"Cette devise qui figure sur des jetons des années 1580, 1581, 1582, 1584, 1585, 1586 et 1598, a été, avant 1789, une des devises, mais non la devise propre et exclusive de Paris. Mais si la devise : FLUCTUAT NEC MERGITUR n'a pas été, dans le passé, l'objet d'une adoption définitive, soit par l'ancienne édilité, soit par le pouvoir royal, on peut dire qu'elle a aujourd'hui ce caractère et que l'avenir lui appartient légalement : une décision prise, le 24 novembre 1853, par M. le baron Haussmann, alors préfet de la Seine, est venue la consacrer pour la première fois d'une manière officielle. Cet éminent administrateur a pensé sans doute qu'une telle devise rappelle admirablement les dangers que Paris a courus, les terribles révolutions qui l'ont agité, les crises de toute nature qu'il a subies, en même temps qu'elle exprime mieux que toute autre l'idée de vitalité, de force, de perpétuité qui caractérise la longue et glorieuse existence de cette ville. "Semblable au vaisseau qui, battu par la tempête, se relève plus fier sur le flot qu'il a vaincu et met à profit la fureur même des vents pour arriver plus vite au port, but de son long et périlleux voyage, l'antique et noble cité n'a pas seulement surnagé au-dessus des abîmes ; elle y a puisé, avec une force nouvelle, la conviction que, si de nouvelles épreuves lui sont réservées, elle en sortira toujours victorieuse : Fluctuabit at nunquam mergitur. "La devise suivante est la seule qui se rapproche le plus de celle actuelle : Fluctuat at nunquam mergitur ; elle se lit sur un jeton de 1581, où le vaisseau, battu par des vents qui le poussent en sens contraire, est soutenu par une main sortant des nuages." Il est utile de mentionner ici que la devise : FLUCTUAT NEC MERGITUR a été attribuée, par certains auteurs, à la ville d'Aimargues (Gard) ; là, elle s'applique, non au vaisseau voguant, mais à la croix du blason flottant sur les eaux (voir ci-dessus). |