Le prénom francois Masculin

Origine :

Fête :

22 Avril

Signification de francois

Le prénom François fit son entrée en France au XVe siècle. En peu de temps, il connut un large succès auprès de l’aristocratie, des écrivains et des hommes d’Église. Sa popularité a ensuite perduré pendant quelques siècles. Ce n’est qu’au XXe siècle que sa cote commença à baisser. François est un homme droit, humble et modeste. Doté d’une volonté de fer, il persévère dans tout ce qu’il entreprend et n’abandonne pas face aux défis. Il est enthousiaste et se montre toujours de bonne humeur. Les variantes du prénom François sont : Francesca, Franceso, Francis, Francisco, Frank, Françoise ou encore Franz. De nombreuses personnalités célèbres se prénomment ainsi. On peut citer entre autres François Hollande, François Mitterrand, François Morel, François Rebsamen, François Pérusse ou encore François Rabelais.

Personnalité de francois

D'une franchise absolue allant jusqu'à l'indélicatesse, ils sont généralement têtus, obstinés et courageux. Ils travaillent plus par raison que par enthousiasme, mais sont très perspicaces. Ils ont parfois tendance à négliger leur entourage pour ne s'intéresser qu'à leurs affaires. D'une morale scrupuleuse, ils sont tolérants. Bons vivants, bavards, ce sont des hommes fidèles.

Provenance du prénom francois

Histoire de francois

Etymologie de francois

Les francois célèbres

  • François ANDREINI : de Pistoie, comédien célèbre, fleurit à la fin du 16e siècle. Il eut pour femme Isabelle de Padoue, comédienne comme lui, mais qui dut surtout sa célébrité à ses ouvrages La troupe dont ils étaient les chefs portait le titre de i Gelosi , et la devise de la troupe annon-çait que c'était de vertu, de renommée et d'honneur que ses membres étaient jaloux : Virtit, fuma ed onor ne fer gelosi. Andreini joua d'abord les rôles d'amoureux, ensuite celui de capitan Spavenlo della valle inferna, rôle de charge dont nos capitaines Tempète ne sont que le diminutif. Il s'y fit une grande réputation. Il voulut la fixer, en quelque sorte, par son ouvrage intitulé : le Bravure del capitan Spavento , imprimé pour la première fois à Venise, en 1609, 4°. Ce sont soixantecinq ragionamenli, ou entretiens entre le capitaine et son valet Trappola. Andreini avait alors perdu sa femme, qu'il regrettait beaucoup. 11 mit en tète de cet ouvrage bouffon un discours sérieux, ou plutôt triste, où il exprime, à sa manière, sa tendresse pour elle et ses regrets. Il publia depuis d'autres dialogues en prose : Ragionamenti fanlastici posti in forma di dialoghi rappresentativi , Venise, 1612 On a aussi de lui deux pièces ou représentations théâtrales, en vers : l'Aiterezza di Narciso, Venise, 1611 et l'Ingannata Proserpina, ibid., mème année. Andreini avait une excellente mémoire; aussi apprenaitil facilement les langues étrangères. 11 entendait et parlait le français, l'espagnol, l'esclavon, le grec moderne, et mème le turc. Il vivait encore en 1616; on le voit par la date de l'édition qu'il donna de quelques fragments de sa femme Isabelle. On croit qu'il mourut peu de temps après
  • François ANDRÉOSSI( 1633 - 1688) : né à Paris le '10 juin 633, mourut à Castelnaudary en 1688. Jusqu'au commencement de ce siècle, Riquet avait été généralement regardé comme l'inventeur et l'entrepreneur du canal de Languedoc : c'était l'opinion du ilaréchal de Vauban, qui avait inspecté ce canal, et lerdont le témoignage positif ne laissait aucun doute ; ' c'était celle de d'Aguesseau, de Basville, de Bezons, intendants de la province ; de Colbert, sous les ordres et le ministère duquel s'exécutait ce magnifique ouvrage ; du public , en un mot ; et, dans l'inscription gravée, en 1667, sur l'écluse de Toulouse, Biquet est représenté comme inventeur du projet : Instante viro clarisssimo, Riquet, fana operis VENTORE, anno 1667. Piganiol de la Force avança le premier, dans sa Description de la France, « que « le sieur Biquet se chargea de l'exécution du canal, « sur le plan et les mémoires du sieur Andréossi, « qui était pour lors employé dans les gabelles de la « province. » François Andréossi était mat?ématicien et ingénieur ; il n'occupa jamais d'emploi dans les gabelles, et cette inexactitude, dans une partie de l'assertion de Piganiol, ne prévient pas en faveur de l'autre. Quoique l'opinion de cet auteur fût copiée par quelques écrivains , celle du public ne changea point, ne fut même pas ébranlée , parce qu'aucun témoignage contemporain ne venait à l'appui, et parce que l'ouvrage de Piganiol ne parut qu'en 1718, près de quarante ans après la mort de Riquet. La gloire comme inventeur lui semblait donc assurée, lorsqu'un officier général, distingué par ses connaissances, ses talents, et le rang qu'il occupait, vint la lui disputer de nouveau, et la réclamer pour son bisaïeul, François Andréossi. 11 ne nous appartient point de prononcer, ni même d'émettre aucune opinion sur le procès, dont les pièces ont été mises sous les yeux du public ; contentonsnous de les indiquer ; elles consistent : 1° dans l'Histoire du canal du Midi, par le général Andréossi ; 2° dans la réponse de MM. de Caraman, intitulée : Histoire du canal de Languedoc , avec cette épigraphe : Cuique suum. On trouve un examen impartial de cette question, une discussion faite avec beaucoup de soin, et les recherches les plus approfondies sur le véritable auteur du canal, dans l'Histoire du corps impérial du génie, par M. Allent, lieutenantcolonel dans ce corps, et maître des requêtes. Si les droits de François Andréossi à la gloire d'avoir inventé le canal sont en litige , celle d'avoir contribué à l'exécution de ce beau monument de l'industrie humaine ne peut lui être contestée , et l'on n'a jamais douté de ses connaissances et de ses talents. On a de cet ingénieur : 1 ° une Carte du canal de Languedoc, 3 feuilles publiée en 1669. Le 5 kvrier de l'année suivante , Riquet écrivit à Colbert une lettre conservée aux archives du canal , et dans laquelle il exprime son mécontentement en ces termes : « J'ai été bien surpris , lorsque j'ai vu « certaine carte du canal, de l'invention du sieur « Andréossi, mon employé. L'auteur publie des pen-« sées que je gardais dans le secret. Cela fera qu'à « l'avenir je serai plus circonspect envers ledit sieur « Andréossi, et que peut-être je ne m'en servirai « plus. » Cette carte est curieuse et recherchée des connaisseurs, précisément pour les motifs qui excitèrent les réclamations de Riquet. e Extrait des Mémoires concernant la construction du canal royal de communication des deux mers, océane el méditerranée, en Languedoc, par François Andréossi, en 1675. Cet écrit n'a été imprimé qu'çn l'an 8, pour la première fois, dans l'ouvrage cité du général Andréossi ; il se trouve encore dans la réplique de MM. de Caraman, avec quelques observations. Fran-çois Andréossi était, d'une famille originaire d'Italie : il voyagea dans ce pays pour perfectionner ses connaissances en hydraulique. Après la mort de Riquet il fut nommé 'directeur particulier du canal. Ce fut en 168-2, pendant qu'il exerçait ces fonctions, qu'il publia une nouvelle carte du canal du Languedoc
  • François ANGUIER( 1604 - 1669) : sculpteur, né à Eu en Normandie en 1604, d'un menuisier, montra, ainsi que son frère Michel , de si grandes dispositions pour les arts, qu'ils furent envoyés à Paris et placés chez Guillain, sculpteur médiocre. François Anguier y lit assez de progrès pour être appelé en Angleterre, où il se procura les moyens de faire le voyage d'Italie. A Rome, il se lia avec plusieurs peintres célèbres, tels que Poussin, Mignard, Dufresnoy et Stella. Après y avoir étudié pendant deux ans, il revint à Paris, où il obtint de Louis XIII un logement au Louvre et la garde du cabinet des antiques. On assure que lors de la formation de l'académie de peinture, etc., il refusa d'y être admis. Les principaux ouvrages d'Anguier étaient dans les églises de Paris. On voyait dans l'Oratoire, rue StHonoré, le tombeau en marbre du cardinal de Bérulle ; aux Célestins, une pyramide ornée de trophées, avec des statues et des basreliefs en l'honneur de la maison de Lon,3ueville, et la statue du duc de RohanChabot à StAndrédesArcs, la décoration du tombeau des de Thou, etc. Quelquesuns de ces monuments sont maintenant au musée des PetitsAugustins. François Anguier avait fait aussi, en 1658, le mausolée de Henri, duc de Montmorenci, décapité à Toulouse en 1652. Cette grande composition, qu'il fit pour l'église des religieuses de SteMarie, à Moulins, et qui n'a pas été détruite, est l'ouvrage le plus remarquable de François Anguier. Une grande pesanteur est le défaut principal des ouvrages de cet artiste, qui mourut à Paris le 8 août 1669, à l'âge de 65 ans
  • François AARSSEN : seigneur de la Plante, l'un des petitsfils du précédent, se noya, passant d'Angleterre en Hollande , l'an 1659 , après un voyage de huit ans en divers endroits de l'Europe. On a de lui : Voyage d'Espagne , rorieu. r , historique et politique , fuit en l'année 16 Zig Paris, 1665 et 1666 ; en Hollande , 16(4 , édition préférable aux précédentes et contenant quelques augmentations. Cet ouvrage est aussi imprimé sous ce titre : Voyage d'Espagne, contenant, entre plusieurs particularités de ce royaume , trois discours politiques sur les affaires du protecteur d'Angleterre, la reine de Suède et du dur de Lorraine, etc. ; Cologne, P. Marteau , 1666 A-11T.
  • François ALBERTINI : jésuite napolitain, né à Cantazaro dans la Calabre, professa la théologie et la philosophie à Naples, où il mourut le 15 juin 1619. 11 a donné une théologie sous le titre de Corollaria theologica ex principiis philosophicis de- ducta, Naples, 1606 et 1610, 2 vol. , Lyon, 1616, id. Il se fit encore remarquer par un livre de Angelo custode, où il soutient que les brutes ont aussi leurs anges gardiens
  • François ACCARISI : jurisconsulte italien , né à Ancône, fit ses études à Sienne, où Bargaglio et Benevolente furent ses maîtres. Bientôt il professa luimême, et expliqua pendant six ans les Institutes R à Sienne, puis fut chargé d'expliquer les Pandectes; mais son plus grand titre de gloire est d'avoir été choisi par le grand - duc Ferdinand I" pour professer le droit civil. Il professa avec une telle distinction , que ses nombreux disciples le comparèrent à Cujas. Bargaglio étant mort, Acearisi lui succéda dans la place de professeur ordinaire en droit , et la remplit avec succès pendant vingt ans. Sa réputation devint si grande que toutes les universités de l'Italie voulurent se l'attacher. Il résista longtemps aux instances qui lui étaient faites de toutes parts, mais enfin il céda aux promesses du duc de Parme , et accepta le grade de conseiller dont ce souverain l'honora; cependant le grandduc ne voulut pas souffrir qui Accarisi fût longtemps au service d'un autre prince, et le fit revenir dans ses Etats, en lui donnant la première chaire de jurisprudence à l'université de Pise. 11 exerça cet emploi jusqu'à sa mort, le 4 octobre 1622. On est étonné qu'un jurisconsulte, dont l’érudition et l'éloquence étaient connues de toute l'Italie , n'ait pas laissé d'ouvrages imprimés. Moreri dit bien qu'il a laissé divers Traités de droit , mais Nicius Erythreus, le seul auteur cité par Moreri qui ait parlé de ce savant italien, n'en fait aucune mention
  • François ACHARD( 1708 - 1784) : né à Genève en 1708, conseiller de justice supérieure à Berlin, membre de l'académie royale de cette ville, y mourut en 1784; il a publié des Réflexions sur l'Infini mathématique , où il combat l'opinion de Fontenelle. Cet écrit se trouve dans les Mémoires de l'Académie de Berlin
  • François ACCOLTI( 1418 - 1483) : frère de Benoît, nommé aussi FRANÇOIS D'AREZZO, ou ARÉTIN, du nom de sa patrie , naquit dans cette ville, en 1418. 11 eut pour maître dans les belleslettres le célèbre François Philelphe. Après avoir étudié le droit sous les plus habiles professeurs, il le professa luimême à Bologne, à Ferrare et à Sienne. Il fut pendant cinq ans secrétaire du duc de Milan , François Sforce, et mourut de la pierre, aux bains de Sienne, en 1485. On l'a accusé d'une avarice sordide. S'il laissa de grandes richesses , c'est que l'état de jurisconsulte était alors le plus lucratif de tous, et qu'il était le plus célèbre jurisconsulte de son siècle. Ln voyage qu'il fit à Rome, sous le pontificat de Sixte IV, a donné lieu à un conte sans vraisemblance. On prétend qu'il se rendit auprès db pape, dans l'espérance d'obtenir le chapeau de cardinal, mais que Sixte le refusa , en disant qu'il craindrait de nuire aux lettres s'il leur enlevait un savant aussi distingué. On raconte de lui un trait d'une autre espèce. Lorsqu'il enseignait le droit à Ferrare, voulant prouver à ses disciples combien il importe d'obtenir et de conserver une réputation d'honneur et de probité, et ne les croyant pas aussi persuadés qu'il le désirait, il alla luimême, pendant la nuit, accompagné d'un seul domestique , tiercer des coffres où les boucliers renfermaient leurs viandes , et leur en déroba plusieurs pièces. On ne manqua pas d'accuser de ce vol les étudiants en droit, et l'on mit en prison les deux qui avaient la plus mauvaise réputation. Le professeur se présenta devant le duc, demanda leur liberté et s'accusa luimême. On refusa de le croire; mais il prouva facilement le fait : on le crut plus volontiers, lorsqu'il dit quel avait été le motif de cette action, et il en tira la double preuve des avantages d'une bonne renommée , et des dangers d'une mauvaise. Il laissa un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : 1° S. Chrysostomi Ho? ilice in Eanyelium S. Joannis, interprete Fr. Aretino, Boula, 1470 : on ne doit pas dissimuler qu'Érasme , dans deux de ses lettres, accusa de peu de fidélité cette traduction , et son auteur, de peu de connaissances dans la langue grecque. Phalaridis Epistolce , Fr. Aretino interprete édition princeps , Michel Friburger, etc. , 1471 avec les Épitres de Brutus et celles de Cratès 147S Tarvisii, 1471 traduction latine, traduite ellemême en italien par Bartolomeo Fontio, Florentin , et publiée la même année, 1471 . 3' Diogenis eynici philosophi Epistolœ , Fr. Aretino interprete : cette traduction est ordinairement réunie à la précédente, et à d'autres traductions latines des Lettres supposées de Brutus et de Cratès le cynique, sous le titre commun d'Epistolce cynicce , etc. 4' Authoris incerti Libellus de Thermis Puteolorum, et vicinis in Italia, a Fr. de Arcoltis Aretino reperdus, publicains, etc., Neapoli, 1475 : on voit, par ce titre même, que Fr. Accolti ne fut que l'éditeur de cet ouvrage qu'il avait trouvé, et dont il ignorait l'auteur; la plupart des bibliographes le lui ont attribué par erreur. 5' Consiliasen Responsa, Pisai, 1481 : ce sont cent soixantecinq consultations sur des questions de droit. 6° Co? mentaria super lib. 2. Decretalium, nonice, 1481. 7° Commenlaria, 1495 : ces derniers commentaires sont encore un ouvrage de jurisprudence. Il cultiva aussi la poésie italienne ; on conserve en manuscrit plusieurs de ses productions poétiques , dans les bibliothèques Chigi et Strozzi. Crescimbeni en a tiré quelques sonnets, qu'il a insérés dans son Histoire de la poésie vulgaire. Ses Lettres latines sont conservées à Milan dans la bibliothèque ambroisienne.
  • François ACCURSE : fils aîné du précédent, professait le droit à Bologne avec une réputation extraordinaire, lorsqu'Édouard 1", roi d'Angleterre, passant par cette ville en 1273, à son retour de la terre sainte, l'engagea à venir remplir le même emploi dans les provinces de France soumises à sa domination; niais le gouvernement de Bologne, fier de posséder un savant si distingué, lui défendit de quitter sa chaire, et le menaça de confisquer ses biens s'il sortait de la ville. Soit inconstance, soit ambition, Accurse partit pour la France, après avoir t'ait à un ami une vente simulée de ses biens, ce qui n'empêcha pas qu'ils ne fussent confisqués. Après avoir enseigné le droit à Toulouse pendant trois ans, François Accurse fut attiré à Oxford par Édouard , qui le logea dans son palais, et se servit utilement de ses talents dans les dénièlés qu'il eut avec Gaston, Glue de Béarn. 11 revint à Bologne vers 1280 , et rentra en possession de sa chaire et de ses biens. Il y mourut en 1521. On raconte que, pendant le temps qu'il professa à Toulouse, Jacques de Ravenne, l'un des plus savants jurisconsultes de son temps, vint incognito se mêler parmi ses auditeurs. Accurse expliquait le texte de la loi sur les intérêts ; Jacques lui fit des objections si fortes, si embarrassantes, que, restant sans réponse, Accurse fut obligé d'avouer que le prétendu écolier en savait plus que le maitre. Les savants des siècles suivants ont établi de longues discussions pour savoir si ce François Accurse était contemporain de Barthole ; mais Pancirole a prouvé que ce qui avait donné lieu à cette discussion , c'est qu'en effet il y eut un Accurse collègue de Barthole, mais qu'il était fils d'un autre Accurse, dont Guillaume Duranti fait souvent mention , qui enseigna le droit à Reggio, sa patrie, en l'année 1275, et donna des leçons à Padoue. Il ne nous est resté de Fran-çois Accurse aucun écrit qui justifie sa célébrité. - CERVOT ACCURSE , frère du précédent , eut, comme son père, la passion de l'étude. ll obtint d'être docteur en droit avant dixsept ans, chose assez remarquable, puisqu'elle donna lieu à une longue discussion dans l'académie de Bologne, pour savoir si les lois le permettaient. 11 enseigna le droit, et fit des Gloses qu'il joignit à celles de son père ; mais elles sont peu estimées. Glossœ Cervotiance vocale, dit Pancirole, ut plurimum rejiciuntur. Mx.
  • François ACCURSE( 1151 - 1229) : jurisconsulte , fut le premier qui réunit en un corps d'ouvrage toutes les discussions et décisions éparses des jurisconsultes ses prédécesseurs, sur le droit romain. Il figure au premier rang parmi les promoteurs de la renaissance du droit ; ses ouvrages, loués et critiqués avec une égale justice, font époque dans l'histoire de la jurisprudence. Accurse naquit à Florence , en 1151, d'autres disent en 1182. Disciple d'Azon, il devint bientôt plus célèbre que son maître. On prétend cependant qu'il avait près de quarante ans lorsqu'il commença à étudier le droit. D'abord professeur à Bologne, il abandonna peu de temps après sa chaire et ses écoliers, pour prévenir Odefroy, qui avait été comme lui disciple d'Azon, et qui travaillait à l'Explication et Concordance des lois, ouvrage qu'Accurse avait conçu depuis longtemps. Il réussit en effet à devancer son rival, et acheva en sept ans son immense collection , qui porte indistinctement le nom de Grande Glose, ou Glose continue d'Accurse. On peut regarder Accurse comme le premier des glossateurs, et en nième temps comme le dernier, puisque personne après lui ne se permit de faire des gloses, si ce n'est un de ses fils, dont les ouvrages ne sont pas estimés ( voy. CERVOT ACCURSE niais il n'était point versé dans les belleslettres. Aussi les jurisconsultes littérateurs des 14' et 16e siècles ontils poussé la prévention jusqu'à mépriser l'érudition d'Accurse, ob imperiliam historiarum. C'est' à l'école d'Accurse qu'on doit, diton, ce proverbe devenu familier : « C'est du grec , on ne peut le lire, » grcecum est, non potest legi. En effet, c'était assez la coutume des glossateurs à cette époque. Lorsqu'ils trouvaient un mot grec qu'ils n'entendaient pas, ils cessaient d'interpréter, ou donnaient pour raison que c'était du grec qu'on ne pouvait pas lire, et après avoir, suivant l'expression de Bayle, ainsi sauté cette fosse, ils reprenaient l'explication du latin. Les écrivains des 120 et 13e siècles, ne sachant au contraire quels trophées élever à la gloire d'Accurse , lui ont donné le nom d'Idole des jurisconsultes. Leur admiration pour ses ouvrages était si grande, qu'ils avaient fait passer en principe que l'autorité des Gloses devait être généralement reconnue , et qu'il fallait toujours se rallier sous cet étendard perpétuel de la vérité, lanquam carrocio veritatis perpetuo adhceren dum esse. En effet, Hotman cite, d'après Fulgosius, un principe de jurisprudence consacré à cette époque, qui prouve la grande autorité que les décisions des glossateurs avaient dans les tribunaux : Si sententia glossatoris , ditil, duobus doctoribus est contraria, profeclo in judiciis prœvaleret sentenlia ipsius glossce. Deux opinions aussi opposées prouvent que chaque siècle a un esprit particulier qui dirige le goût et les connaissances, et que c'est d'après cet esprit que la critique impartiale doit prononcer. L'esprit dominant du temps d'Accurse était d'accumuler l'érudition, d'interpréter, de commenter les passages ou le texte des lois. Les ouvrages des jurisconsultes estimés à cette époque doivent donc être remarquables par la profondeur de leur érudition et de leur jugement; mais, n'étant pas assez instruits dans l'étude de l'histoire , ces mêmes jurisconsultes ont dû commettre de grandes erreurs dans l'interprétation des lois. Tel est Accurse. Le goût et l'esprit dominants du temps de ses détracteurs, à la tête desquels il faut mettre Alciat et Budée, était l'étude des antiquités et des historiens grecs et latins. Ils ont dû alors relever les erreurs commises par leurs prédécesseurs ; mais s'ils leur sont supérieurs par la connaissance des belleslettres, qu'ils ont eu soin d'associer à l'étude des lois, ils leur sont inférieurs par la profondeur du jugement ; tel est Alciat et beaucoup d'autres. L'injustice des reproches faits à Accurse provient aussi de ce que la Grande Glose porte le nom de ce jurisconsulte, et qu'on lui a attribué tout ce qu'il y a de bon et de mauvais dans cette volumineuse collection, qui n'est au reste qu'une compilation des meilleures décisions des jurisconsultes qui existaient avant lui , tels qu'Irnérius, Hugolinus, Martinus Bulgarus , Alderieus, Pileus, Rogerius, Joannes, Odofredus, Placentimus; or, comme il a mêlé souvent son sentiment avec les discussions des autres ommentateurs, et qu'il n'indiquait les auteurs que par la première lettre de leurs noms, cette lettre étant disparue dans beaucoup d'endroits, on a pu prendre pour son sentiment pli ce qu'il n'avait dit que comme citation de la doctrine d'un autre : telle est du moins l'opinion de Bayle. Il est certain qu'Accurse a débrouillé avec netteté et lie précision le sens de beaucoup de lois , s'est décidé resque toujours pour le meilleur avis , dans les - ratières sur lesquelles les sentiments sont partagés ; et qu'ainsi il a mérité les éloges que Ferrière , Terrasson et Cujas même lui prodiguent si souvent , en l'élevant audessus de Barthole. C'est donc avec plus d'esprit que de justice que Boileau s'égaye dans son Lutrin aux dépens de ce jurisconsulte, en disant : A l'instant il saisit un vieux Infortiat, Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat. Cependant on doit avouer qu'Accurse n'aurait pas laissé subsister les fautes grossières et les absurdités dont sa Grande Glose est remplie, sans son ignorance dans l'histoire, ignorance qui lui est d'ailleurs commune avec tous les autres glossateurs. Son ouvrage étant encore souvent cité au barreau, il n'est pas inutile de dire que, si les discussions profondes qu'on y trouve peuvent étendre les connaissances des jeunes jurisconsultes, ils ne doivent le lire qu'avec défiance. Parmi les éditions estimées de ses ouvrages, celle que l'on préfère est de Denis Godefroi, Lyon , 1589, 6 vol. Au tome 6e, on trouve la table alphabétique des Gloses d'Accurse. La vie privée d'Accurse offre peu de détails intéressants ; il vécut riche et considéré , ayant, comme dit Bayle , belle maison à la ville , belle. maison à la campagne , et mourut à Bologne, en 1229, à l'âge de 78 ans. Ceux qui fixent l'époque de sa mort en 1260 confondent le père avec un de ses fils qui portait le même prénom. Son tombeau, tel qu'il existe à Bologne dans l'église des cordeliers, n'a de remarquable que la simplicité de son épitaphe : Sepulchrum Accursii, glossatoris legum, et Francisci ejus filii. Il laissa deux fils et une fille. Toute sa famille, sans exception, se livra à l'étude des lois. — Sa fille se fit remarquer par une étonnante érudition , et donna des leçons publiques de droit romain à l'université de Bologne. Pancirole confirme ce fait vraiment extraordinaire : Filiam guogue habuisse dicilur qua, jus civile Bononice publice docuil. Bayle parait en douter, niais Fravenlobius et Paul Fréher l'avaient rapporté avant Pancirole
  • François AGLIATA : de Palerme, fils du prince de VillaFranca, vivait. dans le 17C siècle. On a de lui un recueil de chansons siciliennes. On ne doit pas le confondre avec Gérard Agliata, Sicilien d'une autre famille , qui composa, au 16' siècle, quelques vers insérés dans le Recueil de l'Académie des Accesi de Palerme. François Agliata fut protonotaire de Sicile au temps du roi Alphonse et de Jeanne II , et a laissé quelques écrits sous le titre d'Allegazioni. Il y eut à Palerme plusieurs autres Agliata, qui se distinguèrent aussi dans la poésie et dans les lettres
  • François ALARD( 1500 - 1578) : d'une famille noble de Bruxelles , naquit au commencement du 16C siècle. Son père, Guillaume Alard de Cantier, zélé catholique converti, l'obligea à entrer dans l'ordre de StDominique. Il s'y distingua de bonne heure par son talent pour la prédication. Un négociant d'Hambourg, qui l'avait entendu prêcher avec beaucoup d'intérêt, lui ayant procuré le moyen de lire en secret les ouvrages de Luther, Alard eut une grande envie . Il se lève et aperçoit une ouverture par où la lune pénétrait dans sa prison. En l'examinant, il s'assure qu'il pourra y passer apres s'être déshabillé ; il coupe ses draps, se fait une corde, jette ses habits au bas de la tour, et se glisse le long de la corde qu'il avait attachée au barreau. Elle ne descendait que jusqu'à la moitié de la hauteur de son cachot; il se laisse tomber, et un égout I4 reçoit au bas du donjon. Après avoir passé sans obstacle près de la sentinelle, il se cacha dans un buisson, où il resta trois jours sans nourriture, et entendit l'aboiement des chiens qu'on avait mis à sa poursuite ; le troisième jour, il obtint, comme men- diant, de la compassion d'un roulier, un morceau de pain, et la permission de faire quelque chemin sur sa voiture. N'étant pas éloigné de la maison où deI mettrait une de ses sœurs, il se fit descendre à sa porte; mais sa soeur, dont le zèle n'était pas moins ardent que celui de sa mère, le repoussa avec horreur, et se mit à crier devant l'étranger : D'où u vienstu, misérable ? veuxtu nous entrainer dans (i l'abîme avec toi? » Son mari, plus humain, donna quelques secours au malheureux Alard, et engagea le charretier à le conduire en lieu de sûreté. De là, il se rendit dans le comté d'Oldenbourg, où il devint aumônier du prince ; mais ayant été appelé par les Anversois, auxquels la liberté du culte venait d'être accordée, l'amour de son pays natal l'attira de nouveau dans la Belgique, et l'y ramena encore deux fois, malgré 1(> persécutions du duc d'Albe et les dangers auxquels il s'exposait. Son père étant allé le voir pendant son séjour à Anvers, avec l'intention de le ramener au catholicisme, nonseulement n'at- teignit pas son but, mais finit par adopter les sentiments de son fils. Alard ayant perdu tout espoir de remplir les fonctions de son ministère dans son pays natal, se retira dans les États du roi de Danemark, Christian IV, et obtint de ce prince la cure de \Vils- ter, dans le Holstein, où il mourut en 1578. On a d'Alard des livres en latin et en flamand, qui ont perdu tout leur intérêt avec les circonstances qui les dictèrent. F. Alard a été père de Guillaume, grand père (le Lantbert et de Nicolas, et bisaïeul de Nicolas le jeune, mort à Hambourg en 1756, tous connus par des ouvrages de théologie ou de philologie. Le dernier a raconté la vie de son bisaïeul dans sa Decas Alardorm script. elarorunt , Hambourg , 1721, 8 vol
  • François ALBERTINI : ecclésiastique florentin , et savant antiquaire, florissait au commencement du 16° siècle. Il a publié : 1° de Mirabilibus novœ et veteris urbis Romce , ouvrage divisé en trois livres, et dédié à Jules II , Rome , 1505 réimprimé en 1510, 1515, 1519 et 1520. On a eu, depuis, de meilleurs ouvrages sur le même sujet; niais celui d'Albertini jouit encore de quelque estime. e Tractatus brevis de laudibus Florentice et Saonce . Il composa ce traité en 1 509 : on le trouve ordinairement réuni à la 5- édition de l'ouvrage précédent, qui est de 1515. 5° Un Mé- moire en italien, sur les statues et les peintures qui sont à Florence , de la main d'habiles maîtres, anciens et modernes, Florence, 1510 G—É.
  • François ALBERGOTTI( 1300 - 1376) : jurisconsulte italien, fils d'Albéric Rosiati de Bergante, un des hommes les plus savants de son temps, naquit à Arrezzo, près de Florence , dans le tie siècle. Son père l'envoya étudier sous le célèbre Raide ; dirigé par un tel maitre , François Albergotti fit de rapides progrès dans les sciences , principalement dans la philosophie et la jurisprudence. Sous le nom de philosophie , on comprenait alors la connaissance de l'histoire et celle des belleslettres. Albergotti exerça d'abord la profession d'avocat à Arezzo, et se rendit à Florence en 1519 : sa‘grande érudition, ses talents et son intégrité lui acquirent le titre de docteur de la vérité solide . La républi- que de Florence lui confia souvent ses intérêts dans des négociations importantes , notamment avec les Bolonais, en 1558, et elle eut toujours lieu de s'en louer ; pour récompense de ses services , il fut anobli. 11 mourut à Florence, en 1376. Les ouvrages qui nous restent de lui sont des commentaires sur le Digeste, sur quelques livres du Code, et des Consultations , dont Barthole fait un grand éloge. — Louis ALBERGOTTI, fils de François Albergotti, suivit la même carrière que son père , et fut aussi un savant jurisconsulte.—Marcellin ALBERGOTTI, évêque d'Arezzo , rendit de grands services à Innocent IV contre l'empereur Frédéric If ; et Jean ALBERGorri, aussi évêque d'Arezzo, fut employé utilement par le pape Grégoire XI, dans les démêlés que ce pontife eut avec Galeas Visconti, duc de Milan
  • François ALCIAT : de Milan, neveu et héritier du précédent, fut luimème trèsversé datas la jurisprudence, qu'il professa à Pavie, où il eut pour disciple St. Charles Borromée. Pie IV l'employa dans la daterie apostolique, et le fit ensuite cardinal. Il était aussi trèsbon littérateur ; les écrivains de son temps ont fait de lui cet éloge. Pierre Vettori, entre autres, loue, dans une de ses lettres, l'érudition et le génie de François Alciat. MarcAntoine Muret, dans une de ses harangues, assure qu'il était l'ornement de son siècle, et l'appui des gens de lettres; il mourut à Rome, en 1580, àgé de 58 ans. Il avait laissé plusieurs ouvrages qui n'ont point été imprimés
  • François ALESSANDRI( 1529) : médecin, était fils d'un praticien de Verceil, où il naquit en 1529. Reçu docteur à l'université de Pavie, il acquit bien- tôt une grande réputation et fut nommé médecin du duc EmmanuelPhilibert de Savoie, qu'il accompagna dans ses campagnes de Flandre, ainsi que le conseiller Hugues Michaud, dont il était l'ami. Voy. SAVOIE. ) On a de lui : 1° Bivium virtutis, Mipice , 1551. D'après l'avis de l'historien Banza, cet ouvrage est écrit avec élégance. 2° Apollo, oinnem compositorum et simplicium nornzam sun fulgore ita irradians, ut d'us méridiana lace contenti medici et pharmacopolce, omni librorum copia ne- glecia, omni denique errons nebula Toyota, ad qucevis I opera facillime se accingere valeant, lib. 12 ; Vene- tiis, 1565 et F ranco fur ti, 1624. On a encore de ce docteur plusieurs poésies latines, et l'ouvrage sui- vant, dans la préface duquel l'auteur exprime sa gratitude envers le duc de Savoie, EmmanuelPhilibert: Pestis et pestilentium Febrium Tractalus Vercellis, 1578, et Taurini, 1586. Les historiens 'Fi- raboschit, Gesnerus , Bovins et Orico ont fait de grands éloges du médecin Alessandri, que, suivant bservation de Mazzuchelli, il ne faut pas confon- 1 e avec le Florentin Messandrini son contemporain. li Un frère d'Alessandri passa au service du roi de p France, et eut un commandement dans le marquisat de Saluces.— Un autre frère fut aussi médecin et il publia des poésies sous ce titre : A lexandri ex Alexcen- dris Primitiœ ad Franciscum frairem, ad ejus opus > cujus litulus Apollo, Venetiis, 1565. G—G
  • François ALGAROTTI( 1712 - 1764) : l'un des auteurs italiens du 18C siècle qui a réuni avec le plus de succès l'étude des sciences exactes à la culture des lettres et des arts. Il naquit à Venise, décembre 1712. Son père , riche négociant, eut deux autres fils et trois filles. L'un des deux fils mourut, encore enfant ; l'autre, Bonomo Algarotti, a vécu honorablement, chargé, depuis la mort du père, de tous les soins de la famille, et a survécu à son frère, plus jeune que lui , dont il a été l'exécuteur testamentaire. Algarotti lit ses études d'abord à Rome, ensuite à Venise, et enfin à Bologne , sous les deux célèbres professeurs Eustache Manfredi et François 'armai. Son heureux naturel leur inspira une affection "particulière , et ils lui firent faire des progrès ra- 41,pides dans les mathématiques , la géométrie, l'astronomie , la philosophie et. la physique. Il se livra plus particulièrement à cette dernière science , et à l'anatomie , sous d'autres habiles maîtres. 11 n'en avait pas moins ardemment étudié le latin et le grec ; il avait aussi donné une attention particulière à la langue toscane, et il alla s'y perfectionner à Florence. Dès son premier voyage en France, il fut lié avec les savants les plus illustres, dont il était déjà connu par d'excellents mémoires insérés dans le Recueil de l'institut de Bologne. Il se retirait souvent à la campagne, et ce fut au mont Valérien qu'il écrivit, en 1735, son Newtonianismo per le dame, où il se proposa de mettre à la portée des dames et des gens du inonde les découvertes et le systeme de Newton, comme Fontenelle y avait mis ceux de Descartes. 11 n'avait alors que vingt et un ans. Ce livre, publié l'année suivante, fit beaucoup de bruit. Il a été fort mal traduit par Duperron de Castera, dont la version, mal écrite , et souvent infidèle , ne peut donner qu'une fausse idée de l'ouvrage ; et c'est sur cette version seule que plusieurs critiques français en ont jugé c'est sur la même version qu'il fut traduit en allemand, et même en anglais. Algarotti avait cultivé la poésie dès ses premières années ; après d'heureux essais dans le genre lyrique , il composa plusieurs éperes en vers libres , sur différents sujets de science et de philosophie. Ces épîtres furent recueillies, avec d'autres de Frugoni et de Bettinelli, et publiées avec de prétendues lettres de Virgile , où l'on critiquait inconsidérément le Dante et Pétrarque. Cette publication lit grand bruit en Italie, révolta les admirateurs de ces deux grands poëtes , et fournit des armes à leurs détracteurs. Algarotti protesta hau- tement contre ces lettres, dont il ignorait l'auteur on a su depuis qu'elles étaient de Bettinelli. Les beauxarts servaient de délassement à son esprit avide de tout savoir. 11 dessinait parfaitement , et gravait en tailledouce. Il parconrut l'Italie avec un peintre et dessinateur qu'il s'était attaché : tout ce qu'il a écrit sur les arts marque autant de connaissances que de goût. Frédéric le Grand, qui l'avait reçu à Rheinsberg, étant encore prince royal, lorsque Alga- rotti revenait de StPétersbourg, s'empressa de l'ap- peler auprès de lui dès qu'il fut monté sur le trône. Algarotti se rendit de Londres à Berlin. Il y resta plusieurs années, jouissant auprès du roi de la faveur la plus intime. Frédéric lui conféra le titre de comte du royaume de Prusse, pour lui, son frère et leurs descendants ; il le fit ensuite son chambellan, et chevalier de l'ordre du Mérite. Il le combla de présents, d'attentions, de témoignages de confiance. Lorsqu'Algarotti eut quitté Berlin , le roi correspondit avec lui pendant vingtcinq ans, et conserva pour lui le même intérêt jusqu'à sa mort. L'électeur de Saxe, roi de Pologne, Auguste 111, le retint aussi quelque temps à sa cour, et le décora du titre de son conseiller intime de guerre. Les souverains d'Italie, entre autres le pape Benoît XIV, le duc de Savoie et l' duc de Parme, lui prodiguèrent les distinctions les plus flatteuses. Partout la bonté de son caractère, la pureté de ses moeurs, l'élégance et la politesse de ses manières , et cette espèce de magnificence qui entoure un riche amateur des arts, contribuaient à ses succès, autant que la supériorité de ses talents et de ses lumières. Dans tous les pays où il voyagea, il se fit aimer des grands , des savants, des gens de lettres, des artistes et des gens du monde. Le climat d'Allemagne ayant sensiblement altéré sa santé , il retourna d'abord à Venise ; il se fixa ensuite A Bologne ; mais la phthisie dont il était attaqué augmentant toujours, il y succomba enfin , à Pise, le 5 mars 1764, à l'âge de 52 ans. Il vit approcher la mort avec une résignation philosophique. Il passait les matinées avec le même artiste, nommé Maurino. qui l'avait accompagné dans ses voyages, à s'entretenir de peinture, d'architecture, et de tous les beauxarts. L'aprèsdiner, il se faisait lire ses ouvrages, qu'on réimprimait alors à Livourne, et dont il revoyait et corrigeait l'édition ; le soir, on faisait chez lui de la musique, qu'il écoutait avec attention et avec plaisir : c'est ainsi qu'il s'éteignit, sans éprouver, ni les ennuis de la maladie, ni les horreurs de la mort. Il avait fait luimême le dessin de son tombeau et son épitaphe , plutôt par une suite de son goût pour les arts et pour la poésie, que par orgueil. L'épitaphe est remarquable par une heureuse appli- cation du non omnis moriar d'Horace : Hic jacet Fr. Algarottus non omnis. Le roi de Prusse voulut qu'il lui fût élevé un monument plus magnifique dans le CampoSanto de Pise, et que l'on joignît à l'inscription ordonnée par Algarotti, cette seconde inscription latine : Algarotto, Ovidii cemulo, Neutoni discipulo, Fridericus rex; à quoi les héritiers ne firent d'autre changement que de mettre Fridericus Magnus. Les OEuvres d'Algarotti, publiées d'abord à Livourne, en 4765, en 4 vol. puis à Berlin, en 1772 , 8 vol. ont été réimprimées à Venise, en 17 vol., pareillement de 1 791 à 1794. Cette édition complète et soignée, est ornée de vignettes, et de ce que nous appelons culsdelampe, dont le plus grand nombre est d'après les dessins de l'auteur. On n'en a parlé jusqu'à présent dans aucun dictionnaire historique ; c'est ce qui nous engage à donner ici l'aperçu de ce qu'elle contient. 1" volume , Mémoires sur la vie et les ouvrages d'Algarotti; ses poésies ; 9.', l'exposition du système de Newton, et tout ce qui a rapport au même sujet ; 5,, écrits sur l'architecture sur la peinture et sur l'opéra en musique ; 4', essais divers sur les langues , sur la rime , sur plusieurs points d'histoire et de philosophie , sur Descartes, sur Horace, etc. ; 5', écrits sur l'art militaire, sur différentes questions qu'il présente, sur quelques auteurs qui en ont traité, sur quelques faits d'armes anciens et modernes , etc. ; 6', Voyages en Russie , précédés d'un Essai sur l'histoire métallique de cet empire le reste du volume est rempli par le joli opuscule le Congrès de Cythère, par la Vie de Pallavicini, poète italien, et par une plaisanterie contre les abus de l'érudition, sous ce titre : Prospectus d'une intro- duction à la Néréidologie , ou à un traité sur les Néréides; 7', pensées sur différents sujets de philosophie et de philologie ; 8', Lettres sur la peinture et sur l'architecture ; 9' et IO', Lettres sur les sciences et sur divers objets d'érudition. Les sept derniers vo-. lumes contiennent la suite inédite de cette correspon- dance avec des savants et des gens de lettres d'Italie, d'Angleterre et de Fi once ; la dernière moitié du 17° est remplie par un Essai critique, aussi inédit, sur le triumvirat de Crassus, de Pompée et de César, ouvrage resté imparfait, mais où l'auteur montre beaucoup d'érudition, de saine politique, et de philosophie. Ses correspondants , dont on trouve ici les lettres, étaient, en Italie, Manfredi et Zanotti, ses premiers maîtres, Fabri de Bologne, Métastaste, Frugoni, Bet- tinelli, le célèbre mathématicien et physicien Frisi Mazzuchelli, Paradisi, etc. ; en Prusse , le roi Frédéric II, plusieurs princes de sa famille, l'académicien Formey, etc. ; en Angleterre, lord Chesterfield, Ilervey, Hollis, Taylor, milady Montaigu ; en France, Voltaire, Maupertuis, madame du Chastelet, madame du Boccage, etc. La plupart des lettres adressées à des Français ou des Françaises, sont écrites dans leur langue. La correspondance générale de Voltaire offre un grand nombre de ses lettres à Algarotti ; on trouve ici , dans les lettres ou les réponses d'Alga- rotti, le complément de cette partie de la correspondance. Voltaire aimait beaucoup celui qu'il appelait, à l'exemple de Frédéric II, son cher Cygne de Padoue, caro Cigno di Padova; il fit, mais inutilement , tous ses efforts , quand il le sut attaqué d'une maladie de poitrine, pour l'engager à venir à Ferney prendre le lait de ses vaches, et se mettre entre les mains de Tronchin. Quelques voyageurs ont jugé peu favorablement le caractère d'Algarotti, après l'avoir vu à la cour de Prusse ; mais, quoiqu'il fût aimé du roi , autant que celuici pouvait aimer, ce n'est point à la cour des rois, et surtout à celle de Frédéric, que l'on peut juger les hommes. On a aussi prononcé un peu légèrement sur la prétendue légèreté de son esprit : quoiqu'il se moque trèslibrement des pédants, il ne tenait qu'à lui de l'être: beaucoup le sont avec moins de savoir ; mais c'est clans sa langue qu'il faut le lire , et non dans de plates traductions. On peut souscrire alors à ce jugement qu'en a porté le dernier éditeur italien de ses oeuvres : « Universalité et choix exquis de con-(( naissances, fécondité d'imagination , vues lumi- « neuses , pensées délicates et brillantes, traits ingé- « nieux et originaux, philosophie sévère, ennoblie « et adoucie par les grâces, élans poétiques soutenus par les forces d'un véritable savoir ; partout de la « clarté , de la précision, de la justesse et de la pro-« priété dans l'expression , de la décence dans les « images, de la douceur, de la fraîcheur, de la variété « dans le coloris : telles sont, en raccourci , les qua-« lités qui constituent le vrai caractère de ses ouvrages; « aussi ontils justement obtenu le rare avantage d'oc-« cuper, avec un plaisir égal, les méditations sérieuses « du philosophe, et les loisirs agréables de l'homme « de goût. » Une partie des œuvres d'Algarotti a été traduite en français, et imprimée à Berlin, 4771, 8 vol. petit On a imprimé à part : 10 le Newtonia- nisme des dames, trad. par Duperron de Castera , 1752 , 2 vol. in 12 ; 2' le Congrès de Cythère, trad. par Duport du Tertre, 1749 ; et sous le titre d'Assemblée de Cythère, par mademoiselle Menon, 1748 ; 5° Essai sur l'Opéra, trad. par de Chastellux, 1775 ; 4° Essai sur la Peinture, trad. par Pingeron, 4769
  • François ALIBRANDO : jurisconsulte sicilien, vivait au 17e siècle. Il publia quelques ouvrages savants de sa profession. On lit aussi quelquesunes de ses poésies dans les recueils de l'académie della Fu- cina, établie à Messine, et qui publia, pendant ce siècle, plusieurs volumes de prose et de vers
  • François ALUNNO( 1400) : de Ferrare, vivait au 15e siècle. n était mathématicien habile, et a laissé des ouvrages de philologie estimés : 1" des observations sur Pétrarque, insérées dans l'édition de ce poête, Venise, 1539, ; les Richesses de la langue italienne, Venise, Alde, 1543 ; Vrile 'OÙ il a recueilli, par ordre alphabétique, tous les mots et toutes les expressions les plus élégantes dont Boccace a fait usage ; 5° la Fabrique du monde, 1516 divisée en 10 livres, qui renferment tous les mots dont se sont servis les premiers pères de la langue italienne, rangés per ordre de matières. Le Tassoni, dans ses Considérations sur l'A ! nuque, s'est beaucoup moqué de cet ouvrage, qui manque en effet d'ordre et de choix. Alunno avait un talent particulier pour écrire avec une finesse qui tenait du prodige; il était employé, pour ce talent, dans la chancellerie de Venise. On assure qu'étant à Bologne, il présenta à CharlesQuint le Credo et le premier chapitre de l'Évangile de St. Jean, écrits sans abréviation, dans l'espace d'un denier. L'Aretin ajoute que l'Empereur passa un jour entier à en examiner le merveilleux artifice
  • François AMALTHÉE : frère cadet des deux ' précédents, se distingua comme eux par son talent poétique, et professa, comme eux, les belleslettres à Iirordenone, à Oderzo, à Sacile. On trouve un petit 'poème latin de lui dans le 2e volume du premier Recueil d'opuscules de Calogera. Il écrivit aussi, en la- des harangues et quelques dissertations historicolittéraires ; mais il se rendit, dans un autre genre, plus utile à la société que ses frères ; il se maria en 1503, et de ce mariage sortirent les trois Amalthée qui ont donné .à ce nom le plus d'éclat
  • François ALVARÈS( 1400) : né à Coimbre, en Portugal, vers la lin du 15' siècle, était aumônier du roi Emmanuel, en 1515, lorsque ce prince envoya Edouard Galvao pour ambassadeur extraordinaire à David, roi d'Abyssinie. Alvarês fut nominé secré- taire de cette ambassade, et accompagna jusqu'à l'île de Camaran, dans la mer Rouge, l'ambassa- deur, qui y mourut avant que d'arriver en Abyssi- nie. Alvarês y attendit son successeur, don Rodrigo de Lima, avec lequel il arriva à la cour de Gondar, cinq ans après son départ de Lisbonne. Ils séjournèrent longtemps dans cet empire, alors presque inconnu, et Alvarès ne revint qu'en 1527. Pour récompense, le roi lui donna un bénéfice assez riche, et lui ordonna d'accompagner à Rome Zagazab ambassadeur que le roi d'Abyssinie envoyait au pape. Alvarès a écrit un ouvrage en portugais, sous le titre de Vraie information des pays du Prétre Jean, selon ce qu'a vu François Alvarès. Rien ne peut surpasser la candeur et la véracité de ce voya- geur, et son ouvrage sera toujours un livre classi- que sur le pays qu'il décrit ; il parut en 1540, à Lisbonne ; l'édition en est plus soignée que les autres éditions imprimées en Portugal à la même époque. Alvarès dit, dans sa dédicace au roi Jean III, qu'il avait fait un voyage à Paris, exprès pour avoir de bons imprimeurs et des caractères et des presses de la meilleure qualité. Il en a paru trois traductions : la première, en espagnol, par le P. Thomas Padillia, dont il y a plusieurs éditions ; la deuxième, en français, sous le titre Historiale description de l'Ethiopie, imprimée par Plantin, à Anvers, en 1558 ; la troisième, en italien, que l'on trouve dans la collection de voyages de Ramusio. Paul Jove et Damien de Goes s'occupèrent à l'envi de la traduire en latin; mais le public n'a pas joui de leurs travaux. On serait tenté de croire que le petit ouvrage de ce dernier, intitulé : Fides Mores- que iEthiopum, n'est qu'un aperçu qu'il a voulu donner de l'ouvrage de François Alvarès. C—S—A,
  • François AVELLINO : médecin de Messine, fiorissait vers l'an 1630, et jouit d'une grande réputation. Il a publié : 1. Expostulatio contra chy- micos , qua eorum paradoxe, seu rationis timbra enucleantur, ejectantur, expellentur, Messeye?, 1657 2° un autre écrit, aussi en latin, contre ceux qui condamnaient l'usage des vésicatoires dans les fièvres malignes, Messine, 1664. C. et AN
  • François BAELI( 1639) : naquit d'une famille noble, à Milazzo en Sicile, le 15 décembre 1639. Des études sérieuses ne l'empêchèrent point, dés sa jeunesse, Ilde se livrer à son goût pour les belleslettres. 11 partit à vingt ans de sa patrie, vint à Paris, et y resta sept ans; il y acheva de s'instruire, surtout dans les mathématiques ; il demeura sept autres années à IF Madrid , et parcourut ensuite presque toutes les autres contrées de l'Europe. De retour dans sa patrie, Mbù il vivait encore en 1707, lorsque Mongitore écrivait sa Bibliothcca sicula, il y composa les ouvrages suivants : 1° Lo Statista ristrelto, Venise, 1676 2° La Polissena, comédie en vers, Venise, I 1676 3° La Corona, ovvcro il giuoco degli , Asili, nuova invenzione, Venise, 4677 4° Il Siciliano veridico, ovvero risposta c vexa dimostra-: bene del presence e sussequenle state) della cillit di Messina, Francfort, 1676 11 est assez remarquable que ces quatre ouvrages aient paru la mente année, un à Francfort, et trois à Venise, et tous chez différents libraires. Mongitore n'annonce que. comme encore inédits ces derniers ouvrages. 5" Tempe Pana» ovvcro la Nin fa linfata, o il talamo ( literai°, Iragicomedia pastorale. 6° Trahi lirici, che coniprendono odi e soucia. G —É•
  • François ARGELLATI( 1712 - 1754) : fils du précédent, naquit à Bologne, le 8 mai 1712. Il se livra d'abord à l'étude de la philosophie et des lois, et fut reçu docteikr en droit à Padoue en 1756. S'étant ensuite appliqué atu: mathématiques, et spécialement au génie militaire, il fut nommé, en 1740, ingénieur de Sa Majesté Catholique. Il joignit à ces hautes sciences le goût des lettres latines et italiennes. L'exemple de son père l'engageait à les cultiver. Il vécut presque toujours avec lui, soit à Milan, soit à Bologne, et mourut quelques mois avant lui à Bologne, en 1754. François Argellati a publié : I° Pratica del foro Veneto, Venise, 1757 . 2' Une traduction italienne de l'ouvrage du savant Fluet, de la Situation du Paradis terrestre, 1737 , 50 Saggio d'una imam filosofia, Venise, 1740 Storia della nascita delle scienze e belle lettere, etc., Florence , 1745, in -8°. Cet ouvrage devait étre composé de 12 volumes, mais le 1" seul a paru. 5. De prœclaris Jurisconsullis Bononiensibus ° ra ti etc., 1749 sans nom de ville ; mais le discours est suivi d'une lettre latine de Philippe Argellati, père de l'auteur, qui est datée de Milan. 6° Il Decamerone, Bologne, 1751, 2 vol. Ce Décaméron, fait à l'imitation de celui de Boccace, contient de même cent nouvelles partagées en dix journées. Les sujets en sont tirés de quelques faits extraordinaires rapportés dans les Transactions phi- losophiques d'Angleterre , ou dans les relations de quelques voyageurs ; on y voit aussi des bons mots, des historiettes curieuses ou galantes, mais où les moeurs sont toujours respectées. 6° Novissimo Sis-& tem di filosofia alla Capuccina, a rantaggio di chi non puô intertenersi in lunghe applieazioni a questo studio, Modène, 1755 Il avait aussi écrit la vie de Jean Gaston, grandduc de Toscane, et celle d'une sainte religieuse du tiers ordre de StFran-çois ; mais ces deux ouvrages n'ont point vu le jour
  • François ARISI( 1657 - 1743) : savant littérateur et jurisconsulte de Crémone, y naquit, le 3 février 1657, de Louis Arisi et de Lucie Negri, deux familles distinguées de cette ville. Presque toujours malade dans son enfance, il fut confié aux soins d'un précepteur, prêtre séculier, et fit ensuite chez les jésuites son cours de philosophie. Son père l'envoya, en 1674, étudier les lois à Borne : il y resta jusqu'en 1677, et passa ensuite à Bologne, pour y suivre les mêmes études : mais la mort de son père le força, l'année suivante, à revenir dans sa patrie. Enfin, désirant achever son cours, il alla d'abord à Pavie, où il obtint le doctorat en 1679; de là il se rendit à Milan, et travailla pendant six mois sous un avocat célèbre. De retour à Crémone, il partageait son temps entre les études de l'état qu'il avait embrassé et la culture des lettres , surtout de la poésie, pour laquelle il avait eu, dès sa première jeunesse, un penchant particulier. En relation avec les plus célèbres littérateurs de son temps, avec lesquels il entretenait une correspondance assidue, Arisi fut aussi membre du plus grand nombre des académies d'Italie. La réputation de savoir et de probité dont il jouissait dans sa profession de jurisconsulte le fit revêtir de plusieurs emplois honorables dans lesquels il acquit une grande considération : il fut envoyé jusqu'à quatorze fois à Milan, pour Ies affaires les plus épineuses, qu'il termina toujours à la satisfaction et des ministres et de sa patrie. Enfin, après une assez longue maladie , il mourut le 25 janvier 1743, à l'àge de 86 ans 4 mois et 10 jours. Mazzuchelli donne la liste des ouvrages d'Arisi ; elle se monte à soixantequatre articles, tant manuscrits qu'imprimés : parmi ees derniers, nous citerons : 1° k Tirranide soggiogata, oratorio pour St - Antoine de Padoue, Crémone, 1677 : il en publia trois autres dans différentes années, pour la fête du même saint. 2° Cremona litterala, seu in Cremonenses , doctrina et lilterariis dignilatibus 'eminentiores echfonologicce adnotationes , 3 vol. Lés cieux premiers parurent à Parme, en 1702 et 1705, et le troisième à Crémone, en 1741. 5. Senatorum frIediolanensium ex collegio judieum Cremonce ab ipso credo, usquc ad hcec lempora, continuata series, etc., Crémone, 1705 40 Rime perle sacre slimale del sanlo pat riarca Francesco, etc., Crémone, 1715 On ne croirait peut-être pas que l'on pût faire trois cent vingtcinq sonnets sur les stigmates de St. François : ce volume n'en contient cependant ni plus ni moins. 5° La Vindemmia, bacchanale ditirambico, Crémone, 1722 6° Il Tabacco masticato, e fumato, trattenimenti ditirambici colle sue annotazioni, Milan, 1725, in•4°. 7° Il Cioccolato , trattenimento ditirambico, Crémone, 1736 8° Poesie liriche, ibid., 1" partie, 1680 ; partie, 1684, in - 12. 9° Le 20° et dernier chant du poème plaisant et original, intitulé : Berthold° con Bertholdino e Cacasenno, Bologne, 1756 IO' Un grand nombre de sonnets et d'autres poésies, dans les Rime de' Pastori Ar- cadi, et dans plusieurs autres recueils
  • François ARNAUD( 1721 - 1784) : né à Aubignan, près de f Carpentras, le 27 juillet 1721, s'engagea dans l'état h ecclésiastique, vint à Paris en 1752, et fut, en 1762, reçu à l'académie des inscriptions et belleslettres. 11 fut, pendant quelque temps, attaché au prince Louis de Wurtemberg, depuis souverain de ce duché, mais alors attaché au service de France. L'avocat Gerbier , son ami , ayant , en 1765, gagné une cause importante pour le clergé de France contre l'ordre des bénédictins , demanda pour prix de ses travaux , et obtint pour l'abbé Arnaud, l'abbaye de ! Grandchamp. A peine entraitil dans son abbaye, 1 qu'un curé vint lui demander le paiement d'une portion congrue ; l'abbé veut d'abord se défendre ; mais, touché de l'indigence du curé, il cherche des le titres contre luimême, les remet à son adversaire, et parvient ainsi à fàire établir son droit en sa faveur. Reçu à l'Académie française, le 15 mai 1771, Arnaud obtint, par la suite, la place de lecteur et bibliothécaire de Monsieur, et la survivance de la place d'historiographe de l'ordre de StLazare. 11 mourut à Paris, le 2 décembre 178/, et fut remplacé à l'Académie française par Target. L'abbé Arnaud fut un homme instruit, et doué d'un sentiment vif pour les beauxarts ; mais le goût du monde et un peu de paresse l'ont empêché de développer tous ses talents. Il parlait mieux qu'il n'écrivait, ce qui explique pourquoi il obtint plus de succès dans les salons que dans la république des lettres. D'Arnaud avait d'abord écrit contre les philosophes une lettre à Fréron, que Palissot qualifie de sermon; mais il passa ensuite dans le camp de ceux qu'il avait d'abord combattus. Lorsque le parti des gluckistes et celui des piccinistes se furent formés sous les drapeaux opposés de l'abbé et de Marmontel, les deux académiciens soutinrent cette guerre par un feu roulant d'épigrammes et de satires. Marmontel composa contre Arnaud le poême de Polymnie, où le défenseur de Gluck était fort maltraité. Morellet convient même dans ses Mé- moires que Marmontel a fiai Arnaud plus noir qu'il n'était. Une des meilleures épigrammes qui aient été aiguisées pour cette lutte est celle où, se moquant de la prétention qu'avait son adversaire de posséder le secret des vers de Racine, Arnaud dit Jamais secret ne fut si bien gardé. Suant dans une lettre qu'il écrivit à l'éditeur des oeuvres de l'abbé Arnaud, et qu'il fit imprimer en 50 pages donne des détails intéressants sur sa liaison avec cet aimable littérateur, liaison qui dura plus de vingttrois ans, sous le même toit, sans être troublé, ditil, par aucun nuage. On y lit aussi des anecdotes et des jugements sur plusieurs de leurs contemporains, tels que Laharpe, Marmontel, Gluck, Vien et Carle Vanloo. On a de l'abbé Arnaud une Lettre sur la musique, au comte de Caylus, 1754 Cette brochure, qui commença sa réputation, n'était que le prospectus d'un grand ouvrage sur la musique des anciens, « qu'il avait, disaitil , médité « au fond de la province, dans les ombres du cabinet « et le silence de la réflexion, » mais que l'auteur n'a ni terminé, ni même, à ce qu'il parait, commencé sérieusement : il ne travailla le reste de sa vie que par morceaux détachés, et à mesure que les sujets se présentaient. Ardent admirateur de Gluck, l'abbé Arnaud lit, à l'occasion des querelles qui s'élevèrent en 1777 sur la musique, imprimer, dans le Journal de Paris, un assez grand nombre de morceaux en faveur du musicien allemand. 11 a été, avec son ami Suard, éditeur de l'Histoire ancienne des peuples de l'Europe, par du Buat, 1772, 12 vol. Voici l'indication des ouvrages auxquels il a coopéré I° Journal étranger, avec Suard, de janvier 1760 à mars 1762. La collection complète de ce journal, depuis 1754, forme 45 vol. Les deux amis abandonnèrent cette entreprise pour se charger de la rédaction de la Gazette de France. 2' Gazette lit- téraire de l'Europe, 1764 -1766, 8 vol. avec Suard. 5° Variétés littéraires , ou Recueil des pièces tant originales que traduites, concernant la philosophie, la littérature et les arts, 1768-1769, 4 vol. in -12; c'est un choix fait par Arnaud et Suard des meilleurs morceaux qui avaient paru dans le Journal étranger et dans la Gazette litté- raire. 40 Description des principales pierres gravées du cabinet du duc d'Orléans, 1780, 2 vol. Le 1" volume est de l'abbé Arnaud . 50 Des dissertations dans les Mémoires de l'académie des inscriptions et belles- lettres. Les opuscules de l'abbé de Grandchamp ont été recueillis presque en entier, et publiés par M. Léonard Boudou, sous le titre d'OEuvres complètes de l'abbé Arnaud, 1808, 5 vol. iii - 8'; ils sont incorrectement imprimés; mais quoi qu'en dise le Dict. hist. des musiciens, on y trouve la Soirée perdue à l'Opéra, etc. La plupart de ces opuscules, comme l'a remarqué G inguené, sont, sans que l'auteur en ait averti, imités ou traduits de Carlo Dati, du Quadrio, de l'abbé Conti, etc. Malgré quelques erreurs, malgré quelques constructions irrégulières, quelques- unes des productions littéraires de l'abbé Arnaud lui méritent une place parmi nos écrivains distingués. La compilation publiée sous le titre de : Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution opérée dans la musique par le chevalier Le second, rédigé par Coquille, conservateur de la bibliothèque Mazarine, est attribué par Barbier aux abbés Leblond et de Lachaux, dont les noms se trouvent au bas de l'épitre dédicatoire, Gluck, 1781 est de l'abbé Leblond, et non de I l'abbé Arnaud
  • François ARNOUX ou ARNOULX( 1600) : écrivain ascétique, naquit en Provence dans les premières années du 17e siècle. Après avoir terminé ses études, il se fit recevoir avocat au parlement d'Aix. Dans les loisirs de sa profession, il composa divers ouvrages que la singularité de leurs titres a fait rechercher des curieux. Les plus connus sont : I° l'Hercule chré- tien contre la tyrannie que le péché exerce sur les humains, Lyda , 1626, petit ; ', les Etats généraux convoqués au ciel, Lyon, 1628, petit 50 la Poste royale du Paradis, ibid. 1635 2; 40 Recueil et inventaire des corps saints et autres re- liques qui sont au pays de la Provence, la plupart visités par Louis XIII en 1622, Aix, 1636 50 l'Échelle de Paradis pour, au partir de ce monde, escheller les cieux, Rouen, 1661 ; 6° Mer- veilles de l'autre monde, et pratique spirituelle, ibid., 4668, petit
  • François ARNAVON( 1740 - 1824) : naquit , vers 1740 , à Lisle, petite ville sur la Sorgue, près de la fontaine de Vaucluse, dans le comtat Venaissin. Après avoir fait ses études en Sorbonne, où il prit le grade de bachelier, il fut nommé chanoine de la collégiale de Lisle et prieurcuré de Vaucluse. Il publia, en •1773, un Discours apologétique de la religion chrétienne, au sujet de plusieurs assertions du Contrat social et contre les paradoxes des faux politiques du siècle Grimm ne ménagea ni l'auteur ni son ouvrage, dans sa Correspondance littéraire. « L'abbé Arnavon, « , en veut surtout « au dernier chapitre du Contrat social. C'est le « sort de Rousseau d'être réfuté par des gens qui « n'ont pas voulu ou qui n'ont pas su l'entendre. » Mais, vingt années plus tard, Grimm aurait pu appliquer pins justement cette réflexion aux novateurs qui essayèrent de mettre en action le Contrat social. —Arnavon servit de cicerone au comte de Provence , lorsque ce prince visita la fontaine de Vaucluse en 1777. Dès lors le prieurcuré conçut le projet, qu'il exécuta plus tard, de décrire cette fontaine, qui dut à Pétrarque la même célébrité dont les eaux de Tibur avaient été redevables au lyrique romain ; et en même temps d'éclaircir l'histoire des fameuses amours de Pétrarque et de Laure, et de justifier le poète auteur de plus de trois cents sonnets en l'honneur d'une femme mariée qui, toujours chaste, fut enfin enlevée par la peste au délire platonique de son amant. —Lorsque la révolution de 1789 éclata, le comtat Venaissin fut agité de troubles graves , qui ensanglantèrent souvent les villes de Carpentras et d'Avignon. Au milieu de la violence des partis , la réunion du comtat à la France fut plusieurs fois demandée par les Avignonais à l'assemblée constituante, qui hésita pendant deux ans à la prononcer. En 1790, Arnavon fut député à Rome par l'assemblée représentative et nationale qui siégeait à Carpentras. Il était chargé de suivre auprès de Pie VI les intérêts de la partie lui en eut ouvert les portes, en prononçant la clôture de la liste des émigrés. Alors il réclama auprès du gouvernement consulaire le paiement des frais . » Il parait que cette demande ne fut point accueillie. Mais lorsque le culte eut été rétabli en France , Arnavon fut nommé chanoine titulaire de l'église de Paris; il obtint aussi le titre honorifique de vicaire général de l'archevèque de Corfou. Dès lors il ne s'occupa plus que de travaux littéraires, et publia successivement , sans y attacher son nom, trois ouvrages dont voici les titres : 1° Pétrarque à Vaucluse, prince de la poésie lyrique italienne, orateur et philosophe le plus renommé de son siècle, et non moins célèbre par la constance de sa passion pour lavertueuse Laure, Paris, Gillé, an 11 ; nouv. édit., Paris, Lenormand , 1805 2° Voyage à Vaucluse, Paris et Avignon, 1801 ; 3° Retour de la fontaine de Vaucluse, contenant l'histoire de celte source , et tout ce qui est digne d'observation dans cette contrée, Paris, Debray, 1805 A l'époque de la restauration , l'abbé Arnavon voulut rappeler à Louis XVIII son voyage à Vaucluse en 1777 ; il réunit ses trois ouvrages sous un même frontispice, et les dédia au prince. Il avait trouvé d'amples matériaux dans les Mémoires sur la vie de F. Pétrarque, publiés par l'abbé de Sade en 1764, 3 vol. Les détails qu'il a rassemblés sur Pétrarque et sur Vaucluse sont intéressants ; mais ils pourraient être disposés dans un meilleur ordre, et le style manque trop souvent d'élégance et de couleur. Sa dissertation sur les biographes de Pétrarque, et sur l'état des lettres et des arts dans le siècle où il a vécu, est incomplète et trèssuperficielle. François Arnavon est mort doyen du chapitre de Paris, le 25 novembre 1824, âgé de plus de 84 ans
  • François ARSILLI : de Sinigaglia, dans le dul'ehé d'Urbin, célèbre poète et médecin, florissait à orne sous les pontificats de Léon X et de Clément VII. Paul Jove, qui fut son ami, lui a accordé une place dans ses éloges. Il rapporte qu'Arsilli, obligé de pratiquer la médecine, ne laissait pas néanmoins de produire chaque jour quelques compositions poétiques. Honnête homme et attaché à sa liberté, ce poète peu courtisan n'eut pas le bonheur de plaire au pape et à sa cour ; il s'en tint toujours éloigné, et on ne le rechercha pas. Après avoir exercé la médecine pendant l'espace de trente ans, Arsilli mourut d'une hydropisie, dans la 76e année de son âge. On a de lui un poème élégiaque intitulé : de Poelis urbanis, qu'il adressa à Paul Jove, et dans lequel il parle de tous les poètes de son temps qui florissaient à Rome ; il est imprimé dans un recueil de poésies latines de plusieurs auteurs, sous le titre de Coryciana, Rome, 15'24 et a été. réimprimé par Tiraboschi , à la fin du t. 7, part 5, de sa Sloria della Lelleralura ila- liana, 1" édition de Modène Paul Jove et Giraldi attribuent aussi à Arsilli une traduction des prologues d'Hippocrate en vers latins, mais elle n'a pas été imprimée
  • François ATTERBURY : évêque anglais trèsdistingué par son esprit et ses talents, mais qui dut particulièrement sa célébrité aux événements de sa . ...., je, naquit le 6 mars 1662. Son père, ministre an- 1 ;Wall à Middleton, le destina à suivre la même carière. Il commença ses études au collége de Westinster, et les acheva dans l'université d'Oxford, où ,niontra de bonne heure un goût trèsvif pour la rature. Une défense de la religion protestante, 'il publia à Oxford en 1687, sous le titre de - se à des considérations sur l'esprit de Martin uther, et sur l'Origine de la Réformation, réimarimée à Londres en 1725, commença sa rélutation. Il s'était chargé de diriger les études du eune Boyle à l'université d'Oxford ; niais les détails le cette éducation et la vie de collège fatiguaient un e esprit qui se sentait appelé à de plus hautes destinées. C'est ce qu'il écrivait à son père en 1690 « Je suis absolument las, lui disaitil, de ce cercle , « dégoûtant de petites affaires, qui ne peuvent plus ni « nie distraire ni m'instruire. J'étais fait assurément « pour un autre théâtre et pour un autre genre de « société. » Ce fut peu de temps après qu'il vint à Londres, où il se livra à la prédication avec un succès qui lui valut la place d'aumônier du roi et quelques bénéfices. En 1700, il fit paraître une lettre 'pour la défense des droits et des priviléges de la chambre basse de l'assemblée du clergé, nommée en anglais convocation. Cette lettre occasionna une controverse trèsvive, dans laquelle plusieurs savants évéques se déclarèrent contre lui ; d'un autre côté, l'université d'Oxford le vengea en lui accordant des distinctions honorables. La reine Anne ayant succédé à Guillaume III , Atterbury jouit d'une igrande faveur. Il fut élu, en 1710, président de la convocation, et obtint, en 1715, l'évêché de Rochester et le doyenné de Westminster. 11 était au moment d'être nominé archevêque de Cantorbéry, lors-'mue la mort de la reine vint mettre un terme à sa fortune. George I"' qui lui succéda, avait conçu contre l'évêque de Rochester des préventions qui nuisirent à son. avancement. La rébellion qui éclata en 1715, en faveur de la maison de Stuart, donna i lieu à l'archevêque de Cantorbéry et à l'évèque de ' Londres d'adresser à leurs diocésains une exhortation pastorale pour exciter l'affection et le dévouement du clergé au roi et à la maison de Brunswick. L'évêque de Rochester et celui de Bristol refusèrent de signer cette exhortation et de la publier dans leurs diocèses. Ce refus rendit Atterbury suspect à la cour, et sa conduite dans la chambre des pairs, où il se montra presque constamment dans le parti de l'opposition, contribua à fortifier ces soup-çons. En 1722, on l'accusa d'être entré dans une conjuration en faveur du prétendant : il fut arrété, traduit devant un comité du conseil privé, et, après avoir subi un interrogatoire, envoyé prisonnier à la Tour de Londres. Ses liaisons avec quelques partisans de la maison des Stuarts, les sentiments qu'il manifestait souvent dans la société, et son opposition déclarée aux mesures de la cour, donnaient de la probabilité à l'accusation, qui d'ailleurs n'a jamais paru fondée sur aucune preuve positive et légale. La chambre des communes n'en passa pas moins, le 23 mars 1725, un bill d'accusation contre l'évêque; ce bill ayant été admis par la chambre des pairs, le 9 avril suivant , il fut amené devant la chambre quelques jours après, et il lui fut permis de se défendre luimême. 11 prononça un discours plein d'éloquence, de force et de dignité, dans lequel il réfuta tous les faits allégués contre lui, de manière à convaincre la plus grande partie du public; mais le parti du gouvernement l'emporta. La chambre des pairs le destitua de toutes ses places, le dépouilla de ses dignités , et le bannit à perpétuité du territoire de la GrandeBretagne. La sentence eut son exécution, et le 18 juin suivant il fut débarqué à Calais, où il rencontra le lord Bolingbroke, qui, après un long exil, avait enfin obtenu la permission de revenir dans sa patrie : « Il me parait, milord, « qu'on nous a échangés, lui dit gaiement Atterbu-« ry. » Pope dit à cette occasion, dans une de ses lettres : « Apparemment la nation a peur d'étre « surchargée de mérite, puisqu'elle ne peut rega-« gner un grand homme sans en perdre un autre. » Atterbury alla d'abord à Bruxelles , et ensuite à Paris, où il se livra à la culture des lettres dans une société peu nombreuse , mais choisie , composée d'hommes du inonde distingués par leur esprit et leurs connaissances. Madame Morrice, sa fille unique, qu'il aimait tendrement, et qui le méritait par son esprit, ses grâces et ses vertus, alla le joindre en France ; mais elle n'y vint que pour mourir dans les bras de son père, privé, par ce nouveau malheur, de la plus grande consolation qu'il pût espérer dans son exil. Il exprime des regrets fort touchants sur cette perte, dans une lettre adressée à Pope, avec qui il entretenait une correspondance, dans laquelle il montre autant d'esprit que de goeit, et autant d'attachement pour ses amis que de fermeté et de noblesse dans le caractère. « J'aime ma patrie, dit-« il dans une de ses lettres , et je l'aime avec tous « ses défauts. J'aime jusqu'à cette partie de la con- de quelques lettres critiques sur des écrivains français, adressées par Atterbury à Thiriot. Huit lettres latines du même auteur ont été insérées dans le tome 4 du Recueil de pièces d'hisloire et de Und- rature, publié à Paris, en 1751, par l'abbé Granet et par le P. Desmolets. Le caractère d'Atterbury, soit dans sa conduite particulière, soit dans sa vie politique, a été jugé trèsdiversement, et c'est ce qui arrive à tous les hommes de parti ; mais on convient généralement qu'il réunissait beaucoup d'esprit à de grandes connaissances, et qu'il fut un trèsbon écrivain et un excellent prédicateur. Après avoir été longtemps lié d'amitié avec Pope, il finit par se brouiller avec lui. On prétend qu'il le définissait : Mens curva in corpore curvo. SD .
  • François AUBRY( 1750 - 1799) : député à la convention nationale, né à Paris en 1750, était fils d'un négociant qui avait des propriétés au Théral, en Provence. Il entra fort jeune clans l'artillerie ; et il était parvenu au grade il entra au i comité de:salut public , où il remplaça Carnot dans la direction des opérations militaires, et prit en cette qualité une part trèsactive aux mesures qui occupaient les membres du gouvernement, jusqu'aux journées des 2 et 5 prairial . Aubry lit décréter à cette époque la peine de mort contre quiconque battrait la générale, dirigea luimême la - force armée, et fit licencier la gendarmerie des tribunaux, comme entachée de terrorisme. Après la victoire, il fit mentionner honorablement le zèle des troupes, des citoyens, et nominativement la conduite du général Menou et de son étatmajor, qui avaient défendu la convention nationale. Aubry obtint ensuite une augmentation de paye pour les sousofficiers de toutes les armes et pour les matelots, ainssi que la formation d'un camp sous Paris, et la direction par trois représentants de toute la force armée. Il était chargé au comité de salut public du personnel de l'armée, et ce fut à lui que Bonaparte dut s'adresser, lorsqu'il vint à Paris pour être remis en activité. Mais toutes ses demandes furent inutiles ; Aubry ne consentit à lui donner un emploi que dans l'infanterie, ce qu'il refusa. Dans la séance du 1 et août 1795, ce député eut à justifier ses opérations pour la réorganisation de l'armée, qu'on lui repro chah d'avoir remplie d'aristocrates, d'exnobles mis à la place des officiers qui avaient fait la guerre de la liberté, et dont il avait destitué un grand nombre comme terroristes. Le lendemain il sortit du comité de salut public. Peu de temps après il demanda que les deux tiers des conventionnels à réélire pour le prochain corps législatif fussent désignés par les assemblées électorales. 11 s'opposa à ce que les militaires résidant à Paris s'assemblassent pour accepter la constitution, disant que ce pouvait être des déserteurs. A cette époque, Aubry, qui favorisait les sectionnaires de Paris contre la convention , fit tous ses efforts pour tenir les militaires éloignés de la capitale. A la suite des événements du 15 vendémiaire , il fut plusieurs fois accusé de la désorganisation des armées. Directement interpellé sur les mauvais résultats du passage du Rhin, son arrestation fut prononcée à la séance du 22 octobre; mais cette affaire n'eut pas de suite, et il entra au conseil des cinqcents, peu de jours après. Le 2 juillet 1796, il fit un rapport sur les inconvénients de mettre les commissaires des guerres sous la dépendance des généraux, relativement à la partie des finances. Le 28 août il appuya dans un long discours l'amnistie générale proposée par Camus. On ordonna l'impression de ce discours, dans lequel, en convenant que la révolution avait été souillée d'une multitude de crimes contre lesquels, disaitil, « l'huma« nité se révolte, qu'une faction a tolérés et souvent « légalisés, » il demanda le l'apport de la loi du 5 brumaire, qui interdisait les fonctions publiques aux parents d'émigrés. Il présenta ensuite, au nom d'une commission, le mode d'établissement des conseils de guerre. Son projet de code pénal mi. litaire, adopté par le conseil, est encore en vigueur pour la plus grande partie. Lors de la scission entre le directoire et les conseils, Aubry se fit remarquer dans le parti dit de Clichy. Il présenta un projet tendant à augmenter la garde des conseils et à la mettre sous leurs ordres immédiats. Il dénonça ensuite l'arrivée prochaine de troupes dans les environs de Paris, au mépris de la loi touchant les limites constitutionnelles, et fit arrêter un message au directoire à ce sujet. A la séance du 7 août 1797, il fit un l'apport contre les destitutions militaires prononcées arbitrairement par le pouvoir exécutif. Dans la discussion qui eut lieu à ce sujet, Talot lui reprocha d'avoir destitué, étant membre du comité de salut public, les généraux Bonaparte et Masséna. Aubry répliqua qu'il n'avait fait qu'exécuter la loi qui ordonnait des réductions ; et son projet contre les destitutions arbitraires fut converti en résolution, sauf quelques modifications. Entraîné dans la chute de son parti le 18 fructidor an 5 , Aubry fut conalmné à la déportation et embarqué à Rochefort. Il parvint à s'évader de la Cuiane le 4 juin 1798, sur une pirogue, avec Pichegru et plusieurs autres déportés, qu'il suivit jusqu'à Démérary, où il tomba malade. N'ayant pu suivre ses compagnons d'infortune, il mourut dans cette colonie au commencement de 1799. C'était un homme actif et doué de quelques talents militaires. Il fut un des membres les plus marquants (lu parti antidirecto-- rial au conseil des cinqcents. On lui a reproché de .a partialité, beaucoup de jalousie contre ceux de ses collègues qui pouvaient être ses rivaux, et un trop grand amour des plaisirs. 11 s'occupait dans son exil d'un ouvrage sur la révolution française. Pichegru, qui n'avait pas une haute idée de ses talents littéraires, lui faisait quelquefois, sur ses prétentions, des plaisanteries qui lui donnaient de l'humeur, et à la suite desquelles Aubry menaçait le général (le changer l'article qui le concernait dans son histoire. Cependant il ne pouvait résister au désir d'en lire des fragments à ses compagnons d'infortune, et de leur demander ce qu'ils en pensaient. Lorsque Pichegru avait à prononcer sur leur mérite, il ne manquait jamais de dire à Aubry : « Ce que « j'en pense, mon camarade..., » et, paraissant rétlé- il ajoutait : « Change mon article
  • François AUFFRAY( 1500) : gentilhomme breton, et chanoine de StBrieuc, né sur la fin du 16' siècle, était encore jeune quand il publia une tragicomédie morale, intitulée : Zoantropie, ou de la Vie de l'homme, embellie de feintes appropriées au sujet, Paris, 1614, 1615 il la dédia, par une ode, au cardinal de Bonzi, évêque de Béziers, grand aumônier de la reine. Son canonicat de StBrieuc en fut peut-être la récompense. Il n'en méritait aucune , car sa pièce est audessous du médiocre, tant sous le rapport de l'invention que sous celui du style. Les vers qui se trouvent à la suite ne valent pas mieux. Il fallait qu'Auffray eût bien peu de talent, puisque Colletet, qui n'était pas un juge difficile, dit («m'il s'exprime si rustiqueraient, et avec « tin style si contraint et si barbare, qu'il semble « tenir un peu plus de l'air de l'antique langage des « Goths et des Vandales que de l'air de notre langue « française. » Colletet ajoute qu'il publia en 162.5, à StBrieuc : les hymnes et les Cantiques de l'Église, trad. en vers françois sur les plus beaux airs, et qu'à la fin de ce livre, il y a un assez bon nombre de quatrains et sentences morales tirées de St. Grégoire de Nazianze
  • François BAERT( 1651 - 1719) : en latin BAERTIUS, naquit, en M'il, à Ypres, où sa mère, qui habitait Bailleul, s'était réfugiée pendant sa grossesse, pour échapper aux soldats dont toute la Flandre était alors inondée : elle y donna le jour à deux jumeaux , dont François fut le seul qui vécut. Après avoir terminé ses premières études, il demanda à entrer chez les jésuites et l'obtint. Il fit son noviciat à Malines, acheva sa philosophie à Anvers, et rendant six ans professa les humanités à Bruges et ailleurs. Il consacra ensuite trois années à la théologie, soutint des thèses sur toutes les parties de cette science et reçut la prètrise en 1680. L'année suivante Ses supérieurs le rappelèrent à Anvers pour aider le P. Papebroch , qui était fort occupé de la rédaction des Acta Sanctorum, ouvrage colossal non moins utile à l'archéologie, à la diplomatique, à l'histoire civile et littéraire , qu'à celle de l'Église , et auquel Leibnitz, tout protestant qu'il était , a rendu un si t:ielatant témoignage ; ouvrage qui contient mème à lui seul les annales d'une partie du moyen âge, et le tableau de la géographie et des moeurs de ces siècles barbares. Papebroch chargea Baert d'aller avec Conrad Janninz présenter le tome 7° du mois de niai à MaximilienHenri, archevèque électeur de Cologne, à qui il a été dédié. Ces deux jésuites profitèrent de l'occasion pour visiter certaines bibliothèques de l'Allemagne , dans lesquelles Papebroch luimème n'avait rias pénétré. Baert, en particulier, s'acquitta si bien de cette recherche, qu'il recueillit un grand nombre de monuments importants dont ses collaborateurs ont fait un utile usage. Ayant poussé jusqu'en Bohème , ils s'arrètèrent quelque temps à Prague, où on leur fit don d'un ancien mar- tyrologe, appelé le Danois dans l'ouvrage d'Usuard. Accueillis ensuite à Vienne avec distinction par l'empereur Léopold, ils fouillèrent assidûment dans la bibliothèque impériale, et réunirent quantité d'actes en grec et en latin. Pendant ce voyage, qui dura environ huit mois , Baert prêta son attention nonseulement à ce qui pouvait concerner les vies des saints , mais à tout ce qui tenait à la situation des villes, aux costumes des peuples, à l'architecture des édifices religieux, etc. Il eut plus tard la direc- tion temporaire des Acta Sanctorum , et les savants agiographes , en louant son zèle et son habileté , le remercient de leur avoir épargné les arides détails de la correction des épreuves, de la correspondance et de l'administration. Baert a rédigé entre autres, dans le tome ler de juin, le 2, la Vie de St. Adalgise, qu'il réduisit aux règles de la chronologie, et celle de St. Evemyrène; le 4, les Actes de sainte Ninoque; dans le tome 11 de juin, le 7, les Actes de St. Paul et de St. Colman; le 9, ceux de St. Colombe et de St. Bailhène, son successeur ; le 14, ceux de St. Basile le Grand; dans le tome 5 de juin , le 17 , ceux de Huvin et de St. Moling ; dans le tome 4 de juin, le 21, ceux de St. Majan; le '22 , de St. Eusèbe; le 25, des Sts. Zénon et Zinc. Tout ce qu'il écrivit sur les saints de l'Irlande et de l'Écosse prouve qu'il était trèsversé dans la connaissance de leur pays. En général il montre beaucoup de critique en cette matière, corrige les anachronismes, sépare trèsbien les pièces authentiques des pièces supposées, et ex- plique parfaitement le schisme qui divisait les Écos- sais relativement à la célébration de la Pàque, ainsi qu'une foule de difficultés concernant ce peuple, tant ancien que moderne. C'est à ses soins aussi que l'on doit plusieurs tables des matières, travail modeste, mais pénible, et dont les personnes studieuses apprécient seules toute l'importance. Le 12 janvier 1716, atteint d'apoplexie, il fut rapporté sans force dans son cabinet ; il resta dans cet état environ quatre ans, jusqu'à ce que, ayant subi inutilement l'amputation du pied droit où. s'était mise la gangrène, il mourut le 27 octobre 1719 , dans la maison pro- fesse des jésuites à Anvers. Guill. Cuperus ou Cuypers a inséré son éloge au tome 2 de juillet ; et c'est de là que nous avons extrait la notice qu'on vient de lire. Audessous de son portrait on a gravé ce distique Mille interque curas promovit Baertius Acta : Quid non scripturus, si licuisset, erat? R —F—G.
  • François BALDELLI : littérateur italien qui s'est rendu célèbre par un grand nombre de traductions trèsestimées d'anciens auteurs grecs, et d'auteurs latins , tant anciens que modernes, était de Cortone, et florissait dans la seconde moitié du 16e siècle. Il fut aussi poète, ou du moins il écrivit en vers, tant dans le genre sérieux que dans le genre badin ou plaisant . Mais il était surtout trèssavant dans les langues grecque et latine , et dans sa propre langue. 11 a publié les traductions suivantes : 1° Philostrate, Vie d' Apollonius de Tyanes, etc., avec l'Apologie d'Eusèbe de Césarée contre Hiéroclès, qui comparait Apollonius à JésusChrist, Florence, 1549 Il est à remarquer que cet ouvrage de Philostrate parut traduit la même année, à Venise, par J.Bernard Gualandi, Florentin 2° Dion Cassius de Nicée, Histoire romaine, Venise, 1562 et réimprimée plusieurs fois. 3° Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Venise, 2 vol. le 1" en 1574, le 2e en 1575. Cette traduction et la précédente sont les deux plus estimées de Baldelli. 4° Flavius Josèphe, vol. ter : Antiquités judaïques, Venise, 1581 et 1585 ; vol. 2e : de la Guerre des Juifs contre les Romains ; Réponse à Appion, Venise, 1581 5° Les Commentaires de JulesCésar, Venise, 1554 revus, corrigés et améliorés, ibid., 1557 et 1558 ; réimprimés plusieurs fois, et surtout ibid., 1575 Cette dernière édition ne porte point le nom du traducteur; le célèbre architecte André Palladio l'enrichit d'une longue préface sur l'art militaire des anciens, et de plusieurs planches gravées sur cuivre , dessinées, pour la plus grande partie, par ses deux fils, Léonidas et Horace, mais qu'il fut obligé de terminer luimême, lorsqu'il les eut perdus tous les deux en moins de trois mois. Ces circonstances donnent à cette édition un prix particulier. Il en fut fait deux autres éditions, avec les mêmes planches, ibid., 1618 et 1619 et une dernière en 1757, aussi 6° Polydore Virgile, Dialogues, Venise , 1550 ; des Inventeurs des choses, Florence , 1587 et 1592 7° Abrégée de l'Histoire romaine, Depuis la mort de Gordien jusqu'à Justin III , écrite en latin par Pomponius Leo, suivie de son traité des Magistratures, Sacerdoces et Lois des Romains, Venise, 1549 8° De la Guerre des i£ hrétiens contre les barbares, pour le recouvrement eqes lieux saints, écrit en latin par Benoît Accolti, Venise, 1549 Ces deux dernières traductions, les premières de leur auteur, n'ayant jamais été réimprimées, sont fort rares. 9° De la Guerre des princes chrétiens contre les Sarrasins, pour le même sujet, écrit en latin par le moine Robert, Florence, 1552 Cette traduction est aussi trèsrare. On ne connaît de lui que trois ou quatre sonnets ; il a aussi un capitolo, en tercets ou terza rima, dans le 28 livre des Rime piacevoli du Berni, du Casa, etc., Vicence, 1605
  • François BALDOVINI( 1635 - 1716) : poète italien du 178 siècle , naquit , le 27 février 1655, de parents honnêtes, mais peu riches. Il lit ses études sous les jésuites, et fut ensuite reçu docteur en droit dans l'université de Pise. Son talent poétique lui valut la protection du cardinal Chigi, qui lui procura, à Home, la place de secrétaire du cardinal Nini, de Sienne, qu'il exerça pendant à peu près dix ans. A. quarante ans il se fit prètre, retourna dans sa patrie, où il obtint successivement des prieurés, chapellenies, et autres dignités ecclésiastiques. 11 fut aussi protonotaire apostolique, et membre de plusieurs académies. Il mourut le 18 novembre 1716. On a de lui une espèce d'églogue, ou de morceau de poésie villageoise, qui est i'eganke .comule l’une des meilleures de ce genre; elle est intitulée Lamento di Cecco da Varlungo. Ce n'est point en langue purement italienne qu'elle est écrite, mais dans le langage des paysans et des ouvriers de Toscane, et remplie des idiotismes, des tours et des manières de parler proverbiales qui sont propres à ce langage. Le naturel des sentiments et la naïveté des expressions en font le mérite. Laurent de Médicis composa le premier dans ce genre, à. la lin du le siècle, une pièce intitulée : la Nencia da Barberino, qui en est le meilleur modèle, et, depuis ce temps, on n'avait rien fait qui valût le Lamento di Cecco. L'auteur s'y proposa de traiter, dans un style honnête, le sujet indécent du prêtre de Varlongo, amoureux de la Belcolore. Ce petit poème fut publié, pour la première fois, par le marquis Bartolommei, Florence, 1694 avec une trèscourte préface de l'éditeur et quelques gravures. Francesco Baldovini y était déguisé sous le nom anagrammatique de Fiesolano Branducci. L'abbé Horace Martini en a donné une nouvelle édition, avec de savantes notes, pour expliquer les mots, les tours et les proverbes florentins, et précédée de la vie de l'auteur, Florence, 1755 Il a été réimprimé plusieurs fois depuis, avec ou sans les notes. On trouve un morceau du même auteur dans le recueil des Poesic burlesche del Berni e d'altri, t. 5, Florence , 1723 Ce sont des stances en vers appelés sdruccioli, adressées au célèbre Redi. Baldovini avait laissé d'autres poésies qui n'ont point été imprimées, mais dont on trouve beaucoup de citations dans sa vie, écrite par l'abbé Martini, comme nous l'avons dit cidessus
  • François BALDUCCI( 1600 - 1642) : poète italien, né à Palerme, llorissait vers le commencement du 17e siècle. Il cultiva, dès sa preinière jeunesse, la poésie et les belleslettres ; mais il mena , pendant plusieurs années, une vie errante, s'enrôla à Rome , dans les troupes que le pape Clément VIII envoyait en Allemagne, et, après y avoir fait quelque séjour, revint à Rome, oit il reprit ses travaux littéraires. Sa facilité poétique, et l'usage qu'il en faisait auprès des grands, lui valurent souvent (le riches récompenses; mais il dépensait sans ordre et sans mesure, et bientôt il se vit réduit à la plus triste extrémité. Forcé d'entrer au service de quelques grands seigneurs, son humeur inconstante et difficile ne lui permit pas de rester longtemps chez aucun d'eux. Même destinée le suivit à Naples, et lorsqu'il fut revenu à Rome, il s'y trouva encore plus malheureux. L'état ecclésiastique lui présenta cependant une ressource. Il fut chapelain de l'hôpital de StSixte, et ensuite accueilli et logé chez le prince de Gallicano, Pompeo Colonna ; mais il y tomba malade, et ne voulant point être incommode dans le palais de ce prince, il se fit transporter à l'hôpital de la Basilique de StJeandeLatran, où il mourut, en 1642, après vingtdeux jours d'une fièvre ardente, accompagnée du plus déplorable délire. Ses poésies lyriques, ou rime, ont été publiées, la I" partie, à Borne, 1650 et 1645 ; la 2e, ibid., 1646 et 1647; ensuite les deux parties , à Venise, 1655 et 1663 Balducci excellait dans le genre anacréontique, et Crescimbeni assure qu'il fut le premier à composer des oratorio et des cantates. Ses canzoni siciliane, qui ne manquent pas d'originalité, ont été insérés dans le tome 1", 2e partie, des Muse siciliane , etc., Palerme, 1647 et 1662 On trouva aussi de ses sonnets dans quelques autres recueils
  • François BALLET( 1702 - 1762) : écrivain ascétique et sermonnaire, naquit à Paris, le 6 mai 1702, d'une fa- mille honorable. Il embrassa l'état ecclésiastique, fut pourvu trèsjeune de la cure de Gif, près de Versailles, et consacra ses loisirs à composer des ouvrages qu'il jugeait propres à ranimer la dévotion et le goût des exercices (le piété. Remplissant ses devoirs avec un zèle vraiment évangélique, il se chargeait encore volontiers d'aider ses confrères dans les fonctions pénibles du ministère. Appelé fréquemment à Paris, il y obtint dans les principales chaires des succès qu'il dut moins à l'éclat de ses discours qu'à leur solidité. Sa santé délicate ne put résister à l'excès des fatigues, il tomba malade, et se vit, avant l'àge de cinquante ans, forcé de résigner sa cure. Depuis quelque temps la reine, épouse de Louis XV, avait honoré Ballet du titre de son prédicateur ordinaire, le seul qu'il prend, avec celui d'ancien curé de Gif, à la tète de ses ouvrages. ll employa ses dernières années à rédiger de nouveaux écrits et à retoucher ses sermons qui, s'ils ne lui assurent pas parmi les grands orateurs sacrés un rang qu'il n'ambitionna jamais, lui donnent des droits incontestables à l'estime publique. Ballet mourut vers 1762. On a de lui : 1° Traité de la dévotion à la Sainte Vierge, Paris, 1750 2° Nouvelles pour le Jubilé, ibid., 1751 3° sur la pénitence du Caréme, ibid., 1754 4° Exposition de la doctrine de l'Église romaine, contenue dans les articles de la profession de foi dressée par le pape Pie IV, ibid., 1756 5° Prônes sur les commandements de Dieu, ibid., 1757, 5 vol. Les exemplaires sous la date de 1763 ne diffèrent que par le changement des frontispices. 6° Prônes su les Évangiles de toute l'année ibid., 1758, 8 vol. Ce recueil est trèsestimé, 7° Panégyriques des Saints, ibid., 1758, 4 vol. Les deux premiers volumes avaient paru dès 1746 ; en les reproduisant, l'auteur y joignit un 5' volume; le 4' se compose de morceaux imprimés séparément et qui furent réunis par le libraire. 8° De la Dédicace ou de la Consécration d'une église, traduit du Pontifical romain , ibid., 1759 9° Histoire des temples des païens, des juifs et des chrétiens, ibid., 1760 Ce n'est point, comme on pourrait le soupçonner , un ouvrage d'érudition. 10° Vie de la soeur Françoise Bony, fille de charité, etc., ibid., 1761
  • François ANNAT( 1607 - 1670) : On lit dans le Ménagiana que le nom de ce fameux jésuite était CANARD, et que, pour éviter les mauvaises plaisanteries, il le latinisa en celui d'Annat. Il naquit à Rodez en 1607, professa la philosophie et la théologie pendant treize ans à Toulouse, et fut appelé à Rome pour y être censeur des livres que publiaient les auteurs de la société, et théologien du général. Il revint en France, et fut successivement recteur des colléges de Montpellier et de Toulouse. Sa province le députa, en 1645, à la huitième congrégation générale des jésuites; il remplit, sous le général Ca - raffe, la fonction d'assistant de France, qui lui fut continuée sous Piccolomini. 'Revenu dans sa patrie avec la qualité de provincial, il fut choisi, en 1654, pour confesseur de Louis XIV, poste qu'il occupa pendant seize ans. L'âge lui ayant affaibli l'ouïe, il se retira de la cour, et mourut quatre mois après, clans la maison professe de Paris, le 14 juin 1670. On remarque à son avantage qu'il n'avait point profité de sa place de confesseur du roi pour avancer sa famille, quoiqu'il eût été fortement sollicité à ce sujet. Le P. Sotwel l'appelle le marteau des hérésies, et surtout de la nouvelle hérésie du jansénisme. Il est vrai qu'après avoir agi puissamment à Rome pour obtenir la bulle d'Innocent X contre les cinq propositions attribuées à l'évêque d'Ypres, il réussit, par le crédit du cardinal Mazarin et de M. de Marca, à faire déclarer, dans l'assemblée du clergé de France, qu'elles sont tirées du livre de cet évêque. Il fut l'âme du parti opposé à PortRoyal et le promoteur de tous les actes d'autorité que fit le gouvernement pour ériger le Formulaire d'Alexandre VII en loi de l'État. Entraîné dans une guerre trèsvive avec MM. de PortRoyal, pour se venger des coups que lui portèrent ces célèbres théologiens, il fit déférer et condamner en Sorbonne les deux propositions qui provoquèrent l'expulsion du grand Arnauld de la faculté de théologie ; mais tous ses efforts pour traverser la conclusion de la paix de Clément IX, dont on avait eu la précaution de lui cacher les négociations, furent sans succès. Le P. Annat composa un grand nombre d'écrits polémiques, principalement sur cette contestation, les uns en latin, recueillis en 3 vol. Paris, 1666 ; les autres en mauvais français. Le plus s est intitulé : le Rabat- joie des Jansénistes, ou Observations sur le miracle qu'on dit être arrivé à Port- Royal. Ils furent, pour la plupart, réfutés par Arnauld, Nicole et Pascal. C'est à lui que ce dernier adressa les 17° et 18° Provinciales. Les ouvrages d'Annat ne méritent guère d'être tirés de l'oubli où ils sont tombés, avec les querelles dont ils étaient l'objet. — Le neveu du P. Annat, général de la congrégation de la doctrine chrétienne, a publié un Apparat méthodique pour la théologie, en latin, imprimé en 1700 et réimprimé en 1705, 2 vol. mis à l'index à Rome en 1714
  • François APOSTOLI( 1700 - 1816) : littérateur vénitien , était né vers le milieu du 1 te siècle. Doué d'un esprit vif, mais d'un caractère ardent et romanesque, il accrut encore son exaltation naturelle par la lecture des ouvrages les plus propres à remuer l'imagination. Après avoir achevé ses études, il entra dans les bureaux de la secrétairerie d'État ; mais il ne tarda pas à abandonner cette carrière aussi lucrative qu'honorable. Son intention était de parcourir toute, l'Europe, en commençant par l'Allemagne et la France, afin, disaitil, de connaître par luimême les deux nations dont les mœurs et les inclinations présentent le plus de contraste. Il se rendit donc en Allemagne, où sa gaieté et son esprit original le firent rechercher. Le comte de Lamberg l'accueillit dans son château de Landshut, et conçut tant d'estime pour Apostoli, qu'il lui dédia la seconde partie du Mémorial du mondain. 11 resta dixhuit mois avec son nouvel ami, s'occupant Entre deux hommes de ce caractère, la connaissance fut bientôt faite. Arrivés à Augsbourg, et se trouvant tous les deux sans ressource, ils composèrent à la hâte quelques nouvelles dans le genre sentimental que d'ArnaudBaculard venait de mettre à la mode, et les vendirent à un libraire. Avec la petite somme qui lui revint , Apostoli paya ses dettes, et regagna Venise, où, par un bonheur qu'il ne sut pas apprécier, il retrouva dans les bureaux de la secrétairerie d'État la place qu'il avait si légèrement abandonnée. Honoré de la confiance de quelques sénateurs, il fut chargé de travailler à la révision du code criminel ; et, sans trop de présomption, il pouvait se flatter que ce travail serait récompensé par quelque emploi important. Mais, incapable de se fixer, il quitta Venise une seconde fois ; et, sans avoir égard aux plaintes de sa femme, qui mourut de chagrin, aux représentations de ses parents et de ses amis, il alla s'établir à Vienne. La révolution de France le ramena dans sa patrie ; et, sans autre mission que celle qu'il tenait de son caractère, il s'occupa par tous les moyens de lui faire des prosélytes. Ses démarches et ses propos plus qu'imprudents excitèrent l'attention des magistrats, et il fut envoyé dans Pile de Corfou sous la surveillance du provéditeur. La culture des lettres , la société de quelques hommes d'esprit qui partageaient ses o?inions, et enfin un nouveau mariage qui ne dut pas être plus heureux que le premier, l'aidèrent à supporter son exil, qui ne finit qu'avec le gouvernement vénitien. Apostoli se rendit alors à Milan, et il parvint à se faire nommer consul de la république cisalpine à Ancône. Les succès des Autrichiens en Italie, dans l'année 1799, ne lui permirent pas d'arriver à sa nouvelle destination. Arrêté par leurs ordres, il fut conduit avec quelques autres révolutionnaires aux bouches du Cattaro. Les événements politiques le ramenèrent peu de temps aprèS à Milan ; mais cette fois, n'ayant pu réussir à se faire employer, il accepta le titre d'envoyé de la république de StMarin près de Bonaparte, alors premier consul. Aucune mission ne pouvait lui être plus agréable que celle qui lui procurait enfin le plaisir de voir Paris; mais il n'eut pas lieu d'être aussi satisfait. de son voyage qu'il l'avait espéré. Sa tournure grotesque et l'exiguité de sa taille lui attirèrent des sarcasmes auxquels, malgré tout son esprit, il n'était pas toujours en mesure de répondre. Fatigué de ces railleries continuelles , et d'ailleurs mécontent du peu d'accueil qu'il avait reçu des littérateurs, il s'enferma pour écrire l'Histoire de la révolution française. 11 était occupé de ce travail, lorsqu'une lettre, dans laquelle il exprimait franchement son opinion sur le Suivant le P. Moschim, rien ne fatiguait plus Apostoli que de s'entendre dire, lorsqu'il paraissait aux Tuileries 'Voici le petit envoyé de la petite république : Piecola republica, piccolo rappresellante. premier consul et sur les personnes qui l'entouraient, tomba dans les mains du ministre de la police. Aussitôt il reçut ordre quitter de Paris dans vingtquatre heures, et de sortir de France dans huit jours. De retour en Italie, Apostoli fut forcé pour subsister . Mais, par le crédit de quelques amis qui lui restaient encore, il ne tarda pas à obtenir la place d'inspecteur de la librairie à Padoue. Ayant perdu cet emploi par la rentrée des Autrichiens en Italie, il revint à Venise, où il co pour le théàtre quelques farces assez gaies, mais dont le produit n'était plus suffisant pour le tirer de la misère. Tombé dans le dernier degré de l'avilissement, méprisé La liste qu'on va lire de ses ouvrages, trèspeu connus en France, est tirée de l'article que lui a consacré le P. Moschini, savant bibliographe vénitien , dans la Biogrctf. universale italiana 1° Lettres et contes sentimentaux de George Wanderson, Augsbourg, 1777. Les contes sont en partie de Lozembrune ; niais les lettres sont d'Apostoli, qui s'est caché sous le nom de Alost. On y trouve de grands détails sur ses voyages et ses aventures. 2° Storia di Andrea ; Saggezza della follia. Dans ces deux nouvelles , écrites avec beaucoup d'esprit, et dont la lecture est trèsagréable , on remarque surtout le talent avec lequel l'auteur sait rapprocher naturellement et sans effort les choses les plus disparates. 5° Saggio per service alla storia de' viaggi / iloso/ ici e de' principi viaggiatori, Venise, 1782. Lettere sirmiensi. Cet opuscule trèscurieux contient l'histoire de sa déportation aux bouches du Cattaro. « L'auteur y dit la vérité, mème contre ses « compagnons d'infortune. il ne tombe jamais dans « l'importance et dans le vague qu'un déporté fraii-« çais n'eût pas manqué de mettre dans une relation a de ce genre. » Rappresentaone del secolo 18, Milan, 3 vol. Ouvrage moins qu'amusant. 6° Storia delli Galli, Franchi e Francesi. Il n'a paru que le premier volume de cet ouvrage, qui n'eut aucun succès. 7° E halo un momento; la .) Uerenda alla zuecca. Ces deux pièces, jouées avec succès, sont insérées dans les recueils di opere teatrali
  • François ARAJA : compositeur de musique , né à Naples. Le premier opéra qu'il fit représenter est Bérénice; il fut exécuté dans le château du grandduc , près de Florence. Après avoir composé quelques autres ouvrages en Italie , et principalement l'opéra d'Amorc per replante, représenté à Rome en 1751, il fut appelé , en 1755 , à Pétersbourg , avec plusieurs chanteurs italiens, et nommé mai tre de la chapelle impériale. Pendant son séjour en Russie , il fit exécuter sur le théâtre de la cour les opéras italiens Abiatare , de Sémiramide , de Scipiene , d'Arsace et de Seleuco; mais l'ouvrage le plus remarquable de ce compositeur est Céphale et Procris , écrit en russe, et qu'on regarde comme le premier grand opéra exécuté dans cette. langue. L'impératrice fut si satisfaite de la musique de cet ouvrage , qu'elle fit présent à l'auteur d'une trèsbelle pelisse en zibeline. Lorsqu'Araja eut amassé de quoi vivre dans l'aisance, il vint terminer ses jours dans sa patrie
  • François ARBAUD : sieur de Porchères, né à StMaximin en Provence , fut un des premiers membres de l'Académie française. 11 n'aurait guère mérité cet honneur, si le sonnet ridicule qu'on lui a attribué, sur les yeux de Gabrielle d'Estrées, était effectivement de lui ; mais il est prouvé que ce sonnet est (le Laugier de Porchères, qui fut récompensé de cette misérable pièce par une pension de 1400 liv. François Arbaud avait appris de Malherbe à faire des vers, et il en a composé quelquesuns, dans la manière de son maitre, que peut-être celuici n'eût pas désavoués. Fatigué de la vie (les cours, il se retira en Bourgogne, où il se maria. Il mourut peu de temps après, en 1610. On a (le lui : 1° Ode à Louis XIII ; 9.° Paraphrase des psaumes graduels, et Poésies sur divers sujets, Paris, 1655 avait composé un poème de la Madeleine, qui est perdu. On doit le regretter, si l'épigramme suivante de Racan n'est pas trop flatteuse : Cette sainte dont tes veilles Mettent la gloire en si haut lieu, Tait voir deux sortes de merveilles, Les tiennes et celles de Dieu. Il est vrai que je porte envie A tes beaux vers comme à sa vie.; Mais, quoi que je veuille tenter, Ma faiblesse y fait résistance : Je ne puis non plus imiter Tes écrits que sa pénitence. — Jean ARBAUD, son frère, gentilhomme de la chambre du roi, a aussi publié plusieurs sonnets dans des recueils, et une Traduction de quelques psaumes, Grenoble, 1651, et Marseille, 1684
  • François AZOPARDI : maître de chapelle à Malte, vers le milieu du 18e siècle, a composé beaucoup de musique d'église ; mais il est plus connu par un traité de composition qu'il publia en 1760 sous ce titre : il Musico pra( ico. Framery en a donné une traduction française iniitulée : le Musicien pratique, ou leçons qui conduisent les élèves dans l'art du contre- point, en leur enseignant la manière de composer correctement toute espèce de musique, Paris, 1786, 2 vol. l'un de texte, l'autre d'exemples. C'est un ouvrage médiocre, où les exemples sont faiblement conçus et mal écrits. Choron en a donné une édition plus commode, dans laquelle il a intercalé les exemples au milieu du texte, Paris 1824, 1 vol.
  • François BABIN( 1651 - 1734) : professeur, doyen de la faculté de théologie, et grand vicaire d'Angers, sa patrie , où il était né, le 6 décembre 1651, mourut le 19 décembre 1734. Poncet de la Rivière, SOU évêque, lui procura le prieuré de PommierAigre, une pension de 2,000 fr. sut l'abbaye de St-ÉlorentlezSaumur, et le chargea de rédiger les conférences , trois nouveaux volumes sur la gràce , qui excitèrent de vives réclamations, tant pour la partie historique que pour la partie dogmatique, dont les disciples de St. Augustin se trouvèrent offensés. L'abbé Cotelle de la Blandinière , ancien curé de Soulaines, en Anjou, et second supérieur des prêtres du MontValérien , fut chargé par l'assemblée du clergé, avec une pension de cent pistoles, de continuer les Conférences d'Angers, dont il publia dix nouveaux volumes. On lui reproche de s'y être montré trop favorable aux casuistes relitclés, et trop partisan de la domination épiscopale. 11 fut vivement attaqué sur cette partie par le savant Maultrot, dans l'ouvrage intitulé : Défense du second ordre , etc. , 1787, 3 vol. Le travail de ces différents auteurs a été réuni en 24 vol. C'est l'ouvrage le plus complet et le plus généralement répandu qu'on ait en ce genre. 11 faut y joindre celui de Chatisel de la Néronière, prieur de Magny, en Anjou, intitulé : Traité du pouvoir des évêques de France sur les empéchements du mariage, pour servir de supplément à la nouvelle édition des Con férences d'Angers , dédié à Pie VI , Avignon , 1782. L'auteur y soutient que les évêques, en aucun temps, n'ont dispensé , de droit commun, des empêchements du mariage, et qu'ils ne peuvent s'en attribuer le pouvoir. 11 a été réfuté par G.N. Maultrot, dans une Dissertation sur les dispenses matrimoniales, Paris, 1789
  • François BACON( 1561 - 1626) : fils du précédent, grand chancelier d'Angleterre, l'un des génies les plus extraordinaires qui aient paru dans aucun siècle, serait, après Newton , le philosophe dont l'Angleterre aurait le plus à se glorifier, si les faiblesses de son caractère et quelques actions de sa vie n'avaient terni la gloire que ses talents et ses travaux lui ont assurée. Né à Londres, le 2-2 janvier 1561, dès son enfance il donna des preuves d'un esprit supérieur. Ayant été présenté à la reine Élisabeth, elle lui demanda quel âge il avait ; il répondit sans hésiter « Juste deux ans de moins que le règne heureux « de Votre Majesté. » Cette réponse frappa la reine, qui depuis s'amusait à le faire parler, et l'appelait en plaisantant son petit garde des sceaux. A treize ans, il fut envoyé à l'université de Cambridge, où il fit, dans toutes les sciences, des progrès dont la rapidité étonna ses maîtres et ses condisciples. Il n'avait pas encore seize ans, que, frappé de la futilité de la philosophie d'Aristote , il fit un écrit pour la combattre. Il vit dès lors qu'elle était plus propre à produire et à perpétuer des disputes, qu'a éclairer l'esprit : cette observation semble avoir dirigé tous ses travaux. C'était alors un usage établi en Angle- terre, d'envoyer dans les pays étrangers, et particu- lièrement en France, les jeunes gens destinés à entrer dans les affaires publiques. Le jeune Bacon vint à Paris, à la suite de l'ambassadeur sir Amias Powlet, qui , de bonne heure , conçut une telle estime pour lui, qu'il le fit partir bientôt après pour l'Angleterre, avec un message qui demandait du secret et de la célérité. Après avoir rempli sa mission de manière à mériter des remerciments de la part de la reine, il revint en France, et parcourut différentes provinces pour s'instruire des moeurs du pays. A l'àge de dixneuf ans, il composa un écrit intitulé : de l'Etat de l'Europe, dans lequel on trouve des marques frappantes de la maturité précoce de son jugement. La mort de son père le rappela dans sa patrie, où la médiocrité de son héritage le força à chercher les moyens de se procurer un état conforme à sa naissance. 11 se décida pour la jurisprudence, et se livra à l'étude des lois avec tant d'ardeur et de succès, qu'il fut nommé, n'ayant encore que vingthuit ans, conseil extraordinaire de la reine. Au milieu des travaux qu'il entreprit pour l'avancement de sa fortune, il ne perdit jamais de vue l'idée qu'il avait conçue de bonne heure, de réformer le plan des études scolastiques, et d'en créer un plus propre à conduire les hommes dans les routes d'une saine philosophie. La place qu'il avait auprès de la reine était plus honorable que lucrative; ses talents et son alliance avec le grand trésorier Burleigh et son fils, sir Robert Cecil, pr secrétaire d'État, semblaient l'appeler aux plus grands emplois. Malheureusement Cecil était ennemi déclaré du comte d'Essex, ami et protecteur de Bacon; et cette inimitié de deux courtisans retarda longtemps la fortune de ce dernier. En 1594, Essex employa tout son crédit pour le faire nommer solliciteur général : mais Cecil représenta Bacon connue un homme tellement livré aux études spéculatives, qu'il lui paraissait incapable de remplir cette place. I Elisabeth céda à cette objection. Le comte d'Essex, pour dédommager Bacon de ce refus, lui fit présent d'une terre, qu'il accepta avec les démonstrations de la plus vive reconnaissance ; mais il oublia, peu de temps après, ce qu'il devait à un si généreux bienfaiteur, qu'il abandonna dans sa disgrâce, avec une lâcheté que rien ne peut excuser. Tout le monde sait que le comte d'Essex périt sur l'échafaud, accusé de haute trahison. Dans l'instruction du procès, Bacon plaida luimême contre le comte, sans y être obligé; et après l'exécution de la sentence, il chercha à justifier la conduite du gouvernement, dans ' un appel au publie, intitulé : Déclaration des trahi- sons de Robert, comte d'Essex. Il est vrai que cette déclaration était rédigée avec des ménagements si frappants et un intérêt si marqué pour l'honneur de l'accusé , qu'Elisabeth ne put s'empècher de dire à Bacon : « 11 est aisé de voir que vous n'avez pas ou-« blié votre ancienne affection pour le comte. » Cette circonstance prouve qu'en exécutant la tache qui _ lui avait été sans doute imposée par sa souveraine, il sacrifiait les sentiments de son cœur aux intérêts de son ambition. Son ingratitude n'eut pas le succès qu'il en attendait. La voix publique s'éleva contre lui avec tant de force, qu'il se crut obligé d'écrire une longue apologie de sa conduite; mais son éloquence n'eut aucun effet ; Élisabeth ne fit rien pour lui, et Bacon, flétri dans l'opinion, fut à la cout l'objet de la haine d'un parti et de la jalousie de l'autre. Après avoir montré une complaisance honteuse et servile dans l'affaire du comte d'Essex, il sembla reprendre sa probité et sa dignité dans sa I conduite au parlement. Il avait été choisi, en 1593, pour représenter le comté de Middlesex dans la chambre des communes. Dans les débats qui eurent lieu sur des questions publiques, il vota avec le parti populaire, contre les mesures des ministres, I quoiqu'il fût toujours au service de la couronne. Si ' quelque chose peut atténuer les fautes graves qu'on lui reproche , c'est sa pauvreté. Élisabeth, à qui il avait sacrifié son honneur, ne lit rien pour sa fortune, et il se trouva dans de tels embarras, que deux fois il fut arrêté pour dettes. Le règne de Jacques ler lui fut plus favorable : ce prince, qui se b piquait de protéger les lettres, accueillit Bacon avec distinction, et lui conféra, en 1603, les honneurs de la chevalerie. Bacon se montra digne de cette faveur, par sa conduite au parlement. Il fut chargé de porter au pied du trône des représentations solen- le nelles sur les vexations qu'exerçaient , en son nom, les pourvoyeurs de Sa Majesté ; il s'acquitta de cette commission délicate avec tant de talent et de bonheur qu'il satisfit à la fois le parlement et le roi. La chambre des communes lui vota des remerciments publics, et Jacques ler le nomma un de ses conseillers, avec un traitement annuel de AO liv. sterl., et cette grâce fut bientôt suivie ; il fut condamné à payer une amende de 40,0000 liv. sterl., et à être emprisonné à la Tour, pendant le bon plaisir du roi ; il fut en outre déclaré incapable d'occuper aucun emploi ou office public, de siéger au parlement, et d'approcher même du lieu où résiderait la cour . On ne peut nier Peu de temps après sa condamnation, le roi lui rendit la liberté et lui permit mème le séjour de Londres. Quelques années plus tard i 1624), Jacques lui accorda son pardon et le releva de toutes les peines prononcées contre lui. Bacon supporta sa disgrke I que ce jugement ne Mt juste , tout rigoureux qu'il était ; cependant il est sûr que si Bacon se montra avide, ce ne fut point par avarice; car il fut, au contraire, prodigue jusqu'à l'excès. Comme garde des sceaux, il reçut de l'argent pour l'expédition des brevets ou patentes de plusieurs places, obtenues par le crédit du duc de Buckingham, favori de Jacques ler, auquel Bacon devait une grande partie de son avancement ; mais il parait constant que ce fut particulièrement pour servir la cupidité du protecteur que le protégé se prèta à ces manœuvres coupables, dont il doit cependant partager le blâme, puisqu'il en partageait le honteux bénéfice. Comme chancelier, il reçut aussi de l'argent pour expédier des affaires portées à son tribunal ; niais on convient qu'à cette bassesse si indigne de son rang, il ne joignit pas du moins le crime de trahir la justice dans les jugements qu'il rendit sur ces mêmes affaires : il a toujours passé pour un juge aussi équitable qu'éclairé. Il montra une faiblesse excessive à l'égard de ses domestiques, qui s'enrichissaient en vendant la protection de leur maitre, et en l'engageant dans des actes de corruption dont ils recevaient le profit. On raconte qu'en rentrant un jour chez lui, ses domestiques se levèrent en le voyant paraitre, et qu'il leur dit : « Bestez assis, mes maîtres, c'est votre « élévation qui a fait ma chute. » Le jeu de mots qui est dans l'original ne peut se rendre en français, parce que le terme anglais, traduit par celui d'élévation, exprime également l'action de se lever et de s'élever. Après s'être abaissé par des actes honteux. d'une complaisance servile et d'une basse vénalité, on le voit quelquefois se relever par des traits de noblesse et de fermeté qui prouvent qu'il avait le sentiment de la justice et de la liberté, alors mème qu'il les outrageait ; et l'on aime à croire que les d'Unes qui ont flétri sa mémoire tenaient plus à une extrème faiblesse de caractère qu'à une perversité naturelle. Le seul tort de Bacon qui ne comporte aucune excuse, c'est son ingrate et hiche conduite envers son bienfaiteur, le comte d'Essex. Il est temps de détourner ses regards du tableau affligeant des fautes de l'homme d'Elat, pour les porter sur les ouvrages inunortels de l'homme de génie niais ces travaux sont d'une telle etendne, et embrassent des objets si divers et si multipliés, qu'il serait impossible d'en donner une idée a peu près complète, sans outrepasser de beaucoup les bornes avec faiblesse; il ne sut pas se résigner à son 'sort. Réduit à une condition voisine de la misère, il nourrissait encore l'espoir de voir se rouvrir devant lui la carrière brillante des dignités et des honneurs. Cependant, an milieu des cbagrins dont sa vie fui désormais abreuvée, il conserva un zèle ardent pour h scieurs, à quelle il consacra ses dernières années. Ce fut dans cette dernfil7n période de sa vie qn'il publia, sous la forme qui nous est parvenue, son traité de la Dignité et de l'Accroissement des sciences, ainsi que plusieurs autres ouvrages qui obtinrent les suffrages unanimes de l'Europe savante. Sa réputation se répandit chez les salions étrangères; les hommes les plus éminents dans la science et les personnages du rang le plus élevé payèrent à son génie le tribut de leur ; faut citer parmi ces tierniers le marquis d'Effiat, unitassadeur tic France, qui alla souvent le visiter dans sa re- traite de Gray's Inn, François Bacon mourut à Londres, le 9 avril 1626. C. W-11. qui nous sont imposées. Nous sommes donc obligés de nous restreindre aux traits principaux qui caractérisent ses écrits. On a vu que, dès ses premières études, il avait été frappé de la méthode qu'on suivait dans les écoles pour l'enseignement public. Dei ce moment, il conçut le projet hardi d'une refonte entière dans le système des sciences. Toutes ses études et toutes ses pensées se dirigèrent vers ce but. 11 embrassa, dans ses vues , le cercle de toutes les connaissances humaines ; il observa les rapports qui les unissent entre elles, et commença par en former la classification, suivant les diverses facultés de l'esprit humain auxquelles chacune des sciences appartenait. De là cette division en trois classes, de la mémoire, de la raison et de l'imagination ; division qui a été parfaitement développée par d'Alembert et Diderot, dans le discours préliminaire de l'Encyclopédie . Ce n'est qu'en lisant les grands ouvrages de ce génie extraordinaire, qu'on peut se mettre en état de le juger ; mais ce n'est pas assez de les lire, il faut les étudier ; et il faut avoir un esprit déjà muni de beaucoup de connaissances et capable d'une forte attention, pour ètre en état de suivre l'auteur dans toutes les routes qu'il parcourt, et . C'est là l'objet du vaste plan qu'il appelait la grande instauration des sciences, plan qu'il n'a jamais exécuté dans son entier, mais dont on peut prendre une idée dans les deux ouvrages qui en faisaient la base : l'un, de Dignilate a Augmentés scien- liarum; l'autre, Novum Organum scienliarum .
  • François BARBARO( 1598 - 1454) : noble vénitien , et l'un des plus célèbres littérateurs du 15° siècle, naquit à Venise vers l'an 1398. 11 eut pour maîtres, dans les langues latine et grecque, les plus savants professeurs; dès l'âge de dixhuit ans, il se lit admirer à Padoue par deux discours latins qu'il prononça clans des solennités scolaires. Revenu b Venise , il s'y forma une nombreuse bibliothèque, riche surtout en anciens manuscrits. 11 se maria à vingt et un ans avec une Loredano, dont il eut six enfants, un garçon et cinq filles. Malgré sa grande jeunesse, il fut élu sénateur l'année même de son mariage. En 1424, il complimenta en langue grecque l'empereur Paléologue, et ce fut avec tant de naturel et d'élégance , que l'empereur en témoigna de l'étonnecitent. Barbaro fut successivement nommé podestat de Trévise , de Vicence et de Vérone, et chargé par sa république de plusieurs ambassades et autres missions politiques, dont il s'acquitta toujours avec autant de capacité que de zèle. Celle de ces missions qui eut le plus d'éclat fut celle de capitaine de Brescia, qu'il exerça pendant trois ans. 11 y réconcilia les principaux citoyens, divisés en plusieurs partis, et y soutint vers la fin de 1438, avec le plus grand courage, un siège célèbre dans l'histoire de ce siècle contre Piccinino , général du duc de Milan. Aussi , lorsqu'il quitta le gouvernement de 11escia , la ville qu'il avait délivrée , voulant lui donner un témoignage publie de reconnaissance et d'estime, lui fit présent d'un étendard et d'un écu relevés en or. On prononça publiquement son panégyrique ; et le même orateur, chargé de le reconduire honorablement à Venise , en prononça un second en le présentant au doge, qui était assis sur son trône . Après avoir exercé plusieurs autres emplois, il fut fait, en 1452, procurateur de StMarc, et mourut au commencement de janvier 1454. Dans cette vie toujours occupée, il ne se rendit pas seulement célèbre par ses talents et son savoir, mais par les services qu'il rendit aux lettres, et par l'appui que les littérateurs de son temps trouvèrent en lui. Il a laissé : 1° plusieurs harangues ou discours publics, imprimés, les uns à part, les autres dans divers recueils. 2° De Re uxoria libri 2, Paris, 1513 ; réimprimé à Amsterdam, 1679 ; et traduit en français sous ce titre : de Mat du mariage, par Claude Joly, Paris , 1667 Cet opuscule, rempli d'érudition et très -élégamment écrit, a été réimprimé plusieurs fois, et de Plus traduit en italien par Albert° Lollio, Venise, 1548 et deux fois en français, l'une par Martin du Pin, 1557 et 1569 l'autre par Claude Joly, Paris, 1667 5° Francisci Barbari el aliorum ad ipsum Epistoke ab anno 1425, ad annum 1455, etc. ; Brescia, 1745 Plusieurs de ces épîtres avaient été publiées par Bernard Pez, part. 5, t. 6, du The- saurus Anecdotorum; le cardinal Quirini, en donnant cette édition de Brescia, l'a fait précéder d'un premier volume où, sous le titre de Diairiba, il a rassemblé des notices précieuses sur la littérature du 15° siècle. Il serait seulement à désirer qu'il y eût mis plus d'ordre, et laissé échapper moins d'erreurs. 40 Il existe de plus une histoire du siége de Brescia, soutenu en 1458 par Barbaro, qui est censée écrite par Evangelista Manelmo ou Manelino de Vicence. Barbai.° dit, dans une de ses épîtres, l'avoir fait écrire par ce Mancini°, son ami; mais de fortes raisons portent à croire, et c'est l'opinion du cardinal QuirinUque cette histoire fut écrite par François Barbaro luimème. Elle est intitulée : Evangelista3 Manelmi Vicentini Commentariolum de obsidione Brixice , anno 1458, Brescia , 1728
  • François BARBERI( 1700) : né à Rome, vers le milieu (lu 18e siècle, se livra dès sa jeunesse à une étude approfondie des lois romaines, et devint, sous le règne de Pie VI, procureur fiscal, c'est-àdire chargé d'instruire, de poursuivre et à peu près de juger toutes les espèces de crimes commis dans les Etats de l'Église. I I jouissait d'une grande réputation de probité et de savoir. Chargé de suivre le procès du fameux Cagliostro, il le fit condamner à une détention perpétuelle. Il publia ensuite, sur l'affaire de Bassville (voy. ANTONELLO, une brochure où il prouva que l'on ne devait attribuer son assassinat qu'à l'effervescence populaire. En 1799, les Français arrêtèrent Barberi, et lui firent subir de fort mauvais traitements ; mais il ne voulut ni prèter le serment qu'on exigeait de lui, ni reconnaître la nouvelle autorité. Persécuté avec acharnement, il résista à toutes les menaces. Connue il mourut sous la paroisse de StLouisdesFrançais, on plaça sur sôn tombeau une épitaphe qui rappelait les mauvais traitements qu'il avait reçus ; mais la prudence des administrateurs (les établissements apppartenant à la France lit effacer ces récriminations. On doit regretter que Barberi n'ait pas laissé des observations sur les lois criminelles alors en usage à Ronie, et dont l'étude lui était si familière
  • François BARBERINI( 1597 - 1679) : cardinal, neveu du pape Urbain VIII, était hé à Florence, le 23 septembre 1597. Il fut nommé successivement légat de France et d'Espagne, vicechancelier de l'Église, bi- w bliothéeaire du Vatican, évêque de Sabine, puis de Porto, d'Ostie, doyen du sacré collège, etc., et mourut le 10 décembre 1679.1l était savant dans les langues anciennes et orientales. Le cardinal Barberini fut directeur d'une académie littéraire établie par Urbain VIII. Le catalogue de sa bibliothèque, imprimé à Rome en 1681, 2 vol. est luimème un livre devenu rare. 11 a laissé une traduction italienne, du grec, de l'empereur MarcAurèle, où il n'a pas mis son nom, et qui a été imprimée sous ce titre : i dodici Libri di Marco Aurelio Antonin imperadore, di sc stesso, ed a se stesso, con varie lerioni di testi greci, etc., Home, 1667 1675 2. — I n second cardinal, nommé aussi François BARBERINI, est mentionné par erreur dans certains dictionnaires, niais il ne se trouve nulle part ailleurs. — Il y eut un cardinal Antoine BARBERINI, frère do pape Urbain VIII, né à Florence .en 1569, capucin en 1585, cardinal et évêque de Sinigaglia en 1624, mort en 1646, qui laissa des Constitutions synodales pour son évèché, et d'autres écrits relatifs au régime de l'ordre des capucins. On le nomme tl vecchio , pour le distinguer d'un second Antoine BARBERINI, aussi cardinal, son neveu, fils . Celuici, né à Rome en 1608, fut fait cardinal en 1628, et mourut le i ace 1671. 11 aimait les lettres, et surtout la poésie; il y a de lui des Vers latins et italiens dans la description du palais Barberini , publiée sous ce titre : iEdes Barberinœ ad (? uirinalem descripta3, Rome, 16'42
  • François BENEDETTI( 1792 - 1821) : poète dramatique, né vers 1792, à Cortone, annonça dès son enfance les dispositions les plus extraordinaires pour les lettres. De 1815 à 1818, il fit représenter deux tragédies, Telegono et Druso, qui promettaient un digne successeur à Alfieri qu'il avait choisi pour modèle ; et dans le mémo temps il lit imprimer un discours trèsremarquable sur le théâtre italien. Ce génie précoce mourut en 1821, à l'âge de moins de 30 ans. Il laissait en portefeuille onze tragédies en partie terminées, et parmi lesquelles on cite comme les meilleures : la Congiura di Milano ; la Gis- monda ; les Eleusini et Nicolai di Rienzo. Outre un si grand nombre d'ouvrages dramatiques, il a laissé les, vies du 'lierne Bienzi, de Philippe Strozzi, de Pierre et de Nicolas Capponi et de Jean de Procida. On se flatte que les frères de Benedetti, possesseurs de ses manuscrits, feront enfin jouir le public d'ouvrages qui doivent encore augmenter la juste renommée de ce grand poète en Italie
  • François BARLOW( 1646 - 1702) : peintre anglais, né en 1616, dans la province de Lincoln, et mort en 1702, étudia los premiers éléments de son art sous un peintre de portraits nommé Sheppard. Son get le porta à peindre des animaux. La correction de dessin qu'on remarque dans ses ouvrages fait regretter qu'il n'ait pas également possédé la science du coloris. Il ne lui a manqué que cette partie de l'art pour être mis à côté des plus grands peintres d'animaux; mais ce défaut est d'autant plus frappant clans le genre qu'il choisi, que l'imitation parfaite y constitue essentiellement la première de toutes les beautés, et presque la seule dont il soit susceptible. Ce défaut disparaît dans les gravures nombreuses (pion a faites d'après ses ouvrages, où l'on reniaique d'ailleurs des ligures bien dessinées, bien groupées ; et le beau choix des paysages dans lesquels il les a placées prouve également la fertilité de son génie et la pureté de son gai lloller a beaucoup gravé d'après lui. F. Barlow a dessiné et gravé luimême les 112 ligures qui ornent l'édition des Fables d'Ésope publiée à Londres, 1666 — Un autre BARLOW , célèbre horloger anglais, inventa, en 1676, les montres à répétition
  • François BAROZZI : que d'autres appellent, mais moins exactement, BAROCCI. 11 y eut deux écrivains italiens de ce nom et surnom. L'un était. noble vénitien, parent des deux papes Eugène IV et Paul II, et professait publiquement le droit canon à Padoue, en 1447. 11 était grand jurisconsulte, bon orateur, et savant dans les lettres grecques et latines. Paul II le lit chanoine de Bergame, et ensuite évèque de Trévise, oit il mourut en 1471 . Il avait laissé un traité de Cognitione jigis, une oraison funèbre de Bertliglde d'Este, général ,, est l'anagramme d'Auguste, et le second, qui signifie la lune en grec, fait allusion .à la ville ducale de Lunebourg. 6° Enfin, quelques autres opuscules latins, et une Description de l'île de Crète en italien, qui n'a point été imprimée, et dont la bibliothèque royale possède un manuscrit
  • François BARREAU( 1731 - 18143) : célèbre tourneur, naquit à Toulouse, le 26 septembre 1751, et vint, trèsjeune s'établir à Avignon, oit l'honnêteté de ses moeurs et l'urbanité de son caractère, non moins que son talent dans un art qu'il cultivait déjà avec distinction, le firent accueillir dans les meilleures maisons. Estimé et considéré, jouissant d'une honnête aisance, et n'ayant d'autre ambition que de s'élever de la classe des artisans au rang des artistes, il s'occupait sans relâche à perfectionner, à inventer, soit dans ses instruments et dans ses procédés, soit dans les ouvrages qui sortaient de ses mains. La révolution de 1789 arriva, et Barreau était plus que sexagénaire lorsque le choix de ses concitoyens le porta à des fonctions municipales, qu'il eut le courage, ou la faiblesse d'accepter. Mais bientôt une de ces réactions politiques, si fréquentes dans Avignon, le contraignit d'abandonner cette ville, vers 1797, et lui fit perdre une partie de sa fortune. Réduit à chercher une nouvelle patrie, il se décida sagement pour Paris, suivant le conseil de M. de Fortia d'Urban, dont les recommandations lui furent fort utiles. Il y apporta ses outils, son industrie et ses ouvrages, en fit de nouveaux, et y, fut si promptement et si avantageusement connu, que, dès le 50 mai 1799, sur le l'apport d'une commission nommée par le ministre de l'intérieur, plusieurs de ses chefsd'oeuvre furent jugés dignes d'être placés au conservatoire des arts et métiers. Bientôt un logement lui fut accordé dans les bâtiments de l'ancien collége de Navarre. Ces encouragements stimulèrent Barreau, et le mirent en position d'en obtenir de nouveaux. Le 10 juin 1800, une commission composée de Monge, Charles et Perrier, fit à la première classe de l'Institut le rapport le plus honorable de ses travaux, sur leur variété, sur le bon goût, l'élégance et les belles pro- portions de leurs formes, la précision et la délicatessetesse de leur exécution. Elle donnait en mème temps de justes éloges à l'intelligence et à l'adresse de l'artiste ; à sa patience, à son enthousiasme, qui lui avaient fait vaincre des difficultés jusqu'alors insurmontables, et reculer les bornes de son art ; enfin à l'extrême simplicité, à la justesse et à la solidité des outils qu'il avait exécutés et perfectionnés luimême, et surtout de son tour en l'air et de son tour à pointes, bien préférables aux tours plus compliqués. L'envie et la malveillance avaient accrédité le faux bruit que Barreau n'était point l'auteur des merveilles qu'il présentait : son extrême modestie ne se serait point offensée qu'on eût trouvé ses ouvrages imparfaits. «Je VI« cherai de faire mieux, » auraitil dit. Mais il fut sensible à l'injustice qui osait lui en disputer la paternité. Malgré son âge avancé, il ne craignit pas d'entrer dans l'arène et de délier ses adversaires. Un rapport, lu à l'athénée des arts, le 6 septembre 1807, constata qu'on l'avait vu exécuter un ouvrage demandé au hasard, et le conduire jusqu'à la fin, avec cette célérité résultant d'une main exercée et de la simplicité des moyens ; enfin que Barreau était sans égal, comme il avait été sans maitre. A la suite de ce rapport, le président lui remit la médaille et la couronne, en disant : « Soixanteseize ans de travail n'ont fait qu'épurer votre goût, sans altérer la « fermeté de cette main habituée à produire chaque « jour de nouveaux prodiges. Pour elle lé simple « ciseau est le sceptre du tour ; au nom de l'athénée « des arts, j'en pose sur votre tête la couronne. » Peu de temps après, Barreau fut reçu membre de l'athénée et ensuite de la société des inventions, découvertes et perfectionnements. M'était de l'athénée de Vaucluse. De nouveaux rapports des deux sociétés parisiennes, en faveur d'ouvrages plus récents de cet homme habile, achevèrent d'établir sa réputation et de prouver qu'il avait porté l'art du tour à un point de perfection jusqu'alors inconnu. On n'attend pas que nous fassions ici l'énumération et encore moins la description de tous les chefsd'oeuvre sortis des mains de Barreau. Il suffira de donner au lecteur une idée de la pièce qui est devenue pour lui le type d'ouvrages délicats, plus élégants et plus perfectionnés : c'est une sphère en ivoire de 4 pouces de diamètre, portée sur un piédestal en ébène, et percée à jour de trente ouvertures au moyen desquelles l'artiste a travaillé dans le mème bloc une urne dont le pied tient à la sphère par un pivot à vis, et dont le couvercle se dévisse à volonté. Dans cette urne se trouve une autre boule également percée à jour, et qui contient une étoile à douze rayons. Cette pièce fut faite à Avignon, il y a près de cinquante ans, pour la famille de l'auteur de cet article, qui la possède encore. Barreau en fit depuis quelques autres à peu près semblables pour l'invention, la forme et les dimensions. Mais à Paris il exécuta ces sphères avec plus de hardiesse et de perfe`ttion, soit de mèrae grandeur, et contenant neuf à dix pièces différentes, les unes dans les autres ; soit dans des proportions beaucoup plus petites, puisqu'il y en a qui n'ont pas plus de quinze lignes de diamètre, et qui sont percées et compliquées à l'extrémité du mème bloc, dont il faisait une colonne, un obélisque, une aiguille, auxquelles la boule semblait ne tenir que par un til. Barreau adapta de pareilles sphères à une pièce composée de douze colonnes, circulairement placées, et de mème hauteur, mais différentes par les ornements qu'elles supportent, et entre lesquelles sont des candélabres qui tiennent à la fois du goût antique, moderne, arabesque et chinois. Nous supprimons les autres détails de cette pièce admirable , connue sous le nom de Kiosque, qui a 26 pouces de haut sur 16 de large, à sa base. Barreau l'offrit à Napoléon , qui lui lit compter 2,000 francs, et la plaça à Trianon. D'autres rapports lus aux deux sociétés dont Barreau était membre avaient mentionné honorablement les nouveaux ouvrages dont s'occupait sans relâche l'infatigable vieillard. Tous y manifestaient le désir que cet artiste publiât un ouvrage élémentaire où il expliquerait ses procédés; mais soit paresse, soit modestie, soit inhabileté à rédiger la théorie d'un art qu'il pratiquait avec une supériorité si marquée, Barreau, à l'exception de quelques notes pour son usage, n'a rien écrit, quoiqu'il n'ait pas cessé de travailler jusqu'à sa mort, arrivée le 2 août 1814, à 83 ans. N'ayant jamais été marié, il n'a point laissé d'héritiers de son secret. Plusieurs de ses ouvrages, admirés à diverses expositions de l'industrie, et achetés par le gouvernement, figurent encore au Conservatoire des arts et métiers
  • François BARRÊME : arithméticien dont le nom est devenu proverbe, naquit à Lyon, et vint se fixer à Paris vers le milieu du 170 siècle. Il y ouvrit des conférences sur la tenue des livres en partie double, et sur tout ce qui concerne la comptabilité et la banque. Ces cours attirèrent une foule d'auditeurs et furent trèssuivis ; Colbert en reconnut l'utilité et honora le professeur de sa protection. Bar - rême mourut à Paris, en '1703. On a de lui : 1° les Comptes faits du grand commerce, etc., dédiés à Tavernier, baron d'Aubonne, avec une épître à ce célèbre voyageur. La 1" édition est de 1670. On en compte un grand nombre d'autres. La meilleure est celle de 1708, revue par Barrême fils. 2° L'Arithmétique ou le Livre facile pour apprendre l'arithmétique soi- méme, etc., Paris, 1677 souvent réimprimé. L'édition de 1706 avec un double frontispice gravé, est encore recherchée des amateurs, à cause de plusieurs articles qui n'ont pas été conservés dans les réimpressions. 3° Le Livre nécessaire pour tous les comptables, etc., contenant les calculs des intérêts, Paris, 1694 et 1704 Sur le frontispice, Barrême prend le titre de calculateur de la chambre des comptes de Paris. 4° La Géométrie servan vers chaque. Les vers ont la mesure, et les rimes sont exactes : voilà tout ce qu'on en peut dire. 5. Le Grand Banquier, ou le Livre des monnaies étrangères réduites en monnaies de France, Paris, 1681 et 1696 dédié à Colbert ; rema nié et augmenté d'un 2e volume par Barrême fils, Paris, 1717. 6° Le Cahier curieux de Barréme arithméticien, etc., brochure dédiée par un sonnet au duc de la Feuillade. 7° Quatre traités sur les parties doubles. 8° Le Livre des aides et domaines, dédié au dauphin par une ode que Barbier juge digne d'éloge
  • François BARTOLOZZI( 1725 - 1813) : l'un des plus célèbres graveurs du 18e siècle, naquit en 1725, à Florence. Il y reçut les premières leçons de dessin d'Ugo Ferreti, et ce fut d'après les conseils de ce maitre qu'il se rendit à Venise, où il entra dans l'école de Joseph Wagner , trèsbon graveur, dont la réputation devait ètre effacée par celle de son élève. Il fit sous cet habile maitre des progrès si rapides, qu'avant d'avoir terminé son apprentissage, il gravait à l'eauforte et au burin de petites estampes, recherchées par les riches amateurs qui les payaient fort cher. De Venise il vint à Milan, où il se fit connaître par quelques belles gravures, d'après des tableaux de l'école lombarde. En 1764, il se rendit en Angleterre ; et s'étant établi près de Londres, dans une petite ville dont la situation lui parut agréable, il s'y livra tout entier à l'exercice des arts avec une ardeur et une assiduité dont il est presque impos- sible de donner une idée. Cet habile artiste a travaillé dans tous les genres, et il n'en est pas un seul qu'il n'ait traité d'une manière supérieure. Il conserva, jusque dans l'àge le plus avancé, cette pureté , la Naissance de Pyrrhus, la Femme adultère, d'après les Carrache. Clytie changée en tournesol , d'après Annibal Carrache, passe pour le ch•fd'œuvre de Bartolozzi. Le Massacre des Innocents, d'après le Guide ; la Mort de Chatam, d'après Copley ; une Circoncision, d'après le Guerchin ; le dictateur Camille, d'après Sébastien Rica ; enfin une Sainte Famille, d'après Benoît !Alti, sont encore au nombre de ses ouvrages les plus précieux. Son oeuvre complète a été vendue à Londres 1,0o0 livres sterling . Cet artiste a formé plusieurs élèves. Il a eu beaucoup de part à l'ouvrage publié par Bracci sous ce titre : Memorie degli anlichi incisori che scolpirono i loto nomi nelle gemme e cammei con molli monumenti inedili, 2 vol.
  • François BASUEL : né à Durnes, village de FrancheComté, et curé de Granvillers dans la mèrne province , a publié un recueil de sermons. Duverchier, qui fait mention de cet ouvrage, n'en rapporte pas le titre d'une manière exacte ; il se trompe d'ailleurs sur le lieu de l'impression. Ce recueil est : Sermons familiers et très- chrétiens sur les Évangiles des dimanches et tètes, nouvellement im- primés en l'an 1561 : c'est un volume divisé en 2 parties. L'impression en fut retardée par l'ordre d'Antoine Lulle, vicaire général du diocèse, qui exigea de l'auteur le retranchement de plusieurs passages suspects : elle ne fut terminée que le 4 décembre 1561. On apprend, par la suscription de la ‘2e partie , que l'auteur avait fait imprimer cet ouvrage à ses frais, et qu'il se vend en la ville de Grandvillers , par Pierre Quessotte. Duverdier dit qu'il a été imprimé à Besançon, et tous les biographes l'ont copié sans examen ; mais nous ferons observer qu'il n'a point existé d'imprimerie en cette ville dans le 16e siècle, avant 1588. On peut consulter le P. Laire, Dissertation sur l'origine et les progrès de l'imprimerie en Franche- Comté, dans le 15. cle. L'auteur de cet article a composé un supplément à cette Dissertation. F. Basuel était ami de Gilbert Cousin, et on trouve quelques vers latins de sa façon dans le recueil des œuvres de Cousin
  • François BATTAGLIA : sénateur de Venise, était issu de l'une des familles les plus distinguées de cette république. Imbu de tous les systèmes des novateurs, il se montra dès le commencement de la l'évolution de France un de ses plus zélés partisans; et lorsque l'armée française envahit l'Italie, en 1796, il proposa ouvertement dans le sénat de former une alliance entre les deux républiques. Cet avis ne fut point adopté, mais Battaglia fut nommé provéditeur des États de terre ferme, à la place de Nicolas Foscarini. Bergame, Brescia et quelques au- I tresvilles des États vénitiens de terre ferme deman- daient leur réunion à la Cisalpine. Le 19 mars 1797, le parti révolutionnaire qui y dominait fit arrêter Battaglia; il fut menacé et chassé de Brescia, et forcé de retourner à Venise, où il fut nommé avogadore, c'est-àdire l'un des trois tribuns de la république. Mais la situation de cette république devenant de jour en jour plus alarmante, le sénat ne vit pas d'autre moyen de conjurer l'orage que d'envoyer des commissaires à Bonaparte, et le choix tomba sur Battaglia et Dandolo. Battaglia eut avec le général en chef de longues conférences dans lesquelles celuici le fascina complétement par ses manières tour à tour insinuantes et despotiques. 11 fut néanmoins encore une fois obligé de retourner à Venise, lorsque Bonaparte s'empara ouvertement de Vérone et de toutes les autres villes de terre ferme. Ce fut alors que parut, sous le nom du provéditeur, une espèce de manifeste ou de déclaration de guerre contre les Francais, dont le but était évidemment d'exciter des récriminations et des vengeances qui devaient amener la ruine de la république. Battaglia se hâta de démentir cette pièce mensongère, et le sénat en repoussa également la responsabilité . La suite des événements a suffisamment prouvé qu'en effet l'un et l'autre y étaient étrangers. Rentré dans le sénat, le provéditeur continua d'y user de tout son crédit en faveur des Français, et il s'ouvrit, entre Pesaro et lui , une lutte qui ne devait finir qu'à la chute de la république. Ce fut à l'instigation de Battaglia qu'une flottille partit du port de Venise, pour transporter jusque dans cette ville la division Barag,uay d'Hilliers. Cependant, lorsqu'il vit sa patrie livrée aux Autrichiens, et lorsqu'il ne lui fut plus possible de se faire illusion sur le véritable but de tant d'intrigues, Battaglia en conçut un chagrin si profond, qu'il mourut à Venise en 1799, quelques mois après l'occupation de cette ville par les troupes autrichiennes. —BATTAGLIA, colonel des gardes d'honneur du royaume d'Italie, mourut à Smolensk, en 1812, par suite des fatigues et des souffrances qu'il essuya dans la retraite de Moscou
  • François BAUDOUIN( 1520 - 1550) : savant en théologie et en jurisprudence, naquit le 1" janvier 1520, à Arras, où son père exerçait les fonctions d'avocat fiscal. Après avoir fait de bonnes études à l'université de Louvain , il vint les perfectionner à Paris, par la fréquentation des hommes qui s'étaient fait une grande réputation dans le droit et dans les lettres, tels que Budé, Baïf, Dumoulin, etc. La fermentation excitée par la réformation agitait alors tous les esprits. Baudouin , peu accessible à la prévention, voulut, pour bien juger la réformation et les causes qui y avaient donné lieu, en connaître les chefs principaux. Dans un voyage entrepris avec cette intention , il vit Calvin et Mélanchthon à Ge- nève, Bucer en Allemagne. Il revint à Paris en 1'545, et retourna deux ans après à Genève, où ses liai- sons avec Calvin devinrent plus étroites ; il logea chez lui, et lui servit même de secrétaire. 11 ne séjourna cependant pas longtemps à Genève, puisqu'en 1548 il obtint, par la protection de Michel de 1,hopital, alors chancelier de Marguerite de Valois, duchesse de Berri , une chaire de droit, que la retraite de Duaren laissait vacante à Bourges. Éginard Baron y professait déjà. C'était un homme altier, envieux, qui ne pouvait souffrir de rival, encore moins de supérieur. 11 suscita des tracasseries sans nombre à Baudouin. Sa mort, arrivée en 1550, ne . rétablit pas le calme. Duaren , qui vint reprendre à Bourges la place qu'il avait quittée, d'abord ami de Baudouin, devint encore plus intraitable pour lui que Baron. L'animosité des maîtres se communiqua aux élèves. Leurs querelles compromirent souvent la tranquillité publique. Baudouin quitta la partie de lassitude , et forma le dessein de passer en Allemagne. Il vit de nouveau Calvin à Genève ; mais ce réformateur, piqué de ce que Baudouin, qu'il croyait au nombre de ses disciples , avait continué de professer le catholicisme en France, lui fit un accueil trêsfroid. Baudouin avait le projet d'aller donner des leçons à Tubingen; mais il en fut détourné, sachant que Dumoulin devait venir y professer. 11 en- eeigna quelque temps à Strasbourg avec un grand iccès : mais des brouilleries avec François Hot-'an, qui s'y trouva en même temps que lui, le forcèrent de quitter encore cette ville. Il passa, en e558, à Heidelberg, où il était appelé. Il y jouit endant cinq ans du repos qui le fuyait partout ailleurs. Cependant les affaires s'étaient extrêmement rouillées en France. On était sur le point de voir dater la guerre civile. Les bons citoyens, à la tête desquels se trouvait le chancelier de Lhopital , fai- 'saient tous leurs efforts pour la prévenir et pour opérer un rapprochement entre les partis. Ils firent venir Baudouin d'Allemagne pour les aider clans ce projet. ll arriva, portant avec lui un ouvrage sur les devoirs des vrais amis de la religion et de la patrie dans les troubles religieux, qui avait été composé par Cassandre, ou Cassander, théologien, aussi renommé par sa piété et- son érudition que par sa modestie ; mais ce livre, qui ne flattait aucun des partis, déplut à tous; et, au lieu de procurer la paix, lit naître les querelles les plus vives. Calvin, qui aurait perdu, par un rapprochement, l'importance d'un chef de parti , et qui en voulait d'ailleurs à Baudouin, qu'il regardait comme un déserteur de sa secte, le supposant l'auteur de l'ouvrage de Cassandre, entra le premier en lice contre lui. Il fut appuyé par les principaux calvinistes, et par les anciens ennemis de Baudouin, Duaren et François Hotman. Les pamphlets les plus injurieux contre Baudouin se succédèrent avec rapidité. 11 y répondit trèsbien de son côté , et dit des injures si fortes à Calvin, qu'il déconcerta son intrépidité et le réduisit à garder le silence, en disant qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec un tel chien. Les intentions pacifiques de Baudouin ne réussirent pas mieux dans sa patrie qu'elles n'avaient fait en France. Quoiqu'il eût eu le rare bonheur de plaire aux chefs des divers partis qui agitaient alors les PaysBas, il fut obligé, après des tentatives réitérées et inutiles, de renoncer au dessein de mettre l'accord parmi les hommes. Il fut même assez mal récompensé en France des efforts qu'il avait faits pour cela. On le lit seulement précepteur d'un bâtard d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, qu'il avait, diton, réussi à ramener au catholicisme. Il était envoyé pour être l'orateur de ce prince au concile de Trente, quand sa mort, arrivée au siége de Rouen, en 1526, l'obligea de revenir de l'Italie, où il s'était déjà remiu avec son élève. Baudouin, dénué de tout appui, n'eut d'autres ressources que de composer des ouvrages et de donner des leçons de droit à Paris, qui furent suivies par tout ce qu'il y avait de plus distingué dans cette ville. On admirait surtout son élocution et la grâce qu'il avait en parlant. La protection de Hurault de Chiverny, chancelier du duc d'Anjou, depuis Henri III, lui procura une chaire de droit à l'université d'Angers. Sur ces entrefaites, le duc d'Anjou fut élu roi de Pologne. Il arriva de ce pays, pour lui apporter l'acte de son élection, une célèbre ambassade, composée des personnes les plus distinguées par leur naissance et par leur savoir. L'orateur fit une harangue latine qui produisit une grande sensation. On crut que Baudouin était le seul capable d'y répondre d'une manière digne de la nation française. On le fit venir pour cela d'Angers. Ce fut une occasion pour lui de se lier avec les ambassadeurs, et, quoiqu'il n'y eût pas de jurisconsultes parmi eux, il parvint tellement à les convaincre des avantages de la jurisprudence, qu'ils lui firent promettre de les accompagner pour aller l'enseigner à Cracovie ; mais, dans le même temps , il mourut d'une fièvre chaude, le 11 novembre 1573. Le caractère de Baudouin a été longtemps méconnu et calomnié, comme il arrive toujours à ceux qui vivent dans les temps de factions. On l'a accusé surtout d'une grande versatilité en mâtière de religion, et l'on a prétendu qu'il fut catholique en France, calviniste à Genève, et luthérien à Strasbourg et à Heidelberg. Le vrai est que Baudouin, qui avait étudié à fond l'antiquité ecclésiastique, convenait qu'il y avait de grands abus à réformer dans la religion catholique; mais il ne pouvait, disaitil, partager le fanatisme des réformés, qui voulaient bouleverser l'ancien édifice de l'Église. Les tentatives qu'il fit pour concilier les esprits, en France, et clans les PaysBas, sont des preuves incontestables de son impartialité et de sa modération. Il se conduisit avec autant de fermeté que de noblesse, lorsqu'il quitta les PaysBas, où il avait été bien accueilli par le duc d'Albe, de peur qu'il ne prit envie à ce prince de le faire un des instruments de ses vengeances, en le mettant au nombre des juges des personnes qu'il avait fait arrêter, et ensuite lorsqu'il refusa une forte somme qu'on lui offrit en France pour faire l'apologie de la StBarthélemy. C'était aussi un homme d'un grand savoir. 11 tenait pour maxime que la jurisprudence, sans le secours de l'histoire n'était. qu'une science aveugle. 11 a exposé ses principes à ce sujet dans un traité intitulé : de l'Institution de l'histoire et de son union avec la jurisprudence, qu'il dédia au chancelier de Lhopital. Les ouvrages qu'il publia dans le cours de sa vie, et au milieu des orages qui la troublèrent, prouvent à quel point il possédait l'histoire sacrée et profane, dont il sut faire usage pour l'interprétation des lois. A l'exception d'un commentaire sur les Institutes de Justinien, il n'a pas donné d'ouvrages d'une grande étendue; ce sont (les traits partialtiers sur les points les plus curieux de la jurisprudence romaine : on en trouve sur la loi des douze tables , sur les édits des empereurs romains contre les chrétiens ; sur les lois rurales des Romains. Quand ce genre d'érudition commença d'être négligé en France, les ouvrages de Baudouin durent l'être aussi ; mais leur réputation renaquit en quelque sorte en Allemagne, dans les premières années du 18e siècle. Les jurisconsultes de ce pays, pour tirer la jurisprudence de l'espèce de barbarie où elle avait été jusqu'alors, voulurent remonter jusqu'aux sources les plus pures du droit romain ; les ouvrages des auteurs français, tels que Cujas, Duaren, Hotman et Baudouin , leur parurent trèspropres à opérer cette heureuse révolution. Chrétien Thomasius avait déjà eu le projet, dès 1689, de donner une édition complète des ouvrages de Baudouin : il expose son plan dans une longue lettre aux amateurs de la jurisprudence ; mais aucun libraire ne voulut se charger de cette entreprise. Quarante ans après, le mérite de ces ouvrages étant mieux connu, le célèbre Heineccius publia les opuscules de Baudouin, qui forment le i volume de sa Jurisprudenlia Âllica et Romana, etc., Leyde, 1778, 5 vol. Il y a dans la préface une vie trèsdétaillée de ce célèbre jurisconsulte. C'est Baudouin qui, le premier, a donné une édition séparée, Heidelberg, 1560 de l'Oclavius de Minutius Félix , qu'on imprimait auparavant comme 8° livre d'Arnobe, Contrez gentes. 11 y joignit une dissertation pour prouver que c'était un ouvrage différent, appartenant à un autre auteur. S'il ne fut pas le premier, comme Ileineccius le remarque, à s'apercevoir de cette erreur, il fut le premier à en instruire le public
  • François BAYLE( 1622 - 1709) : savant médecin, né à StBertranddeCommines, en 1622, professeur en l'université de Toulouse, où il mourut le 24 septembre 1709, âgé de 87 ans, a joui, clans sa patrie, d'une assez grande réputation, qu'il ne doit guère conserver aujourd'hui que comme érudit. Il s'attacha d'ailleurs beaucoup trop aux sciences accessoires à la médecine, pour porter clans celleci, et même dans les premières, cette lumière qui ne résulte guère que d'une étude exclusive et spéciale : d'ailleurs, vivant dans le siècle de Boerhaave, de Bellini, où l'on faisait de fausses applications de la physique et des mathématiques à l'art de guérir, il suivit cette niéthode vicieuse. Cependant on trouve quelques observations assez précieuses dans ses nombreux écrits, et particulièrement dans son traité de l'Apoplexie. Voici la liste de ses ouvrages : Systema generale philosophice 1669 2' Dissertationes medicce tres : de Causis fluxus menstrui mulierum; de Sympathia variarum corporis partium cum utero; de Usu laclis ad tabidos reficiendos, et de vence Sectione in pleuritide, Toulouse, 1670 , ; 1681, 2 vol. : Bruges, 1678 3° Tractatus de apoplexia, Toulouse, 1676 ; la Haye, 1678 4° Problemata physico- medica, Toulouse, 1677, 1681 5° Dissertationes physiece, ubi principia proprietatum in ceconomia corporis animalis , in plan( isel animalibus demonstrantur, Toulouse, 1677 ; la Haye, 1678 6° Histoire anatomique d'une grossesse de vingt- cinq ans, Toulouse, 1678 Paris, 1679 7° Dissertatio de experientia et ra( ione conjungenda in physica, medicina et chirurgia, la Haye, 1678 traduction d'un écrit que Bayle publia en français, Paris, 1675 8° Relation de l'état de quelques personnes prétendues possédées, faite d'autorité du parlement de Toulouse, Toulouse, 1682 9° Dissertations sur quelques questions de physique et médecine, Toulouse, 1688 10° Institutiones physiece, Toulouse, 1700 ; Paris, 1701 11° Opera omnia, Toulouse, 1701, 4 vol. C'est un recueil de tous les opuscules publiés par ce savant de •669 à 1700
  • François BEAUCAIRE DE PÉGUILLON( 1514) : issu d'une ancienne famille de Bourbonnais, naquit en 1514, au chàteau de Cieste, dans cette province. On a dit qu'il avait été précepteur du cardinal Charles de Lorraine ; mais ce cardinal nia le fait au concile de Trente, en présence de Beaucaire luimême; il lui fut néanmoins constamment attaché , et ce fut même en sa faveur que le cardinal se démit de l'évêché de Metz. Beaucaire le suivit au concile de Trente, où il se fit remarquer par la liberté de ses opinions. Dans le discours qu'il prononça sur la bataille de Dreux, il ne craignit pas de représenter aux Pères du concile que, s'ils ne faisaient pas céder leurs intérêts personnels à ceux de la religion, s'ils ne parlaient que par complaisance , s'ils se conduisaient par des vues secrètes, le concile serait plus nuisible qu'avan- tageux à l'Église. Il y soutint fortement, contre les ultramontains, que les évêques reçoivent leur autorité de Dieu immédiatement, et qu'ils ne sont pas les simples délégués du pape ; enfin comme, après de longues disputes, on était trèsembarrassé pour la rédaction du décret sur les mariages clandestins, ce fut lui qui mit tout le monde d'accord, en le rédigeant tel qu'il est aujourd'hui dans les actes du con- eue. Le discours de Beaucaire sur la bataille de Dreux, imprimé d'abord à Brescia, 1565 a été réimprimé avec son Rerum Gallicarum Com- mentaria, et encore avec les Actes du concile de Trente, Louvain, 1567 Les troubles que les calvinistes excitèrent dans la ville de Metz, d'où les chanoines avaient été, obligés de sortir, portèrent Beaucaire à se démettre, en 1568, de son évèché, en faveur de Louis, cardinal de Guise. 11 se retira au château de Creste, et s'y livra entièrement à l'étude et à la pratique des vertus sacerdotales jusqu'à sa mort, arrivée le 14 février 1591. Il avait composé dans sa retraite une histoire de son temps , sans avoir dessein de la faire imprimer, de peur de choquer des personnages puissants qui s'y trouvaient présentés sous un jour peu avantageux. Philippe Dinet, sieur de StRomain , l'ayant découverte au chilteau de Creste, la publia à Lyon en 1623, en 1 vol. sous ce titre : Rerum Gallicarum Commentaria ab 1461 ad annum 1580; elle ne va cependant que jusqu'en 1567, quoiqu'il y ait dans l'éloge de l'auteur et dans le privilège, comme dans le titre, qu'elle s'étend jusqu'en 1580 ; le style en est un peu diffus, mais élégant ; elle conticnt des faits curieux ; la chaleur avec laquelle l'auteur y défend les Guises ne va pas jusqu'à lui faire altérer les faits essentiels. On a aussi du mème auteur un traité de infantium in matrum uteris Saneifica- liane, Paris, 1565 et 1567 Il y réfute cette assertion des calvinistes, que les enfants des fidèles sont sanctifiés dans le sein de leur mère, et que, s'ils meurent avant que de voir le jour, et par conséquent sans avoir pu recevoir le baptème, ils sont sauvés. Enfin Beaucaire de Péguillon a laissé quelques pièces de vers latins qu'on trouve dans le recueil intitulé : Delicice Poetarum Gallorum illus- trium
  • François BEAUMONT( 1585 - 1615) : frère du précédent , naquit à CreeDieu, en 1585 ou 1586, et étudia à l'université de Cambridge. Il mourut en 1615. Sou goût le porta à cultiver la poésie dramatique ; il travailla toute sa vie tee Xs.
  • François BECCUTI( 1509) : poète italien, vulgairement nominé il Coppetta, naquit en 1509, à Pérouse, d'une noble et ancienne famille. Les emplois qu'il remplit toute sa vie furent trèsgraves ; mais son esprit était naturellement porté à la plaisanterie, et ce fut aussi le caractère général de son talent. Il était docteur en choit, et fut même longtemps professeur. Chargé de plusieurs missions importantes, et successivement gouverneur de Casa;- Castalda, de SassoFerrato et de Norcia, il venait d'être nommé, dittm, gouverneur de Foligno, lorsqu'il mourut, en 1555. Comme citoyen, il était marié et père de famille ; comme poète, il crut ne pouvoir se dispenser d'être amoureux ; mais il lit un trèsmauvais choix, et l'on voit, par ses poésies, que les faveurs étaient pour un autre, tandis que les mauvais traitements et les caprices étaient pour lui. Il s'en plaint quelquefois de la manière la plus originale et la plus plaisante. Son style est vif, naturel, et d'une pureté qui l'a fait mettre, par l'académie de la Crusea, au nombre des autorités pour la langue. Ses Rime furent imprimées pour la première fois, Venise, 1580 Cette édition, imparfaite et incorrecte, était devenue fort rare ; l'abbé Vincent Cavallucci en a donné une beaucoup meilleure, aug- mentée de plusieurs pièces inédites, avec des notes très-étendues, et précédée du portrait et de la vie de l'auteur ; elle est intitulée : Rime di Francesco Bec- cuti Perugino dello il Coppetta, etc., Venise, 1751 On trouve de ce poète beaucoup de morceaux, tant sérieux que plaisants, dans presque tous les recueils de poésies du 16e siècle
  • François BECHEREL( 1732 - 1818) : évêque de Valence, né à StHilaire, le 8 mars 1752, embrassa l'état ec- clésiastique et obtint la cure de StLoup, diocèse de Coutances. Il fut nommé en 1789 député du clergé de ce bailliage aux états généraux, se lit peu remarquer dans les discussions, mais suivit l'exemple des ecclésiastiques qui prêtèrent les serments prescrits par l'assemblée. Il fut élu évêque constitutionnel de la Manche et sacré le 20 mars 1791. Lorsqu'en 1795 on proscrivit les prêtres de tous les cultes, il ne parut qu'aprèS le concordat de 1802. Il fut alors nommé à l'évèché de Valence, puis décoré de la Légion d'honneur. A l'occasion de la victoire d'Austerlitz, il publia un mandement dans lequel il exal- tait le génie, le courage et la modération de Bona- parte. Cette pièce se terminait ainsi « Napoléon « l'a dit , la paix sera glorieuse pour la grande na-(( tion et pour son chef; niais cette fois elle sera so-« lide et durable; et si sa générosité le porte à faire « gràce à ses ennemis, sa grande iime saura lui spire' les moyens de rendre nuls leurs efforts pour « recommencer la guerre » Après le retour des Bourbons en juillet-1815, l'évêque de Valence, fidèle aux principes de soumission que l'Église impose aux pasteurs et aux fidèles, publia un autre mandement pour exhorter à l'union et à la concorde les habitants de son diocèse. 11 est mort en -1818, à Valence, dans ses fonctions épiscopales, laissant la réputation d'un prélat pieux et charitable
  • François BÉJOT( 1718 - 1787) : né à Montdidier, le 14 septembre 1718, y commença ses études, qu'il vint achever à Paris; il fit sa rhétorique sous le célèbre Gibert. De retour à Montdidier, ses parents le destinaient, malgré lui, à l'état ecclésiastique. Béjot, revenu à Paris, y renonça, et s'adonna aux lettres, contre le gré de ses parents. A l'âge de vingt ans il professa le grec, et eut pour écolier Goguet. En 1741, il obtint une place à la bibliothèque du roi, et eut beaucoup de part à la composition des volumes du catalogue qui parurent en 1744. Béjot fut, en 1761, nommé garde des manuscrits de cette bibliothèque ; et, en 1762, reçu à l'académie des inscriptions, et presque aussitôt coad- jeteur de l'abbé de la Bletterie à la chaire d'éloquence latine au collége de France. 11 ne lut que deux mémoires à l'académie, l'un sur quelques endroits du texte de la Cyropédie de Xénophon ; l'autre, sur les Éparites, ou Eparoëtes, souvent cités pour des actions d'éclat dans l'Histoire grecque de Xénophon, et qui étaient, non un peuple comme on l'a cru mais une troupe choisie dans toute armée arca-
  • François BELIN ou BELLIN( 1672 - 1732) : né à Marseille, en 1672, vint de bonne heure à Paris, et y fut bibliothécaire de la duchesse de Bouillon. Il travailla pour le théàtre et ne fut pas toujours heureux. Accablé d'infirmités, il se retira dans sa patrie, vers 1729, et y mourut trois ans après. On a , de lui : Mustapha et Zéangir, tragédie en 5 ac-' tes, représentée et imprimée en 1703 , insérée aussi dans la Bibliothèque des théâtres. « Cette « pièce, dit Laharpe, est faiblement écrite, mais on « y trouve des traits de ce naturel heureux qu'on « étudiait alors dans Racine. » Champfort a depuis traité le même sujet. Les autres tragédies de Belin furent jouées avant Mustapha et Zéangir, et n'ont pas été imprimées
  • François BELLI( 1577 - 1644) : naquit en 1577, à Arzignano, dans le Vicentin, et c'est à tort que le savant Maffci, dans sa Verona illustrata, l'a mis au nombre des auteurs véronais. 11 embrassa l'état ecclésiastique, fut de plusieurs académies, voyagea en France et en Hollande, et, de retour dans sa patrie, y mourut à 67 ans, en 1644. On a de lui : 1. la Caterina d' Alessandria , tragedia in versi, Vérone, 1621, 1622 et 1660 2° des poésies lyriques, ou rime, citées par Crescimbeni ; l'Esequie del Redentm. e, sacra representazione, in prosa, Vienne, 1653 ; 4° le Osservazioni di Fr. Belli ne' suoi viaggi d' Olanda et di Francia, Venise, 1632 5° un roman intitulé : gli Accidenti di Cloramindo, Venise, 1635 ; 6° des nouvelles, des discours académiques, etc
  • François BELLENGER : docteur de Sorbonne, né dans le diocèse de Lisieux, mourut à Paris, le 12 avril 1749, à 61 ans. C'était un homme trèsversé dans l'étude des langues. On a de lui I° les Antiquités mitaines de Denys d'Halicarnasse, traduites en français, 1725, 2 vol. réimpr. depuis en 6 vol. . Cette traduction est trèsestimée. 2' Essais de creique : 1° sur les écrits de M. Rollin ; 20 sur les traductions d'Hérodote; 50 sur le Dictionnaire géographique de la Martinière, 1740 Supplément aux Essais de critique sur les écrits de 111. Rollin, 1741 Diaprés cet ouvrage, Rollin ne savait que faiblement le grec, et s'appropriait souvent les traducteurs français sans les citer. Pour vérilier l'injustice de ce dernier reproche, il suffit de lire la préface de l'Histoire an- cienne . 40 Lettre critique au P. Cation, sur sa tra- duction française de Virgile, 1721 Cette lettre fut publiée sous le nom de Balthazar Blanchard, répétiteur de droit à Paris; le Supplément aux es- sais de critique l'avait été sous le nom de Vander Meulen. 50 Une édition des Psaumes, en latin, avec des notes, 1729 60 Théologie astronomique, traduite de l'anglais, de Derham , 1729 7. Vies des homt- nes illustres, faisant suite à celles de Plutarque, trad. de l'anglais de Rowe ; réimpi. dans le Plutarque de Brottier et Vauvilliers. Il a laissé une traduction inédite d'Hérodote
  • François BENDA( 1709 - 1709) : violon célèbre, maitre. lies concerts du roi de Prusse, Frédéric II, né à Altbenatka, en Bohème, en 1709, mort à Postdam, le 7 mars 1786. Il eut plusieurs maitres, entre autres un juif aveugle, nominé Une], Konyczek, Francis- cello, Quanz, etc , et: ne prit la manière d'aucun d'eux. « il rendait sur son violon , dit Heller, , les « sons les plus beaux, les plus purs, les plus agréa« bles que .l'on pût entendre. Nul ne l'égalait pour cc' la prestesse du jeu et l'exécution des traits à l'aigu.» De ses compositions , on n'a publié que douze solo pour le violon
  • François BENCI( 1542) : jésuite italien, naquit à Aquapendente, en 1542. Il étudia pendant sept ans A Home , sous le célèbre Antoine Muret. Il entra dans la compagnie en 1562, et enseigna, pendant la plus grande partie de sa vie, la rhétorique dans le cullége romain. Il cultiva particulièrement la poésie latine et l'éloquence, et se lit remarquer par l'élégance et le bon goût de ses compositions. Bayle, qui lui a consacré un article dans son Dictionnaire historique et critique, l'appelle un des plus excellents orateurs de ce temps- là, et un très- bon poule latin. 11 mourut le 6 mai 1594. On a de lui :1 ° Annuarunt litterarum de rebus socielatis tond quatuor, pour les années 1586 à 1591; Rome, 1589 et suiv. 2° Quinque Martyres e societate Jesu in Indic, poema heroicum, Venise, 1591 ; Bome,1592 Cologne, 1594 ; Anvers, 1602 ; 5° Carminum hl); i quatuor, ejusdem Ergastus , et Orationes viginti duce, Rome, 1590 On doit aussi au P. Benci l'édition du poême latin de J ulesCésar Stella, sur la navigation de Christophe Colomb, qu'il donna, avec une préface de lui, en 1589
  • François BENING : jésuite, prédicateur du 1re siècle, né à Avignon, devint recteur du collège de cette ville. Il est connu par un ouvrage dont la singularité aurait dû faire obtenir une place à l'auteur dans nos dictionnaires historiques. C'est le Bouclier d'honneur où sont représentés les beaux faicts de très- généreux et puissant seigneur feu messire Louis de Bertons, seigneur de Crillon, Avignon, 1616 et Lyon, 1616 Cette oraison funèbre fut prononcée dans l'église cathédrale d'Avignon, au mois de décembre 1615. L'abbé d'Artigny est le premier qui ait rappelé l'attention du public sur cette production bizarre. Il en publia la plus grande partie dans le tome 5 des Nouveaux Mémoires d'histoire , de critique et de littérature , p. 48102 . » Ce discours, ditil , est unique dans son « espèce . Le sérieux et le burlesque y marchent « d'un pas égal, et à l'exception de quelques endroits « trop languissants que j'ai supprimés , tout y est « original et récréatif, le tour, le style, la pensée, et « en particulier le fréquent usage des antithèses, («les équivoques et des jeux de mots. » L'abbé Gros de Besplas , dans son Essai sur l'éloquence de la ( haire, Paris, 1767 p. 285-500, donne l'analyse du Bouclier d'honneur, qui avait été réimprimé en 1759 pour compléter le tome 2 de la vie du brave Crillon, par mademoiselle de Lussan. Mais on supprima ensuite cette oraison funèbre pour y substituer d'autres pièces que l'auteur jugea mal à propos plus intéressantes. L'imprimeur Desprez, mieux avisé, publia séparément le Bouclier, dont la pagination commence au chiffre 197 et finit à 524. Dans une longue dédicace à,Louis XIII, Bening , entre autres gentillesses, dit que sa plume, n'osant prendre son vol vers le sceptre d'un roy, s'est perchée sur le baston d'unmaistre de camp. Il appelle les blessures, les ori limes du courage... Les vingt- deux que Crillon avoit reçues sont autant de bouches pourprines qui précheront sa valeur ; ce sont vingt- deux présidents en robbes rouges , prononçant arrest en faveur de sa générosité. L'orateur passe en revue la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur du courage de Crillon ; il finit par examiner combien, à la mort du héros, cette hautesse de courage fut abaissée, cette longueur combien raccourcie, cette largeur combien rétrécie , cette profondeur combien aplanie. Tout est écrit dans ce style et dans le mème ordre d'idées, ou plutôt d'images et de comparaisons physiques
  • François BENNATI( 1798 - 1854) : médecin italien, né en octobre 1798, à Mantoue, montra de bonne heure d'heureuses dispositions, qui lui méritèrent l'honneur de faire ses étoiles universitaires aux frais du gouvernement autriehih. Ce fut à Pavie et à Padoue qu'il étudia la médecine et la chirurgie. Après y avoir reçu le titre de docteur, il passa clans la capitale de l'Autriche pour y perfectionner ses connaissances. Bientôt il se rendit à Londres, puis à Édimbourg, et vint enfin se fixer à Paris, où un accident fatal termina brusquement, le 10 mars 1834, une carrure qui s'annonçait comme devant être trèsbrillante. La veille il avait été renversé par un cheval et blessé mortellement à la tète. Né dans la terre classique des beauxarts, a dit un de ses amis; plein d'enthousiasme pour la musique, qu'il cultivait avec un succès remarquable, et cloué d'une voix Glue plus d'une célébrité lyrique eût pu envier, il entreprit de rallier en lui cette double étude, en appliquant ses connaissances médicales à celle de la voix humaine pendant le chant. C'est dans cette vue qu'il publia ses Recherches sur le mécanisme de la voix humaine, Paris, 1832 dont il résulte que ce ne sont pas les seuls muscles du larynx qui servent à moduler les sons, mais encore l'hyoïde, la langue et le voile du palais, sans lesquels on ne pourrait atteindre à tous les degrés de modulation nécessaires pour le chant. Mais ce n'était point assez d'apporter dans cette étude les lumières de la physiologie, Bennati sentit que, pour que ses travaux fussent revêtus du cachet de futilité, il fallait s'occuper en même temps des maladies de ces mêmes organes. De là ses Recherches sur les 'maladies qui affectent les organes de la voix humaine Paris. 1832 Cet ouvrage, réimprimé avec le précédent sous le titre d'Études physiologiques et pathologiques sur les organes de la voix humaine, Paris, 1853 lui valut une part dans les prix de médecine fondés par Montyon, distinction flatteuse qui ne fit que redoubler son zèle, car bientôt après il publia un Mémoire sur un cas particulier d'anomalie de la voix humaine pendant le chant, dont il avait puisé les faits chez M. lvanhoff, Russe de nation, et l'un des chanteurs distingués du ThéàtreItalien. Au moment où la mort vint le frapper, il s'occupait d'un nouveau travail sur l'hygiène de la voix, et de recherches tant sur l'art du ventriloque que sur l'utilité de l'application de la musique à la médecine
  • François BERGOEING( 1755) : né à StMacaire, vers I 755, était chirurgien à Bordeaux, lorsqu'il fut député, en 1792, à la convention nationale par le département de la Gironde. Il suivit dans cette assemblée la ligne de modération tracée par la députation à laquelle il appartenait, et vota dans le procès de Louis XVI pour la détention jusqu'à la paix, pour l'appel au peuple et pour le sursis à l'exécution. Dans le mois de mars 1795, il lit partie de cette commission des douze chargée de surveiller la commune de Paris, ce foyer d'intrigues anarchiques, et qui, sous L'influence de BillaudVarennes, de Marat et de Robespierre, préparait la révolution du 51 niai. Bergoeing y déploya quelque énergie, et il lit imprimer, peu de jours avant cette terrible révolution, une brochure oit il attaqua avec force les jacobins. C'est pour cette brochure surtout qu'il fut dénoncé à plusieurs reprises à la convention, notamment par Bourdon de l'Oise, qui demanda son arrestation. Il offrit alors sa démission : mais, vaincue par l'audace et la fureur de ses ennemis, la commission des douze fut bientôt dissoute , sur la proposition de Barère ; et lorsque le triomphe du parti de la montagne fut complet, par la révolution du 51 mai, Bergoeing fut mis hors la loi dans la séance du 2 juin. Assez heureux pour se soustraire à ce terrible décret, il ne reparut à la convention nationale qu'après le 9 thermidor. Alors de plus en plus exposé à la faction des terroristes, il la combattit avec beaucoup d'énergie dans la journée du 1" prairial an 5 , lorsque la populace des faubourgs lit craindre au parti thermidorien une révolution pareille à celle du 51 mai 1795. Après cet événement, Bergoeing entra au comité de sûreté générale, et il s'y trouvait encore à l'époque du 15 vendémiaire an 4, lorsqu'il eut à lutter contre une faction bien différente des terroristes : c'était la population de Paris presque tout entière, que l'on crut alors et dirigée par les royalistes. Bergoeing combattit ce parti avec non moins d'énergie qu'il avait combattu les anarchistes, et, peu de jours après, il appuya vivement la loi du 5 brumaire, qui excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés. Il se plaignit ensuite avec amertume d'avoir trouvé des écrits royalistes, mème dans la distribution qui lui avait été faite comme député. Devenu membre du conseil des cinqcents, lors de l'établissement de la constitution de l'an 5, Bergoeing coopéra de tout son pouvoir à la révolution du .18 fructidor , et il lit maintenir son collègue Duprat sur la liste des déportés. Sa position et tous ses antécédents devaient le faire entrer naturellement dans le complot qui prépara le 18 brumaire ; tuais son inti- mité connue avec Barras ne permit pas aux conjurés de lui rien communiquer à cet égard; et après cette révolution, Bergoeing n'eut aucune part aux faveurs et aux emplois que distribua le nouveau consul. Cependant Murat, qui l'avait connu dans les salons du directoire, le lit venir à Naples, lorsqu'il en fut le souverain, et lui donna une place de peu d'impor tance, qu'il conserva jusqu'à la chute de son protec- t en 1815. Revenu dans sa patrie, Bergoeing y est mort peu de temps après. La brochure qu'il lit imprimer en 1795, et réimprimer dans l'an 5 , est fort curieuse ; elle a pour titre la longue Conspiration des jacobins pour dissoudre la convention nationale prouvée. C'est une pièce importante pour l'histoire. L'auteur trace le tableau des travaux de la commission des douze, qui tenait, dit Bergoeing, tous les lils de la conspiration ourdie aux jacobins pour donner un dictateur à la France. Bcrgoeing adressa cette brochure à ses commettants el à tous les citoyens de la république. Il y porte à dix mille le nombre des victimes dans les massacres de septembre. Il donne des extraits des séances de la commune de Paris, d'un grand nombre de déclarations, de dispositions faites à la commission des douze, de notes et de lettres qui lui furent adressées par Thomas Payne, Amelot, etc. ; le texte d'une horrible proclamation adressée aux frères et amis, et signée : les administrateurs du comité de salut pu- blic , Pouls, Sergent, Marat, etc., constitués par la commune et séant à la mairie, etc
  • François BERLINGHIERI : noble florentin et Kéte italien, tlorissait vers le milieu du 15° siècle. Il eut pour maitre Christophe Landino et Marsilio Ficino. 11 est plus d'une fois question de lui dans les lettres de ce dernier, et il y en a même trois qui lui sont adressées. Plusieurs autres écrivains l'ont mentionné avec beaucoup d'éloges. Il publia un ouvrage de géographie en vers et en tercets ou terza rima, sous ce titre : Geografia di Francesco Berlinghieri Fiorentino, etc., con sue lamie in varj siti e provincie, secondo la Geografia e distinctione delle tavole di Tolomeo , à Florence, par Nicolas Todesco, grand sans date ; mais ce livre étant dédié à Frédéric d'Urbin, qui mourut en 1482, l'impression en dut être faite quelques années auparavant. L'auteur dit luimême, dans sa dédicace, qu'il avait composé cet ouvrage sous le pontificat de Sixte IV , et qu'il n'avait alors que vingtcinq ans. Ce livre est rare; l'impression en est assez belle, niais pleine de fautes. Il est divisé en 7 journées ou 7 livres, à la fin de chacun desquels sont des cartes assez bien gravées pour le temps, e con opportune e belle tavole, dit Mazzuchelli, in fine d'ogni libro. Haym dit aussi que ces cartes sont gravées a maraviglia bene
  • François BESSIÈRES( 1765 - 1825) : né le 21 avril 1765 à Montauban, était général de division dès 1793. Il fut mis à la retraite en 1811, puis reprit de l'activité pendant les cent jours, où il fut maire de Montauban et membre de la chambre des représentants. Remis une seconde fois en retraite en octobre 1815, il est mort en septembre 1825
  • François BERNI( 1400 - 1536) : que quelques auteurs ont aussi appelé BERNA et BERNIA , est un des poètes italiens les plus célèbres du 16° siècle. 11 naquit vers la fin ; c'étaient le Maure), le Casa, Firenzuola, Capilupi , et plusieurs autres. Ils riaient (le tout dans leurs réunions, faisaient sur les objets les plus graves, et même les plus tristes, des plaisanteries et (les vers. Ceux du }terni étaient les meilleurs, les plus piquants, et- avaient un tour si particulier que son nom est resté au genre dans lequel il les composait. 11 était à Rome en 1527, lorsqu'elle fut saccagée par l'armée du connétable de Bourbon , et il y petdit tout ce qu'il pouvait avoir. 11 lit depuis plusieurs voyages avec son patron Ghiberti, à Vérone, à Venise et à Padoue. Enfin, las de servir, et n'espérant plus rien ajouter pour sa fortune à un canonicat de la cathédrale de Florence, qu'il possédait depuis quelques années, il se retira dans cette ville, pour y vivre dans une indépendante et honnète médiocrité; mais la faveur des grands, qu'il eut la faiblesse de rechercher, ou qu'il n'eut pas le bonheur d'éviter, te mit dans une position difficile, dans laquelle on assure qu'un crime lui fut proposé, et qu'il paya de sa vie le refus de le commettre. Alexandre de ?lédicis, alors due de Florence, était en inimitié ouverte avec le jeune cardinal Hippolyte de Médicis. Le Berni plut également à l'un et à l'autre, et se trouva en titisme temps assez avancé dans leur confiance pour que l'on ait douté lequel des cieux lui avait fait la proposition d'empoisonner l'autre. Le fait est que le cardinal mourut en 1535, et que, selon tous les historiens, il mourut empoisonné. On place la Mort du Berni 26 juillet 1536, et si ce fut de poison qu'il mourut, comme on l'assure, c'est le duc Alexandre (lue l'on peut en accuser, et non le cardinal Hippolyte. Il n'y a lieu (l'ètre surpris ni d'un crime (le plus dans cet Alexandre, ni du refus que le Berni avait fait d'y ?rèter son ministère ; mais on peut l'étre de ce que l'ennemi d'Hippolyte eùt choisi pour confident un chanoine, il est vrai, peu canonique, et plus que libre dans ses écrits ainsi que dans ses moeurs, mais un homme si insouciant, si gai, un poëte si jovial. Il excella dans le genre burlesque , mot que nous ne prenons guère que dans une acception défavorable, mais qui ne signifie, en italien, que plaisant, enjoué, badin. Il le perfectionna, lui donna plus de naturel, (le vivacité, d'élégance ; il en fut, et en est encore regardé comme le meilleur modèle ; et ce genre, ainsi perfectionné, prit dès lors le titre de bernesque ou berniesque, qu'il a toujours conservé. Il y devient quelquefois trèsamer; ses satires joignent trop souvent à l'enjouement d'Horace le sel âcre de Juvénal ; et même Boccalini , dans ses Ragguagli di Parnasso, feint que ce dernier satirique, défié par le Berni refuse d'entrer en lice. Dans tout ce qu'il a écrit, l'extrême licence est son défaut le plus grave, et ce n'est pas seulement à un ecclésiastisque, mais à tout homme bien élevé qu'il sied mal d'écrire ainsi. Il est vrai qu'il ne communiquait ses vers qu'à ses amis, qu'il n'avait jamais pensé à les publier, et qu'ils ne furent recueillis et imprimés qu'après sa mort. On peut aussi alléguer pour son excuse la dépravation excessive des moeurs de son temps, et l'exemple de plusieurs poètes , ses contemporains , couverts du mème habit , et non moins licencieux que lui. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que la facilité prodigieuse qui brille dans son style était le fruit d'un grand travail, et que presque tous ses vers étaient corrigés, effacés, et recorrigés plusieurs fois. 011 dit la même chose de l'Arioste ; et ce sont les deux poètes italiens dont les vers sont les plus coulants et les plus faciles. Il écrivait aussi trèspurement en vers latins, et savait fort bien le grec. On a de lui : 1 Rime burlesche , réimprimées plusieurs fois avec celles d'autres poètes du même genre, le Casa, le Mauro, le Molza , etc. La 1" édition est celle de Venise, 1558 Dans l'espace de dix ans, il en parut plusieurs autres aussi complètes; elles furent ensuite augmentées et publiées en 2 parties par Grazzini, dit le Lasca, qui excellait luimême dans ce genre ; mais ces deux parties parurent séparément, et à sept années de distance ; savoir : il primo Libro dell' Opere burlesche di Francesco Berni, di Giov. della Casa, etc. , Florence, Bernard Junte, 1548 il secondo Ltbro, etc. , Florence, par les héritiers de Junte, 1555 Ce volume est plus rare que le premier, qui fut réimprimé deux fois par les Junte, 1550 et 1552, tandis qu'ils n'imprimèrent le second qu'une seule fois. Les deux parties furent ensuite réunies, et portées depuis à trois dans plusieurs éditions, qu'il serait trop long de citer. :le Orlando innamorato , composto già dal sig. Natte° Maria Bojardo, conte di Scandiano, ed ora rifatto tutto di nuovo du M. Francesco Berni, Venise 1541 Milan, 1542 Venise, avec des additions, 1545 Cette dernière édition est la plus recherchée et la plus rare. Molini en a donné une trèsjolie et trèscorrecte , Paris , 1768 , 4 vol. Il ne faut pas croire que ce poème, écrit trèssérieusement par le Bojardo , ne soit que travesti , et mis en style burlesque par le Berni. En le refaisant tout entier, il y plaisante quelquefois, quand le sujet le comporte, mais il s'élève assez souvent au ton de l'épopée ; il ajoute des détails heureux, dans l'un et dans l'autre style; ses débuts de chants sont souvent comparables à ceux même de l'Arioste. Le Roland Amoureux du Bojardo, admirable pour l'invention, n'a dans le style aucun attrait ; celui du Berni en a, au contraire, un trèsgrand, et se relit avec plaisir, même après le Roland furieux. e La Catrina , alto scenico rusticale , Florence , 1567 C'est un ouvrage de la première jeunesse de l'auteur ; il est écrit dans le langage des paysans de la Toscane, comme la Nencia da Barberino, le Cecco du Varlongo, etc. Cette petite pièce se retrouve dans le t. 1" du Recueil de Comédies du 16° siècle, Naples, 1751 4° Carmina. Ces poésies latines sont insérées dans le recueil intitulé : Carmina quinque Etruscorum Poelarum , Florence, 1562, in - 8° ; et dans celui qui a pour titre : Carmina illustrium Poetarum lialorum, Florence, '1719
  • François BERNIER : dans le siècle brillant de Louis XIV, se distingua également comme philosophe et comme voyageur. Son mérite, sous ce double rapport, était encore rehaussé par les gràces de son esprit et de sa personne. Tant d'avantages lui procurèrent de son vivant une grande célébrité qui lui a en partie survécu. On ne lit plus ses traités de philosophie ; c'est une suite naturelle du progrès des sciences depuis le 17° siècle; mais, par la même raison, ses voyages sont mieux appréciés et plus estimés qu'ils ne l'ont jamais été. Ils font connaître des contrées qu'aucun Européen n'avait visitées avant lui, et qu'on n'a pas mieux décrites depuis, comme, par exemple, le pays de Cachemire. Ils jettent une vive lumière sur les révolutions de l'Inde à une époque intéressante , celle d'Aureng - Zeyb. George Forster place Bernier au premier rang des historiens de l'Inde ; il loue son style simple et intéressant, son jugement exquis, l'exactitude de ses recherches; et la lettre oit Forster porte ce jugement sur le voyageur français est datée de Cachemire même. Bernier fut recherché par les personnages les plus illustres et les plus distingués de son temps. Il eut des liaisons particulières avec Ninon de Lenclos, madame de la Sablière, Chapelle, dont il a composé l'éloge , et StEvremont, qui nous le représente comme digne, par sa figure, sa taille, ses manières, sa conversation, d'être appelé le joli Philosophe. 11 contribua , avec Boileau, à la composition de cet arrêt burlesque qui empêcha le grave président de Lamoignon de faire rendre par le parlement de Paris un arrêt véritable, qui eût été plus sérieusement burlesque. Bernier naquit à Angers; on ne dit point en quelle année. II étudia la médecine ; et, après s'être fait recevoir docteur à Montpellier, il se livra à son goût pour les voyages. 11 passa en Syrie en 1654 , et de là il se rendit en Égypte. 11 demeura plus d'une année au Caire, où il fut attaqué de la peste. 11 s'embarqua peu de temps après à Suez, pour aller dans l'Inde, et y résida douze ans, dont huit en qualité de médecin de l'empereur Aureng- Zeyb. Le favori i.de ce prince , l'émir Danichmend , ami des sciences et des lettres, protégea Bernier, et l'emmena avec lui dans le Cachemire. De retour en France, Bernier publia ses voyages et ses ouvrages philosophiques. Il visita l'Angleterre en 1685, et mourut à Paris, le 22 septembre 1688. Voici la liste de ses écrits :1° Histoire de la dernière révolution des États du Grand Mogol, etc. , t. I et 2, Paris, 1670 2 , avec une carte ; Suite des Mémoires du sieur Bernier sur l'empire du Grand Mogol, t. 5 et 4, Paris, 1671. Ces divers écrits tirent distinguer Bernier de ses homonymes par le surnom de Mogol. Ils ont été plusieurs fois réimprimég sous le titre suivant : Voyages de Fr. Bernier, contenant la description des États du Grand Mogol, de l' Indoustan, du royaume de Cachemire, etc. , Amsterdam, 1699 et 1710 ou 17!4, 2 vol. lig. ; et traduits en anglais, Londres, 1671, 1675 2. Abrégé de la Philosophie de Gassendi. La première édition a été imprimée à Lyon en 1678, en 8 vol. in - 12; la seconde, en 1684, est en 7 vol. On trouve, dans cette dernière, les Doutes de M. Bernier sur quelques- uns des principaux chapitres de son Abrégé de la Philosophie de Gassendi, qui avaient été imprimés séparément, Paris, 1682 C'est dans cet écrit, adressé à madame de la Sablière, qu'il dit : « Il y a trente à quarante ans que je philosophe, « fort persuadé de certaines choses, et voilà que je « commence à en douter. C'est bien pis : il y en a « dont je ne doute plus, désespéré de pouvoir jamais « y rien comprendre. » La philosophie de Bernier était celle d'Épicure ; on peut en juger par ce passage d'une lettre de St-Évremont à la célèbre Ninon de Lenclos : « M. Bernier, en parlant de la mortili« cation des sens, me dit un jour : Je vais vous faire « une confidence que je ne ferais pas à madame de « la Sablière, à mademoiselle de Lenclos, et même . 8° Traité du libre et du volontaire, Amsterdam, 1685
  • François BÉROALDE DE VERVILLE( 1558 - 1612) : fils du précédent, naquit à Paris, le 28 avril 1558. Son père, qui était protestant, l'éleva dans ses principes ; mais après la mort de son père il rentra dans la religion romaine, et même il embrassa l'état ecclésiastique. 11 obtint un canonicat à StGatien de Tours, le 5 novembre 1595. Il avait montré fort jeune des dispositions pour les sciences> et il était à peine âgé de vingt ans, quand il publia, en latin et en français, le Théâtre des Instruments mathématiques et méca- niques de Jacques Besson, Dauphinois, avec des de sa façon. Si on l'en croit, à cette époque il avait déjà fait des découvertes en mathé- matiques, il avait appris l'horlogerie et l'orfèvrerie, et ses cohnaissances dans les langues anciennes lui avaient mérité d'ètre chargé de l'éducation du lits d'un grand seigneur ; mais Béroalde était extrême- Iv- ment vain ; il ne parie jamais de lui qu avec un trèsgrand contentement ; et, pour exalter le succès de ses études, qu'il avait étendues à toutes les sciences exactes , il se flattait de posséder plusieurs rares secrets, d'avoir découvert la pierre philosophale , le mouvement perpétuel et la quadrature du cercle. En lisant ses ouvrages, on reconnaît à la vérité qu'il avait des connaissances étendues et variées, mais on s'aperçoit qu'il manquait de jugement. Son style est diffus, et si embrouillé que la lecture mème de ses poèmes est trèspénible; aussi ses ouvrages ne sontils recherchés que des curieux. La plupart ont été réunis sous le titre d'Appréhensions spirituelles Paris, Timoth. Jouan., 1585 On trouve dans ce recueil tin poème intitulé l'Idée de la république, mauvaise imitation de l'Utopie de Thomas Morus. Sa traduction de l'Hynerotomachia F. Colonna. ouvrage connu sous le titre de Songe de Polyphile, ne vaut pas mieux ; il n'a fait que changer et défigurer celle que Jean Martin avait donnée de cet ouvrage. On trouvera une liste assez exacte des autres écrits de Béroalde dans le t. 54 des » moires de Niceron ; nous indiquerons seulement ici : 10 l'Histoire véri- table, ou le Voyage des Princes fortunés, oeuvre stéganographique, Paris, 1610 ouvrage ennuyeux suivant Niceron , mais recherché. 2.° Le Cabinet de Minerve, auquel sont plusieurs singularités, etc., Rouen, 1601 plein d'une érudit ion mal digérée. Le plus curieux des ouvrages de Béroalde est son Moyen de parvenir, imprimé sous le titre de Salmi- gondis, qui lui convenait davantage, et sous celui de Coupe- cu dela Mélancolie, ou Vénus en belle humeur. Il y a des contes agréables dans ce livre ; mais on y en trouve un plus grand nombre d'obscènes et de bouffons; on y remarque aussi une grande liberté en matière de religion , et cela a donné lieu de penser que Béroalde n'était pas catholique de bonne foi. Les meilleures éditions de cet ouvrage sont : I. celle, sans date de 459 p. , édition originale, que Niceron croit des Elzevirs. 2° Celle, sans date de 547 p. : suivant M. Brunet, c'est celleci que les curieux ajoutent à la collection des Elzevirs, et il y en a des exemplaires sous le titre de Salmigondis, à Chinon, de l'imprimerie de Rabelais, l'année pantagruéline 2 vol. de 544 p., avec là dissertation de la Monnoie sur l'auteur de cet ouvrage. Cette dissertation a été réimprimée dans les éditions suivantes et elle mérite d'étre lue. 3' Les éditions de 1000 700 32 , 2 vol. — 1000 700 57 , 2 vol. jolie édition. On présume que Béroalde est mort vers 1612, son dernier ouvrage portant la date de cette année. La Croix du Maine lui attribue deux tragédies françaises sans en indiquer le sujet ; elles n'ont point paru
  • François BERTAUT( 1621) : sieur de Fréauville, fils de Pierre Bertaut, gentilhomme ordinaire du roi, neveu du précédent, et frère puîné de madame de Motteville, naquit à Paris, en 1621.11 obtint, par la protection de sa soeur, et malgré le cardinal de Richelieu, une charge de lecteur de la chambre du roi. Ses succès à la cour furent tels, que le jeune monarque quittait souvent le conseil pour aller le trouver, et « qu'il lui donna une partie dans les « concerts de guitare qu'il faisait quasi tous les « jours . » Le cardinal en prit de l'ombrage ; ce qui détermina Bertaut à vendre sa charge , quoiqu'elle ne lui eût rien coûté. Il accompagna en Espagne le maréchal de Gramont, qui allait demander l'infante MarieThérèse, au nom du roi. Madame de Molteville nous a conservé dans ses Mémoires le journal de l'ambassade, qui lui fut envoyé par son frère. Fréauville était alors conseillerclerc au parlement de Rouen et prieur du MontauxMalades. Mais il quitta ensuite la cléricature pour acheter, en 1666, une charge de conseiller au parlement de Paris, où il se fit esti- mer par sa probité et ses lumières. 11 mourut avancé en àge, dans les premières années du 18' siècle. On a de lui : 1° Journal d'un voyage d'Espagne, fait en 1650, contenant la description de ce royaume, etc., Paris, 1669 Cette relation renferme des remarques curieuses sur les antiquités . L'abbé de Marolles nous apprend que « Bertaut avait été cm-. » avait aussi voyagé en Allemagne et dans le Nord. 2° Les Prérogatives de la robe, Paris, 1701 Le but principal de l'auteur est de prouver que la « noblesse qui naît des emplois militaires n'est. pas « d'une espèce différente de la noblesse qui vient de « la magistrature. Elles tirent toutes deux leur on-. » Il cherche à établir, dans le chap. 8, qu'en 1557 les états, ou l'assemblée des notables du royaume, se composèrent d'un quatrième ordre celui de la justice. Barbier, qui cite cet ouvrage dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes, 2e édition, t. 5, n.11,659, appelle l'auteur Bertrand de Fréauville. Le P. Lelong avait commis la même erreur en donnant à madame de Motteville, pour nom de famille, celui de Bertrand. Cette faute a été corrigée dans la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France. Parmi la foule des libelles qui furent publiés, en 1649, contre le cardinal Mazarin, il trouva un dans lequel on établit entre Mémoires de madame de Motteville, t, 5, p. 240. p Boucher de la Rieharderie. Bibliothèque des voyages, t. 5, . 386. Mémoires de Marolles, abbé de Villeloin, t. 3, p.238. autres propositions : « Que les griefs des peuples « devaient ètre décidés par les armes, et qu'ils pou-« valent porter la couronne dans d'autres familles « ou changer de lois. » Bertaut, qui était alors fort jeune, répondit à cet écrit, et sa réponse fut estimée. Madame de Motteville, qui rapporte cette particularité, ne fait pas connaître les titres des deux ouvrages. Bertaut a aussi composé, selon l'abbé de Marolles, « quelques vers polis qui tiennent beaucoup « de ce beau naturel qu'avait son oncle, évèque de « Séez ; il en a fait aussi de latins
  • François BONAFIDE( 1400) : botaniste italien, né vers la fin du 15e siècle. Après avoir exercé la médecine à Rome, il se fixa à Padoue, où il se livra à la pratique et à la théorie de son art. En 1555, il fut chargé de professer la botanique dans l'université. Jusquelà, cette science ne consistait que dans l'exposition des passages des auteurs grecs, latins ou arabes qui avaient parlé des plantes ; mais insensiblement on en était venu à l'examen de la nature. nonafide fit sentir si vivement les avantages qui résulteraient, pour faciliter l'étude et la parfaite connaissance des plantes, d'un jardin où elles seraient réunies et exposées aux yeux des étudiants, que les procurateurs obtinrent du sénat de Venise la fondation du jardin de botanique de Padoue : cet établisseruent forme une époque mémorable dans l'histoire de cette science. Daniel l3arbaro, patriarche d'Aquilée, appuya efficacement la demande de Bonafide. Ce jardin, que l'on plaça entre les deux belles églises de StAntoine et de SteJustine, et auquel on donna la forme circulaire, fut établi en 1540. Bientôt il devint l'admiration des savants. Belon, qui passa à Padoue en 1550, revenant de son voyage au Levant, dit n'avoir rien.vu de plus magnifique en ce genre, et que, si le sénat avait fait bâtir un palais de marbre enrichi d'or, il n'aurait pas fait un plus beau monument. Bonafide en fut nommé le premier directeur,. ou prcefectus. Il continua à y démontrer les plantes jusqu'en 1547, qu'il se retira , accablé de vieillesse et privé de la vue. Dans sa longue carrière, il n'a fait paraître que le traité suivant : de Cura pieu- Midis per vence sectionem, adversus C Ticensem, ponZif VII medicum, 1555
  • François BONAMI( 1710 - 1786) : recteur de l'université de Nantes, y naquit le 10 mai 1710, et y mourut en 1786, après y avoir exercé la médecine, et professé la bottanique avec distinction, pendant cinquante ans. 11 le descendait d'une futaille patricienne de Florence , M. l'abbé Jean Bertin, le comte de Marcellus, M. Jules Simon , enfin M. Henri de Bonald, fils acné du vicomte de Bonald, ont donné sur lui des notices. —On a remarqué que dans le rapport du jury sur les prix décennaux, il n'est pas plus question de l'ouvrage de Bonald sur la Législation primitive que du Génie du christianisme de Cliàleaubriand, et du livre de madame de Ste' intitulé : de la Littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, c'est-à dire des trois productions littéraires qui avaient fait le plus de sensation dans la décade d'années fixée pour le concours. Des considérations politiques peuvent seules expliquer ce silence, qui dépose de la servilité dont fit preuve ce tribunal académique. dont une branche vint s'établir à Nantes au commencement du 16° siècle. Après avoir fait ses études médicales à Montpellier, il vint à Paris pour se perfectionner, et y demeura trois ans. Ensuite il retourna à Nantes, où il fut reçu docteur en 1735. Passionné pour l'étude (les plantes, il lit dès 1735 un cours' de botanique à ses frais, et le continua jusqu'à sa mort, sans en avoir jamais eu de récompenses que le plaisir de répandre l'instruction et des témoignages honorables de la part des états de Bretagne. Il a publié, en 1782, le résultat de ses observations, dans un ouvràge intitulé : nom Nannelensis Prodromus, Nantes L'auteur y a inséré quelques plantes qui se trouvent en d'autres lieux de la Bretagne, et dans les cantons limitrophes du Poitou et de l'Anjou, qu'il avait parcourus. Trois ans après, il y ajouta un supplément sous le titre d'Addenda ad Floroe Nannelensis Prodromum Nantes, 1785 Cet ouvrage est intéressant , malgré son peu d'étendue, parce qu'il est le premier qui ait fait connaitre les végétaux d'une partie de la Bretagne , et qu'il s'en trouve près de soixante espèces qui n'avaient point encore été trouvées en France. Il fut aidé dans ses recherches par le frère Louis , capucin de Nantes, qui, dans un ordre peu adonné à la culture des sciences, avait cependant acquis des connaissances solides en botanique. A la demande de plusieurs savants, appuyée par le comte de Maurepas, une ordonnance de 1726. enjoignit à tous les capitaines de navires du port de Nantes d'apporter des graines et des plantes des pays étrangers, pour être cultivées dans le jardin' de botanique de cette ville, qui devait servir d'entrepôt à celui de Paris : la loi fut promulguée ; mais on n'assigna aucuns fonds pour la dépense qu'exi, geait son exécution. Bonami s'adressa en vain aux états de Bretagne ; il y suppléa ; et, depuis 1735, iii entretint, pour cet objet, un jardin à ses dépens. Cet4 utile établissement a été ravagé ou totalement détruit pendant les troubles de la révolution. Bonami fu l'un des fondateurs de la société d'agriculture de, Bretagne, la première qui ait existé en France. 11 a publié : Observations sur une fille sans langue , qui parle, avale, et fait toutes les autres fonctions qui dépendent de cet organe. Cette fille, nommée Marie Grèlard, naquit en 1743 ; à l'âge de huit à neuf ans, elle fut attaquée d'une petite vérole maligne ; il lui survint à la langue des ulcères qui dégénérèrent en gangrène. Cet organe se corrompit: la malade en détachait des lambeaux avec ses doigts, et le chirurgien lui en enleva le reste avec des ciseaux. Dès lors cette fille cessa de parler. Pendant les trois premières années qui suivirent cet accident, elle ne fit plus entendre que des sons inarticulés ; au bout de ce temps, Marie Grèlard commença par bégayer; elle s'accoutuma peu à peu à parler plus distinctement ; elle réussit enfin à parler, et même à chanter, avec autant de facilité qu'auparavant. Ce phénomène trouvera peut-ètre , parmi nos lecteurs, quelques incrédules ; nous les renvoyons au t. 23, p. 57, du' Journal de Médecine, dont nous avons extrait ce qui iprécède. Bonami était en correspondance avec Antoine et Bernard oe Jussieu, Duhamel du Monceau, Lamoignon de Malesherbes et Gouan. 11 fut trèslié avec Réaumur, et il ne manquait pas d'aller passer quelques jours près de lui, lors du séjour que ce savant faisait tous les ans dans la terre de son nom, située dans le bas Poitou. LS'étant marié en 1754, à l'âge de quarantequatre ans, avec une riche héritière, il put donner plus d'extension à ses sentiments généreux et bienfaisants. Il a eu quatorze enfants, qu'il a vus tous réunis, et dont neuf lui survécurent longtemps. L'aménité de son caractère, le zèle et le désintéressement avec lesquels il s'acquittait de ses fonctions, lui concilièrent l'estime et mème la vénération de ses concitoyens.Vicqd'Azyr, secrétaire de la société royale de médecine, faisant l'éloge du docteur Bonami, qui en était associé régnicole, dit : « lion« neur au citoyen qui, se distinguant par un patrio« tisme aussi louable , laisse à son panégyriste le « soin de l'apprendre, lorsqu'il ne sera plus, à son « son siècle et à la postcrité. » Un (les auteurs de cet article a consacré à sa mémoire un des genres nouveaux qu'il a découverts à Madagascar, et lui a donné le nom de Bonamia. La place de ce genre de plantes dans les familles naturelles n'est pas encore bien déterminée.D. NL, et D—P—s.
  • François BERTRAND( 1500) : avocat, né à Orléans dans le 16° siècle, avait reçu une éducation soignée; mais il ne répondit point aux desseins de sa famille, et consulta moini, sa raison que son goût en se livrant à la poésie. On a de lui : les Premières idées d'amour, contenant les amours d'Europe, en quatre livres, six églogues et un livre de Mélanges, Orléans. •599 ; Priam, roi de Troie, Ira- qédie, avec des choeurs, imprimée en 1600, selon les 'auteurs de l'Histoire du ThéàtrerFrançais; à Rouen en 1605, suivant la Vallière ; et à Rouen en 1611 selon Beauchamps
  • François BETTA( 1526 - 1765) : fut un jurisconsulte italien du 16e siècle. Né à Roveredo en 15.26, il fut appelé dès sa jeunesse à réformer, non le code, mais les statuts municipaux de sa patrie, et député à Vienne pour en obtenir la confirmation. Il remplit divers emplois honorables, d'abord auprès du cardinal Christophe Madruzzi, ensuite dans le duché de Parme, où il eut même, pendant l'absence du duc Octave Farnèse, le titre de viceduc ; enfin, dans la principauté de Trente, où il fut commissaire général et lieutenant du cardinal Louis Ma druzzi, neveu du cardinal Christophe. En 1585, l'archiduc Ferdinand lui accorda, par un diplôme, la permission d'ajouter à son nom celui d'un bien noble appelé le Toldo, qui lui appartenait; il obtint en 4 561 , du pape Pie IV, par un autre diplôme, le titre de comte palatin. Le duc de Parme, Alexandre, successeur d'Octave, le lit, en 1587, président du sénat ou du conseil suprême de justice qu'il venait de créer; enfin, le duc Ranuce ayant remplacé Alexandre, mort en Flandre, nomma François Betta son conseiller et auditeur général du gouvernement de Parme. Betta mourut en cette ville, l'an 4599. Jacques Tar- tarotti, dans son Saggio della Biblioteca Tirolese, dit avoir retrouvé à Chiusole, village du canton de Roveredo, quatre volumes de consultations laissées en manuscrit par cet habile jurisconsulte. — Félix Joseph BETTA, né à Roveredo, comme le précédent, était sans doute de la même famille. 11 était ecclésiastique, et fut revêtu, en 1755, de là dignité d'archiprêtre dans sa patrie. Il cultiva les lettres et la poésie, en mem temps que les sciences sacrées. Les ' archives de l'académie des Agiati de Roveredo conservent de lui des vers tant latins qu'italiens, et plusieurs morceaux en prose. Quelquesunes de ses poésies sont éparses dans les recueils du temps. Il mourut sexagénaire le 11 novembre 1765. — Jean- Baptiste BETTA, parent de FélixJoseph, et prêtre comme lui, était de la même académie des Agiati, et publia dans quelques recueils, sous le nom académique d' Aminta Lazarino , des morceaux en prose intitulés Journées pastorales, où il s'étudiait à imiter l'Arcadie de Sannazar
  • François BIANCHINI( 1662) : savant italien, naquit à Vérone, le 15 décembre 1662. Après ses premières études faites dans sa patrie, il se rendit à Bologne, où il fit, dans le collége des jésuites, sa rhétorique et trois années de philosophie. Les mathématiques tt . le dessin l'occupèrent ensuite ; il montrait un goût particulier pour ce dernier talent, et il y excella. 11 alla, en 1680, à Padoue, suivre ses études; il y • ajouta celle de la théologie, et reçut le doctorat. Son maitre de mathématiques et de physique y fut le savant Montanari, qui le prit dans une affection parti- culière, et lui légua en mourant tous ses instruments de mathématiques et de physique. A Padoue, Bianchini apprit aussi l'anatomie, et, avec plus de prédilection, la botanique. Déterminé à suivre la carrière ecclésiastique, il se transporta au centre des affaires et des,grâces. Il fut bien accueilli à Rome par le cardinal Pierre Ottoboni, qui connaissait sa famille, et qui le nomma son bibliothécaire. Alors, pour obéir à l'usage, il se livra à l'étude des lois, mais sans abandonner ses travaux sur la physique expérimentale, les mathématiques et l'astronomie. 11 fut reçu membre de l'académie physicomathématique, établie par Monsignor Ciampini, et y lut plusieurs dissertations savantes. Revenu dans sa patrie vers l'an 1686, il y contribua trèsactivement au rétablissement de l'académie des Alétophiles ; il l'engagea surtout à éclairer la physique du flambeau de la géométrie, et pour faciliter ses travaux, il lui lit don des que lui avait légués Montanari ; mais cette académie avait besoin de sa présence, et quand il fut retourné à Rome deux ans après, tlle cessa d'exister. Fixé désormais à Rome , il s'y lia avec les savants les plus distingués, et ajouta à ses connaissances celles du grec, de l'hébreu et du fran-çais. Les antiquités devinrent aussi une de ses plus fortes occupatiord Il passait souvent • des jours entiers au milieu des ruines antiques, assistait à toutes les foni lies, visitait tous les musées, dessinait avec autant de goût que d'habileté tous les monuments. A la mort d'Innocent XI, le cardinal Ottoboni, son protec- teur, élu pape sous le nom d'Alexandre VIII, s'occupa aussitôt de la fortune de Bianchini, lui donna un canonicat à Ste- Marie de la Rotonde, le nomma garde et bibliothécaire du cardinal Pierre Ottoboni, son neveu, lui accorda deux pensions, et aurait été plus loin, s'il eût vécu plus longtemps, et si Bianchini eût voulu entrer dans les ordres ; mais il ne se décida à prendre le sousdiaconat et le diaconat qu'en 1699 , et ne voulut jamais etre ordonné prètre. Alexandre VIII mourut en 1691 ; le cardinal. son neveu, continua de faire sentir à Bianchini les effets de sa protection : il lui lit obtenir, en 1699, tas canonicat de StLaurent in Damas°, le voulut avoir près de lui, et le logea dans son palais. Clément XI, élu en 1700, lui donna, l'année suivante, le titre de son camérier d'honneur, l'autorisa à pren- die l'habit de prélat, appelé il mantellone, ' et lui assigna un logement au palais de MonteCavallo. 11 le nomma, en 1702, pour accompagner, avec le titre d'historiographe, le cardinal Barberini, légat a latere à Naples, quand le roi d'Espagne, Philippe V, alla prendre posSession de ce royaume. Bianchini profita de cette occasion pour visiter le Vésuve, et monta jusqu'au haut'du cratère. Revenu à Rome, il fut agrégé, en 1705, par le sénat, lui, toute sa famille et les descendants qu'elle pourrait avoir, à la noblesse romaine et à l'ordre des patrb ciens. Le pape le choisit pour secrétaire de la commission chargée de la réforme du calendrier, et dont le cardinal Noris était président. Pour régler avec précision le cours de l'année, il était nécessaire d'é- tablir et de fixer, avec la plus grande exactitude. les points équinoxiaux. Bianchini, chargé de tirer une ligne méridienne et de dresser un gnomon dans l'église de SteMariedesAnges, termina avec le plus grand succès cette opération difficile, dans laquelle il fut aidé par le savant Philippe Maraldi. La méridienne en cuivre a de longueur 75 de nos anciens pieds de Paris, et le gnomon 62 et densi de hauteur. On y voit les douze signes du zodia- que, parfaitement représentés en marbre de dif- férentes couleurs, et les étoiles de chaque signe sont en cuivre, avec leurs grandeurs respectives et toutes leurs variétés. « M. Bianchini, dit Fontenelle « dans son éloge, fut purement mathématicien dans la construction de ce grand gnomon, pareil à celui « que le grand Cassini avait fait dans StPétrone de « Bologne. » Clément XI , un hiltiment souterrain, consistant en trois « grandes salles, dont les murs étaient percés, dans « toute leur étendue, de niches pareilles à celles que « l'on fait dans les colombiers, afin que les pigeons « s'y logent. Elles étaient remplies, le plus souvent, « de quatre urnes cinéraires, et accompagnées d' « criptions qui marquaient le nom et la condition « des personnes dont on voyait les cendres : tous « étaient esclaves ou affranchis de la maison d'Au- « guste, et principalement de celle de Livie. L'édi- « lice était magnifique, tout de marbre avec des or- « nements de mosaïque d'un bon goût. M. Bianchini « ne manqua pas de sentir toute la joie d'un anti- « , scoperti nella via Appia, cd illustrate con annota- ZiOni l'anno 1726, Rome, 1727, grand fig. 12° Circi maximi et anliqui imperat. roman. palatli Iconographia, Rome, 1728, grand in—fol., fig. 15° Del Palazzo de' Cesari, opera postuma, Vérone, 1758, grand fig., édition donnée par Joseph Bianchini, neveu de l'auteur, qui y joignit une tra- duction latine. 14° Dissertatio posthuma de tribus generibusinstrumentorum musicce veterum organicce, Borne, 1742 15° Vitce Romanorum ponlificum a B. Petro Apostolo ad Nicolaum perductœ , cura Anastasii S. R. E. bibliothecarii, etc., Raine, 3 vol. Cette édition de l'Histoire pontificale d'Anastase le bibliothécaire, avec toutes les additions faites dans les éditions précédentes, enrichie de nouvelles additions, de variantes tirées des meilleurs manuscrits, de plusieurs autres pièces, et de savants prolégomènes de l'éditeur à chacun des volumes, fut un de ses derniers travaux. Le 1 er volume parut en 1718, le 2' en 1725, et le 5' en 1728, un an avant sa mort ; il y manquait un Ac volume, qui fut ajouté par son neveu, comme nous le verrons dans l'article suivant. 160 Opuscula varia nunc primum in lucem cdita, Rome, 1754, 2 vol. Ces opuscules, rassemblés et publiés par Bianchini le neveu, devaient ètre suivis de plusieurs autres, tirés des manuscrits de son oncle; mais ces deux seuls volumes ont paru. 170 On trouve de ses poésies italiennes dans le recueil de celles des Academici concordi de Ravenne, Bologne, 1687 Quelque longue que soit cette liste, on y pourrait ajouter un grand nombre de lettres scientiliques, de dissertations, de réflexions et observations insérées dans l'Histoire de l'acadé- mie des sciences, années 1704, 1706, 1707, 1708, 171'5, 1718 ; de discours d'éloges et d'autres opuscules imprimés, sans compter ceux qu'il légua au chapitre de Vérone , et qui n'auraient pas dû y rester inédits
  • François BOCCHI( 1548 - 1618) : né à Florence, en 1548, fut un des écriyains les plus féconds de cette illustre cité. Guidé dans la carrière des lettres par son oncle paternel , vicaire général de l'évêque de Fiesole, il annonça, dès son enfance, les plus heureuses dispositions, et eut depuis le bonheur d'obtenir l'estime et.l'appui de Laurent Salviati, le Mécène de son temps. Il mourut dans sa patrie, en 1618, et fut enterré dans l'église de StPierreleMajeur, auprès de ses ancêtres. Ses nombreux écrits sont en latin et en langue toscane. On distingue entre autres : 1. Dis- corso a chi de' maggiori guerrieri, che insino a questo tempo sono stati, si dee la maggioranza attribuire, Florence, Giorg. Marescotti, 4573, 1579 2° Discorso sopra la lite delle artni e delle lettere, e a cui si dee il primo luogo di nobiltà altribuire, Florence, 1579, 1580 ; 5° Discorso sopra la Musica , non secondo Carte di quella, ma second la ragione alla politica pertinente, Florence, 1581 ; 4° Eccellenza della statua di Giorg. Donatello, collocata sù la facciata della chiesa di S. Michele, etc., Florence, Sermartelli, 1584 ; 5° Dis- corso sopra il pregio dell' umano valore, ibid , 1587 ; 6° le Bellezze della città di Firenze, doue a pieno di pittura, di scultura, di sac- ri tempii, di palazzi, i più notabili artifizii e pipi preziosi si contengono, ibid., 4592 2° édition, augmentée par Jean Cinelli, ibid., Guagliantini, 1677 ; 5° édition, Pistoic, Dom. Fortunati, 1678 7. Opera di Fr. Bocchi sopra miracolosa della santissima Nunziata di Firenze , etc., Florence, 1592 8" Della cagione onde venne ne gli antichi secoli la smisurata potenza di Roma e dell' Italia, ibid., Sermartelli, 1598 ; 9° Ragionamento supra l'uomo da bene, Florence, Sermartelli, 1600 ; 10') et 11° Epistola de horribili sonitu audit Florentiœ ; de restaurations testitudinis sacres ecclesice Majoris collapsoe, Florence, 1604 deux lettres composées au sujet des dégradations qu'éprouva cette église, frappée de la foudre en 1604 ; les éloges en latin de Raimond Florence, 1606 de François de Médicis, Florence, les Junte , 1587 de Pierre Vettori, 1585 : ce dernier, composé aussi en italien, ainsi que celui de Laurent Salviati ; 15° deux livres d'éloges des hommes illustres de Florence, Florence, 1607 ; 14. ° ratio de laudibus Joannce Austrice , etc., Florence 1578; traduit par luimême en italien ; 15. Discours civils et militaires ; 16. Histoire de Flandre ; 17° un volume de lettres : ces trois derniers ouvrages en italien ; 18° de Laudibus regince Margaritœ Ans- tria, etc., Florence, 1612 ; 19. une traduction italienne du discours de P. Vettori, sur la mort de Cosme de Médicis ; 20° quelques autres ouvrages de peu d'importance
  • François BOLOGNETTI : sénateur bolonais, et poète italien du 16° siècle. 11 fut dans sa patrie l'un des quarante , en 155d, et gonfalonier l'année suivante. Il était d'une académie qui portait le titre , de Convivale , que nous rendrions par Académie de table. Les académiciens , après un dîner modeste, On voit par des vers qu'il adressait au contrôleur général des finances, Boullongne, que ce ministre, en raison de la ressemablansa des noms, s'étant informé de l'auteur, lui avait fait obtenir une pension. A —T. C'est par erreur que quelques ,aographes disent qu'il mourut à Paris en 1799. Le nom de Bologne ne se trouve plus dans la Table des Pales français en 1789. On y trouve une traduction en vers latins du 1 ' livre no Télémaque et une pièce en vers latins sur Bplogne, en remerclnient iux académiciens de cette ville. A—T. partageaient entre eux des cartes, sur lesquelles étaient écrites des questions de galanterie, de littérature ou de philosophie; chacun était obligé d'y répondre surlechamp par une pièce de vers, ou par un discours oratoire. Quand l'exercice académique commençait , on laissait entrer les spectateurs , qui étaient quelquefois trèsnombreux. Bolognetti eut pour amis la plupart des hommes célèbres de son temps, entre autres, Paul Manuce, Bernardo Tasso, J.B. Giraldi, les Flaminio, etc. On a de lui : 1° il Cossante, poème héroïque, Venise, 1565, en 8 livres Bologne , 1566 , en 16 livres ; Paris, 1654 , idem Il avait composé quatre autres livres qui terminaient ce poème , niais qui n'ont point été publiés. Bolognetti s'est placé, par cet ouvrage , parmi les poètes épiques qui ont traité l'art selon les règles prescrites par les anciens , et non avec la liberté presque sans bornes des poètes romanesques. La plupart des auteurs italiens qui ont écrit sur l'épopée, et le Tasse luimême , dans son Traité du poéme héroïque, lui ont donné de grands éloges. 2° Rime , Bologne, 1566 D'autres poésies de lui sont éparses dans divers recueils. Son petit poème , Poemeilo , sur le plaisir, composé de cinquante octaves , est imprimé dans la 1" partie des Rime di diversi, Venise, 1580 On l'a inséré dans le 6' volume du recueil de petits poèmes de cette espèce, Turin, 1797, 12 vol. 3° La Cristiana Vittoria maritima ottenula a tempo di Pio V, en 5 livres, Bologne, 1572
  • François BIELINSKI : Polonais, d'une famille ancienne, répandue en Pologne, en Prusse et en Bo- hème. Son père était grand maréchal de la couronne, et mourut en 1715. François se distingua par son ardeur pour l'étude, et fit des progrès remarquables dans les sciences, surtout dans l'histoire naturelle. Il encourageait les savants par des services généreux, et faisait valoir leurs travaux : deux ouvrages de Lucas Gornicki furent imprimés à ses frais. En 1710, Auguste 11 le nomma staroste de Marienbourg, vayvode de Cuita , et maréchal de la couronne. En 1755 Bielinski s'attacha Ti la fortune de Stanislas, et suivit ce prince à Dantzick. Lorsque cette ville se fut rendue, il se soumit à Auguste Ill, qui le nomma grand maréchal de la couronne. Il réorganisa alors la police de Varsovie et de tout le royaume, et la dirigea avec sévérité. Bielinski mourut sers l'année 1766. On a de lui une traduction, en polonais, d'une pièce tirée du grand recueil de Rousset. et traitant des prétentions de la Pologne sur la Livonie et la Courlande. Cette traduction fut imprimée à Varsovie, en 1751
  • François BILLEMAZ( 1750 - 1793) : l'un des plus ardents propagateurs des principes révolutionnaires à Lyon, naquit vers 1750, à Belley, de parents aisés. Doué de quelque esprit, mais manquant des qualités qui pouvaient le faire réussir au barreau, il acheta la charge de greffier civil et criminel à Lyon, qu'il exerçait en 1787. Malgré la perte de son emploi, par la suppression des tribunaux, il montra le plus grand zèle pour la révolution , dans laquelle il apercevait les moyens de se venger de ses ennemis et de satisfaire sa vanité. Dans un voyage qu'il fit à Paris, il 'vit les principaux chefs des jacobins; et, dès qu'il fut dé retour à Lyon, il s'empressa d'organiser un club, s'ouvrit le 50 mai 1790. Ce fut le premier qui s'établit dans cette ville, et il fut appelé depuis le club central. Billemaz, qui se vantait d'avoir allumé dans Lyon le feu de la liberté, devint bientôt un personnage influent. Nommé juge de paix en 1791, il prononça, quelques mois après, en présence des électeurs réunis pour choisis' un évêque, un discours qui fut imprimé, et dans lequel on remarque ce trait : « Un paysan breton voulait un évêque qui ne fût « pas prêtre; celui que vous nommerez le sera né« cessairement, parce qu'il sera un sage. » Billemaz poursuivit avec fureur tous les ecclésiastiques qui avaient refusé le serment; non content de les dénoncer dans les clubs, il les accablait d'invectives dans les journaux, cherchant par d'atroces et sales calomnies à leur faire perdre la confiance dont ils jouis; saient. Après la mort du roi, il vint à Paris et parut à la barre de la convention pour y faire parade des services qu'il avait rendus à la chose publique. On ignore le rôle qu'il joua durant le siége mémosable de Lyon ; mais il ne put échapper à la vengeance que le comité de salut public tira des habitants de cette malheureuse ville. Arrêté comme agent des Girondins , il périt sur l'échafaud, le 5 décembre 1793. On connaît de Billemaz : 1° Discours de l'âne du F.•. Naboth, 1787 C'est un pamphlet contre les f•ancsmaçons. 2° Le Grand Bailliage de Lyon, comédie en un acte et en prose, représentée par MM. les officiers audit siége, le 27 septembre 1788 , Lyon, de l'i? prfmerie de l'auteur, à l'enseigne de la vérité de 54p. Cette pièce satirique est devenue rare
  • François BIRAGO( 1562) : auteur italien d'une grande autorité dans la science dont il fut en quelque sorte professeur c'est ce qu'on nomme en Italie scienza cavalleresca, el qui embrasse toutes les questions relatives à la noblesse, à la profession des armes, aux anciens usages de la chevalerie et aux lois de l'honneur. Né en 1562, d'une famille noble de Milan, il vivait, et même écrivait encore en 1637. Étant l'aîné de six frères, il prenait dans ses ouvrages le titre de seigneur de Melon° et de Siciano : c'étaient deux fiefs de sa famille, dans la Lomelline, sur le territoire de Pavie. Un auteur contemporain, J.P. de' Crescenzi, a écrit, dans son traité de la Noblesse d'Italie, que Birago était l'arbitre des discussions chevaleresques en Lombardie ; que, mème de toutes. les parties de l'Italie, on recourait à lui comme à un oracle pour ces sortes de décisions, le regardant comme un chevalier qui réunissait à la noblesse du sang celle de l'ame. Les ouvrages qu'il a laissés, et qui traitent tous de cette matière, sont :1 ° Dichiarazione ed avvertimenti poetici, islorici, politici, cavallereschi e morali nella Geiusalemme conquistala di Torquato Tasso, Milan , 1616 Ses Allégories sur ce poème ont été insérées dans le t. 1".des oeuvres du Tasse, Venise, 1722. 2° Traitai cinegetico, ovvero della caccia, nel pale si discorre esatlamente intorno ad essa, Milan, 1626 Ce sujet n'y est envisagé que du côté des droits de chasse, et des questions auxquelles il donne lieu. 3° Discorsi cavallereschi, ne' quali... s'insegna ad onorevolmente racchettar le querele nate per cagion d'onore, Milan, 1622 ; seconde édition, revue eraugmentée par l'auteur, 1628. 4° Consigli cavallereschi, ne' quali si ragiona circa il modo di Pare le paci, con un’ apologia cavalleresca per il signor Torquato Tasso, Milan, 1623 Dans cette apologie, l'auteur défend le Tasse du reproche qu'on lui avait fait de n'avoir pas observé les lois de la chevalerie dans le défi et clans le combat entre Tancrède et Argant, liv. '1 de la Jérusalem délivrée. 5° Il seconda libro dei Consigli cavallereschi, Milan, 1624 ; réimprimé ibid., 1657 6° Cavalleresche Decisioni, Milan , 1657 On réimprima ensemble ces quatre derniers ouvrages sous le titre d'Opere cave leresche distinte in quattro libri, cioè in discorsi; consigli, libro 1 e 2 ; e decisioni, Bologne, 1686
  • François BIVAR( 1500 - 1636) : religieux de l'ordre de Liteaux, né à Madrid, dans le 16e siècle, mort dans la même ville, en 1656, après avoir professé longtemps la philosophie et la théologie, a été procureur général de son ordre à Home. On a de lui : 1° des Vies de Saints ; 2° un Traité des Hommes illustres de l'ordre de Cileaux ; 5' un Traité de l'Incarnation ; un commentaire sur la Philosophie d'Aristote. Il publia un commentaire sur' la chronologie de Flavius Lucius Dexter, que quelques critiques traitèrent d'imposture, ce qui , dit Moréri, à donner deux apologies pour sa justification. Ces deux apologies n'ont pas empêché de reconnaître cette chronique pour un ouvrage supposé
  • François BISSO : médecin de Palerme dans le 16e siècle, eut longtemps une pratique trèsheureuse, et en 1581 fut nominé, par Philippe II, premier médecin du royaume de Sicile. 11 mourut à Palerme, le 20 janvier 1598. Il n'était pas moins bon poëte que bon écrivain, aussi ses écrits intéressentils plus les lettres que la médecine proprement dite ; ce sont : 1. un ouvrage dramatique représenté à Palerme aux dépens du public, en 1573; 2° Oratio in obitu Francisci Ferdinandi Avalos, etc. On n'a de lui, en médecine, qu'un ouvrage sur l'érysipèle : Epislola medica de erysipelate , Messine, 1589 ; et Apologia in curatione cegritudinis Francisci Ferdinandi Avalos, Pisearia3 marchionis . et Sicilice proregis, Palerme, 1571 ; et encore ce dernier écrit n'atil qu'un rapport indirect à l'art de guérir
  • François BISTAC( 1677 - 1752) : grammairien, né à Langres en 1677 , et mort en 1752 , étudia sous Ant. Carnier, recteur du collée de cette ville, auquel il succéda. Il lit paraître , en 1745 , avec des corrections et des augmentations , la 6° édition des Rudiments de la langue latine, connus sous le nom de Rudiments de Langres. Cet ouvrage , composé et publié primitivement par Garnier en 1710, et revu par Bistac, eut un grand nombre d'éditions, et fut alors adopté dans la plupart des colléges de proet vince. On l'a réimprimé à Lyon en 1810, à Avignon en 1824, et l'abbé Pagès l'a traduit en italien , Pérouse, 1813
  • François BLACKBURNE( 1705 - 1787) : théologien anglican, né en 1705, à Richmond, dans le comté d'York, fut élevé à l'université d'Oxford, et prit les ordres en 1728. Nommé, vers 1739, recteur de Richmond, il se distingua dès lors par son exactitude à remplir ses devoirs de pasteur ; mais ce ne fut guère qu'en 1750 que, nouvellement élu archidiacre de Cléveland et chanoine de Bilton , il commença à se faire connaître plus particulièrement, comme défenseur de la liberté religieuse, en publiant l'Apologie des auteurs d'un livre intitulé : Recherches libres et sincères relatives à l'Église d'Angleterre, etc. S'étant engagé, en 1756, dans la controverse concernant l'état intermédiaire, qui occupait alors l'attention des théologiens, il publia quelques éçrits, où il s'attache à démontrer qu'il n'y a dans l'Ecriture aucune preuve d'un état • intermédiaire, heureux ou malheureux, entre la mort et la résurrection. Ce fut en 1766 que parut le plus célèbre de ses ouvrages, le Confessionnal, ou libre et entier Examen du droit, de l'utilité, de l'édi fication et de l'avantage de l'établissement de professions systématiques de foi et de doctrine dans les Églises protestantes, in - 8°. Cet ouvrage, qui, comme tous ses autres écrits de controverse, parut sans nom d'auteur, excita fortement l'attention publique, et donna naissance à une foule de pamphlets pour et contre la doctrine qui y était exposée. Une seconde édition suivit de près la première, et, en 1770, il en parut une troisième, corrigée et augmentée. Les sentiments de l'auteur parurent si opposés à la doctrine de l'Église anglicane, qu'une congrégation de dissidents ne craignit pas de lui proposer de devenir leur pasteur; mais il s'y refusa. Il publia , en 1768, des Considérations sur l'état actuel de la controverse entre les protestants et les catholiques de la Grande- Bretagne et de l'Irlande, particulièrement sur la question de savoir jusqu'à quel point ces derniers ont droit à la tolérance , d'après les principes du protestantisme. Blackburne, entraîné par sa haine pour le catholicisme, s'écarte beaucoup, dans cet ouvrage, de cette tolérance qui convient à un défenseur de la liberté religieuse, et dont il avait fait preuve dans ses autres 'écrits. Il mourut en 1787, âgé de 83 ans. Outre les ouvrages cités, et un grand nombre de pamphlets et de sermons, on a de lui un Tableau historique abrégé de la controverse, concernant l'état intermédiaire , etc. , depuis le commencement de la réformation protestante jusqu'au temps présent, avec un discours préliminaire sur l'utilité et l'importance de la controverse théologique, 1765 ; réimprimé en 1772, avec des additions. Il a écrit aussi, dans les papiers publics anglais , quelques petites pièces en faveur de la liberté politique, et il a eu beaucoup de part à un recueil de lettres et d'essais sur ce sujet, publié en 5 vol. 1774. Son style est ferme et animé, et ses ouvrages polémiques sont plus que ne le sont d'ordinaire ceux de ce genre
  • François BLANCHARD : avocat à Paris, mort en 1660 , a publié : 1° Eloges de tous les premiers présidents du parlement de Paris, depuis qu'il e été rendu sédentaire jusqu'à présent , 1645 : JeanBaptiste l'Hermite Souliers coopéra à cet ouvrage; 2. les Présidents à mortier du parlement de Paris, depuis 1651 jusqu'à présent, 1647 5° l'Histoire des mantes des requêtes, depuis 1260 jusqu'en •1575 , 1678 — Guillaume BLANCHARD, son fils, reçu avocat au parlement de Paris, en 1674, a laissé une Compilation chronologique des ordonnances des rois de France depuis 1615 jusqu'en 1688, Paris, 1715, 2 vol. édition trèsdéfectueuse , quoique ce soit la seconde de ce recueil, et que l'auteur eût la facilité rie visiter les registres du parlement, et les mémoriaux de la chambre des comptes. Il se proposait de donner une nouvelle édition avec des additions importantes et la continuation. Mais la mort le surprit le 28 septembre 172i. Il a de plus augmenté les éloges des présidents à mortier que son père avait publiés en 1645 et 1647. Il a aussi laissé une luis foire où il parle des chanceliers, des gardes des sceaux, des avocats et procureurs généraux, depuis l'établissement du parlement jusqu'en 1724 , ainsi qu'une histoire des maîtres des requêtes. — Élie. BLANCHARD, né à Langres, le 8 juillet 1672, mort le 17 février 1755 , membre do l'académie des inscriptions et belleslettres, dans les mémoires de laquelle on trouve quelques dissertations de lui, savoir : Mémoire historique sur les animauxespectés en Egyple ; 2° Discours Mir les sybarites ; Recherches sur la ville de Mégare en Achaïe . Élie Blanchard avait été élève du savant Dacier
  • François BLANCHET( 1707) : né à Angerville, près de Chartres, le 26 janvier 1707, de parents peu fortunés, vint finir ses études à Paris dans le collège de LouisleGrand, entra au noviciat des jésuites en 1724, pour en sortir bientôt, mais n'en conserva pas moins l'estime de ses maîtres, et resta l'ami des PP. Brumoy, Bougeant et Castel. Il se livra d'abord à l'instruction publique, et professa, d'une manière distinguée, les humanités et la rhétorique dans deux collèges de province. Le dépérissement de sa santé l'obligea de quitter ces fonctions pénibles pour les éducations particulières, qui souvent le sont encore davantage. Il honora cette profession que tant d'autres ont décriée; elle ne lui fit rien perdre de la dignité de son caractère, ni de la liberté de son esprit, et tous ses élèves lui firent honneur par des moeurs irréprochables. Sa bienveillance s'étendit jusque sur leurs enfants et leurs petitsenfants ; il ne les perdait pas de vue, les suivait dès le berceau jusqu'à leur entrée dans le monde, et versait des larmes de joie au moindre de leurs succès. Chanoine de la cathédrale de BoulognesurMer, il se dégoûta bientôt d'un état qui exigeait le sacrifice entier de son indépendance, et donna sa démission. Nommé un des interprètes à la bibliothèque du roi, et poursuivi par ses scrupules, il voulut encore refuser ; niais Bignon lui déclara que cette place était une récompense, et non pas un emploi, et le força de garder son traitement. On le fit bientôt après censeur, à condition de ne rien censurer; mais il accepta le titre, et refusa la pension. Ses amis, encouragés par ces victoires remportées sur les répugnances de l'abbé Blanchet, le firent nommer garde des livres du cabinet du roi, à Versailles ; il réussit 'dans cette situation délicate, même au gré des courtisans, dont il repoussa les avances par le respect, et qui le trouvèrent toujours honnête sans familiarité, et vrai sans rudesse. Guéri de toute illusion par le séjour de Versailles, où il périssait de chagrin et d'ennui, il quitta sa place et se retira à StGermainenLaye, où il languit durant près de dixsept ans, et mourut le 29 janvier 1784, âgé d'environ 80 ans. Recherché dans la société pour la douceur de son commerce et l'aménité de son esprit, il ne s'y montrait que sous des dehors aimables; mais il s'y pro(iluisait rarement, et ne s'y montrait guère qu'avec sa belle humeur et son bel habit, dit Dusaulx, son biographe. Habituellement sombre et mélancolique dans la solitude à laquelle il s'était condamné, il voulait souffrir seul de ces vapeurs, et craignait toujours de faire souffrir les autres, ce qui lui faisait dire : « Tel que je suis, il faut bien que je me sup-- « porte ; mais les autres y sontils obligés ? » Cependant cet homme, dont les infirmités précoces avaient considérablement altéré l'humeur et diminué l'activité, retrouva toujours clans le besoin de servir ses amis un principe de vie qui le rendait infatigable, et cette âme, apathique et insouciante pour ses propres intérèts, reprenait son ressort lorsque quelqu'un d'eux parvenait à une place utile ou honorable. Ce mélange de scrupules, d'irrésolutions et de singularités, a paru assez piquant à Dusaulx pour le peindre dans la vie qu'il a mise à la tète d'un des livres de l'abbé Blanchet. C'est dans cette source qu'on a puisé tous les détails qui composent cet article. Le même Dusaulx a été l'éditeur des ,,, deux ouvrages de son parent ; savoir, des. Variétés le morales et amusantes, Paris, 1784, 2 vol. et des Apologues et Contes orientaux, ibid., 1785 Ce dernier ne parut qu'après la mort de l'auteur. L'un et l'autre recueils prouvent de l'esprit et du goût. « Quant à la diction, dit son biographe, le né-« gligé des grâces lui plaisait beaucoup plus que « toutes leurs parures. Ses écrits, traductions ou « compositions, portaient le même caractère d'un « goût sûr et d'une pureté de style qui rappelle le « siècle de Louis XIV. » On a encore de lui : Vues I sur l'éducation d'un prince, etc., Paris, 1784 et une ode sur l'Existence de Dieu. 11 s'était surtout attaché à bien narrer, art qui, en fait de littérature, lui paraissait la clef de tous les autres; aussi, peu d'hommes ont poussé à un si haut degré le talent de raconter avec grâce, et de donner des formes agréa- bles et piquantes aux moindres bagatelles. Pour se perfectionner à la fois dans l'art d'écrire et de par-, er, il avait commencé par verser, disaitil, du fran- çais dans les moules des anciens. Il s'exerça d'abord sur TiteLive et Tacite. L'abbé de la Bletterie voulut se l'associer pour concourir à la traduction du peintre de Tibère; mais Blanchet craignit de prendre un engagement. Les deux seuls morceaux de ces historiens qu'on ait de lui sont l'histoire ton->chante de la famille d'Hiéron, par TiteLive, et la conjuration de Pison contre Néron, par Tacite. 11 cultiva les muses latines et françaises, et l'on a de lui quelques pièces de poésie d'un genre délicat et .agréable, dont la plupart furent attribuées aux meil"leurs poètes du temps, qui ne s'en défendaient pas. ',A ce sujet, l'abbé Blanchet disait en riant : « Je « suis charmé que les riches adoptent mes enfants. » De plusieurs milliers de vers qu'il avait composés, iil ne s'en est conservé qu'un petit nombre, parce iqu'il ne les communiquait qu'à un ami, à condition de n'en pas laisser prendre copie, exigeait ensuite qu'on les lui renvoyât, passant de mauvaises nuits quand il ne les recevait pas assez tôt, et à mesure 1 qu'il les recouvrait, avait grand soin de les brûler, en se comparant au vieux Saturne, qui dévorait ses enfants
  • François BLONDEL( 1617 - 1686) : connu surtout par ses rares talents en architecture, naquit à Ribemont en Picardie, l'an 1617, et fut choisi en 1652 pour accompagner dans ses voyages le jeune comte de Brienne, fils d'un secrétaire d'État. Blondel et son pupille parcoururent pendant trois années les pays du Nord , l'Allemagne et l'Italie. On imprima, en 1663 et 1665, la relation de leur voyage , écrite en latin. Blondel fut ensuite employé à plusieurs négociations diplomatiques. 11 dit , ,dans son Cours d'architecture , qu'il voyagea en Egypte , et qu'en 1659 , il vint à Constantinople , en qualité d'envoyé extraordinaire du roi de France, au sujet de la détention de l'ambassadeur français. Le succès de cette négociation lui valut un brevet de conseiller d'Etat, et il fut choisi pour enseigner au dauphin, fils de Louis XIV, les belleslettres et les mathematiques. Il fut aussi professeur de cette dernière science au collége royal. En 1665, Blondel lit connaître et connut luiméme ses talents pour l'architecture, à l'occasion d'un pont élevé à Saintes, sur la Charente. Il le rétablit , et y plaça un arc de triomphe. En 1669 , il fut nommé membre de l'académie des sciences ; et le roi ordonna, par lettres patentes , que les ouvrages publics de la ville de Paris seraient dorénavant exécutés sur les plans tracés par Blondel, qui furent mis en dépôt dans l'hôtel de ville. En 1672, on restaura , sous sa direction, la porte StAntoine, qui, par des raisons de commodité publique, fut démolie en 1777. En 1674, il exécuta pour la porte StBernard le même travail , toujours ingrat, et qui offre souvent plus de difficultés qu'une conception première. Blondel put enfin ètre luimème dans la construction de l'arc triomphal de la porte StDenis. Il s'y attacha moins à la quantité d'ornements qu'à la justesse des proportions. Son intention était de ne pas ouvrir les deux portes latérales de ce beau monument , comparable à tout ce qui reste des ouvrages anciens du mème genre, qui lui ont , à la vérité, servi de modeles. Le prévôt des marchands et les échevins en décidèrent autrement : ils exigèrent qu'il commit une faute , pour la commodité des gens de pied, auxquels ces portes latérales ne sencilt presque à rien , surtout aujourd'hui que l'arc de triomphe est isolé , comme il devait l'ètre , et qu'on circule tout autour. On doit observer que Blondel fut luiméme auteur , Paris, 1675, grand Cet ouvrage se trouve aussi dans le Recueil de plusieurs trai- Louis XIV accorda à Blondel le grade de maréchal de camp, pour le récompenser de ces deux derniers ouvrages , qu'il lui présenta en 1675 ; mais ce monarque ne permit pas qu'ils fussent publiés avant que l'on eût achevé les fortifications qu'il faisait faire en plusieurs places. Blondel , à qui les artistes ont quelquefois donné le surnom de Grand, et qui est du moins l'un des hommes qui ont le plus contribué à la gloire de l'architecture française , mourut en février 1686, après avoir été marié deux fois, , et avoir eu , de sa première femme , deux enfants qui embrassèrent la vie ecclésiastique
  • François BONICHON : prêtre de l'Oratoire, professa les belleslettres avec distinction dans plusieurs colléges, et ftlt ensuite pourvu de la cure de StMichel (l'Angers, où il se rendit recommandable par sa vigilance , sa charité, et les soins qu'il mit à instruire son troupeau jusqu'à sa mort , arrivée en 1662. 11 est connu par les deux ouvrages suivants : I° Pompa episcopalis, Angers, 1650, in - fol. , livre rare, composé à l'occasion de l'installation de Henri Arnauld sur le siège d'Angers. C'est une dissertation sur les anciennes cérémonies observées lorsque les évêques faisaient leur première entrée dans leur diocèse. 2. L'Autorité épiscopale défendue contre les nouvelles entreprises de quelques religieux mendiants Angers, 1658. Arnauld avait rendu, en-1654 et 1655, des ordonnances pour Soumettre les religieux à son approbation avant d'exercer le ministère de la confession et de la prédication. Ces ordonnances furent supprimées par le parlement, et maintenues par le conseil. Le P. Bonichon composa cet ouvrage pour les soutenir
  • François BORGIA ou BORJA : prince de Squillace, dans le royaume de Naples, fils de Jean Borgia, comte de Ficalho, et de Françoise d'Aragon, était, par une singularité remarquable, arrièrepetitfils d'un pape , et petitfils d'un général des jésuites . descendait aussi, par sa mère, de don Fernand, roi d'Aragon. Son père, né en 1555, avait été ambassadeur en Portugal et à la cour de l'empereur Maximilien. Il publia un livre d'emblèmes, sous ce titre: Empreses morales ; il le dédia à Philippe If, et le fit imprimer, en 1581 Don François Borgia , gentilhomme de la chambre de Philippe IV, fut souvent appelé , par les littérateurs qu'if protégeait, le prince des poètes d'Espagne. Ce titre, donné par la flatterie, ne sera point confirmé par la postérité. Borgia n'occupa le premier rang dans aucun genre de poésie, mais il eut le bonheur d'are lié dans sa jeunesse avec le second des frères Argensola , qui l'affermit dans l'amour de la littérature classique , et assura son goût. A l'époque où les Espagnols étaient séduits par la boursouflure et l'esprit entortillé de Gongora, le prince Borgia eut le mérite de demeurer attaché aux anciens modèles, et de se mettre à la tète de l'ancien parti. Dès la préface versifiée de ses poésies , il proteste hautement contre l'affectation qui s'emparait de ses compatriotes; et, dans ses sonnets, dans ses chants de Jacob et Rachel, et surtout dans ses romances lyriques, il conserve une simplicité souvent gracieuse. Il ne faut point, au reste, s'attendre à ce que la simplicité espagnole fût jugée simple en français. Borgia Iniméme, d'après notre goût, serait souvent accusé de recherche. Nommé viceroi du Pérou, en 1614, il contribua, par ses talents et par son aménité, à la civilisation de cette belle province du nouveam, monde : il y donna son nom, en •618, à la ville de Borja sur le Mararion, dans la province de Maynas, qu'il réunit à la couronne espagnole. Après la mort de Philippe III , il obtint son rappel et revint en Espagne, où, libre des soins d'un vaste gouvernement, il cultiva les lettres et la poésie, et mourut dans un âge avancé, le 26 septembre 1658. Ses ouvrages sont : 1 ° Obras en verso, Madrid, 1659; Anvers, 1654 et 1663 ; 2° / Vapes recuperada por et rey don Alonso, poème épique, ou plutôt historique, imprimé dans l'hôpital royal de Sarragosse, en 1651 LouisJoseph Vélasquez, dans son Origine de la Poésie castillane,. ne fait point d'éloge de cet ouvrage, un des vingthuit poèmes épiques de l'Espagne ; niais il loue les églogues et les élégies de l'auteur. Nicolas Antonio regarde Borgia comme un des premiers poètes lyriques de sa nation : Suavis, urbanus, facilisque in paucis poela, ut a lyricorum principalu non longe constiterit. Vers la lin de sa vie, François Borgia traduisit de Thomas à Kempis quelques opuscules qui furent imprimés après sa mort , sous ce titre : Oraciones y Medilaciones de la vida de Jesu Christo, con otros dos tratados, de los Ires Tabernaculos, y soliloquios del Alma, Bruxelles, 166j, V—VE.
  • François BORROMINI( 1599) : naquit en 15J9. à Bissone, dans le duché de Milan. Son père, qui était architecte, l'envoya dès l'âge de neuf ans à i1ilan, et ensuite à Rome, pour y apprendre la sculpture. Charles _Maderno, son parent, qui y jouissait d'une grande réputation, et qui avait reconnu dans le jeune Bonomini une imagination ardente et propre à la perfection des beauxarts, l'admit dans son ecole, et, pour le bien diriger dans la carrière de l'architecture, lui fit apprendre la géométrie. Bientôt Maderno jouit du fruit de ses soins pour Borromini, et le chargea de mettre au net ses dessins pour les édifices qui l'occupaient. 11 l'entretenait aussi dans Part du statuaire, et lui 1.t sculpter les tètes de clu et les guirlandes qui ornent les petites portes et les frontons du portail de StPierre. Borromini peignait aussi, et l'on voit de lui un assez bon tab4eau dans la maison des Pères de 1Oratoire de la ChieNova , dont il devint ensuite l'architecte. Contemporain du Bernin, élève attaché à Maderno, il avait adopté la méthode d'user témérairement des profils et des proportions de la sage antiquité, hors de laquelle on ne peut produire rien d'excellent en architecture. Cet artiste, jeune encore, avait acquis assez de pratique et de partisans pour obtenir la place d'architecte de StPierre, après la mort de Maderno. en 1629. 11 est vrai que le cavalier Bernin lui fut donné pour l'accompagner dans ses travaux ; niais la confiance de Borromini en ses propres forces ne lui permit pas de rester longtemps d'accord avec ce célèbre concurrent, qu'il regarda dès lois comme son rival. Pour nuire à sa réputation, il s'efforça de renchérir sur la corruption du goût introduite par Maderno dans l'architecture. Ce goût, qui fut ézalement adopté dans la peinture et dans la sculpture, devint en Italie une mole vicieuse, bien remarquable pendant la tin du 16e et le commencement du -17e siècle. Ce que nous en disons ici est d'autant plus utile, que le mot borrominesco, épithète de giisio en italien, donne, dans l'architecture, l'idée la plus prècise des ornements entortilles, des formes bizarres et fantastiques dans les plans et dans les coupes des édifices. Ce mauvais goût, que l'on reproche quelquefois aux architectes allemands, a été sur le point de s'introduire en France, lorsque les Guarini aux Théatins, les Oppenord, les Messonnier et les Germain à StThomas du Louvre, firent de l'orfévrerie en architecture. En nous dispensant de parler de tous les ouvrages de Borromini, nous fixerons cependant les idées que nos lecteurs doivent se former de son talent, par l'extrait de ce qui nous a paru le plus propre à atteindre notre but, dans l'un de ses historiens : « Cet artiste bâtit au fond de la cour de la s Sapience, à Rome , bue église dont la façade est « concave, et dont le plan est un polygone; les côtes « en sont alternativement concaves et convexes. La « mime ondulation se fait remarquer dans l'extérieur « du tambour de la coupole ; sa partie convexe est « en forme de gradins, interrompus par les contre« forts. La lanterne est ce qu'il a de plus bizarre : « son tambour est un zigzag, audessus duquel s'é« lève un escalier en forme de spirale, qui soutient « une couronne (le bronze. sur laquelle est une « boule portant la croix qui termine l'édifice. L'église ft de StCharles ne fait voir qu'un amas confus de « parties droites, convexes. concaves, avec des cos lonnes de diffétents diamètres. Eu réparant la s grande nef de StJeandeLatran. il donna à la « principale entrée une forme circulaire. les niches, « ornées de colonnes de vert antique, avec une cous ronne sur l'entablement. sont d'une invention « aussi ingénieuse que les profils en sont irréguliers « et bizarres; les cintres sont brisés, et rien n'est (t plus désagréable que de voir ces colonnes portées « par des consoles, au lieu de piédestaux. Le meil« leur ouvrage de Borromini est la façade de l'église s de Ste- Agnès, place Navone. Elle présente en effet « un style noble et plus imposant que ses autres pro« ductions. On estime aussi beaucoup ce qu'il a fait « au collége de la Propagande. s Les édifices de cet architecte, soit qu'il en ait conduit la construction, suit qu'ils aient été faits d'après ses dessins, sont trèsnombreux, et lui acquirent, de son vivant, une grande réputation. Le pape Urklin 'VIII le créa chevalier de l'ordre de l'Eperon. et le roi d'Espagne lui donna le collier de l'ordre de StJacques. La jalousie qu'il avait conçue de la grande réputation du cavalier Bernin le tourmentait beaucoup. Pour s'en distraire, en vain entrepritil de voyager en Italie. A son retour à Roule, il ne s'occupa plus qu'a faire des dessins, pour en former ensuite un recueil de gravures propre à faire connaître la fécondité de son génie. L'application qu'il mit à cette entreprise affecta tellement chez lui le genre nerveux, qu'il devint hypocondre, et maigrit en trèspeu de temps. ,;_sa situation devint si terrible qu'il ruzissait comme un lion. Son neveu, d'après les conseils des médecins et des personnes éclairées qui lui étaient attachées, éloigna de lui tous les instruments et papiers qui pouvaient servir à ses travaux. Ces contrariétés no tirent qu'irriter ses accès ; ils devinrent tels, qu'un jour, en criant qu'il ne pouvait plus endurer une existence si horrible, il sortit de son lit, saisit son épée et s'en perça le corps mortellement. à l'âge de 68 ans. Borromini était d'une constitution forte, ce qui pouvait lui promettre de plus longs jouis ; mais l'ambition de surpasser ses rivaux, et de laisser de lui dans son art ridée d'un homme du premier rang, qu'il s'était flatté d'avoir atteint, le portait à la recherche des impossibles. Ce sentiment, né d'un orgueil excessif, n'altérait point en lui ceux de la probité. Il ne mit jamais aucun prix à ses ouvrages, et refusa toujours les arrangements lucratifs que lui proposaient des entrepreneurs peu délicats. Son neveu, son seul héritier, n'en recueillit pas moins une grande fortune, dont il jouit paisiblement, abandonnant la profession d'architecte dans laquelle il avait été élevé par son oncle. L'oeuvre de ce dernier a été publié sous ce titre : Fr. Borromini Opus architecionicum, opera Seb. Giannini, Rome, 1727
  • François BOURGEOIS : jésuite, né en Loi- raine, où il professa la théologie à l'université de Pont-àMousson, fut l'un (les derniers jésuites de France qui se consacrèrent aux missions de la Chine. Parti de l'Orient le 15 mars 1767, il arriva à Vampou, à trois lieues de Canton, le 13 août de la même année, dans des circonstances fâcheuses. Le supérieur de la mission lui lit recommander (le garder sur son vaisseau le plus strict incognito ; mais ce qu'il raconte prouve combien les Chinois ont le coup d'oeil exercé pour reconnaître un missionnaire parmi tous les autres Européens. « Malgré toutes mes pré« cautions, ditil dans une de ses lettres , le 15 « août, je fus reconnu deux fois avant dix heures « du matin. Un vieux Chinois , qui avait pénétré « dans la grande chambre où je vivais en reclus, « m'ayant envisagé, dit à un de nos officiers, en « portugais : Voilà un padre. Une heure après, un « autre Chinois m'apostrophant , me dit : padre , « padre. Je me mis à rire, et lui montrai ma bourse « à cheveux ; mais il soutint toujours que j'étais un « padre. On me lit babiller tout en soie et en satin, « et je fus bientôt d'un brillant achevé. Je crus pou« voir alors aller tète levée dans tout le vaisseau. Je « me trompais. Un Chinois vint à moi, et, me serrant la main affectueusement, il m'appela padre. » Le P. Bourgeois était un trèsbel homme, de haute taille, et d'une ligure martiale, qui aurait dû mettre en défaut le talent des physionomistes chinois. Appelé à Pékin, il partagea longtemps son zèle entre les chrétiens de cette capitale et ceux (les missions circonvoisines, et devint supérieur de la résidence des jésuites français. L'âge de ce missionnaire nous fait présumer sa mort ; mais l'interruption, déjà ancienne, (le toute correspondance avec l'intérieur de la Chine, nous laisse ignorer l'époque où il a cessé de vivre. On a de lui un assez grand nombre de lettres , répandues dans les derniers recueils des Lettres édifiantes, et dans les Mémoires sur l'histoire, les arts et les moeurs des Chinois. L'auteur (le cet article a eu l'avantage d'habiter pendant plusieurs années avec le P. Bourgeois à l'université de Pont-àMousson, et il a. reçu de lui quelques lettres écrites de Pékin
  • François BOURGOING( 1585) : 5e général de la congrégation de l'Oratoire, de la même famille que les précédents, naquit à Paris, le 18 mars I58. Son père, conseiller à la cour des aides, « homme docte « èslangues, et bien versé dans la poésie, » dit la Croix du Maine, et auteur d'un traité latin, de l'Origine et de l'Usage des mots françois, espagnols et italiens, eut un soin particulier de son éducation. Le jeune Bourgoing, né avec de grandes dispositions pour la vertu et pour les sciences, doué d'un esprit facile et d'une mémoire heureuse, fit ses études en Sorbonne avec distinction, prit le grade de bachelier, et se disposait à entrer en licence, lorsque son zèle pour l'Église lui fit accepter la petite cure de Clichy, auprès de Paris. 11 fut un des six ' premiers prêtres qui s'associèrent au cardinal ' Mais ces détails étaient rachetés par des qualités éminentes, par une piété sincère, une vigilance trèsactive , une application infatigable, un dévouement à toute épreuve pour l'Église et pour sa congrégation. Sous son gouvernement , l'Oratoire acquit de nombreux établissements, l'émulation fut excitée, les études fleurirent , la piété fut en honneur. On vit la nouvelle congrégation se porter, avec un zèle digne de tout éloge, à exercer les différentes parties du saint ministère ; fournir de tous côtés (les prédicateurs célèbres qui contribuèrent à rendre à la chaire de vérité son premier àclat; envoyer des ouvriers évangéliques qui répanMirent la lumière dans les villes et dans les campagnes, avec une charité désintéressée et infatigable. Les deux premiers généraux avaient gouverné la société naissante, et encore dans un état d'enfance, par de simples instructions, par l'empire de l'exemple , par le respect et la confiance qu'inspirait leur vertu ; I:ourgoing comprit qu'étant devenue adulte, il lui fallait une organisation régulière pour la rendre stable et permanente. Dans les nombreux règlements qu'il lit, peut-étre y en atil quelquesluis (le trop minutieux ; niais la plupart étaient trèsutiles pour le maintien du bon ordre; et tous prouvent sa vigilance et l'étendue de son zèle, qui ne lui permettait de rien négliger de ce qui pouvait tendre vers le but de son institution. C'est dans le même esprit qu'il composa un Ratio studiorum, Paris, '1645 petit ouvrage d'un style concis, élégant , qui annonce un homme versé dans les belleslettres, et contient des règles judicieuses pour les étudier et les enseigner ; un Directoire des missions, ibid., 1646, rempli d'excellentes vues pour diriger ceux de ses confrères qui se livraient à cette partie importante du saint ministère. Comme l'amour du P. Bourgoing pour son corps avait pour principe celui de l'Église en général , il mit au jour plusieurs ouvrages destinés à l'instruction du clergé et des simples fidèles. Afin donc de répandre plus au loin, et de perpétuer les maximes qu'il prêchait et enseignait, il les avait imprimées dans un écrit latin, intitulé : Lignum crucis, Mons, 1629; Paris, 4650 où il traitait particulièrement des obligations (les pasteurs et de la manière dont ils doivent exercer leurs fonctions pour les remplir dignement et avec fruit. L'accueil que reçut du public cette première production de son zèle l'engagea à faire paraitre la même année un cours complet de méditations pour tous les jours de l'année et à l'usage de toutes sortes de personnes, d'abord en latin, sous ce titre : Vernales et sublimes Excellenliae Verbi incarnate, Anvers, 1650, 2 vol. puis considérablement augmentées, et traduites en français par luimème, sous celui de Vérités et Excellences de Jésus- Christ disposées par méditations, etc., Paris, 1636, 6 vol. « Ces méditations, toutes « pleines de lumière et de gràce, disait Bossuet , sont « entre les mains de tout le monde, des religieux, des « séculiers, des prédicateurs, des contemplatifs, des « simples et des savants. » Massillon en avait beaucoup profité. Elles eurent près de trente éditions durant la vie de l'auteur. Le fonds en est trèsriche; elles seraient encore d'une utilité générale , si un homme de goût prenait la peine d'en retoucher le style suranné et d'en rectifier certaines idées trop alambiquées. Le P. Quesnel l'avait entrepris; mais son travail s'est perdu dans l'enlèvement de ses papiers. Le même caractère règne dans ses Méditations sur les divers états de Jésus- Christ, Paris, •648 dans ses Exercices de retraite, publiés la nième année, pour les fidèles de tous les états ; dans son Institutio spiritualts ordinandorum, qui avait paru dès 1659, et eut beaucoup de vogue. Le P. Bourgoing, épuisé de travaux, eut , sur la fin de ses jours, de fréquentes attaques d'apoplexie. Son esprit se ressentit de l'affaiblissement de son corps, et, après avoir langui plus d'un an dans cet état d'inlirmité, il mourut le 28 octobre 1662. On lui lit des obsèques solennelles, auxquelles Godeau, évèque de Grasse, officia, et l'abbé Bossuet prononça son oraison funèbre. C'est le premier discours de cc genre qu'ait fait cet illustre orateur, et l'on y trouve déjà des traits dignes de son grand talent. 11 a été publié dans le t. 16 des serinons de l'évèque de Meaux. Le caractère particulier du P. Bourgoing , en cela digne disciple du cardinal de Bérulle , était un zcle ardent pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique et pour la perfection de l'état sacerdotal. C'est ce caractère qui domine dans tous ses ouvrages. A ceux dont nous avons déjà parlé , il faut ajouter : 1. homélies chrétiennes sur les Évangiles des dimanches et des eles principales, Paris , 1642 ouvrage bien conçu , afin de fournir aux curés de campagne des modèles d'instructions pour le peuple, en conservant à la parole de Dieu la dignité qui lui est propre. 2° Homélies des Suints sur le martyrologe romain, 1631, 3 vol. Il devait y en avoir douze ; niais les infirmités de l'auteur l'empêchèrent d'aller plus loin. Le public n'y a rien perdu, parce qu'il s'attache trop aux légendes apocryphes. Cependant le discours préliminaire sur le culte (les saints mérite dlètre lu. 3. OEuvres du cardinal de Bérulle , conjointement avec le P. Ciblent, Paris, 1644, 2 vol. Le P. Bourgoing est auteur de l'épître dédicatoire à la reine Anne d'Autriche, de la longue et belle préface, remplie d'observations importantes sur les différentes pièces de cette collection, et où les principaux traits de la vie de cet illustre cardinal sont exprimés d'une manière vive et touchante. 4. Déclaration présentée à la reine régente, par le R P. général de l'Oratoire, au nom de la congrégation, sur quelques points louchant le sacrement de pénitence. Cet écrit, fait à l'occasion de la Fréquente communion d'Arnaud, avait pour objet (l'écarter de l'Oratoire la note de jansénisme. Ce fut le chancelier Séguier qui le lit imprimer à l'insu de l'auteur, sans nom de lieu et sans date, Comme il contenait des propositions d'une morale trèsrelâchée, sur les reproches que lui fit à ce sujet l'assemblée de 1644, qui n'y reconnut pas la doctrine de la congrégation, le P. Bourgoing fut obligé (l'en désavouer l'impression et de s'excuser de l'avoir composé. Il écrivait aussi bien en latin qu'il écrivait mal en français. Son style dans la première de ces langues est pur, élégant, son élocution nette et facile , ce qui contraste singulièrement avec la barbarie et quelquefois le ton guindé de son jargon dans la dernière. — Il ne faut pas le confondre, comme on l'a souvent fait, avec François BOURGOING, natif de Bourges, de la même congrégation, auteur du Brevis psalmodias Ratio, etc., Paris,1634 C'est mal à propos que Richard Simon attribue à celuici la composition du chant musical de l'Oratoire. Ce chant, qui, clans l'origine , attirait tant de monde aux offices des PP. de l'Oratoire, est d'un maitre de musique de Louis XII[, d'abord chanoine de Péronne, puis membre de la congrégation. Bourgoing n'a fait qu'y ajouter quelques nouveaux tons et recueillir le tout dans l'ouvrage cidessus. Son inconduite l'ayant fait exclure de l'Oratoire, il donna au public deux livres platement écrits, intitulés : le David françois , Paris, 1641 ; Traité sur l'état laïque et politique de l'Eglise, 1645
  • François BOUSSUET( 1520 - 1572) : habile médecin, et poète latin médiocre, né à Seurre en Bourgogne, en 1520, mort à Tournus, le 26 juin 1572, a laissé : I* de Acte medendi libii ex veterum et recentiorum medicorum sententia, Lyon, 1557 : cet ouvrage est en vers; 2° de Nature aquatilium carme4, in universam Guill. Rondcletii, quam de piscibus ma- rinis, scripsit historiant, cum vivis eorurn imaginibus, Lyon, 1558 C'est l'abrégé de l'Histoire des poissons de Rondelet. L'ouvrage est divisé en 2 parties. « Boussuet et Bossuet, dit l'abbé de Papillon « ne sont qu'une seule et même famille
  • François BOUSQUET : médecin à Mirande avant la révolution, dont il embrassa la cause avec beaucoup de chaleur, fut nommé, en 1790, maire de Mirande, puis administrateur du département de l'Hérault qui l'envoya député à l'assemblée législative, où il se lit peu remarquer. Celui du Gers le I101151110, dans le mois de septembre 1792, membre de la convention nationale, où , dans le procès de Louis XVI, il vota pour la mort, sans appel au peuple et sans sursis à l'exécution, non comme juge , ditil, mais comme législateur. il fut ensuite envoyé en mission aux armées des Pyrénées et dans le département de la Loire ; et partout il se fit remarquer par l'exaltation de ses principes révolutionnaires. Après la session conventionnelle , n'ayant pas été désigné par le sort pour faire partie des conseils législatifs, il alla habiter la terre de Lapalu ancienne propriété de la famille de Béon qu'il avait acquise. Nommé, sous le gouvernement impérial, inspecteur des eaux minérales des Pyrénées, Bousquet vivait paisiblement avec une jeune paysanne qu'il avait épousée , lorsque la loi de 1816 contre les régicides vint l'atteintlre. Il voulut d'abord se tenir caché; mais ayant été arrêté le 25 juillet 1817, il fut conduit à la prison d'Auch et son procès s'instruisit ; cependant il obtint, à raison de son grand âge, la permission de retourner dans son château , où il inottrut au mois d'août 1829
  • François BOUTARD( 1664 - 1729) : né à Troyes en Champagne en novembre 1664, fut, en 1686, engagé par Montausier et Fléchier à traduire les écrivains de l'histoire auguste, mais il s'en tint à une simple dissertation sur le caractère de ces historiens. Après avoir passé huit ans dans l'incertitude sur l'état qu'il embrasserait, il fut, en 1694, précepteur de M. Villepreux, fils de M. Francine. Une ode française, qu'il • composa à la louange de madame de Maintenon, n'ayant pas réussi, il se crut destiné à la poésie latine, et eut la prétention de se croire un nouvel Horace. Il croyait ressembler au poijte latin par les sentiments comme par les expressions, parla taille, par les traits du visage, et par toutes les manières. Aussi s'appelletil luimême Venusini pectinis ! m'es. Mademoiselle de Mauléon envoyait tous les ans à Bossuet, le jour de la fête de ce prélat , un certain nombre des plus beaux pigeons qu'elle élevait. Boutard accompagna cet envoi d'une ode latine à la louange de l'évêque de Meaux, qui désira connaître l'auteur, et le mena à Germigny , maison de campagne de son évêché. La description de Germigny fut bientôt le sujet d'une ode de Boutard , qui chanta ensuite Marly, Trianon, etc. Son protecteur Bossuet lui fit avoir du roi une gratification de 1,000 livres , et, lorsqu'il eut pris les ordre&, une pension de pareille somme, puis l'abbaye de BoisGroland, dans le diocèse de Luçon, et enfin une place à l'académie des inscriptions et belleslettres , lors de son renouvellement en 1701. Routard célébra par des odes presque tous les événements glorieux pour le roi, dont il fut téinoin ; il prenait le titre de voles Borbonidum . Il mourut le 9 mars , en 1729. il faisait imprimer ses ouvrages à ses dépens, et en assez grand nombre pour n'en laisser désirer à personne ; niais il serait difficile de les recueillir aujourd'hui : ce n'étaient que des feuilles volantes. La liste qu'on en trouve dans l'Histoire de l'académie des inscriptions et belles- lettres n'est pas donnée pour complète , car on n'y fait pas mention des pièces suivantes : Ludovico magno Fons- Blaudi Ode latine et française au cardinal de Bouillon, 1696 ; Delphino Meudonium ; ad Mariam, Hispaniarum reginam etc. F. Boutard traduisit en latin, en 1698, la Relation sur le quié tique par Bossuet, qui envoya cette version à Rome. La même année, Boutard commença, à la prière de Bossuet, une traduction iatine de l'Histoire des variations ; elle fut achevée en 1710. Clément XI en avait agréé la dédicace; mais cet ouvrage n'a pas été publié
  • François BOUTON( 1578) : jésuite , né en 1578 à Chamblay, près de Dùle en FrancheComté. Ses supérieurs l'envoyèrent d'abord dans les missions du Levant. A son retour, le vaisseau sur lequel il était monté ayant fait naufrage sur les côtes de la Cala- bre, il parvint à se sauver à la nage ; mais les habi- tants du pays le prenant pour un corsaire d'Afrique, il se vit exposé à un danger aussi grand que celui auquel il venait d'échapper, et il s'en tira avec le même bonheur. 11 professa pendant plusieurs années la philosophie et la rhétoriqae au collége de la Trinité, à Lyon, et y mourut victime de son zèle à secourir les pestiférés , le 17 octobre 1628 , âgé de I 50 ans. Le P. Bouton avait composé un grand fioulbre d'ouvrages, que l'on conservait manuscrits dans la bibliothèque des jésuites de Lyon. Parmi ces écrits , on distinguait : 1. une Théologie spirituelle, en 6 livres; 20 une traduction, du grec en latin, des œuvres de Ste. Dorothée, que le P. Colonia regardait comme plus exacte que celle d'Hilarion de Vérone ; Commentarii in Deuteronomum, de Peregrina- tione Israelitarum, lulfl litierali, huit mystica, Promissionis terram, ex Scripturis, et proesertim ex libro Numerorum; 4' Dictionnaire lat auquel il travailla pendant douze ans , et qu'il eut la patience de transcrire luimême jusqu'à six fois. 11 a pour titre : Claris Scripturce sacra, seu Dictiona- rium hebraicum, in quo latinis vocibus subjiciuntur voces hebrece respondentes, colleclum ex sacris litteris et ex collatione Vulgate latine edil. cum hebraica. C'est 1 vol. d'environ 1,500 pages , qui se trouve actuellement dans la bibliothèque publique de Lyon; tous les autres ouvrages de ce savant ont péri dans le siégc de cette ville. Le P. Bouton avait entrepris un dictionnaire lat et il l'avait même laissé fort avancé. — Il ne faut point le .confondre, comme on l'a fait dans un Dictionnaire histo- rique, avec le P. Jacques BOUTON, jésuite, mort en 4658 , auteur d'une Relation de l'établissement des Français dans Pile de la Martinique , depuis l'an 1655, Paris, Cramoisy, 1640 Cet ouvrage est encore consulté avec fruit pour les rens-éleel ments qu'il donne sur les moeurs des Caraïbes, nation presI que entièrement détruite aujourd'hui
  • François BRACCIOLINI( 1566) : célèbre poëte italien, naquit à Pistoie, d'une famille noble, le 26 novembre 1566. Il passa les premières années de sa jeunesse à Florence, et y fut reçu de l'académie florentine. Ses talents lui firent des amis. Un canonicat lui ayant été offert en 1605, il n'hésita plus à entrer dans les ordres. Bracciolini se rendit ensuite à Borne, et s'attacha au prélat Maffco Barberini, qui fut bientôt après cardinal. Ce cardinal , envoyé nonce en France, y conduisit Bracciolini ; et, devenu pape en 1625, sous le nom d'Urbain VIII, le donna pour secrétaire à son frère, le cardinal Antoine Barberini. ' Fixé à Rome pendant le pontificat d'Urbain VIII, notre poète s'y fit une grande réputation, fréquenta les académies, et y fut souvent applaudi. Il s'y serait fait aimer par son caractère, s'il n'eùt eu un vice qui ternit les meilleures qualités, celui d'une sordide avarice. A la mort du pontife, il retourna dans sa patrie, et y mourut peu de temps après, le 31 août 1645. Il a laissé plusieurs poèmes, dont deux surtout ont eu un succès remarquable ; l'un, dans le genre héroïque, est placé par beaucoup de critiques immé diatement après la Jérusalem délivrée ; l'autre, dans le genre plaisant ou badin , fut regardé dans son temps comme le meilleur, après la Secrhia rapita. Les principaux ouvrages de Bracciolini sont : 1° la Croce racquislala, poema ecroieo, canai 15, Pa. ris, Ruelle, 1605 augmenté et divisé en 55 chants, Venise, Ciotti et Giunti, 1611 ; et avec les allégories de l'auteur, ibid., 1614 etc. Le sujet de ce poème est la vraie croix reprise par l'empereur Héraclius au roi de Perse, Cosroës, qui s'en était emparé cinq ans auparavant, en prenant Jérusalem. Les obstacles sont suscités par les démons, et aplanis par Ste. Hélène , qui fait don à Héraclius d'un bouclier céleste, par les anges, par la constance de l'armée chrétienne et le courage d'Héraclius. La croix est enfin reconquise et reportée en triomphe à Jérusalem. Tiraboschi consent que ce poème soit le premier après celui du Tasse, pourvu que ce soit à longue distance. 2° Lo Scherno degli Dei , poema eroico- giocoso , canai 15, colla Fillide Civeitina , e col 'kilim) dell' islesso autore , Florence, les Junte, 1618 ; Venise, 1618 Les dieux du, paganisme y sont tournés en ridicule ; Bracciolini ne voulut pas seulement rivaliser avec l'auteur de la Secchia rapita, il voulut encore paraître avant lui, afin de passer pour l'inventeur de ce genre de poème ; il publia en effet le sien près de quatre ans avant que celui du Tassoni parût ; mais il fut ensuite prouvé que la composition de ce dernier datait de 1611, qu'il était fini dès 1615, et qu'en attendant qu'il fût imprimé, il en courait publiquement des copies manuscrites. La 1re édition du Scherno degli Dei était en 14 chants ; il en parut une 2' corrigée et augmentée de 6 chants, à Florence, 1625 et une autre à Borne, 1626 Ce second poème est placé, à l'égard de celui du Tassoni, au même rang que l'autre à l'égard de celui du Tasse, mais aux mènes conditions. 3° L'Elezione di papa Urbano VIII, poema croico in 23 calai, Borne, 1628 Un poème en 23 chants, sur l'élection d'un pape, est un peu long ; il ne le parut point à Urbain VIII, qui, crut en récompenser libéralement l'auteur en lui permettant d'ajouter à ses armoiries celles des Barberini, qui étaient des abeilles, et à son nom de famille le surnom dalle Api, que Bracciolini mit en effet, depuis ce temps, en tète de tous ouvrages. 4° La Rocella espugnata, poënie héroïque en 20 chants, Rome, 1630 5° La Bulgheria converti ta, poema eroico in. 20 canai, Rome, 1657 6° Trois tragédies, l'Evandro, Arpalice , la Pentesilea, Borne, 161:2, 1613 et 1615 7° L'Amoroso sdegno, fa- vola pastorale, Venise, 1597 ; et Milan, oléine année, mais corrigée par l'auteur. C'était un ouvrage de sa jeunesse, et qu'il ne voulait point faire imprimer, mais un ami prit sur lui de le publier, comme nous l'apprend l'imprimeur Ciotti dans l'Avis au lecteur de la 1" édition. 8° Ero e Leandro , fa- vola marinima, con gli intermedj apparenli, Rome, 1630 ; il Monserrato, dramma, Rome, 1629 Ce titre annonce que la scène est en Espagne. La Mort y récite le prologue, et St. Jacques de Compostelle y fait un rôle sous l'habit de pèlerin. On peut voir dans Mazzuchelli les titres de quelques autres ouvrages imprimés de cet écrivain fécond, ainsi que ceux de plusieurs autres qui sont restés inédits
  • François BRITIUS : capucin de Rennes, dont le nom français était probablement BR10E 011 LE Bals, après avoir consacré sa jeunesse aux pénibles travaux des missions dans le Levant, fut rappelé à Rome, où la congrégation de la propagande remploya à la traduction en arabe de plusieurs grands ouvrages : le premier fruit de ses travaux en ce genre est la traduction de l'abrégé des Annales ec- clésiastiques de Baronius, et de leur continuation jusqu'à l'an 1646, Rome, 1653-55 et 71, 3 vol. 11 a. aussi beaucoup travaillé à la version arabe de la Bible qui fut publiée par Nazari, en 5 volumes Rome, 1671, avec le texte de la Vulgate en regard. Ces deux ouvrages sont fort rares, la plupart des exemplaires ayant été envoyés au Levant
  • François BRIZIO( 1574) : peintre, improprement appelé en France BRICCI ouBnizzi, naquit à Bolo- gne en 1574. Il fut, jusqu'à l'âge de vingt ans, simple apprenti dans une boutique de cordonnier ; mais un goût irrésistible le portant à cultiver les arts, il reçut quelques leçons de dessin de Passerotti, apprit la gravure sous Augustin Carrache, et, plus tard, se livra à l'étude de la peinture sous Louis Carrache, qui tenait école à Bologne. En peu de temps, Brizio acquit un tel .renom, qu'on le compte parmi les pre- miers élèves de cette école. Au jugement d'André Sacchi, Brizio entendit la perspective mieux que le Guide, dessina plus élégamment le paysage que Tia- Fini, et surpassa tous ses rivaux dans le choix de ses fonds d'architecture, ainsi qu'on peut le voir en considérant attentivement tous les sujets qu'il laissa à StMichel in Bosco. Les lignes de ses figures sont correctes, et il approche souvent du fini de Louis Carrache. L'école de Bologne s'étudiait beaucoup alors à rechercher une beauté surnaturelle dans les anges, et, si l'on s'en rapporte au Guide luimême, Brizio l'emporta sur Bagnacavallo, en cette partie. Brizio cessa de vivre en 1625, laissant un fils nommé Philippe, qui mourut en 1675, à l'âge de 72 ans. Philippe fit aussi beaucoup de petits tableaux dans le style du Guide ; mais ils sont inférieurs à ceux de son père
  • François BOUCHER( 1704) : peintre d'histoire, né à Paris en 1704, entra dans l'école de Lemoine, peintre doué de talents réels, niais qui ouvrit cette mauvaise route dans laquelle ses élèves et ses imitateurs allèrent, selon l'usage, beaucoup plus loin que lui. Voy. VIEN.) Boucher avait fait quelques efforts pour être un des élèves envoyés en Italie ; mais alors les bienfaits du gouvernement s'accordaient aux protégés du directeur général des batiments, arts, etc., le duc d'Antin. Depuis, les places des élèves à Bome s'obtinrent par le suffrage du corps académique. Bouclier, en 1725, eut le bonheur de faire, avec un amateur généreux, son voyage dans la patrie des arts ; niais les premières leçons qu'il avait reçues ne lui permettaient pas d'ètre sensible aux chefsd'oeuvre des écoles d'Italie, jusqu'au point de changer de manière. Un tel retour aux vrais principes de l'art est une espèce de phénomène, et le goût régnant alors en France devait le rendre impossible pour Boucher. A son retour, cet artiste eut des succès de société qui contribuèrent à l'égarer tout à fait. Il devint le peintre à la mode et l'objet des éloges universels. A la mort de Carle Vanloo , premier peintre du roi, cet artiste qui eût mérité de naître dans une époque plus heureuse, Boucher lui succéda, et posséda un titre que l'immortel Poussin avait honoré. On n'entrera point dans le détail des compositions qui échappèrent à la déplorable facilité du pinceau de Boucher. Prenant des travaux (le toutes mains, il s'est vanté qu'il avait gagné jusqu'à 50,000 • liv. par an, quoiqu'il fût modéré dans les prix (le ses ouvrages; niais il les faisait avec une excessive rapidité. La mort le surprit le crayon à la main, après une maladie assez longue, le 7 mai 1770. INOUS devons remarquer que la justesse et la finesse de son goût se montrèrent toujours par le choix des tableaux et des objets intéressants d'histoire naturelle qu'il était avide de rechercher et d'acquérir. Il en forma un cabinet décoré d'une manière unique et ravissante, et c'est le seul trésor qu'il ait laissé à ses héritiers: ils en ont recueilli 100,000 francs. Il avait épousé une des plus agréables et des plus belles femmes de son temps, et il en eut un fils, mort en bas âge, et deux filles, mariées, l'une à Deshayes , peintre d'histoire, son élève et son imitateur ; et l'autre à Baudouin, peintre de sujets galants et à la gouache. La prétendue gràce de Boucher n'était que de la mignardise et de l'affectation. Son coloris, qui avait séduit les ignorants par un certain air de fraîcheur, devint sur la fin aussi répréhensible que sa manière de dessiner et d'ajuster ses figures ; elles semblaient, à la lettre, selon l'expression d'un peintre ancien , nourries de roses. On ne s'en étonnera guère lorsqu'on saura que Bouclier en vint jusqu'à dédaigner l'étude de la nature, et à exécuter de trèsvastes compositions, sans avoir d'autres guides que son habitude de peindre et son imagination peu réglée.. C'est Reynolds qui nous a conservé ce fait dans l'un de ses excellents discours. Au reste , Bouclier eût pu , comme son niaitre , se faire , aux yeux de la postérité , une réputation durable. La disposition de ses figures n'était pas sans agrément, et il existe de lui quelques tableaux qui prouvent le sentiment de l'harmonie de la couleur et l'entente du clairobscur. On prétend même qu'il n'était pas insensible au mérite des grands maîtres, et qu'il se moquait le premier de ceux qui admiraient en lui une manière qu'il n'avait prise que pour marcher à la fortune par une route plus prompte et plus facile. 11 possédait d'ailleurs des qualités estimables, telles. que la franchise et la générosité. 11 eut de plus le bon esprit de n'être pas accessible à l'envie : c'était en un mot un Français trèsaimable, niais qui eût dû cesser de l'être le pinceau à la main
  • François BROKESBY : ecclésiastique anglais, non conformiste, né à Stoke, dans le comté de Leicester, mort vers l'an 1718, fut associé du collége de la Trinité, à Oxford, et recteur de Bowley, dans le comté d'York. On a de lui une Vie de Jésus- Christ, une Histoire du gouvernement de la primitive Eglise, pendant les trois premiers siècles et le commencement du 4', 1712 en latin, bon ouvrage, mais peu connu hors (le l'Angleterre ; et la Vie de Henri Dodwell, Londres, 1715, 2 vol. en anglais. On lui attribue un traité intitulé : de l'Education par rapport aux écoles de grammaire et aux universités, 1710 et il a eu part à la compilation publiée par Nelson, sous le titre de Fêtes et Fastes de l'Eglise d'Angleterre
  • François BROOKS : né à Bristol, était marin de profession. 11 venait de quitter Marseille et retournait dans sa patrie, lorsqu'en août 1681, le navire sur lequel il naviguait fut pris par un corsaire de Tanger. Conduit à Salé , puis à Miquenez , Brooks y trouva plusieurs de ses compatriotes qui gémissaient dans l'esclavage. Ceuxci avaient adressé, l'année précédente, une supplique à Charles Il, leur souverain, pour qu'il les délivràt de captivité. Ce prince, sensible à leurs maux, envoya un agent pour traiter de leur rançon avec l'empereur de Maroc. La négociation eut le succès le plus heureux, et l'agent anglais partit pour Tanger, emmenant ses compatriotes et les Portugais qu'il avait rachetés ; mais les chefs des juifs ayant offert une somme d'argent aussi considérable que celle qu'avait promise l'agent, si l'empereur voulait leur accorder les esclaves chrétiens pour travailler à la construction du village des juifs, le despote sans foi fit courir après les chrétiens, qui furent contraints de reprendre leurs chaînes. Brooks fait un tableau déchirant du mauvais traitement et des cruautés affreuses que les malheureux captifs éprouvaient, souvent même de la main de l'empereur. Ce forcené était MuleyIsmaël, dont d'autres voyageurs ont tracé un portrait non moins hideux. Brooks supportait depuis onze ans ce triste sort, lorsqu'un More, touché de compassion, lui proposa de le conduire à Mazagan, alors en la possession des Portugais. Brooks accepta ses offres, à condition qu'il emmènerait aussi deux de ses compatriotes. Ils sortirent de Miquenez en juin 1692. Ils parcoururent un pays aride et infesté par les lions, ne voyageant que la nuit, de crainte d'être découverts et trahis. Ils endurèrent durant ce voyage, tous les tourments imaginables de la faim et de la soif, et passèrent quelques rivières avec grand péril. Un jour, le More, pour soulager ces infortunés, alla à une bourgade voisine vendre sa besace, et, avec le produit, leur acheta du pain. Ils arrivèrent vers le milieu de juillet à Mazagan, où ils furent accueillis par le gouverneur, et ensuite s'embarquèrent pour Lisbonne, où on les présenta au roi de Portugal. Brooks recommanda à sa bienfaisance les chrétiens captifs ; il alla ensuite en Hollande, d'où il passa en Angleterre. Sa relation, publiée sous ce titre : Navigation faite en Barbarie, par François eooks, traduit de l'anglais, Utrecht, 1737 est assez rare
  • François BRETONNEAU( 1660 - 1741) : jésuite, né en Touraine, le 31 décembre 1660, consacra plus de trentequatre ans de sa vie an ininistère pénible de la chaire, ét mourut â Paris, le 29 mai 17411. beur ans après, le P. Berruyer publia ses Sermons, Panégyriques et Discours sur les mystères, Paris, 1743,7 vol. dont les Mémoire de TrévouX firent un grand élbge. Ils sont plus solides que brillants ; on y trOuve peu de défauts, niais aussi peu de grandes beautés : le style en est simple, clair, correct, mais sans élévation. Le P. Berruyer fut l'éditeur du P. Bretonneau ; et le P. Bretonneau l'avait été des Serinons du P. Cheminais, ,Paris, 1690, 2 vol. ; 1693, 3 vol. ;.et 17b, 5 vol. ; des Sermons titi P. Cironst, Paris, 1704 , à vol. et des Sermons du P. Bourdaloue, dont il fit la révision, Paris, 1707-17104 vol. et 1718, 18 vol. Le P. de là flue lui appliquait, à ce sujet, ce qui a été dit de St. Martin : Trium mortuortim suscilittor Magni ficus. Le P. Bretonneau publia aussi les Sentiments dé piété du même P. Cheminais, Paris, 1691 ; les Panégyriques et Sermons inelits du P. de la Bile, Paris 1746; 2 vol. Il rédigea d fit imprimer les Pensées du P. Bourdaloue sur divers Stljets de religion et de morale, Paris, 1735, 3 vol. iii-12; il donna encore Une nouvelle édition des Œuvres spirituelles du P. le Valois, jésuite, avec une préface historique sur la vie et sur les ouvrages de l'auteur, Paris, 1739, 5 vol. 11 avait fait imprimer, en 1703 un Abrégé de la vie de Jacques II. Cet ouvrage, qui n'estguère qu'un panégyrique, est tiré de l'anglais du P. FrançoisJacques Sanders, confesseur du monarque. Des Réflexions chrétiennes pour les jeunes gens qui entrent dans le monde, Paris, 1708 complètent la liste des travaux pieux et littéraires du P. Bretonneau
  • François BURMANN( 1628) : était fils de Pierre I3urmann, pasteur d'abord à Frankenthal, ensuite à Einmerich. 11 naquit à Leyde en 1628. Après avoie été neuf ans pasteur à Hanovre, et pendant un an sousrégent du collège des Ordres, à Leyde, il passa à Utrecht en qualité de professeur de théologie. On a de lui, en hollandais, des commentaires sur le Pentateuque, Utrecht, 1660, et 1668 sur Josué, Ruth et les Juges, Utrecht, 1675 sur les Rois, les Paralipoménes, Esdras, Né- hémie, Esther, Amsterdam , 1683 sur les livres de Samuel , Utrecht , 1678 Les trois premiers de ces ouvrages ont été traduits en allemand. 11 a écrit, en latin, un abrégé de théologie, Synopeis thrologica, Utrecht, 1671, et Amsterdam, 1699, 2 vol. Il y en a aussi une édition faite à Genève, et Théodore Smont l'a traduit en hollan- dais. On a recueilli en 2 Volumes ses dissertations académiques : Exercitationes ; et en un volume, du même format , ses discours académiques : Orationes, etc. La traduction hollandaise de ce second recueil parut la •ème année et dans la même ville. Burmann mourut le 21 novembre 1679. Un traité latin qu'il avait laissé, sur la Passion de Jésus- Christ, fut publié en 1695 par van Lent. Son oraison funèbre, prononcée par Geevius, se trouve jointe au recueil de ses discours académiques B—ss.
  • François BRUYS( 1708) : né le 7 février 1708 , au village de Serrières, dans le Mâconnais, d'un père qui était marchand , lit ses humanités à Cluni , sa philosophie chez les oratoriens, à NotreDame de Gràce en Forez, passa à Genève, et de là en Suisse. Le désir de voir des parents réfugiés en Hollande le conduisit en 1728 à la Haye , où il embrassa la religion protestante, qui avait été celle de ses pères. L'indigence le fit auteur. Il entreprit un ouvrage périodique intitulé : la Critique désintéressée des journaux littéraires et des ouvrages des savants, la Haye, 1750, 5 vol. Ayant voulu y prendre parti pour Jacques Saurin, contre la Chapelle , en faveur du Mensonge officieux , ce journal fut supprimé par la cour de Hollande, sur la dénonciation du synode wallon , et le public n'y perdit rien, car cette production est trèsmédiocre. Quel titre pouvait en effet avoir un auteur famélique de vingtdeux ans pour s'ériger en aristarque de tous les journalistes? Les chagrins et les dépenses que lui avait causés cette affaire l'obligèrent de se retirer à Emmerick, où il se maria. Le comte de Neuwied le nomma son bibliothécaire en 1755; mais l'envie de revenir àu. sein de l'Église le ramena en France en 1756, et il fit son abjuration à Paris. Ses mémoi- res, composés depuis , attestent la sincérité de sa conversion. Il se disposait à exercer la profession d'avocat ; mais le jour mème où il prit ses grades en droit à Dijon, il fut attaqué d'une maladie qui le conduisit au tombeau, le 21 mai 1758. Bruys est principalement connu par une Histoire des papes, depuis St. Pierre jusqu'à Benoît XIII inclusive- ment , la Haye, 1752-54 , 5 vol. ouvrage qui eut d'abord quelque vogue parmi les protestants, mais qui ne tarda pas à être généralement décrié, par le ton d'emportement, de mauvaise foi coutre les pontifes romains, par le style grossièrement licencieux, l'arianisme et le socinianisme qui le déshonorent. L'auteur, brouillé avec ses parents, quand il entreprit cette compilation pour s'en faire une ressource contre l'indigence, se mit aux gages de Scheurleer, libraire à la Baye , qui lui donnait 24 livres par feuille. Pouvaiton attendre quelque chose de mieux d'un jeune homme dans une situation aussi pénible ? Les uns attribuent l'Histoire des papes à un bénédictin , les autres à un cordelier, dont Bruys n'aurait fait que dénaturer le travail par des insertions calomnieuses; mais l'abbé Joly, qui l'avait connu particulièrement, affirme qu'il est véritablement l'auteur de cette détestable compilation, et que, dans ses dernières années, il témoigna souVeld et publiquement l'horreur qu'il avait d'un pareil ouvrage. Brus avait déjà publié , toujours pressé par les mêmes besoins , une traduction de Tacite , avec des notes politiques et historiques, pour servir de continuation A l'ouvrage d'Amelot de la Houssaye sur le même historien , la Haye, 1750 et '1755 , 6 vol. ; mais il resta bien audessous de son modèle, s'il est vrai mème qu'il soit l'auteur de cette continuation : elle est annon u a encore publié sur ce sujet un ouvra£,re intitulé : Réflexions en [ orme de lettres adressées au prochain synode qui doit s'assem- bler à la Ilaye aumois de septembre 1730, sur l'affaire de Saurin el sur celle de Ma. S. E. M. P. D. G., la Haye, 1730 D—R—R. C'est aussi l'opinion de Barbier Voy. encore le Journal des Savants, édition de Hol lande, juta et août 1752, CH—s. cée comme l'ouvrage de N. le C. de G., et ce sont peut-être les lettres initiales du véritable auteur. On a publié depuis sa mort : Mémoires historiques, critiques et littéraires, suivis du Borboniana, ou fragments de littérature et d'histoire de Nicolas de Bourbon, et du Chevaneana, ou fragments de mé- langes de Jacques- Auguste de Chavanes, Paris, 1751, 2vol. L'éditeur est l'abbé Joly, , qui a fait réimprimer avec quelques changements, en tête du premier volume, la vie et le catalogue des ouvrages de Bruys , qu'il avait déjà donnés dans le 42' vol. des Mémoires de Niceron. Ces deux volumes con , ' tiennent les Mémoires sur les Suisses, ceux sur les Hollandais , et ceux sur les Allemands; l'Eloge du prince Eugène de Savoie, et l'Eloge de /a comtesse de Neuwied , etc. On attribue aussi à François Bruys : le Postillon , ou- vrage historique, critique, politique, moral, philoso- phique, littéraire et galant , Utrecht et Neuwied, 1755, 1736, 4 vol. ; et l'Art de connaître les femmes, ou Dissertation sur l'adultère, sous le pseu- donyme du chevalier Plante- Amour, la Baye, 1730, petit in80 ; Amsterdam, 1749 . Il a eu part aux Amusements du coeur et de l'esprit, ouvrage petiodique
  • François CANNÈS : natif de Valence, religieux +franciscain et missionnaire apostolique, passa seize ; innées de sa vie au collége de StJean, à Damas, et s•`y appliqua avec beaucoup d'ardeur et de succès à l'étude des langues orientales. De retour en Espagne, il y publia sa Grammatica arabigo- espailola, vulgar, y literai, con on diecionario arabigo- espailol, en que se ponen las voces mas uniates para una conversacion familier, con el tee° de la docirnia christiana en cl idioma drabigo, Madrid, 1775 Douze ans après, à l'instance du comte de Campomanès, il mit au jour : Diccionnario espaiiol latino- arabigo en que siguiendo el diccionario abreviado de la acadc- mia se ponen las correspondencias latinas y arabes, para facilitar cl estudio de la largua arabigo a los missioncros, y a los que viajaren o congratule en Africa y Levante, Madrid, 1787, 5 vol. ouvrage estimé et recherché. Cannes mourut à Madrid en 1795. 11 était membre de l'académie royale d'histoire établie dans cette ville. Js.
  • François BUISSERET ou BUSSERET( 1549) : ar- chevêque de Cambray, naquit en 1549, à Mons dans le Hainaut, et fit ses études à Lille. Après avoir obtenu un canonicat à Cambray, il fit un voyage à Rome, et comme il passait par Bologne pour retourner dans sa patrie, il reçut dans cette ville les honneurs de docteur èsdroits. Après avoir été successivement official, archidiacre, doyen et grand vicaire de l'église de Cambray, il fut nommé en 1602 au siège épiscopal de Namur, qu'il occupa jusqu'en 1614. Il fut alors promu à l'archevêché de Cambray, vacant par la mort de Jean Richardot ; mais il ne l'occupa pas longtemps, la mort l'ayant surpris le 2 mai 1615. Ce prélat avait composé : 10 l'Histoire d'une religieuse de Mons possédée, imprimée en 1585; 20 l'Histoire du concile provincial de Mons, terminé le 24 octobre 1586, et dont il avait dressé les canons imprimés à Louvain: en 1603 ; 50 la Vie de Ste- Marie d'Oigine, 1608
  • François BUGLIONI( 1478 - 1520) : sculpteur, né à Florence en 1478, gagna la bienveillance de Léon X autant par son érudition et son goût pour la musique que pour son talent connue statuaire. Ce pontife lui confia plusieurs travaux. Le portrait de Buglioni, qui mourut à Florence en 1520, se voit en basrelief sur son tombeau dans l'église de StOnfroy. — Un autre BUGLION1, qui vivait vers l'an 1500, modelait habilement des figures en terre, qu'il couvrait d'un vernis dont il avait le secret et qui les préservait des injures de l'air
  • François CARACCIOLO : religieux qui vivait sur la fin du 16e siècle, fonda l'ordre des clercs réguliers mineurs. Béatifié par Clément XIV, il fut canonisé en 1807 par Pie VII, qui nomma procurateur de la canonisation du nouveau saint, son parent, le cardinal Diégo Innico Caracciolo, né à Naples le 15 juillet 1759, mort en 1819
  • François CARCANO : mort en 1580, àgé de tin ans, passait pour le plus habile chasseur de son temps, surtout dans l'art de dresser les oiseaux de proie : il a publié sur ce sujet : Tre libri dcgli uccelli da pretia, ne' qua/i si contient la vera cognizione dell' aile de' struceieri, cd il modo di conoscerc tutti Li uccelli di rapina, con un traitai° de' carvi, Venise, 1568 Vicence, 1622 Cet ouvrage, l'un des plus complets en ce genre, est fort rate, et a échappé aux recherches de MM. Lallemand, dans la bibliographie qu'ils ont jointe à l'École de la chasse aux chiens courants
  • François BURCH VAN DER( 1557) : archevêque, duc de Cambray, prince du StElnpire , comte du Cambrésis, naquit à Gand, le 26 juillet 1557. Sa famille , des plus illustres et des plus anciennes de Flandre, avait donné un roi à Jérusalem . Dès le 12° siècle , elle était connue par les exploits de ses ancêtres et par leurs alliances aux premières maisons de la province. Son aïeul Adrien van der Burch servit l'empereur CharlesQuint et son fils Phi—lippe H dans les plus importantes négociations : il était président du grand conseil de Flandre . Jean van der Durci' , son père , mort en 1609 , ne fut pas moins dévoué à Philippe H et aux princes de la maison d'Autriche. A cette époque, la Flandre était déchirée par la guerre religieuse. A l'âge de cinq ans, Francois van der Bure') pensa périr vic- time de la fureur des protestants qui, en 1572 , taient emparés de Malines et avaient jeté son père en prison. Quelques années après , en 1580 , les protestants étant rentrés une seconde fois dans Malines , le comte Jean van der Burch eut sa maison brillée, ses domaines dévastés, et fut obligé de quitter précipitamment cette ville pour éviter une mort cruelle. Sa femme demeura prisonnière des protestants vainqueurs. Leur fils, alors âgé de treize ans, trouva un asile chez son oncle Lambert van der Bureh , doyen de la collégiale d'Utrecht. Sous ce maitre aussi savant que chéri , il fit d'excellentes études._ Admis plus tard dans l'université de Douai, il y suivit avec distinction le cours de philosophie. Ce fut à l'université de Louvain qu'il acheva son droit avec une telle supériorité, que deux fois il fut élu doyen des bacheliers. Non content d'exceller dans la science des lois civiles et du droit canon , il perfectionna ses connaissances par l'étude approfondie de la théologie. L'éclat de ses études se répandit bientôt par toute la Flandre. Le prince-évèque de Liège lui offrit un canonicat dans la cathédrale de StLam- bert. Sa modestie lui lit refuser cette dignité au début de sa carrière. Le seul désir d'être utile à l'Église lui permit d'accepter une commission de vicaire général , sous Matthieu Moulait , évêque d'Arras, qui, selon l'expression d'un biographe , voulait Baudouin van der l'Ardt fut fait troisième roi de Jérusalem en 1118, et succéda 4 Codefroy et à Baudouin de Bouillon Mronique de Flandre de, No cr, liv. 6, f. 56 ; Suyero, Annales de Flandre, liv. 5, f. 147). C'est celui que les historiens français appellent Baudouin du Bourg. Il était le lik alné de lingues, comte de Rethel, et mourut en 4151. Le chanoine Louis Foulon, qui avait constamment été attache lu van der %reit, depuis 1601 jusqu'en 1614. Il fut d'abord son camérier, puis son aumônier et son secrétaire. 11 l'administra dans ses derniers instants, et le suivit de peu de mois au tombeau. Son livre écrit en latin, et intitulé . Epitomett di, n clé traduit en ffAI1CaiS par un jésuite, Catubray, et! attirer un si bon sujet dans son diocèse. Ce prélat lui conféra les ordres mineurs , et enfin la prètrise en décembre 1591. François van der Burch avait alors vingtquatre ans. Ses talents et ses vertus se montrèrent avec un tel éclat , que, malgré sa jeunesse, on le nomma doyen du chapitre de Malines, et vicaire général de ce diocèse. Pressé par son père, il lit violence à sa modestie et accepta. Peu 1 d'années après i96 ), l'archevêque de Malines, Mathias Bovins , le fit son vicaire général. Il s'appliqua avec tant de zèle A remplir tous les devoirs de sa charge, qu'on vit bientôt refleurir la discipline ecclésiastique dans le diocèse. Réunissant les deux emplois de doyen et de vicaire général , il ne négligeait aucun des devoirs de cette double fonc- tion. Il était tonjours le premier au checur, quelle que Mt la rigueur de la saison. 11 donnait tout le temps qu'il pouvait à entendre les confessions , accueillant aussi bien les pauvres que les riches. Plein d'oriction dans ses discours, il avait un talent particulier pour réunir les esprits que l'intérêt avait divisés. Il assistait les malheureux de ses biens comme de ses conseils ; les étrangers même trouvaient chez lui une hospitalité assurée. Tout dans son intérieur était si bien réglé que sa maison avait plutôt l'air d'une communauté religieuse que d'une maison particulière. L'archevêque de Malines se reposait sur lui d'une grande partie de l'adminis- tration de son diocèse, et avait coutume de l'appeler son bras droit. Ayant perdu son père en 161J9, van der Burd' , pour se livrer sans contrainte à cette piété tendre et affectueuse , qui remplit toujours son coeur, forma le projet de renoncer à toutes les dignités pour se contenter d'un simple canonicat de la collégiale de SteWandru de Mons. Mais tous ses amis le dissuadèrent de ce projet , et l'évèque de Gand étant venu à mourir, l'archiduc Albert , gouverneur général des PaysBas , fixa pour jamais la destinée de van der Burch, en l'appelant à l'évêché de Gand. « Il était résolu de refuser cette « dignité, dit le biographe déjà cité, mais il fallut « obéir à l'autorité du pape Paul V, qui obligea « M. VQ11 der Burch à se charger de la conduite de « ce diocèse, en lui envoyant ses bulles, datées du « I" octobre, qui est Je jour de la fête de St. Bayon, « patron du diocèse de Gand. » Van der liurch n'était pas novice dans les fonctions de l'épiscopat ; il en avait fait l'apprentissage étant vicaire général de Malines; et à cette époque elles n'ét4ient faciles à remplir dans aucun des diocèses flamands. Les guerres civiles et les dissensions religieuses y avaient laissé des traces profondes. Les habitants, encore irrités par le souvenir récent de l'administration cruelle du duc d'Albe , supportaient impatiemment le joug des princes de la maison d'Autriche. Une grande agitation régnait dans tous les esprits. Les troubles étaient fréquents ; les disputes scolastiques n'avaient rien perdu de leur acrimonie. Les réformés conservaient toujours leur enthousiasme, non moins intolérant. Enfin tout se ressentait du désordre et de la confusion, qui. pendant plus d'un demisiècle avaient désolé ces riches et malheu- reuses contrées. Van der Burch commença par sonI, der avec circonspection les plaies qu'il devait guérir. 11 visita toutes les paroisses de son diocèse , et pendant trois ans qu'il fut évèque de Gand , il renouvela plusieurs fois ses visites. Il reconnut qu'une des principales causes des dissensions religieuses était la vie mondaine d'une partie du clergé et le relàchement total de la discipline. Quelques prêtres indiz,, et, après avoir recueilli les diverses opinions, il rédigea des règlements pleins de sagesse et , mort le 2 mai 1615. Le chapitre de Cambray, conformément aux intentions de l'archiduc Albert , choisit tout van der Burch. En vain employatil son crédit pour s'opposer à sa propre élection, il lui fallut encore une fois céder. Le diocèse de Gand , rendu à l'ordre et à la paix , était désormais facile à conduire; celui de Cambray, au contraire , était en proie à tous les malheurs. L'anarchie était dans la province ; les seigneurs divisés formaient diverses factions , toujours disposées les unes à s'appuyer sur la France , les autres à servir la maison d'Autriche. Après avoir fait, le 17 octobre 1516, son entrée solennelle dans Cambray , au milieu des acclamations et des espérances du peuple, le premier soin du nouvel archevêque fut de convoquer dans son palais les seigneurs et les principaux citoyens du pays pour les exhorter, tant comme leur prince temporel que comme leur pasteurtuel, à mettre un terme à leurs divisions et à songer qu'ils ne pouvaient conserver l'indépendance du pays qu'en étouffant parmi eux tout germe de divisions ; et alors , ajoutaitil , « vos forces réunies « seront le plus ferme appui du bonheur et de la « liberté publics. » Uniias arx : telle était sa devise pour le gouvernement politique de sa province , et la substance de ses réponses à ceux qui venaient lui faire part de leurs différends . Cette sage et paternelle maxime produisit son effet on déposa les armes , on oublia les querelles , et le calme se rétablit dans la province. Une longue sécheresse avait amené la stérilité , la famine et la peste dans les campagnes désolées par des gens de guerre. Ces fléaux cessèrent peu de temps après l'arrivée de van der Burch : on eût dit que ses prières et ses verttis avaient fléchi la colère du ciel. D'abondantes aumônes répandues secrètement, des C'est pour consacrer cette maxime si précieuse que l'on composa a la louange de ce prélat une pièce en vingtneuf vers qui, de distributions gratuites et journalières , faites par son ordre dans les villes et dans les villages, soulagèrent d'abord les plus pressantes misères. Bientôt il s'occupa de maintes fondations utiles : il augmenta le nombre des maisons de charité et des hôpitaux , et pourvut à l'amélioration de plusieurs établissements qui existaient déjà. A Cambray, il fonda à ses frais personnels l'école dominicale , qui subsiste encore aujourd'hui par ses largesses. Tous les pauvres enfants de la ville y sont instruits dans la religion , dans la lecture et dans l'écriture. De peur que la négligence ou l'avidité des parents ne privât leurs enfants de connaissances aussi nécessaires , van der Burch voulut qu'ils participassent chaque semaine à une distribution de pain et d'argent. Il a aussi contribué puissamment à l'établissement du mont de piété de cette ville, et il en posa la première pierre en 1625. Il donna 400,000 livres pour aider à construire la maison des jésuites , qui venaient d'ouvrir des écoles à Cambray. Mais l'établissement de bienfaisance le plus important qui soit dû à son ardente charité , celui qui , pendant quinze ans de sa vie, occupa constamment sa sollicitude, est cette maison de SteAgnès qui a immortalisé son nom à Cambray. Quelques filles pieuses, réunies sous le titre de congrégation de SteAgnès clans une maison de la paroisse de StNicolas, près de la porte du StSépulcre, enseignaient la religion à desjeunes filles. 'Van der Buteh pressentit tout le bien qu'il pouvai t tirer d'une pareille insti t,u tion en lui fournissant les moyens d'élever et d'instruire un plus grand nombre d'enfants. Dans cette vue, il acheta, vis-àvis de l'église paroissiale de StVaast, un bàtiment appelé la Maison aux Ours . Là , il fit bâtir un spacieux édifice qui lui coûta plus de 500,000 florins , et dota cette maison d'une rente de 15,000 florins pour l'entretien et l'instruction de cent jeunes filles . Les bâtiments ayant été terminés en 1627 , il dédia la chapelle en l'honneur de Dieu, de la Ste. Vierge et de Ste- Agnès, vierge et martyre; puis il confia aux filles de SteAgnès la direction de ce nouvel établissement. Elles acceptèrent avec empressement cette charge honorable, ce qui obligea d'augmenter leur congré- gation , afin qu'elle pût suffire à tous les soins qu'exigeaient les boursières. Ces jeunes filles, qui reçoivent ainsi le bienfait de l'entretien corporel et d'une éducation chrétienne, doivent appartenir à des familles peu aisées. Elles sont , depuis leur admission à l'âge de douze ans , nourries , entretenues, formées à tous les travaux domestiques, et élevées dans les principes les plus purs de la religion et de la part de son auteur, est à la fois un monument de patience et tic mauvais gotit. Les premières lettres de chaque vers forment son nom L'alvins Franeiseus van der Burd., et les dernières lettres, jusefu'an dixneuvième vers, offrent sa devise Unitas Merles arx ; les dix autres se terminent par des lettres indifférentes. Cet asile de l'enfance et de la religion porte cette inscription lilaison de bien faisanee et d'éducation fondée par van der Burch en 1651. L'établissement a son entrée principale rue de SteAgnès, sur la route royale. Ces 20,000 fr. représentent aujourd'hui une somme double. la morale. Leur séjour dans la maison dure ordinairement sept ans; « mais, à leur sortie, le bienfai- « sant prélat n'abandonne point ses filles a:sptives « il les suit et vient à leur secours dalis les cira constances les plus importantes de leur vie. Une « dot leur est accordée lors de leur mariage agréé « par l'administration. Devenues veuves , elles re-« çoivent une pension. » Les statuts et règlements ele la maison de SteAgnès, rédigés par le bon arclievèque , font autant d'honneur à son esprit qu'a son coeur : monument précieux de piété , de prudence et de sagesse, ces règlements ont été consultés et imités par madame de Maintenon , quand elle eut à soumettre à Louis XIV les constitutions de la maison royale de StCyr qu'il venait de fonder. C'est en suivant littéralement la direction de son vertueux bienfaiteur que la congrégation de SteAgnès n'a cessé de former et forme encore tous les jours un grand nombre de fidèles domestiques , d'ouvrières honnètes et intelligentes , enfin d'estimables mères de famille. Plus heureuse que tant d'autres fondations utiles qu'emporta le flot de nos révolutions , cette congrégation a , durant les orages de 1792 à 1800 , conservé la meilleure partie de ses biens . On n'a jamais discontinué de recevoir des boursières dans la maison ; les re- ligieuses furent remplacées par des économes. Sous la restauration, la congrégation fut entièrement rétablie sous l'autorité du vertueux Belmas, évêque de Cambray. Depuis lors , on y reçoit des novices. Enfin, dame Agnès Richard, qui était supérieure en 4792 , a repris les rênes de la congrégation en 4822. Vander Burch , dans ses promenades , dans ses visites pastorales , avait toujours la main ouverte pour l'aumône. Une foule de pauvres écoliers recevaient de lui les sommes nécessaires pour les soutenir dans leurs études ; il distribuait à des époques régulières des secours à des veuves et à des vieillards. JI faisait des pensions viagères , nonseulement aux curés que leur grand àge empèchait d'exercer leurs fonctions, mais encore à des sujets auxquels il ôtait la conduite des âmes , parce qu'il les jugeait peu propres au ministère. Il adoucissait pour eux l'amertume d'une disgrâce méritée : « En « sorte , dit un de ses biographes , qu'il était véri- « tablement le père des pauvres. » Les hôpitaux des paralytiques de StJulien de Cambray, d'Enghien, de Lessines , de Tournay , de lieux , les orphelins et les paralytiques de Mons, qu'il enrichit de ses libéralités , et dont il perfectionna le régime intérieur, regardent à bon droit ce vénérable évêque comme leur plus grand bienfaiteur. Par ses soins, le palais archiépiscopal de Cambray fut agrandi, embelli ; il fit , en outre , bâtir l'église de Pommereul , celle de lYlazenghien et de Robercourt. La ville du CateauCambrésis lui dut la construction Les biens et 'revenus de la fondation van der Burd' se composaient de 1,000 mencaudées de terre dans le Cambrésis, de plus de 20,000 livres de rente, et de 24 mencauds de blé sur les moulins de Lasselles. On évalue aujourd'hui ee revenu à 40 ou 45,000 fr., y compris les rentes en argent. de divers édifices. En même temps qu'il faisait un si noble et généreux visage de ses revenus patrimoniaux et de ceux de l'archevêché , il sut par son administration habile et entendue augmenter les revenus du diocèse. Ce n'est pas que personnellement il attachât le moindre prix aux richesses , lui qui n'avait que pour donner ; mais il ne voulait pas laisser déchoir entre ses mains des revenus qu'il ne regardait que comme un dépôt à lui viagèrement confié. Et cependant alors la guerre dévastait encore souvent les propriétés de son archevêché témoin ce jour, où à la nouvelle que sa résidence du CateauCambrésis et dixsept de ses fermes venaient d'être pillées, dévastées, incendiées par les Fran- çais , il se contenta de dire avec une touchante résignation : « Vous ne m'apprenez rien de non-« veau; je l'avais prévu ; je m'y attendais depuis « longtemps. » Enfin on s'expliquerait difficilement la profusion de ses charités, au milieu des dévastations et de la misère de son diocèse , si l'on ne connaissait la constante simplicité de ses habitudes. Il fut le réformateur et le bienfaiteur de plusieurs couvents d'hommes ou de filles . Un de ses derniers travaux fut la rédaction des Constitutions données aux religieuses du monastère de Notre- Darne- de- - Gràce, en la ville d'Ails . Ce règlement fut signé par lui le 16 mars 1644. Deux mois après, il avait terminé sa vie et le cours de ses bonnes oeuvres. Ses travaux apostoliques furent aussi multipliés que ses bienfaits. Pendant la première année de son épiscopat, il donna la confirmation à 144,000 personnes; et dans les quatre années suivantes, on en compta 220,000 à qui le même sacrement fut conféré de sa main. Les plus humbles paroisses étaient visitées par lui : de bons villageois octogénaires versaient des larmes de joie en le voyant faire dans leur modeste église les fonctions épiscopales , eux qui n'avaient jamais vu un évêque paraître dans leurs caMpagnes. Il s'informait avec soin de tout ce qui se faisait dans chaque église , proscrivant les pratiques superstitieuses ou surérogatoires. 11 avait un journal en trois volumes, où il consignait jour par jour jusqu'à sa mort , c'est-àdire pendant vingthuit ans, tout ce qu'il avait fait depuis son entrée dans son diocèse : avant les jours de 1795, qui ont dispersé tant de monuments de ce genre, on le conservait précieusement dans le vicariat du diocèse. Il avait dressé aussi un registre de ses lettres qui, selon un biographe contemporain , sont Le 17 niai 1623, du consentement da magistrat de Cambray, car ce bon évèque respecta toujours les libertés de son peuple, et sous l'approbation de l'infante Isabelle, gouvernante des PaysBas, il accueillit, avec tous les égards dus au malheur, les bénédictines anglaises expulsées de la GrandeBretagne sous le règne de Jac- ques ler. il leur donna pouvoir de batir et d'ériger un monastère en cette ville. Nous avons sous les yeux le manuscrit de ces constitutions, revêtu de l'approbation et de la signature de François van der Burch. Ce manuscrit nous a été communiqué par M. Failly, inspecteur des douanes à Cambray, qui l'acheta, le 2f septembre 1837, à la vente après décès de M. l'abbé l'Anglet, curé de StAubert, eu cette ville. Le chanoine Foulon déjà cité. fort uelles et pleines d'onction. Il tenait note de . toutes les églises et de toutes les chapelles consacrées ou bénites par lui , de tous les évèques qu'il avait sacrés, de tous les abbés et de toutes les abliesses auxquels il avait imposé les mains, enfin de tous les ecclésiastiques ordonnés par lui : le nombre en est considérable. Cette grande exactitude à' tout écrire n'était rien en comparaison de celle qu'il mettait à agir ou parler quand son devoir le réclamait. L'enseignement familier du catéchisme était celui qui lui tenait le plus à coeur : il ne cessait de recommander aux curés ce genre d'instruction que l'Écriture appelle tantôt le lait, tantôt le pain des enfants. Et pour exciter encore mieux la solli- citude de son clergé., luimême assistait au caté- chisme qu'on faisait, soit à des enfants , soit à des adultes. Il prenait plaisir à récompenser ceux qui paraissaient le plus appliqués. De là vint qu'en plusieurs villages du diocèse de Cambray on voyait des personnes avancées en àge qui s'excitaient à l'envi à mériter ces petites récompenses. Persuadé que les synodes sont le meilleur moyen de corriger les abus d'un diocèse, van der Burch convoquait chaque année un synode à Cambray, le jour de la StRemi, à moins que la guerre n'empêcha les curés de sortir de leur paroisse. 11 tint même , au alois de mai 1651 , un concile provincial dont les décisions louées , approuvées et confirmées par le pape Urbain VIII, furent reconnues par les tribunaux séculiers, et surtout par le conseil général des PaysBas. Malgré ses infirmités toujours croissantes , van der Burd' ne voulut jamais cesser de travailler à l'administration de sim diocèse. Il s'était rendu à Mons pour administrer aux fidèles la communion et la confirmation, lorsqu'il fut atteint des symptômes qui devaient amener sa lin. Supérieur aux souffrances du corps il voulait mourir debout , et la mort l'aurait atteint sur son siége , si le prêtre qui avait à lui administrer l'extrèmeonction n'avait exigé qu'il se plaçât sur son lit. 11 cessa de vivre le 25 mai 1644 ; il était dans sa 77C année, et le plus àgé des évêques des PaysBas. Il avait été doyen de Malines pendant vingt ans, évêque de Gand, trois ans, et archevêque de Cambray, vingthuit ans. Ses héritiers lui érigèrent un superbe tombeau en marbre blanc dans la chapelle des jésuites de Mons. La suppression de cet ordre ayant amené la destruction de cette chapelle, les restes de van der Burch furent , par les soins de M . de Fleury , archevêque de Cambray, transférés en 1779 dans le caveau des archevêques de cette métropole. Cette translation fut l'occasion d'une solennité intéressante. Les boursières de SteAgnès précédaient le corps de leur bienfaiteur, qui, après cent trentecinq ans d'inhumation, avait été trouvé Cet état se trouve dans la dernière nOte de Moue historique de van der Burch, par l'abbé Ouvray. Il a, dit le chanoine Foulon, consacré 5 évêques, béni 39 abbés, et mitré 7 autres; béni 8 ab- besson, donné la tonsure à 6,762 clercs, le sousdiaconat à 3,747 personnes, le diaconat à 3,697, la prétrise à 3,860. 11 a consacré 3,431 autels, et dédié 89 églises. dans un état parfait de conservatiôn. On avait en même temps transféré de Mons à Cambray le monument qui avait été érigé à van der Burch ; il a été en partie r6édilié dans la chapelle de SteAgnès. En 1795, lorsque les sépultures des archevêques de Cambray furent violées et leurs cendres jetées au vent, les restes .cle van der Burch ne furent pas plus respectés
  • François BURCKHARD : conseiller intime . ei chancelier de l'électeur de Cologne, Ernest, fit ses f études à Cologne, se rendit de là à Munich, où il I !prêta son travail et ses connaissances à Léonard Eck de Bandeck, chancelier de l'électeur de Bavière, et 'retourna ensuite à Cologne, où il écrivit un petit ouvrage qui lit beaucoup de bruit ; il est intitulé : de Autonomia, ou du Libre Établissement de croyances diverses, imprimé, après sa mort, à Munich, 1586 ; réimprimé en 1593 et en 1602. Cet ouvrage fut faussement attribué à André Erstenberger, à André Gail, et Joecher s'est trompé en l'attribuant à un autre François Burckhard, théologien protestant. Burahard mourut à Bonn, le 6 août 1584. — Jacques BURCKIIARD, né à Bâle en 1642, jurisconsulte et professeur en droit à Sedan, à Herborn, et en 1678 à Bàle, n'a publié que des dissertations, et mourut en 1720. Il y a eu plusieurs autres jurisconsultes de cette famille, dont quelquesuns ont été professeurs à Bâle, mais qui tous n'ont laissé que quelques dissertations
  • François BURMANN( 1671) : lils de François, frère de Pierre et oncle de Gaspard Burniann , naquit à Utrecht, en 1671. Il fut pasteur de plusieurs églises de Hollande, et chapelain de l'ambassade hollandaise eu Angleterre. On le nomma , en 1715, professeur de théologie dans l'université d'Utrecht. Ses ouvrages sont : 1° Burmannorunt Pietas , etc., Utrecht, 1701 C'est une réponse à Philippe Limbourg, professeur des Arminiens à Amsterdam, , dans sa Théologie chrétienne , avait accusé le père de Burmann d'ètre spinosiste. 2 Theolo-- gus , etc. ; discours inaugural sur les qualités qui font le véritable et parfait théologien , Utrecht, 1715 5° Un discours latin sur la Persécu- lion de Dioclétien, Utrecht, 1719 4° L'Har- monie , ou la Concordance des saints Evangélistes , Amsterdam , 1713 5° Le plus grand bien des spinosistes comparé avec le pa- radis sur terre de M. Fréd. Leenhof, 1704 6° Invitation amicale à M. Fréd. Leenhof de se jus- tifier de son spinosisnie, etc., 1705 ces deux ouvrages , écrits en hollandais , furent imprimés à Enkhuizen , où Burmann était pasteur à l'époque où ils partirent. 7° Des dissertations académiques en latin sur la poésie sacrée. Il mourut en 1719 , à 48 ans, et laissa quatre lils : Jean, qui fut médecin et professeur de botanique à Amsterdam; François, qui , après avoir exercé les fonctions de pasteur à Nimègue , fut professeur de théologie à Utrecht; Abraham , qui lit le commerce à Amsterdam ; et Pierre Burmann , qui cultiva les lettres , et marcha SOI les traces de Pierre Burrnann, son oncle
  • François CABRAL ou CAPRALIS( 1528) : né en 1528 à Covilhana, petite ville du diocèse de Guarda en Portugal, voyageait dans l'Orient, et se trouvait A Goa, lorsqu'il entra chez les jésuites, âgé de vingtsix ans. Son zèle pour les missions lui fit parcourir une grande partie des contrées de l'Inde et de l'Asie, et presque partout il exerça les prernieres charges de sa société. Après avoir professé la phi- losophie et la théologie à Goa, et gouverné successivement plusieurs maisons de son ordre dans l' il s'embarqua pour le Japon, où il remplit pendant plusieurs années les fonctions de viceprovincial. De nombreuses conversions y furent le fruit de ses longs et pénibles travaux. Il régénéra dans les eaux du baptème la mère, l'épouse et les enfants du roi d'Omura, et l'exemple de ces illustres prosélytes en fit une multitude d'autres. En 1573, conféra également le baptt:brne au fils du roi de Bungo, et, quelque temps après, au roi luimême, qui, vingt ans auparavant, avait ouvert ses ports et donné dans son palais l'hospitalité à St. FrançoisXavier. Les paroles et les vertus de l'apôtre de.; Indes l'avaient vivement ébranlé , mais il était réservé au P. Cabral de le soumettre au joug de la foi chrétienne. Ces conversions éclatantes entraînèrent celles d'une foule de Japonais , parmi lesquels on remarqua même un grand nombre de bonzes. Le P. Cabral revint ensuite à Macao, où il fut chargé de diriger les nouvelles missions qui commençaient de s'établir à la Chine. Les prédicateurs de l'Evangile venaient enfin de pénétrer dans cet empire ; le célèbre P. Rieci y jetait les fondements de plusieurs églises. Le P. Cabral ne se contenta pas de pourvoir à tous les besoins de cette chrétienté naissante, il la cultiva luimème, et partagea pendant plusieurs an- nées les travaux et les succès de ces premiers missionnaires. Rappelé à Goa, il y fut d'abord revêtu de l'autorité de visiteur et de provincial pour toutes les Indes, et enfin établi supérieur de la maison professe de Goa , qu'il gouverna pendant trentehuit ans. En 1606, il assista, au nom et avec les pouvoirs de l'évèque du Japon, au concile que tous les évêques de l'Orient tinrent dans l'Inde, et mourut à Goa, le 16 avril 1609, àgé de 81 ans. On trouve un grand nom- bre de ses lettres dans les Litterce annuce, écrites du Japon depuis 1571 jusqu'en 1584 , et parmi celles i écrites de la Chine dans les années 1583 et 1584. Il I en existe encore quelques autres dans le recueil de 1 ces mêmes Lit( era3 annuce, imprimé à Evora en e 1608
  • François CACAULT( 1742 - 1805) : commandant de la Légion d'honneur, etc., né à Nantes en 1742, fut baptisé sous le nom de Françoise Carmin, fille de, etc. On ne s'aperçut de cette erreur qu'après quelques années ; il fallut une longue enquête pour obtenir que son état civil fût rectifié. Le jeune Cacault, dont l'éducation avait été trèssoignée, vint à Paris à l'âge de vingt ans, et obtint en 1764 une place de professeur de mathématiques à l'École militaire. Il quitta cet emploi en 1769, parce qu'une affaire d'honneur l'ayant forcé de se battre, il blessa son adversaire d'un coup d'épée. Peu de temps après, l'excès du travail ayant dérangé sa santé, les médecins lui conseillèrent de faire un long voyage à pied, et il entreprit celui d'Italie. Il s'appliqua à l'étude de l'italien, et à faire des observations sur les mœurs des habitants de ce pays, qu'il a ensuite si bien fait connaître dans ses dépêches politiques. Cacault, voyant sa santé rétablie, repartit pour la France, obtint, en 1775, la place de secrétaire des commandements de d'Aubeterre, commandant des États de Bretagne, suivit ce seigneur dans ses missions d'Italie, et ne tarda pas à être nommé secrétaire , sous Talleyrand. A la retraite de ce dernier, en1791, Cacattlt fut nommé chargé d'af- faites dans la même résidence. Il s'acquitta avec. honneur de cette mission délicate, revint à Paris, et y reçut l'ordre d'aller en remplir une autre près du saintsiége. Il se rendait à ce poste lorsqu'il ap- prit le meurtre de Bassville. Ne pouvant pénétrer dans les États du pape, ni revenir en France, parce que tous les passages étaient interceptés par les armées de la coalition, il se trouva dans une position facheuse. L'estime qu'on avait en Italie pour ses qualités personnelles lui assura un asile à Florence, et, quoique sans lettres de créance pour le grandduc, il rallia autour de lui tous les Français qui s'étaient réfugiés dans cette ville. En politique consommé, Cacault sut mettre à profit son séjour dans ce pays; et, en détachant la cour de Toscane de la coalition, il eut la gloire , pour faire exécuter le traité; de là à Florence, et enfin rappelé à Paris, et remplacé par Reinhard , parce qu'il était accusé d'are l'ami des rois 11 y vécut d'abord dans un état voisin du déniiment, parce qu'il avait toujours allié la probité la plus sé- vère au désir de représenter dignement sa nation. Le département de la LoireInférieure le nomma, en 4798, député au conseil des cinqcents. Après la révolution du 18 brumaire, il fit partie du nouveau corps législatif, et, en mars 1801, il fut nommé par le premier consul ministre plénipotentiaire à Rome pour négocier le concordat. Il montra, dans tout le cours de cette affaire, adresse, fermeté, et tous les talents d'un vrai politique, Remplacë eu juillet 1803 par le cardinal Fesch, Cacault alla aux bains de Lucques, pour donner des soins à sa santé, et fut sur le point d'y perdre la vie, parce que les eaux minérales de la Villa lui étaient contraires. Quand il fut de retour à Paris, le premier consul l'envoya présider le collége électoral de son département, qui le proclama candidat au sénat conservateur, où il fut appelé en avril 1804. Cacault n'avait pu voir l'Italie sans y puiser de bonne heure l'amour des arts. Il avait commencé son premier voyage à y recueillir des tableaux, et il lit voir si constamment son goût pour toutes les belles productions du génie dans les arts, que le pape Pie VI, après la conclusion d'In' traité, au lieu de lui faire offrir un corps saint, comme on en offrait à tous les ambassadeurs, lui fit remettre un morceau de mosaïque d'un grand prix, représentant le Colysée. Ce beau morceau, estimé 2,01)0 piastres, doit faire partie du cabinet laissé par CacanIt. Pendant son séjour à Rome, en 1801, 180.2 et 1805, la passion de ce connaisseur habile n'ayant pu que s'accroître, il rassembla une grande quantité de tableaux précieux. Depuis, la ville de Nantes a acheté toute sa galerie, que son frère, qui était peintre, avait fait disposer à Clisson de la manière la plus pittoresque. La conversation de Cacana était quelquefois trop animée. On lui a reproché même une sorte de brusquerie qui ne convenait pas à un homme de son rang ; mais personne ne savan mieux que lui réparer ses torts, et tout prouvait que, sous des dehors quelquefois peu prévenants, il cachait un coeur plein de bonté. li a donné : 1° Poé- sies lyriques traduites de J'allemand de lia:nier, Berlin, 1777 dont il est question dans la Corres- pondance de Grimm ; 2° Dramaturgie, ou Observa- tions critiques sur plusieurs pièces de thétitrc, tra- duit de l'allemand de Lessing, par un Français, et publié par M. J. , Paris, 1785, 2 vol. 11 est auteur de plusieurs rapports faits au conseil des cinqcents. Ses dépèches n'offraient pas une grande correction de style, niais elles étaient pleines de sens, de raison et de grandes vies. Cacault mourut à Clisson, le 10 octobre 1805. M. Huet a parlé avec détail du musée de Cacault dans un euvrage sur la statistique du département de la LoireInférieure, imprimé à Nantes en1802
  • François CACCIANIGA( 1700 - 1781) : naquit à Milan en 1700. Ce peintre, élève de Franceschini, qui luimème avait reçu des leçons de Cignani, apprit les premiers principes du dessin à Bologne, et de là vint à Rome, où il perfectionna son talent. Il ne manquait à cet artiste qu'une certaine résolution, qui ne s'acquiert pas toujours par l'étude. Il travailla souvent pour des maisons souveraines, et grava à l'eauforte deux sujets qui lui avaient été commandés par le roi de Sardaigne. Il entreprit ensuite pour Ancône quatre tableaux d'autel, entre autres une institution de rEueharistie, et un Ma- riage de la Vierge. Ces deux compositions ont particulièrement,un coloris gai, flatteur et franc, qui attire surlechamp l'attention. On voit à Rome, au palais Gavotti, une fresque trèsbelle du même ar- tiste. Le palais et la villa Borghèse offrent aussi d'autres compositions ingénieuses de Caccianiga. Devenu vieux et infirme sans avoir acquis de fortune, il trouva dans la personne du prince MarcAntoine Borghèse, père du duc de Guastalla, un protecteur qui lui assura une pension considérable pour la lin de sa vie. On peut lire quelques détails sur Caccianiga dans les Memorie per le belle cuti, t. 2, p. 155. 11 mourut en 4781
  • François CAIRO( 1598 - 1675) : peintre, né dans le Milanais en 1598, mort en 1675, composa plusieurs tableaux dont les plus estimés décorent les églises du Piémont et de la Lombardie. Il fut pensionné et créé chevalier par le duc de Eavois
  • François CALCÉOLARI : naturaliste et phar macien à Vérone, vers le milieu du 46° siècle, plus connu des savants sous le nom latin de CALCEOLA- nius, était le disciple de Lucas Ghini, de l'école duquel sortirent tous les naturalistes de l'Italie à cette époque. Il se distingua dans sa profession par des connaissances trèsvariées, et il en donna la preuve dans la relation qu'il publia de son voyage au mont Baldo. Cette montagne, située sue les bords du lac de Garda, est remarquable par son élévation de 1,260 toises audessus du niveau de la Méditerranée. Peu tic contrées dans le monde renferment autant d'espèces différentes dans un espace aussi borné. Dans tous les temps, elle a été visitée par les botanistes. Calcéolari la gravit plusieurs fois, et y accompagna les plus illustres naturalistes de sou temps, entre autres Anguillara, Aldrovande, Jean et Gaspard nankin. Il publia cette relation en italien à Venise, en 1366 Suivant Ovide Montalban, il ne lit qu'en fournir les matériaux à JeanI1aptiste Oliva, savant médecin, par qui elle fut rédigée. Sur la demande de Matthiole, il la donna ensuite en latin sous ce titre : Der mottas Raidi, Venise, 1571 et 1584 Camérarius la réunit à son Epitome Francfort, 1586. Calcéolari a fait aussi un abrégé latin des commentaires de Matthiole sur Dios corides, Venise, 1586 avec l'ouvrage précé dent ; cet abrége est peu estimé, et on ne le trouve presque plus. lona, qui fut aussi apothicaire a Vt;-- roue quelques années après Caleéolari, lit encore une relation de son voyage au mont Raid°, qui a été pu bliee par Lécluse dans l'ouvrage intitulé : Historia Plantarum rariorum. Calcéolari avait formé un su- perbe cabinet de raretés de tous genres. Bene &- mins, médecin, en avait commencé la description mais il mourut sans l'avoir terminée : ce fut Amiré Chiocco tHi l'acheva. Ce cabinet appartenait alors au petitfils de notre auteur, nommé, comme lui, François Caleéotari. Celuici dédia cet ouvrage à Ferdinand de Gonzague, duc de Mantoue, et il pa rut sous ce titre : Musœurn Francisci Calceolarii ju - nior. a Bened. Cern t to medico inrœpt el m., et ab A ndr. Chioceo med. description et perfectuni, etc., Vérone, 1622 de 746 p., avec beaucoup de ligures trèsbien exécutees. Ce livre est divisé en 6 parties ; l'impression en est belle, et il est rare et recherché. Le P. Feuillée, en donnant le nom de Cateeotaria à un genre de plante qu'il découvrit au Chili, a eu plus en vue d'indiquer la forme singulière de ses fleurs, qui ressembfent à un sabot, que d'honorer la mémoire de ce botaniste
  • François CALMETTE : médecin de la faculté de Montpellier, où il fut reçu en 1684 , était né à Rhodez. 11 lit avec succès des cours publics , et publia un Abrégé de médecine thérapeutique , Lyon, 1690 ; Genève , 1710. — Louis- Castor- Matthieu de la CALMETTE, chanoine de Cambray, né à Mmes en 1713, est auteur de l'Abrégé du Service de cam- pagne, la Haye, 1752 On trouve dans le recueil des Etrennes lyriques quelques poésies légères sous son nom. Zo
  • François CAMELI : chanoine de Rome , fut garde du cabinet des antiques de Christine, reine de Suède , pendant son séjour à Rome , jusqu'à ce que , devenu aveugle , il fut remplacé par Bellori. Il s'était lié avec le célèbre antiquaire FoyVaillant, dans les voyages que celuici fit en Italie pour visiter les cabinets de médailles. Cameli a publié : Nummi antiqui, aurei, argentei, cerei, prime, secunda3 sot medice, minimce et maxime formée, grœci, consulum, Augustorum, regum et urbium, in Thesauro Christince regince Suecorum asservati, a Francisco Camelo, ejusdem majestatis antiquario, per seri em redacti, Borne, 1690 ce catalogue est rare , et c'est tout son mérite , quoique Vaillant appelle l'auteur Princeps rei nummarice. Les descriptions n'y sont pas exactes , les légendes y sont tronquées , et plusieurs types omis. Cependant , si l'on veut connaitre de quoi se composait le cabinet de la reine Christine , Cameli est bon à consulter, parce qu'llavercamp n'a décrit que les médailles de grand et moyen bronze des empereurs romains, et que Cameli indique toutes les médailles ( le cette collection
  • François CAMILO( 1610 - 1671) : peintre, né vers 1610, a Madrid, était fils de Dominique Camilo, Florentin, que ses affaires avaient conduit en Espagne, où il se maria. Dominique, sur lequel d'ailleurs on n'a aucun renseignement, cultivait ou du moins aimait les arts, puisqu'il s'était lié très-étroitement avec Las Cuevas, l'un des plus habiles peintres de l'Es- pagne. Il mourut laissant son fils au berceau , et peu de temps après sa veuve épousa Las Cuevas, qui, déjà sur le retour de l'âge, ne contracta vraisemblablement ce mariage que pour assurer une existence à la famille de son anii. Le jeune François profita si bien des leçons de son beaupère, qu'à dixhuit ans il peignit un tableau représentant Si. François de Borgia donnant la bé- nédiction du saint sacrement, qui aurait fait honneur à un artiste consommé. Sa réputation s'accrut de jour en jour ; et quoiqu'il fût trèslaborieux, il pouvait à peine suffire aux nombreuses demandes des amateurs. Chargé par le comte d'Olivarès de décorer le palais du Buen Retiro, il y peignit qua- torze fresques dont les sujets étaient tirés des Né- tamorphoses d'Ovide. Quilliet parle avec éloge de ces fresques dans son Dictionnaire des peintres es- pagnols ; mais Velasco dit que cet artiste était si pieux que Jupiter prenait sous son pinceau les traits de JésusChrist, et Junon ceux de la Vierge. On peut en conclure que les sujets mythologiques ne convenaient pas à son talent. Parmi les chefsd'oeuvre de Camilo nous nous contenterons de citer Ste. Marie Egyptienne et la Communion de Sozime, à Alcala de Hénarès; Si. Charles Borromée, l'une des plus vastes compositions de Camilo, à Salamanque ; une Descente de ' croix, à Ségovie ; deux tableaux tirés de la vie de Ste. Léocadie, à Tolède ; et enfin une Vierge de Belem, à Madrid. Camilo joint au mérite d'une couleur excellente une grande correction de dessin ; mais on lui reproche d'avoir sacrifié au mauvais goût de son temps, en s'éloignant des belles formes antiques. Il mourut à Madrid, en 1671. Le plus célèbre de ses élèves est Franc
  • François CAPRÉ : président de la chambre des comptes du duc de Savoie, mourut en 1705. 11 a publié deux ouvrages qui peuvent encore trouver leur place dans les grandes bibliothèques; l'un est intitulé : Traité historique de la chambre des comptes de Savoye, justifié par titres , etc. , Lyon , 1662 et le second : Catalogue des chevaliers de l'Annonciade de Savoye, depuis son institution en 1362, par Amédée VI jusqu'à Charles- Emmanuel, Turin, 1654 On trouve à la suite du premier un petit Traité du saint suaire de Turin, qui n'est pas fait pour donner une bien haute idée de la critique de l'auteur. L'autre est remarquable par la singularité de son exécution ; il contient cinq cent quarantedeux gravures en bois, dont chacune remplit presque en entier une grande page ; il peut encore ètre recherché par les amateurs de la science héraldique. le 19 germinal an 10, dans sa première audience, il adressa au premier consul : « Interprète fidèle des sentiments du souverain pontife, le premier, le plus doux de mes devoirs, est de vous exprimer « ses tendres sentiments pour vous et son amour pour les Français. « Vos désirs régleront la durée de ma demeure auprès de vous. Je « ne m'en éloignerai qu'en déposant entre vos mains les monuments s de cette importante mission, pendant laquelle vous pouvez etre mir e que je ne me permettrai rien qui soit contraire aux lois du gou« veritement et de la nation. Je vous donne pour garant de ma s cc cérite et de la fidélité de ma promesse mon titre, ma franchise connue, et, j'ose le dire, la confiance que le souverain pontife et a vousmeine m'avez témoignée. » Pendant son séjour à Paris, Caprara se montra favàrable à la propagation de la vaccine. D—R—R. Quelques jours auparavant, par le décret d'organisation du conseil d'État du royaume d'Italie, Napoléon avait nominé Caprara président de la section des cultes, dont les autres membres étaient le cardinal Oppizoni, archevêque de Bologne ; Allegri, chanoine, et Roua, curé de StBabile de Milan
  • François CARCANO( 1733) : naquit à Milan en 1733, d'une ancienne famille patricienne dont plusieurs membres s'y étaient signalés par de riches établissement de charité, et notamment JeanPierre Careano, qui, en 1621, avait fait construire le plus beau et le principal corps de bàtiment du magnifique hôpital de cette ville. François Carcan se montra digne tic ses en tes par sa libéralité en vers les pauvres. Chéri de ses concitoyens pour ses dualités sociales et ses vertus, il obtint leur admiration par ses écrits. 11 avait fait de bonnes études à l'université de Sienne; et il a composé quelques morceaux de littérature, tant en vers qu'en prose, qui méritent d'are assimilés aux productions des auteurs les plus vantés, entre autres : gli Ocehiali $ nagici ; i Capiloli d'autore occulta ; il Sermone intorno ad alcune falsc opinioni tenute da varj nello scriverc poetica? ente. Ces opuscules, imprimés dans le temps, parurent sans nom d'auteur ; la modestie ou la défiance de François Carcano l'avait empèché do s'y nommer. Ils se trouvent dans les bibliothèques de tous ceux qui, en Italie, sont les justes ap?réciateurs des productions de l'esprit ; et ses compatriotes, qui le perdirent le 1" mars 1794, n'ont point oublié qu'il fut un promoteur zélé des bonnes études et le généreux protecteur des gens de lettres et tics savants
  • François CARLETTI : voyageur florentin, fils d'un commerçant, fut envoyé, en 1592, à Séville, pour apprendre la profession de son père. Après deux ans de séjour dans cette ville, il s'embarqua pour l'Afrique, où son père l'envoya pour la traite des noirs. Il passa ensuite dans l'Amérique espagnole. Après avoir vendu ses nègres à Carthagène, il se rendit à Lima, puis à Mexico, et passa peu de temps après aux îles Philippines, dans le dessein de former de nouvelles spéculations; mais ne trouvant pas les circonstances favorables , il s'embarqua en 1597 pour se rendre au Japon, où il fit un séjour de neut mois, et passa ensuite à la Chine, où il resta pendant près de deux ans. Il continua sa route par Goa, et s'embarqua enfin pour l'Europe, en 1601, sur un bâtiment portugais, qui , ayafit relàcl?é à l'île SteHélène, fut pris par les Hollandais. Ainsi Carletti se trouva dépouillé en un instant de toutes les richesses qu'il avait amassées, et ne put se les faire restituer, malgré la protection spéciale de son gouvernement. On lui remit seulement, par grâce, une trèsfaible somme. Débarrassé de ces affaires, qui le retinrent longtemps en Hollande, il avait formé le projet d'entreprendre un, second voyage , lorsqu'il VI. fut appelé à Paris par le ministre de France, pour négocier, avec le consentement de son souverain, une affaire qui intéressait les deux cours. Cette né- • gociation n'ayant pas eu de suite ,,Carletti renonça à son projet de voyage, et se retira à Florence, où il rédigea l'histoire de ses voyages, d'après l'invitation du grandduc Ferdinand Pr, qui lui fit un accueil favorable, et le nomma maitre de sa maison. Carletti avait perdu tous ses papiers; mais, doué d'une heureuse mémoire, il a décrit avec autant d'exactitude que de vérité tout ce qu'il avait observé. On est étonné que, sans avoir reçu aucune éducation littéraire, il ait su peindre avec une si grande exactitude les mœurs et les productions des pays dont il parle. 11 a donné avant les autres voyageurs des notions exactes sur la cochenille, sur le coco des Maldives, et sur le musc. Son ouvrage, qui est écrit avec beaucoup de simplicité, et qui ne fut publié que plus d'un siècle après sa mort, porte pour titre : Ragionamenti di Francesco Carletti, Fiorentino, sopra le rose da lui vedute ne' suoi viaggi, si dell' Indie accidente ed orientali corne d'altri paesi, Florence, 1701, i vol
  • François CARON : né en Hollande de parents français, fut mené trèsjeune au Japon. Kampfer dit qu'il était cuisinier à bord d'un navire. Bientôt il fut chargé de la garde des provisions. Excédé des mauvais traitements du capitaine, il se cacha lorsque celuici quitta le Japon. Les gens de la compagnie qui restaient dans ce pays lui enseignèrent à lire, à écrire et à compter. Caron répondit à leurs soins par des progrès rapides, et apprit en mente temps à parler couramment le japonais. Cet avantage lui procura un prompt avancement : il devint par la suite directeur du commerce au Japon, et membre du conseil des Indes. Ayant demandé un Poste plus éminent, il éprouva un refus, et résolut de quitter la compagnie hollandaise. Étant à Ceylan en 1644, il songeait déjà à entrer au service de France, lorsque Colbert, voulant faire participer les Français au commerce des Indes orientales, crut que le meilleur moyen serait de se procurer, parmi les étrangers, des hommes capables de diriger les premiers établissements. Caron en fut nommé, en 1666, directeur général, et on lui associa quatre autres Hollandais sous le titre de marchands ; mais on lui adjoignit le sieur Lafaye, et quatre Français, SOUS les mêmes titres, avec la condition que les Français, dans leurs grades, auraient le pas sur les étrangers. Il naquit de là une rivalité qui eut bientôt des suites fâcheuses. La flotte arriva en 1667 à Madagascar. On trouva l'établissement en mauvais état ; on essaya vainement d'en améliorer l'administration. La colonie était sans cesse en butte aux attaques des naturels du pays. Les directeurs du commerce pensèrent que l'on ne pouvait pas tenir à Madagascar, et que la compagnie devait chercher ailleurs les avantages que cette ile était loin de lui offrir. Caron se chargea de passer à Surate, dans l'espoir d'y acheter des marchandises que l'on pût envoyer en France. Il partit vers la fin de 1667. Arrivé à Surate, il ne tarda pas à expédier à Madagascar son vaisseau avec une riche cargaison. En 1671, Delahaie, commandant la flotte française dans les Indes, lui apporta le cordon de StMichel, faveur d'autant plus grande, que Caron était resté attaché à la religion protestante. Il s'embarqua en 1672, avec Delahaie, pour Trinquernale. Il avait engagé le gouvernement à choisir l'ile de Ceylan pour le cheflieu de ses établissements dans l'Inde; l'envoi de la flotte de Delahaie avait pour but de former un comptoir à Trinquemalé. On commença à y travailler en mars 1672; les maladies et d'autres obstacles tirent abandonner l'entreprise au mois th, juillet. Caron accompagna Delahaie à la prise de Aleliapour. Les nombreux ennemis qu'il s'était attirés avaient fait parvenir en France des plaintes contre lui. Il reçut l'ordre de s'y rendre ; et, soit que l'on ne voulût pas prononcer sans l'avoir entendu, soit que l'on craignit qu'il ne trouvât le moyen de se soustraire à l'autorité, on donna pour prétexte à ce rappel le besoin que l'on avait de ses conseils. N'ayant aucune défiance, il obéit surlechamp, et il avait déjà passé le détroit de Gibraltar pour arriver à Marseille, lorsqu'il apprit, par un vaisseau français qu'il rencontra, qu'on était mal disposé contre lui à la cour alors il fit revirer de bord, pour aller à Lisbonne. Il y était déjà mouillé, et il avait reçu une visite de la part de StRomain, ambassadeur de France près de la cour de Portugal, lorsque le vaisseau toucha contre une roche, et périt en 1674. Caron fut englouti, avec les richesses immenses qu'il apportait de l'Inde. Un de ses fils, qui était avec lui, parvint à se sauver. On a une Description du Japon, écrite en hollandais par François Caron, et imprimée à la Haye en 1656, 4., lig.; elle se trouve en français dans Thevenot, et dans le t. 4 du Recueil des Voyages au Nord. D—Ps et E—s.
  • François CARPESANE : prètre de Parme et secrétaire de résèque de cette ville, était septuagénaire lorsqu'en 1521 l'empereur CharlesQuint assiégea Parme. On a de lui une histoire intitulée Commentaria suorum temporum, qui contient les grands événements de l'époque jusqu'en 1526. Le P. Mabillon, étant à Rome, en lit copier le manusent, qui a été imprimé depuis 1729 à Paris dans le t. de l'Amptissima Collectio veterum scriplorum et monumentorum, depuis la page 1186 jusqu'à la page 1246
  • François CARRACHE( 1595 - 1622) : peintre, frère d'Augustin et d'Annibal , naquit en 1595. Il fut l'élève de ses frères beaucoup plus âgés que lui. Après la mort d'Augustin et d'Annibal , il osa lutter contre son cousin Louis, et fit mettre sur sa porte, à Bologne : « Ici est la véritable école des Carrache. » Mais on blâma cette conduite, qui n'était d'ailleurs soutenue par aucun succès, et on n'eut aucune estime pour lui. Il n'avait fait qu'un tableau, placé à SteMarieMajeure, et le bon Louis l'avait corrigé. Cependant François fut assez ingrat pour le persécuter, et fut même soupçonné de l'avoir frappé dans une dispute. Après la mort de Louis, il alla à Borne; il y fut d'abord reçu comme devait l'être le frère d'Annibal; mais bientôt on le connut mieux, et on le méprisa. Le libertinage l'ayant conduit à l'hôpital de cette ville, il y mourut à l'âge de 27 ans, en 1622. sans avoir laissé à Rome aucune peinture. François avait une grande présomption et peu de talent
  • François CARTAUD DE LA VILLATE : chanoine d'Aubusson, sa patrie, quitta son ?énéfice pour se retirer à Paris, où il mourut en 1737. Il avait publié des Pensées critiques sur les mathématiques, etc. Paris, 1735 11 proposait divers préjugés contre cette science, dans le dessein d'en ébranler la certitude, et de prouver qu'elle a peu contribué à la perfection des beauxarts. Le résultat de cet ouvrage paradoxal, mais écrit avec esprit et facilité, est que les mathématiques ne sont pas toujours exemptes d'erreur. L'année qui précéda sa mort, l'abbé Cartaud fit imprimer un Essai histo- rique el philosophique sur le gotlt, 1736 Cet Essai parut d'abord avec le nom de l'auteur, à Paris; mais il fut bientôt supprimé; on permit cependant au libraire de le vendre sous un frontispice anonyme, et sous la rubrique d'Amsterdam. On l'a réimprimé avec le nom de l'auteur, Londres , •751 Il y a de l'imagination dans les idées, des prétentions dans le style, des contradictions dans les jugements, etc. Il pousse le paradoxe jus- qu'à prétendre que Daillé, la Placette et antres, n'avaient pour but dans leurs ouvrages que de renverser leur secte en feignant (l'attaquer leurs adversaires.
  • François CARRÉ ou CARRÉE( 1636 - 1728) : peintre, né en Frise, l'an 1636, avait fait des progrès dans l'étude des langues, (lit Descamps , et allait entrer dans une communauté religieuse, lorsque son goût pour la peinture l'en détourna. Il mérita , par son habileté, d'être nomme premier peintre du prince GuillaumeFrédéric, stathouder de Frise, et vit ses travaux estimés, tant de ce prince que du public. Il réussissait principalement dans la représentation de l'êtes de village. A la mort de son protecteur, il lui témoigna son attachement et ses regrets par la construction d'un catafahjue magnifique , qu'il fit exécuter sur ses dessins, et qu'il grava ensuite à Peauforte. Il continua d'être au service de la pr douairière Albertine, et s'établit ensuite à Amsterdam, où il mourut, en 1669, à 55 ans, laissant deux fils, Henri et Michel Carré, qui furent aussi peintres. — Henri CARRÉ naquit en 1656, selon Weyerman , et en 1658, selon Houbraken. Ni ces biographes, ni Deseamps , ne nous apprennent pour quel motif François Carré, qui n'avait point à se plaindre d'avoir cultivé les arts , voulut fermer cette carrière à son lits, et le destina au ministère de la chaire. Quoi qu'il en soit , le jeune Henri se passionna pour la peinture , peut-être parce qu'on lui défendait de s'y livrer, et, quand on s'aperçut qu'il avait secrètement fait d'assez grands progrès, on le plaça d'abord chez Juriaen Jacobsz, assez bon peintre, et ensuite chez le célèbre Jacques Jordaens. Devenu habile, il n'en abandonna pas moins la peinture, lorsque la princesse Albertine, dont on a déjà parlé, lui donna une place d'enseigne dans un régiment. Il se comporta bien dans son nouvel état, et se trouva, en 1672, dans la ville de Groningue, alors assiégée; mais le goût de la peinture se réveilla chez lui, et il renonça, pour s'y livrer, au métier des armes. S'étant fixé à Amsterdam, il fut presque toujours occupé par deux amateurs, Fierens, avocat distingué, et van Dyck , riche brasseur. Il peignit aussi de grands paysages dans une salle du chateau de Ryswick. Henri Carré mourut le 7 juillet 1721,4 à 85 ans, laissant sept enfants, dont quatre cultivèrent la peinture, mais avec moins de succès que leur père. Descamps vante la couleur et la touche de Henri. — Michel CARRÉ d'Amsterdam , frère et élève de Henri , ne naquit probablement pas en 1656, comme le prétendent les biographes, puisqu'il était le cadet, et l'élève de soit frère. De son école, il passa dans celle de Nicolas Berghem; mais, après avoir bien saisi, la manière de ce grand paysagiste, il eut le tort de l'abandonner. pour suivre celle de van der Leen , peintre peu connu. Un séjour de plusieurs années qu'il fit à Londres ne fut point avantageux à sa fortune; mais le roi de Prusse l'appela près de lui pour remplacer Abraham Regyn, qui venait de mourir, et lui donna une pension, outre laquelle on lui paya bien ses- ouvrages. La mort de ce prince le força de revenir à Amsterdam. Il mourut à Alkmaér, en 1728. Tout en louant la facilité de ce peintre, Descamps lui reproche d'avoir trop souvent consulté son imagination , plutôt que la nature. 11 cite cependant avec éloge une salle, à Amsterdam, entièrement peinte par Michel Carré, représentant la Rencontre de Jacob et d'Esaü. Le musée du Louvre ne possède aucun tableau de ces trois peintres
  • François CEI : poète italien, du 15° siècle, naquit à Florence. Une chronique manuscrite, conservée dans la bibliothèque du grandduc, nous apprend que Cei vivait encore en 1525. Ses vers lui acquirent une telle réputation que ses contemporains le mettaient à côté de Prétrarque. Quoiqu'il soit déchu beau- coup de cette place, on ne saurait, sans injustice, lui refuser un véritable talent poétique. Plusieurs de ses compositions offrent des beautés; et Crescim- beni le regarde comme un des poètes Italiens qui se sont le plus approchés d'Anacréon. Son recueil est intitulé Sonetii, eapitoli, canzone, sestine, stanze e stram- boni, composte in laude di Clitia. La 1" édition est de Florence, Giunta, 1505 Elle est trèsrare, méme en Italie. La réimpression faite en 1514 par le même imprimeur est presque aussi recherchée. 11 en existe un magnifique exemplaire sur vélin à la bibliothèque de la Crusea. Van Praét en a donné la description dans son Catalogue de livres impri- més sur vélin , 2e part., t. 2, p. '214. Quelques bibliographes citent une édit. du recueil de Cei, Florence, 4509 mais on n'en connalt aucun exemplaire. W g
  • François CARRÈRE( 1622 - 1695) : né à Perpignan, le 11 mars 1622, reçu docteur en médecine à l'université de Barcelone en 1654, appelé à la cour de Madrid en 1667, devint, en 1676, prenne]. médecin des armées du roi d'Espagne. Il , Perpignan, 1748 5. De Hominis Gereratione, Perpignan, 1754 60 Réponse à l'auteur d'une lettre sur l'impossibilité de reconnaitre par l'ouver- ture des cadavres les causes des maladies, ibid., 1755 7° De Sanguinis Putredine, ibid., 1759 80 De Hcematoscopia, Montpellier, 1759 thésc soutenue par PierreJoseph Laroque. 9. Essai sin. les eaux minérales de Nossi en Con/ lent, Perpignan, 1754 10° Traité des eaux minérales du Rous- sillon, Perpignan, 1756 attribué par erreur à son lils
  • François CASCALES( 1500 - 1640) : historien espagnol, naquit dans le 16e siècle à Murcie. Ayant terminé ses études avec succès, il prit le grade de licencié et ouvrit dans sa ville natale une école de littérature, d'où sont sortis de bons élèves. On conjecture qu'il mourut vers 1640. Cascales est auteur de plusieurs ouvrages estimés : 1° Diseurs° historie° de la ciudad de Car- tagena , Valence , 1598 , ; livre curieux , souvent réimprimé. 2° Tablas poeticas , Murcie, 1617 L'édition la plus récente comme la plus belle est celle de Madrid, Sanche, 1779, 2 vol. On a recueilli dans le second volume divers opuscules de l'auteur. 50 Nouvelles Observations grammalica- les. 4. Ars Horatii in methodum reducta, dont An- I tonio cite une édition de Valence , 1659. 5. Carias philologicas es a saber de ( ciras - humanas y varia erudicion, Murcie, 1634 6° Diseursos histo- ricos de la muy noble y muy leal ciudad de Murcia y su reyno, ibid., 1624 édition rare. Cette histoire, dont on loue l'exactitude, a été réimprimée avec le Diseurs° de Cartagena, Murcie, 4775, grand
  • François CARTER : , auteur anglais du 18C siècle, membre de la société des antiquaires de Londres, a publié en 1776, en 2 vol. avec des planches, un Voyage de Malaga à Gibraltar, qui a été réimprimé en 1778. Cet ouvrage fut traduit en allemand . Carter avait formé le projet de publier une notice historique et critique de livres espagnols publiés dans les premiers temps de l'imprimerie, avec la vie des auteurs, etc. ; mais il l'avait à peine commencée lorsqu'il mourut, lei" août 1783
  • François CASANOVA( 1730) : né à Londres en 1750, frère du précédent. Ses parents étant retournés d'Angleterre à Venise, l'élevèrent, ainsi que ses frères, dans l'étude des langues anciennes et modernes. Il profita de cette éducation d'une manière étonnante , quoiqu'il entreprit dès lors de travailler à devenir peintre. A l'âge de vingtcinq ans, Casanova vint à Paris avec un de ses frères qui s'occupait de belleslettres. Celuici apporta quelques pièces de poésies fugitives que les italiens aiment beaucoup ; l'autre vint avec deux ou trois petits tableaux de ba- tailles. Des amis les présentèrent à Ch. Parrocel , grand dessinateur, et qui , dans ce genre, dessinait les chevaux du plus grand caractère , ayant fait des études profondes sur cet animal, si beau et si difficile à bien rendre en peinture. Il ne fut pas content du talent du jeune Casanova ; cependant il lui dit ces mots remarquables « Vous paraissez sentir le co-« loris; suivez votre inclination ; mais ne négligei « pas le dessin ; car, s'il ne suffit pas pour la perfec-« tion dans l'art de peindre, il en est la base fon-(( damentale. » Casanova se promit bien de suivre cet avis; mais en dessinant d'après van der Meulen et Parrocel luimême, ii s'attacha encore plus au coloris et aux effets de la lumière, si difficiles à bien rendre dans les tableaux composés d'une multitude de Figures. 11 alla prendre auprès de Diétrici, peintre habile à Dresde, les moyens de séduire et de plaire, qu'il puisa aussi dans les talents enchanteurs de l'école hollandaise. Par cette marche et un travail opiniâtre, il se mit en état de se présenter à l'académie royale de peinture, et y fut reçu comme peintre de batailles. Son tableau montrait une exécution vive et hardie; de la connaissance des effets de la lumière du ciel , un grand goût de composition , de larges masses ; enfin, des mouvements ingénieux dans les hommes et dans les chevaux. Cet ouvrage , exposé au salon, lui attira de tous côtés des demandes de tableaux de batailles. Il en fit aussi beaucoup dans le genre de van de Veld , modèle si excellent pour peindre les animaux. 11 les vendait fort cher. Les plus remarquables, et peut-être, les derniers qu'il ait faits en France , sont ceux qui, demandés par le prince de Condé pour son nouveau palais , représen- talent des sujets de batailles gagnées par le héros de ce nom. On ne peut guère pousser plus loin la chaleur du coloris et de l'exécution que dans ces deux tableaux. Au milieu de ses plus grands succès, Ca- sanova , dépensant toujours l'argent sans mesure et accablé de dettes, fut obligé et fort heureux d'accepter la demande qui lui fut faite par l'impératrice de Russie, Catherine II, de peindre pour son palais ses conquêtes sur les Turcs. Il alla exécuter cette belle entreprise à Vienne en Autriche, où il fut trèsbien accueilli. D'un caractère fier et élevé , il recherchait la compagnie des personnes de haut rang, à qui sa conversation paraissait fort piquante. Il était un jour à la table du prince de Kaunitz, ministre de l'empereur, où l'on parlait de Rubens et de ses talents comme grand peintre et comme diplomate. Un des convives dit : « Rubens était donc un ambassadeur « qui s'amusait de la peinture. — Votre Excellence « se trompe, repartit Casanova , c'était un peintre « qui s'amusait à être ambassadeur. » Toujours fort occupé , il faisait un tableau qui devait représenter l'inauguration des Invalides par Louis XIV, lorsqu'il fut attaqué de là maladie dont il est mort , à Brühl, près de Vienne, en mars 1805. Plusieurs de ses ouvrages ont été fort bien gravés , et il est sorti de son école des artistes distingués , entre autres Mayer, Norblin de la Gourdaine, J.H. Loutherbourg
  • François CASSANDRE : écrivain du 17C siècle, est principalement connu par une traduction française de la Rhétorique d'Aristote, la naeilleure que nous ayons eue jusqu'ici . Imprimée d'abord à Paris, en 1654 elle fut bien reçue du public cependant, peu satisfait luimème de ce premier travail, il passa vingt ans à la revoir et à la mettre dans l'état où elle est maintenant. Les éditions de Paris, 1675; Amsterdam, 1698, et la Haye, 1718 sont les plus estimées. D'Ablancourt faisait beaucoup de cas de cette traduction, et Boileau disait que la lecture lui en avait été plus utile que celle de tous les autres ouvrages qu'il avait lus dans sa vie. C'est Cassandre que Boileau a eu en vue dans ces vers de sa 1" satire Damon, ce grand auteur, dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, Depuis, M. Gros, inspecteur de l'université, a publié une traduction de la Rhétorique d'Aristote, Paris,4820, 4 vol. qui, bien que fort Ceilnée, lia pas fait oubli« celle de Cassandre, Mais qui, n'étant vêtu que de simple bureau, Passe l'été sans linge et l'hiver sans manteau. Le satirique, qui l'aimait, lui avait souvent ouvert sa bourse, et n'avait négligé aucune occasion pour le tirer de l'état misérable où il languissait ; mais le caractère inflexible de Cassandre, qui l'empèchait de s'astreindre aux moindres formules de la politesse, une certaine misanthropie que l'âge et le malheur ne firent qu'accroître encore, lui rendirent inutiles et ses talents et l'amitié de Boileau. Après avoir vécu malheureux, il mourut dans l'indigence, en 1695. Cassandre possédait à fond les langues grecque et latine, et faisait des vers"français agréables. On a encore de lui les Parallèles historiques, Paris, 1680 ; sa Continuation de la traduction de l'Histoire de de Thou, commencée par Duryer, qu'il promettait, n'a pas été imprimée
  • François CATTANI DA DIACCETO( 1446 - 1522) : né à Florence, le 16 novembre 1446, étudia sous Marsilio Fieino, et se rendit si habile, qu'il parvint à remplacer son maitre dans sa chaire de philosophie. 11 mourut à Florence en 1522. Ses oeuvres, presque toutes de philosophie platonicienne, ont été publiées à Bâle en 1563. Son ouvrage intitulé : Tre Libri d'amore, a été imprimé séparément, à Venise, 1561 : on y trouve sa vie, écrite par le Varchi. — Un autre François CArrAm DA DIACCETO, petitfils du précédent, et qu'on appelle aussi le Jeune, entra dans l'ordre des dominicains, fut ensuite évêque de Fiésole, assista au concile de Trente, et mourut le 5 novembre 1595. On a de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue : 1° Discorso dell' autoriià del papa sopra il concilio, Florence, 1562 ; 2° Sopra la superstizione dell' aile magica, Florence, 156i ; 5° des traductions italiennes de l'Hexaméron de St. Ambroise , Florence, 1560 trèsrare;, des offices du même, Florence, 1558 des piires et Evangiles, etc
  • François CATROU( 1659 - 1737) : né à Paris, le 8 décembre 1659, de Mathurin Catrou, conseiller secrétaire du roi, entra chez les jésuites en 1677. Ce fut au collée de Rouen qu'il se fit connaître par des compositions qui annonçaient de la facilité, de la grâce et de l'imagination. Ses supérieurs l'ayant ensuite destiné à la chaire, il prêcha sept ans avec applaudissement, et réussit surtout dans les panégyriques ; niais dégoûté par la contrainte d'apprendre par coeur, il regretta le temps que sa mémoire faisait perdre à son esprit, et abandonna la prédication. Le Journal de Trévoux, qui commença en •701, lui dut sa naissance et ses progrès. 11 l'entreprit avec trois de ses confrères, le soutint environ douze ans, et s'y fit la réputation d'un bon critique. Ce travail périodique ne l'empêcha pas de se livrer à la co de plusieurs autres ouvrages; les principaux sont : 10 Histoire générale du Mogol, rédigée sur les mémoires portugais manuscrits du Vénitien Manou- chi, 1705 ou 5 vol avec l'Histoire da règne d' Aurengzeb, 1715. 2° Histoire du fanatisme dans la religion protestante, contenant l'histoire des anabaptistes, des davidistes et des trembleurs, Paris, 1753, 5 vol. « Ces trois volumes, dit l'abbé « Goujet, écrits avec agrément et une grande viva- « cité de style, attachent le lecteur par la variété, « la singularité et l'importance des faits ; » mais d'autres critiques désirent plus de rapidité dans la narration. Catrou avait d'abord publié séparément l'Histoire des anabaptistes , Paris , 1695 et Amsterdam, 1700 lig. 5° Traduction de Virgile, avec des notes critiques et historiques, dont la meilleure édition est de 1729, en 4 vol. Cette traduction fut alors vivement attaquée par l'abbé Desfontaines, qui l'a été à son tour pour la sienne. Une vive et singulière ima- « gination, dit le critique, a dicté cette version tou: « jours rampante, souvent burlesque, ori.le texte « même est altéré. Le traducteur prend souvent la « liberté de réformer les expressions de l'original, « en citant faussement les manuscrits sur lesquels « il s'appuie. Quelquefois même, de son propre « aveu, il ne consulte que son goût particulier. 11 y « a dans ses notes de l'esprit et des recherches; « mais plusieurs sont peu judicieuses, ne servent « qu'à étayer les sens faux qu'il donne à Virgile, « et paraissent moins faites pour le poite que pour « le traducteur. » Quoique ces critiques soient un peu suspectes dans la bouche d'un rival, le public n'a point appelé de ce jugement, et la traduction est entièrement oubliée, surtout depuis qu'il en a paru de plus fidèles. 40 Histoire romaine, depuis la fondation de Rome, Paris, 1725-57, en 21 vol. réimprimée en 1757, en 24 vol. accompagnée de notes historiques, géographiques et critiques, de gravures, de cartes, de médailles, etc. Cette histoire est la plus étendue que nous ayons ; on applaudit dans le temps à la profondeur des recherches, à la solidité des réflexions et à l'art qui avait présidé à l'enchaînement des faits ; mais la critique y reprit un style puérilement pompeux, des ornements ambitieux, peu d'accord avec la sévérité de l'histoire, des expressions triviales, un néologisme outré et des détails inutiles, et, en général, le ton de Maimbotwg et de Berruyer, plutôt que celui de TiteLive et de Tacite. L'auteur avait recherché l'éloquence, et n'avait pas rencontré la précision. On fut plus content des notes, qui sont presque toutes du P. Rouillé, associé et continuateur de Catrou . L'ouvrage cependant ne mérite pas tout à fait l'oubli dans lequel il est tombé. Bundy traduit en anglais, Londres, 1728-1750, 5 vol. et Fra Zannino Marsecco en italien. Le P. Catrou mourut le 18 octobre 1757 à 78 ans Il avait conservé dans sa vieillesse l'imagination belle et vive de ses premières années. Il joignait les qualités du coeur à celles de l'esprit ; ses manières étaient affables et polies
  • François CAUCHE : voyageur français , qui a publié , en 1651 , une des premières relations sur l'île de Madagascar, où il avait séjourné pendant trois ans, suivant Flacourt. Il était né à Rouen, de basse extraction , et n'avait pas fait d'études. Se trouvant à Dieppe à l'âge de vingtdeux ans , et porté, ditil, par la curiosité naturelle à l'homme de voyager, il s'embarqua, comme soldat, sur un bâtiment commandé par Alonse Gouhert natif de Dieppe. Le but de ce navigateur était d'aller dans la mer Rouge , et de commencer un établissement à l'île Maurice, maintenant l'île de France; niais ils la trouvèrent occupée par les Hollandais. Obligés de relâcher à Madagascar, Canche y resta avec un petit nombre de Français , parcourant l'île dans plusieurs directions différentes, et se trouvant toujours bien accueilli par les naturels du pays. Une compagnie s'étant- formée en France pour établir une colonie dans cette île, Pronis , qui était le chef de cette expédition, voulut contraindre Canche de se réunir à lui, ainsi que ses compagnons; niais celuici aima mieux revenir en France, sur un bâtiment commandé par un sieur Régimont. Suivant lui , après avoir passé aux lies Comores , ils entrèrent dans la mer Rouge, où ils firent le métier de pirates et prirent plusieurs vaisseaux arabes ou malabares et revinrent en Europe , après avoir touché à Madagascar. De retour en France, il excita la curiosité par ses récits. Morisot de Dijon rédigea la relation des voyages de Canche; elle fut publiée sous le titre suivant : Relations véritables et curieuses de Vile de _ Madagascar et du Brésil; savoir, Relation du voyage de François Canche , de Rouen en Vile de Madagascar, 'îles adjacentes et côtes d'A frique, en 1658, et autres pièces, Paris, 1651 La relation de Canche est réunie à quelques autres voyages, entre autres à celui de Boulon haro au Brésil, à celui de Moreau dans la même contrée, et à ceux de Lambert et d'Abère en Égypte. La simplicité du récit de Canche est faite pour inspirer la confiance ; il raconte ce qu'il a vu , et, malgré son peu d'éducation , il ne parait pas donner dans le merveilleux. On sent que les notions qu'il donne sur les objets d'histoire naturelle sont fort imparfaites ; cependant on reconnaît la plupart de ceux dont il parle, tandis que le rédacteur de cette relation se trompe souvent dans les notes marginales qu'il y a ajoutées. Flacourt , qui succéda à Pronis dans la direction des établissements français à Madagascar, et qui a publié une relation de son voyage, dix ans après celle de Canche, dit beaucoup de mal de ce dernier ; il l'accuse d'en imposer sur les voyages qu'il dit avoir faits dans l'île jusqu'à la baie d'Antoitgil , et prétend qu'il ne raconte celui de Comore, de Boamaro, (le SteMarie, (le l'île Socotora et de la mer Rouge , que d'après ce qu'il avait entendit dire aux matelots qui avaient fait cette course avant son embarquement. Flacourt prétend que Guiche n'a pas bougé de Madagascar, tout en reconnaissant qu'il parle assez raisonnablement de Carcanossi où il avait demeuré; mais qu'il s'est trompé dans le dialogue qu'il a fait imprimer en langue madécasse, qu'il n'y a point de nègre de Vile qui le puisse entendre. Ces inculpations peuvent être vraies jusqu'à un certain point; nais, d'un autre côté, on peut croire que Flacourt était prévenu cuistre un homme qu'il regardait comme un aventurier sans éducation. La relation de Caliche est importante sons plusieurs rapports ; elle donne une beaucoup meilleure idée des habitants de Madagascar que celle de Flacourt
  • François CAVALLI( 1600) : célèbre organiste , et l'un des plus grands compositeurs de son siècle, naquit à Venise au commencement du 17° siècle. Maitre de chapelle à l'église de StMarc, place qu'on a toujours donnée aux professeurs les plus distingués, il est un des premiers qui aient composé de grands opéras. Lorsque les théâtres publics s'établirent à Venise en 1637, Cavalli commença à travailler pour la scène , et continua , pendant plus de trente ans, à l'enrichir de ses ouvrages. Doglioni rapporte que les grands talents de cet artiste le firent appeler par les cours de France et de Bavière, où il donna de nouvelles preuves de la fécondité de son génie. Son opéra de tiercés , qui avait été joué à Venise en 1654, fut représenté à Paris, le 22 novembre 1660, dans ta haute galerie du Louvre , à l'occasion des noces de Louis XIV. Cet ouvrage , imprimé chez Ballard, en 1660 eut peu (le succès, soit parce que peu de personnes entendaient la langue italienne , soit parce que tout le monde haïssait le cardinal Mazarin, prôneur de l'artiste italien. Ce qui fortifia davantage cette opinion, c'est qu'à la même époque on représenta une autre pièce italienne intitulée Ercole amante, dont Lulli avait fait tous les airs de danse et quelquesuns des morceaux de chant. Cet ouvrage, qui eut du succès, fut repris en 1662, avec des ballets dansés par le roi et la reine. Quoi qu'il en soit, Cavalli a composé, depuis 1657 jusqu'en 1669 trentehuit ouvrages, qui ont été représentés avec succès. Il vivait encore en 167:?., et l'on ignore la date de sa mort. Le chevalier Planelli, dans son Traité sur l' Opéra , prétend que c'est dans la musique de l'opéra de Jason qu'on vit pour la première fois , à la lin de quelques scènes, l'aria, morceau ordinairement détaché, dont la musique est beaucoup travaillée, soit pour le chant, soit pour les instruments. Avant ce temps, continuetil, la musique des opéras, quant au chant , n'était qu'un récitatif grave , soutenu et interrompu par les instruments. On ignore si Cavalli a compose; des pièces pour l'orgue
  • François CAVAZZONE( 1559) : peintre, né à Bologne en 1559, auteur de quelques compositions médiocres sur des sujets de piété, est plus connu par un livre intitulé : Traitai° di tulle Illadonne di Bobogna, & signale e descritte. Il existe un autre ouvrage du même artiste intitulé : Traite° del sen Viaggio de Gierusalenime e di tulle le case pià notabili de' satin luoghi, etc. , et daté de 1619, avec des ligures dessinées à la plume, qui se trouvait entre les mains de l'antiquaire Magnaracca
  • François CERVANTES DE SALAZAR : littérateur espagnol du 10' siècle. Nicolas Antonio déclare ne savoir ni qui il est , ni où il a pris naissance ; mais il est plus connu des savants espagnols par ses ouvrages, réunis sous le titre suivant : Obras que Fr. Cervantes de Salazar ha hecho , glossado y La traduction de BouthonDnbournial, dont le moindre défaut est un style IlIche et trivial, a été complétement effacée par celle de de Laulnaye, Paris, 1821, 4 vol. fig., et surtout par celle de M. Louis Viardot, ibid., 1837 -38, 2 vol. grand ornés de 800 dessins par M. Tony Johannot, et d'une carie géographique. En ce moment on réimprime cette belle édition avec les mémo vignettes, niais en 1 seul vol. grand — existe plusieurs traductions anglaises de Don Quicholle. La dernière a paru h Londres en 1,418 : the History sud Adrenturcs of don Quisole, 1t vol. grand avec de belles gravures exécutées d'après les peintures de Rob. Smirke. Ccs. D. Aug. Garcia de Arrieta, académicien espagnol, a donné une édition complète des œuvres de Cervantes avec portrait, carie et facsimile, dans la Collection des classiques espagnols publiée il Paris par Bossange, in -52. Elle forme 10 vol., dont le er contient Don Quichotte précédé d'une vie de l'auteur, d'après Bowles et Pellicer, et de l'analyse de don Vincent Los Rios, réduite et refondue par M. Arrieta. Cc—s. traducido , Alcala , 1546 On y trouve tine glose de l'auteur sur l'apologue de l'Oisiveté et le Travail , par Louis Mexia ; un dialogue de la Di- gnité de l'homme , commencé par Maestro Oliva, et 'achevé par Cervantes, et l'Introduction à la Sagesse, traduite du latin de Louis Vivès. Ambroise Moralês loue le talent et le style de Cervantes de Salazar. Grégorio Majans, dans le Specimen de sa Bibliothèque, dit, des opuscules de cet auteur : Si non sunt aurea, sun( auro cariora. « Cependant , ajoutetil, « on ne les lit pas plus que s'ils n'étaient ni écrits « ni imprimés, tant est grande l'ignorance des bons « livres, et la surabondance des mauvais ! »— Jean Guillen DE CERVA.NTES , né à Séville , professa le droit canonique dans cette ville, fut député, par ses concitoyens, à l'assemblée des cortès, que Philippe II convoqua dans Madrid en 1586, et s'occupa principaiement d'un grand ouvrage sur les lois dites Leges Tauri , du lieu où elles furent promulguées. Ses commentaires devaient avoir trois parties; mais il ne publia que la première, qui a pour titre : Prima pars Commentariorum in leges Taud, Madrid, 1594 — Gonzalve Gomez DE CERVANTES, préfet de Tlascala , dans l'Amérique septentrionale , composa, en 1599, un » modale sobre las cosas y govierno de Mexico, benefieio de la Plata, y de la Cochinilla, qu'il dédia à Eugène Salazar, membre du conseil des Indes. Cet ouvrage n'a pas été imprimé
  • François CETTI( 1726) : naturaliste, né en 1726, à Côme, dans le Milanais, embrassa jeune la règle de St- Ignace, et, suivant l'usage de l'institut, régenta dans divers colléges. En 1760, le roi de Sardaigne, voulant faire jouir ses sujets de cette île d'une i instruction plus développée, demanda des jésuites pour y professer les hautes sciences ; et le P. Cetti y fut envoyé avec quelquesuns de ses confrères. 1 11 y remplit avec succès la chaire de philosophie au collége de Sassari. Doué de l'esprit d'observation et d'une ardeur infatigable pour l'étude , il consacra ses loisirs à l'histoire naturelle, et le premier lit connaître celle de la Sardaigne dans les ouvrages suivants : 1° i Quadrupedi di Sardegna, Sassari, 1774 Ce volume , rempli d'érudition et de recherches curieuses, est orné d'une carte de l'île et de 4 pl. représentant les animaux les plus rares. A la tète est une courte description de la Sardaigne. 2° Gli Ucelli di Sardegna , ibid., 1776 Cet ouvrage, dans lequel on a signalé quelques erreurs, offre une lecture intéressante. Cetti rapporte qu'en 1769 les sauterelles étaient si nombreuses qu'elles menaçaient les récoltes d'une destruction totale. Elles s'élevèrent en colonnes ser- rées, à tel point que le jour en était obscurci ; mais les corbeaux attaquèrent ces colonnes, les rompirent et firent un si grand carnage de sauterelles que le pays fut préservé de la famine. 5. Anfibi e Pesci di Sardegna, ibid., 1777 avec 5 pl. Sonnini a tiré de ce volume quelques descriptions d'amphibies qu'il a insérées dans son édition des oeuvres de Buffon. Suivant Cuvier, Cetti traite des poissons avec trop peu d'étendue, si l'on excepte ce qui regarde le thon . Dans son épître dédicatoire , adressée à l'évêque 1 d'Uselli et de Terralba , Cetti venge le clergé catholique du reproche de nuire au développement de l'agriculture et de l'industrie, en Favorisant le célibat , la paresse et l'ignorance. « Pour répondre, ditil, à ces vaines accusations, je « me contenterai de montrer l'Italie à ces censeurs, « et de leur demander s'ils ne s'estimeraient pas « heureux de voir leur pays égaler en richesses cette « contrée, où cependant dominent avec les prètres « catholiques tous les abus contre lesquels ils s'é- « lèvent avec tant de violence. Quel est le pays « qui renferme plus de cités riches et populeuses ? « Quel est celui qui présente une plus grande masse « de richesses matérielles? où les arts soient culti-« vés avec plus d'ardeor? où il ait été fait des dé - « couvertes plus nombreuses et plus utiles à l'hu-« inanité? N'estce pas au clergé catholique que « l'on doit la renaissance des lettres et des arts, l'é- « tablissement des bibliothèques, la fondation de la « plus grande partie des universités et des acadé-« mies? » 4. Appendice alla Storia dei quadrupedi di Sardegna , ibid., 1777 de 65 p. L'auteur répond dans cet opuscule aux critiques dont son ouvrage et .en particulier sa description de la Sar- daigne, avaient été l'objet. Il défend le climat de cette He du reproche d'insalubrité , puisqu'on y trouve assez fréquemment des centenaires , et il prouve, par la comparaison des tables de mortalité, que l'on y vit aussi longtemps que dans les pays réputés les plus sains. Cetti se proposait de compléter son travail en donnant l'histoire des fossiles et des minéraux ; mais il n'eut pas le loisir de la terminer, et mourut à Sassari, vers 1780. Un passage de son histoire des oiseaux fait conjecturer qu'il avait le projet de publier pour la Sardaigne un Almanach économique : « Un bon « almanach, ditil, est un des livres les plus utiles « tout pays devrait avoir le sien. » Azuni , pour composer son Histoire naturelle de la Sardaigne , a beaucoup profité des ouvrages de Cetti. Il ne fait souvent que le traduire en l'abrégeant. Toutefois il ne lui épargne pas les critiques, et même il s'en permet plusieurs qui ne sont nullement fondées. C'est ainsi, par exemple, qu'il lui reproche d'avoir, dans son histoire des quadrupèdes, indiqué les animaux par leurs noms sardes : « Ce («lui force , ditil, ceux qui la lisent (l'étudier la « langue dans laquelle le livre est écrit avant de « pouvoir étudier l'objet dont traite l'auteur. » Mais au nom sarde Cetti joint presque toujours la synonymie en latin, en italien et même en français. 11 cite dans ses descriptions Linné, et rapporte assez souvent des passages de Buffon, avec des élo- ges qui sont dus au plus éloquent des naturalistes. Les trois volumes de Cetti doivent &Fe réunis ; sont assez rares en France
  • François CHABOT( 1759 - 1794) : né en 1759, à StGeniez, dans le Rouergue. Son père , qui était cuisinier du collége de Rhodez , eut la facilité de lui faire faire ses études à peu de frais. Chabot avait beaucoup d'esprit naturel et une imagination trèsardente. Ses professeurs le prirent en amitié, et s'appliquèrent surtout à lui inspirer des sentiments religieux. Le jeune homme écouta leurs leçons avec avidité, mais alla beaucoup plus vite qu'ils ne le voulaient sans doute euxmêmes : il devint dévot à l'excès, se fit capucin, reçut la prêtrise, et fut peu de temps après gardien de son couvent. Devenu directeur des consciences, il voulut connaitre les auteurs profanes de son siècle qui pouvaient les égarer. Cette lecture donna une autre direction à son imagination. 'l'otite sa ferveur l'abandonna , et le rigide capucin devint tout à coup un moine débauché qui fut le scandale de la ville de Rhodez. L'assemblée constituante ayant supprimé les congrégations religieuses , Cha- bot sortit des premiers de son monastère, et conti- nua, pendant quelque temps , d'exercer les fonctions ecclésiastiques, en se rangeant dans le parti de ceux de ses confrères qui se soumirent à la consti- tution civile du clergé. L'évèltie constitutionnel de Blois le choisit pour son grand vicaire, le présenta aux électeurs du département de LoiretCher , comme un zélé partisan du nouvel ordre de choses, et ils le choisirent pour leur député à l'assemblée nationale. Chabot ne démentit pas l'opinion que ses commettants s'étaient faite de lui, ou plutôt dépassa de bien loin toutes leurs espérances. Il parlait avec beaucoup de véhémence et de facilité, et surtout avec une im- perturbable audace. Il avait entendu dire que les Etats libres ont besoin d'une grande agitation pour se soutenir, et il ne cessa de se tourmenter pour en produire autour de lui. Tous ceux qui n'étaient pas de son parti, les ministres, le roi, ses propres collè- gues , étaient chaque jour l'objet de ses dénonciations. Une de ses plus remarquables victimes fut le duc de Brissac , qu'il parvint à faire décréter d'ac- cusation. Enfin il fut un des hommes qui contribuèrent le plus à détruire ce qui restait encore du trône des Bourbons en 1792. On avait imaginé, quelque temps avant le i 0 août, l'existence d'un comité au-'fichien, et l'on alla jusqu'à indiquer sérieusement, dans un discours public à la tribune de l'assemblée, le chàteau de Bagatelle comme le lieu où l'invisible comité tenait ses séances. Chabot se dévoua, en véri ta- ble Séide, pour faire croire à la multitude la réalité de ce fantôme , et il indiqua devant l'assemblée diffé- rentes circonstances , d'un ton si affirmatif, que les ministres qu'il voulait compromettre crurent qu'ils ne pouvaient garder le silence. Ils dénoncèrent à la justice Chabot, avec deux de ses collègues : un juge de paix , nommé Étienne Larivière, lança contre eux un mandat d'amener ; mais l'assemblée vit dans l'ordre du juge un attentat contre l'inviola-,bilité de ses membres. Larivière fut décrété d'accu- sation, et envoyé à la haute cour d'Orléans : »il péri depuis d'une manière affreuse. A peu près dans If mème temps , Chabot se lit blesser légèrement pai six hommes affidés , et fit répandre que ces si hommes étaient des sicaires de la cour, qui avaient voulu commencer par lui la destruction des députe patriotes. On assura aussi dans le temps qu'il avait pressé avec instances deux de ses collègues de le tuer et de porter son corps sanglant dans le faubourg StAntoine, pour exciter contre la cour la fureur populaire. Le 20 juin et dans la nuit du 9 au '10 août 1792, Chabot se rendit dans les églises de faubourg , où les assemblées populaires tenaien; leurs séances, et y prèclia l'insurrection avec la dernière violence. Le 10 août , il arracha cependant quelques malheureux prètres à la mort, et le 2 septembre, le respectable abbé Sicard lui dut aussi la vie. Après les événements du 10 août, il dénonça à la multitude, encore furieuse, la pluralité des mem- bres de l'assemblée , comme ayant provoqué les malheurs qui venaient d'avoir lieu , par leur obstination à défendre le général Lafayette, contre lequel il demanda un décret de mise hors la loi. n'avait pas cessé de déclamer contre lui pendant toute, la session. Chabot fut choisi pour député à la convention, par le département qui l'avait envoyé à l'assemblée législative, et il poursuivit avec la même ardeur, contre les fédéralistes, le système qu'il avait adopté contre Louis XVI ; mais il eut un peu mo succès dans cette nouvelle lutte. On le vit ai premier rang dans toutes les grandes crises mais il fut souvent éclipsé par des hommes phi, adroits et plus puissants que lui, et rejeté dans la foule des révolutionnaires subalternes. Tout en tirant 4 parti de l'audace de l'infatigable capucin, ceux qui couraient la mème carrière se moquaient de lui, et' ne voulaient pas l'admettre aux avantages de la victoire. Son ancien état, si opposé au rôle qu'il jouait alors, lui attira les plaisanteries et les sarcasmes del tous les journalistes, qui le rendirent ridicule, même pour ses partisans. Il avait conservé dans le monde la malpropreté qu'on a reprochée à son ordre: avec une tète crasseuse, il avait le cou et la poitrine déi- 1 couverts, une jaquette au lieu d'habit, les jambes nues et un pantalon d'une étoffe grossière ; et c'est en cet état qu'il se présentait à l'assemblée et au public. Ce fut lui qui imagina de donner aux jeunes gens mis proprement la dénomination de musca- dins, et qui proposa de chasser de la république tous ceux qui n'avaient pas les mains calleuses, pour distribues' leurs propriétés aux sans- culottes. Parmi les victimes de sa fureur, on cite son ancien confrère, le P. Venance, qu'il fit périr sur l'échafaud, pour se venger de ce que ce malheureux avait autrefois fait des vers contre lui. Ce fut encore Chabot qui lit adopter la qualification de monta- gnards par les députés de son parti, qui se plaçaient constamment sur les bancs les plus élevés de la salle. Enfin il obtint le décret qui métamorphosa momentanément la cathédrale de Paris en temple de la Raison , et finit par se marier avec une Autrichienne, nommé Léopoldine Frey, de Briinn en Moravie. Il invita tous les membres du club des jacobins à ses noces ; mais déjà son commençait à baisser, et son alliance avec la jeune Autrichienne ne l'augmenta pas. Les deux frères de la malheureuse Frey, l'un etprautre barons allemands, étaient venus en France, comme beaucoup d'autres étrangers, pour tâcher de s'enrichir au milieu du désordre, et ils avaient sacrifié leur soeur à Chabot dans cette intention. Ils se trompèrent eruellement: depuis que les chefs du parti fédéraliste avaient disparu, Robespierre immolait à sa selireté ou à ses vengeances tous ceux dont il craignait l'ascendant ou les contrariétés : députés et autres étaient frappés sans distinction. Chabot, craignant de voir l'orage arriver jusqu'à lui, essaya de le conjurer ; il se plaignit de ce que les députés, même montagnards, étaient espionnés, menacés, et réclama, mais trop tard, l'inviolabilité qu'il n'avait pas reconnue pour ses collègues; il alla même jusqu'à déclarer qu'il fallait un parti d'opposition, un côté droit dans l'assemblée, et qu'il en formerait un à lui seul. Ce langage ne plut pas à quelquesuns de ses collègues : il fut arrété et mis au secret dans la prison du Luxembourg. On l'accusa d'avoir, de concert avec ses beauxfrères et quelques autres députés, cherché à s'enrichir sur des effets de l'ancienne compagnie des Indes, en falsifiant une loi rendue à cet égard. Cette affaire trèsobscure ne fut jamais éclaircie, et il imperte peu qu'elle le soit aujourd'hui. Chabot, du fend de son cachot, rappela en vain à Robespierre son dévouement pour lui et les services qu'il lui avait rendus : le tyran fut inflexible. Voyant qu'il n'y avait plus d'espoir, il demanda du poison à sa femme, qui vint à bout de lui en faire tenir. Il >l'avala courageusement ; mais se sentant les en- . e trailles déchirées, il poussa des cris affreux, app- 'liant du secours. On imagina que le feu était dans sa chambre; les prisonniers accoururent; le concierge ouvrit, et on vit le malheureux se roulant par terre I dans des convulsions épouvantables, implorant la pitié des nombreux détenus renfermés au Luxembourg par suite tle ses violences et de ses dénonciations. Le docteur Saiffert, l'un d'eux, lui fit donner du contrepoison, et Chabot conserva assez de vie pour aller la perdre trois jours après sur l'échafaud, le 5 avril 1791. Il était âg,é de 55 ans. Ses beauxfrères subirent le même sort.
  • François CHARPENTIER( 1620 - 1702) : né à Paris le 15 février1620, fut d'abord destiné au barreau. Sa santé vigoureuse, sa voix mille et forte, son éloquence naturelle et véhémente, jointes à un certain air de confiance et même d'intrépidité, semblaient lui promettre qu'il jouerait un grand rôle dans cette carrière; mais le goût des lettres eut plus de charmes pour lui que les épines de la chicane, et il les cultiva constamment jusqu'à sa mort dans le silence du cabinet. Colbert ayant conçu le dessein de former une compagnie pour le commerce des Indes orientales, Charpentier composa par son ordre le Discours d'un fidèle sujet du roi, touchant l'établissement d'une compagnie française, pour ce genre de commerce, Paris, 1664 et 1665, en français et en allemand, sous le nom de Wagenseil. Ce discours fut suivi, en 1666, d'une relation de cet établissement, dans laquelle on trouve le recueil de toutes les pièces qui peuvent y avoir rapport. Le ministre, pleinement satisfait du premier ouvrage, en mit l'auteur à la tète d'une académie dont son hôtel avait été le berceau, et qui acquit depuis une grande célébrité, sous le titre d'académie des inscriptions et belleslettres. Charpentier était depuis 1651 membre de l'Académie fran-çaise, dont il devint par la suite directeur perpétuel. Quelque respect qu'il eût pour les grands hommes d'Athènes et de nome, dont les ouvrages étaient l'objet principal de ses lectures, il prit parti contre ses maîtres dans la fameuse querelle des anciens et des modernes. On a oublié les écrits qu'il lit pour soutenir sa cause, et l'on ne se souvient que de l'épigramme de Boileau contre le gros Charpentier. Par suite de ce système, il plaida en faveur des inscriptions en français, et ce sentiment patriotique le porta à écrire avec véhémence, et tète avec obstination, contre le discours du jésuite Lucas, de Mo- 7121171elliiS publicis latine inscribendis. Les deux ouvrages qu'il composa dans cette dispute ont pour titre : Défense de la langue française pour l'inscrip- tion de l'arc de triomphe, 1676 ; et de l'Ex- cellence de la langue françoise, 1685, '2 vol. Soit qu'il eût tort ou raison pour le fond de la question, il est certain qu'il décrédita sa cause par son exemple; car ses inscriptions pour les tableaux de Versailles, destinés à retracer sous le pinceau de Lebrun les conquêtes de Louis XIV, furent trouvées d'un si mauvais goût, par le ton emphatique qui y régnait, qu'il fallut les effacer pour en mettre à la place de plus simples , peut-être même de trop simples, que fournirent Boileau et Racine. Cette dispute s'est renouvelée un siècle après dans le sein de l'Académie, entre Batteux, défendant la cause des ' Français, et Lebeau, soutenant celle des Latins. Il semble que l'Académie, juge compétent en cette matière, s'est décidée pour les inscriptions latines. On ne doit pas cependant regarder ce jugement comme sans appel. Charpentier mourut à Paris, doyen de l'Académie française, le 22 avril 1702, dans des sentiments trèschrétiens. Cet auteur a beaucoup écrit; on trouve en général dans ses ouvrages de l'esprit et de l'art, de la force et de l'érudition; quelques traits d'éloquence dignes de la bonne antiquité qui lui était familière; mais on lui reproche de la diffusion et une certaine emphase qui lui était naturelle. Il avait du feu dans la conversation, et parlait mieux qu'il n'écrivait. Charpentier contribua plus que personne au dessein de cette belle suite des médailles qu'on a frappées sur les principaux événements du siècle de Louis le Grand, et qui parut en 1702 Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il a encore composé : 1° Traité de la peinture parlante, où il fait voir qu'il faut mettre des inscriptions aux tableaux, et des noms aux portraits. 2° Explication des tableaux de la galerie de Versailles, etc., Paris, 1684 5. De l'Excellence des exercices acadé- miques, 1695. 4° Voyage du vallon tranquille, nouvelle historique sous le nom d'Ergaste, avec la clef, Paris, 1675 ibid., 1796, avec une préface et des notes servant de clef, par Adry et Mercier de StLéger. Ce vallon tranquille était Fontenay, dans le Soissonnais, terre qui appartenait à Vincent Hotman, conseiller au grand conseil, et depuis maitre des requètes et intendant des finances. 5. Un Pané- gyrique duroi sur la paix de 1679, des harangues, des discours, dans le recueil de l'Académie française. 6. Des poésies boursouflées, dont où ne parlerait plus aujourd'hui, sans ces vers où Boileau, dans son discours au roi, tourne en ridicule son églogue royale : L'un, en style pompeux habillant une églogue, De ses rares vertus te fait un long prologue, Et mêle, en se vantant soimême à tout propos, Les louanges d'un fat à celles d'un héros. 70 Une Vie de Socrate, accompagnée des Dits mé- morables de ce philosophe, traduit de Xénophon, 1650 8° Une traduction de la Cyropédie de ce dernier, avec des notes, Paris, 1659 ; Amsterdam, 1661 qui a été effacée par celle de Dacier. Charpentier avait laissé parmi ses manuscrits une traduction complète des œuvres de Xénophon; une Dissertation sur la Cyropédie ; une version en prose de quelques comédies d'Aristophane, et d'un grand nombre d'épigrammes de Martial et de l'An- thologie ; et un Carpentariana que Boseheron publia en 1724. Parmi beaucoup de choses inutiles ou communes que renferme ce recueil, on trouve quelques pages qui peen;ent amuser. Il a été aussi l'éditeur de plusieurs ouvrages, et entre autres des Voyages de Nicolas Duloir , et de l'Athènes ancienne et nouvelle de Guillet de StGeorge . La préface des Amours de Catulle , par Lachapelle , est de lui, ainsi que celle du Dictionnaire de l'Académie, édition de 1694, dont il lit aussi l'épître dédicatoire. Enfin il a eu part aux Médailles sur les principaux événements du règne de Louis le Grand
  • François COLANGELO( 1769) : évéque de Castellama•e, savant théologien et littérateur, fils d'un avocat, naqiiit à Naples, le 25 novembre 1769, et entra vers 1780 dans le couvent de StPierre ad Aram, situé prés de sa ville natale, et occupé, à cette époque, par les chanoines réguliers. En 1783, il se fit recevoir membre de la congrégation de l'Oratoire d'Italie, dont la règle austère s'accordait avec la gravité de son caractère et ses goûts scientifiques. Le zèle qu'il montra le conduisit bientôt aux premières charges de cette compagnie, qu'il remplit de la manière la plus distinguée. En 1815, le roi Ferdinand 1" l'avait désigné pour l'évêché de Soya, mais il n'accepta pas ce siée, préférant le modeste séjour de son monastère à l'éclat d'une prélature. Nommé, en 1820, par le mênie prince, évêque de Castellamare, il voulait également se soustraire à ce nouvel honneur ; mais le pape, informé des éminentes vertus qui le caractérisaient, lui fit manifester le désir de l'en voir revêtu. Colangelo n'osa plus résister; il alla, en personne, présenter ses respects au souverain pontife, qui le dispensa des examens préalables, et le lit sacrer à Rome par le cardinal Pacca. Revenu à Naples, l'année suivante, il fut appelé à faire partie de la commission chargée d'exécuter le concordat avec le saintsiége. Ferdinand 1" le nomma, en 1825, président du département de l'instruction publique, et, en 18N0, pre?der administrateur de l'imprimerie royale, fonctions qu'il exerça jusqu'au 15 janvier 1856, jour où une apoplexie foudroyante mit un ternie à sa vie. Avant comme après son élévation aux dignités, Colangelo employa tous ses loisirs à la culture de lettres; aussi sa demeure fut- elle continuellement le rendezvous des hommes les plus renommés par leur savoir. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages en manuscrit que ses héritiers se proposent de publier. Voici la liste de ceux qu'il livra luimême à l'impression ; ils sont tous en langue italienne : 1° Opuscules scientifiques I» Recueil d'ouvrages appartenant à l'histoire littéraire, 2 vol. 3" Le Galilée à l'usage de la jeunesseVie de PontanoVie d'Antoine Beceadelli, dit le PalermitainVie de Jean- Baptiste della PortaVie de Jacques Sannazar 8°. 8° La Liberté irréligieuse de penserApologie de la religion chrétienne 80. 10° Histoire des philosophes et mathématiciens napolitains, 3 vol. II° Une homélie de St. JeanChrysostome sur la Divinité de Jésus- Christ, traduite du grec avec notes
  • François COLIGNON( 1621 - 1671) : graveur , naquit à Nancy vers 1621. Callot fut son maître et son modèle. Les facétieuses Inventions d'amour furent un de ses premiers ouvrages; l'accueil favorable (11 cette suite de gravures reçut du public engagea C lignon à s'exercer encore dans le même genre. Li ouvrages de la Belle et de Sylvestre furent aus l'objet de son émulation. 11 lit le voyage de Bonen 1640; plein d'ardeur et d'amour pour son art, partagea son temps, pendant le long séjour qu'il f dans cette ville, entre le travail et le commerce c1( estampes. Colignon a gravé avec un égal succès 1 paysage, l'histoire, les vues et les tableaux de genre Les vues qu'il a gravées d'après les dessins d'É 1 tienne la Belle et de Callot sont les plus recherchées plusieurs même de ces vues sont aujourd'hui d'autant plus curieuses pour l'artiste qui aime à suivr( dans ses différentes révolutions l'histoire des mont'. • ments et des grands édifices publics, que la plupart i de ces monuments ou de ces grands édifices ont reçu de chaque siècle, depuis celui qui les vit élever, tant de modifications, qu'ils conservent à peine de nos jours quelque trace de leur physionomie pri- mitive; c'est ainsi que les Bâtiments de Rome sous le pontificat de Sixte- Quint, gravés par Coli,gnon, sont pour tous les Romains d'aujourd'hui, et pour tous les amis des arts, des objets de comparaison très- intéressants. La Vue de Florence, gravée de même par Colignon, porte avec elle le même genre d'inté- rêt : on peut en dire autant de la Ville de Malte avec ses anciennes fortifications. Colignon méconnut le genre de son talent quand il grava, d'après Raphaël, Attila mis en fuite : cet ouvrage était audessus de ses forces, et nullement dans son caractère de gra- voie : il fut mieux inspiré dans la composition des jolis paysages qu'il grava d'après ses propres dessins ; la touche en est facile et légère. Il a encore gravé, d'après Louis Valesio, des principes de dessin, qui forment un cahier composé de dixneuf feuilles Colignon mourut en 1671, laissant un oeuvre considérable et estimé
  • François COLLETET( 1628) : fils du précédent, né à Paris en 1628, était fort inférieur, sous le rapport du talent, à son père, de qu'il avait appris à faire des vers. Il n'est guère connu que par le ridicule dont Boileau l'a couvert dans ses satires. C'est avec justice qu'il le relègue aux derniers rangs de la littérature, avec Perrin, Bardin, Titreville, Bonnecorse et Pelletier. Cependant le respect dont nous sommes pénétrés pour Boileau ne nous empêchera pas de dire que nous sommes affligés qu'il ait pris pour sujet de ses plaisanteries un homme qui, mauvais poète à la vérité, méritait quelques égards à raison de ses malheurs , et que nous voyons avec peine qu'il lui ait reproché aussi durement de mendier son pain de cuisiné en cuisine. Il parait que François Colletet avait embrassé le parti di armes, puisqu'il fut pris par les Espagnols et coiduit en prison dans une ville d'Espagne. Apr avoir obtenu sa liberté, il revint à Paris, où il entra, comme précepteur, dans une grande maison ; ne trouvant pas son compte à ce nouveau métier, il chercha une ressource dans sa plume. 11 écrivait pour vivre ; aussi atil publié un grand nombre de volumes en vers et en prose. Sur la fin de sa vie, en 1676, il obtint le privilège d'un Journal d'avis, qui, selon toute apparence, ne l'enrichit pas. Ses principaux ouvrages sout : 1° la Muse coquette , Paris, 1665 et 4667, 4 vol. 2° Noëls nouveaux, Paris, 1660 Ces noëls eurent plusieurs éditions en peu d'années , ce qui ne prouve pas grand'chose pour leur mérite. Le ministre Jurieu reprocha aigrement à l'auteur d'avoir mis des sujets édifiants sur des airs profanes. 50 Le Tracas de Paris, poème burlesque, imprimé avec la Description de Paris en vers burlesques, 1665 4° Abrégé des Annales et Antiquités de Paris, 1664, 2 vol. 5. Traité des langues étrangères , de leurs alphabets , et des chiffres, Paris, 1660 de 72 p. Cet ouvrage de Colletet est le seul qui ait été quelquefois recherché. Sur trentesix alphabets gravés en bois, qu'il renferme, douze ou quatorze sont imaginaires, comme ceux d'A pollonius, de Salomon, de Noé, d'Adam, etc.; les autres sont si mal exécutés, qu'ils sont à peine reconnaissables. 6. Le Bureau académique des lion- siestes divertissements de l'esprit, Paris, 4677 ouvrage périodique , dont il devait paraitre une feuille par semaine, mais il y eut beaucoup d'interruptions , car il n'en parut que onze numéros, qui comprenaient aussi la Bibliographie française et la Bibliographie de Paris, annonce des livres nouveaux, pour servir de continuation à celle du P. Jacob dc StCharles. W—s
  • François COLLIN D'AMBLY( 1759 - 1830) : né à AmblysurMeuse en 1759 , fut professeur de belleslettres, instituteur à Paris, et membre du comité de bienfai- I sauce du département de la Seine. Il mourut vers 1850. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, presque tous destinés à l'enseignement élémentaire: 1°de l'Usage des négations dans la langue française, Paris , 1802 ; 5e édition , ibid., 1822, ine. Le but de l'auteur est de réfuter l'opinion de Domergue, qui soutenait que dans cette phrase : il MI plus sage que vous ne pensez, le ne répugne au sens commun. 2° Le Flambeau des étudiants, contenant de nouveaux éléments de métaphysique, de logique, de morale et de droit , etc., ibid., 1804 50 Mémorial universel , contenant un abrégé de l'histoire grecque , de l'histoire romaine , de l'his- toire de France; un abrégé de la mythologie , de la géographie départementale, et les principales diffi- cultés de la langue française, ibid., 1804 et 1805 4° Nouvelle Méthode pour apprendre à tra- duire promptement et facilement le français en latin, ibid., 1805 et 1806 50 Grammaire parlante, ibid., 1805 et 1806 6" Participes français analysés, el rais à la portée des enfants mêmes, ibid., 1806 ; 4C édit. considérablement augmentée, ibid., 1821, même format. 7' Le Maitre de littera- ! tare élémentaire, ibid., 1806 8° Le Maitre . latin, au moyen duquel la syntaxe et les gallicismes exposés dans des phrases analysées peuvent étre appris sans maitre, ibid., 1806 9° Le Maitre d'éloquence française, ibid., 1806, 1807, 1809 et 1811 10° Dictionnaire des commençants , la- t français et français- latin , ibid., 1807, 2 vol. 11° Grammaire française analytique et litté- raire ; 2e édit., ibid., 1799 La 2e partie de cette grammaire , uniquement consacrée à l'élocu- tion française, diffère de l'Art d'écrire de Condillac, en ce que ce savant n'admet que le seul principe de la liaison des idées , au lieu que Collin en admet quatre : la clarté, la liaison des idées, l'intérêt et l'euphonie. 12° Abrégé de l'histoire sainte, ibid., 1811 15° La Grammaire simplifiée, ou Abrégé analytique des principes généraux et particuliers de la langue française; 2' édit., ibid., 1817 C'est à la fois l'abrégé et le développement de la Gram- maire française analytique et littéraire. 14° De l'U- sage des prépositions dans la langue française, ibid., 1818 ouvrage dans lequel Collin réfute l'opinion de plusieurs grammairiens qui ont soutenir que nos prépositions s'emploient indifféremment les unes pour les autres.On y trouve aussi un appendice sur l'impersonnalité des verbes que certains néologues ont appelés monopersonnels , unipersonnels , mono- prosopés. 150 La Petite Histoire de France, ou Abrégé de l'histoire de France, règne par règne, ibid., 1821 et 1825, in•16. 15° La Petite Géographie départe- mentale de la France, ibid., 1821 et 182 Ir La Logique simplifiée, ou le Maitre de logique I r.k : e. cte., ibid., 1821 18. Le Petit pertoire, ou Abrégé de la mythologie, de l'histoire ue , de ( histoire romaine, etc., ibid., 1822, 19. Grammaire de Lhomond, augmentée par Collin d'Ambly, ibid., 1824 20. Les Mira- cles , ibid., 1825 21° Les Jésuites condam- 'tés, etc., ibid., 18-25, ine de 48 p. 22° Manuel d'arithmétique , etc., ouvrage dont la be édition, entièrement refondue et augmentée, ligure dans la collection des Manuels du libraire foret , ibid., 1826, gros
  • François COLLIUS( 1500 - 1640) : savant docteur du collège Ambrosien, naquit dans le territoire de Milan, vers la fin du 16e siècle. A la suite de son cours de théo- logie, fait avec beaucoup de distinction, il soutint en 1604, devant le ie concile provincial de cette métropole, une fameuse thèse comprenan t 1,505 compositions qui formaient un assez gros volume . Toute sa vie, consacrée à la pratique des devoirs de son état, n'offre aucun événement remarquable. Il mourut en 1640, étant depuis dix ans grand pénitencier du diocèse. Collius est auteur de deux ouvrages qui attestent son érudition, et que la singu trité de ses opinions ont rendus célèbres. Dans le wemier, intitulé : de Sanguine Christi, libri qu 'ne, Milan, 1617 il a rassemblé tout ce qui été dit et écrit du sang de JésusChrist et des tlif- éventes parties de son corps par lesquelles ce sang été répandu. Il n'est point favorable aux traditions iopulaires qui en attribuent des portions plus ou noms abondantes à certaines villes; mais il agite les questions trop minutieuses, quelquefois même assez ridicules sur le saint prépuce. Le second ou-;rage a pour titre : de Animabus paganorum libri ) cto, Milan, 1622-23, 2 vol. Quelques exemeaires du second volume portent, par erreur, le nilléshne de 1633. Il y en a eu une seconde édition I .«.n 1658 et 1640. L'auteur y traite du salut d'Adam, le Caïn, de Samson, de Melchisedech, de Bataam, les sages femmes d'Égypte, de Job, de Salomon, de reine de Saba, de Nabuchodonosor. Il passe de r à celui d'Homère, des sept sages, de Diogène, de énèque, et en général de tous les personnages qui ,Lit figuré dans le paganisme. Il leur est assez favo-_ able, excepté à Pythagore, Aristote , et quelques ',Ares qui ne lui ont pas paru mériter qu'on élargit pour eux la voie du salut. Tout ce système conjectural est fondé sur la connaissance que ces personnages ont eue des choses divines, sur leur vie morale, leurs sentiments, leurs écrits, les témoignages rendus en leur faveur par quelques anciens et modernes. Du reste, cet ouvrage rare, curieux, rempli de recherches, bien écrit, est regardé par quelques critiques comme une débauche d'esprit et d'érudiLion, un recueil de faits distribués avec art, et préentés avec beaucoup de réserve
  • François COLON( 1764) : né à Nevers, en 1764, étudia la médecine à l'université de Paris, et alla se faire recevoir docteur à celle de Reims en 1781 Nominé chirurgien de l'hospice de Bieetre, Colon proposa des réformes utiles, qui depuis out été exécutées au delà de ses espérances. Toujours occupé d'idées philanthropiques, il fut un : traduit en hollandais, par Pruys, Rotterdam, 1800 ; en espagnol, par Piguillem, Madrid, 1800 etc. 2° Recueil d'observations et de faits relatifs à la vaccine, auxquels on a joint les procès- verbaux de la contre- épreuve, etc., Paris, an 9 6° Observations critiques sur le rapport du comité central de vaccine, etc., ibid., et mème année
  • François COLONNA : religieux dominicain, se rendit célèbre, dans le 15e siècle, par un livre biza•re écrit en italien, et plusieurs fois traduit en français, sans être plus intelligible dans l'une que danS l'autre langue. Il est intitulé, en latin : Poliphili Hypne? olomachia; le second mot signifie combat du sommeil et de l'amour; le premier ne contient point le nom de l'auteur, mais celui de la jeune personne qui le faisait ainsi rêver. Ou dit qu'elle s'appelait Ippolila, par abréviation Polila, et ensuite Polie. Poliphilus signifie donc amant de Poila; et ce nom se trouve lié avec celui de fauteur, si l'on rassemble, en les mettant de suite, les lettres initiales de tous les chapitres du livre. Elles fin ment cette phrase latine : Poliam [ rater Franciscus Gemma adamavit, c'est-àdire « frère Fran« sois Colonna a aimé Polie, Polite ou Hippolyte, » Né à Venise, il entra fort jeune dans l'ordre de StDominique. Il était professeur de grammaire et de belleslettres dans le couvent de cet ordre, à Trévise, en 1467; il l'était de théologie en 1473, à Padoue, et y reçut le doctorat. La règle des dominicains exigeait que l'on eût quarante ans pour le recevoir; il ne mourut qu'en 1527; il vécut donc !fi ans, et de cette longue vie, il n'est resté qu'un songe obscur et presque inintelligible. « Heureux, ; et, comme ses prédécesseurs, il a eu soin de commencer chaque chapitre par la mème lettre que dans l'original. la Monnaie, dans le Illenagiana de 1715, t. 4, et Prosper Marchand dans son Dictionnaire, ont parlé longuement du Songe de Poliphile et de son auteur. G—É et A
  • François COMBÈS( 1613 - 1663) : jésuite, né à Saragosse, en 1613, alla aux Philippines où il professa la théologie et travailla à la conversion des idolinres. Nommé par sa province pour aller comme procureur à Rouie, les fatigues de la traversée altérèrent tellement sa santé qu'il mourut peu après son arrivée à Acapulco, en 1665. On a publié en espagnol, après sa mort : Histoire des iles de Mindanao, SOlo et autres adjacentes, et des progrès qu'y a faits la religion chrétienne, Madrid, 1667 Le peu de renseignements que l'on possède sur les îles dont il est question dans ce livre le rendent trèsprécieux. Les auteurs de l'Histoire générale des Voyages y ont en recours, et l'on voit, par le parti qu'ils en ont tiré , que Combes n'a rien omis de ce qui peut taire connaitre le pays qu'il a entrepris de décrire
  • François COMBEFIS( 1605 - 1679) : naquit à Marmande, en 1605, prit, vingt ans après, l'habit des dominirains réformés à Bordeaux, où il enseigna la philosophie et la théologie; se rendit en 1640 à Paris, et professa quelque temps clans le couvent de la rue StHonoré. Habile helléniste, il entreprit de rétablir dans sa pureté primitive le texte des anciens Pères , et consacra près de cinqusInte années à ce travail. Le clergé de France, assemblé en 1653, le chargea de donner de nouvelles éditions et des versions latines de plusieurs Pères grecs, et lui accorda une pension de 500 livres, qui fut ensuite portée à 800 , et colin, à 1,0n nome dans le le les œuvres de St. Astère , évèque d'Animée , et de plusieurs autres Peres, et, dans le 2e, l'histoire des lbonothélites, qui rut désapprouvée à Rome, parce que l'auteur n'avait pas eu, diton , assez de respect pour le cardinal 13aronius. 5° Bibliotheca Patruau conciona( oria, Paris, 1662, 8 vol. On avait publié à Lyon, en 1588, tin ouvrage semblable, en 4 vol. niais l'édition dis P. Combelis est beaucoup plus ample et plus exacte. 4° Originuns rerumque Constantinopolitanarum ex variés autoribus Manipulus, etc., 1664 5. Bibliothecce 85 Grœcorum Patrunt Auctuarittm novissimum, grcecc cl latine, 1672, 2 vol. qui font suite à la Bibliotheca Patrum. 6° Ecclesiasles grœcus , 1674 ouvrage utile aux prédicateurs, et dans lequel le P. Combefis a fait entrer plusieurs pièces des deux SS. Basile de Césarée et de Séleucie; mais il ifa pas donné le texte grec, et, dans ce volume, on n'a qu'une version latine. 70 S. Maximi Opera, Paris, 1675, 2 vol. : il devait y avoir un 50 tome qui n'a point été publié. 8° Basilius Ma gnus ex integro recensitus, etc., 1679, 2 vol. Le P. Combelis était au lit de la mort lorsqu'on acheva l'impression de cet ouvrage. 8° Historie Byzantinee Seriptores post Theophanem taque ad Ni-- cephorum Phocam, grœce et latine, Paris, imprimerie royale, '1685 Ce volume, qui forme le 19' de l'Histoire Byzantine, et que Combelis entreprit par ordre de Colbert , contient les cinq historiens grecs qui ont écrit depuis Théophane. L'éditeur mourut pendant l'impression de ce volume, et les notes qui devaient y être jointes ont été perdues par la négligence de ceux qui avaient été chargés du soin de ses papiers. Le P. Combas est aussi l'auteur des notes sur Théophane, insérées au t. tle la même collection. II avait préparé pour l'impression les oeuvres de St. Grégoire de Nazianze , de St. Athanase, de Paul Diacre et de Michel Psellus. On trouve la liste de ses travaux littéraires dans les Mémoires du P. Niceron
  • François COLLANTES( 1599 - 1656) : né à Madrid, en 1599, cultiva avec succès les différents genres de la peinture; ses tableaux d'histoire, ses paysages et ses tabag,ies sont également estimés. Palomino Velasco dit qu'il avait été foinié peintre de paysage par la nature. Il composait avec une grande facilité ; tout parle, tout est en mouvement dans ses tableaux ; les groupes, les personnages, les sites sont variés comme la nature. Le tableau où il a représenté St. Jérôme passe pour un chefd'oeuvre ; ce tableau est tout à fait dans la manière de l'Espagnolet ; mais l'ouvrage qui a marqué la Place de Collantes au nombre des artistes les plus distingués de l'Espagne est celui qu'on voit au palais de BuenBetiro, et qui représente la Résurrection de la chair. On y voit des cadavres qui sortent du se, var une inconcevable distraction, fait de ce traité des machines us ouvrage sur les instruments de malla; matiques. Veau, et dont les squelettes dépouillés de chair, )résentent le spectacle de la mort dans toute son rreur. Collantes mourut en 1656
  • François CHAUSSIER( 1746) : médecin célèbre, né en 1746 à Dijon, ne doit point ètre confondu avec deux: autres médecins du titèrne nom et de la mème famille, qui habitèrent cette ville presque en n'étale temps que lui, Denis Chaussier, doyen du eolkge de médecine, dont on trouve quelques mémoires et observations dans les volumes de l'académie dijonnaise, et Bernard Chaussier, qui, ayant embrassé par la suite l'état ecclésiastique, devint curé à Francheville. — François Chaussier lit ses études tnédicalcs à Besançon où il prit le titre de docteur en 1780. Depuis quelques années on avait établi à Dijon une école de dessin et de peinture, et l'académie faisait chaque année des cours publics de botanique, de chimie, de matière médicale et mètute d'anatomie. Les états de Bourgogne avaient aussi nommé un professeur d'accouchement en faveur des sagesfentmes, niais on avait oublié de comprendre l'anatomie dans cet enseignement public. Chaussiei-, qui avait fait une étude spéciale de la science de l'organisation, s'occupa de aemplir cette lacune. Il lit d'abord chaque année, et à ses frais, des cottes publics d'anatomie et de physiologie qui fuirent suivis avec le plus grand empressement. Peu après, les états de la province, convaincus de l'avantage et de l'utilité de ses cours, le n,milièrent professeur publie d'anatomie, place à laquelle ils attachèrent des appointements honorables. Dès lors la réputation Chaussier s'agrandit, et successivement il fut nominé associépensionnaire de l'académie, secrétaire perpétuel de cette compagnie savante, et l'un des professeurs de chimie et de matière médicale. Entièrement occupé de la pratique et de l'enseignement de la médecine, il jouissait de la plus grande considération, lorsque en 1794 il fut appelé, par le gouvernement. pour s'occuper avec Fourcroy des moyens de rétaldir l'enseignement de l'art de guérir, et 1d't,,ii ib., i;t 1. 0111- 111i4% i011 d'ilitidr11, 111) 11 1111111iIir tillei 1,1.01: à Iii lloll?I'll0 gni Vvii.ilt d'OEV ciliée, il •iiiiefoya illine, tem t ?illim d'anamillie une imilivullit linsiielielatifft$ à Iiiiilivilc il &iVail cru ilvirniti flitubilleld illoitt'u,t tirVOIreriall'll" ri qui, il' ill)- t'ait over, dilditirtioni, !Niai la iliniti,r a lui iiiill'4, liore bique en 1H27/ une 4,144flitiatice royale, lit ii1J1)ii' A renia CL à 14 larulté 41, l'ai ii, 'me nouvelle, organibaii4,44, Chaltiiiier fut du sinn,lire ilie ceuz iiu'atteiggiii la proeciplion. 11 oit la laiblese da se toontrer 1-0,1P bcHtibbe à eelte deialliiiinn, et 414 lit kinleiniiin 1444i: attaiint d'apd,plincie k happa, au milieu Métiii$ , l)tienie lorb ba battit alla fulijourii deo àiiirlditilimetot par degrés, et il Miel:Mill/3 14 9 juin Dem, hes CUlit'S 4 Li iiietiliii et iies écrits, tielllitureueigeent gem nombreux, Olt, pour mieux &tire, trot, iti41 rimirritillliéb, rot., iltla., ;.1.1 pi CinitT 1;log 414! ekillt yll cUiti. Y 0111 ' t ili Fiance la pliyibitili)gie et Io iniukerind , Ou lui doit en gr:tipi,: 'mille Illgelit'eUe ira« 'Il qui a raniersé Jeté 4e*prits vers l'étuile iteffs ru:idiote 41te la rie, et C'ebt eu marchant dati4 14 eIiif qu'il a tratke que la plulart de pie eeri‘aiits bor celle bridiclie die« beignet* pbysiques wird attirés â 14 réptitilirdi ein einweit relri...in &tete de le L. im,,hdefit, le et*** bilpeireiree Gie4..e4 . « pa e,,ii, 64,406, de 'pe et,i, rio mem!. E lib 10.ftsViAltele bit. t bob'd t . g, olivaluem titmi ; ben), in = 12, 1•, 1,, uttlei su, u„,, ugfu unis I55555, il 051015510 ide, 1781i, Iii lii liii ii I r 1141 lu amer), leu leo end, les 5$ 005550 ei u us i lu Ili I itrus bilé nul Iàl fp il III Ii 5/ 55 nloS sr, 17,44, in te. fi'I, ji,, u, us 455555511141511 11011 lau. ele. mou us HI Iii u fil Ili Ill seul s I f#, Isiollit / 5/ ' mabillii uu 1uui Mirs, I 11j01/ I II14/ I7”, 114 }$.' osso éler ba:t se, tigjitieê W5. 5r,;, 05x , 1, barn vsi1', 1s boliii4Ir1ürs ;Gê 11,01) 44104, jr,:s lioi.e, 10'5ils iy1n1uil4lii1i1e*, h:* 1$ 1errx5, im. pf tdoefiliogo'h- ibeitrask, Je, fontlions tu dg'. les pidiiiitientih l** 0; 44/ 415;‘, 4 j0, 1j Vlai etil? festive; u "1 ; l'ét4pii, 4 polaque do luxes), iteffie4$ 45 ileitt, 41 tike 14 > 4IM, tent dg ho g:0)44W,, lieb Weidoiro, toi nétri1Kies, irtoliert, ieb, bliemernit d 14 blidoilie, fuelieede 4 ciarié upii kyrold diros ois lalikit fisd C4iaték4i01 fO'r* 414 ti« /45jØ5li1t'u 4e5te44464 ik p1.ybii4ogi4e et de ge444te leede, weuv* Stie e9jbet#11,4", d'Ili* foi ulsuuut JPfeWS iwysteit e4ds outitielP's et 4,4114i ‘1"1 " glegie; »bit O.* ïitspritoem ego 1 sto g 0, ***.ix eatf 14 r 'te: 31. 41, t be4r4. 1.1441e5ài y 4 elidte,Yk les enem‘ipkwides vateimtivite-4k. tx.441,es 101 teige értJeMivo 4ove1 aerejfe ejoiemedue, t' ite,„ 94a . 4. iveseege- i. hria etemeii1wo /*4 Ørei ii4 tailesadu eti, pires eeiedigie; if 1«, de 0401), 11 * Jijel; e, ‘,4 gy, mc4t ferme plusieurs formules de médicaments propres l'auteur et qui ont été assez généralen tent ad optées,des observations importantes sur l'usage et Faction de diffc'rentes préparations, des instructions sur les poids médicinaux, et une nomenclature nouvelle 15° Considéra- tions sur les convulsions qui attaquent les femmes enceintes, Paris, 1824 16° Recueil de mémoi- res, consultations et rapports sur des objets de mé- decine légale, Paris, 1824 17° Mémoire mé- dico- légal sur la viabilité de l'enfant naissant, 1826 Chaussier a inséré en outre des mémoires, dans le Journal de Physique, sur l'air inflammable et le borate de mercure , dans les Actes de la société royale de médecine, sur les moyens propres à déterminer la respiration des enfants naissants ; dans ceux de l'académie de Dijon, sur les vaisseaux omphalomésentériques , l'acide du ver à soie , la structure et les usages des épiploons, les procédés employés pour faire périr la chrysalide du ver à soie, et la cataracte compliquée 1784), dans le Journal de Médecine, des observations sur quelques abus du service des officiers de santé militaires, aux régiments et dans les hôpitaux dans le Magasin encyclopédique, un mémoire sur les moyens de préserver les cadavres des animaux de la putréfaction, en conservant leurs formes essen- tielles, et même en leur donnant la fraicheur et l'apparence de la vie; dans l'Annuaire de la société de médecine du département de l'Eure, une notice sur la vaccine, des observations sur des h?,,datides trouvées dans la poitrine, une note sur la rage, des observations sur les accusations d'infanticide et sur les moyens qu'on doit employer pour parvenir à la connaissance précise du fait, l'indication d'un remède spécifique contre le croup et la coqueluche; dans le Bulletin de la société phi- lomutique, un précis utile dans le traitement de quelques maladies, et des remarques sur une espèce rare de hernie abdominale ; dans le Bul- letin de la faculté de médecine, un mémoire sur les fractures et les luxations survenues à des foetus encore contenus dans la matrice, une note sur une hernie congéniale du coeur, des observations sur une perforation de l'estomac et du diaphragme, avec introduction des aliments dans la plèvre gauche, des remarques sur les hernies du poumon et sur I l'oblitération spontanée de plusieurs artères considérables ; un rapport sur les enterrements précipités et un autre sur le parc aux huîtres du navre, des observations sur sine éruption variolique dans la tt'achéeartère, sur les comniunications des veines utérines avec l'ombilicale, et sur un cas de périton i te et ; la Paracentèse, dans le cas ; de la Chlorose, Paris, 1801 i.Ballard); sur l'Anévrisme, Paris, 1805 ; Sentences et Observations d'Hippocrate sur la toux ; Propositions sur di- vers objets de médecine, Paris, 1805 ; c'est dans cette dissertation qu'on trouve le commentaire de Chaussier sur le passage de Celse relatif à la taille bilatérale ; sur quelques Cas d'éro- sion de l'estomac, Paris, 4806 ; sur l'Infanticide, Paris, 1811 4° ; Manière de procéder à l'ouverture des cadavres, l'avis, 18H ; sur les Erosions et Perforations spontanées de l'estomac, Paris, 1819 ; sur l'Ecchymose , Sugillation, la Contusion, la Meurtrissure, Paris, 1814 ieux) ; cette thèse et les trois précédentes, qui sont d'une haute impolitance, ont été réimprimées ensemble, Paris, 1819 ; sur les Hémorroïdes, Paris, 1814, itt-4° ; Considérations médico- légales sur deux ar- ticles du code pénal, Paris, 1819, . Chaussier prit part à la rédaction du fourrai de l'école polytechnique, et se chargea des articles de pharmacie dans les t. 3 et 4 de la partie chimique de l'Encyclopédie méthodique. Enfin il a rédigé, en commun avec M. Adelon, un grand nombre d'articles dans le Dictionuaire des sciences médicales et dans la Biographie universelle
  • François CHAUVEAU( 1613 - 1676) : peintre, graveur et dessinateur, né à Paris, en 1615, mort dans la same ville, le 5 février 1676, fut un de ces hommes de merveilleuse imagination, de souplesse, et fécondité de talent qui eussent fait plus de bruit, s'ils eussent mis à demander des éloges tont le soin qu'ils savaient mettre à en mériter. Son habileté ne le cédait qu'à sa modestie. Doué d'une de ces mémoires que Gassendi appelait célestes, et incessant-' ment préoccupé de sots art, il trouvait, dans les aspects variés de la nature en apparence les plus les motifs les plus heureux pour ses ou- De concert avec Adelon, Chaussier donna une nouvelle édition de l'ouvrage de Morgagni intitule : de Sedi bus et Cassis morbo- non . Il a donné aussi des notes pour la traduction de la Pyrotologie méthodique de Selle, par Nautile. Une lettre de Chausser, sur la Structure de l'utérus, a été imprimée à la suite de la traduction, par madame Boivin, du Nouveau Traité des hifenorrhagies de l'utérus de Rigil et Duncan, 481$. vrages. Eléve du peintre Laurent de la Dire, qui lui avait enseigné le dessin, il débuta par graver en tailledouce les tableaux de son maitre, et il exécuta quelques estampes dans une manière line et agréable. Mais, impatient d'un mode de reproduction si lent au gré de sa vive imagination, il ne se donna pas le temps de se perfectionner dans l'art du burin, et de se corriger d'une certaine sécheresse native ; Il quitta la tailledouce pour l'eauforte et ne reproduisit plus que ses propres pensées. Il fit des suites de planches religieuses, il décora des thèses, il orna des livres, et c'est surtout dans cette carrière de lentement des livres qu'il donna un libre essor à la rare fécondité de son imagination. L'exécution rapide et la multiplicité de ses oeuvres nuisirent sans aucun doute à leur perfection ; mais on ne peut s'empêcher d'admirer la ressource de cet esprit qui s'adapte à tous les sujets; qui entre si judicieusement dans la pensée d'auteurs divers et les interprète avec tant de bonheur. Aussi poi!te que peintre, il ajoute même souvent quelque détail et poétique à son auteur : il l'enrichit en le décorant. Lui proposaiton , qu'il le fût luimême. Sa facilité était telle, que souvent, le soir, il se faisait lire un sujet par ses enfants, et il le composait, comme en se jouant, et le gravait à la pointe avant de se coucher. Ce n'est pas tout : inventeur de la plupart des morceaux qu'il gravait, il fournissait aussi bénévolement, à quantité de peintres qui le consultaient, des sujets, des dessins de tableaux, des détails importants dont ils prolitaient sans l'avouer; et plus d'une fois ses croquis ont soutenu l'imagination fatiguée de Lebrun. Son oeuvre gravé ne se monte pas à moins de 5,000 pièces, sans y comprendre 1,400 autres sujets exécutés sur ses dessins, par Poilly et autres graveurs du temps. On regarde comme ses pièces les plus remarquables, les ligures des poLimes de la Pucelle et d' Alaric, celles des Métamorphoses de Benserade, et ses planches de la Vie de St. Bruno de Lesueur. C'est peu de temps avant sa mort qu'il exécuta tous les dessins de cette galerie célèbre, qu'il en commença la gravure et les planches qui sont de sa main font regretter que la mort l'ait surpris avant qu'il eût pu mettre lin à cette belle entreprise. L'ouvrage a été terminé et a paru en 1 volume avec des vers latins et français audessous de chaque pièce, les mêmes qui avaient été tracés sur les murs du cloître des chartreux, et que François Jarry, prieur de la chartreuse de NotreDamedela- PréelezTroyes, dans le 16° siècle, avait publiés en 1551 et en 1578. Chauveau a laissé également inachevée une suite de sujets de l'histoire grecque et romaine, qui devait former un ouvrage considérable. Il peignit aussi de petit tableaux dans un style assez gracieux; et quand il mourut, son atelier fourmillait d'esquis- ses peintes, et ses cartons de croquis et de composi- tions achevées dont Lebrun acheta un grand nombre. Chauveau était membre de l'académie de pe et y était mem arrivé au grade de conseiller. En résumé, cet artiste ne saurait ètre compté au nombre des maitres. Moins improvisateur, plus nui ii, son talent fût arrivé peut-être à une certaine hauteur de caractère qui lui a manqué ; tuais le feu, tuais la force de l'expression, mais l'abondance, la finesse, la variété, le tour ingénieux du dessin, ne lui ont pas fait défaut. Malgré ses défauts, et part iculièrerement une sécheresse d'exécution qui va parfois jusqu'à la dureté, c'est un artiste d'un ordre rare, sans être d'un ordre élevé, et qui a occupé une grande place et utile à son époque
  • François CHEREAU( 1680) : né à Blois, en 1680, vint à Paris étudier l'art de la gravure, sous Gérard Audran, et s'appliqua particulièrement an genre du portrait, dans lequel il a parfaitement réussi. Son burin est brillant et moelleux, ses tètes sont en général d'un beau travail. Parmi une multitude de portraits intéressants qu'il a gravés, on distingue celui de Pécourt, ceux des cardinaux de Polignac et de Fleury ; son Si. Jean, d'après Baphaél, est aussi tort estimé. L'académie de peinture le reçut au nombre de ses membres, et le roi le nomma graveur de son cabinet; mais il ne jouit pas longtemps de ces honneurs, et mourut à Paris, en 1729, âgé de 49 ans. — Jacques CHEREAU, son frère, à Blois en 1694, et mort à Paris en 4759, a gravé aussi (le trèsbeaux portraits, entre autres celui de l'évêque de Sellez. Sa Sainte Famille, d'après Raphaël, et son David tenant la tac de Goliath, d'après le Féti, sont estimés. Son go t pour le commerce, auquel il finit par se livrer entièrement, l'empêcha de multiplier ses productions, et ce fut une perte pour les arts
  • François CHÉRON( 1764) : frère du précédent, naquit à Paris en 1764. Neveu de l'abbé Morellet , il reçut de cet académicien , ainsi que son frère , les premières leçons de la bonne littérature. Jeune encore lorsque la révolution commença , il se montra fort opposé à tous les excès et rédigea dans divers journaux des articles , et plus encore au 13 Vendémiaire an .1, où il fut proscrit nominativement comme président de fa section du foule, et forcé de prendre la fuite. Chéron ne reparut qu'apis le triomphe de Bonaparte au 18 brumaire. 11 revint alors dans la capitale, et composa, avec Picard, l'excellente comédie de du Haut- Cours. Nommé chef de division au trésor public , il conserva cet emploi jusqu'à la chute de Napoléon en 1814. A cette époque, il embrassa la cause de la restauration avec ardeur, et fut nommé censeur de la Gazette de France, puis employé clans différentes occasions par le duc de Hlacas , et chargé de la direction du Mercure de France, que voulut alors rétablir la liste civile; mais le retour de Bonaparte, en mars 1815, lit abandonner cette entreprise. Après le second retour de Louis X VIII , Chérot) fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, censeur du Constitutionnel, censeur dramatique, et enlin commissaire du roi près le TheàtrcFrançais. Il mourut subitement à Paris, le IG janvier 18..:8, d'une attaque d'apoplexie. ChéFon rédigea plusieurs articles pour les premiers volumes (le la Biographie universelle. Il avait publié : I. Napoléon , ou le Corse dévoilé, ode, 1814 ; 2° Tribut d'un Français, ou quelques chansons faites avant et depuis la chute de Bonaparte, 1814 ; 5° sur la Liberté de la presse , 1814 11 a encore été le collaborateur de Bellin dans la comédie des Deux Espiègles. — Augustin. Athanase ClIht0N, chanteur de l'Opéra, qui n'avait de commun avec le précédent que le nom, naquit en 1760 , à Evreux , et mourut. vers 1850, à Tours, où il s'était retiré avec sa femme. C'était un acteur assez distingué par sa voix et par une belle stature. 11 brillait surtout dans les rôles d'Agamemnon d'OEdipe à Colonne, et du roi Oiiuus de Tarare
  • François CHÈVRE DE LA CHARMOTTE( 1697) : ne à la Charmotte, près de Sésanne, le 29 novembre 1697, fit son cours d'études à l'université de Paris, où il fut gradé et maitre ésarts. 11 se consacra ensuite au sacerdoce, et fut supérieur du petit séminaire de Troyes pendant environ six ans, puis curé d'Anglas e et enlin doyen de illemaur. 11 remplit son ministère avec tout le zèle d'un vrai pasteur ; tuais il aisuait l'étude, et il y consacrait tous les moments que les devoirs de son état lui laissaient libres. Un mémoire sur Villema qu'il fournit à Morel, lieutenant général du bailliage de Troyes, vers 1750, décida son goût et lui lit entreprendre un gland ouvrage sur cette snéme baronnie. Il n'épargna pour y réussir ni peines ni soins : imprimés, manuscrits, tout fut dépouillé et consulté. ll le termina en 1753 et le publia sous ce titre : Recherches critiques et littéraires, sur l'ancienne chdtellenie, baronnie, duché el doyenné de Villemaur, pour servir à l'histoire générale de Champagne, 2 vol. 11 le revit en 1768 et y lit des corrections et des additions. C'est cet ouvrage que l'abbé CourtalonDelaistre abrégea en 1 vol. L'original et l'abrégé n'ont point été imprimés et sont restes manuscrits dans les archives de l'hôtel (le ville de Troyes. Chèvre de la Charmoue mourut le 25 juin 1781. On trouve, dans le Mercure de janvier 1749, une lettre qu'il écrivit à l'évèque de la Havallière, et la réponse de ce dernier sur le fort de Montaiiné, dans le comté de Vertus en Champagne
  • François CHEYNELL( 1608) : théologien presbytérien, né à Oxford, elP1608, exerçait les fonctions ecclésiastiques dans sa ville natale, lorsqu'au premier éclat de la guerre civile, en 1640, il se rangea du côté du parlement. Il fut, en 1643, membre de l'assemblée des tin et, en 1616, l'un des commissaires envoyés pour convertir l'université d'Oxford. Il fut nommé, deux ans après, professeur et président d'un des colléges de l'université; mais, quoiqu'il eût du savoir et des talents, il n'avait pas, à ce qu'il parait, ceux qu'exigeaient de semblables emplois et il fut obligé de les résigner. On l'en dédommagea par le riche bénéfice de Petworth, dans le comté de Sussex, dont il jouit jusqu'à la restauration. Il a publié un assez grand nombre de sermons et autres ouvrages. Cependant il serait assez peu connu aujourd'hui sans les rapports singuliers qu'il eut avec le fameux théologien Cltillingworth. En 4643, on v it paraître, imprimé par un ordre supérieur, un livre de Cheynell, intitulé : l'Origine, les Progrès et le Danger du socinianisme, oit l'arehevèque Laud, Hales d'Eton, Cliillingwortlt et d'autres théologiens distingués étaient présentés comme chefs d'une ligue contre la doctrine protestante. L'année suivante, Chillingwort étant mort, il parut également par autorisation un autre ouvrage de Cheynell, sous ce titre Chillingworthi Novissima, ou la Maladie, l'hérésie, la mort et l'enterrement de Guillaume Chillingworth. C'est un exemple tout à la fuis risible et déplorable de ce que peut enfanter le fanatisme religieux. Cheynell avait été chargé de soigner et surtout d'exhorter Chillingwort h. Dans la relation qu'il fait de la maladie de cet homme de raison , il retrace longuement ses efforts et ses pieux travaux pour conVenir le malade, et dit comment il priait Dieu a de lui donner des lumières nouvelles et d'autres yeux, pour qu'il pût voir, reconnaître et quitter ses erreurs, abjurer sa raison, et se soumettre à la foi. n En même temps, toujours inspiré par un zèle fanatique, il le maltraitait de paroles, au point qu'on crut généralement dans le parti royaliste, qui était celui de Chillingworth, que sa mort avait été avancée par les brutales exhortations de Cheynell. Après avoir refusé d'enterrer luimème le corpsdeChillingworth, il imagina d'enterrer son fameux ouvrage, intitulé : la Religion des protestants, moyen sir de salut. H se rendit à cet effet, ce livre à la main, au lieu des funérailles, et, après un court priembule, où il dé- clarait qu'il serait trop heureux pour le royaume que de pareils ouvrages pussent tous ètre enterrés de manière à ne jamais ressusciter : « Vat'en, s'é« criatil, livre maudit, qui a séduit tant d'âmes a précieuses; va- t'en, livre corrompu jusqu'à la « pourriture, terre, retourne à la terre, et poussière, « retourne à la poussière. » Cheynell mourut en 1665, dans un état voisin de la folie
  • François CHICOYNEAU( 1672) : naquit en 1672, à Montpellier. Son père, chancelier de l'université, le destina d'abord à la marine: mais ayant perdu ses deux autres fils, MichelAimé et Gaspard, auxquels il avait procuré tour à tour la survivance de ses nombreux emplois , il voulut réparer cette double perte en choisissant pour successeur le fils qui lui restait. François étudia donc la médecine, et reçut le doctorat en 1695, à l'itge de vingt et un ans. Trois mois après il obtint, par les sollicitations de son père' et la complaisance vénale de l'archiàtro Antoine Daquin, les places que ses frères avaient occupées; mais il lit oublier, par son zèle et la noblesse de ses procédés , les usurpations dont sa famille offrait tant qlicr, dont il était membre, deux mémoires : l'un sur l'Irritabilité des étamines de certaines plantes , l'autre sui' les Mouvements particuliers que présentent les fleurs des chicoracées
  • François CHOPART( 1750) : l'ami de Desault , et dont les noms ne doivent pas être séparés dans l'histoire de la chirurgie, a cependant été oublié dans tous les dictionnaires, et même dans la Biographie médicale. Né vers 1750 à Paris, d'une famille honorable , Chopait étudia de bonne heure la chirurgie. 11 connut Desault à l'école du célèbre Petit , et bientôt il s'établit entre eux une de ces amitiés dont l'antiquité même ne fournit que peu de modèles . Desault , sans fortune et éloigné de sa famille, étant tombé dangereusement malade par suite d'une application trop soutenue au travail, Chopant ne voulut pas le quitter un seul instant, et, pendant toute sa maladie , lui prodigua les soins les plus tendres. Cette circonstance accrut encore rattachement mutuel de ces deux jeunes gens ; dès lors il fut impossible à l'un de vivre sans l'autre. Ileçu docteur en chirurgie en 1770, Chopart , qui jouissait des succès de son ami plus que de ceux qu'il avait obtenus luimême, se chargea de le supplée• dans ses cours à l'école pratique et dans ses visites à l'HôtelDieu. Ils publièrent, en 1789, un Traité des maladies chirurgicales , qui fut traduit quelques années après en allemand. Cliopart, nommé professeur de chirurgie , obtint ensuite la place de chirurgien en elle! à l'hospice de la Charité. Après la mort de son ami, dont il avait recueilli le dernier soupir, il fut chargé par la commune de Paris de donner des soins au dauphin enfermé dans la tour du Temple; mais frappé du même coup que Desault, il mourut quelques jours après , au mois de juin 1795. Outre deux Observations dans le t. 5 des Mémoires de l'académie de chirurgie, dont il était nietubre, on a de lui : 1° de Loesionibus capitis per ictus repercussos , Paris , 1770 Cliopart traduisit luimême cette thèse en français, sous ce titre : Mémoires sur les lésions à la tete, ibid.; 1771 2. De uteri Prolapsu, ibid., 4772 3° Traité > des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent , ibid., 4789 , 2 vol. On sait que Desault n'eut presque aucune part à la rédaction de cet ouvrage ; niais Chopait aurait mieux aimé renoncer à sa publication , que de ne pas conserver sur le frontispice le nom de son ami. 4° Traité des maladies des voies urinaires, ibid., 1791 , 2 vol. iii-8°. Chopait dédia ce nouvel ouvrage à Desault. Le 1" volume , divisé en 2 parties, traite des fonctions des voies urinaires et de leurs maladies; le 2e, des maladies de la vessie. L'auteur en promettait un 3' sur les pierres vésicales et l'opération de la taille. Une nouvelle édition de l'ouvrage de Chopin a été publiée, Paris, 18-12, 4 vol. revue et augmentée par M
  • François CIECO : poète contemporain du précédent, était tic Florence. Il nous apprend luimême mititI éiait aveugle et pauvre. Jean Bentivoglio s'étant déclaré son protecteur. il dut passer la plus grande partie de sa vie à Bologne. C'est là tout ce qu'on sait de cet écrivain, oublié par les biographes d'Italie. On a de lui : 1° Tornamcnio bot° in Bob-91 Ce petit poème, in , sans date Ce second poème, in °Ileum rima, comme le précédent, a été réimprimé avec des corrections également sans date Quelques bibliographes conjecturent que cette édition est de Sienne. 50 Lauda di Venezia, in terza rima, Venise, 1555 à la suite du Lainent° d'Italia. — Christophe CIECO, de Forli, W—s.
  • François CIGALINI : médecin et littérateur, qui savait plusieurs langues et se mêlait d'astrolo- gie, naquit à Côme en Italie, où il mourut en 1550. On a de lui deux lettres sur la médecine, imprimées avec les Epistolce de Thadée Duni, à Zurich, en 1592 sous ce titre : de oxyinellitis Usu Viribus maxime in pleuritide. — Paul CIGALINI, né à Côme en 1528, et parent du précédent, srlivit la mésne carrière, et fut reçu docteur à Pavie, où il devint ensuite premier professeur. Il se distingua par la variété de ses connaissances, et forma d'excellents élèves. Paul Cigalini mourut en 1598. Il est auteur (l'un ouvrage estimé sol` Pline l'ancien, intitulé : Prœlectiones duœ; una, de vera patria Pl inii; cillera, de fide et auctoritate ejus, Côme, 1605, D—P—s.
  • François CIONACCI : prètre et littérateur florentin du 17e siècle, n'est connu que par une édition qu'il a donnée des Poesie sacre de Laurent de Médicis, surnommé le Magnifique; de Lucrèce Tornabuoni, sa mère, et de deux autres Médicis, à Florence, 1680 Les poésies de Laurent forment la plus grande partie du volume; c'est une représentation, ou espèce de drame pieux de Stlean et de St. Paul, suivie de prières, orazioni, et d'hymnes ou cantiques, laude; le tout est précédé d'observations savantes et curieuses de l'éditeur, sur ces différentes esices de poésies sacrées, sur les drames appelés représentations, sur les oraisons et sur les laude ou canti(lues
  • François CITOIS( 1572) : en latin Crrosi us, tié à Poitiers, en 1s72, étudia la médecine à Montpellier en .1595, et y recut le doctorat en •I596. Après avoir exercé pendant quelques années sa profession à Poitiers, il se rendit à Paris, et le cardinal de Richelieu le choisit pour son médecin. La réputation qu'il s'acquit dans la capitale ne put l'y fixer, et il retourna dans sa patrie, où il mourut en 1652, doyen de la faculté de médecine. Il s'est fait connaître avantageusement par diverses productions utiles ou curieuses : 1° Abginens Confo- len tanea ; cui ° biler adnexa est apologia pro Joubert°, Poitiers, 1602 Berne, 1604 traduit en français sous ce titre : Histoire merveil'euse de l'abs- tinence triennale d'une fille, etc., Paris, 1602 42o Abstinentia puellœ Confolentanew, ab Israelis " Maya con futatione vindica ta; cui prremissa est ejusdem puclla. i &, 1e. toat»; , Genève , 1602 trad. en anglais, Londres, 1605 l'observation qui fait le sujet de ces deux opuscules est regardée connue trèssuspecte par l'aller et par d'autres lia-. biles médecins. 5° De Novo et populariapud Melones dolore colico bilioso Diatriba, Poitiers, 1616 cet excellent ouvrage, publié depuis deux siècles, est encore aujourd'hui consulté. L'auteur donne une descrij)tion exacte et une méthode cora tive j u d icieuse de la colique du Poitou. On peut cependant lui reprocher quelques meurs clwonologiques et l'emploi immodéré de la saignée. 4° Advis sur la nature dc la peste, el sur les moyens de s'en préserver et guérir, Paris, 1625 cet opuscule ne tient pas ce que le titre promet; if pèche tout à la fois par la théorie et la pratique. 5. Opuscula medica, Paris, 1659 ce recueil contient les quatre opuscules déjà Cités, nial à propos surchargés d'un cinquième : de Tempestivo phlebotomioe ac purgationis Usa, adversus hoemophobos
  • François CLAPIERS : seigneur de Vauvenargues, jurisconsulte du 16e siècle, conseiller à la chambre des comptes et cour des aides de Provence, mort en 1585. Ila recueilli et publié les arrêts de sa cOmpagide sous le titre de Centurice causarum, imprimés pour la seconde fois à Lyon, .1589 Il a co posé aussi un abrégé de Provincice Phocensis Comi- tibus, Aix, 1584 Lyon, 17'26 et à la lin de son premier ouvrage cité cidessus ; cet abrégé a été traduit en français par Fr. Dufort, Angevin, sous le titre suivant : Généalogie des comtes de Pro- vence, depuis l'an 577 jusqu'au règne d'Henri IV, Aix, 1598 L'ouvrage est peu exact, et le traducteur n'a fait qu'ajouter aux Luttes de l'original ses propres contresens
  • François CLÉOPHILE( 1447 - 1490) : dont le vrai nom t'f;, lorsqu'il était à llome. Ayant passé de cette haire (fliiiinanites lui ayant LC 'inerte à Fano, sa patrie, 11 allait se Illettro vil route pour y retourner, lorsqu'il tomba en deLiillance, et mourra trois jours apres. le 26 décembre 114.41, àgé de 45 ans, non sans 1011p. (mn traVOII• cté empoisonné. par sou beaupère. qui voulait se soustraire au payement (l'une dot coosidorable qu'il lui avait. promise. 1,es princes de la maison de Meilieis honoraient Cleophile (le leurs honnis. Ott a (le liii quelques ouvrages eu prose et eu %ers. Les plus connus sont : 1" Einslotarunt de itinoribus liber, et Car; ma non initia, iNaplys, . 1178, trèsrare ; 20 Metius de Coetit portarim, 1505 5. Opera nunqua ni alias impressa. An- tropothcomuchia ; historia de bran Fano, 1516 rare
  • François CLEYN : peintre distingué du 15° siècle, né à Rostock, fut d'abord employé par le roi de Danemark, Christian IV. Le désir qu'il con-çut d'étudier les grands modèles lui lit entreprendre le voyage d'Italie ; il séjourna pendant trois ans dans ce pays et y fit de grands progrès. Il fit connaissance à Venise avec sir Henri Wotton , et sic Robert Anstruther, en le recommandant au prince royal d'Angleterre, depuis Charles I", l'engagea à se rendre à Londres. Cleyn, arrivé dans cette capitale, tandis que le prince était en Espagne, n'en fut pas moins accueilli trèsgracieusement par le roi Jacques. Ce souverain mentionne cette circonstance dans une lettre latine conservée dans les Worlhies de Tuller, qu'il écrivit au roi de Danemark pour lui demander la permission de retenir Cleyn en Angleterre, après toutefois qu'il aurait terminé un ouvrage qu'il avait commencé à Copenhague, en promettant de payer les frais de son voyage. Le roi de Danemark ayant répondu d'une manière favorable, Cleyn passa d'abord quelque temps à Copenhague et retourna ensuite à Londres, où il parait avoir été employé (l'abord à la composition de dessins pour la manufacture de tapis établie à Mortlack par sir Francis Crane, et dont ils firent la réputation. Cinq des cé- lèbres cartons furent transportés dans ce lieu pour être copiés par lui en tapisserie. Le roi lui avait ac- cordé une pension de 100 livres sterling dont il jouit jusqu'à la rébellion. Les peintures dont il a orné l'hôtel de Somerset et plusieurs autres hôtels de la noblesse lui ont acquis en Angleterre une trèshaute renommée. Il existe encore une chambre ornée des peintures de Cleyn dans l'hôtel d'Ilolland, avec un plafond en grotesque, et de petits compartiments audessus des cheminées, dans le style du Parmegiano, et qui ne sont pas indignes de ce maitre. Lord Orford mentionne d'autres ouvrages de la main de Cleyn, qui a fait aussi plusieurs dessins pour des graveurs. Cet artiste, qu'Evelyn représente comme un homme pieux, mourut en 1658
  • François CLIFTON : médecin anglais , sons ce titre : Etat de la médecine ancienne et moderne, avec un plan pour perfectionner celle- ci. Le traducteur y a joint les expériences de Hales sur le remède de mademoiselle Stéphens. Cette esquisse historique présente quelques idées quelques vues utiles; mais elle offre aussi de nombreuses lacunes, et n'est pas exempte d'erreurs. Chilon prétend qu'Hippocrate a entrevu le système de l'attraction, et qu'il a été par consé- quent un des précurseurs de Newton. 2° Hippocra- tes vpon Air, Water and Situation, etc., Londres, 175A C'est une version anglaise : 1° du beau traité d'Hippocrate sur l' 'tir, l'Eau et les Lieux 2" des Épidémiques et des Pronostics dans les ma- ladies aiguës, du mème auteur ; 3 de la sublime Description de la peste d'Athènes, par Thucydide. Clifton a trèsbien coordonné ces matériaux, et les a CleidliS de notes intéressantes. Jaloux de contribuer au perfectionnement de l'art de guérir, il avait publié en 4751 des tableaux qui devaient servir de modèles aux praticiens pour la rédaction de leurs observations les plus importantes; mais ils n'obt pas le suffrage des médecins, qui, loin de les adopter, les critiquèrent vivement. Clifton avait aussi promis une édition complète et méthodique des œuvres d'Hippocrate avec un cœmnentaire ; elle n'a point yu le jour
  • François CONTARINI : doge de Venise, de la 'Hème famille que les précédents, avait rempli dix ambassades avec honneur lorsqu'il succéda à Antoine de qui était mort le 12 ;lotit 1625. La repu?lique était, à cette époque, engagée dans une lutte difficile avec la maison d'Autriche. Celleci, déjà mailresse du Milanais, voulait asservir les Grisons, pour établir par la 'Valteline la communi•ation entre les Etats d'Italie (lu roi (l'Espagne et les États d'Allemagne de l'Empereur. Les Vénitiens prirent sous leur protection les Grisons; ils s'allièrent avec Louis XIII, le duc de Savoie et les cantons protestants (l. Suisse. La Valteline fut reconquise en 1621 par leurs armes réunies ; litais Con- tai ini mourut, le 6 décembre de cette mème année, avant de voir la lin de cette entreprise. 11 eut pour successeur Jean Cornaro
  • François CONTARINI : de la noème famille que les précédents, vivait dans le 15e siècle. En 1460, il professa la philosophie à Padoue, et fut chargé d'une ambassade auprès du pape Pie II. Il conduisit des troupes vénitiennes au secours des Siennois attaqués par les Florentins, et écrivit luimémo en latin l'histoire de cette expédition, en 3 livres, Glue JeanMichel Brutus a joints aux huit premiers livres de son Histoire de Florence, et a fait imprimer pour la première fois, à Lyon, 1562 Cet ouvrage est peu commun, les grandsducs de Florence en ayant fait rechercher les exemplaires pour les supprimer. Contarini fut mime obligé de quitter l'Italie pour avoir parlé trop librement de la maison de Médicis
  • François COPPOLA : comte de Sarno, d'une ancienne famille de Naples, vivait dans le 15° siècle. Ses parents ne lui ayant laissé que trèspeu de fortune, il chercha dans le commerce les moyens de l'augmenter, et ses premières spéculations furent si heureuses, qu'il se vit bientôt possesseur de richesses considérables, dont il fit un noble usage. Ferdinand 1, roi de Naples, voulut s'associer aux entreprises commerciales de Coppola, et, frappé du mérite de ce jeune gentilhomme, il le plaça près de lui, et l'éleva successivement aux plus hautes dignités. Mais bientôt le nouveau favori abusa de l'autorité.qui lui avait été confiée. L'ambition le rendit ingrat, et il se mit à la tète d'une conspiration dont le lait était de renverser le gouvernement. Une première tentative ayant échoué, les conjurés prirent les armes, et une guerre civile était sur le point (l'éclater, lorsque Coppola fut arrèté. Convaincu ravoir conspiré contre la vie du roi, il fut condamné à avoir la tète tranchée, ce qui eut lieu le 15 mai 1187
  • François CORNARO : doge de Venise, de la même famille que le précédent, succéda à Charles Contarini , le 16 mai 1656, et mourut le 5 juin suivant, n'ayant ainsi régné que 20 jours. Nous n'avons pas de détails sur sa vie. Il eut pour successeur Bernucce Valieri.
  • François CORÉAL( 1648) : voyageur espagnol, né à Carthagène, en 1648, s'embarqua pour l'Amérique en 1666, aborda aux ./Intilles, alla ensuite à la Flo- ride, puis au Mexique, et, après avoir parcouru jus qu'en 1681 la partie septentrionale du nouveau con tinent, il prit parti, à la rivière de Darien, avec des flibustiers anglais qu'il accompagna dans leurs cour ses. Le désir de revoir sa patrie le fit retourner en 1684 en _Angleterre , d'où il gagna l'Espagne. Il quitta ce ce pays l'année d'après, et s'embarqua à Lisbonne pour le Brésil. Trois mois après son arri vée à SanSalvador, il fut envoyé pour donner les ordres sur un convoi chargé de porter des vrovisions àux Portugais établis dans la capitainerie de StV cent, ce qui lui fournit l'occasion de voir une partie de l'intérieur du Brésil. Il séjourna dans ce pays jusqu'en 1690, époque à laquelle il résolut d'aller par terre au Paraguay. Les difficultés de la route lui parurent si grandes, qu'il profita de l'occasion d'un Va sse au anglais portant pavillon espagnol , pour se rendre de RioJaneiro à BuénosAyres. 11 traversa le continent jusqu'au Pérou , qu'il parcourut en plusieurs sens ; quitta Lima en 1695, passa par Quito, Popayan et Cali sur le RioCauca, et, gravissant les montagnes, il arriva au fort Bonaventure, situé dans une baie du grand Océan. Il s'embarqua pour Pa- nama , traversa l'isthme , prit son passage sur un vaisseau qui allait à la Havane, où il resta une partie de l'année 1697. Il en partit au mois d'aoùt, arriva à Cadix à la lin de septembre, après avoir employé trente et un ans à visiter l'Amérique. La guerre de la succession , qui menaçait d'éclater, le força , en 1700, à faire un voyage en Angleterre, et à passer deux fois en Dollande pour disposer .de quelques effets qu'il avait entre les mains de négociants de ces deux pays. Il revint au commencement de 1707 à Carthagène, où il vécut tranquillement. Le grand nombre de pays visités par Coréal, le long séjour qu'il a fait dans chacun d'eux, rendent la lecture de ses voyages extrêmement intéressante. On y trouve une foule de particularités d'autant plus curieuses qu'elles sont souvent relatives à des contrées sur lesquelles nous n'avons eu jusqu'à présent que trèspeu de notions positives. Coréal entretient peu le lecteur .de ses aventures personnelles , et s'occupe plus particulièrement d'écrire ce qu'il a vu. Ou ne peut lui reprocher aucune erreur importante; si ses observations ne sont pas profondes, elles sont généralement judicieuses. Il montre une grande antipathie pour les moines , sur lesquels il débite quelques anecdotes scandaleuses. Sa relation parut sous ce titre : Voyages de François Coréal aux Indes occidentales, contenant ce qu'il y a vu de plus considérable pendant son sé- jour de 1606 à 4697, traduits de l'espagnol, Amsterdam, 1722, 5 vol. fig. ; la même relation fut traduite en hollandais la nime année. On ne connaît pas l'original espagnol , ce qui a fait penser à quelques écrivains que quelqu'un avait pris le nom de Coréal pour publier sur l'Amérique un recueil de documents extraits de divers écrivains . Coréa, est souvent cité par les auteurs de l'Histoire générale des voyages. E—s
  • François CORSETTI : littérateur italien, rec- teur du séminaire archiépiscopal de la ville de Sienne, dans laquelle il était né. II publia en 1745, I à Lucques, une traduction in terza rima des meilleures élégies de Tibulle, Properce, et de l'une de celles d'Albinovanus. En 1749, il fit imprimer à Sienne une version qu'il avait faite en vers scioni des satires d'Horace : ces traductions. poétiques, qu'il donna sous son nom d'académicien arcadique, Oresbo Agieo, passent pour réunir le mérite de l'élégance à celui de la fidélité. On lui doit encore : 10 Vita di Girolamo Gigli, Sanese publiée vers 1745 ; 2° Tragedie di diversi autori, ridotti al use del teatro italiano, Sienne, 1756 Il modrut peu après le milieu du 18' siècle
  • François CRETTÉ-PALLUEL : propriétairecultivateur au Bourget, près de Paris, fut successivement député à l'assemblée législative, administrateur du département de Paris, juge de paix à Pierrefite, et mourut le 29 novembre 4798, âgé de 57 ans. 11 a contribué aux progrès de l'agriculture, par l'exemple de sa pratique, et par un grand nombre de mémoires que l'on trouve imprimés dans le recueil de la société d'agriculture de Paris, dont il était membre. Ses ouvrages imprimés à part, sont : 1° Mémoire sur le desséchement des marais, et particulièrement sur ceux du Laonnois, Paris, 4789 : ce mémoire a été réimprimé plusieurs fois ; la dernière édition est de 1802 ; 2° Formulaire des propriétaires, Paris, 1790 3° Traité des prairies artificielles, extrait des mémoires de la société d'agriculture de Paris, et des auteurs modernes les plus estimés ; augmenté de la culture de dix plantes qui ne se trouvent pas dans Gilbert. On y a joint la description d'une machine simple, indispensable dans les grandes exploitations, avec laquelle on coupe facilement soixante boisseaux de racines par heure, Paris, 1801 Cet ouvrage fut extrait de ses mémoires, rédigé et augmenté par l'ordre de la société d'agriculture. CrettéPalluel est l'inventeur d'une machine à hacher la paille ; d'une charrue ratissoire pour biner les bois nouvellement plantés, les pommes de terre; d'un rouleau cylindre pour couper les pommes de terre ; d'un louchet coudé pour le défrichement des marais; d'une charrue bâtarde à deux coutres pour le défrichement des prés, et de plusieurs autres instruments d'une grande utilité. Les procédés de cet estimable et habile cultivateur sont d'autant meilleurs à suivre, qu'ils sont les résultats de son expérience
  • François CUPANI( 1657 - 1711) : botaniste, né en Sicile en 1657, mort à Palerme en 1711, étudiait la médecine, lorsqu'il prit du goût pour la théologie : il s'y appliqua pendant quelques armées, et entra dans l'ordre des minimes en 1681. En quittant le monde, il porta dans le cloître l'inclination qu'il avait toujours eue pour l'histoire naturelle, et la botanique fut ce qui l'occupa davantage. 11 se livra à l'étude des plantes rares de la Sicile, et il fut dirigé dans cette étude par Boccone, qui, par cette raison, le nommait son neveu. Cupani a publié, plusieurs ouvrages sur Ies plantes de la Sicile; mais ce ne sont, à proprement parler, que des catalogues détaillés, clans lesquels on trouve plusieurs espèces nouvelles, et d'autres qui étaient peu connues, avec quelques observations relatives à chaume de Cc.4 diverses espèces et à leurs ariétés les plus remarquables. il a faitconnaître les nombreuses variétés que présentent plusieurs arbres fruitiers, notamment l'amandier en Sicile, où on le cultiN e en grand et comme objet de récolte pour son fruit. Le premier ouvrage de Cupani est intitulé : Catalogus plantarum Sicularum noviter inventarum, Palerme, 1692 Deux ans après, il en parut une seconde édition, sous ce titre : Syllabus plantarum. Sici lice nuper detectarum, ibid., 1694 'Le prince della Catolica ayant rassemb16 dans ses jardins, avec beaucoup de magnificence, un grand nombre de plantes, tant indigènes qu'étrangères, il en donna la direction au P. Cupani. Ce botaniste se montra digne de la fonction quL lui avait été confiée ; il enrichit en trèspeu de temps ce jardin d'un grand nombre de plantes qu'il y déposait successivement, an retour des courses qu'il entreprenait avec zèle, et il en fit connaitre les richesses par un catalogue, sous le titre de Hortus Catholicus, sive illustriss. princi pis Cath, licce hortus, Naples, 1695 avec un suppknlent. L'année suivante, il en ajouta un second. Ces différents ouvrages n'étaient que le prélude d'un autre beaucoup plus considérable qu'il méditait, et clans lequel, sons le titre de Panphytum Siculum, il voulait donner la description et la figure de toutes les plantes indigènes et exotiques de la Sicile; mais Antoine Bonani, qui avait ét," son élève , poussa l'ingratitude jusqu'à vouloir s'approprier cet ouvrage . Dans ce but, il supprima les épreuves des figures et l'édition du texte qui avait été commencée, et, en 1715, il le fit paraître sous ce titre : Panphytum Siculum, sive historia naturalis plantarum continens plantas omises in & cilia sponte nascentes et exoticas eamdem incolentes. Opus inchoatum a B. P. Francisco Cupano, et in lucem editum studio et labore Antonii Bonnani et Gervasii Panormitani, Palerme, 1715 Bonani annonça que l'édition complète serait de 16 volumes ; mais il ne l'a pas continuée. Séguier et Haller ont douté qu'elle existât; cependant, elle était citée par Mongitore, dans sa Bibliotheca Sicula. Plusieurs écrivains ont été dupes de la fraude de Bonani, et l'ont cru l'auteur de cet ouvrage, entre autres, Chiarelli, dans son Introduction à l'Histoire de Sicile. Les 700 planches sont dans le cabinet du prince della Catolica, et il y a dans la superbe bibliothèque de M. Banks, président de la société royale de Londres, des épreuves de 178 planches de la première édition, 'commencée par Cupani luimême, et interrompue par sa mort. Ces planches manquent de détails sur les parties de la fructification, dont la science ne peut se passer maintenant. Il y a une trentaine de plantes qui n'avaient pas été connues précédemment. Le P. Plumier, qui était doublement le confrère de Cupani, comme botaniste et comme religieux minime, récompensa son zèle peur la botanique, en nommant Cupctnia un nouveau _genre qu'il ait observé en Amérique
  • François DAVIDI : 11.4lb/rois de naissance, fut, aislesieek, surintendant ou ésg•gjue de« unitaires, en Trangyliame. Done de• di.positi.uts les plut Iwureuu... il .urptuaa bsentia ses maitre., si. MDdit carter dans LA commissaire tirs langues, d• la philosoptue, de la thérdoine, et eadunna sur, tout tellesnent à 14 trulistiqUe, tlu'd terramilt tous crut qui osaient lutter centre lui. Gette fardsta d'aritunsmitatsiin rendit nt tre.senlie Uni. train* dims une foule de dégluties, que l'on trousena demi, Iresprolitesuent dans k .tiforonen Mua.. la, dr Cas titane, Apte* issue longtemps professé la pure morale és aneekque. d asast &buté tuccresisemens. et combiné entre Mes les optiuunit de C.alsin, d'insu, de feem. dr kiiiinde. du judaïsme. Son inconstance égalait sa rudesse; il excita souvent des tumultes, auxquels voulant enfin mettre un terme, le prince de Transylvanie le fit enfermer dans la forteresse de Deva ou Leva. Ce fut dans cette prison que Davidi termina ses jours, le 6 juin 15'79, avec la réputation d'un théologien instruit, mais irascible, ardent à la dispute, et surtout peu réglé dans ses conceptions. On a de lui une Lettre, en latin, aux Églises polonaises, sur la question du règne millénaire de J.C.; plusieurs Thèses, opposées à George Blandrata, pour prouver que J.C. n'est qu'un homme, et qu'il ne doit point être invoqué dans les prières, et quelques autres écrits dont on trouvera la liste dans la Bibi. anti- trinit. de Sandius
  • François DELARAM( 1590 - 1627) : graveur au burin, né à Londres, était contemporain d'Estracke et des Panes ; peut-être même rutil leur disciple. Son genre de gravure était celui qui régnait de son temps; beaucoup de netteté et peu de goût. Malgré ce défaut et d'autres encore, tels qu'un dessin trop peu correct, des plis de draperies mal enten- dus, les estampes de cet artiste sont fort recherchées, tant*par l'intérêt h:stoligue qu'elles présen- tent, puisqu'on y trouve une suite considérable de portraits des personnages célèbres dans le 16° siè- cle, que par le talent ferme et délicat tout à la fois avec lequel ce maitre a su en conserver la physionomie. De tous ces portraits, aucun n'est plus s que celui où l'on voit John, évêque de Lincoln. Ce prélat est entouré d'anges et de bedeaux qui jactent de différents instruments. Cette estampe est vraiment curieuse et mérite toute l'estime que lui donnent les amateurs. L'oeuvre de Delaram est considérable et doit être regardé comme un monument de l'histoire de l'art en Angleterre. Cet artiste fut enlevé jeune encore à la gra ? Jire, dont il promettait d'avancer les progrès : il n'était âgé que de 37 ans quand il mourut à Londres eu 1 627
  • François DELESTRE( 1766) : l'une des nombreuses victimes de nos troubles politiques, né, vers 1766, à Neufchiltel en Normandie, était, en 1791, principal du collége de sa ville natale ; mais, ayant DLLUTRE suivant I. kirn GuOlon, ifariyrs de la Foi,. t. I, p. Mr. refusé de préter le serment exigé des ecclésiastiques, il il courut de nouveaux dangers. Atteint par la loi qui déportait à la Guyane les préfres rentrés sans autorisation, il fut conduit à Rochefort et embarqué le 12 mars 1708, sur la frégate la Charente, puis, le 23 avril, sur la Décade. Il arriva, dans le courant de juin, à l'île de Cayenne; et quelques jours après il se mit en chemin punise rendre dans le canton de Makonrin qu'on lui avait assigné pour résidence; mais à peine arrivé il y fut saisi d'une fièvre violente, et mourut le 6 août de cette année. L'abbé Delestre avait rédigé des notes assez étendues sur son exil en Angleterre. Elles ont été mises en ordre et publiées par son neveu, M. DelestreBoulage, libraire à Paris, sous ce titre : Six années de la révolution française, ou Précis des principaux événements, correspondants à la durée de ma déportation, de 1792 à 1797 inclu- sivement, Paris, 1819
  • François DELPORTE( 1746) : né en 1746, à BoulognesurMer, se voua dès sa jeunesse à l'agriculture ; et, lorsque partout on ne suivait qu'une aveugle routine, apprit aux cultivateurs du PasdeCalais à supprimer les jachères, à multiplier les prairies artificielles, à favoriser la culture des plantes propres à l'amélioration des terres et à la nourriture des bestiaux, à connaitreles meilleures races, à les conserver pures, à les perfectionner par les croi- sements, enfin à rendre leur éducation plus économique et leurs produits meilleurs. Il mit en pratique le système de la rotation des récoltes, qui les rend plus abondantes et plus variées. 11 s'occupa aussi de nouveaux procédés pour la dessiccation des fourrages, et pour la germination des grains. Delporte fut le premier agronome du nord de la France, qui cultiva la pomme de terre en grand, pour la nourriture du bétail. Dès 1774, il tira d'Angleterre un troupeau de moutons choisis, que plus tard il croisa avec des mérinos. La société royale d'agriculture de Paris lui décerna, en 1785, une médaille d'or pour l'amélioration qu'il avait introduite dans les races de chevaux. Membre correspondant de cette société, Delporte fonda, de concert avec DumontCourset, la société de Boulogne, où il est mort en 1819, laissant après lui d'excellents élèmes parmi lesquels on distingue M. Yvart. 11 a publié avec Henri une Description topographique du district de Boulogne- sur- Mer, de son agriculture, et des moyens de l'améliorer, 1798 Il est aussi l'auteur d'un Mémoire sur l'éducation des troupeaux, 1791
  • François DELUC( 1698 - 1780) : père du célèbre physicien de ce nom , naquit en 1698, à Genève, d'une famille considérée, et dont les membres remplissaient les premières charges de la république. Ses affaires commerciales lui permi- rent de se livrer à son goût pour l'étude; et il ne crut pas pouvoir faire un meilleur usage de son temps que de l'employer à réfuter les principes antichrétiens des sophistes modernes. Lié, depuis longues années, avec Rousseau, d alla le visiter en 1762 dans sa retraite à Motiers, pour l'engager à faire quelques concessions à la paix publique; et il profita de la circonstance pour lui porter deux ouvrages qu'il Venait de publier : Lettre contre la fable des Abeilles ; Observa- tions sur les écrits de quelques savants incrédules, Sa visite, qu'air indisposition passagère l'obligea de prolonger Pus qu'il ne l'aurait voulu, lit peu de plaisir à Rousseau, comme on le voit par une lettre qu'après son départ il écrivit à Manitou « lui ditil, est un excellent ami, un homme « plein de sens, de droiture et de vertu; c'est le « plus honnête et le plus ennuyeux des hommes. « J'ai de l'amitié, de l'estime, et même du respect « pour lni ; niais je redouterai toujours de le voir. « Cependant je ne l'ai pas trouvé tout à fait si as- « sommant qu'à Genève : en revanche, il m'a laissé « ses deux livres; j'ai même eu la faiblesse de « promettre de les lire, et, de plus, j'ai commencé. « Bon Dieu, quelle tâche ! moi qui ne dors point, « j'ai de l'opium au moins pour deux ans. » . Ce bon Deluc, comme l'appelle Rousseau, infatigable dans ses soins, fit tout ce qui dépendait de lui, mais inutilement, pour amener l'auteur d'Émile à quelques démarches de rapprochement auprès de ceux qui n'attendaient qu'un signe pour reconnaître leurs torts à son égard. « Je n'ai point, lui écrivait Rousseau , de déclaration à faire à M. le premier « syndic, parce qu'on a commencé par me juger « sans meure ni m'entendre, et qu'une déclaration, « après tout, ne saurait faire que ce qui a été fait « n'ait pas été fait. » Et dans cette même lettre il lui dit : « Voilà vos livres, cher ami; je me suis « efforcé de les lire; mais je vous avoue que votre « Ditton accable ma pauvre tète . » Rousseau écrivit encore à Delue , le 7 juillet sui- vant, pour le prier de ne point faire de nouvelles représentations en sa faveur au conseil, parce qu'il était décidé, quoi qu'il arrivât, de ne jamais reprendre le titre de citoyen de Genève et de ne remettre de sa vie le pied dans cette ville . François Deluc mourut, en 1780, dans un âge avancé, qui lui permit de jouir des premiers succès de ses fils, avec lesquels des faiseurs de notices l'ont quelquefois confondu
  • François DERAND( 1588 - 1644) : jésuite français, né dans le diocèse de Metz en 4588, enseigna les mathématiques dans les colléges de son ordre, .et s'appliqua surtout à l'architecture. 11 fit construire le portail de l'église des jésuites de la rue StAntoine à Paris, morceau qui n'est pas sans mérite, mais auquel on a reproché d'être surchaugé de sculpture. Le P. Derand, ayant été envoyé en Languedoc pour quelques affaires de sa société, mourut à Agde le 26 oc- tobre 1644.11 est principalement connu par son Architecture des votites, ou l'Art des traits et coupe des pierres, Paris, Cramoisy , 1643 , avec un grand nombre de planches en tailledouce, ouvrage important et le plus complet qui eût encore été publié sur cette matière. Quoiqu'il ait été surpassé par ceux de Larue et de Frézier, on le consulte encore, et il peut suffire pour les cas les plus ordinaires. On en a fait en 1743 une réimpression moins belle que l'édition originale, dont ou n'a pas même corrigé toutes les fautes indiquées dans l'errata
  • François DENATTES( 1696 - 1765) : né à Ligny en Barrois, le 25 janvier 1696, fit ses cours de philosophie et le théologie chez les jésuites de Dijon. Venu à Paris pour y perfectionner ses études dans la conimunauté de SteBarbe, Denattes changea bientôt a manière de voir. A ‘ingtquatre ans il fut chargé de professer la théologie à SteBarbe. Exilé eu 1730 pour avoir participé à l'appel des quatre évèques, au rappel de 1720, et à la. cause de l'évêque de Senez, il int à Auxerre. Il n'était vitcore que tonsuré ; Caylus, évêque d'Auxerre, voulut lui conférer le sacerdoce. Denattes, après beaucoup de résistance, consentit enfin à recevoir la prêtrise le 18 avril 1731. Dix ans après, il fut nommé à la cure de StPierre en Château à Auxerre. Après la mort de Caylus, il prit part au soulèvement du clergé appelant contre son succe,:- senr. Il mourut le 28 septembre 1765. On a de lui : L'idée de la conversion du rifeheur, traduite d'Opstraet, 1732, 2 vol. 11 avait entrepris uu ouvrage sur la confiance chrétienne, qui devait être divisé en quatre parties, mais dont il ne fit que les deux premières
  • François DANZI( 1763 - 1826) : maitre de la chapelle grandduc de Bade, et célèbre théoricien, né Manheim le 13 mai 1763, étudia dès l'âge de treiz, ans la composition sous l'abbé Vogler, ce malts habile, qui compta parmi ses élèves CarleMari. Von Weber, Winter. et Meyerbeer. Le premier opé r de Danzi, Azakia, fut joué en 1779, à Munich. Il donna ensuite le Triomphe de la vérité, — Min u i t,— le Baiser,— le Calife de Bagdad,— Iphigénie, etc. qui eurent beaucoup de succès. Les Allemands, ci. applaudissant à samusique sacrée et instrumentale, reprochent à ses opéras de manquer de mélodie ; ce qui doit d'autant plus étonnerqu'il excellait dal l'art du chant, où ind maitre n'enseignait comme lui. Danzi mourut au mois de juin 1826
  • François DAIX( 1580) : ;é à Marseille vers 1i80, fit imprimer à Lyon, en 1005 2, le recueil de ses vers franeais et latins, sous le titre de Prémices. La plupart des pièces renfermées dans ce volume roulent sur des sujets galants ; ce sont (les joies et des regrets, des serments et des plaintes, exprimés d'une manière assez commune. Il écrivait mieux en latin que dans sa propre langue, et les dix élégies qu'il a intitulé, Castce pid inis flam me sont trèssupérieures à ses vers français, dont il annonçait une suite qui n'a point paru. — Un antre François DAIN, de la mème famille, a fait eimprimer leS Statuts et anciennes coutumes de Mar-„ seille, 1656
  • François DETROY( 1645 - 1730) : peintre de l'école française, fils de Nicolas Detroy, peintre de l'hôtel de ville de Toulouse, naquit en cette ville, en 1645. Il fut envoyé de bonne heure à Paris, dirigea d'abord ses études vers le genre de l'histoire, dans l'école de Loir; entra ensuite dans celle de Lefèvre, et se consacra dès Ions au portrait. Il fut cependant reçu de l'Académie en qualité de peintre d'histoire. Son tableau de réception représente Mercure coupant la tête d'Argus. On ne peut disconvenir que Detroy n'ait été l'un des bons peintres de portraits de l'é- cole française, et qu'il n'ait traité avec beaucoup de talent le portrait historié. C'était un peintre chéri des femmes, parce qu'il avait coutume de les représenter en déesses, et de donner même aux laides un caractère de beauté, en conservant ce- pendant assez de leur physionomie pont qu'on pût les reconnaître. On voyait de cet artiste, avant la révolution, 2 grands tableaux à l'hôtel de ville, et dans l'église de SteGeneviève, et ils étaient assez voisins de ceux de Largillière et de Rigaud, pour qu'on pût aisément comparer entre eux ces trois artistes. Detroy paraît inférieur aux deux autres ; il est mort à Paris, en 1730, à l'âge de 85 ans
  • François DANIELE( 1740 - 1812) : historien et antiquaire napolitain, mort le 13 novembre 1812, à StClément, près de Caserte, y était né le I I avril 1740. Le marquis Dominique Caracciolo l'engagea à venir à Naples, oit il l'id d'abord nommé officier de secrétairerie. 11 avait déjà composé son Codice Fre- dericiano qui contenait toute la législation de Frédéric Il, et la connaissance de cet ouvrage en manuscrit le fit nommer, en 1778 , historiographe royal, et en 1787, il devint secrétaire perpétuel dela fameuse académie Ercolanese, instituée , depuis 1755, par le roi Charles Ill, pour la publication des découvertes faites à Herculanum et Pompeïa. Daniele se livra tout entier aux soins qu'exigeait l'édition des magnifiqyes tomes publiés au nom de cette Académie. lis accrurent sa renommée ; nonseulement l'Académie Cosentine , celles de la Crusca, des sciences et belleslettres de Naples, mais encore les sociétés royales de Londres et de Pétenbourg, l'inscrivirent au nombre de leurs associés, et, en 1782 , il fut nommé historiographe de l'ordre de Malte. En 1799, voulant, au retour du roi de Naples dans ses États, d'oit la révolution républicaine l'avait forcé de s'éloigner, prendre la défense de quelques amis que la vengeance royale allait sacrifier, il se rendit suspect, et se vit privé de ses dignités et de ses emplois. Cette disgrâce, qui le réduisait à une sorte d'indigence, fut supportée par lui avec un admirable stoïcisme. Lorsque le roi Joseph vint régner à Naples en 1806, Daniele fut l'un des premiers hommes qu'il s'empressa de favoriser. 11 commença par lui assigner une pension, le fit ensuite direc- leur de l'imprimerie royale, et secrétaire perpétuel de la nouvelle académie d'histoire et d'antiquités, qui forme actuellement une des trois sections de la société royale de Naples; mais déjà les infirmi- tés de lavieillesse commençaient àaftliger Daniele. Depuis sa jeunesse, il souffrait d'un mal commun aux habitants de la Campanie, qui l'appellent salsedine, et qui parait être celui qu'llorace appelait rnorbus campanus. Cette maladie, dont la cause semble être dans les aliments qui, en cette contrée, sont imprégnés de sels volcaniques, vint, au commencement de 1812, causer à Daniele une cruelle dysurie. 11 quitta Naples pour aller respirer un air plus salubre à StClément, sa patrie, où il succomba. Il fut regretté du 'vulgaire comme des savants, parce qu'à des manières affables, des moeurs douces, il réunissait un penchant extrême à la bienfaisance. Ses libéralités étaient telles, que, malgré la sobriété avec laquelle il vivait, et quoiqu'il eût un revenu annuel de 3,000 ducats, il mourut pauvre. Les principaux ouvrages publiés sous son nom, sont : 1° le Forche Caudine illus- trate, Caserte, 1778 avec cinq planches, édition magnifique qui a été surpassée par celle que l'auteur en a fait faire avec des additions à Naples, en 1812 ; 20 Osservaziani sulla topotesia delle Forche Caudine. Cette dissertation, dans laquelle il détermine la situation des Fourches Caudines, parut dans le Journal de Pise, en 1'779, Four répondre à M. Letieri, qui, dans sa Storia dell' an- tica Suessola, avait critiqué les Forche Caudine illustrate. Quoiqu'il eût dit, dans la dernière édi- tion de l'ouvrage précédent, que ces Osservazioni étaient de son frère Joseph, on est resté persuadé à Naples qu'il en est l'auteur. 3° I Regali sepolcri del duomo di Palermo riconosciuti et! Naples, 1784 4' Monete entiche de Capua, Naples, 1802 On y trouve la description , de dixhuit médailles antiques, suivie d'une dissertation sur le culte de Diane, de Jupiter, et d'Hercule dans la Campanie, et d'un mémoire de 11azocchi in leyem paganam pagi lier- culanei Daniele a orné d'une élégante préface la jolie édition de Daphnis et Chloé , traduite en italien par Annibal Caro, à Parme, chez Bodoni, 1786 Cette édition, faite d'après un manuscrit authentique dont il était possesseur, ne fut tirée qu'à cinquantesix exemplaires; niais il s'en est fait plusieurs autres d'après cellelà. Il a fait des additions importantes à la 2° édition de la Cronologia della fanliglia Carrarciolo di Francesco de' Pietri, Naples, 1805 Il avait été le premier éditeur des ouvrages suivants, qu'il enrichit d'intéressantes préfaces Antonii Thylesii, Consen- tini, opera, Naples, 1762 Ant. Consent. carmina et epistolœ, Naples, 1808 ; Opus- cou i di Marco Mondo, Naples, 1763 ; Joannis Bap- tistœ l'ici White orationes, Naples, 1766. 11 a laissé inédits les ouvrages ciaprès, de sa composition Ricerca storico diplomatira- legale sulla condizioni feudale di Caserta ; Vita, c legislazione impe- redore Federico II, comprises en trois volumes Vita cd opuscoli di Camille, Pellegrino il giorane; Topografia dell' antica Capua illustrata con antichi monumenti; il Muse° Casertano, d'après une immense collection qu'il avait faite d' grecques et latines, et autres antiquités relatives à l'histoire du royaume de Naples. M. Joseph Castaldi a publié la Vita di Francesco Daniele, ornée de son portrait
  • François DAREAU( 1736 - 1783) : avocat au présidial de Guéret, né au bourg de SteFeyre, près de Guéret, le 19 mars 1736, vint à Paris vers 1772, et y est mort en 1783 ou 1784 . 11 est auteur du Traité des injures considérées dans l'ordre judiciaire, ouvrage qui renferme particulièrement la jurisprudence du petit criminel, Paris, 1'775, 1 vol. réimprimé par les soins, et avec les observations de M. Fouine!, 1785, 2 vol. Ce traité est trèsestimé, grâces aux notes et additions de l'éditeur, qui forment les deux tiers de l'ouvrage. Dareau a eu part au Répertoire de jurisprudence de M. Guyot ; il a aussi fourni des pièces de poésie aux Almanachs des Muses de 1168-76-18
  • François DAVESNE : qui se donna luimême le surnom de Pacifigue, naquit à Fleurante, dans le bas Armagnac, et fut un des disciples du fameux Simon Morin, aux ouvrages duquel on croit même qu'il eut beaucoup de part. Tandis que le maître expiait dans les flammes des folies tout au plus dignes des PetitesMaisons, Davesne, non moins fanatique et plus séditieux que lui , n'éprouva, dans tout le cours de sa vie, qu'une détention de plusieurs mois. Les registres du parlement font foi qu'en 1651, il était aux écroui, comme accusé d'avoir publié des libelles attentatoires à l'autorité royale, et, certes, jamais accusation ne fut mieux fondée. Il paraît toutefois qu'elle n'eut aucune suite fâcheuse pour le prévenu ; du moins elle ne l'empêcha point de continuer d'écrire. On n'a donné que de mauvaises raisons de l'indulgence de la cour àson égard ; nous ne connaissons d'ailleurs aucune autre particularité de sa vie. On conjecture seulement qu'il mourut avant 1663 ; car il n'est fait aucune mention de lui dans le procès de Morin. Déchaîné contre le monarque, contre Mazarin, monsieur le Prince, et la plupart des grands, Davesne nousmenace sans cesse du renouvellement du monde, qu'il se croit appelé à gouverner. Il se regarde comme le Niai Messie, comme Jésus incarné, et, par l'épithete de Pacifique, qu'il se donne, il entend que lui seul peut procurer aux hommes la bonne paix, la paix générale. On jugera de la démence de ce prétendu prophète par le passage suivant de sa Jérusalem céleste, où, parlant de Millième, il s'exprime ainssi : « Où trou\ eronsnous « donc Un homme selon le coeur de Dieu, pour « porter la paix à ses ouailles ? Où se rencontrera « un esprit qui ne regarde que la divine gloire? Il « est trouvé,il est trouvé. La France a un Français « qui la convoite, et lequel Dieu, de sa souveraine « puissance et autorité royale, élit roi de ses pro- « vinces. Les sages verront Jésus dans un sage, si « l'on pénètre au dedans du ruile. Mais qui est ce « Français ? Un inconnu du monde, un petit à ses « yeux et un grand devant le divin Verbe. C'est ce « Français, dans lequel la sapience est émanée pour « la communiquer à ses frères ! c'est ce Français « ou plutôt ce flambeau radieux qui doit éclairer « tout le monde. Voilà le prédit par les apôtres, « et celui que Dieu Nous manifeste par ses ora- · cles. » Davesne a composé un grand nombre de pamphlets, que leur caractère et leur peu d'étendue ont rendus d'une rareté excessive. Imbert du Cangé, dont la précieuse collection de I i res est connue de tous les savants, avait recueilli 23 pièces de cet auteur, publiées de 1649 à 1652. Elles sont aujourd'hui à la bibliothèque nationale, sous le numéro D', 2802 le gouvernement ayant fait dans le temps l'acquisition de ce trésor littéraire. Les plus remarquables de ces pièces sont : 1° Soupir français sur la paix italienne 8 pages. On a attribué cette pièce à Jean Duval; il en parut une réfutation en 1649. 2° Harmonie de l'amour et de la justice de Dieu, au roi, à la reyne et à MM. du parlement, La Haye , 1650 Il en existe une édition postérieure, Jouxte la copie imprimée, laquelle est bien moins recherchée que la première. A la suite de cetouvrage, un des plus considérables de Davesne, se trouve une espèce de pièce dramatique, dont voici le titre exact : Combat d'une dme avec laquelle l'époux est en divorce ; elle restitue son bien à la justice, comme Jésus transporta aux Romains ce qu'il devait transiger à la synagogue, et il fait le semblable aux gentils, en rétrocédant la grdce à Israël; avec le sens mystique est un sens moral en 3 actes et en vers. Le tout est accompagné de sonnets, quatrains, colloques, etc. 3° De la puissance qu'ont les rois sur les peuples, et Du pouvoir des peuplessur les rois, 1550 20 pages. Cette pièce est tellement séditieuse, qu'il est impossible d'en citer un fragment. 4° Lettre particulière de cachet , envoyée par la reyne régente, à MM. du parlement, etc., 1, confrontez à celle de J .- C 1651 ; 9° la Sapience du riel, estimée folie des sages (. 1tt monde, foudre pour consommer un tas de pièces, et phiole de l'ire de Dieu versée sur le siégé du Dragon, 1651 11 lit succéder à cette pièce des Réflexions morales sur la sapience et un Factum de la sapience universelle ; to. La Hiérusalem céleste, l'assomption de la théologie de Dieu, le lion de la tribu de Juda et l'inventaire de la vérité ; il' Tragédie sainte, divisée en trois thèdtres : ou autrement Les Évangiles de J.- C. Mis en pogne; Paris, Nic. Boisset, 1652 Quelques exemplaires portent la date de 1660, avec le titre de Seconde édi1; 00, ce que n'ont dit ni Debure, ni Nicéron : ce n'est point une édition nouvelle ; la frontispice seul est différent. Ces trois théâtres sont trois tragédies, dont la première est en 10 actes, la seconde en 7, et la troisième en 4. 12° Inventaire des pièces que met et baille par- devant vous la sagesse éternelle, estimée folie des sages du monde, demanderesse en restitution de la monarchie française, etc. Cet inventaire, que du Cangé, copié, par Nicéron, regarde mal à propos comme le comble de la folie de Davesne, et qui paraîtrait ètre le dernier de ses oeuvres, n'est, dans le fait, comme le titre l'indique, qu'une espèce de catalogue dans lequel, récapitulant les services qu'il a rendus au inonde, il rappelle d'une maniere assez inexacte, les titres de ses opuscules. La nomenclature d'ailleurs n'en est point complète, puisqu'il n'y désigne (lue 17 pièces. C'est uniquement d'après le Recueil (le du Cangé, et quelques notes manuscrites peu importantes dont son propriétaire l'avait enrichi , que Nicéron a donné, t. 27 de ses Mémoires, un article assez insignifiant sur Davesne. Debure ne regarde point ce recueil comme aussi rare qu'on le pense, et il prétend qu'eu décomplétant des Mazarinades, on en formera de semblables autant qu'on le voudra. Mais, outre qu'un pareil procédé n'est, quoi qu'il en dise, rien moins que coin_ mode, il ne pourrait s'appliquer à tous les ouvrages de Davesne. D'ailletus, rien ne prouve que les 23 pièces rassemblées par du Cangé soient les seules échappées à la plume délirante de ce moderne réformateur du genre humain
  • François DESEINE : libraire français né à Paris, lit plusieurs voyages en Italie, et s'établit à Rome, où il mourut en ri Li. On a de lui : 1° Description de la cille de Rome en faveur ( les étrangers, Lyon, 1690, ou 4 vol. Cet ouvrage est divisé en trois parties : la première offre une description de Rome ancienne, ou plutôt une explication de deux descriptions faites par Publius Victor et Sextus Rufus. Deseiue avertit qu'il a abrégé le commentaire de Famiano Nardiui sur ces deux auteurs, mais qu'il !l'adopte pas toujours son sentiment. La seconde partie contient la description détaillée de Ruine moderne, et la troisième, la relation des cérémonies de la cour (le Rome. 2° Nouveau Voyage d'Italie, contenant une description exacte de toutes les provinces, cilles et lieux considérables, et des lies qui en dépendent, Lyon, 1699, 2 vol. dit, dans sa préface, que quoiqu'il y ait beaucoup de livres qui portent le titre de Voyage il ne croit pas qu'on en puisse trouver un plus ample que le sien, parce qu'ayant visité plus d'une fois tout le pays, et ayant longtemps séjourné en Italie, il a un grand avantage sur les autres auteurs. Ce voyage est en I forme d'itinéraire; Desseine y parle pet des moeurs et des coutumes des Italiens, et décrit rarement l'aspect du pays. 3° Bibliotheca Slusiana, ou Catalogue de la bibliothèque du. cardinal P. L. Rome, 1690 4° Rome ancienne et moderne, Leyde, 1713, 10 vol. Ce livre est une nou\ elle édition du n° 1, considérablement augmentée. Deseine, reconnaissant de l'accueil que le public avait fait à son ouvrage, s'occupa pendant ingtquatre ans à le revoir; enfin, n'y trouvant plus rien à changer, il l'envoya à VanderAa, libraire à Leyde, pour qu'il le. publiilt. Rome ancienne parut la première, Rome moderne la seconde. Ces deux descriptions se trouvent même assez souvent séparées, et forment réellement deux ouvrages dist incts. Dans la ,1 édition, l'auteur n'avait pas mis de figures, dans la 2" on en voit un grand nombre, tontes trèsbien gravées. Cet auteur est trèsexact, et il ne manque jamais de citer les livres où il a puisé. 5° Tavole della geogra fia, 1690 C'est nu recueil des cartes de Sanson, avec des explications et quelques additions, Es.
  • François DESFIEUX( 1755) : l'un des 'i obitionnaires les plus exaltés de 1793, naquit en 1 à Bordeaux. 11 était marchand de %in lorsque la révolution éclata. Accouru bientôt à Paris, il s'y jeta ,lans tontes les intrigues, et figura dans toutes les émeutes. Toujours prêt ; dénoncer, il accusa sucoessivenient aux Jacobins, 1.afiQette, Bailly et Dumouriez. Après la jouenée du 10 août, il fut un des juges du tribunal que l'on chargea d'envoye• à l'échafaud les infortunés qui avaient échappé au premier massacre. Pen de temps après, lorsque les Girondins essayèrent de ressaisir le pouvoir, bestieux fut du nombre de ceux qu'ils accusèrent comme les chefs d'un comité d'insu••ection. lls Great même décréter son arrestation pour avoir excité les habitants de Bordeaux au massacre d'une partie des membres de la convention nationale. Doslieux, à son tolir, dénonça aux Jacobins Brissot et ses amis comme ayant voulu, disaitil, rétablir l'ancienne division de la France en provinces et en fiefs indépendants. A cette accusation il ajouta que, dès que ce fait était prouvé, la peine de mort devait en être la conséquence immédiate; et il se plaignit aussitôt après, avec beaucoup d'amertume, de la lenteur que l'on mettait à organiser les tribunaux révolutionnaires. Cependant le décret d'arrestation porté contre lui n'avait pas encore été. rapporté ; ses ennemis ne manquèrent pas de le si-11;11er, et il fut arrêté vers la même époque que les Girondins. Coll?td'Herbois demanda à la convention fût rendu à la liberté, et, la société des Jacobins ayant appuyé cette demande, on ne put Id refuser. Destieux se présenta le jour même n la société, et il V accusa les Girondins de l'avoir fait arrêter pour. empêcher qu'il ne fût entendit connue témoin dans hein. procès. Plus tard cet énergumène, rendant compte de ses opinions, dit aux Jacobins qu'on l'accusait d'être un intrigant, mais que cette accusation était absurde, puisqu'il sel - sait la république avec zèle, et qu'il avait dédaigné tout emploi, tonte récompense, parce qu'il voulait être libre, et pouvoir parler librement. « Je « sers, ditil, la ré\ intim depuis le premier jour ; « je n'ai pas dévié 1111 seul instant. Après la réve- « l'ilion, on citera Marat., Robespierre, CollotBillandVarennes : elt bien ! je eux les imiter; j'ai l'ambition aussi qu'on nie cite « après eux. » Témoin dans le procès.des Girondins, Desfieux les accusa d'avoir toujours été les ennemis de la république„ d'avoir voulu empêcher la révolution du 10 août, d'avoir comprimé à Bordeaux les efforts des bons citoyens, d'y avoir fait supprimer le club des SansCulottes que lui DesCieux y avait établi ; et il accusa particulièrement Vergniaux d'avoir voulu le perdre. A quoi 'Verp,niaux répondit froidement que Destieux était trop bas placé pour que jamais on eût songé à lui. 1.,oripie les Girondins eurent succombé, et que le tour de leurs oppresseurs fut 'Venu, Destieux, accusé par Robespierre d'avoir formé un comité avec Hébert et Anacharsis Cloutz, fut chassé de la. société des Jacobins et traduit au tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort le 4 germinal an 2 . On raconte qu'étant prisonnier à StLazare Destieux ' jouait le rôle de mouton , et se plaisait à b?i•menter les déte- nus. Desfieux n'était au reste qu'un agent subalterne, méprisé de ceux dont il seevait les fureum Dumouriez, qui le vit dans la Belgique, où il était commissaire du gouvernement au commencement de 1793, dit, dans ses Mémoires, que ce n'était qu'une bête brute
  • François DESPORT( 1600 - 1760) : a été l'un des plus grands chirurgiens militaires dont s'honore la France. La guerre ayant éclaté en 1734, Desport, qui cherchait l'occasion d'étudier les maladies des armées, obtint du service à celle (l'Italie, en qualité de chirurgien major, dans les hôpitaux militaires. Il s'y fit bientôt remarquer par son zèle, son humanité et les talents qu'il déploya dans le traitement des plaies d'armes à feu. Cette. partie de l'art avait fait peu de progrès depuis Ambroise Paré ; elle était même livrée à l'empirisme. Desport, doué d'un esprit judicieux, secoua, dès son entrée dans la carrière, le joug de la routine ; mieux éclairé que la plupart de ses confrères, par l'observation de ces sortes (le blessures, il établit les principes d'après lesquels ces plaies, éminemment contuses, doivent être traitées..11 prouva que c'était 'un préjugé, de croire, comme on le faisait généralement alors, que les blessures, Ki:Mulles par les projectiles, étaient empoisonnées ; et que les phénomènes qu'on attribuait au poison n'étaient que l'effet de l'attrition qu'exercent sur les parties molles les corps contondants,, violemment poussés par la poudre à canon. Lette grande question d'étiologie ainsi décidée, Desport obtint des succès constants; il fit avec habileté une foule (l'opérations qui n'avaient point encore été tentées à l'occasion des plaies d'armes à feu ; il inventa, pour celles qui , ont lieu à l'abdomen, avec issue considérable des .ri" i . e m I t de l'épiploon, une 'nouvelle méthode e gastroraphie, beaucoup plus favorable au blessé t plus sure que collés qui étaient déjà connues. n 1738, la grande réputation de Desport le fit ppeler à l'emploi de chiruvgien en chef de l'ai.- triée française en Corse. 1.à, il s'occupa des améliorations que sollicitait le service de santé, et nruyoqua la réforme de beaucoup d'abus qui existaient dans l'administration des hôpitaux. Son expérience lui fit proscrire l'usage abusif qu'on faisait de l'eaudex ie dans les pansements des blessures d'armes :, feu ; les lotions émollientes furent sublituées aux spiritueuses : nos habiles chirurgiens militaires suivent encore aujourd'hui cette pratique. Desport, pendant ses campagnes, communiquait à I" ‘•adémie de chirurgie, dont il était 111M re, d'illié•eSSallt mémoires sur les faits de pratipe qu'il observait, et sur la nouvelle théorie qu'il propageait : ces mémoires, bien qu'approuvés par la compagnie, n'ont point été imprimés. Ce ne fut qu'à la paix que Desport publia son Traitédes plaies d'armes à feu, Paris, 1749 le seul ouvrage qu'il ait donné ait public; ?inoiqu'il laisse à désirer un peu plus d'ordre dans l'arrangement des matières, c'était à cette époque le traité le meilleur et le plus complet sur cet important sujet. On reproche, avec raison, à Desport , d'être trop enclin à conseiller l'amputation des membres, dans les plaies d'armes à feu : ses opinions à ce sujet, hien que jugées d'une manière défa‘orable par les chirurgiens militaires éclairés et sages, ont été outrées, de nos joins, par des hommes qui ne sont point sans une sorte de célébrité. Desport naquit dans les dernières années du 17" siècle, et mourut vers 1760
  • François DESPORTES( 1661) : peintre. il peignit le portrait avec succès, mais il est surtout connu par son talent pour peindre les animaux, principalement les chiens, et la nature morte. 11 naquit, en 1661, au village de Chatnpigneul„ en Champagne. Son père, riche laboureur, l'envoya à Paris, lorsqu'il eut atteint sa douzième année, et une estampe qu'il dessina étant malade décela son penchant pour l'art qui devait le rendre célèbre. 11 fit des études assidues et bien dirigées, et s'étant. lié avec Claude Audran, qui peignait trèsbien les ornements, il travailla avec lui dans le château d'Anet et la ménagerie de Versailles. S'étant marié à Paris, en 1692, il alla peu detemps après en Pologne, °il il peignit le roi Jean Sobieski, la reine et les principales personnes de leur cour. Louis XIV, qui lui avait permis de faire ce voyage, le rappela deux ans après, et, en 1699, Desportes fut reçu à l'Académie. Son tableau de réception, qui est un de ses meilleurs ouvrages, le représente en chasseur, assis au pied d'un arbre et entouré de chiens et de gibier; il a été gravé par Joullaiti, et on l'a vu longtemps dans l'une des salles de l'Académie de peinture. Cette même année le roi lui accorda une pension et un logement au Louvre. Ce prince, qui aimait les talents de Desportes , lui ordonna de le suivre dans ses chasses; il en esquissait à cheval les principaux incidents et les peignait ensuite dans des tableaux dont on décorait les maisons royales. Desportes, qui avait peint en France des tableaux de fleurs, de fruits et de gibier pour le lord Stanhope, alla en Angleterre en I 112, avec le. duc d'Aumont, nommé ambassadeur de France près la cour de Londres. Le duc de Richemond, lord Bolingbroke et plusieurs autres seigneurs s'empressèrent de se procurer ses ouvrages. A son retour, Desportes continua de travailler pour le roi, et après la mort (le ce prince, pour le duc d'Orléans, régent, qui avait pour lui une affection particulière, et pour lequel i! fit des dessins et des tableaux que ce prince s'amusait quelquefois à copier dans ses heures de loisir. Il fit, en 1735, par ordre de Louis XV, huit grands tableaux pour la manufacture des Gobelins. Trèslaborieux, et peignant au premier coup d'oeil avec une rare facilité, Desportes a laissé un trèsgrand nombre de tableaux ; et outre ceux que possèdent Paris, Londres et Varsovie, il en envoya encore à Vienne, INlunich et Turin. Desportes s'est aussi occupé de littérature ; il est auteur de la Veuve coquette, comédie en 1 acte, jouée an Théâtre italien en 17'2 I, imprimée en 1732 Il mourut à Paris, en 1; r3. — Son fils, peintre comme lui, mais d'un mérite bien inférieur, est auteur de la Vie de Ch. Lebrun, insérée dans le recueil des Vies des cinq premiers peintres ( lu roi, 1162, 2 vol. On lui doit aussi le discours préliminaire du même ouvrage
  • François DEVOSGES( 1632 - 1811) : né à Gray, le 15 janvier 1632, d'un père sculpteur, reçut de lui les premiers principes de son art ; il entra ensuite dans l'atelier de Perrache à Lyon, et de là dans celui de Guillaume Coustou, qui cultiva ses dispositions, avec un soin particulier. Il était à peine âgé de dixhuit ans lorsqu'un accident fâcheux vint interrompre le cours de ses études. Il se trouva tout à coup privé de la vue. Un chirurgien malhabile à qui il se confia, lui fit perdre un oeil en l'opérant, et ce ne fut que ssix ans après qu'il recouvra l'usage de celui qui lui restait, par l'adresse de David. 11 voulut alors réparer le temps perdu pour son instruction, mais la faiblesse de ses organes ne lui permettant pas de s'appliquer à la sculpture, il entra dans l'é- cole de Deshayes, où il fit des progrès assez rapi- des pour fixer l'attention des personnes les plus distinguées. L'ambassadeur de Russie lui fit offrir une pension, sous la condition'd'habiter StPéters- bourg ; mais il se refusa à ses sollicitations et à toutes celles qui lui furent faites pour quitter la France. Ce fut le marquis d'Argenson qui engagea Devosges à se rendre à Dijon pour composer, sous les yeux de M. le président de la Marche, son beaupère; les dessins d'un de ses ouvrages, et cette circonstance peu importante en ellemême sur toute sa vie. Pendant qu'il travaillait pour le président de la Marche, il conçut le projet d'ouvrir une école gratuite de dessin ; et ce projet il l'exécuta sans autre ressource que le produit de son médiocre patrimoine, qu'il vendit pour subvenir aux frais de son premier établissement. Les succès de cette école lui méritèrent les encouragements de quelques amateurs des arts. Les états de Bourgogne lui donnèrent ensuite une forme régulière, etle prince de Condé, gouverneur de la province, s'en déclara le protecteur. Le traitement de Devosges successivement augmenté, resta toujours médiocre; mais il eut le plaisir de voir ajouter aux prix distribués aux élèves, et de déterminer les états à faire un fonds annuel pour envoyer à Rome les sujets les plus distingués. Devosges doit partager avec Vien la gloire d'avoir contribué à bannir le faux goût et d'avoir subsitué à la manière et aux pastiches l'étude de l'antique et l'imitation de la nature. Plusieurs des élè- ves qu'il a formés ont soutenu l'honneur de l'é- cole française; si l'on fait attention aux soins et à l'application constante qu'exigeait la surveillance de ses élèves, on ne sera pas surpris que Devosges n'ait pas laissé de grandes compositions. On a de lui des dessins remarquables par la correction et la simplicité de l'ensemble; plusieurs ont été gravés. Il réussissait surtout dans les scènes d'enfants. Voltaire lui avait demandé des dessins pour son édition de Corneille, mais les imprimeurs préférèrent ceux de Gravelot. Plusieurs lettres de Voltaire prouvent le chagrin qu'il en ressentait et l'estime qu'il faisait des talents de Devosges. Pendant la révolution, privé de tout secours étranger, il n'en continua pas moins avec une assiduité digne d'éloges ses soins aux nombreux élèves dont il était le père, et.qui ne lui donnaient pas d'autre nom. Cet artiste estimable est mort à Dijon, le 22 dé cembre 1811, universellement regretté. il était membre du Lycée des arts de Paris et des Académies de Dijon et de Besançon. Son portrait a été gravé par M. Corot, d'après le dessin de M. Deloges fils. M. Fremiet Monnier a publié l'Eloge de . Devosges, Dijon, .1813 Quelques mois après un anonyme a fait paraître un Dialogue aux Champs Elysées pour servir de suite à cet éloge M. Fre- miet a publié en réponse à l'anonyme, des Obser- vations, Dijon, 1814
  • François DEZOTEUX( 1724) : docteur en médecine, - naquit à BoulognesurMer en 1724. Après avoir terminé ses études classiques, il se .consacra à l'art ; de guérir. La guerre que la France eut alors à soutenir en Westphalie, puis en Flandre fut pour Dezoteux une école où il alla augmenter la somme de ses connaissances. Il s'y distingua dans les hôpi- taux de l'armée, où il était élève, par son aptitude, son zèle et son humanité. Après la bataille de Fontenoy il fut promu au grade de chirurgien aidemajor, et bientôt on le nomma chirurgienmajor , gentilhomme irlandais et chirurgien, habitait Besançon, où il s'adonnait à l'inoculation. C'était un empirique ignorant, qui employait une méthode, extraordinaire et absurde pour inoculer. Des acci- dents mortels en ayant été le résultat, l'inoculation fut dès lors un objet d'effroi pour les parents; elle allait tomber dans le plus grand discrédit sans le zèle avec lequel Dezotenx éclaira le public. Il lui fallut mettre au grand jour l'ignorance d'Acton et les inconvénients de son procédé. Ce charlatan lui intenta, en 1765, un procès que Dezoteux gagna mais ce n'était pas assez, il devait encore conva le public comme il avait convaincu les tribunaux. Il publia des pièces justificatives oit il démontrait, en mème temps, l'innocuité de la variole lorsqu'elle est inoculée, et tous les dangers qui devaient résulter du procédé d'Acton. Ccluici et le parlement de Besançon, inter% enant dans la querelle, fit défense à Dezoteux d'imprimer à Besançon aucun écrit ultérieur; mais, surmon- tant ce nouvel obstacle, il fit paraitre à LonsleSaulnier ses pièces justiticatii. es concernant l'ino- culation. Ce mémoire, le plus remarquable de tous ceux qui étaient résultés de cette contestatioeri- dicule, termina le débat, et renia l'inoculation en crédit dans la FrancheComté. Instruit, en I 766, qu'une méthode plus avantageuse que l'ancienne venait d'être employée à Londres , notre inoculateur philanthrope partit pour Londres afin d'étudier le nouveau procédé ; bientôt il reN int en France, et y propagea la méthode appelée suttonienne . Dezoteux commença ses premiers essais à Nancy, puis à Passy, près Paris; il appela pour témoins les gens de l'art les plus renommés, ainsi que son ami le savant la Condamine, qui dès longtemps s'était déclaré l'avo- cat de l'inoculation. Lié d'une étroite amitié av ec le docteur Gandoger, de Nancy, Dezoteux lui sacri- fia ses notes et ses °User\ ations sur l'inoculation, et lui fournit parlà les plus précieux matériaux du traitépratique de l'inoculation que ce médecin piailla en 1768. Dezoteux, toujours animé du désir de contribuer aux progrès de son art, imagina de fonder dans le régiment du roi une école de chi- 0) Le fameux Acton, premier ministre
  • François DIAGO : né à Bibel ou Vivel, petite ville d'Espagne dans le royaume de Valence, non loin de l'Aragon, entra dans l'ordre de StDominique au couvent de StOnuphre, à 4 milles de Valence. Il professa la théologie à Barcelone, fut prieur au couvent de StOnuphre, d'abord en 1603, puis de 1611 à 1614. Mais au milieu de ses occupations, c'était toujours vers les études historiques que son goût le ramenait. Il se plaisait à fouiller dans les archives, et entreprit plusieurs voyages à ce dessein. Il s'était acquis un tel nom par ses travaux, que Philippe Ill le nomma historiographe de la couronne d'Aragon. Il mourut en 1615. On a de lui en espagnol : l° Histoire de l'ordre des frères prêcheurs de la province d'Aragon, Barcelone, 1599 2° Histoire de la vie et des mira- cles de St. Vincent- Ferrier, Barcelone, 1600 3° Histoire de St. Raymond de Pennafort, Barcelo- ne, 1601 4° Histoire de la vie exemplaire, des ouvrages et de la mort du P. Louis de Grenade, Barcelone, 1605 Diago fit imprimer à la suite deux traités, inédits jusqu'alors, du P. Louis de Grenade, l'un de Mysterio incarnationis, l'autre de Scrupulis conscientiœ, Cette vie a été traduite en latin par un anonyme, Cologne, 1614 Il en existe une traduction française. 5° Histoire des comtes de Barcelone, Barcelone, 1603 Cet ouvrage, dit Antonio, a dû coûter de longues recherches, et, selon l'auteur de la hispanica historico- genealogico- heraldica, publiée sous le nom de G.E. de Franckenau, il est trèsestimé des savants espagnols. On peut Cependant reprocher à Diago d'être remonté jusqu'aux temps fabuleux, et de se montrer trop superstitieux. 11 ne s'est pas borné à parler des comtes de Barcelone, il donne aussi la généalogie des comtes d'Urgel, de la Cerdagne, du Roussillon, etc. 6° Annales du royaume de Valence, t. 1, 1613 commençant après le déluge, et venant jusqu'à la fin du règne de Jacques ou Jaime ler, roi d'Aragon, de Valence et de Murcie en 1276. Le tome 2 devait aller jusqu'au temps où vivait l'auteur, qui mourut lorsqu'il était près de le mettre sous presse. 70 Vie du bienheureux Pierre de Luxembourg. Antonio et Echard ne disent pas si cet ouvrage est imprimé ou s'il est resté manuscrit. 8° Vie du bienheureux St. Humbert de Romans. Antonio ne dit pas qu'elle ait été imprimée. Echard croit que cette Vie est celle que l'on trouve en latin à la tête du traité de Eruditione prœdicatorum de Humbert de Romans. dont Diago donna la Ire édition complète en 1607 Echard ajoute qu'il se peut que cette Vie ait paru en espagnol. 11 paraît que Diago avait écrit en latin un Catalogue des évêques de Girone, dont Etienne Corvera parle avec éloge dans sa Catalonia illustrata, et une Description de la Catalogne. 11 est à croire que ces deux ouvrages sont restés manuscrits. A. B —
  • François DIAS GOMES( 1745) : poète portugais, naquit à Lisbonne, au mois de mars 1145. Son père Faisait un petit commerce d'épiceries, mais il avait des idées plus élevées que son état, et ayant remarqué les heureuses dispositions que Dias, encore enfant, montrait pour les lettres, il lui donna une éducation classique. Son projet était de lui procurer, quelque jour, une place dans la magistrature civile. François Dias avait achevé ses études littéraires; déjà il commençait son cours de droit, lo•sque son père, cédant aux conseils d'un frère qui avait pris le plus grand ascendant sur toute la famille, le retira de l'université, et, au lieu de la >carrière honorable à laquelle M'avait d'abord destiné, le plaça dans le petit commerce de détail qu'il ewrçait luimèrne. Dias se soumit sans résistance. Les bonnes études qu'il avait faites avaient eu le temps de produire quelques fruits ; son goût pour la littérature et pour la poésie s'était développé, s'était fortifié ; et les nouvelles circonstances de sa vie pouvaient bien nuire à son [aient et en gêner l'essor, mais non pas l'éteindre tout 1 fait. Au milieu des embarras d'un négoce assez' actif, Pias trouvait le loisir de Taire des vers. Quoique., perpétuellement occupé dos objets les plus minutieig.et les plus propres à. étouffer l'imagination, il n'exerçait sa muse que sur des sujets nobles et filetés; forcé, par état, à de continuaes relations avec les gens de la dernière classe, il sut se préserver de la contagion de leur mauvais idfe- me, et son langage est toujours d'une pureté - tnarquable. La collection de ses Oeuvres poétiques, que VAeadémie des sciences de Ljsbon4P a iniprimer, en 179Q, au bénéfice de sa veuve et de ses enfants, se compose de 7 élégies, I•4 odes et cantiques. La correction et le goût classique en forment le mérite principal ; on y voit un poète plein de la lecture des grands modèles dans toutes les langues, et les notes très-étendues qu'il y a jointes Xl. témoignent l'excellence et l'étendue de ses études. Dias est aussi auteur de deux tragédies, Electre et Iphigénie, que nous ne connaissons pas, mais dont il parait que le mérite est assez contestable. On n'a de lui que trois morceaux en prose. Le 1" est une analyse raisonnée du style de Sà de Miranda, FerFeira, Bernardes, Caminha et Camoëns. L'Académie des sciences couronna, en 1792, cette excellente dissertation, et la fit imprimer dans le 4' volume de ses Mémoires de littérature. Le 2e morceau est one comparaison de l'histoire de don Juan de Castro, par Freire de Andrade, et de la vie de don Paul de Lima, par Diego de Couto; le 3' traite du bon goût en poésie. Dias mourut le 30 septembre 1795, sans avoir eu le temps d'achever un poème descriptif et didactique intitulé, les Saisons et la Ilenriqueida, épopée dont le sujet était la conquête de Ceuta. On n'a trouvé, dans ses papiers, que la 2e chant de la llenriquéïde, et l'on parait croire que cet ouvrage ne convenait pas au talent du poêle et lui eût fait peu d'honneur ; on pense plus favorablement des Saisons. Ce poème devait avoir 2 t chants, eu octaves. Les 6 chants du Printemps, el 13 octaves du 1" chant de l'Été, sont tout ce que l'auteur avait écrit, quand la mort vint le surprend•e. A la tète des poésies de Dias, imprimées aux frais de l'Académie, Von trouve une Notice sur sa ?ie et ses ouvrages; l'auteur de cette biographie est Garçam Stockler, alors secrétaire de l'Académie. C'est là que nous avons puisé les matériaux de cet article
  • François DIAZ : religieux dominicain, né près de Toro en Castille , passa en 1632 aux Philippines, pour y travailler au salut des âmes. Trois ans après, il se rendit à la Chine, où il apprit promptement la langue usitée parmi les mandarins, et les dialectes de plusieurs provinces de cet empire, ce qui le mit à même de prêcher la foi avec plus de fruit Son zèle ardent, bien loin d'être ralenti par les rudes épreuves qu'il eut à soutenir, devenait chaque jour plus vif. Le P. Diaz fut enlevé à ses ouailles le 4 novembre I 646 , par un violent coup de pierre qu'il reçut à la poitrine. Il avait composé en langue chinoise, qu'il possédait à fond : 1° Kymung, c'est-àdire, Doctrine des Commençants : ce catéchisme parut en Chine d'abord en 1650; il y fut depuis réimprimé plusieurs fois; 2° divers ouvrages de piété. Mais le plus important de ses ouvrages et le seul qui soit connu en Europe, est son grand dictionnaire chinoisespagnol intitulé : Vocabulario de letra China, etc., contenant 7,160 caractères, et qui a été décrit par Lacroze dans les Miscèllanea Berolinensia , d'après un exemplaire conservé à la bibliothèque publique de Berlin. — Don Joseph. DIAZ fut envoyé en ambassade par le roi de Maroc auprès de la reine d'Angleterre, en 1709. La relation du voyage de cet ambassadeur, commencée en 1707, écrite par luimême en espagnol, a été imprimée en Angleterre ; c'est une brochure dont il n'a été tiré que i 00 exemplaires pour faire des présents
  • François DIROYS : docteur de Sorbonne, ayant été précepteur du frère de Thomas du Fossé, eut occasion de se lier d'amitié avec les solitaires de PortRoyal. Il accompagna à:Rome en 1672 le cardinal d'Estrées; il s'y trouvait lorsque la reine de France fit demander au pape un décret sur la conception immaculée, et il composa à cette occasion un écrit pour prouver qu'il était sage de s'abstenir de prononcer sur cette matière. Diroys obtint un canonicat à A\Tanches. 11 se brouilla avec les solitaires de PortRoyal, dont il combattit les opinions par quelques écrits qui sont sans intérêt aujourd'hui, mais qui ne restèrent pas sans réponse dans le temps. Diroys était lié avec Richard Simon, qui lui trouvait de l'érudition et du bon sens. Il est mort vers 1691. On a de lui Preuves et Préjugés pour la religion chrétienne et catholique contre les fausses religions et l'athéisme, Paris, 1683 Cet ouvrage a eu, diton, l'approbation de tous ceux qui l'ont lu. On lui attribue généralement, dans l'Histoire de France avant Clovis, par Mézerai, le livre ' concernant l'état de la religion et la conduite des églises dans les Gaules jusqu'au règne de Clovis, qui, dans quelques éditions de cet ouvrage, fait le livre 5e. On croit aussi que ce fut sur les mémoires de Diroys et de Jean de Lannoy que Mézerai a composé les sommaires de l'histoire ecclésiastique qu'il a placés à la fin de chaque siècle de son Abrégé chrcnolOgique
  • François DIEDO : noble vénitien, cultiva avec succès la philosophie et la jurisprudence dans le 15e siècle. Il fut reçu docteur à l'université de Padoue, et y prononça en 1458 l'oraison funèbre de Barthélemy Pagliarini. Nommé à une chaire de professeur en droit, il rédigea en 1460 un recueil des statuts de l'Université, en tète duquel il mit une préface dont Apostolo Zéno parle avec éloge. De retour dans sa patrie, il l'ut envoyé en ambassade en 1474, près de Matthias Corvin, roi de Hongrie, pour solliciter son alliance contre les Turcs. En 1481, il fut député près du pape Sixte IV, et son entrée dans Rome fut si magnifique que Volaterran a pris le soin de la décrire d'une manière trèscirconstanciée dans son Diarium. Diedo fut nommé en 1483 podestat de Vérone, et il mourut en cette ville, non pas la même année, comme le dit Trithème, mais le 25 mars 1484, suivant Michel Cavichia, auteur contemporain. Son corps fut transporté à Venise par le canal de l'Adige, pour être déposé dans le tombeau de ses ancêtres. On a de Diedo des Discours, des Lettres, restés manuscrits, et une Vie de St. Roch, imprimée dans les Vitae Sanctorum publiées par Hareus au 16 d'aoùt. Les bollandistes l'ont imprimée dans leur collection , sur un manuscrit plus exact et plus complet que celui dont s'était servi Hareus. Mansi en possédait un exemplaire d'une ancienne édition qu'il supposait avoir été imprimée à Brescia, ou du moins en faveur des habitants de cette ville pendant qu'elle était affligée de la peste. — DIEDO , religieux augustin , né à Bassano en 1487, remplit avec distinction les premiers emplois de son ordre, et mourut à Bologne en 1553. Ou a de lui un ouvrage intitulé : Catechismus de acte Neapolitana, Rome, 154/ ; des Commentaires sur les épîtres de St. Paul à Timothée, et des Éclaircisse, ments sur celles de ESt. Pierre, St. Jacques et St. Jude. — DIEDO , de la même famille que François, a publié Lettera ove si descrisse la Rataglia navale seguita l'anno 1571, Venise, 1588 — DIEDO , évêque de Como, a publié un Recueil des statuts synodaux de son diocèse, Brescia, 1591, — DiEno , sénateur, né à Venise en 1684, est l'auteur d'une Histoire de la république de Venise depuis sa fondation jusqu'à l'année 1751, Venise, 1588, 4 vol. Cette histoire , estimée des Italiens pour le mérite du style et pour la justesse des réflexions dont l'auteur orne ses récits, est presque inconnue en France ; et ce qu'on aura peine à croire, c'est que l'abbé Laugier, qui a composé une histoire de Venise postérieurement à la publication de celle de Diedo, n'en fait pas la moindre mention dans la liste des auteurs consultés. On attribue encore à Jacques Diedo des Poésies morales et sacrées, un Recueil de pensées, etc. 11 mourut en 1748
  • François DINET( 1600) : récollet de la province d'Aquitaine, né à la Rochelle au commencement du Ir siècle , a laissé : 10 Oraison funèbre d'Anne d'Anglure ; 2° le Thédtre de la Noblesse française, où sont descrittes les vertus qui font les hommes illustres, avec les actions les plus mémo- rables des rois et des reines, des princes, seigneurs, dames et autres personnes qui ont été en réputation i ans le royaume de France, la Rochelle, 1648 al. ; volume peu commun, dit Lenglet Dufresnoy, " t que le P. Arcère trouve instructif et amusant. 3° les Institutions de la vie morale, 1647 — 1VaspardDINET, évêque de Mâcon au commencement „du 17° siècle , a donné : 1° Discours au roi, pro-'mixé le 8 juin 1617, et imprimé au tome 5 du Mercure français ; 2° Ordonnances synodales de Mdcon, 1602 — DINET a composé 'Idée d'une belle mort , ou Récit de la fin de Louis XIII, Paris, imprimerie royale , 1656 — DINET , a donné un livre des Hié- roglyphiques, Paris, 1614
  • François DINI( 1600) : avocat, né dans le 17e siècle, s'appliqua à l'étude de l'histoire et des antiquités ecclésiastiques, et composa plusieurs ouvrages és- timables pour les recherches et l'esprit de critique, mais qui n'ont pas fait une réputation très-étendue à leur auteur. Les principaux sont : 1° de Situ C la- narizm Sinigaglia , 1696 ; 2° Vindicice mar- tyrologii ac Breviarii romani, sive observationes in acta Venantii et aliorum martyrum adversus Dan. Papebrochium, Venise, 170i ; 3° dell' origine, patria famiglia di C. Mecenate dissertatione stori- ca, Venise, 1704 L'auteur s'attache particulièrement dans cet ouvrage à relever les erreurs oit sont tombés JusteLipse et Meibomius en parlant de Wcène. 4° De Antiquitatibus Umbrorum TUSCOMM- que sede ac imperio, deque Camerio ac Camertibus a Sylla excisis dissertatio historica , Venise , 1704 réimprimée dans le tome 8 du Thesaurus anti- quitatum Italite de Grœvius. Cet ouvrage est dirigé contre Flavius, Blondus, Sigonius, Cimier et Pape- Imich. 5° Dissertatio historico- eritica de transla- tione et collocatione corporis S. Bartholomeei in sula Lycaonia, seu vindiciœ Breviarii romani, etc., agitur incidenter de translatione corporis S. Bene- dicti in Galliam et de monachatu D. Gregorii pa- pce, Venise, 1707 ; 6° Ars poetica in pluribus dissertationibus comicas, pastoritias, tragicas, tra- gico- comicas Tassi, Bonarelli, Quinot, Petri Corne- lii , Guarini , aliorumque , ad crisim revocantibus perquisita et vindicata, Lucques, 1713
  • François DOBEILH( 1634 - 1716) : jésuite, né à Moulins, vers 1634, régenta pendant plusieurs années les basses classes dans différents colléges de la so- ciété; il fut ensuite attaché à un régiment en qualité d'aumônier, se démit de cet eniploi à raison de ses infirmités, et revint dans sa patrie, où il mourut le 20 avril 1716. Il a traduit, de l'espagnol en français, les ouvrages suivants, du P. Nieremberg son confrère. I° Avis très- consolant pour les PaSti7111rs scrupuleuses, Amiens, 1671, et Lyon 1702 2° l'Aimable Mère de Jésus, Amiens, 1671, et Amsterdam, 1672 ; 3° Réflexions, Senten- CCL et Maximes- royales et politiques, Amsterdam, 1611 12 ; 4' Réflexions prudentes , Pensées morales rt Maximes stoïciennes, Amsterdam, 1671 On a encore de lui une traduction faite sur l'espagnol de la Vie da roi Almanzor, écrite en arabe, par le capitaine Aly Abenentian, Amsterdam, 1 071 et la 17e de Ste. Ulphe, Amiens, 1672, W—s.
  • François DMOCHOVZKI( 1762 - 1808) : né en 1162, mort en 1808, de la congrégation des écoles Pies. 11 quitta les ordres et se maria quelques années avant sa - mort. Il eut une part active dans l'insurrection des Polonais, en 1794, et fut membre du gouvernement. Bon littérateur, versificateur estimable et laborieux, sa traduction, en vers polonais, de l'I- liade est une des meilleures qui existent dans les langues modernes, tant pour la fidélité que pour la couleur poétique. Ses autres ouvrages en vers sont : une imitation 'de l'Art poétique, 1788; le Ju- gement dernier d'Young ; une grande partie du Paradis perdu. 11 avait entrepris une traduction de l'Enéide; il n'en put achever que les neuf premiers Jaknbowski traduisit les trois derniers chants, et fit imprimerie tout à Varsovie en 1809. Il rédigea pendant quelques années le Mémorial, journal littéraire écrit en polonais, dans lequel on trouve de trèsbons articles. 11 publia aussi quelques fragments en prose, et une édition en 10 volumes des oeuvres de Kravicki
  • François DORBAY : architecte, né à Paris, Mort et enterré à StGermain l'Auxerrois, en 1697, élève de Louis Levau, conduisit les travaux de l'église et du collége des Quatre- Nations, aujourd'hui palais de l'institut, sur les dessins de son maitre, et ceux du Louvre et des Tuileries après la mort de Levau. Il a donné les dessins de l'oeuvre de StGermain l'Auxerrois, que Charles Lebrun enrichit d'ornements inutiles; les dessins du couvent et de l'église des Capucines qui existaient sur l'emplacement de la rue de la Paix : il com- mença à les faire exécuter en 1686, et ils furent finis en 1688 ; les dessins du portail de la Trinité, rue StDenis, qu'il fit exécuter en 1671 ; les dessins de l'église des cidevant Prémontrés, à la Croix Rouge; les dessins de l'hôtel des comédiens fran-çais, en ,1688. Ce que Boileau dit du témoignage de Dorbay contre Perrault doit passer pour un mensonge, on bien il fallait que Dorbay eût conçu, une cruelle jalousie contre Perrault
  • François DOUCE( 1757 - 1834) : savant anglais, né en 1757, avait pour père un membre de l'office des six clercs, lequel voulait qu'il suivit la même carrière que lui, et qui, après l'avoir placé dans d'assez mauvaises écoles, le fit enfin travailler dans son. étude. Le jeune homme, qui n'aimait que la littéra- turc, les antiquités, la musique, ne se sentait aucune aptitude pour la chicane. Force fut d'y mordre, cependant. « Mon grandpère, disaitil plus « tard, était un despote domestique, véritable « tyran de mon_père, lequel prenait sur moi sa « revanche. » Ainsi, victime d'une autocratie par ricochet, Douce se familiarisa bon gré mal gré avec les lois anglaises, et même finit par plaider à Gray's hm, mais toujours avec l'intention de quitter au plus tôt ce qu'il appelait l'antre de Thémis. Il venait de réaliser ce vœu de toute sa vie, et de contracter mariage, quand son père mourut, lui laissant assez de fortune pour ne plus songer qu'à se former des cabinets d'antiquités romaines, grecques, égyptiennes, des galeries de tableaux, dessins, gravures, médailles , des collections (l'armes, d'ustensiles, d'ornements du moyen âge, etc., etc. C'est dans ces paisibles occupations qu'il passa e reste de sa vie, sans auci (ne aventure, it moins qu'on ne donne ce noin aux fréquentes et belliqueuses scènes conjugales que l'antipathie de ses goûts et de ceux de sa femme lit mitre et renaitre jusqu'à ce que mort s'ensui\ it."C'est la darne qui mourut la première : Douce ne la suivit au tombeau que le 30 mars 1831. 11 était membre de la société des antiquaires de Normandie, de l'Académie des sciences de Caen, et de plusieurs autres sociétés du même genre. Lié avec tin grand nombre de notabilités savantes auxquelles il ouvrait libéralement sa maison, et dont la plupart reçurent des 'nargues de sa munificence par son testament, il ne composa pourtant que peu d'ouvrages. L'accueil ironique fait à son premier essai y fut sans doute pour quelque chose. Cet accueil était, il faut le dire, souverainement injuste. L'outrage gui le provoqua, Illüstrations de Shakspeare et de son époque, fut depuis renies à sa place, c'est-àdire classé trèshonorablement parmi les ouvrages de ce genre, par des juges impartiaux. Quarante années se passèrent depuis cet échec, sans que Douce fit paraître autre chose (lite quelques articles, soit dans l'Archéologie, soit dans le Gentleman's Maga- zine. Enfin, il publia une dissertation remarquable sur cette suite de beaux dessins connus sous le nom de la Danse de la mort, dans la reproduction de l'oeuvre de Hollar, faite par Edtvartls. Cette dissertation fut réimprimée avec beaucoup d'additions et de changements en 1833, par Pickiring, dans une snite de facsimiles des dessins de lotlai'
  • François DOUBLET( 1751 - 1795) : docteur régent de la faculté de médecine de Paris, et ensuite professeur à l'école de santé de la même ville, naquit à Chartres, en 17:i I. A peine avaitil achevé sa réthorique, que, séduit par la lecture des livres des \ oyageurs, s'évada de la maison paternelle, n'ayant d'autre guide qu'un de ses condisciples, un peu moins jeune que lui. Ils parcoururent l'Italie et la Hollande, où ils coururent divers dangers. Mais bientôt, abjurant ses erreurs, le jeune Doublet revint dans sa patrie, consoler un père que sa fuite mettait au désespoir. Il reprit ses études, et vint à Paris où il fit sa phi- losophie, après quoi il s'inscrivit parmi les élèves de la faculté de médecine. 11 rédigea les leçons de ses maîtres avec tant de précision et de correction, que ses cahiers sont de véritables traités. Trois ans après avoir té reçu docteur, Doublet, qui s'était déjà fait la réputation d'un praticien habile, fut nommé médecin de l'hôpital de Charité de StSulpice. Cet établissement, connu aujourd'hui sous le nom d'hospice de Madame Necker, avait été formé par ordre du roi, sur la paroisse la plus peuplée de Paris, (tans la double intention de soulager les indigents et de constater jusqu'à quel point l'ordre et la discipline peuvent concourir au soulagement des malades dans les maisons de charité. En 1780, Doublet fut nommé médecin de l'hospice de Vaugirard par le conseil de ce médecin philanthrope, pour le traitement des enfants trouvés atteints de la syphilis. 11 obtint encore la place de médecin de l'hôpital des Vénériens. Doublet, qui avait consa- cré tous ses soins à l'amélioration des établissements de charité, en fut récompensé par le titre de sousinspecteur des hôpitaux civils du royaume : il justi- fia ce chok par la publication de mémoires impor- tants, composés sur cette partie de Padministratio publique. Appelé à faire partie des professeurs élu! en 1794, pour former l'école de santé de Paris, at, jourd'hui la faculté de médecine, il fut chargé d' enseigner la pathologie interne, et s'y fil remarque par de savantes leçons, que suivaient, avec de nom breux élèves, des médecins déjà formés. Ses deiv dernières leçons avaient pour objet de traiter de mort; elles furent brillantes et attirèrent un gram concours d'auditeurs : c'était le chant du cygne ; Doublet portait des lors en luimême le germe d'un principe destructeur; et en sortant de la chaire, se mit dans son lit de mort. Une fièvre ataxiquecérébrale l'enleva aux sciences et à l'humanité. le 1 le jour de sa maladie, le 5 juin i 795, à peine âgé de 44 ans. Doublet a publié : 1. 1./ émoire sur les 1/ 4ymphimes it le traitement de la maladie vénérienne chez le, enfants nouveau- nés ; Paris, 1791 , 2° Obçervatios, s faits dans le département des hôpi- laux civils, Paris, 1785-88, 4 vol. Ces observations sont extraites du Journal de Médecine, depuis 1785. On y remarque la topographie des hospices de StSulpice et de Vaugirard, et des dis-. sertations fort intéressantes. 3° Nourelles Becher- ch s sur la fièvre puerpérale, Paris, 1791 pu- bliées par ordre du roi. Cet ouvrage, dont la doctrine a été attaquée avec avantage par des médecins encore vivants, est recommandable quant à la partie pratique, et fait beaucoup d'honneur à Double' qui le premier a posé les bases du traitement de cette maladie dangereuse. 4° Mémoire sur la néces- sité d'établir une réforme dans les prisons , et sur 1 s moyens d- l'opérer, Paris , 1791 Cet ouvrage fit beaucoup de sensation dans le public, et il éclaira la commission de l'assemblée constituante dans son travail sur la mendicité et sur les prisons. Doublet a fait plusieurs articles importants dans l'Encyclopédie méthodique. Nous citerons entre autres les articles : Air des hôpitaux, Consultatici de nédecine. Il s'occupait, depuis longtemps, d'une histoire de la médecine : ce grand ouvrage, qui devait lui assigner un rang éminent dans la littérature médicale, était presqu'entièrement terminé lorsque Doublet mourut. Une main infidèle s'en est saisie, et toutes les perquisitions de la famille ont jusqu'ici été infructueuses pour découvrir ce précieux manuscrit
  • François DOUSA : le fils du seigneur de Noordwyck, vit le jour en 1577. Scaliger et JusteLipse cultivèrent ses dispositions naissantes. A l'âge de dixhuit ans, il voyagea en France et se lia particulièrement à Paris avec George Barclay. 11 passa ensuite en Angleterre. A son retour, en 1601, il fut créé chanoine de la cathédrale sécularisée d'Utrecht. 11 survécut à son père, niais on ignore la date précise de sa mort. Il a laissé Lu- ctilii satyrarum quce supersunt reliquice , avec de savantes remarques, Leyde, 1597 11 a aussi publié, avec une dédicace à Paul Choart de Buzanval, ambassadeur de Henri IV auprès des états généraux, Julii Ccesaris Scaligeri E pistolce et Orationes, Leyde, 1600 11 devait publier le commentaire du même savant sur l'Histoire des animaux d'Ans- tote, mais il n'exécuta pas ce dessein : ce commentaire n'a paru qu'en 1619, par les soins de Maussac. On trouve dans la Sylloge epistolarum de Burmann, t. I , p. 233, une élégie latine que Fran-çois Dousa composa à Paris, sur la perte que l'uni- té de Leyde venait de faire par le départ de 1‘,11 histeLipse, avec une lettre de lui à ce professeur, itt'elle avait tant à regretter
  • François DRAKE( 1545) : célèbre navigateur anglais, naquit à Tavistock dans le Devonshire, en 1545. Son père, qui était pauvre et chargé de famille, le confia, pour apprendre le métier de malin, à un patron de barque qui naviguait le long des côtes, et transportait quelquefois des marchandises en Zélande et en France. Drake répondit si bien aux soins que son maitre prenait pour en faire un excellent homme de mer, que .celuici, à sa mort, lui légua son bâtiment. SirJohn Hawkins, son parent, s'intéressa à lui, et le fit instruire. A dixhuit ans, Drake était chargé du détail d'un naNire qui faisait le commerce de Biscaye; à vingt, il fit un voyage à la côte de Guinée, et à vingtdeux, il oh- tint le commandement d'un vaisseau, et se condui- sit avec bravoure dans l'affaire malheureuse que sir Hawkins eut avec les Espagnols dans le port de la Véra- Cruz ; mais il y perdit tout ce qu'il possédait. 11 conçut dès lors une telle animosité contre les Espagnols, qu'il ne fut plus occupé que des moyens de leur faire tout le mal possible. 11 n'eut pas plutôt annoncé son dessein en Angleterre, qu'un grand nombre d'aventuriers vinrent se joindre à lui. 11 effectua dem entreprises: aux bidesOccidentales, é\ ita d'en venir au s mains aux les Espagnols; mais, par le résultat de son voyage, il satisfit tellement les propriétaires de vaisseaux, et acquit une telle réputation, qu'il fut en état d'exécuter un projet plus important. En 1572 il alla avec deux navires, dont l'un était commandé par son frère, attaquer les villes de Nombre de Dios et de VentaCruz, situées sur la côte orientale de l'isthme de Panama, les emporta d'assaut, et y trouva un butin consi- dérable. Au retour de cette expédition il fit un noble usage des richesses qu'il y avait acquises, en équipant à ses frais trois grandes frégates avec lesquelles il servit comme volontaire en Irlande, sous les ordres du comte d'Essex, père du fameux comte de ce nom. A la mort de ce protecteur, ilretourna en Angleterre. Sir Christophe Hatton, vicechambellan et conseiller de la reine Elisabeth, le présenta à cette princesse, à laquelle Drake soumit son projet de pénétrer dans la mer du Sud, par le détroit de ':?la- gellan, pour y attaquer les Espagnols. La reine, naturellement amie des entreprises qui pouvaient jeter de l'éclat sur son règne, lui donna les moyens d'équiper une flotte de cinq bâtiments, dont la destination resta un mystère pour le pu blic. Drake partit de Plymouth le 13 novembre 1577, et entra dans le détroit de Magellan, le 20 août 1578. Parvenu à la sortie du détroit, le 6 septembre, il subit le lendemain une tempête qui le fit dériver au sud. Revenu à l'extrémité du détroit, il imposa à la baie où il mouilla, le nom de Parting of Friends , parce qu'en la quittant ut; de ses vaisseaux fut séparé de Irake se signala dans la poursuite de l'ennemi. )n le voit, l'année suivante, commander la flotte largée de rétablir Don Antoine sur le trône de ktrtugal; expédition qui échoua par la mésintelliive de Drake et du général des troupes de terre. 71- guerre avec l'Espagne continuait : Drake et sir ahn Hawkins proposèrent à Elisabeth une nonelle entreprise contre les Espagnols, dans les es occidentales. Elle devait effacer toutes les précé - lentes. Ils s'engagèrent à supporter une partie des 1.ais. La reine fournit les vaisseaux. La floue,. iongtemps retentie dans les ports, parce que les Cspagnols annoncèrent qu'ils allaient tenter une , lttaque contre le midi de l'Angleterre, partit trop ard pour intercepter les galions qui venaient d'Ai mélique ; la division se mit parmi les chefs. Après tvoir vainement attaqué les Canaries, on vint à la Jominique, où l'on perdit du temps à se ravitailler. À, 12 novembre 4595, jour de la mort de sir lohn Hawkins, un coup de canon, parti du fol t I le PortoRico, perça le navire de Drake, enleva la :baise sur laquelle il était assis, mais sans lui faire le mal, et tua ou blessa différentes personnes. Le 'lendemain, les vaisseaux espagnols mouillés de- sant PortoRico fuirent assaillis avec furie, mais sans résultat. Drake fit alors route pour le continent, emporta et brûla Rio de la Hacha et Nombre' de Dios. Quelques jours après, une expédition qu'il avait envoyée contre Panama ayant échoué, il en conçut tant de dépit et de chagrin, qu'il fut saisi d'une lièvre lente, dont il mourut le 30 décembre 1596 . Drake était petit, mais bien fait ; il avait les yeux ifs et le visage agréable. Il aimait à parler, et s'exprimait bien. On lui a reproché de la fierté et de la forfanterie. Sa générosité le fai- sait chérir des marins : il prenait d'eux tous les soins imaginables. Parmi les nobles et glorieux emplois qu'il fit de sa fortune, on doit mentionner un aqueduc, long de vingt milles, qu'il fit construire en 1581, pont donner de l'eau à Plymouth. Lorsqu'après dix ans de travail cet ouvrage fut terminé, la tradition rapporte que Drake fut si joyeux de voir couler l'eau devant sa porte, qu'il y trempa son ioanteau écarlate. Il siégea dans deux parlements. Son voyage autour du monde donne une preuve manifeste de son courage, de son intelli- gence et de son habileté à tenir son éqiiipage dans le de oir ; car toutes les expéditions de ce genre, tentées depuis Magellan, axaient échoué de la manière la plus triste. Drake entendait parfaitement toutes les parties de l'art nautique. On ne peut, au reste, assez admirer la hardiesse des na' igateurs modernes qui, les premiers, tentèrent de parcourir des mers inconnues, sur des vaisseaux dont la petitesse est \ raiment surprenante. Drake, dans son voyage autour du monde, montait un bfitiment de 100 tonneaux, qui était le plus grand de sa flotte. Flet irieu a . Le traducteur dit, dans sa préface adressée à SaintSimon, baron de Courtomer : Je vous le dédie parce « que c'est vous qui me l'avez dotlé, m'ayant fait « entendre que Nous l'aviez eu d'un de vos sujets « de Courtomer, qui a fait le même voyage avec « ce seigneur. » Nana de Sylva, pilote portugais, que Drake avait fait prisonnier aux îles du Cap Vert, donna le premier une relation du même voyage. Ilackluyt inséra dans le tome 6 de sa col- lection, imprimé en 11;00, une copie des deux rela- lions précédentes. Théodore de Bry avait fait im- primer, dès 4599, dans le tome 8 de son recueil, une traduction latine de la première relation . Celleci se trouve aussi dans le tome 4" du recueil de Purchass, et dans tous les recueils publiés dans les différentes langues de l'Europe. Un autre ouvrage original est celui qui fut com- Les éditions françaises donnent comme une seconde partie une suite d'extraits de relations de divers voyageurs, dans lesquels I 011 a mêlé quelque, fables. posé sur les Mémoires de François Fletcher, chapelain sur le vaisseau de Drake. Ces mémoires furent comparés et fondus avec ceux de plusieurs autres personnes qui avaient été employées dans la même expédition. Le résultat de ce travail parut sous ce titre : The World encompassed by sir Francis Drake, collected out of the notes of master Francis Fletcher, preacher in this employment and others, Londres, 1652 Osborne en inséra une copie dans le 2e volume de la collection de voyages qui sert de supplément à celle de Churchill. La relation du second voyage de Drake a été publiée en latin à Leyde, par Raphelenge, sous ce titre : Ex- peditio Francisci Draki, equitis angli, in Iudias occidentales , A. M. D. LXXXV, additis passim regionum, locorumque omnium tabulisgeographicis guam accuratissinds, 1588 11 y en a aussi une traduction latine dans la 8e partie des grands voyages de De Bry ; cette version, faite par Artus, est moins fidèle et moins complète que la précédente : on ne connaît pas l'original anglais. Le récit de la 3e expédition est aussi dans le même volume de De Bry. La vie de Drake, écrite par Samuel Johnson et insérée d'abord dans le Gent- leman magazine de 1140, se trouve dans les oeuvres de ce célébre philologue
  • François DRAKE : chirurgien et antiquaire anglais du 180 siècle, établi à York, est auteur d'un ouvrage intitulé : Eboracunz, ou Histoire et Anti- quités de la cité d'York, Londres, 1736 en anglais. L'auteur mourut en 1770, dans une âge avancé
  • François DUAREN : natif de StBrienc en Bretagne, après avoir gxercé quelque temps une charge de magistrature que lui avait laissée son père, se rendit à Paris, où il donnait des leçons publiques sur les pandectes, en 1536. 11 alla deux ans après professer le droit à Bourges, et revint en 1548 suivre le barreau de la capitale; mais se trouvant fa- tigué des chicanes du palais, dont il lait une triste peinture dans sa lettre à Sébastien de l'Aubépine, il retourna prendre une chaire à Bourges avec de gros appointements, sur l'invitation de la duchesse.. de Berri, qui le fit son maitre des requêtes:11 mou- rut dans cette ville, l'an 1559, àgé de 50 ans. C'était, suivant de Thou, le plus savant jurisconsulte de son temps, après Alciat, dont il avait été le disciple. Il joignait à l'étude de la jurisprudence celle des belles- lettres, et une profonde connaissance de l'antiquité. Il commença le premier à purger les é.coles de droit de la barbarie des glossateurs, en leur substituant le développement des grands pr du droit romain. Les disputes qu'il eut avec, Cujas, Baron et Baudouin, ses collègues, ont im- primé sur sa réputation une teinte de jalousie. On a plusieurs éditions de ses ouvrages. La plus esti- mée est celle de Lyon, 1579, 2 vol. par Ni- colas Cisner, qui y a joint une lettre de Jurispru- dentice Dignitate et Fr. Duareni Operibus, avec un traité de Juriseonsultis proestantibus et interpretibus fui* ejusque , recta interpretandi ratione, etc. Son traité des plagiaires est court, mais curieux. On fait cas de l'ouvrage intitulé : de Sacris Ecclesice Ministeriis ac beneficiis libri octo , pro libertat. Ecclesice gallicance. La liberté qu'il s'y permet, et ses liaisons avec Calvin le firent accuser de pencher secrètement pour la nouN elle réforme; mais il en rut bien dégoûté par le facile accès que les calomnies de Baudouin contre lui trouvèrent auprès
  • François DUCHESNE( 1616 - 1693) : fils du précédent, né à Paris en 1616, cultiva le genre de l'histoire avec autant de zèle, mais moins de succès et de répu- tation que son père. 11 obtint aussi le titre d'historiographe de France, et mourut en 1693. 11 s'est principalement attaché à donner de nouvelles éditions des ouvrages de son père, avec des notes et des augmentations. On lui doit : I° Deux éditions des Antiquités des villes, chdteaux et places re- marquables de toute la France, Paris, 1647 et 1668, 2 vol. ; la 2e est la plus estimée. 2° L'édition de l'Histoire des papes, Paris, 1653, 2 vol. 3° L'Histoire des cardinaux français, Paris, 1660, 1666, 2 vol. François Duchesne avait résolu de continuer cet ouvrage, dont son père avait recueilli les matériaux par ordre du cardinal de Richelieu, son protecteur ; mais ce projet est resté sans exécution. 11 a mis en ordre et publié les trois derniers volumes des Historice Francorum Scriptores cocetanei ; les deux ouvrages suivants sont les seuls qui soient entièrement soctis de sa plume : 1° Traité des officiers qui compo- sent le conseil d' État , imprimé avec le Nouveau style du conseil, Paris, 1662, i° ; 2° Histoire des chanceliers et gardes des sceaux de France, Paris, 1680 On le regarde comme l'édi- teur des Mémoires de Jacques de Chastenet, sei- gneur de Puységur, Paris, 1690, 2 vol
  • François DUBOIS DE LE BOË( 1614 - 1672) : en latin Sylvius, Célébre médécin , né à Hanau, en Pin,. mort à Leyde en 1672. Le nom de Deleboë, sous lequel ce médecin était vulgairement connu en Allemagne et en Hollande, est une corruption de celui de Dubois, que portait sa famille, originaire de Cambrai. Dubois, envoyé fort jeune au collége de Sédan, y commença le cours de ses études médicales, et alla les achever à Bâle, oit il reçut le bonnet de docteur à l'âge de vingttrois ans. Dans le dessein d'augmenter ses connaissances, il se rendit ensuite à Leyde et dans plusieurs villes d'Allemagne renommées par leurs nui\ ersités. De retour à Hanau, il y exerça la médecine pendant deux ans ; mais ne trouvant point dans sa patrie des moyens suffisants d'instruction, il parcourut la France et la Hollande, et s'arrêta à Leyde, puis à Amsterdam, oit il pratiqua son art avec le plus grand succès pendant quinze ans. A la mort d'Albert typer, l'université de Leyde l'appela pour remplacer ce médecin dans la chaire de médecine pratique. Ce fut là que Dubois acquit cette grande réputation comme professeur et comme praticien, qui lui concilia l'estime de ses collègues, l'admiration des étudiants et la confiance des malades, qui, de toutes parts, venaient le consulter. En effet, il avait un vaste sa voir, une éloquence persuasive ; .il apportait dans l'enseignement un esprit philosophique alors fort rare, et qui seul peut faire faire des progrès aux sciences. Ce médecin, avec tant de qualités, aurait été un grand homme , s'il n'eut embrassé des théories erronées : il croyait que la cause de toutes les maladies résultait d'une surabondance des acides dans nos humeurs, et par conséquent il ne voyait de remède salutaire que dans les alcalis. Passionné pour l'étude opulantie, Cousis naturalibus , aralia, Leyde, 1672 Ce discours, sur la cure de la peste qui avait ravagé la Hollande, et avait enlevé la femme de Dubois, est un morceau trèsremarquable. 70 Prax«) smedicoe Mea 710VO, liber primas, Leyde, 1667, liber secundus Leyde, 1672 8° Index materice medicw, Leyde, 1671 9° Novissima Idea de febribus curandis, Dublin, 1687 Les oeuvres complètes de Dubois ont été recueillies sous le titre d'Opera Medica, etc., Amsterdam, 1679 Genève, 1680 Venise , 1108, 1736 On a publié à Paris, en 1691, 2 vol. des oeuvres de Dubois ; mais ou y a joint 2 traités que l'auteur a toujours désavoués, l'un est intitulé : Institutiones Medieoe, l'autre de Chimia. Le tombeau où repose Dubois est encore dans le choeur de l'église de StPie•re à Leyde ; on y lit l'inscription suivante, faite par l'auteur : Franciscus De Le 130, Sylvius, Medieinte practicte profesme, Tam humaine fragililatis, Qum obrepentis plerisque mortis memor, 1)e comprend tranquillo instantis eadaveri aepulchro. Ac de constituenda menti corpori domo, JEque cogitabat serio. Lu;.duni Datavorum M 1) C L X V
  • François DUCASSE : docteur en théologie et canoniste célèbre, né à Lectoure, fut d'abord grand vicaire et official de Carcassonne sous M. de Grignan, évêque de ce diocèse. C'est lorsqu'il se vit 1 appelé à exécuter ces fonctions , qu'il imagina de dresser pour son usage particulier, un mémoire de ce qu'il avait à faire pour les remplir, et des règles qu'il devait suivre. D'après ce plan, il s'appliqua à 1 chercher dans le corps du droit canonique, dans les mémoires du clergé et les ordonnances des rois, tout ce qui pouvait contribuer à son instruction. 11 joignit à cela la lecture et des extraits des auteurs qui avaient traité des usages et de la police de l'E- glise gallicane. L'abbé Ducasse était passé dans le diocèse de Condom avec les mêmes titres de grand vicaire et d'official, lorsque ce siége vint à vaquer par la démission de M. de Matignon. Le chapitre le Condom continua Ducasse dans ces deux char- ges, et l'associa à l'abbé Duquesne, docteur de Sor- bonne, homme de mérite et alors théologal et archidiacre. Duquesne eut occasion de parler à l'abbé Ducasse de sa compilation, et la lui communiqua. Celuici trouva qu'un livre sur ces matières serait fort utile, et que les éléments en étaient tout préparés. Il engagea l'abbé Ducasse à mettre ses matériaux dans l'ordre convenable pour être publiés. Il résulta de ce travail deux traités, savoir :I° de la Juridiction ecclésiastique contentieuse, I vol. Agen, I 69b'; 2° de la Juridiction volontaire, I vol. Agen, 1697. Ces deux traités obtinrent l'es- time et l'approbation des jurisconsultes. Sur des ob- servations qui lui furent faites, l'abbé Ducasse les réunit en un seul corps d'ouvrage, sous ce titre la Pratique de la juridiction ecclésiastique, volon- taire , gracieuse et contentieuse , fondée sur le droit commun et sur le droit particulier du royaume, I vol. réimprimé pour la 6° fois, Toulouse, 1/62. A des mœurs véritablement ecclésiastiques, accompagnées d'une grande exactitude à remplir lés devoirs des diverses fonctions qui lui furent confiées , Ducasse joignait une profonde connais- sance PEcriture sainte, des SS. PP. et des ca- suites anciens et modernes. Il mourut en 1706
  • François DUCREUX( 1596 - 1666) : jésuite, né à 'Saintes en 1596, professa longtemps la rhétorique et les humanités, puis se livra entièrement à la direction des consciences. Il mourut à Bordeaux en 1666. On a de lui : Historia? Canadensis sets notice Franche libri decem ad annum asque Christi 1656, au- tore P. Francisco Creuxio, Paris , 1661 L'histoire du Canada ne tient que bien peu de place dans ce gros livre, mi des plus clins soit possible de rencontrer. 11 n'y est presque question que de l'histoire des missions des jésuites dans cette contrée et des guerres des peuplades sauvages les unes contre les autres ou contre les Français. Le P. Ducreox, qui n'avait jamais vu le Canada, écrivit son livre uniquement d'après les relations des jésuites ; mais, comme l'observe judicieusement le P. Charlevoix, le P. Dncreux n'a pas fait assez d'attention que des détails qu'on voit avec plaisir dans une lettre ne sont point supportables dans une histoire suivie, surtout quand ils .ont perdu l'agrément de la nouveauté. 11 est douteux que jamais personne, pas même le confrère chargé d'examiner l'ouvrage, ait eu la patience de lire en entier les huit cent dix pages de cette histoire, dont style est d'ailleurs pur et coulant. Ducreux 1 a nt une mauvaise carte du Canada, des figures de auvages peu exactes et la représentation du mar, yre de plusieurs missionnaires. On lui doit encore : ° Grammatica grceca Clenardi recognita cum obervationibus Moquoti ; 2° Despauterii Grainmatica Mina enzendata, Bordeaux, 1658 3° Vita J. Francisci Regis latine reddita e gallico, Colone, 1660 ; 4° Vita D. Francisci Salesii, laine reddita e gallico , Colo•e, 1663
  • François DUGUÉ DE BAGNOLS : petitfils d'un apothicaire de Moulins en Roi irbonnais, et fils d'un. maitre des requêtes , doit sa célébrité aux chan- , sons de son gendre, le marquis de Coulanges, et sui tout aux lettres de madame de Sévigné. D'abord maître des requêtes et conseiller ordinaire du roi en ses conseils, ensuite intendant de justice, police et finances en Normandie, fugué fut appelé en I nii6, à remplir les mêmes fonctions dans les pro-\ i nces de pauphiné, Lymipais, Forez et Beaujolais. Il habitait alternativement à Lyon et à Grenoble. Il était i.i' peine installé quand Louis XIV, par arrêt de son conseil du 22 mars, ordonna que la recherche des faux nobles, commencée en 1664, serait continuée par des commissaires. Dugué fut dé!.égué à: ces fins dans les deux provinces de son intendance, 0, par lettres patentes du 22 septembre suivant, le roi nomma pour son procureur près la commission de recherche, Nicolas Chorier, avocat au parlement de Dauphiné. Ce fut à cette occasion que René le Pays, alors directeur général des gabelles du Dauphiné et de la Provence, déjà connu par ses Amitiés, amours et amourettes, adressa à Dugué une spirituelle et piquante requête en prose et en vers pour justifier l'ancienneté des titres de noblesse de sa Muse qu'il faisait remonter jusqn'à Hoinère. Dugué était le protecteur des gens de lettres, un assez grand nombre d'ouvrages parurent sous ses auspices. La plus remarquable des dédicaces en tète desquelles se lit son nom, est celle que lui lit Chorier de la Vie de Roissat écrite en latin et publiée à Grenoble en 1680. On y retrouve dans les mêmes ternies les éloges donnés summo viro, environ douze ans auparavant dans l'épitre dédi- catoire des fameux dialogues attribués par leur auteur à la chaste et vertueuse Louise Sigée, de Tolède. 11 est à croire que si Chorier échappa aux poursuites dont il fut menacé, quand parut, Probablement Gaspard Duggé de Bagnols, reçu trésorier des finances au bureau de Lyon, lé 18 avril 1612. Guy Patin écrivait de Paris, à Falconet, le 2 juin 1fi:i7. ,.. il est mort ici un honuete “ hOmme de votre ville , nomme Dague de Baghols,... chef où il se justifie assez mal des soup-çons élevés contre lui de la part d'Etienne Camus, évêque de Grenoble, et d'Henri Lambert d'Herbi- gny, qui venait de succéder à .Dugué. Chorier, qui était parti malade de Grenoble et qui s'était réfu- gié à Lyon où il comptait de nombreux amis, même parmi les Jésuites, fut souvent visité dans son hôtellerie par Dugué, intéressé sans doute plus que tout autre à assoupir une affaire dans laquelle le summus vir qui avait accepté la dédicace des dialogues sotadiques pouvait jouer un rôle. Qui sait même si cette circomtance ne fut pas une des causes de sa retraite 9 Dugué mourut en 1685, probablement dans son château de Bagnols en Beaujolais : sa' seconde fille avait épousé en 1672 , Dreux Louis Dugué de Bagnols, son cousin issu de germain . Le portrait et les armes de François Dugué se trouvent sur le titre gravé de l'Origine des ornements des armoiries, par le P. Menestrier, Lyon, 1680,iu IL A
  • François DULIZ : fils d'un juif qui s'était enri- chi en Angleterre, vint s'établir en Hollande au commencement du 18° siècle. Il joignit dans la suite à son patrimoine la fortune de sa soeur, veuve de Pinto, et fit d'heureuses spéculations, sur les actions de la mer du Sud, où tant d'autres se ruinèrent. Dès lors il fut renommé comme un des plus riches commerçants de Hollande, et le faste qu'il déploya fut le sujet des entretiens du public. Ami du spectacle et des actrices, il soutint de son argent le théâtre de la Haye, et les plus belles actrices se paraient des dons magnifiques qu'il leur faisait. Mais on prétend qu'il réclamait ces cadeau\ quand il se brouillait avec elles. Pendant son séjour à Paris, une actrice de l'Opéra, nommée Pélissier, qu'il entretenait, ayant entendu parler du procédé de Duliz, se fit donner un certificat bonne forme, par lequel il attestait que tous le, joyauxqu'elle avait reçus de lui, étaient réellement devenus la propriété de l'actrice. Puis lui ayant emprunté ses diamants, du prix de 50,000 écus, elle les garda; et quand Duliz recourut au lieutenant de police pour se les faire rendre, mademoiselle Pélissier exhiba le certificat. de son amant, Ces diamants étaient en effet merveilleux, et on allait à l'Opéra uniquement pom• voir la parure de l'actrice, à qui Duliz avait aussi donné toute la garderobe de la fameuse Lecouvreur. Le banquier intenta un procès à mademoiselle Pélissier : elle fut ruinée, mais elle gagna sa cause. Il paraît que Duliz s'était fait catholique ; il retourna ensuite en Hollande, brûlant du désir de se venger de celle, qui tout à la fois 'avait volé et trompé. Un domestique fut chargé par lui de battre un acteur nommé Francœur, amant secret de l'actrice, et même e maltraiter celleci. Le guetapens fut dénoncé t"lePip.éalvôl te iduee nParisa ;r tai trutridwuè s8 cmrien. i ii t.71 e3lifut i 1 i "ds at 11 *1 t imi ta' Duliz à être pendu en effigie, et le domestique à tjtre roué tout vif. Depuis ce temps Duliz se garda bien de reparaître en France. Il continua de déployer un grand faste à La Haye ; il organisa un opéra qui subsista pendant quelque temps, et pour lequel il attira les meilleurs acteurs qu'il put se procurer. Un entrepreneur de spectacle nommé à ce que l'on croit Desforges, à qui Duliz enleva. quelques acteurs principaux, et qui ne pouvant se sontenir en hollande alla s'établir en Allemagne, publia contre lui un libelle intitulé : Mémoires et anecdotes pour servir à l'histoire de M. Duliz, Londres, 1739, suivis d'une pièce de théàtre trèsmédiocre, le Triomphe de l'intérét, où il a mis aussi ce millionnaire en scène. Les prétendus mémoires ne contiennent que l'histoire des femmes entretenues par Duliz, avec des anecdotes trèssuspectes. Toutefois c'est l'unique source où l'on puisse trouver quelques renseignements sur ce richard hollandais ; car les autres mémoires du temps ne se sont point occupés de lui. Nous avions pensé d'abord Glue les détails sur la condamnation de Duliz et de son complice étaient faux ; mais d'après les documents que nous avons puisés dans les anciens registres du parlement, la sentence existe en effet telle que Desforges la rapporte
  • François DUMONT( 1688 - 1726) : né à Paris, en 1688, fit de ides progrès sous son père, maître sculptent. l'Académie de StLuc ; il remporta de bonne tire le premier prix de l'Académie, et était près partir pour Rome lorsqu'il fut retenti dans sa atrie par l'amour ; il épousa la fille de Noël .0ypel. Dès l'âge de vingttrois ans il fut admis à 'Académie, et donna po,ir morceau de réception une figure représentant un Titan foudroyé ; ce morceau est (l'un beau style et d'une fine exécution. On voit le gémit menacer encore le Ciel qui le punit. Sans parler de différents ouvrages qui contribuèrent à sa réputation, et dont plusieurs faisaient, avant la révolution, l'ornement de PetitBourg, nous indiquerons les deux figures qui ont fait le plus d'honneur au talent de Dumont ; on les voyait à StSulpice ; elles représentaient St. Jean. et St. Joseph : le premier était presque nu, il avait le bras gauche appuyé sur un tronc d'arbre, et tenait une croix de roseaux, enveloppée d'une banderole. St. Joseph, caractérisé par le lis qu'il tenait de la main droite, avait clans la gauche tin lis re sur lequel il semblait méditer. Les deux autres figures parallèles, représentant St. Pierre et St. Paul, étaient du même auteur : nous ignorons ce que sont devenus ces différents ouvrages ; tout porte à croire qu'ils ont été détruits pendant la révolution. Le duc de Lorraine voulut s'attacher un artiste devenu célèbre dès son entrée dans la carrière, l'appela à Nancy, et le décora du titre de son premier sculpteur ; mais les travaux du premier sculpteur se réduisirent à un fronton et au modèle d'un autel. Un monument plus capital dont il fut chargé, et qui causa sa mort, fut le tombeau du duc de Melun, qui était autrefois placé chez les Dominicains de Lille. Dumont alla dans cette ville Ipour mettre la dernière main à „son ouvrage : l'échafaud se brisa sous lui, il se cassa la jambe, et reçut intérieurement des blessures plus dangereuses. Après avoir langui longtemps , il mourut en 1?26, à l'âge de 38 ans, n'ayant fait, en quelque sorte, qu'indiquer ce qu'il aurait pu faire un jour
  • François DUPORT( 1540) : médecin, lié à Paris vers 1540, joignit aux connaissances nécessaires pour l'exercice de sa profession le goût de la littérature. Il latinisa son nom, suivant l'usage du temps, ce qui l'a fait confondre quelquefois avec François Portus, célèbre professeur en grec à l'académie de Genève, qui:vivait à la méme épo- que. On a de lui : 1° de Siguis morhoruni bri IV, cuin annotationibus, Paris, 1584 2° Pestilentis luis demendoe ratio, carmine et soluta oratione, Paris, 1606 en latin et en français. 30. 1/ Mica decas e) usdem commen- illustrata, Paris, 1613 Cet ouvrage, écrit en vers latins, a été traduit en vers français par Dufour, docteur en médecine, soie ce titre : la 1) écade (le médecine, ou le 31 édf- cin des ris hes et des pquvres, Paris, 1694 Duport, après avoir publié ces ouvrages P°" la connaissance et guérison des corps. comme il le dit luimémo , se crut obligé de travailler aussi à la guérison de l'àme. Ce fut ce qui l'engagea à composer un poème intituk le Triomphe du Messie, Paris, 1617 Mais ses talents ne répondaient pas à la grandeur du sujet, et son ouvrage est, depuis longtemps, relégué dans la classe de ceux qui ne trouvent point de lecteurs
  • François DURANTE : célèbre compositeur italien et l'un des chefs de l'école napolitaine, naquit ?on pas à Naples , comme le supposent de l'Aulnaye dans la première édition de la Biographie, et M. Fétis, mais à F rat tamagî.riore,Clans le diocèse d'Aversa. Ces auteurs. se trompent également en disant qu'il vit le jour en 1693, et. Mazzarella est également dans l'erreur lorsqu''il le fait naître en 1686; la date véritable de sa naissance est le 15 mars 1684. Ses parents, qui étaient de condition inférieure, parvinrent à le faire entrer non au conservatoire de StOnuphre , comme l'ont pensé plusieurs biographes , mais à celui des Pauvres de JésusChrist, où l'on recevait les fils de familles indigentes de l'âge de sept à quinze ans. Durante y étudia la grammaire et la musique, dont les éléments lui furent enseignés par des maîtres inconnus ; il reçut ensuite tics leçons de chant et de contrepoint de GaLitan Greco, excellent maître de l'ancienne école. Il est à croire ou que l'élève manquait de voix ou qu'il avait peu de goût pour le chant; car il s'adonna bientôt tout spécialement à l'étude du clavecin et de l'orgue ; on ignore aussi qui lui enseigna ces deux instruments. Ses progrès le firent bientôt nommer répétiteur , et il paraît être resté attaché au conservatoire des Pauvres jusqu'en 1715 , année où il fut nommé professeur de clavecin à celui de StOnuphre, dont Alexandre Scarlatti avait la direction musicale. La plupart des biographes, adoptant le sentiment exprimé dans le Dictionnaire des musiciens de Choron et Fayolle, disent que Durante alla pendant cinq ans étudier à Rome le chant et le contrepoint sous Pitoni M. Fétis dit par erreur Petroni ) et sous Pasquini , Baini admet aussi sans discussion ; mais Sigismond°, I dans ses Neworie dei emposilori del reqno ' di Napoli, publiés par Villarosa, a rejeté cette ,. supposition, en observant qu'il n'était aucunement vraisemblable que Durante ait jamais été en mesure de faire un pareil voyage, qui aurait dû avoir lieu avant 1710, époque à laquelle il accomplissait sa vingtsixième année; la situation gênée du jeune répétiteur , qui du reste a duré toute sa vie, ne lui permettait guère un semblable déplacement, et tout porte à croire que cette erreur est née d'une confusion de noms. En 1718 , il obtint la direction musicale du conservatoire où il avait été instruit, et ce fut la première période de son enseignement , pendant laquelle il eut pour élèves Pergolèse , Duni , Traetta, Vinci , Terradeglias, Iomelli et plusieurs autres moins connus. Selon Villarosa, il quitta cette direction pour se rendre à Vienne, où il était appelé par l'empereur Charles VI. Au dire de Mazzarella , il aurait fait un long séjour en Allemagne, et se serait surtout arrêté à Wittenberg ; cette circonstance, sur laquelle d'ailleurs on ne fournit ni preuves ni détails, ne parait aucunement admissible : Wittenberg, petite ville forte de la Prusse,, premier siége des protestants, où il n'y avait ni cour souveraine, ni établissement musical de quelque importance, n'aurait pu retenir un compositeur éminemment et uniquement religieux, qui n'a jamais écrit que pour l'église catholique et n'eût consenti à aucun prix de travailler pour une autre communion. Ce voyage d'Allemagne reste en tout cas environné d' et d'obscurités; ce qui donne le plus lieu d'y croire, c'est qu'on ne voit pas comment Durante aurait quitté la direction du conservatoire des Pauvres, où il eut pour successeur François Feo ou Di Feo, qui paraît avoir occupé cet emploi jusqu'à l'année où l'archevêque de Naples, Spinelli , transforma cet établissement en séminaire diocésain. Deux ans plus tard , nous retrouvons Durante, alors âgé de cinquantehuit ans, acceptant la direction du conservatoire de Loreto, devenue vacante par le départ de Nicolas Porpora. Il occupa jusqu'à sa mort cette place , qui lui valait par mois 10 ducats ou 42 fr. 50 c., et c'est en recevant de tels émoluments qu'il forma ses élèves de la seconde période, parmi lesquels on compte Piccinni, Sacchini, Guglielmi , Paisiello, l'abbé Speranza, etc. De tels élèves, qui brillèrent d'un si vif éclat sur tous les théâtres de l'Europe, contribuèrent . autant que ses compositions à donner à son nom et à son école une immense renommée. De plus, cette école se trouva en rivalité avec celle de Leonard Leo, autre grand compositeur qui di- ricieait le conservatoire de la Pietà. La princi- d pale différence qui séparait les deux écoles était la manière de traiter la quarte : Durante vouI lait qu'elle fût regardée comme dissonnance, et, comme telle, préparée et résolue ; Leo laissait à XII cet égard et à divers autres une plus grande latitude. Ces innocentes disputes étaient d'une extrême utilité, en ce qu'elles entretenaient une émulation continuelle entre les deux écoles, et, quel que fût l'enseignement de chacun des deux maîtres, les succès de leurs élèves étaient les mêmes; car la sévérité de l'un n'excluait pas de sages et profitables libertés, et l'indulgence de l'autre ne souffrait jamais ces licences fréquent es et déplacées dont on a fait depuis un si déplorable et si continuel abus. Durante fut marié trois fois; son premier mariage aurait rendu bien malheureux un homme d'un caractère moins égal, moins résigné et, s'il faut dire le mot , moins stoïque que n'était le sien. Cette épouse, d'une humeur atrabilaire, était une véritable Xantippe, dont il supportait les bizarreries et les injures avec une patience toute socratique. Le pire est que tout ne se bornait pas là ; cette misérable femme avait au plus haut degré la passion de la loterie, et tout l'argent de la maison n'y suffisait pas; elle forçait le pauvre compositeur à travailler jour et nuit, ne lui laissant pas même la liberté de prendre le repos le plus indispensable. On raconte qu'un jour, ayant fait une courte absence, sans doutepour quelque cérémonie où il faisait exécuter do la musique dans les environs de Naples, à son retour il trouva que sa femme avait vendu à vil prix toutes ses compositions d'église , dans a vue de satisfaire à sa détestable passion ; sans s'emporter le moins du monde, sans même reprocher à son indigne compagne une action aussi désastreuse pour lui, il se remit tranquillement à remplacer ce qu'il avait perdu, et l'art y gagna de nouveaux chefsd'oeuvre. Chose s quand la mort le délivra d'une société si peu attrayante, il en éprouva, tout en conservant sa sérénité ordinaire, la plus vive et la plus sincère douleur. Quelque temps après, il épousa sa servante, qui, en dépit de son premier état, le dédommagea amplement de tout ce qu'il avait souffert, par sa conduite irréprochable, sa déférence , son économie et sa tendre affection , à laquelle Durante répondait par une confiance absolue. Il ne jouit pas longtemps de ce bonheur domestique et perdit sa nouvelle compagne. Le chagrin qu'il en éprouva fut plus vif encore et mieux fondé que celui qu'il avait ressenti à la mort de la première ; mais son caractère ne se démentit point..Malgré l'état de gêne où il vivait , il voulut honorer la mémoire de cette seconde épouse en lui faisant faire un service des plus magnifiques, auquel concoururent en grand- nombre lesplus habiles chanteurs et instrumentistes de Naples, et assistèrent des per- Comme alors la l'Insigne ne se forma la Naples que dans des con+ fort rares, chaque compcsiteur évitait de laisser prendre des tapies de ses ouvragos d'égliee tant qu'ils étaient dans leur nouveauté, afin de pouvoir ainsi faire exécuter, dans ks différientes église,s oit il était appelé. des morceaux nouveaux pour l'auditoire. On conçoit dès lors quel dommage pouvait cau•er h un compositeur la perte subito d'ouvrages d'une utilité joui Haltère. 11 sonnages distingués de tout état : il voulut luimême battre la mesure dans cette triste circonstance. Le besoin de n'être pas seul , ses deux mariages ne lui ayant pas donné d'enfants, lui en fit contracter un troisième. Ce fut encore sa servante qu'il épousa, et il n'eut point à s'en plaindre ; car, jusqu'à ses derniers instants, elle eut de lui le plus grand soin et conduisit sagement sa maison. Ayant toujours travaillé pour l'église., à l'exception d'un petit nombre de pièces en musique de chambre, bornant en général ses relations à ses confrères, ses élèves et les églises ou couvents pour lesquels il travaillait, n'ayant jamais écrit une ligue pour le théâtre, doué de vertus privées qui n'étaient pas propres à le mettre en vue, il fut de son vivant bien moins connu hors de son pays que ne l'étaient ses élèves; il n'eut dans son pays ni places lucratives, ni faveurs ou pensions souveraines' ni distinc- tions honorifiques. M. Fétis s'est trompé en supposant qu'il était maître de la chapelle palatine avant 1727; ce ne fut qu'en 1745 qu'il obtint au concours ce poste, devenu vacant par la mort de Leo; ses concurrents étaient Joseph de Majo, François Velluti , Charles Cotumaci , Antoine Vallara, Michel Valentini, Nicolas Conforto; Joseph Marchitti et Nicolas Sala ; les pièces des concurrents furent envoyées à Bologne à Jacques Perti, qui, alors âgé de 85 ans, chargea le P. Martini, son élève, de l'examen et du rapport : il conclut en faveur de la composition de Durante . Peut-être Durante avaitil été antérieurement organiste de cette même chapelle. Il mourut à Naples, le 13 août 1755, âgé de 71 ans . Les vertus privées de ce grand musicien étaient si connues de tout le inonde, que, même pendant sa vie, il vécut entouré du respect de ses concitoyens. Il se montra constamment plutôt le père que le maître de ses élèves ; la droiture de son cceur et sa simplicité en toutes choses le mirent à l'abri des haines et des jalousies. Cette simplicité se manifestait dans toutes ses habitudes et jusque dans la forme de ses habits, toujours des plus ordinaires et à la grâce desquels il ne tenait nullement. Son extrême bonté ne s'annonçait pas au premier abord ; car il ne put jamais entièrement se dépouiller d'une certaine grossièreté de manières qui perçait en dépit Beaucoup de faits relatifs it Durante sont environnés d'obscurittl, et il 011.11 fulls, puur & lei? autant que possible la vérité de ce qui est exposé dans cet article, se livrer h des disetusions étendues qu. le Van de la Biographie ne supportait paà, en sorte qu'au plaisir qu'il avait causé dans les premiers instants, succédait inévitablement la satiété et la fatigue. Ce manque de tact était d'autant plus sensible que les efforts de. pensée qu'il faisait pour donner à son exécution toute la perfection possible , lui faisaient monter le sang au visage, qui paraissait bientôt vivement coloré et inondé de sueur, à telpoint qu'il était obligé, pour se remettre, de demander un verre de vin. Heureusement ce défaut d'usage n'excluait et n'altérait aucune des qualités de cet excellent homme, et ses ouvrages n'y perdaient rien de l'estime qui , dès leur origine, les a classés à un si haut degré. Ils se composent pr comme on vient de le dire, de pièces destinées à l'église; car Durante n'écrivit jamais pour le théâtre, soit par scrupule religieux, soit qu'il se sentit .peu de dispositions pour le genre dramatique. A voir sespartitions, on pourrait même croire qu'il ne fréquentait point les spec- tacles, et que les compositions dramatiques nou- velles, y compris celles de ses élèves les plus distingués , lui demeuraient inconnues. Lorsque ceuxci eurent transporté à l'église ces mêmes formes de la cantilène et cette même expression des sentiments dont ils faisaient usage dans leurs compositions théâtrales , il ne les imita point, se réglant à cet égard sur l'école romaine, qui fut la dernière à conserver à la musique d'église un style à elle propre. En ce genre il est , dit Choron, le plus classique de tous les maîtres du 18e siècle, et c'est lui qui a réellement fixé la tonalité moderne; personne jusqu'à lui n'a mieux connu l'art de poser le ton, de conduire la modulation et d'établir une harmonie bien conforme au sens de la phrase musicale. De plus, il excella à reproduire une pensée, à la faire passer dans différents tons et à la faire exécuter par les différentes voix sans jamais fatiguer l'auditeur qui , à chaque fois qu'elle reparaît, désire qu'elle reparaisse encore ; les artifices qu'il emploie pour captiver ainsi ceux qui l'écoutent sont d'un succès si certain, qu'il ne prend pas même la peine de trouver un motif neuf et original ; il se contente du premier qui se présente à son esprit et qui tout à coup s'anoblit sous sa plume de telle sorte qu'il en tire sans effort un parti prodigieux. Les phrases purement expressives ne se rencontrent qu'accidentellement dans ses productions , mais elles sont si heureusement placées qu'elles y produisent un effet extraordinaire. Les parties ont toujours un chant heureux , en se renfermant dans une étendue convenable ; en un mot, si ses compositions ne brillent pas par cette faculté d'inventer des motifs heureux et nouveaux qui caractérise d'autres compositeurs de l'école napolitaine, s'ils manquent de cette spontanéité qui produit certains morceaux entièrement conçus et écrits d'un seul jet , ils se distinguent au plus haut degré par une conduite mélodique et harmonique au-
  • François DUQUESNOY( 1594 - 1646) : plus connu sous le nom de François Flamand, naquit à Bruxelles en 1594. Fils d'un sculpteur, il reçut de son père les leçons de son art, et n'avait pas encore quitté cette école lorsqu'il fut chargé d'ouvrages pour sa ville natale. La manière dont il s'en acquitta lui mérita la protection de l'archiduc Albert, qui lui accorda une pension pour faire le voyage d'Italie. Il avait à peine atteint l'âge de vingtcinq ans , lorsque' par la mort de sonbienfaiteur, bienfaiteur, il se vit obligé de travailler pour sa subsistance. Il fit de petites figures en ivoire et en bois, et des tètes de saints destinées à orner des reliquaires, Il était dans cette situation lor§- 9 qu'il se lia avec le Poussin, infortuné comme lui, et comme lui embrasé de l'amour de l'art. Tous deux employaient le moins de temps qu'il leur était possible aux travaux qui les faisaient vivre, et donnaient le reste à de savantes études. Duquesnoy fit des modèles et de petites ligures en marbre qui furent admirées : et , ce qui est singulier, pendant que le Poussin cherchait à porter dans ses tableaux le style des statues antiques, Duquesnoy tàchait de donner à la sculpture l'aimable mollesse des tableaux. du Titien, et cc fut par l'étude des ouvrages de ce peintre qu'il surpassa tous les sculpteurs dans fart de traiter les enfants. Il se fit bientôt, pour cette partie de l'art, une grande réputation, et fut chargé de modeler les groupes d'enfants qui accompagnent les colonnes du maîtreautel de StPierre. Malgré les obligations qu'il eut aux tableaux du Titien, il ne négligea pas la nature , et l'on sait qu'il fit un grand nombre d'études d'après les enfants de l'Albane. L'envie, forcée de l'applaudir, se plaisait à répéter qu'il n'avait de talent que dans un petit genre, et qu'il serait incapable de réussir dans de grandes choses. Il confondit les envieux en faisant la Ste- Suzanne qui était placée à NotreDame A—s.
  • François ERIZZO : doge de 'Venise, de 1632 à 1645, avait suivi avec quelque distinction la carrière militaire ; il avait entre autres commandé l'armée que les Vénitiens destinèrent, en 1629, à couvrir leurs frontières et à. défendre le duc de /?lantone, lorsqu'il fut élu en 1632 pour succéder à Nicolas Contarini. Pendant la plus grande partie de son règne, Venise fut en paix avec tous ses voisins, quoique la France s'efforçât d'engager cette république dans la guerre de trente ans, et que le pape Urbain VIII l'obligeât, par des prétentions nouvelles, à déployer toute sa fermeté. Ma is en 164',i, une attaque imprévue des Turcs sur l'ile de Candie alluma une guerre dangereuse. La Canée fut prise par l'insubordination des divers (•bers qui co mandaient dans File. Pour y remédier on résolut d'y envoyer le doge ,avec un commandement suprême. Erizzo accepta cet emploi avec zèle, quoi qu'il fût âgé de quatrevingts ans, et il s'occupa tout de suite de l'embarquement des gens de guerre; niais la fatigue de ces préparatifs épuisa son corps affaibli par l'âge, et il mourut au moment où il allait mettre à la voile. François Molino lui succéda
  • François DUVAL( 1690) : littérateur, presque , naquit, vers 1690, à Tours, d'une famille honorable. Son père y remplissait la charge d'assesseur au présidial, et il nous apprend luimême qu'il avait l'avantage d'être uni par les liens de la patrie et du sang à dom Ursin Durand . Le père de Duval mourut en 1701, laissant, au sortir de l'enfance, son fils, sans appui et presque sans fortune. Il avait eu l'occasion de se rendre utile au duc de Mazarin. qui possédait des biens immenses en Touraine. Le duc, par reconnaissance, se chargea de l'éducation du jeune orphelin, et le plaça dans le collége où il faisait élever son petitfils, l'abbé de Richelieu. Duval étant en rhétorique composait déjà de petits Discours et des vers latins qui liii valurent les éloges et les encouragements de ses professeurs. Au sortir du collége, il suivit les leçons de la faculté de droit, et reçut le grade de licencié : son projet, suivant toute apparence, était d'entrer dans la magistrature; mais il ne put se décider à quitter Paris pour aller dans le fond de quelque province exercer un emploi subalterne, et il sacrifia toutes les espérances qu'il pouvait concevoir au plaisir de passer sa vie dans la société des beauxesprits et des littérateurs. 11 cite parmi ceux qui l'admettaient à leur intimité : La Mothe, Crébillon, Barbier a donné, dans son Examen critique des dictionnaires. un article à François Duval; mais il ne contente d'y indiquer les titres de ses ouvrages, sans faite connahre Leltres curieuses , t. 2, p. 158, sur ce savant bénédictin . Le Discours entier qu'il composa b la louange de ',cuis XIV ne Lrouve dans ses Lettres, 1. 1, p. 236. Destouches, l'abbé Nadal , l'abbé Grenan dont il imita l'Ode sur le vin de Bourgogni , l'abbé Asselin, etc. Exempt de toute ambition, il ne désirait qu'un modeste emploi don le traitement pût mettre de niveau ses revente avec ses dépenses. Ses amis sollicitèrent pour lui la place de conservateur ou, comme on disait alors, de garde des manuscrits de la biblotliè- que du roi; mais ils ne purent alors la lui faire donner. Ils échouèrent également en le présentant à l'Académie des inscriptions . Cependant, -à force de sollicitations et d'instances, ils réussirent à l'attacher au garde des sceaux, probablement avec le titre de bibliothécaire . Cette place était sans doute assez mal payée, puisqu'elle ne l'empêcha pas de chercher encore des ressources dans la culture des lettres. Il s'établit le correspondant de quelques grands seigneurs, qui, passant une partie de l'année dans leurs terres, étaient bien aises d'être des nouvelles de la cour et des ouvrages I qui paraissaient. On sait qu'il faisait aussi le métier d'éditeur. Le hasard lui ayant fait tomber entre les mains un manuscrit des Mémoires de Henriette d'Angleterre, par madame de La Fayette, il en retoucha le style, qu'il trouvait vieilli, et l'envoya, grossi d'une longue préface. en Hollande, pour le publier. Six mois après, son libraire lui manda qu'un autre éditeur avait obtenu le privilége pour l'impression de cet ouvrage et qu'ainsi son travail devenait inutile. Duval réclama son manuscrit, auquel il attachait beaucoup de prix; mais il ne put jamais en obtenir la restitution de son honnéte voleur , et il renonça. Duval, dont les connaissances étaient assez variées, mais superficielles, disparut, vers, 1730, de la scène littéraire, sur laquelle il n'avait jamais brillé d'un grand éclat ; et, soit qu'à cette époque il ait quitté Paris, soit qu'une mort prématurée l'ait conduit au tombeau, on trouve pas de lui la moindre trace, ni dans les journaux, ni dans les écrits contemporains. On connaît de Duval : lo Mémoires histuriques de, la révolte des Cévennes, Paris, 1708 réimprimés avec des changements et des corrections, en 1712, sous ce titre : IliAtoire nou- velle el abrégée de la révolte des Cévennes ; en 1713, sous celui d'Histoire de l'enlèvement des C'est probablement b Duval qu'est adressée la lettre de Nadal sur les Réflexions critiques de La biotite, Œuvres de Nadal, t. 1, p. 196. Ou peut voir cette imitation dans ses Lettres, t. 1, p. 386. II eut dixneuf voix pour etre reçu. Lettre à Hardi., t. 2, p. 103. « Je ne finirai pas , ditil à l'abbé de Choisy , sans vous remercier « de ce que vous avez fait en ma faveur auprès de monseigneur lo garde des sceaux, et surtout de l'attention flatteuse que vous avez eue la m'initier dans mes fonctions. a T. a, p. 463. Lettre à l'abbé Nadal, t. 2, p. 105. Nous ne devons pas craindre, « lui écrivait.ii , de contier nos peines h mos véritables amis; ainsi a l' jugez de la classe où je vous mets par les secrets dont je voua l'ut aveu. Lettre nu P. Tournemine. natiqueg dans les Cévennes , et enfin , en 725, à la suite des Lettres dont on parlera ut à l'heure, souscelui d'Essai historiq e $ r révolte des Cévennes, commencée en 1702 et Iiie en 1705. Ces quatre éditions, étant anonlies, et offrant entre elles , )ival a multiplié les épltres dédicatoires à la hsique ; un discours sur la ciice du salut, le voyage du comte Ericeyre, uu naufrage à Ille Bourbon ; on y trouve quelpies particularités curieuses, et, par cette conidération, elles ne *méritent pas Poubli où elles ont tombées
  • François EGERTON( 1726) : duc de Bridgewater, marquis de Brackley, baron d'Ellesmère, naquit en 1726. Son père, Scroop Egerton, le premier qui ait porté le titre de duc de Bridgewater, avait obtenu de George H, en 1732, un acte qui l'autorisait à creuser un canai navigable depuis Worsley, l'un de ses domaines, dans le comté de Lancastre, jusqu'à Manchester; mais, sans doute, effrayé de la clin. cuité de l'exécution , il n'avait pas osé la tenter. François Egerton, devenu de bonne heure, par la mort de son père et de ses frères, possesseur des biens de la famille, résolut de tenter l'exécution de ce projet. Le domaine de Worsley était prodigieusement riche par ses mines de houille; mais les frais, énormes qu'aurait occasionnés le transport par terre du produit de leur exploitation jusqu'à Manchester, qui était éloigné de huit milles de Worsley , avait empêché juquelà d'en tirer un parti avantageux. La construction du canal exigeait des avances pécuniaires considérables, mais ses revenus étaient immenses; elle présentait des difficultés que les hommes de l'art jugeaient insurmontables. Heureusement il existait alors en Angleterre un homme , né dans une condition obscure, privé du bienfait de l'éducation, qui savait à peine écrire, mais dont le génie hardi et inépuisable en ressources, s'était manifesté dans la construction de divers ouvrages de mécanique, dans lesquels cependant il n'avait pas encore développé toutes ses forces. 11 examina le terrain, et jugea que l'exécution du canal était possible. Le duc s'en l'apporta à sa décision, sollicita et obtint du parlement, malgré une opposition opiniâtre dans les deux chambres, en 4758, un acte d'autorisation pour creuser un canal navigable de Salford, près de Manchester, jusqu'à Worsley. 1l lit d'abord creuser, à Worsley Mill, un vaste bassin, pour y réunir les bateaux chargés du charbon de ses houillières, et qui devait servir de réservoir au canal qui y prendrait sa source. Le succès qui accompagna les premiers travaux répondit aux doutes, aux objections et aux clameurs qui s'étaient aussitôt élevés, et engagea le duc à étendre son plan en faisant passer le canal' de Worsley sur la rivière d'Irwell près de Bartonbridge jusqu'à Manchester. Le parlement lui accorda,l'année suivante, un nouvel acte à cet effet. Il était curieux de voir des barques couvertes, renfermant des forges, et des ateliers de tailleurs de pierre et de maçons, flotter sur le canal, et suivre la progression des travaux. Un de ces bateaux était réservé à l'habitation du duc de Bridgewater. Lorsque Brindley proposa de construire un aqueduc qui devait commencer à Bartonbridge, se prolonger sur des prairies dans un espace de plus de deux cents verges, et qui, parvenu à la rivière d'Irwell, s'élèverait à quarante pieds audessus du niveau de cette rivière, on tâcha de détourner d'un projet qui paraissait extravagant le propriétaire, qui, par bonheur, était encore dans un tige que la confiance accompagne. Par l'exécution de cet aqueduc, l'Angleterre eut le spectacle unique d'une suite de barques flottant sur un canal à quarante pieds audessus d'une rivière couverte de navires voguant à pleines voiles. Le duc de Bridgewater résolut de prolonger encore le canal de LongFordbridge jusqu'à la rivière de Mersey. Il est surprenant que lorsqu'il sollicita,"pour cet objet, un nouvel acte du parlement, il y rencontra la même opposition que la première fois. 11 en triompha cependant, et Nit terminer, après cinq années, ce grand ouvrage auquel son nom est resté attaché. Les mines de houille de Worsley sont renfermées dans l'intérieur d'une montagne fort étendue. Un passage souterrain, percé dans cette montagne, au niveau du canal, sert à la sortie des bateaux. Un voyageur qui a visité ce passage en fait la description suivante : « Vous entrez en bateau « dans le passage souterrain, muni de chandelles « allumées. Vous avancez ainsi sur le canal jus«. qu'au lac qui se trouve à l'ouverture de la mine, « à troisquarts de mille de distance. Les deux « portes à bascule placées en cet endroit, se referment dès que vous êtes introduit, pour em- « pêcher l'air d'entrer en trop grande abondance, « lorsque le vent souffle, et vous avancez alors à « la lumière de vos chandelles qui répandent une « lueur livide, qui sert seulement à rendre les té- « nèbres visibles . Mals cette lueur sombre de- « aient plus effrayante encore par l'écho solennel « de ce lac souterrain, qui rapporte des sons di- « vers et discordants. Tantôt vous êtes frappé par « le bruit déchirant des machines qui, par un « moyen ingénieux, font tomber le charbon dans « les bateaux ; tantôt vous entendez le bruit « d'une explosion ; ce sont des rocs que l'on fait « sauter, et qui ne pourraient céder à aucune « autre force que celle de la poudre. Peut-être · vos oreilles seront diverties aussitôt après par « les chants bruyants des ouvriers des deux sexes, « qui trompent ainsi leurs fatigues. Lorsque vous « êtes parvenu au coeur de la mine, une scène « nouvelle s'offre à votre vue. Vous voyez des « hommes et des femmes à peu près dans le pre- Visible darkness, .1 « mies état de nature , diversement occupés à la ' lueur d'une torche pâlissante ; le, uns tirent le « noir minéral des entrailles de la terre; les autres « le chargent sur des chariots, que d'autres trai- n nent pour en décharger le contenu dans les ba- « teaux. » Les ramifications du canal souterrain se sont tellement étendues, qu'en 1802 il y avait plus de dixhuit milles de navigation intérieure en activité. Ce sont aujourd'hui les mines de houille de Worsley qui approvisionnent de com- bustible Manchester et les villes environnantes. L'exécution du canal coûta au duc de Bridgewater plusieurs centaines de mille livres sterling ; sans y comprendre des sommes considérables pour lesquelles il souscrivit, afin de concourir à la pro- gression de ce système de navigation intérieure dont il avait été le promoteur, et qui a procuré au commerce anglais une communication sûre, facile et peu coûteuse entre les ports de Londres, de Li- ?erpool, de Bristol et de Hull. On voit dans l'His- toire de la navigation intérieure , etc., par J. Phillips , que depuis1759, année oit fut commencé le canal du duc de Brid- gewater jusqu'en 1805, le parlement d'Angleterre avait passé cent soixantecinq actes pour l'entre- prise et le perfectionnement des canaux navigables. On y cite le projet d'un tuyau à construire sous la Tamise depuis Gravesend jusqu'à Tilbury. Le duc fia amplement dédommagé des frais de son entreprise, en ne parlant mème que des avantages pécuniaires qu'il en a recueillis ; sa fortune était immense dans ses dernières amides. La somme qu'il payait, chaque année, pour sa portion dans la taxe du revenu , s'éle?ait seule à 110,000 livres st. Lors de la négociation de l'em- prunt patriotique, connu sous le nom de Loyalty juan,, il y souscrivit pour une somme de 100,000 livres st., qu'il paya immédiatement. La société pour l'encouragement des arts, des manufactures et du commerce de Londres, lui décerna, en 1800, une médaille d'or comme un témoignage de sa haute considération pour l'utilité et la perfection de ses travaux. Quoiqu'il ait quelquefois pris part aux débats de la chambre des pairs, sa vie politi- que ne présente point d'événements remarquables. 11 mourut le 8 mars 1803. N'ayant jamais été ma- rié, et ne laissant point d'enfants, le titre de due de Bridgewater s'éteignit avec lui. Le titre de comte passa au général J. W. Egerton, fils de l'évêque de Durham. Nous n'avons pas prétendu donner ici une description complète des détails qui pourraient faire apprécier avec justesse les difficultés et le mérite des diverses parties du canal. On peut lire sur ce sujet un peu aride, les Annalq des arts et manufactures, ainsi qu'une Description du plan incliné souterrain du duc de Bridgewater , par l'hon. F. H. Egerton , Paris, 1803 avec figures ; description pour laquelle la société d'encouragement de Londres a décerné, en 1800, des remerciments à l'illustre auteur. Il nous parait cependant qu'il ne rend ni aux talents, ni au caractère de Brindley la justice qu'il mérite et qu'il a d'ailleurs généralement obtenue
  • François ÉGINTON : artiste anglais , l'un de ceux qui ont le plus contribué au perfectionnement de l'art de la peinture sur le verre, dans le 18e siècle. La pratique de cet art avait été presque entièrement perdue, et il est certain que les anciens ouvrages de ce genre qu'on rencontre dans les églises, l'emportent de beaucoup par la beauté et la vivacité des couleurs sur la plupart des productions modernes ; mais c'est surtout l'effet du défaut d'encouragement. La méthode des premiers artistes consistait à rassembler, avec symétrie, des verres de différentes couleurs; c'était une espèce d'ouvrage en mosaïque. C'est, à ce qu'il parait, à des peintres français qu'on a dû l'idée de peindre sur le verre par apprêt, c'est-àdire en y appliquant des couleurs métalliques, qu'on y incorpore ensuite par l'action du feu. Eginton a laissé un grand nombre d'ouvrages qui prouvent un talent trèsdistingué, et parmi lesquels on- remarque particulièrement deux Résurrections, sur le dessin de sir Jos. Reynolds, et que l'on voit à la cathédrale de Salisbury et à Lichfield ; le Banquet donné par Salomon à la reine de Saba, d'après un tableau d'Hamilton, au château d'Arundel ; Saint Paul converti et recouvrant la vue, dans l'église StPaul, à Birmingham ; le Christ portant sa crer. d'après Morales, dans l'église de Wansted, au comté d'Essex; l'Âme d'un enfant en présence du Tout- Puissant, d'après un tableau de Peters, dans une chapelle à Great Bans, dans le comté de Stafford. On lui doit aussi la restauration de peintures anciennes à Oxford et ailleurs. Le nombre rie ses grands ouvrages se monte à près de cinquante. ll est mort le 26 mars 1805. Quelques femmes ont aussi cultivé, en Angleterre, de nos jours, et avec succès, l'art de la peinture sur verre
  • François ERTINGER( 1640) : graveur, né à Colmar en 16•0, a gravé différents morceaux , d'après le Poussin, VanderMeulen et Rubens , entre autres l'histoire d'Achille, en huit pièces, d'après ce dernier maître. On a de lui aussi douze sujets des Métamorphoses, d'après les miniatures de Werner, ainsi que l'histoire des comtes de Toulouse , en dix pièces, et un sujet des Noces de Cana, d'après Lafage
  • François FABRICIUS( 1663 - 1738) : professeur de théologh à l'université de Leyde , naquit à Amsterdam l. Après avoir fait ses études, Fabricius se consacra à la théologie , et devint ministre à Veizen. Ce fut en 17, lorsqu'il mourut, le -27 juillet 1758. on a de lui : 1. Christus unie? m e oratore sacro, 17'20 on a aussi de lui six sermons en hollandais. Saxhis dit que c'est à Fr. Fabricius qu'on doit l'Oraiio in natalem rentcsimum cl quinquagesimum neademiœ Dawa. pur est Lugduni Datacorum, 172:, et
  • François FABRICIUS( 1510) : né à Ruremonde , vers 1,1510 , étudia les langues grecque et latine , puis la médecine ; il fut médecin à Aixla Chapelle e vers 1545 , et l'était encore en 1550. On a de lui : 1° Thermoe aquenses sive de Balneorum natura le'liunz , precipue eorum que sont Aquisgrani et l'oreti , ratura et facultatibus, 1546 ; 1564 ; Divi Gregorii Nazian: eni tragœdia Christus patiens , latino carmine reddita , Anvers , 1550 On sait aujourd'hui que cette tragédie n'est pas de StGrégoire ; quelquesuns l'attribuent à Apollinaire de Laodicée. Cependant Jacques de 13illy l'a comprise, avec une traduction de Roillet, dans les Œuvres de ce Père
  • François FABRICIUS( 1524 - 1573) : nommé aussi Lefèvre, né à Duren , dans le duché de Juliers, en 1521, vint, sur la réputation des professeurs, achever ses études à Paris au collége de France; il eut pour maltres Ramus et Turnèbe; revint ensuite dans son pays, obtint en 1550 le rectorat de Dusseldorf, , et mourut le 23 février 1573.11 a fait imprimer: 1. Lysie orationes due, Cologne, grec et latin , 1551 Anvers, 1563 : la traduction latine est de Fabricius ; 2. Pauli Orosii adversus paganos historiarum libri septem , etc., quibus accedit Apologeticus contra Pelagium de arbitrii libertate, Cologne ,1561 ; 1574 ; 1 582 ; Mayence , 1615 ; 5° Commentarins in orationem Ciceronis pro Ligario , 1562 i.) Note in orationes Ciceronis pro Fonteio, pro Ali loue, et de provinciis consularibus, Cologne Plutarchi ( le liberis educandis liber , latinus fac tus, Anvers , 1563 6° Ciceronis historia per consules descripta et in annos 61 distincte , Cologne , 1564 ; 1570 ; réimprimé dans l'édition de Cicéron des Aides de 1582, et dans l'édition de Gruter. Gronovius en donna une édition séparée avec des notes, 1727 7^ In sex Te rentii comcedias annotationes , 1563 8° Disciplina schole Dusseldorpiensis, 1566 9. An notationes in quoestiones Tusculanas Ciceronis , 1569 10. Note in venin« primam et secundam , 1572 , Lenglet Dufresnoy attribue à Fabri cius De motibus gallicis relatio, 4588 et Conti nuatio qua ( le totius Europe presenti statu disseritur, 1592 Lelong les lui attribue aussi sans en rien rapporter que les titres. Ces bibliographes rangent ces livres au nombre de ceux qui concernent le règne de Ilenri III ; et ce prince ne commença à régner qu'un an après la mort de Fabricius
  • François FANELLI( 1600) : historien , né , dans le 17e siècle, à Venise , y remplissait les fonctions d'avocat , et se délassait des fatigues du barreau par la culture des lettres. Le seul fruit que l'on connaisse de ses études est une histoire complète d'Athènes sous ce titre : Atene attira , descritta da suoi pincipi, colla relazione de' suoi re, etc., Venise, 1707 avec seize planches , volume peu commun et assez recherché. Les rédacteurs des Acta erudit. Lips. en ont donné une analyse trèsbien faite dans le Supplément , t. 4, p. 181. Cet ouvrage, dit Chateaubriand, est peu de chose , considéré sous le rapport des antiquités; mais on y trouve des détails curieux sur le siège d'Athènes par les Vénitiens, en 1687, et un plan de cette ville dont Chandler parait avoir fait usage
  • François FARNÈSE : septième duc de Parme et de Plaisance, ayant succédé à Ranuce If son père le 11 décembre 1694, épousa Dorothée de Neubourg, veuve d'Edouard Farnèse , son frère aîné; mais il n'eut point d'enfants, et son embonpoint excessif lui laissait peu d'espérance d'en avoir. Le duc de Parme s'efforça de maintenir sa neutralité pendant la guerre pour la succession d'Espagne. 11 se mit sous la protection de l'Église, dont il était feudadataire ; mais les Impériaux , mécontents du pape Clément XI , ne voulurent pas reconnaître Parme et Plaisance pour fiefs de l'Église , et violèrent plusieurs fois ce territoire. Le 16 septembre 1714, Philippe V, roi d'Espagne , épousa Élisabeth Farnèse, fille d'Edouard et nièce de François, duc de Parme. Comme on pouvait déjà prévoir que ce dernier n'aurait pas d'enfants, les premières puis- sauces de l'Europe, pour éviter que sa succession n'occasionnât une guerre, disposèrent d'avance, en 1720 , (le l'héritage de la maison Farnèse en faveur d'un fils de Philippe V et d'Élisabeth Farnèse, qui ne fùt pas roi d'Espagne. Le même fils devait recueillir aussi l'héritage de la maison de Médicis, également sur le point de s'éteindre. Cependant François Farnèse, qui voyait ainsi régler sans le consulter sa succession de son vivant par la quadruple alliance, évitait les regards du peuple et les occasions de se montrer en public. 11 était bègue, et il avait de luimême une défiance méritée ; néanmoins on vantait sa prudence et sa justice. Il mourut le 26 février 1727 , âgé de 49 ans. Son frère don Antoine, qui était d'une année plus jeune que lui, lui succéda
  • François FAURE( 1612 - 1687) : évêque d'Amiens, était le 8 novembre 4612 , à SteQuitière, près d'Angoulème. Il annonça dès son enfance un goût trèsvif pour la retraite , et à peine eutil terminé ses études , qu'il sollicita son admission dans l'ordre des Cordeliers. Les épreuves du noviciat ne le rebutèrent point, et il prononça ses voeux à l'àge de dixsept ans. Le jeune Faure était doué d'un esprit vif et agréable, il parlait avec facilité, et paraissait également propre à réussir dans les sciences ou dans les affaires. Ses supérieurs jugèrent à propos de l'envoyer à Paris faire son cours de théologie. 11 soutint ses thèses pour le doctorat de manière à confirmer l'opinion qu'on avait de son mérite. Le cardinal de Richelieu voulut entendre un homme dont chacun lui parlait d'une manière si avantageuse ; il fut satisfait de la sagesse de ses réponses , et se déclara son protecteur. Après la mort du cardinal , la reine Anne d'Autriche se chargea de la fortune de Faure , et le fit nommer sousprécepteur de Louis X1V. Les preuves de reconnaissance et de dévouement qu'il donna à cette princesse pendant les troubles de la minorité , lui valurent l'évêché de Glandèves , d'où il fut transféré à celui d'Amiens en:1 65'4 ; Faure se montra jaloux de maintenir et d'accroître l'étendue de sa juridiction. Il eut à ce sujet une dispute trèsvive avec le doyen (le StFlorent de Roye, qui prétendit pouvoir se passer de l'approbation de l'évêque pour administrer les sacrements , puisqu'il était nommé par le chapitre. L'atnire , débattue dans plusieurs mémoires, fut portée au conseil d'État, qui ne la jugea point définitivement. L'évêque (l'Amiens assista à plusieurs assemblées du clergé, et fut presque toujours charg,é d'en présenter les délibérations à l'approbation da roi. Il conserva la faveur de la cour jusqu'il sa mort , qui arriva à Paris , le 11 mai 1687. 11 était âgé, (le 75 ans. Son corps fut transporté à :miens et inhumé dans la cathédrale. Les ouvrages que Faure a publiés sont fort audessous de sa réputation, et lui avaient attiré , de son vivant, des épigrammes assez piquantes. On a de lui un Recueil de statuts synodaux pour le diocèse d'Amiens ; une Censure des Lettres provinciales ; une Ordonnance contre le Nouveau Testament de Mons, réfutée par Lenoir , théologal de Séez; un Panégyrique de Louis Mt', Paris, 1680 et des Oraisons funèbres de la reine Anne d'Autriche, sa bienfaitrice, d'Ilenriette Marie, reine d'Angleterre, et de Gaspard 1V de Coligny
  • François FERLUS( 1748 - 1812) : directeur de l'école de Sorèze , né en 1748 à Castelnaudary , entra dans la congrégation de StMaur ; et, lorsque , après la suppression des jésuites, une partie de l'édu-èation eut été confiée aux bénédictins, il professa les belleslettres et la philosophie dans divers colléges. Ayant adopté les principes de la révolution , il prêta le serment exigé des ecclésiastiques , et peu de temps après, rouvrit à l'abbaye de Sorèze une école dont la réputation dans le midi de la France s'est toujours soutenue par le grand nombre d'élèves distingués qu'elle a fournis. Ferlus présenta , le 10 juin 1791 , à l'assemblée constituante , un Projet d'éducation nationale, qui mérita l'approbation des législateurs , et qu'il fit imprimer. Sorèze , seul établissement d'instruetion que la Terreur respecta dans le Midi, fut un asile ouvert à tous les hommes de lettres ; et plusieurs durent la vie à l'humanité de Ferlus , qui ne craignit jamais de se compromettre quand il s'agissait de rendre service. Peu s'en fallut qu'en 1796 l'établissement qu'il avait eu tant de peine à soutenir ne fùt sacrifié à l'école centrale du Tarn ; mais il eut le bonheur de trouver au conseil des CinqCents des défenseurs qui parvinrent à le garantir de sa ruine. A la création de l'Institut, il en fut nominé correspéndant pour la classe des sciences morales. Cet habile instituteur mourut à Sorèze le 11 juin 1812. Indépendamment du Plan d'éducation dont on a parlé, Ferlus est auteur de plusieurs Discours et de quelques pièces de théâtre, dont on ne connait qu'une seule qui soit imprimée: Casseno et Zamé , ou l'affranchisse- ment des aigres, drame en trois actes et en prose, Revel, un vol. Il fut remplacé dans la direction de son école par son frère, DominiqueRaymond Ferlus
  • François FAWKES( 1721 - 1777) : poète anglais, né vers 1721 , dans le comté d'York , entra dans les ordres, et occupa successivement la cure de Bromhal , dans sa province, celle de Croydon au comté de Surrey et les vicariats d'Orpington et de Ste- MarieGray, au comté de lient, qu'il échangea en 1774 pour le vicariat de Hayes ; il mourut le 26 août 1777.0n a de lui un recueil de Poésies, 1761 le Calendrier poétique, 1763; le Magasin poétique , 1764, en société avec M. Woty, , etc. Il a aussi rédigé en langage moderne les descriptions de Mai et de l'Hiver , de Gawin Douglas , et ce fut le premier essai qu'il donna au public de son talent pour la poésie ; mais il s'est encore fait plus de réputation par ses traductions en vers ; et il parait que depuis Pope peu d'écrivains l'ont égalé en ce genre. On cite de lui des traductions d' Anacréon , Sapho, Rion, Moschus et Musée , 17G0, in -12 ; la traduction des idylles de Théocrite, 1767 8°; celle des Fragments de Ménandre, insérée dans son recueil de poésies , et celle des Argonautims d'Apollonius de Rhodes , qu'il n'a pas achevée , mais qui l'a été depuis sa mort par M. Meen, et publiée en 1780 On a imprimé sous son nom une compilation intitulée : Bible de famille , avec des notes , en 60 cahiers hebdomadaires, dont le pre mier parut le 25 juillet 1761
  • François FERNAND( 1557 - 1602) : jésuite espagnol , né dans le diocèse de Tolède en 1557, avait d'abord été destiné au barreau ; il était déjà bachelier en droit civil lorsque , en 1570 , sa piété lui fit embrasser l'état ecclésiastique. Après avoir étudié avec beaucoup de succès les lettres sacrées dans son couvent , il suivit à Coa le P. Alexandre Vali- gnani . NOIllmé visiteur de cet établissement, il y reçut la prêtrise en 1595. Il occupa , avec distinction la chaire de théologie , dirigea plusieurs maisons de son ordre à Goa et dans le Concan , et passa en 1598 dans le Bengale , où il se livra aux missions avec un grand succès. Des querelles s'étant élevées à Chatigam entre les Portugais et les indigènes, Fernand , en vertu de son ministère, voulant les ramener à des sentiments de concorde et de paix, tomba entre les mains des plus furieux , qui , après l'avoir maltraité, le jetèrent dans une prison où il mourut le 1 i novembre 1602. Il a laissé deux Catéchismes écrits dans la langue du Bengale
  • François ESTIENNE : rainé des fils de Henri, , a publié le texte grec du livre d'Esther, d'après l'an- tienne version grecque, en y joignant celui des llexaples d'Ori- gène. M. de' Rossi a publié , avec une version latine , la paraphrase chaldaïque des additions du livre d'Esther d'après un superbe manuscrit de la bibliothèque particulière de Pie VI, dans son Specimen variarum lectionum, etc. , Rome , 1782 réimprimé la même année avec de nouvelles variantes, Tubingen , Il y a joint une traduction latine et des scholies grecques. Didier Oriet a paraphrasé en vers le livre d'Esther , Paris 1581 De Boisent a composé un poéme héroïque d'Es- ther , Paris , 1670 Jean Desmarets de StSorlin en a publié un autre, Paris, 1673 et Ansaldo Ceha un troi- sième en italien et en 21 chants, Genève 1615 est le plus ancien ouvrage auquel on trouve son nom , et le dernier l'Andria de Térence, 1547. Il a employé quelquefois la marque de son père ; cependant il en avait une particulière. C'est un vase d'or à trois pieds posé sur un livre et surmonté d'un cep de vigne chargé de fruits. Il ne fut jamais marié , et c'est par erreur que Maittaire lui donne un fils du même nom, qui imprimait en 1570. Ce François Estienne était fils de Robert , et par conséquent le neveu de celui qui fait l'objet de cet article
  • François FEU : < i> curé de StGervais à Paris, succéda en 1699 à un de ses oncles qui portait le méme nom. Pendant plus de soixante ans qu'il < i> a gouverné cette paroisse , il s'y est distingué par sa bienfaisance et la pureté de ses moeurs. Il distribua des charités immenses , et comme il ne laissait < i> aucun bien , la fabrique de sa < i> paroisse se chargea de la dépense de ses funérailles. On lui a élevé dans son église un mausolée , qui est aujourd'hui au musée des monuments des PetitsAugustins. Ce respectable pasteur est mort à Paris, fg é de 90 ans , le 3 avril 1761
  • François FLORIO( 1705) : savant historien , naquit à Udine le 5 janvier 1705. Ses premières études terminées , il se rendit à Padoue; et après y avoir sous la direction de Dominique Lazzarini acquis des connaissances très-étendues dans la littérature grecque , ainsi que dans le droit civil et canonique , il y reçut des mains de Hyacinthe Serres, son maître et son ami, le laurier doctoral dans la faculté de théologie. Pourvu dès l'àge de vingtcinq ans d'un canonicat du chapitre d'A- quilée , transféré depuis longtemps à Udine, il mit à profit ses loisirs pour se livrer à l'étude de l'hIstoire et des antiquités ecclésiastiques. Il fut député trois fois à Rome pour régler les diffé- rends qui s'étaient élevés entre les Vénitiens et la maison d'Autriche au sujet du patriarcat d'Aqui- lée , différends qui furent terminés en 1751 par la suppression du patriarcat et son remplacement par deux archevêchés établis, l'un à Udine et l'autre à Gorice dans le Frioul autrichien. Le pape Benoît XIV voulut le récompenser du talent qu'il avait montré dans cette affaire en le nommant à l'évêché d'Adria ; mais Florio refusa cet honneur, Préférant la place de prévôt du chapitre d'Udine, qui lui permettait de continuer ses travaux d'his- toire et de philosophie. L'un des premiers membres de l'Académie ecclésiastique , fondée par l'évêque Denis Delfino, il y lut plusieurs savantes dissertations dont quelquesunes sont imprimées, notamment celle sur le tombeau de Gaston della Torre , patriarche d' Aquilée , qui fut publiée par Cori dans le second volume des Mémoires de la société Colombaire. Trop modeste pour songer à se faire honneur de ses recherches et de ses découvertes, 's'empressait de les communiquer aux personnes tell savait occupées des mèmes objets. Aussi, uoiqu'il ait mené une vie trèslaborieuse, on ne innalt de lui que quelques opuscules parmi lesuels on distingue des éclaircissements sur 13achioius, moine cité par Gennade dans les Scriptor. clesiast., ch. 24 , et la Défense de la liberté prise ar Rufin en traduisant l'Histoire 'Eusèbe. Le prévôt d'Udine mourut le 13 mars 791 , dans un Age avancé. Deux ans auparavant avait eu le malheur de perdre son frère , dont il ublia l'Éloge funèbre, Udine, 1790
  • François FEUARDENT( 1539) : cordelier fameux et < i> homme bien digne de son nom , dit avec assez de raison le protestant Dailler , naquit à Coutances en décembre 1539 et fit ses premières études à Bayeux. Quoiqu'il eût des droits à une riche succession , il y renonça et < i> préféra à une grande fortune la pauvreté de la règle de StFrançois. Ses supérieurs l'envoyèrent à Paris pour y achever ses études dans l'université ; il y prit des grades et reçut le bonnet de docteur le 15 mai 1576. On ne peut nier qu'il ne fût savant pour son temps ; il se livra à la prédication et à la controverse , alors en vogue à cause des hérésies de Luther et de Calvin. D'un esprit ardent et emporté , Feuardent écrivit et prècha contre les erreurs nouvelles avec un zèle souvent poussé jusqu'à la passion ; il se fit ainsi un nom parmi les écrivains et les prédicateurs d'alors. Il ne paraltra pas étonnant que les fureurs de la Ligue aient plu à un esprit de cette trempe. Il < i> se jeta à corps perdu dans ce parti , que son imagination ardente lui' représentait comme une confédération sainte et comme la cause de la religion. Il devint un des plus fougueux ligueurs , prècha contre IIenri Ill et Henri IV , et se livra contre eux aux déclamations les plus virulentes ; il n'épargnait pas mème , dit Bayle , le chef de la Ligue lorsqu'il le croyait auteur de quelque chose qui pouvait nuire aux intérêts des rebelles. Ce grand zèle s'amortit pourtant avec l'àge : Feuardent se lassa de la guerre , et si l'on en croit les < i> Mémoires de l'E- toile , il devint dans sa vieillesse < i> aussi ardent à la concôrde qu'il l'avait été â la discorde. Il avait occupé des places dans son ordre ; en 1579 il était gardien du couvent de Bayeux. Il mourut à Paris le ier janvier 1610 et fut enterré au milieu du chœur des Cordeliers, où l'on voyait son épitaphe. Il avait attaqué plusieurs fois les calvinistes avec avantage , trop souvent sans doute avec des turlupinades et d'assez mauvaises plaisanteries ; mais c'était le goût du temps , dont tous ses écrits Moreri et Bayle placent la naissance de Feuardent en 1541. Dans une lettre écrite le 28 novembre 1602 , il mande à Antoine Possevin qu'au mois de décembre suivant il achèverait sa soixantetroisième année, ce qui rejette sa naissance à l'an 1539. XIV. portent l'empreinte ; plus souvent encore avec des injures que ses adversaires lui rendirent bien. Voici les principaux ouvrages qu'il a publiés Io < i> B. Hildephonsi archiep. Toletani de Virginitate Maria. liber , manuscripti cujusdam veteris codicis collatione enzendatus , etc., Paris , 1576 avec une longue préface contre les hérétiques du. temps ; 2° < i> Sancti Irerzœi Lugdunensis episcopi ad- versus Valentini et similium hœreticorum hœreses libri quinque, Paris , 1576 Feuardent, ayant revu < i> l'ouvrage de StIrénée sur un ancien manuscrit , l'augmenta de cinq chapitres trouvés dans ce manuscrit à la fin du 8e livre ; il y ajouta des notes dont plusieurs sont utiles , mais qui sont beaucoup trop nombreuses. Dans une de CCS notes il fit une faute grossière que le jésuite Suarès découvrit et ne manqua pas de < i> relever. Feuardent avait cité en faveur de l'immaculée conception , comme étant de StCyrille d'Alexan- drie , un passage qui paraissait décisif : malheu- reusement ce passage appartenait à Josse Clichtove , lequel avait voulu remplir une lacune qui se trouvait dans StIrénée. Feuardent n'était pas homme à demeurer en reste ; il alla chercher dans les ouvrages du jésuite toutes les erreurs de date, toutes les inexactitudes de citations qu'il put rencontrer , et il eut grand soin de les publier. Outre l'édition de Cologne , 1696 , meilleure que la première , parce qu'elle contient les passages grecs qui se trouvent dans St-Épiphane et d'autres anciens auteurs , cet ouvrage a été réimprimé plusieurs autres fois ; < i> Michaelis Pselli dialogus de enemia seu operatione dœmonum , translatus a Petro Morello , Paris , 1577 , Il y a une préface de Feuardent, où il compare les hérétiques de son temps aux démons et aux magiciens; < i> Appendix ad libros Alphonsi a Castro , contra hœreses , tres libros distributa , Paris , 1578 Feuardent y réfute les hérésies ou omises par l'auteur, ou nées depuis sa mort ;,5° < i> Divins opuscules, ou < i> Exercices spirituels de St- Ephrem , avec un Sermon de St- Cyrille d'Alexandrie , de l'issue et sortie de dme du corps humain ; plus une réponse aux ques- tions d'un calviniste touchant la virginité de la mère de Dieu, Paris , 1579; 60 < i> Censura orienkilis Eccle- siœ de prœcipuis nostri seculi hœreticorum douma- tibus.:. < i> post editionem primam diligenter recognita et a mendis purgata, etiam notis nzarginum illus- trata , per Fr. Feuardentium, franciscanunz, Paris, 1584 ; 70 < i> Semaine première des dialogues auxquels sont examinées et confutées cent soisante- quatorz; e erreurs des calvinistes , Paris , 1585 Feuardent, après avoir composé cet ouvrage en français, le mit en latin ; 8' < i> Seconde semaine des dialogues auxquels , entre un docteur catholique et un ministre calviniste , sont pareillement examinées et confutées quatre cent soixante- cinq erreurs des hérétiques, Paris 1598 ; 9. < i> Theomachia calvinistica < i> sedecim libris profligata , quibus mille et quadr genti hujus sectœ novissimœ errores... < i> diligenter ex- < i> cutiuntur et refelluntur , Paris , 1604 On 8 aura pu remarquer que les erreurs se multiplient sous la plume de Feuardent à mesure et à proportion qu'il les examine et les réfute ; 100 < i> En- tremangeries ministrales , c'est- à- dire contradictions, injures , condamnations et exécrations mutuelles des ministres et prédicants de ce siècle , etc., Caen, 1601 ; Paris, 1604, édition augmentée de moitié; 110 < i> Biblia sacra cum glossa ordinaria... < i> et postilla Nicolai Lyrani, etc., < i> per Fr. Feuardentium, Joan- nem Dadrœum et Jacobum de Cuilly, , < i> doctores pari- sienses , Paris , 1590 , 6 vol. ; 12. < i> Histoire de la fondation de l'église et de l'abbaye de St- Mi- chel au péril de la mer , et des miracles , reliques et indulgences données en icelle , Coutances , 1604 Cette histoire du MontStMichel a été traduite en italien , Naples , 1612. Outre ces ouvrages Feuardent a donné des < i> Commentaires sur Ruth , Esther , Jonas ; sur l'épttre de StPaul à Philémon , sur celles de StJacques , de StPierre et de StJude. Il a fait des < i> Notes sur le Traité d'Arnobe le jeune , touchant l'accord de la grâce et du libre arbitre ; il a composé des discours, des homélies et des sermons. Ceux qui seraient curieux de connattre plus en détail ses ouvrages en trouveront dans le P. Niceron une liste qui prouve qu'il n'était pas moins écrivain laborieux que zélé et ardent controversiste
  • François FEYNES( 1500 - 1573) : professeur de la faculté de médecine de Montpellier, naquit à Béziers au commencement du 16. siècle, et mourut à Mont- pellier en 15'73. Ce médecin n'a rien écrit qu'un cours de médecine qu'il laissa manuscrit , et qui depuis qu'il a été publié a perdu la réputation dont il jouissait avant que les savants eussent pu le juger. Ce livre, imprimé à Lyon en 1650 a pour titre : Jledicina practica in quatuor libros digesta
  • François FICORONI( 1664 - 1747) : célèbre antiquaire italien , naquit à Lugnano ou , selon d'autres, à Labico, près de Rome, en 1664. Après avoir terminé ses études avec distinction , il se livra uniquement à son goût pour la recherche des antiquités. Quelques opuscules qu'il fit paraltre répandirent son nom par toute l'Italie, et la plupart des sociétés savantes s'empressèrent de lui ouvrir leurs portes. L'Académie des inscriptions et belleslettres le nomma aussi à une des places d'associés étrangers qui venaient d'ètre créées dans son sein, et Ficoroni était digne de cet honneur, non moins par ses qualités personnelles que par son étonnante érudition. 11 fut aussi agrégé à la Société royale de Londres en la mème qualité. Quoique ses panégyristes le représentent comme étant d'un caractère doux et obligeant, les querelles littéraires qu'il soutint fréquemment lui occasionnèrent des tracasseries, à la suite desquelles il fut plus d'une fois privé de sa liberté, si l'on en croit les auteurs allemands de l'Histoire impartiale de lEglise, 3e part. 11 fut le fondateur de la Société littéraire dee inculti à Rome, et il eut la satisfaction de la voir prospérer tant qu'il vécut. Ce savant laborieux mourut à Rome le 23 janvier 1747, à l'àge de 83 ans. On a de lui : I° Osservazioni sopra antichità di Roma descritte nel Diario cato dal P. Bernard Montfaucon , Rome , 1709 Cet ouvrage est curieux et estimé. Le P. Montfaucon y fit une réponse qui est insérée dans le Supplément au journal des savants pour la méme année. PaulAlexandre Mafféi, caché sous le nom du P. Romuald Riccobaldi , bénédictin prit aussi la défense de Montfaucon contre Fico- roni ; mais la mauvaise humeur perce dans son livre, et on doute, en le lisant, si le but de l'auteur n'a pas été plutôt de faire la satire de Ficoroui que l'apologie de son adversaire. Un anonyme, déguisé sous le nom de MonozFelina, répondit au furieux Riccobaldi par une lettre datée de Naples le 28 mars 1715, et imprimée probablement en cette ville. 2° Lettera a Giacomo lord Johnstone so- via un 11110V0 cammeo esprimente Marcello nipote di Augusto, Naples, 1718 1726, même format ; 3" le Memorie più singulari di Roma, notate in une laiera diretta al cavalier Bernard, Inglese ; aggiun- tari in fine la spiegazione d'une medaglia d'Orner° , Rome , 1730 , 4. la Bolla d'oro de' fanciulli nobili romani, e quelle de libertini, cd altre laritâ spettanti a' mausoleinuovamente scoperti, spie- gate , e divise in due parte, ibid.., 1732 Un extrait de la dissertation sur la boule d'or que les enfants portaient à Rome a été inséré dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions. 50 I Talé ed altri instrumenti lusorii degli antichi Romani , ibid., 1734 ouvrage curieux et peu commun en France; 6,, le Maschere sceniche, e le figure corniche d'antichi Romani, ibid., 1736 ; 1748 fig. Ces deux éditions sont également esti- mées; traduit en latin sous ce titre : De larvis scenicis, etc., ibid., 1744 ouvrage curieux, orné de 85 planches et de 2 vignettes en tailledouce . 7" I Piombi antichi, ibid., 1740 fig., rare et estimé. Les exemplaires grand papier Le savant Winckelmann prétend que le P. Arcnange Contueci , jésuite , est le véritable auteur de cet ouvrage. sont trèsrecherchés des curieux. Cet ouvrage a été traduit en latin par Dominique Cantagalli sous ce titre : De plumbeis antiquorum numismatibus, ibid., 1750 . 80 I Vestigi e rarità di Roma an- tica , ricercate e spiegate, ibid., 1744, grand L'abbé Lenglet cite une nouvelle édition de 1746, à laquelle on a ajouté la Descrizione di Roma ; no- derna. 90 Le Armorie ritrovate nel territorio della prima e secunda città di Labico e i loro giusti siti , ibid., 1745 Labico est une petite ville de la Campagne de Rome, située entre Frascati et Palestrine. Le dernier éditeur de la Méthode pour étu- dier l'histoire , par l'abbé . Lenglet, nomme mal cette ville Zatico. Si c'est une faute d'impression, elle était assez grave pour qu'on la corrigeàt dans l'errata. IO. Descrizione di tre particolari statue sco- pertesi in Roma l'anno 1759 Le P. Calogera l'a insérée dans sa Raccolta degli opuscoli sczenti- fichi , t. 22. IP Azyme Trajano dicatus Beneventi, Porta aurea dictes , Home , 1739 avec 10 planches; 12. Gemmoe antivtœ litteratoe, alfreque rariores, ibid., 1757 Cet ouvrage fut publié après la mort de l'auteur, avec de savantes notes de Nie. Galeotti. Iiirsch cite un traité manuscrit de Ficoroni : De numismatum veterum varietate et pre- tio. Ws .
  • François FLORENT : jurisconsulte né à Arna) leDuc , en Bourgogne , se lit recevoir avocat et plaida avec distinction au parlement de Dijon. Il devint ensuite antécesseur'à Orléans et mourut Je 29 octobre 1650. Florent s'occupa principalement de l'étude du droit canon et publia les ouvragés suivants, qui étaient autrefois fort estimes: In Dissertationes selectce juris canonici , Paris, 1632 2. Disputationes de nuptiis consobrinarunz, Paris, 1636 Ces ouvrages ont été réimprimés en 1679 en 2 volumes
  • François FLORIDUS( 1500 - 1547) : habile grammairien italien , naquit au commencement du 16e siècle à Dodanco , bourg de la province de Sabine , d'où il a été surnommé Sabinus. Il enseigna pendant quelques années les langues grecque et latine à Bologne , avec un grand concours d'auditeurs. Il vint ensuite en France, à la prière de François Fr, qui lui fit un accueil digne de ses talents et lui assigna une pension considérable. Sa reconnaissance pour les bienfaits du monarque l'engagea à entreprendre la traduction de l'Odyssée en vers latins, et il en fit imprimer les huit premiers livres qui eurent beaucoup de succès. Floridus mourut en 1547, et on a des raisons de croire que ce fut à Paris. On a de lui : 10 Apologia in Nanti aliorum- que poetarum et lingue latine calumniatores ; acces- sit libellus de legum commentatoribus , Lyon , 1557 Cette apologie de la langue latine est trèsestimée. Le traité sur les commentateurs brouilla Floridus avec le célèbre Alciat, qui n'y est pas ménagé. Pour se venger, Mciat fit contre lui son 163e emblème, au titre duquel il le désigna par les noms de Franciscus Midas. Voyez , sur cet emblème, les notes de Cl. Minos, édition de Lyon, 161 I où il est intitulé ln detractores ; 94" Lectionum subcesi- varum libri tics, Bologne , 1559 ; elles ont été insérées dans le 1" volume du Thesaurus criti- cus de Gruter. Floridus y prit la défense d'Érasme contre Dolet, ce qui engagea entre eux une guerre littéraire que termina l'ouvrage suivant : Adcer- sns Stephani Doleti calumnias liber, Rome, 1541 ; 40 De Joua Coesaris prestantia libri Ires, imprimé avec les ouvrages indiqués sous les deux premiers numéros , Bàle, 1540 il a été traduit en allemand par llenri d'Eppendorf ; llo- meri Odyssece libri octo primes munis versibus red- diti, Paris , 1545 On regrette que cette traduction n'ait pas été terminée. Floridus a aussi traduit en latin l'hymne à Diane , dans l'édition grecque de Callimaque, Paris, 1549
  • François FLORIO( 1400) : romancier, né à Florence dans le 15e siècle. J.-11. Leich prétewl que ce personnage est supposé, et il se fonde sur ce que les deux historiens des littérateurs de _Florence n'en ont fait aucune mention. Cette preuve ne paraîtra pas convaincante à ceux qui savent avec quelle négligence l'histoire littéraire a été traitée pendant longtemps. Les circonstances de la vie de Florio ne sont pas connues; mais on conjecture, d'après la souscription de son ouvrage , qu'il était attaché, peut-être en qualité de secrétaire , à l'archevêque de Tours, puisque c'est dans la maison de ce prélat qu'il mit la dernière main à son travail.Cet ouvrage est intitulé : De amure Camilli et : Emilioe Areti- norum liber. On lit à la fin : Liber editus in domo domini Guillermi archiepiscopi Turonensis , pridie kalendas januarii, anno Domini 1467. Cette date, jointe au mot editus, persuada à Maittaire que les bibliographes s'étaient trompés en fixant à 1470 l'introduction de l'imprimerie en France ; mais Lamonnoye commença à lui inspirer quelques doutes en lui annonçant deux éditions de cet ouvrage avec la même date. Foncemagne prouva ensuite, dans une dissertation , qu'il n'avait pu être imprimé en 1 '167; mais ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a découvert qu'il l'a été pour la première fois à Paris , par Pierre Cœsaris et J. Stol , vers 1475. Ce roman , auquel on doit trouver joint celui de Léonard Bruni (l'Arezzo , De duobus amantibus in loti- num ex Boccacio translat., est un goth. 41 feuillets. Ce n'est qu'une imitation des amours de Lucrèce et d'Euryale , par iEnéas Sylvius ; mais le style en est inférieur à celui du modèle. On conne encore de Florio : Epistola ad Jacobum Tor- lem de coninzendatione urbis Turonensis Cette lettre citée par Jean Mean dans son Histoire des archevd- ques de Tours se trouvait dans la bibliothèque du président Itlénard, on ignore où est passé le manuscrit et s'il en existe des copies
  • François FLORIS( 1520) : peintre d'histoire, né à Anvers en 1520, fut surnommé par quelquesuns le Raphaël de la Flandre , et par d'autres l'Incomparable. Son nom de famille était de liriendt. Cet artiste, fils d'un tailleur de pierres , prit le goût et acquit les premières connaissances du dessin chez un de ses oncles , sculpteur , qui l'employait à ciseler des figures sur des tables de cuivre destinées à l'ornement des tombeaux. Il alla ensuite étudier la peinture à Liége , chez Lambert Lombard, dont les ouvrages avaient à cette époque quelque réputation. Le maitre fut surpassé par l'élève ; et celuici revint à Anvers, où il établit une école qui attira une foule de jeunes gens. Une fois audessus du besoin, il partit pour l'Italie, dont il parcourut les principales villes. Ce fut à Rome qu'il se perfectionna dans la connaissance de l'antique , trop négligée jusqu'alors par ses compatriotes : l'étude particulière qu'il fit des beaux ouvrages de MichelAnge contribua surtout à rectifier jusqu'à un certain point ce que son dessin avait de défectueux. On aurait tort de croire cependant qu'il parvint à égaler pour la grâce et la pureté des formes les maitres des écoles lletsis), auxquels il était, en effet, trèssupérieur sous le rapport du style et du choix des formes. Du reste , quoiqu'il eût une grande manière, son coloris manquait de ton dans les carnations, et les contours de ses figures étaient un peu trop séchement arrêtés. Son séjour en Italie ne servit pas seulement à lui faire connaltre ce qu'il y avait d'admirable dans cette terre classique des beauxarts; il cultiva à Rome les sciences et les lettres , et il eut bientôt orné son esprit au point de pouvoir être consi- déré comme un des hommes qui brillaient le plus Jans la conversation. Aussi , lorsqu'il revint clans sa patrie, futil recherché avec empressement et comblé de faveurs par tous les personnages illustres des PaysBas. Sa fortune s'eleva en peu de temps à plus de mille florins de rente : mais il eùt mieux valu pour lui qu'elle n'eût pas pris un accroissement si rapide ; il n'eût peut-ètre pas contracté l'habitude des folles dépenses , et son intempérance ne l'eût pas précipité dans une extrème misère à l'âge où l'on est le moins en état de supporter les privations. On raconte qu'il se glorifiait d'être le plus intrépide buveur de son temps et que, pour en soutenir la réputation, il avait gagné les gageures les plus extravagantes. Il peignait avec une facilité rare , et les fumées du vin lui donnaient quelquefois une telle hardiesse d'exécution , qu'il en était luimême tout surpris lorsqu'il revoyait de sangfroid son ouvrage. Mais ce qui lui avait réussi d'abord finit par lui faire perdre une partie de son habileté; il le sentit si bien au lit de la mort , qu'en disant adieu à ses fils et à ses élèves, il leur recommanda expressé- ment de ne pas suivre son exemple. Lorsque CharlesQuint lit son entrée à Anvers, FrancF eut la direction des arcs de triomphe élevés en l'honneur de ce monarque. On rapporte à cette occasion , comme une preuve de sa prodigieuse facilité, qu'il peignit tous les jours sept figures en sept heures de temps , et que , quoiqu'il les eût faites pour être vues de loin, elles étaient traitées avec assez de soin et de détails pour mériter d'être considérées de près avec attention. Franclions fut chargé des mêmes travaux et s'en acquitta avec le même succès lorsque Philippe vint , à l'exemple de Charles, recevoir l'hommage des Anversois. On remarque qu'il ornait presque toujours ses compositions de divers morceaux d'antiquités qu'il avait dessinés en Italie et qui produisaient un heureux effet. La plupart de ses ouvrages , notamment ses beaux Arcs de triomphe et ses douze Travaux d'Hercule, ont été gravés par d'habiles artistes. On voit de ses productions en Flandre , en Hollande , en Espagne et dans le Muséum de Paris , où son tableau du Jugement dernier fixe les regards de la multitude. Ses dessins sont rares et estimés. FrancFloris mourut en 1570. Il avait été reçu avec distinction dans la compagnie des maltres peintres d'Anvers dès l'année 1539, c'est-àdire avant qu'il eût atteint l'âge de vingt ans. Peu d'artistes comptèrent dans leur atelier un aussi grand nombre d'élèves; il en avait plus de cent vingt , parmi lesquels étaient ses deux fils, dont l'un , François Floris, a particulièrement réussi dans les tableaux de petite proportion
  • François FOLLI( 1624) : naquit le 3 mai 1024, au chàteau de Poppi, en Toscane, près de la source de l'Arno, Sa famille, originaire de Borgo di SanSepolero, avait fourni des bornoies d'État et des littérateurs distingués. Entrainé par son goût pour les sciences naturelles, Folli choisit la médecine. Il exerçait depuis huit ans cette profession à Bibbiena lorsqu'au mois d'aoùt 1665, il fut appelé à Florence en qualité de médecin de la cour. Le grandduc Cosme III de Médicis lui proposa le méme emploi auprès de la princesse sa fille. Mais Folli avait senti le poids des chaines qu'impose constamment la faveur des souverains. Il refusa le poste brillant qui lui était offert , s'éloigna de la cour, quitta inéme la Toscane, et se retira dans la petite ville de Ci terna , où il donna ses soins aux malades jusqu'à sa mort, arrivée en 1685. Folli ne se borna point à la pratique de son art ; il fit des expériences multipliées, toutes ingénieuses, et dont quelquesunes ont éclairé ou perfectionné la physique et l'agriculture. Les écrits dans lesquels il a consigné le résultat de ses travaux méritent certainement des éloges , bien qu'ils ne soient pas à l'abri de la critique-: 1. Recreatio phgsica , in qua de sanguinis et omnium viventium universali analogie( ' circulatione disseritur, Florence, 1665 L'au teur adopte et exalte la belle découverte de Guillaume Harvey, dont il fait des applications trop générales au système de' l'univers. Il cherche à concilier les opinions des anciens avec celles des modernes, trace une description assez fidèle d'une épidémie de fièvres putrides, regarde la bile comme la cause productrice de la fièvre tierce et de la quarte : en effet, plusieurs observations tendent, sinon à confirmer, du moins à rendre vraisemblable cette origine ; 2. Stadera nzedica, nella quale , dire la medicina infusoria ed altre novita, si bilanciano le ragioni favorevoli e le contrarie alla transfusione del cangue, Florence, 1680 Foin se proclame l'inventeur de la transfusion du sang, qu'il avait exécutée dès le 13 août 1654, en présence de Ferdinand II. Les historiens de cette opération singulière, loin de reconnaitre les droits du médecin de Citerna , font à peine mention de lui. Chacun sait que la gloire de l'invention en appartient à Libavius. Folli prétend aussi avoir imaginé le premier un instrument propre à mesurer l'humidité atmosphérique : il le nomma mostra umidaria. Pour rendre cet hygroscope ou hygromètre plus commode et plus utile à la météorologie, l'auteur y adapta un therniomètre; 3. Dialogo intorno alla cultura della vite, Florence, 16,0 La méthode de Folli consiste à laisser végéter la vigne en toute liberté, à favoriser même son développement par le moyen des tailles, qui réunissent à la beauté l'avantage de produire des fruits plus abondants et plus savoureux. Les matériaux de cet article ont été puisés ,dans un Éloge peu commun de 1'mm: ois Folli
  • François FONTANA : astronome napolitain, vivait au 17e siècle. 11 voulut étudier la jurisprudence, et se fit meule recevoir docteur en droit ; mais il n'avait pas cette facilité d'élocution qu'exige le barreau. D'ailleurs, il ne trouvait au forum qu'erreur ou mensonge , tandis que les sciences exactes pouvaient seules, , autre astronome, issu d'une famille illustre, naquit à Modène en 16t5. Doué d'un caractère enclin à la piété , il embrassa l'état ecclésiastique et prit , avant l'âge de vingt ans, l'habit des clercs réguliers dits Théatins. 11 fit sa profession à Rome et mena constamment une vie exemplaire. Toutefois, les exercices pieux ne rem* chèrent point de se livrer à l'étude des sciences et de la littérature ; et ses supérieurs l'employèrent à l'enseignement public dans leurs maisons de Rome, de Padoue-, de Vérone et de Modène. (inc des sciences qu'il affectionnait le plus était l'astronomie. Confiné dans la maison professe de sa ville natale, qu'il ne quitta qu'à la mort, Fontana matait autant de soin à fuir les honneurs et la gloire , que d'autres en prennent pour les acqué- rie. Cependant sa réputation perça malgré lui ; et dans peu de temps il se vit en correspondance avec les savants les plus illustres de son temps, tels que Muratori , Salvago, Eustachi, Manfredi, Corradi. il se lia surtout d'une amitié particulière avec le célèbre J. Dominique Cassini ; et celuici lui a rendu le témoignage public que', de toutes les observations astronomiques qu'on lui communiquait, celles de Fontana étaient toujours les plus exactes. Ce dernier eut avec le P. Ramazzini une discussion sur les variations du baromètre. On peut consulter à ce sujet un écrit de Fr. Torti, intitulé : Dissertatio epistolaris circa mercurii motiones iu barometro , dans lequel il examine et compare les opinions de Fontana, de Rodolphe Camérarius et de Schelamer. Fontana mourut de la pierre le 95 juin 1719. On a de lui : 1,, butinai° physico- astronomica , corn appendice geographico, Modène , 1695, Animadrersiones in historiam sacro- politicam , proesertim chronologiam spectantes ; nonnulla ad astronomiam et chorographiam, nec non disscrtatio physico- mathematica de . acre, Modène, 1718 ; 3° une Carte géographique du pays de Modène, et beaucoup d'autres cartes également manuscrites. 11 avait entrepris de lever celles de toute la Lombardie ; mais la mort l'empocha de terminer l'exécution de ce projet. 4° On trouve consignées dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, plusieurs Observations astronomiques de Fontana. Son éloge, par Joseph Bertagni , a été inséré dans le tome 53, partie première , du Giornale de' letterati D
  • François FONTANA : autre architecte de la oléine famille et descendant du fameux Dominique Fontana, fut honoré comme lui du titre de chevalier et s'illustra par des travaux du mème genre. Il s'était déjà signalé par plusieurs beaux ouvrages, lorsqu'il fut chargé en 1705 du transport et de l'érection sur la place du MonteCitorio d'une ancienne colonne prise d'abord pour la Columna Citatoria, et que l'on reconnut ensuite pour la colonne consacrée à la mémoire d'Antonin le Pieux par MarcAurèle et Lucius Vérus, après son apothéose : elle est de granit rouge , de huit palmes de diamètre et de soixantesept et demi de haut. Le piédestal, d'une seule pièce , est orné de basreliefs, dont les mieux conservés représentent l'apothéose d'Antonin. L'opération se fit avec grand appareil et sans accident. Élevée en moins de quatre heures , abaissée deux jours après, transportée en huit jours, la colonne fut mise sur son piédestal au son des tambours et des trompettes et au bruit du canon. François Posterla publié en italien le détail de ces travaux dans trois brochures , dont on peut voir l'extrait dans les mémoires de Trévoux , d'avril 1706. — Joseph FONTANA , savant littérateur et médiocre écrivain , né près de Roveredo en 1759, mort dans cette ville le 29 mars 1788, y exerça la médecine avec distinction : il avait des connaissances étendues dans la géographie et l'histoire littéraire, civile et ecclésiastique de l'Italie. Il a fourni au Journal de médecine de bonnes observations, l'histoire d'une épidémie dont la ville de Roveredo avait été affligée, etc
  • François FONTANELLA( 1768) : savant orientaliste , C'est lui qui rédigea la fameuse bulle d'excommunication fulminée par Pic VII, lorsqu'il fut enlevé de Home. A—D. naquit à Venise le 28 juin 1768. Son hère, simple ouvrier, sacrifia ses 1:COnotnivS pOtt• in+ donner une éducation capable de le faire entrer dans l'état ecclésiastique, auquel il se destinait. Toutefois, en suivant les études théologiques, il manifesta un grand désir de connaltre les languies orientales, et if eut le bonheur d'y avoir pour maitre l'abbé J.B. Gallicciolli , l'un des hommes les plus savants que, l'Italie ait produits. Son premier ouvrage fut une dissertation sur la manière dont on devait écrire le mot Johannes. Il donna dans cet essai des preuves de la profondeur de sa critique et de son jugement. Nommé professeur de grammaire à Venise , il se fit en mont' temps remarquer parmi les orateurs sacrés. Lors de la réunion de Venise au royaume d'Italie , il fut nommé professeur d'éloquence latine au lycée d'Urbin. Admirateur enthousiaste de Bonaparte, il le choisissait toujours pour sujet de ses thèmes , dédaiguant les grandeurs classiques de(;tsar et d'Alexandre. Ce culte exclusif fut plus tard la source tic grands malheurs pour Fontanella : car, en 1811, pour se soustraire aux menaces de quelques hommes exaltés dans un autre sens , ;sifflanella fut obligé de fuir pendant la nuit; à peine s'étaitil sauvé, que sa maison fut envahie et pillée. Désormais pauvre et sans place , il se fit correcteur d'imprimerie à Venise et duit à M. Barthélem i Gamba d'are employé pendant plusieurs années dans la typographie d'Aleziopoli. Philosophe , il supportait sa Mauvaise fortune avec beaucoup de courage : il écrivait à un de ses amis que, quoique le métier de correcteur d'épreuves fiit regardé comme très fatigant et très- ennuyeux , il y trouvait du plaisir et ? ème du charme. Après plusieurs années de détresse, Fontanella en fut tiré par le gouvernement autrichien , qui le chargea , avec Jean Petellini, de dresser le catalogue de la Bibliothèque Zeniana. Lorsqu'il eut terminé ce travail , le patriarche Milesi le nomma professeur des langues grecque et hébraïque dans le séminaire de Venise ; mais cette place ayant été supprimée , il fut forcé de redevenir correcteur (l'épreuves et de donner des leçons dans des maisons particulières. Il mourut le 22 mars 1827. Ses ouvrages sont : 10 L'orlografia del nome Johannes , Venise, 1790 Proso- dia che serve d'appendice aile regole generali della sintassi latina, ibid., 1812 ; Ossi. rrazioni copra la seconda edizione Bell' Iliade d'Orner°, publicata da Vincen: o 'Midi, ibid., 1814 Cet ouvrage est entièrement consacré à des observations sur l'orthographe; 4" Lo stampare non è per tutti, 1814 Cette comédie burlesque attira de violentes critiques à son auteur, à qui l'on reprochait d'attaquer plusieurs célébrités contemporaines ; 5. Addenda ad grœcam grammaticen , Mediolani imper. typis editam 1819 , Venise, 1819; 6. La paleortoepia della lettera grecs 1 , ibid., 1819 L'auteur a soutenu dans cette brochure que la lettre Yi devait se prononcer comme e ; cependant il renonça plus tard à cette opinion , et, dans un discours qui précède son Dictionnaire grec , il a déclaré qu'il s'en tenait à la prononciation usuelle de • grec en i ; 7° Limen grammaticum sive prima grecoe linguoe rudimenta , Venise , 1819 ; 8° Secunda pars , sive syntaxis grecte grammatices , ibid., 1821 9° Vorabolario greco- italiano ed italiano- greco, ibid., 482l 10° Memoria sopra la grammatica grena elementare ad uso delle classi III e IV del corso ginnasiale , ibid., 1822 11° Vocabolario ebraïco- italiano ed italiano- ebraïco , ibid., 1824 ; 12" Vita di Francesco Fontanella , prete veneziano , scritta da lui medesimo , ibid., 1825 15° Quesito in- torno all' opera ortografia enciclopedia universelle della lingua italiana, ibid., 1826 11° Corso di mitologia , ibid., 1826, 2 vol. ; 15° Lettera alla nerzione ebrea per eccitarla allo studio, ibid., 1826 ; 16° Nuovissima grammatica italiana per appender la lingua ebraïca. On imprimait cet ouvrage lorsque Fontanella mourut, et l'on en suspendit la publication
  • François FOSCARI( 1704) : sénateur, descendait de l'illustre et malheureux doge que ses ennemis forcèrent à déposer une autorité qu'il n'avait fait servir qu'à la gloire de l'État . Né à Venise le 50 décembre 170'k , il annonça dès son enfance un goût trèsvif pour les lettres et les arts, et se distingua par la rapidité de ses progrès. Mais, voulant se rendre capable de remplir avec honneur les différents emplois qui pourraient lui etre confiés dans la suite, il sut résister à l'attrait qui l'entraînait vers la littérature, pour se livrer à l'étude des diverses parties de l'administration , et s'y rendit trèshabile. Député par le sénat à Rome en 1748, afin de ré- e-,ler les difficultés qui subsistaient entre la cour d'Autriche et les Vénitiens au sujet de l'ancien patriarcat d'Aquilée , il contribua beaucoup à les terminer. Il profita de son séjour à Home pour étudier les antiquités et perfectionner ses connaissances dans les arts par l'examen des chefsd'oeuvre et la fréquentation des artistes. En 1756 il fut envoyé à Constantinople avec le titre de baile ou résident, qu'il échangea contre celui d'ambassadeur extraordinaire , pour complimenter Mustapha III sur son avénement au trône impérial. Nommé depuis à l'ambassade ; des OEuvres de Théophylacte , archevêque de Bulgarie, 175i, et de la Biblioth. grœco- lat. des Pères et des anciens auteurs ecclésiastiques . Foscari mourut à Venise le 17 décembre 1790, à 86 ans, laissant la réputation d'un généreux protecteur des lettres et d'un homme d'État consommé. Le marquis Ant. Solari a publié son Éloge historique, Venise , '1791
  • François FOSCARI : doge de Venise de 1425 à 1457. François Foscari fut élu doge le 15 avril 1423, à la mort de Thomas Mocenigo. Il n'avait guère plus de cinquante ans , et il était le plus jeune de tous les électeurs dont il réunit les suffrages. On redoutait cependant à Venise le goût qu'on lui connaissait pour les armes ; et en effet, comme ses ennemis l'avaient annoncé, il engagea les Vénitiens dans une longue guerre avec les ducs de Milan, PhilippeMarie Visconti et François Sforza. Mais l'ambition de Foscari fut avantageuse pour la république , tandis qu'à luimeme elle ne procura que des mortifications et des chagrins. Il perdit successivement ses trois fils ; et le quatrième , JacquesFoscari, sur qui reposait l'espoir de sa maison, fut accusé, au mois de février 1445, d'avoir reçu des présents de plusieurs princes et de plusieurs capitaines, sans doute pour qu'il leur rendit son père favorable. Jacques Foscari fut arrèté par ordre du conseil des Dix ; et après avoir confessé à la torture les charges portées contre lui , il fut relégué à Napoli de liomanie , et ensuite à Trieste : on le menaça (le la peine de mort, s'il s'écartait du lieu qui lui était assigné pour demeure. Cependant Hermolao Donati , procurateur de SaintMarc , ayant été assassiné en 1450, on soupçonna Jacques Foscari d'avoir armé l'assassin : pendant plusieurs jours on soumit à la plus horrible torture, et Foscari, et l'homme qu'on croyait qu'il avait soudoyé; mais on ne put tirer aucun aveu ni (le l'un ni de l'autre. Cependant le fils du doge, à la suite de ces affreuses douleurs, perdit pendant quelque temps l'usage de sa raison. Son père supplia qu'on lui permit (le déposer une dignité qui semblait si funeste à toute sa famille ; mais le conseil des Dix le retint forcément sur le trône, en méme temps qu'il retenait son fils dans les fers. Celuici fut l'envoyé à la Canée, dans Ille de Candie , avec l'obligation de se présenter chaque jour au gouverneur de la ville. En vain il demandait grâce au farouche conseil des Dix ; en vain il réclamait contre l'injustice de sa dernière sentence , qui devenait évidente depuis que le véritable assassin d'llermolao Donati avait confessé son crime au lit de mort. Le désir (le revoir son père et sa mère , arrivés tous deux au dernier terme de la vieillesse, le désir de revoir une patrie dont la cruauté ne méritait pas un si tendre amour, se changèrent chez lui en une vraie fureur. Ne pouvant retourner à Venise pour y vivre libre, il voulut du moins y aller chercher un supplice. Il écrivit au duc de Milan pour implorer sa protection auprès du sénat ; et sachant bien qu'une telle lettre lui serait imputée comme un crime, il l'exposa luimoine dans un lieu où il savait qu'elle serait saisie par les espions qui l'entouraient. En effet, au mois de juillet 1456, le conseil des Dix envoya une galère pour le chercher. Introduit devant ses juges , il reconnut aussitôt sa lettre et il avoua le motif qui la lui avait fait écrire. Le tribunal , sans se contenter de cette déclaration , lui fit donner trente tours d'estrapade pour tirer de lui quelque autre aveu; cependant il permit ensuite à son père, à sa mère, à sa lemme et à ses fils d'aller le voir dans sa prison , après quoi il le renvoya à la Canée ; mais à peine Foscari futil débarqué sur cette terre (l'exil, qu'il y mourut de douleur. Le vieux (loge, accablé (l'années et de chagrins, s'était efforcé de paraltre encore ferme dans la prison de son fils ; mais après l'avoir quitté, il s'évanouit. Dès lors on ne le vit jamais recouvrer ni la force du corps ni celle de l'âme ; il n'assista plus à aucun des conseils, et il ne put remplir aucune des fonctions de sa dignité. Il était alors Agé de 84 ans , et sa mont ne pouvait se faire longtemps attendre ; mais le conseil des Dix , au mois d'octobre 1457, lit demander à François Foscari d'abdiquer. Le vieux doge répondit qu'il se soumettrait aux ordres de la seigneurie et qu'il ne les devancerait pas. Alors le conseil des Dix lui donna l'ordre d'évacuer en trois jours le palais et de renoncer aux ornements ducaux, Foscari obéit sans murmurer ; il retourna chez lui avec son vieux frère 1Iarc Foscari, procurateur de StMarc. Un édit du conseil des Dix menaça de traduire devant les inquisiteurs d'État quiconque parlerait de cette révolution. Pasqual Malipieri fut élu pour successeur de Foscari ; mais ce dernier, entendant les cloches qui sonnaient en actions de grâces pour cette élection nouvelle, mourut tout à coup d'une veine qui se rompit dans sa poitrine , trois jours après sa déposition
  • François FOUCAULT( 1590 - 1640) : prêtre; né à Orléans vers 1590. Nous le citons moins pour les traités mystiques qu'il composa, que pour les immenses services qu'il rendit comme citoyen et comme prêtre aux habitants d'Orléans, lorsqu'en 1626 une peste cruelle dépeupla leur ville. Digne imitateur de Charles Borromée, il en institua, pour le clergé de sa patrie , la confrérie qui subsiste encore. Fran- çois Foucault mourut en 1610. On lui doit un livre de prières intitulé : le Pain cuit sous la cendre apporté par un ange au prophète Elie pour conforter le moribond, Orléans, 1651. Dans une seconde édition qui en fut faite, on substitua au titre, qui parut trop recherché , celui de Prières chrétiennes pour servir de préparation â la mort. Ce livre est particulièrement utile aux victimes des maladies contagieuses. — Il ne faut pas confondre cet auteur avec NiCOMS FOUCAULT , du même diocèse et de la inème famille, mort le 18 avril 1692. Ses Prônes pour tous les Dimanches de l'année, publiés en 1696, se vendirent si rapidement , que quelques années après on en fit une seconde édition. Ce ne fut pas le seul service que Nicolas Foucault rendit aux moeurs de son pays : temps, soins et fortune, il sacrifia généreusement tout pour l'établissement du BonPasteur ou des Filles pénitentes sur le modèle de celui de Paris. Il leur assigna une maison, pourvut à leur entretien , et dans cette oeuvre de miséricorde trouva des coopérateurs qui suivirent volontiers un si bel exemple sous l'influence du cardinal de Coislin, alors évêque d'Orléans. Cet établissement du BonPasteur produisait les plus heureux fruits : il disparut pendant les orages de la révolution
  • François FOUQUET : vicomte de Vaux , d'une ancienne famille de Normandie, fut nommé successivement maitre des requêtes et conseiller d'État ordinaire, et s'acquit par son intelligence des affaires et sa rare probité l'estime de Louis XIII et du cardinal de Richelieu. 11 avait épousé Marie, fille de Gilles de Maupeou , seigneur d'Ableiges , contrôleur général des finances ; et il eut de ce mariage , entre autres enfants, Nicolas Fouquet, surintendant des finances, si célèbre par ses disgrâces. Madame Fouquet, femme d'une éminente piété et d'une charité vraiment chrétienne, après la mort de son mari , se consacra entièrement au service des pauvres malades et mourut en 4681, à l'âge de 91 ans. On a de cette dame respectable un Recueil de recettes choisies, expérimentées et ap- prouvées, Villefranche, 1665 Cette édition est trèsrecherchée des curieux, parce qu'elle est l'originale : les suivantes contiennent des additions plus ou moins considérables
  • François FOURNIER de Pescay( 1771 - 1833) : médecin , naquit le 7 septembre 1771 à Bordeaux , d'une famille originaire de StDomingue et dans laquelle, comme on le voyait à sa couleur , le sang africain s'était mêlé à celui de la colonie. Après avoir fait ses études médicales à Bordeaux , il entra en 1792 comme adjoint, puis comme aide chirurgiendiajor, , dans un corps de l'armée. En 1794 il fut l'adjoint de Saucerotte, chirurgienmajor de l'armée du Nord, et passa deux ans plus tard en la i même i qualité i à l'armée i de SambreetMeuse. Son emploi ayant été supprimé, il s'établit à Bruxelles, où il fonda une école de médecine et devint professeur de pathologie. Il s'y fit aussi une clientèle et dirigea en mime temps un i Nouvel esprit des journaux i, faisant suite à l'ancienne entreprise de ce nom. En 1806 il abandonna toutes ces entreprises pour être chirurgienmajor des gendarmes d'ordonnance et vint se fixer à Paris , d'où il ne tarda pas à être envoyé à Valençay comme médecin de Ferdinand VII, qui plus tard lui fit une pension. En 1814 , après le départ de :ce prince, Fournier fut élu secrétaire du conseil de santé des armées , et dans le même temps il reçut i de i Louis XVIII la croix de la Légion d'honneur. En 1823, au moment où la France négociait avec les nègres de StDomingue pour la cession définitive de cette colonie, le docteur Fournier s'y rendit avec l'unique projet en apparence ; 5° i le Vieux troubadour i, ou i les Amours i , pompe en cinq chants de Hugues de Xentralès, traduit de la langue romane, Paris, 1812 I i Prophéties de Alerlin l'Enchanteur i,écrivain du r siècle ; i les Étrennes, ou i. i Entretiens des morts i, Paris, 1813 8° i Nouveau projet de réorganisation de la médecine , de la chirurgie et de la pharmacie en France i, ibid., 1817 90 Traduction , avec M. Begin, du i Traité des i i principales maladies des yeux i, de Scarpa , avec des notes et additions, Paris, 1821 , 2 vol. 100 i Notice biographique sur François de Pescay, cul i- i tivateur ci St- Domingue i, Paris, i 18'22 i Ce mé- moire, où Fournier retraçait les travaux de son père , fut couronné en 1.823 par la Société royale d'agriculture; Il' i Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires i , faisant suite au journal qui paraissait sous le même titre, rédigé sous la surveillance du Conseil de santé et publié par ordre du ministre de la guerre, Paris, 1821 , t. 8 Les tomes 9, 10, ont paru dans la même année, et les tomes 11 et 42 en 1822; 12" i Lettre adressée à S. E. le maréchal duc de Raguse i, 1821, Fournier avait. lu à l'Institut quelques dissertations i sur le grasseyement, sur la musique i, etc., et il est auteur de beaucoup d'articles dans le i Dictionnaire des sciences médicales i et dans notre i Biographie universelle i. — FOURNIER i de Pescay i, fils du précédent, littérateur de beaucoup d'espérance, mourut en :1818 à peine àgé de 20 ans. Il avait publié un i Eloge de St- Jérôme i, Paris, 1817 et il a fourni quelques articles à la i Biographie universelle i. MD-
  • François FRANCHINI( 1495) : poëte latin né en 1495 à Cosenza, dans la CalabreCitérieure, suivit d'abord la carrière des armes avec assez de distinction. Il faisait partie de l'expédition que CharlesQuint conduisit en Afrique en 1534 : le vaisseau qu'il montait, battu par une violente tempète , ayant été jeté contre la côte, où il se brisa, ce ne fut qu'en affrontant (le nouveaux dangers que Franchini parvint avec ses compagnons à rejoindre l'armée de l'empereur. Fatigué de la vie errante qu'il avait menée jusqu'alors , il se démit de ses emplois militaires et embrassa l'état ecclésiastique. Le talent qu'il annonçait pour la poésie lui fit bientôt d'illustres protecteurs à la cour de Rome. Le pape Paul III le nomma à l'évèché de Massa, auquel il renonça peu de temps après pour celui de Populonia. Il mourut à Rome en 1554 à l'âge de 59 ans, et fut inhumé dans l'église de la Trinité du Mont , où l'on voit son épitaphe. De Thou dit que Franchini avait composé quelques Dialogues qui ne le cédaient pas à ceux de Lucien; mais il est le seul qui ait parlé de cet ouvrage, inconnu à tous les bibliographes. Franchini a publié luimème le Recueil de ses poésies quelques mois avant sa mort , Rome, 1554 Ce volume contient un poëme intitulé ArOnna, où il traite de l'origine de la manne de Calabre et de ses qualités; un livre auquel il a donné le titre d'Heroês, parce qu'il contient les éloges de plusieuis hommes célèbres, entre lesquels, par une singularité remarquable, il a placé celui de son cheval Liparo; un livre d'élégies et cinq d'épigrammes. Son style, formé sur celui des bons modèles , a de la grâce et de la facilité; on trouve de la douceur dans ses élégies ; ses épigrammes ne manquent pas d'agrément, mais dans le nombre il y en a plusieurs de trop vives et d'autres trop licencieuses : aussi ce volume atil*été mis à l'index. Les poésies de Franchini ont été réimprimées à Bâle, 1558 Cette édition est moins belle et moins rare que la première. On trouve les meilleures pièces de Franchini dans les Carmina illustrium poetarum Italorum de Toscano et dans les Delicioe poetarum Italorum de Jean Gruter
  • François FRANCO( 1500 - 1557) : médecin , naquit à Xativa, dans le royaume de Valence, en Espagne, au commencement ( ln Itie siècle. Il était professeur à l'université d'Alcala , et il quitta cette place pour aller occuper en Portugal celle de médecin du roi Jean 111. Ce prince étant mort en 1557 , Franco, qui avait le goût des voyages, s'y Ihra pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'enfin il fut appelé à se fixer à Séville, en qualité de professeur de la première chaire de médecine de lenniversit qui florissait dans cette capitale de l'Andalousie. Ce fut alors que Franco publia les deux seuls ouvrages qui nous soient restés de lui et qui ont pour titre : LW° de eufermedades contagio- sas y de la preserracion de ellas ; c'est-àdire , Traité des maladies contagieuses et des moyens de s'en préserver ; De la nitre y del uso de ; c'est-àdire, De la neige et de son usage. Les deux traités forment un volume Séville , 1569. Le premier renferme des choses importantes sous le rapport de la pratique et décèle un homme fort savant pour son huis : le second contient des préceptes utiles qui trouvent une application plus spéciale dans le climat du midi de l'Espagne. On ignore l'époque précise de la mort de François Franco
  • François FRANCŒUR( 1698 - 1787) : surintendant de la musique du roi , naquit à Paris le 22 septembre 1698 et mourut le 6 août 1787. Dès sa jeunesse il se lia d'une étroite amitié avec François ltebel , chevalier de l'ordre de StMichel et qui fut comme lui sur de la musique du roi . Francœur entra, François Rebel, fils de Jean Ferry, l'un des vingtquatre violons de la chambre, était né le 19 juin 1701, et mourut le en 1710 à l'orchestre de l'Opéra et fut nommaen 173G, conjointement avec Rebel, inspecteur ; Tarsis et Zélie ; la Félicité, ballet ; Scanderberg la Paix , ballet ; les Augustales ; Zdiador ; Ismène : les Génies tutélaires ; le prince ; deux divertissements intitulés , le Retour du roi, pour les années 1744 et 1745, et le Trophée, prologue en mémoire de la bataille de Fontenoy . - FRANCOEUR , neveu du précédent, naquit à Paris le 8 octobre 1758 et mourut le 10 mars 1801 11 fut élevé par son oncle , qui le plaça dans l'orchestre de l'Opéra , en 1752. Quinze ans après , il devint maitre de musique de cet orchestre; et c'est de l'époque de sa direction que datent l'ensemble et l'exécution parfaite qui rendent ce corps de musiciens un des plus recommandables de l'Europe. On doit à Louis un livre intitulé : Diapason de tous les instruments à rent, Paris, 1772 et l'acte d'opéra intitulé : Ismène et Lindor . En 1770 il avait retouché celui d'Ajax. Déjà avancé en àge , Francoeur rencontra un jour une femme peu jolie , dont la jupe s'accrocha en descendant de voiture. Frappé de la beauté de sa jambe , il en devint épris et en moins de quinze jours il fut son époux. On peut consulter sur cette famille estimable l'Essai sur la musique de la Borde
  • François GALEAZZI( 1760) : né à Turin vers 1760, s'établit dans sa jeunesse à Ascoli , Triéeiman« dans ke matbémeti- ..v. fit une fende pastiotireere de ka 111111eiltle. .11frfAI ciet iii. et esti/a es italien dee É/ émeris nt esurifir. pi envient beruotoup de suceiste saur« en Vis', à I. ai id était allé pour esirifte.r une «fonde édition de fOtl euerige, ras intitulé Életnewil tiegoi,- pratires saripae , wiris duo Essai eer La maniere de jouer ‘11111-111.111. lime, 1791 et 17e. c roi. Il s'a para qu'un entame de la seeonde édition. im- primée en Is17, à Astoli. fi e4 d'autant plue à regretter que tette impreseion n'ait pas pu etre terminée. que rouleur y avait fait des additions txrreetinas iinportamers. et qat renferme 'iPr était direiné à aimât- trois volumes. Gaintirti rauteur ik La... der, le spiàére armillafre, servir eittrodactian a I ét« de de la 9ra/ rapide, avec au abrégé par ordre alphabétique dee termes les péan usités dam (eue scieYser, Ilectrata. fferl On a trou ré epres sa mort plueiture ma- vmee4ts air la pbyiiique et ta chimie qui sont restés t e
  • François FRIGIMELICA( 1491 - 1559) : né à Padoue le 15 jan- vier 1491, professa pendant quarante ans la médecine à l'université de cette ville, et acquit une grande réputation dans la pratique et dans l'enseignement de son art. Pressé d'accepter la charge de médecin du pape , alors trèsrecherchée , et qui lui fut offerte en vain plusieurs fois, il s'excusa longtemps sur sa mauvaise santé; mais il céda enfin aux instances de Jules III, qui lui écrivit à ce sujet, le 5 janvier 1555, une lettre trèsflatteuse, où il lui faisait les offres les plus avantageuses, et lui manifestait un vif •désir de l'avoir auprès de sa personne. Frigiinelica se rendit donc à Rome, et y remplit les fonctions délicates de sa nouvelle charge jusqu'à la mort de ce pontife , qui eut lieu quelques années après. Soit que son âge lui rendit alors le repos nécessaire, soit élue les honneurs et la pompe de la cour de Rome n'eussent pu lui faire oublier Padoue ni les paisibles occupations de toute sa vie , ce médecin sollicita la permission de retourner dans sa patrie. Elle lui fut accordée à regret par le nouveau pape , qui n'avait pas moins d'estime pour lui que son pfrédécesseur ; et , peu de temps après son retour à Padoue, il y mourut, le Pr avril 1559, à l'âge de 68 ans. Il passe pour avoir le premier fait usage et établi la réputation des eaux du Honte Ottone , dans le territoire de Padoue. Les plus remarquables de ses ouvrages sont : 1° Variarum rerum medicinalium, tractatus triginta , dont les principaux : De morbo gallico, De capillorum defluvio , se trouvent dans la collection de Venise , Aphrodisiaci , seu de lue venerea, Venise , 1599 Tractatus de balneis nzetallicis arte pa- randis, Padoue, 1 659 3. Pathologia parva, in qua methodus Galeni practica explicatur, , publiée par Gaspard Hoffmann, Iéna , 1640 ; Paris , 1647 Fallope parle en outre d'un traité De pulsibus, et cite avec beaucoup d'éloges un traité général sur les bains qui n'a jamais été imprimé. — FRIGIMELICA , médecin , dé la famille du précédent , né le 18 février 1611, et mort en 1683, acquit de bonne heure des connaissances qui sont rarement le partage même d'un âge avancé , et se distingua par la précocité de ses talents. Il n'avait encore que dixneuf ans , lorsqu'il fut reçu docteur en médecine; et, à vingtdeux ans, il fut nommé professeur à l'université de Padoue. L'empereur Léopold avait pour lui beaucoup d'estime, et il lui en donna plusieurs marques. Mais les faveurs des princes ne sont pas toujours une preuve certaine du vrai mérite , et l'on trouve des témoignages moins équivoques et de plus sûrs garants de celui de ce médecin dans l'éclat avec lequel il remplit la première chaire de médecine pratique de la ville de Padoue, depuis 1633 jusqu'à sa mort, et &ris le grand nombre d'avis et de consultations de médecine qu'il a laissés. — Un autre FRIGIMELICA , de la même famille que les précédents, se distingua clans la littérature. On a de lui des discours, des tragédies et un livre qui a pour titre : Dell' onore covalleresco
  • François FROGER( 1676) : né à Laval en 1676, ingénieur français , n'était àgé que de dixneuf ans, lorsqu'en 1695 il s'embarqua sur l'escadre de M. de Gennes, qui allait faire une expédition dans le grand Océan. Cette escadre , composée de six vaisseaux, partit de la Rochelle le 3 juin, s'empara sur les Anglais du fort James dans la Gambie , se ravitailla à Rio de Janeiro, et le 11 février 1696 entra dans le détroit de Magellan. Des coups de vent d'une violence extrème forcèrent les Français de renoncer à leur entreprise : ils n'allèrent que jusqu'au port Gallant, un peu au delà du cap Froward , et se trouvant déjà à court de vivres, ils rentrèrent le 11 avril dans l'océan Atlantique. Après avoir abordé à SanSalvador au Brésil , à Cayenne, à la Martinique, et croisé dans les parages des petites Antilles, ils mouillèrent devant la Rochelle le 21 avril 1697. Froger, voyant que tous ceux qui avaient accompagné M. de Gennes dans cette expédition gardaient le silence, résolut de publier la relation qu'il avait composée, ditil, pour son instruction particulière. Elle parut sous ce titre : Relation d'un voyage fait en 1695, 1696 et 1697 aux côtes d' Afrique, détroit de Magellan, Brésil , Cayenne et îles Antilles , par une escadre des vaisseaux du roi, commandée par M. de Gen- nes , Paris, 1698 , avec des cartes et des figures , ibid., 1700; Amsterdam , 1699 , 1702, 1715. Froger, que la lecture des voyages avait familiarisé avec l'histoire du monde, était parti dans le dessein d'observer tout cc qui mérite l'attention du voyageur : il s'appliqua surtout à faire des cartes particulières des ports et des rivières. On fait cas de ses descriptions et de ses plans : il a retranché de sa relation tous les détails inutiles; elle est exacte et se lit encore avec intérèt, tant parce qu'elle est écrite avec Sacilité , que parce qu'elle est la première qui donne les détails d'un voyage au détroit de Magellan , entrepris par des Français. Le plus grand des Patagons que vit Froger ne lui parut pas avoir six pieds de haut. Une baie du détroit de Magellan a conservé le nom de baie Française , qui lui fut imposé par de Germes, et la rivière qui s'y jette a été nommée d'après ce navigateur
  • François GACON( 1667) : né à Lyon en 1667 , était fils d'un négociant de cette ville. Nous avons eu de plus mauvais poëtes que Gacon ; nous n'en avons pas eu de plus méprisés : son nom est devenu une injure; et l'on ne peut disconvenir, en lisant ses épigrammes, ses turlupinades, ses libelles , qu'il n'ait mérité le déshonneur dont sa mémoire reste chargée. Ce n'est pas pour avoir composé des satires, ce n'est pas même pour avoir trop souvent fait de méchants vers , que Gacon s'est déshonoré. Tous les genres de satire ne sont pas blàmables ; et il n'est pas donné à tous les pontes d'y réussir : l'auteur qui s'y exerce sans succès ne s'expose guère qu'au désagrément d'étre raillé par ceux qu'il voulait rendre ridicules ; mais, lorsqu'une basse méchanceté dirige la plume du satirique ; lorsqu'il attaque sans sujet et sans pudeur les hommes les plus vertueux, les talents les plus distingués ; lorsqu'enfin il a l'air de spéculer, pour vivre , sur le scandale ét la calomnie, eûtil d'ailleurs un esprit supérieur, il ne peut espérer d'échapper au juste mépris de ses concitoyens. De quel opprobre ne se couvretil donc pas, lorsqu'à la bassesse de l'àme il a le malheur de joindre, comme Gacon, la grossièreté de l'esprit ? C'est en vain que l'abbé Trublet veut excuser les torts de Gacon , en nous parlant de sa franchise, et en nous le représentant comme un homme qui avait moins de fiel que Boileau. Il faut, ou que l'auteur de cette bizarre apologie n'ait pas lu l' Anti- Rousseau , l'un des ouvrages les plus dégoûtants qui aient été publiés dans le dernier siècle , ou qu'il ait été singulièrement disposé à l'indulgence envers les ennemis de notre célèbre pone lyrique. On peut juger de la candeur, du goût et de l'esprit de Gacon, par cette stance contre Rousseau n est marqué d'un mauvais coin; Son poil roux s'aperçoit de loin;. Il vous montre une bouche torse Avec l'honneur il fait divorce, Et l'estime moins que du foin. Quelque grossiers que soient ces vers, ce sont encore les seuls de l'Anti- Rousseau que la décence nous ait permis de citer. Dans le reste du livre, on ne trouve que des injures et des accusations odieuses. Nous devons le dire cependant, tous les autres ouvrages de Gacon ne sont pas aussi méprisables. Dans son recueil de satires, qu'il publia sous le nom du Poile sans fard, et qui lui attira la peine d'une détention de plusieurs mois, on rencontre, parmi des pièces du plus mauvais goût, un certain nombre de vers heureux, notamment ceux qu'il fit contre RivièreDufresny, au. sujet de la comédie du Chevalier joueur. Cette épigranune, qui commence ainsi, Un jour Regnard et de Rivière, est trop généralement connue pour que nous croyions devoir la transcrire. Cette autre, dirigée contre Rousseau, au stijet de la comédie tinFlat- teur, eut, dans le temps, quelque succès : Cher Rousseau , ta perte est certaine Tes pièces désormais vont tontes échouer En jouant le Flatteur tu t'attires la haine Du seul qui te pouvait louer. CaC011 s'était, diton , vendu à Regnard, qui l'employa plusieurs fois à mettre en vers quelques scènes de comédie. Si l'on en croit mème les mé- moires du temps, le second de nos pones comiques n'était pas fâché d'avoir à sa disposition un homme de cette espèce , qu'aucune considération n'arrètait, et avec lequel les écrivains les plus estimables craignaient toujours de se compromettre . Le silence du mépris était la seule vengeance qu'on pût tirer de ce nouvel Arétin : il y était extrèmement sensible; et l'on rapporte, à ce sujet, une anecdote qui aurait dû servir d'exemple à un bon nombre de nos gens de lettres : Gacon ayant publié contre Lainotte une satire violente, intitulée Homère vengé, excita dans le monde une lande ruinent.; Lamotte seul parut n'y pas faire attention : o Volis ne Voulez donc pas me répona tire? lUi dit un jour l'impudent satirique : c'est a que vous craignez nui réplique; mais n'espérez a pas en être quitte. Je vais eomposer une bro-‘, chtire qui aura polir titre : Réponse au silence de a AI. Lamotte. n Quelqu'un demandait à ce dernier pourquoi il n'avait pas répondu aux injures de Cacon : On n'a rien à gagner , dit le paisible Lamotte, avec ceux qui n'ont rien à perdre. » Gaeon avait été quelque temps père de l'Oratoire il quitta cette congrégation pour se livrer plus libeement à ses goûts satiriques ; mais, vers la lin de sa vie, il reprit l'habit ecclésiastique , et eut le bonheur d'obtenir le prieuré de Baillon, près neaumontsurOise : ce fut dans cette ville qu'il mourut le 15 novembre 1725. Cet auteur avait Gacon a fait des satires contre Boileau; et l'on a quelque sujet de croire qu'il les a faites sous j'influence de Regnard, alors brouillé avec le législateur dit Parnasse. remporté le prix de l'Académie française en 1717: l'ode ; 9.e Traduction d'Anacran, en Vers français, 4712, 2 vol. ; / A/ di- Rousseau, Rotterdam , 1712, un gros vol. ; l'Homère vengé, Paris, 1715 ; 5° les Fables de La- m, traduites en Vers français au café du nasse, 6. plusieurs Brevets de la Calotte ; 7. Emblèmes et devises chrétiennes, 1711 et 1718 ; 8° plus de deux cents inscriptions en vers pour les portraits gravés par Durocher, 90 Le Secrétaire du Parnasse, Paris, 1725 Il y eut pendant longtemps une guerre d'épigrammes entre les poiles Pradon et Gacon. On n'a rien vu de plus ordurier que les grosses dont ils s'accablèrent; et le public ne dut pas être médiocrement satisfait de voir que ces dignes adversaires se rendaient justice en se tralnant alternativement dans la boue
  • François GALI : navigateur espagnol , fut, à cause de son habileté dans sa profession, chargé en 1582 d'une mission dont le résultat intéressait la marine de la NouvelleEspagne. L'on sentait depuis longtemps la nécessité d'avoir sur la côte de Californie un port où les navires qui venaient des Philippines pussent, après une longue traversée, trouver les secours dont ils auraient besoin : ils avaient jusqu'alors été obligés de revenir au port d'où ils étaient partis , ce qui causait un grand préjudice au commerce et à la navigation. Pedro Moralès . C'est de cette dernière version qu'elle a été extraite par les auteurs espagnols qui ont publié la relation du voyage fait par les goélettes la Subtile et la Mexicaine en 1792, pour reconnaître le détroit de Jean de Fuca , etc., Madrid , 1802, un vol. Dans l'introduction , l'auteur, qui passe en revue tous les voyages faits à la côte du nordouest de l'Amérique septentrionale, dit que Gali vint atterrir à 57" 30' de latitude nord ; il doit cette indication à la traduction française, qui donne cette hauteur. En y réfléchissant, on voit que la route de Macao à Acapulco ne per' mettait pas à Gali de s'élever autant dans le nord : d'ailleurs, étant parti de la Chine à la fin de juillet, il ne pouvait pas aborder à la côte d'Amérique avant l'équinoxe d'automne, époque où le temps est ordinairement trèsmauvais dans ces hautes latitudes, et le pays couvert de neige. Ainsi, tout porte à croire que l'on doit s'en tenir à la latitude de 37" 1/2 qui se trouve dans l'original hollandais et dans llackluyt. L'auteur espagnol convient que c'est Linschot qui a fait connaître la navigation de Cali; et l'on voit par une note qu'il n'en a connu que la traduction française. Gali comptait donner un journal plus ample ; on doit regretter qu'il n'ait pas pu exécuter ce projet, ou bien que ce qu'il aura écrit ait été perdu : eu effet, on reconnalt dans sa relation un navigateur expérimenté et doué du talent de bien observer. Il avait avec lui Juan Jayme, habile astronome, qui dans ce voyage fit l'essai d'un instrument de son invention , propre à trouver la variation de l'aiguille aimantée
  • François GAMAIN et non Gamin( 1751) : naquit à Versailles le 29 août 1751. Son père, maitre serru- rier des bàtiments du roi , désirant qu'il lui sucé- dàt dans cette entreprise lucrative , le chargeait des ouvrages qui exigeaient le plus de soin dans l'intérieur du chàteau. Louis XVI remarqua la dextérité de Gamain , et ce prince , qui cherchait dans de violents exercices l'action nécessaire à sa santé, voulut s'amuser à ce travail mécanique. Il fit établir dans une pièce de ses petits appartements un laboratoire où cet habile ouvrier l'aidait à fabriquer des serrures, des fermetures à combinaisons , et méme des objets d'art à son usage. Il le nomma serrurier de ses cabinets. Gamain avait succédé à son père lorsque le départ forcé du roi pour Paris, au 6 octobre 1789 , et la dispersion nombreuse et subite des habitants aisés de Versailles , le privèrent des bienfaits de ce prince, entratnèrent la ruine de son établissement, et le livrèrent aux persécutions des révolutionnaires. Pour se soustraire à leur haine, dirigée surtout contre ceux qui avaient été employés au château, il parut partager leurs opinions, et fut nommé à quelques fonctions publiques. Il était membre du conseil général de la commune lorsque, suivant sa dénonciation , « il reçut dans les « premiers jours de mai 1792 l'ordre de se rendre « à Paris. A peine y futil arrivé que ce prince lui ordonna de pratiquer une armoire dans « l'épaisseur d'un des murs de son appartement, « et de la fermer d'une porte de fer. » De retour chez lui , il employa trois jours et trois nuits à construire cet appareil, que , secondé par Durey, garçon du château qui lui avait apporté l'ordre du roi, il introduisit de nuit dans les Tuileries. ,. Cette assertion n'est pas sans probabilité, vu qu'en 1792 la municipalité était trèshostile au roi, et qu'il était beaucoup plus surveillé qu'avant son voyage; elle rendrait donc tout à fait invraisemblable l'accusation que ce serrurier portera contre ce prince : néanmoins, nous nous en tiendrons à sa dénonciation et au rapport qui en a été fait à la tribune. « Aussitôt « l'ouvrage fini , y estil dit, Capet apporta lui- La population' qui était de 80,000 âmes , fut en peu de temps réduite à 25,000. 12) Dans la chambre à coucher du roi, et à côté de son lit, était une porte qui donnait dans un couloir boisé d'environ six pieds de long sur trois de large, n'ayant d'autre jour que celui qui &introduisait par les portes lorsqu'elles étaient ouvertes. En face de cette issue en était une autre donnant entrée dans la chambre du dauphin. C'est dans ce couloir qu'était la cachette. Pour y parvenir, on levait un panneau de la boiserie qui laissait à découvert une porte de fer d'à peu près un pied et demi carré, fermant à clef , élevée de quatre pieds audessus du parquet. Cette petite porte masquait un enfoncement pratiqué dans le mur du côté du jardin. Celui qui avait fait cette cachette n'avait pris aucune dimension ni précaution pour lui donner une forme quelconque; c'était tout bonnement un trou informe, iné- gal et raboteux, de deux pieds de profondeur et de quinze pouces de diamètre à son entrée, allant toujours en diminuant. Tel était , au vrai, ce que l'on a nommé l'armoire de fer. « même au citoyen Gamain un grand verre de « vin qu'il l'engagea à boire, parce qu'effective-« ment il avait trèschaud. Quelques heures après « qu'il eut avalé ce verre de vin , Gamain fut atta-« flué d'une colique violente qui ne se calma qu'a-« près qu'il eut pris une ou deux cuillerées d'élixir « qui lui firent rendre tout ce qu'il avait bu et mangé dans la journée. Il s'ensuivit une maladie « terrible qui a duré quatorze mois , dans lesquels « mème il en a été neuf perclus de ses membres. » Comparons cette audacieuse accusation avec les faits suivants. Les registres de la commune de Versailles font foi que Gamain , nommé le 7 janvier 1792 membre du conseil général, assista le lendemain et le 8 février aux séances, et qu'il n'y reparut qu'à celle du 4 juin, peu de jours après la pose de la porte de fer; puis aux séances des 8, 46, 20 juillet, '22 août, et sans doute à plusieurs autres où dans ce mois du renversement du trône on a omis d'insérer les noms des membres présents. Ces mêmes registres constatent encore que le 2 septembre , Gamain fut nommé l'un des commissaires chargés « de faire disparattre de tous « les monuments de la commune les peintures, « sculptures et inscriptions qui pourraient retra-« cer la royauté et le despotisme . » Or, estce un homme gravement malade qui aurait pu revenir plus fréquemment qu'il ne l'avait fait à des séances souvent tumultueuses? Et pour faire partie d'une commission qui dans Versailles exigea beaucoup de temps et d'activité , auraiton choisi un homme perclus de ses membres ? En outre , il est à observer que la date que ce serrurier assigne aux travaux de l'armoire, et celle, qui est certaine, de la dénonciation qu'il en fit six mois après au ministre Roland , sont inconciliables avec la durée et la gravité de sa maladie et de ses suites ; qu'ainsi l'époque de ses travaux devrait ètre reportée plus haut qu'il ne l'indique : ce , nous ont répondu d'abord « que l'altéra- « tion de sa santé a bien pu être occasionnée par « le chagrin qu'il avait éprouvé de la perte de sa « fortune , par les privations sans nombre qu'il « essuyait, et par la chétive nourriture à laquelle il était réduit. Que, d'un autre côté , les frayeurs ,C que les révolutionnaires lui causaient pouvaient « trèscertainement l'avoir fait tomber dans l'état M. Dufaure, imprimeur à Versailles, qui nous a procuré beaucoup de renseignements pour cet article, a remarqué sur ces registres que le 3 novembre 1793 un citoyen fit la motion qu'on changeât le nom de Versailles en celui de Berceau de la liberté. Les sections adhérèrent à cette proposition , et la commune envoya la pétition à la convention; particularite curieuse et ignorée jusqu'à présent. t'es « de langueur où il est mort. » Ce temps de famine et de terreur en offrirait d'autres exemples. Plusieurs personnes de la famille nous ont confirmé ces circonstances, et même l'une d'elles nie que Gamain ait été malade après son retour des Tuileries. A l'appui de ces informations, nous reproduirons le témoignage d'un historien qui a connu Gamin, et qu'on n'accusera pas de partia- lité pour Louis XV1. « Gamain , dit M. Tissot, sui-« vait les opinions de son temps sans exagération ; mais entendant toutes les accusations dirigées « contre son maitre, et se voyant luiinéme dé-« périr de moment en moment, il se rappela « qu'un jour, accablé de chaleur, il avait reçu des « mains du roi un verre d'eau froide qui lui avait t, glacé les sens; Gamain se crut empoisonné. » Les véritables causes du dépérissement de Gamain , ce n'est donc point parce qu'accablé de chaleur, il but le verre de vin dont la fraicheur lui avait glacé les sens, puisqu'il en fut bientôt délivré, retourna aux séances et sc livra à des travaux de destruction aussi longs que fatigants ; mais ce furent les menaces dont il était sans cesse l'objet, sa détresse instante et surtout les accusations de perfidie dirigées contre Louis XVI , qui lui suggérèrent l'idée qu'il était victime de l'une d'elles, et, « se rappelant le verre de vin qu'il « avait bu , Gamain se crut empoisonné. » Dès lors ce fut en lui une idée fixe. « La reconnaissance, « ajoute M. Tissot, s'éteignit dans son cœur, » et un désir aveugle de vengeance s'empara de lui. Instruit que la convention avait formé une com- mission pour recueillir les pièces et préparer la mise en jugement du roi , il courut dénoncer à Roland , l'armoire qu'il avait fabriquée aux Tuileries. Le 20 novembre il conduisit ce ministre dans l'appartement de Louis XVI, lui ouvrit la cachette, dont il avait seul le secret , et, chargé des papiers qu'ils y trouvèrent, il l'accompagna aux comités pour les y déposer. On sait que ces papiers , enlevés furtivement et sans contradicteur, fournirent des chefs d'accusation contre le monarque. Le 13 janvier suivant , Gamain fut installé officier municipal ; mais le 30 septembre de la mème année Crassous, représentant du peuple en mission dans le département de SeineetOise, « voulant donner aux « autorités toute l'énergie nécessaire aux cir-« constances, » destitua entre autres la municipalité de Versailles. Gamain , n'étant pas de ceux qui furent réintégrés, se trouvait atteint par la loi du 17 du même mois , dite des suspects , qui déclarait tels tous les fonctionnaires révoqués, ordonnait qu'ils seraient incarcérés et traduits au tribunal révolutionnaire. Dans cette situation menaçante, où, frustré des promesses de Roland , ses ressources s'épuisaient, il se souvint que Louis XVI, la veille de sa mort , avait écrit à la convention une lettre pour lui recommander les personnes Histoire complète de la révolution française, t. 3, p. 451, 1835. qui lui étaient attachées et qui n'ayant plus d'appointements devaient être dans le besoin. Il savait qu'elle avait répondu à ce prince « que la nation , toujours juste et généreuse... , accor- « derait aux créanciers de sa maison de justes demnités. » Gamain se crut donc autorisé à en demander une, et s'appuyant sur ce qu'il était le révélateur de l'armoire de fer, il réclama le salaire de sa trahison. Mais craignant que mème l'intervalle de six mois qui , suivant lui, s'étaient écoulés depuis la fabrication de cette armoire jusqu'à la dénonciation qu'il en avait faite à Roland , ne lui fùt reproché, il attribua ce « retard à la maladie « durant laquelle il était resté perclus de ses « membres pendant neuf mois et qui ne lui laissait « aucun espoir que sa santé se rétablit assez pour « vaquer à ses affaires. » Le 27 avril 1794 , Musset, monté à la tribune , donna lecture de cette péti- tion mensongère , et dont les autres détails sont au moins inexacts. Tous ceux qui avaient voté la mort de Louis XVI l'accueillirent avec un vif em- pressement. Le 17 mai suivant, Peyssard , ancien garde du corps du roi , l'un des votants ainsi que Musset , en fit le rapport non sans l'avoir l'un et l'autre accompagnée de particularités controu- vées et révoltantes. Ils motivèrent sur la maladie du pétitionnaire sa déclaration tardive. La con- vention crut à la délation de ce serrurier , et sans discussion lui accorda douze cents francs de pension, à compter du jour où il prétendait avoir été empoisonné. Cette accusation portée après la mort, et ce décret qui récompensait une lAche perfidie, soulevèrent l'indignation des hommes impartiaux , tandis qu'ils procurèrent au délateur des droits réels à l'intérêt des jacobins. De ce moment ils l'entourèrent pour l'entendre éclater en reproches , soutenir sa calomnie par des impostures et dire : « qu'il ne cloutait pas que le dessein « du roi n'eût été de l'empoisonner pour ensevelir « à jamais son secret dans le silence. » On aurait pu lui objecter que si Louis eùt été capable du crime dont il l'accusait, ce prince n'aurait pas atteint le but supposé , puisque Durey, qui avait coopéré aux travaux, existait . Mais à cette époque, quiconque aurait hasardé un seul mot pour la défense de Louis XVI eût été conduit à l'échafaud. Cependant les nouveaux amis de Gamain propageaient ses déclamations furibondes et les aggravaient encore par tout ce que leur haine invétérée et leur génie infernal pouvaient inventer de plus odieux. lis les ont transmises à quelques dignes affiliés. Ce misérable, d'une espèce unique dans la révolution , mourut à Versailles le 8 mai 1795, àgé de 43 ans. Nous aurions donné moins d'étendue à son article , si un écrivain pseu- donyme n'en eût pas évoqué le crime, qu'il qualifie de Fait ténébreux , mais qui ne l'est que parce que, prévenu et sous l'apparence du doute, il l'a il) Nous l'avons vu à Paris en 1800. 12) Le Siècle; 27 et 28 septembre 1836. environné de circonstances inouïes et calomuieu- ses, au lieu de l'éclairer par une critique impar- tiale. Quoiqu'il ne paraisse pas adopter les faits tels qu'ils sont énoncés dans la pétition de Gamain, et l'on en verra l'étrange motif, néanmoins il demande ce qu'on peut opposer au Moniteur, où elle est insérée; comme si ce journal était garant de la véracité des faits articulés dans les discours qu'il rapporte. Il s'étonne que l'original de la pétition , les rapports de Musset et de Peyssard et les certificats des médecins ne se trouvent plus aux archives. A tout hasard il en impute la suppression à la restauration , qui , notre article le prouve, n'y avait aucun intérêt ; tandis qu'on pourrait en inculper ceux qui les ont produits pour en imposer. Il y a plus, la pétition et les rapports qui relatent le contenu des certificats sont transcrits au Moniteur ; et comme le pseudonyme n'en a pas trouvé le volume à la bibliothèque royale, il en infère que , pour perpétuer l'oubli de cette affaire , il a été enlevé de ce dépôt. Cependant le bibliophile ne peut ignorer que ce n'est pas le seul volume de ce journal qui , aux années 1793 et 1794, manque à cette bibliothè- que; et d'ailleurs il sait qu'il en existe à Paris un grand nombre d'exemplaires. De même, n'estil pas singulier de l'entendre assurer que « pas une « biographie générale ou spéciale n'a évoqué le « souvenir de François Gamain , » lorsque la Bio- graphie moderne termine l'article de ce serrurier par cette phrase remarquable : « Plusieurs « personnes firent alors des recherches sur les « faits avancés par Gamain , et recueillirent les « preuves les plus multipliées qu'il n'avait pas « même été malade à l'époque qu'il citait . » Ce bibliophile ne devrait pas non plus ignorer que la biograghie dont il s'agit a eu plusieurs éditions dans un temps rapproché de fièvre, (le délire et de « douleurs inconcevables, je triomphai, ditil, « du poison , mais non pas sans en subir les terri-« bles conséquences : une paralysie presque com- « piète, qui n'a jamais été guérie tout à fait, une « névralgie de la tète et enfin une inflammation « générale des organes digestifs avec laquelle je · StliS condamné à vivre. » Et pourtant cet homme, ainsi qu'on l'a fait observer plus haut , assista peu de jours après son retour aux séances du conseil général , et y fut chargé de travaux pénibles et continus ! Hâtonsnous (l'achever cette partie de la narration qu'on prète à Gamain. « Quelque « temps après cette catastrophe, la servante, net- « toyant l'habit que je portais le jour de mon « acculent, trouva dans les poches un mouchoir « sillonné de tâches noirâtres et une brioche apla-« tie et déformée , que plusieurs jours d'oubli « avaient rendue aussi dure qu'une pierre; la « servante mordit une bouchée (le ce gâteau, « qu'elle jeta ensuite dans la cour. Le chien man- « gea cette pâtisserie et mourut ; la servante, qui « n'en avait sucé qu'une petite parcelle, tomba « dangereusement malade. Le chien ouvert par « 31. Voisin , la présence du poison ne fut pas « douteuse , et une analyse chimique découvrit « encore le poison dans le mouchoir qui avait « conservé les traces de mes vomissements. La « brioche seule contenait assez de sublimé corme- « sif pour tuer dix personnes. » On ne trouve aucun indice de ces horribles détails, ni dans la pétition de Gamain ni dans les discours de Musset et de Peyssard, dont tous les faits contredisent et démentent entièrement ceux qu'on vient de lire. Certes les conventionnels n'auraient pas manqué, s'ils eussent apercu le moindre grief contre MarieAntoinette, d'en accabler sa mémoire; et ses cruels ennemis n'eussent pas manqué de le reproduire au tribunal révolutionnaire lorsqu'elle y fut traduite. On n'en voit non plus aucune trace dans les nombreux historiens de la révolution ; tous, quelles que soient leurs opinions politiques , ne parlent de la délation de Gamain qu'avec mépris ou avec indignation. La honte de ces inventions sataniques retombe donc entièrement sur ceux dont le pseudonyme n'a pas craint de se rendre l'écho. Nous leur opposerons encore un témoignage sans réplique, celui de la famille de Gamain , à laquelle nous avons communiqué ces récits atroces ; elle a affirmé qu'ils étaient tous de la plus insigne fausseté. Enfin l'un des membres intimes , invité à s'ex- pliquer franchement sur la dernière question Gamain atil réellement été empoisonné?» nous a répondu et il a écrit : Non? » Et ce qui repousse bien plus encore d'aussi absurdes calomnies, tombées depuis un demisiècle dans l'oubli et le mépris , c'est le caractère assez connu de Louis XVI et de MarieAntoinette. Il fallait pour les reproduire qu'on en fùt venu à cette malveil- lance des historiens d'une nouvelle génération qui prétendent. mieux juger que les contemporains des faits et des caractères qu'ils n'ont ni vus ni compris
  • François GARASSE( 1585) : jésuite d'une triste célébrité, et par celle que, de son temps, lui ont valu ses ouvrages, et par celle que, de nos jours, lui ont faite les attaques d'un écrivain fameux, naquit à Angouléme en 1585. Entré à quinze ans chez les jésuites, il y fit les quatre vœux en 1618, après avoir été employé pendant plusieurs années à l'enseignement. Doué d'un esprit vif, d'une imagination ardente, joignant à ces dons de la nature ce que , une satire sanglante, où ils rendent injures pour injures, et outrages pour outrages ; 7" La Doctrine curieuse des beaux es- prits de ce temps, ou prétendus tels, contenant plu- sieurs maximes contraires à l'État, à la religion et aux bonnes moeurs, combattue et renversée par le père Garasse de la compagnie de Jésus, Paris, 1625 ; oeuvre d'un style bouffon , nullement approprié à la gravité du sujet, et jugée bien plus propre à prêter au ridicule qu'à combattre ceux ne parle, ai la vêrité , qu'en passant et d'un• manière inexacte. Cette erreur a fourni l'occasion à Prosper Marchaiid de donner à cette curieuse bibliographie dee Anli, un long supplément, dans lequel il cite et décrit deux cent quatrevingtquatorze Ana omis ou niai désignés par Baillet, et y joint sur plusieurs d'entre eux des remarques bibliographiques fort curieuses . L'ouvrage fut attribué ist Nicolas et Gui Pasquier, , le premier, maitre des requétes, l'autre, auditeur des comptes. Une note de la Monnoye, insérée dans les Jugements des bavants de Baillet, ferait croire qu'ils n'étaient pas les auteurs de la Dé- fense. ‘ s Ils empilintèrent, y estil dit, une bonne plume,.... nui ‘‘ des enfants d'Etienne n'étant capable d'une composition si « vive.» fis étaient pourtant reconnus pour des gens de mérite. que Garasse avait en vue. François Ogier, prédicateur du temps, en fit une critique sous le titre de Censure de la doctrine curieuse, Paris, 1625 Garasse riposta par une Apologie, Paris, 1624 Des hommes sages s'entremirent entre les deux champions ; et la lutte finit par des lettres honnètes de part et d'autre , lesquelles furent imprimées, Paris, 1624. Malgré cette réconciliation, Garasse fit imprimer l'année suivante, sous le faux nom de Guaq et avec le titre de Nouveau jugement etc., une* défense de sa Doc- trine curieuse, dans laquelle il prétend qu'Ogier a rétracté sa censure. 8. La Somme théologique des vérités capitales de la religion chrétienne , Paris, 4625 de 983 pages; du même style et du même ton que les écrits précédents. La Sor- bonne crut devoir prendre ce livre en considération. Dans la censure qu'elle en fit, datée de septembre 1626, elle le condamna comme contenant des propositions hérétiques, scandaleuses, téméraires, et des falsifications de passages de l'Écriture et des Pères. Le fameux abbé de StCyran écrivit aussi contre cet ouvrage, et en releva avec beaucoup de force les erreurs dans un livre intitulé : La Somme des fautes et faussetés capi- tales, contenues en la Somme théologique du P. Fr. Garasse, Paris, 1626, 3 vol. Il devait y en avoir quatre ; mais il n'en parut que deux, avec l'abrégé du troisième. Cette critique passa dans le temps pour excellente. On peut ajouter à cette longue liste des ouvrages du P. Garasse les Champs élysiens , pour la réception de Louis X111 à Bordeaux ; un discours De la ressemblance du soleil et de la justice, Bordeaux, 1612; et environ vingtquatre volumes sur la sainte Écriture et sur des objets pieux, restés inédits
  • François GARIN( 1413) : , pone, né à Lyon vers 1415 , s'appliqua d'abord au commerce et réussit dans toutes ses spéculations; mais la chance cessa bientôt de lui être favorable, et il perdit avec sa fortune tous ses amis. Ses premières études avaient été trèsnégligées. Mais il devait à sa propre expérience et à la réflexion des connaissances qu'on n'acquiert pas dans les écoles.11voulut, à défaut de richesses , laisser à son fils des règles de conduite dont l'utilité lui paraissait d'autant plus grande qu'il n'était malheureux que pour les avoir négligées ou méconnues. Ce motif louable le fit auteur à l'àge de quarantesept ans. S'il suffisait de l'intention pour composer un bon ouvrage, celui de Garin serait un chefd'oeuvre; mais il n'en est pas ainsi : malgré ses défauts, ce poeme obtint quelque succès, puisqu'il a été réimprimé plusieurs fois. L'édition la plus ancienne est intitulée : la Complainte et régime de François Guarin, marchant de Lyon , sans date il est probable que l'auteur fit imprimer son ouvrage sous ses yeux, et que cette édition est sortie des presses de Lyon. La seconde édition a pour titre : Complaintes et enseignements de François Guerin , envoyez à son ), goth. de 42 f. Du- verdier en cite une troisième édition de 1y12, dont il n'indique pas le format. Mercier de StLéger en cite deux autres sans date et Enfin M. Durand Ses imprimeurs le nomment mal Guarin et Guerin. Cependant l'auteur avait pris soin rie donner la. véritable orthographe de son nom dans un acrostiche rapporté par l'abbé Guujet , Bibi. fr., t. 9, p. 318. Et non pas comme l'a dit l'abbé Goujet, Bibi. frt. 10, p. 419. à l'Église catholique, il le prendrait pour l'hérétique le plus envenimé et le plus déraisonnable
  • François GARRAULT( 1500 - 1632) : sieur Alémoires et Recueil des nombres, poids, mesures et % monnoyes , anciens et modernes , Paris, 1596. La dernière édition du sommaire des édits royaux est de 1632
  • François GASTAUD : né à Aix en Provence, d'une famille considérée dans le pays , entra chez les pères de l'Oratoire dès l'âge . 3° Oraison funèbre de Mad. T5 , exécutée en 1699, pour avoir attenté à la vie de son mari, 1699 plaisanterie de société, qui ne coûta à Gastaud que quatre ou cinq heures de son temps, et ne devait point sortir du cercle étroit où elle avait pris naissance , mais qu'on imprima à son insu. Le P. Chauchemer, dominicain et célèbre prédicateur, la prit au sérieux , et y croyant les moines intéressés, en fit la critique. Gastaud répondit avec assez de sel , et le public s'amusa de ce débat . Tous ces écrits avaient paru avant que Gastaud retournât à Aix. 4° La politique , Ou Justification des dt17'érents etrief du Parlement de Provence contre ce prélat, 1710 , ; 60 Réflexions critiques sur le kfandement du même prélat sur la grdce, en dent livres. Ouvrages de circonstance, aujourd'hui oubliés
  • François GASTRELL( 1662 - 1725) : évêque anglais, né en 1662 à Slapton, au comté de Northampton, étudia à Oxford, fut nommé en 1684 prédicateur de la société de jurisprudence de Lincoln'sinn et choisi en 1697 pour prononcer les huit discours théologiques fondés par Boyle à Oxford, discours qu'il fit imprimer la même année. Des Considérations sur la Trinité, publiées en 1702, où il combat l'opinion de Collins et de Clarke , ses Institutions chrétiennes, en 1707, et des Remarques sur la doctrine de l'Écriture touchant la Trinité, par Clarke, le firent connaître avantageusement, lui procurèrent la faveur du gouvernement , et , entre autres bénéfices, l'évêché (le Chester, en 1714. Sa faveur finit avec le règne de la reine Anne ; mais cela ne l'empêcha pas de déployer en plusieurs circonstances la fermeté de son caractère. En 1717, l'université d'Oxford ayant été attaquée dans la chambre des pairs, pour une émeute qui avait eu lieu à Oxford le jour anniversaire de la naissance du prince de Galles , Gastrell prit avec chaleur la défense de ce corps, tout en condamnant sa conduite déloyale. Il s'engagea en faveur de la même université dans une vive contestation avec l'archevêque de Cantorbéry, qui prétendait dispenser des exercices académiques les sujets nommés par le roi aux emplois ecclésiastiques. La cour du banc du roi ayant décidé en faveur du candidat, Gastrell en appela au jugement du public, dans un écrit imprimé, pour lequel il reçut les remerclments de l'université. 11 s'opposa fortement quelque temps après aux procédés de la chambre des lords contre Atterbury, et censura avec sévérité la conduite violente des évêques , ses collègues, dans cette occasion, quoiqu'il détestât d'ailleurs les principes de l'évêque de Rochester. Il mourut le 24 novembre 1725. Ses Institutions chrétiennes, ou la véritable parole de Dieu, sont le plus estimé de ses ouvrages. On cite aussi de lui la Preuve morale d'un état futur sans nom d'auteur
  • François GATTEY( 1753) : né à Dijon en 1753, fit dans cette ville de trèsbonnes études, et obtint de grands succès dans les mathématiques. Venu trèsjeune à Paris, il y suivit quelque temps le barreau ; fut ensuite secrétaire du ministre Villedeuil , puis receveur général des fermes à Châlons. La révolution ne le priva pas seulement de cette place importante, elle lui en fit encore perdre la finance, qu'on remboursa en assignats. Privé alors de toutes ressources, il accepta un modeste emploi dans l'administration de l'armée. Lorsque l'on établit en 1795 le nouveau système des poids et mesures, Gattey fut avec Legendre et Coquebert de Montbret un des directeurs de cette grande opération , et il conserva jusqu'à la fin de sa vie ces importantes fonctions, refusant tout ce qui aurait pu l'en détourner. Non content des mesures que prenait le gouvernement pour propager sur ce point l'éducation populaire et assurer le succès du nouveau système métrique, Gattey s'efforçait , en son particulier, de hâter cette propagation , en publiant des écrits à la portée de toutes les classes , des tables de comparaison d'un usage clair et facile ; en inventant et faisant vendre à bas prix des intruments propres à opérer mécaniquement et sans plume ni crayon la conversion des anciennes mesures en nouvelles. Tout entier à ses travaux , Gattey refusa à plusieurs reprises de se mettre sur les rangs pour l'Académie des sciences, où tous ses collègues et ses amis étaient entrés dès la création. Aussi exercé dans les arts que dans les sciences , il possédait en dessin , et même en peinture, des connaissances étendues. La perspective surtout, cette science qui soumet le dessin à des règles mathématiques et sans laquelle le dessin ne présente qu'incertitude et irrégularité, avait fait l'objet de son étude spéciale; il avait consacré plusieurs années de sa vie à approfondir toutes les règles de cet art, à simplifier leur usage et à les présenter sous lesTormesles plus intelligibles. Il venait de réunir dansun ordre clair et précis tous les éléments d'un traité complet de perspective à l'usage des peintres et des décorateurs, ouvrage consciencieux qui ne laisse plus rien à expliquer, mais qui reste inédit. L'auteur allait le faire imprimer quand la mort est venue terminer son honorable et laborieuse carrière le 7 décembre 1819. Ses écrits imprimés sont : 1" Tablettes pour convertir les toises , pieds , pouces et lignes en mètres et parties du mètre ; 2. Tablettes pour convertir, sans calcul, les poids anciens en nouveaux , et réciproquement, 1799; 3° Instruction sur l'usage du cadran logarithmique , 1799 Aug.Sav. Leblond avait imaginé en l'an 3 et publié en l'an 7 un instrument du mème genre et sous le même nom; mais le cadran de Gattey est moins,compliqué et bien supérieur pour l'exécution. 4° Elements du nouveau système métrique , 1801, C'îst le recueil le plus complet des diverses mesures agraires de la France. 5° Avis instructif sur l'usage des nouveaux poids et mesures, publié avec l'approbation du ministre de l'intérieur, 1805 ; 1805 6" Explication des usages de rarithmographe, instrument portatif au moyen duquel on obtient en un instant les résultats de toutes sortes de calcul, 1810 , fig. Cet instrument est la même chose que le cadran logarithmique perfectionné et rendu plus portatif. 7° Tables des rapports des anciennes mesures agraires avec les nouvelles, précédées des éléments du nouveau système métrique, l'édition, revue et corrigée du numéro 4 cidessus, 1810 5" édition, 18•2. Le besoin de cet ouvrage se fait journellement sentir dans les études des notaires, des avoués, et dans toutes les administrations où l'on est obligé de mettre en rapport les anciennes mesures avec les nouvelles. 8° Explica- tion de la jauge logarithmique , 1806 , fig. ; 9" Usage des aréomètres a capsule , 1815 100 des Mémoires dans le Journal des mines, etc. - GATT EY , né à Autun en 1756 , était de la même famille que le précédent. Il vint s'établir libraire à Paris vers le commencement de la révolution , et se livra particulièrement au commerce des brochures politiques. Après avoir échappé à plusieurs émeutes, il fut arrêté en 1794 et traduit au tribunal révolutionnaire, qui le con- damna à mort le 19 germinal an 2, pour avoir im- primé, vendu et envoyé aux colonies des écrits contre- révolutionnaires. — Sa soeur , exreligieuse , ne voulant pas lui survivre, prononça hautement en présence du tribunal le cri de vive le roi, et fut envoyée à l'échafaud huit jours après. M—Di
  • François GAUTHIER( 1600) : chanoine régulier de l'ordre de Prémontré, observance réformée , né à BarleDuc, vers le milieu du 17e siècle, enseigna pendant longtemps la philosophie et la théologie dans sa congrégation, et y occupa différentes supériorités ; après quoi il fut pourvu du prieurécure d'Évilly en Champagne. Il a publié : 1° une Dissertation dans laquelle il défend une ancienne tradition de l'ordre de Prémontré sur une appari- tion de la Ste- Vierge h St- Norbert, où elle lui dési- gna la forme et la couleur de l'habit de l'institut. L'abbé Hugo, dans la Vie de ce saint, avait traité celte apparition de fiction, et cherché à prouver que cette tradition ne remontait pas à des temps fort anciens. Le père Gauthier la défend, sinon avec des arguments auxquels il n'y ait rien à répondre, du moins avec des raisons plausibles et une érudition qui lui fit honneur. 2. L'Apologie de la méme dissertation ; c'est une réponse à l'abbé Hugo : la Dissertation et l'Apologie parurent à Paris, chez la veuve Chardon et dans le Journal de Soleure en 1705. Il avait encore composé un Dictionnaire de l'origine des choses, 3 vol. (c Ouvrage, (lit dom Calmet, d'une étendue ,( et d'une science immenses, qui coûta vingt an« nées de travail à l'auteur. » Il était entièrement achevé et prét à ètre mis sous presse lorsque le père Gauthier mourut à Évilly, le 1" septembre 1729. Ce religieux, aussi recommandable par ses vertus que par ses profondes connaissances, fut regretté des savants et de ses confrères
  • François GAUTHIER( 1600 - 1720) : prètre, né dans le 17e siècle, à Rabodange , près de Falaise , avait pour les négociations une certaine habileté naturelle qu'il ignora longtemps luiméme , et que le hasard seul lui lit découvrir. Une affaire personnelle l'ayant obligé de passer en Angleterre, il y devint aide de l'aumônier du maréchal de Tallard, ambassadeur de France. Après le rappel du maréchal, il continua (le demeurer à Londres, n'ayant, dit Voltaire, d'autre emploi que celui de célébrer la messe dans la chapelle privée du comte de Gallas, ambassadeur d'Allemagne. Il avait appris l'anglais ; et comme il aimait l'étude, il s'était rendu familiers les meilleurs ouvrages écrits dans cette langue. Un homme d'esprit et qui parle agréablement sur des matières intéressantes doit finir toujours par se faire écouter. Ce fut ce qui arriva à l'abbé Gauthier. Admis dans les meilleures sociétés, il fut bientôt recherché de plusieurs personnes considérables et initiées dans les affaires publiques. Le parti opposé à Marlborough voulait la paix avec la France, parce que c'était le moyen de lui ôter le commandement (le l'armée et de diminuer son crédit. L'abbé Gauthier fut mis dans la confidence de ce plan , et chargé d'entamer avec le ministère français une négociation qu'on pouvait désavouer si la proposition était mal reçue. Sur la fin de janvier 1711, il arrive à Versailles, se rend chez le marquis (le Torcy, et lui (lit sans autre préambule : Vuitiezvous la paix, monsieur? je viens mus apporter les moyens de la traiter. C'était, dit M. de Torcy , demander à un mourant s'il voulait guérir. Les négociations furent dès lors suivies secrètement, et se terminèrent par la paix d'Utrecht en 1713. L'abbé Gauthier fut récompensé du zèle et de l'intelligence qu'il avait déployés dans cette affaire par le don des abbayes d'Olivet et de Savigny ; il reçut aussi des présents considérables du roi d'Espagne et de la reine Anne. Ce négociateur mourut le 15 juin 17'20. Son portrait a été gravé par Ilortemels et par Desrochers. W—s
  • François GAUTHIER( 1600 - 1730) : pone franccomtois, imprimeur, né dans la seconde moitié du 17e siècle, à Marnay, petite ville de la HauteSaône, mort à Besançon en 1730. Il a publié un recueil de noëls en patois de son pays. On connalt un grand nombre d'éditions de cet ouvrage. La première, qui passe pour la meilleure, remonte à 1751. Voici son titre : Recueil de noëls en patois de Besançon, 1751 , 2 vol. Il y a en tète un avertissement de quatre pages sur les diverses pièces dont l'ouvrage est composé. On a mal à propos retranché cet avertissement dans les éditions suivantes. Un exemplaire de l'édition de 1773, broché , s'est vendu en 1820 13 francs, à la vente Courtois, n° 2121 . Nous avons sous les yeux une édition . Ces noëls offrent çà et là de l'agrément, selon Nodier, qui en rapporte un fragment dans ses Mélanges d'une petite Bibl. . On y trouve des traits piquants et des descriptions pleines d'originalité, entre autres celle d'une procession générale. Toutefois ces poésies sont bien inférieures aux Noëls Bourguignons de la Monnoye
  • François GAYOT DE PITAVAL( 1673 - 1743) : naquit à Lyon en 1673. 11 prit d'abord le petit collet, qu'il quitta pour joindre deux frères qu'il avait au i service i. 11 abandonna le métier des armes pour se faire avocat en 1715, Agé d'environ quarante ans, et mourut en 1743 après avoir éprouvé, diton, plus de quarante attaques d'apoplexie. Ses principaux ouvrages sont : 1° i Bibliothèque des gens de cour i, 1723 et suiv., 6 vol. 1747, 7 vol. ; dans ce recueil , Gayot a beaucoup parlé de lui sous le nom de i Damon , et i de sa femme, sous le nom de i Clelie i. C'est une mauvaise compilation, en prose et en vers, de mots plaisants, facétieux, etc. 2n i Campagne de Villars en 1719 François HERRERA, dit le jeune, né en 1622, fut peintre et architecte. Ayant quitté la maison paternelle , il continua ses études à Home , où il se distingua par quelques ouvrages , et notamment par son habileté à peindre les poissons , ce qui lui attira le surnom de < i> Lo Spagnuolo de' pesci. Quand il eut appris la mort de son père, il revint à Séville Où un tableau qu'il entreprit , représentant StFrançois, lui mérita sa nomination à la place de second président de l'Académie de peinture établie dans cette ville en 1660, sous la direction du < i> célèbre Murillo. Naturellement orgueilleux , et ayant hérité du caractère de son père, il indisposa Murillo contre lui, et "transporta son atelier à Madrid. Herrera avait beaucoup de talent pour la peinture à fresque : aussi Philippe IV l'employa dans différents ouvrages, et le prit à son service, en lui donnant de riches émoluments. En 1672, Ilerrera se rendit à Saragosse pour lever les plans de l'église de la Vierge dite du Pilier mais il abandonna bientôt la profession d'architecte, pour laquelle il n'avait pas de grandes dispositions; et, de retour à Madrid, il se consacra entièrement à la peinture. On compte à Séville parmi ses ouvrages les plus remarquables un - < i> François , et à Madrid un < i> St- Uineent Ferrier prèPlant au peuple , une belle < i> Cène , et les fresques peintes dans les églises de StPhilippe, des Réc011ets et d'Atocha. Herrera était un bon peintre du second ordre ; et l'on admirait son coloris et la grâce de ses figures : mais son caractère < i> ty- rannique lui faisait beaucoup d'ennemis ; il s'en vengeait par < i> des satires, genre auquel il exerçait souvent son pinceau. On cite , entre autres , le trait suivant : Un seigneur distingué de la cour l'avait chargé de choisir dans une vente publique les tableaux qui lui sembleraient les meilleurs. Herrera exécuta fidèlement la commission, et en rendit compte au seigneur. Ce dernier cependant, s'étant rendu sur les lieux, n'eut aucun < i> égard au choix de Herrera, et acheta des tableaux fort L'artiste, piqué de ce manque de confiance et d'égards, peignit aussitôt un tableau où il représenta un beau jardin orné des fleurs les plus rares; et il plaça au milieu un grand singe, tenant dans sa main une tète de chardon. Il allait luiméme présenter ce tableau au seigneur dont il avait fait une satire si expressive et si amère; mais, chemin faisant, il rencontra un de ses amis intimes qui, ayant appris le sujet de son voyage, et en prévoyant les conséquences, lui arracha le tableau des mains et le déchira. Herrera n'en put sauver que le singe. On dit que, dans la suite, il le vendit à un quaker, et que le singe se trouve encore aujourd'hui en Angleterre , tenant sa tête de chardon à la main. — Il y eut d'autres artistes renommés du nom d'HERRERA , tels que Jean et Pierre, peintres ; Antoine, sculpteur, qui florissaient < i> vers le milieu du 17e siècle : Sébastien, peintre, sculpteur, et surtout architecte distingué, mourut à Madrid en 1671
  • François HESSELIUS( 1680 - 1746) : philologue hollandais, né à Rotterdam, en 1680, y fut nommé en 17042 professeur d'éloquence et d'histoire. 11 obtint en 1708 un des canonicats sécularisés du chapitre de NotreDame , à Utrecht , où il mourut en 1716. Il a donné :1° une édition d'Ennius , Amsterdam , 1707, in40; 2. une de fliinus Sequesœ ter, De fluminibus , etc., Rotterdam, 1711 50 une des Inscriptions recueillies par Gudius, Leeuwarde, 1731 Saxius juge qu'on aurait pu mettre plus de soin et d'exactitude à ce dernier travail
  • François HOTMAN( 1524 - 1590) : célèbre jurisconsulte français, naquit à Paris le 9.5 août 1524, d'une famille originaire de Silésie. ll était l'allié de onze enfants : son père, qui lui destinait sa charge de conseiller au parlement, l'envoya à quinze ans suivre les cours de Baudouin à l'université d'Orléans: il fréquenta ensuite le barreau ; niais bientôt dégoûté de toutes les subtilités de la chicane, il se renferma dans l'étude de la littérature et du droit roumain , dont il fut en état de donner des leçons publiques à vingtdeux ans. La constance qu'Anne Dubourg montra dans les supplices toucha , diton , le jeune llotman , et suffit pour le déterminer à embrasser la réforme : il se retira donc à Lyon en 1517 ; mais son père , irrité de son changement de religion , lui refusa toute espèce de secours, et il se vit obligé, pour subsister, d'aller enseigner les huinanités au collége de Lausanne. Il épousa dans cette ville une demoiselle d'Orléans réfugiée , et le désir de rendre heureuse celle qui n'avait pas craint de partager son sort , accrut son ardeur pour le travail : il eut le bonheur d'être nommé en 1550 professeur en droit à Strasbourg , et le talent qu'il déploya sur ce nouveau théâtre étendit sa réputation jus- qu'en Angleterre. Décidé à vivre tranquille au milieu de sa famille, il refusa longtemps toutes les places qui lui furent offertes ; mais il ne put résister aux pressantes instances du roi de Narame qui l'appelait à sa cour. Chargé par ce prince de missions délicates, il s'en acquitta avec succès, et fut récompensé de son zèle par le titre de mettre des requêtes. Ce fut vers le même temps qu'llotman entreprit deux voyages en Allemagne par ordre de Catherine de Médicis, qui faisait également servir à ses vues protestants et catholiques. En 1561 il accepta, à la sollicitation de Jean de Moulher , la chaire de droit de Valence , et il parvint à rendre à cette université l'ancien éclat qu'elle avait perdu. Trois ans après , il alla remplir la mème place à Bourges , et malgré les grands avantages qu'on lui offrait pour l'y retenir, il préféra rejoindre à Orléans les chefs du parti protestant. Ayant peu de confiance aux dispositions de la cour , il prit le parti de se retirer à Sancerre pour y attendre la fin des troubles , et ce fut dans cet asile qu'il composa son excellent traité De consolatione e sacris dont il envoya des copies à ses amis, mais qu'il ne crut pas devoir rendre public. Il se détermina cependant à reprendre ses fontions à Bourges, et il les continua jusqu'à la StBarthélemy, 1372. Informé quelques jours auparavant que l'amiral de Coligny avait été blessé en sortant du Louvre, il ne douta pas qu'un tel attentat ne couvrit des projets sinistres : il se tint caché , et après l'horrible massacre des protestants , il se hâta de fuir la France, résolu de n'y jamais rentrer. Dans le premier moment de son indignation , il publia sa Franco- Ga/ lia , ouvrage rempli de maximes séditieuses , et qui fut désavoué par les protestants euxmèmes : il veut y prouver que la France n'est point un royaume héréditaire , et que les états généraux, représentant la nation, ont le droit d'appeler à régner celui qu'ils en jugent le plus digne. Vingt ans après les ligueurs s'appuyèrent des principes d'llotinan pour exclure du trône le I roi de Navarre ; mais l'auteur en avait reconnu luimême la fausseté, et il combattit son propre ouvrage en le réfutant avec un zèle qui doit lui faire pardonner ses erreurs. La cour voulut acheter le silence d'llotman en lui offrant une place de conseiller à la chambre mipartie de Montpellier ; mais il ne crut pas les esprits assez calmes pour pouvoir l'accepter sans crainte. En quittant la France il avait passé à Genève , d'où il se rendit à Bàle, et il fut si satisfait de l'accueil qu'il y reçut, qu'il résolut de s'y fixer entièrement. La peste l'obligea cependant d'aller demeurer à Montbéliard ; mais ayant eu le malheur d'y perdre sa femme , ce séjour lui devint insupportable, et il revint à Genève, d'où la guerre le chassa encore. 11 retourna enfin à Bâle, et y mourut d'hydropisie le 15 février 1590 , àgé de 66 ans. Hotman fut toujours pauvre.: il dépensa à la recherche de la pierre philosophale des sommes considérables , et plus d'une fois il fut obligé de recourir à la générosité de ses amis. Son inconduite l'engagea aussi quelquefois à faire trafic de compliments et d'épttres dédicatoires. Il se brouilla avec Baudouin son premier maitre , et ce fut un tort sans doute ; mais on ne doit pas ajouter foi aux reproches que lui fait celuici dans plusieurs lettres. Hotman était bon mari ; il fut heureux dans son intérieur malgré les privations qu'il y éprouvait : il avait de la fermeté, et son attachement aux principes de la réforme fut si constant, qu'il parait avoir été le résultat d'une entière conviction. A de profondes connaissances en droit, il en joignait de trèsgrandes en littérature et en antiquités. Il avait achevé la révision de ses ouvrages , et il en préparait une nouvelle édition, qui parut enfin par les soins de Jacques Led, Genève, 1599 , 3 vol. ; elle est précédée de l'Eloge de François Hotman, par Nevehl , neveu de Pithou. On renvoie pour le détail des pièces qui composent ce recueil aux Mémoires de Niceron, t. , et on se contentera de citer les plus intéressantes : 1° Commentarius in IV institutionum juris civilis libros , imprimé plusieurs fois à Bàle, à Venise et à Lyon et 2° Cornmentarius in epistolam Ciceronis ad Quintum fratrent de pro- vincia reste adtninistranda, Lyon, 1564, vol. ; Bàle , 1591 C'est un excellent ouvrage, plein d'érudition et de remarques intéressantes. Hotman a laissé aussi un Commentaire estimé sur vingtcinq des principaux discours de Cicéron. Franco- Gallia, sive Tractatus de regimine regum Gallioe et de jure successionis , Genève , 1575 , vol. réimprimé avec des changements sous ce titre : Libellas statum veteris reipublicoe Gallicce, deinde a Francis occupatœ describens , Cologne, 1574, vol. augmenté d'un dixhuitième chapite et de six pages à la fin de l'ouvrage ; ibid., 1576 , vol. augmenté de six nouveaux chapitres, Francfort, 1586 ; traduit en français par Simon Goulard , Cologne , 1571 , vol. Cette traductio'n a été insérée dans le deuxième volume des Mémoires du règne de Charles IX, Middelbourg, 1578 Lorsque Hotman co cet ouvrage, la France entière accusait Catherine de Médicis du massacre des protestants : il se proposa d'y démontrer que lés femmes étant exclues de la couronne par la loi salique, on n'avait pas dû confier à une princesse étrangère la régence du royaume ; niais il appuya cette opinion de principes subversifs des lois fondamentales de l'État, lois dont il connaissait la sagesse , et qu'il défendit avec vigueur dans l'ouvrage suivant : 4. Disputatio de controversia successionis regice inter ; karman et nepotem , atque in universum de jure successionis regice in regno Galliæ Francfort , 1585 Il y établit d'une manière incontestable les droits de Henri IV à la couronne , contre les prétentions du cardinal de Bourbon , son oncle , que les ligueurs voulaient placer sur le trône. Les ouvrages suivants d'Hotman ne font point partie de la collection de ses oeuvres. 5° LAnti- Tribonian, ou Discours sur l'étude des lois, 1567 ; traduit en latin, Hambourg, 1647 11 l'entreprit à la demande du chancelier (le l'Hôpital pour détourner les jeunes gens de la lecture de Tribonien , et lés ramener à celle du Code. 6° De furoribus gallicis et ccede admiralii Castilionii algue illustriunt virorum, ab Ernesto Varamundo Frisio, Édimbourg, 1573 , rare ; Londres, 1575 Leyde, 1619 et enfin Amsterdam , 1641 avec l'Origo et historia Belgicorum tumultuum. La traduction française, Bâle , 1575 , petit , est plus rare que ginaI. On a longtemps attribué cette satire violente à Théodore de Bèze ou à Hubert Languet. 7° Papa' Sixti V , fulmen brultim in Henrirum regetn Navarrw et Henricum Borbonium principem Condoeum vibratutn , cujus multiplex nullitas ex protestatione palet, 1585, 1586 , 160'2, 1603 ; traduit en français , 1585 llotman y démontre l'injustice et la nullité de la bulle d'excommunication lancée par Sixte V contre Ilenri IV. Cette pièce est trèssatirique ; il eu fut récompensé par un brevet de conseiller d'État. 8° Des Lettres latines, publiées par JeanGuill. Milius, Amsterdam, 1700 Ce recueil en renferme plusieurs (le Jean llotman , son fils
  • François HUNYADI( 1500) : médecin et po'r'te, né en Transsylvanie, dans le 16. siècle, fit ses études en Hollande et à Padoue. Après son retour, il devint médecin du roi de Pologne Étienne Bathori. Cc prince étant mort, ilunyadi se rendit à la cour de Sigismond Bathori en Transsylvanie. Il cultiva la poésie latine avec beaucoup de succès ; on a' de lui : Epigrammaton in opus Hier. Mercurialis de morbis puerorutn, Ven., 1588; 2" Votivum in ejusdem opus de venenis, ibid., 1388; 3° Versus lugubres posthumis Stephani regis honoribus nuncupati, Cracovie , 1S88 in
  • François IMPARATO : peintre napolitain, fut élève de Perino del Vaga, et reçut des leçons du Titien, dont il s'appropria si bien la manière que l'on a confondu ses tableaux avec ceux de ce grand maitre ; il Ilorissait à Naples en 1565. Son M- Pie? re martyr, dans l'église de ce nom, passe pour un de ses meilleurs ouvrages. On cite encore son Martyr de St- André dans l'église de SteMarie. - IMPARATO , fils du précédent, voyagea pour se perfectionner par l'étude des modèles; et se forma d'après les maitres vénitiens et lombards, dont il a imité le style et le coloris. Il acquit une réputation supérieure peut-étre à son mérite réel; usais sa vanité lui avait fait des ennemis qui cherchèrent à le rabaisser audessous de sa valeur. mourut vers 1620. La ville de Naples possède plusieurs beaux ouvrages de cet artiste, entre autres un tableau de l'Immaculée conception dans l'église de ce nom , et celui du Rosaire à StThomas d'Aquin. M. Valery vante son Assomption au pla- fond de SteMarie la Nuova La Biogrofia universale le nomme mal Imperalo, d'aprè, Dizionario dl Bassano. p. 340). Lanzi mentionne honorablement ces deux artistes dans son Histoire de la peinture. W-- s.
  • François HUBER( 1750) : naturaliste , fils du précédent, naquit à Genève le 2 juillet 1750. Les observations, la bibliothèque et l'aspect . Un plein succès couronna ces recherches opiniâtres : Huber parvint a recueillir sur ces insectes chéris une foule de particularités inespérées, et la série de ses découvertes forme presque complétement l'histoire naturelle de l'abeille. Les unes sont relatives à la constitution , aux habitudes , à la naissance et au développement , aux diverses classes, à l'hymen, aux combats des abeilles; elles furent publiées en 1792 sous la forme de Lettres à Ch. Bonnet et sous le titre de Nouvelles observations sur les abeilles, Genève . Les autres furent faites principalement avec le concours de sa femme et ensuite de son fils . Elles roulent sur l'origine de la cire, sur la construction des cellules, sur les sens de l'abeille : publiées d'abord en 1804 dans la Bibliothèque britannique , sous le titre de Premier mémoire sur l'origine de la cire, et sous celui de Lettre â . 11. Pictet, elles furent réimprimées avec de grands développements en 1814, à la suite de la deuxième édition ales premières observations, et elles en forment le tome second. Iluber n'avait point attendu la célébrité jusqu'à cette époque : dès l'apparition de son premier ouvrage il avait excité une grande sensation; la précision des recherches, l'inattendu des résultats, cette cécité de l'auteur qui donnait à ses succès quelque chose de miraculeux , tout concourut à répandre son nom dans l'Europe savante , et les diverses académies, notamment l'Académie des sciences de Paris, l'admirent successivement dans leur sein. Iluber avait d'abord amèrement regretté le malheur de sa cécité. Il finit par s'y résigner, au point que plus tard il refusa de laisser faire à un de ses yeux une opération de la cataracte que les progrès de la science faisaient juger praticable. Cependant il aimait à dire : J'ai ru, j'ai vu de mes yeux. Du reste, si cette allusion au passé le consolait parfois, jamais il ne faisait allusion au présent ni pour s'attrister ni pour déclarer sa résignation. Véritable philosophe, il jouissait d'une sérénité d'âme admirable ; il aimait tout ce qui l'environnait , il continuait de se livrer à ses études favorites et s'intéressait aux nouvelles de la science. Vers la fin de sa vie I il alla se fixer à Lausanne, près d'une de ses filles. C'est là qu'il mourut le 22 décembre 1831. A la liste de ses ouvrages il faut ajouter le Mémoire sur l'influence de l'air dans la germination des graines, Genève, 1801 que Senebier écrivit, mais dont Iluber lui fournit les matériaux en exécutant les expériences souhaitées par son collaborateur. Huber avait été amené à ce travail par l'idée qu'il avait eue de faire germer des graines dans les ruches, afin de reconnaître la nature de l'air qu'y respirent les abeilles. Les deux savants constatèrent la nécessité de l'oxygène dans la germination; et, comme les graines germent dans les ruches, Iluber en put conclure que l'air des ruches contient de l'oxygène. Parmi les autres résultats positifs qu'il découvrit, les plus célèbres sont ceux qui tiennent à la fécondation de la reine. C'est lui qui dit et prouva le premier que cet hymen a lieu à distance de la ruche et dans les airs, à une assez grande élévation : il suivit dans tous leurs détails les conséquences, soit de la précocité, soit du retard de ce phénomène ; il démontra ce qu'avait avancé Schirach , sans voir son opinion admise au rang des faits, que les innombrables oeufs pondus par la reine peuvent à volonté devenir abeilles neutres ou femelles par une nourriture appropriée ; il décrivit le massacre des mâles on fauxbourdons par les neutres quand, l'acte de la fécondation opéré, ils deviennent inutiles et onéreux à la laborieuse communauté : il raconta comment les neutres, dans une inquiète prévoyance, élèvent plusieurs femelles, afin que si la reine meurt une autre la remplace ; comment la reine jalouse parcourt les alvéoles, donnant la mort aux oeufs que leur mode d'alimentation rend apte à produire des rivales; comment parfois deux femelles adultes en mense temps se battent jusqu'à ce que l'une des deux succombe et fasse place à l'autre. Il fit connaître quelle influence exerce la grandeur des cellules sur la taille des insectes qui s'y développent, et de quelle manière les larves des abeilles filent la soie de leurs coques. H mit hors de doute l'usage des antennes, qui permettent aux abeilles de se reconnaître ; il tenta de déterminer la puissance et le siége des sens, notamment de l'odorat, chez ces insectes; il précisa toutes les opérations auxquelles se livrent les diverses classes d'abeilles dans la construction de ces merveilleuses cellules hexagones qui doivent recevoir le miel , et assigna la part de chacune d'elles; il expliqua l'origine , jusqu'alors fort mal connue , de la propolis; et, administrant les preuves d'une assertion jadis émise , que la cire est fabriquée avec du miel , il reconnut comment elle s'échappe sous forme de laines entre les anneaux de leur abdomen, et comment ils la préparent pour leurs édifices. Il dit aussi les ravages du sphinx atropos dans les ruches où il s'introduit ; il prouva que l'oxygène est essentiel à la respiration de l'abeille ; puis , se demandant comment il peut se faire que l'air se renouvelle et se conserve pur dans une ruche close presque de toutes parts, il en vint à se convaincre qu'un mouvement spécial des ailes agite l'air assez pour en amener le renouvellement ; il imita cet effet au moyen d'une ventilation artificielle. Enfin , se basant sur tant de notions exactes et nettes , il ajouta de bonnes règles à ce que l'on savait sur l'administration économique de ces précieux insectes. Rien d'essentiel depuis Iluber n'a été découvert sur les abeilles, et l'on peut dire que s'il n'a pas le premier abordé ce sujet, du moins il l'a épuisé. De Candolle a nommé Huberia laurina un genre d'arbres élégants du Brésil appartenant à la famille des mélastoinées
  • François HUE( 1757 - 1819) : né à Fontainebleau le 18 novembre 1757, d'une famille qui depuis plus de deux siècles occupait des charges dans la magistrature, acquit en 1787 celle d'huissier de la chambre du roi. C'est de cette époque que date son service auprès de la famille royale, à laquelle ,il ne cessa pas d'être attaché. En 1791 il fut nommé premier valet de chambre du Dauphin. Dans la journée du 20 juin 1792 il contribua par sa présence d'esprit à dérober aux recherches des séditieux la personne de la reine et celle du jeune prince. Le 10 août , resté aux Tuileries après le départ du roi, il n'échappa au massacre qu'en se précipitant d'une des fenêtres du chàteau dans le jardin ; de là, ayant gagné les bords de la Seine, il atteignit à la nage un bateau qui le sauva. Le lendemain , il parvint à pénétrer aux Feuillants et à reprendre son service auprès du roi. Le 14, jour fixé pour la translation de ce prince au Temple, il en reçut et exécuta la mission périlleuse de supprimer des papiers de la plus grande importance. Compris au nombre des personnes désignées par Louis XVI pour le service des princes au Temple , il fut spécialement choisi pour celui du Dauphin; mais , dans la nuit du 19 aoùt, il fut enlevé avec les autres personnes de service, interrogé à l'hôtel de ville et réintégré dans la tour , où il resta seul attaché au roi et à la famille royale. Dans les premiers jours de septembre, l'excapucin municipal Mathieu vint l'arrêter, sous les yeux du roi. Hue fut conduit de nouveau à l'hôtel de ville , d'où, sur la proposition de BillaudVarenne, il allait être envoyé à l'Abbaye. C'est alors que Tallien , qui voulait le sauver , trouva plus à propos de le retenir au secret, dans un des cachots de l'hôtel de ville ,*où il demeura enfermé pendant tout le cours des massacres, recevant par une trappe sa nourriture de la femme du concierge . Ayant recouvré la liberté, il chercha en vain à rentrer au Temple. Après la mort du roi, Hue , qui continuait de correspondre avec la reine, et qui même parvint à pénétrer dans la Conciergerie, dont la dame Richard lui 'facilita l'entrée , fut encore arrêté et traîné de la Force dans une maison d'arrêt du faubourg StAntoine; de celleci à l'abbaye de PortRoyal, où il se trouva avec Malesherbes; et enfin à la maison d'arrêt du Luxembourg , d'où , sans la chute de Robespierre, il ne serait sorti que pour aller à l'échafaud. Si Hue avait pu jouir de quelque soulagement dans sa captivité par la rencontre de Malesherbes et l'avantage d'avoir avec lui les entretiens dont il a enrichi ses Mémoires , il eut bientôt la douleur de se voir séparé de ce magistrat, dont il avait acquis l'estime et l'amitié. A l'époque où le gou- C'est dans un de ces entretiens que Hue dit avoir reçu du célèbre défenseur de Louis XVI la déclaration de ses erreurs relativement à ses opinions philosophiques et à son aveuglement, qui fut une des premières causes de la révolution. Malgré ce témoignage, quelques personnes doutent encore de la réalité de ce repentir et de cette rétractation. M—p j. vernement d'alors ,arrêta de placer une femme auprès de Madame, fille du roi, restée seule captive au Temple, les journaux annoncèrent que l'épouse de Flue s'était présentée pour remplir cet emploi. Enfin , quand Madame Royale sortit de sa prison, Hue , à la demande de cette princesse , reçut du Directoire l'autorisation de la suivre à Vienne; et il la joignit à Huningue, où il lui remit une jarretière que la reine avait tressée dans sa prison, et que le concierge Bault avait soigneusement conservée. Quoique l'arrêté du Directoire portât que Hue ne serait point réputé émigré, Bonaparte ne le comprit pas moins , par la suite , sur la liste de ceux qu'il maintint dans cet état de proscription. Après trois ans de séjour en Autriche, Madame Royale en étant partie pour aller à Mittau épouser le due d'Angoulême, Hue l'y suivit et fut attaché au service du roi en qualité de commissaire général de sa maison. En 1806 il obtint un congé pour aller en Angleterre faire imprimer l'ouvrage qui fut publié à Londres en français et traduit en anglais sous ce titre : Dernières années du règne et de la vie de Louis XVI. Hue avait rempli l'objet de son voyage lorsqu'il reçut du roi l'ordre de se rendre à Hambourg, pour y remplacer le comte de Gimel dans les fonctions d'agent confidentiel du prince auprès du sénat de cette ville. Cette missiôn manqua de lui devenir fatale ï Hambourg était une ville libre; mais il y résidait plusieurs agents du gouvernement français. Ce fut dans le voisinage, à Altona, ville neutre du Holstein , dépendant du Danemarck, qu'il établit sa demeure, après avoir communiqué à la régence les pouvoirs dont il était chargé ; mais entouré d'espions venus de Paris, scruté dans sa correspondance plus d'une fois violée, il venait à peine de s'y installer que cette régence , probablement par des motifs politiques, ne lui laissa que l'option de se constituer prisonnier dans une forteresse du Jutland ou de sortir sous escorte et sans passeport. Ces conditions ne pouvant convenir au caractère dont il était revêtu, Hue prit la résolution de se retirer en secret à Hambourg rhème. Là il vécut pendant neuf mois dans la plus obscure retraite, jusqu'à ce qu'enfin un plus long séjour lui faisant craindre de plus grands dangers, et sa mission d'ailleurs n'ayant plus de but, il parvint, à la faveur d'un déguisement et d'un passeport pris sous un nom emprunté, mais que voulut bien viser le ministre de France Bourrienne , à traverser l'Allemagne par des routes détournées, puis à passer en Hollande. Les ports y étaient rigoureusement surveillés, et ce ne fut qu'à l'aide d'uneifrèle barque de pêcheur , et au risque de la vie , qu'il put aborder en Angleterre et se rendre auprès du roi Louis XVIII. Hue rentra en France en 1814 à la suite de ce prince, et il ne tarda pas à s'occuper du soin de donner une édition de l'ouvrage qu'il avait publié en Angleterre. Cette édition , qui parut en 1814, fut promptement enlevée ; et elle a été suivie d'une nouvelle en 1816. Ces éditions
  • François HUPPAZOLI( 1587 - 1702) : l'un des centenaires les plus remarquables des temps modernes, naquit à Casai, le 15 mars 1b87, de parents aisés. Après avoir terminé ses études, il se rendit à Rome, et, pour obéir à son père, prit l'habit ecclésiastique, mais sans engager sa liberté. Son inclination le portait à voyager; et il profita d'une circonstance favorable pour visiter la Grèce et les échelles du Levant. S'étant arrété à Scio, il s'y maria en 1625 : quelques spéculations commerciales lui ayant réussi, il se trouva bientôt maitre d'une fortune médiocre, mais qui lui parut suffisante. Il vécut dès lors exempt de toute espèce de soin et d'inquiétude ; et l'on ne peut douter que cet état de calme n'ait beaucoup contribué à maintenir sa santé. Sa conduite était trèsrégulière; il remplissait avec exactitude ses devoirs religieux, soulageait les pauvres, entretenait la paix dans sa famille, et aidait de sa bourse, ou de ses conseils, tous ceux qui s'adressaient à lui. Il avait adopté un régime sévère, dont il ne s'écarta jamais sous aucun prétexte; il ne faisait usage d'aucune liqueur fermentée, mangeait peu, et seulement du gibier rôti ou des fruits, se couchait à l'entrée de la nuit, et se levait de trèsgrand matin. 11 entendait la messe, faisait une promenade de plusieurs heures, se renfermait ensuite pour écrire sa correspondance, et donnait le reste du jour à la société que réunissaient, autour de lui, ses talents et l'amabilité de son caractère. Il avait quatrevingtdeux ans lorsqu'il fut pourvu du consulat de Venise à Smyrne ; et il déploya dans cette place beaucoup de prudence et d'activité. La guerre interrompit ses fonctions ; mais il revint à Smyrne, en 1699 , à l'âge de cent douze ans , et reprit l'exercice de sa charge. 11 faisait encore , à cette époque, sa promenade du matin ; et il lui arrivait souvent de la prolonger à jeun pendant trois et quatre heures, au travers des rochers et des montagnes. Il tomba malade , pour la première fois, en 1701, d'une fièvre, dont il guérit au bout de quinze jours; mais il était resté sourd, et cette infirmité cessa au bout de trois mois. Quelque temps auparavant, il avait perdu ses dents, et il était réduit à ne vivre que de bouillie : mais ses gencives se durcirent au point qu'il cassait facilement les os de poulets et de poulardes, dont il fit sa dernière nourriture. Il fut attaqué de la gravelle dans le courant de l'hiver qui suivit sa maladie ; et un rhume l'emporta, le 27 janvier 1702, dans sa 115' année. Iluppazoli était d'un tempérament ferme et d'un caractère doux et modéré : il n'eut jamais d'autre passion que celle des femmes ; mais il la porta jusqu'à l'excès. Il avait été marié cinq fois il épousa sa dernière femme à quatrevingtdixhuit ans, et il en eut encore quatre enfants. Les quatre premières lui en avaient donné vingt; et on lui en connaissait vingtcinq illégitimes. Il n'éprouva aucune des incommodités partage ordinaire de la vieillesse : il eut, jusqu'au dernier moment, le libre usage de ses facultés physiques, et une mémoire excellente. On dit, qu'à l'âge de cent ans, ses cheveux, de blancs qu'ils étaient, redevinrent noirs, ainsi que sa barbe et ses sourcils, et qu'à cent douze ans il lui perça deux grosses dents. Il laissa, en manuscrit, le Journal des événements les plus importants de son temps, 22 vol. On peut consulter, sur Iluppazoli, une lettre écrite de Smyrne, et insérée dans le Mercure d'août 1702
  • François IMPERIALE( 1300) : né dans le 14. siècle à Gènes, d'une noble famille, passa jeune en Espagne et s'établit à Séville, où il ne tarda pas à se faire connaitre par ses talents pour la poésie. Ces mèmes talents le firent, non moins que sa naissance, accueillir à la cour de Henri III, roi de Castille, dont il devint un dans sa Lettre au connétable de Portugal sur l'origine de la poésie espagnole, met Imperiale au premier rang des poètes contemporains et fort andessus de tous ceux qui l'ont précédé. Argote de Molina ,dans son_ Histoire de la noblesse d'Andalousie lui donne les mèmes éloges, et rapporte une pièce qu'il avait composée en octaves à la louange d'Angélina de Grèce, ferme de Diego Gonzales de Contreras, regidor ou gouverneur de Ségovie. Thomas Sanchez dans la préface de sa Colleccion de poesias castellanas, fait une honorable mention d'Imperiale et nous apprend qu'il avait composé un poéme sur la naissance de Jean II, fils et successeur de Henri III. Joseph. Rodriguez de Castro a donné quelques fragments des poésies d'Imperiale dans la Bibliotirera espaiiola, Madrid, 1781 , t. 1", p. 296-97, 3'57 et 345. Enfin Tiraboschi, si jaloux de tout ce qui peut intéresser la gloire de l'Italie, revendique °pour elle Imperiale, et dans une note (le la Storia i della letterat., t. 6, p. 837, a réuni tous les témoigna- ges honorables que nous venons d'énumérer. Son poème sur la naissance de Jean 11, en 1405, prouve qu'Imperiale florissait encore au commencement du 15, siècle; mais on ignoie les particularités de sa vie et la date de sa mort. Ses poésies sont conservées dans différentes bibliothèques d'Espagne, notamment dans celle de l'Escurial
  • François INGHIRAMI( 1772 - 1846) : né à Volterra en 1772, mort le 17 mai 1846, a publié divers ouvrages recommandables sur les antiquités de l'Italie et sur la peinture, en même temps que ses recherches dans les bibliothèques lui permettaient de découvrir d'intéressants manuscrits enfouis dbpuis le moyen âge. On lui doit : 10 Alonumenti etruschi, o di etrusco nome, Florence , 1820-18'27 , 10 vol. ; 20 Galleria Omerica o raccolta di monumenti and- , chi per servire alto studio dell' Illiade e dell' Odissea, Florence, 1831-38 , 3 vol. ; 3° Maure dei rosi fittili per servire di studio alla mitologia ed alla storia degli antichi popoli , Florence , 1831-57, 4 vol. ; Aluseo etrusco chiusino, con brevi esposizioni, Florence, 1833 , 4 vol. ; 50 Lettere di etrusca erudi: ione, Florence , 1838, 1839 ; 6° Storia della Toscana coin pilata ed in secte epoche distributa , Florence , 1841-9845. Cet ouvrage , qui devait se composer de sept volumes, est resté incomplet par suite de la mort de l'auteur. Le premier volume seul a paru. — INcuutAmi , son frère , né à Volterra en 1779, mort au mois d'août 1851; était supérieur général de l'ordre des Scolopj. Il s'est distingué dans la science de l'astronomie. Sa réputation s'étendit au delà de son pays , et on le pria même de Berlin de diriger la publication d'un Atlas géométrique, astronomique et trigonométrique , qui est justement estimé du monde savant. On lui doit en outre : 1° Effemeridi dell' occultazione delle piccole stelle solo la lune, Florence, 1809-1830 ; 20 Tavole asironomiche universali portatili, ibid., 1811; 3° Effenzeridi di Venere e Giove ad uso de' naviganti, pel meridiano di Parigi, ibid., 1821-24 ; 4° une trèsbonne carte géométrique de la Toscane, qui a été tirée à deux cent mille exemplaires
  • François JARD( 1675 - 1768) : prédicateur distingué, né en 1675, à Bollèoe, dans le comtat Venaissin, fit ses premières études aux Barnabites de StAndéol. Il entra en 1692 dans la congrégation des doctrinaires, où il enseigna pendant plusieurs années les humanités : il exerça ensuite la fonction de catéchiste à Montpellier ; niais ce fut dans la paroisse de la Madeleine à Béziers que se manifestèrent ses talents pour la chaire. Le prôniste eut bientôt décelé le prédicateur fait pour être écouté avec intérêt à Paris, où il se rendit en 1705. Le cardinal de Noailles, qui le retint pour le carême de NotreDame en 1713, fut si content de son premier discours, qu'il lui appliqua ces paroles de l'Évangile : Nunquam sic locutus est homo. Aussi futil rappelé dans la même église pour les stations de 1716, 1721, 1725. Le successeur du cardinal ne s'accommodant ni de la doctrine de ce religieux, appelant trèsprononcé, ni de son influence sur des auditeurs nombreux, commença par lui cette foule d'interdits qui signalèrent les premières années de son épiscopat : celui du père Jard surtout attira au prélat de vives sollicitations de la part des personnes de la plus haute considération. M. de Vintimille aurait voulu le rétablir, mais à des conditions que les scrupules du prédicateur repoussaient. Déchargé du poids du minis tère, le père Jard se consacra tout entier à 1; retraite , d'où une première lettre de cache: l'arracha pour l'exiler à Beaucaire. Cette lettre. (lui lui fut signifiée au moment même où il descendait de l'autel, n'eut pourtant pas son effet, la duchesse de Rochechouart ayant obtenu en faveur du proscrit une seconde lettre de cachet qui l'envoyait à Tours : c'est là qu'il reçut de M. de Rastignac l'accueil le plus honorable ; mais après la mort de cet archevêque, il fut relégué à Auxerre par une troisième lettre de cachet, et y mourut au mois d'avril 1768, àgé de 95 ans. 11 avait appelé de la bulle Unigenitus en 1717, réappelé en 1720, et il a consigné ses motifs dans son testament spirituel, daté du 28 octobre 1757. Ses' sermons ne répondent pas à sa grande réputation : ils sont instructifs et solides ; mais ils ne présentent rien de neuf, ni quant au fond, ni quant à la manière : on les a recueillis en 5 volumes Paris, 1768. On a encore du père Jard un ouvrage qu'il composa avec le père Debonnaire ; c'est la Religion chrétienne méditée dans le véritable esprit de ses maximes, Paris, 1745, 1765, 6 vol. ; nouvelle édition, Lyon , 1819, 6 vol
  • François JUNIUS( 1589 - 1678) : fils d'un théologien protestant de ce nom, naquit, en 1589, à Heidelberg, et quitta cette ville avec son père, nominé professeur à l'université de Leyde. Il apprit d'abord les mathématiques, afin d'entrer dans l'arme du génie; mais la trêve de 1609 lui ayant ôté tout espoir d'avancement, il tourna ses vues vers la littérature, et s'y appliqua avec beaucoup d'ardeur. Ses études terminées, il vint en France visiter ses parents, et passa, vers 1620, en Angleterre, résolu de s'y fixer. Le comte d'Arundel , charmé de son mérite, le fit son bibliothécaire; et cette place, qu'il remplit trente ans, lui facilita les moyens d'acquérir des connaissances trèsvariées. Le hasard lui ayant procuré quelques ouvrages écrits en anglosaxon , il se mit aussitôt à étudier cette langue , au moyen des analogies qu'il y découvrit avec d'autres anciens dialectes du Nord : il eut ainsi l'avantage de précéder le savant George Ifickes dans une carrière que celuici devait parcourir avec tant de succès . Les instances de sa soeur déterminèrent Junius à la rejoindre en 1650; mais, peu de temps après son arrivée, ayant appris que les habitants d'un petit canton de la Frise parlaient un idiome différent de celui de leurs voisins, il alla s'y établir, et passa deux ans à composer la grammaire et le dictionnaire de cette langue, qu'il démontre n'être qu'un dérivé du saxon. Il retourna en Angleterre en 1674; et, sentant ses forces diminuer, il se retira à Oxford pour y terminer tranquillement ses jours au milieu de ses amis. Il était allé passer les va- rances à Windsor, chez Isaac Vossius , son neveu ; il y tomba malade, et mourut le 19 novembre 1678, âgé de 88 ans. Junius était un homme de moeurs pures, exempt d'ambition et de haine : il n'eut jamais de quer'elle avec personne, se montra toujours satisfait de son sort, et, quoique sans fortune , fut constamment heureux. 11 travaillait quatorze heures par jour, ne prenait presque aucun exercice, et n'éprouva cependant jamais aucune de ces incommodités qu'on regarde comme la suite d'une vie trop sédentaire. On a ..lunius la tira du fameux manuscrit Codex argente us, ainsi appelé parce que les caractères ont la couleur d'argent. La version anglosaxone est accompagn:e de rotes du savant Thom. Mareschal. 40 Etymologicum edente Edwardu Lye ; accedil grammat. anglo- saxonica , Oxford, 1743 ouvrage savant et trèsrecherché. 50 On trouve plusieurs Lettres tle Junius dans le recueil de celles (le Ger. J. Vossius, publié par Colomiès, Londres, 1690 Junius légua, par son testament, à l'université d'Oxford, ses nombreux manuscrits, dont on trouvera la liste à la suite de son Éloge par G rwvius, dans les. it/ Jena? Oxonienses, et dans le Dictionnaire de Chaufepié. Le principal est son Glossarium quinque linguarum septentrionalium , en 9 volumes que Jean Fell, évèque (l'Oxford, se proposait de publier. La Vie de Junius, déjà citée , a été insérée par Fred. Gasp. Hagen , dans ses Memorioe, Francfort, 1710 On trouvera aussi des détails sur ce savant respectable, dans le Dictionnaire de Bayle, et dans les Mémoires ale Niceron, t
  • François JURET( 1553) : critique érudit et consciencieux, né en 1553, à Dijon, était fils d'un greffier au bailliage de cette ville. Il alla terminer ses études à l'université d'Orléans, où, bien jeune encore, il prit ses degrés en droit. Lorsque parut le premier livre des Bigarrures de Tabourot , son cousin , il fit une pièce de vers , en réponse aux censeurs que choquaient les bouffonneries par trop licencieuses accumulées dans ce singulier volume . Plus tard , ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un canonicat au chapitre de Langres; et dès lors il consacra tous ses loisirs à l'étude de l'histoire et à la culture des lettres. Dans le moment où parut la Main de Pasquier , il se permit, en badinant, une épigramme dont le sens était qu'il lui restait des mains pour prendre , mais non pour donner. Plus sensible à ce jeu de mots qu'il ne l'aurait dû, Pasquier y répondit par un distique fort grossier; mais ayant reçu , quelque temps après, des vers latins et français, que Juret lui envoya pour une seconde édition de la Main, il s'em- Cette pièce est imprimée dans les Bigarrures ; édition de 1662, p. 350, et dans les Delicia poelar. galiote. pressa de s'excuser des deux vers qu'il avait insérés dans une lettre à Tabourot , « lesquels, ditil, « je condamne comme champignons, voulant que a leur mort soit aussi prompte que leur nais', sauce. » Juret parait avoir renoncé de bonne heure à la littérature légère.pour se livrer exclusivement à l'étude des anciens monuments de notre histoire; mais il ne composa aucun ouvrage suivi, et se borna toute sa vie aux modestes fonctions d'éditeur. Pendant les troubles de la Ligue , en Bourgogne, « quoiqu'il fût périlleux d'aller au a contraire d'un parti qui, en apparence, s'établissait sur la religion et qui était appuyé de a l'autorité du gouverneur , « il ne laissa pas de suivre le parti du roi , et ne « se put tenir en diverses rencontres de témoi« gner combien il estimait vain le dessein de ceux cc qui voulaient, au préjudice des lois fondamen« tales de l'État, donner entrée à l'étranger . » Cette manière de penser, jointe à ses talents , lui valut l'amitié , des Dupuy , des Pithou et du président de Harlay , qui voulut le fixer à Paris, en lui faisant obtenir une place de conseillerclerc au parlement, mais ne put l'y décider. Exempt d'ambition , il vécut tranquille au milieu de ses livres, et mourut le 21 décembre 1626. Outre un trèspetit nombre de pièces recueillies par Gruter dans les Delicioe poetarum gallor., t. 2, p. 383-85, on a de Juret . Les notes de Juret , sur les OEuvres de Sénèque, dans l'édition de Paris, 1602 ont été reproduites dans l'édition Varier., Amsterdam, 4G72, 5 vol. Celles qu'il avait laissées sur les Lettres et le Traité de Cassiodore , De rations anima), font partie de l'édition de Cassiodore publiée par D. Garet en 1679 On en trouve encore de lui dans les Panegyrici veteres ; niais ce n'est là qu'une partie de ses travaux. Les savants Bouhier et Lamare, de Dijon, possédaient les notes et les corrections de Juret sur cinquantecinq auteurs, anciens ou du moyen àge, dont Papillon a donné la liste détaillée dans la Bibliothèque de Bourgogne , t. 2, p. 355-61 . Ce judicieux critique a été comblé d'éloges par tous les savants , entre autres Saumaise, Scaliger, Colomiès , La Monnoie , et plus récemment par D. Brial, qui rend une pleine justice à ses notes, remplies Il) Ce passage est extrait de la Notice sur Juret indiquée à la lin de cet article. Les livres annotés par Juret et qui se trouvaient dans le Cabinet de Lamare sont aujourd'hui à la Bibliothèque de Paris. d'érudition sur Yves de Chartres, dont il a le premier éclairci le texte. . Une courte Notice sur Juret, par un contemporain, que Chardon de la Rochette avait communiquée à M. Amanton , a été publiée dans le Journal de la C, et reproduite par Barbier, dans son Examen critique des dictionnaires. Le portrait de Juret était dans la bibliothèque du président Bouhier
  • François KAUSLER( 1794 - 1848) : général au service du Wurtemberg), auteur de divers écrits militaires, naquit à Stuttgard le 28 février 1794. Souslieutenant dans l'artillerie en 1811, il prit part , en 1813, à la bataille de Leipsick à la tète d'un bataillon d'artilleurs wurtembergeois, et, l'année suivante, se distingua à la bataille de Montereau. Il fut nommé successivement capitaine, en 1817; major, en 1829, et général, en 1836. Depuis 1822 il remplissait les fonctions de général quartier maitre. 11 est mort le 10 décembre 1848. Voici la liste de ses principaux ouvrages, qui sont estimés : 1. La scieee de la guerre, 1819 ; 2') Histoire des guerres, des batailles, des siéges et des révolutions modernes, Ulm, 1826-1832; 3° Napoléon général, au point de vue guerrier, stratégique et scientifique , Leipsick , 1828 ; 4° Coup d'oeil sur les reconnaissances militaires sur la Douare, Fribourg, 1835; 5° Histoire du prince Eugène de Savoie, Fribourg, 1858 ; 6° Atlas des plus mémorables batailles, combats et siégez des temps anciens , du moyen dge et de mage moderne , à l'usage des militaires, Fri- bourg , 1831-1837 ; 7° Histoire de la guerre de -1792 à 1815, en Europe et en Egypte , Karlsruhe, 1840-1842
  • François KARPINSKI( 1760 - 1823) : né vers 1760 , dans le palatinat de BrzescLiLewski , est connu en Pologne par ses poésies , surtout par ses pastorales, qui sont devenues des chants populaires. On a de lui : Judith , tragédie ; le Cens , comédie ; Alceste, opéra ; une traduction , moitié en prose , moitié en vers , du poëme des Jardins de Delille ; il traduisit aussi les Psaumes de David, une partie des OEuvres de Plutarque , et il écrivit sur l'état de la Pologne, et sur la manière de l'améliorer. Accueilli à Pulawy, chez les Czartoryski , il faisait le charme des réunions que le prince Adam y attirait. StanislasAuguste lui offrit des places honorables et le prince Sanguszko le pria de se charger de l'éducation de ses enfants. 11 refusa ces avantages, pour aller vivre paisiblement dans .sa maison de campagne de Karpinczyn que le roi lui avait donnée. Là, il partageait ses moments entre l'étude, l'agriculture et l'éducation des pauvres enfants de la campagne. Il publia en 1819, à Wilna , un ouvrage intitulé Aux enfants pour leur amusement. Avant sa mort , il légua à son ami Charles Prszor un manuscrit qui contient l'histoire des hommes avec lesquels il avait eu des rapports. 11 mourut dans le palatinat de Lublin , le 11 septembre 1825. Ses OEuvres ont paru en 4 volumes à Varsovie, 1808 ; à Breslau, 1826; à Varsovie, 1828 GY.
  • François KŒLCSEY( 1790) : excellent écrivain hongrois, naquit à Szcedemeter, dans le comitat de Szolnok en Transylvanie, le 8 août 1790. Issu d'une ancienne et riche famille, il fit ses études au gymnase protestant de Debreczin , où ii se distingua par son aptitude et où en peu de temps il se montra familier avec les langues et littératures, latine, grecque, française et allemande. A l'âge de dixsept ans, il fut présenté à Kazinczi qui devait exercer une grande influence sur ses tendances littéraires. En 4809, il fut appelé à Pesth en qualité de secrétaire royal, et se lia avec les notabilités de cette ville , surtout avec Paul Szetnere ; il poursuivit en méme temps ses études particulières et avec d'autant plus d'application que , privé par la petite vérole de l'oeil droit , il ne fut point obligé de payer son tribut au service militaire. Ses premiers essais poétiques parurent en 1813, dans l' Almanach des DC/ Mes de Horvath et dans Erdelyi Museum. Il s'appliqua principalement à former dans la nouvelle littérature hongroise le bon goût et l'observation des règles; mais, blâmé à cause du ton de sa critique dans les colonnes du journal : Tudométnyos gyeemény et d'une satire imprimée en 1815 sans sa volonté, il renonça pour un temps à la carrière des lettres et ne se décida qu'en 182.6 à y rentrer sur les instances de Szemere , avec lequel il fit paraltre alors la revue Elet és irodalom. Cette revue, contenant un grand nombre d'articles philosophiques, artistiques et critiques de Kœlcsey, , eut une influence remarquable sur le développement de la littérature nationale. Kœlcsey se distingua aussi au barreau, et les discours qu'il prononça, soit comme avocat, soit comme notaire supérieur du comitat de Szathmar, , place qu'il occupait depuis 489, sont comptés parmi les meilleures productions de ce genre. Il siégea à la diète de 1852-1856, qui a fait époque dans les annales de la Hongrie, comme député de Szathmar ; il se fit remarquer comme un des plus habiles orateurs du parti libéral , dont il était l'un des chefs. Dans le cours de la session , il résigna son mandat lorsque ses électeurs lui donnèrent des instructions peu conformes à ses idées. De retour à Szathutar et pendant qu'il s'occupait de la défense de son ami Wesselény, il mourut subitement le 21 août 1838. L'académie hongroise l'avait admis dans son sein dès sa création. Ses OEuvres complètes ont été publiées durant sa vie par Paul Szemere ; son Journal de la diète de 1832 à 1836, qui renferme des détails trèsintéressants sur les tendances secrètes des différents partis, n'a pu voir le jour qu'en 1848
  • François KRAUSE( 1706 - 1754) : peintre, naquit à Augs- bourg en 1706, dans une extrème indigence. En- Quelques bibliographes ont cru que le nom de Jarki n'était qu'un pseudonyme de Krause ; mais c'est une erreur. Jarki, né à Stade, mort en 1731, au moment où allait monter un établissement de librairie dans sa patrie, est connu par d'autres ouvrages ; et Fabricius en parle comme d'un disciple qui était son ami particulier. tramé par le goùt le plus vif pour la peinture aucun obstacle ne put l'arrêter. En vain ses n'attires , abusant de son ardeur et d'une certaine timidité qu'il tenait de sa position , exigeaientils de lui les services les plus pénibles , rien ne le décourageait, et l'amour de l'art l'emportait sur sa propre répugnance. S'étant aperçu néanmoins que son extrême complaisance l'empêcherait d'arriver à son but, il s'attacha à un seigneur qui, lui ayant reconnu du mérite, le conduisit à Venise et le fit entrer chez Piazzetta , peintre en réputation à cette époque. Krause répondit à un service aussi signalé par les progrès qu'il fit, et par la constance avec laquelle il se livra nuit et jour à l'étude de son art. Parvenu au point de voir ses tableaux confondus, par les connaisseurs même les plus éclairés, avec ceux de son maitre , il se crut assez habile pour n'avoir plus besoin de guide, et se rendit à Paris. Il y fut d'abord peu connu; un tableau de lui, représentant une Sul- tane présentée au Grand Seigneur après le bain, le fit sortir de l'obscurité; et il composa , pour être admis à l'académie de peinture , un tableau de la Mort d'Adonis. Mais son caractère caustique et sa vanité ridicule lui aliénèrent tous les esprits l'académie ne voulut pas l'admettre dans son sein ; et, pour échapper au mépris, il crut devoir se retirer à Langres, où il se maria et obtint de l'occupation. De là il passa à Dijon , et peignit pour les chartreux de cette ville l'Histoire de la Vierge. en sept tableaux , et la Madeleine chez le pharisien , grande composition qui passe pour son chefd'oeuvre. Cependant ces grands travaux Safisaient à peine pour le faire subsister : il se mit alors à faire des portraits au pastel ; mais, malgré la vogue qu'il obtint , il ne parait pas qu'il s'enrichlt , car il fut obligé d'aller s'établir à Lyon, espérant trouver plus de ressources dans cette ville , où les arts ont toujours été en honneur. Il fit quelques tableaux pour l'église de SteCrois; et , ayant ensuite passé en Suisse, il fut chargé de peindre en entier l'église de NotreDame des Ermites. C'est un ouvrage capital auquel il consacra douze années : il mourut en 1754, quelque temps après l'avoir terminé, âgé seulement de 48 ans. Quoiqu'il témoignât publiquement pour ses propres ouvages une estime qu'ils ne justifient pas entièrement, il possédait cependant à un assez haut degré quelquesunes des parties de son art. 11 avait peu d'imagination , mais il dessinait bien, surtout les pieds et les mains ; sa couleur est vigoureuse et dorée, sa touche ferme et brillante, quoique parfois un peu sèche. On reproche en général à ses tableaux d'être trop noirs. Ce défaut tient à ce qu'il employait d'ordinaire le stil de grain el l'orpin. Ses tableaux, il est vrai, étaient extrêmement vigoureux en sortant de ses mains; mai: par ce mauvais choix de couleurs, ils noircissaienl à vue d'oeil, et ils seront détruits avant le temps Les vices du caractère de Krause ont égaleinen' nui à ses succès. Jaloux de ses rivaux, il trouv; dans leur indifférence pour sa gloire la juste punition d'un orgueil qui croyait ne pouvoir s'élever qu'en prodiguant aux autres le mépris
  • François LACOMBE( 1733) : d'Avignon, né en 1733, a publié les ouvrages suivants : tt. Lem« histors. go« et philosophiques du coud« d Orrery sur la ras il les , 9762 '5. Dictionnaire du vieux langage français , 1765- 1767 , 2 vol. ; 6. Observations sur Londres et ses environs , avec un Précis de la constitution d'Angleterre et de sa décadence , 1780 , réimprimées sous le titre de Tableau de Londres et de ses environs. Quoique, à l'exception du quatrième, tous ces ouvrages soient anonymes , il ne peut guère y avoir de doute sur leur auteur. Le Dictionnaire de la Provence et du comtat Venaissin les lui attribue formellement; et il est à croire que Lacombe , 'alors dans la force de l'âge, aura été consulté, et aura donné la date de sa naissance, qui y est repportée. 7^ Le Mitron de Vaugirard , dialogue sur le blé, la farine et le pain,. avec un Traité de boulangerie, nouvelle édition , Amsterdam , 1776 annoncé sous le nom de Lacombe d'Avignon dans le Catalogue des livres nouveaux, n° 42, art. 17. Lacombe était mort en 1795; car dans la liste des cent dixhuit hommes de lettres auxquels la convention accorda des secours par son décret du 18 fructidor an 3 , on lit : LACOMBE, en la personne de sa veuve. A sa mort , il était commissaire de police à Montpellier. A. B—
  • François LAÏS ou LAYS : , célèbre dans les fastes de la musique et de l'art dramatique , naquit à la Barthe, bourg de l'ancien Comminges, le 16 février 1757 ou 1758. Ses parents, qui le destinaient à l'état ecclésiastique, le placèrent dès l'âge de sept ans à la chapelle de Guaraison , où l'on faisait trois fois par jour de la musique nouvelle. Cette chapelle, située au milieu des forèts et asile des voyageurs en temps d'orage, était voisine de Betharam , où avait été élevé Jéliotte . Lais, qui devait le surpasser, y apprit le latin, la musique, et alla, à dixsept ans, faire sa philosophie à Auch , où il fut en méme temps précepteur des enfants du secrétaire de l'intendance. De retour à Guaraison, pour y suivre son cours de théologie, il abandonna une vocation peu conforme à ses penchants, et alla étudier le droit à Toulouse. Mais déjà son talent comme chanteur avait fait du bruit. Informé par les chanoines de la cathédrale qu'une lettre de cachet l'appelait à Paris, il partit aussitôt, et, un mois après son arrivée, il débuta, au mois d'août 1779 , sur le théâtre de l'Opéra, dans un rôle accessoire de l'Union de l'Arno. ur et des Arts. Un air de Berton père, qu'il chanta à la fin de la pièce, mit sa belle voix en réputation. Reçu immédiatement, il fut néanmoins obligé, suivant l'usage de ce tempslà , de continuer son noviciat et de n'aborder progressivement les grands rôles que lorsque le public l'en aurait jugé digne. Son noviciat ne fut pas long. Quoiqu'il eût joué avec succès, comme remplaçant, Oreste dans l'Iphigénie en Tauride de Gluck, le premier rôle qu'on lui confia fut un personnage secondaire dans le Seigneur bienfaisant, en 1780. Mais il créa ensuite les rôles de Plutus dans l'Em- barras des richesses , d'Ilidrasot dans Renaud , d'Husca dans la Caravane , d'Anténôr dans Dardanus , de Panurge , d'Alc dans l'opéra , de Vellinus dans Arvire et Ecelinc s, de la Dandinière dans les Prétendus , de Mathurin dans les Pommiers et le Moulin , de Pollux dans le Gator et Pollux de Candeille , de Figaro dans le Mariage de Figaro de Mozart , etc. Les succès.que Lais avait obtenus dans sa carrière dramatique furent en quelque sorte interrompus par la révolution. Dans l'espoir peut-être d'en obtenir d'un autre genre , il adopta les nouveaux principes avec enthousiasme, et fut un des missionnaires propagandistes envoyés dans les départements en 1793 ; mais s'étant montré, à Bordeaux, l'un des détracteurs de la faction girondine, qui venait de succomber, il courut des dangers et revint à Paris. Il fit le rapport de sa mission à la commune de Paris, où il se rendit, au mois de septembre , avec une députation des artistes de l'Opéra, qui venaient repousser la dénonciation d'avoir refusé de jouer des pièces patriotiques, et réclamer en mème temps l'indemnité qui était due à ce théâtre, pour les représentations données de par et pour le peuple . Le discours de Laïs, prononcé à la tribune, fut couvert , le public ne chercha point à incriminer ses intentions, et ne lui imposa d'autre peine que d'exiger qu'il chantât l'hymne du Réveil du peuple, chaque fois qu'il paraissait sur la scène. Corrigé par cette leçon, il renonça aux travaux démagogiques et se livra entièrement à ceux de son état, qui lui ont mérité une brillante réputation . Les principaux rôles qu'il a créés depuis sont ceux d'Anacréon dans l'opéra de Le public le força , le 2 avril 1814, de chanter des couplets en l'honneur des Bourbons. L'empereur Alexandre , .clut était ce nom , de Bocchoris dans les Mystères d'Isis , d'Hydala dans Ossian, ou les Bardes , du Consul dans le Triomphe de Trajan , de Cinna dans la Vestale , d'Aristipe dans l'opéra de ce nom , de Seth dans la Mort d'Adam , de Telasco dans Fernand Cortés , du Bailli dans le Rossignol , du Cadi dans la Lampe merveilleuse , son dernier rôle. Ainsi pendant plus de quarante ans Laïs fut la plus solide colonne du premier théâtre lyrique, et il fit par sa voix les délices des Parisiens. Cette voix, la plus parfaite qu'on ait entendue à l'Opéra, et peut-être en Europe, n'était pas précisément une bassetaille, quoique celui qui la possédait la forçât quelquefois outre mesure , et qu'il figurât parmi les premières bassestailles sur le tableau des acteurs. Ce n'était pas non plus un ténor ou hautecontre, comme on l'a dit par erreur dans l'Année thédtea/ e de l'an 9, mais un admirable baryton ou concordant, grave, pur, sonore et flexible, qui étonnait par son étendue et son volume. La méthode de chant qu'il s'était faite tenait le milieu entre le goût français et la manière italienne; quoiqu'elle fût plus convenable au genre bouffe, il savait habilement l'adapter à l'expression des passions fortes, des sentiments nobles et pathétiques. Cependant il ne fit jamais oublier entièrement Chardiny, qui avant lui avait joué Thésée dans 0Edipe à Colonne, et chanté d'une voix si suave le bel air : Du mal- heur auguste victime. Laïs avait un mérite méconnu et négligé aujourd'hui : il prononçait si distinctement les paroles qu'il chantait qu'on n'en perdait pas un seul mot . 11 se retira du théâtre en 1822. Les a composé, diton, beaucoup de musique, dans le but seulement d'apprendre à juger et apprécier celle des autres. Cet acteur, ayant été destiné à l'état ecclésiastique, chantait parfaitement la musique d'église. Il a formé plusieurs élèves, entre autres madame Dozon , épouse de l'acteur Chérot) . Nommé, en 1818, professeur de chant déclamé à l'école royale de musique et de déclamation, Les donna sa démis- sion au commencement de 1827, quitta Paris, et se retira, avec une pension de 4,000 francs, auprès de sa tille, mariée dans le département de MaineetLoire, à lngrandes, où il est mort en mars 1831, à l'âge de '73 ans
  • François LAJOLAIS( 1761) : général français, né à Weissembourg en 1761, fils d'un lieutenant de roi, chevalier de StLouis, entra luimême dès l'enfance dans la carrière des armes, et parvint au grade de capitaine. Ayant embrassé la cause de la révolution , il n'émigra pas, et profita au contraire de l'émigration presque générale des officiers, en 1792, pour obtenir de l'avancement. 11 devint alors colonel, et fut employé en 1795 et 1794 à l'armée de la Moselle et à celle du Rhin, sous les ordres de Pichegru , qui le prit en affection et lui communiqua ses projets les plus secrets. Les correspondances de ce général avec le prince de Condé ayant été livrées au directoire exécutif par suite de la négligence ou peut-ètre de la perfidie du général autrichien Klinglin, Laniais se trouva gravement compromis, et il fut arrêté et subit, ainsi que Badonville , une longue détention qui ne se termina que dans le mois de janvier 1800, où il fut acquitté par un conseil de guerre à Strasbourg. Mais ce fut en vain qu'il demanda de l'emploi au gouvernement consulaire. N'ayant pu en obtenir, il chercha à se rapprocher de son ancien protecteur Pichegru, et passa secrèt.ement en Angleterre, où l'on croit qu'il se réconcilia avec Moreau. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il revint à Paris au commencement gle 1804, un peu avant George et Pichegru, et qu'il assista à plusieurs de leurs conférences avec Moreau. Bientôt arrêté par la police, il fut mis en jugement avec George Cadoudal et les autres conspirateurs, et le tribunal criminel le condamna à mort. Mais sa fille, alors âgée de quatorze ans, obtint sa grâce de Bonaparte par la chaleur et la persistance qu'elle mit à la demander. La peine ayant été commuée en quatre ans de détention, Lajolais fut transféra au château ,d'if, et il mourut dans cette prison huit mois après l'expiration des quatre ans, sans qu'il eût été question de le mettre en liberté. Ses biens avaient été confisqués et vendus par l'ordre de Bonaparte. Nous ignorons s'ils ont été rendus à ses héritiers à l'époque de la restauration. Quelques personnes, notammen t Bourrienne , ayant alors prétendu que Lajolais n'avait été dans cette conspiration que l'agent du ministre de la police Fouché, sa veuve réclama sur ce point avec beaucoup de chaleur, et elle a fourni à 13ourrienne, qui s'est rétracté dans le neuvième volume de ses Mémoires , la preuve que la conduite de Lajo- jolais dans toute cette affaire avait été aussi franche que loyale
  • François LAMARQUE( 1755) : conventionnel , était né dans le Périgord vers 1755, et fuit reçu avocat au parlement de Paris en 1785. Une consultation qu'il fit alors en faveur de la province du Bourbonnais, et qui fut signée par Tronchet , Target et d'autres avocats célèbres, lui lit une réputa- tion. Ayant, comme la plupart des hommes de son ordre, embrassé la cause de la révolution , il fut nominé juge au tribunal du district de Péri- gueux en 1790, et l'année suivante député du département de la Dordogne à l'assemblée légis- lative. Il commença à se faire connaître dans cette assemblée par des travaux sur l'ordre judi- ciaire , et ensuite par des motions contre les émi- grés, dont il proposa, dès le 21 janvier 1792, de séquestrer les biens, disant que c'était à ceux qui provoquaient la guerre d'en supporter les frais , et que ceux qui défendaient la patrie devaient être indemnisés aux dépens de ses ennemis. Trois jours après il fut élu secrétaire. Le 8 mars suivant, il demanda que le décret de séquestre qu'il avait provoqué ne fût pas soumis au veto du roi , ce qui était une infraction évidente de la constitution. Le 28 juin , il proposa de casser tous les membres des tribunaux , «* parce qu'ils n'étaient « pas assez patriotes. » Le 9 août, il pressa l'assemblée de prononcer la déchéance du roi , ce qui a fait croire qu'il était dans le secret de la conspiration ; et ce qui le prouve encore davantage , c'est qu'il proposa à l'assemblée de se déclarer en permanence jusqu'à la décision de cette importante question. Le lendemain, au moment où la populace attaquait le château des Tuileries, il fut envoyé avec Carnot et deux autres de ses collègues pour essayer de rétablir l'ordre ; mais ils rentrèrent bientôt sans avoir fait beaucoup d'efforts ni couru de grands périls, déclarant qu'ils n'avaient pas pu se faire reconnaitre. Cependant Lamarque s'était offert luimême pour marcher à la tète de cette députation. Il rédigea le lendemain une adresse au peuple, pour lui faire approuver les événements de la grande journée. Le 20 du même mois , il fut chargé d'une autre mission auprès de l'armée de Luckner, et il écrivit de la frontière du Nord que partout on « trouvait la preuve des trahisons du pouvoir exé« cuti f; que Metz était sans canons , et les soldats sans armes, etc., etc. » A son retour, il devint membre de la convention nationale , et y vota la mort de Louis XVI , de la manière suivante : « Louis est coupable de conspiration ; il fut par« jure , il fut traître. Son existence soutient les « espérances des intrigants, les efforts des aristo« crates. La loi a prononcé la peine de mort; je ft la prononce aussi, en désirant que cet acte de « justice, qui fixe le sort de la France, soit le dernier exemple d'un homicide légal. » 11 rejeta l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. Lamarque se montra fort hostile au parti de la Gironde, et défendit , contre Gensonné , la commune de Paris , accusée de faire délibérer la convention sous le couteau. 11 entra ensuite au comité de défense générale, et demanda la suspension des procédures commencées contre les auteurs des massacres de septembre; il s'opposa' ensuite à ce que le duc d'Orléans fût compris dans le décret d'expulsion de la famille des Bourbons, et vanta les services rendus par ce prince à la révolution. A la suite d'un rapport sur les pamphlets répandus depuis la mort de Louis XVI, il fit décréter la peine de mort coutre les auteurs d'écrits provoquant le retour de la royauté. Au moment de la défection de Dumouriez , il fut envoyé à l'armée du Nord , avec Bancal , ses collègues Camus, Quinette et le ministrede la guerre Beurnonville, afin de le faire arrêter; mais ce général les ayant livrés au prince de Cobourg, ils furent tous détenus par les Autrichiens jusqu'au mois de décembre 1795, dans les cachots du Spielberg. A cette époque, l'Autriche consentit à les échanger contre la princesse fille de Louis XVI. Lamarque entra alors au conseil des cinqcents , où il reprit bientôt son système de diffamation contre la royauté, et on l'y vit se dédommager par de violents discours du silence qu'il avait été contraint de garder si longtemps. Nommé l'un des secrétaires du conseil avec Bancal, Quinette et Drouet , le 23 janvier 1796 , il déclara qu'il regardait comme ennemi de la république quiconque provoquerait la suppression des associations de citoyens. A cette occasion , il attaqua vivement le royalisme, dont plusieurs de ses collègues niaient l'existence, et il soutint que le système d'anarchie était imaginaire. Dans le mois de septembre suivant, il présenta une motion sur l'instruction publique et l'enseignement des langues vivantes, pour lesquelles il réclama, contre l'avis de Mercier, l'institution de chaires publiques et gratuites. C'est à ce sujet qu'il se livra à une discussion véritablement curieuse sur l'origine des langues. Plus tard, il prononça un discours en faveur de la loi du 5 brumaire, qui excluait les nobles et parents d'émigrés des fonctions publiques , et il invoqua une amnistie générale et absolue, parlant dans l'intérêt de Barère , auquel il aurait surtout désiré la faire étendre. Il se déclara fortement, le 28 décembre, contre toute atteinte à la liberté de la presse, et vota néanmoins pour le projet de Daunou , relatif à la calomnie. 11 lit ensuite ordonner un rapport sur les prêtres réfractaires. Le 4 février 1797, il se livra à une nouvelle sortie contre le royalisme, et soutint qu'il résultait des pièces de la conspiration de Lavilleurnoy que ses complices n'étaient pas de la faction d'Orléans, mais bien des agents de Louis XVIII, des Anglais, des émigrés et des Autrichiens. Il fut élu président le 20 avril; puis il demanda, pour amener le rappel de son ami Barère, que toutes les lois inconstitutionnelles fussent abolies. Il s'éleva peu après contre le libre exercice des cultes, rappela les crimes commis au nom de la religion , et s'efforça de faire soumettre à un nouveau serment les prêtres catholiques. Il fut, à cette époque, un des plus ardents défenseurs du directoire dans sa lutte avec les conseils, et s'opposa , dans la séance du 10 août, à l'adoption des propositions de Bailly, tendantes à faire examiner la conduite du directoire relativement à la marche des troupes vers Paris et aux adresses des armées. Il eut part ensuite à toutes les attaques du directoire contre le parti clichien, et ptésida le conseil des cinqcents à l'Odéon , le 15 fructidor an 5 . Peu de jours après cette révolution, il prononça le discours commémoratif de la fondation de la république , vota le 27 novembre en faveur de la successibilité des enfants naturels, demanda des indemnités pour les complices de Babeuf, acquittés par la haute cour de Vendôme, et , le 22 mars 1798 , présenta une opinion sur
  • François LAMBERT( 1487 - 1530) : fameux théologien protestant, naquit en 1487, à Avignon, où son père, originaire d'Orgelet, petite ville de FrancheComté, remplissait les fonctions de secrétaire de la légation du palais apostolique. La mort de ce père, qu'il chérissait tendrement , lui inspira le dégoût du monde; à seize ans il se fit cordelier, termina ses études , reçut les ordres et se distingua comme prédicateur. Le désir de mener une vie plus mortifiée l'engagea à demander la permission de passer dans l'ordre des Chartreux, qui était beaucoup plus austère; mais ses supérieurs la lui refusèrent par un motif qui devait le flatter. Cependant cette ferveur dura peu, et la lecture des ouvrages de Luther acheva de lui rendre insoportable la vie du cloître. Il s'enfuit donc secrètement, en 1522 , et se retira d'abord en Suisse , sans savoir précisément encore le parti qu'il adopterait. Muni de lettres de recommandation de l'évêque de Lausanne , qui ne pénétra point ses projets, il visita les principales villes de la Suisse , et y prêcha , en latin et en français, avec un grand succès. S'étant rendu à Zurich, il y eut, le 17 juin , une conférence publique avec le fameux Zwingle , sur différents points de doctrine; et il parut si satisfait des raisons de son adversaire qu'il dépouilla aussitôt la robe de cordelier qu'il avait continué de porter jusqu'alors. Comme son nom était connu , il prit celui de Jean Serra- nus , pour ne pas être inquiété dans ses voyages , et partit pour Eisenach , où il soutint publiquement plusieurs thèses , d'après les prin-` cipes des réformateurs. Il se rendit ensuite à Wittenberg , où Luther le reçut avec de grandes démonstrations de joie. Il y expliqua , pendant l'année 1525, les prophéties d'Osée; mais ses auditeurs se montrèrent peu généreux , et , si ses amis ne se fussent intéressés pour lui faire accorder un secours par l'électeur de Saxe , il aurait éprouvé toutes les horreurs de la misère. Dans cette situation , il épousa la servante d'un médecin , qui ne lui apporta sans doute pas une dot capable d'améliorer son sort , et quitta Wittemberg en 1524, contre l'avis de Luther et de ses autres amis.,11 se rendit à Metz , dans l'intention ; mais il était violent et emporté. On trouvera la liste de ses nombreux ouvrages dans les Mémoires de Nicéron , t. 39, et dans le Dictionnaire de Chaufepié , remarq. F. La plupart n'ayant d'autre mérite aujourd'hui que celui d'une grande rareté, on se contentera d'indiquer les principaux : 1. des Commentaires sur les livres des Rois, sur le Cantique des cantiques, sur les douze petits prophètes, sur l'Ëvangile de StLuc et sur les Actes des apôtres; 2" Evangelici in minoritarum regulam commentarii, \Vittemberg, 1523; Strasbourg, 1525; trad. en français sous ce titre Déclaration de la règle et état des cordeliers, composée par un jadis de leur ordre et maintenant de Jésus- Christ. C'est une déclamation virulente contre ses anciens confrères; elle fut censurée par la Sorbonne. 3° De sacre conjugio commentarius , Nuremberg , 1523 Cet ouvrage est dédié à François 1°C, et dans l'épttre à ce prince Lambert entre, avec une naïveté cynique, dans le détail des motifs qui l'ont décidé à se marier. 4" De fidelium rocatione in regnum Christi, id est Ecelesiam , Strasbourg , 1525 L'auteur y donne sans y penser une preuve de la faiblesse de son esprit , en racontant qu'il n'entreprenait jamais rien d'important sans consulter le sort, et il a grand soin de recommander la moine pratique à ses lecteurs. 5" Farrago omnium rendra theologicarum 1525) ; 6" Commentarii de cousis exceecationis multorurn sœculorum , etc. 7" De regno , eicitate et domo Dei ac Domini trostri Jesu Christi, Worms, 1538 Outre les ouvrages déjà cités, on- peut consulter pour plus de détails le Dictionnaire de Bayle et le Supplément de l'abbé Joly ; mais surtout Commentatio de vila, fatis, meritis ac scriptis Franc. Lamberti, par Schelhorn , imprimé dans ses Amœnitates littera- , t. 4 et 10. L'auteur y a inséré l'Opuscule de Lambert sur les motifs qui l'avaient déterminé à embrasser la réforme , et plusieurs de ses Lettres inédites, tirées de la bibliothèque de Krafft
  • François LANCILOTTI( 1400) : peintre, né à Florente vers la fin du 43e siècle , imita la manière de François Mostraerts, peintre flamand. Vasari dit qu'il excellait dans la représentation des scènes nocturnes éclairées par des feux ou des lumières, et autres sujets analogues. C'est à ce peu de mots que se borne tout ce que l'on sait de lui comme peintre : mais il mérite d'être connu par un petit poënie sur la peinture dont il est. l'auteur Cet opuscule, où éclate un rare talent, porte la date suivante Impression Romoe anno 111DVIII et di . XXV de Zugno. 11 a été réimprimé de nos jours dans le tome 7 des Lettres sur la peinture, de Bottari. La Peinture personnifiée s'y plaint à l'auteur de l'abandon où il la laisse; celuici, pour s'excuser, lui expose sa manière de vivre. Plein d'une activité que rien ne peut satisfaire, il a cherché dans le mouvement et les voyages un remède contre le repos qui l'accable, et il lui rend compte de toutes les courses qu'il a entreprises. Ce peine, écrit en ter. rima se fait remarquer par beaucoup de facilité et , peintre, poae et orateur, naquit à Modène en 1507. Outre les belleslettres, il ajouta à ses connaissances l'étude de l'astrologie que les esprits les plus éclairés ne rougissaient pas à cette époque de regarder comme une science réelle. H cultiva de plus avec ardeur la musique, et fabriqua luimême les instruments nécessaires pour s'y livrer ; enfin il se distingua par son adresse sur le tour et par ses ouvrages de peinture. Il exerça la charge de notaire , et se fit chérir par la douceur et l'amabilité de son earactère. Le 4 mai 1554, une mort prématurée l'enleva à ses amis, à l'àge de 47 ans. Durant sa vie il avait obtenu la faveur . En tête se trouve une grossière et bizarre estampe gravée sur bois. On conserve dans la bibliothèque Estense, à Ferrare, un volume manuscrit contenant un grand nombre d'ouvrages qu'il a composés- sur des objets littéraires
  • François LANGE( 1610 - 1684) : avocat au parlement de Paris , naquit à Reims en 1610. Après y avoir fait ses études, il vint se fixer à Paris, et devint un habile jurisconsulte, surtout dans la pratique. Il composa un traité intitulé le Praticien français, qui fut Imprimé pour la première fuis sous le nom de Gastier, procureur au parlement. Cet ouvrage était à sa quatrième édition, lorsque les nouvelles ordonnances de 1667 et 1670 vinrent mettre de l'ordre dans la procédure civile et criminelle, et changer la jurisprudence des arrets. Lange fut obligé de refondre son livre , qui serait entièrement tombé si la cinquième édition n'en eùt relevé le prix. Cet ouvrage, qui était le seul propre à mettre les commençants au fait de la nouvelle procédure et de la jurisprudence des arrèts, a eu une foule d'éditions, non compris les contrefaçons; la dernière donnée par l'auteur, quoique en deux volumes, contient peu de chose de plus que les autres. Après sa mort, arrivée le 11 novembre 1684, on trouva dans ses papiers deux ouvrages manuscrits, qu'on ajouta au Praticien français; l'un sur le Droit d'indult. et l'autre sur la Jurisprudence ecclésiastique. Denis Simon en a donné des éditions en 1699 et 1702, augmentées d'observations sur diverses matières : la quinzième et dernière édition a paru sous le titre de Nouvelle Pratique civile, criminelle et bénéficiale, ou le Nouveau Praticien français, reformé suivant les nouvelles ordonnances. ètc., avec un Nouveau Style des lettres de chancellerie, suivant l'usage qui se pratique â présent, par Pimont. conseiller référendaire à la chancellerie, Paris4 1755, 2 vol. Plu- sieurs pièces sont ajoutées à la fin de chaque volume
  • François LANGE( 1676 - 1756) : peintre, naquit à Annecy, en 1676. Il sortait à peine de l'enfance, lorsqu'il perdit son père, CésarAmédée Lange , qui cultivait l'art de la peinture avec quelque succès. Son aïeul maternel, André Cheville, qui enseignait cet art à Turin en 1690, lui servit de maitre. Lange s'arréta pendant huit années dans cette ville, où il fut choisit, pour enseigner le dessin aux princes Amédée et Thomas de Carignan; et fut nommé quelque temps après, professeur des pages et de l'académie royale. Ayant suivi la cour en Italie, pendant le siége de Turin , en 1706, il alla s'établir à Bologne, pour y étudier à loisir les chefsd'oeuvre nombreux que renferme cette ville. Guidé dans ses études par le chevalier Fianceschini, il s'appliqua d'une manière spéciale à l'imitation de l'Albane. Il envoya à Turin plusieurs ouvrages exécutés dans cette manière : ils obtinrent un succès flatteur, et il fut chargé de peindre, pour la chambre à coucher du duc de Savoie, au château de Rivoli, un tableau qui représente la Descente du St- Esprit. Porté, dès son enfance, à une vie tranquille et aux pratiques de la religion, il forma le projet, dans la cinquantehuitième année de sa vie, de se retirer chez les PP. de l'Oratoire de StPhilippe Neri, à Bologne, en qualité de frèrelai honoraire. Dans les moments que lui laissaient ses exercices de piété , il se livrait à la pratique de son art; et l'on voit dans son couvent plusieurs de ses tableaux, composés avec intelligence et peints avec goùt, mais dont l'expression et le dessin sont un peu faibles. 4 force de retoucher ses ouvrages, il leur ôtait tout le mérite d'une première inspiration. On cite pourtant, comme deux bons tableaux, celui où il a représenté le vénérable Juvénal Ancina aux pieds de la Vierge et de l'Enfant Jésus, et celui de la Nativité du Seigneur. Les villes de Bologne et de Turin possèdent un grand nombre de ses ou- Son nom de famille était Josserme; main ayant tenu une auberge à l'enseigne de l'Ange, il en avait gardé le surnom. vrages. On estime surtout ceux où il a peint des paysages. C'est d'après ses dessins qu'ont été gravés les portraits des comtes et ducs de Savoie, qui ornent le bel ouvrage (lu comte Ferrero de Lavrian , intitulé Augusta Sabaudioe domus orbe' gentilitia, Turin, 4702 Rempli de piété, de douceur, et d'une charité inépuisable envers les pauvres, Lange mourut octogénaire, le 17 avril 1756
  • François LANTHENAS( 170) : conventionnel, né dans le Forez, vers 1740, pratiquait obscurément la médecine à Paris lorsque la révolution commença. Il s'en déclara l'un des plus chauds partisans, et fut chef de division au ministère de l'intérieur, sous Rolland. Nommé en 1799. député à la convention nationale par le département de RhôneetLoire , il y vota ainsi dans le procès de Louis XVI : « Louis a mérité la mort; je l'y con-« damne, à condition de suspendre l'exécution, 11) De là l'épitaphe qu'on lui composa Cigît le peintre Lantara. La foi lui tenait lieu de livre, L'espérance le faisait vivre, La charité l'enterra. et de l'exiler si les ennemis nous laissent en pais, lorsque la constitution sera hien établie; de proclamer cette suspension avec ses motifs; d'abolir ensuite la peine de mort, en exceptant . ons les objets ; niais il lui restait 'ncore à vaincre des difficultés qui ont arrêté ,ugtemps ceux qui ont achevé après lui ce lifil avait commencé. 40 Ad- mirandi Archimedis Syracusani monumenta ontnia pue existant , Palerme , 1685. . C'est plutôt dne imitation d'Archimède qu'une traduction littérale des ouvrages du géomètre ancien. La Iremière édition s'étant perdue par un naufrage, Fut renouvelée sur un exemplaire retrouvé en .1681. . Maurolyco avait laissé un grand nombre de traités manuscrits , dont on ocut voir la liste dans la Biblioth. Sirula de Monitore , et dans les Elogi d'uomini illustri de Loi.. :rasso. Outre les auteurs déjà cités on peut consulter , pour des détails , la rie de Maurolyco par un de ses neveux , Messine , 1613 , n-4° ; les Moues des homntmes illustres de Tessier e Dictionn. de Chaufepié , etc
  • François MAYNARD( 1582) : né à Toulouse, en 1582, igramme. Sa figure était assez belle , son humeur agréable et son caractère solide. Ses oeuvres poétiques ont été imprimées à Paris, 1646, in4°. On a aussi de lui un recueil de Lettres, Paris, 1653, in4°. 11 avait fait des Priapées qui n'ont point été imprimées. 11 y a déjà des choses assez licencieuses dans celles de ses poésies qui ont été publiées . — Claude MAYNARD , père du poëte , conseiller au parlement de Toulouse, se dist par son intégrité et par sa fidélité envers le roi pendant les guerres civiles. Après avoir re- noncé à ses fonctions, il mit en ordre dans sa retraite un recueil des arrêts rendus par la cour de Toulouse, et dont un grand nombre l'avaient été sur son rapport. Ce recueil, publié à Paris en 1618, y fut réimprimé en 1638, et il en parut une nouvelle édition augmentée , à Toulouse, 1751, 2 vol.
  • François MAZOIS( 1783) : né à Lorient le 1 2 octobre 1783, passa son enfance à Bordeaux , où son père remplissait les fonctions de directeur géné- ral des paquebots du roi. Placé à l'école centrale de cette dernière ville, il y fit d'excellentes études qui lui permirent de subir avec succès son examen d'admission à l'école polytechnique. Mais atteint depuis l'âge de quinze ans d'une surdité causée par une maladie de rougeole, il ne put suivre la carrière militaire à laquelle son père le destinait. Cet obstacle contraria beaucoup le professeur Monge, qui, l'ayant luimême scru- puleusement examiné, s'était assuré de l'étendue et de la solidité de ses connaissances rnathémati p ques. L'aptitude toute particulière qu'il montrait i pour les arts du dessin le détermina à étudier 1 l'architecture, et il entra dans la célèbre école de Percier, dont il devint bientôt l'un des élèves les plus distingués. Pendant les neuf années qu'il étudia sous ce maître , il prit part à presque toutes les luttes académiques , et il y fut assez souvent vainqueur pour qu'il dût s'attendre à trouver dans le grand prix de Rome la récom- lb pense de son talent et de ses efforts ; niais impa- tient de se perfectionner par l'étude des chefsd'oeuvre de l'Italie, il devança l'époque où cette récompense lui eût été infailliblement décernée. À son arrivée à Rome , son premier soin fut de se livrer à une nouvelle étude des langues anciennes dont la connaissance lui semblait , avec raison, indispensable à quiconque veut explorer avec sûreté le vaste domaine de l'archéologie. Cette étude porta promptement ses fruits. Le rang que l'opinion publique lui assigna bientôt parmi les artistes de Rome détermina Murat à l'appeler à Naples pour l'adjoindre à ses architectes dans les grands travaux qu'il avait entrepris pour l'embellissement de sa capitale. Mazois prit part à la construction de plusieurs établissements et à la restauration de tous les palais de la couronne ; de ce nombre fut celui de Portici. On pense que les ruines , la première. en 18'23 , après la mort de lleurtier, et la seconde en 1825 pour remplacer Poyet ; mais ses compétiteurs l'avaient toujours emporté. Il laissa inachevé son grand ouvrage sur les ruines de Pompéi , dont les deux premiers volumes avaient seuls paru. Ils étaient relatifs, l'un aux tombeaux, l'autre aux habitations particulières. et contenaient les notices les plus positives et les plus curieuses sur l'histoire de la vie privée des anciens telle que l'ont révélée les découvertes faites de 1757 à 48e!. Nous avons déjà dit qu'une partie des planches avaient été gravées à Rome par les meilleurs artistes de cette ville; le reste le fut à Paris. Mazois avait, en outre , publié les trois premières livraisons du troisième volume consacré aux monuments publics. Cinq autres livraisons entièrement gravées étaient près de paraitre lorsque sa mort inopinée vint interrompre ses travaux. Les matériaux qu'il laissa , et parmi lesquels se trouvaient 454 dessins inédits, furent remis par sa veuve et par MM. Firmin Didot, éditeurs de ce magnifique ouvrage, à M. Gan, son ami , architecte comme lui et déjà connu par ses Antiquités de la Nubie, ou llonuments inédits des bords du Nil , etc MM. Clarac et Letronne aidèrent M. Gau dans l'accomplissement de sa tâche, qui devait contri- buer à la perfection de l'ouvrage , puisqu'il se chargea de l'enrichir au moyen de planches supplémentaires et coloriées , de ses nombreuses recherches personnelles sur Pompéi , notamment de détails intéressants relatifs à la peinture et il l'ornementation des monuments de cette ancienne ville. Grâce à cet heureux concours, dixsept livraisons , publiées de 189.7 à 1838 , nous ont dotés des Ruines de Pom- péi, dessinées et mesurées pendant les années 1809 à 1811. , Paris. 1813- 1838 , 37 livraisons format atlantique. Nrazois, depuis son retour en France , exécuta un grand nombre de travaux à Paris; de ce nombre sont quatre maisons de la plus élégante construction dans le quartier de François l aux ChampsElysées , les passages Choiseul , Bourgl'Abbé et Saucède. Indépendamment de ses ouvrages déjà cités, il a laissé : I° Discours pro- noncé aux funérailles de N. Hurtault, membre du conseil des bdtintents civils et de l'Institut royal de France , Paris, 18'24 ; 20 un assez grand nombre de Vies d'architectes, de peintres et de sculpteurs célébres insérées dans la Galerie fran- S'aise; 3° des Dissertations publiées tant en latin qu'en français dans divers recueils périodiques. et relatives à des questions archéologiques; 4° Des considérations sur les théâtres des anciens, !!' placées dans le premier volume du Théiitre com- plet des Latins. Présentées sous une forme neuve et piquante, elles ont servi à résoudre bien des uaens dep sitionsueinsilbsarrea,ssaaungteuselsluarnlieortpelannlpeêtaliaa croalui-. ' truc t. ion de ces antiques monuments. 5. Quel- ' ues articles fournis à la Revue encyclopédique; ° un Méntoire sur les embellissements de ‘t ur de mettre la dernière main. Si Mazois était estimable comme artiste et comme écrivain, il ne l'était pas moins comme homme privé. Aussi ,ous ceux avec lesquels il avait eu des rapports ipplaudirent au portrait que M. Béraud traça de à ui dans le discours qu'il prononça sur sa tombe ' e 5 janvier 1827, discours auquel nous emprun- ons le passage suivant : « Eclairer ses sembla bles et leur ètre utile par toutes sortes de bien-: faits , telle fut sa tâche constante ; et , pour x parvenir à ce but éminemment philantliro-! : pique , il n'épargna ni veilles , ni soins, ni : sacrifices pécuniaires. Ses manières douces et affectueuses, ses principes de justice et d'honneur lui acquirent une grande considération publique , depuis le monarque jusqu'à l'indigent ; peu d'hommes ont autant joui de cette considération qui répand tant de charmes sur la vie. En France comme en Italie, M. Mazois fut honoré de l'estime et de la confiance de plusieurs souverains : Louis XVIII , le plus érudit de nos rois , s'entretint plusieurs fois avec lui ; Charles X , à Reims , lui témoigna de la manière la plus gracieuse son contentement pour la bonne disposition et l'élégance des tra- vaux qui embellirent les fêtes de son sacre , et dont il lui avait confié une partie. Depuis sa naissance jusqu'à sa mort , sa bonté ne se démentit jamais. Elevé avec lui dès la plus tendre jeunesse dans le même collége ; plus tard, étudiant ensemble la même profession , j'ai pu m'apercevoir de l'amitié particulière que lui portaient tous ses condisciples ; et lorsque le r des événements nous eut séparés pendant 'seize ans , je le retrouvai à Paris toujours le même, c'est-àdire que, loin d'être ébloui par ,a position brillante, il me tendit la main en m'embrassant et m'offrit un empioi honorable dans ses travaux. » L'Académie royale des . iences , lettres et arts de Bordeaux , dont RZOiS était membre , fit sculpter son buste par a ami David , et confia à Barre le soin de , .aver une médaille , qui d'un côté représentait n portrait, et de l'autre une couronne de lau- ,rs, avec les titres de ses principaux mivrages. - MAzois , père du pré-' dent, exerçait à Lorient la profession de négo- Int lorsque naquit son fils. Il y avait antérieu- rnent rempli les fonctions de directeur général ..5 paquebots du roi. Quelque temps avant la votation il alla s'établir à Bordeaux , où il con- iva de s'acquérir comme négociant une répu- lion de probité et de capacité. Ses connais sauces le firent nommer membre honoraire de l'académie de cette ville. Il succomba dans un âge avancé, le 21 janvier 1828 , à une longue maladie qu'avait aggravée le souvenir toujours présent de la mort de son fils. On lui doit l'ouvrage suivant : De St- Dontingue. Réflexions ex- traites d'un mémoire sur le commerce maritime et les colonies, Paris , 1824,
  • François MÉDICIS : second grandduc de Toscane, fils et successeur de Cosme Pr, régna , comme prince régent, de 1564 à 1574, et seul jusqu'en 1587. Après avoir pendant dix ans gouverné la Toscane , sous l'inspection de son père, il n'avait ni mérité ni obtenu l'amour des peuples. Elevé par une mère espagnole, il s'était proposé pour modèle le caractère et plus encore les manières de cette nation. Sombre, orgueilleux , dissimulé, il inspirait autant de défiance qu'il en éprouvait luimême ; sa sévérité écartait du trône tous les suppliants qui avaient eu un libre accès auprès de son père : il s'était isolé dans l'Etat, de manière à ne voir jamais rien que par ses ministres et ses favoris. Antoine Serguidi de Volterra et la fameuse Blanche Capello dont il était passionnément amoureux, étaient les seules personnes avec lesquelles il sortit de sa réserve , et toutes deux en abusèrent scandaleusement. Cependant il avait un goût particulier pour la chimie c'était dans son laboratoire et un soufflet à la main qu'il recevait ses secrétaires et qu'il traitait les affaires d'Etat ; aussi les hommes distingués dans les sciences naturelles trouvaientils facilement auprès de lui un accès qui était fermé à tout le reste de ses sujets. N'essayant point comme son père de maintenir son indépendance entre les maisons de France et d'Autriche, ii s'attacha tout entier à la dernière et se regarda moins comme un prince souverain que comme un viceroi de Philippe 11. A ce prix, il obtint de faire reconnaître le titre de grandduc, qui avait toujours été contesté à son père. Maximilien II signa le 22, novembre 1575 un diplôme qui érigeait la Toscane en grandduché, sans faire aucune mention de la bulle du saintsiége. La cour d'Espagne imita cette conduite, et le grandduc fut enfin universellement reconnu. En montant sur le trône, il avait fait enfermer dans un couvent Camille Martelli , veuve de son père, et l'avait accablée de mauvais traitements. Il avait aussi éloigné de lui ses deux frères Ferdinand fut envoyé à Rome et Pierre en Espagne. Averti d'une conspiration tramée contre lui par Horace Pucci , il ne s'était pas contenté de le faire périr , il avait confisqué les biens de tous ceux qu'il soupçonnait de complicité, ruinant ainsi sans jugement les premières familles de ses Etats. En même temps, des impôts excessifs accablaient le peuple ; les tribunaux étaient tout à la fois vénaux et cruels ; les ministres du duc faisaient haïr leur despotisme et leur dureté , et les crimes s'étaient tellement multipliés que , dans les dixhuit premiers mois du règne de François , on compta dans Florence seulement cent quatrevingtsix assassinats. Don Pierre de Médicis, de retour en Toscane avec sa femme Eléonore de Tolède , lui donna un exemple scandaleux de libertinage et de débauche , qui l'entraîna aussi dans le vice ; cependant, lorsqu'il eut conçu quelque défiance sur sa fidélité, il la poignarda luimême à Castagiolo le 11 juillet 1576, et le grandduc, son frère, écrivit à Philippe II pour l'instruire de cette action, qu'il ne désapprouvait pas. Trèspeu de jours après , la soeur du grandduc , Isabelle de Médicis, femme de Jourdain Orsini, duc de Bracciano, fut étranglée par son mari dans sa terre de Cerreto. Cette princesse était distinguée à la cour par ses grâces, son goût pour la poésie et la protection qu'elle accordait aux lettres; mais elle avait donné à son mari de justes sujets de soupçonner sa fidélité, et dans cette cour débordée le libertinage était souvent uni à la jalousie la plus féroce. Dans le même temps , François , qui n'avait point d'enfants de l'archiduchesse, sa femme, se livrait de plus en plus à Blanche Capello , sa maîtresse. et celleci , pour mieux assurer sa faveur, supposa un enfant , dont elle parut accoucher le 2,9 août 1576. On lui donna le nom de don Antoine de Médicis. L'année suivante, l'archiduchesse donna un fils à François ; mais, étant devenue grosse pour la seconde fois, elle mourut le 11 avril 1578, et fit ainsi place à Blanche Capello, que François épousa secrètement le 5 juin suivant. Il publia son mariage au bout d'une année, lorsque le sénat vénitien eut adopté Blanche comme fille de la république. A cette mème époque , François, ne pouvant réussir à se faire livrer ceux de ses ennemis qui s'étaient réfugiés en France et en Angleterre , chargea son secrétaire d'ambassade, Curzio Pichena, de le venger d'eux ; il lui envoya d'Italie des assassins et des empoisonneurs, et en peu de temps, Bernard Girolami , Antoine et Pierre Capponi , et plusieurs autres grands seigneurs florentins périrent par le fer ou le poison. La rigueur avec laquelle François exigea en 1580 des impôts exorbitants, pendant que les maladies et la famine désolaient ses Etats , achevèrent de le rendre odieux au peuple. Le 27 mars 1582 , le grandduc perdit son fils unique, don Philippe , et comme don Pierre , son frère , ne voulait pas se remarier et préférait vivre en Espagne dans la débauche , le cardinal don Ferdinand était devenu l'unique espoir de la maison de Médicis. ll est vrai qu'on crut longtemps à une grossesse de Blanche Capello , et les frères du duc s'attendaient à une nouvelle supposition ; niais la grossesse prétendue était une maladie réelle qui se dissipa d'ellemême. Les brouilleries entre les trois frères de Nlédicis , plusieurs fois apaisées et renouvelées, furent enfin terminées par l'interposition de Blanche ; le cardinal revint en Toscane pour y passer l'automne de 1587 ; mais , à peine étaitil arrivé au Poggio, à Caiano , auprès du duc et de la duchesse, que François tomba grièvement malade le 8 octobre , et le surlendemain , Blanche . sa femme , fut attaquée du même mal. François, alors âgé de 47 ans, mourut le 19 octobre, et sa femme le 20 du même mois. Les soupçons d'empoisonnement pesèrent tour à tour sur Blanche et sur le cardinal. Le dernier succéda paisiblement à son frère , et l'on ne peut savoir aujourd'hui si Blanche, en voulant faire périr le cardinal, s'était, par une méprise, empoisonnée ellemême avec son mari ; si Ferdinand avait commis le crime dont on lui voyait recueillir le fruit, ou si la nature avait fait toute seule ce qu'on attribuait à 1i lui doit même quelques inventions dans les karts mécaniques il n'était point étranger non :dus aux beauxarts. Buon Talenti, Allori et Jean .le Bologne jouissaient de sa protection : avare en otite autre chose , il dépensait des sommes int- menses pour l'architecture , les statues et les ta- ' !Meaux; c'est lui qui fonda en 1580 la superbe ,alerie de Florence. Comme l'inquisition ne permettait pas les recherches philosophiques, Fran...ois encouragea la philologie ; l'académie de la 1Lrusca fut fondée pendant son règne et consolidée en 1582. François accorda des grâces et des pensions aux hommes de lettres distingués de ?ai temps. Aide Manuce le jeune et Ulysse Aldro,andi étaient en correspondance habituelle avec lui, et ce prince, le plus mauvais souverain, le lespote le plus cruel et le plus fourbe qu'ait eu la Toscane, tient un rang distingué parmi les protecteurs des lettres et des arts
  • François MELLINET( 1741) : conventionnel, naquit en 17111 à Nantes, où son père exerçait la profession d'apothicaire. Comme tant d'autres , à cette époque , il fut élevé dans des sentiments peu favorables au pouvoir; ils lui avaient ét s'assemblerait le lendemain à l'hôtel de ville. L'ancienne commune , docile à l'injonction que renfermait cet avis , livra les clefs du lieu de ses séances. Le parlement ne se montra pas aussi bénévole; il prononça la suppression de la requête de la nouvelle commune, qui, de son côté, déclara qu'elle en référerait au roi, et chargea douze nouveaux députés de cette mission. Mellinet y fut encore compris. Toutefois, cette levée de boucliers n'eut aucune suite, parce que, vingt jours après, la commune donna de nouveaux pouvoirs à ses députés , et Mellinet fut un de ceux qu'elle envoya extraordinairement aux états de la province. Le Iler avril 1789, il fut nommé l'un des douze délégués chargés de rédiger le cahier des doléances et demandes du tiers état de la sénéchaussée de Nantes. Le 1" juillet suivant. une immense réunion, provoquée par le fameux serinent du Jeu de paume, eut lieu à la halle neuve de Nantes. Le serment à la constitution y fut prêté, et Mellinet fut choisi, avec trois de ses compatriotes, pour porter à l'assemblée nationale une adresse où elle était félicitée de l'énergie qu'elle avait déployée dans une circonstance si importante. La nouvelle de la prise de la Bastille accrut l'effervescence populaire , et le commandant du château fut sommé de le livrer ; il céda , en mettant pour condition que le service serait fait par la bourgeoisie conjointement avec la garnison. Un corps de volontaires se forma spontanément, en dehors de la garde bourgeoise , qui fut néanmoins augmentée. Pendant que ces événements se passaient, des lettres et Charles. Ce dernier, livré à la carrière administrative, fut longtemps chef du bureau de la guerre à la mairie de Nantes, et, après avoir pris sa retraite, il s'est occupé d'horticulture
  • François MELZI D'ERIL( 1753) : duc de Lodi , né à ?Milan, le 6 mars 1753, d'une famille illustre dans les armes et dans les lettres, fut élevé au collége des nobles de cette ville. Nommé à l'âge de vingttrois ans chambellan de l'impératrice MarieThérèse, il fit bientôt partie de la municipalité de Milan : d'abord comme un des soixante décurions nobles , et plus tard comme un des douze dits della cameretta. En 1782 , il partit pour Madrid, où il venait d'hériter du majorat d'Exil, qui lut dominait le titre de grand d'Espagne de première classe. Il revint ensuite à Milan , mais il ne s'y arrêta que le temps nécessaire aux préparatifs d'un long voyage qui devait embrasser presque toute l'Europe. Il visita successivement l'Espagne, le Portugal , l'Angleterre , l'Écosse, l'Irlande, et retourna en Italie par la France. Lorsque les armées de la république française conquirent le Milanais , Melzi fut mis à la tète d'une députation que les états de Lombardie envoyèrent à Bonaparte , et contribua puissamment à l'établissement de la république cisalpine. Envoyé par celleci au congrès de Rastadt , il se conduisit avec tant d'habileté qu'il obtint de Cobentzl la note par laquelle l'empereur prenait une sorte d'initiative pour la reconnaissance de la nouvelle république : « Le soussigné, ministre plénipo« tertiaire de Sa Majesté Impériale et Royale, n'a « pas manqué de faire parvenir à son auguste « maître les différentes notes qui lui ont été re- · mises par le citoyen Melzi d'Exil ; et • en consé- quence des ordres formels qu'il a reçus , il est. « autorisé à assurer le citoyen Melzi d'Eril que Sa « Majesté a reçu avec beaucoup de satisfaction « l'expression des sentiments de la république ci- « salpine envers elle. » Peu de temps après, le congrès fut dissous et les hostilités recommencèrent. Alors Melzi vint à Paris et se rendit ensuite à Saragosse, auprès de la comtesse de Palafox, sa soeur. Il comptait fixer sa demeure dans cette ville lorsque Bonaparte l'appela , en 1801, à Paris , pour y traiter des affaires de l'Italie. Melzi refusa d'abord en prétextant le mauvais état de sa santé ; mais il partit en 1802 sur les instances du prince de la Paix et du roi d'Espagne , que le premier consul avait fait intervenir. Il assista à la consulta de Lyon , qui transforma la cisalpine en république italienne , dont il fut nommé viceprésident. 11 fit chérir son administration , qui rétablit l'ordre , l'économie , la justice et la tranquillité. Lorsqu'une députation d'Italiens vint offrir à Napoléon le titre de roi d'Italie, le 18 mars 1805 , Melzi adressa au nouvel empereur un discours dont les expressions contrastaient péniblement avec les actes de sa vie passée. Le viceprésident de la république italienne espérait sans doute devenir viceroi , honneur dont, au reste , il n'était pas indigne et auquel il eût été appelé si l'on avait consulté le voeu de la nation. Aussi, quand la viceroyauté eut été donnée au prince Eugène, le comte Melzi ne put cacher son ressentiment. Ni la charge de grand chancelier d'Italie , ni le titre de duc de Lodi, qu'il reçut en 1809, ne lui parurent une compensation suffisante, et il voua dès lors une haine secrète à Napoléon. L'administration française en Italie , malgré les bonnes intentions du prince Eugène, était propre à aliéner les esprits ; Melzi entretint ce mécontentement par une désapprobation silencieuse , mais visible , ou par des plaisanteries qui furent bientôt dans toutes les bouches. Né dans le pays avait gouverné pendant quatre ans avec le plus grand succès, il avait appris à le connaître, et pénétrait facilement les actes du prince qui lui avait. succédé. Lorsque dans les occasions importantes on lui demandait des conseils , il ne les donnait qu'avec une certaine réserve , et ruinait ainsi, sans paraître le vouloir, le crédit du viceroi. Mais ce fut surtout en 1814, après l'abdication de Napoléon , qu'éclata son antipathie pour le prince Eugène,Celuici, menacé de tous côtés et connaissant le crédit et l'influence de Melzi , le fit prier par son secrétaire Méjan de solliciter l'intervention du sénat auprès des souverains alliés. Melzi, prétextant un accès de goutte, adressa à ce premier corps de l'Etat un message conçu en termes équivoques , où il l'invitait à envoyer une députation à l'empereur d'Autriche pour demander l'indépendance du royaume, son intégrité et Eugène pour roi ; démarche qui devait faire échouer cette dernière demande. Les Autrichiens entrèrent à Milan peu après, et Melzi se déclara un de leurs plus dévoués partisans ; aussi , tandis que l'ambassadeur d'Autriche intriguait à Paris, afin d'enlever aux hommes de l'empire les titres empruntés aux pays étrangers, Melzi était confirmé dans celui de duc de Lodi, que lui avait donné Napoléon , et il conservait sa dotation. Cet homme , aussi remarquable par son caractère que par les circonstances dans lesquelles il s'est trouvé , mourut à Milan , en 1816. Passionné pour les lettres, il forma une magnifique bibliothèque , riche surtout en éditions italiennes du 15e siècle, et donna une splendide édition de de'lliarchi, qui lui coûta plus de quinze mille sequins. Un de ses ancêtres, Louis Melzi, mort en 1617, est auteur des Regole militari sopra il governo e servizio particolare della ravalleria A—r.
  • François MÉNARD( 1570 - 1623) : né à Stellenworf, en Frise. l'an 1570 , vint s'établir à Poitiers . où il fut d'abord professeur d'humanités, puis de droit : il obtint une pension de Louis XIII et mourut en 16,23. Il est connu par les ouvrages suivants : I' Regieidium detestatum, quirsitum, prweauturn , Poitiers , 1610 . composé à l'occasion de la mort de Henri IV. Dans cet ouvrage. rempli d'une érudition singulière, il distingue les Gaulois des Français. et prétend que les Àngoumoisius appartiennent aux premiers. peuple féroce et barbare. D'après cette supposition absurde , il les rend tous complices du crime de leur compatriote Ravaillac. Mais ils trouvèrent parmi eux des vengeurs, surtout Victor de Thouard. qui publia son Apologia pro Franeo- Gallis , dont l'emportement contre Ménard ne put trouver d'excuse que dans l'injure atroce que ce docteur de Poitiers avait faite à ses compatriotes. '2° Orationes legitinue. Poitiers, 1611 Ce sont des dissertations oratoires sur divers sujets. La première est trèssavante . pleine d'imagination et d'un style élégant ; elle a pour objet d'établir ce paradoxe que la cérémonie pratiquée par les druides pour cueillir chaque année le gui de chêne était le sym- bole de la jurisprudence. 3° Disputationes de ju- ribus episeoporum, Poitiers, 1612 Elles annoncent une connaissance fort étendue du droit civil et canonique. Des _ Votes sur la rie de Ste- Radegonde et sur la règle de St- Cesaire, publiées par Charles Pidoux. Poitiers, 1621
  • François MENESES OSORIO( 1600 - 1700) : peintre espagnol, florissait à la fin du 178 siècle. Elève de Murillo, il est celui de tous ses disciples qui s'approche le plus de sa manière et de la grâce de son coloris. Quelquesunes même de ses productions, notamment ses figures d'enfants , ressemblent tellement à celles de son maître que l'oeil le plus exercé peut à peine les distinguer. Meneses se lia d'une étroite amitié avec Jean Garzon, élève, comme lui, de Murillo, et par la suite ils se plurent à travailler ensemble. Elu en 166'2 majordome de l'académie de Séville, il peignit pour sa réception une Conception, qui fut reçue avec enthousiasme et placée avec honneur dans la salle (l'assemblée. Parmi les ouvrages remarquables qu'on doit à cet artiste, on cite : Elle nourri par l'ange dans le désert, qu'il fit pour l'église de StMartin de Madrid, et St- Pliilippe- Néri prosterné devant la Vierge, qu'on voit à la congrégation de Séville. Mais l'ouvrage qui a mis le comble à la réputation de Meneses est le célèbre tableau de Ste- Catherine, qui orne le maîtreautel des capucins de Cadix , tableau que Murillo n'avait fait qu'ébaucher et auquel Meneses mit la dernière main. Il mourut à Séville vers l'an 1700. C'est un des plus habiles artistes qu'ait produits la célèbre école de cette ville
  • François MENGOTTI( 1700 - 1840) : célèbre ingénieur hydraulique, naquit vers le milieu du 18' siècle dans les Etats de Venise. Il étudia d'abord dans sa patrie la jurisprudence et les lettres avec un succès brillant. Ayant acquis une grande réputation comme jurisconsulte, il se fit presque aussitôt un nom dans les lettres par deux mémoires qui remportèrent les prix proposés par des académies françaises : le premier sur le Commerce des Romains, et le second sur l'Administration du grand Colbert, dans lequel il discuta la question de savoir s'il valait mieux protéger l'agriculture que le commerce , et conclut par l'affirmative. Lors de la réunion des Etats de Venise au nouveau royaume d'Italie , Mengotti fut invité à se rendre à Milan, et placé dans le sénat dès la formation de ce corps, le 19 février 1809. Il avait déjà reçu la décoration de la Couronne de fer ; Fet alors il fut créé comte. En 1810, il publia le premier tome d'un grand ouvrage scientifique, qui, les années suivantes, fut porté à trois volumes sous le titre modeste de Saggio selle arque correnti. Dans cet écrit , nonseulement il quitout ce que les Italiens ses prédécesseurs, qui ont donné naissance à la science de régler et maîtriser les fleuves impétueux , avaient enseigné pour empêcher leurs ravages, il y ajouta encore des idées nouvelles , et l'on jugea qu'il avait surpassé les Cornaro, les Lupicini, les Cartelli , par la profondeur des vues et surtout par l'agrément et l'élégance du style. Le second tome parut en 1811. Dans le troisième , qui fut publié en 1812 , l'auteur exposa diverses expériences faites sur les cours des fleuves , sur les conIluents, leurs déviations, les causes de l'élévation et de la vélocité qu'ils acquièrent en diverses circonstances. C'est là qu'il fait sentir combien il importe de remonter jusqu'au berceau des fleuves, sur les montagnes, pour commencer à les maîtriser, en les y environnant d'obstacles..tels que des arbres et des arbustes, comme la nature y avait pourvu dans l'origine ; par où l'on comprend que Mengotti se récriait fort contre la cupidité si ardente à dépouiller les montagnes de ces ornements utiles. Ce dernier volume est enrichi de cinq tables arithmétiques, où sont calculées , d'après des expériences , les hauteurs et les vélocités diverses des eaux courantes. En Allemagne , on se hâta de traduire cet important ouvrage, qui mériterait (4e l'être en français. Notre collaborateur Prony, qui exécuta sur le pe? en même temps que Mengotti des travaux analogues, faisait beaucoup de cas de son livre. Mengotti était, à l'époque de la chute de Napoléon l'un des secrétaires du sénat et membre de l'institut de Milan. Il est mort vers 1840
  • François MENTON( 1550 - 1605) : peintre, né en 1550 à Alckmaer , fut élève de FrancFlore, et ne tarda pas à se faire une grande réputation. 11 dessinait avec grâce , facilité , et sa couleur donnait un nouveau prix à ses ouvrages. Ses compositions, pleines d'esprit, sont remarquables par la finesse et le piquant. Il abandonna cependant le genre de l'histoire pour le portrait. qui lui semblait plus lucratif. Menton acquit par ses travaux multipliés une fortune indépendante. Egalement habile comme graveur, il a laissé en ce genre plusieurs pièces qui se font distinguer par le goùt et la finesse. Sa réputation lui avait procuré un grand nombre d'élèves. Il mourut en 1605
  • François MENZOCCHI( 1550) : peintre, né à Forli vers 1550, manifesta presque au sortir ne l'enfance le goût le plus vif pour le dessin. Avant d'avoir reçu aucun principe. il s'amusait à des siner deux tableaux de Marc Parmigiana de Forli, placés dans le dôme de l'église de cette ville, et qui passaient pour les meilleures productions de ce temps. Jérôme Genga, étant venu dans cette église pour y peindre la chapelle de StFrançois, aperçut le jeune Menzocclii ; il s'approcha de lui, et, frappé de ses rares dispositions, il le reçut au nombre de ses élèves, lui voua depuis une amitié particulière, le logea dans sa maison et s'en fit aider dans la plupart de ses travaux. Les villes de Forli, d'Urbin et de Pesaro possèdent plusieurs ouvrages de Menzocchi, qui jouissent de beaucoup d'estime. On cite aussi avec éloge les tableaux tirés de l'histoire de Psyché qu'il a peints à Venise pour le patriarche Grimani, et qui ne le cèdent point à un morceau de Salviati, auprès duquel ils sont placés. Mais ce qui a mis le sceau à sa réputation, ce sont les peintures de la chapelle du StSacrement , dans l'église de NotreDame de Lorette. Elles consistent en deux fresques, représentant la Rencontre d'Abraham et de Melchisédech , et le Miracle de la manne dans le désert . Il exécuta en outre sur la voûte quinze petits sujets tirés de la vie de JésusChrist, dont neuf sont peints et six en rondebosse. Chaque tableau forme un compartiment séparé des autres par des ornements en stuc de sa composition, d'un effet riche et bien entendu. Cet ouvrage eut un tel succès, qu'on le chargea d'orner de la mème manière la chapelle de la Conception qui fait face à la précédente. Il y peignit à fresque, sur les murs latéraux. la Nativité de la Vierge et sa Présentation au temple. Il peignit aussi le maitreautel , et y représenta Ste- Anne el la Vierge ayant sur ses genoux l'enfant Jésus que deux anges couronnent. Il avait un fils, nommé PierrePaul, auquel il apprit l'art de travailler en stuc, et dont il se fit aider dans l'exécution des travaux de cette chapelle. Ce fils obtint dans ce genre une réputation due à une trèsgrande pratique
  • François MERANO( 1620) : surnommé il Paggio, peintre génois, naquit vers l'an 1620 d'une famille pauvre, mais honorable. Dénué de tout moyen d'existence, il fut obligé d'entrer en qualité de page dans la maison Pavesi. Il y manifesta de bonne heure un goût décidé pour la peinture, que son patron se plut à seconder en le recom- mandant à Dominique Fiaselli, bon peintre, surnommé le Sarzana. Il se fit bientôt remarquer par ses progrès une grande composition représentant la Paix terrassant le dieu de la guerre, lui fit le plus grand honneur, et on le chargea de l'exécution de plusieurs tableaux , parmi lesquels on distingue le Martyre de Ste- Année, placé dans l'église de ce nom à Gènes. A un talent remarquable il joignait une modestie bien rare chez les artistes. Parmi plusieurs traits que l'on en rapporte, le suivant mérite d'être cité. Un riche négociant de Gènes lui avait commandé un tableau ; lorsqu'il fut terminé, le peintre le lui envoya ; mais comme il n'était point entièrement sec, le porteur en effaça une partie. Il fallut le renvoyer à l'artiste, et le porteur n'ayant pas voulu dire le motif de ce renvoi, il crut que l'amateur, peu satisfait du tableau, l'avait effacé par mépris. Loin d'ètre irrité d'une telle insulte, il se disposait à rendre, sans se pla , le prix qu'il en avait reçu , lorsqu'on lui donna l'explication de ce qui s'était passé. Merano se serait fait un nom plus célèbre, s'il n'avait succombé, jeune encore, à la peste qui ravagea Gènes en 1657
  • François MONGINOT( 1569) : né à Langres le 16 mars 1569, étudia la médecine et vint se fixer à Paris, où il acquit une grande réputation. Il devint médecin du prince de Condé, en 1616 , et fut aussi médecin consultant du roi. Ayant embrassé le protestantisme, Monginot voulut engager ses compatriotes à suivre son exemple, et dédia au maire et aux échevins de Langres l'ouvrage suivant, qu'il fit imprimer en 1617 : Résolution sommaire et décision de François Monginot, médecin , sur les doutes et controverses entre l'Eglise romaine et la prétendue réformée. Cet ouvrage , qui, diton, était dù en grande partie au ministre du Moulin , fut aussitôt réfuté par Antoine Piétrequin , archidiacre de Langres ; il a été réimprimé à Charenton , en 1641 On a encore de Monginot : un traité sur la peste intitulé Secrets polydoedales, Paris, 1606 ; Traité sur la conservation de la vie , 1631, 1633 et 1635. MONG1NOT , fils du précédent , fut aussi un médecin trèsdistingué. Il habitait Paris, mais, étant protestant comme son père, il se retira en Angleterre après la révocation de l'édit (le Nantes, et devint médecin du roi d'Angleterre. Il est auteur d'un Traité sur le quinquina , Paris, 1686
  • François MICHEL : maréchal ferrant, n'aurait aucun droit à tenir une place dans la Biographie, s'il n'eùt joué , vers la fin du 17' siècle , un rôle à peu près semblable à celui qu'on a fait jouer à un paysan de la Beauce nommé Martin . Michel était né à Salon , en Provence , patrie du fameux Nostradamus, et l'on peut croire que les récits qu'il avait entendu faire du prophète dans son enfance l'avaient disposé à une grande crédulité. Il- était âgé d'environ trentecinq ans , lorsqu'une nuit, revenant d'un village voisin , il aperçut un spectre qui lui commanda , avec toute l'autorité d'un être de l'autre monde, d'aller trouver le roi pour lui révéler un secret de la plus haute importance. Cette apparition s'étant renouvelée jusqu'à trois fois , et le spectre ayant menacé Michel de lui ôter la vie s'il n'obéissait pas, il se décida enfin à se rendre à Versailles. Il vit auparavant l'intendant d'Aix, qui, après s'être assuré que cet homme n'était point fou, lui donna une lettre pour les ministres et une somme pour les frais de son voyage. La route qu'il devait tenir fut couverte de curieux accourus sur son passage, et on lui fit l'application d'un quatrain de Nostradamus , qui sem- Suivant le récit de l'abbé Proyart, Michel ne fut que le troisième â qui le spectre s'adressa ; les deux premiers avaient été frappés de mort pour avoir répété indiscrètement ce que le spectre leur avait dit. Ce quutrain est le vingthuitième de la quatrième centurie il est assez singuler pour qu'on nous permette de le rapporter Le pénultième de surnom de prophète Prendra Diane pour son jour et repos ; Loin vaguera par frénétique tête , Et délivrera un grand peuple d'impôts. Maintenant voici comment on en faisait l'application au maréchal de Salon. Cet homme était le pénultième, ou l'avantdernier des enfants qu'avait eus son père, et il se nommait Michel, comme le prophète ; sa mère avait nom Diane; le troisième vers blait pronostiquer sa mission. Après beaucoup de difficultés, il parvint à être admis dans le cabinet de Louis XIV, et il y demeura enfermé avec ce monarque pendant plus d'une heure . Un courtisan ayant dit au roi : « Votre Majesté vient de voir un grand fou I —« Pas tant que vous l'imaginez, » répondit Louis XIV, et ce mot ayant couru, le public n'en fut que plus empressé à voir le maréchal de Salon : plusieurs peintres se disputèrent l'avantage de faire son portrait , et Michel occupa un instant l'attention de toute la France. Quelques jours après , il reprit le chemin de sa ville natale, où il resta longtemps l'objet de la curiosité publique ; mais il ne répondait pas aux questions qu'on lui adressait, et ne répéta jamais rien de ce qui s'était passé dans son entretien avec Louis XIV. Fatigué enfin des visites qu'il recevait, il se retira à Lançon, village près d'Aix , et y mourut le 10 décembre 1726, à l'âge de 65 ans. Quelques écrivains conjecturent que sa mission avait pour but d'obliger le roi à déclarer son mariage avec madame de Maintenon ; mais StSimon dit qu'il ne nomma jamais cette dame et qu'il ne la vit point. L'abbé Proyart s'est contenté de rapporter l'opinion populaire, que Michel, comme un autre Nathan, était venu annoncer au roi la fin de ses prospérités ; mais d'ailleurs son récit diffère par plusieurs circonstances essentielles de celui de StSimon
  • François MIERIS( 1635) : peintre de genre , naquit à Delft, en 1635. Son père, habile orfèvre et lapidaire , seconda les dispositions qu'il montrait pour la peinture , dans l'espoir qu'il perfectionnerait encore son art. Mais le jeune Mieris, épris des talents de Gérard Dow, entra dans l'école de ce maître , qui ne tarda pas à le distinguer et à lui donner le titre de prince de ses élèves. On voulut alors le porter an genre de l'histoire et lui faire suivre à cet effet les leçons d'Adrien Van den Tempe! ; mais sa vocation était prise et il rentra bientôt chez son ancien maître. Ses premiers ouvrages fixèrent sa réputation ils furent recherchés ; et Sylvius, riche armateur qui devint par la suite son ami , offrit nonseulement d'acquérir tous les tableaux que ferait Mieris, mais de les prendre au prix que l'on y mettrait. Il fit connaître l'artiste à l'étranger. L'archiduc d'Autriche, pour lequel il avait fait quelques ouvrages, en fut si charmé qu'il le pressa de venir s'établir à Vienne, lui proposant un prix considérable pour chacun de ses tableaux, outre une pension de initie rixdalers. Mieris les refusa, sous prétexte de l'attachement de sa femme pour son pays natal. Ses compatriotes les plus distingués, afin de lui témoigner en quelque sorte leur gratitude d'une semblable préférence , le chargèrent d'un grand nombre d'ouvrages. Le grandduc de Toscane lui commanda plusieurs tableaux et les paya généreusement. Mieris, par reconnaissance, lui envoya son propre portrait, qui fut placé dans la galerie de Florence. Cependant quelque parfait que fût cet ouvrage, il ne reçut point l'accueil qu'il semblait mériter ; ce que l'on attribua au mécontentement d'un grand seigneur qu'il avait refusé de peindre avant le prince. Mieris se consola facilement de cette injustice. D'ailleurs son humeur et ses liaisons avec le peintre Jean Steen lui faisaient oublier tous les soucis. Ils passaient ensemble une partie de la journée se livrant à la boisson; et si ce vice ne nuisit ni à sa fortune ni à son talent, il abrégea peut-être ses jours. Par un contraste singulier, ce travers dont il donnait l'exemple, il ne pouvait le tolérer dans les autres; et il retira son fils de l'école de Lairesse , par la raison seule que ce peintre vivait peu régulièrement. Cette habitude lui devint enfin funeste. Un soir qu'il rentrait chez lui par une nuit obscure, après s'être livré avec excès à son vice favori , il tomba dans un égout que des maçons avaient laissé ouvert. A ses cris un savetier du voisinage vint le sauver d'une mort certaine et lui prodigua tous les secours qui dépendaient de lui. Le lendemain il sortit de chez son libérateur, non sans avoir bien remarqué la maison il s'enferma chez lui et peignit un tableau qu'il porta luimême au savetier, en le remerciant de ses soins et en lui disant, s'il voulait se défaire de son tableau , de le remettre à un M. Paats , qui lui en donnerait un bon prix. La femme de l'artisan crut devoir le montrer au bourgmestre Jacques Maas, chez lequel elle avait servi. Ce connaisseur reconnut aussitôt l'ouvrage de Mieris et conseilla à cette femme de ne point s'en défaire à moins de huit cents florins, qu'elle n'eut pas de peine à trouver. Cet accident cependant fit faire de sérieuses réflexions à Mieris : il changea de manière de vivre ; mais le coup était porté et, au bénit de quelque temps, il mourut, à peine âgé de &G ans, le 12 mars 1681, laissant deux fils , Jean et Guillaume , qui se sont illustrés dans la même carrière. Ce peintre est remarquable par l'extrême fini de ses ouvrages ; et, sous ce rapport, il l'emporte même sur Gérard Dow ; mais cette manière trop précieuse donne du froid. à ses compositions, qui d'ailleurs se distinguent par l'esprit et la finesse. Les sujets qu'il a traités sont d'une dimension moins grande que celles de son maître ; ce qui lui a permis d'y introduire un plus grand nombre de figures et de donner plus d'étendue aux scènes qu'il représente. Comme ce maître, il copiait ses modèles avec le verre concave, sans se servir de carreaux pour les dessiner. Le nombre de ses ouvrages est trop considérable pour les indiquer ici en détail. Il est peu de galeries où l'on n'en trouve quelquesuns. Le musée du Louvre en possède quatre Portrait d'un homme ru à mi- corps, enveloppé d'un manteau rouge. Il a le bras droit appuyé sur un piédestal ; auprès de lui est un lévrier. 2. Une femme à sa toilette, servie par une négresse; 3. Deux dames vêtues de satin, prenant le thé dans un salon orné de statues; II° Une famille flamande. Il existait dans la même collection six autres tableaux de ce maître, parmi lesquels était son chefd'ceuvre , représentant Un cavalier qui tire l'oreille d'un petit chien placé sur les genoux d'une daine vêtue d'un manteau rouge et d'une jupe bleue. Ce tableau, ainsi que les cinq autres , provenait de la galerie du stathouder ; ils ont été rendus en 1815. — Jean M1ERIS, fils aîné du précédent, naquit à Leyde en 1660. Il se destina de bonne heure à la peinture ; niais voyant que son père et son frère Guillaume, qui, quoique plus jeune que lui , se distinguait déjà , avaient embrassé un genre dans lequel il craignait de ne pouvoir les égaler, il résolut de cultiver la peinture en grand. Son père s'empressa de seconder ses heureuses dispositions , et le dirigea dans ses études. On a vu dans l'article précédent quel motif l'empêcha de le laisser suivre les leçons de Lairesse ; mais il lui fit copier les meilleures productions de ce maitre habile , et pari int ainsi à lui former une manière grande et belle. Malheureusement, la santé du jeune artiste ne répondait pas à son ardeur pour le travail. Il était tourmenté de la pierre , et les médecins lui défendirent de travailler assis. 11 crut que les voyages lui seraient salutaires. 11 se rendit en Allemagne après la mort de son père ; et après y avoir peint quelque temps il passa en Italie. Il reçut à Florence un accueil distingué, qu'il dut en partie aux ouvrages de son père. Cependant le grandduc, charmé de ses talents, voulait le retenir à sa cour. Miens, craignant que sa religion ne ftit un obstacle à sa tranquillité, crut devoir le refuser et partit pour Rome, où ses ouvrages le firent rechercher ; son assiduité au travail ayant augmenté son mal , il eut une attaque à laquelle il succomba le 17 mars 1690. Doué des plus grandes dispositions, le peu d'ouvrages qu'il a laissés font voir jusqu'où il aurait pu s'élever, si une mort prématurée ne l'eût enlevé à son art. Ce sont des tableaux d'histoire et des portraits qui . quoique peints d'une manière entièrement opposée , n'en dénotent pas moins le plus grand talent. — Guillaume MIERIS, frère puîné du précédent, naquit à Leyde en 1662. Egalement élève de son père, il sortait à peine de l'enfance qu'il annonçait déjà les talents d'un maitre consommé. Demeuré orphelin à l'àge de dixneuf ans , il sentit combien l'étude de la nature pouvait perfectionner son talent. Il s'était d'abord livré au genre dans lequel son père s'est acquis une si juste renommée ; mais désespérant de l'égaler, il tenta de se distinguer dans une autre route. Il étudia avec soin les ouvrages de Lairesse et des autres fameux peintres d'histoire de son temps ; et sans s'écarter des dimensions dans lesquelles il avait travaillé jusqu'alors , il peignit plusieurs sujets historiques : on distingue dans le nombre un tableau de Renaud endormi dans les bras d'Aramide. Cette composition obtint un tel succès, qu'il fut obligé de la répéter trois fois pour trois personnes différentes. Les légers changements qu'il lit portaient seulement sur les accessoires. On cite encore de cet artiste une Sainte famille, un Triomphe de Bacchus, un Jugement de Péris, etc. Il peignait avec une égale supériorité le paysage qu'il enrichissait de figures d'animaux , exécutés avec un fini précieux et une vérité piquante. 11 avait un autre talent plus rare chez les peintres, celui de modeler en terre et en cire ; et les morceaux qu'il a exécutés de cette manière font juger que sil s'était exclusivement livré à la sculpture, il eût acquis la réputation d'un trèshabile artiste. On connaît de lui quatre vases sur lesquels il avait modelé des bacchanales. Les nymphes , les enfants, les satyres, y sont rendus avec un talent extrêmement remarquable ; et l'esprit et la facilité avec lesquels ces figures sont touchées feraient croire que l'artiste avait une longue pratique de l'ébauchoir. Les ouvrages de J. Mieris lui procurèrent une fortune considérable. Estimé pour ses moeurs et son caractère , il vécut heureux jusqu'à une extrême vieillesse. Il mourut à Leyde le 24 janvier 1747. Ses ouvrages , comme ceux de son père, se distinguent par le fini de l'exécution, l'harmonie de l'ensemble et l'exactitude à rendre tous les détails ; mais il lui est inférieur pour le dessin , la finesse de la touche et le piquant des effets. Ses compositions sont moins bien entendues ; on y remarque moins d'élégance et de naturel dans la distribution des groupes. On recherche cependant ses tableaux. Le musée du Louvre en possède trois : 1° Un jeune garçon faisant des bulles de savon près d'une « fenêtre ; 2° le Marchand de gibier ; 3° Une cuisinière levant le rideau de sa fenêtre pour y accrocher une volaille. Le musée possédait encore cinq autres tableaux de ce maître, parmi lesquels on faisait un cas particulier de sa Marchande épicière, que l'on mettait au rang des bonnes productions de son père. Ces tableaux, qui provenaient de la Hollande , de la galerie de Vienne et de celle de ?usseldorf, ont été rendus en 1815. P—s
  • François MIERIS( 1689 - 1763) : peintre distingué, comme sou grandpère François et son père Guillaume, naquit à Leyde le 24 décembre 1689, et y mourut le 22 octobre 1763. 11 ne se borna pas à être l'émule de la gloire paternelle avec sa palette et son pinceau , mais il s'est de plus fait connaître comme savant historiographe et antiquaire. Investigateur passionné des archives et des chartes nationales , il en forma une collection considérable. Un grand nombre d'autres collections particulières furent mises à sa disposition : les Etats , 4 vol. Leyde, 1753, 1754, 1755, 1756 ; l'année suivante, 1757, il publia à Leyde : Fidèle narré de la consécration de Nicolas de Castro, comme premier évêque de Jlliddelboury, en Zélande, l'an 1561, par Quentin Weytsen, appuyé de plusieurs pièces originales et inédites ; 8° Traité sur la manière d'écrire l'histoire, celle de Hollande en particulier , Leyde , 1757 ; Chartes, priviléges, octrois, documents de tout genre de la tille de Leyde, ibid., 1759 ; 10° Description et histoire de la ville de Leyde, Leyde, 1762 et 1770, 2 vol. Interrompu par la mort dans la composition du 24' volume, cet ouvrage a eu, depuis la page 617, pour continuateur et pour éditeur Daniel Van Alphen, greffier ou syndic de cette ville. Tous ces ouvrages sont écrits en hollandais. Mieris jouissait (le la considération la plus flatteuse ; il légua par son testament des aumônes aux pauvres de toutes les communions chrétiennes : il appartenait à celle des remontrants
  • François MILIZIA( 1725 - 1798) : architecte italien , naquit en 1725 à Oria . dans la terre d'Otrante , de parents nobles et riches. Il fut conduit dès l'àî,re de neuf ans à Padoue, afin d'y commencer ses études sous la direction d'un oncle qui exerçait la médecine dans cette ville. Milizia'ne se distingua d'abord que par son aversion pour l'étude ; aussi, pendant les sept ans qu'il demeura à Padoue, ses progrès dans les lettres furent loin d'être rapides. Ennuyé à la fin des reproches que sa paresse lui attirait de la part de son oncle, il prit la fuite et erra durant quelques mois à Bobbio , à Milan , à Pavie et enfin à Rome, où il fut rejoint par son père, qui le ramena à Naples. Après avoir terminé ses études dans cette ville, sous Genovesi et Orlandi, Milizia s'évada une seconde fois et se rendit à Livourne avec l'intention de passer en France; mais, l'état de sa bourse n'étant pas en harmonie avec ses beaux projets de voyages, force lui fut de rebrousser chemin et de rentrer au toit paternel. Là, un mariage calma son humeur vagabonde ; puis le goût des sciences se révéla en lui ; l'amour du travail vint après , et le temps perdu fut bientôt réparé. En 1761, il alla s'établir à Rome , où il fut nommé surintendant des édifices que le roi de Sicile possède dans les Etats pontificaux. Mais il résigna bientôt ces fonctions incompatibles avec son esprit d'indépendance , et se livra à l'étude des arts. C'est à Rome qu'il composa tous ses ouvrages. Devenu l'ami intime du chevalier d'Azara et de Raphaël Mengs , qui se montraient philosophes parmi les artistes , il alla plus loin qu'eux et attaqua sans ménagement toutes les réputations établies. Les écrits de Milizia respirent en général un ton d'aigreur et d'animosité qui empêche de croire à l'impartialité de ses jugements ; il laisse trop percer le plaisir qu'il éprouve à jeter à la face des artistes les critiques de leurs défauts. 11 se fit ainsi beaucoup d'ennemis. Les persécutions qui s'en suivirent le dégoûtèrent des beaux- arts, auxquels il renonça tout à fait dans sa vieillesse pour s'occuper de traductions d'ouvrages scientifiques étrangers. Milizia mourut à Rome en 1798. On a de lui : 1° Vite dei piu celebri architetti anti- ehi e moderni, Rome , 1768 La 2e édition parut sous le titre de Alemorie degli architetti an- tichi e moderni, Parme, 1781 C'est plutôt une histoire de l'art qu'une biographie des architectes. Pommereul en a donné une traduction intitulée Essai sur l'histoire de l'architecture, précédé d'observations sur le bon goût et les beaux- arts, la Haye, 1819, 3 vol. Le même ouvrage a été traduit en anglais par mistriss Cresy, 1826, 2 vol. 2° Trattato completo formale e materiale del Teatro, Rome, 1772 Milizia s'y prononça contre la construction des théâtres modernes et contre la direction immorale donnée à ce genre de plaisir. Quelques opinions singulières déplurent aux architectes et aux théologiens ; ceuxci , plus puissants que les autres, firent défendre l'ouvrage et saisir les exemplaires. Ce traité fut réimprimé à Venise en 1794 3° Principi arehitettura civile, Finale, 1781 ; Bassano, 1785 ; ibid., 1825, 3 vol. C'est le chefd'oeuvre de Milizia. Après avoir exposé l'origine et les vicissitudes de l'art , il propose pour modèles les monuments de la Grèce , exhorte à étudier ce qui reste de ceux de l'Asie et s'élève contre la routine introduite par Brunelleschi , Alberti et Scamozzi , qui s'en tinrent aux monuments du Latium, tous empreints d'un commencement de décadence. 4° L'Âne di vedere nette belle arti del disegno , Venise , 1781 ; ibid . , 1823 C'est une réponse aux critiques de l'ouvrage précédent. L'auteur y passe en revue les travaux les plus célèbres qu'aient produits les arts du dessin, et porte les jugements les plus absolus et les plus sévères, sans épargner même MichelAnge. La traduction qu'en a donnée POIT1- mereul a eu deux éditions, Paris, 1798 et 1799 ; la seconde a pour titre : Réflexions sur la sculpture, la peinture, la gravure et l'architecture ; suivies des institutions propres à les faire fleurir en France, et d'un état dis objets d'art dont les musées ont été enrichis par la Belgique, la Hollande et l'Italie depuis la guerre ; 5° Roma delle belle arti del diseyno, Bassano, 1787 ; ouvrage semblable à Arte di vedere et écrit avec encore moins de modération , ce qui le fit prohiber à Rome. 6° La Storia dell' astronomia di III. Bailly, ridotta in compendio, Bassano, 1791 ; 7° Dizionario delle belle arti del diseyno, estratto in grau parte della Enciclopedia metodica, Bassano, 1797, 2 vol. ; 8° Della incisione nette stampe , Bassano, 1797 ; 9° Illemoria sull' economia publica, Rome, 1798 ; 1800 ; Milan, 1803 ; 10° Notizie sulla di lui vita e catalogo delle sue opere; rédigées par luimême et publiées après sa mort, avec des notes de Barthélemy Gamba , Bassano , 1804 ; 11° Lettere al conte Fran- cesco di San- Giovanni , Paris, 1827 Les OEuvres de Milizia ont été recueillies et imprimées à Bologne en 1826 ; cette édition forme 9 volumes in - 8°. On en trouve un choix dans la Raccolta d'Operette de Barthélemi Gamba, Venise, 1826 M. Camille Ugoni lui a consacré une notice dans la Storia della letteratura italiana nella secondameta del secolo xvier, Brescia, 1822, 3 vol
  • François MINZOCCHI DI SAN-BERNARDO( 1513 - 1574) : dit le Vieux, peintre italien, naquit à Forli vers l'an 1513. Contemporain des Lenghi , il fut pour sa ville natale ce que furent ces derniers pour Ravenne. 11 étudia la peinture d'après les ouvrages dont le Paltneggiani avait orné la ville de Forli , et il existe encore de lui quelques tableaux de ce premier temps dont le dessin est un peu maigre : tel est le Crucifix que l'on voit aux Obser- vantins. Mais ayant pris de nouvelles leçons de Genga et surtout du Pordenone , il changea tout à fait de manière. 11 adopta un style correct , gracieux , plein de vivacité , et d'une expression telle que l'on semble voir la nature ellemême. Parmi les ouvrages qu'il a exécutés avec le plus de soin , sont les peintures latérales de la chapelle de StFrançois de Paule , dans la basilique de Lorette, l'une représente le Sacrifice de Melchisédech, l'autre le Miracle de la manne. Les prophètes et les principaux personnages conservent une dignité , une noblesse , qui rappellent tout à fait l'école de Pordenone , tandis que le peuple y a toute la naïveté, toutes les manières du vulgaire ; Téniers et les peintres flamands les plus naturels pourraient lui envier ce genre de talent. On admire également dans ces tableaux , la perfection et la vie avec lesquelles sont peints les animaux et tous les accessoires. Ce qui mérite seulement des reproches, c'est que l'artiste ait cru devoir exciter le rire dans la représentation d'un sujet sacré. Un de ses ouvrages les plus remarquables est Dieu le Père au milieu d'un chœur d'anges, qu'il a peint à fresque dans l'église de SteMarie della Grotta , à Forli , figures grandioses et qui plafonnent supérieurement ; beaux mouvements, bien variés et bien contrastés , parfaite intelligence des raccourcis , couleur vigoureuse et brillante , tout dans ce tableau dénote un artiste supérieur. Sa ville natale possède un grand nombre de ses peintures , tant dans l'église de StDominique qu'au Dôme et dans les galeries particulières. Ses fresques y jouissent d'une si grande estime que , lorsqu'il a fallu démolir les chapelles où elles se trouvaient, on les a taillées et replacées ailleurs. ll mourut en 1574. — Pierre- Paul et Sébastien MiNzoccin DI SANGiovANNI , ses fils , cultivèrent la peinture et reçurent de lui des leçons. PierrePaul fut un peintre assez faible , dont il existe quelques figures chez les capucins de Forli. Sébastien avait du naturel , peu de recherche , peu de relief, et une invention assez commune. On voit de lui dans l'église de StAugustin un tableau qu'il a peint en 1573, composé dans le goût antique, et d'un style qui , comme toutes ses autres productions , est en arrière de son siècle
  • François MIRANDA : général des armées ré- publicaines en France , était né au Pérou , d'une famille distinguée. Il s'attacha d'abord au service de l'Espagne et obtint un commandement dans les troupes du gouvernement de Guatemala ; mais la découverte d'une conspiration qu'il avait tramée pour soustraire ce pays à l'autorité du viceroi, le contraignit à s'expatrier. A quarantedeux ans il avait parcouru la moitié du globe , recueilli dans ses voyages des connaissances étendues et acquis la facilité de parler un assez grand nombre de langues. Sa pensée dominante était d'affranchir ses compatriotes d'Amérique ; il s'ouvrit alternativement sur ses projets à l'impératrice de Russie et à Pitt, qui l'écoutèrent avec faveur ; mais la France lui parut plus propre à seconder ses efforts : elle était au début de sa révolution et se montrait disposée à protéger le mouvement des peuples qui voudraient reconquérir leur liberté, à l'exemple de l'Amérique anglaise. Miranda vint donc à Paris pendant la session de l'assemblée législative ; il se lia promptement avec Péthion, auquel il était recommandé par les chefs de l'opposition anglaise , et en attendant que la république le mit en état de fomenter une insurrection dans le Pérou , les girondins le firent nommer général de division , et l'envoyèrent, sous Dumouriez, combattre les Prussiens qui pénétraient en Champagne. Miranda prit part à cette campagne et suivit Dumouriez dans la Belgique , en 1793. La levée du blocus de Maestricht dont il était chargé , la perte (le la bataille de Nerwinde, attribuée à sa désobéissance aux ordres qn'il avait reçus et aux fausses manoeuvres qu'il avait fait exécuter à l'aile gauche qu'il commandait, enfin la chute du parti de la Gironde , le firent traduire au tribunal révolutionnaire, comme complice de la défection de Dumouriez. Cette institution, récemment créée, n'osait pas encore rejeter les formes protectrices de l'innocence. Onze séances furent consacrées au procès de Miranda. Soutenu par l'éloquence de TronsonDucoudrai , il mit une grande habileté dans sa défense , traita chaque déposition dirigée contre lui par les témoins comme un procès séparé qu'il devait s'appliquer à vider avant d'en venir aux suivantes , et en éclairant ainsi dans son intérèt les points les plus légers de l'accusation , il parvint à changer en bienveillance les 'm'éventions du public qui demandait sa tète. Son triomphe fut complet : les jurés prononcèrent son absolution d'une voix unanime en ? mêlant des éloges, et il fut reconduit avec acclamation jusque dans sa maison. Il demeura donc constant qu'il ne pouvait encourir le reproche de trahison , mais l'opinion publique ne cessa point de proclamer que ses fautes militaires avaient seules causé le revers de Nerwinde. Ce n'est pas que Miranda fût dépourvu des talents d'un général , il avait profondément étudié la stratégie et s'était pénétré de tous les secrets des grands maîtres de la science militaire ; niais l'expérience lui manquait, et il s'obstinait avec trop de confiance dans ses premières déterminations. Son indignation était aussi forte que son mépris pour les dominateurs auxquels il voyait la France en proie. L'expression hardie de ces sentiments le fit incarcérer de nouveau, puis condamné à être transporté hors de France. I1 sut se soustraire à cette première mesure et à la déportation prononcée contre lui au 18 fructidor ; ii passa en Angleterre, reparut en France en 1803, et se vit déporter de nouveau par le gouvernement consulaire. Il se retira bientôt dans l'Amérique méridionale, souleva en 1811 une grande partie des habitants contre leur métropole, créa une ombre de gouvernement républicain à Caracas , et remporta de grands avantages dans le cours de 1812, appuyé qu'il était par l'Angleterre et les ÉtatsUnis. La fortune lui devint enfin contraire, il tomba entre les mains de ses ennemis et mourut dans les prisons de Cadix , en 1816. Son esprit était plein de ressources , beaucoup de fermeté , une grande élévation dans les idées et une activité remarquable le servaient dans ses projets. On a de lui i° une Correspondance avec Dumouriez, depuis janvier 1793 ; 2° Ordre de Dumouriez pour la bataille de Nerwinde et la retraite qui en a été la suite, 1793 ; 3° Opinion sur la situation de la France, 1793
  • François MIRON : fils de Gabriel II Miro , fut reçu docteur en médecine de Montpellier en 1509, et de Paris en 1514. Il remplit les fonctions de médecin ordinaire auprès de Charles IX. Il laissa trois enfants, dont une fille , mariée avec le garde des sceaux Caumartin. On a de lui : Relation curieuse de la mort du duc de Guise et du cardinal son fière , dans le tome 3 du Journal de Henri III et dans d'autres recueils ; les projets du duc, les causes et les circonstances de sa mort y sont trèsbien détaillés. — François MIRON, petitfils du précédent, lieutenant civil et prévôt des marchands, à qui la ville de Paris doit une partie de ses embellissements , quais , ports , places , et la façade de l'hôtel de ville qu'il lit construire en y consacrant les émoluments de sa place, sut maintenir une bonne police dans des temps de troubles. Ce furent les Remontrances de ce prévôt des marchands en faveur des habitants de la capitale qui détournèrent, en 1605, Henri IV de réduire les l'entes constituées sur l'hôtel de ville de Paris. On trouve ces Remontrances dans les 0E1m- es de Jacques Leschassier . Il mourut le 4 juin 1609. — Robert MuioN, frère du précédent, mort en 1641, intendant des finances en Languedoc, après avoir été ambassadeur en Suisse, s'était distingué à la tète du tiers état qu'il présidait aux états de 1614 , étant alors prévôt des marchands. Il s'y opposa vigoureusement aux efforts du clergé pour la publication du concile de Trente. « La bigarrure du temps auquel nous « vivons, réponditil à l'évêque de Beauvais, « apporte à vous et à nous la nécessité de rejeter « la publication de ce concile plutôt que de l'em« brasser. Néanmoins, messieurs du clergé se « peuvent mettre d'euxmêmes dans ce concile, « en pratiquer les résolutions en retranchant la « pluralité des bénéfices et autres abus auxquels « il a remédié. » — Charles MIRON, fils du premier médecin de Henri 111, de la mème famille que les précédents, nommé en 1588 à l'évêché d'Angers , n'en put prendre possession qu'après avoir fait casser l'appel comme d'abus de son chapitre , qui refusait de reconnaître un évêque de dixhuit ans. Mais, enfin dégoûté par les ditTérends qu'il avait eus avec cette compagnie au sujet de la juridiction , il se démit en faveur de Guillaume Fouquet de la Varenne. Celuici étant mort , Richelieu , inquiet du crédit que Miron avait à la cour, le fit nommer de nouveau , en 1622, au même évêché, d'où Louis XIII, le transféra , quatre ans après , à l'archevêché de Lyon. Il mourut dans ce dernier siège en 1628, étant le doyen des prélats du royaume, quoiqu'il ne fût àgé que de 62 ans. Miron avait rendu de grands services à Henri IV : il prononça l'oraison funèbre de ce prince. Ses entreprises contre son chapitre furent réprimées par le parlement de Paris. On a de lui une Lettre sur quelques affaires traitées dans les états de 1614; une autre sur les miracles de NotreDame de Saumur, et des Statuts synodaux , insérés dans ceux de M. Arnaud, son successeur à Angers
  • François MODIUS( 1536 - 1597) : savant jurisconsulte et humaniste flamand , né à Oudenburg , dans la banlieue de Bruges, en 1536 , mort chanoine à Aire , en Artois , l'an 1597 , a exercé sa judicieuse critique sur plusieurs des classiques latins, qu'il a publiés ou enrichis de notes ; tels que les tacticiens Végèce , Frontin , Elien et Modeste ; Cologne, 1580 ; QuinteCurce, ibid., 1583 ; TiteLive , Francfort , 1607 ; Justin, ibid. , 1587. On a encore de lui :•1° Lectiones nov- antiquœ , Francfort, 1584 , et dans le Fax critic. de Gruter. 2° Ortosticha ad singulas cleri romani figuras , suivi d'un petit traité : De ordinis ecclesiastici origine, progressu , cestitu, ibid. , 1585 3° Poemata varia, adressé à son protecteur , Erasme Neustetter , chez lequel il passa trois ans à Wurtzbourg , comme il avait vécu à Cologne dans la famille du comte d'Egmond. Pandecte triumphales , sive pomparum , festorunt ac solemnium apparatuunz , conriviorum . spectaculorum, etc., 2 tomes , Franc- - fort, Feyerabend , 1586 et dans le Thesaurus ant. firme, de Gronovius , t. II. Foppens indique encore d'autres ouvrages posthumes du même auteur , et un manuscrit curieux : Collecfaner de rebus potissimum Flandric e , que l'on conservait à la bibliothèque de StOrner
  • François MOORE : voyageur anglais , alla en Afrique en 1730 comme écrivain du fort StJacques, sur la Gambie , et y resta jusqu'en 1735. Il remonta le fleuve jusqu'à la distance de deux cents lieues de la mer, ce qui le mit à mème d'observer de près les moeurs et les usages des nègres de ces contrées. A son retour en Angleterre, il publia une relation intitulée Voyages dans les parties intérieures de l'Afique, continant une descriptian de plusieurs nations qui habitent le lony . de la Gambie dans une étendue de six cents milles, Londres, 1738, 1 vol. On y trouée beaucoup de particularités intéressantes et nouvelles, entre autres l'histoire de Job BenSalomon . Moore gagne par son ton de. vérité la confiance de ses lecteurs et fixe leur attention. Sa relation fut réimprimée en 1742, Londres, I vol. avec ligures. I l ? joignit : Voyage de Stibbs dans la Gambie. Ce voyage eut lieu de 1723 à 172,1 : on y trouve peu de choses curieuses. — Voyage de Leach dans la Gambie. L'auteur le fit en 1661, remonta jusqu'aux cataractes, audessus de Barraconda, et acquit de grandes richesses par la traite de l'or ; il dressa une carte de sa navigation, et joignit à sa relation des Extraits de Léon l'Africain et d'autres géographes et un Vocabulaire mandingue. Le voyage de Moore fut encore réimprimé en 1776, Londres, 1 vol. avec la relation de Stibbs : il a été extrait et traduit en français avec les relations de Stibbs et de Leach , par Lallemant. Ces extraits forment le second volume des Voyages de Ledyard et de Lucas en Afrique, Paris, 1804, 2 vol.
  • François MORÉNAS( 1702) : compilateur infatigable, né en 1702 , d'une famille obscure d'Avignon, aurait pu donner à Voltaire l'idée de son Pauvre Diable. Après avoir terminé ses études, il prit du service dans un régiment d'infanterie quitta la. casaque de soldat pour le froc de cordelier, et, s'étant fait relever de ses voeux , entreprit en 1733 la rédaction du Courrier - d'Avignon , journal qui eut de la vogue dans les provinces et surtout dans les pays étrangers. Obligé de partager les bénéfices de cette feuille avec ses associés , la part qui lui en revenait ne pouvait suffire à ses besoins : il chercha donc de nouvelles ressources dans sa facilité , et publia successivement différentes compilations qui auraient mérité plus de succès, si elles eussent été faites avec moins de précipitation. Lors de l'entrée des troupes françaises dans Avignon , en 1768 , Morénas alla continuer à Monaco sa gazette et ses spéculations littéraires ; il y mourut en 1774, dans un hge avancé. Il avait été décoré du titre pompeux d'historiographe de la ville d'Avignon ; mais il ne l'a justifié que par une Histoire de l'inondation de 1755 et d'autres opuscules qui n'avaient d'intérêt que pour la ville d'Avignon et qui n'en sont pas sortis. Outre quelques écrits distribués périodiquement , tels que : Lettres historiques, 1739 ; le Solitaire, Arles , 1745 ; Entretiens historiques , etc., 1743-1748 , 18 vol. , et des brochures de circonstance, on a de Morénas : 1. Parallèle du ministère du cardinal de Richelieu et de celui du cardinal de Fleury , Avignon , 1743 ; Histoire de la présente guerre, 17 V5 ; 3° Histoire de ce qui ? est passé en Provence depuis l'entrée des Autrichiens jusqu'à leur retraite, 1747 ; 1° Abrégé de l'Histoire ecclésiastique de Fleury, 1750 et années suivantes, 10 vol. , avec ales approbations honorables. L'ouvrage fut néanmoins vivement critiqué : dom Clémencet et le président Rolland ont composé chacun de leur côté des Lettres à Illorénas sur son Abrégé de l'histoire ecclésiastique. 5° Dissertation sur le commerce, traduit de l'italien du marquis Bel- ' loni, la Haye , 1756 ; 6° Dictionnaire portatif des cas de conscience, Avignon, 1758 , 3 vol. avec des suppléments à la fin de chaque volume ; 7° Dictionnaire historique portatif de la géographie ancienne et moderne, Paris, 1759 ; 8° Dictionnaire portatif, comprenant la géographie , l'histoire universelle, la chronologie, etc., Avignon, 1760-1762, 8 vol. ; 9° Précis du résultat des conférences ecclésiastiques d'Angers, ibid., 1764, 4 vol. (voy
  • François MORGIER( 1688 - 1726) : né à VilleneuvelezAvignon en 1688, étudia d'abord la jurisprudence et se fit recevoir avocat ; niais son goût pour la littérature et pour la poésie le détourna de la carrière du barreau. A une époque où les, plaisirs de la table tenaient encore un rang distingué parmi ceux de la bonne compagnie , il s'était formé à Avignon, sous le titre d'ordre de la Boisson, une association d'un certain nombre de joyeux gastronomes qui rappelait l'ordre des Coteaux, dont parle Boileau, et qui avait son pendant à Londres dans le fameux club des Beefsteaks '. roy . ESTCOURT). Admis trèsjeune encore dans cette société, Morgier devint presque aussitôt le principal rédacteur de la gazette qu'elle publiait. L'abbé de Charnes eut aussi quelque part à la composition de cette feuille, qui , à travers beaucoup de facéties dignes d'une réunion bachique, décèle dans ses auteurs des gens d'esprit et de goût. Un des articles des statuts défendait de s'enivrer ; dans un autre le grand maître s'exprimait ainsi : Dans nos hôtels, si, d'aventure , Un frère salit ses discours Par la moindre petite ordure, Je l'en bannis pour quelques jours. Que si ces peines redoublées Sur lui ne font aucun effet, Je veux que son procès soit fait Toutes les tables assemblées. La gazette intitulée Nouvelles de l'ordre de la Boisson se disait imprimée « chez MuseauCra- « moisi , au papier raisin » . Tous les noms y • étaient, comme celui du typographe, allégoriques et désignaient cependant des personnages réels : c'étaient frère des Vignes, frère Mortadelle, natif de StJeanPieddePorc ; don Barriquez Carie y Fuentes Vinosas , M. de Flaconville. le sieur Villebrequin et tant d'autres. L'annonce des livres à vendre présentait des plaisanteries du même genre. On y trouvait : l'Introduction à la cuisine, par le frère Le Porc; — Remarques sur les langues mortes, comme langues de bœuf, ; on parle d'aller « fourrager jusqu'aux portes de Reims et d'en« lever tout le vin de Champagne pour la bouche « de la reine ; de tailler en pièces l'armée de « Philippe V, et de mener le roi Charles III en « triomphe dans sa bonne ville de Madrid. Cette « journée se passa à faire des châteaux en Es- « pagne ; mais le lendemain ils furent tous abat1,,tus par l'arrivée de deux courriers, dont le « premier apporta la nouvelle de la défaite des « alliés à Almanza par le duc de Berwick, et « l'autre la perte d'un grand nombre de vais- « seaux pris ou coulés à fond par les Français. « On ne peut dire combien la surprise fut grande « pour les Anglais, nation fière et entètée de sa « puissance. La reine demanda avec empresse- « ment si Alicante était pris ; et le courrier ayant s répondu qu'il était à la veille de l'être, Sa Mas jesté parut si fâchée, que l'on jugea que cette s ville lui tenait fort à coeur. Depuis ces nous velles, le commerce est tout dérangé, l'argent s a disparu les boissons sont renchéries de mois tié, et le.vin ne circule plus dans Londres non s plus que les billets de l'Echiquier. L'on s'est s assemblé en grand comité afin de pourvoir « aux moyens d'avoir du vin, puisqu'on ne peut « plus compter sur celui d'Espagne. L'embarras s est de savoir comment en transporter d'ails leurs. Nous avons beau publier que l'empire s de la mer nous appartient ; le chevalier de e Forbin et les armateurs de StMalo n'en yens lent rien croire : ils attaquent effrontément e tout ce qui porte pavillon d'Angleterre ; et l'on · dirait qu'ils ont juré la ruine de ce pays , tant « ils sont alertes pour lui enlever le vin. » Les Nouvelles de l'ordre de la Boisson contenaient quelquefois des vers : A la barbe des ennemis, Villars s'est emparé des lignes S'il vient à s'emparer des vignes, - Voilà les Allemands soumis. La philosophie du grand maitre est agréablement exprimée dans le quatrain suivant : Je donne à l'oubli le passé, Le présent à l'indifférence; Et, pour vivre débarrassé, L'avenir à la Providence. Ce badinage eut une grande vogue et fit à Morgier une réputation qui lui facilita, lorsqu'il vint à Paris, les relations les plus honorables. Il passa dès lors la majeure partie de sa vie dans la capitale, estimé des gens de lettres les plus fameux, et de plus en plus recherché par le grand monde à cause des agréments et de l'originalité de son esprit. Ce genre de mérite, que la princesse de Conti possédait au plus haut degré et qui ne l'a pas moins rendue célèbre que sa beauté , le fit admettre chez elle dans une sorte de familiarité. La princesse l'honora d'une constante bienveillance, et ne dédaigna pas quelquefois de coopérer avec lui à la composition des plaisanteries dont elle faisait son amusement et celui de sa cour. Ces petits ouvrages et un grand nombre d'autres pièces fugitives n'ont pas vu le jour, mais ils furent dans le temps avidement recueillis par les amateurs. Morgier mourut dans sa patrie en 1726
  • François MORLACCHI( 1784) : célèbre compositeur de musique, naquit à Pérouse le 14 juin 1784 et reçut sa première éducation musicale de son père, qui était un violoniste très- distingué, de son oncle maternel Louis Mazzetti, et de Caruso, qui lui enseigna particulièrement la composition. A l'àge de quatorze ans, Morlacchi se fit entendre dans les principales villes de l'Italie, sur le violon, le clavecin et l'orgue. La grande habileté dont il fit preuve en exécutant les morceaux les plus difficiles qui eussent encore été écrits pour ces instruments et surtout ses improvisations, qui abondaient en conceptions neuves, hardies et qui annonçaient déjà un génie puissant et inépuisable, attirèrent l'attention du comte Pierre Baglioni. Il s'intéressa au jeune virtuose et l'adressa au célèbre Zingarelli , alors maître de chapelle à Loretto , qu'il chargea de lui apprendre le contrepoint et de l'initier aux secrets de la composition de musique vocale, où ce grand maître excellait. L'enseignement que le jeune Morlacchi reçut de Zingarelli ne tarda pas à porter ses fruits. Ell 1800, c'est-àdire à l'âge de seize ans, il écrivit la partition d'un oratorio intitulé Gli Angioli al sepolcro, qui fut exécuté à Rome et obtint un grand succès. En 1801 , Morlacchi se rendit à Bologne, où il étudia à fond les différences qu'il y avait entre l'école bolonaise et celle de Naples, à laquelle appartenait Zingarelii. Lorsque Napoléon se fit couronner en 1805 comme roi d'Italie, Morlacchi fut chargé de mettre en musique, pour le théâtre de Bologne, une cantate destinée à célébrer cet événement. L'année suivante, il composa pour la même scène deux opéras bouffes, Il Ritratto et Il poeta in campagna. En 1808, il donna à Parme Corradino, grand opéra en trois actes, qui fut accueilli avec beaucoup de faveur et qui, en quelque sorte, fonda la renommée de Morlacchi comme compositeur. A cet ouvrage il fit succéder Rinaldo d'Asti, La principessa di riPiego opérascorniques; Il Simoneino, espèce de vaudeville , genre jusqu'alors inconnu sur les théâtres de l'Italie elle Aventure di une giornata, grand opéra, lesquels furent exécutés tour à tour à Parme, à Rome et à Milan, sous la direction de l'auteur. C'est en 1810 qu'il écrivit son célèbre opéra Le Danaide, qui fut joué nonseulement en Italie, mais aussi en Allemagne et à Paris, où cet ouvrage capital excita une admiration générale. Nommé vers la fin de la même année maître de chapelle et directeur du théâtre italien de Dresde , Morlacchi se fixa dans cette capitale, où il composa sa première messe, dont l'Agnus Dei, écrit pour voix seules sans accompagnement, produit, lorsqu'il est bien exécuté, un effet merveilleux et jouit encore aujourd'hui d'une grande célébrité. Fn 1811, il mit en musique Raoul di Crequi, grand opéra, et deux cantates écrites l'une à l'occasion de la naissance du roi de Rome, par ordre du ministre de France à Dresde, Bourgoing, et l'autre à l'occasion de l'anniversaire de celle du roi de Saxe. En 181e, Morlacchi donna une seconde messe, l'oratorio la Passione, cinq cantates et un opéracomique ayant pour titre la Capricciosa pentita , auquel succéda son célèbre Miserere pour trois voix , sans instruments. En 1813 , le prince de Repnin, général russe qui commandait à Dresde , ordonna à Morlacchi de mettre en musique une cantate pour célébrer l'anniversaire de la naissance de l'empereur Alexandre. Morlacchi, dévoué de cœur au roi de Saxe FrédéricAuguste, refusa ; mais le soldat moscovite , qui peut-être regardait les habitants de Dresde comme des serfs , fit enjoindre à Morlacchi de composer la musique en question, et cela clans le délai de quarantehuit heures , sous peine d'ètre envoyé en Sibérie pour le reste de ses jours. Cette menace intimida l'artiste Morlacchi présenta au bout de deux jours la partition de la cantate au prince de Repnin qui la fit exécuter dans la chapelle de la légation russe. Il est inutile d'ajouter qu'une composition faite en de pareilles circonstances ne pouvait offrir rien de remarquable aussi estelle restée parmi le petit nombre des oeuvres de Morlacchi qui n'ont pas eu l'honneur de l'impression. A cette époque, il rendit un service signalé aux musiciens de la chapelle du roi de Saxe. Le commandant russe de Dresde avait dissous ce corps et congédié ses membres , qui , ainsi , se trouvaient plongés dans la misère. Morlacchi se rendit auprès de l'empeeur Alexandre à FrancfortsurleMein , lui exposa ce qu'il y avait de pénible dans la position de ces artistes, là plupart trèsdistingués, et obtint un ordre pour le gouvernement provisoire du royaume de Saxe de rétablir la chapellemusique et de conserver aux artistes qui en faisaient partie leurs appointements comme par le passé. En 1815, Morlacchi obtint un congé et se rendit en Italie, où il fit son Barbiere di Siriglia, qu'on exécuta pendant trèslongtemps sur tous les théâtres italiens de l'Europe, mais qui finit par être éclipsé par la musique délicieuse que Rossini a composée sur le même poème. A Rome , Morlacchi fit un oratorio , il Sacrifizio di Abranio, où les récitatifs sont traités d'après un système nonveau qui les rend dramatiques au plus haut degré. Cet ouvrage fut exécuté par trois cents artistes en présence du souverain pontife , qui nomma l'auteur chevalier de 1'Eperon d'or. Morlacchi , étant allé à Milan, donna en 1818, au théâtre de la Scala , deux opéras , Boadicea et Gianni di Parigi. Il revint à Dresde en 1819, et depuis cette époque il mit successivement en musique : la Semplicetta di Pirna , opéra - comique , un hymne, une grande cantate pour le cinquantième anniversaire du jour où FrédéricAuguste, devenu majeur , prit les rênes du gouvernement de l'électorat de Saxe , et une épode , vrai chefd'oeuvre qui fut exécuté pour la première fois par quatre cents artistes et amateurs, sous la direction du. célèbre CharlesMarie de Weber. Lorsque la nouvelle église de Bischoffswerda allait être inaugurée, la municipalité de cette ville envoya à Morlacchi une députation pour le prier de venir diriger à cette solennité l'exécution de l'épode; il y consentit, et pour lui en témoigner sa reconnaissance, le conseil municipal lui décerna le diplôme de bourgeois honoraire de Bischoffswerda. Pendant les années 1820 à 1826 , Morlacchi mit au jour Donna- Aurora, la Giorentit di Enrico opérascomiques ; Tebaldo e Isolina et Ilda Avenello, grand opéra ; la Morte d'Abele, oratorio, et un Requiem pour les funérailles du roi FrédéricAuguste. En 1827, il alla encore visiter l'Italie , et il donna la même année à Venise i Saraceni in Sicilia, grand opéra, et en 1828 à Gènes Colombo, grand opéra par lequel fut inauguré le théâtre CarloFelice de cette ville. De retour à Dresde en 1829, il écrivit un opéracomique intitulé Il Desperato per eccesso di bison umore, qui, par suite d'intrigues , où il mourut le 24 du même mois. La municipalité de cette ville lui fit faire de magnifiques obsèques, auxquelles assistèrent le clergé, les autorités et tout ce qu'il y avait de personnes distinguées à Inspruck. Morlacchi est, sans contredit, un des compositeurs de musique les plus féconds , les plus originaux et les plus savants que l'Italie ait produits. Avant Rossini , il tenait le sceptre de la musique dramatique italienne. Ses mélodies sont charmantes et merveilleusement adaptées aux paroles; ses accompagnements joignent à l'harmonieuse suavité de l'école italienne la profondeur, la correction et la richesse de l'école allemande. Morlacchi se distinguait aussi par son caractère , dont l'amour de la vérité , l'esprit de droiture et une bienfaisance sans bornes formaient les principaux traits. Il se plaisait à encourager les jeunes artistes, et il était toujours le premier à rendre hommage au mérite des autres compositeurs, qu'il aimait à proclamer et à faire ressortir dans toutes les occasions. Consacrant une forte partie de ses revenus aux indigents, il fonda en f826 avec de grands sacrifices une caisse de pensions pour les veuves des artistes de la chapellemusique royale de Dresde , établissement dont les revenus ont été augmentés par la munificence du roi de Saxe, et au bénéfice duquel ce prince a ordonné en même temps que la chapellemusique donnerait le dimanche des Rameaux de chaque année un concert public où elle exécuterait quelque ouvrage de Morlacchi ; ce qui a lieu encore actuellement
  • François MOROSINI( 1618) : l'un des plus grands capitaines de son siècle, était né à Venise en 1618 d'une famille patricienne. Il embrassa jeune la profession des armes et se signala , dès l'âge de vingt ans, à la poursuite des pirates qui infestaient l'Archipel. Il se distingua en 1645 à l'attaque d'une flottille chargée de munitions pour la Canée, et ayant obtenu le commandement d'une galère, il donna la chasse aux Turcs et leur détruisit un grand nombre de vaisseaux. Il força en 1648 la flotte ottomane de s'éloigner de Candie et fut nommé , en récompense de ce service , général des galères de la république. Il contribua beaucoup par l'habileté de ses manoeuvres à la victoire que les Vénitiens remportèrent en 1650 sur les Turcs près de File de Naxos. La gloire dont il se couvrit dans cette mémorable journée • lui mérita le titre de commandant en chef , Morosini fut renvoyé en 1667 pour défendre cette place, regardée comme un des plus fermes boulevards de la chrétienté. Ce siége, l'un des plus mémorables dont l'histoire fasse mention , a été comparé à celui de Troie par les Grecs. Pendant vingthuit mois que Morosini retarda la prise de Candie, il fit tout ce qu'on pouvait attendre de son habileté, de sa prudence et de sa valeur. Le récit des exploits de cet illustre guerrier frappait toute l'Europe d'admiration. A deux diverses reprises , l'élite des gentilshommes français courut partager ses dangers ; mais ce noble exemple ne trouva pas d'imitateurs. Une blessure que reçut Morosini ne ralentit point son ardeur : abandonné de ses alliés et réduit à ses seules forces, diminuées par la peste et par le fer de l'ennemi , il soutint un assaut général et parvint à repousser les Turcs , déjà maîtres d'une partie des murailles ; enfin il fallut capittiler pour sauver les restes de la population. Le grand vizir, plein d'estime pour Morosini , lui accorda les conditions les plus honorables ; il fit même présent à la garnison de quatre pièces de bronze , en sus de cent quarante qu'elle avait le droit d'emmener. De l'aveu des Turcs, ils avaient perdu devant Candie 200,000 hommes et les Vénitiens 30,000 . Morosini partit de Candie le 27 septembre 1669 avec quinze bâtiments et une quarantaine de chaloupes , qui suffirent pour transporter les faibles restes de la garnison et les infortunés habitants de Candie avec leurs biens et tous les objets du culte. Arrivé à Venise, il fut dénoncé dans le grand conseil pour avoir traité avec Koproli sans l'autorisation du sénat. Le héros fut obligé de se constituer prisonnier, et le peuple, à qui on le représentait comme un traître, s'as- sembla en tumulte pour demander sa tète. Mais une voix éloquente s'éleva en faveur de Morosini , et il fut maintenu dans la dignité de procurateur de StMarc, qui lui avait été conférée pendant son absence et dont les envieux (le sa gloire voulaient le dépouiller. La guerre ayant recommencé en 1684 , le généralissime mit à la voile au mois de juillet , vint assiéger SteMaure et s'en empara au bout de seize jours ; il débarqua ensuite dans la presqu'île du Péloponnèse et s'en rendit maitre dans deux campagnes. Pour assurer cette conquête importante, il porta la guerre dans les provinces voisines, qu'il ravagea. Pendant qu'il faisait le siège d'Athènes, une bombe tomba sur le Parthénon, dont les Turcs avaient fait un magasin à poudre, et dévasta ce temple, l'un des chefsd'oeuvre de l'architecture grecque. Ce ne fut pas le seul dégât que les arts eurent alors à déplorer ; car, après la victoire, les Vénitiens brisèrent la statue de Minerve par Phidias , en voulant la tirer des décombres. Venise, cette fois, se montra reconnaissante envers le grand homme dont les victoires répandaient tant d'éclat sur ses armes son buste fut placé dans une salle du palais avec cette inscription François Morosini, le Péloponnésiaque, de son tirant. Peu de temps après, en 1688, il succéda à Giustiniani dans la place de doge, et c'était la voix du peuple qui l'avait désigné au choix du sénat. Morosini , parvenu au comble des honneurs , parut y trouver le terme de ses prospérités. Forcé par l'affaiblissement de sa santé de laisser à Cornaro la conduite dusiége de Négrepont , il revint à Venise en 1689, et, l'année suivante, il y reçut des mains du nonce un casque et une épée que le pape Alexandre VIII lui envoyait comme une marque particulière de son estime pour un héros qui avait acquis tant de gloire en combattant les ennemis du nom chrétien. Cependant l'absence de Morosini et le besoin de ses talents se faisaient sentir à l'armée. Un décret du sénat le nomma, pour la quatrième fois , généralissime ; et il partit au mois de mai 1693, conduisant la flotte de la république dans l'Archipel. Les Turcs se retirèrent à son approche, et il n'eut aucune occasion de se signaler. A l'entrée de l'hiver, il revint dans le port de Napoli de Romanie et y mourut épuisé de fatigues le 6 janvier 1694, à l'âge de 76 ans. Son corps fut rapporté à Venise et déposé dans un tombeau qui lui fut élevé par le sénat. La lie de François Morosini a été écrite en latin par Jean Graziani, Padoue , 1698 et par Ant. Arrighi , ibid., I719 La dernière est la plus estimée, Ws.
  • François MOYLAN( 1735 - 1815) : évèque catholique de Cork en Irlande, était né en cette ville en 1735 d'un commerçant estimé. On le fit passer de bonne heure sur le continent pour ses études, les catholiques n'ayant point alors en Irlande ni en Angleterre d'établissement pour élever leurs enfants dans leur religion. Le jeune Moylan fut envoyé à Toulouse, où il y avait un séminaire fondé par Anne d'Autriche pour les catholiques irlandais ce fut là qu'il connut l'abbé Edgeworth, qui fai : sait aussi alors ses études et avec lequel il contracta une amitié inaltérable . Ils allèrent achever leurs cours à Paris , où Moylan fut ordonné prêtre en 1761. Il fut quelque temps employé dans le ministère et il exerça les fonctions de vicaire à Chatou, près Paris. Peu après il retourna dans sa patrie, et il fut missionnaire pendant plusieurs années, jusqu'à ce que son mérite et son zèle le tirent choisir pour l'évêché de Kerry, le 15 avril 1775. On voit, par une lettre de l'abbé Edgeworth récemment publiée , que le docteur Moylan avait voulu, en 1777, se donner son ami pour coadjuteur ; mais la modestie de l'abbé Edgeworth repoussa bien loin un tel projet. Les deux amis entretenaient une correspondance dont quelques lettres se trouvent dans le Recueil cité. Dès 1779, le docteur Moylan s'occupait de former en Irlande une congrégation pour l'éducation des filles pauvres : le 20 mai 1787, il fut transféré au siège de Cork, qui venait d'être abandonné d'une manière fâcheuse par le précédent titulaire, le docteur Dunboyne; et de concert avec une fille pieuse, miss Nano Nagle, il établit dans sa patrie les religieuses de la Pré- sentation , qui y rendent beaucoup de services pour l'instruction des jeunes personnes. Cork dut également à l'évèque des écoles pour les garçons. Moylan prit part à l'établissement du collège de Maynooth pour l'éducation des catholiques irlan- dais. Lors de la révolte qui éclata en Irlande en 1797, il publia une adresse à ses diocésains pour les engager à ne se laisser séduire ni par les promesses des étrangers, ni par les suggestions des factieux. Il donna, en 1798 et 1799, des mandements , des discours et des remontrances dans le même sens : nous avons sous les yeux une Re- montrance du prélat au peuple , datée du 16 avril 1799. Sa conduite, en cette occasion et dans tous les troubles qui suivirent, lui fit un honneur et le gouvernement anglais lui en témoigna Lettres de l'abbé Edgeworth à ses amis, Paris, 1818 • sa « reconn ce » : c'est l'expression dont se emirent I Castlereagh , M. Pelliam et les autres chefs de l'administration en Irlande, dans les lettres qu'ils lui écrivirent. L'évèque reçut alors les témoignages les plus honorables d'estime Iode la part des protestants. Il s'était concilié l'affectiou de Burke, et l'on trouve quelques lettres .de cet orateur célèbre à Moylan à la suite des Lettres de l'abbé Edgeworth. L'évèque de Cork ait un accord si flatteur de suffrages à une .sse qui ne se démentit jamais. Un coeur ex-. ent et en meule temps un caractère ferme, des talents distingués, une âme loyale et franche, des manières engageantes, se joignaient chez lui aux connaissances et aux qualités propres à son état. Ce prélat mourut à Cork le 10 février 1815, à l'âge de 80 ans; on remarqua que l'évêque protestant de cette ville et beaucoup d'habitants de la même communion assistèrent à ses funé- railles. M. Moylan avait obtenu pour coadjuteur, en 1803, Florent .Mac'Carthy, qui fut fait évêque d'Antinoüs, et celui•ci, étant mort, fut remplacé par M. Jean Murphy
  • François MOYSANT( 1735) : bibliothécaire de la ville de Caen, etc., naquit le 5 mars 1735 au village d'Atdrieu, près de cette ville. Les jésuites, sous la direction desquels il fit de brillantes études, voulurent l'admettre dans leur société, mais préféra la.congrégation des Eudistes, qui le chargèrent de professer au collége de Lisieux la grammaire et bientôt après la rhétorique. La faiblesse de sa complexion l'ayant forcé d'abandonner ces pénibles fonctions , il vint à Paris , où il étudia pendant six années la médecine. Ces travaux ne l'empêchèrent point de s'occuper de littérature, et il fournit plusieurs articles au grand Fobabu- laire français, Paris, 1767, 30 vol. 11 donna ensuite, conjointement avec MM. Vacher et la Ma u Ilerie , le Dictionnaire de chirurgie , Paris, 1767, 2 vol. En 1764, il avait obtenu, dans la faculté de Caen, le grade de docteur. Une de ses thèses agitait une question dont la solution ne saurait être douteuse, mais qui, savamment trai- tée, offrait le plus haut intérêt : An a mala vi- vendi norma , functionunt debilitas? Moysant ne tarda pas à reconnaître dans la pratique combien il avait eu raison de soutenir l'affirmative. Une imprudence de régime mit aux portes du tombeau un malade auquel il avait donné tous ses soins, et cette circonstance suffit pour l'éloigner d'un état qui était sa seule ressource , mais où sa sensibilité avait trop cruellement à souffrir. 11 redemanda et obtint à Caen une chaire de rhétorique, qu'il ne quitta que pour occuper la place de bibliothécaire. Lors de la suppression des maisons religieuses, il fut chargé de la surveillance des bibliothèques des établissements supprimés. En visitant ces antiques et précieuses collections, il conçut l'idée de publier les chartes qu'elles contenaient et de créer un illonasticon neustriacum sur le modèle du lilonasticon anglicanum de Dodsworth et Dugdale. Il se proposait d'y joindre les vues des principaux édifices gothiques et les les plus intéressantes; mais les troubles toujours croissants ne lui permirent pas de publier un ouvrage aussi considérable. 11 passa en Angleterre , où il croyait intéresser l'orgueil des seigneurs descendants des compagnons de Guillaume le Conquérant : des contrariétés de tout genre vinrent s'opposer à son entreprise. D'abord il fut déclaré émigré, et le retour en France lui fut interdit. La vente des domaines nationaux , la destruction de plusieurs édifices remarquables apportèrent de nouveaux obstacles à ses projets : il fallut qu'il s'occupât de pourvoir à sa subsistance. Il aurait pu recevoir les secours que le gouvernement britannique distri- buait aux émigrés, ou se rendre aux nombreuses 0, sollicitations des Anglais qu'il avait eus pour élèves , mais il ne voulut rien devoir qu'a son travail. Il publia un ouvrage intitulé Bibliothèque des écrivains français, ou Choix des meilleurs mor- ceaux en prose et en vers , extraits de leurs ou- vrages , Londres , 1800 , 4 vol. . bloysant fit suivre cette compilation d'un Dictionnaire portatif anglaisfrançais. Tourmenté du désir de revoir sa patrie , il s'empressa de profiter de l'amnistie, qui fut accordée aux émigrés, et revint à Caen au mois d'août 1802. Les sociétés savantes de cette ville l'admirent au nombre de leurs membres, et il lut dans leur sein plusieurs Mémoires iteressants. Il fut chargé en même temps de réorganiser la bibliothèque. Il était encore à la tête de ce dépôt littéraire à l'époque de sa mort . MM. Barbier, dans son Dictionnaire des anonymes, et Henniker, dans un ouvrage anglais sur les briques armoriées de StEtienne de Caen , sont convenus des obligations qu'ils avaient à Moysant. Chaudon lui dut plus d'un volume d'augmentation de son Dictionnaire historique qui s'imprimait à Caen sous sa direction. Son neveu , M. Hébert, bibliothécaire de la ville de Caen a publié une Notice historique sur sa vie, Caen, 1814 Nous avons encore de Moysant : 1. Prospectus d'un cours public gratuit des belles- lettres fran- çaises, etc., Caen, 1761, ; ° In felices nup- lias Ludovici Augusti Galliarum Delphini, etc., ibid. , 1770 26 p. ; 3° Recherches histori- ques sur la fondation du collége de Notre- Daine de Baïeux, fondé dans l'université de Paris par maitre Gervais, 1783, in4°
  • François NAZZARI( 1634 - 1714) : littérateur italien, né vers 1634, dans le Bergamasque , embrassa l'état ecclésiastique et obtint, jeune encore, une chaire de philosophie au collége de la Sapience ; il la remplit de manière à mériter les suffrages des juges les plus éclairés et la bienveillance de ses supérieurs. MichelAnge Ricci, depuis cardinal, lui conseilla d'entreprendre la rédaction d'une feuille périodique sur le plan du Journal des savants, qui paraissait depuis peu de temps . Nazzari forma donc une société de littérateurs et de savants , qui s'engagèrent à lui fournir des extraits d'ouvrages en langue étrangère ; il se chargea luimême de l'analyse des livres français et de la révision de tous les ar- ticles qui lui seraient envoyés. Le journal de Nazzari commença est 1668, et fut continué avec le plus grand succès jusqu'au mois de mars 1675. A cette époque Nazzari s'étant brouillé avec Tinassi , son imprimeur, la société fut dissoute ; et Ciarnpini, l'un des collaborateurs, prit la direction du journal : mais Nazzari , piqué de se voir dépouiller ainsi de sa propriété par un de ses amis, forma une nouvelle société et continua de faire paraître son journal chez l'imprimeur Carrara jusqu'à la fin de l'année 1679. C'est le premier et le modèle des Giornale de' Letterati, si multipliés depuis en Italie. Il a été réimprimé à Bologne avec quelques additions. Nazzari était attaché comme secrétaire à Jean Lucius, savant dalmate, et il l'aida dans la rédaction de ses ouvrages . Il suivit eu France Adrien Auzout , célèbre mathématicien, auquel il fut, diton, trèsutile. La douceur (le ses moeurs, sa politesse et son érudition lui méritèrent la faveur des prélats les plus illustres. Il passa dans l'aisance une vieillesse honorable, et mourut à Rome le 19 octobre 1714, âgé de plus de 80 ans. Par son testament, il légua sa riche bibliothèque à l'église des Bergamasques, et fonda un collége à Rome pour les jeunes gens de sa province. Outre le Journal dont on a parlé, on lui doit une traduction italienne, élégante et fidèle , revue par le cardinal d'Estrées , de l'Exposition de la doctrine ( le l'Église catholique par Bossuet , Rome , 1678 ; et une bonne édition des Lettere discorsive de Diomède Borghes4, ibid., 1701
  • François NEGRI : savant ecclésiastique de Ravenue , qui vivait au 17. siècle, illustra sa patrie par ses vertus, son savoir et ses ouvrages. Après avoir acquis des connaissances étendues en littérature, il s'appliqua à la philosophie, à la géographie et à l'astronomie. L'histoire naturelle attira aussi son attention et il en étudia les diverses branches. A ces occupations, il joignait la pratique des vertus chrétiennes et surtout celle de la charité. On ne l'appelait communément que le père des pauvres et le protecteur de la veuve et de l'orphelin. Se trouvant à Rome, il agit avec tant d'instances près du pape et du cardinal Cesare Rasponi pour l'établissement d'un hospice en faveur des catéchumènes, qu'on peut l'en regarder comme le fondateur. Cependant le nom de Negri serait moins célèbre sans les voyages pénibles et hasardeux qu'il entreprit dans les pays du Nord, pour en examiner les moeurs, les usages, les rites religieux et tout ce qu'ils offrent d'intéressant pour la morale, les sciences, la politique, l'histoire naturelle , etc. Il visita le Danemarck, la Suède , la Norvége , la Finlande, et pénétra jusqu'au cap Nord. Dans des lettres écrites à ses amis , de ces contrées lointaines, il rend compte de ce qu'il avait eu occasion d'y observer. Il était de retour en Italie en 1666. Il se chargea du gouvernement d'une paroisse dans sa patrie, remplit avec un zèle édifiant les fonctions attachées à son emploi et passa le reste de ses jours dans cette occupation utile. Il mourut le 27 décembre 1698, après avoir retouché et enrichi de notes précieuses les lettres citées cidessus. Avant d'expirer, il recommanda à son héritier de les faire imprimer, avec les augmentations et les corrections qu'il y avait ajoutées. Son intention fut remplie et elles parurent sous ce titre : Viaggio settentrionale dirtso in otto lettere , Forli, 1701 réimprimé ensuite à Padoue. On y a joint du même auteur, Annotazioni sopra la storia di ° lao Magno, dans lesquelles il relève diverses erreurs de cette histoire. On a en outre de Negri Discorso pratica della rirerenza dovula a' sacri ( empli , ed el modo pin facile cd efficace per couse- guirla, Venise, 1688. 11 y a une Vie de François Negri, écrite par GianFrancesco Vistoli, son concitoyen , laquelle se voit à la tête du Viaggio set- tentrionale. On trouve dans les écrits de Pasolini, de Ginnani .et Cinelli , des Notices sur ce savant italien
  • François NEGRI( 1769) : philologue et poëte italien, naquit à Venise le 6 février 1769 , d'une famille honorable et aisée. Après avoir reçu sa première éducation dans une institution particulière, il fut confié aux soins d'un de ses oncles, Jérôme Negri, exjésuite, puis à ceux de Joseph Marsili , aussi exjésuite, qui lui enseigna le grec et l'initia aux secrets de l'antiquité. Les sentiments religieux que ces deux respectables ecclésiastiques inspirèrent à leur élève furent le guide de toute sa vie, et s'ils ne l'empêchèrent pas de toucher aux écueils que bien peu de jeunes gens savent éviter, ils l'éclairèrent à temps sur les dangers que l'on court dans la voie des passions et des plaisirs. Aussi , malgré l'entraînement de l'exemple, dans une ville aussi bruyante que l'était alors Venise, Negri rentra bientôt en lui - même, et se renfermant dans un cercle étroit de relations , se livra tout entier à l'étude et à de savantes recherches. Au lieu de sacrifier au goût régnant alors en Italie et qui consistait à ne s'oc- cuper que de livres français , il consacra toutes ses veilles aux auteurs de l'antiquité , en attendant avec patience le moment où il pourrait, sans trop blesser l'engouement de ses compa- triotes , publier le fruit de ses travaux. Voilà pourquoi Negri garda longtemps en portefeuille ses premiers ouvrages , quelle que flit d'ailleurs sa conviction de leur mérite ; conviction acquise par le jugement d'hommes compétents auxquels il les avait communiqués. Leur apparition fit sensation dans le monde savant et valut à l'auteur de se lier avec les hommes les plus éminents de l'Italie, tels que Barbieri, Mustoxich, Pindemonte, Cicognara , Gamba, Vittorelli et autres, qui ne 'dédaignèrent pas de le consulter dans plusieurs occasions. Toutes les fois qu'on voulait perpétuer à Venise le souvenir d'un événement, c'était lui qu'on chargeait de l'inscription nécessaire. Negri avait passé l'âge de cinquante ans sans s'être aperçu qu'il manquait quelque chose à son existence; sa passion pour l'étude, non moins qu'une certaine sauvagerie de caractère, l'avait toujours éloigné du mariage. Ce ne fut donc pas sans étonnement que ses amis apprirent un beau jour qu'il s'était enfin décidé à unir son sort à celui d'une jeune veuve , et , d'après la courte notice sur luimême qu'il donna quelques années plus tard à la Biogralia universale éditée par Missiaglia, il parait n'en avoir pas été moins heureux. Negri mourut à Venise le 15 octobre 1827. Par acte de dernière volonté, il avait confié ses manuscrits inédits à M. Emmanuel Cicogna , écrivain distingué , qui devait en publier les principaux. On a de lui : I* Lettres d'Alriphron, traduites du grec en italien, Milan, 1806 Cette traduction est aussi remarquable par sa fidélité que par les notes que l'auteur y a jointes. 20 lie d'Apostolo Zen°, Venise, 1816 3° Observa- tions sur une inscription grecque du musée de Ve- nise , Trévise , 1819 40 Fragments d'une Elégie d'Herniesianax de Colophon , traduits et expliqués. Milan, 1822 5. Vies de cinquante hommes illustres des provinces vénitiennes, faisant partie de la Galerie des littérateurs et des artistes les plus illustres des provinces austro- vénitiennes, 'Venise, 1822-1824 6° le Chasseur de l'Etc- bée de Dion Chrysostome, traduit en italien, Venise, 1824; 7° Explication historique d'une inscrip- tion grecque, Venise, 1824 , in - 8.; 8° Poésies éditées et inédites des frères Jérôme , Jean- Baptiste et Corneille A mal t liée , traduites en partie. Venise, 1827 9° Sur l'Epte magique des anriens, dissertation, Venise, 1827 Negri a de plus donné : 1. deux Idylles publiées dans le Recueil de poésies fait en l'honneur des époux ComelloPapadopoli, Venise, 1821; 2. une critique sur le premier volume de la traduction de l'Odyssée par Pindemonte, critique insérée dans le Journal des Sciences et Lettres des prorinces vénitiennes de septembre 1822 ; 3. une traduction en octaves du sixième chant de l'Enéide , imprimée dans le 3° volume de l'Alités: A» de Trévise. Mais les travaux les plus importants de cet écrivain sont restés manuscrits. Ce sont : 1. Mémoires sur Thomas Temanza ; 2. .Commentaire sur Marc Foscarini ; 3. Abrégé de l'histoire des anciens Vénitiens ; /fr. Prolégomènes pour les oeuvres elle de Villa ; 8. Traduction des Périégèses de Denys ; 9. de différentes répigrammes de rAnthologie erecque ; IO. des vies de Cornélius Nepos; 11. , des Hérdides de Virgile ; 12. un grand nombre' poésies, nouvelles et d'inscriptions latines ç,13,. Tradeetion en, vers libres des Epitres d'Horace ;,1-4. de,l'Arertainiee d'Ovide ;.13. Idylles sur l'histoire, et lès 'anciennes moeurs des Vénitiens. M. Emile de Tièaldo, professeur au eoliege . de la marine à Venise, a publié en 1833 une NoL. tire sur la vie et les oeuvres de François Negri
  • François NEGRO FOSCO ou NIGER( 1450) : habile grammairien , que plusieurs biographes confondent avec un de ses homonymes qui lui est postérieur de plus d'un demisiècle , naquit à Venise vers 1450. Il fit ses études à l'université de Padoue et il y reçut le laurier doctoral dans la faculté des arts. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il cultiva les sciences et les lettres avec zèle, et, après avoir donné des leçons de littérature et de mathématiques tant à Venise qu'a Padoue , il fut attaché comme précepteur au cardinal Hippolyte d'Este l'ancien. Tiraboschi conjecture que c'est notre grammairien que l'Arioste a loué dans l'Orlando furioso. On lui doit la première édition du traité d'astronomie de Julius Firmicus , dont il avait rapporté le manuscrit en Italie, Venise, Aide, 1499 ; elle est précédée d'une lettre à son disciple, le cardinal d'Este, datée de Ferrare, 1497, par laquelle on voit que Negro partageait toûtes les erreurs de son temps sur l'astrologie judiciaire. Il a prolongé sa carrière jusque dans les premières années du 16° siècle ; mais on n'a pu découvrir la date de sa mort. On cite de lui quelques pièces de vers latins , entre autres un épithalame pour le mariage de l'archiduc Sigismond, et une épigramme imprimée à la fin de la Theorica planetarum, de Gérard de Crémone, Bologne , 1189 ; et des Lettres disséminées dans les ouvrages de ses amis et de ses protecteurs. Enfin on a de lui : i° Grammatica latina, Venise, 1480 ; édition rare et recherchée des curieux ; l'auteur a dédié sou ouvrage à Laurent Botta , ambassadeur du duc de Milan près le sénat de Venise. 2° Opusculum scribendi epistolas seu modus epistolandi, ibid., 1488 , 1" édit. Ce petit traité de l'art épistolaire a été réimprimé plus de vingt fois en Italie , en Allemagne et en France , dans les dernières années du 15' siècle . 3. Regulce elegan- tiarum, Paris, 1498 avec un commentaire de Josse Clichtove, ibid., 1501; Bâle, 1520, etc., même format, W—s.
  • François NEGRO( 1500) : littérateur, était né à Bassano au commencement du 16e siècle. Après avoir terminé ses études avec beaucoup de succès, il entra dans l'ordre de StBenoît ; mais il ne tarda pas à se lasser de la vie du cloître, et ayant embrassé en 1525 les opinions des nouveaux réformateurs , il se rendit en Allemagne, où il se lia avec Zwingle. Negro l'accompagna François Negro, sans doute à l'exemple des élèves de Pontponius Lretus , faisait quelquefois précéder son num patronymi—que de celui do Pescennius. ainsi la lettre au cardinal d'Este à la tête de l'édition du Firmicus , est intitulée Pescennius Franciscus Niger. Au titre de sa grammaire il n'y a qu'un P. que quelques bibliographes ont mal expliquée par Petrus. aux conférences de Marpourg, et il assista ensuite à la fameuse diète d'Augsbourg, où il parla éloquemment en faveur de la liberté de conscience. La guerre s'étant rallumée en Allemagne , Negro retourna en Italie ; mais craignant d'y être poursuivi à raison de ses opinions, il se retira en 1540 à Chiavenne, ville des Grisons, y ouvrit une école pour l'enseignement des langues anciennes , et y remplit ensuite les fonctions du pastorat. Soit inconstance naturelle, soit désir de se procurer un emploi plus lucratif pour élever sa famille, il parcourut la Suisse et une partie de l'Allemagne sans pouvoir se fixer nulle part. 11 était à Genève en 1559, et dans une épître qu'il adressa à Nicolas Radziwil, palatin de \Vilna, on, voit qu'il n'était pas satisfait de son sort. Il retourna dans la même année à Chiavenne reprendre ses fonctions, et y mourut après 1560. Sur la fin de sa vie, Negro avait embrassé le socinianisme. On a de lui : 1° Turcicarum rerumConimentaritu, Paris, 1538 C'est la traduction d'un ouvrage de Paul Giovio; elle a été réimprimée plusieurs fois séparément ou dans des recueils de pièces concernant l'histoire des Turcs. 2° Rudimenta grammaticce ex auctoribus collecta, milan, 1541, réimprimés sous le titre de Canones gramniaticales, Poschiavo, Landolf, 1555 3° Oridii Metamorphosis in epitomen phakucis rersibus redacta, Zurich, 1542 ; Bàle, 154,1 ; Tragedia del libero orbi- trio , 1546 , in4° ; 2' édit. plus ample, 1550 Cette pièce, aussi rare que recher- chée des curieux, a été traduite en français sous ce titre : la Tragédie du roi franc- arbitre , 1548 ; Villefranche , 1559 On peut conjecturer que Jean Crespin a eu part à cette traduction, dont il est l'imprimeur. Negro en donna luimème une version latine , J. Crespin, 4559 « Le dénoûment de cette tragédie, dit Renouard « , est que la gràce justi-“ fiante tranche la tète au roi francarbitre et « que le pape est reconnu pour l'Antechrist . s 50 Rhœtia sive de situ et moribus Rhœtorum lus, Bàle, 1M7 de 62 pages. C'est un poème en vers hexamètres , où l'auteur s'efforce de présenter le pays montagneux des Grisons comme un vrai paradis terrestre. 6° De Fanini Parentini oc Dominici Bassanensis morte, qui nuper ob Chris- tum in Italia romani pontificis jussu impie ° criai Aunt, breris historia, Chiavenne , 1550 Cette pièce singulière est fort recherchée des bibliophiles, surtout la traduction française. Un bel exemplaire de l'édition de 1658 a été payé cent huit francs à la vente de l'importante bibliothèque dramatique de M. de Soleinac , en 1544. II existe une traduction anglaise faite par Hen, Cheche, et imprimée vers 1689; elle est très—rare. Quant aux personnages de ce drame, quant au libre arbitre , a fils de la raison et de la volonté, régent e de la province des actions humaines et roi du royaume des ce bonnes couvres », ils se retrouvent sur une des estampes satiri—ques qui accompagnent le volume connu sous le norn de la map- pemonde papistique. trèsrare ; 7. Historia Francisci Spieroe eivitatu- lani qui , quod susreptam sentel Evangelieoe yeri- tatis professionem abnegasset , in horrendain desperationem. Tubingen, 1555 Il parait que ce livre est traduit de l'italien de Vergerio. On connaît trois médailles frappées à la mémoire de Fr
  • François NEPVEU( 1639 - 1708) : jésuite, né à StMalo en 1639, fut admis dans la société à l'âge de quinze ans, et y professa les humanités, la rhétorique et la philosophie. Il fut ensuite chargé de différents emplois, qu'il remplit avec autant de zèle que de lumières, et mourut recteur du collège de Rennes, en février 1708. On a de lui divers écrits , tous ascétiques, remarquables par l'agrément du style et par la pureté des principes ; on en trouvera la liste dans le Dictionnaire de Moréri , édition de 1759. Ils ont été pour la plupart plusieurs fois réimprimés et jusque dans ces derniers temps. Les principaux sont : e De la connaissance et de l'amour de Jésus- Christ, Nantes, 1681 ; souvent réimprimé et traduit en italien par le P. Segneri ; 2° Exercices intérieurs pour honorer les mystères de Jésus- Christ, Paris, 1691 ; 3° Retraite selon l'esprit et la méthode de St- Ignace, ibid., 1687, 1716 ; traduit en latin, Ingolstadt, 1707 ; 40 La Manière de se préparer à la mort, ibid., 1693 , traduit en italien ; 5° Pensées et Réflexions chrétiennes pour tous les jours de l'année, ibid., 1699, 4,vol. ; elles ont eu au moins dix éditions ; trad. en latin, Munich, 1709, et en italien, Venise, 1715; 6° L'Esprit du christianisme, Paris, 1700 ; — Conduite chrétienne ; — Retraite pour les ecclésiastiques ; — Retraite spirituelle pour les personnes religieuses qui aspirent à une plus grande perfection, etc
  • François NEY : né à Anvers ou dans la province de Zélande, selon Grotius, fut d'abord élevé dans la religion protestante, qu'il abjura pour embrasser la religion catholique, et devint, en Espagne , général de l'ordre de StFrançois . Il fut envoyé en Hollande pour entamer les négociations avec cette république naissante. Robert Watson , dans son Histoire du règne de Philippe IH, dépeint ce moine comme un homme d'un savoir profond , doué d'une grande inté,C grité, de talents remarquables, et célèbre surcc tout par son éloquence et son adresse » . Chargé d'une mission difficile, de la part d'un gouvernement dont la faiblesse irritait l'amourpropre, auprès d'une nation nouvelle et fière des avantages qu'elle avait obtenus par sa persévérance sur ses anciens oppresseurs, Ney eut besoin d'un rare talent pour ne pas échouer dans son entreprise. Il fit adopter une suspension d'hostilités, et posa les premières bases du traité qui termina cette longue et sanglante querelle. Ce religieux figure dans l'histoire avec notre président Jeannin, chargé par Henri IV de soutenir les prétentions des Hollandais, et de contrarier les négociations des Espagnols. La victoire navale remportée par Heemskerk et Verhoeve dans la baie de Gibraltar , sur l'escadre espagnole commandée par Davila , dans la même année 1607, porta le dernier coup à l'autorité de Philippe. Albert et Isabelle, gouverneurs des PaysBas, furent forcés de solliciter avec instance la conclusion d'In, k traité, d'égal à égal, avec ceux qui passaient auparavant pour des sujets rebelles. Le P. Ney obtint une entrevue particulière avec Aarssens, secrétaire des Etats. Il le remercia de ses bonnes dispositions, au nom des archiducs, et le pria d'accepter pour sa femme un diamant d'une valeur considérable, en l'assurant qu'Albert et é Isabelle, infiniment touchés de ses bons offices, 4 avaient donné l'ordre de rebàtir à Bruxelles sa maison démolie par des ordres antérieurs. Le P. Ney dit encore à Aarssens que le marquis Spinola, général en chef des troupes espagnoles, roulant imiter la munificence des archiducs, avait ajouté à leur don une obligation de chipante mille couronnes, dont quinze mille étaient 3ayables à vue , et le reste immédiatement après a conclusion de la paix ou d'une longue trêve. larssens, qui (l'abord avait deviné les motifs de 'entrevue demandée par le P. Ney, s'était conerté d'avance avec le prince Maurice. Il accepta · Inc avec une feinte répugnance le diamant et 'obligation, et remit l'un et l'autre au conseil l'Etat, avec un rapport détaillé de toute l'affaire. Sinsi les avances du gouvernement espagnol ne Trent que trahir sa faiblesse ; et les républicains revinrent plus exigeants. Le P. Ney, revenu de éadrid , où il était allé provoquer de nouvelles astructions, qu'il eut beaucoup de peine à obteiir de l'orgueil blessé de Philippe, apporta la .atification des préliminaires, exigée inipérieusement par les Etats. Malgré des difficultés sans rombre, après des discussions tout à fait humijantes pour l'Espagne, l'éloquence du fameux Aden Barnevelt et du P. Ney entratna tous les · uffrages ; et les esprits altiers de ces nouveaux ·épublicains s'inclinèrent à la paix. Des commislires furent nommés de part et d'autre : Ney, tichardot et Verreiken, du côté de l'Espagne ; le comte Guillaume de Nassau , le seigneur de Bréderode et sept députés des provinces, de la part des Etats. Le P. Ney fut obligé de faire un nouveau voyage à Madrid pour arracher une dernière explication à son souverain. Enfin, malgré les efforts combinés de Maurice, du président Jeannin et de l'ambassadeur d'Angleterre, qui voulaient retarder la paix, elle fut définitivement conclue le 9 avril 1603. On peut dire que le P. Ney fut, pour le cabinet de Madrid, le principal instrument de cette mémorable négociation , qui fixa l'existence politique de la Hollande, et avertit positivement l'Europe de la chute de la puissance espagnole. Après avoir joué un rôle aussi brillant dans les affaires de l'Etat, le P. Ney borna le reste de sa vie à l'exercice des vertus paisibles de sa profession religieuse : l'époque et le lieu de sa mort sont également ignorés
  • François NICOLE( 1683 - 1758) : savant géomètre, né à Paris le 23 décembre 1683, fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique ; mais il montra de bonne heure des dispositions si heureuses pour les mathématiques, que Mont mort voulut l'avoir avec lui, pour l'initier dans les secrets de la haute géométrie . La rapidité de ses progrès répondit aux soins et à l'habileté d'un tel maître ; dès l'âge de dixneuf ans , il se lit connaître par la solution d'un problème sur la rectification de la cissoïde ; il présenta en 1706 à l'Académie un Essai , et ce fut à cette occasion qu'il donna sa Méthode pour découvrir l'erreur de toutes les prétendues solutions de ce fameux problème Nicole n'était géomètre que dans son cabinet ; il aimait la bonne compagnie, où il avait été admis trèsjeune , et il y plaisait Isar la douceur de ses moeurs et par la vivacité de son esprit. Sa santé ne s'affaiblit que dans les derniers mois de sa vie ; il mourut d'un érysipèle, le 8 janvier 1758, à l'âge de 75 ans. Son Eloge par Fouchy est imprimé dans l'Histoire de l'Académie , même année. Les Mémoires de Nicole, 1 au nombre de vingtsix, sont disséminés dans le : Recueil de cette compagnie; on a cité les plus importants. Nicole n'a publié aucun ouvrage séparément
  • François NODOT : attaché à l'administration militaire sous le règne de Louis XIV, exerça les fonctions de commissaire des vivres en Piémont ; ce qui ne l'empêcha pas de cultiver la littérature et la philologie. Il est principalement connu par la publication d'un fragment inédit et d'une traduction française de Pétrone. On sait que l'ouvrage de l'auteur latin n'est pas parvenu jusqu'à nous dans son intégrité. Déjà J. Lucius en avait découvert à Trau , en Dalmatie , un fragment considérable, dont l'authenticité, vivement contestée d'abord, est à peu près admise aujourd'hui par les savants. w Voici quelquesunes de ces Pensées, quc nous prenons sans choix et qui ont probablement passé sous les yeux de peu de lecteurs : ‘‘ Les hommes perdent bien du temps lorsqu'ils sont éveillés. — La parole est une sotte traduction. — On a remarqué que, de tous les animaux , les chats , les mouches et les femmes sont ceux qui perdent le plus de temps à leur toilette, Plus tard , un officier français au service de l'Autriche trouva , diton, à Belgrade un manuscrit contenant un nouveau fragment du Satyicon . Nodot , ayant obtenu la permission d'en prendre copie, intercala ce morceau dans une édition latine de Pétrone, qu'il donna en 1693 publia, dans le mème sens , des Observations sur le Pétrone trouvé à Belgrade, avec une Lettre sur l'ouvrage et la personne de Pétrone, Paris , 1694 auxquelles Nodot répliqua par la Contre- critique de Pétrone, ou Réponse aux Observations sur les fragments trouvés à Belgrade, et à la Lettre, etc., Paris, 1700 On peut consulter, relativement à cette polémique, l'Histoire littéraire de la France par dom Rivet , bénédictin de la congrégation de StMaur. Malgré toutes ces attaques, P. Burmann et les autres éditeurs de Pétrone ont fini par adopter le nouveau fragment . La traduction de Nodot n'est pas élégante , du reste elle est sans retranchements , et l'on y retrouve les passages les plus libres. Publiée pour la première fois en 1694, 2 vol. et elle parut simultanément à Cologne, sous ce titre : Satire de Pétrone traduite en français, le texte latin à côté ; et à Paris , avec ce titre : Traduction entière de Pétrone, avec le texte latin ; nouvelle édition , intitulée Pétrone latin et français, traduction entière, 1 698 , vol. ; autre édition augmentée de la / are- critique mentionnée plus haut, Paris, 1709, 2 vol. Nodot donna d'abord sa traduction sous le voile de l'anonyme ; niais il mit sur le frontispice cette devise en jeu de mots : Nodi solvuntur a Nodo. Les autres éditions, avec le nom du traducteur, sont celles de Paris, 1713 ; Amsterdam, 1736, 1756, 2 vol. Enfin le libraire Gide en a publié une, Paris, 1799, 2 vol. On a encore de Nodot : 1. le Munitionnaire des armées de France, qui enseigne à fournir les vivres aux troupes avec toute l'économie possible, etc., Paris, 1697 ; 2. Histoire de Mélusine, chef de la maison de Lusignan, et de ses fils, tirée des Chroniques du Poitou, et qui sert d'origine à l'ancienne Marchena publia, en 1800, un prétendu fragment de Pétrone ; mais c'était une mystification. maison de Lusignan, Paris, 1698 L'auteur ajouta un second volume à celuici, sous le titre d'Histoire de Geoffroy, surnommé à la Grand'- dent, sixième fils de Mélusine et prince de Lusignan, Paris, 1700 L'un et l'autre sont anonymes. L'histoire de Mélusine, écrite dans le 14e siècle par Jean d'Arras , fut imprimée plusieurs fois après l'invention de l'art typographique , et les éditeurs en rajeunirent successivement le style. Nodot le retoucha encore et fit à l'ouvrage quelques augmentations qui ne sont point heureuses. LengletDufresnoy ' ne porte pas un jugement favorable sur cette production de Nodot, qu'il trouve bien moins attachante que la naïve chronique de Jean d'Arras. 3° La Rirale trarestie, ou Aventures arrivées au camp de Compiègne, Paris, 1699 ; 4° Relation de la cour de Rome, oit l'on voit le vrai caractère de cette cour, ce qui concerne le pape, ce que c'est que le conclave, etc., Paris, 1701, 2 tomes en 1 volume ; 5° ., Vouveaux Mémoires, ou Observations faites sur les monuments de l'ancienne et de la ? tourelle Rome, avec les descriptions des cartes et des figures, Amsterdam, 1706, 2 vol. Nodot mourut dans le commencement du 18e siècle
  • François NOËL( 1640) : savant jésuite allemand et missionnaire à la Chine, naquit vers 1640. Il commença par enseigner les belleslettres dans sa patrie, et composa un assez grand nombre de poésies latines, quelques pièces de théâtre dans la même langue , et un traité sur l'art dramatique. C'étaient là des productions de peu d'importance et qui n'annonçaient guère les travaux auxquels il devait se livrer un jour. Désigné pour la mission de la Chine, le P. Noè1 partit de Lisbonne en 1667. Il revint en Europe en 1702, repassa en Chine en 1706 , et il était de retour en 1708. Ce fut alors qu'il s'occupa de la publication de ses ouvrages. On n'avait encore de lui à cette époque que des Observations astronomiques faites à la Chine, lesquelles avaient été insérées par le P. Gouye dans le recueil qui contient celles du P. Richaud et de quelques autres missionnaires. On a de lui : P Observa— , et auquel les Tables de J. Reeves n'ont rien ajouté d'essentiel. 2° Sinensis imperii libri classici . ex, Prague, 1711, ou six livres classiques des Chinois, pris parmi ceux du second ordre, qui sont placés dans leur estime immédiatement après les cinq king, et que doivent apprendre par coeur tous ceux qui courent la carrière des lettres et de l'administration . Trois de ces livres avaient déjà été traduits par les PP, Intorcetta, L'ouvrage chinois du P. Grimaldi, intitulé Fang sing Mou kiaï, ou Planisphères célestes, en 6 feuilles, sur le modèle du Y. Pardies, avec ilesexplicatiuns, n'a part, qu'en 1711 ; mais nous supposons que le P. Noé avait pu en avotrcommunication avant son départ de la Chine. 11 contient l'indication de la position et les noms chinois de 16 étoiles de ',rentière grandeur, de 65 de deuxième, de 208 de troisième, de 513 de quatrième , de 339 de cinquième, de 7•1 de sixième, et du 11 nébuleuses, en tout 1 876 étoiles, ) compris les constellations australes dont la figure et les dénominations ont été prises et traduites, par le P. Verbiest, des cartes enropeennes. 12? Le Taï- ltio, le Tchoung- young. le Lun- in et le Meng- tseu, qui forment ce que les Chinois appellent Sa,chou , le 11, 00- king. ointvte de l'obéis.ance filiale, et le Siaohio, ou ta Petite Etude, ouvrage élémentaire sur les devoirs respectifs des hommes dans les diverses conditiuus de la vie. Costa, Couplet, etc. ; mais le P. Noël n'a pas reproduit leur version : il a travaillé immédiatement sur les originaux, en s'aidant, pour la plus grande intelligence du texte , du secours des meilleurs interprètes et des plus célèbres commentateurs. Aussi peuton assurer que jamais les livres de Confucius et de ses disciples n'ont été aussi bien entendus ni aussi compléfement expliqués qu'ils le sont dans l'ouvrage du P. Noël. Mais ce mérite est balancé par un défaut grave. Le missionnaire, attentif à saisir le sens de son auteur et à l'éclaircir quand il était obscur , à développer des pensées exposées avec une concision excessive , à suppléer les ellipses, à expliquer les allusions, n'a pu se garantir de l'excès précisément opposé à celui qui rend les ouvrages anciens difficiles à entendre. En voulant être partout clair et intelligible, il devient le plus souvent diffus, prolixe et embarrassé. Il a presque toujours mêlé aux phrases courtes et substantielles du texte les gloses ou les définitions des commentateurs, tandis qu'il eût dû les rejeter en note. Aussi le mérite du style original atil complètement disparu dans sa version. Ce n'est plus ni la gravité énergique de Confucius, ni la spirituelle malignité de Mencius ; c'est la lourde et indigeste latinité d'un scolastique du moyen âge. En lisant cette paraphrase , on est certain de ne pas s'écarter du sens reçu des paroles de Confucius ; mais on s'écarte beaucoup de l'esprit qui les anime et du tour d'expression qui seul, dans notre siècle, peut donner du prix à des moralités. De Pauw, l'ennemi déclaré des Chinois, parce que c'étaient des missionnaires qui nous les faisaient connaître, a parlé avec une injuste sévérité des livres classiques de la Chine ; mais on ne saurait nier qu'il n'ait été fondé à reprocher au P. Noël d'en avoir noyé le texte dans des phrases latines qui ne finissent pas et dans un jargon qui ressemble à celui des mauvais prédicateurs, et l'on peut douter avec lui qu'il se soit trouvé dans toute l'Europe trente personnes qui aient eu le courage de lire sa traduction. Aussi s'eston étrangement trompé quand on a cru qu'une traduction française, faite sur la paraphrase latine par une personne qui n'avait pas les moyens de recourir au texte , pourrait faire connaître et apprécier en Europe les moralistes chinois. 3° Philosophie sinica, Prague, 1711 C'est un recueil d'extraits des plus célèbres philosophes de la Chine, distribués en trois traités, sur les notions que les Chinois ont eues du premier Etre et leur connaissance du vrai Dieu ; sur l'esprit et le sens des cérémonies par lesquelles ils honorent les morts, et sur la morale et les devoirs de l'homme considéré en luimême et dans ses rapports avec sa famille et avec la société. Cet ouvrage, trop peu lu, parce qu'il est entaché du même défaut que le précédent, contient pourtant un fort grand nombre de principes remarquables et de particularités intéressantes ; mais l'auteur s'est surtout attaché à traiter les questions qui de son temps occupaient les missionnaires de la Chine, et à fixer le sens des expressions relatives au culte du ciel et des ancêtres, aux cérémonies en l'honneur de Confucius, etc. De mème que la plupart de ses confrères dans la compagnie des jésuites, lil a présenté ces objets sous le jour le plus favorable aux Chinois, et comme ne pouvant en aucune manière opposer d'obstacles à l'adoption franche et complète des vérités du christianisme. On croit que cette manière de voir attira quelques disgrâces au P. Noël et nuisit mème aux ouvrages où il l'avait exposée, lesquels furent ou supprimés par autorité supérieure, ou retirés autant que possible par l'auteur peu de temps après la publication. Cette supposition expliquerait l'extrême rareté des deux ouvrages du P. Noël , que Bülfinger et Bayer 'Mu s. Sin. préf., p. 18) assurent n'avoir pu se procurer, ni à Leipsick ni à Francfort. 4° Opuscule poetica, Francfort, 1717 de 500 pages, divisés en quatre parties. Ce sont les poésies que le P. Noël avait composées dans sa jeunesse et avant ses voyages. On en portait un jugement favorable dans le temps où ces sortes de compositions étaient encore du goût du public. 5° Theologice summa, seu compendium, Genève , 1732 , 2 vol. C'est un abrégé des traités du P. Suarez, dont le recueil, difficile à réunir, formait 23 volumes Pour en faire un cours complet de théologie, l'abréviateur y a joint, sous le titre d'Appendix, un extrait du traité de Lessius, De justifia et jure, et de celui de P. Sanchez, De matrimonio. L'approbation est datée de 1725. Rien dans cette édition n'annonce que le P. Noël, auteur de la préface , fût mort à cette époque ; mais il devait ètre dans un âge très - avancé. On ne trouve aucune mention de lui , ni dans les biographes allemands, ni dans les suppléments à la Bibliotheca scriptorum soc. Jesus, publiés par le P. Caballero en 181-1 et 1816
  • François OLIVIER( 1497) : né à Paris en 1 97 , était fils de Jacques et neveu du précédent , et se fraya une route à des honneurs plus élevés ; d'abord simple avocat , ensuite conseiller au grand conseil, maître des requêtes, ambassadeur, il fut attaché en qualité de chancelier à la maison de Marguerite de France , reine de Navarre. Le mérite d'Olivier fut soutenu par une protection puissante, et il obtint en 1543 le rang de président à mortier. Il avait un caractère d'une trempe forte et peut-être trop voisin de la roideur. Docte, ju dicieux , plein de loyauté , il porta dans l'étude de la jurisprudence un coup d'œil philosophique. que l'habitude des affaires par lesquelles il avait passé devait rendre plus sûr. Francois I voulant effacer l'impression fâcheuse qu'avait laissée la conduite de Poyet , confia les sceaux de l'Etat à Olivier, le 18 avril 1545. Des règlements sages émanèrent du nouveau chancelier; on lui dut encore tous ceux qui marquèrent , en fait de police générale , le commencement du règne de Fleuri II. Des mesures répressives contre la fréquence des assassinats , des précautions opposées au danger du port d'armes et au fléau de la mendicité , attestèrent la prévoyante sollicitude d'Olivier; mais il échoua dans son projet de mettre un frein aux excès du luxe. Ses lois somptuaires demeurèrent sans exécution ; sa rigidité, sa résistance opiniâtre aux libéralités du prince , acquittées sur les deniers publics, le firent bientôt considérer comme un obstacle im- portun au milieu d'une cour qui recevait le mouvement de la favorite , Diane de Poitiers. On se hàta de représenter au roi, impatient de déclarer la guerre à CharlesQuint, qeil serait dans l'impuissance de faire les préparatifs d'une campagne tant qu'il conserverait à la tète des affaires un homme inflexible qui s'effarouchait à chaque proposition de nouveaux impôts, les repoussait comme onéreux pour le peuple , et prenait peu de soin de les remplacer par des modes plus doux et plus faciles. Le crédit du chancelier une fois ébranlé, il s'agissait de lui enlever ses fonctions. Les instigateurs de sa disgrâce prirent occasion d'une fluxion qui était tombée sur ses yeux et qui l'avait forcé de suspendre les expéditions. Sollicité de donner sa démission, Olivier répondit avec fermeté qu'il avait acheté par de longs travaux le rang qui excitait l'envie , et que n'ayant pas démérité , il ne pouvait renoncer à son droit (l'inamovibilité. Il déclara toutefois qu'en gardant les honneurs de son titre, il con- sentirait à en abandonner les fonctions à tout autre que le roi aurait pour agréable. Cette concession fut acceptée; Henri .11 détacha de l'office de chancelier toute la partie active, et il en donna l'emploi , sous la dénomination de garde des sceaux , à Bertrandi , président au parlement de Paris , fait archevêque de Sens en 1555 , élevé depuis au cardinalat , pour prix du zèle violent qu il déploya contre les huguenots. Olivier, qui ne restait chancelier que de f10111 , se retira dans sa terre de Leuville, près de Montlhéry. Cet asile, où il se livra aux douceurs de l'étude et à la culture des champs, fut appelé par l'Hôpital le Temple de la justice , dans une épître en vers latins qu'il adressa à son ami ; et la France répéta Cet éloge. L'Hôpital, placé à la tète de la chambre des comptes„et abreuvé des dégoûts que lui suscitait sa surveillance sévère sur les finances de l'Etat, trouva des consolations dans les conseils et l'approbation d'Olivier. Le cardinal de Lorraine , le connétable de Montmorency , Charles de Marillac , Morvilliers et Laubespine , chargés de négocier avec l'Espagne en 1555, sous la médiation du cardinal Pole et de l'Angleterre, ne crurent pas compromettre leur réputation d'habileté, en priant le chancelier disgracié de rédiger quelques mémoireS poüeStippléer à leurs drt il, III instructions diplomatiques. Jusquelà les vertus d'Olivier avaient résisté au contact d'une cour sans principes ; un petit nombre d'hommes pouvaient être assimilés encore à ce personnage révéré. C'était plus particulièrement dans les rangs des huguenots que l'on trouvait alors ces carac- tères graves, ces figures antiques qui se tenaient à part, au milieu de la corruption produite par les moeurs et la politique apportées (l'Italie. Olivier, dans ses lettres à l'Hôpital , se félicitait de vivre loin du théàtre de l'intrigue : « J'ai jeté l'ancre « dans le port , disaitil ; et pour tous les trésors « d'Attale je ne renoncerais point au calme dont « je jouis. Qui aurait cru que ces sentiments dussent sortir de sa mémoire , et qu'il se flattât encore de la possibilité d'opérer le bien en participant aux affaires? Cette illusion prépara des jours amers à sa vieillesse. Rappelé au conseil sous le règne si court et si orageux de François'', il ne vit pas que le cardinal de Lorraine n'avait pour but que de couvrir ses actes de la réputation d'un ministre citoyen. Olivier , dit un historien , était mû par l'espoir de modérer les persécutions religieuses; mais , pour prendre cet ascendant, il attendait des circonstances favorables, et ne savait pas les faire naître. Il retrouva une seule fois son énergie. L'empereur Ferdinand I', empressé de profiter des facilités que lui offrait la minorité du roi pour recouvrer Metz, Toul et Verdun, avait envoyé en France l'évêque de Trente, avec l'ordre de presser cette restitution. Une grande partie des membres du conseil s'étaient laissé gagner ; mais Olivier arrêta les effets de la corruption , en déclarant que celui qui oserait favoriser les prétentions de l'étranger, mériterait qu'on lui tranchât la tète. Affaibli par la vieillesse, il manqua de force pour contenir de même le fougueux cardinal de Lorraine. Ami de la tolérance, et croyant qu'une réforme était nécessaire dans l'Eglise, il gémit de l'obligation qui lui était imposée de sévir contre des hommes dont les sentiments se rapprochaient souvent du langage de sa conscience. Ir présida la commission qui refusa au conseiller Dubourg le bénéfice des formes tutélaires qu'il invoquait. De concert avec Coligni , il venait de rédiger et de promulguer un acte d'amnistie générale en faveur des protestants, les prédicants et les artisans de révolte seuls exceptés, lorsque la conjuration d'Amboise fut découverte. Olivier insista en vain pour que les listes de proscription ne s'étendissent qu'aux chefs. Il ne put fuir le triste spectacle des supplices commandés par les Guise. Un grand nombre des victimes lui reprochèrent en face d'avoir sacefié ses propres principes à l'esclavage de la faveur. Une mélancolie profonde s'empara de ce vieillard ; la fièvre consunia en peu de jours ce qui lui restait de chaleur. Dans ses derniers moments, il reçut à Amboise la visite du cardinal de Lorraine. Cessant alors de se contraindre, il témoigna l'indignation dont il était pénétré, tourna i Je dos au prélat , et , quelques minutes après , il expira, le 30 mars 1560. FT.
  • François ORY : jurisconsulte, était fils d'un libraire de Paris, et fut élevé par les soins d'un oncle maternel, chanoine à Orléans. Il suivit quelque temps le barreau de Paris , exerça les fonctions de bailli de BoisleVicomte et de Montrouge, et les quitta pour occuper une chaire de droit à Orléans. C'est là qu'il se porta le vengeur de Cujas, dont Mérille, professeur à Bourges, avait prétendu signaler de nombreuses contradictions. Ory avait traité rudement son adversaire dans cette discussion : il éprouva luimème une brutalité d'un autre genre de la part d'un de ses confrères. Celuici était un gentilhomme du Faucigny, nommé ClaudeAymon Monet ; choqué de la solution que lui donnait Ory sur la loi Vinum au Digeste , De tritico , etc., legato, il eut recours aux voies de fait pour appuyer sa logique , et appliqua un vigoureux soufflet à son contradicteur. Ory mourut en 1657, riche de plus de cinquante mille écus. Il aimait à cacher sou nom (li Ce Monet, quoiqu'il se targuât beaucoup de cette qualité , n'était pas uniquement gentilhomme. Après avoir plaidé quelque temps à Paris, il avait été , par arrêt de la grand'cliambre du parlement , mis en possession d'une chaire de droit à Orléans, qu'on lui contestait. 11 est probable que ce fut dans cette circonstance qu'il prit de l'aigreur contre Ory. Monet publia, en 1C40, un écrit intitulé A utecessor immtinis , pour établir ses droits à l'exemption d'une prestation de onze cents francs , qui lui était imposée en sa qualité d'étranger. Il mourut d'apoplexie , à Orléans , le 26 .mai 1646, comme il se disposait f partir pour occuper une place au sénat de Chambéry. Ses Noies latines sur les Paratitles de Cujas ,e conservent en manuscrit â la bibliothèque d'Orléans, 2 vol. rsous celui d'Osius , que portent ses différents ouvrages. Les seuls qui soient importants sont : 1° Dispunctor ad Merillium , seu de variantibus Cujacii interpretationibus , in libris Digestorum dispunctiones 53, Orléans, 1642 2° Pactum renuntiationis, seu de pacto dotalibus instrumentis adjecto, 1664 Ory laissa à sa mort plus de cinquante mille écus; il fut l'aïeul de Philibert Ory, intendant de Soissons, de Perpignan et de Lille, puis contrôleur général des finances en 1730, mort le 9 novembre 1747
  • François OSBORNE( 1589 - 1659) : écrivain anglais, naquit vers 1589 d'une opulente famille, originaire du Bedfordshire, et fut élevé dans la religion des puritains. Il fut ensuite introduit à la cour. Guillaume, comte de Pembroke, se l'attacha en qualité de grand écuyer. Il prit parti pour le parlement dans la guerre civile qui éclata en 164U, occupa divers emplois publics, et épousa la soeur d'un colonel de l'armée de Cromwell. Il se retira depuis à l'université d'Oxford , pour y surveiller les études de son fils, et pour y faire imprimer plusieurs ouvrages, parmi lesquels son Avis à un fils eut un succès extraordinaire, encore augmenté par la prohibition que l'on en fit, comme d'un ouvrage favorable à l'athéisme. Osborne échappa aux craintes qu'aurait pu lui inspirer la restauration, car il mourut le 11 février 1659 , deux ans avant cet événement. Ses principaux ouvrages sont : 4° Mémoire en faveur d'un état libre comparé avec la monarchie ; 2° la Politique turque ; — Discours sur Machiavel ; — Discours sur Pison et L'index ; — Discours en faveur de Martin Luther ; et d'autres écrits réunis_ en un volume ; 3" Mémoires historiques sur la reine Elisabeth et le roi Jacques ; 4° Mélanges de divers essais , avec des Déductions politiques tirées de l'histoire du comte d'Essex ; 5° Avis à un fils ; l'e partie , 1656 , imprimée cinq fois dans les deux premières années ; 2° partie, 1658 Ces divers ouvrages ont du mérite ; on les a réimprimés ensemble en 1689 et en 1722, en deux volumes — Jean OSBORNE a traduit de l'anglais: Paméla, ou la Vertu récompensée, Paris, 1743, 4 vol
  • François OUDIN( 1673) : jésuite, né à Vignori, bourg de Champagne, le 1" novembre 1673, s'est rendu célèbre par la fécondité de ses travaux littéraires. Il fit ses études à Langres, sous la direction d'un oncle chanoine en cette ville, remplit toutes les espérances que ses premiers succès avaient fait concevoir , et , le cours de son instruction terminé, entra chez les jésuites, qui l'envoyèrent dans plusieurs de leurs maisons pour y professer les humanités et la théologie. Légataire de son oncle, sous la condition de fixer son séjour à Paris ou à Dijon, le jeune Oudin préféra cette dernière ville, qui réfléchissait en quelque sorte les lumières de la capitale et réunissait dans son sein un assez grand nombre de littérateurs en réputation. Tous furent ses amis et s'empressèrent de profiter de la communication de ses connaissances; il brilla surtout dans les conférences académiques que tenait dans son cabinet le président Bouhier. Partagé, pendant quinze ans, entre ces jouissances littéraires et les fonctions de l'enseignement , il se chargea de révéler à la jeunesse les beautés de la poésie latine; pendant quinze autres années, il fit un cours de théologie positive. L'aménité de son caractère, autant que son mérite personnel, lui avait ménagé de nombreux amis; il s'en prépara de nouveaux dans la plupart de ses élèves. L'intérèt qu'ils lui inspiraient était si vif , que souvent il sacrifia une portion considérable de ses émoluments pour réparer à l'égard de plusieurs d'entre eux les torts de la fortune. La langue latine lui était devenue singulièrement familière , et il composait surtout avec une extrême facilité des vers latins. Santeul , si difficile et si infatué de son mérite poétique, se soumettait toutefois à la censure du P. Oudin et l'écoutait avec docilité prononcer sur ses productions. Celui - ci , comme la Monnoye, s'appliqua fort tard à l'étude du grec ; mais il y lit de rapides progrès et fut bientôt capable de s'essayer à composer aussi des vers dans cette langue. Il voulut encore posséder l'anglais, l'italien, le portugais et l'espagnol. Au milieu de ces occupations si diverses, il ne négligeait pas la méditation des livres saints et la lecture des trois docteurs de l'Eglise qu'il affectionnait le plus, StAugustin, StChrysostome et StThomas. Tant de mérite attira les regards sur le modeste religieux; on chercha, mais sans succès, à l'enlever à la maison de Dijon; il ne répondit à des instances réitérées qu'en consentant à trois voyages, dont un à Lyon et deux à Paris. Sa courte apparition dans ces deux villes lui donna de nouveaux droits à l'estime des savants; ses supérieurs le pressèrent d'accepter quelque place éminente de leur ordre; il persista dans ses refus et revint au calme de sa vie studieuse. Malgré la faiblesse de son tempérament, qu'il attribuait à sa naissance précoce, sa santé se maintint, grâce à ses habitudes rigoureusement réglées. Enfin, il succomba, le 28 avril 1752 , à unie hydropisie de poitrine. Sa mort fut accompagnée de grands sentiments de piété. Ondin avait beaucoup travaillé sur l'Ecriture; mais le temps lui manqua pour retoucher ses manuscrits. 11 n'a fait jouir le public Glue de la partie qu'il avait le plus soignée : Epistola ! mati Pauli ail Romanos erpiicata, Paris, 17,f53 C'est un commentaire grammatical , qui laisse peu de chose à désirer sur les difficultés du texte. Les autres productions du P. Oudin se rapportent à la poésie, à la critique, à la littéra-1 turc celtique, et enfin au grand travail bibliographique qui remplit une partie considérable de sa vie. 1° Ses poésies latines se composent de petites pièces écrites avec une élégante pureté. On distingue surtout son peme sur les Songes, celui du Feu et l'éloge funèbre de la Monnoye. L'auteur les a reproduits avec d'autres morceaux de son choix dans les Pormata didasralica , dont il fut réellement l'éditeur, quoiqu'il eût emprunté le nom de d'Olivet pour ne point blesser l'amourpropre de quelquesuns de ses confrères, qu'il ne jugea pas dignes d'une place dans son recueil. Il voulut aussi marcher sur les traces de Santeul, et publia, dès 17U5, Sancto Franrisro- Sarerio hymni norem et ollicium , Dijon , il suit les traces d'un peuple qui figure un moment avec éclat parmi les Celtes , et qui parait ensuite s'effacer. Sa dissertation sur la formule sépulcrale sub ascia, comprise dans le recueil de divers écrits , par Lebeuf volume, n'a pas fait fortune parmi les érudits; mais il s'est montré plus heureusement ingénieux dans ses Etymologies celtiques , reproduites dans les nouvelles éditions du Dictionnaire de Ménage et dans les Œuvres posthumes de Gédoyn. Il avait groupé un plus grand nombre de recherches dans un Glossaire celtique , devenu inutile par les travaux de Bullet et d'autres savants. 4° Toutes ces productions n'étaient que les distractions d'une tâche importante, imposée au P. Oucli? par ses supérieurs , et qui absorba la plus grande partie de ses loisirs. Il s'agissait d'élever un monument à la gloire de l'ordre, en conduisant à sa fin une bibliothèque latine des écrivains de la société de Jésus. Ribadeneira, les P. Labbe, Alegambe et Sotwell avaient préparé des ?atériaux utiles à leurs successeurs; Bonanni , Tournemine , Kervillars et Hongnant avaient repris l'entreprise, mais elle était restée paralysée dans leurs mains. Oudin en fut chargé en 1733 et la poursuivit avec toute l'activité dont un seul homme était capable ; mille neuf cent vingthuit articles sortirent de sa plume, de manière que les quatre premières lettres de ce vaste répertoire étaient achevées, ainsi que les notices les plus importantes qui devaient suivre, au nombre d'environ sept cents. Ce travail fut envoyé à Rome, où il reçut l'approbation générale ; seulement on y reprit des inexactitudes et des omissions qu'il avait été impossible d'éviter, dans le fond d'une province, loin des riches dépôts de la capitale du inonde chrétien . L'auteur avait gardé une , et ses manuscrits furent perdus. Le P. Zaccaria parvint néanmoins à en recouvrer une partie , que le P. Arevalo racheta de ses héritiers et céda , en 1800, au P. Caballero , exjésuite de extrême circonspection , louant avec sobriété, blâmant avec plus de réserve encore. Trop resserré dans le cadre qui lui était prescrit, il se proposait de donner en français des notices plus étendues sur les jésuites les plus célèbres. on peut prendre une idée de la manière dont il les eût rédigées par celles qu'il a fournies au Recueil de Niceron , sur Pétau , Inchofer, Vieyra , FrontonduDuc, Scotti, de Billy et Jean Garnier, et par les articles Daniel et Hardouin, dont il a enrichi les Eloges de quelques savants français, par ioly. Plusieurs notices, extraites de ses manuscrits latins, ont également été insérées par Goujet dans le supplément de Moréri , en 1749. On doit encore au P. Oudin la Vie de Bouhier, qui précède les dissertations de ce savant sur Hérodote. Il a trouvé luimême un biographe dans Michault, de Dijon , son admirateur et l'héritier de plusieurs de ses manuscrits . Un Jlémoire historique sur la barbe , dont le P. Ondin se proposait d'enrichir une nouvelle édition du Traité des perruques par Thiers , a été insérée dans le Mercure de mars et avril 1705
  • François PAEZ( 1564 - 1622) : missionnaire jésuite, naquit en 156% à Olmedo en Espagne. Etant entré dans l'ordre à l'àge de dixhuit ans, il se consacra aux missions et, en 1588. partit pour Goa. Désigné l'année suivante pour l'Abyssinie , il prit l'habit arménien afin de voyager avec plus de sùreté dans les pays mahométans et se rendit à Ormus, où il attendit pendant un an l'occasion de s'embarquer. Ces précautions ne le sauvèrent pas; il fut pris par un navire arabe, maltraité, conduit à Emoné sur la côte d'Arabie et jeté dans un cachot. Mené ensuite à Calice avec des compa- gnons d'infortune, on exigea pour leur liberté une si forte rançon, qu'ils ne purent la payer. Paez fut enchaîné sur les bancs d'un navire et passa sept ans dans cette dure captivité. En 1596, il fut racheté et revint à Goa. Ses souffrances n'avaient pu ledécourager : il porta son zèle à Cambaye, à Diu , à Baçaim , mais sans perdre de vue le projet de sa mission en Ethiopie. Ses supérieurs accédèrent à ses vœux. 11 s'habilla de nouveau en Arménien et fit voile de Diu. Il était le seul chrétien à bord du navire. Cette fois il atterrit sans accident à hlaçouah et pénétra en Abyssinie au mois de niai 1603. Paez ne s'empressa point de paraître à la cour, comme l'avaient fait les précédents chefs de la mission et comme le firent ses successeurs : renfermé dans le couvent de Fremona , il étudia sans relàche le glieez, et il acquit bientôt une connaissance si profonde de cette langue qu'il l'emportait mème sur les naturels du pays. S'adonnant alors à l'instruction de la jeunesse. il recevait dans son école les en- fants des Abyssins comme ceux des Portugais. Les progrès singuliers des disciples portèrent au loin la réputation du maitre. un des officiers portugais les plus distingués parla de lui à Jacob, qui régnait alors dans cet empire, et ce prince fit donner ordre à Paez de venir le joindre dès que la saison des pluies serait passée. Au mois d'avril 160i, Paez , accompagné de deux de ses jeunes élèves, se présenta devant ZaDengliel, qui avait succédé à Jacob et qui tenait sa cour à Dancas. 11 fut reçu avec les honneurs accordés aux personnages du premier rang. Cette distinction choqua les moines ab? ssins : ils présagèrent que leu r abaissement suivrait l'élévation de Paez ; ils ne se trompaient pas. Dans une dispute qui eut lieu le lendemain en présence du roi , les élèves de Paez confondirent les prètres abyssins ; la messe fut célébrée suivant le rite romain , et Paez prononça ensuite un sermon en glieez, qui frappa tellement ZaDenghel par !a pureté de la diction, que ce prince résolut d'embrasser la religion catholique et confia son projet à Paez sous le sceau du secret. Mais d'un caractère trop ardent pour se contraindre, ce prince fit éclater sa conversion par toutes ses démarches. 11 écrivit en même temps au pape et au roi d'Espagne pour leur offrir son amitié et leur demander des hommes capables d'instruire son peuple. Paez tachait de modérer ce zèle , dont il prévoyait que les suites seraient fâcheuses : effectivement une révolte éclata; le roi fut abandonné par une partie de ses troupes et périt dans une bataille qui fut livrée le 13 octobre dans la province de Golam. Paez , qui lui avait conseillé de traîner la guerre en longueur, était alors dans le Tigré. La mort de Za- Deughel rejetait bien loin les espérances du missionnaire ; mais l'avénement de Socinios à la couronne lui en lit concevoir de nouvelles; car, dès le premier moment, il fut appelé à la cour, y dit la messe, y prêcha et fut comblé de grâces et de faveurs par le monarque. Socinios lui donna pour son ordre un grand terrain à Gorgora, dans le Dembea, et lui permit d'y bâtir un couvent : il le chargea aussi de construire un palais pour luimême. Paez déploya en cette occasion toute l'étendue de ses talents et de son industrie. Il fut à la fois architecte, maçon, charpentier, serrurier. Le roi le faisait souvent venir auprès de lui et lui confiait ses projets sur sa conversion future; quelquefois Paez accompagna le monarque dans ses expéditions guerrières. Il profitait de ses loisirs pour examiner les curiosités du pays. Les sources du Nil d'Abyssinie étaient trop fameuses pour qu'il ne désirât pas les visiter : ce fut en 1618 qu'il en fit la découverte, et il fut le premier Européen qui eut la gloire de les contempler. Mais il ne perdait pas de vue le grand ouvrage de la réu- ilion des Abyssins à l'Eglise romaine ; tous ses efforts y tendaient : il eut enfin la satisfaction d'accomplir ce dessein , qui avait été vainement essayé par ses prédécesseurs. Le roi , son frère, le premier ministre, tous les nobles attachés à la cour, proclamèrent solennellement leur adhésion à la religion catholique. Paez ne jouit pas long- temps de ce succès. Après avoir reçu l'abjuration publique de l'empereur et sa confession , il s'en retourna à Gorgora en chantant le cantique de Siméon : les paroles en furent prophétiques. Echauffé par les travaux de son apostolat, il fut saisi d'une fièvre violente, et, malgré les soins assidus de son confrère Antoine Fernandez , il rendit le dernier soupir le 9.0 mai 1622. Il emporta les regrets des Abyssins et de ses compatriotes , et sa mort fut une perte irré- parable pour le catholicisme en Abyssinie. Il avait composé en amharique un Traité des moeurs des Abyssins et traduit dans cette langue un Traité de la doctrine chrétienne : on a de lui diverses lettres dans les Litteroe annuce. Il avait parlé fort au long des affaires d'Abyssinie dans un ouvrage inédit qui va de 1555 à 1622. Ce manuscrit, qui se compose de deux gros volumes est écrit d'un style simple et naturel. On en répandit des copies dans tous les collèges de l'ordre , et à l'époque de sa destruction, ces copies se sont trouvées dans plusieurs bibliothèques. Bruce déclare qu'il en a lu trois et qu'il n'y a rien trouvé de relatif à la découverte des sources du Nil. En conséquence il taxe Ki relier d'imposture pour avoir inséré dans son 0Edipus jEgyptiacus une relation de cette découverte et une description de ces sources qu'il dit avoir tirées du journal ou de l'histoire de Paez . Enfin il copie cette descrip- tion et s'efforce d'en démontrer la fausseté. Il est fâcheux pour lui que toute la peine qu'il prend produise un effet contraire à celui qu'il attendait ; car la description du jésuite et la sienne ne diffèrent que dans des minuties. Ainsi celle de Kircher ne peut pas être contraire à la vérité. Bruce prétend de plus que Ludolf et Vossius se sont beaucoup égayés sur l'histoire de cette décou- verte. Malgré toute l'attention possible, on n'aper- çoit pas l'ombre de plaisanterie dans Ludolf sur ce point; loin de là , il reprend Vossius sur celles qu'il s'est permises. Au reste, il est assez curieux de voir le grave Ecossais se démener pour faire regarder les gaietés de l'érudit hollandais comme des preuves dans une discussion sérieuse. La mau- vaise humeur de Bruce perce à chaque ligne , et son orgueil lui trouble le jugement. Il se révolte à la seule idée que Paez ait découvert les sources du Nil : mais d'ailleurs il rend justice aux vertus de ce missionnaire. — PAEZ , aussi missionnaire et jésuite, était né en 1582 à Covilham, dans le diocèse d'Ecija, en Andalousie. Il fut également envoyé en Abyssinie, lorsqu'après sa conversion, MelecSeghed demanda un renfort de jésuites : mais six ans après la mort de François Paez , le catholicisme , établi par la modération et la conscience de ce religieux , ne pin résister aux attaques des prêtres abyssins , malheureusement justifiées par la conduite peu mesurée du patriarche bIendez. MelecSeghed mourut en !63; son fils Facilidas ordonna aux prêtres catholiques de sortir de ses Etats. Gaspar Pae.z trouva le moyen d'y rester caché ; mais , décou- vert peu de temps après, il fut mis à mort le 25 avril 1635. On trouve des lettres de lui dans les Litiere anime tic 16n à 1626
  • François PALLU( 1625 - 1684) : fils d'Êtienne, né à Tours en 1625, fut d'abord chanoine de la collégiale de SaintMartin; puis résigna bientôt ce bénéfice et entra au séminaire des missions étrangères à Paris, pour s'y préparer à l'exécution du projet qu'il avait de porter le flambeau de la foi dans les contrées les plus lointaines de l'Asie. Promu au pontificat avec le titre d'évêque d'Héliopolis, il fut ensuite nommé vicaire apostolique de la province de Fokien , en Chine, et administrateur général des missions de ce vaste empire. Il partit de Paris en 1667, arriva à Siam et y établit un séminaire. Mais, contrarié sans cesse. dans ses travaux apostoliques par les jésuites, déjà maîtres du terrain, il revint en Europe pour struire la cour de Rome des obstacles qu'il éprouvait. Le pape Clément IX le rendit porteur d'une bulle qui rappelait ces religieux au but unique de leurs fonctions. De retour à Siam, il ne tarda pas à quitter cette résidence pour se rendre au Tonquin ; mais le vaisseau qui devait l'y conduire fut jeté par un gros temps sur la côte de Manille, l'une des îles Philippines. Là encore il trouva établie la domination de la compagnie de Jésus, qui s'empara de lui, le tint six mois en captivité , privé de toute communication avec qui que ce fùt, et finit par le faire embarquer pour l'Espagne, en juin 1675, sous •l'imputation de griefs déférés au conseil souverain des Indes. Il arriva à Madrid en janvier 1676 , et n'eut pas de peine à y obtenir une complète approbation de sa conduite. Alors il se détermina à revenir en France, où il passa environ sept ans; après quoi il s'embarqua de nouveau pour Siam, d'où il ne tarda pas à se rendre, en juin 1.684, dans l'empire de la Chine. Il y trouva de nouvelles difficultés; mais les fatigues avaient altéré sa santé et ne lui permirent qu'un assez court exercice de son saint apostolat. Tombé malade peu de temps après son arrivée, il voulut remplir les pénibles devoirs attachés à son titre d'administrateur général des missions, comme s'il eût joui d'une parfaite santé. Son zèle surpassait ses forces, et ses jours en furent abrégés; il expira , le 29 octobre 1684, à Mogany, province de Fokien. Il a écrit l'histoire des missions entreprises dans ces contrées par les évêques in partibus , sous ce titre Relation abrégée des mis- sions et des voyages des évêques français envoyés aux. royaumes de la Chine , Cochinchine , Ton quin et Siam, Paris, 1682 On trouve aussi des détails relatifs à sa mission à la fin du tome 7 de la Morale pratique des jésuites, par A. Arnauld, SOUS le titre de Mémoriaux de M. Pallu , évêque d' Héliopolis. L'illustre archevêque de Cambrai prononça, le 6 janvier 1702,son oraison funèbre dans l'église des Missions étrangères
  • François PANIGAROLA( 1548 - 1594) : prédicateur célèbre, qui a joui d'une grande célébrité, mais dont les sermons sont tombés dans l'oubli, était né en 15,18, à Milan, d'une famille patricienne. Il avait reçu au baptême le nom de Jérôme, qu'il quitta pour prendre celui de François qu'un deTses on- cles avait honoré par ses talents pour la' chaire. Il eut pour précepteur Noël Conti et Aonius Palearius , et fit sous ces habiles maîtres de rapides progrès dans les lettres. A un esprit vif et pénétrant il joignait beaucoup d'ardeur pour l'étude et une mémoire étonnante. Un jour qu'il avait entendu prêcher Cornel. Muss° , il répéta en sa présence une partie du sermon , et mit dans son débit tant de grâce et de facilité, que Musso, ravi , lui annonça en l'embrassant qu'il deviendrait l'un des plus grands orateurs de l'Italie. Son père , qui fondait de grandes espérances sur la précocité de ses talents, l'envoya à l'âge de treize ans à Pavie étudier la jurisprudence. Panigarola avait déjà le projet d'embrasser la règle de saint Fran-çois, et il n'en retardait l'exécution que pour ne point affliger ses parents. Mais, à peine arrivé à Pavie, il se laissa entraîner par l'exemple de ses camarades à toutes sortes de désordres, dont Je n'oindre était de chercher la nuit des aventures qui , pour être sans gloire, n'étaient pas sans péril. Ayant eu le malheur de blesser grièvement un jeune gentilhomme dans un combat nocturne , il n'échappa aux poursuites qu'en fuyant à Bologne, où il trouva un asile chez un ami. Frappé du danger qu'il avait couru, il renonça au rôle de spadassin, niais sans profit pour ses études : il soigna davantage sa mise, se fit présenter dans les assemblées, fréquenta les bals, et se livra aux plaisirs avec tout l'emportement de son âge. Indifférent sur son avenir, il dissipait sa vie au milieu d'un monde frivole et corrompu, quand il reçut la nouvelle que son père, mourant, désirait lui dire un dernier adieu. Il ne put pas arriver à Milan assez tôt pour re- cueillir les derniers témoignages de sa tendresse. Le coeur navré de douleur, il reprit le chemin de Bologne et courut se présenter au supérieur des cordeliers , qui ne l'admit qu'après s'être assuré de sa vocation. Panigarola reçut l'habit religieux à Florence, le 15 mars 1567. Sa ferveur et son application à ses devoirs le rendirent bientôt l'exemple de ses confrères. Pendant qu'il achevait ses cours de théologie à Pise , le prédicateur qui devait prêcher le carême à Sarzane étant tombé malade, Panigarola fut chargé de le suppléer ; et quoiqu'il n'eiit pas eu le loisir de s'y préparer, il s'acquitta de cette tache avec tant de succès , qu'a son retour les chanoines de Pise le prièrent de prêcher à la cathédrale. Sa réputation fit désirer au grandduc de Toscane d'entendre un jeune orateur qui s'annonçait d'une manière si brillante; et il ne recueillit pas moins d'applaudissements à Florence que dans les autres villes où il avait paru. Il fut désigné, en 1571, pour prècher devant le chapitre général de l'ordre à Rome ; et le pape Pie V, après l'avoir félicité sur les talents qu'il avait développés, l'engagea à se rendre à Paris pour s'y appliquer à l'étude de la théologie. Son nom était déjà connu à la cour de France, et Catherine de Médicis voulut l'entendre dans sa chapelle. Panigarola retourna en Italie en 1573 , et, pendant treize ans, il se partagea entre l'enseignement et la prédication avec un succès toujours croissant, et qui jusquelà n'avait point eu d'exemple. Toutes les villes se disputaient l'honneur de le posséder ; et les églises les plus vastes ne pouvaient suffire à l'affluence de ses auditeurs. En traversant les villes sur son passage, il était souvent entouré par le peuple, qui manifestait sa joie par des cris et des battements de mains ; et conduit ou plutôt porté en triomphe à l'église la plus voisine, il était forcé de prêcher avant voir pris le repos et la nourriture dont il avait besoin . Panigarola fut revêtu, en 1586, de la dignité de suffragant de l'évêque de Ferrare il en remplissait les fonctions depuis quelques mois, quand il reçut l'ordre de sortir de cette ville. Il paraît qu'on l'accusait d'entretenir avec le cardinal de Médicis une correspondance suspecte mais, quelle qu'ait été la cause de sa disgrâce, il n'en fut pas moins accueilli à Rome avec distinction ; et peu après il fut nommé à l'évêché d'Asti, dont il prit possession le 13 décembre 1587. Le nouveau prélat s'occupa de faire fleurir dans son diocèse les lettres et la discipline ; mais il se vit forcé d'interrompre ses plans de réforme par le pape SixteQuint, qui l'envoya, en 1589, en France, avec le cardinal Cajetan, pour appuyer le parti de la Ligue. Il était en- Ill Rossi dit que les personnes sensées voyaient avec peine cet engouement de la multitude pour le nouveau prédicateur ; et il nous apprend que Muret a eu en vue Panigarola , dans les Noies sur les Epittes de Sénèque , ou il s'élève avec force c.ntre les orateurs qui recherchent les applaudissements de la populace. . fermé dans Paris pendant le siége de cette ville, et il ne négligea rien pour engager les habitants à la plus vigoureuse résistance. Dès que Paris eut ouvert ses portes à Henri IV, Panigarola se hâta de retourner dans son diocèse ; il mourut à Asti, le 31 mai 1594, à l'àge de 46 ans. Le bruit courut qu'il avait été empoisonné; mais Rossi, qui s'appuie du témoignage du cardinal Bellarmin, dit qu'il mourut d'une indigestion , Panigarola avait composé un grand nombre d'ouvrages ce sont des Sermons, des Panégyriques, des Discours, des Pièces de vers , des Commentaires sur plusieurs livres de l'Ancien Testament, un Abrégé en italien des Annales de Baronius, un Traité de la rhétorique ecclésiastique , sujet qu'il a développé dans un ouvrage intitulé 11 predicatore , ossia parafrasi et commento intorno al libro dell' eloquenza di Deme- trio Falereo; souvent réimprimé. Tiraboschi convient que les Sermons de Panigarola manquent de méthode, et qu'ils n'offrent ni profondeur, ni connaissance du cœur humain : mais il en trouve le style vif, énergique, entraînant; et il croit que les orateurs modernes pourraient y puiser bien des traits d'un effet assuré. On (.0nserve dans la bibliothèque du couvent des SisAnges à Milan le manuscrit autographe des Mémoires que Panigarola avait rédigés pendant son dernier séjour à Paris; il y raconte, avec beaucoup de candeur, les égarements de sa jeunesse et les torts qu'il a pu avoir à se reprocher dans le cours de sa vie. Tiraboschi en a cité plusieurs passages dans la Notice trèsintéressante qu'il a consacrée à ce prélat
  • François PARFAICT( 1698 - 1753) : né à Paris, le 10 mai 1698, fit du théâtre et de son histoire l'objet particulier de ses études. Il mourut le 25 octobre 1753. On a de lin : 1° , le Dénoû- ment imprévu, comédie , 1724 ; 2° la Fausse suivante, ou le Fourbe puni, comédie, 179.4 3° le Quart d'heure amusant, janviermai 179.7 4° Etrennes calotines, par le sieur Perd- la- Raison , 17'29 ; 5° Des Notes de l'édition des Bains des Thermopyles par made- moiselle de Scudéry, 1730 6° Aurore et Phœbus, 1734 7° Agenda historique et chronologique- des thédtres de Paris pour l'année 1735, 8° Histoire générale du Thédtre français depuis son origine jusqu'à présent, 173& - 1749 , 15 vol. L'ouvrage se publiait lentement; on refit les titres des premiers volumes en 1745, ou on les réimprima. C'est à tort que le Moreri de 1759 donne 18 volumes à cet ouvrage. Le quinzième, dernier qui ait vu le jour, finit avec l'année 1721. C'est le fruit d'immenses recherches, et qui laisse cependant beaucoup à désirer. Leduchat cite un exemple qui donne lieu de penser que les frères Parfaict ne sont pas ' exacts dans leurs citations. 9° , Mémoires pour servir à l'histoire des spectacles de la Foire par un acteur forain, 17!13, 2 vol. 10° Histoire de l'ancien Thé, itre- Italien , depuis son origine jusqu'à sa suppression en l'année 1697, 1753 ; 110 Dictionnaire des théeres de Paris , 1756 ou 1767, 7 vol. dont le septième est intitulé Additions et Corrections. Cet ouvrage avait élé achevé et fut publié par un nommé d'Abguebre. C'est un répertoire trèsconsidérable de renseignements, mais moins exact et moins méthodique que le Dictionnaire de Léris, qui n'a cependant qu'un volume . C'est Voltaire luimême qui a fourni l'article qui le concerne dans le Dictionnaire des frères Parfaict. Le septième volume ne vient pas jusqu'au 20 août 1755. 12° Panurge, ballet comique en trois actes, 1803 François Parfaict avait encore laissé en manuscrit une Histoire de l'Opéra, qui n'a pas vu le jour, et une tragédie lyrique intitulée Atrée. Il fut éditeur des OEuvres de Boindin, 1753, 2 vol. — Claude PARFAICT, frère du précédent, né à Paris , vers 1701, avait pour le théâtre le même goût que François; aussi nonseulement futil , comme on l'a vu , son collaborateur pour plusieurs ouvrages , mais il entreprit une Dramaturgie générale, 01/ Dictionnaire dramatique universel : il n'a pas exécuté ce projet. Un chevalier du Coudray, qui prenait le titre d'Itinérographe de l'empereur ;Joseph W, annonça , en 1777, qu'il avait les matériaux rassemblés par Cl. Parfaict, et qu'il donnerait la Dramaturgie générale : il n'en a rien fait. Cl. Parfaict avait obtenu , par la protection de la Pompadour, une pension de douze cents livres; il en jouit jusqu'à sa mort, arrivée le 26 juin 1777. Le chevalier du Coudray, qui fit imprimer, en 1777, une Lettre au public, sur la mort de MM . de Crébillon , Gresset et Parfaict , a mis à la suite un petit écrit contre les comédiens, intitulé Il est temps de parler, et que du Coudray dit être de Cl. Parfaict. Rien n'en prouve l'authenticité; et , après l'avoir lu, on est tenté de soupçonner du Coudray luimême de l'avoir composé. Mais c'est à Claude Parfàict que l'on doit la Lettre d'Hippocrate sur la prétendue folie de Démocrite , traduite du grec, 1730
  • François PARIS : prêtre, né à Chatillon, près Paris, d'une famille pauvre; fut secondé dans ses dispositions, mis à portée de suivre ses études et promu au sacerdoce. Après avoir desservi la cure de StLambert près de PortRoyal des Champs, il vint à Paris, où il exerça la fonction de sousvicaire à StEtienne du Mont, et mourut fort agé en 1718. Outre quelques dissertations où il prouve, contre l'abbé Bocquillot, qu'un auteur d'ouvrages de théologie et de morale peut tirer un profit légitime et honnête de ses écrits, on a de lui divers livres de piété , entre autres un Traité de l'usage des sacrements, imprimé en 1673 par ordre de Gondrin, archevêque de Sens, et une traduction de l'Imitation de Jé- sus- Christ, dont le privilége est sous le nom de Guitry, mais que l'abbé Goujet attribue à l'abbé Paris, imprimée chez Mariette en 1706; 3e édition,1728 Un avertissement de 15 pages, et qui mérite d'être remarqué, offre un précis clair de la doctrine, du sujet et de l'esprit du livre de l'Imitation, dont cette traduction n'est pas seulement une explication, mais une paraphrase continuelle. Le titre de la traduction annonce qu'elle contient plusieurs choses très-édifiantes qui ne se trouvent que dans quelques anciennes versions; et l'avertissement porte que, comme le sens est obscur ou indéterminé en plusieurs endroits dans les éditions communes, on l'a fixé comme on fa trouvé dans l'ancien gothique français. C'est ce que répètent les Mé- moires de Trévoux, en même temps qu'ils portent un jugement hasardé sur l'Internelle consolation, à laquelle le traducteur doit les choses édifiantes dont il parle. Voyez, au sujet de ce jugement, la Dissertations sur les traductions françaises de l'Imitation, par Barbier . Nous ajouterons à ses remarques que les journalistes de Trévôux , en faisant gratuitement de la Consolation iniernelle une version nonseulement retouchée , mais changée à beaucoup d'égards, donnent à entendre que la paraphrase du nou- veau traducteur ne serait que l'extrait de la version d'un texte défiguré, tandis que le vieux gothique français ne porte point le titre de version, et que les différences, fondues avec onction dans cette paraphrase , peuvent être quelquefois explicatives, mais ne sont point des altérations, et offrent au contraire un caractère original. Voyez la préface de la traduction française stéréotype de , publiée chez Treuttel et Würtz, en 1820. — Un autre abbé PARIS , nommé en 1729 associé à de l'Académie des inscriptions et belleslettres à la place de l'abbé Raider, , lut la inêtne année à cette compagnie un Mémoire pour établir que les à » riens ouf fait le tour de l'Afrique, et qu'ils en connaissaient les Mies méridionales
  • François PASUMOT( 1733 - 1804) : et non Pasumot, comme l'ont écrit quelques biographes, ingénieurgéographe, naquit à Beaune le 30 avril 1733. Après avoir achevé des études distinguées sous les oratoriens de cette ville, il vint à Paris, vers la fin de 1750, sacs autres ressources que son goût décidé pour les sciences, et la recommandation de ses maiIres. Destiné par ses parents à l'état ecclésiastique, son respect pour l'éminence du sacerdoce lui fit préférer la carrière de l'enseignement. Il était chargé d'une éducation particulière lorsqu'il reçut un brevet d'ingénieurgéographe , et fut envoyé en Auvergne en 1756, par la protection de Cassini , pour étudier les volcans éteints de cette province, mesurer les hauteurs et les distances, et en dresser des cartes. Celle de la partie septentrionale de cette contrée lui coûta trois années de travail. Il eut ensuite à vérifier les opérations des géographes chargés de mesurer la partie opposée. Le gouvernement l'indemnisa de ses dépenses et s'en remit à Pasumot luimème pour fixer la gratification qu'il avait méritée. Le jeune savant se restreignit à trois cents francs , pour économiser, disaitil , les fonds que l'État consacrait à des travaux importants. Appelé à professer la physique et les mathématiques au collége d'Auxerre, il y introduisit l'heureuse innovation , étendue de nos jours à toute la France, d'enseigner ces deux sciences en français. La société des sciences et belleslettres d'Auxerre s'empressa de l'admettre dans son sein : il en devint le secrétaire ; et c'est pour elle qu'il écrivit ses Mémoires géographiques sur quelques antiquités de la Gaule, publiés en 1765, avec des cartes excellentes. Cet ouvrage se recommande par le double mérite d'une érudition aussi solide que variée, et d'une scrupuleuse exactitude dans les détails; on le rangea sur la même ligne que les Eclaircissements géographiques de l'abbé Belley , t. 1, p. 566 ; elle n'a pas subsisté. Les mêmes Annales contiennent quelques morceaux de Pasumot; un petit écrit sous ce titre : Examen de cette question : Le pape ne recourrait pas les évèques constitutionnels de France ; et un article assez- court sur le zodiaque du grand portail de NotreDame à Paris. Il préparait alors la publication de ses Voyages physiques dans les Pyrénées en 1788 et 1789, Paris, an 5 c'est le plus important de ses ouvrages. Tour à tour naturaliste, physicien et antiquaire, soit qu'il fasse connaître l'organisation et la composition de ces montagnes, soit qu'il en décrive les principaux sites, l'exactitude du savant fait taire l'imagination de l'écrivain ; et c'est ce qui rend trèsprécieuses ses observations géologiques. On y reconnaît partout un esprit juste et orné de rares connaissances. L'Institut distingua cet ouvrage, et le plaça au nombre de ceux qui furent proclamés au ChampdeMars, le jr vendémiaire an 7, par le président du directoire . Pasumot avait été adjoint au jury chargé d'examiner les livres élémentaires envoyés au comité., d'instruction publique; et il eut part aux gratifications accordées par la convention aux savants, gens de lettres et artistes, sur le rapport de Chénier. Dans les dernières années de sa vie, il fut attaché, en qualité de souschef, au bureau des plans et cartes de la marine. En 1803 , un premier voyage en Bourgogne avait paru suspendre ses souffrances physiques ; il y retourna l'année suivante, et mourut à Beaune le 10 octobre 1804. Ceux qui voudront apprécier la multiplicité de ses travaux peuvent recourir à la liste qu'en a donnée Grivaud de la Vincelle, à la suite de sa notice sur Pasumot, placée à la tète d'un recueil de Dissertations et Mémoires sur différents sujets d'antiquité et d'histoire, par M. Pasunzot , Paris, 1810 à 1813 Cette collection offre 1° la réimpression des Mémoires géographiques, avec des additions préparées par l'auteur. et quelques notes de Grivaud, qui a oublié, l'on ne sait pourquoi , le Mémoire sur la voie romaine d'Autun à Besançon , où Pasumot rectifie une erreur de l'abbé Belley, et jette mi grand jour sur l'érection de la colonne de Cussy. 2° Un Eloge du comte de Caylus ; 3° une Dissertation sur les antiquiMs de Beaune, et, parmi d'autres morceaux curieux , la Description de la Colonne de Cussy, encadrée dans l'opinion de Grivaud sur le même sujet. Cette pièce et les gravures que Pasumot y a jointes sont , sans contredit, ce qu'on a de plus exact sur ce monument, dont les antiquaires se sont tant occupés. Un académicien de Dijon, M. Girault, parait avoir trouvé l'explication la plus satisfaisante, en attribuant l'érection de cette colonne à la défaite de Sacrovir . L'explication proposée par Pasumot est conservée en manuscrit à la bibliothèque de Beaune. L'auteur voulait y joindre un état trèsdétaillé de toutes les voies antiques de Bourgogne, et la description, jusqu'alors omise, de quelques voies romaines; ces opuscules sont déposés dans les archives de l'académie de Dijon, qui s'était associé l'auteur en 1769. Pasumot a enrichi les Mémoires de cette académie d'une description des grottes d'Arcy ; ce recueil contient aussi de lui des Observations d'histoire naturelle depuis l'Yonne jusqu'à la Saône, suivies d'Observations physiques sur la vue des Alpes en Bourgogne pr semestre de 1782, ler semestre de 1783). Nous pourrions ajouter à cette énumération un grand nombre de Mémoires, la plupart sur l'histoire naturelle, insérés dans le Journal de physique de Rozier, auquel Pasumot prit une grande part. 11 a contribué aussi à l'Histoire de Beaune, par Gandelot. 11 laissa un manuscrit sur les preuves de la religion, et un autre sur la situation du paradis terrestre-, ce dernier ouvrage a été publié après sa mort par M. Grivaud , Paris, 1824 F—T
  • François PATRIZI( 1529 - 1597) : savant italien, né en 1529 dans l'île de Cherso , sur les côtes d'Istrie et de Dalmatie, fut en même temps géomètre , historien, militaire, orateur et poéte ; mais il est pr connu comme philosophe platonicien, et par l'acharnement incroyable qu'il montra toujours contre Aristote. Il voyagea beaucoup en Italie, en France, en Espagne , en Chypre et dans le Levant , cherchant partout d'anciens manuscrits, que les chances de la guerre lui firent perdre plus d'une fois , principalement lorsque Chypre tomba, en 1570, au pouvoir des Turcs. Il passa quelque temps à la cour de Ferrare, et voulut y mettre à la mode une espèce de vers dont il se prétendait l'inventeur ; mais il ne put lutter contre le goût général, habitué à la forme de la poésie de l'Arioste , dont les vers étaient dans toutes les bouches, et il ne réussit pas mieux dans ses déclamations contre Dante . En 1578, il obtint à Padoue la chaire de philosophie platonicienne , et quatorze ans après, Clément VIII lui confia le même enseignement à Rome, avec des appointements plus considérables. Quoique la philosophie d'Aristote, protégée par le cardinal Bellarmin, dominât alors dans cette capitale, Patrizi continua d'y expliquer celle de Platon avec le plus grand éclat, jusqu'à sa mort, arrivée en 1597. Il s'attacha principalement. à établir que la philosophie de Platon était en tout conforme au christianisme, et que celle d'Aristote y était partout contraire. Ses principaux ouvrages sont : P Della stoia dieci dialogki, Venise, 1560 traduit en latin par Nie. Stupano, et réimprimé avec le Methodus historica de Bodin , Bàle , 1576 2° Della rettoriea, Venise, 1562. Ces dialogues, entre autres choses singulières, offrent sur la formation de la surface actuelle du globe terrestre le même système que Burnett a depuis développé dans sa Telluris theoria sacra. 3. La romana di Polibio , di Lido e di Dionisio Alicarnasseo, Ferrare , 1583, fig. ; trad. en latin par Kuster et inséré dans le Thesaur. antiq. Rom. de GFieViUS , t. 10. p. 821. •4° Paralleli militari, Rome, 1594 - 1595, 2 vol. de 254 et 466 pages , ouvrage savant et ingénieux, mais systématique, sur l'art militaire des anciens comparé à celui des modernes : Joseph Scaliger en faisait le plus grand cas, et les Italiens prétendent que ceux qui ont le mieux écrit depuis sur celte matière n'ont fait que le copier. 5° Procli ele- . nzentii theologica et physica , latine reddita, Ferrare, 1583' ; 6° Della poetica, Ferrare, 1586 , vol. La première partie offre une notice des principaux poètes grecs et latins; dans l'autre , l'auteur ne néglige aucune occasion de se déchaîner contre les sectateurs et les commentateurs d'Aristote. 7° Della nuova geometria libri 15, Ferrare, 1587 8° Discussionuni peripateti- carum tomi Bâle , 1581 , avec le por- trait de l'auteur.' Le tome 1", qui avait déjà paru séparément à Venise en 1571, offre une vie complète d'Aristote : tout ce que les ennemis les plus acharnés de ce philosophe ont écrit contre ses mceurs , aussi bien que contre ses opinions, s'y trouve réuni. Dans le tome 2, Patrizi cherche à prouver qu'Aristote n'a été qu'un plagiaire, en prenant dans les autres philosophes tout ce qu'il dit de bon et de juste, mais qu'il a le plus souvent combattu ou rejeté ce qu'ils avaient dit de meilleur. Il continue dans les deux autres à battre en ruine le péripatétisme, avec autant d'érudition que de sagacité. Sur les débris de cette philosophie, il se propose de rétablir le nouveau platonisme de l'école d'Alexandrie , .et en adopte les vues avec tant de confiance qu'il va jusqu'à trouver dans Platon la prédiction de la naissance du Christ. Cette même crédulité lui fait adopter comme authentiques les écrits attribués à Hermès Trismégiste, à Orphée, à Zoroastre, etc. et il en a donné l'édition la plus complète la meilleure que nous ayons dans l'ouvrage suivant : 9° Nova de universis philosophia, Ferrare, 1591 , à la suite duquel on trouve, avec une pagination particulière : Zooasteet ejus eccxx oracula.... latine reddita; Hermetis Trismegisti libelli integri 20 et fragmenta Asclepii ejus discipuli libri 3 , grec et latin ; 111gstica LEgyptiorum et Chaldworum a Platone noce tradita, etc. Cette deuxième partie fut publiée de nouveau, mais sans le texte grec, et d'une manière trèsincorrecte , sous le titre de illagia philosophica, Hambourg, 1593 Quant à l'édition originale de 159-1, elle est si rare que Brucker, n'ayant pu se la procurer , s'est borné à en copier le titre dans Sorel, lequel ajoute que ce livre est si cher qu'il coûte autant qu'une petite bibliothèque . On peut voir la liste des autres ouvrages de Patrizi dans le catalogue de la biblio- thèque Imperialis, Rome, 1711 Voyez aussi Ginguené, Histoire littéraire d'Italie , t. 7, p. 465-477. — François PATRIZI , évêque de Gaète, confondu avec le précédent par des bibliographes estimés g, était de Sienne et mourut On trouve une notice détaillée de ce curieux volume dans Sig.Jac. Baumgarten , Naehrichten von einer hallischen Bibliolliek, 1748 t. 1er, p. 199-215 , et dans le Nouveau système bibliographique de Fortia d'Urba.n , 1821 p. 273-276 Au mste, cette édition de 1591 existe à la bibliothèque de Paris, fonds de Falconet, n' 2433. Notamment Saxe , Ononzaslican. t. 3, p. 254: et l'éditeur du Catalogue de l'alcane?, t. 2, p. 725. en 1494. On a de lui : 1° Ontio Ferdinandi Ilegis noaine ad Innocentiuni 1/ 111 habita sans date; 2° De regno et regis institutione, Paris, 1519 ; 3° De institutions reipublicoe , ibid., Niceron indique les diverses éditions et traductions de ces deux ouvrages. 4. Lettera a Gio. Albino , dans le recueil des lettres de Bulifon , 1696, 4 vol. t. 2, p
  • François PECK( 1692 - 1743) : membre de la société des antiquaires de Londres; né à Stamford, dans le comté de Lincoln, en 1692, reçut son éducation au collége de la Trinité de Cambridge. Il obtint quelques bénéfices ecclésiastiques de peu d'importance, entre autres celui de Godeby Maureward , dont le droit de présentation lui coûta quatre cents livres sterling. Ses nombreux écrits ont principalement rapport à l'histoire ainsi qu'aux antiquités de son pays, et lui ont acquis la réputation d'un savant antiquaire, mais un peu superstitieux. Il croyait à l'apparition des bons et des mauvais esprits envoyés par la Providence pour nous parler et se montrer à nous, sous la forme de nos amis ou de nos ennemis après leur mort. Les principaux ouvrages de Peck, imprimés en anglais, sont : 1^ Exercice sur la création, et hymne au créateur du monde, 1 7 16 2° Soupirs sur la mort de la reine Anne, suivis de trois autres poèmes et d'une annonce d'une histoire des deux derniers mois de la vie de Charles la", 1719; 3° Arademin ( clin anglicana, OU Antiquités de Stamford, 1727 avec 41 planches; 4° Desiderata curiosaou Collection de direrses pièces rares et curieuses relatives à l'histoire d'Angleterre, en grande partie inédites, 1732 et 1735, 2 vol. tirés à 250 exemplaires. Le docteur Zacharie Grey a contribué pour quelques articles au 2° volume. La rareté et le prix élevé de l'ouvrage engagèrent le libraire Thomas Evans à en donner une nouvelle édition en 1779, 2 tomes en 1 volume 5° Catalogue complet de tous les écrits pour ou contre les catholiques, composés du temps de Jacques 11, 1735 6° Mémoires sur la vie et les actions d'Olivier Cromwell, contenus dans trois panégyriques écrits en latin par J. Milton, les deux premiers sous les noms du comte de Penaguiao, ambassadeur de Portugal, et d'un jésuite chapelain de l'ambassadeur, avec une traduction anglaise et d'autres pièces historiques, 1740 7° Nouveaux mémoires sur la rie et les poésies de J. Milton, avec des notes critiques sur divers passages de Milton et de Shakspeare. M. J. Nichols parle avec éloge de ces notes qui ont pu, ditil, indiquer la manière si heureusement suivie depuis par le docteur Farmer, MM. Steevens, âlalone et. Reed , d'éclaircir un passage par un autre. Peck a laissé un assez grand nombre de manuscrits qui se trouvent actuellement la plupart dans le muséum britannique : P Suite de l'Histoire naturelle et antiquités du comté de Leicester; 9. Monastiruin angli-( aman, toiumen quarlum, en 4 vol. et tout prêts à être imprimés. Ce Mémoire contient principalement des documents pour une histoire de l'ordre des prémontrés en Angleterre. M. Nichols regarde les matériaux de ces deux manuscrits comme trèsprécieux, et avoue qu'ils lui ont fourni plusieurs articles curieux pour la composition de son Histoire du comté de Leicester. 3° Fie de Guil. Burton et de son frère Robert, suite des Annales de Stamford; 4° Vie de Nie. Fer- rar. Le docteur Peckard , qui a publié en 1791 des Mémoires sur la vie de N. Ferrar, paraît s'être servi de ces matériaux. 5° Nouveaux mémoires sur la restauration de Charles II. L'auteur regardait ces Mémoires, qui lui avaient été communiqués par Guill. Cowper, secrétaire du parlement, comme une suite aux papiers d'Etat de Thurloe. Peck mourut le 13 août 1743
  • François PENNI( 1488) : surnommé le Fattore, pe florentin , naquit en 1488. Dès son enfance, il entra dans l'école de Raphaël comme garçon d'atelier , d'où lui est resté le nom de Fattore. La bonté de son caractère et les dispositions qu'il manifesta lui méritèrent l'amitié de son maitre, qui le regardait plutôt comme un fils que comme un élève, et qui , en mourant, le fit son héritier conjointement avec Jules Romain. Il était grand dessinateur , et dans ses dessins , qu'il terminait avec un soin extrême , ainsi que dans son exécution, il imita assez heureusement la manière de Raphaël , qui l'employa dans les Loges de Léon X et dans les cartons qu'il a exé- Outre les ouvrages mentionnés dans le cours de cet article, on a encore de Pensant : Voyage rie Downing à Alston- 111,, or, ibid., 1801, in 4° ; Voyage a'Alst( filoor ù . Harratogate el Brimliam Crags , ibid., l804, 4.; — Voyage de Londres à Doul, CS et aux environs, 1801, 2 vol. ; — Histoire des paroisses de Whiteford et de Holywell, 1796 L'ouvrage français intitulé le Nord du globe, Paris, 1789, 2 vol. est plutôt un extrait qu'une traduction complte de l'Arc/ je Zon/ egy. cutés pour la chapelle du pape et le consistoire. A Rome, il peignit en clairobscur la façade d'une maison située sur le monte Giordano ; il fit pour l'église de SteMarie dell' Anima un St- Christophe de huit brasses de haut , et un St- Paul Ermite dans sa caverne. Il aida Raphaël dans un grand nombre de ses travaux, particulièrement dans les Loges de Ghisi in Trastevere. Après la mort de ce grand peintre, il termina , avec Jules Romain, plusieurs tableaux que Raphaël avait laissés imparfaits, entre autres ceux de la Vigne du Pape et de la grande salle du palais. Parmi les ouvrages qu'il acheva ainsi après la mort de son maitre, plusieurs auteurs ont fait mention de l'Assomption de la Vierge , qui avait été demandée à Raphaël par les religieux de MonteLuci, et que ses nombreux travaux ne lui avaient pas permis de finir. On dit que la partie inférieure, où se trouvent les apôtres , est l'ouvrage de Jules Romain , et que la partie supérieure, où brille toute la grâce de Raphaël , est du Fattore. Cependant Vasari affirme qu'elle est de Perino del Vaga. Ce tableau, qui faisait partie du musée du Louvre , a été rendu en 1815. Penni avait exécuté seul quelques grandes fresques, que le temps a détruites. Celles qu'il a pu faire pour des galeries particulières sont ignorées. Lorsque Jules Romain se fut fixé à Mantoue, François Penni, croyant retrouver dans celui qui avait partagé avec lui l'héritage de leur maitre commun , l'amitié qui les avait unis lorsqu'ils étaient élèves, alla le rejo dans cette ville ; niais refroidi par l'accueil glacé de son ancien condisciple , il prit le parti de se rendre à Naples. S'y étant dirigé par Florence , il peignit dans cette ville pour le château de MontUghi, appartenant à la famille Capponi, une Vierge et l'Enfant Jésus, que l'on y conserve précieusement. Il y avait déjà quelque temps que Polydore était à Naples lorsque le Fattore y arriva. La protection de Thomas Cambi, Florentin, lui procura un grand nombre de travaux qui lui furent généreusement payés. Il y laissa la grande copie de la Transfiguration de Raphaël , qu'il avait exécutée à Rome conjointement avec Perino del N'aga. Cette copie lui avait été demandée par François I", qui, ne pouvant posséder l'original , voulait du moins en avoir une imitation qui se rapprochàt autant que possible du modèle; mais ce prince ne put même obtenir ce qu'il désirait; car le Fattore, à peine arrivé à Naples , vendit cette copie au marquis del Vasto, qui l'avait appelé dans cette ville; on la plaça d'abord au StEsprit des Incurables, où elle servit d'étude à Lana et aux autres meilleurs artistes de cette école , jusqu'à ce qu'achetée avec plusieurs statues et tableaux précieux , pour le viceroi don PierreAntoine d'Aragon, elle fut emportée en Espagne. Penni forma dans Naples plusieurs habiles élèves; il aurait pu s'enrichir, si la passion du jeu ne l'eût point dominé; niais il y aurait probablement fini ses jours dans l' digence, si , en 1528, une mort prématurée ne l'eût enlevé à l'âge de i0 ans. Le musée du Louvre possédait de ce maitre une Ste- Famille, qui provenait de la galerie impériale de Vienne; elle a été rendue en 1815. — Lucas PENNI, pe et graveur, frère du précédent, naquit à Florence vers 1500. Il fréquenta l'école de Raphaël pendant les dernières années de ce grand maître, et acheva de se former (l'après les leçons de Perino del `'aga. Il cultiva le genre historique avec succès. Après avoir orné de ses ouvrages les villes de Gènes et de Lucques, il parcourut plusieurs autres contrées de l'Italie , passa ensuite les Alpes, et se rendit en Angleterre, où Henri VIII lui confia plusieurs ouvrages. De là il vint en France , et le Primatice et Maitre Roux l'employèrent dans les grands travaux de peinture qu'ils faisaient au château de Fontainebleau. A S011 retour en Italie, il s'essaya dans la gravure à l'eauforte avec succès. La plupart des pièces qu'il a gravées sont d'après les tableaux de Roux et du Primatice ; cependant on en connaît quelquesunes d'après ses propres compositions. Les graveurs qui ont travaillé d'après ses tableaux sont : Martin Rota, George Ghisi, Phil. Galle, etc. Cet artiste n'a pas atteint la célébrité de son frère. Le musée du Louvre possède un de ses dessins, représentant les Saintes Femmes au sépulcre de Jésus- Christ, trourant à sa place un ange qui leur annonce la risurreetion du Saureur
  • François PERARD-CASTEL( 1647 - 1687) : savant canoniste, né en 16/17 , à Vire, en Normandie, fut élevé sous les yeux de son oncle, banquier expéditionnaire en cour de Rome, et qui avait acquis une grande expérience dans les matières bénéficiales. Après avoir achevé son cours de droit, il se fit recevoir avocat et ne tarda pas à se dist au barreau de Paris. Il succéda à son oncle dans la charge de banquier, qu'il remplit avec beaucoup de zèle et de désintéressement, fut reçu avocat au grand conseil , et se partagea entre la plaidoirie et le travail du cabinet. Une application excessive détruisit rapidement sa santé, et il mourut en 1687, regretté pour ses talents et l'affabilité de son caractère. Ferrière a publié l'Eloge de Perard dans ses Additions aux Fies des jurisconsultes par Taisand . On a de lui 1° Paraphrase du Commentaire de Dumou lin sur les Règles de la chancellerie romaine, Paris, 1683 ou 1685 Perard a sagement retranché de ce commentaire les digressions qui le défiguraient et l'aigreur contre la cour de Rome, qui y perçait de toutes parts. 2. Traité sommaire de l'usage et de la pratique de la cour de Rome pour l'expédition des signatures Cet ouvrage a été réimprimé plusieurs fois : on recherchait autrefois l'édition de Paris, 1717, 2 vol. augmentée par Guill. Noyer. 30 Des Remarques sur les définitions du droit canon sur les matières bénéficiales , ibid., 1700 Cette édition était la seule recherchée. On faisait beaucoup plus de cas, selon Camus , des remarques de Perard , que des définitions ellesmêmes. 4° Nouveau recueil de plusieurs questions notables sur les matières bénéficiales, ibid., 1689 2 vol. La dissertation sur les pensions, qui est dans le deuxième volume , est d'une autre main
  • François PÉRON( 1775) : naturaliste et voyageur, naquit à Cérilly, petite ville du département de l'Allier, le 22 août 1775. Son père exerçait la modeste profession de sellier. Sa mère, restée veuve avec trois enfants , Péron et ses deux soeurs, sans fortune, ne pouvait avoir de hautes prétentions pour son fils, et désirait qu'il apprît quelque métier lucratif. Mais l'enfant manifestait les plus vives dispositions pour l'étude. 11 passait une partie de ses nuits à lire, à travailler à l'insu de ses parents, qui lui retiraient la lumière. Il montait la nuit sur le toit de la maison paternelle , et il lisait au clair de la lune; plus tard il perdit un oeil par suite des fatigues causées par cette excessive passion de lecture. En présence d'une vocation qui éclatait de la sorte, le curé de Cérilly avait bien voulu lui donner les premiers éléments de français et de latin. Il suivit ensuite les cours du collège de Cérilly; enfin après les études du collège, en 1791 , on le retrouve de nouveau entre les mains du vénérable précepteur de son enfance , qui lui apprend la philosophie et la théologie. Mais la révolution venait d'éclater. Exalté par un ardent patriotisme, le jeune Péron s'enrôla en août 1792 dans le second bataillon des volontaires de l'Allier, qui fut organisé définitivement à Moulins le 17 septembre suivant. Il fut nommé caporal de la compagnie de Cérilly, n° 7, puis, peu de temps après, sergent. Le bataillon fut envoyé à l'armée du Rhin et de là à Landau, assiégé par les Prussiens. Après la levée du blocus, il fut cantonné dans les environs de Spire. Péron, toujours avide de lecture, devançait par ses instances la distribution que le vaguemestre faisait des journaux et imprimés de circonstance que le gouvernement de l'époque envoyait aux armées; il avait réuni une soixantaine de volumes des meilleurs écrivains françaiS, provenant du pillage de l'évêché de Spire et dispersés dans les villages. Il est incontestab