Tout sur les prenoms !
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Editorial
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Prénoms de stars !
Hélène Morvan
Durant de nombreuses décennies le choix des prénoms relevait d’une tradition familiale. Il était choisi en fonction d’un grand-père respecté, d’une tante fortunée ou d’une marraine aimée. Puis le choix a évolué en fonction de nouvelles influences comme le cinéma ou la variété. Il en fut ainsi des Michèle (Morgan) et des Danielle (Darieux) dans les années 40 à 60, ou encore plus tard des Brigitte (Bardot) dans les années 60, des Angélique (« marquise des anges ») dans les années 70 ou des Sylvie (Vartan). Pour les hommes ce fut les Marcel (Cerdan), les Jean (Gabin) et les Yves (Montand) dans les années 50, puis les Alain (Delon).

Dans les années 80, une nouvelle mode déferle. Elle provient d’Outre-Atlantique et touche principalement les classes à bas revenus puis les classes moyennes avant de se généraliser. Ce sont les choix portés sur les prénoms américains. Les Brenda font place aux Marie ou aux Nathalie (on passe de 2 naissances sur 10 000 en 1992 à 16 pour 10 000 en 1995), les Dylan aux Philippe et aux Guillaume. Ce prénom alors quasiment inconnu en 1986 (moins de 2 naissances sur 10 000) sera donné à 176 garçons sur 10 000 en 1996 ! Pourquoi un tel engouement pour ces prénoms à la sauce « barbecue »?

Un premier constat : cette vague est directement liée à l’invasion des séries télévisées américaines dans le paysage audio-visuel français. Elle commence dans les années 80 avec « L’Amour du Risque. Jonathan et Jennifer les justiciers milliardaires ». Jennifer, premier prénom aux Etats-Unis entre 1972 et 1985 devient le prénom en tête des hits parades attribué aux filles en France entre 1984 et 1986 ! Mais les séries ne s’arrêtent pas là. Au contraire, elles se développent et avec elles, les séries fleuves destinées aux « ménagères » de 30 à 50 ans et que les Américains appellent « soap opera » ou opéras de savons. Ce sont les « Amour, Gloire et Beauté », les « Feux de l’Amour », « Dallas » ou « Dynastie ». Ce sont aussi les séries destinées aux jeunes avec « Beverley Hills » ou « 21 Jump Street ». Les feuilletons made in U.S.A. font partie de la vie de l’hexagone. Nommer ses enfants comme les héros des séries qui sont « intégrés » dans de nombreux foyers français c’est un peu comme participer au rêve américain…C’est ainsi que Brenda, Brandon, Alisson, Mégane, Killian, Madisson, Dylan ou encore Kelly, Jason et Ethan sont venus au devant de la scène, parmi les prénoms les plus attribués dans les années 2000. Ce ne sont plus des pointes originales mais des raz-de-marée, des déferlantes. Ces prénoms suivent également la diffusion des séries. Ainsi note t-on une diminution des Alisson, Madisson et Kelly et pour les hommes des Dylan, Kevin, Brandon et Jérémy avec la disparition des séries telles que « Beverley Hills » et « Melrose Place ». La corrélation est directe entre ce qui est vu quotidiennement et le choix des prénoms.

Aujourd’hui encore, la mode des prénoms est très influencée par le petit écran. Mais les acteurs ont changé. Les modèles qui font rêver sont des héros de télé réalité (Loana, Nolwenn, Jennifer), des chanteurs (pendant les années boy’z band le prénom Adel ( les 2 be 3 ) passe de 3/10 000 en 1994 à 9/10 000 en 1998, et Allan (Théo) de 17 / 10 000 en 1997 à 32 /10 000 en 2000 !).
Les sportifs aussi depuis 1998 et la victoire de la France en coupe du monde deviennent de idoles. En témoigne la soudaine popularité du prénom Lilian (thuram) : 10 / 10 000 en 1997, 22 / 10 000 en 1998 et 31 / 10 000 en 1999 !
Plus surprenant encore, la patronyme Zidane devient un prénom que près de 40 parents choisissent de donner à leur garçon comme un hommage au capitaine héroïque.

Les temps et la société changent et les prénoms en sont aussi le reflet…

Le classement des prénoms les plus donnés par année

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