Le prénom Guillaume Masculin

Origine :

Fête :

10 Janvier

Signification de Guillaume

Guillaume est inspiré du prénom germanique Willhelm. Guillaume accorde beaucoup d’importance à la confiance que ses amis et sa famille lui accordent. Ambitieux, il se fixe de grands objectifs et travaille dur pour les atteindre. Ce grand romantique est un homme fidèle. Son honnêteté fait partie de ses plus grandes qualités.
Le prénom Guillaume est porté par plusieurs célébrités notamment Guillaume Durand, journaliste et animateur télé, Guillaume Canet, acteur, et Guillaume Raoux, joueur de tennis. Ce prénom est également très prisé par la royauté. Parmi les rois se prénommant Guillaume, on peut citer Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre.

Personnalité de Guillaume

Très émotifs, ils s'efforcent toujours de garder leur sang-froid. Entreprenants, actifs, volontaires, ils ont une puissance de travail réelle et rien ne leur résiste. Charmeurs, élégants, leur pouvoir de séduction est indéniable. Leur morale est souple et s'adapte assez aux circonstances. La fidélité n'est pas leur point fort, ils tombent souvent amoureux et c'est toujours sincère.

Provenance du prénom Guillaume

Histoire de Guillaume

Etymologie de Guillaume

Les Guillaume célèbres

  • Guillaume ADAMS : navigateur anglais, était né à Gillingham , dans le comté de Kent. Dès l'âge de douze ans il fut envoyé à Limehou se, dans le voisinage de Londres, pour y apprendre la navigation. Il sortit de cette école à vingt arts, et servit comme pilote sur les bâtiments de l'État. Les négociants qui faisaient le commerce de la côte de Barbarie l'employèrent ensuite ; mais Adams , passionné pour les voyages lointains , saisit , en 1598 , l'occasion de s'embarquer comme pilote a vec le Hollandais Jacques de Malin, am irai d'une flotte de cinq vaisseaux destinés pour les Molu ques ; elle appareilla de l'embouchure de la Meuse , le 27 juin , et , par la mort du comman dant , passa sous les ordres de Simon de Cordes. 11 ne restait plus que deux vaisseaux à la fin de novembre 1599 , époque à laquelle les Hollandais n'étaient encore qu'à l'île SteMarie, sur la côte du Chili. Adams était alors sur le bâtiment cte Gérard van Beuningen. On s'attendait à être attaqué par les Espagnols. Un matelot qui avait fait le voyage du Japon avec les Portugais conseilla de se diriger vers cette contrée, où l'on serait sûr de vendre avantageusement la cargaison de drap que l'on avait à bord. Le 24 janvier '1600 , Beuningen fut séparé par un coup de vent de l'amiral que l'on ne revit plus. Les maladies avaient enlevé la plus grande partie des matelots , et parmi ceux qui restaient, il n'y en avait pas dix qui pussent se tenir debout. Adams , se fiant aux cartes , qui étaient fautives , cherchait le port de la capitale du Japon sous une latitude trop basse ; enfin , le 19 avril , lorsque six hommes seulement étaient encore en état de faire le service , le navire mouilla près de la côte de Bougo, dans l'ile de Kiusiu. Les Japonais , suivant leur usage , mirent une garnison à bord du navire , puis le conduisirent dans un port excellent. Un jésuite et un Portugais, envoyés pour servir d'interprètes aux Hollandais , essayèrent de les faire passer pour des pirates ; neuf jours après , un ordre de l'empereur enjoignit d'amener leurs chefs à Osaka, où il tenait sa cour ; le capitaine fit partir Adams et deux matelots. Après leur audience , ils furent conduits dans une prison où on les traita bien. Une seconde entrevue avec le monarque fut suivie d'une détention dans un lieu différent. Ensuite Adams et ses compagnons furent renvoyés à leur navire, qui fut mené dans le port de Surunga ; on leur restitua la valeur de ce qui leur avait été pris. Adams, par son intelligence et son habileté dans la pratique de divers arts, parvint à gagner la faveur de l'empereur. Grâce à son crédit, au bout de deux ans, le capitaine obtint la liberté de sortir de l'empire, et celle d'y commercer. Mais ce marin fut tué, un an après, dans un combat près de Malaca, et les lettres dont Adam l'avait chargé furent perdues. Celuici, ne recevant pas de ses nouvelles, confia d'autres lettres à des navires japonais. Enfin il en arriva une à Bantam ; elle était du 22 octobre 1611 , avec cette singulière suscription en anglais : A mes amis et à mes compatriotes inconnus , que je prie de faire tenir cette lettre ou une simple copie , ou seulement les nouvelles qu'elle contient , à quelques personnes de ma connaissance , soit à Limehouse , soit à Gillingham. Les avis qu'elle contenait ne furent pas négligés. Guillaume Saris jeta l'ancre près de Firando, en 1615; les Hollandais y avaient un comptoir depuis 1609. Adams servit d'interprète à Saris, qui fit le voyage de Iedo : l'empereur le chargea d'une lettre pour le roi de la GrandeBretagne , et d'un acte accordant aux Anglais le privilége de commercer au Japon. Ceuxci en profitèrent pendant quelque temps. Adams, quoique retenu au Japon , put cependant en sortir comme pilote sur les vaisseaux de ses compatriotes qui allaient dans les contrées voisines: toujours il revenait dans le pays où il jouissait d'une grande considération et où il possédait des terres ; il différait sans cesse son retour en Angleterre ; la mort le surprit à Firando , en 1620 ou 1621. On peut le regarder comme ayant facilité aux hollandais la faculté , qu'ils ont conservée depuis , de faire le commerce avec le Japon , et ils lui sont redevables de la permission de faire le voyage de Iedo. Charlevoix , qui le qualifie chevalier , prétend que, par ses insinuations auprès de l'empereur , il nuisit beaucoup aux Espagnols et aux chrétiens. Le tome 1" du recueil de Purchas contient deux lettres d'Adams où il raconte ses aventures et donne des observations sur le Japon.'On trouve, dans le mème volume, la relation du voyage de Saris , de ses négociations à la cour du Japon , et de l'établissement d'un comptoir anglais à Firando ; diverses lettres d'Édouard Cox , que Saris avait laissé dans ce port ; une lettre d'Arthur Hatch, qui n'avait quitté ce pays qu'en 1625. Tous ces morceaux sont intéressants pour l'histoire de la navigation et du commerce des Anglais , ainsi que pour l'ethnographie du Japon. Le Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement et aux progrès de la compagnie des Indes orientales offre des particularités curieuses sur Adams , et sur un Hollandais qui , venu au Japon avec lui , vivait encore en 1650
  • Guillaume ADER : médecin de Toulouse, au 17e siècle, est auteur d'un ouvrage intitulé : Enarra-( joncs de iEgrotis et Morbis in Evangelio ; opus in miraculorum Christi Domini amplitudinem Ecclesia christiance eliminatum, Tolosce, 1620 Dans ce traité, l'auteur cherche à prouver que toutes les guérisons opérées par JésusChrist ne pouvaient l'être par les secours de l'art, et sont, réellement miraculeuses. Méad avait traité en partie cette question dans son commentaire de Morbis biblicis. VigneulMarville dit qu'Ader n'avait composé ce livre que pour en faire oublier un autre , où il avait d'abord soutenu le contraire. Ader a écrit un ouvrage latin sur la peste, de Peslis cognitione, prœvisione et remediis, Tolosce, 1628 On a encore de lui : 1° lou Catounet Gascoun , 1612 ; 2° lou Gentilhomme Gascoun, 1610 C'est un poème macaronique en patois gascon, à la louange de Henri IV
  • Guillaume ADHÉMAR ou AZEMAR : , troubadour du 12e et non du 15' siècle, comme le pré- I tend à tort l'abbé Millot, naquit au château de Marveys ou Marveil , en Gévaudan. I On ne sait pas trèsbien l'époque de sa naissance. Son père, qui était, à ce que l'on croit, un gentilhomme du nom de Gérard, avait obtenu à titre de fief, de l'empereur Frédéric I", le château de Grésignan ou Grignan, devenu depuis le berceau des I l Grignan , dont l'un des chefs épousa une demoiselle de Sévigné. C'est ce qui explique comment mai, dame de Sévigné pouvait se croire une descendante des Adhémar. Celui dont nous racontons la vie fut un de ces troubadours dont, à cette époque, le caractère n'avait pas encore reçu d'altération sensible , bien qu'alors déjà il ne résidât plus uniquement dans les moeurs, et qu'il commençât à passer à l'état de convention, de théorie, indice certain de la transformation plus ou moins prochaine d'une société. — Comme Bertrand de Born et d'autres, mais avec moins d'éclat, Adhémar fut à la fois guerrier et poète. Après avoir été , comme son père , l'objet des bienfaits de l'Empereur, il passa au service du comte de Provence , qui l'arma chevalier. Néanmoins il ne paraît pas que son état de fortune lui permît de faire brillante figure ; et peut-être cette circonstance lui devintelle funeste ; car, bien qu'il fût aimé de la comtesse de Die, poète comme lui, et dont il disait discrètement les vers sans en faire connaître l'auteur, il lui arriva cependant un jour de douter des sentiments de sa noble maîtresse, et de croire qu'elle lui préférait un rival plus puissant, le comte d'Embrun, qu'elle allait, disaiton, épouser. Le coup fut terrible pour le jeune troubadour : il ne le supporta point, et la douleur le conduisit rapidement aux portes du tombeau. La comtesse, avertie trop tard, vint avec sa mère visiter celui qu'elle n'avait pas cessé d'aimer. Elle tendit au mourant une main sur laquelle il exhala, avec un baiser, son dernier souffle. Son amante lui demeura fidèle : elle se retira dans le monastère de StHonoré de Tarascon, s'y fit religieuse, et, minée par le chagrin, succomba à son tour quelques années après. h On peut placer la mort d'Adhémar vers 1190. StePa- Il laye donne quelquesunes de ses chansons. Nous avons tout lieu de croire, à n'en juger que par le style, que celle que donne l'Histoire destroubadours n'est pas d'Adhémar. Il composa en outre un Catalogue des dames illustres , dédié à l'impératrice Béatrix de Bourgogne, femme de Frédéric I", mais ce livre ne s'est pas retrouvé. La Croix du Maine attribue encore à Adhémar plusieurs comédies. Des comédies à cette époque, et dans l'état où se trouvait alors la France, sont chose assez peu vraisemblable ; mais peut-être bien des jeux- parties ou dialogues, fort en usage dans le monde des troubadours. Nous croirons plutôt , avec Nostradamus , aux droits d'Adhémar à un autre titre, celui d'inventeur d'un jeu où les assistants se parlaient à l'oreille. Un tel leu. ajoute gravement Nostradamus, était singuliè- rement propre aux confidences d'amour 1 V
  • Guillaume ALLEY( 1500 - 1507) : prélat anglais du 16e siècle, né à GreatWycomb, dans le comté de Buckingham. Son zèle pour la religion réformée l'obligea, sous le règne de la reine Marie, d'aller chercher un asile (lans le nord de l'Angleterre ; la, , il se livra, pour subsister, à la pratique de la mèdeeine et à l'instruction (le la jewieme. L'avenement d'Elisabeth le rappela à Londres, où il se lit connaitre par ses leçons de théologie. Il fut nommé évêque (l'Exeter en 1500. Alley est auteur : 1° d'un recueil intitulé la Bibliothèque du Pauvre , en 2 vol. : ce sont douze discours qu'il avait prononcés dans l'église de StPaul, sur la première Épître de St. Pierre ; à° (l'une grammaire hébraïque; 30 de la traduction du Peniaieure, dans une version de la Bible entreprise par ordre de la reine Elisabeth, et de quelques autres écrits. Il mourut le 15 avril 1507
  • Guillaume AIKMAN( 1682 - 1731) : peintre écossais, né en 1682. Après avoir puisé les principes de son art dans l'étude des grands maitres en Italie, et fait quelque séjour en Turquie, il revint en Ecosse, et passa ensuite en Angleterre, où il trouva un généreux protecteur dans le duc d'Argyll. Il est estimé de ses compatriotes pour la grâce et l'élégance de ses compositions. On a conservé de lui, entre autres ouvrages, des portraits des personnages les plus distingués de son temps. 11 fut l'ami des premiers poltes de sa nation; et, quel que soit son rang parmi les artistes, on lui doit de la reconnaissance pour avoir le premier fait connaître et encouragé le mérite naissant du poète Thomson. Aikman mourut en 1751. Plusieurs poètes anglais ont célébré dans leurs vers ses talents et ses excellentes qualités. Thomson a fait un poème touchant sur sa mort
  • Guillaume AITON( 1731 - 1793) : botaniste anglais, né en 1 731 , dans le comté de Lanarck, en Écosse. D'abord simple jardinier, il fut nommé, en 1759, à la recommandation du célèbre Miller, directeur du jardin du roi d'Angleterre à Kew. C'était un immense dépôt, où, dès lors, des végétaux de toutes les parties du globe étaient apportés et se répandaient ensuite dans toute l'Europe : Aiton contribua à l'enrichir encore, et il parvint à y faire vivre et prospérer des plantes dont la culture était regardée jusqu'alors comme impossible. 11 a publié en 1789 : Hortus Kewensis, or a Catalogue of the Plants cultivated in the royal bo tank garden al liew, 3 vol. Cet ouvrage, fait avec beaucoup de méthode et de précision, est le catalogue de toutes les plantes cultivées dans ce jardin ; le nom de chaque espèce est suivi de la phrase l qui en exprime les caractères distinctifs ; ses variétés , son origine et sa culture y sont désignées avec un soin particulier ; on y trouve la description d'un grand nombre de plantes rares et nouvelles ; niais, ce qui le rend plus précieux pour l'Angleterre, c'est qu'il indique l'époque précise où chacune de ces plantes y a été introduite, ainsi que le nom de celui qui l'a envoyée ou apportée, et les jardins où elle a été cultivée pour la première fois. Cet ouvrage est orné de treize planches, qui représentent autant d'espèces nouvelles ou rares, et dont on n'avait pas encore de bonnes figures. Le soin qu'Aiton a pris de nommer, comme ses principaux collaborateurs, les deux naturalistes suédois, Solander et Dryander, fait honneur à sa modestie. Jean Hill avait déjà fait connaître la richesse de ce jardin, par un premier catalogue, publié en 1768, sous le même titre d'Hortus Kewen- sis. Aiton est mort en 1795. Le roi a nommé ses deux fils pour lui succéder dans les deux places qu'il avait occupées. M. Thunberg lui a dédié , sous le nom d'Aitonia, un genre qui fait partie de la famille des méliacées. — Depuis sa mort, l'un de ses fils a com- mencé à publier un grand ouvrage, disposé suivant le système de Linné, dans lequel il donne les figures coloriées de plusieurs plantes exotiques, cultivées au jardin de Kew, avec l'exposé de leur caractère générique
  • Guillaume ALABASTER( 1500 - 1640) : théologien anglais, né à la fin du 16' siècle, à Hadleigh , dans le comté de Suffolk. Après avoir fait de bonnes études à l'université de Cambridge, il accompagna le fameux comte d'Essex dans son expédition à Cadix. Alabaster montra de bonne heure une imagination ardente, un caractère inquiet et inconstant. Dans son séjour en Espagne, il se convertit à la religion catholique romaine; mais il ne fut pas plutôt de retour en An- gleterre, qu'il rentra dans le sein de l'Église angli- cane. Il obtint un bénéfice dans le comté d'Hertford et une prébende dans la cathédrale de StPaul de Londres. Un goût particulier le porta à l'étude de la langue hébraïque , et cette étude lui ayant inspiré une admiration fanatique pour les mystères de la cabale rabbinique, il se mit à interpréter l'Ecriture d'après les rêveries de cette cabale. C'est dans le même esprit qu'il a composé, en latin, presque tous les ouvrages qui restent de lui et dont les titres suf- lisent pour indiquer cette intention. Il mourut en 1640. Ses ouvrages sont : 1° Lexicon pentaglotton imprimé en 1637. 2° Roxane, tragédie latine, représentée à Cambridge. Une dame, assistant à cette représentation, fut si vivement émue d'un passage qui terminait la pièce , qu'elle perdit connaissance, et ne recouvra jamais l'usage de sa raison. 3° Apparatus in revelalionem Jesu Christi, Anvers, 1607 . 4° Spiraculum tubarum, seu Fons spi- ritualium expositionum ex equivocis Pentaglotti si- gnificationibus. 50 Ecce sponsus venit, sen Tuba pul- chritudinis , hoc est demonstratio quod non sit illi- citum nec impossibile computare durationem mundi et tentes secundi adventus Christi. SD.
  • Guillaume ALAN ou ALLEN ou ALLYN( 1532 - 1594) : cardinal anglais , archevêque de Malines , né en 1532 , à Rossa!, dans le conité de Lancastre , fut élevé à Oxford , et reçut sa principale instruction d'un professeur, trèsardent catholique, qui inspira à son élève le même zèle pour sa doctrine. L'avénement d'Élisa- beth et le système d'intolérance que l'on connaissait à cette princesse ne permettaient pas à Alan d'espérer aucun avancement dans la carrière ecclésiastique , et pouvait même lui faire craindre quelques persécutions ; il prit le parti d'abandonner sa patrie, et d'aller s'établir à Louvain , où il composa , en réponse à un écrit du savant évêque Jervel , un ouvrage intitulé : Défense de la Doctrine catholique au sujet du purgatoire et des prières pour les morts, imprimé à Anvers, en 1565. Ce livre fut le signal d'une controverse longue et animée. Le dérangement de sa santé le détermina à retourner en Angleterre. La ferveur de son zèle ne lui permit pas d'y rester tranquille ; il publia de petits écrits qui le rendirent odieux au gouvernement : ce qui l'obligea de se ca- cher ; mais , du fond de sa retraite, il publia encore un écrit apologétique , intitulé : Courtes raisons pour la Foi catholique. Le gouvernement paraissant déterminé à ne plus tolérer ce qu'on appelait le papisme, Alan s'enfuit de nouveau , et se retira en Flandre, en 1568. La réputation de son zèle et de ses efforts en faveur du catholicisme le fit accueillir partout avec beaucoup de distinction : à Malines , il professa la théologie avec un grand succès ; il fut reçu docteur en théologie à Douai, obtint un canonicat à Cambray, et , bientôt après , un autre canonicat à Reims. Toujours ardent à favoriser les intérêts de la religion catholique en Angleterre , Man avait établi à Douai un séminaire pour l'éducation de la jeunesse anglaise ; il transporta ensuite cet établissement à 'Reims. Il continua d'écrire des ouvrages en faveur de la communion romaine et contre l'Eglise anglicane. Ces écrits se répandaient en Angleterre , et y échauffaient les esprits , au point que la reine se crut obligée de rendre une ordonnance pour défendre nonseulement de les vendre , mais même de les lire ; il fut regardé comme ennemi déclaré de son pays ; toute correspondance avec lui fut traitée comme un crime de haute trahison. Un jésuite , nommé Tho- mas Alfied , fut jugé et condamné à mort pour avoir apporté en Angleterre quelques ouvrages d'Alan. Le principe général qui dominait dans tous ses écrits faisait regarder toutes les obligations morales , civiles et domestiques , comme entièrement subordonnées aux obligations qu'imposait le service du Christ et de l'Église romaine. Ainsi, si un homme se séparait de cette Église pour adopter l'hérésie, sa femme pouvait l'abandonner, ses enfants ne lui devaient plus d'obéissance , son esclave pouvait refuser de le servir, et même devenait libre , ipso facto; par une suite nécessaire de cette doctrine , le souverain , entaché d'hérésie perdait toute autorité sur ses peuples. Alan alla encore plus loin : encouragé par les conseils de son ami, le célèbre jésuite Robert Parsons, il se lia avec plusieurs nobles anglais, catholiques romains, qui s'étaient retirés en Flandre comme lui , pour engager Philippe II , roi d'Espagne , à tenter une invasion en Angleterre. Ce projet fut adopté par le cabinet de Madrid , qui fit équiper, pour l'exécution, la grande flotte connue sous le nom d'Armada, dont l'exécution eut tant d'éclat et si peu de succès. Cette flotte mit à la voile en 1588 ; elle était chargée de plusieurs milliers d'exemplaires d'un livre imprimé à Anvers , et composé par Alan , le P. Parsons et d'autres jésuites. Les exemplaires devaient en être dispersés en Angleterre , après le débarquement des Espagnols. L'ouvrage était divisé en deux parties ; la première contenait une déclaration de SixteQuint, portant : « Qu'en conséquence d'une bulle du pape, « la reine Élisabeth était excommuniée et détrônée, « et que sa couronne était transférée au roi d'Espa- « gne. » La seconde partie contenait unes admonition « à la noblesse et au peuple d'Angleterre , déclarant « Élisabeth schismatique et hérétique, non reine « usurpatrice , et coupable d'actions qui la rendaient « incapable de régner et même indigne de vivre; « et , en conséquence , ses sujets étaient déliés , à son « égard , de leur serment de' fidélité. » De pareilles déclarations, absurdes et révoltantes en soi, devinrent encore plus ridicules par l'ignominieuse défaite de l'Armada, qui devait les mettre à exécution. Après ce grand revers , les Espagnols cherchèrent à ramasser et à détruire les exemplaires du livre d'Alan et consorts; mais quelquesuns échappèrent à leurs recherches. C'est à cette occasion que le comte d'Arundel fut condamné à mort , tandis qu'Alan rut récompensé par le chapeau de cardinal et obtint ensuite l'archevêché de Malines. Il ne résida cependant pas dans cette ville; il alla s'établir à Rome , où il vécut avec beaucoup d'éclat , trèsconsidéré , et employant sa fortune et son crédit à servir les catholiques anglais qui avaient quitté leur pays. On a dit que , vers la fin de sa vie , il se repentit de la violence des mesures qu'il avait provoquées contre sa patrie , et qu'il eut lieu de se plaindre de la conduite des jésuites à son égard. Ses plaintes pouvaient être fondées; on a accusé les jésuites de l'avoir empoisonné , niais il n'y en a aucune preuve. Il faut se délier de ces accusations d'empoisonnement, si fréquentes et si légèrement hasardées, surtout en lialie, dans ce siècle et dans ceux qui font précédé. Alan est mort en 1594. Les ouvrages qu'il a laissés, outre ceux qu'on a cités , sont : 1° Défense du pou- voir légitime et de l'autorité du sacerdoce , pour la témission des péchés , avec un supplément sur la con- fession et les indulgences Louvain , 156'7; 9. ' Sur les Sacrements , Anvers , 1576 ; 5° Culte des saints et de leurs reliques; modeste et sincère apologie des chrétiens catholiques qui ont souffert pour la foi , soit dans leur pays , soit ailleurs, 1585
  • Guillaume ALEXANDRE : écrivain politique et poète écossais du 17 siècle , a publié un poigne intitulé Aurora , et plusieurs tragédies. Charles Pt lui donna la Nouvelle-Écosse pour y établir une colonie. Alexandre la céda à la France 11 fut fait successivement chevalier, baronnet, vicomte, comte, et remplit les fonctions de secrétaire d'État en Écosse, jusqu'à sa mort, en 1640. Quelques années après, on donna une édition de ses œuvres poétiques, en un vol
  • Guillaume ALEXIS : surnommé LE BON MOINE , fut d'abord religieux bénédictin de l'abbaye de Lyre, dans le diocèse d'Évreux , sa patrie, ensuite prieur de Bussy ou Buzi , dans le Perche. On ignore les dates de sa naissance et de sa mort ; mais on est certain qu'il vivait encore en 1505. Partageant son temps entre les exercices de piété et le culte des muses , ce religieux a composé plusieurs ouvrages en vers et en prose, qu'on lit peu à présent, mais dans lesquels on trouve de la gràce et de la naïveté ; les plus estimés et les plus connus, sont 10 le Grant Blason des faulces Amours, Paris, 1493 souvent réimprimé depuis : on le trouve encore à la suite des éditions des Quinze Joyes de ma- riage, lallaye, 1726 et 1734, avec des commentaires, par Jacob le Duchat. Le mème éditeur a aussi orné le Pente du Moine de Lyre, d'une préface , composée avec les remarques que la Monnoie lui avait communiquées. 2° Le Passe- temps de tout homme el de toute femme, avec l'A B C des doubles, le tout en vers, Paris sans date, réimprimé plusieurs fois. Ce titre semblerait annoncer de la gaieté et un poème amusant ; c'est pourtant un ouvrage trèssérieux , et une traduction libre d'un écrit latin en trois livres , attribué au pape Innocent III ; l'auteur n'y parle que des mépris du monde , et des misères humaines. Alexis nous apprend luimême qu'il l'acheva en, 1480 ; il parait que , peu de temps après la publi- cation de cet ouvrage , Guillaume Alexis entreprit un voyage à Jérusalem, et qu'il y était en 1486. Ce fut à la prière des personnes qui l'avaient accompagné qu'il composa , dans cette ville, le Dialogue du Crucifix et du Pèlerin, Paris et Rouen sans date ; ouvrage moral , dans lequel il y a beaucoup moins de prose que de vers. C'est à tort que l'auteur du Contre- Blason des faulces Amours, poème attribué sans fondement à Guillaume Alexis, a dit que ce religieux avait été mis à mort par les à Jérusalem. Il est certain qu'il revint en France, et qu'il publia encore plusieurs autres ouvrages , sur les titres et les dates desquels on peut consulter les Bibliothèques françaises de la Croix du Maine , de du Verdier et de l'abbé Goujet. Toutes les productions de ce moine sont avouées par la décence, et il n'a jamais perdu de vue les obligations de son état, chose digne de remarque dans en le siècle où il a vécu. La Fontaine, qui admirait le o.tisr vif et aisé de la poésie d'Alexis, voulut, pour marquer l'estime qu'il en faisait, essayer une petite pièce en ce genre, qu'on trouve dans le recueil de ses contes
  • Guillaume AMES( 1576 - 1633) : théologien anglais, né à Norfolk , en 1576 ; son zèle pour le calvinisme l'obligea de se retirer en Hollande, où il occupa, pendant douze ans, la place de professeur en théologie de l'université de Franeker. 11 mourut à Rotterdam, en 1633. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on distingue les suivants : 1° Puritanismus anglicanus 1610 ; et, en anglais, Londres, 1641; 2° 111edulla theologica Franeker, 1625; Amsterdam , 1627, 16'2.8, 1654 , 1641; et, en anglais , Londres ; 5° de Conscientia, etc., Amsterdam, 1630, 1631, 1643 ; et, en anglais, Londres 1645; 4° Demonstratio logicce yen° , Leyde, 1632 ; 5° Technometria, Amsterdam 1652; 6° Traité contre les cérémonies humaines observées dans le culte divin 1655. Les autres ouvrages de G. Âmes sont des écrits de controverse contre le cardinal Bellarmin et le théologien Grevinchovius. Il était tellement prévenu en faveur de sa secte, que, dans son Purilanismus anglicanus, il semble regarder les puritains comme les seuls honnêtes gens de l'Angleterre
  • Guillaume AMONTONS( 1663 - 1705) : naquit à Paris, le 31 août 1663. Dans sa jeunesse, il essuya une maladie considérable, qui le rendit presque entièrement sourd. Cet accident l'ayant forcé de chercher toutes ses ressources en luiWitte, il s'adonna aux mécaniques, pour la construction desquelles il avait beaucoup de dispositions naturelles; bientôt ce goût devint une passion, et il aurait volontiers regardé sa surdité comme un avantage, parce qu'elle lui assurait une plus grande tranquillité. Il apprit le dessin, l'architecture, et fut employé à divers ouvrages publics ; mais bientôt les nouveaux instruments dont la physique venait de s'enrichir, le baromètre, le thermomètre, l'hygromètre, attirèrent toute son attention. il travailla beaucoup à les perfectionner, ef rassembla ses recherches sur cet objet dans un ouvrage intitulé : Remarques et expériences physiques sur la construction d'une nouvelle clepsydre, sur les baromètres, thermomètres et hyg,. omètres, Paris, 1695. Quatre ans après la publication de cet ouvrage, il fut reçu de l'académie des sciences, s'occupa des frottements et de plusieurs autres objets de Mécanique et de physique, comme on peut le voir dans l'histoire de cette compagnie. Après avoir joui constamment d'une santé parfaite, qu'il devait à sa tempérance autant qu'à la nature, il fut tout à coup attaqué d'une maladie aiguë, qui l'emporta en peu de jours, et il mourut le 11 octobre 1705, à l'âge de 42 ans. Amontons est le véritable inventeur de l'art télégraphique, tel que nous le voyons aujourd'hui ; il en fit deux fois l'expérience publique devant des membres de la famille royale. « Le secret, dit Fon-« tenelle, consistait à disposer, dans plusieurs postes « consécutifs , des gens qui, par des lunettes de « longue vue, ayant aperçu certains signaux du « poste précédent, les transmissent au suivant, et « toujours ainsi de suite. Ces différents signaux « étaient autant de lettres d'un alphabet dont on Lm. I. « n'avait le chiffre qu'à Paris et à Rome. La plus « grande portée des lunettes réglait la distance des « postes, dont le nombre devait ètre le moindre « qu'il fit possible; et, comme le second poste fai-« sait des signaux au troisième, à mesure qu'il les « voyait faire au premier, la nouvelle se trouvait « portée de Paris à Rome, presque en aussi peu de « temps qu'il en fallait pour faire les signaux à « Paris. » L'invention des télégraphes ne pouvait pas ètre plus clairement décrite, ni .son utilité mieux exprimée. On pourrait s'étonner qu'il ait fallu cinquante ans pour en sentir le mérite et pour le mettre à exécution ; mais la vérité ne marelle pas plus vite. La découverte d'Amontons a eu le sort qu'il éprouva luintème pendant sa vie : « 11 « avait, dit Fontenelle, une entière incapacité de se « faire valoir, autrement que par ses ouvrages, ni de « faire sa cour, autrement que par son mérite , et, « par conséquent, une incapacité presque entière de « faire fortune
  • Guillaume ASSHETON( 1641 - 1711) : théologien anglican, né en 1641, à Middleton, dans le comté de Lancastre, réunissait à quelques talents et à des vertus réelles une teinte de fanatisme et de superstition. On lui a reproché d'avoir écrit en faveur du roi Guillaume, après avoir montré un zèle ardent pour la cause de Jacques H. Ce qui lui fait le plus d'hmnem, c'est un projet de secours de bienfaisance, qu'il proposa en faveur des veuves des ecclésiastiques, et les soins qu'il se donna pour le faire réussir. Il est auteur d'un gran*1 nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : la Tolérance désapprouvée et condamnée, etc., Oxford, 1670; 2° l' Apologie royale , Londres, 1685 ; 50 Apologie de leurs majestés actuelles , Londres, 1688 ; 4° la Possibilité des apparitions. Les autres écrits de ce théologien se composent de quelques traités de piété, et de beaucoup d'écrits de controverse, dirigés contreles papistes et surtout contre les dissidents. 11 mourut à Beckenham, en 1711, dans la 70e année de son âge
  • Guillaume AUBERT( 1534 - 1596) : sieur de Massoignes, né à Poitiers vers 1554, avocat au parlement de Paris, et ensuite avocat général à la cour des aides, avait acquis, par l'exercice de sa profession, plus de réputation que de fortune. Suivant la Croix du Maine, il passait pour l'un des hommes les plus savants et les plus éloquents de son temps, ce qui ne l'empêcha pas de vivre dans la misère ; il se vit même obligé, à l'âge de près de soixante ans, de se justifier de ce qu'étant avocat général il continuait à plaider au parlement pour les particuliers, et d'en donner pour raison les tristes circonstances où il se trouvait. On ne peut indiquer au juste l'époque de sa mort, arrivée vers l'an 1596. Il a traduit de l'espagnol le 12e livre d'Amadis de Gaule ; il se proposait d'écrire l'histoire des guerres faites pour la conquête de la terre sainte, et il, en lit même imprimer le 1" livre en 1559. Il avait également entrepris de continuer l'histoire de France depuis l'époque des croisades ; mais ces projets n'eurent point de suite. On a de Guillaume Aubert : 1° Discours sur les moyens d'entretenir la paix entre les princes chrétiens, Paris, 1559 ; traduit en latin par Martin Helsing, Paris, 1560 2° Élégie sur la mort de Joachim du Bellay, I560Vers à M. de l'Hôpital sur sa nomination à la place de chancelier, 1560, et qu'il intitula les Retranchements, parce qu'il avait pris sur les heures de ses occupations pour le composer. Scévole de SteMarthe a traduit en vers latins la plupart des pièces de poésie de Guillaume Aubert. 6° Histoire des guerres faites par les chrétiens contre les Turcs, sous la conduite de Godefroi de Bouillon, Paris, 1559 (le 74 feuillets. Ce n'est qu'un essai entrepris par l'auteur pour prouver qu'il était capable d'exécuter un ouvrage de longue haleine. 7° Les Occasions, 1595 de 64 pages. Ce sont quatre discours politiques auxquels il a donné des titres bizarres : les Remueurs, les Chevaux, le Bien public, les Vents. Aucun de ces ouvrages ne justifie la réputation dont a joui leur auteur. 8° Quelques opuscules, sur lesquels on peut consulter la Bibliothèque du Poitou de Dreux du Radier, et les Mémoires de Niceron
  • Guillaume BAILIES : l'un des médecins de Frédéric II, roi de Prusse , et membre des colléges de médecins de Londres et d'Édimbourg„ a publié, en 1757, un Essai sur les eaux de Bath. On raconte qu'ayant été présenté, pour la première fois, au roi de Prusse, à qui on avait beaucoup vanté ses talents, le prince lui dit « que, pour avoir acquis tant d'ex-« périence, il devait avoir tué beaucoup de monde. — «Pas autant que votre majesté, »répondit le docteur
  • Guillaume BALDWIN : né dans l'ouest de l'Angleterre, fit ses études à Oxford, devint un•des plus célèbres instituteurs de son temps, et mourut environ l'an 1564, après avoir passé la plus grande partie de sa vie clans cet état. Il est auteur des ouvrages suivants : la Philosophie morale, ou les Vies et les Dits des philosophes, des empereurs et des rois, ouvrage qui a été souvent réimprimé; 2° Préceptes et conseils des philosophes; 5° Paraphrase en vers anglais des cantiques de Salomon, Londres, 1549 4° l'Usage des adages; 5° Exemples et proverbes ; Comédies ; Modèle pour les magistrats, relativement aux vies des Anglais malheureux, en vers, 1559. — Un autre BALDWIN , né à Exeter, d'une famille obscure, entra dans l'ordre de Cîteaux, s'éleva, en 1181, par son mérite, à l'évêché deWorcester, d'où il fut transféré en 1184 sur le siège de Cantorbéry. Il suivit Richard lei dans la Palestine, lui fut trèsutile par la sagesse de ses conseils, soutint le courage des croisés par ses prédications, s'attira leur confiance par les secours pécuniaires qu'il leur distribua, et mourut de maladie en 1191, au siège de Ptolémaïde. C'était un homme doux, modeste, de mœurs irréprochables, mais d'une indulgence excessive, ce qui lui valut une lettre du pape, dont l'adresse portait : Monacho ferventissimo , abbali episcopo tepido, archiepiscopo remisso. C'est à lui que les archevèques de Cantorbéry doivent le palais de Lambeth, dans le faubourg de Londres, de ce nom, où ils font leur résidence. Il avait commencé l'établissement d'un chapitre séculier dans sa ville archiépiscopale, pour y transférer l'élection des archovèques, que l'indiscipline des moines de sa cathédrale rendait toujours orageuse et scandaleuse : mais la cour de Rome, que les appels résultant des divisions qui naissaient de ces orages rendaient maîtresse des nominations, le força d'y renincer. Baldwin était savant et bon théologien pour le temps. On trouve quelquesuns de ses écrits dans la Bibliothèque Cistercienne
  • Guillaume AUGUSTE( 1722 - 1758) : prince de Prusse, général en chef de l'armée prussienne, second fils de Frédéric I", naquit à Berlin, le 9 août 1722. Ce prince était le favori de son père, et ne le quittait presque jamais. Lorsque son frère Frédéric II fut monté sur le trône, le prince AugusteGuillaume se distingua dans les deux premières campagnes de Silésie, et surtout à la bataille de Hohenfriedberg . En mai 1756, il fut fait général de l'infanterie, et contribua à cerner le camp des Saxons, prés de Pirna, au commencement de la guerre de sept ans. Il ne déploya pas moins de bravoure dans la bataille de Lewositz. Le roi, son frère, lui remit le commandement de l'armée qui avait été battue à Kollin ; mais mécontent de la retraite que fit le prince aux environs de Zittau, il lui écrivit une lettre fort dure. Le prince désespéré quitta l'armée, tomba malade et mourut le 12 juin 1758, à Oranienbourg. Frédé- g rie II montra dans cette occasion une insensibilité qui étonnerait, si elle n'était pas (l'accord avec les autres traits de son caractère. La correspondance qui eut 1 lieu entre les deux frères a été publiée en 1769, sous le titre d'Anecdotes pour éclaircir l'histoire de la maison de Brandebourg et de la dernière guerre : il est impossible, en la lisant, de ne pas s'intéresser au " prince. Son autre frère, le prince Henri, fut si affecté de cette mort, et si irrité de la conduite du roi, qu'il ne put jamais la lui pardonner entièrement. G—T
  • Guillaume APOLLONIUS( 1600) : théologien de la communion des réformés, né à iddelbourg, au commencement du 17° siècle, est connu par une controverse avec Nicolas Vedel, sur les limites du pouvoir du souverain dans les affaires ecclésiastiques. Les titres les plus bizarres, qralIce, Echasus, Grallator et Grallopœus, figurent dans cette dispute, et caractérisent le temps oit ces écrits furent publiés. Un des plus célèbres restaurateurs de la saine philosophie, Chrétien Thomasius, en a donné un ample extrait dans son Historia contentionis inter Imperium et sacerdotium, Halle, 1722 On ne lit plus de pareils écrits, mais leur influence sur le progrès des idées, dans une matière de la plus haute importance, n'en est pas pour cela moins remarquable. On a encore de Guillaume Apollonius : Disputationes de lege Dei, Middelbourg, 1655
  • Guillaume BARCLAY( 1543 - 1606) : né à Aberdeen, en 1543, d'une ancienne famille d'Écosse. Après avoir reçu une bonne éducation dans son pays, il alla étudier en droit à Bourges, sous le célèbre Cujas; dès qu'il y eut été reçu docteur, il fut appelé à Pont-àMousson, pour occuper la chaire de jurisprudence dans l'université nouvellement établie de celte ville, dont le jésuite Edmond Hay, son oncle, était recteur. Le duc de Potestate papce, an quatenus in principes sceculares jus et imperium habeat , Londres , 1609 ; Pont-àMousson, 1610 ; traduit en français sous ce titre : Traité de la puissance du pape sur les princes séculiers, Pont-àMousson, 1611 Cologne, 1688 L'ouvrage fut publié par son fils. Quoiqu'il y combatte le pouvoir direct et indirect des papes sur le temporel, il avait déjà fait une épître dédicatoire à Clément VIII, qu'on trouve à la fin de la traduction française. Dans le premier de ces traités, Barclay combat les démocrates qui donnent aux peuples le droit de déposer leurs souverains ; et, dans le dernier, il réfute les ultramontains, qui accordent le même droit aux papes
  • Guillaume BELLIARD( 1500) : né à Blois, dans le 16 siècle. Durant le séjour que Marguerite de Valois fit à Blois, il lui présenta quelques pièces de vers qui lui valurent la place de son secrétaire. 11 fit imprimer, en 1578, le 1" livre de ses poèmes, contenant les Délicieuses Amours de Marc- Antoine et de Cléopâtre, les Triomphes d'Amour et de la Mort, et autres imitations d'Ovide, de Pétrarque et de l'Arioste, Paris, '1578 La tragédie de Marc- Antoine et de Cléopâtre a paru si mauvaise aux auteurs de l'Histoire du Théâtre- Français, qu'ils n'ont pas daigné en donner un extrait ; et ses traductions , suivant l'abbé Goujet, ne valent pas mieux que ses autres ouvrages. 11 vivait encore en 1584
  • Guillaume BARENTZEN : pilote hollandais, entreprit, en 1594, d'aller à la Chine en passant par le nord de l'Asie. 11 pars int au delà de la NouvelleZemble jusque vers le 77e et le 78° degré de latitude tuais le froid excessif et les glaces le forcèrent de revenir. Il ? retourna courageusement en 1596, passa l'hiver à la hauteur de 77 degres où il éprouva une nuit de près de trois mois. Cependant comme nos voyageurs ne perdirent de vue le soleil que le 4 novembre, et que, selon leur calcul, cet astre devait disparaltre dès le 1, ignorant la réfraction et ses causes, ils furent tous étrangement surpris. Ils ne le furent pas moins, lorsque, le 24 janvier 1597, ils aperçurent le soleil ; les nièmes calculs astronomiques ne leur annonçant cet astre que le 8 ou le 9 février. Ils en causèrent avec beaucoup d'étonnement entre eux, et les savants en raisonnèrent it leur retour. Ce fait n'étonnerait plus à présent ; et rois sait que nous apercevons à l'horizon l'imago du soleil avant de jouir réellement de sa présence. Le courage et la patience de Barentzen et de ses compagnons méritèrent d'étre couronnés par le succès; cependant tourmentés par les ours blancs, accables par les maladies, ayant à renverser sans cesse des monceaux de glaces impénétrables, ils revinrent enfin par la mer Blanche. On a pensé que Barentzen avait eu tort de se tenir toujours près des eetes, et qu'il aurait dit se jeter dans la haute mer et jusque sous le pôle, où le froid ne doit pasètre aussi sensible qu'auprès des terres. Sa relation, imprimée en hollandais, a été traduite dans l'Histoire générale des voyages
  • Guillaume BEAUFILS( 1674) : jésuite , né à StFlour, le 5 février 1674, eut pendant sa vie la réputation d'un bon prédicateur; mais comme il devait en partie cette réputation à son débit, elle ne s'est pas soutenue après sa mort. Il a laissé les ouvrages suivants : Vie de la vénérable mère de J. de Les- tonac, fondatrice de l'ordre des religieuses de Notre- Dame, 1742, in - 12; 2^ Lettres sur la minière de gouverner les maisons religieuses, Paris, 1750 12. 5° Vie de J.- Fr. Frémiot , bar. de Chantal, fondatrice et première mère des religieuses de la Visitation, Paris, 1752 On a encore de ce jésuite des oraisons funèbres parmi lesquelles on distingue celles de M. de la Bercbère, archevèque de Narbonne ; de M. de Colbert , arche-. vèque de Toulouse ; et du dauphin, fils de Louis XIV . Le P. Beaufils mourut à Toulouse, le 50 décembre 1757, à l'âge de 83 ans
  • Guillaume BARLOWE : savant évèque anglais du 16e siècle, né dans le comté d'Essex, fut élevé et reçu moine dans un couvent des augustins de StDavid, dans ce même comté, prit ensuite à Oxford le degré de docteur en théologie, et devint prieur d'un chapitre de son ordre.11 fut, en cette qualité, envoyé en ambassade en Écosse, en 1555. Lors de la suppression des monastères par Henri V111, nonseulement il se soumit de bonne gràce à cette mesure, mais il engagea plusieurs abbés à en faire autant ; ce qui le mit tellement en faveur auprès (le ce monarque, qu'il le nomma successivement évêque de StAsaph, de StDavid, et (le Bath et Wells. 11 avait montré d'abord beaucoup de zèle pour la religion protestante, ; mais il parait qu'il savait, suivant l'occasion, se relitcher de la sévérité de ses principes; et l'on a conservé une de ses lettres, adressée à Henri VIII, où il se déclare bon catholique, et reconnaît que tout ce qu'il a dit et écrit jusqu'alors contre la messe, contre le purgatoire, le pape et le clergé, n'est qu'un tissu d'erreurs et d'infamies, dont il demande pardon. 11 redevint protestant sous le règne du roi protestant Edouard VI, et, pour cette raison, se vit persécuté sous le règne de la reine Marie, qui le dépouilla de son évêché, et le lit mettre en prison. Etant parvenu à s'échapper, il passa en Allemagne, où il resta jusqu'à l'avénement d'Élisabeth. De retour dans sa patrie, il fut élevé au siège épiscopal de Chichester, et nommé premier chanoine de Westminster. 11 mourut clans son évêché, en 1568, laissant onze enfants, dont cinq filles, mariées toutes cinq à des évêques. On a de lui, entre autres ouvrages : 1° l'Enterrement de la messe; 2° Homélies chrétiennes ; 5° Traité de cosmographie ; 4° Réponses à certaines questions concernant les abus de la messe, imprimées dans l'Histoire de la réformation de l'évêque Burnet ; 5° l'Ascension des moines et religieux, représentée avec des figures. Il a eu part aussi à un livre intitulé : la Divine et pieuse Institution d'un chrétien, vulgairement appelé en Angleterre le Livre de l'évéquc, imprimé à Londres, en 1557
  • Guillaume BARLOWE : physicien anglais, fils du précédent, né dans le comté de Pembroke. Après avoir étudié à l'université d'Oxford, il fit différents voyages sur mer, où il acquit de grandes connaissances dans la navigation. En 1575, il entra dans les ordres, et fut nommé archidiacre de Salisbury. 11 est le premier auteur qui ait écrit sur les pro-- priétés de l'aimant, et il a fait sur ce sujet plusieurs découvertes intéressantes, qu'il a publiées dans les ouvrages suivants : the Navigator's Supply, Londres. 1597 ; Avertissesement magnétique, ou Observations et Expériences concernant la nature et les propriétés de l'aimant, Londres, 1616 5° Court Examen des fri- voles critiques du docteur Ridley sur l'Avertissement magnétique, • 1618 Guillaume Barlowe mourut en 1625
  • Guillaume BARRÉ( 1760 - 1829) : né en Allemagne, vers 1760, d'une famille de protestants français réfugiés, servit d'abord dans la marine russe, et vint en France au commencement de la révolution dont il embrassa la cause avec beaucoup d'ardeur. Il fit les premières campagnes d'Italie dans Farinée française et y devint capitaine. Parlant et écrivant toutes les langues de l'Europe, il fut distingué par le général Barré avait institué sa légataire universelle mademoiselle Betzi, ancienne actrice du Vaudeville, qui depuis longtemps lui prodiguait les soins les plus affectueux. V—vs.. Bonaparte, et devint son interprète avec 12,000 francs de traitement. Mais ayant composé contre lui des couplets satiriques, il fut obligé de fuir , ce qui était assez difficile en France à cette époque. Ne pouvant voyager par terre, il détacha pendant la nuit, du rivage, une petite barque, et descendit ainsi sur la Seine jusqu'au Havre, d'où il gagna l'Angleterre sur un bàtiment américain. Arrivé à Londres, il se moqua de la police de Paris, dont il avait trompé la surveillance, et se vengea de Napoléon en publiant en prose, dans la langue du pays, des écrits qui ne sont pas aujourd'hui moins oubliés que ses chansons 1° Histoire du consulat français sous Bonaparte, Londres, 1807 ; l'Origine, les Progrès, la Décadence et la Chute de Bonaparte en France, Londres, 1815 Ce dernier ouvrage devait être composé de deux volumes, mais le second n'a point paru. Barré a traduit en français l'ouvrage de SidneySmith sur l'expédition d'Égypte. Cet auteur s'est donné luimême la mort à Dublin, en 1829 Z.
  • Guillaume BARRETT : chirurgien anglais, natif du comté de Sommerset, mort en 1789, était membre de la société des antiquaires de Londres. Quoiqu'il eût beaucoup de talent comme chirurgien, il est plus particulièrement connu comme auteur d'un livre intitulé Histoire et antiquités de la ville de Bristol, etc., avec planches, 1788, 1 vol. ouvrage mal écrit , mais plein de recherches utiles et faites avec une grande exactitude. - Un peintre de paysage du même nom a acquis quelque célébrité à Londres dans le 18° siècle, et a été membre de l'académie de peinture, dont il était un des fondateurs
  • Guillaume BARTHEZ DE MARMORIÈRES( 1700) : naquit dans les premières années du F188 siècle, devint ingénieur des ponts et chaussées de la province de Languedoc, fut de l'académie des sciences de Montpellier, et se fit une grande réputation , soit par ses écrits, soit par les travaux qu'il dirigea. On a de lui : 1° Essai sur divers avantages que l'on pourrait retirer de la côte du Languedoc, relativement à la navigation et à l'agriculture, Montpellier avec 2 planches; 2° Mémoires d'agriculture et de mécanique, avec les moyens de remédier aux abus du jaugeage des vaisseaux dans tous les ports du roi, Paris, 1763 3°. Traité des moyens de rendre la côte de la province de Languedoc plus florissante que jamais, Montpellier, 1786 avec une carte ; 4° deux mémoires, l'un sur les Soufflets à chute d'eau, l'autre sur les Soufflets de certaines forges, insérés dans les Mémoires de l'académie des sciencesL—MX .
  • Guillaume BATECUMBE ou BADECOMBE : mathématicien anglais chi 15 siècle, sorti des écoles d'Oxford, a composé plusieurs ouvrages qui prouvent qu'il était, pour le temps, un des géomètres, ou plutôt un des astronomes les plus distingués. On croit qu'il vivait vers l'année 1420, sous le règne de llenri V. Ses ouvrages sont : 1° De sphœrai mica- rte Fabrica erUsu; 2' de Sphœra solida; 3' de Ope- ralione astrolabii ; 4° Conclusiones sophioe
  • Guillaume BATES( 1625 - 1699) : théologien anglais, presbytérien, naquit en 1625, et étudia à Cambridge. Son savoir, son éloquence dans la chaire et son habileté dans les affaires, lui firent une grande réputation dans son parti. A l'époque de la restauration, il fut nommé chapelain de Charles II, et il serait parvenu à l'épiscopat, s'il avait voulu se soumettre à l'acte de conformité. Il fut chargé de différentes négociations ecclésiastiques, où il montra un esprit de paix qui lui mérita l'estime générale, et l'amitié du docteur Tillotson et des hommes les plus dist de son temps. On a de lui différents ouvrages de piété, écrits d'un style élégant et pur, et dont la plupart ont été recueillis en 1 vol. Ils se composent de sermons et de traités divers sur l'harmo- nie des attributs de Dieu, le Bonheur final de l'homme, les quatre dernières choses, etc.; mais Guillaume Bates est plus généralement connu comme éditeur d'un volume intitulé : Vite selec- torum aliquot virorum, qui docirina, dignitate, out pietate inclaruere, Londres, 1681 Il mourut à Hackney, près de Londres, en 1699
  • Guillaume BATHE( 1564) : d'une famille autrefoie puissante et considérée en Irlande, que des malheurs et des fautes de tout genre avaient réduite à la plus grande médiocrité. Il naquit à Dublin, en 1564, dans la religion protestante ; mais, conlié dans sa pre- mière jeunesse aux soins d'un instituteur catholique, il en reçut les principes du catholicisme, que ne put déraciner la suite de son éducation achevée à Oxford. Vers l'àge de trente ans, ne pouvant supporter de vivre dans le protestantisme, il le quitta, ainsi que son pays, et, vers 1596, se lit jésuite en Flandre. 11 voyagea ensuite en Italie et en Espagne, où il fut nommé directeur du séminaire irlandais de Salamanque, et mourut à Madrid, le 17 juin 1614. On l'a représenté comme trèsardent à gagner des âmes à la religion. Ses confrères l'ont loué comme un homme trèssavant, et d'une vertu extraordinaire, quoiqu'il fia d'un caractère chagrin et peu sociable 11 a laissé les ouvrages suivants : 1° Introduction à l'Art musical, Londres, 1584 20 Janua l guarum, sets Modus maxime accommodants, quo pa- lefit aditus ad omnes linguas intelligendas, Salamanque, 1611, petit de 144 p., livre fort curieux, rédigé d'après le mème principe, mais sur un plan plus régulier que la Janua linguarum de Comenius : un des censeurs de l'ouvrage, professeur à l'université de Salamanque, atteste que par cette méthode il a vu des écoliers faire en trois mois autant de progrès dans l'étude du latin, que d'autres en trois ans par la voie ordinaire des rudiments. 50 Institution méthodique des principaux mystères de la foi chrétienne, etc. , publiée en anglais et en latin, sans nom d'auteur. 4. Préparation pour le sa- crement de Pénitence, publiée en espagnol, sous le nom de Pierre Manrique, à Milan, en 1604 ou 1614
  • Guillaume BATT( 1744 - 1812) : médecin anglais, né à Colingborn, en 1741, se fit recevoir docteur à Montpellier, en 1770, voyagea en France, en Allemagne, en Prusse, en Hollande, en Suède et en Italie, et partout se mit en rapport avec les savants les plus distingués. Le climat bruineux de l'Angleterre ne convenant point à sa santé, il vint se fixer à Gènes, où il fut nommé professeur de chimie en 1778. 11 contribua beaucoup à introduire la vaccine dans ce pays. Lors de l'épidémie du typhus, en 1800, il s'attira l'attachement des Génois par le zèle dont il fit preuve en cette occasion. 11 mourut dans cette ville, le 9 février 1812.11a laissé des mémoires insérés dans le recueil intitulé : Memoria della societa medica di emulazione di Genova
  • Guillaume BATTIE( 1704 - 1776) : médecin anglais, naquit de parents pauvres, en 1704, dans le comté de Devon. 11 étudia d'abord à l'école d'Eton et ensuite à l'université de Cambridge. Après avoir pris ses degrés, et pratiqué quehiues temps la médecine à Cambridge et à Uxbridge , il vint à Londres, où il obtint bientôt une grande réputation, et où il se maria. Il s'était fait connaître dans le monde savant, ,dès l'année 1729, par un essai d'édition d'Isocrate, Iniëdition qu'il compléta, en 1749, en 2 vol. La part active qu'il prit dans la dispute qui s'éleva vers 1750, entre le collége des médecins de Londres et le docteur Schomberg, lui attira le ridicule honneur de devenir le sujet d'un poème intitulé la Bat- liade, dont deux chants seulement ont été imprimés. Il s'était beaucoup occupé des maladies de l'esprit. En 1757, étant alors médecin de l'hôpital StLuc, et chef d'un établissement pour le traitement des aliénés, il fit paraître , en un seul vol. un traité sur la Manie, où il critiquait la mé- thode adoptée par le docteur Monro. Jean Monto, fils de ce dernier, lui répondit avec vivacité, dans un petit écrit où il avait. pris pour épigraphe ce passage d'Horace : 0 major tandem pas- cas insane minori ! d'où les plaisants l'appelèrent le major Battie, substituant ce titre à celui de doctor. On doit encore à Guillaume Battie deux autres ouvrages intitulés, l'un : de prineipiis animalibus Exercita- tiones in collegium regium medicorum, en 4 parties, 1751 et 1752 ; l'autre : Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis nonnullis ad principia animalia accontodati , 1762. 11 mourut en 1776, àgé de 72 ans
  • Guillaume BAUDART :
  • Guillaume BAUSSONNET( 1500) : poète, graveur et sculpteur, né à Reims, dans le 16' siècle, a gravé le beau frontispice qui se trouve en tète de la première édition de l'Histoire des grands chemins de l'empire romain de Nicolas Bergier, son compatriote. Lors du sacre de Louis XIII, un aune, qui avait pris racine entre les pierres d'un des pilastres de la porte de Paris, et qui n'avait pour toute nourriture que l'eau qui battait les flancs de ce pilastre et le peu de ciment qui liait les pierres entre elles, faisait l'admiration de tout le monde . Baussonnet y mit l'inscription suivante : Assis sur cette pierre dure, Je vis de la fraîcheur de l'eau, Et Phébus nuit à ma verdure, Quand il prend son plus chaud flambeau ; Mais aujourd'hui j'ai d'aventure Un heureux change en ma nature ; Car si la trop cruelle ardeur De Phébus me tue et m'offense, Je revis voyant la splendeur De Louis, soleil de la France. On a de Baussonnet d'autres inscriptions qu'il fit hipour l'entrée de Henri IV à Rouen, en 1596 ; pour ne sacre de Louis XIII, et des sonnets qui sont imprimés sous le titre de Sylvie
  • Guillaume BAUTRU( 1588 - 1665) : comte de Serrant, conseiller d'État, membre de l'Académie française, naquit à Angers, en 1588, et était fils d'un conseiller au grand conseil, grand rapporteur de France. 11 est principalement connu comme un des beaux esprits (lu 17' siècle. Le rôle politique que joua Bau- tru fut trèssecondaire, mais n'en tourna pas moins utilement pour sa famille et pour lui : le cardinal de Richelieu lui avait témoigné de la bienveillance ; il fut une des créatures du cardinal Mazarin, et se maintint à la cour, autant par l'adresse de sa conduite et les agréments de son esprit, que par sa complaisance et son dévouement au premier ministre. 11 avait l'inspection sur la Gazelle, et c'était lui qui se chargeait, dans celle de Paris, de rédiger tous les éloges qu'elle adressait à l'administration et au caractère de Mazarin : Bautru ne fit jamais pour cette éminence que la guerre de plume. Dans les troubles de la fronde, il se tint auprès de la reine Aune d'Autriche, et, la veille des barricades, ce fut lui qui adressa au coadjuteur cette froide et mauvaise plaisanterie qui n'aurait pas sauvé le PalaisRoyal. Le coadjuteur se présenta devant la reine en habits de prélat, au moment de l'arrestation de Broussel, et d'une fermentation qui n'était rien moins que sans danger : « votre Majesté, dit Bau« tru à la reine, est donc bien malade, puisque le « coadjuteur lui apporte l'extrême - onction 1 » La preuve que Bautru n'avait auprès d'Anne d'Autriche que l'existence d'un bouffon de cour, c'est que cette princesse, cherchant par politique à se rendre agréable au coadjuteur, lui livrait bien le plaisant de profession, quand elle lui disait : « Mon Dieu, ne « ferezvous pas donner des coups de Iliton à ce « coquin de Bautru, qui vous a tant manqué de res« pect? » et quand elle l'assurait que, par amitié pour lui, M. le cardinal lui aurait fait donner des coups de bâton si elle ne l'en avait pas empêché. Bautru n'était à la cour qu'un parvenu bel esprit, qui ne devait sa fortune qu'à ses complaisances et à ses adulations. Un de ses confrères de l'Académie n'en fait pas moins un pompeux éloge de lui dans ses lettres, et il ne tient pas à lui qu'un pasquin renforcé ne passe pour un philosophe inébranlable, qui avait pour règle de conduite la devise d'Horace : Nil adrnirari, prope res est una. Aussi l'Angely disaitil, pendant le diner du roi, au comte de Nogent, frère de Bautru : « Couvronsnous, cela est « sans conséquence pour nous. » Ces petits désagréments, qui accompagnent la prospérité des parvenus, n'empêchèrent pas Guillaume Bautru d'être comte de Serrant, introducteur des ambassadeurs, ministre plénipotentiaire en Flandre, en Espagne. en Angleterre et en Savoie. Il eut pour ami Ménage, qui cite, à chaque page de ses écrits , les bons mots de Bautru, et pour panégyriste l'académicien Costar ; Credat Judoeus appella. StAmand a dit Si vous oyez une équivoque, Vous jetez d'aise votre toque, Et prenez son sens malotru Pour un des beaux mots de Bautru. On a de Bautru une satire imprimée dans le Cabinet satyrique, édition de 1666, 2 vol. pet. La famille de ce courtisan a laissé des souvenirs plus dignes d'estime que ses bons mots, qui ont vieilli, et ne devaient leur réputation qu'au mauvais goût du temps : il avait pour neveux le comte de No. gent, qui fut tué au passage du Rhin, et le marquis de Vaubrun, lieutenant général , entre les mains duquel furent remises les destinées de l'armée française , à la mort de Turenne, en 1675. et qui fut tué la ntème année au combat d'Altenheim. Guillaume Bautru mourut le 7 mai 1665, âgé de 77 ans
  • Guillaume BAXTER( 1650) : neveu du précédent, naquit en 1650, à Llanlugany, petit village du comté de Shrop. Son éducation avait été tellement négligée, qu'à dixhuit ans , envoyé pour la première fois à l'école, il ne connaissait pas une lettre de l'alphabet, et n'entendait d'autre langue que le gallois ; mais il s'appliqua ensuite à l'étude avec tant d'ardeur et de succès , qu'il devint un des plus savants philologues et antiquaires de son temps. Il publia, en ,1679, une grammaire intitulée : de Analogia , sive Ante commentariolus. En 1695, il donna une nouvelle édition d'Anacréon, plus correcte, avec des notes, et qui fut réimprimée en 1710 , Londres. On peut remar quer ici que Guillaume Baxter, qui, dans la dédicace de cette édition, avait traité fort rudement le fameux TanneguiLefèvre, également éditeur d'Anacréon, jusqu'à l'appeler un imbécile et un sot , fut traité à son tour de la même manière par J. Cornélius de Paw, qui publia à Utrecht, en 1732, une autre édition de ce poète ; ce qui prouve seulement que les critiques d'alors n'étaient ni plus modestes ni plus polis que ceux de nos jours. Au surplus, le texte de l'Anacréon de Baxter fait la base de l'édition de ce poète par Fischer, qui a aussi réimprimé les notes de son devancier. Les autres ouvrages de Guillaume Baxter sont : 1° une édition d'Horace, sous le titre de Q. Horatii Flacci Eclogce , 1741 et 1725 2° Glossarium antiquitalum britartnicarum, Londres, 1719 et 1735 5° Glossarium antiquitatum romanarum. Cet ouvrage ne comprend que la lettre A. 11 parut en 1726, sous le titre de Reliquioe Baxteriance, mais, en 1731, on enleva le frontispice aux exemplaires qui restaient, et on en mit un nouveau, portant : Glossarium , etc. 4° Enfin quelques écrits où l'on trouve plus d'érudition que de goût. Il mourut le 31 mai 172.3, âgé de 73 ans, après avoir consacré une grande partie de sa vie à l'instruction de la jeunesse
  • Guillaume BEAULAC : avocat et jurisconsulte, né en Languedoc, se lit connaitre par la publication d'un Répertoire des lois et des arrêtés du gouvernement de 1789 à l'an il , par ordre alphabétique, chronologique, et par classement de matières, Paris, an 41 ; édition, 1804 Cet ouvrage, utile pour éclairer les recherches dans le dédale des lois rendues depuis la révolution, est le résultat d'un long et pénible travail. L'esprit d'ordre et d'analyse et l'opiniâtreté de patience qu'il suppose dans le classificateur doivent relever.le mérite d'une entreprise aussi ingrate. Le plan de Beaulac est exposé d'une manière trèslucide, dans une préface où il dorme la preuve qu'il savait aussi bien comprendre la législation et son esprit, qu'il avait d'aptitude pour en classer les monuments. On trouve, en tête des titres sous lesquels il a rangé les lois de chaque matière, un précis qui aide à leur intelligence. L'exactitude des dates et des autres indications y est portée jusqu'au scrupule. Le débit rapide du Répertoire engagea l'auteur à en faire paraître, à un an d'intervalle, une nouvelle édition revue et augmentée. Il profita, pour l'améliorer, de sa propre expérience et des observations que les personnes versées dans la connaissance des lois et la pratique des affaires lui avaient communiquées. Bondonneau, qui avait aussi formé le projet de publier un semblable répertoire, y renonça, lorsqu'il se vit devancé avec un succès auquel il applaudit luimême. Après la mort de Beaulac, il lit d'abord parai tre des suppléments, et finit par donner une nouvelle édition de tout l'ouvrage, Paris, 1813-1816, 3 vol. La Table générale alphabétique des lois, etc., Paris, imprimerie royale, 1814, 4 vol. est sans doute plus complète, mais- elle ne peut remplacer entièrement le Répertoire, dont la distribution embrasse à la fois l'ordre alphabétique, l'ordre chronologique et la série des matières, en les faisant concourir au même but. On a donc lieu de s'étonner qu'un savant jurisconsulte ait avancé, sans doute par préoccupation , que la préférence devait être accordée à la Table générale alphabétique. Chacun de ces index a une destination différente et son utilité particulière. Beaulac mourut à Paris, le 25 août 1804. L'étendue de ses lu- , Lettres sur la profession d'avocat, etc., édition, t. 2, p..357. mières dans toutes les partie de la légis.ation, la douceur de ses mœurs et une probité à toute épreuve lui avaient concilié l'estime générale
  • Guillaume BEAUVAIS( 1698 - 1773) : né à Dunkerque en 1698, de l'académie de Cortoni et de la société littéraire d'Orléans, où il est mort le 29 septembre 1775, était trèsversé dans la science des médailles. On a de lui quelques ouvrages numismatiques assez estimés 1. Lettre sur les médailles roumaines . 2. Manière de discerner les médailles antiques de celles qui sont contrefaites, Paris, 1759 Ce traité a aussi été ajouté aux deux ouvrages qui suivent. Il en a, en outre, paru une traduction allemande, imprimée à Dresde en 1791 et enrichie de notes, et surtout d'une table fort utile, qui spécifie la valeur et la rareté des médailles impériales. Cette table a été reproduite dans la nouvelle édition française de la dissertation, Dresde, 1794 5° Traité des finances el de la fausse monnaie des Romains, auquel on a joint une Disser- tation sur la manière de discerner les médailles an- tiques d'avec les contrefaites, Paris, 1740 40 Histoire abrégée des empereurs romains et grecs par les Médailles, Paris, 1767, 5 vol. Cet ouvrage est intéressant, non pour la partie histo- L'édition de 4718 est citée par M. Miordee de Kerdanet; tous les diotionnaires ne parlent que de celle de4759. On n'a pu les trouver ni l'une ni l'autre, malgré les recherches qu'on en a faites dans les bibliothèques de Paris. Figue qui est trop courte, mais pour les détails que l'auteur donne sur les médailles de chaque empereur, dont il fait connaître la rareté et le prix. C'est à la fin du 5' volume qu'a été réimprimée la Dis- sertation sur la manière de discerner les médailles antiques, qui se trouve aussi à la suite du Traité des finances et de la fausse monnaie des Romains, par Chassipol. 5. Dissertation sur la marque et contre- marque des médailles des empereurs romains Beauvais avait une 911ection de médailles précieuses qu'un aniateu r d'Orléans avai t achetée : celuici, .vou lan t la transporter à Paris pour la vendre, entassa pèleméle toutes les pièces dans un même sac, et elles arrivèrent entièrement effacées ou déligu- rées. K.«
  • Guillaume BÉCAN( 1600 - 1683) : naquit en Flandre, au 17' siècle, et entra dans la compagnie de Jésus, où il se distingua par ses talents oratoires et ses poésies. On a de lui : Introitus triumphalis Ferdinandi Austriaci in Flandrice metropolim Gandavum, Anvers, 1636 avec de belles gravures, exécutées sur les dessins de Rubens. Il a donné aussi des idyl- les et des élégies, qui ont été imprimées avec les œuvres du P. Hoschius. Sa vie, du reste, n'offre rien de remarquable. Guillaume Bécan mourut à Louvain, le 12 décembre 1685
  • Guillaume BEDELL( 1570) : savant évêque anglican, né en 1570, à BlackNotley, dans la province d'Es- sex, étudia au collige Emmanuel de Cambridge. Après avoir été quelque temps ministre de StEdmund'sBury dans le comté de Suffolk, il suivit, en 160-/ , en qualité de chapelain, sir Henri VVotton envoyé par le roi Jacques en ambassade près de la république de Venise. Ce fut dans cette ville , où il lit un séjour de huit années , qu'il se lia d'amitié avec le fameux Pierre Sarpi, surnommé FraPaolo, qui lui apprit l'italien, et à qui il donna en retour des leçons de théologie. Bedell traduisit en italien le livre de prières de (l'Angleterre, et composa une grammaire anglaise pour l'usage de son ami. Telles étaient l'intimité et la confiance de cette amitié, . qu'après la tentative faite pour assassiner FraPaolo, la république lui ayant accordé une garde, avec défense de lais6er approcher de lui personne qui n'eût été soigneusement examiné, Bedell fut seul excepté de cette défense. Il fut également lié à Venise avec le célèbre Antoine de Dominis, évêque de Spalatro, qui disait souvent qu'il ne pouvait rien faire sans lui, et qui lui confia son livre de Republica eccle- siastica, que Bedell corrigea et fit ensuite imprimer à Londres. A son départ, FraPaolo lui fit plusieurs présents, entre autres des manuscrits de son Histoire du concile de Trente, dc l'Histoire de l'interdit et de celle de l'inquisition. De retour en Angleterre, Bedell se rendit à sa cure de StEdmund'sBury, où il aurait peut-être fini ses jours, si son rare mérite n'avait attiré sur lui les yeux de quelques hommes puissants. Il était occupé d'une traduction latine de l'Histoire de l'interdit, de celle dc l'inquisition et des deux derniers livres de l'His- Loire du concile de Trente, dont les deux premiers avaient été traduits par une autre main, lorsqu'il fut nommé, vers -1615, ministre de Horingsheath, et, en 16'27, prévôt du collége de la Trinité de Dublin, place qu'il refusa d'abord par modestie, mais qu'un ordre. du roi le força d'accepter. Ce fut alors qu'il I donna une singulière preuve de caractère. Bésolu de réformer les abus qui s'étaient introduits dans le collége, il ne voulut rien entreprendre sans connaitre les gens à qui il avait affaire, et demeura ainsi t quelque temps dans une tranquillité si absolue sur tout ce qui se passait autour de lui, que ceux qui ne le connaissaient pas le prenaient pour l'homme le plus faible, et que ceux qui le connaissaient mieux ne savaient plus qu'en penser ; enfin il se montra, et en peu de temps exécuta les réformes nécessaires avec cette vigueur de caractère qui lui était propre, et qui, accompagnée de la plus haute vertu et de la plus parfaite sagesse, lui acquit toute sa vie un empire extraordinaire sur tous ceux qui l'approchaient. En 1629, Bedell obtint les évêchés réunis de Kilmore et d'.Ardagh. Ce fut là qu'il exerça puissamment cet empire par la réforme des nombreux abus qui s'étaient introduits dans ces deux diocèses. Il commença par la pluralité des bénéfices ; et, pour prêcher d'exemple, il résigna volontairetnent , en 1655, son évêché d'.Ardagh. Il forma le projet de rapprocher les luthériens des calvinistes, et réussit à réunir à la religion dominante plusieurs autres communions. La rébellion d'Irlande vint, en 1641, ar- rêter ses louables travaux. Les révoltés, qui d'ailleurs s'abandonnèrent aux plus grands excès contre tout ce qui portait le nom anglais, eurent constamment pour Bedell les plus grands égards, et déclarèrent qu'il serait le dernier Anglais qu'ils chasseraient de l'Irlande. Sa maison, la seule maison anglaise du comté de Cavan qui fût respectée, devint l'asile d'une foule de malheureux. D'après des ordres de leurs chefs, les insurgés l'invitèrent à faire sortir cette multitude ; il s'y refusa, en disant qu'il partagerait leur sort. On se saisit alois de sa personne, et il fut enfermé avec ses enfants dans le château de Clougliboughter. Échangé trois semaines après, il ne put survivre au spectacle des malheurs qu'il avait sous les yeux, et mourut le 7 février 1642. Les rebelles irlandais lui rendirent de grands honneurs, et, précédés de leur chef, accompagnèrent son corps jusqu'au lieu de sa sépulture. Ils déchargèrent leurs fusils sur sa tombe, et crièrent en latin : Requiescat in pace ultimus Anglorum. Un prêtre catholique s'écria : 0 sit anima mea cum Bedello ! Telle était l'idée qu'on avait de sa vertu, que, dans un temps de factions religieuses, elle l'emportait sur l'esprit (le parti ! Il ne persécuta jamais les catholiques, et n'en fut que plus dangereux au catholicisme. Sa force venait d'un attachement inflexible à l'ordre et à la règle ; ses moyens de persuasion, de la sévérité scrupuleuse avec laquelle il s'y soumettait luimême. Il prêchait d'abondance ; le style de ses sermons était simple, clair et plein ; quoique trèssavant , il n'y montrait de science que ce qu'il en fallait pour éclaircir son texte. Bedell a publié un recueil intitulé : Copies de quelques lettres' entre Jacques Wadesworth et Guillaume Bedell, concernant les motifs généraux de soumission au pape, Londres, 1624. 11 avait composé un traité intitulé : Où était notre religion avant Luther ? Que sont devenus ceux de nos ancétres qui sont morts dans la foi catholique ? Cet ouvrage n'a point été imprimé, et le manuscrit en a été perdu dans les troubles d'Irlande, ainsi que plusieurs autres de ses ouvrages. Une traduction qu'il avait fait faire, en langue irlandaise, de l'Ancien 'Testament, a été imprimée ensuite par les soins de Bobert Boyle. Sa traduction latine de l'Histoire de l'interdit de Venise a été publiée à Cam- bridge en 'I On peut remarquer, à la louà;ge de ce prélat, qu'il s'est élevé contre l'usage d'enterrer les morts dans les églises et mème dans les villes
  • Guillaume BELLENDEN ou BALLANTINE : écrivain écossais qui florissait au commencement du 17' siècle, était, suivant un de ses biographes, professeur d'humanités dans l'université de Paris, en 1602, et jouit d'une grande faveur auprès du roi d'Angleterre, Jacques 1", qui le nomma maitre des requêtes, et le combla de bienfaits. 11 passa une grande partie de sa vie à Paris, et ce fut dans cette ville qu'il publia, en 1608, son Cicero princeps, livre singulier, composé de passages détachés des écrits de l'orateur latin, contenant les règles du gouvernement monarchique. A cette première édition se trouvait joint un petit écrit, intitulé : Tractatus de processu et scriptoribus rei politicce. En 1612, parut, également à Paris, son Cicero consul, senator, sena- lusque romanus. Ces deux ouvrages eurent un grand succès; et, en 1616, Bellenden en donna une seconde édition, à laquelle il ajouta le traité de Statu prisci orbis. 11 avait conçu le plan d'un autre ouvrage : de tribus Luminibus Romanorum; il en a paru .16 livres, Paris, Dubray, 1634 LengletDufresnoy, d'après qui nous citons cette éditior:,,dit que c'est une histoire romaine tirée des termes pro- pres de Cicéron. Les principaux traités de Bellen- den étaient devenus extrêmement rares, lorsqu'un écrivain politique anglais entreprit d'en donner une nouvelle édition, qui parut à Londres, en 1787, accompagnée d'une préface, et dédiée à Ed. Burke, lord North et Fox, dont les portraits respectifs sont au bas de chaque dédicace. Il en parut une autre édition en 1788. L'éditeur accuse Middleton d'avoir, dans sa Vie de Cicéron, profité des écrits de Bellenden sans en faire aucune mention
  • Guillaume BELOE( 1756) : naquit i Norwich , en 1756. Son père, qui fut depuis un des principaux négociants de cette ville, était fort pauvre lors de la naissance de son fils, et même avait été forcé d'abandonner ses marchandises à ses créanciers. Le jeune Guillaume, après avoir étudié dans plusieurs écoles, soit à Norwich , soit aux environs, fut confié aux soins . Dès son arrivée , il y provoqua une espèce de parti contre lui, par une épigramme sévère que dans un moment d'irritation il décocha contre deux jeunes gentlemen qui , fiers de leur rang, avaient affecté , 6 vol. Les deux premiers parurent en 1807; les trois suivants en 1809 et 1811; le dernier en 1812. Le public lit à cette bibliographie un accueil trèsfavorable. Effectivement , c'est un répertoire extrêmement curieux et dans lequel se trouvent une foule de détails jusquelà complètement inconnus. Le 1" volume contient, entre autres indications capitales, celle de beaucoup de livres rares relatifs aux antiquités de Cambridge; du beau manuscrit copte sur papyrus, trouvé dans le tombeau d'une momie à Thèbes, et apporté en Angleterre par Hamilton; d'un grand nombre de tragédies et de comédies rares de la collection de Garrick; d'un traité de sténographie imprimé à Londres, en 1588, etc., etc. On y remarque aussi les articles iEdes Walpoliance et Books , remplis d'anecdotes intéressantes et de documents nouveaux. Le tome 2e contient d'abord , premier produit de la presse d'Aberdeen ; plusieurs extraits d'ouvrages en prose de Thom. Lodge ; beaucoup de détails sur la collection de Roxburgh, où se remarquaient surtout les pièces intitulées Common Condyesons, Didon, les Pamphlets du roi, un Juif contre les gentils, l'édition princeps du Déeameron , Venise , 1471 ; Loyauté, Épiscopat et Loi, tiré à un seul exemplaire; une lettre du docteur Tanner, auteur de la Nolitia imonastica , lettre qui constate que la plus grande partie des additions et rectifications de l'Athenœ Oxonienses de Wood est de lui ; et enfin l'abdication de Richard Cromwell, attestant de la part du protecteur l'intention de se soumettre au roi, signée 15° Une édition du Dictionnaire biographique , en société avec Guill. Tooke, Morrisson et Robert Nares, 15 vol. 14. Divers articles dans le Gentleman's Magazine et autres ouvrages périodiques. 15° Le Sexagénaire, ou Né- moires d'une vie littéraire, I818. Ce sont ses propres mémoires, publiés après sa mort, par un de ses amis. 11 avait composéune parodie de la Déclaration des droits de l'homme, qui fut imprimée en1793
  • Guillaume BERTOUX( 1723) : né le 14 novembre 1725, entra chez les jésuites, et, à la suppression de cet ordre fameux, se retira à Senlis, où il fut pourvu d'un canonicat. Il a publié quelques compilations utiles, et dont sa modestie l'a empêché de se faire connaître pour l'auteur : 1° Histoire poétique tirée des poêles français, avec un Dictionnaire poétique, Paris, 1767 ; 4° édition, 178G, même format. Suivant quelques bibliographes, cet ouvrage a été composé par J.Arm. de Roquelaure, ancien évêque de Senlis. aidé d'un de ses grands vicaires. 2. Anecdotes françaises depuis l'établissement de la monarchie jusqu'au règne de Louis XV, ibid., 1767 : cet ouvrage est estimé. 5° Anecdotes espagnoles et portugaises, depuis l'origine de la nation jusqu'à nos jours, Paris, 1773, 2 vol. L'abbé Bertoux est mort à Senlis
  • Guillaume BERKLEY : gouverneur de la Virginie, fit la paix avec les sauvages, fut fait gouverneur une seconde fois, envoya faire des découvertes, se signala pendant la rébellion de Bacon, par une conduite ferme et prudente, et mourut en Angleterre, en 1667. 11 a donné une Description de la Vir- ginie : c'est un ouvrage peu recherché aujonrd'hui ; et un Recueil des lois en usage dans la Vir- ginie
  • Guillaume BERRIMAN( 1688 - 1750) : né le 24 septembre 1688, étudia au collège d'Once!, à Oxford, y prit ses degrés de 1710 à 1722, fut recteur de StAndré, dans cette même année, puis membre du collége d'Eton, de1727 jusqu'à sa mort, arrivée le 5 février 1750.11 avait le renom d'un des membres les plus savants de l'Église anglicane. Théologien érudit, casuiste subtil, écrivain correct, logicien irréprochable, il se signala également dans la prédication et la polémique sacrée. Dans cette deuxième classe se rangent, et sa Revue par saisons, 1717- 18, et la Seconde Revue de l'Histoire des doxologies primitives, par Whiston, 1719. Ne pouvant indiquer tous ses sermons, nous appellerons l'attention sur les discours qu'il prononça en chaire pour la rédemption des captifs ; contre la barbarie de ceux qui méprisent la religion et sur le traitement qui leur est dû sur l'autorité du pouvoir civil en matière de religion : Berriman y pose en fait que pour l'autorité c'est un droit et un devoir de s'occuper de la reli- gion, et d'user des moyens qui peuvent la faire fleurir. Indépendamment de ses serinons isolés et imprimés à part, Berriman publia : 1. Huit sermons sur le texte de lady Noyer. 1725; 2. Sermons sur le texte de Boyle, 2 vol., 1775 ; un 5' volume de Sermons sur les textes de Boyle. Après sa mort parurent encore trois volumes de sermons sous le titre de Doctrines et devoirs du Christianisme, etc. Deux volumes furent mis au jour en 1750 , et contiennent quarante sermons ; le 5' volume ne fut livré au public que treize ans après. Il se compose de dixneuf sermons. Les deux premiers volumes avàient été édités par le frère de l'orateur, Jean Berriman, de StEdmond- Hall, à Oxford, qui, après avoir été apprenti tireur d'or et d'argent, se sentit de la vocation pour des travaux plus relevés, fréquenta les colliges, et finit par ètre curé de StSwithen, lecteur de SteMarieAldermanbury, recteur de StAlban et StOlave. C'est avec ce dernier titre qu'il mourut en 1768, âgé de 79 ans
  • Guillaume BEST( 1683 - 1719) : jurisconsulte hollandais, né à Amersfort en 1683, obtint à vingt et un ans le titre de docteur en droit, et se distingua au barreau. Choisi pour enseigner le droit civil à l'université d'Harderwick, il en fut quelque temps le recteur. Il mourut en 1719, avant d'avoir mis la dernière main à différents ouvrages de jurisprudence qu'il avait entrepris. Pierre Burman , dont il avait été le dis-'ciple, en avait conçu la plus haute espérance; il dit de lui : Quod ejus immatura mors mulla nobis egregia inviderit . Les écrits que 13est a publiés Commentar. in Phcedr. file, lib. 5, prolog., v. 22. sont : I° de Ratione emendanda leges, Utrecht, 1707 Le célèbre jurisconsulte Ludewig faisait grand cas de ce traité, et le croyait propre à donner aux jeunes gens une notion exacte des règles de la critique du droit. On trouve dans les Acta eruditorum Lipsiensium des observations de Ch. Wachtler sur l'ouvrage de Best. Celuici y répondit dans le même recueil, au mois d'avril 1710. 2° ° ratio de cequitate juris romani , liusque studii jucunditate, Hardewick, 1717 30 Oratio de pactuum et contractuum secundum jus gelai= et Romanorum natura et œquitate, ibid. 1719
  • Guillaume BESSE( 1600 - 1680) : avocat, né à Carcassonne dans le 17e siècle, composa l'histoire de cette ville en 1 vol. qu'il lit imprimer à Béziers, en 1645, sous le titre d'Histoire des comtes de Carcas- sonne, autrement appelés princes des Goths, ducs de Septimanie, et marquis de Gothie. En 1660, il donna une nouvelle édition de cet ouvrage qu'il intitula Histoire des ducs, marquis et comtes de Carcassonne; il se servit utilement des recherches savantes de Bernard de Stellat, chanoine de l'église cathédrale de cette ville, mort en 1629 du fléau de la peste, sans avoir pu mettre au jour le fruit de ses travaux. Besse est un historien fort crédule ; il mêle sans discernement la vérité avec les fables, et donne pour premier fondateur de Carcassonne l'eunuque Carcas, exilé de la cour d'Assuérus après qu'Esther eut délivré le peuple juif. Il représente les tours de cette ville s'inclinant devant Charlemagne, et ce prince, comme un autre Moïse, faisant jaillir les fontaines de la terre, en la frappant avec son épée. Besse mourut en 1680
  • Guillaume BEUCKELS : pêcheur hollandais, dont le nom mérite d'être transmis à la postérité, parce qu'il trouva, au commencement du 15e siècle, L'art de saler et d'encaqueeles harengs, de manière à les conserver longtemps et les rendre transportables au loin ; art précieux, qui fut le principe du commerce et le fondement de la grandeur d'Amster- dam. Il était né à Bieruliet, dans la Flandre hollan- aise, et il y mourut en 1 449. Sa patrie lui éleva une statue. CharlesQuint et la reine de Hongrie, sa soeur, avaient conçu pour lui tant d'intérêt, qu'é- tant dans les PaysBas, en 1536, ils allèrent voir soritombeau comme pour rendre hommage à l'au- teur d'une découverte si utile. Quelques écrivains ont prétendu que son procédé était connu en Danemark dès le 1 4' siècle, et que Beukels n'avait fait que de le perfectionner
  • Guillaume BEVERIDGE( 1638) : savant évêque de StAsapli , né en 1658 , à Barrow, dans le comté de Leicester, lit son cours d'études, et fut reçu docteur dans l'université de Cambridge. Il s'y appliqua surtout aux languies orientales, et le Keinier fruit de ses travaux en ce genre fut un traité publié lorsqu'il n'était encore âgé que de vingt ans, sous ce titre de linguarum orientalium Pra3stantia et Us u , mm Gram- matica syriaca, Londres, 1658, 1684 Son mé- rite lui valut , en 1672 , la cure de StPierre de Cornhill à Londres, une prébende de StPaul en 1674, l'archidiacon,i de Colchester en 1681, un canonicat de Cantorbéry en 1684, et la place de chapelain du roi à l'avènement de Guillaume III. On lui offrit, en 1691, l'évêché de Bath et Welle, vacant par la destitution de Thomas Kenn, pour n'avoir pas voulu L. prêter serment d'allégeance au nouveau roi ; mais la délicatesse de sa conscience ne lui permit pas d'accepter un siége dont le titulaire encore vivant n'avait pas été régulièrement déposé. La même considération n'existant pas, en 1704, pour celui de StAsaph, il ne lit aucune difficulté de l'accepter sur la nomination de la reine Anne ; il n'en jouit que trois ans et quelques mois, étant mort le 5 mars 1708. Be- veridge e rendit recommandable dans les différentes dignités dont il fut successivement pourvu, par tou- Les les qualités et les vertus qui distinguent un vrai pasteur, par sa modestie, son exacte probité, une piété éminente et un zèle actif pour la religion. Sa profonde érudition est attestée par les ouvrages sui- vants : 1° Instilutionum chronologicarum libri qua- tuor, Londres , 1669 , 1705 ; 1721 ; Utrecht, 17 Livre excellent et trèsutile à ceux qui veulent connaître la partie technique de la chronologie, que l'auteur a dégagée des questions obscures dont cette science est embarrassée dans les Scaliger et les Petau. Synodicon, sive Pandectœ canonum apostolorum el conciliorum ab Ecclesia grœca recep- 101'14171, gr.lat., Oxford, 1672, 2 vol. C'est la seule édition de ce grand ouvrage, quoique les bibliographies et les catalogues fassent mention de deux autres. Le f ci' volume contient les prolégomènes, les canons des apôtres et des anciens conciles, les commentaires de Balsamon, Zonare et Aristée, le tout en grec et en latin, sur deux colonnes ; les préliminaires et la paraphrase arabique de Joseph l'Egyptien, sur les quatre premiers conciles, avec la version latine de Beveridge. On trouve dans le 2° les canons de Denys et de Pierre d'Alexandrie, de St. Grégoire Thaumaturge, de St. Athanase, de St. Ba- sile et de St. Grégoire de Nazianze, avec les scolies des canonistes grecs, les variantes, le Syntagma de Matthieu Blastares, imprimé pour la première fois, et les remarques de Beveridge sur les canons . 5° Codex canonum Ecclesiœ primitivoe vin- dicatus et illustratus, Londres , 1678, i11-4°, réimprimé dans le 2° vol. de l'ouvrage de Cotelier. 11 y venge, contre Daillé et Larroque, l'authenticité des canons apostoliques, dont il fixe la composition vers la fin du 2° siècle ou au commencement du 5°. 40 Une explication, en anglais, 'du catéchisme composé au commencement de son épiscopat, et plusieurs fois réimprimé. Beveridge, ennemi déclaré de toute avait écrit en faveur de l'ancienne version rimée des Psaumes à l'usage de l'Église anglicane, faite par Sternhold et Hopkins, quoique surannée, , contre la version également rimée, mais plus polie et plus intelligible de Tate et de Brady, parce que celleci ne lui paraissait pas assez conforme au texte original. Timothée Grégory, son exécuteur testamen- taire, publia plusieurs ouvrages posthumes de ce prélat, dont quelquesuns auraient dû ètre retouchés avant de voir le jour ; ce sont des Pensées sur la re- ligion, Londres, 1709, fruit de la jeunesse de l'au- teur, où il adopte dans toute son étendue cette maxime de Tertullien sur le mystère de la Trinité Credo quia absurdum, et quia impossibile est ; elles ont été traduites en français sous le titre de Pensées secrètes ou libres sur la religion, Amsterdam, 1751, 1744, 1756, 2 vol. ; des sermons sur divers sujets, 1708, 12 vol. ; 1719, 2 vol. d'un style simple et à la portée de toute sorte d'auditeurs; Thesaurus iheologicus, Londres,1711, 4 vol. Cet ouvrage donna lieu à un pamphlet inti- tulé :. Revue abrégée des écrits du docteur Beve- ridge, dans lequel ses différentes compositions sont critiquées avec beaucoup de sévérité. 11 avait fait une exposition sur tous les articles de la confession de foi de l'Eglise anglicane, mais on n'a imprimé que celle sur le 1" article
  • Guillaume BIBAUCIUS ou BIBAUT : 55' général des chartreux, né à Thielt, en Flandre,lit ses études à l'université de Louvain, où il- étonna ses maîtres par la rapidité de ses progrès. Il fut ensuite nommé professeur à Gand, et s'y distingua par son érudition. Le tonnerre étant tombé un jour au milieu de sa classe, et ayant blessé plusieurs de ses écoliers, Bibaucius fit voeu de se faire chartreux, et l'accomplit vers l'an 1500. Quoique déjà avancé en à. On trouve à la fin de quelques éditions de la Vie de Jésus- Christ, par Ludolphe, deux petits poèmes latins en l'honneur de St. Joachim, attribués à Bibaucius. Sa vie a été publiée par Levin Ammon, chartreux de Gand
  • Guillaume BILDERDYK( 1756 - 1831) : un des plus grands poëtes du siècle, et que ses compatriotes placent sans balancer à côté de Schiller, de Goethe et de Byron, naquit à Amsterdam en 1756. Comme Ovide, Voltaire et Pope, il raconte luimême qu'il balbutiait déjà des vers sur les genoux de sa nourrice. Mais la poésie seule ne pouvait suffire à cette tète ardente , à cette vaste intelligence; son séjour à l'université fut donc consacré à la fois aux travaux de l'imagination et aux études si variées du droit, des langues anciennes et modernes, de l'histoire, de la géographie, de la géologie, des antiquités, de la médecine, et mème de la théologie. Génie puissant et élevé, il dominait toutes les parties des connaissances humaines, si l'on en excepte la philosophie, qu'il représente dans un de ses ouvrages comme propre à étouffer la faculté poétique , et à laquelle il fit dans la suite une guerre bien autrement sérieuse. L'université de Leyde jetait alors le plus vif éclat, et ouvrait à la solide érudition une route où l'Allemagne se précipita bientôt tout entière, laissant derrière elle le reste de l'Europe. Bilderdyk y étudia la jurisprudence sous Bavius Voorda et Vander Keessel; la littérature grecque et romaine, sous Walckenaer et Ruhnkenius, fondateurs d'une école philologique que saluent encore de leur reconnaissance les Jacobs et les Creutzer, les Hase et les Boissonade. Ce commerce étroit avec l'antiquité, auquel le talent ne renonce jamais impunément, donna une trempe plus forte à son esprit, et à son style l'abondance, la fermeté et la correction qui le caractérisent. Grand homme anticipé au milieu d'une jeunesse étourdie et frivole, il recherchait la solitude, et travaillait avec une ardeur qui lit concevoir des craintes pour sa santé. Ce fut en 1776 'qu'il se révéla pour la première fois au public. La société littéraire de Leyde avait proposé un prix pour le meilleur poème qui exposerait l'influence de la poésie sur le gouvernement d'un Etat. La mé- daille lui fut décernée, et il la méritait : il avait su jeter de la vie dans ce lieu commun, en y introdui- sant la ligure mâle de Tyrtée. Déjà sa versification s'y montrait brillante, souple, riche de formes et d'images nouvelles. L'année suivante, il fut couronné deux fois : pour un poënie en 5 chants, intitulé ' le Véritable Amour de la patrie, et pour une ode sur le même sujet ; on lui adjugea le premier et le troisième prix. Le second fut accordé à son amie JulieCornélie, baronne de Lannoy, née en 1758 à Bréda, et qui jouit encore de toute sa renommée. Dès ce moment la poésie hollandaise. dont la première moitié du le siècle avait vu la décadence. et qu'une imitation malheureuse des grands modèles français avait failli perdre sans ressource, se réveilla brillante de fraîcheur et de force, comme au siècle de Hooft, de Vondel et de Cats. A vingt ans, Bil- derdyk était un des écrivains qui avaient le plus coopéré à cette rénovation. Soutenu par le sentiment de sa capacité, stimulé par les applaudissements de ses compatriotes, il redoubla d'efforts, exerçant sur luimème cette sévérité qui est le gage d'un succès durable. Ce fut alors qu'il publia sa romance d'Elius, composition étendue, et où l'on trouve une foule de beautés de détail. En 1779, il traduisit en vers l'OEdipe Roi, de Sophocle. Cette traduction. aussi fidèle qu'élégante, se distingue surtout par la couleur antique. Le travail s'y fait d'ailleurs si peu sen- tir qu'on croit lire un original. La mème année pa- rurent ses Loisirs ou Délassements, recueil de pièces détachées, qui rivalisent entre elles de grâce et de beauté. Vers ce temps, les Hollandais , à l'exemple de plusieurs écrivains célèbres de l'Allemagne, tels que Klopstock, Voss, Stolberg, avaient commencé à écrire en vers blancs et mesurés, d'après le rhythme des anciens, qu'avaient essayé d'introduire en fran- çais Ronsard et Baïf, et après eux Turgot. Bilderdyk sacrifia aussi à la nouveauté, et inséra quelques morceaux en .vers blancs dans ses Loisirs. Cet essai prouva deux choses : l'extrême flexibilité du talent de l'auteur, et les ressources de la langue dont il faisait usage. Mais il en connaissait trop bien le génie pour recommander ce procédé comme un exemple à suivre; au contraire, il le condamna toujours avec force, et s'il n'avait fait luimême des hexamètres et des pentamètres, qu'on a lus avec plaisir, principalement sa traduction de l'Anecho- inenos d'Apulée, on serait autorisé à douter que ce système de versification puisse jamais ètre appliqué à la langue hollandaise, qui n'a pas moins besoin que la langue française du secours de la rime. On a reproché à Bilderdyk d'avoir inséré dans ses Loi- sirs plusieurs traductions d'anciens poètes, Bion, Théocrite, Anacréon, etc., sans que rien indique la source d'où elles sont tirées, et de s'être ainsi exposé à l'accusation de plagiat. L'année 1780 fut encore trèsglorieuse pour notre poète. La société de littérature de Leyde avait proposé, trois ans auparavant, cette question : La poésie et l'éloquence ont- elles des rapports avec la philosophie , et quels sont les avantages que l'une el l'autre retirent de celle- ci ? Bilderdyk, qui n'avait pas encore rompu avec la philosophie, répondit par un long mémoire qui fut honoré du premier prix, et qui est imprimé dans - le 6' volume des oeuvres de cette société, avec les additions faites par l'auteur en 1785. Cependant la profession d'avocat qu'il exerçait à la Haye nuisait à ses travaux littéraires ; à peine trouvatil quel- ques instants pour chanter, sous le nom d'Odile, celle qui devint son épouse. Ces vers furent publiés à l'insu du poige, mais il les revit ensuite, et en donna une édition en 1808, en I vol Pendant l'année 1'783, un autre recueil de poésies, dans le genre anacréontique intitulé Petites Fleurs, lui alut ettem les suffrages universels. Les pensees grandes et généreuses qu'il admirait dans le poème des Gueux de Van Ilaren, et le desir de rendre la vogue à cette œuvre patriotique longtemps négli-, ée, lui inspirèrent le dessein d'en corriger les par-'. Il était le pulls VIII', ou y . Igrettait quelquefois le mouvement prime- sau l ier e l'inspiration, la verve et la vigueur de l'original. , es differenees d'opinions politiques produisirent bientôt une rupture entre les deux poiqes amis, qui depuis ne se rapprochèrent plus. Bilderdyk s'oint toujours montré chaud partisan de la maison la gloire, ou du 1).1%lalebranelte, dont la brillante imagination s'efforçait . .?ti surplus, les personnes qui n'entendent lias l'idiome bina\ e sont en h, en lisant la traduction en vers français qu'a risque). Itiiui(i(i 1 lit paraitre 1803 (leu\ .autres volumes de poésies, ainsi qu'une imitation lu' l'// outtne ( les cha mps iIi Itthillu, qu'il iutitiit complustentent hollandais, et auquel il eille‘a tuntes gi'L\l','` al" n'il\ ait lads e" (lm- I."ge ""IF"." ""im".",""
  • Guillaume BOCCANERA : né d'une famille illustre et ancienne de Gènes. 11 profita de l'éclat même de sa naissance pour se mettre à la tète du parti démocratique. Le peuple lui sut gré de ce qu'il se rangeait avec lui contre la noblesse , accusée de prévarications dans le gouvernement, d'arrogance et d'injustice. Des séditieux, rassemblés par Guillaume Boccanera, en 1257, déposèrent le conseil des huit nobles, qui jusqu'alors avaient eu la plus grande autorité dans l'Etat : ils donnèrent à Guillaume le titre nouveau de capitaine du peuple; ils le firent asseoir à côté de l'autel dans l'église de StSiro ; ils lui prêtèrent serment d'obéissance , et lui donnèrent trentedeux Anziani pour conseillers. Des gardes, des juges subordonnés, tous les attributs du pouvoir souverain lui furent accordés pour dix ans, et une tyrannie fut constituée dans Gènes au nom de la liberté. Le peuple cependant se lassa bientôt de son idole, lorsque celui qu'il croyait son défenseur devint son maitre. Plusieurs conjurations furent tramées, plusieurs séditions éclatèrent contre lui. Enfin, en 1262, vaincu par le peuple révolté, il fut déposé de la seigneurie, et ne dut la vie qu'à l'intercession de l'archevêque de Gènes
  • Guillaume BOICHOT( 1738) : , sculpteur, né en 1758, à ChillonssurSaône, alla fort jeune se perrectionnér en Italie, et s'attacha particulièrement à L'étude des chefsd'oeuvre antiques conservés à Rome et à Florence. A son retour dans sa patrie, il fut chargé d'exécuter, pour l'église StMarcellèsChàlons, deux anges de proportion colossale destinés à soutenu' la chfisse qui renfermait les reliques du saint patron. Quoiqu'on reconnaisse dans cet ouvrage, qui subsiste encore, un artiste formé sur les grands modèles, il ne faut pas juger Boichot sur ce morceau de commande qui produit un effet médiocre à la place qu'il occupe. Appelé quelque temps après dans la capitale de la Bourgogne par l'abbé de StBenigne, il décora I le réfectoire de cette abbaye de basreliefs, dont la destruction n'est pas le moindre mal que le vandalisme révolutionnaire ait fait à Dijon. ll en exécuta trois autres qui subsistent encore dans la salle de I l'académie, où les connaisseurs retrouvent cette pu- retesde trait, cette simplicité de composition, ce goôt de l'antique, qui distinguent les productions d'un artiste trop peu connu. Plus tard , Boichot vint à Paris; mais trop modeste pour se produire, et manquant de prôneurs, il y resta plusieurs années dans un état voisin de la misère. Cependant c'est à cette époque qu'il exécuta le beau basrelief qui forme le , rétable du maitreautel de la paroisse de Montmartre. En 1789, il fut admis à l'académie royale de sculpture, sur une statue de l'éléphe blessé par Achille, qui , la même année, exposée au salon, y réunit tous les suffrages. Boichot, n'ayant point été compris au nombre des artistes qui furent employés par le gouvernement pendant la révolution, se vit forcé, pour subsister avec sa famille, d'accepter] la modeste place de professeur de dessin à l'école centrale d'Autun. Toutefois, il fut nommé correspondant de l'Institut à sa création et il revint à Paris dès quil eut l'espérance d'y être occupé. Il mit à l'exposition, en 1801, les bustes de Denon et de Bernardin de StPierre. Cet habile artiste, aussi modeste que laborieux, mourut pauvre le 9 décembre 181i. Parmi les ouvrages qu'il a laissés à Paris, on cite l'Hercule assis ; le grand basrelief du porche de SteGeneviève; la statue du patron à StRoch , et enfin les basreliefs du grand portique de l'arc de triomphe du Carrousel, où les amateurs retrouvent Et non pas Jean, comme on le dit dans des dictionnaires et les biographies modernes. Le style et la manière de JeanGotijon. C'est sur les dessins de Boichot qu'ont été gravées les figures du Théocrite, de l'Hérodote, du Thucydide et du Xénophon de Gail, qui a donné une notice trèsincomplète sur Boichot
  • Guillaume BOLTS( 1740 - 1808) : né en Hollande vers 1740, passa en Angleterre à l'âge de quinze ans, et partit pour Lisbonne, où il se trouva lors du tremblement de terre de 1755. Peu de temps après , il se rendit dans les établissements du Bengale de la compagnie anglqise des Indes orientales. Après y avoir occupé plusieurs places importantes, il fut nommé, en 1765, membre du conseil des revenus de la province de Benarès, qui venait d'étre cédée à la compagnie. Son activité lui fit découvrir plusieurs articles de commerce qui jusqu'alors avaient- été négligés. La province fut rendue au rajah ; quitta le service de la compagnie, et se livra avec le plus grand succès à ses propres affaires. Établi à Calcutta, il fut nommé un des aldermen du seul tribunal anglais existant alors dans le Bengale. Ses succès lui firent des ennemis. Ayant toujours eu une haute idée de la liberté anglaise et du droit des régnicoles , il les défendait avec plus d'énergie que de prudence, et il succomba. Conduit prisonnier en Angleterre, il intenta aux membres du gouvernement du Bengale une ,action pour emprisonnement illégal, et ce fut le besoin de sa défense qui lui fit publier son livre intitulé : Considérations on India affairs, 2 vol. Ce livie contient des détails précieux et des pièces authentiques. Cette lutte inégale, qui dura sept ans, absorba sa fortune, évaluée à 94,000 livres sterl. ; mais ce fut alors que l'impératrice d'Autriche le nomma colonel, et lui donna des pouvoirs sur tous ses établissements projetés dans les Indes orientales. Il en forma en effet six sur les côtes de Malabar et de Coromandel, à CarNicobar et Rio de la Goa, sur la côte sudest de l'Afrique La mort de MarieThérèse renversa encore ses espérances , et il fut, sous l'empereur Joseph, dépouillé de tous ses pouvoirs. Doué d'un es' prit pénétrant et capable de la plus opiniâtre application, il avait fait ,une étude particulière des langues orientales. Il parlait les principales langues anciennes et modernes , et avait une connaissance au moins sommaire de tout ce que l'industrie humaine a produit. Deux fois possesseur de grandes richesses, il tenta de nouveau la fortune en créant un établissement près de Paris. La guerre avec l'Angleterre vint encore détruire ses espérances. 11 mourut pauvre à Paris, le 28 avril 1808. Son État civil, politique et commerçant du Bengale, a été traduit en français par Demeunier, la Haye , 1775, et Maëstricht, 1778, 2 vol
  • Guillaume BIGOT( 1502) : né en 1502 , à Laval, dans la province du Maine, poète français et latin, et l'un des plus savants hommes de son siècle. Sa vie ne fut qu'une suite d'événements malheureux ; il faillit . mourir de la peste étant encore au berceau. Sa première éducation avait été entièrement négligée. Une . querelle qu'il eut pendant qu'il faisait à Angers son_ cours de philosophie l'obligea de se sauver pour éviter les poursuites qu'on dirigeait contre lui. lise retira à la campagne, où il se livra à l'étude avec plus d'appli- . cation qu'il ne l'avait encore fait. Il apprit, sans le secours d'aucun mitre, la langue grecque, et fit des progrès rapides dans la philosophie , l'astronomie l'astrologie et la médecine. Il suivit en Allemagne du Bellay de Langey, qui était chargé d'une mission secrète. En 1555, il professait la philosophie à l'université de Tubingen ; mais les devoirs de cette place ne l'occupaient pas tellement qu'il ne trouvât , encore le loisir de suivre les leçons d'Antoine Curéus et de Guillaume Casterot, fameux médecins il se perfectionnait en même temps dans la langue grecque, et il étudiait les mathématiques sous le cé- lèbre Fossanus. Ce fut dans la même ville qu'il com- posa son poème latin, intitulé Catoptron, ou le mi- roir. . 11 le fit imprimer avec quelques autres pièces, , à Bâle, en 1556 11 s'était réfugié à Bide pour . se soustraire aux persécutions des disciples nom- ' breux de Mélanchthon, dont il avait combattu le système. De là, il revint en France, où on lui avait promis une chaire de professeur, qu'il n'obtint pas. On lui offrit une place à l'université de Padoue ; mais il la refusa pour en accepter une à l'université de Nîmes. Il ne l'occupa pas tranquillement ; il fut même obligé de faire plusieurs fois le voyage de Paris , pour obtenir des arrêts qui le maintinrent dans ses priviléges. Sa femme, qu'il avait laissée à Toulouse , se conduisit mal, et le complice de ses débauches ayant été mutilé, on accusa Bigot d'étre le premier auteur de ce crime , exécuté par un de ses anciens domestiques. Il fut mis en prison, où il resta longtemps. Cette malheureuse affaire n'était pas encore terminée en 1549. Il publia, cette même année, un poème latin, dans lequel il se plaint amèrement de son sort. Il est probable que le chagrin abrégea sa vie. On ignore l'époque de sa mort. On trouvera un bon article concernant Guillaume Bigot dans le Dictionnaire de Bayle, et un autre, dans la Bibliothèque franç. de Goujet, t. 15, p. 65. Suivant la Monnoie , il n'a publié qu'un seul poème fran-çais, imprimé avec les poésies de SteMarthe, à qui il est adressé, Lyon , 1540 Bigot engage Charles de SteMarthe à renoncer à la poésie , et c'est en vers qu'il lui donne ce conseil ; il aurait pu ètre plus conséquent. Outre son Caloptron dont nous avons déjà parlé , il est encore auteur d'un poème latin, intitulé : Somnium in quo imperat. Caroli describitur ab regno Gallice expulsio; ex- planatrix Somnii Epistola , Paris, 1557, in - 8°. Cet ouvrage , inspiré par des sentiments tout français, est dédié à Guillaume du Bellay, que l'auteur nomme son Mécène. Il a fait imprimer à la suite son Caloptron, corrigé : Christiance philosophie° Prœludium ; ejusd. ad Jesum Christum carmen sup- plex, Toulouse, 1549 On avait avancé que c'était à Guillaume Bigot que Calvin reprochait dans une lettre, de n'avoir pas abjuré, pour le protestantisme , la religion romaine. Bayle a relevé cette erreur en observant que le Bigot auquel Calvin écrivait portait le prénom de Pierre, et non celui de Guillaume. Ws.
  • Guillaume BISHOP( 1533 - 1624) : vicaire apostolique en Angleterre, sous le titre d'évêque de Calcédoine, naquit en 1535, à Brayles, dans le comté de Warwick. Il passa de l'université d'Oxford dans le séminaire anglais de Reims, puis dans celui de Rome. Comme il débarquait à Douvres pour aller exercer la fonction de missionnaire, il fut arrêté et détenu en prison à Londres jusqu'à la fin de 1584. 11 profita de sa liberté pour aller faire sa licence à Paris, où il prit le bonnet de docteur en théologie, puis rentra dans sa patrie pour y exercer le ministère sacerdotal. Ce fut à cette époque que s'éleva une dispute trèsvive entre les catholiques anglais, à l'occasion de la promotion de Blackwell à la dignité d'archiprêtre, avec des attributions très-étendues. Bishop, député à Rome par ceux qui ne voulaient point reconnaître le nouvel archiprêtre, fut confiné, en y arrivant, dans le collége des jésuites anglais, sous la surveillance du recteur Parsons, dont Blackwell était la créature, et il n'en sortit qu'au bout d'une assez longue détention. Peu de temps après son retour en Angleterre, les catholiques furent alarmés par le serment d'allégeance que Jacques I" exigea d'eux à l'occasion de la conjuration des poudres. Les principes de Bishop n'étaient point contraires à ce serment, puisqu'il avait déjà écrit fortement contre la bulle de Pie V, pour prouver l'obligation où étaient tous les catholiques de rester fidèles à leur souverain, et qu'il avait signé en 1602 une déclaration des mêmes principes, sans la moindre équivoque ou tergiversation, au grand scandale des jésuites, qui firent condamner le serment d'allégeance comme contraire au pouvoir indirect du pape sur le temporel des rois. Cependant, par respect pour l'autorité du pontife, qui proscrivit le nouveau serment, il refusa de le prêter, et fut mis en prison. Lorsqu'il eut recouvré sa liberté, il se rendit à Paris, et s'y associa avec d'autres théologiens de sa nation pour écrire contre Perkins et Abbot, auia?ient renouvelé les anciennes controverses. Depuis la mort de Watson, évêque de Lincoln, le dernier des prélats orthodoxes qui eussent survécu au schisme, il avait été souvent question de rétablir le régime .épiscopal dans l'église catholique d'Angleterre. On crut que le mariage alors projeté du prince Charles, fils de Jacques ter, avec une infante, offrait une occasion favorable pour réaliser ce plan. Le docteur Bishop parut le personnage le plus propre à remplir cette importante mission ; il fut sacré à Paris, le 4 juin 1623, sous le titre d'évtque de Calcédoine, à l'âge de soixantedix ans. Les catholiques épiscopaux n'en furent pas satisfaits : c'étaient des évèques en titre qu'ils désiraient, et non de simples vicaires apostoliques, dépendants d'une autorité étrangère et révocables à la volonté du pape. Il commença son ministère par l'établissement d'un chapitre destiné à être son conseil ; il créa des grands vicaires, des archidiacres, des doyens ruraux répandus sur toute l'Angleterre. Il continuait à donner une organisation régulière à l'Église catholicoanglicane, lorsqu'il fut attaqué d'une maladie grave qui le mit au tombeau I. le 16 avril 1624. C'était un prélat vertueux, savant, plein de zèle. Outre plusieurs livres de controverse, on a de lui : 1° Défense de l'honneur du roi et de son titre au royaume d'Angleterre. 2° Protes- talion de loyauté par treize ecclésiastiques, la dernière année du règne d'Élisabeth. Cet écrit leur procura la liberté et la pérmission d'exercer leur ministère. 3° Une édition de l'ouvrage du docteur Pits, intitulé : de Academiis et illustribus Anglice Scriptoribus , avec une préface de sa façon. 4. Différents écrits sur la juridiction de l'archiprêtre Blackwell, etc
  • Guillaume BISSETT : , recteur de Whiston, dans le comté de Northampton, et frère aine de l'église collégiale et de l'hôpital de SteCatherineprèslaTour, se lit , au commencement du 18e siècle, une espèce de réputation par ses pamphlets religieux. Dès 1704 il avait publié , sous le titre du Franc Anglais , un sermon , bientôt suivi de deux autres , intitulés l'Anglais plus franc encore. Ces trois morceaux étaient en faveur de l'ancienne constitution de la religion anglicane, menacées l'une et l'autre par la tendance du gouvernement. Ensuite vint le Bon averti , ou Essai récent du gouvernement français en Angleterre, Londres, 1710. Bissett, d'après son titre, tâchait d'y démontrer par un grand nombre de faits que les doctrines arbitraires de la monarchie française , telle que l'Europe s'était habituée à la considérer depuis que Louis XIV occupait le trône , étaient inconciliables avec une constitution légale et l'initiative des droits, et que , quelque dispendieuse que fût la délivrance d'un pays opprimé par un joug de fer, jamais l'événement qui le brisait ne pouvait être payé trop cher. L'ouvrage fut adressé « auk nobles patrons et « gardiens des droits tant religieux que civils de u l'Angleterre , les membres de son parlement. » Peu de temps après parut la 1" partie du Moderne Fanatique, factum violent, dans lequel respirait avec la haine du révérend D. Henri Sacheverell contre les menteuses , scandaleuses et malicieuses aspersions versées sur lui dues le pamphlet diffamatoire intitulé le Moderne fanatique, etc. Dans cette apologie, l'on donnait effectivement à Bissett le titre de pauvre fou. Du reste on affectait (le le connai tre aussi peu qu'il avait prétendu connaitre à fond Sacheverell ; et tandis qu'il avait voulu donner une biographie du docteur, on avertissait au contraire, dès le titre même, que la réfutation du pamphlet se ferait sans trop s'occuper du pauvre et obscur pamphlétaire. Un autre écrit des sacheverellistes, la Palinodie de M. Bissett , datée de SteCatherine , 17 ian- vier 171 I , n'était encore qu'une plaisanterie. Bissett, animé par cette levée de boucliers, allait publier la 2° partie de son Fanatique, lorsque le docteur King, instruit de la réponse qu'il projetait, et peut-ètree_counaint, par une de l'imprimeur, les arguments de son adversaire, fit paraître sa Réponse au deuxième écrit scandaleux que M. Bissett est en train d'écrire et qui paraitra au premier jour. Cette publication prématurée n'attira au docteur King qu'un violent post - scriptum placé au bout de la 2' partie du Fanatique. Mais Bissett eut un adversaire plus redoutable dans l'auteur de la Lettre au frère aîné de la collégiale de Ste- Catherine, et du Dialogue entre le fière aine de Ste- Catherine et un curé , l'une et l'autre publiés en 1711. On y discutait pied à pied les imputations, les insinuations de Bissett, et on l'accusait d'inexactitude, de puérilité et de mensonge. Les deux ouvrages furent attribués au docteur Welton ; aussi Bissett, dans sa 5° partie du Fanatique , l'associatil à Sacheverell. En même temps il se plaignit, dans un postcriptum, d'avoir été en butte aux calomnies, aux outrages, et trois fois sur le point d'être assassiné. La fin du règne d'Anne amortit toutes ces querelles, auxquelles Bissett luimême survécut encore longtemps
  • Guillaume BLACKSTONE( 1723) : célèbre jurisconsulte anglais, était né à Londres, en 1725 ; il y fit ses premières études , et fut envoyé , en 1738, à l'université d'Oxford , où il se distingua par son application et par des dispositions peu communes. 11 montra même du goût et du talent pour la poésie et pour les beauxarts. A l'âge de vingt ans , il composa pour son propre usage un traité sur les Éléments de l'architecture, qui étonna ses mai tres, mais qui n'a point été publié. Malgré le penchant qui le portait vers les objets de la littérature classique, il y renonça de bonne heure pour se livrer à l'étude des lois, carrière qui, en Angleterre, mène sûrement ceux qui s'y distinguent aux honneurs et à la fortune. Il publia alors une pièce de vers intitulée : les Adieux du légiste aux Nases, qui mérita les suffrages des connaisseurs, et qu'on lit encore avec plaisir comme un petit ouvrage écrit avec élégance, et de trèsbon goût. Blackstone se livra sans distraction aux études qu'exigeait l'état qu'il avait embrassé. Il commença à suivre le barreau en I 746 ; mais comme il ne possédait point le genre d'éloquence improvisée qui donne de la popularité au talent de l'avocat, son avancement dans cette carrière ne fut lias rapide. Découragé par le leu de succès qu'il obtint dans les sept premières années de sa pratique, il se détermina à quitter le barreau de Londres pour se retirer à Oxford , où il avait pris le degré de docteur, et où il obtint une place d'associé dans un collége. Le système d'éducation qu'on suit dans les universités d'Angleterre ayant été établi dans des temps d'ignorance et de superstition. où l'on n'avait pour but que l'instruction des ecclésiastiques catholiques, on n'y avait fait aucune Imitation pour l'enseignement des lois constitutionnelles et civiles du pays ; et par une suite de Piesde routine et d'insouciance qui caractérise Pies établissements anciens et richementpourvus, l'oubli d'une branche d'enseignement si importante subsistait encore , quoique depuis longtemps les universités eussent cessé d'être exclusivement destinées à l'instruction des ecclésiastiques, et qu'elles fussent devenues des centres d'éducation générale. Blackstone se proposa de remédier à cc défaut, en faisant un cours de leçons publiques sur la constitution et les lois d'Angleterre. Ce cours, commencé en 1753, attira une grande affluence d'auditeurs, et se répéta plusieurs années de suite, avec un succès qoi honorait à la fois et le savant professeur qui en avait conçu le plan, et l'université qui l'avait encouragé. Cette heureuse innovation eut promptement des effets salutaires. Elle inspira à un savant jurisconsulte, Viner, l'idée de laisser, par son testament, une somme considérable destinée à fonder une chaire pour l'enseignement du droit commun. Le fondateur étant mort au mois d'octobre 1758, son plan fut mis à exécution sans délai, et Iflarkstone fut choisi à l'unanimité pour remplir la nouvelle chaire. Dans le même alois, il prononça, devant les chefs de l'université, un discours qui devait servir d'introduction à son cours, et qui obtint les sutTrages de tous ses auditeurs. Les leçons qu'il donna dans ses cours , pendant une assez longue suite d'années, formèrent les matériaux du grand ouvrage qui a fait sa réputation , et qu'il intitula : Commentaires sur les lois d'Angleterre . Il en publia , en 1765, un 1" volume, qui fut suivi de trois autres. Aucun ouvrage de ce genre n'avait été aussi généralement lu et estimé en Angleterre. L'auteur n'y est pas seulement jurisconsulte; il ne s'y borne pas à recueillir les lois, à en rappeler l'origine , et à en donner une interprétation 'claire et précise ; il remonte aux principes de la législation, il entre dans l'esprit des lois, il en discute les effets, et, dans cette grande entreprise, il traite la jurisprudence en philosophe , relève les connaissances positives par des vues générales, et joint à la solidité du fond le mérite d'un style correct sans sécheresse , et élégant sans affectation. Mais nous devons ajouter que la partie philosophique et politique des Commentaires n'est pas celle qui a mérité le plus d'éloges à l'auteur, même parmi ses compatriotes. Dans la considération des principes généraux qui doivent diriger la composition des lois, Blackstone est bien loin de s'élever à la hauteur des vues de Montesquieu, qu'il admire cependant , et qu'il cherche à imiter, mais qu'il ne peut égaler. Les Commentaires sur les lois d'Angleterre ont été réimprimés plusieurs fois, avec des corrections et des additions successives, qui rendent les dernières éditions préférables aux premières : Oxford , 1768 , 4 vol. grand Londres, 1805, et ibid., 4809, avec des notes pas' Christian, 4 vol. ibid., 1811, avec des notes par Ardisbold, aussi en 4 vol. Aux quatre volumes des Commentaires , on en joint d'ordinaire un c composé de plusieurs traités relatifs à l'histoire de la jurisprudence anglaise. Illackstone a pu-?lié encore quelques écrits moins considérables sur différentes questions de droit , mais qui ont [eu d'intérêt hors des îles Britanniques. Le mérite et le succès de ces différents ouvrages SC11, irent à la tune rumine à la réputation de l'auteur. Il obtint plusieurs places honorables et lucratives , et il en refusa quelquesunes, entre autres celle de sullicitor- gcncral, en 4770. Il exerça jusqu'à sa mort celle de juge au tribunal des plaids communs. En 1761, il avait été élu membre de la chambre des confiraines , où il siégea pendant plusieurs parlements; mais il y parla peu, et n'y exerça aucune influence. On a remarqué en Angleterre que trèspeu d'hommes de lui, de ceux mème qui ont eu la plus grande réputation , se sont distingués au parlement , suit comme politiques, soit comme orateurs. L'éloquence parlementaire demande un autre genre de talent que celle du barreau ; et d'ailleurs la fonction de juge , comme celle d'avocat , fait contracter, à ceux qui en fout leur état , un degré de respect pour le sens littéral et l'application positive de la loi , qui parait peu compatible avec les vues plus libres et plus étendues qui forment l'esprit de législation. La vie sédentaire et trop laborieuse que mena Blackstone altéra sa santé de bonne heure : il mourut d'hydropisie, le 4 février 1780. La bonté de son caractère, la pureté de ses mœurs, et la sagesse de sa conduite lui procurèrent une considération personnelle égale à l'estime que méritaient ses talents et ses travaux. Il donna un exemple digne d'être proposé pour modèle à tous ceux qui écrivent. Ses ouvrages furent censurés , et ses opinions attaquées par différents écrivains, et quelquefois avec justice. Blackstone ne répondit à aucun de ses adversaires ; mais il corrigea les erreurs qu'une critique éclairée fit observer dans ses ouvrages. Les Commentaires sur les lois d'Angleterre ont été traduits en français, , Londres et Paris , 1774-70, 6 vol. mais défigurés par beaucoup de con- tresens, et mutilés dans des choses essentielles . La partie qui concerne la justice criminelle a été traduite plus exactement par l'abbé Coyer, Paris, 1776 , 2 vol. , et par Verninac de StMaur, sous le titre de Recherches sur les cours et les procédures criminelles d'Angleterre, extraites des Commentaires de Blackstone sur les lois anglaises, précédées d'un discours, Paris, 1790
  • Guillaume BLAEU ou BLAEUW( 1571 - 1638) : imprimeur, éditeur et auteur de cartes géographiques, né à Amsterdam, en 1571, et mort clans la même ville, le 21 octobre 1638, âgé de 67 ans. Disciple et ami de TychoBrahé, il savait faire de bonnes observations astronomiques qu'il appliquait à ses cartes géographiques; il essaya même de mesurer un arc du méridien entre le Texel et la Meuse. ll payait généreusement des savants et des géographes, pour lui composer des cartes originales, qu'il faisait graver avec soin et avec toute l'élégance qu'admettait l'état des arts dans son siècle. Quelque instruit qu'il fût, il ne pouvait cependant juger de l'exactitude des cartes que d'après les relations encore trèsincomplètes et incertaines des voyageurs; aussi son Grand Atlas géographique, ou Theatrum mundi, 1663-67, 12 vol. est aujourd'hui plus recherché comme un beau monument de calcographie que comme un guide utile . Les riches détails des cartes de la Hollande intéressent encore. On a de G. Blaeuw : Instruction astronomique de l'usage des globes et sphères célestes et terrestres, Amsterdam, 1642 1669 Il y a dans les productions de ce géographe un degré de netteté auquel ses successeurs n'ont pas toujours su atteindre. Un incendie, qui détruisit l'édition de cet atlas , a contribué à le rendre rare, et par conséquent recherché. Blaeuw a aussi donné un Theatrum urbium et munimentorum, ou Atlas de plans de villes et de forteresses
  • Guillaume BLAKE( 1759 - 1827) : graveur anglais,mé vers 1759, avait été l'élève du célèbre Basile. A un talent incontestable, il joignait une telle naïveté, une telle incurie des affaires de la vie, qu'il ne sortit jamais d'une position voisine de la misère. Jamais pourtant on ne vit sa résignation se démentir. C'était le plus cordial et le plus obligeant des hommes. Au milieu de son étroite chambre, qui, pour tous meubles, avait son lit, une petite table chargée d'un maigre dîner, ses planches de cuivre, ses tableaux, ses dessins, ses couleurs et ses livres, il était heureux. Une piété vive contribuait sans doute, avec l'amour de l'art, à soutenir son courage. Une seule, chose manquait à sa félicité, c'était de ne pouvoir lire le Dante en italien. Agé de soixantesix ans, il se mit à étudier cette langue pour goûter dans l'idiome original les beautés du gibelin de Florence. G. Blake mourut le 13 août 1827. On a de cet artiste : 1. les Portes du Paradis, petit vol. avec 15 planches d'emblèmes. 2° Chants de l'expérience, 1793, avec des planches. 5. L'Amérique, prophétie 4° L'Europe, prophétie Ces deux estampes sont maintenant fort rares. 5° Planches pour les Nuits d'Young, 1797. L'édition devait avoir une gravure à chaque page ; la publication, interrompue après le premier numéro, ne fut jamais reprise. 6° Collection de Ballades, par Ilayley, avec gravures, par Blake, 1805. Huit numéros seulement parurent. 7° Illustrations pour les Tombeaux de Blair. Ces illustrations, au nombre de douze, dessinées par Blake, furent gravées par Schiavonetti. 8° Catalogue descriptif de peintures, sujets de poésie et d'histoire, exécutés par Guillaume Blake cc l'aqua- tinta, etc. Ces sujets sont au nombre de seize : on a surtout remarqué le Pèlerinage de Chaucer à Canterbury. 9. Suite d'Illustrations pour le livre de Job. Les graveurs et les peintres les plus renommés de la GrandeBretagne ont payé un juste tribut d'éloges au talent de Blake. Selon Flaxman, la pénurie de cet artiste est sine preuve affligeante de l'apathie avec laquelle ce pays trop positif considère la grande peinture, la peinture (lui a des idées, de l'enthousiasme, des croyances et de la piété. Fuessli, si connu par sa sévérité en même temps que par la pureté de son goût, donne les éloges les plus vifs aux illustrations de Blake, tout en remarquant l'excentricité du genre de l'artiste, dont l'originalité impétueuse et grandiose semble souvent sur le point (le franchir les limites tracées par le goût à l'imagination
  • Guillaume BLIGH( 1753) : navigateur anglais, naquit en 1755, à Farningham dans le comté de Kent. Il servit sous les ordres de Cook, quand cet homme célèbre lit pour la troisième fois le voyage autour du inonde , et il parvint au grade de lieutenant de vaisseau. L'expérience qu'il avait acquise fixa sur lui l'attention du gouvernement , 'lorsqu'en 1787 cédant au vœu, des habitants des Antilles, George 111 ortionna d'expédier un bâtiment aux des du grand Océan , pour y aller chercher des plants d'arbres à pain et d'autres végétaux utiles. Le vaisseau de transport le Bounly, de deux cent quinze tonneaux et . Le 23, le Bounty était devant Anamouka , une des îles des Amis. Bligh voulait remplacer quelques plants d'arbres à pain qui étaient morts, mais les insulaires ayant commis plusieurs vols, il se hàta de s'éloigner. Le 27, il était entre les lies Toufoua et Koutou. « Jusquelà , ditil, le voyage avait été coustam- « ment heureux , et accompagné de circonstances « agréables et satisfaisantes. Mais une scène bien « différente était sur le point de se passer. » Le 28, avant le lever du soleil, Fletcher Christian , master à qui Bligh avait donné une commission de lieutenant , le capitaine d'armes, l'aidecanonnier et un matelot entrent dans la chambre du capitaine qui dormait , se saisissent de sa personne, lui lient les mains derrière le dos, et menacent de le tuer s'il parle ou s'il fait le moindre bruit. Néanmoins MO, crie de toutes ses forces , dans l'espérance que l'on viendra à son secours; mais les conjurés avaient placé des sentinelles aux portes des officiers qui n'étaient pas de leur complot. Bligh fut arraché de son lit et traîné en chemise sur le pont. « Je souffrais « beaucoup, ', qui plus tard aborda au même endroit , trouva que les bonnes intentions du marin anglais n'avaient pas été inuti- les. Le 5 avril, Bligh, après avoir couru jusqu'au 50e degré de latitude australe , était remonté jusqu'au 21° 40'. 11 découvrit , par 2190 50 de longitude est , une île trèsbasse , boisée et bordée de brisants; elle ne parut pas habitée , et fut nommée Lie du Lagon. Le 10 avril, les deux vaisseaux étaient à Taïti. Bligh apprit que la Pandore avait quitté l'île depuis onze mois, emmenant dix des révoltés du Bounty, qu'on avait pu saisir, et que les autres s'étaient embarqués auparavant sur ce navire que commandait Christian. L'île était livrée à la guerre civile ; mais, grâce aux bons offices de Bligh, les hos- tilités cessèrent. Aussitôt il s'occupa de remplir l'Objet de sa mission, et fit porter à son bord 2,650 plants d'arbres à pain et plusieurs autres grands végétaux ; deux Taïtiens l'accompagnèrent pour en prendre soin. Le 16 juillet il appareilla. Le 2 août, il vit les trois îles de Mayorga, découvertes par les Espagnols en 1784; le 5, il aperçut celles qu'il avait découvertes dans son premier voyage. Favorisés par un beau temps et par un bon vent, les deux vaisseaux entrèrent le 2 septembre dans le détroit de Torres, et ne naviguèrent qu'avec la plus grande difficulté au milieu du labyrinthe d'îles dont il est semé. Ils furent attaqués sans sujet, par huit pirogues, sur lesquelles ils liremt feu. Ils avaient trouvé, en s'engageant dans le détroit, une nouvelle passe qui fut nommée entrée de Bligh. On prit possession , au nom du roi de la GrandeBretagne, de toutes ces îles , et on les ap- wela archipel du duc de Clarence. Le 2 octobre, Bligh laissa tomber l'ancre à Timor, où il fut instruit du naufrage de la Pandore. Pour témoigner sa reconnaissance des services que le gouverneur de cette Pile avait rendus aux Anglais dans la détresse , il lui donna dix plants d'arbres à pain ; ensuite il cingla vers le cap de BonneEspérance ; là un vaisseau qui evenait de l'Inde remit à Bligh des plants de vé-étaux de cette contrée. Le 17 décembre, la Provi-- dence et l'Assistance étaient mouillées sur la rade de SteHélène; le 26, ces deux bâtiments en partirent, et en dix jours ils atteignirent StVincent, dans les Antilles , où ils déposèrent une partie de leur cargaison : le reste fut porté à la Jamaïque. Ils rev en Angleterre vers le milieu de 1795. Bligh continua de servir dans la marine royale. Par malheur on le récompensa en le nommant gouverneur du NewSouthWales , ou NouvelleGalles du Sud. Jusqu'alors cette colonie naissante n'avait été administrée que par des hommes qui , tels que Philip , savaient allier la douceur et même l'indulgence à la fermeté. La conduite de Bligh fut en tout différente de celle qu'ils avaient tenue. « Pendant toute la durée de son gouvernement, dit Wentworth, auteur d'une Description du New- South- Wales, la colonie fut en deuil. » Les actes de la cruauté la plus révoltante, exécutés de la manière la plus arbitraire , répandaient l'épouvante et l'effroi ; chaque habitant était dans des transes con- tinuelles pour la sûreté de sa personne et de sa propriété. Cette tyrannie odieuse eut un terme : le e janvier 1808, les habitants se soulevèrent par un mouvement spontané. Redoutant le juste ressentiment d'hommes qu'il avait si longtemps opprimés, Bligh alla, comme Néron, se cacher sous le lit d'un domestique, dans un coin obscur de sa maison. Ou l'y découvrit. Conduit, pâle et tremblant, devant l'officier qui avait ordonné son arrestation, il resta plus d'une heure avant d'être convaincu par celuici que sa vie était en sûreté. 11 fut embarqué pour l'Angleterre. Depuis plusieurs anisées on savait que sa brutalité avait causé la révolte du Bounty; et, pour le distinguer de quelques officiers de la marine royale portant le même nom que lui , on faisait précéder le sien de celui de ce vaisseau. Parvenu au grade de contreamiral , il mourut à Londres, le 7 décem- bre 1817. On a de Bligh : 1. A Narrative of the mutiny on board H. iii. ship Bounty, etc., Londres, 1790 avec 5 canes et plans ; traduit en français par Lescallier, sous ce titre : Relation de l'enlèvement du navire le Bounty, appartenant au roi d'Angleterre et commandé par le lieutenant Bligh, avec le voyage subséquent de cet officier et d'une partie de son équipage, etc., Paris, 1790 avec 5 cartes. En comparant le titre dans les deux langues , on s'aperçoit que Lescallier n'a traduit ni avec fidélité ni avec précision. Ce volume , composé d'un petit nombre de pages, est écrit avec une simplicité et un ton de modération trèsremarquables. On conçoit que Bligh y représente sa conduite comme exempte de blâme ; il attribue le soulèvement de la plus grande partie de son équipage au désir de mener une vie exempte de peines avec les belles Taïtiennes; mais cette opinion ne peut soutenir un examen sérieux. Cependant, à l'époque de l'apparition du livre de Bligh, on la reçut sans objection, et l'on plaignit le malheureux capitaine. Ce ne fut que plus tard que l'on apprit avec étonnement que sa brutalité envers Christian avait été la principale cause du fatal événement. Celuici, malgré son grade de master, avait été traité comme le dernier des matelots. Dès 1791, un des officiers de la Pandore avait raconté les faits à son arrivée au cap de BonneEspérance. Mais si Bligh mérite de justes re- proches pour avoir par un excès de dureté poussé un équipage à la révolte, il a droit à des éloges pour sa conduite depuis le moment où on le descendit dans la chaloupe jusqu'à celui où il aborda la côte de Timor. Sa prévoyance et son sangfroid sauvèrent les hommes dont le sort était uni au sien et dont seulement douze revirent l'Angleterre. « Le capitaine « Bligh, dit l'amiral Krusenstern, a montré, comme « commandant d'une chaloupe de vingt et un pieds « de long , une force d'esprit que pourrait lui en- « vier plus d'un amiral chargé de la conduite d'une « escadre considérable. Il n'existe rien dans les an- « nales de la navigation qui soit comparable à cette « traversée. Il y avait sur son bateau dixneuf lsom- « mes, et des vivres seulement pour cinq jours. » L'amiral russe s'appuie du témoignage d'un brave officier anglais pour dépeindre Bligh comme un 56 homme sévère , à la vérité, mais sans dépasser les bornes ; il le jugeait d'après luimême, et cependant la première édition de son livre est de 1819. 2 A voyage to the South sea, undertaken by com- mand of His Majesty for the purpose of conveying bread- fruit tree to the West- Indies in H. M. ship Bounty, including an account of the muliny, etc., Londres, 1792, avec les nièmes planches que dans l'ouvrage précédent, et un dessin de l'arbre à pain. La traduction française par Soulés est intitulée : Voyage à la mer du Sud, entrepris par ordre de S. M. britannique pour introduire aux iles Occi- dentales l'arbre à pain et d'autres arbres utiles, avec une relation de la révolte, etc., Paris, 1792 On n'y trouve pas toutes les cartes de l'original ni l'avertissement dans lequel Bligh rend compte de motifs qui l'ont déterminé à ne pas suivre pour cet ouvrage la marche qu'il s'était d'abord proposée. Il donne un récit complet de son voyage, dont la paytic la plus intéressante et la moins étendue est celle qui contient sa navigation dans la chaloupe. Les marins regrettent qu'il ait négligé de publier la relation de son second voyage, qui fut si heureusement accompli. — On peut voir à l'article Apnis quel fut le sort d'une partie des révoltés du Bounty, et que le premier bâtiment anglais qui eut connaissance de la petite colonie qu'ils avaient formée à Pile Pitcairn fut la frégate le Breton. John Shillibeer, premier lieutenant de ce vaisseau, fit paraître: A Narrative of the Briton's voyage tu Pitcairn's island , Londres, 1817 avec ligures. — Il est (lit à l'article AnAms que ce marin souleva l'équipage contre Bligh ; on lit partout que ce fut Christian , excité par Matthieu Quintal. D'ailleurs voici comment s'exprime sir T. Stainville, capitaine du & Win : « Adams protesta qu'il n'avait eu aucune « part au complot, que même il n'en avait pas été « instruit d'avance. En même temps il témoigna « une horreur extrême de la conduite de Bligh en- « vers ses matelots et ses officiers. » Il est du reste singulier que le nom d'Adams ne se trouve point parmi ceux dont Bligh a donné la liste. Quatre portaient le prénom de John, peut-être Bligh auratil commis une erreur en copiant le rôle d'équipage qu'il emporta dans la chaloupe. Parmi les hommes qui avaient le prénom de John , Williams est celui dont le nom de famille s'éloigne le moins d'Adams, par sa désinence. — P. Haywood, un des midshipmen restés à bord du Bounty, et ensuite ramené eu Angleterre par le capitaine Edwards parvint à un rang élevé dans la marine. Il a publié ses Mémoires, Londres , 1853 En racontant les événements qui font la matière de cet article , il dépeint la conduite de Bligh comme ayant été aussi arbitraire que brutale
  • Guillaume BONJOUR ou BONJOURS( 1670 - 1744) : religieux augustin, né à Toulouse en 1670, honora son ordre par l'étendue de ses connaissances et sa piété fervente. En 1695, le cardinal de Doris le fit venir à Rome, où il ne tarda pas à mériter toute la confiance de son protecteur, et celle du pape Clément XI, qui l'employa dans plusieurs afiiiires importantes. Le cardinal Barharigo le jugea digne de diriger le séminaire qu'il établit à Monteliascone, sous le titre d'Académie des saintes lettres. Dans cette place , comme dans toutes les occasions où on l'employa, le P. Bonjour lit preuve d'un rare mérite et de vertus solides. Malgré ses nombreuses occupations, il trouvait encore le temps de cultiver les langues orientales, et surtout le cophte. En 1710, il fut, d'après sa demande, envoyé à la Chine comme missionnaire, et lorsqu'il débarqua à Canton, l'empereur lihanghi, instruit de ses talents dans les mathématiques, lui envoya l'ordre de se rendre à Pékin, oit il arriva au commencement de 1711, et il fut associé aux huit missionnaires jésuites chargés de lever la carte générale ll avait exposé en 4822 une Vue prise di Lillebonne et une autre au Havre, ces deux tableaux peints i l'aquarelle; en 1824, une Vraie en Flandre, une Vue d' Abbeville, une marine ; puis tics Pécheurs débarquant leur poisson, et une Piate sublonneuse. Z- o monumenta copattca, seu legypliaca bibliolhecoe ralicance, Rome, 1699 Lacroze faisait tin cas particulier de cet ouvrage. 3' Selectœ in sacr. Script. Dissert., apud 1Iontem- Faliscum, 1705 4. Calendarium romanum, chronologorum causa coestructum, Rome, 1701 Ce calendrier perpétuel est basé sur une période de 1952 ans. 5° De Compulo ecclesiaslico, apud Montent - Faliscunt, 1702. 6° Des Observations sur un miroir chinois trouvé en Sibérie, imprimées parmi les lettres de Cuper, et l'Explication de la légende d'une pierre . gravée égyptienne, insérée dans les fragments de l'Evangile de St. Jean publiés par le P. Georgi . 11 existe encore de lui une dissertation de Epochis iEgyptiacis, dont Grievius indique la publication, mais que nous n'avons jamais vue. Outre ces ouvrages imprimés, le P. Bonjour en a laissé plusieurs autres manuscrits, tels qu'une Grammaire cophle , dont Renaudot et D. Montfaucon parlent avec éloge; une Histoire des dynasties d'Égypte, souvent citée par Cuper et le P. Georgi ; un Psautier cophle- arabe, accompagné de variantes, d'une version latine, et de notes savantes; un Lexique copiai', une version littérale du prophète Osée; quelques copies de manuscrits cophtes, et un Traité des cérémonies chinoises. 11 avait projeté de publier le Pentateuque cophte, avec une traduction latine ; mais il n'eut pas le temps de continuer cet ouvrage ; il n'en reste que les prolégomènes, et la copie des quarante- sept premiers chapitres de la Genèse. Ces différents manuscrits étaient conservés dans la bibliothèque du couvent des augustins , à Rome
  • Guillaume BORLASE( 1696 - 1772) : savant antiquaire et naturaliste anglais, né en 1696, à Pendeen, dans le comté de Cornouailles , étudia à Oxford. Ordonné prêtre en 1720, il fut nommé, en 1722, recteur de Ludgvan, et en 1732, vicaire de StJust. Les richesses du comté de Cornouailles en fossiles minéraux et en métaux, ainsi qu'en monuments anciens, décidèrent son goût pour l'étude de l'histoire naturelle et des antiquités. 11 fut reçu, en 1750, membre (le la société royale, et publia, en 1753 à Oxford, les Antiquités de Cornouailles, dont une seconde édition parut à Londres, dans le même format, en 1769, lig. Cet ouvrage fut suivi de la publication des Observations sur l'état ancien et actuel des îles Sorlingues, et sur leur importance pour le commerce de la Grande- Bretagne, Oxford, 1756 Borlase publia en 1758, à Oxford, l'Histoire naturelle de Cornouailles ouvrage savant et curieux, orné d'une carte et de 28 planches : il déposa ensuite au muséum Ashmoléen, à Oxford, la collection des fossiles et des objets (l'antiquité qu'il a décrits dans ses ouvrages. L'université (l'Oxford, en reconnaissance de ce riche présent, lui conféra, en 1766, le degré de docteur en droit. 11 mourut le 31 août 1772, âgé de 77 ans. On trouve, dans les Transactions philosophiques, de 1750 à 1772, un grand nombre d'articles scientifiques de sa composition. Il fut trèsparticulièrement lié avec Pope, et il existe encore un recueil des lettres qu'il en avait reçues. Il avait fourni à cet homme célèbre une grande partie des minéraux ou fossiles curieux dont était formée une belle grotte qu'il avait fait faire dans son jardin de Twickenham ; on voit encore aujourd'hui dans cette grotte le nom du docteur Borlase en lettres capitales, composées de cristaux. C'est à cette occasion que Pope disait à Borlase, dans une de ses lettres : (i Je vous suis fort obligé de votre cc précieuse collection de diamants de Cornouailles; « je les ai placés de la manière qui vous carac- térise vous - même, dans l'ombre, mais bril« lants
  • Guillaume BOYER DE NICE : Ce troubadour, si l'on en croit Nostradamus, joignait aux talents (lu poête des connaissances très-étendues dans les sciences physiques et mathématiques. Son historien cite surtout un savant Traité d'histoire natu. rell, qu'il dédia à Robert, roi de Sicile, come de Provence ; cet ouvrage ne nous est point parvenu ; on ne connaît pas même les chansons que Boyer adressa à une demoiselle de la maison de Bette, Celle qu'il composa pour Marie de France, épouse de Charles, duc (le Calabre, ne donne pas une grande idée de son talent poétique. Les comtes de Provence le nommèrent podestat de Nice, sa ville natale, et il parait que les habitants, qui l'estimaient, le confirmèrent. dans cette charge. Si Nostradamus, contre son ordinaire, a été exact dans sa notice sur Bayer de Nice, on doit regretter la perte de ses ouvrages; car il ajoute que plusieurs troubadours s'étudièrent à l'inciter, et même firent paraître quelquesunes de leurs pièces sous son nom
  • Guillaume BOWLES : Irlandais, mort en Espagne en 1780, a publié un ouvrage sur l'histoire naturelle de ce royaume, sous ce titre : Introduccion à la historia nain' rat y à la geografia fisica de Es- pana, Madrid, 1775 ; 2° édition, revue et corrigée, ibid., 1782 ; traduite en français par le vicomte de Flavigny sous ce titre : Introduction à l'histoire naturelle et à la géographie physique de l'Espagne, Paris, '1776 L'auteur y traite des végétaux, mais plus sous les rapports de l'agriculture et du jardinage que sous celui de la botanique. Milizia en a donné, à Parme, 1784, 2 vol. et une traduction italienne, beaucoup plus étendue et plus intéressante que l'ouvrage original parce qu'elle est enrichie de commentaires du chevalier Azara, alors ambassadeur d'Espagne à Rome. Rowles a donné à la société royale de Londres un memoire sur les mines de l'Allemagne et d'Espagne, et il a aussi publié, en espagnol, une Histoire des sauterelles d'Espagne, Madrid, 1781. Ruiz et Pavon, auteurs de la Flore du Pérou, ont donné à un genre de plantes le nom de Bowlesia
  • Guillaume BOWYER( 1699) : le plus savant imprimeur anglais de son temps, naquit à Londres en 1699. 11 a donné des éditions d'un grand nombre d'ouvrages, auxquels il ajoutait des préfaces et des notes qui sont fort estimées ; il a composé et imprimé luimème des traductions, des pamphlets et quelques autres productions littéraires. Nommé, en 1729, imprimeur des résolutions de la chambre des continunes, il conserva cette place pendant près de c années. Il fut choisi, en 1767, pour imprimer les journaux de la chambre des pairs, et fut également imprimeur de la société royale et membre de celle des antiquaires. Ses principales éditions sont 10 les œuvres de Selden, 5 vol. '1726. Wilkins avait commencé cette entreprise ; Bowyer l'acheva et l'enrichit de l'Epitome de Synedriis. 2° Le traité de Kuster, de Vero Usu verborum mediorum, 1750 et 1773 5. Une traduction des Commen- taires de César, du colonel Bladen, que Bowyer a accompagnée d'excellentes notes , signées Typogr. 40 Novum Testamentum grœcum, 1763, 2 vol. 50 Une traduction de la Vie de l'empereur Julien par la Bletterie, 1746. Bowyer a aussi donné une nouvelle édition du Lexicon de Scbrevelius, avec l'addition de beaucoup de mots grecs que ses lectu- res lui avaient fournis. Il mourut le 18 novembre 1777. On cite parmi ses productions l'Origine de l'imprimerie, 4774, ouvrage estimé , laissé par lui imparfait, et complété par Jean Nichols. Il en parut, en 1776, une seconde édition considérablement aug- mentée. Le même Nichols a publié, en anglais, des Anecdotes biographiques et littéraires sur William Bowyer, imprimeur, et sur plusieurs savants de ses amis, Londres, 1782 avec le portrait de Bowyer
  • Guillaume BOYCE( 1710) : célèbre compositeur anglais, naquit à Londres en 1710. Enfant de choeur à StPaul, il montra pour la musique une disposition si extraordinaire et si décidée, qu'une dureté d'oreille, dont il fut affligé avant la lin de son apprentissage, et qui dégénéra bientôt eu surdité absolue, ne l'empêcha pas de s'élever au premier rang dans cet art. Son maître, le docteur Greene, organiste de StPaul, conçut d'abord quelque jalousie d'un talent si précoce; mais il finit par prendre son élève en amitié, au point de lui laisser toute sa musique de choeur, avec le soin de la publier après sa mort. Cette publication de' l'oeuvre de Greene, en 3 vol. par le bon choix des pièces et la beauté de l'exécution, commença la réputation de Boyce. En .1756, il fut nommé organiste de l'église de StMichel , reçu docteur en musique à Cambridge en 1749, et premier organiste de la chapelle du roi en 1757. Après avoir longtemps souffert de la goutte, il mourut en février 1779. Ses oeuvres, dont on n'a publié que la moindre partie, ont un caractère original, une force, une clarté et une facilité toute particulière , sans aucun mélange de style étranger. Quoiqu'il rendit justice au grand talent de Haendel, il est du petit nombre des compdsiteurs de musique d'église qui ne l'ont jamais copié, ni même imité. Dans ce qu'on a publié de l'oeuvre de Boyce, on distingue surtout son admirable Sérénade de Salomon, qui parut en 1745 ; le Chapelet, drame en musique; la Lyra britannica, et la Loterie du berger. b: a collection de musique d'église, tirée de tous les anciens maîtres les plus célèbres, est regardée comme un ouvrage national et classique en Angleterre
  • Guillaume BRAITHWAIT : professeur à Cimbridge au commencement du 17e siècle, fut un des quarantesept théologiens de la GrandeBretagne qui se réunirent à Londres pour traduire la Bible en anglais. Ce grand ouvrage, entrepris par ordre de Jacques Ier, fut publié sous les auspices de ce prince, ce qui lui fit donner le titre de Version royale. Les différentes parties des livres saints ayant été distribuées entre plusieurs commissions, Braithwait et six autres docteurs traduisirent les livres deuléro- canoniques, que les anglicans appellent apocryphes. Les quarantesept théologiens avaient commencé leur travail en 1604, ils ne l'achevèrent qu'en 1612. Une commission de douze membres revit tout l'ouvrage. L'évêque Wilson et le docteur Smith présidèrent à l'impression, qui, selon I. Durel, fut terminée en 1612. On trouve dans l'Histoire de l'Eglise anglicane, de Thomas Fuller, de longs détails sur cette Bible, dont on se sert aujourd'hui dans tout l'empire britannique. La copie originale, avec les corrections manuscrites, est conservée dans la bibliothèque Bodléienne
  • Guillaume BOSMAN : voyageur hollandais de la fin du 17° siècle, nous apprend que la lecture de diverses relations de voyages dans les pays étrangers lui inspira une ardente curiosité de les parcourir. Un emploi qu'il obtint au service de la compagnie hollandaise des Indes occidentales lui fournit l'occasion de satisfaire son désir. Après avoir exercé pendant plusieurs années l'office de facteur à la côte de Guinée, il fut élevé à celui de facteur en chef, ou directeur particulier du comptoir d'Axim; il passa de cette place à celle dit que sa description est la plus parfaite histoire de ce payslà. « Je « lui rends volontiers ce témoignage, ajoutetil, que « tout ce qu'il avance, je l'ai trouvé trèsvéritable. « C'est à ce livre que je renvoie le lecteur curieux « de savoir quelles sont les moeurs, les coutumes, « le commerce des nègres le long de cette côte. » Outre les motifs généraux qui peuvent exciter un voyageur à publier ses observations, Bosman considéra que la côte de Guinée était alors un pays presque inconnu à toute l'Europe, et qu'a la réserve de quelques peintures un peu hasardées, qui n'offraient que de chétives esquisses , il n'en avait pas paru de véritable description. 11 critique, sans les nommer, ses compatriotes Dapper et Volckenbrogh , avaient donné de gros livres sur l'Afrique. Pendant qu'il rédigeait le sien, un habile dessinate?r arriva sur la côte. Il se hâta de l'employer, et raccompagna sur tous les points. La levée des plans et dessins des animaux vus à l'est de Mina furent terminés; mais la mort enleva l'artiste quand il se préparait à visiter le pays à l'ouest du fort
  • Guillaume BOUCHET( 1526 - 1606) : sieur de Brocourt, d'une famille d'imprimeurs de Poitiers, où il naquit en 1526, y fut libraire, puis jugeconsul. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : les Sérées, qu'il imprima luimême, 1584 et qui fut réimprimé à Lyon, 1595, 5 vol. ; Paris, 1608, 3 vol. ; Rouen, 1635 et 1634, 3 vol. : cette dernière édition est la plus complète. Ce livre, dédié à messieurs les marchands de la ville de Poitiers, est un recueil de discours farcis de toutes sortes de plaisanteries et de quolibets souvent assez fades, et dont les meilleurs ont été pillés par une infinité d'auteurs qui sont venus depuis. Les obscénités grossières y sont assez fréquentes. La Monnoie dit que ces Sérées sont bonnes. Dreux du Radier, pour en faire l'éloge, affirme que l'auteur peut fort bien aller de compagnie avec Bonaventure Despériers, Béroalde de Verville, et ceux de son genre. On croit que Guillaume Bouchet véclit environ 80 ans, et mourut vers l'année 1606
  • Guillaume BOUCHETEL ou BOCHETEL : originaire de Berri, succéda à son père dans la place de secrétaire du roi. François I" le nomma commissaire avec l'amiral d'Annebaut, en 1546, pour trai.- ter de la paix avec les Anglais, et, en 1550, il fut chargé, par Henri II, de veiller à l'exécution des ' conditions du traité. Bouchetel mourut en 158. La Croix du Maine et Duverdier lui attribuent quelques ouvrages, entre autres l'Ordre et Forme de l'entrée de la reine Eléonore d'Autriche en la ville de Paris et de son sacre et couronnement â St- Denis, le 5 mars 1550, Paris, 1532 Duverdier lui attribue de plus la fable (le Biblis et Caunus, imitation d'Ovide ; une ballade tirée d'une élégie de Properce et d'autres pièces, le tout, ditil, imprimé par Robert Estienne; mais ce bibliographe se trompe en disant que la traduction de l'Hécube d'Euripide, par Bouchetel, a été imprimée par Robert Estienne en 1550 c'est la traduction de Làzare de Balt qui a été imprimée par Robert Estienne : celle de Bouchetel l'a été par Etienne Roffel. La Croix du Maine (lit que Bernardin Bouchetel, secrétaire du roi, a traduit Euripide du grec en français. Il semble indiquer par là une traduction entière du théâtre d'Euripide. Ce Bernardin ne peut être que le père de Guillaume, dont il est question dans cet article. En annonçant positivement, comme l'a fait Rigoley de Juvigny, que cette traduction n'a jamais été imprimée, c'est laisser supposer qu'elle a existé, et c'est un fait au moins trèsdouteux
  • Guillaume BRIGGS( 1641 - 1704) : membre de la société royale et du collège des médecins de Londres, correspondant de l'académie des sciences de Paris, nommé, le I mars 1699 , médecin du roi Guillaume III et de l'hôpital de StThomas de Southsuret:, naquit à Norwich, en 16;1, et mourut le 4 septembre 1704, à 65 ans. Il avait étudié à Cambridge, où il tut reçu dorteur en 1677, et ensuite à Montpellier sous le fameux anatomiste Vieussens. se rendit célèbre par sa connaissance de et de ses maladies. Il est le premier qui ait bien développé ce qui concerne le nerf optique, la rétine, et les conduits lymphatiques. Sa nouvelle théorie de la vision fut d'abord inserée en anglais, l'an 1662, dans les Transactions philosophiques, traduite ensuite en latin par Iniméme, sous le titre de Nava ? Votiez risionis, à la sollicitation de Newton, qui faisait un cas singulier ce traité, et imprimée à la suite de l'Ophta/ mographia, autre ouvrage du docteur, à Cambridge, 1676 Ces deux traités réunis, qui sont estimés des gens de l'art, furent réimprimés en 1685 i"; à Leyde, en 1686 Guillaume Briggs avait préparé deux autres traites, de Usu oculi, et de ejusdene Affre- libus: mais ils n'ont pas été publiés. On trouve dans les Transactions plusieurs écrits du méme auteur : Cas singulier par rapport la vision Erplication du cas singulier d'un jeune homme qui, tous les soirs, devient aveugle. , etc. C. et A—N et V—\ E.
  • Guillaume BROMFIELD( 1712 - 1792) : célèbre chirurgien anglais, né en 1712, était depuis longtemps attaché à la princesse douairière de Galles, lorsqu'il fut nommé, en 1767, premier chirurgien du roi d'Angleterre. Il était attaché aussi à l'hôpital StGeorge, et premier chirurgien de l'hôpital Lock, à la fondation duquel il avait contribué. II fit représenter au profit de cet établissement , en 1755, sur le théâtre de DruryLane, une ancienne comédie intitulée The City Match , qu'il avait retouchée luimême. 11 mourut le 24 septembre 1792. L'art chirurgical lui doit un grand nombre , Londres, 1757 trad. en français, Paris, 1760 3° Réflexions fondées sur l'expérience relative à la méthode actuellement en vogue de traiter les personnes inoculées , Lon-, dres, 4767 4° Observations de chirurgie , Londres, 1775, 2 vol.
  • Guillaume BROOME : auteur anglais du 18° siècle, né de parents obscurs clans le Cheshire, fut élevé au collège d'Eton, d'où il passa à l'université ,de Cambridge. Une grande facilité à faire des vers lui valut de bonne heure, parmi ses condisciples, le surnom (le poëte. Son premier ouvrage fut la traduction en prose de l'Odyssée, qu'il lit conjointement avec Ozell et Oldisworth. Pope l'employa à extraire des passages d'Eustathe, pour les notes de sa traduction de l'Iliade, et le succès de cet ouvrage l'ayant engagé à donner la traduction de l'Odyssée, il jeta les yeux sur Fenton et Broome, pour l'aider dans cette vaste entreprise. Il se réserva la moitié du travail, et partagea l'autre moitié entre ses deux associés, donnant quatre chants à traduire à Fenton, et huit à Broome, à qui il confia en outre la rédaction de toutes les notes. Fenton reçut de Pope 300 liv. steri., et Broome 500, et une centaine d'exemplaires de l'ouvrage. Le salaire n'était pas proportionné : Broome se plaignit, parla hautement de Pope, comme d'un homme intéressé, avare, et finit par s'attirer toute l'animosité du poëte, qui, nonseulement le nomma avec mépris dans la Dunciade, mais, dans son traité du Balhos, le présenta comme un de ces perroquets e qui répètent les paroles des autres d'un ton rauque et étrange qui semble les leur rendre propres.» On dit qu'ils se réconcilièrent par la suite. Brome mourut à Bath, en 1745, après avoir joui de quelques bénéfices ecclésiastiques. On a aussi de lui un recueil de poésies, et la traduction en vers de quelques odes d'Ana créon, publiée, sous le nom supposé de Chester, dans le Gentleman's Magazine. C'était, suivant Johnson, un véritable érudit, un pur versificateur, un homme tout à fait étranger aux usages et au ton du monde. Mais comment un pur versificateur estil donc parvenu à faire des vers que, de l'aveu de Johnson luimême, on ne peut guère distinguer d'avec ceux de Pope ? Il est vrai que Pope les retouchait, et disait même qu'il avait plus de peine à corriger les vers de Broome que ceux de son coopérateur Fenton
  • Guillaume BROUNCKER ou BROUNKER( 1620 - 1684) : né en 1620, et créé, en 1615, vicomte de CastleLyons en Irlande, se distingua par ses connaissances mathématiques. Attaché à la cause de Charles 1", il fut nu des nobles qui signèrent la fameuse déclaration publiée en avril 1660, et par laquelle le général Tandis que Guill.Robert Broughton voyageait dans l'océan Pacifique, et rédigeait sa relation, un autre BROUGHTON Thom, Duer) voyageait dans l'Inde et décrivait le caractère, les moeurs, les coutumes des Mahrattes, dans des lettres qui, imprimées à Londres en 1813 lig., ont été traduites par M. J.B. Breton sous ce titre : les Manilles, Paris, 1816, 2 vol lig. V—VE. bIlt était reconnu comme le restaurateur des lois t des priviléges de la nation. Après le rétablissenent de la royauté, il Occupa les places de chancelier de la reine Catherine, de garde du grandsceau, de commissaire de la marine, et de directeur de l'hôpital SteCatherine. 11 était du nombre des savants dont la réunion forma ensuite la société royale. Lors de l'institution de cette société par Charles H, il en fut nommé président, et continua de l'être pendant quinze ans, par des élections renouvelées. On trouve dans les Transactions philosophiques quelques écrits de Brouncker, notamment des Expériences sur le recul des armes à feu, un Traité algébrique sur la quadrature de l'hyperbole, qui est le premier écrit que l'on connaisse sur ce sujet. On a aussi de lui une traduction anglaise du traité de Descartes, intitulé : Musices Compendium, publiée en 165S, sans le nom du traducteur, et des lettres au docteur Wallis, sur des sujets mathématiques, publiées par ce savant, dans son Commer- cium epistolicum, Oxford, 1658, Brouncker mourut à Westminster, en 1681
  • Guillaume BROWNE( 1590 - 1645) : poète anglais, né en 1599, à Tavistock, dans le comté de Dévon, étudia à Exeter et à Oxford, et entra ensuite à InnerTemple, à Londres, pour se livrer à l'étude du droit. 11 publia, en 1615, un recueil de pastorales anglaises, dont la plus grande partie parait avoir été composée avant I'àge de vingt ans ; lu Flûte du berger, en sept églogues, 1614 et, trois ans après, un second volume de pastorales. Il retourna à Oxford en 1614, et devint gouverneur du jeune comte de Caerslavon. Il mourut vers 1645. Ses ouvrages, fort estimés de son temps, et loués par Selden et Johnson, mais tombés dans l'oubli après sa mort, sont défigurés, par les pointes et les jeux de mots. Ils étaient devenus trèsrares, lorsque Davies en donna, en 1772, une nouvelle édition en 5 vol
  • Guillaume BRAY( 1736 - 1832) : savant anglais, né à Slière, en novembre 1736, et mort le 21 décembre 1852, avait passé la plus grande partie de sa vie à Guilford et à Londres dans son étude de procureur, et y avait acquis une fortune considérable. Ses occupations litigieuses ne l'empêchèrent pas de se livrer à la littérature. Membre de la société des antiquaires depuis 1771, il enrichit de plusieurs morceaux , l'archéologie publiée par cette réunion savante, mit au jour d'abord un Voyage dans les comtés de Derby et d' Yorck ; puis l'Histoire du comté de Surrey, A vol. in 8°, 1804-1814 , et publia, en 1817, une édition de la partie la plus importante du manuscrit 4 de Sylva d'Evelyn
  • Guillaume BRIÇONNET : petitfils de Bernard Bri-çonnet, maitre des requêtes de l'hôtel, sous Charles V, naquit à Tours, et fut d'abord commis à la généralité du Languedoc. Louis XI le nomma gé- néral des finances de cette province. Plusieurs historiens rapportent qu'Angelo Catho, archevêque de Vienne, médecin, astrologue du roi, qui passait pour trèshabile nécromancien, annonça à Briçonnet qu'il était menacé de périr au passage d'une rivière, ce qui faillit lui arriver peu de temps après, en traversant la Loire pour se rendre au PlessislezTours où l'avait mandé Louis XI. Il lui prédit ensuite qu'il deviendrait cardinal, et se verrait bien près d'être pape. Cette dernière prédiction semblait d'autant plus invraisemblable que Briçonnet , loin d'avoir aucune vocation pour l'état ecclésiastique, était déjà marié à Raoulette de Beaune, fille du bisaïeul du malheureux Beaune de Semblançay , surintendant des finances sous François l". Quoi qu'il en soit, Briçonnet remplit les devoirs de sa charge avec tant d'intégrité et d'exactitude ; il se montra si attaché aux intérêts de Louis XI, que ce prince, en mourant, le recommanda à Chai les VIII, son successeur. Briçonnet ne jouit que de peu de crédit tant que le nouveau roi vécut sous la tutelle d'Anne de Beaujeu, sa sœur ; mais, dès qu'il commença à ré- gner par luimême, il se souvint de la recomman- dation paternelle, et, pour le malheur de la France, Briçonnet commença à jouir de toute la confiance du jeune monarque en flattant habilement son ardeur guerrière. Ce fut à sa persuasion, selon Paul Jove Bembo et Guichardin, que Charles VIII en- °trep;it, contre l'opinion de son conseil, la conguète du royaume de Naples. Briçonnet, gagné par Ludovic Sforce, engagea le jeune monarque à signer un traité secret avec le duc de Milan, et promit 4Ie rassembler l'argent nécessaire pour l'expédition d'Italie. Charles le nomma surintendant des finances, lui accorda la première place dans son conseil, et ne se dirigea que par ses avis. Briçonnet ne tarda pas à ramener à son opinion tous ceux qui, jaloux de sa première faveur, s'étaient opposés à l'exécution de ses projets. Devenu veuf, il était entré dans les ordres, et avait même obtenu l'évêché de StMalo mais en vain Alexandre VI, qui l'avait , qui désirait rompre les conférences pour la paix, dans l'espoir d'obtenir la couronne ducale de Milan. Il le servit avec chaleur, ébloui par la promesse d'un établissement considérable en Lombardie pour son fils, après la conquête; niais quelque ascendant qu'il eût sur l'esprit du roi, il vit avec douleur que son crédit avait des bornes. Son avis, combattu par Philippe de Comines, fut rejeté, et le roi sacrifia les intérêts du duc d'Orléans. La mort prématurée de Charles VIII trompa l'ambition de Briçonnet, et fut pour lui un coup de foudre. Les historiens le représentent, dans ce triste moment, comme accablé, soulageant à peine, par des cris et des sanglots, son cœur oppressé , tandis qu'Anne de Bretagne, dont l'affliction était plus pure, penchait sa tête sur lui et l'arrosait de ses larmes. Ce ministre inspirait peu de confiance au nouveau roi, qui désirait faire régner avec lui la justice et la paix. Aussi futil bientôt remplacé par le cardinal d'Amboise, qui jouissait de toute la faveur de Louis XII. Se voyant déchu du ministère, Briçonnet se retira à Borne, après avoir toutefois sacré Louis XII, en sa qualité d'archevêque de Reims, siége où l'avait élevé Charles VIII, en 1494. Lorsque le roi voulut mettre un frein à l'ambition et à l'arrogance de Jules II, il chargea Briçonnet de convoquer à Pise un concile composé de cardinaux , ennemis de Jules , « pour corriger les moeurs du « chef et des membres de l'Église catholique. » Bri-çonnet sortit brusquement de Rome avec quelques cardinaux, et alla faire l'ouverture du concile op- posé au pape. Ce concile fut transféré à Milan, puis à Lyon. Briçonnet y déploya beaucoup de vigueur ; aussi futil cité à Rome, excommunié, et privé de la pourpre ; mais c'était sur lui que Louis XII fondait le succès de toutes ses mesures contre Jules H, et il ne tarda pas à le récompenser de son zèle, en lui donnant , en 1503, la riche abbaye de StGer-- ma et le gouvernement du Languedoc. Après la mort de Jules H, le cardinal Briçonnet fut absous par Léon X des censures fulminées contre lui, et se retira dans son archevêché de Narbonne, siége qu'il avait échangé contre celui de Reims. Il mourut le 14 novembre 1514, dans un âge trèsavancé, et fut inhumé dans l'église NotreDame, où il s'était fait élever luimême un superbe tombeau de marbre. Pendant son ministère, il protégea les gens de lettres, qui, devenus dès lors ses panégyristes et ses flatteurs, le représentèrent comme un grand homme, trèszélé gour la gloire de la France. L'un d'eux l'appelle l'oracle du roi, la colonne de l'Etat; mais l'histoire, plus impartiale, le met au rang des ministres médiocres, et lui reproche sa vénalité et son amour pour le pouvoir qu'il chercha vainement à déguiser par cette humble devise : L'humilité m'a élevé. Des auteurs contemporains rapportent qu'un jour, officiant pontificalement, il eut pour diacre et pour sousdiacre ses deux fils, qui furent depuis évègees. C'est par erreur qu'on a ajouté quelquefois à son titre de ministre d'État celui de chancelier de France, dignité que son frère Robert posséda sous le règne de Charles N'Ill. Le cardinal I3riçonnet est auteur d'un petit manuel de prières latines, qu'il dédia à Charles VIII, et de plusieurs ordonnances synodales, qu'il publia étant évèque de StMalo. BP
  • Guillaume BRIÇONNET : fils du précédent, connu avant son entrée dans les ordres, sous le nom de comte de Montbrun, fut d'abord archidiacre de Reims et d'Avignon, et successivement évêque de Lodève et de Meaux. Il montra de bonne heure beaucoup de jugement et de savoir, et un grand amour pour l'étude. Louis XII le dispensa de la résidence pour l'attirer auprès de sa personne, et l'envoya, en 1507, en ambassade extraordinaire à tome, pour qu'il justifiàt sa conduite politique auprès du pape Jules II, prévenu contre le roi par de fausses accusations de l'empereur Maximilien. Guillaume Briçonnet prononça, en latin, devant le pape et le sacré collée, l'apologie de Louis XII, et retraça les grands services que les rois de France avaient rendus dans tous les temps aux papes et à l'Église. Sa harangue, dirigée contre l'empereur Maximilien, fut imprimée et répandue pour servir d'antidote aux écrits de cet empereur contre Louis XII ; elle nous a été conservée dans l'Histoire généalogique de la maison de Briçonnet, par Gui Bretonneau, Paris, 1620 Driçonnet eut aussi la confiance de François 1", qui l'employa clans diverses négociations avec Léon X. Il avait déjà pris possession de l'évêché de Meaux, lorsqu'il assista au concile de Pise, en 1514, et ensuite à celui de Latran. 11 résida pendant deux ans à Rome, en qualité d'ambassadeur de France. Sur la démission de son père, il avait été, en 1507, pourvu de l'abbaye de StGerma et, malgré l'opposition des religieux de StBenoit, il réforma les abus et fit cesser les désordres qui s'y étaient glissés. Retiré ensuite dans son diocèse, il y tint successivement plusieurs synodes, où il fit d'excellents règlements contre la dépravation des moeurs et le rehichement de la discipline ecclésiastique. Il attira aussi près de lui plusieurs savants, tels que Guillaume Farel, Gé- raid Roussel, Clichtove, François Vatable, Jacques Fabri, ou le Febvre, surnommé d'Etaples, et s'entom.a de leurs lumières, soit pour répandre le goût de r nstruction dans son diocèse, soit pour réunir les esprits, et ramener plus facilement les partisans du luthéranisme, qui faisait alors beaucoup de progrès en France, et surtout à Meaux. Mais Farel, abusant de la protection du prélat pour répandre luimême les opinions des novateurs, fut contraint de se réfugier en Suisse. Alors, révoquant les pouvoirs qu'il avait accordés à ces doctes missionnaires, l'évêque de Meaux assembla un synode, et y condamna, en 1525, la doctrine de Luther ; mais il ne s'opposa pas avec moins de force à l'esprit d'indé- pendance _qu'affectaient les religieux de son diocèse, et notamment les cordeliers, dont il réprima les prétentions et les déréglements. Ceuxci, pour se venger, calomnièrent le zèle du prélat, et osèrent l'accuser de, favoriser la propagation de l'hérésie de Luther ; ils le traduisirent au parlement •comme fauteur d'hérésie, ainsi que les savants dont il s'était entouré dans son diocèse. Le prélat, ajourné devant deux conseillers de la cour, sortit victorieux de cette épreuve, et reparut sur le siège de Meaux, où il continua de déployer le male zèle, soit contre les novateurs, soit contre l'esprit d'indiscipline des cordeliers, qui lui suscitèrent une nouvelle accusation d'hérésie. Traduit de nouveau devant le parlement, il obéit, rendit compte de sa foi, et en fit reconnaitre la pureté par un arrèt qui ferma la bouche à ses adversaires. Depuis, il sut les contenir dans le devoir, et maintint avec fermeté les droits de l'épiscopat. Ce sage prélat, protecteur des savants et père des pauvres, mourut le 24 janvier 1535, à l'âge de 65 ans, au chàteau d'Esmant, qu'il avait fait bàtir, près de Montereau. Nonseulement il cultiva et protégea les lettres, mais il orna et augmenta la bibliothèque de la célèbre abbaye de StGerma On a de lui, outre le discours politique dont il a été fait mention, plusieurs statuts synodaux et une traduction française des Contem- plationes Idiotœ. Les savants les plus illustres de son temps lui dédièrent leurs ouvrages. Le docte Vatable lui fit hommage de sa traduction de la Phy- sique d'Aristote ; et Jacques le Febvre, de ses commentaires sur la Politique. — Son frère, Dents BRIÇONNET, fut successivement évêque de Toulon et de StMalo, et envoyé extraordinaire à Rome. Ce fut lui qui sollicita auprès de Léon X, au nom du comte d'Angoulème, depuis, François I", la canonisation de St. François de Paule, fotlitateur de l'ordre des minimes. Il fut envoyé ensuite aux états de Bretagne, lorsque François I" voulut donner son fils aîné pour duc au Bretons ; et, calmant les troubles de cette province, il sut la ramener à l'obéissance. Il se distingua, comme son frère, par son esprit de charité et par son amour pour les lettres. Il résigna dans sa vieillesse ses évêchés, dans la crainte de ne pas remplir avec assez d'activité les devoirs épiscopaux, et se contenta des abbayes de Cormery et d'Épernay. Il mourut en 1556
  • Guillaume BUCHAN( 1729 - 1703) : médecin écossaisonembre du collérrne royal d'Édimbourg, né à Aman, dans le Roxburgshire, en 1729, mort à Londres en 1703, âgé tle 76 ans, s'cst rendu célèbre par un ouvrage, en anglais, intitulé : la Médecine domesti- que, ou Traité sur les moyens de prévenir et de gué- rir les maladies par le régime et les remèdes coin- - MultS, Édimbourg, 1770 Malgré les attaques de quelquesuns des confrères de Buchan, cet ouvrage eut un trèsgrand succès, et a été traduit dans la plupart des langues de l'Europe. Il a été imprimé pour la dixhuitième fois à Londres en 1803, en 1 gros volume Duplanil en a donné une traduction française, à laquelle il a joint des notes et très-étendues. Cette traduction, imprimée en 1776, a été réimprimée en 1780, 1782 et 1788, 5 vol. 4e édit.; revue sur là 10e édit. de Londres, 1791, 5 ,v&. 5e édit., 1802, 3 vol . Duplanil, outre les notes importantes qu'il a répandues dans les quatre premiers volumes, est le seul auteur du 5C, qui contient,'en forme de dictionnaire, la définition de tous les termes de médecine, etc. On doitaussi à Buchan : ` 20 Avis aux mères sur leur santé, et sur les moyens d'entretenir la santé, la force et la beauté de leurs enfants, Londres, 1805, 1 vol. trad. en français par Duverne de Presle, publié à Paris en 1804 sous ce titre : le Conservateur de la santé des mères et des enfants, suivi d'un extrait d'un ouvrage du docteur Cadogan, sur le même sujet, revu et aug,menté de notes par le docteur Mal- • let. 3. Un traité sur les Maladies vénériennes. — Buchan a laissé un fils, aussi médecin, à qui on doit des Observations pratiques sur les bains de 7ner et sur les bains chauds
  • Guillaume BUDÉ( 1467 - 1540) : l'un des hommes les plus distingués d'un siècle fécond en personnages illustres , naquit à Paris , en 1467 , de Jean Budé, grand audiencier de France , qui passait pour ètre fils naturel de Jean Budé , secrétaire du roi Char- . les VI. Guillaume fit ses premières études à Paris, et son droit à Orléans. Le mauvais goût qui régnait'. alors dans les écoles , et son penchant pour la , qui est devenu rare. Ce traité de Asse est diffus, et souvent difficile à entendre. L'auteur y réduit les monnaies anciennes aux modernes , éclaircit une infinité de passages obscurs des auteurs grecs et latins, et dissipe les ténèbres qui couvraient plusieurs points d'antiquité. On pourrait difficilement se représenter aujourd'hui l'effet que produisit en Europe cette savante dissertation. qui a été de nos jours considérée d'une manière neuve et piquante par M. StMare Girardin. Erasme lui - mente qui avait appelé Budé le prodige de la France, ne put cacher sa jalousie et eut la faiblesse d'encoura- ger la calomnie qui essayait do faire passer pour un plagiat ce travail si original. En effet, Léonard Ponius et George Agricola disputèrent à Budé la gloire d'avoir le premier pénétré dans cette carrière difficile. Il en résulta une querelle savante qui fut un peu vive de la part de Budé ; niais Jean Lascaris , ami commun des deux athlètes, les réconcilia. Le mérite de Budé n'échappa point au chancelier de Rochefort , qui le présenta û Charles VIII. Louis XII le fit secrétaire du roi et l'envoya à Rome. François l" l'honora de sa familiarité, lui donna une charge de maitre des requétes, dont il fut pourvu, le 21 nuit 1522, et le nomma maitre de la librairie, c'est-àdire bibliothécaire du roi enfin il l'envoya en ambassade auprès de Léon X, qui admira sa vaste érudition et sa capacité dans les affaires, mais n'en mit ias moins tous ses soins à le tromper comme diplomate. 11 s'agissait d'empècher Léon X d'entrer dans la ligue formée en Italie entre l'empereur Maximilien 1", le roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique et le duc de Milan, Maximilien Sforza, pour empêcher François I" de recou7 vrer le Milanais. Le pape flottait irrésolu entre la France et la ligue, négociait avec les partis, n'en embrassait aucun. Budé avait avec lui dans son ambassade AntoineMarie Palavicini, seigneur milanais, qu'on savait être agréable au pontife ; niais c'était sur Budé qu'on avait compté le taus. Il n'était pas sans talent pour les négociations, son esprit étendu trouvait aisément des ressources, levait aisément les difficultés, mais il portait dans la cour la plus déliée de l'Europe cette simplicité vertueuse que donnent le silence du cabinet et le commerce avec les auteurs de l'antiquité. En voyant le pape et les cardinaux lui prodiguer les égards et les honneurs comme savant, il crut d'abord qu'il allait tout obtenir connue diplomate ; niais le pape, qui finit par entrer secrè- tement dans la ligue, lui opposa tant de détours, de variations, de propositions captieuses, de réponses équivoques, qu'enfin Budé, s'apercevant qu'il était Cet ouvrage a ête . » Sa veuve et une partie de ses enfants allèrent, en 1549, faire profession de la nouvelle réforme à Genève ; il n'en fallut pas davantage pour rendre sa croyance suspecte aux catholiques ardents. On aurait pu, avec encore plus de fondement, l'accuser d'un zèle outré en sens contraire; car il avait été, en 1529, un des juges qui condamnèrent Berquin au supplice pour cause de religion ; et, dans plusieurs de ses écrits, Nicolas Rapin, dans son testament cité par Dreux du Radier, ordonna à peu près les mêmes dispositions, quoique bon ratholique roulais. 1 surtout dans son traité de Transilu hellenismi ad christianismum, dédié à François 1°' , il s'exprime comme un homme assez prévenu contre les réformateurs, dont il l'exhorte à réprimer les nouveautés : il entend par hel- Unisme, les belleslettres profanes, et y oppose la philosophie chrétienne. Budé joignait, an mérite littéraire, celui d'ètre un bon citoyen , un chrétien exemplaire, et il jouissait d'une réputation de probité à toute épreuve; ce qui était exprimé par ces deux vers de Juvénal , qu'on lisait encore au commencement du dernier siècle sur la porte de sa maison, dans la rue StMartin Summum crede nefas animam prœferre pucier', Et propter vitam vivendi perdere causas. On cite, pour preuve de sa grande application à l'étude, que le feu ayant pris à sa maison un jour qu'il était à travailler dans son cabinet, il répondit froidement à ceux qui vinrent le lui annoncer : « A ver-« tissez nia femme; vous savez que je ne mêle point « du ménage. » Il était seigneur d'Irères, charmant village aux environs de Paris. On montrait encore, il y a cinquante ans, sa modeste maison de plaisance et le cabinet dans lequel il travaillait. A la place où se trouvait son bureau, on distinguait sur le carreau usé la trace de ses deux pieds. Budé était sujet à avoir de l'humeur ; il en montra beaucoup 'à Érasme, son admirateur et son ami, dans la querelle passagère dont nous avons parlé; muait Érasme, qui avait eu le premier tort, le répara honorablement, en répondant à une lettre fort aigre de Budé : . Charles Dumoulin l'appelle docirinarum omnium tplendor, et Scaliger, le plut grand grec de l'Europe, un phénix gui ne re- naitra point doses cendres. On recueillit tous ses ouvrages en 4 vol. Bâle, 1557, rare, avec MclIn de StGelais et Théodore de cène loi composèrent des épitaphes, le premier en vers français, le second et vers latins. Celle de StGelais rappelle ingénieusement la manii:re dont Budé voulut être inhume ; elle a été imitée dans les deux distiques suivants, attribues à Sal. Macrin: voluft midi, de motte ',utero Inferri, et ruile. proteus •des. irae.; Non Inctom fssione «net, elerieeirmt quitus,' oibi lampas, tuque cor.« fui, une longue préface de Coelius secundus Curion. On admire dans tous une vaste érudition et une profonde connaissance de la langue grecque ; mais on regrette que , content d'appuyer sa réputation sur des écrits savants et solides, il n'ait pas cherché à l'étendre davantage par des écrits agréables. Son style, en latin comme en français, est énergique, rude, obscur , embarrassé de mots et de phrases grecques. Ces défauts se font encore plus remarquer dans son français que dans son latin. On vante la pureté de style de ses lettres grecques, qui furent, diton , admirées des Grecs euxmêmes. Jacques Tusan les fit imprimer en 1526, avec cinq livres de lettres latines et quelques notes. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, on distingue clans son recueil le traité de studio litterarum recte inslituendo, imprimé à part, Paris, 1552 et ses Commen- tai- d lingum grœcoe, qui avaient aussi paru séparément, Paris, 1529 ; ibid., Robert Estienne, 1548, édition augmentée et recherchée ; enfin, Bâle, 1556 Ce _dernier ouvrage suppose une lecture immense, mais on y désirerait plus d'ordre et de méthode. On cite encore son Institution d'un prince, en français, que Jean de Luxembourg lit imprimer, avec ses propres annotations, en 1547, clans son abbaye de la Rivour en Champagne, ou- vrage rare, quoiqu'il y en ait eu trois ou quatre édi- lions, et qui ne se trouve pas dans la collection de ses oeuvres. Le 5e volume de la collection de l'académie des belleslettres contient des Mémoires pour la vie de Guillaume Budé, par Boivin. - Louis et Jean. BUDÉ ses fils, qui, à l'exemple de leur mère, s'étaient faits calvinistes, cultivèrent les lettres avec quelque succès. Louis Budé publia, un an avant sa mort, le Psautier traduit de l'hébreu en français, Genève, 1551 Il était professeur de langues orientales. Jean Budé , seigneur de Vorace, fut envoyé, en 1558, avec Farel et de pèze', auprès des princes d'Allemagne, pour traiter des affaires des calvinistes de France. 11 se chargea de faire bâtir le collège de Genève, et il traduisit en français, conjointement avec Charles de Joinvillers, les Leçons de Yehan Calvin sur Daniel, Genève , 1552 Cette famille existe encore à Genève
  • Guillaume BUDÉE : médecin, né à Halberstadt, mort en 1625, fit ses études à Bâle, y obtint, en 1592, le grade de docteur, et devint ensuite mé- decin ordinaire du duc de BrunswickLunebourg. Il s'est occupé avec soin de recherches historiques, mais les ouvrages qu'il a publiés sur ce sujet ont été tirés à un si petit nombre d'exemplaires, ou sont devenus si rares, que les érudits les recherchent maintenant comme de précieuses reliques. Les pr sont : Chronicon quoddant Halberstad. episcoporum. Budé fit imprimer, par le moyen d'une imprimerie qu'il avait chez lui, cette chronique ; de 52 p. : elle n'a jamais été mise en vente. 2° nig Alberti II episcopi Halberstad. La pue- mière partie de cette vie, imprimée à Halberstadt. 1624 de 173 p., va de 1524 jusqu'en 139; la seconde partie, qui devait aller jusqu'en 1558, n'a pas été publiée. 3° olvaroxolta., sen Dynaste° hu- jus sceeuli. Leuckfelcl a fait réimprimer ce petit traité dans sa Colleen° Scriplor. Rerum germanic., Francfort, -1707 Budée avait composé plusieurs autres petits ouvrages de chronologie et d'histoire, dont les feuilles manuscrites furent perdues ou brûlées lors de la prise d'Halberstadt. 4° Familia et Patrimonium B. Stephani Halberstad. , 1615 5° Chronologie centuria prima, trois feuilles. 6° Series imperatorroman., etc., deux feuilles, etc. - Un autre médecin du même nom fut reçu docteur à Paris en 1520 , nommé professeur en 1524, et se retira à Orléans, sa patrie, en 1555. Il est l'au- teur d'un traité de Curandis articularibus Morbis, Paris, 1539
  • Guillaume BULLEYN : ecclésiastique et medecin anglais dit 16e siècle, naquit dans l'île d'Ély, sous le règne de 'Henri VIII. *Après avoir commencé ses études à Oxford, il les termina à Cambridge ; il parcourut ensuite l'Angleterre et une partie de 1'41- lemagne. Ayant embrassé le parti de 'la réforme, il fut nommé recteur d'une paroisse du Comté de Sussex ; mais contraint de résigner cette fonction cri 1554, vraisemblablement à cause des persécutions qu'il éprouva sous le règne de la' reine Marie,' il sç fit recevoir docteur en médecine, et pratiqua *Cet art 'à Durham; de là il passa à Londres, où il fie, reçu ati collége des médeeins, et se fit une grande ré:Otta - lion. Les dernières années de sa vie ne furent eue longue suite de malheurs : il perdit d'abord, par un naufrage, sa fortune et le manuscrit d'un ouvrage qu'il avait composé; on l'accusa ensuite d'a- 1 en a paru deux nouvelles Oitions : Besançon, Gaultier frères, 182.9, 4 vol. ou dont le dernier se compose de ta suite donnée par Morse, et Paris, yéquignon junior, 4826, 4 vol CH—S, ' voir tué Thomas Hilton, son protecteur ; et quoique son innocence fût reconnue, cet homme étant mort d'une fièvre maligne, le frère du défunt, persistant dans son accusation, le retint en prison pour dettes jusqu'à sa mort, arrivée en 15'16. Ce fut dans ce triste séjour que Bulleyn composa ses ouvrages médicaux : 1. Gouvernement of health , 1558,1 vol. 20 Boultvark of defence, etc. , 1562 Dans cet ouvrage, il y a une partie, sous le titre de Livre de simples, dans lequel il traite des plantes de l'Angleterre; il est sous la forme de dialogue, et les interlocuteurs sont la Santé et la Maladie, le Mal et la Chirurgie, etc. En général, il parle des propriétés des plantes sur la foi des auteurs qui l'avaient précédé ; mais il y a souvent ajouté ce qu'il avait appris par sa propre expérience. On trouve à.la lin des gravures en bois de quelquesunes de ces plantes. 5.. . Diatogue tout à la fois touchant et plaisant, contenant un régime préservatif contre la peste, avec des consolations contre les terreurs de la mort, 1664 L'évêque Tanner a donné une notice sur la vie de Bulleyn mais il y en a une plus détaillée dans la Bio- graphia Britannica. Bulley avait aussi des connais- sances agriculture, et il a rendu service à sa pa- trie en attirant l'attention de ses concitoyens sur la douceur du climat et la fertilité du sol de l'An- gleterre, qui étaient fort mal appréciés à cette épo- que. C. et A—N et D—P—s.
  • Guillaume BULMER( 1758) : célèbre impriment' anglais, né à NewcastlesurTyne, en 41758, fit sou apprentissage dans sa ville natale, et forma' dès cette . Parmi les plus belles productions qui s'y trouvent mentionnées, indépen- damment du Shakspeare en 9 vol. et du Dé- caméron bibliographique luimême que l'on regarde, en Angleterre, comme réunissant au plus haut degré tout ce 'qui constitue les chefsd'oeuvre typographiques qu'on doit désespérer de surpasser, nous citerons les Satires de Perse, 1790 texte latin et traduction anglaise de Brewster, ouvrage par leque il debut4; les OEuvres poétiques de Milton, 1793-97, en 3 vol. qui le disputent au Shak- speare; les poèmes de Goldsmith et de Parnell, 1795 avec grav. sur bols ; la Chasse, par Scintillerville,1796; avec gray. sur bois ; un Anacréon, en grec, avec vignettes de miss Bacon, 1802, et le MUSCUM WOrS- leyquum, 2 vol. , dont l'impression coûta 675,000 fr. à sir IL Il rsley. Un plaire de ce Museum à été t payé . 001) fr. dans une vente
  • Guillaume BURGH( 1741 - 1808) : écuyer , membre du parlement anglais, né en Irlande en 1741, d'une famille distinguée, se lit remarquer par son attachement aux principes de l'Église anglicane, et par la chaleur avec laquelle il e prononça contre la guerre d'Amérique, et ensuite contre la révolution fran-çaise. Lorsque Théophile Lindsey, premier ministre des unitaires, publia, en 1776, son Apologie pour résigner sa cure de Callerick, Burgh s'aperçut que cet ouvrage attaquait la doctrine fondamentale de l'Église, et composa, en anglais, un écrit remarquable par un profond savoir et une saine critique, intitulé : Réfutation, d'après l'Ecriture, des argu- ments contre le mystère de la Trinité L'université d'Oxford fut si satisfaite de cet ouvrage, et principalement de la suite, publiée sous le titre de Recherches sur la croyance des chrétiens des trois premiers siècles, York , 1778 qu'elle envoya à l'auteur le diplôme de docteur. On a encore de Burgh, en anglais, le commentaire et les notes du poihne du Jardin anglais de Mason, 1781 Mason et les célèbres orateurs Pitt, Burke et Wilberforce étaient liés particulièrement avec Bure, qui mourut le 26 décembre 1808, à York , où il avait demeuré quarante ans
  • Guillaume BURY( 1618 - 1700) : né à Bruxelles, en décembre 1618, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1639, et, étant à Rouie en 1644, obtint du pape une prébende de la métropole de Malines, qui, peu de temps après, fut érigée en canonicat. Il le permuta en 1696 pour un bénéfice simple, et mourut à Malines, le 30 avril 1700. Il a composé un grand nombre de petites poésies latines, relatives aux événements arrivés en diverses circonstances dans son pays. Par ces pièces, on voit qu'il avait l'esprit naturellement gai. On distingue en ce genre un recueil d'épigrammes badines qu'il composait pour se distraire des douleurs de la goutte. Le mélange du sacré et du profane les rend assez bizarres. Il faisait aussi des vers flamands qui se trouvent confondus, dans quelquesunes de ses compositions, avec les vers latins. Comme écrivain ecclésiastique, il est connu par l'ouvrage intitulé : Brevis Romanoruna pontificum Nothia, Malines, 1675 Padoue, 1724 ; Augsbourg, 1727. Ces deux dernières éditions vont jusqu'à Benoit XIII inclusivement. Cet abrégé de la vie des papes, qui suppose une certaine connaissance de l'antiquité ecclésiastique, est suivi d'un Onomasticon eiymologicum. C'est un petit dictionnaire destiné à l'explication des niots obscurs qui se rencontrent dans la liturgie. Ce n'est qu'un extrait bien sec de THierolexicon des frères Macri, publié à Rome, 1677
  • Guillaume BURNEY( 1762) : né vers 1762, avec de grandes dispositions pour l'instruction de la jeunesse, lutta pendant une partie de sa vie contre des circonstances difficiles dont enfin il eut le bonheur de triompher. Son principal titre à la reconnaissance publique est la fondation à Gosport de l'aca- démie royale, qui, depuis plus de quarante ans, a fourni à la GrandeBretagne tant de militaires et de marins distingués. Il se plut à y remplir, presque jusqu'au terme de sa carrière, les fonctions d'instituteur; et c'est en 1828 seulement qu'il consentit à se laisser remplacer par son fils. On lui doit plusieurs ouvrages auxquels leur spécialité a valu du succès. Ce sont : 1° les Héros maritimes de la Grande- Bretagne, ou Vies des amiraux et com- mandants distingués, 1806 Cet ouvrage fut entrepris à l'occasion de la mort récente de Nelson. 2° Le Neptune britannique, ou Histoire des perfec- tionnements de la marine royale, 1806 5° Die- tionnaire de marine, très-étendu. 4° Observations météorologiques
  • Guillaume BURTON( 1575 - 1645) : antiquaire, frère du précédent, né à Lindley, , en 1575., passa en 1595 de l'université d'Oxford dans l'école de droit d' , et exerça la profession d'avocat et de rapporteur près la cour des PlaidsCommuns; mais la faiblesse de sa constitution l'ayant obligé d'abandonner la carrière du barreau , il se retira à la campagne, et se livra uniquement à son goût pour les recherches relatives aux antiquités britanniques. Son principal ouvrage est sa Description du comté de LaCCSieT, de ses antiquités, de _ son armorial, etc. , Londres, 1622 ; 1777; compilation utile pour le temps où elle parut, niais qu'a fait oublier l'ouvrage de Dugdale sur le méme sujet. Burton mourut à sa terre de l'aide, dans le Staffordshire, le 6 avril 1645. Son fils Cassibelan donna en 1658 une traduction de Martial en vers anglais, et mourut en 1681. — Guillaume BURTON, auteur anglais du 17° siècle, né à Londres en 1609, et élevé à Oxford, consacra la plus grande partie de sa vie à l'instruction de la jeunesse, et fût maître d'école à Kingston sur la Tamise. Il était trèssavant, surtout dans les antiquités britanniques, et on le regarde comme un des meilleurs topographes anglais, depuis Camden. Son principal ouvrage est son Commentaire sur les passages de l'Itinéraire d'Antonin qui ont rapport à la Grande- Bretagne , Londres, 1658 On cite aussi de lui deux traités intitulés, l'un : Historia linguce grevai), l'autre : Atitketvec veleris linguce persicce. Ces deux ouvrages ont été imprimés ensemble en un seul volume, Londres, 1657, petit le deuxième a été réimprimé à Lubeck , 1720 avec les notes de Seelen. Dans ce dernier, Burton s'est contenté de rassembler une grande partie des mots de l'ancienne langue persane, que nous ont transmis les écrivains grecs et latins ; mais il n'a point cherché à les expliquer en les comparant au langage moderne des Petsans : il est mélitte étonnant que Burton, qui avait, diton, étudié les langues orientales, n'ait pas indiqué quelques étymologies qui se présentent comme d'ellesmêmes. Son ouvrage n'est aucunement comparable à la dissertation d'Adrien Reland , de Reliquiis veteris linguce persicce, qui se trouve dans le t. 20 de ses Dissertationes miscella- nece. Burton mourut le 28 décembre 1657, âge de 48 ans. On rapporte que son bisaïeul, zélé protestant, était mort de joie en apprenant la mort de la reine Marie. — Guillaume BURTON , médecin et auteur anglais, né à Rippon, dans le comté d'York, en 1697, étudia et prit le degré de docteur à Oxford. Il exerça avec beaucoup de réputation l'art de guérir, et mourut à York, en 4759, âgé de 62 ans. On a de lui Description of Leicestershire, with the Anagni- lies, etc. Londres, 1622 avec une carte et un port. ; réimprim. en 1777, mème format. — Un autre Guillaume BURTON , médecin et membre de la société royale de Londres, a publié : 1° Disser- tation sur le traitement des morsures des serpents venimeux ; 2° Histoire de la vie et des écrits de Barhaave, Londres, 1756, en anglais. Il mourut à Yarmouth, le 50 juillet 1757. — Jean BURTON, aussi médecin anglais, est auteur d'un Système nou- veau et complet de l'art des accouchements, arec la description des maladies particulières aux femmes en couches et aux enfants nouveau- nés, qui a été traduit par Lemoine, avec des notes, Paris, 1771-75, 2 vol. fig
  • Guillaume BUTLER( 1500) : gentilhomme irlandais, naquit au comté de Claie vers le milieu du 16° siècle. Poussé par sa curiosité naturelle, il entreprit dans sa jeunesse de voyager. Après un assez long trajet sur mer, il fut pris par des corsaires, et conduit en Afrique, où on le vendit comme esclave. Par un hasard singulier, le maitre auquel il échut en partage était un de ces mortels privilégiés auxquels le Seigneur a daigné révéler le secret de la bénite pierre. Il employa Butler aux travaux les plus pé- nibles de son laboratoire. Celuici ne fut pas longtemps sans reconnalue le but des opérations de son maitre; mais ce fut en vain qu'il essaya d'en saisir le lil. L'adepte se cachait si bien, que toutes les ten- tatives de Butler furent vaines. Le hasard le servit mieux que son intelligence. Il découvrit le lieu où son maitre cachait sa poudre, parvint à s'en saisir, à s'évader, et fut assez heureux pour arriver sans accident en Angleterre. Possesseur d'un trésor aussi précieux, notre Hibernois se mit à faire assez publi- quement des projections : prudence et richesse inopinée vont rarement ensemble. Le bruit de ces projections se répandit jusqu'à la cour. Un médecin du pays de Butler conçut, à son tour, le projet de lui ravir son secret. Pour y parvenir, il se déguise, et vient s'offrir au chimiste comme domestique : il est accepté ; mais Butler, devenu plus circonspect, s'enfermait pour faire ses opérations. Un jour, il eut besoin de plomb et de mercure, et chargea son nouveau valet d'aller lui en acheter. Avant que d'obéir, celuici va trouver l'hôte de Butler, et, par l'appàt d'une forte récompense, il le détermine à l'introduire dans une chambre contiguë à celle de son maitre, à la cloison de laquelle il fait à la hâte plusieurs trous. Lorsque Butler se fut mis à l'ouvrage, le faux laquais courut à son poste ; mais comme il avait pratiqué ses trous à une certaine élévation, et échafaudé plusieurs chaises pour y ;parvenir, son édifice s'écroula aunoment où il exa- minait avec le plus d'attention les opérations de l'alchimiste. Alarmé de ce bruit, Butler court, l'ézée à la main, dans la chambre voisine, et le médecin n'évite que par une prompte fuite les effets de sa colère. Furieux d'avoir manqué son coup, ce médecin alla dénoncer Butler comme faux monnayeur. On l'arrêta ; on fit chez lui d'exactes perquisitions, mais on n'y trouva aucune indice du prétendu crime, et il fut mis en liberté. Ne se croyant plus néanmoins en sûreté dans son pays, il s'embarqua de nouveau, avec l'intention de se retirer en Espagne. Avant que d'y arriver, il mourut sur mer en 1618, âgé d'environ 80 ans. Quelque temps après, le médecin, s'étant trouvé impliqué dans une conspiration, fut pendu. Butler a, parmi les adeptes, un titre bien plus grand encore à l'immortalité : c'est la fameuse pierre qui porte son nom, et dont il fut, ou l'auteur, ou tout au moins le propriétaire. Posée seulement sur la langue d'un malade, elle rappelle des portes du tombeau celui qui est près d'expirer. Van Helmont, et, d'après lui, l'abbé Rousseau, ont écrit sur les propriétés innombrables de ce divin arcane. Les cures qu'il cite surpassent en prodiges tout ce qu'on nous raconte de la baguette des fées ; et, ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est que la composition en est si facile, qu'on a peine à conce- voir que, possesseur d'un trésor si précieux, les hommes aient bien voulu continuer de se laisser mourir. Il ne s'agit, en effet, que de combiner entre eux, par l'union philosophique, le lion rouge, l'aimant et le ferment. Les personnes qui auraient le malheur de ne pas comprendre un langage aussi clair pourront s'amuser de la recette suivante, que nous avons extraite d'un vieux manuscrit « Triturez exactement ensemble six onces de vitriol, calciné au soleil ; sang humain desséché, une « once ; mumie, une once; usnée humaine, demi-« dragme ; vers de terre desséchés, quatre onces. « Enfermez ces poudres dans un matras, que vous « exposerez au soleil d'avril pendant un mois; elles « s'aggloméreront par l'action de la chaleur, et for-« meront la pierre de Butler
  • Guillaume BYRNE( 1746 - 1805) : né à Cambridge en 1746, apprit de Woollet l'art de la gravure. Il passa en France en 1770, y travailla sous Jacq. Aliamet et Wille, et grava alors à Paris plusieurs sujets de paysage et de marine, entre autres le Fanal ex- haussé, d'après Vernet. De retour en Angleterre, il donna la Nor/ du capitaine Cook, d'après Webber, et le Départ d'Abraham, d'après Zuccharelli. Dans ces deux estampes, les figures sont de Bartolozzi; et en effet, le genre où Byrne a réussi le mieux est le paysage. On a de lui plusieurs morceaux d'après Wilson, qui l'appellent le talent avec lequel Woollet a gravé les paysages de ce peintre. qui, plus qu'aucun autre, s'est approctié de Claude Lorrain; toutefois, le plus important ouvrage de Byrne est une suite de vues qu'il a exécutée de concert avec Heune, intitulé : Antiquités pittoresques de la Grande- Bretagne. Cette collection est une des plus intéressantes qui existent, soit à cause du goût avec lequel les vues sont prises, soit à cause de l'exactitude qu'on a mise à rendre les détails (l'architecture, soit enfin a cause du talent remarquable de l'auteur. Byrne est mort à Londres en 1805
  • Guillaume CACCIA( 1568 - 1625) : l'un des premiers et des plus habiles peintres de l'école piémontaise, fut surnommé il Noncalvo, parce qu'il passa dans cette ville la plus grande partie de sa vie. Né vers 1568, A Montalffle dans le Monferrino, de parents origi- flaires de Novare, il fut amené fort jeune à Moncalva, et il y reçut son éducation. On conjecture qu'il fut l'élève de George Soleri 'oy. ce nom), excellent peintre milanais ; et l'on retrouve en effet dans ses ouvrages la finesse du dessin et le coloris graOenx qui caractérisent ce maitre. Caccia peignit d'abord quelques sujets de l'histoire sainte dans les chapelles du mon,t Crece, pèlerinage aux environs de Moncalvo. De là vient que le P. della Valle, dans ses Lettere sanese, ' parlant de la première manière de Caccia, la nomme son style de Guez. Mais il fit bientôt dans son art cles progrès assez rapides potkr mériter d'être proposé comme modèle à tous les peintres de fresques. Il a décoré plusieurs églises de Milan. Dans celle de StAntoine, il a peint, outre le patron, un St. Paul ermite, qui soutient, ‘,aris y rien perdre, le dangereux voisinage des fresques de Carloni. Les talents que Caccia montra pendant son séjour à Pavie lui méritèrent l'honneur, alors aussi rare que recherché, d'ètre inscrit sur le livre de la Citadinanza. Il peignit à Novare la coupole de StPaul qui représente une gloire d'anges de l'effet le plus gracieux. Plusieurs autres villes de la Lombar- die possèdent des tableaux et des fresques de Caccia ; mais c'est surtout dans le Piémont que l'on voit le plus grand nombre des ouvrages de cet artiste laborieux. Sur la route de Turin à Milan il n'est pas une seule ville qui n'offre quelquesunes de ses compositions; mais Lanzi prévient les curieux qu'ils en trouveront de plus précieuses encore dans les cliàteaux et les villa principalement du Monferrino. Parmi les meilleurs tableaux de Turin, on cite son St. Pierre revêtu de ses habits pontificaux à SteCroix, et Sie. Thérèse en extase, dans.l'église de ce nom mais on s'accorde assez généralement à regarder comme son chefd'oeuvre la Déposition de croix que l'on voit à Novare. Dans ses paysages, Caccia tient de Drill ; son dessin a quelque chose de la pureté de Raphaël, d'André del Sarto et du Parmesan. Le musée royal de Turin possède de lui une Vierge que l'on serait tenté d'attribuer à del Sarto, si le coloris en était plus vigoureux. La petite ville de Chiai, et enfin 3Ioncalvo, sa patrie adoptive, possèdent plusieurs tableaux de Caccia qui seraient l'ornement des églises ou des galeries les plus magnifiques. On voit que ses ouvrages sont trèsnombreux; mais comme il s'est fait souvent aider par ses élèves, il en est plusieurs dont les différentes parties ne sont pas également bonnes. Son école à Moncalvo parait avoir été trèsfréquentée. Au nombre de ses élèves, on doit distinguer deux de ses filles, Françoise et Ursule, qui s'approprièrent si bien la manière de leur père, qu'on aurait peine à distinguer leurs ouvrages des siens, sans la précaufion qu'ellis ont prise de les marquer par une fleur et par un oiseau. Ursule établit une maison d'éducation à Moncalvo, sous le vocable de sa patronne ; et, si l'on en croit Orlandi , elle y prit le voile avec ses cinq soeurs. Guillaume mourut en 1625. Le musée royal de Paris ne pos- sède aucun tableau de ce maitre. On peut consulter, pour plus de détails, la Storia pittorica de Lanzi, liv
  • Guillaume CAILLET : paysan né au village de Mello, dans le Beauvaisis, fut chef de la faction dite la Jacquerie, qui se forma en 1558, pendant que le roi Jean était prisonnier en Angleterre. Le nom de Jacquerie lui fut donné parce que les séditieux nommaient leur chef Jacques Bonhomme . Les Jacques s'élevèrent bientôt, dans les provinces Voici l'origine de ce nom. Pendant ces temps désastre« oi1 la France n'avait qu'un roi insensé, la reine et les princes, qui gon- versaient sous le nom du malheureux Charles VI, se livraient au luxe le plus effréné, et les gentilshommes des provinces voisines de la cour suivaient cet exemple. Quand un gentilhomme était épuisé par ses prodigalités, il ne craignait pas de les renouveler en disant : Jacques Bonhomme payera tout. Jacques Bonhomme, c'était le vassal. Le paysan des campagnes, après avoir tout souffert, se souleva enfin , et les excès qui souillèrent ses vengeances 011t fan oulgief aux historiens la justice de la cause. septentrionales de la France, à 'près de 100,000 • hommes, divisés par bandes, armés de bâtons ferrés, égorgeant les gentilshommes, brûlant les chàteaux et portant partout la flamme et le pillage. Ge qu'il y a de remarquable, c'est que ce soulèvement arriva presque le méme jour dans diverses provinces. On lit avec un étonnement mêlé d'horreur, dans les historiens contemporains, le détail des excès abo- minables que commirent ces forcenés. Quand on leur demandait, dit Froissard, les motifs de leur soulèvement et de leur furie, ils répondaient « qu'ils « ne sçavoient, mais qu'ils fesoient ainsi qu'ils « voyoient faire les autres, et pensoient qu'ils dus-« sent en telle manière détruire tous les nobles et gentilshommes du monde. » il y- eut plus de deux cents châteaux de brûlés. Les nobles épouvantés cherchèrent un asile dans les villes fortifiées. Enfin des chevaliers de Flandre, de Brabant et de Bohéme vinrent au secours des gentilshommes français, qui se réunirent et s'armèrent. Le dauphin se mit à leur tète. Les Jacques furent partout attaqués et vaincus ; il s'en fit un grand carnage : on tuait même ceux qui étaient paisibles dans leurs champs et dans leurs foyers. Charles le Mauvais en lit passer 1,000 au fil de l'épée. 11 s'empara de Gaillet, lui lit trancher la tète, et tout le reste se dissipa
  • Guillaume CAMDEN( 1551) : célèbre antiquaire, naquit à Londres, en 1551, de parents pauvres, et reçut une éducation gratuite, à ce qu'il paraît, dans l'hôpital de Christ. Les dispositions qu'il montra de lionne heure pour l'étude lui procurèrent, en 1566, une place à Oxford , où il fut soutenu par la générosité du docteur Thornton , l'un de ses mitres. Soit , comme on l'a prétendu , que son attachement au protestantisme lui attire l'animadversion des catholiques, qui avaient encore alors un parti assez fort dans les universités, soit par toute autre cause, il parait que l'avancement de Camden ne répondit pas d'abord à son mérite ; mais il trouva des protecteurs généreux , qui l'aidèrent de leur bourse et de leur crédit; et il fut enfin nommé, en 1575, second maitre de l'école de Westminster. Ce fut alors que, dans les moments de loisir que lui laissaient les fonctions de sa place, il commença à se livrer à l'étude des antiquités de son pays , et forma le projet de son ouvrage, intitulé : Britannice Descriptio, recueil qui est devenu la source où, depuis cette époque, ont puisé tous les historiens d'Angleterre. Cet ouvrage , dont le perfectionnement a été l'occupation de toute sa vie, parut, pour la première fois, en 1586 ; c'était le fruit de plusieurs années d'études, de recherches, de voyages dans l'intérieur de l'Angleterre , entrepris pour la plupart avec le secours de ses amis, mais dont la durée était bornée par les devoirs de sa place. Le succès de la première édition lui donna les moyens de perfectionner les autres, en augmentant ses relations avec les savants de tous les pays. 11 s'était particulièrement lié , dès l'année 1582 , avec le président Brisson , chargé à cette époque, par la cour de France, d'une négociation en Angleterre. En 1593, il fut nommé premier maitre de l'école de Westminster. 11 avait déjà publié trois éditions de son ouvrage , 1586 , 1587 , 1590. En 1594 , il donna la quatrième, avec de telles augmentations qu'elle formait , pour ainsi dire , un nouvel ouvrage . Sa réputation était alors au plus haut degré. Il avait pour amis les hommes les plus puissants , ainsi que les plus savants du royaume , entre autres le lord trésorier Cécil. Il fut nommé , en 1597, roi d'armes de Clarence. Cette place lui laissa la liberté de se livrer entièrement à ses travaux, auxquels fut extrêmement utile l'intime amitié qui le liait avec sir Robert Cotton , fondateur d'une des plus célèbres bibliothèques d'Angleterre. Ce fut en La 5e édition est de 1600 ; la e et la meilleure a paru à Londres, 1607 ; une 7e fut donnée à Francfort, avec une édition des Annales dis régne d'Élisabeth, 1616, in—Se. Cet ouvrage a fait appeler Camden le Varron, le Strabon, le Pausanias anglais. La description qu'il donne de l'Angleterre est plus estimée que sa description de l'Écosse, et celle—ci plus estimée que sa description de !'Irlande ; ce qui explique le distique suivant Perlustras Aoglos oculis, Canulene, duobus, Une ocuto Scotos, cocus Hibernigenas. 1606 qu'il entra en correspondance avec le président de Thou , et cette correspondance continua avec une grande activé pendant onze ans, c'est-àdire jusqu'à la mort du président, à qui les notes de Camden ont été fort utiles pour la composition de son histoire , relativement aux affaires d'Angleterre. En 1615 , il publia la première partie de ses Annales du règne d'Elisabelh. Cet ouvrage eut un grand succès ; mais l'histoire d'un temps si récent intéressait de trop près des familles alors existantes pour ne pas élever contre l'auteur un grand nombre de réclamations. Ce fut, diton , afin tic ne pas s'y exposer davantage , qu'il se résolut à ne point publier de son vivant la seconde partie ; on peut cependant penser qu'il ne prit pas cette résolution absolument de luimême, puisque l'on voit clans ses lettres qu'il soumet cette seconde partie à la judicieuse censure de Sa Majesté , selon le bon plaisir de laquelle elle sera ou imprimée, ou supprimée , ce qui lui est , ditil , indifférent ; et il ajoute : « Je niai pas de répugnance à ce qu'elle « soit imprimée de mon vivant, mais je n'en ai pas « le désir ; » et les précautions qu'il prit pour qu'elle ne fia pas mutilée ou totalement supprimée indiquent quelque crainte à cet égard. Après avoir terminé cette seconde partie, en 1617, il fut plusieurs années indécis sur le choix de la personne à qui il confierait son manuscrit. Ses amis le pressaient de l'envoyer en pays étranger ; mais gardant l'original, qui a été depuis déposé dans la bibliothèque Cottonienne , il en envoya une copie à Paris , à son ami Dupuy, qui, selon la promesse qu'il lui en lit alors, l'a fait imprimer à Leyde , en 1625 , 2 vol. Elle a été réimprimée à Londres en 1627 à Leyde, en 1639 et plusieurs fois depuis; la meilleure édition est celle que Thomas Hume a faite de l'ouvrage entier, sur une copie corrigée de la main de Camden . Ces annales ont été traduites du latin en français par Paul Belligent, avocat au parlement de Paris , Paris, 1627 et du français en anglais , par un nommé d'Arcy. Cette dernière traduction est remplie de fautes : il y en a plusieurs autres, niais aucune de bonne. On a cru qu'un peu de complaisance pour Jacques I" , fils de Marie Stuart , avait légèrement altéré l'exactitude de l'historien sur quelques faits relatifs à cette princesse. Burnet a prétendu , mais sans preuves, que plusieurs passages avaient été changés par ordre du roi Jacques , et que c'était pour échapper à de pareilles corrections que Camden avait envoyé son manuscrit dans un pays étranger. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage offre le même genre de mérite que les autres ouvrages de Camden , une fidélité généralement scrupuleuse , des recherches curieuses , beaucoup d'ordre et de clarté, un style simple et convenable, enfin tout ce qui rend la science véritablement utile. Outre les ouvrages cités , Camden en a laissé plusieurs autres, dont les principaux sont :1° Grammatica3 greco Insiitulio, etc., Londres, 1597 ; réimprimée en 1624 ; 2° un recueil, en anglais titulé : Restes... , etc., qui contient ceux des matériaux qu'il avait rassemblés pour sa Britannice Descriptio, et qu'il n'a pas cru devoir y faire entrer. Cet ouvrage, qu'il ne donne, , ditil, que comme les balayures de l'autre, et qu'il n'a signé que des lettres M. N., contient, parmi des choses insignifiantes, un grand nombre de particularités curieuses et piquantes. Il a composé pour la société des antiquaires plusieurs traités séparés sur les antiquités anglaises, dont quelquesuns ont été recueillis par Thomas Hearne , et d'autres se sont perdus. 11 a composé aussi quelques vers latins , et fait, par ordre du roi Jacques, une relation de l'affaire concernant la conspiration des poudres. Il a donné une collection des anciens historiens anglais, écossais, irlandais et normands, sous le titre d'Anglica, Cambrica a veteribus Scripta, etc., Francfort, 1602 et 1603 Il mourut le 9 novembre 1625, et fut enterré à l'abbaye de Westminster, à côté de Casaubon, et en face du tombeau de Chaucer. On lui a élevé un monument de marbre, sur lequel on voit sa statue, dont le nez a été cassé par un jeune homme, offensé de quelques passages des Annales du règne d'Elisabe S—D.
  • Guillaume CANTER( 1542) : était fils de Lambert Canter, sénateur d'Utrecht. Il naquit dans cette ville le 24 juillet 1542. Après ses études, et quelques voyages littéraires entrepris pour visiter les savants et les bibliothèques de France, d'Allemagne et d'Italie, il se fixa dans la ville de Louvain. Sans ambition, sans autre passion, que celle de l'étude, Canter ne'voulut prendre de grade dans aucune université, et s'éloigna de toute espèce de fonctions publiques, pour sé livrer exclusivement et sans réserve à la culture des lettres savantes. 11 ne voulut point non plus se marier,. craignant les distractions que peuvent causer une épouse et des enfants, et il mourut sans avoir jamais eu de liaison avec aucune femme. L'amitié même lui semblait dangereuse ; il était souverainement ennemi des repas et des réunions de société; et quand il consentait à recevoir quelqu'un, cette rare exception n'avait jamais lieu Glue pour un savant. Chaque heure de la journée avait' son usage déterminé d'avance, et il observait scrupuleusement la règle qu'il s'était faite. «Je n'ai « jamais vu » dit Juste Lipse, dans une de ses lettrès , « je n'ai jamais vu un esprit « si infatigable, si arnoureux des travaux littéraires, « si propre à les supporter. 11 est au milieu des lice vies et des papiers'le jour, la nuit, sans cesse; il « n'en bouge pqs. Tous les jours de la vie vont de « conipte fait à ees études savantes ; que disje? e toutes les betires : il les est consacrée la clepsydre sous « les yeux : et chacune es consacrée à telle ou telle « lecture, à telle ou telle composition. » Cet excès de travail jeta Canter dans une maladie de langueur dont il mourut, n'ayant pas encore 53 ans accomplis, le 18 mai 1575. Ses ouvrages sont nombreux, et l'ont placé parmi les plus habiles critiques. En voici l'indication :1' Orationes junebres in obi- tus aliquot animalium. Ces discours sont traduits de l'italien d'Ortansio Lando. La 2° édition est de Leyde, 1591 L'ouvrage de Lando avait été traduit deux fois en français ; la première par Pontoux ; la seconde par François d'Amboise, sous le faux nom de Thierry de Timophile . On a cru que Canter, qui savait peu l'italien , s'était aidé de l'une ou de l'autre de ces versions. 2° Nova; Lediones, etc. la 1" édition n'avait que 4 livres; la 2e en eut 7 ; la 5' fut donnée s Anvers en 1571 et est aussi complète que celle de Gruter, qui a imprimé les Novce Lectiones en 9 livres, dans le t. 9 de son Thesaurus criticus. Le 4' livre qui, dans les autres éditions, a 31 chapitres, n'en a que 30 dans Gruter, et c'est de ce diapitre retranché qu'est formé le 9e livre. Les ./yoval Lectiones sont un recueil trèsprécieux d'observations philologiques ; la critique verbale en est le principal objet. Scaliger prétendait que Canter lui avait volé un bon nombre d'excellentes remarques, et ce reproche n'a pas semblé tout à fait injuste. 5° Aristidis Oraliones. C'est la traduction latine des discours d'Aristide. Ilciske a dit qu'Aristide était, après Thucydide, le plus difficile des auteurs grecs, et cette opinion a été adoptée par l'abbé More. En traduisant d'une manière à la fois élégante et fidèle un écrivain aussi obscur, Canter se fit beaucoup d'honneur. Cette traduction, imprimée pour la première fois à Bile, 1566 en 3 parties, a reriaru dans l'Aristide de P. Étienne, et dans celai de Jebb. Canter y joignit, dans une partie, la traduction de quelques discours de Gorgias, d'Antisthène, d'Alcidamas, de Lesbonax, d'Hérode Atticus, etc. A la fin de cette 4' partie, on trouve : 4° Syntagma de ratione emendandi groecos autores. Ce petit ouvrage, où sont indiquées les principales sources de,la corruption des textes grecs, vit le jour pour la seconde fois, et avec des augmentations, à Anvers, 1571 Jebb l'a imprimé dans le 5" volume ' de son édition d'Aristide. 5° Aristotelis Pepli Fragmentuml Bille, 1566 ; et Anvers, 157! Canter est le premier qui ait attribué à Aristote les épitaphes anonymes des héros grecs morts à Troie, et il les a données, sous ce titre, avec une traduction latine, qui a été réimprimée fréquemment. 6° Euripides, Anvers, 1571 Dans cette édition, Canter a, le premier, mis quelque ordre et qnelqqe mesure dans les choeurs. fi dpit être compté parmi les meilleurs éditeurs d'Euripide. 7° Sophocles, Anvers, 1579 édition rare et estimée. 8° lEschylus, Anvers, 1580 ; le travail de Canter est fort bon, et ce volume n'est pas commun. 9' Nous nous bornerons à nommer ses traductions latines de 4ycophron, de Stobée, de Pléthon, de quelques ou- yrages de Sznésius • ses notes sur sur les , , Mires diverses et les Cers dé Cicéron; ses Variée L'ajoncs ad Biblia graya, dans le Be volume de la Polyglotte d'Anvers. 11 y a de lui, dans le recueil intitulé : Delicke Poetarum Belgicorum, quelques pièces qui prouvent qu'il n'était pas sans talent pour la poésie latine
  • Guillaume CAOURSIN( 1430) : né à Douai, vers 1450, d'une famille originaire de l'île de Rhodes, possédée alors par les chevaliers de StJean de Jérusalem, obtint, par sa capacité, la confiance du chapitre de l'ordre, et en jouit pendant plus de quarante ans. Son mérite le lit dispenser des voeux En 1484, Caoursin fut député par le grand maitre à Innocent VIII, pour le complimenter au sujet de son exaltation, et lui demander sa protection pour l'ordre. Le pape fut si satisfait du discours qu'il prononça dans cette circonstance , qu'il le nomma comte palatin , et lui donna le titre de secrétaire apostolique. L'année suivante, il se rendit à Naples, pour conférer avec le roi Ferdinand sur les mesures à prendre à l'égard de Zizim, frère de Bajazet, qui s'était réfugié dans l'île de Rhodes, pour se soustraire à la cruauté de son frère. Enfin, lorsqu'en 1488, il fut décidé que malheureux prince serait remis au pouvoir du pape , Caoursin vint encore à Rome pour régler les conditions. Cette affaire est la dernière dont il ait été chargé. Il passa le reste de ses jours dans sa famille ; car il était marié depuis 1431, et, à cette occasion même , le grand maître lui avait fait un présent. 11 mourut en 1501. Caoursin a écrit plusieurs ouvrages en latin, qui ont été recueillis et imprimés à Ulm, en 1496 avec des ligures en bois. Le principal est la deseriplion de la ville de Rhodes, et l'histoire du siége qu'elle a soutenu contre les 'nives : Obsidionis et urbis Ehodiœ liescriptio. On en connaît une édition, Rome, sans date et une autre, Rome, 1584 avec des augmentations. Les ouvrages de Caoursin ont eté imprimés à Ulm, 1496, grand orné (le gravures sur bois; ils sont tous relatifs à l'ordre que servait l'auteur et aux différentes commissions dont il avait été chargé. On en trouve la liste dans les Mémoires de Niceron, t. 15, et dans Paquot, t
  • Guillaume CAPON( 1757 - 1828) : artlké anglais , né à Norwich, le 6 Octobre 1757, commença par élndier l'art de peindre le portrait sous la direction de son père, était tin artiste de qiielqiie mérite. Mais bientat sà vocation POur l'architecture se déploya Si fortement , en 1794; mais ce qui lui assure un rang des plus élevés , ce sont surtout les décors magnifiques dont il enrichit les théàtres de DruryLane et de CoventGarden. Le célèbre acteur Kemble, qui présidait par luimème au premier de ces deux établissements , s'était proposé d'opérer une révolution scénique dont son génie supérieur embrassait simultanément toutes les parties ; et, pour arriver à ce grand but, il fallait élever, élargir les idées , rectifier , épurer le goût du public. Enlisant dans les mêmes vues , Capon seconda son ami de la manière la plus utile , et l'on peut dire sans exagération que personne plus que lui , parmi les entours de Kemble , ne put s'attribuer une aussi large part dans les améliorations que l'art dramatique reçut à cette époque. Rien de plus beau comme art, rien de plus fidèle comme imitation que les décors de cet architecte. Cette fidélité qu'il poussait au plus haut degré n'était pas chose vulgaire et facile. Capon partait de ce principe , bien simple en théorie, mais sujet à beaucoup de difficultés dans la pratique, qu'un lieu quelconque , palais ou son , campagne ou place publique, doit être représenté par le décorateur tel qu'il existait à l'époque à laquelle l'auteur dramatique place son action. Or, après des siècles écoulés, il peut se faire que la physionomie du pays ait subi des changements graves ; et des monuments souvent il ne reste que des ruines. Tel a presque toujours été le cas pour les décors de Capon. Dans ces occasions , ce qti subsiste encore des débris d'un monument, et ce qu'on peut recueillir de renseignements descriptifs dans les écrits du temps et quelquefois par des plans ou des dessins , voilà les seules ressources que l'artiste ait à sa disposition. Les travaux continuels de Capon et la disposition particulière de son esprit lui avaient donné une connaissance si profonde de l'ancienne manière d'être des hommes et des choses ; il la sentait si vivement, que , sur des bases fragmentaires, il reconstruisait magnifiquement par la pensée , et bientôt par le pinceau , les monuments et les sites qui n'existent plus. Si l'on veut comprendre comment Capon avait acquis ce tact divinatoire par lequel il ressuscitait les monuments anciens à l'aide de quelques pierres, comme Cuvier à l'aide d'os épars reconstruisait le squelette, décrivait les formes et constatait la vie des races détruites, il faut savoir qu'il ne sortit jamais sans album et sans crayons, et qu'il esquissa dans sa vie peut-être 40,000 vues de vieilles ruines ou de paysages animés par quelques fabriques. Chaque fois qu'il le pouvait, il prenait exactement les mesures des débris qu'il soumet-!tait à l'investigation ; et autant Carter, son ami , se montrait inexact et superficiel dans cette partie des recherches, autant Capon y mettait de soins minutieux et de méticuleuse fidélité. Capon mourut à Londres, le 26 septembre 1828. Il s'occupait alors des plans d'une église d'ordre dorique avec un portique tétrastyle et une coupole. Ses préférences pourtant n'étaient point pour l'architecture classique.. amateur enthousiaste du genre improprement nom- nié gothique , c'est de ce dernier qu'il aimait à reproduire les masses imposantes, les colonnettes et les pointes qui s'élancent dans la nue. Peut-être estce par suite de cette circonstance qu'il fit plus de décors que de constructions. Ne pouvant donner la liste des décorations exécutées par Capon, nous nous bornerons à rappeler les plus remarquables. Ce sont : une salle du conseil du palais de Crosby pour la représentation de Jane Shore, 1794 ; une résidence baroniale du temps d'Edouard IV; l'hôtel Tudor du temps de Henri VII ; le vieux Westminster, tel qu'il était il y a trois siècles; la cour de Londres dans son état primitif, pour Richard III. Malheureusement le feu qui consuma le théâtre de DruryLane- a détruit ces ouvrages , et les plus beaux monuments de Capon ne pourront plus être jugés par la postérité
  • Guillaume CAPPEL : fils d'un avocat général au parlement de Paris, se trouvait recteur de l'université en 4491, époque à laquelle le pape Innocent VIII venait d'imposer une décime sur ce corps. Cappel en interjeta appel comme d'abus, dans une assemblée des quatre facultés, et défendit, par un décret, à tous les suppôts de l'université, sous peine d'en étre exclus, de payer ladite décime. Ayant ensuite pris le bonnet de docteur, il remplit une chaire de théologie avec tant de réputation, qu'on accourait de toutes part pour assister à ses lec,ons. Il devint curé de SICôme, et mourut doyen de la faculté de théologie. Dans sa dispute avec le pape Innocent VIII, il avait publié un ouvrage pour soutenir son appel
  • Guillaume CHARENCY : conseiller au parlement de Grenoble vers le commencement du 17e siècle, a laissé un traité qui a été publié après sa mort sous le titre de Pratique judiciaire tant civile que criminelle, 1658 Cet ouvrage, ayant été tiré à un grand nombre d'exemplaires, est encore trèscommun, quoiqu'on ne l'ait jamais réimprimé; mais les jurisconsultes n'en font aucun cas, parce qu'il est rédigé sans méthode, dans un mauvais style, et qu'il est rempli d'erreurs grossières. — Un autre CHARENCY, nominé aussi Guillaume, contemporain du précédent, et peut-èt•e de la mème famille, fut chanoine de StSauveur de Crest, sa patrie. Il a composé la Clef du sens littéral et moral de quelques Psaumes de David. Cet ouvrage est aussi rare que celui du jurisconsulte l'est peu
  • Guillaume CARSTARES( 1649 - 1715) : théologien écossais, né en 1619 à Catlicart. fit ses études à Utrecht, où nombre d'Ecossais allaient alors chercher une patrie. La connaissance qu'il avait des affaires de l'Angleterre, son adresse et sa prudence, le rendirent recommandable auprès du prince d'Orange, qui le nomma son chapelain particulier, le lit choisir ministre de la congrégation anglaise de Leyde, et l'employa comme son secrétaire de confiance. ftIl « revint dans son pays, dit Burnet, avec tous les se-« crets du prince d'Orange dans son sein. » Arrêté à l'occasion d'une conspiration qui venait d'être dé. couverte , il fut mis à la torture , dont l'usage subsistait encore en Écosse, et ne déclara rien ; mais ensuite, flatté de l'espoir d'un pardon absolu, et sur la promesse que ses aveux ne serviraient de témoignage contre personne, il consentit à une déclaration judiciaire, que, malgré la promesse qui lui avait été faite, on employa judiciairement contre un de ses amis. Il retourna en Hollande, où il fut reçu du prince d'Orange comme le méritaient les souffrances qu'il avait endurées pour lui. Lorsque ce prince se fut élevé au trône d'Angleterre , il nomma Carstares son chapelain pour l'Écosse, mais désira le conserver près de lui. Guillaume manifesta bientôt l'intention d'établir l'épiscopat dans ce royaume sur le même pied qu'en Angleterre. Carstares, qui prévoyait le danger d'une pareille mesure, s'y opposa de tout son crédit. Des ordres sévères avaient été expédiés pour faire signer aux ministres écossais une déclaration qu'ils avaient refusée. Les dépêches étaient remises au courrier, qui devait partir le lendemain matin. Carstares l'apprend, va au milieu de la nuit demander lEs dépêches au courrier de la part du roi, court à Kensington, fait éveiller le prince, tombe à genoux pour demander pardon de sa hardiesse ; le roi, d'abord irrité, l'écoute, et afin, convaincu du danger des ordres qu'il avait donnés, jette les dépèches au feu, et charge Carstares de prendre les mesures les plus convenables. Ce service lui valut, dans son parti) une considération qu'il fit souvent servir à le modérer, et qui lui acquit ainsi à la cour le plus grand crédit sur les affaires d'Écosse. Son politique finit avec la vie de Guillaume. La reine Anne lui conserva néanmoins la place de chapelain pour l'Écosse. Il fut ensuite nommé principal de l'université d'Édimbourg-, l'un des ministres de cette ville, et quatre fois modérateur de l'assemblée générale. Il mourut en 1715, après avoir travaillé efficacement à procurer l'union des deux royaumes, et rendu de grands services aux universités d'Ecosse. Ses papiers d'Etat et ses lettres , précédés d'une notice sur sa vie, ont été publiés en 1774
  • Guillaume CARTWRIGHT( 1611 - 1644) : théologien et poéte anglais , naquit en 1611 à Northway, dans le ' comté de Glocester. Il fit une partie de ses études, comme élève royal, à l'école de Westminster, et acheva son éducation à Oxford, où il prit les ordres, et se distingua dans la chaire par l'éclat d'une éloquence brillante, soutenue du plus beau débit et de la plus belle ligure. 11 remplit aussi avec un grand succès, à cette même université, la place de professeur de métaphysique. 11 obtint plusieurs bénéfices, et composa des pièces de théâtre , peu connues aujourd'hui, mais représentées alors avec succès par les étudiants et même par les docteurs de l'université. Un entre autres, l'Esclave royal , tragicomédie, fit tant de plaisir à la reine, qu'elle voulut la voir représentée ensuite par ses propres comédiens , afin de comparer les divers talents de ces acteurs d'espèce très - différente ; mais, d'après le jugement unanime, l'avantage demeura à l'université. Cartwright mourut en 1644, âgé de 33 ans. Il a été prodigieusement loué par les poêles de son temps, et le recueil de ses pièces de théâtre , au nombre de quatre, imprimées ensemble sous ce titre : Comedies, Tragi- coinedies, and Poems, Londres, 1651 , contient aussi cinquante pièces de vers à sa louange, toutes à la vérité par les beaux esprits de l'université, à laquelle il avait donné un éclat d'un genre particulier. Ben Johnson l'appelait son fils , et l'aimait beaucoup. On a de Cartwright des poésies grecques, latines et anglaises. — On connaît plusieurs autres théologiens anglais du même nom dont les ouvrages sont à peu près oubliés maintenant
  • Guillaume CASLON : célèbre fondeur de caractères d'imprimerie, en 1692, à HalesOwen, en Shropshire, n'était d'abord que graveur d'ornements SI!!. les canons d'armes à feu ; il se mit ensuite à graver des caractères pour les relieurs. L'impri- meut Bowyer ayant, par hasard, vu de ces ca- ractères, désira connaître Caslon ; il le conduisit à la fonderie de James, et lui demanda s'il se croyait en état de graver des caractères typographi- ques : celuici répondit qu'il lui fallait un jour pour examiner la chose. Ce délai expiré, il dit à Bowyer qu'il ne cloutait point d'y réussir. D'après cette réponse, Bowyer, Bettenham et Watts lui prêtèrent 500 livres sterl., pour commencer à établir une fonderie, qui ne tarda pas à prospérer. En 1720, la société pour les progrès des connaissances chrétiennes voulut faire imprimer, pour l'usage des églises d'Orient, le Nouveau Testament et les Psaumes en arabe, et choisit Caslon pour fondre les caractères désignés dans ses épreuves, sous le nom d'arabe- an- glais. Palmer, auteur prétendu d'une histoire de l'imprimerie qui appartient à Psalmanazar, ayant vu le nom de Caslon en cicéro à la fin d'une épreuve de ses caractères , conseilla à notre artiste de fondre des caractères cicéro. Il suivit cet avis, et surpassa ce qu'avaient fait les autres fondeurs jusqu'à cette époque. Palmer en ressentit de la jalousie, et CasIon se vit obligé de recourir à Bowyer, sous l' duquel il fondit, en 1722, les beaux caractères anglais qui ont servi à imprimer les oeuvres de Selden, et les caractères cophtes employés dans l'édition du Pentateuque, de David Wilkins. Caslon atteignit dans son art une telle perfection, qu'il affranchit l'Angleterre de la nécessité de tirer des caractères de Hollande, et que les siens, remarquables par leur élégance, furent demandés sur le continent. On en a des épreuves dans un recueil intitulé Specimen of printing types, Londres, 1764, iiz-8°, rare. Sa fonderie de ChiswellStreet devint par la suite une des premières de l'Angleterre. Elle est encore tenue par sa famille. Caslon mourut le 25 janvier 1766. — Son fils Guillaume , mort en 1778, a suivi avec distinction les traces de son père
  • Guillaume CAVE( 1637 - 1713) : savant critique anglais, né le 30 décembre 1657, à Picwel, dans le comté de d Leicester, où son père était ministre, fut éleVè au collège de StJean de Cambridge , posséda successivement différentes cures, devint chapelain de Charles II, puis chanoine de Windsor, en 1684, consacra toute sa vie à l'étude des antiquités ecclésiastiques, et mourut le 13 août 1715, à Windsor, où il était chanoine depuis 1684. Son assiduité au travail et sa profonde érudition sont suffisamment attestées par les ouvrages suivants : •° le Christianisme primitif; ou la Religion des anciens chrétiens, en anglais, Londres, 1675 plusieurs fois réimprimé ; traduit en français, Amsterdam, 1712, 2 vol. : la 5e partie de cet ouvrage rentre dans le sujet que Fleury a bien mieux traité dans ses Moeurs des chrétiens. 2° Antiquités apostoliques, ou Histoire des apôtres, avec une grande introduction aux trois grandes économies de l'Église, patriarcale, mosaïque et évangélique, en anglais, Londres, 1676 et 168i 3° Apostolici, ou Histoire tics hommes apostoliques ou contemporains des apôtres et de ceux qui vécurent dans les ( rois premiers siècles, au nombre de vingt- trois, depuis St. Étienne premier martyr, jusqu'à St. Denis d'Alexandrie, en anglais, Londres, 1677 et 1682 : on y a ajouté une chronologie de ces trois siècles. 4° Ecclesias( ici, ou Histoire des Pères du •° siècle et de toutes les hérésies de la même époque, précédée d'une dissertation sur l'état du paganisme sous les premiers empereurs chrétiens, en anglais, Londres, 1683 ; 1687 5° Dissertation sur le gouvernement de l'ancienne Église, par les évêques, les métropolitains et les patriarches, contre l'autorité cl la juridiction du pape, en anglais, Londres, 1685 6 Tabulœ ecclesiastico, Londres, 167.4 ; Hambourg, 1676. L'auteur revit cet ouvrage, l'augmenta, le mit dans une nouvelle forme, et le donna de nouveau au public, en 1685, sous le titre de Cartophykir ecclesiasticus ; Colotniez y lit des suppléments, Londres, 1686 ; l'édition la plus ample est de 1689, sous ce titre : Ad G. Cave Carlophylacem Paralipomena. Cave s'est arrèté à Luther. 11 a beaucoup profité des dissertations du P. Labbe, sur le traité de Bellarmin, de Scriploribus ecclesiasticis. En le co il s'était proposé de pressentir le goût du public sur l'ouvrage suivant, auquel il doit principalement sa réputation : Scriptorum ecclesiasli- cor. Historia li( leraria. La première partie parut à Londres en 4688, et la seconde en 1698, 2 vol. Les libraires de Genève en donnèrent. en 1703 , une contrefaçon , qui causa à l'auteur une perte considérable, et le dégoûta de livrer à l'impression une nouvelle édition, à laquelle il ne cessa cependant de travailler, et dont il déposa le manuscrit entre les mains de milord Reeves et du docteur Jones, avec prière de le publier sans aucun changement ; mais comme les infirmités de la vieillesse ne lui avaient pas permis de pousser sa révision au delà du 15e siècle, Warthon fut chargé (le ta continuer. Cette nouvelle édition parut à Oxford, en 171d et 45, 2 vol. et fut contrefaite peu de *emps après à Bàle. Elle est enrichie d'additions, de corrections de prolégomènes laissés par l'auteur; de notes de l'éditeur, des observations du savant archevêque Tennison : l'ouvrage se termine par trois dissertations sur les écrivains ecclésiastiques don t l'époque est ignorée ; sur les livres liturgiques des Grecs, sur l'arianisme d'Eusèbe de Césarée contre Leclerc. Ce fameux critique, détracteur perpétuel des SS. Pères, lui a reproché (l'avoir, dans cet ouvrage et dans les précédents, plutôt écrit des panégyriques que des vies ; ce qui produisit une guerre de plume entre les deux auteurs. Cave fut accusé de soclanisme , mais sans aucune raison. On doit le louer, au contraire, d'avoir témoigné dans tous ses écrits plus de respect pour les grands monuments de la tradition, que n'en ont ordinairement les protestants. Au surplus, cet éloge lui est commun avec les vrais anglicans, qui se sont toujours distingués par là des autres réformés. Il donne d'excellentes règles pour apprendre à discerner les vrais ouvrages des Pères de ceux qui sont supposés : son style est concis, simple et aisé. Cependant ses prolégomènes ne sont pas à l'abri de la critique. Ses préventions contre les catholiques lui ont fait avancer que les premières éditions des Pères sont plus fidèles que les dernières, parce que les catholiques ont altéré cellesci. Cependant c'est un fait généralement avoué, qu'on s'est procuré, depuis tes premières éditions, un plus grand nombre et de meilleurs manuscrits, au moyen desquels on en a donné de plus correctes. Il est également certain que tous les retranchements faits à quelquesunes des anciennes se réduisent à la suppression des sommaires et des scolies modernes, pro- Ires à égarer les lecteurs. Du reste, on conservait ssez des premières dans les bibliothèques pour aire la comparaison et exposer la fraude au grand Jour. 'l'—D. le
  • Guillaume CAXTON( 1410 - 1491) : qui a en le mérite d'apperter l'imprimerie en Angleterm, naquit vers l's14) dans le comté de Kent. 11 apprit citez ses parents à lire, à écrire, à entendre le français, et même un peu de latin. A l'Age de quinze ans, il fut mis en apprentissage chez tin mercier do Londres, Robert Large. depuis lordmaire de cette tiile. Caxton demeura avec lui jusqu'à sa mort, en 1141. Il avait dès lors acquis par fuisème de la considération dans le commerce; la compagnie des merciers de Londres le nomma son facteur en Hollande, en Zélande, en Flandre, etc. En 1464, il fut un des ambassadeurs ou députés spéciaux, chai-.s tue le roi Édouard IV de continuer et confirmer le traité de commerce conclu entre ce prince et Philippe le Bon, due de Bourgogne, lors du mariage de Marguerite d'York, sreur d'Édouard 1\ , avec Charles le Téméraire, fils du duc de Bourgogne. Caxton parait avoir eu une place dans la maison de cette princesse. Ce fut par ses ordres qu'il entreprit de traduire, du français en anglais, nu livre composé par Baoul Lefèvre, chapelain du duc de Bourgogne , sous le titre de Recueil des histoires de Troye, et ensuite de l'imprimer par les nouveaux movens de l'art, dont il s'était instruit en Hollande, « avec de grandes peines, ditil luiméme, et de « grandes dépenses. t) Ce fut le premier livre imprimé en langue anglaise, et méme, à ce qu'il semble, le premier livre imprimé qui ait paru en Angleterre. L'impression en fut commencée à Bruges, et terminée à Cologne en 1471, et cette mème année l'ouvrage fut présenté à la duchesse Marguerite. Peu de temps après, Caxton s'étant muni de toutes les choses nécessaires à l'art dans lequel il commençait à se former, retourna en Angleterre, y portant son livre et ce qu'il Cillait pour tin imprimer de nouveaux. Protégé par Thomas Milling, évêque d'Hereford et abbé de Westminster, homme instruit pour l'époque où il vivait, Caxton établit son imprimerie dans l'abbaye de Westminster. D'attires imprimeurs s'établirent depuis dans d'autres couvents, d'où une imprimerie a conservé, en anglais , le nom de Chapelle. Cation s'occupant alors, comme il le dit Iniméme, de répandre en Angleterre des livres « capables d'instruire les igno-« rats dans la sagesse et la vertu, » traduisit, du . français en anglais, le Jet d'échecs moralisé, com- posé d'abord en latin par un excellent docteur en théologie ; « ouvrage, dit Caxton, plein d'une pieuse « sagesse, et nécessaire aux hommes de tous les « duos et de tous les rangs. » Cet ouvrage partit en 1471 Il s'en vendit un certain nombre d'exemplaires. Ce fut le premier livre imprimé en Angleterre : telle est du moins l'opinion la plus générale. Richard Atkins, zélé partisan des Stuarts, a cherché à prouver que le droit de permettre l'impression d'un ouvrage queleonque appartenait aux rois d'Angleterre, le roi Henri VI ayant, disaitil, acheté en Hollande le secret de l'imprimerie, plusieurs années avant le retour de Caxton. Il cite, à, l'appui de cette assertion, un livre imprimé à Oxford, sous la date do 146s ; litais cette date parait fausse, et le fait affirmé n'a trouvé aucun crédit. On ne doit pas non plus s'arrêter à iin passage de Shakspeare, dans sa tragédie de Henri II, où le rebelle John Cade dit au trésorier lord Sa, avant de lui faire traneher la tète ; « Tu as traitre m use- « tient corrompu la jeunesse du royaume, en Cul- «« blissant une école ; et, au lieu que nos pères ne « connaissaient d'autres livres que la taille qui leur « servait de registre, tu as introduit l'imprimerie « au grand détriment du roi, de sa couronne et de « sa dignité. » Lord Say périt en 4450 ; c'est-àdire vingtquatre ans avant que Caxton fit paraltre son Jeu d'échecs. Peu scrupuleux sur la vérité des faits, Shakspeare s'est ici contenté de la vérité des carac- tères. Caxton avait commencé à près de soixante ans le métier d'imprimeur ; il le continua durant vingt ans, et a imprimé de cinquante à soixante ou- vrages, parmi lesquels se trouvent ceux de Chau- cer ; mais la plus grande partie sont des livrestraduits du français, après l'avoir été du latin en cette langue. Plusieurs de ces traductions ont été faites par Caxton, et, dans presque tous les ouvrages imprimes par lui, il a inséré quelques lignes qui toujours attestent la pureté des intentions dont il était r animé. Son dernier ouvrage fut une. traduction des Saintes Vies des Pères ermites vivant dans le désert. pal la finit le jour de sa mort, arrivée en 1491, Caxton étant alors figé de 81 ans. Cette traduction fut imprimée en 1495, par Wynkin de Worde, Fun de ses élèves; car il en avait formé plusieurs. Différentes imprimeries s'étaient établies en Angleterre de son vivant, et luimême parait avoir progressivement augmenté son établissement et perfectionné. sa méthode
  • Guillaume CÉCIL( 1520) : baron de Burleigh, secrétaire d'État sous Édouard VI et Élisabeth, puis grand trésorierd'Angleterre, naquit le 13 septembre 1520, à Boum, dans le comté de Lincoln. Il étudiait dans les écoles de droit à Londres, lorsque le hasard fixa sur lui l'attention et les bonnes gràces de Henri VIII. O'Neil, fameux chef irlandais, avait amené à Londres deux de ses chapelains, imbus des opinions ultramontaines. Le jeune Cécil, le rencontrant chez son père, qui était maitre de la garderobe du roi, entama contre eux unedispute en latin, avec tant . grand pouvoir ; mais la reine s'opposait constamment à toutes ses déterminations, les traitait comme des attaques d'humeur noire, et lui écrivait à ce sujet des lettres où elle le raillait. Jamais, au reste, les affaires de l'Etat ne souffrirent des peines qu'il éprouvait. Comme il pesait mûrement les choses avant de les entreprendre, il ne connaissait ni retard ni obstacles quand il fallait agir toujours ses conseils étaient vigoureux, aucune considération ne l'arrêtait. Il avait toujours pensé que la sûreté de la reine serait compromise tant que Malle Stuart occuperait le trône d'LeosSe. Hume et tous les historiens l'ont accusé d'avoir fomenté Jans ce royaume les troubles qui forcèrent cette princesse imprudente à venir chercher un refuge en Angleterre; il conseilla ensuite à Elisabeth de l'y retenir prisonnière, et lorsque la conjuration de Babington eut éclaté, il demanda que Marie fût mise en jugement, parce qu'il la regardait comme l'ennemie de la reine, Dès qu'il eut obtenu le consentement d'Élisabeth, il donna au procurent' général les instructions pour former la commission, dresser l'acte d'accusation, et prendre Mites les mesures nécessaires dans la circonstance. Il fut un des commissaires qui allèrent lui faire son procès. S'étant , exprimé en ternies trèsforts « Vous êtes mon en-« nemi, s'écria Marie. — Oui , repritil, je le suis « de tous les ennemis de ma maîtresse. » Lorsqu'a-- près l'exécution de la reine d'Ecosse, Elisabeth af- fecta d'en être mécontente, comme ayant été faite contre son consentement, elle défendit à Cécil de paraitre en sa présence, et le traita avec une rigueur calculée, pour en imposer au public ; ce ne fut neine que lentement, et avec une espèce de répugnance, qu'elle rendit ses bonites grâces à Cécil, lui eût écrit plusieurs lettres extrêmement soumises. Cet orage passé, il reprit toute son influence. Lorsqu'en 1588, l'Angleterre était menacée de l'attaque de la fameuse flotte de Philippe II, il dressa un plan de défense, et ses deux fils servirent à bord du vaisseag de l'amiral Howard. Cependant le déclin de sa santé et la mort de sa femme lui causèrent une mélancolie qui lui fit de nouveau solliciter sa retraite, et d'autant plus vivement, qu'il voyait son second fils honoré de la confiance de la reine; mais Elisabeth, tout en plaignant Cecil de ses infirmités, lui refusa sa demande de la même manière qu'elle avait déjà fait dans une occasion semblable. 11 continua à consacrer sa vie au service de sa reine, ne se donnant que le repos que sa faiblesse toujours croissante exigeait absolument. Un des derniers actes de son mi- ' nistère fut de travailler à faire la paix avec l'Espa- gne, pourvu que cette puissance accordât des condi- tions raisonnables. Ce projet fut vivement combattu dans le conseil par le comte (l'Essex, nouveau favori qui désirait se signaler dans les combats. Cecil à la fin du débat, se contenta de lui indiquer du doigt ce passage dans le Livre de Prières: « Les hommes de « sang rie vivront pas la moitié de leurs jours. » Retenu au lit par sa dernière maladie, il conclut entre les états généraux et Elisabeth un traité trèsavantageux pour l'Angleterre. nonoré de la faveur de sa souveraine , aimé du peuple, respecté de ses enne- mis, il expira sans douleur, le 4 août 1598, au milieu de ses enfants et de ses amis. Cécil n'était ni d'une grande taille, ni d'une figure remarquable ; son visage avait pourtant quelque chose d'agréable; ses manières aisées et polies contribuèrent à lui faire des amis. Sans être triste ni taciturne, il savait tellement se posséder, que jamais son regard ni ses paroles ne firent découvrir ce qui se passait dans son àme. Il écoutait patiemment, répondait avec promptitude, et toujours d'une manière proportionnée à l'iMelligence de celui à qui il parlait. Détestant la paresse,YprOf peu de loisir que lui laissaient ses occupations multipliées, pour, lire, méditer, composer différents écrits. 11 connaissait parfaitement les cours étrangères et tout ce qui concernait les lois et l'administration de son pays, et était trèsversé dans la langue grecque et la théologie. Il faisait des vers latins et anglais; on en a inséré dans différents recueils. Plusieurs bibliothèques publiques d'Angleterre conservent des écrits de Cécil. 11 publia des réponses à différents libelles contre le gouvernement; beaucoup existent aussi en manuscrit. Hayns lit imprimer en 1710 un recueil des papiers d'État de Cécil, lord Ilurleigh; en 1760, Murdin en fit paraître la continuation. Son habitude du travail et sa capacité naturelle lui avaient donné une grande facilité pour écrire ou dicter, et pour parler sans préparation sur les sujets les plus importants. Sans avoir été doué d'une éloquence ni d'un génie remarquables, il se distingua par la solidité de son esprit, l'intégrité de ses moeurs, son application constante au travail et sa probité intacte dans le maniement des deniers publics. Sa politique tendait à conserver la paix à son pays, par le moyen des négociations et même des intrigues dans les cours étrangères, système analogue au caractère d'Elisabeth. Quoiqu'il n'eût jamais pris un ascendant décidé sur l'esprit de cette princesse, car peu de souverains ont été plus jaloux de leur autorité, il fut, pendant quarante ans, regardé comme son premier ministre, et jouit de plus de pouvoir que ceux qui l'avaient précédé, ou que ceux qui le sui- I virent. De tous les ministres d'Elisabeth, il fut le seul qui ait laissé à ses descendants un t fortune considérable, acquise par une sage économie. Cependant il vivait avec une magnificence conforme à son rang élevé et à la coutume du temps. Sa vie, publiée par Arthur Collins, peu de temps après sa mort, et réimprimée à Londres en 1752, renferme des détails précieux pour l'histoire
  • Guillaume CHALMERS : en latin CAMERA—mus, d'une famille noble d'Ecosse, natif d'Aberdeen, fut élevé à Rome, dans le collége de sa nation, tenu par les jésuites, chez lesquels il entra. Il professa la philosophie à ChàlonssurMarne. Son opinion sur la prémotion physique, qui était alors un de t'ouvrage de François Flurio , il ne s'agit pas, connue on l'a répété d'après les meilleurs bibliographes, de l'arclievèque de Tours, qui était alors Gérard de Crussol; mais de Guillaume Larcheveque, dont la maison fut le berceau de l'imprimerie à Tours. grand sujet de dispute dans les écoles, étant contraire à celle de ses confrères, lui suscita des tracasseries qui l'obligèrent de les quitter. Le P. de Bérulle le l'amena en 1625 d'Angleterre en France, et, deux ans après, il devint un des disciples de ce pieiix fondateur de la congrégation (le l'Oratoire. Il professa la philosophie à Angers. Ce fut durant ses deux cours d'enseignement qu'il publia les deux ouvrages suivants : Selectce Disputationcs philosophicce, 1650, 3 parties réunies en 1 vol. ; Ad universans Aristotelis Logicam Introductio, 1632 Comme dans le premier il avait soutenu la prénotion physique et attaqué la science moyenne, le P. Agnat lui répondit par des sophismes, et Théophile Raynaud par des injures. Chalmers leur opposa Anliquitatis de novitate Victoria, 1634 dont la modération contrastait. avec l'acrimonie de ses adversaires. Pendant qu'il professait la théologie à Saumur, il lit imprimer SS. Augustini, Fulgentii et Anselmi Monimenta, nunc primum ex veteribus manuscriptis eruta, et annotationibus illustrata, Pa- ris, 1654 L'année suivante, M. de Sancy, son ancien confrère, évêque de StMalo, l'associa au gouvernement de son diocèse. Chalmers mourut à Paris en 1678, dans un âge trèsavancé. 11 est auteur de plusieurs autres ouvrages théologiques et d'une Histoire ecclésiastique d'Écosse, Paris, 1615. écrite pour faire pendant à l'Histoire civile du même pays qu'avait publiée David Chalmers, son frère
  • Guillaume CHARTIER : évèque de Paris, né à Bayeux, parent, et, suivant même quelques auteurs, frère d'Alain et de Jean, dont il a été question dans les articles précédents, fut élevé à la cour de Charles VII, qui lui témoignait une attention particulière. Martial de Paris dit dans ses Vigiles, que Guillaume était son écolier Il fut jadis son écolier premier, Lebon évèque de Paris Charretier. Tout ce qu'on doit conclure de ce passage trèsremarquable, c'est que le roi faisait luimême les frais de l'éducation de quelques jeunes gens de la cour, au nombre desquels se trouvait notre Chartier. Nommé à l'évêché de Paris en 1447, il se lit aimer des pauvres par sa bienfaisance, et chérir de tout le peuple par le zèle avec lequel il prenait sa défense dans toutes les circonstances. Il sollicita Louis XI de former un conseil composé de six membres, deux, de chaque ordre, pour aviser aux moyens de soula- ger le peuple, en diminuant les impôts dont il était surchargé; ce conseil en abolit la plus grande par- tic, ce qui indisposa le roi contre Guillaume qui en avait été l'iune. Pendant la guerre (lite du bien pu- blic, les princes ligués étant venus se loger avec leurs troupes dans les environs de Paris, invitèrent les bourgeois à venir conférer avec eux sur les changements qu'il convenait. de faire dans le gouverne-- ment du royaume. L'évêque de Paris fut un des tie- putes qui assistèrent à cette conférence, et il ne tint' pas à lui que l'entrée de la ville ne fût accordée aux princes, ne prévoyant pas que la révolte de Paris devait entraîner alors la perte de la France. Louis XI ne lui pardonna ni cette démarche, ni l'opinion qu'il avait manifestée, et, depuis ce temps, il cessa de lui montrer aucune confiance. Après sa mort, arrivée en 1472, le roi écrivit au prévôt des marchands, pour lui faire connaître ses sujets de pla contre le prélat, et voulut qu'on les mît dans son épitaphe. Duclos dit que Guillaume, qui avait les vertus de son état, n'avait pas celles d'un politique ; qu'il aurait dû se borner à l'administration de son diocèse, et non s'occuper de celle du royaume, que ses conseils auraient eu les résultats les plus funestes s'ils eussent été suivis
  • Guillaume CLOWES : chirurgien distingué qui servit quelque temps sur les vaisseaux de la reine Elisabeth, en 1570. D'après quelques observations qu'il donna, il parait qu'il résidait à Londres en 1573. Il y acquit bientôt une grande réputation, et fut nommé chirurgien de l'hôpital StBarthélemy, où il pratiqua pendant plusieurs années en qualité de premier chirurgien. Il fut ensuite nommé chirurgien de S. M. Britannique dans les PaysBas, en 1386. L'époque où il mourut est inconnue. On a de Clowes : 1° Traité court, mais nécessaire, sur la cure de la maladie nomméc> actuellement vénérienne, Londres, 1585. 11 y déplore la fréquence de cette maladie, et assure que, pendant cinq ans de séjour à StBarthélemy, , il y a guéri environ 1 ,000 vénériens. Sa méthode était celle des frictions iusqu'à salivation : il y parle aussi du turbith minéral et du mercure dia?horeti?ue comme (l'un remède efficace. 2° Pratique éprouvée pour les jeunes chirurgiens sur les brtilures occasionnées par la poudre à canon, les plaies d'armes à feu, d'armes blanches, etc., Londres, 1588. Clowes s'y montre un praticien expérimenté dans l'histoire qu'il donne de beaucoup de cas compliqués. On ne peut que le louer (l'avoir désapprouvé, dans les circonstances où les nerfs et les tendons étaient piqués, l'usage des topiques irritants et de toutes les substances regardées comme fortifiantes. Clowes ne manquait pas d'érudition, à en juger d'après les citations qu'il fait de Galien , de Celse, et des autres auteurs anciens. 11 se récrie beaucoup sur la confiance qu'on donnait dans son temps aux empiriques, dont ?lusieurs servaient sur les vaisseaux du roi, au détriment des équipages
  • Guillaume COCHRAN( 1738 - 1785) : peintre écossais, naquit le 12 décembre 1738, à Strathaven, dans la Clydesdale. Ayant de bonne heure montré de grandes dispositions pour le dessin, il fut, en 1754, envoyé à l'académie de peinture du collige de Glasgow, alors dirigée par MM. Robert et André roulis. Après y avoir passé quelque temps, il partit pour l'Italie, vers la fin de 1761 ; il y étudia, pendant cinq ans, surtout à Rome, sous le célèbre Gavin liamilton. Il revint ensuite à Glasgow et y cultiva son art d'une manière aussi honorable qu'avantageuse. Il excellait pour les portraits de grandeur naturelle, et faisait bien ceux en miniature et de taille moyenne ; son dessin était correct, et il manquait rarement à donner une ressemblance frappante. On trouve aujourd'hui à Glasgow plusieurs (le ses peintures historiques, entre autres Dédale et Icare, Diane et Endymion, qui sont des études exécutées à Rome, et qui pourraient faire honneur au plus habile pinceau; cependant, par une modestie et une défiance de luimême bien remarquables, on ne put jamais le décider à signer ses œuvres. Cechran fixa sa résidence à Glasgols, pour ne point affliger sa vieille mère et quelques autres parents. D'ailleurs l'ambition et la soif des richesses lui étaient étrangères, et la philanthropie, jointe à un extrème désir de plaire, étaient les traits distinctifs de son caractère. Par la permission du lord prévôt et des magistrats, il fut enterré dans le chœur de la cathédrale, et on fit graver scie une belle table de marbre cette inscription : s A la mémoire de M. Guillaume Cochran, peintre de portraits à Glasgow, qui mous rut le 23 octobre 1785, àgé de 47 ans. Ses œuvres et ce marbre l'appellent un artiste éminent et un e homme vertueux
  • Guillaume COCKBURN : médecin de la marine, membre de la société royale et du collége des médecins de Londres, est connu par plusieurs écrits sur diverses branches de l'art de guérir : 1° ° Eco- nomia corporis animalis , Londres , 1675 , in -8*; Augsbourg, 1696 Manget a inséré cet opuscule dans le 2' volume de sa Bibliotheca ana- tomica. 2° Sea- diseases : or a Treatise of ( heir na- ture, causes, and cure; also an essay on bleeding in revers , etc., 5° édition, Londres , 1756 Cet ouvrage, qui parut d'abord en 1696, est le premier traité spécial sur la médecine nautique; il a été souvent réimprimé, traduit en latin, Leyde, 1717 en allemand , Rostoch , 1726, ; en hollandais, par Bidloo, etc. 3° The Symploms, Nature, and Cure of a gonouhcea, Londres, 1715 Cette monographie a eu plusieurs éditions; elle a aussi été traduite en latin , à Leyde, en 1717, et de cette dernière langue en français, par Jean Devaux, sous ce titre : Traité de la nature, des causes, des symptômes et de la euration de l'accident le plus ordinaire du mal vénérien , Paris , 1750 Dans tous ses écrits, dont nous avons seulement énuméré les pr Cockburn a la manie de se donner pour réformateur ou pour inventeur. C'est ainsi qu'il rejette absolument la chimie du domaine de la physiologie et de la pathologie. Il prétend que la blennorrhagie vénérienne n'occupe jamais la prostate ni les vési- cules séminales ,.mais qu'elle a toujours son siége dans les lacunes de l'urètre. Le reproche le plus grave et le mieux fondé qu'on puisse faire au doc- tenu Cockburn, c'est d'avoir débité plusieurs remè- des secrets, tels qu'une poudre infaillible pour arrêter les flux de ventre , une injection merveilleuse contre la gonorrhée, etc
  • Guillaume COLE( 1626 - 1662) : botaniste et théologien, né en 1626, à Adderbury, dans le comté d'Oxford, fut reçu bachelier èsarts dans l'université de cette ville en 1650, et alla ensuite à Putney, près de Londres, où il s'appliqua avec beaucoup de succès à l'étude de la botanique. A la restauration de Charles Il, en 1660, il devint secrétaire du docteur Duppa, évèque de Winchester , au service duquel il mourut en 1662, à l'àge de 56 ans. On a , ou lunette d'approche , pour la découverte du monde inférieur clans lequel l'homme est un compendium, ou extrait, abrégé, Londres, 1656 2° Adam in Eden, ou le Paradis de la nature : c'est l'histoire des plantes, des herbes et des fleurs avec leurs différents noms originaux. 3° L'Homme considéré suivant la théologie, la philosophie, l'anatomie, et comparé avec l'univers. — Guillaume Cul., médecin anglais, reçu docteur à Oxford en 1666, et qui pratiqua à Bristol, fut lié d'amitié avec Sydenham, qui lui paye U1? juste tribut de louange dans une dissertation épistolaire sur le traitement des petites véroles confluentes et l'affection hystérique. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Cogilala de secretione animali, Oxford, 1674 : il y assure qu'il n'es( aucune sécrétion chez l'homme qui ne se fasse par le moyen des glandes, aussi en trouvetil partout. 7 Practical Essay concerning the Late frequenty of Appoplexis, Oxford, 1689 Londres, •695 5° Nove Hypotheseos, ad explicanda febriunt intermittentium symptomata et typos excogitatce hypotyposis, Londres, 1695 ; Amsterdam, 498 Dans cet ouvrage, qui traite des fièvres intermittentes, l'auteu• se déclare partisan clu quinquina. 4° Disquisiao de perspirationis insensibilis materia, etc., Londres, 1702 5° Plusieurs mémoires et dissertations scientifiques. D—P—s et PRL.
  • Guillaume COLE( 1714 - 1782) : savant antiquaire anglais, fils de Guillaume Cole, riche propriétaire du comté le Cambridge, et de ,Catherine Tuer, sa troisième .•tinne, naquit le 3 août 1714, dans le village de ittle•Abington. 11 reçut sa première éducation litté• raire à Eton, et la termina à l'université de Cambridge. En •756, Cole lit un voyage dans la Flandre fran_ aise, et se rendit l'année suivante à Lisbonne pour y 'tablir sa santé. Après un séjour de six mois en Por' gal, il revint en Angleterre, obtint, en 1759, une petite place de magistrature, et fut nommé, en 1740, député lieutenant du comté de Cambridge, par la protection de son ami lord Montfort, qui en était lord lieutenant. Cule retourna de nouveau en Flandre peu de temps après , et en visita Is villes principales. En 1744, il fut ordonné diacre; exerça pendant deux ans le rectorat de Hornscy dans le Middlesex, auquel il avait été nominé en 1749, et devint en 1755 recteur de Bletchley, dans le comté de Buckingham. Ami intime d'Horace Walpole, Cole visita avec lui la France en 1765, et y fit quelque séjour, parce qu'il pouvait, disaitil, y vivre à meilleur marché, ou plutôt, si l'on s'en rapporte aux manuscrits qu'il a laissés, à cause de son attachement pour la religion catholique et pour les cérémonies de son culte. Il parait même qu'il avait formé le projet de finir ses jours dans ce pays ; mais Walpole l'en détourna en lui faisant craindre que, par suite de l'application du droit d'aubaine, ses manuscrits ne devinssent à sa mort la propriété du gouvernement français, et ne fussent probablement détruits. Ce qui se passait alors dans ce pays lui faisait d'ailleurs prévoir une prochaine révolution, et ses expréssions à ce sujet sont vraiment remarquables.«Je renonçai, dit« il, au projet de m'établir en France à cette époque « où les jésuites venaient d'être chassés , et où les philosophes déistes « étaient assez puissants pour menacer d'une des« truction complète, nonseulement tous les ordres « religieux, mais. le christianisme luimême . » A son retour en Angleterre, Cole résigna le rectorat de Bletchley. Lord Montfort le fie nommer, en 1771, membre de la commission de paix de la ville de Cambridge, fonctions qu'il ne parait pas avoir longtemps remplies. Retiré dans meie maison qu'il avait fait construire au petit village de Milton, il l'habitait encore au moment de sa mort, arrivée le 16 décembre 1782. Cole a consacré toute sa vie à l'étude des antiquités de l'Angleterre, et ses recherches sur la topographie, principalement des comtés de Cambridge et de Lincoln, et sur la biographie des hommes célèbres, lui assurent un rang distingué parmi les savants anglais. Il avait réuni une masse énorme de renseignements qu'il communiquait volontiers avec la plus grande libéralité; et quoiqu'il n'ait fait imprimer aucun ouvrage sous son nom, il a contribué à l'amélioration d'un Il existe un journal de son voyage eu France dans le t. 51 de la collection de ses manuscrits. grand nombre de publications, soit par des dissertations qu'il y a insérées, soit par nes communications et des corrections. Parmi les ouvrages qu'il a ainsi enrichis, nous pouvons citer, par exemple, les Antiquités de Grose, Ely de Bentham, la Vie du cardinal Pole de P?ilip, la Topographie de l'Angleterre de Gough, la Collection de Poèmes de Nichols, les Anecdotes de Hogarth, l'Histoire de Hinekley, la Vie de Bowyer, etc. 11 entretenait une correspondance suivie avec Granges, et cet écrivain adoptait presque toutes ses corrections. Cole avait fait une collection immense de portraits; on prétend qu'elle n'en comprenait pas moins de 3,200 , parmi lesquels se trouvaient cependant quelques dessins topographiques, et on raconte à cette occasion des traits curieux d'originalité. Cole avait eu en vue deux objets principaux dans ses collections manuscrites : le premier, la compilation d'un ouvrage dans le genre de l'Athenœ de Wood, qui devait contenir les vies des savants de Cambridge, et le second l'histoire du comté de ce nom. 11 avait commencé d'y travailler dès 1742, et. ce qu'il a laissé forme cent volumes petit 11 tenait note exacte de tout ce qu'il apprenait, nonseulement par ses lectures et : ses recherches, mais aussi dans la conversation, et lorsqu'il parle de ses contemporains, il ne ménage ni amis ni ennemis. Cette immense collection, (1(11 contient toutes les lettres que Cole écrivait et dont il conservait copie, de même que toutes celles qui lui étaient adressées, renferme des indications trèsprécieuses, et sera consultée avec fruit par les historiens futurs. 11 hésita longtemps sur le parti qu'il prendrait au sujet de ses manuscrits; il avait eu d'abord l'intention de les léguer à tin collège qu'il désigne, mais il y renonça en réfléchissant que le grec et le latin y étaient seuls estimés; il pensa ensuite à Eton, puis à l'université de Cambridge, et se décida enfin en faveur du muséum Britannique, sous la condition qu'ils ne seraient ouverts que vingt ans après sa mort, sans doute parce que le caractère de beaucoup de personnes encore vivantes y avait été représenté sous des couleurs défavorables. L'examen de ces manuscrits a démontré que Cole était profondément attaché à la religion catholique, et il n'y cache pas son mépris pour les prélats anglais qui ont contribué à l'établissement de l'anglicanisme. On peut consulter sur Cole, 1Vichols Bowyer, calamities of authors, etc
  • Guillaume COLLETET( 1598 - 1659) : l'un des premiers membres de l'Académie française, né à Paris, le 12 mars 1598, se lit , ou les Deux Victimes, tragicomédie, et eut part à l'A- n'agie de Smyrne et aux Tuileries. Le monologue de cette dernière pire est ,de Colletet ; le cardinal en fut Si content, qu'il lui lit présent de 600 livres pour six vers contenant la description de la pièce d'eau du jardin il ajouta « qu'il ne lui donnait « cette somme que pour ces vers, et que le roi n'é-« tait pas assez riche pour payer le reste. » Colletet témoigna sa reconnaissance au cardinal par ce distique Armand D'autres prétendent qu'il ne fit que mettrtr en N.ctr cette pièce, qui a, ait été flit en prilm uar l'Abë d'Aubignur. d'être plus que satisfait de son sort; mais les guerres civiles lui firent beaucoup de tort, et son inconduite acheva de le réduire à la misère. Peu délicat sur le choix de sa société habituelle, il épousa successivement trois de ses servantes, et affectionna particulièrement la troisième, qui se nommait Claudine.11ne tint pas à lui qu'elle ne passât pour un miracle de beauté et pour une dixième muse : il composait, sous son nom, des vers qu'elle venait réciter à table avec assez d'agrément; et voulant lui assurer la réputa- lion de bel esprit qu'il lui avait faite, il poussa la précaution au point de composer, dans sa dernière maladie, une pièce par laquelle elle était supposée faire ses adieux aux Muses. La Fontaine lit sur ce sujet une épigramme fort connue, qui commence par ces vers : Les oracles ont cessé, Colletet est trépassé, Dès qu'il eut la bouche close, Sa femme ne dit plus rien ; Elle enterra vers et prose Avec le pauvre chrétien, etc. 11 mourut le 11 février 1639, dans une situation si misérable, que ses amis furent obligés de se cotiser pour son enterrement. Colletet était fécond et laborieux; il ne manquait ni de naturel , ni de facilité, et quelquesunes de ses épigrammes sont pleines d'agrément. Le jugement sévère, mais juste. de Boileau sur le fils a fait beaucoup de tort à la réputation du père, la plupart des lecteurs et même quelques critiques les ayant trèssouvent confondus. On a de Guill. Colletet : 1- Désespoirs amoureux, Paris, 1622 D'après un titre pareil, on ne supposerait pas que cet ouvrage est une traduction des élégies latines du P. Bémond, jésuite, intitulées l'Alexiade , ou la Fie et les Miracles de St. Alexis. e2° Chant pastoral sur la mort de Schole de Ste- Marthe , 1625 3° Les Diveriissements, Paris, 1631 et 1653 4° Le Banquet des Poaes, 1646 5° Des épigrammes , avec un Discours sur l'épigramme, Paris, 1655 6° Un Traité de la poésie morale et senten- lieuse, Paris, 4657 '70 tu autre, du Sonnet, 1658 8' Un autre, du Peme bucolique et de l'Eglogue, 1658 Ces différents traités ont été réunis sous le titre de l'Art poétique du sieur Colle- tet , Paris , 1658 Ce que Colletet dit sur la poésie bucolique est utile et lumineux. Son traité sur l'épigramme est, pour le fond, ce que nous avons peut-étre de meilleur en ce genre. Celui sur le sonnet est le seul où ce sujet soit approfondi ; et enfin le dernier, sur la poésie morale. peut beaucoup servir à l'histoire de la poésie en général, et de la nôtre en particulier. Colletet se donnait pour l'inventeur du sonnet en boutsrimés. 11 est encore l'auteur d'une traduction du roman disméne et d'Isménias, d'Eustathius, Paris, 4625 et de plusieurs autres ouvrages dont on trouvera la liste dans l'Histoire de l'Académie française. Parmi les manuscrits qu'il a laissés, on distingue des Vies des Petes français, dont on a longtemps désiré l'impression. Le manu sait est à la bibliothèque du conseil d'Etat ; il centient environ quatre cents vies. On a dit que cet ouvrage avait été fort utile à la Monnoie. Cette anecdote est du nombre de celles que la malignité se plait à répéter, mais qu'il ne faut pas admettre légèrement
  • Guillaume COLLINS( 1720) : poète anglais, né à Chichester, le 25 septembre 1720, était fils d'un chapelier de cette ville. Il annonça de bonne heure une indolence de caractère presque égale à la vivacité de son esprit et à ses heureuses dispositions pour l'étude. Il lut élevé à l'université d'Oxford , où il publia en 1742 ses églogues persanes, qui n'eurent pas alors tout le succès qu'elles méritaient. Sans protec- teur, sans nom et sans fortune, il vint à Londres en 1744, plein de projets d'ouvrages, dont il n'exécuta aucun. Il lit paraître le prospectus d'une Histoire de la renaissance des lettres, lit le plan de plusieurs tragédies, et ne put achever que quelques odes qui furent imprimées en 1746, sous le titre d'Odes des- criptives et allégoriques; mais sa poésie n'était pas de nature à obtenir un succès populaire. Le libraire ne retira pas ses irais d'impression. 1?4turellement fier et délicat, Coffins lui rendit l'argent qu'il eu avait reçu, et livra aux flammes tous ceux des exemplaires qui n'avaient pas été vendus. Ces odes, surtout celle qui a pour titre les Passions, sont cependant, au jugement de plusieurs critiques éclairés, avec l'ode de Dryden sur la / etc de Ste. Cécile, et quelques odes de Gray, ce que la littérature anglaise a produit de mieux dans le genre lyrique. L'indolence naturelle de Collins, augmentée par le découragement qu'avaient produit en lui quelques efforts inutiles, le piongea birntôt dans un état voisin de la misère. Poursuivi par des créanciers impitoyables, il n'avait pu échapper à la prison qu'en se sauvant de Londres, n'emportant avec lui que quelques guinées, obtenues (t'avance d'un libraire pour lequel il s'était engage à taire une traduction de la Poétique d'Aristote , accompagnée d'un commentaire. Heureusement pour lui, la mort d'in] oncle vint le mettre en possession (l'une somme de 2,000 livres sterling. Il commença par retirer son engagement des mains du libraire, se trouvant assez riche pour s'abandon- ner sans inquiétude à son indolence naturelle ; inais sa santé était considérablement atidiblie. Une sorte de faiblesse mélancolique le rendait chaque jour plus incapable d'action , et, sans altérer ses facultés intellectuelles , le réduisait à une espèce d'imbécillité. Il ne reprenait de toice et de vivacité qu'en se livrant à des excès de boissons enivrantes, qui achevèrent de le détruire. Il essaya, niais sans succès, le secours des voyages ; il parait même qu'à son retour f.a raison commença à s'affaiblir sensiblement, au point qu'on fut obligé de le mettre quelque temps dans une maison d'aliénés. Johnson , qui l'avait vu peu de temps après son retour, n'avait aperçu en lui aucune marque d'aliénation ; il l'avait trouvé lisant le Nouveau Testament : s Je n'ai qu'un livre , dit « Collins; mais c'est le meilleur de tous. s Il mourut en 1756, àgé de 56 ans, près de sa soeur, aux soins de laquelle on l'avait confié. Son imagination était vive, sensible, un peu bizarre. « Il se plaisait, « dit Johnson, dans ces écarts d'imagination qui en-« traînent l'esprit hors des bornes de la nature.... 11 « aimait les fées, les génies, les géants , les nions-(( tres, etc. ; mais il ne se livrait à ce goût que pour « luimême; car il ne se faisait point remarquer « dans ses ouvrages. Excepté son ode sur les su-« perstitions d'Ecosse, qu'il commença en 1749 et « qu'il ne finit jamais, ses ouvrages n'offrent guère « de traces de cette disposition d'imagination que « dans la tournure de son style trop figuré, souvent (i mystique , quelquefois obscur. » Johnson, qui, si l'on en peut juger par sa sévérité lorsqu'il parle des odes de Gray, n'aimait pas la poésie lyrique,s'est montré sévère aussi à l'égard de Collins ; il lui reproche quelques vers durs et travaillés, et ne lui tient pas assez de compte du nombre beaucoup plus grand de ceux où l'harmonie de la versification est unie à la douceur du sentiment. Ses images sont agréables et brillantes, mais n'ont pas toujours la couleur du sujet. Ses églogues persanes , imprimées plusieurs fois, et particulièrement en 1757, sous le titre d'E- glogues orientales, lui paiiiissaient à luimème, à la lin de sa vie, si peu orientales, qu'il avait coutume de les appeler, par une sorte de dédain, ses églogues irlandaises. Langliorne a publié , en un volume les OEuvres poétiques de Collins, avec une notice sur sa vie. Les libraires Cadell et Davis en ont tait, en 1797, une édition soignée, en tète de laquelle ils ont placé l'essai de mistriss flarbault sur l'auteur. Son ode sur les Superstitions populaires des montagnes d'Ecosse a été publiée dans les mémoires de la société d'Edimbourg avec la cinquième stance et une partie de la sixième qui étaient perdues, et que Makenzie a remplacées. Collins était un homme fort instruit, d'une conversation agréable, et qui avait conservé dans ses malheurs une fierté décente et convenable. On a remarqué, comme une singularité, que l'amour ne jouait aucun rôle dans ses poésies. Dans son ode sur les Passions, n'est pas méme parlé de cellelà. En supposant que la misère, qui n'a pas arrêté chez Collins l'essor du talent, ait desséché la source des tendres émotions, il faudra croire que Un auteur qui, pressé d'un besoin importun, Le soir entend crier ses entrailles à jeun, est encore plus propre à faire des vers qu'à faire l'amour. En 1795, un monument d'un beau travail fut élevé par souscription publique à la mémoire de Collins ; il est entièrement exécuté par Flaxman; l'épitaphe est de Hayley. On peut consulter sur ce poète les Vies des poétes de Johnson, les Anecdotes de Seward, et les mémoires de la société royale d'Edimbourg. SD et D—z—s.
  • Guillaume COBBETT( 1766) : célèbre journaliste anglais, naquit en 1766, à Farnham . Sou père, petit fermier des environs de cette ville, le laissa fort peu de temps à l'école, et, dès qu'il sut • lire, l'employa aux travaux de l'agriculture. Cobbett menait ainsi la vie des jeunes paysans, tantôt aidant son père , tantôt émondant les haies, sarclant les allées de l'évêque de Farnham. Un .jour, ayant entendu le jardinier en chef vanter les beautés de Kew, il se mit en tète de rendre visite à ce lieu de délices. Parti avec treize sous en poche, il parvint à Riche-• mond en possédant encore six ; et là , il vit en grosses lettres affiché à la boutique d'un colporteur : Swift, le Conte du Tonneau, cinq sous. Un long' combat s'engagea soudain entre la prévoyance qui disait : prentis de la chicane, le despotisme des maîtres eres, les formules barbares et vides de sens qu'il ?lait copier et porter d'un bout de Londres à l'autre dégoûtèrent. Il s'échappa, ditil , de l'antre de attorney comme de la tanière du lion , et autut à Chata? s'engager dans un régiment alors n marche pour la Nouvelle-Écosse. Dans cette nouelle carrière, Cobbett devint un véritable modèle. )e.s ce temps, il avait pris pour règle de ses actions, e qui fut la devise de toute sa vie, Toujours prit. )évoré du désir de s'instruire, et de suppléer par 'étude à l'éducation qui lui manquait, il ne perdait us un instant. « Qu'on donne au travail, ditil, les t minutes livrées à l'oisiveté, aux cafés, aux tavernes, ( aux vains bavardages, on n'imagine pas ce qu'on ( acquerra de science : les heures perdues d'une année a suffiraient pour connaître à fond la grammaire et a la langue anglaise ! Pour apprendre , il n'est pas « besoin d'école, de maître, de frais d'éducation... Je « n'avais pour salle d'étude que le galetas où vingt « soldats fumaient, sifflaient, chantaient, jouaient (t aux cartes, faisaient des armes; pour chaise que le k lit de camp, pour pupitre que mon havresac, pour kt table qu'une petite planche. Point d'argent pour ;I« acheter de la chandelle ou de l'huile : en hiver, je e lisais à la lueur du feu de l'âtre. Toutes 'déductions i '« laites, il nous restait par semaine quatre sous de « prêt : tout passait en encre, plumes, papier... » L'assiduité avec laquelle travaillait Cobbett obtint un plein succès : il faisait toutes les écritures du régiment, et trouvait encore du temps de reste. Un commis, nécessaire auparavant pour la corvée quotidienne des rapports du matin, fut supprimé : luimême, après avoir été caporal, passa de pla au grade d,. sergentmajor, à la barLe de vingt sergents, tous plus anciens que lui. Il était depuis quatre ans au régiment lorsqu'il s'avisa de faire choix (l'une femme. L'objet de ses vues prévoyantes était la fille d'un sergent d'artillerie du New - Brunswick : il l'avait peine vue une heure. Le lendemain ou surlendemain, l'apercevant à quelque distance, il notifie à deux camarades qui le suivent le dévolu qu'il vient de jeter sur la fille du sergent. Plus de vingt années après, aux élections de Preston, un d'eux entendant partout citer le nom de Cobbett, fut curieux de savoir si c'était l'ancien major, et reconnut à sa grande surprise que sa conjecture était exacte. « Et qui « plus est , ajoutait Cobbett après avoir renoua velé connaissance, ces grands garçons que vous « voyez autour de moi m'ont tous été donnés par la « jeune tille que nous regardions de loin vidant son « baquet de lessive près de la rivière StJean ! » Cobbett avait à peine formé ses projets d'hyménée que son régiment fut envoyé à cent milles de la rivière StJean, à Frederikstown. Ce n'eût été rien si l'artillerie eit suivi. Elle ne suivit pas : au contraire, le régiment du beaupère partit pour l'Europe, là jeune fille aussi ; celui de Cobl?ett ne devait en prendre la route qu'au bout de deux ans. Mais quand les deux ans se furent passés, il fallut en rester deux encore : l'Espagne et l'Angleterre étaient en querelle à propos de la baie de Noutka. Enfin, au bout de deux mortelles années, où bien (les goddem furent décochés et contre la baie de Noutka et contre ce criard politique, ce pauvre Pitt, Cobbett quitta l'Amérique, et, arrivé en Angleterre, obtint son congé. Son premier soin fut de se rendre près de la jeune fille, qu'il retrouva chez un capitaine Brissac, servante pour tout faire au prix de cinq guinées par an, du reste nantie encore de cent cinquante guinées, que Cobbett luimême l'avait forcée de prendre lorsqu'il s'était séparé d'elle ; car, dès ce temps , il avait amassé ce pécule, tantôt en écrivant les lettres de ses camarades, tantôt en donnant à quelquesuns des leçons de grammaire et d'orthographe. A peu de chose pourtant avait tenu qu'il ne fit choix d'une autre femme pendant sa longue séparation : il faut lire chez lui les détails délicieux de ces chasses qui l'égarent dans les vieilles forêts d'Amérique, de l'hospitalité qu'il reçoit après plusieurs jours d'erreurs, des comparaisons qu'il fait entre les charmes présents de la jeune fille de son hôte et les charmes absents de celle qu'il sait de l'autre côté de l'Atlantique. Erifin il avait triomphé, et revenait fidèle. Aussitôt que le mariage eut mis tin à cette idylle militaire, Cobbett visita la France avec sa femme, puis s'embarqua pour les EtatsUnis, et, après un court séjour à NewYork, se fixa dans Philadelphie, où bientôt il se fit journaliste. Sa feuille, intitulée le Porc- Epic, plaidait la cause du fédéralisme, et, sous ce rapport, se rapprochait de la politique de l'Angleterre et combattait çelle de la France. Aussi cruton longtemps que Cobbett écrivait sous les auspices du cabinet de StJames ; ce qui n'est pas probable, lorsque l'on considère le dédain profond avec lequel plus tard Pitt crut devoir refuser ses services. Les anglomanes américains avaient été meilleurs juges du mérite de celui qui fut bientôt leur organe principal, et le parti contraire sut bien reconnaître dans Cobbett le plus formidable de ses ennemis. Il eut dès lors mille tracasseries, parfois juridiques, à soutenir de la part des démocrates : son sarcastique article contre le docteur Bush lui valut un procès en diffamation, et lui coûta 5,000 dollars d'indemnité en faveur du docteur. Enfin, lorsque les démocrates se furent rendus maîtres du terrain, la place ne fut plus tenable. Cobbett, qui, tout en rédigeant et débitant son journal, taisait le commerce de la librairie, revint à Londres. Son nom était connu de quelques personnes ; mais, en général, on était incrédule sur son talent, comme les Anglais le sont à l'égard des Yankies, comme, en général, tous les habitants des capitales le sont pour ce qu'ils regardent comme des renommées provinciales. Cobbett marqua bientôt sa place parmi les maîtres de la presse périodique, en publiant un autre jour. nal ledomadaire, auquel, du reste, il laissa d'abord
  • Guillaume CHÂTEAU( 1633 - 1683) : graveur, né à Orléans en 1653, étudia à Paris les principes du dessin, et lit le voyage d'Italie comme amateur. S'étant lié à Rome avec Frédéric Greuter, il devint tellement passionné pour la gravure, qu'il y lit en peu de temps des progrès rapides. Après avoir parcouru une grande partie de l'Italie, et y avoir exécuté avec succès divers portraits des souverains pontifes, il revint à Paris, où ses talents lui méritèrent la protection du ministre Colbert, et une place à l'académie de peinture. Les principaux ouvrages de Château sont : une Assomption de la Vierge, pour le recueil du cabinet du roi, d'après Annibal Carrache ; la Manne du désert, d'après le Poussin ; la Guérison des aveu- gles de Jéricho ; le Ravissement de Si. Pauli; le Jeune Pyrrhus soustrait aux recherches des Molosses ainsi que la Mort de Germanicus, d'après le mème. On a de lui encore différentes pièces, d'après les tableaux de Raphail, du Corrége, de l'Albane, de Ciroféri, de Carle Manne, et autres grands maîtres. Château mourut à Paris en 1685. Les estampes qu'il « nie de Baye; Bissenif ; fC magnifique et somptueux ; le chasteau des visconte! « d'Estoges; la petite ville et chasteau de Dormans, le chasteau « de Villery, petite ville et comté de Vertus; VictryleFranois, « petite ville et chasteau de Victry en Pertois ; MareuilsurAI, « chasteau et fort de M.; le chasteau de bureau, le hourcq et très. « antique chasteau de ChastillonsurMarne ; le chasteau tte l'ancienne baronnie de Confins près Chialons ; le bourg d'At.» a gravées en ftalie sont signées Casteni. — Un autre Nicolas CHATEMI, aussi graveur, vivait au commencement du 18" siècle; il n'a laissé aucun ouvrage remarquable
  • Guillaume CHRÉTIEN : ou, comme on écrivait alors, CfIRESTIAN , gentilhomme breton , cultiva la médecine avec succès dans le 16° siècle , et traduisit en français quelques traités d'Hippocrate, de Galien et de Jacques Dubois. 11 est auteu• de Philalethes sur les erreurs anatomiques de certaines parties du corps humain, vaguères réduites et colligées selon la sentence de Galien, Orléans, 1536 D'abord médecin du duc de Bouillon, ensuite de Français ler et de Henri II, il mourut vers 1560. On trouve la liste de ses autres ouvrages, devenus de peu d'intérêt, dans la Bibliothèque de Duverdier et dans les Mémoires de Niceron , t. 31. Ce dernier observe que van der Linden, et son continuateur Mereldein, n'ont point connu ce médecin. Éloy, dans son Dictionnaire , a commis une faute bien plus grande qu'une omission, en confondant Guillaume Chrétien avec son fils Florent, qui n'a jamais exercé la même profession
  • Guillaume CHESELDEN( 1688) : chirurgien anglais, ne en 4688, à Burrow on the Bill, dans le comté de Leicester. Après avoir tait quelques études classiques, il s'appliqua , sous plusieurs habiles maifres, à l'étude de l'anatomie et de la physiologie. Il profita si bien de leurs leçons, qu'il ouvrit luimême, dès l'àge de vingtdeux ans, un cours public d'anatomie. La société royale de Londres l'admit un an après au nombre de ses membres. Il publia en 1715 son Anatomie du corps humain, réimprimée en 1722,172b, 1752, 1754, 17l0, et pour la onzième fuis en 1778. Quoiqu'il ait paru depuis sur ce sujet des traités plus complets et plus exacts, cet ouvrage est encore estimé. La réputation que lui obtinrent et ses leçons et ses succès dans la pratique de son art le fit nommer chirurgien en chef de l'hôpital StThomas, chirurgien consultant des hôpitaux de StGeorge et de Westminster, et premier chirurgien de la reine Caroline. En 1725, parut son Traité de la taille au haut appareil, qui fut presque aussitôt attaqué dans un pamphlet anonyme attribué au docteur Douglas, et intitulé : Lithotomus castratus, dans lequel Cheselden était gratuitement accusé de plagiat. Cette méthode par le haut appareil , quoique perfectionnée par Cheselden, était encore accompagnée de si graves inconvénients , que ce savant chirurgien crut devoir l'abandonner , et adopta l'appareil latral, qu'il pratiqua longtemps avec beaucoup d'adresse et de succès. Sur quarantedeux sujets taillés par lui dans l'espace de quatre an- nées, deux seulement ne purent être sauvés. L'auteur de son éloge , imprimé clans les Mémoires de l'académie royale de chirurgie, assure lui avoir vu faire cette opération en cinquantequatre secondes. Une opération qui étendit beaucoup sa célébrité, et peut-être la seule circonstance de sa vie qui conservera son nom à la postérité, est celle par laquelle il rendit la vue, en 1728 , à un jeune homme de quatorze ans, né aveugle, ou qui l'était devenu de trèsbonne heure. L'état de ce jeune homme à la suite de l'opération et après son entière guérison, le progrès (lu nouveau sens qu'il venait d'acquérir, les idées nouvelles qui se développèrent en lui, donnèrent lieu à diverses observations intéressantes pour la physiologie et la métaphysique, et dont Locke , Diderot et Berkeley ont fait d'heureuses applications. En 1729, l'académie des sciences de Paris choisit Cheselden pour un de ses correspondants ; et, en 1752 , l'académie de chirurgie, nouvellement instituée à Paris, le nomma le premier de ses associés étrangers. Il publia par souscription, en 1733, l'Os- téographie, ou Anatomie des os , I vol. com- posée de figures trèsbien gravées et de courtes explications ; niais la vente de cet ouvrage, d'un prix élevé, ne répondit pas aux dépenses qu'il avait faites; il fut de plus attaqué d'une manière assez indécente par le docteur Douglas dans une brochure intitulée : Remarques sur ce livre pompeux, l'Ostéographie de M. Cheselden. Ce dernier, devenu possesseur d'une fortune assez considérable, songea alors à se procurer une espèce (le retraite, et obtint, eu 1737, la place de chirurgien en chef de l'hôpital de Chelsea , qu'il occupa avec distintion jusqu'à sa mort, arrivée en 1752, dans sa année. Savant anatomiste, il fut peut-être le plus habile opérateur de son temps ; et il contribua beaucoup à simplifier les procédés et les instruments de chirurgie en usage avant lui. Il se faisait remarquer surtout par la sensibilité et l'intérêt qu'il montrait à ses malades. Chaque fois qu'il entrait dans son hôpital pour y faire la visite du matin, la seule idée des souffrances qu'il J'ait nécessairement causer lui faisait éprouver des sensations pénibles, et l'on dit qu'il manifestait toujours une extrême anxiété avant de commencer une opération , quoiqu'il reprit tout son sangfroid dès qu'elle était commencée. Un habile chirurgien français, dont une longue pratique avait émoussé la sensibilité naturelle, s'étonnait de cette émotion qu'éprouvait Chéselden avant d'opérer, et la regardait comme une marque de faiblesse. Cependant, ce même chirurgien, ayant été conduit par lui dans une salle d'escrime, fut tellement ému à la vue (l'un assaut trèsanimé, qu'il se trouva mal , tandis que Chéselden faisait sa principale récréation de ce genre de spectacle. Chéselden aimait la littérature et les arts , et il était lié avec les gens de lettres les plus distingués de son temps, notamment avec Pope, qui, dans ses lettres, parle solive», de lui avec de grands éloges. On trouve dans les Transactions philosophiques, dans les Némoires de l'académie de chirurgie, et dans d'autres recueils, quelques mémoires de sa composition, et il a ajouté à la traduction anglaise, faite par Gatakee, des Opérations chirurgicales de Ledran, 21 planches et nombre d'excellentes observations
  • Guillaume CHEVALIER : poète français, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, naquit à StPierreleMoûtier, en Nivernais, et fut docteur en mé- decine . 11 parait qu'il exerçait sa tworession dans le Poitou, et peut-ètre à Niort, puisque c'est dans cette ville qu'il lit imprimer l'ouvrage suivant : OEuvres ou Meslanges poétiques, où les plus curieuses raretés et diversités de la nature divine et humaine sont traitées en stances, rondeaux, sonnets et épigrammes, 1617 On apprend dans l'épître dédicatoire de ce volume qu'en 1643, étant encore fort jeune, il avait eu l'honneur de présenter un sonnet à Louis X I V. On le croit auteur du Nouveau Cours de philosophie en vers, avec des remarques en prose, imprimé à Paris en 1655 nus ne hasardons ici cette conjecture que pour engager les personnes qui s'occupent de l'histoire littéraire à éclaircir ce fait. On a du même Chevalier un recueil différent du premier, intitulé : la Poésie sacrée, ou Mélanges poétiques en vers latins et français , élégies, etc.; traitant des Mystères de Notre - Seigneur Jésus- Christ , des Panégyriques et Vies des saints , de grands Jours tenus à Clermont en Auvergne, Paris, 1669
  • Guillaume CHILLINGWORTH( 1602 - 1644) : naquit en 1602, à Oxford, et fut élevé dans l'université de cette ville. Le roi Charles I", accordant alors en Angleterre beaucoup de liberté aux prêtres catholiques, le jeune Chillingvvorth eut souvent occasion de s'entretenir avec le jésuite Fisher, qui le convertit au catholicisme. 'Vers l'àge de dixsept ans, il quitta l'Angleterre, et se retira au collége des jésuites de Douay, où il demeura jusqu'en 1631. Ramené à sa première croyance, selon les uns, par les arguments du docteur Laud, évêque de Londres, son parrain, avec lequel il était demeuré en correspondance; selon les autres, rebuté des épreuves du noviciat, et blessé surtout S— D.
  • Guillaume CLAGETT( 1646 - 1688) : ecclésiastique anglais, fils aîné d'nn ministre protestant, né à StEdmunsdbury , dans le Sultolk , le 14 septembre 1646, se fit distinguer parmi les élèves du collége diEmmanuel à l'université de Cambridge. Après avoir prêché quelque temps avec succès, il obtint, en •603, par la protection du lord garde des sceaux North, parent de sa femme, le rectorat royal de Tarnham dans le muté de Buckingham. fi fut ensuite nommé chapelain ordinaire du roi, et mourut de la pt Cite vérole, le 28 mars 1688. Clagett s'est montré pendant sa vie l'adversaire ardent du catholicisme , et trèsopposé aux projets de Jacques II. Il a publié un grand nombre d'écrits de controverse , dont l'êvèque nurnet, qui range l'auteur parmi les hommes les plus éminents de son siècle, fait un grand éloge. On trouvera la liste de ses ouvrages dans la Biographia Bri- tannica; nous nous bornerons à citer : I° Di 'Térence entre la séparation des protestants de l'Eglise de Rome, cl celle des dissidents de l'Eglise d'Angleterre, Londres, 1685; 2" Etat de l'Eglise de Rome, ainsi qu'il résulte des rapports [ ails aux papes Paul 111 et Jules 11 par leurs propres adhérents. Clagett a laissé un grand nombre d'ouvrages manuscrits, dont quel- quesuns ont été publiés par son neveu Nicolas Clagett, dont l'un des fils fut évêque de StDavid et d'Exeter
  • Guillaume COMPTON : troisième fils du précédent, commandait un régiment à la bataille de Banbury, où il se fit remarquer par son extrême bravoure et eut deux chevaux tués sous lui. Lorsque la ville et le château se rendirent, il en fut fait lieutenantgouverneur sous les ordres de son pére. Au mois de juillet 1644, les troupes parlementaires vinrent l'assiéger, et ne tardèrent pas à le sommer de se rendre. Mais loin de livrer la place, il répondit qu'il était chargé de défendre le chàteau pour Sa Majesté, et que tant qu'il y resterait un homme vivant, il n'en sortirait pas. De nouvelles sommations furent également repoussées. Il se défendait depuis treize semaines et se trouvait réduit à une telle extrémité, qu'il ne restait plus que deux chevaux qui n'eussent pas servi de nourriture à ses soldats, lorsque le comte de Northampton, son frère, fit lever le siège le 26 octobre, le même jour où la ville et le château s'étaient rendus deux ans auparavant aux armes du roi. Compton combattit jusqu'au moment où Charles I", ayant quitté Oxford, et tout le royaume s'étant soumis au parlement, il dut rendre, IrL niais à des conditions honorables, le 8 mai 1646, la place qu'il avait si bien défendue. En '1648, il était major général des forces royales à Colchester, et Olivier Cromwell mème en faisait le plus grand cas. A la restauration de Charles H, Compton fut fait membre du conseil privé et maitre général de,l'artillerie. Il mourut le 19 octobre .1665, à l'âge de 39 ans. Une épitaphe en son honneur est placée ' dans l'église de ComptonWinyate
  • Guillaume CROFT( 1677 - 1727) : dôcteur en musique à l'université d'Oxford, né vers 1677 à NetherEatington, dans le comté de Warwick, mort en 1727, avait été successivement organiste, maitre de musique, compositeur de la chapelle royale et organiste de l'abbaye de 'Westminster. On a de lui 10 l'Harmonie divine, ou Nouveau recueil d'An- tiennes choisies, précédé d'un Précis historique de la musique d'église, 1712, sans nom d'auteur ce qui peut paraître singulier, d'après le titre et d'après l'état de l'éditeur, c'est que ce recueil contient que les paroles et non la musique des antiennes en usage dans la chapelle royale; 2° Mu- sica sacra, ou Antiennes choisies, en partitions publié par souscription en 1742, en 2 volumes dont le premier comprend l'office mortuaire que Purcell avait laissé imparfait. On a aussi de lui quelques chansons
  • Guillaume CUP( 1604 - 1667) : né à Bommel, dans la Gueldre, le 6 juillet 1604, mort le 16 janvier 1667, fut pendant vingt ans professeur (le droit dans l'université de Franeker. On:a de lui : 1° Disputationes ad instituta imperialia. Harderwik, 1634 ; Franeker, 1650 2° De successionibus disputai joues vigenti sex, Franeker, 1651 : la 12e, qui traite de la loi Falcidia, a été imprimée à part, ibid., 1649 ; 3° De obligationibus disputationes triginta octo, ibid., 1654 ; Notre ad institutiones juris, ibid., 4°; 5° Fasciculusdissertationum juridicarum, ibid., 1661
  • Guillaume CULLEN( 1712) : un des plus célèbres médecins du 18' siècle, naquit en 1712, dans le comté de Lanerk, en Ecosse. Après avoir étudié la chirurgie et la pharmacie à Glascow, il fit plusieurs voyages en qualité de chirurgien sur un vaisseau marchand. 11 alla ensuite exercer sa profession à Hamilton, où il s'associa avec Guillaume Hunter. Ces deux jeunes gens, alors ignorés, réunis ,en quelque sorte par le besdin, màrchèreut l'un et l'autre à pas de géant dans la carrière des sciences, et parvinrent an plus haut degré de gloire. lls se rendirent à Edimbourg : Wien suivit avec ardeur les leçons de cette université justement fameuse .11 avait su mettre à profit la bienveil lance d duc d'Argyle,qu'il avait aidé dans divers traN a ux ch imiques. Le duc d'Hamilton, qu'il eut le bonheur de guérir d'une maladie grave, lui fut plus utile encore. Cullen obtint, à la recommandation de cet illustre Mécène, la chaire de chimie à l'université de Glascow, en 1746, et il passa en 1751 à celle de médecine. C'est là qu'il commença à dévelop- per le talent si précieux et si rare de donner à la pence des formes attrayantes, de répandre la clarté sur les matières les phis abstraites, et de Fendre les questions les plus ardues accessibles aux intelligences ordinaires. Les directeurs de l'uniNersité d'Édimbourg, jaloux de conserver à cette désole sa brillante renommée, offrirent en 1756 à Cullen la chaire de chimie, vacante par la mort de Plummer. En 1760, il termina le cours de matière ,nédicale commencé par le docteur Alston; en 1,66, il succéda au savant Robert Whytt, et en 1773 à Jean Gregory, professeurs de médecine théorique et pratique. Ce fut alors que Cullen posa les fondements de son ingénieux système, qui fut a\ idement saisi par un nombre prodigieux de disciples. La doctrine de Boérhaa‘e était généralement admise et enseignée ; ses aphorismes étaient regardés comme des oracles. Jaloux d'enlever au professeur de Leyde le plus beau fleuron de sa couronne, Cullen exagéra les défauts de ces immortels aphorismes, et prétendit qu'ils fourmillaient d'erreurs. Il s'attacha surtout à démontrer l'inexactitude, l'invraisemblance, la fausseté des deux points fondamentaux de la théorie boi;rhavienne, dont l'un a pour objet les maladies des solides simples, et l'autre les dégénérations acides et alcalines des fluides. Cependant Cnilcn sentit lien qu'autant il est facile de détruire, autant il il est glorieux d'édifier. Il voulut donc établir un nouveau système médical sur les ruines de celui ile Boérhaave. Il affecta de rejeter tous les prin, ipes adoptés par ce grand homme, et négligea l'examen de la libre simple, pour s'occuper essenMoment des nerfs, qui méritent en effet la plus Mile considération, puisqu'ils sont, à proprement parler, l'arbre de N ie. Le bon état de ces organes constitue la santé, leurs altérations variées donnent naissance aux diverses maladies, et la mort est le résultat inévitable de leur paralysie complète. Le germe de celte idée, tout à la fois simple et lumineuse, se trouve dans les écrits des plus fameux médecins de la Grèce, et spécialement d'Hippocrate. Parmi les modernes qui ont regardé l'influence des nerfs comme le grand mobile de notre économie, on distingue Thomas Willis, Robert MI\ tt, et surtout Frédéric Hoffmann. Cullen ne s'est pas montré juste à l'égard de cet homme célèbre, dont il n'a fait cependant que développer, et rectifier, sous certains rapports, les ingénieuses conceptions. Le professeur d'Édimbourg est également blâmable d'avoir témoigné de l'indifférence, et munie une sorte de mépris, pour la médecine grecque, dont les monuments, après avoir traversé une longue suite de siècles, sont encore pour nous une source féconde d'instruction, et dans lesquels on aime à retrouver cet esprit observateur que possédaient à un degré éminent les créateurs de l'art de guérir. Il est un genre de mérite que personne ne sera tenté de disputer à Cullen. En faisant des causes prochaines l'objet de ses recherchens et de ses méditations, il a dissipé une partie des ténèbres dont cette branche de la pathologie axait été jusqu'alors enveloppée. Si l'on voulait apprécier en peu de mots la doctrine médicale de Boérhaave et celle de Cullen, il faudrait dire que les œuvres du premier portent le cachet du génie, et celles du second l'empreinte d'une méthode rigoureuse. Le professeur de Leyde est plus philosophe, celui d'Édimbourg est plus logicien. Ott est souvent convaincu pàr les arguments péremptoires de celuici; on admire toujotu• les vues sublimes de celuilà. Les ouvrage de Cullen devinrent classiques en naissant, et ils méritaient cette prérogative. On a méme droit de s'étonner que la plupart soient aujourd'hui condamnés en France à un abandon presque total. 1° institutions of medecine : part. I, Physiology; 3C édition, Édimbourg, t 585 L'auteur a voulu dire beaucoup en peu de mots, et s'est en outre livré à son penchant pour la métaphysique, ce qui nuit à la clarté de sa Physiologie. Elle a cependant été imprimée un grand nombre de fois; traduite en français par le professeur Hosquillon, Paris, 1185 en allemand, Leipzig, 1186 en latin, Venise 1;88 etc. 2° First linesof the practice of ph ysie, Londres,1188 ibid , 1787, 4 vol. ibid., 1802. 2 vol Cette édition, publiée par le docteur lierre Iteid, est surchargée de notes qui obscurcissent le texte au lieu de l'éclaircir. En effet, les vaines h y pothèses de Brown y sont mises en opposition avec la doctrine de Cullen, et l'éditeur ne craint pas de leur accorder généralement la préférence. A peine cet important ouvrage eutil u le jour, qu'il fut traduit eu allemand, d'abord en 17,8, puis en 1789, ensuite en 1800, avec des notes et des suppléments, Leipzig, 4 vol. en latin par Beerem- 4rock, sous ce titre : Prime trouve medicinalis proxeos, Leyde, 1773 ; en français, premièrement palle docteur Pinel, Paris, 1785, 2 vol. puiavec des notes plus volumineuses que le texte, par le professeur Bosquillon, sous ce I dre : Éle- 4 ents de médecine pratique, Paris, 1,85-1787, 2 sol. en italien, avec des remarques, par Frédéric Rossi, Sienne, 1788, 2 vol. etc. 3° Synopsis tiosologioe methodicoe, Leyde, 1772 ; Édimbourg, 1777, 2 vol. ibid., 1782, 2 vol. ibid., 1785, 2 sol. Le premier volume renferme les systèmes nosologiques de Sauvages, de Linné, de Vogel, de Sagar et de Macbride ; le deuxième est consacré à la classification établie par Cullen, et préférable à toutes celles de ses prédécesseurs. Cette précieuse collection nosologique a été traduite en allemand, avec quelques additions, Leipzig, 1786, 2 vol. Le professeur JeanPierre Frank a publié séparément le système de Cullen, Pavie, 1787, in 8°; ibid., 1790 4° A treatise of the materia mediea Édimbows., 1189, 2 ol . ; ibid., 2 y01. i11-40. On admire dans cet ouvrage des idées grandes et neuves, des préceptes utiles, une critique judicieuse, qui lui assigneront toujours un des premiers rang:, parmi les traités de thérapeutique. L'auteur désavoua les Lectures on the materia medica, publiées à Dublin, par quelquesuns de ses élèves, en 1181, traduites en allemand par Ebelirig, et en français par Caullet de Veaumorel. L'ouvrage, mis au jour par le professeur luimême, a été traduit en français par le docteur Bosquillon, Paris, 1789, 2 vol. en allemand, avec des notes supplémentaires, pat. Ceorges GuillaumeChristophe Cosbruch, Leipzig , 1790 et par Samuel Hahnemann, Leipzig, 1790, 2 vol. en italien, aNec des notes plus considérables que le texte, par le professeur Ange dalla Decima, Padoue, 1192-1800, t; vol. Cullen lie fournissait presque aucun mémoire aux nombreuses sociétés savantes nationales et étrangères dont il était membre. Entièrement occupé de productions majeures, il n'avait guère le temps de se livrer à la composition de minces opuscules. 11 publia cependant une Lettre sur la manière de rappeler à la rie les personnes noyées et asphyxiées, Édimbourg, 1784 ; Cullen termina sa glorieuse carrière le $ février 1790
  • Guillaume COOKE( 1757 - 1820) : né en 1757, à Londres oit son père était joaillier, étudia dans le voisinage de cette métropole, puis revint dans sa ville natale, où il .ne figura parmi les membres de Lincoln's lnn et ne prit, part aux débats du barreau qu'en 1790. Il est vrai que cinq ans auparavant il avait publié un Traité sur les lois relatives à la banqueroute. Cette partie de la législation anglaise, qui dès ce temps avait at- tiré l'attention de Cooke, resta toujours l'objet de ses études, et il se constitua ainsi une spécialité dans laquelle il eut peu de rivaux, et qui lit affluer les clients dans son cabinet. Cette confiance dans les lumières de Cooke était connnune au gouvernement et aux chambres. Le lordchancelier Eldon le choisit pour un des membres de la commission appelée à prononcer sur la procédure à suivre dans tous les cas de faillite. L'opinion du jurisconsulte était qu'il fallait soustraire toutes ces causes à la compétence de la cour de chancellerie , mais pour en remettre la décision à un juge unique, qui, du reste, devait ètre au moins de rang aussi élevé que le chef de la cour à laquelle on enlevait la connaissance de cette espèce d'affaires. Cooke fut nominé, en 1816, conseiller du roi : niais les attaques de goutte auxquelles il était en proie l'obligèrent de résigner cet office et de se réduire à ses travaux de cabinet. Ils consistaient principalement en consultations sur des faillites 'et en arbitrages. En 1818, à l'époque où l'affaissement de George lit pronostiquait un changement de règne, Cooke fut envo.yé à Milan caqualité de commissaire, à l'effet de recevoir les dépositions des témoins sur la conduite de la mine Caroline. On devine bien qu'il n'allait pas là pour en rapporter un procèsverbal d'innocence. Ceux qui lui avaient confié cette mission furent satisfaits de la manière dont il la remplit; et quand hi reine vint, en 1820, revendiquer sa part du trône, un acte d'accusation ne fut pas difficile à dresser. Les défenseurs de cette princesse ne manquèrent pas de reprocher à Cooke le rôle qu'il avait joué dans les préliminaires de cette affaire. On remarqua que dans sa réponse il essaya de pallier ses torts, en disant que lorsqu'il était parti pour Milan, il ne,e doutait pas de ce qu'il apprendrait. Cooke mourut à Lenham , en septembre 1832. Son Traité sur les lois relatives à la banqueroute a été imprimé cinq fois de 1785 à 1804, en 2 vol et depuis a encore eu deux éditions. Luinième y donna un supplément en 1809. Cet ouvrage, 'qui fut un. des manuels des légistes anglais jusqu'à ces derniers temps, où les changements de la législation sur les faillites viennent de le rendre inutile , n'avait été vendu au libraire que 10 livres sterl. C'est à tort que le Biographical Dictionary of the living «( hors de 1816 en fait honneur à un autre Guillaume Coolie, auteur des Éléments de cri- tique dramatique, etc.— Edward COOKE, d'abord secrétaire du comte de Buckingham, viceroi d'Irlande, puis greffier de la chambre des communes, reçut un ample dédommagement .à l'époque de la réunion. Nominé secrétaire du département dela guerre pour l'Irlande; il y entra au parlement , et fut ensuite secrétaire (lu département de l'intérieur. C'est à ce titre qu'il se trouva le coadjuteur de lord Castlereagh pendant tonte la durée de la rébellion qui éclata alors dans cette contrée. 11 la seconda de tout son pouvoir, concourut avec le mèine zèle à la réunion, et publia pour l'amener plusiems écrits anonymes. Il ne plaça son nom qu'a celui qui est intitulé Argunient. pour et contre une union. entre la Grande- Bretagne et l'Ir- lande, Dublin, 1798 Cooke dirigea l'ouvrage périodique intitulé la Sentinelle, écrit (ians le mètne sens. Après- l'acte d'union il revint en Angleterre avec Castlereagh, qui lui donna l'emploi de secrétaire d'Etar de l'intérieur et des affaires étrangères, et le mena au congrès de Vienne. Après quarante ans de services dans l'administration, Cooke se retira en 1817, et il mourut à Londres, en 1820. VAL
  • Guillaume COPPIER( 1600) : né à Lyon, au commencement du 17' siècle, fut capitaine de la marine des Indes et du ponant. Il vivait encore en 1670. On a de lui : 1° Histoire et Voyages des Indes occi- dentales et autres pays éloignés, Lyon, 1645, 165'4 ; Cosmographie universelle et spirituelle, ensemble les définitions des vertus et des vices, Lyon, 1670 30 Essais ou définitions des mots, avec l'origine el les noms ( les premiers 'inventeurs des arts, 1663
  • Guillaume COOMBE : romancier et poète anglais, était fils d'un riche marchand de Londres. Eton, Oxford, le virent successivement dans leurs murs avec l'élite de la jeunesse anglaise. 'Tout en se distinguant par des talents littéraires, Coombe, qui réunissait à ses espérances de fortune un extérieur avantageux, acquit les manières élégantes et faciles d'un fashionable ; et, s'il se fit recevoir bachelier èsuniversité, certes il ne contracta pas l'allure et la morgue pédantesque des docteurs que plus tard il devait si grotesquement stigmatiser. Devenu maitre de son héritage à l'instant de sa majorité, il se lança, de compagnie avec ses jeunes condisciples, dans le tourbillon du grand inonde, et, dans cette atmosphère enivrante, mena la vie d'un gentleman ; on l'appelait vulgairement le comte Cootnbe. Effecti- veinent il éblouissait plus d'un comte. Deux voitures, des chevaux, un nombreux domestique, le jeu, les courses, les paris, les bonnes fortunes, et finalement les dettes, entamèrent insensiblement sa fortune brèche élargie laissa passer les huissiers, les recors : le pauvre eoombe à quarante ans se vit près d'étre réduit à ce qu'était son père à vingt, le propriétaire d'une bourse vide. Alors lui vint l'idée d'utiliser ce qu'il avait appris dans le cours d'une existence joyeuse et variée, et il se mit à brocher le pamphlet, le roman, le journal, tout ce que voulurent les libraires, pour continuer son rôle brillant sur la scène du dandysme. Un peu honteux pourtant de ne vivre que des gouttes d'encre échappées à sa plume, et du monnayage , pourrait sans peine etre amenée à lui donner sa main : Coombe rejeta dédaigneusement l'insinuation, et laissa l'héritière et le million passer aux mains d'un soldat. Cependant il se maria deux fois : mais ce ne fut point par la fortune qu'il se décida. Son talent original et facile, qui semblait avoir grandi plutôt que diminué avec l'âge, commença pourtant à faiblir lorsqu'il devint septuagénaire : il déposa la plume après 1815, pour ne plus la reprendre. Huit années se sèrenLmvur, pvant qu'il cessât de vivre, le 19 juin 1822. Chrétien fervent, il fut aussi religieux dans sa mort, qu'il avait été épieurien pendant sa vie. Coombe possédait an plus haut degré le talent de narrer, et communiquait à son auditoire toutes les impressions qu'il voulait. On le vit parfois, au coin d'une place ou dans une promenade publique, faire fondre en larmes ou trembler de tous leurs membres de petits garçons auxquels la fantaisie lui prenait de faire un conte. Il avait des connaissances musicales et chan-- tait fort agréablement. Pour lui la toilette, comme tout ce qui tient à l'ostentation, était affaire capitale. Il aimait aussi le luxe de la table, niais comme spectacle, et non comme un stimulant gastronomique. Observateur malin plutôt que profond, il saisissait à merveille le côté plaisant des choses et les ridicules. Nul Anglais peut-être, depuis Swift, n'a possédé plus complétement l'humour, tant qu'elle est accompagnée de bonhomie et qu'elle ne dégénère point en ironie sanglante. Au reste, quoique la satire soit le trait véritable de Coombe, la rare flexibilité de son talent et les connaissances un peu superficielles, mais va-. niées, qu'il devait à son admission dans les premiers cercles de la capitale, lui permettaient de traiter toutes les questions. Ce qu'il a fait ou revu d'ouvrages 11 légers et scientifiques excède toute croyance, et quelquesuns ont fait la réputation de leurs auteurs putatifs. On regarde comme indubitablement de lui : 10 Ici Diaboliade, poème en deux parties : la première est écrite de verve, d'un bout à l'autre ; la seconde, quoique fort spirituelle, est languissante il est évident que l'inspiration n'y est plus. Peut-être aussi doiton avouer que, en fait de boutade comique,originale, inattendue, jamais continuation, reitelle parfaite, ne produisit une sensation pareille à celle qu'a causée le commencement; si le poète est las, son auditoire l'est aussi, et cette remarque 1. est juste surtout pour la Diaboliade, dont toutes les scènes n'étaient que la broderie de ce qui se passait 1> dans le haut monde, et où l'on reconnaissait sans peine, à travers un voile bien diaphane, les aventures d'un noble ménage. 2° Le Diable boiteux en Angle- terre, 1790, 2 vol. ; 2e édition , 1810, 6 vol. Cette continuation de Lesage est souvent piquante, mais loin de valoir le livre français. 5'' Les Voyages du docteur Syntaxe. Ce, n'est pas, comme on le supposerait, un seul roman : ce sont trois romans divers, ou, comme Coombe l'intitule, trois voyages, trois tours. La vogue dont jouit surlechamp le premier, qui parut par numéros dans le Poetical Ma- gazine d'Ackermann, et qui eut quatre éditions en deux ans, engagea lelfashionable romancier à faire paraitre les deux autres. Là effectivement Coombe est tout luimême, tout Anglais, tout homme du monde, et persiflant l'homme de collége. Le titre complet du premier voyage est Tour du docteur Syntaxe à la recherche du pittoresque : celui du troisième est Tour du docteur Syntaxe à. la recherche d'une femme. Comme le public ne se lassait point des aventures du docteur, Combe a mis encore en scene ce héros favori dans ses Aventures de l'enfant trouvé du docteur Syntaxe, 1813 , et c'est par cet ouvrage qu'il a fait ses adieux au public. Tous quatre sont en vers. 4. L'Histoire de l'abbaye de West- minster, 1812, 2 vol. : publication qui trahit chez Coombe le besoin de gagner de l'argent. 5' La Danse de la Mort et la Danse de la Vie, poèmes marqués tous deux au coin de son esprit observateur, caustique et gai. 6° Beaucoup de brochures; parmi lesquelles nous indiquerons : 1° l'Entrevue royale ; Lettre d'un gendemann de la campagne à son ami de la ville; 50 Lettre de Valérius sur l'état des partis, 1804 auxquelles on peut joindre les Lettres de lord Lyttelion. 7° Six parnes pour illus- trer les gravures de S. A. R. la princesse Élisabeth, 1815 8° L'n grand nombre de descriptions dans le Microcosme de Londres, 5 vol. publiés par d'Akermann, et les articles du Repository of Arts. intitulés le Spectateur moderne. Les Voyages du docteur Syntaxe ont été traduits en plusieurs langues, notamment en français
  • Guillaume COP : médecin, né à Bàle, étudia d'abord dans sa patrie, puis sous les plus célèbres professeurs de l'Allemagne, les langues latine et grecque. l'alla ensuite se perfectionner à Paris, où il devint le disciple et rami de Lascaris et d'Érasme. Après avoir terminé avec distinction le cours de ses humanités, il se livra à la médecine, et obtint le doctorat en 1495. Bientôt il jouit de la plus brillante réputation. Louis X11 et son successeur. Fran- çois te% le choisirent pour leur archiàtre, et il occupa cet honorable emploi jusqu'à sa mort, arrivée e 2 décembre 1532. Quoique la carrière de ce sa- vant médecin ait été longue et laborieuse, il n'a publié aucun ouvrage original ; on doit pourtant le regarder comme un des restaurateurs de l'art de guérir en France. En effet, il lut avec beaucoup de soin les écrits des médecins arabes, qui pour lors jouissaient de la plus haute considération dans los écoles, et ne tarda pas à s'apercevoir que ces Arabes, si généralement admirés, si aveuglément suivis, n'é- taient, pour la plupart, que des compilateurs, des ro- , pistes, tantôt serviles, tantôt infidèles, des médecins grecs; aussi ces derniers devinrentilsles objetsché- ris, ou pour mieux dire, exclusifs de son culte. Il consacra sa vie tout entière à traduire les oeuvres des plus illustres médecins de la Grèce, et ces tra- ductions estimées ont toutes eu un grand nombre d'éditions: 1° Pauli iEginetce Prœcepta salubria, Paris, 1510; ibid. etc.; 2. Hippocratis Coi* Prasagiorum libri fres ; ejusdem de rations victisc in morbis m'ut is libriquator, Paris, 15 I I etc. ; 30 Galeni de affectorum locorum Notitia libri sex, Paris, 1513 ; Lyon, 1547 4° Galeni de morborum et symptomatum Causis et Differentiis libri sex, Paris, 4528 Lyon, 1550 etc. Parmi les anciennes traductions des écrits immor- tels du père de la médecine, on distingue celle parut à Bàle, en 1526 sous ce titre : Hip- pocratis Coi medicorum omniuin longe prinripis Opera, quibus maxima ex parte annoruni cirriter duo millia latina cama lingue, Grœci veto et Ara- bes., et prisci nostri medici, plurimis tamen bus preetermissis , scripta sua illastrarunt, tandem per M. Fabium Rhavennatem , Gulielnium Copum Basiliensem, iVicolaum Leoni- cérium , - et A ndrea m Bredtium, viros doct iss mos, latinatate donata , ac jamprimum in lucem edita, etc
  • Guillaume COQUILLART : né eu Champagne, était official de l'église de Reims, en 1478. Il assista, en 1484, à la cérémonie du sacre de Char- les VIII. et mourut vers 1490, de chagrin, (liton, (l'avoir perdu au jeu de la morve une somme d'argent considerable. Il s'était acquis une grande réputation par quelques petites pièces de vers, dans lesquelles on trouve de la facilité, du naturel, et cette naïveté, caractère particulier de la langue et des poésies de ce tempslà. Il faut convenir aussi que Coquillart a mérité tous les reproches que lui ont faits les critiques, sur la licence de ses expressions et sur le choix de ses sujets. On a de ce poéte deux pièces de vers qui peuvent être regardées commune pièces dramatiques : ce sont le Plaidoyer d'entre /a Simple et la Rusée; l'Enquéle d'entre la Simple et la Rusée. Le duc de la Vallière en a donné l'analyse; elles se trouvent dans l'ouvrage intitulé : Sensugvent les Droits nouveaux, Paris, sans date, iti4°. Ces Droits nouveaux sont de Coquillart, ainsi qu'une autre pièce intitulée le Débat des daines et des armes. Les poésies de Coquillart n'ont été recueilies qu'après sa mort, puisque la première édition connue est celle de Paris, veuve Trepperel, 1495 goth. Elle est fort rare, mais moins complète que les suivantes , Paris, GalliotDupré, 1552 lettres rondes. Celleci, qui est fort jolie, est la plus recherchée. Celle de Paris, 1554 est encore estimée, ainsi que l'édition de Coustelier, 1725 Cette dernière est précédée d'une lettre de l'éditeur, contenant des remarques de la Monnoie, dans lesquelles ce savant critique a démontré que le Pur- gatoire des mauvaises femmes, l'Avocat des dames de Paris louchant le Pardon de St. Trottet, et autres pièces attribuées par la Croix du Maine à Coquillart, ne sont point de lui, mais (le quelques auteurs du même siècle, aujourd'hui inconnus
  • Guillaume CORBET( 1781 - 1842) : général, né en 1781, étudiait le droit à l'université de Dublin, lorsque l'Ir- lande se souleva en 1798. Nommé officier s cier da l'ar- ne nationale, le jeune Corbet lit partie de la deputation qui fut envoyée à Paris, la mème année, pour solliciter les secours de la France. Bientôt une flotte sortait du port de Dunkerque et cinglait vers l'Angleterre ; niais la petite troupe qui, commandée par le général Humbert , parvint à débarquer sur les côtes d'Irlande, ne tarda pas à ètre battue et disper- sée. Obligé de revenir sur le continent, Corbet se rendit à Hambourg, d'où il comptait rentrer en France; niais il fut découvert par les agents de l'Angleterre, qui obtinrent du sénat son incarcération, puis son extradition. Il était depuis plus de deux ans détenu dans la forteresse de Kilinainham, près Dublin, lorsqu'il fut délivré par les Irlandaisunis, et chargé une seconde fois d'une mission_à Paris, laquelle n'eut aucun résultat, par suite du traité de la paix d'Amiens. A la reprise des hostilités, Corbet entra dans un régiment français, conquit tous ses grades sur le champ de bataille, et fut pendant la campagne de 1814 élevé au grade de colonel. Après l'abdication de l'empereur, il se retira du service, et vécut dans l'obscurité de la vie privée jusqu'en 1828. Ayant alors proposé au gouvernement, pour la délivrance de la Grèce, un projet d'expédition qui fut approuvé, Corbet fut remis en activité et attaché à l'armée de Moree.11se distingua en plusieurs occasions, et obtint en 1830 le grade de maréchal de camp. Ce fut lui qui installa le roi Othon sur le trône, après avoir, par la victoire d'Argos , arraché la ville d'A- thènes à l'anarchie qui la désolait depuis la mort de Capo d'Istrias. Les primats de la Grèce, réunis à Nauplie, décernèrent alors au général Corbet, avec un sabre d'honneur , le titre de commandant en chef de l'armée grecque. Rentré en France après six campagnes, il fut employé dans les lie et 15e disions militaires, puis mis dans le cadre de réforme , • conformément à la loi. Corbet mourut à StDenis, le 12 avril 1842. 11 était commandant de la Légion d'honneur et de l'ordre grec du Sauveur
  • Guillaume CORVI( 1250) : en latin de Corvis, connu sous le nom de Guillaume de Brescia, l'un des plus célèbres médecins du 13° siècle, et sur lequel Mazzucchelli n'a pu dire qu'un mot, faute de renseignements, naquit vers 1250, dans le territoire de Ca.- neto, qui faisait alors partie du Bressan. Son père le fit entrer dans l'état ecclésiastique, et, après ses études faites avec un brillant succès, il devint, à Y ingttrois ans, professeur à l'université de Padoue, qui brillait alors d'un trèsgrand éclat. L'abbé Engelbert dit qu'il y fut pendant cinq ans le disciple de qui professait la logique et la philosophie, et il le llesisùr que la plus grande partie de cul emprunt fut donnée sciemment et avec une complaisance scandaleuse aux amis du ministère, bien audessous du cours. Les reclamations qu'excita une telle irrégularité forcèrent le ministère, dans les emprunts ultérieurs, 3 traiter publiquement el par adjudirMions. FRIIIIIMIIMRce re put at ion i s ; niais bientôt, entraîné par son goùt particulier, Corvi laissa sa chaire, et vint étudier à Bologne la physique et la médecine. Déjà, en 1286, il avait obtenu le degré de magister in fixica, et, en 1298, le pape Boniface VIII l'appela à Rome comme archiatro pontifizio; 'et, suivant l'usage où les pontifes étaient alors, de récompenser, par des bénéfices ecclésiastiques , les services de ceux qu'ils affectionnaient, il le nomma chanoine de Paris. 11 lui conféra de plus un canonicat vacant à Lincoln en Angleterre, en le dispensant de la résidence. Lorsque Clément V transporta le saintsiége à Avignon, Corvi, qui avait conservé Ses emplois de médecin pontifical, l'y suivit, et ce pape le combla de bienfaits. Il lui donna le fief de la Catena , dans le Ferrarais , le fit archidiacre et chanoine de l'insigne collégiale de Constance, puis archidiacre de Bologne. Le pape Jean XXII, sous lequel il conserva aussi ses dignités, l'éleva encore à celle de chapelain de la cour de Rome. Au milieu de tant de biens et d'honneurs , Corvi ne négligea point l'étude , et se ressouvint de sa patrie , où il fonda et dota largement une prébende canoniale dans l'église cathédrale. A sa mort, arrivée dans le mois de mai 1326, lorsqu'il était à Paris, il ordonna que ses revenus fussent employés à fonder un col. iége pour les pauvres étudiants de Brescia, dans une maison que luimême y avait achetée pour cet usage. Ce collége subsista jusqu'au règne du pape Eugène IV, qui le supprima, en donnant ses revenus au collége Grégori. Les ouvrages de cet heureux L savant furent imprimés sous le titre d'Excellentissimi medici Gulielmi Brixiensis aggregatoris dictorum, illustrium medicorunt ad unamquarnque cegritudinem a capite ad pedes practica; de febribus tractatus optimus; de peste; de consilio obsercando tempore pestilentite, ac etiam de cura pestis, trac, tatus perspicuus; I \ 01. Venise, 1508. Matthieu Mattioli de Pérouse , dans son traité De me. moria, cité par le cardinal Quirini, fait mention d'un manuscrit de Guillaume Corvi, sur la mémoire arti ficielle. Mazzucchelli eu cite un autre du même auteur, intitulé, Concilii medici, dans le vol. 2, part. 4, de ses Scrittori ital
  • Guillaume COUSTOU( 1716 - 1777) : fils du précédent, né à Paris en 1716, fit le voyage de Rome avec la pension que le roi accordait aux élèves qui remportaient les premiers prix.. A son retour, il aida son père dans l'exécution des groupes de chevaux. Il fut reçu à l'Académie en 1742, et son. morceau de réception fut un Vukain attendant les ordres de Vénus pour forger les armes d'Énée. Cette compa- gnie le nomma professeur en 4746, puis recteur et enfin trésorier. Le roi lui confia ensuite la garde des sculptures déposées au Louvre. Il entreprit en marbre, pour les jésuites de Bordeaux, l'Apothéose de St. François Xavier, au même prix qu'ils offraient pour la faire exécuter en simple pierre de Tonnerre. Il resta longtemps sans occupation, jusqu'à ce que le roi de Prusse l'eût chargé des statues de Mars et de Vénus. La mort du dauphin, père de Louis XVI, lui procura l'occasion d'exercer ses talents à l'érection du tombeau de ce prince. On a encore de cet artiste un basrelief en bronze de la Visitation dans la chapelle de Versailles ; la figure de St. Roch dans l'église de ce nom, etc. Coustou fut peu laborieux. On ne lui conteste pas l'invention de ses ouvrages ; mais on sait qu'au moins pour l'exécution, il se reposait sur des sculp- teurs habiles que le défaut de fortune obligeait à lui vendre leurs talents. Un nommé Duvré, qui est mort obscur, a eu beaucoup de part aux derniers ouvrages de Coustou; c'est lui qui a sculpté entiè- rement le fronton de SteGeneviève. Au moment où une maladie grave ne laissait aux amis de Coustou aucun espoir, M. d'Angevillier obtint pour lui le cordon de StMichel, et il le lui porta luimême au moment oit l'empereur Joseph II lui avait fait l'honneur de venir le voir. Cette faveur parut lui rendre la santé; mais enfin il succomba le 43 juillet 1777
  • Guillaume COUSTOU( 1678 - 1746) : naquit à Lyon en 1678, fut élève de Coysevox, et surpassa son frère. Parti pour Rome avec la pen- sion du roi, des tracasseries l'empêchèrent d'en jouir. Avec mi talent encore naissant, il fut obligé de travailler pour Y ivre dans cette capitale des arts, où les talents les plus distingués avaient de la peine à fixer l'attention. Les dernières ressources lui manquaient ; il se disposait à partir pour Constantinople, lorsqu'il fut recueilli par Le Gros, et il traN ailla, sur le modèle et sous les yeux de ce grand maitre, au basrelief de St. Louis de Gon- zague. De retour à Paris, il donna, pour sa récep- lion à'l'Aeadémie royale, Hercule sur le hercher, et fit, quelques années après, pour les jardins de Marly, les figures de Daphné et d'Hippomène. La Daphné, légèrement drapée, finement dessinée, artistement exécutée, paraît être une imitation de l'Atalante antique. C'est aussi à Marly, sur la terrasse, à la tète de l'abreuvoir, que se voyaient les derniers, et peut-être les plus beaux de ses ouvrages. Ce sont deux groupes, dont chacun est composé d'un cheval qui se cabre et d'un écuyer qui le retient. Ces deux groupes sont actuellement à l'entrée des Champs-Élysées. Le même artiste, quelques années auparavant, avait fait le groupe en marbre de l'Océan et de la Méditerranée, qui décorait le tapis vert des jardins de Marly. On peut regarder comme un ouvrage capital la figure en bronze du Rhône, de dix pieds de proportion, qui décore actuellement le vestibule de l'hôtel de ville de Lyon. On voit de Guillaume Coustou, à Versailles, un Bacchus, dans une allée du théâtre d'eau, et un basrelief sculpté sur l'une des portes de la tribune où le roi se plaçait. Il représente Jésus- Christ dans le temple au milieu des docteurs. C'est Guillaume qui a terminé le Passage du Rhin com- mencé par son frère, et qui était placé dans le salon de la Guerre. Le fort Tholus, désigné par une tour embrasée, se dessine légèrement sur le fond ; un génie, portant le casque du monarque, paraît d'un côté ; de l'autre, la Victoire couronne le héros. Ces deux objets, traités dans une progression raisonnée de relief, soutiennent le saillant de la figure principale, tandis que celle du fleuve, placée sur le site le plus avancé, soutient ellemême le groupe où le roi domine, et s'accorde en même temps avec le champ du basrelief, où elle parvient par la médiation des accessoires qui l'environnent. Si, dans cet ouvrage, les talents de Guillaume sont associés à ceux de Nicolas, il a fait seul le beau basrelief qui décore la porte des Invalides. Louis XIV, à cheval, est accompagné de Vertus assises aux angles du piédestal ; les saillies, d'un relief léger, sont en contraste avec des parties entièrement isolées. C'est par la magie des oppositions que le ciseau a judicieusement contrebalancé cette unité de plans qui jette de la monotonie et de l'ennui dans certains basreliefs. La noble simplicité de celuici, débarrassée des détails minutieux qui appaim rissent les effets en les multipliant, dévoile que l'auteur, ami de l'antique et de la nature, a perfectionné, par l'inspiration de celleci, les principes puisés dans l'autre. On estime, dans cet hôtel, les figures en pierre de Mars et de Minerve, ouvrages du même statuaire, ainsi que les figures d'Hercule et de Pallas à la principale porte de l'hôtel de Soubise. Entre les morceaux qui assurent à Guillaume Coustou un rang distingué, on place encore le fronton du Châ- teaud'eau is le PalaisRoyal; il y a repré- senté la Seine et la fontaine d'Arcueil; il a aussi décoré la grande chambre du palais de Justice d'un basrelief où l'on voit Louis XV entre la Jus- lice et la Vérité. On voit de lui, au Musée des monuments français , sculptés en marbre blanc les statues ;de Louis XIII et du cardinal Dubois.. Ce laborieux statuaire est mort à Paris le 22 fé- 'lier 1746
  • Guillaume COUTURE( 1732 - 1799) : architecte, né à Rouen en 1732, vint de bonne heure à Paris, où ses talents le firent bientôt connaître. Plusieurs constructions, parmi lesquelles on citait les hôtels de Saxe et de Coislin, le pavillon construit à Sèvres, près de Bellevue, lui méritèrent, en 1775, une place à l'Académie d'architecture ; mais sentant qu'il lui manquait quelque chose pour donner à ses ouvrages la no- blesse et la dignité des belles constructions dl. talie, qu'il ne connaissait que par les plans, souvent inexacts des voyageurs, il partit pour aller visiter cette terre classique des arts, et revint à Paris, le portefeuille et la tête remplis des chefsd'oeuvre qu'il avait tant de fois dessinés. Cette passion du beau, en agrandissant les idées qu'il avait sur son art, les avait épurées ; il n'avait rien conservé de cette manière mesquine et contournée tant à la mode sous le règne de Louis XV. Les nombreux dessins qu'il avait apportés, en mettant dans tout leur jour les études qu'il avait faitesen Italie, montrèrent tout ce qu'il était capable de faire, si son talent était employé à la construction de quelque grand édifice. II y avait déjà plusieurs années qu'on avait eu le projet de rétablir l'église de la Made- leine, devenue trop petite pour le nombre des habitants du quartier; on avait même voulu que cette nouvelle église fût construite avec une espèce de magnificence, comme devant concourir à l'ornement de la place Louis XV, en face de laquelle on en avait choisi l'emplacement. Contant d'Ivry, architecte du duc d'Orléans, avait d'abord été choisi pour mettre à exécution ce grand projet ; ses plans et ses dessins étaient acceptés, la première pierre, posée le 13 avril 1764, les fondements de l'édifice étaient jetés, et l'édifice luimême élevé à quinze pieds audessus du sol, lorsque cet architecte mourut en 177'7. Couture, qui avait été associé à ses travaux, le remplaça dans la direction de cette entreprise; mais il crut devoir modifier le plan et changer l'élévation de l'église. Une partie de ce qui avait été bâti fut démoli, et l'entrée fut décorée d'un péristyle corinthien, dont la proportion était belle et l'ordonnance sage. Les colonnes, au nombre de douze, étaient déjà élevées jusqu'aux chapiteaux, lorsque la Révolution fit cesser ces travaux, déjà tant de fois suspendus. Le plan sur lequel ce grand monument devait être achevé, avait donné du talent de Couture la plus haute idée. Le portail, composé de huit colonnes sur sa face, était imposant et majestueux. Couture avait pris sa place parmi les meilleurs architectes : le cordon de StMichel lui avait été donné en 1788. Il ne cessa ses travaux que lorsque le gouvernement eut cessé d'en rendre la continuation possible. Découragé par l'inaction à laquelle il se trouva condamné, il perdit jusqu'à l'espérance de pouvoir continuer un travail qu'il avait commencé sous de si beaux auspices. La mort l'enleva aux arts le 29 décembre 1799. L'église de la Madeleine, qu'il a laissée imparfaite, a été achevée sur de nouveaux plans et livrée au culte
  • Guillaume COWARD( 1656) : médecin anglais, né à Winchester, en 1656, fit ses études à Oxford, où il reçut le doctorat en 1687. 11 exerça son art avec autant de réputation que de succès, à Northamp- ton et à Londres. Il faisait hautement profession de matérialisme dans ses discours et dans ses écrits. Aussi, ces derniers, qui furent brillés publiquement, sontils devenus beaucoup plus rares que ceux qui ont la médecine pour objet : i° Pensées sur l'dme humaine, démontrant que sa spiritualité ! Lon Mitn. L'auteur publia en 1703 une suite à ces pensées, sous le titre de Fur- ther thoughts. 2° Le Grand Essai, ou Défense de la raison et de la religen, contre les impostures de la philosophie, prouvant, 1° que l'existence de toute substance immatérielle est une . erreur philosophi- que, et absolument inconcevable; 2° que toute ma- tière a originairement créé en elle un principe de mouvement propre intérieur; 3° que la matière et le mouvement doivent étre la base ou l'organe de la pensée chez l'homme et chez les brutes, avec une ré- ponse à la psychologie de Broughton, Londres ; 3° De fermento volatili nutritio conjecturoe rationales, quibus ostenditur spiritum volatilem oleosum a sanguine suffusum esse verurn concoctionis et nutritionis instrumentum, Londres, 1695 Parmi les innombrables hypothèses enfantées sur le mécanisme de la digestion et de la nutrition, celle de Coward est une des plus fri- voles et des moins admissibles. 4° Ophthalmiatria, sive oculorum, medela, Londres, 1706 Woolhouse en a fait la critique, qui se trouve dans l'édition latine de ses Dissertations ophthalmiques, Francfort, 1719 5. Les Vies d'Abraham, d'I- saac et de Jacob , poème héroïque publié en 1705, et qui n'a pas fait fortune. 6° Une version latine de l'Absalon et Architophel de Dryden, t t d'autres ouvrages de littérature peu estimés
  • Guillaume COWPER : célèbre anatomiste et chirurgien de Londres, où il mourut en 1710, était membre de la société royale. D'un talent supérieur dans l'art de disséquer et d'injecter les cadavres humains et ceux des brutes, il consigna le résultat de ses laborieuseshcherches dans divers ouvrages qui sont fréquemment consultés : illyotomia refor-. mata, or a new administration of ail Me muscles of human bodies, Londres, 1694 Les figures sont généralement exactes ; mais elles n'offrent pas l'élégance et la pureté qu'on avait droit d'attendre d'un anatomiste qui était en même temps fort bon dessinateur. On trouve dans ce traité des détails intéressants et des observations nouvelles sur les muscles de la tète, de la face, du cou, sur les organes génitaux, etc. Cowper se proposait de donner encore à son livre un plus haut degré de perfection, lorsque la mort le surprit. Le docteur Richard Mead se chargea d'exécuter le projet de l'auteur, et publia en 1724, à Londres, une seconde édition de la Myotomie, tnfol., avec des planches magnifiques. On regrette cependant que l'éditeur, plus médecin qu'anatomiste, se soit moins attaché à perfectionner l'ouvrage, à l'enrichir de faits nouveaux, qu'à l'embellir d'ornements superflus. 20 The Anatomy of human bodies, Oxford, 1697 ; Londres, 1698 ; traduite en latin par Guillaume Dundass, sous ce titre : Anatomia corporum humanorum, centum et quatuordecim tabulis singulari artificio nec minori eleyantia ah excellentissimis qui in Europa sunt artificibus ad vivum expressis, atque in ces incisis, illu. strata, amplius explicata, multisque novis anatomicis ventis chirurgicisque observationibus aucta, Leyde, 1739 Utrecht, 1750 etc. Des 114 planches comprises dans cette anatomie, 9 seulement appartiennent à Cowper ; les 105 autres sont prises de Bielloo, qui cita le plagiaire au tribunal de la société royale de Londres .1 Cowper se défendit assez mal dans un opuscule' qui renferme des assertions fausses, des inculpations calomnieuses et un ton de plaisanterie tout à fait déplacé : Eueptcrrta., in qua dotes plurimoe et singulares Godefridi Bidloo, Al. D. et in illustris- sima Leydarum academia professons celeberrimi, peritia anatomica, probitas, ingenium, elegantiai latinitatis lepores, candor, humanitas, ingenuitas, solertia, verecundia, hum jutas, urbanitas, etc., celebrantur, et ejusdem citationi humillime respon- detur. 3° Glandularum quarumdam nuper detecta- ruai, ductuumque earum excretorium descriptio CUM figuris, Londres, 1'102 Cowper avait la manie de s'approprier les découvertes des autres. En effet, les glandes urétrales, dont il est ici . — COWPER , également médecin, mort en 1767 à Chester, sa patrie, a publié : 1° Sommaire de la Vie de St. Wer- bure, etc., Chester, 1749 ; 20 11 Penseroso , Londres, 1707 Il était membre de la société des antiquaires de Londres
  • Guillaume COWPER( 1732) : l'un des meilleurs poètes anglais du 18C siècle, naquit en 1732, à Berkham- stead, dans le comté de Hertford. Son père, rec- leur de cette paroisse, était neveu du grand chancelier du même nom. Il fit d'excellentes études à l'école de Westminster, dont il rapporta néanmoins un grand éloignement pour le système de l' publique. Ce genre d'enseignement était cependant le plus propre à corriger la timidité na- torelle de son caractre et la disposition hypocon- driaque qui a tourmenté toute sa N ie. Ses parents ayant depuis longtemps occupé la place honorable et lucrative de secrétaire de la chambre des pairs, il se prépara à la remplir en s'attachant à l'étude des lois de son pays ; mais à peine eutil pris pus- session de cette place, que l'idée seule de pronon- cer quelques mots dans cette assemblée imposante le remplit d'une sorte d'effroi. Nonseulement il résigna son emploi, mais il renonça dès lors à exercer aucune autre charge publique. Il avait malheureusement adopté les principes sévères du calvinisme ; des terreurs religieuses vinrent troubler une imagination malade; on ut obligé de le con- fier au docteur Cotton, médecin distingué qui dirigeait un établissement pour le traitement des aliénés, à StAlbans ; mais quoiqu'il en sortit quelque temps après, il n'en fut pas moins en proie le reste de sa vie, à des accès d'une mélancolie sombre, &n.t presque tous ses ouvrages sont empreints. Après la mort de son ami, le docteur Unwin, il alla se fixer avec la veuve de cet ecclé- siastique, à Olney, dans le comté de Buckingham, où ils vécurent dans une étroite union dont on n'attaqua pas la pureté. Il se lia aussi avec le ministre de la paroisse, le docteur Newton, rigide calviniste, auquel il remit des hymnes de sa com- position, imités en partie des hymnes mystiques de madame Guyon, et que Newton publia vers 1782, dans un volume intitulé Hymnes d'Olney. 11 est remarquable qu'as cc une imagination si poétique, ayant été élevé dans un çollége où l'émulation développe d'ordinaire le talent, Cowper n'ait fait ses premiers vers qu'à l'âge de 40 ans. Il publia luimême, en 1782, un volume de ses poésies morales, qui firent peu de sensation ; mais en 1785, son nom devint tout à coup célèbre par la publication d'un poème en six chants, intitulé la l'Ache , que fit naître une circonstance assez singulière. Une femme d'esprit, mistriss Aus- ten, avec qui il était lié, et qui professait une admiration presque exclusive pour Milton, lui imposa un jour la tdche d'écrire un poème en vers blancs sur tel sujet qu'il voudrait choisir, par exemple sur un sopha qui se trouvait dans l'appartement, Cowper se mit à l'ouvrage, et c'est ainsi que fut composé un des meilleurs poèmes moraux qui existent dans la tangué anglaise, bien qu'il pêche par l'unité du plan, et que ce ne soit guère qu'une suite de réflexions morales, amenées par une espèce de badinage. Il n'y a que les premiers vers du poème qui se rapportent à ce qui parait en être l'objet, c'est-àdire au sopha ; le reste: est, en gé- néral, d'une teinte grave et religieuse. On y re- marque particulièrement des descriptions très- poétiques. Cowper est, après Thomson, le poète anglais qui a le mieux observé- et peint la nature. On trouve, à la suite de ce poème, Tirocinium, ou Revue des écoles, où il s'élève avec force contre l'éducation publique de son pays, et l'Histoire de Jean Gilpin, que mistriss Austen lui avait racontée pour l'égayer dans un de ses moments de mélan- colie, et où sa muse s'est déridée un moment ; mais ces accès de gaieté n'étaient dans Cowper qu'un effort de son esprit. La disposition malheureuse à laquelle il était en proie vint l'opprimer plus que jamais, et ce fut pour y chercher une distraction puissante qu'il entreprit de traduire en vers blancs l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, travail qu'il paraît avoir exécuté dans une sorte de ravissement, et « qu'il ne vit; ditil, terminé qu'avec le « regret qu'on sent en se séparant d'un compagnon « cberi.» Cette traduction, moins poétique que celle de Pope, est beaucoup plus fidèle ; il est vrai que l'esclavage de la rime était un grand désavantage pour celuici. Cette traduction fut publiée en 1791, Londres, 2 volumes Il en a paru une 2° édition en 1803, 4 volumes Cowper produisit encore quelques poèmes de peu d'étendue, et continua de languir jusqlfà sa mort, arrivée en 1800. w. Hayley, son ami, a publié sa vie en 1806, 4 ,volumes Il y a joint quelques ouvrages posthumes, beaucoup de lettres, et quelques tra- ductions du latin en vers anglais et de l'anglais en vers latins. Il y a beaucoup d'inégalité dans toutes ces compositions ; et c'était un effet de son tempé- rament plutôt qu'un défaut de son talent. Cowper est, après Milton, le poète anglais, sans en excepter Philipps, qui a le mieux écrit en vers blancs ; mais il n'a pu ranimer le goût de ce genre de poésie. Johnson disait que Milton n'avait écrit son poème en vers blancs, que parce qu'il n'aurait pu l'écrire en vers rimés
  • Guillaume CRESTIN : pète français du comnencement du 16' siècle. Il nous apprend luinème que son véritable nom était Dubois, et que elui de Crestin lui fut donné par ses amis. Méiage, dans son Dictionnaire étymologique de la langue française, dit que Crestin est un vieux mot lui signifie petit panier. Crestin était parisien, seon l'opinion commune, suivie par l'abbé Goujet. +111. Lallemant, dans leur Bibliothèque des Thereuticographes, cherchent à prouver qu'il était plus vraisemblablement de Lyen, et que Crétin était son vrai norii : c'est aussi l'opinion adoptée dans la Bibliographie agronomique. Il fut d'abord trésorier de la SteChapelle de Vincennes, et ensuite chantre de celle deParis. 11 vécut sous les rois Charles VIII, Louis XII et François ler, et fut chargé par ce dernier d'écrire l'histoire de France. Son travail, consistant en Douze livres de chroniques en vers français, se trouve en 5 volumes dans la collection des manuscrits de la bibliothèque nationale. Cette histoire commence à la prise de Troie, et s'étend jusqu'à la fin de la 2e race; mais Crestin est moins connu par cette Ilhistoire que par ses poésies, qui lui méritèrent des éloges de ses contemporains. Marot lui a composé une épitaphe dans les termes les plus honorables. Jean Lemaire lui dédia le troisième livre de ses illustrations des Gaules, et Geoffroy Thory ne balance pas à le mettre andessus d'Homère, de Virgile et du Dante. Rabelais, écrivain trèssupé rieur à son siècle, et qui avait une manière de penser indépendante, ne se laissa point entraîner par tant d'éloges; ddésigne Crestin sous le nom de Rominagrobis, et le railla avec autant de finesse que de raison sur son goût pour les jeux de mots, les pointes et les équivoques : il est certain que ces défauts déparent ses meilleurs pièces. Crestin mourut vers l'an 155. Ses Chants royaulx, Oraisons et autres petits traictés, recueillis par François Charbonnier, son ami, furent imprimés à Paris goth., rare ; Paris, Consteller, 1723 On ne trouve pas, dans ces deux éditions, la traduction en vers français de l'Epltre de Fauste Andrelin, en laquelle Anne, reine de France, exhorte Louis XII à revenir en France après sa victoire sur les Vénitiens sans date, goth. Cette traduction porte cependant le nom de Crestin. On lui attribue le Loyer des folles amours, petit poème, réimprimé à la suite des Quinze joies du mariage, dans l'édition donnée par le Duchat, la Haye, 1726 et 1731
  • Guillaume CROONE : né près de Londres, fut reçu mate ès arts à Cambridge en 1654, etnommé professeur de rhétorique au collége de Gresham en 1659. 11 obtint le doctorat en médecine à Cambridge au mois d'octobre 1662. En 1665, il voyagea. en France. Les chirurgiens de Londres lui confièrent, en 1670, la chaire de myologie ; le collége des médecins de cette ville l'admit dans son sein en 1675, et, dans le cours de la même année, il devint membre de la société royale. Ces divers titres lui rendirent le séjour de Londres aussi avantageux qu'agréable ; ils contribuèrent à étendre sa réputation et à augmenter sa fortune, dont il fit un noble usage ; car il fonda des leçons sur la structure et le mouvement des muscles, dans le collége des médecins et dans la communauté des chirurgiens. Il est résulté de ces leçons plusieurs fragments utiles, publiés sous le titre de Croonian lectures. Ce point de physiologie fut l'objet principal de ses travaux. L'ouvrage qu'il composa : De ratione motus musculorum, fut imprimé d'abord à Londres, 1664 puis à Amsterdam, 1667 L'auteur explique ce mouvement au moyen de la stagnation et de l'effervescence du fluide nerveux et du sang dans les intervalles des fibres musculaires. Telle est l'hypothèse frivole qu'il donne pour une démonstration tout à la fois neuve et incontestable. Il mourut le 12 octobre 1684. — Pierre CROONE, nd à Malines, fut chanoine régulier de StMartin de Louvain, prieur en 1677, et mourut en 1683, après avoir publié : 1° De apparatu mensce boni coci, Anvers, 1660 2° De officio et culina boni coci, Bruges, 1663 ; 3° Historia B. M. V. Hanswy- Mechlinice, Malines, 1670
  • Guillaume CROWE( 1756 - 1829) : littérateur anglais, naquit à Winchester en 1756, dans les derniers rangs de la société. Admis trèsjeune au nombre des choristes de la chapelle du collége, il s'y fit remarquer par ses dispositions; et, placé parmi les élèves qui recevaient gratuitement le bienfait de l'éducation, il justifia par ses progrès la bienveillance de ses protecteurs. Devenu membre du collége en 1773, il y remplit divers fonctions avec honneur En 1783 le collége le présenta pour le rectorat d'Alton Barness: c'est dire qu'il l'obtint. L'année suivante, il fut nommé orateur public. Les travaux scolaires auxquels l'astreignaient ces titres ne l'empêchèrent pas de trouver du temps pour d'autres études. Il aimait l'architecture, et quelquefois il faisait à l'université des leçons sur cet art. La mort l'atteignit le 9 février 1829 à Bath, où, depuis deux ans, les médecins lui avaient recommandé d'aller passer l'hiver. Crowe, en sa qualité d'orateur de l'université, a lu et fait imprimer beaucoup de discours pour les cérémonies universitaires. Ils sont exempts en grande partie de ce pédantisme , de cette verbeuse et monotone tautologie, de ce perpétuel retour aux lieux co?imuns, que l'on est habitué à rencontrer dans les pièces de ce genre. On distingue, dans celui qu'il prononça en 4810, ?me traduction en vers du célèbre morceau de Lucrèce Hun/ ana ante oculos fade quum vita jaceret. On lui doit de plus : 1° La vallée de Lewerdon , joli poème descriptif en vers blancs. Toutes les Revues anglaises rendirent justice à cette composition , qui est sans contredit un des chetsd'oeuvre du genre. Le choix exquis des détails, le naturel et la variété des incidents que l'auteur introduit sans troubler l'harmonie de la scène, reçoivent un lustre nouveau par l'emploi d'un style lucide, nerveux et pittoresque. 2° Poésies diverses, 1827. 3° Traité de la versification anglaise, 1827. 4° Le commencement d'une édition des oeuvres complètes de Shakspeare en collaboration avec Caldecott, 1812
  • Guillaume CRUIKSHANK( 1746 - 1800) : savant anatomiste, chirurgien et chimiste anglais, naquit à Édimbourg en 1746. Attiré à Londres par la réputation de Guillaume Hunter, il devint nonseulement le disciple, mais l'aide et l'ami de cet illustre professeur, qui, en mourant, lui légua sOn superbe muséum, à condition qu'il en partagerait la jouissance avec son neveu Mathieu Baille, et qu'au bout de trentre ans, il serait livré à l'université de Glascow. Les deux possesseurs de ce précieux héritage remplirent dignement les intentions du testateur en continuant ses leçons et composant des ouvrages utiles. Celui auquel Cruikshank doit principalement sa réputation parut à Londres en 1786 fig., sous ce titre : Anatomy of the absorbing vessels of the human body, ou Anatomie des vaisseaux absorbants du corps humain. Cette excellente monographie l'ut traduite en français par M. Philippe PetitRadel, Paris, 4787 fig.. et en allemand par Chrélien—Frédéric Ludwig • Leipzig, 1789 fig., av ec des notes. L'auteur, 'flatté de voir son ouvrage regardé comme chuue, se livra à de nouvelles et, importantes recherches dont il publia le résultat dans une seconde édition, Londres, 1790 fig. Les travaux de Cruikshank doivent être placés sur la même ligne que ceux de Mascagni, et personne ne conteste à ces deux anatomistes la gloire d'avoir consigné dans leurs écrits ce que nous connaissons de plus exact sur le système lymphatique. Cruikshank s'est beaucoup occupé de la lièvre jaune; il a examiné dans le plus grand détail l'origine, les symptômes et les différentes manières de traiter cette maladie, sur laquelle il a publié les ouvrages suivants : I' Memoirs on the yellow fever which appeared in Philadelphia and other parts of the united States of America in the summer and autumn of the present year, Philadelphie, 1798 ; 2° Observations on the causes and cure of remitting on bilions fever, to which is annexed an Appendix exhibiting facts and speculations relative to the synochus icteroides or yellow fever, Philadelphie , 1198. 3° . 1 sketch of the rire and progress of the yellow fever, to which is added a collection of facts and observations respect ing the origin of the yellovv fever in this country, and a reiew of the di fferent modes of treating it ; Philadelphie, 1800 Parmi les productions moins considérables de Cruikshank toutes écrites en anglais, on distingue les suivantes : 1° Expériences sur la transpiration insensible du corps humain, qui prouvent son analogie avec la respiration : cet ingénieux opuscule, dont la remière édition est de 1779, fut réimprimé avec lit e nombreuses augmentations en n95, et traduit en allemand par ChrétienFrédéric Michadis en 1798 ; 2° Essais sur la propriété anti- syphilitique « le divers acides, publiés isolément en 1797, et en outre à la suite du Traité de Jean Rollo sur le diabète sucré; traduits en français par M. PierrePhilippe Alyon, avec des notes d'AntoineFrançois Fourreoy, et en allemand par JeanHenri Jugler; 3" ( les Réflexions critiques sur les fumigations nitriques de Carmicha el Smith; 4° une Réfutation de la doctrine de Joseph Priestley sur le phlogistique ; 5° une lettre à Pierre Clave sur les frictions mercurielles àl'intérietir des joues, recommandées par ce médecin; 6° des Expériences sur la nature du sucre, sur la reproduction des nerfs, sur le moyen de distinguer les jnaladies à l'inspection de l'urine , etc . 11 est important d'observer que Cruikshank a constaté la propriété dont jouit le gaz muriatique de rendre inerte le virus variolique. Ce savant laborieux mourut à Londres le 27 juin 1800
  • Guillaume CUNYNGHAM( 1520) : médecin, auteur eegraveur, naquit à Norwich, vers 1520, vint étudier la médecine et les principes de la gravure à Londres, et, malgré le peu de rapport qu'il y a entre ces deux arts, il sut les concilier et les pratiquer simultanément : Norwich fut le théâtre de son double talent. L'ouvrage qu'il a publié sous le titre de Table cosmographique , est enrichi de beaucoup de planches de sa composition; on y remarque surtout une grande carte géographique de Norwich, gravée de sa main, avec beaucoup de talent. Cet ouvrage fut imprimé en 1559, et dédié à lord Dudley, qui fut ensuite comte de Leicester. William Cunyngham mourut à Londres en 1577. 11 était aussi astronome
  • Guillaume CURTIS : botaniste et pharmacien de Londres, mort à Brompton, le 7 juillet 1799, a publié un grand nombre d'ouvrages sur diverses parties de la botanique et de l'histoire naturelle des insectes. Les principaux sont : 1 Instructions for collecting et preserving insects , Londres, •r7 ; avec une planche. 2° Flora Londinen- sis, or Plates and descriptions of such plantsas gren, wild in the environs of London. Cette Flore des en- virons de Londres, publiée successivement en 70 fascicules, dans cette ville, pendant l'année 1777 et les suivantes, forme deux volumes qui contiennent 420 planches, trèsbien coloriées, et au- tant de feuilles de texte. L'ouvrage n'est pas termi- né. 3° Explanation, etc., ou Exposition dela fruc- tification des mousses, avec une planche insérée dans ses Leçons de botanique, Londres, 1776; 40 Catalogue of the british medicinal, culinary, , and agricultural plants, Londres, 1'783 C'est le catalogue de tolites les plantes médicales, potagères et économiques qu'il avait cultivées dans son jardin de botanique, à Lambeth Marsh, et ensuite à Brompton. O Enumeratio of the british grases, Londres, 1787 C'est la liste des graminées qui naissent spontanément dans la GrandeBretagne. 11 augmenta depuis cet ouvrage, et le refondit sous le titre d'Observations pratiques sur les graminées de la Grande- Bretagne, 1790 3e édition, 1798 6° The botanical Magasine, Londres, 1787-1798, 12 vol. avec 432 planches. Cet ouvrage périodique renferme un grand nombre de faits et des observations intéressantes. 70 Lectures of botany , Londres, 1804, 3 vol. gr. fig. Curtis, malgré le grand nombre de ses ouvrages, ne peut être com- pté parmi les botanistes qui ont fait faire des progrès à la science ; cependant, il a le mérite d'avoir exposé les principes avec clarté et méthode dans sa langue; d'avoir contribué à répandre l'instruction parmi ses compatriotes, en rassemblant des faits et des observations utiles pour l'économie rurale et domestique, et d'avoir publié des figures exactes pour le dessin et bien enluminées, qu'il donnait à trèsbas prix. On a donné en son honneur le nom de Curtisia à un nouveau genri3 formé d'un arbre du cap de Bonne- Espérance
  • Guillaume CURTIS( 1761 - 1829) : naquit à Wapping dans le comté de Nottingham, en 1761, et suivit d'abord la carrière commerciale de son père et de son aïeul. La grande fortune que ceuxci avaient amassée par le débit du biscuit de mer, et que Guillaume aug- menta encore , tant dans cette branche de commerce que dans sa participation aux pêcheries de la mer du Sud, et enfin dans la maison de banque connue sous la raison Curtis , Robarts et Curtis, lui donna beaucoup d'influence. Dès 1785 , il fut un des aldermen de la Cité de Londres. En 1789 et 90, il remplit les fonctions de shérif, et fut, de tous les candidats de la Cité, celui qui obtint le plus de suffrages pour la chambre des communes. Ce témoignage d'estime lui fut renouvelé aux élec- tions de 1796, 1802, 1806, 1807, 1812, qui toutes le renvoyèrent au parlement. En 1818 seulement, après avoir vingthuit ans de suite représenté la Cité de Londres, il eut le désagrément de voir les suffrages se porter sur un compétiteur. Une assemblée de négociants lui en exprima ses regrets par une adresse honorable , qui lui fut présentée dans une tabatière d'or de la valeur de 200 gui- nées. L'année suivante, il rentra dans la chambre comme représentant de Blechingly ; et aux élec- lions générales de 1820, ainsi qu'à celles de 1826, il fut nommé de nom eau par la Cité. 11 ne tarda point à se retirer des•affhires , et il envoya sa dém•ssion de membre de la chambre des communes en •1827. La carrière parlementaire de sir Curtis fut peu brillante. C'était essentiellement mi des membres ministériels, et il fut toujours le premier à proposer des adresses de félicitation au souverain. Aussi le régent, depuis George 1V, l'honoraitil d'une distinction flatteuse. Souvent on le voyait à Ramsgate, dans son yacht particulier, suivre les promenades du prince. En 1821 , lors de son voyage en Hanovre, le monarque dîna et coucha chez lui. M'emmena en Ecosse l'année suivante, et tous deux prirent de compagnie le philebeg des Highlands. Sir Guillaume Curtis était baronnet depuis 1802, colonel du 9e régiment des volontaires de Londres, aldermandoyen , président de la compagnie d'artillerie et de l'hôpital du Christ. 11 mourut le 18 janvier 1829. — Son frère , Charles CURTIS, Met di\ jolIt's avant lui, axait été successivement recteur de Solyhtill et de StMartin. — CURTIS , quaker et médecin, né sers 1166, à Afton, s'occupa spécialement de l'ornithologie, qu'il contribua beaucoup à répandre. Il possédait la connaissance des oiseaux de la GrandeBretagne à un point tel qu'au chant seul, et sans les voir, il disait infailliblement à quelles espèces ils appartenaient. Jean Curtis mourut le 12 mai .1829. C'était le frère du célèbre entomo- logiste Guillaume Curtis
  • Guillaume DAVISSON ou DAVIDSON : médecin du 17c siècle, était d'une famille noble d'Écosse. 11 'vint en France, ou, il obtint,.selon Man- get, le titre de médecin du roi et d'intendant du Jardin des Plantes. Le roi de Pologne le nomma enIlleite son archiàlre. Zélé partisan de Paracelse, Davisson se livra presque exclusivement à la chimie, ou plutôt à l'alchimie, dont il fit des applications inconsidérées à l'art de guérir. Ses ouvrages, ornés d'inscriptions ridiculement fastueuses, sont un assemblage monstrueux d'hypothèses frivoles et d'absurdités révoltantes : 1° Philosophia pyrotechnica, curriculus chimiatricus, nobilissima illa et exoptatissimamedicinœ parte pyrotechnica instruc- tus, multis iisque haud vulgaribus observationibus adornatus, etc., Paris, 1635 ; ibid., 1657 Cette production bizarre a été d'abord traduite en français par Jean Hellot, sous le titre d'Éléments de la philosophie de l'art du feu, ou chimie, Paris, 1651 puis par Davisson luimème, Paris, 1675 ;2° Commentariorum in Petri Severini, ( in j, ideam med ici noe ph i losoph icoe propediem pro- diturorum prodromus; in quo platonicoe doctrinœ explicantur fundarnenta, super que Hippocrates, Paracelsus, et Severin us, necnon ex antithesi Aris- toteles et Galenus sua stabilivere dogmata, etc., la Haye, 1660 la Haye et Rotterdam, 1668 Si l'on réfléchit que ce simple prodrome est trois fois plus considérable que le lire de Severinus, et que Davisson a encore augmenté l'obscurité de la doctrine qu'il se proposait d'éclaircir, on doit lui sa‘oir gré de n'avoir pas surchargé la littérature médicale des commentaires qu'il avait annoncés avec emphase
  • Guillaume DEBURE l'aîné( 1734) : cousin germain de l'auteur de la Bibliographie in, structive , a, pendant plus de cinquante ans, exercé le commerce de la librairie à Paris avec autant d' que de délicatesse et de probité. Né le 10 mai 1734, à Paris, d'une famille trèsancienne dans la librairie , il fut reçu dans cette corporation en 1759; et, s'étant livré presque exclusivement à la vente des livres anciens, il se trouva bientôt en relation avec les principaux amateurs de toute l'Europe. Plus tard, il réunit à son fonds de commerce ceux de Debure le jeune et de DebureStFauxbin, et par là se vit à la tête du magasin de librairie le plus considérable qu'il y eût alors en France. Le 30 août 1777, un arrêt du conseil d'État ayant, siu les plaintes des libraires de province, restreint la durée des priviléges àu temps nécessaire pour rentrer dans les frais d'im- pression, un second arrêt autorisa la circulation dans le royaume des éditions contrefaites, sous la condition d'acquitter un .droit par chaque exem- plaire qui serait revêtu du timbre de la chambre syndicale. Debure, alors syndicadjoint, fut chargé d'estampiller les ouvrages imprimés en fraude à Paris; mais il refusa de participer à une opération qui aurait entraîné la ruine de plusieurs de ses confrères; et cette généreuse hardiesse fut punie par une lettre de cachet. Conduit à la Bastille le 23 janvier 1778, il n'y resta que quelques jours, et le gouverneur Delaunay fit tout ce qui dépendait de lui pour adoucir sa courte captivité. C'est à Debure que Dutens , acquéreur de la bibliothèque de J.J. Rousseau, adressa la réfuta Jean Dehure était libraire 'a Paris en -1660. Le père de Guillaume se nommait aussi Jean Debure, il avait épousé mademoiselle trilliard, femme zlist par son esprit et par ses connaissances en histoire naturelle; elle avait un cabinet de coquillages dont le Catalogue a été rédigé par Remy en 1763 ; la vente endura douze jours. fion du livre de l'Esprit par le philosophe de Genève ; il lui fit présent de l'exemplaire de l'ouvrage d'Helvétius dont il n'avait extrait qu'une partie des notes de Rousseau, et ce précieux volume se conserve encore dans sa famille. Quoique personne n'eût un caractère plus doux et plus conciliant, il ne put échapper aux sarcasmes de l'abbé Rive, outré que les héritiers du duc de La Vallière, dont il avait été le bibliothécaire, ne l'eu§sent pas chargé de la rédaction de son Catalogue; mais les invectives de l'irascible bibliographe ne purent faire aucun tort à la réputation de Debure , qui continua de jouir de l'estime de tous les savants, parmi lesquels il suffira de ci terl'abbé Barthélemy, SteCroix, Larcher, La Porte du Theil , Dacier, etc. Libraire de l'Académie des inscriptions, dont il a publié les quatre derniers volumes de Mémoires , il l'était en mème temps de la bibliothèque du roi et de Monsieur, depuis Louis XVIII. A l'épo- que de la révolution, il fut nommé membre de la commission des monuments, et dut rendre dans cette place d'importants services, en sauvant d'une destruction inévitable une foule de livres précieux. Doyen des libraires de France et patriarche de la bibliographie, il mourut presque sans maladie et sans douleur, le 4 février 1820, à 86 ans, laissant une fille, mariée à M. Dubeux, et deux fils, qui lui ont succédé dans le titre de libraires de la bibliothèque nationale. 11 s'était acquis, par les excellents Catalogues qu'il a rédigés, des droits incontestables à la reconnaissance des bibliophiles. La France litté- raire n'en compte pas moins de quarantetrois. Les plus recherchés sont ceux de la bibliothèque du duc de La Vallière, 1783 3 vol., avec des spécimens et les prix de vente ; de Randon de Boisset, 1777 ; de Gouttard, 1780; de St- Ceran, 1780; du duc d' Aumont, 1782 ; de d'En- nery, 1786; de Camus de Vinare, 1786; de d'Hol- bach, 1789, etc. Ayant toujours aimé les beaux livres avec passion, Debure forma pour sa femme , qui savait et parlait plusieurs langues, un précieux cabinet, qui existe encore et qui renferme des ouvrages extrêmement rares. M. Dibdin en a décrit quelquesuns dans son Voyage bi- bliographique en France, t. 2, p. 387, édition anglaise ; et t. 4, p. 67, de la traduction
  • Guillaume DELISLE( 1675) : , premier géographe du roi, naquit à Paris le dernier jour du mois de février 1675. Il était fils de Claude Delisle , qui dirigea Millième ses éludes asec le zèle et l'affection d'un père. Ses dispositions pour la géographie s'annoncèrent de si bonne heure, qu'à l'âge de neuf ans, il avait dressé et dessiné des cartes sur l'histoire ancienne. Les leçons de Cassini et l'amitié de Fréret contribuèrent encore à hâter les développements de ce génie précoce : il conçut, trèsjeune C'est de cette dernière manière qu'il écrivait luiWrite oft pom dans ses premiers ouvrages; il la changea depuis, et écrivit constamment belisle. Cependant, ;l'ir•s Si mort, son frère l'astronome, en publiant une carte postlotne de son frère, le célèbre geogaphe, ecrivait eneere . En 1692 et en 1693, Lahire et Cassini leur axaient fait ce reproche, qui fut plusieurs fois renom clé depuis. Il était évident que le système entier de la géographie axait besoin d'une réforme générale ; déjà même Vendelin et Riccioli axaient tenté cette réforme, sans cependant tracer aucune carte. Pour l'opérer entièrement, il fallait coordonner les nous elles observations awc les nombreuses relations des soxageurs, avec les routiers de navigation non moins nombreux, as ec une assez grande quantité de cartes déjà levées dans différents pays. Une pareille tâche étai Xèmoires de, I' » ode ni te des Jr mes, t. 8, p. 711, 71:i. tude, et l'Asie de 500. Quoique le planisphère de Cassini eût précédé de quatre ans la publication de ces importants travaux, quoique les tables de Yendelin et les savantes discussions de Riccioli fussent déjà connues depuis longtemps, quoiqu'enfin Hon- dius, dès l'an 1630, eût placé sur ses cartes, au 165e degré de longitude, les côtes orientales de la. Chine, que les Sanson s'obstinèrent toujours à re- culer jusqu'au 180e, cependant D elisle recueillit seul, avec raison, la gloire de tous ces grands changements, parce que lui seul avait prouvé étaient d'accord avec les mesures itinéraires anciennes et modernes, avec les relations et descriptions géographiques connues jusql t'alors ; parce que lui seul enfin, avec un petit nombre de points donnés, avait su, par de longues et savantes combinaisons, assigner aux divet ses régions du globe leur véritable place. Delisle doit donc être re- gardé comme le principal créateur du système de géographie des modernes; système dont d'An\ ille a depuis admirablement bien perfectionné tous les détails. Les globes et les cartes du jeune Delisle furent l'objet de l'admiration générale, et lui ouvri- rent les portes de l'Académie des sciences, qui le reçut en 1702. Nolin, qui avait le titre de géographe du roi, voulut dérober à Delisle sa réputation et ses succès, en faisant graver et paraître presqu'en même temps une mappemonde en 4 feuilles, copiée sur les cartes nouvelles qui avaient valu à leur auteur des éloges si bien mérités. Nolin ajouta, comme c'est l'ordinaire, l'imposture au plagiat. Il insinua que Delisle avait copié ses cartes, ou plutôt celles de du Trallage, son géographe. Delisle se vit forcé de démontrer, par une critique raisonnée, insérée dans le Journal de Trévoux, les fautes énormes et l'incapacité de du Trallage, et enfin il finit par attaquer en justice, comme plagiaire, Nen, qui ne cessait de le harceler. Les écrits que Delisle publia dans le cours de ce procès qui dura six ans, intéressent l'histoire de la géo- graphie, et sont trop peu connus. Ils consistent en : 10 une Requête au roi et à S011 conseil 28 p. ; 2' Mémoire pour Guillaume de l'Isle, de l'Académie des sciences, contre le sieur No lin, géographe ordinaire du roi 20 p. ; 30 Arrêt du conseil d'État privé du roi, renfermant le rapport des experts, et les observations de Delisle sur ce rapport 15 p. Cet arra porte que les planches de la carte du sieur Nolin, convaincu de plagiat, seront saisies, rompues et supprimées, et que tous les exemplaires seront saisis, confisqués, et mis au pilon. Delisle ne fit point mettre à exécution cette sentence rigoureuse; il fit seulement effacer ce qu'on lui avait pris de plus important sur les cartes de Nolin, et il lui laissa ses cuivres, qui étaient ornés de belles vignettes. Après être sorti triomphant de cette lutte, Delisle publia successivement un grand nombre de cartes de géographie ancienne et moderne pour toutes les parties dit monde et pour diverses épo- ques de l'histoire. Elles augmehtèrent sa réputa tion et les progrès de la science dont il fut regardé sans contestation comme le chef. Fréret a donné la liste de ces cartes de Delisle , et indiqué l'année de leur publication ; la totalité se monte à plus de 100 feuil- i les; et, dans ce nombre, nous devons surtout remarquer aujourd'hui la dernière édition de sa mappemonde, que Delisle publia, en 112-1, avec de grands changements, parce qu'elle marque les bornes où s'étaient arrêtés les progrès de la géographie deux années avant la mort de ce géographe, et, lorsque d'Anville n'avait encore fait paraitre que quelques cartes peu remarquables sur la France pour accompagner l'ouvrage de Longuerue. 'Malgré les progrès immenses de la géographie depuis la mort de Delisle, les cartes de ce géographe, comme toutes celles qui sont miginales, et non copiées ou réduites d'après d'autres cartes, peuvent encore être consultées avec fruit, parce qu'il s'y trouve souvent des positions exactes qui ont été mécon: nues ou négligées par les géographes qui on suivi . 11 en est d'ailleurs quelquesunes, rela- tives à certaines époques de l'histoire ancienne ou. du moyen âge, qu'on n'a pas refaites depuis. dépendamment des mémoires composés pour le - procès avec Nolin, et dans lesquels Delisle a donné l'analyse de ses premiers ouvrages, ce géographe — a publié, dans le Recueil de l'Académie des scien- ces, les mémoires suivants : 1° année 1708, p. 365, Conjecture sur la position de Pile Méroé; 2° année 171.0, p. 353, Observation sur la variation de l'ai- quille aimantée ; 3° année 1714, p. 115, Justifica- I tion des mesures des anciens en matière de géogra- phie ; 4° année 1716, p. 86, Sur la longitude du détroit de Magellan; 5. année 1720, Détermination géographique de la situation et de l'étendue des dif- férentes parties de la terre : ce mémoire est trèsremarquable, et un de ceux qui portent le plus l'empreinte du génie géographiqt le ; 6' année 1121. p. 56, Détermination de la situation et de l'étendue des pays traversés par le jeune Cyrus et par les 10, 000 Grecs dans leur retraite; 70 mème année, p. 245, Remarques sur la carte de la mer Cas- pienne, envoyée à l'Académie par Sa Majesté cza- rienne ; 8° année 1725, p. 48, Examen et compa- raison de la grandeur de Paris et de Londres, et de quelques autres villes anciennes et modernes. Dès l'an 1700, lors de la publication de ses premiers travaux, Delisle annonça qu'il rendrait compte des changements dont il était l'auteur, dans lin ouvrage spécial, intitulé : Introduction à la géographie ; mais ' la mort ne lui permit pas d'achever cet ouvrage, On trouve aussi la liste des cartes de G. Delisle, avec la date des corrections qu'y a faites Buache, dans la Méthode pour étudier la géographie, par LengletDufresnoy, le édition 12, t. 1, p. 556. Ainsi, la contrée de Serinagar, , dans l'Hindoustan, insérée sur toutes les cartes récentes, depuis que des voyageurs en ont de nouveau constaté l'existence, se trouvait déjà bien placée sur les cartes de Delisle, tandis qu'après sa mort d'Anville, l'ayant confondue avec. Kaehmvr, dont la capitale se nomme aussi Serinapar, l'avait fait bannir pendant cinquante ans de toutes les cartes de géographie. éret a eft connaître le plan dans un écrit mieux lé et savant, intitulé: Lettre de ill*** l'Académie des inscriptions et belles- lettres, pour la défense de M. Guillaume Delisle, à l'auteur des 1 mémoires pour servir à l'histoire des hommes illus-, ires Paris, 1731. Delisle eut l'honneur d'en-! seigner la géographie à Louis XV, qui prit sous un 1 tel maître un goût particulier pour cette science, sur laquelle il composa même un petit ouvrage , . Ce monarque le récompensa des leçons qu'il en avait reçues, en créant pour lui le titre de premier géographe du roi, qui n'existait pas auparavant, et dont le brevet lui fut conféré le 24 août 1718 avec une pension de 1,200 livres. Pierre le Grand, pendant son séjour à Paris, allait voir familièrement le géographe Delisle, pour lui donner ses remarques sur la Moscovie, « et plus « encore, dit Fontenelle, pour connaitre mieux que « partout ailleurs son propre empire. » Delisle, âgé de 51 ans, jouissait d'une santé forte et vigoureuse, et travaillait à des cartes destinées pour l'Histoire de Malte, de Vertot, lorsqu'après avoir passé plusieurs jours de suite dans son cabinet, il sortit après dîner le 5' janvier 1726, et fut frappé dans la rue d'une attaque d'apoplexie, dont il mou-• rut le même jour sans avoir repris connaissance. Son éloge a été fait par Fontenelle
  • Guillaume DAGOUMER( 1600 - 1745) : né à Pontaudemer, au milieu du 17° siècle, fut professeur de philosophie et ensuite principal au collége d'Harcourt à Paris, et ensuite recteur de l'université. Il mourut à Courbevoie en 1715. On a de lui : 1° Philosophia ad usum scolœ accommodata 1701-1703, 3 vol. : la dernière édition est de Lyon, 1716, 4 vol. 2° Lettres d'un philosophe à Mgr. l'évéque de Soissons sur son premier avertissement, 1719, petit de I 1.81 pages : ces lettres sont au nombre de trois ; 3° Requête de l'université de Paris au roi, au sujet de l'union du collége des ysuites de Reims a l'université de cette ville, 1724 réimprimée dans les Requêtes au roi, mémoires et décrets des universités de Paris et de Reims, 1761, 2 vol. Les jésuites voulaient être agrégés à l'université de Reims. Dagoumer, alors recteur de l'université de Paris, attaqué de la goutte, écriNit tette défense à genoux. Elle fut imprimée par ordre de l'université ; mais les jésuites demandèrent la suppression de cette pièce, en offrant à ce prix de se désister de leurs prétentions. 11 échappa cependant quelques exemplaires de l'édition originale de cette Requéte, qu'on appelle communément la Défense de toutes les universités de France. Dagonmer, avait beaucoup de mérite, mais en même temps des goûts crapuleux. Il s'enivrait fréquemment avant et pendant même son rectorat. Un soir, en sortant du cabaret, il s'arrêta contre un mur pour satisfaire un besoin. C'était au coin de la rue StSeverin. L'esprit troublé par les fumées du vin, Dagoumer se crut l'auteur du bruit que faisait l'eau qui coulait de la fontaine, et il resta plus d'une demiheure au même endroit et dans la même erreur. Un ami, qui passa heureusement, lui donna le bras pour rentrer dans son collége. C'est Dagoumer que Lesage a voulu peindre dans le portrait qu'il fait de Guyomar, au chap. t; du lis . t de Wilde
  • Guillaume DAIGNAN( 1732 - 1812) : né à Lille en 1732, étudia à l'université de Montpellier, et s'y fit recevoir docteur en médecine. Entré a ràge de vingt cinq ans au Set"N iee de santé militaire, il fut employé successivement dans les divers hôpitaux des côtes maritimes du nord, et en qualité de médecin en chef de l'armée de Bretagne et de celle de Genève, places dans lesquelles il donna des pretiv es constantes de zèle et d'humanité. Il vint ensuite se fixer à Paris, et y acheta une charge de médecin ordinaire du roi, qu'il perdit à l'époque de la ré? 0- intim'. Nommé membre du conseil de santé des armées sous le régime de da Convention, il en remplit pendant quelque temps les fonctions, puis obtint sa retraite comme premier médecin des armées. 11 mourut à Paris le 16 mars 1812. Tous les instants dont ses devoirs lui permettaient de disposer furent consacrés au travail du cabinet, comme l'attestent ses nombreux ouvrages, dont voici la liste : 1° Maladie traduites du latin de Bagliri , Paris, 1757 Le traducteur a ajouté une préface assez étendue gt des notes souvent utiles. 2° Remarques et observations sur l'hydropisie, Paris, 1776 bonnes à consulter. 3° Mémoires sur les effets salutaires de l'eau- de- vie de genièvre dans les pays bas et 'marécageux, StOmer, 1777 ; Dunkerque, 1778 4° Recherches sur les causes des maladies qui ont régné à. Gravelines en 1777, Lille, 1777 L'auteur donne la topographie de Gravelines, expose les causes de l'insalubrité de cette ville, et propose les moyens d'y remédier. 5° Béflexions sur la Hollande, Paris, 1778 et 1812 Ces réflexions s'appliquent aux établissements publics, aux moeurs, à l'état des sciences et des arts, et aux productions de la Hollande, dont notre auteur compare les habitants à un essaim d'abeilles mal placé. 6° Topographie médicale du Calaisis, 1778 moires sur l'épizootie de la chatellenie de Bergues, 1778 8° Précautions générales dans le traitement de ladyssenterie quirégna. en Bretagne en 1777. StMalo, 1779 9° Adnotationes breves de febribus, avec le français en regard, Paris, 1783 Ce sont des remarques, adressées à Colombier, sur les fièvres qui ont régné en France pendant les automnes de 1780 et 1781. 10° Rapport des épreuves du remède de Godernaux contre les maladies vénériennes, Paris, 1183 Ces épreuves f?rent répétées à la citadelle de Metz en 1784. 11° Ordre du service des hapitaux militaires, Paris, 1785 ; 12° Tableau des variétés de la vie humaine, Paris, 1786, 2 vol. L'auteur y parle des différentes constitutions corporelles, donne des avis sur la conservation des enfants et le traitement de leurs maladies. Il pense que ces dernières sont le plus souvent des efforts salutaires que fait la nahire pour favoriser le développement des organes. 13' Gymnastique des enfants con valese, lits infirmes, faibles et daieats, Paris, I7N7 , projet plein de philanthropie, mais crime evécution peu facile. 14° Gymnastiqu utilitaire, Besançon, 1790, On y reconnait une paternelle sollicitude pour le soldat. 15° Nouvelle administration politique et ,; ronomique de la France. Paris, 1;91. ; 16° t1le moire sur la dysseiderie , armée de l'Ouest, 1792 17° Conservatoire de santé, Paris, 1802 18° Supplément au conservatoire de santé, Paris, 1802 19° Mémoires sur les moyens d'extirper la mendicité en. France , Paris, 1802 20° Plan général pour remédier aux principales causes qui nuisent à la constitution de l'homme. Paris, 1802 21° Relation d'un voyage en Normandie et dans les Pays- Bas, Paris, 1806 22° Centuries médicales du 19° siècle, Paris , 1807-1808, 2 vol. titre pompeux d'un ou N rage composé de pièces qui n'ont aucun rapport entre elles, et qui prouve dans l'auteur un zèle plus louable pie réfléchi. 23° Toilette secrète des dames françaises, Paris, 1808 24° L'Échelle de la vie humaine, ou Thermomètre de santé, Paris, 18 i 1 Daignan a laissé, en outre, plusieurs manuscrits dont ses héritiers se proposaient de donner connaissance au public. 11 faut distinguer dans les nombreuses productions de ce médecin, celles qui ont le mérite de reposer sur l'expérience et sur l'observation des faits, et celles qui ne consistent que dans des projets d'innovations souvent impraticables : les premières intéresseront l'homme de l'art; les secondes, quoiqu'ayant pour motif ou pour excuse le noble désir d'améliorer ou de créer divers établissements utiles, ne sont guère que les rêves d'un bon citoyen
  • Guillaume DEMPSTER( 1490) : historien écossais, né dans le comté d'Angus en 1-190, quitta son pays pour venir perfectionner ses études à Paris. L'université de cette ville et le parlement le choisi- rent pour examiner et réfuter les ouvrages de Ra? - mond Lulle, qui avait formé le dessein hardi de renverser la philosophie d'Aristote; et, soit par l'effet de l'éloquence de son défenseur, soit par l'effet plus sûr de la crainte qu'inspiraient ses protecteurs, Aristote rentra bientôt dans toute son autorité. Après différents séjours à Padoue et en Écosse, Dempster revint passer ses dernières années à Paris, et y mourut en 1556. 11 était trèssavant , et regardé par quelques écrivains de son temps comme un des ornements du règne d'Alexandre Ill ; ce qui n'empêche pas que i ce ne i l'ùt un bien mauvais historien et un esprit bien crédule. comme on peut en juger par son i Histoire eccli- siastique d'Ecosse i, ouvrage rempli de fables et de légendes absurdes
  • Guillaume DESINNOCENS( 1500) : chirurgien, né, ers le milieu du 1 6° siècle, à Toulouse, y mati-!na son art avec beaucoup de succès, et publia diers ouvrages qui sont encore recherchés. H \ ivait t ui 1604, niais on ignore l'époque de sa mort. On I de lui : lo Traité de la peste, plus une question À le la paralysie et deux paradoxes de la révulsion, . raduit du latin de Laurent Joubert, Lyon, 1581, 4 n-8°. 2° Examen des éléphantiaques ou lépreux, 'ecueilli de plusieurs bons et renommés auteurs grecs, latins, arabes et français, ibid., 1595, petit m-8°, rare. 3° Le Chirurgien méthodique, extrait de Gui de Chauliar, ibid., 1597 4' Ostéolo- gie, ou Histoire générale des os du corps humain, Bordeaux, 1604 par une faute d'impression la Biographie toulousaine fait de cet ouvrage un I Traité d'astrologie
  • Guillaume DAMPIER( 1652) : célèbre navigateur anglais, naquit en 1652 à EastCoker, dans le comté de Sommerset. Demeuré orphelin dès sa tendre jeunesse, ses tuteurs le retirèrent du collége l'avait envoyé son père, cultivateur aisé, qui le destinait au commerce, et lui fluent apprendre l'écriture et l'arithmétique. Bientôt ils consentirent à favoriser la passion qu'il avait de voyager sur mer, et l'embarquèrent à Weymouth, sur un navire avec lequel il fit lLfl voyage en France, puis à TerreNeuve. Le froid rigoureux qu'il éprouva dans celuici, l'ayant dégoûté des navigations au nord, il fit aux Indes orientales une campagne qui, ditil, le rendit plus expert dans son métier, quoiqu'il n'eût pas tenu de journal. La guerre éclata entre l'Angleterre et la Hollande ; Dampier se retira d'abord chez son frère, mais bientôt, fatigué du repos, il s'engagea en 1673, à bord d'un vaisseau de l'État, se trouva à deux combats, tomba malade, fut mis sur un bâtimenthôpital, ensuite conduit à Harwich, et alla se rétablir chez son frère. Le retour de la santé lit renaître en lui son goût pour les voyages. La guerre avait cessé; il accepta l'offre qu'on lui fit de régir une habitation à la Jamaïque. Cependant, au bout de six mois, il renonça à ce genre de vie si opposé à son inclination, et, en 1675, s'embarqua sur un bâtiment qui naviguait le long des côtes de la Jamaïque. 11 trouva à Kings7- town un navire qui allait à la baie de Campèche; il prit parti avec les coupeurs de bois, et resta trois ans avec eux. Malgré les fatigues continuelles qu'il eut à soutenir dans ce métier, Dampier tint un journal exact de ses opérations, et y joignit mie excellente description de la baie. Il revint à Lon- dres en 1678, et repartit dès le commencement de 1679, dans l'intention de retourner à la baie de Campêche; mais ayant rencontré à la Jamaïque des flibustiers, tout l'équipage de son navire les suivit, et il fit comme les autres. Dampier traversa avec ses nouveaux compagnons l'isthme de Darien, et s'aventura dans le grand Océan sur de petites embarcations du pays. Plusieurs entreprises pour piller les villes de la côte du Pérou furent tentées sans succès importants ; la discorde se mit parmi les flibustiers. Dampier traversa une seconde fois l'isthme de Darien, fit plusieurs courses dans le golfe du Mexique, et arriva en Virginie en 1682. Il en partit le 23 août 1783 , avec le capitaine John Cook, et entra dans le grand Océan, en doublant le cap Horn. Les flibustiers tentèrent encore, sans succès, plusieurs entreprises hasardeuses le long des côtes espagnoles, mais ils se procurèrent des vivres par la prise de plusieurs bâtiments et le pillage de divers cantons fertiles. En 1685, Dampier quitta le capitaine Davis qui avait succédé à Cook, et passa sur le navire du capitaine Swan. Celuici croisa près de la Califor- nie, dans l'espoir de prendre le galion de Manille. Ce riche butin échappa aux flibustiers. Ils partirent du cap Corrientes pour aller tenter fortune aux Philippines, eurent beaucoup à souffrir dans cette longue traversée, et arrivèrent mourants de faim à l'île de Guam. De là ils gagnèrent Mindanao, où de grands troubles divisèrent l'équipage. Le capitaine Swan et une partie de son monde furent laissés à terre. Dampier, après avoir croisé devant et dans les parages voisins, fut contraint par les vents d'aborder à la Chine. En quittant ce pays, il découvrit en 1687 les îles BaSchi, alors inconnues, et dont il a donné une description com- piète. Les tempêtes continuelles firent perdre à l'équipage l'envie de retourner croiser devant Manille. Le navire parcourut les Moluques et toucha à la NouvelleHollande. Là, Dampier, ne pouvant plus supporter les excès de ses compagnons, résolut de les quitter aussitôt que l'occasion s'en présenterait, et il effectua ce projet à l'une des îles Nicobar, au mois de mai 1688 ; puis se hasarda en pleine mer dans une pirogue, pour gagner la ville d'Achem. Accompagné dc sept personnes, il courut des dangers incroyables, fut jeté par un ouragan sur la côte de Sumatra, et arriva mu- rant à Achem. Il fit ensuite, pour rétablir ses affaires, des voyages au Tonquin, à Malacca, à Madras, et vint à Bencoulen où il fut maître canonnier pendant cinq mois. Il s'en échappa parce qu'on voulait l'y retenir malgré lui, et s'embar- qua pour l'Angleterre, où il arriva le 16 septembre 1691. La publication de ce voyage fit connaître avantageusement Dampier ; il avait dédié son livre à Charles Montaigu, président de la société royale, qui le présenta au comte d'Orford, pre- mier lord de l'amirauté. On confia à Dampier le Roe- Buck, bâtiment de 12 canons, pour aller faire des découvertes à la NouvelleHollande. 11 partit des Dunes le 26 janvier 1699, et, après avoir touché au Brésil, il fit voile à l'est, et aperçut la terre d'Eendraght, ou de la Concorde, à la côte occiden- tale de la NouvelleHollande, çlécouvrit la baie des ChiensMarins, visita dans une étendue de 300 lieues, la partie nordouest de cette côte, qui depuis a été parcourue par les vaisseaux français, le Géographe et le Naturaliste. Les habitants étaient si farouches, qu'il essaya vainement d'avoir communication avec eux. N'ayant pu se procurer ni eau ni vivres, il fut obligé de relâcher à Timor où son apparition inquiéta les Hollandais. A son départ il s'avança au milieu de l'archipel voisin jusqu'à la côte occidentale de la NouvelleGuinée, dont il eut connaissance le I" janvier 1700. Eprès avoir doublé le cap Nabo, il suivit la côte nordouest jusqu'à l'île Schouten, se dirigea à l'est, découvrit plusieurs îles, et arriva à un cap auquel il donna le nom de StGeorges, et qui forme la pointe sudest de la Nouvellelrlande. Dampier croyait toujours côtoyer la NouvelleGuinee jusqu'au moment où, passant par le détroit qui porte son nom, il reconnut que la terre qu'il avait eue à l'est en était dis tincte. 11 appela celleci Nouvelle- Bretagne. Il pro longea la côte septentrionale de la NouvelleGuinée, reconnut le cap Nabo , et, par une route jusqu'alors inconnue, aborda à Céram. Après s'être réparé , à Batavia, il revenait en Europe, lorsque dans l'océan Atlantique, le 21 février "1701, son bàti- ment coula bas par une voie d'eau près de l'ile de l'Ascension. Dampier se sauva avec son équipage ; deux mois après il fut recueilli par un navire anglais, et revit enfin sa patrie. Il fit ensuite deux autres voyages dans le grand Océan, en qualité de simple pilote ; l'un en 1704, l'autre avec Woo- des Rogers de 1708 à rH. Depuis lors l'on n'a plus de détails sur sa vie. Dampier doit avoir été d'une constitution trèsrobuste pour supporter tant de fatigues ; il est étonnant qteaprès avoir reçu les premiers éléments d'une bonne éducation, il ait manifesté un penchant si fort pour une vie agabonde, et qu'il ait pu se résoudre à rester si longtemps avec les flibustiers, qui se livraient au pillage et à tous les excès de la férocité la plus brutale. Il parait qu'une certaine dureté de caractère, jointe à une grande familiarité de manières, et peut-être une volonté ferme et capricieuse, ren- daient Dampier peu propre à conduire les hommes; du moins les troubles qui éclatèrent parmi l'équipage du Roe- Buck l'empêchèrentils d'exécuter tout ce qu'on avait droit d'attendre du talent dont il avait. fait preuve dans la relation de ses premiers voya- ges. Cette opinion semble d'autant mieux fondée, qu'après cette campagne à la NouvelleHollande, on ne lui confia plus aucune expédition, et qu'il fut obligé de s'engager comme pilote dans des entreprises faites par des particuliers. Quoi qu'il en soit, tous ses défauts doivent être effacés aux yeux de la postérité par le fruit qu'elle peut retirer de >la relation de ses premiers voyages. Ils contien- nent des descriptions faites par un homme doué dit coup d'oeil le plus stil', du tact le plus délicat, et d'un jugement. exquis. 11 y règne un ail; de vérité, une précision et une rapidité de style qui charment le lecteur. On ne peut trop en recommander l'étude aux marins. Tout ce qui tient à l'art nautique n'est pas composé, comme dans les autres voyages, de faits isolés ; tous ceux qui s'y trouvent ), sont liés par des principes généraux, simples et incontestables qui en font pressentir les causes. Son Traité sur les vents, les marées et les autres courants, est un des meilleurs ouvrages de ce genre ; on n'y trouve que des faits, mais ils sont groupés et coordonnés avec une habileté surprenante. Dampier, qui ne négligeait rien de ce qui tient aux sciences , a fait connaître plusieurs plantes curieuses. On lui doit la première esquisse de la Flore de la Nouvelle- Hol- lande; M. Brown, qui vient de la compléter, a rendu hommage à la mémoire de cet habile navi- gateur, en donnant le nom de Dampiera à un des genres qu'il a découverts dans cette partie du monde. Parmi les espèces qu'il contient, il y en a une dont on a conservé un échantillon au muséum d'Oxford, avec plusieurs végétaux que Dampier avait rapportés. 11 a joint à ;sa relation les figures des plantes dont il parle. On a de Dampier : 1° Nou- veau Voyage autour du monde, Londres, 1697, 1 vol. A la 4' édition, publiée en 1699, il joignit un secoud volume dédié au comte d'Orford, et dans lequel on trouve le Supplément du voyage au- tour du monde, ou la Description du Tonquin, d'A- chem et de Malacca; deux Voyages à la baie de Campêche, dans lesquels il donne les mémoires de sa vie, et le Traité des vents et des marées. 2° Voyage à la Nouvelle- Hollande, Londres, 1'701 1705, 1709 lis ont été traduits en français, le fer, Amsterdam, 1698, 2 vol. le 2°, Amster- dam, 1705 puis réunis ensemble et avec ceux d'autres navigateurs, Amsterdam, 1701 et 1705 puis en 1711 et 1712, Rouen, 1715, 5 vol. puis en 1723 et 1739. Ces traductions françaises, mal faites d'ailleurs, ne comprennent point ce qui concerne la Nouvelle Guinée, formant la fin du même voyage. Ils ont aussi été traduits en allemand, Leipzig , 1702, 1708 , 3 vol. On en trouve des extraits dans un grand nombre de recueils
  • Guillaume DANVILLE : gendarme de la reine, sous le règne de Louis X111, lit imprimer à Paris un poënie héroïque, intitulé la Chasteté, 1624 Une note, qui se trouve à la fin de l'ouvrage, apprend que l'auteur l'avait commencé, passant en poste par la Styrie, pour venir en Autriche,et l'avait terminé en se rendant de Bavière en France pour le service du roi. 11 se flatte d'en avoir composé, jusqu'à neuf cents vers en douze jours, sans 4tue ses autres occupations en souffrissent. Quelque temps après son retour à Paris, ses papiers furent saisis, et il l'ut conduit à la Bastille ou il resta trois ans, sans connaitre le motif de sa déten- tion ; il s'en plaint amèrementdans la préface de son poënie, qu'il annonce avoir composé en l'honneur du roi et des reine Marie de Médicis et Anne d'Autriche. L'auteur ne manquait ni de naturel ni d'une certaine abondance, mais il pèche soment contre les premières règles de la versification. \V
  • Guillaume DAUBENTON( 1648 - 1723) : jésuite , né à Auxerre le 21 octobre 1648, mort à Madrid le 7 août 1723, fut destiné au ministère de la chaire, et s'y livra pendant quelques années avec succès. Sa santé l'ayant obligé d'y renoncer, il remplit d'autres emplois dans son , une lettre dans laquelle il s'attache à justifier le jésuite Daubenton. 11 nie qu'il soit mort comme Voltaire le fait mourir, d'après Bellando, et affirme que, loin d'être attaché au dangereux éclat d'une cour étrangère, il sollicitait sa retraite depuis plusieurs années. On a du P. Daubenton plusieurs Oraisons funèbres, entre autres celle du duc Charles de Lorraine, Nancy, 1700 et une Vie de Jean- François Regis, Paris, 1716, et ',von, 1717 Elle a été traduite en espagnol et en italien. L'auteur avait publié précédemment , 2 vol. de Scripta varia in causa beatifica- tionis J. F. Régis. V—vE
  • Guillaume DENYS : prêtre el professeur d'hydrographie à Dieppe, est compté au nombre des hommes que cette ville s'honore d'avoir vus naître. A l'exemple de tant de religieux qui surent concilier leur sainte vocation avec le culte des sciences et des arts, avant qu'une orgueilleuse philosophie eût prononcé leur divorce avec la religion, Denys consacra sa vie à la g lorificat ion de Dieu, et à l'utilité de ses semblables. Vivant au sein d'une ville maritime renommée par la hardiesse de ses navigateurs, et témoin des naufrages qui laissaient tant de veuves et d'orphelins sur le littoral de la Manche, il s'appliqua avec toute l'ardeur de la charité au perfectionnement de la navigation. Qu'on juge de la fréquence des sinistres à cette époque reculée lorsque, après les récents et immenses travaux du corps des ingénieurs hydrographes de la marine, sous l'active, la savante direction de M. BeautemsBeaupré, on évalue encore à 3 pour 100 par an le nombre des victimes dans la Manche. Élève de Caudron, emporté par une lame au moment où il allait commencer l'hydrographie des côtes d'Espagne, Denys lui succéda dans la chaire gratuitement fondée par Descalier pour l'enseignement des sciences nautiques. Il ne tarda pas à recevoir les félicitations du duc de Vendôme, surintendant de la navigation, et de Colbert, alors contrôleur général des finances , mais dont l'attention se portait déjà vers la marine, dont il pressentait l'importance dans l'a\ enir. A la demande de Colbert, qdi ne devait obtenir la direction du commerce maritime, des colonies et de l'armée navale qu'en 1668, la chaire d'hydrographie de Dieppe fut adoptée par l'État. Denys en devint titulaire aux appointements de 1,200 livres par an, et dut désigner les plus capables de ses élèves, pour étendre l'enseignement de cette science dans les principaux ports du royaume. 11 ne descendait de sa chaire d'hy. drographie que pour monter dans la chaire évangélique, et son zèle pour la science eut toute l'ardeur de l'apostolat. Il mourut vers 1680, laissant : 1° L'Art de naviguer, perfectionné par la connaissance de la variation de l'aimant, 011 Traité de la variation de l'aiguille aimantée, Dieppe, 1666, avec fig. de 220 p. 2° L'Art de naviguer, dans sa plus haute perfection, ou Traité des latitudes, Dieppe, 1673 de 500 p
  • Guillaume DERHAM( 1657) : ecclésiastique anglais, distingué par l'heureux emploi qu'il sut faire , sur la 3e édition qui est de 1714. Cet ouvrage renferme, sur les carillons mécaniques, sur l'histoire des découvertes en horlogerie, sur les planétaires, ou machines astronomiques, des détails curieux qui étaient nouveaux à cette époque. La 4e édition, 1734 est considérablement augmentée . Derham, ordonné prêtre en 1682, fut nommé en 1689 recteur d'Upminster dans le comté d'Essex, et ce poste, n'étant pas fort éloigna de Londres, lui permit d'entretenir des relations avec tous les physiéiens de cette capitale. Ayant été appelé en 1711 et 1'712, pour faire les discours connus sous le nom de Fondation de Boyle, il s'acquitta de cette commission de la manière la plus brillante. Ce fui en présentant le tableau des merveilles de la nature, qu'il développa en seize leçons ou sermons, et qu'il considéra comme une preuve irrésistible de l'existence, de la puissance et de la sagesse du Créateur. 11 les réunit dans un ouvrage suivi, divisé en 2 parties : Physico- theology, 1713, et Astro- theology, 1- 414, souvent réimprimé jusqu'en 1786, traduit en allemand, en flamand, en suédois, etc. La Théologie astronomique a été traduite en français, par l'abbé Bellanger, Paris, 1726, 1729 fig., et par Elie Bertrand, 1760 La Théologie physique a aussi été traduite en français, Rotterdam, 1730 L'auteur, passant en revue toutes les parties de l'histoire naturelle et de la physique, annonce partout des connaissances profondes. ll est vrai que, pool l'ordinaire, il les puise dans les ouvrages qui avaient paru avant le sien; mais il le fait avec discernement. C'est ainsi qu'il emprunte de Grew tout ce qu'il dit sur l'anatomie des plantes; mais dans plus d'une occasion il prouve qu'il avait observé directement la nature. Sa Théologie astronomique, divisée en 8 livres, renferme plusieurs observations qui lui sont particulières. La société royale lui avait confié la grande lunette de Huygens, longue de i 26 pieds, avec laquelle il aperçut les 6e et 7e satellites de Saturne ; mais n'ayant pu les retrouver avec d'autres verres, il crut s'être trompé et n'avoir vu que de petites étoiles fixes ; il était réservé à Herschell de faire à cet égard des observations incontestables. Derham acquit par ces oup, vrages une grande considération, ce qui lui procura une existence heureuse comme ecclésiastique et comme savant. Ainsi l'université d'Oxford lui envoya, en 1730, des lettres de doctorat, en le dispensant des frais et des formalités d'usage. Ob libros, dit le diplôme, ab ipso editos, quibus physicam et mathesim auctiorem reddidit et ad rcligionem veranrque fidem exornandam revocavit. Dès 1716, il avait été nommé chapelain du prince de Galles, et chanoine de Windsor. D'un autre côté, la société royale de Londres l'avait depuis longtemps admis dans son sein, et il satisfit aux devoirs que lui imposait cet honneur, en publiant plusieurs Mémoires dans les Transactions philosophiques, en 1697 et années suivantes. Ils sont au nombre de 35, dont on peut voir le détail dans le Biographical Dictionary. C'est ainsi qu'en 1701, il chercha à détruire les idées superstitieuses que faisaient naître les pulsations répétées qu'on entend dans les vieilles boiseries, connues sous le nom d'horloge de la mort; il indiqua la cause de ce bruit, et fit voir qu'il était produit par les larves de deux insectes. En 1724, il donna des renseignements mieux sur les guêpes; en 1708, sur les transmigrations des oiseaux ; enfin, en 1710, il rendit compte des effets de la gelée de 1708 et 1709 sur les plantes. Ses moeurs étaient douces et conformes à l'excellence de sa doctrine. Il fut trèslié avec le célèbre Ray. Après la mort de ce grand naturaliste, Derham publia une partie de la correspondance qu'il avait entretenue avec les principaux savants de son temps,'et il y ajouta sa Vie, Ph ilosoph ical letters, etc., Londres, 1718 Ce fut aussi par ses soins que parut le Synopsis avium, du même auteur. Il ajouta aussi des notes aux ouvrages d'Eléazar Albinus, sur les insectes d'Angleterre et sur les oiseaux . 11 revit aussi et enrichit de quelques notes le Miscellanea curiosa, publié en 1726, 3 vol. Son dernier ouvrage est sa Christo- theology, ou Démonstration de la divinité de la religion chrétienne, 1730 C'est le développement d'un sermon qu'il avait prêché à Bath, le 2 novembre 1749, et il le publia sur les instantes prières de son auditoire. 11 mourut dans sa paroisse d'Upminster le 5 avril 1735, âgé de 78 ans, laissant un cabinet de curiosités, renfermant surtout une belle collection d'insectes et d'oiseaux conservés avec soin. Aucune science physique ne lui était étrangère. 11 avait aussi cultivé la médecine, et son biographe observe qu'il soignait ses paroissiens dans leurs maladies, tant corporelles que spirituelles. On voit par ces détails que si Derham ne peut être compté parmi les écrivains qui ont reculé les bornes des sciences, il est du petit nombre de ceux qui ont voulu les rendre plus directement utiles au bonheur de l'humanité
  • Guillaume DEURHOFF( 1650) : né à Amsterdam en 1650, était par sa mère petitfils du professeur de philosophie Arnold Senguerd, et exerçait dans sa ville natale l'état de layetier. Son éducation ne semblait pas l'avoir disposé à autre chose, mais il eut connaissance de la doctrine de Descartes, du système de Spinosa ; les idées métaphysiques fermentèrent dans sa tête, et il en fit un bizarre amalgame avec les idées théologiques, oubliant que rien n'est plus étranger à la doctrine du Christ, si essentiellement simple et populaire. Il occasionna beaucoup de scandale, il fit beaucoup de bruit ; mais, obstiné dans ses opinions et toujours prêt à les défendre envers et contre tous, il parait du moins qu'il fut toujours de bonne foi, et que, dans sa manière de voir, il crut rester fidèlement attaché à la cause de la religion et de la piété. Depuis 1684 jusqu'en 1702, il publia, en 6 parties déta- chées et en langue hollandaise, la seule qu'il possédât, son étrange système. Il réunit ses traités épars en 2 forts volumes sous le titre de Théologie de Deurhoff, en 1715. H y représente la ' nature divine sous l'idée d'une certaine force ou énergie répandue dans l'univers entier, et agissant sur tous les détails de cette vaste machine. Wittichius, Andala, \ an Till, Ilalma, le combattirent avec zèle. Jean van den Honert se signala surtout parmi ses antagonistes. Deuroff ne se tint pas pour battu, et les écrits polémiques se multiplièrent entre les deux champions. En 1717, parut le premier volume de la Métaphysique de Deurhol 7, et cette même année mit fin à sa turbulente carrière. Ses partisans sont connus en Hollande, ou du moins -,-- IL l'ont été, sous le nom de Deurhoviens
  • Guillaume DOBSON( 1610 - 1647) : peintre, né à Londres, en 1610, mérita d'être distingué à une époque où la plupart des peintres qui brillaient en Angleterre étaient étrangers, tels, que Vandyck, Vander Faes, dit Lely, etc. Son goût pour la peinture engagea ses parents à le mettre chez un marchand de ta- 17 Meaux. 11 ne put y recevoir qu'une instruction trèsincomplète ; cependant il acquit un talent qui lui valut la connaissance de Vanclyck. JI eut le bon esprit de chercher la manière de ce grand peintre, et il en approcha quelquefois. Produit à la cour, Dobson y fit successivement les portraits de Charles 1, du prince de Galles, du prince Robert, et d'un grand nombre de courtisans. Le secret infail- d'ajouter encore aux charmes des femmes contribua surtout à lui donner une telle vogue, qu'il pouvait à peine suffire aux travaux qu'on lui demandait ; cependant, comme il s'aperçut que. par caprice ou par ennui, plusieurs de ceux qui se faisaient peindre lui laissaient leurs portraits non terminés, sans avoir assez de conscience pour l' du temps qu'il y avait consacré, il prit le parti d'exiger, avant de commencer un portrait, la moitié du prix convenu ; mesure aussi sage que juste, que les artistes anglais ont depuis adoptée, et qu'on devrait peut-être établir dans le reste de l'Europe. Une vigueur, qui n'excluait point la suavité caractérisait le pinceau de Dobson. Nommé premier peintre du roi, il pouvait parcourir une carrière aussi agréable que lucrative ; mais ses mœurs, plus que dissipées, ne lui permirent pas de conserver les biens qu'il avait amassés et abrégè- rent ses jours. Il mourut de consomption à Londres, en 1647, âgé seulement de 37 ans
  • Guillaume DODD( 1729) : théologien anglais, plus célèbre par les erreurs de sa vie et par sa fin tragi- que que par ses talents, naquit en 1729, à Boume, dans le comté de Lincoln, étudia à Cambridge, et , il fut condamné à mort. Une circonstance particulière ayant retardé de quatre mois l'exécution de la sentence, il employa ce délai à écrire les Pensées en prison, qui sont, sans contredit, le meilleur et le plus curieux de ses ouvrages, et qui ont été imprimées en 1181 précédées de mémoires sur sa vie. Plus de 20,000 citoyens, diton, sollicitèrent en sa faveur la clémence du roi. Il fut exécuté à Tyburn 27 juin 1777, et montra le plus vif repentir de ses égarements , et une grande fermeté, qu'on at- On trouve dans le livre anglais intitulé : Amour et folie , par le chevalier Croft, une description curieuse et touchante de son supplice, qui a pars trop sévère à beaucoup de personnes. Voltaire remarque i; 2° Ser- mons sur les paraboles el les miracle, I ;:js, 4 vol. 3° Explication familièredes oeuvres poétiques de Milton, 1762 ; 4° Réflexions sur la mort, 1763 5° le visiteur, suite d'Essais, dont la plupart sont du docteur Dodd, 1761, 2 vol. 60 des poésies, 1761, I vol. 7° la traduction anglaise des sermons de Massillon, sous le titre de Sermons sur les devoirs des grands,1769; 8° /a Fré- queneedes punitions capitales incompatible avec la justice, : « Ses pro- « , 1780
  • Guillaume DONDINI( 1606) : Bolonais, né en 1606, entra en 1627 dans l'ordre des jésuites, professa l'éloquence à Rome, pendant dixsept ans, et expliqua l'Écriture sainte, dans le collége romain, pendant douze ans. Il vivait encore en 1676. On a de lui : 1° Venetus de classe piratica triumphas, carmen heroicuni, 'Rome, 1638 2° Dclphino Genethliacon, curmen heroicum, 1639 Le dauphin, pour la naissance duquel fut composée cette pièce, est Louis XIV. 3° Orationes duce, altera de Christi Domini cruciatibus, altera de Urbani VIII, pont, ' ficis niaximi, principatu, 1642 4° Carmina de varus argumentis, Venise, 16aa Différents panégyriques latins, dont Southwell ne rapporte pas les litres, 1661 6° historia de reçus in Gallia gestis ab Aluxandro Farnesio, Parmw et Placentiœ duce III, supremo proefec'o, Rome, 1673 réimprimé à Nuremberg, 1675 Cette histoire contient ce qui s'est passé depuis 1585 jusqu'en 1595. On sait que dans cet intervalle de temps, le duc de Parme vint deux fois en France pour secourir les ligueurs; en 1590, où il fit lever le siége de Paris; et en 1592, pour faire lever le siége de Rouen. « Le P. « Dondin, dit le Journal des savants, a si bien « mêlé les intérêts d'Alexandre Farnèse à ceux du « roi Henri IV que, sans rien faire perdre de sa « gloire à Alexandre, il a rendu tant de justice à « Henri 1V, et à tous les autres grands capitaines Parmi les morceaux dont il a enrichi le Journal de Padoue, on distingue une lettre à Lanzi : de Argente° Vasculo inaurato, dans le t. 33, qui contient la réponse de Lanzi. que la France avait alors, qu'on ne doit pas re-« garder cette histoire connue une histoire étran- « gère. Elle contient la naissance et le progrès « de la guerre ci' ile. » Lenglet Dufresnoy dit que « cette histoire est écrite d'une manière nifé- « rossante, et fait honneur à Henri 1V, an dur de (I Parme, et an jésuite Dondini, qui en est l'au-« leur
  • Guillaume DOUDYNS( 1630 - 1697) : peintre, né le 31 déombre 1630, à La Haye, où son père était bourgiestre et colonel des arquebusiers. 11 n'étudia l'abord la peinture que comme un amusement mais ensuite il s'y livra sans réserve. Ayant reçu les leçons d'un maitre médiocre, il fit le voyage d'Ita- lie. Un séjour de douze ans à Home et l'étude assi- Jue des grands maîtres le rendirent habile. 11 fut reçu à la bande académique, sous le nom de Dio- mène. Les instances de sa famille l'arrachèrent enfin à un séjour qu'il affectionnait; et, de retour à La' Haye, en 1661, il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à y fonder une Académie de peinture. Plusieurs fois on l'en nomma directeur, non, dit Weyermans, à cause de son rang, mais pour ses talents. Ses ouvrages eurent en Hollande un grand succès. Il mourut en 1697, à 67 ans. Descamps, qui cite al ec éloge quelp ses tableaux ou plafonds exécutés par Doudyns à La Haye, dit qu'A avait une grande manière de composer, qu'il dessinait correctement, drapait bien et avait une bonne couleur; que l'on y joigne l'expression des sentiments, ce sera là tout ce qu'on peut admirer dans les ouvrages d'un trèsgrand peintre. Il faut donc que Doudyns n'ait possédé que jusqu'à un certain degré les qualités qui lui sont attribuées, puisque, sans être regardé comme un artiste médiocre, il n'est point placé au premier rang. Ses tableaux sont peu connus en France, et le Musée n'en Possède aucun
  • Guillaume DOUGLAS : médecin; né à Boston a publié a Summary of the present state of the bri tish setllements in north America, Boston, 1755 Londres, 1760, 2 vol. Cet ouvrage ne brille pas par le plan sur lequel il est rédigé, car il est trèsconfus ; l'auteur parle successivement de plusieurs objets, et ne néglige pas les plantes, quoiqu'il 'n'en eût pas fait une étude particulière, et il dit qu'il en avait recueilli 1100 autour de Boston. Il fait la remarque que les plantes à fleurs composées et à fleurs apétales y sont plus communes que partout ailleurs. Il donne quelques détails SUI la culture du maïs et autres céréales apportées a publié, dans les Transactions de la Société royale de Londres de l'année 1768, un mémoire dont la notice a été donnée dans le ler volume du Jour- nal de physique, $01.18 ce titre Observations sur une substance bleue trouvée en Écosse dans un fond de terre mousseuse. Dans les mêmes Trausactiens, année 177:, iL publia une notice sur le vin de kay et autres YillS de Hongrie
  • Guillaume DOYEN( 1740) : historien , était né, vers 1'740, à Chartres, d'une trèsancienne famille. Ayant achevé ses études, il embrassa Ja profession d'avocat, qu'il exerçait concurremment avec celle d'ai,: penteur. Dans le privilége pour l'impression de son Histoire de Chartres, on lui donne le titre de géographe. Zélé pour l'illustration de sa ville, il fit de longues et scrupuleuses recherches dans les archives,°d'où il tira des documents précieux et jusqu'alors inconnus. 11 s'associa pour les mettre en œuvre Brissot, devenu depuis si fameux , son compatriote et son ami; mais, occupé d'autres travaux littéraires, Brissot se dégagea de sa promesse par une lettre insérée dansle Journal encyclopédique, d'avril 1 78(1, et que Doyen a reproduite avec sa réponse en tête de son ouvrage. Quoique partisan des réformes qu'il avait appelées de tous ses voeux, il ne prit aucune part à la révo- billon. On a de lui: 1° Géométrie des arpenteurs, Paris, 1767 ouvrage utile, mais surpassé par celui de Dupa 2° Recherches et observations sur les lois féodales ; sur les conditions des habitants des villes et des campagnes, leurs pos- sessions et leurs droits, ibid., 1780 Outre des observations curieuses et des anecdotes piquan- tes, ce volume renferme, sous le titre de pièces justilicatives, un grand nombre d'actes originaux, propres à bien faire connaitre les moeurs et les coutumes du moyen âge. 3° Histoire de la ville de Chartres, du pays chartrain et de la Beauce, ibid., 1786, 2 vol. On peut la placer à côté des bonnes histoires de provinces; sources abondantes d'instruction, où devra puiser l'écrivain doué du talent et du courage nécessaires pour donner enfin à la France une histoire générale
  • Guillaume DRAPER : général anglais, préférant dans sa jeunesse la profession des armes à celle des lettres, quitta l'université de Cambridge, où il achevait ses études, pour entrer au service de la compagnie des Indes. Il obtint, en 1760, le rang de colonel dans l'armée, et revint en Angleterre. L'année suivante, il fut promu au grade de brigadier dans l'expédition de BelleIsle, et, en 1765, il commanda les troupes, de terre dans l'attaque de Manille. La flotte, conduite par l'amiral Cornish, partit de Madras le 1" août, et mouilla le 27 sep- tembre dans la baie de Manille. Le fort se rendit le 6 octobre, et se racheta du pillage par une rançon de 4,000,000 de piastres, dont il n'y eut que la moitié payée. Draper, qui avait présenté des mémoires au ministère anglais, pour qu'il Forçât l'Espagne d'acquitter le reste de la somme, ne put rien obtenir. Il fut récompensé de ses services par le cordon de l'ordre du Bain; on prétend qu'il fui si enchanté de recevoir cette marque de distinction, qu'il en fit broder la plaque sur sa robe de chambre. 11 était de retour en Angleterre, lorsque les attaques de l'auteur des Lettres de Junius contre le marquis de Granby lui firent prendrela plume pour défendre ce militaire, son ami. Junius dans sa réponse, tout en rendant justice au sentiment qui avait fait prendre la plume à Draper, renouvela ses imputations contre le marquis de Granby, et somma le premier de se défendre luimême, pour avoir vendu le régiment que le ministère lui avait donné, et avoir tout à coup gardé le silence dans l'affaire de Manille. Draper répliqua; une autre lettre de Junius fut suivie d'une réponse trèsviNe. de Draper, qui en reçut une ticsvirulente. Le de-- bat se termina là, parce que le marquis de Granby Plia Draper de ne pas rentrer dans la lice; niais il s'y présenta de nouveau pour son compte particulier, et requit Junius de déclarer son véritable nom : le style de la répartie qu'il s'attira, et en général celui de cette, correspondance renouvelée fut si aigre, et Junius lança à Draper des sarcasmes si violents, que celuici partit au mois d'octobre 171;9 pour la Caroline méridionale, dans le dessein, disaitil, d'y rétablir sa santé, et saisit cette occasion pour parcourir une partie de l'Amérique septen- trionale. En 1779, étant lieutenant général, il fut nommé sousgouverneur de Minorque, et après que cette forteresse se fut rendue, en 4782, aux armes de la France et de l'Espagne , il présenta vingtneuf chefs d'accusation contré le gouverneur Murray. La cour martiale décida que vingtsept de ces inculpations étaient frivoles et niai fondées, que le gouverneur serait réprimandé pour les deux autres; mais que Draper lui ferait des excuses pour lui avoir intenté le procès. Il se conforma à cette sentence, et \ écut ensuite dans la retraite à Bath, jiisqu'à sa mort, qui arrivale 8 janvier 1787
  • Guillaume DREVIN : poéte obscur du 16e siècle, est auteur des deux ouvrages suivants : 1° Les erreurs des luthériens, ennemis de notre Mère sainte Eglise, et vrais turtupins, résidant en la ville de Genève et autres : plus les lamentations de notre Mère sainte Eglise sur les contradictions des héré- tiques, suivant l'erreur des faux défectueux, Pans, 1582 en vers. 2° De l'Exercice de guerre et Instruction des chevaliers et gentilshommes, Paris, Guill. Nyverd, 1 vol. Ce dernier ouvrage est écrit en prose
  • Guillaume DRUMMOND( 1585) : de la même famille que les précédents, naquit en 1585. Il étudia à l'université d'Édimbourg. 11 passa ensuite quatre ans en pays étranger, et particulièrement à Bourges; polir y étudier les lois civiles; mais, revenu dans son pays, et maitre de sa fortune par la mort de son père, il abandonna toute idée de profession punir se livrer entièrement, dans une retraite champêtre et romantique, à la culture des lettres et à son talent pour la poésie. Cependant la mort lui ayant enlevé une jeune personne qu'il était au moment d'épouser, la douleur qu'il conçut de cette perte le porta à quitter de nouveau son pays. 11 n'y revint au bout de huit ans que pour le voir déchiré ile dissensions, et près de l'être par la guerre ci-? de. Son attachement à la cause royale le rendit trèssensible à ses revers. On croit que la mort de Charles 1" contribua à abréger ses jours. Il mourut à la fiu de 160. 11 avait épousé en 1634 une jeune personne de la famille de Logan, et dont il eut plusieurs enfants. Son caractère et le genre de son talent lui ont fait donner le surnom de Pétrar- que écossais. Drummond a laissé un assez grand t'ombre de poésies sur des sujets d'amour et de dévotion. On y trouve de belles images, de la sensibilité, de la gràce, de la délicatesse, surtout dans ses sonnets amoureux ; niais beaucoup trop de cette affectation italienne , alors de mode en Angleterre comme partout, et généralement un fonds d'idées trop peu riche pour fournir beaucoup d'intérêt à de longues pièces. Son grand mérite est dans l'élégance et la douceur de ses vers, mérite trèsrare alois. Il était lié avec Dra, ton ainsi qu'avec Ben Jonson, auquel il avait inspiré une sorte d'enthousiasme, et dont il a fait cependant un portrait peu flatteur. Jonson, à quarantedeux ans, avait fait à pied, exprès pour le voir, le voyage de Londres à Ilawthornden, lieu de sa résidence. On a aussi de lui une Histoire de cinq Jacques, rois d'Ecosse , publiée, après sa mort , sans compter plusieurs écrits en faveur du parti ro? tliste., et qui respirent l'amour de la paix, composés durant les troubles de sa patrie. Ses otu rages, précédés d'une notice sur sa vie, ont été imprimés ensemble à Édim- bourg, en un volume en 1711
  • Guillaume DUBOIS( 1656) : abbé, puis cardinal, naquit le 6 septembre 1656 à BrivelaGaillarde, en Limousin, où son père exerçait la profession d'apothicaire. Sur l'expectative d'une bourse, qu'il n'eut jamais, sa famille l'envoya à Paris dès l'âge de douze ans. Abandonné à luiinème, le Pline Dubois se trouva trop heureux d'obtehir la faculté de faire ses études au collége de StMichel, autrement dit de Pompadour, en remplissant auprès du principal les fonctions de domestique. Il entra ensuite, , comme précepteur, chez un marchand du Petit- Pont, nommé 'Maroy , puis chez le président de Gourgues; enfin chez le marquis de Pluvant, mai- ig- re de la garderobe de Monsieur, qui lui procura a connaissance de M. de StLaurent, sousgouverneur du duc de Chartres. Devenu infirme, M. de StLaurent imagina de se faire aider par l'abbé penne; il le chargea de préparer les devoirs du penne prince. Doué d'un esprit vif, pénétrant, et matu•ellement astucieux, Dubois sut promptement agner la confiance de son élève. Il étudia ses penchants secrets, les flatta, se rendit agréable, puis nécessaire. Non moins habile à se ménager la faveur du chevalier de Lorraine et du marquis d'El.- liat, qui disposaient en commun de Monsieur et de sa maison, il osa recourir à leur protection pour se faire nommer précepteur du duc de Chartres, à la mort de M. de StLaurent , et il réussit. Il entreprit, alors, de jouer deux rôles, en' apparence incompatibles, mais, selon lui, également utiles à sa fortune. Tout à la fuis instituteur zélé du jeune prince, et ministre infâme de ses plaisirs secrets, on voyait tour à tolu' l'abbé Dubois faire subir à son élève de brillants examens devant la cour entière, et le soir, introduire furtivement au PalaisRoyal les beautés subalternes dont il avait luimême marchandé les complaisances. La fortune souriait déjà à l'ambitieux précepteur; elle lui offrit, tout à coup, l'occasion d'attirer sur lui un regard du maitre ; il ne la laissa point échapper. Louis XIV désirait ardemment donner pour époux à Mademoiselle de on a remarqué que le jeune Maroy, dont il avait été précepteur, le servit par la suite en qualité de postillon et de courrier. Blois, sa fille légitimée, le due de Chartres, •sou neveu. 11 s'était assuré du consentement de Monsieur, mais il redoutait la fierté de Madame , dont il connaissait l'ascendant sur son fils. Il s'agissait de gagner le jeune prince, et l'on jeta les yeux sur Dubois. Celuici s'acquitta de sa mission avec tant d'adresse, que le roi luimême daigna lui en témoigner sa satisfaction. Peu de temps après il lui donna l'abbaye de StJust, en Picardie. C'est à ce sujet que, suivant l'auteur des Mémoires de madame de Maintenon, le P. de la Chaise aurait représenté au roi que l'abbé Dubois, adonné tout ensemble aux femmes, au vin et au jeu, ne méritait aucun bénéfice ecclésiastique; observation à laquelle le roi aurait répondit : Cela peut étre; mais il ne s'attache, ne s'enivre, et ne perd jamais. Ce conte de la Beaumelle, où Louis XIV tient un langage si peu digne de lui, est d'ailleurs bien ridiculement inventé ; car, au milieu de tous ses vices, personne ne fut plus sobre et moins joueur que l'abbé Dubois. Le duc de Chartres ayant obtenu la permission de faire ses premières armes, sous le maréchal de Luxembourg, Dubois voulut l'accompagner. Il lui suggéra une belle action après la bataille de Steinkerque. La plaine était couverte de blessés, dont les gémissements émurent le prince. Dubois, qui l'observait, lui dit : Enroyez vos équipages enlever ces malheureux. L'abbé écrivit une relation de cette journée célèbre. Elle parvint à Louis XIV, et en fut goùtée. Le monarque approuva publiquement ce que l'abbé avait dit de Luxembourg. Le maréchal cri sut gré à son panégyriste, et saisit l'occasion de le lui témoigner. On vint, un jour, dire à Louis XIV que l'abbé Pélisson était mort sans confession. Luxembourg étai t présent : Je «connais, ditil, un autre abbé qui a l'honneur d'être « connu de Votre Majesté, et qui pourrait bien mou rir « de même. C'est l'abbé Dubois, qui va au l'ett « comme un grenadier : le jour de Steinkerque, « je le trouvais partout. » 11 rendait les actions militaires avec un feu et une vérité qui étonnaient le roi luimême. « Y étiezvous ? lui ditil une fois. « — Non, sire, répondit l'abbé, j'aurais crains d'en « revenir avec un ridicule de plus et un bras de « moins. Louis XIV, qui avait éprouvé les talents de l'abbé .Dubois dans la négociation du mariage de la duchesse de Chartres, lui permit d'aller joindre, à Londres, M. de Tallard, ambassadeur de France. L'abbé, qui en quittant Ic costume ecclésiastique, selon l'usage établi en Angleterre, avait pris le nom de chevalier Dubois, employa StEvremont à lui procurer quelques connaissances distinguées. 11 se lia particulièrement avec lord Stanhope, dont l'amitié devint, par la suite, la source de sa grande fortune politique. Les prétentions qu'il afficha dès lors, effarouchèrent l'ambassadeur, qui demanda le rappel de l'abbé. Celuici, dès le lendemain de son retour, se présenta effrontément devant Louis XIV, dans les jardins de Marly : « Voilà ce que c'est, lui dit le roi avec une affabi- « lité extrême, que d'avoir tant d'esprit ! on ne « saurait aller par le monde avec tout le mérite , étaient si universellement décriées, que le due d'Orléans n'osait s'exposer aux murmures qu'exciterait un tel ellniv. Lorsqu'il annonça à Madame que la régence lui était déférée . e Mon fils « lui ditelle, je n'ai qu'une grâce à vous deman- « der : c'est de ne jamais employer ce fripon « d'abbé Dubois, le plus grand coquin qu'il y ait « au monde. il sacrifierait l'Étatet V011S au plus lé- « ger inté)rêt. » Madame de Hautefort, chez laquelle Di lois avait demeuré, disait dans le même temps : « Lorsqu'il sortira une vérité de la bouche de ce « petit abbé, je la ferai encadrer. » Le régent hésitait, Dubois alla droit à lui, et lui dit hardiment : « Vous « voilà tout puissant, laisserezvous dans l'inaction « homme qui vous a élevé? » Philippe le nomma conseiller d'État, et trahissant à l'instant même le degré d'estime qu'il lui portait : « L'abbé, lui dit « il, un peu de droiture, je t'en prie. » A peine admis à cet honneur inattendu, l'abbé trouva et saisit habilement l'occasion de se montrer sous un jour tout nouveau. Les intrigues de la cour d'Espagne, que gouvernait alors le cardinal Albéroni, donnèrent de l'inquiétude au régent, et lui firent sentir la nécessité de chercher des alliés puissants. Dubois fut le premier qui dirigea ses vues sur l'Angleterre z il s'offrit à entamer lui même une négociation secrète. Le roi Georges ler, , et ses ministres, étaient sur le point de traverser la Hollande pour se rendre à Hanovre, Dubois imagina le prétexte d'un achat considérable de livres et de 11 parait avéré que c'est sur lui que le filme« cocher de Verte tamon avait compose la clianson populaire : Monsieur, l'abbé, oit allezvous? Vous allez vous casser le cou, etc. tableaux pour se trouver à la Haye, au passage dû lord Stanhope. Duclos, dans ses Mémoires secrets, et tons les biographes du cardinal Dubois, passent fort légèrement sur cette époque de sa vie. C'est cependant la plus remarquable; c'est celle, du moins, qui justifia jusqu'à un certain point les bontés dont son maitre ne cessa de le combler. Il avait à triompher d'une foule d'obstacles politiques, et, avant tout, d'une sorte d'aversion du roi Georges pour la personne du duc d'Orléans. S'il n'eût fallu mn. réussir que de la souplesse et du patelinage, les ennemis même de l'abbé Dubois s'en lussent reposés sur lui; mais il fallait une profonde connaissance de l'état de l'Europe, une logique puissante, et un tact exquis pour discerner le peint où il convenait de s'arrêter. C'est ce que personne, peut-être, n'attendait de l'émissaire du régent, et c'est ce qu'il fit éclater dans un degré supérieur. Li correspondance manuscrite de l'abbé Dubois, sur la négociation de la triple alliance de 1717, entre la France, l'Angleterre et la Hollande, le place an nombre des diplomates qui ont attaché leur nom à l'un de ces traités fameux, dont l'influence s'est fait sentir sur l'ensemble du système politique. Des écrivains peu réfléchis ont avancé que ce fut lors de cette grande négociation que Dubois se vendit à l'Angleterre : en admettant que ce ministre recevait une pension secrète de la cour de Londres, il faudrait au moins, considérer qu'à l'époque dont il s'agit, c'était l'abbé Dubois lui- même qui avait à corrompre, bien plus qu'à se défendre du danger d'être corrompu. Le succès presque. inespéré d'une négociation aussi importante à la sùreté personnelle du régent, parut aux yeux de ce prince devoir l'emporter sur toute autre considération. Il confia à son favori le département des affaires étrangères. Parverni au ministère, Dubois dut bientôt an hasard l'occasion de consolider son crédit, d'augmenter son influence. Le fameux cardinal Albéroni avait préparé de longue main l'enlèvement du duc d'Orléans et une révolution complète à la cour de France. Tous les historiens, sur la foi les uns des autres, ont écrit que le régent fut redevable à une courtisane de la découverte de ce complot. La vérité est qu'il fut révélé par un pauvre commis de la bibliothèque du roi, que le prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne, employait fort imprudemment dans ses bureaux. Cet . homme, nommé Bavai, par\ int jusqu'à l'abbé Dubois, et se fit honneur auprès de lui d'une révélation aussi importante. L'abbé en recueillit tout le mérite auprèsde son maitre : Buvat, abandonné et périssant de misère, osa réclamer un souvenir de la part du ministre : il fut menacé de la corde. L'abbé lui dit qu'il était trop heureux d'avoir pu faire oublier certaine gazette à la main, où il s'était permis de parler peu respectueusement de sa mission à Londres. Les honneurs politiques ne suffisaient pas à l'abbé Dubois il aspirait ouvertement aux premières dignités de l'Eglise. La mort du cardinalde Trémouille fit vaquer l'archevêché de Cambrai : abois n'hésita point à le demander au régent. Estu fou ? dit le prince ; toi archevêque ! et qui osera seulement te faire prêtre ?. » Ces sanglan.s railleries, répétées par la cour entière, étaient ns force contre un tel homme. A quel protecteur magineraiton qu'il eut recours pour obtenir nn es siéges les plus éminents de l'Eglise catholique? , un prince protestant voy. DESTOUCHES ). On vit, sec surprise , arriver une lettre du roi d'Angle2rre qui conjurait le régent d'accorder à l'abbé >>abois l'archevêché de Cambrai. Le duc d'Orléans éda; mais il ne pouvait dispenser un archevêque le la prêtrise. Le favori toutpuissant ne fut pas drayé par cette difficulté. Séduit par des promesses, 'archevêque de Rouen offrit son diocèse, tandis [ne le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, e montra inflexible. L'évêque de Nantes se chargea de la cérémonie, et l'évêque de Clermont, l'illustre Massillon, ) e rougit pas d'apposer son nom vénéré au bas de tette lâche attestation, où son confrère et lui se .endent garants de la pureté des moeurs de l'abbé Dubois, de sa science ecclésiastique et de ses talents lotir gouverner le diocèse de Cambrai. En une seule mutinée, l'abbé reçut tous les ordres, dans la chapelle de Triel, près Poissy. P.eu de jours après, il fut sacré avec un faste inouï dans l'église du Val de Grâce, en présence du régent et de tout ce que la Fiance comptait de. plus grand. Mais à l'instant meure où le public, et peut-être le prince luimême, s'étonnait de la haute fortune du favori, son coeur était en proie à tous les tourments d'une ambition que ses succès mêmes ne faisaient qu'irriter. Depuis longtemps Dubois, aspirant à jouer dans l'Etat le rôle qu'y avaient joué Richelieu et Mazarin , regardait le chapeau de cardinal comme indispensable à l'éclat, sinon à la solidité de son pouvoir. C'était peu pour lui d'avoir pour agent secret, à Rome, le jésuite Lafi[eau , auquel le pape Clément XI témoignait une affection particulière ; c'était peu de l'expédition continuelle de courriers, dont les dépêches tantôt promettaient de courber toute la France sous l'autorité du saintsiége, tantôt le menaçaient d'un schisme absolu : tous les cabinets de l'Europe furent mis en mouvement pour revêtir de la pourpre romaine un homme qui, quelques années auparavant, n'eût pas été jugé digne d'une cure de village. Déployant toute l'astuce de son caractère, Dubois trouva l'art de faire agir à la fois, auprès de la cour de Rome, les deux souverains qui se disputaient la couronne d'Angleterre, le catholique et le protestant. 11 promettait à George I" de travailler à maintenir le prétendant dans l'impuissance de lui nuire, et il faisait entrevoir à celuici l'instant où il pourrait'favoriser son rétablissement sur le trône de ses pères. Clément XI, qui méprisait le favori du régent, et qui, d'ailleurs, voulait faire tourner son ambition au triomphe complet de la fameuse bulle unigenitus, l'enlaçait continuelle ment dans les raggiri de la politique italienne, et Dubois n'obtint le chapeau que de son successeur hmocent NUL Mais, devenu cardinal, Dubois avait encore des supérieurs dans l'Etat ; et déjà le fils de l'humble apothicaire de Brive ne voulait plus souffrir d'égaux. Le 20 août 1722 , il se fit déclarer premier ministre. Sa puissance ne connut plus de bornes ; les amis intimes du régent en firent, les premiers, la triste expérience. Le cardinal exila tous ceux qui tentèrent de le braver : le prince ne sut que les plaindre et les laissa partir. Tout pliait sous le favori devenu maitre : la mort vint mettre un terme à ce règne de scandale et d'opprobre. Depuis longtemps le cardinal était en proie à des maladies cruelles, résultat de ses excessives et continuelles débauches : à peine pouvaitil marcher et monter en voiture. Une vanité ridicule lui inspira cependant le désir de paraître à cheval à une revue générale de la maison du roi, afin d'y jouir des honneurs militaires dus à liai premier ministre, honneurs presqu'égaux à ceux qu'on rend au souverain luimême. Le mouvement du cheval fit crever un abcès intérieur, et une opération terrible devint aussitôt nécessaire. Le cardinal, qui disait « avoir du courage, mais non pour les sont'« frances du corps, refusait de se livrer aux chirurgiens du roi. Il fallut que le duc d'Odéans l'en conjurât avec larmes, et lui promit d'être présent à l'opération. On a prétendu néanmoins, que ce prince, voyant un orage se former à l'horizon, s'était écrié gaiment « Voilà un temps , qui, je « l'espère, fera partir mon drôle ! ». Dubois mourut, en effet, le lendemain matin, 10 août 1723. On lui avait amené, pour le confesser, un récolet avec lequel il eut quelques minutes d'entretien. Ce religieux voulut lui faire administrer l'extrêmeonction : « Doucement, dit le mourant, on fait « plus de façon avec un cardinal. Le duc de StSimon, qui, à la vérité, n'aimait point ce ministre, auquel il attribuait les égarements du duc d'Orléans, a laissé de lui ce portrait, dont tous les contemporains garantissent la ressemblance : «Dubois « était un petit homme maigre, effilé, à mine de « fouine. Tous les vices, la perfidie, l'avarice, la . Un diplomate profondément instruit, et qui a été longtemps à la tète des affaires étrangères, n'a trouvé aucune trace de cette pension, et la regardait comme une fable inventée par les nombreux ennemis du cardinal. C'est dans la même catégorie que les gens sages doivent ranger tout ce qui a été dit sur le mariage ou les mariages de l'archevêque de Cambrai. Le duc de StSimon raconte, avec des détails assez corniques, le stratagème employé par l'intendant du Limousin, pour soustraire des registres d'un curé de campagne, le contrat de mariage de Dubois ; il existe, en outre, une lettre de M. de Salentin, ministre de Priisse à Paris, , qu'il enait d'arriver du Hainault une femme qui réclamait l'abbé Dubois pour son mari et le père de ses enfants. Une seule objection fait voir que l'on affectait de prendre des maîtresses délaissées pour des femmes légitimes. A quel âge Dubois, arrivé à Paris presque enfant, et qui y remplit sans interruption des emplois qui ne lui permettaient point de s'éloigner, seraitil allé en Limousin et en Hainault, contracter des mariages dans toutes les formes légales? Le cardinal Dubois avait été reçu à l'Académie française, et il était membre honoraire de l'Académie des sciences et de celle des inscriptions et belleslettres. Il fut lié avec plusieurs écrivains distingués, et notamment avec Fontenelle. C'était à lui qu'il disait, à l'époque de sa plus haute élévation : « Je voudrais être dans un c « qitième étage„ avec une gouvernante, et 500 écu « de fente. » Le cardinal Dubois fut enterré dan l'église StHonoré, à Paris, où l'on voyait son mati solée, qui est un des bons ouvrages de Coustou Son épitaphe était embarrassante : l'auteur s'en tin adroitement. Après avoir rapporté tons les titres spirituels et temporels du défunt, il ajoute : Soli. diora et stabiliora bora, viator, mortuo prerare. LE public fut moins indulgent, et la mort de ce ministre, plus méprisé encore que haï, donna lieu h une foule d'épigrammes et de couplets, dans le style licencieux, si fort eu vogue à cette époque. On a imprimé, en 1789, une Vie privée du cardinal Dubois, Londres, 1 vol. Elle est attribuée à l'un de ses secrétaires, qui l'avait composée, diton, par ordre du cardinal de Fleury. L'auteur y prend trop souvent le style du libelle , pour que l'on puisse avoir une grande confiance dans ses récits. On peut prendre une idée plus juste du caractère, des talents politiques et des intrigues cachées du personnage, dans les Mémoires secrets et correspondance inédite du cardinal Dubois, recueillis el mis en ordre par L. de Sevelinges, Paris, 1815, 2 vol. Cette correspondance est particulièrement relative aux négociations de la triple alliance de 1717, et à la promotion de l'abbé. Dubois au cardinalat
  • Guillaume DUCHOUL( 1500) : en latin Caulius, célè- bre antiquaire, né à Lyon, dans le 16' siècle, d'une famille distinguée, fut nommé bailli des montagnes du Dauphiné, et il parait qu'il remplit cette place jusqu'à sa mort, dont on ignore l'époque. Une circonstance particulière détermina son goût pour l'étude des antiquités. 11 habitait à Lyon, sur la montagne du Gourguillon, une maison dans les environs de laquelle on découvrait sans cesse des médailles et d'autres objets précieux. Duchoul en acheta un grand nombre, sans autre but que de satisfaire sa curiosité ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il ne jouissait qu'imparfaitement de ces objets, faute de connaissances préparatoires, et il résolut de les acquérir. 11 se mit donc à étudier avec zèle, et un voyage qu'il fit en Italie facilita encore ses progrès en le mettant en relation avec les antiquaires les plus instruits. Duchoul publia le fruit de ses recherches dans un ouvrage intitulé : Discours sur la castramétation et disci- pline militaire des anciens Romains, Lyon, 1555, in fol., lequel fut immédiatement suivi d'un Dis- cours sur la religion des anciens Romains, Lyon, 1556 On ne doit point séparer ces deux ouvrages curieux et ornés de jolies gravures sur [ bois, du Petit Bernard. Ils ont été réimprimés à Lyon, 1567 et 1581 ; Wesel, 1672 L'édition de Wesel a reparu avec la rubrique de y Dusseldorff, 1731 sous ce titre : la Religion Il des anciens Romains, etc. ; ils ont été traduits en italien par Gabriel Siméoni, Lyon, 1556 . en latin par Louis Joachim Camerarius, 13-78, et par un anonyme, Amsterdam, 1685 et 1148 enfin en espagnol, par Balthazar Perez de Castille, chanoine de Burgos, Lyon, 1579 ; La Croix du Maine attribue à Duchoul, Douze Livres des an- tiquités de Rome ; Traité des animaux féroces et étrangers ; les Epigrammes de toute la Gaule ; Traité de la nature des dieux; aucun de ces ouvrages n'a paru ; mais un livre qui est réellement de lui, quoique omis par tous les bibliographes, est son Epître consolatrice itmadame de Chevrières, Lyon, 1555
  • Guillaume DUGARD( 1606) : savant et habile institute tir anglais, né en1606, à Bromsgrave, dans le comté de Worcester. Après avoir été successivement maitre d'école à Stamford, dans le comté de Lincoln et à Colchester, il fut nommé, en 1637, chef de l'école des marchands tailleurs de Londres : école célèbre en Angleterre, et qui fut surtout extrêmement no- A Stettin, ce général se montra sous un aspect tout différent de ce qu'on l'avait vu à Lille pendant la rveolutiou. Le feldmarethat prussien, comte de Tauentzien, avait donné des ordres pour empecher les habitants de Stettin de passer par les avantpostes ile Varinee formant le blocus ; Dufresse ecrivit au général prussien : « La place ile Stettin est bien en êtat de siége ; niais cela n'empêche pas de laisser aux habitants, qui 'J'ont plus de provi-“ skons, la possibilité de sortir pour aller chercher une terre bus-, et fut enfermé quelque temps à Newgate. ft était marié et avait alors six enfants. On peut juger de ses sentiments politiques par la traduction des deux vers grecs qu'il avait composés sur le meurtre de Charles 1", et inscrits sur un registre de son école : Charles, le meilleur des rois, est tombé sous les coups d'hommes corrompus et cruels, Aartyr des lois de Dieu et de son pays, et par l'épitaphe suivante, de la mère d'Olivier Cromwell, enterrée dans l'abbaye de Westminster. « Cigît la « mère d'un fils maudit, qui a causé la ruine de « deux rois et de trois royaumes. » Réinstallé la même année, 1650, dans l'éco!e des Marchands tailleurs, il continua de la diriger avec succès jusqu'en 1660, époque à laquelle il se brouilla avec les marchands tailleurs. 11 fut renvoyé, mais il n'y perdit rien. Telle était la confiance du public dans ses talents et sa moralité, qu'ayant ouvert en juillet 1661, une école particulière dans un des quartiers de Londres, il ne comptait pas moins de 193 élèves le mois de mars suivant. 11 mourut trèspeu de temps après, en t 662. On a de lui quelques ouvrages pour les classes, entre autres : I° une Grammaire grecque ; 2° Lexicon greeci testamenti alphabeticum, etc. ; 3° Luciani saniosatensis Dia- logorum selectorum libri duo, cura interpretatione latina * mutas iI locis emendata, et ad calcem ad- jectaRhetorices Compendium
  • Guillaume DUGDALE( 1605) : antiquaire et historien anglais, sorti d'une bonne famille du comté de Warwick, naquit en 1605, dans le voisinage de Coleshill, dans ce comté. Il fut élevé en partie à l'école de Coventry, en partie chez son père, qui, étant âgé et infirme, le maria à l'âge de dixhuit ans. Il se livra de bonne heure à l'étude des antiquités de son pays, et se lia avec les plus savants antiquai- res de ce tempslà, enteautresle célèbre Henri Spa:. man. Il fut créé, en 1638, poursuivantd'armes, puis rosecroix en 1639. Il accompagna, en cette qualité, Charles 1", dans ses malheureuses campagnes. 11 passa en France en 1648, revint peu de temps après en Angleterre, copiant partout les épi- CI taphes et les inscriptions, dessinant les monuments, et recueillant des matériaux pour ce qui faisait robjet de ses études. A la restauration, il l'ut élevé par Charles II à la dignité de roi d'armes, et en 167,, il fut nommé principal roi d'armes de l'ordre de la jarretière. Il mourut le 10 février 1686, âgé de 81 ans. Ses principaux ouvrages sont : 1° Les anti- quités du comté de Warwick, Londres, 1656 C'est son meilleur ouvrage , il y avait consacré vingt ans. W. Thomas l'a continué et réimprimé, 1730, 2 vol. ; 2° Histoire de la cathédrale de St- Paul de Londres, 1658 réimprimée avec les corrections et additions de l'auteur, et précédée de sa vie, écrite par luimême, 1716 ; 3° His- toire des chaussées et des saignées des marais , tant en Angleterre que dans les pays étrangers, 1662 avec ligures, réimprimée en 4772; 4° Origines juridiciales, ou Mémoires historiques sur les lois anglaises, les cours de justice , etc., 4666 2e édition, 1671 ; 3 édition, 1680 ; 50 La No- blesse d'Angleterre , contenant les vies et faits mémorables de la noblesse anglaise,. depuis le temps des Saxons jusqu'à celui de l'auteur, 1675 le 1 volume, 1676 le 2' et le 3e Ouvrage utile, malgré les erreurs nombreuses qu'on y a relevées. 6° Coup d'oeil sur les der- niers troubles d'Angleterre, comparés avec la guerre des barons du temps d'Herui Ill, et particulière- ment à la Ligue de France, etc., Oxford, 1681 ; 7° L'Ancien usage des armoiries, Oxford, 1681 11 a aussi complété la collection des Conciles de Spelman , ainsi 1& o • cainu;11é/)iicla num. Dodsworth, qui s'occupait plus particulièrement à recueillir les matériaux, et qui transcrivit entièrement les deux premiers volumes, mourut avantla publication du premier, qui parut en 1655 Dugdale s'était chargé de la rédaction de l'ouvrage, et y ajouta des index. Le 2' volume pa- rut en 1661, et le 3° en 1673. Germon, dans un de ses écrits sur la diplomatique, a prétendu démontrer d'une manière évidente la fausseté de plusieurs des chartes insérées dans ce recueil. Jacques Wrigt a donné en anglais, en 1793, un maux ais abrégé de cet ouvrage. J. Steven en a donné une traduction complète en 3 volumes, 1718, 4722 et 1-723. On a publié, en 1812, en 4 volumes une nouvelle édition du Monagic. n anylicanum, avec la vie de Dudgale, par Bulkeley Bandinel, d'Oxford. Le nom de Dodsworth n'est pas cité, du moins sur le titre de cette édition
  • Guillaume DUNBAR( 1465) : poète écossais, eu vers 1465, à ce qu'on croit, à Salim dans l'EstLothian, rot dans sa jeunesse novice voyageur dans l'ordre de StFrançois; niais, peu propre à ce genre dais ie, il revint en .cosse vers 1490, et ce l'ut après cette époque qu'il composa ses meilleurs poèmes. Le plus célèbre, publié en 1503, el intitulé le Charbon et la Rose, fut écrit à l'occasion du mariage de Jacques 1V avec Marguerite Tudor, fille ainée de Henri VII. Ainsi que dans plusieurs autres de ses poèmes, Dunbar y sollicitait quelque bénéfice ecclésiastique, que ses talents et son dévouement méritaient bien. 11 ne parait pas cependant en avoir rien obtenu, et Kennedy, son contemporain, dit qu'il vécut dans la pauvreté. Ses ouvrages, au jugement de deux critiques distipgués, Warton et Pinkerton, se font remarquer par kt richesse des images et des expressions; mais il est difficile de les goûter aujourd'hui sans avoir fait une étude particulière d'un langage devenu presque inintelligible. X—s:
  • Guillaume DUNLOP( 1692 - 1720) : frère du précédent, théo. logien irlandais, né en 1602, à Glascow, oit son père était principal de l'université, mouru t bn 1720, âgé de 28 ans , après avoir occupé avec honneur, pendant les quatre dernières années de sa vie, la chaire royale de théologie et d'histoire ecclésiastique du collége d'Edimbourg, et après avoir Dunker a publié en outre • 4' Principes du dessin des paysages, Berne, 1792 ; — 2. Quatorze vues, choisies au delà de Thoune. avec les descriptions historiques et topographiques, 1796 joui , si jeune encore , d'une grande réputation comme prédicateur. On a de lui 2 vol. de Serinons, et tin Essai sur les confessions de foi
  • Guillaume DUNCAN( 1717 - 1760) : savant écossais, né à Mwrdeen en 1717, était destiné, dès son enfance, au ministère ecclésiastique ; niais ne se sentant point d'inclination pour cette carrière, après avilir rail de bennes études, principalement au collège Maréchal, à Aberdeen, il vint à Londres en 1739, et se mit, en gotique sorte. aux gages des libraires.- C'est ainsi qu'il composa divers ouvrages et quelpies traductions du français, qui furent imprimées sons l'anonyme, l'auteur étant encore inconnu. On préstune qu'il eut une part considérable à la traduction en prose d'Horace publiée sous le nom de •Vatson. Il se lit connaitre plus particulièrement par une traduction en anglais des Oraisons choisies de Cicéron, accompagnée de notes courtes, mais judicieuses: Cette traduction est regardée, en Angleterre, comme un livre classique; elle a été souvent réimprimée. Ses Éléments de logique, publiés 'd'abord en 1748, dans le Précepteur de Dodsley, sont une des meilleures introductions quo l'on connaisse à l'étude de la philosophie et des mathématiques. Ils ont été imprimés séparément en 1,52. On doit aussi à Duncan, une traduction des Cole Put/ lires de César, qui a été magnifiquemeut imprimé en 1752, en 1 volume avec de fort belles gravures. On en a fait depuis une édition plus commune, en 1 volume La traduction est précédée d'un excellent discours sur l'art de la guerre chez les Romains. Duncan fut nommé, en 1752, professeur de philosophie naturelle et expérireentale à l'université d'Aberdeen. Il mourut en 1760. Il avait entrepris une nouvelle iliradneti?n anglaise des ries de Plutarque, une continuation de la Cour d'Auguste, du docteur Mackwell, sous lequel il avait appris le grec à Aberdeen, et plusieurs autres ouvTages qu'il n'eut pas le temps de terminer. X—s. -
  • Guillaume DUNCOMBE( 1690 - 1769) : né à Londres, en 1690, d'une bonne famille du comté d'Hertford, fut, jusqu'en 1125, commis du bureau de l'amirauté. Son inclination le porta à quitter son emploi, pour se livrer uniquement à la littérature, et il s'y est distingué par des productions utiles et agréables. 11 mourut très-àgé, en 1169, après avoir passé sa v ie dans la société des hommes les plus éminents de son temps, et entre autres avec l'archevêque Herring et le comte de Cork. Ses principaux ouvrages sont : 1° une traduction anglaise de l'Athalie de Racine, publiée en 1722, bien accueillie par le publie, et qui a eu trois éditions; 2° Lucius Junius Brutus, tragédie imitée en grande partie du Brutus de Voltaire, jouée en 1734, sans beaucoup de succès, écrite d'un ton un peu déclamateur, mais où l'on trouve en général une couleur tragique conforme au goût de sa nation. 11 y en a une 2e édition de 1747, précédée de la traduction de l'Essai sur la tragédie, par Voltaire. 3° Une traduction complète d'Horace, en vers et par différentes mains, avec des notes, 2 vol. publiés successivement en 1757 et 1759. Son fils eut quelque part à ce recueil, dont il parut en 1764 une édition en 4 volumes perfectionnée et augmentée d'un grand nombre d'imitations en vers, du poète latin. 40 Des essais et articles de littérature insérés dans des journaux. 11 a donné des éditions des oeuvres de Needler, 1724; des poésies de Hughes , 1735, 2 vol. , précédés d'une notice sur la vie de l'auteu•; des Mélanges de Jabez Hughes, 1737 , 1 vol. ; des minores de Samuel Say, 1745, t vol. enflo \Aime de set.- mons de l'archevêque Herring auquel il a joint une préface biographique
  • Guillaume DUPEYRAT : Lyonnais, fut d'abord substitut de M. le procureur général, ensuite prétre et trésorier de la SteChapelle de Vincennes, et mourut en 1643. 11 a donné: 10 Histoire ecclésias- tique de la Cour ou les antiquités, et Recherches de la chapelle et oratoire du roy de France, depuis Clovis I, Paris, 1645 ; 2° Guillelmi Dupey- ratii Lugdunensis Spicilegia poetica , Tours, Jamet Mettayer, , 1593 ; la 2' édition, où se trouvent Amorum libri fres, parut à Paris, chez Jérémie Perier, 1001 La plupart des pièces du Spici- legium sont adressées à ses amis, qui presque tous étaient des gens de robe. Mais ses trois livres d'A- mours, dont le 1" est intitulé Pyrrha, le 2,e Diana et le 3e Lesbia, pourraient trèsbien figurer dans un recueil latin de poésies érotiques ; ils ne le cédent en rien à la délicatesse et à la latinité de Jean Second. 3° Recueil d'Oraisons funèbres , Poésies, etc., sur le trépas de Henry le Grand, Paris, Robert Etienne, 1611 40 La Philosophie royale, ou Jeu des Echecs et autres oeuvres mêlées ensemble, le Tableau de la calomnie, Paris, 1608 5° Hymme de la Trinité, Sonnets spirituels, Discours du St- Esprit, Paris, 1587 6° Tombeau de M. de Givry, Paris, 1594 7° Le Tableau de la Calomnie dépeinte au vif par Apelle, 1604 8° Traité des Dixmes, Paris, 1640 9° Origine des Cardinaux du saint- siège, et particu- lièrement des Français, avec deux Traités curieux des Légats à latere, Cologne, 1670 ; 10° Traité sur les titres de Très- Chrétien, de Fils aîné de l'Église, de Catholique et de Défenseur de la Foi, donnés au roi de France en 1529 ; dé- dié à Louis XIII, à l'occasion de la prise de la Rochelle. A la fin est une pièce de vers français de Dupeyrat , traduite du latin de Gilbert Gaulmin
  • Guillaume DUPRAT : fils du précédent, évêque de Clermont , brilla par son éloquence au concile de Trente , d'où il amena en France des jésuites , pour lesquels il fonda à Paris le collége de Clermont, connu depuis sous' le nom de co'llége de LouisleGrand, et les établit dans plusieurs endroits de son diocèse. Il avait une des plus belles barbes du royaume, et y était fort attaché. S'étant présenté un jour de Pâques à la porte du choeur de sa cathédrale pour y officier, il y trouva trois dignitaires du chapitre • dont l'un tenait des ciseaux, l'autre le livre des anciens statuts, et le troisième, un cierge allumé à la main, lui montrait du doigt ces mots: Bar- bis rasis ; tous les trois l'arrêtèrent en lui criant Révérend père en Dieu, barbis rosis! Le bon prélat fut obligé, pour sauver sa barbe, de s'enfuir à son château de Beauregard. Il prit la chose si fort à cœur qu'il en tomba malade, et ne put survivre à l'affront fait à sa barbe. Il mourut le 22 octobre 1560 , àgé de 53 ans. — On croit que Pierre DupitArr, cardinal archevt1- que d'Aix, mort en 1361, était de la même famille qu'Antoine DUPRAT. litravailla en qualité légat àia paix entre Philippe de Valois et °Liard III; et il est auteur d'un livre intitulé : de Laud ibu$ beake Marioevirginis , dont le manuscrit se conservait à la bibliothèque de StVictor de Paris
  • Guillaume DURAND : poète français du 12e siècle, était né à Montpellier, d'une famille noble. Il s'appliqua d'abord à l'étude de lajurisprudence, et Jean de Nostradamus assure qu'il litait composé plusieurs ouvrages de droit qui e contribuèrent pas moins que ses poésies à le faire jouir d'une grande célébrité. Sen amour pour l'étude ne put le préserver des atteintes d'une passion funeste qui abrégea sa vie. Dans un voyage en Provence il vit une dame , de la maison de Balhi , d'une beauté ravissante, et éprouva pour elle un sentiment auquel la contrainte donna de nouvelles forces. Un évanouissement de plusieurs heures ayant fait répandre le bruit de la mort de cette dame, Durand, accablé de douleur, mourut en demandant d'être inhumé dans le tombeau de celle qu'il avait tant aimée. Cependant les secours de l'art ayant rappelé la dame à la vie , on ne put lui cacher la mort de Durand , et elle en conçut un chagrin si vif, qu'elle demanda à entrer dans un monastère, où elle termina ses jours. On place la mort de Durand vers 1172. Cependant la ressemblance des noms l'a fait confondre, par plusieurs biographes , avec Guillaume Durand le Spéculateur, qui vivait plus d'un siècle après. Jean Nostradamus, dans ses Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux , et Taisand , dans ses tries des Jurisconsultes, ont tellement embrouillé ce qui concerne l'un et l'autre, qu'on craindrait d'allonger cet article de la liste de leurs erreurs
  • Guillaume DURAND ou DURANTIS( 1232) : surnommé le Spéculateur, naquit à PuyMoisson, diocèse de Riez , vers 1232, d'une famille distinguée. Ses parents l'envoyèrent étudier le droit d'abord à Lyon, sous Henri de Suze , depuis cardinal d'Ostie , et ensuite à Bologne, où il fit dans cette science de rapides progrès. Après avoir pris ses degrés dans cette dernière ville, il y donna des leçons publiques , ensuite à Modène, et avec une telle réputation , que Clément IV le fit venir à Rome, et, voulant l'y fixer,l e nomma chapelain et auditeur de rote. Grégoire X, successeur de Clément , ayant assemblé un concile à Lyon en 1274 pour délibérer sur les moyens de l'aire cesser le schisme des Grecs , Durand y assista, et fut l'un des prélats ,chargés Les Languedtviens prétendent qu'il était de Puimisson , près de Béziers, et citent sot, épitaphe comme supposant qu'il étatee diocèse. Cette rrétention, dont on voit déjà des traces dans les Recherches de Pasquier , est développée d:ms une réclaniatiiin insérée dans le Bulletin de la Société des arts de Montpellier, Kir >I. P,i?aVii, crébire de l'académie de Toulouse, nt. rion oureum. 2° Spec? lum. fudieiale, Stras- bourg, 1473; Bologne, 1474, .4 part iefen I volume C'est cet ouvrage qui lui mérita le nom de Spéculateur et de Père . Tous les exemplaires en sont imprimés sur peau de vélin, et sont très recherchés. On a cru longtemps que cet ouvrage était le second imprimé avec une date certaine, mais c'est tout au plus le troisième, puisque les deux éditions du Psautier, 1457 et 1459, sont antérieures. On a donné une foule d'éditions de cet ouvrage dans le 15e siècle, le 16e, et il a été réimprimé au moins deux foisencore dans le 17e. Les plus recherchées, après l'original, sont celles d'Augsbourg, 1470 de Rome, 1473 et 1477; d'Ulm , 1473 et 1475. L'édition la plus récente que l'on connaisse est celle de Lyon, 1672 On attribue encore à Durand les ouvrages suivants, restés manuscrits : Corallien- taries Grutiani Decretum ; Commentorium in Nicolaï tt'es constitutiones ; Statut« pro cleri sui inimatensisinstructione. Le premier est cité par Majolus, et il est fait mention (les deux autres dans l'épitaphe de Durand. \V—s et B- 1.
  • Guillaume DURAND : neveu du précédent, lui succéda dans l'évêché dg Mende, en 1296, assista au concile oecuménique de Vienne en 4311, fut l'un des prélats chargés d'examiner la conduite des templiers, et mourut eu 1328. On lui doit : Tractatus de modo generalis concilii celebra di , Lyon , 1531 , in:4°; Paris , 1545, 1617 et 1635 , et enfin dans un recueil de pièces sur le même sujet, publié par Faure, docteur de Sorbonne, Paris, 1661 Cet ouvrage est estimé. Durand l'avait composé à l'occasion du concile de Vienne. Philippe Probus , jurisconsulte de Bourges , a pris soin de l'édition de 1545 , qu'il a dédiée aux Pères du concile de Trente; mais il attribue l'ouvrage à Guillaume Durand , l'auteur du Speculu? , et c'est une erreur qu'il est d'autant plus essentiel de relever , qu'elle a été copiée plusieurs fois
  • Guillaume DURAND : Conseiller du roi au' présidial de Senlis, né dans cette ville , mort en 1585, a paraphrasi' e» vers français les Satires de Perse , Paris, 1575 et 1586 L'épître dédicatoire, adressée à Pierre Chevalier, évêque de Senlis, est datée de 1567 , ce qui peut faire supposer une édition 1 antérieure à celles qu'on vient de citer. Sélis 1 n'a pas compris Durand dans le nombre des traducteurs de Perse dignes de quelque attention: cependant le soin qu'il a pris d'éclaircir, par des notes, les passages les plus obscurs, n'apas été inutile à ceux qui ont travaillé sur le même au- teur. 11 avait déjà publié à Parie un ouvrage dédié au roi Henri III et intitulé : Enchiridion ou Manuel discours. C'est un discours en rime sur les maux que, par le changement et la vicissitude des temps, les Israélites reçurent de la main de Dieu. Duverdier attribue encore à Durand une Elégie adrcssée à Henri de Lorrain», duc de Guise, Paris, 1569 mais il eu copie le titre d'une manière si peu exacte, qu'on ne sait si l'original était latin ou français, et si Durand en est l'auteur ou seulement le traducteur. Colletet s'exprime d'une manière plus précise; car il dit que Guillaume Durand composa une élégie latine, traduite de certains vers français, sur les PoitPvins dd'endus par Henri ile Lon aine, imprimée à Paris en 1569
  • Guillaume DURAND DE SAINT-POURÇAIN : de l'ordre des frères prêcheurs, né en Auvergne , fut maître du sacré palais , évêque du .Puy en 1318, et de Meaux en 1326 ; on croit qu'il mourut en 1332. On a de lui : In Sententias theoloqieas Petri Lombardi commenta riorum libri quatuor, 1508 '1515 : cette édition fut donnée par le docteur J. Merlin ; l'ouvrage a été réimprimé plusieurs fois, et entre autres avec des corrections par divers auteurs, Lyon, 1569 ; Venise, 1586 . De Origine jurisdictionum sire de jwrisdictione ecclesiastica et de legibus, Paris, 1506 3° Statuta synodi diceeesanœ aniciensis, anni 1320, imprimés dans l'ouvrage du P. Gissey intitulé Discours historique de la dévotion à Notre- Dame du Puy en Velay. Lvon, 1620 il avait fait un traité de Statu animarum sanctarum postquam resolutœ vint a cor- pore; il y réfutait les sentiments du papeJean XXII sur la béatitude des élus jusqu'au jour du jugement ; cet ouvrage est perdu, ou du moins resté manuscrit. Durand de StPourçain « né avec « un génie vif et subtil , dit le Dictionnaire « historique des auteurs ecclésiastiques, voulut « parler et écrire de luiméme, et , quoique do- « minicain, il s'éloigna souvent des opinions de « St Thomas. » On l'appela le docteur très résolutif, parce qu'il avança beaucoup de sentiments nouveaux. C'est une de ses opinions qui a fourni le sujet de l'ouvrage intitulé :. Durand han Paul Laneellntti, mort .19 1591, professeur fameux dans s,n temps, appelé le Tribonien de Per.— DunAren- DrnANnELto , 011 DUPA NDELLE , suivant quelques auteurs pa- rent et même neveu de Durand de StPour•ain, était son contemporain et son confrère dans l'ordre de StDominiire. Il était né à Aurillac, et a défendu la doctrine de St Thomas contre les attaques de son parent. Son ouvrage commençait par ces mots : Sedens ad, ersus fatrein tuam loquebuis, et tait intitulé> Duriinddlus super quatuor libros Sententiarum contra corruptorem Thomœ. Il n'a pas VII le jour. 11 en existait un manuscrit dans la bibliothètre de StVictor; d'autres manuscrits sont intitulés : Solutiones ac Responsioncs ad repro? ationes rationtini saneti Thome
  • Guillaume DUVAIR( 1556) : garde des sceaux. %Rait fils de Jean Duvair, gentilhomme d'Auvergne, maitre des requêtes ordinaires de l'hôtel du roi ; il naquit à Paris, le 7 mars 1556. Des maladies qu'il éprouva dans sa jeunesse ne lui per- mirent pas de profiter des leçons de ses maîtres ; niais son tempérament s'étant fortifié, il se livra à l'étude avec beaucoup d'ardeur, et fit des progrès rapides dans les langues anciennes. Son père ne lui avait laissé d'autre fortune qu'une prébende de l'église de Meaux, et i I ehibrassa l'état ecclésiastiq lIC. Il fréquenta ensuite le bar- reau, où Despeisses et Mangot s'efforçaient de faire naître le goût de la véritable éloquence, et leurs conseils contribuèrent à le former. Duvair fut pourvu, en 1584, d'une charge de conseil- • ler au parlement ; il sut se tenir dans la ligne de ses devoirs pendant les troubles de la ligue, et mérita par la confiance de IlenrilV. Il apaisa la révolte de Marseille, et parvint à faire rentrer cette ville sous l'obéissance du roi. Il fut ensuite envoyé ambassadeur en Angleterre, et, à son retour, nommé premier président au parlement de Provence. ll montra dans cette place un grand zèle. pour le maintien des libertés de l'Église gallicane, et . lise lia d'une étroite amitié Niehault rapporte da. la Vie de buvais une anecdote pcuponnue, et qui semble prouver gnIn savait eu Espagne les projets formés contre la vie d'Henri IV, lonittemn avant leur executior.Peirese reçut avec le savant Peiresc, et puisa dans ses entretiens le goût des 'rimailles et des antiques. Chéri pour la douceur de ses moeurs, estimé pour ses lumières, respecté pour son exacte probité, Du- vair, exempt d'ambition, coulait des jours pai- sibles, lorsque Louis XIII jeta les yeux sur lui pour remplacer Sillery dans la garde des sceaux. Les courtisans mirent tout en oeuvre pour tra- verser ce projet. On chercha à effrayer Duvair par la peinture des difficultés qu'il éprouverait dans ses fonctions ; le parlement, sous différents prétextes, retarda l'enregistrement de ses lettres de nomination. 11 était facile deprévoir quo Duvair ne pourrait pas se maintenir longtemps à la placeoù la volonté seule du roi l'avait élevé. A peine futil installé, qu'on chercha tous les moyens de le perdre. Ses qualités furent montrées comme autant de vices et de ridicules ; on l'accusa de ddreté, d'avarice, d'ingratitude ; parce qu'il ne prononçait pas légèrement sur des questions importantes, on le présenta comme un homme incapable ; enfin, après avoir été abreuvé de dégoûts et d'humiliations, il se vit obligé de remettre les sceaux, six mois après les avoir reçus. Il se retira alors au couvent des Bernardins, pour attendre la fin de l'orage amassé sur sa tète, et s'y livra aux exercices de la religion avec la ferveur d'un chrétien qui n'atiend que d'elle des consolations. Cependant la cour continuait d'astre agitée par des intrigues : les plus grands seigneurs du royaume s'étaient réunis pour s'opposer aux projets ambitieux du ma- réchal d, Ancre. La fin tragique de ce favori ré- tablit tout à coup la tranquillité, et le roi se !lita de rappeler Duvair pour lui confier une seconde fois les sceaux. Si l'on s'en rapporte à quelques mémoires du temps, Du vair changea deconduite à celte époque : instruit par l'expérience du passé, il chercha à ménager adroitement ceux dont il avait senti le pouvoir, et sacrifia lespr qu'il avait professés jusqu'alors au désir de son avancement et de celui de sa famille; muais on doit remarquer que ces mémoires ont été rédigés par des ennemis connus de Duvair, et que par cette raison on ne doit pas y avoir trop de confiance. L'anecdote suivante, dont l'authenticité est garantie, prouvera du moins qu'il n'avait rien perdu de sa fermeté lorsqu'il s'agissait de défendre les prérogatives de sa place. Les ducs et pairs voyaient avec peine que Duvair prit le pas sur eux au conseil ; Ps résolurent de s'en plaindre au roi. Ce fut le duc d'Espernon qui porta la parole avec beaucoup de vivacité; Duvair, qui était présent, répliqua avec autant de force que de modération. « Vous Nes un im-« pudent, dit le duc en s'adressant à Duvair. ait rommencement de 1810. un nlmansch composé car Jérôme Mar, bénëlirier de Ilareelone, et imprimé eu mois de novembre précédent. P, rmi quelques prédictions i»signillantes, nu y trouvait ?'aminrice d'un ,rand malheur (ont tontes lei citétinstatices se Eapportitient évidornnwnt a lirnri IV. Dormir eu instruisit a.sitig le toi, qui lu remercia de son Me, et ne fit aucune attention b ce 1,td?ostic, qui te rëfitin trop cruellement. « Vous, répondit le garde des sceaux, vous « êtes ce que vous êtes.—Eh! bien, poursuivit d'Espernon en s'adressant au duc de Guise, vous « allez sur mer contre les pirates, tandis qu'il faut « chasser les pirates de terre. » Le roi mit lin à cette discussion, et peu de jours après le conseil prononça en faveur de Duvair. D'Espernon, outré, abandonna la cour et se retira dans son gouvernement de Metz. Duvair avait été sacré évêque de Lisieux en 1617.11 accompagna le roi en 1620, dans le voyage qu'il fit eu Normandie ; l'année d'après, il le suivit au siége de Clerac. Les fatigues dérangèrent sa santé ; atteint d'une fièvre épidémique, il fut obligé de s'arrêter à Tonneins, et y mourut le 3 août 1621. Son corps fut transporté à Paris, et inhumé dans l'église des Bernardins. Il avait luimême composé l'épitaphe qu'on lisait sur son tombeau. Moli - nier prononça son oraison funèbre. Son ami Peirce fut un de ses légataires. Barclay, Petau et Pasquier lui avaient dédié quelquesuns de leurs ouvrages. Duvair, malgré les occupations que lui donnaient ses différentes charges, n'avait jamais cessé de cultiver les lettres. Les écrits qu'il a laissés se divisent en quatre classes : traités de piété, traités philosophiques, traités et actions oratoires, et arrêtés prononcés en robe rouge. Le recueil en a été publié plusieurs fois ; l'édition la meilleure et la plus complète est celle de Paris, 1641 On y distingue : 1- Traduction fançoise d' Epictète, dont le savant Casaubon loue la fidélité. 2° Traité de l'éloquence françoise, et des raisons pourquoi elle est demeurée si basse. Cet ouvrage a été copié par Chevalier de SteCroix, dans son Tableau de l'Orateur fançois. L'abbé Goujet en a donné une bonne analyse dans sa Bi/ dothèque, t. 2. 3° Des traductions de quelques discours de Démosthènes et de Cicéron. Elles se font remarquer, dit Huet, par l'élévation et la dignité du style, et on peut dire qu'après Malherbe, notre langue n'avait point alors de meilleur écrivain. On conserve ses Lettres à . Henri IV , ses Négociations etc
  • Guillaume DUVAL : cousin du précédent, né à Pontoise, vint de bonne heure à Paris, où il se livra avec ardeur à l'étude, et suivit les plus habiles professeurs de l'université de cette ville. Il parcourut le cercle de toutes les connaissances alors cultivées, étudia le latin et le grec, la philosophie, la jurisprudence, la théologie, les médecine, les belleslettres, composa avec facilité des poèmes, des odes et des discours en vers et en prose, et, après avoir été longtemps indécis sur le choix de sa carrière, il fit d'Aristote l'objet constant de ses recherches et de ses études, et se dévoua uniquement à la philosophie : dès l'àge de vingtdeux ans il professa au collège de Calvi, qu'on nommait alors la petite Sorbonne, puis au collége de Lisieux ; sa réputation était telle, que le nombre de ses écoliers s'élevait à six cents. Après six ans de professorat dans ce dernier collège, l'archevêque de Sens le fit nommer, en 1606, à la place de lecteur et professeur en philosophie au Collège mal, vacante par la mort de V. Rassard ; mais cette nomination éprouva de grandes contradictions, et Duval fut Privé de son traitement, mais continua ses le-çons. Enfin, le cardinal Duperron , appréciant son mérite, et voulant réparer le tort qui lui avait été fait, le fit pourvoir de la chaire de d'Andoise , lecteur royal en philosophie , mort vers la fin de 1613. Louis XIII voulut que les deux chaires fussent réunies en faveur de Duval, et qu'il jouit des doubles droits et traitements qui y étaient attachés. Les lettrespatente4on- nées pour cette réunion portent la , imprimés et prononcés en la grand'chanibre parlement et à la cour des aides, au nom de la faculté, et au Collège royal, on a encore de ce savant : 1. Spehinca Mercurii , sivepanegyrirus DD. J. Davy Duperron, etc., 1611 Dans cette harangue singulière, prononcée en 16 devant le cardinal Duperron, et hérissée de citations, Duval passe en revue toutes les montagnes et toutes les cavernes dont il est parlé dans l'histoire. Dans l'autre moitié, il fait l'éloge des professeur royaux, et loue le cardinal Duperron, entremêlant le tout d'emblèmes tirés de la fable et des poètes anciens. Si cette déclamation fait honneur à l'érudition de Duval, elle donne une idée très désavantageuse de son goût et de son style. 2° Aurea catena sapientice. 3. Schedias- ma iatrologieum de voce. Duval cite luimême ces deux ouvrages, que nous n'avons point vus. 4 In Phytologiam, seu doctrinam de plantis prcefatio paroenetica, Paris , 1614 5° Phytologia, sive Philosophiaptantarum, ibid., 1647 60 Historia monogramme, sive pic- tura linearis sanctorum nzedicorum et medica- rum in expetlitunzredacta breviarium ; adjecta est series nova sive auctarium de sanctis prceser- tim Galliai , qui œgris opitulantur certosque percurant morbos, etc. , Paris, 1643 on a plusieurs ouvrages sur ce sujet . François Cancellieri publié illemorie di S. Nedico, nzartire e eittadi- 710 di _ Otricoli, con le notiz.: ie de' medici e delle mAichesseillustri per sentità, Rome, Bourliè, 1812 7. Le Collége royal de France, Paris, 1644, in 4.° ; c'est l'histoire de ce célèbre établissement , depuis sa fondation jusqu'au temps où vivait Duval. _Cet ouvrage, quoique trèsimparfait, fort mal écrit etplein de digressions inutiles, singulières ou comiques, contient, de l'aveu de Goujet, des recherches et des faits curieux ; mais il est tombé dans l'oubli depuis le Mémoire historique et littérairesur le Coilége C'est dans un des discours de G. Duval que se trouve, en parlant de l'immen,ité de Dieu, cette b lie pensée: Sphara , cujus centrum ibique. circumferentia u1lihi, définition sublime, dont on a snal à propos fnit honeuiiu Pascal. Comenius l'a. voit dei:, employée avant ce drrnier. 'oyat de France . 8° Aristotelis pera omniagrœce et latine , doctiss imorum i- orum interpreiatione et ; lotis emendatissima. . Ditvallius Regis Christianiss. consiliarius 'tmedicus tertio recognovit, synopsint anal yti- am adjecit, novis disquisitionibus, notis ap- Iendicibus illustravit cum tribus indicibus, Paris, 1619, 4 vol. Cette édition des oeuvres d'Aristote a été réimprimée plusieurs fois ; la dernière édition, qui est aussi la meilleure, est de 1628, 2 vol. ; on a refait des titres avec la date de 1653. Duval présenta cet ouvrage au roi, qui lui conféra, comme un témoignage d'estime, une pension et le titre de conseiller, médecin ordinaire de sa majesté. La Sy- nopsis analeica est écrite avec beaucoup de méthode et de clarté : elle est divisée en quatre parties qui commencent chacune un volume. Les traductions latines sont de divers auteurs, revues la plupart par l'éditeur , qui a donné aussi de grands soins à la correction du texte. Les index et les notes sont de Duval. 11 est bon d'observer que la dernière édition ne contient pas l' Auelarium ad synopsint notas exponens selectiores. Voyez au surplus, sur cet auteur, le Mémoire historique de l'abbé Goujet sur le Collége de France , t. 2, p. 234. JN.
  • Guillaume EISENGREIN( 1500 - 1570) : ou Eysenyrein né dans le 16° sièele, à Spire, obtint tin canonicat à la cathédrale de cette ville, et mourut vers 1570. On a de lui : 1° Chronologicarum rerum urbis Spirce Nemetum Auguste°, à Chr. nato. ad annum 1563, gestarum, libri XVI ; Dilingen, 1564 Cette chronique contient beaucoup de fables et d'absurdités ; 2° Catalogus testium veritatis, ibid., 1565 C'est une liste peu exacte des controversistes romains; son but était de l'opposer à celle que Francowitz venait de publier des controversistes protestants ; mais il n'avait ni l'érudition, ni l'esprit de critique, ni le talent de son adversaire : aussi son ouvrage estil tombé dans l'oubli, tandis que celui de Francowitz est toujours recherché des curieux , 3° Centenarii XVI, Bertin? memorabilium advPrsus Historiam ecclesiasticam Magdeburgensem, Ingolstad, 1566 Ouvrage dirigé également contre Francowitz et les autres centuriateurs de Magdebourg. Ce volume ne contient que le Centenarius lus . Vogt croit que la continuation, ou le 2e Centenaire, a paru sous ce titre : Opus de Romanis Ponti ficibus, adversus Historiam Magdeburgensium, Munich, 4568
  • Guillaume ELLIOT( 1717 - 1766) : dessinateur et graveur anglais, né à Hamptoncourt en 1717, a gravé le paysage avec beaucoup de goût et de talent, et surtout une grande facilité, quoique, peut-être, avec un peu de manière. La mort qui l'enleva au milieu de sa carrière, l'empêcha de multiplier beaucoup ses productions. Ses principaux ouvrages sont lin riche paysage d'un Site de l'Angleterre, d'après le tableau de G. Smith, qui avait remporté le prix de la Société d'encouragement de Londres: une Fuite en Egypte etune Vue de Tivoli, d'après Pôlembourg : une Vue de Maestricht, d'a- près Ad. Cuyp. : le Printemps et l'Été, deux paysa- ges d'après Van Goyen : phisieurs estampes représentant des chevaux, d'après Th. Smith; le portrait de la seconde femme de Rubens, d'après le tableau de ce maître. Strutt fait le plus grand éloge des qualités morales de cet artiste, qui mourut à Londres, en 1766
  • Guillaume ELLIS( 1600) : cultivateur anglais, né vers la fin du 17e siècle, offrait, sous des formes rudes et grossières, un esprit enrichi par une longue é expérience, quoique obscurci par tous les préjugés de sa situation. 11 conduisit pendant près de c ans une ferme à LittleGaddesden, près de Hampstead, dans le comté de Hertford, et publia plusieurs ouvrages où l'on remarquait beaucoup d'observations utiles, des méthodes nouvelles et des principes excellents d'agriculture, particulièrement sur les engrais, sur la culture des turneps et de la luzerne, sur les instruments aratoires, sur le gouvernement des troupeaux, etc. Ces ouvrages eurent d'abord beaucoup de succès ; un grand nombre de propriétaires des divers comtés de l'Angleterre vinrent consulter un homme qui paraissait aussi instruit, ou l'appelaient auprès d'eux pour lui confier la direction de leurs fermes, de sorte qu'il eut occasion de comparer les cliver- ses méthodes d'agriculture en usage dans les diffé- rentes parties du royaume. Il avait inventé nouveaux instruments aratoires et autres, qu'il n'employait guère à la vérité luimême, niais dont il faisait un commerce lucratif. Ses ouvrages ont été cités avec distinction par plusieurs des auteurs qui ont écrit sur l'agriculture, en Angleterre et sur le continent ; mais d'autres écrivains, profitant de l'oubli où ils sont tombés aujourd'hui, ont préféré s'emparer de ses idées, sans le citer. Les défauts qui déparent les ouvrages d'Ulis sont tels qu'ils ' justifient eu quelque sorte cet oubli. Le style en est pitoyable ; ils sont remplis de contes de voleurs, de recettes de bonne femme, de secrets contre les sorciers et autres absurdités. Le succès qu'obtint son traité sur les bois de charpente ayant excité la cupidité du libraire Osborne, celui- ci l'engagea à composer pour lui d'antres ouvrages du même genre. Ellis, qui travaillait pour vivre, songea plus à faire vite qu'à bien faire, et entassa volume sur volume. Il eut le chagrin de survivre à sa réputation, déprimée aussi par les rapports de ceux qui, pendant ses longues absences, étaient venus visiter sa ferme de Gaddesden, dans l'espoir d'y voir pratiquer les règles si recommandées dans ses écrits, et qui l'avaient toujours trouvée dans le plus grand désordre. Nous ignorons la date de sa niait ; mais il parait qu'il v hait encore en 1755. Voici les titres de quelquesuns de ses ouvrages I° Traité sur l'amélioration des bois de charpente. t: e traité a le mérite d'avoir éveillé l'attention des Anglais sur un objet d'une si grande importance pour eux. 2° Le parfait Planteur et Faiseur de cidre ; 3° Chacun son propre maréchal. On a fait un abrégé de ses ouvrages, imprimé en 1774 2 vol. sous ce titre : Agriculture abrégée et méthodique, comprenant les articles les plus utiles d'agriculture- pratique. Cet abrégé est purgé des absurdités du texte original, et des longues descrip- tions des instruments aratoires, que l'auteur prônait pour les mieux vendre, et qui d'ailleurs ont été bien surpassés depuis. On regrette que l'abréviateur se soit presque borné à retrancher, et qu'il n'ait pas redressé toutes les incorrections du style
  • Guillaume ELLIS : chirurgien anglais, élevé à l'université de Cambridge, dont il parait qu'il fut associé, accompagna le capitaine Cook dans son troisième voyage, en qualité d'aidechirurgien des deux bàtiments de cette expédition. Deux ans après son retour, il publia la relation de ce voyage sous le titre suivant : Récit authentique d'un voyage fait par le capitaine Cook et le capitaine Clerke" dans les vaisseaux du roi la Résolution et la Découverte, durant les années 1716, 1777, 1778, 1779 et 1780, à la recherche d'un passage au nord- ouest entre les continents d'Asie et d' Amérique , contenant un expos fidèle de toutes leurs découvertes, et de la mort malheureuse du capitaine Cook, Londres, 1782, 2 vol. avec une carte et des planches gravées. Deux autres relations de ce voyage mémorable avaient déjà été imprimées, et celle qui était rédi- gée d'après les journaux des capitaines de l'expédition n'avait pas encore paru, lorsqu'Ulis publia la sienne. Elle est de beaucoup préférable aux deux qui l'avaient précédée. On reconnaît en la lisant que l'auteur avait tenu durant le voyage un .journal bien en règle, qui a servi de base à son livre. Elle est écrite avec méthode, offre lesobjets sous leur véritable point de vue, ne fatigue pas le lecteur de réflexions oiseuses, et a pour les personnes qui cultivent l'étude de l'histoire, l'avantage bien réel de désigner les productions de la nature par des dénominations convenables. Le style en est simple et généralement pur, coulant, grave et adapté au sujet. Les gravures sont bien dessinées et exactes, les portraits des naturels du pays décrit ont le caractère piopte qui les distingue chacun. La carte, qui est de petite dimension, ne contient que la partie du voyage qui a eu lieu entre le 100e et le 160e degré de longitude à l'ouest de Greenwich : on pourrait y désirer plus de précision dans la position de plusieurs points, qui n'est pas toujours bien d'accord avec celle que leur assigne le texte. Ellis assure que ce qui hâta la mort de Cook, fut qu'à l'instant où ce navigateur voulait conduire à bord le roi d'Owhyhée, les naturels apprirent qu'un de leurs chefs venait d'être tué dans line autre partie de l'ile. Cook ne voulut pas non plus écouter les représentations réitérées du lieutenant Philips : il semblait que la fatalité l'aveuglait. La relation d'Ellis lui ayant acquis la réputation d'un bon observateur, Joseph 11 1(ii fit proposer des conditions avantageuses pour s'embarquer sur un navire impérial destiné à entreprendre un voyage de découvertes. Ellis vint en conséquence à Ostende en 1185 ; mais il eut le malheur de tomber du haut du grand mât d'un navire, et mourut des suites de cet accident
  • Guillaume ELPHINSTON( 1431) : naquit à Glascow, vers l'an 1431. Il fut élevé dans l'université de cette ville; il vint ensuite étudier à l'université de l'aris, où il fut nommé professeur de droit canon. Il exerça cette fonction durant six années avec un grand succis, après quoi, étant retourné dans son pays natal où il prit les ordres, il fut nommé official de Glascow, ensuite de StAndré, puis membre du conseil du roi Jacques, en France, avec l'étéque de Dunkeld et le comte de Dachau, pour concilier les différends qui s'étaient élevés entre LOglig XI et le mi d'Eeosse.tEn récompense de sa conduite dans cette affaire, il obtint à 'son retour l'etèché de Ross, d'où il passa, en 1484, à l'évêché d'Aberdeen. Il fut fait en méme temps chancelier du royaume : mai, il se retira des affaires dans le temps des troubles qui agitèrent la lin du règne de Jacques III. Jacques IV l'employa comme ambassadeur auprès de l'empemir dont il demandait la fille en mariage. Cette négociation échoua ; la princesse était déjà promise mais Elphinston rendit ce voyage utile à son pays Pr les négociations qu'il y entama atec les Hollandais, depuis longtemps ennemis des Ecossais. Il jouit le reste de sa %le d'une haute considérition à la cour, et eut part à toutes les grandes affaires qui s'y traitèrent de son temps. Il protégea les sciences, et contribua beaucoup, tant par son crédit flue par ses soit.% et ses bienfaits, à élever l'université d'Aberdeen à un degré de prospérité dont elle n'avait pas joui jusqu'alors. Encore plein de force et de vie, malgré son grand âge, il mourut. en 1511, dis chagrin (pie lui causa la perte de la bataille de FloddenField II était alors âgé d'environ 83 ans. C'était lin homme d'un , carackre respectable, et assez savant pour son temps. Il a lai, sé une histoire de son pa., qui n'a jamais été imprimée, et dont le meilleur manuscrit est déposé à la bibliothèque Botiléienne, à Oxford
  • Guillaume ELSTOB( 1673) : antiquaire anglais, naquit, en 1673, à NewcastlesurTyne. 11 fut élevé d'abord à Cambridge, puis à Oxford, où il fut en- suite professeur. Il prit les ordres, fut nommé rec- teur des paroisség réunies de StSwithin et Ste- Marie Bothaw de Londres, et mourut en 1714, âgé de 41 ans. 11 était trèsversé dans la connaissance de des antiquités de son pays, et la langue anglo- saxonne. Il a traduit de cette langue en latin, pour le docteur Ilickès, l'homélie de Lupus, avec des notes, 1701, et l'homélie du jour de saint Grégoire, qu'il a publiée avec le texte, 1709, i0-80• 11 avait le projet, si la mort ne l'eût surpris, de donner une édition des lois saxonnes avec beaucoup d'ad- ditions, etc. Cet ouvrage à été exécuté et publié par David Wilkins en 1721. On conserve à la Bibliothèque de la Société des antiquaires, une dissertation manuscrite sur l'usage de la littérature anglosaxonne, par Elstob, destinée à servir de préface à une traduction qu'il comptait donner de la version paraphrasée d'Orose, par Alfred le Grand. On à aussi de lui des Sermons, un Traité sur l'affinité qui existe entre la profession de jurisconsulte et celle de théologien, etc
  • Guillaume EMERSON( 1701 - 1782) : mathématicien anglais, naquit en 1701 à Hurtworth, dans le comté de Durham. Son père ,qui était maître d'école, et le curé de son village lui donnèrent toute l'instruction qu'il ne dut pas à lui seul. ll se livra pendant quelque temps à l'enseignement des sciences mathématiques; mais ayant hérité d'une petite fortune. lui sa modération lui fit trouver l'indépendance, il put se livrer sans obstacle à son goût pour l'étude. On peut juger de son assiduité au travail par les ouvrages qu'il a laissés, et dont voici les titres: I° la Doctrine des fluxions, 1'748 2° la Proieclion de la sphère, 1749 ; 3° Eléments de trigonométrie, 1749 ; 4° Principes de la mécanique, 1754 ; 50 un Traité de navigation, 1755 6° un Traité d'algèbre, 1765 ; 7° Méthode des incrémentsArithmétique des infinis , méthode différentielle, éclaircie par des exemples, et éléments des seclions coniques, 1767 9° Mécanique ou doctrine du mouvement, avec les lois des forces centripète et centrifuge, 1769 10° Eléments d'optique, 1768 11° Système d'astronomie, 1769 12° Principes mathématiques de géographie, de navigation et de gnomonique, 1770 ; 13° Cyclonzathesis, ou introduction facile aux diverses branches des mathématiques, 1770, 10 vol. ; 14° Petit Commentaire sur les Elénzents de Newton, avec une défense de newton contre les objections faites sur différentes parties de ses ouvrages, 1770 cet ouvrage a été réimprimé dans l'édition donnée en 1803 par William Davis, de la traduction en anglais des Elérnents et du syslènie du monde de Newton; 15° Un volume de Traités, 1770 ; I 6° un volume de Mélanges concernant divers sujets de mathématiques, 1776 On trouve dans tousses ouvrages une connaissance approfondie des sujets que traite l'auteur, beaucoup de clarté et de concision, mais peu d'invention, et une sorte de rudesse de style conforme à ses manières, qui étaient rarement celles d'un homme bien élevé, et dont il se plaisait à exagérer la grossièreté, par une affectation de singularité. Ses vêtements étaient d'ordinaire malpropres et ridicules ; on lui vit porter les mêmes habits avec la même perruque pendant vingt années de suite. Ses délassements favoris étaient de travailler à la terre, de pêcher, enfoncé dans l'eau jusqu'à la ceinture, ou d'aller au premier cabaret à bière, boire et causer avec le premier venu. Le duc de Manchester, qui aimait sa société, faisait souvent avec lui de petites promenades champêtres, et l'accompagnait ensuite jusqu'à sa demeure ; mais ce seigneur ne put jamais le déterminer à monter dans sa voiture : « Au dia- « ble soit votre babiole ! disait alors Emerson, « j'aime mieux marcher. Il avait un cheval qu'il ne montait jamais, et qu'il conduisait par la bride quand il allait au marché faire sa provision. Lorsqu'il voulait faire imprimer un de ses ouvrages, il allait à Londres le porter luimême à l'imprimeur, et ne se reposait que sur lui seul pour la correc - tion des épreuves. Il écrivait avec une précipitation qui le fit tomber plus d'une fois dans des inexactitudes impardonnables, surtout dans des traités élémentaires. Quelquesunes ayant été relevées par des critiques anonymes, il inséra dans la préface de ses Mélanges l'avertissement suivant : e St « quelque écrivain jaloux, injurieux et lâche, s'a- « vise dorénavant de se tapir dans un trou pour « m'insulter et provoquer la risée à mes dépens, « sans oser montrer son visage comme lin homme « de coeur, je déclare que je ne ferai pas la mois- « dre attention à cet animal, et que je le consi- « dérerai comme étant même audessous du « mépris. » Voilà sans doute une disposition philosophique annoncée d'un style qui ne l'est guère. Dans le temps qu'il travaillait à son Traité de Navigation, il loua un jour avec quelquesuns de ses écoliers un petit bâtiment qu'ils dirigèrent si mal, qu'il se trouva bientôt échoué. « Ce n'est pas mon « exemple, ce sont mes préceptes qu'il faut sui- « vre, » leur dit Emerson en souriant. L'embarras qu'il trouvait dès qu'il voulait développer verbalement ses idées, lui fit abandonner la carrièrade l'enseignement. Cependant son esprit et l'instruction qu'il avait acquise sur un grand nombre de sujets, auraient pu rendre encore sa conversation intéressante, s'il ne l'eût gâtée par un ton tranchant, par des jurements presque continuels, et par cette impatience de caractère qui ne lui permettait pas de souffrir la contradiction. .Il était profondément versé dans la théorie de la musique, mais trèsmalheureux dans l'exécution. L'impossibilité qu'il trouvait à accorder à son gré son violon, auquel il avait appliqué quelques innovations, faisait un des tourments de sa vie. 11 mourut en proie aux douleurs de la pierre, le 26 mai 178Z âgé de 81 ans
  • Guillaume ENFIELD( 1741) : écrivain anglais, né à Sudbury en 1741, fut élevé au collége de Daven- Depuis, M. Wernsdorf a donné en 4817 : Disputatio de ./ E'neu G419, 0 Naurub., Z. try, dans les principes des protestants non confor- 1 'pistes. 11 fut nommé en 1763 pasteur d'une congrégation de nonconformistes à Liverpool. En 1770 il fut choisi pour remplir la chaire de belleslettres à l'école de Warrington dans le Lancashire, et depuis cette époque il partagea son temps entre le ministère ecclésiastique, l'éducation de la jeunesse, soit publique, soit particulière, et la com- position d'ouvrages utiles, parmi lesquels on re- marque les suivants : 1° Sermons à l'usage des fa- milles, 1779, 2 vol. 2° Le Prédicateuratiglais, ou Serinons sur les principaux sujets de la reli- gion et de la morale, choisis, revus et abrégés de di- vers auteurs, 1773, 4 vol. 3° Essai sur l'his- toire de Liverpool, tiré en partie des papiers inédits de George Perry, 1774 4° Observations sur la propriété littéraire, 1774l'Orateur , choix de morceaux tirés des meilleurs écrivains anglais, 1775 et réimprimé à Paris en 18'23 ; 6° Serinons biographiques, on suite de discours sur les principaux personna- ges de l'Ecriture- Sainte, 1777 7° Exercices d'élocution, 1780 pour servir de suite à l'Orateur ; 8° les institutes de la philosophie natu- relle, théorique et expérimentale, 1785, 1800 ; 90 Histoire de la philosophie, depuis les premiers temps jusqu'au commencement du siècle présent, d'après l'ourage de Brucker , 1791, 2 vol. abrégé, q ui n'est point une simple traduction de celui que Brucker adonné luimême de son volumineux ouvrage, est trèsbien t'ait et trèsbien écrit; 40° les articles signés de la lettre initiale de son nom dans le premier volume de la Biographie universelle, par J. Aikin, G. Enfield, etc. , articles qui forment plus de la moitié de ce volume. Cet homme estimable mourut le 3 novembre 4797 à Norwich, oit il était alors pasteur de la congrégation des nonconfor- mistes. On publia l'année suivante trois volumes iii-8° de Serinons sur des sujets pratiques, compo- sés et préparés par lui pour l'impression, et précédés de Mémoires sur sa vie, par J. Aikin. Ces sermons, comme tous ses ouvrages. sont écrits d'un style simple, clair, élégant, qui s'élève quelquefois avec le sujet. On a cru y reconnaître la manière de Blair un peu affaiblie et moins chargée d'ornements ; la morale y est présentée sans austérité, et ils paraissent encore plus propres à former l'esprit et le goût qu'a élever l'âme à la piété
  • Guillaume FABRICE ou FABRI DE HILDEN( 1560 - 1634) : ainsi nommé d'un village près Cologne, où il naquit le 25 juin 1560, est encore fréquemment désigné sous la dénomination latine de Fabricius Hildanus. Après avoir fait ses premières études à Cologne, il se rendit à Lausanne en 1586, pour y suivre les leçons et la pratique du trèshabile chirurgien Jean Griffon. Les progrès du jeune disciple furent aussi rapides qu'éclatants ; bientôt il fut en état de voler de ses propres ailes , et obtint des succès que luimême n'avait osé espérer. Il voyagea en Allemagne et en France, puis revint exercer sa profession à Lausanne, ensuite à Paterne, où il resta neuf années. Les magistrats de Berne le nommèrent, en 1614 , médec et citoyen de leur ville; Louis X111, roi le France , le choisit pour médecin de ses ambassadeurs en Suisse, et il remplit ces mèmes fonctions auprès de divers princes. Devenu sexagénaire, il fut tourmenté par des accès de goutte dont pendant plusieurs années il réussit à calmer la violence. On présume néanmoins qu'il employa des répercussifs qui déterminèrent le transport de la matière arthritique sur la poitrine; car, à l'instant où il se félicitait d'avoir obtenu une guérison radicale , il fut saisi d'un asthme trèsintense, auquel il succomba le 17 février 163 Parmi les nombreux écrits , Cologne, 1593 Cet excellent traité fut traduit en latin, en français, et réimprimé plus de douze fois du vivant de l'auteur. 2" Des briilures produites par l'huile et l'eau bouillantes, le fer rouge, la poudre à canon, la foudre et toute autre matière enflammée , Bàle, 1607 fig. , traduit en latin la mème année. 3. Traité de la dyssenterie , Bàle, '1616 Cet opuscule a été traduit en latin et en français : Haller pense que Fabrice le publia d'abord en cette dernière langue, à Païerne, lorsqu'il y exerçait la médecine. 4" Nouveau manuel de médecine et , Bàle, 1615 Ce manuel , traduit en latin , a paru sous le titre de Chirurgia mlitais, et a été inséré dans divers recueils. On a aussi publié isolément l'arsenal ou Cista militaris, seu designatio prœcipuovlan medicamentorum instrumentorumque quitus rationalem medicu7n et chirurgum castrensem instruction esse convertit, in classes viginti distributa. Exposition abrégée de l'importance et de l'utilité de l'anatomie , Berne, 1624 fig. 00 Sur la lithotomie vésicale , Bàle, •626 ; traduit en latin par Henri Schobinger, Bàle, 1628 7° Obsert'ationum et curationum chirurgicarum rentraira sex , imprimées d'abord isolément, puis réunies en 2 vol. 1641. Fabrice avait rassemblé tous ses écrits ; il était sur le point de les livrer à l'impression, et venait de terminer la dédicace , lorsque la mort le surprit. Jean Beyer se chargea de publier ce recueil , qui parut en latin, à FrancfortsurleMein , 1646 c t en allemand , dans la mème ville , en 1652 , par les soins de Frédéric Greif. Parmi les éditions latines subséquentes , on estime celle qu'a donnée JeanLouis Dufour , Francfort, 1683 Les oeuvres de Fabrice sont encore de nos jours une source féconde d'instruction, malgré les progrès de l'art de guérir : il en a cultivé avec succès toutes les branches ; il savait par expérience que l'anatomie doit (tre constamment la boussole du médecin et surtout du chirurgien; il prouve qu'on chercherait vainement à rétablir une machine trèscompliquée , si l'on n'en connaît pas la structure. Fabrice joignait con stamment l'exemple au précepte : il a décrit et figuré avec beaucoup de soin les osselets délicats de l'oreille interne ; il a disséqué plusieurs quadrupèdes , et répandu des lumières sur l'organe vocal de divers oiseaux, notamment du canard. On conserve à Berne trois squelettes qu'il a préparés. Ses recherches sur les funestes effets de la torture montre qu'il réunissait à des connaissances exactes la plus touchante humanité : il espéra émouvoir le coeur des juges barbares qui, plus d'une fois , ont surpassé les bourreaux en férocité. Pour donner une idée des travaux physiologique‘ , pathologiques et thérapeutiques de Fabrice , il suffira de signaler ses observations sur les monstres, le somnambulisme et l'abstinence prolongée; sur la dyssenterie, la paralysie , la pleurésie, l'hydropisie et les maladies des enfants; sur l'efficacité du séton pour calmer et !lutine pour guérir l'épilepsie et la phthisie ; enfin sur l'usage et la propriété de diverses eaux minérales. Mais c'est à la chirurgie que Fabrice doit son plus beau titre de gloire ; il peut ètre regardé commue le restaurateur de cet art en Allemagne, de mème que notreParé l'avait été en France. Ces deux grands chirurgiens semblent avoir choisi les mémes matières, et presque toujours ils ont professé la mème doctrine : l'un et l'autre ont fait un examen spécial des plaies d'armes à feu, de la gangrène, des hernies , dont ils ont singulièrement rectifié la méthode curative ; l'un et l'autre ont inventé , simplifié ou perfectionné un grand nombre d'instruments; mais Fabrice n'a pas mis dans ces réformes et dans ces inventions la même réserve , le mème discernement que Paré. Celuici, d'ailleurs, occupe incontestablement le premier rang, puisqu'il a ouvert la carrière dans laquelle l'autre a marché glorieusement après lui. ChrétienPolycarpe Leporin a publié la Vie du célèbre Guillaume Fabrice de Hilden, avec une réponse à la lettre de Sigismond- Jacques . 1 pin, Quedlinbourg, 1722 ; cette notice insignifiante mérite à peine d'ètre consultée
  • Guillaume FABRICIUS ou SMITH( 1553) : né à Nimègue , vers l'an 1553, docteur en théologie à Louvain , successivement président du collége de ilouterle et du petit collége , etc. , mort le 7 mars 1628 , a publié D. Leonis Magni in dominicam pas sionem enarratio , 1600 , avec notes ; il est auteur du Confutatio censure quorumdam theologorum Parisiensium in quasdam propositiones ex R. P. Santarellce libris collectas, ouvrage anonyme , 1627 Le P. Santarelli, jésuite italien, avait publié, en 1625, un traité De hœresi , etc. , où il disait que le pape peut punir les rois des peines temporelles, et dispenser, pour de justes causes, leurs sujets du serment de fidélité. Ce livre fut condamné au feu par arrêt du parlement du 13 mars '1626; la Sorbonne condamna aussi l'ouvrage, et c'est contre cette censure que s'élèveFabricius
  • Guillaume FAITHORNE( 1616) : artiste anglais, né à Londres, vers l'année 1616 , eut pour maitre le peintre Peake, et prit les armes , ainsi que lui, pour la défense de la cause royale , lors de la guerre civile de 1640. 11 fut pris parles rebelles, et passa quelque temps dans la prison d'Adersgate , à Londres, où il exerça son talent dans la gravure. Ayant recouvré sa liberté , mais n'ayant pas voulu prêter serment d'obéissance à Cromwell, il fut banni de l'Angleterre , et vint étudier en France sous Champagne. Strutt, dans son Dictionnaire biographique des graveurs, prétend que cette dernière assertion est au moins douteuse. Quoi qu'il en soit, Faithorne trouva en France un protecteur dans l'abbé de Marolles et un guide dans Nanteuil , qui lui apprit à faire le portrait au crayon , et perfectionna son talent pour la gravure. Vers 1650, il retourna en Angleterre, se maria et ouvrit à Londres, près de TempleBar, un magasin d'estampes, qu'il quitta en 1680. 11 gravait pour les libraires; on cite principalement (le lui une Sainte Cône, le Christ en prière dans le jardin des Olives , la Flagellation d'après Diepenbeck , et les Noces de Cana en Galilée. Ces quatre planches furent gravées pour accompagner la Fie de Jésus- Christ, de Taylor. On cite aussi de son burin une Sainte Famille, d'après Vouet, et le Christ au tombeau, d'après Van Dyck. On remarque que les gravures qu'il a exécutées sur les ouvrages des autres martres sont bien supérieures à celles qu'il a faites d'après ses propres dessins, où il négligeait trop le mérite de la correction. Le genres.où il s'est le plus distingué est celui du portrait gravé. On a conservé un grand nombre des siens, qui sont trèsestimés. On a aussi de lui un Traité sur l'art de la gravure, imprimé en 1662. 11 mourut en 1691. — Un de ses fils, Guillaume Faithorne, qu'on a souvent confondu avec lui, se borna à la gravure des portraits en tailledouce; son inconduite l'entraîna dans la misère, et il mourut à l'âge d'environ 30 ans
  • Guillaume FALCONER( 1735) : poile écossais, né dans l'indigence à Édimbourg , vers l'année 1735 , et resté . 11 én donna On trouve dans le Mercure étranger une notice intéressante du poërne du Naufrage. luimême une deuxième édition en 1764 , avec des corrections et des additions qui n'ont pas été généralement approuvées ; il en donna une nouvelle en1769.11y- en a eu beaucoup d'autres depuis, notamment une en 1804, où le texte est éclairci par de nouvelles notes , avec une notice biographique sur Falconet , par James Stanier Clarke, et avec de jolies gravures. Falconer revint en Écosse après la publication de son poème ; et passa quelque temps au presbytère (le Gladsmuir, habité par son parent le célèbre historien Robertson. Il publia , en 1769 , un Dictionnaire ( le marine , en un volume , bien fait , et composé sur un bon plan , puisqu'il a mérité qu'on en donnât en 1809 , une édition nouvelle dans le même format , mais considérablement augmentée. Ses ouvrages lui avaient procuré de l'avancement et une situation plus douce. Il avait épousé une femme qui partageait son goût pour la littérature et qui s'était donnée à lui contre 1c gré de ses parents. Il s'embarqua en 1769 , avec le titre de trésorier, à bord de la frégate l'Aurore, pour les Indes orientales. On présume qu'il essm un second naufrage où il fut moins heureux qu, dans le premier ; car le bâtiment ayant quitté le cap de BonneEspérance , on n'en reçut plus aucune nouvelle certaine ; un matelot noir se présenta , en 1775 , à la Compagnie des Indes , où il se donna comme une des cinq personnes échappées au naufrage de l'Aurore , sur les rochers de Macao. Falconer avait alors environ 36 ans. On a aussi de lui un poème Sur la mort de Frédéric, prince de Galles, publié en 1751 ; une ode au duc d'York; le Démagogue , satire politique, imprimée sous le nom supposé de Théophile Thorn , et dirigée contre Wilkes et Churchill ; et des chansons. Le docteur Anderson a donné une édition des ouvrages de poésie de Falconet , précédée d'une notice sur sa vie
  • Guillaume FALCONER( 1741 - 1824) : médecin anglais , naquit vers 17H à Chester , capitale du comté de ce nom. Son aïeul paternel , Jean Falconet', fidèle adhérent de Jacques Il, dont le chiffre particulier était confié à sa garde , et qu'il suivit sur la terre d'exil , était l'auteur du Cryptomenysis patefacta. Jean mourut en France , mais son fils revint se fixer en Angleterre. Le jeune Guillaume se distingua dans le cours de ses études par des goûts presque encyclopédiques, auxquels il dut une prodigieuse variété de connaissances; mais une fois qu'il eut quitté les bancs (le l'école, une fois surtout qu'il eut reçu le vénérable bonnet, il se renferma exclusivement dans sa spécialité , et ne fit que rarement des infidélités à la médecine.II était en 1789 médecin de l'hôpital de Bath , et fut membre de la Société d'encouragement de cette ville. Dans les commencements, il écrivit beaucoup ; petit à petit, le chiffre toujours croissant de sa clientèle rendit ses ouvrages plus rares. Voici la liste (le ceux qu'on lui doit : Disscrtatio cle nephriiide ter«, Edimbourg, 1766. C'est sa thèse réception ; 2. Essai sur les eaux de Bath, 1770, n-8" ; deuxième édit., 1774, 2 vol. Cet écrit , renarquable par l'élégance de la rédaction , plus lue par la nouveauté des idées , annonçait un somme assez familier avec la science chimique ; io Observations sur la Dissertation du docteur Cado- ian concernant la goutte, 1772 4° Obserra- 'ions et expériences sur la propriété vénéneuse du - uivre, 1774 Les efforts de Falconer pour appliquer la chimie à la connaissance des altérations du corps humain méritent des louanges ; il est vrai qu'à cette époque il n'était pas le seul à sentir l'utilité de ce genre de recherches, mais 'enfin il était un de ceux qui la sentaient, lorsque tant d'autres la contestaient, ou y demeuraient indifférents ; il ne se borna pas à la sentir, il opéra, il expérimenta, il donna l'exemple, et c'est à ces exemples donnés par les praticiens que la science médicale doit une grande partie de ses progrès. 3. Essai sur l'eau d'usage ordinaire à Bath, 1775 ; 6^ Expériences et observations , 1777, trois parties ; 7^ Observations sur quelques- uns des articles de la diète et du régime que commu- nément on prescrit aux valétudinaires, 1778 ; 8^ Remarques sur l'influence qu'exercent sur l'homme le climat, la position géographique, le pays, la populion, l'alimentation, la carrière parcourue, 1781 ; ouvrage important , où l'immensité des fie- t° le dispute à la sagacité des observations ; 9. Notice sur la fièrre catarrhale épidémique, dite influenza , 1782 Cette influenza n'est autre chose que la grippe, dont l'invasion, en 1852, 'e recéda celle du choléra, et qui, parcourant dere- hef l'Europe , en 1837, a fait surtout sentir sa alignité à Londres. La grippe n'est point une `maladie nouvelle. Appuyée soit sur les observations directes qui depuis deux siècles ont été si multipliées, soit sur les renseignements moins nets peut-être fournis par l'histoire, mais que la critique sait éclaircir et rendre féconds , la science moderne a constaté , pour tous les temps que ne couvre pas une impénétrable obscurité, (le nombreuses invasions de l'influenza. Elle est souvent variable dans son intensité, mais toujours uniforme dans ses symptômes et son extension. Nous retrouverons plus bas et la maladie et le médecin descripteur. 10° De l'influence des passions sur les altérations du physique , 1788. Ce morceau de physiologie et de morale valut à son auteur, en 1784, la première médaille de Fothergill, que décerna la Société médicale de Londres ; traduit en français par de la Montagne, Paris, 1791 11° Dobson, sur l'air fixe , suivi d'un appendice sur l'usage des solutions des sels alcalins fixes, dans les cas de pierre et de gravelle , 178i ; quatrième édition, 1792. Cet ouvrage est trèsremarquable, par l'annonce que Falconer y fait avant tout autre chimiste , et même avant Priestley , de plusieurs des propriétés de l'air fixe, et notamment de celle qu'il a de se comporter comme les acides. 11 est étonnant que, malgré les nombreuses éditions du livre, la gloire de cette découverte soit restée à Priestley , qui certes n'a pas été le premier à la proclamer ; 12. Essai sur les moyens propres i pré- serrer la santé des personnes employées aux travaux de l'agriculture, 1789 ; Dissertation pro- ' tique sur tee médical des eaux de Bath, 1790 14" Miscellanea de traités et de documents relatifs à l'histoire naturelle, tirés des principaux auteurs an- ciens qui ont écrit sur cette matière, 1793 Ces , melanges, qui prouvent une érudition classique étendue, furent imprimés aux frais de l'université de Cambridge. 13. Observations sur le pouls , 4796 ; 16° Examen des observations du docteur He- berden sur les causes de développement et d'atténuation de certaines maladies, et notamment de la plique, 1802 17. Notice sur l'influenza, telle qu'elle s'est montrée à Bath, dans le printemps et l'été de 1803, 1803 ; 18° De la luxation ( lu fémur, , 1805 49° une traduction du Périple du Pont- Euxin, par Arrien, avec une dissertation géographique et trois discours, 1805 Falconer mourut d'apoplexie, à Bath, en 182l
  • Guillaume FAREL( 1489 - 1565) : né à Gap en 1489, vint de bonne heure à Paris , régenta quelque temps au collége du cardinal Lemoine , et se fit chasser de Meaux, où il semait les principes de Luther. Après les avoir prêchés et excité des troubles par son zèle fanatique dans le Dauphiné, à Bâle , à Berne , à Montbelliard, à Strasbourg , à Neufchâtel , à Metz, dans le bailliage de Morat, dans l'abbaye de Corze , il vint s'établir à Genève, et fut un des principaux instruments de la réformation de cette ville, où il attira Calvin. Il y acquit assez d'autorité pour renverser les autels et briser les images en plein jour, sans épargner dans son zèle iconoclaste une statue de Charlemagne , placée au frontispice de la principale église. On l'avait vu à Montbelliard arracher au milieu d'une procession une statue de StAntoine des mains du prétre qui la portait, et la jeter dans la rivière. 11 apostrophait dans les rues les prêtres qu'il trouvait portant le viatique aux malades. Il insultait publiquement les prédicateurs en chaire et interrompait leurs sermons ; cependant , une dispute sur la Cène le fit chasser de Genève en 1538. Il se retira à Bâle, puis à Neufchâtel , se maria à l'âge de soixanteneuf ans, eut même un fils au bout de cinq ans et mourut en 1565. On l'avait accusé d'arianisme et de sabellianisme ; mais il fut justifié par les synodes de Lausanne et de Berne. C'était un homme d'un savoir médiocre et d'un fanatisme outré, que ses partisans avaient bien de la peine à modérer. On a de lui quelques ouvrages intéressants
  • Guillaume FELLE( 1639) : , dominicain, naquit à Dieppe en 1639. Après avoir achevé ses études dans son ordre, par goùt, sans doute avec le consentement et peut-être par la disposition de ses supérieurs, il entreprit des voyages lointains dans différentes parties du monde. 11 visita l'Afrique et l'Asie, parcourut l'Europe presque entièrement, et ne finit de voyager, dit l'historien de son ordre , qu'en cessant de vivre. Il termina sa carrière en 1710, probablement à Rome, puisque c'est de là qu'on a mandé sa mort. On ne sait de lui que ce qu'en apprennent les titres de ses livres, où il a consigné différentes particularités qui le concernent. De ses ouvrages, voici ceux qu'on contrait : 1" 1ksohdissima ac profundissima omnium difficilium argumentorum, quœ unquam a Christi nativitate, rant ; 2° Brevissimum fidei propugnaculum , Venise, 1681, 3° Fel jesuiticum. Ce titre semblerait annoncer une satire; cependant Felle faisait profession d'un grand attachement pour les jésuites, en sorte qu'il est difficile de deviner le sujet qu'il a traité dans cet écrit; 4° Lapis theoloymum; 5. La ruina del quietisino et dell' ( Imm. puro, Gènes, 1702. A la tète de cet ouvrage est le portrait de Guillaume l'elle, audessous duquel on lit qu'il avait 63 ans; qu'il est auteur de trente ouvrages, et trèsattaché aux jésuites. Ce traité, composé de trois parties, est dédié à Clément XI et à Philippe V, roi d'Espagne. Dans la première partie , Felle attaque soixantehuit propositions de Molinos, condamnées par Clément XI; dans la deuxième partie, vingttrois propositions condamnées par le même pape ; dans la troisième, il établit cent soixante et un théorèmes propres à garantir les religieuses des illusions du molinosisme
  • Guillaume ESCALQUENS : capitoul de Toulouse, ivait en 15426. Si un simple trait de folie suffisait pour obtenir à son auteur une place dans cette Biographie, elle deviendrait bientôt , sans doute, celle du genre humain. Mais la décision solennelle d'un concile sur semblable matière est une chose trop curieuse pour ne pas être ici consignée. Cet Escalquens, un jour, se portant à merveille, imagina de se faire faire un service funèbre , auquel furent invités les magistrats et les notables de la ville. Rien n'y manqua, tenture, luminaire, catafalque ; luimême était dans le cercueil, étendu sur le dos, les bras croisés sur la poitrine. Après le service, on récita sur lui les prières d'usage, on l'aspergea, puis, au lieu de le porter en terre, on le déposa derrière le maitreautel. Là, tranquillement il se relève, s'habille, et retourne chez lui, suivi des assistants qu'il avait conviés à dlner. Cet acte de démence devint le sujet des entretiens ?ublies : les uns le trouvaient impie, d'autres, au contraire, ? voyaient de grands sentiments de piété. L'archevêque de Toulouse trouva la chose assez importante pour la soumettre a la décision d'un concile provincial , qu'il assembla ad hoc. L'affaire y fut discutée pendant trois séances, au bout desquelles le concile rendit un décret qui défendait a tout vivant de se faire faire un service funebre sous peine d'excommunication
  • Guillaume ESTIUS( 1542) : ou , dans le langage du pays , llhillia,n Hesse& Van Est, que l'on prétend de la noble maison d'Este, naquit à Gorcum, ville de Hollande, en 1i42; il fit ses premières études à Utrecht, et son cours de philosophie et de théologie dans l'université de Louvain , où il prit le bonnet de docteur en1 580 ; il y avait eu pour maitees BaTus et Lessels, son ami, dont toutefois il ne partagea point les erreurs. Bientôt après il fut appelé à Douai pour y occuper une chaire de théologie qu'il remplit avec beaucoup de succès. On lui confia en mème temps la supériorité du séminaire , et on le fit prévôt de l'église de StPierre ; enfin il fut élu chancelier de l'université. Il se distingua dans ces différentes places par son zèle, sa science, son application à l'étude, une rare modestie, par une grande charité envers les pauvres , enfin par toutes les vertus ecclésiastiques. Benott XIV avait beaucoup d'estime pour les ouvrages d'Estius ; en parlant de lui, ce pape le qualifiait de dodo?. fiai- datissimus, faisant par là allusion à la solidité qui fait le principal caractère de ses ouvrages. Ce savant théologien mourut à Douai en 1613, dans sa 72" année, et fut enterré dans l'église de StPierre de cette ville, où ses amis lui avaient fait dresser une épitaphe qu'on y lisait encore avant la révolution. Il consacra ses premiers travaux à une édition de StAugustin que préparaient les docteurs de Louvain, et il en avait revu le 9" volume avant de quitter cette ville pour venir s'établir à Douai. On doit en outre à ses laborieuses veilles : Historia marty, wm Gorcomensium, Douai, 1603 C'est l'histoire de dixneuf prètres ou religieux qui, pour leur attachement à la foi catholique, furent massacrés à Goreum, en l'an 1552, dans la révolution opérée par l'introduction du calvinisme en Hollande. La plupart de ces martyrs étaient franciscains, et l'un d'eux, qui était leur gardien, se trouvait l'oncle d'Estius ; les autres étaient trois chanoines réguliers, dont deux de l'ordre de Prémontré, un dominicain et quelques prêtres séculiers. 2. Commentaria in IV libros sententiarum Petri Lombardi, doctoris Parisiensis. Paris, 1662 , 169i, et Naples, 17e, avec des notes de l'éditeur, 2 vol. Cet ouvrage est regardé comme un cours excellent et complet de théologie, qu'on ne peut trop recommander à l'attention des jeunes théologiens, et où ils trouveront une doctrine saine et appuyée de passages de l'Écriture et des Pères, choisis avec discernement et appliqués avec justesse. Commentaria in epistolas D. Pauli, Paris, 1679 ; Rouen, 1709, 2 vol. Ces commentaires, pleins d'érudition , sont généralement estimés. Jean de Gorcum en donna un abrégé que l'on trouve dans sa Medulla p« ulina , Lyon, 1625, et dont la meilleure édition est celle de Louvain, 1776. Estius a aussi expliqué les épltres catholiques jusqu'au tie chapitre de la Ire de StJean; ce travail, interrompu par la mort de l'auteur, a été continué par Barthélemy Petri ou de la Pierre, qui a aussi fait quelques additions au commen- taire sur StPaul. La méthode d'Estius est d'appuyer ses explications de passages tirés des Pères ; il s'applique à éclaircir le texte , à en déterminer le véritable sens et à le mettre à la portée de toutes sortes de lecteurs : avec ce commentaire on peut se passer des autres. On lui reproche néanmoins d'être un peu diffus. 4. Annotationes in prce- cipua et deeiliora Scripturce loca, Douai, 1628 ; on en a donné une édition plus ample, Anvers, 1699. Ces notes sont moins estimées que les ouvrages précédents et dom Calmet en faisait peu de cas on y trouve néanmoins , comme dans toutes les productions d'Estius, clarté et solidité. 5. Ora- filmes theologicce X/X, Louvain. Parmi ces discours le ne a pour titre : Contra avaritiam Scientiœ. L'auteur y invective contre ceux qui , cherchant à acquérir des connaissances, les gardent pour eux, se contentent d'en jouir sans les rendre fructueuses pour autrui, et tiennent pour ainsi dire la lumière sous le boisseau. Estius était d'autant plus en droit de prendre à partie cette sorte de savants, qu'il était loin d'avoir rien à se reprocher à cet égard, ayant employé sa vie entière à enseigner et à composer des ouvrages utiles. Ce discours se trouve à la suite du Tractatus triplex de ordine ( Imoris, de François Van Viane, professeur royal dans l'université de Louvain. 6. Martyrium Ed- mundi Campiani societatis Jesu e gallico sermone in latintan translatum. Est us n'a écrit qu'en la- tin
  • Guillaume EVRARD ou ERARD : né à Langres, fit ses études au collége de Navarre ; il n'était encore que maitre ès arts, en 1122 , lorsque ses talents le firent choisir pour représenter cette faculté au concile d'Amiens. Reçu docteur en 1429, il fut élu, la même année, recteur du collége de Navarre et député au concile de Bàle, d'où il écrivit plusieurs lettres qui ont été imprimées dans le tome 5 de l'Histoire de l'Université de Paris. Evrard était regardé comme l'un des premiers théologiens de son siècle ; mais il se conduisit de la manière la plus déplorable pendant les guerres et les divisions qui désolèrent la France sous le règne de Charles VII ; il suivit le parti des Anglais et eut une grande influence sur la conduite de l'Université de Paris à cette époque. Nommé chanoine et doyen du chapitre de Rouen, Evrard traita Jeanne d'Arc de magicienne dans un sermon qu'il prêcha à la cathédrale de cette ville; il fut adjoint comme conseiller aux envoyés anglais chargés de discuter les conditions de la paix , et prit part au traité d'Arras, en 1435. Il mourut en 1444
  • Guillaume FABIUS : dont le nom latinisé correspond, dans la langue flamande , à celui de Boonaerts, était né à IlilvarenBeeck , et il a eu, comme humaniste , quelque célébrité parmi ses compatriotes ; il a successivement enseigné à Anvers et à Louvain; il professait le grec au collége Buslidien de cette dernière ville, où il fut assassiné par des étudiants en 1590. H a laissé un lepitome syntaxeos linguoe mem , Anvers , 1584
  • Guillaume FICHET : docteur de Sorbonne , au PetitBolnand en Savoie, fut élevé dans l'uni- versité de Paris. Il n'était encore que boursier et bachelier de la maison de Sorbonne en 1461 , quand il réclama , dans une assemblée de la nation de France, contre la nation de Normandie, qui prétendait, à l'exclusion des trois autres , avoir les seize places de boursiers dans le collige de Sorbonne. Il fut en 466 nommé procureur de la nation de France, et se trouvait en 1467 recteur de l'université. Lorsque , pendant la guerre du Bien public, Louis XI voulut enrôler par brigades tous les habitants de Paris depuis 16 ans jusqu'à 60, Fichet fit, pour exempter les étudiants, des réclamations qui ne furent pas sans effet. Ce fut aussi sous son rectorat que l'université appela de la pragmatique sanction au futur concile. Fichet reprit avec succès le dessein de Clémangis pour le rétablissement des aménités de la littérature et de la rhétorique dans l'université. Pendant plus de dixhuit ans il donna dans le collége de Sorbonne des leçons de philosophie et de théologie le matin , et de rhétorique l'aprèsdiner. Ce fut à Fichet et surtout à son ami Lapierre que l'on dut l'établissement de l'imprimerie à Paris. Ils y firent venir Ulric Gering, Martin Crantz et Michel Friburger , et les reçurent dans la maison de Sorbonne . Jean Rotin , cardinal . On a de lui : Bhetorico- rom libri tres ; in Parisiorum Sorbond, Ulricus Ge- ring, Martinus Crant: et Michel Friburger, , 1471 C'est le premier cours de rhétorique qui ait été fait méthodiquement à Paris, et l'une des pre- mières productions de l'imprimerie de cette ville; « il présente aussi cette particularité d'avoir été, a dit Chevillier, composé, dicté et imprimé en Sorbonne ; voilà pourquoi l'auteur a mis à la (C fin : In Parisiorum Sorbond conditœ Fichetece rue- c( toricœ finis. » ø Epistolœ ; in Parisiorum Sorbond , 1471 1.. Ce sont les lettres qu'il écrivit à divers savants en leur envoyant sa Rhétorique. On conserve dans la bibliothèque.de Turin une lettre manuscrite de Fichet à Amédée, duc de Savoie, et à ses frères, qui est un abrégé de l'histoire de Savoie et une exhortation que Fichet fait à ces souverains de s'unir aux autres princes d'Italie contre les Turcs. Gibert, qui accorde à Fichet l'honneur d'avoir ou établi ou du moins rétabli à Paris l'é- tude de la rhétorique , qu'un trop grand attachement à la philosophie avait jusquelà empêchée ou en quelque sorte étouffée , dit que cet auteur a fut employé par le roi en des affaires impor-,( tantes, et fut son ambassadeur vers ses ennemis a et auteur de la paix qui fut conclue avec le (lue « de Bourgogne. » Gaguin a été l'un des disciples de Fichet, A
  • Guillaume FIENNES( 1582 - 1662) : lord Say et Sele, né à Broughton , dans le comté d'Oxford, en 1582, fut élevé à l'école de Winchester et à l'université d'Oxford, où il devint associé du NewCollege. La générosité avec laquelle il contribua aux frais de la guerre que l'armée anglaise soutenait dans le Palatinat lui gagna la faveur de Jacques Ier, qui de baron qu'il était, le créa en 1624 vicomte de Say et Scie. Cependant quand l'esprit de division commença à se manifester entre le roi Charles ler et le parlement, il se montra un des plus ardents ennemis de la prérogative royale , et l'un des chefs, ou , comme on disait alors , l'un des meneurs du parlement de cette époque orageuse , et surtout du long parlement rassemblé en 1640. Charles Fr, pour se concilier un homme qui avait tant d'ascendant sur les esprits, lui donna en 1641 la place de maitre de la cour des tutelles, mais ne parvint pas à le séduire ; et lorsque, forcé de tourner ses armes contre ses propres sujets, il ordonna en 1642, par deux proclamations, à tous les officiers de cette cour des tutelles de se joindre à lui, lord Say refusa d'obéir, et fut en conséquence proscrit et déclaré coupable de haute trahison. Après s'être opposé à toute espèce de traité entre les deux partis , ayant été nommé en 1648 l'un des commissaires du parlement pour aller négocier la paix dans l'ile de Wight, il y porta le mème esprit, et soutint, diton , d'après la Politique ecclésiastique de Hooker, que bien que le roi fût singuli major, il était cependant universis minor, plus grand que chaque individu, mais moins que toute la nation. Après la mort de Charles ler il se rangea du parti des indépendants, devint l'un des confidents intimes de Cromwell et l'un des membres de sa chambre des lords. La restauration, qui amena de si grands changements, ne dérangea pas mème sa fortune; il n'en fut pas moins nommé lord du sceau privé et grand chambellan de la maison du roi; et après avoir été l'un des promoteurs de la guerre civile , et en quelque sorte un des assassins de Charles ler, il vécut ho- noré à la cour du fils de ce malheureux monar- que, et mourut paisiblement dans son lit le 14 avril 1662. Cette égalité de fortune, plus extraordinaire que les fortunes les plus éclatantes, doit faire supposer en lui quelque mérite réel , au moins sous quelques rapports. Clarendon , qui était du parti opposé au sien, lui accorde de grands talents et de grandes qualités, mais mal dirigés et corrompus par l'ambition. Un air de gravité et des moeurs austères avaient puissamment contribué à lui attirer le respect et l'affection des mécontents et surtout des puritains , dont il était en quelque sorte l'oracle. Le crédit dont il jouissait encore parmi le peuple avait, sans doute plus que toute autre considération , engagé Charles II à ménager cet ennemi du trône. Il a publié quelques discours prononcés au parlement et d'autres écrits particulièrement dirigés contre les quakers, qui , trèsnombreux dans le voisinage de Broughton, paraissaient l'inquiéter excessivement : 1. le Dessein des Ecossais dévoilé, etc., 1653 ; 2. la Folie ren- due manifeste, où l'on démontre combien les doctrines et pratiques des quakers sont contraires à la parole de Dieu et à la pratique des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament , 1659
  • Guillaume FIGUIER : troubadour , naquit à Toulouse , où il exerça pendant quelque temps, ainsi que son père , le métier de tailleur. C'est sans doute à l'indignation qu'excita en lui la croisade contre les Albigeois , dont sa ville natale eut beaucoup à souffrir , que l'on dut ses premiers vers ; il les composa et les chanta dans la Lombardie , où il fut connu sous le nom de Fi- composa un sirvente qui se termine par ce vœu : « Que le roi de gloire fasse mourir dans les supplices ordonnés contre les héréa tiques le fou enragé qui débite tant de fausset, tés ! » Tel était le langage de ces temps malheureux. On a de Figuier une Pastourelle qui ne manque ni de grâce , ni de naïveté , mais dont le dénoùment est un peu brusque. Une bergère déplore l'abandon où son amant l'a laissée ; un cavalier l'entend , lui dit qu'il est victime d'une trahison pareille. t( Il ne tient qu'à vous , seict peur , dit la bergère, de vous venger du vilain forfait de cette fausse dame , et m'y voilà toute prète. Si vous ètes d'accord avec moi , je vous a aimerai toute ma vie. Changeons en joie et en a plaisirs les chagrins que nous avons eus. » Le cavalier trouva la vengeance fort douce. On ne peut dire que de semblables pièces pèchent par le défaut de simplicité
  • Guillaume FILLASTRE( 1400) : que l'on croit neveu du précédent, naquit vers l'an 1400. Quelques auteurs r ont MM! était bâtard et que le duc de Bourgogne , son bienfaiteur, le légitima par lettres patentes du 23 septembre 1160. 11 entra dans l'ordre de StBenolt à ChâlonssurMarne et devint abbé du monastère de StThierry de Reims , d'où il sortit pour occuper successivement le siége épiscopal de Verdun en 1437 et celui de Toul en 1449. René d'Anjou , roi de Sicile , duc de Lorraine , le choisit pour son secrétaire, et Philippe le Bon lui conféra en 1461 l'évêché de Tournai. Ce- prince, juste appréciateur du mérite , nomma Fillastre président de son conseil d'État, chancelier de l'ordre de la Toison d'or , qu'il avait institué en 1429, et l'employa utilement dans plusieurs négociations délicates. Philippe s'était engagé , par un voeu solennel , à faire le voyage de la Terre sainte pour combattre les Turcs ; mais, redoutant la politique astucieuse de Louis XI, qui aurait pu envahir ses États pendant son absence , il députa Fillastre vers Pie Il en 1463 , pour obtenir de ce pontife la dispense d'une obligation que ses vrais intérêts rendaient impossible. Le duc offrait de fournir à la croisade projetée 6,000 combattants équipés à ses frais. La mort du pape rendit ces préparatifs inutiles. Fillastre prononça l'oraison funèbre de Philippe le Bon , mort à Bruges en 1467, et l'année suivante il fit dans la même ville le discours d'ouverture pour la solennité annuelle de l'ordre de la Toison d'or, en présence de Charles le Téméraire. Ce savant et vertueux prélat mourut à Gand le 22 août 1473. 11 légua de riches dons à l'église de Tournai. Ses cendres furent transférées à Stomer dans l'église de StBertin , qu'il avait fait bâtir. Nous avons de Fillastre : 1. une Chro- nique de l'Histoire de France, peu estimée , 1517, 2 vol. 2" la Toison d'or, ordre de chetwlerie, où sont les vertus de magnanimité et de justice appar- tenantes à l'état de noblesse , et où sont contenus les haute , vertueux et magnanimes faits des trés- chré- tiennes ntaisons de France , Bourgogne et Flandre Paris, 1510 ; ibid. , 1515 , 1517, vol. Troyes, 153Q
  • Guillaume FILASTRE( 1344 - 1428) : né à la Suze dans le Maine en 1:51i , doyen de l'église de Reims, puis cardinal en 14n et enfin nominé archevèque d'Aix en 142l par le pape Martin V, qui l'avait envoyé légat en France en 1418. Il parut avec éclat aux conciles de Pise et de Constance et mourut à l'âge de 84 ans , le 6 novembre 1428 , à Rome , où il avait été contraint de se retirer pour avoir, en haranguant Charles VI en sa qualité de légat , parlé avec peu de respect des libertés de l'Eglise galli- cane. Il était savant dans le droit civil et canonique et dans les lettres grecques et latines ; il a traduit quelques livres de Platon, la cosmographie de Ptolomée , et a fait sur Pomponius Méla des notes estimables qui n'ont point été imprimées et dont le manuscrit sur vélin se trouve dans la bibliothèque de la ville de Reims , après avoir été dans celle du chapitre de la même ville, auquel il avait légué ses livres. Ce généreux prélat avait fait rebâtir les écoles de théologie de Reims et fait achever en 1427 une des tours de l'église cathédrale , qui était restée imparfaite jusqu'à cette époque
  • Guillaume FINCH : voyageur anglais , était commerçant à Londres ; il y fut choisi en 1607 pour accompagner Guillaume Hawkins , envoyé comme ambassadeur auprès du Grand Mogol , afin d'établir des relations de commerce entre l'Angleterre et l'Hindoustan. On arriva à Surate le 20 août 1608 : Finch tomba malade dans cette ville , où Hawkins le laissa à la tète du comptoir anglais ; il en partit au mois de janvier 1610 pour Agra , où il entra le 4 avril suivant. La grande chaleur de ces contrées parait avoir beaucoup Finch , dont la santé fut fréquemment altérée. Durant son séjour il parvint, ditil , à déjouer les manœuvres d'un jésuite qui n'épargnait rien pour faire échouer les projets des Anglais, et il réussit à se mettre bien dans l'esprit du Grand Mogol. S'il faut l'en croire , ce potentat témoignait du goût pour le christianisme. Finch fit plusieurs voyages dans l'intérieur de l'Ilindoustan ; il fut envoyé en divers lieux, entre autres à Byana pour y acheter du ail ou indigo , et à Lahor pour recouvrer des créances. Son intelligence et son zèle se manifestèrent dans toutes les occasions où il s'agissait de servir son pays. Hawkins partit pour l'Angleterre en 1614: Finch , après avoir mis ordre à tout cc qui restait à régler, se décida à retourner par terre en Angleterre, à cause des 17 obstacles que les Portugais mettaient à son embarquement à Surate ; mais l'on n'a aucun détail sur cette partie de son voyage. Un extrait du grand journal qu'il avait rédigé fut inséré dans le 1.' tome du Recueil de Purchas. C'est un des mor- ceaux les plus curieux qu'il contienne. Finch vit SierraLeona , sur les roches, les noms de plusieurs Anglais, et entre autres celui de Drake, qui était venu dans ces parages 27 ans auparavant. Ses notices sur l'histoire naturelle de ce pays sont les meilleures que l'on ait eues pendant longtemps. Il décrit aussi la baie de Saldanha et Ille de So- cotora. 11 donne un itinéraire détaillé des diverses routes qu'il a parcourues dans l'Inde et une description des villes qu'il y a vues ; il y joint de bonnes observations sur les moussons et les autres phénomènes de la nature, ainsi que sur l'histoire naturelle , et explique d'une manière exacte et in.- tressante les procédés que l'on suit dans la fabri- cation de l'indigo. On ne trouve dans l'Histoire des voyages de l'abbé Prévost que les observations de Finch sur SierraLeona : mais dans un autre endroit cet auteur dit que l'on ne peut lire le nom de cet illustre voyageur sans se rappeler les services qu'il a rendus à la géographie par les remarques qu'il a laissées sur la plus grande partie des Indes, après en avoir visité les principaux royaumes
  • Guillaume FITZ-STEPHEN : moine de Cantorbéry du 12, siècle , né à Londres, mort en 1191. Il était attaché au service de l'archevêque Becket et fut témoin du meurtre de ce prélat, dont il a écrit la vie en latin en 1174, sous le titre de Vie de SI- Thomas, archevêque et martyr. C'est dans cet ouvrage qu'on trouve la plus ancienne description connue de la ville de Londres, où était né Becket, avec diverses particularités curieuses sur les moeurs et usages des habitants. Ce morceau a été imprimé à la suite de la Description de Londres
  • Guillaume FLAMENG ou FLAMANG ou FLAMANT( 1455) : poëte dramatique et hagiographe, que l'on croit né à Langres vers 1455 d'une famille originaire de Flandre , obtint en 1477 une prébende à la cathédrale de Langres, fut nommé chanoine de cette cathédrale en 1495 et quitta son canonicat en 1499 pour la cure de Montheries , village situé près de Chaumont. Enfin , voulant finir ses jours dans la retraite, il entra à l'abbaye de Clairvaux, 0.) Les auteurs des Notices sur les graveurs placent la naissance de Flamen en 1564 et sa mort en 1646. Ainsi , d'après cette date, Flamen aurait vécu 82 ans , et cet artiste aurait passé cette longue vie sans produire les deux recueils que les amateurs recherchent de lui , et qui ne peuvent pas être l'ouvrage de sa vieillesse. « où il mourut saint religieux vers le milieu du 46e siècle , » dit l'abbé Chenet dans son ouvrage de Langres sçavante. On croit que sa mort arriva vers 151.0. Des ouvrages dramatiques de Guillaume Flameng le plus remarquable a pour titre Idi vie et passion de monseigneur Sainct- Didier, lnartir et evesque de Lengres, jouée en ladicte cité l'an mil CCCCHI1xx et deux. Cet ouvrage, dont le manuscrit conservé autrefois à Langres, se trouve aujourd'hui à la bibliothèque de Chaumont, a été publié en 1855 par M. Carnaudet, bibliothécaire, qui l'a fait précéder d'une introduction. La pièce de Guillaume Flanietig , qu'aucun historien de notre théâtre n'a connue, est l'une des oeuvres les plus curieuses de l'art dramatique en France. Elle fut représentée à Langres en 11-82, et probablement une seule fois, par les membres de la confrérie de StDidier, confrérie illustre établie à Langres dans l'église StDidier, près du tombeau de cet évèque , et de laquelle firent partie des rois de France, des dues de Bourgogne et un grand nombre de personnages distingués. Le martyre de StDidier se passe en dierents lieux : on y voyage de Langres à Gènes, à Paris, à Rome, à Arles avec une rapidité égale aux dépèches électriques; le ciel , l'enfer, les Romains, les Alains, les \Vandales, les Langrois sont mis en scène ainsi que Dieu, les anges et les diables. Les acteurs sont au nombre de 116; les figurants forment toute une armée ; les machines, les décors , les changements se succèdent coni inuellement , car l'action ne marche jamais par des récits, on ne parle point à la cantonnade , tous les épisodes se passent sur la scène et, suivant les exigences de la pièce, le théâtre changeait de place et d'échafaudages. Les drames les plus compliqués de nos auteu rs modernes sont d'une grande simplicité , comparés à la pièce du chanoine de Langres, et le personnel des théâtres de Paris serait insuffisant pour la représentation du Martyre de SI- Didier. Si la pièce de Guillaume Flameng est intéressante sous le rapport dramatique , elle ne l'est pas moins sous le rapport poétique. On y trouve tous les genres de vers , à l'exception de l'alexandrin , niais le vers de huit syllabes y domine. 11 y a une grande variété de ces rhythmes , souvent gracieux, que l'école romantique a reproduits de nos jours comme une nouveauté. On avait attribué à Cl. Marot l'invention du virelai , dans lequel le dernier vers d'une stance indique la première rime de la stance suivante; mais on trouve ce genre de poésie dans la pièce de G. Flameng. Enfin, les différentes parties du martyre sont tirminées par un couplet final, dans lequel, comme dans nos vaudevilles, l'auteur réclame l'indulgence tIti public. Si avons a regracier De toute nostre intelligence Collander et remercier La seignorie d'excellence Qui par doulce bénévolence Nous a presté bon auduitoire Pour ouyr en paix et silence Le mystère ou dévot histoire. Le Martyre de St- Didier, étant maintenant imprimé , pourra ètre consulté avec fruit par les personnes qui étudient les origines de l'art dramatique en France et les poésies du moyen âge. G. Flameng avait aussi fait représenter une autre tragédie , également empruntée aux légendes du diocèse de Langres et intitulée : Le Martyre des Saincts- Jumeaux . Cette pièce est zuijourd'hui perdue , et on n'en connait que quelques strophes l'apportées par Théodecte Tabourot dans son Histoire des sainctes reliques et antiquités de Langres, dont l'auteur de cet article possède le manuscrit. Guillaume Flameng est encore auteur des ouvrages suivants : 1" Dévote exhortation pour avoir crainte du grand jugement de Dieu C°. Cet ouvrage trèsrare faisait partie du recueil cité dans le catalogue de la Vallière n" 2,90i; il en existait un exemplaire dans la bibliothèque de Ch. Nodier. « Ce li? re , Elle a été traduite en portugais dans le 16e siècle par Gonzalve de Sylva, religieux de l'ordre de Meaux; 3" La rie de saincte Asceline , petitenièce de StBernard , abbesse de Botdancourt ; 4" La chronique des évêques de Lan- gres en vers français, avec un journal des choses arrivées du temps où vivait Flameng , manuscrit. Cette chronique était, diton , un abrégé de l'ouvrage latin de Cl. Félix et avait, suivant Charles, été rédigée en 15i0 ou 15i2 ; La rie de saincte Humbeline, soeur de StP.ernard, traduite du latin de Jehan l'Hermite ; 6" l'Epitaphe de danse Alès ou il lète , mère de sainct Bernard, inhumée à Dijon, à St- Bestigne, puis translatée à Clairvaux. Cette épitaphe , qui se compose de plus de cent vers, a été imprimée par Chitllet dans l'ouvrage qui a pour titre : Sancti Bernardi genus illustre , où il cite un chapitre entier de la vie de StBernard par Flameng ; l'Épitaphe d'Hubert Poisot , de Torcenay , près Chalindrey , official , scelleur promoteur , rtferendaire , etc., secrétaire du chapitre de Langres en 1505; 8. la Décimation des statutz de la confrérie de AL Sainct- Didier, de Lan- gres, et la vie et canonisation dudit sainct en briefce rgme françoise. Cet ouvrage , dont il existe à Langres une copie du 16e siècle, est composé de près de 1,500 vers et divisé en quatre parties; 9. les Statutz et ordonnances de la ronfrarie de sainctPierre et sahel Pol de Langres. Ces statuts , qui forment 97 strophes de huit vers chacune , se trouvent à la bibliothèque de Langres en tète du registre de la confrérie de StPierre et StPaul. Guillaume Flameng était aussi auteur de satires qui sont aujourd'hui perdues; et M. Carnaudet pense que de fortes présomptions doivent faire regarder Flameng comme l'auteur de la charte de confirmation de la Fête des fous ou la Mère folle de Dijon, imprimée par du Tillot et dans la collection des meilleures dissertations, notices , etc., relatifs à l'histoire de France
  • Guillaume FLEISCHER( 1767 - 1820) : naquit en Allemagne vers 1767 et fut longtemps employé dans la maison de librairie Levrault , à Paris. Il se livrait en même temps , avec une ardeur infatigable , à des recherches bibliographiques et publia : 1° Annuaire de la librairie, ou Répertoire systématique de la littérature de France en l'an 9, première année, Paris, Levrault , an 10-1802 , deux parties en un fort tolume avec une dissertation Sur les services rendus par les Allemands â la bibliographie. Cet annuaire n'a pas été continué. 20 Dictionnaire de bibliographie française, Paris, 1812 tomes 1 et 2 , qui se terminent à la syllabe BIRR. Certainement c'eût été un ouvrage fort utile, et l'on peut juger par les deux premiers volumes, les seuls qui aient parti , que Fleischer n'avait épargné ni peines ni soins pour atteindre le but qu'il s'était proposé. Mais soit que ce dictionnaire, annoncé en 21 volumes, non compris la table des auteurs et le supplément, semblât trop vaste et par conséquent trop coûteux, soit qu'il n'intéressàt pas un assez grand nombre de lecteurs, la première livraison n'eut pas le succès qu'en attendait l'auteur. Renonçant alors à en publier la suite , il n'abandonna pas néanmoins son travail et parvint à l'achever. Cette Continuation , qui fut acquise par le libraire Jombert , forme 20 volumes Elle est restée inédite. Fleischer mourut à Paris le ler juin 13g0
  • Guillaume FLEETWOOD : issu d'une bonne famille du comté de Lancastre, mais enfant illégitime, naquit sous le règne de Henri VIII et fut élevé à Oxford ; il s'adonna ensuite à l'étude des lois , et , protégé par le comte de Leicester , fut nommé en 1569 assesseur de la ville de Londres. Il s'y fit remarquer par sa vigilance, par un esprit adroit et un peu facétieux qui le rendait agréable au peuple, par son activité surtout à poursuivre et à découvrir les catholiques , qui l'ont peint comme un homme sans pitié, inquiet, ambitieux , toujours prêt à se mettre en avant, et cherchant à faire sa cour par les moyens qu'il jugeait devoir être les plus agréables. Quand le ressentiment d'un prêtre persécuté aurait un peu chargé les couleurs de ce portrait , on en démêlerait cependant la ressemblance dans la conduite d'un homme que ses biographes protestants représentent pour lui faire honneur comme le plus grand fléau des catholiques, « toujours à la chasse » des jésuites, marchands de messe , » et des récusants sans distinction de rang , d'âge » ou de sexe ; » qui savait s'avancer et se faire désavouer, forcer la maison d'un ambassadeur étranger afin d'y chercher des Anglais réunis pour entendre la messe dans sa chapelle particulière, et se laisser mettre en prison pour cette violence sans parler des autorisations qu'il pouvait avoir reçues à cet égard ; qui , réprimandé par la reine pour l'avoir trop louée dans une harangue publique, osa , en rendant compte de ce fait au lord trésorier , lui soutenir que la reine avait tort, parce qu'il n'avait rien dit que de juste et de vrai. C'est là le zèle et le courage d'un courtisan bien plus encore que celui d'un fanatique ; il fut en quelque sorte l'âme damnée du comte de Leicester. Il arriva à Fleetwood ce qui arrive à celui qui prodigue ses services ; on le laissa vieillir dans un emploi qu'il remplissait si bien que, pour l'y laisser lorsqu'après vingttrois ans de service il demanda la place d'avocat de la reine , on donna cette place à un autre. Il l'obtint cependant dix ans après, en 1592 ; mais il ne la posséda qu'un an, étant mort en 1595. On a de lui plusieurs ouvrages, entre autres : 1. Annalium tain regum Edwardi U, Ricleardi III et Henrici VII quam Henrici VIII, tituloruen ondine alphabetico multo jam melius quam ante digestorum elenchus , Londres, •579, 1597 ; 2° l'Office d'un juge de paix, Londres, 1658 3° une Table des Rapports d'Edmond Plowden
  • Guillaume FLEETWOOD( 1656) : naquit en 1656 à la Tour de Londres ; du moins il est certain que son père y fut renfermé , on ne sait pour quelle cause, et mourut laissant six enfants en bas âge. Le jeune Fleetwood étudia à Eton et à Cambridge , entra dans les ordres , et s'étant bientôt acquis de la réputation comme prédicateur , il fut fait chapelain du roi Guillaume et de la reine Marie , recteur de StAugustin à Londres , prédicateur de StDunstan , etc. On ne sait pourquoi , peu de temps après la mort dit roi Guillaume , il quitta Londres et résigna deux de ses bénéfices pour se retirer dans la petite cure de Wexham. Là, excepté quand ses fonctions l'appelaient dans quelques occasions extraordinaires auprès de la reine Anne, dont il était demeuré le chapelain , il consacra tout son temps au travail , principalement à l'étude des antiquités, pour laquelle il se sentait un goût de préférence. Il avait déjà donné sur ces matières un ouvrage trèsestimé, qui est une sorte d'introduction à la connaissance des antiquités, sous le titre de Inscriptionum antiquarum sylloge ln fluas partes distributa, Londres, 1691 Il pu, Hia en 1707 son Chronicon preeiosum, ou Examen des monnaies d'or et d'argent , du prix du blé , des salaires, etc., en Angleterre pendant les six derniers siècles, etc. , Londres Ces travaux ne lui faisaient pas négliger les devoirs de Son ministère. 11 avait publié en 1705 , en 2 volumes un Recueil de seize discours pratiques sur les devoirs relatifs des pères et des enjiints , des maris et des femmes, des maltres et des domestiques , suivis de trois Sermons sur le régicide , recueil que l'on a regardé connue un des meilleurs cours de morale pratique qui aient été faits sur ce sujet. 11 vivait alors dans une si profonde retraite que ce ne fut que par la lecture de la gazette qu'il apprit sa promotion à l'évêché de StAsaph. 11 fut sacré en 17l} Lors de la paix avec la France , vers la lin du règne de la reine Anne , on le choisit pour prêcher devant la chambre haute à cette occasion ; niais Fleetwood, attaché à l'ancien ministère et indigné de cette pais que traitaient alors les nouveaux ministres , cachait si peu ses sentiments, que l'on.devina dans quel esprit pourrait etre son sermon, en sorte que sous quelque prétexte on trouva moyen de Pempêcher de le prononcer. Alors il le fit imprimer sans y joindre son nom , qui n'en fut pas moins connu. Le parti ministériel se sentit tellement blessé par cette publication , qu'il chercha l'occasion de mortifier l'évêque : celuici ne tarda pas à la lui fournir. Ayant fait imprimer en 1712 quatre de ses sermons, il y joignit une préface où il exprimait son mécontentement des mesures de la cour assez vivement pour donner à ses ennemis un moyen de l'accuser à la chambre des communes, qui ordonna que cette préface fùt brûlée par la main du bourreau ; mais l'ouvrage n'en fut que plus recherché . Après la mort de la reine Anne, en 1714 , Fleetwood fut promu à l'évêché d'Ely, beaucoup plus considérable que celui de StAsaph. Il mourut le 4 août 1725 , àgé de 66 ans. Outre les ouvrages cités, il a laissé un trèsgrand nombre de sermons d'une morale pratique claire , intéressante et utile, et des traités sur divers sujets de religion, de morale, de controverse, etc. C'était un homme actif, laborieux et du caractère le plus respectable. Il passait en Angleterre pour le premier prédicateur de son temps
  • Guillaume FORSYTH( 1737 - 1804) : jardinier distingué, naquit en Écosse à OldMeldrum , dans le comté d'Aberdeen en 1737. Initié de bonne heure à la pratique du jardinage, occupation favorite de sa patrie , il vint à Londres en 1763 et peu après devint disciple du célèbre Miller, jardinier du jardin des apothicaires à Chelsea, à qui il succéda en 1771. Il exerça cet emploi jusqu'en 178t que le roi le nomma surintendant de ses jardins royaux de Kensington et de StJames. Il mourut le 25 juillet 1804. Il avait, dès 178G, donné une attention particulière à la culture des arbres forestiers et des arbres à fruit , et s'était spécialement occupé de découvrir une composition qui pût remédier aux maladies et aux accidents auxquels ces végétaux sont sujets. Après des essais répétés , il réussit à en préparer une qui répondit parfaitement à ses désirs. Le succès de ses expériences les regards des commissaires du revenu territorial, et à leur recommandation un comité des deux chambres du Parlement fut nominé pour faire un rapport sur le mérite de la découverte de Forsyth. Le résultat de l'examen convainquit les commissaires de l'utilité de la recette; et en conséquence, la chambre des communes vota une adresse au roi pour le supplier d'accorder une récompense à Forsyth pour qu'il fit connaître au public le secret de sa composition , ce qui eut lieu. On a de Forsyth en anglais : 1. Observations sur les maladies, les défruts et les accidents auxquels les arbres à fruit et les arbres feestiers sont sujets, Londres, 1791 , 1 vol. Il ajouta à cet ou- vrage toute sa correspondance avec les commis- salves titi revenu; 2° Traité de la culture des arbres fruitiers , Londres, 1802 traduit en français avec des notes, par PictetMallet, Genève et Paris, 180î Ce livre, qui contient le résultat de tous ses travaux , a été justement apprécié par le public et a eu trois éditions en peu de temps. Forsyth était membre de la Société des antiquaires, de la Société linnéenne et d'autres corps savants. 11 se distinguait par son caractère obligeant, et quoique connu pour un des premiers de sa profession , il avait la défiance et la modestie, compagnes ordinaires du mérite réel et du savoir
  • Guillaume FRANKLIN( 1763) : médecin , né à Londres en 1763, étudia la médecine malgré son père , qui voulait le faire huissier ou procureur, et qui pendant deux ans le contraignit de rester à l'hôtel des Douanes grossoyant des jugements , pliant sous le faix des dossiers, et qui , lorsque enfin vaincu par ses instances il lui permit de quitter la caverne de Thémis, lui notifia qu'il ne devait plus compter sur la bourse paternelle. Fort heureusement Franklin avisa qu'il avait un oncle dans l'aisance et plus traitable. Il alla lui compter son embarras. Madax le rassura, se chargea de le défrayer et le plaça chez le pharmacien Macklellan , en qualité d'élève. Franklin avait alors dixhuit ans. Deux ans plus tard il alla visiter Édimbourg, qui était l'école de médecine la plus renommée de l'Europe. Nombre d'étrangers, d'Américains surtout , y suivaient les 'leçons des Black, des Cullen , des Gregory, des Motif; Franklin y mit les instants à profit et se hâta de revenir dans la capitale de la GrandeBretagne, où il s'attacha aux deux habiles médecins Saunders et Blizard, et insensiblement se forma une clientèle qui finit par ètre nombreuse et riche. En 1787 il fut attaché comme chirurgien adjoint au 43e régiment, que bientôt il suivit aux Indes. La mort, qui moissonnait tant d'Européens autour de lui , facilita son avancement, et en. 1796 il revint en Angleterre avec le titre d'inspecteur adjoint. A peine arrivé, il fut dirigé vers l'armée d'invasion du duc d'York, en Hollande, et plus particulièrement vers le corps de sir Ralph Abercromby, au Ilelder. De retour dans sa patrie, il alla recevoir le bonnet de docteur en médecine à Édimbourg. Nous le retrouvons ensuite, de 1802 à 1810 , avec l'armée anglaise de Malte et de Sicile , infatigable , circonspect, hardi parfois et toujours avec bonheur , intrépide d'ailleurs et ne craignant pas de s'exposer sur le champ de bataille pour remplir les devoirs de sa profession. Il se montra surtout avec éclat à l'action devant Maida , en 1806, et mérita , par son courageux dévouement, la mention honorable du général en chef sir John Stuart et une médaille d'or. La mort du docteur Théodore Gordon ayant laissé un vide dans le bureau médical de Londres, Franklin , malgré son absence et sans avoir fait de sollicitations, fut nommé à la place vacante. Personne n'était plus digne que lui de cette belle position. Il se rendit en Angleterre par Cadix, examinant tout sur son passage, et ajoutant sans cesse à la masse des documents recueillis par son expérience de vingtquatre ans sur des points bien différents du globe. Fort de la connaissance de tant de faits, pénétré de l'importance de la mission du médecin des armées, et partant de < i> ce principe, aujourd'hui devenu axiome fondamental, que le canon et t'arme blanche tuent peu de monde comparativement à ce qu'en enlèvent l'hôpital et les privations, il vint siéger au bureau médical avec la volonté ferme de perfectionner le < i> service dans toutes ses branches. 11 n'eut pas de peine à faire partager ses idées à ses collègues lier et Weir. faut dire que nulle part ce service n'était mieux organis que dans les armées britanniques, car mille part plus qu'en Angleterre le gouvernement n'économise les hommes. 11 n'en restait pas moins une foule d'améliorations à introduire. Les trois médecins, Franklin à leur tête, ne cessèrent d'y travailler, et toutes les branches du service furent retouchées ou refondues et reçurent une vigoureuse impulsion. On peut dire sans beaucoup d'exagération que l'Angleterre, dans cette lutte de vie et de mort qu'elle soutint contre Bonaparte, dut autant à ses médecins qu'à ses généraux , < i> et Franklin eut une part essentielle à cet élément grave de la supériorité britannique : de tels servies valent plus que bien des victoires. L'activité de Franklin fut récompensée en 1823 par le titre de < i> knight que lufi conféra le roi Georges IV; Guillaume IV, en 1832, le nomma commandeur de l'ordre de Guelfe et l'éleva au rang d'inspecteur général. Franklin ne survécut guère à ce dernier honneur. La fameuse < i> influenza de 1833 le contraignit à s'aliter; il guérit , mais niai, et le 29 octobre, au retour d'un voyage à Brighton , il expira. On n'a de lui aucun ouvrage
  • Guillaume FRŒLICH( 1492) : colonel suisse , naquit à Zurich , en 1492, de parents pauvres , qui lui firent apprendre l'état de charpentier. Il avait près de vingthuit ans , lorsqu'il entra dans un régiment qu'on levait pour la France; et, dès la première campagne , il se distingua, tellement, qu'il obtint le grade de sousofficier. Lorsque la "réforme fut introduite dans le canton de Zurich , il renonça à son droit de bourgeoisie, par attachement pour la religion catholique, et vint s'établir à Soleure , circonstance qui a fait penser à quelques biographes qu'il était né dans cette ville. Doué d'un sens trèsdroit, lercelich était parvenu à suppléer à son défaut total d'éducation, par la lecture de quelques bons livres et surtout par la fréquentation des personnes instruites : sa propre expérience lui avait fait d'ailleurs acquérir des connaissances précieuses dans l'art de la guerre ; ce fut donc autant à son mérite qu'à son courage qu'il dut le rang de capitaine. 11 partagea en 1541 avec le baron de Hohensax le commandement des Suisses, et il faisait les fonctions de colonelgénéral à la journée de Cérisoles, où son régiment se couvrit de gloire. En récompense de la conduite qu'il avait tenue, il fut créé chevalier sur le champ de bataille , et François Pr lui fit Catsii Palriarcha Bigamos curai Hug. Grot. Jona, Jo. Secundi Suit. ; 4. Eobuni Hessi Venus lriumphans, Géo. Buchanani Varia. Le tout sur vélin et impression en rouge. expédier des lettres de noblesse avec le brevet de lieutenant dans la compagnie des CentSuisses de sa garde. Frcelich fit les campagnes du Piémont, sous les ordres du duc de Brissac, et se distingua aux sièges de Verceil et de Casai. H commandait un corps de troupes en Italie, lorsqu'on apprit la nouvelle de la perte de la bataille de StQuentin , et il reçut l'ordre de repasser en France avec son régiment , pour couvrir la frontière de Picardie. Le désintéressement de Frcelich n'était pas moins remarquable que sa valeur; il savait maintenir la discipline la plus exacte parmi ses soldats, en pourvoyant à tous leurs besoins à ses frais quand les magasins étaient trop éloignés. Ce brave capitaine mourut à Paris, le 4 décembre 1562, et fut inhumé dans l'église des Cordeliers, où son neveu lui fit élever un tombeau. Il laissa deux fils capitaines, qui périrent ensemble à la bataille de Die en 1575
  • Guillaume FULKE( 1500 - 1589) : naquit à Londres vers le milieu du 16" siècle. Il fut élevé au collige de StJean de Cambridge. Destiné par son père à l'étude des lois, il les étudia à Londres pendant près de six années; mais se sentant plus de penchant , pour la carrière ecclésiastique, il retourna ensuite à l'université pour y suivre des études de théolo- gie, ce qui irrita tellement son père, qu'il refusa de contribuer à son entretien. Reçu membre du collége de StJean en 1564, il en fut exclu l'année suivante , en raison des principes puritains qu'il avait adoptés, et fut réduit pour subsister à donner des leçons particulières. Mais revenu probablement dans la suite à des sentiments plus modérés, il obtint en 1571 , par la protection du comte de Leicester, le bénéfice de Warley, dans le comté d'Essex, et, en 1575, celui de Kedington, dans le comté de Suffolk ; rentré à l'université, il fut nommé chapelain de l'ambassade d'Angleterre en France; puis , à son retour, principal du collége de Pembroke. 11 mourut en aoùt 1589. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages de controverse, qui le firent regarder en Angleterre comme un des plus redoutables adversaires des théologiens catholiques. Le plus considérable est le Commentaire sur le Testament de Reims , 1580 dont l'objet est d'attaquer la version des livres saints donnée par le séminaire de cette ville. La seconde édition de ce Commentaire, publiée en 1601, a pour titre : Texte du Nouveau Testament de Jésus- Christ, traduit de la vulgate latine par les pa- pistes du traltre séminaire de Reims. Cet ouvrage fut imprimé de nouveau en 1617 et en 1635
  • Guillaume GARDINER( 1766 - 1814) : graveur anglais, né à e Dublin en 1766, était fils d'un huissier : au sortir de l'école on le destina à l'état de domesticité; mais ses heureuses dispositions pour l'art du des- sin engagèrent ses parents à l'en tirer, et il fut envoyé à l'Académie royale de Dublin , où il obtint des distinctions. Étant venu à Londres, il fut attaché d'abord à un peintre de portraits, fit le métier de comédien , revint à son premier travail , et suivit enfin le conseil que lui donna F. Grose de s'adonner à la gravure , en lui promettant de lui procurer de l'occupation. Il s'y appliqua avec tant de succès , que Bartolozzi se glorifiait d'avoir été son mattre , et a laissé paraître sous son propre nom plusieurs des gravures de Gardiner. La vue de ce dernier, fort affaiblie par suite ; Mémoires de Grammont; l'édition donnée des Fables de Dryden , par lady Beauclerc , etc. Nous connaissons aussi de lui plusieurs estampes représentant les mois de l'année , et dont la plupart portent le nom de Bartolozzi. Il ne connaissait que Bartolozzi , Schiavonetti et Tomkins qui lui fussent supérieurs dans son art en Angleterre
  • Guillaume GAZET( 1554 - 1612) : en latin i Gazœus i, historien, né à Arras en 1554, embrassa l'état ecclésiastique, professa les humanités au collége de Louvain, fut nommé vers 1580 curé de SteMadeleine d'Arras, et ensuite chanoine de la collégiale d'Aire, et mourut dans sa patrie le 25 aoùt 1612, à l'âge de 58 ans. On a de lui plusieurs ouvrages concernant l'histoire des PaysBas, utiles quoique superficiels, et annonçant un écrivain crédule et peu judicieux. La liste qu'on en trouve dans les Mémoires de Niceron , t. 43, est assez complète. on se bornera à citer ici les principaux : 1° i l'Ordre i i et suite des évêques et archevêques de Cambrai, plus le catalogue et le dénombrement des saints honorés spécialement dans ce diocèse i, Arras, 1i97 ; 20 i l'Ordre des évêques d'Arras , plus le catalogue des saints honorés dans ce diocèse i, ibid., 1598 ; nouvelle édition augmentée , et dans laquelle on a, refondu la succession des archevêques de Cambrai, ibid., 160/ ; 5o i l'histoire de la manne et de la sainte chandelle conservées en la ville et cité d'Arras i, imprimée à la suite de l'ouvrage précédent ; puis séparément, '1599, 16•2, 1625, 1682 et 1710 4" i Tableaux sacrés de la Gaule i i Belgique selon l'ordre et la suite des papes et i , bénédictin, neveu de Guillaume, né à Arras en 1566, fit profession à l'abbaye de StWaast, remplit avec distinction les différents emplois de son ordre, fut fait prévôt de StMichel , frère du précédent, né à Arras en 1568, mort en 1633, entra en 1581 dans la société des jésuites, où il fut recteur des collèges d'Arras, de Valenciennes et de Cambrai. Il publia en vers *iambes et scazons, écrits . W—s. GAZET , religieux de l'observance de StFrançois , professeur de théologie, né aussi à Arras , et probablement de la mème famille que les trois précédents, a donné i l'Histoire sacrée des bonheurs cl des malheurs d'Adam cl Eve, enrichie de notables recherches et moralités, et prêchée en divers lieux i, Arras, 161G , 2 vol. Il y a trente et un servions. N. Gazet est au-
  • Guillaume GED : artiste écossais du 18e siècle , . quitta , en 1725 , l'état d'orfévre qu'il exerçait à Édimbourg, pour venir à Londres faire l'essai d'un procédé nouveau qu'il voulait introduire dans l'art de l'imprimerie. Les Chinois et les Japonais impriment leurs livres au moyen de planches , 1744 de 150 pages. Camus, qui a vu à Paris un exem?!aire . André Wilson a été plus heureux , réimprimés en 1819 à Newcastle et il a inséré quelques détails sur le mème sujet dans sa belle édition des Anecdotes littéraires de Bowyer
  • Guillaume GESENIUS( 1760 - 1801) : médecin à Nordhausen et à Walkenried , né en 1760 à Sehumingen. dans le duché de Brunswick jouit d'une assez grande réputation dans la littérature médicale. 11 est mort le avril 1801 , après avoir publié en allemand : 10 Essai d'une Encyclopédie lepidoptérolagique , ou Manuel pour les personnes qui fiant des collections de papillons, Erfurt , 1786 Pathéniatologie ? edieo- morale, ou Essai sur la tssionc et leur influence sur les fonctions du corps, id., 1786 30 De la fièvre ritride , bilieuse épidémique des années 1785 et I786, Leipsick, 88 4° Catalogue descriptif des médica- ents simples tirés du règne végétal, d'après l'ordre phabaique des dénominations usitées dans les tarmacies , Stendal, 1790 ; 5n Manuel matière médicale, ibid. , 1791 ; 179G, -8°
  • Guillaume GESENIUS( 1786) : orientaliste , naquit à ordhausen le 3 février 1786. Il fit ses études à miversité de Helmstadt et à celle de Gcettingue. n 1809 il fut nommé par le gouvernement de 'estphalie, sur la proposition de Jean Muller, •ofesseur de littérature ancienne au gymnase de eiligenstadt, et en 1811 professeur de théologie l'université de Halle. Déjà de 1806 à 1809 , pesant son séjour à Goettingue, il s'était livré à étude de l'Ancien Testament : à Halle il perfeconna cette étude, et ses cours furent suivis par e nombreuk élèves. On doit à Gesenius d'impornts travaux sur la langue hébraïque. Nous citeans de lui seulement : Commentatio de Pentateuchi amaritani origine , indole et auctoritate ; son Diconnaire hébreu- allemand , Leipsick, 1810 et 1812, vol. , dont il donna un extrait en 1815 où l'on emarque des considérations savantes sur les étylologies de la langue hébraïque. Cet extrait a u une seconde édition en 1823 ; son Thesaurus inguœ hebraïcoe , rempli d'érudition; son Système rammaticalet critique de la langue hébraïque, Leipick , 1817. Dès 1813 il avait fait paraître à Halle ne grammaire hébraïque qui eut une seconde dition en 1823. Son Histoire de la langue et de : écriture hébraïques , publiée à Leipsick en 1815, )Ù se trouvent consignées des recherches imporantes pour l'étude et l'interprétation de Ancien estament, peut ètre considérée comme une sorte l'introduction de son Système grammatical. Nous iterons.encore sa Chrestomathie hébraïque, Halle, ;822, :Se édition ; sa traduction de la Bible , puliée à Leipsick en 1820 et 1821, et les notes et remarques savantes dont il a accompagné la traducion allemande du Voyage de Buckhardt en Syrie et en Palestine, Weimar, 1823, 2 vol. , etc. Il est mort à Halle au mois d'octobre 1842
  • Guillaume GIBIEUF : docteur de Sorbonne, •, ètre de l'Oratoire, était fils du lieutenant civil 'Bourges. Il fit ses études dans l'université de Paris, et parut avec distinction sur les bancs de Sorbonne, où , après sa licence, il prit le bonnet de docteur. Son premier goût le portait à entrer chez les jésuites ; mais ayant fait connaissance avec M. de Bérulle , il s'attacha à sa personne , et entra, en 'l61, dans la congrégation de l'Oratoire, que cet illustre prélat venait d'établir. Ce fut à cette occasion que le fameux syndic Richer chercha à alarmer toute la faculté de théologie sur la désertion de plusieurs de ses membres qui suivirent l'exemple du P. Gibieuf, et qu'il entreprit de faire déchoir des priviléges et des prérogatives du doctorat tous ceux qui étaient entrés ou entreraient désormais dans la nouvelle congrégation. Mais le crédit et la sagesse du fondateur calmèrent cet orage , et rendirent inutiles tous les efforts de licher. Le P. Gibieuf se livra d'abord avec beaucoup de succès à la conversion des hérétiques. M. de Bérulle se l'associa ensuite dans le gouvernement de sa congrégation, et le fit son vicaire général pour la régir pendant les absences auxquelles les affaires de l'État et de l'Église l'obligeaient fréquemment. Le zèle avec lequel il s'acquitta de cette commission lui mérita l'estime de ses confrères , qui l'auraient vraisemblablement porté au généralat après la mort du saint fondateur, si les circonstances du temps eussent permis de les convoquer régulièrement pour lui donner lin successeur. 11 le remplaça dans l'emploi de supérieur et de visiteur général des carmélites ; et il s'acquit, dans l'exercice de cet emploi , la confiance de celles qui l'avaient choisi pour veiller à 11 eurs intérèts et les conduire dans les voies du alut. Le P. Bourgoing , troisième général de 'Oratoire, le nomma encore son vicaire général, pendant qu'il était occupé luimême à la visite des maisons de sa congrégation. Sur la fin de ses jours, le P. Gibieuf fut privé de l'usage de la vue, et mourut au séminaire de StMagloire , dont il avait été le premier supérieur, le 6 juin 1650. C'était, dit Dupin , « un homme éminent en dee-(( trine et en piété. » Il avait le jugement solide, l'esprit vif , la mémoire heureuse , une érudition profonde. Son humilité lui avait fait refuser l'évèché de Nantes. Il comptait au nombre de ses amis le célèbre Descartes et le P. Mersenne. Le premier, qui était en correspondance suivie avec lui, l'avait chargé d'examiner ses Méditations métaphysiques , et s'en était reposé sur lui et sur le P. Mersenne pour les faire approuver par la faculté de théologie de Paris. Ses ouvrages sont : 1" De libertate Dei et creaturoe, Paris, 1630 ; réimprimé plusieurs fois depuis. Ce traité, où l'auteur avait substitué la méthode des saints Pères à celle des scolastiques, fut parfaitement bien reçu par les meilleurs théologiens. 11 était composé dans les principes de l'école de StThomas, et dédié au pape Urbain VIII. Ce patronage imposant ne retint pas les ennemis de cette école, qui le dénoncèrent à Rome , mais sans effet. En France , il fut attaqué avec une extrême violence par le fameux Théophile Raynaud, avec beaucoup d'amertume par le P. Annat, et défendu avec force par le P. Carnérarius, confrère de l'auteur. 2" La vie et les gran- deurs de la très- sainte Uïerge , etc., Paris , 1657 , 2 vol. Ce livre est écrit avec beaucoup d'onc- tion et de solidité, et annonce un grand zèle pour la gloire de celle qui en est l'objet. 3" Catéchèse de la manière de vie parfaite à laquelle les chrétiens sont appelés, etc., Paris, 1653 C'est un ouvrage posthume que le P. Gibieuf avait composé dans les dernières années de sa vie pour l'instruction des carmélites, que ses infirmités ne lui permettaient plus d'aller instruire en personne. On y trouve un abrégé de ce qu'il y a de plus parfait dans la vie intérieure ; il est principalement destiné à prémunir celles pour qui il avait été écrit contre la fausse spiritualité. 4 Le P. Gibieuf avait travaillé , conjointement avec le P. Bourgoing , à l'édition des OEuvres du cardinal. de Bérulle, qui parut à Paris, en 1644
  • Guillaume GIBSON( 1729) : mathématicien anglais, né en 1729 à Boulton, près d'Appleby, dans le «Westmoreland , doit être cité comme exemple de ce que peut l'ardeur de s'instruire jointe à une ap- plication continuelle. Resté dès l'enfance orphelin et sans fortune , il se mit au service d'un fermier, et acquit assez d'expérience pour être en état au bout de quelques années de diriger une ferme à liendal. L'ayant ensuite prise pour son propre compte, le désir lui vint alors de suppléer au défaut absolu de ce qu'on appelle éducation : il lui fallut commencer par apprendre à lire ; il acheta ensuite un traité d'arithmétique, dont il se péné- tra au point de pouvoir bientôt donner de mémoire le produit de deux nombres, chacun de neuf chiffres, multipliés l'un par l'autre , et répondre de inème à des questions sur la division , sur les fractions décimales, ou sur l'extraction des racines carrées ou cubiques. Ce ne fut qu'après cela qu'il apprit à écrire et qu'il fut informé qu'il existait une science appelée mathématique et un auteur nominé Euclide , dont le livre contenait les éléliffnents de la géométrie : il l'acheta et se le rendit également familier. Au milieu des soins de sa ferme , ne paraissant pas occupé d'autre chose et sifflant un air, son esprit était souvent fixé fortenient sur une proposition géométrique qu'il répolvait en traçant des figures avec de la craie sur sa genouillère. Ses acquisitions savantes s'éten-édirent successivement à l'astronomie , au calcul infinitésimal et différentiel, à la navigation; elles embrassèrent la mécanique , la théorie de la gravitation, l'optique, les sections coniques, etc. Tous ces objets lui étaient devenus tellement familiers, qu'on ne pouvait lui proposer aucune question qui s'y rattachât sans qu'il y répondit. Il satisfit pendant plusieurs années à toutes celles qui furent adressées dans des ouvrages périodiques anglais, spécialement dans le Gentleman's Diary, le Ladies Diary et le Palladium; mais sa modestie le détourna d'attacher son nom 'à ces solutions, où il n'avait en vue que d'éprouver luimême sa capacité. Ses connaissances en physique le mirent souvent en état d'expliquer les phénomènes naturels qui s'offrirent de son temps à l'observation. Le nom de Willy o' the Hollins lui avait été donné de la situation de sa ferme à Hollins dans Cartmell Fell, et lui resta même quelque temps après qu'il eut quitté ce hameau. Il s'établit ensuite à Tarngreen , et revint enfin se fixer près de Cart- mell. Pendant les quarante dernières années de sa vie , il avait pour pensionnaires une dizaine de jeunes gens dont l'instruction lui était confiée; la clarté avec laquelle il exprimait ses idées, et d'autres qualités le rendaient en effet trèspropre à l'enseignement ; il se livra aussi avec succès à l'arpentage, et fut fréquemment désigné par des actes de parlement comme commissaire pour la clôture des communes. Ses journées étaient em- ployées au travail des champs, qui n'interrompait pas cependant le travail de son esprit; ses écoliers venaient l'y trouver pour lui exposer les dillicultés qui les arrêtaient dans leurs études; mais c'était dans des veilles nocturnes trèsprolongées qu'il se livrait exclusivement à son goût pour les sciences abstraites. Il mourut des suites d'une chute le 4 octobre 1791
  • Guillaume GIFFORD( 1757 - 1826) : fameux rédacteur de 1 Quarterly Review , était d'Ashburton , et appartenait à une famille qui, assez l'aise au commencement du siècle, était tombé• dans une eue voisine de la misère. Né au moi: d'avril 1757, il n'avait que onze ans lorsque, après plusieurs voyages sur nier comme simple matelot. son père mourut. Sa mère ne lui survécut que . Gifford y faisait des pr, grès et servait de second au maitre ; il avait conçu le plan ambitieux d'ètre son successeur , lorsque notification lui fut faite par son parrain d'entrer pour six ans chez un cordonnier. Il fallut obéir ; Gifford eut beaucoup à souffrir dans cette nouvelle position , et fut souvent pris de découragement. A force d'adresse et de persévérance pourtant il se procura la jouissance de quelques livres, entre autres d'un traité d'algèbre, et acquit furtivement des connaissances en mathématiques et en lexicologie. 11 se mit à faire de temps à autre des vers ; ses camarades furent émerveillés de ces essais fort lieu conformes aux lois de la grammaire ; ils amenèrent un petit public pour entendre Gifford, et quelques pièces de menue monnaie tombèrent des poches de l'auditoire dans celle du coite, qui bientôt les métamorphosa en livres. et qui depuis ce temps usa par calcul de son talent poétique pour acquérir ainsi les moyens d'en acheter d'autres. Enfin sa bonne étoile fit tomber un de ses chefsd'oeuvre aux mains d'un brave et digne homme, Cookesley, qui voulut le voir et mit tout en oeuvre pour changer son sort. Peu riche, il organisa une souscription en faveur du jeune homme, racheta de son patron les dixhuit mois d'apprentissage qui restaient encore à courir, le mit dans une maison d'éducation , où il fit de rapides progrès, et au bout de vingtsix mois le jugea capable rofonde, qui bientôt se transforma en prédilecion marquée et presque exclusive. D'ailleurs , 'levé à l'école du malheur et fils de ses oeuvres u moins en partie, il avait un caractère solide et évère : sa tournure d'esprit était celle des janséistes : aussi se pritil à l'université d'un vif amour ?our Juvénal , qu'il se mit à traduire en vers. Il i'avait point terminé lorsqu'il abandonna Oxford. lais l'homme nourri à l'école de Juvénal ne tarda wint à se révéler, en flagellant, sinon les vices , ai moins le ridicule. La littérature anglaise était dors en proie à une espèce de gongorisme. Cette 'cote, ou plutôt cette petite camaraderie, grâce à 'absence de toute grande littérature en Angleerre à cette époque , et grâce à l'impudence des ouanges mutuelles qu'on s'y prodiguait , avait usurpé une réputation de salon. Ses coryphées étaient de vingt à trente oisifs et basbleus, re'enus un beau matin de Florence , pleins d'un ouverain mépris pour tout ce qui n'était pas )brase élégante, métaphore aristocratique, nuance erillantée, expression della Crusca. Bientôt ils t bureau d'esprit, enchérissant à qui mieux nieux sur les exigences académiques ; puis, pasnt de la théorie à la pratique, ils donnèrent des nodèles de la perfection comme ils l'entendaient. La gazettequotidienne le Monde était la trompette le leur gloire : leurs correspondants sur le continent étaient deux ou trois dighes Italiens, ne _omprenant l'anglais qu'à grand renfort de dictionnaire. Cet hôtel de Rambouillet britannique excita la bile et la verve de Gifford : la Baviade parut, et les IlonestYenda , les AnnaMatilda , les LauraMaria, les Adélaïdes, les Carlos, les Orlando, si élégamment baptisés par euxmêmes, et qui changeaient parfois de sexe en même temps que de nom, comme la Mériadec de Piron, rentrèrent dans l'ombre. En vain quelques adeptes tentèrent la résistance ; le coup avait porté trop juste ; et une deuxième satire, la Jldviade, les acheva. Après cela , les della Crusca furent morts et enterrés. Ensuite vint l'Épitre à Wolcolt. Cet écrivain d'un haut talent, mais dont la hardiesse et l'impétuosité scandalisaient beaucoup de graves personnages, eut le tort de croire que l'attaque de Gifford était justiciable d'autres armes que la plume ou l'épée , et il voulut se venger par le bâton ; mais un incident déjoua ce plan ; et, obligé d'en revenir aux aménités littéraires, il publia en réponse à la lettre son Coup de tranchet au savetier. Peu de temps après, Gifford entra comme collaborateur à l'Anti- Jacobin , 1797 , et il s'y fit attribuer la mission de redresser les falsifications et mensonges des feuilles démocratiques. ll entra ainsi eu liaison avec les Canning , les Jenkinson , les Clare, les Pitt, et ceuxci récompensèrent son zèle ministériel en le nommant au poste de mattre payeur des pensions des gentlemen, et plus tard à celui d'intendant de la loterie. L'A/ di- Jacobin avait cessé de paraltre , et assez longtemps Gifford ne fit marcher avec ses fonctions que des travaux privés; mais , lors de la fondation de la Quarterly Review en 1809, c'est lui que le propriétaire choisit de prime abord pour en diriger la rédaction. On sait quel fut auprès des tories le succès de ce recueil, dont le nom est inséparable de celui de Citron Sans être exempte de partialité , la critique de la Quarterly Review prit en Angleterre et à l'étranger un trèshaut rang, et Gifford , réputé hautain et amer, grossier comme l'homme sorti des rangs du peuple, ne céda jamais du moins aux caprices ou à de vaines jalousies. Byron luimême n'a pas traité avec sa morgue accoutumée le journal de Gitford , bien que les allusions mordantes aux poètes savetiers n'aient pas toujours manqué au bout de sa plume. Gifford resta quinze ans directeur de la rédaction de la Quarterly Review , et y travailla par luimême tout ce temps. Il ne survécut que de deux ans à sa retraite, et mourut le 31 décembre 1826. On lui doit, outre sa Baviade, 1794, sa Méviade et sa Traduction des satires de Jurénal, 1809., de nombreuses poésies et des articlestant dans l'Anti- Jacobin que dans la Quarterly Review ; de t•èsbonnes et fort savantes éditions des Pièces de thédtre de Massinger , 1806, 4 vol. ; des OEuvres de Ben- Johnson, 1816; des OEuvres dramatiques de Ford, 2 vol., et des OEuvres de Shirley , G vol. Ces deux dernières sont posthumes. Cifford était grand admirateur des poètes de l'époque d'Élisabilh, et il les connaissait à fond. Sa traduction de Juvénal a fait oublier celles de Stapleton, llolyday, Dryden et Owen
  • Guillaume GILBERT( 1540 - 1603) : médecin, né à Colchester en 1540, compléta ses études loin de son pays, et fut reçu docteur dans une université étrangère. Il s'établit ensuite à Londres, et y devint médecin de la reine Élisabeth. Les soins qu'il donnait à sa riche clientèle ne l'empêchaient pas de se livrer avec ardeur, dans son laboratoire, à des recherches scientifiques qui l'ont mis sur la voie d'heureuses découvertes. On lui doit l'invention de deux instruments au moyen desquels les navigateurs peuvent, sans le secours des étoiles, se rendre compte des latitudes. Il avait été un des premiers à observer les propriétés de l'aimant, et cette force mystérieuse d'attraction que la chaleur ou le frottement développent dans certaines substances, phénomène déjà connu avant lui, mais dont il approfondit et étendit la connaissance. 11 publia à Londres en 1600 un ouvrage intitulé De magnete . magneticisque corporibus , et de magno magnete, tellure, physiologia nova, plurimis et argumentis et experimentis demonstrata. Cet ouvrage fut réimprimé à Sedan en 1633 On y trouve toute la nomenclature des corps en qui l'auteur avait remarqué la vertu magnétique, et les premiers aperçus de l'électricité. Gilbert mourut à Colchester, son pays natal, le 20 novembre 1603, peu de mois après la reine Élisabeth. Il avait composé d'autres ouvrages, qui, réunis au précédent, furent publiés par W. Boswell, sous le titre suivant : De mundo nostro sublunari philosophia nova, Amsterdam, 1651 On y voit que Gilbert faisait jouer à l'aimant, ou du moins aux forces magnétiques, un rôle prépondérant dans le système du inonde
  • Guillaume GILPIN( 1724) : vicaire de Boldre, dans NewForest , près de Lymington , descendant du fameux Bernard Gilpin , si l'on en croit quelques biographes , et né vers l'an l72, tenait une maison d'éducation estimée , à Cheam , dans le comté de Surrey. Il en abandonna ensuite la direction à l'un de ses fils. Un de ses élèves, le colonel Mitford, connu comme auteur par une His- toire de la Grèce, lui procura le vicariat de Boldre, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Gilpin a décrit, Cette descendance paraît au moins douteuse. Canton, qui avait pu voir Bernard , lequel n'est mort qu'en 1583 , puisque dès 15b0 il était agrégé au collége de Merson , assure positivement que Bernard Gilpin vécut et mourut dans le célibat. ‘‘ lie ‘‘ was wrinl, ditil, lo command tue married estale in Me clergie, ‘? having himselfn lived and dyed a single man. n dans plusieurs Voyages justement estimés, les beautés pittoresques de la GrandeBretagne. Tous ses volumes sont accompagnés de gravures en aqua- tinta , qui éclaircissent ses descriptions, de même que cellesci servent à faire discerner les beautés des paysages que les gravures sont destinées à représenter. Gilpin a en quelque sorte créé un nouveau genre de voyages , qui a eu beaucoup de mauvais imitateurs. On lui a reproché avec raison un style trop poétique; mais ses ouvrages fourmillent de réflexions ingénieuses, propres à enrichir la théorie des arts et à en guider la pratique. Nous avons lu plusieurs de ses descriptions en présence des objets mornes , et nous les avons trouvées exemptes d'exagération. li saisit avec beaucoup de sagacité les traits caractéristiques et les beautés des paysages, et il les décrit avec rité et avec chaleur : on ne rencontre jamais dans ses écrits ce faux enthousiasme , ces expressions vagues et empoulées qui ont discrédité le genre descriptif. Gilpin est mort le 5 avril 1804, dans sa 80e année. Il n'était pas moins recommandable par son caractère que par ses talents. Il consacra mille cinq cent soixante livres sterling , produit de la vente qui fut faite en 1802 d'une collection de ses dessins, à la dotation d'une école paroissiale à Boldre , au maintien de laquelle il destina encore les profits de ses ouvrages posthumes. Voici les ouvrages que nous connaissons de cet auteur, ils sont tous en anglais : la Vie de Ber- nard Gilpin , recueillie tant de sa vie écrite par G. Carleton que de diverses relations contemporaines, lettres originales et autres manuscrits authentiques. 1753 réimprimé par Edward Irving, Glas- cow, 182 4 9.. la rie d'Hugues Latimer, 1751 ; 50 Vies de Jean IFiclef et de ses prin. cipaux disciples , lord Cobham, J. Hus , Jérôme de Prague et Zisca , 1764 4. Vie de Thomas Cranmer, 1784 5. Observations sur la ri- vière Wye et sur quelques contrées de la partie sud du pays de Galles , 178: 2 , 1789 traduit en français, Breslau , 1800 ; 6. Voyages en diférentes parties de l'Angleterre , et particulière- ment dans les montagnes et sur les lars du Cumber- land et du Westmorland , contenant des observations relatives aux beautés pittoresques , 1787 1788, 2 vol. Il a paru une traduction fran- , çaise de cet ouvrage , par le baron de Blurnens- tein , imprimée à Breslau, 1800, 5 vol. Les gravures en aqua- tinta sont , diton , supérieures à celles de l'original, et ont servi pour la traduction allemande, Unpeimée également à Breslau, en 9. volumes La traduction française de ce même ouvrage, qui parut en 1789 à Paris, chez I Defer de Maisonneuve , est moins estimée ; elle est de Guédon de la Berehère. On l'a reproduite avec un nouveau frontispice , an 5 . 7. Observa- , Breslau, 1801, I. 8' Remarques sur les scènes forestières . s beautés pittoresques des pays boisés , avec les de New- Forest, dans le Hampshire, 1791 , )1. traduit en allemand , Leipsick , 1800 o 90 Trois essais , sur le beau pittoresque, sur voyages pittoresques , sur l'art d'esquisser le sage , avec un poème sur la peinture de paysage. P2 Les deux premiers ont été traduits en nçais, Breslau, 1799 , in -8.. 10. Observations les parties occidentales de l'Angleterre , princi- ement sous le rapport de la beauté pittoresque, C quelques remarques sur les beautés pittoresques de Wight, 1798 fig. ; 11. Sermons 'chés dans une église de campagne , avec quelques ais et sujets pour des sermons *, tome 1, 99 ; tome 2 , 1800; tome 5, 1805; 45° Contrastes raux , 1798 et autres ouvrages ascéties. On a imprimé après sa mort ses Observa- 115 sur les côtes de Hampshire. Sussex et Kent, 1806, -8° de 135 pages , et des Dialogues sur divers su- s, 1807 — Son frère , : laurey GILPIN , arte distingué, né à Carlisle en 1735, d'un père pitaine dans la troupe de ligne , a excellé dans rt de peindre les animaux à l'aquarelle. Son lefd'oeuvre est , diton, un groupe de tigres. rs esquisses d'animaux qui se trouvent dans les * oyages de son frère sont aussi de lui : estimé our la franchise de son caractère et la simplicité e ses manières, il était un des ornements de Académie royale de peinture. 11 est mort à ;rompton , le 8 mars 1807
  • Guillaume GIRARD : grand archidiacre d'Angoulême , mort en 1665, dans un âge trèsavancé, avait été secrétaire du duc d'Épernon. Nous avons de lui : lo Vie du duc d'Espernon, Paris , 1655 1663, 2 vol. ; 1730 , 1 vol. 4 vol. ; 1736 , sous le nom d'Amsterdam, 4 vol. Rouen, f663, 3 vol. ; traduite en anglais par le chevalier Cotton , Londres ,1670 Cette vie, assez bien écrite , et remplie de faits singuliers , est moins l'histoire particulière de ce duc , que celle de tout ce qui s'est passé en France depuis 1670 jusqu'en 1672. 2" L'Apologie de M. de Beaufort contre la cour, la noblesse et le peuple : c'est une satire de ce duc, dont le plan et les idées furent fournis par des seigneurs de la cour, qui ne cherchaient qu'a s'égayer; Girard ne fit que la rédiger. On la trouve dans les mémoires de la Rochefoucauld et dans les œuvres de St-Évremont , à qui l'ouvrage fut attribué dans le temps. 3° La Vie de Balzac, à la tète des oeuvres de cet auteur, qui était ami de Girard; 4° traduction de la Guide des pécheurs de Grenade. Le reste des oeuvres de ce pieux dominicain a été traduit par un prètre de l'Oratoire , qui a gardé l'anonyme , 2 vol. 10 vol. — Le frère de Guillaume Girard est auteur des Dialogues entre deux parois- siens de St- Hilaire, sur les ordonnances de quelques éveques contre la traduction du Nouveau Testament de Mons, 1667 et , où ces ordonnances sont attaquées avec beaucoup de vivacité
  • Guillaume GODECHARLES( 1695 - 1835) : sculpteurstatuaire, vit le jour à Bruxelles le 30 décembre 1750. Il puisa les premières connaissances de son art dans les leçons de Laurent Delvaux, né à Gand en 1695' et non pas à Nivelle, ainsi que l'avance l'auteur des Voyages pittoresques de la Flandre et du Brabant. En 1770 , Godecharles se rendit à Paris, où ii suivit le cours de l'Académie ; de là il partit pour Rome et y obtint en 1773 le grand prix de sculpture. Il parcourut ensuite les autres Les Trois siècles de la littérature française, États d'Italie , l'Allemagne , la Prusse et l'Angleterre. De retour à Bruxelles, après dix ans d'absence, il fut successivement nommé sculpteur du prince Charles de Lorraine, du duc Albert de SaxeTeschen et de Napoléon. Godecharles fit en 1783 le grand basrelief qui orne aujourd'hui le palais des deux chambres à Bruxelles; ce morceau fut fortement endommagé par l'incendie du 27 décembre 1820, mais l'auteur le répara luimême. Il a exécuté pour le château de Laken un autre fronton, une statue de Minerve, une Victoire et plusieurs basreliefs. Il a également sculpté plusieurs pièces remarquables pour M. Hope, à Amsterdam , pour le pavillon de lIarlem , pour MM. Bertrandt et Van Huerne, à Bruges, M. de Coloma , près de Malines, M. de \Valkiers, au Mont- Plaisir, près de Laken , etc. Mais c'est dans les magnifiques jardins de Wespelaer, entre Lotivain et Malines, que l'on trouve un plus grand nombre de ses ouvrages. MM. Verlat, Artois et Plasschaert l'occupèrent pendant vingtcinq ans à décorer cette terre , achetée en 1 795 au comte de \ValkiersGammarache , qui avait succédé aux Proli. Outre plusieurs copies de l'antique, tous les bustes de l'Élysée sont de lui. Godecharles semblait pétrir le marbre ; son ciseau était plein de vigueur, mais il ne cherchait pas assez la pureté des formes ; en un mot cet artiste avait plus de facilité que de goùt, plus de force que de grâce : sa main valait mieux que sa tète. Quelqu'un qui l'avait beaucoup connu nous citait de lui ce trait caractéristique : « Il y a une trentaine d'années, disaitil , qu'étant allé chez Gode- charles5 à Bruxelles, je vis en entrant environ . Je crus qu'il y avait là (C un agonisant et je voulais me retirer. — Restez, « me diton , cela va finir. Le martre est au mo,, ment d'entamer un bloc de marbre, et l'on prie pour qu'il n'y rencontre ni mauvaise veine ni (t coquille. —Le bonhomme s'apprêtait à sculpter t< une Vénus aux belles fesses, et conjurait la «( «Vierge d'empocher que rien ne troublât cette ti opération. » Godecharles était sculpteur du roi des PaysBas, membre de l'Institut d'Amsterdam et professeur à l'Académie des beauxarts de Bruxelles. Il mourut au mois de février •835. On lui a consacré une Arotice , pages 91-93 des Anna les du salon de Gand, 1823
  • Guillaume GROTIUS( 1597 - 1662) : frère puiné de Hugues, qui avait en partie dirigé ses études, et qui lui porta toujours une tendre affection, suivit de préférence et parcourut avec distinction la carrière du barreau. Il cultivait aussi les muses latines. Ce fut lui qui le premier recueillit , en 1616, les poésies latines de son frère, ainsi que nous l'avons vu à son article. Né à la Ilaye en 1597, Guillaume Grotius y mourut en 1669- Nous avons de lui 40 Isagoge ad prasin . fori Batarici, Amsterdam 1655' 4. ; 42. Vitte jurisconsulturum quorum in Pandectis exstant lamina , la Haye , 30 De principiis : puis naturalis enchiridion, ibid
  • Guillaume GONZAGUE : troisième duc de Mantoue et premier duc de Montferrat, était frère de François III, auquel il succéda en 1550. Pendant les premières années de son règne, Guillaume demeura sous la tutelle de son oncle hercule, cardinal de Gonzague. ll n'avait que quatorze ans lorsqu'il parvint à la couronne. Peu d'années après on lui fit épouser Léonore d'Autriche, tille de l'empereur Ferdinand ler. Guillaume avait le goût de la magnificence et plus encore celui des plaisirs. Il ne s'occupa , pendant un règne assez long, que de fêtes et de tournois, de pompes et de cérémonies. Il assista au concile de Trente, où son oncle, le cardinal Hercule, mourut, regretté de l'Église et des Mantouans, le 2 mars 1563. Il assista aussi à la diète de l'empire germanique a Augsbourg. Ces voyages coûteux et le luxe de sa cour, qu'il voulait étaler aux yeux des étrangers, dérangèrent' ses finances. 11 accabla ses sujets d'impôts ; ce qui excita en 1565 une révolte dans le Montferrat ; mais le duc, avec l'aide du gouverneur de Milan, vainquit les rebelles et contraignit la ville de Casai à demander gràce. En 1574 Gui!hume obtint de l'empereur Maximilien II que ce même Montferrat fût érigé en duché en sa faveur. Guillaume maria en 1580 son fils unique, don Vincent, à Marguerite Farnèse, fille d'Alexandre, prince de Parme. Mais cette alliance ne fut pas heureuse : la princesse était stérile ; à son tour elle accusa son mari d'impuissance , et un procès ridicule et scandaleux entre les deux cours occupa toute l'Italie. Le cardinal Borromée engagea enfin la princesse Farnèse à se retirer dans un cloître ; le mariage fut dissous eu 1585, et Vincent de Gonzague demanda et obtint la main d'Éléonore de Médicis, tille de François , grandduc de Toscane ; mais on ne lui permit point de contracter ce second mariage sans avoir donné des preuves que l'accusation de sa première femme n'était pas fondée. Avec l'agrément du pape Grégoire XIII et de plusieurs cardinaux employés comme médiateurs dans cette affaire , la ville de Venise, où l'on trouva une femme de l'àge et de la taille d'Éléonore, fut choisie pour le lieu où Vincent de Gonzague devait soutenir une épreuve ridicule et indécente , dont il sortit victorieux. Le mariage fut ensuite célébré à la fin d'avril 158 avec beaucoup de magnificence; Guillaume Gonzague mourut à Bozzolo le 15 août 1587. GONZAGUE , fils unique et successeur du précédent, avait encore plus que son père le goût des plaisirs, et ses mauvaises moeurs avaient donné quelque apparence de fondement à l'accusation formée contre lui par sa première femme; mais il unissait du moins le goût des armes à son penchant pour la débauche , et, n'ayant point occasion de faire la guerre en Italie, il alla en 1595 offrir ses services à Rodolphe II contre les Turcs. Vincent ne fut cependant pas heureux dans cette carrière ; dangereusement malade à Comorn en 1595, prisonnier des Turcs à Javarin en 1597, et battu par eux avec l'archiduc Ferdinand en 1601, il montra plus de bonne volonté que de talents. Il avait cependant beaucoup de vivacité et de piquant dans l'esprit ; mais ce qui l'attirait dans les camps, c'était la vie déréglée qu'on y menait, plus que le désir de s'y distinguer. Il aimait avec passion les femmes , le jeu, la danse, le théàtre , et quoique ses revenus fussent considérables, il était toujours sans argent. Il augmentait les impôts sans en consacrer le produit à rien qui fùt utile à ses sujets, et toutes les dépenses publiques étaient arriérées, excepté celles qui avaient pour objet le luxe et les plaisirs du souverain. Il mourut le 18 février 1612 , laissant trois fils, qui tous trois régnèrent à leur tour. — GONZAGUE était Agé de vingtsept ans lorsqu'il succéda à son père. Il avait épousé en 1608 Marguerite, fille aînée de CharlesEmmanuel duc de Savoie , et il en avait déjà deux enfants; mais le fils, Louis, mourut à la fin de cette mense année 1612. La fille, Marie, se trouvait avoir des droits à la succession de Montferrat et non à celle de Mantoue, ce dernier duché étant un fief masculin , lorsque son père mourut , le 22 décembre de la même année
  • Guillaume GORDON( 1729) : historien angloaméricain, né en 1729 à Ilitchin dans le comté de Hereford, en Angleterre , fut élevé dans une école de dissenters, à Londres ou bien aux environs, et fut destiné au ministère ecclésiastique. Après avoir été pendant quelques années pasteur d'une congrégation d'indépendants à Ipswich, son inclination le décida à passer en Amérique en 1770 , et il fixa sa résidence à Roxbury, près de Boston, dont il fut choisi ministre ; il fut nommé en méme temps chapelain du congrès provincial de I Massachusetts. Au moment où éclata l'insurrec- I tion des colonies , Gordon adopta avec ardeur la cause de l'indépendance , se lia avec les hommes qui avaient le plus d'influence, et prit une part active aux affaires publiques. Ce fut, à ce qu'il parait, en 1776 qu'il conçut le dessein de tracer l'histoire des événements qui se passaient en ituelque sorte sous ses yeux. Washington , auquel il fit part de ce projet, l'y encouragea, lui donna de nombreux renseignements et lui communiqua tous ses papiers. Le congrès américain et les États de la NouvelleAngleterre lui permirent de prendre communication d'une grande partie de leurs archives. La lecture de la correspondance des généraux Gates, Greene , Lincoln et Otho Williams concourut encore à l'éclairer sur son sujet. 11 fit aussi plus tard un usage assez étendu de la partie historique de l'influa/ register, ouvrage périodique, publié à Londres par Dodsley et dont les relations favorables au parti de l'indépendance étaient trèsgoûtées en Amérique. Le docteur Ramsay lui confia le manuscrit inédit de son Histoire de la guerre dans la Caroline l'autorisant à en tirer tout ce qui serait à sa convenance. Gordon retourna en Angleterre en 1786, et deux ans après publia son ouvrage par souscription et sous ce titre : The history of the ilse, etc.; Histoire ( le l'origine, des progrès et de l'établissement de l'indépendance des Etats- Unis d'Amérique, contenant On tableau de la dernière guerre et des treize colonies, depuis leur origine jusqu'à cette époque , Londres , 1788, 4 vol. L'ouvrage se compose d'une suite de lettres, supposées écrites depuis l'année 1771 jusqu'à 1784, de Roxbury, Londres, Rotterdam, Paris. Malgré tous les secours dont l'auteur avait pu s'aider, on ne peut regarder cc livre que comme une réunion de documents authentiques trèsprécieux , et de faits présentés dans l'ordre chronologiue avec exactitude , quoique avec un peu de partialité ; les réflexions dont il les a accompagnés sont généralement communes , et sou style manque de noblesse , d'élégance et mime - de chaleur ; ce qui parait surprenant quand on songe à l'enthousiasme qu'il avait montré. Dans sa préface, Gordon prétend attribuer cette sécheresse de style au respect qu'il a pour la vérité. Heureusement pour les lecteurs, Hume, Gibbon et d'autres historiens n'ont pas été retenus par ce scrupule. Après son retour dans sa patrie, Gordon fut nommé pasteur d'une congrégation de dissenters , à StNéots , dans le comté de Iluntingdon ; il revint ensuite vivre à Ipswich. Dans ses dernières années ses facultés intellectuelles éprouvèrent un affaiblissement tel, que les noms de ses plus intimes amis s'étaient entièrement effacés de sa mémoire, mène celui. de Washington , avec qui il avait été longtemps en liaison et en correspondance. Il mourut à Ipswich en 1807. On cite encore de lui un abrégé du traité de Jonathan Edwards sur les Affections religieuses, quelques sermons et deux pamphlets
  • Guillaume GOSSELIN : mathématicien, né à Caen, mort vers 1590, a joui dans son temps d'une assez grande réputation. L'abbé Coujet a inséré dans le tome 12 de sa Bibliothèque française une pièce de vers qui fut adressée par J. Courtin à Gosselin, pour l'engager à renoncer aux mathématiques et à cultiver la poésie. Il ne parait pas que celuici ait goûté ce conseil. On a de lui : I' Arithnzetique de Nicolas Tartaglia, Brescian , trad. en franç., avec toutes les démonstrations mathématiques et plusieurs inventions du traducteur éparses chacune en sun lieu, Paris, 1578 Du Verdier lui attribue encore un ouvrage intitulé De orle magna, etc. Mais des biographes plus exacts le donnent au suivant. — GOSSELIN , né à Cahors, fut un de ceux qui cultivèrent utilement les mathématiques dans le 16e siècle, et qui contribuèrent à en répandre le goût en France. On a de lui : De acte magna , sen de occulta parte Mallerorunz quce et algebra et alnzucabala vulgo dicitur libri IL', in quitus explicantur cequationes Diophanti, regulze quantitatis simplicis et quantitatis sur& e, Paris, 1577 « J'ai idée, dit Montucla,
  • Guillaume GOUGE( 1575 - 1653) : théologien anglais , né en 1575 à Boni, près de Strafford , dans le comté de Middlesex , fut pendant quarantecinq ans ministre de l'église de Blackfriars , à Londres. Nommé membre de l'assemblée des théologiens installés à Westminster, il prit beaucoup de part à ses travaux , et fut un de ceux qui s'opposèrent au meurtre légal de Charles Pe. On le représente comme un modèle de piété, d'humilité et de patience chrétienne : refusant des emplois avantageux qu'on lui offrait , il répétait souvent que sa plus haute ambition était d'aller de Blackfriars au ciel. Pendant neuf années consécutives, il ne manqua pas , diton, un seul jour d'assister soir et matin aux prières publiques : il lisait chaque jour quinze chapitres de la Bible; aussi étaitil profondément versé dans la connaissance des saintes Écritures, comme l'attestent ses ouvrages, dont les principaux sont : 1° l'Armure complète de Dieu ; 2. Commentaire sur l'épître aux Hébreux • 1665 ; 5" Exposition de l'oraison domini oitcale. Il mourut à Londres le 142 décembre 1655. '— Gouge. , fils du précédent, et né à owen en 1605, fut pendant vingt- cinq ans ministre du StSépulcre à Londres, et se rendit également recommandable par sa bienfaisance et par J sa piété : il procurait du travail et des secours à une multitude d'indigents; il établit plus de trois cents écoles dans le pays de Galles, et fit imprimer un grand nombre d'ouvrages religieux dont quelquesuns étaient de sa composition , et qu'il distribuait gratuitement partout où il passait. Il mourut le 29 octobre 1681. On cite parmi ses écrits, qui furent recueillis en un volume 1760, avec son portrait , son oraison funèbre , et sa vie par Tillotson : 1" les Principes de la religion expliqués.; 2 le Guide du jeune homme dans le désert de ce monde
  • Guillaume GRANT( 1754) : magistrat anglais, naquit en Écosse au comté de Murray en 1754. Sa famille semble avoir appartenu à l'ancien et célèbre clan des Grant, dont le nom revient souvent dans les vieilles annales de l'Écosse. Mais son père n'était qu'un mince propriétaire au village d'Elchies et finit même par abandonner le soin de ses terres pour un maigre emploi dans les douanes. Le jeune homme, après avoir achevé au vieux collége d'Aberdeen une éducation commencée à l'école d'Elgin , se rendit à Londres, et là, conformément au conseil d'un oncle, riche commerçant, qui de ses bénéfices faits en Angleterre avait acquis en Écosse le beau domaine d'Elchies , il se livra à l'étude des lois. Gràce à sa persévérance et à son goût naturel pour ce genre de travaux, il devint trèsfort, et moitié pav son mérite, moitié parce que peu de solliciteurs recherchaient alors un poste trop voisin des colonies angloaméricaines, il fut nommé en 1779 avocat au Canada. En proie aux craintes que ne pouvaient manquer de causer les scènes variées de la guerre , il vit le siége de Québec et la mort de Montgomery ; plus d'une fois enfin il prit part aux mouvements militaires et fut le chef d'un corps de volontaires. Toutefois l'histoire n'a point enregistré les hauts faits d'armes de Grant , et sa réputation, même au Canada, fut celle d'un bon légiste, d'un habile avocat , non celle d'un brillant officier. Il justifia complétement la préférence qu'il avait obtenue, si c'était une préférence ; et sa supériorité sur tout le barreau du Canada demeura incontes- table. Mais , quelque bonheur qu'il pût éprouver à primer dans Québec , il s'en lassa et souhaita revenir à Londres avec un emploi. La réponse ne vint point ou vint autre qu'il ne la voulait , et finalement après huit ans d'exercice il résigna son office et retourna dans la capitale de l'Angleterre, sans titre et sans espoir fondé de s'en donner un. Force fut donc qu'il prit place au barreau parmi la foule des avocats . La fortune ne se lita point de venir le trouver : huit ans d'absence, le manque de nobles parents et de protecteurs, des manières un peu froides, des goûts un peu solitaires, ne pouvaient préparer la voie aux riches clientèles, et il passa un an et plus sans recevoir le moindre dossier. Enfin pourtant il en vint un, puis deux , et un jour il eut le bonheur de plaider à la chambre des pairs et devant le chancelier Thurlow. Cet homme de loi fut frappé de sa puissance d'argumentation, et il en dit son sentiment à qui voulut l'entendre. Dès lors Grant eut un nom, et les causes affluèrent. Bientôt il fut en relation avec Thurlow , et sur son invitation il ne se chargea plus que des affaires d'équité. En 1790, lors des élections générales, il se mit sur les rangs à Shaftesbury , et son élection appuyée par le ministère réussit. On peut croire qu'il ne fut point ingrat : ses votes et plus encore ses paroles servirent utilement le système de Pitt. Toutefois il ne prodiguait point celles- ci. Plein d'aplomb et de mesure, il n'émettait son opinion que rarement sur des matières qu'il possédait à fond : sa parole n'en avait que plus de poids, et toutes les fractions de la chambre reconnaissaient son talent. Il obtint surtout un beau triomphe ors de la discussion du nouveau code pour les olonies de l'Amérique septentrionale : il déploya ant de connaissances spéciales et tant de logique, ue Fox, en rendant à son talent un hommage nvolontaire, laissa tomber ce mot, qu'il saluait lans le préopinant un adversaire digne de ses ttaques. Grant rompit encore avec bonheur une ance en faveur du ministère, lorsqu'en 1792 il ut question aux chambres des armements de la oissie. lin rapide avancement récompensa cet ptimisme ministériel : en 1793 il eut une des olaces de juge dans la principauté de Galles; en 1794 il devint procureur général de la reine ivatre ans après il fut nommé grand juge de Chester, et l'année suivante il rem- plaça comme procureur général lord Redesdale enfin en 1801 le poste brillant et lucratif de maitre des rôles s'étant trouvé vacant par la promotion du titulaire à la présidence des plaids communs , Grant lui succéda. Pendant ce temps sa position à la chambre basse avait été un peu en péril. Obligé de se soumettre à la réélection, lors de sa nomination en 1795, il avait échoué devant les électeurs indépendants de Shaftesbury. Sept mois après le bourgpourri de Windsor lui rendit son siége aux communes. Plus tard le comté de Berl: le choisit pour son représentant, et comme les votes lui restèrent fidèles en 1805, il traversa inamovible toutes les sessions jusqu'en 181'2. Il n'occupa guère moins longtemps sa place de maitre des rôles : nommé en 1807, il ne donna sa démission qu'en décembre 1817. Peutetre avaitil espéré monter encore de quelques degrés, du moins ne s'inscrivaitil que faiblement en faux quand ses amis disaient que jadis le chancelier Thurlow avait prédit qu'un jour Grant le remplacerait, et que, si la prophétie n'était encore réalisée qu'à moitié, c'est que Grant avait refusé la simarre. Ces prétentions ne doivent pas empècher de reconnaître que Grant réunissait les qualités qui constituent un magistrat du premier ordre , science, activité, amour profond de la justice, élocution facile, concise et nette , art de disposer les arguments , de faire jaillir du fond de la cause les traits essentiels, de prouver en quelque sorte sans preuve, de discuter sans discussion. 11 excellait dans les résumés, faisait la part du pour et du contre avec un talent admirable , simplifiait comme par enchantement les affaires les plus inextricables, et trouvait moyen , après les Romilly et les Leach , les Hart et les Bell , de jeter dans ses paroles de l'inattendu, du neuf. Ce n'est pas pourtant qu'il brillàt par l'originalité, par la magnificence du style. L'originalité était au fond ; il saisissait un point de vue nouveau et découvrait tantôt des preuves inaperçues, tantôt des rapports négligés et féconds. Quant au style , c'étaient des expressions choisies, exactes , lucides, pas un mot de trop, ce qu'il fallait et où il fallait. Aussi Charles Butler, dans ses Souvenirs, ne balancetil pas à voir dans Grant le modèle le plus parfait de l'éloquence judi- ciable ; et il est effectivement le modèle de l'élo- quence conVaincante , impartiale, en d'autres termes de l'éloquence du juge. Bien qu'il fût plus que sexagénaire à l'époque de sa retraite , G. Grant vécut encore au delà de quatorze ans, tantôt à Walthamston , tantôt à BartonHouse , résidence ordinaire de sa soeur, veuve de l'amiral Franck. C'est là qu'il mourut le 25 mai 1832
  • Guillaume GRATAROLI( 1516) : un des plus eélèbres médecins du 160 siècle , naquit à Bergame en 1516 et fut élevé à l'université de Padoue. Il y arriva au moment où Pomponaeê répandait parmi les jeunes éttuliants avides de nouveantés, la doctrine de Luther, qui commençait à s'introdUire eh Italie avec le grand nombre de trempes étrangères qu'y amenait la guerre occasionnée par la ligue de Cambrai. Grataroli fit de tels progrès dans ses études, qu'ail bout de six ans il fut chargé d'expliqûer le :5e livre d'Avicenne ; mais il ne garda pas longtemps cette chaire, car on le trouve en 1539 inscrit s'Ur les rôles des médecins dans sa patrie. Il n'y demeura cependant pas habitellement , et dans son livre sur la santé des voyageurs, il nous apprend qu'avant l'âge de quarantecinq ans il avait fait par terre et par mer des voyages longs et difficiles , et qu'il avait vu l'Italie , la Suisse, la Savoie et la Bourgogsne. Moreri , Bayle, Teissier,11,1anget , et plusieurs autres biographes ont écrit que Grataroli avait embrassé fa réforme , et On peut joindre à ces autorités le témoignage de P. Nigidius, professeur à Marpourg , mort en 1583 , qui commence ainsi la vie ou l'épitaphe de son collègue Grataroli Doctrintim pape Gratarolus corde perosus. aimaient à parler avec liberté. Grataroli alla se fixer à Bâle; 11 y professa la médecine, fit des cures célèbres, et publia plUsieurs °listages : il y acquit Une si grande renornmée, qu'après la mort de Conrad Kuvner, les habitants de Marpourg l'appelèrent pour remplir la place de professeur que celuici laissait vacante. Grataroli ne resta qu'un an à Marpourg, dont le climat était trop rigoureux pour sa santé : il revint à Bâle , oû il demeura justiti'à sa mort , arrivée le 17 avril 1568. Grataroli avait des mœurs pures , une probité sé- , vere et un grand amour du travail. Il a publié plusieurs écrits sur les pronostics des maladies, sur ceux des changements de temps , sur la na- ture du vin , sur l'hygiène ; sur le régime à suivre par les voyageurs , etc. Il a le premier fixé l'attention sur les causes des maladies particulières aux gens (le lettres, dans son traité De litteratorum et eorum qui magistratibus funguntur conserranda prceservan- dague valetudine , Bâle , 1555 1591 ; traduit en anglais, Londres, 1574 , Il a encore voulu tirer des conséquences de l'observation (les différentes parties du corps de l'homme, pour juger (le ses facultés morales , dans son écrit : De prœdictione morum naturarutnque hominutn facili ex inspectione partions corporis , Bâle , 155 Un de ses ouvrages les plus remarquables est son traité De medecince et ici herbarice origine, pro-- gressu et utilitate , Strasbourg, 1564 On recherche encore l'ouvrage suivant : De memoria reparanda , augenda servandaque liber mous ; de Medi vel artificiosa memoria liber alter. Zurich, 1553; Bâle, 1554 Home, 1555 Quelques exemplaires portent au frontispice la date de 1558. Ce traité de mnémonique n'offre guère que des généralités et des choses triviales on en avait déjà de beaucoup meilleurs à cette époque. On en cite une édition sans doute augmentée, de Francfort, 1622 intitulée : Artis memorioe partes quatuor. L'ouvrage a été traduit en français par Et. Coppé, sous le titre de Discours notable pour conserver et augmenter la mémoire; avec la physionomie , etc., Lyon , 1556, 1586 On le retrouve, ainsi que les deux précédents et quelques autres moins importants, dans les Opuscula Graturoli, ab ipso autore denuo cor- recta, Lyon, 1558; Grataroli a aussi donné un recueil des écrits de Pomponace , Bâle , 1565, Il avait été son élève, et l'on croit qu'il avait adopté quelquesunes de ses opinions. Grataroli se jeta quelque temps dans la controverse, et il composa sur l'Antechrist un mauvais ouvrage dicté par un absurde fanatisme. Enfin il n'y a pas jusqu'à l'alchimie sur laquelle il n'ait écrit quelques traités. Le catalogue de ses ouvrages se trouve dans Nieeron, t. 3-1 , et plus exactement dans l'Athenœ Rauria e , mais surtout à la fin de l'excellente biographie qui a été écrite par le - comte JeanBaptiste Gallizioli , Della vita e scritti di Gulielmo Grataroli , Bergame, 1788 avec son portrait copié de Boissard
  • Guillaume GRISAUNT : médecin anglais du le siècle, élevé à l'université d'Oxford, joignait à la connaissance de son art celle de l'astronomie et des mathématiques. Il était trop audessus de son siècle par ses lumières jour ne pas être soup- çonné de magie, et ce fut probablement pour échapper aux conséquences de cette supposition absurde qu'il vint en France. Après avoir fait ses études médicales à Montpellier et à Marseille, il s'établit dans cette dernière ville , où il exerça sa profession avec un trèsgrand succès. On ne sait la date ni de sa naissance ni de sa mort ; on sait seulement qu'il existait en 1350 dans un àge avancé. Son fils, d'abord chanoine régulier à Marseille, parvint, diton , au pontificat sous le nom d'Urbain V. On cite de Grisaunt : 1. Speculum astrologiœ ; 20 De qualitatibus astrorum ; S De magnitudine sous; 4. De quadratura circuli ; 5. De significationibus eorumdem ; 6. De motu capitis ; 70 De causa ignorantiœ ; De urina non visa; 90 De judicio patientis
  • Guillaume GRIVEL( 1735 - 1810) : littérateur, né le 16 janvier 1753, à Uzerche , dans le Limousin , s'appliqua d'abord à l'étude de la jurisprudence, et exerça quelque temps la profession d'avocat à Bordeaux. 11 vint ensuite à Paris, et s'y lit con-' nattre par différents ouvrages qui joignent au mérite d'un but utile celui d'ètre écrits d'un style agréable. A l'époque de la création des écoles centrales, Grivel y fut attaché comme professeur de législation, et mourut à Paris le 17 octobre 1810, à 75 ans. Il était membre des Académies de Dijon, la Rochelle, Rouen, et de la Société philosophique de Philadelphie. On a de lui : 1° l'Ami des jeunes gens, Lille , 1764-1766, 2 vol. : c'est un traité sur l'éducation ; 2° Nouvelle bibliothèque de littérature, d'histoire et de critique , tirée des ANA, ibid., 1765, 2 vol. L'auteur promettait deux autres volumes si les deux premiers réussissaient. 5° Théorie de l'éducation , Paris , 1776, 3 vol. ibid., 1784; traduit en allemand, Breslau, 1777 4° l'Ile inconnue, ou Mémoires du chevalier de Gastines. Paris, 17831787, 6 vol. réimprimé plusieurs fois et traduit en allemand. a Les aventures qu'il décrit « dans ce roman sont attachantes, dit la Harpe ; a les principes ne sont pas mauvais., et le style , ‹, quoique négligé, est naturel et facile. » 5. Principes de politique , de finances , d'agriculture, de législation et autres branches d'administration , ibid., 1789, 2 vol. Grivel a travaillé à la partie d'économie politique de l'Encyclopédie par ordre de matières. Il est en outre l'éditeur de la Nouvelle école du monde, par le Bret, Paris, 1764 à laquelle il a ajout'é une préface et un cours de belleslettres qui fait partie du second volume, et des Entretiens d'un jeune prince avec son gouverneur par L. D. H. , imprimés à Paris en 1785, en 4 volumes M. A. A. Loris a publié une Analyse synoptique du Cours de législation du C. Grivel, 1802
  • Guillaume GUERENTE : auteur de tragédies latines et commentateur d'Aristote , florissait vers le milieu du 16. siècle. Il fut un des professeurs domestiques de Montaigne, qui l'a nommé deux fois dans ses Essais, où on lit : J'ay soustenu les premiers personnages ez gedies latines de Buchanan , (le Guerente et de Muret en nostre college de Guienne avecque dignité. » Guerente fut du nombre des savants appelés en 1547 par Jean III, roi de Portugal, pour professer dans un nouveau collége que ce monarque venait d'ouvrir à Coïmbre. J.A. de Thou , qui nous apprend ce fait à la fin du 17" livre de son Histoire, et qui le nomme dans le 25' livre , dit qu'il était de Rouen ; alors il est probable que c'est le mème individu que le Guillaume Guerante, religieux augustin , savant théologien qui se fit une grande réputation dans la chaire, et qui mourut à Rouen le 8 septembre 15'74. Son épitaphe, qu'on lisait avant la révolution dans l'église des Augustins de la mérne ville , annon-çait qu'il avait été grandis prœdicator. Son mérite l'avait fait élever aux premières dignités de son ordre; il avait été prieur de la communauté de Rouen et provincial de France. ( Voy. GUILBERT , biog. et lia., t. 1, p. tas, et nos Docu- ments sur Lyon, règne d'Henri IV, p
  • Guillaume GUERIN : fameux avocat général du parlement de Provence, ayant été nommé l'un des commissaires pour faire exécuter en 1545 le terrible arrêt rendu cinq ans auparavant par sa compagnie contre les Vaudois de Cabrières et de Mérindol , s'y porta avec une cruauté plus digne d'un bourreau que d'un magistrat. Un jeune homme , rencontré seul et désarmé dans la campagne, ayant excité la pitié des soldats, qui demandaient sa grâce , l'implacable Guerin s'écria Toile, toile , et le malheureux fut arquebusé. Cette étrange exécution ayant été soumise à l'examen du parlement de Paris, après la mort de François Icr, l'avocat général fut pendu en 1554, non pour les massacres auxquels il avait présidé, mais pour plusieurs faussetés , calomnies. prévari- cations, abus et malversations, etc. « C'était, dit « Nostradamus , un homme aussi noir de corps ,C que d'âme ; autant froid orateur que persécu- « teur ardent et calomniateur effronté. n Avant d'être avocat général au parlement d'Aix , il avait été lieutenant à Houdan , dans File de France, où il fut déclaré par sentence inhabile à occuper aucun emploi royal , pour cause de concussion et péculat. Dans l'affaire de Mérindol , c'était lui qui avait sollicité les ordres de la cour sur de faux exposés, et qui voulut ensuite en faire re- tomber tout l'odieux sur le baron d'Oppède
  • Guillaume HARVEY( 1578 - 1658) : illustre médecin anglais, naquit à Folsktone , dans le comté de Kent, le 2 avril 1578, et mourut le 5 juin 1658 . 11 était. lainé de neuf enfants; cinq de ses frères se livrèrent au commerce et s'y enrichirent ; un goût passionné pour les sciences décida Guillaume à suivre une des branches qu'elles lui offraient; il choisit la médecine qu'il devait illustrer un jour. L'anatomie pendant longtemps n'avait été qu'une science spéculative ; étudiée à l'aide de la dissection , elle commençait depuis le 14e siècle à s'enrichir de découvertes dues aux expériences souvent répétées sur des cadavres humains. A l'exemple de Mondini et de Vesale, les plus habiles médecins s'adonnaient aux recherches de l'anatomie expérimentale; elles furent l'objet des travaux les plus Et non le 30 juin 167)7, commo l'ont dit 1;:loy et il'autrts biographes. Le nom d'llarvev se trouve altéré dans beaucoup d'ouvrages, où il est écrit ! larvée. rssidus de Harvey. S'y étant livré d'abord dans sa iatrie, il voyagea en France, en Allemagne et Italie; à Padoue, il fut le disciple du célèbre aLrice d'Aquapendente, et après cinq ans d'étules , il y reçut le bonnet de docteur en 1602. De 'etour en Angleterre, il se rendit à Cambridge, 3it pour honorer sa patrie il se fit admettre une ieconde fois au doctorat. Bientôt après Harvey alla se fixer à Londres en 1604. Le collége de médecine de cette capitale l'agrégea parmi ses membres, et il obtint en méme temps la place de médecin de l'hôpital de StBarthélemi. En 1615 il fut nommé professeur d'anatomie et de chi-, rurgie au collége de médecine de Londres. C'est de cette époque que date sa haute renommée; il devint le médecin du roi Jacqnes ler, puis de Charles ler. Professeur d'anatomie , et médecin d'un hôpital , il se livrait avec une ardeur infati- . gable aux recherches les plus savantes en physio- !logie. La circulation du sang, cette fonction sans laquelle la vie ne saurait avoir lieu chez les ètres organisés , n'était point encore connue ; si son existence était soupçonnée , ses lois étaient absolument ignorées. L'étude de cette fonction si importante , la recherche de ses lois , furent l'objet continuel des méditations et des expériences de Harvey. Enfin , après de longs travaux , cet habile anatomiste fit connaître à ses élèves en 1619 le mécanisme général de la circulation ; il expliqua don existence par une théorie incontestable ; il 'exposa les lois de cet admirable phénomène au moyen d'expériences positives et concluantes. Cette grande découverte fut cependant attaquée de toutes parts avec aigreur ; la personne mème de son auteur ne fut point épargnée; il fut dénoncé au roi, son protecteur, et répondit par des expériences péremptoires. Des hommes d'un grand mérite , au nombre desquels était Riolan , le premier des anatomistes français de ce temps, furent comptés parmi les adversaires d'Harvey. Soit erreur, soit mauvaise foi, ceux qui ne pou-, vaient nier les vérités exposées dans la théorie du professeur anglais, voulurent lui ravir l'honneur de l'avoir trouvée , et prétendirent que les anciens avaient eu connaissance de la circulation et de ses lois. Tous les hommes instruits conviennent aujourd'hui que Harvey est le véritable auteur de cette belle découverte. En effet les anciens ne connaissaient ni h théorie ni les lois d'après les-. quelles la circulation s'opère ; ils avaient sur divers points d'anatomie et de physiologie relatifs à ce phénomène les idées les plus absurdes; ils ignoraient l'action importante qu'exerce le poumon dans cette grande fonction. Aristote voyait dans le coeur la source d'où part le sang; mais, selon lui, cette liqueur transportée par les veines ne retournait plus au coeur. Galien pensait que les veines partaient du foie. Ces doctrines si contraires à la vérité dominaient encore , diversement modifiées, lorsque l'Espagnol Servet, médec que les persécutions atroces exercées contre lui par Calvin ont seules rendu célèbre, publia des idées beaucoup plus saines sur la circulation ; ses hypothèses prouvent qu'il admettait celle qui s'opère dans le poumon; cependant il n'en connaissait point le mécanisme le plus important. D'ailleurs Servet, n'ayant point fait d'expériences, avait plutôt supposé que découvert quelques vérités. Après lui Colombo décrivit avec plus d'exactitude ce qui se passe dans le poumon au sujet de la circulation ; mais il ignorait le fait le plus remarquable , le rôle que jouent les artères dans cet admirable phénomène. Césalpin , qui précéda Harvey, ne laissa rien à désirer sur la circulation pulmonaire ; il n'en fut pas de même de la grande circulation, qui a lieu dans les artères, ni de celle qui s'opère par les veines abdominales; tout cela lui fut inconnu ; toutefois il pressentit la circulation artérielle en supposant que le sang retourne des extrémités au coeur , mais ces assertions ne furent point prouvées; elles ne se trouvèrent étayées par aucune expérience, par aucun fait, et l'on peut dire de Césalpin qu'il devina presque la grande circulation , dont les lois lui furent totalement inconnues ; la découverte en était réservée à Guillaume Harvey. Cet habile et judicieux expérimentateur, qui avait annoncé dans ses leçons publiques la belle théorie de la circulation , ne publia que neuf ans après le résultat de ses expériences. 11 em- ploya tout ce temps à perfectionner sa découverte. Le roi Charles lr, qui avait un goût éclairé pour les sciences, protégeait, encourageait Harvey, et favorisait ses recherches en mettant à sa disposition les hètes fauves de son parc , afin qu'il pût expérimenter sur des individus vivants. La faveur du souverain et des grands de sa cour consolait Harvey des contradictions que lui faisaient éprouver les savants, ses juges naturels, et le dédommageait de l'injustice du public ; car il avoue luimème qu'il en fut fort délaissé dès que sa découverte lui eut été contestée. Cependant ses confrères du collége royal de Londres reçurent favorablement son système , et ne cessèrent d'honorer l'auteur. Lorsque la guerre civile eut éclaté, Harvey suivit Charles le, dans sa fuite. Ce prince le nomma en 1645 président du collége de Morton à Oxford, afin de récompenser sa fidélité, et de le dédoinmager des pertes que lui causait son émigration ; car les meubles de sa maison de Londres avaient été pillés, et ce qu'il regrettait le plus, c'étaient ses manuscrits, surtout ses observations anatomiques, entre autres celles qu'il avait faites sur la génération des insectes. Bientôt Oxford s'étant rendu au parlement , Harvey perdit sa place. Dès lors il mena une vie trèsretirée, tantôt à Londres, tantôt à Lambeth , et tantôt à Richemont, chez l'un de ses frères. 11 avait supporté l'injustice de ses critiques sans emportement ; ses succès n'avaient point altéré la modestie de son caractère; ses malheurs politiques ne l'abattirent point; il se résigna noblement. En 1656 on lui offrit la présidence du collée de médecine de Londres; il la refusa, en continuant toutefois d'assister aux assemblées. Il fit don à cette corporation d'une salle d'assemblée qu'il avait fait bâtir dans son jardin ; d'un cabinet fourni de livres choisis et d'instruments, et d'une rente perpétuelle de cinquantesix livres sterling , dont l'objet était de salarier le garde de la bibliothèque, et de subvenir aux frais d'une cérémonie annuelle, dans laquelle devait ètre prononcé un discours latin en l'honneur des bienfaiteurs du collége. Peu de temps après Harvey succomba sous le poids de l'àge et des infirmités, à 80 ans. Le col- lége royal lui fit élever une statue dans la salle d'exercice du collége du Cutter. Voici la liste des ouvrages de Harvey qui sont parvenus à notre connaissance : 10 Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus , Francfort , 16.28 La meilleure édition est celle de Leyde, 1739 contenant une préface composée par Albinus. Ce traité qui renferme les plus hautes vérités physiologiques , est écrit avec beaucoup d'ordre et de clarté. L'auteur y explique démonstrativement toutes les lois de la circulation générale. Son livre contient en outre des recherches et des observations curieuses sur la différence de structure du coeur dans différents animaux, etc. La théorie de Harvey sur la circulation est, à peu d'exceptions près, celle que les physiologistes adoptent encore de nos jours , bien que les progrès de la science , depuis Haller, aient dû nécessairement y ajouter quelques lois particulières qui n'avaient point été connues du célèbre professeur de Londres. 2. Exercitationes duce anatomicoe de circulatione sanguinis ad Juan. Riolanum Rotterdam , 1649 Dès que le grand ouvrage de Harvey sur la circulation eut été publié, plusieurs médecins réfutèrent sa doctrine et le traitèrent de visionnaire; parmi ses contradicteurs étaient J. Primerose , Gaspar Hoffman, Jean Riotan , etc. Harvey avait méprisé les misérables arguments de ses critiques; mais Riolan , homme d'un talent remarquable , et qui apportait dans la discussion une mauvaise foi manifeste, lui parut être un adversaire digne de lui. Harvey lui adressa donc cet écrit, dans lequel il fait en même temps justice de tous ses autres antagonistes. Après cette victoire , ses ennemis confondus gardèrent le silence , et sa doctrine fut universellement adoptée; seulement quelques médecins, tels que Vanderlinden , P. J. Hartmann , Almeloveen , Barra , Drelincourt , Charles Patin , ont essayé, mais en vain , de prouver que les anciens avaient connu la circulation. 30 Exercitationes de ge- neratione animalium , Londres, 1651 , Ce livre curieux a eu un grand nombre d'éditions; les principales ont été publiées à Amsterdam, 1651, 166'2 et 1674; Padoue, 1666; Hanau, 1680; Leyde, 1757: cette édition fut dirigée par Albinus. Cet ouvrage, où brillent l'ordre et la clarté , où sont accumulées d'immenses recherches, avait été l'objet de constants et de longs travaux de l'auteur sur divers animaux. Il lui avait été fourni, pour ses expériences, par l'ordre de Charles ter, un très grand nombre de biches en état de gestation : mais c'est sur les œufs des. poules qu'il s'était le plus exercé. Il découvrit le premier, que le poulet tire son origine de la cicatricule de l'oeuf; et il s'aperçut que le punctum saliens est le coeur de l'animal futur. Il soutient que la génération des animaux vivipares ne diffère pas de celle des ovi- pares. 11 suppose que l'animal est, avant l'accouplement, déjà renfermé dans rceuf de la mère, comme un raccourci infiniment petit , et que le mâle ne fait qu'animer et vivifier cet oeuf, sans qu'il soit besoin pour cela du mélange des semences: il en nie le contact; mais il croit à une sorte de contagion subtile, qui affecte la femelle plutôt que l'oeuf. Harvey ne publia ce livre, à la fin de sa carrière , que pour céder aux sollicitations de son ami George Eut. 40 Exercitationes anatomicce ires de motu cordis et sanguinis circula- tione. On a joint à la fin la dissertation De corde , Rotterdam, 1659 Leyde, 1736, . Ici Ilarvey développe sa théorie sur la circulation , et entre dans d'importants détails sur le mécanisme de cette fonction. Ses Œuvres ont été réunies en 2 volumes Londres, 1766, avec une Notice sur la vie et les écrits de l'auteur, par le docteur Lawrence. Ses manuscrits, qui furent perdus au pillage de sa maison, avaient pour titre : I A prac. lice of physic, conformable to the doctrine of the circulation; o Observationes de use lienis ; 5. Ob - servationes de motu Medi. Il a encore laissé un petit écrit sur la dissection du corps de Thomas Parr, qui mourut à cent cinquante trois ans. On a publié en 1795 , dans le Magasin encyclopédique, une excellente Notice sur Harvey, traduite de l'anglais de M. Aikin , extraite du Bioeaphical essays of surgery
  • Guillaume GUEROULT( 1500) : littérateur, poêle latin et français, naquit à Rouen, vers les premières années du 16' siècle ; il quitta fort jeune sa patrie pour aller s'établir à Genève, niais les tracasseries qu'il y éprouva de la part des calvinistes l'engagèrent à venir se réfugier à Lyon, où il fut correcteur dans l'imprimerie de Balthazar Arnoullet, son beaufrère. Pendant le long séjour qu'il fit en cette ville , il composa un assez grand nombre d'ouvrages en prose et en vers, mentionnés par la Croix du Maine et par du Verdier, ,ouvrages qui, malgré leur médiocrité, sont encore trèsrecherchés par les bibliophile» Sa traduction de Paléphate , qui ne contient que le premier livre des Narrations fabuleuses , est dédiée au sénéchal Guillaume de Guadagne; elle est suivie d'Aucunes oeuvres poétiques. parmi lesquelles on remarque un sonnet sur le départ de Jodelle yssant de Lyon pour voyager à Paris. Son livre sur l' Administra- tion des républiques lui valut de la part des échevins de Lyon, auxquels il l'avait dédié, une gratification de « six escus d'or vallans quinze livres tournois o qui lui furent comptés le 29 mai 1561. A partir de cette époque, il nous échappe , et nous n'avons pas pu découvrir la date de sa mort. Suivant Lamonnoye, Guillaume Gueroult serait le méme personnage que le Guillaume Gueroand auquel Chaudon a consacré un article dans son Dictionnaire historique. Voyez le Manuel de M. Brunet, article Gueroult; le premier Catalogue de M. ViolletleDuc, p. 190; les Nouvelles archives du département du Rhône, t. 1, p. 53, et la Biographie lyonnaise, p. 140, où plusieurs autres sources sont indiquées
  • Guillaume GUMPPENBERG( 1609) : jésuite, né à Munich en 1609 , fut admis fort jeune dans la société, et professa d'abord les humanités et la théologie : il renonça ensuite à l'enseignement pour se livrer aux fonctions pénibles de la prédication, qu'il remplit pendant quarantedeux années en Italie et en Allemagne avec autant de zèle que de succès. Il fut honoré, quelque temps, du titre de confesseur du souverain pontife , et mourut à Inspruck le 8 mai 1675'. Gumppenberg a publié : 10 Stations dans les différentes églises de Rome , en italien , sous le nom de Rodolphe Grimming, Munich, 1665 ; 20 Atlas M'arianus , quo B. V. Illarioe imaginum miraculosaruiti origines XII centuriis explicantur, Munich , 1672 , Histoire du commerce des Européens dans les deux Indes t. 9. _ _ 2 vol. C'est son principal ouvrage. Il eu avait publié, vingt ans auparavant, un spécimen , et ensuite un abrégé, dont il s'est fait plusieurs éditions , assez recherchées à cause des belles gravures de Sadeler dont elles sont ornées. On cite encore du P. Cumppenberg :1. Relazione dell'imagine della madre di Dio di Chiaramonte Cestocoviense ; e Vita di S. Paolo primo eremita , Rome, 1671 , 2. Jesus vir dolorosus tllariæ matris dolorosœ filins, Munich, 1672
  • Guillaume HAAS( 1741) : célèbre fondeur en caractères, imprimeur et géographe, naquit à Bàle le 23 août 1741. Il s'occupa du perfectionnement des caractères , essaya de leur donner des formes plus agréables; et inventa aussi une nouvelle presse à laquelle il appliqua le balancier. Citoyen de la république helvétique, il rendit à sa patrie des services non moins importants: il fut nommé en 1799 directeur de l'école d'artillerie et inspec- teur général de cette arme, et fit en cette qualité la campagne de la Suisse orientale sous le maréchal Masséna; il fut ensuite élu membre du grand sénat helvétique à Berne. La géographie doit aux efforts de Haas le perfectionnement de l'art de composer des cartes géographiques en caractères mobiles. Preuschen, à Carlsruhe, en avait déjà conçu l'idée; mais , peu expérimenté dans l'art typographique, il communiqua son procédé, auquel il donnait le nom de typométrie , à l'im- primeur Hus; et celuici écarta toutes les difficultés que présentait cette méthode nouvelle: Il fondit tous les caractères et les espaces sur des parallélipipèdes qui, d'après des proportions mathématiques , pouvaient être rapprochés : pour les mots écrits dans une direction diagonale, Haas se servit de cadrats triangulaires, dont deux forment toujours un parallélipipède. L'imprimeur Breitkopf disputa cette invention à Haas et à Preuschen, en citant les différents essais en ce genre dont il s'occupait depuis vingt ans ; mais il n'avait pas deviné le procédé de .11aas, comme il résulte de la critique qu'il en a faite dans les Notices hebdomadaires de Buis. ching, 1776 , où il prétend qu'il est impossible de travailler de cette manière avec une exactitude mathématique . Doué dune grande activité d'esprit , Haas cultiva aussi avec succès quelques branches de l'économie politique. 11 termina sa vie laborieuse à l'abbaye de StUrbain , dans le canton de Lucerne , le S juin 1800. Voici le tableau des cartes géographiques que ce savant impri- meur a publiées par .le moyen de son nouveau procédé : 10 Carte du canton de elle, 1776. Cette carte, le premier essai que Haas ait exécuté en grand, se trouve dans l'ouvrage de Preuschen intitulé Histoire abrégée de la typométrie, Bàle, 1778 Guillaume Haas, son fils, a publié une nouvelle édition de cette carte, Bàle , 1795. 2" Carte de la Sicile , 1777. Büsching avait engagé Haas le père et Breitkopf à s'occuper de cette carte, parce que les ondulations des côtes et des rivières, ainsi que les ondes de la mer, y pré- sentent le plus de difficultés : Breitkopf ne l'exé- - enta point; mais la carte de liaas fut généralement jugée digne des plus grands éloges. L'auteur, qui avait prouvé la possibilité d'imprimer d'après le nouveau système typométrique nonseulement des lignes courbes dans toutes leurs variations, mais aussi des mots en caractères majuscules, de les imprimer même avec élégance et sans avoir besoin de forcer le mécanisme ou de parangonner, reçut des marques de bienveillance de la czarine et du roi de Naples. 30 Deux cartes- de la Fiance, qui font partie du Compte rendu au roi par Necker : l'une de ces cartes est exécutée avec des types français , et l'autre avec des caractères allemands. Ilaas le père s'est aussi fait connattre comme auteur. On lui doit une Nouvelle distribu- tion des espaces et des cadrats., avec des tableaux Le principal mérite de Haas, comme imprimeur, est l' des interlignes et filets proportionnels et progressifs, moyennant lesquels on compose avec la plus grande facilité et une exactitude géométrique des tableaux dont la composition embarrasse ordinairement les imprimeurs. Nous avons vu dans les plus grandes imprimeries de Paris les compositeurs chargés de tableaux travailler le ciseau â la main pour ajuster les espaces et les lignes, tandis que d'après la méthode de Haas on procède avec le seul compas. N. B. Ceci doit s'entendre des longueurs ; car quant aux épaisseurs la division de tout le système par points, due F.A. Didot, a seule remédié, dans les tableaux chargés de caractères, au défaut d'alignement des divers corps disposés sur les mêmes lignes et dans les différentes colonnes. G—Ce. , 1772 ; 1111.: Description d'une » ourdie presse d'imprimerie intenter à Bide en , 1772 , ibid.. 1790; des Dissertations iir 14 srienee forestiere , 1797 • dans les Menton- es de la Soriete écono- mique de ! Mie. vol. no 2, 1797, une Dissertation sur In diplie du bois de chauffage, et des moyens de la prirrior dans le canton de lIdle par une culture mieux entendue. On trouve une notice trèsdétaillée sur le procédé typométrique et les travaux de Hais tlans les Êphemerides géographiques publiées par A.- C. Gaspari et F.- J lierturh , Weimar, octobre 1800, t. 2, p. 370-575. — Guillaume HAAS, ; 3" Deux cartes représentant la marche des troupes françaises sous Horeau contre la Ba- riere. et leur retraite en 1796 , d'après le dessin du général Iteynier ; i" l'Italie après la paix de Campo- Foi- mi°. 1797; 5" la Suisse d'après sa nQurelle dirition 1798 ; 60 le Canton de Bille arec le Frickthal, 1799. Hans le père transportait le dessin de ses cartes à l'aide du compas : son fils imagina de le rendre avec plus d'exactitude, en appliquant le calque directement sur les types
  • Guillaume HALES : mathématicien irlandais, avait professé pendant longtemps les langues orientales au collége de la Trinité à Dublin, lorsqu'il fut nominé au rectorat de Kildare. Il y mourut septuagénaire vers 1821. On a de lui plusieurs ouvrages importants, qui se groupent en trois masses distinctes : 1. OEuvres mathématiques , ou 1. Sonorum doctrinarationalis experimentalis, 1778 2. De motibus planetarum , 1786 3. Analysis oequationum, 1786 4. Analysis fluxionum , 4800 2. OEuvres théologiques ou théologicopolitiques. Ce sont : 1. des Observa- tions sur l'influence politique de la doctrine de la suprématie papale , 1787 ; 2. des Observations sur les dimes , 1794 La traduction de la Statique des animaux de Sauvages et celle de la Statique des végétaux de Buffon ont été réunies et publiées en 1779-1780, Paris, 2 parties revues par Sigaud de Lafon. divers plans proposés pour assurer de toute autre façon la subsistance du clergé en Irlande); 3. un. Examen du méthodisme , 1803-05, deux parties 4. des Dissertations sur les principales pro- priétés relatives au double caractère du Sauveur , 1808 5. des Lettres sur les principes de la hiérarchie romaine , l81 ; 9.e édition, 1813 3.0Euvres mixtes, telles que : 1. l' In- specteur, ou Avis aux masses sui quelques points choisis de la littérature , 1799 2. Plan d'une analyse de la chronologie ancienne, 1807 5. No. uveaux éléments analytiques de chronologie , 1809-14 , 5 vol. iii-40. P—oT•
  • Guillaume HAMILTON( 1704 - 1754) : pete écossais, naquit en 170i, d'une faniille opulente et estiinée, de Bangor, au comté (l'Ayr. Il avait été élevé dans les principes jacobites, et se rangea en 1745 sous l'étendard du prétendant, dont il célébra les succès dans une belle ode sur la bataille de Gladsmuir. Après la défaite de son parti, à Culloden, il erra quelque temps dans les montagnes , passa en France, ensuite en Italie, et, ayant fait sa paix avec le gouvernement de son pays, vint reprendre possession de ses biens en Écosse : mais la faiblesse de sa santé le força de revenir chercher un air plus doux à Lyon, où il mourut en 1754. Ses principes politiques nuisirent beaucoup à sa réputation littéraire. On cite, parmi ses productions, la Contemplation ou le Triomphe de l'amour, poule; des traductions d'odes (l'Horace , des épitaphes trèsestimées, un chant célèbre et populaire, écrit dans le dialecte écossais, intitulé The Braes of l'arrow. . Ses Poésies, publiées sans son nom ni son aveu, en 1748, à Glascow, ont été réimprimées avec des additions considérables, à Édimbourg en 1760 C'est un pote du second ordre, tendre, galant, naturel et harmonieux. Il est un des premiers Écossais qui ait cultivé avec succès la poésie anglaise
  • Guillaume HAUFF( 1802) : littérateur allemand moissonné à la fleur de l'âge, était natif de Stuttgard, et vint au monde le 29 novembre 1802. Son père, après avoir rempli les fonctions de conseiller de régence à Stuttgart, de secrétaire du tribunal supérieur à Tubingue, de secrétaire au ministère des affaires étrangères à Stuttgart, mourut dans cette ville en 1809. C'était un homme d'un caractère franc, hardi, à qui son langage trop peu mesuré avait valu neuf mois de secret dans la forteresse d'Asperg , et l'honneur de paraltre devant une commission qui heureusement l'acquitta. Haut! acheva ses premières études à Blaupauren quatre ans d'études philosophiques et théologiques au grand séminaire de Tubingue complétèrent son éducation. Déjà son génie s'était déclaré; de petits poënies où il célébrait la poésie, la liberté, la vie d'étudiant , prouvaient assez que jamais il ne battrait de bon coeur les sentiers de la théologie. Ses amis le servirent selon ses voeux en 1W procurant une éducation à faire, chez le baron de Ilügel. Ses occupations dans cette riche maison n'absorbaient pas tellement son temps qu'il n'en eût assez pour faire et vers et prose. A force de s'essayer dans des genres divers , il donna la préférence à celleci , et se reconnut spécialement le talent du conteur. Son premier et surtout son second ouvrage , bien qu'inachevé, livrèrent son nom à toutes les trompettes de la renommée; et, quoiqu'il fût loin d'are irréprochable, à partir de ce jour il eut ce que d'autres n'obtiennent que tard, ce que beaucoup n'ont jamais, des enthousiastes et des envieux. Sa position pécuniaire lui permit, en 1826, un.voyage à Paris; il en revint par les PaysBas et l'Allemagne septentrionale, et, dans cette pérégrination semipoétique, il eut soin de voir toutes les sommités littéraires qui n'étaient point absolument inabordables, et avec plusieurs il noua d'utiles relations. De retour à Stuttgart, il se chargea de la rédaction du Moryenidatt que venait de quitter Haug . Mais une prompte mort allait plonger au tombeau le journaliste de vingtcinq ans, quatorze mois avant l'épip;rammatiste sexagénaire qui survivait pour ie pleurer. Hauff venait d'épouser une de ses cousines; et, avec une activité fabuleuse, il avait visité le Tyrol en été pour y recueillir les éléments d'une composition grandiose et riche; il se multipliait pour suffire aux dévorantes exigences de la presse périodique , lorsqu'il fut atteint d'une phlegmasie qui l'enleva le 18 novembre 1827. Quelques heures avant sa mort, il apprit la ba- taille de Navarin : Oh ! ditil, voilà une nouvelle « qui fera grand plaisir à Müller , je cours la lui ,‹ apprendre. » Hauff avait une facilité prodigieuse pour combiner et pour écrire ; et chaque jour il grandissait en talent. Nul doute que si, fermant l'oreille aux flatteries et aspirant à la perfection , il eût voulu s'étudier, s'amender, se débarrasser de ses défauts et viser aux qualités qu'il n'avait pas, il n'eût tin jour pris rang parmi les plus habiles conteurs dont s'énorgueillisse la littérature. Déjà tout jeune qu'il était, il faisait partie de ce groupe peu nombreux. d'auteurs que le public attend, et qui n'attendent pas le public. Sa narration est vive , légère , élégante, simple; point d'affectation, point de longs détours pour atteindre au but; ses caractères, sans étre profonds, décèlent , trahissent la main d'un maitre; ce sont des portraits achevés, il ne les dément jamais, et les traits divers qu'il préte aux personnages se développent facilement comme s'ils s'engendraient les uns les autres ; les situations attachent ; les descriptions physiques et morales sont palpitantes de vérité, étonnantes d'exactitude. Hauff possédait au plus haut degré le don d'observer et de reproduire l'observation par la parole; enfin , son style est pur , coulant, facile lorsqu'il ne se laisse point aller à imiter la phraséologie du jour , il a de la verve, de l'esprit, et rlitout de la gaieté. En revanche l'idée morale u'est pas toujours assez marquée chez lui, et il Flanque de profondeur. Il peint à ravir les superficies, les reliefs, les méplats, les accidents de lumière et le jeu des couleurs; mais on ne sait ,'il y a du solide sous ces belles surfaces. Parfois aussi il tombe dans des méprises historiques, les unes trop fortes pour ne point choquer, les autres qui ne peuvent rien produire de vrai-,emblable ou d'intéressant : à quoi bon alors . Hauff, lorsqu'il mourut, préparait un roman sur un sujet magnifique, la Révolte du Tyrol en 1809 , suais il n'a laissé de cet ouvrage que quelques pages informes
  • Guillaume HAYLEY( 1745 - 1825) : versificateur, critique et biographe anglais, naquit en octobre 1745, et, après avoir reçu sous l'aile maternelle une éducation plus élégante que solide, entra au collége de la Trinité à Cambridge. II n'y brilla point comme profond humaniste, et ne se distingua que par quelques strophes à l'occasion de la naissance de George IV. Ce morceau n'était lyrique que par le rhythme et par le nom , mais il décelait de l'aptitude à rimer et quelque goût pour le remaniement des idées et des formes littéraires déjà en circulation, Maître de son temps et d'une partie de sa fortune, Hayley se livra sans fougue et avec le calme d'un sage aux études faciles et commodes qui mettent à méme de briller vite : il lit de la littérature et de l'art, mais de la littérature en artiste et de l'art en littérateur. Cependant, gràce à ses excursions simultanées dans deux mondes en merne temps analogues et différents, il avait gagné en goût, en finesse, et il sentait avec beaucoup de délicatesse des beautés qu'il n'eût pas su produire. S'il n'était pas helléniste et latiniste de première fonce , il possédait d'ailleurs assez d'italien et de français pour lire en leurs langues les classiques de ces deux littératures; s'il ne maniait point le pinceau, s'il ne pétrissait point la glaise, il entendait souvent parler Romney et d'autres artistes, et il acquérait ainsi sur l'art des connaissances théoriques étendues et positives que d'ordinaire ne possèdent pas les amateurs, Au milieu de ces travaux et de ces délassements, il se maria ; puis, après cinq ans passés à Londres, il alla s'établi• dans une maison de campagne du comté de Sussex , où il renoua bientôt avec les muses. Des épîtres, une élégie, furent les premiers essais qu'il mit au jour. Les épîtres roulaient en général sur des matières artistiques. Les connaissances réelles dont le poète y faisait preuve n'échappèrent point aux juges qui donnent le ton au public , et une faveur assez marquée accueillit son début. Encouragé par ces suffrages, il continua , et chaque année vit éclore de sa plume quelque production nouvelle, tantôt en vers, tantôt en prose ; toutefois l'opinion ne se méprit jamais sur son compte au point d'en faire un grand poète et de prendre sa facilité pour du génie. Plusieurs çonfrères même lui conseillerent charitablement de s'en tenir à la traduction en vers a pour laquelle, dit un d'entre eux , on rte saurait méçonnaltre qu'il a du talent, bien qu'il ‹, ne reproduise pas çomplétement les grands maltres qu'il çopie. » Vers 1790, Hayley entra en liaison avec le poète Cowper, et bientôt, si l'exsecrétaire de la chambre des pairs n'avait pas eu sa réputation faite , on eût pu dire que cette liaison dégénérait en camaraderie , tant Cowper avait un chaud panégyriste dans ce noilvel ami. Tous deux se rendaient fréquemment visite. La mort de Cowper en 1800 vint couper des nœuds si touchants. liais Hayley, fidèle à la mémoire de son ami, se fit son biographe et son éditeur. Huit ans de sa vie se passèrent en grande partie dans l'acquittement de cette pieuse tâche. Au bout de ce temps on vit encore un instant reparaître le poète. Mais déjà le froid de la vieillesse l'avait saisi, et il s'éteignit le 11 novembre 1820 à Felpham , où dans les dernières années de sa vie il faisait sa résidence. On a de Hayley : 1° des Poésies diverses et pièces de ; béeirre , Londres , 1785 , 6 vol. consistant : 1. en six épltres, dont une à Romney publiée en 1778 , et trois autres qui parurent sous le titre . Le défaut général de la poésie d'Hayley, c'est qu'il ne s'y trouve rien de net, de rapide, d'incisif. 11 a d'assez jolies images ; ses métaphores sans ètre neuves ne manquent ni d'élégance, ni de variété; il raisonne, il sent, il décrit , i 1 sait beaucoup , on le voit niais il ne va point au fait, il est vague. H est plus vif et plus précis lorsqu'il développe en vers les principes de l'art; son Triomphe, au contraire, présente au plus haut degré les défauts de sa manière. En revanche les notes en sont piquantes, instructives, variées et pleines de goùt, bien que nous Français nous puissions trouver qu'il met un peu trop d'acrimonie à censurer notre école de peinture, pour la placer audessous de l'école italienne. Les notes de l'Essai sur la poésie épique sont aussi fort estimées. On y remarque surtout l'analyse du peine d'Alonzo de Ercilla et la traduction qu'llayley y joint d'une trentaine de vers de l'Ara uca n a et des trois premiers chants du Dante. 2° Divers morceaux poétiques, entre autres : 1. un Essai eu vers sur la sculpture, composé d'épîtres à .1. Flaxman, Londres, 1809 ; des eal- lu. des fondées toutes sur des anecdotes authfntiques Id relatives à l'instinct et à la sagacité des animaux, ibid., 1805, petit . 3" Trois comédies , Londres, 4811 , 4° Dialogues renfermant uci parallèle de ion? Chesterfield et de Johnson, relativement à leur histoire, lm: carac, tire et leurs ouvrages, ibid., 1786 5. Vie de Milton, à la tète de la magnifique édition de ce pee, par_ Boydell, 1796, C'est cette vie qui donna naissance à la liaison de Cowper et d'flayley : Cowper en mème temps nii'llaYkY avait à eomposer une biographie de Milton, et l'on présentait cette simultanéité fortuite eornme mie Corienunce pu une lutte. Go Vie de Cowper avec ses ouvrages posthumes, Londres, 1803l804, Ivoi. ; 2e édition, 4 vol. Il t'api. ,yjoindre 1. le Supplément d la Vie de Çowper, 48; 2. la traduction en anglais des vers latins et italiens de Apilat4, et un fragment de commentaires sur le Paradis perdu, le tout par. Cowper, Ise, ; 2e éditiO11, 1810 , 4 vol:- 74 Vie de Romney, 1809 Ilayley a encore donné une édition des Poésies choisies de Davies Morgan de Bristol, 1..on- &es? 1810 Il avait laissé es Mémoires, qui ont «é publiés après sa mort, Londres, 1825, 2 vol
  • Guillaume HEBERDEN( 1710 - 1801) : médecin anglais du 18. siècle , naquit à Londres en 1710. 11 commença dans cette brillante capitale le cours de • ses études , qu'il alla terminer à Cambridge. Il obtint , en 1739 , le doctorat à la célèbre université de cette ville , s'y fixa , et y exerça la médecine pendant dix années, joignant aux travaux de la pratique l'enseignement de la matière médicale. En 1748, il quitta Cambridge pour s'établir à Londres, où il s'acquit, en trèspeu de temps, une grande réputation. Déjà membre du collége des médecins, il fut accueilli, en 1749, par la société royale; et celle de médecine de Paris lui adressa, en 1778, un diplôme de correspondant. Parvenu à une heureuse vieillesse, jouissant d'une fortune honnète , Ileberden crut pouvoir goûter quelque repos : il passait tous les étés à sa jolie maison de campagne de Windsor. Après avoir parcouru sans trouble et presque sans douleur une longue et honorable carrière , il s'éteignit, nonagénaire, le 17 mai 1801. Ce fut lui principalement qui , en 1766 , détermina le collége des médecins à publier des Mémoires , parmi lesquels ceux de sa composition ne sont pas les moins intéressants. Il suffira de citer les plus remarquables : 10 Réflexions sur les moyens de se procurer de l'eau plus pure que celle que fournissent les pompes de Londres ; 2^ Observations Sur les as- carides : ces vers, plus petits que les autres, qui infestent les portions supérieures du tube intestinal, se nichent de préférence au bas de ce canal, et causent souvent au rectum des démangeaisons et même des douleurs insupportables à l'anus. 3. Sur la fièvre hectique ; 4. Traité des maladies du foie ; 50 Histoire de l'angine de poitrine; 6. Description de la méthode dont se servent les Chinois pour pré- parer la racine de ginseng. Heberden a aussi enrichi les Transactions philosophiques de quelques articles relatifs à la météorologie et à la médecine. Il a composé en outre des écrits spéciaux. 7. An-. titheriaca , an essay on mithridatium and theriara, Londres, 1745 8° Comtnentarii de morborum historia et curatione, Londres, 1802 précédé La Vie de Reginald Heber, par sa veuve, est suivie d'un Choix de sa correspondance, de ses poésies , etc. , 1830 , 2 vol. Il a paru aussi vers le même temps un volume de 355 pages, intitulé les Derniers jours de l'évéque Ileber. Outre les écrits cités dans l'article cidessus, on doit à ce respectable prélat , que ses compatriotes ont surnommé le Fénelon anglais : le Sentiment de l'honneur, 1805; Banzpton's lectures , 1816 ; la Vie de Jeremy Taylor, suivie d'un examen critique de ses écrits, 1824 , 2 vol. avec por- trait. Les lecteurs qui ne savent pas l'anglais peuvent prendre une idée de la vie, du caractère et des écrits de l'évêque de Calcutta, en lisant la Revue britannique de juin 1827 et d'août 1828. L. Medical transactions il en a paru un premier volume en 1768, un deuxième en 1772, un troisième en 1785. d'une notice sur la vie de l'auteur. Dès l'année 1782, Ileberden avait achevé cet ouvrage en latin et en anglais ; mais il ne voulut point le publier de son vivant. 11 confia le double manuscrit à son fils, qui s'empressa d'en faire jouir ses compatriotes. Les étrangers ne tardèrent pas à sentir le prix de ce travail utile. L'illustre S.T. Semmering en donna une édition estimée, Francfort, 180.4 ; et J.F. Niemann , une traduction allemande avec des notes, Leipsick, 1805 Les cent deux articles qui forment la substance de ce livre classique sont disposés selon l'ordre de l'alphabet. Afin d'éviter les illusions séduisantes d'une théorie trop souvent mensongère, Heberden a voulu transmettre à ses contemporains et à la postérité les résultats satisfaisants d'une longue et heureuse expérience. Il reproduit avec de nouveaux développements les Mémoires qu'il avait insérés dans des collections périodiques; il donne surtout de nombreuses additions à celui qui a pour objet l'angine de poitrine. On lui doit nonseulement cette dénomination, mais encore les caractères essentiels de cette affection singulière, qu'il a fixée irrévocablement parmi les névroses, malgré les objections subtiles et les arguments spécieux de Jean Fothergill , de Jean Haygarth et de J.J. de Berger, qui la regardent comme une phlegmasie
  • Guillaume HERIS( 1657 - 1724) : poëte latin, naquit à Liége en 1657 . 11 entra en 1676 dans le couvent des Carmes déchaussés , où on lui donna le nom de frère Herman de SainteBarbe. Après s'étre appliqué à l'étude de l'Écriture sainte et des Pères de l'Église, il consacra ses moments de loisir à la poésie, mais le genre qu'il adopta de préférence, ce furent les vers lettrisésou tautogrammes, pour lesquels il avait une si grande facilité, qu'il avoue luimême qu'une de ces pièces lettrisées ne lui avait coûté que deux ou trois heures de travail. On peut avancer sans crainte qu'il laissa loin derrière lui les auteurs qui se sont appliqués à ce genre de composition. liens mourut à Namur en 1724. On a de lui les ouvrages suivants : I. Car- melus triomphons sen sacrœ panegyres sanctorum Carmelitarum ordiue alphabetico compositœ , cum nova et extraordinaria methodo, Liége, 1688 de 370 pages. Livre rare et singulier. Ces panégyriques, dédis à JeanLouis d'Elderen, prince de Liége , sont lettrisés, c'est-àdire que chaque mot du panégyrique commence par la lettre initiale du saint qu'il célèbre. C'est ce que l'auteur appelle donner des éloges cum extraordinario me- thodo. Cette méthode en effet n'est pas fort usitée. Peignot a , dans ses Amusements philologiques, inséré comme échantillon quelques fragments du panégyrique de Si- Louis. que le P. Herman a jugé convenable de rattacher à son ordre. Un pareil travail prouve sans doute dans l'auteur une patience extraordinaire. Cependant, malgré l'autorité de Buffon , il suppose aussi l'absence la Voyez les Amusements philologiques de M. Peignot, 2e édition, p. 97. On se rappelle que l'illustre auteur de l'Histoire univer- selle a défini le génie une plus grande aptitude à la patience. plus complète de génie. 20 Méditations sur l'orai- son dominicale , tirées des OEuvres de Ste- Thérèse, Lige, 1705 Cet ouvrage anonyme lui est attribué par le bibliothécaire de son ordre. 30 Patrocinium potentissimum divi Josephi , totius imperii civitatis ac patrioe Leodiensis protectoris et patroni , laconicis versibus exaltatum , ibid 1691 Ce volume contient également la liste des chanoines de la cathédrale. L'auteur a accompagné les noms de ces messieurs d'une anagramme et d'un distique à leur louange. 4° Carmelo- Parnassus in xenium oblatus minent. ac reverend. D. Joanni Gualterio Slusio Leodiensi S. R. ecclesim cardinali, ibid., 1687 Ce livre, consacré à célébrer le cardinal de Sluse , contient un éloge de StJeanBaptiste , composé de près de deux mille mots, qui tous commencent par des J ; il contient également un peme adressé à M. de Sluse, dont tous les mots commencent par une S. Heris a encore laissé manuscrits les ouvrages suivants , qui se conservaient dans la bibliothèque des Carmes déchaussés de Liége , et dont nous devons la connaissance à M. de Villenfagne ; 10 Méditations et prières, 2 vol. 2. Le parfait supérieur , 1 vol. ouvrage plein de recherches ; 3° Histoire de la naissance de l'ordre des Carmes dans la princi- pauté de Liège , I vol. Cette histoire assez intéressante est écrite en latin
  • Guillaume HOMBERG( 1652) : célèbre chimiste , né à .Batavia le 8 janvier 465e, était fils d'un gentilhomme saxon employé au service de la compagnie hollandaise des Indes orientales : son père le destinait à l'état militaire; mais les circonstances l'ayant déterminé à repasser à Amsterdam avec sa famille , Homberg entreprit de refaire entièrement son éducation, qui avait été fort. négligée. Après avoir achev rapidement ses premières études, il alla étudier le droit aux universités de Iéna et de Leipsick,.et se lit recevoir en 1674 avocat à Nlagilebourg, ville qui devait aux expériences physiques d'Otto de Guéricke un nouveau genre de célébrité. Quoiqu'il fùt alors sérieusement appliqué aux affaires de son cabinet, Homberg ne laissait pas de rassembler des plantes pour en examiner les caractères, et de passer une partie des nuits à observer le cours des astres. Ce fut ainsi , dit Fontenelle, qu'il devint botaniste et astronome sans y penser et en quelque manière malgré lui. Le bruit des découvertes d'Otto de Guericke lui fit rechercher son amitié; et il fut bientôt lié avec cet habile physicien, qui lui révéla ses secrets, ou du moins ne put les dérober à sa pénétration. Son goût pour les sciences naturelles s'accroissait chaque jour, et finit par le détourner de ses occupations. Ses amis voulurent l'y ramener, en le forçant de se marier : il échappa à leurs importunités en partant pour l'Italie. Il étudia à Padoue la médecine , l'anatomie et la botanique; à Bologne, il travailla sur la pierre phosphorique qui porte le nom de cette ville; à Home, il apprit de ?larcAnt. Celio, bon mécanicien, à fabriquer de grands verres de lunettes. Riche de tant de nouvelles connaissances , il vint en France; 'mais il ne s'y arrêta que quelques mois, et passa en Angleterre pour entendre l'illustre Boyle. De retour en Hollande, il shit les leçons de Graaf , savant anatomiste , et se rendit ensuite à Wittemb.erg, où il se fit recevoir docteur en médecine. Son père lui écrivit alors pour l'engager à se donner entièrement à l'exercice de sa profession ; 'nais cet arrangement n'entrait point dans ses vues : plus il savait, plus il se sentait tourmenté du désir d'apprendre. Il reprit bientdt le cours de ses voyages, et visita l'Allemagne, la Hongrie, la Bohème et la Suède, recherchant partout la société des savants, et s' par ses propres observations. Il traversa ensuite la Hollande, et revint en France, où Colbert, informé de son mérite , le fixa par des offres avantageuses . Ilomberg perdit peu après son protecteur , et encourut la disgrAce de son père pour être rentré dans le sein de l'Église romaine. Ce double malheur lui fut d'autant plus sensible qu'il n'avait jamais songé à s'assurer une existence indépendante. 11 était dans cette situation , lorsqu'un alchimiste de ses amis, voulant le convaincre de la possibilité de faire de l'or, lui fit présent d'un lingot qu'il prétendait avoir fabriqué luimême; et Homberg avouait que cette tromperie lui avait été faite assez à propos. Il eut quatre cents francs de ce lingot; et cette somme lui servit pour retourner à Rome , où il pratiqua la médecine avec beaucoup de succès. L'abbé Bignon le rappela en 1691 à Paris, et le lit agréger à l'Académie des sciences, nouvellement organisée. Homberg était alors connu par ses phosphores, par une machine pneumatique plus parfaite que celle de Guéricke , par ses mi- croscopes et par une foule de découvertes en - chimie. Sa réputation le fit choisir en 17O, par le duc d'Orléans, pour lui enseigner la physique; et, deux ans après , ce prince le nomma son premier médecin , avec un traitement considérable. Des soupçons planèrent sur lui à l'occasion des empoisonnements qui frappèrent la famille royale et dont le duc d'Orléans fut accusé par le peuple d'etre l'auteur. Le duc d'Orléans, ne pouvant obtenir de Louis XIV qu'on le jugeât, avait obtenu que son médecin et maître de chimie , Homberg, entràt à la Bastille pour y etre juge; mais cet ordre fut aussitôt révoqué . Homberg avait épousé en 1708 la fille du médecin Dodart, qu'une conformité singulière de goût et d'humeur lui avait rendue chère ; aussi son mariage ne ralentit point son ardeur pour l'étude. Une dyssenterie à laquelle il était sujet depuis quelques années , et qu'il se contentait de guérir sans en détruire la cause, l'emporta au milieu de ses travaux le '24 septembre 1715. Jamais, dit Fon-', tenelle, on n'a eu des moeurs plus douces ni plus sociables. Une philosophie saine et paisible le disposait à recevoir sans trouble les différents événements de la vie. À. cette tranquillité d'âme « tiennent nécessairement la probité et la droi- ture. » Homberg n'a point publié de corps d'ouvrages ; mais il a inséré dans le Recueil de l'Académie des sciences, années 1692 et suivantes, quarantehuit mémoires, tous singuliers, curieux et intéressants. On se contentera de citer les principaux : 10 Manière de faire le phosphore bridant de Kunckel, année 1692. C'est le phosphore d'urine aujourd'hui généralement connu. 2' Diverses expériences du phosphore, ibid.; 5. Ré- flexions sur l'expérience des larmes de verre qui se brisent dans le vide , ibid. ; Expériences sur la germination des plantes, année 1693 ; 5° Essais de chimie, années '1702, 1705, 1709. On en trouva la suite dans ses manuscrits. 6' Observations faites par le nziroir ardent , 1702; 7° Analyse du soufre commun, 1705 ; Découverte d'une liqueur qui dissout le verre , 1703 ; 9° Observations sur les araignées , 1 707 ; 10° Mémoire touchant les végé- tations artificielles , 1710; 11- Manière de copier sur le verre coloré les pierres gravées, 1712. C'est à Homberg qu'on doit cette branche d'industrie, et la multiplication d'un grand nombre de morceaux précieux. 12. Observation sur une séparation de l'or d'avec l'argent par la fonte, 1715 ; 15. Sur différentes végétations métalliques , 1692 ; — Sur les dissolvants du mercure, 1700; — Sur la génération du fer, 1705; — Sur la vitrification de l'or, 1707. llomberg s'était beaucoup occupé des métaux , et n'était pas éloigné de croire à la pierre philosophale. On peut consulter, pour plus de détails, Chautfepié et le P
  • Guillaume HORMAN : natif de Salisbury, après avoir fait ses études avec beaucoup de succès au collége Neuf d'Oxford, dont il était un des membres, devint en 1485 principal du collége d'Eaton. Il y mourut le 12 avril 4535, étant devenu viceprévôt et s'étant fait la réputation d'excellent • critique et de savant théologien. On a de lui 10 Anti- Bossicon ad Gulielmum Lilium, 15'21 ; Apologeticon contra. Roberti Whittington , prolo- vatis Anglice , incivilem indoctamque crizninationem, 15. 21 ; Vulgaria puerorum 4° Compendium historia Gulïelmi Malmesburiensis ; Epitome historia Johannis Pici Mirandulce ; Elegke in mortem Gulielmi Lilii ; 7. Anatonzia membrorum hominis ; 80 Anatomia corporis humani ; 9. In theologiam Gabrielis ; 10° Fascis rerum britannicarum; 110 De secundo regis connubio. Cet ouvrage est contre divorce de Henri VIII. 120 Epistolce et orationes ; 150 Herbarum synonyma; 140 De arte dictandi ; 450 La Catonem de re rustica ; 460 In Varronenz Columellam, etc., De re rustica. Jean Bale et le docteur Pitts ont confondu cet auteur avec Godefroi liorman son contemporain, qui habitait à Cambridge pendant que Guillaume résidait à Eaton. Il y a d'ailleurs dans la vie de ces deux savants plusieurs circonstances qui ne sauraient convenir à la mènae personne
  • Guillaume HUDSON( 1730 - 1793) : pharmacien et botaniste anglais, était né dans le Westmoreland en 1730. Son goùt le porta vers l'étude des plantes : la publication de sa Flore anglaise le mit en rapport avec Linné, Haller et d'autres naturalistes célèbres et lui ouvrit les portes de la société royale. Il professa longtemps la botanique au jardin des apothicaires à Chelsea, fut un des membres les plus actifs de la société linnéenne , et mourut le 23 mai 1793. On a de lui Flora anglica, Londres, 1762 Ce livre devenant rare, Hudson en donna une seconde édition, ibid., 1778, 2 vol. augmentée et enrichie de beaucoup de choses nouvelles. II rangea ses plantes d'après le système de Linné , qu'il fut un des premiers à adopter en Angleterre , et en indiqua plusieurs inconnues au professeur d'Upsal. Cet ouvrage est bien fait : la préface et l'épître dédicatoire, écrites avec beaucoup d'élégance, sortent , diton , de la plume de Stillingfleet , ami de l'auteur, et qui l'avait fortement encouragé à étudier les écrits de Linné. Un incendie affreux avait dévoré en 1783 la bibliothèque et les manuscrits de Hudson, ce qui priva le public d'une Faune anglica pour laquelle il avait préparé de nombreux matériaux
  • Guillaume HUGON ou HUGONET : bailli du Charolais et chancelier du duché de Bourgogne, dont il était originaire, prit part aux principales affaires de son temps. Il accompagna le duc Charles à Trèves, lors de son entrevue solennelle avec l'empereur Frédéric , dont le duc de Bourgogne espérait obtenir la dignité royale en faveur du mariage projeté entre Marie sa fille et l'archiduc Maximilien. En 1474 , à Bovines , il traita de la paix si difficile à maintenir entre deux princes tels que Louis XI et Charles le Téméraire, et les ambassadeurs du roi et du duc firent porter sur le connétable de SaintPol le poids des intrigues qui avaient brouillé leurs maltres. Deux ans après , le chancelier remit à Louis XI le connétable réfugié dans les PaysBas , ce qui attira sur lui la haine de son fils. Lorsque Marie de Bourgogne , opprimée par les Gantois, rechercha l'appui de Louis XI, son chancelier et lmbercourt furent obligés de consentir à_ la remise de l'Artois entre les mains du roi , qui bientôt après compromit les ambassadeurs en découvrant aux députés gantois le secret des négociations. Excité par le comte de SaintPol et les amis du connétable , le peuple de Gand intenta contre les deux ministres des accusations dont ils se justifièrent aisément. Mais leur perte était jurée ; malgré leur appel au parlement de Paris , malgré Marie accourue en habits de deuil sur la place publique et dont les pleurs touchaient déjà la multitude, une soldatesque furieuse , tournant ses •armes contre la souveraine , fit consommer sous ses yeux la double exécution de ces ministres le 3 avril 1477. Louis 'XI se hàta de réhabiliter la mémoire du chancelier, et fit dresser des lettres patentes en faveur de ses enfants. — Philibert HUGON, son frère, avait succédé dans l'évêché de Mâcon à Étienne, son oncle. H fut fait cardinal par Sixte IV, et remplit plusieurs missions à Rome et à Naples. A la mort du chancelier, il se retira en Italie, fut légat à Viterbe, et mourut en 1484. La chambre apostolique fit les frais des funérailles de ce cardinal , mort pauvre après avoir libéralement protégé les sciences et occupé des emplois importants. Antoine Lulle , docteur célebre du 15e siècle , prononça son éloge. On a quelque raison de penser que le personnage objet de l'article suivant sort de la même tige. — HucoN de la Reynie était issu d'une maison dont une branche, fidèle à la postérité de Marie de Bourgogne, se retira en. FrancheComté, où elle subsiste encore et porte les noms de Poligny et d'Augicourt , et dont une autre suivit le parti de France et demeura dans le duché de Bourgogne après sa réunion à la couronne. Fiacre Hugon se fit remarquer au grand conseil par Charles IX, qui le nomma président au parlement de Dijon en 1568. Il fut au nombre des commissaires choisis dans la magistrature et les états pour corriger les coutumes de la province, et c'est une étude fort instructive de suivre dans leurs travaux , recueillis par Palliot et le président Bouhier, les progrès du droit politique et civil au milieu d'une époque si orageuse. En 1570, le roi chargea de terminer cette réforme Fiacre Hugon, qui succédait au premier président Jean de la Guesle, nominé procureur général au parlement de Paris. La noblesse proposait de nouveaux articles qui autorisaient les pères et mères à disposer inégalement de leurs biens entre leurs enfants. Elle avait mis dans son parti les ecclésiastiques entièrement désintéressés. Le tiers état seul s'opposait à cette nouveauté ; enfin il se rendit malgré lui aux voeux des deux autres ordres, que les représentants de l'autorité royale devaient ménager dans la situation critique où les guerres civiles mettaient le royaume. S'effor-çant de faire prévaloir les réformes utiles et d'écarter celles qui pouvaient devenir abusives, Hugon, apres beaucoup de délais, renvoya à l'assèmblée générale des trois ordres les délibérations relatives aux anciens articles de réformation, et homologua ceux qui concernaient les successions et qui ne furent enregistrés au parlement qu'en 1575. Henri III, satisfait de voir le duc d'Anjou , son frère , appeler à son conseil et choisir pour garde des sceaux un serviteur aussi fidèle qu'éclairé, autorisa Hugon à exercer cet office avec celui de président ; mais cet illustre magistrat ne jouit pas longtemps il e cette distinction. 11 mourut le 14 septembre 1581 à Péronne, où le service du duc d'Anjou près d'entrer dans les PaysBas l'avait appelé , et dans un moment où ses conseils auraient été le plus nécessaires à ce jeune prince. Son coeur fut rapporté en Bourgogne, et un tombeau fut érigé à sa mémoire dans l'église de sa terre de Villey près de Dijon
  • Guillaume HURN( 1760 - 1829) : sectaire anglais , né à Hockham au comté de Norfolk, vers 1760, servit plusieurs années comme lieutenant dans la milice de Suffolk pendant la guerre de l'indépendance américaine. Chose singulière ! cette guerre développa chez lui des idées religieuses qui finalement lui firent quitter sa carrière pour l'état ecclésiastique. La duchesse douairière de Chandos et une autre grande dame le présentèrent en 1790 pour le vicariat de Debenham ; et bientôt à ce bénéfice Hurn joignit la place de chapelain de la duchesse , qui du reste en avait plusieurs. Hurn divisa son temps entre les soins de son ministère, auquel il vaquait avec la ferveur la plus vive, et quelques travaux moitié littéraires , moitié ecclésiastiques. Jeune , il se livrait à la poésie, il y revint dans l'âge mùr, mais en consacrant toujours ses chants à des objets religieux. Consciencieux et sincère pardessus tout, vers la fin de sa carrière il se sentit des doutes, soit sur la légitimité, soit sur la suprématie de l'Église anglicane ; et, après une scrupuleuse investigation, il crut devoir renoncer aux fonctions qu'il remplissait depuis un tiers de siècle. C'est ce qu'il annonça le 13 octobre 1822 à ses paroissiens, par deux sermons d'adieu. En vain ceuxci firent des efforts de tout genre pour le garder, en vain allèrentils jusqu'à lui offrir d'élever à leurs frais à Debenham un oratoire pour son culte de prédilection, s'il voulait rester parmi eux, il déclina ces ; propositions fort singulières, il est vrai , et, renonçant aux avantages du ministère, alla s'établir à Woodbridge. Il faut dire qu'il était à l'aise, veuf depuis 1817 et sans enfants. Quelques adhérents le suivirent et formèrent autour de lui le noyau d'une congrégation qui prit un certain accroissement. Hurn construisit à ses frais une chapelle, la remplit des objets nécessaires au culte, et naturellement devint le chef religieux de cette petite association. Une grande liberté dans l'interprétation de l'Écriture, et l'indépendance relativement à l'Église établie, en d'autres termes, la négation complète de toutes les idées hiérarchiques, tels sont les deux principes fondamentaux de la secte de Ilurn, qui, comme les quakers, les méthodistes et d'autres mystiques, aspire à une haute pureté morale, et qui, bien qu'hostile à l'esprit de l'Église établie, suit sa liturgie sans scrupule. Hurn mourut le 9 octobre 1829. On a de lui : •. La Colline des Grutières, Londres, 1777 peme descriptif qui décèle de la facilité, de la lecture ; 2. les Bienfaits de la paix, et diverses poésies, Londres, 1784 3. Hymnes et cantiques spirituels, suivis d'une traduction métrique des psaumes, Londres, 1824 2. édition. Le but de Hurn était de donner un nouveau livre d'hymnes embrassant toutes les matières et tout le cycle de l'année, et strictement conforme au dogme : comme poésie , cet ouvrage n'est guère audessus du médiocre ; toutefois on y sent un pone ; à défaut d'abondance, il y a de la variété, de la précision , et parfois du motive- , ment. 4^ Plusieurs sermons, parmi lesquels nous citerons les deux derniers, réunis avec des remarques et additions en un volume intitulé Témoignage d'adieu, Londres, 1823
  • Guillaume HUSKISSON( 1770 - 1830) : homme d'État anglais, naquit le 11 mars 1770 à Birchmoreton dans le comté de Worcester. Ayant de bonne heure perdu sa mère, il fut emmené à Paris en 1783 par son oncle maternel Gern, qui, médecin de l'ambassade anglaise, conçut l'idée de lui laisser un jour sa place comme si elle eût été inféodée à sa famille. Mais l'anatomie, la clinique inspirèrent plus de répulsion que d'ardeur au jeune homme; et il ne parait pas vrai qu'il soit jamais entré comme apprenti chez un pharmacien. Il n'est pas exact non plus de dire que son oncle l'ait placé commis dans une maison de commerce. Le fait certain est que trèsjeune encore, et tandis qu'il était censé se livrer aux études médicales, il se mèlait de politique avec l'enthousiasme et l'inexpérience de son àge. La France alors, après un long calme, débutait dans la carrière des révolutions. Parlant le français avec facilité, gràce à son éducation parisienne, Huskisson lisait les jour- lare flûtiste, annonça luimême sa fin prochaine. Dans huit jours, ditil, vous reviendra pour moi; et huit jours après il suivit son ami au tombeau. naux, les pamphlis, les discours que chaque jour voyait éclore, prenait parti pour les innovations, et, membre du club de 1789, y pérorait parfois. Il faut dire pourtant que ce club, d'abord en faveur du mouvement, ne tarda point à se trouver dans la résistance, et qu'en conséquence c'est à tort que plus tard les ennemis de Huskisson lui jetèrent à la tete , à cette occasion , les épithètes de démocrate et de jacobin. Ses paroles au reste roulaient sur des sujets spéciaux et sérieux d'économie politique; et ce qu'il proclamait dans l'effervescence de sa jeunesse n'eût point été réprouvé par la circonspection de son âge mûr. A propos d'une émission d'assignats, par exemple, il insistait sur la nécessité de ne point multiplier des valeurs évidemment dépréciables, sans faire marcher de front la vente des propriétés nationales, seule base de leur valeur, conseil avoué par l'économie politique la plus méticuleuse. La modération de Huskisson devint plus grande encore quand, cette même année 1792, sur la présentation du chapelain Warner, il fut nommé secrétaire particulier de l'ambassadeur anglais en France , lord Gower, que bientôt il suivit en Angleterre lorsque la rupture entre le cabinet de SaintJames et la convention fut imminente. Il resta quelques mois dans la société de son patron, sans position nette et sans autre occupation que l'étude des questions du jour et des livres d'économie politique jusqu'à ce qu'il passât de la maison de lord Gower au bureau d'émigration de Dundas, qui, pour se tenir au fait de tout ce qui regardait les nombreux réfugiés français , avait besoin d'un homme parfaitement au courant. et de lai langue française et des événements . Ce fut là l'origine de la haute fortune de Huskisson. Sa facilité, l'étendue et la précision de ses connaissances, la méthode et la clarté de ses rapports le firent remarquer de Canning, avec lequel dès lors il se lia intimement, et de Pitt, qui acheva de lui faire oublier ses précédents révolutionnaires. En 1795, Blindas, alors ministre de la guerre, le nomma clercchef; et l'année suivante, au titre de membre de la chambre des communes que lui décerna le bourgpourri de Morpeth, sous les auspices de Pitt, il joignit l'office le classa enfin dans l'aristocratie anglaise. Il n'avait encore que vingtneuf ans. La retraite de Pitt en 1801 interrompit un instant cet avancement rapide. Il quitta le secrétariat de la guerre ; et aux élections générales de 1802 il fut évincé par une forte majorité à Douvres, où il se croyait plus de chances qu'à Morpeth. Il ne reparut au parlement qu'en 1804, pour le bourg de Liskeard. Le jour int.'me de son élection , Pitt ressaisissait le pouvoir, et bientôt après il partageait entre Huskisson et SturgersBourne le secrétariat de la trésorerie. Dépouillé de cette charge lucrative à l'avénement de Fox , en 1806, Huskisson la recouvra l'année suivante sous Perceval, et pendant ce temps il n'avait cessé de faire partie de la chambre , où le renvoyèrent d'abord ses amis les électeurs de Liskeard , et ensuite ceux du bourg de Ilarwich : dès lors il ne quitta plus le parlement, trois fois Chichester , et une fois Liverpool l'ayant choisi pour les représenter. La réputation à laquelle, à partir de 1807, s'éleva Huskisson justifia leur choix. Jusqu'alors il n'avait parlé que .rarement. Les ministres pouvaient connattre ses talents : ils faisaient à la tribune grand usage des documents qu'il avait élaborés, et transmettaient en quelque sorte à la chambre les explications et les développements qu'il leur donnait de vive voix. Mais dans la session de 1807, et plus encore dans les suivantes, il parut fréquemment à la tribune et se fit une réputation d'orateur et d'économiste. Tantôt rilinistre, tantôt fonctionnaire en rapport intime avec le cabinet, il appuyait pour.. l'ordinaire les projets du ministère : plus d'une' fois pourtant il différait par quelques nuances d'avec les ministériels purs, soit sur l'émancipation des catholiques dont il soutenait avec Canning l'urgente nécessité, soit sur l'opportunité de cette guerre à mort que l'Angleterre soutenait contre Napoléon et qu'il n'approuvait pas empiétement, soit enfin contre diverses mesures relatives au commerce et à l'agriculture. Bien qu'en général il pût parler sur toute espèce de i sujets, ce fut spécialemetit de ces derniers qu'il entretint la chambre. Les lois sur les grains et sur les tarifs protecteurs des manufactures exercèrent aussi son éloquence, ainsi que celles sur les manufactures et le commerce des soies, des laines et du sucre. Ses principes, en harmonie avec ceux des économistes les plus hardis , fléchissaient pourtant devant les exigences des circonstances : il admettait que les manufactures doivent savoir se passer de tarifs protecteurs, qui trop souvent éteignent l'émulation par le monopole et empochent les perfectionnements, et que le commerce des grains doit être libre comme tout autre : au besoin, cependant, il restreignait l'exportation et graduait des tarifs. Il demandait la liberté du commerce, et par conséquent l'abolition du célèbre acte de navigation de Cromwell, pour le remplacer par la réciprocité dans tous les traités de commerce. Il posait les vrais principes en matière de papiermonnaie, de banques privilégiées , de colonies , d'adoucissement des droits; et partout il savait nuancer, modifier le rigorisme des théories suivant les temps, les lieux, les précédents et l'opinion. Premier secrétaire de la trésorerie en 1807, il vint au secours de Perceval et soutint contre les attaques de lord Pelty et de Tierney le système suivi par le ministre à l'égard de la banque. Moins favorable à l'administration depuis qu'il eut cessé d'en faire partie en 1809, il éleva en 1814 de solides objections contre la demande ; il avertit fabricants et ouvriers que la fixation . Dans l'application pourtant il sut modifier ses principes, du moins pour l'exportation des machines , et sur quelques autres points. Aussi Parnell et son école lui reprochaientils, non sans quelque raison, de n'avoir qu'en apparence établi la liberté du commerce des grains; et, pressé entre deux systèmes ennemis , lluskisson ne se retirait du combat qu'avec peine. L'échec du bill des céréales, évidemment élaboré par lui en 1826 , n'ébranla pas sa position ministérielle; mais on remarque , comme incident curieux, que lord Wellington, dont l'amendement dénatura le bill au point d'en faire opérer le retrait, s'appuya par inadvertance de l'opinion du trésorier de la marine, opinion diamétralement contraire à la sienne. Bientôt après, Canning mourut; lluskisson devint ministre de la guerre et des colonies dans l'administration Godericli , et quand, ainsi que tout le monde le prédisait, cet éphémère cabinet tomba, lluskisson resta debout. on lui reprocha trèsvivement cette fidélité à sa place, et il ne se défendit que par le protocole accoutumé. 1.e fait critain est que son ambition ne pouvait laisser aller le portefeuille, et que pour le retenir il eùt fait plus que beaucoup d'autres. Mais sa flexibilité ne pouvait désarmer l'antipathie du torysme , et il était îlien convenu qu'on l'évincerait, n'importe comment. Une discussion au parlement sur l'affranchissement d'East Bedford en fournit l'occasion : on le somma (le tenir un engagement que jadis il avait pris imprudemment en faveur de cette ville, et par là de se mettre en opposition avec ses collégues. 11 obéit à cette brusque nécessité, puis il écrivit au duc (le Wellington pour offrir sa démission au cas où ses collegues la croiraient nécessaire. Le duc le prit au mot, et, malgré toutes les tergiversations, les explications et les manoeuvres auxquelles eut recours le démissionnaire, il lui donna un successeur. Huskisson se jeta dans l'opposition, et n'appuya parmi les mesures gouvernementales que le bill (l'émancipation catholique, en 1829 ; il croyait devoir à la mémoire de Canning cette manifestation. Du reste il parla pour l'abaissement des droits imposés ait commerce avec la Chine et l'Inde ; puis contre le monopole de la compagnie des Indes et contre celui de la banque d'Angleterre; puis pour l'assimilation des juifs aux autres Anglais en matière civile, et il présenta au parlement la pétition des négociants de Liverpool , relativement à l'interruption des conuntinications commerciales entre le Mexique et la GrandeBretagne. Sur ces entrefaites, les chambres furent dissoutes. lluskisson inalade déclara ne plus vouloir être réélu , et, if ;11Ia passer quelques semaines dans l'lle de Wight. Mais on vint lui dire que son nom était plus que jamais populaire à Liverpool : il accepta la candidature qu'on lui offrait et se rendit dans cette grande ville : une mort terrible l'y attendait. On inaugurait la route en fer de Liverpool à Manchester, Iluskisson avec plusieurs illustres personnages venait de faire le rapide voyage sur le Northumbrie; et, descendu de cette voiture, il courait familièrement sur la route entre les deux rails : tout à coup une autre voiture à vapeur l'accroche, lui brise la jambe et le jette mourant sur le sol. Il expira la nuit suivante, le 15 septembre 1830. P—OT
  • Guillaume IMBERT : né à Limoges, entra fort jeune dans l'ordre de StBenoît. Il y avait été contraint par son père ; aussi protestatil contre ses voeux, qui furent annulés longtemps avant la révolution. Cependant des raisons particulières décidèrent Imbert à quitter la France, et il s'établit à Neuwied. Il était de retour en France depuis plusieurs années, lorsqu'il mourut à Paris le 19 mai 1803, âgé d'environ 60 ans. Ou a de lui : 1. État présent de l'Espagne et de la nation espagnole, traduit de l'anglais, 1770, 2 vol. livre qui fut supprimé dans le temps. M. Boucher de la Richarderie attribue cette suppression à un passage qu'il rapporte , et qui est relatif au goùt immodéré de Charles III pour la chasse, goùt qui se trouvait être précisément l'un des faibles de Louis XV. Ce livre n'était pourtant qu'une traduction des Letters upon Spain d'Édouard Clarke, qui avaient paru à Londres, 1763 2° la Philosophie de la guerre, extrait des Mémoires du général Lloyd , traduits par un officier français, 1790 L'officier français traducteur des Mémoires est Romance, marquis de Mesmon ; c'est Imbert qui a fait l'extrait. 3° Correspondance littéraire secrète, '1774 et années suivantes. Imbert fut pendant longtemps le principal rédacteur de cette correspondance, qui paraissait toutes les semaines par numéros ou cahiers d'une demifeuille, suivis quelquefois d'un supplément. Le premier numéro est du 4 juin 1774, et l'entreprise a été continuée au moins jusqu'au 7 mars 1793 . On avait commencé une réimpression de cet ouvrage sous le titre de Correspondance secrète, politique et littéraire, ou Mémoires pour servir à l'histoire des cours, des sociétés et de la littérature en France depuis la mort de Louis XV, Londres. , 1787-1790,18 vol. qui ne vont que jusqu'aux premiers jours d'octobre 1785. Cette Correspondance a beaucoup de ressemblance avec les Mémoires secrets de Bachaumont , sans que l'un des deux puisse entièrement tenir lieu de l'autre; d'ailleurs les Mémoires secrets ne vont que de 1762 à 1788, et la Correspondance commence et finit plus tard, A
  • Guillaume HOSTE( 1780 - 1828) : un des plus habiles officiers de la marine anglaise , naquit en 1780. Sa famille, depuis deux siècles établie en Angleterre, était flamande d'origine , et s'était trouvée contrainte d'émigrer, lors des atrocités que le duc d'Alpe multipliait sur les plus honorables personnages des PaysBas. Hoste était à peine adolescent quand il débuta comme midshipman dans la marine anglaise; mais c'était l'époque où l'Angletere allait combattre sur toutes les mers la révolution française ; et Nelson, sur le vaisseau duquel servait le jeune marin, le prit en amitié, et l'initia, en le tenant sans cesse près de lui, à tous les détails de la vie maritime. Hoste méritait ce glorieux patronage, et, à dixsept ans, donnait à tous l'exemple de l'intrépidité et de la science. Après l'inutile expédition de Ténériffe, il passa sur le Thésée, que dirigeait le capitaine Ralph Miller, et là, comme sur l'Agamemnon et les autres vaisseaux que montait Nelson, il fut jugé de la manière la plus avantageuse. Mais bientôt l'illustre amiral le rappela auprès de lui, et lui donna le commandement de la Mutine, petit navire qui prit une part énergique à la bataille d'Alexandrie, et sur lequel poste développa, pendant trois ans encore, toutes les qualités qui caractérisent le bon officier. La paix d'Amiens lui valut un congé momentané, en 1802. Mais, à la reprise des hostilités, il reçut un nouveau commandement. Peu de simples cdipitaines de vaisseau, en quelque pays, en quelque temps que ce soit, se sont signalés par une suite plus rapide d'opérations hardies et de succès. Ne pouvant le suivre pas à pas dans toutes ces petites expéditions', nous nous bornerons à citer , entre autres faits d'armes éclatants, la capture qu'il fit d'un brick français , le 8 février 1809 ; la vive attaque qu'il dirigea, la même année, sur les fortifications et les vaisseaux de Cortelazzo ; la brillante affaire qu'il eut , en 1811 , devant Lissa contre une escadre française de onze voiles, tandis que luimême n'en comptait que quatre ; les prises nombreuses et importantes qu'il fit , en 1811 et 1812, le long des côtes de l'Istrie et de la Dalmatie; la part qu'il eut à la prise de Fiume, en 4845; la réduction de Raguse, de Cattaro, et l'occupation de Parga. Hoste était infatigable. L'idée que tout le corps de la marine britannique se faisait de son habileté se résumait par un mot : on l'appelait vulgairement Nelson le jeune. Bien jeune effectivement, puisqu'il n'avait que trentequatre ans lorsque la chute de l'empire napoléonien vint mettre un terme à sa dévorante activité! Rois et peuples, étrangers et compatriotes lui témoignèrent à l'envi leur estime . Il reçut de l'empereur d'Autriche les insignes de l'ordre de MarieTbérèse. George Ill le créa baronnet, et à ses armoiries il ajouta divers emblèmes, avec les noms de Cattaro d'un côté, et Lissa de l'autre; en 1815, il devint grand commandeur de l'ordre du Bain ; et enfin il fut nominé au commandement du yacht royal le Royal- George. Mais déjà sa santé , affaiblie par les fatigues et le travail, lui interdisait les fonctions de son grade : il survécut cependant encore plusieurs années à sa promotion, à l'aide d'extrêmes ménagements. 11 mourut le 6 décembre 4828, et une foule de personnages considérables accompagnèrent sa dépouille funèbre à sa dernière demeure. Bien qu'absent de fait des cadres de la marine, l'Angleterre considérait Hoste comme une de ses premières illustrations navales , et elle pressentait en lui le seul homme qui fût d'étoffe à remplacer son maure Nelson. — Son frère, Thomas- Edouard HosTE, né en 1794 , était, dès l'âge de treize ans, à bord de l'Amphion, que commandait Guillaume, et, malgré son extrême jeunesse, prenait part intrépidement aux affaires les plus vives. Un jour, voulant être d'une expédition qu'on jugeait trop dangereuse pour l'y souffrir, il se cacha dans le portevoix et ne se montra que lorsqu'il fut devenu impossible de le renvoyer. Il assista au combat de l'Amphion, dans la baie de Naples et à la mémorable bataille de Lissa ; et dans ces deux engagements il se montra digne de son frère, et vraiment audessus de son âge. Promu au grade de lieutenant, il courut, sous divers capitaines, la Méditerranée , les mers d'Irlande et d'Amérique; reçut en 1825 le titre de commandant , et , comme son frère , il pouvait prétendre aux plus hautes destinées , quand il mourut, le 27 juillet 4854
  • Guillaume HOUSTON ou HOUSTOUN( 1600 - 1733) : naturaliste anglais , né vers la fin du 17c siècle, s'embarqua comme chirurgien à bord d'un navire qui faisait voile pour l'Amérique , revint ensuite en Europe, où il continua ses études médicales interrompues; et après avoir passé les deux années 1728 et 1729 à l'université de Leyde , alors à l'apogée de sa gloire, grâce à la présence tic Boerhaave, il prit ses degrés sous le patronage de cet illustre maitre. Condisciple ou peu s'en faut de van Swieten, il fit en commun avec lui une série d'expériences sur les conditions de la transpiration des animaux. De retour à Londres, il fut reçu membre de la société royale, et presque aussitôt se remit eu mer et lit voile vers l'Amérique. Malheureusement le climat délétère des côtes du Mexique influa mortellement sur sa santé : il expira en 1733, à la fleur de l'âge et au grand regret de tous les amis des sciences naturelles. Nul doute qu'il n'eùt immensément enrichi la phytographie par ses découvertes. Déjà, dans le court espace de deux ou trois années passées en Amérique, il avait recueilli beaucoup de plantes inconnues en Europe. On a de lui : 1" deux articles dans les Transactions philosophiques. L'un , t. 59, contient le récit et le résultat des expériences auxquelles il s'était livré avec van Swieten, et desquelles les deux jeunes savants conclurent que les animaux , s'il vient à s'introduire de l'air dans les cavités des plèvres, ne peuvent vivre et respirer longtemps . L'autre, t. 37, est une description en latin de la Dorstenia contra- yerra. Ilouston l'envoya d'Amérique à la société royale. 2" Re/ iquioe Houstoniatiœ, seu plantarum in America meridionali a Gulielmo Houston tollectarum icones, Londres, 1781 , 26 planches. Les originaux des gravures qui forment le fond de cet ouvrage étaient de la main de Ilouston. Ils passèrent, avec le catalogue manuscrit des espèces dessinées, au célèbre jardinier Miller, et de ce dernier à sir Jus. Banks, qui s'en rendit l'éditeur
  • Guillaume JÜRGENSEN( 1789) : avocat et poète allemand , naquit le 30 mars 1789, à Slesvig. Son père, qui n'avait pour toute fortune qu'un petit emploi au tribunal supérieur de cette ville et qui était chargé de sept enfants , voulait qu'ils n'apprissent que des métiers : Guillaume fut le seul qui, par ses supplications, obtint pour lui la révocation de cet arrèt. 11 lui fut permis de mener ses études jusqu'au bout, et ensuite de se rendre à l'université de Kiel, et munie à celle de Geettin,9,ue. Il y suivit avec ardeur les cours de droit, et revint à Slesvig muni de plus de connaissances que la plupart des jeunes gens qui sont censés avoir pàli sur les Pandectes et la Caroline. Là il débuta par entrer comme secrétaire au service particulier du conseiller de justice Wardenbourg, subit bientôt avec éclat un examen spécial de droit où, pour interrogateur, il eut le savant Michaelis , et se fit recevoir avocat. On peut être surpris, après ce début, qu'il soit toujours resté sans clientèle. Il est 'bien vrai que Slesvig avait un nombre effrayant d'avocats, tous s'arrachant les causes et la plupart faisant fort peu d'affaires et d'argent. Jürgensen, d'ailleurs, avait encore bien autre chose contre lui : le malheureux faisait des vers ! des comédies ! ! ! des épigrammes ! !! Mais une bonne expropriation vaut mieux à l'avoué, soit poursuivant, soit colicitant, qu'une épopée ne rapporterait au plus grand poète de nos jours : que seraitce si ce poète était domicilié à Slesvig? Le spirituel, l'excentrique Jürgensen ne grossissait donc que ses dossiers poétiques, tandis que ses rivaux en robe et bonnet carré péroraient prosaïquement au palais : et plus d'une fois, sans craindre précisément de voir son nom enfler la liste des grands poiles morts de faim à l'instar du divin Mélésigène, leur patron , il sentit la main de glace de la misère étreindre son front et comprimer sa pensée. Ces douleurs matérielles, jointes aux souffrances de vanité blessée, aux mille émotions du poète, tantôt ivre d'un succès, tantôt furieux des critiques, et souvent en proie aux spasmes fébriles de la composition, n'allongent pas la vie; et Jürgensen n'était point né avec un corps de fer. A mesure que sa santé déclinait, il travaillait plus activement. Au lit de mort, quand sa main lui refusait le service, il dictait à sa femme. Mais au fond, c'est qu'il ne se croyait pas malade; il avait la Il en existe un tirage séparé, 4 p. iii 8°? vertu théologale du poile, l'espérance, même quanti tout autour de lui désespérait. C'est ainsi qn'à son dernier anniversaire , le 5 mars 1826, un mois jour pour jour avant son décès, tandis qu'un cercle ami fêtait sa naissance en disant tout bas : « Il est mort! » lui seul comptait guérir et pensait aux beaux sites qu'il visiterait convalescent. Jürgensen n'eût probablement été, malgré ses soins. qu'un médiocre juriste et un avocat inégal, mais sa poésie a de la valeur. Les beaux et nobles sentiments s'y exhalent, comme de la fleur vierge un arome : le vrai, le bon , le subjuguent et le fascinent. De là sa sensibilité, sa verve. En moine temps il a du coloris, du mouvement; il est vraiment dramatique dans le drame et hors du draine, surtout s'il s'agit de peintures malicieuses, de délicates et fines observations. Ses épigrammes offrent ce caractère au plus haut degré : aussi peuton les préférer à ses comédies mêmes, et ne doiton pas craindre d'en placer le recueil à côté ou bien peu audessous de ce qui existe de mieux en ce genre. Comparativement à ces piquantes et fugitives étincelles, ses poésies lyriques semblent un peu ternes. C'est, à notre avis, ce qu'il a fait en vers de plus faible. Ses OEurre, eomplites n'ont jamais été imprimées ensemble, et même plusieurs des pièces qu'il donna au théâtre ne l'ont point été séparément. Celles qui l'ont été sont au nombre de quatre : 1. Orgueil d'artiste ; 2. Pourquoi ; 3. Si? ; 4° Sultan Alahmoud , ou les deux vizirs, 18e. Toutes ces bluettes sont en un seul acte; la quatrième est mêlée de chants, comme nos vaudevilles, ou plutôt connue les trèscourts opéras comiques d'il y a quatrevingts ans. Ensuite viennent une tragédie, également en un acte, intitulée les Frères, 1821 ; des Poèmes à mes enfants, 1826; les vers et stances, les épigrammes cidessus appréciées, et enfin des articles en prose, disséminés dans la Gazage du monde élégant.. dans Endura, dans l'Abeille nordalbiligienne, etc
  • Guillaume KALF( 1630 - 1693) : peintre, naquit à Amsterdam en 1650. 11 eut pour maltre Henri Pot, peintre d'histoire et de portraits; mais il ne suivit pas la même carrière. Il s'adonna d'abord à la peinture de genre, dans laquelle les artistes hollandais ont acquis une juste réputation : il y aurait même obtenu de grands succès ; mais persuadé que dans les arts il n'est aucune carrière à dédaigner, lorsqu'on y marche le premier, il se mit à peindre des fruits, des vases d'or et d'argent, des :nacres, et autres objets de nature morte. Il surpassa bientôt tous les artistes qui avant lui s'étaient exercés dans le même genre : ses tableaux furent recherchés des amateurs ; et comme au talent de la peinture il joignait une belle figure, un esprit vif et gai, et assez d'instruction pour n'ètre déplacé nulle part, il était reçu avec plaisir dans les meilleures sociétés, où il brillait surtout par le talent particulier qu'il avait de conter. Ce qui fait le mérite des ouvriages du genre auquel Kalf s'était adonné, c'est l'heureuse disposition et le bon choix des objets, la richesse des accessoires et la vérité de l'imitation ; et l'on peut dire qu'il possède à un degré éminent toutes ces qualités. On cite particulièrement comme son chefd'oeuvre un tableau qu'il peignit à Amsterdam, et qui représente des vases et un melon coupé en deux ; il est difficile de rien voir de plus vrai et qui soit peint avec plus de vigueur. Quoique ses ouvrages soient trèsrépandus en Flandre et en Hollande, le Musée du Louvre n'en possédait aucun du second genre adopté par l'auteur : mais on y en remarque un de sa première manière, représentant l'intérieur d'une cuisine, où l'on voit entassés des légumes et divers ustensiles; on aperçoit une servante sur les marches d'un escalier, dans le fond un homme et une femme près d'une cheminée. Le nausée du Louvre a possédé deux autres tableaux de Kalf du même genre , désignés sous les noms de Camouflet et de la Ménagère : en repos. lls ont été repris par la Prusse en 1815. J. Louis a gravé , d'après ce maitre , un Ménage rustique, où un paysan prépare un porc, et une paysanne fait du boudin; et Basan, le Benedicite hollandais , et la Batteuse de beurre. Kalf mourut le 30 juin 1693, à l'âge de 63 ans , des suites d'une chute qu'il fit en passant sur un pont
  • Guillaume KENRICK : auteur anglais du 18e siècle , né à Londres , fut élevé dans une profession mécanique, qu'il abandonna ensuite, entratné par le goût de la littérature et l'impulsion d'un vrai talent : mais avec tout ce talent et l'amour du travail , il fut loin d'être heureux dans cette carrière , qui fut pour lui une arène, où il fit une guerre continuelle aux auteurs et aux journalistes. Après avoir eu quelque temps beaucoup de part au Monthly review, il se brouilla avec le rédacteur principal, et commença seul un nouveau journal opposé à celuilà. Il en agit de même par rapport au Morning- Chionic/ e, dont il fut aussi le premier éditeur. Lorsque Johnson donna , en 1765 , son édition de Shakspeare , Kenrick. l'attaqua dans quelques pamphléts , où il osait taxer d'ignorance et d'inattention cet éditeur. Longtemps ami intime de Garrick, il l'attaqua ensuite d'une manière qui ne fit de tort qu'à luimême , et mourut sans être regretté de personne, en 1777. Son ouvrage le plus remarquable est une comédie intitulée les Noces de Falstaff, donnée en 4766, comme une comédie authentique de Shakspeare, qui venait d'être retrouvée dans la poussière : c'est une des plus heureuses imitations qui aient jamais été faites. On cite parmi ses autres ,ouvrages , qui sont en grand nombre : 1° Des Epîtres philosophiques et morales, adressées , satire paroditragicomique, 1752; 3° la Veuve, comédie, 1768 ; 4° le Duelliste, comédie , 1775 ; 5. le Prodigue, comédie, 17,78 ; 6' d'excellentes traductions en anglais de l'Emile et de la Nouvelle Héloïse de Rousseau , et des Éléments de l'histoire d'Angleterre de Millot. Ce fut expressément pour sa traduction de la Nouvelle Héloïse que l'université de StAndré lui conféra le degré (le docteur en droit ; ce qui est assez remarquable. Il fut l'éditeur des OEuvres poétique: de Rob. Lloyd., 1774, 2 vol
  • Guillaume KEY( 1520 - 1568) : peintre, naquit à Bréda en 1520. Il entra dans l'école de Lambert Lombard , et fut le condisciple de FrancFloris. Si ses compositions ont moins de feu que celles de ce dernier peintre , il a manifesté un grand talent pour l'imitation vraie et sentie de la nature; son pinceau a de la douceur et du moelleux; ses sujets sont composés avec sagesse, et son coloris est agréable. Ses tableaux furent recherchés par les amateurs, et payés fort cher; et comme les demandes qu'il recevait étaient trèsmultipliées, il parvint à amasser une fortune considérable, dont il faisait le plus noble usage. Doué d'une figure aimable et distinguée , il aimait à se faire remarquer par la recherche (le ses habits et le luxe de sa maison. La sagesse de sa conduite et l'économie qu'il apportait dans toutes ses dépenses lui permirent de se livrer à tous les plaisirs honnêtes de la vie. Il avait été charge: par la maison de ville d'Anvers de peindre un tableau représentant les portraits en pied, de grandeur naturelle, de tous les magistrats de cette ville : le haut du tableau était orné d'une gloire, où l'on voyait JésusChrist environné d'un choeur d'esprits célestes. Cet ouvrage remarquable périt dans l'incendie qui consuma en 1576 l'hôtel de ville d'Anvers. Il fit le portrait du cardinal de Granvelle , qui l'en récompensa généreusement. Enfin, sur le bruit de sa réputation , le duc d'Albe l'appela près de lui pour lui commander son portrait. Tandis que Key s'occupait de cet ouvrage , il entendit le duc d'Albe concerter avec les juges la mort du comte d'Egmont et de quelques autres seigneurs, dont le duc voulait faire un exemple. L'artiste eu conçut une telle épouvante , qu'en rentrant chez lui il tomba malade et mourut le 5 juillet 1568, le jour même de l'exécution des comtes d'Egmont et de Horn. Quelques auteurs prétendent que sa mort arriva quelques jours auparavant, causée par la seule frayeur que lui inspira la physionomie du duc d'Albe. Key avait été admis à l'académie d'Anvers, en 1540. Le musée du Louvre possédait un portrait d'homme peint par Key, provenant de la galerie de Vienne. Il a été repris en 1815 par l'Autriche
  • Guillaume KOOLHAAS( 1709 - 1773) : né à Deventer, en 1709, et mort en 1773, était à la fois théologien et philologtte. Fixé à Amsterdam, il y cultiva la littérature orientale avec succès. En 1733 il soutint à l'université d'Utrecht, sous la présidence de Jérôme van Alphen , une Diatribe sur l'usage et la construction variée des mots riortç, ricrrOç, •rrutrréuEtv, dans l'Ancien Testament, Utrecht 11 écrivit ensuite, et toujours en latin , des dissertations grammaticales, dans lesquelles il examine l'analogie des temps et des modes de la langue hébraïque, Amsterdam, 1748 Enfin , il mit au jour des Observations philologico- e. régétiques, un Discours sur la grammaire saerée, et une Dissertation sur l'exclusion des formes interrogatives dans les Ecritures, Amsterdam , 1759
  • Guillaume LALLEMENT( 1782 - 1828) : compilateur, natif de Metz, vit le jour le 2 décembre 1782. tl ne poussa pas loin ses études classiques, et vint jeune à Paris pour y remplir dans l'imprimerie les fonctions tantôt de prote, tantôt de correcteur. Mais, doué d'une grande facilité développée par la lecture de tant de feuilles qui passaient sous ses yeux, il suppléa, s'il ne remédia totalement, à l'imperfection de son éducation première. 11 fut secrétaire de Félix Lepelletier, et lit, comme lui, montre d'un grand enthousiasme pour les formes etles institutions républicaines. Fréquemment en relation avec divers littérateurs, il eut plus d'une fois une part importante, mais secrète, à leurs travaux , lesquels . Il s'expatria en 1816' en compagnie de réfugiés français de 13elgique, et se mit à publier à Gand le Journal de la Flandre orientale et occidentale. Cette feuille , vio- l' leniment satirique, eut beaucoup , au Diable boiteux, au Frondeur; puis
  • Guillaume LAMBTON( 1748) : membre de la société royale de Londres, correspondant de l'Institut de France , s'est rendu célèbre par ses travaux astronomiques et géodésiques dans l'Hindoustan. Né vers l'an 1748, il était simple brigadier d'infanterie lorsque le marquis de Wellesley, qui avait su apprécier son savoir et ses talents, le chargea de diriger les levées trigonométriques qui avaient pour but de lier par une suite de triangles les côtes occidentales de l'Inde avec les côtes orientales, de manière à rattacher le tout à l'observatoire de Madras. Lambton commença ce grand travail vers l'an 1801 , mais il conçut bientôt le projet de lui donner plus d'importance scientifique, en mesurant, à l'exemple de ce qui avait été fait en France, un arc de méridien terrestre, afin de déterminer la valeur d'un degré moyen d'un grand cercle de la terre. Il espérait pouvoir étendre ses opérations dans toute la longueur de l'Hindoustan, et mesurer un arc du méridien terrestre qui aurait eu 26" d'amplitude, ce qui était presque une longueur triple de celle de l'arc mesuré en Europe, depuis Dunkerque jusqu'aux tles Baléares, par MM. Delambre, Méchain, Arago et Biot. Durant le cours de plus de vingt ans de travaux assidus, Lambton avait successivement poussé son opération commencée dans le Carnatic jusqu'à Ellichpoor. Il avait mesuré un arc de méridien dont l'amplitude surpassait 12°. Il s'embarqua plein de santé, et surtout plein d'ardeur, pour Hyderhahad vers le milieu de janvier 1823; une fièvre catarrhale le força de s'arrêter à IlinghanChaut, à 50 milles au sud de Na,gpotir, et il mourut dans cet obscur village le 20 ou 26 janvier, à l'age de 75 ans. Il avait été 111 Voy. l'Asialic journal, t. 15, année 1823, p. 185. — On dit le 20 janvier dans on artIcle biographique trisincomplet ; et dans Les additions qui sont la page 411, on dit le 28 jansier ; il y a probablement une faute d'impression à l'un du deux endroits. de major, de lieutenantcolonel, etAr- ,eurent successivement promu aux grades de capitaine. bre de la société royale dPetaûse des services imdant de l'InsMit rendus à son pays et qu'il remntàit de rendre à la science , mais aussi à cause de l'estime universelle dont il jouissait, des amis que lui avaient procurés la douceur de son caractère et ses vertus privées. Comme tout ce que Lambton a publié intéresse au plus haut degré ce que la science de l'astronome et de l'ingénieur peut se proposer de plus important et de plus élevé, la figure de la terre, nous allons donner les titres exacts de tous ses mémoires, et nous indiquerons les recueils des sociétés savantes où ils sont insérés : 1. Exposition d'une méthode pour étendre la leude géographique à travers la péninsule de l'Inde ; e Récit des opérations exécutées pour la mesure d'un arc du méridien sur la côte de Coromandel, et sur la longueur du degré qu'on en peut déduire à la latitude de 12° 'Se . Ce mémoire est accompagné d'une carte des triangles mesurés sur la côte de Coromandel, depuis Cuddalore jusqu'au fort StGeorges. Delambre, dans la Connaissance des temps pour 1810 , a rendu compte de cette première opération du major Lambton, et il dit qu'elle présente une différence en moins de 15 toises seulement avec celle qui a été faite en France. — 5° Récit des opérations trigonométriques à trarers la péninsule de l'Inde pour lier le fort St- Georges arec Mangalore ; — 4. Mesure d'un arc du méridien entre les latitudes 8. 9' 38", 39 et 10° 59' 48", 93, nord, ou Continuation du grand arc du méridien commencé en 1804, qui se terminait à 140 6' 19" de latitude nord . Ce mémoire est accompagné d'une carte des triangles mesurés. Delambre en a rendu compte dansla Connaissance des temps pour 1819 . En comparant cet arc indien avec l'arc mesuré en Angleterre, Lambton trouve le mètre un vingtcinquième de ligne plus court que celui qui a été déduit en France, et l'aplatissement de la terre, d'après les mêmes calculs, serait de ; . - 5° Mesure d'un arc du méridien entre les latitudes 15° 6' 0" 2 et 18° 8' 45", ou Continuation de l'arc précédent qui se terminait à 8° 9' 38" . Ce mémoire est accompagné de deux cartes; l'une donne des triangles entre Punnm et Daumergida , l'autre les triangles entre Namthabad et Daumergida. Il est suivi d'une liste considérable de lieux indiens dont Lambton indique la latitude et la longitude. Il a daté ce mémoire important d'Illyderhabad le 15 septembre 1815; et il a donné un extrait des deux mémoires précé- rr Au trans- , ..undroo, soif p. 486. Cet extrait, /qui est accompagné de deux grandes cartes des triangles mesurés, en présente tous les résultats. Selon ces résultats, le calcul donne un mètre plus court que le mètre français d'un cinq millième du pouce anglais . — 6° Le dernier mémoire de Lambton se trouve dans le tome 23 des Philosophical transactions. p. 27; il est intitulé Corrections faites au grand arc du méridien qui s'étend entre 8° 9' 38", 39 et 18° 3' 25", 64, afin de le réduire à l'étalon parlementaire. C'est dans ce mémoire, écrit peu de temps avant sa mort, que Lambton manifeste l'intention de mesurer une nouvelle base entre Bopaul et Seronge , de prolonger la mesure de son méridien jusque près d'Agra sur la Jumna, qu'il se félicite de la bonne santé dont il jouissait, et qu'il se flatte de pouvoir terminer son opération commencée. Depuis la mort de Lambton, ses opérations géodésiques ont été continuées par M. Everest, son premier assistant, et les nouveaux travaux ont fait découvrir dans le travail de Lambton des erreurs qui ont amené la résolution de mesurer de nouveau une de ses bases. Consultez : Mesure d'un arc du méridien entre 48° 3' et 24° 7', par le capitaine Everest, Londres, 1830 p. 93, et Description d'une machine compensatrice pour mesurer, par le capitaine Everest, t. 28, p. 195 des Mémoires de la société astronomique. Ceci ne doit point diminuer la gloire de Lambton. La même chose est arrivée en France, où les nouvelles opérations entreprises par les ingénieurs de la guerre pour la levée de la carte de France ont donné lieu à la rectifica_ tion de plusieurs triangles de la mesure de l'arc terrestre commencée par MM. Delambre et Méchain. Comme dans toutes les opérations manuelles, on ne peut qu'approcher de l'exactitude mathématique, et jamais l'atteindre, ceux qui vérifient les opérations qu'on a déjà faites diffèrent toujours dans letut résultats de ceux qui les ont précédés. Pour s'assurer que l'erreur n'est pas de leur côté, ils sont forcés de multiplier les contre-épreuves, et ils arrivent ainsi nécessairement à une plus grande précision, sans compter qu'ils opèrent avec de meilleurs instruments. L'industrie, qui devient chaque jour plus puissante par les progrès des sciences, se montre toujours trèsprompte à leur rendre les bienfaits qu'elle en reçoit. Fourier, dans ses Comptes rendus de l'Académie des sciences de l'Institut , et M. Ritter, dans sa Géographie , ont parlé avec éloge de Lambton et donné une analyse de ses travaux
  • Guillaume LANGE( 1622 - 1682) : en latin Langius , écrivain et mathématicien danois, naquit dans I'lle de Sélande en 1622 : après avoir terminé ses études et visité l'Italie et la Hollande, il fut nommé à la chaire de mathématiques de l'université de Copenhague, place qu'il remplit avec beaucoup de distinction. Il mourut en cette ville le 12 mai 1684. On connalt de lui : I. De annis Christi , libri duo, Leyde, 1649 11 y a, dit Lenglet Dufresnoy, des choses utiles dans cet ouvrage, nonseulement sur le temps de la naissance de JésusChrist, mais encore sur le reste de la chronologie sainte. Gnevius en a extrait le fragment , De vetere anno Romanorum, inséré dans le tome 8 de son Thesaurus antiquitat. 2. De quatuor monarchiis, Copenha- gue, 1650 3. Exercitationes mathematiccryn, de annua emendatione et motu apogœi colis, etc.; ibid., I 653 in. 4. De veritatibus geometricis, ibid., 1636 5° Catalogus codicum 3Iss. bibliothecoe medicee. Ce catalogue, resté inédit, fut acheté à la vente de la bibliothèque de Guden, par J. Alb. Fabricius, qui l'inséra dans son édition du Prodromus histor. litterariœ de Lambecius, p. 135-168; il ne contient que les ouvrages grecs ou écrits dans les langues orientales, et n'a satisfait que médiocrement les curieux. — André LANG ou LANGE, membre du sénat du Lubeck, né dans cette ville le 15 janvier 1680, y mourut le 24 octobre 1713 avec la réputation d'un savant jurisconsulte et d'un bon ponte latin; il avait beaucoup voyagé, et savait le grec, l'hébreu et la plupart des langues vivantes de l'Europe. On connalt de lui : lo Dissertatio de equitate jours Lubecensis, Leipsick, 1703 2° De erroribus qua circa qucestiones per tormenta committuntur, Utrecht , 1704 Breris iutroductio in notitiam legum nauticarum et scriptorum jouis reique ? aritimœ, Lubeck, 1713, 17±t de 15 pages. 40 lluit ouvrages de po• sie ou de théologie mystique, en allemand , dont on trouve les titres dans Rotermund
  • Guillaume LAUD( 1573) : archevêque de Cantorbéry, et ministre d'État sous Charles ler, était fils d'un marchand de draps de la ville de Reading, où il naquit en 1573. Son ardeur pour l'étude, ses succès académiques, ses talents distingués, lui valurent d'abord une chaire de théologie dans l'université d'Oxford , puis la place de président du collége de StJean. Ses principes sur la visi- bilité de l'Église , qu'il avouait s'être conservée dans la religion 'romaine jusqu'à l'époque de la nouvelle réforme, tirent naître, entre lui et le docteur Abbot , qui la faisait cesser au temps de Bérenger, cette longue antipathie qui n'eut (l'autre terme que la vie du docteur. Les puritains surent mauvais gré à Laud de son estime pour les ou- vrages de Bellarmin et de son zèle pour le gou- vernement épiscopal. On l'accusa , tantôt d'avoir un secret penchant vers l'arminianisme, tantôt de nourrir des dispositions au papisme. Néan- moins il devint successivement chapelain du roi, doyen de Glocester, évêque de StDavid , de Bath et de Londres. En sa qualité de doyen de la chapelle du roi , il fit , pendant la disgràce d'Abbot, le sacre de Charles ler. Enfin, après la mort de son rival, il lui succéda au siége de Cantorbéry, et devint membre du conseil privé; après celle du duc de Buckingham*, il fut nommé principal ministre , et jouit d'un crédit sans bornes. Ses manières austères qui contrastaient avec celles des courtisans, et surtout les réformes qu'il voulut introduire dans la trésorerie pour en arrêter les dilapidations, lui suscitèrent des ennemis nombreux et implacables. Abbot avait protégé les puritains, Laud les persécuta. On lui attribue le règlement fait en 1622 par Jacques I", pour défendre aux prédicateurs de traiter en chaire les questions de la prédestination et de la prérogative royale, qui agitaient alors toutes les tètes. Son projet favori était de réunir les trois royaumes sous une méme religion , dont il aurait été le chef avec la qualité de primat d'Angleterre attachée à son siége. Dans ce dessein , il désirait de rendre le rit anglican commun à toutes les églises britanniques, et de rétablir dans le culte national la rompe des cérémonies romaines. Il engagea le roi à faire réimprimer les trenteneuf articles de la confession anglicane, avec de courtes explications, pour en fixer irrévocablement le sens : mesure incompatible avec le grand pr des protestants sur le droit qu'a chaque particulier d'être le juge de sa croyance. Par son influence, la haute commission devint une espèce de tribunal d'inquisition , devant lequel furent vivement poursuivis, non seulement les libellistes et les prédicateurs fanatiques, mais encore tout ce qui s'opposait à son projet de rendre sa primatie universelle. En voulant forcer les Écos- sais à recevoir la liturgie anglicane, il s'en fit des ennemis irréconciliables ; en prenant les mêmes mesures contre les églises walonne et française, il fut cause qu'un grand nombre de bras précieux pour les manufactures sortit du royaume. Cette conduite (lut multiplier le nombre de ses ennemis, et les rendre trèsacharnés contre lui. Il fut soupçonné de vouloir rétablir la religion romaine. Dans ses instructions pastorples, il appelait toujours l'Église de Rome, l'Eglise mère; dans ses fonctions ecclésiastiques il affectait de porter des ornements qui ressemblaient assez à ceux de Rome. On rapporte qu'une dame à laquelle il reprochait de vouloir rentrer dans la communion catholique, lui répondit en souriant : Vous travaillez à nous ramener tous à Borne; je crains la foule , elfe veux y arriver avant vous. Quelques écrivains (lisent que le pape lui avait fait offrir le chapeau de cardinal, et qu'il l'avait plutôt marchandé que refusé; les auteurs anglicans le justifient de ces reproches. Ils disent qu'en ramenant l'extérieur du culte romain , son but était d'attirer à l'Église anglicane les catholiques des trois royaumes , très - attachés aux formes extérieures de leur culte ; qu'il ne sem- bla , pendant quelque temps , favoriser les catholiques que pour les opposer aux puritains, qui lui paraissaient bien plus dangereux pour l'Église et pour l'État. 11 est certain que les catholiques le regardaient comme un de leurs plus grands adversaires; que , dans le conseil , il s'éleva fortement contre leurs prédications à SommersetHouse , où ils célébraient leurs offices sous la . protection de la reine , et contre le grand nombre de prosélytes qu'ils faisaient. Quoi qu'il en soit, le mécontentement contre le primat était à son comble lors du fameux parlement de 1640, qui fit périr sur l'échafaud l'infortuné Charles ler et le vertueux Strafford. Tous les ennemis de Laud se réunirent pour lui faire subir le même sort. Les puritains l'accusèrent d'être l'auteur de toutes les persécutions dont ils se disaient l'objet. Les lords , mécontents de ses formes dures et austères , le voyaient avec chagrin occuper la première place du ministère; les Écossais étaient furieux du rétablissement de l'épiscopat dans leur pays et de l'introduction de la liturgie anglicane. On n'eut donc pas de peine -à obtenir son arres- talion. Il fut conduit à la Tour à travers les huées de la populace; et ce ne fut qu'au bout de trois années de détention, pendant lesquelles il souffrit toute sorte de vexations, qu'il fut mis en jugement comme coupable de haute trahison. Sa fermeté, sa* présence (l'esprit , son éloquence, confondirent ses juges et déconcertèrent stout l'art de ses accusateurs. Le crime de haute trahison ne put ètre prouvé : cependant la chambre des communes, asservie aux puritains, passa le bill de condamnation. Celle des lords s'y refusa; mais la violence du comte de Pembroke et les menaces du peuple ameuté, ayant forcé plusieurs membres de se retirer, le bill passa enfin à la pluralité de six voix contre cinq. Le même courage que Laud avait montré durant tout le cours de sa détention et pendant son procès , l'accompagna au supplice. Il eut la tète tranchée le 16 janvier 1645. Cet illustre prélat est aujourd'hui regardé , en Angleterre , comme un martyr de sa foi et de sa loyauté. 11 avait une vaste érudition , une piété exemplaire , des moeurs pures, une grande régularité , et un courage à toute épreuve ; mais son penchant à la domination, son indiscrétion , son entêtement , lui tirent adopter et soutenir des mesures d'une extrême rigueur, quelquefois même pour des choses assez peu importantes, et (tonnèrent lieu aux puritains de lui imputer tous les torts de la haute commission et de la chambre étoilée, quoique d'autres ministres les partageassent avec lui. Laud a laissé plusieurs monuments de son zèle pour les sciences. Pendant qu'il était chancelier de l'université d'Oxford, il y fit construire divers édifices pour la commodité et l'embellissement de cette célèbre académie; il en enrichit la bibliothèque de treize cents manuscrits en toute sorte de langues, anciennes et modernes, et fonda une chaire d'arabe. Londres lui dut une imprimerie grecque pour l'impression de différents manuscrits. Reading, sa patrie, lui est redevable de son hôpital, auquel il attribua des revenus considérables. Il fit faire un catalogue de tous les manuscrits de la Tour de Londres concernant le clergé. Ses pr ouvrages sont (les Sermons, Londres, 1651 Les protestants estiment beaucoup sa Con- férence avec Fisher; elle avait eu lieu en présence du marquis et de la marquise de Buckingham
  • Guillaume LAUDER : critique écossais du 18e siècle, fameux comme faussaire en littérature , étudia avec succès à Édimbourg, et exerça la profession de maitre d'école. Il publia en 1759 une édition des Psaumes traduits par Jonston. Un accident qui lui arriva le força de se soumettre à l'amputation d'une jambe. A ce malheur se joignit le chagrin de ne pouvoir obtenir la place de gardien de la bibliothèque d'Édimbourg et celui de perdre presque tout l'argent qu'il possédait à l'impression d'une magnifique édition d'un recueil intitulé Poetarum Seoturum musce sacra, 2 vol., qui n'eut aucun succès. Il crut qu'il serait plus heureux à Londres t c'est dans le Gentleman's Magazine qu'il fit parattre en 1747 sa première attaque contre la réputation de Milton; et voyant que ses impostures ne se découvraient pas, il leur donna plus de développement dans un volume publié en 17M , sous le titre d'Essai sur l'usage et l'imitation qu'a Mils des mo- dernes Milton dans son Paradis perdu. Il y accusait Milton d'avoir pris des idées dans Masenius, Grotius et Ramsay ; et plusieurs de ses accusations paraissent fondées : heureux s'il n'y eût pas mis de la mauvaise foi ! Il réussit à entratner dans l'opinion qu'il n'avait pas luimême plusieurs écrivains distingués , partieulièrement Samuel Johnson , qui disait que l'auteur de l'attaque était trop frénétique » out' ere un faussaire, et qui, d'ailleurs, était assez disposé luiméme à trouver un républicain coupable; niais le docteur Douglas démontra , la même année, la fourberie de Lauder, en publiant Milton vengé de l'accusation de plagiat portée contre lui 1.) ar Lauder, et Lauder convaincu lui- méme d'en avoir grossièrement imposé au public. ', titre adressée au comte de Bath, 1751 Lauder fut convaincu d'avoir intercalé, dans un exemplaire du drame latin de Grotius , plusieurs vers copiés d'une traduction ignorée du Paradis perdu, Couvert de confusion , il signa Une confession qui lui fut dictée par un ami , que Johnson le força de rendre publique, et où il reconnaissait sa turpitude mais il ne fut pas même franc dans ses aveux , et attribua successivement sa haine contre Milton à différents motifs. Enfin , après avoir vécu quelque temps aux dépens d'amis ou de complices de son imposture , il alla s'établir maitre d'école aux Barbades, où il mourut dans l'indigence et généralement méprisé, vers l'année 1771
  • Guillaume LAVIGNE : gentilhomme breton, vivait dans le 16e siècle. Accompagné de cinq autres gentilshommes de la province de Bretagne, calvinistes comme lui, il surprit, le 15 janvier 1577, la ville de Concarneau, dans le diocèse de Quimper, dont elle n'est éloignée que de quatre lieues. Cette ville, trèsfortifiée, était au pouvoir des ligueurs. La troupe que commandait Lavigne ne se composait guère que de trentesix cavaliers et de quarantecinq arquebusiers. Aussi, peu confiants dans leurs forces, les calvinistes eurentils recours à la ruse. Ils partirent le 14 janvier au soir de la maison d'un nommé Portzcarie, l'un d'eux, située à dix lieues de Concarneau; arrivés à la pointe du jour sous les murs, ils détachèrent cinq ou six de leurs soldats, qui pénétrèrent dans la ville sous prétexte de remettre au commandant une lettre de M. de Bouillé, l'un des gouverneurs de la province. Ces soldate, tombant à l'improviste sur le poste, composé de trois hommes désarmés, sonnèrent du cor pour avertir leurs compagnons, qui entrèrent surlechamp , levèrent le pontlevis, afin d'éviter toute surprise, et allèrent droit à l'église. Les habitants y étaient rassemblés, et devaient y rester en prières cc jour et les deux suivants, pour se préparer à la célébration d'un jubilé qui devait avoir lieu le dimanche suivant. Les calvinistes mirent en prison ceux qui leur semblaient les plus redoutables, et s'occupèrent aussitôt de fortifier le chà-- teau. Mais ils ne purent s'y maintenir plus de sis jours; les ligueurs reprirent la ville et tuèrent tous les calvinistes. On croit qu'il n'en échappa que deux, et que Lavigne, l'un d'eux, est l'auteur d'unecurieuse relation de la prise et de la reprise de Concarneau, SOUS ce titre : Ample discours de la surprise de la ville de Conti, près de Vannes, pays de Bretagne . par ceux de la religion, ensemble de la reprise de la dicte forteresse par ceux du pays, le mardy ensuivant. arec le nombre des morts, tant d'une part que d'autre; plus une particulière description, tant des moeurs des incoles et habitants que de l'advenue des forts du die: pays. A Paris, pour Pierre Laurent, libraire, tenant son ouvroir sur la Mégisserie, 15:77, avec permission Cette- relation a été insérée dans le tome 9, lre série, des Archives curieuses de l'histoire de France, publiées par MM. L. Cimber et F. Danjon. Bien que cette réimpression porte la signature de Lavigne, on a quelques raisons de croire que l'opinion qui lui attribue le récit du siège de Concarneau est susceptible de controverse. En effet, le chanoine Moreau, contemporain des événements qui se sont passés en Bretagne pendant la ligue, événements auxquels il prit part plus d'une fois, en a composé une histoire qui a été publiée récemment. Dans la relation trèsdétaillée des bux..Méges de Concarneau , qu'il place an mois de janvier 1576, il dit nonseulement que Lavigne fut tué lors (le la reprise de la ville, mais il est des circonstances qui semblent annoncer qu'il était bien informé. Lavigne, ditil, s'étant caché a dans un grenier, y fut trouvé, tué et jeté nu par (( la fenêtre sur le pavé. » Et plus loin : (( Que le « domestique de Lavigne survécut seul , qu'il réa clama et obtint la chatne d'or de son maître, et a que, comme il n'y avait que lui qui pût (iésor(( mais faire connaître si les projets des calvinistes « ne s'étendaient pas à d'autres places, il fut envoyé à Bennes, où, après que son procès eut été instruit par le parlement, il fut condamné et (( exécuté. » Ces détails sont d'autant plus propres à infirmer l'opinion admise jusqu'à ce jour, que le chanoine Moreau, toujours véridique et impartial, les avait recueillis de ceux qui avaient repris Concarneau , et que , résidant luimême à Quimper, il n'était qu'à quatre lieues du théâtre des événements. P. LT
  • Guillaume LAW : auteur anglais du 18e siècle, a publié plusieurs ouvrages, la plupart remplis d'absurdités et qui lui ont attiré une foule de sarcasmes et de plaisanteries. Il avait adopté les opinions fanatiques de Jacob l3ehmen, savetier visionnaire; il se déchaîna particulièrement contre les spectacles, qu'il appelait

Guillaume année par année

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Pierre précieuse de Guillaume

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Métal de Guillaume