Le prénom edouard Masculin

Origine :

Fête :

05 Janvier

Signification de edouard

Le prénom Edouard est apparu en France bien avant le XXe siècle. Très répandu depuis, sa tendance est toutefois en baisse. Il est aujourd’hui classé 220e parmi les prénoms les plus appréciés dans l’Hexagone. Il est particulièrement prisé en région parisienne. Edouard est un homme d’action. Il ne supporte pas se sentir inutile et se doit constamment d’être en activité pour s’épanouir. Singulièrement dévoué et généreux, Edouard est apprécié pour sa disponibilité pour ses proches. Eddy, Edward, Edouart, Ned, Neil, Edouardo sont des variantes que l’on connaît au prénom Edouard. Parmi les célébrités ainsi prénommées, on connaît les peintres français Edouard Manet et Edouard Pignon, le réalisateur et scénariste Edouard Molinaro, l’auteur dramatique et journaliste Edouard Bourdet et l’écrivain, poète et essayiste Edouard Glissant.

Personnalité de edouard

Ils se veulent nécessaires et se créent, s'il le faut, des responsabilités qui les rendent indispensables. Ils aiment agir pour le bien d'autrui. Calmes, patients, dévoués, ils possèdent une autorité naturelle et le sens du commandement. Peu émotifs, on dirait que rien ne les touche. Ils ont des principes qu'ils ne transgressent jamais.

Provenance du prénom edouard

Histoire de edouard

Etymologie de edouard

Les edouard célèbres

  • Édouard ALLEYN( 1566 - 1626) : le plus célèbre acteur du théàtre anglais, sous les règnes de la reine Élisabeth et du roi ,laeques 1", naquit à Londres le 1" septembre 1566. Son père avait une fortune aisée et pouvait lui donner une bonne éducation; mais le goût (lu jeune Alleyn rduignail de toute occupation sérieuse : une mémoire facile et sûre, une élocution douce et coulante, un génie flexible, une figure agréable, un maintien et une taille avantageuse, étaient de grandes dispositions pour le theatre. Il embrassa cette profession , et jouissait dès 159-2 de la réputation d'un acteur distingué. Modulant sa N oix et pliant ses gestes a toutes sortes de caractères, il avait l'art de dérober aux spectateurs les défauts des auteurs, d'exprimer les sentiments de ses personnages avec une vérité qui les faisait passer dans l'âme des spectateurs; enlin il poussa l'art dramatique à un &gré (le perfection inconnu jusqu'alors. Alleyn occupait les principaux rôles dans les pièces de Shakspeare et de Ben Johnson conune on n'était ias alors dans l'usage d'imprimer les noms des acteurs à o'dé des personnages qu'ils représentaient, on ne peut pas savoir au juste quels sont ceux que jouait Alleyn dans les pièces de ces deux grands poètes. Alleyn n'est pas moins connu en Angleterre par la fondation qu'il lit du collège ou hôpital de Dulwich, dans le comté de Surry, à deux lieues de Londres, que par son rare talent de comédien. Son père lui avait laissé une assez belle fortune ; il était propriétaire d'un théàtre, Où il attirait un trèsgrand concours; il était gardien de la ménagerie royale, ce qui lui procurait 500 livres sterling de revenu ; il eut trois femmes, mortes sans enfants, dont le douaire lui resta. Il se trouva alors assez riche pour faire construire cet établissement, dont InigoJones fut l'architecte, en 1617 : l'édifice seul lui coûta 10,000 livres sterling, et il y attacha des fonds du produit. de 8,00:1 livres de rente, pour l'entretien d'un supérieur, un gar- (lien, quatre maîtres, six hommes pauvres , autant de femmes, douze enfants de l'âge de quatre à six ans, qui y étaient élevés jusqu'à quatorze et seize ans. Il voulut en être le premier pauvre, et y passa le reste de sa vie, se soumettant exactement à toutes les règles de la maison, qu'il avait rédigées luimême ; il y mourut le 25 novembre 16'26. On prétend que, représentant un jour le diable, dans une tragédie, il crut le voir réellement devant lui ; que ce spectacle l'effraya, et lui fit faire le voeu d'ériger l'établissement en question, pour réparer tous les scandales qu'il pouvait avoir donnés dans sa profession. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il passa les dernières années de sa vie dans les exercices de piété. Son établissement subsiste encore , et il a même été augmenté
  • Édouard BARBOSA ou BARBESSA( 1480 - 1521) : naquit à Lisbonne, vers l'an 1480. Son zèle pour les progrès de la géographie lui fit franchir les mers. Il parcourut les Indes, visita les Moluques, et recueillit des renseignements précieux sur l'Asie méridionale, depuis la mer Rouge jusqu'au Japon. Ayant accompagné Magellan clans son voyage autour du monde, il fut assassiné dans File de Zébu, le 1" mai 1521. Barbosa acheva, en 1516, la relation de ses voyages en Asie. Elle parait n'avoir pas été imprimée en Portugal , où l'auteur était si peu connu , que noria y Souza ne l'a pas même cité dans sa notice des principaux auteurs portugais qui ont écrit sur l'Asie. Raniusio a publié une traduction de ce voyage, faite d'après un manuscrit trèsdéfectueux. On la trouve dans son recueil, t. 1", p
  • Édouard BERNARD( 1638) : astronome, philologue et critique anglais, né en 1638 à PerryStPaul, près de Towcester, dans le comté de Northampton, Commenta ses études dans l'école des MarchandsTailleurs à Londres, et passa ensuite à l'université d'Oxford, où il fit des progrès rapides, particulièrement dans les langues anciennes et orientales. Il apprit I ensuite les mathématiques sous le docteur Wallis, et se montra digne d'un tel maitre. 11 fit, en 1668, un voyage à Leyde pour y consulter quelques manuscrits orientaux, que Scaliger et \Varner y avaient possédés, particulièrement la version arabe des 5e, 6' et 7' livres des Sections coniques d'Apollonius de Perge, dont le texte grec se trouve perdu, et dont il s'était proposé de donner une traduction latine ; mais il abandonna ce projet. En 1673, l'évêque de Bath et Wells le choisit pour son chapelain, et il fut nommé, la même année, professeur d'astronomie à Oxford. Le comte d'Arlington l'envoya en France en 1676, en qualité de gouverneur des jeunes ducs de Grafton et Northumberland, lils naturels de Charles II et de la duchesse de Cleveland, qui étaient alors à Paris avec leur mère ; mais ses habitudes et la simplicité de ses manières se trouvant peu d'accord avec sa situation, il revint un an après à Oxford pour se livrer uniquement à ses études chéries. Il fit, en 1683, un nouveau voyage en Hollande, revint, en 1684, prendre à Oxford le degré de docteur en théologie, et fut nommé recteur de Brightwell, dans le comté de Berk. Il résigna, peu de temps après, sa place de professeur d'astronomie. 11 était depuis longtemps dégoté de cette étude, qui ne rendait, disaitil, la vie ni meilleure ni plus heureuse ; il ne cessa cependant point de résider dans l'université. 11 épousa , en 1695 , une trèsjeune femme, et lit avec elle, en 1696, un troisième voyage en Hollande. Il mourut peu de temps après son retour, le 22 janvier 1697, àgé de 59 ans. Voici le portrait que fait de lui le célèbre Huet, évêque d'A- vranche, dans son livre de Rebus ad se pertinenti- bus : u Eduardus Bernaidus, Anglus, quem pauci « bac &tate wquiparabant eruditionis lande, modes-« tia vero pene nulli. » Ses principales productions sont : 1° Traité sur les anciens poids et mesures, imprimé pour la première fois à la lin du commen- taire du docteur Pocock sur Osée, et ensuite avec beaucoup d'augmentations, en latin, Oxford, 1688 ; 2. Dévotions privées , etc., 1689 50 Orhis eruditi Liiteratura a characiere Samari- lie° deducta, Londres, 1689, tableau gravé, où l'on voit représentés les alphabets de différents peuples, ainsi que les abréviations usitées dans les sciences ; réimprimé en 1759, par les soins et avec des augmentations de Morton ; 4° Eiymologicum britanni- CM, imprimé à la suite de la Gramrnatica anglo- saxonica de Hickes, Oxford, 1689 ; Chro- nologice Samaritance Synopsis, publiée dans les Acta eruditorum Lipsiensia, '1691; 6° Inscriptiones graya3 Palmyrenorum, Leyde, 1699 avec des notes de Th. Smith ; 7° enfin quelques écrits sur l'astronomie, insérés dans les Transactions philoso- phiques de la société royale de Londres, des notes et commentaires sur divers ouvrages scientifiques. Il a laissé, en outre, les manuscrits de plusieurs ouvrages qui n'ont point été imprimés, et différentes collections qui ont été achetées après sa mort pour la bibliothèque bodléienne. Il avait formé le projet de donner des éditions de toits les anciens mathématiciens, et, après _avoir appelé à sou secours tous les savants qui pouvaient l'aider, il avait déjà réuni beaucoup de matériaux pour cet ouvrage. Il en publia, comme essai, quelques feuillets d'Euclide, avec une traduction latine et un commentaire; mais H renonça à son entreprise, lorsque Charles II l'envoya en France. La vie d'Edouard Bernard, écrite en latin par Th. Smith, a été imprimée à Oxford, 1704 — Un ecclésiastique anglais, du mème nom, a donné, dans le 17° siècle, un Abrégé de la Bible, et le Guide des jurés, concernant les sor- ciers
  • Édouard BETHAM( 1700 - 1723) : né au commencement du 18a siècle, fit ses premières études au séminaire d'Éton, dont on le regardait dans sa jeunesse comme l'ornement, entra dans les ordres et fut en 1728 ad- mis parmi les membres du collège du roi à Cambridge, dont plus tard il fut boursier doyen, etc. En 1771, les membres du collège d'Eton lui firent accepter une place parmi eux. De plus il était un des prédicateurs de Whitehall. 11 mourut en 1725. On n'a de ce respectable ecclésiastique aucun ouvrage. Mais la protection qu'il accorda sans cesse à tous les établissements utiles doit rendre sa mémoire chère aux Anglais. Malgré la modicité de sa fortune, qui ne se composait que de ses appointements, il donna en sa vie plus de 50,000 fr. pour l'amélioration du jardin botanique de Cambridge, voulant ainsi contribuer aux progrès de la science qui était son délassement favori. Il lit bâtir à ses frais une école pour l'instruction élémentaire de trente jeunes gar-çons et jeunes filles, et assigna un fonds de 52,000 fr. pour l'entretien d'un maitre et d'une maîtresse, le chauffage et les réparations. Enfin, peu de temps avant sa mort , voulant témoigner son admiration pour le royal fondateur du collége d'Eton, il lit marché avec l'habile artiste Bacon pour l'érection d'une statue de Henri VI. Son exécuteur testamentaire la paya effectivement 57,500 fr. , et la fit placer dans la chapelle du collège avec cette inscription Posuit Eduardus Betham, collegii hujusce socius. Le monarque est représenté tenant à la main un plan du collège d'Éton
  • Édouard BRANDANO ou BRANDAM : gentilhomme anglais, issu de l'illustre famille des Brandon, qui furent depuis ducs de Suffolk, était gouverneur de l'ile de 1\ ight, sous Édouard IV. C'était un vaillant chevalier; il se signala en plusieurs duels, surtout dans celui où il resta vainqueur d'un Allemand en présence du roi d'Angleterre. Il lit paraître le mème courage à l'armée en France, en Angleterre et en Flandre , sous le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. A l'entrevue de Louis XI et d'Édouard IV à Pecquigny, ces deux monarques ' firent l'honneur à Brandam de l'admettre à la table. Le duc de Bourgogne lui donna un hôtel à Bruges, où il se fixa longtemps avec Marguerite Boemond sa femme. Lorsque Alphonse V, roi de Portugal, se rendit en France et en Bourgogne pour solliciter des secours dans la vue de soutenir les droits de sa nièce dona Juana, fille du roi de Castille Henri IV, à la succession paternelle, il attira Brandam à son service, et n'eut qu'à se louer de son dévouement et de son habileté. Les récompenses ne se firent pas attendre. Branclam, naturalisé Portugais sous le nom de Brandano, reçut d'Alphonse la seigneurie de Nou- dar, qu'il échangea contre celle de Buarcos et Tava- redo dans le Beira. Il mourut à Lisbonne l'an 1508, dans un âge fort avancé , laissant une illustre postérité
  • Édouard BROWNE( 1642 - 1708) : fils du précédent, et médecin commue lui, naquit en1642.11 se distingua de bonne heure par sa facilité et ses progrès, principalement dans l'étude des langues anciennes. Après avoir reçu de son père les premiers éléments des sciences, il fut mis à l'école de Norwich, et de là à Cambridge. 11 prit, eu 1665, à Oxford, le degré de docteur en médecine. En 1668, il commença ses voyages, parcourut la Hollande, l'Allemagne, la Hongrie, la Bohème, etc., revint à Londres, et, l'année suivante, repartit pour une tournée encore plus considérable, dans laquelle il vit les cours de l'empereur Léopold à Vienne, du sultan Mahomet IV à Larisse, de Clément IX à Rome, et de Louis XIV à Versailles. A son retour, il fut reçu membre de la société royale et du collége des médecins, et se lia particulièrement avec le comte de Dorset, qui l'engagea à publier une partie de ses voyages. Cette relation; où l'on trouvait des particularités intéressantes sur des pays alors peu connus, ainsi que sur plusieurs objets d'antiquité et d'histoire naturelle, obtint un trèsgrand succès. En 1673, Browne retourna sur le continent pour faire de nouvelles observations d'histoire naturelle, particulièrement sur les eaux de Spa et d'AixlaChapelle. 11 fut ensuite nommé médecin du roi Charles II, qu'il soigna dans sa dernière maladie, et, en 1682, médecin de l'hôpital de StBarthélemy. Il se livra aussi à la chimie, et il est cité honorablement par Boyle. La mort de Charles Il et ensuite la révolution l'éloignèrent entièrement de la cour. 11 fut nommé, en 1705, pr_ésident du collége royal, et mourut le 27 août 1708. Les voyages de Browne, en augmentant ses connaissances, avaient donné en même temps à ses manières une sorte de politesse, dont le savoir n'est pas toujours accompagné. Charles disait « qu'il était aussi « savant qu'aucun des membres du collège royal, et « d'aussi bon ton qu'aucun des hommes de la « cour. » Ses ouvrages sont la collection de ses voyages, réunis, et publiés en anglais, à Londres, en 1673 réimprimés avec des augmentations en 1685 ; ils ont été traduits en français, Paris, 1674 On y trouve beaucoup d'observations sur la physique et l'histoire naturelle; mais son objet principal était la minéralogie. 11 a eu le mérite de faire le premier connaître, sous ce rapport, les diverses contrées qu'il avait parcourues. Il avait fait, en 1677, un nouveau voyage en Allemagne, dont il a donné' la relation dans la •seconde édition de ses voyages. Il traduisit du grec de Plutarque la Vie de Thémistocle et celle de Sertorius, qui ont paru dans l'édition de Dryden
  • Édouard BRUCE : frère de Robert I", roi d'Écosse, avait partagé constamment la gloire et les succès de son frère. Après la victoire de Bannockburn, ou il s'était signalé plus que jamais, il voulut aussi partager le pouvoir du vainqueur et être associé à la souveraineté. Il ne lui suffisait pas que Robert l'eût fait déclarer son héritier, s'il mourait sans enfants mâles, lui donnant ainsi la préférence sur ses propres tilles : Édouard voulait une royauté certaine et immédiate. De son côté, Robert repoussait le partage de l'autorité souveraine. Une contestation terrible était à craindre entre des frères si valeureux, et dans un royaume encore si peu affermi, lorsqu'un événement imprévu vint tout concilier. La renommée des victoires remportées sur les Anglais par le roi d'Écosse retentit dans toute l'Irlande. Les tribus natives de cette dernière contrée supportaient plus impatiemment chaque jour les usurpations des colons et les cruautés des gouverneurs anglais. 'Trop divisées d'ailleurs entre elles pour qu'un de leurs chefs pût compter sur la subordination de tous les autres, ces tribus envoyèrent une ambassade à Robert Bruce ; elles lui représentèrent que les Scots d'Albanie, ayant eu pour pères ceux d'Hibernie, ne pouvaient rester indifférents au malheur de leurs frères; qu'enorgueillis de la gloire de Robert Bruce, elles le suppliaient ou de régner sur l'Irlande en même temps que sur l'Écosse, ou de leur envoyer un prince de son sang qui devint leur sauveur et leur monarque. Robert se sentit soulagé de pouvoir proposer cette couronne à son frère Édouard, qui, après avoir échoué par trop de précipitation dans une première tentative, revint en Écosse équiper une flotte de trois cents bâtiments, alla descendre près de CarrickFergus, dans le nord de l'Irlande, avec une armée de 6,000 Écossais, fut joint par une armée de natifs, et proclamé monarque en mai 1315. Tous ses premiers combats furent autant de victoires, et bientôt, de proche en proche, nonseulement les O' Neil et les O' Donne', mais les O' Corniot., les 0' MulLally, les MacCarthy, les O' Brion, etc., se rangèrent sous ses drapeaux et reconnurent sa suzeraineté, en même temps qu'il reconnut leurs dynasties. Il fut solennellement couronné à Dundalk, comme souverain de toute l'Île. Pendant trois ans, il eut le siége de son gouvernement établi en Ultonie, et il put parcourir toute l'Irlande en vainqueur, excepté Dublin, où siégeait le gouvernement anglais, et d'où partaient de temps à autre des corps de troupes pour inquiéter les Écossais. Une disette affligea l'Irlande : les Anglais travaillèrent à en augmenter l'horreur pour lems ennemis, tandis que par mer ils étaient facilement approvisionnés. Robert Bruce, qui était venu d'Écosse au secours de son frère, fut obligé par la faim d'y retourner promptement, laissant seulement quelques renforts d'hommes à l'armée d'Édouard. Celui ci sortit de l'Ultonie comme un lion affamé, et, dévastant tout sur son passage, s'avança jusqu'aux portes de Dublin. Les Anglais, saisis de terreur, briilèvent euxmémes leurs faubourgs. Édouard, manquant de ce qui était nécessaire pour les assiéger, se jeta sur les possessions qu'ils avaient encore dans le midi, laissa partout des traces d'une vengeance aveugle, augmenta par ses ravages cette famille mémo qui le réduisait au désespoir; et, sur la nouvelle d'un armement anglais débarqué à Younglial, se retira dans son Ultonie, où, avec une constance sauvage, il endura des maux effroyables. La famine qui consumait son avinée en vint à cet excès, que ses soldats se nourrissaient de la chair de ceux qui en étaient morts. Quand le fléau cessa, toutes les troupes d'Édouard se réduisaient à 3,000 hommes ; mais les Anglais n'en avaient que 1,500 à leur op-?oser, après un échec terrible qu'ils venaient d'essuyer dans le Thomond. Le prince écossais voulut enlin décider la querelle. La prudence lui conseillait d'attendre le roi d'Écosse, qui venait de lui annoncer sa prochaine arrivée avec un secours considérable ; mais la valeur romanesque d'Édouard et son orgueil jaloux craignaient également de devoir la victoire à une trop grande supériorité de forces, ou d'en partager la gloire avec un autre chef. Il liàta sa marche pour prévenir l'arrivée de son frère, rencontra les Anglais près de Dundalk et leur livra bataille. Le chevalier Jean Birmingham, qui les commandait, était aussi bon capitaine que brave soldat La victoire se balançait, lorsqu'un chevalier anglais, nominé Maupas, d'une bravoure aussi aventureuse que celle d'Édouard Bruce, l'aperçut dans la inélée et s'ouvrit un passage jusqu'à lui. Après des efforts surnaturels, on vit les deux champions succomber tous les deux à la fuis. L'armée anglaise ne perdait qu'un soldat, celle des Écossais perdait son général et son roi : ils prirent la fuite en poussant des cris de désespoir, et l'on en massacra plus des deux tiers. On trouva sur le champ de bataille les corps de Bruce et de Maupas déchirés l'un sur l'autre. Selon Walsingham et Baker, Bruce respirait encore, et fut porté dans la tente de Birmingham. Pour l'honneur de l'humanité, nous aimons mieux ne pas croire cette version ; car il est certain que le général anglais coupa la tète de ce malheureux prince, et l'envoyia au roi d'Angleterre, qui l'en récompensa en le créant comte de Louth
  • Édouard BREREWOOD( 1565 - 1613) : savant mathématicien et antiquaire anglais, né à Chester en 1565, et élevé principalement à l'université d'Oxford, devint, en 1596, premier professeur d'astronomie du collége de Gresham, à Londres, où il mourut le 4 novembre 1615, généralement regretté. C'était un homme modeste, studieux, et vivant trèsretiré. Il avait beau- • coup écrit, mais n'avait voulu faire imprimer aucun de ses ouvrages. Ceux qui furent publiés après sa mort sont : 1. de Ponderibus et Pretiis veterunt nummorum, corumque cum recentioribus collations, 1614 ; réimprimé dans le 8° vol. des Critici sciai, et en tète du 1" vol. de la Bible polyglotte. 2° Recherches sur la diversité des langues et des religions dans les principales parties du monde , Londres, 1614 publié, ainsi que le précédent, par Robert Brerewood, neveu de l'auteur, qui y a ajouté une longue préface. Cet ouvrage, savant, curieux, estimé, souvent réimprimé, a été traduit en français par Jean de la Montagne, Paris, 1640 et 1662 il a été traduit en latin, sous le titre de Scrutinium religionum et linguarum, 1650 , 1679 Le traducteur latin a retranché dix chapitres et les deux savantes préfaces de l'éditeur. 5° Elementa logicce in gratiam studiosce juventilas in academia Oxon., Londres, 1614 et Oxford, 1628 4° Tractatus quidam logici de prcedicabilibus et prcedicamentis, 1628 5° Traité du Sabbat , Oxford, 1650 6° Un autre Traité du Sabbat , Oxford, 1652 7° Tractatus duo, quorum primus est de meteoris, secundus de oculo, 1651. 8° Commen taria in Ethicam Aristotelis, Oxford, 1640 9° Le Gouvernement patriarcal de l'ancienne Église , Oxford, 1641
  • Édouard BURROUGH( 1634 - 1662) : l'un des premiers propagateurs de la secte des quakers, était né à Kendal, dans le Westmoreland. En 1654, il abandonna d'abord l'Église anglicane pour le presbytérianisme, et entreprit ensuite de réfuter les erreurs de George Fox, l'un des fondateurs de la secte des amis, dont il fut un des plus chauds prosélytes. Son zèle pour répandre ces nouvelles opinions le lit mettre en prison en 1654. A peine eutil été relâché qu'il se rendit en Irlande et ensuite à Londres, pour opérer des conversions. C'est dans ce but qu'il écrivit un livre intitulé la Trompette du Seigneur retentissant sur la montagne de Sion, pour annoncer la querelle du dieu des armées. Cromwell est trèsmaltraité dans cet ouvrage, et Burrough lui adressa des lettres encore plus virulentes, en l'accusant d'oppression et de persécution; mais Cromwell s'abstint cependant de l'opprimer et de le persécuter. Il n'en fut pas de nième lorsque Charles II fut sur le trône. Burrough, qui continua ses indiscrètes prédications, fut arrèté et condamné à une amende de 150 livres sterling, que, par principe de religion, il ne voulut pas payer. Enfermé à Newgate avec cent cinquante individus de la iné'me secte, il y mourut en 1662, dans la 28° année de son âge. 11 a écrit plusieurs ouvrages, qui furent réunis et imprimés en 1672, en un seul vo- lume fol
  • Édouard CALDERA : jurisconsulte portugais, existait encore en 1610, était disciple de Covarruvias et (l'Emmanuel Costa. On a de lui de Erroribus Pragmaticorum libri 4, totidem variarum lectionum, et d'autres ouvrages dont le catalogue se trouve dans le Conspectus non i Thesauri juris civilis et ca- nonici de Gérard Meerman
  • Édouard CAPELL( 1713 - 1781) : savant critique anglais, né en 1715, à Troston, dans le comté de Suffolk. On a fort peu de détails sur sa vie, absorbée par une étude infatigable des ouvrages de Shakspeare. 11 entreprit le premier de donner une édition fidèle de ce poète. Cette édition, qu'il publia en 10 vol. est précédée d'une introduction écrite dans le vieux langage anglais, et qui est regardée comme un morceau trèscurieux. 11 promettait de faire im- primer par la suite quelques autres volumes pour servir de commentaires aux oeuvres du tragique anglais; mais comme il s'écoula beaucoup de temps avant l'accomplissement de cette promesse , plusieurs écrivains le prévinrent, en donnant des éditions de Shakspeare avec des commentaires .qui rendaient les siens moins intéressants. Ils parurent cependant après sa mort en 1785, en 5 gros volumes sous le titre de Notes et Variantes de Shaks- peare, suivies de l'École de Shakspeare, ou extraits de divers livres anglais qui existaient imprimés de son temps, par lesquels on voit d'où il avait tiré ses fables, etc. Cet ouvrage était le fruit de près de quarante ans de recherches et de travail. Capell est aussi l'éditeur d'un volume de poésies anciennes appelées Probrsions. 11 mourut en 1781
  • Édouard CAVE( 1691 - 1754) : journaliste anglais, né en -1%91 à Newton, dans le comté de Warwick, était fils d'un cordonnier. Après avoir fait quelques études à Rugby, il fut commis, et travailla ensuite chez un imprimeur, qui lui donna la direction d'un journal hebdomadaire, où il commença à se faire connaitre. Le succès de divers écrits de pets d'étendue lui ayant . procuré quelques ressources pécuniaires, il en acheta une imprimerie, et forma le projet (l'un ouvrage périodique, intitulé le Gentleman's Magazine, qui eut le plus grand succès, et fut la source de sa fortune. Ce succès excita l'émulation des libraires, et l'on vit, en peu d'années, naître et mourir une foule d'ouvrages publiés sous le titre de Magasins, parmi lesquels le London Magazine parvint cependant à se soutenir avec quelque réputation. Cave mourut en 1754, après la publication du 23° recueil annuel de son journal. Le docteur Johnson a donné une notice sur sa vie
  • Édouard CHAMBERLAYNE( 1616 - 1703) : né en 1616, d'une famille ancienne, à Odington, dans le comté de Glocester, fit ses études à Oxford. Pendant les troubles de la guerre civile, il parcourut diverses parties de l'Europe; la restauration l'ayant rappelé en Angleterre, il accompagna, en qualité de secrétaire, le comte de Carlisle, chargé de porter au roi de Suède l'ordre de la Jarretière. Il fut nommé, vers 1677, gouverneur de Henri, duc de Grafton, fils naturel de Charles II, et fut choisi ensuite pour enseigner la langue anglaise au prince George de Danemark. Il mourut à Chelsea, en 1705. Outre quelques traductions de langues modernes, on cite de lui six ouvrages originaux, dont le plus connu est intitulé : . Anglice Nolitia, ou État actuel de l'Angleterre, avec diverses réflexions sur l'étal ancien de cc royaume, en 2 parties, 1668 et 1671, etc. Cet ouvrage a été trèssouvent réimprimé , et presque toujours avec des additions ; la 56e édition est de 1747 : Thomas Wood l'a traduit en latin. Il a été traduit en français par un anonyme, Amsterdam , 1669, petit et par de Neuville, la Ilaye,4692, 1698, 2 vol. et avec des augmentations par Scheurleer, ibid., 1728, 3 vol. On grava sur le tombeau d'Édouard Chamberlayne une épitaphe trèssingulière qui se termine ainsi : Benefaciendi universis etiam et posteris adeo studiosus fuit, ut secum condi jusserat héros aliquot suas ccra obvolutos, seras forsan postcritali aliquando prof ouros. Agi, viator, fac similc. Xs.
  • Édouard COCKER( 1631) : habile maitre de calcul et d'écriture, dont le nom est presque proverbial dans les écoles élémentaires d'Angleterre , naquit probablement à Londres, vers 1651. Il se plaça bientôt au premier rang parmi ceux qui ont fait faire des progrès à l'art de la calligraphie et à l'arithmétique , et n'a pas publié sur ces matières moins de quatorze exemplaires d'exemples qu'il a gravés de sa propre main. Quelquesunes de ces pièces de calligraphie, faites sur des planches d'argent , sont d'une netteté et d'un fini extrêmement remarquable. Son Arithmétique vulgaire et son Arith- métique décimale, qu'il a laissées en manuscrit , ont été publiées après sa mort, la dernière en 1695. La première, qui jouit surtout d'une trèsgrande popularité, a été souvent imprimée, d'abord en 1677, et pour la quatorzième fois en 1723. Ila aussi composé un petit dictionnaire , et un recueil de sentences à l'usage de ceux qui apprennent à écrire et qui porte le nom de Morale de Cocker. Il mourut en 1677. Ou trouve des détails sur Cocker dans l'Origine et les Progrès des lettres, publication prolixe, mais assez curieuse de Massez
  • Édouard COLSTON( 1636 - 1721) : négociant anglais, recommandable par sa bienfaisance, naquit le 2 novembre 1636, à Bristol. Son père faisait avec l'Espagne le commerce d'huile et des fruits. Colston le continua, et résida quelque temps dans ce pays avec deux de ses frères qui y turent assassinés. La bienfaisance, dont Colston donna tant de preuves, et qui parait avoir été une vertu commune à toute sa famille, a donné lieu à uu conte, généralement répandu, et trèspropre à flatter les préjugés nationaux et religieux des Anglais. On prétendit que les trois frères, disputant en Espagne avec les catholiques sur leurs religions respectives , avaient entendu reprocher à la religion réformée de ne s'etre jamais distinguée par de grands exemples (le bienfaisance ; sur quoi ils répondirent que, s'il plaisait à Dieu de les ramener sains et saufs en Angleterre, ils laveraient leur religion de ce reproche. Deux des trois frères furent assassinés par des bandits peu de temps après; Edouard, qui eut peine à échapper au même sort, revint en Angleterre avec une fortune considérable, qu'il augmenta par le commerce, et dont il consacra la plus grande partie à des oeuvres de bienfaisance, telles que de fonder des écoles, doter ou enrichir des hôpitaux, améliorer le sort du clergé pauvre, etc. La somme de ses charités publiques se monte à 17,000 liv. steel. une fois payées , et prés de 2,000 liv. steel. de revenu en fondations toujours subsistantes. 11 dépensait presqu'autant en charités particulières; il ne donnait jamais aux mendiants, mais s'informait avec soin des nécessités cachées. Il Portait dans ses altairesun ordre scrupuleux, il ne lit jamais assurer aucun de ses bâtiments, et n'en perdit jamais aucun. Il mourut le 11 octobre 1721, âgé de près de 85 ans, laissant, entre autres legs charitables, 85 guinées pour être partagées entrequatrevingtcinq pauvres vieillards, autant qu'il avait vécu d'années. C'était un homme d'un caractère doux, égal, circonspect, et de moeurs exemplaires
  • Édouard CORSINI( 1702) : un des Italiens du 18e siècle les plus savants dans la littérature grecque et les antiquités, naquit en 1102 à Fanano, dans le duché de Modène. Il entra de bonne heure dans l'institut des clercs réguliers des Écoles pies à Florence, où il fit ses études avec distinction. Comme la littérature agréable lui plaisait plus que tout le reste, ce ne fut pas sans chagrin qu'il se vit chargé d'enseigner la philosophie aux jeunes gens de son institut. Cependant il remplit cet emploi avec zèle et succès. 11 était encore, à la vérité, loin des découvertes que depuis lors on a faites en physique; mais il avait déjà commencé à se débarrasser des entraves péripatéticiennes. Le grandduc de Toscane, Jean Gaston, le nomma, en 1735, professeur de logique à l'université de Pise. Ce fut là qu'il se livra a\ ec ardeur aux études d'érudition, tournant principalement ses regards vers la Grèce. Son premier essai en ce genre fut son grand ouvrage des Fasti Attici, où l'histoire et la chronologie des Grecs se trouvèrent si admirablement exposées, qu'il fit oublier ce qui avait paru jusqu'alors sur ce sujet. 11 ne retira pas moins de gloire de plusieurs autres ouvrages d'érudition grecque qu'il publia vers le même temps. 11 fut dès lors regardé comme l'un des meilleurs antiquaires de l'Italie. Quoique, sur ces entrefaites, on l'eût élevé à la chaire de métaphysique et de philosophie morale dans la même université, avec des honoraires plus considérables que ceux de son prédécesseur, entraîné par son goût pour l'antiquité, il alla en 1751 voir à Vérone le célèbre marquis Mafféi, qui avait recueilli une immensité de monuments anciens, et qui lui donna trois cents inscriptions grecques pour qu'il les mit en latin et les expliquât par un commentaire, pour faire suite aux Antiquités asiatiques, de Chishull. Ce fut ce qui donna lieu à son ouvrage intitulé : Inscriptiones Atticce, espèce de prodromus dans lequel il explique treize inscriptions; les autres n'ont pas été publiées. A la mort , au sujet de quelques propositions relatives au probabilisme; 2° Elementi di matematica , etc., Florence , 1735 ; Venise, 1738 et 1765; 3° Fasti Attici, Florence, 1744-61, 4 vol. ouvrage capital et pour lequel, suivant l'expression de SainteCroix, « Cor« sini a mérité la reconnaissance de la postérité. » -4° Dissertationes IV Agonistice, Florence, 1747 là se trouve clairement exposé tout ce qui a l'apport aux anciens jeux olympiques, pythiques, uéméens et isthmiques des Grecs, comme à l'histoire et à la chronologie de ces peuples; c'était, de tous ses ouvrages, celui que Corsini affection' Liait le plus ; 5° Note Grecorum, sive vocum et nunerorum compendia, quœ in cereis, atque marmoreis Grecorum tabulis observantur, etc., Flop" ronce, 1749, deux parties ; 6° Plutarchi de placitis philosophorum libri 5, latine redditi, etc., IFlorence, 1750 Cette édition, qui offre peu de secours pour la correction du texte, mais qui est utile pour l'interprétation, est accompagnée d'une vie de Plutarque et de deux dissertations ; l'une sur les passages obscurs de ce traité; l'autre Ir, pour prouver que la plupart des opinions qu'on attribue aux philosophes modernes , ont été connues des anciens : de ce nombre Corsini met l'attraction. 7° Dissertationes 5, quibus antiqua qucedam insignia monumenta illustrantur : elles se, trouvent dans les tomes 6 et 7 des Symbole litterarice de Gori; 8° Inscriptions Atticce, Florence, 1751 9° De Minnisari, aliorumque Armenice reguin nummis et Arsacidarum epocha dissertatio, Livourne, 1754 cette dissertation fit naltxe quelques difficultés fortement objectées par le P. Erasme Froelich, jésuite, dont les bonnes raisons n'empêchèrent pas Corsini de répondre par l'ouvrage suivant : 10° Dissertatio in qua dubia ad- versus Minnisari regis nummum, et novam Arsacidarum Epocham, à cl. Er. Froelichio. S. J. proposita, diluuntur, Rome 1757 ; IP Vita La médaille qui avait causé tant de disputes fut acquise par l'abbé Barthèlemi, qui la plaça dans le cabinet du roi, et y lut le véritable nom du prince oriental Adiyinigaus. M. Visconti vient de démontrer que ce prince régnait sur la Characène, région de la Mésopotamie, vers l'au 21 de JC. S. Josephi Calasanctii carminibus expressa, Rome, 1758; Epistolce Ires quibus Sulpicie Dryanille , Aureliani , et Vaballathi augustorun? explicantur, Livourne, 1761 13° Se prefeetorum urbis ab tirbe conclita ad - Innum usque MCCCLIII, sive a Christo nato DC, Pise, 1763 : quelques exemplaires portent la date de 1766. Après la mort de l'auteur, cet ouvrage essuya diverses critiques auxquelles il paraît lu'on répondit victorieusement. 14° Epistolce Sica Gotarzis, Parthie regis, flUMmus hactenus ineditus explicatur, et plura parthicw historiai capita illustrantur, Rome, 1757 insérée au t. 7 des Dissertations de l'académie, de Cortona. Le style de ce savant antiquaire est diffus, et ses opinions sont quelquefois hasardées. du P. Charles Antonioli, élève et successeur de Corsini
  • Édouard DAVIS : flibustier anglais, prit, après la mort du capitaine Jean Cook, le commandeMent du vaisseau sur lequel étaient embarqués Cowley, Dampier et Wafer. Les deux premiers l'ayant successivemcnt quitté, pour aller aux Indes avec d'autres capitaines, Davis sortit du port de Rialeja le 27 août 1685, et, après divers incidents, arriva aux Galapagos, d'où il alla croiser en 1686 le long des côtes du Pérou et du Chili jusqu'au 38° sud. 11 prit et pilla plusieurs villes, et revint aux Galapagos. 11 en repartit en 1687, et cinglait vers le sud, lorsque, parvenu à la hauteur du 21° 20' de latitude sud, il eut connaissance d'une petite île de sable ; et, en s'approchant, découvrit, à l'ouest, une suite de terres hautes qui se prolongeaient sur une étendue de 15 à 16- lieues. Les séparations qui interrompaient cette ligne firent présumer que c'étaient des îles. La petite île de sable est située à 500 lieues de Copiapo, ville sur la côte du Chili, et à 600 lieues des Galapagos. Da\ is alla ensuite à Juan Fernandez, doubla le cap Horn, aborda au nord du Rio de la Plata, et apprit en croisant dans la mer des Ca- raïbes, quo Jacques II avait accordé le pardon aux flibustiers. 11 arriva en mai 1688 à Philadelphie, et retourna en Angleterre, où il vécut longtemps pai- sible. 11 n'existe point de relation de son voyage; mais Wafer, qui était chirurgien sur le vaisseau de ce flibustier, en a donné un extrait à la suite de sa description de l'isthme de Darien. Dampier, auquel Davis communiqua, depuis leur retour en Angleterre, la découverte qu'il avait faite, dit que c'est probablement la côte de la terra australis incognita. La position de la terre de Davis a occasionné de grandes discussions parmi les navigateurs et les géographes. Roggewein, qui la chercha inutilement, nia formellement son existence, et accusa Davis, Wafer et Dampier d'avoir inventé à plaisir ce qu'ils en avaient écrit. Cook et la Pérouse ne l'ont pas trouvée ; Pingré, après avoir noté une contradiction évidente entre les routes suivies par Davis et la distance de Copiapo à laquelle il place cette terre et la petite He, soupçonne que ce sont les îles de StFélix et de StAmbroise. Cook et Dalrymple ont prétendu que la terre de Davis n'est que Pile de Pâques. Fleurieu démontre que cette assertion est inexact, et ajoute que Davis a mal vu, et que ce qu'il a vu ou cru voir n'existe pas dans la posi- lion qu'il avait indiquée. Aujourd'hui l'on ne place plus la taire de Davis sur les cartes. — DAVIS , fameux pirate anglais, se distingua dans la mer des Antilles, puis alla croiser aux îles du cap Vert. Ses succès lui ayant inspiré plus de bar- diesse, il voulut escalader le fort bâti à l'embon- chure de la Gambie. S'étant réuni à d'autres pira- tes, ils emportèrent le fort de SerreLione. Bientôt ils se séparèrent, parce que Davis s'aperçut que l'on avait fomenté dans son équipage mie conspi- ration pour lui ôter le commandement. Il alla en-. suite à Pile du Prince, où il fut tué par les Portu- gais en 1719
  • Édouard DAVIS( 1640) : peintre et graveur au burin, né dans le pays de Galles, vers 1640, montra dès son enfance beaucoup d'inclination pour les arts du dessin. 11 apprit pendant quelque temps la gravure dans l'école de Loggan ; mais les mauvais traitements que lui faisait éprouver la femme de son maitre l'obligèrent à le quitter. Contraint par la nécessité d'endosser la livrée, il suivit son maitre en Fiance, oit il eut l'occasion de prendre quelque notion de la peinture. A son retour en Angleterre, il trouva une ressource dans ses talents, prit le burin ou le pinceau, selon la nécessité des circonstances et le goût des personnes qui l'employèrent. Mais ses gravures sont aujourd'hui plus connues que ses tableaux. On y trouve une suite de portraits historiques. Davis semble avoir pris à tâche de faire la contrepartie de Cooper . H mit à représenter tous les membres de la famille de l'infortuné Charles I", autant de soin que Cooper en avait mis à peindre les partisans de Cromwell.; mais dans la suite, obéissant aux ca- prices de la fortune, Davis effaça la tète du portrait qu'il avait fait de Charles 11, pour ajuster à sa place la tête de Guillaume Ill, lorsque ce prince monta sur le trône d'Angleterre. Davis a gravé d'a- près van Dyck un Eccehomo qui est fort rare
  • Édouard DUNOD DE CHARNAGE( 1783) : publiciste, de la nième famille que le précédent. Né en 1751, à Besantsm, il y termina son cours de droit à singt ans, et, prévenant l'appel de la conscription, entra dans la gendarmerie d'honnenr. 11 fit la campagne de Prusse, et quitta le service pour embrasser la carrière administrative. Auditeur au oonseil d'État, il fut fait, en MI, intendant de la haute Carinthie, et se concilia, par sil douceur et sa franchis(, l'estime des habitants, qui regrettaient le gouvernement de l'Autriche. Lorsque des revers imprévus forcèrent la France d'abandonner ses conquètes, Dunod, qui n'axait h sa disposition qu'un seul régiment, sortit de Villach sans disputer l'entrée de cette ' Ille aux Autrichiens ; 'nais, profitant de la sécurité qu'il leur avait inspirée, il y rentra la nuit suivante, s'empara de tous leurs postes, détruisit leurs magasins, et opéra sa retraite emmenant 300 prisonniers. Le sireroi d'Italie , qui s'avançait au secours des pros inces illyriennes, voulut retenir nuisis] à son quartier ginétsli, Mais il désirait rentrer en France, et ses motifs mitent appréciés ; il rejoignit l'armée française dans les plaines de Champagne. Sa conduite 111 Illyrie fut récompensée par l'ordre de la Réunion; et il fut attaché à l'étatmajor général avec le titre d'aide de camp ci' il. Chargé de porter des ordres pressants au Maréchal Ney, qui se trouvait alors à Troyes, il rie put s'acquitter de cone mission lon'e? iras osant les corps ennemis, et courut les plus grands dangers. Après avoir remis ses dépé elles au maréchal, Dunod, esténtié de fatigue, se jeta sur un lit : t gon réseil il était prisonnier des Russes ; mais il s'échappa de lems mains et rejoiignit l'étatmajor général. Au retour de l'empereur. 'le file d'Elbe, Doms(' fut nommé peéfet de la Lozère. Une armée royale s'organisait dans te. département ; il pars int à déterminer sa retraita en répandant le bruit (le la prochaine arrivée d'uns disision de l'armée impériale ; il préserva plusieui chAteaux du pillage, et protégea quelques royalistes contre la réaction. La perte de la bataille de Waterloo aant fait cesser son autorité, le préfet, expulsé de son hôtel par une populace Thrieusa se réfugia dans le clocher (le la cathédrale de Metlifr, oit il soutint un séritable siége qui semblait ne pouvoir se terminer que par une catastrophe sanglante. Il échappa pourtant et s'établit à Paries Ayant renoncé à rentrer dans l'adtninistration, il résolut de se consacrer à la culture des Wire,: Déjà connu par quelques opuscules, il était occupé de recueillir des matériaux pour un grand ouvrage, lorsqu'il fut enlevé par une mort Pré ma- 'tirée le 1" as d , à Vibre de 43 ans, Il Il publié sous le rode de l'anon? me : I' Situation de la Fronrr arec les miutleruitis de l'h: u- n?, Paris, 1515 •. I» la munarrhie en France, ibid., 11422 , 3° / férue politique de l'Europo, i? id., 1523 Ce dernier crue orge eut quatre éditions dans l'espace de quelques mois
  • Edouard EHRENSTEEN( 1620) : secrétaire d'État et chancelier de la cour en Suède. 11 naquit en 1620, à Locknevi en Ostrogothie, où son père Philippe Bononius était pasteur. Après avoir terminé ses études à Upsal, il quitta la Suède en 1648 pour visiter une partie de l'Europe avec les deux jeunes barons lievenhüller, dont il avait fait l'éducation. A son retour à Stockholm au mois de novembre 1653, il Obtint une place dans la chancellerie, et fut nommé l'année suivante secrétaire du roi CharlesGustave , et il accompagna ce prince dans ses expéditions militaires. Lorsqu'il eut obtenu des lettres de noblesse, il prit le nom d'Ehrensteen. Après la mort de CharlesGustave , il eut part aux négociations qui amenèrent la paix d'Oliva, en 1660) et quelque temps après il fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire en Angleterre et en Hollande. Outre les places de secrétaire d'État et de chancelier, il remplit pendant quelque temps celle de président de la cour supérieure de Wismar, qui était alors le premier tribunal des possessions de la Suède en Allemagne. 11 mourut à Stockholm le 3(i juin 1686, Remarquable comme homme d'État, il l'est également comme écrivain. On a de lui : Disput. de forma. substantiali, Upsal , 1642 ; Oratio in natales Christince ruine, Stockholm, 1648 ; in dieni coronatiofis Utrecht, 1650; Epistola responsoria ad Polonicum lpgatum Christoph. Ptzimicki de orat. ad regem Sueciœ habita, Stettin, 1655 ; Declaratio qua Ordinuin generalium injuria, residenti Apelboni illatcr, vindicatur, Amsterdam, 1657
  • Édouard FAIRFAX : poète anglais, fils de sir Thomas Fairfax de Denton, dans le comté d'York, vivait à la fin du 16e siècle et au commencement du 17e. Tandis que ses frères signalaient leur valeur dans les combats, sa modestie et son goût pour l'étude et pour la vie paisible le retinrent dans son pays natal, où il s'occupa de la composition de divers ouvrages en prose et en vers. Ce- lui qui fonda sa réputation est le Godefroy de Bouillon , traduction de la Jérusalem délivrée. Cette traduction , où l'auteur s'est attaché à rendre l'original vers pour vers , obtint un grand succès dans le temps , et a été longtemps fort estimée, malgré la coupe en octaves , contraire au génie et aux habitudes de la poésie anglaise. Le roi Jacques mettait cette traduction audessus de tous les autres ouvrages de poésie anglaise ; et Charles Icr, dans sa prison , y trouvait une distraction au sentiment de ses malheurs. La première édition du Godefroy parut en 1600. Les autres ouvrages de Fairfax que l'on cite sont des Eglogues ingénieuses, dont une seule a été imprimée ; une Histoire d'Edouard , surnommé le Prince noir; un livre intitulé : la Démonologie, où il parle de la sorcellerie , telle qu'elle était en usage dans sa famille ; des Lettres à Jean Dorrell , prêtre catholique, enfermé dans le chateau d'York , touchant la suprématie et l'infaillibilité du pape , l'idolâtrie , etc. Bien de tout cela n'a été imprimé. Il montre dans ses ouvrages de théologie un esprit de paix et de modération , et dans ceux de poésie un respect pour la morale, qui firent dire , à l'occasion de ses églogues : Pagina non minus est quam tibi vita proba. Waller le reconnaissait pour son maitre dans l'art des vers ; et Dryden, en le comparant à Spencer, qui parait lui avoir servi de modèle, donne la préférence à Fairfax sous le rapport ( le l'harmonie. 11 mourut, à ce que l'on croit , vers 1652. Ce qui pourrait cependant faire douter de l'exactitude de cette date, c'est que la seconde édition de son Godefroy de Bouillon , qui parut en 1624, n'a pas été faite par lui. L'aîné de ses fils , Guillaume Fairfax , a traduit du grec en anglais les Vies des anciens philosophes
  • Édouard FARNÈSE : cinquième duc de Parme et de Plaisance, second fils de Ranuce Fr, auquel il succéda en 1G22, avait un esprit satirique et mordant, beaucoup d'éloquence , mais plus de présomption encore; il voulait tout faire par luiméme , et il demandait à ses ministres de la soumission non des conseils. On l'empêcha cependant de prendre part à la guerre pour la succession de Mantoue; mais impatient de se signaler par les armes, pour lesquelles il croyait ètre fait, il s'allia en 1635 aux Français contre les Espagnols, et il fit avec peu de succès sur Valenza et sur Crémone' des entreprises qui attirèrent les représailles des ennemis dans l'État de Parme, et qui l'épuisèrent d'hommes et d'argent. Les Espagnols, de leur côté, n'avaient plus ni énergie ni persévérance , et ils lui accordèrent la paix en 1657, dès que Farnèse consentit à la demander. Pour ces entreprises guerrières, Farnèse avait emprunté à Rome de grandes sommes d'argent, qu'il avait hypothéquées sur les duchés de Castro et de Ronciglione. Son irrégularité dans le payement des intérêts lui attira une nouvelle guerre avec le pape Urbain VIII . Edouard, dans cette guerre, qui éclata en 1641 , signala de nouveau son caractère aventureux et inconsidéré, tandis que les Barberini, neveux du pape, donnèrent des preuves de leur lâcheté ; mais le duc de Parme , après avoir fait trembler le pape dans Rome, se laissa désarmer par de trompeuses négociations. Les ducs de Toscane, de Modène et les Vénitiens prirent ce œndant la défense de Farnèse, et lui procurèrent n 164f une paix qui le rétablissait dans les limites 'tilt avait avant la guerre. Une extrême corpulence 'endait Edouard Farnèse peu propre au métier des mes, qu'il aimait avec tant de passion.11 transmit ses enfants cette constitution devenue ensuite atale à la maison Farnèse. Il mourut âgé de 40 ns , le 12 septembre 1616, laissant quatre fils 't deux filles, de Marguerite de Médicis, fille de L'alné de ses enfants, Ranuce H, lui suc S
  • Édouard FENTON : navigateur anglais ; voulant, ainsi que son frère Geoffroi , ne tenir leur bien-être que de leur industrie , ils vendirent pour toute fortune le petit patrimoine qu'ils tenaient de leurs ancêtres dans le comté de Nottingham. Geoffroy s'adonna à l'étude, et devint secrétaire d'État pour l'Irlande. L'inclination d'Édouard lui fit embrasser la carrière militaire. Il servit quelque temps en Irlande , où il s'acquit assez de réputation ; mais sir Martin Frobisher ayant , au retour de son premier voyage au nord , annoncé la probabilité de découvrir un passage par le nordouest pour pénétrer dans la mer du Sud, Fenton se sentit animé du désir de l'accompagner dans son second voyage. Il eut le commandement d'un petit bâtiment de vingtcinq tonneaux, sur lequel il accompagna Frobisher en 1577 au détroit qui porte le nom de ce dernier. Au retour, une tempête le sépara de son chef, et il aborda à Bristol. Une troisième expédition, qui ne fut pas plus heureuse, ne convainquit pas Fenton de l'impossibilité de trouver ce que l'on cherchait. H demanda que l'on fit une autre tentative ; on accéda à ses voeux après bien des délais ; mais il est difficile de reconnattre positivement le but que l'on se proposait dans cette expédition , car les instructions du conseil privé qui existent encore, et qui enjoignent à Fenton de tâcher de découvrir un passage au nordouest, lui ordonnent de doubler le cap de BonneEspérance pour aller aux Indes, et, arrivé aux Moluques, de gagner la mer du Sud , puis de revenir par le passage supposé du nordouest , mais de ne pas songer à traverser le détroit de Magellan , à moins d'une nécessité absolue. Cependant un auteur anglais nous dit r - que, malgré la teneur de ses instructions, les personnes de la cour qui favorisaient Fenton voulaient simplement lui procurer l'occasion d'aller chercher fortune dans la mer du Sud , et pour ne pas exciter les soupçons (les Espagnols , masquaient cette expédition sous l'apparence d'un voyage de découverte. Il partit en 158'2 avec quatre bâtiments, et dirigea sa navigation vers l'Afrique, et ensuite vers le Brésil , pour continuer son voyage vers le détroit de Magellan ; mais sur l'avis qu'il reçut qu'une flotte espagnole considérable l'attendait à l'entrée du détroit, il atterrit à StVincent, établissement portugais ; il y rencontra trois vaisseaux de l'escadre espagnole, leur livra combat, et après une action trèschaude , il coula à fond leur viceamiral , et revint en Angleterre au mois de mai 1585. Il fut accueilli de la manière la plus flatteuse, et lors de l'armement destiné à repousser en 1588 l'attaque de la fameuse Armada , on lui donna le commandement d'un vaisseau. Il eut une grande part aux brillants succès (le ses compatriotes dans cette occasion , et se distingua autant par ses talents que par sa bravoure. La paix vint l'arracher à cette vie active qui le charmait. Il passa le reste de ses jours dans la retraite à Deptford , où il mourut en 1G03, et où Richard, comte de Cork, qui avait épousé sa nièce, lui fit élever un monument. On trouve la relation des voyages de Fenton dans le 5e volume du recueil de flackluyt
  • Edouard EVANSON( 1731 - 1805) : théoloi,vien anglais, né à Warrington, en 1731, fut élevé à l'université d'Oxford, et consacra ensuite plusieurs années à l' publique. Étant entré dans les ordres, il obtint plusieurs bénéfices, entre autres la cure de Tewkesbury , dans le comté de Glocester , à laquelle il fut nommé en 1769. La protection de j l'évoque Hurd lui promettait de l'avancement ; mais en se perfectionnant dans ses études théoloIgiques, il crut reconnaltre des corruptions dans les opinions reçues par l'Église anglicane relativement à l'incarnation et à la résurrection du corps de JésusChrist. Un sermon qu'il prêcha en 1771 en faveur d'une réforme à faire à cet égard, fut particulièrement l'objet d'une dénonciation publique où trente témoins déposèrent contre lui, et il fut poursuivi avec un acharnement que la saine partie de ses adversaires désapprouva. Il fut obligé de résigner sa cure en 1778. La relation de cette affaire fut publiée la même année par le magistrat de Tewkesbury. Evanson avait fait paraître en 1772 , sans nom d'auteur, un écrit intitulé Les doctrines de la Trinité et de l'incarnation de Dieu examinées d'après les principes de la raison et du sens commun ; avec une adresse préliminaire au roi , comme la première des trois branches du corps législatif; un vol. Il publia en 1777 une Lettre à l'évêque de Worcester , où l'on considère avec détail et impartialité l'impor- tance des prophéties du Nouveau Testament, et la 71( 1- turc de la grande apostasie qui y est annoncée. Cet ouvrage fut réimprimé en 1792 On a aussi de lui : Arguments pour et contre l'observation sab- batique du dimanche par la cessation de tout travail, arec une lettre au docteur Priestky. sur le même sujet, 1792 La majeure partie de ces arguments avait déjà paru dans le Theological repository. Evanson soutient , contre l'opinion du docteur Priestley , que l'usage de cesser le travail un jour sur sept est une institution civile , qui n'est aucunement autorisée par le christianisme , et trèspréjudiciable à la société, puisqu'elle anéantit la septième partie de toute industrie humaine. Son principal ouvrage est la Dissonnance des quatre Evangiles généralement reçus , et l'évidence de leur authenticité respective soumise à l'examen ; 1792 , 1 vol. L'auteur exclut du canon de l'ÉcriturelesÉvangiles de StMatthieu, StMarc et StJean et n'admet comme authentique que celui de StLuc, du moins dans sa plus grande partie. Le docteur lui répondit , l'année suivante, dans la seconde partie des Lettres à un jeune homme. Évanson répliqua, en 1794, par une Lettre au jeune homme du docteur Priestley. Certains principes de la Disson-? lance des Evangiles, etc., ont été examinés de nouveau par Th. Falconer, dans huit Discours prononcés en 1810 devant l'université d'Oxford, à SteMarie , pour la Lecture fondée par Bampton et qui ont été imprimés depuis en 1 volume Evanson est mort à Colford, au comté de Glocester , le 25 septembre 1805
  • Édouard FOWLER( 1632 - 1714) : évêque anglican, naquit en 1652 dans le comté de Glocester, à Westerleigh, où son père était ministre. Il étudia à Oxford et à Cambridge et devint, en 1656, chapelain de la comtesse de Kent. Élevé dans la religion presbytérienne, il hésita d'abord à embrasser les principes de conformité ; mais enfin il s'y détermina et obtint plusieurs bénéfices. Zélé défenseur du protestantisme sous le règne de Jacques Pr, il se trouva exposé aux persécutions du parti qui gagnait alors en faveur ; mais la révolution étant arrivée, il fut nommé en 1691 évêque de Glocester, et mourut à Chelsea, en 1714, âgé de 82 ans. C'était un homme d'un esprit éclairé et d'opinions trèsmodérées, s'appliquant à considérer dans la religion surtout le côté moral. On a de lui, entre autres écrits : 1" i Exposé exact et Défense des principes et de la conduite de certains théologiens ? nodérés de l'Église anglicane désignés à tort sous la dénomination injurieuse de latitudinaires i , etc. , Londres, 1670 ; 2" i Le but du christianisme i, Londres, 1671,1676 ouvrage tendant à prouver que le perfectionnement moral de l'homme est le but du christianisme; 5° i Libertas evangelica, ou Discours sur la liberté chrétienne i , Londres, 1680 , servant de suite au i But du christia i- i nisme. X iXs.
  • Édouard FOX( 1400 - 1538) : naquit dans les dernières années du 15' siècle, à Dursley, dans le comté de Glocester. Il étudia à Cambridge. Son goùt le portant vers la politique , il fut recommandé au cardinal Wolsey, qui se l'attacha. Il fut nommé i aumônier i du roi, et, en 1528, envoyé à Rome avec Gardiner, alors secrétaire de Wolsey, pour solliciter du pape Clément V11 de nouvelles bulles qui autorisassent le divorce de Henri VIII et de Catherine : les premières, signées pendant que ce pape était retenu en captivité par l'empereur, avaient été regardées comme peu. valables. Ayant obtenu ces bulles , dont le pape eut soin ensuite . Nominé en 1535 évêque d'llereford , il fut i envoyé i cette même année aux protestants de Snialcalde pour les solliciter de se réunir à l'église d'Angleterre; mais ce fut inutilement. Il revint à Londres en 1536 et y mourut en 1538. Il avait été aussi envoyé en France. C'était , à ce qu'il parait, un homme d'un caractère actif , déterminé , niais prudent. Zélé partisan de la réformation , il la seconda en Angleterre de tous ses moyens , niais de manière à ne point s'exposer à la persécution. 11 avait coutume de dire : « Une paix honorable est la a seule qui puisse durer; une paix déshonorante ne tiendra qu'aussi longtemps qu'on n'aura pas Cc le pouvoir de la rompre : le seul moyen de « maintenir la paix est donc d'être toujours prêt pour la guerre. » On a de lui un ouvrage intitulé : i De vers differentia regiœ potestatis et ecclesiàsticce , et quœ sit ipsa veritas et virtus utriusque i, 171CT Londres, 1534 et 1538. Cet ouvrage a été traduit en anglais par Henri lord Stafford
  • Édouard GANS( 1798) : professeur de droit et de philosophie à l'université de Berlin , naquit en cette ville le 22 mars 1798. Sa famille était originairement israélite, et son père, homme d'un esprit fin et cultivé, tenait une maison de banque à Berlin. Il rendit de grands services à sa patrie lors de la détresse financière qui suivit l'occupation française. Comme beaucoup de jeunes gens de son pays, Ed. Gans fréquenta plusieurs universités allemandes ; il étudia successivement, et partout avec distinction, à Berlin, à Goettingue et à fleidel- Berg. Il se lia étroitement dans cette dernière ville avec Thibaut et Hegel. C'est là sans doute, et sous la direction de ce dernier maitre, qu'il prit couleur dans la question des deux écoles en jurisprudence, de l'école philosophique, qui avait pour chef Hegel, et de l'école historique, dont les principaux représentants étaient llugo et Savigny. Après avoir soutenu sa thèse pour le doctorat en droit il rentra dans sa ville natale, mais pour la quitter bientôt, et compléter des connaissances déjà si vastes par l'instruction qu'il devait acquérir encore en voyageant dans plusieurs pays de l'Europe; il resta même plusieurs années à Paris et à Londres. A son retour à Berlin en 1826, il y fut nommé professeur extraordinaire , puis ordinaire à la faculté de droit. 11 y enseignait avec éclat, lorsqu'il fut enlevé à sa famille, à ses amis et à la science , le 5 mai 1839. M. StMarcGirardin en a fait un portrait fort avantageux dans la Revue des Deux- Mondes , décembre 1839; portrait qui a été reproduit en tète de la traduction de l'Histoire du droit de succession en France, au moyen tige, de Gans, par M. de Loménie, 1846 Cette traduction ne comprend qu'une partie de l'ouvrage total allemand, dont M. Lerminier avait déjà donné une analyse étendue dans son Introduction générale â l'histoire du droit. Les principaux ouvrages de Gans sont : 1° Des obligations en droit romain , Heidelberg, 1819 ; 2° Scolies sur Gaius , Berlin , 1820 ; 3. Le droit de succession dans le développement historique , ou de mettre beaucoup trop du « sien à la place de ce qu'il avait sous les yeux. Il n'y a pas de doute en tout cas que ce livre ne soit d'une lecture plus facile , plus intelligible et plus attrayante, pour nous autres Français surtout, que si elle était sortie de la plume de Hegel. Cans joignait à l'érudition et aux pensées profondes qui sont dans le goût et les habitudes des esprits méditatifs et studieux de l'Allemagne, la vivacité, la finesse, la grâce et la clarté de l'esprit français. Il avait pratiqué beaucoup notre littérature, et, malgré son patriotisme allemand, il dissimulait si peu ses sympathies pour la France , même dans sa chaire, que le gouvernement prussien eut le tort d'en concevoir de l'humeur et de le faire voir. Ce mécontentement lui fut particulièrement témoigné à l'occasion de son cours sur l'histoire de la révolution française et de Napoléon, qui fut suspendu. Ses leçons de droit naturel, de droit public et des gens, de droit criminel et de droit prussien étaient trèssuivies. Mais le nombre de ses auditeurs était encore plus considérable lorsqu'il traitait de la philosophie de l'histoire, et en particulier de l'histoire de la France. On en a compté alors jusqu'à quinze cents
  • Édouard GAUTIER DAGOTY : fils de JeanFabien , a fait faire quelques progrès à l'art de la gravure en couleur à plusieurs planches. Cet artiste a publié, vers 1780, une livraison de 12 estampes dans ce genre, gravées d'après les tableaUx de la galerie du PalaisRoyal ; cet ouvrage, qui devait avoir une suite, n'a pas été continué faute de souscripteurs. Ces sujets sont, la Léda, de Paul Véronèse; le Cupidon , du Corrège; la Vénus à la coquille ; deux autres Vénus ; Jupiter et b , d'après le Titien; l'Amour et Psyché, du Guide; la Bai- gueuse, de le Moine ; Joseph et Putiphar, d'Alexandre Véronèse; le St- François, de Van Dyck; la Madeleine, de Lebrun, et la Bethsabée, de Bounieu. Ce personnage ne nous est connu que par la France littéraire de M. Ersch , les Siècles littéraires de Desessarts , le Dictionnaire des Provençaux et le Journal des savants, février 1770. Dégoûté du peu de succès de cette entreprise, Gautier se retira en Italie et mourut à Milan en 1784. — On connaît d'autres artistes du nom de Gautier ou Gaultier : Léonard GAULTIER , graveur au burin , imitateur de Crispin de Pas , né à Mayence en 1552. On a de lui plusieurs estampes dans le genre de l'histoire , d'après ses dessins, et d'après différents maîtres. — Nicolas GAUTIER, né à Paris en 1575 , a gravé divers sujets de l'histoire de Henri IV. — GAUTIER , peintre et graveur, qui vivait dans le siècle dernier, a gravé divers sujets d'histoire d'après Solimène; il s'était fixé à Naples
  • Édouard GIBBON( 1737) : né le 27 avril 1757 , d'une famille ancienne, mais sans illustration , est géik'raleuient considéré comme formant avec Hume vt Robertson le triumvirat des grands historiens anglais, quoiqu'il ait dit luiinème qu'il n'acait jamais eu assez d'orgueil pour y accepter une place. Dans son enfance, la faiblesse de sa santé et i'extrème indulgence de ses parents nuisirent à son éducation ; mais l'activité naturelle de son esprit, et surtout son goût pour les lectures sérieuses, réparèrent de bonne heure les inconvénients de cette négligence. L'histoire fut dès lors l'objet de sa préférence, et par conséquent de ses études. A l'âge de quinze ans il entreprit un ouvrage historique intitulé le Siècle de Sésostris; et ce qu'il y a de remarquable , c'est que son travail avait pour but, non de peindre les exploits d'un conquérant, mais de déterminer la date de son existence. Déjà se manifestait en lui cet esprit de recherche et de critique qui l'a si bien servi plus tard; on aperçoit mème dans ce qu'il raconte de cette entreprise A Putney, dans le comté du Surrey. 52 gination mobile , et plein de zèle pour ce qui lui semblait la vérité. Il se décida à abjurer le protestantisme, et fit cette abjuration à Londres, le 8 juin 1753, entre les mains d'un prêtre catholi- que; il en a parlé dans ses mémoires avec une sim- plicité qui prouve sa bonne foi; du moins , ditil, je succombai sous un noble adversaire. Cette conversion ne plut point à son père, qui , pour le punir de sa résistance , l'envoya à Lausanne , chez M. Pavillard , ministre protestant , lequel fut chargé de le ramener à l'Église'qu'il avait abandonnée. « M. Pavillard , dit lord Sheffield dans « une de ses notes aux Mémoires de Gibbon , m'a « conté quelle fut sa surprise lorsqu'il vit devant « lui M. Gibbon, cette petite figure fluette avec une « grosse tète , qui disputait et employait en faveur « du papisme les meilleurs arguments dont on se « fût servi jusqu'alors. » Les arguments du ministre Pavillard eurent sans doute sur l'esprit du jeune Gibbon moins d'influence que ses propres recherches, l'ennui que lui causait son exil, les privations auxquelles le soumettait l'avarice de madame Pavillard , et le désir de trouver des raisons qui l'autorisassent , à ses propres yeux , à abandonner des opinions qui lui coûtaient si cher à soutenir. Au bout de dixhuit mois ces raisons se présentè- rent à lui ; et il fit, au mois de décembre 1754, une rétractation aussi sincère que l'avait été son abjuration. « Ce fut alors, ditil, que je suspendis « mes recherches théologiques, me soumettant « avec une foi implicite aux dogmes et aux mys-« tères adoptés par le consentement général des « catholiques et des protestants. » Une telle soumission ressemblait déjà beaucoup à de l'indifférence ; on ne revient presque jamais à une entière persuasion de ce qu'on a une fois cessé de croire, et ce fut sans doute pour avoir commencé par se faire catholique que Gibbon finit par n'étre. pas, à beaucoup près, protestant. Après sa conversion, il continua quelque temps à habiter Lausanne ; la parfaite connaissance qu'il avait acquise de la langue française , l'agrément et la solidité de son esprit, l'égalité douce de son caractère, lui avaient acquis une considération prématurée et le fai- saient rechercher dans le monde. Il poursuivit ses études avec ardeur, ne les dirigeant encore vers aucun but déterminé, mais toujours soigneux de les faire servir à étendre ses idées et ses lumières. Les Extraits raisonnés de ses lectures, commencés à cette époque et publiés après sa mort, montrent quelles étaient déjà la sagacité et la finesse de cet esprit éminemment raisonneur et raisonnable: Néus ne devons lire, dit- il , que pour nous aider à penser ; telle fut en effet la méthode qu'il suivit constamment dans ses lectures, et elles furent immenses; il ne donnait point de temps aux distractions qui occupent si souvent tout celui des jeunes gens. Un sentiment tendre et vertueux pour mademoiselle Curchod , depuis madame Necker, fut la seule distraction qui l'arracha momentanément à ses études; il avait formé le projet de l'épouser; mais lorsque son père , qui en 1758 le rappela en Angleterre , eut refusé de donner son consentement à ce mariage , Gibbon se résigna à sa destinée : comme amant je soupirai, ditil; comme fils f obéis ; et la lettre par laquelle il annonça à mademoiselle Curchod qu'il était forcé de renoncer à elle, pleine d'abord d'expressions de douleur et de regret, finissait par ces mots c'est pourquoi j'ai l'honneur d'être , mademoiselle, votre très- humble et très- obéissant serviteur, Ed. Gib- bon. L'étude et le soin de se former une belle bibliothèque l'occupèrent dès lors tout entier. En 1761 parut son Essai sur l'étude de la littéra- ture, un vol. ouvrage trèsremarquable et par les idées dont il est plein , et par la pureté avec laquelle il est écrit en français : cette langue était peut-être alors plus familière à Gibbon que la sienne propre; sans cela on aurait peine à comprendre comment, né Anglais et habitant l'Angleterre il choisit pour se faire connaitre un idiome étranger ; son livre fit moins de sensation, en Angleterre qu'en France, où il assura d'avance à Gibbon, et surtout parmi les gens de lettres, l'accueil le plus distingué. Il interrompit quelque temps ses travaux littéraires pour essayer d'une vie moins paisible; entré avec le grade de capi- taine dans la milice du llampshire, il s'amusa d'abord avec assez de zèle à étudier la tactique militaire; mais ce genre d'occupation convenait aussi peu à ses goûts qu'à sa santé, et une guerre active ne lui aurait probablement pas convenu davantage; il y renonça bientôt, et quitta l'Angleterre en 1763 pour se rendre à Paris , où il fut reçu avec une extréme bienveillance. A la fois homme de lettres et homme du monde, Gibbon devait plaire et se plaire dans une société où les gens de lettres et les gens du monde étaient habituellement réunis : Si j'eusse été riche et indé- pendant, ditil , j'aurais prolongé et peut- être fixé mon sejour à Paris; mais il n'y passa que trois mois, se rendit de là à Lausanne, où il s'arrèta près d'un an, et partit enfin pour l'Italie, qu'il désirait depuis longtemps de parcourir : « Ce fut à Rome, « ditil , le 15 octobre 1764, qu'étant assis et rè-« vant au milieu des ruines du Capitole , tandis « que des moines déchaussés chantaient vêpres « dans le temple de Jupiter, je me sentis frappé « pour la première fois de l'idée d'écrire l'histoire « de la décadence et de la chute de cette ville. » Il ne mit pas surlechamp la main à l'oeuvre ; retourné en Angleterre en 1765, un premier livre de l'Histoire de la liberté de la Suisse, la part qu'il prit à une compilation intitulée Mémoires litté- raires de la Grande- Bretagne , et une brochure renfermant des Observations critiques sur le 6e livre de l'Énéide , le premier essai qu'il ait écrit dans sa langue maternelle , furent jusqu'en 1776 les seuls monuments publics de son activité littéraire. Mais ses études et ses réflexions se dirigeaient constamment vers le grand ouvrage dont il avait conçu le plan; et l'on ne I eut guère douter que les lieux au milieu des- els l'idée de ce plan s'était présentée à lui, la acité des émotions que lui avait inspirées la vue des ruines de Rome, les regrets dont il avait ,té, saisi à l'aspect de ce qui avait remplacé l'ancienne gloire de la ville immortelle , n'aient influé sur la tendance et le caractère de son Histoire de la décadence et de la chute de renzpire romain. Gibbon , en l'écrivant, ne vit dans le christianisme que l'institution qui avait mis des vèpres, des moines déchaussés et des processions à la place des magnifiques cérémonies du culte de Jupiter et des triomphateurs du Capitole. En 1770, la mort de son père le laissa possesseur d'une fortune assez considérable , mais embrouillée; après avoir mis de l'ordre dans ses affaires, il conserva encore assez de biens pour pouvoir se féliciter de n'en pas posséder davantage : « La pauvreté et le « mépris, ditil, auraient abattu mon courage, et « les soins d'une fortune supérieure à mes besoins « auraient pu relâcher mon activité. » Le cercle de cette activité ne tarda pas à s'étendre au delà de ses occupations littéraires; en 1774 il entra au parlement; il y siégea pendant huit ans sans jamais ouvrir la bouche; il n'avait aucun des talents de l'orateur, et son caractère manquait de cette énergie qui peut quelquefois y suppléer. Sa carrière politique ne fut ni brillante , ni même honorable; il y manifesta des sentiments peu élevés, des opinions peu libérales et une faiblesse qui tenait moins à de la lâcheté qu'à de l'indifférence. Attaché au ministère de lord North , il soutint les prétentions de la couronne, désapprou7 i vées par la plus grande partie de la nation, contre les droits des Américains reconnus par tous les hommes éclairés de l'Europe. On a trouvt la note suivante , écrite de la main de Fox , sur l'exem- plaire des oeuvres de Gibbon qui lui avait appar- tenu : « Lors de la déclaration de guerre de l'Es-« pagne en 1779, l'auteur de ce livre affirma « publiquement chez Brook qu'il n'y avait rien à « espérer pour l'Angleterre , si l'on ne faisait cou-« per six tètes dans le conseil d'État, et si l'on « ne les étalait, pour l'exemple, en plein parle-« ment : avant quinze jours il accepta une place « dans le méme conseil. » A la suite de cette note, venaient trois couplets satiriques contre Gibbon, écrits aussi de la main de Fox. La place qu'accepta Gibbon était celle de lord du commerce , place commode et honnête, dit- il : l'honnêteté de Gibbon ne s'étendait pas jusqu'aux grands devoirs politiques , et il faisait cas surtout de la commodité. Bientôt lassé cependant d'une carrière où aucune gloire ne le dédommageait des tracasseries de parti, et peu attaché aux opinions qu'il y avait manifestées comme à la conduite qu'il y avait tenue, il se retira complétement des affaires publiques en 1782 , lors du renversement du ministère de lord North et de la suppression du bureau de commerce. Un pamphlet intitulé Ménzoire justificatif, destiné à répondre au manifeste qu'a- vait publié la cour de France en commençant les hostilités, est le seul monument de son existence parlementaire. Sa réputation était déjà établie sur des titres plus brillants et plus sûrs : en 1776 avait paru le ler volume de son Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain. Le succès en fut prodigieux : trois éditions se succédèrent rapidement ; on en fit deux contrefaçons à Dublin : « Mon livre , ditil luimème était sur « toutes les tables, presque sur toutes les toilet-« tes. » La violence des critiques vint bientôt troubler sa joie : les 15. et 16e chapitres de son ouvrage étaient une attaque évidente , bien que fort adroitement tournée, contre le christianisme ; le clergé anglican sembla se lever en masse pour repousser l'assaillant; le docteur Watson , depuis évèque de Landaff, Priestley, le docteur White, sir David Dalrymple, le docteur Chelsum, M. Davis, M. East Apthorp, J. Beattie, M. J. Milner, M. Travis, le docteur Whitaker, etc., parurent successivement dans la lice, les uns avec aigreur, les autres avec modération , presque tous avec moins d'esprit et de raison que leur adversaire; les bénéfices, les pensions furent la récompense de leur zèle. Gibbon fut étonné et presque effrayé de cet orage « Si j'avais prévu', ditil , la vivacité des sentiments « qu'ont éprouvés ou feint d'éprouver en cette « occasion les personnes pieuses ou thnides ou « prudentes, j'aurais peutetre adouci cia deux « chapitres , objet de tant de scandale. » 11 n'hésita pas cependant à persévérer dans une opinion qu'il avait soutenue avec trop de partialité sans doute , avec des vues incomplètes et trop exclusi- ves, mais de bonne foi : il publia sa Défense de quelques passages des 15' et 16e chapitres de l'His- toire de la décadence et de la chute de l'empire ro- main. Cette défense , victorieuse sur quelques points, faible sur d'autres , décelait toute l'humeur que les attaques avaient causée à Gibbon ; et cette humeur indiquait peut-être qu'il ne se sentait pas tout à fait irréprochable. 11 conserva le même esprit dans les 2e et 3e volumes publiés en 1781 : les trois derniers parurent en 1788. Dès 1783, Gibbon avait quitté l'Angleterre pour faire un second voyage à Paris, et s'établir ensuite à Lausanne , auprès de son ami , M. Deyverdttn , dans une maison charmante, où il ne s'occupait plus qu'à jouir de son repos et de ses études. Il a consacré dans ses Mémoires le souvenir du moment où il y termina le grand ouvrage qui était devenu le but de sa vie. « Ce fut le 27 juin 1787, ditil, « entre onze heures et minuit, que j'écrivis la « dernière ligne de ma dernière page, dans un « pavillon de mon jardin. Après avoir quitté la « plume , je fis plusieurs tours dans une allée cou-« verte d'acacias d'où la vue s'étend sur la cam-« pagne, le lac et les montagnes... Je ne dissimu-« lerai pas les premières émotions de ma joie en « ce moment, qui me rendait ma liberté et allait « peut-être établir ma réputation ; mais les mou- « vements de mon orgueil se calmèrent bientôt, C' et des sentiments moins tumultueux et plus mé-« lancoliques s'emparèrent de mon âme, lorsque je songeai que je venais de prendre congé de venons de parler à l'occasion de son premier ouvrage, c'est à lui que l'on doit véritablement la machine hydraulique à l'aide de laquelle les eaux de la petite rivière de Ware sont portées de cette ville à Londres par un canal ; il avait luimême commencé cette entreprise, quand il s'en vit dépossédé par les de quelques hommes qui n'avaient point l'honneur de l'invention. 'Wright avait aussi composé, pour l'instruction du prince Henri, une sphère magnifique, dans laquelle on voyait nonseulement le mouvement qui emporte les étoiles avec le ciel tout entier d'occident en orient, niais encore le mouvement de rotation du soleil sur luimême, le cours de la lune et des planètes, et jusqu'à la possibilité des éclipses pendant une période de 17,100 ans. Cet ouvrage, endommagé pendant les guerres civiles qui suivirent, fut retrouvé, en 1646, par sir Jonas Moore, qui le fit restaurer à ses dépens et qui le plaça dans sa bibliothèque, parmi beaucoup d'autres instruments mathématiques et de curiosités
  • Edouard WYDENMANN( 1796 - 1854) : polygraphe allemand, naquit en 1796. Il rédigea longtemps le journal l'Etranger, destiné à l'instruction morale et spirituelle des peuples, ainsi que les Feuilles pour servir à la connaissance de la littérature étrangère, 1838-1840. Enfin il fit paraître avec Ilauff les Voyages et descriptions des temps anciens et mo- dernes, 1835-1854 een 42 livraisons. Wydenmann mourut le 20 août 1854
  • Edouard YOUNG( 1684) : poète anglais, naquit en juin 1684, à Upham, près de Winchester . Son père, ecclésiastique et prédicateur, après avoir occupé longtemps un petit bénéfice à Upham, parvint au titre de chapelain du roi Guillaume, et de doyen dans l'église assez opulente de Sarum. Il avait, de plus , possédé dans sa jeunesse un petit canonicat dépendant du collége de W Quelques tioealIes le font naître à tort en 1661. Z. chester. Edouard Young fut, dès l'enfance, élevé dans le même collège, et pourvu d'une bourse qu'il garda jusqu'à l'âge de dixhuit ans. On ne sait s'il fit des études brillantes; mais A essaya vainement d'obtenir l'agrégation au célèbre cetlége d'Oxford. Alors il se tourna vers le droit, et obtint même à ce titre une place d'agrégé au collège d'AllSeuls; mais il suivit cette étude avec assez peu d'ardeur et de constance; car il ne prit le degré de bachelier de droit qu'en 1714, et ne fut docteur qu'en 1719, à l'âge de trentehuit ans. Le goût de la poésie le préoccupait, sans lui inspirer quelque grand ouvrage. Il était poète de circonstance, et poète de cour : début assez s pour le chantre mélancolique des Nuits. Son premier essai, qui date de 1712 , fut une Epttre à lord Lansdowne, pour justifier la promotion de douze pairs faite par la reine Amie : événement qui dans un autre pays serait à peina remarqué, et qui en Angleterre fut le sujet d'un grand scandale et d'un procès criminel. DOUX ans après, à la mort de cette princesse, le poète fit parattre un panégyrique pompeux de George le•, son successeur. La manie de l'éloge le tenait tellement que, chargé de prononcer un discours latin pour un collége où il était agrégé, il le dédia, dans une épître flatteuse, aux dames de la famille Codrinyton : il fit également des vers à la gloire d'Addison, et de la prose à la louange ,lu marquis mages. On est impatienté seulement de voir le poète retomber dans ses adulations habituelles, et, avec ce ton d'emphase qui les rend plus ridicules, faire l'apothéose de la reine qui vivait encore. On ne conçoit pas que le grand et solennel spectacle contemplé par l'imagination de l'auteur ne l'ait pas prémuni contre les misérables illusions de ce bas monde, et qu'il ait eu besoin, pour ainsi dire, de flatter la puissance jusqu'au milieu du jugement dernier. Ce qui rend cette faiblesse plus choquante, c'est qu'elle recommence sans cesse. Le ponte ne se lassa pas, pendant vingt ans, d'adresser de pompeuses dédicaces et des panégyriques en vers aux rois, aux ministres et aux grands seigneurs. il travaillait aussi pour le théâtre, et donna la tragédie de Busiris, en 1719, et une autre pièce, intitulée la Vengeance, en 17'21. Mais ces deux ouvrages, médiocrement goûtés (lu public, lui rapportèrent moins que les dédicaces qu'il en fit au duc de Newcastle et au duc de Wharton. Young, dont le talent ne semblait avoir encore de vocation bien décidée que pour la flatterie, publia , vers la même époque, un recueil de satires mais chàcun de ces morceaux, où le poète médisait de quelques vices obscurs, était adressé pompeusement à quelque grand seigneur, et placé sous ses auspices. Le poète se serait. promptement enrichi ; mais il engagea et perdit une somme considérable dans les entreprises de la compagnie des Indes, qui tournait alors toutes les tètes en Angleterre. Pour se dédommager, il ' célébra , dans un poème en forme, le ministère de Walpole, qu'il avait déjà loué plusieurs fois. Il disait à ce ministre, modèle de ces intrigants corrupteurs qui dominent un pays en achetant les faibles consciences, et en proscrivant les talents qu'ils n'ont pu acheter Ah ! combien je (C souhaite, enflammé par un si grand sujet, de lancer ton nom dans les profondeurs le nité I » puis il ajoute, comme une naïve explication de sa servile emphase : « Mon coeur, ô (c Walpole, brûle d'un feu reconnaissant! Les « flots de la bonté royale, dirigés par toi, sont « venus rafraîchir l'aride domaine (le la poésie. » Le poète avait obtenu deux cents livres sterling de pension, bien chèrement achetées par tant de ridicules flagorneries. A l'avénement de George II, il monta de nouveau sa lyre pour célébrer la puissance ; il fit une ode au roi, père de la patrie, et une autre intitulée l'Océan, où il célébrait l' généreuse qu'avait montrée le souverain en voulant abolir la presse des matelots, et rendre le service de la marine aussi libre qu'il était glorieux pour l'Angleterre. Vers la même époque, en 1727, Young, àgé de quarantesix ans, entra dans l'état ecclésiastique, et peu de temps après fut nommé chapelain du roi George H. Cette vocation tardive fut déterminée, diton, par les ouvrages de StThomas d'Aquin, dont Pope lui avait conseillé la lecture. Il venait alors d'achever, et destinait au théàtre, une tragédie de Déniétrius et Persée; mais il crut devoir en faire le sacrifice aux bienséances de son nouvel état. 11 voulut également renoncer à la poésie; et il fit paraître un traité de morale en prose sur le peu de prix de la vie humaine, qu'il ne manqua pas cependant de dédier à la reine. En 1729, il prècha devant la chambre des communes, pour l'anni versaire de la mort de Charles ler, un sermon plein de chaleur sur le respect que les peuples doivent au gouvernement. Bientôt apres il revint à la poésie, pour célébrer, dans une ode pindarique, le voyage du roi d'Angleterre, qui venait de signer la paix de Hanovre. Malgré ce zèle de flatterie, vraiment infatigable, il fallait que le docteur Young manquàt de bonheur ou d'adresse ; car il n'obtint pas dans l'Eglise anglicane les dignités où son mérite et son talent de prédication auraient dei le conduire. En 1730, il fut seulement pourvu d'un rectorat assez modique dans le comté de Hertford. Deux ans après, il épousa lady Elisabeth Lée, veuve d'un colonel, et fille du comte de Lichfield. Cette alliance illustre semblait satisfaire l'ambition du poète, et lui donna quelques années de bonheur. Il paraît qu'il venait alors souvent à Londres, et qu'il y connut Voltaire, auquel il a dédié une de ses odes sur l'Océan, sujet qu'il aimait à traiter pour flatter la nation ellemême, après avoir tant flatté les grands et les ministres. En 1740, le docteur Young fut frappé d'un coup affreux, auquel il est redevable de son immortalité. Sa femme fut enlevée par une mort prématurée; elle laissait une fille qu'elle avait eue de son premier époux, et qui, près de s'unir au fils de lord Palmerston, fut ellemême atteinte d'une maladie de poitrine. Young, qui la chérissait avec la tendresse d'un père, la conduisit dans le midi (le la France ; il la vit périr dans ses bras; et le jeune époux qu'il lui destinait succomba bientôt après. Privé tout à coup de ses plus chères affections, isolé par la mort à l'entrée de la vieillesse, le poète, auquel il ne restait qu'un fils dans la première enfance, se livra tout entier à sa douleur ; et cette douleur fit son génie. Laissant là les intérêts du monde, et les vaines ambitions qu'il avait trop suivies, il répandit son coeur dans la solitude et le silence des nuits ; il médita sur des tombeaux, il pleura cette épouse chérie, cette jeune fille, ce jeune époux, enlevés par une fin si cruelle; il se montra luimême, vieux prêtre du Seigneur, courbé sous tant de coups réitérés, forcé sur la terre étrangère d'ensevelir furtivement la fille qu'il a perdue, et à laquelle il ne peut offrir les honneurs de son culte, proscrit par la loi du pays où elle vient d'expirer; il raconta son inconsolable douleur, et la tristesse de sa solitude. Cette situation, à la fois si commune dans la vie, et si pathétique par ellemême , rendue avec une poésie forte et abandonnée, frappa l'imagination (lu lecteur. Les vers du poète, si longtemps consacrés à de vaines louanges et à des exagérations factices, reçurent l'empreinte originale d'une âme profondément émue. On sentit l'homme dans le poète ; on retrouva sous la diffusion et la pompe des images ce langage intime de la douleur que tout le monde entend. Les premières méditations (lu poète, tout animées d'une affliction vive et récente, furent suivies de plaintes plus longues et plus faibles, où le génie semble s'user avec la douleur. Mais il y a dans l'homme un fond de tristesse et de regret que l'on peut aviver sans cesse comme une blessure toujours prête à saigner ; et si l'imagination du ponte n'avait pas eu quelque chose de lourd et de monotone, s'il était moins déclamateur, ses hymnes funèbres ne lasseraient pas si vite notre àme attristée. Quelquefois dans les lamentations du poète sur la vie humaine, on sent trop le regret de l'ambition trompée. Il se plaint d'ètre oublié; il accuse l' sensibilité des grands, qui, lorsqu'il leur confie sa douleur, lui prennent la main, et lui disent de revenir. Une autre fois enfin, il avoue que, pendant une durée de temps deux fois aussi longue que la guerre de Troie, il assiégea la faveur des cours, sans l'aroir encore conquise. On peut remarquer également que chacune de ses méditations sur le néant des choses humaines est dédiée à quelque grand, au président de la chambre des communes, au lordtrésorier, au chancelier de l'Echiquier ; et ce n'est pas un contraste que l'auteur a cherché c'est plutôt, sous sa plume, une ancienne habitude de flatter la puissance. Il n'y renonça pas même après avoir achevé ses Méditations de la nuit, qui, en élevant son talent, semblaient l'avoir consacré à la religion et à la douleur. Il redescendit aux intérêts du siècle. En 1745, il fit paraître un poème sur la situation du royaume, adressé au duc de Newcastle. C'était. une vive et patriotique satire contre les entreprises du Prétendant. C'était en même temps le panégyrique de la dynastie nouvelle qui régnait alors sur l'Angleterre par les lois et la liberté; et dans le fait, la victoire du Prétendant eût été si menaçante, le retour de ce prince, nourri dans les traditions haineuses de la cour de StGermain, eût frappé d'un tel coup les plus chers intérêts de l'Angleterre, que l'on ne saurait peut-être reprocher au poète la distraction qu'il fit alors à sa douleur. Heureux s'il n'eût jamais flatté qu'avec une telle excuse l Du reste, dans la publication de ses oeuvres , Young parut désavouer, en les supprimant, la plupart
  • Edouard BAER : animateur télé français
  • Edouard BALLADUR( 1929) : politicien
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  • Edouard FOURNIER : écrivain français
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  • Edouard VAILLANT : politicien
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  • Édouard Herriot : Édouard Daladier et Édouard Balladur, hommes politiques français
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