Le prénom Alexandre Masculin

Origine :

Fête :

22 Avril

Signification de Alexandre

Alexandre se démarque par son charme ravageur qui en fait un véritable bourreau des cœurs. Les femmes lui résistent difficilement, mais il n’est pas pour autant un coureur de jupons. Lorsqu’il aime une personne, il la respecte, car pour lui, l’amour est source de bonheur et non de tristesse. Alexandre est aussi un grand sentimental qui n’aime pas faire du mal à autrui. Au contraire, il n’hésite pas à apporter son aide aux plus démunis s’il en a le moyen. Les Alexandre sont célébrés le 22 avril en hommage à saint Alexandre de Lyon, un martyr qui a trouvé la mort par crucifixion en 177. Ce prénom est actuellement très prisé dans les pays chrétiens.

Personnalité de Alexandre

Ce sont des forces de la nature, équilibrés, réalistes, calmes, qui rassurent par leur présence. Ils ne font pas toujours dans la douceur, car ce sont des battants. Un peu rebelles vis à vis de la hiérarchie, ils préfèrent donner des ordres plutôt qu'en recevoir. Esprit indépendant, ils préservent leur jardin secret. En amour, leur charme favorise les nouvelles conquêtes.

Provenance du prénom Alexandre

Histoire de Alexandre

Etymologie de Alexandre

Les Alexandre célèbres

  • Alexandre ANDERSON : né à Aberdeen, en Écosse , professait les mathématiques à Paris au commencement du 17' siècle. 11 était, à ce qu'il parait, ami ou disciple de Viette, dont il publia quelques ouvrages posthumes. Il possédait fort bien, dit Montucla, l'analyse ancienne, dont il donna un essai dans son Supplementum Apollonii redivivi, 1612. où il supplée, on effet, ce que Glietaldi avait laissé d'incomplet dans son ouvrage. A
  • Alexandre ACHILLES : noble prussien , qui vécut à la cour d'T Ladislas , roi de Pologne, et mourut à Stockholm, en 1675 , à l'âge de 91 ans. Le roi de Pologne l'envoya comme ambassadeur en Perse , et l'électeur de Brandebourg lui confia une mission du même genre chez les .Cosaques. On a de lui un Traité sur les causes des tremblements de terre et de l'agitation de la mer, en allemand. Il a laissé en manuscrit : Consilium bellicum contra Turcas ; Philosophia physica , etc
  • Alexandre ACHILLINI : né à Bologne, le 29 octobre 1463, se rendit célèbre comme médecin et comme philosophe, et professa la philosophie, d'abord à Bolo-. gne et ensuite à Padoue, avec un tel éclat, qu'on lui donna le surnom peu mérité de second Aristote. 11 eut pour adversaire, dans cette dernière ville, Pierre Pomponace, et disputa souvent avec lui ; mais, quoiqu'il fût un dialecticien trèssubtil , Pomponace obtenait toujours l'avantage en mêlant à ses arguments des plaisanteries qui amusaient les spectateurs.Achillini se faisait tort à luimème par son extrême simplicité, ses distractions, la singularité et la négligence de ses habillements. Il avait adopté les opinions d'Averroés. La guerre de la ligue de Cambray ayant interrompu les études à Padoue, il retourna à Bologne, et y professa jusqu'à sa mort , qui eut lieu le 2 août 1512. Il avait étudié avec soin l'anatomie , et y fit des découvertes, entre autres celle du marteau et de l'enclume , deux osselets de l'organe de l'ouïe. Il est, avec Mundinus, le premier anatomiste qu'ait fourni l'école de Bologne , et qui ait profité de l'édit de l'empereur Frédéric II , pour disséquer des cadavres humains. Cependant, malgré cette facilité que n'avaient pas eue les anciens, ses ouvrages d'anatomie sont encore à ceux de Galien , qui n'avait étudié l'organisation de l'homme que sur des animaux qui s'en rapprochent. Les ouvrages philosophiques d'Achillini ont été imprimés à Venise, en 1508 et réimprimés avec des additions considérables, en 1545 , 1551 et 1568 Il cultivait aussi la poésie ; mais , à en juger par quelquesuns de ses vers , que l'on trouve dans le recueil sur la mort du poêle Séraphin dall'Aquila, ce ne fut pas avec un grand succès. Voici la liste de ses principaux ouvrages d'anatomie et de médecine : 1° Annotationes anatomicoe , Bononice, 1520 Vendais, 1521 e de Humani corporis Anatomia, Venetiis, 1521 ; 3° in Mundini Anatomiam Annotationes, traité qui se trouve avec le Fasciculus Medicince de Jean de Katham , Venise , 1522 ; 4° de Subjeclo tnederince , cum annotationibus Pamphili Montii , Venetiis, 1568 ; 5° de chiromantice Principiis a physiognomice sans indication de lieu ni d'année ; 6° de Universalibus, Bononice, 1501 ; 7° de Subjeclo chiromantiœ et physiognomice , Bononice, 1505 ; Papice, 1515 C
  • Alexandre ADIMARI( 1579 - 1649) : poète italien, né en )1579, fut de cette ancienne famille des Adimari de Florence, qui était déjà noble, nombreuse et puissante en 1010 , et qui ne s'est éteinte qu'en 1736. Alexandre participa , dans ses poésies, au mauvais goût qui caractérise la plupart des poètes de son temps ; à cette recherche fatigante de pensées , et à ce luxe d'expressions figurées qui sort, comme le dit notre Misanthrope , du bon caractère et de la vérité. 11 fit paraître, depuis 1637 jusqu'en 164, six Recueils de 50 sonnets chacun , sous les noms de six des neuf Muses, Terpsichore, Clio, Melpomène, Calliope, Uranie et Polymnie. Trèssavant dans la langue grecque, il entreprit de traduire Pindare. Les vers de cette traduction , qui parut en 1631, à Pise sont faibles , et Apostolo Zeno a dit avec raison : « Je « cherche Pindare dans Adimari , et je ne le trouve « pas; » mais il y joignit des notes savantes , et d'au-, tres explications utiles pour l'intelligence du texte , entre autres des arguments qui précèdent les odes, et des synopsis, ou tableaux qui présentent aux yeux du lecteur le plan qu'a suivi le poète , et l'ordre qui règne dans son désordre apparent. Il en avait emprunté l'idée , et même l'exécution entière , d'Érasme Schmidt, dont la traduction latine , avec des synopsis tout semblables , avait paru en 1616. Adimari , dans son avis aux lecteurs , dit bien que l'ouvrage de Schmidt lui a été donné , ainsi que plusieurs autres , pour l'aider dans son travail ; mais il ajoute qu'il ne lui est parvenu que lorsque ce travail , commencé depuis seize années , était presque fini , et il ne dit rien de ces tableaux synoptiques qu'il a entièrement copiés. Il paraît, par un passage du Mèrlle avis , qu'Alexandre Adimari ne fut point favorisé des biens de la fortune , et qu'il vécut même fort malheureux. 11 mourut en 1649
  • Alexandre AGUADO( 1785 - 1842) : marquis DE LAS M A BISMAS DEL GU,IDALQUIVIR, vicomte de MoNTE•Ricco, né à Séville, le 28 juin 1785, dut le jour à don Alexan-, dre Aguado, comte de Montelirios et à dons MarianoRamirez de Esténôs. Ses premières études furent dirigées vers les sciences mathématiques, par le conseil du général Gonzalo O'farril, son oncle, sous les auspices duquel il entra, à quatorze ans, comme cadet dans le régiment de Jaen. Après avoir passé dans différents corps, il devint souslieutenant. Il se trouait à Séville lors des événements qui en 1 806 bouleversèrent l'Espagne, et suivit l'impulsion du moui ventent national. Aguado, revêtu d'un grade militaire et appartenant à une famille distinguée, attira rattention de la junte de gouvernement établie en cette ville, et fut nommé par elle major d'un des six régiments qu'elle créait pour la défense de la patrie. Au mois d'octobre 1808, il prit part à la journée de Tudela. Après cette défaite, qui fut suivie du combat de SomoSierra et de l'occupation de Madrid , il lit encore la désastreuse campagne de la Manche et celle de 1810, durant laquelle le maréchal Soult envahit l'Andalousie. La junte centrale, résolue de se retirer à Cadix, abandonna Séville, après en avoir confié la défense au général Herrera ; mais avec les troupes démoralisées qu'on lui avait laissées et dont Aguado faisait partie, Herrera ne put se défendre ; les Français occupèrent bientôt Séville, et Aguado se retira dans ses foyers. Pendant tout le temps que Joseph résida dans cette capitale de l'Andalousie, il résista aux instances d'O'farril, ministre de la guerre du nouveau roi, qui voulait lui présenter son neveu. Le maréchal Soult fut plus heureux ; Aguado entra comme chef d'escadron dans son étatmajor. Lors de la création , étaient ceux d'un prince. Sa galerie de tableaux dans son hôtel à Paris, riche des chefsd'oeuvre des maîtres espagnols et italiens, fait l'admiration des amateurs. C'est en 1827 qu'il acheta le château de PetitBourg, qui avait eu pour hôtes Louis X IV et Louis XV. Il ren dit à cette résidence son ancienne splendeur. Mais Aguado n'était pas de ces hommes qui n'ont en vue que leur intérêt personnel. Il fit construire à ses frais le magnifique pont suspendu de Bis, pour Ciciliter les connnunieations entre les deux rives de la Seine I,e conseil municipal décida, en 1851, que la nie conduisant à ce pont porterait le nom de rue du Pont-. Aquado. Le droit (le lever un péage pendant quatreingtdixneuf ans, qui n'était qu'un bien faible dédommagement des dépenses, évaluées à plus de 670,000 fr. , avait été accordé à Aguado et à ses héritiers; depuis, il en a fait don en toute propriété à la commune de Ris. Dans ses relations commerciales, il était prompt, adroit, décidé, conciliant. Il fit souvent preuve d'un noble désintéressement à l'égard de débiteurs malheureux ; il ne se montra pas moins libéral envers les artistes ; mais son penchant pour les femmes le poussa à des prodigalités dont on retrouve les suites jusque dans ses dernières dispositions. L'administration de l'Opéra fut l'objet de sa faveur spéciale et de son appui. Aguado avait à peine 57 ans; il était plein (le force et de santé, lorsqu'au mois d'avril 1842 il entreprit un voyage dans les provinces du nord de l'Espagne , pour visiter son établissement des mines (le Langreo : arrivé à Gijon, il fut frappé d'une attaque d'apoplexie. Son corps, embaumé dans cette ville , fut embarqué pour Nantes, où lainé de ses fils alla le recevoir et l'accompagna à petites journées jusqu'à Paris. Là, des funérailles vraiment princières furent célébrées en son honneur en l'église de NotreDamedeLorette, sa paroisse, à l'embellissement de laquelle il avait contribué par ses largesses. On disait publiquement que l'inventaire de sa succession se montait à plus de 55 niillions. Dans son testament, outre des libéralités qui, ainsi que nous l'avons dit, prenaient leur source dans ses faiblesses, il a laissé à des homines honorables des marques de munificence et de bon souvenir. Dans les derniers temps de sa vie, Aguado avait été élu président de l'Athénée de la rue du Lycée ; et il se proposait de rendre une nouvelle vie à cc vieil établissenient, en appelant les principaux artistes à y donner (les concerts
  • Alexandre ALES( 1500) : né à Édimbourg, le 27 avril 1500, d'une famille qui se prétendait de la race royale d'Écosse, écrivit d'abord contre Luther ; mais, ayant voulu disputer contre Patrice Hamilton pour le ramener à la religion catholique, il se laissa luimême ébranler sur sa propre croyance. Il était chanoine de la métropole d'Edimbourg. Le prévôt, mécontent de la manière dont il Èensurait le clergé, le fit mettre en prison. Ales trouva le moyen d'en sortir, et il profita de sa liberté pour aller faire profession du luthéranisme en Allemagne . Lorsque Henri VIII se fut constitué en état de schisme, Ales revint à Londres en 1535, et y enseigna publiquement, sous la protection de l'archevêque Cranmer. La disgràce de ce prélat l'obligea de retourner en Allemagne, et il devint professeur de théologie à Francfortsurl'Oder en 1540. Choqué ensuite de ce que les magistrats refusaient d'établir une peine contre les fornicateurs, il se retira en 1542 à Leipsick, où il remplit les mêmes fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 17 mars 1565. Ales était grand ami de Mélanchthon ; il assista avec lui, en 1554, aux conférences de Marbourg, où il s'agissait d'apaiser les querelles théologiques de la Prusse, et, l'année suivante, à celles de Nauembourg, convoquées pour faire cesser les dissensions excitées par les disciples d'Osiander. L'électeur de Brandebourg l'avait député, en 1541, aux conférences de Worms, où le cardinal Granvelle, qui y présidait pour CharlesQuint, ne voulut pas lui permettte de disputer. Ales a composé un grand nombre d'ouvrages qui firent du bruit dans le temps. Ce sont des commentaires sur les Psaumes, sur l'Evangile de St. Jean, sur l'Epitre aux Romains; les deux à Timothée, celle à Tite ; des traités de controverse sur JésusChrist considéré comme unique médiateur, contre Osiander; sur la Trinité, contre Valentin Gentilis ; sur la divinité' de JésusChrist, contre Servet ; une Réponse aux trentedeux articles des docteurs de Louvain, etc.—Un autre ALES , naquit à Oxford, en 1584 : d'abord calviniste , il se lit catholique, et fut regardé comme un bon théologien. 11 composa plusieurs écrits remarquables par une sage tolérance, entre autres, un traité du schisme, et mourut en 1656, à 72 ans
  • Alexandre ALGARDI( 1593 - 1654) : que nous 'nommons L'ALGARDE, sculpteur et architecte, naquit à Bologne, en 1593. Il reçut d'excellents conseils de Louis Carrache, et vécut dans une grande intimité avec l'AIbanc, dont les enfants lui servirent de modèle pendant quelque temps. L'Algarde les attirait chez lui par des caresses et des présents, et les modelait en terre pour ses études particulières. Pline parle de jeunes garçons, sculptés par Césiphiodore, 'qui, dans leurs jeux , entrelaçaient leurs bras , et semblaient imprimer leurs doigts délicats plutôt dans la chair que dans le marbre. L'Algarde se proposa constamment pour modèle ce fils de Praxitèle, digne héritier de ses talents; et ses ouvrages ne furent pas inférieurs, sous quelques rapports, aux beaux morceatix antiques que nous possédons. C'est surtout dans les statues d'enfants que l'Algarde a excellé ; on lui doit aussi d'avoir étendis l'art c`its statuaire, en ce qui concerne les figures portées en l'air dans des basreliefs. On voit différents ouvrages de ce sculpteur dans l'église de SantaMaria della Vita, à Bologne. L'Algarde alla à Rome ; il y travailla comme architecte et comme sculpteur ; comme architecte, il fit exécuter le casin de la villa Pamphili . Cette magnifique maison de plaisance, située à l'end roit où étaient les jardins de Galba, au commencement de la voie Aurelia , est une des plus belles villa de Rome. Le casin a été orné , par l'Algarde, de statues, de bustes et de basreliefs antiques d'un grand prix, et qu'il a su choisir avec discernement. On doit aussi à cet artiste la façade de l'église de StIgnace; elle est bàtie en travertin, et nue par des colonnes de l'ordre corinthien et de iltedere composite. Comme sculpteur, l'Algarde a fait, dans la même ville, pour l'église de SantaMaria in Vallicella, la statue de Si. Philippe de 1Véri, et pour l'église de StNicolas de rl'olentin , un maîtreautel qu'on regarde comme un chefd'oeuvre. Cette dernière église présente encore des statues sculptées sur les dessins de ce maitre, par deux de ses élèves, Hercule Ferrata, et Dominique Guidi. Mais la plus belle composition de l'Algarde est à StPierre, sous l'autel de Léon le Grand. Entre deux colonnes de granit noir oriental, on voit son fameux basrelief , représentant St. Léon qui défend à Attila de s'approcher de Rome, et qui lui montre St. Pierre et S. Paul, irrités coutre lui. Il y a quelques années qu'un imprudent a cassé un morceau de ce basrelief qui est posé trop bas, et à la portée des personnes qui veulent le toucher. Cette sculpture est d'une grande beauté ; cependant on peut y reprendre quelques incorrections. Le pape Innocent X paya trèsgénéreusement cette production, et créa l'Algarde chevalier. Peu de temps après, on lui commanda la statue colossale, en bronze, qui représente ce pontife assis , et qu'on voit encore au musée du Capitole l'artiste fit cet ouvrage avec beaucoup de soin, et fut principalement animé du désir de montrer toute sa reconnaissance pour son bienfaiteur. L'Algarde mourut en 1654 ; il tient, parmi les sculpteurs , le rang que l'Albane tient parmi les peintres. Il n'a pas été maniéré comme le Bernin, mais il n'a pas atteint le grandiose de Jean de Bologne, et il semble, dans ses ouvrages soignés et finis , avoir particulièrement recherché le genre de réputation (m'avait dédaigné MichelAnge
  • Alexandre ALLEGRI : l'un des poètes italiens qui se distinguèrent le plus, vers la fin du 16° siècle, dans le genre burlesque, genre plus estimé en Italie qu'en France, et qui, à la vérité, n'est pas tout à fait le même dans ces deux pays. Allegri était né à Florence, et, dans sa jeunesse, il suivit le métier des armes : il s'attacha ensuite à quelques grands; mais ses goûts paisibles lui firent enfin donner la préférence à l'état ecclésiastique. C'est ce qu'il dit luimême dans un seul vers, qui est le dernier d'un de ses sonnets Che voi sapete Scolare, cortigian, soldato e prete. Il joignait, à beaucoup de connaissances, un esprit toujours vif et agréable; les charmes de sa conversation attiraient dans sa maison, située à Florence, sur la place de SteMarieNouvelle, un cercle nombreux d'hommes de lettres et de savants. Ses Rime piacevoli n'ont été imprimées qu'après sa mort; la 1" partie à Vérone, 1605; la 2e, ibid., 1607; la 5', à Florence, 1608, et la 4' à Vérone, 1613. La plupart des pièces de vers y sont précédées de morceaux de prose qui ne sont pas moins facétieux ni moins bizarres. Le tout est ordinairement relié dans le même volume avec les trois Lettere di ser Poi Pedante, adressées au Bembo, à Boccace et à Pétrarque, Bologne, 1615, et avec la Faniastica Visione di Parri da Pozzolatico, adressée au Dante , Lucques, même année 1615 ; pièces satiriques, où l'auteur tourne les pédants en ridicule, en affectant leur langage. Ce volume, petit est trèsrare, et re- cherché des curieux. On a réimprimé les Rime pia- cevoli en 1754 , à Amsterdam avec de fort mauvais caractères ; mais cette édition a l'avantage de présenter une notice sur la vie de l'auteur. Il était resté de lui beaucoup de poésies manuscrites entre les mains de sa famille ; cette famille s'étant éteinte, les manuscrits se sont perdus. Il avait aussi composé une tragédie intitulée : Idoménée roi de Crète ; le sujet était la mort du fils de ce roi immolé par son propre père ; le savant Carlo Dati , à qui il l'avait lue, en faisait de trèsgrands éloges. Le recueil de poètes latins publié à Florence , en 1719, contient plusieurs pièces de notre Allegri, qui prouvent beaucoup de talent pour la poésie latine. Elles sont dans le genre héroïque , et l'on ne s'y apereoit nullement du ton habituel de son esprit, tel qu'il paraît dans toutes ses poésies toscanes
  • Alexandre ARBUTHNOT( 1538 - 1583) : théologien anglican, fils du baron d'Arbuthnot, était né en Écosse en 1538. Il se fit remarquer par un grand zèle pour la religion réformée et par une habileté particulière dans les affaires ecclésiastiques. En 1569, il fut nommé principal du collége du roi à Aberdeen. Ayant encouru ensuite le ressentiment de Jacques VI par la publication de l'Histoire d'Écosse, de Buchanan, il en fut tellement affecté qu'il ne fit plus que languir, et mourut à Aberdeen en 1585. On a de lui un ouvrage intitulé : Orationes de origine et dignitate juris, 'Édimbourg- 1b72
  • Alexandre BANDIERA( 1699) : né à Sienne en 1699, fut d'abord jésuite, depuis vingt jusqu'à quarante ans, et, selon l'institution de cet ordre, il professa les belleslettres dans plusieurs villes d'Ita lie ; mais ayant embrassé des opinions littéraires et une méthode d'enseignement différentes de celles que la compagnie avait généralement adoptées, il en résulta pour lui quelques désagréments qui l'engagèrent à passer, avec toutes les permissions nécessaires, dans l'ordre des frères servites. 11 s'y consacra, pendant le reste de sa vie, aux travaux de l'enseignement public, et jouit de la considération due à son savoir et à son zèle. Il publia plusieurs traductions italiennes d'auteurs latins , avec des notes et des observations grammaticales, qui les rendent utiles pour les études de la jeunesse italienne, quand elle veut apprendre sa propre langue en mène temps que la langue latine : ce sont, entre autres , les traductions (le Cornélius Népos , des Oraisons de Cicéron, de ses Epitres familières, de ses traités des Offices, de la Vieillesse et de l'Amitié, du Songe de Scipion, et des Paradoxes. Il co aussi plusieurs ouvrages de son propre fonds, tels que : Gerotricamerone, ovvero Ire sacre Giornale, etc., Venise, 1745 Le titre et la forme de cet ouvrage sont imités (lu Décaméron de Boccace, mais le caractère en est trèsdifférent. Les interlocuteurs sont dix jeunes gens pieux et de bonnes moeurs, qui racontent chacun à leur tour des tiaits de l'histoire sainte. On en critiqua le titre, qui devait ètre Gierotrimerune , et' non pas Gerotricameroue ; l'auteur défendit son titre, niais ne le justifia pas. 20 I Pregiudizj delle umane lettere , etc., Venise, 1755, 30 Componinienli di varie maniere, etc., Venise, 1755 Ce volume de mélanges contient (les panégyriques, des discours de piété, (les morceaux de littérature et quelques poésies. Le P. Bandiera a aussi publié , en2 parties Venise , 1751 i, une édition du Décaméron (le Boccace, purgée (le tout ce qui est contraire aux bonnes mœurs, et accompagnée d'une préface et d'un grand nombre de notes, sur les expressions de Boccace qui ont vieilli, et sur d'autres objets de philologie et de grammaire. Alexandre Bandiera eut deux frères.—L'un, François BANDERA, son aîné de plusieurs années, prétre ei jurisconsulte, écrivit sur le droit public un ouvrage enrichi de notes historiques et critiques.— L'autre, Jean- Nicolas BANDIERA, aussi son' aîné , de la congrégation de l'Oratoire, a laissé, entre autres ouvrages estimés : 1° de Auguslino Dal° libri 2, Borne, 1733 C'est une vie du célèbre Augustin Dati , tirée en grande partie de ses ouvrages, et qui en contient un catalogue exact et raisonné. 2° Trattalo degli sludj delle donne, opera d'un accademico intronato, Venise , 1740 L'auteur, qui ne se nomma point, et se désigna seulement par le titre de l'académie de Sienne, dont il était membre, y emploie l'érudition et le raisonnement pour prouver que l'étude des arts, des lettres et même des sciences , convient aux femmes autant qu'à nous. Les femmes connaissent peu cet ouvrage, qui prouve, peut- ètre trop savamment pour elles, qu'elles peuvent devenir savantes
  • Alexandre BARCA( 1741 - 1814) : né à Bergame, le 26 novembre 1741, était élève régulier dans un couvent de cette ville. Il publia un wémoire sur la décomposition de l'acide phlogistique. Cette publication précéda les observations analogues du célèbre chimiste Berthollet, qui se plut à le reconnaître dans un de ses écrits sur l'acide prussique. On assure aussi que les idées de Barca sur les supersaturations chimiques sont contemporaines de celles de Guyton de Morveau sur le munie sujet. Barca est mort le 15 juin 1814
  • Alexandre BARCLAY : auteur anglais du 16e siècle, jouissait d'une telle réputation de son temps, que l'Angleterre et l'Écosse se disputèrent la gloire de lui avoir donné la naissance; il parait néanmoins qu'il était Écossais, et qu'il vint étudier à Oxford, vers l'année 1495, sous le patronage de Thomas Cornish, depuis évêque de Tyne. Il visita ensuite les différents royaumes de l'Europe. De retour en Angleterre, il prit les ordres, fut pendant quelque temps bénédictin, ensuite franciscain, et occupa successivement deux bénéfices dans les comtés On trouve, parmi les productions de cet auteur : 1. un traité de la prononciation. française; : 2' les Vies de Ste. Marguerite, de Ste. Catherine, de St. George, etc., en vers anglais; 5. la Figure de notre mère la sainte Église, opprimée par le roi de France. Barclay avait suivi tous les changements opérés par Henri VIII dans l'état religieux- S—D.
  • Alexandre BASSANI ou BASSIANO : jurisconsulte de Padoue, vers la lin du 15° siècle, passa pour très-éloquent. 11 remplit dans plusieurs villes l'office d'assesseur auprès du podestat ; il était atta- ché en cette qualité à Bernard Bembo, père du cé- lèbre cardinal Bembo, lorsqu'il mourut à Ravenne, vers 1495. Il laissa un traité de Officio prœtoris, dont Scardeoni, qui l'avait lu en manuscrit, fait un grand éloge , mais qui n'a point été imprimé. — tn second Alexandre BASSANI, ou BASSIANO, aussi de Padoue, et sans doute parent du premier, vivait au 16e siècle. Instruit dans les antiquités, il fut chargé, par décret public , avec un autre Padouan , de décrire les différentes figures et les faits des empereurs romains qui décorent la grande salle du capitaine, ou chef militaire, de Padoue. 11 écrivit les vies des douze Césars , lestées inédites, et dont Scardeoni parle aussi. Il publia une description des honneurs rendus à la reine de Pologne, lors de son passage à Padoue, etc
  • Alexandre BENEDETTI ou BENEDICTI : médecin du 15° siècle, qui ne se borna pas à commenter les Grecs et les Arabes, comme les médecins de son temps, mais qui préféra les premiers aux seconds, qui souvent dee étaient que les copistes infidèles, et manifesta déjà quelque retour vers la méthode d'observation. Il naquit à Legnano, dans le territoire de Vérone, pratiqua son art dans la Grèce et file de Candie, le professa vers 1495 à Padoue, s'établit ensuite à Venise, et servit dans les armées de cette république. On ignore l'époque de sa mort, qui certainement est postérieure à 1511, puisqu'on trouve dans ses ouvrages des notions sur le tremblement de terre qui arriva cette annéelà en Italie. Voici la liste de ses ouvrages : 1° Traité général des maladies, qu'on peut regarder comme un précis de la médecine grecque ; car l'auteur, à quelques observations qui lui sont propres, ajoute tout ce qu'ont dit Galien, Paul d'Egine, Oribaze , Athénée, etc. 2° De omnium a vertice ad plantain morborum Signis , Causis , Differentiis, Indicationibus , et Remediis , tam simplicibus , quam compositis , lib. 30, 'Venise, 1500, 1535 Bâle, 1539 ; 1549 , 1572 ; ouvrage de médecine pratique, où l'auteur rappelle plutôt les préceptes de la médecine grecque que ceux des Arabes. 5° De Observatione in pestilenlia, Venise, 1495 ; Pavie, 1516 ; Bâle, 1551 ; 1538 avec les ouvrages d'autres médecins. 4° Anatomie, sive de Historia corporis humani libri 5, Venise, 1497 ; 1502 1527 , Paris, 1514 Strasbourg, 1528 5° De medici atque ceqri Of- ficio libellas, Lyon, 1503 avec le de me. dicince claris Scriploribus de Champier. 6° Des Aphorismes, réimprimés par Henri Estienne, en 1514. 7. Opera omnia in unum collecta, Venise, 1533 ; Bâle, 1539 1549, 1572 On dit qu'il a aussi concouru à corriger le texte de Pline. - Les bio- graphes citent un autre BENEDEM d'Aquila , médecin à Borne , auquel on doit : 1° de Pepasmo seu coctione Questiones ad menteur Hippocratis, Aquila, 1636 2° de Loco in pleurilide, Boute, 1644, 1693 3° Epistolarum medicinalium libri decem, Rome, 1649 ; 4° Consultalionum medicinalium Opus utile, jucundum, necessarium, etc. Venise, 1650
  • Alexandre BERGASSE : frère du précédent, s’était formé à Lyon une existence honorable dans le commerce. Sa réputation de vertu et de probité l’avait fait nommer un des administrateurs Parmi les écrits de Bergasse, il faut compter sa Requéte au roi sur l’institution de Sic - Periste de Chaillot, publiée sous le nom du baron du Chadli, en 1814 ; elle eut deux éditions de ‘59 p. Il est douteux, malgré ce que dit l’auteur du Dictiounaire des anonymes, quo Bergasse ait été le collaborateur de son ami Peltier, dans la redaction des Actes des Apôtres, et plus douteux ‘encore qu’il ait composé, avec M. de Puységur, la Journée des Dupes, pice iranipoliiicomique, représentee sur le théture Nulional pur les yrands comédiens de la patrie, 1788 était gratuite ; il s’était de bonne heure retiré du commerce et vivait dans sa maison de campagne, sur les bords de la Saône, mêlant l’étude et la culture des lettres aux travaux de l’agriculture. C’est dans cette douce retraite qu’il appela et qu’il retint pendant plusieurs années son frère, tandis que la république achevait de s’user dans l’anarchie avant de se perdre dans le despotisme. Ses opinions politiques n’étaient rien moins que favorables aux gouvernements consulaire et impérial. Tous ses regrets étaient dans le passé de la monarchie, et tous ses vœux pour son retour. Il appartenait à ce qu’on appelait en France la petite église, et il s’était rattaché à la minorité du clergé qui refusait de reconnaltre le concordat de 1801. Il salua avec joie la restauration, mais il l’eût voulu complète, et la charte lui parut une monstruosité; il résolut de l’attaquer, et il fut moins heureux que son frère, qui avait combattu avec tant de succès l’acte constitutionnel du sénat, et qui d’ailleurs n’était point ennemi de la charte, du moins dans l’ensemble de ses dispositions. Alexandre fit imprimer, à Lyon , en 1816, chez J.- M. Boursy, un vol. de 290 pages, qui avait pour titre : Réfutation des faux principes et des calomnies avancées par les jacobins pour décrier l’administration de nos rois el justifier l’usurpation de l’autorité royale et du trône, par un vieux Fran-çais. Ce livre est curieux et hardi : l’auteur y regarde la charte constitutionnelle comme illégitime et irrégulière; il soutient que Louis XVIII peut et doit la réformer ; il dénie aux chambres le droit de partici- pation au pouvoir législatif ; il blâme la protection accordée aux cultes non catholiques, et la confirmation de la vente des biens nationaux « Les vérita-« hies Français, ditil, ne reconnaissent plus leur « patrie sous le régime de cette charte ; ils ont vécu « sous l’empire de nos anciennes lois qui condam-« riaient toutes les injustices, et on leur présente au-« jourd’hui des lois nouvelles qui autorisent l’usur- « pation des biens enlevés à l’Eglise et aux défen- « seurs de la royauté légitime.— La charte ne peut « donc que prolonger les divisions qui existent parmi « nous, au lieu de les faire cesser, car les vrais Fran-« vais ne sauraient en adopter les principes. Cette « nouvelle constitution n’a pour partisans, dans nos « provinces, que les factieux qui prétendent y trou-« ver un appui ; elle est vantée par les possesseurs « de biens nationaux, dont elle autorise la scanda-« lerise acquisition... Mais les factieux, les acquéreurs « de biens nationaux et les amateurs d’idées libérales ne composent pas la nation ; ils n’en forment « heureusement que la moindre partie, etc. » Ce livre était légalement et politiquement répréhensible. Le tableau analytique que l’auteur donne de la constitution anglaise, et son exposition rapide des révolutions de ce pays, sont cependant des morceaux trèsremarquables. Mais il eut besoin de la considération méritée dont il jouissait parmi ses concitoyens, pour n’être pas traduit devant les tribunaux. C’était quelque temps après l’ordonnance du 5 septembre, qu’Alexandre Bergasse allait publier son ouvrage déjà imprimé. A peine le préfet du Rhône en futil informé qu’il fit appeler l’auteur, et lui représenta la nécessité où se trouverait le gouvernement de le poursuivre et de faire condamner son livre s’il ne consentait luimême à sa suppression. Bergasse déféra aux représentations bienveillantes du magistrat; le livre ne fut pas mis en vente, et il est devenu trèsrare, n’y ayant eu qu’un trèspetit nombre d’exemplaires dominés à des amis. Alexandre, Bergasse mourut à Lyon en 1821. — Son fils, Alphonse, héritier de ses vertus et de son talent, nommé, en 1822, avocat général à la cour royale de Rouen, depuis procureur général à la cour de Montpellier, donna sa démission après la révolution de 1830
  • Alexandre BERTRAND( 1600 - 1740) : né à Paris au milieu du 17a siècle, mort en 1740, fut, dans son temps, un mécanicien habile et un ingénieux directeur des spectacles de la foire. En 1690, il dirigeait à la foire StGermain un théâtre de marionnettes. Il imagina de faire représenter dans sa loge, par de petits enfants, une comédie. Les comédiens français obtinrent. la démolition du théâtre de Bertrand, qui s'en tint alors aux danseurs de corde et aux marionnettes. En 1697, lors de l'expulsion des comédiens italiens, Bertrand et les autres entrepreneurs de jeux forains crurent pouvoir s'emparer de leur répertoire. Sur de nouvelles plaintes des comédiens fiançais, il fut interdit aux acteurs forains de donner aucune comédie par dialogue. Ceuxci eurent recours aux scènes en monologue, c'est-àdire qu'un seul acteur parlait, et que les autres ne faisaient que des signes. Bientôt on imagina différentes manières d'éluder les défenses. Les comédiens français se plaignirent de nouveau. En 1709, Bertrand et ses confrères tirent une vente simulée à Holtz et Godard, suisses de la garde du duc d'Orléans. Les poursuites continuaient, et, pendant ce temps, les acteurs parodiaient dans leurs pantomimes, nonseulement tes pièces du ThéâtreFrançais, mais les acteurs euxmèmes , qu'ils désignaient sous le nom de Romains, et dont ils imitaient le geste et le débit, en prùnonçant d'un ton tragique des mots sans aucuti sens, mais qui se mesuraient comme des vers alexandrins. En 1710, on imagina les écriteaux. Cette nouveauté attira beaucoup de monde aux spectacles de la foire. 11 paraît qu'en 1712 Bertrand se retira de ses entreprises, et les céda à Bienfait, son gendre
  • Alexandre BESSON( 1757 - 1826) : conventionnel, était né vers 1757 au village d'Amancey, près d'Ornans.Son père, meunier fort aisé, lui procura les moyens de faire d'assez bonnes études, et lui acheta ensuite une charge de notaire. Ayant embrassé la cause de la révolution avec chaleur, il fut élu maire de la commune, et, en 1790, membre du directoire du département du Doubs. Député par le district d'Ornans à l'assemblée législative, il n'y joua qu'un rôle secondaire. Réélu à la convention, il vota la mort du roi sans appel et sans sursis, et il appuya toutes les mesures de rigueur que fit adopter le parti domi- nain. Des administrateurs de son département, anciens collègues, ayant été traduits, après le 31 mai, connue fédéralistes , au tribunal révolutionnaire, il leur refusa la plus légère marque d'intérêt, dans la crainte de se compromettre. Devenu membre du comité des finances, il lit rendre deux décrets pour accélérer la vente des biens et du mobilier des émigrés. Après le 9 thermidor, il se montra un des plus ardents réactionnaires, fut chargé de diverses missions dans les départements de la Gironde, de la Dordogne et de LotetGaronne, où il lit désarmer et mettre en prison les terroristes; et il usa de. son influence pour faire remplacer dans son dépar- tement les fonctionnaires dont les opinions n'étaient pas aussi flexibles que les siennes. 11 s'occupa beaucoup aussi des salines de l'Est. Après la session, il entra au conseil des cinqcents, et, tournant toutes ses vues sur les moyens de réparer le désor- die des finances. il lit adopter le projet de rétablir la ferme des salines, dont il devint un des adjudicataires; il s'opposa de toutes ses forces à l'aliéna tion des forèts de l'État, et fit décréter diverses mesures pour arrèter la dégradation des bois et en assurer la conservation. Ses fonctions législatives étant expirées en 1799, il revint à Besançon solliciter sa réélection ; et, avec l'appui des royalistes, il fut élu membre du conseil des anciens ; mais les opérations de l'assemblée électorale ayant été annu- lées, il n'y fut point admis. Après le 18 brumaire, il fut nominé président du conseil général du 'département du Doubs et inspecteur général, puis un des administrateurs de la régie intéressée des salines, qui fut supprimée en 1806. Il se livra dès lors à des spéculations commerciales importantes, et devint un des actionnaires pour l'exploitation des houillières de GrandDenis. Ayant, en 1815, assisté comme *électeur au champ de Mai, il fut compris dans la loi de bannissement contre les régicides. Cependant il parvint à se soustraire à tous les mandats d'au& lancés contre lui, en se tenant caché dans sa maison d'Amancey, où il avait pratiqué une chambre souterraine, dont sa femme avait seule le secret. Il y mourut d'apoplexie le 29 mars 1826, à 70 ans, ne laissant aucune fortune
  • Alexandre BLACKWELL : né à Aberdeen, en Écosse, étudia pendant quelque temps la médecine à Édimbourg, et se rendit à Londres, où il fut correcteur d'imprimerie. S'étant attaché à un marchand qui avait de la fortune, il épousa sa fille, et se trouva dans l'aisance ; mais peu après, il parcourut la Hollande et la France, et dissipa la dot de sa femme. Elle lui était cependant restée trèsattachée, et le reçut, après trois ans d'absence, avec une tendresse dont il ne s'était pas rendu digne. Fixé de nouveau à Londres, il y établit une imprimerie , niais la corporation des imprimeurs le força de renoncer à cette entreprise. 11 contracta des dettes, et fut mis en prison ; sa femme , qui avait du talent pour le dessin t la peinture, prit la résolution de dessiner et de eindre des plantes médicinales, et gagna de quoi ayer les créanciers de son mari. Encouragée par Sloane, Méad et d'autres savants, elle alla se loger à Chelsea, près du jardin de la société des Apotihicaires. Rand, célèbre pharmacien, directeur de ce jardin, lui donna toutes les facilités pour réussir dans ce travail. Elle réunit tous ces dessins , les grava, et coloria ellemême les épreuves. L'ouvrage commença à paraître en •757, et fut terminé en 1759. Il porte le titre de Curious Herbal , Londres, 1737, 2 vol. contenant 500 planches, représentant autant de plantes; elles sont enluminées. Blackwell, pour augmenter le mérite du travail de sa femme, joignit les noms des plantes en plusieurs langues, et en indiqua l'usage dans la pharmacie. En même temps, il s'était appliqué à l'économie rurale, et il publia, en 1741, un ouvrage sur la manière de faire valoir les terres et stériles, de dessécher les marais. Cet ouvrage ayant été recommandé en Suède par le ministre de cette puissance à Londres, Blackwell fut appelé à Stockholm par le gouvernement suédois, qui le chargea de faire les essais de sa méthode, et il dessécha des marais. Il eut peu après le bonheur de guérir le rois Frédéric d'une maladie grave, ce qui augmenta la considération dont il jouissait. Sa famille allait se mettre en route pour le joindre et s'établir avec lui en Suède, lorsqu'elle apprit qu'il venait de périr sur l'échafaud, le 9 aoùt 1746. On avait formé le projet de changer l'ordre de la succession établi par les états, en 1745, en faveur d'AdolpheFrédéric et de ses descendants. Blackwell reçut à ce sujet, d'Angleterre, des propositions (lui flattèrent son ambition et sa cupidité ; mais il fut dénoncé aux états assemblés en 1746, mis à la question et condamné à avoir la tête tranchée. Un négociant de Gothembourg, convaincu de complicité, subit la même sentence, et plusieurs sénateurs soupçonnés perdirent leurs places. Après son supplice parut : Copie originale d'une lettre d'un négociant de Stockholm à son corrrespondant à Londres, contenant un exposé impartial du complot, du procès et du caractère de Blackwell, avec l'examen de sa conduite, etc. On n'a publié aucun détail sur ce que devint depuis son infortunée et intéressante compagne, plus recommandable par son attachement à son époux, par ses talents et par son travail, que par les services réels que son Curiolts Ilerbal a rendus à la botanique ; mais, à l'époque où il parut, on n'avait encore aucun ouvrage aussi complet et aussi bien exécuté. C'est sous le nom de cette daine, Elisabeth Blackwell, que cet ouvrage est cité par les botanistes. Commerson a dédié à sa mémoirè un genre de plantes, et l'a nommé Blackwellia ; il y comprend de trèsbeaux arbres de Pile de France, que de Jussieu a Iv. . réunis à la famille des rosacées. Le docteur Trew lit faire une traduction allemande de l'Herbier de mistriss Blackwell, et l'enrichit de manière qu'il est devenu un nouvel ouvrage, quoiqu'il porte le titre de Herbarium Blackwellianum. Cette nouvelle édition, dont le texte est en latin et en allemand, parut à Nuremberg, de 1750 à 1760, 6 vol. et contient six centuries de planches coloriées. On a publié à Leipsick, •794 : Nomenclator Linnœanus in Blackwellianum herbarium per C. G. Groe- ning
  • Alexandre BONIFACE( 1785 - 1841) : instituteur, né à Pasis, le 22 décembre 1785, fut élève d'Urbain Domergue. Il se voua de bonne heure à l'instruction de l'enfance, et continua l'excellent journal de ce célèbre grammairien par la publication périodique du Manuel des amateurs de la langue française. Il embrassa dans son enseignement, nonseulement la langue nationale, mais encore la langue anglaise. C'est dans ce but qu'il publia : 1° .des Annotations à la grammaire anglaise de Turner, Paris, 1809 2° Select Letters from lady Nontagne's, 1 vol. 3° Un Cours analytique et pratique de langue anglaise, Paris, 1812. 4° Une nouvelle édition de la Grammaire de Siret, avec des annotations, Paris, 1814, réimprimé en 1825. 11 vit avec joie la chute de Napoléon, et publia, sous la première restauration : Buonaparte prédit par les prophètes et peint par des historiens, des orateurs et des poètes, Paris, 1814 Mais bientôt occupé de soins plus sérieux, et voulant faire jouir son pays des bienfaits . 6° Exposé succinct des règles relatives à l'orthographe des participes , extrait du Manuel des amateurs de la langue française, Paris, 1824, brochure 7° Éphémérides classiques présentant jour par jour les événements principaux de l’histoire universelle, etc., à l’usage des séminaires, des lycées, et des maisons d’éducation des deux sexes, Paris, 1825 . S. Student's assistant , of I, earner's first guide to english language, Paris, 1821 ; 2e édition, 1825. 9. Exercices orthographiques , Paris, 1816 10° Esquisse chronologique de - l'histoire ancienne, Paris .... 11° Une Lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, etc., ornée de jolies vignettes, Paris, 1836 1830 Boniface a laissé plusieurs petits ouvrages manuscrits. A ses funérailles, MM. Lévi, Peigné, Alexis Noël et Quitard ont successivement prononcé son éloge
  • Alexandre BORGIA( 1682 - 1764) : de la même famille les précédents, né à Veletri, en 1682, fut archevêque dé Fermo, où il mourut le 14 février 1764. On lui doit : Vita di san Geraldo, Veletri, 1698 ; 2° Istoria della chiesa e ciltà di Velletri, quattro libri, Nocera, 1725 ; 5° Concilium provinciale Firmanum ann. 1726 , Fermo , 1727 ; 4° une vie du pape Benoît XI I1, en latin , Rome, 1741 ; 5° des lettres recueillies par Muratori, des homélies, et autres ouvrages dont on peut voir le détail dans Catalani, de Ecclesia Fermana, Fermo, 1782
  • Alexandre BOTTA ADORNO : noble de Pavie, poète de quelque réputation, connu dans l'académie arcadienne sous le nom de Mirindo Erineo , florissait dès le commencement du 18e siècle. On trouve de ses poésies dans plusieurs recueils du temps. Muratori ne les appelle point du tout Perfetta poesia, mais son gros livre en 2 vol. intitulé, della perfetta Poesia italiana, Modène, 1706, est dédié à ce même marquis Alexandre Botta Adorno, qui était alors fort jeune, mais déjà célèbre par son goût et son talent pour la poésie , comme l'épître dédicatoire nous l'apprend. Cet ouvrage est divisé en 4 livres, et au commencement de chacun d'eux, Muratori adresse la parole au marquis Botta Adorno : voilà comme il y est quatre fois question de lui. Dans deux autres endroits , l'auteur cite deux sonnets de ce jeune poète, et fait remarquer dans l'un, qui est adressé au pape Clément XI, l'art de louer, en disant qu'on est inhabile à la louange, et dans l'autre, dont deux tourterelles sont le sujet, le talent de s'exprimer avec grâce et avec une douce facilité. Mazzuchelli, dans le trèspetit article qu'il consacre à Botta Adorno ne parle ni d'aucun ouvrage inédit qui soit resté de lui, ni de la bibliothèque de sa famille
  • Alexandre BROWNIKOWSKI ou BRONIKOWKI( 1783 - 1834) : d'Oppeln , romancier allemand , né à Dresde en 1783, fils d'un officier supérieur saxon. Pendant sa jeunesse il entra au service de Prusse. Dans la garnison d'Erfurth, il cultiva avec plusieurs autres officiers la poésie, et contribua au recueil de pièces de vers qu'ils publièrent en 1804 , sous le titre de Présents dédicatoires d'amis à des amis. A ces temps paisibles succédèrent bientôt des guerres nui ne permirent pas au jeune officier de suivre son goût pour les lettres. Dans l'invasion de la Prusse par l'armée de Napoléon en 1806 , son régiment, faisant partie de la garnison de Breslau, fut fait prisonnier et conduit en France. Au lieu (le retourner en Allemagne, lors de la paix , Brownikowski préféra rester à Paris. Il prit du service dans la grande armée , et le maréchal Victor l'attacha ensuite à son étatmajor. Il fut obligé alors de servir contre sa patrie , ou du moins contre les alliés du Nord. Après rentrée des Bourbons en France et le licenciement de la garde impériale, Brownikowski, ayant obtenu s'on congé , alla en Pologne, et, tirant parti de l'origine polonaise de sa famille, il obtint un grade supérieur dans l'armée que l'empereur de Russie organisait. Il était major dans les ulhans de la garde, lorsqu'en 1823 , choqué de la rudesse du grandduc Constantin, il prit son congé et se retira dans, sa ville natale pour s'y livrer à la carrière littéraire. Dès lors il fit succéder, avec une fécondité étonnante , un roman à un autre, après avoir préludé en quelque sorte à ces compositions par des contes et des nouvelles insérés dans les journaux allemands. Plusieurs obtinrent du succès : ce furent surtout ceux dont le fond était puisé dans les mœurs et l'histoire de la Pologne, qu'il avait beaucoup étudiées. Aussi l'aton appelé quelquefois le WalterScott de la Pologne. Sans avoir des caractères fortement esquissés ou des peintures vigoureusement tracées , plusieurs des romans de Brownikowski offrent de l'intérèt ; ils sont écrits d'un style facile et coulant, mais souvent trop verbeux. Voici la liste de ses ouvrages : 1° Casimir le Grand Piast, nouvelle, Dresde, Ise, 2 vol. 2° Hippolyte Bora( inski, ibid., 182.728, 4 vol. ; traduit littéralement en français par J. Cohen, avec ce second titre : la Pologne sous le règne de Sigismond Auguste, Paris, 1828, 3 vol. 3° La Tour des Rats, ibid. 4° Le Château sur la rivière de Wieprz , ibid. , 2 vol. 5° Le Cachot français , aventure du 17' siècle , traduit en français par LoèveWeimars sous le titre de Claire Hébert , histoire du temps de Louis XIII , Paris, 1828, 2 vol. 6° Olgierd et Olga, ou la Pologne au lle siècle, ibid., 1829, 4 vol. ; traduit en français par LoèveWeimars, sous le titre : le Serf, Paris , 1830, 3 vol. Cette série de romans porte aussi le titre de Collection des oeuvres de Bronikowski. 7° Histoire de la Pologne, Dresde, 1827. L'histoire moderne y est traitée avec beaucoup moins de détails que l'histoire ancienne. L'auteur paraît avoir craint d'offenser le gouvernement russe. 8° Lui et Elle , conte du temps moderne , Leipsick, 1827. 9° Contes , Leipsick , 1828 Ce volume contient les Trois Cousins et la Soirée aux prophéties , où l'auteur met en scène Scarron et ses contemporains. Depuis 1829 il avait commencé une nouvelle série de romans qui est devenue plus nombreuse que. la précédente , puis d'elle est composée de dixhuit volumes. L'ouvrage le plus important tic cette série est : 10° la Pologne au 17e, siècle ou Jean III Sobieski et sa cour, Halberstadt, 1829-30 , 5 vol. L'état social et politique de la Pologne à cette époque est peint avec vérité et intérêt. I Reale, extrait d'une ancienne chronique sans titre, Leipsick , 1832 , 3 vol. C'est une composition bizarre, où Brownikowski, voulant tracer l'histoire romanesque d'une femme qui fut condamnée en Allemagne comme empoisonneuse , s'égare dans l'histoire de la révolution française. 12° Stanislas Poniatowski, épisode du 18d siècle, traduit en français par LoèveWeimars, Paris, 1830 15° Almanach pour les contes et nouvelles , première année , Halberstadt, 1851, ouvrage également médiocre. Il semble, en général , dans les derniers ouvrages de Brownikowski, que son imagination commençait à s'épuiser. 1 4° Les Femmes Koniecpolskie , Dresde , 1 83 2 55, 5 vol. Ce sont les Cosaques zaporogues et leur insurrection que l'auteur a peints dans ce roman. Depuis 1830 , il avait quitté Dresde pour s'établir en Prusse, où il est mort au commencement de 1851. Les événements politiques des dernières années l'avaient engagé à publier deux brochures : l'une intitulée la Chute des Bourbons de la branche canée , ses causes et ses ell'els , llalberstadt , 1830, 1" cahier, qui n'a pas été continué ; l'autre, Quelques Mots d'un Polonais à ses compatriotes, qui parut en -1831. D—G. '
  • Alexandre CAMÉRARIUS( 1695 - 1736) : fils de RodolpheJacques, né en 1695, docteur en médecine, et membre de l'académie des Curieux de la nature, sous le nom d'Hector IV, fut adjoint à son père dans les deux fonctions de professeur de botanique et de directeur du jardin de Tubingen, et lui survécut jusqu'au 11 novembre 1736, où il mourut, âgé de 41 ans. a composé les ouvrages suivants : de Bo- tanica, Tubingen, 1717, 111-4". C'est une dissertation sur les principes de la botanique, et sur ce qui doit constituer les genres et les espèces. 2° De Motu elastico staminum amberboi . Ce mémoire fit connaître le mouvement élastique des étamines de la centaurée musquée ou amberboi : observation curieuse et alors trèsintéressante, parce qu'elle est la première que l'on ait faite sur l'irritabilité de certains végétaux
  • Alexandre CAMPESANO( 1521 - 1572) : naquit à Bassano en 1521, et lit de brillantes études à Padoue, sous la direction du savant Lazare Buonamico. Après avoir pris le grade de docteur, il se rendit à Bologne, où il acheva son droit sous le fameux André Alciat. Ayant fini ses études en 4542, et à peine âgé de vingt et un ans, le sénat de Venise le nomma lecteur extraordinaire à une chaire de droit ; cette chaire ayant été supprimée, Campesano se retira dans sa patrie, et cultiva en paix les lettres et l'amitié. Ses concitoyens le nommèrent aux premières places de la ville. 11 mourii? le 12 juin 1572. La notice de ses ouvrages est insérée dans le recueil des Opuseuli scientifici de Calogera : on y trouve aussi son testament . Parmi les produc- tions de Campesano qui ont été publiées, on dist : 1° des poésies, insérées dans les Rime scelle de' poeti Bassatiesi, Venise, 4576 réimp. en 1769 2° Carmina. On trouve aussi des vers latins de lui dans le recueil de ceux qui furent faits à la louange de Jeanne d'Aragon, publié par Buscelli. 3 Des lettres sur divers sujets , imprimées dans différents recueils. La vie de cet écrivain, écrite par J .B. Verci, se trouve dans le t. 50 du Nouveau Recueil d'opuscules par le P. Mandelli, continuateur de Calogera, et dans les Rime scelle de' poeti Bassanesi
  • Alexandre CAMPIGLIA : auteur italien qui écrivait à la lin du 16' siècle et au commencement du 17', est principalement connu par une Histoire des Woubles de la France pendant la vie de Henri le Grand, qui n'est, en quelque sorte, qu'une histoire de ce roi depuis sa naissance jusqu'à l'époque de sa réconciliation avec l'Eglise romaine, proclamée solennellement à Rome, le 17 septembre 1595, par le pape Clément VIII. Le titre entier de l'ouvrage, qui comprend depuis 1555 jusqu'en 1694, et non pas seulement les années 1593 et 1694, connue le dit l'auteur de l'Esprit de la Ligue, est : delle Tur- bulenze de la Francia in vita del re Henrico il Grande, d'Alessandro Campiglia, lib. 10, ne' quali non sol si narra la nascità, reducalione, la ragione di surcedere alla corona, i travagli, le grandi im- prese di quel te, le guerre, le leghe, le divisioni del regno, la pacc e la libertà donata, ma si trattano politicamente interessi cd i fini particolari ch' hebbero a quel tempo i principi dell' Europa, Ve- nise, 1614 et 1717 ; Augsbourg, 1616 L'auteur, dans son épître dédicatoire au roi Louis XIII, dit qu'à la nouvelle de l'assassinat de Henri, l'Italie entière avait fondu en larmes, et que lui particulièrement, après s'ètre livré à sa douleur, avait conçu le projet de tirer vengeance de ce for- fait, et, n'ayant point à sa disposition d'autre moyen, de faire la guerre avec sa plume au temps et à la mort. Cette épître offre plusieurs autres singularités. Entre toutes les raisons qui font regarder à Fauteur Sa Majesté trèschrétienne comme le plus grand roi de l'Europe, il compte le privilége d'être le berger des moutons à la toison d'or, qu'il peut tondre quand il lui plaît : Perchè voi sicle il pa. store de' montoni dal vello d'oro i quali potele tosare quai hora a voi piace. L'histoire est écrite de meilleur goût et avec plus de *simplicité que l'épître dédica- toite. L'admiration de l'auteur pour la mémoire de Henri IV, et la dédicace même adressée à son fils et son successeur, disent assez quel en doit être l'esprit. Il serait tout à fait inexact de dire qu'il n'approuve ni ne blâme la StBarthélemy. Il raconte avec beaucoup de sincérité les intrigues de la cour qui amenèrent cette horrible journée, et ne dissimule pas que la reine mère en fut le principal auteur. Il dit que, dès le 22 du mois d'août, commença la tragé- die par le massacre de l'amiral. Cette sanglante matinée, ditil ailleurs, fut celle du jour consacré à St. Barthélemy. Il ne parle pas, sans doute, de cette boucherie du ton dont le ferait un Français; mais il lui donne aussi ce nom de boucherie, et, sans quitter ce ton impartial de l'histoire, il blâme peut-être autant ce grand crime qu'il convenait à un étranger, dans la position où se trouvait alors, en Italie, un Italien écrivant sur les affaires de France
  • Alexandre CHALMERS( 1759 - 1834) : biographe et critique anglais, fils , lorsqu'il changea de résolution, ayant déjà, pour ainsi dire, un pied dans le vaisseau qui devait l'emmener. Il vint alors à Londres, et ne tarda pas à s'engager parmi les hommes de lettres dont les travaux alimentent la presse périodique. Son esprit piquant se signala dans des articles politiques et autres, à l'époque si intéressante de la lutte entre la métropole anglaise et ses colonies. Les premiers dépositaires des fruits de sa plume furent le Public Ledger, le London Pathet, le St- James et le Morning- Chronicte. La stireté de son goût, la flexibilité de son talent et la facilité de son travail le recommandèrent aux principaux libraires pour examiner les manuscrits qui leur étaient proposés, les modi lier ou les compléter. Un grand nombre de livres s'enrichirent de ses notices biographiques, commentaires et autres illustrations ; et c'est ainsi qu'il semble avoir préludé à la grande entreprise littéraire sur laquelle repose surtout sa réputation : le Dictionnaire biographique, commencé en1812, terminé en 1817, 5.2 vol. C'était jusqu'à un certain point une édition nouvelle d'un précédent ouvrage com posé de 15 vol. de même format. Chalmers y a ajouté 5,95-4 notices ; et parmi celles qu'il a conservées, 2,176 ont été écrites de nouveau, et le tout corrigé. Le nombre total des arti- ) George Chalmers a joint à son ouvrage six mémoires importants, savoir : I° Sur les calomnies qui furent forgées contre la reine d'Écosse ; 5° Mémoire de François II. ; 3' Mémoire d, lord Darnley ; de James, comte de Bothavell ; 5° du comte de Murray; 6° du secrétaire Alaillcrntl. 11-11-11. des est de plus de 9,000. On y trouve, en général, exactitude, impartialité, proportion. Ce sont aussi là les caractères de presque tous ses travaux, dont nous allons donner la liste : 1° Continuation de l'histoire d'Angleterre, en forme de lettres, 1795, 2 vol. ; 2e édition, 1798 ; 1805 ; 4°, 1821. 2° Glossaire pour Shakspeare, 1797. 3° Une édition du Dictionnaire anglais de James Barclay, •798. 4° The British essayist, série des essais d'Addison et autres écrivains, commençant avec le Babillard , et finissant avec l'Observateur; avec , feuille périodique, 1811, 5 vol. Ces essais, insérés d'abord dans le Gentleman's Magazine , étaient reproduits avec des corrections et des changements. 13° Fie d'Alexandre Cruden, en tète de la 6° édition de sa Concordance , 1812. 14° The general biographical, Dictionary, etc. , 4 cahiers, et une Vie de Paley, 1819. 17° Dictionnaire de la langue anglaise, abrégé de l'édition donnée par Todd du dictionnaire (le Johnson, 1820, 1 vol. ; réimprimé en 1824. 180 Neuvième édition de la Vie de Samuel Johnson par Boswel, •822. Chalmers a donné encore des éditions nouvelles de Shakspeare, de Samuel Johnson et de Pope. Ce littérateur laborieux, qui a dû passer une grande partie de sa vie dans le cabinet, n'en était pas moins d'un commerce agréable dans le monde. Marié en 1785, il perdit sa femme en 1816, et mourut le 18 décembre 1854. La société royale et celle desantiquaires le comptaient au nombre de leurs membres
  • Alexandre COLIN( 1520 - 1612) : célèbre statuaire, né en t:i20 à Malines, fut appelé à Inspruck par l'empereur Ferdinand 1" pour achever le mausolée que ce prince taisait ériger en l'honneur de l'empereur Maximilien 1", son aieul. Le monument devait ètre orné de vingtquatre tables de marbre. Les frères Abel de Cologne en avaient déjà fait quatre, et dans l'espace de trois ans Colin acheva les vingt autres. Le monument lut terminé en 1566; on le voit par la légende suivante qu'on lit sur le revers : Alex. Coli- nus, Mechliniensis, sculpsit anno MDLX VI. Colin s'étant établi à Inspruck, l'Empereur et son fils, l'archiduc Ferdinand, souverain du Tyrol, le nommèrent leur statuaire. Outre les ,grands ouvrages dont il a orné la ville d'Inspruck, il exécuta, en 1577, les décorations pour le monument octogone que l'Empereur faisait élever sur une fontaine à Vienne. Cet artiste mourut le 17 août 1612. Son tombeau, que l'on voit encore à Inspruck, est orné d'un mau- solée en marbre. Il lui fut probablement érigé par son fils Adam, qui lui succéda dans son art, mais qui n'a point hérité de sa réputation. Voici les œuvres du père : 1° la plus importante est le mausolée qui s'élève majestueusement au milieu de l'église de la cour à Inspruck. L'empereur Maximilien en avait, à ce que l'on croit, donné luimême le dessin. C'est un carré oblong, entouré de vingthuit statues en bronze qui représentent les plus célèbres l'éros du moyen àge. Le prince, revétu des habillements im- périaux, est à genoux sur le couvercle du mausolée. Les quatre murs du carré sont couverts de vingtquatre tables en marbre, sur lesquelles le statuaire a exposé les grands événements de la vie de Maximilien et ses principaux exploits, ses mariages, batailles, alliances, siéges, etc. Les connaisseurs louent cette grande composition, dont tous les détails sont parfaitement soignés. Il parait qu'en travaillant aux basreliefs Colin avait pris pour modèle la porte de triomphe de Maximilien faite par le célèbre Albert Durer. o La seconde oeuvre de Colin est le mauso- ;I Iée qu'il érigea en l'honneur de l'archiduc Ferdinand. Ce monument, formant une voûte pratiquée dans la muraille de l'église, est en marbre noir. Varcbiduc, de grandeur naturelle, est couché, levant les mains vers le ciel. Il est entouré de vingtsix tables, qui représentent les armes des Etats que l'Autriche possédait alors en Allemagne et en Espagne. Sur mie table de marbre sont inscrits les exploits du prince. Il y est dit que, sous son père Ferdinand, et sous son frère Maximilien II, il avait commandé les armées de l'Empire contre les Turcs, qu'il allait se mettre pour la troisième fois à la tète de l'armée et marcher contre le sultan Amurath, lorsqu'une maladie violente l'avait, en 1595, surpris et conduit lui tombeau. Quatre autres tables de marie blanc représentent le prince dans quatre circonstances re- marquables de sa vie. Dans la première, on le voit trèsjeune commandant un corps (l'armée à la ba- taille de Muldberg, où JeanFrédéric électeur de Saxe, fut fait prisonnier par CharlesQuint. Dans la seconde, Ferdinand est présenté par son père aux états de la Bohème dont il était nommé gouverneur. les deux dernières tables le représentent dans deux moments décisifs de la guerre contre les Turcs. 5. La troisième œuvre de Colin est le mausolée qu'il a érigé dans la chapelle d'argent de l'église de la cour à Inspruck en l'honneur de la princesse Philippine, première épouse de l'archiduc Ferdinand, morte le 24 avril 1589. Le prince y lit mettre cette courte : Ferdinand à sa chère épouse Philippine. 40 La quatrième œuvre est le monument de l'évèque Jean Nas de grandeur naturelle, en marbre blanc. Nas, né de parents pauvres, reçu d'abord comme frète convers chez les franciscains de Munich, s'éleva, par ses propres moyens, jusqu'à la place de premier ministre de l'archiduc Ferdinand, qui, après la mort de Nas, lui lit ériger ce tombeau que l'on voit encore aujourd'hui dans l'église des jésuites à Inspruck. Cette ville possède trois autres monuments de notre célèbre artiste. Le dernier est celui qui fut érigé en son honneur et dont il avait donné le dessin. On voit sur sa tombe Lazare ressuscité par JésusChrist. Pouvaitil choisir un sujet plus touchant et plus simple? Comme Albert Durer, Colin dut tout à luimème et à son génie. Quand il avait un sujet à exécuter, il s'essayait d'abord sur la cire, ensuite sur le bois, puis il peignait à l'huile; et, quand il secroyait bien maitre deson sujet, il se mettait à travailler sur le marbre. Ses monuments renferment plusieurs parties en mosaïque d'une grande perfection, et que l'on compare à ce que les Médicis litent exécuter de plus beau à la inème époque à Florence
  • Alexandre COLWIL( 1620 - 1676) : théo:ogien écossais, né .en 1620, près de StAndré, dans le comté da Fife, et élevé à l'université d'Édimbourg, dont il fut nommé principal en 1662. 11 mourut à Édimbourg, en 1676. Ses traités de controverse sont presque entièrement oubliés ; mais un ouvrage qui a conservé plus de réputation, c'est son poème intitulé l'lludibras écossais, écrit dans le genre de Butler. Ce poème, assez peu connu en Angleterre, est encore fort estimé aujourd'hui en Écosse, au grand scandale des presbytériens, contre lesquels il est dirigé
  • Alexandre CITOLINI( 1520) : mnémonicien, était né vers 1520, à Serravalle, dans le Trévisan, de parents aisés. Les talents qu'il annonça de bonne heure pour la poésie lui méritèrent l'amitié de plusieurs littéra- teins distingués, entre autres de Claude Tolomei, qui lui donne dans ses lettres des témoignages de la plus tendre affection. Il se vit bientôt recherché des princes et des grands ; aussi le retrouveton successivement dans différentes villes d'Italie, telles que Gènes, Plaisance, etc. Ayant fini par se marier, il s'établit dans un domaine, non moins agréable que productif, qu'il possédait près de Venise, et par- tagea ses ioUrs entre l'étude et les soins qu'il devait à sa jeune famille. Le bonheur dont il jouissait ne tarda pas à être troublé : son penchant pour les nouvelles opinions se maniresta dans ses écrits, et il fut obligé de prendre la fuite pour se soustraire à la rigueur des édits contre les novateurs. Il se réfugia d'abord à Strasbourg, Où il fut accueilli par le généreux Sturm, qui regretta • ivement de ne pouvoir, en lui assurant une existence honorable et paisible, le mettre à même de perfectionner son œuvre des sept jours, c'est-àdire sa Tipocosmia, dont on parlera tout-àl'heure. De Strasbourg-, il partit pour l'Angleterre, au mois d'octobre 1565, avec des lettres de Sturrn pour la reine Élisabeth ellemême et pour quelquesuns des seigneurs de la cour . Sturm, dans ses lettres, représente Citolini comme un lionnue animé d'une piété sincère, plein d'érudition et supérieur à l'adversitt3 qu'il supporte avec un courage admirable. Mais il s'en faut beaucoup que le savant Apostolo Zeno en fasse un portrait aussi avantageux dans ses notes sur la Bibliothèque de Fontanini. Suivant Zeno, Citolini n'était qu'un hypocrite et un effronté charlatan qui s'était fait bien venir des grands au moyen d'une espècede mnémonique, dont il n'était pas mème l'inventeur, et qu'il ne communiquait à ses élèves qu'après leur avoir faiteromettre de garder le secret. On voit, par une lettre de Sturm, qu'en 1568, Citolini se trouvait encore à Londres ; mais on n'a pu découvrir ni le lieu ni la date de sa mort. On a de lui : ', citera in difesa della lingua vol- gare, Venise, 1540, Cette lettre, adressée à Côme Pallavicino, l'un de ses protecteurs, est trèsrecherchée des curieux, quoiqu'elle renferme beaucoup d'idées repoussées par les grammairiens modernes. Elle a été réimprimée à Venise, 1551 avec la Lettera al de Jérôme Ruseelli , et les Luoghi, essai d'un plus grand ouvrage dans lequel Citolini se flattait, au moyen des lieux communs, d'enseigner l'art de parler facilement sur tous les sujets imaginables. 2,, Tipocosmia , Venise , 1561 Cet ouvrage, que Sturm trouvait admirable, n'est, au jugement de 'Lm, qu'un mélange ou plutôt un chaos dans lequel se trouvent confondus, sous un seul lieu commun qui est le monde, tous les objets matériels et immatériels qui composent l'univers. Citolini des ait la première idée de cet ouvrage à l'Artificio de Jules Canin), destiné de même à fournir un moyen de soulager la mémoire. On doit encore à Citolini des canzone dans la Raccolta d'Atanagi, t. 2, p. 95, et l'édition du Diamerone de Marcellin°, Venise, 1565 avec une dédicace au célèbre Cornaro, l'auteur d'un traité sur les avantages de la sobriété
  • Alexandre CORDIER : naquit à VillierssurSuize . Après avoir été précepteur de Guillaume de Lamoignon, il devint chanoine de Langres en 1642 , archidiacre en 1664, puis official et grand vicaire. 11 offrait un mélange bizarre d'avarice et de générosité ; on raconte de lui qu'un jour qu'il sortait pour aller à vêpres, un pauvre. débiteur étant venu lui demander d'attendre quelque temps afin qu'il pût le payer, il lui répondit : « Oui, , « je t'attendrai jusqu'après complies , mais pas plus I , « tard ; » et, quelques années après , cet homme si i inflexible pour ses débiteurs consacrait la plus grande partie de sa fortune à la fondation d'un établissement destiné à secourir et à instruire les enfants pauvres (le la ville de Langres. Cordier mourut fort , âgé, le 26 septembre 1671. 11 a publié : 1° Histoire du grand martyr St. Mammès, Paris, 1650 et Langres, I 656 ; 2° Oraison funèbre de M. Sébastien Zanset, évèque*- duc de Laures , Langres , 1655, . in 4°
  • Alexandre CRUDEN( 1704 - 1770) : en 1704 à Aberdeen en Ecosse, fut élevé au collige Maréchal de cette On le destinait à l'état ecclésiastique, lorsque sa raison reçut une atteinte dont il ne se remit jamais entièrement. On ne sonnait pas bien la cause de cet accident, qu'on attribua généralement à une passion malheureuse. Il vint à Londres en 1722, et fut successivement instituteur, correcteur d'imprimerie et libraire ; il employait les loisirs que lui laissaient ses occupations à la compilation de sa Concordance complète des saintes Écritures de l'ancien et du nouveau Testament, qui parut pour la première fois en 1735. Cet ouvrage était dédié à la reine Caroline, qui lui avait fait espérer des.encouragements, mais qui, malheureusement pour lui, mourut quelques jours avant la publication. Comme il avait compté sur les bienfaits de cette princesse, l'espèce de démence à laquelle il avait été en proie dès sa jeunesse vint l'assaillir de nouveau, de sorte qu'on fut obligé de l'enfermer dans une maison de fous à BethnalGreen. Il n'eut pas plus tôt recouvré sa liberté, qu'il chercha à se venger de ceux qui l'avaient fait renfermer, et publia une brochure intituléé : Le citoyen de Londres cruellement maltraité, où l'on trouve le récit de ce qui lui est arrivé pendant sa longue et rude campagne à Bethnal- Green, c'est- à- dire pendant neuf semaines et six jours, etc. Il intenta aussi contre le docteur Monro, médecin des aliénés, et quelques autres personnes, une action qui fut jugée contre lui en 1739 par la cour de Westminster. Il reprit alors son emploi de correcteur d'imprimerie qui"lui convenait parfaitement, et, sous son inspection. un a imprimé des éditions trèsexactes de classiques grecs et latins ; mais, quelques années après, le retour de ses accès obligea ses amis de le faire enfermer une troisième fois pendant quelque temps, après lequel il publia l'histoire de sa détention, sous le titre singulier des Aventures d'Alexandre le correcteur, en quatre parties, qui parurent successivement. En 1753, il conçut la bizarre espérance de persuader à deux de ses amis, qui avaient provoqué sa détention, d'aller se rendre comme prisonniers à Newgate , en compensation du mal qu'ils lui avaient fait, et il proposa h sa soeur, dans la même idée, de choisir entre quatre prisons, celles (le .Newgate, de Reading, d'Aylesbury et de Windsor. N'ayant pu réussir par la persuasion, il les traduisit en justice, en demandant 10, 000 liv. st. de dommages La cause fut jugée en 1754 contre :rudes, qui s'en vengea comme à l'ordinaire, par fIn appel au public dans une brochure qu'il colpor tait etdistribuait aux passants. Sa folie se manifesta bientôt d'une autre manière. Prenant toujours le titre d'Alexandre le correcteur, il fit entendre qu'il avait une commission du ciel pour réformer les mœurs du siècle, et particulièrement pour rétablir l'observation du sabbat. Dans cette vue, il allait sermonant , exhortant, menaçant même les pécheurs de tout sexe qu'il rencontrait dans les rue, et aux promenades. Il publia en 1761 la 2e édition' de sa Concordance, considérablement augmentée. En 1762, un matelot nommé, Richard Potter, ayant été condamné à mort comme faussaire, Cruden, persuadé que ce malheureux n'avait été que l'instrument du crime d'un autre, résolut de tout faire pour le sauver. Il alla voir Poiler dans son cachot, commença par l'instruire sur la religion et la morale, demanda ensuite sa grâce, et obtint enfin que sa sentence se bornât à la déportation. Le public prit Leaucoup d'intérêt à cette affaire, dont il parut la même année un précis sous le titre d'Histoire de Richard Potter. Lorsque les querelles de Wilkes et du gouvernement vinrent agiter la nation anglaise, Cruden publia un pamphet contre cet écrivain politique, dont il ne pou% ait jamais entendre prononcer le nom de sangfroid. Pour exprimer l'aversion qu'il lui portait, il avait coutume d'efface• de partout le n° 45, signe de ralliement du parti de Mlles, et se servait pour cette opération d'une éponge qu'il avait destinée principalement à effacer de dessus les murs, les portes, etc., tout ce qui pouvait blesser la morale et la décence, ce qui rendait assez laborieuses ses promenades dans les' rues de Londres. En 1769, il vint sisiter son pays natal, où il prononça publiquement un discours sur la réformation du siècle de laquelle il se disait chargé. Il mourut à Londres, en 1770. Quoique son style manque d'élégance, sa Concordance est un ouvrage estimable, utile, regardé comme un des meilleurs qui existent en ce genre en Angleterre
  • Alexandre CUNNINGHAM( 1654) : historien écossais, né en 1654, à Ettrick, dans le comté de Selkirk, où son père était recteur, reçut la principale par- ' tic de son éducation en Hollande ,. suivant l'usage où étaient alors les presbytériens. Il fut pendant - plusieurs années gouverneur ou compagnon de voyage de quelques jeunes seigneurs, particulièrement du lord Lorne , depuis fameux sous le nom de duc d'Argyle, qui , Wayant alors que dixsept ans, était colonel d'un régiment levé par le comte d'Argyle, son père, pour le service du roi. Cunningham, pendant ses voyages, fut souvent chargé par le ministère anglais de commissions importantes auprès des généraux des armées confédérées, et il parait qu'il fut même quelquefois employé comme espion. A l'avénement de George 1" au trône d'Angleterre, il fut nommé ministre près de la république de Venise , où il résida depuis l'année 1715 jusqu'en 1720. De retour à Londres , il consacra le reste de sa vie à la solitude et aux lettres. On présume qu'il mourut en 1737, âgé de 83 ans. Son Histoire de la Grande- Bretagne , depuis la révolution de 1688 jusqu'à l'avénement de George I", écrite par lui en latin, a été assez fidè-1 lement traduite en anglais par le docteur W. Thomson , et publiée en 1787 , 2 vol. Elle est trèsestimée et regardée comme l'ouvrage d'un observateur judicieux, qui avait vu par luimême une grande partie des choses qu'il rapporte. Le style en est toujours clair et quelquefois éloquent; l'auteur y a joint à l'histoire politique , quelques vues sur 'l'histoire littéraire ; mais les détails des opérations militaires sont , en général, la partie brillante de l'ouvrage. Cunningham avait pu s'instruire sur l'art de la guerre à l'école même de son élève, le duc d'Argyle. On est incertain si Alexandre Cunningham , dont il est ici question, est le même qui a publié une édition trèsestimée d'Horace, la Haye, 2 vol. 1721 , ainsi qu'une édition de Virgile, imprimée à Édimbourg en 1742. Le docteur Thomson est entré sur cet objet dans des recherches qui n'ont abouti qu'à donner un peu plus de célébrité au nom de Cunningham. 11 parait néanmoins que l'éditeur d'Horace mourut en Hollande, où il avait professé le droit civil et canonique; mais si ce sont deux personnages différents, il est assez singulier que tous deux aient porté exactement le même nom; qu'ils soient nés tous deux en Écosse au temps de Cromwell; qu'ils aient été élevés en Hollande ; intimement liés tous deux avec un grand nombre de réfugiés anglais et écossais à la Haye, particulièrement avec les comtes d'Argyle et de Sunderland ; qu'ils aient été ton, deux de zélés whigs et d'habiles joueurs d'échecs; qu'enfin ils aient l'un et l'autre atteint un âge trèsavancé. Ce concours de circonstances semble autoriser l'opinion qu'on doit au même écrivain et Le der volume contient le texte nierace, tel que l'éditeur a cru devoir le rétablir : les variantes sont au bas des pages; le 2e volume renferme les observations critiques sur l'Horace de Bentley, à qui le volume est dedie, et Cu»ningham prenant le ton arrogant de Bentley, lui dit qu'il doit être bien oblige des leçons qu'on lui fait. L'éditeur d'Horace prend, en latin, le nom de Cu- ningantlea. rifistoire etigleterre , et les éditions d'Horace et ‘le Virgile ; niais c'est ce dont la postérité, pour taquelle le fait n'est d'aucune importance, se mettra peu en peine
  • Alexandre DELEYRE( 1726 - 1797) : né aux Portrets, près de Bordeaux, en janvier 1726, étudia sous les jé- suites, qui, frappés de ses dispositions, l'engagè- rent à entrer dans leur ordre, et dès l'âge de quinze ans il en portait l'habit- Doué d'un caractère som- bre et mélancolique , mais ardent et passionné, il fut d'abord d'une dévotion outrée, et fit ensuite profession ouverte d'athéisme. Lors de l'expulsion des jésuites, il vint à Paris, où Montesquieu l'accueillit avec bienveillance, et il s'y lia en même temps avec Diderot, d'Alembert, Rousseau et Duclos qui l'engagèrent à suivre son goût pour les lettres. 11 mit au jour en 1755 l'Analyse de la phi- losophie de Baron, 3 vol. écrits avec beau-, coup de clarté et de force. On y rencontre des pages que Montesquieu n'eût pas désavouées. L'analyste a souvent joint ses idées et ses réflexions à celles de l'auteur dont il fait si bien connaître les principes, et cela ne forme aucune disparate . Il travailla ensuite au Journal des Savants et au Journal étranger, composa diverses romances, dont Rousseau fit la musique, et fut l'un des rédacteurs de l'Encyclopédie, où l'on distingue surtout son article Fanatisme, que Voltaire n'a fait qu'abréger pour l'insérer dans son Diction- naire philosophique. Cet article lui causa plusieurs désagréments. Lorsqu'il voulut se marier, les prê- tres de sa paroisse , apprenant qu'il en était Fau- teur, lui refusèrent la bénédiction nuptiale, et ce ne fut pas sans peine que le duc de Nivernois par- vint à calmer cet orage. En 1'758, il publia le Ge- nie de Montesquieu travail au moins inutile, parce qu'il n'y a pas de choix à faire dans les ouvrages de l'auteur de l'Esprit des lois. La même année, partirent ses traductions du Père de Famille et du Véritable ami, de Goldoni. Ce fut pour vengerDiderot, accusé de plagiat par ses ennemis, que Deleyre traduisit ces deux pièces. Grimm, qui se t chargea de l'édition, mit en tète de chacune d'elles deux libelles en forme d'épîtres dédicatoires adres- sées à la princesse de Robecq et à la comtesse de la Marck, et dans lesquelles ces deux dames étaient outragées avec la dernière indécence. Diderot, ap- prenant qu'elles voulaient faire punir l'éditeur, leur déclara qu'il l'était luimême, et se chargea ainsi de la faute de son ami. M. Palissot les vengea d'une autre manière par sa comédie des Philoso- plies, et l'insulte de Grimm fut l'un des motifs qui la lui firent entreprendre. Deleyre, qui n'avait eu aucune part à cette affaire, mit au jour en 4761 l'Esprit de St- Évremont : c'est un ban choix fait par un homme de goût dans les écrits d'un auteur qu'on ne lit plus. Le duc de Nivernois lui fit alors obtenir la charge de secrétaire des carabiniers, et l'attacha ensuite à l'ambassadeur de Vienne. Ces places étaient peu lucratives; mais, grâce à son protecteur, il fut nommé bibliothécaire pour l'éducation du duc 4, Parme. C'est alors qu'à la prière de Condillac, il rédigea un Cours d'histoire . à l'usage de l'infant. Les principes polit iqiie qu'il dév eloppa parurent si hardis que ce ira\ ail ne fut , ns emplov é, et n'a jamais été imprimé. Pendant séjour Cie Deleyre à Parme, un moine italien tccusa de «avoir pas fait baptiser son fils, mais fut prouvé que c'était une calomnie. L'éducation u jeune duc étant finie, on donna au bibliothé-'aire une pension de 2,000 livres, et il revint à i'aris, où il s'occupa d'abord du choix des matéaux pour l'Histoire philosophique du commerce les deux Indes , et travailla ensuite à La continuation de l'Histoire générale des Voyages :voy. Pnisosr), dont il fit paraître en i7, 1 un volume qui forme le 19e de la collection. La Harpe loue beaucoup ce volume, dont il adopta la rédaction, et qualifie l'auteur d'écrivain philosophe et éloquent. Deieyre, ami de Thomas, a publié en 1791 un Essai sur la N ie de cet orateur ; mais ce dernier écrit a été violemment critiqué, et méritait de l'être ; car il est rempli de déclamations, et manque d'ordre et de méthode. Deleyre embrassa la cause de la révolution avec enthousiasme, et fut député à la convention par le départemeut de la Cironde. Dans le procès de Louis XVI, il vota contre l'appel au peuple et pour la mort de l'accusé. Après la chute de Robespierre, il se mèla un peu du gouvernement , fut chargé en 1795 de la sur-,' eillance desécoles normales, et combattit vivement la division du corps législatif en deux chambres. Il passa ensuite au conseil des Anciens. Lors de la création de l'Institut, on le nomma t'ans la classe des sciences morales et politiques. Il est mort le 10 mars 1797, âgé de 71 ans, laissant en manuscrit une traduction de Lucrèce en sers et un roman politique intitulé les Héliades
  • Alexandre DALRYMPLE( 1737) : frère du précédent, géographe anglais, membre de la société royale de Londres, naquit en Écosse en 1737. Jeune encore, il entra au service de la compagnie des Indes. Le désir de s'instruire de la géographie, qui était chez lui mie véritable passion, lui fit compulser tous les papiers déposés dans les archives de la compagnie à Madras. 11 y vit qu'autrefois elle avait mis le plus grand prix au commerce avec les îles de l'archipel oriental des Indes; que les menées des Hollandais, et la pusillanimité de la cour, l'en avaient privée ; et qu'il était possible, nonseulement de lui faim regagner cette précieuse branche de commerce, mais même de lui donner une plus grande extension. Plein de cette idée, Dalrymple refusa, au commencement de 1759, l'emploi de secrétaire du gouvernement à Madras, et obtint de la compagnie le commandement d'un petit vaisseau destiné à l'expédition qu'il avait projetée. 11 fit, sur différents bâtiments, pendant les cinq années qui suivirent, plusieurs voyages dans l'archipel oriental des Indes, et releva avec soin toutes les côtes qu'il eut occasion de voir. Le résultat de ses travaux est consigné dans les cartes qu'il a publiées, et qui se trouvent dans le Neptune oriental de d'Après. Il avait aussi mis ses voyages à profit, pour recueillir à Manille des documents précieux et des relations de navigateurs espagnols, et il songea à les donner au public. La compagnie des Indes le nomma son hydrographe. Le gouvernement résolut de faire exécuter des voyages de .découvertes d'après les idées de Dalrymphe, et l'engagea à rédiger le plan que l'on devait sui\ ce; et, s'il eût été du corps de la marine royale, on lui eût donné le commandement de la première expédition, dans laquelle Cook commença à rendre à la navigation les services qui ont immortalisé son nom. Dalrymple obtint la place d'hydrographe royal, et consacra le reste de, sa vie aux progrès de la navigation et de la géographie. Priv é de son emploi au mois de mai 1808, le chagrin qu'il en ressentit abrégea ses jours ; il expira le 19 juin suivant, laissant un mémoire qui donnait des éclaircissements sur les causes de sa mort. Ses principaux ouvrages sont : 1° Traité sur les découvertes faites dans l'Océan pacifique, 1767Mémoire sur la formation des nes, inséré dans les Transactions philosophiques de 1768, et réimprimé dans le n° • ciaprès ; 3° Plan pour étendre le commerce de ce royaume et de la compagnie des Indes, 1769 4° Collection historique de divers voyages et de découvertes dans l'Océan pu," figue du Sud, offrant principalement une traduction littérale des écrivains espagnols, 1770, 2 vol. i°; traduite en français, et abrégée par Fréville, Paris, 1774, 1 vol. « De toutes les collections « modernes, dit Fleurieu, celle qui présente l'en « semble des voyages dans la mer du Sud de la « manière la plus satisfaisante, est celle de Dal « rymple. Cet élégant écrivain y a développé à un « degré éminent l'esprit des recherches, l'expé« rience du savant navigateur et le discernement « du critique éclairé et impartial. » Il a commis quelques erreurs par patriotisme, relativement à la position des îles de Salomon de ?Iendana; mais il ne connaissait pas encore les découvertes de Surville. La dédicace de ce livre est un monument curieux de l'animosité et de l'aveuglement qu'un excès de zèle peut produire. Elle est entièrement dirigée contre un célèbre navigateur français contemporain , qui néanmoins n'est pas nommé. Lettre adressée au docteur Hawkesworth, relativement à quelques imputations mal fondées et injurieuses, qui sont contenues dans sa relation des derniers voyages au Sud, 1173 6° Collection de voyages, faits principalement dans l'Océan atlantique méridional, et publiés d'après des manuscritsoriginaux, I Ce sont ceux de Halley, de Bouvet et d'autres. On voit par la préface que Dalrymple était encore fortement persuadé de l'existence d'un continent austral. Cette idée ne l'a abandonné que quand il ne lui a plus été possible de la conserver avec quelqu'apparence de raison. 11 avait écrit en 1772, au lord North, alors ministre, pour lui déclarer qu'il allait entreprendre, à. ses propres frais, la découverte du continent austral; qu'il espérait que le fruit de ses peines lui serait laissé, et qu'on lui concéderait toutes les lems non encore occupées qu'il découvrirait, dans l'espace de cinq ans, entre la ligne et le 60° sud. N'obtenant pas de réponse , il écrivit de nouveau pour représenter au ministre que la saison avançait, et qu'il ne voulait pas entreprendre luimême le voyage sans son consentement. il obtint un mu dezN uns, mais le ministre ne lui parla de l'ile de Balambagan, sur laquelle les Espagnols éleN aient des prétentions dont Dalrvmple, dans un pamphlet publié en 1174, essaya de prouver la futilité. Le plan de l'expédition est terminé par un projet de gouvernement pour la colonie future. Un de ses amis lui dit que c'était un trèsbon modèle du plus mauvais des gouvernements. 7° Journal d'un voyage fait aux Indes en 1775 sur le vaisseau le Grenville, commandé par le capitaine Burnet Abercrombie, inséré dans les Transactions philosophiques; 8° Mémoire pour servir à l'explication de la carte des pays de la compagnie des Indes sur la celte de Coromandel, 1778 ; 9° Relation de la perte du Grosvemor, vaisseau de la compagnie des Indes, 1783 Ce vaisseau avait échoué en 1782, sur la côte des Cafres. Une partie de l'équipage s'était sauvée ; les Hollandais du Cap firent en 1790, un voyage pour aller à la recherche des malheureux naufragés ; il fut sans succès. IO° Notice sur la manière dont les Gentoux perçoivent les revenus sur la côte de Coromandel, 1783 On y trouve des détails curieux sur l'administration des Gentorrx. Cette brochure fit naître des observations imprimées en 1785. I° Mémoires sur les passages que l'on peut pratiquer pour aller à la Chine et en revenir, 1785 Il fut composé en 1782 pour h, comité secret de la compagnie des Indes. Dalrymple y fait hommage à Bougainville et à Surs Ille des découvertes qui, par la suite , leur ont été en quelque sorte contestées par des navigateurs anglais. 12° Mémoire sur une carte des pays situés autour du pôle boréal, 1789 ; I 3° Relation d'une pagode curieuse située près de Bombay, par le capitaine Pyke, publiée dans le 7° vol. de PArcheologia; 14° Journal historique de l'expédition faite par terre et par mer au nord de la Californie en 1768, 1769, 1770, lors du premier établissement ( les Espagnols à San Diego et à Monterey, traduit d'un manuscrit espagnol par Reveley, 1790 15° Description de l'île, appelée StPaul par les Hollandais, et Amsterdam par les Anglais, par J. H. Cox, 1790 16° Répertoire oriental publié aux frais de la compagnie des Indes, 1791, 1794, 2 vol. recueil d'un grand nombre de cartes marines et (le mémoires trèsutiles pour la navigation dans les mers des Indes; 17° des cartes authentiques, des mémoires et des journaux publiés en 24 numéros 18° des pamphlets relatifs aux discussions avec l'Espagne, au sujet de NoolkaSound, d'autres sur les affaires du parlament, etc
  • Alexandre DONATI( 1584 - 1640) : jésuite, né à Sienne en 1584, professa la rhétorique à Rome , pendant douze années, avec une grande distinction ; il joignit au talent de la parole, celui de la poésie et une profonde connaissance de l'antiquité. Il mourut à Rome le 23 a% ril 1640, tigé de 56 ans. On a de lui : 1° ° i ratio in l'ancre Maria? Cesiœ ab Al- temps i, Rome 1610 2° i Carminum lib? i tres i, Rome, 1625 Francfort, 1654 11 en promettait un 2e volume qui n'a point été publié. 3° i Suevia, trcugœdia i, Rome, 1629 réimprimée avec d'autres tragédies de ses confrères, Anvers, 1634. 4° i De Arte poetica libri tres i, Rome, 1630 Baillot parle avec éloge i de i ce poème. i Borna vetus ac recens, utriasque ceci i?* i ficiis ad cruditam coynitionem expasitis i, Rome, 1633, 1639 Amsterdam, 1664 et 1694 ; inséré dans le t. 3 du i Thesaurus antiquitatum Romamarum i de Grtevius; l'édition d'Amsterdam, 1691, est la plus estimée; celle de 1664, qu'on trouve citée dans plusieurs catalogues, ne doit peut-?tue
  • Alexandre DOW : né en Ecosse, fit ses études à Crier. Ses parents le destinaient au commerce ; niais, obligé de s'expatrier par suite d'un duel, il s'enrôla en qualité de F impie matelot sur les vaisseaux de la compagnie des Indes destinés pour Bencoulen. La place de secrétaire du gouverneur de cet établissement étant devenue vacante, Dow eut le bonheur de l'obtenir. Bientôt après il fut promu au grade de lieutenantcolonel, et devint dans la suite un officier aussi recommandable par ses travaux littéraires que par ses services militaires. Il se trouvait dans l'Inde à l'époque où le trop célèbre lord Clive jetait les fondements de la colossale puissance des Anglais dans cette fertile et malheureuse conti ée. Révolté des vexations et des actes arbitraires dont il était témoin, Dow n'hésita point à se ranger parmi le petit numbre d'officiers, fidèles à l'humanité comme à l'honneur, qui exprimèrent hautement leur désapprobation, et qui refusèrent de concourir à l'exécution des mesures, conformes peut-être., à une haute politique, niais à coup sûr réprouNées par la véritable philosophie. C'est le désir de manifester ses louables opinions, et celles de quelquesuns de ses amis, qui fit pieudie la plume à Dow. Nous ignorons à quel point ceuxci coopérèrent à ses Mn rages; et si un orientaliste , ainsi que le fameux interprète du barde écossais, furent réellement les auteurs des ouvrages qui poilent le nom de Dow. Quoique cette assertion ait été formelle- ment énoncée par les auteurs de la Biographia dra- ? flutiau, et par Robert Grant dans sou Sketch of the history of India, publié en i813, on nous per-' mettra de nous souvenir que Dow s'est prononcé hautement contre lord Clive et coutre ses opérations, qui étaient certainement moins conformes aux intérêts de l'humanité qu'à ceux de l'Angleterre. Quoi qu'il eu soit, on ne peut contester à Dow le mérite d'avoir donné, en langue européenne, la première histoire authentique des principales dynasties musulmanes dans l'Inde, et d'y avoir ajouté des documents importants sur les anciens Hindous. A la vérité, sa traduction anglaise des deux premiers livres du Tarykhi Terichtah n'est pas aussi littérale qu'un écolier pourrait le désirer pour favoriser ses études; mais il a soigneusement recueilli tous les passages importants. La 1" édition de cet ouvrage parut en 1768, sous le titre d'History of lliredoostan, etc. , traduite du persan , en 2 volumes 11 en publia une 2e édition en 1170, avec des changements, corrections et augmen- tations. Deux ans après, l'auteur ajouta un 3C vo- lume, intitulé : History of llindoostan, etc. . Nous regrettons de ne pouvoir donner ici un simple précis des idées libérales et philanthropiques contenues dans ces deux mémoires. L'auteur insiste fortement sur les inconvénients des grandes propriétés, et sur les avantages qu'il y aurait, pour les Anglais même, à se conduire avec douceur et équité envers les faibles et malheureux Hindous. Nous devons cette justice aux derniers gouverneurs de de reconnaitre que ces pr ont prévalu sous leur sage et paternelle administration. Mais on ne peut contester à Dow le mérite d'avoir proclamé avec énergie, et même avec éloquence ces principes, aujourd'hui recon- nus et professés par les membres les plus dist du gouvernement britannique, et par ses pr agents de la compagnie des Indes. Peu importe d'ailleurs que ces utiles idées aient été rédigées par une plume officieuse : nous ferons la même observation sur sa traduction de Ferichtah, et sur la dissertation placée à la tête de cet important. ouvrage. Les ennemis les plus acharnés des pr cipes de DOW ne lui contesteront certainement pas la gloire d'avoir été un des premiers Européens qui nous aient donné, dans cette curieuse dissertation, des renseignements authentiques sur la langue, les caractères, les livres sacrés, la religion et la philosophie des Hindous. Enfin le petit Fragment du Bedang- Shaster, ou Explication du Léda, n'est pas encore dépourvu d'intérêt, même pour ceux qui connaissent les savantes et nombreuses traduc- tions des ouvrages sanscrits faites par *différents membres de la société asiatique de Calcutta. Ce fragment a été traduit en français par M. Sinner, bibliothécaire de Berne, et inséré dans son Essai sur les dogmes de la métempsychuse el du purgatoire, enseignés par les bramins de l'Hindoustan , etc., Berne, 1771 La dissertation dont le fragment fait partie avait été traduite én entier sous ce titre : Dissertation sur les moeurs, les usages, la religion et la philosophie des Hindous, etc., traduit de l'anglais par M. B. , Paris, 1769 avec 2 planches. L' History of Hindoostan, a été réimprimée en 1793, sous format 3 vol.; mais cette réimpression, qui n'est qu'une opération purement mercantile, n'a rien fait perdre de son prix à la belle édition en 3 volumes 1770 et 1712, qui est toujours trèsrecherchée des savants et des amateurs. Dow se délassait des soins qu'exigeait la '1" édition de son grand ouvrage, en faisant imprimer des contes tirés du Behar Danich de Einay et ullah, natif de Delhy. Cet ouvrage parut sous le titre de Tales of met ullah of Dehly, Londres,' 1768, 2 vol. : c'est plutôt un précis qu'une _traduction de l'original, a Paraphrase or rutiler a summary, dit M. Jonathan Scott, à qui nous devons une fidèle et élégante traduction anglaise dii Behar Danich, avec d'excellentes notes, Londres, 1799, 2 vol. Le baron Lescallier a extrait quelques contes du Béhar Danich, et les a publiés en 1804, un petit volume M-8°. Le précis de Dow a été traduit en français, sous le titre de Contes persans d'Inatulla de Dehli, Paris, 1769, 2 vol. 2. Dow cultiN a aussi la poésie dramati- que, mais avec moins de succès que la littérature orientale ; car sa tragédie de Zingis, jouée sur le théâtre de Dr en 1169, et imprimée la même année sous format fut assez mal accueillie par les spectateurs, phis maltraitée encore par les journalistes. Sethona, autre tragédie jouée avec tout aussi peu de succès, en 1114, est un farrago d'improbabilités mêlées aux plus absur- des fictions septentrionales. Garrick ne reçut cette pièce que par condescendance pour la manie écossaise qui dominait alois en • Angleterre. Nous n'examinerons pas jusqu'à quel point est fondée l'assertion de ceux qui refusent à Dow tous' moyens d'écrire en vers, et même en prose. L'art dramatique est encore trop imparfait chez les Anglais, pour que nous prononcions sur le mérite d'un écrivain d'après ses productions en ce genre, mais- la réputation des ouvrages de notre auteur relatifs à l'histoire, à la politique et à la littéra- tore asiatique, est trop bien établie pour qu'il aî' rien à redouter des sarcasmes inspirés par la jalousie ou par la mal' eillance. Nops regrettons de ne pouvoir indiquer l'époque à laquelle il retourna dans l'Inde ; nous savons seulement qu'il y mourut à la fin de 1779
  • Alexandre DRUMMOND : de la même famille, lié en Écosse, fut nommé consul d'Angleterre à Alep, en 171i. La guerre l'ayant empêché d'aller par mer au levant, il prit sa route par la Hollande, les bords tin Rhin et du Mein, l'intérieur de l'Allemagne, le Tyrol el le nord de l'Italie, qu'il parcourut en entier. 11 voulut à Venise s'embarquer sur un vaisseau de guerre de cette république , destiné pour Thessalonique : le gouvernement ne le lui permit pas. 11 alla sur un navire hollandais jusqu'à Zante, où son projet était de ga- NI Thessali e, en traversant le golfe de Lépante et la e. Une maladie grave s'opposa à l'exécution de- ce dessein. Après avoir touché à ' Smyrne, il mouilla le 16 mai 1715 à Alexandrette, et bientôt après, il entra dans Alep. 11 y séjourna 1 plusieurs années, fit des exciirsions fréquentes dans te pays voisin, une entre autres jusqu'à l'Euphrate, et parcourut l'intérieur ainsi que toute la Me de l'ile de Cypre. Il entreprenait ordinairement ces courses, pour prévenir les funestes effets de l' tempérie du pays qu'il habitait; il ne put néan- moins s'en préserver entièrement, car il fut souvent malade trèsdangereusement, et il n'échappa à la mort que par les soins de son ami le docteur Russel, qui était venu de Smyrne avec lui, et qui a écrit, sur l'histoire naturelle d'Alep, un excellent ouvrage qu'il lui a dédié . Drummond mourut en Angleterre le 17 août 1769. 11 a publié en anglais : Voyages à dierentes villes de l'Alle- magne, de l'Italie, de la Grèce, et dans quelques parties de l'Asie, jusqu'aux bords de l'Euphrate, dans une suite de lettres contenant ce qu'il y a de plus remarquable dans leur état actuel et dans leurs monuments d'antiquité, Londres, 1754, 1 vol. avec cartes et figures. L'auteur ne donne que peu de détails sur sa route en Allemagne ; il s'étend davantage sur ce qu'il a vu à Florence et à Venise. Sa description d'Alep et des pays voisins, et surtout de File de Cypre, est trèsintéressante. La malhonnêteté du tnosselim de Bir ne lui permit pas de passer l'Euphrate. 11 jouissait de beaucoup de crédit auprès du pacha d'Alep, parce qu'il était venu , de Smyrne avec les femmes de son harem, pour ' lesquelles il avait eu les plus grandes attentions, 1 mais sans les voit.; il obtint, en conséquence, toutes , les facilités qu'il put désirer pour parcourir son gon- vernement. Le style de Drummond est vif et ani-'tué, il ne s'appesantit pas sur des détails insignifiants ou rebattus; il décrit avec soin tout ce qu'il voit, et critique quelquefois ses compatriotes Manndrell et Pococke. Lee planches qui ornent ce voyage sont généralement gravées et paraissent fidèles; quelquesunes cependant ont l'air de pécher contre l'exactitude. Les cartes représentent File de Cypre, et la Syrie depuis Séleucie jusqu'à l'Euphrate. On a en français nne traduction abrégée de ce livre ; elle est intitulée : Voyaries d'Alexandre Drummond, écuyer, eatieu/ anglais d'Alep, en Chypre et en Sy- rie, et se trouve dans le recueil qui a pour titre let Voyageurs modernes, traduit de l'anglais par Puisieux, Paris, 1760-64, no
  • Alexandre DUKER : frère du précédent, et né dans la même ville, cultiva les lettres, mois sans éclat et sans célébrité. 11 a traduit de l'italien en latin les recueils de Tombeaux et de Lampes antiques publiés par Bellori. Cette traduction, qui se trouve dans le 12e volume du Thesaurus Antiquitatum Groecorum de Gronovius, a été réimprimée à part en 1728. Cest encore lui qui a traduit en latin dans le tome 4 du Trésor d'Italie, les Monuments de Brescia, par Rubei, et, dans le tome 9, les dissertations de Pelegrini sur la Campanie. On lui doit aussi l'Histoire de la ville de Corne, qui se lit dans le 3e volume de celte vaste collection. Camusat a confondu Alexandre Duker et CharlesAndré Duker : leurs noms seuls ont de la ressemblance
  • Alexandre DUNLOP( 1684 - 1742) : helléniste écossais, naquit en 1684, en Amérique, oit son père vivait alors dans un exil volontaire. Ayant passé en Écosse au moment de la révolution, il fut nominé. en 1720 professeur de grec de l'université de Glascow. 11 se fit de la réputation par sa méthode d'enseignement, et publia, en ri36, nue grammaire grecque, qui est encore en usage dans les universités écossaises. Il mourut à Glascow, en 1742
  • Alexandre DUSOMMERARD( 1779) : Le sentiment du beau dans les arts n'est donné qu'à un petit nombre d'esprits d'élite, et dans notre pays, qui a produit tant de grands artistes, il est trop souvent faussé par la tyrannie de la mode. On doit de la reconnaissance aux hommes qui résistent aux entraînements de la foule, et qui, par leur persévérance , parviennent à réformer ses jugements irréfléchis. A ce titre, DUSOM1Y1Crani a bien mérité de ses contemporains, car personne plus que lui n'a contribué à rendre aux arts , Ce fut une des premières applications de la lithographie à la description des monuments. Des explications intéressantes accompagnent des planches qui représentent It'S 110Mbrell,Ses luités de Provins. Bien que destinées surtout aux gens du monde , elles renferment d'utiles renseipements historiques et archéologiques. i On lui doit également une description et une notice historique sur l'hôtel de Cluily et les Thermes , qui attirèrent l'attention publique sur ces deux monuments . Entouré d'une famille nombreuse et unie, recherché et aimé de tout le monde , Dusommerard ne connut qu'une pensée pénible, c'est qu'après lui sa collection pourrait être dispersée et perdue pour lepays. 11 avait refusé les offres avantageuses d'un ambassadeur d'Angleterre, espérant que tôt ou tard le gouvernement français formerait titi musée national . de toutes les productions des arts et de l'industrie. Ce voeu ne devait être exaucé qu'après sa mort. Les chambres, avec un honorable empressement, votèrent des fonds pour l'acquisition de son cabinet et de l'hôtel de Cluny, et le ministre de l'intérieur voulut que le directeur de ce nouveau musée filt un fils de Dusommerard, instruit par ses leçons et compagnon de ses voyages et de ses travaux archéologiques. — Tout en se consacrant à la réhabilitation du moyen àge, Dusommerard n'était point insensible aux efforts de l'art contemporain. Il aimait les artistes, et était heureux de les encourager et de les soutenir à leurs débuts. Habile à découvrir le talent ignoré, il parvint souvent à le signaler à l'attention du public, si difficile à captiver. Un seul trait pe cet excellent homme. Il avait acheté à un de nos meilleurs peintres , encore inconnu, un tableau auquel personne n'avait fait attention. Dans le cabinet de Dusommerard , il fut remarqué. Un financier voulut l'avoir, parce qu'il le voyait chez un connaisseur, et offrit de le payer le double de ce qu'il avait coûté. Dusommerard accepte le marché avec empressement , reçoit l'argent et court aussitôt leporter à l'artiste. « Gardez tout , lui ditil ; quand vous aurez le « temps, vous me ferez une copie. » La vie de Dusommerard est pleine de semblables traits. Il mourut à Paris le 19 août 1842, àla suite d'une douloureuse maladie. Il consacrait ses journées aux devoirs de son emploi et ses nuits à ses él odes chéries. Sa forte constitution succomba à l'excès dut travail , et il fut enlevé à 63 ans, au ' moment même où il venait d'achever son grand ouvrage
  • Alexandre DUVOISIN-CALAS : auteur de romans , de chansons et de pièces de théâtre, . était , par sa mère , petitfils de Calas. Il servit d'abord dans les armées comme officier d'étatmajor, et obtint ensuite une place dans l'administration des droitsréunis. Envoyé à Chimay, en Belgique, comme receveur, il fut admis au nombre des acteurs qui figurèrent sur le théâtre de société que M. et madame de Caraman avaient établi dans leur château , et où se firent entendre les premiers essais dramatiques d'un de nos composite.irs les plus et les plus féconds . Des revers de fortune l'ayant forcé de se démettre de son emploi, il vint se fixer à Paris et publia, en 1813 , un roman intitulé : , ou l' Héroïsme maternel, histoire hongroise, 2 vol. Ses autres ouvrages dans ce genre sont 10 Adolphe de Faldheim, ou le Par, icide nocent, Paris, an 10 2° Firmin, ou le Frère de lait , anecdote francaise , Paris, 1803, 2 vol. Sans être fortement intrigués, ces romans offrent de l'intérêt et sont recommandables d'ailleurs par leur but moral. Duvois mourut , le 20 février 1832 , à Chartres , où il s'était rendu pour faire représenter une pièce dont il avait puisé le sujet dans des souvenirs de famille. il y joua luimême le principal rôle; mais la Veuve Galas chez Funaire , ou un Déjeuner à. Ferney en 1765, esquisse dramatique en 1 acte et en vers, imprimée au Mans en 1832 de 48 pages, ne trouva qu'un public glacé. Le chagrin qu'il en conçut ne contribua pas peu à avancer le terme de ses jours. On lui doit encore un Chansonnier des Casernes , ou Nouveau re- cueil de chansons militaires , Paris , 1822
  • Alexandre FABRI( 1691 - 1768) : né en 1691, à CastelSanPietro , diocèse de Bologne , après avoir fait de bonnes études chez les Jésuites de cette ville , entra clans la carrière du notariat ; mais la culture des lettres fut toujours ce qui l'occupa le plus. Il se forma un style élégant et facile en latin et en italien, par l'étude assidue des meilleurs auteurs dans ces deux langues. Il était de plusieurs académies, et y récita souvent avec le plus grand succès et des discours publics et des vers de sa composition. En 1731, il fut nommé par le sénat adjoint au secrétaire d'État , ou chancelier de la république , place qu'il remplit avec distinction jusqu'en 1762; alors, devenu vieux et infirme, il demanda sa retraite, et en obtint une honorable en conservant tous les appointements et tous les priviléges de sa charge. 11 mourut le 21 juin 1768, universellement regretté de ses concitoyens , dont la pureté de ses moeurs, la douceur de son com VIII tuerce et son extrême désintéressement lui avaient mérité l'estime. Il laissa plusieurs ouvrages, tant imprimés que manuscrits: 1. un Discours prononcé à la réception d'un gonfalonier de Bologne , et un autre adressé aux élèves de peinture , sculpture et architecture de l'académie élémentaire, imprimés d'abord à part, et ensuite dans le recueil intitulé : Orazioni deqli acadernici Gelati, chez Lelio dalla Volpe , 175, ; 2" quelques Lettres familières parmi celles d' Alcuni Bolognesi del nostro secolo , données par le même libraire, 1744, P, et un grand nombre d'odes ou de canzoni et de sonnets épars dans plusieurs recueils. Ses ouvrages inédits sont principalement , ,r en conclut que celui qui avait versifié ainsi ne pouvait que trèsbien penser , ce qui l'engagea à l'employer et à le faire entrer, avec le temps , a dans cette glorieuse carrière qui a rendu son « nom célèbre dans l'histoire de l'Église. Tel est a précisément le mérite du secrétaire Fabri , et nous en avons eu beaucoup d'autres preuves qui nous portent à le recommander avec le plus grand intérêt à Vos Seigneuries. L'ambassadeur n'a pas manqué ensuite d'accompagner des expressions les plus convenables les sentiments dont est remplie la lettre infiniment honnête a que vous nous avez écrite; et, pour y répondre (r directement, nous vous dirons que si l'on érige des statues pour le désir que l'original peut avoir (r de faire le bien , nous croyons , sans jactance , (( en mériter au moins une dans chaque ville de « nos États, et une dans chaque rue de Rome et de Bologne ; mais si on n'en érige que pour le bien que l'original a fait, nous nous reconnais « sons, à parler sincèrement, tout à fait indigne de celle qui a été érigée dans l'institut. Cela ne « nous dispense pas de rendre à Vos Seigneuries « les gràces que nous leur devons ; cela ajoute « même encore à ce devoir ; et en même temps («lue nous le remplissons, nous vous donnons à a tous, avec plénitude de coeur, notre bénédiction « apostolique. » Dalian Rom œ, , etc. , 14 jrdii 1745, pontificat* nostri anno 17. Cette lettre est rapportée dans le volume 2 des Lettres, Brefs, Bulles, etc., de Benoit XIV , imprimé à Bologne, 1751
  • Alexandre FALCONBRIDGE : Anglais, employé comme chirurgien à bord des bâtiments qui font le commerce avec l'Afrique , publia en 1789 un Précis de la traite des nèes sur la côte d' Afriqee , où il met au jour les cruautés qui accompagnent cet odieux trafic. Il mourut à SierraLeone en 1792. Sa femme , AnneMarie Falconbridge, qui l'avait suivi dans cette contrée , a écrit la relation de ses voyages, qu'elle publia en 1795, sous ce titre : Deux Foe: ges à Sierra- Leoe , dans les anne, s 1791 , 179'2 c‘,‘ 1793 , dans tac suie de lettres; Londres . Cette relation, qui contient un précis historique de SierraLeone et de ses environs , des opérations et des progrès de la colonie qui y a été établie dans la vue d'abolir I commerce des esclaves, ainsi que des détaigturieux sur les moeurs et coutumes des habitants , est écrite avec un ton de simplicité négligée qui n'est pas sans agrément, et la lecture en fut généralement goûtée. L'auteur en donna une 2e édition en 1794 , en un volume et une 3' en 1795. Xs,
  • Alexandre FARNÈSE : général de Philippe II, en Flandre, troisième duc de Parme et de Plaisance, était le fils aillé d'Octave Farnèse et de Marguerite d'Autriche. Il accompagna sa mère en Flandre lorsqu'elle fut nommée gouvernante des PaysBas, et il y épousa , le 18 novembre 1565, Marie , nièce du roi Jean de Portugal. Il n'était cependant encore l'igé que de vingt et un ans. 11 fit ensuite ses premières armes sous don Juan d'Autriche , et il se distingua à la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571. Dès lors, il se consacra uniquement à l'étude de l'art militaire, et comme il joignait un courage brillant et beaucoup de présence d'esprit à la vigueur du corps, à l'adresse et à toutes les qualités virr qui peuvent plaire aux soldats, il se fit bientôt un nom parmi les milices espagnoles. A la fin de l'année 1577, Philippe II l'appela de l'Abruzze, où il était auprès de sa mère, pour ramener en Flandre, à don Juan d'Autriche, les troupes espagnoles que celuici avait été obligé de renvoyer. Alexandre trouva la santé de don Juan presque détruite, et en effet il mourut le ter octobre de l'année suivante. Les affaires du roi d'Espagne dans les PaysBas semblaient ruinées, et les insurgés avaient partout le dessus. La victoire de Gemblours, remportée en 1578 par Alexandre, sous les ordres de don Juan , qui vivait encore , commença à rétablir la réputation des Espagnols. Alexandre Farnèse fut investi par Philippe II , après la mort de don Juan , du gouvernement des PaysBas; ce prince, après avoir pris Maëstricht et plusieurs autres villes, entra en négociation avec les insurgés; il sut profiter habilement des dissensions que la religion excitait entre eux , et il engagea en 1580 presque tous les catholiques à se réconcilier avec Philippe II, tandis que les protestants conclurent entre eux la fameuse union d'Utrecht. Les ProvincesUnies, se voyant trop faibles pour résister au prince de Parme, appelèrent en 1581 un nouveau défenseur, le duc d'Anjou , frère de Henri III de France ; celuici , avec une armée de vingtcinq mille hommes, força Farnèse à lever le siége de Cambrai ; mais il ne sut pas tirer parti de la supériorité . A son retour de cette expédition il fut blessé au bras devant Caudebec, et le 2 décembre 1592 il mourut dans Arras à l'âge de 47 ans , des suites de cette blessure, qu'il avait trop négligée. Il laissa deux fils : Ranuce, qui lui succéda , et Edouard , que le pape Grégoire XIV avait créé cardinal en 1591
  • Alexandre FELVINTZKI : savant hongrois du 17e siècle , qui , après avoir fait ses études à Leyde et à Groningue, professa dans son pays la philosophie , la théologie , le grec et l'hébreu , et obtint ensuite une place de ministre protestant. ll a fait une nomenclature alphabétique de toutes les hérésies modernes , sous le titre de Heresiologia , Debrezsen , 1683 — Un autre hongrois , nommé George FELYINTZKI, qui vivait également dans le 17. siècle, s'est fait connaître par un grand nombre de poésies écrites dans la langue de son pays , et parmi lesquelles nous remarquerons une tragicomédie imprimée en 1693
  • Alexandre FERREIRA( 1644 - 1737) : jurisconsulte et historien portugais, né à Oporto en 16,14, nommé de- zembargador d'Oporto, en 1708, avait des talents distingués dans les lois, dans la statistique et la diplomatie. En 1715, il fut fait conseiller de la reine et de l'illustre maison de Bragance. Ferreira accompagna, en qualité de secrétaire, le marquis d'Abrantès, dans son ambassade à Madrid en 1726. De retour à Lisbonne , il fut élu membre de l'Académie royale d'histoire, qui le chargea d'écrire les mémoires des ordres militaires de Portugal. 11 mourut à Lisbonne le 9 décembre 1737. On a de lui : 1" Alegacion dica, etc., ou Preuves juridiques des droits de l'archiduc (l'Autriche, Charles III, à la couronne d'Espagne, Lisbonne, 1704 2" Afemorias o noticias da cebbee ordem dos templarios para a historia , etc., c'est-àdiCe Mémoires de l'ordre célèbre des Templiers pour servir à l'histoire de l'ordre du Christ, Lisbonne, par Antoine Silva, 1735 Cette histoire , écrite avec un style pur et élégant, se distingue par son exactitude et son impartialité. Les faits y sont présentés avec ordre et dallé ; les notices qu'on y trouve sur l'ordre du Christ sont trèsintéressantes pour l'histoire de Portugal
  • Alexandre FICHET( 1588) : jésuite, né en 1588 au PetitBornand , et probablement de la méme famille que le précédent, se distingua par son talent pour la prédication et par son zèle infatigable pour l'instruction de la jeunesse. Après avoir enseigné la rhétorique à Lyon pendant sept ans et la philosophie pendant quatre, il se consacra pendant trente années au ministère de la chaire , et si l'on en croit le P. Alegambe , l'affluence de ses auditeurs était si grande, que les églises ne suffisaient pas toujours pour les contenir et qu'il lui fallut plus d'une fois prêcher en plein air. Il fut quelque temps recteur du collége de Ntmes, et fut envoyé à Rome comme député de la province de Lyon pour assister à la huitième congrégation générale de son ordre. Il avait un talent particulier pour développer dans ses écoliers la vocation à l'état monastique , et il en compta jusqu'à 130 qui , par ses conseils , entrèrent dans différents ordres religieux. Il mourut à Chambéri , plus que septuagénaire , le 30 mars 1659. Outre plusieurs écrits ascétiques ou de controverse, aujourd'hui oubliés, on doit au P. Fichet les ouvrages suivants : 1° Faces mellis ex variis sanctis Patribus collectes, Lyon , 1615 , 1617 / d'environ 1100 pages : c'est un recueil des morceaux les plus éloquents de StCyprien , de Lactance, de StBasile, de StAmbroise, de StEucher, de StIIilaire d'Arles, de StJérôme et de Salvien ; 2" la Vie de St- Bernard de Menthon ; 30 Vie de la : trêve de Chantai, fondatrice des religieuses de la Vi- sitation , Lyon , 1612 ; 40 Arcana studiorum omnium methodus , et Bibliotheca scientiarum, libro- rumque earum ordine tributorum universalis, ibid., 1649 réimprimé par les soins de J. Alb. Fa bricius à la suite du Prodromus historie litterari ce de Lambecius, Hambourg, 1710 ouvrage écrit avec élégance et qui se fait lire avec plaisir : parmi beaucoup de lieux communs on y trouve d'excellents procédés pour faciliter l'étude , pour faire des extraits , etc. ; mais on y voit percer par intervalle un esprit de charlatanisme qui fait soupçonner que l'auteur avait moins en vue de donner la théorie de l'instruction que celle du succès. La deuxième partie , beaucoup plus éten- due et consacrée à la bibliographie , suppose une érudition immense : on y fait passer en revue un nombre prodigieux d'auteurs que l'on peut con- sulter et citer au besoin. Quoique chacun n'y soit indiqué que par un mot ou deux et sans désigna- tion d'éditions, cette bibliographie conserve quel- que importance parce qu'on y trouve cités des ouvrages peu connus et des manuscrits qui se trouvaient alors dans quelques colléges de jésuites. L'édition de Hambourg fourmille de fautes d'im- pression dans les noms propres. 50 Chorus poil- a- rum classicorum duplex, sacrorum et profanorum , Lyon , 1616 : c'est une nouvelle édition, augmentée , et ab omni obscenitate expurgata, Corpus petarum latinorum , qui avait paru à Genève en 1603 et 1611. Le P. de Colonia convient que son confrère, en purgeant le Corpus petto- 11m , semble avoir poussé la délicatesse un peu trop loin : l'éditeur avait cependant cherché à justifier cette sévérité dans son Edictum pelpetuum chori poètarum , sorte de préface dans laquelle il rapporte une foule de passages d'auteurs anciens et modernes qui font voir le danger des mauvaises lectures. Le nombre des pones latins compris dans ce recueil est de 518 , dont plusieurs , il est vrai, ne nous ont laissé que des fragments; il y manque Phèdre , Corippus , Rutilius , Aviénus, Priscien , Gratius Faliscus et quelques autres que Fichet se proposait d'y joindre dans une nouvelle édition qui n'a pas paru. Cette collection a été longtemps assez recherchée. Les amateurs, qui veulent avant tout avoir des ouvrages complets, donnent la préférence à l'édition de Genève ; mais les instituteurs qui mettent plus d'importance -à la conservation des moeurs de leurs élèves, attachent plus de prix au Chfflispoétanim, auquel l'auteur a ajouté deux opuscules, Alusoeum rhetoricum et ilusoeum poèti- coin. Le nombre des poètes contenus dans la collection de Genève était de 72; mais le P. Fichet en a supprimé plusieurs, dont on n'a que des frag- ments insignifiants, et en a ajouté 18 plus impor- tants qui y manquaient , tels que Manilius, Bece, StProsper d'Aquitaine, etc
  • Alexandre GAGUINI : historien de Pologne, était né à Vérone. Il alla chercher de l'emploi en Pologne, et fut fait capitaine d'infanterie. On récompensa ses services dans les guerres de Livonie, de Moldavie et de Russie , par l'indigénat et le commandement de Witepsk. 11 mourut à Cracovie en 1614. On a de lui : Rerum Polonicarum touai tres , a Lecho primo duce osque ad Stephanum , Francfort , 1584 Les divers traités et les diplômes que ce livre renferme sont des pièces importantes et extrèmement curieuses : quelquesuns des morceaux portent le nom de leurs auteurs; mais, ou Gaguini s'est fait honneur des autres, ou bien on les a crus de lui , sur la réputation qu'il s'était acquise en s'appropriant un excellent Voyez ce que dit à ce sujet l'abbé de StLéger dam k Journal des savants, juin 1767, p. 443. ouvrage qu'il publia sous ce titre : Alexaudri Gaguini Sarmatiœ Ettropece descriptio quœ regnuna Polonice, Lithuaniam , Samogitiam, Russianz, Masoviam , Prussiam, Pomeraniam , Livoniam , et Moscorioe Tartarialue parient complectitur, , Spire , 1581 Ce livre , qui n'est pas commun , a pour auteur Matthias Strykowsky, chanoine et archidiacre de Samogitie. Gaguini n'y a eu d'autre part que de l'avoir traduit de polonais en latin. On en trouve une traduction italienne dans le tome 2 de Ramusio
  • Alexandre GEDDES : prètre écossais , naquit à %Owen , dans le comté ; et en 1790 il donna une Réponse générale aux questions et aux conseils qui lui avaient été adressés. Le premier volume de sa traduction, renfermant le Pentateuque et Josué , vit le jour en 1792, et excita un orage contre l'auteur. Trois vicaires apostoliques, MM. Walmesley, Gibson et Douglas, avertirent les fidèles de leurs districts, dans une lettre pastorale du 26 décembre 1792, de se défier de cette traduction. De là une correspondance entre le dernier de ces prélats et Geddes, auquel l'évêque finit par annoncer sa suspension de toutes fonctions ecclésiastiques, s'il ne se soumettait. L'auteur, blessé, répondit par une lettre où il lui disait nettement qu'il se moquait de ses censures. Il soutint ce ton dans une Adresse au public et dans une plus longue lettre à l'évêque : ces deux écrits respirent l'amertume et l'orgueil. Son second volume fut publié en 1797, et comprend les Juges, Samuel, les Rois et les Paralipomènes . Geddes y combat formellement l'inspiration entière de l'Écriture , et ne fait pas difficulté d'avancer que les écrivains sacrés rapportent quelquefois des faits contraires à la raison , et qu'il faut les lire avec discernement. Ce volume attira au traducteur de vifs reproches , tant de la part des catholiques que de celle Le nombre des souscripteurs ne fut que de trois cent quarantetrois, parmi lesquels on ne comptait que peu de catholiques. On a publié après sa mort sa traduction du Psautier, jusqu'au psaume 118. en 1800, ne tirent qu'augmenter le mécontentement public. La méme année , il donna sa illodeste apologie pour les catholiques romains de la Grande- Bretagne. L'impression qu'avaient faite sur son caractère irritable les attaques qu'il s'était attirées avait eu une influence funeste sur sa santé. La mort du lord Petre lui porta le dernier coup. Ce fut de son lit , malade et infirme, qu'il écrivit une élégie latine sur cette triste circonstance. Le fils de ce seigneur lui continua les bienfaits de son père ; mais Geddes devait en jouir peu de temps. Dans une autre élégie, Ad umbram Gilberti Wakefield, écrite le 12 octobre 1801, il semble pressentir sa fin très- prochaine. II expira dans de longues souffrances le 26 février 1802. C'était certainement un homme instruit dans l'histoire ecclésiastique et dans la littérature biblique. Il se flattait d'ètre toujours catholique, sans approuver. disaitil , l'alliage qu'on avait mêlé à l'Évangile ; et sa raison s'indignait que les écrivains sacrés eussent gâté des faits réels par une mythologie de leur invention : ainsi parlait ce critique téméraire et ce prêtre hétérodoxe. On est allé jusqu'à le traiter d'incrédule : ce reproche parait peu mérité; mais Geddes donnait prise sur lui par la singularité de ses idées , l'impétuosité de son caractère , et la pétulance de sa conversation : il était surtout fort vif contre la cour de Home, et en parlait trèslibrement. Il reçut l'absolution à la mort, quoiqu'il soit douteux qu'il se soit rétracté; le vicaire apostolique de Londres défendit de célébrer publiquement la messe pour lui. Geddes avait une idée bizarre : il s'était persuadé qu'on pouvait juger le caractère des hommes par la forme de leur nez, comme Lavater en jugeait par la physionomie; cependant , sur la fin , il était moins infatué de ce système ridicule. Sa vie a été écrite par J. Mason Good ; et l'on en trouve un extrait dans le Biographical dictionnary, de Chalmers. On y donne le catalogue de ses ouvrages, au nombre de trentetrois. Nous indiquerons seulement, outre ceux dont nous avons parlé plus haut 1. Select satires of Horace , Londres, 1779 2° Carmen sceculare pro Gallica gente tyrannidi aristocraticce erepta, 1790 : ce sont les meilleurs vers latins qu'il ait faits; 5o Le premier livre de l'Iliade , rendu littéralement en vers anglais, avec des notes critiques, 1792 Ce spécimen n'ayant pas été goùté , il ne donna pas la suite de cette traduction. 4° Avocat du diable, 1 792 , ; Carmina sœcularia tria pro tribus celeberrimis libertatis Gallicce epochis , { 4 L'Avocat du Diable avait dans ses vers comparé à Lucifer. Sa Seigneurie offensée intenta un procès au poSte , et la satire de Geddes est une parodie de la procédure. Ici c'est le diable qui se trouve offensé d'être comparé au lord L... , et qui intente une action contre le poste devant la cour des Plaids non communs. 1793, 6° rer- lrer1, traduit en vers anglais, 1703 ; " in La bataille de B. , ou le triomphe de l'Église, peine héroï- comique, 1797 ; 80 Bardomachia , pourra mararonico- latinum, e00 9n Divers morceaux dans quelques recueils périodiques, nOlalifillCill une Dissertation sur le dialecte écossais- saxon; la IreÉglogue de Virgile, en vers écossais, dans le dialecte d'Édimbourg; et la Ire Idylle de Théocrite, dans celui de I:uchan : ces trois pièces sont im?rimées dans la collection tics antiquaires d'Édimbourg, volume de 17i
  • Alexandre GERALDINI( 1455) : premier évéque de StDomingue , naquit en 1'155 à Amelia , en Ombrie, où sa famille tenait un rang distingué. Il embrassa d'abord la profession des armes, et alla avec son frère en Espagne, où il servit dans l'armée qui repoussa l'invasion que les Portugais venaient de faire en Castille. Il fut ensuite échanson de la reine Isabelle, puis suivit son frère qui fut envoyé en ambassade à François, duc de Bretagne. La mort de ce prince ayant mis fin à la légation, Geraldini , à son retour auprès de Ferdinand et d'Isabelle, entra dans la carrière ecclésiastique. Son mérite lui fit confier l'éducation de quatre princesses qui toutes devinrent reines ; et il passa vingt ans à remplir ces fonctions honorables. Pendant qu'il était à la cour, il eut occasion de rendre à un homme célèbre un service qui ne doit pas être passé sous silence. Christophe Colomb venait de présenter aux rois de Castille et d'Aragon son projet d'aller à la découverte d'un monde nouveau. On discutait ce projet dans un conseil composé « des hommes les plus éminents en dignité. Les « avis étaient partagés , dit Geraldini , parce que « plusieurs prélats espagnols traitaient l'opinion « de Colomb d'hérésie manifeste ; ils citaient l'au, « torité de Nicolas de Lyra, qui représente le globe terrestre coin:nc ne contenant aucune terre sur a les côtés, ni pardessous, au delà des Canaries ; a et celle de StAugustin, qui affirme qu'il n'y a pas d'antipodes. Je nie trouvais alors par hasard derrière le cardinal de Mendoza , homme également recommandable par ses qualités et a son savoir : je lui représentai que Nicolas de Lyra avait été un trèshabile théologien , et St« Augustin un docteur de l'Église illustre par sa « doctrine et sa sainteté, mais que tous deux s'é, des traités de politique et d'éducation, enfin la relation de son voyage aux Antilles, qui parut sous ce titre : Itinerarium ad regiones sub equinoctiali plaga constitutas Alexandri Geraldini Amerini, episcopi civitatis S. Dominici apud Indos occidentales, apostolicis, imperialibus et regiis legationibus functi, opus antiquitutes, ritus, mores et religiones populorum fEthiopice, Africoe, Atlantici Oceani , Indicarumque regionum complectens : nunc pritnum edidit Onuphrius Geraldinus de Catenaccis J. U. D. autoris abnepos , Rome, 1651 , un vol. Cette relation, mise par quelques bibliographes au nombre des livres rares, est dédiée au pape, et divisée en seize livres. Elle renferme le détail de la navigation de Geraldini le long de la côte d'Afrique jusqu'au delà du Sénégal, et jusqu'à StDomingue l'éditeur y a joint un précis de la vie de l'auteur et la liste de ses ouvrages, tant imprimés que manuscrits. On trouve dans ce livre de curieuses particularités sur la partie de l'Afrique que l'auteur a vue ; il parle aussi sur ouïdire de l'intérieur de cette partie du monde ; il nuit, par donner la description de l'île dont il était le pasteur. On est surpris qu'un prélat respectable, écrivant un livre qu'il dédie au souverain pontife, ait cité des inscriptions anciennes, en latin , qu'il prt:tend avoir copiées tout le long de la côte d'Afrique : elles portent si évidemment le caractère de la fausseté, que l'on ne sait que penser de la bonne foi de Geraldini, qui d'ailleurs fait aussi mention (l( peuples, de pays et de fleuves qu'il a vus en Afrique, et de rois de cette partie du inonde qui l'ont accueilli, et dont aucun auteur ne fait mention. Le petitneveu de Geraldini, tout en avouant, dans la préface qu'il a mise en tète de ce livre, que son oncle parle de beaucoup de choses peu croyables, ajoute que néanmoins personne ne sera tenté d'accuser de mensonge un homme si respectable. C'est pourtant un mouvement trèsnaturel chez ceux qui le lisent ; et c'est bien gratuitement que Saxius le cite comme un antiquaire. Ce qu'il y a de meilleur dans cet ouvrage est ce qu'on y trouve sur StDomingue, dont il fait bien connaltre l'état à l'époque où il fut écrit. Déjà la race des indigènes était presque totalement exterminée. Geraldini, dans une des lettres annexées à sa relation , annonce qu'il envoie, entre autres raretés, deux dindons ; ce qui sert à prouver, contre le sentiment de quelques auteurs, que cet oiseau est originaire d'Amérique. La lettre a probablement été écrite en 1525 ; elle est par conséquent antérieure à l'ouvrage d'Oviedo , que l'on regardait comme le premier auteur qui eût fait mention des dindons. Dans une lettre au pape Léon X, Geraldini donne, pour les églises et les hôpitaux de StDoiuingue, des projets d'inscriptions qui pour le style ressemblent entièrement à celles qu'il a adressùs au Saintl'ère comme les ayant découvertes sur la côte d'Afrique. Outre les ouvrages inédits de Geraldini, mentionnés par son petitneveu , on doit citer un traité curieux , De viris Geraldinis qui in obsequio apostolicoe Sedis per varia tempora insudarunt, qu'Allacci avait lu en manuscrit, et dont il parle dans ses Apes urbance , p. 208. — Antoine CERALDINI , frère aillé du précédent, et dont il a été question au commencement de cet article, est auteur de diverses poésies latines : Ecloga. XII de mysteriis vitae Jesu Christi , Salamanque , 1505 , ; Poenitentialis psalmodia, 1486 ; c'est une paraphrase en vers latins des sept psau-, mes de la pénitence
  • Alexandre GÉRARD( 1728) : écrivain écossais, né en 1728 à Carioch , dans le comté d'Aberdeen, fit de trèsbonnes études aux universités d'Aberdeen et d'Édimbourg, et fut admis à vingt ans à prêcher dans l'Église d'Écosse, enfin adjoint deux ans après à David Fordyee , professeur de philosophie naturelle et expérimentale au collége Maréchal d'Aberdeen. En 17:-2 , ce professeur, au retour , par Al. Gérard. Beattie, , 1808 de 471 pages. C'est un ouvrage plein d'érudition , et composé dans un bon esprit. L'auteur était alors l'un des chapelains ordinaires du roi pour l'Écosse. 11 est mort le 28 septembre 1815
  • Alexandre GÉRARD : frère du précédent, capitaine au service de la compagnie des Indes orien- IF tales, né à Aberdeen , en Écoss e , sur la fin du siècle dernier, fut formé de trèsbonne heure, et partit à seize ans pour les Indes , où il entra comme ingénieur au service de la compagnie. Il fut d'abord chargé d'explorer la presqu'île de Malacca et d'en lever les plans. Il exécuta ce travail sous un soleil brùlant , niais si promptement et si bien, que le gouvernement du Bengale s'emI pressa de mettre à profit son talent et son courage, en lui confiant de nouvelles missions dans les districts du nord. Il dut, pour s'acquitter de ces missions, passer plusieurs années dans les contrées encore inconnues de la Tartarie chinoise et sur les montagnes de l'Himalaya. H traversa ces gigantesques montagnes Où aucun Européen avant lui n'avait posé le pied, et franchit des sommets jusquelà réputés inaccessibles. Il rampa au bord des précipices , escalada des rochers, et parvint jusqu'à la hauteur de vingt mille pieds anglais, c'estiidire à huit mille pieds plus haut que la cime du mont Blanc. On ne peut se faire une idée des privations et des soufliances qu'il eut à endurer dans ces périlleux voyages, parfois manquant de vivres, exposé tantôt à une excessive chaleur, tantôt au froid le plus rigoureux. Mais les dangers et les obstacles n'étaient pour lui qu'un attrait de plus. L'audacieuse curiosité des philosophes qui cherchent à sonder les mystères de l'ànae, à se frayer des chemins nouveaux dans les obscurs espaces de la métaphysique , Gérard la portait dans l'étude du monde visible , qui a aussi ses déserts et ses secrets. Mais il fallait avoir une constitution comme la sienne pour supporter comme il le fit, pendant vingt ans , les tourments accumulés de la chaleur, de la fatigue, de la maladie, ayant à lutter, le jour, contre les ardeurs d'un soleil dévorant, la nuit, contre une température qui descendait souvent au - dessous de zéro. Plus d'un de ses compagnons succomba à l'épreuve. Luimême à la lin fut obligé de s'en retourner en Angleterre; mais il ne quitta la partie qu'à la dernière extrémité, épuisé, exténué, mourant. Il ne se bornait pas, dans ses voyages, à décrire g- f; ométriquement les lieux qu'il visitait. 11 se livrait à de patientes recherches sur les coutumes; les moeurs, les traditions des tribus tartares au milieu desquelles il séjournait , sur la géologie et la botanique des sublimes régions où il s'aventurait. 11 résulte de son témoignage que ces montagnes sont habitées jusqu'à des hauteurs effrayantes. Il a vu des champs cultivés et des moissons à quatorze et à seize mille pieds audessus du niveau de la nier. lies tribus pastorales, avec leurs nombreux troupeaux , leurs chiens et leurs chevaux, trouvaient aussi leur subsistance à cette énorme élévation. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'il parait que la science a autrefois fleuri dans ces contrées ignorées. Gérard y a découvert une sorte d'encyclopédie, écrite en langue tibétaine. Cet ouvrage forme 44 volumes. Cinq volumes y sont consacrés à la médecine. Le ??1,11 4.1.3v docteur Jacques Gilbert Gérard, frère du capitaine Gérard, et son compagnon dans ce voyage , lit rencontre au Tibet d'un savant Hongrois, nommé Cosma de Konas, qui s'y était établi , et qui avait profondément étudié ces peuplades. Il lui montra un livre d'anatomie avec des planches lithographiées représentant les différentes parties du corps humain. C'était un livre fort ancien. Le capitaine Gérard pensait qu'à une époque inconnue de l'histoire les arts et les sciences , persécutés dans les plaines de l'Ilintioustan, s'étaient réfugiés dans les montagnes du Tibet. Il est certain que la lithographie y est connue et pratiquée de temps immémorial. On y trouve des écoles et des méthodes d'instruction élémentaire assez semblables à la méthode de Lancastre. La santé de Gérard, épuisée avant l'Age, ne lui permit pas de rédiger en un corps d'ouvrage le résultat de tant d'observations et de travaux. Il publia, à diverses époques , soit dans l'Inde, soit en Angleterre, quelques brochure se rattachant à des intéréts passagers. Mais ses notes les plus précieuses sont restées dans son portefeuille. Il est mort le 13 d.'- cenibre 18in. i n de ses amis, George Lloyd, éditeur des Voyages de sir William Lloyd . a joint à cet ouvrage le récit d'une Tentative faite par le capitaine Gérard pour pénitrer par Bukhur à Gorroo. Cette publication fait espérer que l'on mettra au jour les autres mémoires du savant et intrépide voyageur
  • Alexandre GIORGI( 1747 - 1779) : naquit à Venise le 11 septembre 1747, d'une ancienne famille qui avait été autrefois au nombre des patriciennes de cette république. Après avoir fait de trèsbonnes études chez les jésuites, il entra, quoique fils unique, dans leur compagnie, à l'àge de dixsept ans. Il professa pendant quelques années les belleslettres à Parme , et se livra ensuite avec une grande application à l'étude de la théologie. Il avait reçu depuis deux ans la prêtrise, quand la suppression de l'ordre, qui eut lieu en 177, l'obligea de retourner dans sa patrie : il y donna aux jeunes ecclésiastiques des leçons particulières de théologie. Quelque temps après, il fut appelé à Ferrare par le marquis Bevilacqua, qui lui confia l'éducation de ses deux neveux : en dirigeant avec soin leurs études, il continua les siennes. Maitre de littérature pendant le jour, il était éru- dit, philosophe et théologien pendant la nuit, qu'il consatrait presque entière au travail. Il entretenait en même temps un commerce épistolaire avec plusieurs savants dont il cultivait l'amitié. De là était née l'idée de plusieurs ouvrages qu'il avait achevés en partie et mème déjà publiés : tel est, entre autres, le prospectus et le plan d'une nouvelle encyclopédie italienne, entreprise immense pour laquelle il avait engagé plusieurs des hommes de lettres et des savants les plus célèbres de l'Italie à se joindre à lui; mais des incommodités contractées de longue main par cet excès de travail l'arrêtèrent dans ses projets. Des crachements de sang réitérés l'avertirent de sa fin prochaine; et il mourut à 52 ans, le 14 juillet 1779, universellement regretté , surtout du marquis Bevilacqua , qui le fit enterrer honorablement dans la sépulture de sa propre famille. Les ouvrages qu'Alexandre Giorgi avait donnés au public sont : 1° Un petit traité sur la manière d'enseigner aux enfants les deux langues italienne et latine, selon la méthode qu'il avait suivie pour l'éducation de ses jeunes élèves : Del modo d'insegnare ajanciulli le due lingue italiana e latina, Ferrare, 1773 2" Prodromo della nuova enciclopedia italiana, Sienne, 1780 , Ce programme contient non- seulement l'annonce et le pian de la nouvelle encyclopédie, mais des articles sur différentes matières , rédigés par des plumes habiles, et donnés pour exemple de ce que devait être l'ouvrage entier. Giorgi , qui s'était réservé les questions les plus scabreuses de la métaphysique et de la théologie, y avait inséré deux articles trèsremarquables dans leur genre l'un traite du péché originel, l'autre de la liberté naturelle , de la grdce efficace et de son accord avec la liberté de la volonté humaine ; 50 Lettere tre al signor Proposto Marco Lastri Fiorentino intorno à cid de a scritto il signor Martino Sherlock I dello stato della poesia italiana, 9.. dell' Ariosto , 3 del Shakespear, Ferrare, 1779. Ces trois lettres, imprimées peu de temps avant la mort de l'auteur, montrent en lui autant de bon goût littéraire qu'il avait de profondeur dans les matières ab- slraites , principal objet de ses études. 4° L'année même de la mort de Giorgi, le chevalier Vannetti , secrétaire de l'Académie de Roveredo, publia sa Vie écrite en latin, et suivie de la correspondance qu'il avait entretenue avec lui dans la même langue; ce précieux petit volume est intitulé Clementini V annettii equitis commentarius de vita Alexandri Georgii ; accedunt nonnulloe utriusque epistolc e , Sienne, 1779. Ces lettres latines contiennent une discussion amicale qui s'éleva entre eux en 1776 sur l'emploi même du latin dans les écrits modernes. Elles prouvent que Giorgi l'écrivait parfaitement; et cependant c'était lui qui en était venu peu à peu à adopter les opinions de d'Alembert et de quelques autres auteurs , et qui soutenait qu'il était impossible à des modernes de s'exprimer correctement en latin : Vannetti prétendait au contraire qu'ils pouvaient, sinon égaler, du moins imiter heureusement les écrivains les plus élégants de la latinité. Jamais on n'a traité cette question, ni aucune autre du même genre, avec plus d'esprit, de politesse et d'aménité. Il parait que Giorgi fournissait à son adversaire les armes les plus fortes pour le combattre , et que, tandis qu'il s'efforçait de prouver par des raisonnements qu'on ne peut plus bien écrire en latin, il prouvait réellement le contraire par son exemple. Un des meilleurs poètes latins de ce temps, l'abbé Raimond Cunich , consacra cet élégant quatrain aux deux illustres amis, que cette Vie et cette correspondance suffiraient pour immortaliser Quod vitam eximii scripsti , Vanriette, Georgi Ille tuo rivet clams ab ingenio. Vives tu clarus simul , eximiusque ferere Scriptor et eximius cultor amicitite. D-É
  • Alexandre GORDON : antiquaire et artiste écossais du 18d siècle, fut successivement secrétaire de la société d'encouragement, du club égyptien composé de savants qui avaient été en Égypte , et de la société des antiquaires de Londres : il résigna cette dernière place en 1741 , et passa à la Caroline , où il était juge de paix à l'époque de sa mort, vers l'an 1750. Il était surtout estimé pour son talent comme dessinateur et pour la connaissance qu'il avait de la langue grecque. On a de lui : Itinerariurn septentrionale,. ou Voyage clous plusieurs parties des comtés de l'Ecosse et du nord de l'Angleterre, en deux parties, avec 66 plan- ches, 1726 ; D' Supplément à l'itinéraire septentrional, 1732 avec 6 planches. Il a paru en Hollande en 1731 une édition latine de 1' itinéraire , avec le supplément: 3° Les Vies du pape Alexandre VI et de son fils César Borgia , 1729 contenant les guerres de Charles VIII et de Louis XII en Italie, de 1492 à 1506; traduit en français, Amsterdam, 1732, 3 vol. ; 4° Histoire complète des anciens amphithéd- Ires traduite (le l'italien du marquis Scipion Maffei, 1730 réimprimée depuis avec des additions; Essai d'explication des figures hiéroytyphiques inscrites sur le cercueil de la momie rtp. partenant au capitaine Lethienllier, 1737 avec des planches; 6. Vingt- cinq planches gravées de toutes les momies et autres antiquités égyptienffl qui se vdient et existent en Angleterre, 1759 Tous ces ouvrages sont en anglais
  • Alexandre GRIBOJEDOF( 1789) : poète et homme d'État russe, né vers -1789, fit ses études à l'université de Moscou. En 4812, lors de l'invasion de la Russie par l'armée française, il entra dans un des nouveaux régiments qui furent formés pour la défense de la patrie, et il servit pendant quatre ans. Cependant , tout en faisant le service, il trouva le loisir de se livrer à la composition de pièces dramatiques. Son début dans cette carrière fut la comédie Moloclyie souproughi , qui fut représentée en 1815 au théâtre de StPétersbourg. Elle fut suivie de la comédie Swoja se: nia , qu'il avait composée en société avec le prince Chackovsky et le poète Chmelnisky ; il donna encore au théâtre une traduction ou imitation des Fausses infidélités de Barthe, qu'il avait faite en société avec A. Gendre. Après avoir quitté le service militaire, il fut employé en 1817 dans le ministère des affaires étrangères, et obtint l'année suivante l'emploi de secrétaire d'ambassade près la cour de Perse. 11 demeura dans ce pays pendant plusieurs années, et y composa sa meilleure comédie Gore ot mana , dans laquelle il traça en couleurs vives mais un peu exagérées, et avec beaucoup de talent, les ridicules et les prétentions des diverses classes de la société dans la capitale de la Russie, sans épargner méme celles qui jouissent le plus de la faveur du gouvernement , telles que la noblesse et les militaires. Il porta cette pièce à StPétersbourg dans un voyage qu'il fit par congé en 1895. Elle y eut un grand succès, et s'est maintenue au répertoire. L'auteur demeura dans la capitale pendant la guerre qui eut lieu entre la Russie et la Perse, et s'y livra aux travaux littéraires. Il traduisit en russe , entre autres écrits , le prologue du Faust de Goethe. En 1825 il eut ordre de se rendre au quartier général du comte Paskewitch , et fut employé aux négociations pour le traité de paix qui fut conclu bientôt après. L'empereur le nomma alors ambassadeur à la cour de Téhéran. Se rendant à son poste, il fut fiancé à Tiflis avec la fille du prince Tchevtchevadsef , qu'il épousa peu de temps après; mais le mariage fut rompu par un malheureux événement qui termina l'ambassade et la vie de Gribojedof. A son arrivée en Perse, il trouva le peuple exaspéré de la paix honteuse que le schah avait été obligé de faire. Déjà plusieurs émeutes avalent éclaté dans les provinces au sujet des contributions de guerre qu'on levait pour satisfaire aux exigences de la Russie, et l'arrivée d'un ambassadeur russe, avec sa suite nombreuse, rappelait vivement aux Persans l'humiliation qu'ils venaient de subir. Dans ces circonstances critiques, il aurait fallu toute la prudence et la souplesse d'un diplomate consommé; Gribojedof , plus habile poète que diplomate , manqua malheureusement de la modération nécessaire , et fit trop sentir qu'il représentait un monarque vainqueur. Il ne fallait qu'une occasion pour que la fureur dm peuple éclatât, et cette occasion ne lui fut fournie que trop tôt. Un Arménien coupable d'un crime , étant poursuivi par la police persane, se réfugia dans la demeure de l'ambassadeur russe; comme cet homme était originaire de la province d'Érivan cédée à la Russie, Grihojedof s'attribua le droit d'étendre sa protection sur lui. Cependant les réclamations de la police avalent causé, le 97 mars 189.9, un attroupement du peuple, irrité de la protection accordée par les étrangers à un criminel du pays. L'affaire se compliquait encore par une réclamation qui fut adressée à l'ambassadeur au sujet de deux femmes géorgiennes qui s'étaient mises sous sa protection comme sujettes russes , et que les Persans redemandaient comme esclaves, L'une et l'autre demande ayant été repoussées avec hauteur, le peuple commença une attaque sur la demeure de l'ambassadeur, et en vint aux mains avec ses domestiques et ses Cosaques. Ces derniers eurent l'imprudence de tirer des coups de fusil sur les agresseurs ; dès lors , la multitude , exaspérée en voyant les victimes des mécréants gisant sur le sol, ne mit plus de bornes à sa fureur ; les portes furent enfoncées, les murs escaladés; et quoique la police persane envoyât aussitôt une garde pour protéger l'ambassadeur, sa demeure fut envahie, et tons ceux que les assaillants rencontrèrent dans les appartements furent massacrés. Le schah , accompagné de son fils , accourut à la tète d'un corps de troupes; mais la vengeance était accomplie ; Gribojedof , Adelung son second secrétaire, son médecin, son interprète et quinze personnes de sa suite avaient succombé. 11n'y eut de sauvé que le premier secrétaire et trois personnes attachées à l'ambassade, qui, se trouvant dans une partie reculée de l'habitation, avaient eu le temps de se soustraire à la fureur populaire. Le schah pressentit les suites de cet événement , fait pour rallumer une guerre à peine éteinte. Aussi se hâtatil d'ordonner un deuil de huit jours et d'envoyer son petitfils, le prince lihosrewMirza , au quartier général russe; mais, Paskewitch n'ayant rien voulu ou pu décider, le prince fut obligé de se rendre à St- Pétersbourg et d'implorer solennelleinent l'indulgence du vainqueur. L'empereur Nicolas envoya le prince Dolgorouki à Téhéran , et là fut donnée une terrible satisfaction aux Russes. Quoique les plus coupables se fussent soustraits à leur punition par la fuite, on s'empara de quinze cents individus du peuple, et on les mutila cruellement pour avoir pris part à l'émeute. Le grand mollah , qui n'avait pas ernpèché les mollahs, ses subordonnés, de recevoir dans la mosquée les corps de six Persans tués par les Cosaques, fut banni. On fit, le 29 juillet, des obsèques solennelles à Gribojedof dans le couvent de StDavid à Tiflis; l'empereur assigna une pension à sa mère et à sa veuve. Telle fut la fin déplorable d'un jeune diplomate , qui aurait trouvé plus de bonheur et de gloire dans le culte paisible des muses vers lequel l'entraînaient ses goûts. Une notice sur Gribojedof et quelques lettres de lui ont été insérées dans le journal russe le Fils de la Patrie , 1830
  • Alexandre GUAGNINO( 1538 - 1614) : historien , né à Vérone en 1538 , embrassa la profession des armes , et étant entré au service de Pologne, se distingua par sa'valeur dans les guerres de Livonie , de Moldavie et de Russie. Il fut récompensé par l'indigénat, titre qui lui assurait les priviléges de la noblesse; et peu de temps après, le roi Sigismond- Auguste le nomma commandant de la forteresse de Witepsk. Au bout de quatorze ans, il obtint sa retraite avec une pension, et s'appliqua à écrire l'histoire de sa patrie adoptive. 11 mourut à Cra- covie en 1614 , àgé de 76 ans. L'ouvrage qui reste de Guagnino est intitulé Renan Polonicarum libri ires. Le premier livre ou tome contient la suite des rois de Pologne, depuis Leck , premier duc des Sarmates , jusqu'à Henri de Valois; le second, la description des provinces qui coniposaient le royaume de Pologne ; et le troisième , une collection des pièces originales les plus propres à jeter du jour sur les événements arrivés en Pologne dans le 16e siècle. Mattei dit que cet ouvrage fut imprimé d'abord en 1574, puis en 1578-à Cracovie, et à Spire en 1581 Bayle en cite une édition de Francfort, 1584 et LengletDufresnoy, une autre de la même ville, et sous cette n.) La Descriptio Sarmaliœ _ Europe& de Guagnino a été insérée dans le tonie premier du Corpus Rist. Polonice de Jean Pistorius, Bâle , 1582 ; et son ouvrage entier, dans la Centuria scriptor. Polonor. de Simon Starovolsky,1625. Ce même recueil contient l'histoire de Strykowsky. date , 5 vol. Il méritait ce grand succès par l'exactitude des faits et par un style qu'un critique polonais trouve clair et élégant. Math. Strykowsky, dans la dédicace de son His- toire de Lithuanie, accusa Guagnino de lui avoir dérobé le fruit de ses veilles, et de s'are approprié son travail en sé contentant de le traduire en latin , avec de légers changements . Plusieurs Polonais ont ajouté foi à cette accusation ; et Laurent Mizler a publié l'histoire de Guagnino sous le nom de son adversaire , dans le Recueil des historiens de Pologne, 1761
  • Alexandre HAMILTON : orientaliste anglais, après avoir passé plusieurs années dans l'Inde, où il apprit la langue sanscrite et visita soigneusement les bibliothèques des Brahmanes, revint eu Europe et se livra aux mémes recherches à Londres, dans les collections du musée britannique et de la compagnie des Indes. Après ces laborieuses investigations, il se rendit à Paris , y examina les manuscrits sanscrits de la biblio- thèque royale, et, en ayant trouvé la collection assez complète, il en rédigea le catalogue en anglais , avec des notices sur le contenu de la plupart d'entre eux; personne alors en France ne connaissait la langue sanscrite. Ce catalogue fut traduit en français par Langlè,s et publié par lui, comme collaborateur de Hamilton , dans le Magasin encyclopédique, en 1807 : la traduction y a seulement ajouté quelques notes extraites des Mélanges asiatiques de Dalrymple et des Mémoires de la société de Calcutta. Plusieurs exemplaires furent tirés à part, de manière à former un volume de 118 pages. De retour en Angleterre, Hamilton fut nommé professeur de sanscrit et de littérature indienne au collége des langues orientales de Haileybury. Ce savant, l'un de ceux qui se sont occupés avec le plus de succès et d'utilité de la langue sanscrite, a encore publié dans divers recueils anglais des articles aussi savants que curieux, relatifs à l'ancienne géographie de l'Inde. Quelquesuns ont été traduits et insérés dans le Journal asiatique de l'avis. Hamilton est mort à Liverpool, le 30 décembre 1824. était membre de la société asiatique de Calcutta. On doit regretter qu'aucun journal anglais n'ait consacré à ce savant distingué, dont la vie a été assez ignorée, un article nécrologique d'une certaine étendue
  • Alexandre HARDY : l'un des plus féconds et des plus médiocres auteurs dramatiques, était natif de Paris, et vécut sous Henri IV et sous Louis XIII. Corneille n'existait pas encore, et le bon Hardy passait pour le premier tragique de son temps. Il l'eût été en effet, si la multiplicité des productions était la preuve du génie; car on fait monter à plus de six cents le nombre de ses pièces, toutes écrites en vers héroïques et embrassant, comme on le peut croire, presque tous les sujets de l'histoire ou de la fable. Mais ce pone n'avait ni la connaissance des règles du théâtre, ni le sentiment des convenances de la scène. Dans ses tragédies, Achille et Procris, hercule et Coriolan , s'expriment de la mème manière. Elles sont remplies de sentences emphatiques, de lieux communs de morale, et bien souvent n'en sont pas moins indécentes ; car il Se met peu en peine de voiler les mystères dc l'amour. L'unité de lieu n'y est guère mieux ob- servée. Le 'personnage qui vient de figurer if Rome se trouve l'instant d'après en Égypte ou en Grèce. On remarque cependant, au travers dc ces nombreux défauts, quelques situations intéressantes , quelques scènes filées avec art. Ma- riamne est, sans contredit, la meilleure tragédie de cet auteur. Les caractères en sont bien soutenus, et l'on est étonné de trouver autant de régularité dans le drame de cette pièce. Aussi serr itelle de modèle à la Marianzne de Tristan , dont le succès sembla balancer celui des premières pièces de Corneille. Hardy, quoiqu'il eût le titre de pone du roi, vécut et mourut dans l'indigence. Il suivait une troupe de comédiens ambulants, auxquels il fournissait souvent jusqu'à six pièces par mois. De cet immense fatras, il nous reste 6 volumes in -8°, Paris, 1623-162.8, contenant cinquantequatre pièces : le sixième est intitulé les AMOU1'S de Théagène et de Chaz; iclée , en huit Douze écrivains, tous résidant à 1' université de CambridgP, , .int travaillé à cet ouvrage, autres, deux membres de la famille de Hardivieke, Plippe et Charles Yorke, SOUb gnature, 1'. et C. ,I,I liernes dramatiques. Pour le titre des autres pièces on peut consulter la Bibliothèque du thédtre , français par le duc de la Vallière, t. 1", p. 533. Flardy passe pour avoir été le premier qui ait reçu des honoraires de ses pièces. On tixe l'époque de sa mort vers 1630. — Sébastien HARDY a publié 10 en société avec le prévôt des marchands , Mémoires et instructions pour le fonds des rentes de l'hdtel de ville, Paris , 1616 ; 2. le Vrai régime de vivre, traduit conjointement avec la Bonnodière du latin de Lessins, avec le Traité 1. de Cornaro sur le mème sujet ; 3. le Réveil- matin des courtisans. traduit de l'espagnol d'Antoine de Guevara, Paris, 1623 — Pierre HARDY, natif deChartres, curé de StMaurice de Galon, a publié : 1. Essai physique sur l'heure des marées dans la mer Rouge, comparée arec l'heure du passage des Hébreux, 1755 ; 2° Lettre au P. Calmet . sur la terre de Gessen, 1757
  • Alexandre HÉGIUS : ainsi nommé du bourg de Heck, son lieu natal, dàhs l'évêché de Munster, régenta durant l'espace de trente ans le collége de Deventer. Au commencement du 15e siècle, il a eu le mérite d'introduire le premier en Hollande les bonnes études classiques, celle en particulier de la langue grecque, à peu près à l'époque où Rodolphe Agricola, son maître, rendait le même service à l'Allemagne. L'école de Deventer acquit une grande réputation sous Hégius; et dans le nombre des élèves distingués qui en sor- tirent, on signale surtout Érasme, qui, en plusieurs endroits de ses ouvrages, se plaît à rendre une justice éclatante aux connaiesances, à l'application et aux 'murs d'Hégius ; il ne l'accuse que de trop d'indifférence pour la célébrité. Hégius aurait pu s'immortaliser par de nombreuses productions; à peine atil laissé échapper à sa plume quelques légers essais, savoir : 1. Des Dialogues De scientia et eo quod scitur, contra Academicos ; De tribus anima, generibus; De physica; 'fletx« éporni- ii. UTOL ; De rhetorica ; De arte et inertia, etc.; 2° Des poésies latines, telles que Hymni varii ; Eleyia de aurea mediocritate , etc., Deventer, 1501 et 1503 Gruter n'a pas recueilli ces poésies dans les Delicia, pet
  • Alexandre HELLADIUS : Grec de la Thessalie, vivait en 1722. Il s'est fait connaltre par un ouvrage latin assez curieux, sur l'état de l'Église grecque, et sur les raisons qui engagent les Grecs de notre temps à rejeter les traductions des Évangiles et des autres écrits canoniques faites en grec vulgaire. Il dédia son livre au czar; et l'on y voit même un portrait de ce prince dessiné par l'auteur. Cet écrivain s'excuse , avec beaucoup de naïveté , des fautes de langage qui pourraient, ditil, se rencontrer dans son traité : Je ne suis pas clans le Latium , ajoutetil ; la langue latine est pour moi un idiome tout à fait étran-« ger. » Helladius habitait la ville d'Altorf, dans le territoire de Nuremberg; et ce fut là qu'il mit au jour le volume dont nous allons présenter une courte analyse. Il est composé de dixneuf chapitres. Les deux premiers traitent des imprimeries des Grecs, et des livres qui sont sortis de leurs presses . Ces chapitres renferment des détails bibliographiques intéressants, et qui font concevoir une grande admiration pour ce malheureux peuple grec, qui, dans sa détresse, ne néglige rien pour acquérir une instruction qu'on lui fait payer souvent au prix de la vie. Le 3', le le et le 5' chapitres nous donnent une idée exacte de l'état des études et des progrès des sciences en Grèce à cette époque. Dans le 6e et le 7e, l'auteur grec réfute un grand nombre de préjugés répandus contre sa nation dans les villes les plus éclairées de l'Europe. Le 8' chapitre est relatif aux pffles grecs vulgaires. L'auteur cherche à prouver, par des exemples tirés de leurs écrits, que la langue parlée dans les Iles et sur les côtes de la Grèce est presque barbare en comparaison de celle dont on fait usage sur le continent du même pays. Le 9e chapitre est consacré à la critique du style des versions grecques vulgaires des livres saints; le 10c, à l'exposition d'une théologie assez raisonnable. Dans le 41e, l'auteur s'écarte un peu des bornes de la modération à l'égard de la nation germanique, qu'il accuse, d'une manière expres- sive , de mèler dans ses banquets le meurtre et le carnage. Les chapitres 12', 13e et 14', renferment des observations sur le peu d'uniformité de la langue grecque moderne. Le 15' est un morceau de critique trèsremarquable, si l'on considère la position où se trouvait l'auteur : il est relatif à la version de Maxime Calliopolite, qui parut en 1638, et à l'excommunication de Cyrille Lucar, dont l'auteur cite une lettre fort curieuse, en ce qu'elle prouve que ce patriarche n'était pas plus de la communion grecque ou romaine que Calvin. Le 16' chapitre contient la biographie d'un person- nage singulier, appelé Séraphin, de Mitylène. Voyez le Journal des savants de 1716, p. 130 et suivantes. Enfin, les trois derniers chapitres de cet ouvrage sont employés à remplir son véritable objet. Ils méritent d'être lus par les amateurs de la philologie sacrée. Or voici le titre exact de cet ouvrage qui contient tant de choses: Stalus prœsens Ec- clesiœ grœct e; in quo etiam causa, exponuntur cor Grœci moderni Novi Testamenti editiones in grœco- barbara lingua Jactas acceptare recusent : prœterea additus est in fine status nonnullarum controver- siarum , Altorf, 1714 Les controverses qui terminent cet ouvrage ne sont d'aucun intérêt. Mais ce qu'il y a de remarquable dans ce livre d'un sujet des Turcs, c'est que l'auteur, qui n'avait pas craint de dédier son ouvrage à l'empereur de Russie , ne craint pas non plus de démontrer, partout où l'occasion s'en présente, le plus grand mépris pour les moeurs des Russes de cette épo- que. Ce trait de courage honore l'écrivain ; mais il fait aussi l'éloge du prince d'une manière bien plus délicate et plus ingénieuse que la flatterie n'eût pu le faire dans la plus belle dédicace
  • Alexandre KIERINGS( 1590) : peintre paysagiste hollandais, naquit en 1590. Cet artiste , d'un talent trèsdistingué, n'est guère connu cependant hors de sa patrie , où ses tableaux mêmes sont trèsrares. La touche de ses arbres est aF.,rréable, mais trop uniforme, et elle manque en général d'effet. Ses paysages sont peu variés , ce qu'il faut attribuer à sa manière de peindre , dans laquelle il _ poussait l'imitation de la nature et l'exactitude , jusqu'à rendre les fibres les plus délicates des bois et des écorces des arbres. Une attention scrupuleuse lui avait fait découvrir, dans ces objets, des tons qui échappent à une observation légère, et le soin qu'il mettait à les rendre augmentait la vérité de ses tableaux. Sa manière de peindre le feuillé des arbres lui est propre , et l'on en reconnaît sans peine les diverses espèces. Ses devants sont piquants, et le grand fini de ses ouvrages ne leur donne point de sécheresse. Comme il avait moins de talent pour peindre la figure que pour les autres parties de son art , il s'associait ordinairement à Poelembourg, auquel il laissait le soin d'orner ses tableaux de figures touchées avec esprit. On connaît peu de tableaux de Kierings que ce dernier artiste n'ait embellis de cette manière. P—s,
  • Alexandre LAINEZ( 1650 - 1710) : naquit à Chimai, vers l'année 1650. Après avoir fait de bonnes études à Reims, il vint à Paris, et se lia d'amitié avec le chevalier de Colbert, qui l'emmena à l'armée. De là, il se mit à voyager dans l'Europe et dans l'Asie ; ses courses durèrent trois ou quatre ans. Revenu fort pauvre dans son pays , la vie retirée et singulière qu'il y menait le fit prendre pour l'un des auteurs de quelques libelles injurieux qui se distribuaient alors sur les frontières de la Flandre. L'intendant du Hainaut, qui avait été chargé de l'enlever, reconnut à la fois son innocence et son mérite, et l'emmena peu de temps après à Paris. Il en sortit bientôt pour aller voir en Hollande le fameux Bayle, dont il partageait le scepticisme philosophique ; et il revint ensuite dans cette capitale, où il se fixa, et mourut le 18 avril 1710, âgé d'environ 60 ans. Lainez avait des connaissances variées, étendues et même profondes. Il possédait parfaitement le grec, le latin, l'espagnol et l'italien; il composa un peme grec à la louange d'Homère. Comme il avait étudié à fond la géographie et les intérêts des puissances de l'Europe, les hommes d'État le consultaient avec fruit sur ces matières. Fort recherché des grands, à cause de sa conversation brillante et instructive, semée de traits vifs et hardis, il ne se contraignait en rien pour eux : son amour pour la liberté allait jusqu'à braver tous les usages reçus. Ami de Chapelle, il avait avec lui de nombreux rapports d'humeur, de caractère et de goûts; comme lui, il aimait passionnément la bonne chère et le vin : mais il savait allier l'étude à la débauche. Un de ses amis le voyant un jour entrer de grand matin à la Bibliothèque du roi, après avoir passé douze heures à table, lui en témoigna son étonnement; il répondit par ce distique, parodié de celui qu'on attribue à Virgile Regnat nocte calix; volvuntur biblia mane, Cum Phcebo Bacchus dividit imperium. Il était fier et même vain de son mérite. Un académicien célèbre lui demandait pourquoi il ne cherchait point à etre de l'Académie : Eh I mes- sieurs, réponditil, qui est- ce qui serait rotre juge? La galanterie, la malice ou le vin lui inspiraient souvent des vers; il se bornait à le,; réciter, et quand on lui en demandait des copies, il disait Est- ce que j'écris, tnoi? Cette manie, où il entrait peut-être plus de calcul que d'indifférence, est cause qu'on n'a pu recueillir qu'un petit nombre 4e ses pièces de vers : elles ont été imprimées, 1755 la Haye , par les soins de Titon du Tillet ; il y a dans toutes du naturel, de la facilité et de l'esprit , quelquefois de la grâce, de la vivacité dans le tour et de la poésie dans l'expres- sion. La plus célèbre est celle qui commence ainsi Le tendre Apelle un jour, dans ces jeux si vantés, etc. Cette épigramme, moins souvent citée, donne encore mieux l'idée de son tour d'esprit original et piquant : Je sens que je deviens puriste; Je plante au cordeau chaque mot; Je suis les Dangeaux à la piste Je pourrais bien n'être qu'un sot. Voltaire a fait à Lainez l'honneur de lui consacrer un article dans son Catalogue des écrivains du siè- cle de Louis XIV : o C'était, ditil, un poëte singu-« lier, dont on a recueilli un petit nombre de « vers heureux
  • Alexandre LAUTH( 1803 - 1837) : fils du précédent, professeur de physiologie à la faculté de médecine de Strasbourg, naquit dans cette ville le 14 mars 1805. 11 reçut sous les yeux de son père une éducation littéraire trèssoignée, s'adonna aux beauxarts, à l'étude des langues anciennes et modernes et apporta dans ces divers t ravaux cette constance, cette ténacité d'esprit qui plus tard ont contribué à le ranger parmi les premiers savants de l'époque. La carrière qu'il devait parcourir était toute tracée; il marcha sur les pas de son digne père. Aussi, après avoir terminé sa philosophie, s'empressatil de suivre les cours de la faculté de médecine. Il s'adonna surtout à l'anatomie. 11 consigna ces nombreuses recherches dans une thèse remarquable qu'il soutint sur la structure, éludes, usages des vaisseaux lymphatiques. Reçu docteur, et riche de différentes connaissances, il entreprit plusieurs voyages scientifiques, parcourut successivement l'Allemagne, l'Angleterre, la Suisse et la Hollande, contrées dont il savait écrire et parler toutes les langues. 11 s'arrèta surtout à Paris, à Londres, à Édimbourg, à Vienne, à Berlin, à Goettingue, à Heidelberg , et trouva dans chacune de ces villes des admirateurs de son beau talent d'anatomiste, et des savants dont il devint bientôt l'ami. De retour à Strasbourg, il ne se livra pas à la médecine pratique. Doué d'une volonté ferme, d'un jugement sûr et profond, d'un grand esprit d'investigation , d'une habileté extrême dans les dissections, les vivisections et les recherches microscopiques, il possédait à un degré éminent toutes les qualités qui font l'anatomiste et le physiologiste. Il avait de plus à sa disposition une immense bibliothèque que lui avait léguée son père, et qui avait été accrue par lui à grands frais. La faculté de médecine se hàta de se l'attacher d'abord comme prosecteur, puis comme chef des travaux anatomiques , et enfin comme agrégé. La chaire de physiologie ayant été mise au concours, il se présenta dans la lutte et fut vaincu par un concurrent moins savantque lui , mais professeur plus brillant et dialecticien Plus serré. Cette défaite , loin de le décourager, fut pour lui un puissant aiguillon , et quelques mois plus tard la même chaire se trouvant encore vacante , il fut élu , pour la remplir, aux acclamations unanimes des élèves et des juges. Malheu- reusement il ne jouit pas longtemps de ce triom- phe ; à peine putil faire quelques leçons du cours qui lui était confié; une extinction de voix complète, symptôme concomitant de la phthisie pulmonaire dont il portait le germe , l'arracha du fauteuil académique. Il succomba en 1837. On a de lui : 1. Essai sur les vaisseaux lymphatiques, dissertation soutenue le 15 mars 1824. 2.411émoire sur les vaisseaux lymphatiques des oiseaux, inséré dans les Annales des sciences naturelles , t. 3 5 planches, Paris, 1824. Lauth, le premier, donna une description détaillée et complète de ces vaisseaux, et indiqua les particularités qui caractérisent leur système dans les oiseaux. 50 Description des matrices biloculaires et bicornes conservées au musée de la faculté de Strasbourg, mémoire inséré dans le Répertoire d'anatomie et physiologie de Breschet, Paris, 489.0, t. 5, p. 178, 3 planches. 40 Manuel de l'anatomiste, Strasbourg, 1829, 1 vol. 2. édition, Strasbourg, 1855, avec 7 plan.. ches. Une édition allemande a paru par livraisons à Stuttgard, 1835 à 1836, 2 vol. avec 11 planches. Ce guide mérite, sous tous les rapports, les éloges qui lui ont été accordés. 5. moire sur la mélanose, avec planches . La substance de ce travail a été publiée dans le plie- mier. volume de l'Anatomie pathologique de Lobstein. 6 Mémoire sur divers points d'anatomie, inséré dans les Mémoires de la société d'histoire naturelle de Strasbourg l8O, t. ler, avec une planche Ce mémoire traite de la disposition des ongles et des poils. A ce travail sont jointes des notes 1. sur le muscle tenseur de la membrane antérieure de l'aile des oiseaux , qui, étant formé en grande partie d'un tissu élastique , maintient le membre dans l'état de flexion qui lui est naturel; 2. sur les artères des villosités intestinales; 3. sur les valvules dans les veines cardiaques du cheval; 4. sur les lymphatiques de la tunique interne du coeur du cheval ; 5. sur les variétés observées dans . les muscles de l'homme ; 6. sur la cholestérine contenue dans un kyste qui avait pris naissance dans l'ovaire d'une vieille femme; 7. enfin, Sllr la coloration de la face due à une stase dans les ca- pillaires veineux. r Recherches d'anatomie fine. consignées dans la dissertation de M. Varren- trapp . Lauth est allé', pour ce qui concerne l'anatomie du testicule, plus loin que tous ses devanciers, dont il a rectifié les idées et corrigé les erreurs. 9. Anomalies dans la distribution des artères de l'homme . 100 Variétés dans la distribution des muscles chez l'homme , mémoire faisant suite au précédent . 11. Du mécanisme par lequel les matières ali- mentaires parcourent leur trajet de la bouche à l'anus, dissertation in40 de 99 pages, Strasbourg, 1835. 12. Remarque sur la structure du larynx et de la trachée- artère, avec planches, Strasbourg, 1835. 13° Exposition et appréciation des sources des con- naissances physiologiques, dissertation,Strasbourg, 1856. Lauth range ces sources sous quatre chefs, savoir : 1. anatomie humaine et observation de l'homme à l'état de santé; 2. pathologie, anato- mie pathologique; 3. anatomie et physiologie comparées; 4. vivisections. 14. Enfin , un très- grand nombre d'articles publiés dans le Répertoire d'anatomie de Breschet, les Archives médicales de Strasbourg, le Bulletin universel de Férussac, le Journal de l'Institut et les Archives générales de médecine. Quand la mort est venue surprendre Lauth, il travaillait sans relàche à réunir les matériaux d'un traité complet de physiologie destiné à combler en France une lacune qui se fait vivement sentir; malheureusement ce travail est resté inachevé. — LAUTH , frère alné du précédent, naquit à Strasbourg le 9 mars 1793, fut docteur en médecine et prosecteur de la faculté de cette ville , où il mourut le 17 avril 1817. On a de lui : 10 Précis d'un voyage botanique fait en Suisse, Strasbourg, 1812 2. Spicilegium de vena cava superiore, ibid.,1815 C'est la thèse qu'il soutint pour obtenir le doctorat
  • Alexandre LEHMANN( 1814 - 1843) : voyageur russe, né à Dorpat le 18 mai 1814. Son père était un habile médecin. Il fit ses études à l'université de sa ville natale, se livra aux sciences naturelles, et explora la Livonie, la Finlande et les îles voisines. Il en rapporta de riches collections. Lehmann accompagna en 1837 M. E. . A. M—Y
  • Alexandre LEIGHTON( 1587 - 1644) : né à Edimbourgen 1587, fut depuis 1603 jusqu'en1613, professeur de philosophie morale à l'université de cette ville : il donnait des leçons publiques à Londres, lorsqu'en 1629, ayant composé deux ouvrages intitulés, l'un , Défense de Sion , l'autre , le Miroir de la gurrre sainte, il fut arrèté comme ayant attaqué l'autorité royale et l'Eglise établie, se vit traduit devant la chambre étoilée , et condamné à avoir le nez fendu, les oreilles coupées , à ètre fouetté une fois, de Newgate à Aldgate , et une seconde fois à Tiburn; après quoi devait étre emprisonné pour la vie. Leighton parvint à s'échapper avant le jour fixé pour l'exécution de la sentence; mais, repris dans le comté de Bedford, il fut ramené à Londres, où il subit son jugement avec des circonstances d'une cruauté raffinée. Après onze ans de prison, il fut mis en liberté, en 16-10, par le long parlement, et nominé gardien du palais épiscopal de Lambeth , dont ou avait fait une prison d'État; il y mourut, en 1641, après ètre tombé en démence par suite des souffrances qu'il avait endurées
  • Alexandre LENOIR( 1762) : archéologue, naquit à Paris le 26 décembre 1762. Après avoir fait de brillantes études au collége Mazarin , il se livra à la culture des beauxarts, et de la peinture en particulier, sous la direction de Doyen , peintre du roi. La révolution de 1789 le fit antiquaire. La suppression des maisons religieuses avait laissé sans gardiens et sans défenseurs un grand nombre de monuments sacrés. Plusieurs déjà avaient été détruits par la fureur populaire. Alexandre Lenoir conçut alors et, sur la proposition de Bailly., fit adopter par l'assemblée nationale le projet de les réunir dans un seul dépôt. Il fut chargé, avec les membres de la commission des monuments, d'enlever des biens nationaux ecclésiastiques ou séculiers tous les objets d'art dignes d'être conservés, et le couvent des PetitsAugustins fut mis à sa disposition , le 8 octobre 1790. Lenoir ne s'effraya ni des difficultés , ni des dégoûts, ni des dangers que présentait sa mission. Tout en- tier à son oeuvre, il parvint à sauver presque tous les monuments qui décoraient les églises et les monastères de la capitale. Le récit qu'il fait luiineine de l'exhumation du corps de Richelieu, qui était à la Sorbonne , nous donne une idée à la fois de son zèle et du vandalisme révolutionnaire qui s'attaquait jusqu'aux cendres des morts. ‹, En 1793, ditil , j'ai sauvé ce mausolée comme par miracle, et non sans avoir reçu plusieurs a blessures des soldats révolutionnaires, qui le frappaient à coups de baïonnette. Un des co et des sarcophages de forme antique, composés par Lenoir, dans leseels il avait recueilli les dépouilles mortelles de Turenne , de Descartes, de Molière , de la Fontaine et de Boileau. Il alla luiméme exhumer à NogentsurSeine les restes d'Héloïse et . En 1800, Lenoir fut chargé des travaux d'une succursale du musée des inomimeras français que le gouvernement voulait établir au jardin de Mousseaux. Mais le 18 décembre 1816, le musée des PetitsAugustins et sa succursale furent supprimés. Cette mesure qui, en dispersant cette belle et riche collection, occasionna la perte de tant d'objets précieux , brisés dans le transport et non remis en place, ne fut avouée par personne. Ce n'est pas moi, disait « Louis XVIII en voyant les dessins des salles « de l'ancien musée, ce n'est certainement pas « Woi qui ai donné ces ordreslà. » Le domaine des PetitsAugustins ayant été consacré à l'Ecole des beauxarts, les monuments religieux furent rendus a leur première destination, et les tombeaux des rois transportés à StDenis par les soins de I,enoir, nommé administrateur des Lilonuinents de l'église royale. Il s'occupa une seconde fois Ce monument a été transporte en 1816, avec quelques autres, au cimetière du PéreLutiaise, monuments des art. t réunis au dépdt national, rue des Petits- Augustins, Paris, 1793 Celle notice a été réimprimée et augmentée plusieurs fois jusqu'en 1815. e Collectiou des monuments de sculp- ture réunis au musée, Paris, 1798 20 planelles. 3. Rapport historique sur le chéal, au d' , Paris, 1800 fig.; 4. Musée des monuments français Paris, 1804, 8 vol. ornés de 294 planches gravées an trait. Un volume a paru séparément sous ce titre: Histoire de la peinture sur verre, et description des vitraux anciens et modernes, pour servir à l'histoire de l'art relativement à la France. Paris, 1804 Cet ouvrage, un de ceux auxquels l'auteur a travaillé avec le plus de soin, est important à consulter pour bien connat- Ire nos monuments nationaux. Lenoir y démontre que l'architecture improprement appelée go- thique est (l'origine saracinique, qu'elle a été introduite en France à l'époque des croisades. 5.‘ Vouveaur essais sur lei hiéroglyphes, Paris, 1809- 1822, 4 vol. avec 75 planches. L'auteur était allé étudier cette science en Égypte, et il la développe dans cet ouvrage avec une critique saine et éclairée. 6° Nouvelle collection d'arabesques, Paris, 1810 7° Histoire des arts en France, prouvée par les monuments, avec 194 planches et le portrait de l'auteur, Paris, 1810 On trouve dans cet atlas de curieux détails sur l'origine des Gaulois, sur leurs usages, leurs costumes; mais, comme les autres ouvrages de Lenoir, il laisse à désirer plus d'ordre, plus (le méthode, et parfois une exactitude plus scrupuleuse. 8° Explication d'un monument égyptien arec gravures, Paris, 1813, in -80 ; 90 La franc- maçunnerie rendue à sa vérituble origine, ou l'Antiquité de la frauc- maçonni rie prou- vée par l'explication des mystères anciens et mo- dernes, Paris, 4814, 5 vol. avec planches. Cet ouvrage, curieux par ses détails, est la rédac, lion d'un cours fait par Lenoir en 1811 à la prière de ses confrères de la mère loge écossaise; il a valu à son auteur des articles pleins d'aigreur, imprimés dans les Débuts de février 1815 et qu'on suppose avoir été écrits par Hoffmann. 10. Mé- moire sur la sépulture d'Héloïse et d'Abailard, Paris, 815 11. Considérations géiiérales sur les sciences et les arts, Paris, 1816 12° Ré- flexions sur les peines infligées aux suicides. Disser- tation sur quelques divinités romaines introduites dans les Gaules, Paris, 1816 13° Description historique des statues , bas- reliefs, inscriptions et bustes antiques en marbre et en bronze ; des pe tures et sculptures modernes du musée royal. d'après les dipositions commeneées en '1817 par M. Visconti, et continuées par Al. le comte de Clurar , ornée de 250 gravures pur JI. Devéeia, avec des dissertations sur les arts et les antiquités . Paris, IS20, 140 Atlas des monuments des arts libéraux, méra,,, niques et iudustriels de la France , depuis les Gau- lois jusqu'à nos jours, etc., préeedé d'un Texte ou précis de l'histoire complète des arts libéra- ux, mécaniques et industriels en France, depuis les Celtes
  • Alexandre LEOPARDI( 1400) : sculpteur et architecte, naquit à Venise vers le milieu du 15e siècle. 11 sortait de l'école de Lombardie, et, quoiqu'il soit peu connu hors de l'Italie, les ouvrages qu'il a exécutés dans sa ville natale offrent un tel caractère de perfection et d'élégance, que l'on ne peut concevoir comment tant d'autres sculpteurs moins habiles ont obtenu plus de renommée. Un des monuments les plus remarquables de Venise est dù à son ciseau : c'est le mausolée du doge André Vendramin, érigé dans l'ancienne église des Servites. Ce monument, aussi admirable par la beauté de l'architecture que par la perfection de la sculpture, est enrichi d'un grand nombre de statues et de basreliefs de la main de Leopardi, excepté deux figures d'Adam et d'Éve, qui sont dues à Tullio Lombardo, sculpteur également habile de cette époque : le travail du premier est remarquable par la simplicité et le goût. Ce n'est point la fierté de l'école florentine; c'est un style plus simple et plus gracieux, et qui semble le type de celui qu'adoptèrent parmi nous Jean Goujon et Germain Pilon. On est frappé de l'analogie qui existe entre les basreliefs de ce mausolée représentant des enfants jouant avec des animaux marins, et ceux du même genre qui ornent la fontaine des Innocents à Paris. Les statues de petite proportion qui sont placées autour du sarcophage semblent, par l'invention et la perfection du travail , avoir été copiées d'après les pierres antiques les plus parfaites : les ornements d'architecture sont de mème d'un excellent goût. Ce monument n'avait jamais été gravé; et l'on a l'obligation de le connattre à M. le chevalier Cicognara, qui en a inséré le trait dans son Histoire de la sculpture materne il suffit pour montrer à quel point de perfection ce bel art s'était élevé à Venise. C'est encore à Leopardi qu'on doit les trois piliers de bronze de la place StMarc , sur lesquels étaient arborés les étendards de la république : l'élégance et la justesse des proportions y sont également admirables. C'est Leopardi qui fondit la statue équestre en bronze du général Colleoni , dont le modèle avait été exécuté par André da Verocchio. Il fit en outre le piédestal de cette statue , et cet ouvrage a toujours été regardé comme le plus parfait modèle de ce genre. On peut en voir le plan , l'élévation et les détails dans l'ouvrage intitulé le Fabbriche L'ene. iane illustrais e misurnie. On a reproché à Leopardi d'avoir voulu s'approprier entièrement l'ouvrage, en gravant sous le ventre du cheval l'inscription suivante Alexander Leopardus fedi opus, qu'il recouvrit de bitume , afin qu'au bout de quelque temps, la pluie et le soleil faisant disparattre l'enduit, l'inscription reparût : c'est une erreur. L'inscription placée sous le ventre du cheval ne porte pas le mot fecid ; il n'y a que la lettre P. qui signifie î aussi bien fudit que fecit , et une preuve que jamais il n'a voulu s'approprier ce bel ouvrage, Lidiest que, dans l'épitaphe qu'il fit placer lui- riltième sur son tombeau, il ne se reconnalt que , comme l'auteur du piédestal, disant en propres termes : Boriliolomcei Colcei statuer basic opifex. Leopardi avait été chargé, conjointement avec Antoine Lombardo, de la construction de la chapelle Zen , dans l'église StMarc. Des envieux cherchèrent à lui susciter des dégoûts : on le remplaça par d'autres artistes; mais l'ouvrage resta suspendu jusqu'à ce qu'enfin Pierre Lombardo le Vieux fût chargé de la direction des travaux. Outre les ouvrages qu'on vient de rapporter, Leopardi en avait exécuté pour différents particuliers et pour des établissements qui n'existent plus un grand nombre de moins importants : quoiqu'il n'y eût pas mis son nom , l'empreinte de son talent s'y remarque toujours, et ils n'ont pas cessé d'ètre recherchés , comme les restes précieux de la perfection des arts à Venise dans le Ib's siècle. Il mourut dans cette ville en 1510 et fut enterré dans le cloltre de SteMarie dell' Orto
  • Alexandre LINOWSKI( 1763 - 1821) : 11e politiiitie po- louais, né vers 1763. Appartenant à une famille 111! noble et influente de la Pologne, il fut député jeune encore à la diète constitutionnelle de 1789. Fermement attaché aux principes de l'indépendance nationale , il s'opposa à la fois aux ennemis du dehors et à ceux qui compromettaient au dedans la cause polonaise. 11 prit une part active à la rédaction de la constitution du 3 mai. L'insurrection à la tête de laquelle s'était placé Kosciuszko, trouva dans Linowski un adhérent courageux, et il lui prêta l'appui de sa parole et de sa plume. Il publia à cette époque diverses brochures en faveur du rétablissement de la Pologne. Le démembrement de ce royaume affligea le patriote, qui se retira complétement de la vie publique et ne revint aux affaires qu'en 1806, alors que le triomphe des arillées françaises semblait promettre aux Polonais la restauration de leur unité et de leur patrie. Linowski fut nommé conseiller (l'État, et il s'occupa activement de la réorganisation administrative de la Pologne. 11 se flattait de voir rétablie dans son ancienne splendeur la couronne des Jagellons, et pour ce motif il avait épousé chaudement la cause de Napoléon. Mais, déçu dans ses espérances par le conquérant qui leurrait ses compatriotes par de vaines promesses du rétablissement de leur nationalité, Linowski ne tarda pas à comprendre que la Pologne n'avait rien à attendre de l'Empereur. La création du grandduché de Varsovie était la meilleure preuve que Napoléon ne songeait pas sérieusement à rendre aux Polonais leur autonomie. Aussi lorsque la Russie se fit attribuer, après 1815, le royaume de Pologne, l'ancien conseiller d'État acceptatil des fonctions sous le nouveau régime, et il fut nommé directeur de la police. C'était une tache difficile pour un esprit libéral, puisque les tendances de la Russie se montraient manifestement hostiles aux libertés publiques. Linowski ne tarda pas à résigner ses fonctions et il se borna à siéger au sénat. 11 devint dans cette assemblée un des orateurs les plus éloquents et un des chefs de l'opposition. Mais les divisions intestines entre les hommes importants du pays, qui avaient ouvert la porte aux étrangers et donné ainsi le prétexte du démembrement, subsistaient encore au sein de la diète polonaise. Quoique animés par des sentiments également patriotiques, les députés qui la composaient étaient séparés par des rivalités personnelles dont les effets furent déplorables. C'est ainsi que Linowski et Koltontay se firent pendant la durée de cette diète une guerre acharnée, qui amena entre eux une haine implacable. Linowski a vainement tenté de se justifier dans une lettre, qui n'est qu'un témoignage de plus de l'esprit frondeur et difficile de la noblesse polonaise. Cet homme politique est mort en 1821
  • Alexandre MARCELLO : frère du précédent, cultiva la musique et la poésie. Il a publié à Ve- nise en 1708, sous le nom académique d'Eterio Stifnadieo, douze petites cantates à une voix avec basse continue, qui se distinguent par la noblesse du chant. On a aussi gravé à Augsbourg en 1737, douze solo de sa composition , pour violon. Il mourut en 1750
  • Alexandre MARCET( 1770 - 1822) : médecin et chimiste, naquit à Genève en 1770. Fils d'un riche négociant , il était destiné à suivre la profession paternelle, bien qu'il manifestât une aversion prononcée pour le commerce. Ce ne fut qu'après la mort de son père qu'il put se choisir une autre carrière. Il étudia d'abord le droit, mais les événements de la révolution de France l'obligèrent à quitter momentanément sa patrie. Il partit pour l'Angleterre avec son ami Th. de Saussure, et revint l'année suivante à Genève, où deux partis rivaux, les démocrates et les patriciens, se dispu- taient avec acharnement le pouvoir. En 1792, lorsque Genève fut assiégée par les troupes fran- çaises , sous les ordres de Montesquiou , Marcet, officier dans la milice urbaine, lit preuve d'antipathie contre le parti démocratique; or, ce parti étant devenu dominant, Marcet , à son retour, fut arrèté pour rendre compte de sa conduite. Grâce au 9 thermidor, dont le contrecoup s'étendit jusqu'à Genève, il ne fut condamné qu'à une année d'arrêts dans son domicile , peine qu'il lit commuer bientôt en cinq ans d'exil. C'est alois qu'il se décida d'aller étudier la médecine à l'université d'Edimbourg ; il partit avec M. de la Rive, qui avait été son compagnon de captivité. Reçu docteur en 1797 , il passa d'Edimbourg à Londres, où il dut à ses opinions politiques et à l' de quelques amis d'ètre nommé d'abord médecin du dispensaire de Flinsburg , puis de l'hôpital de Guy , et enfin professeur de chimie dans le même hôpital. Il ne tarda pas à se faire une grande réputation , soit comme praticien soit comme professeur , ce qui lui valut d'être agrégé aux sociétés royale et géologique de Lon- dres. Au retour de l'expédition de Walcheren, il fut envoyé par le gouvernement à l'hôpital militaire de Portsmouth. Atteint par l'épidémie dont furent frappées les troupes anglaises, il courut de grands dangers. Marcet avait épousé la fille unique de M. Haldimand , négociant suisse éta- bli à Londres depuis un grand nombre d'années, et qui laissa en mourant une fortune considérable. Il renonça alors à sa place de médecin de l'hôpital de Guy, ainsi qu'à l'exercice de la médecine , pour se livrer tout entier à la chimie expérimentale. lorsque, après la chute de Napo- léon , Genève fut rendue à son indépendance, Marcet, quoique naturalisé Anglais depuis 1802, s'empressa de rentrer dans sa patrie, où le parti des patriciens l'emportait de nouveau. Il fut ac- cueilli avec la plus grande distinction, et nommé membre du conseil souverain et de l'académie. Après avoir fait, en 1820 et 1821, un voyage en Italie, il retourna à Londres pour ses intérêts privés , et y mourut le 12 octobre 1822, d'une attaque de goutte. La plupart des travaux du docteur Marcet ont été insérés dans les recueils de sciences médicales publiés à Londres, et dans les Transactions philosophiques de 1799 à 1822. Ses meilleurs mémoires concernent : la Nature du chyle et du chyme ; l'usage du stramonium contre les affections rhumatismales ; la pesanteur spécifique et la Y pérature des eaux de la nier dans diverses parties de l'Océan . Marcet a donné à l'Encyclopédie de Rees les articles Platine et Potassium; mais l'ouvrage qui lui fait le plus d'honneur est son ssai sur l'histoire chimique et le traitement médi- al des maladies calculeuses. Cet essai, écrit en anglais, a obtenu plusieurs éditions et a été tra- 1 , par M. J. Rillault , Paris , 1823 11 se dis-; ingue par J'exactitude des observations, sans toutefois des moyens nouveaux de traitement
  • Alexandre MARCHETTI( 1633 - 1714) : célèbre traducteur de Lucrèce , naquit le 17 mars 1633 , à Pon- tormo , ancien château dans la Toscane, d'une noble famille. Il se livra d'abord à son penchant pour la poésie , et avec tant de succès , qu'avant l'âge de dixsept ans il avait composé plusieurs petites pièces fort remarquables, entre autres un sonnet que Crescimbeni a inséré dans l'Istoria della poesia volgare, comme un modèle en ce genre. Soir frère aîné , craignant que le goût exclusif des lettres ne fût un obstacle à son avancement , l'envoya étudier le droit à Florence; mais celuici ne tarda pas à se lasser d'une science qui ne repose qiie sur des autorités, et il alla prendre à Pise des leçons de philosophie. Fatigué d'entendre ses maîtres appuyer leurs raisonnements sur des principes d'Aristote contredits par l'expérience , il était sur le point d'abandonner Pise, lorsque le célèbre Borelli y fut appelé pour professer les mathématiques : les leçons de Borelli et la lecture des ouvrages de Galilée firent faire à Marchetti de rapides progrès dans les sciences ; mais l'attrait qu'avait pour lui la philosophie ne lui fit pas négliger la culture des lettres. En terminant ses cours , il fut nommé professeur de logique , il obtint en 1659 la chaire dé philosophie , qu'il remplit avec éclat pendant vingt années , obligé de lutter sans cesse contre les intrigues des partisans du péripaté- tisme. Il succéda en 1679 à Borelli dans la place de professeur de mathématiques , et s'atta- cha , comme lui , à former de bons élèves : l'Un des plus distingués fut son propre fils Angelo Marchetti, dont on a divers ouvrages. Il eut à soutenir quelques disputes avec Viviani et le P. Guido Grandi , sur des questions qui sont résolues depuis longtemps et qui n'offrent par conséquent plus d'intérêt. Il mourut d'apoplexie au château de Pontormo le 6 septembre 171!s. Marchetti était membre de l'académie della Crusea et de plusieurs autres sociétés litté- raires d'Italie. Ses ouvrages de mathématiques et de physique , fort estimés dans le temps, ont tous été surpassés. Le seul qu'on cite encore quelquefois est le traité : De resistentia solidornin, Florence, 1669 qu'on trouva si beau que l'envie l'attribua à Borelli ; mais ses Traduc- tions d'Anacréon et surtout de Lucrèce assu- rent à Marchetti une renommée durable. La Tra- duction d'Anacréon, imprimée à Lucques, en 1707 fut supprimée par ordre de l'inquisition; mais elle a été reproduite dans le recueil des traductions italiennes de ce poète, Venise, 1736 et séparément , Londres, 1803 Celle du porme de Lucrèce , en vers sciolti , est le plus beau titre de gloire de Marchetti; tous les critiques italiens s'accordent à en louer la fidélité, la précision et l'élégance du style la censure qu'en a faite l'abbé Lazarini porte moins sur la traduction que sur les principes de hi philosophie de Lucrèce ray. Lucaficz.t. cette traduction fut publiée pour la première fois par Paolo Rolli, Londres, 1717, iii-8° ; l'édition d'Amsterdam iParis), 1754, 2 vol. lig., re% tic par Gerbaut , est beaucoup plus belle, mais moins correcte. On fait cas encore de l'édition de Lausanne, 1759 et de celle de Londres, 1779, in4°. Les poésies de marchetti ont été recueillies sous ce titre : Saggio delle rime eroiche, more e sacre, Florence 1704 nouvelle édition , augmenté., et précédée de la Vie de l'auteur, Venise, 1755 i,ISo. Il avait laissé en manuscrit des mélanges de philosophie, de mathématiques et de littérature. parmi lesquels on doit distinguer une traduction in oitaru rima des quatre premiers livres de fi: tu: ide, que les Italiens comparent à la belle traduction d'Annibal Caro , et le début d'un poeme destiné à combattre le système de Lucrèce et que l'auteur se proposait de dédier à Louis XIV. Ce fragment , inséré dans le tome 11 du Giorn ( k' ktterati d'Italia, a été réimprimé avec la traduction française dans le Journal itranger du mois de février 1760. Fabroni a publié la lie de Marchetti dans la 4" décade des Vita Italor. docir. excellent. Les Mémoires de Ni- eeron , t. 6, contiennent son ! doge, tiré du Gior- nale de 'alertai d'Italia, t. 2 I . Zaccaria l'a donné avec beaucoup plus de détails, et enrichi de notes, dans sa Bibliothera Pisloriensis, p. 320- ;136
  • Alexandre MASSARIA( 1510 - 1598) : l'un des médecins les plus savants de son temps , né vers 1510 à Vicence, d'une famille honnète , eut pour précepteur un habile grammairien qui lui fit faire des progrès rapides dans les langues et la littérature anciennes. 11 continua ses études à l'université de Padoue , et , après avoir achevé ses cours de philosophie , il s'appliqua tout entier à la médecine et à l'anatomie , sciences dans lesquelles il eut pour maîtres Fracantianus et le célèbre Fallope. Dès qu'il eut reçu le laurier doctoral , il revint à Vicence, où il pratiqua son art avec beaucoup de succès. Admis à l'académie olympique de cette ville, il se chargea d'y expliquer l'anatomie et le traité des météores d'Aristote. Après avoir secouru sa ville natale dans l'horrible contagion qui la désola en 1576, et qui enleva les deux tiers des habitants , il fut appelé à Venise en 1578 , et céda aux instances de quelques amis , peut-être aussi au désir de paraître sur un plus grand théâtre : il y acquit bientôt une réputation brillante, et, quoique fort désintéressé , amassa des richesses dont il sut faire un noble usage. Il fut nommé en 1587 à la chaire de médecine de l'université de Padoue qu'avait résignée le fameux Mercoriali , et se montra digne de lui succéder. Sa maison était constamment ouverte aux savants , et il leur en faisait les honneurs avec beaucoup de politesse : il était cependant ont été recueillies , Francfort, 1608 et réimprimées plusieurs fois à Lyon , même format. On y distingue : Tractatus de peste, libri duo, Venise , 1579 ouvrage important et le premier dans lequel cette formidable maladie ait été bien décrite . 2° Disputationes dure quorum prima de sropis mittendi sanguinem in febribus; altera de purgations in morborum principio , Vicence , 1598 ; avec des additions, Lyon, 1622 Le Traité de la saignée est regardé comme un chefd'oeuvre. L'auteur y discute trèssavamment les différents cas où elle peut être utile ou nuisible , et appuie tous ses raisonnements de l'observation . 30 Practica medica, seu Prœlectiones academie& , continentes methodum ac rationem cognoscendi et curandi totius humani corporis morbos, etc. ; 4° Tractatus de morbis mulierum. Ce n'est guère qu'un extrait des lectures de l'auteur , et l'ouvrage est peu intéressant. 5° Tractatus quatuor utilissimi, de peste, de alectibus renom et vesicoe , de pulsibus et urinis, Francfort, 1608 ; 4° Liber responsorum et consultationum niedicinalium , Venise , 1613 Riccoboni , l'ami et le confrère de Massaria , a publié une Notice sur sa vie ; mais on en trouvera une plus étendue et plus exacte dans les Scrittori Irieentini , par le P. Angiol Gabriello di S. Maria, t
  • Alexandre MATTEI( 1744 - 1744) : cardinal , naquit à Rein le 20 février 1744, de la famille des princes rit ce nom. Dès sa jeunesse , il prit le goût et l'ha bitude des exercices de piété, entra dans la p lature et devint chanoine de StPierre. Il se pl sait dès lors à catéchiser les enfants dans paroisses, à visiter les malades dans les hôpitaux et à prêcher dans les oratoires et les couvents.1 remplit avec exactitude plusieurs charges publi ques , fut nommé archevêque de Ferrare en 177 et déclaré cardinal en 1782. Son zèle, sa pru dence et sa charité dans l'exercice des fonction épiscopales lui concilièrent le respect et l'attach ment de ses diocésains. 11 tint des synodes . êta blit des retraites et des conférences ecclésiasti ques , et donna l'exemple de la régularité et d la piété. La révolution française avant oblig beaucoup de prêtres à se retirer en Italie, le car dinal Mattei les accueillit en grand nombre, e excita en leur faveur la générosité de son elerg et des habitants. Il défrayait à lui seul plus d trois cents de ces honordbles proscrits. et Cou prêtre français qui arrivait à Ferrare devenait l'objet de sa sollicitude. Il écrivit à plusieurs évêques pour leur offrir un asile. En 1797, lorsque Bonaparte , maitre de la haute Italie , marchait sur Rome, le cardinal Mattei fut chargé de négocier avec lui , et il eut part au traité de Tolentino , qui ne sauva Rome que pour bien peu de temps. Cette capitale ayant été envahie l'année suivante, le cardinal Mattei se vit banni et privé de ses biens. De retour à Rome, après la délivrance de l'Italie, il passa dans l'ordre des cardinaux-évêques , et devint évêque de Palestrine, en conservant jusqu'en 1807 l'administration de Ferrare. En 1804, il tint à Palestrine un synode dont les actes ont été imprimés ; il renouvela les anciens statuts du diocèse et en fit de nouveaux : ce recueil forme un volume , qui parut la même année à Rome. En 1809, le cardinal fut transféré à l'évêché de Porto, auquel est attaché le titre de sousdoyen du sacré collège. La même année , on le força de venir en France avec ses collègues. On ne le laissa pas tranquille à Paris, et Bonaparte l'envoya en exil à Rethel pour ne s'être pas trouvé à la cérémonie de son mariage. On le priva même de ses bénéfices et de ses revenus. Ceux qui l'ont connu en France ont pu apprécier sa douceur et sa piété. Il était continuellement appliqué aux exercices de religion. Le fruit de sa retraite fut un livre de dévotion intitulé Méditations des vérités éternelles pour faire les exercices spirituels suivant la mét h ode de St- Ignare, distribuées en huit jours, qu'il fit depuis imprimer à Rome, 1814 niais sans y mettre son nom. La fin de la persécution ayant permis au pape et aux cardinaux de retourner à Rome , le cardinal Mattei devint évêque d'Ostie et doyen du sacré collège. Il tint encore un synode à Velletri, dont le siège épiscopal est uni à celui d'OsItie. Son àge et sa dignité ne l'empêchaient pas de ' visiter les malades, de prêcher dans quelques congrégations, et d'aller réciter l'office chez les religieux d'Ara rœli , près (lesquels était son palais. Il était nonseulement exact à toutes les cérémonies auxquelles sa place l'obligeait de se trouver , il affectionnait encore des dévotions particulières. Il assistait le 16 avril 1820 à l'office dans la basilique de StPierre, lorsqu'il fut atteint de la maladie qui le conduisit au tombeau le 20 du même mois
  • Alexandre MAUROCORDATO-SCARLATI( 1636 - 1709) : premier interprète de la Porte ottomane, né vers l'an 1636, était fils d'un pauvre gentilhomme de l'île de Scie , nommé Panteli Maurocordato, qui vendait de la soie à Constantinople. 11 prétendait descendre des Scarlati de Gènes ; mais on assure que sa mère était la fille unique d'un Grec nommé Scarlatos qui s'était enrichi dans la fourniture des viandes pour le sérail , sous le règne d'Amurat IV, et qu'avant d'épouser Panteli, elle avait été mariée à Matthieu, prince de Valachie, qui l'avait répudiée à cause de sa difformité. Les parents d'Alexandre l'envoyèrent , à l'àge de douze ans , faire ses études à Padoue. Ses progrès y furent si rapides, qu'au bout de quatorze ans il fut reçu docteur en philosophie et en médecine , et qu'à son retour à Constantino- pie, il professa ces deux sciences dans l'école de l'Eglise patriarcale. Ses succès le mirent en réputation , et tous les grands de l'empire voulurent l'avoir pour médecin ; niais les risques attachés à cette profession, dans le Levant , le déterminèrent à la quitter, et à tirer parti des connaissances qu'il avait de plusieurs langues et des intérêts des divers princes de l'Europe. Ce fut à cette époque qu'eut lieu la prise de Candie. Panagioti , premier drogman de la Porte , étant venu à mourir, le grand vizir ..ülned Kioproli lui donna Maurocordato pour successeur. Le nou- veau drogman , aussi habile et aussi adroit que politique profond , exerça cet emploi lucratif, mais difficile et dangereux , pendant trente années, et fut exposé , sous quatre règnes et sous un grand nombre de vizirs, à toutes les chances de la fortune. Accusé d'avoir fait échouer le siège de Vienne, il fut incarcéré , dépouillé de sa charge et de ses biens , et ne dut sa reintégra- tion qu'à l'incapacité de son successeur. Envoyé, en 1688, auprès de l'empereur Léopold Ier, avec le titre d'ambassadeur , que la Porte n'avait donné à aucun Grec chrétien avant lui, il eut l'adresse de se faire retenir quatre ans prisonnier à Vienne, sous divers prétextes, jusqu'après la mort du grand vizir Kioproli Mustapha, son ennemi déclaré. Il mérita bientôt, par ses talents et sa prudence , la haute réputation qu'il acquit dans toute l'Europe , lorsqu'il parut aux négociations de Carlowitz , en 1699, en qualité de plénipotentiaire, et de conseiller des secrets , titre nouveau qui prouvait l'estime dont il jouissait dans le divan. Le traité de paix fut l'ouvrage de Maurocordato. Il mena cette négociation à tin, en politique adroit, à la satisfaction de toutes les puissances contractantes , comme les valets de Térence ou de Molière auraient conduit une de comédie. On a prétendu qu'il appartenait à la France , qui croyait l'avoir acheté ; mais Maurocordato n'appartenait qu'à luimême : il était seulement, comme lord Lockhart, ambassadeur de Cromwell, le très- humble serviteur des événements. Toutefois, il ne fut point étranger à l'ambition ni à l'orgueil ; et lorsque la paix dc Carlowitz eut mis le sceau à son élévation , il exigea de tous les princes chrétiens le titre d'il- lustrissime. Mais, quelque brillante que fût son existence , elle était fort précaire ; et la révolution qui amena la déposition de Mustapha II . en !7O, aurait entraîné la perte de Maurocordato, s'il n'eût évité cet orage par la fuite. il reparut avec le calme ; et le sultan Achmet lui fit l'accueil que méritait un des hommes les plus utiles à l'empire. La vieillesse d'Alexandre Maurocordato s'écoula en paix , au sein des richesses et de la grandeur ; il mourut dans le, bras de ses deux filsNicolas et Jean , à la fin de 1709. Pendant sa longue et pénible carrière, il trouva le temps de faire beaucoup de bien à ses compatriotes, et d'encourager les lettres, qu'il cultiva même avec succès. Il établit à Constan-, tinople un collége, pour conserver le goût de la littérature grecque. Parmi un grand nombre d'ouvrages qu'il a composés , deux seulement ont été publiés : Instrumentum pneumaticum circulandi sanguinis, sire de motu et usu pulmonum, Bologne, 166!1, et Francfort, 1665 Livre rare , quoique souvent réimprimé en Italie , en Hollande et en Allemagne. 9..° Histoire sacrée, en grec, imprimée à Bucharest, 1716 par les soins de son fils Nicolas, et précédée de son éloge par dom Jacob, et d'une préface. Il a laissél en manuscrit une Histoire romaine , en 3 volumes ; — des Mélanges de philosophie et de littéra- ture ; — des Lettres familières ; — des Préceptes de droit civil ; et un livre sur la Paix, adressé aux Allemands. 11 a traduit en turc, avec le secours d'un jésuite français de Scio, l'Atlas de Blaeuw , en 19. volumes. Ses Mémoires sur les empereurs turcs ont été publiés par Lacroix dan son Etat de l'empire ottoman, 1696 , Tour- nefort nous apprend que la physionomie de Mau- rocordato annonçait son génie et son mérite : que ses connaissances égalaient ses talents diplomatiques ; et que cet homme célèbre , sans contredit le plus savant médecin de Constan- tinople , confessait de bonne foi la supériorité des Européens dans la médecine et la bota- nique
  • Alexandre MAZAS( 1795 - 1856) : littérateur français né vers 1795 , se destina d'abord à la carrière militaire. Entré au service en 1808, il fit les campagnes d'Espagne , assista à la bataille de Leipsick et aux dernières luttes de l'empire. Il avait le grade de lieutenant au moment de l'abdication de l'empereur ; il se rallia sans arrièrepensée au gouvernement des Bourbons, et même pendant les centjours suivit Louis XVIII à Gand. En 1820, il lit ses débuts dans la carrière des lettres en publiant un Carnet historique et chronologique pour servir à l'histoire de France, d'Angleterre , magne et des papes , Paris qui eut un certain succès. Peu après , il fut nommé bibliothécaire à l'Arsenal, et il devint en mème temps secrétaire du baron de Damas, gouverneur du duc de Bordeaux. Révoqué de ses fonctions après 1830 pour refus de serment au gouvernement de LouisPhilippe il consacra dès lors son temps à la littérature jusqu'à sa mort, arrivée à Paris le 5 février 1856. Outre l'ouvrage cité plus haut, on doit à Mazas : 10 Fie des grands capitaines français du moyen àge , pour servir de complenict à I' histoire générale de la France des P2e , ii" et 15e siècles, Paris, 1828 - 1829, 7 tomes en 8 parties ; 3' édit. , 1845, 5 vol. ouvrage recommandable au point de vue historique. L'auteur avait visité les divers lieux témoins des batailles racontées dans son livre. 2" St- Claarl, Pa is et Cherbourg , ménzoires pour servir à l'histoire e la révolution de 1830, Paris , 1832 iux éditions la même année. On y trouve di--4's faits et documents curieux. 3° Cours d'his- ire de France, depuis les temps antiques de la Gaule squ'à la restauration, Paris, 1834-1836 , 4 vol. 1-8° ; 4e édition, 1846 ; 4. le Dernier des Babas- ens, Paris , 1843 ; 5. les Hommes illustres l'Orient, rangés par ordre chronologique depuis établissement de l'islamisme jusqu'à Mahomet II, conquérant de Constantinople, Paris, 1847, 2 vol. 1-8.; 6. le Languedoc, la Provence et la Guienne, iris, 1850-1852, 2 vol. C'est la descrip- on historique de ces provinces. 7° Histoire de la égion d'honneur, Paris, 1854
  • Alexandre MÉDICIS : tyran de Florence, où \Tarai et Brantkne rapportent qu'il tint luiméme la bou- gie pendant qu'on lui coupait la jambe, en disant Coup,: har- diment, il n'est besoin de personne pour me tenir; et ils ajout,ut l que le duc de Mantoue était présent, le'. Il régna de 1530 à 1537, est souvent désigné comme premier duc de cette \ ille. Cependant il ne portait que le titre de duc de Citta di Penna. / La naissance de cet enfant illégitime est très-équivoque : on le fit passer pour fils de Laurent, due d'Urbin , et d'une esclave moresque ; d'au- tres disent qu'il était fils du cardinal Jules de Médicis, qui fut ensuite Clément VII. Lorsque ce dernier fut élevé au pontificat, en novembre 1523, il confia l'éducation d'Alexandre et celle d'Hippolyte , fils de Julien II de Médicis , à deux 1 Florentins , Rocco Ridolfi et Jean Corsi ; en même temps le pape députa le cardinal de Cortone pour être régent de la république florentine au nom de ces deux enfants, auxquels on donnait le titre de Magnifique; mais le cardinal de Cortone, Silvio Passerino , créature de Léon X , était un homme dur et sans adresse : toujours irrésolu et f dépendant de Rome, d'où il attendait tous les ordres, il mécontenta extrêmement les Florentins ; tandis que Nicolas Capponi, d'accord avec les Strozzi , les Guicciardini et les Salviati , s'ef- forçait de rendre la liberté à sa patrie. A cette épo- que Jean de Médicis fut tué en 1526 près de Mantoue ; et ce redoutable général, chef de la seconde branche de la maison de Médicis , fut enlevé au pape au moment où l'attaque des Espagnols et du connétable de Bourbon le lui rendait plus nécessaire, et où quelques tumultes à Florence indiquaient déjà dans quelle défaveur les Médicis y étaient tombés. Rome fut prise le 6 mai 1527 par l'armée que le connétable de Bourbon avait conduite jusqu'alors : tout le parti de Médicis fut effrayé de cette catastrophe ; dès le 17 mai , le cardinal de Cortone sortit volontairement de Florence avec le cardinal Cibo , et Hippolyte et Alexandre de Médicis ; ils laissèrent ainsi le peuple en liberté de donner une forme nouvelle à son gouverne- rn eut. Après leur départ , le premier décret des onseils florentins fut dicté par la reconnaissance vers la maison de Médicis qui leur rendait la ' herté. Plusieurs exemptions et privilèges furent tccordés à ses différents membres ; mais cette disposition des esprits ne dura pas longtemps la jalousie des familles rivales et d'anciennes haines se développèrent, et la conduite des Florentins fit connaître leur aversion et leur mépris - pour le pape. Clément VII, de son côté, plus cm- pressé de se venger des Florentins que de ma l'honneur de l'Eglise si grièvement offensé par CharlesQuint, signa, le 9.9 juin 1529, une ligue avec l'empereur, d'après laquelle il fut convenu que les Médicis seraient rétablis à Florence dans le rang qu'ils occupaient précédemment, et qu'Alexandre, reconnu pour chef de sa famille et de la république , épouserait Margue-. rite d'Autriche , fille naturelle de CharlesQuint. Le 5 août suivant, François Ier fit la paix avec l'empereur, et les Florentins perdirent ainsi l'espérance qu'ils avaient conservée jusqu'alors d'être protégés par un des monarques rivaux s'ils étaient attaqués par l'autre. Philibert, prince d'Orange, fut chargé par le pape et l'empereur de commander l'armée destinée à rétablir les Médicis dans leur patrie ; elle était composée de 8,000 fantassins allemands ou espagnols et de 10,000 Italiens. Philibert se présenta devant Florence à la fin d'octobre {59, et il entreprit aussitôt le siège de cette ville : les Florentins déployèrent dans leur défense plus de valeur qu'ils n'en avaient encore montré en aucune occasion. Après neuf mois de combats , le prince d'Orange fut tué le 2 août 1530 , en livrant bataille à un corps d'armée qui descendait des montagnes de Pistoia pour faire lever le siège. Ce corps d'armée n'en fut pas moins défait; et les Florentins se virent enfin forcés de capituler avec don Ferdinand de Gonzague qui avait succédé à Philibert. La ville fut ouverte le 12 août 1530 à ce général impérial ; elle consentit à payer quatrevingt mille ducats à l'armée victorieuse, et à se soumettre au gouvernement que l'empe- reur et le pape , de concert, lui donneraient dans , l'espace de quatre mois , sans préjudice de sa liberté. Le pape, avant que cette nouvelle constitution fût publiée , fit mettre en jugement ceux ries Florentins qui avaient le plus contribué à l'expulsion de sa famille ou au maintien de la liberté. Cependant il ne laissait encore aucun des Médicis rentrer à Florence. Clément VII , qui depuis quelque temps seulement ressentait une ; affection beaucoup plus tendre pour Alexandre, s'était déterminé à le préférer au cardinal Hippolyte de Médicis , quoique celuici par son âge, ses talents et sa naissance même , moins honteuse que celle d'Alexandre, parût être le chef naturel de la famille . Clément avait récemment décoré Alexandre du titre de duc de Citta de Penna ; et il l'avait ensuite envoyé auprès de CharlesQuint pour gagner sa faveur. 11 obtint enfin le diplôme impérial qui devait fixer la constitution de Florence. Ce décret, daté du 8 octobre 1530 , ne fut porté à Florence et publié dans les conseils de la république que le 6 juillet , 1531. Le duc Alexandre fut déclaré chef et pré-' vôt de la république florentine : comme tel , on lui donna le droit d'intervenir à tous les conseils ; et cette prérogative devait être transmise dans sa , famille par ordre de primogéniture. Le diplôme impérial réservait aux Florentins la même liberté ' et les mêmes priviléges dont ils avaient joui depuis 1/k3& sous la présidence des Médicis. Ainsi Alexandre n'était point déclaré d'une ville de l'Etat ecclésiastique , et il ne devait jouir dans sa patrie que d'une autorité limitée : mais cet arrange- Il était né à Urbin en 1511, fils naturel de Jules II de Médicis, duc de Nemours, et fut fait cardinal par Clément VII le 11 janvier 1529. Il cultivait les lettIr et a laissé quelques vragcs : sa traduction en vers libres italiens du 2e livre de PE- néide est insérée dans les Opere da diversi autori tiadcAli, publiés par L. Domenicbi, Florence , 1556, _ ment ne contentait point l'ambition de ce jeune prince ni celle du pape. Après de longues intri- gues dirigées par Clément VII , et souvent croi- sées par le cardinal Hippolyte qui était trèsjaloux. de son cousin , l'ancien gouvernement florentin fut aboli par de prétendus représentants des Florentins euxmêmes : Alexandre fut déclaré, au mois d'avril 1532, doge ou duc de la répu- blique , et deux conseils composés uniquement de ses çréatures furent désignés pour l'aider dans l'administration. Dès lors, le duc Alexandre op- prima sa patrie de la manière la plus tyrannique. Il désarma le peuple entier, sans distinction d'amis ou d'ennemis ; il éleva une forteresse pour commander la ville ; il multiplia les sentences d'exil , les condamnations et les confiscations de biens. Le seul frein qui lui restât encore lui fut bientôt ôté par la mort de Clément VII, survenue le 25 septembre 153P1. Cette mort aug- menta sa défiance et sa cruauté, parce qu'elle rendait ses ennemis plus puissants. Celui qu'Alexandre redoutait le plus était le cardinal Hippolyte qui , aimé des gens de lettres parmi lesquels il tenait luimême un rang distingué, généreux , affable , attaché à sa patrie, avait en même temps du crédit à Rome et à la cour de l'empereur. Tous ceux que le duc exilait de Florence recouraient à lui. Sa maison à Rome servait d'asile à toutes les victimes de la tyrannie ; et luimême il ne se lassait pas d'implorer pour sa patrie la protection de l'empereur. Il apprit enfin que CharlesQuint allait passer en Afrique pour faire la guerre à Khaïreddyn Barberousse : il résolut d'aller l'y joindre ; et comme il s'était déjà mis en route , il fut empoisonné à Itri le 10 août 1535 par ordre de son cousin Alexandre. On assure que celuici fit aussi mourir sa mère par le poison , pour qu'elle ne demeurât pas plus longtemps un témoignage de la bassesse de sa naissance. Après ces crimes, il laissa un libre cours à ses penchants les plus bas et les plus vicieux , et il souilla l'honneur et la couche des plus illustres de ses sujets par son incontinence. Tandis que tel était l'indigne déportement du bâtard des Médicis , la branche légitime issue du frère de Cosme l'Ancien s'était divisée en deux rameaux. Dans l'un, Jean dit le GrandDiable dont nous avons parlé , avait laissé à sa mort un fils nommé Cosme , d'un caractère sévère , profond et dissimulé , qui semblait appartenir à l'Espagne plutôt qu'à l'Italie. Nous le verrons bientôt successeur d'Alexandre. Dans l'autre, PierreFrançois de Médicis avait un fils désigné, à cause de sa petite taille , par le nom de Lorenzino. Son visage était pale , son caractère mélancolique ; mais son esprit ardent avait été nourri par l'étude des anciens, par l'éloquence et la poésie. il avait écrit une comédie intitulée Aridosio , qu'on plaçait alors au rang des meilleurs ouvrages du siècle ; mais bien plus L'édition de Venise, Paganini, sans date passe dévoué à l'étude de la politique qu'aux lettres, il se passionnait d'admiration pour les héros qui dans l'antiquité avaient délivré leur patrie de la tyrannie. Il résolut de les imiter ; et , pour s'ap- procher du duc Alexandre, il se plongea comme lui dans la débauche et la dissipation ; il se rendit le ministre de ses plaisirs, et il réussit tellement à le captiver que le duc fit de Lorenzino son unique conseiller et son compagnon. Ce dernier, déterminé à tuer le tyran , se croyait assuré que dès qu'Alexandre ne vivrait plus , les Florentins, aidés par leurs émigrés, sauraient bien recouvrer leur liberté. Il ne voulut donc confier son projet à personne , et il ne compta que sur son bras pour l'exécuter. Le 6 janvier 1537 il invita le duc à se rendre chez lui , l'assurant qu'il y rencontrerait la femme de Léonard Ginori , dont il était amoureux. Le duc était venu secrètement et masqué au lieu du rendezvous ; et s'y trou- vant le premier, il s'était jeté sur un lit et y dor- mait en attendant la visite qui lui était promise. Lorenzino, qui était sorti comme pour appeler la dune , plaça aux écoutes un domestique surnommé Scoroucoucolo , qu'il avait préparé pour un assassinat sans lui dire quelle devait être la victime. Il rentra ensuite , et trouvant le duc endormi , il le frappa au travers du ventre d'un coup d'épée : Alexandre se releva cependant, et luttant contre son meurtrier, il lui mordit le pouce avec une telle violence, qu'il l'aurait rendu incapable d'agir , si Scoroucoucolo, étant accouru, n'avait pas coupé la gorge au duc. Mais aussitôt que ce meurtrier eut reconnu le prince, il fut tellement troublé par ce qu'il venait de faire qu'il ne fut plus en état de se conduire. Lorenzino luimême crut devoir s'échapper de Florence pour se dérober aux vengeances des gardes et des amis du duc. Il partit en diligence pour Bologne , afin d'y rencontrer Philippe Strozzi qu'il regardait comme le chef des exilés : ne l'y ayant pas trouvé , il alla le rejoindre à Venise. Cependant, comme personne ne se permettait de suivre Alexandre dans ses courses de bonne fortune , sa mort demeura quelque temps ignorée. Lorsque le cardinal Cibo, son conseiller, en fut instruit, il la cacha au peuple jusqu'à ce qu'il eût substitué Cosme de Médicis au prince assassiné. Les émigrés n'avaient point d'abord voulu croire Lorenzino lorsqu'il leur annonça le meurtre d'Alexandre ; ensuite ils ne se trouvèrent plus à temps pour rétablir la liberté florentine. Lorenzino , ne se sentant pas en sûreté en Italie , où il s'attendait bien à être en butte aux vengeances de Cosme , se rendit à Constanti- nople. Il revint cependant ensuite à Venise, où il composa une justification de sa conduite, écrite avec beaucoup de noblesse et d'élévation. Après avoir pendant onze ans évité les embÛches pour la première; elle est en prose, ainsi que celles de Lucques, 1549 ; Florence, Giunti , 1593, iu-8', et ibid., 1595 Crescimbeni en cite une en vers de Bologne, no. I7ui lui étaient tendues par le chef de sa famille et de sa patrie , il fut enfin assassiné à Venise le i6 février 1548 , par deux soldats florentins , " qu'avait apostés l'ambassadeur du grandduc. Alexandre n'avait point eu d'enfants de Marguerite d'Autriche , fille naturelle de CharlesQuint, qui épousa secondes noces Octave Farnèse, et fut ensuite gouvernante des PaysBas. 11 laissa un fils naturel nommé Julien , qui fut élevé à la cour de Cosme
  • Alexandre MINUTIANUS( 1450) : littérateur et imprimeur à Milan au 15° siècle, naquit à SanSevero, ville de la Pouille , vers 1450. Il vint encore jeune In agro minutiano paterna rura bobos ezercens mets , an. 1586. C'est ainsi qu'est datée la préface du traité De morbo go Ilico. Par l'Agcr minulianus on doit sans doute entendre Castera. L'épître dédicatoire de Charlotte de Minut à la reine Caffieri. de Médicis commence ainsi : a Ayant trouvé entre autres compositions d'un mien frère... décédé depuis peu de jours... , C'est ce qui nous a déterminé à placer la mort de Minut au commencement de l'année 1587. à Venise, et y étudia sous G. Merula, qu'il suppléa plusieurs fois et qui lui procura ensuite la place de précepteur des enfants de B. Calchi, premier secrétaire d'Etat du duc de Milan. L'éducation de ces enfants était achevée lors de la mort de François Pozzuolo , professeur de belleslettres aux écoles Palatines de Milan, arrivée en 1489. Minutianus fut choisi provisoirement pour le remplacer ; mais ce ne fut qu'en MI qu'il reçut sa nomination de LudovicMarie Sforce, alors régent, par suite de son usurpation, et depuis duc de Milan. Minutianus n'était encore que précepteur dans la maison de Calchi, lorsqu'il fit iris- • primer à ses frais , chez A. Zarotti , une édition d'Horace, 1486 Neuf ans après, il donna, toujours à ses frais, une édition de TiteLive, 1495 , et s'occupa ensuite d'une édition des oeuvres réunies de Cicéron. Ce fut l'édition princeps des oeuvres complètes de l'orateur romain . Tous les ouvrages qu'elle contient avaient déjà été imprimés séparément. Minutianus n'eut donc pas la gloire qu'Aimé Guillon lui attribue , de donner la première édition De oratore. L'édition sans date, dans la souscription de laquelle on lit : Alexander Alinutianus impressit, ne peut être que postérieure à 1498 ; car le 1" volume des Ciceronis Opera daté de cette année, porte le nom des frères Guillaume Signere ou Signerre , de Rouen ; le second , qui porte le nom de Minutianus, est daté de novembre 1498 ; les deux derniers sont sans date. Ainsi ce ne fut que postérieurement au commencement de 1498 que Minutianus fut imprimeur. Le traité De oratore avait été imprimé au moins trente ans auparavant; il en existe une édition avec la date de 1468, à Rome, chez Ulric Han et l'on a toujours cru que l'édition sans date l'avait précédée . On ne peut guère douter que Minutianus n'ait été imprimeur. L'imprimerie était dans sa maison , et on lit sur ses livres tantôt : illiuutiauus impressit; tantôt : Industria Alinutiani ; tantôt : Apud Alinutianum. Ces deux dernières expressions semblent trancher la question. Minutianus continua d'imprimer jusqu'en 1521 , et de ce que son nom ne se trouve sur aucun livre d'une date plus récente, on présume qu'il mourut cette annéelà même ou à peu près. Il est possible cependant que le défaut de facultés pécuniaires l'ait empêché de donner d'autres éditions. Guillon observe que Minutianus y avait employé toute sa fortune et qu'il n'en laissa aucune à ses deux fils. L'un d'eux, nommé Vincent, avait, du vivant de son père, publié en 1514 une édition de Térence , accompagnée des commentaires de 1820, p. 317, 331, 348, une notice sur Minutianus et ses éditions : I la liste se monte à dixsept. La plus importante est sans contredit son édition de Cicéron : la plus ' curieuse par sa rareté est celle des Lettres patentes de Louis XII, données à Vigevano le 11 novembre 1499 de 16 pages, inconnue à Maittaire et à "Sassi, ainsi qu'aux auteurs de la Bibliothèque historique de la France. Guillon, qui l'a fait connaître, regarde comme unique l'exemplaire conservé dans les archives de Milan , qu'il a examiné avec beaucoup de soin. PetitRadel a fait insérer dans la Bibliographie de la France, 18W, p. 407, une lettre relative à la notice de Guillon. Voyez aussi le Manuel du libraire
  • Alexandre MOITTE( 1750 - 1828) : frère du précédent , né à Paris le 15 septembre 1750, et mort dans la inème ville le 15 février 1828. D'abord peintre, il embrassa plus tard l'honorable carrière de l'enseignement ; il professa le dessin pendant vingt ans à l'école gratuite de Paris , puis à récole centrale de Fontainebleau . Il était membre correspondant de l'Institut. On lui doit un Cours de topographie..., ourrage de la plus grande utilité à toutes les per- sonnes qui désirent suirre arec distinction la car- rière; militaire, Paris, Théoph. Barrois père; Magiinel Treuttel et Würtz, 1806 obl., avec planches. Il n'a malheureusement été publié que cinq livraisons de ce Cours, et il est à regretter que l'àge et la fatigue n'aient pas permis à l'auteur d'achevér son ouvrage, car il est encore apprécié de nos jours , si incomplet qu'il soit. B. DE C. -
  • Alexandre MONRO( 1648 - 1713) : théologien écossais , né en 1648, dans le comté de Ross, fut nommé professeur de philosophie à l'université d'Aberdeen, et en 1686 principal de l'université d'Edimbourg. Il perdit cette place par son opposition à la révolution de 1688, et devint prédicateur d'une congrégation épiscopale. En 1692, il écrivit quelques pamphlets contre les presbytériens, notamment des Recherches sur les nouvelles opinions, qui attirèrent sur lui le ressentiment de l'assemblée générale d'Ecosse. Après avoir vécu caché pendant quelques années , il reparut à Edimbourg, lorsque la fureur des persécutions fut passée ; et il reprit ses fonctions de pasteur d'une congrégation épiscopale, qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée en 1713
  • Alexandre MONRO( 1697 - 1767) : professeur d'anatomie à l'université d'Edimbourg , et regardé comme le père de la célèbre école médicale de cette ville, naquit en 1697 à Londres , où son père , chirurgien des armées du roi Guillaume en Flandre, passait une partie de l'année. Après avoir terminé ses études à Edimbourg, et à Londres sous Cheselden, il voyagea en France et en Hollande, et suivit à Leyde les leçons de Boerhaave. Il revint ensuite se fixèr à Edimbourg , où il fut nommé démonstrateur aux écoles de chirurgie. Ses leçons et celles de botanique et de matière médicale que donnait en même temps le docteur Alston , son ami , commencèrent la réputation de cette université, devenue l'une des premières de l'Europe , depuis qu'elle fut complétée en 1748 par les cours de clinique médicale du docteur Rutherford. Monro fut longtemps secrétaire de la société royale d'Edimbourg ; et il publia six volumes des Medical cssays and Observations de cette compagnie , dont le premier parut en 1732. Il fut un des meilleurs anatomistes de son siècle , et ne se distingua pas moins dans la pratique de la chirurgie. 11 essaya le premier d'opérer la cure radicale de l'hydrocèle par les injections avec le vin et l'alcool , et se montra l'un des plus grands antagonistes de l'ablation des seins cancéreux. Il résigna en 1759 sa chaire d'anatomie à son fils Alexandre ; mais il continua de donner ses leçons de clinique à l'infirmerie annexée à l'école. Il consacrait le reste de son temps aux divers emplois dont on l'avait honoré dans la direction de la banque d'Ecosse, la justice de paix, la commission des grandes routes, etc. Il était membre de la société royale de Lond res, honoraire de l'Académie de chirurgie de Paris, etc. Il s'énonçait avec facilité et avec grâce , et fit toujours ses leçons sans préparation. Il était sujet au crachement de sang et aux fluxions , et dès son enfance, il l'avait été aux fièvres inflammatoires. Il attribuait ces maladies aux trop grands soins que ses parents avaient pris de lui pendant sa jeunesse , et à l'abus des saignées on lui en avait fait régulièrement deux par an ; car, selon le préjugé du temps, rien n'était plus propre à conserver la santé. 11 mourut le 10 juillet 1767. Nous avons de cet auteur les ouvrages suivants : 1° Anatomie du corps humain , en anglais, Edimbourg, 1726 ; huit éditions parurent du vivant de l'auteur : celle de 1785 est grand La partie qui traite du système nerveux a été publiée en latin, sous le titre suivant Ana- tome nervorum contracta, Franeker, , 1759 avec des notes par Coopmann ; 2° édition , Harlingen, 1763 ; en allemand, Leipsick, 1785, ; traduit en français par Lebègue de Presle, avec le traité des maladies nerveuses de White, Paris, 1767 ; la partie qui traite de l'Ostéologie a été traduite en français par Sue, Paris, 1759 , 2 vol. avec un grand nombre de planches ; 2° Essai sur les injections anatomiques traduit en latin sur le mémoire anglais inséré dans les Essais de la société d'Edimbourg , Leyde , 1741 ; 3° Examen des remarques de tt'inslow , Ferrein et Iralthers, sur les muscles, en anglais, Edimbourg, 1752 ; 1783 ; re De testibus et de semine in varus animalibus , ibid. , 1755 avec figures ; 5° Du succès de l'inoculation en Ecosse, ibid. , 1765 , iii-8.; traduit en français, Paris , 1766 C'est une réponse aux questions qui lui avaient été adressées de la part de la faculté de Paris. Le résultat de ses recherches fut que la petite vérole naturelle, qui, suivant les listes mortuaires de Londres , depuis plus d'un siècle, détruit la quatorzième partie du genre humain, levait en Ecosse un tribut annuel d'un dixième sur l'humanité. Monro fut l'un des plus chauds partisans a réuni tous les ouvrages que nous venons de citer, sous le titre suivant : OEuvres d'Alexandre IlIonro, sur les hôpitaux anglais en Allemagne, un Traité des eaux minérales, un Traité de chimie maica le et phrermacrutip, et sur la vie et les ouvrages de feu Al. Monro , Edimbourg, 1780. — MoNRo , médecin anglais , naquit à Greenwich, dans le comté de Kent, le 16 novembre 1715 . Après avoir étudié la médecine à Edimbourg, il se rendit à Leyde pour y entendre les leçons du. célèbre Boerhaave ; il parcourut ensuite les principales villes de l'Europe et revint en Angleterre en 1751. Nommé à cette époque adjoint de Jacques Monro, son père, pour les hôpitaux de Bride_ wel et de Bethlem, il en devint le médécin titulaire en 17 52 . Il s'occupa presque exclusivement du traitement de la manie , et réfuta l'ouvrage publié sur cette maladie par le docteur Beattie, dans lequel cet auteur avait attaqué les médecins de l'hôpital de Bethlem. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, en janvier 1783
  • Alexandre MONTGOMERY : vieux poète écos- sais, d'une bonne famille dul comté d'Ayr. On sait fort peu de détails sur sa vie, qui s'écoula sous le règne de Jacques VI d'Ecosse. Il est mentionné comme ayant eu le grade de capitaine, sans doute sous la régence de Morton. Le Banna- tyne- Jlanuseript contient quelquesunes de ses poésies ; le roi Jacques, dont nous venons de parler, en cite aussi plusieurs dans un de ses ouvrages. L'ceuvre principale de Montgomery est un poème allégorique encore aujourd'hui popu- laire en Ecosse , souvent réimprimé sous une forme usuelle, the Cherry and the Sloe (la Cerise et la Prune des bois. On lui doit encore des sonnets et de petits poèmes qui dénotent de l'imagination et du goût. Ce fut probablement au succès qu'obtinrent ses compositions poétiques qu'il dut une pension de cinq cents marcs écossais, dont il ne jouit pas tranquillement ; car, au retour d'une excursion sur le continent en 1586, il eut à soutenir un procès à ce sujet. Sa mort eut lieu entre les années 1607 et 1611. — Une édition complète de ses poésies a été publiée par M. Laing à Ediinbourg en 18‘,22, avec une notice par Irving ; c'est là qu'il faut chercher les ren- seignements peu nombreux qu'on a sur ce barde d'Ecosse
  • Alexandre MONTFORT( 1803 - 1856) : né à Paris en 1803 , compositeur de musique, fit ses études d'harmonie et de contrepoint au Conservatoire de Paris, sous la direction de M. Fétis, et passa ensuite dans la classe de Berton pour s'y exercer au style dramatique. Au concours do 1829, il remporta le deuxième grand prix de composition, et l'année suivante il obtint le premier. Ce succès donne, comme on sait, au lauréat l'avantage de se rendre à Rome et d'y demeurer à l'académie que la France entretient en cette v die, comme pensionnaire du gouvernement pendant cinq années. On avait alors reconnu que cette faveur , fort utile aux peintres, sculpteurs, graveurs et architectes , n'était guère profitable aux musiciens, et tm nouveau règlement adopté à l'époque dont nous parlons, autorisa les lauréats musiciens à ne rester que deux ans à Rome, en employant les trois autres années à voyager en Italie , en Allemagne et en France, sans cesser de recevoir la pension. Montfort profita de cet avantage. De retour à Paris en 1835 , il fit exécuter des ouvertures et autres morceaux de concert, puis composa en 1837 pour l'Opéra la musique d'un ballet dont le sujet ridicule était la Chatte métamorphosée en . femme. Ni le mérite de la musique qui était fort gracieuse, ni le talent de Fanny Essler qui s'y montrait sous un aspect si heureux, ne purent valoir à l'ouvrage un véritable succès. Montfort fut plus heureux à l'OpéraComique en 1839, lorsqu'il lit représenter à ce théâtre Polichinelle , opéracomique en un acte dont la grande partition a été gravée. Malgré la réussite de cette pièce, le musicien fut longtemps à trouver un nouveau libretto et se mit à écrire pour le piano des petits morceaux qui obtinrent du succès dans les salons. Malheureusement ce genre de travail l'éloignait de plus en plus du style théâtral , en l'habituant à ne présenter ses idées, dont le fond était le plus sou\ eut heureux, que sous des formes étroites et vulgaires. Aussi lorsqu'il mit en musique la Charbonnière, opéracomique en trois actes de MM. Scribe et Mêlesville, représenté en 1845, trouvaton que le compositeur s'était gâté la main. Le poëme était romanesque, invraisemblable et fort compliqué, mais mie fois le canevas adopté , il offrait une grande variété de situations des scènes intéressantes, des vers bien coupés et bien disposés pour le chant et par conséquent d'immenses ressources au génie du musicien. Montfort ne sut tirer de lir que des thèmes de valses , des phrases écourtées', de jolies idées noyées dans des lieux communs (le mélodie et d'harmonie. Quand par moments il voulut ressaisir la science et se rappeler ses études , qui lui avaient valu le prix de Rome , il se trouva mal à l'aise et le public ne s'en aperçut que trop. L'ouvrage réussit cependant , mais le compositeur eut la douleur bien cruelle d'entendre dire et de voir imprimer que l'on allait voir cette comédie fantastique quoiqu'elle fuit accom pagnée de la musique. Montfort avait pourtant du talent ; les idées naissaient chez lui avec une spontanéité peu commune , et il a été réellement l'une des victimes trop nombreuses de la mauvaise organisation musicale et théâtrale de la France. L'artiste découragé avait dépassé sa quarantième année ; il se vit , comme au début ordinaire de la carrière, obligé pour vivre de donner des leçons. 11 était bon pianiste, bon accompagnateur et paraissait vouloir s'adonner plus spécialement à l'étude de l'orgue qu'il avait un peu cultivé dans sa jeunesse et sur lequel il aurait pu certainement acquérir une habileté fort remarquable , surtout dans l'improvisation , lorsque la mort vint Je frapper à Paris le 12 février 1856
  • Alexandre MORUS( 1616 - 1670) : l'un des plus célèbres ministres protestants du Ir siècle, naquit à Castres le 25 septembre 1616. Son père , d'origine écossaise, dirigeait le collège protestant établi dans cette ville. Le jeune Alexandre y fit ses études et alla les terminer à Genève, où il obtint au concours une chaire de langue grecque. Il avait reçu de la nature un coeur ardent , une imagination vive , une pénétration étonnànte, sources fécdndes de talents , de mouvements impétueux et souvent désordonnés. Elevé par un père admirateur de ses talents précoces , n'ayant jamais été contredit et jouissant d'une santé florissante, Alexandre se laissa dominer par deux passions qui lui causèrent de grands chagrins, l'orgueil et l'amour des femmes. A peine en possession du double titre de professeur de langue grecque et de ministre de l'Eglise de Genève , il se vit en butte à une foule d'adversaires irrités de son orgueil et de ses penchants désordonnés. Ils firent si bien qu'ils le forcèrent de quitter Genève , mais cependant après avoir obtenu un certificat d'orthodoxie. Le fameux Saumaise, qui connaissait son mérite , l'appela auprès de lui et le plaça à hliddlebourg comme professeur de théologie en 1649. Il y prêcha avec le plus grand succès et fut invité à se rendre à Amsterdam, où il refusa d'abord, puis finit par accepter la chaire de théologie. Sa réputation y reçut de nouveaux accroissements , et il jouissait paisiblement de ses succès lorsqu'il fut accusé d'être l'auteur d'un ouvrage anonyme dirigé contre le parlement régicide d'Angleterre. Le fameux Milton, qui voulait se venger, écrivit à Genève pour avoir des renseignements sur l'auteur qui l'avait attaqué. Ayant reçu sur la vie scandaleuse de Morus de nombreux détails , il les publia et força son ennemi de s'absenter pour quelque temps. Celuici alla d'abord à Florence, puis à Venise, où le doge lui donna une chaîne d'or pour le récompenser d'un beau poème qu'il avait composé sur la défaite des Turcs par les Vénitiens. Deux ans après, il revint à Amsterdam, se fit des querelles avec les Eglises wallonnes , et eût fini par en être victime si M. de Thou, qui désirait l'avoir à Paris, ne se fùt intéressé à lui. Morus rentra alors en France et fut reçu ministre à Charenton, malgré la vive opposition du synode national de Loudun. Ses sermons attirèrent une affluence innombrable d'auditeurs ; mais les allusions piquantes, les jeux de mots et certaines saillies d'imagination dont ils étaient semés , lui méritèrent les reproches du synode de Paris. Cette cause , ou toute autre, le força d'aller passer quelque temps en Angleterre. A son retour, on lui défendit de prêcher jusqu'à ce qu'il se fût justifié, Mais ses partisans ne voulurent point permettre qu'un autre le remplaçàt, et le firent monter en chaire , ce qui occasionna un tumulte dont le parlement de Paris prit connaissance. Morus fut suspendu pour un mois de ses fonctions, et cette peine fut encore aggravée par le synode de Paris , mais il fit appel et obtint de rentrer dans sa place, qu'il conserva jusqu'à sa mort. La duchesse de Rohan , qui le protégeait, l'avait logé dans son hôtel ; c'est là qu'il mourut le 28 septembre 1670. Huit jours auparavant on lui avait annoncé sa fin prochaine. Il s'y prépara avec des dispositions chrétiennes et expira en répétant ces paroles de David : « Je remets entre vos mains mon Arne que « vous avez rachetée, ô Dieu de vérité. » Le maréchal de Grammont , qui avait été le voir par ordre de Louis XIV, répondit au roi : « Sire, j'ai · vu mourir Morus, il est mort en bon huguenot ; « mais une chose en quoi je le trouve encore à « plaindre, c'est qu'il est mort dans une religion « qui n'est maintenant non plus à la mode qu'un « chapeau pointu » ; paroles dignes de cet esprit superliciel qui préludait à la froide incrédulité du siècle suivant , mais attestant déjà la décadence de cette réforme qui avait menacé d'envahir l'Europe. Ménage prétend que Morus, convaincu de la fausseté du calvinisme, avait plusieurs fois manifesté le désir d'embrasser le catholicisme. On a de lui : 1° un traité De gralia et libero arbitrio; 2. De Scriptura sacra sire de causa Dei ; :3° Commentaire sur le chapitre 53 d'Isaïe ; 4° des notes Ad lova quœdam nota foederis; 5° une réponse à Milton , sous le titre d'Alexandri Mori / ides publics ; 6° des harangues; 7° des sermons ; 8° des poésies latines , traduites en français par Perachon et imprimées à Paris. On publia à Amsterdam , en 1691, dixhuit sermons sur le 8° chapitre de l'Epitre aux Romains. On fait le plus grand éloge de ses harangues , dont l'une est le panégyrique de Calvin
  • Alexandre MURRAY( 1775 - 1813) : linguiste et orientaliste, naquit le 22 octobre 1775 à Kitterick, en Ecosse. Son père, simple berger, ne put lui procurer qu'une éducation bornée aux petites écoles. Doué des dispositions les plus heureuses, le jeune pâtre Y suppléa par ses propres efforts et mit tant d'ardeur à s'instruire qu'il fut bientôt en état de donner des leçons particulières à quelques enfants de famille. Un goût prédominant le portait vers l'étude des langues ; il apprit le français , le latin , le grec et mètne l'hébreu. Déjà connu avantageusement, il entra en. 1794 au collège d'Edimbourg, où il cultiva la littérature d'Orient ; puis il embrassa l'état ecclésiastique. Après avoir été pendant plusieurs annéés curé de la paroisse d'Uri., il reçut le doctorat, et obtint en 1812 la chaire de langues orientales à l'université d'Edimbourg , fonctions qu'il n'exerça pas longtemps, car il mourut le 13 avril 1813. Outre quelques poésies composées dans sa jeunesse , on a de lui une Histoire de la vie et des écrits de Jacques Bruce, Edimbourg, 1808, et une Histoire dcs lan- gues européennes , Edimbourg, 1823, 2 vol. précédée ,d'une Notice sur la vie de l'auteur. On lui doit encore une édition des Voyages de Bruce, Londres, 1805, 7 vol. et atlas Elle est fort estimée, et contient plusieurs Mémoires sur les manuscrits éthiopiens rapportés par le voyageur, sur l'histoire de l'Abyssinie, etc. La connaissance particulière qu'avait Murray de la langue abyssinienne lui fut d'un grand secours pour cette publication
  • Alexandre NASMYTH( 1758 - 1840) : peintre écossais , né à Edimbourg en 1758, mort le 10 avril 1840 dans la même ville. Après avoir reçu sa première éducation dans sa ville natale, il alla à Londres, où il devint élève du célèbre Allan Ramsay, peintre de George III. A Rome, où il cultiva l'amitié de son compatriote et collègue David Wilkie, il s'occupa surtout de la peinture des paysages et de la peinture d'histoire. De retour dans sa patrie, Nasmyth se fixa dans sa ville natale comme paysagiste et peintre de portraits. Parmi ces derniers on remarque celui de Robert Burns, qui a une valeur historique, comme étant le seul portrait authentique qui nous ait transmis les traits du fameux barde écossais. Comme paysagiste, on reproche à Nasmyth l'absence d'originalité et de vigueur. On y voit trop de réminiscences des sites de l'Italie, ou l'imitation trop servile des anciens modèles anglais. Cependant ses paysages, remarquables par une grâce simple et par la reproduction fidèle des beautés pittoresques et grandioses des IIighlands, sont populaires en Ecosse. Nasmyth, regardé comme le patriarche et contient une allusion à sa mort prochaine. Nasmyth est le patriarche de la peinture écossaise dans un autre sens encore, car parmi ses sept enfants, les cinq filles sont toutes peintres , ainsi que l'un des deux fils, tandis que l'autre est devenu le célèbre ingénieur qui a perfectionné les machines à vapeur et leur emploi dans les fabriques et manufactures.
  • Alexandre NEGRI : fils du précédent, fut protonotaire apostolique et chanoine de StPétrone, à Bologne. A l'exemple de son père , il aima et cultiva les arts ; il s appliqua surtout à l'étude des monuments antiques , tant à Rome qu'à Bologne , et à l'explication des inscriptions qu'on y trouve gravées. Il a publié à ce sujet les ouvrages suivants : 1° Bononiensis monumenta historico- mystica latina ; 2° Epistola de velustis- sima lapideoe cujusdam inscriptionis erasione,. etc.; 30 Ad prœsidiarium aquceductunt Lucii Publicii dsclepii villici investigatio ; 4° 'Elia Loelia Crispis. ,7..es quatre dissertations ont été insérées dans les ilarniorea Felsinea du comte Malvasie, Bologne, 1690 Negri ayant été nommé curé de St- Laurent di Porta Suera, fit constiuire dans l'église de sa paroisse une chapelle, sous l'invocation de NotreDamedeLorette, où il voulut ètre inhumé. Ses héritiers firent graver sur sa tombe les vers suivants qu'il avait composés lui-- même Rigros urna capit maties, si vola, virile', Concipis, albus erit, Sui fuit unie nig, Il mourut en 1661. LY
  • Alexandre PICCOLOMINI( 1508 - 1578) : né à Sienne le 13 juin 1508, était de la même famille que le pape Pie II ; il fit ses études dans sa patrie , et y passa toute sa jeunesse. 11 avait un goùt trèsvif pour l'étude, et acquit beaucoup de grandes connaissan- ces , nonseulement dans les langues hébraïque, grecque et latine, mais encore dans la théologie, la jurisprudence, la médecine, la philosophie et les mathématiques. La poésie faisait ses délices; et ses premières compositions furent des comé- dies, des sonnets, des traductions de Virgile et d'ONide. Il était membre de l'académie des Intro- nati. En 1540, Piccolomini passa de Sienne à Padoue, fut reçu à l'académie des infiammati, et choisi pour professer la philosophie morale. Il crut alors devoir tourner toutes ses études de ce côté, et témoigna même du repentir d'avoir publié un ouvrage licencieux. Malgré l'opinion généralement répandue de son temps , que la clef des sciences ne devrait point être communi- quée au peuple, et qu'il fallait écrire en latin les livres de philosophie et d'érudition , ce fut dans sa langue maternelle que Piccolomini composa son Institution d'un homme né noble et dans une ville libre. Après avoir résidé longtemps à Pa- cloue, il se rendit à Rome, y demeura sept ans, et se retira, dans sa vieillesse, à Sienne, ou dans une villa voisine. Il était, dans sa retraite, tout entier livré aux lettres , lorsque Paul de Foix, ambassadeur de Charles IX à Rome, passant à Sienne en 1573, lui alla rendre visite. C'était un jour de fête : les domestiques du vieillard étaient tous sortis, et Paul . Quatorze chapitres du livre 9 avaient déjà paru en français par les soins de A. de StAndré, et sous le titre de Traité sur l'amitié , etc., 1579 3° Cento sonetti , Rome, 1549 volume devenu trèsrare; o l'Alessandro , comedia, Venise, 1586 50 Amor constante, comedia, 1586 Cette pièce est en prose ainsi que la précédente. On attribue au même auteur l'Ortensio , comédie à laquelle il peut avoir contribué, et la Conversione di san Cipriano. Trajan Boccalini assigne à Picco- lomini le premier rang parmi les comiques ita- liens. 6° Annotazioni sopra la poetica d' Aristotile con la traduzione del ntedesimo libro in lingua vol- gare , 1575 7° I Ire libri della rettorica di Aristotile tradotti in lingua volgare , I57 I 8° Paraphrase nel primo libro della rettorica d' Anis- totile. 1565 La paraphrase du second livre parut en 1569 ; celle du troisième en 1572. 90 Orazione in Iode delle donne, 1549 ouvrage très- honnête, dit Ginguené, mais un peu froid, et par lequel il a voulu peut-être expier le tort qu'il avait eu avec les femmes dans son Dialogue; 100 Economica di Senofonte , tradotta, Venise, 1540 inconnu à Niceron; 11° Anis- totelis queestiones mechanicoe cern pleniori para- phrasi, 1565 ; traduit en italien par Vannoci , 1582, in - 4° ; 12° Della sfera del mondo, 15!0 ; nouvelle édition augmentée, 1595 La traduction française par Jac. Goupil, médecin , est de 1580 La Vie d'Alexandre Piccolomini , par Fabiani, Sienne, 1749, 1759 a servi de base à l'article consacré à ce prélat dans les Elogj degli uomini illutni toscani , t. 3, p
  • Alexandre PINY : religieux de l'ordre de StDominique, recommandable par sa piété, sa régularité et ses travaux dans le ministère, s'occupa principalement de la direction des consciences et de la composition d'ouvrages édifiants. On a de lui P Abrégé de la Somme de St- Thomas ; 2° la Clef du pur amour; 3° l'Oraison du coeur ; la Vie cachée; 5° la Vie de la mère Madelaine de. la Trinité. On a prétendu que dans ces ouvrages mystiques il tendait au quiétisme. Dans une matière aussi délicate, la limite qui sépare la vérité de l'erreur est difficile à fixer, et sur cela nous nous abstiendrons de prononcer ; mais nous ne craignons pas de faire un autre reproche à l'in? sur son mauvais style et ses incorrections. Ce religieux mourut en 1709
  • Alexandre POITEAU( 1766 - 1850) : botaniste et horticulteur français, né en 1766 au village d'Amblecy, près de Soissons, mort à Paris en 1850. Après avoir servi dans les jardins potagers, puis ciel les maraîchers des environs de Paris, il reçut, en 1790, une place de garçon jardinier au muséum d'histoire naturelle de Paris. Il y étudia le Systema vegetabilium de Linné. En 1793, il fut choisi par Daubenton pour établir une institution rurale dans la Dordogne. Peu après nous le trouvons à Haïti, comme Clef du nouveau jardin de botanique au Cap. Ne recevant pas de traitement, il fut forcé d'entrer dans l'administration comme commis d'Hédouville et Boume , chefs du gouvernement de l'île. 11 en rapporta, en 1802, six cents paquets de graines et douze cents espèces, toutes dénommées et préparées par lui. Dans le nombre se trouvaient quatrevingtdixsept espèces de champignons et trente espèces de mousses. A la suite de quelques années d'activité littéraire libre, il fut, en 1815, nommé chef des pépinières royales de Versailles. En 1818 , il fut envoyé en Guyane comme directeur des cultures et habitations royales. Après un séjour de trois ans, il fut forcé de revenir de nouveau en France, où il fut nommé ensuite jardinier en chef du château de Fontainebleau. Membre de plusieurs sociétés savantes, Poiteau était plus tard chef du jardin botanique de l'école de médecine, puis de celui du. muséum d'histoire naturelle, auquel il a fait ca- deau de tous les animaux et plantes rapportés de la Guyane. Il a découvert beaucoup d'espèces et genres de végétaux, et il a créé même plusieurs familles. Comme horticulteur et pomologue, il a, en outre, beaucoup mérité pour l'amélioration des fruits de table. Ses ouvrages d'ensemble sont 1° Traité des arbres fruitiers, de Duhamel du Monceau, nouvelle édition aug. mentée, publiée avec Turpin , Paris, 1818-28, 1844, livraisons ; 2° Flore parisienne , 1813, livraisons 1-8 avec pe de grandeur naturelle ; 3° le Jardin botanique de l'école de médecine de Paris, et description des plantes qui y sont cultivées, Paris, 1816 ; 40 Histoire naturelle des orangers, avec 109 planches, avec Risso , Paris, 1818-20 5. Histoire des palmiers de la Guyane fran- çaise, Paris, 1822 ; 6° Notice sur ii. Bosc, 1828 ; 70 le Voyageur botaniste, ibid., 1829 ; 8° Sur l'origine , la direction des fibres ligneuses dans les végétaux, Paris, 1834 9. Sur la culture de la patate, rapport d'une commission, Paris, 1835 ; 100 Sur la théorie Van Mons, ou Notice his- torique sur les moyens qu'emploie M. Van Mons pour obtenir d'excellents fruits de semis, i bi d , 1835. ; 11° Pomologie française, ou Recueil des plus beaux fruits cultivés en France, avec belles gravures et texte descriptif, Paris, 1838 et suiv., 43 livr. fol.; 12° Cours d'horticulture, Paris, 1847 et 1848, 2 vol. 13° Notice nécrolo- gique sur M . Jamin, 1848 Parmi les mémoires détachés, il faut citer ceux qui sont consacrés à la description des nouveaux genres et espèces découvertes par lui, savoir : Sur l'arachis hypogœa , dans le tome ler des Savants étrangers , Paris, 1815 ; puis dans les Annales et mémoires du mu- sée d'histoire naturelle; sur la Thouinia, nouveau genre des sapindées , 1801 ; sur la Stetensia , 1804; sur Hyptis, genre des labiées, 1804; sur les Embryons des granzinées , cypéracées et du nelumbo, 1809 ; sur les Pédilathes , 1812 ; sur le Numea et Drypètes , 1815; sur la Lodoicea , 1822; sur les Lecythidées 1825. Poiteau a ensuite créé la famille des Cyclanthées , ibid., 1822; puis rédigé en chef, de 1825-18h4, l'Almanach du bon jardinier, soutenu par Audot, avec lequel il a donné, en 184i, une édition avec 85 planches illustrées ; il a ensuite collaboré depuis 1839 à l'Horticulture universelle et au Diction- naire d'agriculture pratique, Paris, 1833 , 2 vol.
  • Alexandre POLITI( 1679 - 1752) : né à Florence le 10 juil- let 1679, entra en 1695 dans la congrégation des clercs réguliers des écoles pies, dont il fut un des membres les plus érudits. Les thèses qu'il soutint dans le chapitre général de son ordre, assemblé à Rome en 1700, lui firent beaucoup de réputation ; et après avoir professé la rhétorique , la philosophie et la théologie à Gènes, il succéda en 1733 au savant Benoît Averani dans la chaire d'éloquence à l'université de Pise. Une attaque d'apoplexie l'enleva le 23 juillet 1752. Outre un grand nombre de ham'igues, d'épîtres, de discours académiques, etc., on a de lui : P Philosophia peripatetica ex mente sanai Thomoe Aquinatis, Florence , 1708 2' Selecta christiance theologiœ capita, Florence, 1708 3. De patria in condendis testamentis potestate libri IV, Florence, 1712 ouvrage qui obtint les suffrages des jurisconsultes; 4. Ora- tiones ad academiam pisanani, et animadversiones in Eustathium ad Dionysium Periegetam libri I!, Rome, 1742 Politi avait déjà publié une traduction latine du Commentaire d'Eustathe sur Denys le Périégète, Genève , 1741 On lui doit encore une édition fort estimée des Commen- taires d'Eustathe sur l'Iliade d 'Homère, avec une traduction latine et de nombreuses notes, Florence, 3 vol. qui parurent en 1730, 1732 et 1735 ; le premier est dédié à JeanGaston de Médicis, grandduc de Toscane; le second au pape Clément XII , et le troisième à Louis XV, roi de France. Cet important travail fit le plus grand honneur au P. Politi; on y reconnaît un philolo- gue profond et un helléniste consommé. Il est feicheux que l'auteur n'ait pas pu y mettre la dernière main. Il mourut pendant l'impression du quatrième volume , qui n'a pas été continué . La mort l'empêcha également d'achever une édition du martyrologe romain, dont il n'a publié que le tome I" sous ce titre Nartyrologium ronzanurn, conzmentariis castigatunz oc illustratum, Florence , 1751 — Adrien POLIT!, écrivain siennois, traduisit en italien les oeuvres de Tacite. La première version qu'il donna n'ayant pas été goûtée du public , il en fit une seconde qui fut accueillie favorablement. On a encore de lui des lettres, un discours sur la langue vulgaire, et enfin un dictionnaire toscan abrégé de celui de la Crusca. Cet ouvrage lui attira des disgrâces : on l'accusa d'y avoir répandu des faussetés ; il fut mis en prison et n'en sortit que difficilement , malgré l'apologie qu'il lit paraître pour sa justification. Il mourut vers le milieu du 17. siècle
  • Alexandre PRIVAT D'ANGLEMONT( 1815 - 1859) : littérateur, naquit à SteRose en 1815. Issu d'une famille créole, il fit ses études au collége Henri IV à Paris et se destina d'abord à k médecine. Mais, esprit aventureux, cavalier élé- gant, Privat se lassa promptement des difficulté de la science pour se lancer dans la petite littérature de l'époque. Ses manières engageantes, son laisseraller, ses dehors excentriques lui acqui- rent ite une sorte de célébrité, confirmée par ses écrits, dans ce monde que Balzac et Murger ont s' bien désigné sous le nom de bohéme. L'Artiste, la Revue de Paris, le Corsaire , Paris, le Mousque- taire, le Figaro et quelques autres feuilles litté- raires accueillirent ses conceptions. Ces articles, que l'occasion la plus légère faisait naître, n'enrent que la durée d'un moment. Sous le titre de Petits métiers et industries inconnues, Privat d'Anglemont révéla quelquesunes de ces industries qui , au plus bas de l'échelle sociale, font vivre des malheureux. Il avait étudié à leur source les faits qu'il racontait avec une certaine malice et un certain esprit. En remuant la fange de la grande ville, il y avait trouvé des détails curieux, sorte d'archéologie du siècle présent. Du reste, Privat d'Ânglemont personnifiait le type d'une sorte d'écrivains privés d'études sérieuses, mais doués d'un esprit brillant et paradoxal. Il est mort à Paris , dans un état voisin de la misère , le 18 juillet 1859. M. A. Delvau a réuni en un volume les principaux articles et quelques lettres de cet auteur sous le titre de : Paris inconnu, Paris, 1861
  • Alexandre POUSCHKIN( 1799 - 1837) : célèbre poète russe, naquit à StPétersbourg le 26 mai 1799. Sa mère était issue d'un prince nègre, esclave, puis favori de Pierre Pr, qui le nomma grand maitre de l'artillerie. Il disait souvent qu'il y avait du sang africain dans ses veines. Le jeune Pouschkin fit ses études au lycée impérial de Tzarkoèselo, d'où il fut expulsé en 1817 pour avoir composé des vers dans un esprit peu monarchique. On l'admit néanmoins au collège des affaires étrangères. Il acquit une grande réputation par son talent poétique et en même temps beaucoup de popularité. Il montra aussi des sentiments assez favorables à la cour, dont il reçut plusieurs bienfaits , et . fut nommé gentilhomme de la chambre. En 1820 , l'empereur Alexandre l'envoya en Bessarabie, où il remplit un emploi supérieur dans la chancellerie du lieutenant général Inzoff, gouverneur de cette contrée. Plus tard, il alla dans le Caucase et fut ensuite attaché au gouvernement d'Odessa. Pendant ses voyages, il s'occupait de poésie et décrivait les lieux qu'il parcourait. A son retour, on l'accusa encore de tendances démocratiques, et il fut exilé dans une maison de campagne, où il continua de se livrer à des compositions poétiques. Enfin il rentra en grAce à l'avénement de l'empereur Nicolas , qui l'appela à Moscou pour la solennité de son couronnement et le combla de faveurs. Il voulut même le charger de la composition d'une histoire de Pierre Pr, et il lui fit remettre des matériaux inconnus du public ; mais la lecture de ces documents embarrassa beaucoup Pouschkin, qui y trouva des choses telles qu'il jugea impossible de faire l'apologie qu'on lui demandait sans mentir et sans s'abaisser. Il aurait pu faire comme Voltaire, et il n'eût pas manqué de recevoir des fourrures et d'autres présents ; mais il aima mieux s'arrêter dans son travail, et il est probable qu'il ne l'eût pas achevé lors même qu'un funeste événement ne serait pas venu mettre fin à ses jours. Il avait épousé une jeune femme fort belle, qu'il aimait de la plus vive tendresse et qui paraissait l'aimer beaucoup aussi ; mais la soeur de cette dame épousa un M. d'Anthes, Français d'origine et fils adoptif du baron de Heokereen , ministre de Hollande à StPétersbourg, qui parut bientôt préférer la femme de Pouschkin à la sienne, ce dont le poète se montra jaloux. Ayant adressé une lettre injurieuse au baron de Heokereen et à son fils adoptif, il fut provoqué en duel par celuici, et les deux beauxfrères se battirent au pistolet à dix pas de distance. Le combat fut trèsacharné, et Pouschkin y mit surtout une fureur extrême. Après avoir reçu une blessure mortelle, après avoir blessé son adversaire , il s'élançait encore contre lui, et l'on eut beaucoup de peine à lui faire làcher prise. Il ne mourut qu'après deux jours de souffrance et lorsqu'il eut reconnu que sa femme était innocente. Avant d'expirer , il la fit recommander à l'empereur, ainsi que ses enfants, qu'il laissait sans fortune. L'empereur accorda à sa veuve une pension de dix mille roubles et ordonna que ses enfants seraient élevés aux frais de l'Etat. Le baron d'Anthes, qui était lieutenant des chevaliersgardes de l'impératrice , fut traduit devant un conseil de guerre, et condamné à la privation de son grade et de la noblesse qu'il avait acquise. Cette sentence fut approuvée par l'empereur ; mais , attendu que le condamné n'était pas né sujet russe , il fut conduit à la frontière par un gendarme et expulsé des Etats moscovites, après que son brevet lui eut été retiré. Pouschkin est certainement un des poètes les plus distingués de la Russie. Plein d'enthousiasme et d'originalité, il se laisse emporter à sa verve et néglige les transitions. Ses descriptions sont admirables, son pathétique est entraînant; mais on lui reproche de fréquentes répétitions, défaut assez grave, surtout dans les compositions peu étendues. « Nous reconnaissons dans la poé- « sie de Pouschkin trois époques, a dit un criti-« que judicieux. Les deux premières sont les « époques des influences; la troisième est natio-« nate. Son premier ouvrage est un poème en « six chants, Rouslan et Ludmila, dont le sujet « et les usages décrits sont russes. Des traditions, « des contes, des chansons populaires sont la « base de cette production tout à fait romantique. « Ce qui étonne, c'est que le poète, après avoir « puisé dans des sources moscovites, accorde sa « lyre aux accents de l'Arioste et de Parny. Ce « mélange d'oriental et de chevaleresque, ce « merveilleux léger, aérien ou énergique, divers « tableaux d'un pittoresque achevé , tout cela, « exprimé dans des vers sublimes de grâce et « d'harmonie, donne à ce poëme un charme exprimable. Le parti classique , qui à l'époque « de cette publication était fort et nom- « breux, s'éleva contre une épopée sans invoca-« tion et sans l'éternel Je chante, et cependant la / jeunesse littéraire suivit la nouvelle route, frayée avec enthousiasme. Cette première épo- que ne vit écloje de plus que quelques pièces « légères. Dans la seconde, Pouschkin sacrifie « aux autels du barde anglais. Comme Byron, il « 11> parle de ses sentiments; son individualité pa- rait de toutes parts ; ses poèmes sont lyriques ; « sa poésie est subjective. Les Prisonniers du « Caucase , la Fontaine de Baktchisaray , les Brigands sont le fruit de son culte, de son adora- « tion pour Byron. Le plus remarquable de ces « petits poèmes est le premier. Le poëte y dé- « peint d'une manière trèsanimée les coutumes « des guerriers montagnards du Caucase. Une « période de transition ou de guerre sépare ré- « poque du byronisme et celle de la nationalité « toute la littérature, Pouschkin en tète, y a « passé. Engagé dans cette lutte, il paya son « tribut par deux ouvrages qui eurent une vogue « particulière. Le premier, petit poème intitulé a les Bohétniens, est une peinture trèsvive de « ce peuple nomade. Les descriptions sont très-« exactes, et malgré le sujet, complétement à la « Byron, il passe en Russie pour la meilleure « production de Pouschkin. Le second ouvrage « est Oneghine , roman en vers qui n'a pas été « terminé. L'esprit en est imité de Don Juan et « de Beppo. La couleur, les descriptions, comme « le caractère, sont tout à fait nationales. Si l'on « passe à la dernière époque , deux productions « remarquables se présentent, le poëme de Pul- « tara et Boris Godounoff. Pouschkin avait étudié « Shakspeare et Goethe ; il avait parcouru nos « chroniqueurs. Il avait surtout saisi la verve de « coloris dont brillent les derniers volumes de , Karamsin. Il prend ici une autre route ; son « dernier poëme n'a pas l'éclat de ses premières « oeuvres ; mais il est plus mûr, plus sérieux ; « l'imagination légère a fait place à une sorte de « raison poétique. Boris Godounoff ressemble, « quant aux formes, aux drames de Shakspeare « tirés de l'histoire de l'Angleterre; on y trouve « le même mélange de vers et de prose. Quant « à l'esprit, ce drame est complétement inspiré « par les pages de Karamsin; le poète l'avoue en « le dédiant aux mânes de l'historien. Le sujet, « pris dans un temps de troubles, transition du « règne d'un usurpateur à celui d'un aventurier, « est plus fait pour un romancier que pour un « tragique. Considéré comme esquisse dramati-« que, Boris Godounog est une production par- « faite, une brillante oasis dans le royaume de « Melpomène, qui en Russie s'était transformé « en désert. La versification ne laisse rien à dé- « sirer; elle doit servir de type pour toutes les « tragédies à venir. Pouschkin a donné en outre « deux volumes de pièces fugitives, et dans ce « recueil son protéisme se fait voir dans tout son « éclat, Il essaye de tous les genres avec succès. « Rien n'est plus gracieux que ses pièces légères, « rien n'est plus caustique que ses épigrammes. « Ses élégies, dont plusieurs lui ont été inspirées « par la lecture d'André Chénier et de Byron, « sont fortes de poésie et de sentiment. e Nous ajouterons à cette appréciation littéraire un état sommaire des principales publications de Pouschkin : 1° des odes et des épîtres , ouvrages de sa jeunesse, imprimés dans les journaux russes; 2° Rouslan et Ludmila, poème romantique en six chants , dont le sujet est emprunté au règne de Vladimir, StPétersbourg, 1820 Un épisode du premier chant a été traduit en français par M. Dupré de StMaur et inséré dans l'Antho- logie russe . 3. Le Prisonnier du Caucase, StPétersbourg, l8 4. la Fontaine des Pleurs, poënie, traduit librement en français par M. J.M. Chopin, Paris, 1826 de 40 pages, avec trois gravures et une planche de musique; 5. Tsigani, les Bohémiens , MOSCOU , 189.7 , Ce poème, que Pouschkin composa en 1824 dans la Bessarabie, est son ouvrage le plus remarquable. 6. L'Oneghine, poème en dix chants, inachevé; 7. Boris Godounog, tragédie qui assigne à l'auteur une des premières places parmi les poëtes dramatiques de son pays; 8° quelques nouvelles traduites en français et insérées dans le recueil intitulé les Conteurs russes , 4833, 2 vol. La Revue des Deux- Mondes a donné une notice sur ce poète, et on trouve dans le même recueil une nouvelle fort intéressante, la Dame de pique, traduite du russe par M. Mérimée
  • Alexandre POPE( 1688) : naquit à Londres le 2 mai 1688 d'une famille catholique fort zélée pour la cause des Stuarts. Son père quitta cette ville après la révolution de 1688 et se retira loin des affaires à Benfield , agréable retraite dans la forèt de Windsor. C'est là que Pope fut élevé. Il passa cependant quelques années de l'enfance dans de petites écoles dirigées par des prètres catholiques. Mais rappelé près de son père dès l'âge de douze ans, son génie naturel et son penchant pour la poésie achevèrent seuls, au milieu des inspirations de la campagne et de la solitude, une éducation faiblement ébauchée par les maîtres. Pope disait luimême qu'il ne pouvait se souvenir du Itemps où il avait commencé à faire des vers. Son père, plus indulgent que ne l'avait été le père d'Ovide, encourageait un instinct poétique qui je n'était pas moins irrésistible que celui du poète romain et qui sans doute n'aurait pas cédé davantage à la contrainte. Le bon gentilhomme , sans être luimême fort. lettré, indiquait à son fils de petits sujets de poëme, lui faisait plus d'une fois retoucher son ouvrage et lui disait enfin, pour grand et dernier éloge, « qu'il avait fait là « de bonnes rimes Quelque puérils que soient ces détails, ils expliquent peut-être comment le génie poétique ainsi préparé, excité dès l'enfance, produisit dans Pope cette maturité précoce et cette science des vers qui marqua ses premiers ouvrages et que l'on retrouve dans une Ode sur la solitude qu'il écrivit dans sa douzième année. L'étude des modèles anglais et de la littérature latine se mêlait à ses jeux poétiques. Il s'exerçait à imiter et quelquefois à corriger, à remanier, à reproduire sous une forme plus correcte et plus élégante des vers du vieux Chaucer ou de quel-"que poëte brillant et négligé , comme Rochester. Ce genre de travail , ce goùt d'exactitude et de pureté singulier dans un enfant, ie semblaitil pas déjà révéler le caractère du génie de Pope, et cette manière d'écrire plus savante qu'inspirée, plus habile que féconde, plus faite pour imiter avec art que pour s'appliquer heureusement à des compositions originales? Du reste cette étude attentive et ce soin prématuré de la correction et de l'élégance produisirent des ouvrages doublement remarquables par la perfection du style et par l'âge de l'auteur. Les essais de traduction et les églogues, l'un des premiers fruits de sa jeunesse, ne portent presque aucune trace de son inexpérience : c'est la maturité d'un poëte; mais ce n'est pas la mollesse heureuse et le divin naturel de Virgile; il n'y parvint jamais. Cependant, poëte déclaré dès l'âge de seize ans, Pope étendit le cercle de ses études littéraires, fut conduit à k Londres et se lia d'amitié avec plusieurs beaux esprits du temps qui lui donnèrent d'utiles conseils et surtout des louanges, dont sa vanité était insatiable. Quatre pastorales furent le premier ouvrage qu'il publia. Dans la même année, en 1709, il mit au jour l'Essai sur la critique, poëme qui ne vaut pas l'Art poétique de Boileau , mais production étonnante par la force de sagacité, la justesse et le goût qu'elle suppose dans un poète de vingt ans : là aussi se montraient cette amertume de satire, ces haines personnelles et violentes contre les mauvais auteurs dont Pope fut toujours animé et qui firent l'agitation et le chagrin de sa vie. Né avec une constitution faible et maladive, plongé dès l'enfance dans les livres et l'étude, n'ayant guère connu que les émotions de la vanité littéraire, Pope contracta de bonne heure une sorte d'irritabilité inquiète et jalouse qu'il répandit dans ses ouvrages et qui lui suscita de nombreux ennemis. Il fut presque autant persécuté que Voltaire par les injustices de la satire; il en souffrit et s'en vengea plus vivement encore. L'époque de la reine Anne au milieu des luttes de la liberté publique avait rendu cependant à tous les arts de l'esprit un intérêt que la vive préoccupation de la politique ne leur laisse pas toujours : de grands talents s'élevaient à la fois et étaient assez également distribués entre les deux partis rivaux. Dryden n'était plus ; mais Swift, publiciste profond et ingénieux et quelquefois poète comme Horace , Swift faisait la gloire et la force du parti des torys, qu'il défendait avec une véhémence toute républicaine. L'élégant, le correct Addison, qui semblait né pour être un académicien du siele de Louis XIV, combattait dans les rangs des whigs avec une amertume ingénieusement tempérée et une ironie d'homme de cour. Des écrivains diversement célèbres se réunissaient autour de ces chefs, Arbuthnot, Steele, Congrève, Gay, Walsh et beaucoup d'autres. Pope, qui par sa religion était pour ainsi dire tory de naissance , resta cependant assez impartial entre les deux opinions qui se disputaient le bonheur de l'Angleterre et le plaisir de la gouverner. La passion exclusive de la poésie et peut-être aussi trop d'indifférence ou trop peu de lumières sur les intérêts publics favorisaient en lui cette neutralité qui ne semblait pas convenir à son humeur altière et vive. Probablement il inclinait pour les whigs ou pour les torys, suivant qu'il était plus ou moins blessé par les critiques littéraires de l'un ou de l'autre parti. Le Spectateur, écrit dans l'intérêt des whigs , alors en pouvoir, célébra les premiers ouvrages de Pope et méme publia dans ses feuilles l'églogue sacrée du Messiali qui suivit de près le poëme sur la Critique. Les beaux vers à la mémoire d'une femme infortunée, le joli poème de la Boucle de cheveux enlevée, le poème de la Forêt de Illindsor, l'Epitre d' Héloïse, se succédèrent promptement et marquèrent la place de Pope au premier rang parmi les poètes anglais. Ce fut alors, à l'âge de vingtcinq ans, que, déjà consommé dans tous les secrets de son art, mais averti peut-ètre que la gloire de la composition originale lui était refusée, Pope forma le projet d'une traduction de l'Iliade. Si jeune encore, ayant fait presque luimême son éducation par la lecture et surtout en s'exerçant à composer des vers, Pope paraissait manquer de quelquesunes des connaissances que demandait une si vaste entreprise. Mais une étonnante application d'esprit et une facilité merveilleuse suppléèrent à tout. Les ennemis de son talent avaient publié qu'il ne savait pas le grec ; d'autres insinuaient qu'il était jacobite dans le coeur. Toutefois l'annonce de ce grand projet d'ouvrage fut accueillie par de nombreuses souscriptions de la ville et de la cour. Dans l'intervalle de cinq ans, Pope fournit la carrière qu'il s'était proposée , et à l'âge de trente ans il eut publié cette traduction célèbre, le plus beau monument peut-être de la versilication anglaise. On admira un si grand travail, où l'immensité de l'entreprise n'avait rien ôté au soin des détails. Addison, par l'essai d'une traduction en vers du premier livre de l'Iliade, essaya presque furtivement une rivalité malheu- reuse. Pope jouit de sa gloire; et sa fortune, jusquelà fort médiocre et que n'avait accrue aucun bienfait de la cour, fut enfin améliorée. Ce fut alors qu'il acheta cette maison de campagne de Twickenham , illustrée comme le Tibur d'Horace, mais due tout entière à l'argent du public, qui vaut mieux que les largesses d'Au- guste. Il se retira dans ce charmant asile avec son père et sa mère, qu'il honora toujours d'un soin religieux. Pope, qui n'avait obtenu aucune faveur des ministres torys, fut fidèle à leur dis-- grâce. En publiant les OEuvres de Parnell, son ami , il saisit l'occasion d'adresser à lord Oxford, alors persécuté par les whigs , une dédicace en beaux vers. Après l'Iliade, Pope entreprit de traduire l'Odyssée : mais la patience et le courage lui manquèrentdans ce travail, et il en abandonna la seconde moitié à deux poètes subalternes qui versifièrent à sa place. Il est superflu de dire que cette version parut fort inférieure à la précédente. On ne retrouve pas deux fois l'enthousiasme en traduisant. Las de ce travail qui fut bien moins accueilli, Pope, ayant toujours à se plaindre des critiques et des auteurs, et cette fois étant aussi fort mécontent des libraires, réunit toutes ses animosités dans un poème célèbre, Dunciade, monument de verve satirique, de mauvaise humeur et souvent de mauvais goût, dans lequel figurent et le journaliste Dennis , et le libraire Lintot, et lord Harvey, et tant d'autres personnages bizarrement assemblés. Pope fit une noble diversion aux nouvelles haines qu'avait excitées la Dunciade en publiant ses belles épîtres de l'Essai sur l'homme, qui furent d'abord admirées sans que l'on en connût l'auteur. Elles étaient le fruit des entretiens de Pope avec Boling- broke, ce grand homme d'Etat, érudit, philoso- phe, incrédule et jacobite. Bolingbroke, écrivant à Pope après la publication de la première épître, lui rappelle avec beaucoup de grâce les démonstrations philosophiques qu'il avait souvent faites
  • Alexandre RAPHAËL( 1776 - 1850) : philanthrope anglais , né à Londres en 1776, mort le 17 novembre 1850 à Surbitonplace, dans le Surrey. Il descen- • dait d'un juif arménien qui s'était converti au catholicisme. C'était un riche propriétaire, mais qui faisait de sa fortune l'usage le plus noble. Dans le courant de trente ans, il dépensa plus de cent mille livres sterling pour énumération seule nous entraînerait dans de trop longs détails, et nous signalerons seulement quelques biographies originales qui , sous divers points de vue , méritent d'être distinguées ; Fuessli , dans l'appendice de son Dictionnaire général des artistes , par G.Chr. Braun, Wiesbaden, 1816; 2. édition , 1819, in - 8.. Rafael Urbin, par Friedrich Rehberg, Munich, 1824,2 vol. produit quelques documents nouveaux, mais souvent trèsdiscutables. L'Histoire de la vie et des ouvrages de Raphai'l, par Quatremêre de Quincy I Paris , 1814 2c édition, 1837)), à qui la Biographie universelle doit sa notice sur Raphaël, est le premier livre vraiment important qui ait été publié sur Raphaël ; mais on lui a fait le reproche d'être un peu superficiel et d'avoir été écrit sous l'influence de l'école française du temps de David, influence peu favorable à la saine appréciation des œuvres du grand maitre italien. L'ouvrage de Quatremère de Quincy a été traduit en allemand, Quedlinburg, 11336 et en italien , par Francesco Longhena, Milan, 1829, 8.. La traduction italienne est accompagnée de notes et d'ajoutés nombreux , qui_, malheureusement, manquent trèssouvent de critique. Le célèbre graveur Baron Desnoyers a publié un Appendice à l'ouvrage de Quatremère de Quincy, Paris, 1852, in 8.; 2. édition, 1853. Nous signalerons encore : Rio- gis stnrico di Giovanni Santi , pittore e poeta, padre del grand Rallaillo di Urbino, Urbino, 1822, brochure ; — Elogio ilorico di Raffaello jailli da Urbino, Urbino, 1829 et 1831, deux brochures par Luigi Pungileoni , où l'on trouve de nombreux renseignements sur les ancétres de Raphaël et sa jeunesse ; Sur Raphaël et ses plus proches contemporains , Berlin, 1831 par C.-1'. von Rumolir ; publié d'abord dans la troisième partie des Recherches sur l'Italie, et ensuite separément ; ouvrage attrayant et même instructif , mais, en réalité, produisant peu de faits nouveaux ; — Raphaël comme homme el comme artiste , Munich, 1836 par G.K. Nagler ; compilation étendue de tout ce qu'on savait alors sur Raphaël, mais sans choix, sans aperçus originaux ou nouveaux ; — Traité de l'histoire de la peinture en Italie , Berlin, 1837 par le docteur Franz Kugler, qui renferme de bons documents sur la vie de Raphaël , mais qui, s'il offre une description des oeuvres assez étendue, ne donne point un ensemble de biographie. L'ouvrage le plus complet et le plus plus précieux qui ait été publié sur Raphaël est sans contredit celui de J.D. Passavant , directeur du musée de Francfort Raina Mn Urbino und sein Voler Giovanni Sailli, Leipsick, I839, 2 vol. in.8. , dont une 2e édition a été donnée en français : Raphaël d' Urbin et son père Giovanni Suait, refaite, corrigée et augmentée par l'auteur sur la traduc- tion de M. Jules Lunteschutz , revue et annotée par Si. Paul Lacroix, Paris, 1860, 2 forts volumes L'ouvrage de M. Passavant est un modèle d'érudition, de critique et d'exactitude. Il a demandé vingt ans de recherches, de voyages et d'observations, et c'est à lui que devront recourir toutes les personnes qui désirersnt avoir des renseignements précis et serieux sur Raphaël et oeuvres. Quant à nous , nous y avons puisé presque tous les cléments de cette note. Le premier volume contient la biographie de Giovanni Salai ou Sanzio , père de Raphaël ; celle de Raphaël; un chapitre sur les oeuvres posthumes de ce dernier, un sur le génie de Raphaël , un autre sur les élèves de Raphaël. Il se termine par un appendice comprenant de nombreux documents intéressants sous plus d'un titre. Le tome 2 contient un catalogue chronologique des peintures de Raphaël, un catalogue des dessins de Raphaël, rangé:1 dans l'ordre des pays et des collections où ils se trouvent, un catalogue d'estampes anciennes, gravées d'après les dessins de Raphaël , etc.... Enfin nous signalerons l'article Raphaël dans l'Abecedario de P.J. Mariette , comprenant les pages 2:',9 à 338 du tome .1. Toute personne s'occupant de l'histoire de l'art sera toujours obligée de recourir à cet excellent recueil, annoté avec une érudition si sûre par MM. de Chennevi ères et Ant. de Montaiglon. — Nous ne donnons point la liste des graveurs qui ont reproduit par le burin des oeuvres do Raphaël, cela nous entrainerait dans des détails qui ne cadreraient pas avec les exigences de notre recueil ; et nous renvoyons à cc sujet à l'ouvrage de Passavant. E. D.—s. la construction d'églises catholiques dans les comtés de Sussex et Surrey. En 1832, il était mayor ou maire de KingstownuponThames, et en 1834 il devint sheriff de Londres et de Middlessex. Appartenant à la fraction des ultraradicaux , il se trouva , comme catholique, lié avec le fameux Daniel O'Connell. Après avoir échoué en 1830, Raphaël fut élu dans la chambre des communes en 1832. En 1835, il se porta sur les rangs pour le comté de Carlow en Irlande. Il avait pour collègue Vigor, qui était comme lui vivement soutenu par O'Connell. Mais une forte opposition se déclara contre lui et les électeurs dressèrent une pétition afin de faire annuler son élection. D'après les conseils de l'agitateur irlandais, Raphaël sacrifia par trois fois trois mille livres sterling, savoir près de soixante: quinze mille francs. Mais ses adversaires étant parvenus à le faire éliminer de la chambre, il s'ensuivit une correspondance assez piquante, voire même scandaleuse, entre lui et O'Connell, incriminé par Raphaël de lui avoir fait dépenser en pure perte de fortes sommes. En 1847 cependant, ce dernier fut envoyé au parlement comme député pour StAlbans. Vers la même époque, il essuya un dernier échec, car il ne put pas se faire recevoir dans la Société royale. Comme membre de la Royal asiatic society , Raphaël a publié un certain nombre d'articles dans les mémoires publiés par les membres de ce corps. Il a, en outre „bâti à ses frais une nouvelle ville, Surbitontown, près du chemin de fer du sudouest, dans le Surrey, où il est mort et a été enterré
  • Alexandre RECUPERO( 1740 - 1803) : savant numismate, né vers 1740 à Catane, dans la Sicile, d'une famille noble , quitta son pays à la suite d'une affaire fàcheuse et changea son nom contre celui d'Alexis Motta. L'étude de l'antiquité devint son unique consolation ; il visita les principales villes de l'Italie et parvint à former une riche collection de médailles consulaires dont la classification et l'examen attentif l'occupèrent plus de trente ans. Aussi personne avant lui n'avait mieux connu les familles romaines , leurs différentes branches et les signes qui les distinguaient. Il avait aussi rassemblé un grand nombre de médailles ou tessères de plomb sur lesquelles il a fait un Traité fort intéressant. , qu'il n'a malheureusement pas eu le loisir de terminer. Recupero mourut à nome au mois d'octobre 1803 ; il était membre de l'académie des antiquaires de Véletri et de celle de Cortone. Outre quelques Dissertations dans les Journaux littéraires d'Italie, on a de lui une Lettre curieuse écrite à M. StVincens sur ses différentes collections de médailles, insérée dans le Magasin encyclopédique, année 1797 . Il a laissé en manuscrit divers ouvrages qu'il retouchait et corrigeait sans cesse. On peut consulter pour plus de détails l'Eloge de Recupero par M. de StVincens dans le Magasin encyclopédique. Sa belle collection, composée d'environ seize cents médailles grecques en bronze, la plupart de Sicile et de la grande Grèce, a été acquise, en 1806, pour le cabinet du roi de Danemarck . — RECUPERO Joseph), frère du précédent et savant minéralogiste , embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu d'un canonicat de la cathédrale de Catane. Il s'attacha particulièrement à décrire les phénomènes que présente l'Etna, dont il se proposait d'écrire l'histoire. D'après ses calculs, dit Brydone , la première éruption de ce volcan aurait eu lieu il y a 14,000 ans ; découverte qui l'embarrassait beaucoup , ajoute le même voyageur anglais, par la difficulté de concilier cette date avec la Genèse ; mais il est faux que dom Recupero ait été mis en prison pour avoir émis cette opinion ; cette fable, rapportée dans la traduction du Voyage de Swinburne, a été réfutée par Dolomieu ; le roi de Naples lui avait au contraire accordé une pension . Ce bon chanoine était d'ailleurs un homme d'esprit, d'une société aimable, et il fut le conseil et le guide de tous les voyageurs qui parcoururent à cette époque la Sicile, tels que Brydone, le baron de Riedesel, l'abbé de StNon , Houil, etc. , qui tous le citent d'une manière honorable. Le chanoine Recupero a publié la Carte oryctographique du mont Gibel; c'est d'après un mémoire qu'il avait lu à l'académie des Etnéens que Hoel a décrit l'éruption de ce volcan, arrivée en 1755 ; enfin il mettait la dernière main à l'His- toire naturelle de l'Etna, quand il mourut à Catane, en 1787, dans un àge peu avancé. Le prince de Biscari , connu par son zèle pour les progrès des sciences , avait recueilli les manuscrits de Recupero, qu'il se proposait de donner au public ; mais il parait que les savants seront privés d'un ouvrage qu'ils attendaient avec une vive impatience
  • Alexandre RICORD( 1767) : littérateur français, naquit à Marseille en 1767; il se lia dans sa jeunesse avec Mirabeau, le suivit à Paris à l'approche de la révolution et travailla à quelquesuns des journaux qui surgirent alors en si grand nombre. La protection du célèbre orateur lui fit obtenir l'emploi d'administrateur, puis de procureursyndic du département des BouchesduRhône, mais il perdit ces fonctions lorsque le régime de la terreur s'établit, et il accompagna à l'armée des PyrénéesOrientales le général Dugommier, qui l'attacha à son étatmajor. li revint à Paris, essaya de fonder une maison de commerce, se fit directeur du théâtre de la Gaîté ; ces entreprises n'eurent pas de succès. Il se montra opposé au premier consul et resta assez longtemps dans l'obscurité; mais en 1812, soupçonné par la police impériale de n'avoir pas été étranger à la conspiration de Mallet, il fut incarcéré à Nîmes. Il ne recouvra sa liberté qu'en 1814; cherchant des ressources dans la littérature , il se remit à travailler dans les journaux , il écrivit des ouvrages qui firent trèspeu de sensation ; en 1818, il était agent dramatique; en 189.3, il se rendit à Bruxelles afin d'y prendre la direction du Jour- nal des Deux- Flandres; cette feuille expira au bout de peu d'années, et Ricord reprit en 189.7 la route de Paris, où il mourut oublié. Son bagage littéraire contient des poésies, des brochures qu'il est inutile de retirer du néant, et surtout des écrits relatifs au théâtre. Le Journal général des théâtres, 1816-1818, et les Archives de Thalie, 1819, 3 vol. furent des publications périodiques qui cessèrent bientôt de paraître; les Fastes de la comédie française, 1821-1822, '2 vol. sont une appréciation du talent des artistes plutôt qu'un travail biographique et historique
  • Alexandre ROSLIN( 1718 - 1793) : peintre de portraits, naquit à N'aimé, en Suède, vers 1718, car, d'après son acte de décès que nous avons relevé, il est mort à Paris , rue des Orties , section des Tuileries, le 5 juillet 1793, âgé de 75 ans; voilà qui mettra un ternie aux doutes qui divisaient d'opinion les biographes de cet artiste au sujet de son Age. Le Louvre ne possède aucune oeuvre de Roslin ; malgré la vogue immense et méritée dont il a joui durant quarante années, comme portraitiste, et les huit cent mille livres qu'il a gagnées en peignant des portraits, son nom n'en n'était pas moins resté presque oublié, par suite de la critique passionnée que dirigea contre lui le toutpuissant Diderot, en 1765, quand parut son tableau de dix pieds de haut sur huit : Un père arrivant dans sa terre, où il est reçu par ses enfants, dont il était tendrement aimé; on y voit les portraits de cette famille. Cette famille était celle de la Rochefoucauld. « Ce rare morceau coûte quinze mille « francs, et l'on donneroit toute chose à un « homme de goût pour l'accepter qu'il n'en vou- « droit point. Une seule tète de Greuze auroit « mieux valu.... Mais, me direzvous, Greuze « peint le portrait et supérieurement à Roslin.... « Il est vrai.... Greuze compose, et Roslin n'y « entend rien.... » Ainsi s'exprimait Diderot, ami particulier de Greuze. Greuze avait dessiné le portrait de Diderot, qui a son tour disait à Grimm : « Voici notre peintre et le mien , le « premier qui se soit avisé, parmi nous, de « donner des moeurs à l'art et d'enchainer des « événements d'après lesquels il seroit facile de « faire un roman.... » Et Greuze de se mettre en tète de gagner les quinze mille francs de M. de la Rochefoucauld et de lui consacrer son tableau de famille, bien que le concours n'ait jamais existé que dans le cerveau du critique ou dans l'espérance vaniteuse de Greuze. Voilà tout le noeud de la question. Le hasard mit un jour le pauvre Roslin en concurrence avec Greuze; ce dernier ne l'emporta pas, et cette victoire coûta au Suédois la perte de sa renommée après sa mort. M. le marquis de Chennevières a consacré, Mondes, t. 2, de 1839; la Bibliothèque universelle de Geni- ve septembre 1840, et deux articles de RaoulRoettette , dans le Journal des Savants, février et mars 1840. Z—B, dans la Revue universelle des arts , une étude complète à Roslin et a restitué, avec une louable impartialité, à l'artiste sa vraie physionomie ; nous ne pouvons mieux faire que d'y renvoyer les lecteurs. On rencontre peu de tableaux de Roslin dans les galeries publiques : la cause en est dans les circonstances politiques qui en firent déplacer un grand nombre, et c'est dans les salons de famille que son oeuvre se trouve disséminé. Userait plus connu en France si la génération qui recourait au pinceau de notre artiste n'eût été proscrite de son vivant mème. Il fut reçu, quoique protestant, à l'académie royale de peinture de Paris, le 2-1 novembre 1753, sur le portrait de M. d'Angivilliers. Il a pris part à tous les salons du Louvre de 1753 à 1791, et a été souvent gravé, notamment par J.L. Cathelin, Danois, Bervic, M.S. Carmona, L. Bosse, L.S. Lempereur, Moitte, J. Gilberg, P. Floding, F. Clémens, Massol, J.F. Beauvarlet et N. Dupuis. Nous citerons de Roslin , dans les galeries de Versailles, les portraits de Fr. Boucher, du chevalier Charles- Nicolas Cochin, de l'abbé Terray, de Linné, du marquis de Marigny; à l'école des beauxarts ceux d'André Bardon, de Collin de Vermout, enfin celui d'Etienne Jeaurat, capable à lui seul d'assurer la réputation du peintre, car, comme le dit, avec un parfait àpropos, M. de Chennevières, « pour avoir essuyé par derrière « la plus violente décharge du sel de Diderot, « l'on n'en meurt pas ». Roslin a surtout excellé à peindre les dentelles et les satins, mais de plus Grimm et Diderot conviennent euxmêmes que ce peintre « a de la couleur et qu'il sait peindre « les chairs ». Ses figures sont trèssouvent vivantes, et c'est à tort qu'on lui a infligé absolu- ment le blâme de sacrifier la tète à l'habit. Ros- lin se maria en France, et c'est ce qui semble l'y avoir fixé. Il avait épousé MarieSusanne Giroust, artiste ellemême; elle fut admise à l'académie le Irr septembre 1770 et mourut à Paris le 31 avril 1772., Agée de 37 ans. Le musée du Louvre possède d'elle le portrait au pastel de Dumont, le Romain. M. Ch. Bellanger, ami des descendants de Roslin possède un délicieux portrait de l'artiste suédois, peint par Hailé
  • Alexandre RUNCIMAN( 1736 - 1785) : peintre écossais, naquit en 1736, à Edimbourg, où il fut d'abord apprenti chez un peintre en voitures , et où il acquit la pratique de la brosse et une connaissance de la couleur avant de savoir ce que c'était que le dessin. En 1776, il accompagna un de ses frères, plus jeune que lui, qui s'était rendu à Rome pour y étudier la peinture et qui ne Put résister au climat. Pour lui , animé de l'amour de son art et protégé par sir J. Clerk, baronnet écossais, il continua ses études avec beaucoup d'assiduité, et, avant de quitter Rome, il exécuta pour son protecteur un vaste tableau représentant Ulysse se découvrant à la princesse Nausicaa. Il joignit , dans cet ouvrage, à une heureuse imitation du style, du dessin, de l'expression de Jules Romain , un ton , un éclat et une chaleur de coloris qui se rapprochaient du Tintoret. A son retour en Ecosse , Runciman fut chargé par son Mécène d'exécuter une suite de tableaux dont les sujets étaient tirés d Ossian. Il fut ensuite choisi pour professer le dessin à l'académie; mais il mourut quelque temps après avoir reçu cette récompense de son talent. Il avait eu pour élève le peintre de paysage Jacob More et pour ami le célèbre dessinateur Jean Brown. li mourut le 21 octobre 1785
  • Alexandre RUSSEL : médecin »et voyageur écossais. Nommé en 1740 médecin du comptoir anglais d'Alep, il fréquenta les plus habiles praticiens du pays, acquit une grande réputation et sut inspirer au pacha une confiance qui fut trèsutile à ses compatriotes et même aux gens du pays, car plusieurs fois il parvint par son crédit à sauver des malheureux condamnés à mort. On rapporte que le pacha poussa son estime pour Russel jusqu'à le charger d'envoyer un présent à son vieux père, en Ecosse, en disant : « Je « lui suis redevable de ton amitié et de ton assis-« tance. » Russel parlait trèsbien l'arabe, ce qui facilita beaucoup les recherches auxquelles il se livra. Revenu en Angleterre, il eut la direction de l'hôpital de StThomas de Londres et fut admis dans la société royale. Il mourut en 1770. On a de lui Histoire naturelle d'Alep et du pays voisin, Londres, 1755 Cet ouvrage offre une description détaillée d'Alep et de la contrée qui l'environne, des observations sur le climat et les productions, sur les moeurs et les usages des habitants, enfin des remarques sur les mala- dies et plus particulièrement sur la peste. Le livre de Russel renferme une multitude de renseignements utiles. Ce qu'il a écrit sur la peste est trèsprécieux et n'a pas peu servi à faire prendre des mesures efficaces contre ce terrible fléau. Une nouvelle édition parut en 1794 , par les soins du frère de l'auteur ; elle contient plusieurs augmentations. L'Histoire naturelle d'Alep a été traduite dans la plupart des langues de l'Europe ; on en trouve un extrait dans les Voyageurs modernes , Paris, 1760, 4 vol. La société royale et la société médicale furent redevables à Russel de plusieurs mémoires importants. —RussEL , frère du précédent, fut son successeur dans ses fonctions près du comptoir d'Alep. De 1760à 1769, il eut de nombreuses occasions de faire des observations sur la peste. Après un séjour de plusieurs années dans l'Orient, où il acquit, comme son frère, une grande facilité de parler l'arabe, il revint en Angleterre , où il mourut octogénaire, le 2 juillet 1805. On a de lui : 1° Traité de la peste, 1791 indépendamment de la marche de la maladie et de son histoire médicale , ce livre offre une notice complète des lazarets et autres établissements de quarantaine, et de la police adoptée dans les temps de contagion. 2° Notice sur les serpents do l'Inde, Londres, 1796 avec 46 planches coloriées et un supplément publié en 1800; 3° Descriptions et figures de deux cents poissons recueillis sur la côte de Coromandel, 1802, 2 vol. RUSSEL , né en 1746 dans le comté de Midlothian , en Ectisse, fut mis en apprentissage chez un imprimeur ; ce qui lui fut utile par la suite, lorsque des espérances qu'il avait con-çues ne s'étant pas réalisées, il devint correcteur, puis prote d'imprimerie. ta fortune lui donna plus tard les moyens de se passer de cette ressource. Il fit un voyage à la Jamaïque en 1780, fut reçu docteur ès lois à Cambridge, en 1792, et mourut le Zef janvier 1794. Il a publié : 1° Nou- velles sentimentales, Londres, 1770. 20 Re- cueil de fables morales et sentimentales , ibid., 1772 ; 3° Julia, roman poétique, ibid., 1774 Ces productions sont médiocres. 4° Histoire d'Amérique, ibid., 1779 5° His- toire de l'Europe moderne, 1779-1784, 5 vol. Cet ouvrage, qui finissait d'abord à la paix de 1763, a depuis été continué jusqu'au traité d'Amiens, par Coote : il est estimé. 6° Histoire de l'Europe ancienne, ibid., 1793, 2 vol. On a aussi de G. Russel une traduction de l'Essai sur les femmes, de Thomas ; des poésies et des essais insérés dans des journaux
  • Alexandre SARDI( 1520 - 1588) : fils du précédent, né à Ferrare vers l'année 1520, continua avec plus de critique et d'érudition les travaux de son père. Son premier ouvrage, intitulé De moribus et titi- bus gentium , et son traité De rerunz inventoribus, le placèrent au rang des bons archéologues, alors assez nombreux en Italie. Un traité qu'il avait composé sur la valeur des monnaies anciennes fut réimprimé sous le nom de Selden, à Londres, et mérita d'être compris dans le Trésor des antiquités grecques et romaines de Grœvius. La plupart des ouvrages de Sardi n'ont pas été publiés CO ne fut qu'en 1775 qu'on vit parattre celui des Numinum et heroum origines , accompagné de la vie de l'auteur, écrite en latin par Ferri , et de l'indication de ses autres ouvrages conservés à la bibliothèque de Modène et ailleurs. On a oublié d'y faire mention de son traité sur l'origine des eaux de Ferrare, de quelques dissertations historiques qu'on voyait chez le marquis Maffei et de la suite de l'histoire de Pigna, dont Baruffaldi possédait le premier volume, entièrement écrit de la main de l'auteur. Alphonse II , quatrième duc de Ferrare, avait chargé Sardi de rédiger les mémoires de la maison d'Este : il en existe cinq livres à la bibliothèque de Modène. Alexandre Sardi mourut le 28 mars 1588 , et avec lui s'éteignit sa famille. Ses ouvrages sont 1° De ritibus ac moribus yen- ' tittm lib. 3, Venise, 1557; réimprimé à Mayence avec deux nouveaux livres intitulés 2° De rerum inventoribus.... fis maxime quorum nulle menti° est apud Polydorum, 1577 ; 3° De numis tractatus, in quo antique pecunia romana ac grœca metitur pretio ejus quce nunc est in use, Mayence, 1579 Padoue, 1648 réimprimé dans le tome 11 du recueil de Grœvius, et à Londres, sous le nom de Jean Selden, en 1675 ; 40 De Christi Salratoris humanitate, Bologne, 1586; 5° Della bellezza, della nobiltà, della poesia di Dante, de' precetti storici, delle qualitck del generale, e del tremuoto, six discours imprimés à Venise , 1586 , 6. A ntiquorum numinum et heroum origines, Rome, 1775 , 4., avec la vie de l'auteur. Parmi un grand nombre de ses ouvrages inédits, conservés à la bibliothèque de Modène, on cite sept livres d'histoire d'Italie, de 1534 à 1559, et quarante livres d'histoire ancienne universelle. On trouve d'autres renseigrierfients sur Sardi dans sa vie, écrite par Ferri, et dans les filemorie de' letterati Ferraresi de Barotti
  • Alexandre SAULI( 1535) : apôtre de la Corse, était né le 15 février 1535, à Milan, d'une famille noble, originaire de Gènes. JulesCamille Delminio et J.B. Rasorio furent ses premiers instituteurs. 11 vint ensuite à Pavie finir ses cours de philosophie et de jurisprudence. A dixsept ans, il prit l'habit des clercs_ réguliers de StPaul , et , dès lors, il joignit à ses autres études celle de la théologie. En terminant ses cours , il soutint avec succèsdes thèses publiques et fut reçu docteur. Doué de beaucoup d'imagination, d'une mémoire étendue et d'une éloquence persuasive, il ne tarda pas à faire connaître ses talents pour la chaire. Le collége de SteMarie de Canevanova, que possède la congrégation des clercs réguliers à Pavie, était devenu trop peu spacieux pour le grand nombre d'élèves qui venaient suivre ses leçons. Sauli l'agrandit à ses frais, en acheva l'église sur un plan magnifique et en enrichit la bibliothèque de plusieurs ouvrages rares et précieux. A peine eutil reçu les ordres sacrés que l'évêque de Pavie le nomma son théologien et se l'associa pour l'administration de son diocèse. D'après l'invitation du saint archevêque Charles Borromée, il se rendit en 1565 à Milan, pour assister à l'ouverture du premier synode, et il montra dans cette assemblée tant de science et de piété que StCharles le choisit pour son confesseur. Sauli fut élu supérieur général de sa congrégation , en 1567 ; trois ans après, il fut revètu de la dignité d'évêque d'Aleria dans la Corse, et consacré par StCharles, qui voulut présider luimême à cette cérémonie. C'est au zèle qu'il déploya pour éclairer des lumières de l'Evangile des peuples à demi barbares qu'il doit le glorieux surnom d'apôtre de la Corse. En vain on lui proposa l'archevêché de Gênes et d'autres riches bénéfices : il voulait finir ses jours au milieu du troupeau que lui avait confié la Providence ; mais un ordre du saintsiége le força d'accepter, en 1591, l'évêché de Pavie. Dans une visite qu'il faisait de son nouveau diocèse, il mourut à Cazzoli, le 21 octobre 1592. Ses restes furent rapportés à Pavie et inhumés dans le choeur de l'église cathédrale. Un décret du pape Benoît XIV, en date du 23 avril 1741 , a prononcé sa béatification. On a de ce saint prélat des lettres pastorales, des statuts synodaux et quelques opuscules mystiques, tant imprimés que manuscrits, dont on trouvera leà titres dans la Bibi. seriptor. lilediolan. d' Argellati, t. 2, col. 1294-1295. — C'est à la même faniille génoise qu'appartenaient Etienne SAuci, fondateur d'une académie qui eut quelque célébrité au 16e siècle, et Philippe SAULI , son cousin évèque de Brugnate, mort en 1531
  • Alexandre SAVÉRIEN : mathématicien et biographe, était natif d'Arles. Il fut admis jeune dans les gardes de l'étendard à Marseille, et s'appliqua sans relâche à l'étude des mathématiques et de la construction navale. Après avoir subi les examens d'usage, il reçut, à vingt ans, le brevet d'ingénieur de la marine. Cinq ans après, en 1745 , il débuta par une Nouvelle théo- rie de la manoeuvre des vaisseaux, ouvrage dans lequel il s'écartait des principes posés par Bouguer dans son mémoire sur la mâture, couronné par l'Académie des sciences . Ce savant le lui reprocha vivement , et Savérien ne fit que l'aigrir davantage en lui soumettant les motifs qu'il avait eus de préférer les calculs de J. Bernoulli. Cette dispute l'obligea de recourir au mathématicien bâlois, dont il reçut des témoignages multipliés d'estime et de bienveillance . Encouragé par ses éloges et ceux de quelques amis, il publia, en 17e, une Nouvelle théorie de la nid ture , et, en 1750, l'Art de mesurer sur mer le sillage du vaisseau. Dans ce dernier écrit, après avoir rappelé tous les moyens employés par les anciens et les modernes pour déterminer la marche d'un bâtiment, il proposa deux machines de son invention qui lui paraissaient moins défectueuses . Il y montre en passant l'utilité d'une académie de marine, et celle d'un journal uniquement destiné à recueillir les découvertes et les faits relatifs à la navigation. L'académie de marine fut établie, deux ans après, à Brest , et le journal eut lieu par la suite ; mais le privilége n'en fut point accordé à Savérien. En 1752, il mit au jour le Traité des instruments propres à observer sur mer; on y trouve la description d'un octant à simple réflexion et à lunette qu'il venait de faire exécuter, et dont le gouvernement surie rapport de la Galissonière et de Bellin, s'empressa de pourvoir les bâtiments chargés d'expéditions lointaines. Fatigué de solliciter de l'avancement sans l'obtenir , il se démit de la place d'ingénieur et se consacra tout entier à la culture des lettres et des sciences; mais cinquante ans de travaux ne purent le mettre à l'abri du besoin. Il fut compris pour quinze cents francs dans la répartition des secours accordés aux savants par la convention, en 1795, et mourut presque inconnu dans Paris, le 28 mai 1805, à I âge de 85 ans. Indépendamment des ouvrages déjà cités, il en a publié un grand nombre , dont on trouve les titres dans les Siècles , de Desessarts , et la France littéraire, de Ersch ; les principaux sont 10 Dictionnaire universel de mathématiques et de physique ; Paris, 1753 , 2 vol. avec 101 planches; 2° Dictionnaire historique, théorique et pratique de marine; ibid . , 1758; 2° édition , 4781, 2 vol. Dans la préface, Savérien déclare qu'il a beaucoup profité des remarques de le Gentil pour perfectionner son ouvrage; mais il reproche à Bourdé de Villehuet d'avoir inséré, dans son Manuel des marins, un grand nombre d'articles du Dictionnaire de ma- rine sans citer la source où il puisait si large- fl Savérien a publié deux Lab.. de Bernoulli dans la Vie de ce savant, Histoire du philorophes modernes, t. 4. On en trouvera la description dons l'art. Sillage du Dic- tionnaire de marine. ment ; 3. Histoire des philosophes anciens , ibid., 1771 , 5 vol. , fig. Cette compilation prouve des recherches étendues et des connaissances variées; mais le style manque d'élégance et de précision. Cet ouvrage avait été précédé par 4. Histoire des philosophes modernes, 1762-1769 , et 8 vol. avec des portraits, par François, dans la manière du crayon rouge ; 5. Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences naturelles , dans les sciences intellectuelles et dans les sciences exactes 1766-1778 4 vol. On doit à Savérien l'édition du Traité des fluxions, de Maclaurin , 1749 , et celle du Dictionnaire d'architecture, de Daviler, 1755 , avec des additions. On trouve son portrait à la tête de l'Histoire des philosophes modernes, dans les deux formats
  • Alexandre SELKIRK( 1680) : né à Lasgo , dans le comté de Fife en Ecosse, vers 1680, entra dans la marine et devint maître sur un bâtiment commandé par un nominé Pradling, avec lequel il eut des démêlés assez vifs pour que cet impitoyable capitaine l'abandonnât dans l'île inhabitée de JuanFernandez, dans la grande mer qui sépare l'Amérique de l'Asie. Le malheureux Selkirk fut laissé sur la côte, n'ayant que ses habits, un fusil, quelques livres de poudre, des balles, une hache, un couteau , un chaudron , une bible , quelques livres de piété, ses instruments et ses livres de marine. Pendant les premiers huit mois, il eut beaucoup à souffrir de la mélancolie. Il se fit deux cabanes de branches d'arbres, à peu de distance l'une de l'autre, les couvrit d'une espèce de jonc et les doubla de peaux de chèvres, qu'il tuait à mesure qu'il en avait besoin. Il trouva le moyen de faire du feu en frottant deux pièces de bois de piment l'une contre l'autre. La plus petite de ses huttes lui servait de cuisine; dans la grande il dormait, chantait les psaumes et priait Dieu. < Jamais , disaitil , je n'ai été si bon . Il avait tellement perdu l'usage de parler, que ne prononçant les mots qu'à demi , il eut beaucoup de peine à se faire entendre. Il refusa d'abord de l'eaudevie qu'on lui présenta , dans la crainte de se brûler l'estomac par une liqueur aussi chaude. Quelques semaines se passèrent avant qu'il pût goûter avec plaisir des viandes apprêtées à bord. Il croît dans cette tic une espèce de prunes noires qui sont excellentes, mais qu'il ne cueillait pas aisément, parce qu'elles viennent au sommet des montagnes. Pendant que les Anglais furent à l'ancre, la reconnaissance lui fit braver toute sorte de dangers pour leur procurer ce rafraîchissement. Rogers lui donna sur son vaisseau l'office de contremaitre, et tout l'équipage l'appela le roi de l'île Fernandez. .Anson , qui aborda depuis à cette île, en fit une peinture magnifique; mais il n'y manquait alors de rien , et il s'y trouvait une nombreuse population. Cette aventure et celle d'un mokiste indien, abandonné dans la même île en 1681, et trouvé par Dampierre en I 68& , ont fourni le sujet du roman de Robinson Crusoé Troy
  • Alexandre SFORZA( 1409) : seigneur de Pesaro, fils naturel de Jacques Sforza Attendolo, naquit à Cotignola en 1409. Le pape Martin voulut l'avoir auprès de lui, afin de le pousser dans la carrière ecclésiastique; mais étant né pour les armes, Alexandre fut rappelé par son père ; et après la mort de celuici , arrivée en 1434, il aida Fran-çois, son frère, dans ses expéditions ; il fixa sa résidence à Fermo, qu'il embellit de plusieurs manufactures. Galeazzo Malatesta lui céda , en • 1445, la seigneurie de Pesaro, après lui avoir fait épouser la célèbre Constance de Varano, sa nièce. Alexandre, aidé de son frère François, se soutint dans sa nouvelle principauté, et contre les armes de Sigismond Malatesta, et contre l'excommunication d'Eugène IV, qui fut levée dans la suite par Nicolas V. Il épousa en secondes noces Sueva, fille du comte de MontefeltrO, qui se retira , en 1457, dans le monastère du StSacrement de Pesaro, et fut connue sous le nom de la Bienheureuse Sdraphine. Alexandre rendit de grands services à Ferdinand, roi de Sicile; battit à SanFabiano, le 27 juillet 1460, par Jacob Piceinino , il eut sa revanche le 18 août 1462, prés de Troia , où il remporta Une victoire sur le même général. Ce prince le nomma grand connétable. Ayant ensuite pris le commandement des troupes de Paul 11 et des Vénitiens contre Robert MalateSta , dit le Magnifique , Alexandre fut défait et blessé. Il continua jusqu'à la fin de sa vie le métier de condottiere; et, quoiqu'il fût loin d'avoir les talents de son frète, il tint le premier rang parmi les généraux d'Italie. Il Mourut d'apoplexie eh 1473, dans un voyage à Venise. Il répara sur la tin de ses jours les écarts de Sa jeunesse. Le chevalier Annibal Olivieri a publié, en 1785, des tnémoires sut la vie d'Alexandre Sforza. Ii en parut mi appendice du même auteur l'année suivante. Ratti donne de grands détails sur Constance de Varano dans ses . 11entarie mi hi tita di eatti- o donne illustri della casa Sforza, Rome, 1785
  • Alexandre SOUMET( 1788 - 1845) : l'un des poëtes les plus distingués de notre époque, était né à Castelnaudary le 8 février 1788. Il fit ses études à Toulouse sous un neveu de dom Calmet, se livra d'abord aux sciences mathématiques et subit un premier examen pour entrer à l'Ecole polytechnique; mais son goût inné pour les vers l'entraîna bientôt vers une autre carrière, et un prix qu'il obtint à l'académie des Jeux Floraux acheva sa vocation. Il se rendit en 1808 dans la capitale, où le besoin de se faire un nom et des protecteurs lui inspira un premier éloge de Napoléon qu'il publia sous le titre de Dithyrambe au conquérant de la paix; puis un poëme intitulé le Fanatisme, qu'il ne faut pas croire écrit dans le sens que l'on donne vulgairement à ce mot. Le poëme intitulé l'Incrédulité, qu'il publia en 1810, prouve assez qu'il fut toujours attaché aux pr religieux et monarchiques. C'est un de ses meilleurs ouvrages, et il fut loué dans tous les journaux. Le jeune poëte , alors plein de feu et d'ardeur poétique, ne mettait pas moins de zèle à composer ses écrits qu'a en assurer le succès. Fort lié avec son confrère et son compatriote Treneuil , qui lui ressemblait sous beaucoup de rapports, ils visitaient souvent de concert les hommes puissants , et surtout les journalistes, qu'ils flattaient et caressaient de leur mieux pour en obtenir des louanges ; et , il faut le dire , ces moyens réussissaient plus que leurs talents, qui cependant étaient incontestables. Il était difficile qu'avec ce caractère Soumet ne se prosternât pas devant le chef puissant qui dispensait à son gré tous les honneurs et toutes les richesses. Il paya donc successivement son tribut par une ode à Napoléon et à MarieLouise à l'occasion de leur mariage, et il en reçut une bonne somme d'argent. Il fut également bien rémunéré pour l'ode intitulée la Naissance du roi de Rome, qu'il publia l'année suivante , et que l'académie des Jeux Floraux honora en outre d'un prix extraordinaire. Dans le même temps on le nomma auditeur au conseil d'Etat; enfin la plus brillante carrière s'ouvrait devant lui quand la chute de Napoléon vint tout à coup renverser ses espérances. Il en fut extrêmement affligé et très- de son avenir. A l'avènement de Louis XVIII il se lia alors assez intimement avec la baronne de Staël, que ce prince traitait avec une extrême bienveillance. Ce fut sans doute pour plaire à cette dame que Soumet publia une longue dissertation sur les Scrupules littéraires de madame de Stae ou Réflexions sur quelques chapitres du livre de l'Allemagne . Les amis de cette femme célèbre ont dit de cet ouvrage qu'il était plein de justesse dans ies aperçus et trèspiquant par la forme. Voulant se réhabiliter completement dans le parti monarchique, Soumet publia une Oraison funèbre de Louis XVI, écrite en prose avec beaucoup de chaleur et toute l'éloquence de la conviction. ll s'occupa en même temps de son poënie épique sur Jeanne d'Arc, dont il fit paraître des fragments remplis des éloges de l'ancienne France. Cet ouvrage, qui n'a paru qu'a - prês sa mort, est loin sans doute de la perfection qu'il lui eût donnée s'il eût vécu plus longtemps; niais, tel qu'il est, on ne peut nier qu'il n'ait une grande supériorité sur tout ce qui a été publié dans le même genre. La tragédie de Jeanne d'Arc, qu'il donna en 1827, n'en est qu'une faible ébauche. Elle eut cependant beaucoup de vogue, et nous la croyons bien supérieure à celle de d'Avrigny. Les autres pièces de théâtre qu'a publiées Soumet ne sont pas moins remarquables. Nous citerons C/ ytemnestre, 1822; Elisabeth, qui qui eut un grand succès et qui contribua beaucoup à le porter sur le fauteuil académique, où il parvint en 1824 à la place d'Aignan. Il avait été nommé par le gouvernement de la restauration bibliothécaire de StCloud, puis de Rambouillet, et il le fut de Compiègne en 1832 par LouisPhilippe, auquel il s'était rallié, comme on disait alors. Il était ainsi dans une fort belle position lorsqu'il mourut le 30 mars 1845. Son poëme épique sur Jeanne d'Arc a été publié, en 1846, par les soins de madame d'Altenheim , sa fille, à qui il l'avait recommandé en mourant. Le volume est précédé d'un éloge historique par Deurnier. La plupart des journaux en parlèrent d'une manière favorable, surtout M. Muret, qui lui consacra plusieurs articles dans la Quotidienne. « Cet ouvrage , atil dit, est digne du plus pro-« fond examen par la nature du sujet, par l'im-« portance de l'oeuvre et par le mérite comme « par la renommée de l'auteur... Un prologue « précède le poëme : c'est un double portrait des « deux éternelles rivales, de la France et de l'An- « gleterre personnifiées ; portrait étincelant de « coloris et d'images, et brûlant du plus éner- « gigue sentiment de nationalité. Certes , les « vieilles haines sans motif sont absurdes et dé- « plorables; mais à force de nous prêcher la con-« fraternité de toutes les nations, certains doc- « teurs abdiqueraient volontiers leur propre « patrie. Honorons cette conviction de patrio- « tisme qui brille au plus haut degré chez Sou- « met, et qui se traduit avec tant d'éclat. Le « premier chant s'ouvre par une fiction dont le « merveilleux est tout à fait dans l'esprit de « l'épopée et dans le caractère du sujet... » Outre les ouvrages de Soumet que nous avons cités, on a de lui : P Madame de la Vallière, hymne à la Vierge, qui a remporté le prix à l'académie des Jeux Floraux, dédiée à madame Barbier, Paris, 1811 2° les Embellissements de Paris, pièce qui a obtenu un accessit au concours de l'Institut. Ce fut millevoye qui obtint le prix ; Paris, 1812 3° La Pauvre Fille, élégie, 18n 4° la Découverte de la vaccine, poëme couronné par la seconde classe de l'Institut , le 5 avril 1815 ; 5° les Derniers moments de Bayard, peme également couronné par l'Institut, dans la même séance que le précédent ; 6° Saül, tragédie, Paris, 1822; 7° la Guerre d'Espagne, ode à S. A: R. Mgr le duc d'Angoulême, Paris, 18214 8° Cléopâtre, tragédie, 1825 ; 9° Pha- rennond, opéra , 1825 100 Ode à Pierre- Paul Riquet, baron de Bon- Repos, auteur du canal du Langue- doc , à l'occasion de l'obélisque qui lui est élevé par ses descendants , Paris, 1825 11° le Siège de Corinthe, tragédie lyrique , Paris, 1826 192 Elisabeth de France, tragédie en cinq actes et en vers, 1828; 13° Une . féte de Néron, tragédie en cinq actes , 1830 14° Norma, tragédie en cinq actes, 1831 Soumet avait concouru à la rédaction du Conservateur littéraire, 3 vol. et à un autre recueil littéraire intitulé la Muse française, auquel travaillaient aussi MM. Des- champs et Victor Hugo
  • Alexandre SOUTZOS ou SUTZOS( 1802 - 1863) : poëte grec moderne, naquit à Constantinople en 1802. Il était d'une ancienne et illustre famille du Phanar, qui comptait des ancètres parmi les hospodars des principautés danubiennes, et se rattachait par des alliances aux dynasties byzantines. En I820 , Alexandre Soutzos vint compléter, à Paris, son éducation commencée dans un gymnase grec. Revenu dans sa patrie, en 1826, il y débuta par un genre où il devait exceller, la satire. Il s'y attaquait aux autorités alors dominantes. Mais en 18'28, à l'issue de cette guerre de l'indépendance, à laquelle s'intéressa, à des titres divers , l'Europe entière, Soutzos résolut d'en raconter les phases et les péripéties. De là son ouvrage intitulé Histoire de la Révolution grecque; Paris, 18'29. Lorsque sa patrie passa sous la présidence de Capo d'Istria ,, 'voy. ce mot), Soutzos prit parti contre lui avec ceux qui le considéraient comme l'instrument de l'étranger. Ses vers emportés servirent puissamment cette cause; mais on peut justement lui reprocher d'avoir glorifié, comme des héros, les ifavromikhali , meurtriers du président qui, à vrai dire, ne s'était rendu odieux qu'à une opposition hargneuse et anarchique. D'abord favorable au roi Othon, Soutzos, porté par tempérament à la polémique, décocha bientôt ses satires contre les Bavarois de la royauté nouvelle. Dans le nombre des publications de ce genre, on peut citer le recueil qu'il publia en 1839 et que l'on considère comme un de ses plus vigoureux ouvrages. Le succès en fut tel, que le parquet eut grand'peine à faire exécuter un mandat d'arrêt lancé coutre Soutzos, la foule l'ayant pris sous sa tumultueuse protection. Mais elle se retira de lui dans une occasion qui mérite d'être rapportée. Ce jourlà. le poëte obéissant sans nul doute à quelque réminiscence française, s'était avisé, pour railler les Henènes du petit espace qu'ils ocir,upçnt sur la carte, de faire intervenir la Div,itnti,té,„01e7mètne. Seulement, il le faisait avec plus* ropvepance que SOU modèle. « Du « haut du cie4, Dieu tenait les rênes du « char 'lumineux ; prenant alors sa longuevue, · il se prit à jeter un regard sur notre misérable Un collaborateur de Soutzos, à Paris, M. Roussy, en a fait connaitre le plan et les intentions. Dans la pensée de l'auteur, l'oeuvre devait être à la fois poétique et politique. patriotes, mourut en octobre 1863. Il est juste de reconnaître qu'il fit de louables et poétiques efforts pour rendre à la langue moderne des Grecs un peu de cette richesse qu'elle avait eue dans l'antiquité. Outre les ouvrages que nous avons mentionnés, on cite encore de lui le Pano- rama de la Grèce, 1833, où précisément il s'attaquait à Capo d'Istria; l'Errant, 1839; la Grèce militante contre les necs, 1850 ; l'Exilé; le Por- tefeuille poétique, 1843
  • Alexandre SOZZINI( 1518 - 1608) : historien italien, né en 1518 à Sienne, passa dans sa patrie la majeure partie de son existence, et il prit une part active à la lutte que cette cité toscane, plus importante alors qu'elle ne l'est devenue depuis, soutint avec énergie contre CharlesQuint. Le Journal des ré- volutions de la ville de Sienne, de 1550 à 1555, longtemps inédit et publié enfin dans un recueil fort estimé , complète le récit qu'a fait Montluc du siége qui offrait à ce capitaine gascon l'occasion de déployer une rare énergie. Sozzini narre avec une simplicité et un naturel qui garantissent son exactitude et sa bonne foi, et son journal, un peu prolixe, offre une importance réelle pour l'histoire des républiques italiennes du 16e siècle. Après l'apaisement de ces discordes , ce chroniqueur rentra dans la retraite et parvint à ;un àge fort avancé; il mourut en 1608
  • Alexandre STEPHENS( 1757) : littérateur et biographe anglais, naquit, en 1757, à Elgin, dans le nord de l'Angleterre, ville dont son père était prévôt. Après avoir terminé ses études à l'université d'Aberdeen , il résolut de faire un voyage d'instruction, s'embarqua pour l'Amérique, et s'arrèta quelque temps à la Jamaïque. Revenu en Angleterre, il acheta une compagnie dans le 8IØ régiment ; mais le licenciement de ce corps l'empérha d'en prendre possession. Alors il étudia la jurisprudence, qu'il abandonna pour la littérature. En 1792, il épousa miss Lewin, tille d'un riche gentilhomme, officier dans un régiment, et il en eut trois enfants, dont un seul lui a survécu , ThomasAlgernon Stepheus , qui était enseigne dans le 3• bataillon du régiment RoyalEcossais , avec lequel il combattit à Waterloo , où il fut blessé. Stephens était en relation intime avec un grand nombre de personnages célèbres de la GrandeBretagne le représente comme faisant de ses publications littéraires un objet de spéculation. Stephens, au contraire, possesseur d'une belle fortune, se livrait avec indépendance et sans motif d'intérèt à la culture des lettres. Outre les nombreux articles qu'il a fournis au illonthly . 11agazine, à la Revue analytique et autres recueils périodiques, ainsi que plusieurs pamphlets anonymes sur divers sujets, on a de lui : la Jamaïque , poënie descriptif ; 2° u4; journal de droit dont il fut le fondateur, et le' principal rédacteur, et qu'il intitula : The Templar . Le Temple est un ancien édifice de Londres où beaucoup d'avocats vivent en commun. Stephens avait été agrégé à cette société lorsqu'il suivit le barreau pendant quelque temps; 3° lettres d'un noble a son fils; 4' une traduction de la Vie du docteur Franklin; 5° les neuf premiers volumes des. Public- tharabb Cers, Londres, 1798-1807 avec portraitsd Ce recueil de mémoires et d'anecdotes ,surAst, illustres contemporains de l'Angleterre obtint une grande vogue ,et ,a été continué,. 6, Histoire , Londres, 1817-1821 t. 1-5 avec portraits à la silhouette. Ste. phens avait recueilli dans ses relations particulières de nombreux documents historiques peu connus, qu'il mettait, aussitôt par écrit, et. qui lui furent d'une immense, utilité pour ses compositions biographiques. Il Icominença la publication de l'Obitaary en 1817 et en donna successivement, cinq volumes. L'ouvrage eut beaucoup de suecèe-_ et il a été continué après la mort de lauteur,, dont l'article nécrologique se trouve dans le tome 6
  • Alexandre STOURDZA( 1788) : diplomate et littérateur russe, né en 1788, appartenait à une famille d'origine hongroise qui s'était depuis longtemps établie dans la Moldavie. Son père, qui s'était compromis aux yeux du sultan par son zèle pour la Russie, jugea prudent, en 1792 , de passer dans les Etats du czar , et il s'éleva à la dignité de conseiller intime. Le jeune Alexandre fit ses études en Allemagne, et de retour en Russie, il voulut faire preuve de dévouement en écrivant en faveur des mesures adoptées par l'empereur. Les jésuites venaient de provoquer les soupçons d'Alexandre; ils furent expulsés. Stourdza lança contre eux, et en faveur de l'Eglise grecque, tin écrit qui fit alors quelque sensation : les Réflexions sur la doctrine et l'esprit de l'Eylise orthodoxe furent traduites en allemand par tiotzebuë, , et l'auteur fut admis comme conseiller d'Etat dans la chancellerie du comte Capo d'Istria. En 1818, il accompagna, dans un emploi subalterne, l'empereur Alexandre au congrès d'AixlaChapelle, et, profitant de communications puisées à des sources officielles . il rédigea un Mémoire sur l'état actuel de l'Allemagne. Imprimé à cinquante exemplaires, destiné à être distribué à des souverains et à des ministres et à demeurer confidentiel, cet écrit obtint une publicité dont on fut contrarié en haut lieu. Un exemplaire parvint dans les mains du rédacteur du Times, qui le fit connaître partout. Le mémoire fut réimprimé à Paris et traduit en allemand. La sensation fut grande , et l'esprit public de l'Allemagne se trouva rudement froissé. Destiné surtout à célébrer la gloire de la Russie et son rôle providentiel pour le bonheur du monde, rempli de citations bibliques, empreint d'Un vague zmysticisme , l'oeuvre du Moldave n'avait d'ailleurs aucune portée pratique. Il y signalait les universités comme le foyer de l'esprit révolutionnaire , et il indiquait vaguement la nécessité d'une réforme dans l' supérieure. De nombreux écrits répliquèrent; mais il suffira de citer celui qui sortit de la plume d'un Français fort versé dans les choses germaniques : Coup d'œil sur les univer- sités de l'Allemagne, par Villers. Stourdza s'étant rendu à Dresde. il y épousa, en 1819, la fille du médecin Hufeland ; mais redoutant le sort de Kotzebuë, provoqué en duel par un étudiant , inquiété par des lettres ano- nymes, il prit le parti de se retirer en Russie. En 1822 , il lit paraître tin autre ouvrage, la Grèce en 1821 , destiné, comme d'usage , à soutenir les vues du gouvernement russe; mais bientôt Alexandre modifia ses idées au point de vue des affaires de la Grèce, et Stourdza rentra dans la vie privée. Il en sortit lorsque l'empereur Nicolas fut monté sur le trône, et il fut replacé au ministère des affaires étrangères. En 1840, il prit sa retraite , et il passa le reste de sa vie dans ses domaines de l'Ukraine ou à Odessa. Il s'occupa surtout d'ceuvres philanthropiques; il fonda, en 1850, à Odessa un institut de diaconesses ou soeurs de charité se consacrant au service des pauvres et des malades, et il créa un couvent pour l'éducation de jeunes filles destinées à épouser les popes ou prètres grecs, qui avaient l'habitude de prendre leurs femmes dans les dernières classes du peuple. Il s'occupa aussi de travaux littéraires ; il publia des livres de morale religieuse. Ses Lettres sur les devoirs des ecclésias- tiques furent trèsbien accueillies du public; une quatrième édition, mise au jour à Odessa, en 1844, attesta la vogue dont elles jouirent. Il fit imprimer , à Paris, en 18&6, une traduction des Homélies de l'archevêque de Charkow, Innocent. Dès 1837, il avait écrit une biographie de son beau•père : C.- W. Hufeland, esquisse de sa vie et sa mort chrétienne, Berlin Divers autres ouvrages, en russe et en grec moderne, furent le fruit de son activité ; mais leur énumération ne présenterait pas d'intérêt. Stourdza mourut le 13 juin 185 , dans son domaine de Munsyr, en Bessarabie
  • Alexandre STRADELLA : célèbre chanteur italien du 17. siècle, bon compositeur et même poëte, est cependant moins connu par ses talents que par ses aventures romanesques et sa fin tragique. Venu de Rome à Venise, il figurait dans les plus brillants concerts, et il était admis comme maitre de chant dans les premières maisons de la ville. Au nombre de ses élèves il comptait une jeune veuve romaine aussi dist par sa naissance que par sa beauté et qui agréait alors les hommages d'un illustre patri- cien. ComMe Abeilard , Stradella devint amou- reux de son élève, lui fit partager sa passion et s'enfuit avec elle à Rome, où ils se logèrent. dans un quartier retiré. Le patricien, furieux, dépêcha à la poursuite des fugitifs deux bravi, qui, après d'actives recherches, parvinrent à les découvrir. Ils se rendirent un soir à St Jean de Latran, où Stradella donnait un oratorio de sa composition. Leur intention était de le poignarder quand il sortirait de l'église; mais sa voix suave. son chant mélodieux les attendrirent et leur inspirèrent des remords. Ils l'abordèrent en effet et lui avouèrent leur criminel dessein, auquel le plaisir qu'ils avaient eu à l'entendre les avait fait renoncer. Ils ajoutèrent qu'ils s'excuseraient auprès de son persécuteur en disant qu'ils étaient arrivés trop tard et l'engagèrent à choisir une autre ville pour retraite. Stradella et Hortensia se réfugièrent à Turin, où Christine de France , duchesse de Savoie et régente, touchée de leur position, les accueillit avec bonté et, pour les sOustraire aux vengeances dont ils étaient menacés, plaça Hortensia dans un couvent, nomma Stradella son premier musicien et le logea dans son palais. Mais le patricien de Ve- nise continuait ses investigations , d'accord cette fois avec le père mème d'Hortensia. Celuici, ayant appris que les deux amants étaient à Turin, se dirigea vers cette ville , muni de lettres de recommandation pour le marquis de Villars, am- bassadeur de France, et accompagné de deux sicaires. Stradella , se promenant un soir sur les remparts, fut attaqué par ces trois hommes et reçut un coup de poignard dans la poitrine. Les meurtriers, le croyant mort, cherchèrent un asile à l'hôtel du marquis de Villars, qui ne voulut pas les livrer à la justice et les fit évader. Cependant Stradella guérit de sa blessure. et la duchesse de Savoie , qui n'avait cessé de lui témoigner, ainsi qu'à son amie, le plus vif intéret, pensa qu'un mariage légitime les mettrait à l'abri de toute violence et leur fit donner la béné- diction nuptiale dans la chapelle de son palais. Ils vivaient heureux et tranquilles, lorsque Stradella, cédant au désir d'Hôrtensia , alla visiter avec elle le port de Gènes. Le lendemain de leur arrivée, des assassins pénétrèrent dans la cham- bre des deux époux et les poignardèrent l'un et l'autre dans leur lit. La vengeance du Vénitien était accomplie. Le fond de cette histoire a fourni le sujet d'un opéra en cinq actes , intitulé Stra- della; paroles de MM. Emile Deschamps et Emilien Paccini, musique de M. L. Niedermeyer, représenté en 1837
  • Alexandre TANNEVOT( 1692 - 1773) : né à Versailles en 1692, d'un père employé dans les bâtiments du roi, fut, pendant soixante ans, dans les bureaux de Lecouturier et de Boulogne. Il finit par devenir premier commis des finances et premier secrétaire de Boulogne, alors contrôleur général. Il avait exercé les fonctions de censeur royal et en portait encore le titre lorsqu'il mourut en 1773. Il fut toute sa vie un financier désintéressé et pauvre. On a de lui 1° Poésies diverses, 1732 nouvelle édition, 1766, 2 vol. in•12. Le premier est divisé en deux parties , qui ont chacune leur table , quoique n'ayant qu'une pagination, ce qui fait que quelques bibliographes portent l'édition à trois volumes. On y trouve deux tragédies déjà imprimées, trente fables, quelques odes , quelques épîtres et des chansons ou pièces de circonstances. L'Epitre à mes livres, antérieure ou non aux Charmes de l'étude, par Marmontel , leur est certainement inférieure. Tannevot n'a pas été mieux inspiré dans son morceau intitulé I/ l'auteur d'une éptitre Il) Cet Essai parut en anglais, Oxford, 1695 à Uranie . Les deux seules pièces qui soient supportables sont deux chansons un peu longues intitulées le Philosophisme et l'Esprit. La i dernière, contre le livre d'Helvétius, est citée " quelquefois ; elle commence ainsi 0 l'incomparable livre rQueile livre De tragédie en cinq actes et en vers, 1742 réimprimée en 1766, dans ses Poésies direrses. . eaucoup de passages sont imités du Paradis Io perdu de Milton, que Tannevot avait eu le projet de traduire en vers français. 4° Les Décrets dires, ode sur la ronraleseenee du roi, f 717, in_ 4. ; réini_ primée dans un Recueil de pièces choisies sur les conquétes du roi, 1745, petit mais non admise par l'auteur dans ses Poésies, en 1766; 50 Lettre à . 11. Kinglin , préteur de Strasbourg, sur le livre d'estampes qu'il a fait grarer à l'occasion du sejour du roi à Strasbourg, 1741k non compris dans les volumes de 1766; 6° la Parque vaincue , divertissement en un acte sur la convalescence du duc de Fronsac, exécuté à l'hôtel de Richelieu. à Versailles, et imprimé en 1757, mais non reproduit dans les volumes de 1766 ; 7° A 1111. les docteurs de la maison et société de Sor- bonne, épître en vers, 1764 qui valut à l'auteur un rescrit de la Sorbonne, qui lui rend grâce de son zèle à combattre les ennemis de la religion. L'épttre et le rescrit sont dans les volumes de 1766. 8° Quelques autres pièces dans les journaux ou imprimées séparément, mais fai- sant partie des Poésies, et dont l'énumération serait fastidieuse et superflue. Enfin Tannevot a eu part aux Caractères de l'amour, , grand opéra joué en 1738, et il a été l'éditeur des Âliotets de Lalande, recueillis en 1728 ; car il est l'auteur des préface , avertissement et avis
  • Alexandre TARTAGNI : , jurisconsulte, sur- nommé d Imola, parce qu'il était originaire de cette ville, dans la Romagne , vécut dans le 15e siècle, fut contemporain de Balde et de Paul de Castro et professa le droit à Padoue. Il avait étudié la jurisprudence sous Jean d'Imola et sous d'Anamia , et il eut à son tour beaucoup de disciples. Il passa successivement à Ferrare , à Bologne, occupant avec la plus grande distinction la chaire de droit. On l'appelait le docteur de la vérité. Tiraqueau en a fait un grand éloge, et Décius prétend qu'on ne pouvait pas s'éloigner des opinions d'Alexandre Tartagni sans tomber dans l'erreur. Il professa pendant l'espace de trente ans avec distinction , et ses ouvrages ont joui d'une grande vogue. Il a écrit sur le Digeste, sur le Code, sur les Clémentines, sur les Décrétales ; ses remarques sur Bartole prouvent qu'il préférait sa propre doctrine à celle de ce jurisconsulte, et ses conseils, Consilia, ont été trèsutiles à Dumoulin, qui, les ayant étudiés, y puisa la plus grande partie de sa science. Il mourut à Bologne en 1477, âgé de 53 ans, et laissa trois fils, dont l'aîné, appelé Antoine Tartagni, fut comme son père un savant jurisconsulte. On a érigé à Alexandre un superbe monument en marbre blanc dans l'église StDominique , où il fut inhumé; dans l'épitaphe inscrite sur ce mausolée il est qualifié ainsi : Legum teriesimo ac fidissimo interpreti
  • Alexandre TASSONI( 1749) : né en 1749, à Collabo, dans la Sabine, descendait d'une branche de l'illustre famille de ce nom , anciennement établie à Fermo et à Ferrare. Il fit ses études à l'université de la Sapienza, à Rome, et y prit les degrés de docteur en droit. En 1799, il fit partie de deux commissions établies dans cette ville, après le départ de l'armée française. Ses services lui valurent la place d'auditeur de rote auprès de la légation de Ferrare. Dès lors il entra dans les ordres et se voua entièrement à l'Eglise. ouvrage qu'il avait publié pour la défense "de la religion catholique attira sur lui les regards de Pie VII, qui , en 1815, le nomma auditeur du Tassoni allait être revêtu de la pourpre, lorsqu'il mourut à Rome , le 31 mai 1818. On a de lui 1° Dissertatio de collegiis, Rome, 1792, ; 2' la Religione dimostrata e difesa, ibid., 1805-1810, 3 vol. 3° traduction italienne des Psaumes, inédite. Voyez Vita di Alessan- dro Maria Tassoni
  • Alexandre TASSONI( 1565) : né à Modène le 28 septembre 1565 , d'une famille noble et ancienne, eut à lutter dés le berceau contre l'adversité. Resté orphelin dans sa première enfance , affligé d'infirmités, engagé dans des procès ruineux, il vainquit tous ces obstacles, fit des études solides, d'abord dans sa patrie, puis dans les universités de Ferrare et de Bologne, où il eut pour mattre le célèbre Aldrovandi, et partit pour Rome en 1597, dans l'espoir de s'y procurer plus d'aisance. Doué d'un caractère enjoué et d'un esprit aimable, il ne tarda pas à s'y faire connattre. En 1599 le cardinal Ascagne Colonne le fit son premier secrétaire et l'emmena avec lui en Espagne. Le cardinal ayant été nommé viceroi d'Aragon, ne voulut point occuper cette place sans l'agrément du pape et lui envoya Tassoni pour l'obtenir. Clément VIII, dans sa réponse au cardinal, fit l'éloge du secrétaire, ajoutant qu'il l'avait vu avec beaucoup de plaisir. Ce fut à al Outre les ouvrages de cet infatigable bibliographe, mentionnés à son article, nous croyons devoir encore citer les deux suivants, que nous avons sous les yeux : 1^ Mélanges historiques el littéraires ? Vermischte Nachrichten und Bemerkungen, hist. und litt. Jihalta ; 2. Entretiens Unterhaltungen i historiques et littéraires et avait prédit qu'il serait un hypocrite. Celuici eut beau protester contre la fausseté de cette accusation et employer le crédit des cardinaux de la Valette et Barberini, et celui de Béthune, ambassadeur de France, le cardinal fut inflexible et exigea son expulsion. Mais après un exil de dix jours, que Tassoni passa à la chasse, son courroux parut se calmer , et Tassoni eut la liberté de revenir. Las et dégoûté d'une servitude si peu fructueuse , il acheta une petite maison de campagne aux environs de Rome, près le palais de Riari, à la Longara , et y passa quelques années, partageant son temps entre l'étude et la culture de son jardin. En 1626, le cardinal Ludovisi , neveu de Grégoire XV, le tira de sa retraite philosophique et le retint près de lui jusqu'en 1632, année de sa mort. A cette époque, François lev, duc de Modène , un des princes les plus accomplis de son temps , l'appela à sa cour, le fit conseiller, lui assigna une pension honorable, mieux payée que celles qu'il avait eues précédemment, et lui donna un logement dans son palais. Tassoni servit ce prince avec autant de zèle que de fidélité. Son tempérament robuste lui promettait une certaine longévité, lorsque, sa santé venant tout à coup à s'affaiblir, il mourut le 25 avril 1635, àgé de 71 ans. Tassoni était un caractère franc jusqu'à la causticité, beau parleur, d'un caractère enjoué. Il avait étudié la philosophie ancienne et moderne, la politique et l'histoire. Personne ne possédait mieux que lui les finesses de sa langue et les 01 Les biographes français se sont trompés en mettant cette anecdote surie compte du pape Urbain VIII, beautés de la poésie. 11 faut convenir pourtant que, dans ses notes sur le dictionnaire de l'académie de la Crusca , ajoutées par Apostolo Zeno à l'édition de Venise de l'an 1698, on trouve quelquefois l'amertume d'un censeur jaloux plutôt que les égards de la fraternité académique. On le regardait comme un des premiers savants de son siècle, et le savoir était son moindre mérite. Son premier ouvrage fut ses Questions phi- losophiques, imprimées en 1601, édition qu'il désavoua lorsqu'en 1612, il fit imprimer le même ouvrage à Modène . Ce livre, qui a pour objet des matières de physique, de géographie, de morale, de politique, d'histoire et de littérature, où Aristote est attaqué et où une guerre ouverte était déclarée au péripatétisme, essuya beaucoup de critiques de la part de ceux qui regardaient comme audessous de toute discussion les opinions alors enseignées dans les écoles. Cet ouvrage peu connu au delà des monts et qui mériterait de l'être est un abrégé de tout le savoir de cet âge. L'auteur n'a laissé presque aucun sujet scientifique ou littéraire sans l'effleurer, et partout il déploie beaucoup de pénétration et une grande étendue de connaissances. L'auteur, entre autres sujets, examine celui de la rivalité des anciens et des modernes et décide en faveur des derniers. Dans le septième livre, il met en question si la science et les belleslettres sont utiles aux princes et à la jeunesse, et il conclut par la négative. Dans le dixième est l'éloge du bourreau . En 1609, il publia ses Observations SU? ' Pétrarque, qu'il avait composées pendant son second voyage d'Italie en Espagne, pour se distraire des ennuis de la navigation , et sa critique est une des plus judicieuses qu'on ait faites de ce poète; mais, comme l'ouvrage précédent, elle lui attira beaucoup d'ennemis et d'injures. 11 y eut dans l'attaque et dans la défense un tel excès d'emportement qu'il en résulta des emprisonnements et des procès. Un récollet d'Imola prit part à la querelle et publia contre le hardi critique un sonnet qui lui attira la réplique sanglante d'un poëte offensé . Quelques parodies fort gaies de ce qu'il peut y avoir de répréhensible dans la manière de Pétrarque réduisirent au silence ses maladroits admirateurs. On avait aussi reproché à Tassoni de n'avoir pas su rendre justice au génie d'Homère. Les Italiens l'attaquèrent avec autant d'animosité que madame Dacier en mit plus tard à attaquer la Motte. Ce tort serait bien plus grand s'il eût été réel ; mais le critique prouva, par des imitations trèsheureuses de plusieurs passages de l'Iliade, qu'il était plus pénétré que ses antagonistes des immortelles beautés du père de la poésie, et qu'il avait ainsi Un éloge du métre genre est un ouvrage de la jeunesse de GalianilFerdinand) ivoy. son articlel. Voyez la traduction du Seau enlevé, t. 8, p. 191-192, 1769. le droit de penser et de dire que tout, dans les écrits d'Homère, ne lui paraissait pas également digne d'admiration. Le principal titre de Tassoni à la célébrité est le poëme hérdicomique auquel il donna le nom de la Secchia tspita , ouvrage de sa jeunesse, ditil, mais qu'il parait avoir composé vers l'âge de quarantesix ans et qui ne lui coûta que six mois; mais, comme on sait, le temps ne fait rien à l'affaire, Voici le sujet de ce poëme, dont l'auteur, dit Boileau, ...Par les traits hardis d'un bizarre pinceau Mit l'Italie en feu pour la perte d'un seau. Cette épopée badine est fondée sur des événements réels et réunit deux époques des 13. et IV siècles. Dans une de ces hostilités, fréquentes alors entre les villes d'Italie, les Modénois pénétrèrent jusque dans Bologne et s'emparèrent d'un seau de bois, ainsi que de la chaine qui l'attachait à un puits. Fiers d'un tel avantage, ils rapportèrent ce trophée dans leur ville et le suspendirent dans une tour comme un monument de l'infériorité de leurs antagonistes ; mais l'outrage ne pouvait. être souffert patiemment par ceuxci, et de là cette lutte terrible dont Tassoni a immortalisé le souvenir. L'impression de ce poëme, qui devait avoir un si grand succès, éprouva des difficultés infinies, et l'on n'en est nullement étonné lorsqu'on jette les yeux sur certaines stances où Tassoni semble s'être fait un malin plaisir de ne rien respecter. Il fut mis vingt fois sous presse, et vingt fois il fut interrompu. L'auteur l'avait communiqué à l'un de ses amis. Cet homme, qui n'y vit point le nom de sa famille, fut piqué d'un tel oubli et dénonça le poërne à l'inquisiteur, comme un ouvrage fait en dérision du pape et de l'Eglise. Cette démarche lui réussit, et l'on nomma pour examinateur un parfait balourd, un solennissimo balordo. Cependant les copies s'en multiplièrent rapidement, et le poëte nous apprend qu'un copiste en fit, au prix de huit ducats chacune, un assez grand nombre pour réaliser en peu de mois environ huit cents ducats. Enfin le poème parut pour la première fois en 1622 , sous le nom d'Androvinci Melisone , imprimé à Paris, chez Toussaint du Bray. Il obtint, dès les premiers instants de sa publication , le suffrage d'une nation vive, spirituelle, et qui de tout temps a montré peu d'éloignement pour les peintures à peine couvertes de la gaze la plus transparente. L'auteur, sous le nom de Gaspard Salviani, y joignit des notes courtes, vives et piquantes. Cette production lui rendit les bonnes grâces d'Urbain VIII. Ce pape, ami des lettres, voulut lire la Secchia et se contenta d'indiquer à 'ras- a) Lalande vit encore ce trophée dans son voyage en Italie, en 1766; il était dans le bas de la tour appelée la Ghirlandina. Le Maistre, qui visita Modène après la paix d'Amiens, dit qu'a cette époque il n'en restait plus qu'un fragment. soni un petit nombre de corrections. Celuici, contre toute attente, fit mettre des cartons à une vingtaine d'exemplaires qu'il présenta au pape et ne changea rien aux autres. Les représentations, les menaces ne purent obtenir de lui qu'il adoucit un seul des traits de satire si multipliés dans son poëme; car on ne l'offensait jamais impunément. Cette même Secchia respira en offre une preuve frappante. Un comte avait un secré- taire qui publia deux pamphlets où Tassoni était traité fort durement. Ce poète, un des plus irritables qui aient existé, soupçonna le comte d'y avoir pris part, et il écrivit aussitôt à un de ses amis : « Je lui ferai sentir qu'il vaudrait « mieux pour lui avoir affaire au diable qu'a moi. n Effectivement, son poi, me, qui n'avait point en- core paru, ne devait avoir que dix chants. Il en ajouta deux autres pour vouer son ennemi à l'infamie et répandit dans tout le reste de l'ou- vrage une foule de traits où il ne fut que trop bien servi par l'esprit de vengeance. Une vanité ridicule, la jactance, la poltronnerie, la fatuité sont les moindres défauts qu'il lui reproche. Peu satisfait de le représenter comme un époux maltraité, il va jusqu'à lui attribuer, dans le dixième chant, le dessein formel d'empoisonner sa femme. Pour tout dire, en un mot, Tassoni a si bien réussi dans son projet de rendre odieux et ridicule le nom de Culagne que, depuis ce temps, les seigneurs qui possèdent ce bourg n'osent en prendre le titre. On crut généralement à Modène que sous ce nom était désigné le comte Paolo Brusantino , uniquement pour la cause alléguée plus haut. Il fallait un mérite réel pour qu'un pareil abus de talent ne retombât pas sur le poéte : aussi reconnuton qu'écrivain éminem- ment original, Tassoni, malgré ses fautes nombreuses, honorerait toujours le Parnasse italien. On ne peut lui refuser le mérite d'être l'inven- teur d'un genre de peine inconnu jusqu'à lui. Il eut le sulTrage des connaisseurs. Apostolo Zeno ne balance pas à le mettre au- dessus du Lutrin et de la Boucle de ch. veux enlevée. On doit convenir que c'est un agréable mélange de comique, d'héroïque et de satirique, mais qui tombe quelquefois dans le bas et où la décence n'est pas toujours observée. Voltaire l'a jugé avec trop de rigueur lorsqu'il a dit , dans une de ses lettres, que « la Secchia rapita est un trèsplat ouvrage, « sans invention, sans imagination, sans variété, « sans esprit et sans grâce, et qu'il n'a eu cours « en Italie que parce que l'auteur y nomme un « grand nombre de familles auxquelles on s' « téressait. D Ce poëme a été souvent réimprimé. L'édition originale vit le jour à Paris , en 1622 elle est devenue rare, et les bibliophiles la recherchent. L'auteur s'y cache sous un pseudonyme; mais son nom parut dans une autre édition, publiée à Ronciglione, en 1624. Le docteur Majolino. Citons aussi les éditions d'Oxford, 1737 avec les notes de Salvioni et de Marchioni; de Modène, 1744, avec les remarques de Salvioni et de Barotti et la vie du poëte, par Muratori ; de Paris, 1766, vol. iii-8°; de Pise, 1811, fol. ; de Florence, 1824 de Milan, 1827 La Secchia rapita a été traduite en français en 1678, 2 vol. par P. Perault , qui l'a accompagnée d'un examen critique, et par Cédols, que l'auteur anglais des Mémoires sur la vie de l'assenai appelle partout Cahors, 1759, 3 vol. petit . A l'une et l'autre version en prose est joint le texte italien. On en doit une imitation , en vers élégants et faciles, à Creuzé de Lessert , Paris, 1796, 1 vol. 18; 1798, 2 vol. 3e édit., 1812. En 1700, un Anglais, Ozell, en entreprit une traduction anglaise; il n'en publia que trois chants, qui furent réimprimés en 1715, mais avec peu de succès. On réunit ordinairement aux éditions de la Secchi« le premier chant d'un autre poëme, intitulé /*Océ., que l'on peut considérer comme le vestibule d'un grand monument que l'auteur se proposait d'élever à la mémoire de Christophe Colomb ; c'est un ouvrage de sa première jeunesse, dans lequel il a imité le Tasse, l'Arioste et le Camoëns, notamment dans la description de l'ile enchantée. Ce fut probablement durant sa résidence chez l'ambassadeur du duc de Savoie, à Rome, qu'il entreprit l'Abrégé des Annales ecclésiastiques du cardinal Baronnes. il le mit entre les mains d'un maitre du sacré palais, pour le faire examiner; mais il ne put jamais le retirer. Cet ouvrage n'a point été imprimé ; il en existait encore, en 1744, trois copies autogra- phes. dont une, au rapport de Cédols, se trouvait à Paris, dans la bibliothèque. Cet abrégé était écrit en latin; l'auteur y affectait des sentiments contraires à ceux de Baronius, non par esprit de contradiction, disaitil , mais par respect pour la vérité des faits. On a perdu son histoire de la guerre de la Valteline, qu'il avait composée lorsqu'il était secrétaire d'llorace Ludovisi , duc de Fiano, général du saintsiége, et lorsqu'en 1623, ce général. pour mettre lin à la guerre, prit en dépôt la Valteline, sujet de la querelle. Il y avait joint, à l'imitation de la cinquième satire du premier livre d'Horace, un récit fort gai de son vovage de Rome à cette contrée. Le cardinal Ludovisi le tira adroitement de ses mains, et il s'amusait beaucoup de cette lecture, quoique son père y fût tourné en ridicule. Mais par ce motif, ce cardinal brûla, diton, ce petit ouvrage. Léon Allacci attribue encore à Tassoni un volume de lettres, et le peu qui en reste, écrit d'une manière piquante et légère, doit en faire regretter la perte. Quant aux Philippiques dirigées contre in Quelques personnes pensent que c'est un pseudonyme et que le nom véritable du traducteur est Dumouriez , auteur du Richard« et père du général de ce nom. Philippe III et aux Funérailles de la gloire d'Es- pagne, que ses ennemis lui attribuèrent et qui causèrent ses disgrâces pendant ses liaisons de Savoie, il n'est pas sûr qu'il en fût l'auteur, et il s'en est toujours défendu, quoique sa haine contre l'Espagne , manifestée en toute occasion, ait affaibli la force de ses protestations. Tassoni avait été reçu, en 1600, à l'académie des humoristes, sous le nom du qu'il mit en tète de l'édition publiée en 16n de la Secchia rapita. Cette association ne fut pas de longue durée. La salle où s'assemblaient ces académiciens fut achetée, en 1738, par le cardinal de Fleury. C'est à présent celle de l'académie de peinture. On y voyait encore, en 1759, la devise de Tassoni ; c'était une scie qui a commencé de scier un bloc de marbre ; à côté est un petit vase, avec ces mots espagnols Si non . falta el «mar . Plus bas était l'écusson de Tassoni, portant dans la partie su- périeure un champ d'azur, un aigle noir les ailes étendues, et audessous un taisson dressé sur ses pattes. Vers le même temps s'éleva une autre institution, à la promotion de laquelle Tassoni eut la plus grande part. Le prince Frédéric Cési, duc d'Acqua Sparta , ouvrit son palais à l'académie des Litrcei, dont l'objet était d'expliquer les phénomènes de la nature, d'en rechercher les causes et de soumettre à l'examen d'une sage critique la vieille philosophie d'Aristote. On a vu plus haut jusqu'à quel point Tassoni en avait profité; mais la liberté philosophique, puisée dans ces entretiens, ne put le défendre de quelque penchant pour l'astrologie judiciaire. Ce qui le prouve, c'est que, dans la treizième question du dixième livre des Pensées, il examine sérieusement si la conjonction de la balance et du soleil est funeste et si septembre porte malheur à ceux qui naissent dans ce mois. Le résultat de cet examen est d'attribuer à ces deux circonstances tous les contretemps de sa vie. Une autre imputation dont on ne peut le justifier est son extrême irritabilité, son ressentiment implacable et l'acrimonie qu'il porta dans les querelles littéraires. Muratori, en citant le Drapeau rouge, titre d'un des pamphlets de Tassoni , dit qu'il suivait l'exemple de Tamerlan. Quand on l'attaquait, d'abord il arborait le drapeau blanc, comme un signal de pardon général ; puis le drapeau rouge pour marquer qu'il exigeait la mort de ceux qui s'étaient armés contre lui ; le drapeau noir annon-çait qu'il voulait tout exterminer. Cependant Tassoni compta au nombre de ses amis les hommes de lettres les plus distingués parmi ses contemporains, Rossi, Preti, Allacci, le Marini, Galilée, Querenghi, etc. Quant à sa personne, il avait, disent ses biographes, le teint fort blanc, les yeux vifs, un front ouvert et toute la physionomie d'un galant homme. On le représente Tenda Roua, avec le motto lgnem gladio ne rodias, 1613. toujours une figue à la main, et au bas de son portrait, on lit ces deux vers Derlera cor fleuret qmeris mea geslet inanem , Longi opens merces hoec fuit : Aula dedit. On a ainsi rimé ce distique De Tassonf, pourquoi la main honteuse Tientelle ce fruit enfantin? C'est le digne present qu'une cour généreuse Pour prix de son travail , lui lit un beau ii.atin. On raconte que , se promenant dans un marché de Rome, il demanda à une fruitière si les figues qu'elle vendait étaient borines. La marchande lui en donna une à goûter. Il s'en alla tout joyeux, disant que c'était le premier régal qu'on lui eût fait de sa vie, et il voulut qu'on le peignit une figue à la main. D'autres prétendent que, par cet emblème, il voulut faire entendre quetoute son assiduité auprès des grands lui avait à peine produit la valeur d'une ligue. Un esprit aussi indépendant devait en effet souffrir beaucoup dans cette situation , quelque honorable qu'elle pût être. C'est ce qu'il témoigne dans une lettre au chanoine Sassi : s vous me mandez, ditil, . On peut aussi consulter Léon Allacci , dans ses Apes urbatue , Rome, 4633 et Hambourg, 1711 ; Crescembeni , Tiraboschi , etc. Mais l'ouvrage qui ne laisse rien à désirer sur ce sujet est celui d'un littérateur irlandais nommé Joseph Cooper Walker, , qui a paru après sa mort par les soins de son frère Samuel Wallier, , à Londres, en 1815, 1 vol. SOUS le titre de Mémoires d'Alexandre Tassoni. L'auteur, profondément versé dans la littérature du beau pays où il était allé chercher un climat plus favorable à la faiblesse de sa constitution, a fait les recherches les plus exactes sur la personne et sur les écrits d'Alexandre Tassoni. Il y a joint, sur Aldobrandi, le Guarini, Rinuccini , le Tasse, Chiabrera, Galilée, etc., une foule d'anecdotes littéraires, qui ajoutent à l' de cette biographie, où l'on désirerait un peu plus d'ordre et moins de longueurs. L'ouvrage est enrichi, de plus, d'un beau portrait de in Rie. de la poésie ital., t. 3. Sforia della poss. Vol
  • Alexandre TASTE( 1692) : évêque de Bethléem, naquit à Bordeaux en 1692. litant entré dans la congrégation de StMaur, il devint, en 1729, prieur du monastère des BlancsManteaux, à Paris. 11 est principalement connu par un ou Le 10. livre a reparu à Venise, en 1827, par les soins d'un bibliographie zélé, B. Gamba, lequel a également mis au jour, en 1827, un volume de Lettres de Tassoni, extraites pour la plupart des manuscrits de la bibliothèque StMare. vrage qui fit beaucoup de bruit et qui a pour titre Lettres théologiques aux écrivains défenseurs des convulsions et autres prétendus miracles du temps. La première est du 15 avril 1733; la vingt et unième et dernière est du i" mai 1740. Le recueil forme deux volumes L'auteur y attaquait les miracles et les convulsions des appelants par le raisonnement, par la théologie par la discussion des faits et par l'arme du ridicule. Dans sa dixneuvième lettre particulièrement, il met ses adversaires aux prises et les réfute les uns par les autres. On obtint un arrêt du parlement de Paris, du 4 janvier 1738, pour supprimer cette lettre, parce qu'elle renfermait quelques railleries sur des magistrats dévoués à la cause des convulsions. L'auteur souleva aussi contre lui tous les partisans de la même cause. Dom la Taste fut en outre accusé d'avoir avancé une doctrine peu exacte sur la question des miracles en général et sur le pouvoir des démons à cet égard ; il fut attaqué par l'abbé Thierry, professeur de Sorbonne, et depuis l'abbé de Prades prétendait se servir de quelquesuns des principes du bénédictin pour justifier sa thèse. Mais celuici soutint qu'on ne l'avait pas compris, et il fut des premiers à s'élever contre la thèse. Ses Lettres théologiques, quoiqu'un peu longues, purent être utiles dans le temps pour détromper ceux qui avaient été dupes des prestiges et des folies si crédulement admirés à cette époque. Dom la Taste fut nommé, en 1736, assistant du général de sa congrégation. Ses écrits et son zèle contre l'appel lui avaient suscité des ennemis dans ce corps. Pour le soustraire à leurs tracasseries , on le fit évêque de Bethléem , titre d'évêché sans territoire, érigé à Clamecy, dans le Nivernais. C'était le duc de Nevers qui présentait à cet évèché. Dom la Taste fut présenté, agréé par le roi et institué à Rome. Il fut sacré le 5 avril 1739 et fait abbé co de Moiremont , diocèse de ChAlonssurMarne. Nommé supérieur des carmélites de StDenis, puis visiteur général de tout l'ordre, il s'efforça d'y ramener la discipline et la soumission à l'autorité. Il assista aux conférences tenues au Louvre par quelques évêques, sur une instruction pastorale de Rastignac, archevêque de Tours, et y opina avec modération ; il fut également d'une assemblée d'évêques tenue à Conflans et à Paris, en 1753, pour l'examen du livre de Berruyer , et il fut nommé membre d'une commission pour examiner ce livre. Il mourut à StGermain en Laye, le 22 avril 1754. Les Nouvelles ecclésiastiques, qui font un portrait fort noir de ce prélat et qui débitent les contes les plus ridicules sur sa mort, lui attribuent plusieurs écrits, comme la Requête du promoteur de l'officialité de Paris, contre cinq des miracles de St-14édard , en 1735; des Réflexions sur une enquête ordonnée par le cardinal de Noailles, au sujet de ces mêmes miracles, en 1736; des Lettres aux carmélites du faubourg St- Jacques; une Refutation des Lettres pacifiques, datée du 1" janvier 1753, et deux suites de cette réfutation , qui parurent peu de temps. après; enfin des Observations sur le refus I que fait le Chàtelet de reconnaitre la chambre royale, 1751t. Mais ces attributions sont don - teuses. Il parait constant , par exemple, que les observations sont de l'abbé Capmartin de Chaupy, auteur des Réflexions sur la notoriété de fait et de droit. La requête et les réflexions n'appartiennent en aucune manière à dom la Taste ; les Lettres aux carmélites et la Refutation des Lettres pacifiques sont peut-être les seuls ouvrages qu'on pourrait lui attribuer avec plus de vraisemblance, et Barbier, dans le Dictionnaire des anonymes présente ce prélat comme éditeur des Lettres de Ste- Thérèse , traduites de l'espagnol en français par madame de Maupeou , carmélite, et l'abbé Pelicot, 1748, 2 vol
  • Alexandre TESAURO( 1558 - 1621) : né à Fossano en 1558, n'avait que vingtsept ans lorsqu'il publia un poème sur l'éducation et les maladies des vers à soie, ainsi que sur l'art de filer et de teindre les étoffes. Le mariage de CharlesEmmanuel, duc de Savoie, avec l'infante Catherine, à qui cet ouvrage était destiné, empêcha le poète de continuer les deux livres que nous en possédons, et qui ne forment que la moitié du poème. Ils trailitent moins de la soie que de l'insecte précieux ,qui la produit. Le style en est élégant et facile, et les vers, quoique nonrimés, sont remarquables par la facture et par l'harmonie. L'épisode de Pyrame et de Thisbé; celui sur l'Italie, sont d'une longueur excessive et n'ont aucune proportion ',avec le sujet. L'auteur s'aperçut luimême de ces taches ; et bien qu'il ait poussé sa carrière jusqu'à l'âge de soixantetrois ans, il ne voulut jamais achever ce qu'il avait si imparfaitement commencé. Il mourut à Turin en 1621. Son poème est intitulé la Séreide, Turin, 1585 ; Verceil, 1777, in 8°
  • Alexandre THIERRY( 1803 - 1858) : médecin et chirurgien français, né à Paris, le 13 février 1803, avait pour père et pour grandpère deux chirurgiens qui jouirent en leur temps d'une haute réputation. Il fit ses études avec distinction, et il était question de le destiner à l'enseignement, de le faire entrer à l'école normale, mais il suivit la carrière habituelle de sa famille et il se voua aux sciences médicales. Après des études persévérantes dans les hôpitaux, après avoir été aide d'anatomie à la Faculté, il fut reçu docteur en 1828 ; il écrivit quelques morceaux qui furent remarqués, mais les exigences d'une pratique active, les travaux que lui procurait la supériorité qu'on lui reconnaissait comme opérateur, ne lui laissèrent guère de temps pour les oeuvres de cabinet. Il ne fut point étranger à la politique. Fort lié avec Armand Carrel , il donna des articles au National, et, en 1832 , il devint, avec MM. Bastide et Guinard , un des officiers supérieurs de l'artillerie de la garde nationale parisienne, corps fort attaché à ce que l'on appelait alors le parti du mouvement. Cependant il se concilia les sympathies générales, et, en 1846, il fut choisi pour membre du conseil municipal par la presque unanimité des électeurs du neuvième arrondissement. Le 24 février 1848, ceux des membres de ce conseil qui s'étaient réunis à l'hôtel de ville, le choisirent pour leur président; le poste était difficile et périlleux; le docteur Thierry montra beaucoup de fermeté et d'activité pour rétablir le calme dans Paris, pour y organiser une administration nouvelle. Le gouvernement provisoire lui confia la direction des hôpitaux et des services civils. Il s'en acquitta avec beaucoup de zèle , et, après les funestes journées de juin, il montra le plus grand dévouement à secourir les victimes de cette cruelle lutte civile. Réélu au conseil municipal , il en devint viceprésident, et il remplit à diverses reprises les fonctions de président, en l'absence d'Arago ; la chute de la république le rendit à la vie privée. Il mourut, à Paris, le 28 décembre 1858. il avait été chirurgien du roi LouisPhilippe, et il avait fait partie de la société de l'histoire de France. Ses ouvrages ne sont ni nombreux ni de longue étendue ; on cite de lui un mémoire Sur la torsion des artères, 1829 ; une brochure intitulée Opinion sur la clinique chirurgicale, 1837
  • Alexandre TIBÈRE : fils d'Alexandre , alabarque d'Alexandrie, le plus riche et le plus puissant parmi les Juifs établis dans cette ville, s'est acquis une célébrité funeste pendant les derniers malheurs qui accablèrent la nation juive. Ayant abandonné la religion de ses pères pour embrasser le paganisme, il fut nommé gouverneur de la Judée et s'acquitta de cet emploi avec beaucoup de zèle pour les Romains. Il fit crucifier Jacques et Simon , fils de ce Judas galiléen qui avait porté les Juifs à se soulever contre les maîtres du monde. Son père étant mort après l'avoir déclaré son successeur dans la dignité d'alabarque , Tibère céda le gouvernement de la Judée à Cumanus, et se rendit à Alexandrie vers l'an 63 de J.C., peu de temps avant l'affreux désastre qui devait accabler dans cette ville la malheureuse nation juive. Les habitants s'étant assemblés dans l'amphithéâtre pour délibérer sur une députation qu'ils devaient envoyer à Néron, plusieurs Juifs entrèrent dans le lieu de leurs séances; on se jeta sur eux avec fureur en criant que c'étaient des espions dont il fallait se défaire ils s'enfuirent ; et l'on ne put en arrêter que trois que l'on traînait par les cheveux pour les briller tout vifs , lorsque leurs compatriotes, qui depuis cinq siècles s'étaient établis en grand nombre à Alexandrie , se rassemblèrent pour arracher leurs frères à la mort. Les uns jetaient des pierres sur les habitants grecs , les autres s'avançaient avec des torches vers l'amphithéâtre, menaçant d'y mettre le feu et de brûler ceux qui s'y trouvaient rassemblés ; ce qu'ils auraient fait si Tibère Alexandre ne s'y fût opposé. Ayant fait venir près de lui les principaux de la nation juive, il les engagea à user de leur influence pour étouffer ce mouvement et pour faire rentrer la foule dans le devoir ; niais les chefs de l'émeute repoussèrent tous les avis, se moquant hautement du gouverneur qu'ils appelaient apostat et traître à sa nation. Tibère, craignant les suites d'une sédition si fortement déclarée , fit avancer deux légions romaines et un corps de cinq mille soldats libyens qui, par malheur pour les mutins, venaient d'arriver à Alexandrie. Ayant rangé ses troupes en bataille, il leur commanda de marcher sur les Juifs, de passer par les armes ceux qu'ils rencontreraient, de piller leurs biens, et , Galba , Othon et Vitellius se disputant l'empire, Vespasien , qui se trouvait à Césarée en Judée, fut proclamé empereur par l'armée de Syrie qu'il commandait. Les chefs et les légions le pressaient de les conduire à Rome ; niais il crut devoir d'abord s'établir à Alexandrie. Voulant prévenir ses compétiteurs , il se hàta d'adresser à Tibère une lettre dans laquelle, flattant sa vanité, il lui disait : e L'armée m'a élevé à rem- « pire avec une si noble affection , avec tant d'ai.- « deur, que je n'ai pu refuser; j'ai jeté les yeux « sur vous comme sur celui qui peut m'aider le « plus efficacement à soutenir le poids d'un si « grand fardeau. » Dès que Tibère eut reçu celte lettre, il se hàta de proclamer Vespasien, de lui faire prèter serinent par les deux légions, par les habitants; il prépara tout ce qui était nécessaire pour sa réception et l'on accourut de toutes parts à Alexandrie pour voir le nouveau maitre du monde. Peu de temps après , on voit, à l'occasion d'une nouvelle émeute suscitée par les Juifs d'Alexandrie, que Lupus était gouverneur de cette ville. Tibère Alexandre avait sans doute été ppelé a d'autres fonctions. ives empereurs romains ,aient grand cas de sa fidélité et de sa bra- aire : comme il entendait bien le métier de la guerre, Titus le choisit pour son lieutenant dans celle qu'il alla faire contre les Juifs de Jérusalem ; et il parait que cette terrible expédition, où il seconda de tout son pouvoir les Romains contre ses compatriotes, fut le terme de sa vie
  • Alexandre TILLOCH( 1759 - 1825) : écrivain anglais, était né à Glasgow, le 28 février 1759. Après qu'il eut terminé ses études, son attention se porta sur l'art de l'imprimerie, qu'il espérait perfectionner. S'étant adressé à Foulis, célèbre imprimeur de l'université de Glasgow. il lui fit part du projet d'un nouveau procédé qui n'était qu'une véritable stéréotypie. Foulis, en ayant senti l'importance, entra pour moitié dans l'exécution. Ils prirent des brevets d'invention en Ecosse et en Angleterre et stéréotypèrent quelques volumes. Tilloch apprit dans la suite qu'un bijoutier d'Edimbourg, nommé Ged, avait exécuté quelque chose de semblable , cinquante ans auparavant. On ignore si ce fut cette circonstance qui le refroidit pour son invention. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il ne s'en occupa plus, et qu'il se rendit, en 1787, à Londres, où il acheta, en 1789, une partie de la propriété du journal intitulé The Star, et coopéra très- activement à sa rédaction. Voyant que l'Angleterre manquait d'un bon ouvrage périodique pour les sciences mathématiques et phy - siques, il en fonda un, sous le titre de Philosophical Magazine, et ne négligea rien pour en assurer le succès. Ce journal a été continué par Taylor, q ue Ti lloch s'était associé dans les dernières années. Quoique cette entreprise utile l'occupàt beaucoup, son esprit actif se portait encore sur Magasin encyclopédique et publiée séparément, Paris, 1803 de 34 pages. avec une planche. (I L'ouvrage de du Tilliot a été réimprimé dans les Cérémonies religieuses, édit. de Hollande, t. 8. On peut consulter .r ce suiet curieux la Burde, Essai sur la mu igue, t , p. 232: d'Àrtigny, Noutp- aux Mémoires, t 4, p 278 322 Rns,ignol , la File des Tous et la Mère folle à Dijon, 1856 Presque tout ce qui existe sur ces Fêles a été inséré dans tes toutes h et 9 de la CollectIon de disserlations sur l'histoire de France, publiée par M. Leber. d'autres objets. C'est ainsi qu'il proposa , mais sans succès, à la Banque d'Angleterre, un procédé pour empêcher la contrefaçon des banknotes. Venu en France pour offrir son invention au gouvernement, occupé alors à empècher la contrefaçon des assignats, des propositions lui furent faites, mais elles n'eurent point de suite. Il travailla au perfectionnement des machines à vapeur ; et, peu de semaines avant sa mort, il avait pris un brevet à cet effet. Tilloch mourut le 26 janvier 1825. Son collaborateur a donné, dans le numéro de février du Philosophical Magazine, une courte Notice sur cet homme laborieux. DG.
  • Alexandre TRIPPEL( 1747 - 1793) : sculpteur, né à Schaffhouse en 1747, mourut à Rome en 1793. A neuf ans, il fut envoyé chez un parent, à Londres, pour apprendre la menuiserie et la construction des instruments de musique mais le génie du jeune artiste le dirigea vers l'art du sculpteur. Il se perfectionna dans le dessin, et suivit son frère à Copenhague. Le professeur Wiedevelt devint son mattre en sculpture. Après huit ans de séjour en Danemarck, il se rendit à Berlin, où ses espérances furent trompées. De retour à Copenhague, il fut couronné plusieurs fois à l'académie. Après un séjour de trois ans à Paris, où il se fit connaître par le beau modèle de son groupe allégorique sur la Suisse, il se rendit, en 1777, à Rome, où il travailla avec beaucoup de succès jusqu'à sa mort. Une partie considérable de ses ouvrages se conserve en Russie. Il se distingua autant par la noble simplicité dans l'invention, que par la finesse, la netteté et la justesse d'exécution. Son goût , perfectionné par l'étude des antiques, se reconnaît dans tous ses basreliefs, dans ses bustes et dans ses groupes allégoriques. Une biographie de cet artiste , accompagnée d'un portrait, se trouve dans le 54° volume de la Nouvelle bibliothèque des beaux- arts
  • Alexandre TOURNON( 1760 - 1794) : appelé quelquefois Tournon de la Chapelle, né à Arras vers 1760, ,vint fort jeune à Paris, où il vécut des travaux File sa plume. Il se trouvait dans cette ville lorsque la révolution commença, et il s'en déclara un des plus chauds partisans. S'étant uni au fameux libelliste Prudhomme, il concourut avec lui à la rédaction des Révolutions de Paris et se lia également avec Danton et Camille Desmoulins. Tombé comme eux dans la disgrâce de son compatriote Robespierre, il périt sur l'échafaud le 10 juillet 179à , ayant été condamné par le tribunal révolutionnaire. 11 avait publié : 1° les Promenades de Clarisse et du marquis de Volzi, nouvelle mé- thode pour apprendre les principes de la langue il) Journal de Verdun, décembre 1711, p. 384. française, à l'u. sage des jeunes personnes, i78!-1787, 1'2 cahiers ; 2° la Vie et les mémoires de Pilâtre des Rosiers, Paris, 1786 ; 3° His- toire de mademoiselle de Sirval, ou le Triomphe du sentiment, Paris, 1788, '2 vol. ; 4° Moyens de rendre parfaitement propres les rues de Paris, 1789 ; 5. Des préliminaires sur la constitu- tion du peuple français en 1793. C'était une sorte d'introduction à la constitution que Héraut de Séchelles fit décréter à cette époque et qui fut remplacée par le gouvernement révolutionnaire sans avoir été jamais mise à exécution. — Touit-' NON , né à Toulon, vers 1770, fut longtemps médecin en chef des hôpitaux militaires de Bayonne et de Bruxelles, professa la chirurgie à Toulouse et publia : 1° Liste généalo- gique des ouvrages des médecins, chirurgiens, et de ceux qui ont exercé l'art de guérir dans cette ville, avec des annotations et l'éloge de Pierre Desault, Bordeaux, 1779 ; 2° Flore de Toulouse, ou Description des plantes qui croissent aux environs de cette ville, Toulouse, 1811
  • Alexandre TURAMINI( 1558) : jurisconsulte, né à Sienne, vers l'année 1558, apprit le droit à l'école de son compatriote Jérùuae Denvoleuti et fréquenta quelque temps le barreau. En 1585, il fut appelé à Rome pour y occuper une chaire de jurisprudence. Sa santé ne lui permit pas de s'y établir : confirmé professeur à Sienne, il y partagea son temps entre l'enseignement et la composition de ses ouvrages. Sa réputation ne lit qu'augmenter : le grandduc Ferdinand 1•' le lit venir à Florence pour le charger des fonctions d'uditore delle rola fiorentina, C'est le premier Siesinois qu'on voyait parvenir à cet emploi. Turamini n'y resta pas longtemps : il aima mieux former des magistrats que de l'être luimême.l r, et dans lequel, au travers des distinctions scolastiques , on remarque des idées saines et judicieuses sur l'origine et l'application des lois. Il avait cru d'abord, comme il l'avoue luimême, que le meilleur magistrat était celui qui citait le plus d'autorités sur un cas particulier; mais il demeura convaincu qu'on ne mérite le nom de jurisconsulte que lorsqu'on sait tirer de plusieurs lois particulières un principe général. Dans ce mène traité, on trouve le germe de l'ouvrage de Grotius sur le droit de la guerre : ce grand publiciste, qui n'ignorait pas les écrits d'un autre Italien , aurait bien pu avoir connaissance de ceux de Turamini. Bargagli a donné ce nom à un de ses dialogues iil 7'eramieo), dans lequel un des interlocuteurs est Virginius et non pas Alexandre Turarnini, comme on l'a supposé. Ce dernier a été oublié par Tiraboschi. Ses ouvrages ont été réimprimés à Sienne, 1769 , et à Leipsick, t 772 . , d'a près les manuscrits autographes et par les soins de l'abbé Mehus , qui y a joint une no- tice sur l'auteur. Ce recueil. qui ne se compose que des traités de droit, devait être suivi d'un second ,olunie , contenant les essais littéraires qu'on n'a pas rassemblés. Nous citerons entre autres: I. Sileno, farola hoschereccia, Naples. 1599, in•8.; '2° Orazione in morte di Filippo Il, re di Spagna, ibid., 4599 Voyez Borsieri, Discorsi sella rite e gli serilli di Alessandro ntramini, Milan, 18t8
  • Alexandre TURCHI( 1582 - 1650) : peintre, naquit à Vérone, en 1582, d'un pauvre aveugle que, dans son enfance, il conduisait dans les rues en mendiant, ce qui lui lit donner le surnom de l'Or- bette . Cependant le Passeri prétend que ce nom lui vient de ce qu'il louchait, et en effet ce défaut s'aperçoit à son oeil gauche dans le portrait de ce peintre que possède la famille Vianelli de Vérone. Quoi qu'il en soit , le Brusasosei, frappé des rares dispositions que le jeune Torelli montrait pour la peinture, le prit chez lui, lui prodigua ses soins et en fit, au bout de quelques années , un émule plutôt qu'un élève. Alors il quitta Vérone et se rendit à Venise, où il entra dans l'école de Charles Caliari. De là il vint à Rome, où il se forma un style qui lui appartient et qui se fait particulièrement remarquer par la grke et la noblesse, quoique cependant il ne soit pas dépourvu de vigueur. Turchi s'établit à Rome, où, en concurrence avec les élèves des Carrache, François Secchi et Pierre de Cortone, il peignit dans l'église de la Conception : il exécuta quelques autres tableaux dans la môme ville ; mais celle qui renferme le plus de ses ouvrages publics et particuliers , c•est, sans contredit , la ville de Vérone. La seule famille du marquis Gerardini , qui le protégeait et qui le maintint à Rome, en possède un assez grand nombre pour pouvoir en enrichir plusieurs cabinets. C'est là que l'on peut voir ses progrès et comment il passa (le l'incorrect au correct et d'un style un peu pauvre à un style riche et orné. Quelques auteurs n'ont pas craint de le mettre en parallèle avec Annibal Carrache ; mais cet excès de louange, qui se conçoit parmi des contemporains , serait ridicule aujourd'hui, et le temps en a fait justice en remettant ces deux artistes à leur place. Annibal est au premier rang des plus grands pe de tous les siècles et de toutes les contrées, et lorsque le Turchi a tenté de s'élever à la hauteur de son dessin , comme dans le Sisara du palais Colonna et dans quelques autres compositions, il n'a pas toujours réussi. En générai, ses nus , partie dans laquelle Annibal a presque atteint les Grecs antiques, sont loin d'avoir le mérite de ses figures drapées. Du reste, cet artiste a des qualités attrayantes qui font qu'il plaît, quel que soit le sujet qu'il traite. On dirait qu'il cherchait à faire un mélange de différentes écoles; mais il y ajoutait un je ne sais quoi d'original dans la manière d'ennoblir les portraits qu'il introduisait dans ses compositions, et auxquels il savait donner le coloris le plus brillant et la plus grande morbidesse. C'est surtout dans la distribution des couleurs qu'il se montre supérieur. Il avait adopté une teinte d'un rouge doré qui égaye sa toile et qui est un des signes auxquels on le reconnaît. On dit qu'il apportait un soin extrême au choix de ses couleurs, et qu'il possédait le secret de leur conserver ce brillant et cette fraîcheur que la postérité lui envie. Il les préparait et les nettoyait luimême et consultait les chimistes. Il a peint, dans l'église de StEtienne de Vérone, le Supplice des quarante martyrs. Cet ouvrage tient beaucoup, par l'empâtement du coloris et la science des raccourcis , de l'école lombarde ; par le dessin et l'expression , de l'école romaine ; et par l'éclat, de l'école vénitienne. C'est un des plus étudiés, des plus finis, des plus brillants qu'il ait faits. Le choix des tètes rappelle le Guide. Il a su en distribuer la composition avec tant d'art que l'on voit sans peine sur les derniers plans tous les développements de son sujet, qui semble remplir un champ d'une immense étendue. Les figures y sont variées et dégradées d'une manière admirable. Cependant il n'est pas de ces artistes qui multiplient inutilement les acteurs pour encombrer leurs compositions historiques de figures. La ilkee de douleur, qu'il a peinte dans l'église de la Miséricorde à Vérone, n'a que trois personnages, le Christ mort, la Vierge et Nicodème; mais le dessin, la composition, l'agencement, le coloris, tout en est si parfait que ce tableau est regardé comme son chefd'oeuvre et comme un des plus beaux qui se trouvent à Vérone. L'Epiphanie, que l'on voit dans la collection du marquis de Gerardini et dont l'ébauche se trouve à Bologne, n'abonde pas non plus en figures; mais il a déployé une telle magnificence dans les vêtements des mages qu'il rappelle les belles productions des Titien et des Bassan. On cite encore comme deux beaux ouvrages la Fuite en Egypte, que l'on voit à Rome, dans l'église de StRomuald , et le St- Félix capucin, qu'il peignit à la Conception , pour la famille Barberini , qui avait employé les plus habiles artistes pour orner cette église. Le musée du Louvre possède cinq tableaux de ce maître 1. le Déluge; 2. Samson endormi livré aux Philistins par Dalila; 3. la Femme adultère amenée devant Jésus- Christ; 4. le Mariage mystique de Ste- Catherine d'Alexandrie ; 5° la Mort de Marc- Antoine. Parmi les élèves sortis de son école, deux surtout se sont fait un nom. L'un est Jean Caschini et l'autre JeanBaptiste Rossi, surnommé le Gobbino. Le Turchi mourut à Rome, en 1650
  • Alexandre UBELESQUI( 1649 - 1718) : peintre d'histoire, plus connu sous le nom d'ALEXANDRE , naquit à Paris en 1649 et y mourut le 21 avril 1718, âgé de 69 ans; il avait obtenu le troisième prix pour le concours de Rome en 1671 et remporta le premier l'année suivante; le sujet était : les Di- vertissements donnés au roi par la ville de Dun- kerque, ce qui lui valut un chandelier d'argent de soixante livres. Il fut reçu à l'Académie le 30 janvier 1682, sur un .tableau représentant le Roi donnant la paix à l'Europe, et il devint professeur le 13 août 1695. Nous citerons au nombre de ses principaux ouvrages une Vieille qui porte un billet à une jeune fille jouant de la viole; la Naissance de Vénus; la Naissance de Bacchus; Bacchus et Ariane ; Vertunzne et Ponzone; Vénus sollicitant Vulcain de forger des armes pour Enée; l'Enlève- mcnt d'Europe ; les peintures de la voûte de la seconde chapelle de SteMarie Trans-, pontine, à Rome; enfin, le cinquantequatrième inay de Notre- Dame de Paris, offert en 1682 à la Vierge par la communauté des orfévres , représentant le Baptême de Jésus- Christ par St- Jean- Baptiste, et le soixantedeuxième reproduisant le Christ guérissant plusieurs ma- lades
  • Alexandre VALIGNANI( 1537 - 1606) : missionnaire, né en 1537 à Chieti, d'une famille noble, se fit jésuite en 1566, et fut envoyé , en 1573 , par François Borgia aux Indes orientales, où il s'acquitta, avec beaucoup de zèle , des fonctions de visiteur et de provincial. Ce missionnaire était un homme trèsrobuste et d' une taille athlétique ; les voyages les plus pénibles et les plus rudes travaux ne purent le rebuter. Après avoir parcouru plusieurs fois le Japon et la Chine, toujours plein d'ardeur pour amener à la foi chrétienne les habitants de ces contrées, il mourut à Macao le 20 janvier 1606, à l'âge de 69 ans. Brigantini, dans la préface des Lettres écrites du Japon par les jésuites, imprimées en portugais, appelle Valignani l'apôtre de l'Orient. Ce dernier a laissé les ouvrages suivants : 1° Commentarii ad Japonios et ad caleras Indice nationes christiance fidei mysteriis buendas , libri duo , dans la Ilibliothèque de Possevin , dont ils forment les livres 10 et 11 ; Apologia pro societate Jesu ; 3° Martyrium Rodulphi Aquavirce et quatuor sociorum eju. s ex societate Jesu, Prague, 1585 ; il y en a une édition imprimée à Rome en italien ; 4° Littera, de statu limonite et Chince ab annu IZi80 ad 1599, Anver,,, 1603 on attribue encore à Valignani l'ouvrage intitulé De Chinensinna admirandis, cité par le P. Jarric, Trésor de l'Inde, t. '2, liv
  • Alexandre VELLUTELLO( 1500) : littérateur lucquois, était né dans les premières années du 16• siècle. Dans sa jeunesse, s'étant passionné pour Pétrarque, il forma le projet d'écrire la vie de ce grand poète ; niais avant de l'exécuter, il voulut visiter Avignon, se flattant d'y recueillir, sur le séjour de Pétrarque en cette ville, des renseignements inconnus à ses devanciers et de parvenir enfin à connaître l'origine de la belle Laure. D'Avignon il se rendit à Vaucluse, et partout il visita les archives publiques et consulta les personnes qu'il jugea le plus capables de lui donner les éclaircissements dont il avait besoin. Des recherches faites avec tant de zèle n'aboutirent qu'à lui procurer des notions vagues et fausses sur l'objet de son voyage. De retour en Italie, il publia les Sonnets de Pétrarque, Venise, 1525, in. °, avec des notes et la vie de l'auteur. Cette édition fut reçue avec empressement par les nombreux admirateurs de Pétrarque, et la presse la reproduisit dix ou douze fois dans un petit nombre d'années . La Vie de Pétrarque, par Vellutello, devint la source unique où puisèrent tous ceux qui faisaient de ce poète et de ses ouvrages l'objet de leurs travaux, et probablement elle jouirait encore de cet avantage si l'abbé de Sade n'en eÛt pas relevé les erreurs dans ses Mémoires sur Pétrarque i, voy. Suie). Vellutello est l'éditeur cl' une comédie d'Aug. Richi I tre Tiranni, Venise, 1533 Il nous apprend dans la préface que cette pièce, composée à l'imitation des meilleurs poètes grecs et latins, fut représentée en présence de CharlesQuint et de sa cour, aux fêtes de son couronnement. Un lui doit encore un Commentaire sur la Divine Comédie de Dante, Venise, 15114, Mie); réimprimé plusieurs fois, notamment avec celui de Landino , ibid.. 1564 On a cité, à l'article DANTE, les meilleures éditions de ce commentaire, dont les Italiens font beaucoup de cas et qui réellement est fort utile pour pénétrer le sens de plusieurs passages obscurs (le ce fameux poème
  • Alexandre VINCENS-DEVILLAS( 1725) : né à Nîmes le 29 janvier 1725, dans la religion protestante.. joignit aux travaux du commerce, sa profession héréditaire , l'étude de la philosophie et la culture des lettres. Il s'adonna d'abord à la poésie, et en mème temps à des recherches d'érudition sur divers points d'archéologie et d'histoire. Plus tard, il approfondit les principes de l'écononne politique , principalement dans leurs rapports avec la prospérité du commerce en général, et spécialement avec celle de son pays natal. Le gouvernement eut souvent recours à ses lumières , par l'intermédiaire des intendants de commerce, surtout de M. de Cotte et de MM. de Trudaine. Tl consacra aussi plus dune fois 'a plume à la défense de ses coreligionnaires; et il eut une grande part aux mémoires qui amenèrent l'édit .de 1787. Vers le milieu du 18° le gereure et le Joisrnal des savants recueillirent quelquesunes des productions de sa jeunesse. On trouve de lui, dans les Pièces, etc., publiées par l'académie royale de Mmes, 1756, un Afé, moire historique sur les anciennes Amazones. En 17 7 4. à l'occasion d'un procès où il s'agissait de , la validité d'un mariage entre protestants. il donna, sans y mettre son nom, quelques écrits sur la législation relative à ces sortes d'unions. En 1809, le conseil du département du Gard, dont il était membre, ordonna l'impression des lbyezions sur les greniers d'abondance, qu'il lui avait présentées. Le surplus de ses ouvrages est resté inédit. Longtemps incarcéré sous le régime de la terreur, il mourut peu de temps après avoir recouvré la liberté, dans le mois d'août 1794
  • Alexandre VOLTA( 1745) : physicien, devenu si universellément célèbre par la découverte dé l'appareil électrOinotedr, iiàyuit à aine le 18 février 17 de Philippe Volta et de Madeleine de Conti- lnzaghi. Il paraît que, de fort bonne heure , un goût naturel trèsvif le porta vers 'l'étude des sciences physiques et chimiques, particulièrement de l'électricité, car, dans une dissertation latine qu'il adressa, en 1769, au P. Beccaria, et qui est intitulée : De ri attractiva ignis electrici, on voit que, six ans auparavant, par conséquent dès l'âge de dixhuit ans, il était déjà en correspondance avec Nollet sur ces matières. Et à dixneuf ans, ce qui était au moins inattendu , il composa un poënie latin qui n'a pas été publié, mais dans lequel il décrivait les phénomènes découverts par les plus célèbres expérimentateurs du temps. Mais, pour revenir à sa première dissertation, il est curieux de remarquer que, parmi les hommes qui se sont rendus célèbres par quelque importante eécouverte expérimentale, un trèsgrand nombre, nous dirions volontiers presque tous ont rencontré cette bonne fortune dans des sujets de recherche pour lesquels ils avaient constamment ressenti une longue et persévérante prédilection, et, comme le disait Newton, en y pensant toujours; résultat facile à concevoir, si l'on considère qu'en physique ce que l'on trouve vaut ordinairement mieux que ce que l'on cherche, la nature étudiée, et pour ainsi dire agitée palnos expériences. nous offrant toujours des merveilles fort supérieures à notre faible prévision. Au reste, ce premier essai de Volta ne renferme qu'une explication hypothétique trèsimparfaite des phénomènes électriques, et il est à remarquer qu'en général Volta n'a jamais montré dans ses écrits ce caractère philosophique de l'esprit qui rend apte à établir des théories rigoureuses, quoique sa perspicacité le conduisit trèsloin et trèssûrement dans les déductions des faits qu'il pouvait suivre expérimentalement. C'est ainsi que des expériences qu'il fit en 1775 sur la propriété isolante qu'acquièrent les bois imprégnés d'huile le menèrent à la construction de l'élcc- trophore ou porteur d'électricité, parce qu'en effet cet appareil est comme un dépôt permanent et inépuisable d'où l'on peut tirer à chaque l'électricité dont on a besoin pour une infinité d'expériences. Des tentatives ingénieuses, et continuellement suivies, pour perfectionner cet instrument, le conduisirent, en 1782, à la décou• verte d'un autre appareil d'une bien plus grande importance, qu'il appela le condensateur électrique, et au moyen duquel les plus petites quantités d'électricité, lorsqu'elles émanent d'une source qui peut constamment les reproduire à mesure qu'on les enlève, vont se fixer et s'accumuler dans un plateau conducteur, en vertu de l'attraction momentanée d'une électricité de dénomination différente, à laquelle on les soustrait, lorsqu'on veut les rendre sensibles et les soumettre à l'observation, Or, ce qui est trèssingulier, et ce qui ne doit pas être omis dans l'histoire des sciences, ces deux appareils, le condensateur et l'électrophore, avaient été, pour ainsi dire, prévus. et leur théorie donnée, plus de vingt ans auparavant , dans l'ouvrage d'.Epinus intitulé Tentamen theorice electricitatis et magnetismi tandis que Volta , qui les découvrit assurément par luimême, mais pour qui ils ne furent que des combinaisons d'expérience, Volta ne les rapporta jamais à leur théorie véritable. Il attribua leurs propriétés, et les attribua toute sa vie, à une extension réellement matérielle de l'électricité autour des corps, qu'il appelait atmosphères électriques, et dont les discussions les plus approfondies avec les physiciens géomètres, tels que Coulomb et Laplace, ne purent jamais le dissuader, Par un autre effet de cette tournure d'esprit qui le rendait insensible à la rigueur mathématique, il ne comprit jamais que son électroscope à pailles, qui était un instrument parfaitement propre à rendre sensibles la présence et la nature des électricités développées dans les corps, ne l'était point à mesurer leur intensité avec exactitude, et ne pouvait fournir, sous ce rapport, des indications comparables à cause de la composition excessive des attractions, d'où résultaient ses effets en apparence trèssimples. Ce fut vainement que l'on voulut faire comprendre à Volta la supériorité , nous dirons même la nécessité mathématique, de la méthode que Coulomb avait suivie pour obtenir ces mesures fondement de toute la science. D'après cela fautil s'étonner si, dans ses écrits imprimés, il méconnut l'importance de cette méthode qu'il désigna comme moins directe que celle dont il s'était servi, quoique celle- ci ne ftlt pourtant en réalité qu'une approximation trèsimparfaite ? On peut surtout se former une trèsjuste idée de cette singulière alliance qui se trouvait en lui de la finesse la plus délicate dans la conduite des expériences, avec une absence totale de rigueur abstraite, en lisant sa dissertation sur les conducteurs électriques, insérée au tome I"' de ses OEuvres complètes; car il y parvient graduellement, par une suite d'expériences trèsbien combinées, à reconnaître l'influence générale de la forme de ces conducteurs sur la conservation et la déperdition de l'électricité , ainsi que sur l'énergie de leurs décharges; et néanmoins le vague des idées qu'il s'était faites sur les prétendues atmosphères électriques l'éloigne de toute détermination précise; il ne fixe aucun des éléments rigoureux de cette question importante tandis que le même sujet traité par Coulomb, aussi expérimentalement, mais avec un esprit mathématique, en fixe, et en fixe pour toujours, les lois exactes, assignant, par des mesures précises, la distribution de l'électricité en équilibre sur la surface des corps de différentes formes, soit parfaitement, soit imparfaitement conducteurs, d'où l'on peut déduire l'influence que cette forme itMeleorologia ellecirica, leiter« manda, p. 71, t. 1, part. 2, de la Collectio« dee . Il s'éteignit le 5 mars 1826, à de 81 ans, laissant dans les sciences un nom que la découverte de l'appareil électromoteur rend impérissable. Volta avait une taille élevée, des traits réguliers, un front large, sillonné par la méditation. enfin , un regard où se peignaient le calme de l'âme et la pénétration de l'esprit. Il avait épousé, en 1794, à l'âge de quaranteneuf ans, wademoiselle Thérèse Peregrini , dont il eut trois fils; deux lui survécurent, l'autre mourut à 18 ans. La collection complète de ses œuvres a été publiée à Florence en 1816, 5 vol. Elle est précieuse par la fidélité avec laquelle on y trouve la succession de ses idées sur les objets les plus importants dont cet homme illustre s'est occupé dans sa longue carrière
  • Alexandre WILSON( 1766) : ornithologiste américain, naquit à Paisley, en Ecosse, le 6 juillet 1766; il perdit sa mère à l'àge de dix ans. Son père se remaria, et à treize ans le jeune Alexandre entra comme apprenti chez un tisserand. Sept années se passèrent dans ce travail mécanique. Dégoûté de l'atelier, il se fit colporteur. Il avait de fort bonne heure conçu un goût trèsvif pour la poésie, et il dispersa dans des journaux , dans des écrits périodiques les premiers essais de sa muse. En 1792, il fit paraître, sans y mettre son nom, une ballade que bien des lecteurs regardèrent comme l'oeuvre de Burns, circonstance qui flatta agréablement l'amourpropre de Wilson. Toutefois, ses compatriotes s'occupèrent trèspeu de lui, et il prit la résolution d'émigrer pour l'Amérique. Il débarqua le 14 juillet 1794 à Newcastle Etat de Pensylvanie), n'ayant pour tout avoir que quelques shellings , et il se rendit aussitôt à Philadelphie. Il exerça successivement divers métiers ; il fut tour à tour employé chez un graveur, tisserand, colporteur, arpenteur et maitre d'école. En 1802, il fut placé à la tète de l'école de Gray'sFerry, près de Philadelphie ; il y fit la connaissance d'un naturaliste, M. Bartram, qui lui communiqua toutes ses collections, lui prèta des livres , lui donna des conseils. Wilson avait du penchant pour l'étude de l'histoire naturelle; sa vie errante avait développé chez lui la faculté de l'observation. Il s'exerça à dessiner; il réussit d'abord assez mal; mais ayant pris des oiseaux pour modèle, il sentit aussitôt sa vocation se fixer, son talent prendre un essor déterminé. En 1804, au mois d'octobre, il entreprit, avec deux de ses amis, une excursion à pied jusqu'aux chutes du Niagara. A leur retour, ils coururent les plus grands dangers; ils furent obligés de se frayer un chemin à travers des forêts désertes, au milieu de tourbillons de neige. Cette excur- sion périlleuse inspira à l'entreprenant touriste un peme qui fut publié en t85, par un de ses amis. Tout le temps dont Wilson pouvait disposer, il l'employait à étudier les oiseaux , à en faire des dessins coloriés. En 1806, un libraire de Philadelphie, Bradford, ayant entrepris de donner une édition nouvelle de l'Encyclopédie de Rees, s'assura pour cette publication le concours de Wilson. Celuici méditait un grand ouvrage sur l'ornithologie américaine; il lit part de ses projets au libraire, qui les approuva. Wilson, sans négliger ses travaux de révision de l'Ency. - clopédie, se consacra avec un zèle infatigable au vaste travail auquel il doit sa célébrité. Au mois de septembre 1808 , le premier volume de l'Or- nithologie américaine fut mis au jour. C'était un splendide volume renfermant des planches dessinées par Wilson et coloriées d'après nature; le texte était rédigé avec autant d'exactitude que de lucidité. L'auteur parcourut une Wgrande partie des EtatsUnis, afin de recueillir des souscriptions; il n'en obtint qu'un petit nombre, le prix élevé de cent cinquante dollars le volume faisant reculer la plupart des rares amateurs que pouvait tenter un pareil ouvrage; mais Wilson n'était pas homme à se décourager facilement. En 1810, il fit paraître le second volume de l'Ornithologie, et peu de temps après, il se mit en route pour les régions du sudouest ; il descendit l'Ohio et le Mississipi , parcourant avec ardeur les vastes territoires à travers lesquels coulent ces grands fleuves, et toujours en guète d'oiseaux nouveaux. Le pays qu'il traversait était à cette époque à peu près désert; l'intrépide naturaliste cheminait, portant avec lui un fusil et un portefeuille, à travers les bois et les marais, allant tantôt à pied, tantôt à cheval, tantôt dans une chaloupe, bravant, à force de ténacité , toutes les fatigues , et triomphant de tous les dangers. De retour à Philadelphie, il continua la publication de son livre, qui marcha avec une régularité et une rapidité étonnantes. Le septième volume parut en 1813 ; les matériaux du huitième et du neuvième étaient réunis lorsqu'une cl? ssenterie, résultat de l'excès de travail et de la fatigue, enleva l'infatigable ornithologiste, ?e 23 août 1813; il était dans sa 48° année. Les deux volumes qui restaient à paraître furent mis au jour en 48R, par M. George Ord, qui avait accompagné Wilson dans plusieurs de ses pénibles explorations. Le dernier volume ren- ferme une notice biographique détaillée au sujet de ce naturaliste ; elle a été imprimée à part en 1828. Plus de vingt ans après, le prince CharlesLucien Bonaparte fit paraître quatre volumes de supplément, en 1825-1833. Les neuf volumes contiennent soixanteseize planches, représentant trois cent vingt oiseaux, appartenant à deux cent soixantedixhuit espèces. Une seconde édition, publiée à Philadelphie, en 1828-1829, 3 vol. 4°, reproduit le texte des sept premiers volumes, avec les soixanteseize planches retouchées par M. Lawson, qui les avait gravées. Une troisième édition, revue et augmentée de notices relatives à plus de cent oiseaux nouveaux , a paru à Londres, en 1829, en 3 volumes avec 97 planches, représentant 263 figures ; on y a joint des notes et une vie de Wilson par sir William Jardine. L'édition d'Edimbourg, 1831, 4 vol. et celle de NewYork, 1852 ne donnent qu'un texte sans gravures. Citons encore l'édition de Boston, 1840, et NewYork, 1852 de 746 pages ; elle comprend aussi le supplé- ment du prince Bonaparte , et les vingtsix gra- vures qu'elle contient représentent quatre cents oiseaux ; il y a des exemplaires où ces gravures sont coloriées. Enfin on a donné à Edimbourg, en 1835 les Illustrations de /'Ornithologie américaine, par Alexandre Wilson et Charles- Lucien Bonaparte, arec des additions considérables, par le capitaine Thomas Brown. Ce beau volume, contient cent vingtquatre planches coloriées, re- présentant cinq cent vingtdeux oiseaux et cent soixantesept arbres ou arbustes. Au point de vue de la fidélité et de l'exactitude, il est impossible de mieux représenter les oiseaux que ne l'a fait Wilson. Il ne se borne pas à tracer des descriptions techniques et minutieuses, il fait connaître les moeurs des volatiles; il s'exprime sur leur compte avec un attachement sincère, qui donne un charme tout particulier à ce qu'il écrit sur leur compte. On lit avec le plus vif plaisir ces pages animées, où la description des sites grandioses de l'Amérique du Nord occupe une large place. Wilson était d'une taille fort élevée; sa loyauté, son zèle pour la vérité étaient sans bornes. Son caractère bienveillant , ses manières polies lui avaient acquis de nombreux amis ; mais il supportait difficilement la contradiction. Il ne fut jamais marié
  • Alexandre WILTHEIM( 1604) : jésuite et antiquaire, naquit en 1601 dans le Luxembourg. Ayant embrassé la règle de StIgnace, il professa six ans la rhétorique, et remplit pendant six autres années la charge de préfet des classes; ensuite il exerça le ministère évangélique ; et enfin fut nommé recteur du collége de Luxembourg. On sait qu'il occupait encore cette place en 1674; mais on ignore la date de sa mort. Wiltheim avait consacré ses loisirs à l'étude de l'histoire ecclésiastique et des antiquités, et il jouissait de la réputation d'un savant distingué. C'est à lui qu'on doit l'édition des Actes de St- Dagobert, avec des notes, Trèves, 1653 et celle de la Vie de la V. Yolande, par Herman, dominicain du 13° siècle, Anvers, 1674 Outre quelques opuscules dont on trouve les titres dans la Biblioth. societ. Jesu, on a du P. Wiltheim : i• Guberna- tores Luxemburgenses, Trèves, 1653 20 De phiala reliquiarum S. Agathoe virg. et mar- ne., ibid., 1656 fig., rare. A cette occasion l'auteur entre dans de grands détails sur les lenticules, les ampoules et les sortes de vases dont se servaient les Romains. 3° Diptychon leo- diense ex consulari factum episcopale , et in illud commentarius , « hi etiarn de bituricensi et cone- cliensi aliisgue antiguitatis monumentis disseritur, Lyon , 1659 Appendix ad diptychon leodiense, ibid., 1660. — Ad diptycha leodiensia adnotationes, ibid., 1677. Cet ouvrage, dit Lenglet Dufresnoy , est assez curieux et assez estimé; il est difficile de le trouver complet ; mais Ant.- Fr. Gori l'a recueilli dans le Thesaur. diptycho- rum, t. I, p. 1-119. 1° Catalogus abbatum ccenobii munsteriensis , Trèves , 1661 Le P. Wiltheim a de plus laissé manuscrite une Histoire de cette abbaye. Parmi ses autres ouvrages inédits, on cite surtout la description du pays de Luxembourg sous les Romains . Elle est pleine de recherches intéressantes sur les inscriptions et les autres monuments découverts dans cette province. Le P. Bertholet en a beaucoup profité pour rédiger la partie ancienne de son Histoire du Luxembourg; et il a placé dans le premier volume une fort bonne carte géographique dessinée par le P. Wiltheim. Voy. la Bibi. societ, Jesu du P. Southwel
  • Alexandre WITOLD ou WITWALD : grandduc de Lithuanie, s'est placé, par son courage et ses qualités éminentes, au premier rang des princes de sa maison. Etant du même âge que Vladislas Jagellon, son cousin germain, il fut élevé avec lui; et ces deux princes vécurent dans la plus parfaite intimité. Cependant Kiestuth, père de Witold, avertit celuici que Jagellon, oubliant ce qu'il leur devait, formait contre eux des trames perfides. Ne s'en tenant pas à cet avertissement, il se mit à la tête de ses troupes en 1382, s'avança sur Wilna, s'empara de cette ville, de Jagellon et de sa correspondance. Par les ordres de son père, Witold accourut; et quoiqu'il eût sous les yeux les preuves . à qui il avait donné en mariage sa tille Sophie, de venir le trouver à Smolensk. Là, pendant qu'en apparence On ne pensait qu'aux tètes et aux divertissements, on fixa les limites des deux Etats. Witold avait tellement agrandi ses domaines, que les gouvernements actuels d'Orel, de Kalouga et de Tula lui appartenaient. Possédant Rit.V, VelikiiLuck i , s'étendant depuis les frontières de Pskow jusqu'a la . Ne se propisant rien moins que de renverser le trône de Tamerlan, il députa , en 1399, un de ses généraux à ‘'assili, pour demander à ce prince de coopérer à l'exécution de son plan. Le grandduc de Russie envoya son épouse à NVitold, qui reçut sa fille à Smolensk avec les témoignages de la plus vive affection. La princesse représenta à son père que la Russie ne pouvait s'exposer en prenant une part visible à cette guerre. Witold, qui le sentait , se rendit à Kiow, pour y. rassembler son armée. La reine Iledwige lui fit en vain les représentations les plus pressantes : rien ne put l'arréter. Jagellon lui confia ses meilleures troupes, Cet Tartarc, , qui "nt consenti Lors matirs et leur religion rnaho?eane, occupent eric,,re aujourd'hus plumean villages di.s lei environs Je Wilna. avaient à leur tète Edigée, vieilli sous les drapeaux de Tamerlan. Ils l'emportaient de beaucoup en nombre sur les Lithuaniens. Witold se confiait dans son habileté et surtout dans ses canons et ses arquebuses; mais comme on ne savait alors ni charger promptement les armes à feu, ni les biens diriger, elles lui furent de peu de secours. Les Tartares l'ayant débordé, il fut mis en désordre; et dans cette fatale journée, il ne se retira qu'avec peine, laissant les deux tiers de son armée sur le champ de bataille. Les Tartares s'emparèrent de kiow, et portèrent la désolation dans les provinces voisines. Witold, s'étant promptement relevé de cette défaite, s'unit plus étroitement avec Jagellon, qui, en 1401, vint le visiter à \Vilna. En 1403, un prince lithuanien avait profité des circonstances pour s'emparer de Smolensk. Witold l'eut bientôt chassé de cette place importante. D'après l'avis de Jagellon, il fit une paix, qu'il croyait durable, avec les chevaliers teutoniques, auxquels il céda la Samogitie. En 1407, des discussions s'élevèrent entre Witold et Vassili II, au sujet de Pskow et de Novogrod ; et les explications demandées par le prince lithuanien ne l'ayant point satisfait, il prit un ton si menaçant, que Vassili, effrayé, demanda des secours à la grande Horde. Les deux princes se rencontrèrent sur les bords de la Krapiwna, près de Tula. Vassili ayant fait les premières démarches, on conclut un armistice qui, l'année suivante, fut changé en un traité de paix. Les chevaliers teutoniques menacèrent alors encore une fois la Lithuanie; et l'on courut aux armes de part et d'autre. Le 15 juillet 1410, l'armée polonaise, commandée par Jagellon, et celle de Lithuanie, par Witold, se trouvèrent, près de Grunwald, en présence des chevaliers, qui avaient à leur tète leur grand martre, Ulrich de Juni n gen. « On voyait, dit Dlugosz, Alexandre Witold voler tantôt vers les Polonais, tantôt vers les Lithua- niens, sans garde, n'ayant avec lui que quel- ques officiers, changeant souvent de chevaux, « rétablissant les rangs, l'ordre partout, et fai- sant entendre sa voix d'une armée à l'autre. » L'issue du combat fut terrible pour les chevaliers, qui laissèrent sur le champ de bataille 40,000 hommes, parmi lesquels se trouvait Ulrich, leur général. La paix se fit; et les chevaliers cédèrent la Samogitie. En 1415, l'empereur Sigismond, se rendant au concile de Constance, pria Witold de protéger la Hongrie contre les Turcs. De concert avec Jagellon, le prince lithuanien décida Mahomet à conclure avec la Hongrie une trêve de six ans. Dans la même année, il envoya sur le Dniéper une provision considérable de vivres pour l'empereur de Constantinople. La réputation de Witold s'était répandue si loin, qu'en 1419 les Tartares appelés Trans- Volgenses ou d'au delà du Volga, étant désunis entre eux , le prirent pour arbitre, et reçurent pour khan celui qu'il fit couronner avec pompe à Wilna. En 1421, il donna pour épouse à Jagellon la princesse Sophie , sa nièce. Les Bohémiens lui offrirent alors la couronne, il la refusa. Son ambition était de se faire couronner roi de Lithuanie. Sachant que la nation polonaise s'y opposerait, il gagna l'empereur Sigismond, qui, sur sa proposition, indiqua pour le mois de janvier 1428 une assemblée à Lusko, ville capitale de la \'olhinie. Cette réunion fut remarquable par les personnages qui y assistèrent. On y vit l'empereur Sigismond avec son épouse et les princes de l'empire; Jagellon, roi de Pologne; Eric, roi de Danemarck et de Suède ; les ambassadeurs de Jean Paléologue, les princes voisins de la Russie, deux khans des Tartares et les grands maîtres de Prusse et de Livonie. Witold défraya ces hôtes illustres, pendant près de deux mois, avec une magnificence qui les étonna. Chaque jour, on tirait de ses caves sept cents tonneaux d'hydromel et de vin, et de la bière en proportion. Ses cuisines suffisaient à peine pour apprèter, chaque jour, sept cents boeufs et génisses, quatorze cents moutons, cent buffles, autant d'élans et de sangliers, etc. Les conférences publiques eurent particulièrement pour objet les moyens de repousser les Turcs en Asie. Dans les entrevues particulières, Sigismond fit tous ses efforts pour gagner Jagellon, afin qu'il concourût au couronnement de Witold. Ce prince y était assez porté : mais les sénateurs polonais qui l'entouraient repoussèrent toutes les propositions ; ils résistèrent même en face à Witold, qui voulait les gagner ; et sur leurs instances, Jagellon quitta la diète sans avoir pris congé de l'empereur. Witold, indigné, se répandit en menaces. La diète polonaise, qui craignait les effets de sa vengeance, députa vers lui, de concert avec le roi, pour lui offrir la couronne de Pologne, après la mort de Jagellon. Il rejeta cette offre; et d'accord avec l'empereur il fixa son couronnement au mois d'octobre 1430. Jagellon se rendit lui- même à Troki, pour tàcher de le fléchir. Il trouva le fier Lithuanien entouré de ses courtisans. Vassili III, son petitfils, les princes de Tver, de Rezan, d'Odoief, de Mazovie, le khan de Tauride, l'hospodar de Valachie, les ambassadeurs de l'empereur d'Orient, les grands maîtres de Prusse et de Livonie, s'y étaient rassemblés, invités par Witold à son couronnement. Le grandduc, octogénaire, étonna encore cette assemblée par l'éclat de sa représentation. Mais les sénateurs polonais s'étant montrés inébranlables, les hôtes augustes se retirèrent l'un après l'autre. Witold, accablé de chagrin, sentit ses forces diminuer. 11 mourut le ‘..) 7 octobre 1430, entre les bras de Jagellon et de sa famille. Ce prince, le plus illustre de son temps parmi les souverains du Nord, et peut-être le premier général de son siècle, était petit de corps. Il savait répandre habilement les trésors qu'il devait à ses victoires et au commerce de ses Etats. S'étant interdit l'usage du vin et des liqueurs spiritueuses, il était toujours en état de s'occuper des affaires les plus sérieuses ; à table, en voyage et à la chasse, il songeait constatnment à ses projets. Dans l'expédition qu'il entreprit en 1426, contre Novogrod, il fit traîner par quarante chevaux un énorme canon de siége, qui d'un seul coup renversa une tour de la ville; mais ayant été ensuite trop fortement chargé, il éclata et fit périr beaucoup de monde, entre autres l'ouvrier allemand qui l'avait fondu. Quoique Witold , par ses conquêtes, eût considérablement resserré l'empire russe, Vassili H l'avait nommé, par son testament, tuteur de ses enfants
  • Alexandre ZILIOLI( 1500 - 1650) : historien né vers la fin du 16° siècle, à Venise, cultiva le droit civil, l'histoire, la littérature, et acquit une vaste érudition. Doué de beaucoup , et de celle de Denis de Fano . Elle a été continuée par Bisaccioni , et par Birago , dont les ouvrages se trouvent ordinairement réunis à celui de Zilioli ; là vient que des bibliographes indiquent cette histoire en 3 volumes La part de Zilioli dans ce recueil contient les quarante premières années III Alexandre a publié à Venise, en 1680, les Storie più mem°. ratili del monda narrate du Barlholcon. Dionigi di Faon, 2 vol. 4.. du 17. siècle. Outre une suite des Storic memo- rabili de 1640 à 1648, qui n'a point été publiée, Alexandre a laissé plusieurs manuscrits : 1° Con- stantinopoli aequistato, poema ; 2° lIemorie an- liche de' popoli Ueneziani ; 3. Genealogie delle famiglie cirai e mercantili di Venezia ; ! Io Istituto civile e criminale per il foro di Venezia ; Lueu- brationes astrologieoe ; 6° Vite de' poeti italiani Il existe des copies de cet ouvrage dans les principales bibliothèques d'Italie, où il a toujours été recherché des curieui. Trichet- Dufresne en avait rapporté une en France dans le dessein de la faire imprimer; mais il n'en eut pas le loisir. Ces notices sont rédigées avec une franchise extraordinaire; elles contiennent des faits peu honorables pour plusieurs écrivains; ce qui en a empêché la publication, quelque estimable que soit l'ouvrage par le style et par une critique judicieuse. La préface, dans laquelle l'auteur traite du génie de la langue italienne, est, suivant Morelli, un des meilleurs morceaux que l'on connaisse sur cette matière
  • Alexandre ZORZI en latin Georgius( 1747 - 1779) : jésuite, né à s'enise. le H septembre 1741, professait, en 1772, la théologie au collége de SteLucie de 4.13orogrie. Après la suppression de l'institut, il I continua de donner des leçons aux jeunes ecclésiastiques qui ne voulurent pas abandonner leur maftre et se rendit ensuite à Ferrare, sur l'invitaion de Crisp. Bevilacqua, pour présider à l'éduation de ses neveux. Dans les bisirs que lui issait cette place , il cultiva les lettres et la hilosophie avec beaucoup de zèle et acquit la onnaissance des principales langues modernes. vait formé le projet d'une encyclopédie ita- e. purgée de toutes les erreurs qu'on repro- e à celle de Diderot ; il en faisait imprimer le spécimen , lorsqu'il mourut à Ferrare, le 14 juillet 1779, âgé de 31 ans. On a de lui : I* Del modo d'insegnare à fanciulli le due lingue j'ahana e latina , Ferrare, 1775 2° Prospeito di %dna nuora enciclopedia iialiana, ibid., 1775 3. une traduction en vers italiens des distiques de M.A. Muret : Conseils d'un père à sou fils . Elle est anonyme et se trouve dans les Erudimenii della l qua toscana de Soresi Rovereto. 1778 Lettere Ire a cio die ha acritto han. Serlock prima dello stato della poesia italian a; seconda dell' Ariosto ; terza del Sakeepear, Ferrare, 1779 Il y combat avec avantage les paradoxes de Sherlock , si partial pour ses compatriotes qu'il ose bien refuser à l'Arioste le titre de grand pot,te , dont à son avis Shakspeare est seul digne. 5° Prodrome della n'iota eneiclopedia liana, Sienne, 1779, in•8'. Cet essai contient les articles sur la liberté, le périe, originel et la grdre. De l'avis des critiques italiens, Zorzi s'y montre également profond métaphysicien et savant théologien. Une notice sur l'auteur, suivie (le son épitaphe en latin, par Laurent Barotti, son confrère, termine ce volume. Le chevalier Clément S'aneth, l'ami le plus intime de Zorzi , a publié Commentarius de rua Alexandre' Georgii , etc., Ilti6ienne, 1779 Celte vie précède la corres- pondance latine des deux amis. Le style des lettres de Zorzi prouve que l'étude des langues wriodernes lui avait fait négliger celle du latin. Voyez Caballero, Supplement. Biblioth. Soc. les., p
  • Alexandre Fleming : médecin anglais, prix Nobel 1945 avec Chain et Florey
  • Alexandre 1ER (PAVLOVITCH) : Empereur de Russie
  • Alexandre ARCADY : cinéaste
  • Alexandre ASTRUC : réalisateur
  • Alexandre BALOUD : journaliste français
  • Alexandre BELL : Inventeur
  • Alexandre BORODINE : Compositeur russe "Prince Igor"
  • Alexandre CAGLIOSTRO : aventurier
  • Alexandre DEBANNE( 1960) : animateur
  • Alexandre DUBCECK : politicien
  • Alexandre DUMAS : écrivain français
  • Alexandre DUMAS (fils) : écrivain
  • Alexandre FALGUIERE : Sculpteur
  • Alexandre JARDIN( 1965) : Romancier
  • Alexandre KIRITCHENCO : cycliste
  • Alexandre LAGOYA : Guitariste
  • Alexandre LE GRAND : empereur
  • Alexandre MILLERAND : politicien
  • Alexandre MNOUCHKINE : cinéaste
  • Alexandre POUCHKINE : écrivain
  • Alexandre Rodolphe Vinet : théologien protestant et critique littéraire suisse d'expression française
  • Alexandre Soljenitsyne : écrivain russe, prix Nobel de littérature en 1970
  • Alexandre STAVISKY : Escroc Français
  • Alexandre TARTA( 1928) : réalisateur
  • Alexandre Yersin ( 1863) : Alexandre Émile Jean Yersin est un bactériologiste francosuisse, né à Aubonne dans le Canton de Vaud le 22 septembre 1863 et mort à Nha Trang, en Indochine française le 28 février 1943. On lui doit notamment la découverte du bacille de la peste . Sa vie Ses débuts Alexandre Yersin naît le 22 septembre 1863, à Aubonne, d’une famille française des Cévennes chassée par la Révocation de l’Édit de Nantes. Son père qui se nommait également "Alexandre Yersin", intendant des poudres de la Suisse romande mais également professeur de sciences naturelles aux collèges d’Aubonne et de Morges, décède peu avant la naissance de son dernier enfant d’une hémorragie cérébrale. Sa mère élève donc ses trois enfants seule et s’installe à Morges où elle ouvre une institution pour jeunes filles. En 1882, Alexandre Yersin obtient son baccalauréat èslettre au Gymnase de Morges et débute des études de médecine, en 1883, à l’ancienne Académie de Lausanne qui portait les couleurs de l'organisation d'étudiants Stella et poursuit son apprentissage à Marbourg en Allemagne. Puis, en 1885, Yersin arrive en France où il continue ses études à l’HôtelDieu de Paris. Là, il fait une des rencontres les plus importantes de sa vie en la personne d’Emile Roux qui va l’intégrer à l’Institut Pasteur où il participera aux séances de vaccination contre la rage et avec lequel il découvrira en 1886 la toxine diphtérique. En 1888 il passe son doctorat avec une thèse sur la tuberculose expérimentale et suit à Berlin le cours de bactériologie de Robert Koch. En 1889 Yersin devient le premier préparateur du cours de microbiologie de l’Institut Pasteur ; ce cours qui deviendra un facteur déterminant dans la recherche française à l’étranger. Par ailleurs, après de nombreuses démarches administratives, il obtient finalement la nationalité française cette même année. Les expéditions d’Indochine Mais, dès 1890, Yersin éprouve le besoin de changer d’air après des mois de travail acharné sur la tuberculose et la diphtérie à l’Institut Pasteur. Il décide, pour cela, de partir dans les colonies françaises et rejoint, en septembre, l’Indochine française où il devient médecin des Messageries maritimes. En 1891, il réussit à obtenir la permission des Messageries maritimes d’explorer l’Indochine. De là, prendront naissance trois expéditions à travers la jungle d’Indochine qui était, alors, une des terres les plus sauvages et dangereuses du monde. Durant l’année 1891, Alexandre Yersin va pouvoir, à travers fleuves et forêts tropicales, apprendre tout ce qu’il désire sur la navigation et découvrir un lieu qui lui deviendra cher par la suite : Nha Trang. Cette première expédition à peine achevée, il repart, en 1892, en mission mais cette foisci officielle puisqu’il est mandaté pour explorer une région de l’Annam sur la côte du Mékong à la hauteur de Nha Trang. Alexandre Yersin se révèle être un excellent explorateur, par la réalisation de cartes d’une grande précision et par de nombreuses observations . À la fin de cette mission, Yersin rentre en France pour faire part de ses découvertes mais repart rapidement et prend, le 24 décembre, le bateau de Marseille à Saïgon. Làbas, une mission scientifique lui a été confiée par l’Instruction Publique afin d’explorer la jungle et les rivières de Cochinchine; ces explorations dangereuses lui vaudront les compliments de Pasteur luimême, ce qui constitue, bien évidemment, un très grand honneur. Après sept mois de voyage à travers les populations indigènes, Yersin rentre à Saïgon avec un goût amer puisque cette expédition se révèle n'être que partiellement réussie. En effet, il n’a pu explorer qu’une petite partie du territoire qui lui avait été assigné. Malgré cela, il est clair que Yersin a apporté une grande aide à la connaissance de la topographie du pays mais également à l’anthropologie puisque, comme mentionné plus haut, il a pris l’habitude de décrire très précisément les peuplades rencontrées. En voici un court exemple : « Quoique formant pour ainsi dire une seule et même famille, les Moïs n’ont aucune espèce d’unité politique. Non seulement il n’y a pas de chef de tribu, mais on peut même dire qu’il n’y a pas de chef de village. » Bien que la rigueur avec laquelle Alexandre Yersin a exploré ces terres inconnues n’étonne personne puisqu'il appréciait la rigueur des laboratoires, tout le monde s' étonne, par contre, de sa surprenante condition physique conservée dans des climats aussi difficiles. En 1894, Yersin met fin définitivement sa carrière d’explorateur. On retiendra principalement de ses explorations la fondation de la ville de Dalat. La découverte du bacille de la peste Quand une épidémie de peste originaire de Mongolie atteint en 1894 la côte sud de la Chine et notamment Hong Kong, le Gouvernement français ainsi que l’Institut Pasteur mandatent Yersin pour y étudier les raisons de l’épidémie. Simultanément et dans le même but un groupe de chercheurs japonais s'y est rendu, dirigé par Shibasaburo Kitasato. Entre le 12 et le 15 juin, Yersin voyage à Hong Kong et emmène avec lui un matériel très précaire qu’il a emprunté auparavant au laboratoire de Microbiologie de l’Hôpital de Saïgon. À son arrivée, il apprend qu’une équipe de savants japonais est également présente pour étudier la nature de cette maladie. Du 17 au 19 juin, Yersin réalise plusieurs autopsies sur des cadavres de pestiférés qui s’avèreront malheureusement infructueuses. Ces autopsies nécessitent des droits délivrés par l’État anglais et Yersin réalise bien vite que les Japonais en bénéficient plus fréquemment, mais il apprendra par la suite que les Japonais achetaient ces droits. Il décide, alors, de se faire construire une annexe à l’Hôpital de Hong Kong pour pouvoir y travailler plus librement. Le 20 juin, Yersin isole un microbe inconnu sur des cadavres de soldats anglais alors en garnison à Hong Kong, lequel microbe s’avère être le bacille de la peste bubonique. Peu après, il parvient à communiquer la maladie à des souris et à des cochons d'Inde. Le fait que le groupe ne disposât pas d'un incubateur, à la différence de Kitasato, et qu'il eut à faire ses cultures bactériennes à la température de l'air ambiant, dans une cabane de bambou, fut en réalité une circonstance favorable car, dans des conditions de laboratoire, Yersinia pestis se développe mieux à des températures plus basses que celle du corps humain. Le 3 août, Alexandre Yersin quitte Hong Kong pour l’Indochine satisfait d’avoir pu isoler le microbe de la peste et de l’avoir envoyé en France. Il annonce alors au monde entier la découverte en collaboration avec le savant japonais Kitasato du « bacille Kitasato - Yersin » responsable de la peste. Mais, on remarque, par la suite, que Kitasato n’a, en fait, découvert qu’un streptocoque et que le microbe que Yersin a isolé le 20 juin est le réel agent de la peste. Selon certaines sources, Kitasato aurait reconnu son erreur en privé, mais aucune de ses publications ne contient une véritable rétractation. Le mérite de Yersin sera officiellement reconnu en 1970. Le « bacille de Yersin » fut d'ailleurs toujours le seul utilisé pour la préparation du vaccin contre la peste. Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra jamais à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Il faudra, en effet, attendre 1898 pour voir PaulLouis Simond établir avec certitude à Karachi que c’est la puce qui transmet le bacille par sa piqûre. La découverte mitigée du sérum antipesteux En octobre 1894, Yersin entre dans une période d’activité relativement fébrile et réfléchit sérieusement à la possibilité de créer un vaccin pour prévenir la peste et un sérum pour la guérir. Les chances de réussite paraissent particulièrement bonnes car Yersin a réussi, auparavant, à immuniser des lapins ainsi que de nombreux autres animaux. Il repart, donc, pour l’Indochine et s’installe à Nha Trang en Annam, endroit qu’il avait déjà visité durant ses expéditions. Cet endroit est intéressant pour plusieurs raisons. Il offre la possibilité d’être isolé tout en restant proche de Saïgon et donc en communication avec la Chine et l’Inde, deux grands lieux de la peste. En 1895, il crée l'Institut Pasteur à Nha Trang et met en place un laboratoire et tous les équipements nécessaires à la préparation du vaccin contre la peste. L’année 1896 voit, malheureusement, une nouvelle grande épidémie de peste se déclarer en Chine, à Canton. Yersin décide alors de s'y rendre pour avoir la possibilité de faire tester son sérum antipesteux, fraîchement préparé par l’Institut Pasteur de Paris, sur des humains infectés par le microbe. Cela fait, il retourne, en août, à Nha Trang puis à Paris pour bénéficier des conseils d’Emile Roux. Par la suite, de juin 1897 à juin 1898, Alexandre Yersin sillonne l’Inde en suivant les différentes épidémies de peste afin de perfectionner son sérum qui s’avère trop peu efficace et met, de ce fait, de nombreuses vies humaines en danger. Yersin n’y parvient que partiellement et P.L. Simond vient le relayer pour tenter de faire mieux. Car, comme l'a souligné JeanJacques Dreifuss, dans le 24 Heures du jeudi 27 octobre 1994, « Identifier le bacille ne signifie hélas pas encore trouver le traitement de la maladie». Nha Trang, ses élevages animaliers et ses cultures La maison de Yersin à Nha Trang, vers 1900Son laboratoire de Nha Trang s’oriente donc vers les maladies infectieuses chez les animaux, et Yersin étudie activement une autre sorte de peste, la peste bovine, pour laquelle il obtient, beaucoup plus de succès. Sans réussir, pour autant, à isoler l’agent de cette seconde peste, il réussit à préparer de grandes quantités de sérum antipestique, à ne pas confondre avec le sérum antipesteux qui soigne la peste « humaine » dite bubonique. Pour la création de ce sérum, un élevage étant nécessaire, Alexandre Yersin fait venir des vaches suisses ainsi que des poules européennes pour améliorer par de simples croisements le cheptel local. Mais tout ceci a un prix et Yersin se lance également dans la culture pour tenter de le financer. Ainsi, dès 1898, Yersin s’intéresse à la culture d’Hevea brasiliensis, autrement dit arbre à caoutchouc. Il réussit, après plusieurs essais, en 1899, à l’introduire en Indochine et cette tentative est plutôt réussie puisque ses récoltes de latex sont achetées, dès 1894, par M. Michelin en personne et que cette plante est encore à l’heure actuelle une des principales ressources du Vietnam. Yersin essaye d’autres cultures comme celle du cacao, du manioc, du palmier à huile, du cocotier ainsi que de plusieurs espèces tropicales aux vertus thérapeutiques mais ces différents essais rencontrent peu de succès et Yersin se tourne, en 1915, vers la plantation des Cinchonas pour produire la quinine qui permet de traiter le paludisme. Ces plantations lui permettent donc de subvenir à ses besoins en bétail et matériel pour développer l’agriculture indochinoise. Les nombreuses nominations et récompenses Parallèlement à ses activités agricoles, Yersin reste présent dans le monde scientifique indochinois. En 1902, le Gouverneur général de l’Indochine française appelle Yersin à Hanoï afin d’y étudier le projet de création de l’École de Médecine et d’en prendre la direction. Après deux ans en tant que directeur de cette institution, Yersin parvient à y être remplacé et retourne à Nha Trang où il désire poursuivre ses activités de recherche. Mais, peu après, en 1904, son laboratoire reçoit le nom d’ « Institut Pasteur de Nha Trang » et l’Institut Pasteur de Paris lui donne la responsabilité de l'Institut Pasteur de Nha Trang ainsi que de Saïgon fondé en 1890 par Albert Calmette. Yersin accepte cette responsabilité mais délègue P. Brau pour l’institut de Saïgon. À cela, on peut ajouter le fait qu’il est élu correspondant pour la section médecine et de chirurgie de l’Académie des sciences. Il exercera la charge de directeur des Instituts Pasteur d’Indochine jusqu’en 1924, année où il devient, à titre honorifique, inspecteur général des établissements de l’Institut Pasteur d’Indochine. À la suite du décès d' A. Calmette, fondateur de l’Institut Pasteur de Saïgon, et de E. Roux, fidèle pasteurien et « maître » de Yersin, le conseil d’administration de l’Institut Pasteur crée le Conseil scientifique de l’Institut Pasteur et prend pour membre, entre autres, Alexandre Yersin. Par ailleurs, il est nommé, dans les mêmes temps, directeur honoraire de l’Institut Pasteur de Paris où il doit venir chaque année pour en présider l’assemblée générale. Un homme vénéré Alexandre Yersin décède le 28 février 1943 dans sa maison de Nha Trang. Le cercueil est suivi par une foule immense qui tient à rendre hommage à cet homme qui respectait les personnes âgées, soignait gratuitement les plus démunis et adorait les enfants. Il avait, en effet, toujours une friandise pour eux ou les aidait volontiers à construire des cerfsvolants. Son corps est inhumé sur une petite colline de laquelle il pouvait contempler la montagne où il avait réussi à faire pousser l’arbre à quinine. En 1943-1944 la poste de l'Indochine a émis un timbre à son effigie. Actuellement encore, il est reconnu comme le principal acteur du gigantesque développement qu’a connu l’Indochine. Mais bien qu'ayant, à son nom, une rue à Aubonne et à Morges, une place à Paris dans le 13è arrondissement, un auditoire au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne et une plaque sur le Gymnase de la Cité à Lausanne, Alexandre Yersin reste "méconnu" en Suisse et en France, son pays d’adoption. En revanche, le Vietnam lui voue, de nos jours encore, une admiration sans borne. En effet, comme le prouve ce témoignage de M. Dang Anh Trai, dernier survivant à avoir travaillé avec le docteur Yersin, dans le 24 Heures du Samedi et Dimanche 7-8 juillet 1996 : « On le considérait comme un Bouddha vivant». On peut également remarquer que ce pays, à l’histoire pour le moins mouvementée, possède encore deux rues aux noms d’étrangers : celles de Pasteur et de Yersin. De plus, Alexandre Yersin possède, à côté de sa tombe, un petit pagodon toujours orné de fleurs et d’encens, ce qui représente un honneur sans précédent pour un étranger. Alexandre Yersin a donné son nom au lycée français de Đà Lạt et de Hanoï. Le Consulat Général de France à Hong Kong a également baptisé sa bourse d'excellence Alexandre Yersin . Au Vietnam, il est surnommé Ong Nam ou Monsieur Nam. Un personnage d’exception Alexandre Yersin chercha, donc, durant toute sa vie à faire avancer les choses que ce soit par l’exploration de terres inconnues, par la recherche médicale ou par la volonté de développer les techniques de l’agriculture locale. Il reste dans les mémoires comme un personnage mystérieux mais comblé et d’une extrême gentillesse. Citation « Tu me demandes si je prends goût à la pratique médicale. Oui et non. J'ai beaucoup de plaisir à soigner ceux qui viennent me demander conseil, mais je ne voudrais pas faire de la médecine un métier, c'est-àdire que je ne pourrais jamais demander à un malade de me payer pour des soins que j'aurais pu lui donner. Je considère la médecine comme un sacerdoce, ainsi que le pastorat. Demander de l'argent pour soigner un malade, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie. » Notes ↑ En particulier, l'affirmation d'Émile Lagrange, selon laquelle Kitasato aurait rendu justice à Yersin lors d'un congrès de 1925, semble démentie par les documents; voir làdessus D. J. Bibel et T. H. Chen, « Diagnosis of plague : an analysis of the Yersin - Kitasato controversy », Bacteriological Reviews, 1976, 40 : 633-651, spéc. pp. 639 et 647, en ligne ↑ Francine BRUNSCHWIG, « Petite plaque pour un extraordinaire destin », in 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 27 octobre 1994, 1 p. ↑ Marie AMSTEL, « Parcours d’un humaniste vaudois », Journal 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 6-7 juillet 1996, 1 p. ↑ Alexandre Yersin v/o Ozone . Bibliographie Noël Bernard, Yersin : pionnier, savant, explorateur, La Colombe, 1955, 180 p Bertil Galland, L’Histoire Vaudoise, 24 Heure édition, 1973, 236 p. Eugène Olivier, Pestes dans les pays de Vaud, F. Rouge & Cie, 1944, 47 p. Guy Saudan, La médecine à Lausanne du XVIe au XXe siècle, Le Verseau, 1991, 273 p. Christian Colombani, "Saint Yersin de NhaTrang", in "Le Monde", édition du 28.12.91 Emile C. Bonard, « La peste et Alexandre Yersin », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 389-391 Alexandre Yersin, « La peste bubonique à Hong Kong », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 393-395 Vera KoeblingWaldis, « La peste en Suisse », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 397-403 Bernardino Fantini, « Un jeune pastorien chez Koch : Yersin, 1888 », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 429-437 Jacqueline Brossolet, « Autour des lettres d’Alexandre Yersin à sa famille », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 445-450 Henri H. Mollaret et Jacqueline Brossollet, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Fayard, 1985.

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