béziers , s'attacha à Guillaume , seigneur de Lodève, qui commandait en 1285 la flotte française envoyée par Philippe le Hardi contre l'Espagne. Celuici fut fait prisonnier , et son ami célébra dans un sirvente sa captivité , en engageant le roi de.France à payer promptement sa rançon et à le délivrer. Estève est le seul troubadour qui ait daté ses pièces. Les plus agréables sont deux pastourelles qui ont de la naïveté et de la grâce: « Pauvre qui est jeune, ditil , est bien riche quand il vit joyeux ; et plus fortuné estil que le vieux (C riche qui passe sa vie dans la tristesse, compagne « de l'or. Z
  • Jean EUDES( 1601) : frère aîné de l'historien Mézerai, naquit à Ry, près Argentan , diocèse de Séez , le 1.1 novembre 1601. Ce fut à Caen, sous les jésuites , qu'il fit ses études; et Bérulle, qui depuis fut cardinal , le reçut dans sa congrégation , le 25 mars 1625; ordonné prétre , il fut bientôt après nommé supérieur de la maison de Caen , et quitta , le G21 mars 1643, la congrégation de l'Oratoire pour se livrer tout entier aux missions , pour lesquelles il avait quelque talent et déployait beaucoup de zèle. Les diocèses de Séez, Bayeux, Coutances, Lisieux , Rouen, Chartres, Autun, Meaux, Châlons, Rennes, Paris, furent successivement le théâtre de ses travaux apostoliques et de ceux . Eudes a aussi laissé des mémoires manuscrits sur les principales époques de sa vie. Ils sont écrits avec une onction et une naïveté apostoliques. Ces mémoires, qui se composent. de 40 pages se terminent à l'année 1680. Jean Eudes était un homme d'un caractère ardent et entreprenant, animé d'un zèle qui , suivant Huet, n'était pas assez réglé, et qui lui suscita quelques traverses. Il avait une éloquence naturelle, vive et véhémente , plus propre à frapper par la terreur qu'à toucher par la douceur et la persuasion
  • Jean EURENIUS( 1688 - 1751) : archidiacre dans la province d'Angermanie, en Suède, né en 1688, mort en 1751. Outre la théologie , il cultiva la poésie latine , l'histoire et la philologie. On a de lui < i> Grammatica et < i> Syntaxis, 1755, et un ouvrage trèssavant intitulé : < i> Atlantica orientais, qui parut en 1751, à Strengnes, avec une préface de P. < i> Fr. Liunberg
  • Jean EVELYN( 1620 - 1706) : savant Anglais, d'une trèsancienne famille du comté de Salop, naquit en 16'20 à Wolton , dans le comté de Surrey. 11 reçut sa dernière éducation à Oxford, et s'appliqua ensuite à l'étude des lois au collége de MiddleTemple. Il passa en Hollande en 1611, et il y servit quelque temps dans un régiment anglais. De retour en Angleterre après le premier éclat de la guerre civile, il obtint du roi, en 1641, la permission , accompagnée d'un commentaire sur ce livre et ornée d'un frontispice dessiné par sa femme. Il avait fortifié en Italie son goût pour les arts , et en avait rapporté celui des jardins, qu'il manifesta toute sa vie et par ses écrits, et par l'attention constante qu'il donnait à soigner et à embellir ceux de SayesHouse , bien de sa femme près de Deptford , dans le comté de Kent, et sa résidence favorite. Mais en 1659, après la mort d'Olivier Cromwell et l'expulsion de Richard , il crut devoir sortir de sa retraite pour con- tribuer autant qu'il lui serait possible , par sa conduite et ses écrits, à fortifier le mouvement qui commençait à reporter la nation vers la royauté. Il fit parattre plusieurs ouvrages tendant à donner une idée favorable de Charles 11, en méme temps qu'il travaillait efficacement à lui ramener ceux des officiers de l'armée avec lesquels il avait conservé quelques relations. Aussitôt après la restauration , il fut présenté à Charles H , qui lui donna des marques d'estime et de confiance , et lors de la formation de la Société royale, en 1662, ce prince l'en nomma un des premiers membres. A l'ouver- ture de la guerre contre les Hollandais, en 166 , il fut un des commissaires chargés du soin des malades et en l'absence du comte de Clarendon , lieutenant d'Irlande. Après la révolution, il devint trésorier de l'hôpital de Greenwich. Les occupations de ces diverses fonctions, ses travaux littéraires, son assiduité aux séances de la Société royale, le soin de ses superbes jardins de SayesHouse, lui composèrent une vie laborieuse et honorable. Il eut l'honneur de voir sa magnifique résidence de SayesHouse occupée par le tzar Pierre ler, lorsqu'il vint étudier à Deptford l'art de construire des vaisseaux ; mais il paya bien cher cet honneur, par le dégât qu'éprouvèrent en cette occasion ses jar Clins chéris, et surtout cette impénétrabk haie de houx, qu'il a représentée comme ce qu'il y avait de plus magnifique et de plus agréable sous le ciel. Sa santé ne fut guère troublée que par les douleurs de la goutte. 11 mourut le '27 février 1706, à l'dge de 85 ans. On peut voir dans le Dictionnaire de Chauffepied la liste de ses ouvrages , qui sont au nombre de 26; nous en indiquerons les plus importants : leumifugium, ou les inconvénients de l'air et de M./ rimée de Londres dissipés , Londres, 1661 Tyramms, ou la '1. 1Ode, discours sur les lois contre le luxe, ibid., 1661 3., Sculp- tura , ou l'Histoire et l'Art de le chalcographie et de la gravure en cuivre, avec une liste des maîtres les plus renommés et de leurs ouvrages; on y a joint une nouvelle manière de graver, en demiteinte, communiquée à l'auteur par S. A. le prince Rupert, ibid., 1662 1755, avec les dernières corrections et additions de l'auteur . Ce traité faisait partie d'un grand ouvrage qu'il abandonna, et qui , Londres, 1667 6. Histoire des trois derniers fameux imposteurs : Padre Ottoman°, Mahomet Bey et Sabbattaï Sévi, avec un court exposé des fondements et de l'occasion de la guerre présente entre les Turcs et les Vénitiens , ainsi que la cause de l'extirpation, de la destruction et de l'exil définitif des juifs hors de l'empire de Perse , Londres, 1668 Les auteurs des Acta eruditorum Lip siensium , en rendant compte de cet ouvrage en 1690 , remarquaient que le prétendu Mahomet Bey était alors à Leipsick. 7° De la navigation et du commerce , de leur origine et de leurs progrès, Londres, 1674 8. Terra, discours philosophique sur la terre , relativement à sa culture et à sa végétaion et à la propagation des plantes, 1675 et Cet ouvrage fut écrit d'après l'invitation de la Société royale , et eut des éditions multipliées. André Hunter; le réimprima en 1778 en y ajoutant des remarques; et en 1801, avec la Sylva. 9. . 1Iundies bris , ou La toilette des darnes, ouvrage burlesque, avec le Dictionnaire des précieuses , compilé en faveur du beau sexe, ibid. , 1696 , 10,, Numis- mata , ou Discours sur les médailles , auquel est jointe une digression sur la physiognomie, ibid. 1697 , enrichi d'un grand nombre de figures de médailles modernes. Pinkerton , dans son Essai sur les médailles , s'est exprimé sur les ouvrages d'Evelyn en général, mais particulièrement sur celuici , d'une manière extrêmement dure, sans en être plus juste. 110 Acetaria, ou Traité des salades , ibid., 1698 Ce fut le dernier ouvrage qu'il publia. On a d'Evelyn plusieurs traductions d'ouvrages français sur les arts, traductions qu'il a accompagnées de notes , et qui ont le mérite assez rare d'une grande connaissance des matières qui y sont traitées. 11 a laissé des ouvrages en vers; mais le suffrage même de Waller n'a pu lui assurer une réputation comme poète. Son style en prose est clair, facile, pittoresque et animé. Il cultivait aussi l'art de la gravure ; on a encore de lui sept eauxfortes des environs de Naples et de quelques autres sites de la Campanie et de l'Angleterre. Ce fut lui qui engagea lord lloward, depuis duc de Norfolk, à faire présent à l'université d'Oxford des marbres . — Jean EVELYN son fils , né en 165'i , à SayesHouse , et élevé à Oxford , a publié quelques traductions du grec, du latin et du français , entre autres la traduction , en vers anglais , des Jardins , du P. Rapin , faite à dixneuf ans ; et plusieurs pièces de vers fort estimées , dont deux , la Vertu et le Remède On a publié longtemps après la mort d'Evelyn Memoirs illuslralive of the life and wrilings of Evelyn, comprising his diary from I341 to 1705 , etc., Londres, 1818, 2 vol. ibid., 1810, 2 vol. ; ibid., 1828, 5 vol. et Diary and Correspondence of Evelyn, t9 which is subjoined lhe prz- rate corre, pondence between king Charles I and sir Edward , etc., Londres, 1850, 4 vol. ibid., 1853, 4 vol. Ce dernier ouvrage a été publié par M
  • Jean EYSIMOND : Polonais, qui vécut dans le 17e siècle. 11 traduisit en vers polonais un peine latin sur la victoire de Kirckhalm , remportée par Sigismond III sur Charles duc de Sudermanie, depuis roi de Suède sous le nom de Charles IX. Ce poëine avait été composé par Laurent Boierus, Suédois attaché au parti de Sigismond, et naturalisé en Pologne
  • Jean ÉWALD( 1743 - 1781) : pote danois , frère du précédent, naquit le 18 novembre 1743 , dans le duché de Sleswick. Son père , théologien sévère , lui donna une éducation trèsaustère , qui irrita son âme ardente , sans la dompter. Placé dans un collége , il fit de bonnes études littéraires , mais les romans , les légendes des saints, les anciens Sagas islandais , et les Vies de Plutarque , excitèrent son imagination à un tel point, qu'à peine âgé de douze ans il se proposa pour modèles les héros et les philosophes les plus extraordinaires de l'antiquité. Il s'enfuit un jour , dans l'intention de faire un voyage autour du inonde. Une autre fois il voulut apprendre l'éthiopien , pour devenir l'apôtre de la religion chrétienne en Afrique; son voeu le plus constant était d'entrer au service militaire. Ses parents le forcèrent à suivre les études qui , en Danemarck , ouvrent l'accès aux places ecclésiastiques. C'est une carrière lente , et le jeune lwald était amoureux d'une personne auprès de laquelle il avait de nombreux rivaux. Ne pouvant plus résister à son goùt pour l'état militaire , où il se flattait de trouver un avancement rapide , il s'enfuit de Copenhague et s'enrôle à Hambourg comme hussard de la garde prussienne ; mais , arrivé à Magdebourg , il se voit relégué dans un régiment d'infanterie. Il déserte , et devient bientôt sousofficier au service autrichien. C'était au milieu de la guerre de sept ans. 11 signala sa valeur dans plusieurs combats , et on lui ofVrit un grade d'officier, à condition qu'il se ferait catholique. Il ne put s'y résoudre ; et s'étant aperçu que nous ne sommes plus dans un siècle héroïque , et que , dans une guerre ordinaire , un soldat n'arrive pas rapidement au rang de général , il se laissa réclamer et racheter par ses parents désolés. De retour à Copenhague , il recommença sérieusement sa carrière théologique , lorsqu'un malheur fort ordinaire vint bouleverser son âme trop sensible. La personne qu'il aimait le quitta pour en épouser un autre. Dès ce moment, plus de bonheur , plus d'illusion , plus d'avenir pour Ewald ; il se livra tour à tour à la dissipation et à la mélancolie, ne cherchant qu'à passer au gré de ses fantaisies une vie qui n'avait plus de prix à ses yeux. A l'âge de vingttrois ans , il ignorait encore sa vocation poétique ; une cantate funèbre qu'il fut engagé à composer pour le roi Frédéric V excita un enthousiasme universel ; Ewald sentit alors renaître l'énergie de son filme , et résolut de chercher dans le commerce des Muses ces jouissances exaltées et cet espoir de l'immortalité dont son imagination était avide. Klopstock , qui vivait à Copenhague , devint son ami ; Bernstorfl' fut son protecteur ; et , après la chute de ce ministre , il trouva encore dans le conseiller Carstens un Mécène et un Aristarque à la fois. La Société royale des belleslettres l'encouragea par plusieurs prix. Malheureusement , les désagréments qu'il éprouvait dans sa famille , sa situation précaire , souvent trèsembarrassée , et les séductions d'une imagination aussi mobile que romanesque , lui firent de la dissipation et du désordre une seconde nature. Une maladie arthritique opiniAtre changea son existence en une longue série de souffrances ; il y succomba dans la 58e année de sa vie , le 17 mars 1781. Mais , au milieu de ses douleurs cruelles , il a produit une suite d'ouvrages poétiques qui honoreraient une littérature quelconque , et que le Danemarek place au rang de ses chefsd'oeuvre. L'ode et la tragédie sont les deux genres où Éwald a excellé. Sa Mort de Balder est un de ses meilleurs ouvrages dramatiques. Ce sujet , tiré de la mythologie scandinave , a été traité dans un genre plus rapproché de la tragédie grecque et plus conforme au génie de l'Edda ; mais la pièce d'Éwald reste seule au théâtre. Rolf ou Rollon , tragédie tirée de l'histoire ancienne du Danemarck , a le défaut d'étre écrite en prose poétique. Adam et Ève , ou la Chute de l'homme , est un drame religieux d'une composition fort extraordinaire , mais rempli de beaux passages. Le ton de la pastorale prédomine dans les Pécheurs , ainsi que dans Philémon et Baucis. Lors de sa mort , Ewald avait considérablement avancé un nouvel Hamlet, dans lequel il essayait d'imiter l'audace et l'énergie de Shakspeare , en s'assujettissant à un plan plus régulier. Dans tous les ouvrages dramatiques de cet auteur , on peut reprendre quelques fautes de composition et d'ordonnance ; les caractères ne sont pas toujours bien soutenus ni bien développés ; mais le langage des passions s'y fait entendre avec une grande force ; le plus beau coloris poétique orne les tirades descriptives , et les choeurs respirent l'élévation de l'ancienne tragédie. Éwald avait été admirateur passionné de Corneille ; et c'est dommage que les conseils de Klopstock l'aient détourné de l'étude du théâtre français. Outre ses odes ou chants lyriques , Ewald a donné des élégies trèsestimées : celle qui est intitulée l'Espérance et le souvenir peut être comparée à ce que les modernes ont de plus beau dans ce genre. Satirique , mordant , quand il le voulait , il n'a jamais souillé sa plume par un écrit immoral ; victime de la violence de ses passions et de la vivacité de ses sens , il a toujours chanté de préférence la religion , la vertu et la patrie. Les morceaux prosaïques de cet auteur , pleins d'une philosophie élevée , ont beaucoup contribué à fixer le style noble de la poésie danoise , style généralement négligé par le Molière du Nord , le fécond Holberg, dont le théâtre a précédé celui d'Éwald. Ce poete avait été chargé par le comte Bernstorff de faire un voyage en Écosse pour rassembler tous les pemes attribués à Ossian ; mais ses infirmités empèchèrent l'exécution de ce projet. Il ne reçut que de trèsmodiques bienfaits de la cour ; et même , après avoir acquis de la gloire , il se vit obligé de faire , pour de l'argent, des épithalames et des chants funèbres. L'enthousiasme de ses amis et l'admiration du public ne purent lui assurer un sort plus heureux , que lorsque , déjà frappé de mort , il était enchaîné sur le lit de la douleur. Il existe une trèsbelle édition de ses OEuvres complètes, en 4 volumes Copenhague, 1781-91
  • Jean EZENKANTSI : surnommé encore Be/ ou.: et D. ordzoretsi, fameux vertahied arménien, lissait au commencement du 1 te siècle. Il naquit dans la ville d'Ézenka ou Arzendjan , et fit ses premières études dans un monastère situé sur le mont Sebouh près d'Arzroum. Il professa ensuite la grammaire et l'éloquence dans le célèbre monastère de Dzordzor, dans la province d'Ardaz. En 1281 , le patriarche de Cilicie, Jacques [er, le fit chef de l'école établie dans la ville où il résidait, et le roi Léon Il lui accorda de grandes distinctions à sa cour. En 1507 il assista , en qualité de docteur de l'Église, à un grand concile tenu à Adana en Cilicie. Il mourut vers l'an 1323, laissant les ouvrages suivants : 1. Grammaire arménienne; qui est regardée jusqu'à présent comme un des meilleurs ouvrages écrits par les Arméniens sur cette matière : il en existe un exemplaire manuscrit à la bibliothèque de Paris; 2. Traité des mouvements des corps célestes, en prose et en vers, imprimé à la NouvelleNakhtchevan, sur les bords du Don , 1792 , ; 5. Commentaire sur St- Ma- At- thieu ; 40 un recueil (le Poésies sur divers sujets religieux et profanes : il en existe plusieurs morceaux à la bibliothèque impériale; 5° Traité de morale; 6° un grand nombre (le sermons et d'homélies
  • Jean FABER ou FABRE ou LE FÈVRE : célèbre jurisconsulte , né dans le diocèse d'Angottlème , tlorissait au 1 V siècle , sous le règne de Philippe VI. Dans la souscription de son Commentaire sur les Institutes de Justinien , dont on parlera ciaprès , il est nominé Joan. Runcinus , ce qui confirme l'opinion de ceux qui lui donnent pour patrie le village de Roussines , dans l'Angoumois. On croit qu'il remplit l'office de juge à la Rochefoucauld, et plusieurs prétendent qu'il fut élevé à la dignité de chancelier de France, mais ce fait n'est pas certain. II mourut à Angoulême, en 1310, et fut enterré dans le elottre des Dominicains de cette ville, où on lisait son épitaphe. Dumoulin parle de Faber dans les termes les plus flatteurs ; il remarque que ce jurisconsulte a précédé Barthole et Bahle , et que les Italiens euxintimes ont rendu justice à son mérite. Personne de son temps n'était plus versé dans le droit romain, et Dumoulin le cite souvent à l'appui de ses décisions. Bretonnier trouve dans ses ouvrages les pures maximes de la jurisprudence française. Le Commentaire de Falier sur les Institutes fut imprimé à Venise , 488 avec des corrections (le Pierre Albignan , jurisconsulte de Troie. Barbier en cite une autre édition de Lyon, 1593 avec des suppléments d'Area Baudoza. On attribue encore à Faber Rreciarium in Codircm , Paris , 1515, et Lyon, 1591 Progymnas- ? ata ex utroque jure, Louvain , 59 mais ce dernier ouvrage parait plutôt appartenir à un autre Jean Faber, jurisconsulte , surnommé O? itlius, parce qu'il était né à Omal , près de Liège , et mort en 1622 , à 82 ans
  • Jean FABER( 1470 - 1541) : religieux dominicain, surnommé Halleus hœretieocum, on le Marteau des hérétiques, du titre d'un de ses ouvrages, naquit vers 1170 , à Leuckerehen , en Souabe. Il annonça dès son enfance d'heureuses dispositions pour les sciences, et fit de lionnes études dans les différentes universités d'Allemagne. [d'évêque de Constance le nomma , en 1519, l'un de ses vicaires généraux ; l'empereur Ferdinand le choisit ensuite pour son confesseur, et lui donna , en 1551, l'évêché , religieux dominicain , né à Fribourg en Suisse , acquit une assez grande célébrité par ses talen8 pour la chaire. 11 était lié d'une étroite amitié avec Erasme , et il prit sa défense dans plusieurs occasions contre les théologiens catholiques; mais étant venu à Rome dans le dessein de solliciter quelques bénéfices, il rompit avec Erasme, et se rangea même du côté de ses ennemis, pour faire sa cour aux prélats, dont il recherchait la protection. Faber était bon théologien et il eut le titre de prédicateur de Maximilien 1er et de CharlesQuint. Il est auteur d'une Oraison funèbre de Maximilien, faussement attribuée par quelques biographes à Jean Faber, dont l'article suit. Il mourut à Rome , en 1530, dans un àge peu avancé. — FABER , religieux du mène ordre que les précédents, né à llailbron , vers 1500, fut reçu docteur en théologie à Cologne , et mourut vers 1570. Il a publié un grand nombre d'ouvrages , parmi lesquels on citera seulement les suivants : 10 Libelles quodfides esse possit sine charitate , Augsbourg , 15i8, livret singulier , mais qui n'est cependant pas recherché; 20 Enchiridion bibliorum , ibid., 1549 ; Cologne , 1568 3° Fructus quibus dignoscuntur hœretici , Augsbourg Cet ouvrage renferme des particularités curieuses sur Luther et ses premiers disciples ; 4° Testimonium Scripturoe et Patrum B. Petrum apostolum Ronce fuisse , An- vers , 1553 ; 50 De la messe et de la présence réelle de Jésus- Christ dans le sacrement de l'eucharistie. C'est , de tous les ouvrages de Faber, celui qui eut le plus de succès; il le publia en allemand en1555. Suri us le traduisit en latin, Cologne, 1556, et Nie. Chesneau en français , 1564
  • Jean FABER( 1570 - 1640) : anatomiste et botaniste , né, vers 1570, à Bamberg, dans la Franconie , étudia les éléments de la médecine dans quelquesunes des universités d'Allemagne , et passa jeune en Italie pour y perfectionner ses talents sous la direction des mattres les plus célèbres. Il reçut de César Césalpin des leçons de botanique, et se livra dans le méme temps à l'anatomie avec un zèle infatigable. Il nous apprend luiméme qu'il fit un trèsgrand nombre de dissections avec Ange Colli, médecin de Sienne, qui jouissait alors de la réputation d'un habile praticien. Ayant reçu le laurier doctoral à la faculté de Rome, il fut peu de temps après pourvu d'une chaire de médecine à l'Académie romaine, et, sans renoncer à sa clientèle déjà F considérable , sut encore trouver le loisir de cultiver les diverses branches , et mérita bientôt l'amitié de ses nouveaux confrères , entre autres de l'illustre Galilée et de Fabio Columna , qui lui adressa une lettre sur la civette . Il comptait en outre au nombre de ses amis le jésuite Clavius, son comPatriote , dont le nom se rattache à la réforme du calendrier, et Scioppius, moins connu maintenant par ses nombreux ouvrages que par son inconcevable vanité et par ses disputes continuelles avec les savants, qui mettaient en doute son érudition. Scioppius avait pris avec Orsini l'engagement de joindre un Commentaire à son recueil de portraits d'hommes illustres de l'antiquité ; mais d'autres occupations ne lui permettant pas de remplir sa promesse , il finit par en charger Faber, qui , peu versé , comme il en convient luinième , dans l'archéologie , ne put s'acquitter de cette tache qu'avec l'aide des notes laissées par Orsini et de celles que Scioppius s'empressa de mettre à sa disposition. La nouvelle édition . Chargé par le pape Paul V d'aller à Naples recueillir des plantes rares dont ce pontife voulait enrichir les jardins du Vatican , Faber profita de cette circonstance pour visiter le musée de l'Imperato, et pour faire quelques observations sur les argopyles. En fondant l'Académie des lyncei , le prince Cesi s'était particulièrement proposé de favoriser la publication de l'ouvrage composé par Recchi sur l'histoire naturelle du Mexique, d'après les manuscrits laissés par Fr. Hernandès , médecin du roi d'Espagne Philippe 11. Aucun * d'un veau à deux tètes, dont il avait fait luimème la dissection , à Rome, devant une assemblée aussi nombreuse que brillante ; des observations sur l'accouchement césarien et sur l'incubation de la poule. On y trouve encore une bonne description des organes digestifs des ruminants, que Peyer a reproduite, diton , en partie dans sa Merycologia. C'est également dans le prétendu commentaire sur l'ouvrage d'Ilernandès que Faber a le premier attaqué le principe, admis par les anciens, que certains animalcules sont le produit de la corruption ; qu'il prouve , contre l'opinion d'Aristote , que le loup a les vertèbres du cou mobiles ; qu'il examine si le lièvre est androgyne ; et qu'enfin il relève , avec une amertume irnjjours déplacée, et quelquefois avec une ironie plus blàmable encore, les erreurs échappées au bon et savant Mathiole sur les noms ou les propriétés de certaines plantes. Faber, honoré du titre de botaniste du pape Urbain VIII , ne pouvait manquer d'obtenir une place dans les Ailes urbanoe de Léon Allacci. Plus de vingt ans auparavant , JulesCésar Capaccio l'avait déjà comblé de louanges dans ses illustrium rirorum Naples, 1608 Enfin , il figure avec distinction dans les diverses histoires de l'académie des lyncei. On croit qu'il mourut à Rome vers 1640, dans un àge trèsavancé
  • Jean FABRE( 1300 - 1442) : né à Tarascon , en Provence , au 14e siècle , entra dans l'ordre des Carmes, et prit l'habit à Avignon en 1390. Aux vertus de son état, dont il remplit les devoirs avec exactitude, il joignait des talents rares, surtout pour la prédication. Il se livra aux travaux de la chaire et prêcha avec succès dans les diverses églises de Provence. Envoyé à Rome pour les affaires de son ordre , il se fit connaitre de Martin V, qui, appréciant son mérite, l'employa en différentes occasions , et le récompensa ensuite en lui donnant l'archevêché de Cagliari, capitale de la Sardaigne. Fabre y resta dixsept ans , gouvernant son diocèse avec sagesse. Ayant alors été nommé patriarche de Césarée, il se démit de son archevêché et survécut peu à cette démission. 11 mourut vers l'an 1442. On a de Fabre : Homilioe scene , 2 vol. Ce sont des discours dans le goùt du temps. lis sont surchargés de citations; et un grand étalage d'érudition , souvent employé mal à propos , y tient lieu d'éloquence. Il a aussi laissé quelques sermons où se retrouvent les mêmes défauts
  • Jean FABRE( 1727) : issu d'une famille honnête de commerçants qui professaient la religion protestante, naquit à Nîmes le 18 août 1727. 11 a rendu sa mémoire recommandable par un trait de piété filiale dont le souvenir mérite d'être conservé. Le lez' janvier 1756 il avait accompagné son père au désert; c'est ainsi qu'on désignait les lieux écartés où , depuis la révocation de l'édit de Nantes, les réformés étaient réduits à cacher l'exercice dé leur culte. Un détachement de troupes fond sur l'assemblée. Fabre le fils, comme tous ceux qui étaient en état de s'éloigner, chercha son salut dans la fuite; il y allait des galères à se laisser prendre; mais voyant son malheureux père tombé dans les mains des soldats, il revient sur ses pas, se précipite au milieu d'eux, embrasse les genoux de leur chef, demande comme un bienfait à prendre la place de l'auteur de ses jours, et, malgré la résistance de l'infortuné vieillard, obtient, à force de sollicitations et . Il croyait le héros de cette aventure mort, et n'avait sur cet événement que des notions imparfaites. Le désir qu'il manifesta , apprit son existence, d'a- voir sur son compte des renseignements plus exacts, donna lieu à la lettre qui se trouve à la tète de l'édition de sa pièce de 1767. Elle fut d'abord jouée chez la duchesse de Villeroi, et l'a été depuis sur tous les théâtres de l'Europe. Quoique assez médiocre sous le rapport de l'art, cet ouvrage produisit une vive sensation à la première représentation , et excita un enthousiasme dont les effets furent malheureusement arrêtés par l'incurable malveillance du comte de StFlorentin. Il empêcha le succès d'une souscription de 100,000 francs proposée en faveur de Fabre, pour le dédommager de ses pertes. La duchesse de Grammont voulut y suppléer par les grâces dont son frère, le duc de Choiseul , disposait seul. Elle fit en conséquence adresser par ce ministre à ' Fabre une invitation pressante de se rendre à Paris; mais , le surlendemain de son arrivée, éclata la disgrâce de son illustre protecteur. Cet événement ruina le crédit de presque tous ses autres appuis; et malgré les soins de Trudaine, dont le zèle ne se ralentit pas , il ne tira aucun fruit d'un voyage entrepris sous les plus favorables auspices. De retour à Canges, où il avait fixé son domicile depuis son mariage, il ne chercha plus que dans sa propre industrie les moyens de subvenir aux besoins de sa famille; il rassembla ses débris, reprit le commerce, et cultiva en paix un petit bien qui lui restait. Vingtcinq ans après, ayant perdu sa femme, et sentant se multiplier les infirmités de la vieillesse , il alla se réunir à son fils aîné, établi depuis quelques années à Cette. Il mourut dans cette ville le 31 mai 1797
  • Jean FLODERUS : professeur de langue grecque à l'université d'Upsal , mort vers la fin du dernier siècle. Il joignait à une vaste érudition une critique très-éclairée. On a de lui plusieurs discours latins prononcés à l'université d'Upsal , des dissertations latines , entre lesquelles se dist celles qui roulent sur les passages difficiles d'Homère, et une édition des Dialogues de Lucien, à l'usage des étudiants d'Upsal
  • Jean FOLCHER( 1600 - 1729) : théologien , né à Calmar en Suède, vers la fin du 17. siècle. Après avoir fait ses études à Upsal et à Giessen, il devint professeur de théologie à Calmar, d'où il passa dans la méme qualité à Pernau en Livonie. S'étant déclaré pour les dogmes des piétistes, il fut dénoncé par un de ses collègues comme hérétique; et lorsqu'il se fut rendu iiStockholni pour échapper aux Eusses qui avaient occupé la Livonie , il éprouva de la part des théologiens suédois une telle animosité, qu'il fut obligé de se réfugier en Scanie. La cour le prit en vain sous sa protection , et il mourut en 1729 dans l'exil auquel l'avait condamné une assemblée d'évéques. On a de lui quelques dissertations latines et plusieurs ouvrages polémiques contre ses antagonistes, Ctu.
  • Jean FEU( 1477) : né à Orléans en 1477 , fut un des professeurs érudits qui-, dès le commencement du 16" siècle , donnèrent à l'université d'Orléans la plus éclatante réputation. Par son mérite autant que par la protection de son compatriote, le secrétaire d'État Claude de l'Aubespine , dont il avait épousé la tante , Jean Feu obtint de Fran-çois ler en 1518 , la sénatorerie de Milan , et depuis, la charge de second président au parlement de Rouen. Sous ce titre il assista au lit de justice du 16 décembre 15'27. Il fut un des juges de l'amiral Chabot , quand l'arrêt du 23 mai 1541 proclama son innocence. Jean Feu mourut le 17 novembre 1549. Son nom donna lieu à cette épitaphe : Heu 1 einis et hodie qui fuit ignis lien. Les vers d'Étienne Pasquier , l'épitaphe de Marchand et les éloges de Charles d'Argentré , son disciple , font plus d'honneur à Jean Feu que ses ouvrages , dont les différents traités réunis en un On voit quelquesuns de ses ouvrages au Musée du Louvre, entre autres ceux qui représentent le < i> Mariage de Ste- Catherine ci la < i> Méditation sur le néant des vanités humaines. seul corps , sous le titre de < i> Joannis Ignei opera, furent imprimés à Lyon en 1509 , 3 vol. la seconde édition , sous le moine format et de la méme ville , porte la date de 1607
  • Jean FICHARD( 1512 - 1581) : jurisconsulte , naquit en 1512 à FrancfortsurleMein. Après avoir achevé ses humanités il se rendit à Fribourg en Brisgau , il suivit les leçons du célèbre Zasius et fut reçu — u Il est certain que les ‘‘ philosophes les plus incrédules et les plus subtils ne peuvent n'étre pas embarrassés des phénomènes qui regardent la sûr-. cellerie. Excurslts liter. Relaxione d'alcuni viagyi, édit. 2, t. 2. docteur en droit à l'àge de dixneuf ans. Il obtint ensuite une charge d'avocat près la chambre impériale de Spire, et la remplit pendant plusieurs années avec beaucoup de distinction. Le désir d'accroître ses connaissances le détermina à entreprendre le voyage d'Italie. 11 en parcourut les principales villes, et s'arrèta un an entier à Padoue pour entendre les professeurs de l'université. De retour à Francfort , il en fut nominé syndic , et s'acquitta de cet emploi avec tant de soin et d'habileté, qu'on lui accorda un traitement double de celui de ses prédécesseurs. Il travailla , dit Telssier , à la rédaction des coutumes de Francfort avec tant de succès, que cette ville ne lui est pas moins redevable qu'Athènes l'était à Solon, Lacédémone à Lycurgue et Rome aux décemvirs. Cet éloge est sans doute trèsexagéré ; niais il peut servir à faire connaître la haute opinion que l'on conservait de Fichard plus d'un siècle après lui. Il mourut le 7 juin 1581. On a de lui : 10 Onomas- ticon philosopho- inedicum synonymuin et alternai pro vocabulis Paracelsi , Bàle , 1574 C'est un dictionnaire d'alchimie. 2. Vite recentiorum ju- risconsultorum qui post recuperatam Romani juris- prudentiam eamdem et doeendo et scribendo professi vint ad h« usque tempora , Btlle , 1557 de 40 pages, Ire édition, trèsrare ; Padoue, 1565 l'une des éditions les plus estimées. Il en existe de plus récentes. L'ouvrage de Fichard fait suite à celui de Bernardin Rutilius , avec lequel on l'a imprimé quelquefois, et Marc Mantua Benavidi en a donné la continuation. Cet ouvrage a été inséré dans le Tractatus tractatuum universi juris , t. ler, et Christ. Goder. Hoffmann l'a placé à la suite du traité de Pancirole , De claris legum interpretibus , Leipsick, 1721 30 Tractatus cautelarunz , Francfort, 1572 Lyon , 1577 et 1582 ; 4° Exegesis titulorum Institutionum, Bàle ; Firmin?, qui superiore nostroque seculo eruditione et doctrind illustres fue- runt, vite a variis scripte et in unum collecta Francfort, 1556, trèsrare ; on y trouve la vie de dixhuit savants, depuis Pétrarque jusqu'à Thomas Morus. 6° Consilia : c'est un recueil de consultations, Francfort, 1590, 2 vol. ; id., Darmstadt, 1677 , 3 vol. avec une préface de Jo. Stranch, qui y a joint la traduction latine des consultations allemandes qui forment le 2e volume, et une Vie de l'auteur, par II.P. Herdesianus. C'est par erreur que Struvius , bicher et d'autres bibliographes attribuent à Fichard la traduction allemande de la Démonomonie de J. Bodin et l'édition de 1620 du Maliens maleficarum ; ces deux travaux appartiennent au docteur J. Fischart, surnommé Mentzer . On trouve une notice sur J. Fichard , avec son portrait , dans le Deutsche Mer- curius de 1776, 2° part
  • Jean FIÉVÉE : fut, parmi nous, un des plus fidèles représentants du siècle de Voltaire et de Diderot. Il avait l'esprit de ses maîtres ; il en avait l'ironie et l'accent, pour ainsi dire. Un jour, qu'il était lancé dans les fêtes éloquentes du paradoxe, il écrivit pour le Journal des Débats un excellent morceau sur d'Alembert, dont voici la première phrase : a Je n'ai jamais lu M. d'Alembert; » ce qui était vrai; mais si grande était l'habileté de son coup d'oeil, et si prompte son aptitude à tirer, par l'analogie et par sa connaissance de l'Encyclopédie et de ses démons, les conséquences de toutes leurs oeuvres, qu'une parole, un mot, un rien lui servait à trouver tout de suite une foule de commentaires trèsingénieux et trèspiquants sur les hommes et sur les choses de ce siècle des batailles et des bouleversemees. Ainsi, toute sa vie il a tiré de_son ignorance même un plus grand parti que tant d'autres de leurs plus profondes et plus certaines connaissances. Comme il ne savait rien et qu'il ne voulai t rien apprendre, il était obligé de tout deviner et il devinait à merveille; et voilà comme il fit, ce. jourlà, un trèsbon chapitre sur M. d'Alembert, justement a parce qu'il n'avait « jamais lu M. d'Alembert. » Fiévée est né à Paris le 10 avril 1767, le jour même où parut l'Homme aux quarante écus de Voltaire, en pleine bataille des économistes. Les uns disaient : Imposez la terre, et les autres disaient : Imposez la consommation... Le bon roi Louis XV les mit d'accord en imposant la terre et la consommation. Ces deux partis d'économistes, Voltaire un les mit d'accord en les faisant rire : a Chacun a de vous, » leur disaitil, a a droit à quarante a écus de rente; vous avez donc un moyen bien simple de vous enrichir : faites des enfants et , le journal était un apologue : a Le chène un jour dit au roseau ! » Seulement c'était le roseau qui parlait au chène , au pied du chène , et le chène ne lui répondait pas. Cependant le premier consul , dans les lettres que Fiévée écrivait de l'Angleterre, avait apprécié tant de sage et voyante sagacité d'un esprit trèsfin , trèsnet , et qui possédait les rares qualités de la sensitive. Ainsi , mois après la paix d'Amiens , Fiévée avait deviné que c'était là une paix d'un jour, et que la guerre était imminente. — Cet hommelà, par ses vi- « sions, trouble la paix du monde, » disait Fouché au premier consul. — Cet hommelà en sait plus e long que Fouché, » pensait le premier consul ; et quand Fiévée eut quitté l'Angleterre , il exigea que son correspondant de Londres devint son correspondant de Paris : e Avant tout, soyez vrai, mot:- est relative à un journal intitulé le Bul- letin de Paris, auquel s'intéressait le premier consul. Fiévée, et l'expérience a confirmé son observation, répond au premier consul que les journaux quasiofficiels qui se publient à l'ombre du gouvernement, ne valent pas le papier qu'on y dépense. A coup sûr le gouvernement a le droit de maintenir publiquement ses doctrines; mais le lecteur a le droit de ne pas vouloir que le gouvernement pèse, à chaque instant, sur ses croyances particulières. Ceci est relative aux royalistes; Fiévée les divise en deux classes : les royalistes (l'opinion, les royalistes d'intérêt. Les « royalistes d'opinion sont des gens que l'on ne « trompe pas avec des mots! » — « Il y a aussi, » ditil , des républicains d'opinion et des répit-« blicains d'intérêt. » Entre ces quatre divisions, le moyen d'arriver à l'unité, c'est de créer l'unité dans le gouvernement, « unité dans le code civil, « unité dans le code criminel. » Le conseil était bon, il fut suivi. — Et toujours ainsi, à propos (le tout, à propos de rien , Fiévée est consulté et répond par un bon conseil. Voici, par exemple, une danseuse, une demoiselle qui meurt en couches, et les comédiens, qui depuis le concordat attendaient une occasion de lutter contre l'Église, veulent porter leur camarade à StRoch ; aussitôt le curé ferme ses portes, une espèce d'émeute s'organise , et Fiévée, à qui l'on demande si le curé de StRoch a le droit de fermer les portes de son église, répond qu'il n'en sait rien; mais que cette interdiction ne doit pas inquiéter le gouver- nement : a car, » ditil, « il ne faut jamais que « la religion soit considérée comme un moyen politique; elle est avant tout un pouvoir ; d'ail- « leurs ce n'est pas l'Église, c'est l'état civil qui enterre aujourd'hui ; rien donc ne forçait MM. les « comédiens de présenter leur camarade à St- « Roch. » Ceci dit, Fiévée ajoute , avec ce rare bon sens qui ne l'abandonne jamais : « Lorsque « tant de mères de famille meurent en silence et « pieusement , il est indécent qu'une tille qui a meurt en couches, après avoir vécu publique- « ment avec un homme marié, prétende, en ses « pompes funèbres, aux distinctions et aux respects que l'usage et la reconnaissance publique accordent aux honnêtes femmes et aux hommes honorables. » Quoi de plus? Les honneurs accor- dés aux morts sont une leçon pour les vivants! Fiévée ajoute , et c'est un beau trait pour finir, surtout lorsqu'il s'adresse à ce premier consul que l'on disait l'ami de Talma : « Pline assure « qu'après une république rien n'est plus difficile a à gouverner qu'une troupe de comédiens; » et Tacite , en parlant d'un comédien : « Il avait ap- a pris, » disaitil , « dans son métier d'histrion, « comment on devient un factieux ! » Par ces passages de la Correspondance on peut juger du ton excellent et sage que Fiévée avait su prendre et qu'il a gardé jusqu'à la fin. Quiconque aura hien lu ce livre ingénieux, qui répond à tant de questions si nombreuses et si difficiles, se sera mis au courant des principales préoccupations du premier consul. Aujourd'hui il relève, en passant par la plaine d'Ivry, la pyramide abattue, et son Correspondant le félicite du respect dont il entoure la mémoire de Henri le Grand. Le lendemain , il s'inquiète et demande quelles doctrines sont les plus dangereuses à sa puissance?On lui répond : Les mêmes doctrines qui ont renversé la royauté seront à coup sûr l'obstacle à toute espèce d'autorité à venir. Cette réponse était une prophétie. a Et ma « tenant que tout marche à l'unité du gouverne-« ment, » ajoutait Fiévée, a il faut prendre garde a à la noblesse. Il n'y avait plus de noblesse un peu « avant 1789. Elle se sentait vaincue et dépassée; C' elle avait perdu l'esprit de son origine ; elle avait a adopté les systèmes les plus opposés à la monara chie ; en un mot, l'égal i té dominait tous ces noms, « jadis si glorieux et si fiers... Mais à l'heure où la « France entière se réveille, à l'heure où les hm-« mes nouveaux s'emparent de tous les sentiers, « gardant pour eux et pour eux seuls, l'argent, la a puissance , la force, l'action, l'autorité ; les nobles, « au lieu de se rallier, se tiendront à l'écart du gon- « vernement , position dangereuse non par la force « meme de la noblesse, mais par la force de l'opi-
  • Jean FIELD( 1782 - 1837) : célèbre pianiste irlandais, né à Dublin en 1782 , étudia l'art où il devait s'élever si haut dès ses plus jeunes années sous la direc- tion de son père , mais devint bientôt l'élève de Muzio Clementi , établi alors à Londres. Celuici, fier d'un élève aussi habile , ne se contenta pas de le produire en public , mais l'emmena avec lui à Paris en 1798. Lorsque, en 1802, Clementi entreprit son grand voyage artistique en France, en Allemagne et plus tard en Russie , Field accompagna partout son maitre , et chacun de ses pas fut marqué par les plus grands succès. La Russie l'accapara bientôt empiétement , et en 1822 il s'éta- blit à Moscou , où ses concerts et encore plus ses leçons excitèrent le plus vif enthousiasme et jouirent d'une vogue incomparable. En 183e, il entreprit de nouveau une grande tournée artistique et parcourut successivement l'Angleterre et la France, qui l'avaient cent fois applaudi à ses brillants débuts, et , cette patrie d'adoption que visitent tous les artistes ; une maladie le retint assez longtemps à Naples, et ce ne fut qu'en 1835 qu'il retourna avec une famille russe à Moscou, où il mourut le 11 janvier 1837. Bon instrumentiste et doué d'une grande habileté comme exécutant , Field recherchait bien moins à montrer son talent sous ce côté qu'à réaliser par son interprétation l'idéal de la plus touchante mélodie. Ses compositions peu nombreuses, et en général trèsdifficiles , brillent moins par la profondeur et l'harmonie que par la noblesse du chant. Celtes qu'il appela Nocturnes établirent un nouveau genre de musique de salon qui régna sans contestation jusqu'à l'apparition des Chants sans paroles de Mendelsohn
  • Jean FILESAC : docteur de Sorbonne et curé de StJeanenGrève, né à Paris, y fit ses études dans l'université et y fut reçu maitre ès arts en 1571. Après avoir enseigné pendant six ans les humanités au collége de la Marelle, il passa à une chaire de dialectique et se fit une réputation dans ces deux emplois. Il fut nommé, le 22 avril 1585, procureur de la nation de France et élu recteur le 24 mars 1586. En 1590 , il prit le bonnet de docteur et fut un des principaux ornements de la faculté de théologie, dans les délibérations de laquelle il obtint une grande influence et dont il présida longtemps les assemblées en qualité de doyen. Les écrits du temps et les registres de l'université louent son savoir, sa fermeté et sa droiture. L'auteur de la vie d'Edmond Bicher lui reproche néanmoins d'être entré dans la ligue de Duval contre ce docteur, que d'ailleurs il esti- mait et qu'il convenait avoir rendu de grands services à l'Église et à l'État depuis qu'il était syndic de la faculté. Si l'on en croit cet auteur, le nonce du pape et l'évèque de Paris , voulaient faire Ôter le syndicat à nicher, dont le livre De la puissance ecclé- siastique et politique avait 'déplu à Home, et qui opposait une courageuse résistance aux efforts des partisans de cette cour pour établir les opinions contraires. On jeta les yeux sur Filesac, homme bien famé, pour succéder à ficher. D'abord il refusa. On lui laissa entrevoir l'évéché d'Autun pour prix de sa complaisance, et il eut la faiblesse de se laisser ébranler. nicher fut déposé du syndicat le ler septembre 161'2, et Filesac élu à sa place. Au reste, il ne tarda pas à s'apercevoir qu'on l'avait trompé. Il regretta d'avoir cédé à un mouvement d'ambition , et il répara de son mieux l'injustice qu'on lui avait fait partager . Filesac vécut encore longtemps, continua de jouir d'une grande estime dans sa compagnie, et en mourut doyen le 2 juin 1658 , dans un tige fort avancé. Il avait de l'érudition, mais mal digérée. Il a écrit sur toute sorte de sujets , passant brusquement du sacré au profane, sans trop de liaison. Ses livres sont pleins de citations, mais il n'y a ni ordre ni méthode. De fréquentes digressions y font perdre de vue le sujet principal. Il y a pourtant des choses curieuses c'est une mine qui ne laisse pas que d'être riche, mais trèspénible à exploiter. Ses ouvrages sont 1^ De l'autorité sacrée des éréques ; 9. 0 Traité du Ca- rème ; 5" De l'origine des paroisses 4" De la confes- sion auriculaire ; 5. De l'idoldtrie et du sacrilége 6" De l'ancienneté de l'origine de la Faculté de théolo. gie de Paris et de ses anciens statuts, traité curieux et savant : Filesac rapporte à l'an 1300 l'époque de ces premiers statuts, longtemps après la fondation de l'université. Il passait pour trèsversé dans les antiquités de ce corps savant. Tous ces ouvrages ont été réunis sous ce titre : Opera varia, Paris, 1614, 2 vol et Opera selecta, ibid., 1621 Ce recueil est recherché
  • Jean FILLEAU( 1600) : (l'abord avocat à Poitiers, ensuite conseiller et avocat du roi , chevalier de l'ordre de StMichel , issu d'une famille d'Orléans distinguée dans la magistrature et qui sortit de cette ville vers 1569. , lorsque le calvinisme y prévalait, pour cause de son attachement à la religion catholique , naquit à Poitiers en 1600. Il est surtout devenu célèbre par sa Relation juridique de ce qui s'est passé à Poitiers touchant la nouvelle doctrine des jansénistes , ouvrage imprimé à Poitiers en 1651 et, y estil dit, par le commandement de la reine. C'est dans le 2. chapitre de cette relation que se trouve la fameuse anecdote du projet de Bourgfontaine, dont deux partis opposés parlent si diversement, l'un la regardant comme une fable calomnieuse , l'autre comme un projet réel dont on n'a pas cessé de poursuivre l'exécution. Selon Filleau, un ecclésiastique de mérite passant par Poitiers et y ayant entendu parler de son zèle pour la bonne doctrine, s'adressa à lui en sa qualité d'avocat du roi et lui déclara qu'il avait , en 1621, assisté à Bourgfontaine, chartreuse près de VillersCotterets, à une assemblée composée de six personnes outre lui , dont une seule dans le moment était survivante , mais toutes attachées à la nouvelle doctrine , et que dans cette conférence il ne s'était agi de rien moins que de renverser la religion chrétienne pour établir le déisme sur ses débris. L'ecclésiastique ajouta qu'ayant paru aux membres de l'assemblée qu'il y aurait trop de danger et trop peu d'espoir de succès si on attaquait la religion de front, il avait été convenu qu'on commencerait par décréditer les deux sacrements les plus fréquentés par les adultes, savoir l'eucharistie et la pénitence. Filleau , par discrétion, disent ses partisans , ne déclara point le nom de l'ecclésiastique et ne désigna les six personnages que par des lettres initiales. Depuis on a nommé l'abbé de StCyran ; Jansénius , évêque (l'Ypres; Philippe Cospean , évêque (le Nantes et ensuite de Lisieux; Pierre Camus, évêque de Belley; Arnauld d'Andilly, et Simon Vigor, conseiller au parlement. Pascal dans sa 16. Provinciale re- poussa avec force cette odieuse imputation , et le récit de Filleau passa assez généralement pour une fable. Cependant, environ un siècle après, le p. Sauvage, jésuite lorrain, fit imprimer un ouvrage intitulé : Réalité du projet de Bourgfontaine démontrée par l'exécution , Paris,1755, vol. et dom Clément , bénédictin de la congrégation de StMaur, y répondit par un autre ouvrage aussi en 2 volumes ayant pour titre : la ré rité l'Innocence victorieuses de la calomnie , ou Huit lettres sur le projet de Bourentaine, 1758. Malheureusement, dans l'un et l'autre écrits, les bornes d'une défense honnête sont outrepassées. Le livre du P. Sauvage fut brùlé par arrêt du parlement du 21 février 1758. Les partisans de Filleau citent en sa faveur les grâces qu'il reçut de la cour, la protection spéciale d'Anne d'Autriche et la permission qu'il obtint de cette princesse de publier son livre par son commandement; ils veulent rnème faire voir dans les attaques auxquelles, depuis ce temps , la religion a été en butte , des tentatives suivies en exécution du projet. Ils excipent de l'honneur qu'on a fait au livre du P. Sauvage de le traduire en latin , en allemand, en flamand, et de la croyance accordée aux faits contenus dans la relation juridique chez les nations étrangères. On oppose de l'autre côté, Pipe défié par MM. de PortRoyal, n'a jamais osé nommer l'ecclésiastique dénonciateur; '2" que ce fut en1621 que se tint la prétendue assemblée, et que la relation juridique est de 165'4. Quelle foi, diton, peuton ajouter à la relation d'un fait passé trentecinq ans auparavant , tenu caché jusquelà, et dont on n'administre aucune preuve? 30 Pourquoi les personnes ne sontelles désignées que par des lettres initiales, et pourquoi dans une chose aussi grave celle qui survivait n'atelle été ni dénoncée ni poursuivie? 4" Le P. Sauvage prétend que cette personne était M. Arnauld d'Andilly. Quelle apparence de faire tremper dans un pareil projet un homme également estimé à la cour et à la ville pour ses vertus morales et religieuses? 5. Enfin , et c'est Pascal qui parle: Comment se « persuader que des prêtres qui ne prèchent que la grâce de JésusChrist, la pureté de l'Évangile ,‹ et les obligations du baptême , ont renoncé à leur baptême, à l'Évangile et à JésusChrist? » Ce qu'on peut dire de plus favorable pour Filleau, c'est qu'il a été trompé , ou que les personnages qui ont figuré dans le projet, si jamais il a existé, ne sont pas ceux à qui on l'a prêté. Filleau mourut à Poitiers en 1682. Ses autres ouvrages sont 1" les Arrdts notables du parlement de Paris , Paris, •651 , 2 vol. ; 2° les Preuves historiques de la Vie de Ste- Radegonde , tirées des historiens français, Poitiers , 16i3 30 Traité de l'université de Poitiers, ibid., 1644 etc. La famille Filleau subsiste encore à Poitiers
  • Jean FILLEAU DE LA CHAISE( 1630) : né à Poitiers vers l'an 1630, vint de bonne heure à Paris avec ses frères, et s'attacha comme eux à la duchesse de Longueville et au duc de Roanès. Il se fit connaître et estimer de Bossuet, de Huet, de Montausier, chargés de l'éducation du Dauphin ; et Sacy étant mort en 1684, ce fut à Filleau qu'on remit les pièces ramassées par Tillemont, relatives à StLouis , et qui servirent de matériaux pour son Histoire de St- Louis, divisée en 15 livres, 1688, ou 2 vol. L'empressement du public pour avoir cet ouvrage était tel , qu'on dit que le libraire fut , le premier jour de la mise en vente, obligé d'avoir des gardes à sa porte. Le succès de l'ou- vrage de Filleau inspira à l'abbé de Choisy l'idée de faire aussi une Vie de St- Louis . Le travail de Filleau a le mérite de l'exactitude et de l'érudition. Cet auteur mourut en 1693. On a encore de lui : Discours sur les Pensées de Pascal, 1672 ; 2. Discours sur les preuves des miracles de Moïse , imprimé à la suite des Pensées de Pascal, 1672 D'Olivet et quelques autres ont tort d'attribuer à Philippe Goibeau Dubois ces deux opuscules, qui ont été réimprimés dans plusieurs éditions des Pensées de Pascal. FILLEAU DE SAINTMARTIN , frère cadet de Filleau de la Chaise , l'accompagna à Paris. Du reste, il a pris tellement soin de cacher sa vie, que tout ce qu'on sait de lui , c'est qu'il mourut vers 1695. On a de lui une traduction du chefd'œuvre de Cervantes, imprimée sous ce titre : Histoire de l'admirable don Qui- chotte de la Manche , 1677 , 4 vol. ; 1679, 4 vol.; 1695, 5 vol. ; 1713, 1722, 6 vol. On ne croit pas que StMartin ait traduit les tomes 5 et 6. Grégoire Challes a réclamé la traduction du 7». Cette traduction , quoique médiocre , se lit encoée malgré l'abrégé de Florian et malgré la traduction complète de M. Bouchon Dubournial . FILLEAU DES BILLETTES , frère cadet des deux précédents , na- quit à Poitiers en 1634, suivit ses frères à Paris, fut membre de l'Académie des sciences en 1699, et mourut le 15 mit 1720. Il a laissé des descrip- tions d'arts dans le recueil de l'Académie. On trouve son éloge parmi ceux qu'a composés Fon- tenelle
  • Jean FINLAY( 1782 - 1810) : écrivain écossais , né en 1782 à Glascow , avait acquis de trèsbonne heure une connaissance fort étendue de l'histoire et de la littérature ancienne de son pays, et il a montré un talent littéraire qui aurait pu lui faire un nom , s'il eût eu le temps de mûrir. 11 a publié, entre autres écrits, un recueil de ses poésies sous le titre de Wallace , OU le Vallon d'Iller: lie , et vers 1808 , en deux volumes des Ballades ,, cossaises historiques et romantiques, la plupart anciennes , avec des notes et un glossaire et précédées de Remarques sur l'état primitif de la com- position des romances en Écosse. Tout- ce qui lui appartient dans cet ouvrage prouve beaucoup d'esprit et d'érudition. Jean Finlay est mort le 8 décembre 1810 , à l'Age de 28 ans
  • Jean FISCHART( 1500) : fut un Le Mohakkem a pour auteur About Hasan Ali Ben Isma'il , surnommé EbnSeid , mort en 458 de l'hégire . ;mteur allemand doué d'un génie singulièrement facétieux et d'une fécondité inépuisable. Il parait qu'il naquit dans les premières années du 16e siècle, et qu'il mourut avant 1597. Il était docteur en droit, avocat de la chambre impériale de Wetzlar et bailli de Forbach , près de Saarbrück ; mais il est plus connu par ses nombreux écrits, dont quelquesuns sont des traductions, et la plupart du genre burlesque. Assez souvent l'esprit et la É gaieté de l'auteur ne consistent que dans la bizarrerie et la singularité des expressions, qui pourtant ne font pas toujours rire. Ses plaisanteries sont parfois un peu grossières : c'était le goût du siècle ; il a aussi un peu trop de penchant pour les jeux de mots et les équivoques. Son style est dur ; mais il compense ce défaut par l'énergie des mots qu'il crée , et auxquels il fait subir toutes sortes de métamorphoses. Aucun auteur n'a enfreint avec autant d'audace les lois et les règles de la langue allemande , et n'a joué plus librement et plus hardiment avec les facilités que lui donnait le génie de cet idiome. La bouffonnerie effrénée de son esprit lui a inspiré des mots si allongés, qu'il est impossible de les prononcer. On trouve dans beaucoup de passages une foule de traits du plus haut comique et d'une plaisanterie mordante; en un mot, les amateurs ne peuvent s'empècher d'admirer ses mots bizarrement forgés , ses inversions variées , son intarissable gaieté. 11 avait composé plus de trentesept ouvrages, la plupart d'un genre satirique. Tous n'ont pas été imprimés ; il y en a quelquesuns dirigés contre les moines et l'Église de Rome : un autre a le mème fond et à peu près le mème titre que la Prognostication pantagruéline de Rabelais. L'ouvrage de ces deux auteurs facétieux est, comme l'observe le Duchat , tiré d'une satire composée en allemand pais un auteur anonyme dans les premières années du 16e siècle. Fischart fit aussi une traduction libre dll ler livre de Rabelais, intitulé Gargantua. ‹, Encore n'estce pas tant, dit le Duchat, une traduction qu'une ingénieuse a paraphrase accommodée au goût allemand et au génie de cette langue. s L'auteur déguisa son nom sous la dénomination grecque d'ellopos- cleros , qui est la traduction de Fischart . 11 y a eu treize éditions de ce livee, et dans chacune le titre et le texte mème offrent des variations. Il est à peu près impossible de traduire ce litre en français, et l'on en peut dire autant de toutes les productions de Fischart. lin autre ouvrage offre une imitation du Catalogue des livres de la bibliothèque de StVictor, qui est dans Rabelais : celui de Fischart est beaucoup plus étendit
  • Jean FISCHERSTROEM : secrétaire de la Société patriotique de Stockholm et membre de l'Académie des sciences de cette ville. Quoique les sciences économiqueefussent l'objet de ses travaux, il ne négligeait point les belleslettres , et ses ouvrages, écrits d'un style agréable , ont contribué beaucoup à répandre en Suède les connaissances utiles. 11 avait entrepris un Dictionnaire économique, embrassant l'agriculture , les fabriques, le commerce ; mais il n'en publia que trois volumes. Cet important ouvrage a été continué par le célèbre naturaliste 01. Swartz et quelques autres. Peu avant sa mort, Fischerstroem donna, sous la forme de voyage , un Essai d'une description dît Akelar Stockholm , 1785 en suédois ; cet ouvrage se fait lire avec intérêt, parce qu'il est instructif et écrit avec esprit. On apprend à y connattre le grand lac Mélar, qui communique avec la mer, et /lui est le centre du commerce de plusieurs provinces
  • Jean FISHER( 1455) : évéque de Rochester', né à Beverley-, dans le comté d'York, en 1453 ou 1455 , fit ses études à Cambridge et y prit le bonnet de docteur ; c'est tout ce qu'on sait des premières années de sa vie. La comtesse de Richmond , Marguerite , mère de Henri VII , le choisit pour son confesseur. Il se servit du crédit qu'il avait sur l'esprit de cette princesse , non pour son avantage personnel , mais pour lui faire faire des établissements qui tournassent au profit de la religion et des lettres, qu'il aimait et qu'il avait cultivées. C'est à sa sollicitation que Marguerite fonda le collége de Christ, dans l'université de Cambridge, et qu'elle lit venir à grands frais les meilleurs professeurs en tout genre, pour y faire fleurir les lionnes études. Ces services et le mérite personnel de Fisher le firent élire chancelier de cette université. Henri VII , en 1504, le nomma évoque de Rochester : on lui offrit depuis des siéges beaucoup plus riches et plus brillants , mais il les refusa. Quelquesuns ont prétendu qu'il avait con- tribué à l'éducation de Henri VIII en qualité de son précepteur. Le biographe anglais n'en dit rien ; quoi qu'il en soit , il est certain que ce prince avait de l'affection pour lui ; mais elle se refroidit lorsqu'il le vit opposé à son divorce , et prenant avec chaleur le parti de Catherine d'Aragon ; il le lit d'abord condamner à la perte de ses biens et à l'emprisonnement durant le bon plaisir du roi, comme coupable de haute trahison , pour n'avoir pas révélé les prédictions de la sainte fille de Kent, dont il avait eu connaissance . Fisher ne recouvra sa liberté qu'en payant 500 livres sterling. Il ne montra pas moins de courage , et indisposa plus encore Henri en refusant de reconnaître sa suprématie spirituelle. Ce prince ne vit plus dans un évoque obéissant au cri de sa conscience et fidèle à la religion qu'un sujet rebelle. Il le fit arrèter en 1554 et mettre à la Tour. Watkins dit 1469. Il y fut traité cruellement malgré son grand itge: On le dépouilla de ses habits, on le revêtit de haillons qui couvraient à peine sa nudité. Mais quelque effort qu'on fit, on ne put ni lasser sa patience ni ébranler sa foi. 11 passa un an dans cette pénible et douloureuse situation. Paul III, instruit des rigueurs qu'on exerçait envers lui , voulut le dédommager par une marque éclatante d'estime, et le créa cardinal ; cette faveur ne fit qu'aggraver le sort de Fisher et hâter sa perte. Le roi défendit que le chapeau entrât dans ses États. Il ne s'en tint pas là : il envoya Thomas Cromwell dans la prison savoir de Fisher s'il l'accepterait ; il ne l'avait ni sollicité ni désiré , et telle était son indifférence pour les grandeurs humaines, dit Hume, que (c si ce chapeau eût été à terre , Fisher ne se fût pas baissé pour le ramasser. » Sa réponse néanmoins ayant été affirmative, sans doute par respect• pour le pape , Henri en fut violemment irrité. «Quoi ! ditil , il pousse jusquelà l'insolence! Eh bien ! que le pape le lui envoie. Mère ,‹ de Dieu ! il le mettra sur ses épaules, car je ne (, lui laisserai pas de tète pour le porter. » Le farouche Henri tint parole ; il fit faire le procès à Fisher. Ce vieillard vénérable , condamné au supplice des criminels de lèsemajesté le 17 juin 1535 P ar des juges vendus à la tyrannie, fut décapité le 22 du même mois. Une profonde connaissance de l'Écriture sainte et des Pères faisait de Fisher un théologien habile. Doué d'un esprit juste et d'un jugement solide , il défendit avec force la foi catholique et s'opposa autant qu'il le put à l' des doctrines nouvelles ; il passe à juste titre pour un des meilleurs controversistes de son temps. Érasme loue son intégrité , la pureté de ses mœurs, son profond savoir, la douceur de son caractère et son courage. Ses principaux ouvrages sont : 1. Un Traité contre la réponse de Luther au livre de Henri VIII sur les sacrements; 2. Cinq livres de la vérité du corps et du sang de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, contre OEcolampade ; 50 Réfutation du traité que Valérius avait composé pour prouver que St- Pierre n'était jamais venu à Rome ; 4 Discours contre les écrits de Luther , pro- noncé le mdme jour que les livres de cet hérétique furent bnilés en Angleterre. 11 a été traduit de l'anglais en latin par Paccus ; 50 Trois livres d'une seule Madeleine , contre Jacques Le Febvre d'Etaples , qui soutenait qu'il fallait en admettre trois. Le sentiment de Le Febvre fut condamné par la faculté de théologie de Paris. Il était néanmoins appuyé de l'autorité de quelques Pères ; et depuis, Bossuet et l'abbé Fleury l'ont «ru plus conforme aux textes de l'Écriture ; Commentaire mor« l sur les sept psaumes pénitentiaux ; 7" Traité des moyens de parvenir à la souveraine perfection de la religion. Fisher composa ce traité pendant qu'il était en prison ; 8,, Discours sur la charité ; 9. Traité de la prière ; 100 des Sermons et des Paraphrases sur quelques psaumes , etc. Tous ces ouvrages, imprimés à part dans le temps, ont été recueillis en 1 volume eurtzbourg, ii97. Dupin range P"° i les oeuvres de Fisher, peut-ètre parce qu'elle se trouve à la tète de la collection de Wurtzbourg, la Défense des sept Sacrements contre Luther , par Henri VIII, dédiée à Léon X , laquelle valut à ce Prince le titre de dgenseur de la foi, qu'il ambitionnait et que la suite de son règne montra qu'il méritait si peu. Mais rien, ce semble, n'empoche qu'on croie ce livre du roi. lIenri était versé dans les matières théologiques. Il faisait de StThomas sa lecture habituelle et favorite. Dans sa réponse à Luther, qui d'abord à propos de cet ouvrage avait écrit contre le prince avec beaucoup de har- diesse et trop peu de ménagement , et s'était ensuite exctis sur ce qu'il savait que ce livre n'était pas de lui , Henri déclare formellement qu'il lui appartient. Il n'y a donc point de raison pour le croire de Fisher. Saunders, Ribadeneira et quelques autres écrivains ont compost,' des relations de la mort de cet infortuné prélat
  • Jean FLACHSENIUS( 1636 - 1708) : évèque d'Abo en F né en 1636 , mort le 11 juillet 1708, joignit à l'étude de la théologie celle des mathématiques , dont il répandit la connaissance en les professant pendant quelques années avec un grand succès. On doit remarquer entre ses ouvrages les Observations sur la comète de 1681, et le recueil intitulé : Sylloge systemat. theoloq. mundi ante et postdiluviani ad lute nostra tempo': a, Abo, 1690. - FLACIISENIUS , probablement frère du précédent, mort en 1696, est auteur de quelques ouvrages sur la théologie et la physique
  • Jean FLAMSTEED( 1646) : célèbre astronome anglais, naquit à Denby, dans le Derbyshire , le 19 août 46. H s'est distingué par un goût particulier P°'' les observations astronomiques. Comme Tycho, il a fixé le spectacle varié du monde céleste et marqué, pour ainsi dire, tous les pas qu'il a vu faire aux astres. Dès l'an 1670, on voit de lui des calculs astronomiques dans les Transactions phi- losophiques . Il avait à peine vingtsix ans qu'il mit les astronomes d'accord sur un point important de l'astronomie. Les principes de l'équation du temps étaient connus et annoncés , méme par les anciens astronomes ; mais les modernes, et Képler luimême , y avaient mêlé quelques erreurs. Flamsteed détermina la quantité de cet élément de l'astronomie et publia le premier, en 1662 On peut voir dans le Dictionnaire de Chauirepié de t;èsgrands détails sur les premiers travaux de Flamsteed. la position de toutes les étoiles. Son travail datait déjà de quarante ans; ses résultats et ses observations .11 en préparait une nouvelle lorsque la mort le surprit dans ses travaux le 31 décembre 1719 . Cette nouvelle édition de l'Histoire céleste ne parut à Londres qu'en 1725, en 5 volumes Cet ouvrage est un des Plus beaux recueils que possède l'astronomie. C'est le riche dépôt des observations que Flamsteed avait faites pendant cinquante ans , tant à Derby qu'à Londres et à Greenwich. Le premier volume contient toutes les observations détachées de l'auteur qui concernent les étoiles fixes , les planètes, les comètes, les taches du soleil et les. satellites de Jupiter. Le second renferme les passages des étoiles fixes et des planètes par le méridien , avec les lieux qui en résultent. Le troisième enfin contient des prolégomènes sur l'histoire de l'astronomie; la description des instruments de Tycho ; le catalogue britannique, les catalogues de Ptolémée, d'OlugBeg , de Tycho , d'llévélius, du landgrave de liesse; le petit catalogue des étoiles australes observées par Halley; enfin, tout ce que les hommes avaient fait sur les étoiles depuis la renaissance de l'astronomie. Le Catalogue de Flamsteed était le plus vaste qu'on eût encore exécuté jusqu'à lui. On y trouve la position de 2,884 étoiles; il efface sous ce rapprt tous les autres catalogues contenus dans le troisième volume de l'Histoire céleste : les astronomes l'avaient sans cesse entre leurs mains, et il a été la base de presque toutes les recherches astronomiques. Maintenant ce catalogue n'a plus la précision de ceux qu'on doit aux astronomes modernes; il ne peut être employé directement pour des recherches délicates, parce que les positions d'étoiles y sont affectées des erreurs de nutation et d'aberration qui n'étaient pas connues du temps de Flam- Acta ered , 1721; Dorai Astronomes sincerus, p. 331 2) D'autres disent le 18 janvier 1720. Med. On doit à mademoiselle Ilerschell un volume de recherches sur le catalogue de Flamsteed et sur ses observations ; elle a trouvé cinq cents étoiles qui ne sont pas dans le catalogue, comme elle en a trouvé plusieurs dans le catalogue qui ne sont point dans les observations. On peut regarder cet ouvrage de mademoiselle Ilerschell comme un supplément à l'Histoire céleste. Lalande, dans le vo- lume des Éphémérides pour les années 1785-17, a donné une nouvelle édition du Catalogue britan- nique. Il y a fait des corrections importantes qui rendent cette édition préférable à celle de Londres, 1725. C'est d'après son propre catalogue que Flamsteed avait. composé un grand Atlas- céleste, publié à Londres en 1729 max. Ce magnifique recueil de cartes célestes, un des meilleurs qu'on ait jamais faits, est composé de vingthuit cartes, chacune de vingttrois pouces de long sur dixhuit à dix- neuf de hauteur. On y trouve une préface sur l'histoire des astérismes et sur le défaut des figures de Bayer. Les astronomes ont fait longtemps usage de cet atlas. Il a été réduit au tiers par Fortin, 1776 en 30 cartes fort bien gravées. Cette réduction, presque aussi utile et beaucoup plus commode, et dans laquelle la position des étoiles a été calculée pour l'an 1780, a été revue par Lemonnier, aug- mentée de diverses observations par Pasumot , d'un planisphère de Lacaille pour les étoiles australes, et d'un autre pour apprendre à connaltre les étoiles par leurs alignements. Lalande en a 'publié, en 1795 une nouvelle édition corrigée et augmentée , avec la position des étoiles réduite au 1" janvier 1800, par M. DuclaChapelle. M. Bode, à Berlin, a aussi donné une réduction de l'atlas de Flamsteed; mais les grandes cartes qu'il a luimême publiées surpassent tout ce qui a été fait en ce genre. Les Institutions astronomiques de Keill , traduites par Lemonnier et publiées à Paris en 1746, contiennent des tables de la lune par Flamsteed. On trouve encore dans les OEuvres Horroxes publiées en 1672 , des observations et. des tables du soleil du même auteur. Enfin, il a publié : The Doctrine of the Sphere , grounded on the motion of the earth and the ancient Pythagorean or Copernican system of the world, Londres, 4680 Cet ouvrage, qui se trouve dans le System of mathematicks de Moor, a pour objet une nouvelle méthode pour calculer les éclipses du soleil par la projection de l'ombre de la lune sur le disque de la terre
  • Jean FLAXMAN( 1755) : un des plus célèbres sculpteurs que l'Angleterre ait produits, naquit le 6 juillet 1755 à York. Sa famille , originaire de Norfolk, avait beaucoup perdu pendant la guerre civile sous Charles ter. Son père, après avoir été praticien dans les ateliers de Roubillac et de Scheemaker, , monta dans NewStreet CoventGarden , et plus tard dans le Strand, un magasin de figures de plâtre. C'était alors un commerce tout nouveau. Il y gagna quelque fortune. C'est dans ce musée à bon marché que Flaxman sentit s'éveiller en lui le génie du statuaire. Sous ses yeux, par ses mains, passaient sans cesse les copies de chefsd'oeuvre classiques, et il pouvait les examiner plus minutieusement que d'ordinaire ne le peuvent les enfants. Il s'amusait à les imiter, à les reproduire avec la glaise. Agé de quinze ans , il régularisa ses premières études en allant travailler assidûment à l'Académie royale. Du reste , il ne fut l'élève d'aucun maître spécialement, et il marcha vers l'art sans prendre l'art tout fait sur la foi d'une école. Cette indépendance de toute méthode trop exclusive se fait remarquer jusque dans des détails secondaires. Chaque soir il esquissait et dessinait en compagnie de quelques jeunes artistes , parmi lesquels se distinguaient Sharp, George Cumberland, Stothard et Black, tous hommes qui n'eurent de commun que le talent, mais qui marchèrent dans des voies bien différentes et quelquefois contraires. Mais ces différences mêmes ont une base commune , c'est la liberté de l'idée , c'est en conséquence la vérité ; et , comme tous cinq étaient Anglais , c'est une tendance à fondre, avec la vérité de tous les temps et de tous les lieux , la réalité britannique. Aux yeux de ceux qui veulent à tout prix démèler dans un artiste, quel qu'il soit, l'influence d'un attire artiste , le maître vrai de ces jeunes gens qui travaillaient ainsi sans maître sera le sculpteur Banks , cet admirable auteur du basrelief de Thétis et Achille et de Cat'actants devait Claude. Plus tard , en effet , Flaxman en présence d'un nombreux auditoire proclamait Banks le prince des sculpteurs du 18e siècle. Cette excentricité devait lui valoir un rang élevé parmi les artistes de tous les temps et une place dans les fastes de l'histoire de l'art. Mais, en attendant, elle lui causa d'amers déboires. Sans nier son talent, on ne l'appréciait que froidement à l'Académie royale; nul maître ne s'intéressait à lui comme à son œuvre. Ayant concouru pour la médaille d'or, il la vit adjuger à Engleheart : il en pleura d'indignation , et il ne concourut plus. Toutefois il ne se découragea pas, et il se livra plus ardemment que jamais aux études profondes en mène temps qu'aux travaux lucratifs. C'est de cette époque que datent beaticoup de jolis portraits qu'il fit en glaise , en cire , en terre cuite. Aucune année, sauf celle de son mariage, en 178'2, ne se passait sans qu'il exposa quelque chose de remarquable à SomersetHouse. Sa réputation dès lors alla toujours croissant. Mais c'est surtout pendant son voyage en Italie qu'il la fixa. Il partit en 1787 pour cette terre des beauxarts, et il y resta sept ans, dont la plus grande partie à Rome, Via Felice. Son atelier y fut bientôt le rendezvous des étrangers de distinction et des Italiens euxmémes. C'est là qu'environné des modèles en tout genre, s'identifiant de plus en plus avec les belles formes de l'antiquité païenne , avec les tendres et sublimes sentiments de la renaissance et des âges intermédiaires si puissamment élaborés par le christianisme, comprenant plus profondément les unes à l'aide des autres , ceuxci à l'aide , puis membre titulaire de l'Académie royale. En 1800, il fut nommé professeur de sculpture à cet établissement. C'était alors, et longtemps encore ce fut la seule chaire de sculpture qui existât dans le inonde. Ses leçons, sans être brillantes , étaient trèsinstructives et contenaient souvent des idées originales. Flaxman s'y livrait à sa manière de sentir et presque toujours , en semblant ne tracer que l'historique de l'art, il émettait des théories à lui. D'ailleurs l'histoire chez lui se présentait sous forme d'histoire comparée, et l'impression qui en résultait pour ses auditeurs, c'était la nécessité d'un éclectisme , la tendance à chercher comment devaient s'unifier harmonieusement les diverses manières précédentes pour reproduire dans sa totalité la complication humanitaire. Toutefois, il faut en terre cuite , et son magnifique groupe de la Fureur d'Athamas. Ce beau morceau en marbre se compose de quatre figures de dimension héroïque , et se voit aujourd'hui à Ickworth , résidence du marquis de Bristol . Il ne fut payé que six cents guinées au statuaire, c'est-àdire que Flaxman ne rentra pas même dans tous ses déboursés. Nous citerons ensuite le groupe d'Apollon et Marpesse , qu'il présenta lors de son admission à l'Académie royale , celui de Cupidon et Psyché, dont il a été question plus haut, et qui fut exécuté.pendant son séjour en Italie, celui de Vénus et Cupidon, exposé en 1787, à SomersetIlouse, mais terminé bien auparavant et antérieur par conséquent à son voyage par delà les Alpes ; Agrippine après la mort de Germanicus, Pompée après la défaite de Pharsale , et la Mort de César , basrelief exécuté d'après les données de Cicéron dans la deuxième Philippique. Ce sont encore des basreliefs que sa Vestale, Acis et Galatée. La Vestale est fort belle; il y a de la gràce et de la mélancolie dans Galatée, de la gràce et une jolie inscience de l'avenir dans Acis. Mercure descendant des cieux avec Pandore est une digne réalisation du mythe peut-être le plus riche de l'antiquité. Pandore surtout est ravissante d'expression. Indiquons encore deux admirables profils en cire, l'un d'après la tete d'Antinoüs du Capitole, l'autre d'après une tète d'Ariane. Mais ce qui sans contredit remporte surtout , c'est son bouclier d'Achille d'après le dixhuitième livre de l'Iliade. On dirait que dans ce morceau magnifique, pli fut pour lui l'ouvrage de plusieurs années, Flaxman voulut fonder et condenser tout ce que des études constantes et profondes lui avaient appris. C'est une chose inimaginable que la profusion avec laquelle se trouvent prodigués sur cet énorme basrelief discoïdal tous les trésors de l'art, du génie , de l'érudition ! Un artiste seuil peut comprendre tout ce qu'il y a de difficultés vaincues , de tours de force dans cette mise à exécution de la pensée homérique. Plus de cent figures humaines s'y agitent au milieu de détails variés et de scènes de la nature tour à tour délicieuses et effrayantes. Et, malgré cette multiplicité de détails , l'ensemble se laisse saisir parfaitement, simple, harmonieux et un. L'Apollon sur son char : chacun avait neuf pieds anglais de circonférence, et le relief s'élevait de six pouces anglais audessus du plan. Ils furent vendus chacun deux mille guinées : l'esquisse seule et le modèle avaient été payés six cent vingt livres sterling à Flaxman par les joailliers Rundel et Bridge, dont la hardiesse avait conçu cette spéculation vraiment grandiose. Ms Miles des productions de Flaxman qui sont empreintes des idées du christianisme et . Le monument de Cromwell , qui se trouve aussi clans la cathédrale de Chichester, et dont, ainsi que du précédent, on peut voir la figure dans l'Histoire de Chichester de Dallas, consiste en une figure d'une merveilleuse beauté qui prend son vol vers les cieux au milieu de trais anges, aven l'inscription : , de lord Nelson , de la famille Bazingue , du comte Mansfield , du comte ilowe , Ce dernier représente la GrandeBretagne avec un trident sur un piédestal rostré; à sa gauche, le comte tenant un télescope et ayant à ses pieds un lion 'qui veille ; à droite , foire traçant en lettres d'or les exploits de cal , et la Victoire laissant tomber une branche de palmier sur les genoux de la GrandeBretagne. Le monument de Baring est remarquable par l'harmonie des trois basreliefs latéraux intitulés, le premier, Que ta volonté soit faite, le second , Que ton règne arrive , le troisième , Délivrez- nous . Il se trouve gravé dans les Beaux- Arts de l'école anglaise par & Min , ainsi qu'e le monument du comte de Mansfield. Le tombeau de la comtesse Spencer figure dans la première partie du Comté de Northampton de Baker. Celui de George Streven est fort petit, mais d'une beauté achevée. Il représente le défunt assis et fixant avec ardeur ses yeux sur un buste de Shakspeare. Dans beaucoup de ses monuments funéraires se retrouvent les images tantôt de vertus théologales , tantôt d'anges qui consolent ou qui ouvrent l'entrée des cieux. Il y a mieux que de la mélancolie, il y a de l'extase, de l'élévation, de la quiétude dans ces belles figures : il est aisé de voir que le sVédenborgianisme a passé par là, et que pour l'artiste la tombe est une porte du ciel tandis que le corps se précipite au fond de la bière, lame, par sa légèreté spécifique , nage à la surface et bientôt s'envole vers Dieu. On retrouve les mêmes tendances chrétiennes, niais moins sublimes et plus terrestres, dans le Bénis soient ceux qui pleurent, car ils seront XIV . consolés , dans la statue de la Charité, dans l' Affliction domestique , dans la Résignation , dans la Fui , dans le Bon Samaritain. Des qualités d'un autre genre recommandent les morceaux dans lesquels dominent soit l'héroïque, soit l'intellectuel, commepar exeinple sir William Jones &• IM« la loi brachmanique sous la dictée de deux bandits. DanS quelquesuns se réunissent ces deux espèces de caractères : tel est le St ,- Michel archiinge , Vainqueur de Satan ; telle est la Résurrection de la fille de plaire. Nous ne reviendrons pas sur le mérite des illustrations d'Homère , Hésiode , Eschyle et Dante; mais disons qu'outre ces dessins, il en a laissé un grami nombre. C'est lui qui fit ceux de presque toutes les sculptures dont est orné l'extérieur du PalaisNeuf , et beaucoup a' de Flaxman sur la sculpture , précédées d'une notice sur l'auteur et ornées de son portrait et de planches gravées, ônt été publiées en 1829, Londres, I vol
  • Jean FLEISCHER( 1539 - 1593) : théologien luthérien et physicien allemand , né à Breslau en 1539, enseigna quelque temps à Goldberg et à Wittem?erg , exerça le ministère de la chaire évangélique, et fut chargé de l'inspection des églises et Cette préface a été réimprimée tans le Spectateur, le 3b4. ciel , une explication plus satisfaiSante que la plupart de celles qui avaient paru avant lui. 11 suppose que le rayon solaire, en pénétrant une goutte Ile pluie , en sort après une double réfraction , et que, rencontrant une autre goutte, il en est réfléchi sous la couleur qu'il a acquise jusqu'aux yeux du spectateur. Les explications imaginées peu après par Kepler et M. A. de Dominis ont fait tomber celle (le Fleischer. — Jean FLEISCSIER , son fils aîné, suivit la carrière de la médecine, passa en Amérique pour étudier les plantes (le cette partie du monde, et mourut en Virginie en 1608, àgé de 26 ans. — Son frère , Joachim FLEISCHER exerça comme son père les fonctions du ministère à Breslau , et le fit avec une telle distinction qu'en 1651, ayant été pris en _ Chaire d'un mal subit qui le priva de la vue pendant six mois, le sénat nomma d'office quatre Médecins pour lui donner leurs soins. Sa mémoire était si heureuse que sa cécité ne l'empêcha pas de prêcher ; car il savait la Bible allemande presque entièrement par coeur. Il mourut le 29 mai 1645, àgé de 58 ans. — Jean- Laurent FLEISCHER , professeur et directeur de la faculté de droit à Francfortsurl'Oder, né à Bareuth en 1691, mort le 13 mai 1749, a laissé en allemand et surtout en latin un assez grand nombre d'ouvrages et de dissertations académiques
  • Jean FLETCHER( 1576 - 1625) : fils de Richard Fletcher, évèque de Londres , naquit en 1576 dans le comté de Northampton. Sa première jeunesse fut livrée à l'er?rvescence tics passions; mais il avait horreur du mensonge, et ce sentitnent le corrigea dit libertinage. lin jour il se jeta aux genoux de son père en lui disant :.le renonce dès ce moment à mes égarements, afin de ne plus tare exposé à « mentir pour vous les cacher et de n'avoir plus à · rougir en vous en faisant l'aveu. » ll fut nais à l'université de Cambridge et s'y fit remarquer par son goût pour la poésie. Son père, ayant lu une de ses productions intitulée l'Amant des Muses, lui dit eu plaisantant : « Mon fils, tu auras donc tou» jours des maltresses? — Oh ! pour cette fois, » répondit le jeune homme , vous conviendrez » que ce sont d'honnètes filles. » On le destina au barrea , et il passa quelques mois au collée nommé Inner- Temple, où il n'apprit rien de ce qu'il fallait, mais où il contracta une liaison intime d'amitié avec Francois Beaumont , qui avait ainsi que lui autant de goût pour 1;t littérature que d'anti?athie pour la jurisprudence. Ils ne se séparèren! jamais et composèrent ensemble un grand nombre de pièces de théàtre, tant Irap'- I i es que comédies, dont la plupart ont eu un trèsgrand succès et jouissent encore en Angleterre de la plus haute réputation. Jean Fletcher mourut de la peste en 1M, , le Capitaine, le Voyage des Amants , Monsieur Thomas, la Fille au moulin, Quatre pièces en une. Plusieurs autres ont été corrigées pour le theftre par divers pontes plus modernes, entre autres the Chances , par le duc de Buckingham , et Valentinien, par le comte de Rochester. Après la mort de Beaumont, Fletéhér donna deux pièces composées par lui seul : la Bergére fidèle et l'Ennemi des femmes , et une troisième, les Deux illustres Parents , où il fut aidé par Shakspeare. On a attribué à Beaumont et Fletcher une aventure à peu près pareille à celle de Scudéry et de sa soeur. On a dit qu'étant ensemble dans une taverne , occupés à chercher le plan d'une tragédie , Fletcher se chargea de tuer le roi; cc que l'aubergiste, qui les avait entendus, se hAta d'aller dénoncer; mais la méprise fut promptement expliquée. Plusieurs des pièces de Beaumont et de Fletcher ont été publiées pendant leur vie, En 16e, vingt ans après la mort de Fletcher, on en publia une nouvelle collection contenant trentequatre pièces qui n'avaient jamais été imprimées , et les pièces de vers faites à la louange de ces deux auteurs dramatiques , dont plusieurs par les premiers pones du temps. En 1679 il parut une collection de toutes leurs pièces puis, en 1711 , une en 7 volumes où se trouvent rétablies plusieurs choses omises dans la précédente. Il y en eut une nouvelle en 1751, une autre en 1778, avec une préface et des notes de George Colman , et une dernière en 1812 , avec une introduction et des notes explicatives par II. Weber , 11 vol. J. Monck Watson a publié en 1798, en un volume Comments, etc. . On a réuni ensemble en 1811 , Londres, 4 grès vol. les OEuvres dramati- ques de Ben- JonsOn et celles de Beaumont et de Fletcher, les dernières d'après le texte et avec notes de Colman
  • Jean FLEURY : peu français du 15c siècle, ne nous est connu que par l'ouvrage suivant : Traité très- plaisant et récréatif de l'amour pat/ ait de Guisgardus et Sigismonde fille de l'ancré- dus ; c'est la première nouvelle de la quatrième journée du Décaméron de Boccace. Fleury la mit en vers d'après la traduction latine de Léonard Bruni d'Arrezzo. Les différentes éditions en sont assez recherchées par les curieux : cependant ils donnent la préférence à celles qui ont paru dans Le 15e siècle , Paris , Ant. Verard , 1495 ..oth. de 20 feuillets ; ibid. , le Caron , 1493 I' ; ibid., seconde éd. in4'; il en existe un exemplaire à la bibliothèque de Paris , Rouen, sans date goth
  • Jean FLITNER( 1600) : né en Franconie au commence- ment du 17e siècle, s'appliqua beaucoup à la poé- sic latine et fut gratifié, en cette qualité , du titre de poile lauréat. 11 a publié : 1. Manipules epi- grammatum dissectus , et Hortulus anthologicus me- lieus, Francfort, 1619 : l'Hortulus a reparu en allemand , 1662 , 8. ; 2. Promptuarium fiance sapientiœ , Francfort , 1662 3. Sphinx theologico- philosophica , Francfort, 1669 ; 4. le 2e volume du Theatrum Euro- poeum , collection écrite en allemand, avec un grand nombre de gravures , Francfort , Mérian , 1639 : ce volume contient les événements les plus mémorables de 1629 à 1653 ; 5° Nebulo nebulonum , hoc est Joco- seria nequiticv censura Francfort, 1620, 1634, 1636, 1663 ; ouvrage composé de 33 odes en vers ïambiques, accompagnées chacune d'une gravure et de notes où l'érudition n'est pas épargnée : on y trouve aussi quelques anecdotes. C'est une traduction libre d'un ancien livre de facéties en vers allemands, d'un auteur connu par plusieurs ouvrages du méme genre . Un autre. Jean FLITNER , pasteur luthérien en Poméranie, mort en 1678 , a publié des cantiques et d'autres ouvrages ascétiques, tous en allemand
  • Jean FLORIO : naquit à Londres, sous le règne d'Henri VIII. Ses parents, qui étaient italiens et protestants, avaient fui de la Valteline en Angleterre; et à l'avénement de la reine Marie au trône, ils furent obligés r9verbes , des mots piquants et des maximes précieuses , 1578 et '1 9l 2. Introduction parfaite aux langues italienne et anglaise, imprimée avec l'ouvrage précédent. 5. Seconds fruits à recueillir de dow.-, e arbres de goilts différends, mais délicieux au palais des Ita- liens comme des . Anglais ; suivis du Jardin de récréa- tion, contenant six mille proverbes italiens, 1591 4. Dictionnaire italien et anglais, 1597 fol., réimprimé en 1611 avec des additions, Ms le titre de Nouveau monde des inondes de la reine Anne. C'était alors l'ouvrage le plus complet que l'on possédAt en ce genre. Après la mort de l'auteur, il en fut fait en 1659 une édition nouvelle, revue, corrigée et considérablement augmentée, d'après le dictionnaire de la Crusca, par Gio. Tor- riano, professeur d'italien à Londres. 5. Les Essais de Montaigne, traduits en anglais, 1605, 1615,163'2, FlOrio était un homme plein d'activité; il avait pris luimême le surnom de Résolu. On peut voir, par les titres seuls de ses ouvrages , qu'il ne manquait point de pédanterie et d'affectation dans l'esprit. 11 avait épousé la sœur du poète et histo- riographe Samuel Daniel
  • Jean FLOYD : né dans le comté de Cambridge, fit ses études sur le continent et entra chez les jésuites en 1593. Ses supérieurs l'ayant renvoyé en Angleterre pour y remplir les fonctions de missionnaire , il fut arrêté, banni du royaume et alla professer la théologie à StOmer, où il mourut vers le milieu du 17e siècle. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de controverse , les uns contre les protestants anglais, les autres rela- I., élut relle des réguliers et des pretres *.écu- fiers sur let droits de la hiérarchie. Ces derniers , furent publiés sous les noms de Daniel de Ictus, diffessan Loesebelito et autres. Son premier ouvrage de ce grnre rst intitulé : . 1pologia « dis aposio- r tiete guetta modoprocedendi tirets regimrit catho- lieomin in Inglot , Rouen, 1651 11 fut cru-%tiré par l'archeiéque de Paris , la faculté de théologie et l'assemblée du clergé, comme contnant plusieurs propositions contraires à la hiéarehie ecelésiastique. Floyd k défend par d'autres écrits dont les principaux sont : 1" P'. 'potige rosaire les ererques de France et contre la censure de la Sorbonne ; tu Plaintes apologétiques de f Église nnglirane ; 5" Réponse aux instructions pour les 4- abiotiques d'Angleterre. Dans cette dispute les jésuites de France, interpellés par l'assemblée du clergé, désavouèrent leurs confreres d'Angleterre par une déclaration signée tll leurs supérieurs. La congrégation tir l'Index a> ant imposé silence aux deux partis. 1.loyol prit la défense tic son décret du 19 mars 1653. On peut voir tous les tlétails de cette querelle dans l'Histoire ecclésiasti- que du 17« siffle de Dupin. Les écrits du meule auteur, publiés sous le nom d'Aimera fidelis, .., iitre Antoine de Dominis, sont les suivants % getopsis apostasia. Marci de Domini:, A ni, ers , ' 17; Detectio hypocrisis Marc -. Int. de Domini:, , id. , 1619 ; Censura decern libromen de republica ecclesiastica . 11.-. Inton. de Domini', Cologne, 1621 1,a plupart tir ses autres ouvrages de controverse , contre divers protestant An giais , sont composés dans sa langue maternelle, spuir : Conque: 1es de f iglise sur l'esprit humain 'Xtt biner, 1651 In; La Montne totale, ibid. 1651 : ces deux derniers sont contre Chillingstorth ; Syntagina de imaginibus non manufite- lis , etc., avec plusieurs autres petits traités; &punir à Guillaume Crashait , StOnier, 1612 , W-1"; Traité ( lu purgatoire, en réponse à k`alouarti Hobby, ibid., 1613 Drue et rex , contre les ifflovateneit, ibid., I fie, & ponte a François Il- hite , lie nerrnant les articles présentés par Jacques lcr à Jean Fisher, ibid., 1626; Le sacrifice de la messe, traduit tiu latin d'Antoine Molina, ibid., 1(1.1; quelques ouvrages de dévotion . tels que : Un mut de « insolation ; Méditations de Si-. I ugustin, traduites du latin, ibid
  • Jean FOLCZ( 1400) : barbier à Nuremberg, né à Ulm vers le milieu du 15e siècle , fut un des plus célèbres poètes d'Allemagne, de la classe de ceux qu'on appelle Méistersiinger, , maîtres pones. La littérature allemande avait eu son siècle d'or sous les empereurs de la maison de Hohenstaufen , qui régnèrent en Souabe et en Alsace depuis 1080 et occupèrent le trône impérial avec quelques interruptions, depuis 1138 jusqu'en 1254. Cette époque brillante produisit une série de poètes connus sous le nom de Chantres d'amour, Alinnesenger, , ou de poètes souabes. Quelques - uns d'entre eux survécurent à la fin tragique de la maison de Hohenstaufen : on en trouve encore pendant les troubles politiques qui déchirèrent l'Allemagne jusqu'au commencement du 14e siècle ; mais les muses allemandes se turent, lorsque sous les empereurs de la maison de Luxembourg une langue étrangère, l'idiome bohémien, devint celle de la cour. La poésie , qui anciennement avait fait les délices des princes et des seigneurs, devint alors l'apanage des dernières classes de la société : à la place d'un ordre dans lequel le talent et la noblesse des sentiments donnaient l'entrée , il se forma des maîtrises ou jurandes, où l'on était reçu en remplissant certaines formalités ou en payant certaines rétributions. Bien loin de parcourir les principales villes et les châteaux , et de faire entendre leurs chants devant des juges dignes de les apprécier, les prétendus poètes des 114e et 15' siècles se renfermèrent dans les salles où leurs coteries avaient coutume de se réunir; au lieu de l'enthousiasme que le désir de plaire aux darnes et aux princes inspirait aux poètes souabes, le misérable talent de coudre ensemble quelques rimes tenait lieu de génie à ces nouveaux enfants d'Apollon. La dénomination de maîtres poètes, qu'ils adoptèrent, caractérise parfaitement leur génie. Pour étre regardé comme maitre il fallait connaître ce qu'on appelait les lois de la Tablature, c'est-àdire une suite de règles insignifiantes sur la quantité et la rime; et pour se rendre célèbre, il fallait inventer quelque nouveau rhythme et lui donner un nom baroque. Il est i mpossible de traduire les dénominations absurdes que portaient ces rhythmes ; en voici quelquesunes des moins ridicules : les rhythmes de l'escargot, de l'encre, des étudiants joyeux , de l'or, des roses, etc. Mayence, Strasbourg et Nuremberg sont les villes où l'on trouvait les plus fameuses jurandes de lleistersœnger ; mais il y en avait aussi à Memmingen , à Ulm , à Augsbourg, et dans d'autres villes de la Souabe. Leurs lieux d'assemblée étaient ordinairement dans les cabarets, et les réunions se terminaient par des orgies. En parcourant les listes de ces maîtres, on n'y trouve que des tisserands, des boulangers , des cordonniers et d'autres artisans. On place l'époque de ces chantres entre l'année 1350 et l'année 1519, où Luther opéra une réforme dans la langue allemande; mais les jurandes continuèrent longtemps après, et celle de Strasbourg se perpétua jusque dans la seconde moitié , 1480 de 20 feuilles. C'est une histoire abrégée de l'empire germanique, en rimes. On en conserve un exemplaire dans la bibliothèque Elinérienne à Nuremberg. 2" Vitoe patrum vel liber colacionum, poème de 297 vers : on en connaît deux éditions, l'une en 8 feuilles, sans date et gravée en bois ; l'autre en 7 feuilles , 1485 Gothelf Fischer en donne une description détaillée dans ses Raretés typographiques, etc. , Mayence , 1808 en allemand.
  • Jean FONTAINE-MALHERBE( 1740 - 1780) : naquit dans le diocèse de Coutances vers 1740 et mourut en 1780. Il a laissé : 1° Calypso à Télémaque, héroïde, 1761 Le succès de l'héroïde de Colardeau avait mis ce genre à la mode. 2. Éloges de Carle Vanloo et de Deshaies ; 3° La rapidité de la vie, poème qui a remporté l'accessit de l'Académie française en 1766 4. Discours eu vers sur la philosophie, qui a concouru la même année ;. 5° Epitre aux pauvres , pièce qui a remporté l'accessit de l'Académie française en 1768, 84'; 6° Fables et contes moraux, Londres et Paris, 1769, ; 7. LIrgilan, ou le Fanatisme des croisades, tragédie en cinq actes et en vers, Paris, 1769 ; 8° le Gouverneur, drame en cinq actes et en prose, Amsterdam , 1770 9. le Cadet de famille ou l'Heureux retour, comédie en un acte et en vers; 10° l'École des pères , comédie en un acte et en vers; 11" les mariages assortis, comédie italienne en vers, mélée d'ariettes : nous citons les trois dernières pièces d'après le Supplément à la France littéraire, publié en 1778. L'abbé Voisenon a donné en 1774 une comédie des Mariages assortis; nous ignorons si elle a quelque rapport avec celle de Fontaine. Cet auteur a fourni des poésies à l'Almanach des . Muses, et a coopéré au moins aux deux premiers volumes de la traduction (le Shakspeare avec Catuelan et Letourneur. Les ouvrages dramatiques de Fontaine n'ont pas eu les honneurs de la représentation. M. l'abbé Sabatier de Castres, en reprochant aux autres poésies et discours de Fontaine un vernis philosophique, ne manque pas de les juger sans intérêt, sans poésie et sans vrai talent; et cependant il les regarde comme trèssupérieurs à ceux qui ont eu le prix
  • Jean FONTANA( 1540 - 1614) : frère acné de Dominique , était comme lui originaire de Mili. Il naquit en 1540 et vint fort jeune à Rome. Quoique son plus grand talent fût pour la construction de machines hydrauliques, il convient de remarquer qu'il fut architecte de l'église de StPierre , place aussi honorable que lucrative , et que l'on n'obtenait pas sans avoir fait preuve d'une habileté peu commune. Il est surprenant qu'on ne soit pas certain si le palais Giustiniani , monument vaste et assez remarquable , a été ou non construit sur ses dessins. L'un (les travaux les plus importants de Jean Fontana fut le rétablissement des anciens aqueducs d'Auguste, qui eut pour objet d'amener à Rome , comme Paul V le désirait, l'eau du lac de Bracciano. C'est audessus de l'église de StPierre in Montorio que cette eau jaillissant par cinq bouches forme une des plus belles fontaines de Rome. Fontana nettoya l'embouchure du Tibre à Ostie, travail pénible et ingrat dont la nature effaça bientôt les traces. Il régla le cours du Vélin° et conduisit à Frascati l'eau Algida pour servir aux embellissements des ville Belvedère et Mondragone. Ce fut encore lui qui amena des eaux à Recanati et à Lorette. Frascati lui doit aussi une (ligue qui sert à y former la cascade du Teverone. Ravenne, Ferrare et quelques lieux voisins, désolés par les fréquentes inondations du Pb, et quelques autres rivières, exercèrent ensuite l'habileté de Fontana. Il se rendit sur les lieux par ordre du pape, afin de réparer les dommages qu'elles occasionnaient souvent dans cette partie de l'Italie. Fontana, déjà trèsavancé en àge, y éprouva une maladie causée en grande partie par le mauvais air. 11 se hàta de revenir à Rome ; mais il y mourut presque au moment de son arrivée, l'an 1614, à 7 I ans. Ses restes furent déposés dans l'église d'Ara Coeli
  • Jean FORD( 1586) : auteur dramatique anglais, né en 1586 dans le comté de Devon. On ne connait presque aucune particularité sur sa vie. Il fut attaché à la société de jurisprudence de Middle- Tem- ple , fut intimement lié avec Rowley et Decker, et contribua à la composition de plusieurs de leurs pièces de théâtre. De celles qu'il a faites seul , onze seulement ont été conservées ; elles parurent entre les années 169.9 et 1636, et eurent presque toutes beaucoup de succès. Les comédies sont trèsmédiocres ; mais , avec tous les défauts qui tenaient son temps , Ford avait un vrai taled pour le genre tragique , et sa versification a de l'harmonie. On cite particulièrement l' Affligé , le Sacrifice de l'Amour, la Mélancolie d'un amant et une pièce il is pity suc is a whore , que sur le titre on prendrait pour une comédie plutôt que pour une tragédie, et qui a été réimprimée dans le recueil des pièces de théâtre de Dodsley. On trouve dans les tragédies de Ford quelques scènes dignes du génie de Shakspeare , mais aussi des atrocités et des indécences qui ne peuvent ètre goûtées que par des spectateurs anglais. Quoiqu'aucune de ces pièces ne porte son nom , on les reconnaît à cet anagramme imprimé sur le titre, comme c'était alors l'usage : Fide honor. . On suppose que cet auteur mourut vers l'année 1640. Henri Weber a donné, en 1811 , une édition des OEu- vres dramatiques de Jean Ford, avec une introduction et des notes explicatives, Londres et Edimbourg, 9. vol
  • Jean FORGET : médecin , né à Essey en Lorraine, mérita la confiance de Charles IV qui, en récompense de ses services, l'anoblit par lettres patentes du 24 août 1630. Il exerça la place de premier médecin de ce prince jusqu'en 16 /1, épo- que où il demanda sa retraite , à raison de l'affaiblissement de sa santé, et il mourut quelques années après dans un àge peu avancé. Tandis qu'il faisait ses cours à Paris, Forget composa un ouvrage intitulé Artis signahe designata fallaeia, dans lequel il réfute solidement le système de Porta, qui prétendait qu'on pouvait deviner les propriétés des plantes par leurs caractères extérieurs. Il publia cet ouvrage à Nanci , 1633 sur les de son confrère Christophe Bazot. Il a laissé manuscrits deux autres ouvrages sur les Signes des métaux et Ceux des animaux, et enfin les Mémoires de la vie de Charles Ill, que Chifflet cite avec éloge dans son Commentarius Loth« riensis , et que dom Calmet a consultés pour son Histoire de Lorraine
  • Jean FORTESCUE : baronnet anglais et grand chancelier d'Angleterre au 111. siècle , naquit à WearGifford dans le Devonshire et fit avec succès son cours d'études dans l'université d'Oxford. Il travailla surtout à se rendre habiledans la connaissance des lois. 11 fut en 1430, sous Ilenri VI, revêtit de la charge d'avocat général et fait en 1111 lord chef de justice du banc du roi. Fidèle à ce monarque, il devint, comme tous ceux qui lui étaient attachés, l'objet des persécutions dans la révolution qui le renversa du trône. Le premier parlemen t tenu sous Édouard IV déclara Fortescue atteint du crime de lèsemajesté. Il suivit Henri en Écosse. Ce prince récompensa ses services et sa fidélité en le nommant lord grand chancelier. Obligé de fuir, il passa en France et se réfugia en Lorraine. C'est dans le loisir de ce séjour qu'il composa une partie de ses ouvrages. Ilenri étant remonté sur le trône en 1470, Fortescue retourna en Angleterre. Cet état de choses ne fut pas de longue durée. Dès l'année suivante le parti d'Édouard prévalut , et Henri , renferme: dans la Tour, y fut poignardé. Fortescue néanmoins n'eut point à souffrir de cette nouvelle révolution ; il resta en Angleterre sans y tare inquiété. Il avait fait l'acquisition (l'une terre à Eberton, dans le comté de Glocester. Il s'y était retiré et y mourut à l'àge de 90 ans. Forteseue publia sur la loi naturelle et les lois d'Angleterre plusieurs ouvrages qui sont estimés. Celui qui l'a rendu le plus célèbre a pour titre De lacdibus legum Anglioe. Il ne fut imprimé que sous Henri VIII. Il a été traduit du latin en anglais en 1737. La traduction est accompagnée des notes de Selden et d'un grand nombre de remarques sur les antiquités, l'histoire et les lois d'Angleterre. M. Sayer, avocat distingué, en a été l'éditeur et l'a fait précéder d'une préface où il a donné la vie de l'auteur , dés détails sur sa famille et la liste de ses ouvrages tant imprimés que manuscrits
  • Jean FOSTER( 1731) : savant philologue anglais, naquit à Windsor en 1731 et fit ses premières études au collége d'Eton, où son application au travail et une sobriété rare à son âge lui méritèrent l' térèt de ses supérieurs. Admis en 1748 à l'univer- sité de Catnbridge, il y devint en 1750 associé du collége du roi, et, peu de temps après, le docteur Édouard Barnard , célèbre maitre de l'école d'Eton, l'appela auprès de lui pour en faire l'un de ses adjoints. Ce choix , vu là sévérité qu'y apportait toujours cet instituteur célèbre , était le meilleur témoignage qu'on pût rendre de la capacité de Foster. Le docteur Barnard , ayant résigné ses fonctions en 1765, le fit choisir polir lui succéder. Foster avait, en effet, toutes les qualités néces- saires pour occuper cette place , excepté la dou- ceur et la politesse de manières auxquelles son prédécesseur avait particulièrement accoutumé tout ce qui était dans sa dépendance. Ses emportements avaient déjà influé d'une manière funeste sur sa santé, lorsqu'il prit le sage parti d'offrir de luimême sa démission. Le roi le dédommagea de ce sacrifice, en lui donnant en 1772 un cano- nicat dans l'église de Windsor. Sa santé étant alors altérée, il alla , pour la rétablir, prendre les eaux de Spa, où il mourut au mois de septembre 477. On n'a imprimé de lui qu'un voyage, mais qui suffit pour prouver son érudition , sa sagacité, son goût et sa candeur : Essai sur la nature différente de l'accent et de la quantité, arec leur usage et leur application dans la prononciation des langues an- glaise, latine et grecque ; contenant un précis et une explication des tons anciens , et une Defense de l'ac- centuation moderne, contre les objections d'Isaac l'os- sius , Henninius , Sarpedonius , le docteur Gall! ' et autres auteurs , Cambridge , I 763 . On a conservé avec soin les manuscrits de plusieurs de ses exercices de collége. X—s
  • Jean FOTHERGILL( 1712) : célèbre médecin anglais, naquit le 8 mars 47l, à CarrEnd , près Richedont , dans le comté d'York. Son enfance fut confiée à la tendre amitié de son aïeul maternel, Thomas Hough , riche habitant du Cheshire , qui le plaça dans la maison d'éducation de Sedberg , dirigée par les quakers. Ces habiles instituteurs ne tardèrent pas à découvrir chez leur jeune pupille le germe des plus belles qualités de l'esprit et du cœur. Doué d'une sensibilité profonde , Fothergill crut avec raison que la médecine lui fournirait constamment l'occasion de soulager ses frères et d'étre utile à l'humanité. Âgé de seize ans, il étudia d'abord, sous les auspices de l'excellent pharmacien Bartlett, l'art, trop négligé par les méde- decins , de préparer les remèdes. Il se rendit ensuite à la célèbre université d'Édimbourg , et devint le disciple le plus assidu et le plus chéri du savant Alexandre Monro. La dissertation qu'il soutint en 1737 pour obtenir le doctorat, De eme- ticorum usu in ranis morbis fractandis, tient un rang distingué dans le Thesainws medicus de Guillaume Smellie. Persuadé que ce titre ne lui donnait pas encore le droit d'exercer une profession dont il ne possédait que la théorie , il suivit pendant plusieurs années les visites des médecins de l'hôpital StThomas à Londres. En 1710 il fit , avec quelques amis, en Hollande, en France et en Allemagne , un voyage dont il traça une ébauche dans une lettre latine au docteurCuming, de Dorchester. De retour dans sa patrie, Fothergill se livra sans relàche à la pratique. Pour ne point manquer d'occupations dans une ville où il était peu connu il consacra principalement ses soins à la classe des pauvres, qui ne possédaient point encore à cette époque la précieuse ressource des dispensaires. Ses premiers pas furent marqués par des succès ; et bientôt une angine gangréneuse qui devint épidémique en 17 hi fournit au jeune praticien l'occasion de montrer dans tout son éclat le génie observateur dont il était doué. La maladie , traitée généralement par la saignée, les purgatifs et les débilitants , faisait d'horribles ravages. Fothergill suivit une méthode plus rationnelle et conséquemment plus heureuse. Les vomitifs donnés avec ménagement, une petite quantité de vin ajoutée aux boissons , les acides minéraux préférés aux végétaux, et les amers, furent les moyens qu'il employa , et il guérit presque tous les malades confiés à ses soins. Dès lors sa réputation fut parfaitement établie : appelé de toutes parts, on le cherchait d'autant plus, qu'il était plus difficile de l'avoir. Toutefois ce traitement judicieux , auquel Fothergill dut tant de gloire et de fortune, avait été indiqué par les médecins italiens, et pratiqué à Londres meme par le trop modeste Leatherland , qui ne voulut pas ètre nominé. Les plus célèbres académies de l'Angleterre , la Société royale , celle de médecine , celle des antiquaires, le Collége des médecins de Londres et celui d'Édimbourg , admirent Fothergill dans leur sein toutes ces sociétés reçurent de lui de nombreux et riches tributs. Passionné pour l'histoire naturelle et l'économie rurale, il acheta en 170e, à Upton en Essex , un champ trèsvaste, qu'il convertit en un jardin magnifique dans lequel il réussit à acclimater une foule de plantes étrangères importantes à la médecine et aux arts, et dont Lettsom a publié un excellent catalogue. Chaque année il distribuait dans les trois royaumes et dans les colonies anglaises un grand nombre de ces utiles végétaux. Il récompensait généreusement les personnes qui lui procuraient des objets rares ; il faisait méme voyager des naturalistes à ses dépens. Son cabinet zoologique et minéralogique était, au rapport de Solander, un des plus complets de l'Angleterre. La santé délicate de Fothergill ne lui permettant plus de supporter les fatigues sans cesse renaissantes d'une immense pratique , il résolut en 1765 de suspendre chaque année ses occupations pendant deux mois, et de passer ce temps à LeelIall , près du lieu qui avait été son berceau. Il dut probablement à cette mesure , ainsi qu'aux tendres soins de ses parents et de ses amis , l'avantage de pousser sa carrière jusqu'à 69 ans. Il mourut généralement regretté le 26 décembre 1780. L'épitaphe qu'on mit sur son tombeau est d'une simplicité énergique .et touchante : le docteur Fothergill , qui dépensa deux cent mille guinée pour le soulagement des mal- heureux. Guillaume 'lira , Gilbert Thompson , Jean Elliot, JeanCoakley Lettsom , célébrèrent les vertus et les talents de leur estimable compatriote mais le plus bel hommage qu'on ait offert à sa mémoire est sans contredit le brillant éloge prononcé en 1782 par Vicqd'Azyr au sein de la Société royale de médecine de Paris. Il a été plusieurs fois imprimé sous diversformats , et certes il méritait cet honneur. Fothergill, dit l'éloquent secrétaire , était quaker sans ètre trembleur. Ce fut lui qui fit au roi le compliment d'usage lors de son avénement au trône. Appelé par des personnes de la plus haute qualité et ne pouvant Ôter son chapeau ni s'incliner devant ceux qu'il visitait, il devait souvent être accusé de manquer aux égards. 11 y suppléait par une grande affabi- lité, qui marquait assez d'intérèt pour tenir lieu de la révérence ordinaire. Il s'approchait du malade avec tant d'empressement, qu'il paraissait avoir seulement oublié de faire le salut. Son existence tout entière fut signalée par des traits de bienfaisance dont les exemples sont malheureusement bien rares. Il fonda une maison d'éducation gratuite pour les orphelins, et fut l'éditeur des livres destinés à leur instruction. Knight et le capitaine Carver vécurent longtemps de ses lar- gesses. Il avait acheté un terrain pour y cultiver quelques arbres étrangers ; mais une pauvre famille qui l'habitait vint réclamer sa pitié : Mes , .Altenbourg ,P•it5 , 2 vol. Linné fils a consacré au docteur Fothergill, sous le nom de Fo- thergilla , un genre de plante , composé jusqu'à présent d'une seule espèce : c'est un joli petit arbuste de la Caroline , placé , quoique hermaphrodite, dans la famille des julifères ou amentacées , à côté de l'aune, dont il a le feuillage
  • Jean FOUBERT( 1540 - 1619) : bénédictin, né à StBenottsur. Loire en 1540, élevé par les soins du cardinal Odet de Chàtilloln , mais plus constant que son protecteur, eut à peine prononcé ses vœux dans l'abbaye des bénédictins de sa ville natale, qu'il releva l'éclat de sa congrégation , autant par ses talents que par la sagesse de son administration. Il mourut le 18 avril 1619. On doit à Jean Foubert. 1. His- toire des Lombards, traduite de Paul Diacre, précédée d'une préface et de la vie de cet auteur, Paris, 1603. 2° Supplément à l'Histoire des Lombards de Paul Diacre, tiré de différents auteurs, depuis l'é- lection d'Hildebrand jusqu'à la prise de Pavie par Charlemagne , Paris , 1603 Dom Foubert fut un des protecteurs du célestin Dubois, à qui nous devons le recueil intitulé : Bibliotheca censis
  • Jean FOUCHER du Cher : était notaire à Aubigny dans le Berry, avant la révolution. 11 en adopta les principes avec beaucoup d'enthousiasme et fut nommé en 1792 député par le département du Cher à l'assemblée législative, où il se fit peu remarquer, puis à la Convention nationale, où il vota pour la mort de Louis XVI sans appel au peuple. Comme Sieyès, il n'accompagna ce vote d'aucune phrase. Il était absent lors de l'appel nominal sur la question du sursis. Le 19 février 1793 il fit, au nom du comité des domaines, un rapport sur la terre d'Aubigny possédée par le duc de Richemont, pair d'Angleterre, et conclut aR séquestre ; ce qui fut décrété. Fou cher demanda phis tard la démonétisation clés assignats à effigie royale, ce qu'il obtint sans peine. Il garda ensuite le plus profond silenée, et fut nommé commissaire du Directoire dans son département après la session conventionnelle. Ayant accepté des fonçtions publiques dans les Cent jours de 1815, il fut exilé en 1816 par suite de la loi centre les régicides. Il se réfugia en Suisse, d'où il ne tarda pas à revenir dans sa patrie par une autorisation du ministre Decazes. Il mourut à Aubigny le 25 novembre 1819
  • Jean FOWLER : imprimeur anglais du 16e siècle, natif de Bristol, fut reçu en 1555 associé du collége neuf d'Oxford. Environ quatre ans après il quitta l'Angleterre et vint exercer la profession d'imprimeur à Anvers et à Louvain, où il devint le principal imprimeur du parti catholique. Wood compare son mérite à celui des Estienne; il parait du moins que Fowler avait beaucoup d'érudi- rion et quelque critique. On a de lui, entre autres !ouvrages : 4° un i Abrégé de la Somme théologique de St- Thomas d'Aquin i ; 2" i Additiones in Chronica Genebrardi; Pseautier ic l'usage des catholiques i; 4° des épigrammes et autres i poésies. I1 i mourut, à Newmark, en Allemagne, en 1578
  • Jean FOX( 1517 - 1587) : naquit en 1M7 à Boston , dans le comté de Lincoln. Il étudia à Oxford et y manifesta son penchant pour la théologie d'une manière conforme au goût du siècle, par des comédies latines sur l'Ancien et le Nouveau Testament. Il en reste encore une, i De Christo triumphante , imprimée i à Londres en 1551, et à Bâle en 1556 ; traduite depuis en anglais par Richard Day, Londres, 1579 et 1603 et en français . L'original fut réimprimé en 1672. Ce même goùt pour la théologie se manifesta bientôt d'une manière plus sérieuse et plus dangereuse pour lui , en l'entraînant dans les opinions de Luther; ce qu'il chercha si peu à dissimuler, qu'accusé d'hérésie, il fut chassé de son collége en 1545 , bien heureux , l'assuraton , d'en être quitte à si bon marché. Ce n'était cependant pas tout. Fox avait perdu son père de bonne heure ; sa mère s'était remariée; son beaupère profita de la circonstance pour retenir son héritage , qu'il pensait bien que Fox n'oserait réclamer. Celuici, réduit à la plus grande misère , eut le bonheur d'entrer en qualité de précepteur chez sir Thomas Lucy. Cette éducation finie, il se rendit à Londres et s'y trouva de nouveau dans une détresse d'autant plii5 fâcheuse qu'il s'était marié. Enfin un jour, diton , qu'il priait dans l'église de StPaul , presque exténué par la faim, un homme qu'il ne connaissait pas s'approcha de lui, lui remit entre les mains une somme d'argent, en lui disant de se soutenir et de soigner sa santé , parce qu'il était au moment de se trouver plus heureux. En effet, trois jours après, il fut choisi par la duchesse de Richmond pour faire l'éducation de ses pétitsneveux , les enfants du comte de Surrey, alors à la Tour de Londres avec son père, le duc de Norfolk; mais il ne put jamais retrouver celui qui lui avait prédit cette bonne i fortune i et donné les moyens de l'attendre. Cette histoire se sent beaucoup de l'imagination que Fox a portée dans son i Martyrologe i; niais du moins estil certain qu'il devint précepteur des petitsneveux de la duchesse de Richmond. L'un de ses élèves , devenu duc de Norfolk par la mort de son père et de son grandpère , le prit en grande affection; il ne put cependant le sauver des persécutions de l'évêque Gardiner, qui le forcèrent de chercher un refuge à Bâle, où il subsista en corrigeant des épreuves. Après la mort de la reine Marie , il revint en Angleterre , où il retrouva un protecteur dans son ancien élève , qui le garda chez lui tant qu'il •écut et qui , à sa mort, lui laissa une pension. Il parait que Fox avait pris les ordres et s'était fait connaltre , mème avant son exil , par des sermons en faveur de la réformation. Élisabeth le traitait avec bonté; le secrétaire d'État Cecil le protégeait et obtint pour lui , en 1565 , dans l'église de Salisbury, une prébende que Fox hésita à i accepter i, étant dans les principes des nonconformistes, quoique trèsmodéré; ce qui fut cause qu'il ne profita pas de la faveur qu'aurait pu obtenir un des premiers apôtres de la réformation. Il mourut en 1587, àgé de 70 ans. Le plus célèbre de ses ouvrages est celui qu'il a intitulé i Actes et monuments de i [ i Église i , et qui est généralement connu sous 1c titre de i Martyrologe i, contenant l'histoire des troubles attribués à l'Église romaine depuis le 10e siècle et particulièrement en Angleterre et en Écosse , publié à Londres en 1565 augmenté ensuite et Imprimé pour la quatrième fois en 1583, 2 vol. et en 1652 en 3 volumes, et pour la neuvième en 1684 , 3 vol. avec figures. Il y raconte particulièrement et en détail l'histoire des martyrs de la religion protestante, et avec des circonstances merveilleuses qui lui ont fait donner par les catholiques le nom de la i Légende dorée de Fox i. Ils lui reprochent aussi l'emportement et la grossièreté; ils l'accusent d'avoir souvent altéré la vérité pour augmenter le nombre des martyrs de sa communion , tellement que , dans la première édition , on trouvait, au nombre de ceux qui l'avaient soutenue au prix de leur vie , des personneS encore vivantes et qui réclamèrent contre l'honneur qu'on leur faisait. Ces reproches trèsbien fondés n'empèchèrent pas le i Martyrologe i de Fox d'obtenir un prodigieux succès en Angleterre, où il est encore célèbre. Les autres écrits de Fox, trèsnombreux, sont tous des ouvrages de théologie et principalement de controverse. On a conservé de lui quelques lettres qui font le plus grand honneur à son caractère et à son humanité. Il laissa deux fils, dont Puri, Samuel Fox a écrit la vie de son père imprimée en tète des i Actes et monuments de l'Église i
  • Jean FRAGOSO : médecin espagnol du 16e siècle, naquit à Tolède et remplit auprès de Philippe 11 les fonctions de médecin et de chirurgien. Nous n'avons point d'autres renseignements biographiques sur cet archiâtre; mais nous possédons plusieurs ouvrages qui attestent son talent et surtout son zèle : Questions chirurgicales destinées expliquer les préceptes les plus importants de la chirurgie , Madrid , I 570, ; 2° Chirurgie universelle; Traité des évacuations ; Antidotaire , Madrid , 1581 ; Alcala de Ifenarès , 1601 ; traduit en italien par Balthazar Gasso , Palerme , 1639 Ce livre renferme diverses observàtions curieuses, et la doctrine en est assez pure. L'auteur détermine avec exactitude l'heureux emploi du feu ou cautère actuel dans plusieurs affections graves; il juge sainement les plaies d'armes à feu et ne les croit pas vénéneuses. 3. Discours sur les aromates, les arbres, les fruits et les autres drogues simples qu'on relire des Indes orientales, et qui servent en médecine, Madrid , 1572 ; traduit en latin , avec des notes , par Israël Spach , Strasbourg, 1601 Ilaller observe judicieusement que Fragoso a puisé les matériaux de cette pharmacologie orientale dans les oeuvres de Monardès, Garcias de Horta et Charles de l'Écluse. 4, De succedaneis medicamentis liber ; cula animadversionibus in quamplurinza medicamenta composita quorum est usus in Ilispanicis ojicinis , Mantoue, 1575 Madrid, 1583 Les botanistes Ruiz et Pavon , jaloux d'immortaliser leurs compatriotes et ne trouvant pas dans leur pays autant de naturalistes célèbres qu'ils rencontraient de plantes nouvelles dans leurs voyages, ont dû proclamer beaucoup de noms médiocrement connus. Le genre fragosa , qu'ils ont dédié à Jean Fragoso, est une ombellifère composée de six espèces, qui toutes appartiennent au nouveau inonde
  • Jean FRAIN( 1641 - 1724) : écuyer, seigneur du Tremblai et de la Martinière , né à Angers en 16 , mourut le 24 août1724. Il était fils d'un échevin, et il fut en 1666 conseiller au présidial de sa patrie; mais des difficultés survenues entre lui et ses confrères l'obligèrent à se démettre.de sa charge. Il se livra alors tout entier à la littérature, sans néanmoins sortir jamais de la classe des écrivains les phis médiocres. Frain avait beaucoup lu, mais mal digéré ses lectures; il était d'ailleurs trèsentêté de ses opinions, et sur la fin de ses jours il devint tout à fait misanthrope. Il avait été l'un des treille premiers membres de l'Académie d'Angers, établie en 16Ki. Ona de lui : 1. Traité de la vocation chrétienne des enfants, Paris, 1685 ; 2° Conversations morales sur les jeux et les divertissements, Paris, 1685 ; 3. Nouveaux Essais de morale , Paris , 1691 : ouvrage estimé de Mabillon ; 4° Essai sur l'idée d'un patfait magistrat, Paris, 1701 ; Lettre sur le Parrhasiana de Leclerc, insérée dans le Journal de Trévoux de 1702 ; 6° Traité des langues, Paris , 1705 ; Amsterdam, 1709 : livre utile quoique peu profond ; 7" Lettre aux journalistes de Trévoux sur le Traité du jeu, par Barbeyrac ; Réponse â la lettre de Barbeyrac . L'auteur combat la trop grande condescendance de Barbeyrac pour les joueurs. 8° Discours sur l'origine de la poésie, sur son dge , sur le bon goût, etc., Paris, 1713 : ouvrage dont le style ne répond point au sujet ; 9. Lettres sur la phantasmatologie , 1713 ; 14° Critique de l'Histoire du concile de Trente de ira Paolo ; des Lettres et Mémoires de Varyas , Rouen , 1719, critique futile. L'auteur n'était pas de force à discuter de tels ouvrages. 41. Traité de la conscience, Paris, 1721 Ce livre ne parut qu'après la mort de Frain , et trèsmutilé ; l'impression en avait été commencée vingt ans auparavant. C'est proprement un traité de controverse
  • Jean FRANCHINI( 1633 - 1695) : cordelier, né à Modène le 28 décembre. 4633, fut reçu docteur en théologie à Ferno en 1661 , et professa cette science pendant plusieurs années; il se livrait en mème temps à la prédication et il parut dans les premières chaires de l'Italie avec un grand succès. Le duc dellodène lui accorda le titre de son théologien : il avait déjà celui d'historiographe de l'ordre de StFrançois, et, dit Tiraboschi, si ce laborieux écrivain eût réuni à son activité pour les recherches plus de discernement et un style plus pur, il aurait mérité une place distinguée parmi les historiens de son ordre et de sa patrie. 11 mourut à Modène le 4 avril 1695 à l'âge de 62 ans. On a de lui : 1° Status reliqionis Franciscanœ minorurn conventualium, Rome, 4682 2. De antiquitate Franciscana conventualibus adjudicanda , Ronciglione , 1685 5" Bibliosophia e memorie letterarie di scrit- lori Francescani conentuali ch' hanno scritto dopo l'anno 1585 , Modène , 1693 rare , n'ayant été tiré qu'à 400 exemplaires. Le P. Franchini a en outre fourni plusieurs articles au Journal de Modène , dans lequel il s'était chargé de l'analyse des ouvrages de théologie; et il a laissé des manuscrits intéressants , entre autres une Vie de Sixte V avec des Remarques critiques sur la vie de ce pontife , par Gregorio Leti, et des Notes concernant les écrivains de Modène, dont Tiraboschi a profité pour la rédaction de sa Biblioteca illodenese
  • Jean FRANCISCI( 1532 - 1584) : médecin , né en 1532 à Ripen ou Rybe, dans le Jutland septentrional, cultiva la poésie latine avec succès. II voyagea dans sa jeunesse, parcourut les principaux États de l'Europe et s'arrêta en France, où il se lia d'amitié avec les personnes qui partageaient son goût pour les lettres. De retour dans sa patrie, il publia quelques pièces de vers qui lui méritèrent le laurier poétique et l'estime de Mélanchthon , de TychoBrahé, de Pierre Lotichius et de plusieurs autres hommes célèbres. La réputation qu'il s'était faite comme poète ne fut pas, ainsi que cela n'est arrivé que trop souvent , un obstacle à sa fortune. Il pratiquait la médecine avec autant de talent que de bonheur, et il fut nommé professeur de cette science à l'université, de Copenhague en 1561. 11 mourut en cette ville le 4 juillet 1584, à l'Age de t; ans. On cite de lui : 1" De oculorum fabrica et coloribus carmen , \ Vil temberg , 1556 2. Per Francicum elegis descriptum , cum ejusdem epigrammatibus , Tubingen , 1559 : c'est un voyage en Franconie ; on l'a réimprimé dans l'Hodceporicus sire itinera totius fere orbis, par Nicol. Reusner. Francisci a en outre traduit en latin plusieurs Traités d'Hippocrate et de Galien
  • Jean FRANCO-BARRETO( 1606) : poète portugais, prit naissance dans la ville de Lisbonne, l'an 1606. 11 étudia les lettres humaines sous la direction du célèbre François Macedo , qui lui communiqua son goùt et son talent pour la poésie. Né d'une famille distinguée et vouée au service des armes, il lit partie de l'expédition maritime envoyée en 1646 au Brésil , par le roi de Portugal , pour délivrer Bahia de l'oppression des Hollandais. Au retour de cette expédition il quitta la carrière militaire pour se livrer à l'étude; il prit le bonnet de docteur en droit à l'université de Coïmbre et fut nommé instituteur des enfants de dom François de Mello , grand veneur du roi Jean IV, auquel Franco eut l'honneur d'être présenté par ce même seigneur, qui, découvrant dans son protégé des talents pour la politique, le choisit pour son secrétaire dans l'ambassade extraordinaire dont il fut chargé près du roi trèschrétien. Franco remplit cet emploi avec distinction ; mais il avait aussi peu d'inclination pour la cour que pour les armes. De retour dans sa patrie et devenu veuf , il embrassa l'état ecclésiastique et fut nommé vicaire de Barrerio en 1648. Il mourut le 30 mai 1664. Franco a laissé une grande quantité d'ouvrages en prose et en vers, soit imprimés, soi t manuscrits, dont les pr sont : 1° Cyparisso , fabula mithologica , en octaves, Lisbonne , 1631. Ce fut le premier ouvrage où il donna les plus grandes espérances de son talent pour la poésie et qui lui attira les éloges de tous les littérateurs contemporains; 2. Relamon de viagem , ou Relation du voyage que firent en 1641 ete France dom François de À lello et le docteur Coelho de Caravalho, en qualité d'ambassadeurs, etc., Lisbonne , 1642 3° Eneida portugueza , I parte, Lisbonne , 1664 ; 2e part., ibid., 1670. Cette traduction en octaves a le double mérite de ne pas s'écarter du sens littéral du texte, et d'en conserver toute la force et la vigueur. Franco était pénétré du poète qu'il traduisait : ainsi sa traduction n'est pas audessous de celle de Pope et ( I' Annibal Caro , et peut le disputer aux quatre premiers livres si heureusement rendus dans la langue espagnole par don Thomas de Yriarte. Franco avait de plus à surmonter la cul té de la rime , ce qui rend encore plus recommandable son ouvrage. On pourrait cependant lui reprocher d'être parfois un peu diffus, et d'être un peu trop prodigue d'épithètes; 4° Ortographia da lengua portugueza, Lisbonne , 1670 La plupart des manuscrits de Franco , prêts à être imprimés, étaient dans la bibliothèque du cardinal de Sousa, d'où ils ont passé à son héritier, le duc de Foens. Parmi ceuxci, l'on y trouvait : 1° Bibliotheca portugueza , ouvrage qui a fourni beaucoup de lumières à Barbosa, pour compiler sa Bibliotheca lusitana ; 2° Historia dos cardeaes portuguezes ; Odas de Horacio en verso poriuguesRelation du voyage de l'armée portugaise à Bahia, en 1642 , 5. Batrachomyomachia, imitée de celle d'Homère, en 112 octaves, écrite en 1637; 6° Genealogia dos dioses gentilicos , qui est un ouvrage plein d'érudition; 7" Rimas varias. Franco était trèsprofond dans les langues latine et grecque; il possédait l'italien, le français et l'espagnol , et il écrivait avec une égale facilité en prose et en vers. Son style est en général mâle, vif, élégant, et d'une pureté extrême. En lui pardonnant dans ses poésies un certain abus des tropes et des figures, il peut être placé parmi les bons poètes portugais de son temps
  • Jean FRANÇOIS( 1582 - 1668) : Psuite, né en 1 >1 à StiCiatide en FrancheComté, fut admis dans la Société à l'àge de vingttrois ans. Il professa h philosophie et les mathématiques dans différents rolltrges et fut (ensuite nommé recteur des études. Il se retira .tir 13 fin tir sa rie dans la maison de son ordre, a Itetinc4, et y mourut le te jatte ier 'Mn dans de grands sentiments tic piété. Il avait ru pour disciple l'illustre 11esrartrs, et ce granit philosophe ..ouserva toute sa r ie 1• plus tendre attachement pour son ancien maitre. on a de lui :1. La trienre de la qeographie, flegmes, Pei, ; t' srienre des eaux gui erplique lruirr formaiurt, rom- inourements et meslareqe, eir., ibid. 1.r style en test peu agr,:a?le, mais .11 y trouve tirs fait, curieux et ai??u, és sur tirs expériences alors nouvelles. :10° L'art dey fautainer, (* est- a- directe ! murer, eprouree. assembler, mesurer, diltrihuer et conduire les sources dans les lieux publics et partieulieri, d'en ',Aider la conduite ! Perletuelle . ibid. C'est une partir tir' l'out rage itrret tirnt que l'auteur fit, imprimer pan:ment . me. quelques additions. 4' blue ou tArt de reuipter toutes sertes de nombres errr In plume et lesjeions, hast., le5, 1661; Paris, f reei, 11159 ! to, L'art et ln manière de mesurer tontes ruiles de iurfaets faut de loin que de près. Cet ou% rage , (lui fait suite à l'Arithmétique, s'y troule ',t'Ain:fieraient réuni. &' let elements des ocienres et des art, math, r iatiques pour sertir diritroilisrtiun 4 la cosuulraphie et a la yagraphie. !tenues, 11c41.Y.'6 7. Ln chrono/ 00e, divisée en quatre partir*, ibid. il y traite tir 1.1 diti. itin du rt des diffèrent* instniments qui servent a %a luemse; des cadrans Notaires, mendient, bar- loge%, etc. $ Traite. de, tailwritrei reledet. ihiti . DM, il y embat les I?riuripe. tir l'asitri?. logie judiciaire, science qui avait alors tir feintl?m? partisans. ea l.a jauye au pied du roi . l'arts, 1 & JO
  • Jean FRANKE( 1650 - 1723) : hébraïsant allemand , naquit en 1650 à Schlicht, dans le Mecklenbourg ; après avoir fait ses études à Leipsick il revint en 1671 dans sa patrie, se livra à la carrière de l'enseignement et fit l'éducation de jeunes seigneurs. En 1686 il devint pasteur de Trantow et de Sassen en Poméranie , passa en la mème qualité à Baggendorf en 1689 et se démit de son emploi en 1702. 11 mourut à Neubrandenbourg le 17 avril 1723. Eicher nous a conservé dans son Dictionnaire la liste des ouvrages de Franke. Voici les plus remarquables. à notre avis : 1° Lux tenebrosa, sire schedium de accentuationis hebrœœ imperfectione ; 2° Diacritica sacra ; Memoriale symbolicum ; 4° deux Traités sur la théologie mystique dans la langue allemande ; Diss. de Pelecano ; 6° Historia Buthœ juxta accentus hebrœos explicata; 7° Commentarius acroanzaticus in Jonam ; 8° idem in psalmos Davidis ; 1. 1° Proplietia Amosi, Nahum, Habacuci, Sophoniœ , Obadiœ , Haggœi, Malachiœ , juxta accentus resoluta et explicata ; 10. Ministerium accentuum hebrœorum nzonstratum clou. S. S'eripturœ diclis ; 11. Sciagraphia logices antiquonoue , etc
  • Jean FRANKENIUS( 1590 - 1661) : professeur de médecine à Upsal, naquit en 1 590 ; il lit ses études en Allemagne et s'appliqua avec soin à l'anatémie , à la botanique, à la physique. Ce fut lui qui lit connaître en Suède la dissection anatomique et qui écrivit le premier dans ce pays sur les sciences naturelles. On a de lui : Siynatur, etc., ou Description des plantes , en allemand , Rostock, 1618 ; 2° Speculum botanicum, Upsal , 1658 ; 5" Colloquium cum diis montanis , Thotœret , etc., en suédois, Upsal , •1651. Le savoir de l'auteur ne l'empêcha pas de payer dans ses divers ouvrages un tribut aux préjugés de son siècle : il parle des vertus mystérieuses d'une plante qu'il regardait comme un remède universel ; de l'influence des astres sur les maladies ; de la transmutation merveilleuse des métaux , et de plusieurs autres objets pareils. Frank:cujus mourut à Upsal en 1661
  • Jean FRATTA( 1500) : poete, né à Vérone dans le 16» siècle, d'une famille noble, cultiva les lettres avec assez de succès pour mériter les encouragements du 'fasse ; cependant il ne parait pas avoir joui, durant sa vie , de la réputation qu'il méritait. Son principal ouvrage est un peine intitulé : < i> La Malteide, Venise , 1596 Le jugement avantageux que le Tasse en porta devrait le faire rochercher des amateurs de la poésie italienne; et il est remarquable qu'on n'ait pas encore songé à en donner une nouvelle édition. LeS autres ouvrages de Fratta sont : I" des < i> Églogues , Vérone , 1576 ; < i> 2" < i> Nigelle pastorale, 1 582 ; 3' < i> Della dedicatione de' libri , Dialoghi , con la correzione delt abuso in questa materia introdotto, Venise , 1590 4° des < i> Poésies éparses dans différents recueils. Enfin on lui attribue une traduction de < i> l'OEdipe de Sophocle et une comédie intitulée < i> Il Tesoro, restées en manuscrit
  • Jean FRANK ou FRANCK ou FRANCKE : médecin allemand, exerça d'une manière distinguée sa profession à Ulm , où il mourut octogénaire vers 1728 ; il se livra avec une sorte de prédilection à la pharmacologie, et la plupart de ses ouvrages ont pour objet cette branche importante de l'art de guérir : 1. Polyehresta herba ceroniea, ad botanices , philosophice et medieince cynosuram elaborat a , Ulm, 1690 fig, ; réim?rimée avec de nombreuses additions, sous ce titre : Veronica theezans, id est eollatio veroniece Europece corn thea Chinensium, Schwabach , 1695 fig.; Leipsick et Cobourg, 1700 , fig. ; traduite en français, Paris, 170 t fig. ; Reims, 1707 fig., etc. L'auteur fait un éloge exagéré de la véronique, à laquelle il rapporte, sinon comme identique, du mQins comme trèsanalogue , I'dysum de Dioscoride ; 2° Trifolii fibrini historia, selectis observationibus et perspicuis exemplis illustrata, Francfort, 1701 Parmi les maladies extrèmement graves, ou tout à fait incurables, contre lesquelles Frank prétend avoir constaté les vertus de la ményanthe, il suffit de citer l'hydropisie , l'asthme et la phthisie. La fatale propriété antiaphrodisiaque dont il accuse cette plante n'est pas mieux prouvée ; 3. Herba alleluia , botanice considerata , ex veterum ac recentiorum decretis , Ulm, , 1709 fig. Dans la longue énumération des vertus de cette plante , il compte celle de guérir de la rage. On peut regarder comme le complément de ce traité celui qui est intitulé : De vers antiquorum acetosella, ejusdemque z'irtute contra bres malignas , petechiales , et pestem ipsam , Augsbourg, 1717 ; 4. Spicilegium de euphrasia herba , medicina polychresta , veroque oculorum sa- lamine, Francfort et Leipsick, 1717 50 Éloge de la cuscute , Ulm , 1718 ; 6° Thappuacli jerusrhalmi , seu momordicce descriptio medico- chirurgico- pharmaceutica , Ulm , 1720 fig. A cet opuscule sur la pomme de merveille est joint celui de JeanJacques Kleincknecht, sur le scordium , augmenté par l'éditeur; 7° Trac- talus singularis de urtica urente , de qua Grœci et Latini pauca, paucissima Arabes conscripserunt, Dillingen, 1723 On est surpris de voir l'auteur faire un vaste étalage d'e'rudition , et cependant oublier la monographie de Drechsler, qui , . sous un moindre volume, est plus riche de faits intéressants et d'observations exactes; 8° Castorologia, Augsbourg, 1705 Le traité de Castor, composé originairement par Jean Marius Mayer, et que Frank augmenta beaucoup , a été traduit en français par Eidous, qui y à joint de nouvelles observations, Paris, 1746 Frank a publié, en outre , une dissertation allemande sur le grand héliotrope du Pérou; et il a inséré dans les Ephémérides des curieux de la nature divers mémoires dont quelquesuns attestent une crédulité puérile, et dont aucun ne mérite les honneurs de la citation. C
  • Jean FUESSLI( 1477) : né à Zurich , en 1477, protégea beaucoup la réformation. On à de lui une Chro- nique suisse estimable , continuée jusqu'en 1519. PIERRE , son frère , lit plusieurs campagnes en Italie et un voyage dans là terre sainte , dont il laissa une description. On conserve dé lui l'histoire de la guerre civile. en Suisse de 1551 , à laquelle il assista , et l'Histoire de la prise de Rhodes. 11 mourût en 1548
  • Jean FRYTH : martyr du protestantisme en Angleterre, sous le règne de Henri VIII , était fils d'un aubergiste de Sevenoaks, au comté de Kent. Il étudia à Cambridge et ensuite à Oxford. Vers 1525, ayant eu occasion de connaitre Guillaume Tyndal, celuici le gagna à la doctrine luthérienne, qu'il commença bientôt à professer ouvertement. Il lut arrêté, interrogé et confiné dans son collége : ayant obtenu sa liberté en 1528 , quitta l'Angleterre , où il revint deux ans après, plus affermi que jamais dans ses principes religieux. Il fut arrêté comme vagabond à Reading, et mis en prison : délivré par l'humanité d'un maitre d'école de cette ville, il se rendit à Londres, où les efforts de son zèle attirèrent l'attention du grand chancelier Th. Morus, qui le fit mettre à la Tour. Il fut traduit devant un conseil d'évêques; et rien n'ayant pu l'ébranler dans ses principes, il fut condamné à être brûlé vif, et subit sa sentence à Smithfield en 1533. Ses ouvrages, tous dirigés contre la doctrine catholique, et dont plusieurs furent composés pendant sa détention à la Tour, ont été réimprimés ensemble, Londres, 1573
  • Jean FRÉE( 1711 - 1791) : ecclésiastique anglican , né à Oxford en 1711 , consacra sa longue carrière à la prédication, à l'instruction de la jeunesse et à la culture des lettres. Il dirigea l'école de grammaire de StSauveur à Londres et occupa successivement plusieurs cures peu lucratives. Son savoir, ses talents et les services qu'il rendit à la religion établie et à l'État lui valurent l'estime et l'approbation de quelques hommes puissants , qui négligèrent cependant son avancement au point que dans sa vieillesse il était réduit en 'quelque sorte à implorer la commisé- ration publique. En 1788 il adressa à l'archevêque de Cantorbéry une lettre pour l'engager à solli- citer de M. Pitt quelque disposition en sa faveur; il y rappelait un plan d'invasion en Normandie, qu'il avait proposé en 1756 , dans les papiers publics, plan qui avait été approuvé par le lord Chatam, le père de M. ,Pitt , et mis à exécution. II ne parait pas néanmoins que ce ministre se soit occupé d'améliorer sa situation. Le docteur Frée mourut le 9 septembre 1791. Il a publié un assez grand nombre de sermons et d'écrits de controverse , la plupart dirigés contre les méthodistes, et des poésies diverses, etc. Nous ne citerons de ses ouvrages que l'Histoire de la langue anglaise, en quatre parties , publiée vers 1753, et qui a eu plusieurs éditions; la quatrième est de 1788
  • Jean FREIND( 1675) : célèbre médecin anglais, naquit en 1675, à Croton, bourg du comté de Northamp- ton Son père, ministre de la religion réformée, l'envoya achever ses études à Oxford, où le jeune Freina , après s'être distingué par une grande application et avoir cultivé avec soin les mathématiques, embrassa la carrière de la médecine. Nommé, en 1701, professeur de chimie à l'université d'Oxford, il quitta ce poste l'année suivante pour accompagner le comte Péterborough , qui allait porter la guerre en Espagne. Après y avoir fait deux campagnes en qualité de médecin de l'armée, il partit pour l'Italie, dont il voulait contempler les monuments antiques , et fut reçu à Rome avec distinction par les illustres Baglivi et Laneisi. De retour dans sa patrie. Freind publia un Exposé de la conduite du comte de Peterborough , Londres , 1707 et devint membre de la Société royale de Londres en 1712. Cette même année, il partit encore comme médecin militaire avec le duc d'Ormond, qui allait commander en Flandre les troupes anglaises. La paix le ramena à Londres l'année suivante: Jusqu'alors Freind avait joui du bonheur que procure une vie consacrée à l'étude et à des voyages 11 parait qu'il passa quelque temps en Irlande en 1715 . Mais en 1723, ayant assisté au parlement comme député du bourg de Launceston, il s'eleva avec tant de force contre les prétentions du ministère, que , l'acte d' habeas corpus se trouvant alors suspendu à cause des troubles qui menaçaient l'État , Freind fut renfermé dans la tour de Londres, accusé, à ce qu'il parait, de haute trahison. _11 était en prison depuis trois mois , et y serait sans doute resté plus longtemps, lorsqu'il dut son élargissement à un trait peu commun de générosité du docteur Mead, son ami, trait qui honore également le bienfaiteur et l'obligé et d'autant plus remarquable qu'ils étaient comme brouillés en ce moment par leur différence d'opinion politique . Dans quelque position qu'il se trouvàt, Freind mettait à profit ses loisirs pour la composition de ses ouvrages. Ce fut métue pendant sa détention qu'il commença le plus important de tous , sou Histoire de la médecine. Une pratique heureuse et très-étendue, des écrits judicieux et pleins d'érudition ayant fait oublier à la cour la vivacité patriotique qui, en 1723 , avait emporté Freind au delà des bornes, il fut nommé premier médecin de la reine à l'avènement de George II au trône d'Angleterre, en 1727. Mais il ne jouit pas longtemps 111 Bolingbroke, lettre du 3 décembre 1715. t2i Arrété le 15 mars 1723 . La version française, quoique revue par Freind, qui y ajouta mène quelques observations, est extrèmement, défectueuse, tant à cause des Il en existe une autre traduction française imprimée à Paris en 1728 On ne connaît pas le nom de l'auteur de cette traduction, qu'on sait avoir été revue par Senac, et être plus exacte que celle de Coulet. Z. nombreuses fautes de langue qu'à cause de l'orthographe baroque adoptée par le traducteur ; ce qui en rend la lecture fatigante. Cette Histoire est le plus beau titre de Friend au souvenir de la postérité. Elle donna lieu à de vives discussions ; d'abord Clifton Wintringliam l'attaqua sous le voile de l'anonyme, dans une brochure qui parut sous ce titre : Observations on Freines history of ph/ sic , showing some false representations of an- cient and modern physicians, Londres, 1726 Puis vint la querelle suivante : on sait que Daniel Leclerc a écrit une histoire de la médecine qui, prenant l'art à son berceau, le suit dans tous ses détails jusqu'à l'époque de Galien inclusivement ; mais le temps ayant manqué à l'auteur pour com- pléter son travail , il s'était contenté de le terminer par l'Essai d'un plan pour servir à sa continua- tion jusqu'au milieu du I7e siècle, lequel Essai ne comprend que cinquantesix pages Freind, ayant relevé plusieurs fautes de chronologie qui se trouvent effectivement dans ce plan de continuation , fut attaqué par Jean Leclerc , qui , dans le tome 24e de sa Bibliothèque ancienne et moderne, cherche à justifier son frère Daniel des reproches du médecin anglais. Mais celuici fut soutenu avec chaleur par J. 13aylie, qui, dans une brochure intitulée : A defense of D. Freind and his history of physic , etc., Londres 1727 ; 1733 lit une réponse très-àcre aux réflexions de Jean Leclerc, et démontra , mais avec trop peu de ménagement, qu'en effet Daniel s'était trompé sur plusieurs points importants de chronologie médicale. Si l'on considère que ce dernier n'avait donné qu'une sorte d'ébauéhe, et que sans doute un travail plus mùri lui aurait ouvert les yeux sur ses erreurs, on conviendra que, de part et d'autre, l'attaque et la défense furent sans mesure; car on ne peut refuser à l'ouvrage de Daniel le mérite d'avoir été composé, pour tout le reste, d'après la lecture des originaux . Ce qu'il y eut de remarquable dans cette dispute, c'est la modération de Freind, qui garda un silence absolu , à moins toutefois qu'il n'ait parlé par la bouche de J. Baylie. Quoi qu'il en soit, l'Histoire de Freind prouve une vaste érudition; on peut la regarder, ainsi que celle de son compétiteur, comme un ouvrage classique : l'une étant la continuation de l'autre, il en résulte que leur réunion devient indispensable pour suivre le III historique de l'art. Ce sont deux monuments qui ont immortalisé chacun son auteur et que ne fera même point oublier, quoiqu'il leur soit supérieur, le récent travail de l'illustre KurtSprengel. Les oeuvres de Freind ont été réunies et imprimées en latin sous le titre d'Opera omnia, Naples, 1730 Londres, 1735 édition soignée par J. Wiggan, qui l'a enrichie de la vie de l'auteur; Venise , 1733 Paris, 1735
  • Jean FREINSHEIM( 1608) : littérateur savant et laborieux, naquit à Ulm en 1608. Après avoir terminé ses études, il fréquenta plusieurs années les cours des universités de Marpurg et de Giessen, et vint ensuite à Strasbourg avec le projet d'y prendre ses degrés en droit. Quelques pièces de vers qu'il avait composées en allemand l'ayant fait connaitre de Mathias Bernegger, ce zelé protecteur des lettres lui offrit un logement dans sa maison et lui confia le soin de sa riche bibliothèque. Ce fut alors que Freinsheina put enfin satisfaire librement sa passion pour 'l'étude et qu'il acquit, par une lecture réfléchie des bons auteurs de l'antiquité, cette variété de connaissances et cet esprit de critique qu'on remarque déjà dans ses premières productions. Il venait de donner une édition de F/ orus, enrichie d'utiles remarques, lorsqu'il fit un voyage en France. Il demeura trois ans à Paris , au milieu des savants, et il y aurait prolongé son séjour si Bernegger ne l'eût rappelé à Strasbourg en 1637, pour lui faire épouser sa fille. Quelque temps après on lui offrit la chaire d'éloquence à l'université d'Upsal ; et après l'avoir occupée pendant cinq ans avec le plus grand succès , il la quitta pour la place de bibliothécaire de la reine Christine. Cependant sa santé s'affaiblissait; l'excès du travail pouvait en étre la cause : les médecins jugèrent que l'air du pays lui était peu 'favorable, et il renonça à tous les avantages qu'il trouvait en Suède, pour venir chercher sa guérison à Strasbourg. 'L'électeur palatin le nomma en 1656 professeur honoraire à Heidelberg et lui accorda en outre le titre de son conseiller intime : mais il ne jouit pas longtemps de ces nouveaux honneurs; il mourut à Heidelberg le 31 août 1660 , à l'âge de 52 ans. Freinsheim possédait également bien le latin , le grec et l'hébreu , et dans ses loisirs il avait appris les principales langues de l'Europe. 11 osa s'élever contre l'autorité d'Aristote, qui régnait encore en maitre dans les écoles d'Allemagne , et prouver que la confiance aveugle avec laquelle on admettait ses principes- était la cause du peu de progrès de la saine philosophie. Mais ce qui a le plus contribué à étendre la réputation de Freinsheim , ce sont les travaux auxquels il s'est dévoué avec une ardeur et une patience presque incroyables pour éclaircir plusieurs auteurs latins, corriger les fautes qui s'étaient glissées dans leurs ouvrages par l'ignorance des copistes et enfin remplir les lacunes qu'y ont faites les ravages du temps et des barbares. Le premier livre sur lequel il entreprit ce travail fut l'Histoire d' Alexandre par QuinteCurce il en publia une édition avec un savant commen- taire et un ample index, Strasbourg, 1640, 2 vol. Les Suppléments de Freinsheim furent 01 On avait déjà des Suppléments de QuinteCurce, tirés d'un .manuscrit de l'abbaye de Tulicton, et que Scaliger attribue à Pétrarque ; d'autres , de M. Brunon , professeur à Munich. 'Depuis la publication de ceux de Freinsheim , Christ. Cellarius en a donné , que Fabricius trouve concis et élégants; et enfin Christian Juncker en a fait paraitre encore de nouveaux, Dresde, 1700 On a pensé que quelques détails sur ces Supplé- ments seraient placés plus naturellement à l'article QuiNTECuRCE. reçus avec de grands éloges, etl ils ont reparu dans la plupart des éditions de QuinteCurce. LetelFer a sans doute exagéré le service rendu par Freinsheim, en disant qu'il a rétabli si heureusement les lacunes de cet historien, qu'on doit presque être bien aise qu'il ait eu cette occasion de montrer son savoir et son goût; mais il faut convenir qu'il s'est acquitté de cette tache trèsdifficile avec plus de succès qu'on ne pouvait l'espérer. Le Commentaire de Freinsheim est trèssupérieur à ses Suppléments. Tannegui Lefèvre, bon juge dans cette partie , dit qu'il ne croit pas qu'on ait jamais vu un recueil aussi bien fourni de bonnes choses, et qu'il est digne de passer à la postérité la plus reculée. Freinsheim s'occupa ensuite de remplir les lacunes qui existent dans les Annales de TiteLive. Il en publia le commencement à Stockholm, 1649 Cet essai fut suivi d'une édition Strasbourg, 1654, qui contient soixante livres; enfin Doujat réunit les quatrevingtquinze livres dans son édition de Tite- Lire à l'usage du Dauphin ; mais l'impression en fut peu soignée, et Leclerc se plaint que cet ouvrage , trèsbon et trèsagréable à lire , soit gâté par tant de fautes. Jusqu'au 44e chapitre du livre Lxn,Freinsheim imite strictement la manière de TiteLive et affecte d'éviter l'emploi de maté- riaux qui pourraient trahir une époque plus récente : depuis ce chapitre, la pénurie des sources originales le force de parler en son propre nom , comme il nous en avertit luimème. Il a d'ailleurs le mérite de citer avec le plus grand soin les auteurs dans lesquels il a puisé, et se sert autant qu'il est possible de leurs expressions. Les Suppléments de TiteLive ne sont pas aussi estimés que ceux de QuinteCurce : ils ont cependant été réimprimés dans les éditions données par Jean Leclerc et par Crévier, et ils ont été traduits en français par Duryer, Guérin et Bureau de la Malle. Outre les Notes sur Florus dont on a parlé, on doit encore à Freinsheim de courtes et judicieuses explications sur Tacite, sur Florus et un excellent Index des fables de Phèdre, publié par Jean Scheffer. Parmi ses autres productions on citera seulement : 10 De calido potu disserta- ho , Strasbourg , 1636 et dans le Thesaurus antiquitat. grœectrum de Gronovius, t. 9; o Ora- tiones cum quibusdam declamationibus , ibid., 1662 50 De prœcedentia electorum et cardina- lium , ibid. , 1663 On peut consulter, pour plus de détails, son Oraison funèbre
  • Jean FRENCH( 1500 - 1657) : médecin , né vers la fin du 16° siècle, à Broughton, dans la province d'Oxford, pratiqua son art avec succès à Londres. 11 fut nommé par Fairfax médecin en chef de l'armée du.parlement , et il continua d'ètre employé dans les hôpitanx militaires jusqu'à sa mort:, arrivée à Boulogne en 1657. On a de lui quelques ouvrages en anglais , parmi lesquels on cite un Traité de la distillation et des Observations sur les eaux minérales de l'Yorkshire. FRENCH , curé de \\Texford en Irlande, sa patrie, fut député au conseil souverain des catholiques confédérés à Kilkenny, , et fait évêque de Fern en 1643, en récompense du zèle qu'il avait montré pour le maintien de la foi. Il alla ensuite à Rome pour solliciter des secours en faveur des Irlandais catholiques ; il chercha aussi à mettre dans leurs intérèts le duc de Lorraine Charles IV; mais les succès de Cromwell firent échouer tous ses projets, et il se vit obligé de se réfugier en Espagne , où il devint suffragant de l'archevêque de Compostelle. Il repassa en Flandre en 1666 et mourut à Gand le 23 août 1678, à l'àge de 74 ans. 11 a publié en anglais quelques ouvrages dirigés contre le duc d'Ormond et les partisans de Cromwell, et a laissé en manuscrit un Cours de philosophie en latin et plusieurs écrits de controverse. — FRENCH , célèbre missionnaire , né à Gallway , en Irlande , mort dans sa patrie en 1693. Après avoir terminé ses premières études, il fut envoyé en Espagne pour y faire un cours de théologie et recevoir les ordres sacrés. Son zèle pour les progrès de la foi le détermina à passer en Amérique , où il demeura trente ans uniquement occupé de répandre les lumières de l'Évangile. Il avait composé en langue mexicaine un Catéchisme ou exposition des princi- pales vérités du christianisme
  • Jean FRENZEL( 1500 - 1624) : né dans le Me siècle, Mort en 1624. On conne de lui : 1. Generalis chronica ab initio hnundi usque ad annum 1592 , Leipsick 20 lestoire de l'Église romaine , Eisleben , •600 ; Leipsick , 1602 — Jean FRENZEL le jeune , poëte allemand, né en 46O, dans la petite ville d'Annaberg en Saxe, se lit dans son temps une certain réputation par son talent pour l'épigramme , le sonnet et l'anagramme, si cela peut faire l'objet d'un talent. Il obtint la couronne poétique , un canonicat au chapitre de Zeitz et une chaire de poésie à l'université de Leipsick, où il mourut le 24 avril 1674. — Michel FRENZEL , pasteur de l'Église réformée , né dans la Lusace en 1653, fit ses études avec distinction à l'université de Wittemberg et obtint ensuite la cure de Postwitz , dans la HauteLusace. Il mourut le 25 juin 1706. Il passe pour avoir le premier écrit avec élégance et correction dans la langue wende, dialecte du sclavon, qui se parle en Lusace. On conne de lui : loLes trois symboles oecuméniques el les évangiles de St- Mathieu et de St- Marc , traduits en selavon, Bautzen , 1670 ; 20 Sermon sur le baptème en allemand , avec une version sciadonne eu regard , ibid., 1688, in74. ; 5. une tra- rduction dans la nième langue des Epitres de St- Paul aux Romains et aux Galates, ibid., 1693 4. le Catéchisme de Luther, traduit en vende , ibid., 1693, 5. des traductions en la même langue des Epitres et Évangiles, ibid., 1695, et du Xouveau Testament, Zittau , 1706 6° Kirchen Agenda , ou Cantiques en sclavon , Bautzen, 1705 ; 7" il a eu part à la version wende du Psau- lier , ibid. , 1703 ; 8. Dissertaliones tres de idolis Sclavorum Illittebergoe habitœ insérées dans les Scriptor. rerum germanicar. par Ch. Godef. Hoffinann, t. 2. FRENZEL , fils du précédent, né à kosel , en Lusace, obtint la cure de Schoënau et ensuite celle de Postwitz , et mourut vers 1713. Il est auteur des ouvrages suivants 1" De originibus linguoe sorabicce , liber primas, Bautzen , 1693 ; liber secundas , Zittau , 1695 Ces deux livres ont été réunis en un volume por- tant au frontispice ces mots : Zittau, 1696, t. ler. C'est le seul qui ait paru. Cet ouvrage est curieux, mais trop rempli de digressions étrangères au sujet. Frenzel prétend prouver que la langue sorabique ou sclavonne est entièrement formée de XV. l'hébreu et du chaldéen ; mais ce système a paru insoutenable aux savants qui l'ont examiné. La préface contient des détails intéressants sur la littérature sorabique et sur les différents ouvrages publiés dans cette langue. 2. Lusatice utriusque nomenclator ; inséré dans les Scriptor. rerum ger- manicar. d'Hoffmann , t. 2. Adelung confond cet ouvrage avec le précédent. 5" Cotnmentarius de Diis Soraborum aliorumque Slavorum , imprimé à la suite du précédent ; Etymologica vandalica et slavict.., Megapolitana , ex liaeris ad B. Georgium Westphalium scriptis eruta , insérés dans le tome 2 des Monumenta inedita rerutn germanicar., publiés par ErnestJoach. de Webtphalen ; 5. Medicina lingua pro us tantummodo qui contra origines so- rabicas nuper disputarunt , Bautzen , 169t ; 6. Historia populi ar rituum superioris Lusatite, et autres Mémoires sur Te même sujet demeurés manuscrits de mème que son Dictionnaire de la langue ? vende ou de la haute Lusace, cité par M. Vater dans le tome 2, p. 684, du Mithridates. On doit d'autant plus regretter que ce dernier n'ait pas été publié, qu'il n'existe point de dictionnaire imprimé de ce dialecte
  • Jean FREYTAG( 1581) : médecin allemand, mais originaire de Groningue, né à Wesel en 1581 , fit sus premières études à Osnabruck, à Cologne , à Helmstadt; les malheurs des temps contraignant continuellement ses parents à changer de domicile pour se soustraire aux persécutions que leur attirait leur attachement aux principes de la réformation. Pendant le cours de ses humanités on lui reconnut de grandes dispositions pour la poésie latine. S'étant consacré à l'art de guérir, il visita différentes universités du Nord, et, de retour à Helmstadt, il y vécut dans la maison du célèbre Ileurilleibomius, qui l'avait attaché à l'éducation de son fils. Il faisait de plus les fonctions de répétiteur de médecine et donnait des cours particuliers de cette science, jusqu'à ce qu'en 160i, n'ayant pas encore vingt- trois ans, il en fut nommé professeur extraordinaire. Il ne prit le bonnet de docteur qu'au bout de quatre ans, et passa alors à la cour d'Osnabruek, où il fut premier médecin et chambellan du prince-évoque pendant dixsept années consécutives. ll jouissait d'une grande réputation conune praticien : il refusa en 162'2 le titre de premier médecin d'Ernest, duc de Ilolstein , et la première chaire de médecine à l'université de Rinteln, et ne se détacha, à la fin , de la cour d'Osnabruck, où sa qualité de protestant ne cessait depuis quelque temps de lui attirer des tracasseries, qu'en 1651, quand la ville de Groningue lui offrit la chaire de professeur, vacante par la mort de Nicolas Desmuliers. Il la remplit avec distinction le reste de ses jours, jouissant d'un état considérable , consulté de tous les côtés, comblé de gratifications par les grands et les princes qui lui confiaient le soin de leur santé. Cependant la sienne s'altérait de la manière la plus déplorable. Toutes les infirmités qu'il avait combattues dans les autres semblèrent se liguer contre lui : il les attribuait luinitme au peu de régime que la table des riches et la vie de cour l'avaient mis dans le cas de suivre. Il ne haïssait pas en effet la bonne chère et savait égayer la pratique de son état par son humeur joviale. Assailli des maux les plus compliqués, du moins il donna une grande preuve de confiance en son art par sa docilité à prendre tous les médicaments possibles, jusqu'à ce qu'enfin il succomba à ses souffrances au mois de février 1641. L'Académie de Groningue lui fit les plus honorables obsèques, et l'un de ses collègues, Henri Welman , prononça son oraison funèbre. Freytag s'est signalé dans la plupart de ses ouvrages comme un antagoniste zélé de la philosophie de Descartes, qui commençait à détrôner celle d'Aristote. Les empiriques avaient aussi en lui un redoutable adversaire. Voici les titres de ses principales productions : 1. Nattes medicoe, ouvrage essentiellement dirigé contre les charlatans pseudochimistes , uro?antes, etc. , Francfort, 1t;16 2" urora medicorum galeno- rhimitorum , sen de recta purgandi methodo, 1M. , ibid., 1G30, 3° des thèses successivement soutenues par ses disciples : De morbis substanthe et cognatis quoestionibus, Groningue, 1652. — De talith innati essentia , ibid., 1632. — De opii natura et medicamcntis opiatis, ibid., 165'2. — De formarum origine, ibid., 1653. 4° Detectio et souda refittatio nom seche Sennerto- Paracelsim, Amsterdam , 1636 5" Quelques consulta- tions : Casus atyritudinis per Jac. Ottonis coin Frei- tagio communicatus , Groningue, 1632, in -12 . — Consilium in catarrho calido, ibid., 1652 — De litholomia , seu calculi vesicœ sectione consulta, insérée dans le traité de Jean de. Beverwyrk , De calculo , Leyde, 1638 6. ° ratio panegyrica de persona et officio pharmacopoei, Groningue, 1633, in- ; Poe- mata juvenilia, Francfort , 1616 —11 y a eu d'autres médecins distingués du nom de FREVTAG , tels que Arnold, né à Emmerick, vers 1560, et que l'oppens fait professeur de médecine à Groningue, dans un temps où cette ville n'avait pas d'université. On a de lui: 10 ilythologia ethica, Anvers, 1579 2' quelques traductions latines, connue du traité italien de Balthasar Pisane' I i des aliments et des boissons, Herborn , 1593 de l'ouvrage de DuplessisMornay sur la vérité de la religion chrétienne, ibid., 1602 d'un opuscule espagnol , intitulé : La médecine de l'Aine, ou l'Art ( le mourir, Brème, 1614 Le traité De unguento armario lui a été attribué par erreur; il est du précédent. — Jean FREYTAG , différent du premier, né aux environs de 'Wittenberg en 1587, mort en 1654, pratiqua avec distinction la médecine à Ratisbonne; il a laissé un traité De melancholia hypoChondriaca. — Jean - Henri FREYTAG qu'on croit avoir résidé à Quedlinbourg en Saxe, a écrit : Cataloqi testiim veritatis chymiatricm prodromus , Quedl inhourg , 1635
  • Jean FRIAZIN : Vénitien de naissance, vint de la Crimée à Moscou au milieu du 15. siècle, comme graveur et fondeur, et s'introduisit à la cour du czar Iwan 111. Le pape Paul Il ayant proposé à ce prince d'épouser la princesse Sophie Paléologue , Friazin fut chargé d'aller à Rome comme ambassadeur du czar , et il revint comblé des bontés de Paul H et du cardinal Bessarion , avec le portrait de la princesse grecque. Friazin fut de nouveau envoyé à Rome en 1472 , pour aller chercher la princesse Sophie , qui , le 10 juin, fut fiancée dans la basilique de StPierre avec Iwan , représenté par Friazin. Le mariage se fit au mois d'octobre, à Moscou. Pendant que la cour célébrait cette union par des fêtes, Friazin fut jeté dans les fers, au lieu de recevoir la récompense qu'il attendait. En revenant de son voyage à Rome, il avait passé par Venise, et le doge Nicolas Troue avait envoyé avec lui Trebisani , comme ambassadeur de la république vers', les 'Tartares, afin de les engager à déclarer la guerre aux Turcs. Friazin , abusant de la confiance que le doge avait mise en lui , garda la lettre adressée au khan des Tartares , ainsi que les présents qui lui étaient destinés. Iwan, informé de cette infidélité, ordonna que Friazin fût conduit, chargé de fers, à Columna , que sa maison fût détruite et que sa femme fùt arrêtée avec ses enfants. Friazin avait Cuanlo son mas sobresalienles los inpenios , tante son mas desconccidos. Tu Pisuerga , que tienes en olvido El claro nombre De Damasio , por quien rue tu corriente Mas que por tus riberas eccelente. fait venir de Venise un frère et un neveu, qui, malgré cette disgrke, furent employés dans les missions diplomatiques qu'lwan envoya en Italie
  • Jean FRIES( 1505 - 1693) : en latin Frisius, théologien et littérateur, naquit en 1505, à Gryffensée , dans le canton de Zurich. il eut pour compagnon d'études le célèbre Conrad Gessner; et il s'établit entre les doux jeunes gens une amitié qui dura autant que leur vie. Après son admission au saint ministère , il fit un voyage en Italie, et profita de son séjour à Venise pour s'appliquer à l'étude de la langue hébraïque , dans laquelle il fit des progrès trèsrapides. De retour à Zurich, il fut placé à la tete du collége de cette gille. Ce fut lui qui y mit en honneur les langues orientales et qui contribua à former cette foule d'élèves distingués qu'on vit depuis briller dans les universités de France et d'Allemagne. Frics cultivait la musique, et il lit tourner ce talent à l'avantage de ses élèves, en composant des airs à plusieurs parties sur les plus beaux morceaux des ?etes grecs et latins. Ce savant professeur mourut à Zurich en 1565. On a de lui : 1° des traductions en allemand, du traité de Mathurin Cordier , De corrupti sermonis emendatione ; et d'une partie des Commentaires de 11. Bullinger sur les évangiles de &- Matthieu et de St- Jean; 2° une édition corrigée et augmentée du Compendium grammaticoe grœcce de heti. Céporin ; 3" lsagoges musicœ, cui accesserunt omnia Horatii carminunt gencra, 1554; 4' des Notes sur les Bucoliques et les Géorgiques de Virgile, Zurich, 1561 5° une traduction latine des OEuvres d'Hésiode, avec des notes ajoutées à celles de Céporin, ibid., 1579 3o Dictionarium latino- germanicum locupletissimum. C'est sans contredit le plus important de ses ouvrages et celui qui lui a conté le plus de recherches et , fils du précédent, né à Zurich dans le 16e siècle, professa la philosophie et la théologie dans différentes Académies de Suisse et d'Allemagne, avec beaucoup de distinction , et mourut de la peste en 1611 , à l'bge d'environ 65 ans. C'est à lui qu'on doit l'édition de la Bibliothèque de Gessner, Zurich, 1585 la plus ample tic toutes. On a aussi de lui : In Bibliotheca philosophorum classicoruni chronologica, Zurich , 15d2 ouvrage utile niais qui reste encore à faire. P. Lambecius en a donné une édition corrigée et augmentée, sans pourtant être exempte d'erreurs : suivant Struvius, cette édition n'a été tirée qu'à cent exemplaires. 2" Bibliotheca' pair= minor ab anno Christi 50 ad linnum 1140, ibid, 1302 Jean Gruter a vléré ces deux ouvrages clans son Chronicon chro- icorum ecclesiastico- politicum, t. 2. — FitiEs , membre du sénat de Zurich et peintre habile de portraits, mourut dans cette ville en 1693, à l'àge de 73 ans
  • Jean FRIIS( 1494) : chancelier du royaume de DaneIrmarck, naquit en 1194, et montra de bonne heure de grandes dispositions pour l'étude. Après avoir °Ifréquenté les écoles d'Odensée, d'Aarhus et l'université de Copenhague , il se rendit à Cologne, où il prit le degré de maitre èsarts. De Cologne , il passa en Italie, et revenu en Danemarck l'année 1520, il fut placé à la chancellerie danoise. Ayant fait quelque temps après un voyage à Wittemberg, il se lia avec Luther et Mélanclithon ; et, de retour dans son pays, il y devint un zélé propagateur du luthéranisme. Nominé vicechancelier du royaume sous Frédéric ler, il fut revètu de la charge éminente de chancelier sous Christian III ; et, en 1539, il devint le premier curateur de l'université de Copenhague , depuis l'établissement de la réforme. Ses talents et son patriotisme lui firent obtenir une grande confiance, et il fut employé dans les affaires les plus importantes. Il mourut dans la petite ville de Kioege , en 1570, laissant une dotation considérable à l'université de Copenhague. On a de lui : Disp. ethica de virtute heroïca, Cologne, •151.1. Fans , né en Fionie, fut un des premiers professeurs de l'université de Copenhague; on le revêtit aussi de plusieurs dignités ecclésiastiques. En 1505, il fut nommé syndic de cette université. 11 mourut en 1526. On a de lui deux ouvrages curieux : ilissale Heniense , continens calendariunz eccles exorcismum salis, exorciste: mn apte , missam , collecta, etc., Copenhague, 1510 ; 2° Diurnale Roeskildense , qui se termine par ces mots : Diurnale hararum canonicarum de tempore et de sanctis , ad usum Roeskildensis ecrlesiœ, Parisiis impressum , juxta correctionem atque emendationem ven. viri magistri Andr. Friis > canto,* ecclesice Hafniensis, additis quibusdam ranis lecturis et orationibus per honor. virum magistrum Christiernum Petri Lundensis ecclesice canonicum , 1511. — nuis , né en 1699, à Wisbye , dans le diocèse de Itipen. Il s'appliqua avec succès à l'étude de la médecine, dont il devint professeur à Copenhague, en 1747. On a de lui plusieurs dissertations en latin et en danois, publiées séparément ou insérées dans des recueils académiques. — Fans , philosophe et pone, mort en 1740. Son fils, Pierre FRIIS, a publié ses OEuvres poétiques à Copenhague, 1759.. Il y a eu en Danemarck plusieurs autres savants et littérateurs du marne nom
  • Jean FRISCHMUTH( 1619 - 1687) : philologue et orientaliste, né en 1619, à Wert?eim en Franconie, s'adonna à l'étude de la littérature orientale et de la théologie, dans les universités d'Al torf et de léna. Ayant été appelé au gymnase de Hambourg, il refusa de s'y rendre, devint recteur du collége de Iéna:, professeur extraordinaire, et enfin, en 1654, professeur ordinaire de langues sacrées. Il mourut le 19 août 1687. On doit à Frischmuth , entre autres ouvrages, soixante dissertations ph ilologicothéologiques, parmi lesquelles on distingue les suivantes : 1° De groeca 70 interpr. versione; 2° De pontilicum Etraeorum vestitu sacro ; 30 De saerificiis ; i" De decimis ; meditatione mortis, et memoria elarissimorum quorumdam irt re sacra et litteraria rirorum; 6. De pontificatu Alosis, contra Barth. Nihusium; 7° Programma quo arabicce lingue usum amplissimum commendat, et florentissimam in illustri Salana juventutem ad ejusd. studium invitat J. Frischmuth, Iéna , 1667. L'auteur nous apprend , dans ce programme , qu'il avait étudié l'arabe sous Ilackspan
  • Jean FROBEN( 1400) : né à Hermelbourg en Franconie, dans la dernière moitié du 15e siècle, y fit ses études, puis passa à l'université de Bàle. Il s'établit imprimeur en cette ville , et y exerça cette profession dès 1491 : Il est, dit M..Peignot, a un des premiers qui aient fait connaître en Allemagne le caractère romain, et il l'y a perfectionné. » Froben était instruit dans les langues anciennes , et lié avec les savants de son temps. Il était l'ami d'Érasme, qui en fait un grand éloge dans ses lettres et loue surtout son désintéressement et sa générosité. J. Froben mourut en 1527, après avoir donné les éditions de plusieurs Pères latins, savoir : St- Jérôme, 1516, 9 vol. ; 1520, 9 vol. 1524, 6 vol. ; St- Cyprien et Rufin , 1520, fol. ; Tertullien, 1521 . , réimprimé en 1525 ; évoque de Poitiers, 1523 , réimprimé en 1526 ; St-. 4mbroise, 1527, 4 tom. Erasme, qui fut éditeur de ces collections , n'a pas craint de dire de la première : Infra triginta annos nullum opus excussum typis pari fide , pari cura, pari impendio. Froben avait projeté des éditions des Pères grecs, et l'année de sa mort il avait publié le livre de St- Chrysostome , de Babila martyre . J. Froben avait imprimé le Novum Testamentum d'Érasme , grec et latin , édition donnée par J. Œcolampade et Nicolas Gerbel, 1516 qu'il réimprima en 1519; 4e édition, 1527 Jean Froben a mis une préface aux Concordantice majores, 1523 — Jérôme et Jean FROBEN continuèrent la profession de leur père : ils réimprimèrent plusieurs des auteurs latins men- tionnés cidessus , mirent au jour le St- Augustin, 1528-1529, 10 vol. dont il est à croire que leur père avait commencé l'impression ; donnèrent leur St- Chrysostome, 1530-1533 , 5 vol. ; St- Basile, en 1532 . C'est de l'imprimerie de Jérôme Froben que sortirent les OEuvres d'Érasme, 1510, 8 vol. L'édition de St- Jérôme, 1537, 9 vol. porte les noms de Jérôme Froben et de N. Bischop, son beaufrère : ce fut la mOme association qui donna le St- Augustin de 1541 , 11 vol. , et de 1556, 10 vol. — Ambroise et Aurèle FROBEN frères, imprimeurs à Baie, y réimprimèrent encore ce Père en 1569, 10 vol. La marque des Froben est un pigeon perché sur un bâton entortillé de deux basilics
  • Jean FROISSART( 1333) : historien et poile français, prètre, chanoine trésorier de l'église collégiale de Chimay et chapelain de Guy de Ch:Milon, naquit à Valenciennes vers l'an 1533 . Une des nombreuses copies manuscrites de sa chronique lui donne le titre de chevalier; mais COJIIIIle luimème ne La ville de Valenciennes a décidé un 1853 qu'il lui serait éLevé une statue dont l'exécution a été contWe à un habile artiste né dans les niême.i contrées, M. Lemaire de l' stitut. A. 1?—L—T. servir et obliger les jeunes pucellettes et acquérir leur grâce Et lors devisait à part fui, Quand adviendrait le temps pour lui, Que d'amour il pourrait aimer. Dans ce bon temps de nature et de naïveté, on pouvait fort bien devenir prètre et garder néanmoins, presque sans les combattre et se les reprocher, ces dispositions- douces et faciles d'une àme indulgente à ellemème plutôt que corrompue, et qui se laisse aller à goiiter les plaisirs de la vie, comme par une sorte d'insouciance enfantine. Tel fut Froissart. Tout en lui est un miroir naïf et fidèle de son temps; ses aventures , ses amours, ses poésies, ses récits, offrent,. sous des formes diverses, l'expression d'un homme qui porte le caractère de nos anciennes moeurs, de notre littérature originale, du tour d'esprit tic nos Français avant leur nouvelle civilisation, d'un confrère de Marot , de Rabelais et de la Fon- laine. Sa passion de savoir et de faire des récits, passion qui est aussi française, fut eu lui aussi précoce et aussi naturelle que l'amour des dames, des vers, des fètes et des plaisirs. 11 sortait à peine de l'école , qu'à la prière de son cher maitre et seigneur, messire Robert de Namur, il commença d'écrire l'histoire des guer- ces de son temps, particulièrement celles qui sui- virent la bataille de Poitiers, dont la description dans Froissart est un chefd'oeuvre. Cette occupation, les voyages faisait pour aller visiter le théàtre des exploits qu'il racontait, pour interro- ger les témoins oculaires , servaient à le distraire du violent amour dont il était épris. Un jour, une demoiselle , qui probablement était d'un rang trèsillustre , puisqu'elle faisait ses plaisirs de la lecture, lui avait fait lire avec elle le roman de Cleoinades : à ce roman en avaient succédé d'au- tres; ici l'on se souvient du terrible épisode de Françoise de Rimini, dans la Dirine comédie de Dante, et l'on se trouve reporté aux effets enivrants et sympathiques que durent produire ces premiers essais dans l'art de peindre les passions, ces récits qui révélaient au coeur ce qu'il éprou- vait, et ce que, dans sa simplicité, il ne savait encore ni s'avouer à luiinème, ni exprimer : tels furent les succès et les récompenses des premiers troubadours. 11 semble que la dame de Froissart ne fut pas entralnée aussi loin que la tendre Françoise : comme Pétrarque, il a chanté dans ses vers un amour constant et pur, qui a fait le sort de sa vie, qui longtemps encore après se rallumait « sous ses cheveux blanchis et sa tète ,, vit et dirigea même les fêtes qu'An. Yi de Savoie, connu sous le nom du comte Vert , donna au due , pour se faire conter, par tous les chevaliers béarnais et gascons , le détail de leurs aventures. Il partit à cheval, menant quatre levriers , de la part du comte de Blois , au comte de Foix, s'arrêtant dans les châteaux, dans les abbayes , trouvant sur sa route quelques amours passagères. Vers la lin de son voyage , il rencontra un bon chevalier, messire Espaing du Lion, qui avait fait toutes les guerres du temps et traité les grandes affaires des princes. Ils se mirent à voyager de concert , et à se faire mutuellement des récits. Froissart lui demandait l'histoire de chaque château, de chaque ville de la route, et le bon chevalier racontait ce qu'il en savait. C'est sous cette forme pleine de grâce et de naturel Ces fêtes de Milan eurent quelque chose de plus remarquable que les tournois et les parures c'était la présence des trois esprits les plus agréables du temps, Froissart, Boccace et Chaucer. Il parait que Froissart se mêla beaucoup des prépa- ratifs du bal , et qu'on y dansa même un virelai dont il était l'auteur et qui fut ;trèsapplaudi, ce que lui valut force ducats et florins du comte de Savoie et du roi de Chypre. A. 1?-1.—T. On ne pouvait lui reprocher qu'une seule chose, d'avoir tué son fils. Froissart, bien traité par le comte chevalierpo&e, raconte cela sans aucune indignation , et comme assez ordinaire pour l'époque ; il l'appelle même un excellent prince. A. FLT. que sont écrits plusieurs chapitres de Froissart en les lisant, on se croit transporté à ce bon vieux temps; on le comprend mieux, on entre mieux dans son esprit que par de laborieuses recherches. L'accueil que Froissart reçut du comte de Foix, la peinture de cette cour, les lectures qu'il faisait de son Meliador et de ses histoires, les récits qu'il obtenait du prince et des vieux . chevaliers, sont une des parties les plus vivantes des chroniques de Froissart. Enrichi par les dons de Gaston, il partit à la suite de la comtesse de Boulogne , sa nièce, qui allait épouser en Auvergne le duc de Berry. A Avignon, il se laissa voler; et, comme Marot, il peignit en vers un malheur qui lui faisait à peu près les mêmes impressions. La vie de Froissart continue à ètre toujours errante et variée. Son active curiosité le fait sans cesse chercher les divers princes du temps, leurs cours, leurs fêtes, leurs tournois. Tantôt il veut voir les lieux où se sont passés les événements; tantôt il voyage pour interroger ceux qui y ont pris part . En 1395 , il retourna en Angleterre, où régnait alors Richard 11, fils du prince Noir, qui reçut avec une grande bonté le serviteur favori de son aïeule la reine Philippe, Bien peu après, arriva la triste catastrophe qui précipita Richard du trône : c'est à peu près le dernier événement que raconte Froissart d'une manière touchante et vraie. Luimème ne vécut pas longtemps après. Ses récits sont interrompus à l'année 1400, ce qui fait croire que sa vie finit aussi à cette époque. C'est en Flandre qu'il mourut. Ces détails sur la vie de Froissart, montrent assez quel doit être le caractère de ses ouvrages. Il n'est pas un historien qui ait plus de charme et de vérité; son livre est un témoignage vivant du temps où il a vécu : aucun art ne s'y fait voir; la candeur des sentiments y égale la naïveté de l'expression ; on y retrouve la couleur et le charme des romans de chevalerie , cette admiration pour la valeur, la loyauté , les beaux faits d'armes, pour l'amour et le service des dames; en mème. temps, le désordre , la cruauté, la rudesse de moeurs de ces temps barbares, les guerres sans cesse renouvelées et renaissantes, l'incendie des villes, les massacres des peuples, les provinces rendues désertes , les compagnies de gens de guerre devenues étrangères à toute patrie et ne vivant que de rapine ; et pourtant , au milieu de tara d'horreurs , les hommes paraissent remplis de grandeur, de franchise et de force : ils sont. cruels, ils sont variables dans leurs affections politiques, mais sincères et esclaves de leur parole. Tout est vrai dans les discours; et dans cet amas de calamités, l'historien qui en fait le tableau fidèle ne donne jamais l'idée de la corruption et C'est ainsi qu'il va chercher en Zélande un chevalier portugais qui l'entretient des guerres d'Espagne , sur lesquelles il n'a entendu parler jusque là que des Espagnols et des Gascons, et comme son homme était gracteux et uccourlable, il resta six jours avec lui , à lui faire raconter histoires et anecdotes , qu'il couche ensuite par écrit. A. F—L—T. de la bassesse. Froissart , et on doit le penser ainsi, est souvent incorrect et surtout incomplet; les dates, les noms propres, la suite des événements ne se trouvent pas, dans son livre , aussi bien établis que dans un historien moderne . 11 a souvent besoin d'étre éclairci et commenté. Son langage ne semble pas trop vieux ni difficile à ceux qui ont la moindre habitude de lire le fran- çais non classique; il a plutôt un ton général de naïveté qui plalt et séduit, que des expressions vives et heureuses. 11 écrivait vite et sans intentions fortes; son style est absolument le mime que celui des romans de ce temps. 11 existe beaucoup de copies de Froissart , et elles présentent des diversités peu importantes au fond , mais que les bibliographes ont dû rechercher. Le plus beau de ces manuscrits est à Breslau en Silésie : il est en quatre volumes de vélin, d'une écriture nette et soignée, enrichi de vignettes superbes. Lors de la prise de Breslau par les Français en 1806 , les Prussiens pensèrent bien qu'on leur demanderait ce beau et célèbre Froissart, et mirent à son un article dans la capitulation, pour que la bibliothèque publique fùt respectée. Les poésies de Froissart sont manuscrites à la bibliothèque de Paris et n'ont jamais été imprimées. StePalaye, dans une notice sur Froissart , en a donné des fragments, qui auraient dû engager à en faire une édition. C'est dans ses poésies, plus encore que dans ses chro- niques, qu'on trouve des détails sur sa vie; elles ont un caractère aussi vrai que son Histoire , et Pour les trente premières années de sa Chronique , depuis 1326 jusqu'en 13543, Froissart déclare avoir suivi tes Vraies Chroniques de Jekan le Bel, chanoine de StLambert de Litige. Cette chronique de Jehan- le Bel a été , du moins en partie, recouvrée et publiée récemment par M. Polain, archiviste de la province de Litige . Cette découverte a donné lieu à d' discussions qu'on peut consulter au tome 19 , no 4, des Bulletins de l'Académie royale de Belgique. Comme Jelian le Bel, Froissart a des prédilections aristocratiques , il fréquente les cours et les châteaux , aussi se montretil peu exact quand il raconte un événement auquel le peuple prend part. C'est surtout eu parlant de la Flandre et de Jacques Arteveld qu'il laisse voir son ignorance ou sa partialité. C'est à son témoignage que le célèbre brasseur doit d'avoir été travesti par tous les écrivains français en démagogue de bas étage. Comme l'a remarqué M. H. Martin dans son Histoire de France , le chroniqueur féodal ne pouvait rien comprendre à l'attraction que le génie exerce sur les masses, ni à la manière dont se propagent les influences morales dans les démocraties. La partialité du chroniqueur pour l'aristocratie lui a valu de MarieJoseph Chénier, dans une de ses leçons , l'épithète un peu exagérée de val, t oc prince. On a aussi exagéré celle qu'il montre pour l'Angleterre, et d'ailleurs, placé trop près de l'époque qu'il retraçait, il a pu titre facilement trompé, ou céder â des influences dive:- ses ; ruais sa bonne foi n'est pas suspecte. C'est plutôt sa crédulité qu'il faut blâmer , et surtout, comme l'a dit M. Villemain , • l'absence de tout sentiment d'humanité et de tout sentiment moral , car il excuse aussi bien les fautes graves de du Guesclin que celles du roi d'Angleterre. On ne trouve dans ses Chroniques aucune distribution savante et systématique; sa préoccupation est la seule règle de son récit; il se réserve les grands événe- ments , les batailles, les fêtes; pour les menus détails, il en charge d'ordinaire un interlocuteur, et cette variété ajoute une nuance au récit. Son livre est un vrai roman de chevalerie où l'on ne dit jamais les détails prosaïques de la vie; pas le moindre renseignement sur les impôts, le commerce, et pas la moindre recherche des causes et des effets, mais des peintures admi- rables de faits et d'hommes : Edouard III , le Prince Noir, le roi Jean , Charles V, du Guesclin , Clisson , Gaston de Foix. — A côté de cela l'importance des états généraux sous Charles V passe complétement inaperçue. C'est de l'histoire à la façon d'Homère ou d'Hérodote. A. F—L—T. sont comme elle , non un ouvrage de l'art, mais une production toute naïve et naturelle. Une des plus remarquables est son Horloge amoureuse; on y trouve de trèscurieux détails sur l'état de l'horlogerie au 14e siècle. M. Leprince jeune en a inséré une grande partie dans le Journal des savants , d'après le manuscrit 7214 de la bibliothèque de Paris. L'édition originale de la Chronique de France, d' Angleterre , d'Écosse, d'Espagne, de Bretaigne, etc., par J. Froissart... depuis l'an 1326 jusqu'en 1400 , est en 4 volumes Paris, Ant. Vérard , sans date. On l'a réimprimée à Paris en 1503 , 1514 , 1i18, 15'50 : de 1514 contient une continuation jusqu'à l'an 1513. Denis Sauvage en donna une édition revue et corrigée sur divers exemplaires et suivant de bons auteurs , Lyon , 1559-61 réimprimée à Paris en 1571. Dacier avait commencé une nouvelle édition de la Chronique de Froissa;- t; mais la révolution interrompit ce travail, dont il n'y a eu d'imprimé que les soixantedixneuf premières feuilles du tome 1" . Henri VIII fit traduire cette histoire en anglais, par J. Bourchier, lord Bernard , Chronieles of England , etc. , Londres, 1523-25 , 2 vol. Cette version est trèsrecherchée parce que les noms propres passent pour y être moins défigurés que dans l'édition française : il en a paru une deuxième édition, par W. Middleton , et une troisième par E.V. Utterson, Londres, 1812, 2 vol. avec de nombreuses corrections. M. Th. Jolies a donné une nouvelle traduction anglaise de Froissart, avec le plus grand luxe typographique, imprimée à Hafod , 1803- ..807, 4 vol. avec un supplément publié en 1810. On cite aussi une traduction flamande Ipar Gerrit Potters VanderLoo. La chronique de Froissart a été abrégée en français par Bellefol'est, sous le titre de Recueil diligent et profita- bic, etc., Paris, 1572 l'abrégé latin donné war Sleidan, Paris, 1537 a été souvent , et traduit en anglais par P. Golding, Londres, 1608
  • Jean FRONTEAU( 1614) : chanoine régulier de SteCeneviève et chancelier de l'université de Paris , naquit à Angers en 1614. Il étudia de trèsbonne heure le latin et le grec, de manière qu'il traduisait surlechamp le français dans l'une et l'autre langue ; ce qui lui donna la facilité d'écrire en latin avec plus de pureté et de grâce qu'il ne l'eût fait peut-ètre en français. Après avoir continué ses études à Angers, chez les oratoriens, il entra chez les chanoines réguliers de StAugustin en 1630. Il fut envoyé de suite à la Flèche, pour y achever son cours d'humanités et de philosophie. Une thèse qu'il soutint, et qu'il dédia au supé- rieur de la congrégation de France, le lit appeler à Paris en 1636. Dès l'année suivante, il fut chargé de professer la philosophie , et deux ans après la théologie, à l'abbaye de SteGeneviève. L'étude de la dialectique ancienne , jointe à son goût pour la discussion, lui avait fait suivre dans l'enseignement de la philosophie la méthode d'Aristote. U s'était aussi attaché aux principes de StThomasd'Aquin dans la théologie scolastique ; mais il eut le bon esprit d'y réunir l'étude des Pères et celle de l'histoire, auxquelles on était amené insensiblement par le progrès de l'instruction ellemême. Il en fit la base de ses leçons, et, par la suite, de ses discussions, qu'acheva d'enrichir la connaissance de la bibliographie et des langues. On doit à cette connaissance , ainsi qu'à son zèle, la formation de la bibliothèque de SteGeneviève. La place de chancelier de l'université de Paris étant venue à vaquer en 1648, par la mort du P. Guillou, il fut nommé à cette fonction ; mais l'université refusait de l'admettre : elle n'avait pas oublié que le P. Fronteau avait soutenu vivement les droits qu'elle contestait à la congrégation de France d'établir des écoles dans les maisons régu- lières de l'ordre et il avait obtenu une sentence en confirmation de ces droits. il fallut, pour le faire recevoir, que le président Molé interposât son autorité. C'est sous la même égide que le P. Fronteau se signala en défendant l'honneur de son ordre, dans la fameuse contestation relative à l'auteur de l'Imitation de Jésus- Christ. Le bénédictin italien, Cajétan , avait mis au jour , d'après l'inscription d'un manuscrit jugé ancien, un certain abbé Gessen ou Gersen, substitué à la place de Jean Gerson , chancelier de l'Église de Paris. Le jésuite Rosweyde , dans ses Vindiciœ Kempenses, avait réduit son adversaire au silence. Mais après la mort de Rosweyde , le bénédictin Valgrave , reprenant les moyens de Cajétan et les appuyant de nouveaux manuscrits qu'il alléguait sans les produire, présenta comme faux et interpolé le pr témoignage porté en faveur de Kempis. Le P. Fronteau crut devoir défendre le droit du pieux chanoine régulier, sou confrère , en attaquant et cette allégation et cet te assertion, sous le voile de l'anonyme, et en soumettant, dans une épltre dédicatoire à un magistrat qu'il ne nomme pas, le jugement d'une cause qu'il comparait à celle de l'enfant que se disputaient les deux femmes dont parle l'Écriture. Quelques années après, vint de Rome une apologie volumineuse pour Gersen, dans laquelle Cajétan rapportait un procèsverbal de ces manuscrits. L'impression produite par cette défense, sortie des presses de la Propagande, engagea le P. Fronteau à rentrer en lice. C'est alors que , se nommant dans sa Dissertation, dédiée au président Molé, il publia en tète la Relation de Naudé, de laquelle il résultait que ces mmes manuscrits, après un mùr examen, avaient été reconnus falsifiés. Ce fut là le signal du combat : dom Quatremaire prit la défense des bénédictins inculpés ; et Valgrave et lui rejetèrent l'accusation surNaudé méme. Le P. Fronteau soutint avec chaleur, et Naudé avec amertume , la falsification des manuscrits. Nouvelle récrimination des premiers : la querelle , de littéraire qu'elle était, devient ju liciaire. Naudé rend plainte au parlement. Les chanoines de SteGeneviève et de StVictor d'un côté, les congrégations de StMaur et de Cluny de l'autre, interviennent dans la cause. Le P. Fronteau la défend contre Quatremaire : il y met plus de mesure et fait moins d'excursions que son adversaire ; il pérore avec tant d'esprit et d'éloquence , qu'enfin , le 12 février 1652 , est rendu un arra par lequel la cour fait droit à sa demande et défend d'imprimer dorénavant le livre de l'imitation sous le nom de Jean Gersen. Ce jugement n'a pas été sans appel , et plusieurs éditions depuis ont paru sous ce nom. Mais aucun titre nouveau n'ayant été produit , l'opi- nion a confirmé sur ce point les motifs du jugement. L'éloquence du P. Fronteau n'eut pas tou- jours le même succès : pendant que l'orateur triomphait, on attaquait le théologien. Lorsque l'Augustin de Jansénius fut publié en 1640, le professeur n'avait rien trouvé dans ce livre qui s'écartât des sentiments du Docteur de la grâce. Cet avis fut aussi dans la suite celui d'Arnauld. Invité à faire l'ouverture d'une séance de théologie. au collége de Clermont, après un discours éloquent et docte, Fronteau s'était élevé contre une proposition sur la prédestination qui lui paraissait contraire à la doctrine de StAugustin , ce qui l'avait fait suspecter de jansénisme. Cependant, quoiqu'il eût déféré aux lumières du P. Petau à ce sujet, l'impression était faite ; elle se renouvela. Il quitta sa chaire de théologie ; et, sans néanmoins cesser d'exercer les fonctions de chan- celier , il accepta le prieuré de Benay , au diocèse d'Angers , où il s'occupa d'études littéraires et pieuses, en continuant de correspondre avec des savants et des amis. S'étant cçmformé ensuite, par amour pour la paix , à la décision de la Sorbonne, il fut rappelé à Paris en 1662 , mais nommé de suite à la cure de SteMadeleine de Montargis. Il alla prendre possession de cette cufe ; et ayant mis dans l'exercice de ses fonctions pastorales pendant la quinzaine de Pâques le même zèle qu'il mettait dans toutes ses actions, il succomba à l'excès de la fatigue , et mourut le 17 avril de la même année, à l'âge de 48 ans. Ses principaux ouvrages sont : 10 Summa loties philosophie ex D. Thome Aquinatis doctrina, Paris , 1640 Cet extrait, revu et augmenté d'après celui de Cosme Alamanni , jésuite .de Milan, n'en est pas plus connu ; 20 Thomas à Kempis vindicatus , per unum e canonicis regularibus congregationis galli- cane Paris, 1641 C'est une première dé- fense dirigée contre les Animadversiones apologe- ticoe de Valgrave , publiées en 1638. Il n'y eut point de réponse directe de Valgrave. Mais Cajétan , à l'occasion d'une supplique des chanoines régu- liers, adressée à la congrégation de Propaganda fide , donna son Gersen restitutus ou sa Responsio apologetica, Rome , 1644 Fronteau répliqua en publiant : 3. Thomas à Kempis vindicatus, per P. Joannem Frontonem, canonicum regularem, etc., cula evictione fraudis qua nonnulli usi , id opens cui- dam Joanni Gersen adscripsere , Paris, 1649 Cette dissertation n'est pas simplement une seconde édition de la précédente , comme l'a dit Niceron : elle attaque les arguments et les manuscrits produits par Cajétan ; et elle est accompagnée d'une édition de l'Imitation , sous le nom de Kempis ; édition néanmoins formée indifféremment du texte des éditions diverses. La dissertation du P. Fronteau donna lieu à deux réponses trèsvives, l'une de dom Quatremaire , Joannes Gersen, etc. , author assertus, Paris , 4649 ; l'autre de Valgrave , Argumentum chronologie= contra Kempensem, Paris, 1650. Ces écrits tirent naitre la réfutation suivante : 4 Refittatio eorum que contra Thome Kempensis Vindicias scripsere D. Quatre- maire , D. Lannoy , etc., in qua sustinetur erictio fraudis, etc., Paris, 1650. D. Quatremaire produisit en réponse, dans une énorme dissertation, son Joannes Gersen, etc., audior iterum assertus, Paris, 1650 ; et le docteur Lannoy , qui avait aussi défendu la cause de Gersen , mais d'une manière grave etgénérale, répondit en particulier à Fronteau la mème année. Celuici se contenta d'ajouter un supplément à ses preuves : 50 Argumenta duo noya', primum Theophili Eustathii D. T., alterum J. Frontonis , etc., coin proefatione Naudoei , Paris, 1651. Dupin attribue l'un et l'autre argument au P. Fronteau. Le prénom de l'auteur pseudonyme a fait penser que ce pouvait être Théophile Reynauld ; niais le P. de Boissy désigne un sieur Constantin. 6° De nomine suo latine vertendo , ad . Egidium Menagium. Cette pièce se trouve à la suite de la rt5futation n" 4. Fronteau s'y justifie d'avoir rendu son nom en latin par Front plutôt que par Frontellus ou Frontœus ; c'est néanmoins ce qui l'a fait confondre avec Front Dueœus . Il entre d'ailleurs dans les détails les plus curieux sur l'origine des noms, l'orthographe des surnoms, la manière de les traduire , etc. 7" Yronis Carnotensis episcopi opera , edente J. Frontone , Paris , 1647 , avec une Vie d'Yves, adoptée par les Bollandistes. Fronteau eut, au sujet de cette édition, un démèlé avec l'abbé Souchet, chanoine de Chartres, auteur des notes qu'elle contient. Celuici avait fait beaucoup de recherches sur les ouvrages et les lettres d'Yves, et avait prié le P. Fronteau de publier ses notes avec le texte et une dédicace à l'évèque de Chartres ; ce qui fut fait. Mais la dédicace ayant paru sous le nom seul de Fronteau , l'abbé Souchet se plaignit, accusa l'éditeur de plagiat, et composa une autre épître dédicatoire. Plusieurs savants à la vérité , entre autres Antoine Arnauld, trompés par le litre, avaient cité le e notes de Souchet comme si elles étaient du P. Fronteau. Quatremaire et Valgrave ne manquèrent pas de relever l'inculpation. iFronteau inséra à la suite de la réfutation déjà citée , une lettre apologé- tique à l'évèque du Puy. L'abbé Souchet cepen- dant y répondit par l'écrit : De Yvone Carnutensi veritatis defensio, Chartres, 1651. 8° Antithesis Au- gustini et Caleini, Paris , 1651 Niceron et Moréri ont inexactement cité le titre de cet ouvrage. L'auteur y met en parallèle les passages de StAugustin et de Calvin sur les matières de la grâce , et y joint des remarques piquantes. L'abbé de SteGeneviève , craignant que ce livre ne fit trop_de,bruit, en supprima presque tous les exemplaires, de sorte que ceux de l'édition originale sont trèsrares. 9° kalendarium Romanum nongen- lis annis antiquius, ex manuscripto monasterii Sandoe Genorela: Parisiensis in monte , aurcis characteribus exarato, edidit, nous illustrarit, et duplicem prœte- rea dissertationem adjunxit P. 'Mannes Front°, etc., Paris, i65 Les Dissertations intéressantes jointes à cet ouvrage traitent 10 De diebus festi- ris gentilium , hebroeorum , christianorum ; 20 De colin sanctorum , sujet que n'avait qu'effleuré Martin de Roa. C'est là que le P. Fronteau développe et applique ses connaissances dans les langues hébraïque , syriaque , etc., à l'appui de ce précieux monument de l'antiquité, auquel il a ajouté des notes savantes, faites en commun avec le P. Sirmond. 100 Oratio in obitum Mathœi Mole , et Epi- stola consolatoria ad Bignonios fratres de morte pa- tris , Paris , 1656 ; 110 Epistolœ , etc. ; ces lettres roulent sur des sujets plus ou moins importants. On en trouve la liste dans les Mémoires du P. Niceron. Le Recueil des Epistolœ et disser- tationes a eu plusieurs éditions : la dernière est de Vérone , 1733 ; quelques unes des pièces ont été traduites en français. Voyez à ce sujet la Note bibliographique de M. Barbier, dans le catalogue qui est à la suite de sa Dissertation sur les traductions françaises de l'Imitation. Le P. Lallemant , chancelier de SteGeneviève, a publié en latin l'Éloge du P. Fronteau , son prédécesseur, Paris, 1663 Il y a joint un grand nombre de pièces en vers latins à la louange du défunt ; le volume forme 202 pages
  • Jean FULLER : chirurgiendentiste anglais, mort dans ces derniers temps, a donné au public un ouvrage intitulé : A popular Essay on the struc- turc, etc. , accompagné de planches gravées. On en a donné une troisième édition, Londres , 1815 avec des observations préliminaires par Richard Downing
  • Jean FUNCK( 1518 - 1729) : en latin Funccius, ministre luthérien , né à Werden , près de Nuremberg, en 1518, épousa la fille d'Osiander, et se trouva engagé par là à prendre la défense de ses erreurs. H s'attira des ennemis nombreux par ses discours, et passa en Prusse, où le duc Albert le fit son aumônier. Mais quelques démarches inconsidérées l'ayant rendu suspect, il fut arrèté avec deux de ses amis, Ilorstius et Snellius; et l'instruction de leur procès ayant démontré qu'ils avaient eu l' d'exciter des troubles dans l'État , ils furent condamnés à mort. Funck eut la tète tranchée à KUnigsberg , le 28 octobre 1566 , à l'âge de 49 ans. On dit que peu d'instants avant d'aller au supplice, il composa un distique dans lequel il souhaite que son exemple soit utile à ceux qui seraient tentés de l'imiter. On connait de lui les ouvrages suivants : 10 Chronoloqia cum commenta- riis chronologicis ab initio muncii ad resurreetionem Christi , Nuremberg, 1545; Ktinigsberg , 1552 avec une continuation jusqu'à l'année 1553, Bâle, 4554; continuée jusqu'à l'année 1560, Wit- tenaberg, 4570; et continuée enfin par un anonyme jusqu'en 1578, Wittemberg, 1578, 1601 Cet ouvrage est assez bon pour le temps où il a été composé; mais il est tombé dans l'oubli depuis qu'on l'a surpassé. 2" Une Traduction en allemand de l'oraison funèbre de Luther, par Philippe Mélanchthon, Strasbourg, 1546 3" des Com- mentaires sur Daniel , Wittemberg, 1565 trèsrares; 4" des Commentaires sur l'Apocalypse de St- Jean, publiés par Michel Saehsen, FrancfortsurleMein , 1596 Cet ouvrage est orné de petites gravures en bois, par Jean Spies; il est extrêmement rare. 5. Des Vies, en latin, de Gui Dieterich , et d'André Osiander , son beaupère. — Théodore Fumes a publié une Vie de Scanderberg, 1606. — Melchior FUNCK , né à Cologne au commencement du 17e siècle, est auteur d'une Arithmétique prati- que en allemand , 1635 et 1637 , 2 part. - FUNCK , ministre protestant à Ulm, a donné une bonne édition de la Gnomologia patrunz de Jean Menckel , Ulm , 4651 , FUNGE. , astronome, est auteur de l'ouvrage sui- vant : De galactia seu circula lacteo , Rostock, 1686 FUNCK , savant professeur, né en 1626 à Ditmansdorf, près de Friedberg , dans la haute Saxe. Après avoir terminé ses études au collége de Friedberg, il y régenta la troisième, pendant plus de quinze ans, avec beaucoup de succès. 11 fut nommé recteur du collége , en allemand. il a laissé plusieurs ouvrages, ehtre lesquels on citera : 1. Viales Alienburgen- ; es, h. e. testitnonia scholastica, Giirlitz, 1, fils du précédent, a publié