Le prénom etienne Masculin

Origine :

Fête :

26 Décembre

Signification de etienne

C’est au cours du XVIIe siècle que le prénom Etienne est apparu en France. Très largement attribué depuis, Etienne est répandu, malgré une tendance en baisse. Il est le 180e prénom le plus apprécié dans l’Hexagone et est particulièrement prisé en région parisienne. Etienne est une personne très sociable et agréable. Toujours le sourire aux lèvres et doté d’un humour particulier, il dégage une bonne humeur que tout le monde apprécie. Pourtant, Etienne peut se révéler timide et discret lorsqu’on ne le connaît pas. Ce n’est que petit à petit qu’il se révèle aux autres, car il n’aime pas s’imposer. Esteban, Stéphane, Estienne, Stefan, Stenio, Stephan, Stephen, Stevie et Estephano sont autant de variantes du prénom Etienne. Beaucoup de célébrités portent ce prénom, à savoir le réalisateur et acteur français Etienne Chatiliez, le poète et dramaturge Etienne Jodelle ou encore l’ingénieur et inventeur Etienne Lenoir.

Personnalité de etienne

Ce sont des fonceurs qui marchent au coup de coeur. Grâce à leur volonté et à leur énergie, ils déploient une prodigieuse activité. Ils sont tolérants et préfèrent convaicre plutôt qu'imposer. Leur dynamisme et leur enthousiasme en font de véritables locomotives. Intuitifs, ils font plus confiance à leurs sentiments qu'à l'analyse pour agir. Sociables, accueillants, ils pardonnent facilement.

Provenance du prénom etienne

Histoire de etienne

Etymologie de etienne

Les etienne célèbres

  • Étienne ANGELI : jésuate, fut, dit Montucla, un géomètre distingué dans son temps, et trèsfécond. Il publia, dans l'intervalle des années 1658 à 1662, un grand nombre (l'ouvrages concernant tous des sujets de la géométrie transcendante. L'ordre (les jésuates ayant été supprimé en 1668, Angeli vécut en particulier, et professa les mathématiques à Padoue, où il vivait encore à la fin du 17' siècle. Corneille de Beughem, dans sa Bibliographia mathematica, donne les titres des ouvrages d'Angeli, au nombre (le neuf. A
  • Étienne AIGNAN( 1773) : écrivain laborieux qui a embrassé presque tous les genres de littérature, depuis la poésie épique jusqu'au pamphlet, naquit à Beaugency, en 1775, d'une famille de robe, et fit ses études à Orléans. Dès l'âge de dixneuf ans , il fut nominé procureur général syndic du département du Loiret, ce qui le mit dans le cas de publier des proclamations et de prononcer des discours empreints des opinions les plus démagogiques, notamment à l'occasion de la condamnation d'Hébert et de Danton , puis pour la fête de l'Être suprême . Les auteurs de la Bibliothèque royaliste, qui, sous la restauration, ont reproduit ces pièces, et prétendu qu'Aignan prenait alors le nom de Brutus, ce qui n'a pas été démenti, auraient dû se rappeler qu'il avait à peine vingt ans quand il cédait à ce fàcheux entraînement. On doit ajouter que, comme ses actions étaient peu d'accord avec ce langage, sa modération réelle le rendit bientôt suspect : il fut incarcéré, conduit à Paris, et renfermé à la Conciergerie. La mort de Robespierre vint le soustraire à une condamnation certaine. Alors il reprit ses fonctions ; et, dans la séance publique tenue par les autorités administratives d'Orléans, sous la présidence du représentant Porcher, depuis comte de Richebourg , le 4 mars 1793, Aignan reçut des témoignages éclatants de l'estime et de la reconnaissence . » Cette tragédie prouve mieux que des rétractations officielles quelles étaient les véritables opinions politiques de son auteur. Elle ne prouve pas moins, par l'absence totale d'entente dramatique et du mérite de style, que les sentiments les plus vertueux ne peuvent tenir lieu de génie. Il s'y trouve cependant quelques vers heureux. Lorsque, après le 18 brumaire, les préfectures s'organiserent, Aignan devint secrétaire général adjoint de celle du il- Cher, sous M. de Luçay, qui, deux ans après , nomme préfet du palais impérial , l'emmena à Paris comme secrétaire de ce préfectoral. Cette brillante position ne détourna point Aignan du culte assidu des lettres. De cette époque de sa %ie, date une suite de publications qui manifestent, 'bar leur Variété, que l'auteur avait pour les genres les phis di%ers cette aptitude facile qui n'appartient qu'au génie ou à la médiocrité. l,a traduction des voyages et des romans anglais était alors une spéculation fort en vogue. Aignan sut rexploiter avec profit, et voici les traductions qu'il lit paraltre, la plupart sous le voile de l'anonyme : 4° Abrégé du voyage de Mune) Park dans l'intérieur de l'Afrique , redigé à l'usage de la jeunesse, avec des notes et un dictionnaire nplicatif et descriptif , Orléans et Paris, 1798 Il existe des exemplaires datés de 1t+0?; tuais le titre seul avait été réimprime pour réveiller le débit du reste de la première et unique , Paris, 1801 . Cette produetion fit avantageusement connaitre Aignan mune versificateur. 3° L'Amitié mystérieuse, 4,4402 5 sol. 4° La Famille de Mourtray, 1802, 5 sol. 50 12 Fugitif, traduit , et de Nephtali, musique de Illangini , ont été mentionnes avec doge par la classe des beauxarts dans le rapport pour les . La brochure, i?primee sur de trèsmauvais papier, le seul que Fon rôt alors pour l'impremion, porte l'ecteun fleirdelie. La 32 page contient I' Faits hiatortques este Louis III; e Lellre de Moàsiata à l'abbe Fermonl , confesseur da roi. Ou die obs,r- Pf à l'estimable, mais froide induction de Rochefort. Ici, le seul tort d'Aignan était d'avoir fait myst•re de ces emprunts , qui sont tout à fait permis a un traducteur ; car, comme l'a dit un critique, • son premier devoir est de traduire • fidelement et déganiment son modèle : les moyens s n'y font rien. P II est % rai que dan la ',refiler de sa seconde édition, publiée en 1819, Aignan s'exécuta de bonne grâce et dit en propres termes : a J'ai • beaucoup profité de l'est imable traduction de M. de liurisefort. Je lui dois n?nseulenient des %ers en- « tiers ou faiblement alterés, mais la pensée, la ce rouie, le mimement d'un grand nombre d'auce Ires, qu'il serait difficile de reconnaitre au milieu ee des d?angentents qu'ils ont subis. e, Que manquetil à cet ineu pour disculper Aignan de tout reproche de plagiat ? D'avoir Cie mis en tète de la premien. édition. Et il est assez curieux qu'Auger, qui, en pleine académie, entreprit de defendre. Aignan à ce sujet, ait luimème commis une escobarderie manifeste, en ne faisant pas cette distinction essentielle dune edition à l'autre. Au surplus, dans la seconde, l'imitateur de Rochefort avait en partie refondu son travail. Le mariage de Napoléon :IN« l'arellidUCIICW. MarieLouise , en 1810, et la naissance du roi de Rome. en 1811, lui avaient inspire, deux pièces qui n'étaient pas sans mérite : la premi•re est intitulée: la Vision d'un vieillard dans lei nuit du 12 décembre 1791, imprimée au Moniteur du 26 juin 1810; la seconde est une Cantate , mars 181 I. La mt'me année, il donna sur la scène française Brunehaut, ou les successeurs de Clovis, tragédie en cinq actes, dont la première représentation fut trèsorageuse. Elle ne se soutint quelque temps à la crène que par le jeu de blue Raucourt , qui faisait le rôle principal. L'auteur mail retouché sa pièce ; niais il ne put corriger le vice du plan et l'absence de toute couleur locale. Toutefois, on y trouve quelques scènes intéressantes, de beaux vers et de nobles sentiments convenablement exprimés. A la mort de Bernardin de StPierre, Aignan fut élu membre de l'Académie française, le 3 mars 1814. 11 avait pour concurrents MM. Jouy et Baour - Lormian , qui fulminèrent , le dernier surtout , contre leur heureux rival. Les journaux se mirent de la partie ; ils attaquèrent vivement cette promotion presque entièrement due au crédit des hauts protecteurs d'Aignan, et à l'influence alors irrésistible à l'Académie d'une coterie dite du déjeuner. Dès lors Aignan se vit particulièrement en butte aux attaques du Nain jaune , petit recueil périodique dont la hardiesse malicieuse alla toujours croissant jusqu'à la fin de 1815. Il est juste toutefois de remarquer que si, comme écrivain faible et sans couleur, Aignan était fort attaquable, il méritait de l'estime comme homme privé. Plein de douceur, d'aménité , il fut d'autant plus sensible à tant de sarcasmes, que jamais il n'avait trempé sa plume dans le fiel. Le 10 avril 1814 , après la chute de Napoléon , le gouvernement provisoire le désigna pour faire les fonctions de maître des cérémonies à la réception du comte d'Artois. Depuis cette époque, il rentra dans la vie privée, jusqu'au moment où le retour de Napoléon le rappela aux Tuileries. Ce fut pendant les cent jours, le 18 mai, plus d'une année après son élection , qu'il prit possession du fauteuil académique. Le discours qu'il prononça produisit peu d'effet ; il était empreint de cette médiocrité fleurie qui, sous une plume vulgaire, est le caractère indélébile de tout discours académique. S'il s'étendit beaucoup sur les ouvrages et le mérite littéraire de son prédécesseur, il eut la sage modestie de parler de luimême le moins possible ; et, gardant la même réserve dans l'éloge obligé du pouvoir régnant, il se contenta d'émettre le voeu que la main ferme et puissante qui venait de rendre un libre essor à la parole écrite ne voulùt point enchaîner la parole déclamée. C'était demander l'abolition de la censure dramatique. M. Parceval Grandmaison, qui répondit au récipiendaire, parla des travaux de celuici avec autant d'urbanité que de franchise. « Quand votre ouvrage s'est produit au grand jour, « lui ditil , loin de vous irriter contre la critique , « vous en avez profité pour faire disparaître les né-« gligences qu'elle vous reprochait ; vous vous êtes « servi de sa sévérité contre la malveillance ; vous « vous êtes fait un bouclier de ses propres armes, et « maintenant encore vous avez recours à ses con-« seils pour améliorer votre ouvrage par des correc-« tions nombreuses. Et pourquoi seriezvous à l'abri « des traits qu'elle décoche ? Les traducteurs de 11- « liade n'ont pas le privilège de son héros, de cet « Achille que Thétis plongea dans le Styx pour le « préserver des mortelles blessures : la critique peut « les atteindre, et quoique trempés dans la source « poétique, ils ne sont point invulnérables. » Après la seconde restauration, Aignan ne fut pas du nombre des académiciens éliminés par ordonnance ; mais il avait perdu sa place à la cour, et il se consacra désormais tout entier à la littérature. On peut se demander pourquoi , tandis que tant d'autres gens de lettres conservaient sous le gouvernement royal les avantages dont ils avaient joui sous l'empire, Aignan fut ainsi laissé à l'écart? N'auraitil pas pu se faire auprès des Bourbons un titre de sa tragédie de Louis XVI ? Ne pouvaitil pas invoquer un antécédent moins connu, mais aussi honorable? Il avait, à l'époque de l'assassinat du duc d'Enghien , manifesté, autant qu'on le pouvait alors, sa vertueuse en publiant, le 21 mars 1804, trois jours après la catastrophe , et dans le même numéro du Journal des Débats où se trouvait le texte de la sentence de mort, quelques vers qui ne pouvaient avoir d'autre intérêt que celui de l'allusion , entre autres ceuxci : Que le sang d'un héros versé sous nos portiques Ne souille point ma table et nos dieux domestiques. Toi frapper Annibal Sois l'hôte d'Annibal, et non son assassin . Plus fidèle que bien d'autres au souvenir de Napoléon son bienfaiteur, Aignan ne fit aucune démarche pour obtenir de la restauration ces faveurs qui étaient alors le prix presque exclusif de l'apostasie. Dans cette position , il se trouva tout naturellement conduit dans les rangs de l'opposition qui, de bonapartiste qu'elle était d'abord, devint libérale par la force des choses. Au commencement de 1816 , il donna une troisième tragédie qui ne réussit point : c'était Arthur de Bretagne, dont le sujet était tiré de la pièce de Shakspeare qui a pour titre : la Vie et la Mort du roi Jean. Déjà Ducis en avait fait une faible imitation ; mais Aignan n'avait pas même eu le bon esprit d'emprunter à Shakspeare deux scènes magnifiques que le sujet lui indiquait. Malgré le jeu de Talma, de Damas, de StPrix, de Mlles Mars et Duchesnois, car la pièce avait été montée avec un soin tout particulier, les acteurs ne purent l'achever, et le rideau tomba sur ce vers ridicule : Le fer d'un roi, d'un roi, lui traversait le flanc. Depuis cette époque, Aignan ne tenta plus l'épreuve de la scène et s'adonna exclusivement au genre poléniique. Il fut un des fondateurs et des collaborateurs les plus actifs de la Minerve et de la Renommée. Lors de la réunion de cette feuille au Courrier français, nouvellement fondé par MM. Villenave et Kératry, le 1" février 1820, Aignan devint copropriétaire Ces vers, au nombre de 16, se trouvent à la fin du feuilleton, sous ce titre : Traduction d'un fragment du 2' livre de la seconde guerre punique de Silius Italicus, et avec ce sommaire : «Pacuvins, « sénateur de Capoue, conjure son fils de renoncer au dessein qu'il « a formé d'assassiner Annibal. » cusés ; puis il publia, sur les débats de cette affaire et sur leur résultat, un écrit dans lequel il développait les motifs de sa conviction et justifiait la décision du jury. C'est ici que s'ouvre la série de ses Wifférentes brochures politiques : 1° de la Justice et de la Police, ou Examen de quelques parties de l' criminelle considérées dans leurs rapports M1 ec les moeurs et la sûreté des citoyens, Paris, 1817, -8° : c'est la brochure à laquelle avait donné lieu l'affaire de l'épingle noire. 2° De l'État des protestants en France depuis le 16' siècle jusqu'à nos jours , avec des notes et des éclaircissements historiques, Paris, 1817 Cet écrit offre des recherelles et des anecdotes. Mais plusieurs assertions ha-, sarclées et des erreurs de fait, échappées à l'auteur, prouvent qu'il n'avait étudié la matière que pour faire sa brochure. Les journaux de l'opinion opposée ne manquèrent pas de relever ces fautes avec amertume : la personnalité s'en méla. Aignan avait établi une comparaison mal fondée entre la terreur comment celuici essaya de répondre à ses adversaires, et principalement à un trèsbon article d'Auger, inséré dans la 12e livraison du Spectateur politique et littéraire. 3° Des Coups d'État dans la monarchie constitutionnelle, Paris, 1813 . 4° Réflexions sur le dialogue du maire d'une petite ville et celui du village voisin , 1819 5° Histoire du Jury, volume 1822. Dans cet ouvrage, qui a été traduit en espagnol et en allemand , l'auteur, voyant partout le jury, en va chercher l'origine jusque dans les temps les plus reculés ; et il remonte jusqu'au système judiciaire des Juifs, de la Grèce et de Rome. La politique n'absorbait pas tellement Aignan qu'il ne se livrÉit encore à des travaux littéraires importants, dont voici la liste : 1° Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature ancienne et moderne , ou choix d'ouvrages curieux , traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques, Paris, 1823-1821, 5 vol. Cet ouvrage devait avoir six volumes ; la mort de l'auteur en empècha la continuation. Le but de cette compilation vraiment curieuse était de peindre les mœurs des différentes époques par les écrits contemporains, et de faire voir que les Dans un ouvrage périodique intitulé Thémis, et publié à Strasbourg en 4823, hommes sont plus méchants et plus malheureux proportion de leur ignorance et de leurs préjugés . 2° Extraits des Mémoires relatifs 4 l'histoire de France depuis l'année 1767 jusqu'à la révolution, 2 vol. Paris, 1825. Cette date indique un ouvrage posthume. Le tome premier de ce recueil, relatif à l'histoire ecclésiastique de France , est d'Aignan, sauf l'introduction. Le second volume, relatif à l'histoire civile, est de M. de Norvins. 3° OEuvres complètes de J. Racine , avec les notes de tous les commentateurs, et des études sur Narine par Aignan, 6 vol. 8'. Le premier volume avait été publié en avril 182 ; la publication des autres ne fut pas interrompue par la mort de l'éditeur, dont le manuscrit était entièrement achevé. 4° OEuvres complètes de J.- J. Rousseau en 21 vol. douze volumes avaient paru avant la mort d'Aignan. Il était collaborateur de la Revue encyclopédique et de la collection publiée, en 1821 et années suivantes , sous le titre de Chefs- d'œuvre drs théâtres étrangers. Il a rédigé, pour la Nouvelle Encyclopédie de M. Courtin, l'article Bardes, dont il a fait tirer à part un certain nombre d'exemplaires. Aignan s'occupait en outre avec ardeur à traduire en vers l'Odyssée. Il avait composé une Histoire ancienne en quatre volumes , laissée en manuscrit, et dont le libraire Audin est propriétaire. Son éloge, comme académicien , a été prononcé deux fois par Auger, secrétaire perpétuel, d'abord aux fu lié ra i I les, en second lieu le 25 novembre 1824 , à la réception de M. Soumet, son successeur
  • Étienne ARTÉAGA : jésuite espagnol, était fort jeune lors de la suppression en Espagne de la ompa gnie de Jésus. Il se retira en Italie, et vécut "longtemps à Bologne, dans la maison du cardinal Albergati. Artéaga suivit en France son ami le chevalier Azara, et mourut chez lui, à Paris, le 30 octobre 1799. On a de lui : 1° Traité sur le beau idéal . 2e Rivoluzioni del teatro musicale 'taliano, dalla sua origine, fino al presente, Venise, 785, 3 vol. C'est la seconde édition, mais la eule qui soit complète. La première était en un seul olume : elle avait paru à Bologne plusieurs années uparavant. L'auteur ayant terminé son ouvrage, es difficultés arrêtèrent l'impression de ce qu'il y avait ajouté. Il se décida à donner à Venise une seconde édition complète, en faisant , dans le 4" volume, de tels changements que l'ouvrage était entièrement neuf. C'est ce qu'il nous apprend luimème dans son avertissement. C'est sur une troisième édition qu'a été fait l'extrait publié en français sous ce titre : les Révolutions du théàtre musical en Italie, depuis son origine jusqu'à nos jours, traduites et abrégées de l'italien, Londres, 1802 de 102 pages. 3° Plusieurs dissertations savantes, et des poésies grecques et latines dont il se proposait de Publier le recueil. « Artéaga a laissé en manuscrit, « dit Grainville, un ouvrage en italien del Ritmo « sonoro, et del Ritmo muto degli antichi disserta- « zioni 7, dont il m'avait confié la traduction. L'au- « teur y a mis à contribution les plus célèbres écri-« vains de l'antiquité; il y traite de la musique, de « la poésie, de la grammaire, de la pantomime, de « la danse, etc. D'après l'avis de plusieurs savants « du premier ordre, ses découvertes sont absolument « neuves et trèsessentielles à l'art II avait été « question d'imprimer cet ouvrage à Parme avec les « caractères de Bodoni; mais la révolution, qui a « fait de l'Italie un des théàtres de la guerre, avait « suspendu cette entreprise littéraire. » La mort d'Artéaga suspendit aussi la traduction de Gra qui était à peine au tiers de son ouvrage
  • Étienne AUBRY( 1745 - 1781) : frère du précédent, naquit à Versailles, le 10 janvier 1745. Ayant, dans sa jeunesse, copié beaucoup de portraits à la surintendance des bâtiments du roi , il embrassa ce genre, s'y perfectionna , et fut reçu à l'académie de peinture en 177.1. Pour donner plus d'essor. à son talent, il peignit , à l'exemple de Greuze, des scènes pathétiques et morales, prises clans la vie domestique. Le Mariage interrompu lui fit beaucoup d'honneur, en 1777. Décidé ensuite à traiter des sujets historiques, il était allé à Rome sous les auspices du comte d'Angiviller. On prétend qu'il emportait dans son coeur un trait qui le conduisit au tombeau. Malgré le chagrin, poison destructeur de tous les talents, il continua de perfectionner les siens, comme on le voit dans une œuvre posthume de son pinceau, Adieux de Coriolan à sa femme, tableau justement La première édition, qui parut en 1777, Manhein portait le titre de Passions du jeune Werther et le nom d'Aubry. a reproché à l'auteur l'inexactitude du titre, et Barbier attribue la traduction au comte de Schmettau. Mais la belle édition de cet ouvrage, que Didot jeune a donnée, Paris, 1797, 2 vol fig., n'a d'autre titre que Werther, traduit, etc., par C. Aubry. Ce traducteur, dans sa préface, parle des éditions précédentes, ainsi que des nombreuses contrefaçons. De ce fait et de son caractère connu, on peut inférer : 1° qu'il est bien le véritable auteur de la traduction; 2° qu'il est aussi l'auteur du Pétrarque ! murais, par P.C. A,'"*, Tours et Paris, 1799 cité par Barbier. A—T. !! admiré au salon de 1781 et qui a été reproduit par ' la gravure. On y trouve un dessin correct, une ' couleur vraie, et surtout un excellent goût de l'an- tique. La mort prématurée d'Aubry arriva le 25 juillet 1781
  • Étienne AUFRÉRI( 1500) : docteur et professeur en droit, official, et ensuite conseiller et présidçnt aux enquêtes du parlement de Toulouse, naquit dans cette ville au commencement du 16' siècle. Il fut considéré comme un des plus habiles jurisconsultes de son temps. Cependant il n'a point d'article dans les Vies des plus Iaélèbres jurisconsultes de P. Taisand et Ferrière. Au- ‘éri a publié des commentaires sur le livre intitulé : ecisiones curie° archiepiscopalis, dicte decisiones pellce Tolosana3. L'officialité de Toulouse avait eu l'adresse d'attirer à elle la connaissance du plus egrand nombre des contestations civiles, en les rattachant d'une manière plus ou moins directe à quelque intérêt présent ou éloigné de l'Église. Rien ne donnera mieux l'idée de cette usurpation que le assage suivant tiré des mémoires d'un des pre- I. » Sans forcer les conséquences d'un pareil système, toute la société civile pouvait devenir justiciable de l'officialat. Ce sont les décisions de cette cour que Jean Corserius rassembla d'abord au nombre de 501, et qu'Aufréri augmenta et enrichit ensuite de commentaires. Le célèbre avocat Bretonnier a pris la chapelle toulousaine pour un . nom d'homme. n L'auteur le plus ancien du parle« ment de Toulouse, ditil, s'appelle Capella Tolo« sana . » C'est une bévue qu'il est bon d'ajouter à toutes celles qui ont été faites dans des écrits d'ailleurs estimables. Parmi les autres ouvrages d'Aufréri, on remarque : I. Repetilio ad Clementinam primam UT CLERICORUM, de officio et potestate judicis ordinarii , etc. , Paris , 1514, Lyon, 1533 En essayant de tracer les limites des juridictions civile et ecclésiastique, l'auteur cède à l'esprit de son siècle et peut-être à l'influence de ses fonctions, en étendant les droits de la puissance spirituelle. Ses différents traités sur cette matière ont été réimprimés dans l'immense recueil intitulé : Arcana juris, sive Tractatus trac- tatuum juris universi, Venise, 1584, 29 vol. . 2° Stylus parlamenti Parisensis, cura notis Carol. Molincei et addit. Stephani Aufreri , Paris, 1551 Dumoulin, dans la préface de cet ouvrage, vante le savoir d'Aufréri et ses connaissances dans la pratique. Étienne Pasquier le cite parmi les personnages de marque qui ont fait divers recueils d'arrcst d'uns et autres parlements . Il voulait sans doute parler des décisions de la cour archiépiscopale , car Aufréri n'est pas compté au nombre des arrêtistes du parlement de Toulouse. Auftéri jouissait d'une si grande réputation, que plusieurs canonistes le citaient sous son seul prénom d'Elienne. La Biographie toulousaine Mémoires de l'histoire de Languedoc, par Catel, 1633 p.184. Recueil, par ordre alphabétique, des principales questions de droit, préface, p. 86. OEuvres d'Etienne Pasquier, Amsterdam, 1725 t. 2, p. 578. Lm à M. Robert. p.25) piacç en 1511 l'époque de sa mort; mais c'est évidemment une erreur
  • Étienne BALUZE( 1630 - 1718) : naquit le 24 décembre 1650, à Tulle, d'une ancienne famille de robe. Après avoir fait sa philosophie à Toulouse, il fréquenta les écoles de droit par déférence pour son père; mais son goût l'entrainant vers l'étude , dépositaire de ses manuscrits. Plusieurs évêques voulurent alors se l'attacher. 11 donna la préférence à M. (le Lamothe - Houdancourt, archevêque d'Auch, qu'il quitta en 1667 pour entrer chez Colbert, en qualité (le bibliothécaire. Ce fut par ses soins que la bibliothèque de ce ministre acquit la plus grande partie des richesses littéraires qui la rendirent célèbre parmi les savants. Il en conserva la direction sous les fils de Colbert, jusqu'en 1700, qu'il la quitta pour se retirer dans une maison dépendante du college des Écossais. Louis XIV avait érigé pour lui, en 1670, une chaire de droit canon au collège royal, dont il devint inspecteur en 1707, après la mort (le l'abbé Gallois. Une affaire malheureuse le fit tomber peu de temps après dans la disgrâce : il inséra dans son Histoire généalogique de la maison d'Auvergne quelques fragments d'un ancien cartulaire et d'un obituaire de Brioude, qui prouvaient que les Bottillon descendaient en ligne directe (les anciens ducs de Guyenne, comtes d'Auvergne. Longtemps auparavant, D. Mabillon, D. Ruinart et Baluze avaient tous les trois jugé ces titres authentiques, et ce dernier les avait rendus publics; niais lorsque le cardinal (le Bouillon se fut retiré en pays étranger, Louis XIV chercha à le mortifier dans la personne de l'historien .de sa maison, qu'on supposa n'avoir inséré ces titres que pour soutenir les prétentions du cardinal à l' Baluze fut exilé successivement à Rouen, lois, à Tours, à Orléans; et il ne put obtenir son rappel qu'en 1713, après la paix d'Utrecht ; niais on ne lui rendit ni ses places ni son traitement au col,. lége royal. Ce savant mourut à Paris, le 28 juillet 1718, regretté et célébré par tous les gens de lettres, dont il était le Nestor et l'ami. On l'inhuma dans l'église StSulpice. Son testament se ressentit un peu du caprice dont il n'avait pas été tout à fait exempt pendant sa vie. Il fit une femme étrangère sa légataire universelle, ne laissant presque rien à sa famille. 11 ordonna que sa bibliothèque frit vendue en détail, afin (lue les particuliers trouvassent à se pourvoir facilement des livres qu'il avait luimême recherchés et trouvés avec assez (le peine après la mort des autres. Cette bibliothèque contenait 10,799 articles de livres de tout format, et plus de 1,500 manuscrits sur toutes sortes de sujets, dont le roi fit l'acquisition, ' et qui furent déposés dans la bibliothèque royale, ainsi que cent quinze ouvrages chargés de notes de sa main, et dont il se proposait de donner de nouvelles éditions. 11 n'était que simple tonsuré, possédait un canonicat de Reims et quelques autres bénéfices. « Baluze, dit Dupin , est un des hommes qui ont rendu le plus de services à la république des lettres, par son application continuelle A rechercher (le tous côtés des manuscrits des bons auteurs, à les conférer avec les éditions, et à les donner ensuite au public avec des notes pleines de recherches et d'érudition. » Personne n'était plus versé que lui dans la connaissance des manuscrits, des titres et (les livres imprimés. Il savait à fond l'histoire ecclésiastique et profane, le droit canon ancien et moderne : il avait lu les Pères, et écrivait bien en latin ; il n'était point avare de ses richesses littéraires, les communiquait volontiers, et aidait de ses conseils et de sa plume cetxç qui s'adressaient à lui. La liste de ses ouvrages imprimés est de quarantecinq, dont quelquesuns sont de plusieurs volumes. On ne parlera ici que des principaux :1 ° Regum Francoram Capitularia, 1677 , 2 vol. , enrichis des collections d'Ansegise et du diacre Benoit, des formules de Marculfe, des commentaires de Bignon, de Sirmond, et de beaucoup d'autres pièces (lui n'avaient pas encore vu le jour, ornés de notes pleines d'érudition, et d'une préface curieuse sur l'origine et l'autorité des différentes collections des capitulaires. Baluze se proposait (l'en donner une nouvelle édition , collationnée sur un grand nombre de manuscrits qu'il avait découverts depuis la première. C'est sur son exemplaire, chargé de variantes et d'additions écrites de sa main, que de Chiniac a publié, en 1780, cette nouvelle édition , en 2 vol. dont la superbe exécution répond à l'importance de l'ouvrage. La préface de ce recueil a été traduite par l'Escalopier (le Nouras, sous le titre de : Histoire des Capitulaires des rois français, etc. , la Haye, 1757i Une nouvelle traduction, par Chiniac, parut en 1779 On y trouve la traduction de la vie de Baluze, écrite par luimême, et achevée par le libraire Martin; et, à la suite, nonseulement le catalogue des ouvrages de Baluze, mais encore l'indice des différents ouvrages émargés de sa main, et de plusieurs (lesquels il avait préparé de nouvelles éditions. 2" Epistola Innocentii papae III, 1682 , 2 vol. Cette collection, beau- coup plus considérable que celles qui l'avaient précédée, l'aurait été bien davantage, si les Romains avaient voulu lui communiquer les pièces qui sont dans la bibliothèque du Vatican. Bréquigny et de la Porte du Theil ont donné, dans leur recueil intitulé Diploinala, Charte, etc., 1791 , 5 vol. les lettres d'Innocent que Baluze n'avait pas publiées, et quelques lettres qu'il avait publiées inexactement. 5° Conciliorum ft0Va Collectio , •683, 1 vol. Cette collection, destinée à recueillir les monuments omis par le P. Labbe, devait avoir plusieurs volumes ; mais Baluze ayant besoin de ménager la cour de Rome, pour faire passer une pension que Colbert lui avait procurée sur l'évêché d'Auxerre, abandonna son dessein, et se borna au 1°' volume. 4° Les Vies des Papes d'Avignon, 1693, 2 vol. qui lui valurent une pension de Louis XIV. C'est un des meilleurs ouvrages qui soient sortis de la plume de Baluze; il y réfute toutes les déclamations des ultramontains, qui comparèrent le séjour des papes à Avignon à la captivité de Babylone, et il y soutient que les papes, comme souverains pontifes, ont le droit de transférer et d'établir leur siége partout ailleurs qu'à Rome. 5° Historia Tutelensis, 1717, 2 vol. 6° S. Cypriani Opera : il était occupé à faire imprimer au Louvre cette belle et savante édition, lorsque la mort le surprit; elle fut achevée sous la direction de D. Prudent Maran. 7° Aliscellanea, Paris, 1680, 7 vol. dont le P. Mansi a donné une nouvelletédition, considérablement augmentée, à Lucques, 1761, 4 vol. Nous passons sous silence un grand nombre de dissertations également savantes et curieuses, les éditions de Salvien, de Vincent de Lérins, de Loup de Ferrières, d'Agobard, d'Amulon, de Leidrade, dè Réginon, de Marius Mercator, du diacre Florus, des conciles de la Gaule Narbonnaise, de la correction de Gratien par Antoine Augustin; de la Marcel lI". Hispanica, commencée par de Marca, et qu'il Iaugmenta d'un 4e livre : de Concordia sacerdotii et imperii , auquel il ajouta un supplément pour le 5e livre, qui était resté imparfait, et de la vie de 'l'auteur. On imprima après sa mort, sous le titre (le Ilibliotheca Baluziana, Paris, 1719 plusieurs pièces manuscrites de ce savant auteur. On trouve, à la page 66 des Capitularia, un catalogue complet de tous les ouvrages publiés par Buluze. L'abbé Vitrac, professeur au collége royal de Limoges, a prononcé et fait imprimer un éloge de ce savant, Limoges, 1777 — Hyacinthe B A LUZE, son parent, fit imprimer à Bordeaux, en 1705 2 vol. sous ce titre : Pensées morales et chrétiennes
  • Étienne BARBAZAN : naquit à StFarg,eau, en Puisaye, diocèse En 1756, il fit paraitre le prospectus de son Glossaire du nouveau Borel; en méme temps StePalaye annonça un Glos- saire de la langue française. La concurrence intititida le premier, qui , dénué de moyens pécuniaires, ne voulut pas louer contre un académicien riche ; et aucun libraire n'osa traiter de son manuscrit, tant en imposait la réputation de son antagoniste. Il ne lui restait_ que le parti d'en proposer l'acquisitio» StePalaye luimème. Celuici , prévoyant que cet ouvrage pourrait servir à la perfection du sien, accepta. Le prix fut convenu, mais l'acte de cession ne fut point signé, et le marché n'eut pas lieu. Cet ouvrage, formant six portefeuilles passa, après la mort de Barbazan, dans les mains du marquis de Patilmy, qui, après s'en étre servi pour ses travaux littéraires, s'en arrangea avec la bibliothèque de la chancellerie. Cédé par celleci à la bibliothèque royale, il est enfin passé à celle de l'Arsenal , mais privé de la première partie, qui s'est perdue. Cette perte est d'autant plus sensible, que l'auteur y indi- y a joint quelques pièces intéressantes ; il est seulement à regretter qu'il n'ait pas suivi l'exemple de Barbazan, qui expliquait tous les endroits difficiles, et qu'il n'y ait pas joint des notes
  • Étienne BEAUMONT( 1718 - 1758) : avocat, né en 1718, à Genève, avait reçu de la nature des dismitions qu'il cultiva dans sa jeunesse avec le plus grand soin. La délicatesse de sa santé l'ayant forcé de renoncer au barreau, il réunit autour de lui quelques jeunes gens, auxquels il donna des leçons de droit naturel et de morale. Le résumé de son cours ou, comme dit Senebier, le squelette de ses leçons, imprimé sous le titre de Principes de philosophie, Genève, 1754 a été reproduit dans une prétendue collection des oeuvres de Diderot imprimée à Londres , 1775, 5 vol. par une singulière inadvertance des éditeurs, qui ont pris l'ouvrage de Beaumont pour la traduction qu'a donnée Diderot des Principes de Philosophie morale, par Shaftesbury. Beaumont mourut dans sa patrie, en 1758. Son ami Roger , venait de lui adresser ses Lettres sur le Danemark. Un frère de Beaumont, pasteur à Genève, concourut, suivant Senebier, à la nouvelle traduction de la Bible à l'usage des Eglises réformées
  • Étienne BATTORI ou BATHORI : prince de Transylvanie et roi de Pologne, né dans une condi- tion privée, s'éleva luimême au trône par ses talents et par de belles actions. Nourri dans les camps, il montra de bonne heure de l'inclination pour les armes, et s'acquit par son courage et par sa prudence l'estime des soldats et du peuple. Les Transylvains eurent recours à lui dans un différend survenu avec la cour de Vienne, et il eut le bonheur de tout régler à la satisfaction des deux partis. La souveraineté dé la Transylvanie étant devenue vacante par la mort de Jean Sigismond, neveu de Sigismond II, roi de Pologne, Étienne Battori fut élu prince, en 1571, d'un consentement unanime, sans avoir brigué cet honneur, ni même conçu l'idée de s'élever ainsi audessus de ses concitoyens. Cette dignité lui fraya le chem trône. Battori paya un tribut au sultan Sélim 11, en 1575, pour obtenir l'investiture de la Transylvanie. Le prince ottoman lui envoya par un chiaoux la masse d'armes et le sabre, en lui enjoignant de ne faire aucune alliance avec les puissances chrétiennes sans son agrément. Amurath III, en 1575, récompensa la soumission de Battori, en le faisant préférer, pour le trône de Pologne, à Maximilien d'Autriche , son concurrent. Plusieurs sénateurs s'étaient déjà déclarés pour ce prince, mais le reste de la noblesse fut pour Battori qui, s'avançant en Pologne avec une armée, vit son élection appuyée de toutes les forces de l'empire ottoman. Élu roi de Pologne en 1576, à condition qu'il épouserait la princesse Anne , soeur de Sigismond Auguste, dernier souverain du sang des Jagellons , il fut couronné à Cracovie avec la reine son épouse, et jura de maintenir les droits et la liberté de la na- tion. Il régna avec gloire; toutes les provinces lui étaient soumises, à l'exception de Danizick, qui tenait encore pour la maison d'Autriche : Battori força cette ville de le reconnaître pour roi. Il soutint ensuite la guerre pendant cinq ans contre les Russes, qu'il défit en plusieurs rencontres, et obligea le czar de lui céder toute la Courlande et une partie de la Livonie. La paix une fois rendue à la Pologne, Battori donna toute son attention au gouvernement civil, à l'administration de la justice et à la disci- pline de l'armée. Ce fut lui qui, par de sages règle- ments, fit de la cavalerie polonaise la principale force de la nation, et la rendit si redoutable aux Moscovites et aux Turcs. 11 disciplina aussi les Cosaques, qu'il opposa avec succès aux Tartares, en les attachant au service de la Pologne. Ce prince employait ainsi les loisirs de la paix , lorsque les Suédois, voulant profiter d'une révolte survenue à Riga, cherchèrent à s'emparer de cette ville. Le roi de Pologne prit aussitôt des mesures rigoureuses pour étouffer la sédition. La ville négocia ; niais Battori voulait qu'elle implorât sa clémence ; et comme les députés y mettaient des conditions, il entra dans un si grand accès de colère, qu'il en mourut peu de jours après à Grodno, le 13 décembre 1586, dans la 540 année de son âge, sans laisser de postérité. Il était alors à la veille de déclarer la guerre aux Turcs. Prudent, brave, actif, juste, bienfaisant, Battori s'était attiré le respect et l'affection des Polonais, qui honorent encore aujourd'hui sa mémoire ; mais toute la sagesse de ce prince ne put le préserver de ces accès d'emportement et de colère, voisins de la frénésie, dont il fut la victime
  • Étienne BAUDET( 1643 - 1716) : graveur, né à Blois, en 1643, mort à Paris, en 1716, a gravé différentes estampes, d'après les Carrache, l'Albane, le Dominiquin, Bourdon, Pietre de Cortone, et autres. L'Adoration du Veau d'or, et le Frappement du rocher, d'après le Poussin, sont ses meilleurs ouvrages ; en général, sa gravure est dure, et ses hachures, toujours carrées, ne présentent aucune variété
  • Étienne BÉGON : avocat au parlement de Paris. Aussi mal partagé pour l'extérieur que digne d'estime par les qualités de son esprit, il était petit et contrefait. Sa complexion délicate l'obligeait de se faire porter sur une chaise jusqu'à la chambre où il devait plaider ; et, pour etre vu des juges, il montait sur un banc. Forcé, par sa mauvaise santé, de ne pas se charger d'un grand nombre de causes, il n'en plaida que de choisies. Parmi les mémoires et plaidoyers qui lui firent le plus d'honneur, on cite ceux qu'il composa pour la duchesse de Gèvres, qui accusait son mari d'impuissance. Ils furent compris dans un recueil de toutes les pièces concernant cette affaire . L'étude absorbait tous les moments de Recueil général des pièces conlenuee us proce; de M. le mar- Bégon : il ne donnait que quand il était accable de havai!, et souvent dans son fauteuil. 11 mourut en 1726. On ignore en quelle.année il était né; mais .1 parait que, malgré son assiduité aux devoirs de sa g. a profession et sa faible santé, il poussa sa carrière •sez loin, puisqu'il avait été reçu avocat trentecinq ans auparavant, le 23 avril 1691
  • Étienne BELLONE( 1580) : né en Touraine, vers '1580, habita Paris et Rouen, ainsi qu'il nous l'ap- prend par ses poésies. Son recueil a été imprimé sous ce titre : les chastes et infortunées Amours d' Alcméon et de Flore, tragédie française, avec quelques autres mélanges poétiques, Rouen, 1 petit vol. 1611. Une autre. édition, chez le mème imprimeur, est de 1621
  • Étienne BEQUET( 1800 - 1838) : littérateur et critique, né à Paris, en 1800, fit avec éclat ses études au collége de LouisleGrand : son père, homme d'esprit, qui avait fait dans les affaires une fortune honorable, voulut que son fils suivit le barreau ; mais un penchant irrésistible, justifié par la supériorité du talent, entraînait Bequet vers la littérature. MM. Bertin, du Journal des Débats, s'empressèrent de l'attacher à leur feuille, toujours demeurée littéraire, à travers tant de révolutions qui ont banni la littérature des autres journaux. Pendant quinze ans, il a fait avec un succès éminent un feuilleton hebdomadaire de critique signé de l'initiale R. « Son insou« riant abandon, a dit un critique bien digne . » Ce fut Bequet qui rédigea le prospectus des OEuvres de ce fécond successeur de Marivaux et de Picard. Il abordait quelquefois la politique : il est l'auteur du fameux article , petit roman qui par M. Jules Janin, Journal des Débats du 1" octobre 1838. le style et par le sentiment rappelle Paul et Virginie ; 2. l'Abbaye de Maubuisson , qui n'eut pas moins de succès que Marie. Enfin il a traduit pour la Collection des romans grecs éditée par le libraire Merlin, l'Histoire véritable de Lucien, imprimée dans le le vol. de cette collection, à la suite de la Luciade, ou l' Ane de Lucius de Patras. En 1855, les infirmités d'une vieillesse précoce jetèrent Beguet dans un véritable état d'hypocondrie; abandonnant la littérature et le Journal des Débats, il se retira à la campagne, et finit par mourir le 28 août 1858, dans la maison de santé du docteur Blanche
  • Étienne BERGLER : ), né à Hermanstad, capi- tale de la Transylvanie, quitta sa patrie pour aller chercher fortune ailleurs, et entra chez un riche libraire de Leipsick, Thomas Fritsch, en qualité de correcteur d'imprimerie. Son caractère inquiet et irritable l'ayant brouillé avec son patron, il se rendit à Amsterdam, et, comme il savait parfaitement le grec, il y dirigea la jolie édition d'Homère que les Wetstein donnèrent en 1707, en 2 petits volumes ainsi que la magnifique édition de l'Ono- matiscon de Pollux . BerŒnler se_ rendit peu après à Hambourg, et y fut d'un grand secours au savant Albert Fabricius, pour la composition de sa Bibliotheca Grœca, le plus important de ses ouvrages; il veilla aussi sur l'édition que Fabri- cius donna de Sextus Empiricus . Revenu ensuite à Leipsick auprès du libraire Fritsch, Bergler luit sur le métier un grand nombre (l'ouvrages tous considérables; il transcrivit un ancien scoliaste d'Homère, donna une nouvelle édition grecque et latine des Lettres d'Alciphron, avec d'excellentes notes, Leipsick, 1715 réimprimées à Utrecht en 1791, travailla sur Hérodote, dont il se proposait de publier une édition ; entreprit une version d'Hérodien, plus littérale que celle de Politien, et s'occupait dans le même temps de son édition d'Aristophane, qui était déjà prête dès 1725, et que Pierre Burmann second a fait paraitre à Leyde, 1760, 2 vol. Au milieu de ces divers travaux, il fournisshit quantité d'excellents articles aux Acta eruditorunt de Leipsick. C'est encore lui qui est l'auteur de la traduction latine des quatre livres de Génésius sur l'histoire byzantine, qu'on trouve imprimée avec ses notes à la tète du 25e tome de la Byzantine de Venise, 1755 Cette portion de l'histoire byzantine manque dans la belle édition du Louvre, et mériterait bien d'y être réunie. Bergler, toujours au service de Fritsch, fut employé à traduire un ouvrage grec d'Alexandre Maurocordato, hospodar de Valachie, et joignit sa traduction à l'original, sous ce titre : Liber de « fi- cils, Leipsick, 1722 réimprimé à Londres, 1724 Il en fut si bien récompensé par JeanNicolas, prince de Valachie, fils de l'auteur, qu'il résolut de quitter Leipsick et de s'attacher à ce prince. Il passa donc en Valachie, où le prince JeanNicolas possédait une nombreuse bibliothèque de manuscrits, qu'il faisait rassembler à grands frais. Bergler en tira l'introduction et les trois premiers chapitres, qui avaient manqué jusqu'alors, à la Dé- monstration évangélique d'Eusèbe, et les envoya à Fabricius, qui les publia à la tète de son Delectus A rgumento non, Hambourg, 1725 Le prince de Valachie étant mort, Bergler se trouva sans appui, et passa à Constantinople, où il mourut, après avoir, diton, embrassé le mahométisme. C'était un homme trèssavant dans le grec et le latin ; mais son caractère brusque et peu sociable nuisit égale- ment à sa réputation et à sa fortune, et contribua à la vie errante à laquelle il se condamna, et peut-être aux bruits injurieux dont on a noirci sa mémoire
  • Étienne BERNARD( 1553 - 1609) : avocat, né à Dijon en 1555 , plaida , pendant plusieurs années, avec distinction, au parlement de cette ville, et fut député, en 1588 , aux états généraux de Blois, par le tiers état de Bourgogne. Il prononça dans cette assemblée une harangue remarquable par le courage qui y règne, et qui n'en exclut ni la décence ni la modération. Au rapport de Pasquier, le roi n'en témoigna aucun mécontentement à Bernard , mais au contraire le loua d'avoir parlé en homme de bien « qui lui avait dit ses vérités, sans l'offenser, toutefois. » Nommé maire de Dijon, et ensuite conseiller au parlement, Bernard fut entraîné dans le parti de la ligue, et servit aveuglément les projets du duc de Mayenne. C'est sans doute une tache à sa mémoire ; mais, dès qu'il eut reconnu ses torts, il ne négligea rien pour les réparer ; et lorsqu'il eut piété serment à Henri IV, ce prince n'eut pas un sujet plus zélé et plus fidèle. Bernard, chargé de faire rentrer la ville de Marseille sous l'obéissance de son roi légitime, s'acquitta de cette négociation difficile avec autant de dextérité que de prudence. Henri IV l'en récompensa en le nommant lieutenant général du bailliage de ChàlonssurSaône. 11 en remplit les fonctions d'une manière satisfaisante , et mourut subitement en cette ville , le 9.8 mars 1609, àgé de 56 ans. Son fils lui fit élever, dans l'église des Minimes, un mau- solée qu'on voyait encore il y a une trentaine d'années. La harangue que Bernard prononça aux états de Blois a été imprimée plusieurs fois séparément et et dans les recueils du temps. On a encore de lui : 1° Discours de ce qui advint à Blois jusqu'à la mort des Guises, imprimé séparément et dans les Mémoires de la Ligue, ainsi que dans quelques éditions de la Satyre Ménippée. 2° Avis à la noblesse sur ce qui s'est passé aux états de Blois en 1588 , 1590 C'est un libelle trèsviolent. Il en parut plusieurs réfutations. 3° Une traduction en latin de la Conférence de Suresne, écrite en français par Honoré Dulaurent. L'abbé Papillon, dans sa Bibliothèque de Bourgogne, dit que l'original était latin, et que Bernard l'a traduit en français : c'est une erreur qu'il n'est pas inutile de relever. 4° Un Discours de la réduction de Marseille, et quelques autres ouvrages manuscrits. — Son fils aîné , à Dijon en 1576, fit son cours de droit à Toulouse, revint ensuite dans sa patrie et s'y maeia ; ce qui ne l'empècha pas de satisfaire son goût pour les voyages. Il fit un assez long séjour à Rome, puis à Naples, et ne revint à Chfilons qu'après la mort de son père, auquel il succéda dans la place de lieutenant général du bailliage. Il en remplit les fonctions jusqu'en 1651, et le roi lui accorda le titre de conseiller d'Etat, en le nommant vicomte mayeur de Chillons. On a de lui des harangues et des posies latines qui prouvent Iv . qu'il n'était ni orateur ni poète. On trouvera la liste de ses productions dans l'ouvrage du P. Jacob, de claris Scriptor. Cabal« ensibus, et dans la Biblio- thèque de Bourgogne
  • Étienne BERNARDI : musicien, était. au commencement du 17e siècle maitre de chapelle de la cathédrale de Vérone, et publia un traité élémentaire sur son art, intitulé : Porta musicale, Vérone, 1615 Cet ouvrage est fort estimé pour la clarté et la précision. L'auteur en avait annoncé une seconde partie, que la mort l'empêcha de mettre au jour.—BERNARDI , surnommé Senesino, né à Sienne, vers 1756, fut un des plus fameux chanteurs qu'ait produits la cruelle méthode de la castration. Ce fut à Dresde, au grand opéra de Uni, qu'il commença à faire connaître son éclatante voix. Wendel, frappé d'étonnement, le conduisit à Londres, et le plaça, avec un traitement de 1,500 guinées, au grand théâtre de l'Opéra, où pendant neuf ans Bernardi excita l'admiration universelle. Il se brouilla ensuite avec Wendel, et se rendit à Florence, où il fut entendu avec beaucoup d'intérêt, et il eut l'honneur d'y chanter avec l'archiduchesse, qui devait s'asseoir sur le trône de France. La voix de Bernardi était pénétrante, claire et flexible. Son intonation était pure, et il fut le premier de son temps pour le récitatif
  • Étienne BERTRAND : jurisconsulte, natif du Dauphiné, alla s'établir à Carpentras, dans le comtat Venaissin. C'était un théâtre bien obscur pour un talent aussi distingué que le sien. Il a laissé six volumes de Conseils, impr. en 1552. Le célèbre Dumoulin, qui en faisait le plus grand cas, n'a pas dédaigné de les enrichir de notes de sa façon, et il dit que ces conseils doivent être d'une grande autorité, parce que Fauteur, trèsversé dans la jurisprudence, n'était point étranger à la pratique du barreau. Ses avis étaient toujours dictés par la plus sévère équité, et il ne les fondait que sur des motifs solides et raisonnables, et non sur des subtilités captieuses.
  • Étienne BÉZOUT( 1730 - 1783) : né à Nemours, le 31 mars 1750. Obligé, par son peu de fortune, de donner , des leçons particulières de mathématiques, il en i cultiva les parties élevées avec une persévérance et un succès auxquels s'opposent assez ordinairement la fatigue et le dégoût que ce pénible métier cause aux jeunes gens dont il est la seule ressource. Bézout se fit connaître de bonne heure de l'académie des sciences par plusieurs mémoires ; elle l'admit dans son sein en 1758, et il fut placé en 1765, par le duc de Choiseul, à la tête de l'instruction de la marine royale, comme examinateur des gardes du pavillon et de la marine. 11 composa pour ces jeunes officiers un cours complet de mathématiques qui lit époque dans ce genre d'ouvrages, soit par sa clarté, soit par le degré d'élévation où la science s'y trouvait portée. Dans un grand nombre de notes, distinguées du corps de l'ouvrage par un caractère plus , petit, l'auteur aborde les questions les plus difficiles la résolution littérale des équations algébriques par une méthode uniforme, déduite de recherches pro-, fondes qu'il avait communiquées à l'académie des sciences ; la solution du problème des cordes vibrantes, à la vérité dans l'hypothèse de Taylor ; une esquisse de la solution de celui du mouvement de - rotation des corps, de l'équilibre des corps flottants et de leurs oscillations, et d'autres problèmes que Un des plus remarquables est celui qui a pour titre : Sur les quantités différentielles qui, n'étant pas intégrales par elles- mémes, le deviennent néanmoins quand on leur joint des quantités de même forme qu'elles. CHS. présente la théorie de la construction et de. la manoeuvre des vaisseaux. C'était sans doute alors une intéressante nouveauté que la réunion de toutes ces matières dans un cours élémentaire. On lui a reproché, avec raison, d'avoir commis quelques fautes contre l'exactitude, et d'avoir souvent négligé la rigueur des démonstrations; mais il paraît que ce défaut tenait à l'idée qu'il s'était formée de l'embarras que présente quelquefois la marche synthétique. « J'ai élagué, ditil, ces attentions scrupuleuses qui « vont jusqu'à démontrer des axiomes, et qui, à « force de supposer le lecteur inepte, conduisent « enfin à le rendre tel. » Cette réflexion est au moins exagérée, et ne pourrait s'appliquer tout au plus qu'à l'abus du raisonnement ; mais on sent qu'il existe entre cet abus et le défaut contraire un milieu qui, sans trop fatiguer l'attention du lecteur, conserve à la science le caractère d'exactitude qui lui est essentiel, et qui en fait un excellent exercice logique. En 1768, Bézout obtint la place d'examinateur de l'artillerie, vacante par la mort de Camus et bientôt il prépara pour les élèves de ce corps une édition de son cours, dans laquelle il substitua des applications tirées du service de l'artillerie à celles qui concernaient la marine. Enfin, il publia, en 1779, sa Théorie générale des équations algébriques, qui n'est qu'un traité de l'élimination des inconnues entre un nombre quelconque d'équations. On y trouve la première démonstration qui ait été donnée de la proposition fondamentale de cette théorie envisagée dans toute sa généralité. Se renfermant dans l'exercice de ses fonctions et dans la société de sa famille, Bézout mena une vie paisible, jouit d'une considération méritée et d'une réputation que les nombreuses éditions de ses cours avaient rendue populaire. Condorcet, dans l'éloge qu'il fit de ce géomètre, relève un trait de courage qui ne doit pas être passé sous silence. Deux aspirants de la marine à Toulon étaient malades de la petite vérole, qu'il n'avait pas eue, et cependant, pour ne pas retarder d'une année leur avancement, il alla les examiner dans leur lit, malgré le risque évident qu'il y avait de contracter une semblable maladie à un âge assez avancé. Bézout mourut le 27 septembre 1783. Ses ouvrages sont : 1° Cours de mathématiques à l'usage des gardes dtf pavillon et de la marine, Paris, 1764-67, 4 vol. On y joint aussi le Traité de navigation. La dernière édition faite du vivant de l'auteur est de 1781 -82. 2" Cours de mathématiques à l'usage du corps royal de l'artillerie, Paris, - imprimerie royale' 1770-72, et réimprimé un grand nombre de fois. On a réuni les applications particulières au cours à l'usage de l'artillerie avec le cours à l'usage de la marine, sous ce titre : Cours complet de mathématiques à l'usage de la marine, de l'artillerie et des élèves de l'école polytechnique, 6 vol. . 3° Théorie générale des équations Ce course se compose des ouvrages suivants, qui tous ont été augmentés ou annotés par différents auteurs, et réimprimés séparément 1° l'Arithmétique à l'usage de l'artillerie et de la marine, suivie da Traité des nouvelles mesures et de tables trèsutiles pour la navigation, Paris, 1822 ; la méme, avec des notes par De- algébriques, Paris, 1779, 1 vol. avec plusieurs planches
  • Étienne BILLARD( 1700) : receveur des finances de Lorraine , né à Nancy vers le milieu du 18e siècle, reçut de la nature une imagination qu'on ne put assujettir à aucun frein. Cette folle de la maison, comme l'appelle Montaigne, l'entraîna dans des écarts de conduite et des aberrations de jugement qui firent le malheur de sa vie. 11 avait composé pour le ThéâtreFrançais plusieurs comédies, mais il ne put les faire jouer, et s'en dédommagea en les livrant à l'impression et en lançant des épigrammes et des satires contre les membres du comité qui les avaient refusées. On trouve dans les mémoires du temps le récit d'une scène assez plaisante dont il fut l'acteur principal à la ComédieFrançaise, le 30 novembre 1772. Avant la réprésentation du Comte d'Essex, Billard monta sur une banquette de l'orchestre, et, haranguant le parterre, lui fit connaître que les comédiens avaient « refusé La Biographie portative des contemporains confond les ouvrages du père avec ceux du fils, et ne distingue point les imprimés des manuscrits. Mémoires secrets de la république des lettres, t. 6, p. 268 ; Correspondance de Grimm, 2' partie, t. 2, p. 366, et nouvelle édit., t. 7, p. 105; Galerie de l'ancienne cour, 1776 t. 3, p. 491. « une comédie de caractère intitulé le Suborneur, « qu'il leur avait présentée, et que les connaisseurs « avaient jugée digne d'être offerte au public ; « qu'ayant en vain tenté tous les moyens de « dompter la résistance des histrions, il en appe« lait au public assemblé ; qu'il le priait d'enten« dre la lecture de sa pièce, et que, s'il la jugeait « plus favorablement, il espérait que, par ses accla« mations, il forcerait les comédiens à la recevoir. » Le parterre, qui cède volontiers à d'autres impressions qu'à celles de la scène, consentit à l'écouter ; mais Billard avait à peine commencé, qu'un sergent vint lui mettre la main sur le collet. Il tira son épée, qui lui fut arrachée. On le mena au corps de garde : ne démentant point son caractère, il voulut prendre les soldats pour juges entre les comédiens et lui. L'inspecteur de police, devant lequel il fut ensuite conduit, ne put parvenir à le calmer qu'en subissant la lecture du Suborneur. Le parterre, entre les deux pièces, accueillit par des huées Molé, qui s'était présenté pour annoncer, et redemanda à grands cris l'auteur du Suborneur. On lit envahir cette partie de la salle par la force armée, et les plus mutins allèrent partager le sort de Billard. Celuici fut transféré le lendemain à Charenton, où il ne resta que quelques jours . Renvoyé à Nancy dans le sein de sa famille, il n'y devint pas plus sage. Ses parents furent obligés à plusieurs reprises de solliciter contre luides lettres M. Paul Lacroix, plus connu sous le nom du bibliophile Jacob, a fait de cette aventure de Billard le sujet d'une nouvelle insérée d'abord dans la Revue de Paris, et reproduite depuis dans les œuvres de l'auteur. cheuse du 30 novembre ; elle ne l'a point encore désenchanté, car il persiste à croire que sa comédie est digne de la représentation. Mais les règles du goût et de la grammaire y sont également blessées, et la contexture n'en est pas moins vicieuse que le style. Lorsque le marquis de Bièvre fit représenter sa comédie du Séducteur , des critiques chagrins prétendirent qu'il en avait puisé l'idée dans la pièce de Billard. Il est certain que plusieurs traits de ressemblance dans les situations purent donner quelque crédit à cette opinion. MaiS quand il serait vrai que le marquis eût profité d'un ouvrage tombé clans le mépris, n'auraitil pas été absous par le succès, comme Regnard autrefois avait dû l'être lorsqu'on l'accusa d'avoir pillé le Chevalier joueur de Dufresny? La bibliothèque publique de Nancy possède les œuvres manuscrites de Billard, 3 vol. Elles sont composées de comédies, d'épitres, etc. Parmi les premières, on remarque Archiloque, ou le Poète aux Petites- Maisons. L'auteur parait avoir voulu s'y peindre luimême. Un peine en 10 chants, sous le nom de Boutades, offre plusieurs passages écrits avec une certaine âpreté de verve. 11 y renouvelle ses attaques contre les comédiens, et maltraite surtout Préville, à l'occasion duquel il dit en s'adressant au public : Oui, tes valets sont devenus tes mattres. Il décoche aussi quelques traits contre Voltaire, dans une épitre à Crébillon, qu'il appelle digne élève cornélien. Ces différentes pièces de Billard offrent moins d'incorrections que ses comédies, mais elles ne pourraient pas plus que cellesci soutenir le grand jour de l'impression
  • Étienne BINET( 1569 - 1639) : né à Dijon, en '1569, entra dans l'ordre des jésuites en 1590, fut successivement recteur des principales maisons de son ordre en France, et mourut à Paris, le 4 juillet 1659, à 71 ans. Southwel, dans sa Bibliotheca Scriptoruln societatis Jesu, lui donne de grands éloges. Le P. Binet a publié plusieurs ouvrages ascétiques, dont les titres et les différentes éditions sont indiqués dans la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. 11 avait plus çle zèle et de piété que D'autres le font vivre de 1400 à 1460. 1621 Ce livre eut plus de vingt éditions clans l'espace d'un siècle : il le publia sous le nom de René François, par allusion à celui de Binet . L'abbé Mercier de StLéger, dans sa notice sur Schot, dit que cet ouvrage est curieux. « On ne le « lit plus du tout, ajoutetil, et il ne mérite pas cet « abandon. » 2° Abrégé des Vies des principaux fon- dateurs des religions de l'Église, représentés dans le choeur de l'Abbaye de St- Lambert de Liesse en liainault , Anvers, 1634, in - 4°, lig., traduit en latin, et imprimé plusieurs fois dans les deux langues. 5. Un traité sur le salut d'Origène, et enfin un autre traité pour savoir si chacun peut se sauver en sa religion. Binet joue un rôle dans les Provinciales , où Pascal •elève cette proposition de son livre de la Marque de prédestination : « Qu'importe par où « nous entrions dans le paradis, moyennant que nous « y entrions? Soit de bond ou de volée, que nous « en chautil, pourvu que nous prenions la ville de e gloire? » — Un autre Étienne BINET, né dans le 16° siècle, à StQuentin, fut chirurgien juré de Paris, obtint le grade de chirurgienmajor des hôpitaux d'armées, et fut tué au siége de la Rochelle, en 1627 ou 4628. 11 avait publié, en 1612, 1 vol. les Leçons anatomiques et chirurgicales de Germain Courtin , ouvrage réimprimé sous le titre d'OEuvres anatomiques et chirurgicales de Germain Couffin , Rouen , 4656
  • Étienne BLANCARD : médecin, né à Middelbourg, fils du précédent, reçu docteur à l'université de Franeker, est un écrivain des plus féconds. Il serait trop long de donner la liste de tous ses écrits, qui d'ailleurs aujourd'hui sont peu importants. Voici les principaux :1 ° Collectaneamedico- physica, I 680.- 1688, espèce de journal de médecine, renfermant le traité du même auteur, intitulé de Zodiaco medicophysico; 2. une Anatomie réformée, eu hollandais, 1686 ; en latin, •695 avec 84 planches; en allemand. Leipsick, 1691 en français, par G. Willis, Amsterdam, 1688 ; en anglais, Londres, 1690; 5° de Circulatione sanguinis per fi- bras et de valvulis in iisrepertis, Amsterdam, 1676 4' Institutiones chirurgica3 verioribus fundamentis superœdificatce, Leyde, 1701 où il veut résoudre les dogmes de la chirurgie d'après les principes subtils de Descartes et de Bontekoi ; 5° Pharmacopœa ad mentent neotericorum adornata, Amsterdam, 1688 avec les Fundamenta medica de Bontekoê ; 6° Lexicon medicum grœco- latinum in quo termini tolus artis medicinœ secundum neotericorum placita definiuntur et circumscribuntur, Amsterdam, 1679 ; Iéna, 1685 ; Leyde, 1690, ·1702, 1717, 1755, 1756 Francfort, 1705 avec la préface de Buchner, 1748 Louvain, 1754, 2 vol. ; en anglais, Londres, 1708, 1715, 1726 ; 7° Herbarius Belgicus, Amsterdam , 1698, in - 8"; en hollandais, 1790 ; 8° beaucoup d'ouvrages en hollandais sur plusieurs points de chirurgie, de médecine, d'hygiène, comme un traité du scorbut, de la syphilis, des propriétés du café, des aliments de la cuisine et de la table, etc., et sur la physiologie, à laquelle il voulait appliquer la philosophie cartésienne; mais la meilleure production d'Étienne Blancard est un recueil de deux cents ouvertures de cadavres, intitulé : Anatomia practica rationalis, sive varioruin cadaverum morbis denatorum anatomica Inspectio, Amsterdam , 1688, ; en allemand, Hanovre, 1692 Ses principaux ouvrages ont été recueillis eu un volume imprimé à Leyde, 1701, sous le titre d'Opera medica, theoretica, practica et chirurgica. DPs, C
  • Étienne BORGIA( 1731 - 1804) : cardinal, préfet de la con- grégation de la Propagande, et l'un des plus généreux protecteurs que les sciences aient eus dans le 18° siècle, naquit à Veletri, le 3 décembre 1751. Élevé auprès de son oncle, Alexandre Borgia, archevêque de Fermo, il montra de trèsbonne heure un goôt décidé pour l'étude de l'antiquité ; aussi , :lès l'àge de dixneuf ans, futil reçu membre de l'académie étrusque de Cortone ; il commençait dès lors à recueillir tous les manuscrits, médailles et antiques qu'il pouvait se procurer, n'épargnant pour cela ni soins ni dépenses, et c'est ainsi qu'il se formait insensiblement, dans son palais de Veletri , le plus riche musée, peut-être, qui ait jamais appartenu à un particulier. Fixé à Rome depuis quelques an, nées , il se fit connaître du pape Benoît XIV, qui le nomma, en 1759, gouverneur de Bénévent. Dans cette nouvelle carrière, il développa les plus grands talents pour l'administration , et sut , par sa prudence, préserver ce duché de la famine dont le royaume de Naples fut affligé en 4764. Rappelé à Rome pour remplir d'autres fonctions, il fut enfin nommé, en 1770, secrétaire de la Propagande, charge qu'il,exerça pendant dixhuit ans ; ce qui, le mettant dans la nécessité de correspondre avec les missionnaires répandus dans les climats les ? lus éloignés, lui fournit l'occasion d'enrichir son musée des manuscrits, médailles, statues, idoles et monuments de tout genre de ces divers pays, chaque missionnaire qui revenait à Rome, ou qui y donnait des nouvelles de l'état de sa mission, ne manquant pas d'apporter avec lui ou d'envoyer tout ce qu'il avait pu recueillir de plus curieux. En 1789, Pie VI le créa cardinal, et, peur mettre à profit ses talents administratifs , lui donna la place d'inspecteur général des enfants trouvés. En trois ans, ces établissements prirent sous sa direction une face nouvelle ; il fonda partout des maisons de travail, réforma des abus, et fit des règlements dignes de servir de modèle en ce genre. En 1797, l'esprit révolutionnaire qui avait bouleversé la France se répandit jusque Clans la capitale du monde chrétien : Pie VI, dans ces moments difficiles, jugea le cardinal Borgia digne de toute sa confiance, et remit entre ses mains la dictature de Rome, en lui adjoignant deux autres cardinaux. Le nouveau gouverneur acquit un tel ascendant sur les esprits, que, jusqu'au 15 février 1798, Rome ne fut souillée par aucun meurtre ni par aucun crime. A cette époque , l'armée française parut aux portes de la ville, le parti populaire s'empara du pouvoir, et se constitua en république , le pape fut obligé de quitter Rome, le 5 février, et le cardinal Borgia, arrêté le 8 mars, ne fut mis est liberté le 28, qu'avec l'ordre de sortir des États 'romains. Débarqué à Livourne, il se rendit à Venise et A Padoue, où il employa les premievs moments de tranquillité dont il put jouir à réunir les gens de lettres. et à former une espèce d'académie ; mais il ne perdit pas de vue ses chères missions : sous les auspices de Pie VI, prisonnier à Valence, il orga nisa une nouvelle Propagande, ouvrit des souscriptions, et conduisit le tout avec tant d'activité, qu'en peu de mois , treize nouveaux apôtres de la foi furent envoyés aux extrémités du monde, et de fortes sommes d'argent aux diverses missions d'Afrique et d'Asie. Cependant la garnison française qui occupait Rome ayant été forcée d'évacuer cette ville, en vertu d'une convention passée avec le commodore Trowbridge, les troupes de Ferdinand IV, roi de Naples, 1 occupèrent jusqu'au jour où Pie VII y lit son entrée. Tout était à réorganiser dans ce gouvernement : le nouveau pape se hâta de créer un conseil économique, et Borgia fut désigné pour le présider. Malgré la multiplicité des affaires dont il fut alors accablé, il consentit encore, en 1801, à se charger de l'emploi de recteur du collége romain , que la mort du cardinal Zelada laissait vacant. Enfin, ayant reçu ordre d'accompagner Pie VII en France, il se mit en route, malgré son grand fige et la rigueur di papa Giovanni XVI, Rome, 1750 ; 2° Breve isloria dell' antica città di Tadeno nell' Umbria, ed esatta relazione delle ricerche faite sulle suc ro- vine, Rome, 1751 ; 5. Istaria della città di Benevento, Rome, 1763, 64, 69, 3 vol. ; 4° Iraticana confessio B. Petri, chronologicis testimoniis illustrai«, ibid., 1776, ; 50 Breve isloria doininio temporale della sede apostolica nelle due Sicilie, ibid., 1788. Borgia s'occupait d'une Histoire maritime des États du saint- siège, mais l'ouvrage est demeuré imparfait, et n'a pas été imprimé. On peut voir le détail de ses autres ouvrages, et un aperçu des richesses qui composaient le musée de Veletri, dans l'abrégé de sa vie : Vile Synopsis Stephani Borqice, par le P. Paulin de StBarthélemy, Rome, 1805 On en trouve un extrait dans le Magasin encyclopédique , t. 67 et 68. Son neveu, CaililleJeanPaul Borgia, fit graver en 1797 une ancienne mappemonde du musée de Veletri ; elle n'a pas été vendue, mais on la cite dans quelques ouvrages sous le titre de Mappemonde du cardinal Borgia; elle est trèsintéressante pour l'histoire de la géographie
  • Étienne BOYLEAUX : ou BOILEAUE , ou BOYLESVE, et que par erreur on a appelé BoyLEAUX , chevalier et célèbre prévôt de Paris au 13' siècle, est appelé, dans un compte des baillis de France de 1266, Stephanus bibens aquam. Il était d'une noble famille d'Angers, dont plusieurs branches se sont répandues, et subsistent encore à Paris, en Anjou, en Touraine, et male en Angleterre. C'est de celle qui était établie à Paris que le célèbre Boileau Despréaux est issu. Étienne Boyleaux épousa, en 1225, Marguerite de la Guesle, et lit, en 1228, avec Geoffroy et Robert Boyleaux, ses frères, un partage noble de la succession de son père. C'était, estil dit dans l'extrait d'un manuscrit de la vie de St. Louis, « un bourgeois de Paris bien renommé I « de prudhomie, que le roi St. Louis mit en 1258 à « la teste de la cour et auditoire du Chastelet de « Paris, et alloit souvent le roi audit Chastelet se seoir b « près ledit Boileaiie, pour l'encourager et donner « exemple aux autres juges du royaume. » Le parlement, sous le règne de St. Louis, n'était pas encore sédentaire, le prévôt de Paris, outre ses fonctions militaires et son rang à l'armée, avait une trèsgrande autorité dans l'administration de la justice, qu'il exerçait seul dans la capitale. On ne parvenait alors à cette charge qu'à force d'intrigues et d'argent, et les prévôts rendaient souvent la justice au mème prix, ce qui causait une licence effrénée et des désordres extrêmes. St. Louis, pour remédier à de si grands maux, ne voulut plus que cette charge fût vénale, et, au retour de son voyage de la terre sainte, en 1238, il s'occupa de faire chercher partout le pays, comme le marque le sire de Joinville, un bon justicier et bien renommé de prudhomie, et il le trouva dans la personne d'Etienne Boyleaux, qui fut ainsi le premier prévôt de Paris nommé par le roi. «Sa-« chez, dit Joinville, que du temps passé l'office de « la prevôté de Paris se vendoit au plus offrant. Les « prevots estoient alors prevots fermiers, dont il « advenoit que plusieurs pilleries et maléfices s'en « faisoient, et étoit totalement justice corrompue par « faveurs d'amys et par dons ou promesses, dont le « commun n'osoit habiter au royaume de France, et « estoit lors presque vague , et souventes fois n'y « avoitil aux plaids de la prevosté de Paris que dix « personnes pour les injustices et les abusions qui « s'y faisoient, et fist enquerir le roi par tout le pays « là où il trouveroit quelque grant sage homme qui « fust bon justicier, et qui punist étroitement les « malfaiteurs. sans avoir égard au riche plus que au « pauvre, et lui fut amené ung qu'on appeloit Es« tienne Boileane, auquel il donna l'office de prevost « de Paris, lequel depuis fit merveilles de soy main« tenir audit office. Tellement que desormais n'y « avoit larron, meurtrier, ni autre malfaicteur qui « osast demeurer à Paris, que tantost qu'il en avoit « connoissance qui ne fust pendu ou puni à rigueur « de justice, selon la qualité du malfaict, et n'y avoit « faveur de parenté, ni d'amys, ni d'or, ni d'argent « qui l'en oust pu garentir, et erandement fist bonne « justice. » En effet, le prévôt Etienne Boyleau exerça une justice si sévère « qu'il list pendre un sien tilleul, « parce que la mère lui dit qu'il ne se pouvoit tenir « de rober. Item un sien compère, qui avoit nié une « somme d'argent que son poste lui avoit baillé à « garder. » C'est à ce magistrat, digne des plus grands éloges, qu'on doit l'établissement de la police de Paris. Il se montra aussi intègre et actif que zélé pour le bien public; il rétablit la discipline dans le commerce et dans les arts et métiers, dans la perception des droits royaux, qui étaient alors de sa compétence, et fixa celle des justices seigneuriales enclavées dans sa prévôté ; il modéra et fixa les impôts qui se levaient arbitrairement, sous les prévôtsfermiers, sur le commerce et les marchandises; il rangea tous les marchands et tous les artisans en différents corps et communaatés,\sous le titre de confréries ; ce fut lui qui donna à ces corporations les premiers statuts pour leur discipline, et des règlements pour rétablir la bonne foi dans le commerce et le favoriser. Ces ordonnances, dont on peut voir l'extrait dans le Traité de police de Lamarre, montrent quelles étaient la droiture de ses intentions et la grande étendue de son autorité. Elles sont écrites sur des peaux entières, cousues et roulées comme il se pratiquait dans ce tempslà. Un de ses successeurs les fit copier en cahiers et relier ensemble vers l'an 1300; ces sages et simples statuts ont été suivis ou perfectionnés, et sont la respectable base de cette législation municipale de la capitale de la France. Ce recueil curieux, qu'on nomme vulgairement le Livre des métiers, ou le Livre des établissements des métiers de Paris, a été ainsi appelé, parce que la première partie, étant plus étendue, contient les statuts des arts et métiers. Il n'a pas été imprimé ; l'original a péri dans l'incendie de la chambre des comptes, en 1737; mais il en existe encore quelques copies : on en avait à la Sorbonne un exemplaire qui était du temps mème de Bo)leau. Cet exemplaire est passé à la bibliothèque royale. Étienne Boyleau suivit St. Louis en Égypte; il tenait un rang si éminent dans l'armée chrétienne, qu'ayant été pris au siége de Damiette, les infidèles exigèrent de lui, pour sa rançon, 200 livres d'or, somme considérable pour ce tempslà. Ce magistrat mourut en 1269 . B. MN. Depuis l'année 1811, date de l'impression du volume qui contenait cet article, le nom de Boyslève est redevenu pour ainsi dire populaire. Sa statue est au nombre de celles qui ornent la façade nouvellement restaurée de l'hôtel de ville de Paris. Les recherches
  • Étienne BOSTKAÏ : souverain de la Hongrie, était premier magnat de ce pays, ou, suivant d'autres, simple gentilhomme transylvain, lorsqu'il partit, en 1604, à la tète du parti des mécontents que Cet ouvrage a été traduit en anglais par J. Bonnyc,astle, Londres, 1815 Le libraire Jombert publia, en 1777, les Nouvelles Expériences sur la résistance des fluides, par d'Alembert, Condorcet et l'abbé Bossut fig. Bossut avait joint, à la suite de l'exemplaire de sa bibliothèque, le Journal des expériences . Ce fut sous ses yeux que d'Antelmy traduisit et publia les Traités élémentaires de calcul différentiel et de calcul intégral, par mademoiselle Agnesi, Paris,4775 Bossut joignit quelques notes à ce savant ouvrage. V—VE. Il faut cependant dire que souvent Bossut n'est que l'abréviateur de Montucla, et qu'il a plus d'une fois copié ses erreurs, ce qu'il eût évité s'il avait consulté d'autres ouvrages sur la même matière, et notamment l'Histoire des mathématiques de Kcestner, professeur à Goettingue. V—ve. l'intolérance religieuse forma dans la Transylvanie et dans la haute Hongrie, contre l'empereur Rodolphe II. Appuyé de l'alliance des Ottomans, il se déclara le protecteur de la religion réformée ; il lit des progrès si rapides que les magnats de Hongrie, les plus lidèles jusqu'alors A la maison d'Autriche, se virent forcés de se réunir à lui. Il se crut assez puissant pour dicter des conditions qui, à la vérité, furent rejetées. La guerre intestine continua; Bosthaï s'empara de Dotis et de Neuhausel. Avant cette époque, les habitants de Cassovie avaient chassé la garnison autrichienne, et ouvert leurs portes à Bostkaï. Son armée était composée (le Transylvains, (le hongrois et de Musulmans. Les peuples l'avaient élu prince ; Achmet 1" lui fit offrir de réunir la Transylvanie et la Hôngrie, et (l'en former un royaume en sa faveur : le grand vizir lui mit sur la tète la couronne qui servait autrefois aux souverains de la Servie et de la Bosnie. Ce chef prudent et sage se contenta de la qualité de prince, se borna à se faire craindre de ses ennemis, et à ménager (les amis dangereux. Bientôt les Ottomans euxmêmes eurent besoin de la paix, et Bostkaï se trouva en mesure de jouer le rôle utile et glorieux de médiateur. Le traité de Comore, de 1606, fut conclu, par son entremise, entre les impériaux et le sultan Achmet ; mais il avait auparavant obtenu de Rodolphe 11 les conditions de paix les plus honorables pour les Hongrois, et, pour luimême, l'investiture héréditaire de la Transylvanie, que les Turcs et les Allemands se trouvaient ainsi lui avoir donnée alternativement, sans y avoir plus de droit les uns que les autres. Le traité de Comore légitima pour lui une possession que la force et l'adresse lui avaient acquise. Bostkaï mourut pendant les négociations, ou peu après, le 28 décembre 1606 , regretté même (le ses ennemis. Il était courageux, habile politique, plein d'amour pour sa patrie, et de haine contre les princes autrichiens
  • Étienne BREVENTANO( 1500) : écrivain peu connu, né à Pavie dans le 16' siècle, a publié l'histoire de cette ville , ouvrage curieux et trèsrare : Istoria dell' antichità , nobilità e delle cose notabili della città di Paria, Pavie, 1570 On a du même auteur : Traaato dell' origine de' midi, de' 71011ii e della proprietà loro, Venise, 1571 Traitai della infrlicità e delle miserie da gli uomini, Pavie, 1575 La bibliothèque Ambrosienne de Milan possède en manuscrit plusieurs ouvrages inédits de Breventano, entre autres : Traitai° del terre- 'moto , raccolto da vaij autori antichi e moderni; 2' Traitai de' venli; Dirisione del corpo tonano; 4° Traitai delle comte , net quale si dichiara clic sieno e di quante sorti, con loi' portenti, signifi- cati, etc. A la lin d'un autre de ces manuscrits, sont écrits en italien, de la main du fils de l'auteur, ces mots qui nous apprennent la date de sa mort : « Ce « fut ici le dernier ouvrage de mon père; il acheva « de l'écrire le •4 juillet 1577, et mourut le 18 du « même mois. » 11 est bon d'avertir que Montfaucon s'est troné , en appelant Benerentano l'auteur de ces ouvrages manuscrits, qui n'est autre que notre Breventano.
  • Étienne BOUET : d'une noble famille d'Anjou, passa en Touraine. Il s'attacha à l'étude de la médecine, et après avoir été reçu docteur à la faculté de Paris, il y fut aussi nommé professeur. Il fut choisi ensuite pour ètre principal du collége de SteBarbe, et il en remplit les fonctions avec habileté jusqu'à sa mort, arrivée en 1497
  • Étienne BRODERIC : évèque de Watzen en Hongrie, Esclavon d'origine, se rendit utile au jeune Louis 11, roi de Hongrie, dont les États étaient menacés par les Turcs, fut envoyé à Rome pour y réclamer des secours, et chargé de se rendre ensuite auprès de François Pr , qui était alors prisonnier, il lui porta, de la part de Louis 11, des motifs de consolation , et lui offrit tous les services qui étaient en son pouvoir. De retour en Hongrie , ce prélat fut nominé chancelier, servit avec zèle le jeune et malheureux Louis II, qui était trop faible pour s'opposer aux Turcs , l'accompagna à l'armée et se trouva à la bataille de Mohatz avec ce prince , qui y périt. Broderie suivit ensuite le parti de Jean Zapol , et prêta son ministère à son inauguration. 11 mourut en 1540, avec la réputation d'un prélat recommandable par ses connaissances, et par son talent à concilier les intérêts des princes et à les ramener à la concorde. On a de lui une relation curieuse de la bataille de Mohatz , où périt presque toute la noblesse hongroise, publiée sous ce titre : de Clade Ludovici II, regis Hungarice ; on la trouve à la suite de la 2° édition des Rerum Hunga- ricarum Decades d'A. Bonlini , Francfort , 1581 Hanau, 1606 elle a été réimpr. sous le titre de Narratio de prcelio quo, ad Nohatzium, anno 1526, Ludoricus Hungarie rex periii, cum commentar. . 1.- G. Kuhnii, Strasbourg, 1688
  • Étienne BROUARD( 1765 - 1833) : né , le 29 août 176, à Vire, y exerçait la profession d'avocat lorsqu'il s'enrôla dans un des premiers bataillons , où il sauva par sa fermeté un avocat de Milan accusé faussement d'espionnage. Désigné pour faire partie de l'expédition d'Égypte, il quitta la Corse en 1798, resta à Malte comme chef d'étatmajor de la division Vaubois, et se distingua dans plusieurs occasions contre les Anglais et contre les habitants de l'île qui s'étaient révoltés. Blessé d'un coup de feu qui lui fracassa la mâchoire, et vivant en mauvaise intelligence avec Vaubois , il se vit obligé de retourner en France ; mais le vaisseau le Guillaume- Tell, sur lequel il s'était embarqué , ayant été attaqué par des forces supérieures, il fut conduit prisonnier en Angleterre. Bientôt échangé, il eut en 1805 le commandement de l'IleDieu. Les promotions qui accompagnèrent le couronnement de Napoléon lui, valurent le grade de général de brigade et celui d'officier de la Légion d'honneur. Il fit, en 1805 et 1806, les campagnes de Prusse et de Pologne, fut atteint d'un biscaïen au passage du Bug, et perdit un oeil par suite de cette blessure. Revenu alors dans l'intérieur, il fut fait baron et chargé du commandement de la LoireInférieure . Après la chute de Napoléon, Brouard fut nommé par Louis XVIII chevalier de StLouis et maintenu dans son commandement à Nantes. 11 s'y trouvait en mars 1815, et se montra fort dévoué à Bonaparte, qui le fit général de division. Le département de la LoireInférieure l'ayant élu membre de la chambre des représentants, il ne s'y fit point remarquer. Mis en demisolde après le retour (le Louis XVIII, puis en disponibilité, il ne fut confirmé dans le grade de lieutenant général qu'après la révolution de juillet 1830. Il mourut à Paris, en avril 1855. Ce général avait fait imprimer, en 1802, un mémoire de sa conduite à Malte où il s'était trouvé en opposition avec Vaubois
  • Étienne BRÉARD( 1680 - 1749) : poète latin moderne, naquit au Mans, en 4680. La pauvreté de ses parents, qui ne purent lui fournir un titre clérical de 50 liv. de rente, l'empècha de suivre sa vocation pour l'état ecclésiastique, et, à leur exemple, il demeura simple ouvrier en étamines. Une paralysie, dont il fut frappé à l'fige de soixantequatre ans, ne lui permettant plus de suivre ce travail mécanique, il s'occupa, dans les intervalles que lui laissait sa maladie, à traduire en vers latins différents ouvrages, dont le plus considérable est le poème de la Religion, par Louis Racine. Des fragments de cette traduction, insérés dans les Essais historiques et littéraires sur le Maine , font vivement regretter que l'ouvrage entier n'ait pas été imprimé. Le chancelier d'Aguesseau, informé des talents et de la malheureuse situation de cet homme intéressant, lui lit obtenir une médaille et une pension dont Bréard ne jouit pas longtemps, étant mort le 24 avril 1749
  • Étienne BRÉMONT( 1714) : né à Châteaudun , le 21 mars 1711, montra de bonne heure du goût pour les sciences les plus abstraites. Il fut successivement curé à Chartres, où l'avait appelé l'évêque (Demoutiers de Mérinvillej, pour travailler à un nouveau bréviaire ; chanoine de la cathédrale, et grand pénitencier de la même ville ; chanoine de l'église de Paris, membre de l'académie des Arcadiens de Rome, sous le nom d'Ombrano, et docteur de Sorbonne. Sa nomination au canonicat de Paris, en 1759, excita contre lui la jalousie. La Gazette ecclésiastique le diffama. Il fut surveillé par le parlement, qui, pour soutenir les prétendus miracles du diacre Paris, retenait beaucoup de prêtres dans les prisons. Les ursulines de StCloud ayant été accusées, en 1761, de prèter leur choeur aux convul- sionnaires, une visite fut ordonnée; l'abbé Brémont, qui n'avait pas été du nombre des commissaires, fut cependant décrété de prise de corps, et obligé d'errer pendant quatre ans. Invité par un prince d'Italie à venir auprès de lui, il obtint du roi même un passeport ; mais l'amour de son pays l'empêcha de le quitter, et lui fit négliger les avantages qu'on lui offrait dans la capitale du inonde chrétien. Il fut onze ans dans le bannissement volontaire ; ses biens furent annotés, et il ne reparut qu'après le rappel des prêtres en 1775. Nous avons de lui les ouvrages suivants : 1° Dissertation sur la notoriété publique des pécheurs scandaleux, etc., 1756. 2. Recueil de pièces intéressantes sur la loi du silence : ces deux eurent quelque intérêt quand la bulle Unigenitus troublait la France. 5° Lettres adressées à l'auteur de l'année littéraire, à l'occasion d'un nouveau plan de philosophie classique Paris, 1785 : elles ont eu plusieurs éditions. 4° Représentations à M. Necker, à l'occasion de son ouvrage : de l'Importance des opinions religieuses, Genève et Paris, 1788. 5° Apologie du Mémoire présenté au roi par les princes, relativement à la réunion des ordres , Paris, 1189 6° Examen de plusieurs projets de constitution 7° De la Raison dans l'homme, Paris, 1785-1787, 6 vol. Ce grand ouvrage, entrepris après un demisiècle de méditations, et désiré par le chancelier Bacon, nous montre, comme le disait un journaliste, « ces racines d'où les sciences tirent leur affinent, ce tronc commun qui les u nourrit, ces points de divergence où les branches « commencent à s'écarter les unes des autres, sans « se séparer. » II mérita à l'abbé Bremond un bref de Pie VI, le 16 septembre 1788, et les congratulations des cardinaux de Bernis, Borromée, Garanipi et des plus illustres.prélats français. On ne peut y reprendre qu'un peu de prolixité et des citations trop fréquentes. L'habile métaphysicien, en y accumulant des arguments invincibles contre l'incrédulité, y examine l'étendue des connaissances de l'homme, les bornes de ses facultés, l'origine de ses doutes, les causes de ses erreurs, les principes de sa certitude et les fondements de sa science. L'auteur voulait l'étendre encore bien davantage ; mais un érésipèle goutteux sur les jambes , et des chagrins devenus plus cuisants depuis l'emprisonnement de Louis XVI, le conduisirent an tombeau, le 25 janvier 1795
  • Étienne BURROUGH : navigateur anglais, après avoir été second capitaine du navire que commandait Chancellor lors de son premier voyage en Russie, fut expédié dans le nordest par la compagnie anglaise, qui faisait chercher un passage aux Indes pat' le nord. Il partit le 25 avril 1556, et, après avoir doublé le CapNord, il longea la côte septentrionale de !a Moscovie, toucha à la NouvelleZemble et aux îles de Waigatz, et arriva au 70° degré et demi de latitude boréale. Il poursuivit sa route à l'est, pour chercher l'embouchure de l'Oby, objet de son voyage; mais bientôt la constance des vents contraires, l'énorme quantité de glaces qui s'amoncelaient autour de lui, l'obscurité des nuits et l'approche de l'hiver, le forcèrent à rétrograder. Le 22 août, il quitta ces parages dangereux, et alla passer l'hiver à Kohnogori, près d'Archange!, espérant que l'été suivant il pourrait reprendre ses recherches ; mais il reçut ordre de se rendre à Wardochus, pour aller à la découverte de navires anglais dont on ignorait le sort. Il retourna en Angleterre. La relation de son voyage, qui nous a été conservée par Ilackluyt, annonce un marin actif et instruit. Il est le premier navigateur de l'Europe occidentale qui ait été aussi avant dans le nordest, et qui ait vu les Samoyèdes. Ses observations sont nombreuses et exactes. Il s'est glissé dans l'impression de sa relation des erreurs graves relativement à la latitude de quelques points importants. — Un autre BURROUGII fit aussi le premier voyage de Russie avec Chancellor, et, sous la reine Elisabeth, devint con- trôleur de la marine. Forster l'a confondu avec le précédent. — Enlin un troisième Benttouun fit un voyage en Perse vers la lin du 16° siècle. On en trouve la relation dans Hackluyt
  • Étienne CARNEAU : natif de Chartres, apprit parfaitement les belleslettres et ensuite la jurisprudence. Il exerça InOine les fonctions d'avocat au parlement de Paris. Dégoûté du monde, il &engagea, en 1650, dans l'ordre des célestins. 11 s'acquit, dans le temps , beaucoup de réputation par ses poésies latines et françaises, oubliées aujourd'hui. 11 mourut à Paris, le 17 septembre 1674.11 s'était composé Cette épitaphe : Qui jacet bic multum scripsit prosaque metroque, A tque latens spargit nomen in orbe suum. Prœclaras artes cotuit ; sed firmius unam, Illain prœcipue que bene obire docet . Le P. Carneau a été l'un des traducteurs des Voyages de Pietro della \Talle, 1663, 4 vol. ; Rouen, 4745, S vol. On a du même auteur la Stintrnimachie, ou le Combat des médecins modernes, touchant l'usage de l'antimoine, poème histori- comique, 1656 Becquet, dans son ouvrage sur l'ordre des célestins, p. 216, donne la liste de quelques autres opuscules de Carneau
  • Étienne COLONNA : frère du précédent, et seigneur de Fénarrano, avait été créé comte de Romagne par Nicolas I V, dès l'an 1290, et comme il parvint à une grande vieillesse, il fut, jusqu'au milieu du siècle suivant, le chef de la 'noblesse et du parti des Guelfes à Rome. A peine son frère Sciarra futil chassé decette ville, en 4328, qu'il y fut appelé pour être fait sénateur avec Bertoldo Orsini. Pendant près de vingt ans, dès cette époque, il vécut à nome plutôt en prince qu'en citoyen; mais son arrogance et son mépris pour les lois entretenaient l'anarchie que Colas de Rienzi voulut détruire en 1547. Le bonitat avait été établi par le tribun pendant l'absence d'Étienne Colonna, et ce chef de la noblesse fut obligé à son retour d'en jurer l'observation. A l'occasion d'une altercation qu'il eut depuis avec le tribun, celuici le condamna à mort, et lui envoya même des prêtres pour le confesser; cependant il lui lit gràce ensuite, croyant s'être ainsi acquis des droits à sa reconnaissance; mais Étienne, dès qu'il fut libre, arma ses vassaux de Palestrine pour attaquer les Romains; il entra dans la ville par la porte de StPaul, qu'on avait laissée ouverte : là, ses partisans, saisis d'une terreur panique, l'abandonnèrent. Il y fut tué avec son fils Jean, Pierre Agapit Colonna et plusieurs autres seigneurs de sa maison. S—S
  • Étienne CHAUVIN( 1640 - 1725) : fils d'un niaichaud de Ninies, où il naquit en 1640, fut ministre de la religion réformée. A la révocation de l'édit de Nantes, il chercha un asile en Hollande, et desservit pendant quelques années l'église française de Motterdam. Il devint ensuite pasteur de celle de Berlin, professeur de philosophie et inspecteur perpétuel du collée royal français 11e Gocknius, lui est encore préférable par la forme et par l'exécution. L'édition de Leuwar- den, 1715, iiifol., lig., est plus belle et plus esti- mée. b° De Naturali 1Ze1igione, 1695. 40 Eciaireis- sements sur un livre de la religion naturelle, 1695. 50 Nouveau Journal des Savants, commencé à Rotterdam, en 1694, et continué à Berlin jusqu'en 1698. Cet écrit, dans le genre de l'histoire des ouvrages des savants, par Basnage de Beauval, n'eut pas le meule succès; on y trouve plus d'érudition que de goût. 6. De Nora circa vapores Hypothesi, insérée dans les Aliscellanea Berolinensia. Chauvin mourut à Berlin, au mois de septembre 1725
  • Étienne CLAVIER( 1762) : savant helléniste, né à Lyon, le 26 décembre 1762, se livra de bonne heure à l'étude des langues anciennes et se fit remarquer au collège par ses succès. Il vint ensuite à Paris étudier la jurisprudence, et, en 1788, il acquit une charge de conseiller au Châtelet. La révolution le dépouilla de son emploi ; mais le gouvernement directorial l'en dédommagea en le nommant juge au tribunal criminel du département de la Seine, dès sa création : il y siégea d'une manière trèshonorable jusqu'à la réorganisation des tribunaux, en 1811. C'est lui qui, lors du procès de Moreau, loin de condescendre aux sollicitations de Murat, qui, pour obtenir la condamnation à mort du rival de Bonaparte, ajoutait que le premier consul n'aspirait qu'a lui faire grace, repoussa toutes ces insinuations par un mot devenu célèbre : « Et qui nous fera grâce à nous ? » Bonaparte ne lui pardonna jamais ce refus et col, réponse, et l'antipathie de l'exconseiller du Chatt-- let pour le potentat du jour devint de plus en ph,, marquée. Ce n'était point de l'opposition : Bonaparte ne la souffrait pas, et Clavier n'était pas assez haut placé pour en taire; mais c'était une indépendance un peu brusque, un peu fastueuse, quoique trèspacifique et naïve. On assure qu'il finit par rompre en visière avec un grand personnage qui lui demandait de ces petits setevices que trop souvent la justice rend tout en rendant des arrèts. La réorganisation de 1811 l'évinça des tribunaux : il s'en consola en se livrant à ses études favorites, parmi lesquelles la science du droit n'occupait que le troisième rang. Depuis 1809, il remplissait à l'Institut le fauteuil de Dupuis dans la classe d'histoire et de littérature ancienne ; et cette fois l'opinion, qui quelquefois contrôle et casse les arrêts des sociétés savantes, av:?;! été d'accord avec le choix des doctes membres. F t- fectivement, Clavier avait fait ses preuves, et cornuhelléniste et comme historien, par des pu blicatioe de quelque importance. Peu de temps après, ii fr nommé professeur d'histoire au collège de Franc.• en rendant justice à tout ce qu'il déployait d'értnl - fion et de recherches consciencieuses dans cette nivelle carrière, beaucoup d'auditeurs reculèrent de- vant l'aridité de sa méthode et la pesanteur de ›, - formes. Le retour des Bourbons valut à Claviel comme à presque tous les académiciens, le ruban la Légion d'honneur 150 septembre 1814), et, le 28 ; — Histoire de la famille athénienne des Callias ; — sur l'Époque précise d'Apollodore, tyran de Cassandrée. 70 Dans le Magasin encyclopédique, une Dissertation sur l'état de la législation. chez les anciens, relative / 'avortement. 80 Plusieurs articles dans la 1" édition de la Biographie universelle. Le nouveau recueil de l'académie des inscriptions, t. 7, contient une notice sur Clavier
  • Étienne CLAVIÈRE( 1735) : naquit le 27 janvier 1755, à Genève, où il fut banquier. Ce petit pays, rempli d'hommes à talents, était alors une sorte d'école de politique , où chacun dissertait et écrivait sans cesse sur la meilleure manière de constituer les États et de gouverner les peuples. On sait quelle fut dans le 48e siècle l'influence des écrivains de Genève sur les opinions des Français. Clavière prit une part trèsactive aux débats qui agitaient sa patrie, et en fut expulsé à la suite des troubles qu'entrainent ordinairement de pareilles discussions. Il vint se réfugier à Paris, où il s'occupa d'abord d'opérations Ide banque avec quelques fonds qu'il avait apportés de son pays. C'est à lui que les financiers de place, dans cette ille , doivent la plus grande partie de leur savoir dans le jeu de la bourse et l'art de trafiquer sur les effets publics. Sans doute, à cette époque, ! ce qu'on appelle agiotage n'était point inconnu en France ; mais, avant les leçons de Claviere , il s'y faisait avec peu d'assurance et de succès. Lors de la révolution, Clavière crut, comme tous les étrangers, que ce qu'il avait de mieux à taire était de prendre parti parmi les réformateurs , qui avaient besoin . d'auxiliaires et s'empressaient de recevoir tous ceux ' qui se présentaient, de quelque pays qu'ils arrivassent : un Genevois surtout ne pouvait etre qu'une acquisition excellente. Mirabeau, qui, pour faire réussir ses projets, avait besoin d'hommes adroits et réfléchis, l'accueillit avec bienveillance, se l'attacha comme coopérateur, et en lit plusieurs fois le plus grand éloge dans les premières séances de l'assemblée constituante. Alors un mot de cet homme célèbre suffisait pour faire une réputation, présent dangereux qui a pu faire la fortune de quelques personnes, mais que d'autres ont payé bien cher. Claviére ne fut point ingrat envers son panégyriste : il lui lut utile toutes les fois qu'il eut à traiter quelque importante question de finances, et particulièrement dans ses attaques contre le ministre Necker, son compatriote, qui , comme on sait, fut précipité par Mirabeau du faite de la grandeur. Clavière se lia ensuite avec Brissot, qui ne cessa aussi d'en faire l'éloge dans son journal et à l'assemblée législative, et l'entraîna dans son parti et dans toutes ses associations politiques. Quoique étrange", il fut, en 1791, nommé député suppléant à l'assemblée législative par les électeurs du département de Paris. La démission de IVIonneron , député titulaire, lui laissa la faculté d'y prendre place ; mais il préféra le ministère des finances, auquel il fut porté au mois de mars 1792, par le parti de Brissot, qui, après la chute du malheureux Delessart, força le roi de renvoyer tous ses ministres et de recevoir ceux qui lui furent désignés par la faction triomphante. Peu de temps aprèsCla- vière ayant destitué sans ménagement le directeur des postes, cet acte excita contre lui de vives réclamations , et il ne put rester en place que jusqu'au mois de juin, époque à laquelle les constitutionnels reprirent momentanément le dessus, et formèrent un nouveau ministère ; mais après la révolution du aoùt , à laquelle on ne croit cependant pas qu'il ait pris part , Clavière rentra en pleine faveur, et devint membre du conseil exécutif, qui fut substitué au gouvernement de Louis X VI. Tant que les Girondins purent faire face à leurs adversaires, il resta courageusement au poste diflicile où ses amis l'avaient placé, malgré les attaques de Robespierre et de sa terrible faction, qui le dénonçaient tous les jours avec fureur. Frappé l'un des premiers après les événements du 51 mai 1795, Clavière fut arrêté le 2 juin, lorsque les députés républicains essayaient encore de disputer la victoire , et décrété d'accusation le 9. Des considérations politiques firent cependant différer son jugement, ou plutôt son supplice, jusqu'au 9 décembre suivant. Le 8, le geôlier lui apporta la liste des témoins et des jurés qui devaient déposer et prononcer dans sa cause. N'y voyant que des révolutionnaires furieux et ses plus mortels en- nemis, il fut convaincu qu'il n'y avait point de rémission à espérer, et il aima mieux se donner luimême la mort que de la recevoir sur l'échafaud. Il s'enfonça pendant la nuit un large couteau dans le sein, et fut trouvé mort le lendemain dans son lit. S'il faut en croire madame Roland, qui fut à même de le connaitre, le ministre genevois était opiniàtre, irascible et d'un caractère despotique et difficile. Travailleur et homme de cabinet , il ne se mettait point en scène comme la plupart de ses amis. On lui a reproché des exagérations, comme à tous les hommes qui ont joué quelque rôle dans ces temps déplorables; niais on ne cotillon point de faits qui puissent flétrir sa mémoire. Les personnes qui l'ont connu dans son intimité certifient qu'il était bon époux et bon père. Sa femme s'empoisonna deux jours après sa mort. Quoiqu'a portée d'acquérir de grandes richesses, il laissa presque dans le besoin sa tille unique, qui se retira à Genève. On a de Clavière plusieurs mémoires et opuscules, particulièrement sur des questions de finances. 1° Lettres à M. le comte de Vergennes, 1780 2° De la Foi publique envers les créanciers de l'Elat: Lettres à M. Linguet sur le numéro 116 de ses Annales politi- ques , Londres, 1788 30 Le Moniteur, avec cette épigraphe : Major rerum nascitur ordo, 1788, brochure qui parut secrètement, et qu'on ut tribue à Condorcet, à Brissot et à Clavière. 4° Opi : ilion d'un créancier de l'Etat sur quelques matières de finances importantes dans le moment actuel, Londres et Paris, 1789 5° Dissection du projet de M. l'évéque d'Autun sur l'échange universel el direct des créances de l'Etat contre les biens natio- naux, etc., 1790 60 Lettres à M. Cerulti, sur les prochains arrangements des finances, 1790 70 Réponse au mémoire de M. Necker, concernant les assignats, etc., 1790 80 Adresse de la société des Amis des noirs à l'assemblée nationale , â toutes les villes de commerce , etc., Paris, 1791 9° De la Conjuration contre les finances, et des me- sures à prendre pour en arreter les effets, 1792 100 Du Monétaire métallique, ou de la Né- cessité d'une prompte refonte des monnaies , etc., 1792 , brochure 8°. li a fourni des articles aux journaux dits patriotiques, et particulièrement à la Chronique de Paris, et il a eu beaucoup de part au livre intitulé : de la France et des Etats- Unis, qui forme le 5` volume du Nouveau Voyage dans les Etats- Unis de l'Amérique septentrionale par Brissot
  • Étienne CORAL : né à Lyon, fut le premier qui, en 1472, importa l'imprimerie à Parme ; les éditions qu'il y donna, en 1475, des poésies de Ca- tulle, et des Sylves de Stace, en 1476, des oeuvres de Pline l'Ancien, et en 1477 de celles d'Ovide, sont fort esti inées. Voy. les Lettres Lyonnaises de M. Breghot du Lut, et ses Nouveaux Mélanges, p. 510 ). Trompé par les bibliographes italiens, Laserna de Santander a signalé comme le plus ancien imprimeur de Panne André Portilia, qui a publié le Cament° di Fr. Filelfb ai trionfi di Fr. Petrarca avec la date du 6 mars 1475; mais ce livre ayant w imprimé avant Pàques, c'est-àdire ett 1474, nouveau style, la priorité reste à Coral, qui a édité son Catulle, daté de Parme, le 50 octobre 1574
  • Étienne COULET : médecin , descendait d'une famille française réfugiée en Hollande après la révocation de l'édit de Nantes. Il parait que, ne trouvant pas assez de ressources daels la pratique de. son art, il se mit aux gages des libraires, sans aug- menter de beaucoup sa réputation ni sa fortune. Coulet est un des nombreux. écrivains qui ont essayé de réformer notre orthographe, projet tenté bien avant lui, et fenouvelé depuis par des hommes qui lui étaient infiniment supérieurs, mais avec aussi peu de succès. Il vivait en 1730; on ignore la date de sa mort. Ses ouvrages sont : •1° L'art de conserver la santé des princes , auquel on a ajouté PA ut de conserver la santé des religieuses, et les Avantages de la vie sobre, par Cornaro, avec des remarques aussi curieuses que nécessaires, Ley- On a cinquante lettres de celte dame et dixneuf de sou mari, dans le Supplément aux lettres de madame de Sériginé, Paris, 17:; _ de, 1724 Ces trois opuscules sont traduits du latin de Ramazzini ; mais Coulet, qui n'aurait sans doute pas été fâché qu'on l'en crût l'auteur, ne l'a pas nommé dans la préface, qui n'est ellemême qu'une traduction abrégée de celle de Ramazzini. Cette réticence coupable a été signalée dans le Dictionnaire des anonymes de Barbier, n° 22051. 2° Nouveau système de grammaire fran- çaise, ibid., 1726. Cet ouvrage doit être de la plus grande rareté, puisqu'il n'est connu que par l'indication que Coulet en donne luimême dans la préface de la traduction de Freind. On sait seulement qu'il y établit la nécessité de modifier l'orthographe et d'en adopter une plus conforme à la prononcia- tion. 3° L'Histoire de la médecine, traduite de l'anglais de Freind, ibid., 4727 et 3 vol. Cette version, revue par Freind, qui y ajouta quelques notes; n'en est pas moins oubliée depuis longtemps, parce que l'orthographe bizarre du traducteur la rendait trèsdifficile à lire. . 11 en parut une nouvelle édition, Paris 1728 pubuée par le médecin Senac; et c'est la seule dont on se serve maintenant. 5' Éloge de la goutte, Leyde, 1728 havait paru l'année précédente un autre ouvrage sous le même titre, par Coquelet . Celui de Coulet a été reproduit en 1743 sous le titre du Goutteux en belle hu- meur. Quelques curieux recherchent encore cette facétie. 5° Disputatio medica de ascaridibus et lum- brico lato , ibid., 1728 Cette dissertation fut réimprimée par l'auteur, avec quelques additions, sous le titre de Tractatus de ascaridibus, etc., ibid., 1729 et 2 pl. Le système qu'y veut établir Coulet sur la génération des vers intestinaux n'a pas pu soutenir le moindre examen
  • Étienne CZARNIECKI( 1599) : célèbre général polonais, né en .1599 , fit ses premières armes en Lithuanie contre les Russes, et en Ukraine contre les Cosaques; par sa valeur et par ses talents, il s'éleva des derniers rangs jusqu'aux premiers gracies dans l'armée. En 1655, après avoir été nommé castellan de Kiow, , il fut rappelé en Pologne, pour servir contre CharlesGustave, roi de Suède, qui venait de déclarer la guerre au roi Jean Casimir . La noblesse de la grande Pologne, par la lâcheté de sa conduite, avait ellemême facilité les progrès de Gustave, qui s'était emparé, de cette province, de la Cujavie et de la Mazovie ; il était entré triomphant dans Varsovie; Casimir s'était retiré en Silésie avec la reine son épouse. Czarniecki, avec une poignée de braves, se jeta dans Cracovie , en promettant au roi de tenir jusqu'à la dernière extrémité, afin de donner aux généraux qui se trouvaient de l'autre côté de la Vistule le temps de prendre leurs mesures. Gustave arrive devant Cracovie ; indigné qu'une place si faible osât l'arrêter, il mit tout en oeuvre pour corrompre ou intimider Czarniecki, qui ne se rendit qu'après un siége de deux mois, lorsqu'il se vit hors d'état de repousser l'assaut, et après avoir obtenu une capitulation honorable. De là il passa en Silésie, auprès du roi Casimir, qui , à la sollicitation de Czarniecki, se rendit à Lemberg, où les troupes polonaises se rassemblaient. On confia à celui qui avait défendu Cracovie avec tant de gloire le commandement de la petite armée qui faisait tout l'espoir de la monarchie ; Czarniecki voulut arrêter CharlesGustave à Golemba , mais il était trop faible ; il se retira avec perte. Le 20 mars 1656, il surprit et cerna l'avantgarde suédoise qu'il avait attirée au delà de la San ; Gustave , qui était sur la rive gauche, vit enlever 3,000 hommes de ses meilleures troupes, sans pouvoir les secourir. Surpris luimême à Budnik , il ne se sauva qu'avec peine, par la vitesse de son cheval : c'est dans cette occasion que sa vaisselle et ses effets de campagne tombèrent entre les mains des Polonais. Les descendants de Czarniecki montrent encore aujourd'hui, dans le magnifique château qu'ils ont bâti à Bialistek, une partie de ces trophées, entre autres, un étendard brodé en argent, ayant une branche d'arbre au milieu, avec les lettres C. G. R. S. . Czarniecki entra dans Sendomir, pèlemêle avec l'ennemi, qu'il surprit à Koziennice, à Warka et à Lowiez, d'où il se jeta dans la grande Pologne. Les grands du royaume avaient repris courage en voyant qu'un seul homme osait s'opposer aux Suédois, qu'ils avaient crus invincibles. Casimir était rentré dans sa capitale; mais au lieu de partager son armée, pour suivre ce système de petite guerre auquel Czarniecki devait ses succès, ce prince livra une grande bataille qu'il perdit : il se sauva à Dantzig , et ses affaires paraissaient plus désespérées que jamais. Czarniecki ne perdit point courage ; il parcourut à la tête de son corps les bords de la Vistule, et revint sur la grande Pologne, toujours inquiétant et harcelant l'ennemi. La reine Louise était restée à Czenstochow; elle prit la résolution d'aller à Dantzig, pour y partager le sort de son époux. A sa prière, Czarniecki se chargea de l'escorter. On était arrivé à Choynice ; Czarniecki vient apprendre à la princesse, qui reposait encore , que , pendant la nuit, un partisan suédois était tombé sur un régiment de l'escorte, et qu'après l'avoir dispersé , il avait emmené un grand nombre de prisonniers : « Je dois, ajoute Czarniecki, me venger et aller « délivrer mes camarades ; mais je serais obligé « de prendre avec moi presque toute votre escorte, · et je vous laisserais dans de grandes inquiétu- « des. — Allez, dit la princesse, allez, brave che« valiez, ne pensez pas à moi ; Dieu vous conduira « et vous ramènera victorieux. » Czarniecki revint le même jour, chargé de dépouilles et avec un grand nombre de prisonniers. Cependant il dit à la reine qu'il ne parviendrait que trèsdifficilement à la faire entrer à Dantzig; qu'il agirait plus utilement , s'il allait seul avec sa troupe , et s'il pé nétrait dans la place , pour en sortir avec le roi, afin que le prince se montrât dans le royaume, pour réveiller, par sa présence, l'espoir de ses partisans. La reine ayant adopté cet avis, il la reconduit à Czenstochow , et paraît devant Dantzig. Se voyant trop faible pour tenter le passage de force, il prend subitement la fuite ; il attire jusqu'à Plock, sur la rive droite de la Vistule,. trois corps, que le général commandant le siége avait détachés contre lui ; au moment où on le croyait cerné, on apprend qu'il est sur la rive gauche, et qu'il vient d'entrer à Dantzig, après un mouvement dont on ne concevait pas la rapidité. 11 fut reçu dans la place avec des démonstrations extraordinaires de joie ; le roi l'embrassa en présence de la garnison, et des habitants, l'appelant le libérateur de la Pologne. Ayant trompé l'ennemi par une fausse attaque, Czarniecki sortit de la place , à la tête de 3,000 chevaux, emmenant Casimir avec lui; il escorta ce prince jusqu'à Czenstochow , qui était alors, comme l'observent les historiens polonais, ce qu'avait été autrefois Orléans pour Charles VII. Le roi donna à Czarniecki le palatinat de la Russie Rouge, avec deux starosties. Profitant de l'épuisement où se trouvait la Pologne, le prince de Transylvanie venait de lui déclarer la guerre; Czarniecki marche contre lui, le rejette dans ses États, et le force d'accepter les conditions de paix qu'on lui prescrit : le traité fut signé le 23 juillet 1657. CharlesGustave avait quitté la Pologne pour faire la guerre aux Danois ; Czarniecki entre dans la Poméranie, pénètre jusqu'à Stettin ; il va au secours des Danois et chasse les Suédois de Pile d'Alsen. Les Russes ayant déclaré la guerre à la Pologne, il revient en Lithuanie , et contribue à la victoire sanglante que l'on remporte sur eux , le 27 juin 1660, ilolonka. Ayant été détaché contre les Cosaques, il se jeta de Polock sur Kiow, passa le Dniéper, et s'empara de plusieurs places que les Cosaques avaient sur ce fleuve. Le roi avait indiqué une diète extraordinaire ; Czarniecki s'y rendit. Imitant les anciens Romains, il fit le 7 juin 166l son entrée triomphante à Varsovie, au milieu des cris de joie et des acclamations d'un peuple immense, qui s'était rassemblé pour jouir d'un spectacle si extraordinaire. Étant entré dans la salle III de la diète, il présenta au roi, assis sur son trône, 150 drapeaux pris à l'ennemi, et 26 prisonniers de distinction. Par ordre du roi , le chancelier de la couronne remercia Czarniecki. Le roi proposa à la diète de lui donner à perpétuité le comté de Tykoczin, avec Bialistock et ses dépendances. Quelques voix s'élevèrent contre cette proposition. « Si « vous pensez, dit le prince avec émotion, que les « services que Czarniecki nous a rendus soient au« dessous de la récompense que je demande pour « lui, mettez donc aussi dans la balance tout ce « qu'ont fait les Jagellons, mes ancêtres, et déci(«lez. » Ces paroles réunirent toutes les voix. On montre encore à Bialistock le diplôme de donation conçu dans les termes les plus honorables. Après la diète, Czarniecki retourna à l'armée, et il mourut où il avait vécu, c'est-àdire, dans son camp, âgé de soixantecinq ans , au milieu d'une campagne glorieuse qu'il faisait contre les Cosaques en 1664. Les historiens polonais le nomment le du Guesclin de leur nation. On trouvera des détails plus étendus sur sa vie dans le tome 2 de la Biographie que M. Thadée Mostowski a publiée en polonais, Varsovie, 1805
  • Étienne DELAULNE( 1520 - 1595) : orfévre, dessinateur et graveur au burin, naquit à Orléans, en 1520. On voit par la date de ses ouvrages, publiés pour la plupart vers 1550, que c'est à Strasbourg qu'il cultivait l'art de la gravure. Plein d'une activité et rempli d'amour pour son art, il a fait un nombre d'ouvrages trèsconsidérable. L'abbé de Marolles possédait de cet artiste plus de 318 pièces pour la plupart de petit format. Il a reproduit avec beaucoup de succès différents morceaux de MarcAntoine ; mais la plus grande partie de sec productions sont exécutées d'après ses propres dessins. Le burin de ce graveur est remarquable par son extrême délicatesse et sa légèreté. Ses sont pleines de facilité et de noblesse ; on y distingue une foule de figures touchées avec goût ; on pourrait cependant désirer un peu plus de correction dans le dessin. C'est à tort que Pa- pillon lui attribue les gravures en bois d'une édition de Pétrarque, publiée à Francfort en 1572 ; De- laulne n'ajamais gravé en bois, et la date de 1520, qu'on voit sur une de ces gravures, année de la naissance de cet artiste, prouve qu'il n'a pu les exécuter. Le S couché pie l'on y remarque est le chiffre d'un graveur allemand inconnu. Les estam- pes de Delaulne sont ordinairement signées Ste- phallus. D'autres fois, il n'y mettait qu'un S seul, ou bien les lettres S. F . Les gravures de ce maître que l'on recherche le plus, sont les douze mois de l'année, trèspetites pièces en rond ; 30 petites pièces en travers de l'Histoire de l'Ancien Testa- ment, commençant à la chute d'Adam et finissant aux couches de Thamar ; les Trois Grcices, petite pièce en hauteur d'après l'antique ; le Serpent d'airain, d'après Jean Cousin ; des copies en petit des estampes de MarcAntoine représentant la mort de Goliath, le massacre des Innocents, l'enlèvement des Sabines, les travaux d'Hercule, le martyre de Ste. Félicité, etc., Léda, d'après MichelAnge et plusieurs belles frises et sujets de l'histoire an- cienne, d'après ses propres dessins. Delaulne travaillait également pour les damasquineurs et metteurs en œuvre. 11 mourut vers 1595
  • Étienne DAOYZ : bénédictin et chanoine de Pampelune, trèshabile dans le droit civil et canonique, dont il a facilité l'étude par des tables ou index très-éteddus. Celui du droit civil, imprimé à Venise, 1610 forme le 70 volume du corps de droit avec les gloses, Lyon, 1612-1627. Il a été réimprimé à Milan en 1742, 4 vol. Celui du droit canonique forme aussi un vol. Bordeaux, 1613. Daoyz mourut en 1619
  • Étienne DANIELLI( 1656) : né en 1656 à Butrio, dans le Bolonais, étudia la médecine à l'université de Bologne, fut choisi, peu de temps après avoir obtenu le doctorat, pour occuper une chaire, et parvint à la dignité de recteur de l'institut. Cette Académie célèbre lui consacra, en 1719, un mon( unent , qu'il eût mieux valu ne lui élever qu'après sa mort. Les ouvrages de Danielli sont plus nombreux qu'intéressants. Aucun n'est audessus dela médiocrité : I° Ani madversio hod ierni stems med ici n practicœ, Venise, 1709 L'auteur publia en 1719 un supplément à ces réflexions peu importantes ; 2° 'Vita prœceptoris sui Joannis Hieronymi Sbaraleœ, Bologne, 1710 Les erreurs les plus évidentes de Sbaraglia, les reproches calomnieux, les injures grossières qu'il adresse au savant Malpighi, sont dissimulés, ou même préconisés par le biographe, avec la partialité d'un disciple enthousiaste qui veut louer son maitre, per [ as et nefas. Raccolta di questioni intorno a cose di bonatica, notomia, filosofia e medicina, agitate tra il Malpighi e le Sbaraglia, Bologne, 1723 Cette production est entachée des mêmes défauts que la précédente. Danielli donna une éducation si brillante à sa fille unique Laure, et celle- ci en profita si bien, qu'elle mérita d'occuper une place distinguée parmi les femmes illustres. Les langues, la philosophie et la géométrie lui étaient tellement familières, que plusieurs fois elle disserta publiquement et avec un succès éclatant sur ces matières
  • Étienne DUPERAC( 1500 - 1601) : architecte, né à Paris au commencement du 16e siècle, mourut dans la même ville en 1601 . Il alla de bonne heure en Italie, s'adonna à Rome à l'étude de l'architecture, dessina l'église du Vatican et les Antiquités romaines, qu'il grava ensuite. A son retou r en France, Henri 1V le nomma architecte. Duperac avait étudié dans leur ensemble tous les arts du dessin ; il se délassait des travaux de l'architecture par la gravure et la peinture; il peignit à Fontainebleau, dans la salle des bains, cinq sujets de Dieux marins et les Amours de Jupiter et Calisto ; il grava nu grand nombre de paysages d'après le Titien. Il dédia en 1573 une Vue perspective des jardins de Tivoli à Catherine de Médicis; il était alors à Rome : marque est S
  • Étienne DOLET : commentaires, quand ses amis lui désigdèrent l'étude de la jurisprudence comme un moyen de s'onvi:ir une carrière à la fois plus honorable et plus lucrative. Dolet se rendit à Toulouse, où déjà sa réputation d'homme éloquent l'avait si bien précédé, que d'abord il fut choisi pour orateur par les élèves de la nation de France. Le parlement de Toulouse favorisait, à la vérité, les études universitaires, niais sans vouloir que ces nations fissent corps. 11 proscrivait donc comme dangereuse toute association du même genre. Dès son premier discours, le hardi Dolet, non content d'attaquer de front les principes d'après lesquels le parlement de Toulouse rédigeait ses arrêtés, poussa l'audace jusqu'à traiter d'ignorants et de barbares les magitrats qui les signaient. Par les éloges fp l'il prodiguait aux élèves de la nation française, il semblait de plus jeter le gant aux orateurs des autres nations. L'orateur d'Aquitaine le releva ; Dolet dans un second discours en réplique, multiplia tellement les injures qu'il fut mis en prison. Un arrêt solennel, outre la peine du bannissement, prononça contre le téméraire une amenée honorable en vertu de laquelle, conduit dans les grandes rues de Toulouse, il expia par cette humiliation l'outrage fait aux magistrats comme à l'orateur d'Aquitaine. Puni comme prosateur, Dolet se vengea comme poète, en consignant sa déplorable histoire dans une ode satirique dirigée contre ses juges. Sa disgrâce ne lui fit perdre aucun ami ; nous apprenons par ses lettres qu'en ces circonstances délicates, Jacques Minut, président du parlement de Bordeaux, après avoir professé le droit à l'université d'Orléans, se joignit à l'un des présidents de riubouse même pour hâter la dtilivrance de la victime des autres magistrats. La ville de Lyon offrit un asile à Dolet ; il y fut poursuivi par la calomnie qui l'accusa d'exprimer dans ses discours des opinions trop favorables à celles de Luther. Notre savant s'en plaignait comme d'une injustice, dans un discours dont il préparait l'impression, quand il fut attaqué d'une longue et dangereuse maladie pour laquelle ses médecins lui conseillèrent l'air de Pa- ris. Dolet, de retour à Lyon l'année suivante, se fit de nouveaux ennemis en traitant le célèbre Eras- me de la manière la plus outrageante dans son dialogue de bnitatione Cicerortiana. Malgré le des- sein avoué de se fixer à Lyon,le turbulent écri- vain se vit de nouveau contraint de fuir, et cette fois avec le remords d'avoir tué un homme. Il ne parut qu'un instant dans Orléans, sa patrie, avant de se rendre à Paris, où son intention était moins de se cacher que de reconquérir sa liberté. 11 y parvint eu attirant tellement sur lui l'attention de François I", qu'il obtint sa grâce et la permission de rentrer dans Lyon. L'âge, les conseils et l'expérience lui rendirent pendant quelques mois une tranquillité d'esprit dont il profita pour établir dans Lyon une imprimerie qui lui servit à publier ses ouvrages. Mais une vie paisible se trouvait audessus des forces de Dolet : son caractère satirique lui ouvrit encore deux fois les prisons de Lyon. A peine sorti de la première, par la protection de Pierre Duchâtel, alors évêque de Tulle, de nou- veaux écarts motivèrent sa seconde arrestation, à laquelle il mit un terme prompt par un stratagème dont il se servit heureusement pour endormir son geôlier. Dans sa retraite du Piémont il eut recours à sa plume pour tracer, au moyen d'un nouveau pOème, l'historique de ses malheurs et l'apologie de sa conduite. D'autres plaintes contre les complots de ses ennemis furent consignées dans sa lettre à François I", par laquelle il demandait justice et permission de reprendre son imprimerie. Ses ennemis acharnés .donnèrent bientôt une autre forme aux accusations multipliées contre Dolet. Dès qu'ils apprirent que le prince accordait grâce, ils recoururent à la Sorbonne, qui demanda que, pour condition à l'entériment des lettres de grâce, le parlement obtint que plusieurs livres de Dolet seraient publiquement brûlés , comme trop favorables aux nouvelles opinions ; ce qui fut exécuté le jour même de la requête, sous la date du 14 février 1543. L'arrêt jeta longtemps l'écrivain dans la consternation ; mais , quelques mois après, il poussa si loin l'indiscrétion de ses discours, qu'il fut arrêté ; mis en prison et condamné au feu, sans qu'on sache bien clairement si le crime qui motiva cet arrêt terrible tenait 411X nouvelles opinions ou à l'athéisme , Les contemporains varient sur la date de son exécution : celle du :3 août 1546 nous parait la plus probable. Ainsi finit un savant digne d'un meilleur sort et que ses premiers malheurs devaient mettre en garde contre tin caractère dont la turbulence semblait présager une fin tragique. Dolet, comme écrivain, n'a mérité ni les éloges outrés de ses amis, ni les critiques injurieuses de ses adversaires. Sans être un nouveau Cicéron, ainsi que le dit Marot , ni le chantre et l'aposthume des Muses, selon l'expression triviale de Scaliger, comme savant et comme imprimeur, il fut un de ceux qui, sous François ler, contribuèrent le plus à la renaissance des lettres. 11 était plus savant que ne le comportait son siècle, ne se distrayait du travail le plus opiniâtre que pour Calvin, fort léger en fait d'accusations, Jules Scaliger, ennemi de Dolet, et placé tresloin du lieu de la scène ; Pratéolus, qui met grand nombre de simples luthériens et autres reformés dans son catalogue des athées, ne donnent d'autre cause au supplice du malheureux Dolet, que son athéisme. Cependant, si l'on tait ;Mention que dans le grand nombre de pièces composées par lui sur ses divers,emprisonnements, il ne paraît occupe qu'a se justifier de l'accusation de luthéranisme ; que les livres qu'on reprochait d'avoir imprimes, et ceux qui furent livres aux gammes à son occasion, ne contenaient que les nouvelles Opinions PD.
  • Étienne DUCK( 1700) : poète anglais, plus remarquable par sa destinée que par ses talents, naquit de paysans pauvres, dans le voisinage de Kew, vers le commencement du 18e siècle. Lire et écrire l'anglais, et un peu d'arithmétique, fut toute l'instruction qu'il reçut dans ses premières années ; et, encore occupé d'un travail pénible et presque continuel, eutil bientôt oublié une partie de ce qu'il avait appris à l'école. Il avait vingtquatre ans et il était marié, lorsqu'il forma le projet de suppléer lui- même à l'imperfection de son éducation. Privé du secours des livres, et sans argent pour en acheter, il eut recours à un travail forcé qui lui procura nn surcroît de salaire et les moyens de satisfaire son inclination. Il se vit bientôt assez riche pour acheter quelques traités d'arithmétique et d'arpentage, qu'il se rendit familiers dans les heures qu'il dérobait au sommeil. Un de ses amis, animé comme lui du désir de s'instruire, et récemment arrivé de Londres, où il était domestique, en rapporta quelques bons livres anglais, qu'ils étudièrent ensemble. Duck avait un goût naturel pour la poésie, que la lecture du Paradis perdu vint alors fortifier. Ce poème avait été pour lui l'objet d'une étude particulière, et il l'avait lu et relu plusieurs fois à l'aide d'un dictionnaire, avant de le pouvoir bien comprendre. Déjà souvent, au milieu de ses travaux journaliers, il avait essayé d'exprimer ses pensées en vers; il s'enhardit jusqu'à les confier au papier. Ces premiers essais lui firent un certain renom dans son pays. En 1129, un gentilhomme ami des lettres désira le voir, et après s'être entretenu quelque temps avec lui, l'engagea à lui écrire une lettre en vers. 11 le fit, et cette épître est celle qui termine le recueil de ses poésies, bien que ce soit la première pièce de .quelque étendue qu'il ait produite. Sa réputation commença alors à se répandre hors de son N'Otage ; plusieurs ecclésiastiques l'encouragèrent et lui tirent des présents ; la reine Caroline ayant vu quelquesnus de ses essais poétiques, le prit sous sa protection et lui accorda une pension suffisante pour le rendre indépendant du besoin. Il parait que cette fa% cur sembla trop considérable aux beaux esprits de ce tempslà ; le docteur Swift s'abaissa jusqu'à s'en montrer jaloux; du moins publiatil à cette occasion une épigramme en jeux de mots sur Etienne le batteur en grange et le poète favori, qui, aprè avoir battu le blé, se battait maintenant la cervelle, et en diminuant ses fatigues doublait ses profits. Duck, muni de ''quelque connaissance du latin, entra ensuite dans les ôrdres, fut nommé chapelain d'un régiment de dragons, puis ministre de Byfleet dans le comté de Surrey, et se fit une certaine réputation populaire comme prédicateur. Il se délassait de ses fonctions ecclésiastiques en cultivant la poésie ; mais à cette époque de prospérité apparente il était réellement plus malheureux que dans son premier état : par l'effet du défaut d'exercice corporel, et sans doute aussi par quelque cause morale, ii était tombé dans une sombre mélancolie. Au re tour d'un voyage dans son pays natal, il se p cipita dans la Tamise , du haut d'un pont , de Reading, et se noya en 1736. Ses poésies composent principalement de fables et de pià fugitives. 11 a joui longtemps d'une certaine rép tation, qui s'est promptement affaiblie, et on le cite plus guère aujourd'hui que pour le hiurn en ridicule , surtout depuis que Robert Dun enlevé comme lui au travail de- la charrue , p, le goût des lettres , a déployé un talent si stip rieur
  • Étienne DURAND( 1667) : jurisconsulte, né à Réthel, le 6 janvier 1667 , exerça la profession d'avocat dans cette ville, où il se fit estimer par ses lumières et sa probité. On lui doit : lu Coutume du bailliage de Vitry en Perthois, avec un co? imentaire, une Description abrégée de la noblesse de France, et un Indice alphabétique des villes , bourgs et villiiges régis par la couiume de Vitry, Chàlons , 1722 Le commentaire, beaucoup plus étendu que celui de Saligny, a le mérite d'offrir l'exposé de ses opinions, qui sont quelquefois discutées avec sagacité et combattues victorieusement. L'indice alphabétique fait connaître plusieurs particularités intéressantes qui concernent cette partie de la Champagne nommée le Perthois. Ce travail coûta quatorze années d'études et de recherches à son auteur. Le Dictionnaire des anonynies attribue à Durand une Introduction au barreau , ou Dissertation sur les choses principales qui concernent la profession d'avocat, Paris, 1686 Mais l'abbé Bouilliot , t. 1, p. 393) pense que cet ouvrage ne peut être de l'avocat réthelois , puisqu'il n'avait que dixsept ans lors de sa publication. Il présume qu'un autre Durand, greffier du domaine de Réthel , en 1669 , doit être regardé comme l'auteur de ce livre. Par la même raison, on ne peut admettre avec la Biblicthèque de droit de Camus , qu'Etienne Durand ait composé une conférence dela Coutume de Paris , qui se trouve à la suite de celles de Montargi,, appelées anciennement de Lorris, 1676 , souvent réimprimée. Il y a lieu de croire que cet ouvrage est d'un autre jurisconsulte portant le même nom. Etienne Durand mourut à Réthel , le 28 février 1735. Il nous fait conaltre luimême « que son aïeul , ,( Etienne Durand , échev de « Réthel , en 1680, combattit et perdit la vie « pour exempter cette ville du sac et du pillage « dont elle était menacée par une troupe de « Polonais rebelles aux ordres d u roi
  • Étienne DUTRONCHET( 1500 - 1585) : né à Montbrison, au commencement du 16, siècle, fut d'abord secrétaire de Jean d'Albon de StAndré, qui, en récompense de ses services, lui fit obtenir la place de trésorier du domaine, dans le Forez. Il remplit cetteplace pendant vingt années, sans cesser d'être attaché à StAndré, dont il avait mérité toute la confiance, et qu'il accompagna, en 1537, au siège de Thérouane. Après la mort de son protecteur, Dutronchet fut desservi près (lu maréchal StAndré, son héritier ; mais il se justifia des imputations calomnieuses qu'on lui avait faites et resta son secrétaire jusqu'en 1558. Il se démit alors volontairement de cet emploi, pour se livrer avec plus de calme à son goût pour l'étude ; mais il no jouit pas longtemps du repos qu'il se promettait. En 1562, sa maison de Montbrison fut pillée par les protestants ; on 18 jeta luimême dans une prison; et il aurait péri, s'il ne fût parvenu à s'échapper avec quelquesuns de ses compagnons d' Il se tint caché durant les troubles et ne reparut que lorsque le danger eut cessé. 11 s'occupait de réparer les pertes qu'il venait d'éprouver, lorsqu'un édit supprima sa charge (le trésorier du domaine. Ses réclamations restèrent sans effet, et ce ne fut qu'en 1567 qu'il obtint une place de secrétaire de la reinemère ; mais ses appointements, son unique ressource, lui étaient mal payes, et il éprouva, avec sa famille, toutes les horreurs de la misère. Dans cette situation, le baron de Ferais, ambassadeur à Rome , lui fit offrir la place de son secrétaire , Dutronchet accepta. Après avoir langui à Rome pendant près de quinze ans, il y mourut vers 1585. On a de lui : Lettres missives et familiè-es, Paris, 1569 Ce recueil a eu plusieurs éditions On y trouve des détails importants pour l'histoire du temps, mais le style en est si mauvais et les faits y sont entremêlés de tant de réflexions parasites, que la lecture en est presque insupportable. Duverdier et l'abbé Goujet ont accusé Dutronchet de plagiat. 11 s'est effectivement' approprié en entier une élégie do StGelais, sans avoir pris presque aucune précaution pour déguiser ce larcin. 2° Finances et trésor de la plume franeoise contenant diverses lettres missives, Paris, 1572 3° Lettres amoureuses avec 70 sonnets traduits de Pétrarque. Paris, 1575 i.t° Discours académiques florentins appropriés à la langue françoise, Paris, 1576 Duverdier a inséré dans sa Bibliothèque le troisième, dont les interlocuteurs sont le temps, l'actif et le factieux. 5° Discours satirique en vers macaroniques, à l'imitation de ceux de Merlin Cocaie. Il avait composé cet ouvrage à Rome, et Duverdier dit l'avoir vu manuscrit. Dutronchet avait pris pour devise : En heur content , se dit , anagramme d'Estienne Dutronchet. Ronsard disait que Dutronchet était tin mauvais auteur, mais un excellent écrivain. En effet, son écriture était trèsbelle. Gilles Corrozet l'a placé dans son Parnasse des poètes français. Ws.
  • Étienne FEDERICI( 1400) : savant jurisconsulte , né dans le 15e siècle, à Brescia, descendait d'une ancienne et illustre famille, à laquelle l'empereur I Conrad avait, dès 1024, inféodé la Valcamonica , mais qui était déchue de sa première splendeur. Venu jeune à Paris pour y compléter ses études, il y mérita l'estime de ses rnaltres ; et, de retour dans sa ville natale , obtint diverses charges de magistrature. On a de lui : Opus de interpretatione jurais, Brescia, 1 réimprimé plusieurs fois, ce qui prouve qu'il était consulté des juristes. Il a laissé manuscrite une Histoire chronologique de sa famille. — FEDERICI , littérateur , de la mime famille, né vers 1510, à Brescia, se fit agréger au collége des avocats de cette ville, et soutint, dans l'exercice de divers emplois , la réputation de savoir et d'intégrité dont avaient joui ses ancètres. Dans ses loisirs il cultivait la poésie , et composait avec une égale facilité des vers en latin et en italien. L'un des fondateurs de l'Académie des Occulti, sous le nom de il Sepolto , il a publié, dans le double Recueil poétique de cette compagnie, quelques pièces de vers remarquables par l'élégance et la simplicité. Il eut, en 1606, l'honneur de réciter devant le doyen Léonard Donato une Harangue , qui fut imprimée à Venise 11 mourut en 4607, laissant manuscrits quelques satires, des notes SUI' le droit, et un ouvrage inachevé : Della erra e delle leggi. Le cardinal Quérini lui a consacré un éloge dans le Specimen litteratur. Brixianw, t. 2, p. 249. — FEDERict , Brescian, a publié un ouvrage intitulé : . Estates paincinœ, Padoue , 1595 , FEDERICI , criminaliste, a laissé des résolutions de quelques cas , imprimées à la suite des Responsa criminalia de Prosper Farinacci, Venise, 1616 — FEDERICA , en 1739 à Gènes, embrassa la vie religieuse dans la célèbre congrégation du MontCassin , consacra ses loisirs à l'étude des antiquités ecclésiastiques , et mourut en 1785 , à 46 ans , vicaire général de l'abbaye de Volterra, laissant la réputation d'un savant consommé. D. Placide n'avait cependant publié que le premier volume de l'histoire du monastère de Pomposa, sous ce titre : Rerum Pomposianarum historia , lnonumentis illustrata , Rome, 1781 Ce volume , dont le pape accepta la dédicace, fait vivement regretter que l'auteur n'ait pu terminer un ouvrage qui, en lui assignant une place parmi les érudits les plus laborieux , devait le conduire aux premières dignités de l'Église , devenues sous le grand pontife Pie VI la récompense de tous les talents éminents
  • Étienne FESSARD( 1714 - 1774) : graveur, né à Paris en • fut élève de Jeaurat. Une manière facile, un dessin assez correct , mais sans grâce , un burin sec et d'une mauvaise couleur forment le caractère de son talent. Fessard fut agréé à l'Académie; ses principaux ouvrages sont : la Chapelle des enfants trouvés, d'après Natoire, en 16 planches ; les Quatre Arts et Jupiter et Antiope , d'après Vanloo ; la Fète flamande , d'après Rubens, et l'Empire de Flore, d'après le Poussin : ces deux grands sujets d'après les tableaux du roi ; les Fa- bles de La Fontaine , Paris, 1765-73, 6 vol. Le meilleur de ses ouvrages est sans contredit son estampe d'Herminie cachée sous les armes de Clorinde. Fes- sard est mort à Paris en 1771. SaintAubin et Til- liard sont ses élèves
  • Étienne FICQUET( 1731) : graveur, naquit à Paris en 1731. Schmidt de Berlin , lors de son séjour à Paris, et Philippe Lebas lui enseignèrent le dessin et la gravure. Une vue extrêmement perçante lui permit de se livrer à l'exécution du portrait en petit , où son goût naturel le portait, et d'enfan- ter des chefsd'oeuvre en ce genre. La suite, connue sous la dénomination de Collection 'de Fieguet, se compose des portraits suivants : madame de Maintenon, Molière, Voltaire, Montaigne, Re- gnard, J.- B. Rousseau, Fénélon, Descartes, Rousseau , Lamothe le Vayer, Crébillon , Corneille, Eisen , Vadé , Chennevières et deux différents portraits de La Fontaine ; il a laissé imparfait celui de Bossuet, qui devait faire partie de cette suite et dont on rencontre quelques épreuves. Indépendamment de cette collection , on trouve plusieurs portraits de lui dans celle d'Odieuvre, ainsi que dans la vie des peintres flamands de Descamps. Parmi ces derniers on remarque surtout ceux de Rubens, de Van Dyck et de Vandermeulen. On a encore de cet artiste plusieurs autres trèspetits portraits, tels que ceux de Cicéron, Le traducteur promettait de s'occuper de la traduction en latin des autres ouvrages de Ficoroni son ami, qui, à l'en croire, avait un style obscur , quelquefois même barbare, surtout dans ses premiers écrits, les derniers ayant été retouchés par un de ses amis. lieu de faire la loi à ceux qui désiraient obtenir de ses ouvrages, comme il l'eût pu faire, il la recevait toujours de ceux qui, spéculant sur ses productions, s'enrichissaient en l'appauvrissant. Ayant, au moyen d'une succession qui lui était échue, fait l'acquisition d'une maison au bas de Montmartre, il dépensa en folies, dans l'intervalle de l'obtention des lettres de ratification , la somme qu'il avait pour la payer. Il y lit apporter cinq cents tombereaux de terres pour mettre le jardin au niveau du salon , afin , disaitil , d'éviter les chutes qu'une distraction pourrait lui occasionner. Il fit faire aussi des chàssis autour de ses arbres, avec des enveloppes de toile , dont il les entourait le soir lorsque le temps annonçait la gelée ou la grêle, afin, disaitil, de s'assurer des fruits, malgré l'intempérie des saisons. Chargé par la communauté de StCyr de graver le portrait de la fondatrice, madame de Maintenon, et l'ayant gardé fort longtemps , sans qu'on pût entrevoir l'époque à laquelle il serait terminé, quoiqu'il fût à peu près payé, la supérieure fut obligée, avec la permission du métropolitain, de le faire venir dans le couvent P°"" y travailler, et même de lui envoyer des religieuses ou des pensionnaires pour lui tenir compagnie, car il ne faisait rien lorsqu'il était seul. Le moment venu où ces bonnes religieuses croyaient jouir du portrait de leur fondatrice et étaient émerveillées des épreuves qu'il en avait fait tirer, Ficquet , qui n'en était pas content, le biffa de deux coups de burin. On peut juger du désespoir dans lequel cet événement jeta toute la communauté. Enfin , l'instant fortuné arrivé, le portrait fut terminé à la satisfaction de tout le monde , et il est sans contredit l'un des meilleurs de la collection. Aussi Fiequet le regardaitil comme son ouvrage de prédilection. Cet artiste ne réduisait jamais ses tableaux sur le papier avant de les graver; il en faisait tout de suite la réduction sur le métal avec la pointe. 11 est mort en 1794, dans un état trèsvoisin de l'indigence. On peut regarder cet artiste comme le Gérard Dow. de la gravure
  • Étienne FINOT : conventionnel , était tin mo- w Ce mot est tiré du fleuve Serio , qui passe à Crème , et qui a depuis donné son nom au département dont Bergame a été fait le cheflieu. , nê en Bourgogne en 1750 , probablement de la même famille que le précédent, occupa d'abord une place supérieure de finances à Orléans. Il avait épousé la tante de la duchesse de Bassano , et , grâce à cette alliance, fut nommé payeur général à Blois, puis conseiller référendaire à la cour des comptes, en 1807. Il mourut en 1818. Il avait été Ou , en 1812 , député de LoiretCher au corps législatif et continua de siéger à la chambre sous la Restauration. Après le second retour du roi , il y fut renvoyé par le département du MontBlanc, dont son fils était préfet ; niais il cessa d'en faire partie à la fin de 1815 , lorsque la Savoie fut reeituée à ses anciens mitres
  • Étienne FLISCUS( 1400) : grammairien , né vers le commencement du 15e siècle à Soncino , petite ville du Crémonais , se fit recevoir docteur en droit civil et canonique , d'où l'on peut conjecturer qu'il suivit d'abord le barreau ; mais il y renonça pour se livrer à l'enseignement des lettres. En 1453 il était recteur du gymnase de Raguse. L'é- poque de sa mort est inconnue. On a de cet écrivain : 10 Variationes, sive sententiarunz synonyzna. Cet ouvrage , qui prouve dans l'auteur une étude approfondie des finesses de la langue latine, eut un succès extraordinaire : il s'en fit un grand nombre d'éditions. La première, suivant Panzer , est de 1477 sans indication de ville. Celle de Rome, 1479 per Joann. Bulleade Bremis , est si rare, qu'elle a échappé aux recherches des PP. Laire et Audiffredi. Parmi les éditions postérieures, on distingue celle de Turin, 1480 dans laquelle les phrases latines sont traduites en français. Albert de Eyb s'est servi de l'ouvrage de Fliscus pour enrichir la Margarita poetica. Il en convient luimême dans sa préface, où il parle avec éloge de Fliscus qu'il nomme un trèsillustre orateur . Cette préface contient quelques autres particularités que Fabricius a jugées assez intéressantes pour l'insérer dans la Biblioth. medice et infime latinitatis , t. 1, p. 42 ; 2. Un Commentaire sur les Décrétales d' IV , Venise, 1481 ; 30 De componendis epistoli. s•, ibid., 1493, 1505 et 1567 ; 4. Regulce summaticce : on ne cite cet ouvrage et le suivant que d'après la Cremona letterata , t. 1 , p. 278. Cette grammaire , suivant Arisi, fut traduite en latin et publiée par J.B. Guarguanti , religieux carme, Brescia , 1634 ; 5. Lucius Soncinensis. Dans cette pièce , l'auteur célèbre la mémoire de ses compatriotes qui s'étaient illustrés dans les lettres et dans les armes
  • Étienne FORCADEL( 1534) : en latin Forcatulus, naquit à Béziers en 1551. On ne se souvient de lui qu'à cause du hasard qui le mit en concours avec Cu- jas pour une chaire de droit vacante .à Toulouse en 4554. Pithou , Papire Masson et SteMarthe ont écrit que Forcadel l'a- vait emporté sur Cujas. Cette erreur, répétée de dictionnaire en dictionnaire, a attiré bien des jures à Forcadel et aux juges qu'on supposait l'avoir favorisé. C'est un des exemples qu'on citait le plus souvent pour prouver les avantages qu'ob- tiennent si souvent les hommes médiocres sur ceux d'un mérite supérieur. Cependant M. Peita- vin , secrétaire perpétuel de l'Académie des jeux floraux , a fait insérer un article dans le n° 74 du Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Montpellier, où il justifie la ville de Toulouse du blâme dont on l'avait chargée à cette occasion. 1/ fait voir que Cujas s'était en effet inscrit pour le concours en méme temps que Forcadel et quel- ques autres, mais qu'il quitta Toulouse avant la décision du concours, et que Forcadel ne l'em porta que parce qu'il se trouva le plus habile par l'absence de ce redoutable rival . For- cadet a composé des ouvrages de jurisprudence qui portent des titres singuliers , pour ne pas dire ridicules , tels que : Spheera juris , Necyoman- tia juris , Cupido jurisperitus, Aviarium juris civilis, Lyon , 1519 ; Prometheus, sen de Raptu animorum , Paris, 1578 livre singulier. Quoique l'auteur paraisse en tout un homme de peu de jugement, Dumoulin lui a cependant donné quelques éloges. Le plus connu de ses livres d'histoire est son traité De Gallorum imperio et philosophia , Paris, 1569 où il a montré peu de goût et beaucoup de crédulité. 11 avait également composé des vers latins et français plus oubliés encore que sa prose. La première édition connue a pour titre Le citant des seraines , avec plusieurs au- tres compositions nouvelles , par E. F., Lyon, 1518 réimprimé à Paris la inème année et à Lyon, 1551 avec de nouvelles pièces. L'auteur, mort en 1573, avait obtenu l'année précédente un privilége pour la réimpression de ses poésies, qu'il avait revues et augmentées. L'édition en fut donnée par son fils L.P. Forcadel sous le titre d'OEueres poétiques, etc., Paris, 1579 Ses poésies latines, Epigrammata , avaient paru à Lyon, 1551 Ses ClEuvres ont été recueillies en un volume Paris, 1595
  • Étienne FOURMONT( 1683) : nui des plus laborieux érudits du commencement du 18. siècle , naquit en 1685 à Herbelay, près StDenis; son père exerçait dans ce village les fonctions réunies de chirurgien et de procureur fiscal. Le curé du lieu fut le premier instituteur de cet homme dont les vastes 'connaissances devaient faire un jour l'étonnement . Ce premier ouvrage eut tout le succès que l'auteur pouvait se promettre d'un livre de ce genre. Après avoir fait sa rhétorique , il entra au séminaire, où il prit le degré de maitre ès arts. L'étude de la théologie vint ensuite l'occuper , et ce fut elle qui commença à tourner son attention sur les langues orientales. La littérature grecque était pourtant encore l'objet favori de ses travaux : après avoir consacré les heures du jour aux différents exercices de la communauté au milieu de laquelle il habitait, il dérobait au sommeil le temps nécessaire pour la lecture d'Homère , de Sophocle et d'Anacréon. Cette irrégularité d'un genre nouveau ne semblait pas devoir jamais être contagieuse : elle attira néanmoins à Fourmont l'animadversion du supérieur , qui, après avoir vainement essayé d'arrêter ce zèle immodéré pour l'étude , se vit forcé de le punir état de culture , attendent encore que la doctrine de Fourier , qui gagne des partisans , ait à sa disposition toutes les ressources propres à réaliser une épreuve réduite â une institution élevant deux à quatre cents enfants à des travaux agricoles, industriels, scientifiques , d'après le procédé sériaire. —M. V. Considerant , ancien élève de l'Ecole polytechnique , qui a voué sa vie au développement de la doctrine de Fourier , continue aujourd'hui, avec un assez grand nombre de partisans , les travaux préparatoires d'une opération sociétaire dont le succès est désirable, et dont la tentative ne peut pas.être sans intérêt pour la science sociale. en excluant le jeune savant de la maison qu'il régissait. Celuici se retira alors au collége de Montaigu , où il occupa une chambre qui avait été celle d'Erasme; circonstance qui contribua peut-être à hâter ses succès en excitant son émulation. Il fut bientôt rejoint dans cette retraite par l'abbé Sevin , son compagnon d'études, sorti du séminaire par les mêmes motifs ; et tous deux travaillèrent à une traduction d'Anacréon, accompagnée de notes destinées à rétablir le texte dans les endroits où ils le supposaient corrompu. Poursuivant en même temps ses études hébraïques, Fourmont traduisit le commentaire_ du rabbin AbenEsra sur l'Ecclésiaste. Il annonça la publication de cette traduction et de quelques autres du mème genre dans le Journal de Trévoux de 1710; niais ce projet parait être resté sans exécution. Peu de temps après, Fourmont passa au collége de Navarre, puis à celui d'Harcourt, dont le proviseur M. Louvancy lui confia l'enseignement des boursiers. Il fut aussi chargé de veiller à l'éducation des enfants Baudclot de Dairval , de l'Académie des belleslettres, se trouvant avoir le droit, conformément aux usages académiques de ce tempslà, de se choisir un élève, jeta les yeux sur Fourmont à son insu ; et l'Académie , en applaudissant à son choix , voulut même que le récipiendaire fùt exempté du cérémonial. En 1715, la chaire d'arabe du collége royal étant venue à vaquer par la mort de Galland, Fourmont fut nommé pour la remplir, et cette distinction bien méritée lui- en valut une autre : l'Académie ne jugea pas qu'un professeur royal de ce mérite
  • Étienne FRANÇOIS Ier( 1708) : empereur d'Allemagne. était fils de LéopoldJosephCharles, duc de Lorraine , et d'ÉlisabethCharlotte d'Orléans. Né en 1708, il avait etc élevé des l'age de douze ans à la cour tic %jeune, sous les yeux de l'empereur Charles VI, qui des lors le regardait comme son gendre et son successeur à l'empire. ant succédé en 1729 à son père, il Se rendit en Lorraine et prit po,s•ssion de ses États. Après avoir passé quelque temps en France, où il était venu pret•r hommage à Louis XV pour k duché de Bar, il visita l'Angleterre , la Hollande et plusieurs roues d'Allemagne. Les événements qui survinrent bientôt produisirent un chaneaient remarquable dans la fortune de FrançoisEtienne et dans celle de sa maison. Auguste 11, roi tic Pologne, étant mort en 1753, Stanislas Leczinscki fut élu pour le remplacer par le parti (pli lui était fidèle et qu'appuyait la France; mais il eut pour concurrent Auguste Ill de Saxe, que soutenaient les partisans de son pire et que demandaient la Russie et l'Autriche. La guerre éclata et Stanislas ne put se maintenir. La France voulait cependant lui assurer un sort qui le détionunageàt de ce revers. Elle proposa un arrangement auquel la cour& Vienne consentit. Il recoin mu, en 1755, que FrançoisFtirnne, destiné à épouser \tarit-- Thérèse, fille année de Charles VI, céderait à Stanislas les duchés de Lorraine et de Bar, et obtiendrait en échange le grandduché de Toscane à l'extinction des grands.dues. A la mort de Stanislas, les duchés de Lorraine et de 'tac devaient échoir à la France, qui s'engageait à payer 5 millions et demi de livres par an au duc jusqu'au moment où il na,rviendrait à régner en Toscane. Ce moment n'était pas éloigné. Jean Gaston dernier rejeton tn1le des mourut en 1777, et Fran-çois-Étienne prit possession de, t'Am* sic Toscane, où il se fit aimer par la douceur de son atItninistration. Ayant épousé MarieThérese, il devint par ce mariage la tige de Li nouvelle maison d'Autriche, nommée . Iiiiriche - Lorraine. L'emper•ur Charles VI étant mort en 1740, l'électeur de Bavière, appuyé par la France et la Prusse, lui succéda sous le nom de (.harles %il; mais ce prince éprouva tir grands revers et sucrondia sous le poids il?s chagrins : il mourut en 1715. MarieThérèse, qui dans ce meule temps combattait pour conserver les États héréditaires de sa maimm , en vertu de la pragmatique sanction de Charles VI, n'était pas moins jalouse d'assurer le trône impérial à son époux. Elle triompha des obstacle, pie lui opposaient ses ennemis, et Franeois-Ëtienne fut proclamé empereur d'Allemagne sous le none de François k 13 septrunlire FM. Il venait de prendre le commandt nient eu chef de l'armée d'Autriche et il avait 'établi son quartier général à Heidelberg. Etant parti de cette ville, il lit soli entrée à Francfort, ou il fut couronné le 4 octobre. Cependant la guerre continuait , et ce ne fut qu'en 1718 que la paix d'AixlaChapelle assura MarieTbérese la possession de la plus grande partie de ses 1.tats héréditaires. Les talents de cette princesse la mettaient en état de gouverner : elle associa cependant son époux aux soins de l'adniinistration, et il y eut toujours entre François et la fille de Charles \ I le plus grand accord pour faire fleurir la monarchie autrichienne (.t pour maintenir l'influence de leur maison dans l'empire germanique. Peu ares Li guerre de sept ans, en 1764, Joseph, fils alné de François et de ?larieThérèse, fut proclamé par la dicte roi des Romains. En 1765 l'empereur avait assuré à son second fils, PierreLéopold, la succession du grandduché de Toscane, et en I 76,'S Joseph ratifia ce pacte de famille par une renonciation formelle à ses droits au grandduché. La métue année, Fran-çois mourut a Inspruck, dans sa 57' année. Il laissa la réputation (l'un prince sage, érlairé et bienfaisant. L'industrie, le rommerce, les lettres et les arts lui furent redevables de plusieurs institutions lui ont contribué à les faire fleurir. Il introduisit dans le département des ruines les plus utiles réformes. 1n 1745 il fonda à Pistoie une Académie des belleslettres, et en 1755 la %file d'Augsbourg obtint par ses soins une Académie des ?rauxarts. Quoique François eût l'àrne noble et généreuse, il aimait l'argent, et les opérations finanrières qui pouvaient lui en procurer avaient pour lui un attrait irrésistible. il afferma pendant quelque temps, en compagnie avec le comte de Balla et le banquier Sel' i meltnann , les douanes de saxe, et l'on prétend qu'au commencement de la guerre de sept ans, il entreprit fit fournir l'armée ?russienne de fourrages et de farine. Quoiqu'il fût souvent venu au secours des caisses au trichituncs, laissa en mourant un trésor de 157 millions de florins. Il naquit du mariage de François et de MarieThérèse cinq princes et onze princesses : nous indiquerons Joseph, empereur sous le nom de Joseph H; PierreLéopold, d'abord grandduc de,Toscane, ensuite empereur sous le nom de Léopold Fr; Ferdinand, appelé par son mariage avec MarieBéatrix à la succession de Modène; , grand maitre de l'ordre Teutonique, archevêque de Cologne et évêque de Munster; arieChristine, mariée au prince Albert de Saxe, gouvernante des PaysBas et apanagée avec ses descendants de la principauté de Teschen ; MarieAmélie, mariée au duc de Parme ; MarieCaroline, mariée au roi de Naples; MarieAntoinette, mariée à Louis XVI, roi de France , et qui a partagé les malheurs de ce monarque
  • Étienne GATTAMELATA : condottiere et général des Vénitiens, était de Narni , et avait fait ses premières armes au service de l'Église : il passa en 1434 au service des Vénitiens, et fut fait capitaine général de leur armée , sur la démission du marquis de Mantoue. Cependant il fut plusieurs fois obligé de céder le commandement suprème, dans la guerre contre le duc de Milan , à de nouveaux condottieri, qui, mettant à la solde de la république des armées plus nombreuses que les siennes, s'en réservaient la direction. Le zèle de Gattamelata ne se démentit point, dans quelque rang qu'il fût placé : et la Seigneurie fut si contente de ses services, qu'elle lui accorda la noblesse de Venise , le 8 octobre 1.158, avec un palais Clans la ville et de riches pensions. Gattamelata mourut le 8 janvier 1 i t3 ; les Vénitiens lui firent élever un tombeau et une statue équestre à Padoue, par Donatello, célèbre sculpteur florentin
  • Étienne FUMARS( 1743) : littérateur et pone, naquit le '22 octobre 1745 , dans un bourg des environs de Marseille. A l'âge de quinze ans, il fut envoyé à Paris, pour y achever les études qu'il avait commencées dans son pays natal, sous la direction d'un de ses oncles. 11 entra chez les Oratoriens, et y resta plusieurs années. Sorti de cette retraite studieuse, il se répandit dans la société , et se lia intimement avec Imbert, Dorat, Lemierre , Itoucher. Chargé (l'abord de l'éducation des enfants du comte de Grave , il le fut ensuite de celle des enfants du marquis de Vérac , qui fut peu après nommé ministre plénipotentiaire en Danemarck Fumars l'y suivit, et fit à Copenhague une liaison qui le fixa pour toujours dans le Nord. Il épousa la jeune personne qui avait captivé son cœur, et qui était fille du pasteur Eyraud, attaché à l'église française protestante de la capitale. Placé d'abord comme professeur de littérature française à l'université de Kiel, il fut appelé ensuite aux mêmes fonctions à celle de Copenhague. Fumas avait montré de bonne heure des dispositions heureuses pour la poésie, et il s'attacha surtout au genre de la fable. Il fit insérer clans les journaux, ITU et lut dans plusieurs sociétés, quelques fables de sa composition, qui annonçaient du talent; et il acquit la réputation d'un bon fabuliste. Le recueil complet de ses fables a paru, après sa mort, à Paris, en un volume et l'année 1807. On en trouve plusieurs qui joignent à la facilité du style l'originalité des idées; d'autres sont faibles d'invention et de couleur. Les éditeurs ont joint à ces fables un choix de poésies légères, qui présentent de rintéra, et sont la plupart tournées avec esprit. Depuis quelque temps, Fumars se plaignait d'une incommodité qui paraissait cependant assez légère : sa famille et ses amis étaient sans inquiétude , lorsque, le 30 novembre 1806, il fut trouvé mort dans une des rues de Copenhague, où il avait été saisi , en plein jour, d'une attaque subite. Il était aussi estimé pour ses mœurs et son caractère que pour ses connaissances et ses talents. On doit le placer parmi les Français qui, par leur zèle et leurs travaux, ont contribué à répandre, dans l'étranger, le goût des lettres françaises. La chaire de littérature française de Copenhague avait été remplie, avant Fumars, par le fameux la lleaumelle, et par le savant Mallet, auteur de l'histoire de Danemarck et de plusieurs autres ouvrages historiques
  • Étienne GARCZYNSKI : gentilhomme polonais, se distingua par ses talents et son savoir dans le dernier siècle. Après avoir été maréchal des États à Frauestadt, et député à la diète générale, il devint castellan de Gnesne , lialisch et Posen. Les services qu'il rendit en 1737, pendant les délibérations relatives à la Courlande, le firent nommer voïvode de lialisch et de Posen. Il mourut en 1755 , dans un âge trèsavancé ; on prétendit qu'il avait été empoisonné. 11 laissa des Discours prononcés à la diète, et un ouvrage intitulé iluatomia erzeczy Pospolitey , etc. , Anatomie du royaume de Pologne , Varsovie , 1751 ; Berlin , 1753
  • Étienne GARDINER( 1483) : évêque de Winchester et grand chancelier d'Angleterre, naquit environ l'an 1485 , à SaintEdmondBury, dans le comté de Suffolk. On croit qu'il était fils naturel de Lionel Woodvill , évêque de Salisbury, beaufrère • M. N. L. Achaintre a donné les Synonymes latins, par M. Gardin Dumesnil, nouvelle édition revue, corrigée sur l'édition originale, et augmentée de quatre cents synonymes avec explications, Paris, Aug. Delalain, 1815 et il en existe plusieurs autres éditions. Cet excellent ouvrage avait été traduit. en allemand par J. C. T. Ernesti . On a encore de Gardin Dumesnil des Préceptes de rhétorique tirés de Quintilien, 1762 souvent réimprimés. A. B—T. du roi Édouard IV : ce prélat , pour couvrir sa turpitude , avait fait épouser sa concubine à un de ses derniers domestiques , nommé Gardiner, dont Étienne porta depuis le nom. Ses heureuses dispositions parurent avec éclat à Cambridge , où il fit des progrès rapides dans le grec , acquit une facilité étonnante d'écrire élégamment en latin , en formant son style sur celui de Cicéron , et se rendit trèshabile dans l'un et l'autre droit. Sa réputation lui mérita , au sortir de l'université, la protection du duc de Norfolk , ministre d'État , et la place de secrétaire du cardinal Wolsey. Henri VIII l'ayant trouvé un jour occupé , par l'ordre du cardinal , à rédiger le plan d'un traité qui devait changer le système politique de l'Europe , et faire beaucoup d'honneur à l'Angleterre, fut si satisfait de son travail, qu'il résolut dès lors de l'employer dans les affaires les plus importantes. Les talents diplomatiques de Gardiner parurent avec un funeste éclat dans la fameuse affaire du divorce. Nommé , en 1528 , l'un des commissaires chargés d'aller négocier cette grande affaire à Rome, il réussit à faire donner des pouvoirs plus amples au légat Campège , et à lui faire adjoindre le cardinal Wolsey : tout cela se fit à la parfaite satisfaction du roi , d'Anne de Boulen , et du premier ministre, qui , par des lettres amicales , lui en témoignèrent leur reconnaissance. On a prétendu que , dans cette mission , il avait eu l'ordre secret du cardinal de traverser la négociation ; mais ce fait est pleinement réfuté par Strype , qui a eu à sa disposition toutes les particularités de cette ambassade , dans la correspondance manuscrite de Gardiner. Ce fut , diton , dans cette circonstance qu'il ménagea si bien l'esprit des cardinaux en faveur de Wolsey, durant une maladie grave de Clément VII, qu'il avait le plus grand espoir de le faire monter sur le trône pontifical , si le rétablissement du pape n'eùt rendu toutes ses mesures inutiles. Le succès de sa négociation lui valut, à son retour, l'archidiaconé . OH lui a reproché trop d'ambition , et même de la dissimulation : sa conduite envers le cardinal Polus pour retarder son arrivée en Angleterre , de peur qu'il ne le supplantât, fournirait quelques traits à l'appui de ces deux reproches. S'il ne fût pas entré de si bonne heure dans la carrière politique, il avait tout ce qu'il faut pour aller loin dans celle des sciences; ses talents naturels avaient été cultivés par d'excellentes études pendant qu'il était à l'université. Quoiqu'il fût plus homme d'État que théologien , il était néanmoins trèsversé dans le droit canon et mème dans le droit civil ; l'étude des lettres grecques et latines avait formé , comme on l'a dit, et perfectionné son style. Ses lettres , en anglais , offrent plus de correction , plus d'aisance, plus d'élégance, qu'aucune de celles des hommes d'État et des littérateurs de son temps : celle surtout qu'il écrivit de Rome , relativement au divorce , quoique fort longue , est d'une telle pureté de style , qu'on y retrouve encore aujourd'hui une fraicl4eur qui semble convenir à des temps moins reculés; où la langue anglaise avait acquis plus de formes, plus de facilité et d'élégance. Gardiner publia plusieurs pièces sur les affaires qui de son temps agitèrent l'Église et l'État ; quelquesunes sont restées sous le voile de l'anonyme , dont il s'était enveloppé; d'autres n'ont jamais vu le jour. L'ouvrage qui fit le plus de bruit , et dont le mérite subsiste encore auprès des anglicans réformés, fut son traité latin intitulé, De vera obedientia, Londres, 4534, réimprimé plusieurs fois depuis en latin et en anglais, avec une préface de Bonner. L'objet de cet ouvrage, comme nous l'avons déjà remarqué , est de détruire la primauté du pape, et de lui substituer • la suprématie royale. Lorsque l'auteur fut rentré sous l'obéissance du pontife romain , le docteur Turner traduisit cet ouvrage en anglais , et l'accompagna d'une préface et d'additions , pour mettre dans le plus grand jour la conduite contradictoire de Gardiner. Ce traité, dans lequel il est plus souvent orateur que dialecticien , est rempli , au jugement de Collier, d'arguments étrangers à la question : il est , en général, assez faible , sans suite , et ressentant trop le jargon de l'école. En 1551 il donna une Explication de la foi catholique sur le sacrement de l'autel, contre la Défense de la doctrine du sacrement de l'eucharistie de Cranmer : celuici soutint son livre ; l'autre répliqua l'année suivante par un ouvrage intitulé : Confutatio cavillationum, etc., qui fut imprimé à Paris sous le nom de Marna Antonins Constantius , théologien de Louvain : il l'avait composé pendant sa détention à la Tour
  • Étienne GARIBAY Y ZAMALLOA( 1525 - 1593) : historien espagnol , naquit à Mondragon , en Biscaye , l'an 1525. 11 était l'un des hommes les plus instruits de l'Espagne , possédait le grec et le latin , et était trèsversé dans l'histoire de son pays. Il fut pendant quelques années bibliothécaire de Philippe II, qui le nomma historiographe du royaume en 1563. C'est alors que Garibay , entièrement livré aux devoirs de son emploi , imagina d'écrire une chronique générale. Il parcourut à cet effet une grande partie de l'Espagne , s'arrètant dans tous les couvents dont les bibliothèques renfermaient quelque manuscrit utile et intéressant. Après avoir voyagé deux années et recueilli un assez grand nombre de matériaux, il se livra au travail pendant six années, présenta son manuscrit à Philippe II, et ayant obtenu son approbation, publia son ouvrage sous le titre de Quarante livres des chroniques , et Histoire universelle de tous les royaumes d'Espagne, Anvers, 1571 , 4 t. , 2 vol. Garibay s'était transporté à Anvers, et avait suivi luimème l'impression de son ouvrage ; c'est pourquoi cette édition , indépendamment de l'exécution typographique, est de beaucoup préférable à celle de Barcelone de 1628, 4 t. , 2. vol. Cette histoire ne manque pas de mérite ; et c'est au zèle infatigable de l'auteur qu'on doit la chronique la plus complète qui eût paru jusqu'alors , et qui dans la suite a fourni beaucoup de lumières aux écrivains qui lui ont succédé. Le style n'en est pas cependant bien correct ; et dans les manuscrits que Garibay a consultés, il a quelquefois suivi des traditions vagues et peu sùres, qu'il n'a pas examinées avec une sage critique. Néanmoins on consulte encore de nos jours ses chroniques , qui, dans le temps , eurent beaucoup de succès , et lui méritèrent la faveur et les récompenses de Philippe 11. Quelques années après, Garibay publia Illustrationes , etc. , Madrid , 1576 ou 1580, 2 vol. L'auteur avait promis d'autres ouvrages , qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous. 11 mourut à Valladolid en 1593
  • Étienne GEOFFROY SAINT-HILAIRE( 1772) : naquit à Étampes le 15 avril 1772 . Peu favorisé de la fortune et chargé d'une nombreuse famille, Gérard Geoffroy, alors procureur, et plus tard juge au tribunal ; or, l'aïeule paternelle d'Étienne Geoffroy avait un caractère sérieux, et les livres les plus graves étaient ceux qu'elle mettait de préférence entre les mains de son petitfils, qui lui en faisait la lecture à haute voix. A onze ans il connaissait tous les chefsd'oeuvre du grand siècle et de l'antiquité; à onze ans il avait lu les ries des hommes illustres , un des canonicats du chapitre de SteCroix d'Étampes. Il pouvait, s'il se décidait à entrer dans les ordres, viser à un avenir des plus brillants. Mais la science profane avait déjà pour lui plus d'attraits que la théologie, et au sortir du collége de Navarre, où sa bonne étoile lui avait fait trouver dans Brisson un maitre qui lui avait révélé sa vocation véritable, il supplia son père de blui permettre de rester à Paris et de s'inscrire parmi les élèves du collége de France et du jardin des plantes. Gérard Geoffroy se laissa fléchir, et il autorisa, non sans quelque répugnance , notre futur savant à entrer en qualité de pensionnaire libre au collége de Navarre, à condition qu'il suivrait les cours de droit en méme temps que les cours plus spécialement scientifiques. Mais les arides commencements de l'étude des lois ne pouvaient convenir à ce cœur plein de feu, à cet esprit actif , le souvenir de Brisson, le bonheur de parler au point d'être chargé par lui des travaux relatifs au cours de minéralogie que ce dernier faisait alors au collége de France. Mais en ce moment, comme le dit si bien M. I. Geoffroy SaintHilaire : C'est le nom que prit Daubenton lorsque, dénoncé au tribunal révolutionnaire, il voulut obtenir et obtint en effet le certificat de civisme. On sait que c'est à Daubenton que l'on doit l'introduction en France du mouton mérinos , et qu'à cette OCCil2i011 il rédigea ses Instructions sur les troupeaux. Éloge d'Haüy, il courut se précipiter dans les bras de Geoffroy SaintHilaire en lui disant : « Cher a ami, coeur, esprit, talent, vous avez tout I » Heureux celui qui reçoit de pareils éloges sortis d'une pareille bouche ! On va voir s'ils étaient mérités. Haüy était sauvé , mais ses amis du cardinal Lemoine et de Navarre étaient restés sous les verrous ; toutes les démarches tentées en leur faveur avaient été sans résultat, et l'on touchait au 2 septembre. Déjà le tocsin a sonné. Le massacre commence. Puisant toutes ses inspirations dans son coeur, E. Geoffroy SaintHilaire gagne à force d'or un employé de la prison StFirmin , se procure les insignes d'un pouvoir qu'il usurpe un moment , et le voilà suppliant ses maltres de le suivre à l'instant dans un asile sûr. Tous, à l'excep- tion d'un seul , refusèrent pour ne pas compromettre leur compagnon d'infortune. Le noble jeune homme sort, le désespoir dans l'àme, plein d'horreur pour les bourreaux, mais toujours plein de dévouement pour leurs victimes. La nuit venue, il dresse une échelle à l'angle d'un mur qu'il avait, le matin mème , afin de tout prévoir, indiqué à l'abbé de keranran, proviseur du collége de Navarre, et à ses compagnons. Il resta huit heures sur ce mur, reçut un coup de feu dans ses vête- ments , et arracha douze innocents à la mort; mais il eut la douleur de ne voir parmi eux aucun de ses maltres ; « au pieux rendezvous convenu « entre le libérateur et les victimes , le libérateur « seul s'était rendu. » Tant d'émotions de tous genres avaient brisé cette organisation délicate et impressionnable ; l'énergie morale avait été surexcitée, les forces physiques succombèrent. Mais quelques mois passés à Étampes , au milieu des champs, en présence de la nature , lui rendirent le calme et la santé. Au commencement de l'hiver de 1792 à 1793, nous le retrouvons à Paris, chez son père, auprès de ses chers mitres. Aimez, ai- dez, adoptez mon jeune libérateur, avait dit Haüy à Daubenton; et celuici était devenu pour le jeune protégé de son ami un autre protecteur, on pourrait dire un père. La retraite de Lacépède laissait vacantes les
  • Étienne GERLACH( 1546 - 1612) : voyageur allemand, était né en 1546 à Kintlingen, près de Maulhronn, dans le pays de Wurtemberg. Il professait avec distinction la théologie à Tubingen, lorsque l'université de cette ville reçut de David Ungnad, nommé par Maximilien II ambassadeur à Constantinople, l'invitation de lui envoyer un bon prédicateur pour l'accompagner dans sa mission. Le choix tomba sur Gerlach, qui pourtant ne partit qu'après bien des sollicitations. Il quitta Tubingen au mois d'avril 1573, gagna la confiance de l'ambassadeur, se fit chérir et estimer de toutes les personnes attachées à la légation, et à son retour à Vienne, en septembre 1578, fut congédié avec les témoignages de la plus grande satisfaction. Rentré à l'université de Tubingen, il devint successivement docteur, professeur de théologie, et enfin surintendant. Attaqué sur la fin de ses jours d'une foule de maux, il perdit tellement la mémoire, qu'il ne se souvenait pas même de sou nom. Il mourut le 20 janvier 1612. Gerlach a laissé des dissertations et des écrits polémiques ; car alors un professeur de théologie ne pouvait se dispenser d'en publier : tous ces écrits sont depuis longtemps oubliés. L'on ne connaît plus que la relation de son voyage, qui parut sous ce titre: Journal de l'ambassade envoyée par les empereurs Maximilien II et Rodolphe II à la Porte ottomane, et heureusement effectuée par il. D. Ungnad . baron de Sonnegk et de Preybourg, écrit par Étienne Gerlach, Francfort, 1674,1 vol. , avec figures. Gerlach a tenu un journal exact nonseulement des événements du voyage, mais aussi de tout ce qui s'était passé pendant six ans que dura l'ambassade, et de tout ce qu'il apprit de remarquable. On y trouve teneme des faits précieux relatifs à l'Europe. L'auteurs 'est principalement attaché à ce qui concerne la CoyanCe , les cérémonies religieuses et les moeurs des Grecs et des mahométans. La méchanceté, la perfidie, la cruauté de ces derniers étaient alors à leur comble. Quoiqu'il fùt chargé d'acheter des manuscrits anciens, il ne s'est guère occupé de détails littéraires. Il ne dit pas un mot des antiquités, des arts, ni des curiosités naturelles. Il a inséré à la fin plusieurs documents politiques, tant en latin qu'en allemand. Le peu d'art que Gerlach a mis dans sa relation fait présumer qu'il ne la destinait point à l'impression. Ses héritiers ne se hàtèrent pas de la publier, parce qu'elle renfermait, sur plusieurs personnages importants de la cour impériale, des traits hardis, qui eussent pu attirer du désagrément aux éditeurs. Ce fut Samuel Gerlach, petitfils de l'auteur et surintendant de Wurtemberg, qui la fit imprimer. 11 parait que Tobie Wagner, qui fut chargé de ce soin, rejeta plusieurs morceaux, dont on trouve la notice dans le livre d'Ileinecclus, sur l'Église grecque. On peut donc croire qu'il en existait plusieurs copies manuscrites
  • Étienne GIRARD( 1635 - 1708) : fils d'Antoine Girard, maitre d'hôtel ordinaire du roi et subdélégué à Langres, naquit dans cette ville vers 1655. Il embrassa l'état ecclésiastique , et , après avoir été vicaire au village de Jorquenay, pres de Langres, il fut nominé à la cure de Brennes, et vint ensuite habiter Langres, où il vécut dans la retraite jusqu'à sa mort, arrivée le 1G2 mars 1708. Girard se lit remarquer par son humilité et la pratique de toutes les vertus chrétiennes , et , appartenant à une famille riche, il préféra aux dignités ecclésiastiques une vie pauvre et austère dans un litage. Il est auteur des ouvrages suivants , dont la plupart furent écrits pendant qu'il était vicaire à Jorquenay, mais ne furent imprimés que plus tard : 1. Le village de Jurquenay. OU le Jour naissant de la grdce , pastorale, Lyon , 1663 — Cette pastorale fut représentée en 1660 au château de Jorquenay, par les enfants et les habitants du village, parmi lesquels il voulait faire régner la charité des premiers siècles du christianisme. Introduction à la vie solitaire, par les exemples de quelques saints et saintes qui ont fleuri en cet état depuis le premier siècle jusqu'à present. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions, la deuxième est de Langres, 1697. 3' La saillie paroisse de village , Langres, 1700 4" La e ie de St- Étiennepremier mart- yr, en vers français. Cet ouvrage est resté manuscrit
  • Étienne GIRARD( 1750) : connu en Amérique et en Europe sous le norn de Stephen Girard, né à Périgueux de parents pauvres, le 2.i mai 175'0, s'était embarqué comme mousse à bord d'un bâtiment de Bordeaux, qui le laissa à NewYork. Son pre- mier établissement fut une petite boutique dans laquelle il vendait de l'eaudevie en détail. A force de travail et d'avarice, il parvint, en un certain nombre d'années , à étre le plus riche négociant de l'Amérique . Sa fortune montait à plus de soixantedix millions . Un trait caractéristi, que de ce personnage, c'était une haine furieuse et implacable contre sa famille. Il conservait le souvenir de l'expulsion de la pauvre maison de son père, et le ressentiment qu'il en gardait s'était étendu sur tous ses proches , jusqu'à la troisième Il habitait la plus sale et la plus incommode de ses maisons; il vivait seul , et sa dépense particulière ne s'élevait pas annuellement 52,000 gourdes . La mer était, pour ainsi dire, couverte de ses vaisseaux il possédait à lui sent une banque publique autorisée. et quatrième génération ; frères, soeurs, neveux et arrièreneveux , il les laissait tous languir dans la misère . A quatrevingts ans il fit son testament. Dans ce testament, chefd'oeuvre de malice, il fait à cha- cun de ses parents un legs de cinq mille gourdes une fois payé, ni plus ni moins. Il donne à une vieille négresse plus qu'à ses parents, et à la loge de francsmaçons plus qu'aux pauvres, etc. Son immense fortune n'en est pas sensiblement diminuée. 11 la donne à la ville dans laquelle il l'a amassée , et avec des stipulations bizarres ; quelquesunes mème sont plus onéreuses qu'utiles au légataire . Stephen Girard ordonne en outre qu'une somme de dix millions de francs sera employée à l'érection et à la dotation d'un collége où seront élevés et entretenus gratuitement cinq cents orphelins. Puis, sa main trace ces étonnantes paroles : a Secondement, « j'ordonne et exige qu'aucun ecclésiastique, mis- « sionnaire ou ministre, de quelque secte que ce C' puisse être, n'obtienne jamais aucun emploi, « n'exerce jamais aucune fonction de quelque « nature que ce puisse etre dans ledit collége ; « qu'aucune personne de ce caractère ne soit ja- « mais admise , sous un prétexte quelconque, a même comme simple visiteur, dans les bàtiments « dépendants dudit collége. Eu faisant une telle a exception , je ne prétends jeter de défaveur sur « aucune secte ni sur qui que ce soit; niais il existe a un si grand nombre de sectes, et il y a entre « elles une si grande diversité d'opinions, que je « désire conserver libres des vives impressions que « tant de doctrines opposées entre elles peuvent « produire, les esprits encore faibles des orphe- a lins destinés à jouir des avantages de cette fon- . Stephen Girard mourut le 26 sep- à une de ses soeurs , âgée et sans ressource. (21 Par exemple , il exige que le produit de sept à huit cents maisons qui lui appartiennent soit exclusivement employé à acheter des terrains et à bâtir d'autres maisons à perpétuité. (3; Sa célébrité était grande en effet , et les journaux du commerce enregistraient même ses bons mots. — Sa coutume étant, dans toute liquidation , de ne pas faire grâce d'une fraction d'obole à qui que ce fût , il disait pour justifier cette manière un tembre 1851 , à Philadelphie. Une de ses nièces a épousé le général français Lallemand
  • Étienne GIROULT( 1756 - 1793) : député du département de sur Plconogray hie ancienne, grecque et romaine, ouvrage publié à Paris en 1811, a donné l'idée de cette entreprise trèsdispen- dieuse, qui fut écrasée par deux éditions publiées en 1823 à Florence et à Livourne, et une troisième en 1832 à Turin. la Manche à l'assemblée nationale de 1792, fut un de ceux qui à cette époque montrèrent le plus de dévouement à la royauté. Il naquit en 1756 à ChérencéleHéron , près Villedieu , d'une famille ancienne et trèsconsidérée. Son éducation fut aussi brillante que solide. Après avoir terminé ses études en droit à l'université de Caen, il fut reçu avocat au parlement de Rouen à l'àge de vingtdeux ans. Thouret et Bitourjé des Linières, que l'opinion publique plaçait alors à la tète du barreau de cette ville , remarquèrent le talent du jeune Giroult, et lui firent les plus vives instances pour l'engager à rester parmi eux. Mais après un séjour de quelques années, entrainé par son pen- chant pour la littérature , il vint à Paris dans l'intention de s'y fixer. 11 fut rappelé momentanément au sein de sa famille, lorsque les orages s'amoncelaient autour du trône , et dut alors se livrer à un autre genre d'occupation. La confiance de ses compatriotes le força d'entrer dans les assemblées électorales de la Manche, où il ne tarda pas à prendre l'ascendant le plus marqué. C'est à son heureuse influence que l'on doit Id modération que montra constamment à l'assem- blée constituante la députation de ce département ; et les personnes à qui l'histoire de la révolution est familière n'ont pas oublié le manifeste énergique qu'une partie de cettedéputation publia contre la constitution de 1791. Nominé représentant du peuple en 1792, Giroult crut devoir accepter une fonction qui pouvait le rendre utile à la cause de la monarchie. Mais le mal était déjà sans remède : cet antique édifice, sapé jusque dans ses fondements , s'écroulait de toute, parts ; enfin la journée du 10 août en consomma la ruine. Giroult, qui jusqu'alors avait gardé le plus profond silence , voulut au moins s'opposer aux attentats qui se renouvelaient sans cesse. Il fit inutilement les plus grands efforts pour sauver le vertueux de Laponie, intendant de la liste civile, qui termina son existence sur l'échafaud révolu- tionnaire. Poursuivi par la haine active des jaco- bins, qui ne pouvaient lui pardonner son attachement à la royauté , effrayé des massacres de septembre, Giroult chercha son salut dans la fuite. Bientôt son nom n fut rayé de la liste des représentants et sa tète fut proscrite. Roland, qui , dans le temps de son ministère, lui avait offert la place de secrétaire général et en avait été durement refusé, venait de trouver dans un trépas volontaire la fin d'une vie trop agitée. Cette chute terrible d'un des plus ardents républicains ne fit qu'accroltre les craintes de Giroult sur les excès dont la France entière allait devenir le théàtre. Rentré dans le département de la Manche, il le revit dans une situation bien différente de celle où il l'avait laissé. Le féroce le Carpentier y com- mettait alors ces atrocités qui ont rendu son nom si exécrable. Cet homme affreux connut bientôt par ses émissaires la retraite de Giroult. L'infortuné représentant , poursuivi d'asile en asile , s'é tait enfin réfugié dans le clocher de l'église conventuelle du MesnilGarnier, comme dans une retraite sûre ; mais il fut dénoncé par un scélérat nommé Robert. Aussitôt des détachements considérables de gendarmerie vinrent cerner l'église hospitalière. Giroult, qui s'aperçut du péril où il était, voulut se cacher dans un lieu inaccessible 'nais ayant eu le malheur de mettre le pied sur une solive pourrie, que le poids de son corps fit rompre, il tomba d'une hauteur effrayante , eut le corps brisé, et fut tratné expirant dans une maison voisine, où il mourut effectivement peu d'heures après, le 10 décembre 179
  • Étienne GOMEZ : pilote espagnol , après avoir navigué aux Indes orientales, demanda à l'empereur CharlesQuint une petite flotte dont il aurait le commandement pour aller chercher des épiceries aux Moluques et faire de nouvelles découvertes. Il était sur le point d'obtenir ce qu'il sollicitait, lorsque l'arrivée de Magellan, qui vint faire la proposition (l'aller aux Moluques par l'ouest, changea les bonnes dispositions qu'on lui témoignait. Gomez n'eut que l'emploi de pilote du navire le St- Antoine, dans la flotte de 5Iagellan ; il en conçut une haine violente contre ce navigateur. Ce qui l'irritait encore plus était de se trouver sous les ordres d'un Portugais ; aussi, lorsque la flotte eut été engagée dans le détroit nouvellement découvert, Magellan , qui aperçut des ouvertures de différents côtés, en- voya le 24 octobre 15'20 le St- Antoine et un autre btitiment pour reconnaltre si un de ces canaux "Illgo u t i 11,11t e nle ouverte. Gomez saisit l'occa- sion, et fit force de voiles afin (le profiter de l'obscu- erité de la nuit pour rebrousser chemin ; il s'était, à cet effet, concerté avec les autres Espagnols ; ils mirent aux fers le capitaine du vaisseau , Alvar de Mesquita, cousin germain du capitaine général , et le conduisirent ainsi en Espagne. Il parait que Gomez avait des amis puissants qui empèchèrent qu'on ne le punit de cet acte d'insubordination. En 1524 il fut un des pilotes nominés pour éclairer de leurs avis le congrès assemblé à Badajoz, afin de décider sur les différends survenus entre l'Espagne et le Portugal relativement à la ligne de démarcation pour leurs domaines d'outremer. Cette discussion lui fit naltre l'idée de chercher par le nord un passage aux Moluques, et l'empe- reur lui confia une caravelle. Il partit la même année et se dirigea vers la Floride. Il côtoya le pays en remontant trèshaut vers le nord, mais ne découvrit pas de passage. Alors il prit à bord autant d'Indiens que le navire en put contenir ; ce qui était contre la volonté du roi. A son retour, en 1525, il alla trouver à Tolède CharlesQuint, qui lui témoigna son mécontement ; et, Il selon Gomara , ceux qui avaient favorisé Gomez I, pour faire ce voyage rougirent alors de honte. Une ancienne carte manuscrite, dressée en 1529 par Diégo Ribero , cosmographe espagnol, a conervé le souvenir du voyage de Gomez : on y lit, . intdessous de l'emplacement occupé par les Etats .,de NewYork , de Connecticut et de RhodeIsland, t Terre d'Étienne Gomez, qu'il découvrit en 159.5, par l'ordre de Sa Majesté. Il y « beaucoup d'arbres. beaucoup de rodoballos , de saumons et de soles; on ny trouve' pas d'or. — Fernand GOMEZ était un négociant de Lisbonne à qui Alphonse, roi de Portugal, occupé à soutenir ses prétentions à la couronne de Castille, et à poursuivre ses expéditions contre les Maures de Barbarie, vendit en 1469 le privilége du commerce des nègres à la côte d'Afrique , moyennant cinq cents ducats et il la condition de pousser les découvertes cinq cents lieues au delà de SierraLéone. Les gènes de ce monopole ralentirent l'ardeur des découvertes ; Gomez s'enrichit, et ses profits énormes le mirent à même de faire renouveler sou traité. Il remplit les conditions qu'il lui imposait ; car ce fut par ses soins que Juan de Santarem et Pedro de Escobar ouvrirent le commerce de l'or à la Mina, qui a conservé le nom de ce métal à cette partie de la côte, et qu'ils la reconnurent ensuite en 1471 jusqu'au cap SteCatherine , sous le deuxième degré et demi de latitude australe
  • Étienne GOSSE( 1773) : auteur dramatique , né en 1 773 à Bordeaux, était secrétaire de l'arsenal de Nantes au commencement , se seraient rendus suspects a aux frères et amis , s'ils avaient eu l'aristocratie acle représenter une pièce aussi contrerévolu« tionnaire. Alors l'auteur fut forcé de la faire a jouer au théâtre de la rue du Bac . » Des vers heureux, des caractères neufs et bien soutenus, et surtout la couleur d'opposition imprimée par l'auteur à cèt ouvrage, tout contribua à son succès; mais les représentations en furent arrêtées pendant quelque temps par ordre supérieur, d'après les plaintes de deux ou trois dames d'honneur de madame Tallien , qui furent choquées de voir leurs ridicules et leurs vices exposés sur la scène avec tant de vérité. En 1800, Cosse fit preuve des mêmes opinions dans un roman intitulé les Amants vendéens, 4 vol. où il a su reproduire la couleur locale et retracer des événements intéressants. En1801 il fut du nombre des hommes modérés que le gouvernement consulaire cherchait à s'attacher dans toutes les positions. Nommé en conséquence inspecteur des Paris, floréal au 8 , 1 vol. 12) Théâtre appelé des Victoires nationales. 13) Voyez l'ouvrage cité dans la note t. remontes , puis receveur de la loterie à Toulon, Gosse conserva cette dernière place jusqu'en 1815. Compris dans les nombreuses destitutions qui avaient lieu alors , il ouvrit à Toulon un établissement de limonadier; c'est ce qui a inspiré à l'auteur du Martyrologe littéraire cette réflexion : Hélas! tel vaudevilliste qui n'a pas son a talent fait demander l'auteur! et serait bien ; 5° avec Morel et Étienne, Quel est le plus ridicule , ou la Gravure en action , folievau- deville, 1801 ; 4', avec Étienne, Pont- de- Veyle, ou le Bonnet de doleur, 1802 : cette pièce, ainsi que la précédente, fut jouée au théâtre MontansierVariétés ; 5° avec M. Beauplan , la Fiancée perdue, 1820 . Gosse a fait imprimer les Jésuites, ou les autres Tartufes, comédie en cinq actes et en vers, non représentée. Il a composé quatre autres pièces de théâtre dont la censure ne permit pas la représentation : Mademoiselle de Tournon, ou l'Ancien droit d'ainesse, comédie en trois actes; l'École des jeunes gens, comédie en trois actes et en vers, destinée à faire la contrepartie de l'Ecole des vieillards de Casimir Delavigne ; . ladig, pièce destinée au théâtre de la PorteStMartin ; enfin, avec M. Bert, Jane Shore. On doit encore à la plume féconde de l'auteur du Médisant deux autres romans : Gasparin, ou le Héros provençal, roman érotico- comique, 1800, 2 vol. ; la Petite musicienne, 1819, 5 vol. conception commune et sans intérêt, à laquelle l'auteur a attaché l'histoire des événements
  • Étienne GOURMELEN : médecin, fit ses premières études dans le pays de Cornouailles, en basse Bretagne, sa patrie. Les succès qu'il y obtint , et surtout un goût fortement prononcé pour les sciences physiques, le déterminèrent à embrasser l'étude de la médecine contre le voeu de ses parents. Malgré les conseils et les représentations de sa famille, dont la modique fortune était peu propre à favoriser une semblable entreprise, le jeune Gourmelen se rendit à Paris avec trèspeu d'argent; mais il y apportait une éducation soignée , une extrême ardeur pour l'étude, l'amour du travail et le besoin de se distinguer. 11 se livra avec une constance et une assiduité peu commu- mimés à l'étude des meilleurs auteurs anciens et modernes; et après avoir paru avec éclat dans tous ses actes , il l•ut reçu docteur le 5 mars 1561. De-- venu professeur en 1567, le grand concours d'au- diteurs que ses leçons sur Hippocrate et Galien lui attirèrent dès le début de son professorat lui acquit bientôt beaucoup de réputation. Il fut élu doyen de la faculté en 1574 , et fut contirm;.S dans cette charge en 1575. Le titre de docteur ne l'empêcha pas de s'appliquer à la chirurgie; il lit mème une étude spéciale de cet art, alors presque entièrement plongé dans la barbarie , et remplaça Akakia , en 1578 , à la chaire de chirurgie du Collége royal. Le zèle et la philanthropie dont il donna des preuves pendant la peste qui ravagea Paris en 1580 lui méritèrent l'estime et la reconnaissance de ses concitoyens , comme il avait déjà obtenu celles des savants par ses travaux et par ses ouvrages. 1- Son Synopseos chirurgioe libri se, Paris, 1566 accueilli avec empressement, fut traduit en français par Malezieux, Paris, 1571 et par Courtin , sous le titre de Guide des chirurgiens , Paris , 165i ; 2" Hippocratis libellas de aliment° in latinum versus et commentariis tus , Paris, 1572 , Ce livre avait servi de texte aux leçons de l'auteur trais ans auparavant. Chirurgiœ artis ex Hippoeratis et veterum decretis ad rationis normam reductoe, libri tics, Paris, 1580 D'après la préface de cet ouvrage, Gourmelen l'aurait composé après avoir comparé tout ce qui avait été écrit sur la chirurgie depuis le milieu du treizième siècle avec ce qu'il avait remarqué sur le Mènie sujet dans les ouvrages d'Aristote d'Hippocrate et autres anciens. On y trouve plusieurs faits curieux sur l'histoire de la chirurgie de Paris ; il forme le 5e volume de la médecine de Pardons , Paris, 1659 ; Avertissement et con- seils ci MAL de Paris . tant pour se préserver de la peste, comme aussi pour nettoyer la ville et les mai- sons qui ont été infectées , Paris, 1581 Gour- meleu publia ce livre à l'occasion de la peste qui désola Paris en 1581, suivant l'histoire de cette -.ide, mais que de Thou rapporte à l'année 1575, sous le décanat de l'auteur. il attribue cette maladie à la colère divine; mais il indique les mesures de police les plus sages pour prévenir et arrêter la contagion , et il expose les règles d'hygiène les plus salutaires sur la manière de vivre et de se conduire pour se préserver de la maladie; 5' Ré- ponse â l'Apologie, qui est contre lui , dans les oeuvres d'Amb. Paré . Gourmelen avait entrepris, en outre, un grand ouvrage sur la pharmacie, dont le manuscrit se trouve à la Bibliothèque de Paris, sous le n° 6879 ; mais sa mort, survenue à Paris en 1594, ou selon Éloy à Melun eu 1595, ne lui permit pas de lé mettre'
  • Étienne GRADI( 1600) : philologue et pete, né à Ra- guse, dans le 17. siècle, d'une famille noble, em- brassa l'état ecclésiastique , fut pourvu de l'abbaye de StCôme et StDamien et succéda à Allacci en 1661 dans la place de conservateur de la biblio- thèque du Vatican. C'était un homme trèsinstruit, d'un caractère doux et affable, et plein de zèle pour le progrès des lettres. Le sénat de Raguse le députa près de Louis XIV, pour lui demander des secours contre les Turcs ; mais les jésuites, qui se rappelaient sa dispute contre le père Honoré , crurent et surent persuader au roi que le but secret de son voyage était de se concerter avec les chefs du parti janséniste, et il reçut l'ordre de sortir de Paris le jour mème qui avait été fixé pour son audience. Gradi mourut à Rome en 1683, dans un àge avancé. On a de lui plusieurs petits ouvrages , parmi lesquels on citera les suivants : 1° Festinatio B. Firginis Elisabetham invisentis , lat. gr., oratorie ac poetice pertractata, 1631 . Deux de ses amis, Octave Cusani et Fr. Marie Rho , de Milan, ont eu quelque part à ce recueil. 2. ratio de eligendo summo pontifice: il prononça ce discours le 1. — On croit que c'est un autre Etienne GRAD' OU de Gra- dibus qui a composé : 1. Dissertationes physico- nzathematicce quatuor, Amsterdam, Elzevir, 1680 o Dissenatio de directione naris ope guber- naculi , de stellis, etc., ibid., 1680 Adelung ne les distingue pas et renvoie , pour plus de détails , à Seb. Dolce , Fasti Ragusii litterar
  • Étienne GRAY( 1600 - 1736) : habile physicien anglais , vers la tin du fle siècle, doit sa réputation à ses belles expériences sur la matière électrique. 11 est le premier qui ait découvert que les corps durs, à l'exception des métaux peuvent être électrisés, et que la propriété qu'ils ont acquise par le frottement est transmissible à une grande distance. 11 a également reconnu la possibilité d'électriser l'eau par communication , la permanence de l'électricité , etc. Le premier il tira des étincelles d'une barre de fer suspendue sur deux cordons de soie, et remarqua qu'elles étaient plus fortes à l'extrémité la plus grosse , observation qui a con- duit à la découverte des paratonnerres. Les diver- ses expériences de Gray sont détaillées dans plusieurs dissertations qu'il lut à la Société royale de Londres, et qui ont été insérées dans les Transac, lions philosophiques de 1720 à 1736; elles furent répétées en France par Dufay . Le compte qu'il en rendit à l'Académie des sciences comprend dixhuit Mémoires imprimés dans le Recueil de cette société, années 1733, 1734 et 1757. Gray était si passionné pour les progrès de la science, qu'il dictait encore ses dernières obser- vations à Mortimer, son ami, la veille de sa mort, qui eut lieu à Londres le 15 février 1756. Wheler a continué ses recherches sur l'électricité Ws.
  • Étienne GROS( 1797 - 1856) : philologue, recommandable par d'utiles traductigns et interprétations d'ouvrages grecs, était né à Carcassonne le 27 juillet 1797. Son premier ouvrage le fit remarquer trèsavantageusement par le conseil de l'université, auquel il le transmit dès 1820, de Castelnaudary, où il était régent : c'était une traduction de la Rhétorique d'Aristote , oeuvre importante dont nous ne possédions qu'une seule traduction , fort estimée sans doute, mais déjà ancienne de cent cinquante ans, celle de Cassandre. Le jeune Gros fut en conséquence appelé à Paris par l'administration de M. RoyerCollard comme professeur adjoint de rhétorique au lycée Charlemagne. Il occupa ensuite plusieurs chaires , soit comme adjoint, soit comme titulaire, dans d'autres lycées : il enseignait la seconde à LouisleGrand, lorsque en 1838 il devint inspecteur de l'Académie de Paris. En 1851 il fut,appelé comme proviseur à la direction du lycée Bonaparte. C'est dans ces fonctions qu'une mort prématurée l'enleva au mois de juillet 1856. Cette perte fut vivement ressentie de tous ceux qui appréciaient en lui un caractère plein de modestie et de bonté. Il était membre de la Légion d'honneur et de l'ordre de Charles d'Espagne , et correspondant de l'Académie de Turin. Ses travaux littéraires devaient le retenir à Paris et lui avaient fait refuser un rectorat en province. Sa dernière entreprise littéraire, la traduction de Dion Cassius , restée malheureusement incomplète, avait été pour lui l'occasion d'un voyage en Allemagne et en Italie, où il avait collationné les manuscrits de son auteur. Voici la série de ses publications :10 la Rhétorique d' Aristote , avec le texte, des notes, et un index des morceaux parallèles dans Cicéron et dans Quintilien , Paris, 1822 ;.9.^ Examen critique des plue célèbres écrivains de la Grève par Denys. Halycarnasse ; ces précieux jugements, d'une autorité si classique et si savante, sont traduits pour la première fois en français avec notes et texte revu avec soin, Paris, 1826-1827, 3 vol. 3" P hilodemi rhetorica ex Herculanen si papyro lithographice Oxonii excusa, restituitlatine vertit, dissertatione de grœca eloquentia et Rhetorica, tiaque Herculanensium voluminum auxit, annotation;- bus indicibusque instruxit... adjecti suni duo Philo- demi M'Il de Rhetorica Neapoli editi, Paris, 1840 4" deux thèses de doctorat, écrits peu répandus , dont la première, composée en français, a été reproduite et développée par. l'auteur sous forme latine dans l'ouvrage précédent sur Philodème ; l'autre, écrite pour la plus grande partie en langue grecque, traite de la philosophie naturelle des Grecs avant Thalès ou la secte ionique, revue rapide des époques antéhistoriques de la civilisation hellénique ; 5" Histoire romaine de Dion Cassius avec notes et texte collationné. Œuvre interrompue à la fin du livre XLI, c'est-àdire à peu près à la moitié, et qui devra sans doute trouver un continuateur ; Paris, Didot, 1845-1855, 4 vol
  • Étienne GUDIN( 1734 - 1820) : général français, d'une famille originaire du Nivernais, anoblie dès 1542, naquit dans cette province, à Ouroux , le 15 octobre 1734. Il embrassa de bonne heure la carrière des armes, et en 1752 il fut admis en qualité de volontaire ou de cadet dans le régiment d'Artois; il y était breveté en qualité de lieutenant le 6 mars 1757. Il assista aux campagnes de l'ortugal en 1762 et 1763. Le 1" février 1765 il exerçait les fonctions de sousaidemajor, ce qui était alors un emploi, non un grade. Il fut promu à celui de capitaine le 20 avril 1768 , et chargé du commandement du dépôt des recrues. La compagnie colonelle lui fut donnée en 1778, et l'année suivante il reçut la croix de StLouis. Le système d'une organisation due au ministre SaintGermain ayant créé des compagnies de chasseurs, le co de celle du régiment où servait Gudin lui fut donné le 20 août 1780, et en cette qualité il s'embarqua le 13 décembre 1782 avec le troisième bataillon , et rentra en France le 25 mai 1783. Le 14 juin 1786 il était à la tète dus grenadiers de son régiment , qu'il quitta le 5 février 1788, étant passé à cette époque major au régiment des grenadiers royaux de Normandie. Ce grade lui donnait le rang de lieutenantcolonel, qui alors ne répondait qu'à celui de chef de bataillon actuel, de mème que celui de major ne répondait qu'à celui de premier capitaine. Les grenadiers royaux et les corps de milice dont ces grenadiers étaient l'élite, ayant été réformés le 4 août 1789, le lieutenantcolonel Gudin établit sa résidence à Montargis, où il se maria avec une demoiselle Durzy, , dont il n'eut pas d'enfants. Quand la révolution éclata, les premiers bataillons de volontaires se formèrent ; ils se composaient de compagnies levées dans chaque département, arrondissement ou district. La compagnie montargoise , prête à partir pour le cheflieu, appela à sa tète le chevalier de StLouis Cudin , car sa décoration, qui allait etre proscrite bientôt après, était alors encore un titre respecté. Ses bons et anciens services lui valurent , à Orléans , l'honneu• (l'être nommé à l'unanimité , le 9 octobre 1790, lieutenantcolonel en premier par les volontaires du premier bataillon du Loiret. Ce titre de lieutenantcolonel en premier, qui cessa d'exister lors de l'embrigadement, répondait au titre de chef de bataillon commandant. Gudin eut pour lieutenantcnlonel en second Quetard, ancien militaire, qui devint plus tard général, et mourut en retraite à Orléans. Le grade de général de brigade fut décerné au commandant Gudin le 27 mars 1793, quoiqu'il n'eût point passé par celui de chef de brigade; mais de fréquents exemples d'avancement en franchissant des échelons se retrouvent à cette époque. En cette même année il montait au rang de général de division , et avant le blocus de Maubeuge il était promu général en chef de l'armée de la Vendée, en vertu (l'un décret spé cial de la convention, que mentionne le Bulletin des lois, décret peu connu , parce qu'il ne fut pas mis à exécution , car le général Gudin eut le bonheur ou le bon esprit de refuser ce dangereux commandement qui peut-être lui eiit coùté la vie ; il n'évita pas cependant les honneurs de la persécution. Le représentant Drouet le fit arrèter et incarcérer à Arras après le blocus de Maubeuge , dont il avait été nominé commandant. Il y fut détenu jusqu'au 9 thermidor; et ce qui offre une effrayante peinture des troubles de l'époque, c'est que, sorti de prison, il fallut en quelque sorte qu'un acte d'état civil réhabilitât Gudin à la vie, car il avait été officiellement guillotiné; mais, par une étonnante circonstance qu'il a racontée maintes fois sans pouvoir l'expliquer, il avait reçu, le lendemain du jour où son supplice était censé avoir eu lieu , une note écrite d'une main inconnue et lui annonçant qu'il figurait comme le treizième mort sur une liste de trentesix suppliciés. Il ne lui a jamais été possible de découvrir si , par une substitution à la fois heureuse et cruelle , une autre victime .avait été immolée à sa place. Cet événement est resté d'autant plus inexplicable aux yeux de Gudin , qu'il n'avait pas entendu prononcer de jugement contre lui ou contre d'autres prévenus; il avait subi seulement deux interrogatoires. Sorti de cette épreuve, le général Gudin eut en 1795 un commandement dans l'armée des côtes de Cherbourg. Son âge avancé, ses cinquante ans de services effectifs, le forcèrent alors à quitter la carrière des armes; il se retira dans une propriété peu éloignée de Montargis. En 1800 il fut désigné par le département du Loiret, en qualité de candidat au sénat conservateur, et en 1805 il fut nommé membre de la Légion d'honneur. Cet homme de bien est mort le 23 septembre 1820 à StMauricesurAvéron, jouissant de la retraite de lieutenant général ; il a laissé pour successeurs deux neveux qui ont dignement marché sur ses traces, et dont il nous reste à faire l'histoire
  • Étienne HAWES : issu d'une ancienne famille du comté de Suffolk, fit (l'excellentes études dans l'université d'Oxford , et voyagea dans les contrées les plus civilisées de l'Europe, pour perfection, ner son éducation par le commerce des personnages les plus distingués ans le monde et dans la littérature. A son retour en Angleterre il s'y lit remarquer par l'enjouement de son esprit, l'agrément de ses manieres et ses rares connaissances dans les lettres. Henri VII le nomma gentilhomme de sa chambre, et il voulait toujours l'avoir auprès de sa personne, tant il prenait de plaisir à sa conversation. Sa mort est placée par les biographes anglais vers la tin du règne de ce prince. Tous les ouvrages de Hawes, qui eurent tin grand succès, annoncent par le titre seul la vidé et h légèreté de son esprit : 1" Passe- temps agréables, , i n I" ; 4±. Modéle de la vertu ; 3s le( Délires de l'aine ; I" Consolations des amants ; 5. le Temple de cristal; 6. le Mariage du prince ; 70 Alphabil des oiieaux
  • Étienne GUICHARD : grammairien savant, mais systématique, enseignait les langues étrangères et la philosophie à Paris au commencement du 17" siècle. On a de lui : Harmonie étymologique Il était seigneur cl'Arandas , d'Argit et do Teney. latin , auxquels on doit recourir pour connaître les étymologies des mots; mais , partant du principe que l'hébreu est la plus ancienne de toutes les langues , il en conclut que le grec et le latin en sont dérivés, et , par conséquent , que c'est dans l'hébreu qu'on trouve la racine primordiale de tous les mots en usage. Le savant P. Thomassin a adopté le système de Guichard, sur lequel , dit Coujet, il a méme enchéri. « Je consens, ajoute« til, que l'hébreu ait donné naissance à la plu- part des langues; mais il a passé par bien des « bouches avant de venir jusqu'à nous, et il s'agit de « l'origine immédiate, que Guichard n'indique pas. « Son ouvrage est donc d'une très- médiocre titi- » GUICHARD , nommé par quelques biographes de Guicharda ou de Guicardo , vivait dans le 17e siècle. 11 ne nous est connu que par l'ouvrage suivant : Noctes Granzoviance, sen discursus pane gyricus de antiquis triumphis , Amsterdam, 1661 fig
  • Étienne HALES( 1677) : physicien anglais, né le 7 septembre 1677, d'une famille noble , à Beckebourn , dans le comté de lient, étudia à Cambridge, et montra de trèsbonne heure beaucoup de goût pour l'étude des sciences naturelles, et un esprit d'invention qu'il manifesta dès lors par la construction de différentes machines utiles et ingénieuses. On cite particulièrement une machine en cuivre pour démontrer les mouvements des planètes , et qui avait beaucoup : la traduction italienne est due à une dame napolitaine , nommée Ardinghelli ; elle partit en 1756. On distingue parmi ses autres écrits l'Art de rendre potable l'eau de la mer, 1 vol. , et un Mémoire sur les moyens de dissoudre la pierre dans la vessie et dans les reins , et de conserver la viande dans les voyages de long cours mémoire qui obtint la médaille d'or fondée par sir Godfrey Copley. L'exactitude de l'expérience figurée dans l'une des planches de la Statique de Hales avait été mise 'en doute ; c'est celle où , de trois arbres réunis par la greffe de leurs branches, l'arbre du milieu, après qu'on a enlevé la terre de ses racines et qu'on l'a laissé suspendu en l'air, n'en continue pas moins de profiter; mais il paraît qu'une expérience de Hope , d'Édimbourg, a confirmé entièrement ce fait
  • Étienne JACQUEMARD( 1772) : grammairien , né le 24 septembre 1772, à Paris, était fils d'un valet de pied du comte d'Artois. Il fit d'excellentes études au collée Louis le Grand, sous la direction de Champagne , pour lequel il conserva toute sa vie une tendre affection, et suivit les leçons de l'abbé Delille , qui lui le goût des vers et lui en enseigna le mécanisme. Ses études terminées, il apprit l'italien et l'anglais, et se perfectionna dans la musique et le dessin. Quelques personnes haut placées qui lui portaient de l'intérêt jugèrent qu'il pourrait être employé à l'éducation des princes , et le firent, en attendant, attacher à la surveillance du palais et des jardins de StCloud. Il avait alors dixhuit ans; la révolution était commencée, mais on ne pensait pas que le trône eût rien à en redouter. La journée du 20 juin 1792 détruisit cette sécurité ; congédié de StCloud, il revint à Paris ; mais atteint quelques mois après par la loi sur la réquisition , il fut incorporé dans un bataillon et dirigé sur l'armée du Nord. La délicatesse de sa santé et surtout son excessive myopie le rendaient impropre au service actif. On le plaça dans le bureau du quartiermaltre, et il fut, pendant Près de deux ans, chargé de la comptabilité du bataillon. Dès qu'il eut obtenu son congé de réforme, il décida ses parents à quitter Paris pour venir habiter BourguignonleMorey, petit village de FrancheComté , dont ils étaient originaires, et où ils avaient conservé un aodeste domaine. Prévoyant bien qu'il y serait tout à fait isolé, Jacquemard avait eu soin de se précautionner de musique, de crayons et d'une bibliothèque choi- sic ; mais, ces ressources ne lui suffisant pas pour combattre l'ennui, il imagina de se créer une occupation en s'imposant la tâche de donner des leçons de grammaire à quelques jeunes gens de son village, dans lesquels il avait reconnu des dispositions. La rapidité de leurs progrès l'attachant de plus en plus à ses élèves, il rédigea pour eux des Eléments de grammaire française, qu'il soumit à des juges compétents, notamment à Boinvilliers , et , encouragé par leurs suffrages, il les fit imprimer en 1805 avec une dédicace à Champagne, tribut tardif niais sincère de sa reconnaissance. Il avait été nommé l'année précédente membre correspondant de la société d'agriculture , sciences et arts du département de la HauteSaône, et il, lui communiqua successivement des traductions en vers de la première Egloyue de Virgile ; du Vieillard de Vérone de Claudien ; de la Maison de campagne d'Ausone, et d'un épisode du Prœdium rusticum de Vanière . En 1811 il donna une nouvelle édition améliorée de son Abrégé de grammaire française qu'il dédia à Fontanes, alors grand maitre de l'université. Les événements de 1814 ayant ramené le comte d'Artois à Paris , le père de Jacquemard ne- put résister au désir de revoir le prince qui l'avait honoré de ses bontés. Admis à lui présenter ses hommages , le vieux serviteur, à qui son ancien maitre tendait la main , fut saisi d'une telle émotion qu'il s'évanouit. Les soins qui lui furent prodigués le rappelèrent à la vie, niais ne purent lui rendre la santé , et dès ce moment il ne fit plus que languir. Jacquemard reçut alors de pressantes invitations de se fixer à Paris ; mais, exempt de toute ambition, content d'une fortune, qui suffisait à ses besoins, il ne voulut pas quitter son village, dont il fut nommé maire, charge qu'il se hâta d'abdiquer dès que les circonstances le lui permirent. La poésie avait conservé pour lui le même charme que dans sa jeunesse ; mais il s'occupait d'histoire, de géographie, de statistique, et il préparait une troisième édition de ses éléments de grammaire, quand arriva la révolution de 1830. Privé de journaux et ne pouvant ajouter foi aux bruits qui circulaient, il allait s'informer des nouvelles à Morey, séparé de Bourguignon par une roche élevée, lorsqu'il tomba dans un abîme , où il fut retrouvé mort le 3 août Ces différentes pièces sont imprimées dans les Mémoires de la société de la Haute- Sad/ te , t. 2 et 3. 1830. Ainsi , le retour des Bourbons en France avait hàté la fin du père, et leur expulsion coùta la vie au fils. Indépendamment de la Grammaire fran- çaise et dis différentes pièces de vers déjà citées, on doit à Jacquemard un Centon composé de vers de Virgile, adrAsé à Bonaparte en 1802, et imprimé dans la Décade, t. 52, et des Essais de fables , opuscule tiré à un trèspetit nombre d'exemplaires . Parmi les livres qui traitent des principes de la langue française, la Grammaire de Jacquemard mérite une place distinguée. On y trouve une nombreuse série de locutions et de constructions vicieuses avec leur corrigé, travail bien fait- et trèsutile aux Com- mençants. La théorie des participes y est déve- loppée avec beaucoup d'étegdue. Enfin , cet ouvrage en général exact, et où les règles sont appuyées sur des exemples choisis dans les meil- leurs écrivains , atteste beaucoup de recherches et d'observations de la part de l'auteur ; mais cependant les notes dont il est surchargé, et qui parfois sont plus longues que le texte, des répé- titions fréquentes et peu utiles y jettent une sorte de diffusion
  • Étienne JAWORSKY( 1600) : né en Russie, vers le milieu du 17e siècle , fut revêtu de plusieurs dignités ecclésiastiques sous le règne de Pierre le Grand. Il fut d'abord métropolitain de Rézan , et se distingua dans cette place par son activité et son zèle. En 1700, mourut le patriarche de Russie, Adrien ; et Pierre conçut le projet de ne point le remplacer, et de se déclarer luimême chef de la religion de l'empire. Mais l'attention que deman- dait la guerre de Suède, et la crainte de choquer le peuple en introduisant trop brusquement une innovation si considérable , engagèrent le czar à différer quelque temps l'exécution de son projet. En attendant, il nomma l'évêque de Rézan vicaire du patriarche , avec le titre d'exarque. Il fut enjoint à ce prélat de consulter, sur tous les objets importants, les évoques qui seraient appelés pour cet effet à Moscou, et de soumettre tous les décrets à la sancti,on du souverain. L'administration des domaines et revenus du patriarche fut réunie à celle des monastères, présidée par un sénateur. Lorsqu'enfin Pierre se fut décidé à supprimer formellement et pour toujours la dignité de pa triarche, Jaworsky fut un de ceux qui s'opposè- - rent avec le plus d'ardeur à cette mesure. Il fut cependant obligé de céder; et le saint synode remplaça le patriarche. Jaworsky ne montra pas moins de dévouement à la doctrine de l'Église grecque sous d'autres rapports. Les sectaires nommés Roskolnik, ou anciens croyants, ayant attaqué le culte des images, il écrivit contre eux un livre trèsvéhément, intitulé Le rocher de la foi; mais Pierre, voulant prévenir les haines et les persécutions , prescrivit des mesures de tolérance, et défendit l'impression du livre, qui ne parut qu'en 1728, après la mort de l'empereur
  • Étienne JODELLE( 1532) : sieur du Lymodin, né à Paris, en 1532, fut le premier qui imagina de composer des tragédies à l'imitation de celles des Grecs, c'est- àdire avec des prologues et des choeurs. Ces tragédies sont : Cleopdtre captive et Didon se sacrifiant. La première fut jouée en 1552 à l'hôtel de Reims, et ensuite au collége de Boncour, en présence de Henri II, qui récompensa généreusement l'auteur en le gratifiant d'une somme de cinq cents écus, « d'autant, dit Pas-« quier, que c'était chose nouvelle et trèsrare. » Jodelle lui même représentait Cléopâtre ; les autres rôles étaient joués par des petes de ses amis , Remi Belleau , Jean de la Péruse , etc. Ceuxci, passant le carnaval à Arcueil avec Jodelle, s'avisèrent, pour lui faire honneur, de célébrer une de ces fêtes à Bacchus qui, chez les Grecs, donnèrent naissance à la tragédie; ils lui amenèrent un bouc orné de guirlandes, autour duquel ils dansaient, et chantèrent en choeur des dithyrambes de leur composition. L'affaire fit du bruit, et manqua leur être funeste; on ne les accusait de rien moins que (l'idolâtrie et même d'athéisme. Quoiqu'il jouit aussi de la protection de Charles IX, et qu'il fût l'un des potes de la pléiade française, Jodelle , trop ami de ses plaisirs et trop prodigue de son argent , mourut à Paris dans la misère, en juillet 1573, âgé de 41 ans. On assure qu'il avait des connaissances en architecture , peinture et sculpture. 11 possédait aussi les langues grecque et latine; et il a laissé des poésies dans cette der- fière langue, Ses OEuvres et mélanges poétigyes ont été imprimés à Paris, en 1574 et en 1583 : le second volume annoncé n'a jamais paru. L'édition de Lyon, 1597 est plus complète. Voici le jugement que la Harpe porte de ses tragédies : « Il n'y a aucune étincelle du génie « des Grecs , aucune idée de la contexture drama- « tique; tout se passe en déclamations et en récits. « Le style est un mélange de la barbarie de lion- « sard et des froids jeux de mots que les Italiens « avaient mis à la mode en France. » Sa comédie d'Eugène. ou la Rencontre, en cinq actes, jouée en même temps que la Cléopiitre captive avec le même succès et par les mines acteurs, mérite les mêmes reproches, et l'on peut y joindre celui d'indécence
  • Étienne JONDOT( 1770 - 1834) : né en 1770, à ItIontcénis, Près d'Autun , après avoir fait au collége de SteBarbe, à Paris, de bonnes études, se livra avec passion à la littérature, et n'adopta point, quoique bien jeune, les principes de la révolution. Loin de là, il s'attacha, en qualité de secrétaire, à un général vendéen ; tout dévoué à la cause qu'il avait embrassée, il inséra dans un journal monarchique , le Courrier universel, un article apolog:- tique sur l'armée catholique et royale. Après la première pacification des départements de l'Ouest, il revint à Paris et donna une nouvelle preuve de ses sentiments politiques en publiant un Paral- lèle de Louis XVI et de Tsong- ching , empereur de la Chine, Paris, 1797. Vivement ému des malheurs de ce prince , il en traçait le panégyrique sous la forme d'une Comparaison avec l'un des meilleurs monarques de l'Orient. Ce courageux écrit fut suivi d'une production , l'Esprit de la révolution française, qui attira à son auteur des éloges et des critiques également exagérés. 11 ouvrit à la même époque, dans le faubourg StGermain , une pension où il n'admettait pour sousmaîtres que des hommes connus par leurs principes religieux . Il coopérait en même temps au Véri- dique, journal destiné à les propager. Cette feuille ayant été supprimée, Jondot fut admis au nombre des écrivains qui, dans le Journal des Débats, s'attachaient à répandre des idées saines en politique, en morale , en littérature. 11 fut spécialement chargé de la partie des voyages et des livres d'histoire. On remarqua le soin avec lequel il rédigeait ses articles : il ne se bornait pas à faire un extrait sec et aride des livres qui lui étaient confiés : chaque ouvrage lui servait de cadre pour offrir aux lecteurs des rapprochements utiles et des aperçus neufs. Si depuis il a été surpassé dans cette carrière par les Dussault, les Geoffroy, les Iloffinan , les Féletz , ses collaborateurs , il n'en est pas moins juste de rappeler que Jondot eut le mérite d'être un des premiers à former cette croisade littéraire et religieuse qui contribua si puissamment à la réorganisation de l'ordre social. On distingua dans le temps ses articles sur le musée de la rue des PetitsAugustins , sur la forêt de Fontainebleau , sur les tombeaux de StDenis, et sa réfutation de l'ouvrage éminemment anticatholique de Ch. Villers sur la réformation de Luther. Cependant la précipitation du travail le Fit quelquefois donner dans d'étranges bévues: ainsi, en rendant compte du Traité sur la grande tactique de M. le général Joiuini, il débutait dans son article en louant l'auteur d'avoir dit précisément le contraire de ce que celuici avait énoncé et prouvé dans son livre, relativement à la tactique des anciens. A ses fonctions de journaliste, Jondot joignait celles de professeur . La Décade philosophique attaqua vivement Jondot au sujet de cette brochure, et entre autres griefs lui reprocha d'être chrétien. C'était alors un titre aux yeux du gouvernement réparateur de Bonaparte ; aussi futil nominé , en 1804, professeur ;1) Voy. les Annales catholiques, juin 1797. d'histoire à l'école militaire de Fontainebleau. Quelques années après , Jondot publia le plus important de ses ouvrages sous ce titre ; Tableau historique desnations, ou Rapprochements des pr cipaux événements arrivés la même époque sur la sui/ ace de la terre . Dans ce livre, l'auteur ne se sert de l'histoire que pour venir à l'attpui de ses doctrines politiques , mais son érudition est souvent superficielle. Trop souvent aussi il tombe dans la déclamation. En 1810, lors de la création des facultés dans la nouvelle université impériale, Jondot fut nommé à la chaire d'histoire à Rouen; d'où il passa deux ans après à celle d'Orléans ; niais il donna sa démission en 1813 , pour se livrer avec plus d'indépendance à ses études historiques. 11 est vrai de dire qu'avec son extérieur peu avenant , son élocution pénible et sa parole assez commune, Jondot n'était pas fait pour l'en- seignement oral. C'est ce qu'il fut forcé de reconnaitre luimême lorsque , nommé en 1818, par M. RoyerCollard , professeur d'histoire au collége Bourbon , il dut , faute de pouvoir tenir ses élèves, se retirer après quelques scènes de désordre. Depuis cette époque, sans renoncer à ses goûts littéraires, il s'occupa presque exclusivement de faire valoir des propriétés en vignobles qu'il possédait dans le département de la Marne. Il mourut à Paris le 16 inars 1854, et ses restes furent, suivant une disposition de son testament, transportés à Rieux, près de Montmirail, où étaient situés ses biens. Jondot avait publié, outre les ouvrages dont nous avons parlé , une Histoire de l'empereur Julien, tirée des auteurs idoldtres et con- firmée par ses propres écrits ; suivie du Récit de la désastreuse retraite des légions romaines . Cet ouvrage, écrit d'un style déclamatoire , offre des recherches d'érudition,' mais on n'y trouve qu'une critique peu saine. C'est une satire contreJulien que l'auteur cherche, par des allusions forcées, à comparer à Bonaparte, surtout à l'occasion de la retraite de Russie ;- enfin l'ouvrage de Jondot n'a pas fait oublier celui de l'abbé de la Bletterie. En général il manquait de la qualité la plus essentielle de l'historien , l'impartialité ; son style , qui n'était pas dépourvu d'un certain éclat, péchait souvent par le &faut de justesse et de mesure. Ou lui attribue : Lettres troyennes , OÙ Observations critiques sur les ouvrages d'histoire qui concourent pour le prix décennal de 92 pages . On peut croire que le dépit de n'avoir pas obtenu une mention du jury pour son Tableau des nations ne fut pas étranger aux motifs qui engagèrent Jondot à publier ce pamphlet , dans lequel , du reste, il ne manqua pas d'attaquer les tendances antireligieuses des rapporteurs de l'Institut. Après avoir passé sa jeunesse et son àge mûr à combattre les philosophes incrédules , Jondot finit par entrer en lutte avec un ecclésiastique dont les écrits , empreints d'un véritable radicalisme catholique , ont causé tant de perturbation au sein de la société religieuse. Dans le second volume de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion , ile Lamennais avait avancé des propositions qui sembleraient sorties de l'école de Pyrrhon. A ces assertions menant droit au doute et à l'incrédulité, Jondot opposa un écrit intitulé Anti- Pyrrhonien, Ou Réfutation complète des pr cipes contenus dans le deuxième volume de soi , etc., principes subversifs de toute croyance religieuse, de toute morale, et contraires aux notions de la saine physique ainsi qu'et l'expérience de l'histoire . L'annonce seule d'un titre Si hostile excita dans les journaux une violente polémique. Avant même que l'ouvrage eût paru z les amis de Lamennais , entre autres M. le comte O'Mahony, prirent fait et cause contre Jondot dans le Drapeau blanc et dans d'autres journaux royalistes, où ils, ne lui épargnèrent pas les injures. Luimème répondit dans la Gazette de France avec une modération dont il n'avait pas donné l'exemple dans son Anti- Pyrrhonien , OÙ , selon l'expression d'un critique, il est aussi vif et aussi amer que StJérôme écrivant contre le moine Vigilance. D'ailleurs, la critique de Jondot était diffuse, embarrassée d'une foule de propositions incidentes, et surchargée de traits d'une érudition indigeste. Aussi sa Réfu- tation , dont l'annonce avait produit tant de scandale, futelle complétement oubliée peu de semaines après son apparition , et de toute cette polémique il ne reste peut-être pour les connaisseurs que le souvenir de deux trèspiquants articles de de Féletz sur l'écrit de Jondot. Depuis ce temps, celuici se retira de la lice, uniquement occupé de préparer une seconde édition de son Tableau historique des nations, qui est moins une réimpression %t'une refonte presque entière de l'ouvrage . 11 avait encore publié en 1801, avec Mutin et Salgues : la Philoso- phie rendue ci ses premiers principes , OU Cours d'études sur la _ religion, la morale et les principes de tordre social, pour l'instruction de la jeunesse . Tous ceux qui ont connu Jondot estimaient son caractère plein de franchise et de loyauté. Chez lui la simplicité des manières allait jusqu'à la naïveté ; témoin ce trait de sa jeunesse. Il venait d'être arrêté commue secrétaire par un général : toutes les conventions étaient stipulées; mais le lendemain, de grand matin , Jondot se rendit près de son futur patron : Monsieur', lui « ditil , it est un fait que ma conscience défend de vous celer, c'est que j'ai de fausses dents » On juge aisément de l'effet d'une pareille confidence. Jondot, outre sa pension de retraite de l'université, jouissait d'une pension sur les fonds destinés aux gens rfe lettres. Il a revu la .3' édi- tion du Précis de l'histoire universelle d'Anquetil publiée en 1807, un an après la mort de cet historien .
  • Étienne JORDAN( 1543 - 1605) : né à Valladolid en décembre 1543, était peintre, architecte et sculpteur. Mais il parait que c'est à ce dernier titre qu'il acquit le plus de réputation. Une des preuves de son mérite , c'est que Philippe 11, qui n'aimait pas la médiocrité dans les talents, le nomma son premier sculpteur , et il fut attaché à la cour jusqu'à la mort de ce monarque. Les ouvrages les plus re- marquables de Jordan sont un St - Pierre , un St- Paul, une Madeleine et une Adoration des rois. On doit croire qu'il était aussi un bon peintre, puisque Greco ne dédaigna pas de lui soumettre ses tableatix. On en connait six de Jordan , qui sont trèsestimés, et qu'on voit à Valladollit dans l'église de la Madeleine. Cet artiste mourut dans cette dernière ville vers 1605
  • Étienne KATONA( 1732) : trèsbon historien hongrois, était de Papa, dans le comitat de Veszprim. Né en 1732 , de parents catholiques, il fut élevé au collége de sa ville natale par les jésuites, et jeune encore il entra dans leur ordre, dont bientôt il devait voir la suppression : mais la dissolution de la société ne l'empêcha , n..5 vers 1572, n'est connu qué comme controversiste protestant. Nommé au sortir du gymnase luthérien de Patak recteur de l'école de Szepsi , malgré sa jeunesse, il quitta ce poste en 1595, pour aller demander à l'Allemagne une instruction que sa patrie ne pouvait lui donner, et il passa deux ans et demi à l'étude de la théologie , soit à l'université de Wittenberg, soit à celle de Heidelberg, allant ainsi puiser tour à tour à la source luthérienne et à la source calviniste : il s'y concilia l'amitié de ses maltres Keckermann et J.Philippe Parée. De retour en Hongrie, tout en acceptant la direction du gymnase de Patak, il entra dans le ministère, parut en qualité de prédicateur à la cour de George Jr. ' Ragoezi, prince de Transilvanie, mais s'en dégoûta bientôt et revint à Szepsi, où il fut pasteur adjoint. Nommé ensuite premier pasteur à Geencz , puis à Keresztes, il venait de se rendre à cette dernière destination, lorsqu'il ex pira , en octobre 4610, dans Ça 38° année. Il promettait à l'église protestante un de ses plus fermes champions. Ses coreligionnaires , entre autres David Czuinttinger, dans son Specimen Hungarioe liueratte, lui ont donné les plus grands éloges. On a de lui : 1° un traité du libre arbitre en 5 liv., en hongrois ; 2., une dissertation de Patron, conciliorum et traditionum aucturitate circa frclei dogmata , cultes idem, moresque vivendi , où il passe en revue le dogme, l'histoire , la discipline et la morale, et où souvent les injures se mêlent aux rai, sonnements contre l'autorité papale; 3' L'Antipapismus, FranefortsurleMein, 1611, où l'invective déborde encore davantage, et qui n'en a moissonné que plus de louanges des ennemis de l'Église romaine. A la / Me de cet ouvrage se trouvent un Discours préliminaire et une Notice sur la vie de l'ardeur par Daniel Parée
  • Étienne KRASCHENINNIKOF( 1712 - 1754) : voyageur russe, naquit à Moscou en 1712. Il fut adjoint en 1733 aux trois académiciens de StPétersbourg chargés de visiter la Sibérie . Il prit part à tous leurs travaux , et le talent qu'il montra pour les observations relatives à la géographie et à l'histoire naturelle et civile le fit employer aux recherches de ce genre dans les endroits où les professeurs ne pouvaient pas aller euxmémes. En 1736 , ils lui donnèrent les instructions nécessaires pour tout préparer au Kamtchatka en attendant leur arrivée. Divers obstacles les ayant empèchés de se rendre dans cette péninsule , il fut seul chargé du soin de l'examiner. Il la parcourut tout entière, accompagné d'un garde et d'interprètes pour se faire entendre des diffé. rentes peuplades qu'il visitait. H avait la faculté de fouiller dans les archives des forts et des bureaux russes, et il tira le plus grand parti de ces facilités. Les professeurs auxquels il transmettait le résultat de ses recherches rendirent hommage à l'exactitude de ses remarques, et l'aidèrent de leurs conseils par écrit dans les cas embarrassants. En 1738, on lui envoya, pour le seconder dans ses travaux, Steller, , qui le quitta en 4740, et s'embarqua avec Béring. Krascheninnikof cevint en Sibérie, rejoignit les académiciens , et rentra en 1743 avec eux à StPétersbourg. Il fut ensuite reçu membre de l'Académie des sciences, et nommé professeur de botanique et d'histoire naturelle. Lorsqu'après son retour il eut co à l'Académie les observations qu'il avait faites, et reçu les papiers laissés par Steller, , on jugea qu'il convenait de fondre ces deux ouvrages ensemble , et de le charger de ce travail. Il en avait terminé la rédaction , et l'on imprimait les dernières feuilles quand il mourut, en 1754. Son livre parut la mèrne année en russe, à StPétersbourg , 2 vol. in40, fig. et cartes. L'Anglais Crièves en publia une traduction abrégée , Lon- res, 1764, I vol. fig. et cartes. C'est leur cette vereion que Joh, Tub. Keehler en publia une en allemand, Lemgo, 1766 et Eidous une en français, sous ce titre : Description du pays do Kamtchatka, da te Kurilski et des contrées roi-. 1,,, avec deux cartes, Lyon, 1767, 2 vol. in..ii, tte version n'est pas bonne. Eidous aurait dû ail moins prévenir le lecteur qu'il n'avait pas travaillé d'après l'original russe. Elle avait déjà paru quand Muller, un des profeiseurs que Kras-,Iseninnikof Mit tat;vis, faisait faire sous *es us , à StPétersbourg, à la demande de l'abbé ilipe, par un M. Saiupré, une traduction Cran-..se de l'ouvrage du voyageur russe ; elle forme te second volume du in, age en Sibérie, et est intitulée Description du Kamtchatka. où l'on trouée les 'meurs et kg coutumes de Jel habitants, sa géo- graphie tt celle des pays circonvoisins, les avantages et les désavantages de cette contrée , sa réduction par kg Rugies, etc. Elle a été réimprimée sépa- nent , Amsterdam , 4770, 42 vol. cartes On en trouve un extrait dans le tome 18 rllistoire des voyage/. Cet ouvrage fait bien tonnante le Katutchatka et les moeurs de ses habitants, ainsi que les peuplades voisines, et sse des notions curieuses sur les différents ,ectes de cette péninsule : ces détails précieux ,.t été confirmés par le petit nombre de voya-,;eurs que le hasard a conduits data un pays si maltraité par la nature. Ce qui concerne les Iles (isariles c>t bien moins complet , niais avait du 1 mins, au temps de la publication , le mérite de la nouveauté ; on n'y trouve d'ailleurs rien (l'inexact sur cet archipel, que l'on a si souvent lit .: (le nus jours, et qui rend voisins deux ena-. dont let capitales sont séparées par un tiers e la circonférence du globe. Krascheninnikof avait commencé une description des plantes de ._1,„.; elle a été achevée et publiée par Gerter, Pétersbourg, 1761, t vol
  • Étienne LACROIX( 1579 - 1643) : jésuite, né en 1579 à StPierredeBogerat, dans le diocèse d'Évreux, entra dans la société à l'àge de vingt ans; et ayant té- moigné le désir de se consacrer aux missions, il s'embarqua en 1602 pour les Indes orientales. Arrivé à Goa , il fut chargé d'enseigner la philo- sophie et la théologie dans le college que la so- ciMé possédait à Salcette, et s'acquitta de cet emploi pendant un grand nombre d'années. Il remplissait dans le méme temps les fonctions de maître des novices et celles de recteur ; et cependant il trouvait encore le loisir nécessaire pour se livrer à la prédication. Il apprit la langue des habitants du Canara et celle des Marashili , et composa dans les deux idiomes plusieurs pièces ascétiques , entre autres un peme sur la passion de JésusChrist, Lue les nouveaux chrétiens chantaient les samedis du carème dans l'église de Salcette. Son zèle pour la propagation de la foi, sa douceur et sa charité lui méritèrent l'estime et l'affection de tous les habitants de Goa. Il mourut en cette ville le 2i septembre 1613. Parmi ses productions on distingue la Vie de St- Pierre, ap6tre, peine en langue maratte , et différents Discours en vers, contenant la réfutation des erreurs des Orientaux , Goa, de l'imprimerie de la maison professe de la société, 1634, 2 Loin
  • Étienne LAINEZ( 1753) : le chanteur le plus dramatique qui ait paru sur le théâtre de l'Opéra, naquit le 25 mai 1751 ou 1753, à Vaugirard, près Paris. Fils du jardinier de M. de Gouve, procureur du roi auprès de la cour des monnaies, il criait la salade dans les rues, lorsque son maitre, ayant remarqué ses dispositions naturelles, lui fit apprendre la musique , la langue française, et le recommanda à Berton père, l'un des directeurs de l'Académie royale de musique. Berton vint luimême le demander à ses parents, continua les frais de son éducation musicale et le fit parattre au spectacle de la cour en 1770, pour les fêtes du mariage de Louis XVI, alors Dauphin, dans un de ses actes nommés Fragments. Lainez fut admis élève de l'Opéra en 477i1, mais en 1773 il chantait encore dans les chœurs. Le hasard lui fournit l'occasion de sortir des rangs obscurs de com- parse en 1774. On jouait Platée, opéra de Rameau; l'acteur chargé du rôle fie la Folie dans le prologue, s'étant trouvé indisposé, fut aussitôt remplacé par Lainez , dont le zèle et les heureuses dispositions furent trèsapplaudis. Ce succès décida sa réception, et ce fut en 1775 que son nom figura pour la première fois dans l'Almanach des Spectacles. Gluck, qui savait apprécier l'énergie de sa voix et de son âme, disait de lui : « Il n'y a que ce diable d'homme qui entende la musique. Il désira en conséquence que dans deux de ses chefsd'oeuvre , il/ ceste et Armide, il doublât Legros; ce qu'il fit non moins heureusement plus tard dans Iphigénie en Tauride et dans Echo et Narcisse, les deux derniers opéras de Gluck. Son organe et sa manière de sentir convenaient moins à exprimer la douceur et la tendresse. Borné à l'emploi de coryphée ou à des rôles accessoires dans l'Andromaque de Grétry, en 1780, dans le Thésée de Gossec , dans Renaud de Sacchini , etc., Lainez créa cependant deux rôles, Myrtil et Colin, en 1782, dans deux opéras, l'Em- barras des richesses et le Seigneur bienfaisant, où Legros était chargé du principal rôle. Enfin, par la retraite de ce beau mais froid chanteur, en 1783, Lainez se fit chef de l'emploi des ténors, appelés alors hautescontre. Dès la même anq;g et la suivante il créa quatre grands rôles, Enée dans Didon • StPhar dans la Caravane, Lyncée dans les Danaïdes, et Dardanus dans l'opéra de ce nom. Saechini , qui lui avait confié ce dernier rôle, comme à l'acteur le plus capable de faire valoir sa musique, disait hautement que la méthode exquise et les sons purs des meilleurs chanteurs de concerts ne pouvaient rendre l'esprit, le caractère de ses airs aussi heureusement que l'âme de feu et l'accent .pathétique de Lainez. L'opinion que deux compositeurs célèbres avaient conçue du talent de cet acteur fut confirmée par la manière dont il joua les rôles de Rodrigue, de Polynice et d'Irvin, dans les trois derniers opéras de son ami Sacchini, Chimène, 0Edipe à Colonne et Evelina, ainsi que les rôles de Tarare et d'A- drien, dans les opéras de ce nom. Comme Lainez n'avait pas adopté la méthode du chant italien, soit qu'elle ne lui parût pas convenir au genre noble et tragique, soit que sa voix énergique et vibrante ne pût pas s'y prêter, les jeunes gens qui ne jugeaient son talent qu'au déclin de l'Age dirent qu'il était bien lainé de l'Opéra. On sait pourtant qu'il soutint sa réputation dans les premières années de ce siècle par les rôles d'Ossian dans les Bardes, de Trajan dans le Triomphe de Trajan, de Licinius dans la Vestale, de Caïn dans la Mort d'Abel, et enfin de Fernand Cortez dans l'opéra de ce nom, en 1809. Au commencement de la révolution , Lainez avait manifesté des opinions royalistes. A une représentation d'Iphigénie en Aulide , à laquelle la reine assistait, quelques jeunes gens ayant accueilli par des bravos et des bis le choeur : Chantons, célébrons notre reine, vou- lant contenir la violente opposition qui s'était manifestée , Lainez dit au public : (, Je crois, messieurs , que tout bon Français doit aimer son roi et sa reine », et il reprit aussitôt le chant redetnandé au milieu des applaudissements et de quelques sifflets. Une couronne de laurier qui lui fut jetée mit le comble au désordre. Le dimanche suivant, le parti détnocratique, étant en majorité, accueillit l'acteur par des injures et des menacés, toutes les fois qu'il voulut reparaltre, le contraignit de faire des excuses au public, de se déclarer bon citoyen, et de fouler aux pieds la couronne qui lui avait été jetée. Soit que le talent de Lainez eût déchu, soit qu'il eût conservé et manifesté ses opinions, il déplut à Napoléon dans une représentatibn donnée aux Tuileries, et reçut sa démission le ler janvier 1813; mais au lieu d'une représentation de retraite, on lui offrit pour dédommagement la direction du GrandThéâtre de Lyon. Accoutumé à la pompe de l'Opéra de Paris, Lainez se jeta dans des dépenses qui, jointes aux événements politiques et à la double invasion des étrangers, lui firent perdre en trois ans le fruit de ses économies et le ruinèrent complétement. Réduit à sa pension., prix de quarantedeux ans de service , il revint à Paris en 1817, obtint, le 10 mai, une représentation à son bénéfice, où il reparut dans le second acte d'Evelina. Quoiqu'il n'y eût montré qne son om- bre, on le nomma aussitôt professeur de chant déclamé à l'École royale de musique et de déclamation : il conserva cette place jùsqu'à sa mort, arrivée le 16 septembre 1822 et causée par une imprudence, à la suite de l'opération de la pierre. Agé alors de 70 ans, Lainez ne paraissait pas en avoir plus de cinquante. Cet acteur devait plus à la nature qu'a l'art. Sa voix peu- agréable , et parfois criarde, était devenue un peu nasillarde, dans les derniers temps; mais dès que la première impression était effacée , on oubliait le chanteur et l'on ne voyait plus que l'acteur. Emporté par la fougue de son imagination , il s'identifiait tellement avec les personnages, qu'il sortait quelquefois des bornes
  • Étienne LALANNE( 1787 - 1849) : professeur de mathématiques au prytanée de la Flèche, né le ler décembre 1787 à Agen , mort le 15 septembre 1849, a publié : 101e Gnomonograghe universel, ou Méthode pour tracer des cadrans solaires sur des surfaces de position et de génération quelconques, Angers , 1818 ; 2" Arithmétique à l'usage des éléves de l'école militaire de la Flèche et des écoles préparatoires de Saint- Cyr et de la marine, Paris ,1828 2° édition, Paris, 1838 ouvrage qui fut adopté par le ministre de la guerre ; 30 divers mémoires. Lalanne avait présenté à l'Académie des sciences, en 1828, le Sécateur perspectif , instrument pour dessiner la perspective qui lui valut les suffrages de l'Académie
  • Étienne LAMBERT( 1600 - 1667) : jésuite, né à Villafans, bourg de FrancheComté , au commencement du Ir siècle, fut admis dans la société en 1622 , et envoyé par ses supérieurs en Espagne, où il professa la rhétorique avec distinction au collége royal de Madrid. Il se consacra ensuite au ministère de la chaire, et mourut dans la maison de son ordre à Madrid , le 13 septembre 1667. On a de lui des poésies latines , 2 vol. imprimés, le premier à Anvers en 1653 , et le second à Bruxelles en 1660. Le P. Sotwell lui attribue encore : 1. Idearecte vivendi desumpla ex sanctorum cujuslibet ordinis . fundatorum vita 2. Sanctus Barthelmu. s de Willalani descriptus. Ces deux derniers ouvrages sont tout à fait inconnus ; et l'on doute qu'ils aient jamais été publiés
  • Étienne LANGTON( 1100) : cardinal.archevèque de Cantorbéry, naquit en Angleterre vers la tin du 12e siècle. Après avoir professé la théologie à Paris, où il avait fait ses études, il y fut nommé chancelier de l'université, et peu après doyen de Reims. Sa réputation détermina le pape Innocent 111 à le faire venir à Rome et à le créer cardinal. En 1207, quelques jeunes moines de Can- liforbéry ayant élu secrètement pour archevêque Reginald, leur sousprieur, et Jean sans Terre ayant désapprouvé cette élection et fait choisir par les anciens l'évoque de Norwich, les deux partis envoyèrent des députés à Rome pour faire confirmer leur élection, et les évêques suffragants y en envoyèrent également, prétendant qu'à eux seuls appartenait le droit de choisir leur archevêque; mais le pape rejeta d'abord la prétention des évêques, déclara ensuite les deux élections irrégulières èt non canoniques , et força, sous peine d'excommunication , les douze moines de Cantorbéry qui avaient été députés à Rome, d'élire le cardinal Langton , qu'il consacra luimême à Viterbe. Le roi Jean , furieux à la lecture de la bulle qui notifiait l'élection et la consécration de Langton , refusa longtemps de le recevoir en Angleterre; il eut à ce sujet de violents démêlés avec Innocent, et menaça même de rompre toute communication avec Rome. Il fut cependant obligé de se soumettre après avoir été excommunié et avoir vu son royaume mis en interdit . Langton prit possession de son siége en 1213 , et fit prêter au roi un serment par lequel il résignait son royaume au pape et à ses successeurs, consentait à tenir ses domaines comme feudataire de l'Église de Rome, et s'engageait à défendre l'Église et ses ministres, et à rétablir les bonnes lois de ses ancêtres, particulièrement celles de StEdouard , etc. Langton donna ensuite au roi l'absolution, et l'admit à sa table. A peine Jean avaitil terminé ses différends avec la cour de Rome , qu'il leva des troupes et menaça de tirer vengeance de la désobéissance et de la désertion de ses nobles. Mais Langton , qui s'était rangé du parti des barons, interposa son autorité , et, à son tour, menaça le roi d'une nouvelle excommunication. Bientôt après , dans une assemblée secrète tenue à Londres, et composée de quelquesuns des principaux barons , Langton montra une copie de la charte de Henri I", qu'il dit avoir trouvée dans un monastère, et les exhorta fortement à insister sur le renouvellement et l'exécution de cette charte, conformément au serinent que Jean avait prêté avant d'être relevé de ses censures. Après quelques délais, Jean fut encore obligé de se soumettre, et de signer, en 1215, la charte qu'on exigeait de li,i, et qui a été depuis appelée magna chartes, et regardée comme le palladium de la liberté anglaise. Le pape, qui considérait le roi Jean comme son feudataire, fut vivement irrité , lorsqu'il apprit la conduite des barons et les concessions qu'ils avaient arrachées; il fulmina une excommunication contre eux : mais Langton , jaloux des libertés et de l'indépendance de son pays, refusa de la publier, et fut suspendu par Innocent, qui le cita devant lui pour se disculper dans un concile général. ll se rendit en conséquence à Rome, où, après avoir essuyé toute espèce de mortifications, il fut relevé de sa suspense et revint en Angle- terre. En 1223 , à la tête de la principale noblesse, il demanda au roi Henri III de confirmer la grande charte des libertés; ce que ce prince fut contraint de faire malgré sa répugnance et celle des courtisans. L'année suivante, Langton se montra le zélé défenseur des prérogatives légales de la couronne, et prouva qu'il était aussi opposé à l'esprit d'insubordination des barons qu'aux actes tyranniques des rois; car il força les comtes de Chester, d'Alhemarle, et autres, de rendre à Henri les châteaux royaux qu'ils s'obstinaient à garder, en les menaçant de les excommunier. Il mourut dans le courant de l'année 1228. Langton était un prélat savant et éclairé pour son siècle. Il a laissé des Commentaires estimés sur la plus grande partie des livres de l'Écriture , et quelques autres ouvrages qui n'ont pas été publiés , à l'exception de son Histoire de la translation du corps de St- Thomas de Cantorbéry, imprimée à la fin des Lettres de cet archevêque , Bruxelles , 1683. On lui attribue la première division en chapitres des livres de la Bible , travail sans lequel on n'eùt pu en faire ce qu'on appelle les Concordances . M. de la Rue , dans sa Dissertation sur les vies des poiles anglônormands du 13e siècle, et dans l'Archœologies, t. 13 , p. 231, place Langton au premier rang, et cite. à l'appui une hymne à la Vierge, insérée dans un de ses serinons. Il lui attribue aussi deux autres pièces de vers qui se trouvent dans le même manuscrit qui contient ce sermon : la première est un drame théologique dans lequel la Vérité, la Justice, la Compassion et la Paix , discutent entre elles sur le sort d'Adam après sa chute ; la deuxième est un cantique sur la passion de JésusChrist
  • Étienne LEGNANI( 1660 - 1715) : peintre milanais, sur- nommé il Legnanino, pour le distinguer d'Ain.,, broise Legnani , son pore , peintre de portraits, naquit en 1660 , et fut de son temps un des artistes les plus distingués de la Lombardie. Suc- cessive?ent élève du Cignani , à Bologne, et de Carle Maratta , à Rome , il a réuni la manière di- verse de ces deux martres et passe pour un de leurs plus habiles disciples. Quoique, par la suite, il soit devenu maniéré , ses tableaux sont remar- quables par le jugement , la sagesse et le choix; son coloris est brillant et bien emptt:, qualitt que n'a pas, en général, l'école de Ntaratta. Le- gnani fut protégé par le prince de Carignan , qu avait pour lui de l'amitié. Ses ouvrages à fresque méritent une distinction particulière. Dans l'é glise de StAnge , à Milan , il a peint auilessu, du grand autel un Couronnement de la Vierg, qui lui a fait beaucoup d'honneur. A Bologne, oi voit de lui la Bataille que le roi don Ra? ire Pr ga gna, en Sei, sur les Sarrusins , par le secours d Presque tous 1c8 ouvrages de cette dame ont paru sous 1, initiales L. G. D. Ret quelque. biographes modernes l'appe lent Lagrange ou Legendre de Richebturg ; mais l'abbé Di claustre , son contemporain, la nomme Legivre dans la Ta6 du Journal des Savants. . ll a laissé beaucoup d'ouvrages estimés à Gênes , à Turin et dans d'autres villes du Piémont ; niais son chefd'oeuvre est la peinture du dôme de StGaudence à Novare. Legnani mourut en 1715, laissant deux filles héritières tles biens considérables que ses travaux lui avaient acquis
  • Étienne LEHONGRE( 1628 - 1690) : sculpteur, naquit à Paris en 1628. Après avoir étudié son art sous Jacques Sarrazin, il se rendit à Rome, où il demeura six ans. 11 tint un rang assez distingué parmi les artistes auxquels Louis XIV confia les embellissements du cfrilteau de Versailles. Les jardins sont ornés de plusieurs de ses ouvrages, et ils justifient le choix que Colbert avait fait de lui. On remarque entre autres une figure de l'Aie, en marbre, de sept pieds de proportion, exécutée sur les dessins de Lebrun; deux Ternies, Vertumne et Pomone; des Tritons et des Sirènes, en plomb, dans le parterre du Nord, et dans l'allée d'Eau plusieurs basreliefs représentant des Fleuves, des Nymphes et des Enfants. qu'il lit en concurrence avec Legros, et dans lesquels il se montra digne d'un tel rival. L'un des quatre basreliefs qui ornent la porte SaintMartin, à Paris, est dû à son ciseau. C'est sur son modèle que fut fondue, en 1690, la statue équestre en bronze, érigée en 1725 à Louis XIV sur la place Royale de Dijon, et qui fut détruite en 1792. C'était l'ouvrage capital de cet artiste. Lehongre avait aussi tait une partie des sculptures du collige Mazarin , aujourd'hui palais de l'Institut. Il fut reçu membre de l'Académie en 1668, et mourut à Paris en 1690
  • Étienne LENOIR( 1744) : l'un des hommes les plus célèbres pour la fabrication des instruments à l'usage des sciences, naquit, en 1744, à Mer, et se livra de bonne heure à sa profession. Le degré de précision auquel il était parvenu (lès l'année 1786, et sa belle exécution du cercle de réflexion, inventé par Borda en 1772 pour la détermination des longitudes en mer, lui méritèrent à cette époque un brevet de Louis XVI, avec le titre d' du roi. Le cercle astronomique répétiteur, t:ont la construction suivit de près celle du cercle de réflexion, ayant rapidement accru la réputation de cet artiste, il fut chargé par le gouvernement de l'établissement de tous les instruments qui furent fournis à la Pérouse, d'Entrecasteaux et Baudin, lors de leurs voyages autour du monde, et aux savants et marins qui furent employés dans l'expédition (l'Égypte. C'était aussi à Lenoir que le gouvernement avait confié en 1792 la confection des instruments qui ont servi à Méchain et Delambre pour mesurer un arc du méridien terrestre. On sait que la longueur de cet arc a servi de base à la détermination du mètre, et que c'est à Lenoir que l'on doit l'exécution nonseu- lement du mètre-étalon en platine qui est déposé aux archives dans l'armoire à trois clefs, mais encore de tous les mètres-étalons qui furent commandés par le gouvernement, lors de l'établissement du nouveau système des poids et mesures. Ces divers instruments et plusieurs autres du même artiste ont figuré. dans les quatre exposi- tions publiques des produits de l'industrie fran- çaise. La première valut à Lenoir une médaille d'or qui lui fut décernée- en 1799; et les procèsverbaux des trois autres expositions constatent qu'à chacune d'elles, cet artiste a été jugé digne de la distinction du premier ordre. Le compara- teur, qu'il exécuta pour Pictet, qui en a fait la description dans la Biblioth. britannique, a servi à donner avec plus de précision qu'on ne l'avait fait encore le rapport entre les mesures anglaises et les nôtres. Sur la demande de Lenoir, Louis XVIII l'autorisa, en 1814, à reprendre le titre d'ingé- nieur du roi, et, la même année, il fut appelé au bureau des longitudes en qualité de premier ar- tiste. Cet homme, utile et savant, mourut à Paris en 1832. — Son fils, Paul- Étienne- Marie LENOIR, ingénieur, s'est distingué dans la même carrière. Né en 1776, il fut du nombre des savants qui accompagnèrent Bonaparte en Egypte, où il devint membre de l'institut qui y fut temporairement créé. Marchant sur les traces de son père, il fut, comme lui, autorisé à s'intituler ingénieur du roi , mais il était loin de l'égaler ; il le recon- naissait modestement luimême. On raconte à ce sujet qu'ayant reçu la croix d'honneur par une méprise, il la fit aus3itôt renvoyer à son père. P.E.M. Lenoir mourut à Paris en 1827. On a de lui six brochures, qui ne sont guère que des catalogues descriptifs et raisonnés des instruments inventés ou perfectionnés par l'auteur ou par son père. Z
  • Étienne LUZAC( 1706 - 1787) : né à Leyde en 1706, et mort dans la même ville le 9 janvier 1787, était oncle du précédent, et a mérité que son nom fût transmis à la postérité comme celui d'un des publicistes les plus distingués de son temps. Il s'est montré tel par une feuille périodique intitulée Nouvelles extraordinaires de divers endroits , mais vulgairement connue sous le nom de Gazette de Leyde ; précieux recueil pour l'histoire du dernier siècle , et modèle d'exactitude, de véracité, de sagesse, unique peut-être en son genre. Etienne Luzac s'était voué d'abord à l'état ecclésiastique ; mais ayant, comme son contemporain Boerhaave , changé d'avis, il s'associa à son frère aillé, Jean Luzac , imprimeurlibraire à Leyde, longtemps avant Elie. Il se chargea en même temps de la rédaction de la Gazette, qui existait sous le nom d'Antoine (le la Font, et dont en 1738 il devint propriétaire. Unis d'affection et d'intérêts , les deux frères, chargés l'un de la rédaction , l'autre des soins typographiques et du débit , administrèrent dans la plus constante harmonie cet utile établissement. Etienne, mort célibataire , le transmit à ses neveux , Jean à ses fils ; et la puissance arbitraire de Napoléon a pu seule opérer la chute de cette feuille
  • Étienne MAGHYARY : hussard dans le régiment autrichien de Belessnay, depuis Stipcicz, éprouva les vicissitudes de la fortune d'une manière bien extraordinaire. Pendant la guerre de la succession autrichienne , il avait reçu son congé à cause d'une blessure qui lui ôtait l'usage d'une de ses mains. Etant en chemin pour se rendre clans sa famille , il se trouva dans une auberge avec un major prussien qui était porteur de dépêches importantes. Maghyary, quoique sans armes et blessé, forma le projet (le l'arrêter ; il prit si bien ses mesures, et il se conduisit avec tant de présence d'esprit , qu'il se saisit de lui et le conduisit au quartier général du prince Charles de Lorraine. Le prince, transporté de joie, lui dit « Brave soldat, je veux que tu reprennes du ser- « vice ; je te fais lieutenant dans la compagnie « de mes hussards, et tu seras avec moi. » On peut penser que Maghyary répondit à cet appel. Après s'être distingué en toutes circonstances et ayant été, au commencement de la guerre de sept ans, nommé capitaine, il demanda en 1757 qu'on voulùt bien le placer en cette qualité dans le régiment où il avait reçu son congé ; cette faveur lui fut accordée. Au mois de juillet, dans une escarmouche, près de Zwitau, il ramena un grand nombre de prisonniers. Le 30 avril 1758, ayant attaqué, près de Mittelwald , dans le duché de Glatz, un détachement qui lui était de beaucoup supérieur, il le mit en fuite et en ramena le commandant avec 38 hommes. En 1759, il était major dans son régiment , et au mois de juillet 1760 il poussa sur l'Oder un corps de partisans et défit tout ce qu'il rencontra. En 1761, ayant été transféré dans les hussards de Spleny , il tomba , en 1762, sur le détachement prussien qui occupait Kirchheim et l'anéantit. En 1767, il fut nommé lieutenantcolonel dans Nauendorfhussard. MarieThérèse l'en fit colonel en 1773 et l'anoblit. En 1777, il fut élevé au grade (le généralmajor et reçut l'ordre d'Elisabeth. Il mourut en 1790, après avoir fourni une carrière aussi belle, aussi longue qu'elle avait été singulière
  • Étienne MAGNASCO( 1665 - 1695) : peintre génois , né vers 1665 , fut élève de Valerio Castillo. Il profita habilement des leçons de ce maître et se fit bientôt connaître par un grand nombre d'ouvrages remarquables, notamment par ses tableaux de St- Hugues faisant jaillir l'eau d'un rocher, et de la Mort de. St- Joseph, dans l'église du GrandHôpital. Il avait étudié son art à Rome pendant plusieurs années, mais il mourut en f695, àgé de trente ans environ , laissant peu d'ouvrages, mais universellement regretté. — Il eut un fils nommé Alexandre, né en 1681 , connu plus particulièrement sons le nom de Lissandrino, et qui étudia la peinture à Milan, sous la direction de l'Abbiati. C'est à ce martre qu'Alexandre dut cette fierté de pinceau, cette touche hardie et un peu heurtée dont il avait usé dans ses grandes machines, et que l'élève eut le talent de transporter dans ses tableaux de genre , tels que sujets bizarres et d'invention, spectacles populaires , scènes familières; et l'on peut , sans balancer , le regarder comme le Cerquozzi de cette école. Ses petites figures ont rarement plus de six pouces de hauteur. Des pompes sacrées , des écoles de jeunes filles ou de garçons, des chapitres de moines, des exercices militaires, des travaux d'artisans, des synagogues de juifs , tels sont les sujets qu'il se plaît à traiter et dans lesquels il réussit le mieux. Ses ouvrages sont communs à Milan. Il en existe quelquesuns dans le palais Pitti, à Florence , où il demeura pendant plusieurs années , trèsbien accueilli du grandduc JeanGaston et de sa cour. Il travaillait volontiers dans les tableaux des autres peintres, et y adaptait des sujets avec infiniment d'esprit. C'est ainsi qu'il coopéra aux paysages de Tavella et aux ruines d'architecture de Clément Spera , à Milan , et de quelques autres artistes. Son genre de talent fut plus estimé cependant des étrangers que de ses compatriotes. Cette touche heurtée , quoique jointe à un grand sentiment et à un dessin suffisant, ne plut point aux Génois, accoutumés au fini et à la fonte de couleurs qui distinguent les peintres de leur école. Aussi Magnasco atil trèspeu travaillé dans sa patrie et n'y atil formé aucun élève. Mais celui qu'il donna à l'école vénitienne, Sébastien Ricci, suffit pour établir l'excellence de ses principes. Lissandrino mourut en 1747
  • Étienne MAILLOT( 1768) : officier du génie maritime, naquit à Reims le 6 septembre 1768. Ses parents, peu favorisés de la fortune, l'envoyèrent, trèsjeune encore, chez les frères des écoles chrétiennes. Il en sortit à peine âgé de quatorze ans pour entrer aux écoles gratuites de dessin et de mathématiques , la première dirigée par Clermont, peintre estimable, et la deuxième par Lallemant . Né avec d'heureuses dispositions, Maillôt fit sous de tels maîtres de grands progrès, surtout dans les sciences exactes, pour lesquelles il avait un goût prononcé. Nonseulement il s'y fit remarquer à Reims, mais encore à Paris, où il s'était rendu vers 1786. De Montmorin, ayant été à mème de l'apprécier, l'appela auprès de lui à Versailles pour y enseigner les mathématiques à ses enfants. Cette place et plus encore la confiance qu'avait en lui cet homme d'Etat lui furent singulièrement agréables ; mais comme il se sentait appelé à quelque chose de plus important que de professer les mathématiques , il n'hésita point à faire part de ses intentions à de Montmorin , qui le fit entrer à l'école des ingénieursconstructeurs de Paris le 19 décembre 1789. Nommé le 1rr janvier 1796 sousingénieur à Toulon, il y resta jusqu'au mois de mars suivant pour passer dans le premier arrondissement forestier, sous les ordres de Poncet , qui dès ce moment et jusqu'au 20 octobre 1796, le chargea de la surveillance des opérations relatives au martelage , à la recette et au transport des bois propres aux constructions navales. Revenu au port de Toulon, il y fut employé, comme ingénieur ordinaire, jusqu'au 9 mai 1798. Promu au grade d'ingénieur en chef de l'escadre commandée par l'amiral Brueys , qui portait l'armée française en Egypte, Maillot s'embarqua dix jours après, le 19 mai, sur le vaisseau l'Orient, et débarqua au port d'Alexandrie le 11 août. Employé en qualité de directeur des constructions navales, de commissaire principal , de chef d'administration, depuis le débarquement jusqu'au retour de l'expédition en France, il arriva au port de Toulon, après vingttrois jours (le traversée, le 8 novembre 1801, avec le préfet maritime Leroi , les officiers et une partie de la garnison d'Alexandrie. Toutefois, Maillot conserva le grade de chef d'administration jusqu'au 11 février 1802. Appelé alors au service du génie maritime, il fut employé , comme ingénieur de première classe à Toulon, jusqu'au 31 janvier 1806. Pendant cet espace de temps, il fit construire dans le port de cette ville plusieurs vaisseaux et une frégate, et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Le 9 février suivant, il reçut l'ordre de se rendre à Venise pour diriger les constructions navales que le gouvernement voulait y faire exécuter. Il reprit son grade de chef d'administration , qu'il conserva jusqu'au i" janvier 1808. Nommé alors commissaire général de la marine, avec les attributions de préfet maritime, en remplacement de Bertin, admis à la retraite, il resta dans ce poste important jusqu'au 29 avril 1814, époque de la remise de cette ville et de son arsenal au comte de Lespine, général autrichien, chargé d'en prendre possession. Il avait été fait chevalier de la Couronne de fer le 8 février 1810. Douze vaisseaux et autant de frégates, un grand nombre de bricks et de bâtiments légers furent mis en construction pendant son séjour à Venise. Six frégates et une nombreuse flottille furent complétement armées ; un vaisseau tout armé sortit des lagunes , soulevé de 7 pieds par des chameaux, opération si hardie qu'une commission composée d'officiers et d'ingénieurs envoyés de France n'osait en garantir le succès. A son retour à Paris en juin 1814, Malouet, alors ministre de la marine, satisfait des services qu'il avait rendus en Italie, l'engagea à continuer la carrière administrative ; d'après son avis, il demanda de l'emploi soit dans les ports de France, soit dans les colonies ; et, en attendant, ce ministre l'attacha à la commission chargée de la révision des ordonnances de la marine. Bientôt il fut nommé commissaire général , et, le 11 avril 1815, il reçut l'ordre de se rendre en cette qualité à Brest, d'où on le fit passer à Rochefort pour y remplir les mêmes fonctions, qu'il exerça jusqu'au ter janvier 1816. Une ordonnance du 20 décembre l'admit à la retraite. Rappelé toutefois au service du génie maritime le 8 juillet 1817, Maillot fut employé comme directeur des constructions navales du troisième arrondissement forestier de la marine, à Angoulème , puis à Orléans. Le 20 septembre 1825, Charles X le fit officier de la Légion d'honneur. Des modifications dans le personnel du service maritime ayant eu lieu quelques années après, Maillot fut nommé, le 13 septembre 1832 , directeur des constructions navales des quatre directions forestières résidant à Paris. C'est là qu'il termina, le 6 novembre 1837, son honorable carrière
  • Étienne MARCEL : prévôt des marchands de la ville de Paris sous le règne du roi Jean . On ne possède aucun renseignement sur la date de sa naissance , mais nous tenons pour certain qu'il était né à Paris d'une famille dist dans la bourgeoisie ; c'était une condition nécessaire pour être appelé à cet emploi pendant toute la durée du 14e siècle. Nous trouvons dans le quartier StPaul une famille de ce nom, riche, considérée , influente , dont plusieurs membres furent propriétaires , échevins , écuyers. L'office de prévôt et celui d'échevin conféraient la noblesse : ils pouvaient tenir fiefs en haut lieu , user et jouir des honneurs de noblesse, porter brides d'or, selon leur fortune, et autres accoutrements qui appartiennent à la chevalerie, sortant de noble et antique origine. Ces privilèges furent enlevés, rendus , seton la politique des temps , et finirent par être maintenus ; du reste , ils étaient peu nécessaires pendant les deux derniers siècles, où les prévôts des marchands furent presque constamment choisis dans des familles déjà nobles. En ce qui concerne la nomination des prévôts et des échevins , elle était faite par les trésoriers, échevins, contrôleurs et bourgeois notables de la ville de Paris , réunis en assemblée générale le lendemain de la fête de l'Assomption. Une fois élu, le nouveau prévôt des marchands prêtait serment entre les mains du connétable de France ou de tout autre dignitaire, suivant les diverses époques, ou suivant l'état politique de Paris. Après ce serment , le prévôt allait à l'hôtel StPaul ou au Louvre , et recevait son office des mains du roi . Les membres de la famille dont nous avons parlé plus haut eurent leurs sépultures dans l'église des religieux célestins, où leurs noms se trouvaient inscrits sur des tombes : de Jacques Marcel , mort en 1320 , fils de Pierre Marcel , bourgeois et échevin de Paris ; d'Étienne Marcel , son frère , mort en 1319; d'Agnès Marcel, fille de Jacques et femme de Poilvilain , morte en 1340 ; de Garnier Mar- cel, bourgeois, et d'Eudeline, son épouse, morts en 1352 ; de Geoffroi Marcel , mort en 1397. Nous doutons que le prévôt dont nous nous occupons apparttnt à cette famille. A la vérité, Secousse pense que Garnier Marcel était père de notre Étienne , mais il y a différence notable entre l'écusson des armes de la famille enterrée aux Célestins et celui du prévôt. L'Armorial des prévôts des marchands de Paris indique ainsi les armoiries d'Étienne : écu d'azur , chargé de trois griffons d'or grimpants, une barre d'argent, losangée de gueules , coupant ledit écu transversalement. On pourrait supposer que Mar- cel se créa cet écusson à l'instant où il fut élu prévôt des marchands. La funeste bataille de Poi- tiers venait d'être perdue ; le roi Jean était prisonnier ; les fuyards, ayant en tète le Dauphin, prince faible, chétif, àgé seule- il) Les choses se passèrent toujours ainsi sous la royauté ; mais auparavant, sous l'administration romaine, et à partir de Tibere, les deiensores civilalis , scabi , pralecli classis, les prévôts des marchands , les maires , etc., avaient constamment .ifert le. type d'un gouvernement populaire ou municipal. t2) Probablement celui qui fut trésorier du roi Jean. ment de dixneuf ans, arrivaient à Paris et plongeaient cette ville dans l'effroi , annonçant qu'il ft' y avait plus en France ni roi ni noblesse , que tout était pris ou tué. Étienne Marcel, en sa qualité de prévôt des marchands , s'empressa de pourvoir au premier désordre. On devait croire que les Anglais, un instant éloignés pour mettre en sûreté leur capture, ne tarderaient pas à mar- cher sur Paris. Le sort de tout le royaume dépendait peut-être de son occupation. Pour prévenir les surprises de nuit , Marcel fit tendre des chaînes dans les rues , garnir les murs de parapets où l'on plaça des balistes et autres machines de guerre, avec ce qu'on avait de canons. Les murs, construits sous PhilippeAuguste, ne contenaient plus toute la population ; elle avait débordé de toutes parts et il fallut se hâter d'élever d'autres murailles. Ces précautions prises, le Dauphin , faisant fonction de lieutenant général du royaume , s'occupa de réunir les états généraux que, dès l'année f355, Jean avait convoqués pour obtenir des subsides et pourvoir ainsi aux frais d'une guerre contre l'Angleterre , qui n'avait été suspendue que par une trêve maintes fois rompue, puis renouvelée, et dont une nouvelle rupture n'était plus douteuse. Cette première réunion où Marcel , orateur des villes, s'était déjà signalé par des remontrances arrogantes , des réclamations séditieuses , n'avait donné aucun résultat utile ; toutes les ressources étaient épuisées. Les apparences n'étaient pas favorables à cette nouvelle convocation , qui cependant semblait tellement indispensable que le Dauphin l'avança d'un mois et demi. Il allait faire un dur apprentissage de l'art de régner. Les états se réunirent un mois après la bataille, le 17 octobre, dans les bâtiments des cordeliers, qui devinrent le foyer de la sédition. Quatre cents députés des bonnes villes s'y trouvaient, Marcel à leur tète ; la plupart des évêques n'y étaient représentés que par procureurs ; il en était de même des seigneurs, qui presque tous étaient prisonniers. On conçoit l'ascendant qu'allait prendre dans cette assemblée le prévôt, coa- lisé déjà avec le sire de Picquigny, membre trèsinfluent de la noblesse , et avec Robert Lecoq, successivement avocat à Paris, conseiller de Philippe de Valois , président du parlement , et qui, s'étant fait évèqueduc de Laon, avait acquis l'indépendance des grands dignitaires de l'Église pour augmenter le nombre de ses partisans. Sous le masque de la religion, Marcel avait fondé à NotreDame une confrérie dont il se fit le chef et dans laquelle il enrôla tout ce qu'il put ramasser de gens malintentionnés ; il tira grand parti de cette société pour traverser les vues du Dau- phin . En outre, pour encourager les bourgeois de Paris par la vue de leur nombre , il leur fit la clôture ( les états . L'assemblée se disperse et plusieurs de ses membres retournent dans leurs provinces ; les autres, et surtout les factieux, restent, dans l'espoir que leur triomphe n'est que retardé. A l'expiration du délai, le Dau- phin réunit au Louvre, avec plusieurs personnes du conseil royal et de son conseil privé, quelques députés des états , toujours choisis parmi les principaux séditieux. Il fut résolu, nonobstant les réclamations de ceuxci, que le prince différerait d'entendre les états jusqu'à ce qu'il connût la volonté du roi. Mais les finances lui manquaient ; plusieurs fois, et toujours en vain , il avait sollicité le prévôt des marchands et les échevins de lui faire octroyer une aide ; enfin il prit le parti d'envoyer des commissaires dans les différents bailliages, et pour plusieurs ces voyages ne furent pas infructueux. Pendant qu'ils agissaient, l'es- prit de révolte se propageait dans les provinces ; le Dauphin se consumait à Paris en peines inutiles : le prévôt y dominait en souverain ; c'était l'âme de la faction. Tous les ambitieux, à quelque rang qu'ils appartinssent, ne semblaient se-. couer le joug de l'autorité légitime que pour ser- vir Marcel , qui répandait ses agents dans les maisons , dans les places , dans les carrefours, partout où pouvaient se trouver quelques rassemblements de bourgeois ou d'artisans ; car, dans les temps de troubles, la manie de raisonner sur le gouvernement livre aux factieux les es- prits grossiers , qui saisissent le prétexte des cir- constances pour s'exempter d'un travail néces- saire, et qui néanmoins, poussés par le besoin, s'imaginent trouver dans une révolution , ou le salaire de leur fainéantise, ou le moyen de faire fortune. Marcel ne cessait de se faire prôner à la multitude comme le défenseur des droits de la bourgeoisie, l'ami des indigents, l'espoir des Pa-, risiens ; lui même ne se montrait en publici qu'environné d'un cortège nombreux de com-
  • Étienne MARCH des Batailles( 1500 - 1660) : peintre espa- 4nol, naquit à Valence, vers la fin du 166 siècle, 't fut élève d'Orrente , qui lui inspira son goût - Jour la manière et la couleur du Bassan. Aussi e style de March appartientil à l'école vénitienne. I se fit, comme peintre de batailles, une grande •éputation qu'il ne put soutenir comme peintre l'histoire. D'un caractère extravagant et bizarre, I tourmentait sans cesse ses élèves. Lorsqu'il .oulait travailler, il s'armait de pied en cap, ;aisissait une trompette ou un tambour , et, 'près avoir sonné la charge, il attaquait, la lance . tu poing, les murailles de son atelier. Après ii.tre ainsi échauffé l'imagination, il prenait ses )inceaux et faisait passer sur la toile le sujet m'il venait de concevoir. Les amateurs font un .as particulier de ses Batailles. Son pinceau est facile , son coloris frais et vigoureux , sa composition frappante de vérité. Il a su rendre surtout avec une rare perfection l'atmosphère sombre et chargée que forme pendant l'action la fumée d u canon et de la mousqueterie. Il mourut à Valence, en 1660. — Michel MARCH , son fils , naquit dans la même ville en 1633. A la mort de son père, il se rendit à Rome. Il y cultiva la peinture historique et acquit quelque facilité dans l'exécution et quelque correction dans le dessin , ainsi que le prouvent deux tableaux de l'Histoire de saint François , qu'il fit pour les capucins de Valence, et un Calvaire, pour la paroisse de StMichel de la même ville. Cependant il abandonna ce genre pour se livrer à celui qui avait fait la réputation de son père ; mais il ne put l'égaler. mourut à Valence en 1670
  • Étienne MARCHAND( 1755) : navigateur du 18e siècle, était né à l'île de la Grenade le 13 juillet 1755. Il fit d'abord plusieurs voyages aux Antilles suiles bâtiments du commerce , et ensuite alla au Bengale comme second capitaine d'un navire expédié de Livourne sous pavillon toscan. A son retour, en 1788 , il fit rencontre dans la rade de file SteHélène du capitaine Portlock , et reçut de lui des renseignements précieux sur la traite des pelleteries à la côte nordouest d'Amérique. Marchand , à son arrivée à Marseille , communiqua ces informations à la maison Baux , qui, jalouse d'ouvrir à ses compatriotes une nouvelle voie à une extension de commerce et de navigation , n'hésita pas à courir la chance d'une première tentative. Marchand mit à la voile le 14 décembre 1790 sur le navire le Solide, construit exprès pour cette expédition et pourvu d'une cargaison convenable. Le avril 1791 on vit la terre des Etats ; puis on passa beaucoup au large du cap Horn , et le 12 juin on eut connaissance des îles de la Madaléna et de San- Pedros de l'archipel des Marqués.. On passa six jours dans la baie Madre de Dios de l'île SantaChristina ; et le '21 on découvrit, au nordouest du groupe, une terre qui fut nommée lie Marchand; le 23 et le 24 on aperçut trois autres îles nouvelles, qui reçurent les noms de Baux, Masse et Chanal. Les anciens navigateurs et Cook luimême n'avaient pas eu connaissance de ces îles. Leur découverte fut due à une observation faite pendant que le Solide était mouillé dans la baie de Madre de Dios. On avait au coucher du soleil , par un temps des plus clairs, aperçu chaque jour à l'horizon au nordouest une tache fixe qui présentait l'apparence du sommet d'un pic élevé. On ne put douter que cette tâche ne fût une terre ; et comme aucune carte n'en indiquait dans cette partie, qu'aucun voyageur n'en faisait mention, ce ne pouvait être qu'une terre inconnue : on se proposa donc de la reconnaître. On eut quelques rapports avec les insulaires, qui firent un bon accueil aux Français. On donna au nouveau groupe le nom d'iles de la Révolution; et malgré les apparences qui semblaient indiquer la présence d'autres terres entre le sud et l'ouest, on pensa avec raison qu'il n'était pas prudent de s'engager dans des découvertes qui, en portant le vaisseau sous le vent de sa route , devaient allonger beaucoup sa navigation, et compromettre par ce retard le succès d'une expédition dont le commerce était l'objet. On continua donc la route par la côte nordouest d'Amérique. Le 7 août on reconnut le cap del Enganno, nommé par Cook cap Edgecombe ; et le 12 on mouilla dans la baie de Tchinkitané . Après avoir traité des peaux de loutres avec les naturels du pays , on suivit la côte du sud jusqu'à NootkaSound ; on découvrit trois bons ports ; on traita encore des pelleteries , et le 8 septembre on quitta la côte d'Amérique. La traversée fut heureuse jusqu'aux îles Sandwich. Le 4 octobre on vit 0Ouhaïlii , les insulaires vinrent dans leurs pirogues au navire. Le `25 novembre on mouilla dans la rade de Macao. Les nouvelles que l'on apprit dans cette ville déconcertèrent toutes les spéculations que les armateurs du Solide avaient eues en vue dans l'expédition de leur navire. Le gouverne- ment chinois venait de prohiber, sous des peines sévères, toute introduction de fourrures dans les ports du midi de l'empire , et particulièrement celle des peaux de loutres. Il était impossible d'éluder cette prohibition ; Marchand prit le parti de revenir en Europe en touchant à l'île de France. Le 14 août 1792 le Solide laissa tomber l'ancre à Toulon. Marchand fut quelque temps après porté , par la voix unanime des marins de Marseille , au poste de commandant de leur bataillon dans la garde nationale de cette ville ; mais ayant bientôt obtenu le commandement d'un bâtiment destiné pour l'île de France , il partit pour cette colonie , où il termina sa carrière le 15 mai 1793. Il avait reçu une éducation soignée, et joignait à l'instruction des talents agréables. Brave, généreux, sincère, sa douceur et sa bonté ne nuisaient pas à la fermeté nécessaire dans le commandement. Comme l'expédition de Marchand fut achevée à une époque où la France était en combustion , à peine en parlaton dans ce temps : on pouvait craindre qu'elle ne finît par être oubliée, lorsque Fleurieu conçut l'idée d'en publier la relation. « Il m'a paru d'au- « tant plus intéressant , dit cet homme non « moins estimable que savant , de faire con- « naître dans toutes ses circonstances le voyage

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