Le prénom Marie Féminin

Origine :

Fête :

15 Août

Signification de Marie

Le prénom Marie figure parmi les prénoms de fille les plus donnés à travers l'Histoire. Ce prénom biblique a en effet connu une diffusion exceptionnelle, notamment dans la culture judéo-chrétienne. En France notamment, Marie a été pendant des siècles le prénom le plus donné aux filles, jusqu'au XXe siècle, où il a connu une baisse de popularité dans les années 80. Cependant, ce prénom féminin figure encore aujourd’hui parmi les 50 prénoms les plus attribués. Il existe un nombre considérable de variantes au prénom Marie, la très grande majorité étant des prénoms féminins. A noter cependant, le prénom Mario, et l'utilisation de Marie dans des prénoms composés masculins : Jean-Marie, Pierre-Marie...

Personnalité de Marie

Sûres d'elles, de forte personnalité et de caractère pas très facile, elles imposent leur autorité naturelle à leur entourage. Discrètes, plutôt effacées mais efficaces, très actives, elles sont surtout généreuses, dévouées et toujours prêtes à rendre service. Fières, susceptibles et exigeantes, elles ne se laissent pas faire. Elles donnent priorité à la vie de famille et sont possessives par amour et par protection.

Provenance du prénom Marie

Histoire de Marie

Etymologie de Marie

Les Marie célèbres

  • Marie ASTELL( 1668 - 1731) : savante anglaise, née à Newcastle, Sur la Tyne, en 1668, était fille d'un négociant de cette ville. Un ecclésiastique, son parent, se chargea de son éducation. Instruite dans la philosophie, les mathématiques, la logique, et dans les ngues grecque, 'latine et française, elle vint à ' ondres à l'âge de vingt ans, Elle y publia divers ouvrages, dont les principaux sont : 1° Lettres con- 'ernant l'amour divin, 1695 ; 2° Essai de dé- nse du sexe féminin , 1696 ; 30 Proposition sérieuse, - ressée aux femmes, contenant une méthode pour le : erfectionnement de leur esprit 1697 ; 40 Ré- exions sur le Mariage, 1700 et 1705 ; 5° la . Religion chrétienne professée par une fille de l'Église d'Angleterre, 1705 ; 6. Essais familiers sur le mariage, les contrariétés en amour et en amitié, écrits par une dame, 1706 2. Marie Astell mourut en 1731, après avoir souffert l'opération cruelle 1 du cancer au sein
  • Marie BEALE( 1632 - 1697) : peintre, née en 1652, dans le comté de Suffolk, en Angleterre, morte en 1697, fut élève du chevalier Pierre Lely, fameux peintre de portraits sous Charles II. Elle ne borna pas ses études à suivre les leçons de son maitre, et à dessiner d'après nature ; elle chercha, ainsi que Lely, en copiant les tableaux des plus grands peintres, à se former un meilleur style et une plus belle manière; mais ni Marie Beale ni Lely n'avaient reçu de la nature assez de génie pour profiter de telles études, au point d'éviter l'affectation et de savoir se mettre audessus des petitesses de la mode, et le nom de Marie Beide ne s'est probablement conservé que parce qu'elle peignit les portraits de plusieurs hommes illustres de son temps. L'admiration que Lely témoignait pour cette dame fit soupçonner qu'il lui était tendrement attaché. Elle était extrêmement la- borieuse, et elle réussit, autant par la régularité de sa conduite que par remploi assidu de ses talents, à acquérir de la fortune et de la considération. Plusieurs de ses portraits, tels que ceux de Patrick et de Feins, se trouvent dans la collection du comte Ilchester, à Melbury
  • Marie BRUNTON( 1778) : fille du colonel Thomas Balfour, d'Elwick, née en •778, dans l'ile de Burra, comté d'Orkney en Écosse, eut l'avantage de rece- voir de sa mère, qui était de la famille des Ligonier, et , parut en 1810, et fut si goûté du public que, dans l'espace de Cinq jours , 1,200 exemplaires sortirent des mains des éditeurs, et qu'il fallut s'occuper d'une seconde édition moins d'un mois après l'apparition de la première. Dans cet ouvrage l'auteur s'est proposé de porter témoignage contre cette .maxime immorale, « qu'un libertin corrigé peut devenir le mea-« leur des maris. » Elle l'avait dédié à la célèbre miss Joanna Baillie, qui en retour lui donna de sages avis sur la composition littéraire. Le livre annonce du talent pour observer et pour peindre les caractères ; elle décrit avec de grands détails, et dans un style animé et élégant ; mais on a parfois sujet de désirer plus de vraisemblance et plus d'ensemble dans les diverses parties de la narration. Ce roman n'a été traduit que trèslongtemps après en français, et sous le titre de Laure Montreville , par une dame qui tient un liant rang dans la société. La préface est annoncée sur le titre comme étant de M. V n, de l'Académie fran- çaise; mais nous devons déclarer que M. Villemain n'en a pas écrit une seule ligne. Dans mi autre roman, intitulé la Discipline, Marie Brunton a peint avec amour les mœurs des liantes terres de l'Écosse , et cette partie de l'ouvrage plut extrê- mement, malgré la concurrence redoutable de Wa- volley, qui était alors dans sa nouveauté. La traduction qui en a été faite en France sous le titre d'Hé- lène Perry, ou les Leçons de l'adversité , n'a pas eu moins de succès, et on la lit encore avec empressement. Le but moral d'Emmeline, le dernier des ouvrages de madame Brunton, et qu'elle ne vécut pas assez pour achever, était de montrer combien une femme divorcée a peu de chances de bonheur quand elle épouse l'homme qui l'a séduite. Madame Brunton n'avait jamais eu qu'une santé délicate. Le temps de ses couches approchait; elle avait comme un pressentiment que cette époque lui serait fatale, et elle se hâtait de faire le bien avant qu'il lui devint impossible. « La vie (( (lisaitelle dans une des dernières lettres qu'elle « écrivit, la vie est trop courte et trop incertaine « pour qu'il puisse nous ètre permis de laisser echap-« per les moindres occasions d'exercer la bieurai-« sance... » Le 7 décembre 1818, elle mit au inonde un (ils mortné, et une fièvre emporta la mère le 19. Marie Brunion eut une âme tendre, et sentit vivement l'amitié. Sa piété profonde respire dans ses livres et dans sa correspondance. Elle ne manquait pas néanmoins d'une certaine gaieté, et parfois ba- dinait agréablement. Voici ce qu'elle dit de son caractère dans une de ses lettres : « Je vois que per-« sonne n'a été mieux disposé que moi à jouir de « la vie; je n'ai à me plaindre que d'une mauvaise « santé. J'aime à voyager, et cependant je me trouve « heureuse chez moi. J'aime la société , et cepenI « dant je préfère la retraite. Je contemple avec dé-« lices les beautés de la nature, les lacs obscurs, les « montagnes escarpées , les cataractes bouillonnan-« tes ; et cependant je ne regarde pas sans plai-« sir la boutique d'une marchande de modes. » L'époux qui eut la douleur de lui survivre crut ne pas devoir laisser inédite sa dernière nouvelle, quoique inachevée : il mit au jour Emmeline, accompagnée VI. de quelques autres écrits, et précédée de mémoires sur l'auteur. Ces touchants mémoires sont vivifiés surtout par les lettres de Marie Brunton. Cette dernière publication a été traduite en français, Paris, 1830, 4 vol. par la méme main qui a traduit Laure Mantreville. Les deux premiers volumes contiennent les mémoires , suivis d'extraits tirés de l'itinéraire de voyages faits en Angleterre en 1812 et en 1$15. Le 5' renferme Emmeline. Le 4°, qui est tout entier l'ouvrage de quelque plume fran-çaise, contient : Marie, ou Simple histoire d'une pauvre fille; 2' Souvenirs. L'éditeur ayant trouvé dans le manuscrit de ces souvenirs des copies .de deux poëmes de Fontanes, le Jour des Morts et la Chartreuse de Paris, n'a pas voulu les supprimer, et le lecteur, content de relire ces opuscules devenus assez rares, est peu disposé à se plaindre de cette reproduction
  • Marie CHANDLER( 1687 - 1745) : naquit en 1687 à Mal- mesbury, dans le comté de Wilt. Son père , minis- tic dissident à Bath , se trouvant dans une situation peu aisée , la lit entrer en apprentissage dans le commerce de la mercerie. Elle manifesta de bonne heure du goût pour la poésie, et, s'étant formée à la lecture des meilleurs poêtes anglais, elle donna par la suite des preuves d'un talent assez distingué. Son poême sur le Bain lui mérita particulièrement l'approbation du public, et les éloges de Pope, qui ne les prodiguait pas. Une difformité corporelle l'avait déterminée à garder le célibat. Elle mourut en 1745, âgé de 57 ans
  • Marie CUNITZ( 1600 - 1664) : femme savante, célèbre par ses connaissances dans l'astronomie, naquit à Schweidnitz en Silésie, au commencement du 47° siècle. Elle avait appris dans sa jeunesse les langues anciennes et modernes, l'histoire, la médecine et les mathématiques. Ses études étant achevées, elle se livra entièrement à l'astronomie et à l'astrologie. Vers l'an 1630, elle épousa un M. de Lewen, gentilhomme silésien, qui lui avait donné des leçons de mathématiques et d'astrono- mie. Pour faire ses calculs, elle s'était servi, ainsi que son mari, des tables danoises de Longomonanus ; mais ils s'aperçurent bientôt qu'elles ne répondaient point aux observations qu'ils faisaient euxmêmes. Les tables rudolphines de Képler étaient plus exactes; niais l'usage en était difficile, à cause du fréquent emploi des logarithmes, qu'il fallait souvent corriger. lis résolurent donc d'abandonner entièrement les tables danoises et de chercher le moyen de rendre celles de Képler plus commodes dans la pratique. lis avaient commencé cette grande entreprise, lorsque la guerre de trente ans les força de quitter Schweidnitz, pour se réfugier en Pologne. Ils furent reçus avec bonté dans un couvent de femmes, où mademoiselle Cunitz composa ses tables astronomiques, qui parurent en 1650 à OEls en Silésie, et en 1651, à Francfort, sous le nom d'Urania propitia, avec une introduction en latin et en allemand, et une dédicace à l'empereur Ferdinand III. Lewen, qui avait fait la préface, assure que l'ouvrage est entier de, sa femme, et qu'il n'a fait que le revoir et y faire quelques corrections ; mademoiselle Cunitz cite dans l'ouvrage quelques observations faites par son mari, et promet d'en publier d'autres. Elle critique souvent les tables de Lansberg, à qui elle reproche de s'être vanté, contre la vérité, qu'elles étaient conformes aux observations de tous les temps. Wolf, dans ses Éléments de Mathématiques, parle avec éloge des tables de mademoiselle Cunitz. D'après un passage de la Politique ecclésiastique de Gisb. Voët, on voit que Marie Cimitz vivait encore en 1669. Lalande dit cependant qu'elle mourut à Pitscher, le 22 août 1664. Desvignelles a donné avec assez d'étendue la vie de cette femme savante dans le tome 3 de la Bibliothèque germanique
  • Marie DORVAL( 1798 - 1849) : actrice distinguée du 19° sièle, naquit à Lorient le 6 janvier 1798. Son nom tait AmélieThomase Delaunay ; elle fut maiée fort jeune à un acteur d'un mérite secondaire, kllanDorval, et c'est sous le nom de Marie Dorval n'elle s'est fait connaître. Ce fut sur les planches il théâtre que Marie Dorval fit ses premiers pas.; a mère était actrice et elle la destina dès son enance à suivre la même carrière. Les commencenents de madame Dorval toutefois furent loin de krésager le talent dont elle fit preuve plus tard. 1rargée de remplir des rôles qui ne convenaient .n rien à sa nature spontanée et énergique, elle ?ut à subir toutes les vicissitudes qui accompagnent ' rop souvent la vie d'artiste. Engagée à Paris dès. .818; au théâtre de la PorteStMartin, elle y végé- ait inconnue. Le hasard lui fournit une occasion de se .évéler au public. En 1822, un jeune auteur, inconnu oriinne l'actrice, M. Carmouche, qui depuis a pris ‘ang parmi les noms dramatiques de cette époque, wésenta au théâtre de la PorteStMartin un mélo- 'rame, les Delta, Forçafg, dont le succès devait com- mencer sa popularité. La réception de cet ouvrage avait été difficile à emporter, l'administration pre- nait peu d'intérêt à ce début. Tout naturellement l'auteur demandait pour son principal rôle le concours de l'actrice à la mode sur cette scène. On ne voulut lui accorder que le talent considéré comme fort ordinaire de madame Dorval. Cette sorte de disgrâce fut l'origine de la fortune et du succès de la pièce. Dans le rôle de Thérèse, Marie Dorval déploya une inspiration et une puissance dramatique qu'on ne lui soupçonnait pas. La pièce fut reçue du public avec les plus vives acclamations et madame Dorval devint la reine des théâtres du boulevard. Son engagement, qui allait expirer, fut immédiate-. ment renouxelé; un mois avant, on le lui avait re- fusé. Dès lors les écrivains s'empressèrent de tracer des rôles pour elle, et de les adapter à la nature de son talent. Elle consolida et établit définitivement son empire dans les rôles d'Élisabeth du CM-- trate de Kénilworth, de Louise de la Fille du musi- cien; et enfin de moitié avec FrédérickLemaitre, elle attira tout Paris au drame de la Vie d'un joueur, où elle remplit le rôle d'Amélie. Les maîtres de la scène contemporaine se disputèrent alors le concours des belles facultés que Marie Dorval avait développées et perfectionnées. Casimir Delavigne, Scribe, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Ponsard, lui confièrent les belles créations de leur génie. Nous ne suivrons pas Marie Dorval dans tons les triomphes de sa carrière dramatique, nous ne pouvons riippeler tous les grands rôles qu'elle a successivement créés à la PorteStMartin, à la Renaissance, à la ComédieFrançaise, à l'Odéon; nous citerons seulement : Élena, dans Marino Fa- Iii, ro; Adèle d'Hervey, dans Antony ; Marion Delorme, dans le drame de ce nom de Victor Hugo; Killy Bell, dans Chatte, ton ; Catarina dans Angelo; Thécla, dans Une famille au temps de Luther; plus tard Lucrèce dans la tragédie de Poneart, et enfin sa dernière création Marie- Jeanne, où son jeu si vrai et si naturel arrachait des larmes à tous les spectateurs.—Madame Dorval était essentiellement une actrice d'élan et de passion; le drame moderne semblait être tait exprès pour elle ; elle en avait toutes les irrégularités comme toutes les impétuosités. Dans l'amour, dans la douleur, dans le dés- espoir, dans tout le désordre des passions, elle ren- contrait des cris du coeur, des illuminations soudaines qui jetaient le frémissement, la terreur, l'attendrissement dans son auditoire. Il fallait à cette nature inculte les caractères primitifs et accentués pris dans le peuple pour qu'elle fût dans tout son éclat et dans toute sa verve. Les allures plus froides, plus sévères,- plus calculées de la tragédie française la mettaient à la gêne. Sa personne même semblait comme adaptée à ces rôles ardents du drame qui ont fait sa gloire; ses traits accentués, son geste libre et saccadé, son attitude penchée, sa voix fatiguée et voilée devaient se prêter difficilement à la. molle poésie de Racine et aux noblesses du co- thurne. Elle savait porter le bonnet de la fille du peuple avec plus d'élégance et de charme que la couronne des reines, et son talent préférait la robe de toile des mansardes aux étoffes d'or des palais. Sous les deux costumes toutefois elle sut s'attirer l'admiration du public, qu'elle eut plus qu'aucune antre artiste de son temps le priv ilége d'émouvoir et d'entraîner. Cependant, après ses nombreuses et brillantes représentations de l'arie- Jeanne , et tandis que les portes de tous les théâtres auraient dû lui êtreouvertes, elle se vit sans engagement à Paris. Blessée de cet abandon, elle parcourut la, province et partout y recueillit de flatteuses com- pensations. Un critique célèbre lui adressa même à Marseille, où elle était alors, un de ses écrits avec cette dédicace : A madame Dorval, absente pour cause de génie. Ces dédommagements étaient loin de guérir la plaie de son cœur ulcéré; sa santé s'en altéra, les fièvres la surprirent. Sa dernière maladie la dévorait, tandis que, jaloux de réparer l'injustice dont elle était l'objet, les auteurs dramatiques et les critiques les plus éminents de la littérature parisienne s'entendaient et adressaient au ministre de Fintérieurune pétition, afin de demander l'engage- ment immédiat de madame Dorval au ThéâtreFrançais. La mort prévint le résultat de cet acte également honorable, et pour Factrice et pour les signataires. A la violence de la fièvre succéda une maladie de langueur, et Marie Dorval fut enlevée au théâtre le 20 mai 1849
  • Marie DUPRÉ : nièce de Roland Desmarets , bon humaniste du 17e siècle, annonça dès son enfance d'heureuses dispositions , que son oncle se fit un plaisir de cultiver. Elle apprit le grec, le latin, l'italien, la rhétorique et la philosophie. Elle se passionna pour le système de Descartes, au point d'en prendre la défense dans toutes les occasions, avec une chaleur qui lui mérita le surnom de Cartésienne. Elle composait facilement de petites pièces de vers très agréables, et elle était en commerce d'amitié et de littérature avec mesdemoiselles Scudéry et de la Vigne. Elle est l'auteur des réponses à Chimène , sous le nom d' Isis , insérées dans le Hecueil des vers choisis, par le P. Bouhours. Vortron lui a adressé un madrigal sur sa modestie, et Jean de Verjus une ode latine imprimée au devant des lettres de Roland Desmarets ; enfin Titon Dutillet a co pris mademoiselle Dupré dans la liste des dames qui, sans avoir produit d'ouvrages remarquables, méritent cependant des éloges à raison de leur goût pour les lettres , et des encouragements qu'elles leur ont accordés
  • Marie FISHER : Anglaise, fanatique de la secte des quakers , au 17e siècle, conçut l'insensé projet (l'aller à Constantinople porter au commandeur des croyants des paroles de vérité. Sans bre ar- rétée par les difficultés d'un voyage long et pé- nible, elle traverse l'Italie , seule , à pied , puis s'embarque pour Smyrne sur un vaisseau de sa nation. Le zèle est souvent indiscret. Son projet fut découvert par le consul de cette ville , qui la lit conduire à Venise. Mais que peuvent les obstacles contre un esprit en délire ? Marie dirige alors sa route par terre, parcourt sans crainte , et qui plus est sans accident , la Macédoine , la Grèce, la Romanie, et arrive enfin à la cour de Mahomet IV, prince d'une humeur peu traitable. Heureusement pour elle, il la prit pour folle, et cette espèce de gens étant sacrée aux yeux des Turcs, il se contenta de la renvoyer en Angleterre. Nous n'avons pas besoin de dire que ses confrères les quakers exaltèrent.beaucoup ce noble dévoilement. Elle eut mème l'honneur insigne d'épouser un prophète. On peut consulter sur cette femme l'His- toire du fanatisme
  • Marie HUBER( 1695 - 1753) : née à Genève, ou suivant d'autres à Schaffhouse , en 1695, mourut à Lyon le 13 juin 1753. Plusieurs ouvrages sortis de sa plume annoncent qu'elle avait de l'esprit et des connaissances; mais cet esprit, égaré par l'opinion d'une secte qui affranchit les particuliers de toute autorité dans l'interprétation de l'Écriture sainte, la conduisit naturellement au déisme ; et ses connaissances mal digérées rendent pénible la lecture de ses livres. Cette femme théologienne publia en 1731 un ouvrage intitulé Systèmes des théologiens anciens et modernes conciliés par l'exposition des différents sentiments sur l'état des limes séparées des corps réimprimé en 1733 et 1739. Son but est d'attaquer, sous une certaine apparence de piété , le dogme des peines éternelles qui , étant commun aux protestants et aux catholiques , lui attira des adversaires dans les deux communions, quoiqu'elle se fût proposée de concilier les théologiens a aussi publié une réfutation de ces mêmes Lettres en 1741. Outre les ouvrages dont nous avons parlé , mademoiselle Iluber en a composé d'autres moins connus, tels que : Le monde fou préféré au monde sage, Amsterdam , 1731 , 1744 ; Réduction du Spectateur anglais ; cet abrégé, qui n'eut point de succès, parut en 1755, à Amsterdam, en six parties
  • Marie LEAPOR( 1722 - 1746) : Anglaise, poète, née en 1722 dans le comté de Northampton, était la fille d'un jardinier. Son éducation fut conforme à son humble situation ; mais ses dispositions triomphèrent de ce désavantage. Elle cultiva la poésie en secret, pour elle seule, sans maître , et mourut in_ connue au monde, de la rougeole , en 1746, à l'àge de 24 ans. Avant d'expirer, elle remit à son père une liasse de papiers comprenant divers ouvrages de poésie , qui ont été publiés en 1748 et 1751, 2 vol. Parmi plusieurs de ces ouvrages, estimés en Angleterre, on cite le poème intitulé le Temple de l'Amour, songe. On y trouve aussi une tragédie intitulée le l'ère malheureux et quelques actes d'une autre pièce de théàtre. SD
  • Marie LEBESNERAIS( 1747 - 1824) : célèbre maîtresse de pension, naquit vers 1747, à Vire, en Normandie, et fut confiée aux soins des religieuses ursulines de cette ville. Elle était jeune encore quanti l'abbé , son oncle maternel , l'attira à StHilaire du Harcoun, où il était curé. Après avoir passé quelque temps chez un de ses frères, curé près de la capitale, elle sentit que le voisinage de Paris ne pouvait lui convenir, et revint à StHilaire, près de son second frère, qui avait succédé à son oncle. C'est là qu'elle se livra, pendant plus d'un demi - siècle et avec un succès remarquable, à l'instruction des jeunes personnes. Elle avait tout ce qui est nécessaire à ces fonctions importantes , des connaissances variées et des moeurs exemplaires; mais elle ne put traverser la révolution sans avoir sa part de tribulations. Après avoir passé quelque temps en prison , ne voulant pas abandonner l'instruction publique , elle retourna à Stllilaire, où elle avait ses habitudes et ses affections. Son école devint nombreuse, florissante, et elle put envoyer chaque année au curé de Vire , pour les besoins de quelques parents moins fortunés , des économies qui lui étaient faciles. Elle avait fait jouer à ses élèves la tragédie d'Esther. Ce spectacle, inusité dans une petite ville, après les jours si tristes de la révolution , fut une espèce d'événement et attira un grand nombre d'étrangers. A une instruction soignée, Marie Lebesnerais joignait pour ses élèves le bienfait plus important d'une éducation solide. On fêla sa cinquantième année : 3° Principes généraux de la grammaire française , avec des observations sur l'orthographe, les accents , la ponctuation; le tout tiré des meilleurs auteurs et rédigé dans l'ordre le plus simple et le plus propre à faciliter aux jeunes gens l'étude des premiers éléments de leur langue, Avranches, 1813
  • Marie LE PRINCE DE BEAUMONT( 1711) : soeur du précédent, naquit à Rouen le 26 avril 1711. Son mariage, contracté à Lunéville avec un M. de Beaumont , fut peu de temps après déclaré nul, en 1745, pour plusieurs vices de forme qui n'étaient pas les seuls motifs qu'elle eût pour faire rompre une union funeste; mais ce furent les seuls que sa délicatesse lui permit de présenter à ses juges. « Son mari , ne pouvait « produire que des victimes destinées aux plus « affreuses infirmités. » Elle ajoute : « Dieu pour« raitil me faire tin crime de mon divorce ? Pour« raitil exiger que je remplisse un engagement « plus affreux que la mort? » Madame de Beaumont débuta , en 1748, dans la carrière littéraire par tin roman intitulé le Triomphe de la vérité. ou Aléatoires de M. de la Villette. Ce roman fut imprimé à Nancy, où l'auteur se trouvait encore; et elle eut l'honneur de le présenter ellemême au roi de Pologne , à Commercy, ainsi que quelques autres ouvrages qui n'avaient pas encore vu le jour. Il parait que ce monarque lui donna plus d'éloges que d'encouragements solides , car ce fut à cette époque qu'elle passa en Angleterre. Madame de Beaumont se fixa à Londres, et s'y chargea de plusieurs éducations qui firent sa réputation et pour lesquelles elle composa plusieurs de ses ouvrages. Ceux qui ont eu le plus de succès sont le Magasin des enfants et ses autres Magasins. La réputation de quelques ouvrages périodiques anglais lui fournit l'idée du titre et du fond de son Nouveau Magasin français , ou Bibliothèque instructive, qui, commencé en 4750, suspendit en 1752, fut repris en 1755 et n'alla pas au delà. Ce sont les meilleurs articles de cette collection, qu'Eidotis rassembla depuis en G volumes sous le titre d'OEurres mélées de madame Le Prince de Beaumont. On vit paraltre successivement, soit anonymes, soit sous son nom, pendant les quinze années qu'elle vécut à Londres, des livres d'histoire , de géographie , un roman sur l'éducation des princes, des lettres et plusieurs de ses Magalins. Le plus connu de tous et assurément le meilleur, le Magasin des enfants, fut publié en 1757, et fut bientôt traduit dans la plupart des languesde l'Europe. Trèssouvent réimprimé, il n'a pas cessé d'avoir la faveur du public. En effet, ce livre offre une instruction variée et convenable à l'àge pour lequel il a été composé; il est écrit avec simplicité; le dialogue en est naturel : les historiettes et les contes sont trèspropres à plaire aux enfants , et ont mime fourni divers sujets de comédie. Plusieurs de ces contes, ainsi que quelques autres qu'on lit avec plaisir dans les ouvrages de l'auteur, ne sont, à la vérité, que des traductions ou des extraits , tels que la Belle et la Bite, le Prince Titi , , etc.; mais elle se les est appropriés par la manière dont elle les a traités. Un style simple et facile, une morale attachante et douce, des traits historiques bien choisis, une imagination heureuse, font de ses écrits le charme de la jeunesse, et ne sont point indignes des regards de l'homme de goût. Le succès bien mérité du Magasin des enfants encouragea madame de Beaumont à faire de nouveaux pas dans la mime carrière. Peu de temps après avoir donné au public le Magasin des adolescentes, 1760, qui fournit à Alletz l'idée d'un Magasin des adolescents, et dont le succès ne fut guère moindre que celui du 'Magasin des enfants , l'auteur se décida à quitter l'Angleterre, dont le climat était peu favorable à sa santé : elle avait cinquante ans. Sa plume avait déjà produit une quarantaine de volumes; elle avait honorablement consacré à l'éducation théorique et pratique de l'enfance et de la jeunesse les dixsept années qu'elle avait passées à Londres. Mariée en secondes noces à un de ses compatriotes , Thomas Pichon , et devenue mère de six enfants, elle sentit le besoin de la retraite pour se dévouer à leur éducation, et à la composition de quelques livres dont elle avait conçu l'idée. Sourde à la voix de plusieurs grands seigneurs et mème de quelques princes qui cherchèrent à la fixer auprès d'eux, elle eut le bon esprit et le courage de résister à la séduction de promesses brillantes, que peut-être on n'eût qu'en partie réalisées. Elle acheta en 1768, du fruit trèsmodique de ses longues économies, une petite terre dans les environs d'Annecy, en Savoie, où elle s'était retirée dès 1764. Ce fut dans cette retraite qu'elle rédigea ses derniers ouvrages. Le soin de sa famille et les travaux agricoles ne l'empêchaient pas de trouver du temps pour cultiver les lettres et travailler à des ouvrages d'imagination , à des traités d'éducation , de morale et d'histoire, à des traités de grammaire et même de théologie. Cette femme si judicieuse ne s'occupait pas moins des pauvres et des artisans que des riches et des princes, des jeunes garçons que des femmes , des gens de campagne que des habitants des cités : elle composa , pour les premiers, un Magasin qui est regardé avec raison comme l'un des plus estimables de ses ouvrages. Sa mort, qui eut lieu à Chavanod en 1 780, a privé le public de quelques éléments d'histoire et de plusieurs traités de grammaire qu'elle avait commencés. Sa longue et laborieuse carrière fut traversée par quelques chagrins . Cette femme sensible, instruite, active et pieuse , vécut 70 années et fit imprimer soixantedix volumes. Nul homme de lettres n'a fait de ses talents un plus sage et plus utile emploi. Tout en observant avec raison que le style de madame de Beaumont est négligé, décoloré, faible et dépourvu de noblesse, nos meilleurs critiques ont fait l'éloge des sujets qu'elle a choisis, du naturel de son style, de sa clarté et de sa convenance. Ses romans pèchent du côté de l'imagination; on peut y reprendre l'embarras dans le développement de l'intrigue et le peu de nouveauté des incidents; mais ils sont sagement conduits et ils sont tous trèsmoraux. On ne peut que louer tant de veilles laborieuses consacrées à l'éducation, à l'instruction de la jeunesse, de l'âge mùr et de toutes les classes de la société. Aussi plusieurs de ces productions si estimables sontelles fréquemment réimprimées, mises entre les mains des enfants, placées dans toutes les bibliothèques des pères de famille. Quelquesunes ont été retouchées pour être amenées, sous le rapport de l'histoire et de la géographie, au niveau des connaissances actuelles. Presque toutes ont été traduites en anglais , en allemand, en russe , en suédois, en italien et en espagnol , souvent même par plusieurs auteurs dans un même pays. Voici la liste la plus complète et la plus exacte qui ait paru de ses divers ouvrages. Nous nous bornerons, toutefois, à citer les éditions originales et quelques réimpressions :10 le Triomphe de la vérité , ou Mémoires de M. de la Villette, Nancy, 1 748, 2 vol. 2° Lettres diverses et critiques, 1750, 2 vol. ; 3° le Nouveau Magasin jianc, is ou Bibliothèque instructive, Londres, 1750, 1751 et 1755 , 3 vol. Cet ouvrage périodique paraissait tous les mois, par cahiers. 4. Éducation complète , ou Abrégé de l'histoire ancienne, mêlée de géographie et de chronologie, à l'usage de la famille royale de la princesse de Galles, Londres, 1753, 3 vol. ; réimprimé en '1785, 3 vol. et en 1803, 4 vol. ; Civan, roi de Bungo , histoire japonaise, ou Tableau de l'éducation d'un prince , 1754, 2 vol. ; et Londres, 1758, 2 vol. ; 6° Lettres de madame du llontier à la marquise de** *, sa fille, avec les Réponses , Lyon, 1756, vol. réimprimées en 1758 et en 1766; 7, ' Magasin des enfants , ou Dialogues entre une sage gouvernante et ses élèves , Londres, 1757 , 4 vol. fréquemment réimprimé , quelquefois avec des cartes et des gravures. Cet ouvrage est le plus connu et le plus recherché de ceux que l'on doit à la plume active et féconde de madame de Beaumont ; il a été traduit dans toutes les langues de l'Europe. 8° Anecdotes du 14 siècle , pour servir à l'histoire des femmes illustres de ce temps, Londres , 1759, 1 vol. ; 90 Lettres curieuses, instructives et amusantes, ou Correspondance historique, galante, etc., entre une dame de Paris et une darne de province , la Haye, 1759, 4 parties 18. Magasin des adolescentesou Dialogue entre une sage gouvernante et ses élèves, Londres, 1760, 4 vol. Ce Magasin n'a pas eu moins de succès que le Magasin des enfants : les &litions et les traductions n'en sont guère moins nombreuses. 11. Principes de f his-
  • Marie MANCINI( 1639) : petitefille du fondateur de l'académie des humoristes et nièce du cardinal Mazarin, est moins célèbre par sa beauté et son esprit que par ses aventures bizarres et les chagrins qui empoisonnèrent sa vie. C'était la troisième des cinq filles de MichelLaurent Mancini, baron romain , et de Hiéronyme Mazarini , sceur puînée du cardinal. Elle naquit à Rome en 1639, - et fut élevée dans un couvent jusqu'à l'àge de dix ans. Elle en sortit pour accompagner sa mère et Hortense, sa soeur, encore enfant, que le cardinal Mazarin avait appelées à Paris. Marie n'était pas trèsjolie , mais elle était aimable et spirituelle ; ses manières vives et enjouées plurent à Louis XIV ; et ce prince fut un moment tenté de l'épouser. Le cardinal , n'osant pas favoriser ouvertement la passion du roi, envoya ses nièces dans un couvent à Brouage . )) Elle ne revint à la cour que lorsque Louis XIV fut marié ; et, peu de temps après, elle devint la femme du prince Colonna, connétable de Naples, à qui elle apporta en dot cent mille livres de rente. Elle partit aussitôt pour l'Italie avec son époux. Les premières années de leur union furent assez heureuses ; mais à la suite d'une couche pénible , et qui avait mis ses jours en danger, Marie signifia au prince Colonna qu'elle ne vou- lait plus vivre avec lui ; et dès ce moment elle ne sembla s'occuper que de le rebuter par sa froideur et ses caprices. Sur ces entrefaites, Hor- tense vint chercher à Rome un asile contre les persécutions du duc de Mazarin , qu'elle avait épousé. Marie confia à sa soeur les sujets de plainte qu'elle croyait avoir à foimer contre le connétable et sa résolution de se retirer en France. Hortense, ayant vainement tenté, diton de détourner Marie de ce projet, consentit à la suivre dans sa fuite. Elles profitèrent de l'absence du connétable pour se rendre à CivitàVecchia , déguisées sous des habits d'homme, et s'embarquèrent sur un esquif, qui les conduisit en huit jours sur les côtes de Provence . On lit dans les Mémoires de la duchesse de Mazarin qu'elles furent accueillies à Aix par madame de Voyez son portrait, par madame de Motteville, dans ses « Mémoires , t. 4, p. 461. C'était en attendant qu'il eût pourvu à leurétablissewent, comme il avait déjà marié la duchesse de Vendôme et la com- tesse de Soissons, qui étaient les deux premières des cinq soeurs Manch) i. Bayle a employé le chapitre 71 des Réponses aux queslions d un provincial à démontrer que l'entrevue de Marie et de Louis XlV n'est qu'une fable romanesque, et trèsimpertinemment inventée. Mais l'auteur de l'ouvrage que Bayle a en vue suppose que cette entrevue eut lieu au moment du départ de Marie Mancini pour l'Italie , tandis que ce fut plusieurs mois avant qu'il fût question du mariagc de Louis XIV avec l'infante MarieThérèse. Grignan , qui eut la charité de leur envoyer des chemises, disant « qu'elles voyageaient en vraies « héroïnes de roman , avec force pierreries et « point de linge blanc. » 11 paraît que quelque intérèt de galanterie se trouvait en jeu dans cette équipée. On lit dans une lettre de madame de Scudéri, publiée par l'éditeur du Supplément de Bussy : « Madame Colonne et madame Mazarin « sont arrêtées à Aix ; l'histoire dit qu'on les y a « trouvées déguisées en hommes, qui venaient « voir les deux frères, le chevalier de Lorraine « et le comte de Marsan. » On juge de l'effet qu'une semblable aventure dut produire sur leurs soeurs ; aussi madame de Sévigné écrivaitelle à sa fille le 20 juin 1672 : « La comtesse de Sois- « sons et madame de Bouillon sont en furie con-, qui retournait en Italie , de lui permettre de faire route avec lui. Arrivée à Turùi, elle changea d'idée et voulut revenit sur ses pas ; mais informée qu'elle ne pouvait rentrer en France et ne redoutant rien plus que l'obligation de se réunir à son mari, qui lui promettait d'ou- biler toutes ses extravagances, elle préféra courir le danger de traverser l'Allemagne, alors occupée par des troupes . Mais en arrivant dans les PaysBas, elle fut arrêtée et gardée à vue jusqu'au moment où le connétable lui laissa la liberté de passer en Espagne. Ce prince venait d'être nominé \ iceroi d'Aragon : il épuisa inutilement tous les eus pour décider Marie à se réconcilier a\ ce lui ; et ne pouvant vaincre sa résistance , il consentit enfin au divorce qu'elle demandait . Marie entra dans une maison religietWe, voisine de Madrid , où elle prit le voile ; mais ennuyée de la vie du couvent, elle s'évada et revit la France après une absence de douze années : elle y était si bien oubliée que personne th, prit garde à elle. Dès ce moment , les histoires contemporaines ne parlent plus de cette Mprincesse ; et elle languit dans une telle obscurité, Lpie c'est par conjecture seulement qu'on place sa mort vers l'année 1715 . Elle aimait avec passion les lettres et les arts. On a Sous son nom un opuscule intitulé Discorso astrofisico delle In utaxioni de tempi e di abri accidenti mondani dell' anno 1670 Un anonyme a piablié les Mémoires de M. L. P. M. M. Colonne, grande con- nétable du royaume de Naples, Cologne , 1676 ; traduit en italien , 1678. C'est un roman mal écrit ; S. Bremond y opposa l'ouvrage suiNain : Apologie, ou les Véritables mémoires de madame Marie Jlaurini, connétable de Colonna, écrits par elle- méme, Leyde , 1678 , in - I 2 . Ce petit écrit mérite plus de confiance que le premier
  • Marie MATTHIEU( 1605 - 1680) : connue en religion sous le nom de Magdeleine de StSauveur , naquit à Lyon le 23 juillet 1605 ; elle était fille de l'historien Pierre Matthieu et de Louise de Crochère, fille d'un Florentin qui était venu chercher à Lyon un refuge contre les persécutions de son beaufrère , jaloux des avantages que le pape Clément VII avait faits en mourant à Louise. Pierre Matthieu, après avoir embrassé avec ardeur le parti de la ligue, était devenu, quand Lyon se soumit à Henri IV, un des sujets les plus dévoués de ce monarque , qui , en le chargeant d'écrire son histoire , lui promit pour Marie une des plus belles abbayes de son royaume ; mais la mort prématurée de ce prince rendit sa promesse illusoire. Malgré la perte de son protecteur, Marie n'en manifesta pas moins l'intention d'embrasser la vie monastique. Après la mort de son père 1,12 octobre 1621), elle accompagna son frère à Paris ; elle y demeura six ans et refusa tous les partis qui lui furent proposés. Ce fut dans son séjour de la capitale que son ardente piété commença à lui donner une célébrité qu'elle dut à un événement qui parut tenir du prodige. Dinant un jour en nombreuse compagnie chez le conseiller Bernard , un valet , informé de l'horreur qu'elle avait pour le vin , voulut la surprendre en lui servant, au lieu d'eau, du vin blanc. Marie ne fut point dupe de cette espièglerie ; elle rendit à l'instant le verre plein au valet, qui se retira - honteux et confus. Le conseiller voulait châtier le drôle surlechamp; mais Marie, intercédant pour lui , le rappela et dit qu'elle boirait, parce que ce n'était que de l'eau que contenait le verre qu'il tenait encore à la main. Et, en effet, la chronique assure que, durant ce court. débat, le vin s'était changé en eau. Marie, persistant toujours dans ses premières résolutions, revint à Lyon et entra comme novice dans le couvent de SteElisabeth, et, son noviciat achevé, elle fit profession le 22 novembre 1624. Louise de Crochère n'était pas moins inconsolable de la mort de son mari que de la privation de sa fille aînée ; le monde n'avait plus d'attraits pour elle , non plus que pour sa fille cadette, CatherineAugustine, qui venait d'accomplir sa quinzième année. Elles résolurent donc d'embrasser la vie religieuse ; mais , comme la règle de SteElisabeth était trop austère, elles entrèrent dans le couvent des Visitandines de l'Antiquaille, dont elles prirent l'habit le Ir juin 1628 . Cette même année, la peste fit à Lyon d'horribles ravages; la contagion pénétra jusque dans les monastères : la jeune Catherine se dévoua au service d'une de ses compagnes atteinte du charbon, et eut le bonheur de la sauver. Vers ce même temps , le jour de StMichel, un pestiféré, couvert d'ulcères, apparut à Marie dans le réfectoire de son couvent : cette vue lui fit d'abord horreur ; mais , voulant vaincre sa répugnance, elle se rendit à l'église, et , se prosternant au pied de l'autel , elle demanda au Seigneur de lui donner cette affreuse maladie. Aussitôt elle se sentit frappée du charbon : l'alarme fut au monastère ; on l'isole de ses compagnes; son confesseur, à qui elle déclare comment le mal l'a surprise, lui ordonne d'en demander la guérison; elle obéit ; le charbon disparut. Le jeûne et l'abstinence qu'elle pratiquait avec une excessive rigueur occasionnèrent à Marie de si fréquentes extases , qu'elle n'eut pas moins de visions qu'en avaient eu, au 13e siècle, Marguerite d'Oingt et , de son temps, la plus fameuse de toutes les extatiques. Le 19 mars 16,12, Marie fut élue supérieure de sa communauté, en remplacement de feu madame d'Oultreleau. Sous son administration , le monastère devint si nombreux, qu'elle se vit dans la nécessité de fonder une seconde maison , qui s'ouvrit en janvier 1657 au faubourg de Valse, dans le clos des Deu. r- dlmonts, occupé aujourd'hui par l'école vétérinaire. Vers la fin de l'année suivante, elle fut honorée de la visite de Louis XI.V et de la reine mère, qui lui firent de trèsbeaux présents ; mais ce fut de la maréchale de Villeroy qu'elle obtint les plus grandes largesses. Elle reçut aussi de son frère J.B. Matthieu une somme considérable pour achever et embellir son église, où elle fit placer un retable qui excitait l'admiration autant par son étendue que par la délicatesse de la sculpture. Plus tard, elle fit exécuter un tabernacle en broderie tissue d'or et d'argent fin, rehaussée de perles et enrichie de figures si mignonnement travaillées à l'aiguille , qu'elles égalaient les plus fines miniatures. Marie n'était pas restée tout à fait étrangère aux choses de ce inonde ; elle prenait le plus vif intérèt au bien de son pays. Quand Louis XIV sollicita la main de MarieThérèse, elle voulut qu'à son exemple toutes ses compagnes hâtassent , par l'efficacité de leurs prières, la conclusion de cet hymen. Tels sont les faits les plus importants de la vie de Louise mourut dans cc couvent le 12 juillet 1655, et Catlie. rineAugustine, le 17 fèvrier 1682, après y avoir fonde une chapelle sous le vocable de StFrançois de Sales. Marie, qui rendit son âme à Dieu le 3 septembre 1680. Son portrait, gravé par Damasso , est en tète de sa Vie écrite par le P. Alexandre, mineur récollet, Lyon, 1691 Une lettre de J.B. Matthieu, adressée de Paris le 3 avril 1681 à madame de Boly, , supérieure du couvent de SteElisabetli de Bellecour, nous apprend que Clément X refusa de procéder à la béatification de Marie Matthieu que cette supérieure avait sollicitée
  • Marie MONK : Irlandaise , fille du lord Molesworth et femme de George Monk , morte à Bath en 1715 , joignait à la connaissance des langues latine , italienne et espagnole , un talent assez distingué pour la poésie. Ses productions en ce genre ont été imprimées en 1716 , 1 vol. sous le titre de illarinda, Poésies et traductions sur différents sujets. On trouve aussi quelquesuns de ses vers dans les Poems of eminent Ladies, et dans les ries des poètes anglais
  • Marie PETIT( 1675) : aventurière , qui a joui d'une certaine célébrité sur la lin du règne de Louis XIV, naquit à Moulins vers l'an 1673. Elle se disait tille d'un avocat ; mais ses ennemis lui donnaient pour mère une blanchisseuse, d'où l'on peut supposer qu'elle était bâtarde, ou que son père s'était marié comme le poète Dufresny. Marie Petit ne manquait ni d'esprit. ni de caractère, ni inéine de cette élévation de sentiments qu'unt éducation soignée donne plus que la naissance. On ignore l'époque et les motifs de son arrivée à Paris. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'en 170'2 elle y tenait une maison de jeu dans la rue Mazarine. Ce fut là qu'elle connut J.B. Fabre, négociant de Marseille, et ancien agent du commerce de cette ville à Constantinople. On ne peut douter de l'intimité qui s'établit entre eux, si l'on en juge par celte singulière promesse, datée du décembre 1702 : « Je soussignée , m'oblige en-- , vers M. J.B. Fabre de le suivre dans ses nova- « ges de Constantinople et ailleurs, où il devra « aller, soit pour le service du roi , soit pour ses · propres affaires, et de l'assister de mes soins « sans que je puisse prétendre à aucune rétribu- · tion, ni me dispenser en aucune manière de « l'accompagner. Signé , Marie Petit. e Fabre fut nommé en 1703 envoyé extraordinaire dei Louis XIV à la cour de Perse. Comme il avait beaucoup de dettes, et qu'il manquait de fonds pour faire ses équipages, Marie Petit lui prêta huit mille francs. Vêtue' en homme, elle alla lu trouver à Marseille, et s'embarqua avec lui à Toulon le 2 mars 1705 sur le vaisseau le Trident, commandé par M. de Turgis. D'Alexandrette, où ils prirent terre , ils gagnèrent Alep le 17 avril Malgré le soin que mit Fabre à cacher son caractère diplomatique , on prétend que le faste qu'il étalait, les cavalcades qu'il faisait avec Marie Petit habillée en amazone, et la suite nombreuse qui les accompagnait , 'ou plutôt les mauvais offices du consul de France, JeanPierre Blanc, inspirèrent des soupçons au pacha , qui refusa de laisser partir Fabre pour la Perse avant d'avoir reçu des ordres de la Porte. Le comte de Ferriol, alors ambassadeur de France à Constantinople, y avait eu autrefois quelques démêlés avec Fabre. Il retenait encore dans son palais la femme de cet envoyé, avec laquelle il entretenait probablement une liaison où l'amour avait moins de part que le libertinage d'un côté et la crainte de l'autre. Ferriol avait proposé Michel , un de ses secrétaires, pour la mission de Perse; mécontent de la préférence accordée à Fabre , il ne chercha qu'à le contrecarrer. Celuici, ne sachant d'où partaient ces intrigues , écrivait à sa femme pour obtenir du divan les passeports nécessaires; mais Ferriol , instruit par elle de ses démarches, Inuisait secrètement à son époux en feignant de le servir. Fatigué de ces retards, et informé de la vérité, Fabre s'embarque sur un esquif avec Marie Petit dans la saison la plus orageuse de l'année, et laisse dans File de Samos la plus grande partie de sa suite et les présents destinés au roi de Perse. Pour se dérober aux poursuites de Ferriol, il va descendre à Constantinople chez un ambassadeur persan qui venait de terminer sa mission. Il part avec lui; mais à peine arrivé à Erivan, capitale de l'Arménie persane, où il attendait le reste de ses gens , il meurt, non sans soupçons de poison , à la fin d'août 1706. Marie Petit fit dresser l'inventaire de sa succession , et persuada au khan d'Erivan d'envoyer de l'argent au pacha d'Erzeroum, qui consentit alors à relâcher les présents venus de Samos et les Français qui les accompagnaient. Ceuxci , animés par une lettre du P. Monnier, jésuite, signalent leur entrée à Erivan par une voie de fait qui pouvait avoir les conséquences les plus funestes. Ils enfoncent les portes de la prison où un domestique de Fabre était détenu pour avoir voulu assassiner Marie Petit, qui lui avait jeté une orange à la tète, et ils le ramènent en triomphe dans la maison affectée à la légation française. Sur leur refus itératif de le livrer, ils y sont assiégés par les Persans, qui les traînent en prison et livrent leur maison au pillage. Marie Petit obtint leur liberté, et même celle du P. Monnier, dont le zèle imprudent avait provoqué cette scène fàcheuse. Cependant il fallait une prompte satisfaction au gouverneur deux Persans avaient été tués , et plusieurs autres blessés par les Français. On sacrifia deux Arméniens qui étaient au service de France : ils eurent la tète tranchée. Schah FIoucein , roi de Perse , de la dynastie des Sofys, avait appris par son ambassadeur tous les détails qui concernaient Fabre et Marie Petit : il fut curieux de voir une femme venue de si loin , et que la renommée annonçait comme ambassadrice XXXII. des princesses de la maison de France. Il donna ordre au khan d'Erivan de lui fournir des équipages, et de pourvoir honorablement aux frais de son voyage et de son entretien. Elle partit avec le jeune fils de Fabre, qu'elle conduisait à la cour de Perse comme successeur de son père, pour y présenter les lettres et tes dons de Louis XIV. Arrivée à ‘Tauryz, elle y trouva Michel que Ferriol s'était empressé d'envoyer pour remplacer le malheureux Fabre. Michel, n'ayant point de lettres de créance, était venu par des routes détournées; mais suivant l'exemple et les instructions de son protecteur, il paya d'audace, s'empara des papiers de son prédécesseur, des présents destinés au sofy, et obligea par ses menaces plusieurs Français à le reconnaître comme ambassadeur. Marie Petit, informée qu'il voulait la faire arrêter, se rendit à la cour de Perse avec une escorte que lui fournit le khan de Tauryz, et y fut reçue avec beaucoup d'honneurs. Michel, de son côté, voulant remplir sa mission,. pénétra jusqu'à Semnan , sur la route de Meschelid , où le roi de Perse était en pèlerinage ; mais un détachement de cavalerie l'obligea de retourner sur la frontière , et d'y attendre les ordres de la cour. Il retrouva Marie Petit à Tauryz ; elle avait eu son audience de congé. Comme il avait besoin d'elle, il la traita avec plus d'égards, et lui garantit le payement de douze cents pistoles qui lui étaient dues par la succession de Fabre , et qu'elle devait toucher à son arrivée en France. Elle partit, défrayée par le roi de Perse, et munie de certificats et de lettres de recommandation de Michel et des missionnaires. Elle fit un séjour en Géorgie, dont les princes lui délivrèrent les attestations les plus favorables. Elle y rendit encore service à Michel , qui avait eu recours à son témoignage et en avait obtenu une déclaration signée pour se faire accréditer en Perse comme envoyé de France. A son arrivée de Trébizonde à Constantinople, l'ambassadeur Ferriol, pour mieux la tromper, voulut qu'elle fût logée dans son palais, et admise à sa table tout le temps qu'elle resta dans cette capitale. Enfin, ayant remis à la voile, elle débarqua à Marseille le 8 février 1709; niais à peine eutelle achevée sa quarantaine , qu'elle fut arrêtée et conduite au refuge de cette ville, où on la traita d'abord avec beaucoup de rigueur. Bientôt le bruit de ses aventures et de ses malheurs excita la curiosité publique les dames les plus distinguées de Marseille allèrent la voir, et s'empressèrent d'adoucir les chagrins de sa captivité. Du fond de sa prison , elle fit parvenir ses plaintes au chancelier Pontchartrain, et sut l' en sa faveur. Michel , de retour en France à la fin de la même année, poursuivit vivement Marie Petit elle était accusée d'avoir scandalisé tout le Levant. par son immoralité, d'avoir voulu embrasser le mahométisme, persécuté les missionnaires, volé les présents destinés au roi de Perse, causé la mort de plusieurs 75 Français; c'était déjà plus qu'il n'en fallait pour la faire brûler vive ; mais, quoique seule et sans appui, quoique livrée aux attaques de ses puissants et nombreux ennemis, elle triompha de leur animosité. L'amirauté de Marseille, présidée par l'intendant des galères, fut chargée de juger en dernier ressort ce procès extraordinaire, dont on ne trouve pas un mot dans les Causes célèbres. Ferriol , détesté par tous les Français à Constantinople, avait été rappelé en 1711. Son départ rendit la liberté à la veuve de Fabre. Cette femme, qui avait tant de motifs de haïr Marie Petit, n'écrivit au ministère que pour se plaindre . Marie Petit fut mise en liberté en 1713. Nous avons vu les Mémoires pour et contre; mais nous n'avons pu découvrir le jugement. L'année suivante , le chancelier appuya ses réclamations pour qu'elle obtînt le payement d'une partie de la somme qui lui était vint à Paris au commencement de 1715 , Marie Petit, qui l'avait connu à Erivan, alla lui rendre visite. Ses ennemis, craignant que sa démarche n'eût, pour but de réveiller une affaire qu'il leur importait d'assoupir, eurent encore le crédit de la faire arrêter le 25 février; mais on la mit seulement chez un exempt de police. Ce fut pendant cette nouvelle détention qu'elle acheva d'écrire la relation de ses aventures et de ses voyages, où il est probable qu'elle avait passé sous silence tous les faits qui n'étaient pas honorables à sa réputation. On pensa que le public lirait avec avidité les Mémoires d'une femme dont le nom et le procès avaient excité la curiosité générale; elle consentit à les soumettre à la révision d'un homme de lettres. On jeta les yeux sur Lesage, qui tenait alors le premier rang parmi les auteurs de romans, et on lui communiqua les lettres de Michel et du consul d'Alep, JeanPierre Blanc, dans la persuasion qu'il y trouverait des matériaux pour rendre son ouvrage plus complet et plus piquant; mais l'auteur de Gil Blas reconnut bientôt l'impossibilité de faire concorder la justification de l'accusée avec les griefs des accusateurs. En écrivant, pour ainsi dire, sous la dictée de Marie Petit, il incriminait Ferriol Michel , les missionnaires, et s'exposait à la vengeance de tous les ennemis de cette femme. Eu prenant leurs odieuses imputations pour texte de son travail, il se joignait à eux afin d'accabler une infortunée , de moeurs suspectes à la vérité, mais d'ailleurs reconnue innocente des crimes dont elle avait été noircie. Placé dans cette alter- il) Le juge rapporteur dan. cette affaire fut Jérôme it'Audiffret, lieutenant de l'amirauté de Marseille, et premier marquis de Gréoux, dont la branche éteinte s'est fondue dans la maison d'11hertas. native, il écrivit le 15 juin 1715 à un ministre , pour lui exposer adroitement son embarras. Le ministre sentit la justesse des raisons de Lesage, et il lui ordonna sans doute de discontinuer son ouvrage . Les . 1/ é/ noires de Marie Petit furent oubliés; et l'on ne sait pas ce qu'ils sont devenus. Cette aventurière fut probablement remise en liberté après le départ de l'ambassadeur de Perse; mais nous n'avons pu découvrir ni la fin de son histoire, ni l'époque et le lieu de sa mort. Quoiqu'elle ne fût âgée que d'environ quarante ans en 1715, les fatigues, les chagrins, paraissaient l'avoir vieillie avant le temps , ses charmes étaient flétris et sa santé fort altérée. Il est donc vraisemblable qu'elle n'a pas dû pousser fort loin sa carrière. On lit beaucoup de détails sur Marie Petit dans la Relation du voyage de lliehel en Perse, manuscrit de la bibliothèque de Paris, et dans l'Histoire de l'ambassade en Perse de MM. Fabre et Michel, pendant les années 1705 à 1709, par Louis Robin, chirurgien de l'ambassade, autre manuscrit qui nous a été communiqué. Pour la juger avec impartialité, nous avons consulté aux archives du ministère (les affaires étrangères la correspondance officielle, où l'on trouve plusieurs de ses lettres, et les mémoires imprimés pour et contre elle
  • Marie READ( 1680 - 1720) : flibustière anglaise , était née vers 1680. Sa mère avait épousé un marin qui, peu de temps après son mariage, partit pour un voyage de long cours, la laissant enceinte d'un fils. Cette femme s'ennuya bientôt de son veulage, et étant devenue grosse une seconde fois, elle accoucha secrètement il'une tille qu'elle sub- stitua à son fils mort dans l'intervalle. Lorsque Marie fut un peu grande , sa nière lui révéla le secret de sa naissance, en l'engageant de conti- nuer à cacher son sexe. Devenue orpheline à l'àge de treize ans , elle entra chez une dame cousine valet de pied ; mais elle ne tarda pas à se lasser de cette condition , et, se sentant autant de courage que de force, elle embrassa l'état militaire comme un incnen de fortune. Après une campagne sur mer, elle servit en Flandre dans la cavalerie et s'acquit l'estime de ses chefs par son exactitude et par sa valeur. Ayant conçu l'amour le plus violent pour un jeune Flamand, son camarade , elle lui lit partager sa passion. reprit les habits de femme et l'épousa. Au bout de quelques années, elle devint veuve, quitta l'auberge qu'elle tenait près de Breda et s'enga- gea dans l'infanterie ; mais la paix ne lui laissant aucun espoir d'avancement, elle demanda son congé et s'embarqua pour l'Amérique. Le vaisseau qu'elle montait fut capturé , dans la traversée, par des pirates anglais, et Marie consentit sans peine à rester avec eux. Ils crurent devoir accepter i'amnistie que leur offrait le roi d'Angleterre, à condition de se retirer dans quelque endroit pour y vivre tranquillement. Marie, qui se trouvait sans ressource, offrit ses services au gouverneur de l'île de la Providence , occupé d'armer contre les Espagnols. Les équipages, entièrement composés d'aventuriers, se révoltèrent et reprirent le métier de pirates. Les nouveaux flibustiers , sous les ordres du capitaine Rackam, firent des prises considérables, et Marie partagea les profits comme les dangers de l'association. Personne ne soupçonnait son sexe ; mais elle ne put s'empêcher d'être sensible aux charmes d'un jeune Anglais, prisonnier des pirates, et lui sauva la vie en exposant la sienne dans un duel contre un flibustier. Les deux amants se jurèrent alors une fidélité éternelle et attendirent avec impatience l'occasion de quitter les pirates pour se retirer dans quelque île écartée où ils vivraient tranquilles. Mais la fortune ne leur permit pas d'exécuter cette résolution. Le capitaine Rackam fut surpris par les Anglais et conduit avec son équipage à PortRoyal de la Jamaïque. Son procès et celui de ses compagnons furent instruits rapidement. Tous furent condamnés à mort le 16 novembre 179.0. Marie, ainsi qu'Anne Bonn' , maîtresse de Rackam , déclara qu'elle ' était enceinte. Leur exécution fut suspendue; mais, peu de temps après, Marie tomba malade , et mourut en prison, âgée d'environ 40 ans. On trouve des détails sur ces deux aventurières dans l'Histoire des pirates anglais , par Ch. Johnson traduite en français, 1725, qui forme le quatrième volume de l'Histoire des flibustiers
  • Marie RIQUELME( 1594 - 1634) : célèbre actrice espagnole, naquit à Tolède en 1594. Une diction pure, une belle figure, une sensibilité exquise, une intelli- gence peu commune, furent les qualités qui la distinguèrent. Ce fut elle qui fonda en Espagn l'école de la déclamation théâtrale. Jusqu'à son, temps, on 'y débitait les vers comme de la prose, ou avec une emphase qui en dénaturait le sens et les beautés. Elle fit partie de la troupe, que Philippe 1V entretenait , et son talent fit res. sortir té mérite des pièces de ce monarque bel- esprit, ainsi que des productions de Caldera', de Moreto et de Tisso de Molina. Souvent le roi l'appelait en sa présence pour lui entendre déclamer des vers qu'il venait de faire. Au milieu des prestiges d'une cour brillante, elle sut résister à toutes les séductions et conserva des moeurs pures. Jeune encore, elle se retira du théâtre et vint habiter Barcelone, où elle mourut le 20 août 1634, à l'âge de &O ans. Elle fut inhumée dans une chapelle de l'église de SantaMonica, où on lit encore l'épitaphe inscrite sur son tombeau
  • Marie TOUCHET( 1549) : fille d'un apothicaire d'Orléans, née en 1549, est l'unique maîtresse à laquelle il paraît que Charles IX se soit attaché. On ignore l'époque précise où commencèrent les amours de ce prince avec la belle Touchet ; seulement on sait que cette liaison est antérieure au mariage du roi, qui eut lieu en 1570, et que mademoiselle Touchet . en voyant le portrait d'Elisabeth d'Autriche, que ce prince allait épouser, dit : L'elllemande ne me fait pas peur. En effet, la passion de Charles IX dura jusqu'à sa mort. N'osant parler d'elle à sa mère, il la recommanda alors à un de ses favoris. La mort du roi porta un coup funeste à la fortune de Marie Touchet ; maîtresse, depuis plusieurs années d'un prince aussi généreux que Charles IX . elle pouvait être riche; mais il ne paraît point qu'elle eût, comme la favorite qui l'avait précédée, ni terres ni grands établissements. Elle épousa, à la tin de l'année 1578, François de Balsac d'Entraigues, gouverneur d'Orléans et chevalier des ordres du roi. Ce mariage lui donna à la cour une existence brillante, qu'elle soutint par une conduite sage et même sévère. Mère de deux filles d'une beauté remarquable, elle les surveilla avec une vigilance extrême ; niais le succès ne répondit pas à ses borines intentions, puisque rainée, la célèbre marquise de Verneuil, fut maitresse de Henri 1V, et que l'autre vécut dix ans avec le maréchal de Bassompierre et en eut un fils, sans pouvoir le décider à l'épouser. On peut voir, dans les mémoires de Sully, combien madame d'Entraigues opposa d'obstacles à la passion de Henri IV. Après la mort du roi, qui diminua beaucoup à la cour le crédit de la maison d'Entraigues, Marie Touchet termina sa vie dans la retraite ; elle s'y livrait à des lectures solides et dignes de son esprit, que le Laboureur appelle incomparable. On apprend par un sonnet que lui adressa Berthaud, évêque de Séez, que les oeuvres de Plutarque étaient l'objet favori de ses études. Marie Touchet eut de Charles IX deux fils l'un mourut enfant ; et l'autre Charles bâtard de Valois, reçut le titre de duc d'Angoulème et fut père du dernier duc de ce nom . hlézerai a prétendu que Marie Tou- chet avait été mariée du vivant du roi ; mais il se trompe, puisque Jacqueline de Rohan , première femme de Fr. de Balsac d'Entraigues , ne mourut qu'au mois de janvier 1578, quatre ans après la mort du roi. Un courtisan avait fait ainsi l'anagranune de Marie Touchet : Je charme tout
  • Marie VISSCHER( 1594 - 1649) : soeur de la précédente, née à Amsterdam le 25 mars 1594, dut à son aînée une notable partie de son éducation , et devint sa digne émule en connaissances et en talents. Trois mois avant la naissance de Marie, une violente tempête avait occasionné de trèsgrands dommages au Texel. Le commerce d'Amsterdam et la fortune de Visscher en particulier s'en étaient ressentis d'une manière fâcheuse. Il donna à sa fille le surnom commémoratif de Tesselschade , sous lequel elle s'est spécialement immortalisée. Plus douée des grâces de la figure, Marie touchait, comme sa soeur, la lyre anacréontique. Entre autres productions de ce genre , nous avons d'elle une charmante romance, intitulée Complainte de Phyllis. De Vries l'a insérée dans son Histoire de la poésie hollandaise . Elle avait entrepris de traduire en vers hollandais la Jérusalem délivrée; et l'on regrette qu'il ne soit rien resté de ce travail, dont on fit, dans le temps, de grands éloges, mais qu'elle ne termina pas. La religion lui inspira aussi des accents dignes d'elle ; entre autres sa pièce intitulée Marie- Madeleine aux pieds de Jésus. En 1623, elle épousa Alard de Krombalg, qui n'est connu que par cette alliance. Tout le Parnasse hollandais retentit de cette union. Un épithalame, composé par Vondel , qui ne manque pas d'y mettre en mouvement tout l'Olympe , se distingue entre les autres. Marie devint veuve en 1634. Gaspar Van Baerle, plus connu sous le nom de Barlœus, et le chevalier Constantin Huygens, se mirent sur les rangs pour l'engager dans de nouveaux liens. Les poésies latines de Barlœus offrent une suite de pièces , intitulée Tessalica. Elles sont toutes en l'honneur de l'aimable veuve. Huygens entreprit sérieusement de la gagner à la religion protestante ; mais il ne put y réussir ; et ce fut peut-ètre la cause qu'il ne l'épousa point. Ce fut dans le château de Muyden, rendezvous des hommes les plus distingués de ce temps, que Marie aimait à se distraire des chagrins de son veuvage. Elle en faisait l'ornement et les délices. Tout y était empreint de son esprit, de son goût, de ses délicates attentions. Tout le monde y était empressé de lui plaire, sans que ni l'épouse ni les filles de l'illustre châtelain en prissent le moindre ombrage. Elles étaient, à l'égal de tout le monde, engouées de Marie. Quand Marie . En 1646, un cruel malheur atteignit notre muse. Une étincelle, échappée d'une forge, lui entra dans l'ceil gauche, et le lui fit perdre. Jamais un accident de cette nature ne fit, plus de sensation, et n'exerça davantage l'imagination des poètes. Marie eut le chagrin de survivre à deux filles qu'elle avait eues de son mariage , ainsi qu'à ses amis Hooft et Barlœus. Le premier lui avait dédié son Electre. Rien ne flatta davantage Gérard Brandt que la présence de Marie à la représentation de son Torquatus. Elle célébra, en 1648, le plus grand événement du siècle , la paix de Munster. Ce fut le chant du cygne. Elle mourut à Amsterdam, le 20 juillet 1649. M. Scheltema a publié à Amsterdam , en 1808 , un volume sous le titre de Anne et Mari. Tesselschade, filles de Vis- scher, avec portraits , facsimile, etc. : ce charmant opuscule nous a été trèsutile pour ces trois articles
  • Marie Annonciade Bonaparte : dite Caroline, l'épouse de Murat
  • Marie BELL : Comédienne
  • Marie Cornélie Falcon : cantatrice française
  • Marie CURIE( 1867) : physicienne
  • Marie DAËMS : actrice
  • Marie DE MEDICIS : Reine
  • Marie DUBOIS : Comédienne
  • Marie Félicité Pleyel : pianiste virtuose, amie et inspiratrice de Nerval
  • Marie LAFORET : actrice, a notamment joué dans "La fille aux yeux d'or"
  • Marie LAURENCIN : Peintre
  • Marie LESZCZYNSKA : Epouse de Louis XV
  • Marie MARQUISE DE SEVIGNE : écrivain
  • Marie MYRIAM : Chanteuse
  • Marie Roch Reybaud : économiste et homme politique
  • Marie STUART : Reine d'Ecosse
  • Marie TRINTIGNANT : Comédienne
  • Marie TUSSAUD : Fondatrice Musée de Mme Tussaud de Londres
  • Marie de RABUTIN-CHANTAL, MARQUISE DE SEVIGNE : écrivain
  • Marie DRUCKER : journaliste et animatrice de télévision et de radio française
  • Marie DESPLECHIN : journaliste et une auteure française
  • Marie Gillain : actrice belge
  • Marie PLEYEL : pianiste belge virtuose, amie de Listz, Chopin, Musset, Nerval
  • Marie BONAPARTE : dernière descendante de Napoléon, pionnière de la psychanalyse française
  • Marie de HENNEZEL : psychologue, psychothérapeute et écrivaine française

Marie année par année

Signe astrologique de Marie

Couleur de Marie

Pierre précieuse de Marie

Chiffre de Marie

Métal de Marie