Le prénom Gaspard Masculin

Origine :

Fête :

06 Janvier

Signification de Gaspard

Le prénom « Gaspard » est très porté dans les pays chrétiens. Il s’agit du prénom du roi mage qui a apporté de l’encens au Christ à sa naissance. Ce roi a accompli un pèlerinage jusqu’à Bethléem afin d’assister à la naissance du sauveur. Il était accompagné de deux autres mages à savoir Balthazar et Melchior. Gaspard était le plus jeune des mages venus saluer le Christ à sa naissance. Le prénom « Gaspard » est porté par des personnalités politiques, artistiques et historiques notamment Gaspard Corrette, Gaspard Augé et Gaspard Ignacio. Ceux qui portent ce prénom sont connus pour leur grande générosité.

Personnalité de Gaspard

C'est la force tranquille. Lorsqu'ils se mettent en marche, plus rien ne les arrête. Peu émotifs, très actifs, ils ont le sens de la mesure et une excellente maîtrise d'eux-mêmes. D'une autorité naturelle, ils ont une âme de chef. D'une volonté implacable, leur confiance en eux est totale. Ils n'ont aucune compassion pour la faiblesse des autres. Pudiques, ils ne parlent pas de leurs problèmes.

Provenance du prénom Gaspard

Histoire de Gaspard

Etymologie de Gaspard

Les Gaspard célèbres

  • Gaspard ANCARANO : prètre et poète de Bassano, fit imprimer, en 1587, à Venise, un recueil intitulé : Capitoli e Canzoni spirituali sopra il Pater nosler, Ave Maria, Credo, Salve Regina, e Magnificat, etc. Quelques gens simples, ne sachant pas que les canzoni italiennes sont des odes, et non pas des chansons, ou des cantiques, ont comparé ce poète trèsgrave à notre abbé Pellegrin. Gaspard Ancarano a aussi publié les Seth, Salmi penitenziali, lalini e volgari, in ° Mea rima , accompagnés de quelques autres poésies spirituelles , Venise, chez les Junte, 1588 On a encore de lui d'autres ouvrages du même genre, où il y a beaucoup de piété, et qui ne sont pas dépourvus de poésie
  • Gaspard ABEILLE( 1648 - 1718) : né à Riez, en Provence, vers l'an 1648, vint de bonne heure à Paris, et fut introduit chez le maréchal de Luxembourg, qui, ayant goûté son esprit, se l'attacha en qualité de secrétaire. L'abbé Abeille fut aussi recherché du duc de Vendôme ; le prince de Conti l'estimait beaucoup, et l'emmenait souvent à l'IsleAdam. Il plaisait à ces deux princes par sa conversation vive et animée, par le tour piquant qu'il donnait aux bons mots les plus communs. Un visage fort laid et plein de rides, qu'il arrangeait comme il voulait, lui tenait lieu de différents masques. Quand il lisait une comédie ou un conte, il se servait fort plaisamment de cette physionomie mobile pour faire distinguer les différents Reçu à l'Académie française, le 11 août 1704, à la place de Charles Boileau , abbé de Beaulieu, Abeille fut ensuite nommé secrétaire général de la province de Normandie. Il était prieur de NotreDaine de la Merci , et mourut à Paris le 22 mai 1718. Quoique engagé dans l'état ecclésiastique, il ne crut pas apostasier en travaillant pour le théâtre, et il composa :1 Amélie, reine de Thessalie, tragédie en 5 actes et en vers, représentée en 1673, imprimée en 1674 et d'abord attribuée au P. de la Rue. 2° Coriolan, tragédie, représentée et imprimée en 1676 Cette pièce eut dixsept représentations. D'après une tradition populaire, appuyée sur un passage du Recueil des pièces fugitives d'histoire et de littératme anciennes et modernes, par Flachat de StSauveur, on a trèssouvent répété que l'un des personnages de Coriolan, étant resté court après avoir dit ce vers : Vous souvientil, ma soeur, du feu roi notre père? un rieur du parterre répondit par celuici du prince Jodelet : Ma foi, s'il m'en souvient, il ne m'eh souvient gete. Titon du Tillet et le P. Nicéron citent cette anecdote à propos d'Argélie. Mais le vers qui fait le fonds de cette plaisanterie ne se trouve ni dans Coriolan ni dans Argélie. Olivier, de l'Académie de Marseille, n'en fit pas moins cette épitaphe assez mordante: ou auteur peu fêté, Qui crut aller tout droit à l'immortalité; Mais sa gloire et son corps n'ont qu'une même bière; Et quand Abeille on nommera, Dame postérité dira : Ma foi, s'il m'en souvient, il ne m'en souvient guère. Lyncée , tragédie représentée en 1678, imprimée en 1681 à la Haye. Cette édition, la seule qu'un connaisse , est trèsincorrecte. L'abbé Abeille , cédant aux suggestions de quelques personnes scrupuleuses, ne mit plus son nom aux autres ouvrages qu'il composa pour le théàtre. Ce fut sous le nota de la Thuilerie qu'il donna hercule, tragédie, jouée et imprimée en 1681; et Soliman, tragédie, jouée en 1680. La comédie de Crispin bel- esprit, qu'on trouve dans les oeuvres de ce dernier, est attribuée par quelques personnes à l'abbé Abeille, qui a aussi composé Silanus et la Mort de Caton , tragédies. Ces dernières pièces ne sont pas imprimées. L'abbé Abeille a publié en différentes occasions des épitres sur l'Amilié, 1704; sur l'Espérance, 1707; sur le Bonheur, 1713 ; et des odes sur la Constance ou Fermeté de courage, 1708 ; sur la Valeur, 1714 ; sur les Sciences, 1714 ; sur la Prudence, 1715 ; sur les Stoïciens. C'est à l'occasion de l'ode sur la Constance que l'indolent et spirituel Chaulieu fit l'épigramme suivante, qui courut alors tous les salons : Estce SaintAulaire ou Toureille, Ou tous deux qui vous ont appris Que, dans l'ode, seigneur Abeille, Indifféremment on ait pris On trouve l'extrait de Lyncée dans le t. 2 de l'Histoire du Tleitre- Français, vol. C'est use pièce aussi méprisable par la fausseté des pensées que par les défauts de la versification. Elle fut jouée sur le thetre de l'hôtel de Bourgogne. C.T.t. Patience, vertu, constance? Peut-être en saurezvous un jour la différence; Apprenez cependant comme on parle à Paris : Votre longue persévérance A nous donner de mauvais vers, C'est ce qu'on appelle constance Et, dans ceux qui les ont soufferts, Cela s'appelle patience. L'abbé Abeille avait aussi composé deux opéras, Hésione et Ariane ; ces ouvrages, que Quinault aurait pu lui envier, si l'on en croit M. de Sacy, n'ont pas vu le jour. Il a eu part à la traduction de Justin par Ferrière, dont la 1" édit ion est de 1693. Son discours de réception à l'Académie française, 1704, est sagement écrit; on peut le ranger parmi les meilleurs du genre, bien qu'il soit dépourvu d'élévation et de traits brillants. Son successeur à l'Académie, l'abbé Monpult, a fait son éloge. On le trouve aussi dans le tome 3 de l'Histoire des membres de l'Académie française par d'Alembert. Cet écrivain y rapporte contre Abeille une autre épigramme, attribuée à Racine, et qui paraît être (le Faydit. Le style de l'abbé Abeille est presque toujours lâche et languissant. Tous ses ouvrages de circonstance se trouvent dans les recueils de l'Académie fran-çaise
  • Gaspard ABEL( 1676 - 1763) : prédicateur à Westdorf, dans la principauté d'Halberstadt, né à Hindenburg en 1676, mort à Westdorf, en 1763, fit ses études à l'université de Helmstacdt, et fut successivement recteur à Osterburg et à Halberstadt. C'était un savant antiquaire : ses Antiquités allemandes , saxonnes , hébraïques et grecques en sont la preuve. Outre ces grands ouvrages, il a écrit : Historia monarchiarum orbis antiqui , et plusieurs dissertations et traités particuliers. Il était aussi poète , et il a traduit en vers allemands les Héroïdes d'Ovide et les Satires de Boileau
  • Gaspard ALEXIUS( 1576 - 1626) : ministre protestant , né dans le pays des Grisons, en 1576, acquit le droit de bourgeoisie à Genève, où il professa la philosophie et la théologie pendant seize ans. Il contribua à établir à Sondrio , dans la Valteline , un collége sur les mêmes bases que celui de Genève. Ayant présidé, en 1619, un synode des pasteurs du pays des Grisons, il fut choisi pour aller solliciter des secours en faveur de ses coreligionnaires persécutés. Mais sa mission ayant été vue de mauvais oeil par la régence impériale d'Inspruck, il fut arrêté dans cette ville en 1620 et jeté dans les prisons, où on le retint plus de deux années. Il alla ensuite reprendre à Genève sa chaire de philosophie , qui lui avait été conservée, et mourut en 1626. On a de lui : Dissertatio physica de Mixtura, Genevœ, 1625
  • Gaspard AUDOUL : né en Provence, avocat à Paris, et membre du conseil de la maison d'Orléans, mort en 1691, est auteur d'un traité de l'Origine de la Régale et des causes de son établissement, 1708 Cet ouvrage est rare ; il doit sa célébrité à la censure qu'il a encourue par bref de Clément XI, du 18 janvier 1710. Le parlement supprima le bref du pape, tout en reconnaissant que le livre d'Audoisl contient des choses dignes de répréhension, que cependant il ne condamna pas nommément. L'auteur combat avec vigueur, dans ce livre, Bellarmin et Baronius
  • Gaspard ASELLI( 1500) : médecin, né à Crémone, dans le 16e siècle, fut professeur d'anatomie à Pavie, et se fit un nom dans cette science par la découverte des vaisseaux lactés. Il la dut tout à fait au hasard, c'est-àdire qu'elle fut le résultat de dissections faites dans un autre but. N'en connaissant pas même l'ensemble, il adopta sur ces vaisseaux beaucoup d'erreurs, telles que de regarder le foie comme leur point de réunion. Cependant ce n'est pas moins à Aselli que remonte cette découverte physiologique importante, qu'il présenta toujours d'ailleurs avec la plus grande modestie. De plus, il prépara la découverte des vaisseaux absorbants, ou au moins la rendit dès lors assurée. En effet, jusqu'à lui , on avait cru que l'absorption se faisait par les veines ; niais dès qu'on eut reconnu que la partie nutritive des aliments était puisée au milieu de la masse alimentaire, et portée dans le torrent de la circulation par un ordre particulier de vaisseaux, on soupçonna que l'absorption n'était pas plus exercée ailleurs par les veines. L'éveil fut donné à l'observation, et la découverte des vaisseaux chilifères par Aselli mit ainsi sur la voie de celle de tout le système absorbant. La dissertation de Venis lacteis, cum figuris elegantis- simis, dans laquelle il developpe sa découverte, im- primée d'abord à Milan, •627 puis à Bide 1628 à Leyde, 1540 et parmi les traités de Spigel Leyde, 1645, fut probablement un ouvrage posthume, car il parait qu'Aselli mourut en 1626 à Milan
  • Gaspard BALBI : voyageur vénitien, était joaillier de profession. Ayant fait, sans doute pour les affaires de son commerce, un voyage dans les Indes orientales, où il resta neuf ans , il donna, à son retour dans sa patrie, une description exacte des pays qu'il avait parcourus, et la publia sous ce titre : Viaggio delle Indic oriente di Gasparo Balbi , etc., Venise, •590 réimprimé, ibid., 1600 Cette relation a été aussi insérée par les frère de Dry, dans la r partie fre leur Recueil de Voyages aux Indes orientales, imprimée à Francfort, par Wolfang Richter, 1606, et dont le titre porte que cette partie contient, après une première narration, qui est celle de Spilberg Alteram novent annorum a Gasparo Balbi, gemma- rio Veneto , anno 1579, ex Alepo Babyloniant versus, et iode porno ad regnum Pegu osque continuatam
  • Gaspard BARTHOLIN( 1585 - 1630) : célèbre écrivain danois, né le 12 février 1585, à Malmoë, en Scanie, voyagea en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, et fut lié avec tous les savants de ces diverses contrées. Il refusa une chaire de langue grecque à Sedan, enseigna la médecine à Padoue, à Wittemberg, et enfin à Copenhague, où il fut nommé recteur de l'université en 1618. 11 y :avait enseigné successivement le latin et la théologie ; car son érudition était universelle ; il mourut le 13 juillet 1630, laissant six fils, dont cinq se distinguèrent par leurs écrits, et feront la matière des articles suivants. De quaranteneuf ouvrages qu'il publia, nous ne citerons que les principaux : 1° Oratio de ortu, progressu , et incrementis Hafniensibus , Copenhague , 1620 2° Rhetorica major, 1616, souvent réimprimée ; 3° Logica major locupletata, Strasbourg, 1624 souvent réimprimée. 4° Systema physicum, Copenhague, 1628 ; 5° de Lapide nephritico , ubi simul de Amuletis pratcipuis, Copenhague, 1627 ; 6° de Unicornu, id. ; 7° de Pygmceis, id., 1628 ; 8° Paradoxa medica 240, Bille, 1610 ; 9° Anatomicce Institutiones, Albi, 1611 souvent réimprimé ; traduit en français par Abr. Duprat, Paris, 1647 ; 10° Manuductio ad veram psychologiam ex sacris litteris, Copenhague, 1619 C'est un livre théologique, pris mal à propos, par quelques bibliographes, pour un traité de physiologie
  • Gaspard BARTHOLIN : fils du précédent, fut, comme son père et son aïeul, professeur en médecine à Copenhague, et employé à la cour de Panemarck. Il a, de mème, beaucoup écrit; mais on l'accuse de s'être le plus souvent attribué les travaux des autres : Vir in adhibendis alienis laboribus non meticuiosus, dit Haller . Ses principaux ouvrages sont : I. Exercitationes miscellnaneoe varii argumenti , in primis anatontici, Leyde, 1675 Ce recueil contient neuf dissertations. 2° Diaphragmes Structura nova, Paris , 1676 Il y a joint un petit traité sur la manière d'injecter les viscères, avec la description d'un instrument de nouvelle invention. 3° De inauribus veterum Syntagnta, Amsterdam, Wetstein , 1676, in 12. 4° De Tibiis veterum et earum anhiquo usu libri 3, ibid. , 1679 fig. , ouvrage rempli d'une érudition indigeste, et où l'on trouve souvent tout, excepté cc que l'on y cherche. On en peut dire autant de tout ce que les Bartholin ont écrit sur la science des antiquités. 5° De ductu salivali hactenus non descripto Observalio anatomica , Copenhague , 1684 , in - 4°. 6° Specimen Compendii physici, ibid. , 1687 7° Specimen Philosophice naluralis, ibid, 1692 de 160 pages. C'est une nouvelle édition de l'ouvrage précédent, revue et augmentée ; il y a joint : 8° de fontium, fluviorumque Origine ex pluviis, dissertation qu'il avait dejà publiée en 1689. 9° De Respiralione animalium, ibid. , 1700 rare. 10° Specimen Historice anatonticce partium corporis humani, ad recentiorum mentent accommodatoe, novisque observationibus illustratoe, ibid. Quoique fort court, cet essai développe les nouvelles découvertes avec beaucoup de clarté ; on y trouve des réflexions trèsjudicieuses. 11. Proefatio ad Vegetii Artem veterinariam, ibid. , 1701 12° Dissertatio de glossopetris, ibid., 1704 et 1706 Il a aussi ajouté des notes et des observations à plusieurs ouvrages de son père, dont il a publié de nouvelles éditions. — Thomas BARTUOLIN, son frère, fut aussi docteur en médecine, étudia ensuite la jurisprudence, et fut professeur en histoire et en droit, assesseur au consistoire, secrétaire, antiquaire et archiviste du roi de Danemark. il mourut en 1690 ; on connaît de lui : 1° Observatio de variis miris circa glaciem Islandicam , Copenhague , 1670 ; 2° de Vermibus in aceto et semine, ibid., 1671 ; 3° Antiquitates Danicoe, ibid. , 1689
  • Gaspard BAUHIN( 1560 - 1624) : frère puîné du précédent, naquit à Bâle, le 17 janvier 1560. Ses parents le destinaient à l'étude de la théologie; mais , à l'exemple de son fière, il montra plus de dispositions pour la- médecine et la botanique. A l'âge de seize ans, il en commença l'étude à l'université de Bâle, sous Théodore Zwinger et sous Félix Plater. Après y avoir fait de rapides progrès, il fut envoyé à Padoue, pour étudier la médecine et l'anatomie sous Fabricio d'Aquapendente, et la botanique sous Guilandinus. Il y demeura trois ans, pendant lesquels il alla à Rome, et parcourut une grande partie de l'Italie, en observant les plantes et en visitant les savants, avec la plupart desquels il entretint depuis une correspondance suivie. De retour dans sa patrie, en 1579, il n'y fit qu'un mois de séjour, et alla à Montpellier, où il demeura un an. De là, il se rendit à Paris, où il suivit les cours de chirurgie de Séverin Pineau. 11 devait ensuite visiter les principales universités de l'Allemagne; niais il ne put en voir que quelquesunes, parce que son père, qui se sentait près de mourir, le rappela à Bâle en 1580. L'arillée suivante, il se lit recevoir docteur en médecine, et erse maria. Il fut nommé professeur de langue grecque, et quitta cette chaire en 1588 pour occuper celle de botanique et d'anatomie. En 1596, Frédéric, duc de `'Wurtemberg, le choisit pour son premier médecin, :conjointement avec son frère Jean, ce CC fut donc par l'annonce du genre de ses travaux qu'il commença sa carrière scientifique ; il la publia en latin sous ce titre : Phytopinax, ou Énumération des plasties décrites par les botanistes de noire siècle, avec leurs différences, auquel on a joint des descriptions succinctes de quelques plantes non décrites encore, et les ligures de quelques- unes qui n'ont pas encore paru, Bàle, 1596, : c'est un catalogue de 2,460 plantes, avec la citation de quelquesuns des noms que les auteurs leur ont donnés, surtout Lobel. Ce n'était que la 1" partie de cet ouvrage; mais la 20 n'a jamais paru. Parmi les plantes décrites pour la première fois se trouve la pomme de terre, ce végétal devenu si commun et si utile par la suite. Bauhin nous apprend qu'elle était déjà cultivée pour ses tubercules en Italie. Il aperçut avec sagacité les rapports de cette plante avec les solifflon, dans le genre Le Pinax fut réimprimé à Bàle en -1671, sans aucun changement. On a toujours vivement désiré que cet ouvrage feit continué, parce que, malgré ses imperfections, il est de la plus grande utilité. C'est en vain que Shérard et Dillenius s'en sont occupés, de inique que plusieurs autres botanistes célèbres. Mentzel, en 1680 , lui donna la forme de dictionnaire , et y joignit les noms des différentes langues modernes ; mais il négligea, comme Bauhin, de citer les ouvrages et les pages. Gaspard Bauhin était extrêmement laborieux ; il a exercé l'activité de son esprit , non.• seulement sur la botanique, mais aussi sur la médecine et l'anatomie. 11 possédait le rare talent de faire des tableaux d'une science, d'y porter l'ordre et l'analyse ; de fondre et de réunir en un seul ousrage toutes les connaissances qui étaient éparses clans les livres, en y ajoutant ce qu'il savait de son propre fonds. C'est ainsi qu'il réunit dans ses Instil'ajoncs anatomicae, et dans son Theatrum analomicum, tout ce que l'on savait de son temps sur cette partie. Ces ouvrages firent trèsestimés. Une grande célébrité, fondée sur des talents aussi distingués et sur plusieurs bons ouvrages, lui fit des envieux, et lui attira de violentes critiques. Riolan , anatomiste, doyen de la faculté de médecine de Paris, et médecin de la reine Marie de Médicis, lui contesta ses connaissances en anatomie, et poussa l'emportement jusqu'à le traiter d'homme vain. 11 lui reprocha de se parer des découvertes d'autrui, spécialement au sujet de la valvule qui est entre l'iléon et le colon; il parait que Varoli et d'autres en avaient donné une description avant lui; mais Gaspard Bauhin assure avoir vu cette valvule dès 1579 , avant que personne en eût fait mention. Les contemporains ont fait justice de ces diatribes; ils ont donné à cette valvule le nom de Bauhin, qu'elle a conservé jusqu'à présent. Si l'on a pu reprocher à Gaspard Bauhin d'avoir eu de la vanité, il faut convenir, du moins, qu'elle était fondée sur un trèsgrand savoir : les suffrages de son siècle étaient fait pour exalter son amour propre. Deux de ses portraits, dont le premier se trouve en tête du Phylopinax, où il est représenté à l'âge de vingtneuf ans, et bien exécuté, L quoiqu'en bois ; et le second, en tète du Theatrum botanicum, attestent qu'il avait une belle figure. Haller dit qu'il existait encore de son temps, chez les descendants de Gaspard Bauhin, beaucoup de manuscrits de cet auteur, et un grand nombre de lettres fort intéressantes pour la botanique, de Pros' per Alpini, de Colonna et de plusieurs autres. Son herbier, qui était trèsnombreux, y était aussi conservé ; et Haller, dans ses ouvrages de botanique, en citant le Pinar ou les autres ouvrages de Gaspard Bauhin, parle trèssouvent de cet herbier. Il est facile de voir que les deux frères ont eu le même dessein, et ont suivi à peu près le mème plan. On doit donc regretter qu'ils n'aient pas réuni leurs talents et leurs travaux. Peut-être alors auraientils pu voir terminer une entreprise, qui était audessus des forces d'un seul homme. On ne conçoit pas comment ils ne se sont pas concertés ; Jean, qui avait dixneuf ans plus que Gaspard, aurait dû conserver longtemps de l'ascendant sur lui. On ne peut douter qu'ils n'aient été trèsunis, à en juger par les citations honorables qu'ils font réciproquement l'un de l'autre. Maintenant, si l'on veut comparer le mérite des deux frères, supposé que l'on puisse juger l'ouvrage entier de Gaspard par le ler livre de son Theatrum botanicum, on le trouvera inférieur à son frère pour les descriptions et la sagacité de la critique ; mais ses figures sont meilleures que celles de Jean, et il est plus complet pour la synonymie. Si on les compare avec leurs prédécesseurs et leurs contemporains, on verra que, clans toutes ces parties, ils sont restés en arrière : ainsi, ils ont été surpassés pour les descriptions par de l'Ecluse, et pour les figures, par Matthiole , Fuchs, Lobel, Dodonée, et surtout par Camérarius. Quant à la disposition inéthodique, Gaspard n'a fait que copier Lobel ; Jean a un peu changé cet ordre ; mais il ne l'a pas perfectionné. Ils avaient cependant de meilleurs modèles sous les yeux, dont il n'ont pas profité : Gesner et Colonna, qui avaient fondé les vrais principes de la botanique en annonçant qu'il fallait établit' la classification sur la fleur et sur le fruit ; mais surtout Césalpin, qui, de main de maitre, avait déjà circonscrit les grandes familles naturelles. Leur mérite réel consiste donc à avoir fondu ensemble toutes les connaissances acquises jusqu'à eux ; mais Dalechamps leur avait ouvert la route , et il avait posé les premiers fondements de l'édifice. Il résulte de cet examen que la réputation des deux frères a été exagérée, puisque, loin d'ètre les premiers botanistes de leur siècle, il n'est aucune partie où ils n'aient été surpassés. Cependant il faut convenir qu'on leur a des obligations réelles, et que, si l'on ne peut les placer au premier rang parmi les inventeurs, ils doivent en occuper un trèsdistingué parmi ceux qui ont su renfermer dans un cadre général toutes les connaissances que l'on avait alors. Plumier leur a consacré un genre, auquel il a donné le nom de Bauhinia. 11 est composé de plusieurs arbustes grimpants, qui ne croissent que dans les pays situés entre les tropiques ; ils sont remarquables par la beauté de leurs fleurs, et surtout par leurs feuilles, qui n'ont que deux folioles accouplées ou subjuguées. Linné a nommé dne espèce Bauhinia bijuga, pour mieux rappeler, ditil, la gloire inséparable des deux illustres frères. Voici la liste des ouvrages de médecine et d'anatomie publiés par Gaspard Baul?in : 1" de corporis humani Partibus externis liber, hoc est, universalis methodi anatomicm, ad Vesalium accomodatœ , Bille, 1588 2" Anatomes liber sccundus, partium spermalicarum tractationem continens, Bâle, 1591 Ces deux ouvrages ont été réimprimés ensemble à Bàle, en 1592 5° Anatomie° corporis virilis gl muliebris Historia , Lyon , 1597 Bàle, 1609 Ces trois ouvrages ont été refondus sous le titre de : de corporis humani Fabrca libri quatuor, Bàle, 1600 4° Institutiones anatomicoe, Bàle, 1604 avec les planches de Varole et de Jassolinus, Bàle, 1609 ; Oppenheim, 1614 et 1629 Francfort, 1616 5° Theatrum analomicum, Francfort, 1605 avec figures. Theatrum anatomicum infinitis lods auclum, Francfort, 1621 Les planches qui doivent entrer dans cet ouvrage ont été données séparément. L'anatomie est en partie tirée de Vesale ; Bauhin a profité des descriptions d'Eustachi, et des observations de Fallope, auxquelles il a joint les siennes. La plupart des planches sont empruntées de Vesale, d'Eustachi et de Fabricius. Matthieu Mérian a donné une édition de cet ouvrage, avec quelques changements, sous le titre de Vivce Imagines corporis humani, ( ends formis expresse', et ex Thealro anatomico G. Bauhini desumptee, opera et sumptibus IUeriani, Francfort, 1640 7° De Panu coesareo liber, Bâle, 1591 C'est une traduction de l'ouvrage que François Bousset publia en français. Gaspard Bauhin y a ajouté un appendix. 8° De hermaphroditorum monstosorumque partuum Natura libri duo, etc., Oppenheini, 16H ; Francfort, 1629 avec fig. Ce livre est plus curieux qu'utile. 9° De Compost' tione medicament0711112, Offenbach et Francfort, 1610 10° De Lapide bezoar, Bâle, 1615, 16'25, 11. Oratio de homine, Bâle, 1614 12° De remediorum formulis grœcis, arabicis, jaunis mitais libri duo, Francfort, 1619 15. Epistolce medicce, Nuremlterg, 1625 Ces lettres se trouvent aussi dans le recueil intitulé Cista medica, de Jean Hornung, Leipsick, 1661 I 4° Epis( ola analomica curiosa ad Voglerum p. atrem, insérée dans la 5' année du De- cennium des Ephémérides des Curieux de la nature. 15' G ullielmi Van' gnanoe Secretamedicince ad varios curandos morbos verissimis autoritatibus illustrata, cum additionibus G. Bauhini, Bâle, 1597 11 y a un petit ouvrage intitulé : Histoire des plantes d'Europe, avec figures, 2 vol. qui a été réimprimé à Lyon plusieurs fois, lequel est plus généralement connu sous le nom trivial de Petit Bauhin : quelques personnes l'ont attribué à Gaspard ; mais il n'en est pas l'auteur. Il consiste dans les grandes figures de Matthiole, que l'on a réduites au quart de leur dimension, en sorte qu'elles sont trèspetites ; malgré cela, elles sont assez reconnaissables. Elles fiwent gravées pour une édition française de Matthiole, mais elles parurent seules plusieurs fois ; ensuite on y adapta un texte , et on distribua le tout suivant l'ordre du Pinax de Gaspard Bauhin : sous cette forme, elles ont eu un grand nombre d'éditions ; en sorte que l'on peut assurer que c'est l'ouvrage de botanique qui en a eu le plus. C'est une preuve manifeste de la solidité et de la durée de la gravure des planches en bois, puisque, par ces nombreux tirages, elle n'ont reçu aucune altération. G ilibert les a fait reparaître en 1792, distribuées suivant le système de Linné , et les a reproduites dans ses Plantes d'Europe, Lyon, 1806, 5 vol. Jean- Gaspard BAUMN, fils de Gaspard, ne fut pas moins célèbre que son pére et son oncle. 11 naquit à Bàle, le 12 mars 1606, y fut professeur de botanique et de médecine, et y mourut le '18 juillet 1685. C'est à lui que l'on doit la publication du 1" volume du Theatrum botanicum , que son père avait laissé manuscrit. Il est l'auteur de trois petits traités de médecine : de Peste; de Epilepsia; de morborum Di fferentia. Il eut sept fils, dont quatre furent docteurs en médecine. Jérôme BAUHIN, qui était le troisième, a publié une nouvelle édition allemande du Krauterbuch de Tabernnmontanus, à Bâle, en 1664 — Emmanuel BAUHIN, petitfils de JeanGaspard, médecin d'un régiment prussien, mourut en 1746. Ce dernier faisait la sixième génération qui eût exercé la médecine, exemple rare dans les annales des sciences. La famille des Bauhin peut être comparée , sous ce rapport, à celle des Asclépiades
  • Gaspard BÉCERRA( 1520 - 1570) : peintre, sculpteur, et awchitecte, né à Baeça en Andalousie, vers l'an 15-20. Il se rendit à Rome, où les beauxarts étaient alors au plus haut point de gloire, et les leçons du célèbre MichelAnge , jointes à l'étude de l'antique, lui lirent acquérir une considération que les artistes étrangers n'obtinrent jamais en ce pays sans avoir donné des preuves du mérite le plus réel. De retour dans sa patrie, il eut une influence heureuse sur le goût de ses compatriotes. Comme peintre, il leur apprit à donner plus de relief à leurs figures, et à mieux colorier; comme statuaire, il surpassa tous ses émules. Au lieu des figures barbares et contrefaites dont les églises d'Espagne avaient été jusquelà surchargées, elles eurent des crucifix, des vierges, des saints dans la grande manière de MichelAnge. Burgos, Astorga, Zamora et Salamanque s'empressèrent de mettre à l'épreuve les talents de Bécerra, et cet artiste s'acquitta parfaitement des travaux dont ces villes le chargèrent. Il ne lui fut pas aussi facile de satisfaire le caprice de la reine Elisabeth, épouse de Philippe H. Elle lui donna ordre de faire une figure de bois de NotreDame de la Solidad pour le couvent de StFrançois de Paule. Deux fois Bécerra Et non celles de Raphaël, comme le dit un dictionnaire; ce peintre étant mort cette mente année 4520, vers laquelle on place la naissance de Bécerra. lui présenta des statues travaillées avec le plus grand soin, et n'obtint de la princesse que des preuves de mécontentement, avec la menace de faire exécuter ce travail par un autre. Comme il était dans cette situation pénible, il lit un rêve assez étrange. Une femme, que, dans la pieuse naïveté de sa foi, il prit pour la Vierge, lui apparut; elle lui commanda de retirer du feu la bûche qui brûlait dans sa cheminée, et d'en faire une statue. Il obéit, et parvint enfin à exécuter un ouvrage qui plut à la reine. Peut-être cette prétendue vision ne futelle qu'un innocent artifice d'un artiste dont on méconnaissait le talent. Quoi qu'il en soit, l'anecdote est authentique, et la .statue obtint en Espagne une grande célébrité. Outre les villes qu'on a nominées, Madrid possède plusieurs fresques et sculptures de Décevra. Cet artiste, dont la réputation eût mérité de s'étendre au delà de sa patrie, mourut à Madrid, en 1570, à l'àge d'environ 50 ans
  • Gaspard BOMBACI( 1600) : historien italien , né à Bologne dans le 170 siècle. On a de lui : 10 Armorie deqli uomini illustri per Wolf, e per rame di militez della città di Bologna fin all' anno , 1520, Bologne, 1640 ; 2° Istoria de' Tatti di Antonio Lamberlacci, Bologne, 1642 5. Lataldo, ovvero delle armi delle famiglie , Bologne, 1652 ; 4° Istoria memorabile di Bologna ritratte nelle vile di Ant., Lambertacci , Nanni Gozzatini e Galeazzo Marescolti, libri 5, Bologne, 1666 5° Istoria di Bologna, Bologne, 1668
  • Gaspard BONIFACIO : l'un des deux frères jumeaux de Balthasar, comme on l'a vu dans l'article précédent, fut moins savant que son fière et son oncle, et ne cultiva que la poésie, dont il fit son amusement. On a de lui : 1° Amor venale, favola bor, hareccia, Venise, 1616 ; 2° il V aticinio delle muse, opera seenica rappresentata in Rovigo, etc., Rovigo, 1651 ; 3° des Rime, ou poésies diverses, éparses dans différents recueils. On a vu, dans l'article de son frère, qu'il fut l'éditeur et l'annotateur du recueil de poésies de ce frère et de son ami Vanti, intitulé : Castor et Pollux. On dit qu'il laissa six livres de poésies badines, Rime piacevoli, où il avait l'art de plaisanter sans âcreté et sans aigreur, mérite qui n'est pas commun dans les poésies de ce genre ; les siennes n'ont point vu le jour
  • Gaspard BOSE : sénateur de Leipsick, et professeur de botanique dans la même ville, au commencement du 18° siècle, eut, dès sa jeunesse, le goût de cette science. Il avait rassemblé dans son jardin particulier un grand nombre de plantes rares, et beaucoup qui étaient nouvelles, de sorte que ce jardin fut un des plus riches de l'Allemagne. Paul Amman en publia le catalogue en 1686, Peine en 1799, Wehman en 1725, et Probst en 1747. Gaspard Bose est auteur de plusieurs petits ouvrages sur la botanique : 1 Dissertatio de motu plantarum sensus annulo, Leipsick, 17'28 Il semble vouloir faire revivre l'opinion de végétative. 11 traite de l'irritabilité des rninosa ou sensitives, des fleurs qui suivent le mouvement du soleil, du phénomène de la rose de Jéricho, et de la manière dont les fruits s'ouvrent pour laisser échapper leurs graines. 2° De Calyce Tournefortii , Leipsick , 1733 Il défend Tournefort contre Pontédera, sur la différence et la variété des calices. Il a décrit la fleur du Musa, ou bananier, dans les Acta eruditorune de Leipsick de 1734. Walther, dans son Hortus, ayant décrit et figuré, sous le nom d'Anon ymos, une plante que l'on voyait en Europe pour la première fois, Linné lui donna celui de Bosea. - Jean- Jacques BOSE, son contemporain, est auteur du traité : de Potionibus morbificis ad varios Scripturco locos, Leipsick ; Dissertai. prima, 1736; secunda, 1737 - Adolphe- Julien BOSE, médecin, professeur à Leipsick , né en 1742, mort en 1770, a publié trois dissertations sur la physiologie végétale : 1° de Motu humorum in planas vernali tempore viridiore, Leipsick, 1764 ; elle traite du mouvement de la séve au printemps. 2° De disquirendo Charactere planiarum essentiali singulari, Leipsick, 1765 50 Programma de dilrerentia fibra3 in corporibus trium natura3 regnorum, Wittemberg, 1768
  • Gaspard BRUSCH ou BRUSCHIUS( 1518 - 1559) : , historien et poète allemand du 16° siècle, naquit le 19 adt 1518, à Schlackenwald en Bohème, et fut élevé à Égra, patrie de ses pères, où ils portaient le nom de Brusche/ ius. Son talent pour la poésie latine, qui se distinguait par le naturel et la facilité du style, lui valut l'honneur, en 1552, d'être couronné poète lauréat par Ferdinand, roi des Romains, qui le créa de plus comte palatin. Wolfgang de Salms, évêque de Passau, le fixa dans cette ville, où il se livra entièrement à l'étude de l'histoire ecclésiastique d'Allemagne, et à la composition de divers ouvrages en Brusali avait accompagné le marquis de StPhilippe dans un voyage en Hollande. ce genre. 11 fut tué en 1559, au coin d'un bois, par des gentilshommes contre lesquels, diton , il avait fait ou menacé de l'aires des satires. Les deux princi- paux ouvrages de Bruschius, sont : de Germania3 episcopatibus Epitome, Nuremberg , 1549 Ce West là que le 1" volume d'une grande entreprise qui devait comprendre tous les évêchés d'Allemagne ; il ne contient que la métropole de Mayence, et l'évêché de Bamberg, qui était indépendant de toute juridiction métropolitaine. 2' Illo- nasieriorum Germaniœ prœcipuorum Chronologia, Ingolstad, 1551 Sulzbach, 1582 Nes- sel' en a publié la suite ou seconde centurie, enrichie de plusieurs pièces, sous le titre deSupplément, d'après un manuscrit de la bibliothèque impériale, Vienne, 1692 Ces deux ouvrages coûtèrent à Brusch beaucoup de voyages et de recherches, et absorbèrent toute sa fortune, au point qu'à la lin il ne vivait plus que des présents qu'il recevait des abbés dont il décrivait les monastères. S'étant trouvé à Mile avec la bourse mieux garnie que de coutume, il s'y lit faire tut habit neuf; mais voyant que cette parure lui attirait plus de respect, il en fut outré de dépit et mit en pièces l'habit, qui ne méritait pas, disaitil, d'étre plus honoré que son maitre. Ses ouvrages se ressentent un peu des nouvelles opinions de Luther, que l'auteur avait embrassées; ce qui parait encore davantage par ses traductions latines des Dominicales et des Consolations de ce patriarche de la réforme, par celles du Catéchisme et des Postilles tIc Mélanchthou, et du traité de Autori. tate verbi Dei de George Major. Bruschius est encore auteur de quelques autres ouvrages qui ne méritent pas d'être cités : nous indiquerons cepen- • dant un traité de Ortu et Fine imperii romani, composé par l'abbé Engelbert, dont il fut éditeur, et auquel, en le publiant,il ajouta son Odceporicon cl alia minutiora Poemata, Bide, 1555 . T—D Nous parlons tic ce recueil, parce qu'il sert à dévoiler une assez singulière supercherie. Vers le milieu tin siecle dernier, on imprima dans le Mercure de France, et, vingtcinq ans après, Fré-•on réimpt:...:t dans ses feuilles une prophetie ett huit vers latins, qu'on pretendait avoir été trouvée à Liska, en Hongrie, dans le tombeau de Regiomontanus, et qui annonçait d'affreux désastres pour l'année 1788. A l'époque de la révolution, on rappela cette prophétie, et mille bouches la répétèrent. La voici Post mille expletos a partu annos Et septingentos rursus ab orbe slatos, Octogesimus ortavus tusnu Ingruet s is seeum tristia fsta trahet. Si non hoe annn tutus malus oreidet orbi., Si non in nihilum terra fretumque ruent Cuneta tamen in mundi sursum ibunt algue &ormier% Imperia s et luctus undique grandis erit. Quoique les gens sensés n'y fissent pas plus d'attention qu'a cent autres prédictions aussi ridicules qui circulaient alors, celleci ne laissait 1,as d'embarrasser bien des personnes raisonnables, parce qu'elle était connue et publiée trèslongtemps avant l'événement ; un homme instruit fut donc prié de l'examiner et d'en approfondir le mystère. Il y consentit, et, après quelques recherches, it observa d'abord que cette prophétie prétendue ne pouvait pas avoir été trouvée en 'Hongrie dans le tombeau du célébre astronome Jean Muller, auquel on l'attribuait, puisqu'il était mort à Rome en I!?76, qu'il y avait élé enterré, et que son tombeau s'y voit encore. Mais le savant mit l'imposture absolument à découvert, en produisant le volume de Bruscluus dont nous venons de parler : la prétendue prophétie s'y
  • Gaspard BURMANN : naquit à Utrecht, et fut membre du sénat de cette ville. Son premier ouvrage est intitulé Hadrianus VI, etc., Utrecht, 1727 C'est un recueil de différents écrits relatifs au pape Adrien VI; il y joignit des notes fort savantes. Il donna ensuite l'histoire littéraire de sa patrie, sous le titre de Trajectum eruditum, Utrecht, 1738 ; et, en hollandais, les annales d'L Ueda, Utrechtsche Jaarboeken , etc. , 5 vol. , 1750-51. La préface de la seconde édition du Pétrone de son père est de lui. Il mourut le 2 aoùt 1755
  • Gaspard CALDERA DE HEREDIA : médecin espagnol, originaire de Portugal, florissait à Séville dans le 17e siècle. Il était ami de Nicolas Antonio, qui, dans la Bibliotheca Hispana, loue son érudition vaste et variée, en disant que l'amitié l'empêche d'ajouter à cet éloge. Caldera est auteur de 2 vol. dont le premier, qu'il dédia au cardinal L'amiral Gravina commandait l'avantgarde, l'amiral Ville—neuve le centre, et l'amiral Dumanoir l'arrièregarde. "FrançoisMarie Brancaccio, son Mécène, a pour titre : Tribunal medico- magicum et polilicum , pars prima, Leyde, Elzevir, 1658. Le second, intitulé Tribunalis medici Illustraliones practicce, parut à Anvers en 1665
  • Gaspard BÜSSING( 1658 - 1732) : né en 1658, à NeuKloster, dans le Mecklembourg, fut nommé en1691 pro- fesseur de mathématiques au gymnase de Ham- ei bourg, et prit pour sujet de son discours de récep- tion,l'art de voler . Une fois par semaine, il donnait chez lui des leçons de physique et de mathématiques, et y faisait des expériences publiques qui attiraient un grand. concours. Büssing occupa plusieurs emplois ecclé- siastiques dans la mème ville, eut de vifs débats avec le pasteur Mayer, qui le taxait de socinianisme, fut ensuite, en 1708, pasteur à Oldembourg, et en 1711, surintendant du consistoire du duché de Brème. perdit la vue en 1715 ; mais, cinq ans après, un habile oculiste de Bambourg lui abattit la cataracte, et il reprit ses fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 19 octobre 1752. 11 a publié un grand nombre d'ouvrages de mathématiques, d'histoire, de blason, sans parler de beaucoup de discours académiques; nous citerons seulement : 1° elathemata pura in tabulas redacta; 2° de Situ telluris paradisiacce et chiliaslicoe ad eclipticarn- recto; 5. Lettre sur la couronne de Rade- gast, faux dieu des Slaves, et sur le tombeau du roi de Suède Albert, à Gadebusch ; 4° ° ratio de illustribus Carotorum in Hamburg., a Carolo usque ad Carolum XII, mentis, non imprimé. 11 a donné aussi une nouvelle édition de la Topographia sacra ilamburgensis, et du Comput chronologique de Cluvier
  • Gaspard CALVOER( 1650 - 1723) : théologien protestant, né à Hildesheim en 1650, fut principal inspecteur des écoles du Clausthal et surintendant de la pr cipauté de Grubenhageu, et mourut le 11 mai 1725, après avoir publié, tant eu latin qu'en allemand, un très- grand nombre d'ouvrages théologiques estimés ; nous ne citerons qne ceux qui sont d'un intérêt plus général : 1' Saxonia inferior, antiqua, gentilis el christiana , Gosslar, 1714 2. Co- rona duodecim stellarum, sive annirersarium evange- lico- epistolare clodecaglotton. 50 De llusica et Fini eeelesiastica, Leipsick,1702, ilt-40. 4. Consultatio de pace ecclesiastica , inter protestantes ineund“, cula mantissa sub lit. Ramus olives , Leipsick et Gosslar, 1 5 08. . Fissura Sionis, hoc est de schis- matibus ac controversiis quo Ecclesiam agitarunt, Ieipk , '1690 : ce livre est savant et peu connu en France ; l'auteur n'avait que vingt ans quand il le publia. Sa vie a été écrite par JeanJuste Falisius. sous ce titre : Memoria justi in pace , 1727 Heleing, ou Henri CALVOER, probablement fils du précédent, lui succéda en 1726 dans la direction des écoles du Clausthal , et fut pasteur à Altman, où il mourut octogénairè, le 10 juillet 1766. On lui doit les trois ouvrages suivants : 1. Programma de historia recentiori Hercynie superioris mechanica, Claustlial, 1726 9.0 De don- mus Brunsvicensis Claritate et Potentia ex in feliei lapsu restitaia, I 727 50 Acta historico- ehronologico- ntecha- nica circa ntetallurgicam in Hercynia superiori, Brunswick , 1765 , 2 part. avec 48 planches. C'est la description la plus complète des machines et des procédés employés à l'exploitation des mines •dams le Hartz , dont son programme de 1726 ne donnait qu'un léger aperçu. Cet important ouvrage fait comme la suite de celui de Schliiter, sur la fonte des mines, que Hellot a traduit en français en 2 vol. 1750-55
  • Gaspard CASAL : Portugais, né à Leiria, suivant André Resend, entra dans l'ordre des ermites de StAngustin, fut premier professeur de théologie à Coïmbre, vers 1542, conseiller et confesseur du roi Jean 111, dont il avait été le précepteur. Il assista à deux sessions du concile de Trente, fut nommé évêque, présida un synode à Lisbonne, et mourut à Coïmbre en 1577, ou plutôt en 1575, suivant le Chronicon Augustinianuin. Casai écrivit sur les Topiques d'Aristote, et composa plusieurs autres ouvrages dont les principaux sont :10 de Justificatione humani generis, Venise, 4565 et 1599. 2° Axiomata , christiana, Coïmbre, 1550 ; Venise, 1565, et Lyon, 1593 50 De Ccena, etc., Venise,1565 4° De Usu calicis, de Sacrificio Misse, etc., Venise, 1565, et Anvers, 1566 etc. — Gaspard CASAL, médecin espagnol, né à Oviedo en 1691, mort â îladrid en 1'759, a composé un ouvrage intitulé : Historia natural y medica de et principado de Asturias, Madrid, 1762 Ce traité ne parut qu'apros la mort de l'auteur, par les soins de J.J. Garcia ; il a plus de rapport à la médecine qu'a l'histoire naturelle des Asturies
  • Gaspard CERATI( 1690 - 1769) : d'une famille noble et illustre de Parme, y naquit en 1690. Après avoir fait de bonnes études au collége ducal de Modène, il revint clans sa patrie, et se rendit en 1708 à Rome, où il entra dans la congrégation de l'Oratoire. 11 s'y fit bientôt distinguer par son savoir, et fut élevé à des places importantes dans l'Eglise. Il fut , en 1750, confesseur du conclave tenu après la mort du pape Benoît XIII, pour l'élection de Clément XII. 11 fut ensuite rappelé à Parme , avec le double titre de bibliothécaire royal et de précepteur de l'infant don Carlos, fils du roi d'Espagne , Philippe V, et d'Elisabeth Farnèse. Ce jeune prince étant parti, peu de temps après, pour l'expédition qui devait le mettre en possession du royaume de Naples, Cerati se lifita de retourner à Rome. En 1755, le grandduc de Florence , Gaston, le nomma prieur et prélat de l'église conventuelle de StEtienne , et proviseur général de l'université dia Pise. C'est dans cette place que monsignor Cerati se rendit pendant trente cinq ans utile aux lettres et cher à tous ceux I qui les cultivaient , nonseulement en Italie , mais chez les principales nations de l'Europe. Pour mieux remplir les vues du grandduc François de Lorraine, successeur de Gaston, il voyagea en France, en Angleterre , en Hollande , en Allemagne ; il observa l'état des sciences et les méthodes employées dans les universités les plus célèbres, et fut associé aux académies de Paris, de Londres et de Berlin. De retour à Pise, il entretint une correspondance suivie avec les savants et les littérateurs distingués , dont il avait acquis l'amitié dans ses voyages. Tous les étrangers instruits qui passaient à Pise s'empressaient d'aller le voir, et s'en retournaient charmés de son entretien et de la politesse de ses manières. 11 allait souvent à Florence , remplir des devoirs et visiter des amis. Il y tomba malade en 1769, et mourut le 19 juin , universellement regretté. Il n'a laissé que peu d'ouvrages, dont un seul a été imprimé après sa mort; c'est une dissertation sur l'utilité de l'inoculation : Dissertazione postuma sull' dell' inesto. On conserve en manuscrit, dans sa famille, quelques écrits théologiques, et les relations de deux petits voyages à Garda et à Turin. Le comte Antoine Cerati, son neveu, a publié à Parme, en 1778, son éloge, accompagné de notes remplies d'érudition, de philosophie et de goût
  • Gaspard COMMELIN( 1667) : neveu du précédent, naquit à Amsterdam, en 1667, et 'fut docteur en médecine et professeur de botanique dans cette ville, membre de l'académie des Curieux de la nature, qui lui donna le titre de 'l'initias, en considération de ses vastes connaissances. Le goût que son oncle lui avait inspiré pour l'étude des plantes le porta à s'en occuper par préférence aux autres parties de son art. 11 contribua aux progrès de l'histoire naturelle par ses propres ouvrages et par les travaux qu'il fit pour rendre plus savants et plus généralement utiles ceux que d'autres auteurs avaient laissés imparfaits : tels sont la Flore de Malabar et le Traité des insectes d'Europe et de Surinam, de mademoiselle Mérian. Pierre Hotton , qui était démonstrateur de botanique au jardin d'Amsterdam, ayant été appelé pour remplir les mêmes fonctions à celui de Leyde, Gaspard Commelin fut nommé pour le remplacer et pour professer cette science, conjointement avec le célèbre nuysch. Il donna une idée de la manière intéressante dont il remplissait cette place, en publiant, sous le titre de Prœludia bolanica, Leyde; 4 705 et 1715 avec fig., deux de ses leçons, l'une faite au mois d'octobre1701, et l'autre au mois de mai 1702. La première traite des euphorbes et des tithymales, et l'autre des aloès. Les figures sont très- bien exécutées, mais sans détails des parties de la fructification. Un autre ouvrage plus considérable est le 2° volume de Mora medici Amaelodamensis plantarum Descriplio et Icones, de son oncle, Amsterdam, 1701 La totalité de ce bel ouvrage contient 221 planches, qui représentent nu pareil nombre de plantes, dont la plupart étaient nouvelles et provenaient des colonies hollandaises. C'est dans cette collection que l'on voit la première ligure qui ait été donnée du pois de senteur . Il avait été cultivé par le P. Cupani en Sicile ; c'est ce qui a fait croire qu'il était origi flaire de cette île, quoiqu'il le soit de Ceylan. Commelin fit paraître une suite à cet ouvrage, mais avec moins de magnificence, sous ce titre : Horti medici Amstelodamensis Plante rariores exoticce, ceri incisa; et descripte, Leyde, 4706 ; 1715 et 1716 contenant 48 planches bien gravées. Gaspard Commelin continua les soins qu'avait donnés son oncle à la publication de l'llortus Malabaricus ; et, pour ajouter à l'utilité et à l'intérêt de ce grand et magnifique ouvrage, il en fit une table raisonnée, sous ce titre : Flora Malabarica, seu horli Malabaraei Catalogus, Leyde, 1696 et Il y développe une grande connaissance de la botanique et une vaste érudition. On y trouve réunis tous les synonymes des différents auteurs qui ont parlé des végétaux qu'il contient. Ce tableau manque quelquefois d'exactitude. On doit encore à Gaspard Commelin 4° Horta* medici Anistelodamensis plan-( arum usualium Catalogus, Amsterdam, 1697 ibid., 1715 et 1721 Bolanographia Malabarica, a nom int1712 barbarismis restituta, Leyde, 1718 ; 5° Prccludia anatomica, ibid., 4703 4° des notes contenant quelques observations, ainsi que les noms et les synonymes latins, français et hollandais, qui appartiennent aux plantes dont il est parlé dans le beau Traité des insectes d'Europe el de Surinam, par mademoiselle Mérian. Gaspard Conunelin mourut en 1751, âgé de 64 ans. Les travaux de l'oncle et du neveu ont contribué aux progrès de la science; mais ils leur assignent cependant à peine une place au second rang parmi les botanistes. Plumier leur a consacré, sous le nom de Commelina, un des genres qu'il a découverts en Amérique : ce sont des plantes herbacées et aquatiques, répandues dans toutes les contrées qui sont situées entre les tropiques ; quelquesunes sont cultivées dans nos jardins, où elles se font remarquer par la couleur d'azur de leurs pétales, au nombre de trois, dont une plus petite, ce qui, suivant Linné, frit allusion à trois Commelin, botanistes, mais dont un n'a rien publié
  • Gaspard CONTARINI( 1483) : naquit à Venise , en 1485. Ses parents le destinaient au commerce, qui, dans la république vénitienne, n'était point incm- 1 patible avec la noblesse; mais Contarini montra une si grande inclination pour les lettres, que, changeant de dessein, ils le laissèrent suivre sa vocation. If suivit à Padoue les leçons de Pomponace. Ayant achevé ses études, il entra dans les affaires de la républii lue. Nommé ambassadeur auprès de CharlesQuint, il ménagea une paix solide entre ce prince Iet la république, et fut nommé à son retour gouverneur de Brescia. En 1527, il fut envoyé, eu qua- lité d'amhassadeur, à Rome, et ensuite à Ferrare, Ir pour négocier la liberté du pape Clément VII, que l'armée de CharlesQuint tenait prisonnier dans le cl?ziteau SIAnge. LorSque ce pontife eut recouvré sa liberté, Contarini fut nommé ambassadeur auprès de lui; il le servit utilement, et retourna ensuite à Venise, où il fut adMis au nombre des sénateurs. Le pape Paul III le créa cardinal en 1535, sans qu'il eût recherché cette dignité. Son mérite imposa silence au fameux Arétin, qui fit de lui de grands éloges. Contarini était évéque de Belluno ; il fut fait évêque na. Cette somme, qui a eu plusieurs éditions, est un des plus anciens recueils de ce genre. Contarini le com?osa lors de la convocation du concile; L'auteur, coinn:e Vénitien , n'a garde d'expliquer le gouvernement (le sa république; il se borne à faire connaître les anciennes ?agiStratures et les tribunaux de Venise. 5° Dc Elemcntis et coran?. Illixtionibus libri 5, Paris, •548 Les autres ouvrages de Contarini sont (laatre livres des Sacrements : les inatifae4 n'y sont deux livres des Devoirs des évéques : ils contiennent des maximes trèsutiles; des scolies sur les Epitres de St. Paul : le sens littéral y est bien expliqué dans les endroits les plus difficiles; des traités (le controverse contre Luther la méthode de l'auteur est d'expliquer la doctrine de l'Église, de faire voir qu'elle est conforme à l'Écriture, et que les novateurs ne l'attaquent que sur de fausses suppositions; une explication du psaume Ad te levavi, composée à la prière d'une sœur, qui s'était retirée dans un monastère; une traduction (les Exercices spirituels de St. Ignace, dont il était ami ; un catéchisme (les traités de la Justification, de la Pri destination d? la Libre arbitre. Contarini paraît avoir des sentiments particuliers sur la prédestination. Il déclare qu'il ne peut adopter, sur ce point, le sentiment•de St. Aug,ustin, et qu'il ne pense pas comme ceux qui disent Glue les hommes seront réprouvés à cause du péché originel. 11 croit que la prédestination et la ré?robation ne sont point des causes nécessaires du salut et dela condamnation. Au surplus, il conseille aux prédicateurs de parler sur ces matières avec beaucoup de réserve et rarement. Contarini écrit avec netteté, correction et politesse; mais on trouve qu'il est plus philosophe que théologien. Jean Casa a donné une vie de Contarini dans ses Latina illoni? enta, Florence, 156E, in .i°; on en a une autre, écrite en italien par Louis Beccatello, Brescia, 1746 Le catelinal Quirini en fut l'éditeur, et y joignit quelques pièces qui concernent Contarini
  • Gaspard COOLHAAS( 1536) : né à Cologne, en 1556, exerça le ministère évangélique dans différentes églises réformées de l'Alletnao-°ne et de la Hollande, avant d'étre appelé à celle de Leyde, en 1575. Cette dernière année fut celle de l'inauguration de l'université de Leyde, et le professeur Guillaume Fougereau , qu'on attendait de la Normandie, n'étant pas encore arrivé , Coolhaàs fut • chargé de l'enseignement provisoire de la théologie. A la procession inaugurale décrite dans les Athence Ba- tavœ de Meursius, on le vit marcher au premier rang, entre Gérard de Wyngerde, représentant du stathouder Guillaume 1, et l'illustre Dousa, nommé curateur. Coolhaas prononça un discours consacré à l'éloge de la théologie. Peu après ,,i1 fut impliqué dans .des démêlés .fàcheux, moitié religieux, moitié politiques : il s'agissait de l'élection des anciens et des diacres, dans laquelle Coolhaas réclamait l'intervention du magistrat, contre l'avis de Pierre CorneEssen, son collègue. « Cette contestation, dit Brandt « dans son Histoire de la réformation des Pays- Bas, « fut l'origine de toutes les dissensions qui se sont « élevées dans la suite touchant l'autorité du gou-« vernement civil dans les matières ecclésiastiques. » Coolhaas ne tarda pas à se compromettre par d'autres opinions. 11 voulait qu'on reconnût pour frères tous ceux qui s'accordent sur les dogmes fondamentaux. il n'approuvait pas le dogme calviniste de la prédestination absolue.Un synode, con vogué à blildel bourg en 1578, condamna les écrits de Coolhaas et exigea qu'il réparàt sa faute par une rétractation pu bl j tie.te théologien recourut aux états de Hollande; il fut soutenu par le magistrat de Leyde, qui , sans avoir égard à sa destitution, continua encore pendant deux ans à lui payer ses appointements. Au bout de ce ternie, Coolhaas cessa de vouloir être à charge à la caisse publique par un traitement gratuit, et il prit en 1580 ou 81 l'état (le distillateur : conduite délicate, et qui contribua à ramener dans l'église de Leyde l'ordre et la paix.ICoolhaas mourut clans cette ville, en 1615. Ses écrits, tous du genre polémique , sont, à peu près oubliés.— Guillaume COOLHAAS , descen- dant de Gaspard, naquit à Deventer, en 1709, et y fa ses premières études. 11 les continua à Utrecht, OÙ, en 1755, il soutint une thèse philologique sur le sens consacré des mots iriang, maTb;, et 77tC'T.VjeV. Admis au ministère évangélique, il l'exerça d'abord à Langerak; mais, en 1755, il fut nommé professeur de langues orientales à l'athénée (l'Amsterdam , et, deux ans après, pasteur de l'église réformée de cette ville, où il mourut.en 1772. On a de lui : io deux volumes de sermons en hollandais ; 2° Dissertaliones grammatico- saerce, quibus analogia temporum et mu- dorum lingue hebrœoe invesligatur et illustratur ; Observationes philologico- exegeticce in quin que Mosis libros historicos, veteris Testameniis ; 4' Pis- sertatio de interrogationibus in saero couic hebru3o non temere admittendis
  • Gaspard CORTE-RÉAL : navigateur portugais, né à Lisbonne d'une famille noble, le premier de sa nation qui quitta sa patrie pour faire des découvertes en Amérique, était fils de Jean Vaz CorteRéal, gentilhomme de la maison de l'infant dom Fernando . Épris de la gloire des Gama et des Colomb, il résolut de s'illustrer comme eux dans la carrière des découvertes. Les contrées du sud et de l'ouest ayant été déjà explorées plusieurs fois par les Européens, il tourna ses regards vers le nord, et, avec l'aide du roi Emmanuel, à la maison duquel, dit Damiam de Goes, il avait été attaché. pendant que ce prince n'était encore que duc de Beja, il équipa deux navires, pour aller à la recherche d'un passage au nordouest qui devait conduire, à ce qu'on croyait, aux Indes occidentales. Parti de Lisbonne au commencement du printemps de 1500, Gaspard CorteRéal visita, ; à ce qu'il parait, les côtes depuis le 50° jusqu'au 60° de latitude, Joan Vaz Corte Réai ou Costa CorteRéal, accompagné d'Alvaro Martens ionien, reconnut les mers la Terra de Bacealhaos ou Paysdes morues nomme depuis TerreNeuve. On ne sait ntent,t à quelle epoque John Barrow, dans sa Chronological History of voyages in the ortie liegion, , il parle des Portugais qui, vingt ans avant cette epoque, étaient partis de Niana et des ides Açores pour peupler la Nouvelle qui ne serait pas le Groenland, mais plutôt le Labrador. D'énormes montagnes de glace qui couvraient la mer, et la neige continuelle qui tombait du ciel l'empêchèrent d'aller plus loin. Goes fait la description de la nature du pays et des moeurs des habitants; et dans la première collection de voyages, publiée en Europe, imprimée à Vicence en 1507, sous le titre de Mondo nuovo e paesi nuovamenteretravati, etc., on trouve une lettre de Piétro Pasqualigo, ambassadeur de Venise en Portugal, datée du 29 octobre 1501, dans laquelle il donne les détails du voyage de CorteRéal, comme les ayant appris de luimême à son retour. Une carte de Ptolémée publiée à Rome en 1508 donne à la terre de Labrador le nom de CortPrealis, et la région septentrionale que Gomara appelle tierra de Cortesréales, se trouve indiquée sur une carte de Ptolémée de 1511 sous le nom de Regalis domus. Enhardi par la découverte qu'il venait de faire, et convaincu qu'en allant au nordouest il découvrirait le passage tant désiré, Gaspard CorteRéal fut à peine de retour dans sa patrie qu'il lit des préparatifs pour entreprendre un second voyage. Ayant aisément obtenu la permission du roi, Gaspard CodeRéal arma deux navires avec lesquels il partit de Lisbonne le 15 mai 1501. Sa route fut, diton, heureuse jusqu'au détroit de Trosbisher ; mais là un orage sépara les Naisseaux. L'un d'eux parvint à regagner le Portugal; quant à celui qui portait CorteRéal, on n'en eut plus de nouvelles et on a supposé qu'il périt dans les glaces. — Michel CORTERÉAL, grand garde de la porte du roi Emmanuel, forma la résolution d'aller à la recherche d'un frère auquel il était tendrement attaché, et qu'il espérait retrouver. Parti de Lisbonne le 10 mai 1502 avec trois navires , Michel s'avança jusqu'à la baie, appelée depuis baie d'Hudson ; deux de ses navires rentrèrent en Portugal, mais le sien ne reparut pas et on n'a jamais su ce qu'il était devenu. Le roi Emmanuel, trèsaffecté de la perte de deux serviteurs qu'il aimait, envoya en 1503 deux navires à leur recherche, mais ils revinrent sans avoir pu obtenir aucun renseignement sur la destinée de ces infortunés navigateurs. - CORTERÉAL , grandmaitre de la maison du roi , membre de son conseil, et gouverneur des îles de StGeorges et de Terceire, ne pouvant se consoler d'avoir ainsi perdu ses dedx frères puînés, résolut de partir luimême pour éclaircir le mystère qui em eloppait leur sort. Il avait déjà, dans ce but, fait armer en 1 503 une caravelle à ses frais, mais le roi résista à toutes ses supplications, et refusa de laisser s'exposer aux dangers de la mer le dernier rameau d'une famille à laquelle il était sincèrement attaché. Ce CorteRéal laissa un fils qui fut, comme lui, membre du conseil du roi et gouverneur des Selon Damiao Goes, Gaspard Corte Real n'avait avec lui qu'un seul navire lors de sa prewiere expédition, et son frère Miquel partit avec deux seulement lorsqu'il fut à sa recherche. les de StGeorges et de Terceire il vivait à Pérsuple oi' Damiao de Goes écrivait sa chronique. Li famille de CorteRéal, éteinte depuis longtemps, et qui fut pendant plusieurs années l'une des plus distinguées du Portugal, était d'origine 1'mm:sise. Son chef qui portait, diton, le nom de Costa ou Coste était venu en Portugal avec le comte Alphonse Henriques, sous qui l'u? des Costa servait, lorsqUe Lisbonne et le Portugal furent conquis sur les Maures. M. WUFranç. Mondez Frigose dans un essai inséré au t. 8 des Mémoires de .
  • Gaspard CREUTZIGER ou CRUCIGER( 1504 - 1548) : théologien protestant, né à Leipzig le 1" janvier 1504, fut recteur à Magdebourg et professeur à Wittemberg. Il s'attacha à Luther, auquel il fut trèsutile dans la traduction de la Bible en allemand; il l'accompagna aux conférences de Marbourg, de Wittemberg, de Worms, etc., et s'a•rilta en 1539 i , à Leipzig, pour aider à y introduire la réformation. Il mourut le 16 novembre 1548, à Wittemberg. Il a écrit : 1° De ordine discendi ; de puritatedoetrinœ in Ecclesia conservanda , oraiio, una cum duabus adotheri ac Ph. Melanchthonis ad dissidentes theogos misais epistolis 1536, Kiel, 1709 De dignitate audiorum theologicorum et ministerio ecclesiastico : on trouve ces trois discours dans les oeuvres de Mélanchthon ; 2° Epistola ad M. Casp. Bornerum, que Huainan a publiée dans l'histoire de la réformation de Leipzig ; 3° quelques ouvrages également en latin, sur la Bible et sur des su- jets théologiques. — CREUTZIGER , son fils, né en 1525, professeur à Wittemberg, chassé de là parce qu'il s'était attaché à la doctrine de Cals in, prédicateur à Cassel, il mourut le 16 avril 1597. H a écrit, Di, justificatiune et bonis operibas, et quelquei ouvrages polémiques. — CREUTZIGER , , petitfils de Gaspard le père, né en 157:4 professeur de logique,de langue hébreque, et ensuite de théologie à Marbourg, mort le 8 juillet Ie37, a publié : Harmon ia Lingua rum quatuor card i na lium , hebraicœ, grœcoe, latine' et germanica', Francfort, 1616 L'auteur place d'abord le nom hébraïque qu'il compare ensuite avec les noms grec, latin et allemand qui expriment la mime idée. L'ou% rage compre i id 2,100 mots, comparés de cette manière
  • Gaspard DIAZ : peintre portugais, fut élève de Raphaël et de Michel Ange. Son pinceau est suave; il dessine avec une grande correction, et exprime merveilleusement les passions. On le nomme le Raphaël portugais. L'auteur du Tableau de Lisbonne dit avec son assurance accoutumée que « le « Portugal n'a jamais eu de peintre qui ait mérité « de figurer parmi les artistes médiocres; que l'on « ne connaît point mi seul tableau dont il puisse « se glorifier; que tous ceux qu'on voit à Lisbonne, « échappés du pinceau de peintres nationaux, sont « sans dessin et sans correction. » Ces assertions sont aussi peu exactes qu'elles sont tranchantes. Diaz et Mora° Coello ont été de grands peintres. On loue aussi beaucoup le talent de Benoît Coelho qui florissait au commencement du dernier siècle. Vieira, dont l'époque est encore plus voisine de nos jours, passe pour un prodige de correction : presque toutes les peintures de l'église de StFrançois de Paule, à Lisbonne, sont de ce maitre
  • Gaspard DIES : peintre portugais, vivait au commencement du 16° siècle. Don Emmanuel, charmé des heureuses dispositions que le jeune Dies annonçait pour la peinture, l'envoya étudier à Rome les chefsd'oeuvre des grands maitres. MichelAnge le reçut dans son atelier et l'honora de ses leçons : Dies se montra digne d'écouter et d'imiter ce grand homme. Il fit plusieurs ouvrages qui furent admirés des Romains. De retour dans sa patrie il peignit à l'huile , par ordre du roi, différents morceaux dans le cloître de l'église de Bélem, et dans plusieurs autres édifices élevés par ce monarque. Eu 1534, il lit, dans l'église de la Miséricorde, le fameux tableau de la Descente du St- Esprit, qui, en 1734, a été restauré par Pierre Guarienti. Dies mourut à Lisbonne, en 1571
  • Gaspard DŒNHOFF : sénateur de Pologne et waivode de Siradie, était d'une trèsancienne famille, originaire de Franconie. Ses ancêtres avaient puissamment contribué à la conquête et à la conversion de la Livonie, dont ils avaient, sous le règne de Sigismond Auguste, procuré la possession à la Pologne. Gaspard avait dans sa jeunesse fait la guerre sous Sigismond Ill, et acquis toute la confiance de ce prince. Il jouit de la même faveur sous Wladislas Sigismond, qui en 1637 l'envoya en ambassade à Vienne pour demander la main de la princesse Cécile, fille de l'empereur Ferdinand II, et le nomma ensuite grand maréchal de la cour. Il fut, par les femmes, ancêtre de Stanislas Leczinski, roi de Pologne, grandduc de Lorraine et de Bar.— DOENHOFF , palatin de Pomerélie, fut élevé comme page à la cour électorale de Brandebourg, et voyagea beaucoup dans sa jeunesse. En 1621 il accompagna le prince Wladislas Sigismond et le général Chodkietwitz dans la pierre contre les Turcs, commanda les corps allemands, et repoussa les Ottomans, qui attaquèrent ses postes perlikint toute une journée. Trois ans après il suivit le prince dans ses voyages en Allemagne et en Italie. A son retour il servit le roi Sigismond Ill dans le guerre de Prusse contre GustaveAdolphe, et, par sa présence, fit échouer le siége que les Sué- dois avaient mis devant Thorn. Ses services furent récompensés par les dignités les plus éminentes. Il vint en 1645 en France conclure le mariage du roi Wladislas Sigismond avec LouiseMarie de Nevers. Il fut créé comte du StEmpire par Ferdinand 11, et mourut le 3 septembre 1648
  • Gaspard DORNAU( 1577 - 1632) : en latin Dornavius, médecin et litt&ateur saxon, naquit en 1577, à Ziegenrueck, sur la Saala, dans le Voigtland. Après avoir terminé ses études, il accompagna, comme répéti- teur, des jeunes gens qui allaient suivre les cours de l'université de Bàle ; il profita de son séjour en cette ville pour se faire recevoir docteur en médecine, et commença à exercer cette profession. Nommé, en 1608, recteur du collège de Gorlitz, il 31 eut ensuite le même titre à Bentben, en Silésie. Au bout de quelque temps il se démit du rectorat, et obtint le titre de médecin des princes de Brieg et de Lignitz. Dormit fut employé dans les négo- ciations au sujet de la gerre de Pologne, et mourut à Bre, le 28 septembre 1632. On a de lui : 1° fa- cobi Zwingeri Vita et Mors, rersibus et orotione celebrata, Côrlitz, 1612 2 Homo diubolus, sive Syllogc seriptorum de caluninia; Parolella morum sceculi; Encomium sear« bœi; inridice en- camion ; Calumnice reproesentatio; Enconaminm ccecitatis, neminis, pellicani, cuthoribus incertis, Francfort, 1618 Ce recueil est très rare ; le frontispice en a été renouvelé en 1626, avec l'indication que l'ouvrage fait suite à celui qui va être cité. 3° Amphitheatrum sapientice Sucra- ticoe joco- serice, hoc est encomia et cummentaria auctorum veterum et recentiorum, quibus res pro vi- libus aot damnosis vulgo habitce styli patronicio vindicantur et exornantur, Hanau, 1619, ou 1670, 2 tomes en 1 volume C'est le plus connu et le plus recherché des ouvrages de Dornau : il est divisé en 2 parties, la Ire contient les éloges des animaux et des plantes, composés en grec, en latin, en allemand, en vers et en prose, par différents auteurs dont les noms sont indiqués dans la table, quelquesuns sont de Dornau ; la 2e renferme l'éloge d'Hélène et de Busiris, par Isocrate ; celui Je Néron par Cardan, et quelques autres pièces de même genre; le nombre de facéties, éloges ridicu- les, etc., recueillis ou indiqués dans cet ouvrage, s'élève à 621. Les éditeurs des Nugce venales, du Demoeritus ridens et des Dissertationesludicra,, ont puisé dans ce recueil; Sallengre y a pris l'idée de son E log de l'ivresse ; Louis Coquelet, de 1 ' loge de la rioutte ; Dreux du Radier, de l'Eloge des lanter- 71P, etc.; 4° Ulysses scholasticus, hoc est de mori- bus qui in scholis quas appellanttrivialibus admit- tuntur, dissertatio duplex, Hanau, 1620 on trouve à la suite Oratio de barbarie, par Gaspard Hoffmann. 50 Un discours de lncrementis domino- tus turcici, Francfort, 1615 quelques autres ouvrages moins importants. Ses discours ont été publiés par Antoine Schmidt, Gôrlitz, 1677, 2 vol. et Schelhorn a donné quelques lettres inédites de lui dans ses 417/ men/ 1utes iitterarice
  • Gaspard DUCHANGE( 1662 - 1756) : graveur, né à Paris, en 1662, fut élève de Jean Audran. Un faire large, un travail de chairs trèsmoelleux, forment le caractère de son talent. Aussi estil celui de tous les graveurs qui a le mieux rendu les tableaux du Corrège. On en peut juger par ses estampes d'après ce maitre, Jupiter et bo, sa Léda et sa Dane, estampes assez recherchées, quand on les trouve avant la retoi Eche, et les draperies, qui y ont été ajoutées par Sorni- que, qui y a mis son nom. L'heureux mélange des travaux des chairs, qui, sur les contours, se perdent avec ceux des parties qui les environnent, sans cependant détruire. la finesse et la précision du trait, Y ajoutent un mérite assez rare, qui convenait parfaitement aux ouvrages du Corrège, et que Ballolozzi a trèsbien imité depuis. On a de lui aussi les Vendeurs chassés du Temple, et le Repas chez le Pharisien, gra) és d'après les tableaux de Jouvenet qui étaient autrefois à StMartin des Champs : ces deux grandes estampes ont bien le caractère des originaux. Duchange a gravé beaucoup d'autres estampes, telles que Tobie recouvrant la vue, d'a-- près Ant. Coypel; Notre- Seigneur au tombeau, d'a- près Véronèse, et divers autres sujets, d'après Bertin, Noël Coypel, Lesueur et autres. Si les estampes qu'il a gravées pour la galerie du Luxembourg, d'après,Rubens, sont plus faibles, c'est qu'il les a exécutées d'après les dessins de Natier, qui n'avait pas rendu convenablement le caractère et le coloris de Rubens. Duchange est mort en 1756, conseiller de l'Académie de peinture. Il a conservé jusqu'à la fin de ses jours, une santé parfaite, et une si bonne vue, qu'il existe une planche qu'il a gravée à l'âge de 91 ans. Cet artiste fut aussi estimé pour ses qualités personnelles que pour ses talents
  • Gaspard DUCHATEL( 1766 - 1793) : cultivateur des environs de Thouars, en Poitou, dans le département des DeuxSè% res, député à la convention en 1;92, fut l'un des membres de cette trop fameuse assemblée qui se lit le plus remarquer par ses efforts pour sauver le malheureux Louis XVI, lors de la discussion sur la question de savoir quelle peine serait infligée au monarque, que les députés, même les plus révoltitionnaires, aux dentiers états généraux, avaient déclaré inviolable. Duchatel sou ti itt d'abord que l'abdication était la seule chose qu'on pût exiger du prince. 11 demanda néanmoins le bannissement, qui, par la manière dont cette criminelle discussion s'était engagée , était un des moyens les moins coupables qu'on pût employer pour lui sauver la vie. A cette époque , certains délits devaient être considérés, sinon comme des actes de vertu, si l'on veut prendre ce mot dans son acception la plus austère, au moins comme ceux d'une louable et courageuse politique , plus utile souvent qu'une résistance irréfléchie à des événements qu'on ne pouvait empêcher ; c'est sous ce rapport qu'il faut juger la conduite d'un grand nombre de députés à la convention dans cet épouvantable procès. Après avoir émis cette opinion, Duchatel tomba malade. Apprenant dans son lit que les votes pour et contre le roi se balançaient, il se fit conduire à l'assemblée dans le costume d'un homme tourmenté pat la fièvre ; le dernier scrutin venait d'être fermé, ou plutôt le dernier appel était terminé; chaque député était tenu (l'énoncer son opinion à haute voix. Duchatel obtint d'émettre son vote : il se fit conduire à la tribune, la tête enveloppée d'un bonnet de nuit, et opina pour le bannissement. ii,utoique le scrutin fût fermé, l'assemblée consentit à ce'que ce vote fût compté, parce qu'il tendait à l'indul- gence; cette particularité est remarquable pour ceux qui savent que ce n'était pas d'un acte de justice , mais d'une proscription qu'il s'agissait. Peu de temps après Duchatel fut nommé, par l'as- semblée, commissaire près l'armée du Nord ; Collot- ' d'llerbois voulut s'opposer à cette nomination, sous prétexte, disaitil, que ceux qui avaient voulu sau- ver le tyran ne pouvaient avoir la confiance du peuple. Duchatel ne nia pas que telle avait été son intention, et ne fit qu'irriter ses ennemis. 11 fut bientôt dénoncé comme étant d'intelligence avec les insurgés de la Vendée, et décrété d'accusation après le 31 mai 1793, avec les députés de la Giron- de. 11 s'enfuit à Bordeaux oit il fut m'été, de là conduit à Paris et livré au tribunal révolutionnaire. Le président lui demanda, comme une action criminelle, sUce n'était pas lui qui était venu en bon- net de nuit à l'assemblée, pour voter en faveur de Louis Capet? Il répondit avec fermeté : « Comme « je n'ai à rougir d'aucune de mes actions , je « déclare que c'est moi. » Dans le coins des débats on ne lui fit pas de reproche plus raisonna - bic. Duchatel fut condamné à mort le 31 octobre 1193, avec vingt de ses collègues. li était âgé de 27 ans
  • Gaspard DUIFFOPRUGCAR( 1400) : l'undes plus célèbres luthiers de son temps, naquit dans le Tyrol italien, vers la fin du 15C siècle, il voyagea d'abord en Allemagne pour connaître les différents patrons en usage, et pour appliquer aux patrons d'Italie ce qui pourrait ajouter à leur perfectionnement. Duiffoprugcar, désirant se fixer en Italie, alla demeurer à Bologne, sers les premières années du 16e siècle. Il se trouvait dans cette ville lorsque le roi François ler s'y rendit, en 1515, pour établir le concordat avec le pape Léon X. On sait combien ce prince aimait et protégeait les arts, et combien il désirait hâter leur progrès dans ses États. 11 entend parler des talents supérieurs de l'artiste italien ; il s'empresse de lui faim des propositions avantageuses pour le déterminer à le suivre et à venir s'établir à Paris. Duiffoprugcar accepte, part et arrive. Il parait que l'intention di! monarque français, dont la musique était composée de vingtquatre instruments, six basses, six tailles, six quintes et six dessus de violon, était de faire fabriquer les instruments nécessaires au service de sa chambre et de sa chapelle, d'une manière digne de son siècle et de sa magnificence. Il parait aussi que le climat froid et nébuleux de la capitale ne convenant pas à la santé de l'artiste italien, il demanda et obtint du roi la permission de se retirer à Lyon, oii,...probablement, il termina sa carrière. Il y était encore en 1520. L'auteur de cette notice possédait dela basses et une taille de cet artiste. Elles étaient montées de sept cordes, qui s'accordaient de la manière suivante : La plus grave est le la, de la clef de fa, posée entre la première et la seconde ligne ; , sol, ut et mi, la, ré, de la clef de sol. On a représenté, sur la table de dessous de la première, le plan de la ville de Paris, en vue d'oiseau, au 16° siècle,. exécuté en bois de rapport et de différentes couleurs; audessus du plan est un St. Luc, porté par un boeuf, d'après le tableau de Raphaël. La seconde basse perte en dedans cette inscription : Gaspard Duiffoprugcar, à la Coste sainct Sébastien, à Lyon. La table de dessous représente le Moïse de MichelAnge, qui se voit sur le tombeau du pape Jules II. Sur le manche est sculptée une salamandre, qui était la devise du roi François I". La troisième est une taille de violon ; sur la touche de cet instrument se trouvent les deux vers latins suivants, que cet artiste avait choisis pour devise : Viva fui in sylvis, sum dura occisa securi ; Dum viii, tacot : mortua duite eano. Que l'on pourrait rendre ainsi : J'ai gardé le silence en vivant dans les bois, je suis morte aujourd'hui, l'on me donne une voix. On a figuré, sur la table de dessous, St. Luc l'évangéliste, d'après Raphaël. Les manches de ces trois instruments sont supérieurement sculptés. Le portrait de cet habile luthier a été gravé de son temps en médaillon de format Sa devise, qui se trouve au bas, sert à le faire reconnaître. Il est représenté avec une longue barbe qui lui tombe au milieu de la poitrine, entouré d'instruments de toutes espèces, tenant un compas d'une main, et de l'autre un manche de violon ; il semble méditer sur les proportions qu'il doit lui donner. Fayolle a fait regraver la figure de cet artiste d'après ce portrait
  • Gaspard ENS( 1570) : né vers 1570 à Lorch, dans le Wurtemberg , renonça à l'étude du droit après avoir reçu ses premiers grades, afin de se livrer à sa passion pour les voyages. Il se fixa à Cologne en 1603, et s'y mit aux gages d'un libraire. Ens paraît s'être moins inquiété d'obtenir une réputation durable que d'amasser de l'argent ; aussi les volumes se multipliaientils sous sa plume avec une rapidité inconcevable ; souvent il en publiait huit ou dix dans une année, et sur des ob jets entièrement opposés. Il quitta Cologne après y avoir demeuré vingtcinq ans, et on ignore ce qu'il devint depuis cette époque ; mais il paraît quilvivait encore en 1636. Le rédacteur des tables de la Bibl, histor. de France le nomme mal Gaspard Lorchan; cette erreur méritait d'être relevée. On ne citera, parmi les ouvrages d'Ens , que ceux qui peuvent présenter quelque intérêt ; on en trouvera une foule d'autres indiqués dans la Bibliotheca realis de Lipenius 4° Historia bellorum Dithmarsicorum Danorum sub Frederico I1, Francfort, 1593 2° Mercurius Gallo- Belgicus, Cologne, 1604 et années suivantes 2. Ens en a publié six volumes, depuis Je quatrième jusqu'au neuvième ; d'Isselt est le rédacteur des trois premiers ; Gothard Arthus et JeanPhilippe A belin , successeurs d'Ens, ont porté cet ouvrage à 35 volumes. C'est une compilation faiblement écrite et mal digérée des événements qui se passaient en Europe. . 3° Rerum Hungaricarum historia, libris IX comprehensa, Cologne, 1604, petit réimprimée avec des additions et une suite, 1648, traduite en allemand, 1605 Les bibliographes hongrois trouvent à cet historien compilateur plus d'élégance que d'exactitude, et lui reprochent de n'avoir point indiqué les sources où il a puisé, et de n'avoir point mis de tables à son ouvrage. 4° Annales sive commentaria de bello Gallo- Belgico, ibid., 1606 5° Delicice Germanice tans inferioris quant superioris , ibid. , 1608 Delicice Germanice transmarincedbid. 1610 7° Belli civilts in Belgio per XL annos gesti historia usque ad annum 1609, ex Belgicis Meterani commentariis concinnata, ibid., 1610 8° Elogium duplex funebre et historicum Hen- rici IV, ibid. , 1611 9° Indice occidentalis historia ex varus authoribus collecta, ibid., 1612 10° Mauritiados libri VI in quibus Belgica describitur, civilis belli causce , illustr. Mauritii natales et victorice explicantur, ibid., 1612 If° Magna. Britannice delicice, ibid., 1613 12° Thesaurus politicus ex italico latine versus, ibid., 1613-18-19, 3 vol. Kahle parle avec éloge de cet ouvrage . JeanAndré Bosio en avait annoncé une continuation qui n'a point paru. 3° Epidorpidum libri IV in quibus ? imita sapienter, graviter, argutè, salsè, jocosè atque etiam ridendè dicta et facta continentur, ibid., 1613 1 , fig. 22° Timumatorgus maihematicus, id est , admirabilium effecitium é matheniaticarum disciptinarum funtibus profluentium sylloge, ibid., 4 628 Cette édition est la seconde, et on en connaît deux autres de 1636 et de 4654 , même format. C'est une traduction des Récréations mathémattilues, dont la première édition française indiquée par Mutliard est celle de Rouen, 1628 te. L'édition latine de 1636 porte sur le titre Ga. sparo 17.. ns L. collecture et interprete. On n'y trouve guère que la première des trois parties que contient l'édition française de Rouen , I 613 ; mais on a ajouté à la fin quelques problèmes, et l'ouvrage se termine par la description du singe ou pantographe. On remarque encore parmi les ouvrages d'Ens une traduction du roman de Gusman d'Alfarache, sous le titre de Proscenium 1623, et des poésies latines, dont une partie a été insérée dans les Delicioe poetarum Ger,, anorum, t. 2, p. 1236 et suivantes
  • Gaspard FUESSLI( 1745 - 1786) : troisième fils de JeanGaspard, frère du précédent , naquit à Zurich en r 15, et y mourut en 1786. 11 s'était d'abord destiné, comme ses frères et soeurs, aux arts du des- sin; il embrassa ensuite l'état de libraire et eultiu L'entomologie; il a donné de trèsbons ouvrages dans cette partie de l'histoire naturelle. En 477!; parut son Catalogue raisonné des insectes de la Suisse . Depuis 1778, il publia volumes du Magasin d'entomologie, et de 1751 à 1786, t; cahiers des Archives d'entomologie , traduites en français ; en anglais et en français . Son caractère aimable et officieux le rit chérir et regretter de ses amis
  • Gaspard GALLATI( 1535) : issu Gallati leva un régiment de 4,000 hommes, tra- versa la Bourgogne, et rendit de bons services à la journée des barricades et au voyage de Chartres. Henri IV ayant succédé à la couronne , Gallati , qui avait le plus grand ascendant sur ses soldats, dont il était aimé, se rangea de son côté, nonobstant la différence de religion : il fut com- blé de ses faveurs, et eut une grande part au gain de la bataille d'Arques , dans laquelle le roi, remarquant la bravoure des , Suisses, accourut à son secours et lui dit : 111011 ronipére; je viens mourir ou acquérir de l'honneur avec vous. Il continua de se distinguer dans nombre de sièges et de combats, de lever des corps, qui furent licenciés successivement et appelés de nouveau. En 1603, il obtint la lieutenance des CentSuisses. En 1614, la reine mère l'envoya en Suisse pour demander la levée d'un régiment de 3,000 hommes : les cantons , en l'accordant , lui en donnèrent le commandement, et acceptèrent, à sa sollicitation, M. de Bassompierre pour colonel général des Suisses. En 1616 , ce corps fut créé régiment des gardes suisses, et Galle en fut établi premier colonelpropriétaire. Il jouit de cette place jusqu'à sa mort, arrivée à Paris en 1629, après soixanteneuf ans de service
  • Gaspard GIL-POLO( 1516) : poëte espagnol, né à Va- ence en 1516 , exerçait dans cette ville la profes- ion d'avocat. Il avait beaucoup de goût pour la oésie , et ses premiers essais le placèrent au rang les meilleurs poètes de son temps. Mais ce qui ervit le plus à établir sa réputation , ce fut sa Diana namorada . Cette fable pasto-.ale , écrite en prose mêlée de vers, est en quellue sorte la suite de celle qu'avait composée Montemayor : mais cet auteur n'en ayant écrit que cinq livres , CilPolo en ajouta sept. Le succès prodigieux qu'avait eu l'ouvrage de Montemayor, le premier dans son genre , ne nuisit point à celui qu'obtint son imitateur. CilPolo ne surpasse assurément pas son modèle par l'invention ni par le goût, mais il l'égale pour la pureté du style , l'harmonie et l'élégance des vers ; et son ouvrage est bien supérieur à la Diana de Perez dit le Salmantino , qui fut un des continuateurs de Montemayor. Parmi le grand nombre d'excel- lents morceaux de poésie qu'on trouve dans le premier, on regarde comme deux chefsd'œuvre le sonnet qui commence par Probaron en el campo su destreza , et la chanson En el campo ventu- rosa , etc. Le chant du Turia est aussi curieux qu'intéressant ; l'auteur, par le moyen d'une fiction ingénieuse , y rappelle tous les troubadours et petes valenciens jusqu'à son temps. Il parait que GilPolo ne quitta jamais sa province , et qu'il n'alla pas , à l'exemple des poètes ses contemporains, briguer à Madrid les faveurs du monarque. Il mourut dans sa patrie en 1572. Cervantes fait un grand éloge de cet auteur dans son Don Qui- chatte, lorsqu'en parlant des trois Divines, il fait dire au curé qu'on garde celle de CilPolo , comme si elle était d'Apollon lui- même. Il en fait aussi l'éloge dans son chant de Calliope, à la stance Todas quanias debidas alabanzas , etc., etc. La première édition de la Diana de CilPolo est de Valence , 1564 8°, la plus estimée est celle de Londres, 1739, revue et corrigée par le juif Pineda , connu par celle qu'il avait donnée de Don Quichotte. La Diana a été imitée en latin par Barthius , dans son Erodidascalus sen nemoralium quoique ad hispanicum Gasparis Gilli- Poli, Hanau, 1625 BS
  • Gaspard GIRARD( 1754 - 1830) : médecin, né à Lyon le 3 octobre 1754, se fit agréger au collée royal de chirurgie de cette ville en 1783, et prit le grade de docteur en 1789. Il y exerça l'art de guérir avec beaucoup de- succès, et fut généralement aimé à cause de la douceur et de l'aménité de son caractère. Il soutint quelques opinions médicales qui n'étaient point admises par le plus grand nombre de ses confrères ; mais il le fit toujours avec tant de bienséance et de politesse qu'il n'eut jamais d'ennemis. En 1821 , la société de médecine de Lyon le choisit pour son président. Il mourut le 28 janvier 1850. Les écrits qu'il a laissés sont : I. Essai sur le tétanos rabien, Ou Recher- ches et réflexions sur les accidents qui sont quelque- fois la suite des morsures faites par les animaux dits enragés, suivies de quelques notions sur les moyens de prévenir et de guérir cette maladie, Lyon, 1809 Girard cherche à prouver que, dans l'affection appelée rage , la maladie est locale ; que la salive d'un animal , prétendue vénéneuse, n'y est pour rien ; que les accidents qui sont quelquefois la suite des morsures faites par les animaux sont les mêmes que ceux qui sont déterminés par toute autre cause, et ont le plus grand rapport avec le tétanos traumatiqne ; que la rage n'est point par conséquent une maladie essentielle, et que ce mot devrait être remplacé par celui de tétanos. Les docteurs Percival et Benjamin Rush, de Philadelphie, avaient déjà soutenu que la 'rage était une affection purement tétanique. Bosquil- Ion avait aussi prétendu que le virus de la rage n'existait point, et que les accidents qui survenaient étaient produits. par la peur. Ces diverses manières de voir ont été plusieurs fois renouvelées de nos jours. Quoique l'opinion du médecin lyonnais ne soit pas admissible , on ne peut s'empêcher de convenir qu'il l'a défendue avec talent. ".:?." Observations relatives à la ligature du cordon ombilical, Lyon , 1812 L'auteur prétend qu'en liant le cordon avant que les artères ombilicales aient cessé de battre, on fait refluer le sang dans le basventre et dans le foie, et qu'il en résulte diverses maladies , entre autres la jaunisse. A l'époque où cet opuscule fut composé, l'impératrice MarieLouise était sur le point d'accoucher. Girard envoya son manuscrit au ministre de l' qui demanda l'avis de la faculté de Paris, laquelle approuva pleinement la doctrine contenue dans ce mémoire. On trouve à la fin quelques nouvelles notes sur la rage. 30 Réflexions sur la non- existence du virus rabique , ou Objections adressées à M. le docteur E. Plaindoux, relatives à son observation sur la rage, insérée dans la Revue nzédi- cale , Lyon, 1827 Cet opuscule renferme des observations et des faits nouveaux relatifs à l'opinion de l'auteur sur la rage. 40 Mémoires et observations de médecine et de chirurgie pratique, Lyon, 1829 Ce recueil contient la plupart des mémoires et observations que Cirant avait fait paraître dans divers journaux de médecine. Le plus étendu de ces mémoires est sur l'usage de l'ammoniaque liquide pour la cure de quelques maladies
  • Gaspard GOTTSCHLING( 1679 - 1739) : philologue et bibliographe allemand , naquit à Lobendau en Silésie le 28 février 1679. Après avoir été pendant quelque temps chargé d'une éducation particulière, il fut en 1705 nommé recteur de l'école des jeunes nobles, nouvellement établie dans la Marche de Brandebourg; mais quelques désagréments qu'on lui avait suscités l'ayant obligé de quitter cet emploi , il vint à halle, où il fut reçu adjoint de la faculté philosophique, et se fit distinguer par ses leçons; il accepta enfin en 1710 le rectorat et la place de bibliothécaire à l'école de NeuBrandebourg, et mourut dans cette ville en 1739. Gottschling était trèslaborieux; ses travaux littéraires, relatifs pour la plupart à l'histoire et à la géographie, sont nombreux ; voici ceux de ses ouvrages qui nous paraissent dignes d'être mentionnés : 1. introduction à la connaissance des livres bons et rares , Dresde , 1702. ; réimprimée en 1715; 2. Notice abrégée de l'état actuel de la France, sous le nom de C. de Gaule ; 3° Introduction à l'art du blason , NeuBrandebourg , 1706 1746 4° Tableaux chronologiques et historiques des 16e et Ir siècles ; 5. Notice des villes de Halle, de Franefort- sur- le- Mein et de Leipsick ; 6. Essai d'une histoire des cartes géographiques, Halle, 1711 de 112 pages; 7° Les Etats de Fez , de Maroc , d'Abyssinie , etc. ; 8° Phrases et sententiœ ex Planta . 1728 ; 9° Recueil de quelques contes divertissants ; 10. Description de l'ancienne tille de Brandebourg ; II. Ly arum, Brandebourg, 1710 Cet auteur a publié aussi un grand nombre de dissertations et quelques traductions. — Godefroi GOTTSCHLING, Iibliographe allemand, vivait dans la première moitié du •8e siècle. Il étudia en 170ï 1;i théologie à Leipsick et devint dans la suite ministre protestant à Medzitor. Il a publié : 1. De libris hodoeporieis , Leipsick , 1705 2., Meteoroloyium sacrum, Breslau , 1 ill I.° , et quelques autres opuscules moins importants
  • Gaspard GOZZI : célèbre. littérateur , et critique vénitien au 18e siècle , était d'une famille qui remonte sans lacune au commencement du 14e siècle. La principale branche, établie à Bergame, y remplit de hauts emplois ; deux autres branches, transportées à Venise vers 1A10, y furent considérées comme ayant originairement les droits et le titre de citoyens, et y tinrent un état qui annonçait l'opulence. L'un des ancêtres- de Gaspard acheta des terres féodales d'un bon rapport dans le Frioul, à cinq lieues de Pordenone; c'est ce qui fit passer dans leur famille le titre de comte, qu'ils ont toujours porté depuis. Son père, JacquesAntoine Gozzi, fils unique, hérita de trop bonne heure d'un riche patrimoine. Son goùt passionné pour le luxe et pour tout ce qui tient du grand seigneur fut secondé par la faiblesse de sa mère ; ne voulant s'allier qu'avec une famille patricienne, il épousa une Tiépolo, qui lui apporta pour dot de nouvelles sources de dépense, et nui lui donna onze enfants, dont Gaspard, l'aîné, était né le 20 décembre 1713. Le désordre qui se mit bientôt dans ses affaires ne l'empêcha pas de donner à ses fils les commencements d'une brillante éducation ; mais il ne put soutenir ces dépenses, et cette éducation resta imparfaite. Poussant aussi trèsloin l'amour qu'on avait alors presque généralement à Venise pour les spectacles, il fit dresser chez lui un théâtre; et ses enfants des deux sexes, qui avaient presque tous du talent pour la comédie, étaient ses acteurs. Bientôt son fils aîné Gaspard, et Charles qui était le troisième , furent en même temps acteurs et pones. Gaspard , d'un caractère doux , mais abstrait, taciturne et méditatif, se laissant entièrement dominer par les penchants littéraires qui venaient d'éclore en lui, s'isola de tout ce qui tenait aux affaires et à l'administration économique; son admiration pour Pétrarque et l'habitude d'imiter ses vers l'entraînèrent plus loin; il devint amoureux de Louise Bergalli, femme pone, trèsspirituelle et trèsaimable, mais qui avait dix ans de plus que lui. Malgré cette disproportion, elle mit tant d'adresse dans sa conduite, qu'il finit par l'épouser du consentement de son père . Ce nouvel élément introduit dans la famille était aussi actif, aussi mobile que la plupart des autres l'étaient peu. Tout y fut bientôt en mouvement; mais les caractères, les volontés, les intérêts, se froissèrent, et du mouvement ne tarda pas à naître la confusion. L'union de Gaspard fut féconde; chacune des premières années augmenta le nombre des enfants et les charges de la maison. Un accident imprévu y mit le comble : le père de tous ces Gozzi fut frappé d'apoplexie; il vécut encore six ans, mais muet, , paralytique et sans aucun moyen de manifester 1 ses pensées, quoiqu'il conservât toute sa raison. Gaspard devint par là chef de la famille, ou plutôt, comme il fut impossible de le détourner de ses études et de le faire sortir de son cabinet, sa femme le devint à sa place. La maison que la fa- mille habitait en commun avait été un palais et y ressemblait encore par les décorations extérieures; mais au dedans tout était presque en ruine. On parvint à arranger dans cette maison délabrée un petit appartement assez commode pour Gaspard Gozzi et sa femme , avec un cabinet pour lui ; il n'en demanda pas davantage, et ne s'inquiéta de rien de plus. Trois ans écoulés dans cette position en accrurent la gène et les difficultés. Madame Gozzi, satisfaite de l'espèce d'empire qu'elle exerçait, s'inquiétait peu de l'état critique où la famille était réduite, et mettait tous ses soins à tâcher de n'en, pàraitre point la cause. Elle se laissa circonvenir par des créanciers avides, entre autres par un marchand vénitien , qui proposa d'acheter la maison paternelle, à condition qu'elle serait évacuée surlechamp, et qu'on en irait habiter une fort chétive, placée dans un quartier éloigné. On avait obtenu le consentement de toute la famille, même celui du malheureux père, quand Charles Gozzi, le troisième des fils, quitta le service où il était entré depuis trois ans, revint de Dalmatie, s'opposa ouvertement à ce marché honteux , en fit suspendre la conclusion s'il ne put le faire rompre, mais excita contre lui d'implacables ressentiments. Les dissensions ne faisaient qu'ajouter aux embarras et rendaient les remèdes plus difficiles, lorsque Gozzi le père fut enlevé en 1745' par une seconde attaque d'apoplexie; et, ce qui indique en peu de mot l'état où il laissait cette famille autrefois florissante, il fallut qu'un de ses fils empruntât, en son propre nom , une somme d'argent pour lui faire des funérailles un peu décentes. Cette mort rompait entièrement le marché de vente de la maison; elle fut aussi l'occasion ou la première cause. d'une séparation libre et volontaire des personnes, et d'un partage Nous renvoyons à cet article pour en corriger les fautes que nous avons reconnues en nous occupant de la famille Gozzi. Son mari n'était point l'Aile vénitien , comme il est dit dans l'article, mais seulement ciloen , avec le titre de comte. Ce ne fut point lui, mais son frère Charles, qui se distingua par des I comédies d'un genre singulier; enfin la suite de cet articleci fera voir s'il est vrai que, depuis le mariage de Louise Bergalli, l'éducation de ses enfants fut son premier soin. l'amiable des biens. Gaspard Gozzi , sans sortir le son indolence , après la séparation de trois de es frères, demeura le chef d'une famille aussi gitée et plus obérée qu'auparavant. Sa femme, dus agitée à elle seule que tous les autres, lui it prendre dans ces circonstances le parti qui conrenait le moins : elle l'engagea à se charger de a direction de l'un des trois théâtres de Venise et de TerreFerme, celui de SaintAnge , à signer un traité avec les entrepreneurs, et une foule de traités particuliers avec les acteurs et tous les gens qui y étaient attachés. Ce ne fut au reste pour lui qu'un médiocre sujet de trouble, parce qu'après les premiers moment§ il ne s'en occupa plus du tout; et ce fut pour madame Gozzi , malgré de si terribles embarras, un grand sujet de jouissance qu'une direction , une entreprise et une autorité qui pouvaient remplir tous les besoins de son activité et de son amourpropre. Cette activité cependant devint si bruyante et si remuante, le désir du mouvement et du changement fit tant de fois déménager de maison en maison, de quartier en quartier, toute la famille, que Gozzi, qui ne savait résister à rien, mais qui voulait absolument être tranquille prit, sans se brouiller en aucune façon avec sa femme , un petit logement à part, où il s'établit seul au milieu de ses papiers et de ses livres. Ces troubles intérieurs ne lui ôtaient rien , au dehors, de l'estime et de la considération que lui avaient acquises la régularité de ses moeurs, sa probité, son désintéressement, son caractère toujours égal, son savoir et ses talents. Depuis plus de dix ans il avait publié plusieurs ouvrages, où l'on admirait la solidité des pensées, celle des principes , l'élégance du style et une érudition variée, jointe au goùt le plus délicat et le plus sùr. Il s'était d'abord essayé dans la tragédie et la comédie par des pièces presque toutes traduites du français : elles réussirent peu, et il ne s'obstina point dans ce genre, auquel la nature ne l'avait point appelé. Des ouvrages de morale et de critique fondèrent sa réputation, et il ne tarda point à passer pour l'un des meilleurs juges en littérature, en même temps que pour l'un des écrivains les plus soignés et les plus purs. Un de ses ouvrages qui lui fit le plus d'honneur, fut sa défense du Dante contre les légèretés que l'exjésuite Bettinelli s'était permises dans ses prétendues Lettres de Virgile. Le Dante et les autres auteurs du bon siècle étaient pour Gozzi les objets d'une espèce de culte ; et c'était à leur source qu'il avait puisé ce style vraiment italien, d'autant plus remarquable dans ses écrits et dans ceux de son frère Charles. qu'il commençait à devenir plus rare. Au reste, ils étaient loin d'être les seuls à Venise qui s'opposassent au torrent du mauvais goût. Une société entière d'esprits distingués s'était formée dans cette vue , et employait à la fois les discussions sérieuses et les critiques légères, quelquefois même des satires d'un sel plus âcre, et jusqu'à des facéties d'un burlesque un peu tri- via], pour combattre les prétentions et troubler les succès des corrupteurs de la langue et du goût. Cette singulière académie, considérée autrement que sous le point de vue littéraire, offre une preuve des l'utilités dont la plupart des gouvernements d'Italie , mais particulièrement celui de Venise, aimaient que les hommes du plus grand mérite, livrés aux études les plus graves, parussent occupés. Les saillies de la grosse joie, les gaietés folles, et quelquefois plus que populaires, auxquelles ils se livraient, semblaient une espèce de garantie et faisaient entrer jusqu'aux associations savantes dans le système d'amusements éternels et de joie infatigable que ce gouvernement avait si grand soin d'entretenir. Le titre de cette académie était déjà un ridicule : c'était la société des Geanelleschi, c'est-àdire de ceux qui avaient deux granelli pour armoiries ou pour emblème. Mais qu'étaitce que ces granelli? Cherchez dans les dictionnaires; vous y trouverez une acception figurée de ce mot, qui indique , comme elle le fait aussi en français, un sot, un niais, un imbécile. Dans cette académie , enrôlés sous une pareille enseigne , étaient cependant, et en assez grand nombre, des hommes aussi distingués par leur rang, par la gravité de leur caractère, par la profondeur et l'étendue de leurs connaissances, que par leurs talents et par le tour piquant de leur esprit. Tels étaient, entre autres, les deux frères Joseph et Daniel Farsetti , patriciens , riches, amateurs splendides des arts, et dont le second surtout, bailli de l'ordre de Malte, s'était rendu célèbre par des poésies latines et italiennes du meilleur goùt ; un Crotta , un Balbi , aussi patriciens ; le savant abbé Natale Lastesio ou dalle Laste, l'une des lumières de l'érudition et du vrai savoir, à cette époque, en Italie , les trois frères Marsili, le comte CamposanPietro , le docte Forcellini , les deux frères Gozzi et plusieurs autres. A chaque réunion de ces esprits supérieurs, ils commençaient par ce qu'on pourrait nommer des bordées de productions les plus ridicules qu'ils pouvaient imaginer, soit en prose, soit en vers, et les plus analogues à leur emblème et à leur titre : lette véritable séance académique s'ouvrait ensuite ; et les lectures qu'ils y faisaient, les principes littéraires qu'ils y développaient, excitaient l'admiration et entretenaient à Venise le feu sacré du goùt. Malgré le soin que prenait leur président de ne rien dire d'abord qui n'eût le caractère d'imbécillité qui était conforme aux statuts , il pouvait s'oublier quelquefois; mais une découverte que fit l'Académie la mit à l'abri de ce danger : ou lui fit connaître un homme complétement stupide , et , ce qui achevait de le rendre parfait, ayant de grandes prétentions à la science et aux talents littéraires , remplissant chaque jour des pages de baises les plus grossières, les lisant à tout le monde, et prenant pour des signes d'approbation les rires et les moqueries de ceux qui se faisaient un jeu de son excessive simplicité. Il se nommait Joseph Seeehellari ; la société lui envoya une députation, le reçut dans son sein , lt nomma, au bruit d'éclats de rire universels et à l'unanimité, prince ou président de l'Académie des Granelleschi, dignité déjà instituée auparavant , mais avec le titre d' Arcigranellone créé pour lui. On fit avec beaucoup de solennité l'installation du nouveau président; on lui mit pour couronne une guirlande de prunes ; on lui adressa des discours et des pièces de vers, du sérieux le plus comique, remplis d'éloges ironiques dont il était aussi fier que de sa couronne. Il avait pour trône un fauteuil antique très-élevé, sur lequel , lui , qui était de la taille d'un nain, ne pouvait s'asseoir que par deux ou trois sauts tout à fait burlesques. Là il se pavanait, parce qu'on lui avait dit que ç'avait été le siège du célèbre écrivain et c l'illustre cardinal Pierre Bembo. Le dos du fauteuil était surmonté d'un hibou qui tenait fièrement dans sa griffe droite deux de ces granelli dont l'Académie portait le nom. L'a/ Tigrane/ bue ne manquait jamais d'ouvrir la séance par une de ces compositions d'un ridicule inimaginable dont il avait peut-ètre offert le premier modèlè. On l'interrompait bien vite à force d'applaudissements; on arrnait l'insertion du chefd'oeuvre dans les actes de l'Académie, et il livrait trésgravement son manuscrit au secrétaire. L'existence de l'Académie remontait jusque vers l'an 1740; et ces joyeux savants ne s'étaient refroidis ni pour leurs sottises bruyantes et niaises, ni pour les travaux d'un excellent esprit et d'un excellent style qui sortaient sans cesse de leurs séances et devenaient, par l'impression , des sources de jouissance et d'instruction pour le public. lis y usaient quelquefois d'une extrème liberté, que leur constance, sur le premier article , n'aidait pas peu à leur faire pardonner. Gaspard Gozzi, d'un esprit plus réservé et plus sage, avait moins souvent besoin de ces pardons que son frère ; il avait obtenu de bonne heure des marques de confiance du gouvernement. 11 était réviseur des livres et surintendant des impressions, place dont le médiocre revenu n'était pas à mépriser dans l'état de fortune où il fut longtemps réduit. Les réformateurs de l'université de Padoue lui en offrirent spontanément une plus lucrative et plus honorable : ils lui demandèrent un grand travail sur la réforme de cette célèbre université, sur la refonte de ses constitutions , et sur un nouveau plan d'études que le sénat vénitien projetait d'y établir. On lui assigna pour cette opération importante un traitement annuel de six cents ducats , et l'on y joignit plus d'une fois des gratifications extraordinaires. 11 était délivré depuis plusieurs années des embarras où la direction d'une troupe de comédiens l'avait plongé. Ce tourbillon orageux s'était pour ainsi dire dissipé de luimème par la ruine totale de la troupe , dans laquelle il eut bien de la peine à n'are pas enveloppé ; il avait aussi perdu sa femme , et malgré tous les tourments qu'elle lui avait occasionnés, il l'avait regrettée sincèrement. Il était devenu sujet à des maladies douloureuses qui augmentaient avec l'âge. Son travail pour l'université de Padoue étant achevé, il revint à Venise, où le sénat lui continua la plus granule partie de ses honoraires. Bientôt ses infirmités redoublèrent ; l'air salubre et la vie calme de Padoue l'y rappelèrent. 11 éprouva un mieux sensible, mais qui ne dura pas longtemps. Il avait auprès de lui une ancienne amie , nommée madame Cenet, qui lui avait prodigué dans toutes ses maladies les soins les plus assidus et les plus tendres : Gozzi ne vit d'autre moyen de l'en récompenser et de lui assurer une existence après sa mort, que de l'épouser. Il mourut peu de I temps après, le 26 décembre -1786 , âgé de 73 ans. Dans le grand nombre d'ouvrages et d'opuscules qu'il a laissés, on distingue surtout : 1. Observa- tore veneto periodico. Cet ouvrage ne fut réuni qu'en 1768 en un seul volume ; mais il avait paru plusieurs années auparavant par feuilles détachées, comme le Spectateur anglais, qu'il avait pris pour modèle et dont il imite quelquefois l'art./ de peindre les moeurs et les caractères , celui dei mettre en action les grands principes de la littérature et de la morale , l'enjouement réglé par la décence , et la sagesse assaisonnée d'urbanité. 2° Leltere famigliari, Venise , 1755, 2 petits vol. Il Il en parut dès 1756 une seconde édition, aussi en deux volumes, mais dont le second était divisé en deux parties. Rien de plus spirituel, de plus piquant , de plus élégant que ce recueil de lettres familières : l'auteur y propose à ses amis, ou s'y propose à luiméme , des questions auxquelles il répond tantôt sous la forme du dialogue , tantôt sous celle d'une prétendue traduction d'un auteur ancien, et tantôt sous d'autres formes agréables. Le bon goût y est dépouillé de pédantisme , et la raison d'austérité. Presque toute la dernière partie est composée de pièces de vers , d'épitres, de capitoli ou pièces satiriques d'un sel rarement dere , mais toujours piquant. On reconnaît, dans plusieurs, des lectures faites à l'Académie des Granelleschi, et l'auteur donne dans une de ses lettres quelques détails sur l'origine et la nature de cette singulière société. 3. Giudizio degli antichi poeti supra la moderna censura di Dante , attribuila ingiustamente a Vir yilio, con gli principj di Gnon gusto, Venise , 1758 C'est peut-ètre le meilleur et le plus précieux ouvrage de l'auteur. Critique solide sans dureté, vive sans acrimonie ; admiration sans engouement, niais dictée par une appréciation judicieuse et éloquemment exprimée ; développements clairs et naturels des principes fondamentaux de la poésie et de la littérature; exemples si bien choisis , si variés , si nombreux et si beaux , qu'ils formeraient par euxmèmes une lecture intéressante; le tout revécu du style le plus pur et le plus véritablement toscan dans lequel aucun livre eût été écrit lepuis longtemps, nu ème en Toscane : tel fut le jugement que tous les gens de goût s'accordèrent à en porter. Le censeur du Dante, de Pétrarque et de Boccace , auteur des prétendues lettres de Virgile, l'imprudent Bettinelli , garda le silence; c'est ce qu'il pouvait faire de mieux. t. Opere in rersi e in prosa del conte Gasparo Gozzi , Venise, 1759, 6 vol. Presque tous les morceaux réunis dans cette édition avaient d'abord paru séparément à diverses époques : ce sont des tragédies et des comédies, la plupart traduites du français. Dans ces traductions comme dans les pièces de l'invention de l'auteur, on ne remarque guère d'autre mérite que l'élégance du style : on y trouve aussi des cantates et d'autres poésies lyriques; des rimes, les unes sérieuses et les autres burlesques ; des épttres ; enfin , des mélanges dont le mérite principal est la variété. Ce recueil vaut mieux qu'un autre en un seul volume , que Gozzi publia vingt ans après sous ce titre : 5° • nui componimenti in prosa e in rersi , Venise, 1779. L'auteur s'y laisse aller au sentiment de ses peines; il y entretient trop le public de ses affaires et de ses ressentiments. 6. Mondo morale, Ve- ihise , 1'760, 3 vol. ouvrage qui respire une ilosophie religieuse, telle que le fut toujours ale de l'auteur. Il entreprend d'y démontrer sous des formes corporelles et sensibles comment tnature universelle s'est altérée par degrés , ache de découvrir les premiers germes des vices t des vertus , et d'enseigner comment on pourrait la ramener dans la bonne voie. 7. Il trionfo dell* umilick , nanti 4 , pel glorioso ingresso di S. E. il signore caraliere liczzonico alla dignitâ di procurator di S. Marco , Venise , 1759. Ce poilme est un de ceux que l'auteur aimait avec une prédilection particulière : il avait raison quant à la sage distribution des différentes parties (lu sujet , aux morceaux d'invention dont il s'est appliqué à réchauffer la froideur, au style poétique et d'excellent goût dans lequel il l'a écrit ; mais il n'a jamais pu faire que cette froideur inhérente au sujet n'y subsistat pas, que l'entrée en charge d'un procurateur de StMarc ne parût partout ailleurs qu'à Venise un sujet un peu mince pour un peine en cinq chants ; et, malgré toutes les perfections et les vertus dont un chevalier Rezzonieo présentait en lui l'assemblage , c'était un héros un peu obscur si son parent n'était devenu pape.
  • Gaspard HAUSER : fut, dans notre siècle, aussi problématique que le Masque de fer l'a été dans le siècle de Louis XIV. Sa naissance, sa vie, sa mort, tout reste encore enveloppé de mystère, et l' excité par ce phénomène donne seul à Hauser une place parmi les hommes marquants du 19e siècle. Un bourgeois de Nuremberg rencontra le 26 mai 1828, lundi de la Pentecôte, entre quatre et cinq heures du soir, sur le marché au suif de cette ville, un jeune homme dont la démarche singulière , l'espèce de balancement qu'il produisait à l'aide de ses bras pour avancer et le ma étrange attirèrent sa curiosité. Il l'accosta ; le jeune homme , au lieu de lui parler , avança la main dans laquelle il tenait une lettre à l'adresse d'un chef d'escadron du sixième régiment de cavalerie en garnison dans cette ville. Ne pouvant rien tirer de cet étranger, le bourgeois prend le parti de le conduire à la demeure du chef d'escadron. Dans le chemin, il adresse quelques questions au jeune homme qui parait n'y rien comprendre. On a pourtant prétendu dans la suite que, sur la question d'où il venait, l'inconnu aurait répondu de Ratisbonne , et qu'envoyant la PorteNeuve , il avait communiqué à son guide une réflexion sur cette porte, circonstance qui ne serait pas indifférente si elle était avérée. On n'a malheureusement pas vérifié ses premières expres- sions, et l'on n'y a pensé que lorsqu'il n'était plus temps. En entrant dans la maison de l'officier qui se trouvait absent, l'inconnu dit au domestique, en mauvais patois de Bavière, qu'il voulait devenir un cavalier comme son père; mais, à tout ce que ce domestique lui demanda , il répondit: je ne sais pas. Il ne proféra plus que les deux phrases qu'il paraissait répéter machinalement sans y attacher de sens. On lui présenta de la viande : en voulant la manger, il éprouva une sorte de convulsion; mais il dévora avidement du pain, et avala de l'eau avec une sorte de délices. L'officier, étant rentré, ne put rien tirer de ce jeune homme. La lettre sans signature dont celuici était porteur était datée des frontières de la Bavière, et supposée écrite par un journalier qui se disait père de dix enfants, et déclarait avoir élevé chrétiennement le jeune porteur de la lettre , lequel, disaitil , avait été déposé chez lui le 7 octobre 1812 , par sa mère inconnue. Il avait caché cela, ajoutaitil, pour éviter les recherches de la police, et il n'avait point laissé sortir l'enfant, en sorte que celuici ignorait même la demeure de Son père nourricier; que lui, ce journalier, avait enseigné à lire et à écrire à cet enfant qui montrait de la docilité; mais, comme il désirait être cavalier ainsi que son père , on prenait le parti de l'adresser à M. le chef d'escadron. Un billet inclus était supposé écrit par sa mère, se disant une pauvre fille, et indiquait que son enfant , né le 30 avril 1812, avait pour nom de baptême Gaspard , et que son père , ancien soldat dans le sixième régiment des chevaulégers , était mort. Le jeune homme paraissait âgé de seize à dixsept ans, et avait une constitution faible , de petites mains, des pieds délicats, qui paraissaient avoir souffert de la marche. II était vacciné au bras. Son costtnne était celui des paysans, son mouchoir portait les marques X. H. Il y avait dans sa poche quelques formules de prières catholiques eerites à la main, un rosaire et de petits traités religieux imprimés en Bavière. Il ne prononçait que quelques paroles et de petites phrases détachées , paraissait étranger aux choses les plus usuelles de la vie, et insensible aux commodités les plus habituelles. Le chef d'escadron , ne sachant que faire de ce demisauvage, le conduisit chez le magistrat de police , et celuicl, exécutant à la lettre la loi sur les vagabonds, le fit enfermer : du reste, Hau- ser fut traité avec douceur. Dès le commencement, se trouvant entre. les mains de la police, il avait écrit en grosses lettres, sur un papier qu'il aperçut, les mots de Kaspar Hauser. La prison n'affecta nullement son Arne; il y joua comme un enfant, s'amusa beaucoup d'un cheval de bois qu'on lui donna , l'orna de rubans et voulut le faire manger. Les gravures et images lui causaient un plaisir trèsvif. 11 essayait de les copier; il se Plaisait également à tracer des lettres et des chiffres. La curiosité ayant attiré beaucoup de monde ' à la prison, il apprit bientôt assez pouropouvoir se faire entendre. On voyait qu'il manquait d'habitude de réfléchir, et que ses idées étalent celles d'un enfant; quelquefois elles tombaient dans la ' niaiserie. 11 croyait les images vivantes, et il attribuait la vie à une foule d'objets inanimés. Le bourgmestre, M. Binder, l'ayant pris chez lui, fit sa première éducation. C'est ce magistrat qui tira de lui quelques renseignements sur le sort qu'il avait subi antérieurement. Hauser racontait qu'il avait passé son enfance dans un souterrain, où le jour pénétrait à peine, qu'il y était toujours resté couché ou assis, qu'il n'y avait vu personne, que c'était toujours pendant son sommeil qu'il avait été nettoyé et habillé; qu'il avait eu pour joujoux deux chevaux de bois; que pendant tout le temps de sa captivité il n'avait jamais été à l'air, et qu'il n'avait connu ni jour ni nuit; que dans les derniers temps un homme s'était fréquemment emparé de lui, avait guidé sa main pour lui apprendre à écrire , et l'avait habitué à marcher; qu'à la fin cet homme l'avait pris sur ses épaules, l'avait monté au dehors et l'avait déposé sur la route de Nuremberg, en lui mettant une lettre à la main; après quoi il avait disparu. Mais Hauser ne put dire rien de positif sur la contrée d'où il venait. Il assurait n'avoir même pas vu le visage de l'homme, parce que celuici l'avait habitué à avoir les yeux baissés. M. Binder publia ces renseignements pour engager toutes les personnes qui pourraient être à même . Il distinguait mieux les objets Daumer, Mittheiiungeniiber Kaspar Hauser, Nuremberg, 1S3, 2 cahiers. au crépuscule qu'en plein jour , et reconnaissait les couleurs dans l'obscurité mème. Il apercevait des étoiles encore invisibles pour la vue ordinaire,. et les distinguait par leurs diverses scintillations. L'attouchement des fleurs ou du moins de quelquesunes lui causait des maux de tète, des frissons et des sueurs. Son éducation intellectuelle n'avança que lentement; elle fut interrompue d'ailleurs par des indispositions. Le 47 octobre 18'28, ne le trouvant pas dans la maison, et aper- cevant sur l'escalier des taches de sang, on soup-çonna un accident; après l'avoir cherché quelque temps, on le trouva dans la cave , pâle , défait couvert de sang, et ayant au front une blessure provenant d'un instrument tranchant. Quand il eut recouvré ses sens , il raconta qu'étant aux latrines qui donnaient sur l'escalier, il avait entendu passer ou glisser quelqu'un, et qu'ayant avancé la tète, il avait aperçu un homme avec une tète noire comme un ramoneur, et que cet homme lui avait donné un coup sur le front, qui l'avait fait tomber à la renverse, qu'il avait été saisi d'une telle frayeur, qu'il avait couru se cacher dans la cave. Cet incident provoqua les recherches de la police. On crut avoir aperçu dans la rue un homme tel que le dépeignait Hauser, se lavant les mains dans un lavoir; mais on ne put le découvrir. Pour mettre Hauser à l'abri de nouvelles attaques, on le conduisittlans la maison d'un conseiller municipal, où il fut gardé par deux soldats. Cependant, quelques mois après son installation dans cette maison, les deux gardes entendirent une détonation dans sa chambre; s'y étant précipités, ils le trouvèrent étendu par terre et frappé d'une balle de pistolet. Heureusement il n'étuit que blessé. Il raconta qu'étant monté sur une chaise pour prendre un livre, il avait perdu l'équilibre, et que s'étant cramponné à l'arme suspendue au mur, il en avait, sans s'en douter, lâché la détente et s'é- tait blessé à la tète. Cet accident, suivant de si près la prétendue attaque, surprit le public, et y fortifia les soupçons que l'on commençait à concevoir sur la véracité de Hauser. M. Merker, conseiller de la police prussienne , fit paraître une brochure dans laquelle, se fondant apparemment sur l'expérience acquise dans ses fonctions, il énonça le soupçon que Hauser était un imposteur, fils de quelque écuyer ou marchand de chevaux, et voulant par un récit romanesque attirer les regards et la pitié du public . Cependant un publiciste distingué, Feuerbach, résumant les assertions de Hauser et l'enquête dressée par la police, n'hésita pas à présenter l'infortuné jeune homme comme la victime de quelque grand crime . Feuerbach ajouta toutefois , avec un ton mystérieux déplacé dans cette affaire, qu'il y a des secrets que la police ne peut épierç et qu'il existe Kaspar Hauser, nicht unaehrscheinlich ein Betriiger, , Berlin , 1830. Kaspar Hauser, Beispiel eines Verbrechens am Scelen- leben des Menschen, Anspach 1832. des réduits où la vigilance des magistrats ne saurait pénétrer. Le public fut d'autant plus incertain que Damner avait peint le naturel de Hauser comme étant plein de candeur et ; à ce mot, il montra un grand saisissement en s'écriant Voilà ce que j'ai cherché si longtemps! Puis, les mêmes Hongrois ayant nommé une famille demeurant dans le voisinage du château, il s'écria avec effroi : Voilà ma mère! Étant rentré chez lui, et interrogé sur ce que les nongrois lui avaient dit, on l'entendit répondre : Ils m'ont dit le mot que j'ai si longtemps cherché.—Et quel mot ?—I e ne le sais plus , réponditil à la grande surprise de son tuteur. On ne laissa pourtant pas de faire des recherches dans la partie de la Hongrie dont on avait parlé; niais cette enquête ne procura pas le moindre indice. On doit penser combien tout cela intrigua le public allemand. On , un inconnu, que Hauser prit pour un fonctionnaire public, vint le trouver pour l'engager à se rendre le même jour à trois heures après midi au jardin du château près du monument du peine Utz, disant qu'il avait beaucoup de choses à lui raconter de Nuremberg. Hauser accepta le rendezvous, et, sans en dire un mot à personne , il se rendit au lieu désigné. Une demiheure après, il vint se précipiter tout effaré dans la chambre de son maitre, ne pouvant proférer que ces mots entrecoupés : jardin du ehriteau, bourse. Utz, monument; il en- tralna M. Meyer au parc, puis en route il tomba tout épuisé. C'est lors que son maitre s'aperçut qu'il était blessé. Il le ramena chez lui, et lit engager un employé de la police à courir surlechamp au jardin du château. Cet employé, étant arrivé auprès du monument d'Utz, y trouva une bourse de soie violette dans laquelle était un billet contenant ces mots écrits à rebours : « Ilauser « pourra vous donner an juste mon signalement, « et vous . Cependant les raisonnements sur lesquels ils appuyaient cette assertion ne sont pas assez con- cluants. Ce qui parait plus constant, c'est le ca- ractère timide de Hauser, qui s'effrayait toujours de la mort. Ceux qui avaient des soupçons les expliquaient par l'esprit borné de l'individu qui, selon eux, avait mis sa gloire à jouer un rôle , et à couronner son imposture par une fin tragique. Ce qui surprit davantage le public, ce fut de voir le dernier bienfaiteur de llauser , lord Stanhope, se ranger du côté de ces hommes soupçonneux, et déclarer , dans des écrits qui furent imprimés, qu'il reconnaissait avoir été dupe de sa crédulité. Il pensait que Hauser avait été élevé d'une manière étrange, mais qu'il n'avait fabriqué son histoire romanesque que parce qu'il y avait été amené peu à peu par les questions singulières qu'on lui avait adressées, et que dès lors il soutint ce rôle, malgré les contradictions choquantes qui se trouvaient dans ses assertions. Insensiblement le mensonge et la dissimulation devinrent chez cet individu une habitude , et le portèrent à tromper celuilà méme qui voulait se charger de lui. Contre ces inculpations de lord Stanhope, l'ancien maitre de Hauser, M. Damner, prit la défense de son élève, en qui il n'avait jamais remarqué rien qui ressembliit à la fourberie. Depuis ce temps, l'opinion publique flotte incertaine; on ne sait plus s'il faut plaindre ou accuser l'homme énigmatique qui s'est montré et qui a disparu d'une manière si singulière. Ce qu'il y a encore d'étonnant, c'est l'inertie et la mollesse de la police bavaroise dans cette all'aire. Elle cessa bientôt les poursuites; les actes de Penquéte furent, à ce qu'il parait, emportés d'Anspach, et rien ne fut PLUS tenté pour éclaircir le mystère, ce qui a fait supposer à des personnes ombrageuses qu'elle a eu des motifs pour se ralentir dans l'exercice de ses Voyez le rècit du doetetir Heydefireich , K. Hausers Ver- wundung , Krankheii, Lichencteung , Berlin, 1834. cachot obscur, brochure d'un quart de feuille, Lyon, 1834. En 1838, on a fait de Gaspard Hauser le héros de deux mélodrames joués sur les thédtres des boulevards à Paris
  • Gaspard JUENIN( 1650 - 1713) : prétre de l'Oratoire , né en 1650 à Varambon en Bresse, entra (Lins l'Oratoire en 1674. Après avoir professé les humanités, la philosophie et la théologie dans plusieurs maisons de la congrégation , il fut appelé pour tenir des conférences de théologie au séminaire de StMagloire, à Paris, où il mourut en 1715, avec une grande réputation de piété et de science théologique. On a de lui : 10 Commentarius historiens et dogmaticus de sacramentis , Lyon , •696 et 1705, 2 vol. Ce commentaire est suivi de trois Dissertations sur les censures, les irrégularités et les indulgences. C'est le premier ouvrage des théologiens modernes où la matière de tous les sacrements ait été traitée avec une certaine étendue. L'auteur y a employé la méthode scolastique, mais il en a écarté la sécheresse par une foule de détails instructifs sur la liturgie des différentes églises anciennes et modernes , sur la discipline relative à l'administration des sacrements et sur les dispositions avec lesquelles on doit les donner et les recevoir. 2" Institutiones theologieoe ad usum seminariorum , Lyon , 1696 , 4 vol. ; Paris, 1700, 7 vol., même format. Ce cours de théologie, le meilleur qu'on eùt alors , a été réimprimé plusieurs fois dans le royaume et clans les pays étrangers. Il était en usage dans plusieurs séminaires, lorsque quelques évêques, y ayant trouvé des expressions qu'ils jugèrent peu mesurées, et des omissions qui leur causèrent de l'ombrage, en défendirent l'enseignement dans leurs dioceses. Le P. Juenin réforma, dans l'édition de Lyon de 1705 , plusieurs des expressions qui avaient déplu, et suppléa une partie des omissions qui avaient paru suspectes. Cependant le cardinal de Noailles en suspendit l'usage par son ordonnance du 12 juin 4706 ; mais sur les explications que lui donna l'auteur , et qui furent ajoutées au mandement de Son Éminence, la suspense fut levée, et l'ouvrage reprit son cours. Le P. Juenin publia pour sa défense. plusieurs écrits dont il serait trop long de donner la nomenclature. 3° Compendium theologioe, Paris, 1708 C'est un trèsbon abrégé de ses institutions théologiques à l'usage des ordinands, qui a eu beaucoup de vogue. 4° D ssertation sur la messe de paroisse, Besançon ; elle fut suivie d'une réponse à un écrit fait contre la Dissertation, ibid.; 50 Dissertation sur l'obligation de la communion pascale, ibid. ; 60 Dénonciation des théologies de Becan, d Abely, etc., aux évêques de Chartres et de Noyon; Dissertatio quce sit ecclesice l'arisiensis doctrina de divinis auxilris et 8,, Théorie et pratique des sacrements, Paris , 1713 , 5 vol. ouvrage trèsestimé; 90 Théologie morale, par demandes et par réponses, Paris, 17F1, 2 vol. 10. Résolution des cas de conscience, ibid., méme année , 4 vol. Ces trois derniers ont été trèsbien reçus du public et méritent d'être consultés par tous ceux qui se livrent au saint ministère
  • Gaspard KUNZ : né à StGall, mort à Neuchâtel en 1752 , passa une grande partie de sa vie en France. En 1726, il résigna la charge de conseiller qu'il occupait dans sa ville natale, pour se retirer à Neuchâtel et pour y vaquer à ses études. Il a publié quelques ouvrages qui présentent des vues nouvelles et des pensées hardies : Dissertation sur la validité ou non- validité des pactes dans l'état de la nature, 1755 Essai d'un systénie nouveau, concernant la nature des étres spirituels, 17.12 La mort le surprit, occupé à composer un système complet de métaphysique
  • Gaspard MONGE( 1746) : créateur de la géométrie descriptive et l'un des fondateurs de l'école po- lytechnique, naquit à Beaune en 1746. Son père était marchand établi dans cette ville ; il soutenait assez facilement sa famille pour avoir pu diriger l'éducation de ses trois enfants vers les sciences et se priver de leur concours. Cet homme de bien , à qui un sens droit faisait sentir l'importance de l'instruction, ne négligea rien pour leur en procurer le bienfait. Tous les trois se dirigèrent vers les fonctions de l'enseignement: les deux plus jeunes suivirent d'abord les traces de leur aîné, qui fait l'objet de cet article ; Voltaire prétend que l'abbé Mongault mourut de chagrin de n'avoir pu faire auprès do son élève la même fortune due l'abbé Dubois : mais rien n'est moins vraisemblable. Estil donc si étonnant qu'un homme d'une santé délicate • accablé d'infir- mités avant l'âge meure A 72 ans ! Si l'on doit être surpris, c'est qu'il ait résisté p'us de vingt ans des douleurs continuelles. L'un succéda depuis à son aine dans la place d'exarninateur de la marine; l'autre est mort professeur . Un lieutenantcolonel du génie , frappé de l'élégante précision de ce travail , recommanda Monge au commandant de l'école fondée depuis quelques années à Mézières pour les officiers de cette arme. Mais cet établissement ne s'ouvrait qu'à des élèves privilégiés, au nombre de vingt, qui se renouvelaient par moitié tous les ans ; il fallait , pour en faire partie, appartenir à une condition élevée, et l'humble fortune de Monge était un titre d'exclusion. Il ne trouva place que dans la classe des appareilleurs et conducteurs des travaux des fortifications, en qualité d'élève et de dessinateur. Isolé au milieu d'obscures pratiques , où la dextérité de la main prévalait sur l'intelligence, on méconnut d'abord la portée de la sienne ; on ne voyait en lui qu'un dessinateur exercé, et il brûlait d'échapper à cette estime exclusive dont s'irritait son amourpropre. Cependant le commandant de l'école jeta les yeux sur lui pour faire les calculs pratiques d'une opération de défilement. Monge, rebuté des longs tâtonnements par lesquels on arrivait à la solution du problème et inspiré par l'importance de son début dans la carrière, chercha ses moyens de plus haut, et imagina une voie plus expéditive et non moins sûre; ce fut la première méthode géométrique et générale essayée pour atteindre au résultat désiré. Sa solution lui fut contestée, attendu , lui dit le commandant , qu'il n'avait pas même pris le temps rigoureusement nécessaire pour épuiser la série de calculs obligés. Force fut néanmoins d'examiner le procédé de l'élève , et sa capacité fut relevée avec éclat. Il avait dixneuf ans alors. Bossut , qui professait les mathématiques à Mézières, l'adopta pour son suppléant, et Monge fut attaché au même titre à l'abbé Nollet, pour la chaire de physique. Bientôt il remplaça tout à fait ce dernier dans ses fonctions : ce fut polir lui l'occasion d'une foule d'expériences curieuses sur le gaz, l'attraction moléculaire, les effets d'optique et l'électricité, de déductions fines sur la météorologie, et de la découverte importante de la production de l'eau par la combustion de l'air inflammable. Prévenu , mais sans le savoir, par Cavendish , il poursuivit avec une attention . L'ingénieux expérimentateur ne se bornait pas à ses leçons journalières il aimait à mettre ses élèves en présence des phénomènes de la nature, à leur faire prendre sur le fait les créations des arts et à les pénétrer de leurs détails. Le territoire de Mézières , par la variété de ses sites , par son aspect géologique et le rapprochement des fabriques qui le couvrent, prêtait un intérêt trèsvif aux excursions du professeur avec ses élèves , et leur offrait un champ fécond d'instructions. Dans le même temps, Monge étendait et généralisait toujours ses premiers essais mathématiques, et partant du principe qui rapporte à trois coordonnées rectangulaires la position d'un point quelconque pris dans l'espace, il en fit le fondement d'une doctrine neuve et féconde, indispensable à tous les arts de construction , et qui , complétée par des développements successifs , a reçu le nom de géométrie descriptive. Cet ensemble de méthodes simples et uniformes se trouvait en conflit avec des pratiques incohérentes , mais consacrées par la tradition : de là l'opposition opiniâtre qu'il eut à surmonter pour faire passer dans l'enseignement de l'école ses heureuses innovations. Ses efforts furent même inutiles pendant plus de vingt ans pour obtenir l'application de sa géométrie aux tracés de la charpente. Un charpentier, chargé d'expliquer un certain nombre de tracés , tint ferme pour l'intégrité de ses routines , et , pour prix du caractère vigoureux qu'il déploya contre la raison, il fut autorisé à enseigner toute sa vie ses pratiques particulières, en dépit de toute théorie générale. Monge éprouva moins de difficultés pour la coupe des pierres , et il lui fut permis de perfectionner dans cette partie les procédés accrédités. Mais ces améliorations demeurèrent renfermées dans l'enceinte qui les avait vues naître ; le corps du génie , aveuglé par un esprit peu noble de supériorité , se réservait des connaissances exclusives , dont il interdisait la publicité. Monge, en subissant cette règle, se dédommagea par des recherches d'analyse et de géométrie combinées, bien propres à répandre sa réputation au dehors. On a remarqué que lés géomètres lisaient peu les ouvrages les uns des autres Irfonge surtout éprouvait une extrême répugnance à suivre dans les livres la marche de la science. Il lui paraissait moins pénible de s'inculquer, d'après ses propres errements, les vérités déjà connues. Son imagination se pliait aussi difficilement au soin de fixer par une rédaction définitive les résultats de ses méditations. Cette première disposition d'esprit ralentissait l'essor de son génie, en lui faisant négliger les travaux de ses devanciers ; la seconde l'exposa plus d'une fois à se voir enlever la priorité des vérités qu'il avait recueillies. Le besoin de se classer dans le monde savant lui arracha enfin quelques mémoires sur le calcul intégral. Monge venait passer tous les ans le temps des vacances à Paris, au milieu des hommes qui tenaient le premier rang dans les sciences. Déjà correspondant de l'Académie, aux honneurs de laquelle il devait prétendre , il trouva des patrons actifs dans Lavoisier, Condorcet, le vertueux la Rochefoucauld et le président Bochart de Saron. D'Alembert , qui avait encore présents les obstacles qui entravent le mérite sans appui, mit surtout un empressement trèsvif à faire valoir un savant qui paraissait s'ignorer luimême , et il lui procura le titre de membre de l'Académie des sciences en 1780. La même aimée, Monge fut adjoint à Bossut , nommé professeur du cours d'hydrodynamique établi au Louvre par Turgot. Les intervalles de ses leçons furent consacrés à initier dans les huiles mathématiques des élèves d'élite. entre autres Lacroix et Gay de Vernon auteur d'un Traité de géométrie descriptive appliquée à l'art militaire. Cette géométrie, Monge leur en dérobait alors les théories avec regret. « Tout ce que je fais ici par le calcul, leur disait« il, je pourrais l'exécuter avec la règle et le « compas ; mais il ne m'est pas permis de vous « révéler ces secrets. » Pour satisfaire à ses doubles fonctions, il fut obligé d'alterner entre Paris et Mézières. La place d'examinateur de la marine, à laquelle il fut nommé après la mort de Bezout, l'enleva en 1783 à cette dernière école , où il avait préparé pour les sciences les Meusnier, les Tinseau, les Carnot, les Coulomb, et où il réussit enfin à faire adopter par son influence récente les théories indiquées par M Ferry, son élève, pour le perfectionnement des tracés de charpente. Le maréchal de Castries le pressa de refaire les Eléments de Bezout, longtemps recommandés par leur clarté, mais prolixes, peu rigoureux et en arrière des nouvelles acquisitions de la science. Monge refusa de dépouiller ces écrits de leur caractère classique, et de frustrer ainsi la veuve de Bezout du seul moyen de subsistance qu'elle eût conservé. Il consentit seulement à composer pour les élèves de la marine un traité de statique. Borda en avait prescrit le cadre , et , pour se conformer à ses instructions , Monge procéda par la synthèse et écarta les équations. Par là son livre rendit les principes plus accessibles, en se relàchant de la rigueur des démonstrations, et le mérite d'une exposition simple et facile l'a fait comprendre parmi les ouvrages destinés aux aspirants de l'école polytechnique. La conception de ce traité guida Monge vers des idées mères sur les machines, idées qu'il a négligé de développer, mais qui fructifièrent dans la tète du jeune Prony, dont il cultiva par des soins assidus les heureuses dispositions. Le lycée de Paris, fondation qui avait pour objet de déguiser l'instruction sous des formes agréables pour une centaine d'amateurs oisifs, venait d'accueillir les sciences dans son sein. La chaire de physique fut confiée à Monge. A des auditeurs aussi frivoles il eût fallu un Fontenelle : si Monge ne le rappela pas, du moins il sut donner de l'attrait à ses leçons par des aperçus piquants, par des rapprochements ingénieux, indépendants des grâces du langage. Des détails tirés de la vie commune, des obsers ations sur les objets qui nous frappent à tous les instants et qui par là même échappent à l'attention ordinaire , des opérations surprises dans les ateliers et développées avec une admiration réfléchie, prenaient un intérèt varié dans la bouche d'un homme accoutumé à passer continuellement de la sphère des abstractions à la contemplation des objets sensibles, et que les plus légères particularités ne trouvaient point indifférent. Il ne le fut point aux promesses de la révolution française. Adoptant les espérances de perfectibilité qui étaient dans toutes' les tètes, il crut surtout voir tomber les barrières qui arrêtaient l'émulation, et les talents prendre sans effort le rang qui leur était dû. Les terribles épreuves qui se succédèrent sous ses yeux dissipèrent imparfaitement ses illusions. Porté au ministère de la marine après la journée du 10 août 1792, dans laquelle s'écroula le trône, il accepta ces fonctions , déterminé, disaitil , par la présence des Prussiens sur le sol français ; il fit ainsi partie du gouvernement que formèrent alors les ministres sous la dénomination de conseil exécutif, et ce fut en cette qualité qu'il concourut avec ses collègues à faire exécuter le jugement qui condamnait Louis XVI à mort. C'était une des obligations de sa place, et l'on sait qu'il a vivement regretté dans la suite cette participation à ce funeste événement. Si l'on recherche ses actes personnels , on le voit communiquer aux ports une nouvelle activité, sauver son prédécesseur Dubouchage en lui conférant un grade, et vaincre par ses instances la résistance de Borda , qui se refusait à continuer ses services. Monge chercha à retenir au service, en faisant appel à leur patriotisme, les employés et les officiers qui refusaient de se soumettre aux lois de la convention. Sa tache fut d'autant plus difficile que presque tous les employés supérieurs du ministère quittèrent l'administration centrale en même temps que le ministre auquel il succédait. Il donna à tous les services une vive impulsion , arrèta la désorganisation qui menaçait la marine , composa un nouveau corps d'officiers; poussa activement les armements , augmenta les approvisionnements et sut rendre efficace le concours de la marine contre les ennemis intérieurs et extérieurs du pays. Toutefois il ne tarda pas à reconnaître que la partie n'était plus tenable au milieu de l'acharnement des factions , et il donna sa démission au mois d'avril 1793. Le comité de salut public fit quelque temps après un appel au savant pour concourir à la défense (lu territoire. 900,000 hommes étaient prêts pour repousser la croisade eu- ropéenne qui menaçait la république ; mais les fabriques existantes ne pouvaient produire la dixième partie du matériel nécessaire à de si grands préparatifs. Il fallait multiplier les manufactures, décrire et simplifier les procédés, diriger les opérations des ateliers, décomposer d'innombrables alliages métalliques pour le besoin de l'artillerie, extraire le cuivre, créer l'acier qui manquait et tirer des seules ressources du sol une quantité prodigieuse de poudre.
  • Gaspard MORTOLA( 1560 - 1624) : poëte italien, naquit à Gènes vers 1560. Après avoir étudié les belleslettres et le droit dans sa patrie, il fut envoyé à Rome en qualité de secrétaire de son compatriote Jearr Serra , depuis cardinal et commissaire de l'armée de Hongrie. Son emploi l'obligea de sui- vre ce prélat à la cour de l'empereur. Depuis il alla à Turin avec PierreFrançois Costa , évêque de Savone et nonce apostolique ; il plut au duc de Savoie, CharlesEmmanuel. qui le prit pour secrétaire. Peu de temps après, il publia son poëme de la création du monde sous ce titre Della creazione del mond°, poema sacro, giorni sette canti sedeci. Le cavalier Marin , qui se trouvait alors à Turin, attaqua ce poéme dans un sonnet fort piquant qu'il distribua à tous les seigneurs de la cour. Murtola, dont l'amourpropre était vivement blessé, répondit par une satire trèsviolente ; dès ce moment les deux adversaires, ne gardèrent plus aucune mesure. Marini couvrit son ennemi de ridicule par sa Murtoléide, recueil de sonnets extrêmement mor- dants. En vain Murtola voulut y opposer la Ma- rinéide : les rieurs s'étaient déclarés contre lui furieux , il attendit un jour soi.r rival dans la rue et lui tira un coup de pistolet. La balle blessa au bras un favori du duc, qui se promenait avec Marini. L'assassin, mis d'abord en prison, fut bientôt relâché, grâce à la générosité de son adversaire, qui sollicita pour lui la clémence souveraine. Quelque noble que fût ce procédé, Murtola conserva au fond de son cœur un vif ressentiment contre l'auteur de la Murto/ éide, et il réussit à force d'intrigues à le faire partir de Turin. 11 quitta luimème cette capitale peu de temps après, et alla s'établir à Romé, où il obtint des places importantes. Le pape Paul V lui parlant un jour de son attentat sur la personne de Marini : E vero , répondit l'astucieux Génois, ho fallito, mots à double sens qui pouvaient tout aussi bien indiquer le regret d'avoir manqué son Lcoup que le repentir d'avoir péché. Murtola mourut vers 1624. Outre les poêmes dont nous avons parlé, il avait publié un recueil de vers italiens et 1111 poème latin intitulé Nutriciarum, sive Nceniarum libri tres, A—y.
  • Gaspard SARDI( 1480) : historien , né à Ferrare en 1480, fut chargé par le duc Hercule II de recueillir les mémoires de la maison d'Este. Mais delà amis auxquels il avait communiqué son manuscrit lui ôtèrent toute envie de le publier. Sardi choisit alors un cadre plus vaste. Il entreprit d'écrire l'histoire de sa ville natale : les dix premiers livres parurent en 1556 , sous le titre de Storie Ferraresi. Cet ouvrage, qui s'arrête à l'année 1497, en embrassant un espace de onze siècles , est précédé d'un coup d'oeil sur les événements les plus importants des temps antérieurs. Dans une réimpression, exécutée en 1646, Faustini l'a poussée jusqu'à la fin du 16e siècle, en y ajoutant deux livres inédits de l'auteur et quatre autres composés par luimême. Sardi ne mettait pas plus de critique à choisir ses matériaux que d'ordre à les employer. La première partie de son histoire, calquée presque entièrement sur la chronique de Thomas d'Aquilée, est aussi fabuleuse que l'original , et les époques suivantes n'y sont pas traitées avec moins de crédulité et d'inexactitude. En parlant de l'origine de Ferrare , cet historien raconte sérieusement qu'un certain Ferratus, fils de Cham, fonda une ville sur les bords du Pô, où est à présent la Fratta; mais que les inondations auxquelles son établissement était exposé l'obligèrent d'en bâtir une seconde à Voghenza , dont par la suite Mantus , l'un des chefs troyens qui suivirent Anténor en Italie, se servit pour peupler la ville de Ferrare. L'auteur avait commencé à rédiger son ouvrage en latin ; mais, fatigué d'une dispute qui s'était engagée entre Barthélemy Ricci et lui pour savoir si l'on devait dire Atestinus ou Estensis , comme il le supposait , plutôt que Atestius, comme son contradicteur le prétendait, il adopta la langue italienne, qu'il écrivait d'un style lourd et embarrassé. Il composa encore un petit traité intitulé De triplici philosophia et quelques lettres sur divers points historiques, imprimées avec le livre précédent. Parmi un grand nombre d'ouvrages inédits du même auteur, conservés à la bibliothèque de Modène, Tiraboschi en a signalé un en dixhuit livres, intitulé Toponomasia, qui n'est qu'un lexique de la géographie ancienne. Sardi mourut en 1564. Ses ouvrages sont 10 Epistolarum liber , varia reconditaque historiarum cognitione refertus , Florence, Torrentino , 1549 620 De triplici philosophia commentariolus , ibid.; 3. Libro delle storie Ferraresi, Ferrare, 1556 et réimprimé en 1646. On trouvera d'autres renseigne- G.F. Pic de la Mirandole . Dans quelques vieilles dissertations allemandes, parmi lesquelles nous remarquons, à cause de son titre paradoxal, celle de F. Menz ; De Sac- danopalo, Mudabili A, syrioruns principe , on consuliera avec plus de profit la Disputado historie° - crilica de Sardnunpalo par M. W.C. Koopmans, Amsterdam, 1819 Citons aussi un mémoire de M. Victor Langlois, extrait de la Revue arches- logique : le Dunuk- Dash, tombeau de Sardanapale à Tarsous, 18:-.3, ments sur Sardi dans Barotti, Letterati Ferraresi, et dans Ferri, Vita Alex. Sardi
  • Gaspard SCARUFFI( 1515 - 1584) : le plus ancien écrivain d'économie politique de l'Italie , naquit à Reggio vers 1515, d'une famille noble et riche. Il était encore fort jeune lorsqu'il fut chargé de diriger l'hôtel des monnaies qui existait dans sa ville natale, et il remplit cet emploi avec beaucoup de talent. Les connaissances qu'il y acquit le firent envoyer, en 1575, auprès du duc de Ferrare Alphonse II, afin de prendre des mesures propres à arrêter les désordres monétaires qui devenaient de jour en jour plus affligeants, et qui avaient leur source dans les guerres de CharlesQuint. Plusieurs années après cette députation , Scaruffi publia le mémoire qu'il avait rédigé pour le duc, et qu'il intitula l'Alitinonfo per far ragione e concordanza d'or° e d'argent° die servirà in uni- versale per protsvedere agli infiniti abusi del tosare e guastare monete, etc., Reggio, Hercoliano Bartoli , 1582 Dans cet ouvrage, qui est devenu trèsrare et qui est dédié au comte Alphonse Tassoni , juge au tribunal des sages et conseiller intime du duc de Ferrare, l'auteur propose de soumettre tous les objets d'or et d'argent à la garantie, c'est-àdire à la marque, et c'est par conséquent à lui qu'on doit l'adoption d'une mesure aussi sage et qui est aujourd hui universelle. Il y proposait aussi un seul système monétaire pour tout l'univers et indiquait les moyens d'arriver à ce résultat ; mais cette seconde mesure ne devait être commencée en France que deux siècles plus tard , et ce n'est que trèslentement qu'elle se propage chez les autres nations. Scaruffi était fort riche et faisait un emploi magnifique de sa fortune. Il acheta, au prix de douze cents écus d'or, deux statues colossales représentant Hercule et Lépidos, de Clementi, plus connu sous son prénom de Prosper, d'après l'usage italien pour les artistes. Ce sculpteur était fort lié avec lui et avait écrit sur son livre un commentaire qui a pour titre : Breve istruzione sopra il discorso fatto dal magn. M. G. Scarug per rego- lare le rose delli denari , et qui fut joint à Iiiliti- nonfo. Scaruffi mourut à Reggio en 158k
  • Gaspard SCHOTT( 1606 - 1666) : physicien, né en 1606, à Kcenigshofen, dans le diocèse de Wurtzbourg, embrassa la règle de StIgnace à l'âge de dixneufs ans ; et, forcé par la guerre qui désolait alors l'Allemagne d'interrompre ses études , fut en- voyé dans la Sicile, où il termina ses cours, et professa plusieurs années, à Palerme, la théologie morale et les mathématiques. Le désir d'étendre ses connaissances lui fit solliciter la per- mission de se rendre à Rome , près du P. Kircher, dont il reçut des leçons , et avec lequel il se lia d'une étroite amitié. Il revint enfin à Wurtz- bourg après trente années d'absence, et partagea dès lors ses loisirs entre la rédaction de ses ouvrages et l'enseignement des sciences physiques, dont il ranima l'étude en Allemagne. Sa vie laborieuse, sa piété et la simplicité de ses moeurs le rendirent un objet de vénération pour les protestants comme pour les catholiques. Il mourut à Wurtzbourg le 9. '2 mai 1666.. Mercier de StLé- ger a donné la Notice raisonnée des ouvrages du P. Schott, Paris, 1785 de 108 pages. « Ces écrits, ditil, ne sont pas, je « le sais , exempts de défauts ; l'auteur les a « chargés d'une foule de choses inutiles, hasar+ « dées, ridicules même, si l'on veut ; mais on « y trouve des faits curieux , des observations « précieuses , des expériences dignes d'attention « et ils peuvent mettre sur la voie de plusieurs « découvertes ceux de nos physiciens qui auront « le courage de fouiller dans cette mine assez ,‘ riche pour qu'ils ne se repentent pas de l'avoir · exploitée. » Indépendamment d'un Cours de mathématiques, réimprimé plusieurs fois , et dont l'auteur luimême a fait un abrégé ; d'une édition augmentée de l'Itinerarium exstaticum du P. Kitcher, de la Description de son orgue ma- - thématique ; et enfin d'une édition de l'Amussis Terdinandea sire problema architecture militaris, enrichie d'un grand nombre de nouveaux problèmes . On a du P. Schott : 10 Mechanica hydraulico- pneumatira, Wurtzbourg, 1657 avec cinquantesix planches. La première partie contient l'exposition des connaissances que l'on avait alors sur les propriétés de l'air et de l'eau. Dans la seconde, on trouve la description des machines hydrauliques et pneumatiques que l'auteur avait examinées dans le cabinet du P. Kircher à Rome, ou chez d'autres amateurs, et de celles qu'il avait exécutées luimême. ° Magia universalis nature et anis, sire recondita naturaliunt et artilicialiunt rerum se lia, ibid., 1657-1659, vol. ; réimprimé en 1677 sans aucun changement. Dans le premier volume, le P. Schott a rassemblé les expériences les plus curieuses d'optique ; dans le second. celles qui concernent l'acoustique ; et dans les deux derniers, les problèmes singuliers de mathématiques et de physique. Cet ouvrage est sans contredit, de tous ceux qu'il a publiés, le plus intéressant par l'importance et l'extrême variété ru Quoique moins savant et moins développé que le cours de mathématiques du P. de Chales, celui de Schott est plus com- plet, c'est-àdire qu'il renferme un plus grand nombre de traites; et les nombreuses planches en tailledouce dont il est orné le rendent plus commode ou plus agréable à consulter. Il est terminé par la description trèsd,taillée d'un prétendu iconcernent per-• pétuel de l'invention du P. Kochanski. 21 L'Arnussis Ferdinandea fut imprimée pour la première fois à Munich , 1631 L'auteur, que le P. Schott ne lait connaître que par son anagramme : Lucius Barellus , est le P. ALBERT CURTZ. Voy. la Biblioth. societ. Jesu, p. 17. 11 UV les faits. OiTTIe peut en donner ici qu'une ana- se trèssuperficielle ; mais le lecteur y suppléera Ar la Notice déjà citée de l'abbé Mercier de .tLéger. Dans le livre de l'optique , Schott traite Io toutes les espèces de miroirs, de la manière ae s'en servir et de leurs effets ; des lunettes, des télescopes et des microscopes; de leurs usages, de ceux qui les ont Inventés ou perfecHonnés, et même des ouvriers qui passaient, . son temps, pour les plus habiles en ce genre. Vu traitant de l'acoustique , il parle des échos ss plus singuliers et des différents moyens par ,quels on produit la répétition des sons ; des listruments qui prolongent le bruit ou en augnentent l'intensité, des cornets à l'usage des iourds, du pouvoir de la voix humaine, des blfets de la musique, de l'orgue hydraulique des inciens, etc. Dans le volume suivant, il passe .11 revue les merveilles opérées par la mécanique I ? t les outils dont elle se sert, tels que le levier. a vis, le coin, etc. Après avoir décrit la statue le Memnon, la sphère d'Archirriède, le pigeon volant d'Archytas, l'aigle de Regiomontanus , etc., il parle des machines inventées par les anciens et les modernes pour le transport des fardeaux d'un poids considérable. Il traite ensuite de la statique, de l'hydrostatique, des moyens d'élever les eaux, des fusils à vent, et termine par présenter une suite des problèmes les plus s d'arithmétique et de géométrie. Le dernier 'volume contient des notions détaillées sur les di-"vers moyens imaginés par les anciens et les modernes pour se communiquer leurs pensées, par la parole ou par l'écriture, d'une manière ca- I chée ; sur la magie pyrotechnique, ou les différents phénomènes que l'art peut produire avec i le feu ; sur la pierre spéculaire et les phosphores ; tir les feux d'artifice ; sur l'aimant et ses pro- : wiétés et, par occasion , sur la sympathie et I antipathie qu'on remarque entre des corps inaJimés ; sur la magie médicale, ou moyens singu-,iers employés pour guérir les malades ; sur les iifférentes espèces de divination ; et enfin sur la pience physlognomonique. 30 Pantometrum kir- herianum ; hoc est, instrumentum geometricum no-- um ab Ath. Kircherio inrentum, ibid. , 1660 ou 1663 avec trentedeux planches ; 4. Puy- ira curiosa, sire mirabilia naturce et artis, li- bris 19. comprehensa, ibid. , 1662 ; nouvelle édition augmentée, 1667 ou 1697 avec cent planches. C'est une espèce de supplément à la Magie unirersalis ; et Schott y a recueilli tout ce qu'il avait oublié dans son premier ouvrage. L'auteur a rassemblé dans les six premiers livres toutes les fables débitées par ses devanciers sur les anges et les démons, les spectres, les centaures, les satyres, les nymphes et les sirènes, les nains et les géants, les androgynes et les hermaphrodites, les possédés, les lycanthropes , les monstres humains, etc. Dans les suivants, qui sont plus on trouve de nombreux détails sur les trioàuis ou les habitudes des animaux, sur les météores, les comètes, etc. 5° Anatomia pli ysico- hydrostatica fontium et fluminunz explicata ; accedit appendis de rera origine Nili, ibid., 1603 Cet ouvrage, dans lequel ont puisé largement tous les physicien qui se sont occupés postérieurement du mème objet, est un traité complet rie la formation des fontaines et des rivières. G° Tech- nica curiosa sive mirabilia artis libris 19. coin prehensa, Nuremberg, 1664; ibid., 1687, 2 vol. C'est un recueil complet des expériences de physique faites jusqu'à cette époque. 7° Schola steganographica in classes octo distributa , ibid., 1665 Depuis Schott , la science d'écrire en chiffres a tellement été perfectionnée que son ouvrage, quoique plus complet et plus curieux que ceux de Tritheim, de Porta, de Vigenère et du duc Auguste de Brunswick, ou Gust. Selenus , est à peu près inutile. 8. Joco- seriorum naturoe et artis , sive magiœ naturalis cen- turioe tres ; accessit diatribe de prodigiosis crucibus avec vingtdeux planches. C'est encore un recueil d'expériences physiques et mathématiques, de tours de cartes et de gobelets, de recettes, etc. Tous les ouvrages du P. Schott qu'on vient d'indiquer sont rares ; et la collection én est recherchée de-- puis que Mercier de StLéger les a rappelés à l'attention des curieux. Ce jésuite fut , sans aucun doute, l'un des hommes les plus savants de son siècle ; et ses ouvrages sont encore bons à consulter aujourd'hui , où les sciences dont il a traité ont fait de si grands progrès. Il promettait encore un Dictionnaire de mathématiques ; l'Horo- graphie universelle ; le Monde admirable ; le Mer- cure Panglotte et divers autres ouvrages que sa mort prématurée ne lui a pas permis de terminer
  • Gaspard SPONTINI( 1779) : compositeur, naquit à Majolati, près de Jési , le I4 novembre I 779. Son père l'envoya, dès qu'il eut atteint sa douzième année, au conservatoire de la Pieta à Naples, et ce fut là, qu'étant encore sur les bancs, il composa son premier opéra : I puntigli delle donne. Cet ouvrage, à vrai dire, n'était pas bien excellent, mais on tint compte au débutant de son extrême jeunesse. Fier de ce premier succès, Spontini s'enfuit de Naples, et se rendit à Rome où il exécuta, pour le carnaval, un opéra sur le livret intitulé Gli amanti in cimento; l'accueil fait à cette composition fut favorable, mais elle était trop faible pour jouir d'une vogue prolongée; le futur auteur de la. Vestale ne put l'admettre, et se croyant méconnu, il prit le chemin n'en obtint pas moins tut succès éclatant et durable; à Paris, cet opéra eut cent représentations consécutives ; on l'interprétait en pro? ince tant bien que mal; en Allemagne, madame Colbran, devenue depuis madame Rossini, acceptait à Naples le rôle de Julia. La Vestale valut à Spontini un des grands prix décennaux, Sa réputation était faite désormais. Il préparait ou nouvel ouvrage, Électre, quand Napoléon fit savoir à l'illustre compositeur qu'il le verrait avec plaisir prendre plutôt pour sujet la conquête du Mexique par Fernand Cortez. Spontini se mit à Voeu\ re ; M. de Jouy fournit eaco•e les paroles, et l'opéra de J" ernand Cortez obtint un succès triomphal. Nommé, en 1810, directeur du ThatreItalien, Spontini se signala par le choix excellent qu'il sut faire des ouvrages et des artistes chargés de les interpréter. Toutefois son administration lui suscita de nombreux désagréments; il eut particulièrement à souffrir des intrigues de Per, directeur du petit thatre italien de la cour. Dégoùté, il renonça au poste qui lui avait été confié; il se remit i composer. Il irait au jour Pelage, ou le Roi de la pair; les Dieux rivaux, opéraballet, en société avec Persuis, Berton et Kreutzer; il retoucha les Danaïdes, de Salieri ; tous ces ouvrages sont oubliés aujourd'hui. En 1819, il donna son opéra en trois actes d'Olympie, sur lequel il avait fondé de grandes espérances, mais qui ne se réalisèrent pas ; le public, en effet, accueillit froidement cet ouvrage, dans lequel, en outre, le parti libéral avait cru trouver une allusion dans ces vers : Je dénonce à la terre Et voue à sa culere L'assas.,in de son roi. Mécontent de la France, Spontini la quitta l'année suivante pour aller occuper la place et Agnès de Hohenstaufen , qui offre de grandes beautés; on lui doit également le Chaut du peuple prussien. Ayant éprouvé de nouvelles persécutions à la mort de son protecteur FrédéricGuillaume, l'auteur de la Vestale revint se fixer à Paris en 1842 ; plus d'un lien l'y rattachait, d'ailleurs; en 1811, il y avait épousé la fille du célèbre facteur Erard, et l'Institut l'avait admis dans son sein à l'unanimité dès 1839. D'un tempérament nerveux et irritable, Spontini, hélas ! a été malheureux. Son coeur pourtant était excellent; les établissements qu'il fonda à Jési, pour la vieillesse, un montdepiété, des écoles gratuites, (les cours pour les ouvriers le prouvent surabondamment. Spontini, comme compositeur, était éminemment expressif; ses tendances présentent une heureuse transition entre le système purement déclamé de Glfick et le système plus musical des compositeurs modernes; il a donné de l'im- portance à l'accompagnement et a fait révolution dans l'orchestration. Spontini n'a pas été un musicien proprement dit ; il n'a pas tiré tout (le lnimême, et l'influence d'autrui ne lui a pas été inutile; il s'est montré avant tout compositeur dramatique; son inspiration s'est élevée en raison des situations et des scènes qu'il avait à exprimer. C'est à tort, selon nous, qu'en a cherché à exagérer l'influence produite sur le génie de Spontini parles maitres allemands Haydn, Mozart et Beethoven; car quand la Vestale et Fernand Cortez avaient immortalisé Spontini, ce grand compositeur n'avait pas encore visité l'Allemagne. Nous terminerons cette bien courte notice, eu égard à la valeur de l'homerie qui en est l'objet, en transcrivant l'appréciation de M. Berlioz, qui nous semble résumer l'existence artistique de Spontini avec une puissante autorité. « Les corrections de style harmonique tant de fois reproilées à Spontini sont en si petit nombre C' dans la Vestale, qu'il y a affectation évidente ,( ou mauvaise foi à les citer. C'est à peine si « l'on en peut trouver deux bien réelles, qui devraient même passer pour des distractions « de l'auteur, et qu'en tout cas l'auditeur le a plus attentif et le mieux prévenu est incapable « de reconnaître à l'exécution. Il y a non pas « des fautes involontaires, mais quelques doutes a d'harmonie, faits avec intention dans Cortez; « je ne vois que de trèsmagnifiques hardiesses « en ce genre dans Olympie. » Spontini, dont la santé était depuis longtemps délabrée, plus encore peut-être par suite des chagrins que la lutte artistique lui a‘ ait suscités, que par suite d'une mauvaise constitution, s'était rendu, en 1850, en Italie pour y passer l'hiver dans sa ville natale; ayant voulu assister, malgré la rigueur de la saison, à un service divin, il prit froid dans l'église', et peu de jours après il succombait, le 2'k janvier 1851, à Jési, à une affection de poitrine. — On peut consulter sur la vie et les oeuvres de l'illustre maitre, notamment les remarquables articles publiés par Adam dans le Constitution/ 0 du 8 février 1851; par M. Berlioz, dans les Débats, 19. février, enfin l'éloge prononcé par M. RaoulRochette, secrétaire perpétuel des beauxarts à l'Institut, le 25 octobre 1852, dans la séance solennelle des cinq Académies
  • Gaspard SPURZHEIM( 1776) : médecin, associé aux travaux du docteur Gall , naquit à Longwich, près de Trèves, le 31 décembre 1776, étudia la médecine à Vienne et partit, en 1805, de cette ville avec sou ancien naître pour parcourir l'Allemagne. A Paris, où ils se rendirent en 1807, ils commencèrent de concert la publication de leur grand ouvrage : Anatomie et physioloyie du système nerveux en général et du cerveau en particulier. Les premiers volumes sont annoncés sous les deux noms ; mais les deux collaborateurs se brouillèrent en 1813. Il se séparèrent alors, et Spurzheim se rendit en Angleterre, puis en Irlande et en Ecosse, où ses leçons de phrénologie trouvèrent de nombreux auditeurs. En Angleterre, il publia en anglais, en 1815 , l'ouvrage intitulé Système physiognomonique des docteurs Gall et Spurzheim; puis un abrégé du mème ouvrage; son Traité sur la folie et ses Principes élémentaires de l'éducation, etc. De retour à Paris en 1817, il n'y revit pas son ancien maître, et ce fut en vain que des amis communs cherchèrent à les réconcilier. Spurzheim composa et publia seul de nouvelles Observations sur la folie, sur la phrénologie , et un Essai philosophique sur il fut nommé consul, aux calendes de septembre ; ce fut l'an 100 de l'ère vulgaire; ce qui lui a servi à déterminer, avec précision, l'année de la naissance de Spurinna. la nature morale et intellectuelle de l'homme ; enfin ses ouvrages sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie du cerveau , et sa thèse soutenue en 189A, intitulée Du cerveau sous le rapport anatontique, lui avaient fait conférer le grade de docteur de la faculté de Paris. Il y avait peu de mois qu'il était passé en Amérique et qu'il professait à Boston avec le plus grand succès les doctrines de Gall, lorsqu'il mourut du typhus, après quinze jours de maladie, le 10 novembre 1832. Les ouvrages que Spurzheim a composés et publiés sans le concours de Gall sont : 1° Observations sur la folie ou sur le dérangement des fonctions morales et intellectuelles de l'homme, Paris, 1818, publié en anglais, à Londres, l'année précédente ; 2° Observations sur la phrénologie, ou la Connaissance de l'homme moral et intellectuel, fondées sur les fonctions du système nerveux, Paris, 1818 ; 3° Essai philosophique sur la nature morale et intellectuelle de l'homme, Paris , 1820 ; 4° Du cerveau sous le rapport anatomique, Paris, 1821 C'était une thèse de l'auteur pour son doctorat. 5. Essai sur les principes élémentaires de l'éducation, Paris , I 8 , 6° Précis de phrénologie, contenant l'explication du buste, Paris , 1825, vol. , avec le buste de plâtre; 7° Manuel de phrénologie, Paris, 1832 avec une lithographie. A. Curutichail publié, en 1833,à Londres, la Fie et la philosophie de Spurzheim , 1 vol. in - 8.; réimprimées à Londres, la mème année
  • Gaspard STEIGLEHNER( 1741 - 1787) : naquit le 20 avril 1711, à Pessenbenger, paroisse dépendante de l'abbaye de Polling en Bavière. Après des études soignées faites dans cette abbaye et ensuite à Munich, il entra , en 1758, dans la congréga- tion des chanoines réguliers de cette mème abbaye. Quand il y eut terminé avec succès son cours de philosophie et de théologie , il obtint de ses supérieurs la permission de voyager. Arrivé à Paris en 1760, il resta deux ans à la maison de SteGeneviève, où il se perfectionna dans l'astronomie sous le P. Pingré, qu'il accompagna dans ses voyages, et dans la bibliographie sous le P. Mercier, plus connu sous le nom de l'abbé de StLéger. En 1761, il publia en français une dissertation sur le véritable auteur de l'ouvrage intituld Flores psalmorum. EU réunit tous les suffrages tant par la solidité que par l'élégance du style. De Paris il passa à Rome, où il resta éga- lement deux ans. Il connaissait plusieurs idiomes de l'Orient, savait parfaitement le grec et parlait le français et l'italien avec une grande pureté. Ce fut à Rome qu'il reçut la prêtrise, en 1768. Après cinq années d'absence, il revint à Polling, où il enseigna la philosophie. les mathématiques et la théologie. En 1773, l'électeur MaximilienJoseph l'appela à Ingolstadt pour y professer la philosophie, l'histoire, et remplir en même temps les fonctions de chef de la bibliothèque de l'Université. Il s'en acquitta avec distinction pendant quatre ans. De retour à Polling en 1777, il s'occupa à compléter la bibliothèque qu'avait formée l'illustre abbé Tolpz. Beaucoup de religieux des monastères voisins vinrent profiter de ses leçons. L'électeur CharlesThéodore l'appela à Munich en 1787 pour lui confier la direction de la bibliothèque électorale, et le nomma ensuite membre de son conseil ecclésiastique. Admis à l'académie électorale, il fut un de ses membres les plus laborieux. La dissertation dont il fit lecture, et. qui avait pour objet l'origine et les accroissements de la bibliothèque de Munich, fut si bien accueillie, qu'elle a été traduite de l'allemand en latin, et cette traduction a été imprimée à Rome l'année suivante. La dernière année de sa vie, il donna une nouvelle preuve de son érudition par la publication d'un ouvrage allemand qui a pour titre : « Mémoire littéraire et critique sur « deux bibles trèsanciennes, imprimées à Mayence « et conservées dans la bibliothèque électorale « de Munich. » En mème temps il consacrait ses nuits à l'examen des affaires soumises à son examen comme conseiller privé. Quoique doué d'une constitution robuste, il ne put résister à tant de fatigue, il mourut le 5 août 1787. 11 fut inhumé à Polling auprès d'Amort , autre chanoine régulier , célèbre par ses connaissances. Quant à son caractère, il était doué des qualités de l'homme privé aussi bien que du savant
  • Gaspard THAUMAC DE LA THAUMASSIÈRE( 1600 - 1712) : naquit à Bourges, d'une famille noble, vers le milieu du 17 siècle, et fut reçu avocat à Paris. Retourné dans sa patrie, il se livra tout entier à la composition de divers ouvrages historiques et de jurisprudence sur la province de Berry, qui sont encore estimés, savoir : 1. Histoire du Berry et du diocèse de Bourges, 1689 ; 2. Notes sur la coutume de Berry, 1701 3° Notes sur la coutume de Beauvoisis, 1690 ; 4° Traité du franc alleu de Berry, 1667, et 2' édit., 4701 fol. Cet auteur mourut à Bourges en 1712
  • Gaspard TERRASSON( 1680 - 1752) : frère des précédents, aquit à Lyon, le 5 octobre 1680. A l'zIge de dixhuit ans, il fut envoyé par son père à Paris, où il entra dans l'institution de l'Oratoire. Il se livra dès lors avec beaucoup d'ardeur à l'étude de l'Ecriture sainte et des Pères de l'Eglise. Après avoir professé les humanités et la philosophie dans différentes maisons de son ordre, il se consacra à la prédication et ne tarda pas à s'acquérir une réputation supérieure à celle dont avait joui son frère André. La mort du Dauphin , fils de Louis XIV, étant arrivée dans le temps que le P. Gaspard professait à Troyes, il prononça l'oraison funèbre de ce prince, dans l'église des cor- deliers de la mème ville. Malgré le succès qui couronna ce premier essai de son talent pour la chaire, la défiance excessive que lui inspiraient ses propres forces paraissait devoir le tenir éloigné pour longtemps du ministère de la chaire; et il s'en abstint effectivement tant que son frère André l'exerça avec un si grand succès; mais après la mort de ce frère, on lui fit de vives pour le décider à remplir plusieurs stations promises par le défunt. Il y consentit, et dès lors il se livra tout entier à la prédication. Ce fut surtout pendant un carême prèché dans l'église métropolitaine de Paris, qu'il fit preuve d'un véritable talent. Son auditoire fut trèsnombreux. Toutefois il ne brilla que par l'Evangile et les Pères, dont il avait fait constamment l'objet spécial de ses études et de ses méditations. Sa modestie égalait son savoir, et il ne recherchait point les applaudissements. Différentes circonstances le contraignirent ensuite de quitter l'Oratoire et la prédication. Quelques écrivains attribuent la principale cause de cette retraite à l'excès de son zèle pour le jansénisme. Il mourut à Paris, dans le sein de sa famille, le 2 janvier 1752. Dès 1733, on avait imprimé à Utrecht un volume de sermons de Gaspard Terrasson , sous le titre de Noureaux Sermons d'un cé- lèbre prédicateur; mais ils sont différents de ses véritables sermons, qui n'ont été imprimés qu'en 1749, 4 vol. à Paris, chez Didot. Les trois premiers volumes contiennent vingtneuf sermons pour le carême; le quatrième renferme des sermons détachés, trois panégyriques et l'oraison funèbre du grand Dauphin. Ces discours, qui tiennent un rang distingué parmi les ouvrages de nos meilleurs prédicateurs, sont surtout recommandables par la noble simplicité avec laquelle les vérités les plus sublimes et les plus attachantes y sont exprimées et développées. On a encore de Gaspard Terrasson un livre anonyme, intitulé Lettres sur la justice chrétienne, qui fut censuré par la Sorbonne lors de sa publication
  • Gaspard THURMANN( 1634 - 1704) : bibliographe , né en 1634, à Rostock, dans le Mecklenbourg, s'appliqua dans sa jeunesse à la jurisprudence, étudia successivement dans seize universités , exerça quelque temps la profession d'avocat et fut nommé conseiller du duc de SaxeLauenbourg. Après la mort de ce prince, Thurmann alla résider à Lu-?eck, puis à Halle et à Hambourg, sans réussir à se fixer nulle part. Il mourut dans cette dernière ville, le 4 décembre 1704. Il aimait les livres, et comme il était doué d'une ardeur infatigable pour le travail, il employa ses loisirs à rédiger des compilations bibliographiques, que l'o? consulterait encore s'il avait su leur donner plus d'intérêt qu'à de simples nomenclatures. Il est éditeur d'un recueil d'écrits composés à la louange de Morhof et précédé de la vie de ce savant, Hambourg, 1699 Ses autres ouvrages sont 1° Bibliotheca academica de rebus et juribus acaderniarum et academicorum , etc. , Halle, 1700 avec une préface du savant Stryck, dans laquelle il prodigue les éloges à l'auteur, mais aux dépens de la vérité. Quoique cet ouvrage lui eût coûté trente ans de travail, c'est, suivant l'expression de Reimmann , moins un corps que Oe squelette d'une histoire littéraire, et l'on concevrait sans peine qu'au lieu de trente ans une pareille compilation ne lui eût coûté que trente jours . 2° Bibliotheca canonicorum, in qua de canoniris et canonicatibus, eorumque collegiis seu capitulis, et quce eo pertinent agitur, juxta serient alpizabeti, ibid., 1700 Cet ouvrage est précédé d'une préface de .1.Chr. Hérold, l'un des amis de l'auteur il est d'un intérêt moins général que le précédent et, pour le fond, ne vaut pas mieux. 3° Duellica seu de barbara et belluina duellandi consuetudine , 1700 On sent tout ce qu'un recueil de ce genre pouvait offrir de curieux; mais l'auteur ne parait pas même s'en être douté. 4° Bibliotheca statistica sire auctores prœcipui qui de ratione status et que eo pertinent scripserunt, ibid., 1701 avec une préface d'Ahasv. Fritsch; 5° Bibliotheca salinarium physico- theologico- politico- juridica, in qua exhibentur auctores fere omnes qui de salibus et salinis maxime Ilalensibus, commentai sont, ibid., 1702 Thurmann promettait depuis longtemps une Bibliothèque universelle de droit , qui , suivant Morhof , devait surpasser tout ce qu'on possédait en ce genre. Il avait promis également la bibliothèque des marchands, le catalogue complet des jurisconsultes et enfin une bibliothèque qu'il aurait pu nommer encyclopédique , à raison de l'immense quantité de documents qu'elle devait contenir sur la plupart des états et des professions libérales ; mais on doit peu regretter la perte de ces compilations, qui n'auraient sans doute pas mieux valu que celles qu'il a publiées. — l'IMMUNS , né le 8 novembre 1804, à NeufBrisach, naturaliste et mathématicien, se fit naturaliser Suisse et admettre dans le génie fédéral. Entré ensuite dans l'enseignement, il professa les mathématiques à Porentruy, en 1832, et dirigea, en 1836, l'école normale du Jura. 11 mourut le 23 juillet 1855. On a de lui : 1° Sur les soulèvements jurassiques, 1832-1836 ; 2° Essai de philostatique, ou Etude de la dispersion des plantes vasculaires, envisagée quant à l'in- fluence des roches snusjacentes
  • Gaspard TORRELLA : médecin espagnol de la fin du 15° siècle et du commencement du 16°, offre ces circonstances toutes particulières, qu'il a été évêque, médecin de deux papes, qu'il s'est surtout occupé de la maladie syphilitique et qu'il est un des premiers qui aient traité de cette maladie, dans deux opuscules dont les éditions originales sont fort rares et fort recherchées des curieux. Il naquit à Valence, d'un père qui exer-çait avec distinction l'art de guérir. Ainsi que ses deux frères alnés, il se lit recevoir docteur en médecine et parvint bientôt à une grande réputation. Il embrassa aussi l'état ecclésiastique et s'attela à la personne du fameux Lenzuoli Borgia, comme lui né à Valence, archevêque de cette ville, puis cardinal, enfin pape sous le nom d'Alexandre VI. Celuici, peu de temps après son exaltation , qui eut lieu en 1492, nomma son médecin ordinaire Torrella qu'il avait emmené à Ruine, et l'éleva successivement aux honneurs de l'Eglise . Vers 1477, il lui donna l'évêché de SteJustine, dépendant de la métropole d'Oristagni, en Sardaigne. Alexandre, étant mort empoisonné en 150'2, eut pour successeur Pie III, qui ne régna que Vs ou 25 jours. Jules II monta alors sur le trône pontifical. Il confirma le médecin de Valence dans ses emplois, et ayant, en 1504. réuni l'évêché de SteJustine à la métropole, il en conserva le titre à Torrella, qui le prenait encore au concile de Latran , auquel il assista en 1512. Il y joignait celui de prélat domestique de Sa Sainteté. Nous ne pouvons dire s'il poussa bien loin sa carrière au delà de cette époque, ni même s'il survécut à Jules II, décédé en février 1513. On a de Torrella 1° Judicium generale de portentis, prodigiia et ostentis , Rome, 1477 Nous ne citons cette édition, dont la date I1) Alexandre avait aussi appelé prés de lui on autre de ses compatriotes, Pierre Pintor, de Valence, duquel il lit également son médecin. Comrpe Torrella, il écrivit sur la maladie vénérkminc. Son ouvrage, qui est rare et curieux, est intitule Tractatus , te morbo Joedo et i, cculto Sis temportbus affligent, Rom., per Eucharium Silber, anno 1500, guth. En le dediant au pape, dit M. Brunet, il lait, avec une simplicité remarquable, des voeux pour yti., Sa Sainteté soit préservée de ce vilain mal. Pintor mourut en 15u3 dans un âge avancé. Pour un autre ouvrage de ce médecin, voyez le Manuel du libraire. La biographie du Dictionnaire des sciences médicales le nomme par erreur StJust. nous inspire des doutes, que d'après la biographie du Dictionnaire des sciences médicales. 2. Tractatus clan consiliis circa pvdendagram, seu morbum gallicurn. , per Parum de l'llure dédié à Louis de Bourbon , évêque d'Avranches. « Il y en a, dit M. Brunet, une seconde « édition , imprimée à Rome , sans date, mais « probablement vers 1498. On y remarque quel- « que différence tant dans le titre que dans le . Ce traité et le précédent ont été réimprimés dans le recueil de Louis Luvigini , De morbo galliro omnia quœ errant , etc. Venise, 1566-1567,a vol. et dans la nouvelle édition que Boerhaave publia de cette collection précieuse, sous le titre d'Aphrodisiacus sive de lue venerea, Leyde, 1728, 2 tomes en 1 vol. Comme nous l'avons dit, Torrella est un des premiers qui aient donné des histoires suivies sur le traitement des personnes attaquées de la syphilis, qu'il assure s'être montrée d'abord en France, vers 1493, dans l'Auvergne. Il en explique l'origine par les rêveries de l'astrologie, et il l'attribue à la rencontre de Saturne dans le signe du Bélier. Il ne la faisait consister que dans des ulcérations de la peau et des pustules. Si l'on en peut croire Astruc, il employait déjà le mercure pour la guérir. 4. De œgritudine bovilla consilium, Roinw, 1505, ; 5. De regimine seu pra servatione sanitatis, de esculentis et potulentis dialoyus, Bornas, 1506 La biographie qui fait partie de l'Encyclopédie médicale rapporte la suscription de ce volume, imprimé par Jean Besicken
  • Gaspard VANVITELLI ou VAN-WITEL( 1647 - 1736) : peintre, né à Utrecht, en 16h7 , étudia la peinture à Honni, sous la direction de Matthieu Verrhoes. Il n'avait que dixneuf ans lorsqu'il vint à Rome, et il s'annonça bientôt comme un habile peintre d'architecture et de paysage. Il visita successivement Venise, Bologne , Milan , Florence, et partout il peignit, pour les principaux seigneurs, de trèsbelles vues de ces différentes villes. 11 avait épousé une Romaine , nommée Anna Laurenzini, qui l'accompagna à Naples lorsqu'il y fut appelé par le vice•roi don Louis de la Cerda, duc de MedinaCceli. Sa femme étant accouchée dans cette ville, le viceroi tint son enfant sur les fonts de baptême et lui donna le nom de Louis. Les troubles qui eurent lieu à cette époque à Naples obligèrent Vanvitelli de quitter cette ville, et il revint à Rome, où il se fixa. Les pr familles d'Italie, notamment les Sacchetti, les Colonna, et une foule d'étrangers distingués, le chargèrent de nombreux travaux. La capitale l'admit au rang des citoyens romains et l'académie de StLuc au nombre de ses membres. Devenu en quelque sorte Italien, il ne put empêcher son nom de subir la terminaison de la langue du pays qui l'avait adopté. Vanvitelli avait la vue extrêmement délicate , et l'usage où il était de porter des lunettes lui fit donner le surnom de Gaspare degli occhiali. Sur ses derniers ans. il fut atteint de la cataracte : il voulut se faire faire l'opération d'un oeil; elle manqua , et il perdit Cela ne l'empêcha pas de continuer à peindre , mais de son invention et en grand. Ses tableaux, répandus dans toute l'Europe, retracent tout ce que Rome renferme de plus beaux monuments et les édifices les plus célèbres de l'Europe. Lorsque le sujet le comporte, il y ajoute même la vue du pays. Il est de la plus grande exactitude dans ses élévations et dans ses mesures; son coloris est aimable et brillant, et il ne laisserait rien à désirer s'il avait un peu plus de variété dans le paysage et si ses ciels étaient moins négligés. Le musée du Louvre possède deux tableaux de cet artiste : 1° une Life de Venise; 2° une Vue de l'extrémité de la Pia. etta, prise de la riva degli Schiavoni. Il mourut en 1736, regretté à la fois comme artiste, comme érudit et comme homme de bien
  • Gaspard VISCONTI ou VESCONTE( 1461 - 1499) : poCe, était de l'ancienne et illustre maison de ce nom , et naquit à Milan en 1461. Élève de Guidotto de Prestinari , savant grammairien de Bergame, il fit, sous sa direction. , lan , 1493 Un avis de l'auteur nous apprend que ce volume fut imprimé à mille exemplaires; mais il n'en est pas moins devenu si rare qu'à peine le trouveton dans les plus riches bibliothèques de l'Italie. 2° Li due amanti Paoloe paria, ibid. , 1495 C'est un poënie en huit chants et en octaves. L'auteur raconte qu'en démolissant l'ancien couvent de St- Ambroise , pour le reconstruire sur le plan du Bramante, on I; y découvrit un tombeau qui renfermait , avec deux corps , un livre recouvert de lames de plomb ; que, s'étant procuré ce livre, il parvint quoique le temps en eût presque effacé les caractères , à le déchiffrer d'un bout à l'autre ; et que le poëine qu'il offre au public est le résultat de son travail. Cet ouvrage , imprimé, comme le précédent , à mille exemplaires , est également trèsrare. 3° Un recueil de Sonnets 4°. Ce volume , dédié par l'auteur à Béatrix , duchesse de Milan, est un des plus beaux manuscrits que l'on connaisse. Le Quadrio en a donné la description dans la Storia d'ogni poesia, t. 2, p. 215. Argelati, qui l'avait vu dans la bibliothèque du collége de St- Barnabé, à Milan, en parle avec admiration. Il est écrit sur vélin, en caractères d'or et d'argent; et la reliure en est de la plus grande magnificence. C'est de ce volume qu'on a tiré les Sonnets de notre auteur insérés dans le tome 1°.' de la Raccoltà Nilanese. On peut consulter, pour plus de détails , Sassi, Histor. typograph. mediolan. , col. 357 , et Argelati , Bibi. mediol., t. 2 , col
  • Gaspard WASER( 1565 - 1625) : philologae et orientaliste, né le Isr septembre 1565, à Zurich, était fils d'un chirurgien de cette ville. Resté dans son bas âge sous la tutelle de sa mère , elle ne négligea rien pour lui procurer tous les avantages d'une bonne éducation. Après avoir terminé ses études avec succès dans sa ville natale , qui comptait alors un grand nombre d'habiles mattres, il visita les académies d'Altorf et de Heidelberg, où il passa deux ans. De retour à Zurich en 1586, il accepta la charge de gouverneur d'un jeune patricien d'Augsbourg et conduisit son disciple à Genève. Pendant son séjour dans cette ville, Waser suivit les leçons du fameux Théodore de Bèze, se perfectionna dans la connaissance de l'hébreu et apprit la langue française. Une malache contagieuse l'ayant obligé de quitter Genève, il se rendit à Bâle, puis à Elgow, et lorsque son élève eut achevé ses cours académiques, il lui fit parcourir l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre. Les deux voyageurs terminèrent leurs courses par l'Italie. et Waser, ayant remis son élève à ses parents, revint à Zurich , où il embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu de la place de pasteur de l'église de Witticon. L'année suivante , il épousa la fille de Josias Simler , l'un de ses premiers mattres. La chaire d'hébreu de l'académie de Zurich étant venue à vaquer en 1596, Waser y fut nommé et la rem- plit avec beaucoup de distinction. Dans la suite, il joignit à cette chaire celle de langue grecque, et en 161 I , il remplaça Marc Brummler comme professeur de théologie. Waser mourut le 9 novembre 1625, à l'âge de 60 ans. Il possédait les langues anciennes, ainsi que la plupart des langues modernes, et avait une immense lecture; niais son érudition était mal digérée, et il manquait du talent nécessaire pour mettre en ordre les matériaux qu'il avait rassemblés. Outre des traductions d'ouvrages théologiques, aujourd'hui gans intérêt, des éditions de la Chronique de Suisse . avec conimentaires , et enfin un Eloge funèbre de . 1. .Guill. St uck froy. . ce nom), son protecteur, on a de Waser plusieurs ouvrages , parmi lesquels nous indiquerons Io Institutio linguoe syroe , Leyde , 159ti réimprimé avec des corrections et des additions sous ce titre : Grammatica syra, duobus libris me- thodice explicata, ibid., 1619 et 1623 On trouve à la fin l'analyse grammaticale du cantique Magnifirat, 2. Arrhetypusqrainiiia- hebreer, etymologia et syn taxi absolu tus ; adjerta traciatione de earminibus hebraicis , Bàle, 1601, iii-8.; 30 Elementale chaldaicum ; adjertum est somniunt chaldairo- latinum Nabucadnezaris, et ana- lysis ejus grammatira , Heidelberg, 1611, in P.i° 4" Institutio arithmetira et de quadrato geometriro, Zurich , 1603 5° De antiquis nummis He- brœorum, Chaldoeorum et Syrorum quorum S. Biblia et rabbinorum seripta meminerunt, libri duo, ibid., 1605 Scaliger, qui ne trouva rien à apprendre dans cet ouvrage, en port.. un jugement trèsdéfavorable. Ce livre, lui faiton dire, n'est pas grandichose; il est bien misérable. Waser ne dit rien nui dictum ; il ne m'enseigne rien : ô le pauvre homme! . Les critiques postérieurs à Scaliger ne se sont pas montrés aussi prévenus contre Waser. L'édition qu'on vient de citer est rare et recherchée , et l'ouvrage a été recueilli dans les Cridri saeri, édition d'Amsterdam, à la fin du tome 5, et dans celle de Francfort, t. 6, p. 925. 6° fie antiquis mensuris Hebrœorum libri Ires ; intersparsis men- tris rEyyptiorunt, ilrabunt, Syrorum, Persarum, Grœcorum et Romanorum, Heidelberg, 1610 et dans les Critici sacri, à la suite_ de l'ouvrage précédent. On, trouve une notice sur Waser, tirée de son oraison funèbre , dans les Wu/ oit- es de Niceron, t. 2%, p. 254-260. W—s. -
  • Gaspard XUARÈS( 1731 - 1804) : botaniste, né , le 9 juillet 1731, à Sanlago del Estero, dans le TUCUttlall, province du Paraguay, entra jeune dans l'ordre des jésuites, et professa plusieurs années la philosophie et la théologie dans divers collèges. Après la suppression de l'Institut, il partagea le sort de ses confrères, qui furent amenés en Europe et transportés en Italie. Il s'établit aux environs de Rome, et partagea son temps entre la culture des lettres et celle de la botanique, science pour laquelle il avait toujours senti du penchant. Quelques écrits dans lesquels il rendait compte des plantes qu'il avait observées dans ses excursions le firent connattre avantageusement des naturalistes; et l'on peut conjecturer qu'il aurait poussé plus loin ses travaux en ce genre si les événements de la guerre ne l'eussent forcé de les interrompre. Le P. Xuarès mourut à Rome le 3 janvier 1804. On a de lui : P trois opuscules intitulés Osservazioni fllologiche soprà alcune plante esotiehe , talle nef 1788 , 1789 et 1790, Rome, 1789-1792 ; 2° Elogio de la senora Maria- Joseph Bustos Americana , ibid. , 1797 ; 3° Vida iconologica del apostol de las bichas S. Francisco Xavier, ibid., 1798 ll a laissé manuscrites l'Histoire de la province de BuenosAyres et des Dissertations sur le droit de la nature , le droit des gens et le droit de la paix et de la guerre. Foy. Caballero, Bibi. soc. Jesu supplernenr
  • Gaspard ZIEGLER( 1621 - 1690) : un des plus célèbres jurisconsultes et canonistes protestants du 17° siècle, était fils (l'un jurisconsulte du mème nom et naquit à Leipsick le 15 septembre 169.1. A l'âge de quatre ans, il fit une chute dangereuse par laquelle il eut le crâne fendu. On crut qu'une imbécillité complète en serait le résultat, ruais il fut parfaitement guéri. Néanmoins il ressentit toute sa vie des douleurs à la tête, et elles augmentèrent avec l'âge. Sa première éducation fut négligée, soit par la faute de ses maîtres, soit par suite de la guerre de trente ans, qui ruina son père. Depuis l'âge de dix ans, il étudia sans aucune direction étrangère. Il fréquenta ensuite les universités de Wittemberg et de Leipsick pour y faire son cours de théologie. Ce ne fut qu'à l'àge de trentedeux ans que le dégoût qu'il avait pour la langue hébraïque et pour la prédication le décida à se jeter dans la carrière du droit. Il soutint, en 1654, une thèse de jure dotium , et obtint le grade de docteur. La même année , il fut nommé professeur des Institutes à Wittemberg ; il passa en 1657 à la chaire du Digeste, puis à celle du code, et fut nommé en 1662 professeur des décrétales, membre du tribunal d'appel et, en 1664, du tribunal ecclésiastique. Il mourut de la pierre le 16 avril 1690. Quelque temps auparavant, il s'était cassé la jambe en tombant. Marié trois fois, il n'eut d'autre enfant qu'une fille. Outre un grand nombre de madrigaux et d'élégies sacrées, en allemand, Ziegler publia beaucoup de dissertations trèsestimées sur diverses questions de droit, et un commentaire sur le droit de la nature et des gens de Hugues Grotius, qui a été réimprimé plusieurs fois depuis 1669. Il se montra grand canoniste par la publication d'une édition du droit canon de Paul Lancelot, de Pérouse, avec des observations. Il fut le premier qui réunit l'étude de l'histoire ecclésiastique à celle du droit canon, et qui, non content d'expliquer celuici, le soumit à une critique sévère. Parmi ses ouvrages sur cette partie , son traité De dote ec- clesiœ , de 1676, celui De diaconis et diaconissis veteris ecclesire, de 1678 , mais surtout son l'Ire réputé classique, De episcopis eorumque juribus, privilegiis et vivendi ratione, de 1685, sont les plus connus. Celles de ces dissertations qui regardent le droit civil ont été réunies après sa mort, par George Beyer, en un seul volume Leipsick, 1712
  • Gaspard Corrette : le père de Michel, le compositeur, organiste à Rouen
  • Gaspard de la nuit : poème en prose d'Aloysius Bertrand
  • Gaspard des Montagnes : roman d'Henri Pourrat
  • Gaspard Dughet : peintre et dessinateur français
  • Gaspard Monge : mathématicien français

Gaspard année par année

Signe astrologique de Gaspard

Couleur de Gaspard

Pierre précieuse de Gaspard

Chiffre de Gaspard

Métal de Gaspard