Le prénom Emmanuel Masculin

Origine :

Fête :

25 Décembre

Signification de Emmanuel

Emmanuel est un prénom masculin très prisé dans les années 1960. Sa popularité a ensuite diminué au fil des années, mais il est encore attribué.
Les traits distinctifs des Emmanuel sont entre autres leur détermination, leur goût des voyages et leur passion pour l’inconnu. Ils se démarquent aussi par leur quête d’originalité et leur sensibilité artistique.
Beaucoup de prénoms se rapprochent d’Emmanuel, par la sonorité ou par l’étymologie, comme Emanuel, Emanuele, Immanuel, Emil, Maan, Manel, Manoel et Manolo.
Un certain nombre de célébrités l’ont illustré dont Emmanuel Dongala (écrivain, chimiste), Pierre Emmanuel (poète), François Emmanuel (écrivain), Emmanuel Bellini (peintre), Emmanuel Levinas (philosophe) et Emmanuel Moire (chanteur).

Personnalité de Emmanuel

Ils possèdent une forte personnalité qui intimide certains. Intransigeants, ils ne connaissent pas la demi-mesure. Leur apparente sévérité est vite atténuée par leur générosité et leur gentillesse. Actifs, volontaires, généreux, ils donnent sans compter. La sincérité est toujours de vigueur. Ils ne manquent pas d'autorité et s'épanouissent dans des postes à responsabilités.

Provenance du prénom Emmanuel

Histoire de Emmanuel

Etymologie de Emmanuel

Les Emmanuel célèbres

  • Emmanuel ALMEIDA( 1580 - 1646) : né à Vizeu, en Portugal, en .1580 , entra dans l'ordre des jésuites à De de dixhuit ans, et fut envoyé aux Indes, où, après avoir fini ses études, il devint recteur du collège de Bacaim. En 1622, le général des jésuites, Vitelleschi, l'envoya comme ambassadeur auprès du roi de l'Abyssinie, sultan Segued . Ce prince eut pour lui beaucoup d'égards ; mais son successeur Faciladas chassa du royaume, ainsi que les autres jésuites. Betourné à Goa en 1634, il fui élu provincial de son ordre dans l'Inde, et inquisiteur. Il mourut à Goa, en 16e. Les ouvrages que l'on a de lui sont : 1° une Histoire de la haute Ethiopie, que son confrère Balthasar Tellez augmenta de plusieurs faits et documents, et publia à Coimbre, en 1669 ; 2° des Lettres historiques, écrites de l'Abyssinie à son général, et publiées à Rome, en italien, 1629 Almeida a encore laissé des ouvrages manuscrits sur les erreurs des Abyssins, et contre les faussetés avancées par le dominicain Urreta dans son Histoire d'Ethiopie. — Un autre ALMEIDA , aussi jésuite, et nommé évêque de Nicée par Philippe IV, se rendit en Ethiopie comme missionnaire, et y fut tué, par ordre de l'empereur, en 1658. —Enfin, un troisième jésuite, du même nom, fut un des plus infatigables missionnaires de l'Inde, ertomposa un dictionnaire de la langue comique , qui est celle d'une grande partie des habitants de la côte du Malabar
  • Emmanuel ALVARÈS( 1526) : jésuite portugais, né à l'ile de Madère, en 1526, fut trèsversé dans les langues grecque et hébraïque, et surtout dans la langue et la littérature latine, qu'il professa avec beaucoup de réputation à Lisbonne et à Coimbre. il occupa différentes charges dans son ordre, et mourut à Lisbonne, le 30 décembre 1583. Sa grammaire latine, intitulée de Institutione grammatica, publiée pour la première fois en 1572, à Lisbonne fut adoptée dans presque toutes les écoles de son ordre, ce qui donna lieu à une foule d'éditions et à quelques controverses avec des grammairiens qui n'étaient pas amis des jésuites. Ses confrères Ricardi, Torsellino, en donnèrent des abré- gés, et quelques autres la commentèrent. On a du P. Emmanuel Alvarès un autre ouvrage moins célè- bre, intitulé de Mennais , Ponderibus et Nome- ris
  • Emmanuel BALLYET( 1700 - 1773) : religieux carme dé- 1 chaussé, évêque et consul de France à Bagdad, i naquit en 1700, à Marnay, bourg de FrancheComté. 11 rendit compte à Benoît XIV de sa mission à Babylone, par une lettre imprimée en latin et en fiançais, à nome, en 1754. Cette lettre contient des détails curieux sur les moeurs et les coutumes des peuples du Levant. 11 avait parcouru une partie de l'Asie en observateur. Le journal de ses voyages se trouvait dans la bibliothèque du duc d'Orléans , et Id'Anville en a extrait la Description ( l'un monu-' ment de sculpture découvert dans une montagne. Ballyet avait formé un médailler précieux, dont un de ses neveux a fait imprimer le catalogue. il mourut de la peste à Bagdad, en 1773. — Le P. Symphorien BALLYET, son frère, prit également l'habit religieux et se distingua dans son ordre dont il mourut supérieur général
  • Emmanuel BAILLON : naturaliste français, correspondant du muséum d'histoire naturelle, dort à Abbeville, en 1802, a cultivé avec succès l'ornithologie et la physiologie végétale, sous les rapports de l'utilité immédiate dans l'économie rurale et politique : dans chacune de ces parties, il fut un trèsbon observateur; et , sans sortir de son pays, il a trouvé le moyen de recueillir un grand nombre de faits nouveaux et curieux. 11 n'a publié sous son nom que trois mémoires ; mais ce sont des ouvrages complets, qui ne laissent rien à désirer sur le sujet qu'ils traitent. Il lit une étude particulière des oiseaux de mer qui habitent les côtes de la Picardie. Plusieurs étaient peu connus, et quelquesuns ne l'étaient pas du tout. Il communiqua les observations qu'il avait faites sur les moeurs de ces diverses espèces à Buffon, qui le cite avec éloge. Tous les ans, il envoyait à Paris des oiseaux aquatiques vivants, que l'on élevait au jardin du muséum.11avait le talent de préparer avec beaucoup de dextérité et de griice les oiseaux pour les collections d'histoire naturelle; et le muséum lui doit la plus grande partie de ceux de mer et de rivage des côtes de l'Océan, dont plusieurs sont trèsrares. Buffon n'avait pu donner, d'après lui , qu'une notice trèsincomplète sur l'oiseau nommé barnache; mais depuis, Baillon ayant été à portée de le mieux observer, a publié un mémoire dans lequel il en a fait la description et l'histoire dans le plus grand détail. Il a donné un Mémoire sur les causes dit dépérissement des bois, et les moyens d'y remédier, 1791 Ce mémoire rem- porta le prix que la commune de Paris avait proposé, sur l'invitation de l'assemblée constituante. Il en a donné un autre à la société d'agriculture de Paris, an-, née 1791, trimestre d'hiver : Mémoire sur les sables mouvants qui couvrent les côtes du département du Pas- de- Calais, et les moyens de s'opposer à leur vasion. Pour fixer les sables des dunes, et parvenir à les rendre propres à la culture et aux plantations d'arbres, il propose d'y cultiver le roseau des sables , nommé vulgairement hoya. Ce mémoire, qui est d'un grand intérêt sous les rapports de l'agriculture et de l'économie rurale de ces contrées, renferme aussi des vues neuves sur l'organisation de cette plante. On voit que Baillon observait aussi bien les végétaux que les animaux. Il a i laissé un fils qui suit la même carrière
  • Emmanuel BROSSELARD( 1763 - 1840) : homme de lettres et administrateur, né à Paris en 1763 , avocat, électeur en 1789 et successivement membre du conseil général de la commune, officier municipal et commissaire du gouvernement près les tribunaux civils de Paris , avait débuté dans la carrière des lettres en 1787, par une Ode sur la mort du prince de Brunswick, réimpr. en 1807 Il publia, en 1792, une traduction du traité de Officiis de Cicéron, 1 vol. avec des notes et une vie de l'illustre orateur. L'intention évidente du traducteur était d'approprier cet ouvrage aux idées de l'époque. Il en a donné une 2e édition avec le texte en regard, Paris, 1797, 2 vol. Sous ie directoire, Brosselard fut pendant quatre ans, avec Chazot, rédacteur du Républicain français, journal auquel il donna plus tard le nom de Chronique universelle. Placé sur la liste de déportation au 18 fructidor, il échappa à ce danger, grâce à deux de ses amis qui, à la seconde lecture , obtinrent sa radiation. Son journal fut compris dans la suppression en masse qui suivit de près la révolution du 18 brumaire. Quelque temps après, il proposa et lit agréer au gouvernement consulaire l'établissement d'un bureau de législation étrangère au ministère de la justice : il en fut nommé chef. Cet établissement ne survécut guère au ministère d'Abrial, sous les auspices duquel il avait été créé. Mais pendant sa courte existence , Brosselard a publié, en société avec Weiss et Lemierre d'Argy , la traduction du Code général pour les litais prussiens, 1801, 5 vol. Ce travail valut à Brosselard et à ses collaborateurs une lettre flatteuse du roi de Prusse, et la grande médaille d'or de son académie. Cependant, malgré la suppression du bureau de législation étrangère , Brosselard ne cessa pas d'être employé au ministère de la justice; il était sous la restauration chef du bureau des grâces, et conserva cette place après 1830. Il fut alors décoré de la Légion d'honneur. ll est mort vers 1840, laissant la réputation d'homme sage et modéré. Outre les ouvrages déjà cités , on a de lui des Observations qu'il publia au sujet du dictionnaire de l'Académie, et qui furent particulièrement remarquées. On lui attribue une traduction de l'allemand, qui parut sous le pseudonyme de Thyrion : c'est celle de la Vie de Frédéric le Grand, roi de Prusse
  • Emmanuel CABALLO : s'illustra au siége de Gènes , sa patrie , en 1515. Un vaisseau chargé de vivres et de munitions allait tomber au pouvoir des Français qui , depuis seize mois , assiégeaient la ville et l'avaient réduite aux horreurs de la famine, VI. lorsque Caballo monta sur un autre vaisseau et amena le premier à Gènes , au milieu du feu de l'ennemi. Cette action, qui décida la levée du siége, lui mérita le nom de libérateur de sa patrie. — François CABALLO, de Bresse, professeur de médecine à Padoue, mort à Bresse en 1540, dans un âge trèsavancé, a laissé, dit Moréri, un livre latin qui traite de l'animal qui entre dans la thériaque, imprimé avec les Consilia medica d'Antoine Cermisone, Venise, 1505 réimprimé dans d'autres collections, et, pour la dernière fois, avec les ouvrages choisis de médecine de Barthélemy Montagnana, Nurember.',,, 1652
  • Emmanuel CAMPOLONGO( 1732) : poète et arehéo- logue, naquit le 30 décembre 1752, à Naples, de pa- rents riches et qui ne négligèrent rien pour lui procurer une bonne éducation. Après avoir achevé ses études littérairés, il suivit un cours de philosophie, fréquenta les écoles de droit et de médecine, et acquit ainsi des connaissances trèsvariées. La fortune qu'il espérait lui èermettant de se livrer à son goût pour la poésie , il parvint bientôt à faire des vers avec une extrême facilité , et il ne laissa guère passer l'occasion d'en composer. La mort de son oncle, médecin du pape Benoît XIV, l'ayant obligé de se rendre à Rome pour régler les affaires de sa succes- sion, il y fut promptement connu de tons les amis des lettres. Le cardinal Passionei témoigna le désir de voir le jeune poète en particulier ; il lui donna le sujet d'une pièce, et fut trèscontent de la manière dont i! l'avait .raité. Les poètes sont assez ordinai- rement de mauvais ménagers : Campolongo, qui ne s'était jamais mêlé de l'administration de sa fortune, s'aperçut un jour que ses revenus ne lui suffisaient Plus ; il Youluts'occuper du droit et de la médecine; mais ses habitudes le ramenaient malgré lui à la littérature, et, en 1765, il accepta la chaire d'huma- nités au collége de Naples. Les talents qu'il développa dans cette place attirèrent à ses leçons une foule d'élèves ; mais les efforts qu'il était obligé de faire pour soutenir sa réputation comme professeur ne l'empêchèrent pas de publier successivement un grand nombre d'ouvrages qui décèlent beaucoup d'imagination et prie rare fécondité. Plus tard, l'académie Iléracléenne l'admit au nombre de ses membres ; et l'étude approfondie qu'il avait faite des inscriptions antiques le mit à marne de rendre à ses collègues de grands services. Occupé de perfectionner plusieurs ouvrages qui devaient mettre le sceau à sa réputation, il ne prit aucune part aux troubles que Naples éprouva dans les dernières années du 18e siècle, et mourut du typhus au mois de mars 1801. On conpait de lui : 1° la Polimeide, soneiti, Naples, 1759 ; colle parafrasi latine , 1763 Dans cette suite de sonnets, l'auteur s'est proposé de peindre le délire de Polyphème. Son biographe Roberti dit qu'il tient de Campolongo que Cet ouvrage fut réimprimé dans toute l'Europe, et que les académiciens de Paris lui demandèrent son portrait pour le placer dans leur bibliothèque. 2° La Meryellina, opera pesecaoria, ibid., 1761 Cet ouvrage, dans le genre de l'Arcadia de Sannazar, est en prose mélée de vers. Il est trèsrare. 3° La Gal- leide, ibid., 1766 4 Il Proteo, ibid., 1768 ; nouvelle édition, 1819 avec la vie de l'auteur en latin, par Michel Roberti. C'est un re- cueil de vers italiens et latins dans lesquels Campolong°, nouveau Protée , prend tour à tour la forme des plus célèbres poètes anciens et modernes. La- r lande trouve qu'il a complétement réussi. 5° La Volcarteide, ibid., 1776 6. Le Smanie di Philo, ibid., I 1776 Dans ce recueil du même genre que la Polifemeide , l'auteur a peint la fureur de Satan, lorsqu'il voit une âme près de lui échapper. 7° Po- li femo ubbriaco, dittirambo, ibid., 1778 8° 11 peccatore convinto ; quaresimale, ibid., 1778, 5 vol. Ses sermons offrent une peinture énergique des vices du siècle. Les critiques italiens, en con- venant que l'auteur a beaucoup d'esprit et de viva- cité, lui reprochent de tomber souvent dans l'enflure et l'exagération. 9. Cursus philologicus, ibid., 1778, 4 vol. 10° Sepulcretum amicabile, ibid., 1781, 2 t. I I'Litholexicon intentalum, ibid., 1782 ouvrage utile aux archéologues. 12° Sereno sevenato, o sia idea scoperta di duittlo Samonico, ibid., 1786 : cette édition de Samonicus en France, a la même date que celle publiée à Leipsick par le savant Ackermann, et qui est la meilleure qt.té l'on ait de ce médec
  • Emmanuel CONSTANTINUS( 1500 - 1614) : théologien, poète et historien portugais, naquitdans le" cle, à Funchal, ville épiscopale de Ille de Madère, passa en Italie, et s'établit à home, où il fut notu:ue clerc du sacré collège, professeur (le theologie au gymnase romain , et où il mourut en 1611. Il avait publié dans cette ville plusieurs ouvraes : Insulte Illaterice Ilistoria, 1599, 2 , Orationes ( lute habite eoram Cimente el Gregoio XIII ; u la suite de l'ouvrage précédent. 3" Historia de ot gine algue vira requin Lusitania. , 1601 Corntina varia. Cc sont des ?oêmes à la leuatige du pape Paul du cardinal Scipioti Horgliese, et ( le plusieurs autres personnages. Ils furent imprimes séparément V—VE
  • Emmanuel CRESPEL : religieux récollet, en Flandre, obtint de ses supérieurs, en 1723, la permission de passer au nouveau monde, partit de La Rochelle en janvier 1'724, arriva à Québec deux • mois après, et y demeura jusqu'en 1726. Ordonné prêtre par l'évêque de Québec, il fut peu de temps après nommé à une cure près de Montréal, et, en 1728, devint aumônier d'un parti de 400 Français et de 800 sauvages, destiné à aller détruire la nation des Renards ou Outagamis. Ils habitaient à 450 lieues de Montréal, à l'ouest du lac Michigan. Cette expédition terminée, Crespel fut pendant trois ans aumônier du fort Niagara, ensuite deux ans à Cataracoui, aujourd'hui Kingstown, capitale du haut Canada, et enfin au fort StFrédéric, sur le bord du lac Champlain. En 1736, il reçut une obédience de son provincial pour revenir en France, et partit de Québec le 3 novembre. Le 14, le navire fit naufrage près d'Anticosti. On se sauva dans une chaloupe, et l'on aborda dans l'île. Une partie de l'équipage la quitta le 27. Un des canots s'étant perdu, et la gelée survenue en décembre, Crespel et ses compagnons furent obligés d'aller à terre, sur la côte de Labrador, et de s'y construire des cabanes; ils y pass.'crent l'hiver dans l'état le plus affreux. Un grand. nombre y périt. Enfin, au mois d'avril on aperçut un sauvage qui s'enfuit à l'approche des Européens. Quelquesuns arrivèrent enfin à une hutte, où on leur donna des secours. lis allèrent à la recherche de leurs compagnons d'infortune restés sur Pile ; la plupart étaient morts. Ils retournèrent à. Québec au mois de juin. Crespel en partit au mois d'octobre 1738, et arriva en France en décembre. Il alla ensuite à Douai, et retourna à son couvent d'Avesnes. Ses fatigues avaient tellement délabré son estomac, qu'il obtint la permission de se rendre à Paris. Lorsqu'il fut rétabli, on le nomma aumônier dans l'armée du maréchal de Maillebois. 11 était à Paderborn en 1752, lorsqu'il écrivit sa relation adressée à son frère, qui en fut l'éditeur; elle parut sous ce titre : Voyage au nouveau monde, et Histoire intéressante du naufrage du P. Crespel, Amsterdam , 1757, 1 vol. Ce livre intéresse plus par le récit des malheurs de l'auteur que par les détails sur les pays dont il y est question
  • Emmanuel CRÉTET( 1747 - 1809) : né au Pont de Beativoisin; en Dauphiné, le 10 ré% der 1717, rit ses études chez les oratoriens à Grenoble, et se rendit à Bordoa , pli, en Amérique, pour y suivre la carrière du commerce. Revenu en France, il fut pendant quelques années directeur de la caisse (l'assurance contre l'incendie à Paris. Il se montra dès le commencement partisan de la révolution, mais sans exagération. Nommé, en 1795, député au conseil des anciens par le département de laCôted'Or, où il avait acquis beaucoup de biens nationaux, entre autres la magnifique chartreuse de Dijon, il y vota toujours avec la majorité constitutionnelle, et ne s'occupa guère que des questions de finances et d'administration. Ce fut lui surtout qui présenta la plupart des luis sur le calcul décimal, sur le système monétaire, les contributions, le cadastre et l'enregistrement. 11 N ota en 1199 contre l'emprunt forcé de 100 millions que demandait le Directoire. Tous ses antécédents, toutes ses opinions connues le conduisaient à prendre part à la révolution du 18 brumaire ; et il y concourut en effet de tout son pouvoir. Bonaparte le nomma aussitôt après conseiller d'État, et le chargea de la direction des ponts et chaussées, puis le' fit gouverneur de la Banque, et enfin ministre de l'Intérieur. Ce fut sous son administration que commencèrent la plupart des grandes constructions et des monuments qui ont illustré le règne de Napoléon, et crue d'autres ont eu la gloire d'achever. Il eut l'honneur de procéder à l'ouverture du canal de l'Ourcq, et de poser la première pierre du beau palais de la Bourse. 11 fut un des négociateurs du concordat. Napoléon l'avait créé comte de Champmol et grand officier de la Légion d'honneur. Forcé par sa mauvaise santé de demander sa retraite, il mourut à Auteuil, le 28 novembre 1809. Ses restes furent déposés solennellement au Panthéon
  • Emmanuel DIAZ : naquit à Alpalham, dans le diocèse de Portalègre, en Portugal, et entra chez les jésuites en 1576, âgé de 17 ans. 11 se consacra aux travaux des missions, et partit pour l'Inde en 1585. Après avoir doublé le cap de BonneEspérance, une tempête affreuse l'accueillit et lui fit faire naufrage entre l'île de Madagascar et la côte de Sofala. Quelques débris de. son vaisseau l'aidèrent à se sauver de la fureur des flots, et lui firent gagner la côte avec un de ses compagnons de voyage, le P. Pierre Martius, évêque du Japon. Ils y furent faits esclaves. Délivrés de leurs fers quelque temps après, ils se rendirent à Goa, où le P. Emmanuel Diaz exerça les premières fonctions de missionnaire. Il y fut successivement préposé aux résidences de Tana et de Chaul, et adjoint ensuite, pendant trois ans, au P. Valignan , visiteur des missions de la Chine. Il gouverna le collége de Macao à deux époques différentes, et s'attacha enfin à la mission de Nankin, qu'il cultiva pendant un grand nombre d'aimées. Parvenu à un àge déjà trèsavancé, il fut nommé visiteur général de la Chine et du Japon, et mourut à Macao, le 10 juillet 1639. On lui doit les Litterce annuce, écrites de la Chine pour les années 1618 et 1625 : ces dernières ont été traduites en italien, Rome, Barth. Zanetti, 1629 — L'histoire fait encore mention de deux autres Emmanuel DIAZ, tous deux Portugais, jésuites et missionnaires. Le premier, neveu du précédent, naquit dans la même ville d'Alpalham en 1590. Admis au no? icat des jésuites d'Évora en 1608, il partit pour l'Inde en 1614. Les ordres de ses supérieurs le fixèrent sur la côte de Malabar. Il s'y livra aux travaux des missions, professa la philosophie et la théologié à Cochin, et fut recteur du collége de StThomas. D. Diego Barbosa, auteur de la Bibliothèque portugaise, nous apprend que le P. Emmanuel Diaz, suivi du P. Jean Cabral, entreprit de pénétrer dans le royaume du Thibet, encore peu connu de son temps, et qu'après avoir essuyé d'incroyables fatigues clans cette excursion, il mourut dans cette contrée de l'Asie , le .13 novembre 1630. Ce missionnaire, qui s'était particulièrement adonné à l'étude des mathématiques, observa la comète de 1618 à Cochin, et il écrivit à cette occasion l'ouvrage seyant : Tractatus contra eos qui putant cometas esse sublunares et elementares. — Le dernier Emmanuel DIAZ naquit à CastelloBranco, diocèse de Guarda, en Portugal, d'une famille différente de celle des précédents. Il embrassa l'institut des jésuites en 1592, et partit pour la Chine en 1691; Après avoir travaillé longtents comme missionnaire dans les provinces de la Chine, il passa par tous les emplois honorables de sa société. Il professa six ans la théologie à Macao, fut viceprovincial pendant N" ing,tdeux ans, et nommé ensuite visiteur général de toutes ces missions, qu'il devait si bien connaître. Après avoir habité la Chine pendant cinquantehuit ans, il y mourut le 4 mars 1659, âgé de 85 ans, laissant après lui la réputation d'un missionnaire infatigable, d'un supérieur sage et plein de douceur, et d'un excellent religieux. On a de lui, écrits en langue chinoise, les ouvrages suivant : 1° Instructions sur tous les évangiles de' l'année, en un grand nombre de volumes, dont douze, au rapport. du P. Martini, avaient déjà paru en 1654 ; 2° les Litanies des Sts. Anges, à l'usage des chrétientés chinoises; :I° de la Manière d'annoncer l'Évangile aux gentils; I' un Traité de la sphère
  • Emmanuel GAILLARD : secrétaire perpétuel de la classe des belleslettres et arts à l'Académie de Rouen, fut dans ces derniers temps un des savants de la province les plus zélés et les plus capables de produire de l'effet. Marié, jeune encore, à une femme d'un âge avance et d'une haute position sociale , ses goûts pour l'étude furent , Gaillard y fit paraître d'abord Messire Jacques d'Harcourt , article plein de verve et de détails curieux, où la brillante façon de l'écrivain s'allie à l'exactitude des faits. Une Notice sur Henri Clément, maréchal de France, le suivit de près, ainsi qu'une autre Notice sur Jean Bailiol, roi d'Écosse , morceau bien écrit, mais contenant quelques détails erronés. Un savant de la 'Dème province , mit la vérité dans tout son jour en répondant à Gaillard. Celuici eut à soutenir en outre , toujours dans le même recueil , une autre polémique avec un savant bourguignon , relativement au meurtre du duc Jean Sanspeur sur le pont de Montereau. A la fois savant et homme politique, Gaillard publia quelques opuscules de circon- stance, dont un intitulé : la Seine- Inférieure avant et depuis la restauration , eut quelque retentissement. Néanmoins, quoique ses convictions politiques fussent trèstranchées et profondes, il eut le bon esprit de ne pas rompre avec ceux qui ne suivaient pas sa bannière, et son goùt pour les hommes d'étude les lui faisait toujours trouver sur le champ neutre de la science. Membre et même secrétaire d'une société d'agri- culture, sans avoir jamais été agriculteur de pratique, il encouragea les comices agricoles, et les congrès scientifiques lui partirent des réunions éminemment utiles et susceptibles d'émanciper les provinces. Il se fit remarquer par la facilité et la pureté de son élocution aux congrès scien- tifiques de Douai et de Blois , où il remplit les fonctions de viceprésident. Ce fut au retour de ce dernier congrès, et lorsque peu de jours avant on l'avait vu plein de vie et de santé, qu'il fut frappé de mort, au milieu des siens, dans le mois de novembre 1857
  • Emmanuel HALGAN( 1771 - 1852) : viceamiral français, na- quit le 31 décembre 1771 à Donges , d'un père qui était avocat au parlement 1 de Rennes. A l'âge de treize ans, Halgan s'em- barqua en qualité de mousse. Nommé successivement enseigne, puis lieutenant de vaisseau, il fit en cette qualité plusieurs croisières sur les côtes d'Angleterre , d'Écosse et d'Irlande. Envoyé ensuite à bord de la Clorinde à StDomingue, il assista aux divers engagements qu'eut cette frégate avec les forts du Limbé et du PortdePaix. Appelé au commandement du brick l'Épervier, puis, avec le grade de capitaine de frégate , au commandeinent de la corvette le Berceau , Halgan prit part pendant deux années aux opérations de l'escadre de l'amiral Linois dans les mers de l'Inde, et se distingua particulièrement lors de l'attaque et de l'incendie des navires et magasins anglais dans la baie de Sellibar . En 1809 , il commandait la frégate l'Hortense, qu'il sut , par son habileté et par son sangfroid, sauver de l'incendie et du naufrage à la malheu- reuse affaire des brûlots , en rade de l'île d'Aix. Envoyé dans les eaux de la Hollande, il commanda pendant quelque temps la flottille de la Meuse. Au mois de décembre 1813 , il se signala par sa défense habile de la place d'HelvoëtSluys, dont on connaît l'importance comme port militaire et comme clef de la Meuse, dont elle protége l'em- bouchure. Halgan n'avait sous ses ordres que trois compagnies de marins de l'escadre de l'Escaut, et une partie des équipages de la flottille, à opposer aux insurgés hollandais, qui avaient avec eux des canons et des obusiers , et qui se trouvaient appuyés par le 4e régiment d'infanterie étrangère , dont la défection était venue grossir leurs ,rangs. De plus , par suite d'un premier ordre reçu, Halgan avait démantelé la place , encloué les canons, noyé ses poudres. Il dut, suivant de nouvelles instructions , rétablir les défenses de la place, et y faire débarquer de nouvelle poudre, des matelots et des officiers; et quand l'ennemi se présenta pour attaquér, il fut vigoureusement repoussé. Napoléon témoigna à - algan sa satisfaction, et lui envoyant des structions pour la défense de la Meuse , et pour l'attaque et la destruction de tous les moyens de navigation des insurgés dans les eaux intérieures - qui communiquaient avec le fleuve, il le laissa maitre de diriger ses opérations ainsi qu'il le jugerait convenable. Quand la France , par suite , il est mort à Paris le 20 avril 1852
  • Emmanuel HANDMANN( 1718 - 1781) : né à Bâle en 1718, mourut en 1781. Dans un âge encore tendré il se voua à la peinture, malgré les intentions de son père, qui lui destinait un autre état. Il reçut les premières instructions chez Schnezle à Schaffhouse, et il continua ses études à Paris, chez J. Reeout, qui l'avaib: pris en grande amitié. Il voyagea en Italie et revint, après un séjour de quatre ans, dans sa patrie. Ses tableaux d'histoire et ses portraits sont estimés; plusieurs ont été gravés, notamment les portraits d'Euler et d'Albert Haller
  • Emmanuel HERMANN ou HERRMANN : de Berne en Suisse , était en 1658 bailli à Gessenay. Trèsversé dans les antiquités du pays, il a beaucoup aidé de ses lumières Plantin pour son ouvrage sur l'Helvétie ancienne et moderne. Hermann a laissé en manuscrit des Recherches curieuses sur 36 le pays de Vaud, la Généalogie des comtes de Bruyères, le Catalogue des évêques d' Avanche et de Lausanne, la Description de la seigneurie de Lau- pen, celle du Simmenthal , de Gessenay, etc. ; tous ces ouvrages sont composés d'après les actes ori- ginaux qu'il avait en main
  • Emmanuel JOBEZ( 1775) : membre de la chambre des députés, naquit, en .1775 , à Morez, petite ville du Jura , qui date de moins d'un siècle, et dont le rapide accroissement est en partie l'ouvrage son père, mort il y a quelques années, laissant la réputation d'un habile négociant . Après avoir achevé ses études à Besançon , il alla puiser à Paris dans les leçons , et lui valurent des éloges qu'il n'avait pas recherchés. Aussitôt qu'il fut libre, il revint à Paris, où il passa plusieurs années dans la société des littérateurs les plus distingués de l'époque. Palissot conçut pour lui beaucoup d'estime; et, dans une nouvelle édition de ses Mémoires, lùi prédit ,. Mais Jobez, soumis aux désirs de son père, retourna dans sa famille; et dès lors, obligé de s'appliquer au cornmeece, fut forcé d'ajourner l'exécution' des divers ouvrages qu'il avait ébauchés. Devenu maire de Morez, il donna ses soins aux établissements que réclamait l'industrieuse population de cette ville. En 1815, il fut élu pendant les cent jours membre de la chambre des représentants; mais il ne se lit point remarquer dans cette assemblée. - Fragments d'une Epître à Aue/. Gacir, Moniteur, an 9, 47, Après le second retour du roi , il fut nommé par ordonnance président du collége du département du Jura, et réélu député. Dans cette session, il se réunit à la minorité qui vota pour les projets du ministère, attaqiié Par le côté droit. N'ayant pu prononcer à la tribune son opinion sur la loi , auquel il reprocha plusieurs illégalités; et, quoique son discours n'eût été entendu qu'avec une extrême 'défaveur par le côté droit, la chambre en vota l'impression. Il fut réélu député pour la quatrième fois en 1820; mais, cette fois, malgré le ministère; qui fit tous ses efforts pour l'écarter. Lors de la discussion de la nouvelle loi électorale , il soutint que le gouvernement n'avait pas le droit de modifier le système d'élection établi par la charte, et repoussa de même l'amendement de M. Boin qui cependant .fut adopté. Le 7 avril 1821 , il combattit la proposition de M. Sirieys de Mayrinliac, qui demandait que les orateurs rappelés à l'ordre fussent obligés de quitter à l'instant la tribune. Les colléges électoraux ayant été convo- qués d'après la nouvelle loi, lobez cessa de faire partie de la députation du Jura; mais, en 18'28, il fut élu par le collége de l'arrondissement de Besançon. Après la session , il s'empressa de retourner dans sa famille. Le 9 octobre, il était alfé visiter un de ses amis, à quelques lieues de LonsleSaunier ; en revenant, le cheval qu'il montait s'emporta, et, quoique excellent cavalier, il ne put s'en rendre maitre. Lancé rudement contre un mur, tous les secours qu'on s'empressa de lui porter furent inutiles, et il expira quelques instants après, à l'àge de 55 ans. Sa mort fut tin sujet de deuil pour le Jura. Tous les partis se réunirent pour le pleurer. Ses restes, transportés de LonsleSaunier à Siam, où il venait d'établir une des plus belles forges de la province, furent accompagnés par une foule immense. La descrip- tion de ses obsèques a été imprimée Jobez était un homme de Moeurs douces, faisant le bien sans ostentation , et cachant sous des dehors sim- pies et modestes des connaissances étendues et variées. Outré des discours et des opinions imprimés séparément ou recueillis dans les journaux, on a de lui : Epitre à Palissot par un habitant du Jura, Paris, 1806 Le sujet de cette Épitre, dans laquelle on reConnatt tin écrivain nourri de la lecture de Boileau, est l'alliance d'un esprit satirique et 4. 4 bôn, étéür. H a .laisse Manuscrit tin peine intitulé les Éléments; le chant du feu , qui contient une description trèsremarquable des forges, est imprimé dans le . 4ecueil de l'Académie de Besançon, année 1808. Le portrait de Jobez est gravé • Ws.
  • Emmanuel KANT( 1724 - 1804) : fondateur de l'école de philosophie qui a succédé à celle de Leibnitz , en Allemagne, naquit à Koenigsberg, en Prusse, le 22 avril 1724, et mourut presque octogénaire dans la même ville, le 12 février 1804. S'il est vrai que la plupart des doctrines philosophiques qui font époque dans l'histoire de l'esprit humain portent l'empreinte du caractère et des habitudes de leurs auteurs jusque dans les principes abstraits sur lesquels elles reposent , il est heureux pour l'appréciation de la philosophie de Kant, que l'exis7 tence calme et uniforme du philosophe de Koenigsberg ait été décrite avec plus de soin que la vie brillante et agitée d'un grand nombre des hommes les plus célèbres des temps modernes. MM. Hasse , Borowski , Wasianski et Jackmann , tous amis particuliers de Kant , ont publié sur la vie de leur collègue ou de leur maitre des Mémoires écrits avec candeur et simplicité, et ils méritent plus de confiance que la compilation d'un anonyme , et que les fragments d'une biographie dé' Kant , imprimés de son vivant et sous ses yeux . Sa famille était originaire et sa mère , animée des sentiments de la piété la plus austère , fortifièrent en lui , par leur exemple et leur direction , cette croyance en la vertu que sa doctrine morale inspire au plus haut degré. Son père avait la fausseté en horreur ; sa mère, d'une sévérité inexorable envers ellemême, exigeait de ses enfants le même respect pour l'accomplissement de leurs devoirs; et c'est à son ascendant que Kant attribuait cette rigidité inflexible de ses principes qui l'aida à trouver, par l'analyse des faits de conscience, la règle absolue du bien moral , et qui le porta à donner aux. espérances religieuses de nouveaux appuis. « Ja« mais, disaitil, je n'ai vu ni entendu dans la mai« son paternelle rien qui ne fût d'accord avec l'honnêteté , la décence , la véracité. L'heureuse influence qu'exercèrent des modèles aussi exemplaires sur ses principes et sur :sa .vie con, tribua sans doute puissamment à le pénétrer de Lelzte Aeusserungen Kant's, von einem semer Tischgenossen, Koenigsberg, 1804 Tableau de la vie et du caractère de Kant , revu et rectifié par Kant luimême, ibid. Êmanuel Kant dans les dernières années de sa vie , peint par E. A. Ch. Wasianski , ibid. . Lettres à un ami sur Emanuel Kant, ibid. . Imman. Eanes Biographie, Leipsick, 1804, 2 vol. Les deux derniers volumes, qui devaient compléter cet ouvrage, n'ont jamais paru. Cette compilation n'est point sans mérite ; on y trouve des anecdotes intéressantes , puisêes dans les relations des voyageurs et dans les lettres des personnes qui ont vécu avec le philosophe qui en est l'objet. Fragmente aus Kanls Leben, Koenigsberg, 1802. L'article de Kant, dans la Prusse littéraire de l'abbé Denina , fourmille d'erreurs et d'omissions Aux noms qui précèdent, il faut ajouter ceux de Grohmann et de Rink, qui ont également donné des renseignements précieux sur la vie de Kant. Mais la meilleure biographie qu'on possède aujourd'hui est celle qui accompagne l'édition des oeuvres complètes donnée pour la première foie par M. Rosenkranz. T—T. la conviction que le seul moyen vraiment efficace de donner au sens moral tout son développement et toute son énergie serait d'entretenir l'homme constamment de la sainteté du devoir, de borner toute institution pratique au soin d'en inculquer sans relâche les maximes, et d'en offrir incessamment l'image et le précepte dans toute leur sévérité, sans en souiller la pureté, ni en affaiblir la force par l'alliage de vaines récompenses, ou d'une émulation corruptrice. Ce qui vient à l'appui de l'opinion de Kant sur l'efficacité de cette méthode, c'est l'aversion pour le mensonge, qui , de l'âme de son père, passa tout entière dans la sienne, et dont les traces se retrouvent dans les principes comme dans les détails de son système de morale. Tout se tient clans l'homme , et s'enchatne par des liens secrets. Il n'est pas douteux que la disposition dont nous parlons ne soit à la fois la source et le soutien de l'amour de la vérité, et que Kant n'y ait puisé le double courage de sonder, dans toute son affreuse étendue, creusé par le scepticisme de David hume sous les fondements de tout savoir humain , et de ne pas désespérer de la possibilité de rétablir sur des bases plus solides l'édifice ébranlé. Mais reprenons Kant au moment où ses parents k livrent aux écoles savantes avec la volonté du bien et le sentiment de ses devoirs. Sa vie académique n'offre que le cours paisible d'études fortes, régulières et persévérantes, embrassant, sans prédilection apparente, toutes les branches de connaissances préparatoires qui donnent la clef des sciences d'application. Les langues , l'histoire , les sciences mathématiques et naturelles l'occupèrent successivement : il y porta cet instinct scrutateur et cette avidité de savoir qui , dans chaque district de ce grand domaine , ne laissent de repos à l'esprit que lorsqu'il a exploré toute la surface du terrain, lorsqu'il en a examiné le sol, sondé la profondeur, reconnu les limites de la portion cultivée, et déterminé ce qui reste encore à défricher. Condisciple de Bulinkenius, dont il paraissait partager le goût pour la littérature ancienne, auditeur du mathématicien Martin Knutzen du physicien Teske, du théologien Schultz, professeurs à l'université de Koenigsberg, plus savants que célèbres, Kant remplit , par des études aussi variées que profondes, une des conditions essentielles de la tâche que lui imposait son génie , celle de ramener à un point central, à quelques principes fondamentaux, la masse des connaissances humaines, de les classer et coordonner, de les fondre et de les lier, pour en faciliter l'acquisition , la revue et l'emploi. Le moment qui appelait un autre Aristote, un architecte qui reconstruisit l'édifice des sciences sur un plus vaste plan , semblait être arrivé. Aucun des systèmes métaphysiques qui partageaient les esprits méditatifs ne pouvait satisfaire ce besoin d'unité qui commande impérieu- Foy. Huis. sement à la raison humaine, et dont le philosophe qui nous occupe a montré l'intime connexion avec l'essence de cette faculté. L'anarchie qui régnait dans les écoles naguère dominantes donnait à ce besoin des forces nouvelles. Si la manière victorieuse dont Locke avait combattu les idées innées, si les succès éclatants qui avaient couronné les recherches des disciples de Newton et sanctionné la méthode expérimentale de Bacon avaient diminué progressivement le nombre des adhérents de la philosophie de 1.eibnitz, et jeté dans le discrédit toute métaphysique , tout système surtout qui part de principes à priori; la doctrine de Locke devint à son tour l'objet d'une défiance toujours croissante, et enfin de la réprobation la plus décidée aux yeux des bons esprits et des coeurs honnêtes, lorsqu'on vit les écrivains qui la professaient en France trahir par leurs essais les Phis heureux l'insuffisance de cette théorie pour le classement des connaissances humaines, et iutroduire dans les doctrines morales des principes de matérialisme et d'égoïsme qui dégradaient notre nature et que repoussait avec dédain la conscience du for intérieur, tandis que, dans la patrie mème de Locke, les conséquences tirées de ses principes avec une justesse incontestable conduisaient l'riestley au fatalisme, et David Hume à des opinions destructrices de toute certitude. Tel était l'état de la philosophie , lorsque Kant , par la vaste étendue de son. plan d'études, se ménageait les moyens de se porter juge des controverses les plus abstruses , et médiateur entre les partis philosophiques. L'histoire de ses travaux est celle de sa vie ; son activité littéraire , qui offre à la Biographie les seuls événements qu'elle ait à consigner, embrasse plus d'un demisiècle, et se partage en deux périodes distinctes. A la première, dans laquelle il préludait au rôle de fondateur d'une nouvelle école, appartiennent les ouvrages, non moins variés que nombreux , qu'il publia depuis 1746 jusqu'en 1781, où parut la Critique de la Raison pure, et par lesquels, légitimant, pour ainsi dire , sa mission de réformateur de la philo' sophie, et de créateur d'un nouveau système sur l'origine des connaissances humaines, il prépara les esprits méditatifs à recevoir avec déférence et à examiner avec une attention respectueuse sa nouvelle analyse des facultés de l'homme. La deuxième période de la carrière littéraire de Kant part de 1781 , et comprend les écrits où il a exposé, développé, défendu les diverses parties de sa doctrine, et ne finit que peu de temps avant sa mort. Afin de ménager l'espace , nous réserverons, pour la revue des principaux ouvrages de Kant, celle des écrits qui ont été imprimés dans la première moitié de sa carrière littéraire; et nous nous attacherons principâlement ici à ce qui peut servir soit à expliquer la génération de son système, soit à en faire concevoir une idée générale. Quelques renseignements , fournis par lui même , et
  • Emmanuel LACUNZA( 1731 - 1801) : jésuite, naquit le 19 juillet 1751 à Stlago, capitale du Chili, dans l'Amérique méridionale. Ses parents , nobles mais peu riches, mirent cependant le plus grand soin à lui procurer une bonne éducation. 11 étudia chez les jésuites, et fut admis dans la société le 7 septembre 1747. Élevé au sacerdoce , il commença à exercer le ministère; mais sa vivacité s'accommodait peu, diton , du silence, de la retraite et de cette continuité de soins nécessaires dans les fonctions de son état. Sa négligence lui attira plusieurs fois des réprimandes de ses supérieurs, qui le rappelèrent au noviciat ; il y était chargé de l'instruction et de la direction spirituelle des jeunes gens. Ennuyé de cette tâche, dit la notice que nous suivons, il se mit à étudier la géométrie et l'astronomie, mais avec peu de succès , parce qu'il manquait des secours nécessaires. Il se livra aussi à la prédication , où il eut une certaine vogue, quoique son style ne fùt pas bon. Sa profession solennelle eut lieu le 2 février 176G. Expulsé l'année suivante, avec tous ses confrères, des États de la domination espagnole , et jeté sur les côtes de l'État de l'Église, il alla résider à Imola, où peu après il se séquestra volontairement de toute société. il se servait luimême, se couchait au point du jour, et passait la nuit à travailler. Le soir, il faisait seul une promenade à la campagne. Le 17 juin 1801 , on le trouva mort sur les bords de la rivière qui baigne les murs d'Imola ; il est probable qu'il y était tombé la veille en faisant sa promenade accoutumée. Lacunza n'est connu que par un ouvrage qui parait l'avoir beaucoup occupé dans sa solitude, et qui a pour titre : Avènement du Messie dans sa gloire et sa majesté, Londres, 1816, 4 vol. . L'éditeur fut l'envoyé de la nouvelle république de BuenosAyres en Angleterre. Il y en avait eu précédemment une édition incomplète, faite dans Ille de Léon , près de Cadix , et qui n'est qu'en 2 petits volumes. L'ouvrage a été aussi traduit en latin par un Mexicain qui ne s'est pas nommé. Lacunza luimême avait pris en tète du livre le nom de JeanJosaphat BenEzen. La singularité de son système explique cette précaution : ce n'est au foild qu'un millénarisme mitigé. L'auteur croit que JésusChrist descendra du ciel lorsque le temps sera venu , et qu'accompagné des anges et des saints il régnera visiblement avec eux pendant mille ans, et qu'enfin, mais sans être remonté aux cieux , il se montrera dans toute sa majesté pour juger tous les hommes. Lacunza essaye de répondre aux objections qu'on peut faire contre son système, et traite de prévention l'enseignement des théologiens sur cette matière. Il trouve dans une interprétation arbitraire de l'Apocalypse la preuve de ses conjectures, et il les déduit dans un style fort négligé et fort incorrect. Son ouvrage suppose une grande connaissance de l'Écriture ; mais il n'indique que trop une imagination qui s'était échauffée dans la solitude et qui s'était éprise de rêveries bizarres. C'est ce qu'on peut conclure de la brochure qui a paru sous ce titre : Vues sur le second Avénement de Jésus- Christ, ou Analyse de l'ouvrage de Lacunza sur cette importante matière, Paris, 1818 de 120 pages. L'auteur se montre partisan du système de Lacunza , et en même temps trèsfavorable aux opinions d'un parti que les jésuites ont toujours combattu. Son analyse est terminée par une notice dont nous avons extrait ce que nous avons dit (lu jésuite espagnol
  • Emmanuel MAIGNAN( 1601 - 1676) : célèbre physicien et mathématicien, né à Toulouse le 17 juillet 1601 . d'une bonne famille de robe, embrassa à l'âge de dixhuit ans la vie religieuse dans l'ordre des Minimes. 11 étudia ensuite la philosophie sous un professeur , partisan zélé de la doctrine d'Aristote ; niais le jeune élève ne se laissa point imposer par l'autorité de ce grand nom, et il osa contredire des principes admis jusqu'alors dans l'école sans examen. 11 apprit en même temps les mathématiques et la géométrie sans aucun maître , et il y fit des progrès remarquables. La capacité dont il avait donné des preuves pendant le cours de ses études engagea ses supérieurs à le charger de l'enseignement des novices ; et il s'acquitta de ces fonctions avec tant de succès, qu'il fut appelé en 1636 à Rome pour professer les mathématiques dans le couvent de la Trinité du Mont, où elles ont toujours été enseignées depuis par un minime français . 11 ne tarda pas à se faire connaître par quelques découvertes , et entre autres une d'optique, dont le P. Kircher lui disputa la priorité. Le P. Maignan , cédant au désir de revoir sa mère, revint dans sa patrie, dont il était éloigné depuis quatorze ans. Ses confrères, voulant lui donner une preuve de leur estime, le nommèrent aussitôt provincial pour l'Aquitaine; mais il se hâta de quitter un emploi qui gênait ses goûts et il reprit ses études , qui ne furent plus interrompues que par les voyages qu'il fit pour les intérêts de son ordre. Etant venu à Paris en 1657, il fut admis aux conférences philosophiques qui se tenaient chez Montmort; et il eut l'occasion d'y faire remarquer sa pénétration et sa sagacité. Louis XIV, passant à Toulouse en 1660 voulut visiter le cabinet de machines du P. /daignait , et il témoigna le désir de voir fixé à Paris un homme d'un si rare mérite; mais l'humble religieux montra tant de répugnance à quitter sa cellule , que le roi n'insista point. Il mourut dans sa patrie, le 29 octobre 1676, à l'âge de 75 ans. Son buste est placé au Capitole, dans la salle des hommes illustres qu'a produits Toulouse, avec une inscription honorable. On a de lui : 1. Per- spective horaria sire de horographie gnomonica, tant theorica quant practica, lib. iv, Rome, 1648 C'est un traité . 2. Cur- sus philosophicus , Toulouse, 1652, 4 vol. ; Lyon, 1673 Cette seconde édition est augmentée de plusieurs chapitres, entre autres de l'examen de la trompette parlante inventée par le chevalier blorland. Dans cet ouvrage, le P. Maignan, , précédé de son Eloge. Cette pièce, écrite avec prolixité, avait déjà paru séparément, Toulouse, 1697 , sous ce titre : De rite, moribus et scriptis Faim. Maignani. On peut encore consulter Projet pour l'histoire du P. Maignati, et Apologie de la do, ( rine de ce philosophe, en forme de lettre , à tous les savants, particulièrement à ceux de l'ordre des Minimes, par le P. H. P., du même ordre, 1703 et les Mémoires de Niceron, t
  • Emmanuel MAY DE ROMAINMOTIER( 1734 - 1799) : né à Berne en17;n, y mourut en 1799. 11 s'est fait con- naitre par son Histoire militaire des Suisses dans les différents serrices de l'Europe jusqu'en 1771, publié en 2 tomes, à Berne en 1772 réimprimée et augmentée en Pi tomes, ou 8 vol. iti-8°, en 1788. C'est une compilation médiocre. mais dans laquelle on trouve des faits important, . que l'on chercherait vainement ailleurs
  • Emmanuel NYBOË( 1780 - 1840) : poéte danois, né le '28 dé- cembre 1780 à Dirup , près de Viborg, en Jutland, mort à LilleLyndby , dans File de Seeland , le 23 avril 1840. Après avoir terminé ses études théologiques à Copenhague, en 1809, il devint en 1811 collaborateur au grand Dictionnaire danois, publié par l'académie des sciences da- noise, et en 1817 pasteur à Tœmmerby, dans le diocèse d'Aalborg. En 1829 , il obtint la cure de Lyndby et Oelstedt, dans laquelle il resta jusqu'à sa mort. Il a publié : 1° Roses d'hiver, idylle pour l'anniversaire du jour de naissance du roi, Copenhague, 1833 2° Feuilles tombées des arbres, poésies, ibid., 1839 ; 3° Pages d'al- bum pour les enfants et les amis des enfants, ibid., 1839 ; 4° Poésies , insérées dans divers recueils, tels que celui d'Elmquist, intitulé Fruit des lec- tures; celui de Liunge, Nouveau répertoire pour lectures amusantes; celui d'OEhlenschlaeger, Pro- nzéthée ; de Hansen, Magasin pour lectures diver- tissantes, etc. Dans la Minerve danoise de Rahbek, Nyboé a publié des esquisses biographiques. Pour le dictionnaire cité, il a fait les lettres N, et S
  • Emmanuel PÉRÈS-LAGESSE( 1751 - 1833) : connu dans la révolution sous le nom de Pérès de la, Haute- Garonne, fut député suppléant du tiers état du pays de RivièreVerdun aux états généraux, où il ne parut point , puis député de la HauteGaronne à la convention nationale, où il refusa de prononcer comme juge sur le sort de Louis XVI, demandant comme législateur qu'il fût détenu pendant la guerre et banni à la paix. C'était l'opinion la plus favorable à ce malheureux prince , et par conséquent la plus périlleuse pour celui qui osait l'exprimer. Pérès gardant ensuite un profond silence, ce ne fut qu'après la chute de Robespierre, dans les derniers jours de l'année 1794, qu'il parla avec quelque chaleur en faveur d'un grand nombre d'habitants des départements du Nord, presque tous cultivateurs, que les jacobins avaient fait mettre en arrestation , sous prétexte qu'ils favorisaient les ennemis extérieurs. A la lin de 1795 il fut envoyé dans ces départements et près de l'armée de SambreetMeuse, d'où il transmit à la convention les voeux de réunion formés par les Belges. Devenu par le sort membre du conseil des CinqCents, il continua à professer des opinions modérées. On le vit combattre Pérès du Gers, qui s'opposait à une amnistie proposée en faveur de tous les citoyens détenus pour opinions politiques, et qui presque tous étaient des agents de la terreur contre lesquels il y avait des plaintes nombreuses, mais que la convention n'osait pas livrer à des juges. Pérès avait encore, quelque temps auparavant, engagé le conseil à dédommager les parents des condamnés, en les autorisant à acquérir des biens nationaux avec les bons qu'on leur avait délivrés en remplacement de leurs biens vendus. En janvier 1797 il fut nommé secrétaire du conseil. Il parla ensuite avec beaucoup de violence contre les royalistes, à l'occasion de la conspira- tion de Brotier et la Villeurnoy. Dans le mois de novembre suivant, il défendit la cause des malheureux en invitant le Corps législatif à s'occuper des hôpitaux, et démontra facilement l'absurdité de la loi qui les avait dépouillés de leurs biens. Au mois d'août, il parla contre les prêtres déportés auxquels on avait permis de rentrer, et qu'il peignit comme des ennemis de la république. Ces opinions, beaucoup plus révolutionnaires que celles qu'il avait professées jusqu'alors, le conduisirent naturellement à appuyer de toutes ses facultés le directoire dans la journée du 18 fructidor ; et quand cette révolution eut complétement réussi, il proposa d'en célébrer le succès par une fête. Le 17 février 1798 il communiqua une adresse de quelques révolutionnaires de Toulouse contre la cour de Rome. Un peu plus tard il parla avec la même violence contre les insurgés royalistes qui , dirigés par le comte de Paulo , s'étaient soulevés au nom de Louis XVIII. Sorti du conseil dans le mois de mai , Pérès fut réélu pour celui des Anciens, dont il devint successivement secrétaire et président. Dans le cours de sa carrière législative, il célébra souvent la valeur des armées françaises, particulièrement de celle d'Italie, ce qui dut être pour lui une bonne recommandation quand le général en chef de cette armée devint consul et empereur. Comme législateur, Pérès s'occupa beaucoup du sort de la Belgique, de son administration ; et ce fut lui qui y fit supprimer les ordres religieux. Après le triomphe de Bonaparte au 18 brumaire , auquel il concourut de tout son pouvoir, il fut nommé préfet de SambreetMeuse, et pendant son administration, qui dura autant que ce département, les habitants n'eurent.qu'à s'en louer. En 1803, il fut élu candidat au sénat conservateur, et plus tard, nommébaron et officier de la Légion d'honneur. On prétend qu'à l'époque de l'invasion des alliés, en 1814 , il s'affecta si profondément de cet événement qu'il fut, pendant quelque temps, frappé d'aliénation mentale. Ayant alors perdu son emploi de préfet par suite de la séparation de la Belgique, il se retira dans son pays, où il vécut paisiblement. Il mourut à Boulogne, près StGaudens, dans le mois de juillet 1833, âgé de 82 ans. — PÉRÈS du Gers était avocat à Auch avant la révolution. Il fut député aux états généraux de 1789, où il se fit peu remarquer, puis à la convention nationale, où il ne siégea qu'après le procès du roi. Il passa au conseil des CinqCents par le sort en 1795, et XXXII. Professa dans ces assemblées des opinions assez sages et modérées
  • Emmanuel RAMIREZ DE CARION( 1500) : muet de naissance, né en Espagne vers la fin du 16e siècle, inventa en Espagne ou du moins y pratiqua seul de son vivant, au témoignage de Nicolas Antonio , l'art d'apprendre aux muets à lire et mème à prononcer quelques mots. Cependant le mème Antonio, dans l'ouvrage cité, fait aussi honneur de cette invention à Pierre Ponce. . 11 avait dit de Ramirez : Apud nos artem invenit aut cerce solos exercuit œtate sua. On a de Ramirez : Maravillas de naturaleza, en que se contienen dos mil secretos de rosas naturales , 1629 Antonio fait mention d'une édition antérieure, mais moindre de moitié, qu'il croit de 1622. Si c'est dans ce livre que Ramirez parle de son invention , il avait été devancé par J.Paul Bonet, qui, dès 1620, avait publié sur la mème matière un ouvrage que mentionne aussi Antonio
  • Emmanuel SA ou SAA( 1530 - 1596) : théologien portugais, né en 1530' à Villa de Condè, dans la province entre Douro et Minho, fit ses études à l'université de Coïmbre avec un tel succès que Klefeker .I a placé parmi les savants précoces , A quinze ans, il embrassa la règle di StIgnace, et, après avoir enseigné la philosophie à Coïmbre , il vint à Gandie , où le duc de Borgia avait fondé un collége, le premier qu'aient eu les jésuites . Appelé par ses supérieurs en Italie , Sa devint , en 1557, l'un des professeurs du collége Romain , et, pendant deux ans, il fit des lecons sur les prophéties d'Osée et sur la théologie. de StThomas. L'excès du travail ayant affaibli sa santé , il se vit obligé de suspendre ses cours, et il employa le temps de sa convalescence à visiter les maisons que la société possédait en Toscane. A son retour à Rome, il prononça ses voeux solennels et fut chargé d'ex- pliquer les saintes Ecritures. Il trouvait encore le loisir de prêcher fréquemment, et il obtint dans la carrière évangélique des succès dus moins aux moyens oratoires qu'à une profonde conviction. Le pape Pie V choisit le P. Sa pour travailler à l'édition de la Vulgate , dont le concile de Trente avait ordonné la révision ; mais ses autres occupations le détournèrent de ce travail , qui ne fut achevé que sous le pontificat de Sixte V . Dans ses missions, il ne perdait pas de vue l'agrandissement de la société ; elle lui dut l'établissement du séminaire de Milan et d'un grand nombre de maisons dans la haute Italie. Revenu à Rome , il y remplit divers emplois; mais , au bout de quelque temps, il se rendit à Lorette et ensuite à Gènes pour s'y occuper de la direction des âmes. Enfin , épuisé de fatigues, il se retira dans la maison professe d'Arone, au diocèse de Milan, où il mourut le 30 décembre 1596. On a de lui : i° Scholia in quatuor Evonelia Anvers, 1596 Cet ouvrage a eu plusieurs éditions. 2° Notationes in totam sacram Scripturam, ibid., 1598 ; souvent réimprimé. Les notes du P. Sa sont courtes, mais claires et érudites. On y trouve cependant quelques erreurs, que les protestants ont relevées durement Aphorism;. confessariorum ex doctorum sentie. ntiis collecti Douai, 16V Cette édition, citée par les PP. Alegambe et Southwell , passe pour la plus correcte. Quoique l'auteur eùt employé quarante années à former ce recueil de maximes, il en avait laissé passer un certain nombre qui ont été retranchées par le maître du sacré palais comme s'éloignant des opinions reçues par les théologiens. Le P. Sa est encore auteur d'une Vie du P. Texeda, capucin, confesseur de StFrançois de Borgia , général de la société. Elle est restée manuscrite
  • Emmanuel SALCHLI( 1749 - 1820) : poète français de la Suisse, né à Lausanne vers 1749 et mort à Stettlen , près de Berne, vers 189.0. Il fut d'abord professeur de littérature grecque et romaine et de statistique à l'institut politique de Berne, jusqu'en 1791, puis pasteur de l'église allemande de Stettlen, où il mourut aveugle. Salchli s'est fait remarquer par plusieurs poèmes philosophiques, ainsi que par des odes politiques. Voici les titres de ses ouvrages : 1° les Causes finales et la direction du mal, en 4 chants , Berne, 1760 ; 12e édit. en 1784 ; 20 le 11a/, poème phi. losophique en 4 chants, Berne et Paris, 1789 dernière édition, Lausanne, 1823 ; 30 Hymnes aux Français, Berne, 1798 ; 4° l'Optique de l'univers, ou la Philosophie des voyages autour du monde, poème en 6 parties, ibid., 1799 ; Paris, 1801 ; 5° Ode sur la paix, ibid., 1801 ; 6° Ode sur l'An- gleterre, ibid., 1811
  • Emmanuel SCHELSTRATE( 1649) : l'un des plus zélés défenseurs de la cour de Rome , né en 1649 à Anvers, étudia l'histoire et la théologie et y fit de rapides progrès. Après avoir embrassé l'état ecclésiastique, il visita la France et l'Italie pour perfectionner ses connaissances et se lier avec les savants dont il espérait tirer de nouvelles lumières. Le premier fruit de ses recherches fut - , des antiquités de l'Eglise, dans '. ,fre il.' démontrer, ...ordre l'opinion pi français, et entre autres de Lannoy et ,ii , que l'autorité du pape est supé- H H é celle des conciles généraux. Cet ouvrage 'relut, avec un canonicat, la dignité de chan- * la cathédrale d'Ailiers. 11 fut appelé peu apres à Rome par le pape innocent XI, ,li ma eonsersateur de la bibliothèque du 4 Combiédesternoignages d'estime du poli- ' ? principaux membres du sacré collige, il sait rependant à revenir dans sa patrie où le sent et ses affections paniculée ees et sa - : Mis le pape le retint à nome en lui miténa* un canonicat de l'église de StJean de Latran. Il fut enlevé par une mort prématuri, en cette 'die le 6 avril 1692, à lège de 43 ans F. C'?tad un biglante taii,iisireasit , et , de l'aveu métrite de on adversaires, il a fort bien éclaire' plusieurs joints de, antiquités reclésiastiques. On a de lui : I• l'itstifiutas allai: rata niera ( ourdie, 9earralia et prairieriaiia, dsrreia a 9eita pontifiruea, et pratipaia fiai higloriat terlexiaiiirer copina, Anvers, , 1678, , ii. On • oit par rte titre que fauteur M. proposait d aborder toutes les questions encore obeetiroi de l'histoire de l'Eglise. Il donna dans la de une itouvelle forme à cet ouvrage et conçut ie projet de le diviser en 6 volumes, qui devaient contenir la ehrontilogie sacrée, la géographie, les cotseilea, la liturgie, les martyrologes ou lhagiologie, enfin reiamen critique des points qui n'auraient pas été discutés datas les precédents volumes. Les deux premiers ont paru sous te titre : Aaiiquiias eerlariiie dasiertatiouibu i, Mt. » Mt la à ar * Ma illuitrata, Home, 161/. 1697, iiefol. On doit regretter que l'auteur n'ait pas eu V loisir de terirtitier ce Irai ail important , dont on troue une banne onal,se dalla les Aria traitait., limita,. ; 2 Eerlesio .lfrica,. sois primatie Corilso9SHaeauti , Paris !Anvers , I 679 . ni- V . Son ' bit, dans cet ouvrage, est de prouver que l'Edite d'Afrique reconnaissait la souveraineté du pape; 3° Sarrois. Audio... kentias cone- ilium pro aria- mormon roarelialatlo passim habituera , aime rero primaire ex ornai asiequitair aurloritati suer reitininem , Anvers . 1 tis I , in - i•. A la suite di, M. du cenelle , 041 trouve cinq dissertations, te Arta Causiasairsiù roarilii ad e, rposetioaem decreioru na Illià Jel lithe Will quarta. ri V. ' la 4? fatieatia , aune prémuni es rot ma. in & rem * dila et diiirriata? o, 'iiaramt, ibid., 1683, iii-•. Dans cet ou, rage , tielstrate ter propose de réfuter la seronde des dire fameuses propositic gis du clergé cie France, sua borne ! autorité du pape au spirituel ; • Use dia.- Spins& acestoi diskriatio apidinetir a , Home, 11185 C'est une reponse à GuillaumeErnest Tentrel , pasteur luthérien, qui dans une thèse avait combattu l'opinion de Sehelstrate teuchai? k secret gardé par l'Eese ; 6• Tracta- i: Pat tawieettaa... tes 1m doms epsia‘ateaeod a» I nu de arasa et aueionies bercions'''. testais COUMildiouir rirent protesta: eu etelearaiticarta uns sais ri gratis ad elle, apertanistesii , iui4.. 1686 C'est une réfutation du Traité du P. Maimbourg, 1h la roter de home rol . MAIM101;11.6 ; 7Miser- huis, de etartoritak pairiarrhali et enairopolitira adrertas Ca quas seripaii , brases* Losidinrasis is libre de ofigiaibui Heiiisascia ibid., 1687. Ili combat les objection s de l'auteur anglais contre la puissance du pape. et démontre qu'elle a constamment été reconnue par toute l'Eglise latine. 11 examine en 'lutine temps plusieurs point, relatifs à l'Eglise d'Angleterre 1 . On peut consulter la Iiibliothiqua des autours ereliaiaatiqusa , par Dupin, t. 18, édition et teillé/noire' du P. Niœroft, t
  • Emmanuel SCHIKANEDER : dramatique allemand, né en 1751, joua dès sa première jeunesse sur les théâtres en :tutriche. Dans la suite il se mit à écrire des livrets pour les compositeurs d'opéras ; il en rit un grand nombre , mais aucun d'eux n'a égalé le succès de la ', bite enchantée, dont Mozart fit la musique. Les admirateurs du grand compositeur ont dit que c'était malgré le livret que l'opéra avait eu une si grande vogue. Il est vrai que Schikaneder n'est pas habile dans le dialogue, et qu'il n'est pas grand ponte ; mais son canevas , assez bon , a fourni au musicien l'occasion de déployer son génie, et Schikaneder, connaissant à fond le goût du grand public avait soin de s'y conformer. L'opéra de Mozart fut d'un bon rapport à l'auteur du livret. Il dirigea successivement le théâtre de Prague et celui de Léopoldstadt à Vienne avec assez de succès pour pouvoir ériger à ses frais un nouveau théâtre plus vaste que celui qu'il avait dirigé jusqu'alors. Mais le bonheur ne le suivit pas longtemps. Il fit de mauvaises affaires et fut obligé de remettre en d'autres mains la direction théâtrale. Dès lors il vécut à Vienne presque dans l'indigence ; il y mourut le 21 septembre 1812.
  • Emmanuel SVEDENBORG : fameux par sa dortrine mystique bu théosophique, naquit à Stockholm le 29 janvier 1688. 11 était fils de Jesper Svedberg, évêque luthérien de Skara, en Westrogothie, et fut anobli par la suite sous le nom ' de Svedenborg. L'éducation religieuse que lui donna son père , qui n'était pas étranger aux opinions mystiques, exerça sur l'esprit de cet enfant une influence si marquée qu'on disait de lui : « Les anges parlent par sa bouche. » Cepen- dant , malgré ces premières impressions, ce ne fut point par la carrière religieuse qu'il débuta: il en fut mème entièrement éloigné pendant la plus grande partie de sa vie. Après avoir fait ses études avec distinction à l'université d'Upsal , il publia, dès l'àge de vingt et un ans, un recueil des plus belles maximes de l'antiquité : L. / huart Senecœ et P. Syri Mimi, faisan et aliorum eelectir se'ntenti , cum annotationibus Erasmi et graya verstone Scaligeri , notis illustratce , Upsal, 1709. Cette dissertation académique annonçait un molli assez marqué pour l'érudition. L'année suivante. Svedenborg fit paraître un ou' rage d'un genre différent , celait une collection de vers latins: Lu- das tleliconius, etc., o. . annonçait autant d'ima- , 4 part. ; — Lyon, 16S5, 4 tomes in 12; — Paris, Ca- velier. 1698, 4 tomes —Trevoux, 174:.,, 4 vol. , voua, 1741, b vol. I gination que de vivacité d'esprit. Ce fut cette mème année qu'il quitta sa patrie et qu'il chercha. dans les différentes universités de l'Allemagne, de la Hollande et de l'Angleterre, à se fortifier dans l'étude deS mathématiques, auxquelles il s'était déjà livré avec ardeur. Revenu de ces voyages scientifiques , il se fit connaître par uu ouvrage périodique. composé d'essais et de remarques sur cette science, ainsi que sur la physique , 1716, 1717, 1718, 6 parties, en suédois). Ce travail lui acquit une telle réputation que, dès la première année, il fut désigné pour accompagner à Lund M. de Polheim, conseiller de commerce, qui y avait été mandé par Charles XII. Svedenhorg eut plusieurs entretiens avec ce monarque , sans doute sur le nouveau calcul sexagésimal inventé par ce prince qui, reconnaissant en lui des talents supérieurs, le nomma assesseur au conseil des mines. Dans. ce poste important, Svedenborg fit preuve d'un génie inventif et d'une grande connaissance de tout ce qui était du ressort de cette administration. Au moyen de machines roulantes de son invention, il fit transporter au siége de Frédérikshall , en 1718, à travers des montagnes et des vallées, sur une route de deux milles et demi de Suède, deux galères et cinq grandes chaloupes. Ces occupations ne l'empêchèrent pas de publier. à cette époque, plusieurs écrits sui des objets de physique, d'algèbre. d'astronomie et de mécanique, savoir : 1. Introduction à l'al - - gèbre, sous le titre de l'Art des règles, 1717 2° Essai pour fixer la valeur de nos monnaies et déter- miner nos mesures de manière à supprimer les frac- tions pour faciliter les. calculs, 1719; 3° De la posi- lion et du nionrement de la terre et des planètes ; 4° De la hauteur des marées, du flux et re- flux de la nier, plus grand jadis, avec les preuves tirée3 de la Suède . Tous ces ouvrage sont écrits en suédois. A la mort de Charles X1I. ' Svedenborg jouit de la plus grande faveur auprès de la reine UlriqueEléonore. Ce fut celt. Ces écrits, surtout le dernier, qui firent offrir à l'auteur une chaire de professeur à l'université d'Upsal, n'étaient que le prélude d'un plus grand ouvrage : Opera philosophica et mineralogica, 1734, 3 vol. ornés de 155 gravures. 11 n'existait pas d'ouvrage plus curieux et plus savant sur la métallurgie. Tout ce qui est relatif aux métaux est dans le premier volume. L'auteur considère le grand édifice de l'univers et cherche à l'expliquer. On peut regarder cette partie comme un traité de physique générale. En effet, il y développe un système complet de la nature du monde visible, d'après des idées qui lui sont propres et qu'il combine avec toute la rigueur des mathématiques. Un point donné, dans l'infini doué de la force primitive , produit , d'après lui , par un mouvement interne et spiral, les forces secondaires, tous les mouvements, toutes les formes de l'activité distribuées en éléments; ces éléments sont le magnétisme, l'éther, l'air, le gaz, etc. , dont il suit la trace dans le règne des organisations. Cette publication fit une grande sensation ; l'académie impériale de St Pétersbourg se hâta de nommer Svedenborg son associé. Il avait été nommé, quelques années auparavant, membre de la société royale des sciences de Stockholm , et l'Académie des sciences de Paris lui fit peut-être encore plus d'honneur en traduisant , pour son Histoire des arts et métiers, comme l'écrit le plus satisfaisant qui existât alors sur cette matière, son traité sur le fer, qui se trouvait dans cet ouvrage. La même année, Svedenborg avait aussi fait paraître un Essai de philosophie spéculative sur l'infini, la rause finale , de la création et le mécanisme de l'union de l'dme avec le corps, Dresde Cet ouvrage annon-çait une tendance aux idées mystiques de son enfance ; mais l'heure n'était pas encore arrivée, et, loin de s'en occuper, Svedenborg voyagea en Angleterre, en Hollande, en Françe, en Italie, cherchant à établir son système sur les sciences naturelles. Il séjourna , pendant toute l'année I 1738, à Venise et à Rome et fit paraître, dans les années suivantes, son OEconomia regni ani- malis et les trois tomes du Reynum animale per-, ! ustratum, qui contiennent le développement ulté- IL) C'est dans le 4. volume de cet ouvrage qu'il rend compte du nouveau système de calcul inventé par Charles XII. rieur de son système de la nature. Par ces derniers travaux, Svecienborg terminait ses observations sur le monde visible et en classait les phénomènes d'après ses idées d'une manière originale ; mais il n'ajoutait rien à la réputation que lui avait acquise son traité sur la métallurgie et même ses ouvrages précédents, dont le plus grand mérite était d'avoir fait connaître à la Suède le calcul différentiel et d'avoir donné des aperçus lumineux sur l'aptatissement du globe vers les pôles, objet du voyage des mathématiciens français envoyés par Louis XV. Ce fut dans cette position brillante que, renonçant au monde, à l'âge de cinquanteneuf ans , il se démit de sacharge d'assesseur aux mines, prétendant avoir de fré- queutes communications avec les ètres spirituels et des révélations sur le culte de Dieu et les StesEcritures. On le voit tout à coup, à la tête d'une fortune immense, relever et soutenir une foule de maisons de commerce d'Allemagne, par des bienfaits qui s'élevaient à plusieurs millions. Enfin il annonça qu'il était chargé d'une mission divine, et it le dit avec tant de simplicité et un tel air de bonne foi qu'on ne put imaginer qu'il cherchait à en imposer. Voici comment il raconte de quelle manière il fut chargé du ministère sacré d'éclairer les hommes : « Je . Quant aux prophéties qu'on attribue à Svedenborg, les unes ne sont que d'heureuses conjectures, et les autres paraissent être du genre de son anecdote avec la reine LouiseUlrique de Suède. Il lui rendit un compte détaillé et fidèle d'un entretien secret qu'elle avait eu à Berlin avec son frère, le prince royal de Prusse , et qu'elle ne croyait connu de personne; mais tous ceux qui étaient au fait de ce qui se passait alors à la cour de Stockholm savent que Svedenborg avait été instruit par un sénateur qui entretenait des relations particulières à Berlin et qui était bien aise de faire connaître à la reine qu'on n'ignorait rien en Suède de ce qui la concernait. Cependant il serait possible que Svedenbord soit ' resté étranger à tout ce prestige de merveilleux dont ses disciples ont cherché à l'environner pour affermir sa doctrine , et la conduite de cet homme extraordinaire autorise à le croire. Tous les auteurs s'accordent à dire que ses moeurs furent exemplaires et qu'il pratiquait la morale pure qu'il prèchait. Au rapport des personnes qui avaient été en relation avec Svedenborg, il aurait eu dans son extérieur une grande simplicité, et dans le commerce de la vie, un abandon de franchise qui n'est pas ordinaire aux charlatans . Svedenborg était parvenu à un âge trèsavancé, lorsqu'il entreprit un nouveau voyage en Angleterre. Arrivé à Londres, il y fut frappé d'une attaque d'apoplexie, qui le conduisit au tombeau trois mois après, le 9.9 mars 1772, à l'âge de 85 ans. Ses restes furent déposés dans l'église suédoise de Londres, près de RadcliffHighway. Il existe peu de notices sur la vie privée de cet homme et sur les relations qu'il eut avec les savants et les gens du monde; la plupart des faits qui le concernent sont consignés dans son éloge funèbre, prononcé le 7 octobre 1772, dans le sein de l'académie royale de Stockholm, par le conseiller des mines Saudel, secrétaire de cette société, qui s'est attaché à faire ressortir le savant et a cru devoir négliger tout ce qui appartenait au théosophe. C'est cependant sous ce dernier point de vue que Svedenborg présente un intérêt tout particulier, surtout depuis que les svedenborgistes se sont constitués en société. Il ne sera donc pas inutile de consigner ici un aperçu de leur doctrine. Elle peut se diviser en deux parties : la première est une espèce de Genèse, où l'on rend compte de la Iii n a écrit un traité sur le grand œuvre que les adeptes regardent comme le chefd'ceuvre de l'art. i2) Grégoire, qui n'est pas favorable à Svédenborg, s'explique cependant ainsi : cc Ses visions sont un phénomène psychologique . assez étrange. Il les a, diton, clébitees de bonne foi, parce qu'il . ne se défiait pas de l'illusion de ses sens. o 11 cite ensuite l'exemple d'un savant de Berlin, qui avait éprouvé les mêmes phénomènes dans le cours d'une maladie , mais qui , toujours maitre de sa raison, les avait étudiés en observateur. 1Flist. des secles coup., t. 1", p. 223.) divinité et de la création; la seconde développe les principes de la croyance religieuse de cette secte. « Il n'y a qu'un Dieu, dit Svedenborg il « est incréé , infini et seul ; il peut dire : Je suis « celui qui est. Dieu est homme : les anges ne le voient que sous la forme humaine; il est la vie « parce qu'il est amour : l'amour est son être, la « sagesse son existence. Dans le ciel, l'amour « divin et la sagesse divine se manifestent dans ,< un soleil spirituel , qui n'est pas Dieu , mais le « premier procédant de Dieu : la chaleur de ce « soleil est l'amour , la lumière est la sagesse. c Dieu étant l'amour et l'amour n'étant pas fait « pour s'aimer soimème, il a dû former des « créatures pour les aimer ; il les tira de lui-, même et non du néant. C'est par le soleil spirituel que Dieu a tout créé immédiatement, et « de là par le soleil naturel , celuici étant l' · strument de l'autre. e Après avoir expliqué comment les trois règnes de la nature se sont formés des atmosphères spirituelles, réceptacles du feu divin et de la lumière divine, il passe à l'homme pendant sa vie. S'élançant ensuite dans des régions moins connues, il traite du monde spirituel ; il donne la description du ciel , composé de trois cieux le céleste, le spirituel et l' qui, dans son tout, représente l'homme; car le ciel supérieur est la tète, le second ciel occupe depuis le col jusqu'aux genoux , le troisième forme les bras et les jambes. Il y a dans le ciel des eaux, des bois, des terres, des jardins, des palais, des richesses, de l'or, des diamants, enfin tout ce que l'on voit sur la terre; mais tout y est spirituel. Il y a des emplois, un gouvernement, des plaisirs, des travaux, un culte divin, des voyages. Cependant il n'y a pas d'espace, il n'y a pas de temps; on y parle une langue bien différente de celle des hommes , et par conséquent , il y a une écriture et des livres. Les cieux sont peuplés d'anges mâles et femelles, qui se marient ; le mari fait les fonctions de l'intelligence et la femme celle de la volonté ces anges ont la forme humaine: ils sont vêtus, à l'exception de ceux du ciel supérieur, qui sont nus. Outre ces trois cieux , il existe encore le monde des esprits, le purgatoire des chrétiens, espèce d'état mitoyen entre ciel et l'enfer. Enfin l'enfer , qui fait de continuels efforts contre le ciel, est formé d'un feu émané du même principe que le feu céleste ; mais il devient infernal dans ceux qui en reçoivent l'influence avec des dispositions impures. Tel est l'abrégé de la Genèse des svedenborgistes; quant à leur doctrine proprement dite , elle repose sur trois points la divinité de JésusChrist, la sainteté des Ecritures, la vie qui est charité. Ils admettent une espèce de Trinité renfermée tout entière dans le Christ. La trinité humaine comprend l'âme, le corps et l'opération qui en procède. Cette trinité forme un seul homme , de même que la Trinité divine n'est qu'un Jéhovah Le Christ est ce Jéhovah,
  • Emmanuel SWEERT : fleuriste, né à Sevenbergen, près de Bréda, se rendit célèbre par son habileté dans la culture des plantes, dont il finit iiar faire le commerce et fut nommé chef des jardins de l'empereur Rodolphe II. Iyant fait graver les plus belles plantes de ses t.ollections, il les publia sous le titre de Morde- lium arnplissimum et selectissimum Franc-:brt. La première partie parut en 1612 et la se-•onde en 1614: le tout, composé de dixhuit feuilles d'impression, comprenant une épître dédicatoire, une préface et un catalogue en quatre langues, soixantetrois planches dans la première partie et quarantetrois dans l'autre. Ainsi centdix plantes sont figurées : la plupart sont des variétés des liliacées et quelques arbres. Plusieurs sont imitées du jardin de Henri IV, par Vallet et Robin. Toutes ces plantes sont réellement dessinées d'après nature et gravées correctement , mais trèssèchement : elles ressemblent à celles de l'ouvrage que nous venons de citer. C'est la manière de cette époque, employée dans le Florilegiutn de de Bry et l Hortus iloridus de Dupas . Les deux parties réunies reparurent à Amsterdam, en 1647. On cite d'autres éditions jusqu'en 1672 ; mais comme on y voit toujours figurer la préface de 1612, on peut les soupçonner identiques. C'est donc à cause de ces images représentant des objets connus précédemment, que nonseulement Sweert est compté parmi les botanistes, mais que de plus Linné a consacré à sa mémoire, sous le nom de Swertia, un genre formé sur une des plus belles plantes alpines, de la famille des gentianées
  • Emmanuel TREMELLIUS( 1510 - 1580) : né de parents juifs, à Ferrare, vers l'année 1510, embrassa la religion catholique, d'après les insinuations du cardinal Polus et de MarcAntoine Flaminius. Plus tard , les discours et l'exemple de Vermigh firent de lui un partisan de la réforme. Ce dernier changement l'obligea de quitter l'Italie, où les protestants étaient exposés à la rigueur de l'inquisition. Il s'attacha aux pas de son maître Vermigli, qu'il suivit à Strasbourg et en Angleterre. Après la mort d'Edouard VI, en 1553, il revint en Allemagne et professa publiquement à Hornbach et à Heidelberg. Une femme qu'il avait épousée en France lui lit prendre la résolution de se retirer à Metz. Il y vécut quelque temps, avant d'accepter une chaire d'hébreu à Sedan, où il mourut en 1580. On prétend qu'il était retourné à la religion de ses Pères. Nous avons de lui : 1° Targum in duodecim prophetas minores , Heidelberg , 1567 Cette version latine du Targum n'est point à dédaigner ; on la retrouve dans la plupart des éditions de la bible de Tremellius. 2° Novum Testamentum ex syriaco latinum, 1579 et 1621 Les quatre épitres canoniques et l'Apocalypse n'y sont pas. Génébrard et quelques autres critiques ont prétendu que Tremellius s'était approprié le travail de Lefèvre de la Boderie; niais François Junius a démontré que cela ne pouvait pas etre, puisque la version de Treinellius avait été imprimée au moins trois ans avant celle de la Boderie, qui ne parut qu'en 1583. Les docteurs de Louvain et de Douai l'ont adoptée en la corrigeant. 30 Biblia sacra, id est, I. Libri quin que Moschi latini recens ex hebreo Tatti , brevibusque scholii; illustrati , Francfort, 1575 ; 2. Libri historici, etc., ibid., 1576 3. Libri poetici, etc., ibid. , 1579 ; 4. Libri pro- phetici, ibid.. 1579; 5. Libri apocryphi... cuve nous brevibus h'rancisci Junii, ibid., 1579. Cette première édition de la Bible de Tremellius Opera theologica t. 2, p. 1798 et .,v. comme l'on voit, ne renfermait point encore le Nouveau Testament ; il se trouva dans celles qui la suivirent de 1581 à 1703. Après la mort de Tremellius, son collaborateur, François Junius ou du Jon, fit tellement de corrections et de changements à la Bible, que les dernières éditions ne ressemblent pas du tout aux premières. Depuis Junius, plusieurs protestants se sont encore permis de la retoucher , sans la rendre meilleure. Drusius fut un des premiers à la condamner. Constantin Lempereur déclara qu'il était obligé de s'en éloigner parce que Tremellius et Junius avaient une certaine manière de traduire qui les jetait souvent dans l'erreur. C'est aussi le sentiment de Richard Simon, qui ajoute : « La « diction de Tremellius est affectée et remplie « de défauts ; il met presque toujours des pro-« noms relatifs où il n'y en a point dans l'hé-« breu. On voit aussi dans cette version certains « mots ajoutés pour exprimer le sens plus forte- « ment ce qui est quelquefois sujet à l'illusion. « Il y en a d'autres qui sont traduits d'une façon singulière et qui n'est pas commune... Les au- « teurs de cette version se sont trop émancipés « en beaucoup d'endroits. » Histoire critique du Vieux Testament, p. 527. Eloy Teissier, Eloges des hommes savants, t. 3, p. 178, et Gerdes, Specimen Italie reformule, p. 341. AGS et L—B—E.
  • Emmanuel WEBER : historien allemand, petitfils de Jérémie Weber, habile théologien de Leipsick, naquit dans les environs de cette ville, à HohenHeyda, et, après avoir commencé ses études au collège du Prince à Grimma, se rendit au cheflieu de l'université, où il fut admis, en 1681, à prendre le degré de maitre ès arts. Il s'était jusqu'alors livré à la théologie, et avait songé à suivre la carrière ecclésiastique, mais il changea de détermination en même temps que de séjour, et alla à Iéna étudier la jurisprudence. 11 y était depuis quelque temps, lorsque le prince de SchwarzbourgSondershausen le prit chez lui pour être gouverneur de ses enfants, place à laquelle dans la suite Weber joignit celles de secrétaire et d'archiviste du prince . Treize ans plus tard, il accompagna le jeune comte de Gersdorlf dans ses voyages en Allemagne, et se trouva à Giessen à l'instant où un des professeurs renonçait à sa chaire. Ses talents reconnus, non moins que la protection des princes de Schwartzbourg, lui valurent d'abord la place vacante, puis celle de professeur extraordinaire de droit, et les titres de bibliothécaire de l'académie et de vicechancelier de l'université. En 1699, il fut nommé conseiller •par le prince de Schwartzbourg. Celui de Hesse lui accorda le même honneur en 1715. 11 mourut le 7 mai 1726. Historien, orateur et poète, autant qu'habile jurisconsulte, Weber a laissé un nombre considérable d'ouvrages estimés. Nous nous contenterons d'indiquer : 1° juris . lustinianei ariadntrum, qui a été longtemps classique dans l'université de Giessen et dans plusieurs écoles d'Allemagne ; on peut y joindre comme complément la Synopsis institutionum Justinianearum ; Pufendorjii Officia hominis et et sur Ferdinand II tSyl- loge rerum prffripuarum tempore Fer. V' Critique de l'a- théisme ; 50 Examen anis heraldicœ, lêna , 1713 fig., avec les éléments de l'art héraldique Griindliclte Begriffe der edlen Herolds- oder linp- imn- kunst); 6° Mémoires sur la vie et la mort de Gonthier le Belliqueux, comte de Schwartzbourg, Giessen, 1720 en allemand. On trouve une liste trèslongue des oeuvres d'Emmanuel Weber dans la Biographie allemande de Joecher et dans l'Histoire de la littérature en Hesse.— t'n autre Emmanuel WEBER , pasteur de Pomsen, près de Leipsick, dans le 17* siècle, composa dis vers poèmes assez estimés
  • Emmanuel Chabrier : compositeur français
  • Emmanuel CHAIN : journaliste
  • Emmanuel d'Astier de la Vigerie : homme politique et écrivain français
  • Emmanuel de Grouchy : maréchal de France
  • Emmanuel Kant : philosophe allemand
  • Emmanuel LAS CASES : historien
  • Emmanuel Mounier : philosophe et publiciste français, fondateur de la revue Esprit
  • Emmanuel PETIT : footballeur
  • Emmanuel Poiré : dit Caran d'Ache, dessinateur humoristique et illustrateur français
  • Emmanuel Roblès : dramaturge, romancier et essayiste français
  • Emmanuel Sieyès : homme politique français
  • Emmanuel Swedenborg : savant et théosophe suédois
  • Emmanuel Krivine ( 1947) : Emmanuel Krivine est un chef d'orchestre français né à Grenoble le 7 mai 1947 d'une mère polonaise et d'un père russe. Il est cousin de l'homme politique français Alain Krivine. Il débute par l'étude du violon au Conservatoire de Paris où il obtient son premier prix à seize ans. Il se perfectionne ensuite auprès d'Henryk Szeryng et de Yehudi Menuhin. Dès 1964, il commence à diriger mais, après une rencontre décisive avec le chef Karl Böhm à Salzbourg et un accident de voiture en 1981 où il perd partiellement l'usage de la main gauche, il abandonne définitivement l'archet pour la baguette. Dès lors, il engage une carrière internationale de chef d'orchestre qui le conduit notamment à l'Orchestre philharmonique de Radio France de 1976 à 1983 en tant que chef invité permanent, puis à l'Orchestre national de Lyon de 1987 à 2000. Emmanuel Krivine a été à plusieurs reprises directeur musical de l'Orchestre français des jeunes, de 1984 à 1985, de 1987 à 1991 et de 2001 à 2004. En 2004, Emmanuel Krivine s'associe à la démarche de plusieurs musiciens européens pour créer la Chambre Philharmonique, orchestre sur instruments d'époque qu'il dirige depuis lors. Depuis 2006, il est le directeur musical de l'Orchestre philharmonique du Luxembourg. Sources * Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale au XXe siecle, Robert Laffont, 1989.

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