Le prénom Christophe Masculin

Origine :

Fête :

21 Août

Signification de Christophe

Christophe est de nature émotive. Il ne supporte pas les hypocrites et les évite au maximum. Les pays chrétiens apprécient ce prénom car il s’apparente à celui du sauveur : Jésus Christ. Ce prénom est porté par de nombreuses célébrités notamment Christophe Colomb, Christophe Dechavanne, Christophe Barbier ou encore Christophe Maé. Il a également été choisi comme pseudonyme par un chanteur français qui a fait craquer l’audimat : Daniel Bevilacqua alias Christophe. Les Christophe sont connus pour leur sociabilité sans égale. Affichant toujours un beau sourire, ils nouent facilement des liens d’amitié avec les autres.

Personnalité de Christophe

De nature volontaire, ce sont des hommes actifs et hardis, amoureux du risque. Bons vivants, pleins d'humour, amusants, leur compagnie est bien agréable. Voyageurs, aventuriers, ils sont passionnés et curieux. Ce sont des hommes de terrain qui ont le sens des affaires et du commerce.

Provenance du prénom Christophe

Histoire de Christophe

Etymologie de Christophe

Les Christophe célèbres

  • Christophe ANGELUS : savant grec du 17e siècle , né dans le Péloponèse , fut obligé par les Turcs d'abandonner son pays ; il se réfugia en Angleterre , où il obtint des secours (le l'évêque de Norwich et de plusieurs membres du clergé. A la recommandation de ce prélat, il fut reçu au collége de la Trinité , à Cambridge , et y étudia pendant trois ans. En 1610, il se rendit à Oxford , et étudia au collége de Baliol , où il enseigna le grec jusqu'à sa mort , arrivée le 1" février 1658. Ses ouvrages sont : 1° une relation (les tourments qu'il éprouva à cause de sa foi en JésusChrist , Oxford , 1619 , en grec et en anglais. Enchiridion de Institutis Grœcorum , Cambridge , 1619 , en grec et en latin. On trouve dans cet ouvrage des détails curieux sur les pratiques de la religion grecque. 2° An Encomium on the kingdom of Great Brilain, and the tu'o flourishing sister- universities , Cambridge and Oxford, Cambridge, 1619. 5° De Aposlasio Ecclesice et de Homine peccati , stil. Antichris( o , Londres , 4624 , grec et latin
  • Christophe ACOSTA( 1400 - 1616) : chirurgien portugais , naquit à Mozambique , vers la lin du 15e siècle. Ayant eu de bonne heure le goût des voyages , et étant allé en Asie pour y rechercher les drogues que l'on en tire pour l'usage de la médecine , il fut pris par des pirates, qui l'emmenèrent en esclavage, et lui firent éprouver les traitements les plus durs. Il trouva enfin le moyen de sortir de sa captivité , et continua ses voyages. Ce ne fut qu'après en avoir fait plusieurs, surtout aux Indes orientales, qu'il revint en Europe , et qu'il se fixa à Burgos , où il exerça la médecine et la chirurgie. Sur la fin de sa vie, il se retira dans un couvent de cette ville. Ayant eu connaissance de l'ouvrage de Garcias ab horto, sur les drogues, il en entreprit un sur le même sujet ; mais au fond ce ne fut qu'une sitnple copie ou une traduction espagnole, à laquelle il ajouta peu de chose. Elle parut à Burgos, en 1578 sous le titre de : Tratado de las drogas y medicinas de Le traité de procuranda IndorumSalute, en 6 livres, a eu une seconde édition à Cologne, 1396 Celui de Christo recelai°, dont les 4 livres de Temporibus novissimis font partie, étant devenu trèsrare, quoique plusieurs fois imprimé, a été inséré, par le P. Tournemine, à la fin de son Menochius, ainsi que celui de vera Scripturas interprelandi Ralione libri ires. On a dit que le P. Acosta avait mis en latin les actes da troisième concile de Lima. T.—D. las Indics orientales, con sus plantas, et fut traduite en italien par Guilandini , Venise , 1585 Clusius la traduisit en latin , l'abrégea , y ajouta quelques remarques , et la fit imprimer dans ses Exotiques, à Anvers, en 1582 à la suite de Garcias. Acosta y avait joint des figures ; mais quoiqu'il assure qu'elles ont été faites sur le vivant, Clusius les trouva si mauvaises, qu'il en supprima la majeure partie. On l'imprima séparément à Anvers, en 1593. Antoine Colin , apothicaire de Lyon , traduisant en français l'ouvrage entier de Clusius , dans lequel sont réunis les traités de Garcias ab horto, de Monardes , traduisit aussi celui d'Acosta , en conservant les figures. Cette traduction parut à Lyon , en 1619 Christophe Acosta , quoique souvent cité, a rendu peu de services à la médecine et à la botanique. Haller le regarde comme un chirurgien ignorant et peu lettré. Acosta publia la relation de ses voyages , et un livre à la louange des femmes , dédié à Catherine d'Autriche , Venise , 1592 Il a composé en espagnol plusieurs autres écrits sur la vie solitaire et religieuse, sur l'amour divin et humain. — Gabriel ACOSTA, chanoine et professeur de théologie à Coimbre, mourut en 1616, après avoir composé des Commentaires sur le 49° chapitre de la Genèse, sur Ruth, les Lamentations de Jérémie, Jonas et Malachie, Lyon, 1641 — Emmanuel ACOSTA , jésuite portugais, du 16e siècle, est auteur d'un ouvrage intéressant, traduit en latin par le P. Maffei, sous ce titre : Rerum a societate Jesu in Oriente geslarum, ad annum 1568, Commentarius, libri 4 ; Dilingen, 1571 Cette édition contient encore deux lettres de l'auteur sur les missions du Japon, avec l'histoire de cinquantedeux missionnaires martyrisés dans ce pays. L'ouvrage a eu deux autres éditions, l'une imprimée à Cologne, l'autre à Anvers ; celleci en '1605 Il a été traduit en espagnol par Jean Inniguez de la Guerrica, 1575 P—s.
  • Christophe AMBERGER : peintrede Nuremberg, fut disciple de Holbeins le jeune, et imita fort heureusement sa manière : il dessinait correctement , disposait bien ses figures, excellait dans la perspective, et ne manquait pas d'un beau coloris. L'Histoire de Joseph , en douze tableaux , est sa meilleure composition. La galerie royale.de Munich conserve plusieurs de ses ouvrages. CharlesQuint l'attira à Augsbourg, en 1550, et en faisait si grand cas, qu'il le mettait souvent à côté du Titien : mais I cette comparaison prouvait plus contre le goût de l'Empereur qu'en faveur de l'artiste. On a gravé, d'après Amberzer, la Décollation de Si. Jean- Bap- tis( c, en demifigures
  • Christophe ARCISZEWSKI( 1500) : né en Pologne, vers la fin du 16' siècle, entra fort jeune dans l'armée polonaise, et s'éleva par degrés au rang de colonel. Ayant embrassé les erreurs des sociniens qui s'étaient répandus dans sa patrie, il fut obligé de s'en éloigner en 1622, et vint offrir ses services aux Hollandais, auxquels il fut très - utile lorsqu'ils enlevèrent le Brésil aux Portugais. Ils le nommèrent gouverneur de cette contrée; et les premiers soins d'Arciszewski furent de mettre sur un pied respectable les places de son gouvernement. C'est à lui que BioJaneiro, Bahia et Fernambouc doivent leurs fortifications. Il combattit avec tant de succès les Espagnols et les Portugais, que les Hollandais reconnaissants firent frapper en son honneur une médaille où l'on voit la forteresse de RioJaneiro, élevée sur les bords de la mer, et près d'elle une colonne à laquelle sont suspendues les armes de la famille Arciszewki, couronnées de lauriers. L'inscription porte : Hoslibus lisp. pro/ ligalis. Sur le revers de la médaille on lit : Heroi, generis nobilitate , armoru? t el litterarum scientia longe proestantissimo, Christ. A rciszticski, rcbus in Brezilia per trienniurn prudentiss., fortiss. , Plicissime gestis. Socielas Americana sua) yraiitudinis, et ipsius fortitudinis ac / idei hoc monumentu? esse voluil. Arno 1657. Cette médaille est trèsrare dans les collections numismatiques. J.V. Niemcewicz, dans son Recueil , dit qu'il en a une dans son cabinet. Le nième savant a publié une lettre qu'Areiszewski écrivit d'Amsterdam à Vladislas VII, pour le remercier des lettres par lesquelles ce prince lui offrait le rang de général d'artillerie ou le commandement de la flotte que la Pologne avait sur la mer Baltique. u Vous « avez mème daigné, ajoutetil, me donner l'assu-« rance qu'après la mort du due de Poméranie vous « donneriez à mon frère et à moi les domaines de « Bytum et Lauenbourg, pour en jouir cousine fiefs « royaux. Je me fie à cette parole royale, qui nia « été envoyée si loin, per lot spolia terrarum. s ArIciszewski témoigne un vif désir de rentrer au ser- vice de Pologne; mais il assure qu'il ne peut quitter la religion socinienne, qu'il dit avoir embrassée avec connaissance de cause. Dans sa lettre au roi, il parle es tentatives que l'Espagne avait faites pour l'attirer son service. Selon Niemcewicz, ce général a publié en latin un traité sur l'artillerie, lequel passa longtemps pour le meilleur qu'il y eût en Europe. Ar-- iszewski rentra en Pologne sous le règne de Jean Casimir, et il mourut à Leszno. Cette ville, ayant été brûlée par les Suédois, l'église où se trouvait déposé son corps fut réduite en cendres
  • Christophe ARNOLD( 1650 - 1697) : paysan de Sommerfeld, dans les environs de Leipsick, vécut et termina sa vie dans son village. Il fit des progrès en astrono- mie tels, que ses observations de la comète de 1683, de celle de 1686, et du passage de mercure en 1690, attirèrent l'attention des astronomes. Les magistrats de Leipsick lui donnèrent plusieurs marques de considération ; son portrait est à la bibliothèque du conseil de cette ville. Christophe Arnold naquit en 1650, et mourut en 1697, après avoir fait de nombreuses observations astronomiques et météorologiques, dont une partie fut, par lui, remise à l'astronome Godefroi Kira, et reste déposé dans la bibliothèque de Leipsick
  • Christophe BAGSHAW : né dans la province de Derby, fit ses études à l'université d'Oxford, et fut, en 1579, principal du collège de GlocesterHall. En •1582, il quitta ses bénéfices et ses places pour se faire catholique. Étant passé sur le continent, il lit un court séjour en France, se rendit à Rome, où il étudia la théologie dans le collège anglais , prit le bonnet de docteur dans une université d'Italie, et revint en Angleterre, en qualité de missionnaire. Il fut arrêté et enfermé au château de Wishich, avec plusieurs autres qui y étaient détenus pour la mème cause. On lui rendit bientôt la liberté, et il fut chargé par le clergé d'aller suivre à Rome l'affaire de l'établissement d'un archiprêtre, qui divisait toute l'Église catholique d'Angleterre. 11 se retira quelque temps après à Paris , où il passa le reste de ses jours, et mourut vers 1626. Bagshaw savait parfaitement le grec, et était habile controversiste. Daus la dispute entre les réguliers et les séculiers, au sujet de l'archiprètre , il prit parti pour les derniers, comme on peut en juger par les ouvrages suivants : •1° Relatio compendiosa turbarum quas jesuitce angli, ana cum G. Black, wello archipresby- tcro, etc., conscivere, Rouen, 1601 sous le nom de Jean Musli ; 2° Véritable relation de la faction qui a commencé à Wishich, par le P. Edmond, jé- suite, en 1595, etc., Rome, 1601 ; 5° Réponse à cer- tains points d'un libelle appelé une apologie de la subordination en Angleterre, Paris, 1605 Ces écrits servent à faire connaitre l'histoire de l'Église catholique d'Angleterre, sous les règnes d'Élisabeth et de Jacques I"
  • Christophe BALTHASAR( 1588 - 1670) : avocat du roi à Auxerre, né à VilleneuveleRoi, en 1588, écrivit pour prouver la légitimité des droits de la France sur différents domaines de l'Espagne. Son ouvrage est intitulé : Traité des usurpations des rois d'Es-1. pagne sur la couronne de France, depuis Charles VIII, Paris, 1626 augmenté d'un Discours des droits et prétentions des rois de France sur l'Empire, Paris, 1655 ; réimprimé en 1647 sous le titre de Justice des armes du roi très- chrétien contre le roi d'Espagne. Il était âgé de plus de soixante ans quand il embrassa la religion protestante, ce qui lui a Valu de grands éloges de la part de Bayle. Il mourut (le la pierre, à Castres, vers 1670. Le P. Lelong dit qu'il fut conseiller d'litat et intendant en Languedoc, mais c'est une erreur. Les derniers éditeurs de sa Bibliothèque de la France conjecturent que Christophe Balthasar avait un fils du même nom que lui, avocat au présidial (l'Auxerre, et auteur de difffirents traités sur le droit de régale et l'origine des fiefs, que l'on conservait manuscrits dans la bibliothèque de Séguier ; comme ils n'appuient leur conjecture d'aucune preuve, nous avons suivi l'opinion commune, qui ne distingue pas ces deux auteurs
  • Christophe ANSTEY( 1724 - 1805) : poète anglais , né en 1724, acheva ses études à l'université ; le Bal d'élection, 1776; l'Envie, 1778; la Charité, 1779 : morceaux recueillis en un vol. 1786. Un de ses premiers essais avait été la traduction en vers latins de la célèbre élégie de Gray ; le dernier écrit qu'il publia fut également un poème latin, ode alcaïque adressée au docteur Jenner, au sujet de sa découverte de la vaccine. Christophe Anstey mourut en 1805, dans la 81° année de son fige. Une magnifique édition de ses oeuvres complètes, précédées de mémoires sur sa vie, a été publiée en 1808 par son fils, qui porte également le prénom de Christophe. C'est sans doute cette conformité qui aura induit en erreur un des auteurs d'une Biographie que nous avons sous les veux, et dans laquelle les productions et les détails de. la vie du père et du fils sont confondus ensemble
  • Christophe ARNOLD( 1627) : philologue, né en 1627, mort à Nuremberg, professeur d'histoire, d'éloquence et de poésie. Il eut des relations avec les savants les plus distingués de son temps. On y trouve un catalogue de ses nombreux écrits; celui qu'offre Adelung est plus complet. Nous n'indiquons ici que les plus remarquables : 1° Val. Catonis gramma- tici Dirce, cum commentario pervetuo, Leyde, 1652, édition trèsrare. 2° ° ratio de Jano el Januario. 50 malus linguce latinœ, imprimé quatre fois à Nuremberg. 4' Testimonium Flavinium de Christo, lib. Antiq. , c. 4, Nuremberg, 1661, in -12. Ce sont trente dissertations en forme de teilles, que Ilavercamp a insérées dans le 2' volume de son Josèphe. 5° De Parasitis, en tète de l'Epulum pargsi- licum, ib., 1665 Note ad Jo. Eph. Wa- genseilii commentarium in Solam, ib., 1670 70 Ses lettres à Nicot. Heinsius se trouvent dans la collection de Bormann, t
  • Christophe BENNET( 1617 - 1655) : savant médecin anglais, né dans le comté de Sommerset, vers l'année 1617, étudia à Oxford, où il prit ses degrés ; il exerça avec succès la médecine à Londres, et fut membre du collège des médecins de cette ville. Il y mourut, le 1" mai 1655, de consomption, maladie dont il s'était principalement occupé, et qui fait l'objet de son meilleur ouvrage. On a de lui : 1° Theatri tabidorum Veslibulum, etc., Londres, 1651 ; Exercitationes diagnosticce, cum historiis demonstrativis, quibus alimentorum et sanguinis vilia deleguntur in plerisque morbis. Il a aussi corrigé et augmenté un traité du docteur Moufet, intitulé : l'Art d'améliorer la santé, etc., Londres, 1655
  • Christophe BESOLD( 1577 - 1638) : professeur de droit à 111' Ingolstadt, né à Tubingen, en 1577, était professeur de droit en 1655, lorsqu'il se fit catholique, abandonna sa place pour devenir conseiller à la cour d'Autriche, puis se retira à Ingolstadt, où il mourut le 15 septembre 1638, au moment où le pape venait de lui faire offrir une chaire à Bologne , avec 4,000 ducats de pension. Il a écrit un grand nombre d'ouvrages, soit d'histoire, soit de jurisprudence, où l'on trouve de l'érudition, mais peu de méthode et de jugement. Les principaux sont : Synopsis rerum ab orbe condito gestarum usque ad Ferdinandi impe- rium, Franeker, 1698 2° Synopsis doctrine° politicce. 5° Historia imperii Constantinopolitani et 1° Remarques importantes sur le nouveau Catéchisme de M. Langue!, archevéque de Sens, Paris, 4732-33, 3 parties ; 2° le Juste Milieu qu'il faut tenir dans les disputes de religion, ibid. ; 3° Cantiques spirituels tirés des hymnes du bréviaire de Pa- ris, ibid., 1746 ; 4° Prières el Réflexions en forme de litanies i pour toutes les fétu de l'année, ibid., 1757 5° Principes de jusfice chrétienne, ouVies des Justes, ibid., 1762, 1 vol. faisant suite aux Principes de la pénitence; 6° plusieurs écrits de contro- verse dont les.titres se trouvent dans la France littéraire de M. Qué- rard. CH—S. Turcici. 4° Series et succincta Narratio rerum a re- gibus Hierosolymorum Neapoieos et Sicilice g estarum 50 Dissertationes philologicce , 1642 On en trouve une sur l'origine de l'imprimerie, qui a été réimprimée dans les Monument. typographica de J.Chr., Wolf, Hambourg, 1740 6° Prodro- 'mus vindiciarum ecclesiast. Wirtembergicarum , , 1656Documenta rediviva monasteriorum Wirtemb., Tubingen, 1656 Ces deux ouvrages, quoique réimprimés furtivement à Vienne, 1725 et 1726 sont de la plus grande rareté, ayant été supprimés avec soin, ainsi que les trois suivants. 80 Virginum sacrarum Monumenta, etc. 9. Docu- menta concernentia ecclesiam collegiatam Stuttgar- diensem. 10. Documenta ecclesiœ Raelehenang. Ces cinq ouvrages, que les Allemands comptent parmi leurs plus rares curiosités bibliographiques, sont tous Tubingen, 1636. Troy. le Calai. libr. rar. de Vogt
  • Christophe BORRI : jésuite milanais, se consacra aux pénibles travaux des missions orientales, et fut un des premiers qui pénétra dans la Cochinchine, où il séjourna cinq ans. La relation qu'il en publia en italien, Borne, 1651 fut traduite, la même année, en français, par le P. Antoine de la Croix, Rennes, petit ; en latin, Vienne en Autriche, 1655; et en anglais, par Robert Atsley, Londres, 1633 Churchill inséra cette traduction dans le 2° volume de sa collection de voyages, mais il y ajouta une 2e partie. La relation de Borri n'est recherchée que parce qu'elle est la première que l'on ait de ce pays lointain : Fauteur y traite d'abord du climat et de la fertilité du pays, des animaux singuliers qui s'y trouvent, des éléphants, des abadas , des moeurs et coutumes des habitants, et de leur état politique ; la 2e partie est entièrement ccinsacrée à la relation des succès de la prédication de l'Evangile. De retour en Europe, le P. Borri enseigna les mathématiques dans les collèges de Coimbre et de Lisbonne, et crut avoir trouvé un procédé utile à la navigation, par le moyen de l'aiguille aimantée : il s'agissait probablement de la recherche des longitudes. Ayant été mandé à la cour de Madrid pour y exposer sa découverte, ses supérieurs le soupçonnèrent de tramer quelque projet au préjudice de son ordre, et le firent venir à Rome, où il ne put se justifier ; il fut, en conséquence, exclu de la compagnie, et mourut quelque temps après, le 24 mai 1632
  • Christophe BROWER( 1560 - 1617) : né à Arnheim dans la Gueldre, vers 1560, entra,chez les jésuites à Cologne en 1580, enseigna lis humanités et la philosophie à Trèves, devint recteur du collége de Fulde, puis de la maison professe de la première de ces villes , où il mourut le 2 juin 1617 , à la suite de deux jours de léthargie, suite de sa vie sédentaire et de son extrême assiduité au travail, que n'avaient jamais pu interrompre les douleurs de la goutte et de la pierre qui le tourmentèrent dans ses dernièreS années. L' électeur , Jacques de Eltz , l'avait chargé de composer l'histoire de son archevéché, pour l'opposer à celle de Kirlander, dirigée contre la religion catholique et contre les intérêts de l'électeur. Cet ouvrage lui coûta trente ans de recherches et de travail. Lorsqu' après sa mort on voulut le rendre public, l'électeur Lothaire de Metternich le soumit à des censeurs qui, ne le trouvant pas assez favorable aux droits de leur maitre, y firent beaucoup de changements : c'est dans cet état qu'il fut imprimé à Cologne en 1626, sous ce titre : Antiquitaks annalium Trevirensium libri 23; mais, avant d'étre mise en vente, peut-ètre méme avant d'être entiè' muent imprimée, car la préface et la fin man-. Les ouvrages de Brower sont : lo Fuldensium Antiquitalumlibri 4, Anvers, 1612 ouvrage exact et fort estimé : il s'étend jusqu'en 1606. 2° Sidera illustrium et sanctorum virorum qui Germaniam ornarunt, Mayence, 1616 Ces vies sont tirées d'anciens manuscrits et accompagnées de quelques notes. 5° Fortunati et Rhabani Mauri Poemala cum nous, Fulde, 1605 ; Mayence, 1616 rare. — Jacques DE BROWER', natif de Hoochstraet en Brabant, entré dans l'ordre de StDominique, docteur et professeur de philosophie et de théologie à Douai , commissaire apostolique en Danemark pour y organiser les missions, inspecteur de celles de Hollande, mort le 4 novembre 1637, à Anvers, prieur du couvent de son ordre et définiteur de sa province, avait donné en 1613, à Douai, une édition corrigée des commentaires de Dominique Soto sur la Physique d'Aristote, et en 1621, dans la même ville, un traité sous le titre de Clavis apostolica, pour prouver que Paul V était vrai pape. La médiocrité de ces deux ouvrages nous `inspire peu de regrets sur ceux qu'il a laissés manuscrits
  • Christophe CACHET( 1572) : médecin, né à Neuf-- cliàteau en Lorraine, le 26 novembre 1572. Après avoir fait ses études à Pont-àMousson, il voyagea en Italie, dans le dessein de visiter les monuments de l'antiquité ; mais, arrivé à Padoue , il fut si charmé de l'éloquence et du savoir des professeurs de l'université de cette ville, qu'il y resta plusieurs années pour profiter de leurs leçons. Il reprit ensuite le chemin de son pays , en passant par la Suisse, et s'arrêta à Fribourg pour étudier le droit. Il s'aperçut bientôt que l'étude d'une science telle que la médecine ne souffre point de partage, et il s'y livra tout entier. De retour dans sa patrie, il s'acquit en assez peu de temps une grande réputation dans la pratique de son art. Il se fixa d'abord à Toul et vint ensuite à Nancy, le duc de Lorraine l'ayant nommé son médecin ordinaire avec le titre de son conseiller. Il a publié plusieurs ouvrages où on lui reproche d'avoir prodigué une érudition déplacée, et d'avoir mis souvent le raisonnement à la place de l'observation; mais Cachet mérite desélo- d'Hippocrate pour avoir voulu ramener les écoles à l'étude trilippocrate et des Grecs, pour avoir été un des premiers commentateurs d'Hippocrate, et pour s'étre élevé avec force contre les alchimistes et les charlatans, qui se vantaient, au moyen de quelques recettes, de guérir toutes les maladies. Il mourut à Nancy, le 50 septembre 1624. On a de lui : 1° Con- lroversice iheoricœ practicce in prisnam Aphorismo- t- um Hippocralis sectionem, Toul, 1612 20 Pandore Bacchica furens medicis ai- mis oppugna ta, ibid., 1614 C'est la traduction d'un ouvrage français de Jean Nlousin intitulé : Discours contre l'ivresse et l'ivrognerie, imprimé à Toul en 1612 Le titre annonce que le traducteur a enrichi J'ouvrage de plusieurs morceaux ; il n'y a pourtant pas fait une seule addition, et les mots auclunt et lo- cupletatunt qu'on lit. sur le frontispice y ont été mis par le libraire. 5° Apologie in hermetici cujus- dam anonytni scriptum de curatione calculi, ibid., 1617 4' Vrai et assuré préservali/ de petite- vérole et rougeole, divisé en trois livres, Toul, 1617; Nancy, 1625 e Exercitationes equestres in epigrammaium libros sex districtœ, Nancy, 1622 Cachet donne à ses épigrammes le titre d'é- questres, parce qu'il les avait composées la plupart à cheval, dans les voyages que son état l'obligeait de faire. Ce recueil n'est ni trèsconnu ni trèsestimé. — Paul CACHET, frère du précédent, bénédictin de la congrégation de StVannes, mort le 17 septembre 1652, publia un Mémoire de l'étal et qualité de l'abbaye de C. et A—N et W—s.
  • Christophe CALDENBACH( 1613 - 1698) : professeur d'his- toue, d'éloquence et de poésie à l'université de Tu- binzeu, né à Schwibus dans la basse Silésie, en 1615, fit ses études à Francfortsurl'Oder, et à Koenigsberg, oit il fut quelque temps prorecteur de l'école publique. C'était un savant trèsversé dans la connaissance des écrivains latins, svrtout des poètes, et qui les jugeait avec autant de goût que de saine érudition; son Compendium rhetorices a été longtemps, dans le pays de Wurtemberg , le manuel des écoles. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages sur la littérature ancienne , entre autres des notes sur Horace ; Collegium epistolicum, oratorium, analyticum, poeticum, mixium, in Ci- ceronem, Ovidium a alios; Commentarius rhetori- cus, etc. Il s'est aussi occupé des progrès de la langue et de la poésie allemandes, et il est auteur de deux dissertations, l'une sur l'olivier, de Olea, Tubingen, 1679 l'autre sur la vigne, de Vite, 1685 Il mourut à Tubingen, en 1698
  • Christophe CASATI( 1722 - 1804) : patricien milanais, né en 1722, et mort dans sa patrie en 1804, était fils du comte Joseph Casati, homme trèsinstruit, et qui rassemblait chez lui un grand nombre de savants, de littérateurs et d'artistes. Plusieurs d'entre eux durent à ses encouragements une partie de la gloire qu'ils avaient acquise, et, de ce nombre, fut Migliarca, auteur du poëme intitulé : il Figliuol pro- digo. Au milieu d'une telle société, le jeune Christophe ne put manquer de prendre du goût pour les sciences et les arts. Son inclination particulière le porta spécialement à l'étude de la jurisprudence, et surtout àcelle de l'histoire et des vieilles chartes. Il a composé en ce genre quelques écrits pleins d'érudition, qui sont restés dans son portefeuille. Le seul que le public ait connu par l'impression est une dissertation de 207 p. intitulée : dell' Origine delle auguste case d' Austria e di Lorena, 1792. Dans cet ouvrage, qui lui valut d'honorables témoignages de satisfaction de la cour de Vienne, il a fait voir, en réfutant quelquefois Mabillon et d'Herrgott, qu'Éticon, premier duc de l'Allemagne inférieure, fut la souche ‘commune des princes d'Autriche et de Lorraine. Etablissant ensuite que le père d'Éticon fut le duc Boniface, et son aïeul le duc Gondon, Casati muet en évidence l'origine du trèsancien droit de patronage que la maison d'Autriche avait sur la célèbre abbaye de Grandval en Alsace, et de celui de souveraineté non moins ancien qu'elle exerça sur cette province. La dissertation est accompagnée d'un appendice où l'auteur a montré d'une manière assez péremptoire que les familles des princes français carlovingiens et capétiens dérivent de la même souche que celles des princes d'Autriche et de Lorraine. G—N. "
  • Christophe CASTELLIONEUS : né à Milan, alla étudier la jurisprudence à Pavie, sous Balde, qui avait donné le plus grand éclat à l'école de cette ville ; mais le disciple devint bientôt le rival du maitre. 11 se mit aussi à enseigner le droit, et, ayant acquis en peu de temps une réputation égale à celle de Balde, on les vit employer les moyens les plus vils pour s'enlever mutuellement leurs élèves. Castellioneus enseigna encore à Parme, à Turin et à Sienne. Il a peu écrit, ou, pour mieux dire, ses ouvrages n'ont pas paru sous son nom. On prétend que Raphaël Cumanus et Fulgose, ses disciples chéris, se les sont attribués sans que Castellioneus s'en soit plaint. Peu de jurisconsultes ont plus été loués que lui. Son talent était tel qu'on le regardait comme un second Scévola. Il avait un esprit trèsdélié; on l'appelait le père des subtilités, et on l'accusa d'avoir apporté beaucoup de confusion dans les écoles par ses contradictions. Il fut conseiller du duc de Milan et comte palatin, et mourut à Pavie, le 15 mai 1425.
  • Christophe CELLARIUS( 1638 - 1707) : un des plus savants et des plus laborieux philologues du 17e siècle, naquit en 165g, à Smalcalde , ville de Franconie, r dont son père était surintendant . Il étudia dans diverses universités d'Allemagne , et, à l'àge de trente ans, il enseigna la philosophie morale et les langues orientales à Weissenfels. En 4675, il fut nommé recteur du collège de Weimar, et ensuite de ceux de Zeitz et de Mersbourg. Lorsque le roi de Prusse fonda l'université de Halle, Cellarius y fut nommé professeur d'éloquence et d'histoire. Il y mourut le 4 juin 4707, après avoir été longtemps tourmenté de la pierre. Il a donné, avec de savantes notes et de nouvelles tables trèsexactes, des éditions d'un grand nombre d'auteurs anciens, des Epitres de Cicéron, cie celles de Pline, de Cornélius Népos , de QuinteCurce, d'Eutrope, de Sextus Rufus, de Velleius Paterculus, des Panegyrici ve- teres, de Lactance, de Minutius Félix, du traité de saint Cyprien sur les Idoles, de Sédulius, de Pru- dentius, de Silius Italicus, de Zozime, de Preanius, des Epitres de Pic de la Mirandole , du Thesaurus eruditionis scholasticce de Basile Faber. Les ouvrages qui lui appartiennent eu propre sont : 1° Historia antique', Iéna, 1698 ., abrégé superficiel de l'histoire ancienne. 2° Orthographia latina ex vetustis monumeniis, etc. La meilleure édition est celle qu'a donnée Th.Christ. Harles, Altenburg, 1768 Antibarbarus, seu de latinitate media; et in fimce celatis liber, Iéna, 1695 ouvrage estimé. 4° Cu- rœ posteriores de barbarismis et idiotisniis sermonis blini, ibid., 1700 50 Breviarium Antiquita- lum romeiarum, Halle , 1710 ; traduit en français par Louis Vaslet, la Haye, 1723 6° Notitia orbis antiqui , Leipsick, 1701 , 1706, 1751 et 1775 , 2 vol. avec les additions de Schwartz. Cette dernière édition est la plus com- plète et la meilleure. Samuel Patrick lit un petit abrégé de cet ouvrage, Londres , 1764. En 1773, à l'époque où les cartes de Delisle et de d'Anville avaient rendu presqu'entièrement inutiles celles de Cellarius, on s'avisa de graver ces dernières à Rome sur une échelle beaucoup plus grande, et avec luxe. On réimprima en tète de cet atlas l'abrégé de Samuel Patrick, et quelques morceaux de Jacquier et de Boscovich sur la géographie ancienne. Ce recueil est intitulé : Christophori Cellarii Notifia orbis an- tiqui in compendium redacta , novis proefationibus exornata a Francisco Tirolio et Johanne Baptista Ghisio, commuai sumptu atque labore amplioribus tabulis aucta et accuratioribus catalogis locupletata, 1774 oblong. Les éditeurs de Leipsick réim- primèrent en 1776 les morceaux de Jacquier et de Boscovich; ils y joignirent dixhuit cartes du moyen âge, que Cellarius avait dressées pour un second traité de géographie qu'il se proposait de donner. Ce supplément important , et qu'on doit joindre à l'édition de 1773 , est intitulé : Appendis triplex orbis antiqui Christophori Cellarii, cum ta- bulis ceneis 18, Leipsick , 1776 de 25 pages avec 18 cartes. Les détails dans lesquels nous ve- nons d'entrer sur les diverses éditions de ce traité prouvent déjà que c'est le plus célèbre de tous les ouvrages de Cellarius, et celui qui a en le plus de succès. A l'époque où il avait entrepris son ouvrage, Ortélius avait, à la vérité, développé dans un grand atlas, et resserré dans un seul volume tout ce que, dans l'état imparfait où se trouvait de son temps la géographie moderne, on pouvait savoir de géogra- phie ancienne. Camden avait traité spécialement de la GrandeBretagne ; Cluvier, de la Germanie, de l'Italie et de la Sicile , qu'il avait parcourues pour cet effet ; Valois et Samson, de la Gaule; Paulmier, d'une partie de la Grèce , Briet avait meme donné la première partie de son Parallèle de la géographie ancienne et moderne, qui comprenait toute l'Europe; mais aucun auteur n'avait encore publié un traité de géographie ancienne complet et suffisamment étendu. Cellarius eut donc l'avantage de présenter le premier un grand ensemble , et cet avantage, dont son ouvrage a joui dans sa nouveauté , il le possède encore au•ourd'hui. Cependant il s'en faut de beaucoup que le mérite de cette production réponde à sa célébrité ; on a déjà depuis longtemps remarqué que l'auteur ne fit point usage des lumières que lui fournissait la géographie moderne , pour éclairer la géographie ancienne. Il est compi- lateur, et nullement géographe. Son traité est presqu'entiérement composé de fragments d'auteurs anciens, qui ne sont même pas disposés avec assez d'ordre. Cette méthode de transcrire tout au long les textes anciens , d'ailleurs bonne pour un traite spécial et complet sur un pays quelconque , est mauvaise pour une description générale du monde. Christophe Cellarius a laissé plusieurs autres ouvrages. La plupart sont relatifs à la littérature classique latine, ou à l'étude élémentaire des langues hébraïque, samaritaine et syriaque. Sa dissertation, de Studiis Romanorum litterariis in urbe et provinciis, se trouve dans le t. 5 du Thesau- rus de Sallengre. Ses dissertations, ses harangues et ses lettres ont été publiées, de 1712 à 1715, par D. Walch, qui y a joint l'histoire détaillée de sa vie et de ses écrits. — Christophe CELLAnius, fils du précédent, fut secrétaire du roi de Prusse pour les affaires de la basse Saxe. Il a publié : Origines et Successiones comilum Wettinensium usque ad Saxo- vice duces et electores qui ab illis orti sant Halle 1697 ouvrage curieux et bien écrit
  • Christophe CODRINGTON( 1668) : militaire distingué, savant et ami des lettres, naquit aux Barba des, en 4668, et commença son éducation dans cette 'le. Il fut envoyé en 1685 en Angleterre , et élevé à l'université d'Oxford, pour laquelle il eut toujours un tendre attachement. Nommé associé au . collège de AilSouls, il conserva ce titre , même en entrant dans la carrière militaire. L'élégance de ses manières, qu'il joignait au savoir le plus étendu, le lit remarquer du roi Guillaume qui le plaça comme capitaine dans le régiment des gardes à pied. Ou croit qu'il se lit distinguer à la reprise de StChristophe sur les Français , mais il est plus certain qu'il se trouva au siège de Namur en 1695. A la conclusion de la paix de Biswick, il fut nommé ca- pitaine général et gouverneur des iles du vent. Ac- cusé bientôt devant la chambre des communes de lite rocédés violents et illégaux durant son gouverne nt, l'accusation n'eut pas de suite, quoique son caractère, au moins vit et emporté, la rendit assez vraisemblable. En 1705, il assista à l'attaque de la Guadeloupe ; mais malgré la bravoure de Codring- ton, cette entreprise ne réussit pas. Peu de temps après il se démit de son gouvernement, et se retira dans ses biens aux Barbades, où il mena iusqu'à sa mort, arrivée le 7 avril 1710, une vie studieuse et retirée, s'appliqua surtout à l'histoire ecclésiastique et à la métaphysique. 11 laissa par son testament ses deux plantations des Barbades et une partie de l'île de la Barboude à la société pour la propagation de l'Évangile, et ordonna que la plus grande partie de ce legs serait employée à fonder et à doter aux Barbades un collège où l'on serait obligé d'ensei- gner et de pratiquer la médecine, la chirurgie et la théologie. Il légua aussi au collège d'Ail - Souls 10, 000 liv. sterl. pour Unir une bibliothèque et la fournir de livres, et, en outre, sa propre bibliothèque, estimée 6,000 liv. sterl. llest auteur de quelques petits poéines insérés dans les . 41usœ Anglicance, imprimées à Londres en 1741, et de quelques vers adressés à sir Samuel Garth, sur son poème du Dispensaire. Par un contraste assez singulier, il joignait à un caractère ardent et actif le goût de la retraite et de la vie méditative. Son corps fut transporté en Angleterre en 1716, et on lui éleva un tombeau à Oxiord. On trouve des renseignements sur Christophe Codrington dans l'Histoire d'Oxford de Chalmers. X—s et D—z—s.
  • Christophe COLOMB : le plus célèbre des navigateurs , auquel on doit la découverte du nouveau inonde. Le lieu et l'époque de la naissance de ce grand homme ont soulevé de vives et longues controverses. Plus de dix endroits se sont disputé la gloire de lui avoir donné le jour. Ferdinand Co On conserve à Malines un ouvrage manuscrit de Gérard Dominique relatif à l'historien van D'erre ou Dinrus ; il est intitule : Elogium, S'ive Synopsis rite Pari Dirai, historiei Delgio cleberrimi. Accedit encartai° brais de ejus postais. Les Espagnols ecrivent, en gênerai, Colon, d'eulres Colons et Colomo ; les Anglais et les Allemands, Columbus ; Pierre Martyr, dans sa lettre latine au comte Giovanni Boronieo, le nomme Cwonics, Jobst Ruchamer cependant, dans le premier ouvrage allemand où il soit parlé de la decouverte de l'Amérique, Unbekante landle und ci, ncive Weldle in Kuria verganger zeylhe erfunden, éd. de Nuremberg, 4508, ch. 84, nomme constamment, en allemand, Christophe Colomb Christolfel Dauber, c'est-àdire Christophe Pigeon.- mâle, germanisant ainsi son nom en le traduisant d'une manière ridicule. On l'appelle en France Colomb, tandis que son véritable nom est Colombo. D—z—s. lomb se contente de dire dans la vie de son pére , sans entrer dans aucun détail, que les uns prétendaient qu'il était né à Nervi ou à Bugiasco, petits bourgs dans le voisinage de la ville de Gènes, d'autres à Savone ou à Plaisance. PetroMaria Campi, dans son Histoire ecclé- siastique de Plaisance, le fait naître au village de Pradello dans l'État de Plaisance, d'autres lui don- nent pour patrie Cuecaro, dans le Montferrat , Cogoleto ou Cugureo . Si l'on s'en rapporte à Barl'os et à las Casas, ce serait dans quelque village , par Alexand. Geraldini, nonce du pape et précepteur des enfants de Ferdinand et d'Isabelle ; par Antonio Gallo ; par Bartolomeo Senarega, Muratori, et par Uberto Foglietta , tous contemporains de l'amiral, ainsi que par un écrivain anonyme qui a publié à Venise en 1509 un récit de ses voyages de déeouvertes , J.B. Mueoz et A nt. de Herrera, Spotorno , dans le Codice diplomatie° Colombo- American°, et Bossi, clans une dissertation sur la patrie de Colomb, jointe ii sa vie de ce grand navigateur, Washingtonlrving et le baron de Humboldt, lui donnent également la ville de Gènes pour patrie. Enlin notre and M. Martin Fernandez tle Navarrete, ce laborieux écrivain et ce critique si éclairé, que la science vient de perdre tout récemment, regarde la questiou comme résolue définitivement aujourd'hui, puisque Christophe Colomb luimégoe dii positivement en deux endroits de son testament qu'il naquit dans la ville le Gènes . Quant à l'époque de la naissance de Christophe Colomb, elle est, de même que les événements de sa vie antérieurement à sa correspondance avec Toscanelli , en 1474, enveloppée d'une telle obscurité, que les différentes combinaisons sur son zige, dit le baron de Humboldt, laissent une incertitude de vingtcinq ans. Ainsi, tandis que, d'après les données de Ramusio, Colomb serait né en 1450, sa iiaissance n'aurait en lieu qu'en 1456, selon le curé de los Pa GiovanniBattista Belloro a cherché à le prouver dans sa dissertation en forme de lettre, adressée, le 42 mai 1826, au baron de Zach. —z—s. Un certain Balthasar Colombo s'efforça, mais vainement, de le démontrer dans le proces qui eut lieu devant le conseil des Inas apres l'extinction de la descendance masculine de Christophe Colomb. M. le cuite Napione a aus.i défendu cette opinion. D—z—s. Un voyageur moderne, il. Valery, Voyage historique el tille- raire en Italie, dit qu'en passant à Cogoleto, on lui a montré une maison où l'on prétend qu'est ni Christophe Colomb, sur laquelle on lit, à la suite d'inscriptions pitoyables, ce beau vers improtà# par M. Caglinflii: tnuierat mundus; duo oint, ait iste ; Cet important document, tiré des archives du duc de Vera- guas, et insere sous le un •26, dans le t. 2 des Documents diplonia- tiques, publies par M. de Navarrete, est intitule : Testament°, Instaucion del mayorazgo hecha por ; il porte la date du jeudi 22 février 1498
  • Christophe CHAYER( 1723) : curé dans le diocèse de Sens, né à VilleneuveleRoi, le 26 janvier 1725, mort quelques années avant la révolution, a publié : 1. le Commentateur amusant, ou Anec- dotes très- curieuses , commentées par l'écrivain le plus célèbre de notre siècle , 1759 ; O les Vues et Entreprises des citoyens charitables, 1759 50 l'Amour décent et délicat, 1760 ho le Chansonnier agréable, 1760 ; les doux et paisibles Délassements de l'Amour, au temple de Vénus, chez les galants, 4760 ; 6° Jour- nal de la Charité, 1760; 7. le Théâtre du monde, 1760 8° Paraphrase en vers du Stabat mater, D
  • Christophe CLAVIUS( 1537 - 1612) : savant mathématiien du 16* siècle, naquit à Bamberg en 1557 cura chez les jésuites, qui l'envoyèrent à Rome, où, n 1581, il fut employé par Grégoir: X111 à la réurne du calendrier, et chargé ensuite de justifier eue réforme contre les vives attaques des protesants. Il réfuta Scaliger, Mstlin, Viete, Lydiat ; ut appelé l'Euclide de son siècle, et mourut à , tome, le 6 février 1612, âgé de 75 ans. Par, ;an. Gaudenzio prétend, dans son discours de Phi- ophorum guoreindam lucluoso Exigu, qu'il fui. tué iar un bœuf sauvage, tandis qu'il visitait les sept :rendes églises; mais un genre de mort si extraorlinaire eûtil été omis par Lorenzo Crasso, les PP. iouthwell et Alegambe, Bullart et Rossi? Ce derlier dit furmellement que Clavins mourut in colle- iio suce societatis. 11 jouit pendant sa vie d'une .rande réputation ; elle était telle, suivant Ribadeleira, que plusieurs auteurs aimaient mieux être ensurés par lui que loués par d'autres ; mais il eut les adversaires dont les injures peuvent servir à connaître quels étaient de son temps le genre la politesse de la critique littéraire. « Clet On a plusieurs ouvrages de Clavius; nous citerons les suivants : 10 Euclidis Elemento- rum libri 16, cum scholiis, 1574, ouvrage fort estimé, et souvent réimprimé ; le commentaire est quelquefois un peu prolixe. La traduction du 16" livre est de Foix Caudale. 2° Gnomonices libri 8, Rome, 1581 de 654 p. C'est le traité le plus volumineux qui existe sur l'art de faire les cadrans solaires ; mais il y règne un tel embarras dans les démonstrations, qu'au jugement du P. de Chelles, il n'est guère moins facile à un bon esprit de créer la gnomonique, que de l'apprendre dans Clavius. 5° Calendarii romani gregoriani Explicatio, iussu Clementis VIII, 1605 C'est le plus vaste et le meilleur ouvrage qu'on ait fait sur le calendrier romain. 4° Complaus ecclesiasticus per digiforum articulos el fabulas traditus, Rome, 1605 5° Opera, Mayence, 1612, 5 vol. Indépendatninent des ouvrages précédents, on y trouve ceuxci : Comment. in Sphœram Joann. de Sacro- Bosco, imprimé à Lyon, en 1594; Epitonze arithme-- ticce practices, publié à Cologne, en 1601 Geonteirica practica : elle avait paru à Rome en 1604 ; Algebra , publié à Genève en 1609 ; Astralabium Theodosii sphcerica; Epitome de horologiis; de Fini bus el de Lineis tangentibus; Casti- geai° casligationis Josephi Scaligeri, etc
  • Christophe CORIOLAN( 1560 - 1600) : dessinateur et graveur el, bois, naquit à i\uremberg, vers 1560; Passa en Italie, et ti a vail ta longtemps à Venise. M. de Ileueclie présume que son nom de famille était Lederer , qu'il changea en Italie contre eelui de Coriolanus. Vasari, clans la vie de MarcAntoine, dit positivement que Christophe Coriolan, après avoir exécuté à Venise un grand nombre de belles estampes, grava en bois les portraits des pe .seulptetus et architectes, dessinés par lui Vaaariet ses élèves. L'ouvrage de cet artiste historien .il'est pas le seul que Christophe ait enrichi de ses gra:nues ; il a fait, pour la volumineuse collection fies ouvrages 'd'histoire naturelle d'Aldrovande , la plupart ( les planches nombreuses qu'on y trouve; ‘ i' Ars gymnastica de Jérôme Mercuriale est égale-'nient orné de figures gravées par Coriolan ; on en voit encoi e dans les cours d'anatomie d'André Vesa I. Coriolan s'était retiré dans sa vieillesse à Bologne, où il mourut au commencement du Ir siècle.— 8artliélenty CottioLits, lils aine du précédent, naquit à Bologne en 1..UO. Dessinateur et graveur colonie Non père, il apprit les éléments de son art dam la maison paternelle. 'Admis à l'école du Cnide, il vit tiontet erultre t se développer le ger me du talent qu'il . avait .eçu de la nature ; il dédia au pape Urbain VIII plusieurs ouvrages qu'il avait exécutés en taille de !mir l'après le Guide, les Carrache et Vanni. Quelquesunes de ces tailles de bois sont exécutées en clairobscur; elles sont trèsestimées. Coriolan avait tin bon goùt de dessin; il savait donner à ses tètes un beau caractère, et les extrémités de ses ligures sont bien marquées. Il a gravé, d'après Paul Macci, quatrevingtdeux sujets emblématiques. Ses estantpes en clairobscur sont gravées sur trois planches de bois ; la première pour les contours et les ombres fortes ; la seconde pour les demiteintes, et la troisieme pour les parties claires. Coriolan mourut en 16Zil.— Jean- Baptiste CORIOLAN, son frère. né à tiologne en 1595, était peintre et graveur ; il avait appris de JeanLouis Valesio les principes de la pe ture. On voit dans les églises de SteAnne et de l'Annonciade, à Bologne, plusieurs tableaux de JeanBaptiste ; il parait cependant qu'il s'est plus occupé de gravure. Plusieurs frontispices de livres, ainsi qu'un grand nombre de thèses, sont graves de sa main. Quelquesunes des estampes de Curiolan sont trèsrares, et particulièrement celle qui représente Cupidon endormi, pièce en clairobscur, sans marque, mais de l'invention du Guide. Les connaisseurs préfèrent les tailles en bois de Coriolan à ses gra- vures au butin. Il a beaucoup travaillé d'après le Guide et Louis Carrache. Presque tous les portraits qu'il a gravés représentent des hommes célèbres de son temps. —Sa sœur, Thérèse- Marie CORIOLAN, cultiva, comme lui, la peinture et la gravure ; mais ses ouvrages sont peu nombreux
  • Christophe COUDRETTE( 1701) : né à Paris en 1701, de parents « qui, quoique liés aux jésuites, Péle-« vèrent chrétiennement, » dit son biographe, fit se études au collége de Louis le Grand et au collége du Plessis. Il se lia avecPabbé Boursier, et en adopta 'tellement les idées, qu'on l'appela le petit Boursier. Admis à la prêtrise en 1725, il eut l'année suivante des relations intimes avec le bienheureux Pâris. L'archevêque de Paris l' en 1732. 11 fut en 1735 conduit à Vincennes, où il resta pendant cinq semaines et demie. Arrêté de nouveau en 1738 et conduit à la Bastille, il y séjourna près d'un an. Dans les dernières années de sa vie, Coudrette était devenu presque aveugle. 11 mourut le 4 août 1774. On .a de lui : 1° Disserta- tion théologique sur les loteries, 1743Dis- sertation sur lts bulles contre & dus, Utrecht, 1737, 4 vol. ; 3° Histoire générale de la naissance et des progrès de la compagnie de Jésus , 1761, 4 vol. 4' Idée générale des vices principaux de l' stitut des jésuites, tirée de leurs constitutions, 1762 avec supplément; 50 Mémoire pour servir l'histoire générale des jésuites, ou Extrait de l'His- toire universelle de M. de Thou, 1761 ; 6° Mé- moire sur le Formulaire, 1756, 2 vol. 7° 11e- quête des sous- fermiers en 1752; 8° Mémoire où l'on prouve que les jésuites et leur institut sont en- nemis des évdques et de l'épiscopat; 9° Additions aux Nouvelles ecclésiastiques, pour l'année 1757 . Enfin, c'est Coudrette qui a été éditeur de l'Histoire et Analyse du livre de l'Action de Dieu
  • Christophe CRINESIUS( 1584) : né en Bohême nul 1584, enseigna les langues orientales à Wittemberg, où sa réputation attira un auditoire trè›- nombreux. Il exerça ensuite le ministère dans une église protestante sur les frontières de la Styrie, d'où il fut obligé de s'éloigner en 162i, en conséquence des ordres de l'empereur Ferdinand, qui n'avait accordé aux ministres protestants qu'un terme de huit jotws pour sortir de ses'Étals hért:- ditaires. Réfugié à Ratisbonne et à Nuremberg. crinesitts fut nommé, par le sénat de cette dernière ville, professeur et prédicateur à l'uni ersité d'Altdorf, où il mourut le 28 août 1629. Ses principatex ouvrages sont : l° Gymnasium Syriacum, hoc est, lingue Jesu- Christo rernaculœ perfect« institutio, 'i, N. T. Syro et aliis rerum Syriacarum seriptori- cillecta, novis et genuinis caracteribus ador- nota, Wittemberg, 1611 La préface est de L. Fabricius, qui recommande cette grammaire colline trèsutile à ceux qui désirent étudier l'Écri- ture sainte dans les sources. L'ouvrage est di\ isé en deux parties ; la première présente les principes de la grammaire syriaque ; la seconde en donne l'application. 2' Epistola S. Pauli ad Romanos, linguu syriaca, Jesu Messie et sospitatori nostro rernacula ex Test. Syr. Viennensi desumpta, Wit- tcmberg, 1612 '. L'auteur dédie cet ouvrage aux rabbins chrétiens les plus célèbres de l'Europe. 3. Lexicon Syriacum a N. T. et Rituali 'Severi, patriarche quondam Alexandrini, syro confectum, I ribus ling u is cardinalibus expositum, Wittemberg, 1612, Fabricius, qui a également fait la préface de ce dictionnaire, dit qu'il est le premier ou-\ rage qui ait paru en ce genre ; que celui que l'on avait publié avec la polyglotte d'Anvers ne peut lui ètm comparé sous aucun rapport. 4° Epistola S. Pauli ad Titum, lingua syriaca, cum interpre-) J auctario de Thaumaturgia Christi, Nuremberg, 1625, et ensuite 1627 On I rouve le précis de la Confession d'Augsbourg en distiques grecs. Q Lingua samaritica ex Scripturoe sacre. libris impressis et niait uscriptis eruta, C11711 aliis orientalibus quatuor. typo mie collata, Altdorf, sans date 8' Ortographia syriacce, Altdorf, Ili28; 9" Gymnasium chai- et dans Gust. George Zeltner des détails ?lus étendus sur Crinesius et sur ses ou% razes
  • Christophe DAVENPORT( 1598) : savant franciscain anglais, né à Coventry, dans le comté de Warwick, vers 1598, se convertit au catholicisme vers l'âge de dixsept ans, et quitta l'université d'Oxford pour aller à Douai, et de là à Ypres, oh il prit l'habit religieux en 1617. 11 revint ensuite en Angleterre en qualité de missionnaire de son ordre, sous le nom de Franciscus a S. Clara, et montra beaucoup de zèle pour faire desprosélytes. 11 réunissait à un vaste savoir une éloquence facile et des manières vives et aimables qui le rendaient agréable même aux protestants, dont il se fit également estimer par ses moeurs et son caractère. La reine HenrietteMarie, femme de Charles ler, le choisit pour un de ses chapelains. Lorsque la guerre civile commença à éclater, il fut obligé de se tenir caché, tantôt à Londres, tantôt à Oxford. Un des griefs allégués contre l'archevêque Laud était d'avoir eu plusieurs conférences avec lui , dans la vue d'introduire (( la doctrine romaine et la superstition dans le (( royaume » Après la restauration, Davenport fut fait chapelain de la nouvelle reine Catherine de Portugal, femme de Charles 11, et fut nommé pour la troisième fois provincial de son ordre en Angleterre, où il mourut en 1680. La collection de ses ouvrages a été imprimée à Douai, 1665, 2 vol. Les principaux sont : 1° Paraphrastica expositio articulorum con fessionis Anglicoe, ouvrage qui arlarma tellement les jésuites qu'ils voulurent, diton, le faire condamner au feu ; 2° Deus, natura gratia sive tractatus de proedestinatione, etc , réimprimé avec le précédent en 1635
  • Christophe DIANA( 1553) : peintre, né en 1553, à SanVito, dans le Frioul, suivit jeune les leçons de Pomponio Amalteo, qui ne négligea rien pour développer ses heureuses dispositions. Le portrait d'Oristilla di Parstimago, qu'il fit à vingt ans, prouve qu'à cet âge, s'il ne possédait pas encore tous les secrets de son art, il savait du moins poser une figure, et la dessiner avec pureté. On conserve à SanVito, dans la principale église, un tableau de Diana, représentant le Christ en croix, avec la Vierge et St. Jean. C'est peut-être le chefd'oeuvre de cet artiste; on ne cite aucune autre composition de lui qui réunisse, au même degré, le mérite et la correction du dessin, et la vérité du coloris. Lanzi l'ait une mention honorable de Diana, dans la Storia della pittura ; mais il a négligé de recueillir les particularités de sa vie, qui fut, selon toute apparence, assez courte et prisée d'événements
  • Christophe DIEUDONNÉ( 1757) : né en 1757, dans les Vosges, était avocat t StDié au moment de la révolution. Il fut alors nommé administrateur du département des Vosges, et bientid membre de l'assemblée législative. Après la session , il fut rendu à ses premières fonctions, et, en l'an 5, choisi par le Directoire exécutif pour exercer près de l'administration des Vosges les fonctions de commissairp central. 11 siégea an conseil des CinqCents jusqu'au 18 brumaire, fut ensuite membre du tribunal , et, en 1801, préfet du tlépartement du Nord. Ses travaux comme législateur auraient pu être utiles sans être brillants ; mais dans sa carrière administrative il déploya des talents. i.e département du Nord, l'un des plus importants de la France par son industrie et sa population, avait beaucoup souffert de la guerre et des excès de la révolution ; Dieudonné , secondant les efforts du gouvernement , recréa les institutions et les établissements publics, rétablit les manufactures, encouragea l'agriculture. Pour mieux faire connaitre le département, il publia une statistique fort esti- mée, surtout pour ce qui est relatif aux mines d'Anzin. Dieudonné mourut à Lille le 22 février 1805. Sa Statistique du département du Nord , Douai, 1804,3 vol. a été continuée jusqu'à l'an 1815, par M . Bottin, qui avait été son collaborateur
  • Christophe DORSCH( 1676 - 1732) : graveur en pierres fines, né à Nuremberg en 1676, apprit à graver eu creux de son père , parcourut l'Allemagne dans sa jeunesse pour se fortifier dans son art, et revint dans sa ville natale, où il exécuta une quantité prodigieuse de gravures. Dorsch est peut-être, de tous les artistes modernes qui ont travaillé lés pierres fines avec quelque suc- cès, celui qui en a produit un plus grand nombre. C'était un praticien fort expéditif, qui était plus occupé du soin de multiplier ses ouvrages que/ de l'ambition d'atteindre à cette perfection dont les pierres antiques offrent un si parfait modèle. Quoi- Voyez le Mémoire publié par le président Rolland, en 1781, ‘1,ins sou procès avec l'abbé de Majainville. que fort estimé par les Allemands, Dorsch ne sera jamais regardé comme un artiste d'un goût délicat. Cependant les nombreuses suites de portraits de papes, d'empereurs, de rois de France et de souverains de tous les pays, qu'il a gravées, seraient une des parties les plus intéressantes de l'iconographie moderne, si la plupart de ces portraits n'étaient pas faits d'imagination. Quand Dorsch n'avait pas sous la main un portrait ressemblant de la personne qu'il voulait représenter, il ne se faisait pas le moindre scrupule de le graver d'après l'idée qu'il s'était formée de sa figure. C'est ainsi qu'il a presque toujours travaillé ; les copies qu'il a faites des plus belles pierees antiques, quoique plus fidèles à leur modèle, ne doivent être consul- tées qu'avec circonspection par les personnes qui ne connaissent pas les originaux. Le touret de Dorsch manque d'agrément ; mais il est ferme et hardi. Cet artiste eut deux filles auxquelles il enseigna son art; il mourut à Nuremberg, le 17 octobre 1732
  • Christophe DUPRÉ( 1500) : sieur de Passy, né à Paris vers le milieu du 16e siècle, a publié un recueil de vers intitulé Larmes fai, èbres, Paris, 1577 Il y déplore la perte d'une épouse adorée, qui venait de lui être enlevée à la fleur de son âge. Duverdier en a imprimé un sonnet dans sa Bibtiothl, que, et cette petite pièce, qui respire une mélancolie touchante , suffit pour donner une idée avantageuse du talent de l'auteur. Dupré est au nombre des poètes qui ont fait des vers sur le tableau où Pasquier était représenté sans mains
  • Christophe DUPUY( 1580 - 1654) : lits de Claude, naqui à Paris vers l'année 1580. 11 fit ses études à Tours sous la direction de son père , et les acheva dans la capitale. Le cardinal de Joyeuse, qui l'avait nommé son protonotaire, l'emmena à Rome. Pendant so4 séjour dans cette ville, il eut occasion de rendre un service à M. de Thou, dont la première partie de l'Histoire venait de paraître, et que la congrégation de l'index voulait condamner en la mettant au nombre des livres dangereux. Il n'attendait que l'occasion de son retour pour embrasser l'état religieux.:• us- . sitôt qu'elle se présenta, il la saisit, et ne revinl que pour se faire recevoir parmi 1, charireoN de BourgFontaine. Il ne serait jamais sorti de son monastère si le cardinal Barberini, qui connaissait tout son mérite et qui l'estimait particuli?rcquent . n'eelt obtenu une obédience four que Dupuy se rendît à Rome, où il obtint la charge de procureurgénéral de son ordre, et celle de prieur in urbe. 11 aurait reçu de plus grandes marques de considération dit pape Urbain VIII, si ses frères n'eussent pas pris une grande part à une nouvelle édition des libertés 1 l'Egli? e gallienne. Dupuy mourut à Rome le 28 juin 1.654. Il est auteur du Peroniana, qui a été imprimé en 1669
  • Christophe DYBVAD : fils du précédent, né à Copenhague, voyagea comme son père dans tranger, , et s'attacha particulièrement à l'étude des mathématiques at de la médecine. Reçu à Copenhague, il fut transféré le 27 janvier1621 dans la prison de Callundborg, où il fut asphyxié par la vapeur du charbon de terre qu'on avait imprudemment allumé dans sa chambre. On doit à Chr. Dybvad : 10 Lucii A nncei Seneer sententiose dicta, et Sententiœ e Senecoe tragoe- diis collecte, Hanovre, 1507 2° Deca- rithmia, ou Comptes des dunes, Lugd. Batav., 1602. 3° Demonstratio numeralis in Geometria Euclidis, ibid.,1603 4° Demonstratio li- nea lis, ibid., 1603 5° Demonstratio in Arititmetb. rationalium et irrationalium clidis, Arnheim, 6° Problema de arcuum descriptione ex triangulorum apicibus , Ilafn , 1606 7. Errores qui con- cernuntregnum Danioe. Ce dernier écrit qui motiva l'action des tri bunau x,danois contre Dybvad, se trouve dans Pontoppidan. Annal . 111, 716-23. Jens Worm lui attribue un autre ouvrage intitulé Observatione. s politica!, qui pourrait bien être le même que le précédent. — Un autre DYIIVAD , frère du précédent du côté ternel, né dans la province d'Aarhuus, se livra cc tant d'ardeur à l'étude de l'astronomie et s mathématiques, quo l'excès de travail détisit complétement sa santé et le fit mourir us la fleur de son âge. On connaît de lui deux •ages assez estimés : 10 De Elementorum ixtione, Copenhague, 1581, 8°, et des alnachs pour plusieurs années
  • Christophe EBERHARD( 1655 - 1730) : aumônier général des armées russes , sous le général Weide, dans l'expédition sur la Moldau, en 1711, crut avoir trouvé, en sociétéavecle diacreChr. Semler, un procédé sûr et facile pour la détermination des longitudes sur terre et sur mer : il le présenta en 1717, au czar Pierre, alors à Amsterdam . Après divers voyages faits en Angleterre, en Russie, etc., le roi de Danemark le nomma viceprésident à AItona, pour y achever ses expériences. Rappelé en Russie par le czar, il fut envoyé au Kamtscha t ka , où l'on devait équiper un bâtiment pour reconnaître les côtes d'Amérique. La mort du czar survenue inopinément , fit échouer cette expédition, et Eberhard revint en Allemagne. Il mourut à Halle, en 1730, âgé de 75 ans. On a de lui : 1° Specitnen theorice magnetiem, quo ex cutis magneticis ostenditur vira et univcrsalis methodus inveniendi longitudinem et latitudinem , Leipsick,1720, 10, fig., édition faite sans la participation de l'auteur, et traduite en allemand la même année. 2° Etat des prisonniers suédois en Russie , Halle, 1753, in 8°, avec 4 planches. 2° De transportatore novoque ejusdem usu , Goettingue, 1754 3. Essai sur l'art de la guerre , et Recherches sur les causes de la grande supériorité de l'attaque sur la défensr, traduit du français en allemand , ibid., 1757 , grand , avec 8 planches. 4° Description des environs de Goettingue, avec deux petites cartes, 1760
  • Christophe END : artiste allemand, chercha à représenter les plantes d'une manière particulière: ce fut par des découpures de papier. Il existe de lui un manuscrit de ce genre à la bibliothèque de Berlin, qui contient 450 plantes, et un antre 115. Moehsen a fait connaitre dans ses lettres ce chefd'oeuvre de patience : il est intitulé : J. Christo- pilori End 450 krœuter aud Gewachse nach ihrer Gestalt, durch einem besonders Bunstschitt obgebil- del M. S. anno 1681
  • Christophe EULER( 1743) : troisième fils du célèbre Euler, naquit à Berlin en 1745; il lit de bonnes études en mathématiques, les dirigea particulièrement < i> vers le génie militaire, et prit du < i> service dans l'artillerie du roi de Prusse. Lorsque son père fut de nouveau attiré à StPétersbourg par l'impératrice de Russie, il voulut emmener avec lui toute sa famille; mais Frédéric H ne put consentir < i> à la voir s'éloigner tout entière de son royaume; il retint Christophe de préférence , lui refusa plusieurs fois son congé, et ordonna même qu'on le gardàt à vue, de crainte qu'il ne s'enfuit. Catherine intervint dans les débats, et obtint le retour du prisonnier d'heureuse espèce. Elle le re-çut dans ses armées, lui donna le rang de major d'artillerie , et le nomma directeur de la fabrique d'armes établie à Systerberk, près le golfe de Finlande. Christophe Euler cultivait l'astronomie par goût toutes les fois qu'il en avait le temps. 11 fut un de ceux que l'académie de StPétersbourg désigna pour aller observer le passage de Vénus sur le soleil, en 1769. Sa destination fut pour Orsk , près le fleuve Ural ; il profita de ce voyage pour déterminer la position géographique de plusieurs pays qui se trouvaient sur sa route
  • Christophe FERREIRA( 1580 - 1649) : missionnaire portugais, naquit à TorresVedras en 1580. Il entra dans la compagnie de Jésus à l'Age de seize ans; distingué par ses talents et par ses vertus , il passa au Japon en 1609, et y demeura jusqu'à l'an 1633. Malgré les persécutions qu'il eut à souffrir, son zèle ne se ralentit pas et répandait partout les lumières de l'Évangile. Cependant, ayant été arrèté et sommé d'opter entre la mort et l'abandon de sa foi, après quatre heures des tortures les plus cruelles, la douleur l'emporta ; mais bientôt après ayant déploré amèrement sa faiblesse, il se livra volontairement au martyre , qu'il souffrit à Nangasaki, vers l'an 1652, étant alors àgé de 7'2 ans. On a de lui : Annum littera. e Japonia, anni 1627. — FERREIRA , autre jésuite portugais, né à Castro- Journo, prit l'habit de l'ordre en 1588, à l'Age de dixsept ans, et fut envoyé aux Indes en 1593, où il enseigna dans son couvent les lettres humaines et sacrées. Ayant passé à la Chine avec le P. Ricci, il prêcha la religion à Pékin , pendant l'espace de quarante années, et mourut le 27 décembre 1649. Le P. Gaspard a composé et fait imprimer en langue 'chinoise des Vies des saints pour chaque mois, avec des passages de l'Écriture et des Pères, et un recueil de médi- tations sur les quinze mystères du Rosaire
  • Christophe FINOTTO( 1570) : religieux somasque, vers 1570 à Venise , embrassa jeune la vie monastique et cultiva dans le cloltre son goùt pour la littérature. Ayant en 1606 prononcé l'éloge funèbre de cet écrivain a été publié , Venise , 16 t7 Dans le nombre on distingue celui qui est intitulé : De laudibus WS.
  • Christophe FORSTNER DE DAMBENOY( 1598 - 1668) : habile jurisconsulte , né au château de Breitenfeld dans le 'Wurtemberg le fer octobre 1598, fit ses études à Vienne , où il suivit les cours de l'université pendant trois années Quelque temps après, exilé des Etats de la maison d'Autriche comme beaucoup d'autres seigneurs qui avaient embrassé le protestantisme , il passa en Italie , dont il visita les principales villes , recevant partout des marques de l'estime qu'inspiraient ses talents. Pendant son séjour à Venise, il eut l'honneur de haranguer Jean Cornaro, au sujet de son élection ; et le nouveau doge , en récompense du.plaisir que lui avait fait éprouver son discours , lui accorda la décoration de l'ordre de StMarc. Forstner visita aussi la France ; mais les troubles qui la désolaient à cette époque ne lui permirent pas d'y trouver lesmèmes agréments qu'en Italie. De retour en Allemagne, il se rendit à la cour de Stuttgard, qui soutenait particulièrement les doctrines de Luther, et la maison de Wurtemberg accorda à son exil la plus noble hospitalité. 11 fut élevé d'abord à la dignité , deux lettres inédites de- Forstner : la première, adressée à Math. Bernegger, contient des détails trèsintéressants sur les guerres qui désolèrent en 1636 et 1637 le comté de Montbéliard et les provinces voisines. Henri Boecler a publié l'éloge de Forstner, en latin, dans les Além. philos. Décad. 8, p. 498. `Y—s et E
  • Christophe FOWLER( 1611 - 1676) : ecclésiastique anglais, né à Marlborough dans le comté de Wilt en 1611, abjura la religion anglicane à l'époque de la guerre civile en 1641, adopta le i covenant i et se fit remarquer par sa manière étrange de prêcher et par la violence et l'absurdité de ses déclamations. Après avoir promené et propagé son fanatisme de ville en ville, il obtint le vicariat de SteMarie de Reading et fut adjoint aux commissaires chargés, dans le comté de Berks, de la destitution des ministres opposés au parti dominant. Il perdit ses bénéfices après la restauration; n'en continua pas moins de prêcher, et mourut presque fou en 1676. On a de lui quelques écrits; nous ne citerons que le titre de l'un d'eux, qui pourra donner une idée du ton dont ils sont écrits : i Doemonium meridianum ; Satan i ( i midi , on Blasphèmes antichrétiens , diabolismes contraires aux Écritures , signalés par la lumière de la vérité et punis par la main de la justice; relation impartiale des procédés des commissaires du comté de Berks contre Jean Pordage , ex- recteur de Bradfield i, 1655, en anglais
  • Christophe GATBLED ou GADBLED( 1734 - 1782) : l'un de ces savants utiles dont le nom échappe quelquefois à la renommée, mais à qui les amis des sciences aiment à rendre la justice qui leur est due, naquit vers 1734, à StMart diocèse d'Avranches ; il embrassa l'état ecclésiastique , fut reçu bachelier en théologie à l'université de Paris, obtint à Caen un canonicat dans la collégiale du StSépulcre , et y fut nommé professeur royal de mathématiques et (l'hydrographie. CI a beaucoup contribué à répandre le goût des mathématiques dans l'université de cette ville. L'abbé Gadbled était un des membres les plus recommandables de l'Académie des belleslettres de Caen; et l'amitié dont l'honoraient d'Alembert , Lavoisier, Vicqd'Azyr, Lagrange , etc., prouve qu'il était digne de figurer sur un plus grand théâtre. Après avoir enseigné la philosophie pendant vingt ans, et les mathémathiques pendant quinze, avec le plus grand succès, il fut enlevé par une mort prématurée le 11 octobre 1782, et le public fut privé des ouvrages importants qui avaient occupé ses loisirs ; les seuls qu'il ait publiés sont : 1. Exercice sur la théorie de la liavigation, Caen, 1779 I.; Exposé de quelques- unes des vérités rigoureusement démontrées par les géomètres, et rejetées par l'auteur du Compendium de physique, imprimé à Caen en 1'775, petit 12, destiné à l'in- struction de la jeunesse, Amsterdam, 1779 de 39 pages
  • Christophe GIRTANNER( 1760 - 1800) : né à StGall le 7 décembre 1760 , montra de bonne heure une cone..ption facile, une mémoire heureuse, un amourpropre excessif, un caractère impétueux et opiniàtre. Ces qualités et ces défauts, développés avec une énergie nouvelle par les progrès de lige, expliquent la vie agitée de l'auteur et l' qui caractérise la plupart de ses travaux. Après avoir terminé d'une manière brillante le cours de ses humanités, il se rendit à Goettingue pour étudier la médecine à la célèbre université de cette ville. En 1783, il soutint sa dissertation inaugurale sur la terre calcaire, et obtint le doctorat. Revêtu, en outre , du titre de conseilles. privé du duc de SaxeCobourg, il fit de nombreux voyages en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, et mourut le 17 mai 1800, avant d'a voir atteint sa quarantième année. Les ouvrages qu'il a publiés sont écrits en allemand et se divisent naturellement en trois sections : la première contient les traités spéciaux de médecine; dans la seconde viennent se ranger ceux qui ont la chimie pour objet; enfin la troisième section est consacrée à la politique. 1° Traité sur les ma- ladies vénériennes, Goettingue, 1788-1789, 3 vol. 2e édition, ibid. , 1793. Le premier volume renferme la partie didactique; les deux autres présentent une bibliothèque syphilitique, sinon plus exacte, du moins plus complète que toutes celles qui l'avaient précédée. Girtanner démontre par des témoignages multipliés et par des argu- ments qui nous semblent irréfragables l'origine américaine de la syphilis. Parmi les traductions de ce livre utile, on en distingue une italienne en 4 volumes Venise, 1801. La version hollandaise, publiée à Leyde en 1796, ne comprend que le premier volume de , qui, du reste, forme à lui seul un manuel pratique. 2° Traité sur les maladies et l'éducation physique des enfants, Goettingue , 1794 traduit en italien et enrichi d'un article sur l'inoculation de fa vaccine, Gènes, 1801 , 2 vol. On chercherait vainement dans cette compilation des préceptes sages , une théorie lumineuse , une bonne méthode curative; l'auteur éblouit quelquefois par un style brillanté; il invoque sa propre expérience avec une affectation d'autant plus ridicule qu'il n'avait jamais visité qu'un trèspetit nombre de malades. 3° Exposition détaillée, littéraire et cri- tique du système de médecine pratique de Brown, Goettingue, 1797-178, 2 vol. Durant son séjour en Écosse , Girtanner trouva dans la doctrine brownienne une mine qu'il crut pouvoir exploiter à son profit; il en modifia légèrement les principaux points, les entremèla de quelques paradoxes chimicophysiologiques , et composa de ces pièces empruntées un tableau zoonomique qui était, à l'en croire, le fruit de ses recherches et de ses méditations. Deux Mémoires sur l'irrita- bilité considérée comme principe de vie dans la na- ture organisée, insérés en 1790 dans le Journal de physique de l'abbé Rozier, annoncèrent la prétendue découverte, qui bientôt fut reconnue pour un plagiat mal déguisé. Furieux d'avoir été démasqué, le docteur suisse déchira impitoyablement celui qu'il avait effrontément dépouillé. 4nExposition complète et raisonnée du système de médecine pratique de Dar- loin, Goettingue, 1799 , 2 vol. L'analyse de la Zoonomie n'y est pas toujours fidèle; la critique est rarement judicieuse; souvent les hypothèses de Darwin sont remplacées par des hypothèses plus frivoles, plus invraisemblables. 5° Elements de chimie antiphlogistique, Ccettingue, 1792 seconde édition , revue, corrigée et enrichie des découvertes récentes , Ccettingue , 1795 Girtanner adopta et proclama , avec une sorte d'enthousiasme, les travaux immortels des chimistes français Lavoisier, Guyton , Berthollet et Fourcroy; mais il ne put s'empécher d'y joioilrè quelquesunes de ses idées bizarres : il prétendit, par exemple, que l'air atmosphérique est un lange des gaz oxygène et hydrogène. La fausseté de cette assertion fut mise dans tout son jour par Berthollet, qui signala et rectifia d'autres erreurs. 6° Nouvelle nomenclature chimique pour la langue allemande , Berlin , 1791 Cet opuscule prouve la sagacité de l'auteur, ainsi que la richesse et le génie de l'idiome germanique , qui tire de son propre fonds tous les termes de sciences et d'arts que nous sommes forcés d'em- prunter aux langues grecque et latine. Un bon bourgeois de Paris ne comprend absolument rien aux mots hydrogène , oxygène , azote , qui, traduits en allemand , offrent un sens trèsintelligible au simple artisan de Leipsick , de Berlin et de Vienne. Toutefois , la version de Girtanner est inexacte à plusieurs égards. Nommer les oxydes des demiacides , c'est se montrer traducteur infidèle; car l'eau, qui est un oxyde, ne laisse pas apercevoir la plus légère trace d'acidité: la dénomination diverse des acides , plus ou moins oxygénés , est imparfaite, puisqu'elle n'indique point suffisamment leur véritable nature. Il serait aussi facile que superflu de signaler d'autres taches. 7° Nouvelles historiques et considérations politiques sur la révolution française , Berlin , 4791-1797, 13 vol. Les huit premiers volumes ont été réimprimés, 1792-1796. 8° Tableau de la vie domestique, du caractère et du gouvernement de Louis X11, roi de France et de Navarre, Geettingue, 1795 avec le portrait du roi; 9° Mémoires du général Dumouriez écrits par lui- même , traduits en allemand , avec des notes , Gcettingue, 1794 , 2 vol. Girtanner est accusé par ses compatriotes euxmèmes d'avoir souvent manqué de logique et trahi la vérité dans ses écrits politiques, comme dans ceux qui ont les sciences pour objet. Bien qu'il ait été moissonné au milieu de sa carrière , il a publié, outre les productions déjà énumérées, différents opuscules , et inséré dans divers journaux un grand nombre de mémoires
  • Christophe GLASER : chimiste distingué, vivait sous le règne de Louis XIV , dont il fut le pharmacien ordinaire. 11 quitta la Suisse, sa patrie , pour venir étudier en France , professa la chimie à Paris et fut apothicaire du duc
  • Christophe GLUCK( 1714) : le plus grand compositeur dont puisse s'honorer la scène lyrique, naquit d'une famille noble, dans le IlautPalatinat, sur les frontières de la Bohème, en 171 1. Sans doute en le formant la nature imprima sur son front le sceau du génie ; mais ce feu sacré ne devait se manifester en lui que dans un Age où depuis longtemps nos facultés intellectuelles ont acquis tout le développement dont elles sont susceptibles. Comme le citoyen de Genève, Gluck avait plus de quarante ans lorsqu'il mérita de fixer l'attention publique. Il fit ses études musicales à Prague, et se rendit habile dans le jeuedes instruments, surtout du violoncelle. A dixsept ans il visita l'Italie, et suivit les leçons du célèbre SanMartini. il écri- vit à Milan son premier opéra, l'Artaxerce; donna Démétrius, à 'Venise , en 1742 ; trois ans après, la Chute des Géants, en Angleterre, et plus de quarante autres opéras dans l'espace de dixhuit ans. Mais toutes ces compositions, rapidement tracées, suivant l'usage des musiciens d'Italie, n'étaient qu'un vain bruit, une série de chants plus ou moins bigarrés, dépourvus d'âme et de vie. « L'opéra italien, dit l'abbé Arnaud, n'est « qu'un concert dont le drame fut le prétexte. » Gluck , sans doute, avait plus d'une fois senti tout le vide de pareils ouvrages ; niais la mauvaise facture des poëmes lyriques était un obstacle constant aux efforts du compositeur. Il fallait donc qu'un homme d'un mérite éminent, s'écartant des sentiers battus par la routine et par les préjugés, osât se frayer une route nouvelle ; et Gluck eut le bonheur de rencontrer cet homme dans le Florentin Ranieri di Calzabigi, qu'il connut à Vienne. Ce dernier entreprit d'écrire des drames dont toutes les parties fussent liées entre elles et avec le dénoùment ; où l'intérêt, établi dès l'exposition , allât toujours en croissant , sans être suspendu par des épisodes étrangers, par de ridicules bouffonneries ; dans lesquels, enfin, l'aria ne pût servir de prétexte au caprice du chanteur, à la Stérile redondance Tels qne Dimophoon, Phèdee , Siphoz , la Clémence de Tu»», Antigone, le Triomphe de Camille, etc, des oreilles en quelque sorte efféminées . Parme, Naples, Rome, Milan, Venise, furent les théâtre:, de sa gloire ; et la ville de Bologne, pendant un seul hiver, s'enrichit de plus de neuf cent mille francs par le concours des étrangers qu'attirèrent dans son sein les représentations d'Orphée. Cependant , si l'on en excepte Salieri , Gluck n'eut aucun imitateur chez une nation si sensible atr, charmes de la musique, tant ses mâles accent diffèrent des jolis mais insignifiants cantabile dr compositeurs italiens. Son triomphe était grand, sans doute. Le premier il avait fixé le caractère I de la musique dramatique, et tracé les règles à1 suivre par l'artiste capable de les saisir. Mais un champ plus vaste, une palme plus glorieuse encore s'offrait à son ambition. La langue française, dont il avait fait une étude approfondie, lui paraissait, comparativement à l'italienne, qu'énerve le fréquent concours des voyelles, présenter au pone des ressources plus fécondes et surtout une plus grande énergie pour peindre le délire des passions, l'horreur des combats et le tableau déchirant des misères humaines. Cette langue d'ailleurs était depuis longtemps frappée d'anathème quant à ses propriétés musicales ; et nous devons mème ajouter que les succès de Gluck n'ont point détruit les assertions avancées par Rousseau. Que de sujets pour irriter l'amourpropre d'un homme qui sans doute avait le sentiment de ses propres forces ! Vers 1770 le bailli du Rollet , que son séjour à Vienne avait lié avec l'auteur d'Alceste, entreprit de mettre en opéra l'Iphigénie de Racine. il resserra le drame en trois actes, supprima l'épisode d'Eriphile, mit le dénoùment en action d'après une idée fournie par Racine luimême, et du reste conserva le plus qu'il lui fut possible la versification du moderne Euripide. Gluck mit une année entière à composer la musique de cet ouvrage , lui qui naguère notait en quinze jours un peme italien. Il s'agissait ensuite d'offrir au jugement des Parisiens un travail spécialement conçu pour leur plaire, et le bon Allemand eut lieu de reconnaitre qu'en mettant à bien son entreprise il n'avait pas surmonté les plus grandes difficultés. La simple annonce de sa tudesque harmonie avait soulevé contre lui tout le peuple des musiciens et la classe plus nombreuse, plus encore des amateurs. Il ne fallut pas moins qu'un ordre de la reine MarieAntoinette , jadis élève du chevalier et sa constante protectrice, pour faire recevoir à l'Opéra l'Iphigénie. Enfin en 1774 Gluck vint à Paris : il avait alors soixante ans, et le 19 avril de cette année on donna la première représentation d'Iphigénie. Si le concours des spectateurs était prodigieux , le succès de l'ouvrage le fut également. On fit recommencer l'ouverture , chose inouïe dans les annales de l'Opéra, et la pièce obtint d'un bout à l'autre les mêmes . applaudissements. Le 2 août de la même année on exécuta l'opéra d'Orphée , dont Moline avait mis en français les paroles. Les accords ravissants du chantre de Thrace , le stridor des Furies , tout le charme répandu dans cet ouvrage, enlevèrent les suffrages, et réconcilièrent pour un moment avec Gluck les partisans français de la musique italienne. Deux compositions d'un mérite bien inférieur suivirent l'Orphée : l'Arbre enchanté, de Vadé, mis en vers par Monne, et représenté à Versailles le 27 février 1775, et la CyMère assiégée, de Favart, donnée sans succès à l'Opéra le I er août de la même année, ce qui fit dire à l'abbé Arnaud qu'Hercule savait mieux manier la massue que le fuseau. Le 23 avril 1776 parut l'Alceste, mis en français par du Rollet. Cette pièce , remplie du pathétique le plus sublime, est par son sujet même essentiellement monotone, puisqu'une tristesse constante en fait la base, et, quoique assez exactement imitée d'Euripide , il n'a pas fallu moins que tout le génie de Gluck pour en rendre la représentation supportable, pour soutenir pendant trois actes une action qui ne roule que sur deux passions, l'affliction et l'effroi , et dont le dénotiment, plus que simple , est facilement prévu. On .rapporte qu'un homme se plaignant à Gluck de l'air Caron . » Nous possédons des fragments d'observations de Rousseau sur l'Alceste italienne. Elles contiennent les vues les plus profondes et les plus neuves sur la nature de la musique dramatique et sur les trois parties qui la constituent. L'auteur y montre que si l'accent déterminé par le poae asservit en quelque sorte le musicien sous sa loi, ce dernier a du moins les ressources du rhythm et de l'harmonie, dont l'heureuse combinaison lui permet souvent de voiler les défauts du premier et de suivre sans obstacle l'impulsion de son génie. Plus de douze lustres n'avaient point affaibli celui de Gluck. L'année 1777 vit paraftre l'Armide de Quinault, mise jadis en musique d'une manière si lamentable par le Florentin Lulli. C'est la seule pièce en cinq actes du maitre allemand, persuadé qu'il était que l'attention de l'auditeur se fatigue w La partition italienne d'Orphée, imprimée à Vienne en 1734, fut aussi publiée à Paris chez la veuve Duchesne, avec un beau frontispice gravé. Les paroles de Calzabigi avaient été traduites en prose française dès 1764. Toutes les partitions fran-çaises sont ,es études achevées au collége de blontaigu, il devint professeur de rhétorique a Mayence, et y publia un traité de l'art qu'il enseignait, sous ce titre ; Ilheturicce descriptionis ex ° piani' guitusque auitoribus libri duo, adressé au marte docteur Jacques Labitte . il prit enuite a la faculté d'Angers , il fut un chapitres ; ms. 7. Demonstratio annorum mundi per venin, motum bols, que: Art. 11i' est me- Modus inveniendi ad quemhbet dira Jaune loua soli, a principio rnundi in perp, tuum ; anno Me i, ms. 8° Liber cyclorum reri motus pleinetarum. quibus ephemerides fieri postent pet- pallier cc demonstrari rerus numerus atinorum mundi; emendatus fuit hic liber et perfectus, l) eo jurante. die r juuii alaNO 1609; MS. 9° Demonstratiu anuorum rnundi per renon motum Saturai et hW: ; esnendatus est hic trac- tapis , inno 1615, die foto anctorum Simonie et Jude. Deo auxiliante; niS
  • Christophe LAVAUX( 1747) : né en 1747, fut reçu avocat aux conseils du roi en 1787. 11 se montra dès les premiers jours de 1789 opposé aux doctrines nouvelles. Lorsque les démagogues, entre autres Danton , préparaient, par leurs discours , l'insurrection qui amena la prise de la Bastille , Lavaux crut devoir faire quelques observations à ce nouveau tribun du peuple, et lui prédit le sort funeste auquel il s'exposait. Danton n'oublia point cette prophétie. Dans tout le cours de la révolution, jusqu'à sa mort, voulant être prophète à son tour, il ne rencontrait pas une seule fois Lavaux sans lui dire, selon les époques : 7'u seras pendu! ou bien, Tu seras guillotiné, aristocrate! non sans ajouter une épithète. La réponse de ce dernier était toujours la même : Tu le seras avant moi. En racontant cette anecdote dans un écrit publié depuis, Lavaux ajoute la réflexion suivante, qui caractérise si bien l'honnête homme : « Telle était dès lors et telle devint par la suite la violence des haines de parti, que, le jour où Danton fut envoyé à l'échafaud , je me plaçai sur son passage afin que ma présence lui rappelàt ma prédiction et augmentàt son supplice. H ne me remarqua point; mais je ne me reproche pas moins, depuis plus de vingt ans, ce trait de cruauté que je rapporte en historien fidèle pour peindre l'esprit du temps. » Témoin de l'audace des révolutionnaires, Lavaux avait prévu les dangers de l'infortuné Louis XVI , et fut du nombre des courageux royalistes de l'intérieur qui firent de vains efforts pour le sauver. Dès 1789 il fut un des premiers membres de la réunion monarchique, formée chez Gatey, libraire au PalaisRoyal; et elle lui dbnna l'idée de l'établissement du Salon français , qui se tenait dans un appartement de la rue Royale. Le malheur . Au surplus , ce ne fut pas la seule fois que Lavaux eut à se louer de ce fa- ti), La même tolérance n'avait pas lieu dans les autres tribunaux. A &faut de certificat de civisme, on ne pouvait parler à l'audience, et à l'égard des procédures civiles, il fallait avoir la signature d'un républicain connu.
  • Christophe LESCHASSIER : neveu du précé- dent, conseiller en la cour des comptes, possesseur des lettres et des manuscrits de son oncle, a recueilli et publié ses OEuvres en un volume Paris, 1649; la 2e édition, la plus ample, est de 1652. Ce recueil contient, entre autres opuscules, indépendamment de ceux déjà indiqués, et qui ont paru du vivant de l'auteur 1° De l'ordination des prêtres pour le chapitre de Senlis, contre Antoine Rose, évêque de cette ville. La procédure ainsi que l'arrèt de condamnation relatif à un libelle fait à l'occasion de l'écrit de Jacques Leschassier se trouvent à la suite de cet écrit, et ont été insérés dans le Corps des ordonnances imprimé en 1611. 20 Requête présentée au roi, et Remontrances du prévôt des marchands contre la réduction des rentes constituées sur l'hôtel de ville de Paris . 3. Des régences de France, composé en 1602. L'ouvrage avait pour objet d'écarter les femmes de la régence, si une conspiration telle que celle de Biron venait à se renouveler. A la tète des pièces qui composent ce recueil, et qui, malgré leur peu d'étendue, sont estimées pour le fond et l'importance des questions, est une Vie de l'auteur, en français, qui parait avoir été rédigée par l'éditeur même ; elle est suivie d'un Éloge latin, anonyme. On y remarque aussi un témoignage de Justel, qui avoue devoir à Jacques Leschassier la partie relative à l'ordre, à l'autorité et au nombre des canons des anciens conciles, dans son Codex canonum Ecclesice universce, publié à Paris en 1610, et qu'il lui dédie nominativement; ce qui prouve que l'on s'est trompé en donnant ce Codex à François Pithou . Christophe Leschassier était possesseur d'un manuscrit célèbre de l'Imitation de Jésus- Christ, sous le nom de Jean Gerson , chancelier de Paris. La description en a été donnée par J. de Launoy, dans la Dissertation méme où il prend parti contre Gerson , dont l'effigie ancienne est dépeinte en tète du manuscrit, et parait étre un portrait de famille. Ce manuscrit , aurait été transcrit vers 1742
  • Christophe LOZANO : docteur en théologie et chapelain dans la cathédrale de Tolède, au i70siècle, a publié : 1° Exemple des pénitents, David repentant , histoire sacrée, divisée en deux parties, Madrid, 1656 ; 2° los Beys nuevos de Toledo, Madrid , 1657 C'est l'histoire de la ville et de la chapelle à laquelle il était attaché, et des rois qui y étaient enterrés; 3° David persécuté, 1674-1698, 3 vol. ; ouvrage qu'il ne faut pas confondre avec el 1 lijo de David ! 4 1113 perseguidado. Nicolas Antonio , dont la Bi- liotheca hispana , parut en 1672 , ne pou- ait pas parler de cette édition de 1674, pos- érieure de deux ans à sa Bibliothèque , mais il indique celle de 1668-69 , 3 parties en annonçant qu'elle est la 5e. — LOZANO , architecte espagnol , né à Madrid , a traduit du latin les Dix livres d'architecture de 1.,.- V. Alberti, 1582, petit . — LOZANO , moine de Saragosse , y a fait imprimer : 1° Eloge du Christ et de Marie, en quarante sermons, 1646 ; 2° 1, 4loge des , iints, 1650
  • Christophe MAIRE : jésuite et habile mathématicien, était né en Angleterre. Il était recteur du collége des Anglais à Rome lorsque le cardinat Valenti le choisit en 1750 pour accompagner le P. Boscovich dans le voyage entrepris pour mesurer deux degrés du méridien en Italie. Cette opération, qui éprouva beaucoup d'obstacles de la part des habitants des Apennins, ne fut terminée qu'au mois de septembre 1753. Les deux voyageurs s'occupèrent alors, chacun de son côté, à rédiger leurs observations, et c'est de la réunion de leurs mémoires que se compose l'ouvrage intitulé De litteraia expeditione per pontificiam ditionem, etc. . La relation de ce voyage est divisée en cinq livres, dont le second et le troisième appartiennent au P. Maire. . On a encore de lui trois Observations d'éclipses , insérées en latin dans la Storia letteraria d'Italia, t. 40, p. 373 et suiv. Ce savant astronome retourna en 1758 en Angle- ' terre , où il mourut en 1760
  • Christophe MAGNANI : peintre d'histoire et de portraits , né à Pizzighitone, florissait en 1580, et fut élève de Bernardino Campi. Il sut tellement profiter des leçons de cet habile maître, qu'à l'âge de vingtdeux ans il avait mérité d'être chargé d'un grand nombre de travaux, en concurrence avec les plus habiles peintres de son temps. A Crémone, il peignit quelques tableaux d'autel dans l'église de StDominique, et, en société avec Horace d'Azola , une partie de la voûte de StAbondio, dans le couvent des Théatins. Le Sojaro avait peint la Nativité de Jésus- Christ dans l'église de StPierre de Crémone ; Magnani peignit dans la voûte plusieurs tableaux en petit, relatifs au sujet principal. Le tableau de St- Jacques et de St- Jean, qu'on voit dans le couvent de StFrançois, à Plaisance, quoique exécuté dans sa première jeunesse , est bien entendu et heureusement composé. Outre ces tableaux d'histoire, il a peint, avec un rare talent, un grand nombre de portraits pleins de force et de naturel. Doué d'un coup d'oeil prompt et sûr, d'une mémoire pour ainsi dire tenace, il lui suffisait de voir une seule fois quelqu'un pour en faire un portrait aussi ressemblant que l'aurait pu faire un autre peintre après un grand nombre de séances. Il aurait sans doute acquis une réputation plus étendue, s'il n'était mort à la fleur de son âge
  • Christophe MARLOÉ ou MARLOU( 1562 - 1573) : auteur dramatique anglais, né sous le règne d'Édouard VI, vers l'an 1562, quitta l'université de Cambridge, où il étudiait, pour se faire comédien. Quoiqu'il eût des succès dans cette profession, il acquit encore plus de réputation par ses talents littéraires, reconnus même par Ben Johnson ; mais il parait qu'il les déshonora par les principes irréligieux qu'il professait ouvertement, et par l'emportement avec lequel il s'abandonnait à ses passions. Cette Malheureuse disposition causa sa mort, arrivée avant l'année 1573 de la manière suivante. Marloé éperdument amoureux d'une fille de la dernière classe, soupçonna qu'il avait pour riyal heureux un homme en livrée. Un jour, enflannné par la jalousie , il se précipita sur cet homme pour le frapper avec son poignard, arme que l'on portait alors presque généralement ; celuici, qui était fort agile, nonseulement évita le coup, mais saisissant fortement le poignet de son adversaire , dirigea contre lui le poignard et le lui enfonça dans le coeur. Le crédule Wood prétend que cette fin tragique ne fut que la conséquence des exécrables blasphèmes de Marloé, qui, suivant lui , ne connaissait d'autre Dieu que le dieu des vers. « Ce Marloé, ditil, présumant trop « de son petit génie, jugea à propos de se livrer « à l'épicuréisme le plus indulgent , et professa « ouvertement l'athéisme. Il niait Dieu , notre « Sauveur, blasphémait l'adorable Trinité ; et « l'on rapporte même qu'il écrivit contre elle « plusieurs discours, affirmant que JésusChrist « était un fourbe, que les saintes Ecritures ne « contenaient que des niaiseries' et que la reli- « gion n'était qu'un composé de politique et « d'hypocrisie , Priest Craft), etc. » On peut présumer que le zèle de Wood l'a entraîné ici trop loin. Marloé a laissé les ouvrages suivants, tous dans le genre tragique : 1° le Grand Tamerlan, ou le Berger scythe , tragédie en deux parties , Londres, 1590, 1593 en caractères gothiques ; 2° Edouard 11, tragédie , 1598 , le Massacre de Paris , tragédie sans date. Cette pièce n'est pas divisée en actes. 4° Histoire iragi que du doeteur Fausse, tragédie , 1604 ou 1616 ; 5° le Juif de Malte, tragédie 1633 ; ' 6' le Règne du rire, ou la Reine 14seive , tragédie , 1661. Cette pièce a été depuis retouchée par mistriss Behn , et représentée sous le litre d'ilbdelazer, ou la l'engeance du Maure; 7° Didon, 1594, tragédie , qu'il composa en société avec Th. Nash ; 8° Héro a Léandre, poème, qui a été terminé par Chapman (Londres , 1616 , mais avec beaucoup moins de talent qu'on n'en trouve dans la première partie. Les oeuvres de Marlow ont été réunies et publiées à Londres en 1850, en 3 vol., accompagnées de notes et commentaires
  • Christophe MEINERS( 1747) : historien et littérateur allemand, naquit en 1747 à Warstade, près d'Otterndorf, dans le pays hanovrien de Hadeln. Son père, fermier intelligent et maître de poste, lui confia de bonne heure les soins et le maniement de fonds qu'exigeaient ses occupations d'agriculteur et d'employé de l'administration. Sa mère était une femme distinguée par son esprit et son grand sens. L'un et l'autre lui inspirèrent de bonne heure les sentiments de probité et de piété dont ils étaient animés. Adroit à tous les exercices du corps, le jeune bleiners avait acquis une espèce de primauté sur ses camarades, qui la lui pardonnaient volontiers à cause de son talent pour conter des aventures extraordinaires. Le plaisir avec lequel ses récits étaient écoutés le portait à les varier, à les embellir de circonstances de son invention, et à frapper de plus en plus d'admiration ses jeunes auditeurs par dc.s incidents merveilleux. Si le rôle qu'il s'était accoutumé à jouer dans ce cercle de petits villageois lit naître en lui le goût de l'histoire et développa son talent descriptif, comme il le pensait luimême, on ne peut s'empêcher de reconnaître les traces de cette habitude dans le penchant pour l'exagération qui se fait remarquer dans ses meilleurs ouvrages. il ne connaît ni nuances ni ménagements : il se passionne pour des détails qui ne répondent nullement à la vivacité de son st) le , et il en tire des conséquences ou leur attribue une importance qui sont hors de proportion avec le sujet. il lit ses premières études à l'école d'Otterndorf et au gymnase de Brème. Accoutumé à tout traiter avec passion , et à être le centre d'une action qui le flattait et l'arbitre de mouvements qu'il excitait ou calmait à plaisir, il fut rebuté de l'aridité de l'enseignement élémentaire ; et, comme il était profondément affecté de se voir préférer un grand nombre de ses condisciples plus patients et plus dociles que lui, il résolut d'apprendre les sciences par ses propres efforts. Ne voulant devoir ses progrès qu'à son travail, indépendamment de toute direction étrangère , de toute institution scolastique il ne prit plus conseil que de son jugement pris é, et n'attendit rien que de son industrie particulière. On ne trouve en conséquence dans ses ourages ni opinions d'école, ni suite de recherches commencées par ses maîtres, ni empreintes de leurs idées individuelles. Franchement éclectiques d'intention, les ouvrages de Meiners offrent tous les avantages et tous les inconvénients de la méthode de ce nom; ce qui fournit une nouvelle preuve de son insuffisance pour les grandes tins de l'investigation de la vérité et de l'établissement solide de résultats incontestables. En garde contre l'esprit systématique des plus illustres de ses compatriotes , des Wolfiens, de Kant et de ses disciples, l'indépendance philosophique est, comme celle de tous les éclectiques, plus apparente que réelle. N'ayant pas la force de tète et la profondeur d'esprit nécessaires pour creuser jusqu'aux fondements des doctrines métaphysiques et morales, il se livre successivement aux vues que lui ont fait partager les écrivains à grands talents, ou eu grande vogue, que le hasard a placés sous sa main, ou dont la renommée lui a plus particulièrement conseillé la lecture dans le temps de ses premières ou de ses plus sérieuses études. En proie pour ainsi dire au premier occupant, il ne trouve dans ses recherches subséquentes que la confirmation ou le développement des idées qu'il a puisées dans les livres qui l'ont le plus frappé. Imbu des opinions qui l'ont. captivé, il en verra désormais le reflet, la preuve, l'excellence , connue jaillissant de toutes les observations , de toutes les lectures auxquelles il sera conduit. Son aversion pour les devoirs et les études régulières de classes s'était accrue à Brème par la sévérité du recteur du gymnase, qui lui avait donné pour tuteur et pour guide un de ses camarades, gène qui le renipi. d'indignation. Ce mentor lui devint tout à fait odieux ; et les succès de ses condisciples, joints à ses dégoûts personnels qui lui paraissaient, les uns comme les autres , peu mérités, lui firent chercher plus que jamais un dédommagement et un moyen de noble vengeance dans la solitude et dans l'application la plus soutenue. Les Satires de Rabener, poète aussi religieux qu'enjoué . l'armèrent contre les systèmes matérialistes ; et l'Eniile de Rousseau fit une profonde impression sur son esprit. La mort de son père l'ayant rappelé dans ses foyers, il poursuivit le même pie d'études ; mais ayant perdu l'espoir de lui succéder dans le petit emploi qu'il occupait, il se rendit à Goettingue pour terminer son instruction, et ce fut toujours sur le même plan ; cor les habiles professeurs de cette illustre universiK n'eurent pas plus de prise sur Meiners que les instituteurs de son adolescence : les trésors immenses de la bibliothèque académique lui tinrent lieu de tout autre secours littéraire ; et jamais aucun des infatigables érudits qui en ont exploite les richesses ne les mit à profit avec plus d'ardeur et de fruit. Cette magnifique collection a pu seule fournir à Meiners la prodigieuse variété de citations , tirées de voyageurs, d'historiens. de philosophes de tous les temps et de toutes les nations, dont presque chaque page des productions de sa plume offre le rapprochement instructif, mais souvent plus curieux et piquant que fécond en résultats certains. 11 est remarquable qu'un homme aussi savant, affichant une indépendance aussi absolue de tout esprit de système, de tout préjugé de classe ou de situation , plein de confiance en son jugement, doué d'une sagacité peu commune, et trèsdisposé à révoquer en doute les faits généralement admis, se soit trompé presque dans toutes les conjectures, toutes les hypothèses qui lui étaient propres, même dans celles qu'il a étayées avec le plus de soin , en les appuyant sur le plus formidable appareil de preuves historiques et d'autorités imposantes. Les ouvrages de Meiners ne sont dépourvus ni d'élégance ni de méthode ; toutefois la clarté et la chaleur en sont le caractère dominant : cette dernière qualité surtout fait un singulier contraste avec l'aridité des discussions et feta) ante accumulation des extraits rassemblés avec plus de savoir et d'imagination que de véritable critique et d'impartialité. Cette chaleur, qui prend quelquefois presque le caractère de la passion, explique en partie un phénomène auquel on ne s'attendrait guère d'après le genre des écrits de Meiners. Qui dirait qu'ils aient pu influer sur les destinées des peuples ? il est cependant certain que ses opinions sur l'infériorité physique et morale de la race nègre ont été citées dans les débats du parlement britannique par les défenseurs de cet infàme trafic, qui a fait si longtemps l'op robre des peuples de l'Europe et la honte des ations chrétiennes. 11 est fort probable aussi que es recherches trèssavantes de Meiners, publiées n 1781 dans son plus bel ouvrage , sur l'institut dePythagore, ont fourni à la fois un modèle et un aliment à ces associations ecrètes qui ont exercé un si grand empire en llemagne. Heyne a dit, dans son Eloge de Meiners , qu'il tenait de témoins dignes de foi que plusieurs de ces sociétés mystérieuses et patriotiques avaient puisé des maximes et des exemples dans l'exposé que le savant historien des philosophes grecs avait fait du régime ésotérique et exotérique des pythagoriciens. Mais, ce qui expie bien des erreurs et compense le malheur d'avoir autorisé de funestes abus par quelquesuns de ses écrits, c'est leur excellente tendance en général. Prouver, par l'histoire des peuples anciens 4 modernes, onheur individuel sont les compagnes insépa.ables des lumières et de la vertu ; que l'amélio.ation morale et l'accroissement de tous les .:enres de bien-ètre ont constamment suivi les ?rogrès de l'instruction, tel est le but que Meiners 1 manifesté dans tous ses ouvrages. Il a rassemblé dans cette intention une masse de faits tellement accablante par le nombre et par l'évidence lu résultat, qu'il en jaillit la conviction la plus !, lime pour tout esprit accessible aux preuves lui établissent une vérité d'observation , et qui vont le complément de la démonstration a priori, tirée de l'analyse de notre nature ellemême. À vie de Meiners, uniforme et paisible, comme ,elle d'un savant uniquement occupé de ses re Tches , n'olTre pour tout événement que des ages dans quelques parties de l'Allemagne et e la Suisse, entrepris pendant les vacances de 'université à laquelle il était attaché depuis 1771 im qualité de professeur dans la faculté de philosophie. Il remplit à son tour, et avec beaucoup Je succès , les fonctions de prorecteur ; et l'arali;mie royale des sciences de Gœttingue n'eut de membre plus assidu et plus laborieux. Le ,uvernement de Ilanovre lui conféra, ainsi qu'à luelquesuns de ses collègues les plus distingués, lui étaient en même temps ses amis particuliers, ‘111. Spittler et Feder, le titre de conseiller nuque. Malgré la divergence de leurs opinions sur )Iusieurs points d'histoire ou de doctrines philo- ?. îophiques , et malgré l'obstination , quelquefois reine l'emportement qu'il mettait à soutenir les siennes , la mort seule put rompre les liens qui 'unirent à ces deux hommes célèbres. Les fruits le cette intimité ne furent point étrangers aux sciences qu'ils cultivaient dans des vues diverses, nais avec un zèle égal; et nous lui devons deux ecueils estimables : le Magasin historique, que ?teiners publia conjointement avec Spittler , et la Bibliothèque philosophique, pour laluelle il associa son travail à celui de Feder . Il eut le bonheur d'obtenir la main de la fille du professeur Acherm al , si connu pour avoir eu la première idée d'une branche des sciences géographico - politiques , à laquelle il donna le nom de Statistique, conservé par SchIcetzer. Cette femme, digne de lui par ses qualités excellentes et par son instruction, lui fut trèsutile, en le ramenant parfois avec douceur à des dispositions plus calmes, et en influant sur la direction de ses travaux. Elle passait pour avoir rendu les voyages de Meiners plus intéressants par le tact et la finesse avec lesquels elle savait porter son attention sur les objets vraiment remarquables et rectifier ses premiers aperçus : on disait d'elle que ses yeux remplissaient en voyage, à côté des yeux de son mari, les foncticins de la lunette appelée le rhereheur, qui, fixée sur le côté d'un télescope , aide l'observateur à trouver plus facilement la plage du ciel dont il veut examiner les détails. Le gouvernement russe répandit sur les dernières années , nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que leur tendance générale et l'àpropos de leur apparition ont été pour beaucoup dans leur succès. Meiners n'a cessé de ramener toutes les discussions métaphysiques ou littéraires et politiques aux grands intérêts de la morale pratique et de l'application usuelle des connaissances humaines les plus étrangères en apparence au bien public et au bonheur des particuliers. Il a cherché à détourner ses contemporains des investigations trop subtiles , et a surtout fait une guerre aussi vive que persévérante aux systèmes abstraits , par lesquels leurs auteurs prétendent subjuguer ou refondre toutes les sciences d'application et soumettre l'emploi des forces publiques et individuelles à la tyrannie des méthodes scolastiques, qui tendent à jeter dans leur moule étroit tous les besoins du coeur et de la société ; à l'ascendant d'opinions bizarres ou hardies, mises à la mode par des écrivains imposants. Quoique ses armes fussent plutôt le gros bon sens , et son guide l'opinion commune et traditionnelle des beaux siècles de la littérature, aidés l'un et l'autre des souvenirs d'une prodigieuse érudition , il .\ avait, mème pour les tètes fortes et les esprits spéculatifs, quelque chose d'entraînant dans sa bonne foi, dans ses excellentes intentions en faveur d'une jeunesse qu'il voulait empêcher de sacrifier son temps à de vaines arguties ou à des recherches , selon lui , stériles ou dangereuses. C'est ainsi que, dans sa Révision de la philosophie , il s'éleva contre les derniers adhérents du leibnizianisme et de l'école de Wolf ; dans des écrits particuliers, contre les partisans du magnétisme animal, et de Schroepfer, thaumaturge maintenant oublié ; dans ses Recherches sur l'entendement et les volontés de l'homme , contre la crânoscopie du docteur Gall ; dans son Histoire universelle des doctrines morales, ou De la science de la vie 2 vol , , contre la philosophie de Kant, philosophie qu'il avait déjà attaquée et même dénoncée à ses contemporains, dans la préface de sa Psychologie en 1786. Cette dernière lutte , hasardée contre un athlète de trop haute stature, fut à la fois le moins heureux et le moins fructueux de ses combats contre les idoles du jour. La deuxième des remarques gé nérales, que nous croyons utile de présenter su les productions de la plume fertile de Meiners est relative à l'opportunité de leur publication Toujours prêt à offrir à la génération contempo raine, sur les objets de son attention ou de soi engouement, le tableau de phénomènes morau ou politiques appartenant à d'autres temps et d'autres climats, nous le voyons appeler les mé ditations de son siècle tour à tour sur l'inégalit des conditions chez les différents peuples di globe , et les querelles qu'elle a suscitées ou k phases qu'elle a subies ; — sur la grande questio de l'utilité de l'instruction du peuple , ses avare tages et ses inconvénients : cet ouvrage riche d'un nombre prodigieux de faits et de pa rallèles, a été traduit en hollandais par le profe. seur Hermann Bosch ; — sur l'organisation de universités allemandes , leur mérite et les r' formes dont elles paraissaient susceptibles . C: sont ces recherches sur les écoles supérieures d: l'Europe en général , et plus particulièremen de l'Allemagne , qui déterminèrent l'empereu Alexandre à consulter Meiners sur les établisse ments qu'il voulait fonder ou perfectionner dan, ses Etats d'Europe et d'Asie. Pour complète l'idée que nous avons à donner des services qu Meiners a rendus aux lettres et à la philosophie en comprenant sous ce dernier titre la religio aussi bien que les sciences morales et politiques, il ne nous reste qu'à classer ses ouvrages et indiquer spécialement les plus importants de ceux dont nous n'avons pas encore eu occasion de parler. Ils peuvent se ranger sous quatre ou cinq chefs : 1° Philosophie proprement dite ; 2° Histoire de la philosophie ; 3° Anthropologie physiI que, morale et politique ; 4° Etablissements d'in struetion et méthodes d'enseignement ; 5°Voyages Meiners a été un de ces hommes qui, doués d'un esprit observateur et assez pénétrant pour suivre à force d'étude les méditations des philosophes spéculatifs, se sont crus autorisés ou mème appelés à juger leurs systèmes en connaissance de cause , et capables d'établir sur leurs ruines des doctrines plus satisfaisantes : cependant il n'en est rien. Judicieux et nullement dépourvu de sagacité, lorsqu'il s'agit d'exposer les idées d'autrui et d'indiquer les côtés faibles d'édifices construits par de grands architectes , il n'est en état ni de bàtir à ses propres frais , ni surtout d'élever sa propre habitation sur des fondements solides , avec les matériaux qu'il a tirés des différentes constructions de ses devanciers. Quand il ne marche plus appuyé sur des faits positifs , il qtrahit à chaque pas son impuissance et la faible portée de ses facultés contemplatives. 1° Le moins mauvais de ses Traités philosophiques est un Mémoire qui concourut, avec ceux de L. Cochius et de Ch. Garve , pour le prix proposé en 1766 par l'académie de Berlin sur la question de savoir : « S'il est possible de détruire les inclina« Lions naturelles ou d'en réveiller que la nature « ne nous a pas données? et quels seraient les « meilleurs moyens d'affaiblir les mauvais pen« chants et de fortifier les bons. » La dissertation de Meiners, qui obtint le deuxième accessit, a été imprimée en 1769 à la suite de celles de ses concurrents. On ne peut guère porter un jugement plus favorable sur un Traité psychologique concernant les différents états cle, la conscience intime, imprimé en tète du 2e volume de ses Mélanges de philosophie, 1775-1776, 3 vol. Ce recueil offre d'ailleurs des recherches intéressantes sur les systèmes de Platon , d'Epicure et des stoïciens ; sur le génie de Socrate , le culte des animaux chez les Egyptiens , les mystères des anciens , leurs ressources contre les terreurs de la mort. Ses ouvrages sur les principes du beau n'ont aucun mérite particulier. L'histoire des opinions et de la civilisation des peuples tant policés que barbares est le domaine qu'il a cultivé avec le plus de succès. 2° 11 a donné une Esquisse de l'histoire de la philosophie dans les Mémoires de l'académie royale des sciences de Goettingue ; Comntentationes t,- es de Zoroastris vita, doctrina et libris, 1777 ; — De e'ariis reit* yionis Persarunt conversionibus, 1780; — De realium et nonzinalium initiis et progressa, ibid., 1793 ; — l'Histoire des opinions et des croyances qui prévalurent dans les premiers siècles de notre ère , surtout parmi les néoplatoniciens , : ouvrage curieux et savant, mais trop injuste pour l'école d'Alexandrie ; — l'Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des sciences chez les Grecs et les Romains . Cet écrit, le plus considérable et peut-ètre le meilleur de Meiners , a jeté un nouveau jour sur plusieurs points de l'histoire de la philosophie grecque, principalement sur la secte et les plans politiques des pythagoriciens. Malheureusement il s'arrète à Platon, dont, au surplus, il ne juge pas la doctrine avec assez de profondeur et d'équité. Cet ouvrage avait été précédé de la plus importante de toutes les productions de Meiners, de son Historia de vero Deo, omnium rerunt auctore atque redore , il a exposé les degrés par lesquels les philosophes grecs se sont élevés jusqu'à l'idée d'une intelligence suprême , distincte de l'univers , idée inconnue avant Anaxagore. Il montre que , pour être admise selon toute sa pureté dans le système des croyances populaires , il faut qu'elle trouve des esprits préparés par une instruction déjà avancée ; et il explique ainsi pourquoi les Hébreux retombèrent si facilement et si longtemps dans la plus grossière idolAtrie , en dépit dé la révélation aussi sublime que surprenante dont l'arbitre des destinées humaines les avait favorisés. — il faut enfin ranger dans cette classe des écrits de Meiners son Histoire de toutes les religions ; — un Essai siur l'histoire de la religion des plus anciens peuples, particulièrement des Egyptiens ; traité extrêmement remarquable, où Meiners soutient avec des raisons bien fortes une opinion diamétralement opposée à celle qui voit clans les croyances des peuples de l'Asie et de l'Afrique les débris d'un ancien système de religion éclairée , dénaturé et corrompu par les révolutions ; — De falsarum religionum origine ac différentia ; De libro qui inscribitur de mysteriis rEgyptiorunt ; De Socraticorum reliquiis ; — contre l'authenticité des ouvrages attribués à Jamblique, à Eschine, disciple de Socrate ; contre celle des prétendues lettres de Socrate , de Platon , etc. Dans son histoire de la philosophie grecque , il élève les mêmes doutes sur la plus grande partie des écrits qui portent le nom d'anciens pythagoriciens. On ne saurait enfin rapporter à une autre classe d'écrits les deux volumes qu'il a donnés sur la lie d'hommes célèbres de l'époque de la restauration des sciences , recueil biographique d'un mérite éminent. Nous devons encore faire mention d'un mémoire sur MarcAntonin .— 3° A la division d'anthropologie physique, morale, historique, appartiennent, outre quelquesuns des livres que nous avons déjà cités : 1° Histoire des femmes , 1788 , 1798-1799 , 1800, 4 vol . ; 2° Histoire de l'humanité, où Meiners expose son hypothèse sur les deux races d'hommes qui sont descendues du Caucase et de l'Altaï , et dont l'une , la race tartare ou caucasienne, offre selon lui le type du beau physique et moral, du courage et de l'intelligence, les plus heureuses qualités du coeur et de l'esprit; et dont l'autre , la race mongole , est aussi difforme et faible qu'abjecte, dépravée et stupide. Cette hypothèse est développée dans un grand nombre de mémoires qui forment la majeure partie de 11 volumes du Magasin historique , déjà indiqué; dans son Cours d'histoire de l'humanité, 1811 et 1812, 4 vol., imprimé à Tubingue après sa mort ; et dans ses Recherches sur la diversité des races humaines en Asie , dans les terres australes , dans les iles du grand Océan, etc., 1812, 2 vol., ibid.; elle est complétement réfutée par Blumenbach , et a fourni à M. Auguste Lafontaine le canevas d'un roman aussi plaisant que spirituel . — Nous avons encore, sous ce troisième titre , à citer l'Histoire du luxe chez les Athéniens, mémoire couronné par l'académie de Cassel , traduit en français, Paris ; — De grœcorum gymna. siorum utilitate et damais ; — De anthropophagis ; — De sacrificiis humanis ; — De origine veterum , Egyptiorum ; — De causis ordinum seu castarum in veteri jEgypto atque in huila ; — Tableau comparatif' de la fertilité ou stérilité, de l'état ancien et présent des principales contrées de l'Asie ; — Description des monuments répandus sur toute la surface du globe, dont les auteurs et l'époque d'érection sont inconnus ou incertains , Nuremberg, 1796 ; — Histoire de la décadence des moeurs et des institutions politiques chez les Romains, Leipsick , 1782 ; traduit en français par Binet, 1796, et par M. Breton pour la Bibliothèque historique à l'usage des jeunes gens , dont elle forme les volumes 31 et 32. Cet ouvrage, un des plus recommandables de Meiners, a été retouché par son auteur pour servir d'introduction et de supplément à la dernière partie de la traduction allemande de Gibbon , qui a trop négligé l'importante considération des moeurs, ainsi que celle du délabrement des finances sous les empereurs, et qui a trouvé dans Meiners et dans Hegewisch des maîtres dignes de remplir les lacunes que l'historien écossais avait laissées. Les traducteurs français auraient dù prendre pour base de leur travail le traité de Meiners remanié , et tel qu'il l'avait amélioré pour le Gibbon allemand. —4° Aux écrits de Meiners sur les universités il faut ajouter ses belles recherches sur la dignité de chancelier dans ces établissements , et de nombreux articles sur l'état de l'enseignement dans différents pays de l'Europe , insérés dans le Magasin historique, etc. La prodigieuse facilité avec laquelle il analysait la foule d'auteurs qu'il consultait, et en présentait la substance dans ses propres compositions, faisait désirer qu'il donnât aux jeunes gens quelques directions sur la manière la plus fructueuse de lire, de faire et de classer des extraits; il publia sous ce titre, en 1789, un traité méthodique qui eut beaucoup de succès. — 5° Parmi les relations (le voyages qu'il a mises au jour, nous ne citerons que ses Lettres sur la Suisse, 178i, 2 vol.; la 2e édition, de 1788, est augmentée de 2 volumes ; elles placent Meiners au rang des bons écrivains de l'Allemagne. Les descriptions animées , les renseignements politiques qu'elles offrent et qui sont généralement exacts, en font une lecture d'autant plus intéressante, qu'on y trouve la Suisse telle qu'elle était avant la révolution. — On peut voir dans Meusel une liste plus complète des ouvrages de ce fécond écrivain ; celle de ses Mémoires imprimés dans la Collection de l'académie des sciences de Go3tNique y a été insérée , page 79 et suivantes du 16" volume. par les soins de M. Reuss. Son Eloge a été prononcé par Heyne et publié en 1810. Meiners n'a pas laissé de postérité. Son portrait se voit en tète du 81e tome de la Bibi. gerni. univ.; mais la gravure de Schwenterley, de 1792 , est plus ressemblante
  • Christophe MERCIER( 1600 - 1680) : écrivain ascétique, naquit à Dole , au conimencement du 17. siècle, d'une famille de robe. Après avoir terminé ses études , il embrassa la vie religieuse dans l'ordre des Carmes déchaussés, et changea le nom qu'il portait dans le monde contre celui d'Albert de 81- Jacques. Il s'appliqua avec beaucoup de succès à la prédication et à la conduite des âmes , et fut élu plusieurs fois provincial du comté de Bourgogne. Il mourut vers 1680 dans un âge avancé. On a de lui : 1° la Sainte solitude, ou le Bonheur de la vie solitaire, avec une description poétique du StDésert de Marlagne , proche Namur, etc., Bruxelles, 1644, petit ; 2° la Vie de la véné- rable mère Thérèse de Jésus, fondatrice des carmélites de la FrancheComté de Bourgogne, Lyon, 1673 Cette religieuse se nommait Jeanne Bereur ; elle mourut en 1657 à Dole , sa patrie , en odeur de sainteté. 3° La Lumière aux vivants par l'expérience des morts, ibid., 1675 Cet ouvrage est traduit de l'espagnol de don Jean de Palafox , évêque d'Osma ; c'est un traité sur la nécessité de prier pour les morts. On lui attribue encore : Commentaria litteraria et moralia in reyulam Carmelitarum, ibid . , 1678
  • Christophe MERRET( 1614 - 1695) : médecin et naturaliste , né en 161i à Winchcombe , dans le comté de Glocester, fit ses études à l'université d'Oxford : après y avoir pris ses degrés , il se fixa à Londres, où il acquit une réputation fort étendue. il mourut en cette ville le 19 août 1695. Le docteur Merret était membre du collége des médecins et de la société royale. On a de lui, en anglais : Recueil de pièces relatives au collége de médecine, 1660, — Le Caractère du parfait médecin, coup d'oeil sur les fraudes que commettent les apothicaires, 1669 Cet ouvrage intéressant et curieux le brouilla avec les pharmaciens , qui se déchaînèrent contre lui dans plusieurs écrits tout en profitant de ses conseils. Il a publié en outre : Pinax rerum naturaliunt Rritannirarum , eontinens regetabilia, animalia et fossilia in hac insola reperta , Londres , 1667 de 223 pages. Cette édition est indiquée comme la seconde dans le Catalogue de l'Héritier. On 3 trouve par ordre alphabétique l'indication de plus de mille quatre cents espèces de plantes, dont un grand nombre avait échappé jusqu'alors aux recherches des naturalistes : mais Merret en cite plusieurs qu'on regarde comme imaginaires; car Ray, connu par son exactitude, et qui écrivait trois ans après, n'a compté que mille cinquante plantes croissant en Angleterre. Merret a traduit de l'italien en anglais l'Art de la verrerie, par Neri, Londres , 1662 et il y a joint une bonne préface contenant des recherches historiques sur le verre et des notes qui ont passé dans les traductions latine et française de cet ouvrage . On trouve dans les Transactions philosophiques plusieurs articles de Merret : Obserrations sur la réunion de l'écorce au tronc de l'arbre dont elle a été séparée; — Expérience pour entpècher les fruits de tomber avant leur maturité; — Obserration ( 111 poids de l'aloi americana, etc., etc., année 1667 ; — Des- criplion ( les mines d'étain de Cornwall , et de la manière dont on y travaille l'étain ; — l'Art de rIfiner l'or et l'argent, année 1678
  • Christophe MIDDLETON : navigateur anglais, est un de ceux qui ont essayé de trouver le pas sage au nordouest. Comme il avait longtemps voyagé dans la baie d'Hudson au service de la compagnie , Arthur Dobbs, riche particulier, qui avait pris à coeur la découverte du passage, le consulta sur ce point, et, trouvant son opinion conforme à celle qu'il avait conçue, il fit tant par ses sollicitations auprès de l'amirauté, qu'elle arma une galiote à bombes et une flûte. Middleton commanda la première , Guillaume Moor la seconde. Déjà Dobbs avait, en 1737, fait entreprendre à la compagnie de la baie d'Hudson une expédition semblable, qui n'avait produit aucun résultat satisfaisant : les deux bâtiments ne s'étaient élevés qu'à 69.° 50' de latitude nord ; les glaces les y avaient arrêtés : d'ailleurs ils confirmaient ce que les navigateurs précédents avaient dit de la marée qui venait du nord ; particularité qui donnait à Dobbs et au public les plus grandes espérances : elles devinrent bien plus vives quand un navigateur du mérite de Middleton , qui les partageait, fut chargé d'aller les réaliser. Ce fut sous ces auspices favorables que Middleton partit d'Angleterre en mai 17%1 , passa l'hiver à l'entrée du Churchill- River, dans la baie d'Hudson, et remit à la voile le 1e' juillet 17%2. Il alla plus loin au nord que ceux qui l'avaient précédé. Après avoir découvert par 65° 12' nord et 86° 6' ouest , le cap Dobbs à la côte de la baie Wellcome, qui était remplie de glaces flottantes, il entra dans le Wager- River et s'avança vers l'ouest jusqu'à 88° ; ensuite il revint au nordest, et ayant bien examiné toutes les ouvertures qui donnaient dans un bras de mer où il était arrivé, il se trouva le 5 août dans une baie située près du 67° nord, qu'il nomma RepulseBay, parce que les terres et les glaces ne lui permirent pas d'aller plus loin. Le 9, il fit voile pour l'Angleterre ; il avait dit dans son rapport qu'après avoir pendant trois semaines fait des observations réitérées sur les marées et des tentatives pour découvrir la nature et l'étendue de l'ouverture vue entre les 65e et 66e parallèles, il avait reconnu que la marée venait constamment de l'est, et que cette ouverture n'était qu'un grand fleuve. Dobbs parut d'abord persuadé de la vérité de cette assertion et satisfait de la conduite de Middleton ; mais une lettre anonyme le fit bientôt changer d'opinion. On a su depuis qu'elle avait été écrite par le chirurgien de l'expédition et le commis du capitaine ; elle accusait Middleton d'avoir soutenu faussement que le détroit du Repulse- Bay était gelé , et rempli son rapport . L'issue de ce voyage, dans lequel on reconnut que le IUager- River n'était pas un détroit, réhabilita la réputation de Middleton : il reçut une médaille pour récompense des observations qu'il avait faites, et la société royale l'admit dans son sein ; il mourut le 24 janvier 1770. Les détails de sa navigation ne sont connus que par l'extrait qui en fut publié, d'après son journal et ses lettres, par Ellis ; il en est aussi question dans l'ouvrage de Dobbs : Relation des contrées voisines de la baie d'Hudson, Londres, 1748, 1 vol. L'auteur cherche à prouver la probabilité du passage et à faire voir que la compagnie s'opposait à toute 'découverte au nord du Churchill- River, lierne à ce que son commerce s'étendît de ce côté , de crainte que l'on ne trouvât le passage, qui aurait nui au commerce exclusif qu'elle exerçait illégalement. Cette attaque fut renouvelée par le comité chargé de l'expédition de Moor ; il publia : Récit succinct et justification des opérations du comité nommé par les actionnaires de la société formée pour poursuivre la découverte du passage à l'Océan, à l'ouest de l'Amérique, ouvrir et étendre le commerce, et fonder des colonies dans les pays situés au delà de la baie d'Hudson, Londres, 1748 Le comité défend sa conduite et attribue le peu de succès de ses tentatives à la jalousie de la compagnie de la baie d'Hudson , qui veut s'emparer de tout le commerce ; il combat la validité du privilége de cette société, en demande la suppression, et finit par soutenir que trèsvraisemblablement on découvrira dans le Wellcome un passage à l'Océan occidental. Indépendamment de la partie polémique, le livre de Dobbs contient des renseignements précieux sur les contrées boréales dont il parle. Middleton avait fait dans son voyage des observations sur la déclinaison de l'aiguille aimantée dans ces hautes latitudes ; elles sont confirmées par celles du capitaine Parry. — MIDDLETON , ecclésiastique méthodiste anglais du 18' siècle, a publié un ouvragé intitulé Bit,- graphia eranyelica, en 4 volumes et un Dictionnaire des arts et des sciences. Il est mort en 1805 . E—S
  • Christophe MILIEU( 1500) : en Will Milœus ou Myhrus, littérateur, était né dans le 16° siècle à Estavayer . L'auteur y traite successivement de l'antiquité le trou\ e triismédiocre. Milzeus convient qu'il entreprit cet ouvrage trop jeune et qu'il manquait des 1iikeus peut prétendre à partager avec Gesner l'hou iwu r . Dc i? itatione Cieeronialla, Btle, ; 3° tata Ciceronis, ibid. ; 4" De relinquendis ingenii et lifte- monumentis libri Ires. Cet ouvrage, ainsi que les stIiYalliS, ne nous est connu que par la Bibliothèque ; 7" De com- ]) tenclatione littera? um liber anus. W—s. tu C'est par erreur qu'il est nommé Mileo dans le » a? re universel de Chaudon et Delandine, et qu'on le dit né en Savoie. Au surplus, cette faute se trouvait déjà dans la Slori, de Tiraboschip qui n'a fuit que copier luimale Chiesa, Calaleq p. 114 ; Rossotti , Sylla& seriplor. Pedemonlata., p. 167, et beuina, Bibltnpra, p. 18. t'21 Si l'on en croit Tiraboschi, cet ouvrage n été imprime en 1677 avec la Vie de Cicéron et d'autres traités du mérite auteur; mais le savant bibliographe avertit qu'il n'a point vu le recueil, qui ne peut être que fort rare, s'il exiete, puisqu'on ne le tro,tvo lioint cité dans les meilleurs catalogues.
  • Christophe MORO : doge de Venise, fut nommé le 12 mai 1462 pour remplacer sur le trône ducal Pascal Malipieri. Son administration, d'abord prospère, fut marquée par la perte de Nègrepont ou île d'Eubée, dont Mahomet II prit d'assaut la capitale le 12 juillet 1470. On accuse Christophe Moro d'avoir été hypocrite, vindicatif, perfide et avare. Il mourut le 9 novembre 1471. Nicolas Trono lui succéda
  • Christophe OPALINSKI : palatin de Posnanie. agent de la reine Catherine Leczinska , vivait dans le 17e siècle, et publia, sans y mettre son nom, des satires écrites en langue polonaise. Elles sont dirigées contre les abus du gouvernement et contre la corruption des moeurs. La première édition parut en 1652 à Cracovie; elles ont été réimprimées deux fois depuis à Thom et à Posen, sous des titres déguisés. Dans la dernière édition, on a retranché deux satires contre le clergé et les moines. Les Acta erudit. Lipsiens., t. 2, p. 150, et le Theatruin anonym. de Placcius, p. 676 , font mention des satires d'Opalinsk
  • Christophe OPOIX( 1745 - 1840) : conventionnel, né à Provins le 28 février I745, exerçait dans cette ville la profession d'apothicaire, et s'était fait quelque réputation comme chimiste, lorsqu'il fut député par le département de SeineetMarne à la convention nationale , où il fut un de ceux qui montrèrent le plus de courage dans le procès de Louis XVI. Après avoir opiné pour l'appel au peuple, dans le cas seulement oit la peine de mort serait prononcée, il vota la reclusion jusqu'à la paix et le bannissement ensuite. C'était , tout en sacrifiant à une cruelle nécessité , le seul moyen possible de le sauver. Opoix se fit d'ailleurs peu remarquer dans cette assemblée; et après sa dissolution en 1795 , n'ayant pas été continué par le sort, il se retira dans sa patrie et resta étranger aux affaires, se livrant tout entier aux sciences et aux lettres, qu'il avait toujours culti- vées. Il fut élu membre de l'Académie de phar- macie, de celle de médecine et de plusieurs autres sociétés savantes. Nommé, sous la restauration , garde général des eaux et forêts à la résidence de Crécy, il quitta bientôt cet emploi pour celui d'inspecteur des eaux minérales de Provins, qui lui permit d'habiter sa ville natale. Ce fut là qu'il mourut en avril 1840, ayant atteint sa 96e année. On a de lui : 10 Dissertation sur les eaux communes, Paris, 1770 dont on trouve un examen , par Macquer , dans le Journal des savants de 1771 ; 2° Analyse des eaux minérales de Provins , suivie d'une dissertation sur l'état de la sélénite dans les eaux, Provins et Paris , 1770 3° Observations sur l'analyse des eaux minérales de Provins, faite par M. Raulin; 4° Observations physico- chimiques sur les couleurs 5. Les morts soustraits à la corruption , in.-- 8° ; 6° Moyen de suppléer la potasse pour la fabrication de la poudre, Paris, an 9. ; 70 Minéralogie de Provins et de ses environs , avec l'analyse de ses eaux minérales, Paris et Provins, 1803, 2 vol. ; 2e édition , 1808 , 2 vol. 8. Théorie des couleurs et des corps inflammables, et de leurs principes constituants, la lumière et le feu , Paris, 1808 ; 9° Traité des eaux minérales de Provins, Paris , 1816 ; 400 L'ancien Provins , conte- nant les antiquités et les origines de la haute ville de Pt- ovins, l'époque de sa fondation, le nom de ses fondateurs , les motifs , les intentions qu'ils se sont proposés en bâtissant cette ville, évidemment prouvés par les ruines et les restes considérables qui subsistent aujourd'hui, Provins, 1818 L'auteur a publié depuis deux suppléments à ce volume. I 1 ° L' Art forestier, Meaux, 1819 ; 12° l'Anie dans la veille et dans le sommeil, Paris , 1821 13° Histoire et description de Provins, 1823 à laquelle il faut ajouter un supplémenttet une suite publiés dans les années 1825 et 1829 2' édition , refondue , augmentée et mise en ordre d'après les notes laissées par l'auteur, et publiée sous la direction de A.C. °poix, fils de l'auteur, Paris, 1848 1i? Siége de Pro- vins par Henri IF, pièce de théâtre en un acte, pour faire suite à Histoire et description de Pro- vins , 1824 15° les Eaux minérales de Provins, comédie en un acte avec divertissement, 18214 16' Beurre frais conservant longtemps ses qualités sans devenir rance, Provins, 1828 Opoix a publié plusieurs almanachs historiques, littéraires, et fourni de bons articles au Journal de chimie, à celui de pharmacie, et à la Gazette d'agriculture et de commerce AY.
  • Christophe OZANNE : simple paysan du hameau de Chaudray, près de Mantes, acquit à la fin du 17e siècle, une réputation extraordinaire par les cures qu'il opérait à l'aide de quelques médicaments et de simples. Coulanges, écrivant à madame de Sévigné le 27 janvier 1696, lui disait Le duc de Nevers partit avanthier pour u? M. de Golbéry a, dans le Moniteur du 13 février 1847, rendu un compte détaillé de cet ouvrage qu'il qualifie d'excellent. Voici en quels termes il termine son article : Si à la lecture du titre a un esprit chagrin s'écriait Encore une Histoire de Fronce! « nous lui répondrions à bon droit : E95n une Histoire de ‘‘ France! « aller dans le voisinage de la RocheGuyon « consulter Christophe aux Anes , qui est un « laboureur, mais un homme admirable pour la « guérison de tous les maux par la connnaissance « qu'il a des simples qu'il tient de son père , ce « qu'il laissera , faute d'enfants, à un de ses ne- « veux.... On ne parle que des cures étonnantes « qu'il fait, et de son désintéressement. Il donne « aux pauvres ses remèdes pour rien ; il les fait « payer aux riches précisément ce qu'ils valent, « n'exige pour toute récompense que trente sols e ou un écu, qu'il fait mettre dans un tronc pour « les pauvres.... Le duc de Gramont et Turme- « nies sont guéris par lui; le dernier lui a envoyé « cent pistoles, qu'il lui a renvoyées aussitôt. » On peut voir dans le tome 8 des Dirersités cu- rieuses de l'abbé Bordelon d'autres détails s guliers sur cet honnête charlatan , qui . très- différent de ceux de notre siècle. ne dut, à ce qu'il paraît, toute sa renommée qu'à la recom- mandation qu'il faisait à tous ses malades d'ob- server une diète austère et de boire beaucoup d'eau. La poésie lui paya son tribut de recon- naissance : plusieurs pièces de vers furent composées à son sujet. Le portrait do Christophe Ozanne a été gravé par Bonnart et par Lochon. 11 destinait, comme le dit Coulanges, son neveu Jean Ozanne à lui succéder; tuais aucun mémoire ne nous étant parvenu sur ce dernier, nous présumons qu'il aura renoncé à l'art de guérir pour reprendre sa charrue
  • Christophe PACHECO : peintre de l'école de Madrid , florissait en 1568, et jouit de la faveur du duc d'Albe , qui l'occupa de l'embellissement de ses palais. Le talent qu'il déploya dans le portrait engagea la plupart des personnages les plus distingués de son temps à se faire peindre par lui. Le peu de ses ouvrages qui existent encore en ce genre prouvent que sa vogue n'était point une affaire de mode. Ils sont traités d'une excellente manière, et peints d'une belle couleur. 11 mettait surtout un soin minutieux à rendre tous les détails des vêtements en usage à cette époque, tels que les broderies, les dentelles, etc. — François PACI1ECO , peintre, écrivain et pete distingué, né à Séville en 1571, fut élève d'un peintre de Serges, nommé Louis Fernandez, qui avait une école à Séville. En 1598 , il fut chargé de peindre en, détrempe un des quatre côtés du catafalque immense que l'on éleva dans la cathédrale de cette ville pour les funérailles de Philippe 11. En 1600, il fut choisi pour exécuter, au couvent de la Merci, six grands tableaux tirés de la Fie de St- Raimond, concurremment avec Antoine Vasquez, peintre d'un talent supérieur. Les tableaux en détrempe qu'il fit, trois ans après , pour son ami le duc d'.Alcala , et qui représentent plusieurs traits de l'Histoire de Dédale et Icare, obtinrent le suffrage du célèbre Cespedès. Dans cet ouvrage, l'artiste n'a éludé aucune des difficultés de son art; et Ion remarque dans quelquesuns des tableaux qui le composent des raccourcis qui prouvent sa profonde connaissance du dessin. Cependant Pacheco, jaloux de perfectionner son talent, voulut voir et étudier les chefsd'oeuvre que renfermaient Madrid, l'Escurial et Tolède, où travaillait alors le Greco, et se lia d'une étroite amitié avec Vincent Carducho. De retour à Séville, il ouvrit une école où il mit à profit les connaissances qu'il avait acquises dans ses voyages : de cette école sont sortis des élèves distingués, parmi lesquels il suffit de citer Alphonse Coello et Jacques Velasquez, qui, par la suite, deviht son gendre. C'est en 1618 qu'il peignit, pour le couvent des religieuses de SteIsa- belle, son célèbre tableau du Jugement universel. En 1623, il accompagna à Madrid son gendre, qui y avait été appelé par le duc d'Olivares. 11 fut témoin de ses succès, et demeura deux ans dans la capitale, étudiant avec plus de soin et d'ardeur que jamais les chefsd'oeuvre qu'elle contenait. Il revint enfin à Séville, Où il fut parfaitement accueilli. Un de ses plus beaux ouvrages fut le St-. 1/ ichd qu'il exécuta pour 16 collége de StAlbert. On connaît de lui plus de cent cinquante portraits à l'huile, de diverses dimensions. Le plus remarquable est celui de sa femme. Il fit ensuite une collection des person- nages les plus distingués de son temps, au crayon noir et rouge. On y distingue le portrait de Michel Cervantes. Il s'exerça aussi dans la minia- tore. Quelque assidu qu'il fût au travail, ses occupations ne l'empêchèrent pas d'approfondir la théorie de son art. 11 a consigné le fruit de ses études dans son Traité de l'art de la peinture, ouvrage élémentaire, malheureusement trop rare, mais qui ne cesse point d'être regardé par les Espagnols comme le meilleur qu'ils possèdent en leur langue. fi s'était livré également avec succès à d'autres genres d'études littéraires; et l'on connaît de lei une Dissertation trèssavante, où il prouve, contre le sentiment de François Quevedo de Villegas, que StJacques n'était pas l'unique patron de l'Espagne, et que SteThérèse pouvait revendiquer sa part de ce patronage. Les vers qu'il a composés contre la mauvaise imitation de la nature dans l'art de peindre jouissent d'une réputation méritée. Il fut l'éditeur des poésies de son ami Ferdinand de Herrera, qu'il publia en 1619, avec le portrait de l'auteur en tète. Lope de Vega a chanté les talents de Pacheco. Les églises de Séville, de &elles, d'Alcala , de Guadayra , etc., sont ornées de ses tableaux. Il en existe un grand nombre dans des galeries particulières. Son dessin , en général correct , offre de la simplicité dans les poses ; on y reconnaît une entente parfaite dans la composition des figures, dans la distribution des lumières et dans le choix des convenances : tuais l'exécution manque de franchise; et, contre le caractère ordinaire des maîtres de l'école de Séville, si remarquable par la beauté du coloris, ses tableaux sont d'une couleur généralement terne. Peu de peintres ont été aussi studieux quo lui. Avant d'exécuter un tableau , il en faisait deux ou trois dessins différents et étudiés ; il copiait à part et à l'huile, d'après nature, les tètes qu'il voulait faire entrer dans ses compositions, et dessinait avec soin sur des cartons toutes les autres parties de ses Cigares. Cet artiste mourut à Séville, en 16;31
  • Christophe PAUDITZ( 1618) : peintre, naquit dans la basse Saxe vers 1618. 11 fut l'un des élèves les plus distingués de Rembrandt. L'évêque de Ratisbonne et Albert Sigismond, duc de Bavière, l'honorèrent de leur protection spéciale et le chargèrent de l'exécution de plusieurs tableaux qu'il peignit d'une manière supérieure. Après avoir terminé ces grands travaux, il entreprit un tableau en concours avec Rester, peintre de Nuremberg. Le sujet était un Loup qui dévore un agneau. L'ouvrage de Pauditz se faisait remarquer par la force et la vérité de l'exécution quelques juges, frappés du fini plus recherché du tableau de son rival, lui donnèrent la préférence. Pauditz , d'une susceptibilité trop grande, ne put supporter ce jugement, qu'il regardait comme une injustice ; il fut attaqué d'une fièvre violente ; son sang se décomposa et il Mourut quelque temps après, au grand regret de tous les amis des arts. Ses ouvrages, remarquables par une heureuse imitation de Rembrandt, se distinguent en outre par la vigueur du coloris et la vérité des tons. La galerie de Dresde a son portrait peint par luimême. Le Musée du Louvre a possédé deux tableaux de ce peintre l'un était une esquisse sur étain représentant le Réveil de St- Jdrôme; l'autre, un lard avec un enfant. Le premier provenait de la galerie de Munich, /e second de celle de Vienne : ils ont été rendus en 1815
  • Christophe PERSONA( 1416) : littérateur, né vers 1416 à Rome, d'une famille patricienne, alla jeune à Constantinople, où il demeura plusieurs années pour s'instruire à fond de la langue grecque, qui fut depuis l'objet de toutes ses études. A son retour, il entra dans la congrégation des guillel - mites et fut élu prieur du monastère de SteBalbine. A la demande du célèbre Théodore Gaza , il se chargea de traduire en latin l'ouvrage d'Origène contre Celse, dont le pape Nicolas V venait de faire acheter un manuscrit à Constantinople , et il présenta son ouvrage à Sixte W, qui lui témoigna sa satisfaction. Ce pontife mourut avant d'avoir trouvé l'occasion de récompenser Persona ; mais son successeur le nomma en 1484 préfet ou directeur de la bibliothèque du Vatican. Persona ne jouit que peu de temps de cet emploi honorable ; il mourut de la peste, non en 1486, mais vers la fin de 1485, comme l'a prouvé Getan Marini dans ses recherches sur les archiatres pontificaux , et fut inhumé dans l'église StMarcel , où l'on voyait son épitaphe, rapportée par Apostolo Zeno, dans la Notice intéressante qu'il a publiée sur cet écrivain . Les contemporains louent la modestie de Persona et la pureté de ses moeurs. Il a traduit en latin : 10 Vingt- cinq homélies de StJean Chrysostome, Rome, sans date Cette rare édition paraît être sortie des presses de Laver , vers 1470 ; elle a été reproduite page pour page, Bologne, 1475. 2° Des Commentaires sur les Epitres de St- Paul, Rome, 1477 ibid. , 1496 , même format. Ces commentaires, attribués par erreur à StAthanase, ont été insérés, de la version de Persona, dans l'édition des OEuvres de ce Père publiée à Lyon en 1532. On les a restitués depuis à Théophylacte, métropolitain de la Bulgarie ; mais Latino Latini les lui enlève pour les donner à un certain Athanase, moine à Constan- m Cette Notice, publiée par Apost. Zeno, dans le tome 29 du Journal de Venise, se retrouve dans les Disserta, Vossiane, t. 2, p. 139 et suiv. Le P. Niceron en a inséré un extrait dans le tome 15 des Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres. Suivant Tiraboschi, personne n'a parlé avec plus d'exactitude de notre traducteur que G aaano Marini, dans l'ouvrage cité. 12) Quelques bibliographes citent une édition de 1469, qui ne doit évidemment sa prétendue existence qu'à une transposition de chiffres. tinople , dans le 13° siècle. 3° L'ouvrage d'Origène contre Celse, Rome, 1481 Cette édition trèsrare est précédée de la lettre que Th. Gaza écrivit à Persona pour l'engager à se charger d'une traduction attendue avec impatience. Comme elle contient des détails sur les premiers travaux littéraires de Persona , Apost. Zeno a jugé à propos de l'insérer dans la Notice dont oit a parlé. La version de Persona a été reproduite à Venise, 1514 et à Bàle, 1536, avec celle des autres Ouvrages d'Origène. 4° L'Histoire de la guerre des Goths, par Procope, Rome, 1509 Il ne fit , diton , sa traduction que pour dévoiler l'insigne plagiat de Léon. Aretin, qui s'était. approprié l'Histoire de Procope, dont il croyait posséder l'unique exemplaire ; cette version est extrêmement défectueuse. Adr. Junius , Bonav. Vulcanius , Vossius, etc., en ont signalé toutes les imperfections ; Vossius surtout n'a pas épargné les reproches ni les insultes au malheureux traducteur, qu'il déclare ineptissimus ; mais Zeno prétend qu'on doit rejeter une grande partie des fautes dont fourmille cette version sur l'extrême incorrection du manuscrit dont Persona s'est servi. 5° L'Histoire d'Agathias, continuateur de Procope, ibid., 1516 Augsbourg, 1519 et, avec la traduction de l'Histoire de Procope, celle de Bruni , etc. , Bàle, 1531. On attribue encore à Persona des Traductions inédites de quelques Opuscules de Théophylacte et de Libanius, et un recueil de lettres , cité par Tritheim et Prosp. Mandosio, dont on ignore le sort
  • Christophe PLANTIN( 1514 - 1589) : l'un des plus célèbres imprimeurs du 16° siècle , était né en 1514 à MontLouis, dans la Touraine , de parents pauvres et obscurs. Il vint fort jeune à Paris, où il travailla quelque temps de l'état de relieur il apprit ensuite les éléments de l'art typographique chez Robert Macé, imprimeur à Caen , et après s'ètre perfectionné en visitant les principaux ateliers de France et notamment ceux de Lyon , il revint à Paris dans l'intention de s'y établir. Les troubles que commençaient à occasionner les disputes religieuses le décidèrent à passer dans les PaysBas : il s'y maria peu après et vint demeurer à Anvers , où l'on sait qu'il exerçait son art en 1555 . La correction et la beauté des ouvrages sortis de ses presses étendirent bientôt sa réputation , et il acquit en peu de temps une fortune considérable. Plantin en fit le plus noble usage : sa maison , comme celle des Aide à Venise et des Estienne à Paris, devint l'asile de tous les savants ; il en avait toujours plusieurs à sa table : il venait au secours de ceux qui se trouvaient dans le besoin et cherchait à se les attacher en leur offrant un traitement honorable ; aussi eutil constamment dans son imprimerie des hommes d'un rare mérite, tels que Corneille Kilian, Théodore Pulman , Victor Giselin , Fran-çois Raphelengius, etc. . Cependant, si l'on en croit Malinkrot , Plantin, à l'exemple de Robert Estienne, exposait devant sa porte ses épreuves en promettant une récompense à ceux qui y découvriraient quelques fautes. Sur le compte qui lui fut rendu des iitalents de Plantin, le roi d'Espagne, Philippe Il, le nomma son premier imprimeur et le chargea de donner une nouvelle édi- ion de la Bible polyglotte d'Alcalà , dont les exemplaires commençaient à devenir rares. Cette édition, regardée comme le chefd'oeuvre de Plantin, parut de 1569 à 1572 en in Le premier ouvrage imprimé chez Plantin est une traduction française d'un ouvrage italien de J.M• Bruto l'hislitutton d'une fille de noble maison. Dans une é; are dédicatoire au receveur de la ville d'Anvers, Plantin appelle ce volume u cestay u premier bourjon sortant du jardin de mon imprimerie n. Un exemplaire non rogné de ce livre rare let cette circonstance en augmentait beaucoup la valeur aux yeux des bibliophiles) a été payé en 1847 cent quatrevingtdixhuit francs à la vente Libri il s'est revendu quatre cent quatrevingtdix francs, en 1858, chez M. Borlunt de Gand. BRT. 8 volumes gros . Il avait fait venir de Paris le fameux Guillaume Lebé afin de fondre les caractères destinés à l'impression, et Philippe II envoya d'Espagne le savant Arias Montanus pour diriger cette importante entreprise. En ajoutant à la réputation de Plantin, ce magnifique ouvrage faillit être la cause de sa ruine par l'excessive rigueur avec laquelle les ministres espagnols poursuivirent le remboursement des sommes qui lui avaient été prêtées par le trésor royal. Notre célèbre de 'l'hou , passant à Anvers en 1576, alla visiter les ateliers de Plantin , où il vit encore dixsept presses roulantes, quoique, ajoutetil, ce fameux imprimeur fût embarrassé dans ses affaires. A force de soins et de travail, Plantin vint à bout de rétablir sa fortune. Il mourut le i" juillet 1589 et fut enterré dans la cathédrale d'Anvers avec une épitaphe honorable rapportée par différents auteurs, entre autres par Foppens . Outre son imprimerie d'Anvers, il en possédait deux autres, l'une à Leyde et l'autre à Pa ris ; elles furent partagées entre ses trois filles : l'aînée, mariée à Fr. Raphelengius, dont on a parlé, eut l'imprimerie de Leyde; celle de Paris échut à la cadette , qui avait épousé Gilles Béys ; enfin, l'imprimerie d'Anvers fut dévolue à la seconde des filles de Plantin , mariée à Jean Morelus, qui continua de la faire rouler en société avec sa bellemère : elle était placée dans une vaste maison que Guichardin regardait comme l'un des principaux ornements de cette ville . Conrad Zeltner Theatrum virorum eruditorum) dit que cet imprimeur avait des caractères d'argent et que tous les instruments dont il se servait étaient d'ivoire ; mais on avait déjà dit à peu près la même chose de Robert Estienne et avec aussi peu de fondement. La marque typographique de Plantin est une main qui tient un compas ouvert autour duquel on lit ces mots : Labore et constantia . Elle a été religieusement conservée par les Illoretus et les Raphelengius, qui auraient eu de la peine à en choisir une meilleure. Le Catalogue des ouvrages sortis des presses de Plantin et de ses successeurs a été publié en 1615 et plusieurs fois depuis. Balzac a prétendu que Plantin n'avait qu'une connaissance trèsimparfaite de la langue latine, si répandue à cette époque : A la vérité, ditil, il faisait sem-« blant de la savoir ; et son ami JusteLipse lui ,, des détails u'après des documents jusqu'alors inédits sur cette grande publication. Voir aussi dans le Bulletin de l'académie de Belgique, t. 19, un travail curieux de M. Gachard z Particularités inédites sur Plantin et sur l'impression de la Polyglotte. BRT. « lui écrivait des lettres en latin : mais dans le « même paquet il lui en envoyait l'explication en « flamand » . 11 est bien difficile de croire que Juste Lipsefùt l'auteur des préfaces et des lettres latines que Plantin a mises à la tète de plusieurs ouvrages. Il n'égalait certainement en érudition ni les Alde, ni les Estienne ; mais on n'en doit pas conclure qu'il fùt sans instruction. Il avait fait une étude particulière de l'histoire naturelle et surtout de la botanique; il encouragea Lobel dans ses travaux et fit graver pour ses différents ouvrages des planches qu'il rassembla dans les Icones piunz, recueil précieux que Van der Linden et Mercklin lui ont attribué parce qu'il en a signé la dédicace, mais qu'il est juste de restituer à Lobel . Plantin a eu beaucoup de part au Thesaurus teutonicir , et enfin il est auteur de Dialogues français et flamands, 1579 ouvrage dans lequel il a décrit fort exactement les machines et les procédés de l'imprimerie . Le portrait de Plantin a été gravé par E. Boulenois ; on le trouve dans l'Académie des hommes illustres de Bullart et dans la Bibl. Belgica de Foppens. Un grand nombre d'auteurs ont parlé de Plantin ; mais personne n'a recueilli plus de détails sur ce célèbre imprimeur et ses successeurs que Maittaire dans le tome 3 des Annales typographiques. Un catalogue raisonné des impressions sorties des ateliers de ce célèbre typographe a été entrepris par MM. A. de Baecker et Ch. Ruelens, qui ont annexé au Bulletin du bibliophile belge , paraissant à Bruxelles, leur travail, lequel n'est point parvenu à son terme
  • Christophe POGGIALI( 1721 - 1811) : savant biographe italien, naquit à Plaisance le 21 décembre 1721, d'une famille honorable. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il professa les belleslettres au séminaire épiscopal avec beaucoup de succès. En 1754 , il fut nommé prévôt du chapitre de SteAgatlie et conservateur de la bibliothèque ducale. A l'exemple du chanoine Campis, son confrère, il rassembla des matériaux pour l'histoire et les publia de 1757 à 1766 sous ce titre 41Ientorie storiche di Piacenza, 19, vol. . Cet ouvrage commence à la fondation de Plaisance par une colonie romaine et finit à l'extinction de la ligne masculine des princes de la maison de Farnèse dans le 18e siècle. Il est écrit d'un style agréable et les faits y sont bien discutés. Cependant on y trouve des inexactitudes qui fu- rent relevées d'une manière piquante dans les Lettres imprimées sous le nom de Joseph An- dreucci. Blessé du ton que son censeur avait pris, Poggiali répondit par des Rime , insérées dans le Diario de Venise, t. 12 ; mais il n'en profita pas moins de ses remarques et lit à son ouvrage des corrections et additions qui malheureusement sont restées inédites. Le Poggiali , d'un caractère trèsvif , s'emportait facilement ; mais il rentrait aussitôt dans les bornes de la discussion et faisait oublier ses torts involontaires par son empres- sement à les réparer. Doué d'un talent natu- rel pour la poésie , il composait dans le genre Berniesque des pièces satiriques et des Capi- loti qu'il communiquait à ses amis, mais qui n'avaient d'autre mérite à ses yeux que de le distraire d'occupations plus sérieuses. Il conserva jusque dans un âge avancé le goût de la littéra- ture et le pouvoir de s'y livrer. Entouré de l'estime de ses concitoyens, il mourut en 1811 à 90 ans. Outre les ouvrages dont on a parlé, on lui doit : 1. Memorie per la storia della lettera- tura di Piacenza, Plaisance, 1789 , vol. où l'on trouve cinquante notices sur des littéra- teurs des 15e et 16' siècles , nés à Plaisance ou originaires de cette ville. Tiraboschi les a fré- quemment cités dans la Storia della letterat. ital. ' 1 proverbi, ntotti, etc., del popolo piacentino dal vernacolo recati nella Toscana favella in talai dis- 'ici. Ce recueil est un des amusements de sa vieillesse. L'avocat Louis Bramicci a publié l'E- loge du PropostoPoggiali, Plaisance, 1814 - POGGIALI , bibliophile, de la mème famille que le précédent , mais d'une branche établie à Livourne , naquit dans cette ville en 1753. 11 consacra aux lettres sa vie enfière, ainsi que sa fortune. D'une ardeur infatigable dans les recherches , il parvint à force de soins et de dépenses à réunir une collection des meilleurs ouvrages italiens, la plus nombreuse et la plus belle qu'aucun particulier ait possédée. Sa bibliothèque ne renfermait que 12,000 volumes , mais tous d'un choix et d'une conser- vation admirables. Il y joignit un recueil d'estampes non moins précieux par le choix des sujets que par la beauté des épreuves. Le Pog- Cette collection , dont l'exécution typographique est très- remarquable, fut imprimée aux frais de divers seigneurs plai- santins. La bibliothèque si vantée de Floncel n'en renfermait pas onze mille, et dans ce nombre combien de livres insig,nitiants au mal conditionnés! . giali concourut à la publication des Classique, italiens , en fournissant tous les secours nécessaires pour la correction des fautes, et il enrichit les éditions de Dante , de Boccace , du Tasse , de l'Arioste et des Novelliere de Préfaces pleines de goût et d'érudition. Membre des plus illustres académies de l'Italie , il entretenait une correspondance suivie avec les plus célèbres bibliographes, Morelli, Vernazza, Federici, Gamba, etc. Il dut à ses qualités bienfaisantes l'affection de ses compatriotes et reçut dans plusieurs circonstances des marques de l'estime publique. Ce savant modeste et généreux mourut le 3 mars 1814 à 61 ans , laissant un manuscrit de notes sur la Dirina Commedia et des additions pour la Serie de testi di lingua. Il avait publié en 1813 sous le titre de Série des textes de langue imprimés cités dans le Vocabulaire de la Crusca , un catalogue Curieux , formant deux volumes et enrichi de fragments en vers et en prose restés inédits jusqu'alors. De 1791 à 1798 il avait donné à Livourne, sous la rubrique de Londres, des éditions fort soignées de Bandello, de Grazzini, de Sacolecti et d'autres anciens nouvellistes italiens. Le tout forme 26 volumes On trouve une Notice sur Gaétan Poggiali, tirée du Diario de Livourne, dans le Magasin en- cyclopédique de Millin, 1814, t. 4, p. 381, et son épitaphe en style lapidaire , par le professeur Ciampi, 1815, t. 5, p
  • Christophe POLHEM( 1661 - 1751) : mécanicien suédois, naquit en 1661 à Visby, en Gotland. Après avoir lutté longtemps contre les obstacles qui s'oppo- saient à ses efforts pour développer le talent dont la nature l'avait doué, il parvint à faire des études et à fixer l'attention du gouvernement. Charles XI le fit voyager ; il parcourut plusieurs pays et s'arrêta quelque temps à Paris, où il travailia à une pendule trèsartistement composée et qui devait être envoyée au sultan de Constantinople. Plusieurs incidents l'empêchèrent d'achever cette pendule , dont il fit ensuite passer le modèle de Suède après son retour dans ce pays. Le roi d'Angleterre George ler l'ayant appelé dans ses Etats de Hanovre pour perfectionner les établissements des mines du Hartz, il s'y rendit et parvint à exécuter plusieurs travaux importants. On voulut l'engager à se fixer en Allemagne, mais il retourna en Suède et préféra servir sa patrie. Un grand nombre d'inventions aussi ingénieuses qu'utiles pour la construction des hauts fourneaux et pour celle des aqueducs, pour l'extraction du minerai , pour le défrichement des marais et des bois, pour l'entretien des digues et des ports, furent les fruits des savantes méditations et des combinaisons profondes de Polhetn. Il signala surtout la hardiesse de son génie et l'étendue de ses conceptions dans le plan qu'il donna pour la construction du canal de Trollhaetta et du bassin de réparation de Carlscrona. Les travaux du canal ne furent pas conduits dans leur ensemble avec assez de précaution, et la violence des eaux trompa les calculs du mécanicien ; mais le bassin fut achevé et fait encore l'admiration de ceux qui l'examinent. Polhem fut comblé de distinctions par le gouvernement de son pays. Il obtint des lettres de noblesse, le titre de conseiller de commerce, et fut créé commandeur de l'ordre de l'Etoile polaire. L'académie des sciences dé Stockholm le plaça parmi ses membres et reçut de lui plusieurs mémoires intéressants. Il parvint à l'âge de 89 ans et mourut le 31 août 1751. Son éloge fut prononcé à l'académie par le savant mathématicien Samuel Klingenstierna
  • Christophe RICHER( 1523 - 1552) : en latin Richerus, historien et négociateur, naquit en 1523 à Thorigny, petite ville du diocèse de Sens. Après avoir fait , à l'âge de 39 ans. Aimant les lettres et les cultivant dans ses loisirs, il avait été le protecteur et l'ami de la plupart des littérateurs de son temps, entre autres du célèbre et malheureux Dolet, et du poète Voulté, plus connu sous le nom latinisé de Vulteius. On a de Richer : De relus Turcorum, libri 5, Paris, Rob. Estienne, 1540 dédié à Fran-çois 1". C'est un extrait assez bien fait des pr ouvrages qui avaient paru jusqu'alors sur la religion, les moeurs et le gouvernement des Turcs. Bicher, d'ailleurs, ayant été employé Constantinople, où il courut plus d'un danger de la part des émissaires de Charles V, avait recueilli luimême sur les lieux beaucoup de renseignements qu'il fit entrer dans son ouvrage. Le célèbre jurisconsulte Dumoulin a cru , sans trop d'examen, qu'il n'en était pas l'auteur. Simon :khardius l'a réimprimé dans le tome 2 des Scriptores rerum germanicarum. Richer en tra- duisit luimême le second livre, sous ce titre : Des coutumes et manières de vivre des Turcs, Paris, 1542, 8°, trèsrare. L'ouvrage a été traduit en entier par J. Millet . Richer avait laissé manuscrits des Mémoires touchant les di/ é- rends entre les maisons de Montmorency et de Chastillon. ; Sur ses ambassades en Suède et en Danemarck; Sur l'alliance arec Mil. des ligues suisses, et des Lettres au roi Henri II écrites de Bâle, où il se trouvait alors par commandement de Sa Majesté. Ces divers opuscules ont été publiés par Nicolas Camuzat , Troyes, 1625, in - 8°. On les trouve réunis aux exemplaires des Mélanges historiques de Camuzat qui portent cette date. L—M—X et W—s.
  • Christophe ROBINSON : jurisconsulte anglais, agrégé au collége de la Madeleine de l'université d'Oxford, y prit ses divers degrés en 1789 et 1796. il mourut vers l'année 1833. On cite parmi les ouvrages qu'il a publiés 1° Rapport sur des affaires plaidées et jugées dans la haute cour de l'amirauté, 1799-1808, 6 vol. ° la traduction en anglais d'un ouvrage italien intitulé Consolate del mare, et relatif à la législation sur les prises, 1800 3° Collectanea mari- tima , recueil d'actes publics tendant à éclairer l'histoire et la pratique du droit touchant les prises, 1801 — ROBINSON , théologien , élève de l'université de Cambridge, fut recteur de RuanMinor et vicaire de StHilaire dans la province de Cornouailles. Il mourut en mai 1814 à Helston, dans le même comté. On a de lui : 10 Esquisses en vers, 17961 2° les Fondements de la foi d'un chrétien, 1800 3° Appel pressant aux paroissiens pour fréquenter l'église, 18031 40 Recherche sur la nature , la nécessité et les preuves de la. reli- gion révélée, 1803
  • Christophe SALICETI( 1757) : naquit à Bastia, en 1757, d'une ancienne famille originaire de Plaisance et qui s'était expatriée dans le temps où la faction des guelfes l'avait emporté sur celle des gibelins. Saliceti, après avoir terminé ses études au collége des barnabites de Bastia, fut envoyé à l'univer- sité de Pise pour y faire son droit. Il revint à Bastia et devint avocat au conseil supérieur de Corse. Grand partisan de la liberté de son pays, il avait des relations avec Paoli, alors réfugié à Londres. En 1789 , le tiers état de la Corse le nomma député aux états généraux , où il porta le cahier de doléances de cette île, qu'il avait ré- digés en partie. Prenant la parole pour la pre- mière fois le 30 novembre, il exprima le voeu de ses compatriotes pour la réunion de leur pays à la France et leur admission au titre de citoyens français ; il en obtint le décret et contribua vers Cette époque au rappel de son ami Paoli, qu'il fit nommer commandant général de la garde nationale de l'île de Corse. Devenu, l'année suivante, membre du comité d'administration et d'aliénation des domaines nationaux et ensuite secrétaire du comité , il contribua à faire décréter la saisie et l'aliénation de ces biens. Il proposa ensuite de faire de la Corse un département séparé, et fit décréter qu'elle était partie intégrante de l'empire français il proposa aussi d'envoyer M. de Biron pour y commander. Après la session, il fut procureur syndic de ce département, et, en septembre 1792 , l'un de ses députés à la convention natio- Les ouvrages de chirurgie de Salicet sont aussi utiles que curieux A lire pour ce qui concerne îa pratique; et l'on y voit surtout de quelle manière on traitait les blessures faites car des flèches, et comment on faisait l'extraction de celles à langue de serpent , à fers ébarbés, etc. Cc t auteur peut être regardé comme l'un des premiers écrivains sur la chirurgie militaire. Il fut aussi l'un des premier, à traiter les plaies et blessures par première intention ou réunion im édiate, après les avoir débarrassées des corps étrangers. Il avait adopté pour maxime cet aphorisme : Omnium etatura operulrix, mrdicus autel), minister. Ozm. nale, où il vota la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. Ayant tracé un nouvel exposé de l'état de file de Corse, il demanda qu'il fût pris des mesures pour sa défense. Il y fut envoyé en mission en Mai 1793 , et il adressa , le mois sui- vant, à la convention un rapport sur les troubles de cette île, dans lequel il annonçait que Paoli, chef du parti anglais, venait de se faire proclamer généralissime. Brouillé dès lors avec son ancien ami et s'opposant vainement à l'exécution de ses projets, il fut contraint de quitter précipitam- ment la Corse et de s'enfuir en Provence, où il joignit l'armée du général Carteaux , chargé de s'emparer de NIarseille alors en révolte contre la convention. Nommé commissaire auprès de l'armée du Midi avec Barras, Robespierre le jeune, Fréron, Gasparin et Ricord, il concourut, tant à Marseille qu'à Toulon , à toutes les opérations de ses collègues . Dans sa lettre sur la reprise de Toulon . il annonça que la première dépêche signée de lui et de ses collègues serait datée des ruines de cette place, et qu'ils célébreraient leur victoire en envoyant deux cent treize rebelles sous la foudre. L'année suivante, il continua ses opérations en qualité de commissaire de la convention à l'armée d'Italie ; il annonça la conquête d'Oneille et communiqua la proclamation au peuple génois à l'occasion de l'entrée des troupes républicaines sur ce territoire. Après la chute de Robespierre et du parti de la Montagne, il fut rappelé du Midi comme terroriste, et, en mai 1795, il fut décrété d'arrestation pour avoir prolongé son séjour à Toulon sous prétexte de santé, et, en outre, comme im- pliqué dans un mouvement populaire dirigé contre le pouvoir conventionnel. On alla jusqu'à proposer de le mettre en accusation ; mais cette proposition n'eut pas de suite, et il fut compris dans la loi d'amnistie décrétée par la convention avant qu'elle se séparât. Au mois de février 1795, le directoire le nomma commissaire du gouverne- ment près l'armée d'Italie sous les ordres du gé- néral Bonaparte. Saliceti donna au directoire les premiers détails sur les combats de Montenotte et de Millesimo. Il lui annonça aussi la bataille de Mondovi , fit l'éloge de Bonaparte, de Berthier et de Murat. Arrivé d'abord à l'armée avec l'inten- tion de surveiller et de contrecarrer Bonaparte, il s'aperçut bientôt que ce rôle ne le mènerait à rien et que probablement il serait sacrifié. Dès lors, il n'agit plus que dans les intérêts du géné- rai et exalta toutes ses opérations. Il fit, à son entrée à Milan, une proclamation aux Lombards pour les exciter à la liberté. Il eut ensuite beaucoup de part aux négociations qui amenèrent l'armistice conclu avec le pape et à l'occupation de différentes villes de l'Etat dc l'Eglise. Vers la fin de 1796 , il fut de nouveau envoyé en Corse en qualité de commissaire et s'y fit nommer député au conseil des CinqCents, où il vint siéger au mois d'avril 1797. Dans la lutte entre le direc- toire et les conseils, il se prononça pour le directoire, et deux jours après le 18 fructidor , il demanda qu'on autorisât le directoire à faire des visites domiciliaires, s'opposant à la radiation du nom du député Siméon de la liste des déportés, parce qu'il avait émigré. Pendant toutes les agitations qui signalèrent cette époque, il se montra constamment révolutionnaire et jacobin par caractère et par principe. 11 parut à la société du Manège et de la rue du Bac ; et après la journée de StCloud, où Bonaparte triompha de la législature, il fut porté sur une liste de proscription dressée par le parti de Sieyès ; mais Bonaparte raya luimême le nom de Saliceti, qui fut toujours depuis dans ses bonnes grâces ; on crut même assez généralement que le député avait rendu au général des services secrets depuis son retour d'Egypte. En 1800, il fut chargé d'une mission pour la Corse, et, à son retour, le premier consul l'envoya comme mi- nistre extraordinaire à Lucques pour y présider gb l'établissement d'une nouvelle constitution. Dans un discours qu'il adressa, le !I janvier 1802, au grand conseil de cette république, il lui indiqua les bases de la nouvelle organisation et des vues qui devaient diriger le gouvernement. En mars suivant, il fut envoyé avec le même titre auprès de la république de Gènes ; il était chargé principalement d'y créer un parti en faveur de la France pour y faire voter la réunion , mais il n'obtint aucune influence. Nommé commandant de la Légion d'honneur et rappelé à Paris en 18495, il fut attaqué au passage de la Bocchetta par le fameux chef de brigands Main°, surnommé l'empereur de Marengo, qui lui enleva la croix de la Légion d'honneur et trente mille francs en or. En janvier 1806, Joseph Bonaparte ayant été placé sur le trône de Naples, Saliceti fut nommé son ministre de la police générale. Il le suivit à Naples, et, à son arrivée, il organisa une police à la française. il débuta par des actes arbitraires, exilant , par déportation , plusieurs personnes qu'on savait être dévouées à la cour de Palerme. Il y eut aussi de nombreuses exécutions qu'on lui imputa, entre autres celle du marquis Palmieri , accusé d'avoir provoqué une révolution pour faire rentrer Naples au pouvoir de l'ancienne dynastie. Un fait plus grave souleva l'opinion de tous les partis. Le général Rodio étant demeuré prisonnier avec un détachement de cavalerie sur les derrières de l'armée française, Saliceti voulut le présenter comme chef d'insurrection. Il le fit juger par une commission militaire française, présidée par le colonel Cassau , qui l'acquitta. Poussé par le général Lechi , Saliceti , dans l'absence de Joseph, qui était en Calabre, fit recommencer la procédure par une autre commission, et le général Rodio fut exécuté. Saliceti brava l'opinion publique, et, pendant le siège de Gete, il montra une grande fermeté, s'opposant à ce que Joseph, effrayé de l'insurrection de Calabre, quitted Naples. Réuni au maréchal Masséna , il dit que lorsqu'on se faisait faire roi, il fallait savoir mourir à son poste. La prise de Capri par les Anglais et la présence du prince de Canosa dans les îles de Ponza et Ventotène donnèrent à la police une plus grande activité. S'abandonnant à ses anciennes habitudes révolutionnaires, Saliceti adopta le système des agents provocateurs. Il se servait de- la peur pour conserver son au conseil d'Etat et pour balancer le crédit de ses rivaux , qui le surpassaient en talents. 11 fatigua plus d'une fois Joseph , qu'il traitait lestement, disant à tout le monde que ce frère de Bonaparte avait été jadis son secrétaire, ce qui était vrai. Le système de Saliceti fit naître des coupables et fit réputer tels ceux qui ne fétaient pas. On gémissait de voir tant de proscriptions , mais le crédit du ministre allait toujours croissant ; il obtint le portefeuille de la guerre, ce qui, en augmentant son pouvoir, accrut le nombre de ses ennemis. Ce second ministère, dont le roi avait déjà disposé pour le général Lamarque, fut, pour ainsi dire, emporté d'assaut par Saliceti, qui menaça de quitter le roi et de se retirer si on ne le lui accordait pas. Il avait- une trèsgrande influence dans le conseil d'Etat , où siégeaient les personnes les plus distinguées du pays et des Français trèsremarquables par leurs connaissances. Pour y contrebalancer le ministre des finances Rcederer, qui lui était opposé, il fit entrer dans le conseil quelques nationaux tels que l'ancien ministre Zurlo ; car, dans les questions d'économie politique, il était lui- même incapable de soutenir aucune discussion. Ce fut vers cette époque qu'il faillit être victime d'une tentative qui consistait à se défaire de lui en faisant sauter son hôtel au moyen d'un baril de poudre placé dans une de ses caves. L'explosion fut terrible ; près de la moitié du palais sauta. Saliceti venait de sortir de l'appartement de sa fille , qu'il avait mariée à Naples avec le prince Torella et qui fut ensevelie sous les décombres ; elle en fut néanmoins retirée vivante. Les auteurs de cet attentat furent découverts et punis; mais on accusa l'imprévoyance du ministre de la police. La paix de Tilsitt ayant calmé l'intérieur du royaume, les persécutions cessèrent en partie ; la tranquillité se rétablit avec lenteur, niais visiblement. L'avénement de Joseph au trône d'Espagne le délivra du joug de son ministre de la police, qui, ne voyant pas l'affaire d'Espagne assez Are, préféra rester à Naples. Joseph fut enchanté de s'en débarrasser sans éclat. Saliceti eut en main tout le pouvoir durant le temps qui s'écoula entre le départ de Joseph et l'arrivée de Murat, qui le remplaçait sur le trône. Il n'en abusa point, voulant se populariser et s'appuyer de l'opinion publique à l'arrivée du nouveau roi, qui lui laissa pendant quelque temps encore le portefeuille de la guerre. L'expédition de Capri se fit sous son ministère, et, par son activité, il en prépara les moyens et le succès. A l'arrivée de Caroline Murat, Saliceti se dévoua à cette princesse, croyant, à l'aide de son influence, parvenir à gouverner Murat. Le nouveau roi parut trèsalarmé de cette coalition politique ; il voyait déjà réuni dans son imagination un autre Acton avec une autre Caroline. Alors il commença par contrarier sa femme, à se populariser par des manières affables, accordant une amnistie générale et employant les hommes qui passaient. pour les plus opposés à la France. Salieeti lui fit de vives représentations sur le danger d'un pareil système, essayant de l'effrayer par le tableau de l'état peu rassurant des provinces, entre autres de la Basilicate. Murat lui répondit trèsdurement : Je ne suis pas mon « beaufrère ; je n'ai pas peur ; et quand les Saliceti mourut subitement, après avoir dîné chez Maghella , ce qui donna lieu à des bruits d'empoisonnement; mais l'ouverture de son cadavre, en présence des personnes les plus intéressées à le croire victime de la haine, lit évanouir ce bruit. Il paraît certain que Saliceti mourut d'un accès de colique néphrétique, auquel il était sujet. On a cru longtemps qu'il avait d'immenses richesses; on s'est trompé ; il avait donné cinq cent mille francs de dot à sa fille aînée, la princesse Torella ; sa seconde fille, qui s'est mariée à Rome après sa mort, n'a pas trouvé une pareille somme dans sa succession
  • Christophe SAND( 1644 - 1680) : en latin Sandius , célèbre socinien, naquit en 16, à Kcenigsberg , dans la Prusse ducale. Son père était conseiller de l'électeur de Brandebourg et secrétaire du conseil suprême. Elevé dans les principes du socinianisme, il eut l'imprudence d'afficher les sentiments qu'il avait adoptés. Elle amena la ruine de son père , qui fut dépouillé de tous ses emplois en 4668, et Sand, craignant luimême pour sa liberté, s'enfuit en Hollande. Il entra comme correcteur dans une imprimerie d'Amsterdam, et cette circonstance favorisa la publication de ses ouvrages. On croit généralement qu'il persista dans le socinianisme cependant quelques écrivains assurent qu'il venait d'embrasser les erreurs des arminiens quand il mourut, à Amsterdam, le 30 novembre 1680, à l'âge de 36 ans. Parmi ses ouvrages, on citera : 10 Nucleus historie ecclesiasticoe cui prefixus est tractatus de veteribus scriptoribus eccicsiasticis, Cosmopoli , 1668 C'est un abrégé de l'histoire ecclésiastique en ce qui concerne les ariens. Le but de Sand est de prouver que les Pères des trois premiers siècles, en admettant que l'existence du Verbe a précédé celle des créatures, n'ont point reconnu la consubstantialité. Cet ouvrage a été réimprimé, format en 1676, avec des additions et une préface du père de l'auteur. On doit joindre à cette édition un Appendix, Cologne , 1678 , qui contient, outre des corrections et des additions, deux lettres de Samuel Garclinier , chapelain du roi Charles 11, contre le système de Sand, avec ses réponses. L'ouvrage de Sand a été réfuté par JeanAdam Scherzer , dans la préface du Collegiutn anti- socinianum, Leipsick, i 684 et par Etienne le Moyne, professeur à Leyde, dans les Varia sacra. 2° Centurie epigram- matunz, Amsterdam , 1669 ; 3° Interpreta- tiones paradoxe? quatuor Evangeliorum; quibus « if ixa est dissertatio de Verb° divin°, ibid., 1670 ; Tractatus de origine anitnoe, ibid., 1671 5° Noie et aninzadve rsiones in G. J. Vossii libros de historicis latinis, ibid., 1677 . Les observations de Sand, présentées avec modestie, sont concises et ne manquent pas d'érudition. 6° Scriptura sande Trinitatis revelatrix, Gouda , 1678 Il publia, sous le nom d'Herman Cingullus, cet ouvrage, dans lequel il se propose le même but que dans le Nucleus et avec aussi peu de succès. 7° Problema paradoxunz de Spi un Sanaa : an non per ilium SS. Angelorunt genus inielligi possit? Cologne , 1678 80 Bibliotheca anti- tri- nitariorum sive Catalogus scriptorum, etc. , Fraistadt , 1684 de 2.96 pages. La préface est signée des initiales B. W. . C'est un catalogue chronologique des écrivains sociniens , avec la liste assez exacte de leurs ouvrages. On y trouve des détails curieux sur l'histoire du socinianisme en Pologne et les établissements typographiques que les unitaires ont possédés dans ce royaume, ainsi que dans la Lithuanie. Boysen promettait une nouvelle édition augmentée de cet ouvrage, le seul de Sand qui soit recherché . Struvius attribue à Sand la traduction latine des Transactions philosophiques , par Oldenbourg ; mais il n'en est pas fait mention dans la liste de ses écrits qu'a don- née son éditeur dans la Bibi. anti- trinitar., p. 170 et suiv. Sand a laissé manuscrits vingt et un ouvrages, dont on trouvera les titres dans les Mémoires de Paquot pour servir a. l'histoire littéraire des Pays- Bas t
  • Christophe SAX( 1714) : en latin Saxius, érudit allemand, né le 13 janvier 1714 à Eppendorf, en Saxe, fit ses études à Meissen, et, à l'âge de vingt et un ans, se rendit à Leipsick , avec des lettres de recommandation pour F.-0. Mencke . D'après les conseils de ce savant, il prit des leçons de 1.Fr.Chr. et J.A. Ernesti ; et, sous la présidence du premier des deux, publia, en 1737, une thèse académique sur l'Enéide de Virgile. Ce fut en 1738 qu'il prit ses degrés à l'université de Leipsick ; et, depuis cette année jusqu'en 1746, il publia un grand nombre d'articles dans les Nora acta eruditorum et dans la Gazette littéraire de Leipsick. Appelé à la Haye, en 1746, par le stathouder, à qui J. de Back en avait donné l'idée, Saxius fut nominé, en 1753, professeur d'histoire, d'antiquité et d'éloquence à l'université d'Utrecht. 11 en était recteur en 1797, et quitta cette place eu 1798. 11 mourut dans la même Ille le :3 mai 1806. Sax a donné luimême l'indication de ses ouvrages ou opuscules, au nombre de quarantesix dans le supplément ou tome 8 de son Onomastiron, le plus connu, le plus étendu et le meilleur de ses ouvrages. Les Findirice secundum libertatem pro Maronis .- Eneïde rui manumJ. Harduinus, nuperus assertor, injecerat , 1 7 3 7 sont citées par Ernesti, dans son édition de la Bibliotheca latina de Fabricius , comme étant , avec les écrits de M. V. de Lacroze •oy. ce nom), les meilleures réfutations des paradoxes de Hardouin , formant le huitième volume, parut en 1803. C'est un répertoire immense, rangé par ordre chronologique, et donnant l'indication trèsprécise des auteurs à consulter sur les personnages ou sujets intéressants de l'histoire littéraire. Le premier article est celui d'Adam ; le dernier est celui de M.G. Hermann, né en 1772. Plusieurs personnages vivant alors y ont place, ainsi que l'invention des lettres, celle de l'imprimerie , et le Catalogue de la bibliothèque Bunau . Les tables alphabé- 1 itiques, imprimées à la fin des tomes 2 et 4, ont Iété refondues dans la table générale qui est à la 'fin du septième, et qui contient près de neuf tiIlle articles . Le tome hui-ème a sa table particulière. L' Onomasticon est un dictionnaire des sources. Si ce livre est d'un *grand secours sur les auteurs anciens, il faut convenir que ce qui concerne les auteurs fran-(•ais laisse beaucoup à désirer. Saxius a publié luimême un abrégé des deux premiers volumes de son 011omasticon, qui viennent jusqu'en 1500, sous le titre de : Onomastici litterarii epitome , Utrecht, 1792
  • Christophe SCHEINER( 1575) : jésuite et savant astronome, naquit en 1575 à Wald, près de Mundelheim , dans la Souabe. A vingt ans, il embrassa la règle de StIgnace et fut chargé de professer les mathématiques à Ingolstadt. Un jour, dans le mois de mars 1611, qu'il était monté à la tour de l'église avec un de ses confrères, pour faire quelques observations, il crut apercevoir des taches sur le disque du soleil Il est probable qu'il ne parla pas surlechamp de sa remarque, ou du moins qu'il n'y attacha pas toute l'importance qu'elle méritait. Ce ne fut qu'au mois d'octobre suivant qu'il vit, pour la seconde fois, les taches du soleil et les lit voir à quelquesuns de ses confrères. Il s'était servi pour cette opération de l'hélioscope, instrument dont Weidler lui attribue l'invention mais qu'il avait du moins perfectionné, en substituant aux verres ordinaires de l'oculaire des verres colorés. Le P. Busée, alors provincial , ne voulut pas permettre à Scheiner de publier sa découverte sous son nom. Il se borna donc à consigner ses remarques dans trois lettres à Marc Velser, son ami, que celuici fit imprimer, Augs- bourg, 1612, in4°. Cette édition est datée des nones de janvier. Velser s'empressa d'en adresser un exemplaire à Galilée ; mais ce grand 1 homme lui répondit qu'il avait aperçu les taches du soleil dixhuit mois auparavant. Jean Fabri- cius les avait annoncées dans un ouvrage imprimé six mois avant celui du P. Schei- ner ; mais quels que fussent les droits des dem astronomes à cette découverte, ils n'ont pu porter aucune atteinte à ceux de Galilée, qui déclare avoir fait en Italie les mêmes observations, quoiqu'il ne les eût pas publiées. Dans la mème année 1612, le P. Scheiner fit de nouvelles remarques sur les taches du soleil et sur les satellites de Jupiter, et les transmit à Velser pour les im- primer. Elles ont été réunies aux trois lettres dont on a parlé précédemment dans l'édition de Rome, 1613 : De inaculis solaribus Ires epi- stoloe; de iisdem et stellis circa clovem errantibus, disquisitio Apellis post tabulam latentis . D' le P. Scbeiner se rendit à Fribourg, en Brisgau , et fut ensuite appelé par ses supérieurs à Rome pour y professer les mathématiques. Peut-être aussi qu'ils n'étaient pas filchés de l'op- poser à Galilée, partisan du système de Copernic, dont les conséquences étaient jugées dangereuses parce qu'elles paraissaient contredire le texte de quelques passages de l'Ecriture. On voit en effet que Scheiner eut le tort d'écrire contre Galilée et de prendre la défense de l'immobilité de la terre, de la rotation du soleil et d'autres systèmes du péripatétisme, aujourd'hui totalement aban- donnés. Il employa son temps d'une manière plus utile en continuant ses observations sur le soleil pendant plusieurs années, avec tant d'assi- duité qu'il en recueillit plus de deux mille. En quittant Rome, il vint remplir les fonctions de recteur à Neiss, en Silésie ; il s'y chargea de donner des leçons de mathématiques au jeune archiduc Maximilien et de diriger la conscience de l'archiduc Charles. Il mourut d'apoplexie en cette ville le 18 juillet 1650. C'était un homme d'un caractère ouvert et affable ; il était si laborieux qu'il donnait à l'étude une partie des nuits. Ou- tre l'ouvrage dont on a parlé, on a du P. Schei- ner : 1° Disquisitiones nzathematicoe de controversiis et noritatibus nzathematicis, Ingolstadt, 1614 40. Ce sont des raisonnements peu concluants contre le système de Copernic et les découvertes de Ga- filée. 2° Novum sous elliptici plurnomenum , Augsbourg, 1615 Le P. Scheiner fit attention le premier à la forme elliptique que le soleil prend en approchant de l'horizon ; il a expliqué ce phénomène dans un autre opuscule , où il prouve que c'est un effet de la réfraction de la lumière. 3° Ezegesis fundamentorum gnomonices , Ingolstadt, 1616 Ce traité de Gnomonique est, selon Montucla , trèscurieux. 4° Oculus sire fundamentum opticum, DeuxPonts, 1619 seconde édition , Londres, 1652, même format. C'est une description de l'oeil. Montucla en porte le jugement le plus favorable ; c'est, ditil , un Ces derniers mots font allusion à l'anonyme que l'auteur était obligé de garder par obéissance pour les ordres de son supérieur. excellent traité d'optique matérielle. 5^ Rosa ur- sina sive sol ex admirando facularum et macularum suarum phœnomeno verjus , Bracciano , I 630 rare. On lit au bas du frontispice que l'impression en avait été commencée dès 1626; cependant l'approbation des censeurs et les pièces préliminaires sont datées de 1629 ; ainsi tous les exemplaires doivent être de 1630. Dans cet ouvrage on trouve l'histoire de sa découverte des taches du soleil, telle que nous l'avons rapportée, et les nombreuses observations qu'il avait faites depuis. Galilée a sans doute discouru plus judicieusement sur les taches du soleil , mais on ne peut refuser au P. Scheiner le mérite d'avoir contribué le plus à déterminer la théorie de leurs mouvements ; on en trouvera l'analyse dans 1' His- toire des mathématiques de Montucla, t. 2, p. 313. 6° Pantographice seu ars delineandi , etc., Rome, 1631 fig. L'auteur y décrit, dans le premier livre, la construction et les usages du pantographe, instrument aujourd'hui si connu, dont on se sert pour copier les tableaux, en changeant leurs proportions, même sans savoir dessiner. Dans le second livre, il applique son invention au tracé de la perspective des corps solides ; et son pantographe a l'avantage de la dessiner d'un trait continu, au lieu de chercher laborieusement, les uns après les autres, une multitude de pointe. comme on est obligé de le faire avec des instral ments beaucoup plus compliqués. 7° Podromtu de sole nzobili et stabili terra contra Galileum de Galileis, 1651 , ouvrage posthume, publie par les confrères de l'auteur sans consulter l'ill térèt de sa réputation
  • Christophe SEINT-GERMAN : né à Skilton, près de Coventry, dans le Warwickshire , d'une trèsbonne famille, étudia à Oxford et se dist comme jurisconsulte au barreau de Londres. Mais ce qui doit être surtout remarqué , c'est la générosité avec laquelle il exerça sa profession d'avocat, ne refusant jamais ses services à ceux qui recouraient à ses lumières; il joignait à l'étude des lois celle de la théologie et des belleslettres. Son application à lire la Bible et à l'expliquer aux autres le fit soupçonner d'être favorable aux nouvelles opinions importées d'Allemagne. SeintGerman mourut à Londres le 28 septembre 1540. On a de lui : 1° Dialogus de fundamentis legum Anglice et de conscientia , Londres, 1528, 1598, 1604 et 1613 2° Priacipia legunz Anglice a gallico sermone translata, 1546 Comme cet ouvrage est joint au précédent dans l'édition de 1528, donnée par SeintGerman luimême, on l'en croit l'auteur. 3° Du pouvoir du clergé selon les lois; 4° Traité lpour prouver que le clergé ne peut point faire des ois; 5° Traité de l'Eglise et ses droits; 6° Traité des sacrements de rEglise; 7° Apologie de Thomas More; 8° Dialogue concernant le pouvoir du clergé et celui du peuple
  • Christophe SIMPSON : Anglais, l'un des plus grands musiciens de son temps , bon compositeur et excellent violon, vivait dans le 17. siècle. On ne sait rien de sa vie, si ce n'est qu'il servit dans l'armée de Charles Pr contre le parlement, et qu'il fut protégé pendant ce temps par sir Robert Bolles et ensuite par John Bolles. Simpson a publié différents ouvrages relatifs à son art 1° il fit parattre , en 1665 , un petit , Chelys Minuritionum, qu'il dédia à John Bolles. Cet ouvrage est sur deux colonnes : la première contient le texte anglais et la seconde en est la traduction latine ; cette traduction appartient à William Marsh , ainsi que Simpson nous l'apprend dans sa dédicace. L'auteur divisa cette espèce de traité en trois parties : la première contient la méthode de jouer du violon ; la seconde, la théorie des accords, et la troisième, celle des cadences. 2° Il publia, en 1667, son Compendium de musique pratique en cinq parties : la première renferme les principes de cette science qui se trouvent dans tous les livres élémentaires de ce genre; la seconde traite de la théorie de la composition du contrepoint, des intervalles, des accords, des clefs ou tons, etc. ; la troisième est consacrée à l'harmonie l'au- u I Les commentaires de Simplicius sur Epictète et sur Aristote se distinguent par la netteté, la précision et la fermeté des explications. Voir ce qu'en dit M. Vacherot dans son Histoire critique de l'école d' Alr. randrie, t. 2, p. 397. teur y parle des trois genres de musique, de la diatonique, de la chromatique et de l'harmonique ; la quatrième traite de musique vocale, et la dernière, de l'art de composer les canons. Ces deux ou-> ' . ages sont trèsestimés. Le portrait de Simpson se uve dans l'Histoire de la musique de Hawkins
  • Christophe SMART( 1722) : poète anglais, né à Shipboume dans le comté de Kent, le 11 avril 1722, de la même famille que le précédent, vint au monde avant terme , ce qui influa sur sa constitution physique, qui fut toujours extrèmement délicate. Son père, homme instruit, lui donna une bonne éducation. Dès l'àge le plus tendre, le jeune Smart manifesta un rare talent poétique. On cite une pièce de vers trèsremarquable qu'il avait composée à onze ans. Ce fut au moment où il laissait concevoir de si belles espérances, qu'il eut le malheur de perdre son père. Sa mère, obligée, pour subsister, de vendre le peu de bien qu'elle possédait, et ne pouvant le soutenir, l'envoya à Durham, autant pour le faire changer d'air, ce qu'exigeait sa faible complexion, que pour lui procurer des protecteurs. Il fut accueilli à RabyCastle par lord Barnard et sa famille, dont faisait partie M. Hope, cet ami éclairé des arts et des lettres. Le jeune Smart composa dès lors une ode à la louange de son bienfaiteur; et il trouva encore une protectrice zélée dans la duchesse de Cleveland, qui le plaça comme boursier à l'université de Cambridge et lui alloua une pension ; mais pour son malheur, il se lia, dans cette maison, avec les jeunes gens les plus riches, et ce travers lui inspira un goût de dissipation et de prodigalité qui a fait le malheur de sa vie. Cependant il se faisait remarquer par son zèle dans ses études, et il produisit alors un poème latin, intitulé Tripos, qui est peu lu maintenant; mais qui était, sans contredit, un chefd'oeuvre pour un jeune homme de dixsept ans. Sa muse s'exerça ensuite à traduire en vers latins l'ode de Pope, pour le jour de SteCécile; il écrivit même à ce grand poète pour lui soumettre ses travaux et lui demander ses conseils. Encouragé par sa réponse, il entreprit la traduction de l'Essai sur l'homme, et y réussit complétement. Il donna ensuite Un tour à Cambridge, comédie, ou la Jeune fille reconnaissante, espèce d'imbroglio assez gai, dont on peut lire l'analyse dans la vie de l'auteur, qui est en tète de ses œuvres. Il publia en même temps son Soliloque de la princesse de Periwinkle , que l'on trouve dans the obi woniati magazine. En 1747, il prit ses degrés et *concourut pour le prix de poésie qu'ian appelle seatonian pri,, e; il le remporta cinq fois par des poèmes sur l'éternité, l'immensité, la 11nté, etc., de l'Etre suprême. Il vint à Londres en 1751 , et y concourut à la rédaction de différents écrits péri°. cliques tels que The Student; the llielscife, or old woman's magazine. Il conlposait dans le même temps quelques misérables farces; mais ce qu'il publia de véritablement digne de remarque , ce fut son prologue et son épilogue de la tragédie d'Othello, qu'il avait entrepris à la prière de lord Deleval ; du reste, il se fit quelque tort par le ton de morgue et de présomption qu'il prit dans la préface. Cependant son talent et ses maniera aimables lui méritèrent l'amitié de Johnson, de Garrick, de James et de Berney, les premiers littérateurs de ce temps; Garrick alla jusqu'à donner une représentation à son bénéfice, et afin que la recette fût plus forte, il fit représenter, pour la première fois, le Tuteur, et y joua le principal rôle. Le besoin d'argent engagea Smart à publier ses poésies en /75, et cette publication lui attira de grands désagréments. Les feuilles périodiques en parlèrent avec peu de ménagement, et l'amourpropre de l'auteur en fut trèsirrité : il devint l'ennemi implacable de tous les, rédacteurs des Renies, et croyant que la critiqueil de ses vers, insérée dans 7'he monthly review, était du docteur Hill, il se vengea en publiant, en 1753, les premiers chants de son Ililliad, satire pleine d'esprit, mais des plus amères, et faite pour déshonorer l'auteur, si Hill n'avait été lui- même le plus vil des folliculaires. Lorsque le premier moment de la fureur fut passé, Smart eut honte de se mesurer avec un pareil adversaire il n'acheva pas son poème et ne répondit pas même à la Sniartiade que Hill publia contre lui. Il sortait alors d'une maladie grave , et la reconnaissance lui inspira des chants religieux ; niais il n'en fut pas plus réglé dans sa manière de vivre, quoiqu'il fût marié depuis plusieurs années et qu'il eût deux enfants. Les atteintes de la misère, suites de ses dissipations, l'affectèrent vivement, et son esprit ne tarda pas à s'aliéner. Dans ce malheur, ses amis s'empressèrent de le secourir Newbery l'aida de sa fortune, Johnson de ses talents, en écrivant pour lui dans le Visiteur et mémorial universel , mut qu'il ne perdtt pas ses droits aux bénéfices de cette entreprise littéraire. Son alié-, nation mentale dura peu ; et lorsqu'il eut recou , - Yré la raison, ses trayent littéraires, avec une b ,Pelite pension que lui firent ses amis, le mirent 'audessus de ses affaires. Il publia, en 1757, une traduction d'Horace, en prose, qui ne lui valut ni gloire, ni profit; et en 1763, une Ode à Darid, où l'on retrouve les élans de l'imagination la plus brillante, mais des taches si nombreuses, qu'on h'à pas cru devoir la recueillir dans l'édition de ses oeuvres. Les plus beaux passages ont été dans les poetes anglais. Depuis ce moment les facultés intellectuelles de Smart s'affaiblirent de jour en jour. On trouve encore quelque ét de son talent dans les poésies fugitives qu'il publia en 1763, dans son Oratorio d' Hannah I 76i, dans son ode au comte de Northumberland, mème année, et surtout dans sa traduction en vers des fables de Phèdre, 1765; mais on ne peut que déplorer l'affaiblissement de son esprit dans sa traduction des psaumes, 1767, dans la traduction en vers d'Horace, même année, et principalement dans ses Paraboles du Seigneur, adaptées à l' de l'enfance. Peu de temps après , ce malheureux pete, qui s'était survécu à luimème, fut emprisonné pour dettes et mourut en prison en 1770. Aux qualités de l'esprit, Smart joignait celles du coeur; il était bon, sensible, et poussait la générosité jusqu'à donner à ses amis ce qui lui était nécessaire. Ces brillantes qualités firent le bonheur et le malheur de sa vie; mais au milieu de ses infortunes, sa piété fut sa consolation; on prétend mème qu'elle influa sur ses plus beaux morceaux lyriques. Lorsqu'il composait ses poésies sacrées, il était saisi de sentiments tellement profonds, qu'il en écrivait une grande partie à genoux. Ce fut cette exaltation portée à l'excès qui causa sa folie : il se mettait à genoux dans les rues, priant avec ferveur et engageant les passants à se joindre à ses prières. Ce que l'on estime le plus dans ses oeuvres. ce sont ses odes, ses chansons et ses fables; ces Ire • ernières surtout paraissent aux Anglais mériter s plus grands éloges pour la facilité de la versification et la gaieté franche qu'elles respirent ; cependant on peut reprocher à Smart d'avoir trop souvent fait parler des objets inanimés, comme la théière, la brosse, la perruque, la pipe, la robe brodée et le chiffon , etc. Quant à ses poésies sacrées, elles sont admirables : on ne leur trouve d'autre défaut que de traiter un sujet audessus des facultés humaines. Les oeuvres de Smart ont été recueillies en 2 volumes Londres, 1791
  • Christophe TYE( 1500) : musicien et littérateur anglais, naquit à Londres, vers le commencement du 16° siècle. Henri VIII le distingua, l'honora de son estime et le choisit pour enseigner la musique à ses enfants. En 1545, Tye fut nommé à Oxford docteur en musique ; trois ans plus tard, il obtint le même rang à Cambridge. Sous le règne d'Elisabeth , il fut organiste de la chapelle royale , et il composa divers morceaux qui ne sont pas encore coniplétement oubliés. Il était versé dans la littérature italienne, et il mit en vers un des récits de Boccace, l'Histoire de Théo- dore et d'Honoria; elle fut publiée en 1569, en un petit volume devenu aujourd'hui trèsrare et trèsrecherché des bibliophiles. Te entreprit également de traduire en vers les Actes des apôtres ; mais il n'alla pas au delà du quatorzième chapitre. Ce travail , dédié au roi Edouard VI, fut imprimé en 1553 , avec la musique notée, car cette poésie était destinée à être chantée; sir John Hawkins en a donné des échantillons dans le tome 3 de son History of Music
  • Christophe VOGEL( 1756 - 1788) : compositeur de musique, naquit à Nuremberg, le 10 mai 1756. Après avoir étudié en Allemagne l'art musical sur les ouvrages de Hase et de Graunn, il vint à Paris vers 1776, époque où les chefs - d'oeuvre de GI.uck avaient opéré une révolution dans la musique dramatique et régénéré notre premier théâtre lyrique. Vogel sentit son génie s'échauffer en écoutant les opéras de ce grand maitre, dont il médita les savantes partitions, et il se promit de marcher sur les traces d'un tel guide. Mais, longtemps rebuté , ce ne fut que le 5 septembre 1786 qu'il parvint à faire jouer son opéra de la Toison d'or, dont les paroles étaient aussi le début d'un jeune auteur . Ce coup d'essai , qui eut neuf représentations, fit bien augurer des talents du compositeur. A la vérité, on trouva le rôle de Jason faible et monotone; mais ce reproche portait plus sur le poëte que sur le musicien. On rendit justice au mérite de plusieurs morceaux où Vogel , montrant un talent original , cessait de se traîner sur les pas de Gluck. Il dédia sa partition à ce grand homme, qui, dans sa réponse, s'exprimait ainsi : « C'est « le talent dramatique qui brille sur les autres « qualités, et c'est de celuici que je vous félicite « de tout mon coeur. C'est un talent d'autant « plus rare que vous le tenez, non pas de la pra- « tique , mais de la nature. » Les encouragements que Vogel avait reçus du public semblaient l'avoir fixé dans une carrière où il espérait recueillir de nouveaux applaudissements. Il prit encore pour compagnon de ses travaux le même poëte, et ils firent ensemble l'opéra de Démo- phon, dont l'ouverture, chefd'oeuvre musical, fut exécutée deux fois avec le plus grand succès au concert olympique et redoubla l'impatience qu'on avait d'entendre cette tragédie lyrique. Mais Vogel déshonorait son talent et ruinait sa santé par des excès d'intempérance souvent reprochés aux musiciens et surtout aux Allemands. Une fièvre maligne l'enleva le 26 juin 1788, à l'âge de 32 ans. Après sa mort, on remit au théâtre sa Toison d'or, avec des changements, sous le titre de Médée à Colchos ; mais elle ne parut que trois fois. Démophon, joué le 22 septembre 1789 , eut vingtquatre représentations. Ce succès, dû aux progrès que Vogel avait faits dans le genre dramatique, donna lieu à de vifs regrets sur la perte de ce jeune compositeur que Gluck appelait son fils aîné. L'ouverture surtout entraîna tous les suffrages : elle fut répétée le premier jour, à la demande du public. La réussite de Démophon aurait été plus complète sans le peu d'intérêt qu'offre le poëme et sans la priorité qu'avait obtenue un opéra du même titre par Marmontel et Cherubini, lequel avait été donné sur le même théâtre le 5 décembre 1788. C'est en raison de cette concurrence que le Mer- cure, rédigé alors par Marmontel et ses amis, fut sobre d'éloges pour l'ouvrage de Vogel, et que Grimm, partisan de Marmontel et antigluckiste, traite assez mal, dans sa Correspondance, le jeune compositeur allemand et sa musique. Cependant l'opéra auquel il donnait la préférence, joué seulement huit fois dans sa nouveauté, n'a plus reparu sur la scène. Nous ne savons pas à la- !uelle des deux pièces s'applique le calembour qui courut dans le temps : Si des mots font un opéra , Démophou est un opéra. On doit rappeler l'effet que produisit au champ de Mars, en 1791, à la cérémonie funèbre des officiers tués à Nancy, la fameuse ouverture du Démophou de Vogel, exécutée par douze cents instruments à vent, accompagnés d'intervalle en intervalle par douze tamtams. Adaptée au ballet de Psyché, elle y ajoute à l'effet d'une des plus belles scènes de cette composition chorégraphique. La réputation méritée de ce chefd'oeuvre musical lui a longtemps valu l'honneur d'être exécuté sur tous les théâtres, entre deux pièces, les jours de grand spectacle , et dans les concerts les plus brillants
  • Christophe WIRSUNG en latin Virsungus( 1500 - 1571) : médecin , né à Augsbourg en 1500, étudia tout à la fois la médecine et la théologie, ce qui n'était pas alors fort rare. 11 fut trèslié avec Conrad Gesner ; et dans le môme temps qu'il pratiquait son art avec beaucoup de distinction dans sa ville natale, il y remplissait avec le mème succès les fonctions de prédicateur évangélique. 11 mourut à Heidelberg en 1571. On a de lui Nouveau livre de médecine , Heidelberg, 1568 ; Neustadt, 1588 et 1597. — W SUNG , chirurgien, de la mème famille que le précédent, naquit à Augsbourg et se rendit à Padoue, où il reçut des leçons de Vesling. Ses progrès furent rapides dans l'anatomie ; et , le premier, il démontra dans l'homme le canal pancréatique, que d'autres anatomistes avaient déjà aperçu dans les animaux. Ce conduit porte encore aujourd'hui son nom dans la science anatomique. Le mérite de Wirsung lui fit des ennemis ; un médecin dalmate, qu'il avait réduit au silence dans une discussion publique, s'introduisit dans son cabinet et le tua d'un coup de pistolet
  • Christophe WITTICHIUS( 1625 - 1687) : savant théologien protestant, était né le 7 octobre 1625, à Brieg, dans la basse Silésie. Son père, vicesurintendant ecclésiastique de cette ville, cultiva ses dispositions pour l'étude avec le plus grand soin. Il fréquenta successivement les académies de Brème, de Groningue et d'Utrecht, et après avoir terminé ses cours fut nommé professeur de mathématiques à Herborn , d'où il passa bientôt à Duisbourg. Le gymnase de cette dernière ville ayant été érigé en académie , Wittichius y reçut le doctorat dans les facultés de philosophie et de théologie et se rendit à Nimègue, où il remplit, pendant seize ans, une chaire de théologie avec le plus grand éclat. Son attachement aux principes de Descartes l'engagea dans des disputes trèsvives , qui ne firent qu'ajouter à sa réputation. En 1671 , il fut appelé à l'académie de Leyde, fa première des PaysBas, et s'y montra le digne rival des plus illustres professeurs. 11 mourut dans cette ville, le 19 niai 1687, à l'àge de 62 ans. Gronovius prononça son oraison funèbre. Une médaille frappée en son honneur est figurée dans van Loon, Hist. Penningen, t. 3, p. 349, et dans le Museum Mazuschellian., t. 2, pl. 133. Outre quelques thèses et les éloges d'A. Heydart et de J. Sehulting, son collègue, on a de Wittichius : 1° Connideratio theologica de stylo S. Scripture , etc.. Leyde, 1656 2° Theologia pacyca , ibid. , 1671 , in 4° ; nouv. édit., avec un appendix , ibid., 1672 3° édit., 1683 ; 3° Exercitationes theologiee quinque , ibid. , 1682 , in - 4.; 4° Causa Spiritus Sancti victrix , ibid., 1682 5° Consensus veritatis in scriptura divins et infaillibili revelatce, cum reritate philosophica a Cartesio detecta, ibid., 1682 Cet ouvrage est un des plus importants que Wittichius ait publiés. Aucun docteur protestant n'a su mieux concilier le cartésianisme avec la théologie. 6° Metalleia, seu Investigatio epistolœ ad Romanos , ab apostolo Paulo t'aratm gr. lat., ibid. , 1685 , in - 40 ; 7° Inreetigatio epivole ad Hebroos, etc., Amsterdam, 1692 8° 2/ Wu- Spinosa, sise Examen ethices Ben, de Spinosa et commentarius de Deo et ejus attributis, ibid., 1690 Cet ouvrage et le précédent ont été publiés par le frère de Wittichius, avocat à Aix - la - Chapelle. On trouve une notice sur ce célèbre théologien dans le Dictionnaire de Bayle
  • Christophe WOLLE( 1700 - 1761) : professeur de théologie à Leipsick , où il était né le 24 janvier 1700, y mourut en 1761, après s'être distingué par les connaissances les plus étendues dans les langues orientales. Il en étudia d'abord l'esprit, appliqua à chacune d'elles les règles de la grammaire latine, et d'après cette méthode toute particulière se fit une grammaire pour le grec, une pour l'hébreu, et ainsi pour les autres langues savantes. Ses principaux ouvrages sont : 1. De facultatibus intellectualibus in bonos habitus mutandis, Leipsiek, 1721 2° Reguloe Hermeneuticce, ad circum- spectam Scriptura sacrez illustrationem ex auctori- bus profanis, utilibus, perspicuis rationum momtntis illustratis , ibid., rationis de interitu mundi oc œternitate per- narum iqfernalium, a prœcipuis cum veterum, tum recentiorum quorumdam philosophorum dubiis vin- dicatum, ibid., 1724, iii-4.; 4. De commeadatione aniince in manum Domini perpetua , ad illustranda lora Ps. xxxi, 6; Luc., xxii, 46; / Pet., w, 49; ibid., 1726, iii-4°: traduit en allemand, Leipsick, 1728 5° fie ignoto Juditorum et A thenien- sium Deo, ad illustranda loca E. rod., in, 14 ; Act., xvii, 23; ibid., 1727 6° Pe singulari facto et fato uxoris Lothi , ad Gen. , xxvz , 26 , ibid.. 1730; 2e édit., 1749; 7° De usu et abusu euphe- mismi sacri , ibid., 1732 8° De abusu pla- tonie° trium hominis partiunz in explicatione novi fcederis Whistono aliisque opposita , ibid. , 1732 9° De honoribus medicorum apud veteres, ibid., 1732, in - 4°; 10° De eo quod sublime est in bis Noseis verbis : yEvée0. Leipsick , 1748 \Voile lait voir, par des exemples pris dans le grec et l'hébreu, que ceux qui ne connaissent point la grammaire tombent dans des fautes grossières quand ils veulent expliquer l'Ecriture sainte. Comme aux autres interprètes, il donne à dom Calmet une leçon sur la manière dont ce savant a traduit le titre des Psaumes. 0' Epistola critica de Hebraismis Ulpiani, jurisconsulti , ibid., 1739 On a encore de Wolle des sermons et des discours, pubiiés à Leipsick, en allemand. Il avait fait sur 1).Alcoran un dictionnaire arabe qui est resté manuscrit, en 4 volumes
  • Christophe WORDSWORTH( 1774) : théologien et philologue anglais, frère du précédent, naquit le 9 juin 1774 à Cockermouth, dans le Cumberland. Il entra au collége de la Trinité à Cambridge à l'âge de dixhuit ans, et, en 1798, il fut nommé membre de ce même collège. L'année suivante, il fut reçu maître ès arts. Il s'appliquait avec zèle à l'étude .de la philologie sacrée ; et, en 1802, il donna des preuves de son érudition en ce genre en publiant Six lettres à Granville Sharp au sujet de ses observations sur l'emploi de l'article défini dans le texte grec du Nouveau Testament. Ce livre ne trouva , on peut le croire , qu'un trèspetit nombre de lecteurs, mais il fixa l'attention de plusieurs prélats anglicans, hellénistes habiles pour la plupart ; l'archevêque de Canterbury, le docteur Manners Sutton , choisit le jeune Wordsworth pour son chapelain. Au mois d'octobre 1804, il épousa la fille d'un banquier de Birmingham, et il obtint successivement divers bénéfices lucratifs. En 1809, il mit au jour la première édition cl:pri travail important dont il s'occupait depuis des années : Biographie ecclésiastique, ou ries d'hommes éminents se rapportant à l'histoire de la religion en Angleterre, 6 vol. Cet ouvrage fut fort bien accueilli, et il a obtenu, en 1818 et en 1839, deux éditions nouvelles et augmentées. En 1810, un écrit de Wordsworth, Motifs de mon refus d'être membre des sociétés bibliques, fit quelque bruit ; il donna lieu à des critiques auxquelles l'auteur répliqua. En 1814, il fit paraître deux volumes de Sermons sur divers sujets. En 1817, il remplit les fonctions de chapelain de la chambre des communes, et, l'année suivante, il fut nommé principal de ce collége de la Trinité où il avait fait ses études. Préoccupé d'un problème historique et littéraire qui a de l'intérêt pour les Anglais, il donna, en 1824, un travail étendu et soigné sur la question de savoir quel est le vé- ritable auteur du Portrait du roi ; il soutint vivement l'opinion qui attribue ce livre à Charles Ics, et il chercha à accumuler les preuves à cet égard. De nombreux contradicteurs s'élevèrent contre ces conclusions. Wordssvorth s'eff?rça de les réfuter dans un nouveau volume qu'il lit paraître en 1828; niais la question est comme celles du mètue genre qui regardent Imitation ou les Lettres de Juni. ; faute de données positives, elles restent insolubles. Le dernier ouvrage important que publia Wordsworth parut en 1837, 4 vol. : Institutions chrétiennes ; c'est un cours de théologie d'après les principes anglicans ; il est destiné aux étudiants des universités qui se destinent à la carrière ecclésiastique. En 1841, Wordsworth se démit de ses fonctions de » raster du collège de la Trinité, et il vécut, jusqu'à l'époque de son décès, arrivé le 2 février 1846, à Buxtad , où il était recteur.11 laissa trois fils, qui entrèrent tous trois dans l'Église. L'aîné, Jean, mourut à 34 ans ; le second, Charles , est devenu évêque de StAndré ; le troisième, Christophe, né en 1808, s'est fait connaître par de nombreux et savants écrits relatifs aux sciences ecclésiastiques et à l'archéologie
  • Christophe WREN( 1632) : architecte anglais, neveu du prélat dont l'article précède, naquit le 20 octobre 1632, à Eastknoyle, dans le comté de Wilts. Les renseignements que nous possédons sur la vie et les ouvrages de Christophe Wren et sur ses prenaières années ne nous apprennent point quel avait été son maitre dans l'art de l'architecture , ni même s'il en eut un. On peut présumer, d'après la diversité d'études et de sciences auxquelles sa jeunesse avait été livrée, qu'il dût uniquement à l'étude des mathérnati. ques d'être initié aux connaissances de cette partie de l'art de bâtir qui est soumise aux lois du calcul, connaissances auxquelles le génie ne supplée pas toujours, mais qui réciproquement ne sauraient remplacer le génie dans les grandes entreprises de l'architecture. Lorsqu'en ce genre l'étude et la nature auront réuni chez le même homme, et avec une juste combinaison, les dons du savoir et ceux de l'imagination, il devra naître de là , si les circonstances sont favorables, un grand architecte. Christophe Wren fut un de ces rares exemples, et les besoins de son siècle concoururent à développer en lui les heureuses dispositions qui n'attendaient qu'une occasion propre à les faire briller. Son père, doyen de Windsor, était d'une ancienne famille originaire du Danemarcli. , qui s'était établie en Angleterre, dans le diocèse de Durham. Dès l'âge le plus tendre, le jeune Wren annonça une grande apti- tude aux sciences, surtout dux mathématiques, et on l'admit, comme gentilhommepensionnaire, au collége de Wadham, à Oxford. 11 n'avait que treize ans lorsqu'il construisit une machine pour représenter le cours des astres, et fit divers instruments d'astronomie , mieux divisés ou plus commodément suspendus que ceux qui existaient alors. seize ans , il avait déjà fait des découvertes dans l'astronomie, la gnomonique, la s:atique , la mécanique. il communiqua, en 1658, à Wallis divers mémoires, que ce mathématicien inséra dans son traité de la Cycloide; et à peine âgé de vingtcinq ans , il professait ces sciences à Oxford , au collége de Gresham. Bientôt il fut créé docteur en droit civil, et il obtint, en 1663, une chaire à l'université de cette ville, ainsi qu'une place à la société royale de Londres , qui venait d'être établie. Il fut chargé dans le même temps de faire des dessins pour la réparation de l'église StPaul. S'étant livré à l'étude de l'anato- mie, il exécuta , en 1664, les dessins qui furent gravés pour l'Anatomie du cerveau de Willis. Le docteur Sprat a donné , dans l'Histoire de la société royale, le détail des principales découvertes que Wren avait faites à cette époque dans la philosophie et les mathématiques. Jusquelà, on le voit, rien n'annonçait qu'il dût être un des premiers architectes et de son pays et de son siècle. Vers 1665 , il fit un voyage à Paris, dans la vue, diton, d'examiner l'état des arts, qui commençaient à y refleurir sous les auspices d'un nouveau règne. Un grand événement' le rappela promptement dans sa patrie; ce fut le terrible incendie qui consuma la plus grande partie de la ville de Londres en 1666. Ce malheur et le besoin nonseulement de le réparer , mais de le faire servir à l'amélioration, comme à l'embellissement de cette capitale, éveillèrent le génie de "Wren et lui révélèrent des talents dont le pr cipe avait jusqu'alors sommeillé en lui. 11 ima- gina un plan général de reconstruction de cette grande cité. OH peut dire de toutes les grandes villes, excepté d'un fort petit nombre, qu'elles ne furent et ne sont autre chose qu'un agrégat fortuit et successif de constructions ajoutées les unes aux autres, sans aucun dessein, sans aucune prévision de l'avenir. C'est souvent lorsqu'il n'y a plus de remède à leurs irrégularités qu'on cherche les moyens toujours lents d'en redresser les rues et d'en symétriser les aspects. Wren crut qu'il fallait saisir l'occasion du malheur arrivé pour soumettre la réédification de Londres à un système d'ensemble qu'en vain on attendrait des volontés particulières. Son plan présenta de longues et larges rues, coupées à angle droit, des projets d'églises et de monuments publics dans de belles positions. De nombreux portiques variés, selon les quartiers, servaient de point de vue, en divers lieux , aux rues pr cipales. Jamais programme plus vraiment idéal ne fut conçu pour un but moins imaginaire. 11 a été gravé en 1724, et l'on peut juger, encore aujourd'hui , de l'impression qu'il dut faire à l'époque où il fut présenté au parlement. Il y devint le sujet d'une longue discussion. Deux opinions opposées s'y combattirent. Les uns ap- puyèrent le projet de Wren, les autres sout qu'il fallait rebâtir sur l'ancien plan. Un troisième parti, comme cela arrive souvent, se plaça au milieu des deux et fit prévaloir son opinion. On prit une portion du nouveau plan, on en conserva une de l'ancien, et Londres manqua pour toujours l'occasion d'être le chefd'oeuvre de toutes les villes. Cependant ce qu'on adopta du projet de Wren, quant à la largeur des rues, à la graudeur des places et à une construction en matériaux plus soudes n'a pas laissé de rendre cette ville une des plus remarquables de l'Europe, sinon pour l'architecture, du moins pour la régularité, l'alignement, la disposition des rues et des places. Si Londres perdit l'avantage que lui eût procuré l'adoption du grand projet de Wren, elle y gagna toujours d'apprendre qu'elle avait eu lui un homme né pour les grandes choses. Lorsque la nature produit de pareils hommes, il semble que la société ne manque pas non plus de faire naître le besoin d'ouvrages qui soient à leur niveau. On remarque que les grandes entreprises et les grands artistes se sont toujours rencontrés, et dans cette coïncidence, on ne saurait dire de quel côté est le premier moteur. Jean Denham, architecte du roi, étant mort en 1668, Wren lui succéda , fut fait chevalier en 1674 et eut dès lors la direction d'un grand nombre d'édifices publics. Cependant Londres était à peine sorti de se g cendres, et déjà on projetait d'y élever un monument qui devait présager la grandeur future de cette ville. 11 ne s'agissait pas moins que de rivaliser avec la vaste basilique de StPierre de Borne. Christophe Wren fut chargé de cette noble entreprise, et dès 1675, il jeta les fondements de StPaul. On croit que, dans un premier modèle qu'il composa, il avait voulu se rapprocher des plans et du style des temples de l'antiquité. Mais l'Angleterre avait subi pendant plusieurs siècles, comme tout le nord de l'Europe , les habitudes du genre gothique. Les constructeurs des églises de ce genre, libres des sujétions d'une ordonnance régulière et par conséquent de tout rapport de proportion entre les plans et les élévations , s'étaient plu à chercher la beauté et à la placer uniquement dans la grandeur linéaire, c'est-àdire dans la longueur et la procérité des intérieurs. Wren adopta donc pour plan la disposition du plus grand nombre de ces églises, qui ordinairement se composent de deux parties d'une longueur égale, le choeur et la nef, que divisent les deux bras de la croisée. La longueur de StPaul , qui est de 450 pieds français, offre dans le milieu de cet espace une coupole de 98 pieds français de diamètre et de 208 pieds de hauteur. Un rang de bascôtés règne dans toute la longueur de l'église , qui se termine au bout du choeur par une abside et qui commence en avant de la nef par un grand et spacieux vestibule. L'ordonnance intérieure est en arcades, dont les piedsdroits reçoivent des pilastres corinthiens, avec un entablement fort régulier. Audessus de cet entablement règne un attique continu, sur lequel 't'élève la voÛte avec les fenêtres qui éclairent l'intérieur. La coupole a été fort ingénieusement construite dans une forme pyramidale, que les yeux ne sauraient découvrir et qui a singulièrement épargné l'effort de toute poussée latérale. La >critique d'un semblable monument comporterait de nombreuses et importantes considérations, que l'on ne saurait même effleurer ici ; nous nous bornerons, en peu de mots, à une seule, celle qui est à la portée du plus grand nombre, nous vouions parler de l'impression générale ou de l'effet de cette architecture tant au dedans qu'au dehors. S'il s'agit de l'impression que le spectateur reçoit de l'aspect intérieur, nous nous permettrons de dire qu'il est généralement médiocre. On n'y est véritablement frappé d'aucune sorte de grandeur, d'aucun caractère bien prononcé, soit de force , soit de sévérité , soit d'élégance et de richesse. Les sens et l'esprit y voudraient ou plus de simplicité ou plus de variété. Quelque chose de nu, de pauvre et de froid s'y fait sentir. En un mot, on entre dans StPaul sans étonnement, on en sort sans admiration. Quant au mérite et à l'effet de t'architecture, l'extérieur nous parait l'emporter sur l'intérieur. Nous le disons d'abord de Io coupole, dont la forme, la courbe et la décoration sont fort belles, dont l'ensemble, bien qu'on puisse le trouver découpé par la saillie de la colonnade qui l'environne, ne laisse pas de produire un tout harmonieux. Pour ce qui est de la masse extérieure de l'église proprement dite, il est possible de blâmer dans son ajustement l'application des deux ordres de pilastres, l'un audessus de l'autre. Le goût scrupuleux de ceux qui mettent avant tout autre mérite celui de l'unité regrette que deux ordres qui , dans cette position , signifient deux étages • se trouvent au dehors d'un édifice qui intérieurement n'a point d'étagé. Cependant le parti général de toute cette masse, abstraction faite du rapport qu'on vient d'indiquer, est d'un style sage, d'une bonne composition et d'une exécution aussi pure que précieuse. On aime à y remarquer, à l'extrémité de chaque croisée, les petits avantcorps circulaires en colonnes qui leur servent de portiques. Malheureusement pour cette église, comme à l'égard de beaucoup d'autres, ce qu'on peut le moins y louer, c'est son frontispice avec les deux clochers , composition banale, sans effet et sans grandeur, mais résultat en quelque sorte nécessaire de la sujétion imposée par la hauteur de l'édifice. Le manque d'espace a frustré ce monument d'une place suffisante pour qu'on puisse en embrasser convenablement l'ensemble. Le lieu qu'il occupe étant dans la Cité, le quartier de Londres le plus resserré, Wren ne put pas remédier à cet inconvénient. L'église de StPaul, construite toute en pierre de Portland, a eu le grand avantage d'avoir été par lui commencée , conduite et terminée en trentecinq ans , c'est-àdire par un seul et même architecte, et, ce qu'on a observé encore, par un seul et même entrepreneur, circonstance trèsrare dans les grands édifices et à laquelle celuiri doit certainement de n'offrir aucune de ces disparates de manière et de goût , résultats naturels des modifications que ne manquent presque jamais d'introduire dans la conduite d'un ouvrage les architectes qui s'y succèdent. Comme église, à part les critiques qu'on en peut faire , St - Paul se place , sous plus d'un motif, mais surtout pour l'importance ' et la grandeur , au second rang , c'est-àdire immédiatement après StPierre de Rome. Wren, en même temps , élevait un autre monument qui, dans son genre, du moins pour la hauteur, ne devait point avoir de rival. C'est cette colonne qu'on appelle à Lonires du nom seul de Monument, et que l'on construisit en pierre, à l'endroit même où avait commencé l'incendie dont on a parlé, pour perpétuer le souvenir de ce mémorable fléau. Sa hauteur est de 188 pieds , , en y comprenant le piédestal et le couronnement. On prétend , dans plus d'un écrit, que cette colonne est de l'ordre toscan. Outre que nous ignorons ce qui peut caractériser dans une colonne ce prétendu ordre, d'invention tout à fait arbitraire, nous pensons qu'une colonne monumentale, par conséquent isolée et indépendante de toutes les autres parties constitutives d'un ordre, ne saurait être assujettie aux proportions et au caractère qui le distinguent. Ce n'est guère alors que par son chapiteau et 0.) La première pierre fut posée le juin 1675; it choeur fut ouvert au service oivin à la On de 1687 ; la dernière pierre au sommet de la coupole Eut mine en place en 1710. - - par sa base que la colonne de Londres peut être caractéri3ée, et il nous semble que ces deux objets, ainsi que les cannelures, doivent la distinguer comme appartenant à l'ordre dorique dus modernes. Elle pose sur un piédestal haut de 37 à 38 pieds et de 19 pieds 6 pouces en carré. La face principale est ornée d'un basrelief en marbre, où la sculpture a représenté d'un côté la destruction des maisons par le feu, et de l'autre leur réédification. Diverses ligures allégoriques enrichissent cette composition , au milieu de laquelle on voit le roi Charles II à qui l'on présente le plan de la reconstruction de la ville. Aux quatre angles du socle en forme de congé, qui termine par en haut le piédestal, sont sculptées quatre salamandres, emblèmes du feu. Le lût de la colonne a quatorze pieds de diamètre. Le tailloir qui termine le chapiteau supporte un corps circulaire , que surmonte un grand vase de bronze, d'où sortent des flainmes. L'intérieur de la colonne renferme un escalier en bois , composé de trois cent quarante- cinq marches de 9 à 10 pouces de large sur 5 à 6 pouces de haut. Généralement l'exécution de l'ouvrage est large, correcte et de bon goût. Il ne manque encore à l'effet qu'on devrait recevoir de son ensemble qu'une place en rapport avec la dimension d'un nionument aussi colossal. lin des plus remarquables édifices d'Oxford est encore dû au génie de Wren, c'est celui qu'on appelle le Théâtre , nom qu'on lui a donné parce que, d'un côté, sa forme extérieure est circulaire, et aussi à cause de l'usage qu'on en fait pour les exercices littéraires de l'université et pour les réunions d'assemblées destinées au soutien des actes publics, quelquefois pour l'exécution des concerts. il fut commencé en 1661 et achevé en 1669, aux dépens de Gilbert Sheldon, archevèque de Cantorbéry, chancelier de l'université d'Oxford. Ce bâtiment, qui peut contenir, tant sur ses degrés que dans ses tribunes, quatre mille personnes , formerait un ovale régulier si le côté qui regarde la bibliothèque Bodléienne n'avait été fait en ligne droite. Sur cette dernière face, il présente à rezdechaussée un beau frontispice avec colonnes et pilastres d'ordre corinthien. De semblables pilastres, au nombre de quatre, supportent un fronton dans l'étage supérieer. La partie circulaire dont on a parlé est en arcades au •rezdechaussée, avec fenêtres carrées audessus. Une enceinte circulaire sert aussi de clôture à ce côté de l'édifice et y produit une full heureuse décoration. Sur un petit mur à hauteur d'appui et bâti dans le même plan, c'est-àdire circulairement, s'élèvent quatorze granits termes. que surmontent des bustes de philosophes d'une proportion colossale. Ces ter- mes quadrangulaires sont engagés par leur partie inférieure dans le petit mur d'appui, sur lequel sent scellées des grilles qui s'étendent d'un terme à l'autre et s'y appuient. Parmi les I monuments de Wren qui ont acquis de la célébrité, on se plait encore aujourd'hui à vanter comme une de ses productions les plus recoins mandables du côté de l'art et du goût , quoique l'oeuvre soit d'une médiocre importance , l'église de St- Etienne de Wallbroock. Cet édifice mérite effectivement d'être cité, à Londres surtout, où, excepté l'églige gothique de Westminster et celle de StPaul, presque toutes les autres, quant à l'étendue, ne seraient ailleurs que de simples chapelles. Celle de StEtienne se fait remarquer par l'élégance de sa nef à deux étages de colonnes et de pilastres d'ordre corinthien, qui portent une voûte. La nef est accompagnée de bascôtés. Il y a une croisée au centre de laquelle s'élève une petite coupole dont la hauteur, en y comprenant celle de la lanterne , est de 58 pieds; l'élévation de la tour, y compris sa balustrade, est de 70 pieds. Si l'on dorme à cette église la part d'éloges qui lui est due , il faut toutefois faire remarquer l'admiration exagérée avec laquelle d'Argenville , sur la foi sans doute du petitfils de Christophe Wren, avance qu'il n'y a pas en Italie un édifice moderne qu'on puisse lui comparer pour le goût et les belles proportiops. Une autre église de Wren est citée parmi les plus remarquables de Londres, mais particulièrement pour sa tour. qui est la plus haute de la ville : elle a plus de 200 pieds français d'élévation et se compose de plusieurs étages diversement ornés d'architecture , qui se terminent par une flèche trèsallongée, avec une gros,e boule de bronze portant un dragon de même métal doré, d'environ 10 pieds de long. On peut s'étonner qu'il n'ait point été fait de recueil gravé des édifices que cet architecte, dans le cours d'une longue vie, parait avoir construits en divers lieux de l'Angleterre. On en est réduit à de simples mentions de son biographe, mentions insuffisantes pour faire juger de la valeur d'ouvrages qui, s'ils se sont conservés, ont dû éprouver plus d'un changement. Pour ne rien omettre cependant de ce qui peut donner quelque idée de la féconde activité de Wren , nous citerons parmi les nombreux travaux qui remplirent sa carrière : 1° la Douane du port de Londres, ornée de deux ordres d'architecture. L'inférieur est en colonnes toscanes. L'étage supérieur a des pilastres ioniques , qui supportent des frontons. Du côté du" couchant , la façade, de 57 pieds français de long , offre des galeries en arcades, soutenues par des colonnes. La longueur totale de l'édifice est de 180 pieds français. 2° Le Palais royal de 11'i: 1e/ tester. Il est bâti sur la croupe d'une montagne extrèmement escarpée et n'a point de jardin. Le roi Charles H avait choisi cet emplacement pour la beauté de sa situation, et il voulait qu'il fût terminé dans l'espace d'une année. S'il eût été achevé, il aurait égalé les plus beaux palais de l'Europe. Du côté de la ville, il présente deux ailes de bâtiments séparés par une vaste cour. Un grand escalier Conduit à une salle des gardes, qu'accompagnent seize pièces, tant à droite qu'à gauche. On rejette sur l' de l'emplacement ou sur la précipitation de l'exécution k plus grand nombre des &buts qu'on reproche à cet ensemble. 3° Le Palais e'pisropal de Winchester. On le regarde comme une des meilleures productions de Wren. lt° La Façade de l'appartement du roi à Ilampton- Court. C'est celle qui donne sur le parterre et sur la Tamise. Elle a 300 pieds de longueur. L'entrée du grand escalier, qui conduit à l'appartement du roi , est sous un portique d'environ 90 pieds de longueur, formé par une colonnade Ionique. 3° Le Mausoltle de la reine Marie à ! t'est- minster. 11 a été exécuté sur les dessins de Wren. 6° L'Ihipital de Chelsea, fondé pour les invalides de terre par Charles II. C'est un des édifices de Londres dont on admire également et la masse extérieure et la distribution interne. L'hôpital de Greenwich. pour les invalides de mer, fut COMmenré en 1699 , par inigo Jnnes. W'ren passe pour avoir coopéré à son achèvement sans aucun émolument. Ce ne fut pas le seul ouvrage où, mCi par l'amour du bien public, il consacra gratuitement ses veilles et donna des preuves de son désintéressement. Nul architecte peut être ne porta plus loin cette qualité, et cependant il Ii arriva une fois d'encourir le soupçon de cupidité. Tandis qu'il poussait avec la plus grande activité les travaux de SIPaul, on répandit le bruit qu'ayant de trop forts appointements, il tratnait l'ouvrage en longueur par ce seul motif. lig) acte du parlement , daté de la neuvième année du règne de Guillaume , ordonna la suspension, par moitié, de ses honoraires, jusqu'à ce que l'église Mt achevée. Ces honoraires toutefois ne se montaient qu'à deux cents livres sterling par an. Il supporta patiemment cette injustice et ne répondit à la calomnie que par le silence. Chargé d'innombrables travaux , occupé du soin de la construction des rinquante et une paroisses de Londres, car il était nonseulement le premier, mais peut-être , dans toute l'acception du mot, le seul architecte de son pays, Wren réunissait au talent et à la science de son art le caractère le plus propre au rôle qu'il était appelé à jouer. La nature l'avait doué d'une humeur égale et d'une tranquillité d'Aine qu'aucun événement ne pouvait altérer. Aussi étaitil un de ces hommes que rien ne peut détourner de leur but, dont rien ne peut déranger, ni retarder, ni accélérer la marche. On croit voir que sa valeur ne fut pas justement appréciée de son vivant, et cela fut peut-ètre dù aussi, de sa part, à une modestie qui allait jusqu'à la timidité. C'est une espèce de tort pour un grand talent aux yeux de la multitude, c'est-àdire des ignorants, que cette méfiance qu'il a de luimême et ce dédain de la louange, qu'il cherche plus à mériter qu'a obtenir. La médiocrité qui se vante l'emportera toujours en renommée, éphémère à la vérité, sur le vrai mérité, qui ne veut de la gloire qu'après le succès. Soit Indifférence pour les hommages contemporains , soit amour de la retraite , soit caprice de la fortune, qui aime à changer de favoris, Wren se survécut en quelque sorte à luimême. Après avoir employé plus de cinquante ans dans les travaux les plus pénibles et les plus honorables, il passa les derniers temps de sa longue vie oublié de son pays et comme travaillant à s'oublier luimême. On ignore les raisons qui le firent priver, en 1718, à l'Age de quatrevingtsix ans, de la charge de directeur général des bAtiments du roi. Il prit alors le parti de se retirer à la campagne, où il ne s'occupa plus que de lecture. Wren avait épousé la fille du chevalier Thomas Coghill Illockington, dans 10 comté d'Oxford. et il en eut un fils nommé Christophe comme lui. Devenu veuf peu de temps après , il épousa en secondes noces Joanne, fille de lord Fila Williams. Il fut trois fois député au parlement. La soriété royale l'avait appelé à la présidence en 1680. Il fut nominé, en 1683, architecte et commissaire du caége de Chelsea ; en 168% , contrôleur des lettiments du rhàteau de Windsor ; en 1698, inspeeleur général et commissaire pour la réparation de l'abbaye de Westminster. Malgré les pronostics d'un tempérament faible et qui semblait, dans sa jeunesse, disposé à la consomption, un régime de vie sage et réglé le conduisit jusqu'à l'àge de 91 ans. Il fut enterré sous le dôme de StPaul , privilège exclusif qui lui fut accordé, ainsi qu'à sa famille. L'épitaphe qu'on lit sut sa pierre sépulcrale remplace bien honorablement pour lui le luxe d'un mausolée Bubtus conditur — Hujus ecelesio conditor — Christopher. Wren — tisit amies nitra netreginta - Non subi public, — Lector, si monumentum requiris, Circumspice. °hitt 55 feb. amie 1723 , .etatis 91. Wren ne fit rien imprimer lui - mémo ; mais quelquesuns de ses ouvrages ont été publiés par d'autres : i° Relaiion de l'origine et des pro- grès de la manière de faire passer les liqueurs dans les vaisseaux du corps animal. Cette fusion ne diffère point de l'injection qui se fait dans les abcès, les ulcères et fistules. 2° Les naturœ de collisions corporum; 3° Descriptio machina' ad terendas len- tes hyperbolicas; 4° une Description de l'église cathédrale de Salisbury. Tous ces ouvrages ont été insérés dans les Transactions philosophiques. Jaunes Mines, architecte anglais, a publié en 1823 des MéntOireS S., la rie et les ouvragea de sir Chris- tophe Wren , 1. vol. Une édition nouvelle refondue a paru en 18521 Une vaste collection de ses plans et dessins a été achetée par le collége d'AllSouls, d'Oxford , et déposée dans III Cette précieuse collection de dessins originaux de l'illustre architecte n'a pas encore provoqué l'attention qu'elle mérite. la bibliothèque, où l'on voit aussi son buste. — Son fils, Christophe WREN, membre du parlement, mort en 1747, âgé de 72 ans, a publié : rnatum antiquorutn sylloge , populis grœcis, muni- cipiis et coloniis romanis cusoruni , etc. , 1708 Il avait recueilli sur sa famille des détails biographiques qui ont été publiés par Etienne en 1750 avec des portraits, sous le titre de Parentalia, ou , ilémoires de la famille Irren, livre sec et ennuyeux , mais utile pour la biographie du grand architecte
  • Christophe ZBOROWSKI : frère du précédent, se retira à Vienne, après que Samuel eut été condamné à l'exil. Battori , étant devenu roi, envoya à l'empereur deux ambassadeurs pour lui signifier son avénement. Christophe, qui était présent lorsque ce prince leur donna audience, pria le monarque de lui accorder la parole, pour démontrer que les ambasseurs lui en avaient imposé. Cette permission lui ayant été refusée, il envoya un cartel à un des ambassadeurs, qui accepta et remit le combat au jour où il aurait terminé sa mission. L'empereur, informé de cette circonstance, en témoigna un vif mécontentement, et prit des mesures' pour la sûreté de la légation. Le roi Battori, ayant rassemblé les sénateurs à Lublin, mit sous leurs yeux la lettre écrite par Christophe. D'après leur avis, une diète générale fut convoquée pour les premiers jours de 1585. Les diétines furent extrêmement tumultueuses ; il y en eut où les partisans des Zborowski tombèrent à main armée sur ceux qui étaient pour le roi. On répandait le bruit que cette famille viendrait en force à la diète; que, sous ses yeux et sous ceux du roi, elle ferait célébrer des obsèques solennelles à Samuel, et qu'elle introduirait ses enfants en bas âge, précédés par un tableau représentant le supplice de leur père. Sur ces bruits, Zamoyski fit venir à Varsovie un corps nombreux de troupes pour protéger le roi et la diète. Les deux accusés, Christophe et André, arrivèrent avec leurs clients. Le roi prétendant que la décision de cette affaire n'appartenait qu'au sénat , le palais royal, à la première séance, se trouva entouré et rempli d'hommes armés. Chaque sénateur avait derrière lui ses clients en armes, pour s'en servir au besoin. Cette forme de jugement, inusitée en Pologne, rappelait des événements funestes ; et les hommes sages déploraient le malheur de telles circonstances. Les nonces de l'ordre équestre murmuraient hautement : « 11 s'agit ici, disaient-« ils , de nos libertés; le roi ne peut être juge « dans sa propre cause : nous voulons être pré- sents et voir ce qui se fera. » On leur répondit que les jugements pour crime capital n'avaient jamais appartenu à leur ordre. Cependant le roi voulut qu'on leur permit d'assister aux séances. Jean Zborowski porta la parole au nom des deux accusés, ses parents. Son discours fut si touchant que l'assemblée fondait en larmes. Les évêques employèrent près du roi les plus vives sollicitations, le conjurant de manifester sa clémence plutôt que sa justice. Le prince, inflexible, répondit que l'affaire était trop grave, qu'elle devait être disculée; que cependant, si les accusés fai- saient l'aveu de leurs torts et recouraient à lui sincèrement, il saurait leur pardonner. 11 accorda même un saufconduit à Christophe, afin qu'il pût se présenter ; mais au moment même où les évêques donnaient au roi l'assurance que cet accusé allait arriver pour demander son pardon, on apprit qu'il se retirait en Moravie, à la tète d'une armée nombreuse, proférant contre son souverain les plus horribles menaces. Le jugement ne pouvant plus être retardé, Christophe, accusé d'avoir conspiré contre les jours du roi et d'avoir eu des relations criminelles avec le czar de Moscovie, fut, comme contumace, déclaré infâme et déchu de tout honneur et emploi. Les starostes reçurent ordre de l'arrêter partout où ils le rencontreraient. André, qui était aussi accusé, ayant, dès le commencement du procès, assuré avec serment qu'il était innocent, fut nonseulement mis hors de cause, mais conserva ses dignités, notamment celle de grand maréchal de la couronne. Battori , apprenant que Christophe s'était retiré à Vienne, envoya réclamer son extradition. L'empereur Rodolphe se contenta de lui ordonner de quitter surlechamp les terres de son empire. Avant de s'éloigner, Christophe donna dans Vienne une nouvelle preuve de son caractère féroce. Un marchand à qui il devait cinq cents écus étant venu les lui demander, il prit un couteau, l'en frappa de plusieurs coups, remplit un verre de son sang et lui commanda de le boire ; ce que cet homme fit par crainte de la mon: mais il mourut au bout de trois jours. Après cette horrible cruauté, Christophe était monté à cheval avec sa suite, et il s'était enfui vers la Moravie, laissant partout des traces de ses fureurs. Le roi Battori mourut l'année suivante, et une diète générale ayant été convoquée pour déterminer le temps et le lieu où l'on élirait un nouveau roi, les Zborowski profitèrent de l'absence de Zamoyski pour faire rendre plusieurs décrets, entre autres celui qui priva le chancelier du commandement des armées, et celui qui ordonna de nouvelles instances auprès du roi pour que ce prince cassât la sentence prononcée contre Christophe. La diète d'élection commença ses opérations le 30 juin 1587 ; Christophe, sans attendre sa réhabilitation, rentra en Pologne à main armée, et vint augmenter son parti , qui, avec cinq ou six mille hommes, campait hors de Varsovie. Zamoyski, beaucoup plus fort qu'eux , occupait un camp fortifié sur la rive opposée de la Vistule. Son parti ayant proclamé Sigismond III, les Zborowski s'avancèrent. précédés de quelques batteries de canon; et sans l'intervention des sénateurs, on en serait venu aux mains. De leur côté, ils proclamèrent l'archiduc Maximilien, qu'ils firent venir de la Moravie. Le prince ayant été battu et fait prisonnier, leur parti tomba, et depuis cette époque, on n'entendit plus parler de Christophe, qui mourut dans l'exil vers la fin du 16° siècle
  • Christophe AUGUIN : Navigateur français
  • Christophe BORDEAU : Nageur
  • Christophe COCARD : footballeur
  • Christophe COLOMB : explorateur
  • Christophe de Lamoricière : général et homme politique français
  • Christophe DE PONFILLY : journaliste
  • Christophe DECHAVANNE : animateur
  • Christophe Dombasle : agronome français
  • Christophe DUGARRY : footballeur
  • Christophe IZARD : acteur
  • Christophe LAMBERT( 1957) : acteur
  • Christophe LAVAINNE : cycliste
  • Christophe MALAVOY( 1952) : Comédien
  • Christophe Penderecki : compositeur polonais
  • Christophe TIOZZO : Boxe
  • Christophe Pieux ( 1967) : Christophe Pieux, né le 15 avril 1967 à NogentsurMarne, est un jockey français.

Christophe année par année

Signe astrologique de Christophe

Couleur de Christophe

Pierre précieuse de Christophe

Chiffre de Christophe

Métal de Christophe