Le prénom andre Masculin

Origine :

Fête :

21 Décembre

Signification de andre

Largement répandu dans les pays occidentaux, le prénom André apparait en France bien avant le XXe siècle. Pendant plusieurs années, il figure dans le palmarès des prénoms masculins les plus attribués. Depuis les années 70, sa cote de popularité est relativement en baisse. Depuis son apparition dans l’Hexagone, près de 712 000 personnes ont été prénommées ainsi. Dégageant un certain magnétisme et une impression de force, André en impose facilement à son entourage. D’une impressionnante vitalité, il se démarque par son énergie et son enthousiasme qu’il utilise généralement de manière constructive. Ambitieux, André donne beaucoup de lui pour atteindre ses objectifs et connaître la réussite, tant au niveau personnel qu’au niveau professionnel. Parmi les variantes du prénom André se trouvent entre autres Andrea, Andreas, Andrew, Andrieu et Andros. De nombreuses célébrités sont prénommées ainsi, notamment l’écrivain français André Gide, le réalisateur et scénariste français André Cayatte, le joueur de tennis américain Andre Agassi, l’acteur André Falcon ainsi que le joueur de rugby à XV international français André Boniface.

Personnalité de andre

Leur émotivité à fleur de peau et leur extrême sensibilité les rendent plutôt coléreux. Il vaut mieux éviter de les contredire, car leurs convictions sont inébranlables. Volontaires, têtus, ils sont combatifs. Ils aiment s'entourer d'amis ; la solitude n'est pas faite pour eux. Leur morale n'est pas toujours rigoureuse. Ils ont le sens des affaires et de l'argent.

Provenance du prénom andre

Histoire de andre

Etymologie de andre

Les andre célèbres

  • André ALLAM : sousprincipal du collége de StEdmond, à Oxford, se fit d'abord connaîtrepar des éditions de plusieurs ouvrages de ses compa- triotes, qu'il orna de préfaces et de notes intéres- sautes, surtout par celle du Théâtre historique et chronologique d'Elvicus, augmenté d'un supplément, Londres, 1687 Allam publia en anglais la Vie d'Iphycrate , d'après le grec de Plutarque : il aida le savant Wood dans son grand ouvrage de Alhence Oxonienses. Sa mort prématurée, en 1685, lorsqu'il n'avait encore que 50 ans, l'empècha d'exécuter un ouvrage important, qu'il avait entrepris, sous ce titre : Notitia Ecclesiœ anglicanœ. Il s'était aussi occupé de la controverse avec les catholiques et les presbytériens. Il n'eut pas le temps de livrer au public ses traités sur ces matières. C'était un homme dont les vertus et la modestie égalaient le savoir
  • André ACOLUTH( 1654 - 1704) : savant orientaliste et professeur de théologie à Breslau, né à Bernstadt, le 6 mars 1654 , mort le 4 novembre 1704. On dit qu'à l' 1ge de six ans il savait déjà s'exprimer en hébreu. Ses ouvrages les plus remarquables sont quelques surates d'un Coran polyglotte , qu'il avait le projet de donner en entier. Voici le titre de ce spécimen devenu trèsrare : 1 ° Te T parXz Alcoranica , site specinien Alcoraui quadrlinguis, arabici, persici, turcici et lalini , Berlin , 1701 57 p.; 20 Obadias armenus et lalinus, cumanno , il fut obligé de faire fondre à Ses frais des caractères arméniens. 3° Andrea; Acpluthi. ( ratislaviensis de aquis arnoz'is zelo( ypice , Leipsick, 1682 de plus de 500 p. L'érticlition rabbinique y est prodiguée sans mesure, et l'on peut dire sans utilité. Acoluth fut en correspondance avec plusieurs de ses plus célèbres contemporains , tels que I.onquerue , Spanheiin , Leibnitz, qui n'approuvèrent pas ses idées sur l'identité de l'arménien avec l'ancienne langue de l'Égypte
  • André ADAMI : maitre de la chapelle pontificale, au conitnencement du 18° siècle, publia un ouvrage ayant pour titre : Os. servazioni per ben regolare il coco dei cantari della capella pontificia, lento nelle funzioni ordinarie che straordinarie , 1 vol. Rome, 1711. Cet ouvrage, assez curieux, renferme les portraits de douze principaux chanteurs de la chapelle pontificale, avec des notes sur leur vie
  • André ANDRÉANI( 1540 - 1623) : peintre distingué et habile graveur en bois, appelé mal à propos Andréossi par quelques auteurs, confondu par d'autres avec Altdorfer, à cause de la ressemblance des monogrammes de ces deux artistes, naquit à Mantoue en 1540. Génie précoce, plein de verve et de chaleur, il fit de rapides progrès dans l'art du dessin, et quitta fort jeune sa patrie pour aller se fixer à Rome, où il mourut en 1623. Le nombre d'estampes attribuées à Andréani est considérable ; mais beaucoup sont des planches gravées par d'autres maîtres , qu'il a retouchées, et où il a mis son monogramme pour en assurer le débit. On recherche beaucoup celles qui sont entièrement de sa main, surtout les morceaux en camaïeu , parmi lesquels nous citerons : 1° le pavé de Sienne, gravé d'après Beccafumi, en 1587 ; 2° le Déluge, d'après le Titien ; 5° Pharaon submergé, d'après le mème ; 4° le Triomphe de Jules- César, gravé en 1598 sur un dessin d'André Mantègne, et plusieurs autres ouvrages remarquables, d'après le Parmesan, Salviati, Raphaël, etc
  • André ANGELUS ou ENGEL( 1561 - 1598) : né le 16 novembre 1561 , à Strausberg , dans la Marche moyenne , fit ses études à Francfortsurl'Oder , et voyagea si longtemps pour poursuivre ses recherches historiques, qu'il dépensa ainsi tout son patrimoine. En 1585 , il fut fait recteur dans sa patrie, et, peu après , corecteur à Neu - Brandebourg ; mais il renonça bientôt à ces fonctions pour se livrer à ses travaux sur l'histoire : après avoir habité quelque temps à Berlin, il mourut de la peste , le 9 août 1598, à Strausberg, où il était pasteur. Peu de jours auparavant, il avait dit qu'après avoir chanté l'hymne funèbre sur ses brebis, le pasteur terminerait par sa mort cette scène de deuil, et , par un hasard s , la peste cessa trois jours après. Il a écrit plusieurs ouvrages en allemand , entre autres : 1° Compendium rerum ? archicarum, Wittemberg, 1595 Ce n'est qu'un essai ou extrait de l'ouvrage suivant : 2° Annales MarchiceBrandenburgica3, Francfortsurl'Oder , 1595 G—T.
  • André ALCIAT : jurisconsulte, naquit à Milan, le 8 mai 1492 ; les uns le croient fils d'un marchand, les autres lui donnent une naissance plus illustre ; il est au moins certain que ses parents vivaient honorablement, et que sa famille était riche. Il s'adonna à l'étude de la jurisprudence dès l'âge le plus tendre. Après avoir fait ses humanités à Milan, il alla étudier le droit à Pavie et à Bologne. Dans la première de ces universités, il s'attacha aux leçons de Jason ; dans la deuxième , à celles de Charles Ricinus; et, dans toutes les deux, il fit concevoir de son mérite les plus grandes espérances. A vingtdeux ans, il obtint le grade de docteur, et, dans la même année, il fit paraître l'explication et la correc- tion des ternies grecs qui se trouvent dans le Digeste, connu sous le titre de Paradoxes du droit civil. Cet ouvrage, qu'il avait composé à l'âge de quinze ans, le plaça au premier rang des jurisconsultes. Les différents traités qu'il publia à peu près à la même époque, tels que ses Prœtermissa, celui de Verborum signi- ficatione, et autres, n'obtinrent pas moins de succès. Nommé, en 1521, professeur de droit à l'université d'Avignon, il obtint dans cette ville de si grands succès, que l'on compta jusqu'à huit cents personnes dans son auditoire ; mais le peu d'exactitude qu'on mit dans le payement de ses honoraires le détermina à retourner à Milan. Alciat fut un des premiers à sentir que l'étude de l'histoire est indispensable pour ne pas commettre d'erreurs dans celle des lois, et que la culture des lettres n'est pas moins nécessaire à l'étude de la jurisprudence. Cette innovation fit déserter les chaires des autres professeurs, et suscita à Alciat des ennemis et des persécutions si violentes, qu'il fut obligé, en 1529, de se réfugier en France, où François I", mettant à profit l'aveugle fureur des compatriotes d'Alciat, le fixa dans ses États par ses bienfaits, et lui donna la chaire de Bourges, avec une pension de 600 écus, qui fut doublée l'année suivante. Alciat était avare, et l'argent fut toujours le meilleur moyen de se l'attirer. François Sforce, duc de Milan, le réclama ; et, connaissant sa passion, le menaça de confisquer ses propriétés s'il ne revenait. Une pareille menace, accompagnée à la vérité d'offres de présents, de pensions considérables, et de la dignité de sénateur, détermina Alciat à retourner dans sa patrie. Il revint alors professer à Pavie ; mais bientôt il passa à l'université de Bologne ; quatre ans 1 après , il vint reprendre sa chaire à Pavie, et, au bout de quelque temps, il se laissa encore attirer à Ferrare par les largesses du duc Hercule d'Est ; et, après avoir professé quatre ans dans cette ville, il revint à Pavie, où il mourut , à l'âge de 58 ans. Alciat était d'une vanité excessive; comme on lui e reprochait un jour son inconstance : « Personne, « réponditil, ne trouve mauvais que le soleil par-« coure la terre, afin d'animer toutes choses par sa « chaleur et ses rayons. Si on loue les étoiles fixes, « ajoutaitil encore, on n'a pas l'intention, sans doute, « de condamner les planètes. » Bayle dit, à cette occasion, qu'Alciat devait faire au moins comme le soleil de Copernic, se tenir dans son centre, et illu- miner de là tous ceux qui s'en approcheraient. Alciat, en vendant ainsi son érudition et ses services au plus offrant, sut accumuler des honneurs et des richesses immenses. En effet, le pape Paul III lui avait donné la place de protonotaire ; l'empereur CharlesQuint l'avait créé comte palatin et sénateur; le roi d'Espagne lui fit présent d'une chaîne d'or d'un prix considérable ; et, partout, il rançonna les nombreux écoliers que la renommée attirait à ses leçons. Malgré son avarice, il avait tellement le goùt de la bonne chère, que rien ne lui coûtait pour le satis- faire. Avarior habitus est, dit Pancirole, et cibi avi- dior : cette intempérance fut cause de sa mort, le 1'2 janvier 1550. Si les défauts qu'on vient de lui reprocher peuvent ternir sa réputation, sous le rapport de la morale, rien ne peut altérer sa gloire comme littérateur et comme jurisconsulte . Peu d'hommes ont réuni autant de connaissances, et les ont portées à un aussi haut degré que lui. Associant toujours l'étude du droit à celle de la littérature, il expliqua et éclaircit beaucoup de passages, restés obscurs par le peu de connaissance que les commentateurs avaient de la langue grecque et des antiquités ; il n'y a, sui- vant l'expression de Terrasson, aucun jurisconsulte à qui les amateurs de la belle jurisprudence aient autant d'obligations. Les oeuvres d'Alciat ont été recueillies et publiées à Lyon , 1560, 5 vol. ; I, Bâle, 1571, 6 vol. ; Bàle, 1582, 4 vol. Strasbourg, 1616, 4 vol. ; FrancfortsurleMein, 1617, 4 vol. L'édition de 1571 contient 33 traités, y compris les deux versions du traité des Emblèmes , qui , imprimé déjà dans le 5° volume, l'a été avec des corrections et augmentations dans le 6e. Quelquesuns avaient été imprimés à part ; presque tous ces traités sont relatifs à la jurisprudence. On y trouve cependant des Notes sur 1 Tacite ; un traité des Poids et Mesures, etc., le tout en latin. Mais, indépendamment de ces ouvrages, on doit encore à Alciat 1° Responsa nunquam an- Avec lui, l'étude du droit cesse d'être un commentaire servile des lois romaines, et commence à s'élever à une hauteur toute philo—sophique; il y introduit la méthode, l'ordre, l'examen ; il cherche les principes, les motifs et les rapports : ses travaux ont fait faire de j grands progrès à la jurisprudence, et permettent de le considérer comme le précurseur de la grande école de Cujas. C. W—R. C'est un recueil de petites pièces latines, de quatre, six, huit on douze vers, renfermant des réflexions morales. Il a été traduit en français, en italien et en espagnol. C.W—u. tehac edita, Lyon, 1561 ; Bâle, 1582 publiés par les soins de François Alciat, son parent et son héritier ; 20 de Formula romani imperii, Bâle, 1559 ; 5° Epigrammata selecta ex Anthologia latine versa, Bille, 1529 4° Rerum patrice, sen Historie° mediolanensis libri quatuor, 1625 réimprimé dans le Thesaurus antiquitatum et historiarum Italice de G. Grîevius ; 5° de Plaut inorum carminum ratione, et de Plautinis vocabulis Lexicon, dans une édition de Plaute, Bâle, 1568 ; 6° Judicium de legum terpretibus parandis, imprimé avec le traité de Conrad Page, intitulé : Methodica juris Traditio, 1566 ; 7° Encomium historice, 15: 50, iri4o ; 8° Palma, dans l'Amphitheatrum sapientice Soeraticce Dornavii ; 90 Judiciarii processus Compendium, 1566 ; 10° Contra vitam monasticam, 1695 ; 11° Notce in Epistolas familiares Ciceronis, dans l'édition de ces Epitres donnée par Thiéry, Paris, 1557 12° Vingtsept lettres dans les recueils intitulés : Mar- quardi Gudii et doctorum virorum ad eum Epistolce, 1697 ; et Illustrium et clarorum virorum Epi- stole. Quelques ouvrages d'Alciat ont été traduits en plusieurs langues ; nous avons en français : 1° le Livre du Duel, ou Combat singulier, Paris, 1550 traduction anonyme ; 20 les Emblèmes , traduits en vers par Jean le Fèvre, 1536 ; 1540 ; 1545 ; 1550 et 1556 Le mènie ouvrage a été traduit, aussi en vers, par Claude Mignaut, qui y a joint la vie d'Alciat, 1584 et par Aneau. L'épitaphe mise sur le tombeau d'Alciat , dans l'église de StEpipliane Pavie, fait connaître jusqu'à quel degré s'était élevée la réputation de ce savant jurisconsulte : Andrece Alciat , qui omnium doctrinarum orbem absolvit prinius legum studia antigel° restituit decori
  • André ALPAGO( 1500) : médecin célèbre, né à Bellune, florissait en Italie, au commencement du 16° siècle. A cette époque, la doctrine des Arabes était enseignée dans toutes les écoles, et les ouvrages d'A- vicenne, qu'on préférait aux immortels monuments de la médecine grecque, -étaient considérés comme classiques. Alpago, dans son enthousiasme, eut le courage de passer en Orient, seulement pour réduire les livres d'Avicenne à leur véritable leçon. Il avait appris à fond, dans ce seul but, la langue arabe. La république de Venise venait de lui confier une chaire de médecine, lorsqu'il mouna subitement. L'édi- tion d'Avicenne, traduite par Gérard de Crémone, Venise, 1544 est enrichie de remarques d'Alpage), qui a encore traduit de l'arabe en latin le traité d'Avicenne de Syrupo aceloso
  • André ALTHAMER : connu aussi sous le nom de ANDREAS BRENT1US , parce qu'il était né à Brentz , près de Gundellingen , en Souabe, et sous celui de Pmino SPHYRA qu'il se donnait quelquefois , fut pasteur luthérien à Nuremberg et t't Anspach, où il mourut vers 1540. Son zele et son érudition lui valurent d'étre souvent consulté dans les controverses de son temps; il assista, en 1527 et 1528 , au colloque tenu à Berne, sur le mode de la présence du Christ dans la sainte cène. On a de lui : Diallage S. rond- liatio locorum Seripturœ qui prima fade inter se pugnare videntur, centuriis 2, Nuremberg, 1528 en latin et en allemand , souvent réimprimée; de trèsbonnes notes in Tacitum , de Situ , Noribus et Populis Germanice , Nuremberg, , 1529 , qui se trouvent aussi dans le Germanicarum Renan ve- tustiores Chronographi de Simon Sellant, t. 1. Il partng,eait les préventions de Luther contre l'Épître de St . Jacques, et se permit, dans un de ses écrits polémiques, cette expression étrange : Si Jacobus dixiteex immolatione fui sui justification esse Abrahanium 7nrnlilur in capta suum. Les bibliographes français l'appellent souvent Altamer. On a une vie de lui, par J. Arnold Ballenstad, qui a paru en 1740, accompagnée de son Historia manasterii Esal : elle est aussi dans Bayle, et dans l'Histoire du Luthéranisme
  • André AMARAL : Portugais , chancelier de l'ordre de StJean de Jérusalem, était plein de courage et habile dans la marine, mais envieux et fier. Chargé , en 1510 , avec le commandeur Villiers de l'IsleAdam, d'une expédition contre la flotte du soudan d'Égypte, il mit en mer avec les galères de la religion , et eut avec son collègue de violents démêlés, qui auraient fait échouer l'entreprise, si Villiers de l'IsleAdam, plus modéré, n'et cédé à l'avis d'Amaral, qui fut, au reste, couronné d'une victoire complète. A la mort de Fabrice Carette, grand maitre de l'ordre, Arrimai demanda avec hau- teur cette dignité ; mais sa présomption et le mépris qu'il faisait de ses rivaux lui attirèrent un refus unanime, et les suffrages se réunirent en faveur de Villiers de l'IsleAdam. Amaral en fut outré, et, dans sa colère, il lui échappa de dire que l'IsleAdam serait le dernier grand maître qui régnerait à Rhodes. On prétend qu'ayant gagné un esclave turc, il l'envoya à Constantinople, pour exhorter Soliman à former le sié.ge de Rhodes. Cette place, dont les Turcs - ambitionnaient depuis longtemps la possession, ne tarda pas à être investie par les forces de terre et de mer. On croit que Soliman, fatigué de la résistance courageuse des chevaliers de Rhodes, aurait levé le siége, si- Amaral ne lui avait fait connaître par des avis secrets les endroits les plus faibles de la place, et ne l'eût informé que les assiégés manquaient de vivres et de munitions. De violents soupçons s'étant élevés contre Amaral, il fut arrêté par ordre du grand maître, et appliqué à la question, sur la déposition de son propre domestique. 11 soutint la torture, et s'obstina à ne rien avouer ; ce qui ne put le soustraire à la mort. Condamné à avoir la tète tranchée, il vit les apprêts de son supplice avec calme, et mourut le 5 novembre 1522. « Les services qu'Amaral avait « rendus à la religion, dit Vertot, sa fermeté au mi-« lieu des plus cruels tourments de la question, tout « cela aurait pu balancer la déposition d'un clones-« tique; et peut-être qu'on n'aurait pas traité si ri-« goureusement le chancelier de l'ordre, si, quand « il s'agit du salut public, le seul soupçon n'était « pas, pour ainsi dire, un crime que la politique ne « pardonne guère
  • André AMMONIO( 1477 - 1547) : de Lucques, poète latin, intime ami d'Érasme, qui l'a beaucoup loué dans ses lettres. Né en 1477, il se livra de bonne heure, et avec succès, à l'étude des belleslettres, de la langue grecque et de la poésie latine ; il vécut quelque temps à Rome, et passa ensuite en Angleterre, où il eut pour protecteur et pour ami le célèbre Thomas Morus. Après quelques années de gène et de mécontentement, il devint, vers 1515, secrétaire du roi Henri VIII, pour les lettres latines. Il suivit ce prince, en cette qualité, dans sa campagne contre la France, fut témoin de notre défaite à Guinegate, et de la prise de Tournay et de Térouane. Il célébra ces victoires dans un pente latin qu'il intitula Panegyricus, dont Érasme fait un grand éloge. Léon X le nomma, peu de temps après, son nonce auprès du même Henri VIII, charge qu'il exerça le reste de sa vie, sans quitter celle de secrétaire du roi. Il mourut à Londres en 1517. On cite de lui des poésies latines, dont il n'existe ni éditions ni manuscrits. Une de ses églogues seulement se trouve imprimée dans le recueil intitulé : Bucolicorum Aue- tores, Bàle, 154G Dans les lettres d'Erasme, on en a inséré dix ou onze d'Ammonio, qui suffisent pour donner une idée avantageuse de son esprit de son style
  • André BAIARDI ou BAIARDO : pote italien, né à Parme, tlorissait vers la fin du je siècle et au commencement du 16e. Il fut en faveur auprès de Louis Sforce, duc de Milan, surnommé le More, et servit en qualité d'officier dans ses milices; il était riche, et possédait dans le Parmesan le château ou la forteresse d'Albari, qui fut pris en 1482, et dont les murs 'furent abattus. Il fut marié et père de plusieurs enfants, ce qui ne l'empècha pas, comme on le voit dans ses poésies, quoique trèsattaché à sa femme, d'avoir deux maîtresses, dont il appelait l'une son Aurore, et l'autre son Phénix. Son amour pour cette dernière dura pendant vingtcinq ans. On ignore le temps précis de sa mort ; mais il vivait encore en 1521. Son principal ouvrage est un poënie intitulé : Libro d'Arme c more nomato Philogine, nel quale si traita di Adrian e di Narcisa, delle giostre c guerre faite per lui, e di molle allie case amorose e degne, Parme,1507, ibid., 1508; Venise, 1320 1530 1535, 58 et 47 Ce poême est en octaves, et divisé seulement en 2 livres, mais extrêmement longs, puisque l'un des deux a 1020 octaves, et l'autre à peu près 760. L'auteur le composa en quatre mois, pour obéir aux ordres de celle qu'il appelait son Phénix. 11 avait laissé un recueil de rime, ou de poésies lyriques qui sont restées longtemps inédites à Parme dans sa famille. Le docteur J.Fr. Fogliazzi en a fait imprimer une partie à Milan, en 1756 avec une vie de l'auteur. Ces Rime del cavalier Andrea Bajardi Par- migiano ne contiennent que quarantedeux sonnets et deux capitoli en terza rima, ou tercets. Elles ne s'élèvent guère audessus du médiocre, ni son Phi- logine non plus
  • André BALFOUR : noble écossais qui employa une partie de ses revenus à faire fleurir les sciences à Édimbourg, sa patrie ; il contribua principalement à la fondation du muséum et du jardin de botanique de èette ville, en 1680. Robert Sibbald , qui était son ami et son collègue, voulut transmettre à la postérité le souvenir de ses bienfaits et des encouragements qu'il avait donnés aux sciences, ainsi que son frère sir Jacob Balfour, en les consignant dans un ouvrage particulier , sous le titre de Ne-? noria Bulfouriana. Son compatriote Robert Brown a contribué à tirer ce nom (le l'oubli, qu'il ne méritait pas, en donnant le nom de Balfouria à l'un des nombreux genres de plantes (le la Nouvel leDollande qu'il a établis
  • André AURIFABER( 1512 - 1559) : médecin , dont le vrai nom est GOLDSCHMIDT, né en 1512 à Breslau, lit ses études à Wittenberg, et parcourut ensuite l'Italie aux frais d'Albert, margrave de Brandebourg, qui le prit pour son médecin, et le nomma professeur à l'université de Koenigsberg. 11 a publié : liber de cura canum, latine et grœce; avec des notes et (les variantes,Wittenberg,1545 vii-119 pp.; repr., sans les notes , dans Rci accipitr. Scriplor. de Rigaltius, Paris, 1612 p. 259 et 165. On lui doit aussi: Succini Historia, Ku'nisberg, 1561 insérée par Laurent Scholz, à la suite du 4° livre de son édit. des Consiliorum et Epistolartun Jo. Cratois,Franef.,1593. Il mourut d'apoplexie, le 12 décembre 1559 . — Jean Au Ri FABER, contemporain d'André, lié avec Luther, fut présent à sa mort, et eut beaucoup de part à l'édition (le ses oeuvres.
  • André ARGOLI( 1570) : mathématicien , né en 1570. à Tagliacozzo , dans le royaume de Naples , étudia la philosophie et la médecine , où il fit de grands progrès ; mais il ne put se défendre des rêveries de l'astrologie. Ses ennemis tirèrent avantage de sa faiblesse pour le persécuter, et il fut obligé de se retirer à Venise , où le sénat lui fit un accueil honorable, lui fournit des instruments pour ses observations , et le nomma professeur de mathématiques dans l'université de Padoue , en 1632. Vers l'an 1640 , il fut fait chevalier de StMarc , et mourut , en 1653, a'gé de 81 ans. On a de lui : •° de Diebus eriticis , Astro- nomicorum lib. manus , problemata astronomiea; de plus, Primi mobilis Tabulce, Padoue, 2 vol. .1644 , avec le portrait de l'auteur ; 2° Observations sur la Comète de 1653 , imprimées en latin la même année ; 3') des Éphémérides , imprimées d'abord à Venise en 1638 , commençant à 1630, et dédiées à la république ; elles furent ensuite réimprimées de nouveau à Padoue et à Lyon , avec des continuations.
  • André BACCI : médecin et philosophe célèbre, né à SanElpidio, dans la Marche (l'Ancône, [lorissait vers la lin du 16° siècle. Il fut médecin du pape SixteQuint, et professa publiquement la botanique à ]Iome, depuis 1567 jusqu'en 1600. Il passe pour avoir été trèssavant dans la théorie de son art, mais peu exercé dans la pratique. Rarement appelé par les malades, il gagnait si peu de son état, qu'étant accablé de (lettes, il fut enfin recueilli dans la maison (lu cardinal Ascagne Colonne, qui voulut sans doute s'attacher un érudit, plutôt qu'un médecin. On croit qu'il mourut (]ans les premières années du 16° siè.- cle. 11 a laissé les ouvrages suivants : 1° del Tcrere, della natura e bout( ': dell' arque, e dell' inondazioni, lib. : 2, Rome, 1'558 le mime ouvrage, en 3 livres, Venise, Alde, 1576 Rome, 1599 '2' Discorso dell' arque Albule , Bagni di Cesare Auusto a Tivoli, etc., nome, 1564 ; ibid., 1567 5° Discorso dell' Alicorno, della ratura dell' icorno e delle sue « relient issime riel ii ; ce discours, dont la seconde édition parut avec d'autres opuscules, nome, 1587, avait été imprimé seul longtemps auparavant, puisqu'il en fut publié une traduction latine, Venise, 1566 et 1586, i11-4°, et qu'il y en eut deux éditions en italien, Florence, 1573 et 1582 4' Dc Thermis lib. 7, Venise, 1571 : ce savant ouvrage a éte réimprimé plus;:urs fois; le 7° livre, qui traite de Thcrmis reterum, été inséré par Grevius, t. 12 de son Thesaurus tiqua. roman. 5° Tabula simplicium medicamentoVII 711, Rome, 1577 Tabula in qua ordo universi et humanarum scienliarum prima monumenta continental', Rome, 1581. 7° Delle 12 Pietre preziose che risplendevano nella veste sacra del sommo sucer- dote, Rome, 1581 8° Dc naturali rinorum Historia, de Pais Italie, et de C071ViViiS ant ; quorum, lib. 7; accessit de factitifs oc cerevisiis, deque Rheni, Gallice, Hispanie et de 'oflag Europe riais, etc., Rome, 1596 ouvrage réimprimé plusieurs fois, et, eenendant assez rare. 9° Della Gran Restia delta dagli antichi Alce e delle sue proprietà, Rome, 1587 avec plusieurs autres opuscules du mème auteur. 10° Traitai° delle gemme e pierre preziose, nella sacra Scrittura riferite : on ignore la date de l'édition italienne de cet ouvrage ; il fut traduit en latin et imprimé, Francfort, 1603 ; ibidem, .1615. 11° Dc venenis et an tidolis Prolegomena, Rome 1590 12o L'Origine dell' antica ciltà Cluana, clic oggi è la lied terra di Sant' Elpidio. Cet ouvrage ne fut imprimé qu'après la mort de l'auteur, dans un recueil (le mémoires historiques sur l'ancienne ville de Cluana, Macerata, 1692 et 1716 11 a été réimprimé depuis avec plus d'exactitude et de soin sous le titre de Notizie dell' « tira Cluana, etc., 1716
  • André BATTEL( 1565) : voyageur anglais , né dans le comté d'Essex, vers 1565, s'embarqua, le 20 avril 1589, à Londres , sur un navire marchand qui fai- sait voile pour le Rio de la Plata , avec deux autreî petits bàtiments. Après un voyage difficile, les Anglais arrivèrent en automne à l'embouchure du fleuve ; mais le manque de vivres, car ils furent ré- ln du s se nouer de b chair des phoques qu'ils assommaient sur une Ile déserte, et un coup de vent, qui les empéclia de faire avancer leurs chaloupes contre Ihiênos- A y res, les contraignirent de retourner au nord le long de la côte du Brésil. Ils gagnèrent une lie du port de StSébastien , où est aujourd'hui la ville de RioJaneiro. L'équipage affame se partagea en plusieurs bandes : les uns allèrent à la pèche, d'autres chercherent des fruits dans les bois. Sur ces entrefaites, des sauvages débarqués dans File le s'avancèrent à travers des broussailleset se saisirent de cinq Anglais, du nombre desquels était Battel. Ces prisonniers furent menés aux Portugais, et n'é- prouvèrent d'autre désagrément que celui de la perte de leur liberté. Au bout de quatre mois, Battel i et un de ses compagnons furent mis à bord d'un paqueliot destiné pour StPauldeLoanda à la côte d'Afrique. Au sortir du bâtiment, Battel fut emprisonné, et bientôt après conduit à 130 milles de distance dans un fort sur les rives du Couanza. Il y menait depuis deux mois une existence fort triste, quand la mort subite d'un pilote portugais lui fit confier le commandement d'une péniche qu'il fut chargé de faire descendre le fleuve jusqu'à Loanda. I Une maladie terrible le tourmenta pendant huit mois; quand il eut recouvré la santé, le gouverneur de Loanda le chargea de conduire un petit navire qui . devait allerchercher de l'ivoire, de l'huile de palme et du blé dans le Zaïre. Son expédition fut heureuse , ce qui lui % a I ut de nouvelles commissions du IllèllIC genre et la promesse de sa liberté, s'il continuait à servir avec le méme zèle. Cependant il essaya de se sauver sur un navire hollandais ; mais ayant été découvert, il fut ramené à terre, jeté dans un cachot où il passa deux mois, et banni ensuite à Massait- gano dans l'intérieur, où il resta six ans. S'étant enfui alors, avec plusieurs compagnons d'infortune, il fut repris par les Portugais et tramé à Loanda. 11 y était au cachot, depuis trois mois, quand on le lit entrer dans une troupe do quatre cents bannis qui venaient d'arriver du Portugal, et qui partaient pour la province d'Ilhainba. Battel était condamné à porter les armes pendant toute sa vie au service du roi de Portugal dans le Congo. L'armée lit de nombreuses conquêtes et un butin immense. Battel, blessé grièvement à la jambe, fut transporté à Loanda , puis employé à commercer le long de la côte. Ayant pris part à une expédition militaire dans l'intérieur, les Purtugai., ses compagnons, le laissèrent en otage aux nègres en lui promettant de revenir dans deux mois et lui donnant un fusil et une petite provision de munitions. Le terme expiré, Battel fut traité avec rigueur , cependant il aNait la faculté d'aller d'un lieu à un autre, et il en profita pour parcourir le pays. Au bout de seize mois les nègres revinrent %ers l'ouest ; Battel, qui avait constamment joui de beaucoup de considération parmi eux à rause de son fusil, profita d'un moment favorable pour se rendre à Massangano. Le gouverneur portugais le créa sergent ; et l'armée remporta de nombreux aNantages. Baud serait depuis deux ans, lorsque des mi,.. similaires annoncerent la mort de la reine Elisa- beth , l'avénetnent de Jacques I", et la conclusion de la paix avec les Espagnols, alors maitres du Portugal. Batte) déclara son intention de retourner dans sa patrie; le gouverneur y consentit, nuis ensuite il rétracta sa parole. Baud irrité se retira dans les bois, résolu d'y 1 h re jusqu'à l'arrivee d'un nouveau gouverneur qu'on attendait. 1 n jour qu'il s'était rapproché de la nier, il rencontra une chaloupe dont le patron était de ses amis, et qui consentit à le mettre à terre dans le port de Loango. Il y demeura trois ans parmi les negres, revint ensuite à Leigh, dans le comté d'Essex , où il irassa tranquillement le reste de ses jours. Le recit de ses aventures, publié par Puniras, qui l'a inséré dans son recueil t. 2 , liv. 7, porte ce titre un peu extraordinaire les étranges Aventures d'André Band, de Leigh, en Essex; envoyé par les Portugais, prisonnier à An- gola, et qui a vécu là ainsi que dans les contrées voisines pendant près de dix- huit ans. l'inkerton a réimprimé cette relation dans sa Collection de Voyages, t. 16. On en trouve l'extrait dans l'Histoire des Voyages de Prévost, et dans tous les livres de ce genre. Purchas nomme Battel son cher voisin et rend témoignage à ses lumières et à sa bonne foi; ils teaNaillèrent de concert à rédiger sa relation. Elle confirme sur beaucoup de points celle de Lopez , et donne également beaucoup de details intéressants sur les mœurs des nègres du Congo. Battel parle en témoin oculaire de l'horrible anthropophagie des Jagas. La traduction de Prévost est peu exacte; elle a été reproduite sans changements dans l'Histoire générale des Voyages de M. Walckenaer. Quelques écrivains ont voulu révoquer en doute la véracité de Batte' ; niais l'autorité d'un homme aussi judicieux que Purchas doit faire cesser la défiance inspirée aux lecteurs sérieux par le titre du lire. Les Anglais en font d'autant plus de cas, que c'est la première relation originale donnée dans leur langue où l'on trouve des renseignements sur le Congo
  • André BAXTER( 1686) : écrivain écossais, fils d'un négociant d'OldAberdeen, naquit dans cette ville, en 1686 ou 1687. Il fit ses études au collège du roi à Aberdeen, et s'occupa particulièrement de l'éducation de quelques jeunes gens de famille noble, qu'il accompagna dans leurs voyages sur le continent. Il se maria en 1721, et publia quelques années après un ouvrage intitulé : Recherches sur la nature de l'âme humaine, où l'immatérialité de l'àme est démontrée par les principes de la raison et de laphilosophie. Ce livre, devenu célèbre, fut réimprimé en 1737 et en 1745, en 2 vol. En 1750, André )axter ajouta un appendix à la I" partie; il écrivit ensuite, pour l'usage de ses élèves et de son lits, un traité qui parut d'abord en latin , sous le titre suivant : Math°, sive Cosmo- theoria puerilis dialogus, in quo prima elementa de mundi ondine et m'eu proponuntur. Ce traité, traduit en anglais, avec des additions considérables, fut imprimé en 1745 , 2 vol. et en 1765, 2 vol. Baxter était versé dans la connaissance des langues anciennes et modernes, et n'était pas moins recommandable par ses vertus que par son savoir. Il eut pour amis les hommes les plus distingués, parmi lesquels on peut citer le docteur Warburton. Passionné pour l'étude, il passait souvent des nuits entières dans son cabinet, mais n'en était ni moins enjoué ni moins aimable dans le monde. Tourmenté sur la fin de sa vie par la goutte et d'autres infirmités, il mourut en 1750 , âgé de 63 ans. Son père en avait vécu cent dix
  • André BELL( 1753 - 1832) : naquit en 1753, à StAndré, en Écosse, et lit ses études dans l'université de cette ville. Entré dans les ordres en qualité de ministre de l'Église anglicane, il s'y distingua par son excellente conduite et par sa charité. Il avait passé plusieurs années en Amérique, lorsqu'en 1789, il fut nommé chapelain du fort StGeorge et ministre de SteMarie, A Madras. Coopérateur actif de tous les efforts tentés en faveur de l'humanité, il accepta la surintendance gratuite de l'asile des orphelins militaires, et introduisit dans une école voisine de Madras, à Egmore , le mode d'instruction si célèbre depuis sous le nom d'enseignement mutuel. Tout le monde sait à présent que cette méthode existe aux Indes de temps immémorial ; que Cicéron en parle en termes qui ne peuvent laisser de doutes sur l'identité générique de ses procédés avec ceux qui se pratiquent aujourd'hui dans toutes les écoles mutuelles ; que Pietro della Valle, au 16°. siècle, l'a décrite ; enfin que, sous Louis XVI, le chevalier Paulet l'appliqua en France, où les importations utiles ne réussissent pas toujours. Revenu dans la GrandeBretagne en 1 797, Bell regarda comme un devoir de faire connaître au public les avantages d'un système qui développait si rapidement les jeunes esprits confiés à ses soins, et il publia son Expérience sur l'éduca-, lion, faite à l'école des garçons, à Madras, Lon-' dres, 1798, et ses Instructions pour la direction des écoles, selon le système de Madras L'un et l'autre ouvrage restèrent en grande partie chez le libraire; et Bell, retiré dans une modeste demeure, sembla ne plus songer qu'a jouir de la fortune qu'il avait rapportée des Indes. Mais un des exemplaires vendus était tombé dans les mains de John Lancaster, qui, à cette époque, venait d'ouvrir une école au faubourg de Soutltwark , à Londres ; l'exposé de Bell le frappa vivement, et surlechamp il s'occupa d'organiser un enseignement analogue à celui de Madras. Son succès fut complet; et de plus il eut le bonheur d'intéresser en faveur de son entreprise des protecteurs puissants, tels que lord Sommerville et le duc de Bedford. La popularité dont jouit bientôt le nom de Lancaster l'éveilla Bell au fond de sa retraite; et, secondé par quelques personnes d'un haut rang dans l'Église et dans l'État, il réclama la priorité de la découverte. La querelle s'envenima et devint une affaire de parti : Lancaster était quaker et Bell anglican ; mais cette querelle n'eut pas de suites défavorables à l'enseignement mutuel. Les deux partis avouaient l'excellence de la méthode, appréciaient son importance pour l'amélioration physique et morale du genre humain, et en revendiquaient l'importation comme un titre d'honneur. Il en résulta que de part et d'autre on fonda comme à l'envi des écoles vouées à la nou- velle méthode. Les deux adversaires eurent quelques torts dans la lutte qu'ils engagèrent sous les yeux du public. Lancaster y mit de la mauvaise foi, et n'avoua qu'après de longues tergiversations et avec beaucoup d'ambiguité, qu'il devait l'idée première de son établissement à Bell ; le docteur anglican, de son côté, crut trop qu'avoir imprimé son Expérience, etc., c'était avoir introduit en Angleterre la méthode de Lancaster. De plus, Bell mit de l'acrimonie dans ses plaintes, et fit paraître trop de joie lorsque les mésaventures de Lancaster l'exposèrent aux reproches amers et presque aux insultes. L'école que Bell dirigeait , et toutes celles qui avaient été instituées par les anglicans, ses protecteurs, n'étaient ouvertes qu'aux conformistes. Lancaster, au contraire, admettait indifféremment toutes les sectes. Du reste, les seules différences qu'il y eût entre les procédés des deux rivaux portaient sur des détails qu'un instituteur seul ne trouverait pas minutieux, et qu'au besoin un mot suf- lirait pour récapituler : l'enseignement à la Lancas- Guillet de StGeorge trouva l'enseignement mutuel établi à Athènes eu 1673. Il visita une de ces écoles, et il en donne une description curieuse dans sou livre intitulé : Alhénes ancienne el nouvelle V—VE. ter admet beaucoup d'évolutions et de signes extérieurs ; ces signes manquent presque entièrement dans les établissements du docteur Bell. Lancaster, on doit l'avouer, a mieux connu et le caractère de l'enfance et l'énergique influence des signes. Si Bell eut le désagTément de voir la méthode de Madras se répandre par toute l'Europe et en Amérique sous le nom de méthode lancastérienne, en revanche il vit une longue prospérité couronner ses établissements; philanthrope, il dut s'applaudir de voir la France, par l'opposition même que l'enseignement mutuel y rencontra aussitôt, populariser le nom et la chose dans tous les pays. Membre de la société asiatique et de la société royale de Londres, maitre dé l'hôpital de Sherborn, à Durham, prébendier de Westminster, Bell fut un des canaux principaux par lesquels la bienfaisance publique s'épancha sur la classe pauvre et ignorante. On calcula que luimème, dans le cours de sa vie, ne donna pas moins de 3 millions aux établissements publics d'instruction et de charité. Ses dernières années se passèrent dans sa maison de Cheltenham c'est là qu'il mourut, après une longue et douloureuse maladie, le 27 janvier 1832. Il fut enterré dans l'église de Westminster. On a de lui, outre les ouvrages indiqués : I° Sermon, prêché à Lambeth, sur l'éducation des pauvres , d'après un meilleur systèmeÉcole de Madras, ou éléments de l'instruction primaire; 5° Elements d'instruction primaire, etc., 7e édition, 1804
  • André BERNALDEZ : historien espagnol du 16e siècle, né à Fuentes, fut chapelain de l'archevêque de Séville, Deza, protecteur de Christophe Colomb. Il connut ce célèbre navigateur, qui eut male assez de confiance en lui pour lui laisser des papiers. Depuis 1488 jusqu'en 1515, époque présumée de sa mort, Bernaldez fut curé du bourg de Los Palacios. Il a laissé manuscrite une Historia de los reyes caiolicos, où il résume en 14 chapitres les deux premiers voyages de Colomb. C'est une des sources S consulter pour l'histoire de la découverte de l'Amérique, l'auteur ayant été nonseulement contemporain de cet événement, mais aussi le confident du grand homme à qui en est dû l'honneur. M. Wasington Irving fait remarquer dans sa notice sur Bernaldez que cet historien fait connaitre mieux que tout autre l'histoire de la navigation de Colomb. On trouve un extrait de ce témoignage authentique dans le Ge livre de l'ouvrage du P. Ferdinand Navarette, missionnaire célèbre
  • André BIGLIA : noble milanais qui embrassa l'état monastique, et entra dans l'ordre des ermites de StAugustin, se fit connai tre, de 1420 à 1455, par quelques ouvrages, et par ses connaissances profondes dans les langues grecque, latine et hébraïque. Il assista au chapitre général de son ordre, tenu à Bologne en 1425, et y prononça, en latin, un long discours qui fut trouvé très-éloquent. Il mourut à Sienne en 1455. 11 écrivit plusieurs ouvrages sur différents sujets; deux seuls ont été imprimés el. de ordinis eremitarum Propagatione, Parme, 1601 ; 2° Historia rerum illediolanensium par Pierre Burmann dans la 6e partie, t. 9, du Thesaurus Antiquitatum italicarum, et ensuite par Muratori, dans sa grande collection des Scriptores Rerum italicarum, t. 19. Cette histoire embrasse un espace d'environ trente années, depuis la mort de Jean Galéas I", duc de Milan, arrivée en 1402, jusqu'au passage de l'empereur Sigismond en Italie en 1451. On attribue à André Biglia un grand nombre d'autres écrits restés manuscrits dans plusieurs bibliothèques d'Italie, mais dont aucun n'a vu le jour. G—É. Pi
  • André BOEHM( 1720 - 1790) : conseiller intime du land-.4 grave de liesse, professeur de philosophie et de ma- - thématiques à Giessen, né à Darmstadt, le 17 novembre 1720, mort le 6 juillet 1790. Comme philosophe, il ne s'écarta pas des principes de Wolf, son maitre; comme mathématicien, il suivit les progrès de son siècle, et exécuta luimême d'utiles travaux, surtout dans les mathématiques appliquées. Son Magasin pour les ingénieurs et les artilleurs, 12 vol. Giessen, 1777-85, est un ouvrage estimé. On a encore de lui : I Logica , ordine scientifico in mem auditorum conscripta, Francfort, 1749-62-69 20 Metaphysica, Giessen, 1765 ; 2' édition augmentée, ibid., 1767 Il eut beaucoup de part à l'Encyclopédie de Francfort, et publia, deConcert avec F.K. Schleicher, la Nouvelle Bibliothèque militaire, Marbourg, 1789-90, 4 vol
  • André BODENSTEIN : plus connu sous le nom de CARLOSTAD 7 parce qu'il était de la ville de Car lostadt en Franconie, fut chanoine, archidiacre et professeur de théologie à Wittemberg; il y était doyen de l'université en 1512, et donna, en cette qualité , le bonnet de docteur à Luther, avec lequel il se lia d'une étroite amitié. Lorsque ce dernier commença à prêcher contre les indulgences, en 1518, Bodenstein prit son parti , et , les années suivantes, il publia des thèses contre le libre arbitre, le mérite des bonnes œuvres, etc., après une dispute entre Eckius et lui. En 1524, se trouvant à table avec Luther, il se vanta de le réfuter, et de renouveler les opinions de Bérenger contre la présence réelle; Luther lui en donna le défi, et, tirant de sa bourse un Ilorin d'or, promit de le lui donner s'il entreprenait d'écrire contre lui, l'engageant à ne pas l'épargner; Bodenstein accepta le ndéli, et , pour rendre la gageure plus authentique, but le verre de vin qui lui était offert. Dès ce moment la guerre fut déclarée entre eux. Il tint parole, il écrivit, mais il donna dans la plus grande des absurdités, en avançant que ces paroles de JésusChrist : « Ceci est mon corps, » ne se rapportaient pas à ce qu'il donnait, mais à s4 personne qu'il pouvait montrer d'une main, pendant que de l'autre il donnait le pain à ses disciples. Ce système ne fit pas fortune. Luther, outré d'avoir perdu le pari et le florin d'or, décria partout son adversaire, l'accusant d'être un impie , qui avait quitté l'habit ecclésiastique, profané les églises e4 déchiré les images. Ce qui lui était plus sensible dans toutes ces innovations, c'est que Bodenstein le.s avait faites sans l'en avertir. Notre doyen ne s'arrêta pas en si bon chemin ; il enseigna bientôt qu'il fallait mépriser les sciences et ne s'attacher qu'à 14 Bible, et il voulut persuader aux écoliers de Wittemberg de brûler tous leurs livres et d'apprendre quelque métier ; il se fit luimême laboureur, pour leur donner l'exemple, après avoir erré longtemps à Strasbourg, à Mile, à Zurich, et dans toute la Suisse, d'où il fut chassé comme un anabaptiste un séditieux. Il se donnait à tout le monde, et per- sonne ne le voulait ; aussi Melanchthon lui donna le surnom d'Alphabet. Il fut le premier ecclésiastique en Allemagne qui se maria publiquement; il se retira enfin à Bâle après la mort de Zwingli, et y mourut misérablement, le 25 décembre 1541. Il n'a laissé que des ouvrages de controverse, méprisés des catholiques, peu estimés des protestants, et parfaitement oubliés aujourd'hui
  • André BLONDE( 1734 - 1794) : né à Auxerre, en 1734, fit ses premières études au petit séminaire de cette ville et les continua au collége de Rhinvick, près d'Utrecht. Etant ensuite entré dans la congrégation de l'oratoire, il y professa la philosophie pendant plusieurs années, et il en sortit pour se faire recevoir avocat ; il fut admis dans les conférences et associé aux travaux de Mey, Maultrot, Aubry, Camus et autres canonistes. Lors de la révolution parlemen- taire, en 1771, s'étant prononcé avec beaucoup de force contre les innovations du ministère Maupeou, il se vit contraint de se réfi.gier en Hollande, cù il publia une traduction des Fondements de la juris- prudence naturelle de Pestel, Amsterdam, 1774. Il fit aussi imprimer dans cette ville les Maximes du droit public français de Mey et Maultrot, avec une dissertation de sa composition sur le droit de vie et de mort. Lorsqu'il voulut les faire entrer en France, il s'adressa au libraire Rey, qui lui répondit nette- ment : « Si vous me proposiez d'introduire des k- « vres contre Dieu et contre la religion, je m'en « chargerais sans difliculté ; mais celui dont vous « parlez attaque le système du chancelier Maupeou; « adressezvous à d'autres. » Rentré dans son pays après l'ayénement de Louis XVI , et lors du rétablissement de la magistrature, il y reprit le cours de ses travaux. Au commencement de la révolution, Blonde fut un des signataires d'un Métnoire à con- sulter el Consultation sur la compétence et la puissance temporelle , relativement à l'érection et à la suppression des siéges épiscopaux. Cette consultation est dirigée contre les décrets de l'assemblée constituante ; elle est datée du 15 niai 1790, et signée de Jabineau, Maultrot, Mey, Daléas, Meunier, Vancquetin , Mander , Blonde et Bayard. Blonde prit part aux Nouvelles ecclésiastiques ; on le croit auteur des articles qui parurent dans les anciennes Nouvelles contre les ouvrages de Bergier, et il est certain qu'il travailla au recueil commencé par Jabineau, le 15 septembre 1791 , sous le titre de Nouvelles ecclésiastiques, ou Mémoires pour servir à l'histoire de la constitution civile du clergé. On y réfutait les autres Nouvelles dirigées par l'abbé de StMarc, et qui s'étaient déclarées pour les innovations de la constituante. Jabineau étant tombé malade au commencement de 1 792, Blonde le suppléait, et après la mort de Jabineau, arrivée les premiers jours de juillet de cette année, il fit paraître quelques numéros ; mais les progrès de la révolution le forcèrent bientôt au silence. Le dernier numéro de ces Mémoires est du 4 août 1 792. On a lieu de croire que Blonde ne fut point étranger à la vive controverse élevée en 1791 et 1792 contre les décrets de la constituante , mais nous ne saurions indiquer précisément les écrits dont il est l'auteur. Blonde mourut à Paris, le 3 avril 1794. On a Barbier se trompe quand il dit, dans la deuxième édition de SU Dictionnaire des ouvrages anonymes, que ces Mémoires commencèrent le 6 janvier 1792; nous avons sous les yeux la suite des I numéros à partir du 45 septembre 1795. encore de lui : 1° Lettre à M. Bergier, docteur en théologie, sur son outrage intitulé : le Déisme réfuté par lui- même, Paris, 1770 L'auteur reprochait à Bergier une doctrine peu exacte sur des points kle théologie où Bergier n'avait d'autre tort .que de . . ne pas adopter les principes sévères et outrés de l'école janséniste. 2. Lettre d'un profane à M. l'abbé .. eaudeau, très- vénérable de la scientifique et sublime oge de la Franche- Economie , Paris , 1775 "était une critique du système des économistes, , lors dans toute sa vigueur. L'auteur fut mis à la Bastille pour avoir osé l'attaquer . On lui attribue une réfutation du Militaire philosophe, et une Lettre. à M. Turgot , Paris, 1776
  • André BONN( 1738 - 1819) : professeur de chirurgie à Amsterdam , était fils d'un pharmacien de cette ville , où il naquit en 1758. Après avoir reçu une éducation soignée, il se rendit à Leyde pour étudier la médecine ; il y fut reçu docteur à l'àge de vingtcinq ans, et soutint alors une dissertation inaugurale trèsremarquable, intitulée : de Continuationibus membrenarum, dont on a prétendu que le célèbre Bichat avait profité dans son traité des membranes. Quelques années après il vint à Paris, où il eut des rapports avec les hommes les plus célèbres de l'époque. De retour à Amsterdam, Bonn y fut nommé professeur d'anatomie et de chirurgie à la place de Folkert Snipp, qui venait de mourir. Dans ces fonctions, il fit tous ses efforts pour contribuer efficacement aux progrès des sciences qu'il enseignait. 11 prit une grande part à la fondation de la société de chirurgie d'Amsterdam, dont les membres firent frapper une médaille en son honneur. En 1815, il fut nommé chevalier de l'ordre du Lion Belgique , membre de l'académie de Bruxelles et d'un grand nombre de sociétés savantes. 11 jouit d'une estime générale qu'il méritait par ses talents, et mourut en 1819, âgé de 81 ans. Avant sa mort , il eut la douleur de perdre son fils , André Conrad , qui avait terminé ses études de médecine et qui donnait de grandes espérances. Plusieurs des ouvrages de Bonn sont en hollandais. Voici la liste de ceux qu'il a écrits en latin : 1° Disserlatio inaugures de continuationibus membranarum, Leyde, 1763 réimprimée dans le Thesaurus dissertationum et programmatum de Sandifort. 2° De Simplicilate maure? , anotomicorum admiratione , chirurgicoruM imitations dgnissima, Amsterdam, 1772 C'est le discours qu'il prononça lorsqu'il prit possession de la chaire d'anatomie et de chirurgie d'Amsterdam. 3° Commenlatio de humero luxato, avec lig. , 1782 A. Descriptio Thesauri ossium morbosorum Hoviani; adnexa est disscrtatio de Cano; Amsterdam , 1785 ; Leipsick, 1784 5° Tabule ossium morbosorum , prœcipue Thesauri Hoviani, fassis. 1-5, Leyde, 1785-1789 Bonn, ami intime d'Hovins, avait publié à ses frais cette description de sa riche collection d'os malades; mais il ne l'a pas continuée. 6° Tubule° anatomico- chirurgicce docirinam herniarum illustrantes, editee a G. Sandi fort , avec 20 planches, Leyde, 1828 On trouve encore dans le catalogue d'Euslin de Berlin l'indication d'un écrit de cet auteur sur la rétention d'urine et la ponction de la vessie, traduit du hollandais en allemand, Leipsick, 1794 Van der Breggen, professeur de médecine à Amsterdam , a prononcé l'éloge de Bonn , imprimé sous ce titre : Nemoria Andrew Bonn 1l1. D., anatomie° et chirurgice professoris, etc., 1819
  • André BORDE : médecin anglais, ne mérite un souvenir de la postérité qu'à raison de l'originalité qui règne dans presque tous ses écrits. Il naquit dans le comté , dans lequel il promet d'enseigner toutes les langues, les moeurs et les coutumes de tous les pays, jusqu'à la valeur des monnaies qui y ont cours; il est écrit moitié en vers, moitié en prose, divisé en 39 chapitres, audevant de chacun desquels est représenté un ilomme avec l'habillement ; en grec. On croit que c'est le premier ouvrage écrit en anglais sur la médecine. 2° La Diète considérée comme principe fondamental de la santé , traité fait sur le mont pylore . La date de ce livre est de 1562 , conséquemment postérieure à la mort de l'auteur. On le cite aussi comme auteur d'un livre sur le Prognoslic , et d'un traité sur les Urines. Bayle, dont le témoignage est toujours suspect lorsqu'il parle des catholiques, prétend que Borde s'est empoisonné luimême, désespéré de la découverte d'un mauvais lieu qu'il tenait pour le service de ses confrères ; mais il a été démontré depuis que ce bruit n'était fondé que sur les fréquentes visites que Oorde trèshabile médecin pour les maladies du sexe, faisait à des femmes malades. On trouve sur sa vie une notice détaillée dans l'Appelle/ de Hearne
  • André BRENTIUS ou BRENTA( 1450 - 1483) : littérateur , il se perfectionna dans la connaissance du grec sous la direction de Démétrios et vint à Rome où il donna des leçons de rhétorique. Ses talents lui méritèrent la bienveillance du cardinal Olivier Caraffa , qui le choisit pour secrétaire , et il trouva dans le pape Sixte 1V un généreux protecteur. 11 mourut à Ruine en 1483, à la fleur de l'âge. On connaît de lui : 1° Caii Julii Ccesaris ratio Vesontione Belgicce ad milites habita 4°, sans date. Audiffredi donne la description de cet opuscule rarissime dans le Catal. romanar. edit., p. 422 ; mais il se trompe sur le nombre des feuillets, qui est de dix, au lieu de huit. Le premier contient un Decastichdn que Brentius adresse à César luimème, et dans lequel il s'excuse d'avoir essayé de reproduire un de ses discours. Dans une épître au pape Sixte IV, qui vient ensuite, il remercie le pontife de lui avoir donné l'accès de la bibliothèque du Vatican, et le prie d'accueillir avec indulgence ce premier fruit de son travail.
  • André BOURMON : On a de lui l'Arithmétique pratique appliquée au commerce, aux finances, la banque, au valais, à l'art militaire, Paris, 1710
  • André BRACCIO DE MONTONE( 1368) : célèbre général italien au 14e siècle, naquit à Pérouse, le 1er juillet 1568 11 était de la famille illustre des Fortebracci, qui depuis longtemps se maintenait à la tète du parti de la noblesse dans 1s république de Pérouse. Deux frères, ses aînés, demeurèrent chargés du soin de son patrimoine, tandis qu'il embrassa le métier des armes, et qu'il commença, dès l'àge de dixhuit ans, à servir avec quinze chevaliers sous les ordres du comte Montefeltro. Pendant ce temps, les nobles furent chassés de Pérouse par la faction populaire, et la famille Fortebracci, exilée, perdit encore le château de. Montone, qui donnait à son chelle titre de comte. Braccio cependant avait passé dans la compagnie de StGeorge, troupe mercenaire, formée et conduite par Albéric de Barbiano, laquelle servit d'école à presque tous les généraux italiens des 14° et'15e siècles. Il y avait déjà acquis une réputation brillante, lorsque la jalousie d'Albéric luimême le força à s'évader de son camp. ll passa ensuite au service de divers souverains, et il développa, dans des commandements subalternes, les talents qui devaient le rendre le premier général de son siècle. Il eut surtout un art extrême pour gagner le coeur de ses soldats. Comme il ne perdait point de vue l'espérance de rentrer un jour dans sa patrie, il cherchait toutes les occasions de faire la guerre en Toscane oit dans l'État de l'Église, et il arriva ainsi une connaissance si exacte de toutes les montagnes, de tous les défilés et des moindres vallons de ces contrées, qu'il lui était toujours facile de surprendre ses adversaires ou de leur échapper. Lorsque Ladis-, las, roi de Naples, commença la guerre contre le pape et les Florentins,Braccio le servit avec autant de fidélité que de succès ; mais il obligeait un souverain ingrat et perfide. Pérouse ouvrit ses portes à Ladislas, sous condition que celuici n'y ferait point entrer Braccio de Montone ou son parti, et nonseulement Ladislas accepta ces conditions, mais il chercha même à faire périr le capitaine qui l'avait trop bien servi. Braccio se mit alors au service de la république de Florence, et il arrêta, en 1409, les progrès de Ladislas en Toscane. Pendant cette guerre, il s'attacha au pape Jean XXIII, et lorsque ce pontife se rendit au concile de Constance, où il fut déposé, il chargea Braccio de défendre pour lui Bologne. Ladislas était mort, l'Église était sans chef, et Braccio, à la tète d'une armée vaillante et nombreuse qui n'était engagée à aucun souverain , crut le moment favorable pour recouvrer sur sa patrie l'influence que ses ancêtres y avaient exercée. 11 rendit aux Bolonais leur liberté, moyennant tune somme d'argent, et il vint, en 1416, attaquer à l'improviste le territoire de Pérouse. Il soumit tous les châteaux du voisinage ; il défit, le 7 juillet, à StGilles, l'armée de Charles Malatesti, qui, avec Ange de la Pergola et Ceccolino de Michelotti, venait pour lui faire lever le siége, et, le 19 juillet, il entra par capitulation dans sa patrie, dont il fut déclaré seigneur. Dans le gouvernement de l'État de Pérouse,- Braccio de Montone ne se montra pas moins habile souverain qu'il avait été jusqu'alors grand général. Il releva le courage et réforma les moeurs des habitants ; il orna la ville d'édifices somptueux ; il purifia les campagnes et augmenta leur fertilité par des canaux d'irrigation. Cependant il tenta aussi la conquête de Rome, et s'empara de cette ville au mois de juin 1417 ; niais il fut obligé de l'évacuer au mois d'août, lorsque Sforza de Cotignola y fut envoyé par la reine Jeanne. Sforza,.que les mêmes talents et une fortune semblable avaient désigné dès longtemps pour être le rival de Braccio, et qui, sous les ordres de Ladislas, l'avait déjà combattu, était alors animé contre lui d'une haine personnelle, parce que Braccio avait profité du temps où Sforza était captif pour le dépouiller d'une partie de ses fiefs. Lorsque le pape Martin V, élu par le concile de Constance, revint en Italie pour soumettre les États de l'Église qui s'étaient révoltés, il prit surtout à tâche d'humilier Braccio, qui avait élevé sa puissance sur les dépouilles du saintsiége. Il envoya Sforza contre lui, et la guerre entre ces deux généraux, les plus habiles et les plus vaillants de leur siècle, put être considérée comme une école de l'art militaire pour tous les Italiens. Elle dura deux campagnes, au bout desquelles, Sforza ayant été défait près de Viterbe, en 1419, Martin V accepta la médiation des Florentins pour faire sa paix avec le seigneur de Pérouse. Elle fut conclue au mois de février 1420, à des conditions honorables pour Braccio, qui garda sous la suzeraineté de l'Église la possession de sept villes avec leur territoire. Alfonse d'Aragon ayant été adopté par Jeanne II, de Naples, qui voulait l'opposer à Louig. d'Anjou, Braccio passa au service de ces deux souverains, et il fut créé, en 1421, prince de Capoue, comte de Foggia, et grand connétable du royaume de Naples. De nouveau il fut opposé à Sforza, et il remporta sur lui de si grands avantages, que le pape et Louis d'Anjou furent obligés de renoncer à toutes leurs prétentions sur Naples, et que Sforza vint avec quelques cavaliers dans le camp de Braccio, lui demander son amitié et l'oubli de leurs anciens démêlés. Braccio reçut trèsbien son rival; il le réconcilia avec Jeanne II, et il le laissa chargé du commandement des troupes du royaume, tandis qu'il partit pour Aquila, dont le gouvernement lui avait été donné, avec celui des Abruzzes, par le roi et la reine. Sur ces entrefaites, Jeanne se brouilla avec Alfonse, son fils adoptif. Sforza embrassa le parti de la reine, et Braccio celui du roi ; et, en 1423, ces deux généraux recommencèrent à combattre l'un contre l'autre. Cependant Braccio ne s'éloignait point des Abruzzes ; Aquila n'avait pas voulu lui_ouvrir ses portes : Martin V, qui voyait Braccio étendre ses conquêtes tout autour de nome, excitait contre lui les habitants des Abruzzes, et Braccio poussait le siége avec obstination. Sforza ayant remporté quelques avantages sur les Aragonais, fut envoyé par Jeanne au siege d'Aquila ; mais, avant d'y arriver, il se noya , le Id janvier, au passage du fleuve Pescara, et Braccio pleura la mort La vie de Braccio a été écrite en latin par JeanAntoine Campani, évêque de Téramo, l'un des érudits les plus distingués du 15° siècle. La meilleure édition a été donnée par Fréd.Otton Meneker, dans le recueil des ouvrages de Campani, Leipsick, 1734 Cet ouvrage, assez étendu, traduit en italien par Nicolas Piccini , et encore par Pompée Bellusini, en 1572, est d'un moindre secours qu'on ne devrait s'y attendre pour l'histoire d'Italie , parce que Campani, par une affectation de belle latinité, évite de donner jamais la date d'aucun événement. On lui reproche aussi d'être trop partial pour son héros, auquel on ne peut refuser cependant la gloire d'ètre un des plus grands capitaines qu'ait produits l'Italie
  • André BOULLANGER : connu sous le nom de petit Père André, d'une famille de Paris qui tenait un rang honorable dans la robe, entra dans l'ordre des augustins réformés, exerça pendant cinquantecinq ans le ministère de la prédication dans les principales chaires du royaume, et mourut à Paris, le 21 septembre 1657, âgé de 79 ans. Le petit P. André prêchait à une époque où la chaire évangélique n'était pas encore tout à fait épurée des trivialités qui ont rendu si fameux les Menot et les Maillard ; elle n'avait lias encore acquis ce ton de gravité que lui imprimèrent peu après les grands prédicateurs du siècle de Louis XIV . Il se permettait de mèler, dans ses sermons, quelques trai ts enjoués, pour réveiller l'attention de ses auditeurs. On a pris de là occasion de lui attribuer des jeux de mots et des plaisanteries qui égayent une conversation, mais qui sont toujours d'un trèsmauvais goût dans l'exercice du saint ministère. Pariai une foule de traits de cette sorte, on cite sa comparaison des quatre docteurs de l'Eglise latine avec les quatre rois du jeu des cartes. St. Augustin était le roi de cœur, par sa grande charité; St. Ambroise, le roi de trèfle, par les fleurs de son éloquence ; St. Jérôme, le roi de pique, par son style mordant ; et St. Grégoire le Grand, le roi de carreau, par son peu d'élévation. Du reste, le P. André était un religieux estimable par la régularité de sa conduite. Son emploi de prédicateur et les charges qu'il exerça dans son ordre ne lui permirent pas de publier divers ouvrages qu'il avait composés, dont les manuscrits, ainsi que ceux de ses sermons, se conservaient dans le couvent de la reine Marguerite, au faubourg StGermain. On n'a de lui que l'oraison funèbre de Marie de Lorraine, abbesse de Chelles VigneulMarville, qui avait souvent assisté à ses sermons, dit qu'il ne lui a jamais entendu débiter les impertinences qu'on lui attribue ; seulement, qu'il présentait la vérité toute nue, avec des expressions naïves et naturelles; qu'il se servait de proverbes populaires, de comparaisons et de figures prises des choses les plus communes, ce qui a donné lieu au commentateur de Boileau de lui prêter tant de contes ridicules. « Tout « goguenard que vous croyez le petit P. André, dit « Guéret dans la Guerre des auteurs, il n'a pas tou« jours fait rire ses auditeurs : il a dit des vérités «jui ont renvoyé des évèques dans leurs diocèses, « et qui ont fait rougir plus d'une coquette. »— « On « ne peut me reprocher, lui fait dire le même au(( teur, d'avoir fait des contes à plaisir : j'ai suivi la • « pente de mon naturel, qui était naïf et qui me « portait à instruire le peuple par les choses les plus « sensibles : et, pendant que d'autres se guindaient « l'esprit pour trouver des pensées sublimes qu'on (( n'entendait pas, j'abaissais le mien jusqu'aux cou« ditions les plus serviles, d'où je tirais mes exem« pies et mes comparaisons, et elles produisaient leur effet. La reine mère se plaisait à ses sermons; le grand Condé goûtait sa manière de prêcher , et ne contribua pas peu à le mettre en vogue
  • André BRIGENTI( 1680 - 1750) : poète latin, né en 1680, à Agua, près de Padoue, fut élevé au séminaire de cette ville, puis chargé de l'éducation de quelques jeunes gens. En 1715, il se rendit à Rome avec une lettre de son évêque pour le prince Borghèse, qui lui avait demandé un instituteur pour ses fils. Il passa le reste de sa vie dans cette ville, si célèbre par les chefsd'œuvre qu'on y voit réunis et qui lui inspirèrent ses plus beaux vers, partageant ses loi- 'mirs entre la culture des lettres et ses devoirs en- vers ses élèves. Il mourut dans un voyage à Venise, en 1750. Outre quelques pièces de vers imprimées dans les recueils, on a de Brigenti plusieurs discours, parmi lesquels on cite : Oratio habita Arbœ, dum poniificus Bizza Arbensem episcopatum mire!, Paidoue, 1759. Mais son principal ouvrage est le poème intitulé Villa Burghesia, vulgo Pinciana, poetice descripta, Rome, 1716 avec 26 planches , divisé en 4 livres, et suivi de notes pleines de goût et d'érudition. L'auteur l'entreprit pour fixer l'attention de ses élèves sur les chefsd'oeuvre rassemblés dans la VillaBorghèse. Les descriptions qu'il en donne sont d'une exactitude que la poésie ne semble guère comporter
  • André BRIOSCO( 1460 - 1532) : dit il Riccio, architecte et sculpteur, naquit à Padoue en 1460, suivant quelques auteurs ; mais Milizia assure qu'on ne sait pas précisément la date de la naissance de cet artiste. Il eut l'honneur d'achever à Padoue l'église de Ste Justine, qui passe , avec raison, pour une des plus belles églises d'Italie ; elle est ornée de huit coupoles , dont la plus grande a 176 pieds de hauteur ; mais ce beau monument n'est pas terminé, et il lui manque une façade. Briosco fut surnommé il Riccio, à cause de sa chevelure bouclée. Il devint aussi bon statuaire et célèbre fondeur en bronze. On a de lui un trèsbeau candélabre qui orne l'autel de StAntoine à Padoue. En mémoire de cet ouvrage, on frappa mie médaille, qu'on distribua dans la ville ; cette médaille porte l'exergue' suivant : Andreas Crispus Patavinus œreum D. Ant. Candelabrum F, On croit que Briosco mourut en 1532
  • André BRUE : directeur et commandant général pour la compagnie du Sénégal et d'Afrique, et l'un Un antre Isaac BRUCKNER a publié un Mêmoire sur la e des suceudies, Berne. société typographique, 1789 dt. Que 1 rard l'a confondu avec sou homonyme, mort en 1762. D—u—R. blir et régler les relations commerciales, le mirent à mère de prendre une connaissance exacte des gouvernements et des peuples qui les habitent. La Nouvelle Relation de l'Afrique occidentale, publiée en 1729, par le, P. Labat, a été composée presque entièrement sur ses journaux et mémoires, et nous donne une grande idée de l'étendue de ses vues et de sa dextérité à manier l'esprit des princes africains, prè, desquels il a toujours joui d'une grande considération. Cette histoire inspire d'autant plus de confiance, qu'elle a été écrite du vivant de Drue, et que l'auteur a souvent recours à son témoignage. Labat nous laisse ignorer la famille de Brue, le lieu de sa naissance, et ne nous a transmis aucun détail sur sa vie privée ; niais il nous a suis en état de donner le précis de ses opérations. Inc compagnie de Normands de Bonen et de Dieppe avait, depuis le 160 siecle, un comptoir dans la rivière du Sénégal. Mus avons la série des gouverneurs qui y furent charzés de ses affaires, depuis 16-26 jusqu'en I6414, qu'elle fut obligée de céder son commerce et de vendre ses établissements à la com?agnie des loties occidentales. Celleci, par sa négligence, força le gouvernement à lui retirer son privilége, et elle fut remplacée successivement par trois autres compagnies : la derniere, établie le 25 janvier 1696, donna la direction de ses établissements à André Drue . Des changements d'administration si fréquents peuvent faire juger du délabrement de ses affaires; et c'est par le rétablissement du commerce d'Afrique que le nouveau directeur fonda ses titres à l'estime publique. Les deux grandes rivières du Sénégal et de Gambie étaient comprises dans la concession de la compaznie; mais la rio fière du Sénégal est celle qui meritait le plus de fixer son attention. Le premier soin de Brue fut de visiter tous les comptoirs, et de régler la conduite des employés de la compagnie, tians laquelle il s'était glissé de grands abus. Il traita avec tous les princes dont les possessions bordent le fleuve, et obtint de former de nouveaux établissements. Il gagna leur amitié par ses manières, et leur montra en !Hème temps une fermeté qui le lit respecter ; depuis il sut toujours les maintenir dans ses intérèts. Brue cherc?a a pénétrer dans le lac Cayar, qui communique par un canal à la partie la plus septentrionale du cours du fleuve, et projeta d'établir dans ce lac un fort qui l'aurait rapproché des fores où l'on recueille la gomme. Il jugeait, avec raison, que sa proximité aurait dei y attirer les caravanes, et détourner celles qui vont à Portendie et à iirguin; tuais il trouva la navigation interrompue par des bancs couverts de joncs impénétrables. L'objet cependant qui l'occupa le plus fut de se rapprocher des contrées d'où l'on tire l'or, et de chercher à les connaître. Il remonta donc le Sénégal et se transporta deux fois jusqu'au rocher Felou, près duquel se trouve un village où passent les caravanes qui viennent de Tombut avec il na ?unnui., en 1697, ???ir suecéder au premier direrteur Jean llourguigutm, qui laissa les affaires de la compagnie en fort mauvais état. Z—?. de l'or et des esclaves. Il établit un fort sur la rive sud tin fleuve, à peu de distance de ce village, et à sept ou huit lieues du confluent de la rivière de Faletné, qui court nord et sud, et qui a sa source près de la rivière de Gambie. Il espérait procurer à la France la plus grande partie des marchandises que les caravanes portaient aux Anglais établis sur cette dernière riviere : tuais son principal but était de se rapprocher des mines du royaume de Bamboue, qu'il avait eu le bonheur de découvrir presque sur les bords de la rivière de Falemé. Cette découverte fut faite par deux agents intelligents qu'il en avait charges. Le premier s'était assuré de la position du royaume de Bambouc ; le second, après avoir surmonté toutes les fatigues d'un long- voyage chez des peuples barbares, et avoir évité les dangers que la méfiance et l'avarice peuvent faire craindre, vint apprendre à Bille qu'il avait découvert ce riche pays, où l'on trouve l'or en grattant la superficie de la terre, et ajouta que les premières mines étaient trèsprès de l'établissement qu'il avait formé près de la rivière de Falemé. Drue ne tarda pas à faire construire le fort StPierre sur cette rivière, à seize lieues audessus de son confluent. 11 avait projeté d'établir, de distance en distance, des retranchements en palissades, que l'on aurait pu transporter près des mines les plus riches, afin de faire écouler en France tout l'or de Bambouc. Les mauvaises affaires de la compagnie empèchèrent de fournir les fonds nécessaires paon meure ce projet à exécution. Brin, fut rappelé en 1-.?2, et vint aider de ses conseils les administrateurs de la compagnie. Eu Afrique, on ne s'occupa plus, aptes son départ, qu'a contrarier ses vues, et, lorsqu'il revint en 1715, commander au Sénégal pour la nouvelle conq?agnie des Indes, il n'eut pas le temps de les réaliser. Ces belles entreprises ne firent pas négliger à lirue les richesses que l'on pouvait tirer de la rivière de Gambie et des pays qui sont au sud du Sénégal. Il traversa les États du Daniel, qui s'étendent depuis ce fleuve jusqu'au cap Vert, et mit ce prince dans ses hué.- rèts; ensuite il donna ses soins au commerce de la rivière de Gambie, et contracta des alliances avec les princes qui l'avoisinaient. Il rétablit d'abord le comptoir d'Albreda, situé à la rive droite, vis-àvis de JantesFort. Connue les Anglais s'etaient emparés de tout le commerce de la rivière, il songea à étendre celui de France dans la rivière de Bintam, qui se jette dans celle de Gambie, un peu audessus de JamesFort, et parvint à retablir des communications avec les rivières de Cazatnanza et StDomingue. hue se transporta jusqu'à Cachéo; niais ce dernier établissement étant aux Portugais, il entreprit un voyage pour en former un autre à la limite méridionale de la concession de la compagnie. Le groupe d'îles situées en dedans du banc et des îles Bissagos fut choisi. Le grand nombre de rivières qui se jettent à la mer dans cet endroit le rendent trèspropre au commerce. Le comptoir fut lllact à la pointe nordest de File Bissao. Baie retourna bientôt après en France, ayant rendu notre commerce dans cette contrée plus florissant qu'il n'avait Jamais été : il le serait devenu encore davantage sous une administration moins versatile, qui eût voulu mettre tous ses projets à exécution. Brue revint en Afrique en 1723, avec la qualité de commissaire de la compagnie, sur une escadre qui', après avoir manqué la prise de l'île d'Arguin, vint s'emparer de Portend ie. Nous ignorons les règlements qu'il promulgua ; mais ce que [Abat nous a fait connaître de son administration suflit pour nous donner une grande idée de sa sagesse et de ses talents. Il a gouverné les affaires des différentes compagnies qui lui ont confié leurs.intérèts, en véritable homme d'État
  • André BURNABY : ecclésiastique anglais, voyagea, en 1759 et 1760, dans la partie des colonies anglaises d'Amérique comprise entre Williamsbourg en Virginie et Boston. La relation de ce voyage, qu'il publia à Londres en 1775, fut bien accueillie du public. L'auteur devint ministre à Greenwich. Son livre a été traduit en allemand puis en français : Voyages dans les colonies du mi- lieu de l'Amérique septentrionale, traduits d'après la 2° édition, par Wild, Lausanne, 1778 Les observations que l'on y trouve, sans être trèsprofondes, sont intéressantes, exactes et variées
  • André CAMUTIUS : médecin italien de Lugano, élève de l'école de Pavie. fut quelque temps professeur de physiqué et de médecine à cette université, pratiqua la médecine à Milan, fut nommé, en 1564, médecin de l'empereur Maximilien II, et mourut en 1578. Il est auteur de quelques ouvrages oubliés aujourd'hui, et dont on peut voir la liste dans la Bibliotheca medic
  • André CAILLE : docteur en médecine, que l'on croit de Lyon, a vécu dans lé 16' siècle. Il a traduit du latin en français : la Pharmacopée de Jacques Dubois en 5 listes, Lyon, 1554 ; 2° le Guidon des apothicaires de 'Valerius Cordus, Lyon, 1572 ; 5. le Jardin Médicinal d'Anatoine Mizaud, 1578
  • André CALMO( 1510 - 1571) : poète vénitien, qui n'écrivit que dans le dialecte de son pays, naquit à Venise vers 1510, et y mourut le 23 février 1571. 11 avait le talent, nonseulement de composer des comédies pleines de sel et de gaieté, mais de les jouer parfai- 1 teillent. Il en a laissé six : la Spagnola, il Saltuzza, la Pozione, la Fiorina, il Travaglia, la Rhodiana. Cette dernière lui fut dérobée par des malveillants Tant que vécut D. Calmet, Voltaire témoigaa respect, déférence et admiration à ce pieux et docte écrivain, que plus tard il osa qualilier d'imbécile. Il alla même le visiter à &mimes, et, dans la lettre où il lui en demandait la permission, il s'exprimait ainsi : « Je « prefere, monsieur, la retraite à la cour, et les grands hommes aux « sots... Je veux m'instruire avec celui dont les livres m'ont formé, « et aller puiser à la source... Je serai un de vos moines. Ce sera « Paul qui ira visiter Antoine, etc. . » On ne sait pourquoi ce projet ne fut exécuté qu'en 175'i. Là, Voltaire ne perdit *point son temps; au milieu de la bibliothèque, et avec les indications de D. Guimet, il trouva de grands secours pour refaire son Histoire générale, dont une édition fautive venait de paraitre. Il gourmanda son imagination, comme il l'écrit luimême, en lisant les Pères et , les conciles, les vieux historiens de France et les Capitulaires de ; Charlemagne. Au bout de six semaines, il quitta Senones pour aller I Plombieres. • Je prendrailes eaux, écrivaitil, en n'y croyant pas, « comme j'ai lu les Pères. » Il avait bien soin, au reste, de dissi-• muter à son respectable hôte ses dispositions à l'incrédulité, témoin cette lettre qu'il lui écrivait de Plombières même : « Je trouvais « chez vous bien plus de secours pour mon Suie que je n'en trouve « à Plombières pour mon corps. Vos ouvrages et votre bibliothèque « 'n'instruisaient plus que les eaux de Plombières ne tué soula-« gent, etc. » Il est certain, du moins, que, pour son Essai sur les wi- curs des nations, Voltaire doit beaucoup, nonseulement aux lectures et aux recherches qu'il put faire à l'abbaye de Senones, mais encore aux nombreux emprunts qu'il s'est permis, sans aucunement s'en vanter, de commettre envers l'Histoire universelle, sacrée et profane de D. Calmet. Enfin, pour ajouter h toutes ces contradictions, on peut citer encore cet autre quatrain sur D. Calmet, que Voltaire adressa à son ami Cideville en 1757 ses antiques fratras ne sont pas inutile,. Il faut des passeternps do toutes le, façons, Et l'on peut quelquefois supporter les Varrons, Quoiqu'on adore les Virgites. Voltaire a donne sou Taureau blanc connue une traduction du syriaque faite par D. Calmet, et Frederic II a publié, sous le nom de ce bénédictin. une facétie intitulée : Commentaire théologique sur tarbe- Dleue.DR—n, et imprimée sous le nom de Ruzzante, son contemporain, et, comme lui, auteur et acteur comique. Ces pièces, mêlées de padouan, de bergamasque et de vénitien, sont d'un comique bas et fort libre ; le prologue , qui dit qu'il va faire un petit voyage pendant que des choses si contraires au devoir se passeront, alin qu'on puisse dire dans l'avenir qu'il n'a point voulut y être présent. Calmo a laissé de plus quatre églogues ou pastorales en action, dont les personnages sont des paysans de l'État de Venise, du 13ergamasque, etc. Elles sont divisées en scènes et même en actes. On a aussi de lui des Rime pescatorie, ou poésies diverses, sonnets, stances, canzoni, capitoli, etc., sur des sujets de ce genre que Sannazar avait mis à la mode, et suscep- . tilde, comme la pastorale, de gràce et de naïveté. Enfin, nous avons de cet auteur facétieux et bizarre' un recueil de lettres , intitulées Piacevoli, écrites en langage vénitien, comme ses poésies, et qui ne sont pas toutes aussi plaisan(es que le titre le promet
  • André CAMPRA( 1660 - 1744) : musicien célèbre, naquit à Aix, le 4 décembre 1660. Nommé maitre de la chapelle du roi, il s'acquit une grande réputation par ses motets, qui lui méritèrent la place de maître de musique de la maison professe des jésuites et ensuite la maîtrise de la métropole ; mais bientôt, trouvant les bornes de la musique sacrée trop étroites pour son génie, il s'unit aux premiers poètes de son temps et travailla pour l'Académie royale de musique, dont il fut un des plus fermes soutiens. On a de lui : 1° des cantates françaises, longtemps esti- niées; 2° Recueils de motets à une, deux et trois voix, 1706, 1710, etc. ; 35 Hé- sione, 4700; Tancrède, 1702; Télémaque, 4704; Alcine, 1705 ; Ilippodamie, 1708 ; Iphigénie en Tauride, 1711 ; Ido- ménée , 1712; Télèphe, 1715; Camille, 1717; Achille et Déidamie, 1755; 4° les ballets suivants l'Europe galante, le Carnaval de Venise, le Destin du nouveau siècle, Aréthuse, fragments de Lully, le Triomphe de l'Amour, les l'étes vénitiennes, les Amours de Mars et de Vénus, les . Ages, la Fele de l'Isle- Aditm, les Muses rassemblées par l'Amour, et le Jaloux désabusé. Intermédiaire entre Lully et Rameau, Campra ne contribua pas moins puissam- ment qu'eux à tirer de la barbarie la musique fran- çaise. Ses compositions, sans être aussi savantes que celles du créateur de l'harmonie, ont plus de natu- tel, plus de vérité que celles du Florentin, et présentent un progrès sensible vers le but indiqué au génie. Aujourd'hui elles seraient illisibles. Campra mourut à Versailles, le 29 juillet 1744, àgé de 84 ans
  • André CANTWEL : médecin irlandais, né dans le comté de Tippérary, mort le 41 juillet 4764, fut un des plus ardents antagonistes de l'inoculation. Reçu médecin de Montpellier en 1729, il concourut pour la chaire de médecine vacante par la démission d'Astruc. Arrivé à Paris en 1733, il fut reçu docteur à la faculté de cette ville en 1742, étant déjà alors de la société royale de Londres. Ses trois thèses furent : An aer ab inundaiione salubris ? Paris, 1741 An plyalismus fr- ictionibus mercurialibus provocatus, per fectœ luis venerece sanationi adversetur ? ibid., 17 41 An calculo vesicce scalpellum semper necessarium? ibid., 1742 Ses conclusions furent toutes négatives. A ces thèses, il faut joindre cette quatrième : An in calculi , Paris, 1749 8° Plusieurs observations dans les Transactions philosophiques, entre antres : sur une Tumeur glandüleuse considérable située dans le bassin ; sur tint Parapisie extraordinaire des paupières ; Description d'un enfant monstrueux . 9° Lettre anglaise, où le mercure est indiqué comme spécifique de la rage, Londres, 1758 10° Dissertatio de dignitate et di f fi cultate medicince, PariS, 1755 discours prononcé à la faculté. 11° Tableau de la petite vérole, ibid., 1758 12° Nouvelle Analyse des eaux de Passy, ibid., 1755 15. Beaucoup d'écrits contre l'inoculation ; une Réponse à M. de là Condamine sur ce sujet, ibid., 1755 ; deux autres lettres sur le même sujet à Fréron et à Raidit], même affinée; une autre Réponse à M. Jlissa sur le même sujet encore, etc
  • André BRUNNER( 1589 - 1650) : jésuite allemand, né à Halle dans le Tyrol, en 1589, mort le 9.0 avril 1650, était trèsversé dans la connaissance des antiquités et de l'histoire. Son principal ouvrage, intitulé Annales virtutis et fortune° Boiorum, a primis tus ad annum 1514, publié d'abord à Munich en 1626, 1629 et 1657, 5 vol. lui a ,valu le surnom de Tite- Live bavarois ; il écrivit cette histoire par ordre de Maximilien, duc, puis électeur de Bavière, et la poussa jusqu'au commencement du règne de Louis de Bavière, en 1514 : il n'osa continuer, persuadé que l'histoire de ce prince le brouillerait infailliblement avec Maximilien, ou avec la cour de Rome. Cet ouvrage a été réimprimé avec les Annales Boïcce gentis d'Adlzreiter , Francfort, 1710 par les soins de FerdinandLouis de Bresler, et d'Aschenburg, sénateur de Breslau, avec une préface de Leibnitz. On a encore de Brunner : Fusa Mariani , qu'il publia, sans y mettre son nom , en allemand et en latin ; 2' Excubiee tutelares Ferd. Marke ducis Bavarice cunis appositœ , Munich, 1657. On y trouve soixante portraits des ducs de Bavière, gravés par Kilian. Baillet lui a attribué aussi le Collegium Monachiense
  • André CASSIUS : né à Schleswig, où son père, André Cassius, était secrétaire du duc de Schlesvvig, étudia la médecine à Leipsick, et prit le grade de docteur à Groningue en 1668. Sa dissertation inaugurale, de Triuntviratu intestinali cu? suis efferveseentiis, est célèbre et a été souvent réimprimée. Il pratiqua son art à Hambourg avec beaucoup de succès. On lui attribue l'invention de l'essence de bézoard, dont on a vanté pendant quelque temps les vertus contre la peste. Les arts lui doivent le précipité d'or, qui porte son nom, et qui fournit une belle couleur pourpre aux peintres en émail et aux peintres sur porcelaine. Ce précipité est un oxyde (l'or peu oxygéné, que l'on obtient en décomposant la dissolution de ce métal par l'étain ou par le muriate d'étain peu oxygéné ; Cassius en donne le procédé dans son traité qui a pour titre : de Extremo illo et perfectissinto nature Opificio, de principe terrenorum sydere, euro, de admiranda ejus natura, generatione, effectibus, caque ad operationes habiludine, Hambourg, 1685 — Chrétien CASSIUS, frère d'André, entra dans la carrière diplomatique, fut chancelier et conseiller intime de l'évèque de Lu- beck, s acquitta honorable ment de diverses ambassades, obtint l'amitié du célèbre Grotius, et mourut le 6 octobre 1676
  • André CELSIUS( 1701) : professeur d'astronomie à Upsal, où il naquit en 1701, était petitfils de MagnusNicolas ; il fut reçu maitre èsarts en 1728, et commença dès lors à donner des leçons publiques avec un grand succès. En 1730, il fut nommé professeur. Il n'y avait encore à cette époque aucun observatoire en Suède, et les bons instruments y étaient inconnus. Celsius fut chargé par le gouver- nement de faire un voyage pour se mettre en état de perfectionner l'étude de l'astronomie dans son pays. Il parcourut l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie, s'entretenant avec les astronomes les plus fameux, et visitant les observatoires les plus remarquables. Arrivé à Paris en 1733, il se lia avec les savants qui s'occupaient des moyens de déterminer la figure de la terre, et prit part à leurs travaux. Son mérite ayant été apprécié, il fut désigné par le comte de Maurepas pour accompagner Maupertuis, Clairaut, Camus, Lemonnier et Outhier, dans leur voyage à Tornéo. Ce voyage n'eut lieu qu'en 1756, et, en attendant, Celsius se rendit en Angleterre pour y faire l'acquisition des meilleurs instruments. Son zèle, ses talents et la connaissance qu'il avait des lieux où devaient se faire les observations, le rendirent trèsutile aux astronomes français. Louis XV, pour l'en récompenser, lui lit une pension de 1,000 liv. tournois. De retour à Upsal, Celsius fit élever à ses frais un observatoire, que ses propres observations et celles de Melanderhielm et Cet ouvrage a été traduit du suédois par Genesi, et pu- blie sous ce titre : Histoire d'Eric XIV, écrite 8( 0 les odes dei temps, pour faire suite aux Révolutions de Suède par Vertot. D R-11. nibus pro figura telluris deferminanda in Gallia habilis , upsal, 1738 ; 4' Disputalio de novo in flu- viis Norlandorton piscandi modo, Stockholm, 1858 5. de Luna non habitabili, ibid., 1740 ; 6° de Initio ( poli reterum Sueo- Gothorum, ibid., 1741 ; 7° Let-- Ires sur les comètes, en suédois, Upsal, 1744. On trouve plusieurs mémoires de Celsius dans les recueils des sociétés savantes dont il était membre ; le plus remarquable est celui qu'il remit à l'académie des sciences de Stocklioltn, peu avant sa mort. Ce mémoire a pour but de prouver que les eaux de la mer ont diminué, de temps immémorial, et qu'elles diminuent encore; l'auteur détermine même la progression annuelle de cette diminution. Plusieurs savants de Suède, parmi lesquels était Linné, adop- tèrent l'opinion de Celsius ; d'autres, ayant à leur tète l'évèque Brovallius, entreprirent de la réfuter, et il en résulta une discussion trèsanimée, à laquelle les états du royaume prirent part. Les savants étrangers se sont également partagés sur cette question , et, quoiqu'elle ne soit pas décidée, les recherches et les observations qu'elle a donné lieu iJe faire ont été utiles aux progrès de la physique et de la géographie
  • André CÉSALPIN( 1519 - 1603) : médecin italien, a rendu son nom célèbre par l'étendue de ses connaissances, et par l'invention d'une méthode en botanique, fondée sur l'organisation des plantes, et principalement sur les parties de la fructification ; ce qui a établi les rapports naturels des familles et les caractères qui doivent servir de base aux classifications. Césalpin naquit en 1519, à Arezzo en Toscane. Il se livra de bonne heure à l'étude de toutes les sciences , et surtout à la philosophie d'Aristote , qui était considérée comme le seul moyen d'acquérir des connaissauces solides ; il sut la débarrasser des formes scolastiques par lesquelles on l'avait obscurcie et défigurée. Toutes les fois qu'il l'appliqua à la recherche des phénomènes de la nature, elle le conduisit à de grandes découvertes ; mais, en d'autres occasions, elle l'entraîna dans des subtilités métaphysiques qui pouvaient nuire à sa tranquillité ; car elles le firent accuser d'irréligion , et on lui attribua un système d'athéisme et de matérialisme que plusieurs auteurs ont prétendu ressembler à celui qui fut enseigné depuis par Spinosa. Dans le fond , ce n'était que la doctrine d'Aristote qu'il exposait , et souvent dans les mêmes termes que ce grand philosophe. Il avait soin de dire que les opinions qu'il présentait ainsi étant contraires à la religion chrétienne, il les rejetait; mais ce correctif ne lui réussit pas toujours; car on l'attaqua vivement sur ces opinions. Samuel Parker, archidiacre de Cantorbéry, dans plusieurs endroits d'un ouvrage qu'il a publié sous ce titre : Disputatio de Deo et Providentia divina , traite d'impie le système de Césalpin, expose ses dogmes, et découvre ses artifices. Nicolas Taurel, médecin de Montbéliard, fit paraître un gros volume , inti- tulé : Alpes casa, hoc est Andrece- Ccesalpini monstrosa et superbe dogmata discussa et excussa, Francfort, Zachar. Palthénius , •597 : le titre était une allusion puérile au nom de Césalpin. Voulant faire tomber exclusivement sur celuici l'accusation d'athéisme et de matérialisme, Taurel tâcha de prouver que l'auteur italien avait altéré les passages d'Aristote qu'il citait, pour se mettre à l'abri de son nom, et qu'il avait été bien plus loin que ce philosophe païen dans ces systèmes désolants. Il ne parait pas qu'en Italie on ait fait beaucoup d'attention à ces inculpations : les opinions de Césalpin furent regardées plutôt comme un jeu d'esprit que comme une doctrine sérieuse ; en sorte qu'il vécut tranquille , et qu'il jouit pendant toute sa vie de la plus haute considération , puisque , après avoir enseigné longtemps la médecine et la botanique avec distinction à Pise, il fut appelé à Rome, où il fut nommé premier médecin du pape Clément VII, et professeur de médecine au collége de Sapience, emplois qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée le 25 février 1603 : il était âgé de 84 ans. C'est par erreur que Tournefort avance la mort de Césalpin , et l'indique au 26 mars 1602. Ses ouvrages sont : Quoestionum peripateticarum libri 5, Florence, 1569 ; Venise, les Junte , •1571 et 1595 L'épître dédicatoire est adressée au grandduc de Toscane, François de Médicis ; elle est datée Ray a été de meilleure foi ; car il dit positivement que c'est dans Césalpin qu'il a pris l'idée de sa méthode. Peu de temps après, Tournefort lui lit pareillement honneur de l'invention des méthodes en botanique, et depuis lors on a continué d'en rendre hommage à Césalpin. Linné , entre autres , dans l'écrit intitulé Classes planlaruni, donne l'esquisse de cette méthode ; mais c'est plus récemment que , par les travaux de Gaertner et de Bern. de Jussieu, on a pu juger jusqu'à quel point il avait connu la structure de l'intérieur des grailles et leur organisation. 9° Appendix ad libros de Plantis et Quoes( joncs peripateticas, Rome , 1605 Ce livre a été réimprimé dans le Museo di fisica de Boccone , Venise, 1697 , in 4°. Césalpin avait aussi composé l'histoire naturelle des minéraux dans un ordre systématique, comme il avait traité celle des végétaux. Son ouvrage n'attendait que l'impression, lorsque Clément VIII l'ayant appelé à Rome pour y professer la médecine, il trouva que Michel Mercati, son ancien disciple, l'avait prévenu, et, en distribuant par ordre la collection des minéraux connue sous le nom de métallothèque du Vatican, avait eu le soin d'en faire graver les différentes pièces. Il regarda alors son travail comme inutile; niais Mercati, qui mourut bientôt après, n'ayant pas eu le temps de traiter des pierres et des métaux, Césalpin lit paraître l'ouvrage suivant : 10° de Netallicis libri Ires, Rome, 4596 réimprimé à Nuremberg en 1602 par les soins de Conrad Agricola. Le 1" livre traite des sels, des bitumes, aluns et autres fossiles ; le 2°, des pierres, des cristaux, des pierres précieuses , et il donne l'étymologie du nom des pierres; le 5' traite des métaux. L'ouvrage de Mercati a été publié sous le titre de Metallotheca. Borel, dans sa Bibliotheca chimica, cite un ouvrage de Césalpin intitulé de Lapidibus , mais sans dire s'il est imprimé ou manuscrit. Plumier a consacré à la mémoire de Césalpin un genre de plantes des climats équatoriaux, qu'il a nommé Ccesalpinia; il renferme des arbres et des arbustes élégants de la famille des casses, (lui de plus sont utiles pour la teinture , tels que le bois de Brésil et le sapan
  • André CHALOCHET : né à Langres et mort à Paris, au mois de juin 1710, graveur des rois de France, d'Espagne, d'Angleterre, et de Danemark, fut l'un des artistes les plus distingués du 17° siècle. Il grava les sceaux de France et de la plupart (les souverains de l'Europe ; on lui doit aussi plusieurs des médailles les plus remarquables frappées sous le règne de Louis XIV
  • André CNOEFFEL : né à Bautzen, dans la haute Lusace, fut conseillermédecin de JeanCasimir, roi de Pologne, et mourut au camp devant Thorn , le 24 décembre 1658. 11 a laissé un petit nombre d'opuscules , dont les principaux sont : Epistola de podagra curata, Amsterdam, 1643 ; Methodus medendi / ebribus epidemicis et pestilentialibus, Strasbourg, 1655 Son fils, André CNOEFFEL, fut médecin de Michel et de Jean , rois de Pologne , et maire de Marienbourg, oit il mourut, en 1699. Parmi les nombreuses observations dont il a enrichi les Éphémérides des Curieux de la nature , on distingue : de Utero cartilagineo ; de Infante monstroso culera porcelli assati similem et duram ex parte gerente ; de aeris inspirati per aurem sinistram Emissione, C.
  • André COLVIUS( 1549) : né à Dordrecht, en 1549, fit de trèsbonnes études à Leyde, et se destina au ministère pastoral des Églises réformées. Ayant accompagné en 1620 l'ambassade hollandaise à Venise, Il se lia particulièrement dans cette ville avec le célèbre Fra Paolo Sarpi. Colvius a joui, tant à l'é- n'ancrer qu'au sein de sa patrie, de la considération des hommes les plus instruits de son temps. Claude Saumaise lui a adressé son Epistola de ccesarie virorum et mulierum coma, Leyde, 1644, et il a orné son portrait de vers latins extrêmement flatteurs. Dans le recueil de Jean Beverwick, sur la question de Fila termino f a t ali an mobili, on trouve une lettre de Colvius. 11 a traduit de l'italien en latin une féistoire de l' Inquisition.— Pierre Coisius, né à 'iges, en 1567, se distingua parmi les humanistes u 16e siècle. Il a donné une bonne édition d'Apt> ée, Leyde, 1588 avec des notes qui ont été imprimées dans l'édition d'Oudendorp. On lui doit aussi de savantes notes sur Sidonius Apollinaris, publiées avec cet auteur à Paris, en 1598 Colvius cultiva avec succès la poésie latine ; on en trouve des preuves dans les Delicice Poetarum BelgicoruM, 1" partie, p. 9- -; et suivantes. 11 mourut d'un coup de pied d'une mule à Paris, en 1594. Janus Dousa a fait allusion à ce fatal accident, peu digne nal, et il critique amèrement, dans sa préface, Salvini, Marchetti, Corsini, Regnier, Lazzariae et autres traducteurs d'Homère, de sa.. phocle et d'Anacrl'on. Une autre traduction italienne de l'Enlèvement d'Hélène, faite par Ant. M. Salvini, avec des notes de Bandini, a été publiée en 4765. Enfin Bodoni a donné à Parme, en 1795, fol., une magnitique réimpression de Colutims, en grec, latin et italien. Il existe eu anglais trois traductions de Coluthus; la première, publiée en 4701, par Edouard de Slterborne, est principalement recommandable par de savantes notes ; la seconde, due à Faillies et à un anonyme, est de 4780; la troisieme, inférieure à la précédente, est l'ouvrage d'un auteur anonyme qui l'a tait paraltre_en 1786. Dzs. d'un éditeur de l'Asinus aureus, dans les deux derniers vers d'une longue épitaphe qu'il lui a consacrée
  • André COMMODO( 1560 - 1638) : né à Florence, en 1560, fut élève de Cigoli. Ses progrès clans la peinture furent rapides ; il alla étudier à Rome les chefsd'oeuvre du Vatican, et peignit aussi le portrait avec succès ; mais le talent le plus remarquable de Commodo était de copier les tableaux les plus fameux avec une si grande fidélité, qu'il était presqu'impossible de distinguer l'original de la copie. Il s'était rendu le style des différents maîtres si familier, qu'il s'en était approprié jusqu'aux moindres nuances. De retour dans sa patrie, il lit plusieurs tableaux originaux , dans lesquels il transporta les beautés qu'il avait si bien copiées des plus grands maitres. Il a peint, entre autres, un Jugement universel, qui est regardé connue son chefd'oeuvre. Commodo mourut à Florence, en 1658
  • André COMPARETTI( 1746 - 1801) : physicien et médecin italien, né dans le Frioul, en aoCit 1746, et mort à Padoue, le 22 décembre 1801. Après avoir étudié à Padoue, sous le célébre anatomiste Morgagni, il alla exercer la médecine à Venise , et y publia en 178t1 bon premier ouvrage, intitulé Occursus medici, dont les journaux' italiens et allemands tirent un grand éloge , et qui engagea l'université de Padoue à conférer à l'auteur la chaire de médecine théorique et pratique. Comparetti publia ensuite quelques thèses, dont la plus remarquable a pour titre : Observationes de lace inflexa et coloribus , Padoue, 1787 lig. En profitant de ce que Grimaldi et Newton avaient écrit sur les phénomènes de la lumière réfractée et réfléchie, il s'y attache particulièrement à faire connaître les défduts auxquels la vue est Stljelle. Les leçons de clinique, déjà fort anciennes dans l'université, ne se répétaient point auprès du lit des malades ; Comparetti proposa de les rendre Le Journal di. fisiologia vegetabile, dont les italiens ont cru reconnaitre bien des idées dans le système de Sénehier sur cette matière. Comparetti acheva son traité, et en publia la 2e partie en 1799 . Il donna en 1793 un Saggio della scuola clinica neilo spedale di Padova, et en 1799 un Riscontro ctinico net nuovo spedalc : Regolamenti medico- pratiche pour répondre , en quelque sorte , à la demande que la société de médecine de Paris avait faite , par un programme publié, d'un plan pour enseigner le mieux possible la médecine pratique dans un hôpital. En 1794, il publia des Osservazioni sulla proprielà della china del Brasile, dont l'usage venait de s'introduire en 1 talie. Un ouvrage plus célèbre que tous les précédents fut celui qu'il donna en 1795, à Padoue, sous le titre de Riscontri medici delle febbri larvate periodiche perniciose, et dont le célèbre Alibert fait un grand éloge dans son Traité des fièvres pernicieuses intermittentes. Cette maladie, que Comparetti combattait avec tant de zèle, le conduisit au tombeau six ans après. Ses Observationes dioptricce et . anatomicce comparatœ de euloribus apparenlibus, visu et oculo, Padoue, 1798, 1 vol. n'ont pas un aussi grand intérêt, sous le rapport de l'anatomie, que celles de Aure interna, Le P, Joseph Montesanti assure que Comparelti 120 publia de son grand ouvrage qu'il avait préparé sur la physiologie végétale que le simple prodrome dont il esi Ici question, et qui est divisé en 2 parties. Le ?ème cerivain lui attribue aussi, outre les ouvrages cites dans la notice : 1 ° Riscont ri fisica- batanici ad uso chutes, Padoue, 1792, 1 vol. 20 Nouvelles Recherches sur la structure organique relativement à la cause des mouvements de ta sensitive commune, inséré dans le l" vol, des & moires de l'académie royale de Turin, rie. D—z—s. 88 et l'auteur parait avoir commis l'erreur d'y attribuer à l'imperfection de la structure de l'ail (les phénomènes qui dépendent de ce que les physiciens nomment la diffraction de la lumière. Son dernier travail fut le •1" tome, en 2 parties, d'une Dinamica animale degli insetti de 608 p., imprimé à Padoue avec la date de 1800, quoiqu'il n'ait paru qu'en 1801. Cet ouvrage est assez curieux ; l'auteur y décrit, avec son exactitude ordinaire, la structure de tous les organes des insectes, en choisissant pour exemples un certain nombre d'espèces prises dans les différents ordres. Cet ouvrage est trèsinstructif et plein de vues nouvelles sur tout ce qui tient aux organes du mouvement ; il semble cependant que l'auteur s'est trompé en prenant pour des vaisseaux sanguins , dans des sauterelles , quelques branches de leurs vaisseaux hépatiques, ce qui peut avoir tenu à une méthode imparfaite de dissection. Comparetti suit la même marche dans ses trois écrits anatomiques, marche qui contribue encore à en rendre la lecture peu attrayante. 11 rapporte successivement et* isolément chacune de ses observations , et ne fait ses réflexions , ne tire ses conclusions qu'à la lin de chaque chapitre ; mais ceux qui prennent la peine (le l'étudier sont bien dédommagés par le trésor (le faits qu'ils recueillent. Comparetti a laissé dans son portefeuille plusieurs autres ouvrages inédits, dont on trouve la liste dans un opuscule de Dominique Pal maroli , Romain, imprimé à Venise, est 1802, sous le titre de Saggio sopra la vira lateraria di Andrea Comparati. Ses obsèques à Padoue furent des plus honorables ; on voit son épitaphe dans l'église de SteSophie ; mais elle renferme quelques erretirs de date , que le Journal littéraire de cette ville a judicieusement relevées aux pages 295 et 319 du t. 1", ann. 1802
  • André CLAPASSON( 1708 - 1770) : avocat à Lyon , né le 15 janvier 170S, mort le '21 avril 1770, est auteur d'une Description de la ville de Lyon , publiée sous le pseudonyme de Paul Rivière de Binais, 1741, petit Ses Recherches sur la bataille de Brignais, où les Tard- venus furent mis en déroute , ont été insérées dans les Archives du Rhône, t. 5, p. 415-424. L'académie royale de Lyon, dont il était membre, conserve un assez grand nombre d'antres dissertations qu'il lui avait communiquées, et parmi lesquelles il en est une sur les colonnes de l'église d'Ainay, et une sur les aqueducs de Lyon. 11 a encore laissé en manuscrit une Description dc l'église de St- Pierre de Lyon, et un Essai de compa- raison des villes de Lyon et de Paris
  • André CLEYER( 1600) : médecin et botaniste, naquit à Cassel, vers le milieu du 470 siècle. R s'attacha, en qualité de médecin, au service de la compagnie des Indes de Hollande , et parcourut différentes contrées de l'Asie, entre autres, la Chine et le Japon. Partout il recueillit des observations précieuses sur les plantes les plus remarquables par leur produit, leur utilité et leur agrément. Il revint en Europe vers 1680.11 n'a tait paraître aucun ouvrage particulier ; mais ses lettres, publiées par Bernard Valentin, et un trèsgrand nombre de tnéinoires dans les Éphémérides des Curieux de la nature, ont fait connaître l'histoire de beaucoup de drogues médicinales, et une quantité de plantes. On en voit le catalogue, avec une notice détaillée , dans la Bi- bliotheca bolanica de Séguier et dans celle de Hal- ler. Dans ces mémoires, il a donné quelques ligures assez bonnes ; mais ses descriptions sont trop courtes et insuffisantes. M. Thunberg a consacré à sa mémoire un genre de plantes du Japon qu'il a nommé Cleyera. Ce nom a été changé depuis en celui de Ternstrœmia. Cleyer a aussi publié quelques ouvrages des missionnaires sur la médecine des Chinois
  • André CHEVILLARD : religieux dominicain, né à Rennes, fut envoyé missionnaire en Amérique, où il resta trèslongtemps, et y mourut en 1682. Dans un voyage qu'il fit en Europe, il publia l'ou vrage suivant : Dessetns de S. I?. de Richelieu pour l'Amérique, ce qui s'y est passé de plus remarquable depuis l'établissement des colonies, et un ample traité du naturel, de la religion et des moeurs des Indiens insulaires et de la terre ferme, Rennes, 1569 C'est par erreur que Lenglet Dufresnny attribue cet ouvrage à Jean Chevillard le généalogiste. On y trouve des documents curieux sur les événements politiques et sur les missions des Antilles, depuis l'année 1655, époque &da Martinique, la Guadeloupe et plusieurs autres îles n'étaient habitées que par les sauvages, qui causèrent souvent de grands embarras aux nouveaux colons et aux missionnaires. Ceuxci souffrirent beaucoup du climat, un grand nombre moururent, quoique le général de l'ordre leur eût envoyé la permission de ne pas tenir, pour la nourriture et pour la manière de vivre, à la rigueur des statuts de leur règle. L'auteur raconte que les religieux de StDominique ont, dans le temps dont il écrit l'histoire, converti à la foi un nombre prodigieux d'Indiens, et plus de 5,000 hérétiques arrivés de France. il ne parle point de ce (lui concerne la géographie, et ne consacre que quelques pages aux moeurs des sauvages. Son style est emphatique, et son érudition souvent prodiguée sans sujet
  • André CHEVILLIER( 1636 - 1700) : né à Pontoise en 1636, de parents peu aisés, fut élevé par un oncle, savant et pieux ecclésiastique, qui, après ses ?remiéres études, l'envoya à Paris prendre ses degrés en théologie. 11 soutint sa thèse de licence avec une telle distinction que l'abbé de Brienne, qui était de la mème licence, lui en céda le premier lieu, et en voulut faire les frais. Reçu docteur en Sorbonne, il devint 1e bibliothécaire de cette maison, et passa le reste de sa vie dans l'exercice de son état. C'est à lui qu'on doit la conservation du Speculum humanœ salratio? tis, qu'on voit aujourd'hui à la bibliothèque royale. Ce rare volume avait été exposé en vente avec quelques livres de rebut, et Chevillier le sauva d'une destruction inévitable en l'achetant pour quelques pièces de monnaie. Il en existe une traduction française par Julien Macho, sous le titre de Mirouer de la réde? ption de l'humain lignaige, Lyon, 1479, ibid., 1482, 1483 goth., lig. ; Paris, sans date; ibid ,1.i31 , lig. La charité de ce savant estimable surpassait encore son érudition. 11 mourut le 8 avril 1700, âgé (le 64 ans. Oit a de lui : 40 lit synodum Chalcedanensem disserlatio de for- midis fidci subscribeadis, Paris, 16(4 Origine de l'imprimerie de Paris, Paris, 1694 C'est le seul recherché des ouvrages de Chevillier ; VIII. il est curieux, mais non pas exempt d'erreurs. L'auteur avait aussi fourni des matériaux au Idaaire la Caille, pour son Histoire de l'imprimerie. 3^ Le grand Canon de l'Eglise grecque, traduit avec des notes, et la Vie ae Ste. Marie d'Egypte, qui en facilite l'intelligence, l'aria, 1690 C'est moisis une traduction, comme le titre l'annonce, (prune paraphrase de ce canon, composé (le neuf cantiques (le trente à quarante strophes chacun. L'original grec, attribué. à André de Crète ou de Je•usalem, avait été publié, avec une version latine, par le P. Combelis en 1614. Ce fut Chevillier qui dressa le catalogue des livres fi supprimer qu'on trouve à la suite du mandrinent de l'arelievèque de Paris sur cet objet, 1685 de 55 p., et de 95 p., rare et recherché des curieux. 11 a aussi composé un Traité du voeu de continence pour ceux qui aspirent aux ordres sacrés, 2 vol. 80, et quelques autres ouvrages demeurés manuscrits
  • André CHIOCCO : professeur Des bibliographes en indiquent une autre édition laite dans la même ville, en 1623; mais il est douteux qu'elle existe. Les descriptions se ressentent de l'esprit du temps et de l'état où était alors l'histoire naturelle ; elles n'ont pas la précision (le celles que l'on fait aujourd'hui , et sont surchargées de trop d'érudition. Ce lis re, intéressant par son sujet et par l'époque où il parut, est l'un des premiers que l'on ait publiés sunr cette matière; il lut dédié, par François Calceolari, le jeune , eFerdinand de Gonzague de Mantoue. '7° De Collcgii l'eronensis illustribus Medicis et Philosophis, qui colkgium, pairiam, et ! Jonas cries illustrarunt, Vérone, 1623
  • André CRAMER : seigneur de Hoyerswort, en Poméranie, servit dans l'armée suédoise, pendant la guerre de trente ans. Ayant été dangereusement blessé à la bataille de Leipzig, il entra au service des ducs de Holste qui le nommèrent leur conseiller intime. Ce fut lui qui composa en grande partie les mémoires que le roi de Damemark et la maison de Holste firent paraître depuis 1667 jusqu'en 1673, suries différends qui s'étaient élevés entre eux au sujet des comtés d'Oldenbonrg et de Delmenhorst
  • André CONTARINI( 1308) : doge de Venise, de la inique famille sins. Soutenu par les Hongrois et par les ducs d'Au- itriche, c?ti envahirent avec de nom?renx Arps de roupes les État de la république, François de Car- 1.are obtint d'abord quelque succès. , et pru avant le point dit jour attaqua sul)iteinent les ennemis, les niit en déroute, et Pietro Doria, leur chef, en voulant les sauver, tomba luiinèrne atteint d'une bombarde vénitienne. Calo Teno vint ensuite d'une manière inattendue au secours de sa patrie au commencement de •580, lorsqne les Génois, pressés de tous côtés, étaient pour ainsi dire assiégés dans Chiozza. lis s'y defe»di•ent jusqu'au 21 juin, que Fezio Clio, qui les commandait, se transporta chez le , devenir cardinal, le ?ième qu'Urbain VI lit depuis mourir en prison, pour avoir conspiré contre lui
  • André CONTRARIO( 1400) : littérateur, né dans le 15° siècle, à Venise, d'une famiile pauvre, s'appliqua 'dès sa jeunesse à la culture des langues et y lit des progrès rapides. Il embrassa l'état ecclésiastique afin de pouvoir se livrer plus tranquillement à l'étude et, après avoir reçu les ordres sacrés, il se rendit à Rome, où François Barbaro lui ménagea la protection du cardinal Mazzaruota, patriarche d'Aquilée . Sur la recommandation de ce prélat, il fut chargé pat. le pape Nicolas V de revoir la traduction latine que George de Trebizonde avait faite chi traité d'Eusèbe de Prœparatione evangelica. 11 était à Naples en 1456, fréquentant avec assiduité la précieuse bibliothèque fondée par Alphonse V, roi d'Aragon et de Sicile. A la nouvelle qu'/Eneas Sylvius, son ami, venait d'étre créé cardinal , il s'empressa de l'en féliciter; et lors de l'avénement de ce prélat en 1458 au trône pontifical sous le nom de Pie II, il revint à Rome avec l'espérance d'obtenir quelque poste important. Il fut cruellement trompé dans son attente. Pourvu de la cure de StPantaléon, on le priva peu de temps après de ce bénéfice, pour le donner aux Piaristes; et s'étant plaint , peut -ètre avec trop de chaleur, il fut banni des États de I l'Église. N'ayant pu faire révoquer cette sentence, Contrario quitta Borne; et, après avoir erré dans différentes villes, revint à Naples: Il s'y appliqua, quoique déjà vieux, à l'étude de la philosophie, et tint une place honorable dans l'académie de Pontanus, son ami. Au retour d'un voyage dans les Abruzzes, il mourut accablé par la misère et les années. On conserve un recueil de lettres et 'de discours de Contrario dans la bibliothèque des olivétains à Sienne . Il avait entrepris d'écrire la vie de Pic li , niais il ne l'acheva pas dans ki crainte dé se montrer partial. Apostolo Zeno possédait une médaille en bronze frappée en l'honneur de Contrario. On y lisait son nom en grec autour de son effigie, et au revers l'inscription suivante, dans une couronne de laurier eings 03INIS ANTIQUITATIS ET DOCTRIN,E. On peut consulter, pour plus de détails, les Scrittori Veneziani du P. Agostini
  • André CONTUCCI( 1460 - 1529) : sculpteur et architecte, né à Sansovino en Toscane, en 1460, était fils d'un paysan nommé Dominique. Ainsi que Giotto , on le trouva modelant de petites figures avec de la terre glaise , pendant qu'il gardait les troupeaux. Simon Vespucci, qui était alors podestat de ce petit endroit, ayant remarqué l'inclination de cet enfant, l'emmena à Florence, pour lui faire donner une bonne éduca- tion, et André devint un des premiers sculpteurs de son siècle. Il construisit vers l'an 1514, dans l'église de StAugustin , à Rome, une magnifique chapelle de famille où il plaça un superbe morceau de sculpture représentant l'Enfant Jésus avec la Vierge et Ste. Anne. Ces figures , qtloique tirées toutes les trois d'un seul bloc de marbre, sont presque de grandeur naturelle, et Vasari parle de ce groupe coinme d'une des plus belles productions du temps. André Contucci n'obtint pas moins_de célébrité dans l'architecture. On admire avec raison, à Florence, la chapelle du StSacrement dans l'église du StEsprit, dont il donna les plans. Quoiqu'elle soit petite, farchitecture en est si belle , et le dessin si bien exécuté , qu'on serait tenté de croire qu'elle est d'une seule pierre. On vante encore l'entresol de la sacristie de la mème église du StEsprit. Il est entièrement de pierre de taille, et orné de onze colonnes corinthiennes. L'entablement soutient une vofite lunette , de pierre de taille , décorée avec des compartiments Arèsbien sculptés. On remarqua qu'ils ne répondent pas au milieu ou à l'axe des colonnes. Comme l'on lit ce reproche à Contticci , il l'épondit qu'il en était de même au Panthéon. Le roi de Portugal le lit demander à Laurent de Médicis , et cet artiste bàtit en Portugal plusieurs édifices parmi lesquels on distingue un palais flanqué de quatre tours pour le souverain. Après avoir passé neuf ans dans ce pays , il revint en Italie , comblé d'honneurs et de présents, et fct envoyé par Léon X à Lorette, où il exécuta les beaux basreliefs qui décorent l'extérieur de la Sanla Casa ; il acheva le logement des chanoines, commencé par le Bramante, et fit fortifier cette ville. Cet artiste trouvait un délassement à ses travaux dans les détails de l'agriculture, et pas- Les talents que Contucci deploya'dans cette entreprise justiaiment pleinement le d'ois du souverain punlife, et Vasari luimême, quoique grand admirateur de reconnut pour les morceaux de seulptee les plus l'eaux et les plus finis (itti eussent paru ceux guet:mm.0 tit en cette occasion. , sait tranquillement sa vie au milieu de ses parents et de ses anciens amis. Il voulut décorer le lieu de sa naissance d'in couvent qu'il bâtit à ses frais pour les religieux de l'ordre de StAugustin , avec une chapelle hors de la porte de la ville. Il fut attaqué d'une pleurésie , dont il mourut en 1529. Il était trèslié avec les gens de lettres et les artistes les plus distingués de son temps ; il a laissé quelques dessins , et en manuscrit, un Traité de perspective sur l'art de faire les décorations de théâtre , ainsi qu'une Dissertation sur les mesures des anciens et sur les proportions en architecture
  • André CORNELIUS : deStavoren, en Frise, a publié en langue hollandaise la Chronique de la Frise, de Ocko van Scharl , retouchée d'abord par les soins de Jean Uretern , et ensuite par les siens, à Leeuwarde, 1597 Elle est partagée en 12 livres, et s'étend depuis l'an du monde 3070 jusqu'à 1565 de notre ère. Cet ouvrage ne doit être consulté qu'avec méfiance : une édition partit en 1752
  • André CORSALI : navigateur, né à Florence, entra au service du Portugal et alla aux Indes. Se trouvant à Cochin lorsque Galvao partit pour l'Abyssinie , en qualité d'ambassadeur, ait commencement de 1516 , il l'accompagna. La flotte, partie de Goa, fut accueillie par des tempêtes à l'entrée de la mer Rouge, et ne put aborder à Suakem. On souffrit beaucoup de la soif; Galvao mourut ; on rentra dans la mer des Indes; l'on prolongea la côte d'Arabie jusqu'à Calagate. Corsali s'y embarqua sur un navire more pour visiter Mascate et d'autres parties de la côte d'Arabie, et rejoignit la flotte portugaise à Ormus, d'où l'on retourna par Goa à Cochin, après une absence d'un an. La relation de Corseli est comprise en deux lettres écrites de Cochin; Pline, du 6 janvier 1515, adressée à Julien de Médicis, contient son voyage depuis Lisbonne jusqu'à Cochin; dans la seconde, du 18 septembre 1517, adressée à Laurent de Médicis, Corsali raconte ce qui lui est arrivé depuis son départ de Goa jusqu'à son retour à Cochin ; il donne la description de tous les pays qu'il a eu l'occasion de voir, et parle en détail de ce qui concerne le commerce des Indes. La relation de Corsali fait bien connaître l'état de la géographie à l'époque à laquelle il écrivait ; il dit qu'au delà des Moluques, vers l'Orient, « l'o « pinion d'aucuns est que la terre de 31olucca se va « joindre du côté du levant et du midi avec le 13K-,- « sil, laquelle est si grande qu'on ne l'a pas toute « découverte, et que, vers le ponant, cette terre se « prolonge jusqu'aux îles appelées Antilles du roi de Castille, et jusqu'à la terre ferme dudit roi. » Corsali termine sa seconde lettre en annonçant qu'il va partir pour Méliapour, d'où il se rendra à Paliacate, et ira ensuite à la recherche de la terre ferme. Il promet d'envoyer l'année d'après la relation de ce nouveau voyage. On ignore quel motif l'empêcha de tenir sa parole. La relation de Corsali se trouve dans le tome ter dit recueil de Ramusio, qui la fit précéder d'un discours où il avertit qu'elle sert en quelque sorte de préface à celle d'Alvares. Gabriel Svméon la traduisit en français; elle est insérée dans le tome 2 du recueil de Temporal, imprimé à Lyon en 2 vol.
  • André CREUTZBERGER( 1714 - 1755) : philosophe allemand, né en 1714 à Neustadt, sur l'Aisch, se consacra de bonne heure à la arrière de l'enseignement, et l'exerça dans divers colléges, tant à Halle que dans sa patrie, où il mourut le 31 janvier 1755. Outre deux dissertations latines, De causa frigoris per aliquot annos solito majcris , et De quibusdam principiis ad instinctum animalium mirabilem explicandum facientibus , il a publié en allemand : 1° De la diversité des sens extérieurs chez les hommes, Nuremberg, 1753 2° Melodien concardanz, ibid., 1755 C'est un recueil de 2,072 chansons ou cantiques, rangées méthodiquement suivant l'air ou la mesure, au moyen duquel on peut à l'instant trouver un air pour une chanson donnée. 3° Plusieurs morceaux dans divers ouvrages périodiques. Les plus remarquables, insérés dans le Namburgische Correspondent, concernent le feu grégeois, et la prétention de Martin Behaim à la découverte de l'Amérique
  • André DACIER( 1651 - 1722) : garde des livres du cabinet du roi, membre de l'Académie française et de celle des inscriptions et belleslettres, naquit à Castres, le 6 avril 1651, et fit ses premières études au collége de cette ville. Son père l'envoya à l'Acad'émie de Puylaurens , et bientôt après à celle de Saumur, pour y profiter des leçons du célèbre TanneguyLefèvre , qui l'associa aux études de sa fille , devenue depuis si justement célèbre sous le nom de madame Dacier . Le jeune Dacier répondit parfaitement aux soins de cet excellent maître, et fit des progrès 'sapides dans les langues grecque et latine, et dans tout ce qui tient à la critique littéraire et philologique. Lefèvre en fut si satisfait, qu'il le retint seul auprès de lui lorsqu'il congédia ses nombreux élèves. Un an après , la mort de cet homme célèbre obligea Dacier à retourner chez son père; mais le désir de connaître ceux qui jouissaient alors de quelque réputation dans les lettres, et l'espoir de s'y faire distinguer luimême, l'amenèrent bientôt à Paris. Tout le fruit de ce premier voyage fut de convain cre Dacier qu'il ne suffit pas toujours d'apporter dans cette capitale du zèle et des talents ; qu'il faut encore y être servi par les circonstances, avantage qui lui manqua pour lors. Il ne se rebuta cependant point; et, plus heureux à un second voyage, il fut présenté au •duc de Montausier, qui, charmé d'ajouter un savant de plus à la liste des interprètes dauphins, le chargea de travailler sur Pomponius Festus. C'était mettre son érudition à une épreuve délicate : peu d'auteurs, en effet , réclamaient aussi puissamment que celuici la sagacité d'un commentateur habile . Cet ouvrage, imprimé d'abord à Paris en 1681 le fut. ensuite à Amsterdam , en 1699 et cette édition est la plus recherchée, parce que l'on y a fait entrer les notes entières des éditeurs précédents, et de nouveaux fragments de Festus. Peu de temps après la publication de ce premier ouvrage, qui annonça Dacier d'une manière si avantageuse, épôusa l'ancienne compagne de ses études, mademoiselle Lefèvre, et cette alliance, si heureuse sous tous les rapports , puisque tous les genres de convenances s'y trouvaient réunis, ne fit que ranimer encore son zèle pour l'étude. Il donna successivement : les OEuvres d'Horace, en latin et en français , avec des remarques historiques et critiques, Paris, IO vol. 1681-1689 . Il ne faut chercher dans cette traduction , ni la grâce, ni l'élégance d'Horace; mais il y a beaucoup à profiter dans les notes; et l'érudition que le commentateur y prodigue, dirigée avec plus de goût et de sagesse, peut conduire à des résultats précieux pour l'intelligence de l'auteur. 2° Réflexions morales de l'empereur Marc- Antonin, avec des remarques et la vie de ce prince, 2 vol. iii-12, Paris, 1690 ; 3° la Poétique d'Aristote , traduite en français avec des remarques sur tout l'ouvrage , I vol. et Paris, 1692. Quelques savants ont regardé cette traduction comme le chefd'œuvre de Dacier; du moins n'atelle pas été surpassée par celle de l'abbé Batteux, et la préface surtout est excellente. 4° œdipe et l'Électre de Sophocle, avec des remarques , 1 vol. Paris, 1692. L'objet principal de cette traduction était de confirmer, par des exemples, la justesse des principes et l'utilité des règles exposées dans la Poétique. 5° Vies des hommes illustres de Plutarque, trad. en français avec des remarques, t. I, Paris, 1694 Cet essai, qui ne contient que cinq Vies, avait pour but d'interroger l'opinion publique, avant de conduire plus loin une entreprise aussi longue et aussi difficile. 6° Les Œuvres d'Hippocrate, traduites en français avec des remarques, et conférées sur les manuscrits de la bibliothèque du roi, 2 vol. Paris, 169'7. Ce volume ne comprend que le traité De aere, aquis et locis, le Jusjurandum, et deux opuscules apocryphes. Les OEuvres de Platon, traduites en français, etc. , 2 vol. 2, Paris, 1699. 8° La Vie de Pytha yore, ses symboles, ses vers dorés ; la Vie d'Hiéoclés, et son Commentaire sur les vers dorés, Paris 1706. On fut redevable de cet ouvrage au règlement de 1701, qui obligeait chaque membre de l'Académie des inscriptions à entreprendre quelque ouvrage conforme au genre de ses études. 9° Le Manuel d'Epictète, avec cinq traités de Simplicius, traduits en français avec des remarques, 2 vol., Paris, 1715. IO° Vies des hommes illustres de Plutarque, etc., 8 vol. Paris, 1721; et 9 vol. Amsterdam, 1723, réimprimées depuis. Ce fut par ce grand travail que Dacier termina une carrière si laborieusement remplie. Inconsolable. de la perte de son épouse, morte en 1720, il ne fit plus que languir les deux années qu'il lui survécut, et la suivit enfin, au moment où il flattait sa douleur de l'illusion d'avoir retrouvé une autre Lefèvre dans mademoiselle de Launay. depuis madame de Stael. Il mourut le 18 septembre 1722, âgé de 71 ans, d'un ulcère à la gorge, qui l'inquiétait si peu, que la veille même il était encore à l'Académie. Ses notes sur QuinteCurce sont en manuscrit à la Bibliothèque nationale
  • André DALESME : physicien français, nommé en 1699 membre de l'Académie des sciences avec la qualité de mécanicien pensionnaire, fut déclaré vétéran en 1706, parce que les emplois qu'il remplissait dans les ports de mer ne lui permirent pas de s'acquitter plus' longtemps des fonctions acadé- miques. il mourut en 1727. On trouve dans le Recueil de l'Académie des sciences, de 1705 à 1717, plusieurs inventions de Dalesme, toutes relatives à des objets d'utilité publique, et la description d'un nouveau cric trèsingénieux, . Le fourneau de Dalesme, reçu d'abord avec empressement, comme propre à débarrasser de l'incommodité de la fumée, a passé de mode, sous prétexte qu'il chargeait l'air d'exhalaisons qui pouvaient devenir nuisibles, et on ne le trouve plus employé ?pie par les ouvriers que leur état oblige à travailler au milieu d'un air méphitique
  • André DANDOLO : doge et historien de Venise, régna de 1342 à 1354. Sa réputation de prudence, de savoir et de vertu, était telle, qu'il fut élu doge à trentesix ans, tandis que depuis longtemps on n'avait N tl élever à cette place que des ieillards consommés par l'expérience. Dandolo cultivait la littérature ; il était ami de Pétrarque, et leurs lettres nous ont été conservées. Il connaissait à fond les antiquités de sa patrie, et il écrivit deux Chroniques latines de Venise, dont finissant à 1339, est imprimée au tome 12 de la grande collection de 'Muratori : l'autre est inédite. Mais Dandolo n'a donné ni i e ni mouvement aux événements qu'il rapporte; son récit est sec, sans couleur et sans intérêt, et peu de livres sont plus ennuyeux que le sien. André Dandolo fut engagé dans une guerre contre Louis le Puissant, roi de Hongrie, par la révolte de Zara, qui, pour la sep- tième fois en 1345, secoua' le joug des Vénitiens. Cette N die fut reprise en t 346 ; mais Louis s'en vengea en attirant dans le golfe Adriatique les flottes des Génois, avec lesquels il fit alliance. Les succès de Paganin Doria, qui, en 1354, ravagea l'Istrie, brilla l'arenzo, et menaça le port même de Venise, causèrent tant d'inquiétude et de chagrin à André Dandolo, qu'il en mourut le 7 septembre 1351. Il avait succédé à Barthélemi Gradenigo, Marin Falieri lui succéda. — Son fils , cultiva les lettres et la jurisprudence avec succès, et après avoir professé le droit à Padoue, il revint à 'Venise et y fut successivement ambassadeur et membre du conseil secret. Le pape Eugène IV le nomma protonotaire apostolique, légat a latere, et ensuite gouverneur de Bologne. On a de lui quelques écrits peu importants sur la théologie et la jurisprudence
  • André DAULIER DES LANDES : né à Moutoire en Vendomois, alla en Perse avec Tavernier en 1664. 11 y était envoyé par quelques négociants pour y faire des découvertes; mais comme il vit que les bureaux de la compagnie des Indes prenaient ombrage de son voyage, il revint en France en 1666, peu content de Tavernier. A son retour, la compagnie des Indes le nomma directeur de ses affaires à Bordeaux. 11 quitta cet emploi en 1668, le trouvant incompatible avec la morale sévère dont il faisait profession. 11 publia : les Beautés ( le la Perse, ou Description de ce qu'il y a de plus curieux, avec la carte et les dessins faits sur les lieux; plus la Relation des aventures de Louis Marot, pilote réal ( les galères de France, Paris, 1673 fig. Dans la préface de son l'auteur donne la relation de son voyage de Paris à Tunis; et, dans le corps de l'ouvrage, il rapporte ce qu'il a vu de curieux en Perse. Il alla jusqu'à BenderAbassi, et revint par Constantinople; sa relation, quoique succincte, est assez pi- quante ; il l'a dédiée aux honndtes gens, qu'il engage à ne pas s'imaginer que les beautés de la Perse qu'il décrit soient les plus belles du monde. Il ne les donne pas pour telles, mais seulement pour ce qu'il y a remarqué de plus curieux, Les gravures, faites d'après les dessins de l'auteur, représentent les objets avec vérité. Daulier déclare qu'il n'a composé son livre que pour l'explication des estampes; cependant il raconte beaucoup de traits qui n'y ont nul rapport
  • André DECLAUSTRE( 1700) : prêtre du diocèse de Lyon, né au commencement du 18° siècle, et de la mort duquel on ignore l'époque, a publié : 1° Dic- tionnaire portatif de mythologie, 1745, 1758, 3 vol. une nom elle édition, revue et corrigée par Richer, partit en 1765, 2.vol. 2° Histoire de Thamas- Koulikan,. nouveau roi de Perse, CM His- toire de la dernière révolution de Perse, arrivée en 1732, Paris, 1742 1758 ; 3° Table gé- nérale des matières contenues dans le Journal des savants de l'édit ion de Paris, depuis l'année 11563, qu'il a commencé, jusqu'en 1750 inclusivement, suivie d'un mémoire historique sur le Journal des savants et d'une notice des journaux formés à l'i- mitation de celui- ri, Paris, 1753-1764, 10 vol. Quoique ce ne soit qu'un travail de patience, l'abbé Declaustre en a retiré quelque gloire, et il a été plus utile aux lettres. que beaucoup d'auteurs plus renommés
  • André DOWNES : en latin Dounœus et Dunceus, naquit en Angleterre dans le Shropshire. Après ' avoir lait ses premières études dans récole royale de i Shrewsbury, il entra, eu 1567, à l'université, de .1 Cambridge, et en 1586, il y obtint la chaire de pro-•esseur de grec. Son édition du Discours de Lysias . sr le meurtre d'Eratoslhènes, Cambridge, 1593, 11-8°, est devenue rare. Les notes étendues qu'il y. ' ii, jointes ont beaucoup de mérite. 11 a publié à Lon-. ( ires, 1621, 8°, le Discours de Démosthène sur la ' Paix, avec un commentaire dans le genre de celui qu'il avait donné sur Lysias. Beck, qui a fait imprimer à Leipsick, en 1799, ce discpurs de Démosthène, y a réuni les notes de Downes, qu'il n'était plus possible de se procurer facilement. Dans " le St- ChrysostOme de Savill, il y a beaucoup de se- marques par Downes. On sait encore qu'il prit part ,... à la traduction anglaise de la Bible, et que ce tra-, vail fut récompensé par une prébende dans l'église ' de Wells. Downes mourut à Cotton, près de Cam- ' bridge, le 2 février 1627, à 17 ans, dit son épita- phe; il était done né vers 1550
  • André DUCROS( 1500) : médecin , né à StBonnet Chatel en Forez, dans le 16' siècle, ,est auteur d'un Discours en vers sur les misères du temps, Bergerac, 1569 11 s'en fit deux autres éditions, la même année, l'une à Angoulême et l'autre à la Rochelle. Duverdier, son compatriote, lui a consacré un article dans sa Bibliothèque française, où l'on apprend qu'il avait composé le Tombeau d'illustre Louis de Bourbon prince de Condé, pièce d'environ 1,000 vers, et plusieurs autres ouvrages latins et français. Duverdier cite du même auteur un sonnet sur les Misères de la vie humaine, qui a pu fournir à Rousseau l'idée de ses stances sur le même sujet
  • André DIVO ou DIVUS( 1500) : né à Capod'Istria, au commencement du 16e siècle, traducteur médiocre, eut cependant quelque réputation dans son temps, et trouva dans le cardinal Alexandre Farnèse un puissant protecteur. On ignore les autres circonstances de sa vie et l'époque de sa mort. Les traductions qu'il a. laissées sont : 1° Homeri Opera latine ad verbum translata, Venise, 1537 ; Paris, 1538; Lyon, même année ; et Salignac, 1540 La tâche qu'il s'était imposée de rendre le sens de chaque mot devait nuire à l'élégance et même à la fidélité de sa version, cependant son travail a servi de base à la plupart des éditions latines d'Homère publiées dans le 16° siècle. 2° Aristophanis Coincedice undecim, latine ad verbum translatœ, Venise, 1538 ; Bâle, 1542, 1552 Cette traduction est encore audessous de la précédente. Tannegui Lefèvre dit, dans ses notes sur Aristophane, que Divus n'en a pas entendu deux vers de suite ; Ménage assure qu'il était trèsignorant 'en grec et en latin. 3° Theocriti Idyllialat ine ad verbum translata, etc., Venise, 1539 Hale, 1554 Argelati ne croyait pas que cette version eût été imprimée : elle a donc sur les deux autres l'avantage d'être moins commune
  • André DORIA( 1468) : le restaurateur de la liberté génoise. André Doria était né à Oneille en 1468; des factions acharnées se disputaient alors la souveraineté de Gênes; les Adorni et les Frégosi, ne songeant qu'à se si ipplanter les uns les autres, sacri- fiaient souvent l'indépendance et l'honneur de leur patrie à leur ambition. Ils vendirent tour à tour la 30 liberté de Gènes au duc de Milan et au roi de France; et Doria éloigné, comme toute sa famille, de. toute part au gouvernement, savait à peine s'il avait une patrie. Il embrassa de bonne heure la vocation des armes , pour chercher dans l'indépendance des camps, en combattant pour des. étrangers, la liberté et la gloire qu'il ne pouvait acquérir ai milieu des siens. À l'âge de dixneuf ans il entra dans les gardes du pape Innocent VIII, sous son oncle, Dominique Doria, qui en était capitaine, et s'y distingua par son exactitude et son adresse dans les exercices militaires. Il passa de là au service de Ferdinand l'ancien, roi de Naples, et ensuite à celui d'Alphonse II, son fils, et il fut le seul de tous les officiers de ce prince qui lui restât attaché après l'invasion du royaume de Naples par Charles VIII, roi de France. Les guerres civiles qui mettaient toute l'Italie en combustion lui firent naître l'idée d'aller dans la TerreSainte, où il tut reçu chevalier de l'ordre de StJean de Jérusalem. Au retour de ce pèlerinage il s'attacha à Jean de la Ro- vère qui tenait pour Charles VIII dans le royaume de Naples, et il se couvrit de gloire par la valeur et l'intelligence avec lesquelles il soutint le siége de RoccaGuillelma, contre le célèbre Gonsalve de Cordoue. Après y avoir signalé sa bravoure, dans le service de terre, il le quitta à l'âge de vingtquatre ans pour la marine, où il acquit bientôt la gloire d'être le premier homme de mer de son siècle. André Doria, en faisant la guerre aux Maures et aux Turcs, qui infestaient alors la Méditerranée, avait réussi en mème temps à augmenter sa fortune et sa réputation ; les matelots servaient avec empressement sous ses ordres, et les galères qu'il commandait étaient sa propriété. 11 appela auprès de lui Philippe Doria, son cousin, dont il fit son lieu tenant,et leu r flotte répandit la terreur parmi les barbaresques. L'exploit qui servit le plus à établir leur réputation fut le combat de Pianosa , dans lequel André Doria, n'ayant que 6 galères sous ses ordres, fut surpris par 13 galè- res que le roi de Tunis avait armées à dessein pour se défaire de lui. Doria combattit avec tant de valeur et d'habileté, que la bataille se termina par la défaite des Maures et la prise de 6 de leurs vaisseaux. Cependant l'Italie était devenue le thé.atre d'urne guerre acharnée entre la France et la maison d'Autriche. Il n'y avait plus d'indépendance pour les États italiens, et ceuxci, lorsqu'ils s'attachaient à l'un ou à l'autre de ces puissants rivaux, se donnaient un maître plutôt qu'un protecteur. Doria embrassa le service de la France, et il y demeura attaché lors même que les révolutions de sa patrie eurent fait embrasser à celleci le parti impérial. François 1" lui confia une flotte considérable avec laquelle il battit celle de CharlesQuint sur les côtes de Provence. 11 alla avec 10 galères au secours de Marseille que le connétable de Boul.- bon, qui l'assiégeait par terre, bloquait aussi par mer avec 18 galères. Doria sut profiter du vent ; il dispersa la flotte impériale, et jeta du secours dans la ville, ce qui obligea les Impériaux d'en lever le siége. En 1525, Doria, du consentement de Fran- ÇOiS 1", passa au service de Clément VII, alors allié de la France, mais il reprit deux ans après le commandement des galères de France , avec 36,000 écus d'appointements, et le titre d'amiral des mers du Levant. Il contribua puissamment cette même année à détacher les Génois de l'alliance de l'empereur, pour les faire entrer dans celle de la France. L'année suivante Doria, pour seconder le maréchal de Lautrec qui assiégeait Naples, envoya devant cette ville son neveu Philippe, avec 8 galères ; Hugues de Moncade, qui comman- dait la flotte impériale, fut battu à Capodono, où il perdit la vie ; et les Français paraissaient sur le point de conquérir le royaume de Naples, lorsque Doria, s'apereevant qu'il était l'objet de la jalousie des ministres de France, que le roi ne songeait point à rendre Savone aux Génois comme il s'y était engagé , qu'il voulait au contraire fortifier cette ville et en faire un port franc, qu'enfin sa patrie et ses soldats allaient être également victimes des artifices d'une cour, renonça au service de la France. 11 attendit dans le golfe de Lerici que le temps de son engagement fût fini ; alors il conclut un nouveau traité avec l'empereur, dans lequel il demanda pour récompense de ses services la restauration de la liberté de Gênes. Le 12 septembre 4528, il se présenta avec sa flotte devant cette ville; les galères de France, qui étaient plus faibles, se retirèrent ; Théodore Trivulce, qui commandait dans la ville, et qui n'avait point pu obtenir les renforts qu'il demandait, se retira dans le château, et Doria fut accueilli par ses concitoyens avec des cris de joie, comme le restaurateur de leur liberté : en effet, au lieu de s'attribuer la souveraineté, comme il en avait le pou voir, il ne songea 1 l'au moyen de rendre le gouvernement plus stable et en même temps plus sage. Il mit un terme an cruelles factions des Adornes et des Frégoses, et d abolit jusqu'à leurs noms; il rappela les nobles an, emplois, mais en les rendant égaux, et il établit la constitution qui a duré presque sans changemee jusqu'à nos jours. C'est ainsi qu'il mérita les lite de père et de libérateur de la patrie, qui lui furent décernés par le sénat. André Doria ne voulut pa même être doge, dans la nouvelle constitution . sa patrie, afin de pouvoir continuer à servir rem- pereur sur nier comme il s'y était engagé. Soli- man 11 ayant porté ses armes dans la Hongrie, Doria proposa à CharlesQuint de faire une diversion du côté de la Grèce. L'empereur le chargea de l'expédition dans laquelle il prit Coron, Patras et ravagea toutes les côtes de la Grèce, ce qui força les Turcs d'évacuer la Hongrie et l'Autriche. L'année d'après il battit encore leur flotte et les força de lever le siége de Coron. 11 n'eut pas, à la vérité, contre le corsaire Barberousse les succès qu'on at- tendait de sa supériorité et de sa bravoure ; il la laissa échapper à la Prévèsa, en 1539, lorsqu'il pa i maître de détruire sa flotte, et l'on soup- .r. enna même un accord secret entre ces deux ma- ' lins qui dominaient la Méditerranée, et qui évi- aient toujours des combats décisifs. Cependant on e vit continuer à monter sur ses galères et à les .ornmander en personne, jusqu'à l'âge de près de )0 ans. Ce ne fut pas contre l'avis de Doria que :harlesQuint fit l'expédition d'Alger ; car cet amial lui conseilla au contraire de profiter de la rêve avec le roi de France pour détruire cette reraite de pirates ; mais l'avis de Doria était qu'on boisa une saison plus favorable que celle de l'an- mime, où la mer est impraticable sur les côtes d'A- rique. En 1547, il s'était rendu maître de Savone t avait fermé l'entrée du port en coulant à fond grands vaisseaux chargés de pierres. Tout le este de la vie de Doria fut rempli par diverses xpéditions maritimes, pi 'I conduisit par luimême u par son neveu Jeannetin Doria; dans l'une de ellesci sa flotte fut battue par Dragut. A l'âge de 5 ans il conduisit sa flotte au secours de l'ile de :orse envahie par les Français, forma le siége de tFlorent, prit cette place et la fit raser. Charlesmint l'avait décoré de la toison d'or et de la dinité de grand chancelier de Naples; il lui avait onné la principauté de Melfi et le marquisat de 'ursi. Ces dignités et le grand crédit dont Doria I ouissait dans sa patrie, et plus encore l'insolence te son neveu, Je,annetin Doria, excitèrent, en 1347, eanLouis de Fiesque à conjurer ontre lui. Mais Fiesque se noya au_ moment où, bar la mort de Jeannetin Doria, il paraissait asiiré du succès. Jules Cibo, peu de temps après, Jrma une seconde conjuration qui fut découverte, t qui lui coûta la vie. Doria, dans la poursuite de es ennemis et la vengeance de son neveu, s'aban- I onna à des excès de cruauté indignes d'un grand tomme. Il fit coudre dans un sac et jeter à la nier atobon de Fiesque, frère de son ennemi, qui lui ut livré huit ans après la conjuration de Jeane Jouis. Doria termina le 25 novembre 1560 sa tonne et glorieuse carrière ; il était alors âgé de 3 ans. Sa vie a été écrite en italien par Lorenzo .apelloni, Venise, 1565
  • André DROSSANDER( 1648) : professeur de médecine à Upsal, né en 1(348. 11 commença ses études à Up- cal, et les continua à Leyde, d'où il se rendit à Paris; ayant été rappelé dans son pays pour professer la médecine, il se fit recevoir docteur à Reims , et retourna en Suède par l'Angleterre. 11 aN ait fait acquisition , pendant ses voyages, d'une pom pe pneumatique, de thermomètres, d'hygromè- tics, et de plusieurs instruments qui le mirent en état de faire à Upsal des expériences dont on n'ayait encore eu aucune idée dans le Nord. Drossander mourut enI696, laissant plusieurs dissertations écrites en latin
  • André DUCHESNE( 1584 - 1640) : dont le nom a été rendu en latin par Chesneus, Duchenius, Querceanus, Quer- neus, l'un des plus savants historiens que la Fran- ce ait produits, et qui par ses immenses travaux a mérité le titre glorieux de père de l'histoire de Fran- ce, naquit à Bouchard en Touraine , au mois de mai 1584. 11 commença ses études à Loudun et vint les achever à Paris, sous la direction de Jules. César Boulanger, connu par différents traités assez curieux. Le jeune Duchesne fit une étude approfon- die de l'histoire et de la géographie; il devint successivement géographe et historiographe du roi. Par son zèle et ses connaissances, il se fit des protecteurs. Le cardinal de Richelieu l'appelait toujours son bon voisin , à cause de la proximité du lieu de leur naissance, et lui donna plusieurs fois des marques de son estime. A l'exemple des hom- mes qui ont beaucoup travaillé, la vie de Duchesne n'offre aucun événement remarquable ; il se maria en 1608, n'eut qu'un fils, et périt bien malheureu- sement, car il fut écrasé par une charrette, le 30 mai 1640, en allant de Paris à sa maison de campagne à Varrière. 11 était alors âgé de 54 ans, et cet acci, dent nous a privé de plusieurs bons ouvrages. Voici la liste de ceux qu'il a publiés : 1° Egregiarum seu electarum Lectionum et antiquitatum liber, Paris 1602 I 2. L'auteur publia cet opuscule à l'âge de dixhuit ans, et le dédia à J.C. Boulanger, son maitre. 2° Januarice Kalendœ, sets de solemnitate anni tom ethnica quam christiana brevis tractatus, avec un poème latin, intitulé : Gryphus de numero ternario, Paris, 1602 2. 30 Les Figures mysti- ques du riche et précieux cabinet des dames, ibid., 1605 Cet ouvrage fut fait pour la demoiselle qu'il recherchait en mariage et qu'il épousa trois ans après. 4. Satyres de . Juvenal, traduites en fran- çais avec des notes, ibid., 1606 livre rare. 5° Les Antiquités et Recherches de la grandeur et de la majesté des rois de France, ibid., 1609 et 1621 Traité rare et curieux. 6° Les Anti- quités et Recherches des villes, chdteaux, etc., de toute la France, ibid., 1610 souvent réimpri- mé. '7° Les Controverses et recherches magiques de Martin Delrio, traduites et abrégées du latin, ibid., 1611 . 8° Histoire d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande, ibid., I 614 réimprimée avec des augmentations en 1634, et continuée jusqu'en 1640, ibid., 1657, 2 vol. ; 9° Bibliotheca Cluni acen- sis, collecta a Martino Marner, edente CU111 nous , indrea Quercetano, ibid., 1614 10° Histoire ' s papes jusqu'à Paul V, ibid., 1616, 2 vol. ih 1645 ; 11° Petri Abcelardi et Heloyssœ con- gis ejus Opera, ibid., 1616 ; o Histoire de la maison de Luxembourg, de Nie. ignier, ibid., 1617 ; 13' Les OEuvres d'Alain dartier , ibid., 1617 ; 14° Alcuini Abbatis I r) pera, ibid., 1 61'7 150 Dessein de la descrip-• on du royaume de France, ibid., 1617 Duhesne avait entrepris tine description générale de a France ; on avait même commencé à l'imprimer .n Hollande , et l'on ignore la raison qui la fit 16° Bibliothèque des auteurs qui ont . crit l'histoire et topographie de la France, ibid., 1618 réimprimée avec des additions en 1627, même format. Ir Histoire des rois, ducs et wntes de . Rourgogne, ibid., 1619 et 4 628 , 2 vol. 11-40; 18° Lettres d'Étienne Pasquier, ibid., 1619, 3 vol. ; 19° Historiœ Normanorum Scriptores tntiqui, ibid., 1619 Cet ouvrage, rare et .:urieux, devait former trois volumes. Celui qui a été publié a été réimprimé dans la collection des historiens de France ; 20° Plusieurs histoires généalogiques de maisons célèbres, telles que celles de ChastillonsurMarne , ibid., 1621 des seigneurs de Rais de Breil, ibid., 1621 de la Rochefoucauld, ibid., 1622 ce n'est qu'une feuille ; de Montmorency, ibid., 4624 chefd'oeuvre en son genre; de la maison de Vergi, ibid., 1625 ; des comtes d'Albon et dauphins de Viennois, ibid., 1628 qui forme le 2e volume de l'histoire de Bourgogne; des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy, ibid., 1631 ; des maisons de Dreux, BarleDuc, Luxem- bourg, Limbourg, du Plessis, Richelieu, etc., ibid., 1631, in - fol.; de la Chas taigneraye,. ibid., 4639 ; de la maison de Béthume , même date et même format. 21° Series Auctorum, omnium, qui de Francorum Historia, et de rebus Francicis, cum çê clesiasticis tum, secularibus, ab exordio regni ad iostra usque tempora, etc., Paris 1633 réimprimé en 1635. C'est le plan du recueil des bis- toriens que Duchesne se proposait de publier d'a- bord en 20 volumes, puis en 24. François Duchesne a publié une 3e édition de ce projet, Paris, 4 663 et .1. Alb. Fabricius l'a inséré dans l'Isa- goge in Historiam scriptorum histories gallicœ , Hambourg, 1708 22' Historiai Francorum Scriptores, 1636-1641, 3 vol. Le 1" volume contient l'origine de la nation jusqu'à Pepin le Bref; le 2', depuis ce prince jusqu'à Hugues Capet, et le 3e va jusqu'au roi Robert. C'est pendanrl'impression de ce volume que mourut Duchesne; son fils en fit achever l'édition, et publia les volumes 4 et -5-, qui contiennent les événements arrivés depuis Robert jusqu'à Philippe IV, dit le Bel. 23° On lui doit aussi les vies des saints de France, qui ont été publiées, pour la plus grande partie, par les soins de Nic. Carnusat, des Bollandistes , du P. Labbe et du P. Mabillon. 24° Enfin il avait composé une Histoire des ministres d'État depuis le roi Robert, que le P. Le Long croit être la même que celle publiée en 2 volumes Paris 1642, dans laquelle on trouve l'ordre et le style de Duchesne. Outre les ouvrages manuscrits trouvés à la mort de ce savant, il a laissé plus de 100 volumes tous écrits de sa main. Ils contiennent des recueils de pièces, des extraits de titres, des observations, remarques, généalogies, etc
  • André DUDITH( 1533) : né à Bude, le 6 février 1533, , in concilio Tridentino habitce; Apologiaad D. Maximilium II. imperatorem, commentarius pro conjugii libertate, 1610 réimprimé, •143 3° Notce duplices in fausti Socini disp. de Bapti. into ; 4° Quœstio ubi vera et catholica Ecclesia Christi invenitur: 5° Une lettre contre la condamnation des hérétiques au dernier supplice. 6° Des lettres et poésies latines. 1° La Vie du Cardinal Polus, en latin, traduite de l'italien de Louis Beccatelli, etc. La nuit même qu'il mourut, il laissa à sa femme les vers suivants : 0 coecas animi latebras, et nescia corda Crastina venturo quid ferat bora die! Quis noctem me illam, convivia et illa putasset Ultima, tam taro ducere cum capite
  • André DU LAURENS( 1500) : premier médecin de Henri 1V, naquit à Arles, on ne sait trop à quelle époque, mais vraisemblablement •vers le milieu du 16e siècle. On ignore également le lieu où il a passé la première partie de sa vie. Selon Astruc, il alla en 1583 étudier la médecine à Montpellier, et non à Paris, comme le prétend Gui Patin, et trois années après, il fut pourvu de la chaire vacante par le décès de Laurent Joubert. Appelé à la cour en 1600, nonseulement il y occupa la place de médecin ordinaire du roi, que l'on créa pour lui, mais encore il fut nommé à celle de premier médecin de la reine Marie de] Médicis, en 1603, et la mème année il obtint, quoiqu'absent, la charge de chancelier de la faculté de Montpellier, dans les fanelions de laquelle il se fit représenter successivement par Jean Saporta et par Varandé. Enfin en 1606, Henri IV nomma Du Laurens son premier médecin, en l'emplacement de Michel Marescot; nais il ne jouit pas longtemps de cet honorable emploi, car il mourut le 16 aoùt 1609. Du Laurens, estimé de son souverain et considéré à la cour, profita de sa faveur pour avancer les membres de sa famille ; l'un de ses frères, Honoré, obtint de Henri IV l'archevêché d'Embrun ; l'autre, Gaspar, eut celui d'Arles, auquel le roi ajouta l'abbaye de StAndré de Vienne. Du Laurens a eu une plume assez féconde ; mais tous ses ouvrages n'ont pas un égal mérite. Voici la liste des principaux : 1° Historia anatomica humani corporis, etc., Francfort, 1595, etc. Paris, 1600 avec figures ; traduite en français par Théophile Gelée, Paris, 1639 ; ibid., 1741 avec figures. Cet ouvrage , le plus considérable que Du Laurens ait publié, se fait plutôt remarquer par l'érudition et l'élégance du style que par l'exactitude des descriptions anatomiques ; cependant, malgré les erreurs dont, ilPurmille, il a eu un prodigieux succès, parce que sans doute on ne possédait rien de plus complet à l'époque où il a 'vu le jour : van der Linden le regarde même comme le meilleur guide que l'ont puisse choisir ; mais l'auteur s'arrête trop souvent à des questions oiseuses ; et, au lied de s'en rapporter à son propre examen, il adopte trop servilement le témoignage de ses prédécesseurs, entre autres de Galien, qui, en anatomie, ne pouvait être qu'un guide infidèle, et dont pourtant il embrasse vivement la défense contre Falloppe, Vésale et autres anatomistes des plus distingués ; il montre même beaucoup d'humeur contre le dernier, quoiqu'il lui ait emprunté presque toutes les planches qui accompagnent les éditions de son livre; parfois aussi il s'approprie sans façon les découvertes des autres. 2° De Criibus libri tres, F1'ancfort, 1596 Lyon, 1613 11 fait dépendre les crises du pouvoir seul de la nature, et il réfute les médecins superstitieux qui attribuent les jours critiques à la puissance des nombres ou à l'influence des astres; ce traité doit être regardé comme la meilleure production de Du Laurens, qui s'y montre d'ailleurs fort attaché à la médecine hippocratique. 3° De mirabili strumas sanandi Vi, regibus Galliarum Christianis divinitus concessa, libri duo, Paris, 1609 11 décrit en détail, dans le premier livre, la curieuse cérémonie du toucher des écrouelles par les rois de France : il assure que, sur mille malades, il y en a plus de cinq cents qui en peu de jours recouvrent une santé parfaite, et que Henri IV en guérissait plus de quinze cents chaque année; il fait remonter à Clovis l'origine de cette singulière coutume; il dispute aux rois d'Angleterre la possession de ce o n merveilleux , et ge leur accorde que celui de dissiper le mal caduc, 'n faisant porter aux épileptiques des anneaux . onsacrés ; il donne, au reste, dans toute cette prenière partie, des preuves non équivoques d'une .xcessive crédulité : le second livre est entière'tent pratique. 4° Discours de l'excellence et de la conservation de la vue, Paris, 1597 traduit 'n anglais en 1599 ; en latin par Jean Schônlin, Munich, 1618; en italien par Fr. Gio. Germano, Na-?les, 1666 ; Operumtomvs alter, continens ecripta therapeutica, Francfort, 1621 Non;eulement ce volume renferme les traités relatifs tin crises, aux écrouelles et à la conservation de, vue, mais encore il y est question de la mélan:olie , des catarrhes, de la vieillesse, de de la goutte, la lèpre, de la syphilis, etc. Toutes les œuvres de Du Laurens ont été réunies en latin sous ce titre : Opera omnia anatomica et medica, Francfort, 1627 Paris, 1628, 2 vol. par les soins de Gui Patin, et traduites en français Par Théoph. Gelée, Paris, 1646 avec figures ; Rouen, 1660
  • André DURYER : né à Marcigny en Bourgogne, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , occukia la place de consul de France à. Alexandrie d Egypte, et se livra avec ardeur et succès à l'étude de l'arabe et du turc. On sait qu'il vécut vers le milieu du 17e siècle, qu'il habita longtemps en Orient ; mais on ignore l'époque précise de sa naissance et de sa mort. Deux certificats délivrés par les consuls de Marseille, et un firman ou ordre du GrandSeigneur, portent à croire qu'il quitta son consulat peu avant l'an '1630, qu'il résida quelque temps à Constantinople pour les affaires de France , et enfin qu'il repassa en France vers la même année 1630. On a de cet orientaliste les ouvrages suivants : 10 Rudimenta grammatices linjuœ Turcicce, Paris, 1630 et .1634 : dans la préface de ce volume, datée du mois d'a% ril 1630 , Duryer présente sa grammaire turque comme la première qui ait été publiée ; ce qui n'est point exact. Mégiser avait donné en Allemagne , en 1612, ses Institht iones linyuoe Turcirm : mais Duryer ne les connaissait probablement point , et d'ailleurs sa grammaire était bien préférable à celle de Mégiser, qui n'offrait point de caractères orientaux et fourmillait, (l'erreurs. Duryer annonçait dans la même préface la publication prochaine d'un dictionnaire turclatin , qui devait être accompagné d'un recueil de diplômes, d'actes et de lettres familières; mais ce dictionnaire n'a jamais. paru. Il se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothè- que impériale. 2. Gulistan , ou l'Empire des Roses , composé par Saadi , prince des poètes tures et persans, Paris, 1634 : dans ce volume, Duryer donne des extraits seulement des huit livres dont se compose le Gulistan . On présume qu'il a fait cette traduction d'après une version turque. 3° L'Alcoran de Mahomet, translaté de l'arqbe enfranfols, par le sieur Duryer , sieur de la Garde Malezair, Paris, 1647 : cette trad fiction, malgré ses nombreux défauts, obtint un grand succès. Elle fut réimprimée en Hollande dès 1649, et depuis on en a fait plusieurs éditions; elle a mémo été traduite en anglais, en hollandais et en allemand d'après la version hollandaise. Voyez sur ces versions la Biblioth. arab. de Schnurrer. Parmi les réimpressions de, cet ouvrage de Duryer, on doit distinguer celle d'Amsterdam , 1770, 2 vol. , aNec ligures , à laquelle on a ajouté la traduction du discours préliminaire placé par Sales en tète de. sa traduction anglaise de l'AI- coran
  • André DUVAL( 1564) : de la maison et société de Sorbonne, né à Pontoise le 15 janvier 1564, fut reçu docteur de la faculté de théologie de Paris en 1594. Henri IV ayant établi deux chaires royales de théologie positive en 1598, Duval et Philippe de Gamaches furent nom- més pour en être les premiers professeurs. Quoi qu'en dise Baillet, on ne peut guère contester à Duval la science suffisante pour remplir une de ces places. Il fut aussi choisi pour celle de l'un des trois supérieurs généraux des carmelites en France. Duval penchait vers l'ultramontanisme. Son attachement à cette opinion do la cour de Rome l'avait rendu agréable à Maffei Barberin, alors nonce en France, et depuis pape sous le nom d'Urbain VIII. Maffei l'employait dans l'occasion, et l'avait chargé de lui découvrir un théologien qui consentît à écrire en faveur de la . puissance du pape contre les Vénitiens , qui ne voulaient pas l'admettre sans restriction. Il arriva que, sur ces entrefaites, on proposait une nouvelle édition des oeuvres de Gerson , où k pouvoir pontifical est réduit à ses justes bornes. Duval en avertit le nonce, qui eut le crédit de faire retarder la publication de l'ouvrage. André Duval fut un des plus grands adversaires du syndic nicher, qui défendait courageusement les libertés de l'Eglise gallicane, et que son caractère ardent fit aller trop loin. Si l'on en croit Baillet , les procédés de Duval furent poussés jusqu'à la persécution. Ce même Baillet accuse Duval d'avoir, sous de spécieux prétextes, attiré Richer dans la maison du P. Joseph, capucin, et confident intime du cardinal de Richelieu, où, de force, et par la crainte de deux asm›.sins introduits dans la chambrepour l'effrayer , on lui fit signer une déclaration enntraire à ses sentiments; violence qui causa à Richer un extrême chagrin et précipita sa mort. Si , d'un autre côté, on en croit les écrivains du parti opposé, _Duval était un savant plein de mérite. En convénant qu'il était un des plus terribles adversaires du fameux syndic, tandis qu'ils parlent de celuici comme d'un homme opiniâtre et brouillon , ils représentent Duval sous les traits d'un théologien distingué, et d'un défenseur zélé de l'orthodoxie, contre une doctrine qui n'allait à rien moins qu'à la subversion des vrais principes et à la destruction totale de l'Eglise. Duval mourut le 9 septembre 1638, sénieur de Sorbonne et doyen de. la faculté de théologie. Il est auteur des ouvrages suivants : 1° Com- mentaire sur la Somme de St 'l'humus, 2 vol. 2" Divers écrits contre Richer, et notamment Elenchus libelli de eeclesiascica et poli- tica Potestate. 30 Vie de la sœur Marie de Incarnation , religieuse carmelite , Paris, 1621 4° Le feu d' Héli, pour tarir les eaux de Sile, 1603. Cet écrit est contre le ministre Du Moulin. 5° De suprema Romani pontifieis in Ecciesiam Potes, ate, 1614, 60 Les Vies de plusieurs saints de Franc et des pays voisins. jointes par René Gauthier à sa traduction française des Fleurs des vies des Saints, du jésuite espagnol Ribadeneira, Paris, 1608 souvent réimprimé
  • André ELLICOTT( 1753 - 1820) : sa\ ant américain, né en 1753 dans la Pensylva nie, professeur de mathématipies à l'école militaire de WestPoint , fut employé comme ingénieur lors de la fondation de la \ ille de Washington. En 1796, il coopéra à la fixation des limites enlre les possessions des EtatsUnis et celles de l'Espagne, et mourut à WestPoint le 28 août 1820 à l'âge de 61 ans. Il a publié en 1806 un Journal accompagné d'une carte de l'Ohio, du Mississipi et d'une partie de la Floride ; et a fait paraître des mémoires sur l'astronomie et sur d'autres sujets dans les transactions d'une société scientifique
  • André ELLINGER( 1526) : né en 1526 à Orlemunde dans la Thuringe, sut de bonne heure associer le goût de la littérature à celui des sciences exactes. Après avoir achevé d'une manière distinguée le cours de ses humanités, il embrassa l'étude de la médecine. En 4549 il obtint ses premiers degrés à l'université de Wittemberg, et, en 1554, celle de Leipsick l'admit au nombre de ses professeurs. 11 remplissait honorablement cet emploi depuis quinze années lorsqu'il fut appelé par l'électeur de Saxe à l'université de Iéna, dont il occupa la première chaire dans la faculté de médecine, et ensuite le rectorat. 11 accompagna ce corps savant à Salfelii, où il fut momentanément transféré pendant que la peste désolait Iéna en 4578. De retour dans cette dernière ville, Ellinger continua d'unir à l'exercice de ses fonctions les travaux du cabinet. 11 termina sa carrière le 12 mars 1582, laissant quelques ouvrages qui prouvent, sinon de vastes connaissances, du moins un talent réel pour la versification la I ine : Hippucratis aphyrismorum, I id est selectarum rnaximequerararum sententiarum paraphrasis poetica, Francfort 4579 Cette traduction des Aphorismes fut bientôt suivie de celle des Pronostics ; mais Ellinger ne se borna pas à exercer sa verve poétique sur des sujets médicaux, il mit en vers les Evangelia nicalia , et rectifia la prosodie des hymnes ecclésiastiques. Parmi les discours inauguraux de ce professeur on doit en distinguer deux, l'un sur les aphorismes d'Hippocrate, l'autre sur la belle maxime de ce père de la médecine : tereo; tadec. Enfin le seul travail tout à la fois original et médical d'Ellinger se borne à un petit nombre de consultations qui font partie du recueil publié en 1604 à Leipsick par Jean Wittich
  • André FABRICIUS( 1520 - 1602) : ou Le Fèvre , né probablement vers 1520, à Hodège , dans le pays de Liége, fit sa théologie à Ingolstadt, professa cette science à Louvain en 1555; alla à Rome en qualité d'orateur auprès de Pie IV, du cardinal OthonTruchsès, évêque d'Augsbourg ; revint en Allemagne après six ans, fut conseiller du duc de Bavière , et prévôt d'AltOeting, où il mourut en 1581. On a de lui : 1° Religio patiens, tragœdiaqua sœculinostri exhiben tur calamitates , Cologne , 1566 ; 2° Samson , tragedia ex sacra Judicum historia , 1569 5. Harmonie, que nulla est, coessionis . Augustance cura doctrina evangelica consensum declarans , liber', 1573 réimprimé en 1587. Fabricius y réfute en détail tous les articles de la confession d'Augsbourg. 4° Catechismus romanes ex decreto concilii Tridentini, luculentis questionibus distinctes , brevibusque annotatiunculis elucidatus , 1570 ; 1574 50 Jeroboam rebellans , tragœdia , 1585 Paquot le fait auteur d'un ouvrage allemand intitulé : Lunettes sur la prunelle évangélique , qu'il présume arc dirigé contre un écrivain protestant, qui répliqua par une brochure allemande intitulée: Le Nettoyeur de lunettes; ce qui fit naître une nouvelle brochure de Fabricius, dont le titre annonce que le Nettoyeur a pris une peine inutile. —Un autre André FABRICIUS a place, comme homme d'État, dans le Theatrion de Paul Freher ; mais il ne parait pas avoir laissé d'ouvrages. il naquit en Silésie en 1517, prit le bonnet de docteur en droit à Tubingen en 1578 , fut en 1580 créé conseiller des ducs de Prusse, et en 1592 vicechancelier à Koenigsberg; il y mourut le 14 janvier 1602
  • André FALCONET( 1611) : naquit à Roanne le 12 novembre 1611, de Charles, qui fut depuis médecin de la reine Marguerite de Valois. André fit ses études à Roanne, alla étudier la médecine à Montpellier, et fut reçu docteur en 16M. Deux ans après, il vint s'établir à Lyon, où il exerça la médecine avec succès jusqu'en 1691, année de sa mort. Il s'était fait recevoir docteur en droit en 1641 ; il avait obtenu en 1656 le titre de conseiller, médecin ordinaire du roi , et avait été appelé en 1663 à Turin pour la maladie de Christine de France, fille de Henri IV. Falconet cultivait la littérature , et Lucain était son auiour favori. Il fut trèslié avec Ch. Spon et Guy Patin ; ce dernier le qualifie excellent médecin , et l'appelle son meilleur ami. C'est à Falconet que sont adressées les lettres de Cuy Patin , imprimées dans le premier recueil , ayant indifféremment les initiales F. D. M.; F. C. M. D. R.; ou F. M. C. D. R. On a d'André Falconet des Moyens préservatifs et Méthode assurée pour la parfaite guérison du scorbut, 1612 réimprimé en 1684
  • André FAVYN( 1500 - 1620) : avocat, né à Paris à la fin du •6e siècle , s'appliqua avec beaucoup de zèle à l'étude des antiquités de la monarchie française , et publia quelques ouvrages assez estimés des curieux. On reproche cependant à l'auteur de s'ètre montré trop crédule et d'avoir négligé de citer les sources où il a puisé quantité de faits qu'on ne peut admettre d'après lui. On ignore les circonstances de la vie de Favyn , et ce n'est que par conjecture qu'on place sa mort vers l'année 1620. On a de lui : 1° Histoire de Navarre, contenant l'origine, les vies et conquêtes de ses rois , Paris , 1622 Lenglet Dufresnoy l'a jugée trèssévèrement et d'un seul mot. On y trouve cependant des choses intéressantes. 2" Traité des premiers offices de la couronne de France, 1613, : il y établit que Clovis institua des charges analogues à celles qui existaient chez les Romains , et que ces charges n'ont fait qu'éprouver les modifications que nécessitaient les changements arrivés dans le gouvernement du royaume ; 3° le Thédtre d'honneur et de chevalerie, ou l'Histoire des ordres militaires, des rois et princes de la chrétienté , et leur généalogie , Paris , 1620 , 2 vol. fig. : Lenglet Dufresnoy reproche à l'auteur de n'ètre pas toujours exact ; le P. Ménestrier dit qu'il a fort maltraité les ordres de chevalerie. Cet ouvrage curieux n'en est pas moins trèsrecherché. On a cité par erreur , dans le Colomesiana , l'Histoire de Naples , au lieu de l'Histoire de Navarre
  • André FÉLIBIEN( 1619 - 1695) : écuyer, sieur des Avaux et de Javercy, naquit à Chartres, en mai 1619. Il fit ses premières études dans sa ville natale, et vint à quatorze ans à Paris pour y cultiver les lettres. En 1647, il fut nominé secrétaire d'ambassade dû marquis de FontenayMareuil, à Rome. La vue des monuments de l'antiquité développa son goût pour les arts ; il visita les plus habiles peintres , et se ' lia particulièrement avec le Poussin. De retour en France, il s'établit à Chartres, et s'y maria. Ses amis le présentèrent au surintendant Fouquet, et, après la disgrâce de ce ministre , Colbert le fit venir à la cour. Il fut successivement historiographe du roi , de ses bâtiments , des arts et manufactures, garde des antiques du palais Brion , secrétaire de l'Académie la liste des ouvrages de Félibien ; les principaux sont : 1. Paraphrases des lamentations de Jérémie, du cantique des trois enfants , et du Miserere, réunies en 16t6 ; 2° Relation de la disgrâce du comte- duc Olivares , traduite de l'italien de Camille Guido , Paris, 1650 ; Amsterdam , 1660 ; 30 le Chdteau de l'dme, traduit de l'espagnol de SteThérèse, 1670 . 40 la Vie du P. Pie V, traduite de Agatio di Somma, Paris,1672, ; 5. la Vie du P. Louis de Grenade, de l'ordre des Prêcheurs , Paris , 1668 ; Description de l'abbaye de la Trappe, Paris, 1671, 1678, 82, 89 , traduite en anglais et réimprimée en 1718 à la suite des règlements de cette abbave ; 7° Description sont- maire' du chdtean de Versailles , Paris , 1674; Ams terdam, 1603 ; 8° Description de la grotte de Versailles, Paris , 1672 , ; 9° Des- cri]. ) lion de la chapelle du ehdteau de Versailles, Paris, 1711 Plusieurs bibliographes ont attribué, par erreur, ces trois ouvrages à son fils; 10' Description des tableaux , statues et bustes des maisons royales, Paris, 1677 ; 11. Origine de la peinture, suivie d'autres pièces, 1660 12° Prin cipes de l'architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent, avec un Diction naire des termes propres, Paris, 1676-90 fig.; 13° Conférences de l'Académie de peinture , Paris, 1669, ; Amsterdam , 1706 ; 14° Entre tiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes , Paris , 1666 , 1685, 2 vol. Amsterdam, 1706, 5 vol. Trévoux, 1725, 5 vol. C'est le plus connu et le plus estimé des ouvrages de Félibien ; il a été traduit en anglais. L'édition de 1706 contient en outre les Conférences de I' Académie de peinture, l'Idée du peintre parfait et divers Traités des dessins , estampes, de la connaissance des tableaux et du goal des nations. On y a joint les Vies des architectes , et la Description des maisons de Pline, qui sont de la composition de son fils JeanFrançois. La Description des Invalides par ce dernier est surajoutée à l'édition de 1725 ; 15° plusieurs Descriptions des fêtes, tableaux , etc. ; 6. le Songe de Philomathe, 1684. C'est un dialogue entre la Peinture et la Poésie qui se disputent la gloire de célébrer les actions de Louis XIV. Ce fut encore Félibien qui composa toutes les inscriptions placées dans la cour de l'hôtel de ville de Paris depuis 1660 jusqu'en 1686
  • André ESSENIUS( 1618 - 1677) : né à Bommel , dans la Gueldre hollandaise , en février 1618, fut appelé à Utrecht pour ètre pasteur de l'église réformée, en 1651 , et professeur de théologie en 1655; il y mourut le 18 mai 1677 , laissant de nombreux écrits polémiques sur la Satisfaction de Jésus- Christ, sur le Sabbat des Juefs., etc., dirigés contre Crellius , Ileidanus, François Burman, Desmarets et autres. Nous avons encore de lui un Système de théologie , en 2 volumes Utrecht, 4659, et un Abrégé de ce système, 1669 tous ces écrits sont en latin. Il a publié en hollandais des Remarques sur la par« bole du semeur , où il combat le fameux Jean Labadie et ses sectaires
  • André FERRARI( 1599 - 1669) : né à Gènes , d'une famille dans laquelle les dispositions pour le dessin sP blaient un don de la nature , reçut de Bernard Castello les premières leçons de son art , se perfectionna ensuite sous Bernard Strozzi , dit le prètre genois , et obtint une grande vogue. Les productions de son pinceau actif se multiplièrent au point qu'il n'y a pas d'églises , de palais et de maisons de particuliers , soit de Gènes , soit des environs , qui ne possèdent quelque ouvrage de ce peintre agréable , dont le talent universel traitait avec un vrai mériU l'histoire , le paysage, les fleurs , les animaux et le portrait en grand et en miniature. Pour se soustraire aux liens du mhriage et pour se livrer plus librement à ses occupations , il prit l'habit ecclésiastique. Son ardeur au travail le fit aussi lutter jusqu'à la fin de sa carrière contre les douleurs (l'une goutte opiniâtre. Ce peintre infatigable mourut en 1609, à l'âge de 70 ans. — Gregorio FERRARI , né à PortMaurice en 1641 , mort a Gènes en 17'26, étudia la manière du Corrége , demeura à Parme , peignit pour diverses églises , soit à l'huile , soit à fresque. — 11 eut un fils , Lorenzo FERRARI , qui cultiva la peinture et suivit les traces de son père. Il vécut dans le célibat et prit l'habit ecclésiastique ; on l'appelait l'abbé Ferrari. 11 mourut en 17 , à, gii de 61 ans
  • André FERRY( 1714 - 1773) : minime, géomètre et mathématicien, de l'Académie d'Amiens et de quelques autres sociétés savantes, naquit à Reims en 1711 et mourut le 5 septembre 1773. Il donna le plan de la machine hydraulique pour les fontaines de la ville de Reims , dont le célebre abbé Pluche avait conçu l'idée, et que le chanoine Godinot fit exécuter à ses frais en 1747. Le P. Ferry présida à la construction de cette machine, qui est d'une simplicité étonnante, et fait l'admiration des étrangers. Les villes d'Amiens et de Dole lui doivent les eaux dont elles jouissent. Il lit des Mémoires sur l'établissement des fontaines publiques de chacune de ces deux villes, imprimés l'un à Amiens, 4749 et l'autre à Dole, 1750 Il donna en 1'718 le Plan des & oies de mathèrnati- ques et de dessin de Reims, et l'adressa à MM. de l'Académie des sciences de Paris. Ses grands ta- , lents lui valurent la place de premier professeur de ces écoles, qui furent établies en 1719. Le P. Ferry a laissé quelques autres ouvrages , et 1 entre autres un peine latin à la louange de ma- - dame de Tencin. La dissertation sur le projet de donner des eaux à la ville de Reims , imprimée I dans cette ville chez Barthélemi Multeau en 17/7, · avec un plan gravé, parait éthe (le lui ; c'est une pièce qui se fait lire avec intérêt
  • André FLETCHER( 1653) : appelé communément Fletcher- de Saltoun, nom d'un bourg d'Écosse où il était ne en 16t13 , sous le protectorat de Cromwell. Sa famille jouissait d'une grande considération et d'une fortune audessus de la médiocrité, Il fut élevé par le célèbre Gilbert Burnet, alors curé de Saltoun , et depuis évèque de Salisbury. Digne élève d'un maitre si distingué, le jeune Fletther acquit promptement toutes les connaissances qite peut donner une éducation trèssoignée ; il se rendit familières les langues grecque et latine, ainsi qtie le français et l'italien. Il s'appliqua particulièrement à cultiver, par l'étude des orateurs anciens, le goût naturel qu'il avait pour l'éloquence. Plusieurs voyages sur le continent servirent à étendre ses idées et à perfectionner ses talents. Né avec un caractère ardent, lier et généreux, mais opinitUre , il se livra très- jeune encore aux idées de républicanisMe que les presbytériens exagérés avaient répandues en Écosse, et qui avaient préparé le succès de Cromwell, en précipitant du trône le malheureux Charles I. Fletcher eut de bonne heure l'occasion de développer et ses talents et ses principes. Membre du parlement d'Écosse , où le duc d'York était grand commissaire , Fletcher se fit connattre comme orateur énergique et comme zélé républicain. Il s'opposa avec une fermeté inflexible aux mesures arbitraires de la cour ; et, pour éviter la persécution dont il était menacé, il prit le parti de s'expatrier et de passer en Hollande. Ayant été sommé de comparaître devant les lords du conseil à Édimbourg , et n'ayant point obéi , ses biens furent confisqués, et il fut déclaré hors de la loi . Il était à la Haye lorsqu'ensuite Jacques proclama son acte d'indemnité; mais Fletcher n'en voulut pas profiter. 11 préféra l'exil à la honte de devoir à la faveur d'un roi la liberté et la restitution de ses biens. Il revint cependant en Angleterre quelque temps après l'avénement de Jacques II au trône. Indigné des mesures violentes qui signalèrent le commencement de ce règne, il se lia avec les ennemis du roi , et entra dans des conspirations qui se formèrent pour renverser Jacques H du trône. Il obtint la confiance du duc de Montmouth, qu'il suivit dans son expédition en Ècosse , d'où ce prince avait formé le projet d'envahir à main armée l'Angleterre et de s'emparer du trône. Fletcher, qui aurait voulu établir une république eu Angleterre et en Écosse, ne pouvait approuver ce projet; et Montmouth, qui n'avait ni les talents ni les moyens nécessaires pour l'exécuter , fut battu , fait prisonnier et condamné à périr sur l'échafaud . Dans le cours de cette malheureuse expédition, Fletcher se fit, par la violence de son caractère, une affaire qui l'obligea de s'expatrier encore. Pressé de partir pour un service urgent, et n'ayant point de cheval, il prit celui du maire de Lynn , sans lui demander son consentement. Au retour de son excursion, le maire lui reprocha son procédé en termes fort et le menaça morne de sa canne. Fletcher, ne pouvant contenir sa fureur , lui tira un coup de pistolet et l'étendit mort sur la place. Ce meurtre excita parmi Io peuple des environs un soulèvement dont les suites pouvaient devenir dangereuses pour le duc de Montmouth, qui pressa luiméme Fletcher de s'éloigner : celuici se hâta de s'embarquer sur un navire prêt à faire voile pour l'Espagne. A peine arrivé à Madrid , il y fut arrêté , à la demande du ministre d'Angleterre et destiné à être envoyé à Londres ; mais la veille du jour où il devait être embarqué , un inconnu se présenta aux barreaux de sa prison et lui procura les moyens de se sauver. Cette aventure, ainsi qu'une autre où il dut son salut à une espèce d'apparition, fortifia beaucoup la teinte de superstition religieuse que lui avait imprimée son éducation. Il prit ensuite du service comme volontaire , et se distingua dans la guerre de Hongrie par ses tra- vaux et ses talents militaires. Il revint en Angleterre avec Guillaume , prince d'Orange. Malgré son opposition au gouvernement de Jacques II , il ne put approuver le projet de le détrôner pour mettre à sa place un prince étranger. Il se déclara contre Guillaume, dont il fut depuis constamment l'ennemi. Fidèle à ses maximes de républicanisme et zélé défenseur des libertés du peuple , il croyait qu'il ne fallait pas confier au meilleur des princes un degré de puissance dont les mauvais abusent toujours, et que le souverain ne devait avoir qu'autant de pouvoir qu'il en faut pour faire le bien. Ces principes, qui avaient motivé son opposition à Charles Il et à Jacques II, ne lui permettaient pas de croire que le gouvernement de Guillaume fût plus favorable à la liberté ; et en cela il se trompa, ainsi que dans son obstination à combattre la mesure de la réunion de l'Écosse à l'Angleterre, mesure qu'il regardait comme tendant à mettre l'Écosse dans une dépendance de l'Angleterre également contraire à l'honneur et à la prospérité de son pays. L'événement a prouvé que l'élévation de Guillaume Ill au trône d'Angleterre avait étendu et assuré la liberté nationale , en la fondant sur des bases aussi solides que la sagesse humaine puisse les concevoir. L'expérience a prouvé de même que l'union de l'Écosse avec l'Angleterre , en mettant fin aux divisions qui avaient si longtemps ensan- glanté le territoire des deux royaumes , avait procuré à l'Écosse une augmentation d'industrie , de richesse et de prospérité qu'il était difficile même de prévoir. L'histoire a laissé peu de détails sur les dernières années de ce grand patriote, qui mourut à Londres en 1716. Sa fortune avait été presque détruite par les persécutions qu'il avait essuyées ; et quoiqu'il eût eu plusieurs occasions de réparer ses pertes, il ne chercha jamais à profiter de son cré- dit. Occupé sans relâche des intérêts de son pays, il n'eut pas le loisir de songer à son intérêt personnel. On n'a jaunis aimé le bien public et défendu la cause des peuples avec plus de courage, de constance et de désintéressement. Malgré le délabrement de sa fortune , Fletcher a légué à ses compatriotes de Saltoun une somme destinée à y fonder une école pour l'éducation des enfants pauvres. Voici l'honorable témoignage que lui a rendu un de ses contemporains : « André Fletcher « est un homme plein d'honneur, inaltérable dans « ses principes ; brave comme l'épée qu'il porte, « et hardi comme un lion ; ami sûr , mais irrécon- « ciliable ennemi. Il était prêt à sacrifier sa vie « pour servir son pays ; mais il ne ferait pas une « lâcheté pour le sauver. Ses notions de gouver- « nement sont trop subtiles et trop absolues pour « convenir à des hommes sujets aux faiblesses « communes à l'humanité. Il ne sut jamais les 1, modifier par égard pour des circonstances ex- « traordinaires. Le duc de Shrewsbury et le lord « Sunderland , tous deux ministres et tous deux « bons citoyens, ayant adopté des mesures qu'il « regardait comme contraires à ses idées de berté , il se brouilla avec eux , quoique depuis « longtemps lié d'amitié avec l'un et l'autre. » Les OEuvres politiques d'André Fletcher de Saltoun, imprimées à Glascow, 1749, en un volume comprennent six discours sur des sujets relatifs aux affaires publiques de son temps, suivis d'un écrit assez remarquable, intitulé : Récit d'une con- versation sur les principes qui doivent régler les gou- vernements pour le bien commun des hommes. Quoique ces différents opuscules aient principalement pour objet des questions qui n'ont plus guère d'intérêt aujourd'hui , même en Angleterre, ils méritent encore d'être lus, parce qu'on y trouve des principes généraux de politique qui, dans aucun temps et chez aucune nation , ne peuvent être indifférents aux bons citoyens et aux hommes éclairés ; mais on y trouve aussi des idées exagérées de liberté, qui ont constamment animé et souvent égaré André Fletcher. On voit qu'il les avait prises dans l'histoire des Grecs et des Romains , non dans l'observation des moeurs de son temps ; et les erreurs où ces idées l'ont entrainé n'ont servi qu'à lui faire mener une vie errante et fort agitée , sans que ses lumières , ses vertus et son courage aient procuré aucun bien à son pays. Tant qu'on voudra appliquer aux gouvernements modernes les idées des anciens , on ne produira que trouble et désordre , sans aucun résultat utile ni stable. Fletcher avait écrit un Traité sur l' Édu- cation qui ne parait pas avoir été imprimé, mais dont le manuscrit a été conservé. Un lord écos- sais, le comte de Buchan , a publié en 1792 des Essais sur les ries et les écrits de Fletcher de Saltoun et du poile Thomson. Le volume est orné d'un portrait de Fletcher , gravé d'après Aikman. Nous terminerons cet article par quelques traits qui peignent le caractère de Fletcher. On conçoit que la rigidité de ses principes ne lui permettait de s'attacher à aucun parti. C'est de son temps qu'on imagina en Angleterre les noms de whigs et de tories pour désigner deux partis qui professaient des principes de politique trèsdifférents les premiers ne reconnaissaient de pouvoir que celui qui était émané du peuple , et pouvait être retiré par le peuple ; les seconds reconnaissaient dans le monarque un pouvoir de droit divin , qui n'était soumis à aucun contrôle. Les moines noms subsistent encore , mais ils ne désignent que des nuances d'opinions dont il n'est pas aisé d'assigner avec précision la différence. Fletcher disait que ces dénominations de whigs et de tories n'étaient que des masques qui servaient à déguiser les fripons des deux partis. 11 était éloquent, et son éloquence se distinguait par l'énergie et surtout par la concision. Les discours qu'il prononçait au parlement ne duraient jamais plus d'une demiheure. t, Tout discours public , disaitil , qui passe c( cette mesure , exige des auditeurs une attention pénible, et tout ce qui fatigue l'esprit nuit à la conviction. » Il faut convenir que les anciens avaient d'autres idées de l'éloquence populaire. Les harangues de Cicéron et de Démosthène du- raient assurément plus d'une demiheure ; mais celles des orateurs modernes du parlement d'Angleterre ont bien une autre étendue. On a vu les Pitt , les Burke , les Fox , parler quatre et même cinq heures de suite , et trouver jusqu'au bout des auditeurs attentifs. On aurait de la peine à obtenir la même patience d'un auditoire français. C'est Fletcher qui a dit : ,C Qu'on me laisse faire les chansons d'un peuple , je ne m'embarrasserai a pas de ceux qui feront ses lois
  • André FOUSSEDOIRE : conventionnel , était député suppléant du département de LoiretCher et ne tarda pas à remplacer Bernardin de StPierre , député titulaire, qui donna sa démission. Dans le procès de Louis XVI, ,Foussedoire vota pour la mort en ces termes : « Toujours j'ai eu « i en i horreur l'effusion du sang , mais la raison et la justice doivent me guider. Louis est coupable « de haute trahison, je l'ai reconnu hier ; aujour“ d'hui, pour être conséquent, je dois prononcer là mort. » Il s'opposa ensuite à l'appel au peuple et vota contre le sursis. Envoyé en mission à Strasbourg après la chute de Robespierre, il s'y conduisit avec assez de modération et fit mettre en liberté beaucoup de victimes du régime de la Terreur. Cependant il fut dénoncé dans le i Messager du soir i, par un nommé Noiset , comme partisan de ce régime et comme ayant favorisé les hommes de sang à Strasbourg. Il se justifia luimême sur cette dénonciation à la tribune de la Convention nationale , dans la séance du 10 pluviôse an 3, et l'assemblée passa à l'ordre du jour, sur la proposition de Bentabolle , qui parla en sa faveur. Il est vrai de dire que Foussedoire avait plutôt figuré dans le parti de la montagne commue i dirigé i que commue i dirigeant i, et ce n'est qu'en tremblant luimême qu'il avait contribué à propager la i Terreur i. Le 20 nivôse , il appuya l'exception à la loi proposée par Laurenceot en faveur , époque de la conspiration jacobine lui éclata contre la Convention, Foussedoire fut accusé par André Dumont d'avoir excité les groupes à désarmer la garde nationale , et fut décrété d'arrestation avec Chasles et Choudieu. L'amnistie du 4 brumaire an 4 lui rendit la liberté. Il vécut depuis dans l'obscurité, et pour mieux effacer d'anciens souvenirs il se lit appeler M. i de la 11. ontinière i. Compris en 1815 dans la loi contre les régicides, il quitta la France au mois de février 1816 et se réfugia à Genève, puis en Suisse, où il mourut vers 1825
  • André FRÉMIOT( 1573) : archevêque de Bourges, frère de madame de Chantal , fondatrice de la Visitation , et grandoncle de ma dame de Sévigné , naquit à Dijon en 1573 , d'une famille noble et illustre dans la magistrature. Son père , Bénigne Frémiot, seigneur des Buttes, était président à mortier au parlement de Bour- gogne et avait rendu de grands services à Henri III et à Henri IV pendant les guerres civiles et les troubles de la Ligue. André Frémiot eut pour précepteur Claude Robert, archidiacre de Châlons- surSaône , auteur du premier Gallia christiana, publié en 1625, et qu'ont depuis si utilement et si considérablement augmenté MM. de SteMarthe et les PP. bénédictins de StMaur. Robert voya- gea avec son élève en Italie et en Allemagne, et ne négligea rien pour perfectionner son éduca- tion. André Frémiot étudia la jurisprudence à Padoue et y prit le bonnet de docteur. De retour dans sa province, il fut pourvu d'une charge de conseiller au parlement de Dijon , puis appelé au conseil d'État, nommé ensuite à l'abbaye de St- Etienne de Dijon, et en 1602 à l'archevêché de I Bourges, où Il fit son entrée le 24 octobre 1604. On prétend que Henri IV demanda pour Frémiot le cardinalat, qu'il n'obtint point. Frémiot administra sagement son Église ; ami des corps réguliers et persuadé qu'on pouvait en tirer parti pour le bien de la religion, le maintien des moeurs et les progrès d'une éducation chrétienne, il appela dans son diocèse des religieux et des religieuses de différents ordres, notamment des minimes et des visitandines, et il en établit des communautés dans plusieurs villes du Berry. Il mit aussi une attention particulière à se former un clergé édifiant et qui se distinguât par l'amour de la discipline et des vertus ecclésiastiques. Il y parvint au moyen de bons règlements et de l'exemple que luimême donna d'une conduite régulière. Après avoir gouverné pendant vingt ans l'Église de Bourges , il se démit de son archevêché en faveur de Claude Ilébert, et se retira à Paris. Louis XIII, qui connaissait son talent et son expérience dans les négociations , l'envoya à Rome en qualité d'ambassadeur extraordinaire à la cour d'Urbain VIII, où il y avait d'importantes affaires à régler. Le pape fut si content de cet ambassadeur, qu'il en écrivit au roi une lettre de satisfaction , dans laquelle , en ,parlant de ce prélat, il l'appelle l'ornement de l'Eglise gallicane. En revenant de Borne , Frémiot passa par Venise , la Valteline et la Suisse. Il resserra les liens qui unissaient les Vénitiens à la France et raffermit l'alliance avec les treize cantons. Zélateur éclairé des études ecclésiastiques , il les introduisit dans son abbaye de Ferrières, en y établissant la congrégation de StMaur. Il mourut à Paris le 13 mai 1641 , âgé de 68 ans, et fut enterré dans l'église du monastère de la Visitation de la rue StAntoine. Son coeur fut porté dans l'église de St-Étienne de Dijon. On a de lui des Remontrances faites dans l'assemblée du clergé en 1608 , aux états généraux en 1614 ; des Ordonnances ecclésiastiques et Statuts synodaux , et des discours ou autres ouvrages de circonstance. Il revit aussi et fit imprimer sous une meilleure forme, avec d'utiles corrections , les livres rituels de son diocèse
  • André FRISNER : né à Wunsiedel ou Bunsidel, en Bavière, correcteur chez J. Sensensehmidt, premier imprimeur de Nuremberg, imprima en société avec lui de 1 171 à I i78. Il avait fait ses études à Leipsick avec Érasme Frisner, dominicain, son parent. Il y obtint en 1179 une chaire de théologie. Il transporta dans cette ville sa presse et ce qui.en dépend , et il peut être regardé à son tour comme le premier imprimeur de Leipsick. n De cette ville, (lit M. Peignot , Frisner passa à a Rome et devint , sous Jules 11, primas ordinarius i, papa, et redis apostolicie. En 1504 il lit son tes« tament , par lequel il fonde un collége à \Vilna siedel pour l'éducation et: rentretien de plut; sieurs jeunes écoliers de la famille des Frisner. « II leur laissa aussi son Historia Lombardie, qu'il « avait imprimée à Leipsick. 11 légua son im?ri- « mcrie aux dominicains (le cette vain% voici les g, termes de cette disposition du testament : Item, « je donne et lègue mon coffre de fer, mes presses, « mes instruments et mes autres ustensiles et meubles 4, d'imprimerie, avec vingt florins pour prier Dieu « pour mon lime, et pour procurer aux religieux, le ,, jour qu'ils feront la cérémonie de mes obsèques, un « meilleur ( liner qu'ils n'ont coutume d'avoir dans le « réfectoire du prieur
  • André FULVIUS( 1400) : antiquaire italien , né aux environs de Palestrine vers la tin du 15e siècle, fut des son enfance élevé à Rome, et il en témoigna sa reconnaissance à Léon X, en lui dédiant ses Antiquaria urbis Romce, Rome, Mazocchi, 1513 C'est un poigne en deux chants , qui fait plus d'honneur à l'érudition qu'à la verve de l'auteur. On l'a confondu à tort avec un autre ouvrage de Fulvius, sur le mème sujet , mais en prose et en cinq livres, intitulé : Antiquitates ur- bis fol. petit format, sans date ni nom de ville, mais qui doit avoir paru à Rome vers 1527. 11 en existe une seconde édition 15i5,ti Paul del Rosso en a donné une traduction italienne à Venise, i45 A la suite du dernier ouvrage , l'auteur a placé un poënie en vers hendécasyllabes, in M'Idem populi romani, et une églogue sur l'exposition de Romulus et Rémus aux bords du 'fibre. On a encore de Fulvius 1'111) 0- atm- uns et illustrions virorum et mulierum tus d'après la collection de médailles (le Jacques Mazocchi , Rome, Ei17 Josias Simler a eu tort (le faire deux hommes différents d'André Fulvius Sabinus et d'André Fulvius Prwnestinus, dans ,on Epitome Mlles. Gesner. — Les Deliciœ poe- tarons italorum offrent, t. ler, p. 116i-1169, quelques pièces assez médiocres d'un Publius Fulvius, qui vivait sous le pontificat. de Paul V, c'est-àdire au commencement du 17 siècle
  • André GALLAND( 1709 - 1779) : savant théologien , naquit à Venise le 6 décembre 1709 , de parents fran Cette relation a été Publiée récemment dans la Revue ré- trospective d'octobre et novembre 1837, sous le titre de Journal de Galland pendant un séjour dans le Levant. On trouve dans ce journal d'intéressants détails. E. D—s. 2) C'est par erreur que Lombardi , dans la Storia della lette. - rat. ita/iana, p. 201, fait naître Galland en 1736._ çais ; et, après avoir achevé ses études sous Con- q cina , Consiliati et Rossi, embrassa l'état ecclé- siastique. Quelque temps après, il entra dans la congrégation des Filippini , et mérita l'estime de ses confrères non moins par sa modestie et sa douceur que par ses talents. A des connaissances profondes dans la théologie il joignit une vaste érudition et une ardeur infatigable pour l'étude. Toute sa vie se passa dans des tra- vaux immenses, qu'il n'eut pas le bonheur de terminer. Il mourut à Venise le 42 janvier 1779. On a de lui : Bibliotheca grœco- latina veterum Pa- trum antiquorumque scriptorum ecclesiasticorum , Venise, 1765-1781 , 14 vol. Cette collection , dont la publication fut encouragée par le sénateur Franç. Foscari , contient les ouvrages de trois cent quatrevingts écrivains des sept premiers siècles, dont plus de la moitié ne se trouve point dans la Bibliotheca maxima Pa- tram . Ils sont rangés d'après l'ordre chronologique, et accompagnés de préfaces et de notes très-érudites. Le savant éditeur étant mort pendant l'impression du treizième volume , l'abbé J.B. Gallicciolli se chargea d'achever ce grand travail , qui doit suffire pour assurer à Galland une réputation durable. 2' De vetustis canonum collec- tionnais , Venise, 1778 C'est un recueil de dissertations sur les diverses collections d'anciens canons. Galland a dirigé, du moins en partie, l'édition des OEuvres de Bossuet imprimée à Venise. Il en avait préparé une des ouvrages de Baronius, dont les Annales ne devaient pas faire partie. Enfin il a laissé manuscrits : The- saurus antiquitatis ecclesiasticce, historico- theologico- criticus 13 vol. ; et Bibliotheca martyrolo- gica , sen veterum halendariorum ac martyrologiorum anzplissima collectio. On trouve une courte notice sur ce savant dans la Letteratura veneziana de Moschini , t. 3, p
  • André GALLE( 1761 - 1844) : graveur en médailles, naquit à St-Étienne en Forez , le 15 mai 1761. Son père y exerçait la profession de graveur, et gagnait péniblement sa vie à buriner (les ornements sur les pièces d'acier des fusils de chasse. Il alla s'établir à Lyon en 1775, et mit son fils André en apprentissage chez un fabricant de boutons. C'est dans cet obscur atelier que se révélèrent chez le jeune apprenti des dispositions d'artiste. Il modela secrètement en cire le portrait de son maître, et le fit si ressemblant qu'on lui permit , en récompense, de fréquenter les cours de dessin de l'Académie de Lyon. A quinze ans, il quitta son maître, on ne sait trop pourquoi, vint à pied à Paris , y rencontra un racoleur et s'enrôla. A son grand étonnement, car le racoleur lui avait promis tout autre chose, on l'envoya dans un corps de pionniers, à StDenis, où il fut employé aux plus rudes travaux. Heureusement, au bout de quelques mois, son père obtint son congé. Il s'agissait de revenir à Lyon. Il lui restait pour toute ressource une pièce de vingtquatre sous. Un ami de son père lui donna un habit, qui ne coùtait pas cher, quelques conseils, qui ne coùtaient rien , et avec cela, le voilà parti. Au bout de huit jours, il était rentré chez son maître. A quelque temps de là , M. Lecourt , c'était le nom de son maître, s'en va en voyage. Il recommande, en partant, au chef d'atelier un coin de bouton qu'il avait gravé pour un grand seigneur, et qui devait ètre livré le lendemain. Mais à la trempe, lecoin se brise. On croyait le mal irréparable. M. Lecourt avait dépensé à ce travail tant de soins, tant de jours! Le jeune Galle dit à madame Lecourt u Laissezmoi faire. Je grau verai un autre coin. 11 sera gravé, trempé, livré demain. » 11 tint parole , et le nouveau coin était si parfait que M. Lecourt, lorsqu'il le vit, en fut émerveillé , et dès ce jour associa l'industrieux ouvrier aux bénéfices de sa maison. D'associé, Galle devint chef unique de la fabrique de boutons, après la mort de M. et madame Lecourt. Il gravait, en outre, des cachets et des timbres, ouvrages purement mercantiles , mais dans l'exécution desquels il apportait cependant beaucoup de goùt et beaucoup d'art. C'est en 1792 qu'il fit sa première médaille. Elle représentait une tète de Liberté. Quelque temps après , à la veille du siége de Lyon , il vint à Paris, chargé d'une mission relative à la fonte des cloches. Il avait sur l'oreille un bonnet rouge , et dans sa poche des correspondances royalistes. A peine installé à Paris, dans un hôtel garni, il reçoit la visite d'un officier municipal. Son bonnet rouge et sa bonne contenance le sauvèrent d'une perquisition trop minutieuse. Au lieu de lire ses papiers , l'agent municipal se contenta d'apposer les scellés sur le tiroir où ils étaient renfermés. Dès qu'il fut sorti, Galle réussit à enlever une des planches du tiroir; mais il ne put glisser sa main dans l'étroite ouverture qu'il avait pratiquée; la fille de son hôte lui vint en aide. Le commissaire , à son retour, trouva les scellés intacts; mais il ne trouva plus dans le meuble que des papiers inoffensifs. Galle , pendant cette. visite, s'était mis au travail d'un air insouciant. Le cachet qu'il gravait attira les re- Bards du fonctionnaire, qui lui demanda s'il en voudrait faire un pour le comité de salut public. Il lui en donna le sujet : c'était Hercule terrassant l'hydre. 11 n'y avait pas à refuser. Galle fit le ca- chet, et le fit gratis ; je me trompe , il accepta en échange une carte de sûreté. N'en avait pas qui voulait. Bientôt il se lia avec le fameux graveur Dupré, qui était son compatriote, et il travailla aux monnaies avec lui. Après le siége de Lyon, il vendit sa fabrique de boutons, se fixa à Paris, et, voulant acquérir les connaissances théoriques qui lui manquaient encore pour conduire à sa perfection l'art qu'il n'exerçait , pour ainsi dire, qu'avec la lumière de l'instinct, il devint, à trentetrois ans, un des élèves du statuaire Chaudet. Denon, qui avait vu et admiré ses premiers essais, lui confia , en l'an 7, l'exécution de la médaille commémorative de la conquète de la haute Egypte. Galle en lit un chefd'oeuvre. Voici , à partir de ce moment, la liste et la date de ses principaux ouvrages : Le débarquement de Fréjus, an 8 ; Le couronnement , an 13 ; Prise de Vienne, 1805 ; Les maires de Paris cc Schoenbrunn, 1805; Bataille d'Iéna. 1806; Bataille de Friedland , 1807 ; Bataille de lilagram , 1809 ; Mariage de l'empereur, 1810 ; Retraite de Russie , 1812; Entrée de Louis 1814 ; Jlariage du duc de Berry , 1816 ; Le baptême du duc de Bordeaux , 1621 ; L'Industrie fécondée par la Science , 18'22 ; Conquête d'Alger, 1850. Quelles dates! quels événements! quelles gloires ! quels revers ! quels changements! On pourrait, rien qu'avec les médailles de Galle , refaire la chronique d'un demisiècle. 11 fut , dit M. RaoulRochette , l'historien en bronze du consulat et de l'empire ; et son (( nom restera éternellement associé aux souvenirs t( de cette glorieuse période par autant de nié« dailles qu'elle a compté de victoires. « On a vu qu'il continua, sous la restauration et plus tard encore , sa mission d'historien , qui est véritablement celle du graveur en médailles. L'ne partie de l'histoire ancienne ne nous est connue, en effet, que par des médailles et des pièces de monnaie ; qui sait si , dans deux ou trois mille ans, quelques médailles de Galle, trouvées par hasard sous des décombres, ne seront pas les seuls monuments subsistants de nos révolutions, de nos arts, de nos guerres? Galle a gravé aussi les portraits de beaucoup de personnages célèbres, quelquesuns ses contemporains, entre autres l'empereur, Louis David, Bichat , Cros, Canning , Watt , le czar Alexandre ter. Ses oeuvres , souvent trèsremarquables par la composition , sont peut-ètre sans rivales pour la beauté, la finesse, la sùreté de l'exécution. Il s'était marié à dixhuit ans. Il partagea avec le graveur Dumarest, son compatriote, le prix décennal. En 1819, il devint membre de l'Institut. En 1827, il grava le timbre du gouvernetuent et le billet de 500 francs de la banque de France. 11 aimait la mécanique et avait l'esprit inventif. Il a donné son nom aux amines articulées. C'était un homme vigoureux, gai, laborieux, aimable, obligeant. Il n'oublia pas, dans la prospérité, son humble origine. Il se plaisait à encourager les jeunes gens, surtout ses compatriotes, à qui il parlait toujours le patois du pays natal. Il s'est éteint le 22 décembre 1844, à 83 ans, ayant conservé presque jusqu'à sa dernière heure la plénitude de ses facultés
  • André GAMBACORTI : chef de la république de Pise, de 1748 à 1351. La famille de Gherardesca, qui pendant longtemps avait été à la tète du gouvernement de Pise , perdit ses principaux chefs par la peste qui désola l'Europe en 17118. A la mort du comte Renier de la Gherardesca , son Principal conseiller André Gambacorti lui fut donm: pour successeur ; c'était un riche marrhand qui avait cependant des liaisons avec toute la noblesse de Pise. Il prit- les titres de capitaine ycnéral et de conservateur ; St'S partisans furent iistingués par le nom de Bergolini ; ses adversaires par celui de Baspanti. André Gambacorti s'efforça d'ensevelir ibn% l'oubli les anciennes divisions des guelfes et des gibelins, et d'entretenir la paix avec la république de Florence, pour fière fleurir le commerce. Il mourut vers l'année 1il. GAIM4CMITI fFraDfOiS) , parent du précédent, Lui succéda vers l'an 1554 dans la direction du parti itergolini et de la république de Pise ; mais Charles IV, empereur et roi de Bohème, étant venu en Italie l'année suivante, prit à tàche de renverser le gouvernement des Gambacorti, quoiqu'il eût promis par serinent de le conserver. A l'occasion d'une querelle qu'il avait eue avec eux sur la pomession de Lucques, il fit arrèter tous les chefs de la famille Gambacorti le 21 mai 1555; et après leur avoir arraché, par une cruelle torture, des confessions absurdes de conspirations contre lui. il fit trancher la tète le 6 tuai 1 François Gambacorti et à deux de ses parents, et il punit du meme supplice plusieurs de !tura partisans
  • André GEDDES( 1789 - 1844) : peintre et graveur, naquit à Edimbourg en 1789. Son père, David Geddes, employé de la douane , possédait une petite collection d'estampes et quelques toiles dont la vue éveilla de bonne heure chez le jeune André l'ardent amour de l'art dans lequel il dei ait un jour s'illustrer. Certains amis de David Cribles étalaient parfois sous les yen:: de l'enfant d'autres richesses qui développaient en lui , a leur insu , le sentiment des belles choses. Un d'eux , M. Mac Farquhar, lui montra des eauxfortes de Rembrandt dont il garda nue impression trèsvive. Cependant David Geddes, au lieu de donner à son fils des maîtres de dessin, ne songea qu'à lui faire apprendre le latin et le grec , et principalement l'arithmétique. Mais André se livra sans maitre à son étude favorite. 11 se levait en été à quatre heures du matin, et à l'aide de procédés de sa propre invention , il s'escrimait à graver et à peindre. 11 avait pour modèle , dans sa chambre à coucher, une belle demoiselle , mais en plàtre , entendonsnous bien, père qu'André recouvra sa liberté. Il résigna aussitôt son emploi, vint à Londres et y fréquenta les cours de l'Académie royale. Il avait pour voisin sur les bancs de l'Académie David Wilkie, dont il devint bientôt le camarade et l'ami. Il s'y lia aussi avec le pauvre Ilaydon. Après quelques années d'étude, il s'en retourna à Edimbnurg, où l'attendaient avec une certaine anxiété sa vieille mère et ses cinq soeurs, qui craignaient qu'il n'eût fait une folie cri abandonnant la carrière paternelle. Elles furent bientôt rassurées à 1;ivue des portraits de toute dimension qui sortaient de ses mains, et du prix qu'on les lui payait. André visita Paris en tq étudia les chefsd'oeuvre du Louvre, en copia quelquesuns, et s'en revint lentement à travers les Flandres. Quoique sa principale résidence fût à Edimhourg, il avait cependant un appartement à Londres et y passait tous les ans une saison. Ses occupations ne l'empèchaient pas de fréquenter assidûment les salles de vente d'objets , et ce portrait passe pour un chefd'oeuvre. En 1828 il s'embarqua pour la France, passa en Italie, séjourna à Home, et prit ensuite le chemin de l'Allemagne. A son retour en Angleterre, après une absence de trois ans, il fut élu membre de l'Académie royale. H mourut le 5 mai 184i (l'une maladie (le langueur. Il ne s'était marié qu'à l'âge de quarante ans. La femme qu'il épousa n'était guère plus jeune. Mais il y avait vingt ans qu'ils s'aimaient. Outre les travaux dont nous avons parlé , André Geddes a laissé quelques jolis paysages. On voit à Londres , dans l'église StJames , un de ses derniers ouvrages. C'est un tableau représentant le Christ et la femme de Samarie
  • André GOETZ ou GOEZ( 1698 - 1780) : philologue allemand, naquit à Nuremberg le '25 novembre 1698. Après avoir achevé ses études il fut nommé instituteur à l'école de StSebald, dans sa ville natale, et y mourut le 21 avril 1780. Ce laborieux littérateur avait contracté des relations intimes avec le cardinal Quirini , avec Facciolati et surtout avec le docteur Ileumann. Nous nous bornerons à citer ses principaux ouvrages : 1. Introductio in geogruphiam antiquam in X tabb. geogr. . Nuremberg, 1729 Cet ouvrage a été aussi publié en allemand , ibid., eod. ; 2° Index pure et impure latinitatis, ex prcestantissimis opusculis collectus , ibid., 1750 ; 5. Antiguitates romana' , ibid., 1730 fig.; I' Orthographia romana, ibid., 1739 ; 5. Nomenclature de tous les lieux indiqués sur la carte du cercle de Franconie, ibid., 1710 ; 6. Vita G. il. Raidelii. ibid., 1741 70 Breris historia de vita, fatis ce morte Euplirosince vil.- inis Alexandrine . ibid., 1755 fig.; 8. une quantité prodigieuse d'épigrammes latines sur toutes sortes de sujets : il les distribuait à ses amis ; et le professeur Will en a recueilli un assez grand nombre dans sa Biblioth. Nor. On doit au zèle de Goetz quelques bonnes éditions d'auteurs latins ; il a publié avec une préface : J.- F. Christii super signis, e quilais manas agnosci antique in gemmis possunt , annotatio J.- D. liceleri brevis de gemmis sculptis opere antiquo historia , sermone theotisco , Schwabach , 1760 ; Georgii Pasoris Lexicon grœco- latinum in Novuni Testamentum, Leipsick , 17'28 ; la 6e édition est de 1774 ; Eutropius, Altorf , 1740 ; Rutilii itinerarium, ibid., 1711 ; Censorinus de die naeali , ibid., eod. et ibid., 1744 ; Cresconii Corippi, de laudibus Justini Élu9usti, ibid. , 1749. — Emmanuel- Godcfroi GUTZ ou G6z , médecin , né dans le Würtemberg, pratiqua son art à Schlaitdorf, près Tubingen , et y mourut le 11 décembre 1799. 11 a publié : Geographia academica , Nuremberg , 1789
  • André GOLDMAYER( 1603) : astrologue allemand, naquit à Gunzenhausen, dans le pays d'Anspach, en 1603. Il étudia (l'abord la médecine à l'université d'Altorf; mais il quitta bientôt cette étude pour se livrer exclusivement à celle des mathéinatiques. Daniel Schwenter, son professeur, bon mathématicien d'ailleurs, avait l'habitude de fixer l'attention de ses auditeurs plutôt sur la partie amusante et merveilleuse de la science que sur son application à des objets d'une utilité géné- rale; et Goldmayer, ayant reçu de la nature une imagination ardente, appliqua le calcul à l'astro- logie , genre de folie assez accrédité à cette époque, et auquel son esprit faible se livra de bonne foi. Goldmayer fut , diton , prophète de bonne heure : dès 1632 , après avoir quitté l'université, il prédit à Strasbourg que GustaveAdolphe, roi de Suède, périrait sous peu à Lutzen , d'une mort violente. Cette prédiction lui attira alors la haine des habitants de Strasbourg ; mais il soutint constamment qu'il avait lu cet événement dans les astres : il fut chassé de la ville , et se réfugia à TuN'igue. Enfin , quand la mort du héros suédois arriva réellement , le 6 novembre de la même année, le crédit des prédictions de Goldmayer devint assuré ; il retourna à Strasbourg, et y resta pendant plusieurs années, où il continuait à prédire et à rédiger des almanachs. Cependant l'événement n'ayant pas justifié aussi heureusement quelques autres de ses prophéties, il vint à Nuremberg exercer son métier d'astrologue. L'empereur Ferdinand III le nomma comte palatin impérial, titre que les empereurs d'Allemagne distribuaient alors avec profusion. Le sénat de Nuremberg, de son côté , le nomma rédacteur du calendrier de la ville , et lui assigna un petit traitement. Quand la diète de Ratisbonne, en 1654, s'occupa de la réforme du calendrier, Goldmayer publia aussi ses idées sur cet objet. Ballotté entre le mépris et la vénération , honoré d'un grand titre, et luttant toujours contre une misère affreuse, cet astrologue termina sa carrière en 1664, dans l'hôpital de Nuremberg. Goldmayer a publié en allemand vingt et un ouvrages, tous également extravagants, dont on peut voir la notice exacte dans l'Histoire de la folie humaine, par Adelung. Nous ne citerons que les suivants : Avertissement né cessaire et abrégé du grand massacre qui aura lieu les 2,, 5 et 4 novembre de 1651 , calculé d'après le cours de la comète qu'on a rue en automne 1618. On ne sait pas dans quelle année cet écrit a été publié; mais l'annuaire de 1631 ne fait mention (l'aucun massacre à l'époque fixée par l'astrolo- gue. 2° La Chronique de Strasbourg écrite astrolo- giquement, Strasbourg, 1636 C'était un scandale pour Goldmayer de voir que les historiens avaient constamment négligé, dans leurs récits, d'indiquer sous quels astres tel ou tel événement était arrivé ; il voulut, par sa chronique., donner aux savants un exemple à suivre : effecti- vement il indique, au moyen de l'astrologie, l'heure et même la minute dans laquelle la ville de Strasbourg a été bâtie; c'est en 2683 après la création du monde, le 14 juin, un mercredi , à une heure quarante minutes de l'aprèsmidi. 30 Extrait en abrégé de la chronique de la Bible depuis la création du monde jusqu'à la destruction de Jérusalem. Nuremberg, 1653, ouvrage de la même force que le précédent. L'histoire des villes d'Augsbourg, Bamberg, Wiirtzbourg, Leipsic.k et Marbourg, a été aussi écrite par cet historien astrologue. 4° Computus creationis astronomicus , c'est-àdire Calcul astronomique, où l'on déter mine avec précision la véritable époque de la créa- tion de toutes les planètes et étoiles fixes, d'Adam et Eve, etc. Ces ouvrages que nous venons d'indiquer suffiront pour faire apprécier Goldmayer comme littérateur
  • André GORDON( 1712 - 1751) : savant bénédictin, descendant de l'ancienne maison des ducs de Gordon , naquit en 1712 à Cofforach , dans le comté d'Angus, situé dans le nord de l'Écosse. Après avoir étudié les belleslettres à Ratisbonne, il voyagea en Autriche, en Italie et en France. A son retour à Ratisbonne, il prit l'habit de StBenoit dans le couvent écossais; il s'occupa alors beaucoup de la physique , étudia ensuite le Jroit à Salzbourg, et accepta en 1757 la place de professeur de philosophie à l'université d'Erfurth. Son zèle pour la philosophie moderne lui suscita beaucoup d'adversaires; mais il se fit connaitre avantageusement dans l'Europe savante par ses belles expériences sur l'électricité. Le docteur Priestley, dans son Histoire de l'électricité, l'indique comme le premier physicien qui dans l'appareil électrique se soit servi d'un cylindre au lieu d'un globe. Gordon trouva aussi les moyens d'exciter tellement l'électricité d'un chat , qu'au moyen d'une chaise de fer il enflamma de l'espritdevin par les étincelles qu'il tirait du corps de cet animal. Il était un des correspondants de l'Académie des sciences de Paris. Gordon mourut le 20 aoùt 1751. Nous ne citerons pas de lui une foule de dissertations qui ont figuré dans la guerre entre la philosophie moderne et celle de l'ancienne école. Voici ses ouvrages les plus remarquables : 1° Progr. de studii philosophici dignitate et utilitate, Erfurth, 1757 L'auteur annonça par ce programme ses leçons de philosophie. 2" De concordandis men- suris ibid., 1742 50 Phœnomena electricitatis exposita, ibid., 1744, Cet ouvrage a été publié aussi en allemand, ibid. 4° Miss. de spectris , ibid., 17 16 5° Philosophia et jucunda, Ratisbonne, 1745, 3 vol. 60 Ira.01 ria philosophiœ mutationem spectantia , Erfurth 70 Physicce experimentalis elementa, ibid., 1751-1752 , 2 vol. avec fig
  • André GRAINDORGE( 1616 - 1676) : médecin, né à Caen en 4616, après avoir terminé ses cours à l'université de Montpellier, y reçut le bonnet de docteur. M. de Rebé, archevêque de Narbonne, l'appela ensuite dans cette ville, où il demeura vingt années. Il partageait son temps entre l'exercice de son art et l'étude de la philosophie. Épicure et Gassendi étaient les auteurs qu'il goûtait davantage, et il rédigea différents écrits d'après leurs principes. 11 fut accueilli, à son retour dans sa patrie, avec beaucoup de distinction , et honoré de plusieurs charges municipales. Il avait au nombre de ses amis le célèbre Huet, évêque d'Avranches, qui lui dédia son li%Te De interpretatione. Quelques mois avant sa mort, il tomba dans une espèce de délire, qui se manifestait la nuit seulement , et avec des circonstances fort singulières ; enfin la fièvre se déclara, et il mourut le 13 janvier 1676, à 60 ans. On a de lui : P inimadv. in Figuli exercitationem de principiis fittus. Narbonne, 1658 2. Disscrtatio de natura ignis , lucis et colorum, Caen, 166i 30 Traité de l'origine des macreuses , mis au jour par Thomas ?Ialouin, Caen, 1680 ouvrage rare et curieux, réimprimé avec le Traité de l'adianton de P. Fortni , par les soins de Buchoz, sous ce titre: Traités três- rares concernant l'histoire naturelle, Paris, 1780 L'opinion commune était alors que les macreuses naissaient dans des coquilles ou étaient produites par du bois pourri. Graindorge réfuta victorieusement cette idée absurde. Il laissa en manuscrit deux ouvrages, l'un intitulé Statera aéris , et l'autre De origine formarum ; et , dit Huet, il avait de plus grands desseins lorsqu'il mourut. GRAINDORGE , sieur de Prémont, frère du précédent, né à Caen en 1614, s'appliqua particulièrement à l'étude des médailles et des antiquités romaines; il cultiva aussi la littérature avec succès; les meilleurs ouvrages italiens et espagnols lui étaient familiers, et, dans les dernières années de sa vie, il apprit le grec uniquement pour lire dans l'original les pemes d'Homère. Huet, son ami , dit qifil était moins estimable encore par ses connaissances que par la délicatesse de son goût et la solidité de son jugement, qui était telle, que l'on eùt pu se fier plus sûrement à la finesse de sa critique qu'à celle de toute une Académie ; mais, ajoutetil , sa paresse, déguisée en philosophie et en mépris de la réputation, rend tous ses talents inutiles. Graindorge mourut d'hydropisie, maladie dont il avait toujours eu une grande frayeur, en 1659, à l'âge d'environ 45 ans. GRAINDORGE , bénédictin , parent des précédents, avait étudié les principes de l'astronomie sous l'avocat Gilles Macé, et il s'appliqua à cette science avec plus d'ardeur que de succès. S'imaginant avoir trouvé un moyen de déterminer la longitude en mer, il publia un programme dans lequel il annonçait cette précieuse découverte, dont il se réservait pourtant le secret. Il reçut en 1669 l'ordre de se rendre à Paris pour communiquer son secret à l'Académie des sciences; mais on reconnut bientôt que tous ses calculs reposaient sur l'astrologie judiciaire et avaient par conséquent une base chimérique. 11 retourna un peu confus à l'abbaye de Fontenai , et y mourut le 9.5 mai 1680, à 78 ans. Dom Graindorge était prieur de Culey ; on connaît de lui un seul ouvrage: Mercurius inrisus , sed tatnen prope solen obserratus, Caen , 1674 , tisserand , né à Caen dans le 16e siècle , est le premier qui ait imaginé de figurer sur la toile des carreaux et des fleurs. Son fils Richard, trèshabile ouvrier, perfectionna cette invention et y dessina nonseulement des oiseaux et des plantes, mais encore des scènes trèscompliquées, telles que des fètes et des combats. Il fut chargé par la ville de Caen de présenter à la reine Marie de Médicis une pièce de toile sur laquelle il avait représenté une des victoires de son auguste époux; et tandis que Henri IV louait la beauté de l'ou- vrage, Richard ne cessa de répéter naïvement; Sire roi , ce sont là pourtant mes oeuvres. Michel, fils de Richard, égala son père dans l'exercice de la même profession et établit en France plusieurs manufactures de toiles de haute lisse, qu'on nomma aussi toiles damassées, à cause de leur ressem- blance avec le damas blanc. W—s,
  • André GRITTI : général et ensuite doge de Venise , de 1523 à 1538. Lorsque la guerre contre la ligue de Cambrai appela la république de Venise à faire usage de toutes ses ressources et à employer les hommes qui méritaient le mieux la confiance de leurs concitoyens, André Gritti fut nommé provéditeur auprès des armées vénitiennes. Sa patrie lui dut les premiers succès remportés sur cette ligue formidable. Il chassa les Impériaux de Padoue, de Vicence, reconquit le Polésine de Rovigo , ravagea Guastalla ; enfin il reprit en 1512, sur les Français, les villes de Brescia et de Bergame. Mais Gaston de Foix, étant revenu de Bologne à Brescia avec une rapidité inconcevable, surprit et pilla cette malheureuse ville , où, après un combat obstiné, il lit André Gritti prisonnier. Aussi propre aux négociations qu'à la conduite des armées, Gritti, mené à Paris, réussit à rendre Louis XII favorable à sa république; et ce fut lui qui signa comme ambassadeur, le 13 mars 1513 , un traité d'alliance entre le roi de France et les Vénitiens. De retour dans sa patrie , Critti fut de nouveau mis à la tète des armées vénitiennes; et de concert avec le maréchal de Lautrec , il reprit en 1516 Brescia sur les Impériaux. Enfin il fut élevé, le 20 mai 1523, à !a dignité ducale, à la place d'Antoine Grimani : il l'occupa quinze ans, et, dans cet espace de temps, la république acheva de recouvrer tout ce qu'elle avait perdu par la ligue de Cambrai. Mais la puissance des doges diminuant sans cesse , ils avaient à peine quelque influence sur l'État qu'ils présidaient; et dès leur nomination à cette haute dignité, l'histoire se taisait sur eux. Gritti mourut en 1538; Pierre Lando lui succéda
  • André GRYPH( 1616 - 1664) : pate allemand , naquit à 82 Grossglogau en Silésie, le octobre 1616. Lorsqu'il eut achevé ses études, Georges Schcenborner, comte palatin impérial à Fraustadt, lui confia l'éducation de ses enfants; mais un poëme que Gryph publia alors, et dans lequel il peignit avec des couleurs trop vives les malheurs qui accablèrent sa patrie pendant la guerre de trente ans, l'exposa à des dangers imminents, et il prit le parti de s'éloigner. Il passa en Hollande en 1638, y contracta une étroite amitié avec He et Satimaise. En 1646, il entreprit un voyage en Angleterre, en France et en Italie , et lia connaissance avec les savants les plus distingués. Il s'arrêta ensuite quelque temps à Strasbourg et retourna enfin dans sa patrie et à Fraustadt, où il refusa plusieurs places dans la carrière de l'enseignement, pour laquelle il n'avait pas de goût. La société des Fructifiants rairait reçu parmi ses membres en 1662 , et l'avait surnommé l'Immor- tel; le comte palatin Schcenberger avait aussi conféré à Gryph des titres de noblesse, datés de 1637 ; mais ni lui ni sa famille n'en firent aucun usage. En 1647, il fut nommé syndic des états de la principauté de Glogau. La mort le surprit dixsept ans après, le 16 juillet 1664, pendant qu'il exerçait ses fonctions dans l'assemblée des états. La muse de Gryph s'essaya dans tous les genres de poésie ; mais elle le plaça au premier rang des poëtes de son temps par ses productions dramatiques. Depuis la décadence des pièces de carnaval et des compositions des Minnesœnger, l'Allemagne ne connaissait que les essais drainatiques d'Opitz et les comédies sacrées de J. Cla- jus le jeune : Gryph, doué d'un génie entrepre- nant , d'une connaissance profonde du cœur humain et d'une érudition rare, entreprit avec succès d'imiter les potes grecs , et il devint le précurseur de Lohenstein. Sans doute ses pièces de théâtre portent l'empreinte et les défauts de son siècle ; mais le poëte , dans ses tragédies, est supérieur à bien des auteurs de nos jours , par le plan régulier de l'action , par le choix du sujet, par un langage noble, enfin par la manière dont il soutient les caractères. Élève pour ainsi dire des poëtes grecs, il introduisit des choeurs dans ses tragédies et des personnages allégoriques , tels que le Temps , les Saisons , les Vertus, etc. Les apparitions de spectres et de revenants qu'on trouve presque dans toutes ses pièces sont un tribut qu'il paya au mauvais goût de son temps. Il donna aux actes les noms de disserta- tion, et aux scènes celui d'introduction. Gryph n'a pas acquis autant de réputation par ses comédies il avait quelque talent pour le bas comique; niais ses bons mots , quoique piquants, ne sont pas avoués par le bon goùt. Médiocre dans les autres genres de poésie, Gryph avait dit trait dans l'épigramme, et quelquesunes de ses productions dans ce genre ne sont pas indignes de Martial. Le premier de ses potines est daté de 1636. L'édition de ses poésies donnée à Leyde, Elze- vil., 1659, est incomplète ; celle de Francfort, 1650, contient des pièces qui ne sont pas de lui. Les meilleures éditions sont celles de Breslau, en 1657 et 1663 Celle fine Chrétien Gryph, son fils, a donnée en 1698 fourmille de fautes d'impression. Gryph a composé six comédies et dix. tragédies, dont trois n'ont jamais été publiées. Les sujets de ses tragédies sont tous tirés de l'histoire ; la meilleure, composée en 466, est intitulée Léon l'Arménien, ou le Régi- cide, en cinq actes , en vers alexandrins rimés. L'action commence la veille de Noël et dure toute la nuit. La scène se passe à Constantinople, dans le palais impérial , dans une prison et dans la maison du magicien lamblichus. Un spectre et un diable paraissent sur la scène. Dans son Charles Stuart ou la Majesté assassinée , en cinq actes, et aussi en vers alexandrins rimés, parmi les personnages allégoriques et muets, on voit figurer la Guerre, l'Hérésie, la Peste, la Mort, la Famine, la Discorde , la Peur, le Suicide et la Vengeance. Le roi périt sur le théâtre. Des comédies de Gryph, qui sont bien inférieures à ses tragédies, nous citerons seulement le Berger extrava- gant, comédie satirique en cinq actes et en vers. C'est une traduction du Berger extravagant de Th. Corneille, que le pote allemand, malgré son dégoût pour ce travail , entreprit sur la demande d'un prince. J.E. Schlegel, dans le septième volume de ses Mémoires sur l'histoire cri- tique de la langue . de la poésie et de l'éloquence allemandes, établit un parallèle entre Shakspeare et A. Gryph, et place celuici, sous plusieurs rapports, à côté du poëte anglais. On trouve une excellente notice sur la vie de Gryph dans le Nécrologe des principaux poètes allemands par C.- H. Schmid, volume 1'r, p. 113 à 129. — Chrétien GRYPH , fils du précédent, né à Fraustadt en 1649 , nommé en '1674 professeur de grec à Breslau, en 1686 recteur, puis bibliothécaire de l'école de SteMadeleine , mourut le 6 mars 1706. Ce savant , bon littérateur, mais poète audessouedu médiocre , a donné plusieurs ouvrages soit en latin , soit en allemand : 1. les Forêts poétiques, Francfort , 1698 Francfort et Leipsick, 1707 ; Breslau et Leipsick, 1718 Cet ouvrage, divisé en quatre livres, dont les trois premiers ne renferment que de pitoyables élégies et épithalames, offre cependant quelques épigrammes ingénieuses dans le quatrieme livre. 9.0 Description abrégée des ordres chevaleresques. tant ecclésiastiques que séculiers, Leipsick, 1697 ibid., 1709 C'est son meilleur ouvrage. Logau le publia à l'insu de Gryph ; la seconde édition a été soignée et augmentée par le savant professeur Stiet. Lusuum ingenii ex prœstantissimorum poetarum recentiorum rarioribus scriptis excerptorum frisciculi duo, Breslau, 1699; 40 Vita' selecturum quorumdam illustr, u, n cirorum, Breslau , 1703 5. les Différents tiges de la langue allemande, drame représenté sur le Médire du gymnase de Ste- Madeleine à Breslau , Breslau , 1 1708 ouvrage posthume bien moins instruc- tif que la dissertation latine de Theod. Kirch mann, De lingucc teutonne œtatibus
  • André GUARNA( 1400) : littérateur, né vers la fin du 15e siècle à Salerne , dans le royaume de Naples, d'une famille patricienne de Crémone, n'est le plus souvent désigné que par le nom d'Andreas Salernitanus. Il avait embrassé l'état ecclésiastique; les autres particularités de sa vie sont inconnues , et il doit toute sa réputation à un ouvrage intitulé Grammaticoe opus novum mira quadam orle et compendiosa , seu bellum grammaticale. On voit déjà que la merveilleuse découverte dont l'auteur parait tant s'applaudir consiste à enseigner la grammaire par les règles de la guerre. Après avoir décrit le royaume de Grammaire, gouverné par deux rois , le Nom et le Verbe, il raconte leurs débats pour la préémi- nence. Les deux rivaux se déclarent la guerre, et cherchent à augmenter leurs forces respectives du Participe. La description du combat fournit à l'auteur l'occasion de lancer quelques traits de critique sur le Catholicon de Janua , sur Priscien , etc. L'avantage reste au Verbe, et le Nom lui envoie demander la paix, qui se conclut par l'entremise de quelques grammairiens, sans doute les amis de l'auteur. Ce singulier ouvrage a eu plus de cent éditions, et a été inséré en outre dans différents recueils. La plus curieuse édition est celle de Crémone, 1511 On estime aussi celle qu'a publiée le P. F. Ansi , Crémone, 1695 Le nouvel éditeur et Cinelli son écho louent cet ouvrage avec excès : Tiraboschi au contraire en parle avec mépris. Il a cependant été traduit in ° nava rima par un anonyme, et il en existe une traduction française sous ce titre : Histoire mémorable de la guerre civile entre les deux rois des Noms et des Verbes , par P. Roger, Parisien, Paris, 1616 Une nouvelle traduction ,. accompagnée de savantes notes, a paru au commencement de ce siècle , avec le texte, sous ce titre : Guerre grammaticale, par André Guarna de Salerne, traduite o.) Ansi pense que le Jugement des voyelles , par Lucien, a donné à Guarna la première idée de son ouvrage. j en franfais par ill. H. 1 1. G. , Poitiers, 1811 On cite encore de Guarna une pièce intitu-' lée Simia. Milan, 1517 trèsrare, Ws.
  • André HECQUET( 1659 - 1718) : né le 13 novembre 1659, à Abbeville , fut, en 1688, pourvu d'un canonicat de l'église StVulfran , et , dix années après, élevé au décanat de cette église. 11 avait un zèle ardent pour le salut des âmes, etune profonde connaissance des langues he'braïque et grecque. 11 a laissé un ouvrage qui n'a pas été imprimé, intitulé Vie du prophète David. prouvée par les Psaumes. Il mourut le 2 juin 1718. Rollin fit son épitaphe, qu'on peut lire dans le tome second de l'Histoire du comté de Ponthieu , etc
  • André HESSELIUS( 1677 - 1733) : pasteur de la colonie suédoise établie en Amérique, était né en 1677, dans la paroisse de Skedvi. L'évoque de Skara , Jesper Swedberg, père du fameux Swedenborg, l'engagea en 1711 à se rendre en Amérique pour ètre à la tète de l'Église suédoise. Cette Église était composée des Suédois qui avaient passé en Amérique , sous le règne de Christine, pour s'établir le long du neuve Delaware, en Pensylvanie. Hesselius s'embarqua en Angleterre et arriva au lieu de sa destination dans le mois de niai 1717. 11 commença aussitôt ses fonctions, et tel fut le zèle avec lequel il les remplissait, qu'il trouva le temps d'instruire les Indiens, et de recueillir un grand nombre d'objets d'histoire naturelle , dont il envoya les plus intéressants en Suède. Pendant ses excursions il rencontra une communauté de disciples de Labadie , nommés Labadistes, qui avaient formé des établissements en Amérique; il s'entretint avec eux , et entreprit de les faire ren- trer dans le sein de l'Église protestante. La plupart renoncèrent aux opinions fanatiques de leur fondateur, et se réunirent aux anglicans, dont ils étaient voisins. Hesselius fut rappelé en Suède en l723; il s'embarqua sur un vaisseau anglais, et arriva à Londres; niais une tempète violente , survenue pendant le trajet, lui fit perdre ses livres, ses collections et tous ses tirets. On lui procura cependant à Londres les moyens de passer en Suède, où il obtint une place de pasteur en Dalé- carlie. Avant d'aller prendre possession de cette place , il eut une audience du roi et de la reine de Suède, en présence du sénat , et il remit sur l'état de la colonie suédoise en Amérique une relation qui fut imprimée. André Hesselius mourut en 1735, laissant en manuscrit le Journal des observa: ions qu'il avait recueillies en Amérique.— Il avait un frère, Jean HESSELIUS , docteur en médecine , membre de l'Académie des sciences de Stockholm, mort en 175'2, et qui s'était appliqué avec succès à l'histoire naturelle. On a de lui des recherches trèsintéressantes sur les productions du règne végétal en Suède, et sur la manière de les rendre utiles. Il découvrit près du lac Hielmar une carrière de marbre blanc , avec des veines rouges, un des plus beaux qu'on trouve dans le Nord. Sa collection de serpents et de beaucoup d'autres reptiles, que son frère lui avait envoyés d'Amérique, est dans le cabinet d'histoire naturelle de l'université d'Upsal
  • André HOFER( 1765) : chef des insurgés tyroliens, était né à Passeyer le 22 novembre 1765. Il tenait une auberge dans cette petite ville , et il faisait en méme temps un commerce assez considérable en blé vin et bétail. La paix de Presbourg avait donné le Tyrol u roi de Bavière; mais la guerre s'étant rallumée en 1809 , les habitants de ce pays se levèrent en niasse pour chasser les Bavarois, et retourner sous la domination de l'Autriche. La richesse d'André Hofer, ses relations habituelles avec les principaux montagnards, sa haute stature, ses formes athlétiques et sa longue barbe , tout concourut à fixer l'attention sur lui, lorsque les insurgés s'élurent un chef. Hofer possédait une connaissance parfaite du pays : elle lui procura plusieurs avantages importants sur les Bavarois, qui, d'ailleurs, étaient en trop petit nombre pour résister. Après la paix de Vienne , qui assurait de nouveau le Tyrol à la Bavière, Hofer mit bas les armes. Il s'était distingué, dans toutes les circonstances, par sa modération et son humanité, et il crut avoir d'autant moins à craindre pour sa personne , que Bonaparte avait solennellement promis qu'il ne serait exercé aucune poursuite contre les insurgés tyroliens. Mais apprenant bientôt que des ordres étaient donnés pour l'ar- rêter, l'aubergiste de Passeyer se réfugia dans les montagnes. Bonaparte mit sa téte à prix , et le malheureux Hofer lui fut livré : on le trouva au milieu des neiges sur un pic presque inaccessible. Conduit à Mantoue, il parut pour la forme devant un conseil de guerre , qui avait reçu l'injonction de le faire fusiller. Il mourut avec la plus grande fermeté. On a voulu comparer Hofer aux plus illustres héros de la Vendée : il est loin de mé- riter cet honneur. Jamais il n'alla au feu ; et bien plus , jamais il ne livra un combat en personne. Son esprit était sans culture , comme sou coeur sans ambition ; et la politique lui était aussi étrangère que la science des armes. Il n'eut de co rnun ,avec les chefs vendéens qu'un zèle ardent pour la religion. Ses compatriotes le regardaient comme un saint; et depuis sa mort tragique , ils le révèrent comme un martyr. En 1819, l'empereur d'Autriche fit faire par un artiste distingué (l'Allemagne une statue en marbre dllofer destinée à ètre placée dans l'église des franciscains, à lnspruck . près du tombeau de l'empereur Maximilien ier, avec l'inscription : 1114 Tyrol et aux Tyroliens. Cette statue a été inaugurée en 1854
  • André JACKSON( 1767) : président des ÉtatsUnis de l'Amérique septentrionale, naquit le 15 mars 1767, , représentant de l'État au congrès général et sénateur des ÉtatsUnis . S'étant démis de ses diverses fonctions en 4799, il se retira dans le Cumberland, à dix milles de Nashville, et consacra ses loisirs à l'agriculture. En 4812, la guerre ayant de nouveau éclaté entre la GrandeBretagne et les ÉtatsUnis, Jackson fut nommé major général de milice; 2,5o0 volontaires vinrent lui offrir leurs services. Il descendit le Mississipi pour défendre le bas pays et se dirigea sur Natchez , où il devait attendre de nouvelles instruc- Lions; mais il n'eut pas à combattre sur ce point, et il reçut l'ordre de licencier ses troupes , qu'il ramena après une marche pénible à Nashville, où il les congédia. En 1814, ses services furent employés , un traité de paix avait été signé à Gand entre les représentants des ÉtatsUnis et de l'Angleterre; l'affaire du 8 janvier ne devait ni ne pouvait y apporter de modification. Jackson était rentré dans ses foyers, quand, en 1818, on eut de nouveau recours à lui. La tribu des Indiens Seminoles ayant commis des hostilités sur les frontières américaines du Sud, il fut décidé qu'on prendrait des mesures pour la sûreté des citoyens exposés à leurs ravages. Un conflit sérieux pouvait s'élever à cette occasion entre les ÉtatsUnis et le gouvernement espagnol. Ce dernier s'était engagé , par le traité de 1815, à enpecher les Serpinoles habitant les limites de la Floride espagnole d'inquiéter les citoyens américains et à faire respecter leurs propriétés. « Mais, « suivant un message du président des ÉtatsUnis “ en date du 25 mai , l'impuissance où l'Espagne , à demander d'être autorisé à saisir les propriétés des Français résidant en Amérique, jusqu'à concurrence des 23 millions spécifiés dans le traitê du 4 juillet 1831, et en même temps à prendre les dispositions que la prudence suggérerait pour parer. à toutes les éventualités futures. Les chambres furent loin d'accepter ces propositions. D'une part, on devait éviter, par tous les moyens pos- sibles, les dangers d'une guerre avec la France, qui ne pouvait qu'être des plus fâcheuses pour les deux pays; d'autre part, il n'y avait aucun inconvénient à user de modération et à chercher à faire triompher le droit des ÉtatsUnis par la voie conciliatrice de la diplomatie, en présence surtout des assurances qu'avait personnellement données LouisPhilippe; enfin il n'y avait nulle nécessité d'agir avec précipitation pour recouvrer une créance dont, en fait, on avait depuis 1811 attendu patiemment le payement. En conséquence, le sénat déclara qu'il était inopportun , dans les circonstances présentes, de prendre aucune mesure législative touchant les relations entre les deux pays. De son côté, la chambre des représentants se montra égalementcontraire aux propositions du général Jackson ; mais, voulant éviter de condamner sa précipitation, elle préféra laisser tomber l'affaire sans consigner dans un acte officiel qu'elle différait d'opinion avec le pouvoir exécutif. Cependant, les relations diplomatiques entre les deux pays n'étaient pas totalement rompues. Si l'ambassadeur français aux ÉtatsUnis avait été rappelé, l'ambassadeur américain n'en restait pas moins à Paris, bien qu'on lui eût offert ses passeports, et continuait les négociations. Enfin, en 1836, la demande du crédit de 25 millions, présentée de nouveau par le gouvernement de LouisPhilippe aux chambres, fut agréée, sous réserve d'explications à demander aux ÉtatsUnis sur les expressions offensantes pour la France dont avait pu se servir le général Jackson. Ces explications furent fournies, et ainsi se termina cette affaire, qui , sans l'esprit constant de conciliation des deux chambres américaines, et surtout du sénat, aurait pu amener les complications les plus sérieuses. La scission entre les pouvoirs éclatait presque en même temps, avec encore plus de violence peut-être, relativement à la banque américaine. En 1832, fut voté un bill tendant au renouvellement de la charte de la banque, qui n'avait plus que trois années à courir. Le président des ÉtatsUnis refusa de donner sa sanction à ce bill; suivant lui , la banque était une source d'influence incompatible avec la constitution ; ayant des succursales dans presque tous les États de l'Union, elle établissait une concurrence défavorable aux banques locales. Au fond, cette affaire n'était rien autre qu'une lutte du parti démocratique contre l'aristocratie commerciale. Non content , les dépôts des fonds du gouvernement à la banque des ÉtatsUnis et à ses succursales, pour les remettre aux banques locales. Il fut attaqué à ce sujet avec la plus grande violence : ,, à une majorité de 26 voix contre 20, gal s'était arrogé une autorité et une puissance que ne lui conféraient ni la constitution ni les lois, et qui étaient, au contraire, en opposition flagrante arec elles . Quoi qu'il en soit, les mesures prises contre la banque, le nonrenouvellement de sa charte, le retrait brusque et inattendu des fonds qu'elle avait en dépôt , eurent les suites les plus désastreuses. La banque, quoique poursuivant ses opérations , réduisit ses émissions, restreignit ses escomptes; une stagnation générale du commerce s'ensuivit, et une crise des plus violentes vint affliger les ÉtatsUnis. Celte crise était loin d'étre terminée au moment où Jackson quittait la présidence, et il laissa le pays à son suecesseur, M. Van Buren , dans un état moins florissant et moins satisfaisant qu'il ne l'avait trouvé. — Les autres actes de l'administration du général Jackson ne méritent que des louanges. 11 proposa divers bills pour réduire les droits de douane; mais, tout en se montrant favorable à l'abaissement des droits, il voulait que cet abaissement ne se fit qu'avec prudence. Par sa fermeté et son énergie, et aussi par de sages concessions, il prévint une lutte entre les ÉtatsUnis du sud et ceux du nord. La Caroline voulut , en 1833, se déclarer indépendante; il sut ménager sa susceptibilité, sans pourtant abandonner les droits de l'Union ; il fit voter un bill tendant à assurer l'exécution des lois dans ce pays , et il présenta de nouveaux tarifs destinés à satisfaire ses demandes dans une juste mesure. Il n'eut pas de guerre sérieuse à soutenir, niais il eut des révoltes et des désordres à comprimer. Les partisans de l'abolition de l'esclavage se virent en butte à des dangers; la populace les attaqua : les rues de Philadelphie, de StLouis,de Washington, etc., furent un instant ensanglantées ; mais les troubles furent promptement apaisés. En 1830, il rejeta au delà du Mississipi , et sans combat, les tribus indiennes des Chactaws et des Chisakaws, en leur accordant quelques sommes d'argent et des facilités pour leur établissement au delà du territoire de l'Union. En 186, il réprima les Seminoles et les Creeks, qui s'étaient de nouveau révoltés, et il vit, la même année , l'Union américaine , jusqu'alors composée de vingtquatre États , s'en adjoindre deux nouveaux, le Michigan et l'Arkansas. Le gé- (11 Jackson fut trèssensible à cette censure ; et à diverses reprises ses amis firent les plus grands efforts pour en obtenir l'annulation. Ils y parvinrent en 1837, Les dernières élections ayant donné la majorité au parti de Jackson dans le sénat, cette assemblée prit, à la majorité de 24 voix contre 19, la décision suivante : « L'ancienne résolution du 18 mars 1834 sera effacée des régis« tres de la chambre , et à c.t effet le secrétaire du sénat appui'« tera au jour fixé le registre manuscrit de la session de 1833 à « 1834 ; en présence du sénat il entourera cle lignes noires cette o résolution , et il écrira en travers , en grosses lettres , ses muta « suivants : Effacé par ordre du sénat, le 16 janvier, dans l'ana née de Notre- Seigneur 1837. » iéral Jaekson est mort dans la retraite, à Nashil le, le 8 juin 1845
  • André JULLIEN( 1766 - 1832) : en 1766, à ChalonsurSaône , s'est fait remarquer, par ses découvertes et par ses écrits, dans la carrière industrielle. Négociant en vins, il ne se borna pas à l'exploi• tation de son commerce. L'oenologie , cette branche importante de l'économie rurale et domestique, fut l'objet spécial de ses recherches et de ses travaux. Ses premiers essais en ce genre obtinrent le suffrage de Chaptal, ancien ministre de l'intérieur; et plus tard la société d'encouragement l'admit au nombre de ses membres. Atteint du choléra , il mourut à Paris en 1832. Outre divers procédés aussi ingénieux qu'utiles, tels que des cannelles aérifères pour transvaser les vins en bouteilles, et une poudre pour leur clarification, inventions qui méritèrent à Jullien des médailles à plusieurs expositions des produits de l'industrie , on lui doit les ouvrages suivants : 1" Appareils perfectionnés, propres à transvaser les vins et autres liqueurs arec ou sans communication avec l'air extérieur, Paris, 1809 , et une planche. Cet article est extrait de la Bibliothèque physico- économique, où il fut d'abord inséré . 2. Manuel du sommelier, on Instruction pratique sur la manière de soigner les vins, Paris, 1813 avec une planche. Cette première édition est dédiée à Chaptal; la deuxième parut en 1817. L'auteur y ajouta, en 1820, un supplément qu'il refondit dans la troisième édition, Paris, 1S22 avec 3 pi. ; la quatrième, publiée en 189.2, est augmentée d'un chapitre sur la litharge. Enfin sa veuve en a donné une cinquième en 1836, et une sixième édition a été publiée en :1845 , sous le titre Nouveau. Manuel du sommelier, etc. Le succès de ce manuel en prouve suffisamment l'utilité. 3" Topographie de lotis les vignobles connus , contenant leur position géographique, l'indication du genre et de la qualité des produits de chaque cru, les lieux où se font les chargements et le principal commerce de vin, le nom et la capacité des tonneaux et des mesures en usage, les moyens de transport ordinairement employés, etc. , suivie d'une classification générale des vins. Paris, 1816 , 1822 3* édition, ibid., 1832. C'est un ouvrage qui a exigé beaucoup de recherches et qui renferme des détails exacts et curieux. Ainsi , par exemple , d'après les calculs de l'auteur, 1,754,573 hectares du sol de la France sont cultivés en vigne et donnent annuellement un produit moyen de 51,012,452 hectolitres. Cette statistique de tous les vignobles des diverses contrées de la terre fut accueillie favorablement et valut à Jullien une médaille d'or que lui décerna la société d'encouragement
  • André KIPPIS( 1725 - 1795) : biographe anglais, fils d'un marchand de bas de soie , né à Nottingham en 1725, mort le 8 octobre 1795, fut successivement pastetir de plusieurs congrégations de dissenters, employé dans l'enseignement , membre de la société royale de Londres , de celle des antiquaires et de quelques autres compagnies savantes. Son principal ouvrage est la seconde édition considérablement augmentée de la Biographia britannica , en 5 volmes qui parurent à de longs intervalles ; le premier en 1778, et le cinquième en 1793 : c'est un des meilleurs ouvrages qui existent en son genre. On reproche cependant à son travail un plan défectueux. Au lieu de fondre ses additions et ses corrections dans le texte original , il préféra de réimprimer ce texte tel qu'il était , et d'imprimer en notes ses discussions et ses additions ; ce qui donne souvent à l'ouvrage l'air d'une longue controverse , et le grossit hors de mesure. La mort le surprit avant qu'il eùt terminé le sixième volume, - qui fut continué sur un plan différent. On peut encore reprocher au biographe une excessive indulgence, inspirée par la partialité de l'amitié, ou par un esprit de bienveillance universelle, sentiments trèslouables sans doute ; mais ce n'est pas ainsi qu'on écrit l'histoire. Le docteur Kippis était un homme actif et trèslaborieux ; il a rapporté que, dans la première partie de sa vie, il lut constamment, pendant trois années, seize heures chaque jour. Il s'était annoncé par des articles de critique dans le Gentleman's et le Monthly Magazine , par la publication d'un ouvrage périodique, intitulé la Bibliothèque. Ce fut lui qui créa , en quelque sorte , le Nouvel annuaire , pour balancer l'influence politique de l'ancien ; mais , malgré son mérite, le nouveau n'atteignit point ce but. On lui doit en outre la Vie du capitaine Cook, Londres, 1788 ; des éditions nouvelles des six discours de John Pringle, avec la Vie de l'auteur, dont il avait été l'ami intime , 1783 ; des Leçons et l'Explication du Nouveau Testament, par le docteur Doddridge , avec la Vie des auteurs, 1792; quelques pamphlets; des articles nombreux dans différents journaux estimés , et un volume de Sermons
  • André KNŒPKEN ou KNOP ou KNOPF ou CNOPH : réformateur de la Livonie, était né à Custrin, mais on ne sait ni en quelle année ni quels étaient ses parents. Il avait été camarade de Bugenhar2;en à TreptowsurRiga , où comme lui il remplissait les fonctions d'instituteur dans une école qu'alimentaient surtout des élèves envoyés de Riga , grâce à l'influence d'un de ses frères, chanoine de cette ville. Trèsattaché à la doctrine catholique, il croyait Bugenhagen dans les mêmes dispwitions, lorsque tout à coup la lecture du De captiviinte Babylonis de Luther les rendit tous deux de fervents champions du fougueux réformateur. Ils ne s'en cachèrent même point , et enseignèrent leurs dogmes à leurs élèves ; mais l'évêque Érasme Mannteufel de Cumin leur prescrivit de fermer leur école. Craignant d'être mis en prison, tous deux partirent, l'un pour Wittemberg, l'autre pour Riga, où probablement Kncepken arriva au commencement de 1521 , peu de temps après que la trêve de Thorn , en rétablissant la paix entre les Teutoniques et la Pologne, avait permis au grand maitre Albert de Brandebourg de favoriser la propagation du luthéranisme dans ses États. Ce qu'Osiander faisait en Prusse, Knoepken l'opérait à Riga, mais par l'écriture plus que par la parole. Le conseil ne pouvait et l'archevêque voulait encore bien moins l'autoriser à prêcher. Ses prédications , en conséquence , étaient secrètes et n'avaient pas lieu devant un nombreux auditoire. Peut-être , si Kncepken eût été enthousiaste et violent , ce refus même d'autorisation eûtil doublé son succès en exaltant son éloquence , en lui faisant trouver ces traits piquants, ces sarcasmes amers, els palpitantes personnalités que le vulgaire applaudit avec fureur. Mais, il faut lui rendre cette justice, il était, contrairement à la plupart des réformateurs ses compagnons, probe et modéré. Il ne résista donc point en face et par la violence aux prohibitions archiépiscopales : il écrivit, et ses opuscules furent lus avidement ; il réunit des élèves, et ceuxci reçurent les leçons qu'il leur donna sur les points en litige et les transmirent à leurs parents, à une foule d'autres. Néanmoins les catholiques tenaient bon , et la victoire eût été longue à se décider si tout à coup le grand meneur du luthéranisme n'eût làché sur Riga l'ardent Sylvestre Tegelmeister de Rostock. Ce véhément et fanatique auxiliaire de Kncepken débuta par des déclamations violentes contre le culte des images, et sa phraséologie ronflante, ses images exagérées , échauffèrent si vivement la populace à Réval et à Riga que, s'attroupant tumultuaireinent, elle envahit les églises et détruisit avec les images toute espèce de monument public. Profitant du trouble et de la consternation des catholiques, le conseil municipal alors statua qu'il s'ouvrirait incessamment un colloque sur les dogmes contestés entre le réformateur et les théologiens catholiques. Ce colloque effectivement eut lieu bientôt après ; les deux partis chantèrent victoire : c'était l'usage au bout de tous les colloques ; niais en réalité lincepken triomphait. La majorité du conseil se prononça pour lui, déclara le luthéranisme religion dominante, et ne fit plus que tolérer l'orthodoxie. Pour lincepken, il fut élu archidiacre de StPierre, c'est-àdire pasteur en chef de Riga. Son frère n'avait point attendu ce temps pour prendre publiquement son parti et laisser là son canonicat. Il y eut bien encore quelques obstacles à vaincre pour que Knoepken fût installé. Enfin il le fut, et le 25 octobre 1525 il inaugura sa dignité par un discours comme rarement les habitants de Riga en avaient entendu. Le reste de sa vie n'offre plus d'événements. Il était marié ; sa femme étant morte en mai 1538, il annonça qu'il ne survivrait point à cette perte douloureuse, et en effet, le 13 février suivant, il la suivit au tombeau. Son fils, Matthieu Kncepken, devint, long- temps après , prédicateur de Riga , et mourut le 14 décembre 1581. On a du père : 1° Interpretatio HZ epistolam ad Romanos, 'lier apud Lironios , vrœlecta , ubi is pastorem agit eccle- siœ Wittemberg , 1514 , Cet ouvrage , que précède un discours de Bugenhagen, est fort rare, bien que des bibliographes prétendent à tort qu'il eut , dès 1525 , une 2. édition. 2. Un grand nombre de cantiques, entre autres sur les psaumes Ill , XXIII , XXV , CXXV , CXXXIII , CXLVI.. Nous remarquerons à ce propos que c'est à Kncepken, et non à la fameuse Élisabeth Kreutziger, qu'est dû le beau cantique Herr Christ , du einger Gottes Sohn P—OT.
  • André LAGUNA ou LACUNA( 1499) : savant médecin espagnol du 16° siècle, naquit à Ségovie en 1499. H commença ses études dans sa ville natale, et alla les terminer à Salamanque, d'où H se rendit à Paris pour se perfectionner dans la langue grec-- que, et pour s'adonner à l'art de guérir, bien Cer- tain d'y faire des progrès rapides à cette époque remarquable où les savants et les gens de lettres recevaient toutes sortes d'encouragements par la protection de François ler. Muni de connaissances très-étendues , Laguna retourna en Espagne en 15'36 , se fit recevoir docteur à Tolède , puis alla joindre l'empereur CharlesQuint dans les PaysBas. Ce prince l'honora de sa confiance, et l'attacha au service de l'armée espagnole en Flandre. En 1540, Laguna vint à Metz ; et durant les cinq ou six années qu'il séjourna dans cette ville, alors impériale, il rendit de grands services à ses habitants , surtout pendant le règne d'une maladie épidémique ; il profita méme habilement de l'estime que lui portaient les Messins pour les contenir dans l'obéissance qu'ils devaient à l'empereur. De là il voyagea en Italie , et s'arrèta successivement à Padoue, où il assista aux dissections de Wald Colombo; à Bologne, ville dont la faculté de médecine, pour rendre hommage à ses talents, lui donna place parmi ses docteurs ; enf.in, à Rome, où le pape Jules 111 le nomma son archiàtre, et le créa comte palatin et chevalier de StPierre. De Rouie, Laguna se rendit à Anvers, en traversant l'Allemagne. Après un séjour assez long dans cette dernière ville, il voulut revoir sa patrie, et il y termina sa carrière au commencement de ri l'année 1560. Laguna était un médecin érudit et un judicieux critique, comme le prouvent les cor- rections et les commentaires qu'il a faits sur Galien, Dioscoride, Hippocrate, les Géoponiques, etc., et les différentes censures qu'il a publiées sur les versions de plusieurs savants. Voici la liste de ses ouvrages : 1. Anatomica methodus , sen De sectione hutnani corporis contemplatio , Paris, 1535 Ce manuel d'anatomie, quoique écrit en style métaphorique, n'est pourtant pas dépourvu de connaissances originales. 2. Compendium curationis prœcautionisque morbi passinz populariter grassan- tis, Strasbourg, 1h42 Anvers, 111136 en espagnol sous le titre : Della preservacion de la peste y su curacion, Salamanque, 1560 3° De articulari » turbo commentarius, Rome, 1551 Laguna a joint à ce Commentaire la traduction latine du Tragopodagra de Lucien , en italien, Rome, 1582 4° Alethodus cognoscendi ex. s'Ptr- pandique excrescentes in collo vesicoe carunculas, Rome, 1551 Alcala, 1555 Lisbonne, 1560 ; 5" Galeni Vita, Venise, i48 6. Epitome Galeni operum in quatuor partes digesta, Bide, 1551; 1571 Lyon, 1553, 4 vol. ibid., 1643 ; Strasbourg, 1604 Cet abrégé de Galien, qui est précédé de la vie du médecin de Pergame, contient ce qu'il y a de plus utile dans les oeuvres de ce dernier ; Jes longs raisonnements en sont exclus, et l'on y trouve faites, d'après le texte grec, les corrections de beaucoup de passages de versions latines défectueuses. 7. Adnatationes in Galeni interpretes , quibus varii loci in quibus impegerunt lectures, et explicantur et suennza fide restituuntur, Venise, 1548 Lyon, 1553 8° Galeni de antidotis Epitome, Anvers, 1587 avec le petit commentaire De herba panacea, par Gilles Everard ; 90 Epitonze omnium rerum et sententiarum qua?, ad- notatu dignœ in Commentariis Galeni in Hippocra- tem exstant; accedunt Galeni Enantionzata , Lyon, 1551 Cet ouvrage est inséré en entier dans l'abrégé de Galien édition de Lyon, 1643, citée plus haut. Sous le titre d'Enantiomata, Laguna a réuni plusieurs contradictions de Galien, au nombre de vingt et une. 10" Annotationes in Dias- coridenz, Lyon, 1555 On a les ouvrages de Dioscoride en espagnol par Laguna, Salamanque, 1563, 1570, 1586 Valence, 1636 110 Libri octo ultitni ex Commentariis Geoponicis seu De te rustica ohm Consiantino Coesari adscriptis , Cologne, 1543 avec des corrections faites sur la version de Cornarius ; 12° L'pistola apologe. tica ad Cornarium, Lyon, 1554
  • André LAMEY( 1726 - 1802) : historien , en 1726 à Munster dans la haute Alsace , fut l'élève du savant et laborieux Schœpflin , et devint ensuite son collaborateur. Il visita avec lui les archives et les bibliothèques des monastères de l'Alsace , pour en extraire les pièces qui pouvaient servir à répandre plus de lumière sur l'histoire de cette pro- vince dans le moyen àge. L'électeur CharlesThéo- dore l'appela à Manheim , sur la recommandation de Schoeptlin, et lui confia la garde de la biblio- thèque palatine. Lamey fut nommé, en 1765, secrétaire perpétuel de l'académie nouvellement formée à Manheitn ; et bientôt après, il joignit à ce titre celui de conseiller intime de l'électeur, qui ne cessa de le combler de bontés. 11 fit , en 1774, un voyage en Italie; et il employa deux années à parcourir les dépôts littéraires de Rome, de Florence et de Venise. L'étude et l'exercice de sa charge partagèrent le reste de sa vie; et il mourut à Manheim le 17 mars 1802. C'est à Lamey qu'on doit la publication de l'Alsatia diplomatica de Schcepflin ; ouvrage important qu'il enrichit de deux bonnes préfaces et de différentes addi- Lions . On citera encore de lui 1. Codex principis ° ling Laureshamiensis abbatict diplomaticus, ex œvo maxime carolingico diu mut- tumque desideratus, Manhefin, 1768, 5 vol. D. Magnus Klein , religieux de Gottwic , avait publié en 1766 le tome premier de ce Codex, d'après un manuscrit trouvé dans cette abbaye; mais il abandonna ce travail quand il sut que Lamy en préparait une édition. Celleci a été faite d'après un manuscrit de la bibliothèque Palatine copié sur l'original de l'abbaye de Lauresheim ou Lorsch, près l'Heidelberg. L'éditeur, dans sa préface , qui est fort curieuse, montre l'utilité de cet ouvrage , même pour l'histoire de France. 2. Histoire diplomatique des anciens comtes de Ravensberg , avec une table généalogique , des cartes, et cent trenteneuf pièces justificatives, ibid., 1779 ; 5. vingtsept Dissertations dans les Mémoires de l'Académie de Manheitn , dont il publia les sept premiers volumes de 1766 à 1794 : Ad lapides quosdam romanos inventos ad liecearum Dissertatio , fig., t. 1", p. 195-215; — l'agi Lobodunensis, pagi Worma- ciensis et pagi Rhenensis, ( palet sub regibus maxime carJlingicis fuerunt , Descriptio, ibid., p. 215-50O, et t. 2, p. 155-186. Ces notices sont faites avec beaucoup de soin et de précision : elles sot* accompagnées de trois cartes où sont désignés les villes, les bourgs et les monastères, d'après les écrivains contemporains; — Pagi Spirensis des- criptio, lig
  • André LANZANI( 1645) : peintre d'histoire, naquit à Milan vers l'année 1645 , et fut d'abord élève de Scaramuccia , qui à cette époque résidait à Milan. 11 se rendit ensuite à Rome, où il suivit quelque temps les leçons de Carle Maratta ; mais son génie ne pouvait se plier au style froid de ce maître, il passa dans l'école de Lanfranc. Ses meilleurs ouvrages , ainsi qu'on l'a observé dans beaucoup d'autres peintres, sont ceux qu'il exécuta à sots arrivée à Milan, lorsque de retour de Rome, sa manière semblait encore imbue des préceptes et des exemples qu'il avait reçus dans cette capitale des arts. Le Saint Charles dans une gloire, entre autres, qui existe dans la cathédrale de Milan, est un de ces tableaux précieux que l'on ne montre au public que dans les occasions solennelles. Lanzani a fait, en outre, dans la bibliothèque Ambrosienne, un beau tableau où il a représenté les Actions du cardinal Frédéric. Dans les ouvrages de ce genre il laisse peu à désirer , pour l'abondance des idées, la richesse des vêtements et l'effet du clairobscur; mais le plus souvent les seules louanges qu'il mérite pour l'exécution ne sont dues qu'à sa facilité et à la franchise de son pinceau, Après avoir donné dans sa patrie des preuves de talent, il fut appelé à Vienne par l'empereur, nominé chevalier, et chargé d'im- portants travaux; et il ne cessa de se distinguer dans son art jusqu'à sa mort, arrivée en 1712. — Polidore LANzsm, peintre de Venise, élève du Titien, se borna à peindre des têtes de vierge et de saints. P—s,
  • André LAUGIER( 1770) : habile chimiste français, naquit à Lisieux le 4.r août 1770. Ses études finies au collége de sa ville natale, il entra en qualité d'élève Chez un pharmacien, et, au bout du temps voulu, il fut reçu maitre en pharmacie, cequi lui facilita un mariage avec la fille d'un pharma- cien. Il n'avait alors que vingttrois ans. Il ne s'agissait plus que d'acquérir un établissement. Mais les fonds manquèrent; et, après avoir quelque temps encore espéré la réalisation de son premier plan, Laugier finit par y renoncer résolùment , et par chercher des ressources dans la carrière de l'enseignement. Grâce à la protection de Fourcroy, son cousin germain, il ne tarda pas à obtenir la place de répétiteur des cours de chimie et de pharmacie à l'école militaire d' de Toulon. Dans ces fonctions qui le soumettaient immédiatement à l'inspection du service de santé, il se fit remarquer surlechamp par la méthode et la lucidité de ses expositions. On loua surtout beaucoup son cours élémentaire de botanique, et la renommée en alla au cheflieu du département. Aussi bientôt réussitil à faire tomber sur lui le choix du jury d'instruction du Var pour une chaire de chimie à l'école centrale du département. Son séjour y fut encore moins long ; et, de l'Extrémité sudest de la France, il passa subitement à Lille, où les élèves de l'hôpital militaire d'instruction l'entendirent plusieurs années les entretenir de phytographie, de chimie, de matière médicale-, de procédés pharmaceutiques. Plus tard, Laugier fut appelé par Fourcroy à le suppléer dans sa chaire de chimie au muséum d'histoire naturelle. En même m p s il s'occupa de prendre rang dans la science par quelques travaux originaux et de répondre par des découvertes à ceux qui eussent pu être tentés de le trouver bien heureux d'avoir Fourcroy pour parent. Les nombreux travaux qu'il a fournis aux Annales du muséum et Mémoires du muséum pendant vingt et quelques années déposent de l'activité qu'il déploya dans cette sphère nouvelle. Ses peines ne furent point perdues. Dès 180'2 Fourcroy le fit nommer, en attendant sa survivance au muséum, chef du secrétariat de la direction générale de l'instruction publique; et plus tard , cette direction générale ayant été réunie au ministère de l'intérieur, c'est lui qui eut le titre de direc- teur. Bien auparavant, il avait été pourvu de la chaire d'histoire naturelle à l'école de pharmacie, dès sa réorganisation; et, à la mort de Trusson, il fut nommé directeur en chef de cette école. Enfin il succéda définitivement à Fourcroy au muséum, privé en 18'21, par suite de dispositions économiques, de sa place de directeur de l'instruc- tion publique. Il ne s'en montra que plus actif à son laboratoire; et, justement à cette époque de sa carrière correspondent de nom- breux et beaux travaux. Jusqu'à bo n dernier moment il fut, pour l'assiduité comme pour la solidité de l'enseignement, le modèle des professeurs. 11 n'avait que 61 ans quand le choléra l'enleva soudainement, en avril 1852. Sa mort fit une profonde impression sur l'illustre Cuvier qui, trois semaines après, devait le suivre dans la tombe. C'est comme chimiste que Laugier s'est fait connaltre ; et cependant c'est la minéralogie surtout qui doit citer son nom avec reconnaissance. Rarement ses opérations chimiques ont eu pour but de découvrir la manière dont une substance agit sur une autre en vertu de l'affinité; rarement il a tenté de trouver des réactifs, d'imaginer des procédés d'extraction : il n'aspire le plus souvent qu'à déterminer les principes constituants d'un corps; ce qui le conduit à indiquer rigoureusement sa place dans une classification des minéraux, ayant pour base la constitution chimique. Le grand moyen pour déterminer les principes constituants, c'est ce que l'on appelle l'analyse chimique, cette analyse dans laquelle Vauquelin longtemps est resté sans rival. Laugier, , sans être tout à fait l'égal de cet inimitable opérateur, se montra du moins son digne émule, en esprit de ressources et d'expédients, en dextérité, en précision ; et généralement ses analyses ont conquis dans la science une autorité à bien peu de chose près égale à celle de Vauquelin. Berzélius, entre autres, s'est plu à citer souvent Laugier, et plus d'une fois il a montré la conformité des proportions indiquées par celuici avec son système des proportions définies, bien que faites pour la plupart longtemps avant la publication de ce système. Quoique surtout voué à la chimie inorganique, Laugier a cependant fait quelques excursions dans le domaine des deux chimies organiques; il a aussi trouvé quelques procédés dont l'industrie a pu faire son profit. Tels sont ceux pour séparer le cobalt du nickel, le cérium du fer, le fer du titane; tel est celui pour convertir le sucre de gomme en sucre de lait. Toutes ces découvertes ou ces analyses sont consignées dans trentesix mémoires, dont vingtdeux insérés dans les Annales du muséum, quatorze dans les Mémoires du muséum, suite des Annales. En voici la liste complète et raisonnée, mais dans l'ordre chronologique. 1. Analyse d'une pierre tombée de l'atmosphère ; 2. Ana. lyse du disthène du StGothard . Ce minéral, jadis nommé schorl bleu, sap- pare ou cyanite, avait déjà été analysé par Saussure; Laugier y constata les mêmes éléments et les mêmes proportions à peu près que son prédécesseur, sauf pour la silice. 30 Analyse de l'amphibole du cap de Gates., dans le royaume de Gre- nade . [Augier voulait surtout, en se livrant à cette analyse' comparer la composition de l'amphibole à celle d'un autre silicate, l'actinote, qui offre la même cristallisation que lui, et vérifier si ces deux espèces n'en faisaient qu'une. 40 Analyse de répidote grise du Valais en Suisse . L'épidote grise de Haüy, ou thallite, avait déjà été analysée par Descotilz et par Vauquelin ; mais Langier traita, au lieu des épidotes grises du Dauphiné et d'Arendal, celle du Valais. Il y trouva moins de chaux et d'alumine, mais plus de fer et d'oxyde de manganèse ; et il acheva de mettre hors de doute la présence de cette dernière substance dans présence qui avait été niée jadis. 50 Analyse d'une pierre silicéo- ferrugineuse de cou- leur verdâtre . Cette pierre était un silicate de fer contenant 84 de silice sur 8 d'oxyde de fer; et Laugier présumait que sa couleur, d'un jaune verdâtre, était entièrement due au fer. 6‘, Analyse de la mine de plomb de Johanngeorgenstadt, en Saxe, que quelques miné- ralogistes ont nommée arséniate de plomb , à laquelle on peut joindre sa Note sur l'analyse de la mine de plomb de Johann- georgenstadt, etc. . L'analyse de Laugier, en cette occasion est un modèle nonseulement il décomposa le minéral, et y trouva ainsi de l'acide phosphorique, que les minéralogistes en question n'y soupçonnaient pas; mais, procédant par synthèse, il recomposa un phosphate de plomb qui, analysé à son tour, lui fit conclure à un excès de base dans le phosphate. En résultat, le prétendu arséniate de plomb devenait un phosphate et arséniate de plomb, où l'arséniate était en bien moins grande quantité. Le minerai de Johanngeorgenstadt devenait ainsi le même à peu près que la mine de Pontgibaud, Auvergne . Du reste, Bose, de Berlin, tentait en même temps l'analyse du minerai de la Saxe et se refusait à y reconnaltre du phosphate de plomb. Laugier alors répéta ses expériences, et constamment retrouva ce. phosphate; il en fit juges Vauquelin, Haüy et Fourcroy, etc., et c'est en quelque sorte sous leurs auspices et avec leur garantie qu'il rédigea sa note. 7° Examen chimique des grammatites blanche et grise du StGothard t. 6, 1805, p. 163). Laugier soumit au chahimeau, à l'action des acides et à divers réactifs nombre de grammatites de l'une comme de l'autre sorte; et jamais lesanalyses ne lui donnèrent les mêmes résultats pour les proportions; il les explique par la présence constante de la dolomie dans la grammatite. 8° Examen du chro- mate de fer des montagnes Ouraliennes , en Sibérie ; 90 Analyse de ractinote de Zillerthal, en Tyrol, . Seul Bergmann avait analysé ce minéral avant Laugier. Ce dernier y signala des proportions différentes de celles de Bergmann et un élément inaperçu de ce grand minéralogiste. I 0° Extrait d'un mémoire sur l'existence du chrome dans les pierres météoriques. . 110 Note sur l'analyse, etc. . 12° Examen de la pierre dite zéolithe rouge du Tyrol ; 13. Examen - chimique d'une substance ani- male de la grotte de l'Arc, dans File de Caprée ; 14. Analyse du paranthin ; 15. Analyse du diudside ; 16. Analyse de tAplome ; 17° Analyse comparative de deux sables ferrugineux trouvés, l'un à St- Domingue, l'autre sur les bords de la Loire, aux environs de Nantes ;
  • André LENÔTRE( 1613) : architecte et dessinateur des jardins du roi, naquit à Paris en 1613. Son père, surintendant des jardins des Tuileries , voulut qu'il se fit un nom dans les arts et le mit chez Simon Vouet, où le jeune Lenôtre se lia avec Lebrun d'une amitié qui dura toute leurvie. Il se serait distingué dans la peinture ; mais doué d'un génie fécond et d'une imagination riante, il étu- dia particulièrement et perfectionna l'art des jardins. Il développa dans ses plans une abondance d'idées et une magnificence d'ornements propres à embellir le séjour des rois. C'est alors qu'on vit pour la première fois des portiques, des berceaux, des grottes, des treillages, des labyrinthes orner et varier le spectacle des jardins. Le désir de se rapprocher de la nature a introduit en France, depuis Lenôtre, le goùt des jardins anglais; mais si ce nouveau genre offre plus d'agréments, il est loin d'avoir la majesté et la grandeur que l'on admire dans les jardins des Tuileries et de Versailles, qui seront toujours les chefsd'oeuvre et les inodèles du genre inventé par Lenôtre. C'est d'abord dans le château de Vaux que cet habile artiste fit connaltre son génie ; mais il sembla se surpasser dans les plans du parc de Versailles. Louis XIV, ayant choisi ce séjour pour y fixer sa résidence, confia aux artistes les plus célèbres les embellissements qu'il y désirait. Lenôtre fut chargé de la distribution des jardins, et il ne s'effraya pas des obstacles que lui présentait le terrain. Lorsqu'il eut arrêté ses plans, il pria le roi de venir sur les lieux pour juger de la distribution des principales parties. Il commença par les deux pièces d'eau qui sont sur la terrasse au pied du château; ii lui expliqua ensuite son dessein pour la double rampe. Le roi, à chaque grande pièce dont Lenôtre lui indiquait la position , l'interrompait en disant : « Lenôtre, je vous U donne vingt mille francs. » Cette approbation fut répétée plusieurs fois; mais Lenôtre, aussi dés que touché de cette munificence, arrêta le monarque à la quatrième interruption et lui dit brusquement : « Sire, Votre Majesté n'en saura « pas davantage ; je la ruinerais! » La plaine aride où Versailles est situé manquait d'eau; il n'y avait à proximité du château qu'un marais malsain et croupissant; on proposait de le dessécher : Lenôtre s'y opposa et rassembla toutes ces eaux dans le vaste canal qui termine le parc de Versailles. C'est après ces beaux et vastes travaux qu'il embellit ou qu'il créa les jardins de Clagny, de Chantilly, de StCloud, de Meudon, de Sceaux, des Tuileries; le parterre du Tibre à Fontainebleau et l'adu.irable terrasse de StGermain. Amiens lui doit aussi la belle promenade appelée si chérie de Gresset. Lenôtre obtint du roi la permission de voyager en Italie , pour y acquérir de nouvelles connaissances; et en 1678 il se rendit à Rouie, où le pape Innocent XI lui fit l'accueil le plus distingué. Ce pontife lui accorda une audience particulière , dans laquelle il se fit montrer tous les plans de Versailles, dont il ne put s'empêcher d'admirer la richesse. Sur la fin de l'audience, Lenôtre, transporté d'un tel accueil, s'écria . « Je ne me soucie plus de mourir ; a j'ai vu les deux plus grands hommes du monde, « Votre Sainteté et le roi mon maitre. — Il y a u une grande différence, répondit le pape : le roi a est un grand prince victorieux; je suis un pana vre pretre, serviteur des serviteurs de Dieu; il a est jeune et je suis vieux. » A cette réponse, Lenôtre, oubliant à qui il parlait, frappa sur l'é- - pante du pape en lui disant : a Mon révérend pére, « vous vous portez bien et vous enterrerez tout le ,) Accablé d'années, il demanda la permission de goûter enfin le repos. Louis le corn - bla de marques de sa bienveillance, et ne lui ac- corda ta faveur qu'il sollicitait qu'a condition qu'il viendrait le voir de temps en temps. Deux ou trois ans après, Lenôtre étant allé à Marly, dont Mansard avait dessiné les nouveaux jardins, le monarque l'aperçut, et lui dit qu'il voulait lui faire les honneurs de son jardin; il monta dans sa chaise couverte, et obligea le vieillard à y prendre place. Lenôtre, touché de tant de bonté, et remarquant Mansard , surintendant des bâtiments, qui suivait le roi, s'écria les larmes aux yeux : t( Sire, en vérité, mon bonhomme de père « ouvrirait de grands yeux s'il me voyait dans « un char, auprès du plus grand roi de la terre « il faut avouer que Votre Majesté traite bien son CC maçon et son jardinier. » Quels que soient les changements survenus dans le genre cultivé par Lenôtre, il sera difficile d'y mettre plus de grandeur et de noblesse, et le titre de jardinier des rois lui restera toujours. Il mourut à Paris, en 1700, âgé de 90 ans. Son buste, sculpté par Coysevox, est placé au musée des monuments fran-çais
  • André LEVRET( 1703 - 1780) : chirurgien•aceoucheur, né è Paris en 4703. mourut dans cette telle '2. 2 janlier 17/.0. Sa haute renommée le lit appeler a la cour en qualité d'accoucheur de Madame la Dauphine, nitre de Louis XVI. Il était membre de l'académie royale de chirurgie de Paris. Il a fait pendant longtemps des cours d'accouchement lue MM ait un nombreux concours d'éleves. Quoiiue appelé par les femmes les plus considérables la capitale, il exerçait les autres branches de la chirurgie avec une grande distinctittn. Le falieus satuuel Bernard lui donna cent mille francs pour les soins qu'il en avait reçus. Les principaux ou'rages de Levret sont : 1• Ubsenratious var les - mues et let accidents de plusieurs acrourlteaseuts , rtekl. Paris, sn-$°. La t• édition de cet »rage. qui rut lieu en 1770 , contient des re Nues fort judicieuses sur le levier de Boort lent. on 3 joint a cette édition un opuscule luté Susi. dit Odsserratsouu sur les causes et les 'doute des aerourhaatesete laborieux. etc.. et qui avait été publié en 1751, Lest une réponse péremptoire à la critique qui avait été faite en 1749, du premier ouvrage de l'auteur, dans k Journal oies sarants. Otiserrabonr sur la cure radietle th plusieurs polypes de la matrt, e, de la gyrie el du * es, op erre par de nottreaux anopes Pa. ria, 1749 fig. ; 3B Frpticatiou do plu, tvers figures. sur le eléertrittin, de la grossesse et de l'attisa rem, id. Paris, 175t Dans ces figures, l'auteur représente avec autant d'exactitude qu'il est possible les différents degrés de dilatation de l'utérus. 4° L'el des arroi., liements dorlotant par des principes de physique et de ?? canique Paria, 1753 , 1761, 1766 fig. Cet excellent livre, qui, attira celui de 11 itideloque, était le meilleur que l'on possétiàt sur l'art des accouchements, a eu plusieurs éditions et a été traduit en différentes langues. 5. Assai sur talus des rites géra- rale: et contre les prtjugés gus s'opposes,: aux progrés e l'art des accouchements. Paris, 1766 6' Traité des acroucliementr laborieux. Paris, 1770 C'est dans ce traité que Leiret a exposé une doctrine infiniment judicieuse, relative a la forme du forceps et au occurrences où il convient d'appliquer cet instrument, qu'il a perfectionné. Celuici , qui (St encore fort usité, porte le titre de forceps de Levret. 7. Oterrattegu sur l'allaitement des enfants, Paris, 1781 traduites en allemand, Leipsick, 1785 56 pages
  • André LEYTO( 1680) : peintre d'histoire et de genre, tlorissait à Madrid vers 1680. C'est dans cette ville qu'il puisa les leçons de son art. Doué d'un coloris brillant , il fut chargé de peindre, conjointement avec Joseph de Zarobia, les tableaux qui ornent le cloltre du couvent de StFrançois à Ségovie. Les deux artistes y représentèrent la vie du fondateur. Les tableaux de Leyto sont remarquables par la beauté du coloris, qui l'emporte de beaucoup sur la perfection du dessin. Aussi Leyto, appréciant avec discernement les qualités qu'il possédait, a peu travaillé dans le genre historhpie et a peint plus particulièrement des scènes d'intérieur. Il a parmi les Espagnols trèspeu de rivaux en ce genre
  • André LIBAVIUS : docteur en médecine, naquit à Halle en Saxe. 11 professa l'histoire de la poésie à Iéna en 1588 et fut nommé en 1605 recteur du gymnase de Cobourg, dans la Franconie, où il mourut en 1616. Ce médecin est le premier qui ait parlé de la transfusion du sang. On prétend que la fable du rajeunissement d'Eson lui en donna l'idée. « Ayez , , un homme sain et a vigoureux et un homme sec et décharné qui a possède à peine un souffle de vie. Ouvrez l'ara Cère de l'homme en parfaite santé, insinuezy a un tuyau d'argent; ouvrez ensuite une artère 'C de l'homme malade, placez un autre tuyau dans ce vaisseau et bouchez si exactement les deux . Lower, anatomiste anglais, la perfectionna ; et Denis, médecin français, qui marcha sur ses traces, publia en 1668 deux lettres relatives à plusieurs expériences curieuses de la transfusion du sang. On regardait alors cette opération comme une ressource contre les maladies et comme un moyen de rajeunir les vieillards; mais elle fut défendue par un arrèt (lu parlement, informé des mauvais effets qu'elle avait produits. Libavius se fit une réputation par ses ouvrages de chimie, dans lesquels il s'efforça de réfuter les rèveries de Paracelse et de ses sectateurs. On conserve dans les pharmacopées, sous le nom de Liqueur fumante de Libavius, la compo- ition d'un puissant caustique qui n'est autre .Bose que du muriate suroxygéné d'étain. Son fistoire des métaux le lit placer sur la mème ligne lue George Agricola ; mais la métallurgie et la hitnie ont fait tant .de progrès depuis Libavius, lue ses ouvrages ne sont plus estimés. Sur une ingtaine qu'il a composés, nous ne citerons que , Epistolaruin chymicarum libri Ires, Francfort, 1595 et 1599, 3 vo« . 2" Alchyinia, Francfort , 1606 fig.; 3. Syntagma selectorum alchymioe areanorum, ibid., 1613, 2 tomes en 1 volume ; 4" Appendix Syntagmatis arcanorum chymicorum, ibid., 1615 5^ Comment. Al- chymier et narra opuscule, ac ejusdem Analysis confessionis fraternitatis de Rosea- Cruce, ibid
  • André MAINARDI : surnommé il Chiareghino XXY1. peintre de Crémone, florissait de 1590 à 1613. Elève de Bernardino Campi , il déploya un talent digne (le son niaitre dans le tableau du Mariage de Ste- Annc et surtout dans sa grande composition du Divin sang, tableau plein de grandiose et de majesté. L'artiste a voulu exprimer l'idée du prophète : Torcular ealcari solus. Il a représenté le Rédempteur debout, qui, pressé par la justice dix fine, tire des blessures de son corps sacré des ruisseaux de sang, lequel, recueilli dans des calices par StAugustin et autres saints docteurs de l'Eglise , se répand pour le salut de la foule des iidèlés réunis autour d'eux. Peu de tableaux offrent un sujet aussi bien conçu : il est digne de faire honneur à quelque école que ce soit. Belles formes, riches draperies, coloris brillant et agréable, tout s'y trouve ; et si la lumière y était répandue d'une manière plus large et non resserrée en petites niasses ; si quelques ligures étaient plus heureusement disposées, cet ouvrage laisserait peu à désirer. Dans les autres tableaux de cet artiste , on voit un peintre trop pressé de produire et qui, dans sa négligence, laisse trop de choses à reprendre sous le rapport de la couleur et du dessin. — Lactance MA1NARDI, surnommé le Boloynese, du nom de sa ville natale étudia d'abord avec succès dans l'académie de Bologne, sous la direction des Carrache, et vint à Rome, sous le pontificat de SixteQuint, pour se perfectionner dans son art. 11 ne tarda pas à se faire connaitre, et fut chargé de la décoration d'une partie de la voûte de la grande salle de StJean de Latran, où les trois figures des ferias se tenant par la main obtinrent le suffrage des artistes. Bientôt après, il peignit à fresque dans l'église de SteMarie Majeure, audessus du mausolée de Pie V, plusieurs ligures qui lui font le plus grand honneur. Il avait exécuté dans le palais du Vatican d'autres ouvrages qui ont été détruits par suite des changements qu'ont subis les bâtiments. il n'en reste que les peintures qui décorent la voûte de l'escalier conduisant de la chapelle Sixtine à l'église StPierre , et qui représentent plusieurs actions de la vie de Lactance. Ces fresques sont mises au rang des plus belles qui soient à Rome. 11 est malheureux que la conduite de cet artiste ne répondit pas à son talent : il était adonné à la table et aux fenunes. Sa santé sen ressentit. Les médecins lui conseillèrent l'air natal. Il se mit en route pour Bologne; niais, arrivé près de Viterbe, l'air des montagnes l'affaiblit tellement qu'il ne put continuer son voyage. Il se fit transporter à Viterbe, où il mourut en peu de jours, âgé seulement de 27 ans, et fut unis ersellement regretté
  • André MANTEGNA( 1430) : peintre d'histoire et gra\ eur, naquit à Padoue en i430, et fut élève du Squarcione. Son premier tableau , qu'il lit à dixsept ans , semble avoir été exécuté par un maitre déjà consommé dans son art. Il le plaça dans l'église de SteSophie ; on y lit l'inscription suivante : Andreas Mantinea, Patavinus, annos vu et X notas, sua manu pinxit, 1448. Le Squarcione fut tellement charmé de ses rares dispositions qu'il l'adopta pour son fils , et ne laissa pas de lui continuer ses soins lorsque Mantegna prit pour femme une tille de Jacques Bellini , son compétiteur. Élevé dans une académie où l'on étudiait d'après le marbre, André faisait un cas singulier de certains basreliefs grecs des premiers temps de l'art. Il recherchait avec le plus grand soin la pureté des contours et la beauté des idées et des formes; nonseulement il avait adopté ces draperies qui accusent le nu , ces plis parallèles , cette recherche dans les différentes parties de ses figures qui dégénère facilement en sécheresse, mais il négligeait entièrement l'expression. On remarquait ces défauts dans son tableau du Martyre de St- Jacques. Le Squarcione l'en railla avec tant d'amertume qu'André résolut de suivre une autre route. 11 donna plus de vie à son St- Christophe, qui forme le pendant du tableau précédent. A peu près dans ce temps , il exécuta pour l'église Ste Justine l'Apôtre St- Marc écrivant l'Evangile , et sut exprimer sur le visage du saint la méditation du phi-1 losophe et l'enthousiasme de l'inspiré. Si son martre , par ses reproches, l'obligea d'agrandir sa manière, les Bellini n'y contribuèrent pas moins par leur alliance. Mantegna demeura quelque temps à Venise, et l'un retrouve dans le paysage de quelquesuns de ses tableaux la suavité de coloris qui caractérise l'école vénitienne. Il parait aussi qu'il y enseigna la perspective. De là il revint à Padoue, d'où il se rendit à Vérone. Il y exécuta plusieurs ouvrages remarquables , entre autres le tableau du choeur de l'église de StZénon le Majeur. Le marquis de Gonzague , Jean François U , seigneur de Milan, le chargea de divers tableaux considérables pour l'embellissement de son palais de StSébastien. C'est là qu'il peignit une suite formant le Triomphe de César, que Vasari regarde comme son chefd'oeuvre. Le marquis de Gonzague, redoublant d'amitié et d'égards pour l'habile artiste , lui donna une maison à la 1, ille et une ferme près de Milan, et le créa chevalier. Lors de la prise de Milan par les Autrichiens, les tableaux dont on vient de parler furent enlevés et transportés en Angleterre, dans le château d'Ilamptoncourt, où on les conserve encore aujourd'hui avec le plus grand soin. Ils ont été primitivement gravés par Mantegna luimême , d'après ses propres dessins, mais avec quelques changements, et plus récemment sur cuivre par Van Oudenaerd , d'après une gravure sur bois exécutée en manière de clairobscur par André le Mantouan. Un dessin de cette admirable peinture, composé par Mantegna et remarquable par sa beauté , faisait partie de la collection de Mariette. La renommée de Mantegna se répandit bientôt dans toute l'Italie, et le pape Innocent invita le marquis de Gonzague à le lui envoyer à Rome, où il voulait lui confier igh peintures du Belvédère. On voit encore, quoi- e en partie détruite, la chapelle qu'il avait peinte dans le Vatican par ordre de ce pape. On y reconnait cette imitation de l'antique qu'il autorisa constamment par son exemple , et l'on y aperçoit les progrès dont il fut redevable à l'étude des nombreux chefsd'oeuvre que renferme la ville de Rome. Depuis ce moment, sa manière ne cessa de se perfectionner. On peut difficilement exprimer le soin qu'il avait mis dans son exécution; et quoique ses tableaux soient peints à fresque , ils sont aussi finis qu'une miniature. Outre les peintures dont ou a déjà parlé, on en voit encore un grand nombre dans une des pièces du château de StSébastien , que Ridolphi appelle la Chambre des époux. Ce sont de vastes compositions peintes à fresque, et particulièrement quelques portraits de la famille Gonzague , dans le •neilleur état de conservation. Quoique Mantegna ait beaucoup travaillé, il est rare de rencontrer de ses tableaux dans les galeries. Ses véritables productions se reconnaissent non - seulement à l'élégance des figures, à la roideur des plis, à la teinte jaunâtre du paysage , parsemé de petits rochers découpés, mais à la science du dessin et à la finesse du pinceau. Ce qui l'a empêché d'exécuter un plus grand nombre de tableaux de galerie , c'est le temps considérable qu'il conacra , surtout dans son âge niùr, à la gravure et à ses grandes compositions à fresque. Mantoue possédait les derniers et les plus beaux tableaux qu'il ait exécutés; le plus célèbre de tous fait aujourd'hui partie du musée du Lou re. Il représente la Vierge sur un trône avec l'Enfant Jésus, debout sur ses genoux, accompagnée de six autres saints, et du marquis de Mantoue JeanFrançois de Gonzague, qui rend grâces du prétendu succès remporté sur le roi Charles 1111 à la bataille de Fornovo, vers les bords du Taro, en 1495. La ville de Mantoue offrait peu de tableaux aussi admirés des étrangeis que celuilà. Exécuté en 1495 , on a peine à croire qu'il ait plus de trois siècles d'existence; on y admire la délicatesse des carnations, le brillant des armures, la variété des costumes et la fraîcheur des fruits et des fleurs. Chaque tète peut sen ir de modèle pour la vivacité et le caractère, et quelquesunes même pour la manière dont il faut imiter l'antique. Le dessin a une délicatesse et un coulant qui démentent l'opinion commune que le style de Mantegna et le style sec sont une même chose. On y reconnait en outre un empâtement de couleur, une finesse de pinceau et une grâce propre à l'artiste, qui semble le dernier passage de la manière antique à cette perfection où Léonard de Vinci porta l'art quelque temps après. Le musée du Louvre possède encore de ce martre trois autres tableaux : le Parnasse, les l'ires chassés par la Sagesse, et un Calvaire où I" on prétend que Mantegna s'est représenté sous la ligure d'un soldat, vu à micorps sur le premier plan , avec le casque en tète et la lance à la main. Le même musée renferme encore deux dessins à la plume de ce ?aitre, dont l'un, représentant le Triomphe de l'Amour, a été gravé par MarcAntoine; l'autre a pour sujet Persée tenant la fête de , Méduse; on y voit enfin une composition de sept figures peintes en grisaille, sur toile, dont le sujet est le Jugement de Salomon. Mantegna ne s'acquit pas moins d'honneur par les perfectionnements qu'il apporta dans l'art de la gravure, qui était encore dans l'enfance ; et quelques auteurs italiens lui attribuent même l'invention de la gravure au burin : sa manière se rapproche de celle de Pollajuolo , son contemporain et son martre, selon quelques historiens. La plupart des planches qu'il a gravées sont de son invention et paraissent avoir été exécutées les unes sur cuivre, les autres sur étain. Comme dans ses tableaux , les contours de ses figures sont d'un grand style et pleins de fermeté et de noblesse, quoique parfois un peu exagérés. Les pièces gravées par lui , dont on peut voir la description dans le Manuel des amateurs, sont au nombre de vingttrois ; les plus remarquables sont la suite de neuf planches en forme de frise, représentant le Triomphe de César, dont on n déjà parlé. 11 est peu de collections où ces neuf planches se trouvent complètes. Mantegna marquait ordinairement ses gravures (les lettres M et F entrelacées. Plusieurs ne portent point d'autre marque qu'une tablette assez semblable à celle dont MarcAntoine marquait ses ouvrages : c'est ce qui a fait attribuer à ce dernier maitre une estampe de Mantegna représentant Hercule entre le tire et la Vertu. Mantegna eut pour élèves deux de ses fils, dont un portait le nom de François , et qui terminèrent avec succès les peintures du château de Mantoue, et y ajoutèrent le beau plafond de la voÙte ; et quoique Melosio ait la gloire de passer pour l'inventeur de la science du raccourci , on est forcé de convenir que les deux Mantegna l'avaient presque portée avant lui à sa perfection. Ces deux frères peignirent les tableaux latéraux de la chapelle de StAndré, dont leur père avait exécuté le maitreautel, et ils y érigèrent, en 1517, un beau mausolée en son honneur. Cette date a pu induire en erreur plusieurs écrivains qui ont pris l'année où fut érigé ce tombeau pour celle où mourut André Mantegna, qui avait cessé de vivre en 1505. — On doit encore compter parmi les artistes sortis de cette école Charles DEL MANTEGNA, qui (lotissait en 1514, à Gènes , où il enseigna son art avec succès , et qui était resté longtemps avec André son parent, dont il sut s'approprier la manière. On croit qu'il eut part aux travaux que François et son frère exécutèrent dans le palais de Mantoue et dans la chapelle de StAndré. Il est rare de trouver des ouvrages authentiques de Charles ; les amateurs les confondent communément avec ceux du chef de son école, tant ils leur ressemblent pour le goût et le faire. Le nom même de ces divers artistes a été souvent une nouvelle source de confusion , et peut donner lieu à éclaircir un point historique qui n'est pas sans intérêt. il paraît que c'est sous François , fils d'André Mantegna , qu'a d'abord étudié le Corrége. Plusieurs historiens ont présumé, du nom du maitre , qu'il était élève d'André; mais ils auraient facilement reconnu leur erreur, s'ils avaient réfléchi que le Corrége n'avait que dix ans en 1805, année de la mort de ce dernier
  • André MARMORA( 1600) : antiquaire , était né vers le milieu du 17e siècle, à Corfou, d'une famille patricienne. Ayant profité de ses loisirs pour recueillir les anciens monuments de sa patrie , il en composa l'histoire qu'il publia sous ce titre : Historia di Corlibri Otto, Venise , 1672 , Les deux premiers livres contiennent ses recherches sur les premiers habitants de Corfou et sur les événements dont cette île a été le théâtre itisqu'à l'époque de la domination romaine. Le troisième finit à l'avènement de l'empereur Constantin. Les suivants sont remplis par le récit de divers changements opérés dans l'administration de cette île sous ses différents maîtres et depuis que les Vénitiens s'en furent emparés. Quoique le savant ouvrage du cardinal Querini sur les Origines de Corcyre rende à peu près inutile celui de Marmora, les curieux ne laissent pas de le rechercher, et il mérite en effet de tenir place dans les bibliothèques à raison des détails qu'il renferme et qu'on ne trouve pas ailleurs. 11 est accompagné de 5 planches représentant environ soixante médailles frappées à Corcyre. L'explication qu'en a donnée Marmora n'est pas toujours heureuse ; mais , suivant Banduri , ses erreurs mêmes n'ont pas laissé d'ètre utiles aux savants
  • André MARONE( 1474) : célèbre improvisateur, était né en 1474 à Pordenone, dans le Frioul, de parents originaires.de Brescia . Privé de fortuite, il fut obligé pendant quelque temps de tenir une Fontanini ( Bibi. d'éloq. dit au contraire que Marone était 1 r école pour subsister. Il alla ensuite à la cour du liduc de Ferrare et mérita les bonnes grâces du cardinal Hippolyte d'Este ; mais ce prélat n'ayant pas voulu lui permettre de le suivre en Hongrie, Marone , irrité , quitta brusquement Ferrare et vint à Rome, où il parut avec éclat à la cour de Léon X. La plupart des auteurs contemporains parlent avec admiration de la facilité qu'il avait à traiter en vers latins les sujets qu'on lui proposait. Marone s'accompagnait d'une viole , dont les sons plus ou moins précipités donnaient la mesure de son exaltation. « Les éclairs de ses « yeux, dit Tiraboschi, la sueur qui inondait son « visage , le gonflement de ses veines , tout an- « nonçait le feu intérieur dont il était embrasé ; « et ses auditeurs , dans l'extase, croyaient lui « entendre répéter des vers mûris par une longue « méditation. » Un jour, Léon X avait réuni à un festin les ambassadeurs étrangers et les plus grands personnages de Rome ; il fit venir Marone, et lui demanda des vers sur la ligue nouvellement formée contre les Turcs. Ce fut alors qu'il improvisa un long poème qui commençait par ce vers : Infelix li'uroptz Chu quassatu tumultu Bellorum , etc. Les applaudissements l'interrompirent plusieurs fois pendant son récit, et retentirent longtemps après qu'il l'eut terminé. Le pape le nomma surlechamp à un bénéfice vacant dans le diocèse de Capoue. Il lui accordait souvent des gratifications ; mais Marone n'avait pas de conduite et il resta toujours pauvre. Sous le pontificat d'A- le drien VI, qui regardait les poètes comme des idolâtres, il fut chassé du Vatican ; mais Clément VII le rappela. Dans une sédition excitée par les Colonna en 1526, le malheureux poète perdit sa garderobe et l'argent qu'il avait ; il fut encore plus maltraité l'année suivante, lors de la prise de Rome par l'armée du connétable de Bourbon. 11 avait pris la résolution de se retirer dans son bénéfice; ruais l'espoir de recouvrer ses livres le retint à Rome , où il languit quel- p. ques mois, vivant d'aumônes. On le trouva mort dans une hôtellerie en 1527, à l'âge de 53 ans. 11 était lié avec Fr. Colonna , et il a célébré le Songe de Poliphile par une épigramme qu'on trouve à la tète de cet ouvrage. Il y a peu de pièces de Marone qui aient été imprimées. Liruti en a donné la liste dans les Notizie de' letterati di Friuli , t. 2, p. 68. Giraldi avertit qu'elles ne répondent point à la réputation de Marone , qui réussissait mieux dans les ouvrages improvisés que dans ceux qu'il avait eu le loisir de préparer, On peut consulter sur Marone les Eloges de Paul Giovio , ceux des Ecrivains bresdans, par Ottav. Rossi , l'Histoire ( le la littérature à Brescia, d'une famille originaire de Pordenone; mais on a préféré suivre l'opinion de Tiraboschi, qui paraît phis vraisemblable. italienne de Tiraboschi , et enfin le morceau sur les Improvisateurs dans les 411élanges de littérature de Suard, t
  • André MARTIN( 1621 - 1695) : né à Bressuire , dans le bas Poitou , en 1621, entra dans l'Oratoire en 1641, et fut le premier professeur de cette congrégation qui enseigna publiquement la philosophie de Descartes, ce qui lui attira bien des tracasseries de la part des sectateurs de la vieille philosophie. Ayant cru trouver tous les principes de la nouvelle dans les ouvrages de StAugustin , il publia en 1653, à Angers, Philosophie moralis christiana, sous le nom de Jean Côme Vavins. Innocent X , qui était alors sur le point de donner sa bulle contre Jansénius , crut y voir la doctrine de cet évêque, et l'ouvrage fut mis à l'index. L'auteur lui substitua alors le titre de Sanctus Augustinus, De existentia veritatis Dei, de anima , de morali philosophi , Ambrosio Victore theolo. go collectore , 1656 , 3 vol. Paris , 1671 , 7 vol.; Paris , 1667 5 vol,; 1671, 7 vol. C'est un extrait méthodique et trèsbien fait des ouvrages de StAugustin sur les matières importantes qui forment le cours d'une philosophie chrétienne. L'auteur ne se borne pas à StAugustin ; il trouve eucore de bons matériaux chez les autres écrivains ecclésiastiques et même chez les profanes. Malebranche estimait beaucoup cet ouvrage. L'université d'Angers, où Martin professait la philosophie lorsqu'il avait publié la première édition , fit un grand vacarme à ce sujet et l'obligea de se conformer à l'ancienne philosophie dans son cours de physique. Connue il y soutenait le système de Descartes sur l'âme des bêtes, le P. Hardouin n'a pas manqué de le placer dans la liste des athées , immédiatement après Jansénius, qui est à la tète. Nommé en 1679 professeur de théologie à Saumur, le P. Martin remplit cet emploi avec tant d'éclat, que les professeurs calvinistes de l'académie de cette ville , alarmés de ce qu'il avait ramené dans l'Eglise plusieurs de leurs élèves, défendirent aux autres d'assister à ses leçons. Les thèses publiques qu'il y fit soutenir, dont quelquesunes forment des de 80 pages, sont autant de traités sur chaque matière ; elles eurent une trèsgrande vogue dans le temps. On crut découvrir du jansénisme dans quelquesunes, qui furent mises à l'index et lui attirèrent une lettre de cachet. M. Arnauld , évêque d'Angers , fit des informations sur les faits qui avaient donné lieu à cet ordre. M. de Harlay, archevèque de Paris, après en avoir lu le procèsverbal et entendu le P. Martin luimème , fut convaincu de son innocence et proposa de le renvoyer à son poste ; mais Louis XIV ne voulut pas revenir sur l'ordre qu'il avait donné. Le P. Martin mourut à Poitiers en 1695. Il avait composé une Théologie dans les mêmes principes que sa philosophie ; mais elle n'a pas été imprimée. T—D
  • André MARVELL( 1620) : écrivain anglais, naquit en 1620 , au comté d'York , à KignstonuponHull , où son père était ministre et maître d'école. Admis à l'université de Cambridge, il s'y distingua tellement , que quelques jésuites l'engagèrent, diton, à les suivre à Londres, dans l'espoir de le gagner à la foi catholique ; mais son père s'étant mis à sa recherche, le retrouva dans la boutique d'un libraire et le ramena à l'université. Vers 1638, il perdit son père, qui se noya en traversant une rivière dans une barque avec la fille d'une dame de ses amies. Ce malheur servit à son instruction et à sa fortune, car cette dame, qui était riche, l'adopta pour son lils, et le fit voyager sur le continent. 11 passa quelque temps à Constantinople en qualité de secrétaire de l'ambassade anglaise. En 1653 , Cromwell le nomma gouverneur d'un de ses protégés ; et en 1637, il fut adjoint à Milton , alors secrétaire latin du Protecteur. 11 se conduisit dans cet emploi de manière à mériter d'être appelé au parlement, en1660, peu de temps avant la restauration, pour y représenter son pays natal. Il le fut de nouveau, en 1661, et jusqu'à sa mort. Quoiqu'il y parlât rarement, il avait une grande influence,, et il était intimement lié avec le prince Robert, qui n'agissait guère que par ses conseils. 11 s'était fait connaître dans sa jeunesse , par quelques poésies satiriques. En 1672, il publia contre le savant et impétueux Parker, un pamphlet intitulé la Repention mise en prose , etc. La Répétition est le titre d'une comédie du duc de Buckingham , dans laquelle Dryden , sous le nom de Rayes, est tourné en ridicule. Dans la Répétition mise en prose , Parker , sous ce même nom de Bayes, est le but des sarcasmes les plus piquants, Parker y répondit. Marvell publia en 1673 la Deuxième partie de la. Répétition mise en prose, qui mit tous les Nommes d'esprit de son côté , ferma la bouche à son adversaire, et parait avoir abattu l'esprit altier de celuici, qui néanmoins avait eu pour auxiliaires quelques écrivains non moins violents que lui. L'un d'eux avait terminé une lettre qu'il adressait à Marvell , par ces mots : « Si tu oses imprimer aucun mensonge ou libelle « contre le docteur Parker, je jure par le Dieu « éternel que je te couperai la gorge. » Marvell publia, en 1676 Ill. Smi rkc , ou le néologien à la mode, pamphlet. dirigé contre le docteur, Tur ner, pour la défense de l'ouvrage de l'évêque Herfert Croft, intitulé la. Vérité nue, ou le l'éritable état de l'Eylise primitive. Ce pamphlet était suivi d'un Essai historique, concernant les conciles géné- raux, les Credo, et les impostures en matière
  • André MASIUS ou MAES( 1526 - 1573) : savant orientaliste belge, naquit à Linnich. en 1526. Il étudia d'abord les langues , la philosophie et la jurisprudence avec autant d'éclat que de succès; il devint ensuite secrétaire de l'évêque de Constance, et, après la mort de ce prélat , en 1553, il fut envoyé à Rome en qualité de chargé d'affaires. Il profita du séjour qu'il y fit pour se fortifier dans les langues grecque , hébraïque , chaldaïque et syriaque , dont Moïse de Maredin , savant prêtre d'Antioche, lui donna des leçons. En 1558, il alla se fixer à Clèves , auprès du duc Guillaume, qui le choisit pour un de ses conseillers. Plusieurs écrivains ont prétendu qu'il avait été appelé à Anvers par Philippe II, pour y travailler à la Polyglotte de concert avec Arias Montanus. Mais celuici n'en parle pas dans sa préface il dit seulement que Masius fournit une grammaire et un dictionnaire syriaques , insérés dans le Pr volume de l'Apparat satH. Il mourut le 7 avril 1573 à Zuenar, près de Clèves. 11 était si versé dans les langues anciennes que Sébastien Munster disait de lui « qu'il semblait avoir été « élevé parmi les Latins ou parmi les Hébreux. » 11 avait une érudition si profonde et si étendue qu'on le consultait de tous côtés comme un oracle et qu'il était l'admiration de tous ses contemporains. 11 avait lu les livres juifs et les connaissait à fond. Il n'y a guère d'auteur, selon Richard Simon, qui aient été plus exercés dans le style de l'Écriture et qui aient mieux entendu que lui la critique de la Bible . On trouve néanmoins dans ses ouvrages quelques opinions singulières et des conjectures hardies. 11 possédait le célèbre et seul manuscrit syriaque connu, qui nous ait conservé l'édition donnée par Origène d'une grande partie du Deutéronome, du livre de Josué et des autres livres historiques postérieurs de l'Ancien Testament. Ce manuscrit avait été traduit exactement et mot pour mot sur un exemplaire grec des Hexaples, corrigé de la main d'Eusèbe de Césarée , et il portait les marques grammaticales, telles que les astérisques, les obèles , etc. C'est. Masius luimême qui nous apprend ces particulatés. Fabricy présume qu'il était de l'an 626, et il ajoute, qu'après avoir été en la possession de Lent , professeur de langues orientales à Herborn , il passa dans celle de DanielErnest Jablonski. Mais depuis il s'est tellement égaré que jusqu'à présent, dit le docte Jahn , on n'a pu le retrouver. Nous avons de Masius : P Josuœ historia, dupliei editione : hebraïea et gray«. ; adjuneta est duplex ver- sic feuilla, quorum tillera hebrakanz illam altera gra, rani perse ad verbum reproesentat ; et insuper interpretatio chaldaïca , ubi ab hebrœo diseessit , latine est in marginibus expresse ; subjecta est etiam tittlgata Latina; addita sentpraterea annotationes et rommentaria, Anvers, Plantin, 1574 et dans les Critici sacri de Londres et d'Amsterdam. Cet ouvrage , trèsestimé, même des protestants , fixé la réputation de l'auteur, qui souhaitait vivement de le voir imprimé de son vivant. Quelques passages en ont été censurés à Rome : le P. Fahricy conseillait néanmoins d'en donner de nouvelles éditions. Richard Simon, Jahn et B. de Rossi en recommandaient fortement la lecture, tout en avouant qu'il y a des répétitions et des inutilités. Le docteur Owen, qui publia en 1784 Sa Critical disquisition sur ce livre, prétend que l'auteur v avait principalement en vue de con- firmer l'autorité de la version des Septante. 9.° Disputatio de cana Domini opposite' Calyinistaruen impiis corruptelis , Anvers, 1575 ; 3° Traductio lutina ex syriaco Commentaii de Paradiso, seripti a Alose. Bar- Cephti Syro ; pofessionum duarum Mosis Martien; Jacobitte patiarchoe tictaque epistolarun? duaum scilicet Sullaka . 1losellani, Xestorianotsum patriachoe, et populi Xestoriani ad P. JI. necnon lituegice sancti Basilii, Anvers, 1569 Le Commentaire sur le Paradis terrestre a été inséré dans les Critici sacri. 9e édition ; les quatre opuscules suivants, dans la Bibliothèque des Pères; et la Liturgie attribuée à StBasile, dans les Liturgies orientales de Renaudot, avec des observations critiques , et dans le Codex lituryicus d'Assemani. Grammatica linyuoe syriactr. — Syorum peculium, hoc est, expliratio tocabuloruni apud Syros passim explicatorunt, Anvers, 1571 Ce sont les deux ouvrages que Masius entreprit à la prière d'Arias Montanus et qui sont insérés dans la Polyglotte d'Anvers. Lorenzo Crasso attri- ' bue à Masius une grammaire grecque et quelques épigrammes dans la même langue. I uy. lienr. à \\Teze, Epistola de morte Andr. à la tète du tome Pr des Critici sarri Francfort, 1696
  • André MAYER( 1716 - 1782) : professeur de physique et de - ill Cet instrument, ainsi appelé du jésuite Pacheco qui l'avait inventé en 1762, est fondé sur le même principe que l'henrymètee , instrument royal el universel, dédié en 1598 à Henri IV par le breton Suberville, oublié, ainsi que beaucoup d'autres, dans les N lices chronologiques sur les liretons, par M. Miorcet de Kerttanec. Dans l'un comme dans l'autre , la base du triangle dont le grand côté donne la distance au point inaccessible . et formée par la longueur même de l'instrument. Au moyen des lunetes achromatiques , du micromètre et du vernier, le panto- mètre peut , dans les distances médiocres. donner une approximation suffisante pour la pratique ordinaire, tandis que l'heu- rymèlre, dépourvu de ces puissants moyens de précision, n'offrait qu'une théorie illusoire et sans utilité. C. M. P. mathématiques à Greifswald , né à Augsbourg le 8 juin 1716 , mort le 20 décembre 1782 , s'est fait connaître par une bonne carte de la Poméranie suédoise et de l'île de Rugen, 1763 ; par un grand nombre de dissertations académiques , la plupart en latin, et par le Dessin du nouveau collée de l'académie royale à Greifswald , 1755 contenant 7 planches. On a encore de lui un Mémoire intitulé Observations de l'entrée de Vénus sur le soleil, le 3 juin 1769 . Il a donné, dans les Mémoires de l'académie de Suède , un extrait de ses observations astronomiques pour déterminer la position géographique de Greifswald ; et dans les Mémoires de Berlin , année 1771, la longueur du pendule simple pour la mème ville. Enfin on trouve de lui , dans les Mémoires de Pétersbourg pour 1781, des Passages de toutes les planètes qu'il avait observées au méridien
  • André MICHAUX( 1746) : un des plus intrépides voyageurs de la fin du dernier siècle , un de ceux dont les découvertes ont le plus enrichi le sol de la France, naquit en 1746 à Satory, domaine du roi, dans le parc de Versailles. Son père , après l'avoir laissé en pension pendant quatre ans , le rappela auprès de lui afin de lui donner de bonne heure, ainsi qu'à son frère cadet, l'habitude des Comm MichRauADlt ignorait le nom de baptême de Pradon , e avait ecrite N. PRADON, ce qui signifiait que le nom de baptêm était inconnu; mais au lieu de suivre exactement son manuscrit, le signe N fut métamorphosé en NICOLAS. La faute a été copiée et répétée depuis dans le Calendrier historique des sciences , dans les Tablettes dramatiques , dans tous les Dictionnaires historiques , jusques et compris le Nouveau dictionnaire universel historique, en 20 volumes, et même dans son abrégé en 3 volumes Cependant l'abbé Desfontaines, qui était du pays de Pradon, et qui avait fait vainement beaucoup de recherches sur le prénom de son compatriote , écrivit à Michault pour le féliciter de sa découverte : c'est Michault luimême qui donne ces détails dans un Fragment, d'une lettre à M. l'abbé Bonordi, qu'on trouve à la page 157 du tome des Mélanges historiques et philologiques. travaux champêtres et les connaissances nécessaires pour qu'il pût lui succéder dans l'exploitation de sa ferme. Michaux prit bientôt un goût trèsvif pour l'agriculture. Plus tard il se perfectionna dans la langue latine , et étudia même le grec. Il se maria. Son bonheur paraissait assuré ; mais au bout de onze mois il perdit sa femme, qu'il aimait éperdument. 11 trouva du soulagement dans les conseils paternels et dans l'amitié de Lemonnier, qui lui inspira le goût et succomba au second accès. Il était dans sa 57e année. Ainsi périt cet homme extraordinaire , dont toute la vie avait été consacrée à des choses utiles, au moment où il allait explorer un pays curieux avec lequel il eût pu établir des relations avantageuses pour sa patrie, et plein du projet de visiter de nouveau l'Amérique septentrionale pour compléter ses recherches. L'éloge de Michaux est tout entier dans cet exposé de sa vie. Courage pour entreprendre, intrépidité dans les dangers, ténacité pour achever, exactitude dans ses observations , franchise de caractère , simplicité dans les manières, sûreté absolue dans le commerce de la vie telles sont les qualités distinctives de cet homme modeste qui a vécu pour la science et qui s'est sacrifié pour elle. On a de lui : I° Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale, Paris , 1801 , 36 planch., représentant 20 espèces et , les fruits et la fructification . Les descriptions sont en latin et en français. Les localités et l'usage de chaque espèce ou variété sont indiqués avec soin. Enfin les dessins sont tels qu'on devait les attendre du pinceau de Redouté. 2° Flore boreali- americamz, Paris, 2 vol. 52 fig. également par Redouté, contenant plus de mille sept cents plantes, et environ quarante genres nouveaux. Cette Flore a été pendant plusieurs années le travail le plus complet dans ce genre sur cette partie de l'Amérique, et la Flore de Pursh ne dispense pas de la consulter. Nous possédons, sur la vie et les voyages de Michaux , une Notice fort intéressante composée par Deleuze , et publiée en 18011 dans le 3e volume des Annales du muséum d'histoire naturelle, dont la présente esquisse n'est pour ainsi dire qu'un extrait. Le nom de michauxia a été donné par Aiton au mindium de Jussieu , de la famille des campanulacées
  • André MIGON : fut employé pendant vingtneuf ans à la bibliothèque de l'hôtel de ville, Paris, et mourut le 2 décembre 1823. Il a laissé trois manuscrits prêts à être imprimés, mais qui ne le seront probablement jamais : P une Description de l'Oise, 4 vol. ; 2' un Abrégé histoique de l'origine de l'office divin des Hébreux, des ch•,: tiens, depuis St- Pierre jusqu'à nos jours; :3" des Annales historiques de la milice bourgeoise de le ville de Paris, 2 vol. Mignon a publié, comme éditeur, un opuscule intitulé Arcs latines ( le Louis XVI et de Marie- Antoinette, Paris, 1816
  • André MOCENIGO( 1400) : historien, né à Venise vers la fin du 15e siècle, était de la même famille que les précédents. Il montra dès sa première jeunesse une grande ardeur pour l'étude. Il fut chargé de différentes négociations dont il s'acquitta avec autant de zèle que de capacité ; et , après avoir rempli plusieurs emplois importants à la satisfaction générale , il fut élevé au rang de sénateur. ll trouva dans la culture des lettres un délassement à ses travaux , et publia l'histoire de la ligue de Cambrai sous ce titre : Belli memorabilis eamerarensis adrersus t enetos historia, libri Venise , 1525 ; elle a été insérée dans le 12' volume du Thesaur. antiquitat. Ital., par Grievius et P. l3urmann. André Arrivabene la fit traduire en italien; et cette traduction, imprimée en 15i FI, l'a été de nouveau en 1560 Quoique écrite d'un style peu élégant, dit Tirahoschi, cette histoire est recherchée pour l'exacti,tude avec laquelle les faits y sont rapportés. Mocenigo avait laissé en manuscrit un Poème latin sur da guerre que les Vénitiens soutinrent cantre Bajazet 1 I , en 1500; il est perdu , ainsi que quelques autres productions de cet écrivain , dont Marc Foscarini rapporte les titres dans son ouvrage Della Letteraturareneziana. Quclques bibliographes citent encore de lui un traité de théologie en cinq livres , sous ce titre singulier : Pentado? on et'Pentateuchon, Venise, 1511 . l'auteur l'a dédié au pape Jules II. Ghilini a donné une place à Mocenigo dans le Teatro d'uomini let- terati
  • André MORELL( 1646) : naquit à Berne en Suisse le 9 juin 1646. Ce fut un savant distingué. Ses connaissances en numismatique égalèrent si elles ne surpassèrent pas celles de tous ses contemporains. Ses études, commencées à StGall, furent continuées à Zurich et terminées à Genève. La nature l'avait doué d'une mémoire prodigieuse et d'une rard pénétration. Ses rapides progrès dans l'histoire développèrent bientôt son goût pour la numismatique , qu'il regardait comme une des bases essentielles des connaissances historiques , et il apprit à dessiner afin de se rendre cette science plus familière. Charles Patin, qui avait déjà publié plusieurs volumes de numismatique, l'ayant rencontré à Bâle, fut enchanté des heureuses dispositions qu'il reconnut dans ce jeune Suisse ; il se lia d'une étroite amitié avec lui , l'aida de ses conseils , de son expérience et lui prodigua tous les secours dont il avait besoin. Morell vint à Paris en 1680. Précédé par sa renommée, il fut admis dans la société des savants et des gens de lettres que le duc cl'Aumont réunissait chez lui, et y fut accueilli par des hommes du premier mérite, qui lui conseillèrent d'entreprendre la publication générale de toutes les médailles antiques qui existaient alors dans les divers cabinets de l'Europe, en y joignant des commentaires sur celles qui avaient déjà été publiées et des dissertations sur les pièces inédites. Cette tâche lui parut digne de son zèle et de ses efforts. Il donna, en 1683, un essai de ce grand ouvrage sous le titre de Specirnen universœ rei nummariee antiquce. Rainssant, alors conservateur du cabinet royal des médailles, obtint l'agrément de Louis XIV pour s'adjoindre Morell , qui de ce moment rejeta les offres avantageuses que lui avaient faites les cours de Copenhague et de Berlin, et se livra avec une ardeur infatigable à la classification et à l'arrangement du riche cabinet confié à ses soins. Les profondes connaissances qu'il montra dans l'exercice de sa place furent appréciées comme elles devaient l'être par Vaillant et Noris, les deux plus célèbres antiquaires de cette époque et qui le seraient peut-être encore de la nôtre. Lorsque son travail au cabinet du roi fut achevé, la récompense qu'on lui avait promise se fit attendre ; il s'en plaignit d'une manière inconvenante et déplut au ministre Louvois, qui le fit mettre à la Bastille en juillet 1688. Relâché à la prière de ses protecteurs et de ses nombreux amis, il ne tarda pas à être de nouveau incarcéré ; et ce qui doit paraître , et il retourna dans sa ville natale. La mort de Rainssant ayant laissé vacante la place de conservateur des médailles du cabinet du roi, elle avait, diton, été offerte à Morell à condition qu'il embrasserait la religion catholique ; mais ne voulant ni faire violence à ses principes religieux ni s'exposer à de nouvelles persécutions, il avait tout refusé, et la place fut donnée à Oudinet. Il est peut-être curieux aujourd'hui de voir comment s'exprime à son sujet le P. Jobert, jésuite : « M. Morell est certainement l'honneur « des antiquaires ; aussi aimable par sa probité, « sa candeur et son désintéressement qu'il est « admirable par son génie, son industrie et son « application, qui passent ce que l'on peut ima « Biner dans ce qui concerne les médailles. Enfin « c'est un génie rare , à qui rien ne manquera c, lorsque Dieu lui aura fait tonnait, la vérité de « la religion catholique. n Ses brillantes espérances s'étant évanouies en quittant la France, il ne put subvenir tout seul aux frais énormes qu'entraînait le vaste plan de son ouvrage ; de sorte que ses travaux languirent. Le chagrin s'empara de lui , et sa santé s'altéra tellement qu'il eut la moitié du corps paralysée et fut obligé de renoncer à tenir la plume ou le crayon. Cependant, en 1691, le comte de SchwartzenburgArnstad , grand amateur de médailles, l'appela près de lui pour avoir soin de son cabinet. Il l'autorisa même à faire une excursion en Hollande et à Berlin pour visiter les cabinets des curieux et enrichir le sien. Notre antiquaire ne put jouir longtemps du bien-être et de la tranquillité qu'il goûtait au clulteau d'Arnstad : une chute de voiture, où il se démit l'épaule , et une attaque de paralysie le forcèrent de suspendre ses travaux, et il succomba à ses souffrances le 11 avril 1703, avec le regret de n'avoir pu terminer l'ouvrage de numismatique qu'il avait conçu sur un trèsvaste plan, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Havercamp recueillit les matériaux épars de cet ouvrage et publia , en 1731 , Thesaurus Morellianus , sire familiarum Romanarunz numismata omnia, en 2 volumes dont 1 volume de planches et 1 volume de texte. Le volume de planches offre la réunion la plus complète qui ait jamais été faite des médailles consulaires dispersées dans tous les cabinets d'Europe, dessinées sur les originaux de la main même de Morell, et gravées ensuite sous ses yeux. Nous pouvons assurer qu'il a rendu avec une vérité, un art et un talent remarquables le caractère des figures tel qu'il est sur chaque médaille. Il est à regretter qu'Havercamp, entraîné par un motif bien louable sans doute, celui de donner à Morell toute l'illustration que méritaient ses travaux, ait voulu accumuler sur la description de chaque médaille nonseulement les commentaires d'Erizzi, Orsini, Vaillant, Morell et autres, mais encore les siens propres pour critiquer à tort et à travers ses devanciers et former de nouvelles conjectures, plutôt faites pour embrouiller la matière que pour l'éclaircir ; d'où il résulte que l'amateur qui consulte cet ouvrage voit , il est vrai , d'un coup d'oeil tout ce qui a été dit depuis Goltzius jusqu'à Havercamp sur les divers types des médailles consulaires ; mais il lui reste à prendre parti entre les opinions trop souvent contradictoires des commentateurs, et l'embarras où il se trouve diminue sensiblement l'intérêt de ces commentaires . Morell avait aussi laissé, en manuscrit, l'histoire numismatique des douze premiers empereurs romains. Havercamp , Schlegel et Gori se réunirent pour la publier avec d'amples commentaires : c'était l'usage alors. L'ouvrage parut, en 1752, sous le titre de Thesauri Morelliani numismata aurea, argentea, aerea, cujusque moduli priorum imperatorum, Amsterdam, 3 vol. figures. A l'exception des planches qui, ainsi que celles des familles consulaires, ont été gravées sur les dessins et sous les yeux de Morell et qui sont la partie la plus recommandable de cet ouvrage, on peut dire qu'il règne dans la classification et l'arrangement systématique des médailles une telle confusion, ainsi que dans les explications et les commentaires élaborés en commun par ces trois savants, qu'il est d'une extrême difficulté, au milieu des diverses hypothèses tour à tour soutenues et combattues par eux, de pouvoir discerner le bon du mauvais. l'utile de l'inutile, le vrai du faux ; de sorte qu'il est à peu près généralement, reconnu que le seul mérite réel de cet ouvrage est dans les planches. On connaît encore d'André Morell une lettre à Périzonius, De nummis consularibus, 1701 ; 1713 et dans l'Electa rei nummarie de Woltereck, p. 12 ; — une Lettre au chevalier Fountaine, 1703 et d'autres à Henri Haas dans les Mémoires d'histoire et de. littérature de Ch.F. Lub. Haas, Marbourg, 1784 p. 288-293. l'ayez la Fie d'André Morell, écrite en latin par A.P. Giulianelli, et publiée en 1752 par Gori, à la tète de sa Columna Trajan a , ouvrage auquel Morell avait eu beaucoup de part
  • André MORELLET( 1727) : de l'Académie française, naquit à Lyon, le 7 mars 1727, d'un marchand papetier. Après qu'il eut fait ses premières études au collège des jésuites de cette ville, son père l'en fit sortir, à l'âge de quatorze ans, pour l'envoyer à Paris au séminaire des Trente- Trois. Le jeune élève dut aux succès qui l'y distinguèrent son admission en Sorbonne. il passa cinq années dans cette maison célèbre , livré , mais non pas exclusivement , aux études théologiques ; il se délassait de Morin , de Tournély, de Spinoza , de Cudworth , avec Locke , Buffon , Bayle , Voltaire, etc. Il eut en Sorbonne, pour compagnons d'études, quelques jeunes gens qui depuis sont devenus des personnages importants dans 1'Eglise et dans l'Etat. On doit citer particulièrement de Loménie de Brienne et Turgot, imbus déjà l'un et l'autre des principes de la philosophie qui commençait à devenir celle de leur siècle. Les trois jeunes abbés traitaient entre eux des questions , et résolut d'en donner unextrait sous le titre de Manuel des inquisiteurs. Ce recueil parut en 1762, gràce à Malesherbes, ami de l'auteur, qui n'hésita point à en favoriser la publication dans un pays où la douceur du gouvernement ne permettait de craindre l'effet d'aucune allusion fâcheuse. De retour à Paris , Morellet fut introduit dans ces sociétés vantées où l'on n'était admis que présenté par des hommes dont la réputation était faite, ou sur la recommandation d'un nom déjà connu. Une conversation à la fois solide et maligne , sans être caustique , une humeur enjouée, un caractère droit et ferme, rendaient son commerce agréable et sûr ; aussi futil trèsgoûté , chez madame Geoffrin , de tous les hommes de talent que cette maison réunissait, et dès ce moment même il gagna la bienveillaie de cette dame, qui lui témoigna de l'attachement jusqu'à la fin de sa vie. On lui trouvait quelque chose du tour d'esprit de Swift. Divers petits écrits , qu'il publia dans le même temps, contre Lefranc de Pompignan et contre Palissot, sont en effet remplis de ce que les Anglais appellent humour, expression qu'ils semblent nous avoir empruntée, pour lui donner un sens qu'elle a perdu dans notre langue. Palissot 'venait de faire jouer sa comédie des Philosophes; il y désignait plusieurs amis de Morellet avec la licence et l'effronterie d'Aristophane. Ce fut pour les venger que ce dernier écrivit la Préface des Philosophes , ou Vision de Charlee Palissot , plaisanterie assez mordante qui rétisit beaucoup. Mais Il'abbé Morellet avait eu l'imprudence d'y jeter un trait un peu vif contre la princesse de Robecq, connue par son aversion pour les philosophes. Le pamphlet parvint à cette dame, comme envoyé de la part de l'auteur. C'était une perfidie de Palissot. Madame de Robecq demanda vengeance au duc de Choiseul, et l'auteur fut mis à la Bastille. 11 y resta deux mois ; ce fut au crédit Ide la maréchale de Luxembourg et surtout au zèle de J.J. Rousseau, qui la fit agir, qu'il fut en grande partie redevable de sa liberté. Nous n'oublierons pas un procédé généreux par lequel il s'honora pendant sa détention. Six semaines s'étaient écoulées sans qu'il eût été permis à I Morellet de sortir de sa chambre. Au bout de ce I temps , des ordres furent donnés pour qu'il pût se promener dans la cour. Quoique cette faveur fût assez légère, il était naturel qu'il y mît un grand prix. Cependant , après en avoir profité deux fois , il observa que pour lui procurer le plaisir de la promenade, il fallait qu'un autre en fût privé. Aussitôt il pria le gouverneur de faire jouir de cette grâce quelque autre prisonnier à qui ce soulagement pouvait être plus nécessaire. Le gouverneur accepta ce sacrifice, et la prison ; de l'abbé Morellet se referma sur lui. L'effet de ces petites persécutions passagères , exercées contre des hommes de lettres ou des philosophes, Iétait presque toujours d'appeler sur eux 1' atten- tion , d'exciter l'intérêt en leur faveur, quelquefois même de les mettre à la mode. L'abbé Mo g, rellet l'éprouva d'une manière sensible : il dut à li ses deux mois de captivité un surcroît de con , sidération , de nouveaux amis et surtout un II redoublement d'affection de la part de ceux qu'il possédait déjà. Parmi les sociétés où son zèle pour la philosophie le faisait rechercher, il plaçait luimême au premier rang celle du baron d'Holbach. Quoique la maison de ce dernier fût comme le quartier général des esprits forts , les philosophes théistes n'en étaient pas exclus. Ils s'y trouvaient même assez nombreux pour tenir tète à leurs adversaires. On pense bien que l'abbé Morellet ne se rangea point parmi les „„ apôtres de l'athéisme, il fut au contraire un des antagonistes qui les embarrassaient le plus dans la discussion. En 1766, à la prière de Malesherbes , il fit et publia la traduction du fameux Traité des délits et des peines, de Beccaria. Cette traduction , où s'est conservée tout entière la chaleur de l'écrivain original, eut sept éditions en six mois. Beccaria s'empressa de remercier l'abbé Morellet d'un travail par lequel le sien était amélioré. « J'avoue , lui écrivitil , que je dois tout e aux livres français et surtout à mon traduc « teur. » En 1769 , Morellet contribua , par des écrits solidement raisonnés sur la Compagnie des Indes, à faire supprimer le privilège de cette association, dont les affaires étaient dans un désordre tel, qu'il devenait impossible de la maintenir sans de graves inconvénients. C'est vers la tin de la même année , qu'il publia le Prospectus d'un nouveau Dictionnaire de commerce; entreprise d'une haute importance, qui l'occupa vingt ans entiers et qu'il abandonna néanmoins, non sans de vifs regrets, à l'époque où la révolution éclata. L'abbé Morellet a déclaré que l'abandon de ce grand projet était le tort de sa vie littéraire. De 1770 à 1789, il composa différents écrits plus ou moins importants. Les principaux sont la Réfutation des Dialogues sur le commerce des blés , de l'abbé Galiani ; la Traduction des Recherches sur le style, de Beccaria ; la Théorie du paradoxe, brochure pleine de sel et de verve, dirigée contre Linguet ; l'Analyse de l'ouvrage sur la Législation et le commerce des grains, par Necker ; des Observations sur la Virginie, traduites de Jefferson, etc. Au milieu de l'année 1779., Morellet fit un voyage en Angleterre, avec la mission d'en rapporter au gouvernement quelques instructions relatives au commerce. Il eut à se féliciter de l'accueil qu'il reçut à Londres de lord Shelburne, depuis marquis de Lansdown , dont il avait acquis l'amitié pendant un séjour de cet homme d'Etat à Paris. Ce fut chez lui qu'il connut Franklin , et bientôt s'établit entre eux un commerce d'estime et d'attachement. Morellet eut aussi des relations avec les membres les plus distingués du parlement . Le gouvernement avait récompensé plus d'une fois les travaux utiles de l'abbé Morellet ; mais le motif d'un nouveau bienfait qu'il obtint en 1783 est trop honorable pour être passé sous silence. En signant le traité qui terminait la guerre d'Amérique, lord Shelburne, placé récemment à la tète du cabinet britannique et qui s'était opposé constamment à la pais, déclara que, si sa manière franche de procéder dans le cours des négociations avait paru digne de l'approbation du roi de France et de son ministère, le mérite de ces dispositions appartenait surtout à l'abbé Morellet, dont les principes et les opinions l'avaient dirigé. Sur le compte que Vergennes rendit à Louis XVI de ce noble témoignage , ce prince accorda , sur les fonds des économats , quatre mille francs de pension à l'abbé Morellet. Un honneur littéraire, qu'il semblait ne point espérer encore, l'attendait l'année suivante. Il remplaça l'abbé Villot à l'Académie française. L'Académie faisait en lui une acquisition précieuse. Peu de ses confrères possédaient au même degré l'habitude et le talent d'analyser les idées, de définir les mots, d'y attacher le sens qui leur est propre. Ce fut surtout dans le travail du Dictionnaire qu'il déploya le fruit de ses études sur le mécanisme et la philosophie des langues. 11 était alors , comme il n'a cessé d'être à l'Institut , un des coopérateurs les plus éclairés et les plus laborieux de cet ouvrage utile. Quand les premiers symptômes de la révolution se manifestèrent , Morellet, qui s'était toujours occupé de questions d'intérêt public , se trouvait naturellement conduit à discuter celles dont le gouvernement luimême provoquait et recommandait l'examen. Il les traita particulièrement dans une correspondance avec le cardinal de Brienne, d'abord membre de l'assemblée des notables, puis chef du conseil des finances et enfin principal ministre. Ce prélat, dont il était l'ami depuis quarante ans, le consultait, l'écoutait volontiers, mais se contentait de l'écouter. Il paraît qu'il ne tint pas à l'abbé Morellet que de Brienne n'évitât un grand nombre de fautes qui firent de son ministère une époque désastreuse , et qu'au lieu de tâtonnements, de vues incomplètes et de petits moyens, il n'adoptât et n'exécutât des plans sagement ordonnés et mieux appropriés aux besoins du temps. Vers la fin de 1788, quand la seconde assemblée des notables eut délibéré sur la question de savoir quelle forme on donnerait aux états généraux, l'abbé Morellet publia des Observations sur la forme des Etats de 16111. Cet écrit, dans lequel il défendait l'opinion du bureau de MONSIEUR sur la double représentation du tiers état , fut bientôt suivi d'un autre , dont le but était le même et qu'il intitula : Réponse au Mémoire des princes. L'année suivante, il en fit paraître deux nouveaux : Réflexions du lendemain. — Moyen de disposer utilement des biens ecclésiastiques. Dans le premier, il relevait le vice des opérations faites sur le bien du clergé ; il proposait dans le second des mesures d'équité qui n'étaient nullement du goût des réformateurs. Il perdit, par l'effet des décrets de l'assemblée nationale , un trèsbeau bénéfice et s'en consola. Chamfort avait écrit la diatribe la plus amère et la plus perfide contre les corps académiques , afin d'amener l'assemblée constituante à supprimer l'Académie française dont il était membre. L'abbé Morellet répondit avec vigueur à la brochure de Chamfort, quoique celuici n'eût pas manqué de désigner d'avance les défenseurs des Académies comme les ennemis de la révolution . 11 osa pareillement braver les fureurs du parti démocratique en attaquant, dans le Journal de Paris , la détestable doctrine de Brissot sur la propriété. Nommé directeur de l'Académie française en 1792 , s'il ne put la préserver de sa ruine , il empêcha du moins que le vandalisme n'effaçât les traces de son existence ; il eut la prudence hardie d'emporter chez lui les archives , les registres , les titres de création de cette compagnie et le manuscrit même du Dictionnaire. Cet héritage d'un corps illustre resta longtemps en dépôt dans sa maison. En 1805, il en enrichit la bibliothèque de l'Institut, où l'Académie l'a retrouvé. Après le 9 thermidor, l'abbé Morellet rompit le silence qu'il gardait depuis un an sur les affaires publiques. 11 publia le Cri des familles , ouvrage dans lequel il plaidait la cause des enfants des victimes de la révolution. C'est , d'un bout à l'autre, l'élan d'une âme ardente que l'indignation soulève. La publication d'un pareil écrit parut et dut paraître à l'Europe un acte du , plus généreux courage , car la tempête grondait encore. Si Robespierre n'était plus, son esprit lui survivait et la terreur n'était qu'à moitié désarmée. Le Cri des familles produisit en France une impression remarquable. La voix énergique d'un écrivain vieilli dans ces sortes de luttes soutint , enhardit, fortifia l'opinion qui se prononçait déjà pour la restitution des biens des condamnés. Cette mesure , longtemps incertaine, fut enfin décrétée par la Convention, qui se vit forcée de céder à l'ascendant d'un voeu devenu général. Animé par ce succès, l'abbé Morellet persista sans relâche à combattre les violences révolutionnaires, à solliciter les réparations dues à l'humanité. Au Cri des familles succéda la Cause des pères, plaidoyer en faveur des pères et mères, aïeuls et aïeules des émigrés atteints par diverses lois sévères. D'autres écrits du même genre , sois presque à la fois de sa plume courageuse , attestèrent tout ce que son âme conservait de chaleur et son esprit d'activité; ils portent les titres suivants : Supplément à la Cause des pères ; — Nouvelles réclamations; — Dernière défense ;— Appel à l'opinion publique; — Discussion du rapport fait par le représentant Audouin. De toutes les pensions de l'abbé Morellet, il ne lui restait en 1797 qu'environ douze cents francs de rente, en inscriptions su'r le grandlivre. Le besoin de se créer des ressources et de faire vivre sa soeur le jeta dans une carrière nouvelle. 11 se mit à traduire de l'anglais des voyages et des romans; ou ne lisait guère alors d'autres ouvrages. Il tra - duisit : l'Italien, ou le Confessionne des pénitents noirs ; — les Enfants de l'abbaye, — Clermont; — Phédora ; — Constantinople ancienne et moderne; — le 3. volume du Voyage de Vancouver ; — les livres 9 et 10 de l'Histoire d'Amérique, de Robertson. Toutes ces traductions, formant ensemble plus de vingt volumes, dont un furent faites et publiées de 1797 à 1800. Cette occupation, que ses travaux antérieurs devaient lui rendre fastidieuse, il ne l'interrompit un moment que pour flétrir, dans un écrit plein d'énergie , l'horrible loi des otages , portée le 12 juillet 1799. Il eut encore cette fois à se féliciter d'avoir impunément bravé le parti des révolutionnaires. Lors de la création de l'Institut en l'an 4 , il n'en fit point partie ; ce ne fut qu'à la nouvelle organisation, en 1803, qu'il y fut appelé ainsi que ses anciens confrères à l'Académie française. 11 fut compris dans la classe de la langue et de la littérature française, et nommé secrétaire de la commission du Diction- , naire. En 1807, il fut appelé au corps législatif. Une constitution singulièrement forte, qu'un travail constant n'avait point. altérée , le défendait des infirmités de l'âge. Le goût qu'il avait toujours eu pour la musique , était devenu plus vif dans sa vieillesse. Il s'amusait à composer des vers et particulièrement des chansons. Ces petites pièces , dont quelquesunes ont été publiées , se font presque toutes remarquer par un mélange de grâce, de finesse et de simplicité qu'il ne porta dans aucun autre genre de composition. Une chute qu'il fit en 1815 , à l'âge de quatrevingthuit ans, et qui lui brisa le fémur, le laissa dans un état d'immobilité sans remède et sans espérance. Calme, serein et résigné, il ne parut sentir que la douleur des siens. Cet accident ne changea rien à l'ordre de ses travaux habituels. 11 sut même profiter de la vie sédentaire à laquelle il était condamné, pour choisir, dans ses ouvrages inédits et dans ceux qui avaient déjà paru , les écrits qu'il jugeait les plus dignes de fixer l'attention du public ; et en 1818 , il publia 4 volumes sous le titre de Mélanges de littérature et de philosophie du 18. siècle . 11 ne Suard a inséré quelques morceaux de Morellet dans se, Mélangea, et lui a emprunté des notes sur Vauvenargues. Morellet a encore eu part au Publiciste, aux Archives litteraires, et il y a de lui une excellente dissertation sur les étymologies dans le Mercure de l'an 8. Ses Mémoires, dont on a fait usage pour la rédaction de cet article, embrassent toute la dernière moitié du 18' siècle et ne s'arrêtent qu'à la fin du consulat de Bonaparte. Ils sont riches en noms propres ; c'est une suite de portraits des personnages marquants du parti philosophique, et d'aperçus relatifs aux travaux littéraires de l'auteur et à quelques écrits politiques contemporains. Il s'y mêle des lettres inédites de Malesherbes, Laharpe , Raynal, Thomas, Chamfort, etc. Ils ont été publiés par M. Leinontey, avec une préface et des notes de M. le Clerc, Paris, /821, 2 vol. nouvelle édition, considérablement augmentée, 1823, 2 vol. On a quelquefois attribué à l'abbé Morellet l'ExaMen critique des apologistes de la religion chrétienne ivoy. BoniG.). Barbier s'est efforcé de détruire cette imputation dans son Dictionnaire des anonymes, Pe édit , t. 4, p. I l et suiv. Tout ce qui est mal lui paraissait absurde , et l'absurde lui semblait presque impossible. L'abbé Morellet est mort le 12 janvier 1819, entouré d'une famille qui le chérissait. Lemontey lui succéda à l'Académie française
  • André MOROSINI( 1558) : historien, de la nième famille que les précédents, naquit à Venise en 1558. Les subtilités de la scolastique séduisirent sa jeu- , liesse ; mais le dégoût suivit de près l'ardeur qu'elles lui avaient inspirée et il alla étudier la philosophie à Padoue. Les belleslettres et le droit remplissaient les loisirs que lui laissait son étude principale. La peste le força de quitter Padoue en 1576, après un séjour de trois ans. En 1583, il fut fait Sage des ordres, titre qui était, pour la noblesse vénitienne , l'initiation aux charges publiques. En 1593, il fut du nombre des trois avocats généraux ; deux ans après , il fut élu Sage de terre ferme et rappelé dix fois aux mêmes fonctions. On l'avait proclamé Sage grand en 1605 ; il fit partie du conseil des Dix pendant trois sessions et fut nommé trois fois réformateur de l'université de Padoue. Il s'en fallut peu qu'il ne réunît les suffrages pour succéder au doge Jean Bembo. Le sénat le choisit pour continuer les annales de la république , qu'avait commencées Paruta , et cette tache poursuivie avec persévérance sous le fardeau des affaires devint son plus beau titre d'illustration. Scrupuleusement ménager de ses heures, Morosini ne se permettait d'autre délassement que la conversation des gens de lettres qu'il rassemblait dans son palais. Les affections de famille lui parurent des chaines incompatibles avec son existence laborieuse : aussi mourutil sans avoir été marié le 29 juin 1618. Le temps lui manqua pour mettre la dernière main à son histoire. Admirateur du style de Bembo et aspirant à un succès européen, il avait préféré pour la composition de son ouvrage la langue latine à sa langue maternelle. Paruta , qui avait pensé au contraire que tout devait être national dans une histoire de Venise , avait écrit en italien la sienne, qu'il conduisit jusqu'aux événements de 1551 : Morosini, voulant présenter un ensemble de faits complet et indépendant du travail de son prédécesseur, remonta à l'an 15'21 et ne s'arrêta qu'à 1615. Son histoire, divisée en 18 livres , ne fut publiée qu'en 16'23 par les soins de Paul Morosini, son frère. Son dessein, si sa vie se fût prolongée davantage, était de reprendre cette histoire de plus haut et même de la pousser jusqu'à l'origine de Venise. Elle eut un plein succès ; on rendit hommage à l'exactitude de l'auteur et à l'élégance de son style. Mais il ne fut pas goûté à Rome ; il avait rapporté trop librement le différend de Paul V avec la république. L'ouvrage de Morosini a été réimprimé dans le Recueil des historiens de Venise, 1719 dont il occupe les tomes 5, 6 et 7. Le sénateur Jérôme- Ascagne Molino traduisit cette histoire en italien, Venise, 1789. On doit encore à Morosini : to Opusculorum et epistolarum pars prima,. Venise, 1625 Cette première partie est la seule qui ait paru : elle renferme, entre autres morceaux , une Vie de StThomas d'Aquin, les éloges du doge Bembo , de Giorgi, procurateur de StMarc , de Valiero , baile de la république à Constantinople, et un dialogue où l'auteur examine s'il est permis par la loi de nature de se nourrir de la chair des animaux et pourquoi elle interdit à l'homme d'être anthropophage. 2° L' Imprese ed espedizioni di terra sauta, e l'acquisto foto dell' imperio di Constantinopoli dalla republica di Venezia , Venise, 1627 C'est le récit, divisé en deux parties, des armements des Vénitiens pour la conquète et la défense des lieux saints et de l'occupation de l'empire de Constantinople par leurs forces combinées avec celles des Français. 3° Leonardi Donati Venetianon principis , rite, Venise, 1628 4° Corsi di penna sopra l'isola della Cefalonia , ibid., 1628
  • André MULLER( 1630) : savant orientaliste, né vers 1630 à Greiffenhagen, dans la Poméranie ultérieure, acheva ses études à Rostock avec une rare distinction. 11 n'avait alors que seize ans, et il composait déjà des vers trèsagréables, nonseulement en grec et en latin, mais encore en hébreu ; aussi Klefeker lui atil accordé une place dans la Biblioth. erudit. prœeoc. Il vint ensuite à Gripswald , où il prit le degré de maître ès arts , et , s'étant rendu à Wittemberg, il y donna des preuves de talent et de capacité qui De Murr donna quelques années après ces trois manuscrits à l'empereur de Russie ; et ils ont été déposés à la bibliothèque impériale. lui méritèrent le pastorat de l'église de Koenigsberg sur la Warta. Son aversion naturelle pour la société et le désir de se livrer plus tranquillement à l'étude le déterminèrent à se retirer à Treptow; mais il passa bientôt en Angleterre, où il était appelé par Wallon et Castell, qui préparaient une nouvelle édition de la Bible polyglotte . Il demeura dix ans à Londres, dans la maison de Castell, travaillant aveu une telle application qu'il ne se dérangea mène pas pour voir le cortége de Charles II qui passait sous sa fenêtre, lors de la restauration. Ce fut là que Wilkins lui inspira pour la langue chinoise un goût qui se changea, pour ainsi dire, en passion, quand il eut trouvé l'occasion d'acheter à Amsterdam, d'un certain Jean S. Morus , une quantité assez considérable de types chinois, et que ses relations avec le P. Kircher lui eurent encore procuré d'autres ressources en ce genre. De retour en Allemagne, il fut nommé pasteur de Bernow , et, en 1667, prévôt de l'église de Berlin, bénéfice qu'il résigna en 1685 pour se retirer à Stettin. Occupé entièrement de l'étude des langues orientales, il y avait fait de grands progrès. Il s'était, comme on l'a dit, appliqué au chinois, et il annonçait une méthode par laquelle une femme ou un enfant pourrait apprendre cette langue dans trèspeu . 11 brûla cet ouvrage avec la plupart de ses autres écrits dans un accès d'humeur contre le genre humain, qu'il accusait d'ingratitude, parce qu'il n'avait pu parvenir à remplir une souscription de deux mille écus de Prusse qu'il demandait pour sa Claris sinica. Dans le cinquième prospectus qu'il publia en 1684, à la suite du Specimen lexici ntandarinici, il convient que des princes pourraient seuls faire les frais d'une telle publication ; quant aux autres, ajoutetil : Scire volant omnes, mercedem solvere nemo. Muller mourut le 26 octobre 1694. Ce savant était capricieux et peu communicatif; il retouchait sans cesse ses ouvrages et ne se déterminait que difficilement à les rendre publics. Il refusa à Job Ludolf, son ami, de lui donner copie de sa Claris sinica, dont ce savant lui offrait mille ducats. Ludolf nous apprend dans sa cor- Ils se montaient à 250 volumes ou cahiers, sans compter 1111 grand nombre de feuilles volantes; car le soir, avant de se coucher, il ne manquait jamais d'écrire tout ce qu'il avait appris dans la journée , par ses lectures et sa correspondance ou en conversation , et qui pouvait se rattacher au vaste plan de ses études. respondance avec Leibniz qu'il fut obligé de cesser tout commerce avec Muller, parce qu'il ne pouvait qu'à peine déchiffrer ses lettres, écrites d'un style énigmatique. Malgré tous ses défauts, on doit convenir que Muller a beaucoup contribué au progrès des langues orientales en Prusse. Il fit graver à ses frais soixantesix alphabets , et il possédait , comme on l'a vu , une espèce d'imprimerie chinoise qu'il légua à la bibliothèque de Berlin, en reconnaissance des secours qu'il y avait trouvés pour son instruction. Il légua sa nombreuse bibliothèque au gymnase de Stettin. Les principaux ouvrages de ce savant sont : 1° Excerpta manuseripti rujusdant turrici quod de cognitione Dei et hominis ipsius a quodant AZIZI NESEPH,E0, tataro, seriptutn est, rum vers. lat. el notis nannullis subitaneis , Berlin , 1665 ; 2° une bonne édition des Voyages de Marc Polo , avec des notes, des dissertations et des index, ibid., 1671 Le texte qu'il donne est celui de la version latine attribuée à J. Huttich et qui avait déjà paru dans le Norus Orbis de Grimeus ; mais Muller l'avait collationné, quoique imparfaitement, avec un manuscrit de la bibliothèque de Berlin . 3° Syrnbolec syriacce , sire epistolœ duc', una Alosis Illardeni sarerdotis syri , altera Andr. Dlasü, rum versions latina et notés, etc dissertationes duce de rebus syriacis, ibid., 1673 4° l'Oraison dominicale, en chinois , comparée avec cent autres versions en autant de langues, 1676, ibid., 1680 . Sébast.God. Sta.ick en a donné une troisième édition augmentée d'après les manuscrits de l'auteur, ibid., 1703 Il y a joint une Vie de Muller et le catalogue détaillé de ses ouvrages . Ce travail n'a pu qu'être fort utile à Chamberlayne des ouvrages chinois de la bibliothèque de Berlin , ibid., 1683 nouvelle édition en latin, 1684-1685 Elle est augmentée de la liste des manuscrits précieux que possédait Muller, tant en chinois que dans les autres langues orientales, et de la nomenclature des ouvrages qu'il avait déjà publiés ou qu'il se proposait de faire parattre. 6° Opus- cula nonnulla orienialia, Francfort, 1695 C'est le recueil de différents petits écrits que Muller avait déjà publiés séparément. On y distingue : Abdallre Beidatcoei historia sinensis , pers. latin., cum notis et appendice, Berlin, 1767 ; - Monumenti sinici historia, textus On trouve le précis de cette vie de Milller dans le Nova hlleraria Germarm r, de novembre 1703, p. 103-407. . Muller l'a reproduit avec de nouvelles explications ; mais il a eu la malheureuse idée de là mettre en musique pour en noter la prononciation. - Hebdomas observationum sini- rarum ; - Com- nten tatio alphabeti en de Sinarum magnoeque Tartaritrebus ; - Geographicus imperii Sinensis nomenelator. Dès 1669, Muller avait donné une réduction de la grande carte publiée par les géographes chinois, avec des explications en latin. — Basiliron Sinense . C'est un tableau comparatif des listes d'empereurs de la Chine données par Martini, Mendoza, le prétendu Blqdhawy, et les manuscrits chinois. — Specimen analyticte litteraice. On y trouve une lettre à Ludolf par laquelle Muller s'offre d'expliquer tous les morceaux qu'on lui présentera , mème ceux qui sont écrits dans les langues dont les caractères lui sont tout à fait inconnus. 7° Specintinum sinicorum decintœ de derimis , una cum maniissis , i685 de 60 pages. C'est le plus rare des ouvrages de Muller ; on y trouve d'abord la relation chinoise de l'éclipse arrivée la septième de Kouang- won- ti , comparée avec l'éclipse miraculeuse qui *accompagna la passion de JésusChrist. Vient ensuite un Specimen Lexici mandarinici uno exemplo Syllaboe XIM contmonstratunt , 6 pages ; - De eclipsi passionali testintonia veterum et judiria recenliorum ; — enfin Propositio clavis sinirce editio quarta, et les catalogues des livres chinois, etc
  • André MURIEL( 1776) : littérateur espagnol , né en 1776 à Abeser, près de Soria, dans la VieilleCastille. Après avoir fait ses études à l'université d'Osma , il entra dans l'état ecclésiastique. \.(,mmé par le roi Charles IV professeur de philologie et de théologie à Osma , Muriel travailla constamment, ainsi que ses collègues , à remplacer l'enseignement scolastique par celui des sciences exactes et de la philosophie moderne. Il profita en outre de sa charge de censeur de la société économique d'Osma pour l'établissement des métiers dans cette province et pour la propagation de la vaccine. La dignité d'abbé de SteCroix, jointe au canonicat magistral d'Osnia, allait encore agrandir la sphère d'activité de quand l'invasion française de Napoléon I" vint tout à coup changer la face des choses. Chargé de complimenter le frère de l'empereur, lors de son élévation au trône de l'Espagne, Muriel ne ressentit pour le moment, il est vrai, que les effets heureux de ce changement. En 1810 , grâce à sa liaison avec Azanza , ministre de la justice et des affaires ecclésiastiques, il fut nommé archidiacre de l'église métropolitaine de Séville, où. en l'absence du titulaire, il remplissait les fictions d'archevêque. Puis il fut mis, l'année suivante, à la tète d'une junte créée par le comte de Montarco pour la surveillance de tous les établissements d'instruction et de bienfaisance dans l'Andalousie. Dans cette position , Muriel eut le mérite d'affecter à l'entretien des hospices et des colléges beaucoup d'immeubles , pro- venant de la vente des biens du clergé et des confréries, qu'il avait arrachés à l'avidité des spéculateurs. La perte de la bataille de Salamanque ayant forcé Joseph de se replier sur Valence , Muriel l'y suivit , avant de passer en France en 1812. Après un court séjour dans le département des BassesPyrénées, il se détermina à fixer son domicile à Paris, où , reçu à l'athénée de cette ville , il n'a cessé de cultiver les lettres. Muriel , qui appartenait au parti des Afrancesados ou adhérents de Joseph Napoléon a publié, dans l'intérêt de ses amis politiques, deux petits mémoires, dont l'un est intitulé Réponse à M. Clausel de Coussergues au sujet dit discours qu'il avait prononcé à la chambre des dé- . putés contre les réfugiés espagnols, Paris , 1817, _en-8°. Le second mémoire, écrit en espagnol, porte , e titre : Los Afrancesados, ô un« question de poli- ticci , Paris, !8O Les autres travaux de Muriel se rapportent tous à l'histoire d'Espagne. C'est d'abord la traduction de l'ouvrage espagnol de don Sebastian de Mifiano , Histoire de la révolte de l'Espagne de IMO à 1823, Paris, 1821, 2 vol. Muriel a ensuite traduit de l'anglais le livre de William Coxe intitulé l'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon , ou Mémoires rela- tifs à l'histoire de cette nation, depuis l'avènement de Philippe V en 1700 jusqu'à la mort de Char- les III en 1788, Paris, 1827, 6 vol. Il a ajouté à sa traduction un grand nombre de documents et de considérations politiques et écoforniques. Il a publié ensuite : Notice sur O. Gon- zalo O'Farrill , lieutenant général des armées d'Espagne, et . ministre de la guerre de Charles II', Paris, 1831 ; — le Gouvernement de Char- les III, ou Instruction politique pour la junte de l'Ela créée par re prince , deux éditions, l'une en espagnol et l'autre en français , Paris , 1838 Muriel a été, en outre , un des collaborateurs de la Revue encyclopédique, à laquelle il a fourni divers articles sur la littérature espagnole, et notamment en 1827 un abrégé de la littéra- ture.',d ramatique en Espagne pendant le 180 siècle, abrégé servant d'introduction à son article sur Moratin. Dépositaire des mémoires et correspondances manuscrites d'Azanza et d'Azar, Muriel ii'a pas eu le temps de publier ces matériaux curieux pour l'histoire moderne. Du reste, nous n'avons pu trouver nulle part l'indication exacte de l'époque de sa mort
  • André MUSTOXIDI( 1785 - 1860) : littérateur et historien grec, né à Corfou en 1785 ; il se rendit fort jeune à Venise , puis à Milan , où il établit pour quelque temps sa résidence, après avoir été, à l'âge de dixhuit ans, reçu docteur de l'université de Pavie. Deux ans après, il publiait des Notizie por servire ail' Istoria corcirese da j tenyi eroici al se- rvi° xii , et ce travail savant , qui faisait justice de bien des erreurs , fut si bien accueilli que le gouvernement des SeptIles , alors au pouvoir de la France, choisit le jeune Grec pour son historiographe officiel. Après les revers de 1814, l'archipel Ionien passa sous la domination de l'Angleterre, et Mustoxidi fut continué dans ses fonctions, mais il en fut dépouillé en 1820 pour avoir fait paraître à Paris, sous le voile de l'anonyme, un mémoire relatif à la cession de Parga à la Turquie !'acte de condescendance qui provoqua l'indignation de l'opinion libérale dans la GrandeBretagne, et qui a été. de la part de lord Byron, l'objet d'anathèmes éloquents. Mustoxidi avait d'ailleurs prouvé qu'il était digne de la confiance qui lui avait été témoignée ; ses Mustrazioni corci- resi, Milan , 1811 et 1814 , 2 vol. sont un travail savant et estimable. Occupé d'investigations érudites dans les grands dépôts de l'Italie, Mustoxidi , en examinant un manuscrit grec du 13e siècle, s'attacha à un discours d'Isocrate et releva un long fragment qui manquait dans les textes déjà publiés. On ne pouvait pas dire précisément que ce fragment fit inconnu, car son existence avait été mentionnée par divers érudits , mais il était resté inédit , et après l'immense naufrage qui a englouti tant de productions de l'antiquité , nul débris des orateurs attiques n'est à dédaigner. Ce Discours sur l'échange rétabli dans son ancien état, d'après un fragment de près de 80 pages , fut publié par Mustoxidi, à Milan, en 1813; la même année , un anonyme , Mustoxidi passa en Grèce lorsque le peuple hellène se fut affranchi du joug des Toies; il fut chargé par le président Capod'Istria de la direction de l'instruction publique , mais après l'assassinat de cet homme d'Etat, il revint à Corfou et se consacra tout entier à des travaux de littérature et d'histoire. Collaborateur actif de la Pandore , journal littéraire dont la vogue était grande en Grèce , il dirigea la publication de l'Hellenopmenon, recueil périodique consacré à l'histoire de la Grèce du moyen âge ; il travailla avec zèle à l'Histoire des Hes Ioniennes, ouvrage conçu sur de larges proportions , et dont il a? ait formé le plan depuis longues années. Parmi les autres fruits des recherches de ce laborieux polygral)he , nous mentionnerons un Recueil de fragments inédits d'auteurs grecs , extraits des manuscrits de la bibliothèque Ambroisienne à Ce discoura est trèsprolixe. On peut consulter à son égard, et sur l'usage singulier qui en fut l'occasion, la Bibliothèque uni- verselle de Genève, juin 1849, p. 136. Milan , et une traduction italienne d'Hérodote fort estimée au point de 'oc de l'élégance du style et qui fait partie de la Collana greca. Lorsque la révolution de février 1848 int jeter l'agitation dans toute l'Europe , un parti nombreux, hostile à la domination anglaise, leva la tète dans les îles Ioniennes. Mustoxidi, fidèle aux opinions libérales qu'il avait toujours professées , refusa de s'associer au mouvinent révolutionnaire et radical. Elu membre du neuvième par/ a/ nient° , il fut porté à la présidence , mais il refusa cet honneur. Cette assemblée ayant été dissoute par le gouverneur , lord Ward , Mustoxidi ne voulut pas se présenter à de nouvelles élections , et il préféra devenir , 185'2, membre du conseil municipal de Corfou. Lord Young , successeur de lord Ward , accorda des distinctions au vieux savant , il le fit nommer commandeur de l'ordre de StMichel et de StGeorge , et arconte della publica istruzione avec des pouvoirs fort étendus. Ces faveurs lui attirèrent la haine du parti libéral ; on critiqua avec beaucoup d'amertume, et non sans injustice, la direction que Mustoxidi donnait à l'instruction publique. Ces attaques et la perte d'un procès engagé au sujet d'une succession considérable détruisirent ce qui restait de forces au malheureux ai- conte; il mourut le 29 juillet 1860, regretté et estimé de tous ceux de ses compatriotes que n'égarait pas l'esprit de parti
  • André NAVAGERO( 1483) : célèbre humaniste du 15. siècle, naquit en 1483 à Venise, où sa famille occupait un rang trèsconsidérable. Elève de Sabelliens, il s'éloigna de sa manière d'écrire ; et dans de la présomption, un goût .difficile, qu'il conserva toute sa vie, lui fit sacrifier ses premiers essais poétiques, entre autres des Sylves composées à l'imitation de Stace. Marc Musurus lui enseigna la langue grecque à Padoue; et NaNager° se passionna pour Pindare au point de le copier plusieurs fois tout entier de sa main. Il fréquenta encore à Padoue l'école de Pomponace et s'y lia étroitement avec Longueil, qu'il consultait avec fruit sur ses ouvrages. Une contention d'esprit trop prolongée développa en lui une affection mélancolique, qui le força de renoncer quelque temps à ses études. Il se délassa du moins dans une réunion littéraire qu'avait formée à Pordenone, dans le Frioul, Barthélemi d'Alviane, alors le héros de Venise. La guerre, qui venait de fermer l'université de Padoue , avait attiré autour du général une grande affluence de savants. Navagero tint parmi eux une des premières places et y trouva de nouvelles inspirafions. C'est de la rivière de Naucelo , qui coule à Pordenone, qu'il appela les Muses qu'il invoquait, du nom de Naucelidoe . La garde de la bibliothèque de StMarc lui fut confiée en 1506, après la mort de Sabelliens , et il lui succéda également dans les fonctions d'historien de la république. Il fut envoyé en ambassade auprès de CharlesQuint, après la défaite de François l'r à Pavie ; et pendant son séjour en Espagne , il apprit au célèbre Boscan à enrichir sa langue des soilnets de l'Italie. La politique vénitienne , huchent à donner un contrepoids à la puissance de CharlesQuint, choisit Navagero pour être l'interprète des voeux qui appelaient François ler en Italie. Le littérateur diplomate put à peine entamer sa négociation; la fièvre l'enleva rapidement a Blois, où il était venu chercher la cour, le 8 mai 1529. Il jeta au feu, avant de mourir, un Discours sur la mort de Catherine Cornara , souveraine de Cypre ; un poème en deux livres, De renatione ; un autre, De Fine orbis, et son Histoire de Venise, où il avait pris pour modèle l'élégante simplicité de César. Amateur de l'agriculture , il naturalisa dans son pays plusieurs plantes qu'il avait apportées d'Espagne. Il avait recherché et obtenu dans un voyage à Rome l'amitié de Bembo et de Sadolet. Ses conseils affectueux et son active coopération soutinrent Aide Manuce au milieu des dégoûts de sa profession. Navagero présida aux éditions de Cicéron , Térence , Lucrèce , Virgile , Horace , Tibulle, Ovide, Quintilien, données par cet imprimeur habile. Ses leçons sur Ovide et ses épîtres préliininaires sur les Oraisons de Cicéron furent détachées et publiées à part. Les autres ouvrages principaux de Navagero sont les Oraisons funèbres , en latin , d'Alviano et du doge Loredano ; un Voyage en Espagne et en France, écrit en italien ; des poésies italiennes, des lettres, des épigrammes et des églogues latines. 11 avait affecté l'imitation des tours délicats de Catulle et brûlait, diton , tous les ans en son honneur un exemplaire de Martial. Fracastor a élevé un monument de son estime pour Navagero dans son dialogue intitulé Naragerius , sire de Pudica. Les frères Volpi ont inséré ce morceau dans l'édition complète, publiée par eux à Padoue, 1718, des OEuvres du littérateur vénitien. Une longue notice lui est consacrée à la tète de ce recueil. Plusieurs de ses productions érotiques ont été traduites en français par E. T. Simon de Troyes. — Bernard NAVAGERO, évêque de Vérone, de la même famille qu'André, prit part aux débats du concile de Trente , obtint le chapeau de cardinal et mourut en 1565, après avoir rempli differentes ambassades. Il a laissé des harangues et la Vie du pape Paul IV. Augustin Valerio a donné la Vie du cardinal Navagero dans son livre De cautione adhibenda in edeudis libris, Padoue, 1719
  • André NORTON( 1786 - 1852) : théologien , et littérateur nordaméricain, né le 31 décembre 1786 à Hingham en Massachussets , mort à Newport le 18 septembre 1852. Après avoir fait ses études à l'université de Harvard à Cambridge , il devint en 1809 directeur du collége Bowdoin, et en 1811 professeur de mathématiques à Cambridge, fonctions auxquelles il réunit, de 1813 à 1821 , celles de bibliothécaire de l'université. En 1819, il avait échangé sa chaire de mathématiques contre celle de l'Exégèse de la Bible. Dans cette dernière position, qu'il occupa jusqu'en 1830, il a été, comme successeur de Samuel Dexter et de Buckminster, et prédécesseur du célèbre Channing, un des piliers de l'unitarisme ou de la secte des antitrinitaires. Par suite d'un voyage qu'il avait fait en Angleterre en 1826 , il agrandit l'horizon de ses connaissances en y joignant les études littéraires et géographiques. Il a publié Productions poétiques ; — The general Repository, revue périodique des unitaires, dont il était le principal rédacteur à partir de 1812; — l'édition des Miscellaneous writings , de son ami Charles Eliot, 1814; — l'édition des OEuvres poétiques de son ami Levi Frisbie, 1823 ; — Histoire et annuaire du collége Harvard à Cambridge, 1824 et 1825 ; — l'édition des Poésies de madame Félicie Hemans, 1826; — Ensemble des raisons qui défendent de croire les doctrines des trinitaires , concernant la nature de Dieu et la personne de Jésus- Christ, 1833 ; — L'authenticité des Evangiles d'après leur évidence extérieure historique, ler vol. , 1837; 2° et 3e, 184-1 ; — Nouvelle traduction des Evangiles, avec des notes critiques , 1851 et 1855. Dans les années de 1833 et 1831, il a rédigé, avec Charles Folsom , une revue trimestrielle intitulée The select journal of foreign periodical literature, où il a inséré des notes sur Goethe et Hamilton. Il a ensuite été collaborateur des deux journaux religieux : The Christian disciple et The Christian du 25 août 1776 . examiner. Dans la North- American review, il a donné divers articles sur Franklin , les lettres de Ware sur Palmyre , et celles du missionnaire Grant sur les descendants des dix tribus israélites découverts en Arménie. Parmi ses poèmes descriptifs et élégiaques , qu'il y inséra également et qui n'ont pas encore été réunis, nous citerons : Après un orage d'été, le Glas funèbre , le Grillon, etc
  • André OSIANDER( 1498 - 1552) : fameux théologien protestant, était né, suivant Seckendorf , le 19 décembre 1498, à Gunzenhausen, dans la Franconie , de simples artisans. Il fit ses études avec beaucoup de distinction à l'académie de Wittemberg, el, ayant embrassé les principes des réformateurs, il fut nommé en 1522 premier pasteur de Nuremberg. Ses talents pour la chaire étendirent bientôt sa réputation, et il conçut l'espoir de jouer un des premiers rôles dans son parti. Il assista en 1529 à la conférence de Marpurg, et y proposa d'admettre dans l'eucharistie l'impanation ; mais Luther combattit ce sentiment et le lit rejeter . Il se trouva aussi à toutes les assemblées où furent discutés les articles de la profession de foi si connue sous le nom de Confession d'Augsbourg : il y fit de grands efforts pour faire adopter ses idées sur la justification, qu'il prétendait avoir lieu, non par l'imputation de la justice de JésusChrist, mais par l'intime union de la justice substantielle de Dieu avec nos âmes mem.. Adam, et d'après lui plusieurs biographes disent qu'Osiander était Bavarois, mais ils n'en apportent aucune preuve. Suivant Seckendorf, son père était un serrurier, nommé // ose/ nana ; et suivant la coutume des savants de son temps , il changea ce nom contre celui d'Osiander. . L'emportement avec lequel il soutint cette doctrine, que Bossuet nomme prodigieuse, aurait pu avoir des suites fâcheuses, si les confrères d'Osiander n'eussent pris le parti de souffrir patiemment ses injures pour éviter un éclat. Lors de la publication de l'Interim, ne voulant pas s'exposer à la persécution , il quitta secrètement l'église qu'il gouvernait depuis vingtcinq ans, et se réfugia en Prusse. Osiander avait le projet de passer en Angleterre, espérant que la considération dont jouissait Cranmer, marié depuis peu avec sa nièce , lui donnerait du crédit ; mais Cranmer fut détourné par Calvin d'appeler près de lui un collaborateur si dangereux , et d'un autre côté , le margrave Albert le retint en lui donnant la première chaire de théologie de l'université de Koenigsberg. Un reste de respect pour Luther l'avait toujours empêché de soutenir par écrit la nouvelle doctrine de la justification. Mais après la mort du chef de la réforme, il l'enseigna publiquement ;- il poussa l'oubli des convenances au point de déclamer en chaire contre Melanchthon, qui chercha vainement à le ramener par la douceur, et d'attaquer les principaux articles reçus par les protestants comme la base de leur croyance. La plupart de ses collègues, indignés, le déférèrent au synode de Wittemberg, qui n'osa pas prononcer son Cette faiblesse de la part du synode enhardit encore Osiander, et ce fougueux novateur vit ses principes dominer en Prusse, où ses disciples sont connus sous le nom d'osiandéristes. Il mourut épileptique à Koenigsberg le 17 octobre 1552. A une immense érudition, à une connaissance étendue des sciences mathématiques , Osiander joignait une éloquence vive et animée, qui lui donnait un grand avantage sur la plupart de ses adversaires. Doué d'une ardeur infatigable, il passait les nuits à étudier, et, sans les défauts de son caractère, qu'on a déjà signalés, il aurait pu laisser une réputation durable. Il aimait les plaisirs de la table avec excès : dans l'ivresse, il se permettait les plus grossières injures contre les théologiens qu'il connaissait pour n'être pas de son avis, ou des plaisanteries indécentes, dont Melanchthon et Calvin ont rapporté quelquesunes dans leurs lettres. Les ouvrages d'Osiander sont tombés dans l'oubli; on en trouvera les titres dans la liiblioth. de Gesner ; dans les Eloges de Teissier, t. 1, p. 110-111 ; dans le Dictionnaire des Nurembergeois, par Will et Nopitsch , etc. Le seul que l'on cite encore, et seulement pour sa rareté, est intitulé Harmonise crangeliar libri 4, Bâle, 1537 L'édition de 1561, même format, est également trèsrare. On ne doit pas oublier qu'il fut l'éditeur du célèbre ouvrage de Copernic De revolutionibus orbiunz ccelestium, publié en 1543 , , naquit à Nuremberg le 16 décembre 1534, fut quelque temps surintendant général des églises de Wurtemberg , et mourut le 17 septembre 1604. On a de lui beaucoup de livres de controverse, la plupart en allemand. — André OSIANDER le Jeune, autre fils de Luc l'Ancien, né en 1562 à Blaubayern, dans le Wurtemberg, chancelier de l'université de Tubingue en 1605, mort le 21 avril 1617, est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages théologiques aujourd'hui oubliés
  • André PALLADIO( 1518) : célèbre architecte , né à Vicence le 30 novembre 1518, d'une famille originaire du Frioul , fut désigné sous le nom d'Aildré Palladio, par Bernardino Liccinio , élève du Pordenone , qui fit son portrait en 1541. Ce portrait donne lieu de croire que ce grand artiste n'était pas d'une naissance commune ; il y est représenté avec un riche vêtement et un anneau Précieux au doigt : le compas et l'équerre, qu'on lui donne pour attributs, n'indiquent pas non plus qu'il ait commencé par etre sculpteur, et l'ouvrage de Vitruve, qui était son manuel, donne lieu de supposer qu'il avait reçu une bonne éducation. Il le confirme luimême dans la dédicace de son premier livre d'architecture , lorsqu'il dit « que dès son jeune tige, entraîné par un goiit ,. nier fit imprimer les neuf premiers livres de son poërne. L'appui d'un tel Mécène auprès du saintsiége lui fut d'un grand secours dans ses recherches. Non content de relever avec soin tous les antiques monuments de Rome et de ses environs, Palladio interrogea jusqu'aux fondations à peine visibles, et, au moyen de fragments ruinés, il donna, un des premiers, l'idée de restituer l'élévation de ces monuments dans leur proportion primitive , et d'en recomposer l'entière restauration. Une lettre du Trissino prouve que cette même année 15&7, Palladio, àgé de vingtneuf ans, revint se fixer dans sa patrie, qu'il devait enrichir en quelque sorte des dépouilles de Rouie. On rapporte à cette époque la construction de l'hôtel de ville d'Udine , dit le Château, commencé par Gio Fontana, et dans lequel on reconnaît aisément la main de Palladio. Revenu dans sa patrie, cet architecte fit preuve d'une grande habileté en restaurant la salle de la Rugi°. , ancien monument du goût gothique. Déjà Jules Romain avait tracé un modèle de cette restauration; mais sa mort permit à Palladio de proposer de nouveaux projets qui furent adoptés, et qu'il expose dans son traité d'architecture à l'article Basiliques. 11 fut appelé à Rome une quatrième fois, pour concourir aux projets de la nouvelle basilique de StPierre; mais la mort du pape Paul 111 fit suspendre les travaux, et Palladio perdit, presque en même temps, son ami le Trissino. Il profita de ce voyage pour recueillir de nouvelles lumières sur les monuments antiques, et il entreprit quelques travaux d'architecture, tels que la façade du palais du grandduc de Toscane , à CampoMarzo. Palladio fut un des fondateurs et l'un des plus fermes appuis de la célèbre académie olympique de Vicence, instituée vers cette époque. Ses longues études de l'antiquité le mirent à même d'exécuter les figures du Vitruve , dont Daniel Barbaro publia la première édition , avec ses commentaires, en 1556. C'est pour le frère de ce célèbre patriarche d'Aquilée que Palladio construisit une belle maison de plaisance dans le Trevisan. On rapporte aussi à l'an 1556 l'exécution de l'arc dorique qui sert d'entrée au château d'Udine. Le caractère de son architecture le fait attribuer à Palladio. Un peu plus tard , il donna les plans de la maison de ville de Feltre. La décoration de cet édifice, isolé de trois côtés, consiste en un beau portique à deux étages le premier, d'ordre dorique; le second , ionique. Le nom de Palladio , déjà connu dans presque toute l'Italie, retentit enfin à Venise, l'une des villes où un architecte devait être le plus jaloux de se distinguer. Il venait de construire, non loin de cette capitale , sur les bords de la Brenta, le palais Foscari, remarquable par une magnifique loggia d'ordre ionique; plusieurs autres édifices demandaient de nouvelles décorations, et le Sansovino, âgé de quatrevingts ans, qui avait joui, pendant sa longue carrière, de toute l'estime des Vénitiens, rendant justice aux talents de l'architecte vicentin , lui céda volontairement le sceptre de l'art. Le premier ouvrage de celuici fut le monastère des chanoines de StJean de Latran. Plein de l'idée des édifices antiques, il voulut en appliquer l'ordonnance à cette vaste construction un magnifique atrium corinthien en formait l'entrée; il menait à une cour entourée de portiques, qui se rattachaient aux bâtiments d'habitation , à l'église et à ses dépendances. Cette fabrique , l'une des plus parfaites compositions de Palladio , fut, avant d'être terminée , la proie d'un violent incendie; quelques parties échappées aux flammes font déplorer la perte du reste de l'édifice , dont on peut Prendre une idée dans les plans et les élévations du livre 2, chap. 6, du Traité de Palladio. Daus le même temps on construisait, sur ses dessins, le beau réfectoire des moines de StGeorge Majeur, ainsi que le péristyle qui y conduit. Les religieux , enchantés du style élégant et pur que Palladio donnait à toutes ses compositions , résolurent d'abattre leur ancienne église, qu'on attribuait à Albert Durer, et le chargèrent de sa reconstruction. Il substitua la forme de croix latine, surmontée d'une coupole, à celle de basilique, et changeant la façade qui était au levant, suivant l'usage de la primitive Eglise, il la tourna vers la place de StMarc. Ces grands travaux n'empèchaient pas le célèbre artiste vicentin de travailler pour sa patrie , où l'on se faisait honneur de le charger de tous les ouvrages importants. C'est ainsi que, pendant le carnaval de 1561 , on lui demanda les plans d'un théâtre qu'on voulait construire dans la grande salle de la maison de ville, pour y représenter la tragédie d'ORdipe. Toujours inspiré par les anciens, qu'il rivalise si souvent, Palladio les surpassa peut-être en magnificence dans cette occasion. On désirait y jouer aussi la Sophonisbe du TriSsino; mais le temps ayant manqué, on laissa subsister cette salle pour l'année suivante. C'est de là sans doute que vint à Venise l'idée de faire élever un théâtre dans le couvent de la Charité. Ce théâtre devait ètre magnifique, puisque le célèbre Frédéric Zuccaro y peignit douze tableaux d'une grande proportion, On y représenta l' Anti- gone du comte de MonteVicentino. Quoique l'habile architecte fùt très au courant de ces sortes de constructions, qu'il avait particulièrement étudiées dans Vitruve et dans les monuments antiques , il avoue que cet ouvrage lui coùta beaucoup de temps et de peines. Ce théâtre fut conservé comme un modèle de ce genre, jusqu'à ce qu'un incendie eut dévoré la plus grande partie du monastère. On était alors dans l'usage de célébrer l'entrée des personnages éminents dans une ville par des fétes et desséjouissances publiques ; c'est ce qui eut lieu à Vicence lors de l'arrivée d'un nouvel évêque. Palladio composa de magnifiques décorations. Son inépuisable génie
  • André PASTA( 1706 - 1782) : médecin italien, né le 27 mai 1706, à Bergame, où son père exerçait l'art de guérir, eut pour premier maitre dans les lettres et les sciences son oncle paternel Alexandre Pasta , archiprêtre de Solto. Il fit ses études médicales à l'université de Padoue, sous le célèbre Morgagni, qui fut ensuite son ami. Après:y avoir reçu le grade de docteur, il alla s'établir à Bergame, où il pratiqua son art avec distinction et jouit de beaucoup de considération. Il fut protophysicien de Bergame et doyen .du collége de médecine de la même ville. Il mourut le 13 mars 1782. Ses écrits annoncent un homme érudit et un bon praticien. En voici l'indication : 1° Epistolœ ad Alethophilum dur', cillera de motu sanguinis post mortem , altera de tordis polypo in dubium revocato, Bergame, 1737 11 a publié une défense de cet ouvrage dans le tome 30 du recueil intitulé Raccolta d'opuseoli scientifici e Pasta soutient dans ces deux lettres que les concrétions polypiformes qu'on trouve dans le coeur ne sont point une affection idiopathique, et qu'elles sont l'effet et non la cause des maladies qu'on leur attribue. 2° Bibliotheca medici eruditi , Petro a Castro Bajonate auctore, nunc primum ab Andrea Pasta recensita algue aucta, Bergame , 1742 ; 3° Discorso ntedico- chirurgico intorno alla flusso di , sangue dall' utero ; telle donc gravide, Bergame, 1748 ; 3e édition, Bergame , 1757 L'auteur a ajouté à cette nouvelle édition une dissertation très-étendue sur la menstruation. Cet ouvrage renferme une vaste érudition ; il a été traduit en français par Alibert , sous le titre de Traité des pertes de sang chez les femmes enceintes, et des accidents re- latifs aux flux de l'utérus qui succèdent à l'accouchement, Paris, 1800 , 2 vol. Alibert n'a pas traduit la dissertation sur la menstruation. Hippocratis aphorismi a Leoniceno versi, nunc vero recogniti et notis aucti , accedui t Hippocratis presagia, Bergame 1750 , plusieurs fois réimprimé avec des additions. Les notes de Pasta sur Hippocrate se distinguent en ce qu'elles contiennent plusieurs observations pratiques confirmant les doctrines du père de la médecine. 7i0 Voci , maniere di dire, e osservazioni di Toscani scrittori e per la maggior parte del Redi, raccolte e rorredate di note da Andrea Posta, Brescia, 1769, 2 vol. C'est un dictionnaire des termes de médecine dont Redi est le principal auteur. Pasta a ajouté aux principaux articles des notes étendues. 6° Le pitture notabili di Berganto clic sono espote alla vista del public° , Bergame, 1775 7° Consulti medici, Bergame , 1791 ourage publié par Joseph Pasta ; 8° Dei mali senza materia, discorso medico colla giunta di varii consulti medici inediti , Bergame, 1791, André Pasta a encore laissé quelques autres petits écrits. Joseph Pasta , son parent et son élève , a publié un abrégé de ses ouvrages et de sa doctrine , qui a pour titre : Lo spirit della inedicina del celebre Andrea Pana, tratto da cari suoi scritii e dal sua esercizio medicinale, Bergame , 1790, G TR .
  • André PELS : poète hollandais, mort à Amsterdam le 3 juillet 1681 , fit jouer en 1668 une tragédie et une comédie de sa composition, citachune en trois actes, la première intitulée la Mort de Didon ; l'autre, Julfus, nom , est loin de croire que celleci ait eu à se louer de tant de serviles entraves, que les restaurateurs 'de la poésie hollandaise ont bien fait, selon lui, de secouer de nos jours. Si Pels, dans sa coterie, régentait un peu magistralement les autres, il était également inexorable pour luimême, et ses entrailles paternelles ne l'ont pas empêché de con-'damner sa Didon et son A/ fus. 11 publia en 1667 une traduction en vers hollandais de l'Art poétique d'Horace , adaptée aux besoins de son pays et de son temps, et quatre ans après, un poème intitulé 1 Usage et l'abus du théâtre. Parmi les poètes contemporains, peu satisfaits du rigorisme de Pels, Antonidès van der Goes s'est plu à le peindre dans son Satyre Marsyas
  • André PICKEN( 1788) : écrivain anglais, né à Paisley en 1788 , fut d'abord destiné à la profeSsion de commerçant par son père , l'un des plus riches manufacturiers de cette ville. Trèsjeune, Picken visita les Indes occidentales ; mais, trouvant que l'entreprise dans laquelle il était engagé ne promettait point d'heureux résultats, il revint en Europe et obtint une place de confiance dans la banque d'Irlande. Quelque temps après, au grand regret de ses amis, il partit pour Glasgow, où il s'occupa sérieusement d'affaires commerciales. Ce fut dans cette ville qu'il publia ses contes et essais sur l'ouest de l'Ecosse. Il y fit figurer pour la première fois la pathétique histoire de Marie Ogilvie , où il montra .son talent pour poétiser et rendre profondément intéressants les incidents de la vie ordinaire. Parmi ses essais s'en trouvait un sur les changements survenus en Ecosse pendant les cinquante dernières années, qui contenait une foule d'amusantes satires, dont un bon nombre blessa si vivement la vanité des habitants de Glasgow que, pour ce motif et par suite de quelque autre circonstance, Picken se crut obligé de quitter cette ville. If se retira à Liverpool , où il fonda un établissement de librairie. L'incapacité des hommes de lettres pour les affaires est devenue proverbiale : ils songent, a dit un poète , à écrire une stance lorsqu'ils devraient faire un bordereau. Picken prouva que le proverbe pouvait lui être appliqué. Bientôt sa trop confiante crédulité et son inexpérience dans les spéculations le ruinèrent complètement, et en 1826 il fut obligé de faire faillite. Ses créanciers, en examinant ses livres, s'étant convaincus de sa parfaite probité, lui offrirent de le mettre en état de continuer son commerce ; mais il refusa leur offre et se dévoua dès lors tout entier à sa vocation littéraire. Il se rendit à Londres avec le manuscrit d'une nouvelle qu'il avait écrite dans ses moments de loisir. Le Sectaire, tel était le titre qu'il avait donné à cette nouvelle, fit d'abord une grande impression ; mais le portrait qu'il y introduisit d'un individu qui perd la raison par suite de l'exaltation de ses idées religieuses fut mal accueilli par quelques personnes trop portées à considérer une attaque contre le fanatisme comme une hostilité contre la religion. Cette nouvelle mit Picken en relation avec les éditeurs des magasins et des revues, qui s'empressèrent de l'attirer parmi leurs collaborateurs. La publication du Dominie's Legacy, qui parut en 1830, établit définitivement sa réputation comme historien des rangs inférieurs de l'Ecosse. Cette production obtint un grand succès, et on la lit encore avec plaisir. Lorsque Colburn forma le projet de sa Juvenile Library, , Picken devait y insérer les Vies dcs missionnaires célèbres; mais elles n'étaient pas encore terminées que la collection de l'éditeur avait cessé de paraître. Cet ouvrage a néanmoins été publié à part et a eu deux éditions. Picken devint ensuite éditeur du Club look , auquel coopérèrent les écrivains les plus populaires de l'époque. Les nouvelles que Picken inséra dans ce recueil sont trèsbien écrites et pleines d'intérêt. On cite surtout : the Three Kearness, où il peint le caractère des paysans d'Irlande, qu'il avait étudiés avec soin pendant son séjour dans ce royaume, et les DeerStalkers, dont on a tiré une comédie qui a trèsbien réussi sur le théâtre de la Reine. Peu après, Picken publia sur le Canada une compilation pour laquelle son ami Galt lui fournit d'excellents renseignements, et Ilitt/ tham, nouvelle insérée dans la collection de romans de Leith Ritchie. En 1832, il publia en deux volumes ses Histoires traditionnelles des anciennes familles, qui ne devaient être que la première partie de l'histoire légendaire de l'Ecosse, de l'Irlande et de l'Angleterre. Le projet de Picken fut accueilli avec un vif intérêt ; les membres les plus dist de l'aristocratie offrirent leur concours à l'auteur et lui proposèrent de mettre à sa disposition les archives de leurs familles. Mais avant qu'il pût mettre en oeuvre les nombreux matériaux qu'il avait rassemblés, il éprouva une attaque d'apoplexie qui l'enleva le 23 novembre 1833. Un peu avant sa mort, il avait terminé une nouvelle qu'il considérait comme la meilleure de ses productions et qu'il appelait the Black 11; atch, nom qu'avait porté originairement le rit. régiment. Le manuscrit de cette nouvelle, dont le sujet forme un épisode de la bataille de Fontenoy, est le seul héritage qu'il ait laissé à sa famille
  • André PODESTA( 1628) : peintre, dessinateur et graveur à l'eauforte, naquit à Gènes en 1628 et fut élève de JeanAndré_ Ferrari. Son talent comme peintre n'aurait pas suffi pour sauver son nom de l'oubli, si celui qu'il déploya comme graveur ne lui avait acquis une réputation jus- tement méritée. Il vint à Rome vers 1640, et fut employé, conjointement avec les plus célèbres artistes du temps, à dessiner les basreliefs et les statues antiques qui faisaient partie de la collection Giustiniani. Cet ouvrage parut à Rome en deux volumes sous le titre suivant Galleria Giustiniana del Marchese Vincenzo Gius- tiniani. Dans le nombre des figures qui ornent cet ouvrage, on distingue particulièrement celles du Podesta , gravées à l'eau.forte, dont l'exéeu- tion est spirituelle et savante. Les têtes sont d'un beau caractère et les extrémités dessinées avec correction. On cite encore de lui sept pièces, dont quatre Grandes Bacchanales d'après le Titien, des Amours qui cultivent les arts , le Phénix qui se brûle, allégorie dédiée au Guide, et deux sujets de la vie de StDiego, d'après le Carrache. Podesta marquait ses estampes de Ii manière suivante : AND. P. ou And. inv. et fec
  • André PROVANA( 1511) : amiral piémontais, naquit en 1511 au village de Leiny dont son père était seigneur, et reçut une éducation toute militaire. Il avait atteint un grade supérieur dans l'armée lorsqu'il suivit en Allemagne le duc EmmanuelPhilibert, que son père, dépouillé de ses Etats par les Français, avait envoyé servir dans les armées de CharlesQuint sous la direction de Provana, de Hugues Michaud et d'autres hommes distingués qui eurent une si grande part à la gloire de ce jeune prince. André Provana, combattant les protestants à côté de lui , se trouva aux batailles de Nordlingen , de Mulberg, d'Ilesdin et de Bapaume. Envoyé ensuite dans le comté de Nice, qui avait seul résisté à l'invasion étrangère , il commanda le fort de Villefranche, où il eut bientôt occasion de déployer son habileté et son courage. En 1537, une escadre francoturque parut dans les eaux de Nice; mais avant d'investir cette ville le refis voulut s'assurer du fort de Villefranche. A cet effet, il se mit à la tète de six galères et tenta une descente. Mais Provana l'avait prévenu en envoyant trois compagnies d'infanterie s'embusquer à la pointe du port. Déjà le reis s'apprêtait à débarquer son monde malgré le feu des batteries, lorsqu'il en fut empêché par le comte de Tende qui l'accompagnait, et qui avait aperçu les soldats embusqués, Au même instant un boulet atteignit le vaisseau amiral même et y tua plusieurs hommes. Cet accueil vigoureux décida le reis à s'éloigner. Après la paix de CateauCambrésis, Provana alla en Provence audevant du duc qui venait d'épouser Marguerite de France, soeur de Henri 11, et rentrait triomphant dans ses Etats. Il fut alors nommé capitaine général des galères ducales. En 1563 , deux seigneurs piémontais ayant été surpris dans une promenade en nier par des corsaires turcs, le duc de Savoie fut obligé de les racheter ; niais pour venger cette injure il ordonna à Provana d'aller user de représailles dans l'Archipel. L'amiral s'en acquitta avec beaucoup de zèle, ce qui excita les plaintes du gouvernement de Venise, lequel, prétendant avoir été lésé dans ses intérêts, demanda et obtint une indemnité en faveur de quelquesuns de ses sujets. Revenu à Nice, Provana fut chargé de conduire en Espagne les archiducs Rodolphe et Ernest, fils de Maximilien, roi des Romains, et petitsfils de l'empereur Ferdinand, qui traversèrent le Piémont en 1564, se rendant auprès de leur oncle Philippe 11. Celuici , ayant appris le débarquement des princes, demanda le concours des galères ducales pour une expédition contre le Pegnon di Velez , repaire de pirates sur la côte d'Afrique. Provena revint à Villefranche pour s'armer en guerre, se rendit ensuite dans le port de Malaga, où devaient se rallier tous les bàtiments composant l'expédition, et contribua puissamment au , succès. L'année suivante il prit le commandement de trois galères qui se joignirent à la flotte espagnole commandée par don Garzia de Tolède, viceroi de Sicile, et destinée à secourir la ville de Malte qu'assiégeait Soliman. Les galères ducales formèrent l'avantgarde et s'emparèrent, à la hauteur du promontoire de Pachino, d'un grand N'aiment de Raguse chargé de comestibles pour l'armée turque. En 1567, Provana épousa Catherine Spinola, et devint par ce mariage comte de Fruzzasco. 11 fut peu après créé chevalier de l'ordre suprême de l'Annonciade, et l'année suivante on le chargea d'accompagner en Espagne l'archiduc Charles, frère de l'empereur Maximilien. Le pape Pie V ayant invité les principales puissances maritimes à se liguer contre les Turcs, le duc de Savoie envoya à la flotte coalisée trois galères qui, sous les ordres de Provana, prirent une part glorieuse à la célèbre bataille de Lépante. Une d'elles soutint pendant plusieurs heures le choc de deux galères ennemies et perdit presque tout son monde. Provana luimême fut blessé d'un coup de feu à la tête et resta évanoui durant une demiheure, ce qui ne l'empêcha pas de reprendre aussitôt après le commandement. Le combat fini , il se retira dans le port de Petala, puis vogua avec le reste de la . La part que ses galères avaient eue à la victoire de Lépante décida EmmanuelPhilibert à donner plus de développement à sa marine en la confiant à un ordre religieux et militaire, celui de StMaurice et de StLazare, dont Provena fut, dès l'institution , créé amiral. Après avoir contribué à la cession d'Oneille, faite par la famille Doria au duc de Savoie, il accompagna en 1584 CharlesEmmanuel 1er, qui allait épouser à Saragosse Catherine d'Autriche, fille cadette de Philippe 11. Lorsqu'une députation eut offert , en 1590, le titre de comte de Provence au duc de Savoie, Provana prit une part fort active à toutes les négociations qu'amena cet événement, et il fut chargé d'aller sonder les dispositions du roi d'Espagne; mais n'ayant pas obtenu de résultat satisfaisant, il revint en Piémont et décida CharlesEmmanuel à se rendre en personne auprès de son beaupère. Ce prince s'embarqua avec Jeannin , envoyé par le duc de Mayenne, avec un ambassadeur du duc de Lorraine et André Provana, qui était l'âme de toute cette intrigue. Mais les événements ayant pris en Provence une tournure peu favorable, le duc lie put rien obtenir de Philippe 11, et trouva à son retour les affaires plus embrouillées que jamais. Provana mourut à Nice peu de temps après ce voyage, le 29 mai 1592, et fut inhumé à Villefranche auprès de son épouse. Le sei- « pleur de Leiny, comte de Fruzzasco, dit Giof- « fredo dans l'histoire déjà citée, était un homme « de beaucoup de jugement, de sagacité et d'ex- « périence, mais il était vers la fin de ses jours « universellement haï, parce qu'on croyait qu'il « avait poussé le duc au voyage de Provence, « source de tant de désastres et de dépenses « inutiles
  • André POMMIER( 1798 - 1862) : agronome français, né le 2 janvier 1798 à Solers , mort à Paris le 9 mars 1862. Natif d'une famille riche des environs de ChâteauThierry, il vint de bonne heure à Paris, où il fonda, en 1827, l'Écho des halles et des marchés, et, en 1829, l'Echo agricole, qui existe encore. Peu après il devint secrétaire du congrès national. Comme tel , il a été l'un des membres les plus actifs du conseil général d'agriculture, ainsi que de la société des économistes. Vers 1845 il reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur. On a de lui diverses brochures et mémoires importants ; nous citerons : 1° Sur le monopole des tabacs , Paris , 1835; 2° La question des sucres, ibid., 1842 ; 3° deux mémoires Sur le chemin de fer ( le Lyon et la compagnie du chemin de fer d'Orléans , au nom des cantons ( le Brie et 7'ournan, 1845; 4° Sur le crédit foncier, 1846 et 1848; 5° Les exploitations agricoles et manufacturières, 18g9 ; 6° Sur les propriétés et l'emploi du sel dans l'agriculture, 1849 ; 7° Second mémoire sur la question des sucres, 1851 ; 8° il a collaboré au Dictionnaire du commerce et des marchandises
  • André PONS DE L'HÉRAULT( 1773) : homme politique français, naquit à Cette en 1773 ; ses parents désiraient le voir embrasser la profession ecclésiastique , mais le jeune homme ne se sentit aucune vocation à cet égard. Il quitta sa famille, et, décidé à entrer dans la marine, il se livra à l'étude avec une persévérante ardeur qui attira l'attention du célèbre géomètre Monge , alors examinateur des aspirants. La révolution éclata : Pons, qui n'avait pas encore dixhuit ans, s'enthousiasma pour la cause de la liberté, et son zèle lui valut un emploi important. Le comman- dement d'une batterie lui fut confié lors du siége de Toulon, et le général d'artillerie Bonaparte, qui paraissait alors pour la première fois sur la scène du monde, rendit officiellement justice à l'activité du jeune républicain. Malgré son exaltation révolutionnaire, Pons n'était pas sourd à la voix de l'humanité, fort peu écoutée alors ; il fit évader un ancien camarade condamné à mort comme émigré ; il sauva de l'échafaud des Provençaux accusés de fédéralisme, crime qui entraînait alors la peine capitale. Il ne pouvait se faire pardonner ces actes d'humanité qu'en professant l'enthousiasme le plus vif pour la cause de la Montagne ; aussi, lorsque Robespierre eut été renversé, lorsque la réaction se déclara avec force contre les hommes qui avaient servi la portion la plus exaltée de la convention, Pons fut arrêté, enfermé dans les prisons de Montpellier, et ce ne fut que lorsque la journée du 13 vendémiaire eut donné un autre cours à la direction des choses qu'il fut rendu à la liberté. Il avait vingt et un ans, et déjà il avait été assez mêlé aux luttes politiques pour en avoir ressenti tous les périls et pour en etre dégoûté. Il résolut d'essayer d'une autre carrière, et il s'embarqua pour tenter quelque opération commerciale, niais le navire qui le portait tomba aux mains des Anglais, dont les croisières couvraient alors toutes les mers. Il ne put revoir sa patrie qu'un an plus tard ; il y trouva des amis qui le firent nommer membre du conseil des CinqCents, mais son élection fut contestée au profit d'un rival qui avait l'appui du gouvernement. Pons se rendit à Paris, réclama inutilement, et, dans une brochure qui prit la forme d'une lettre adressée à Barras, il exhala sa mauvaise humeur en attaquant avec une vive amertume la politique et la conduite des direc- teurs. Il y avait en effet beaucoup à reprendre de ce côtélà. Le directoire éloigna cet adversaire en renvoyant à Toulon , où , redevenu marin, Pons fut attaché à l'escadre que bloquaient dans ce port les flottes anglaises. Une inaction forcée ne pouvait lui convenir : il se fit adjoindre à l'état- major de l'armée d'Italie ; sa plume facile et cha- leureuse fut souvent réclamée pour la rédaction des ordres du jour et des proclamations. L'année 1799 ne fut pas heureuse pour nos armes : le général qui avait illustré par maintes victoires les plaines de la Lombardie était en Egypte ; les Français, toujours aussi braves, avaient le malheur d'être commandés par des chefs ineptes, élevés par l'intrigue. Il fallut plier devant les Russes , qui , conduits par Souwarow, se montraient pour la première fois sur les rives du Pô et dans les défilés des Apennins. Pons montra une grande fermeté au milieu de ces revers passagers ; il commandait la flottille sur le lac de Guarda lorsqu'il fallut la détruire, il se jeta dans la place forte de Peschiera , concourut à sa défense et alla ensuite exercer à Nice et à Gènes des fonctions importantes. Luttant contre les croiseurs anglais, il travaillait sans relàche à assurer rapprovisionnement de l'armée qui couvrait la frontière fran-çaise en se maintenant, malgré de cruelles privations, sur les rochers du littoral ligurien. Le 2 brumaire an 8, le général en chef Championnet lui conférait le titre de lieutenant de vaisseau, et deux ans plus tard Pons était nommé capitaine de frégate, au moment où le coup d'Elat du 18 brumaire mettait le pouvoir en des mains nouvelles. Soupçonné d'avoir composé un écrit satirique contre le premier consul , Pons ne put obtenir la confirmation de son grade ; il fut disgracié et trèsmal noté au ministère de la marine. Ses amis ont prétendu qu'il n'était pas l'auteur du pamphlet, et qu'il refusa noblement de se disculper en dévoilant un anonyme qui n'était pas un secret pour lui. Quoi qu'il en soit, éloigné du service, Pons voulut rentrer dans la sphère commerciale ; il y réussit peu , mais il avait ob- tenu l'amitié de Lacépède, qui lui fit avoir un em- ploi à la grande chancellerie de la Légion d'hon- rieur, et , peu de temps après , il fut nommé administrateur des mines de l'île d'Elbe. Pons était ainsi éloigné de tout le mouvement européen, lorsque la chute de l'empire envoya soudain dans cet flot l'homme extraordinaire qui avait rempli le monde de son nom. L'edrninistrateur des mines , encore à la fleur de l'âge , plein d'activité et d'intelli- gence, plut à Napoléon et se dévoua complètement à la cause du César détrôné. Il raccompagna dans le coup de main hardi qui devait en quelques jours renverser les Bourbons, mais qui devait aussi aboutir à Waterloo. A peine débarqué, l'empereur envoya Pons à Marseille : la mission était périlleuse ; la capitale de la Provence était livrée à une agitation extrème , les roya- listes étaient hors d'euxmêmes, et l'émissaire de l'Ogre de Corse eùt été massacré si le maréchal Masséna ne l'avait pas logé dans une prison d'Etat. Les événements mar- chaient alors au pas de charge ; bientôt le drapeau tricolore flottait à Marseille, et Pons, rendu à la liberté , courait à Paris afin d'y rejoindre Napoléon. A peine parutil dans le cabinet de l'empereur qu'il entendit ces paroles : « Pons, « j'ai besoin de vous à Lyon , » et deux heures après Pons partit pour cette grande ville : il était préfet du Rhône. Le mème jour Napoléon rece- vait une députation lyonnaise qui , accourant, selon l'usage, au secours du vainqueur, venait apporter ces félicitations banales qui arrivent toujours et s'épanchent dans les salons des Tuileries quel que soit le maître de la maison , et il disait à ces représentants de Lyon : « Je vous ai donné « pour préfet un de mes amis ; vous en serez « contents. » Le poste de confiance auquel Pons venait d'être appelé était entouré de bien des difficultés ; la population lyonnaise était divisée d'opinions ; le gouvernrment impérial y trouvait des partisans enthousiastes et des adversaires non moins résolus ; les armées étrangères avançaient, et on n'avait à leur opposer que de faibles moyens de défense. Pons se multiplia : il stimula par des proclamations énergiques le zèle de ses administrés il s'efforça de préparer une vigoureuse résistance ; mais les désastres du mois de juin 1815, la seconde abdication de Napoléon rendirent inutiles tous ses. efforts. Les Autrichiens entrèrent à Lyon , et les royalistes s'emparèrent du pouvoir. il y eut un moment de crise fort pénible dans lequel la fermeté de Pons et son esprit de conciliation rendirent de grands services. M. de Chabrol, qui vint, au nom de Louis XVIII, occuper la préfecture, lui adressa une lettre des plus flatteuses pour le remercier du bien qu'il avait fait, des maux qu'il avait épargnés. « Votre conduite « franche et loyale , sage et mesurée dans des « circonstances aussi graves, vous ont donné des « droits assurés à l'estime et à l'affection de tous. » Ainsi s'exprimait un adversaire politique trèsdécidé, mais équitable. Toutefois Pons avait déployé trop d'ardeur au service du souverain ren- versé pour ne pas comprendre qu'il lui était impossible de rester en France sans s'exposer à de rigoureuses persécutions. Il prit le parti de retourner à file d'Elbe, mais ce coin de terre venait de passer aux mains d'ùn nouveau maltre. Il fut conduit dans les Etats autrichiens, et il y passa six ans dans une sorte de captivité. Les haines de 1815 s'étant calmées, il put rentrer en France, où il se livra à des entreprises industrielles. Son existence, que la mort termina en 1853, s'écoula d'ailleurs dans l'obscurité. Il avait entrepris un Essai historique sur le règne de Napo- Von , mais il n'en a fait paraltre que deux frag- ments : le Conyrès de Cheillon, Paris , 1825 et De la bataille et capitulation de Paris en 1814, 1828 . Ces ouvrages présentent de l'intéret, niais il ne faut cependant en faire usage qu'avec quelque réserve. Nous laissons de côté quelques opuscules tels que l'Eloge funèbre de M. Gévaudan, ancien député, 1826 ; Lettre à M. Dupont de l'Eure sur les majorités de la cham- bre élective, etc
  • André RHYZELIUS( 1677 - 1755) : ), évêque de Lindkceping, en Suède, né en 1677 dans un village de Ves- trogothie, professa la théologie à l'université d'Abo, et devint aumônier de Charles XII, archidiacre de Lindkceping et évèque de la même ville. La société royale des sciences d'Upsal le compta parmi ses membres. Il mourut vers 1755. Rhyzelius avait étudié avec beaucoup de soin les langues anciennes et les antiquités de son pays. On a de lui plusieurs ouvrages, dont nous indiquerons les principaux 1. De sepultura reterum Suco- Gothorum 8° ; o Brontologia theologico- historica , en suédois, Stockholm, 1712 3. Sueo- Gothia minuta, ou Notice historique des forts, forteresses et chàteaux de la Suède, en suédois, Stockholm, 1744 4° illonasteriologia suco- gothica, ou Description des anciens couvents de Suède, en suédois, Lindkceping, 1740 5. Illnemonica historia, Sneo- gothicte epithome, ibid., 1735-1751; 60 Episeopia Sueo- gothira, ou Chronique des évèques de Suède, en suédois, ibid., 1752 70 Carmin« varia grœco- latina, publiés à différentes époques à Stockholm et à Lindkceping; 8° un grand nombre d'oraisons funèbres, inch- quées dans la Bibliothèque homélitique de Stricker, p. 110 et suivantes
  • André ROBERTSON( 1778 - 1846) : peintreminiaturiste anglais, mort le 15 décembre 1846 à Ilampstead , âgé de 68 ans, manifesta dès sa première enfance de grandes dispositions pour le dessin. West, alors président de l'académie royale de peinture, convaincu de son talent comme peintre de miniature, l'attira à Londres en 1800 et lui fit faire son portrait. Cette oeuvre remarquable, pour l'exécution de laquelle le modèle et le peintre montrèrent une patience et un zèle méritoires, est considérée comme l'oeuvre fondatrice de ce genre de peinture. Ce portrait lui procura des clients nombreux et éminents , parmi lesquels le duc de Sussex , qui ne cessa jamais d'être son protecteur. Lors de l'invasion française, il prit place avec enthousiasme dans les rangs des volontaires. Peintre habile, il était aussi violoniste distingué et artiste par l'âme. Membre de l'académie royale de peinture, il fut le fondateur (le l'Asile écossais et contribua à la formation de la société générale artistique de bienfaisance. Il a laissé de lui- même un remarquable portrait
  • André RIVET( 1572) : était d'une famille originaire de Niort, dont la branche catholique alla s'établir à Confolens et la protestante à StMaixent. C'est dans cette dernière ville que naquit Rivet le 2 juillet 1572 . Il fut ministre à Sedan , puis à Thouars. Son mérite personnel et le crédit dont il jouissait dans la maison de Bouillon lui donnèrent une grande influence dans toutes les affaires de son parti. Sa réputation lui valut, en 1619, une chaire à l'université de Leyde, et il garda cette place jusqu'en 1632, qu'on le mit à la tète du collège des nobles à Breda. Il mourut dans ce poste le 7 janvier 1651. Rivet était un calviniste sévère, toujours prêt à attaquer ceux qui penchaient pour les partis modérés et conciliants. Il avait une grande mémoire, beaucoup de lecture et une composition facile; mais le raisonnement et l'exactitude n'allaient pas de pair avec ses autres qualités. On a recueilli tous ses ouvrages en 3 volumes Leyde, 1651 et 1660. Ils contiennent : P divers traités et commentaires sur l'Ecriture sainte; on distingue dans cette classe les quatre livres latins intitulés Crilici sacri, avec un petit 7'raité de la lecture des Pères, qui les précède. Cet ouvrage, clair et précis, est en même temps écrit sur un ton plus modéré que ses autres productions. C'est ce qu'il a fait de mieux. 2° Des livres de morale et de piété, parmi lesquels on estime surtout une Instruction chrétienne contre les spectacles, la Haye, 1639 moins connue qu'elle ne le mé- rite ; 3' plusieurs traités de controverse, dont les principaux sont une Apologie de la Ste- Vierge, 1639 à laquelle l'auteur aurait pu donner un titre tout opposé, car il a rassemblé tout ce que les protestants ont écrit de plus injurieux au culte de la Mère de Dieu , et toutes les sottises que la dévotion superstitieue de quelques catholiques ignorants a débitées sur le trième sujet; — le Je. suita vapulans, composé dans la querelle entre le ministre Dumoulin , son beaufrère, et le jésuite PetraSancla, où Rivet, non moins virulent que ses deux antagonistes, entasse tout ce qu'on avait dit jusqu'alors de plus injurieux contre les jésuites et contre le clergé romain; voy. Dreux du Radier. Bibliothèque historique d« Poitou, t. 3, p. 487, où, par faute ,l'impression, on lit 1571. 12! Dreux du Radier ,toc. cii. ) en donne un bon extrait que Desprez de Boissy a reproduit dans ses Lettres sur les spectacles 6. édit., t. 2, p. 232. enfin divers écrits trèspassionnés contré les projets de conciliation entre les deux partis, proposés par Grotius et par la Milletière. — RIVET , sieur de Champrernon, frère du précédent, mourut aussi en 1651, âgé de 69 ans. Avec des- connaissances moins étendues, il avait plus dr.-.1..re e e netteté dans l'esprit; c'est ce qu'on voit par son Traite de la justification et par sa Defense de la liberté ecclésiastique, contre la primauté du pape, deux ouvrages latins où il y a de la clarté, de la méthode et de la sagacité
  • André ROESCHLAUB( 1768) : médecin allemand né à Lichtenfels près de Bamberg, en 4768, étudia dans cette dernière ville et fut chargé, en 1797, de la direction des hôpitaux et de l'enseignement à l'école médicale. En 180'2, il s'établit à Landshut et il y enseigna la pathologie. Il trouva le temps de composer de nombreux écrits qui firent quelque sensation, mais qui sont aujourd'hui oubliés. Ses théories subtiles et obscures, ses hypothèses sur le principe vital, sur la cause et la marche des maladies, sont reléguées au rang des abstractions dont il est devenu fort inutile de s'occuper. Ou y retrouve l'influence de la philosophie transcendentale de Schelling ; et ce n'est évidemment pas sur de pareilles bases qu'on peut établir l'art de guérir, déjà entouré de tant de difficultés. Nous n'essayerons pas de donner une idée des théories de Roeschlaub ; nous ne nous flattons pas de les comprendre assez pour les faire saisir, et ce serait d'ailleurs une peine inutile. Elles peuvent être regardées comme une exagération outrée des principes de Brown . Vivement attaquées, elles provoquèrent des polémiques dans lesquelles le docteur bavarois montra une âcreté et une arrogance qui lui furent fort reprochées. Il serait superflu de mentionner tous les ouvrages de Roeschlaub , nous nous bornerons à signaler les principaux : Recherches sur la pathogénie , ou à la théorie médicale, Francfort, 1798- 1800 , 3 vol. — Magasin pour le perfection- nenzent de la thérapeutique théorique et pratique, Francfort, 1790-1803 , 8 vol. — Intro- duction à la nosologie , Bamberg , 1800 ; — Application des nouveaux systèmes de philosophie à la médecine, Landshut, 1802 — Instruc- tion pour les di eérentes nosologies, Francfort, 1807 Nous ignorons l'époque de sa mort
  • André ROMBERG( 1767) : célèbre musicien, né en 1767 à Vechte, entre Brème et Osnabruck, montra de bonne heure les dispositions les plus rares pour l'exécution et la composition. Ces dispositions furent sagement développées par son père, GerhardHenri Romberg, qui, s'étant fixé à Munster, y devint maître de la chapelle. Il l'instruisit dès l'âge de six ans sur le violon , et ses progrès furent si rapides qu'il put, l'année suivante , se faire entendre avec intérêt dans un concert public. Déjà il avait trouvé un rival ou plutôt un ami dans son cousin Bernard Romberg , et cette émulation, qu'entretint une liaison constante, ne put qu'influer sur le talent des deux artistes, dont le second a porté dans le suite à un degré de perfection inconnu l'exécution sur le violoncelle. L'intimité de leur union était telle en effet qu'ils se nommaient réciproquement frères, ainsi que leurs pères, et ils furent presque toujours inséparables. André forma •de plus en plus son jeu et se fortifia dans la composition, soit pendant les voyages qu'il fit. dès l'âge de huit ans, en partie avec son père et toujours avec son ami, en Hollande, en France , dans le reste de l'Allemagne et en Italie; soit durant ses engagements à la chapelle de Munster, à celle de l'électeur de Cologne, à Bonn et enfin à Hambourg.. Partout son jeu plein de vigueur, son style noble et mêle excitèrent l'admiration. La première fois qu'il vint à Paris , il composa pour le théâtre Feydeau un opéra, Don Mendoze. La musique en fut attribuée aux deux amis, André et Bernard ; mais le premier en était seul l'auteur. Pendant leur voyage en Italie , les deux frères furent trèsbien accueillis du prince Rezzonico, sénateur de Rome, sans la bienveillance duquel ils auraient plus tôt quitté l'Italie, vu l'état de décadence où ils trouvèrent l'art musical. Ce prince leur procura la faculté, jusqu'alors sans exemple, de donner au Capitole même un grand concert, qui eut lieu le 17 février 1796, en présence de tout le haut clergé et de la noblesse. Ils obtinrent un succès si éclatant que les Italiens prétendaient, dans leur enthousiasme , que jouer ainsi sur le violon et le violoncelle, c'était chanter. Une distinction plus grande peut-être attendit André à Vienne, à son retour d'Italie. Plein d'enthousiasme pour les compositions de Haydn , il ne tarda pas à faire sa connaissance. Après avoir exécuté plusieurs quatuors de ce grand compositeur devant une assemblée brillante et nombreuse , le maître de la maison réunit ses instances à celles de Haydn pour engager André à jouer un quatuor de sa composition, et le seul qu'il eût fait jusqu'alors. La société , n'étant pas dans le secret, crut entendre un nouveau quatuor de Haydn et déclara même que c'était le meilleur qu'il eût fait. Le vénérable artiste protesta que cette production n'était pas la sienne, et il fallut tout le poids de son autorité pour tirer d'erreur la société. Depuis cette soirée , il nomma les deux Romberg ses fils en musique, et ils ne le nommaient plus que leur père. En 1797, André alla de nouveau à Hambourg, où il se lia intimement avec Klopstock. Il se sépara pour la première fois, en 1799, de son frère Bernard, qu'il retrouva, comme on l'a dit, plus tard à Paris. Pendant cet intervalle, André s'occupa de la musique du psaume Dixit Dominus , pour lequel on avait établi un grand concours , et il remporta le prix. Il se maria en 1801, et , après un nouveau voyage à Paris, il revint, en 1802, se fixer à Hambourg. En 1815, il fut appelé à Gotha pour remplir la place de maître de chapelle auprès du duc. C'est, dans cette dernière ville qu'a la suite de plusieurs attaques d'apoplexie, il est mort le 10 novembre 1821. Dans les principales villes d'Allemagne, à Berlin, Hambourg, Gotha , et mème en Angleterre, à Londres, des Requiem furent publiquement exécutés en son honneur, au bénéfice de sa veuve et de sa nombreuse famille. Il nous reste maintenant à fixer la place qu'André Romberg doit occuper comme compositeur, et nous distinguerons les morceaux qu'il a composés pour faire valoir son talent d'exécution de ceux qui portent le caractère de création lyrique. Sous le premier rapport, ce sont ses quatuors, ses symphonies et autres compositions purement qui l'ont trèssouvent mis sur la même ligne que Haydn et que Mozart. Ses quatuors sont généralement écrits dans un style pur, sévère et néanmoins élégant et gracieux , pleins de motifs heureux et portant le cachet de l'originalité, sans ètre bizarres. Il a su conserver ainsi, comme un dépôt sacré, cette pureté d'harmonie des mêmes maîtres qui fait encore aujourd'hui la gloire de l'école allemande. Les avis qu'il était toujours prèt à donner aux jeunes compositeurs tendaient à les diriger constamment dans la même voie , et par là , il a beaucoup contribué à répandre et à perpétuer le goût de la bonne musique. La même énergie dont il fait preuve dans ses quatuors se retrouve dans ses concerts, symphonies, morceaux de piano et duos de violon. dont il a fait une quantité trèsconsidérable. Quant à ses essais dramatiques, ils furent moins heureux : son opéra de Don . Ilendoze, dont nous avons parlé, eut peu de succès. Plusieurs autres opéras, joués à Berlin, à Hambourg, etc., en eurent davantage. On trouve, entre autres, dans la Générosité de Scipion un morceau d'ensemble plein de verve et de grandeur. Ce qui sans doute lui t manqué, c'était plus de bonheur dans le choix des pièces qu'il eut à traiter , et souvent il a prodigué de la belle musique à des poèmes fort audessous de son talent. Eprouvant peut-être du dégoùt pour le theàtre, il essaya de mettre en musique plusieurs poèmes de Schiller; la Cloche surtout obtint en Allemagne un succès populaire tel que l'auteur fut porté à composer d'autres morceaux analogues de ce mème poète, parmi lesquels on distingue la Puissance du chant et l'Infanticide. Nul doute qu'aucun autre compositeur n'aurait pu aussi bien résoudre la difficulté de mettre en musique des paroles qui appartiennent par leur nature à la déclamation il y a réussi ; mais ce succès même , malgré l'habileté de son talent, ne prouve pas que le poème didactique puisse convenir à la musique. Il reste toujours vrai que cet art devient superflu quand la parole peut exercer tout son empire par la déclamation, et qu'au contraire , le règne de la musique commence lorsque le langage des passions doit se faire entendre. Romberg avait écrit dès sa jeunesse beaucoup de musique d'église, qui porte également l'empreinte d'une àme élevée, pénétrée de son sujet. Le Messie, oratorio, paroles de Klopstock ; Je Dizit Dominas, dont on a parlé; une collection de psaumes, d'après la traduction de Mendelssohn, méritent une mention particulière. Nous nous bornerons, en finissant , à donner l'énumération des ouvrages de Romberg, dont la plus grande partie a été publiée en Allemagne; une autre partie est restée inédite 1. MUSIQUE INSTRUMENTALE 6 grandes sympho- nies, dont 4 publiées; — 8 ouvertures, dont 4 publiées; — 2 quintetti pour le violon, i pour la clarinette , 8 pour la 'bite; — 30 quatuors pour le violon, dont 5 inédits; — 1 quatuor pour le piano; — 3 sonates pour piano et violon ; potpourri pour violon et piano; 6 duos pour violon et violoncelle, 9 pour deux violons; — 20 concerts pour le violon, avec grand orchestre, dont 4 publiés ; — 8 fantaisies, potpourri pour le violon, dont 4 publiées; —2 concerts pour deux violons, inédits ; — 3 potspourris pour deux violons, inédits ; — 6 polonaises et potspourris pour violon en quatuor , gravés; 5 pour le violon et quatuor , dont 1 inédit ; 2 grandes sérénades pour harmonie, manuscrit; — 1 double quatuor pour huit instruments à archet , dernier ouvrage, non entièrement ter- miné. — Il. PARTIE DRAMATIQUE, MUSIQUE D'ÉGLISE ET DE CHANT 7 opéras , dont 5 manuscrits; —6 poèmes d'après Schiller; — plusieurs cantates de maçonnerie. inédites; — 6 morceaux pour quatre voix d'hommes, sans accompagnement, inédits ; — 9 morceaux de chant à trois voix, sans accompagnement, publiés; — 3 trios italiens, inédits; — grand nombre de canons ; —le Messie; — I Te Deum, publié ; I Te Deum en allemand , manuscrit ; — Dixit Dominas, gravé; — fragments d'une messe ; — une oie de Klopstock, publiée ; — 2 odes de Kosegarten, publiées ; — 10 psaumes, d'après Mendelssohn , à quatre, huit et seize voix, dont 3 inédits
  • André ROSSOTTO( 1610) : bibliographe piémontais, né à Mondovi vers l'an 1610, entra en 1627 dans l'ordre des Feuillants, alla terminer ses études à Rome, où il passa une grande partie de sa vie, et mourut dans sa ville natale, en 1667 . 11 avait rempli plusieurs charges de son ordre, et le cardinal FrançoisAdrien de Cève l'avait choisi pour son théologien. Outre neuf opuscules italiens, tant en vers qu'en prose, imprimés à Rome , de 1641 à 1651, et dont on peut voir le détail dans Nicéron , environ dixhuit cents articles d'écrivains piémontais, savoisiens ou niçards, depuis l'Abbas Vercellensis et Abrahamus Fermellius jusqu'à Vilalis de Vitalibus, Umbertus Clericus et Zacharias Boverius. Les notices sont sèches et fort incomplètes. Les titres des livres sont copiés exactement quand Rossotto a été à portée de les consulter ; mais ordinairement il est réduit à les citer d'après des catalogues souvent peu exacts, où ces titres étaient traduits en latin. L'auteur donne d'abord une liste des écrivains qu'il a consultés, au nombre de plus de cent quatrevingts, dont plusieurs sont manuscrits. Il s'excuse ensuite dans sa préface d'avoir choisi un sujet déjà traité deux fois en italien par Chiesa , et il se justifie par le plus grand détail que donne son livre , où d'ailleurs on trouve de plus les écrivains de la Bresse et du Bugey et qui est écrit en latin, langue plus universellement répandue. Au reproche de s'arrêter sur des écrivains obscurs , qui ne se sont fait connaître que par des sonnets ou des madrigaux, il répond que Dignus est operarius mercede sua. Un défaut plus grave est le manque de critique et d'exactitude. Nonseulement il fait naître à Annecy des écrivains du Puy en Velay, tels que al Tl mourut pendant l'impression de son Syllabus; mais il est assez remarquable que ni l'éditeur de ce livre , ni le prélat Morazzo, qui , donne un assez long article à son confrère Rossotto, n'indiquent ni la date précise de sa mort, ni l'année de sa naissance. 12, Mémoires, etc., t. 25, p. 6. C'est par erreur que, trompé par la forme du génitif latin, Nicéron le nomme Rossoili. On voit clairement que son nom était Rossolis,, par l'inscription de la dixième pièce qui lui est adressée, Al. M. R. P. D. Andrea Rossolto. Guillaume Tardif et Jacques David ; mais il va jusqu'à reprendre le P. Marraci d'avoir fait de ce dernier un Français. L'ouvrage est terminé par quatre tables , dont la première suit l'ordre alphabétique des noms de famille et la suivante celle des lieux de naissance. On y voit que la seule ville de Verceil avait fourni cent dix écrivains : Turin n'en comptait que quatrevingts, Nice soixantedixhuit, Mondovi q uarantehuit. Ceux dont la patrie n'est pas connue avec précision sont rapportés sous des titres généraux : vingttrois pour le Piémont, treize pour la Bresse et le Bugey, cinquantehuit pour la Savoie ; mais cette table présente des omissions. Tel qu'il est, le livre de Rossotto est encore aujourd'hui le catalogue le plus complet des écrivains du Piémont, et il a fourni des matériaux pour ceux de la Savoie à l'abbé Grillet, qui a traité le même sujet sur un autre plan d'une manière bien plus complète
  • André ROUQUET( 1703) : peintre en émail, naquit à Genève vers 1703. Il était fort habile dans son art , gràce aux études de chimie qu'il fit en Angleterre et à ses intimes relations avec les plus habiles chimistes de son temps. Malheureusement il a emporté dans la tombe le secret des découvertes qu'il avait faites; il était d'une humeur peu sociable, fort caustique et ne ménageant personne. Il devint fou une année avant sa mort, qui eut lieu au commencement de 1759, à Cha- renton, où on avait été obligé de l'enfermer. Il fut agréé, quoique protestant, à l'académie royale de peinture, le 23 août 1753 , sur la promesse que le roi avait faite de ratifier sa nomination, qu'il ratifia effectivement le 11 février 175&. On connaît peu d'ouvrages de Rouquet. Il a pris part trois fois aux expositions du Louvre, avec des portraits en émail en 1753, avec ceux de III. et de mademoiselle Desfourniel et de Cochin fils ; en 1755, avec celui de M. de Marigny, di- recteur général des bâtiments du roi; en 1757, avec d'autres portraits en émail, peints d'après nature. Il a laissé en outre deux ouvrages 1° l'Etat des arts en Angleterre, Paris, Jombert, 175'5 où il se montre peut-être apologiste exagéré du génie anglais ; 2° l'Art nouveau de la peinture en fromage ou en ranzequin, inventée pour suivre le louable projet de trouver graduellement des façons de peindre inférieures à celles gui existent, Marolles, 1755, 2 tomes en un volume Cet écrit est dirigé contre l'Histoire et le secret de la peinture en cire, que publia Diderot cette même année. On peut consulter sur Rouquet dario de Mariette , t. 5, p. 52, et l'Histoire luté- raire de Genève de Senebier, t. 3, p
  • André RUBBI( 1739 - 1810) : érudit italien, né à Venise en 1739, entra de bonne heure chez les jésuites et professa les belleslettres au collège des nobles à Brescia. Après la dispersion de son ordre, il se retira dans sa patrie, où il fut occupé de travaux littéraires. Il y mourut en 1810. Ses ouvrages sont . 10 Interpretatio et illustratio epitaphii grrect Ravennœ repenti, Rome, 1765 2° Rodi press, Venise, 1773 L'auteur écrivit cette tragédie à Brescia , où elle fut jouée par ses élèves. 3° Elogi italiani, ibid., 1781 et suiv., 12 vol. C'est un choix d'éloges écrits par différents auteurs modernes ; ils sont au nombre de trentesix, parmi lesquels il y en a six de Rubbi : ce sont ceux de Pétrarque, Léonard de Vinci, Galilée, Castiglione , Métastase et Ginanni. L'éditeur de ce recueil y a intercalé le catalogue des médailles italiennes du cabinet de l'abbé Angelo Bottari. 4° Dissertazione cronologico- istorico- critica sopra il sepolcro d'Isaccio, esarca di Ravenna, ibid., 178 ; 5° Ugolino. Cette tragédie fut insérée, sans nom d'auteur, dans le tome 5 du Teatro italiano del secolo 18, Florence, 1784 6° Parnaso italiano, ovvero raccolta di poeti classici italiani d'ogni genere, d'ogni età e d'ogni metro, Venise, 1784-1791 , 56 vol. 7° Parnaso de' poeti classici d'ogni nazione tradotti in italiano, ibid., 1793 et suiv., 41 vol. Rubbi a présidé à ces deux collections, qui sont d'ailleurs d'une mince valeur litté- raire. 11 a composé une Notice sur la vie et les ouvrages de chacun des auteurs compris dans ces recueils. Ces morceaux sont écrits d'un style tellement coupé que la lecture en est, si l'on ose dire, asthmatique ; ce qui lui avait valu le sobriquet de Stile a singhiozzo . 8° Giornale dell' antichità sacre e profane, giusta il metodo di Pitisco, ibid., 1793 9° 1 giorni dell' anno consecrati alla passione di Cesti- Cristo, Parme, 1793 ; IO° Epistolario, ossia scella di lettere inedite, Venise, 1795-1796, 2 vol. C'est un recueil de lettres inédites de différents auteurs. 11° 11 genio nantie° e militare, canli due, ibid. C'est un petit poëme à l'occasion de la mort d'Angelo Emo, célèbre amiral vénitien, qui avait bombardé Tunis dans la guerre de 1774. 12° Genio letterario d'Europa, ibid.; ouvrage périodique, fondé par Rubbi en 1793, en opposition à un autre journal intitulé ilernorie p, r serrire alla storia lateraria e ci elle d'Europa, dirigé par le docteur Aglietti ; mais ce dernier l'emporta sur l'autre, qui cessa de paraître au bout de quelques mois. 13° La Lainiqlia , poemetio dans la Raicolta Feraresc, t. 6. Rubbi a surveillé les éditions des OEuvres de Muratori et de Maffei, publiées à Venise, les premières en 48 volumes et les autres en 21 On trouve des renseignements épars sur la vie de Rabbi dans Caballero, supplément à la lliblioth. script. soc. Jesu ; — dans Moschini , Letteratura Veneziona del secolo 18, et surtout dans le tome 56 et dernier du Parnaso italiano, où l'auteur a eu soin de les consigner luimême
  • André RYDELIUS( 1671 - 1738) : prélat suédois, naquit à Linkoeping en 1671, et fit ses études sous la direction du savant évêque de Strengnaes , Jean Biliberg. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie à Lund , il fut élevé au siège épiscopal de cette ville. 11 mourut en 1738, en se rendant à Stockholm pour assister à la diète. Rydelius est surtout connu par ses Exercices de la raison ou son Cours de philosophie , publié en suédois en 1718, et réimprimé en 1737. 11 a fait de plus : Grantmatista philosophans ; — Sententiœ philos. fundanientales ; — Orationes academice; des mandements, des sermons. RYDELIUS , frère du précédent, était né en 1676 et mourut en 1742. 11 professa l'histoire , l'éloquence et la théologie à Lund avec un grand succès, et publia plusieurs dissertations latines. Celle qui a pour titre De fine studii historici fut le sujet d'un acte académique auquel assista Charles XII avec son beaufrère, le landgrave de HesseCassel, qui devint ensuite roi de Suède. Voyez, sur les deux Rydelius, Dcebeln , Historia academie Gundensis
  • André SABATIER : économiste français, était au commencement de la révolution, en 1789, un des administrateurs des hôpitaux de Paris. S'étant dès lors déclaré l'un des partisans des innovations, il fut nommé, en 1790, administrateur du département de Paris, emploi qu'il perdit après la révolution du 10 août 1792 et qu'il recouvra après la chute de Robespierre. Ayant favorisé de tout son pouvoir la révolution du 18 brumaire, qui assura le triomphe de Bonaparte, il fut nommé préfet de la Nièvre dès la création et administrateur de ce département jusqu'en 180'2, où il fut remplacé par Met. Depuis cette époque il ne remplit plus de fonctions publiques et parut ne s'occuper [que de la composition de différents écrits sur les finances et sur l'administration publique. Il mourut à Paris le 14 septembre 1820. On a de lui 10 Adresse à l'assemblée constituante sur les dé- penses générales de l'Etat, 1790 2. Du crédit public et particulier. Des moyens d'acquitter indistinctement la dépense de tous les services et d'opérer des améliorations dans les diverses bran- ches de l'éconoinie politique, 1798 Une partie de cet ouvrage a été traduite en allemand, Hambourg, 1799 3' Tableaux comparatifs des dépenses et des contributions de la France et de l'Angleterre , suivis . 11I—D •
  • André SABBATINI( 1480 - 1545) : peintre napolitain, naquit à Salerne, vers l'an 1480. Ayant vu l'Assomption que le Pérugin avait peinte dans l'église de Santa- Reparata , à Naples, il fut tellement frappé de la beauté de ce tableau qu'il se mit surlechamp en chemin pour aller à Pérouse, afin d'y suivre les leçons de cet habile maitre. En route, il entendit dans une auberge plusieurs peintres qui s'entretenaient des ouvrages merveilleux que Raphaël venait d'exécuter à Rome pour le pape Jules H. Il change aussitôt de projet, se rend à Rome et se met au nombre des disciples de Raphaël. Il ne profita que peu de temps des leçons de ce grand maitre, la mort de son père, arrivée en 1513, l'ayant forcé de. retourner dans sa patrie. Il aida Raphaël dans les peintures de la Paix et du Vatican , se montra un excellent copiste de ses compositions et fut un des plus habiles imitateurs de sa manière. Si on le compare à ses condisciples, il ne s'est pas élevé aussi haut que Jules Romain ; mais il surpassa Raffaello del Colle et les autres artistes de ce rang. Il est bon dessinateur, il a du choix dans l'expression et les attitudes, il charge un peu ses ombres et indique un peu trop ses muscles ; ses draperies sont bien disposées et son coloris, malgré le temps , a conservé toute sa fraicheur. Sabbatini a beaucoup travaillé à Naples ; et le catalogue de ses pe est fort étendu. Parmi ses meilleurs ouvrages, on compte quelquesuns des tableaux qu'il a peints dans l'église de SteMarie des Grâces. Les fresques qu'il avait exécutées dans cette même église et ailleurs, et que le temps n'a pas épargnées , ont été célébrées par ses contemporains comme des miracles de l'art. Ses travaux dans sa patrie, à Gaëte et dans la plupart des églises du royaume et pour des collections particulières sont nombreux. Ses Madones surtout sont d'une beauté rare. Le musée du Louvre possède un de ses tableaux représentant la Visitation. Sous la figure de la Vierge, le peintre a peint la dernière princesse de Salerne, de la famille della Marina ; sous celle de SteElisabeth, un personnage de la maison ; enfin le StZacharie est le portrait de Bernard° Tasso , père de l'immortel auteur de la Jérusalem délivrée. Il fut lié d'amitié avec le Caravage, dont il était condisciple ; il lui donna même un asile dans sa maison et le produisit auprès des premières familles de Naples. Il mourut en 1545. — Lorenzo SABBATINI , appelé aussi LOBENZINO DE BOLOGNE, du lieu de sa naissance, né vers 1533, fut un des peintres les plus aimables et les plus délicats de son siècle. Beaucoup de gardiens de galerie , trompés par la beauté de ses Saintes Familles, composées et dessinées dans le meilleur goût de l'école romaine, quoique peintes un peu plus faiblement, le donnent pour un élève de Raphaël. Il était trop jeune pour avoir pu recevoir des leçons de cet illustre maitre ; d'ailleurs, par sa manière, il se rapproche davantage du Parmesan : ses Vierges et ses anges ont tout le caractère de ce dernier peintre. Ses grandes compositions d'autel ont le même caractère. La plus célèbre est le St- Miche/ qui orne l'église de StJacques le Majeur à Bologne. Augustin Carrache a gravé ce tableau ; et il le citait sans cesse à ses élèves comme un modèle de grâce et de beauté. Lorenzino fut aussi un peintre à fresque distingué, correct dans le dessin , fécond dans l'invention et, ce qui est plus étonnant, d'une exécution extrêmement rapide. Il fut appelé à Rome sous le pontificat de Grégoire X111; et ses succès dans cette ville ne furent pas moins grands que dans sa patrie. La manière dont il rendait le nu , quoiqu'il s'y fût peu exercé , lui attira des louanges universelles. Il peignit, dans la chapelle Pauline, l'Histoire ( le St- Paul; dans la salle royale, la Foi qui triomphe de l'Infidélité. On le chàisit pour présider aux travaux du Vatican. Il mourut jeune, en 1577. Le musée du Louvre possède de ce peintre un tableau représentait Jésus debout sur son berceau et soutenu par la Vierge, qui montre le ciel au jeune Si- Jean- Baptiste qui lui ope une croix de roseau
  • André SACCHI( 1598 - 1661) : peintre, né à Rome, en 1598 , fut le dernier élève de l'Albane, un des meilleurs coloristes et des plus savants dessinateurs de l'école romaine. De petits tableaux, qu'il exécuta sous les yeux de son maure, commencèrent sa réputation, et il ne put bientôt plus suffire aux demandes qui lui furent faites. Contemporain de Pierre de Cortone et du Berfini , il ne put voir sans jalousie les succès de ces deux artistes, surtout du dernier. II cherchait sans cesse à l'éviter le Bernini , au contraire voulait toujours être à côté de lui lorsqu'il dessinait, afin de s'approprier sa manière correcte et suave, ses contours aisés et coulants. Sacchi était déjà assez avancé en eage lorsqu'il entre-'prit le voyage de Venise et de Lombardie, afin d'étudier les coloristes vénitiens et les ouvrages du Corrége; mais son style était déjà trop formé pour qu'il pût imiter celui de cet habile maitre. De retour à Rome , il craignit dene plus goûter autant le coloris de Raphaël: cependant, ayant revu, dans les salles du Vatican , le Miracle de la messe et le tableau d'Attila, il ne put s'empêcher de s'écrier

andre année par année

Signe astrologique de andre

Couleur de andre

Pierre précieuse de andre

Chiffre de andre

Métal de andre